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Principes de justice selon John Rawls

Le document présente un exposé sur les principes de la justice selon John Rawls, en se concentrant sur la définition des institutions et la justice formelle, ainsi que sur les deux principes de justice : l'égalité et la liberté, et le principe de différence. Il aborde également les critiques de la théorie de Rawls, notamment l'approche libertarienne de Robert Nozick, et souligne les mérites de sa pensée face aux défis contemporains. Ce travail est réalisé par un groupe d'étudiants sous la supervision d'un professeur dans le cadre de leur année académique 2024/2025.

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Gildas Bebong
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Principes de justice selon John Rawls

Le document présente un exposé sur les principes de la justice selon John Rawls, en se concentrant sur la définition des institutions et la justice formelle, ainsi que sur les deux principes de justice : l'égalité et la liberté, et le principe de différence. Il aborde également les critiques de la théorie de Rawls, notamment l'approche libertarienne de Robert Nozick, et souligne les mérites de sa pensée face aux défis contemporains. Ce travail est réalisé par un groupe d'étudiants sous la supervision d'un professeur dans le cadre de leur année académique 2024/2025.

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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

********** **********
PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE-WORK-FATHERLAND
********** **********
UNIVERSITE DE DOUALA UNIVERSITY OF DOUALA
********** **********
DEPARTEMENT DE PHILOSOPHIE PHILOSOPHY DEPARTMENT

EXPOSE DE
PHILOSOPHIE POLITIQUE
CONTEMPORAINE

THEME :

LES PRINCIPES DE LA JUSTICE CHEZ JOHN


RAWLS

MEMBRES DU GROUPE D’EXPOSE :


 BEBONG GILDAS (CHEF DE GROUPE)
 ZAMSIA DENIS
 DAHANNA PHILEMON
 OUMAROU NGOUTE CHRIST

SOUS LA SUPERVISION DE :
DR. MBENDA, chargé de cours

Année
académique :2024/
2025

1
PLAN DE L’EXPOSE
Introduction
I- Institution et justice formelle
1- L’institution
2- Justice formelle
3- Critique de l’utilitarisme
II- Les deux principes de la justice
A- Premier principe : égalité et de liberté
1- Définition et explication
2- Liberté fondamentales garanties à tous
3- Relation avec les droits individuels et démocratiques
B- Deuxième principe : principe de différence
1- Définition et explication
a- Principe de différence
b- Principe d’égalité de chances
2- Justification des inégalités
3- Impact sur les plus désavantagés
4- Importance de l’égalité démocratique
III- Quelques difficultés que rencontre les principes de la justice de Rawls
1- Question d’implémentation
2- L’approche libertarienne de la justice de Robert Nozick
IV- Mérites de la pensée rawlsienne sur les principes de la justice
1- Réhabilitation de la justice sociale
2- Une réponse aux défis contemporains
Conclusion
Mots clés : institution, justice, justice formelle, utilitarisme, justice distributive, principe d’égalité et de
liberté, principe de différence, principe d’égalité de chance, principe d’efficacité, égalité démocratique,
inégalité, liberté fondamentale.

2
Introduction
Le mot justice a une histoire riche et complexe ; de ses origines latines, le terme justice provient du latin
iustitia qui signifie droit, équité. Ce mot est dérivé de l’adjectif iustus signifiant juste ou équitable. Au fil des
siècles, le mot a été influencé par des concepts juridiques et philosophiques issus du droit romain et des
traditions juridiques médiévales, qui ont vu la justice comme une vertu essentielle à la société. On constate
donc que son impact est plus en rapport avec la société ou elle joue un rôle prépondérant dans les rapports
entre les hommes. Les philosophes de la Grèce antique, dans le sillage de réalisation d’une société parfaite
ont émis plusieurs théories en rapport avec la justice. Ce fut le cas avec Platon qui, parmi ses nombreuses
théories, a élaboré dans son livre intitulé la république la théorie de la cité parfaite ou idéale ; dans cette
société, Platon prône un type de justice particulier qui est la justice commutative 1 ; ayant pour but de mettre
tout en commun comme les femmes, les enfants, l’éducation, les exercices qui se rapportent à la paix et à la
guerre etc… on note par conséquent que la justice chez Platon est égalitaire rien ni personne doit être mis à
part. toutefois, cette théorie platonicienne ayant un aspect séduisant fut vivement critiqué par son élève
Aristote. Dans le chapitre V de l’Ethique à Nicomaque, Aristote explorait le sens du terme dikaion que l’on
peut traduire à la fois par juste et par droit. Il établissait une différence entre être juste et accomplir le juste.
La justice était pour lui une sorte de médiété, de juste milieu, le juste équilibre << le juste est ce qui est
conforme à la loi et ce qui respecte l’égalité, et l’injuste est ce qui est contraire à la loi et ce qui manque
d’égalité.>>2 la justice était la vertu qui rendait à chacun son dû ainsi, à l’exception de son maitre Platon,
Aristote prône la justice distributive3. Synonyme d’équité, cette justice vise à assurer une distribution
équitable des biens en tenant compte des mérites et des contributions de chaque individu. Cela signifie que
les récompenses et les ressources doivent être proportionnelles (les biens doivent être attribués selon un
critère de mérite par exemple le travail, la vertu ou la richesse, plutôt d’être reparti de manière égale) aux
efforts, aux talents ou aux besoins de chacun. 4 C’est ce type de justice qui, selon Aristote doit organiser la
vie en société. Dans la période médiévale, plus précisément au XIIIème siècle avec Thomas d’Aquin le
concept de justice prend une autre tournure en rapport avec la société. Maintenant, la justice devrait œuvrer
pour le bien commun, car <<le bien générale de la multitude est plus divin que le bien d’un seul individu>>5
montrant ainsi son aversion pour l’individualisme 6. Des siècles plus tard, le concept de justice a connu une
évolution significative au cours des Lumières, une période marquée par des idées nouvelles sur la raison, la
science et les droits individuels. Les philosophes des Lumières comme Thomas Hobbes, John Locke et Jean
Jacque Rousseau, ont promu l’idée que la raison devait guider les actions humaines et les structures
sociales ; la justice est redéfinie comme un principe fondamental qui devait être fonder sur la rationalité.
1
<<l’Etat, le gouvernement et les lois qu’il faut mettre au premier rang, sont ceux où l’on pratique le plus à la lettre, dans toutes
les parties de l’Etat, l’ancien proverbe qui dit que tout est véritablement commun entre amis. Quelque part donc qu’il arrive, ou
qu’il doive arriver un jour, que les femmes soient communes, les enfants communs, les biens de toute les biens de toute espèce
soient communs ; et qu’on apporte tous les soins imaginables pour retrancher du commerce la vie jusqu’au nom de propriété ; de
sorte que les choses mêmes que la nature a données en propre à chaque homme deviennent en quelque sorte communes à tous
autant qu’il se pourra, comme les yeux, les oreilles, les mains et que tous les citoyens s’imaginent qu’ils voient, qu’ils entendent,
qu’ils agissent en commun, que tous approuvent et blâment de concert les mêmes choses, que leurs joies et leurs peines roulent
sur les mêmes objets : en un mot, partout où les lois viseront de tout leur pouvoir à rendre l’Etat parfaitement un, on peut
s’assurer que c’est là le comble de la vertu politique ; et personne ne pourrait, à cet égard, donner aux lois une direction ni
meilleure ni plus juste.>> Platon, les lois, Paris, Lefèvre, 1842, pp167-168.
2
Aristote, Ethique à Nicomaque, V, 1129a-1129b.
3
La théorie du droit naturel classique est-elle théocratique ? Thomas Siret, docteur en histoire. Pp 4 et 5
4
Poe.com
5
Saint Thomas d’Aquin, La somme théologique, latin-français en regard avec des notes théologique, historiques et philologique
par M. l’abbé Drioux, Secunda secundae, question XXXI, Art. III, Devons-nous faire plus de bien à ceux qui nous sont le plus
étroitement unis ? Paris, Eugène Belin, 1855, t. VII, p. 541.
6
La théorie du droit naturel classique est-elle théocratique ? Thomas Siret ; p8.
3
Locke par exemple introduit la notion de droits naturels dans son ouvrage traité du gouvernement civil il
affirme : << l’état de nature à la loi de nature, qui doit le régler, et à laquelle chacun est obligé de s’y
soumettre et d’obéir :la raison, qui est cette loi, enseigne que tous les hommes, s’ils veulent bien la
consulter, qu’étant tous égaux et indépendants, nul ne doit nuire à un autre, par rapport à sa vie, à sa
liberté, à sa santé, à son bien>>.7 Montrant ainsi que tous les individus ont des droits inaliénables et que la
loi naturel qui est encore la raison a pour mission de faire respecter ses droits ; la justices alors est devenu
synonyme de protection de ses droits, mettant l’accent sur l’égalité devant la loi. Plus loin dans les théories
du contrat social développés par Hobbes, Locke et Rousseau la justice découle d’un accord entre les
individus et la société ; c’est de ce fait que Locke affirme :<<car lorsqu’un certain nombre d’hommes ont,
par le consentement de chaque individu, formé une communauté, ils ont par-là fait de cette communauté, un
corps[…] ainsi une société est bien formée par le consentement de chaque individu[…] comme le
consentement de chaque particulier qui s’y est joint et uni, a voulu qu’il fut : chacun est donc obligé par ce
consentement-là, de se conformer à ce que le plus grand nombre conclut et résout.>> 8 Montrant par là un
aboutissement à une vision de la justice comme quelque chose qui doit être construit et maintenu par le
consentement des individus. Dans la période contemporaine, le philosophe américain John Rawls tente de
répondre à la question qu’est-ce qu’une société juste ? et quels sont les principes qui doivent encadrer cette
justice ? Dans son ouvrage la théorie de la justice publié en 1971 et traduit en langue française par
Catherine Audard parue en 1987 ; dans ce livre, Rawls veut résoudre le problème de la justice distributive en
critiquant l’utilitarisme qui pense que le bien être total est plus important que les droits et les situations des
individus c’est alors qu’il affirme :<<mon but est d’élaborer une théorie de la justice qui représente une
solution de rechange à la pensée utilitariste en général et donc à toutes les versions différentes qui peuvent
en exister[…] la question est de savoir si le fait d’imposer des désavantages à un petit nombre peut être
compensé par une plus grande somme d’avantages dont jouiraient les autres ; ou si la justice nécessite une
égale liberté pour tous et n’autorise que les inégalité socio-économiques qui sont dans l’intérêt de
chacun>> 9; c’est alors que Rawls argue que chaque personne a une valeur intrinsèque et que les droits
individuels ne doivent pas être compromis pour le bien d’un plus grand nombre. Ainsi, il élaborera une
théorie qui concilie deux principes qui s’opposent souvent, mais qui sont au cœur de son idéal
démocratique : la liberté et l’égalité. La partie que nous nous contenterons d’exposer dans son ouvrage est
celle qui parle des principes de la justice ou il présente les deux principes de la justice qui doivent organiser
une société dit juste. Comment choisir des principes de justice pour régir une société ? L’on est endroit de se
poser les questions de savoir qu’est-ce qu’une institution et la justice formelle ? quels sont les deux principes
de justice qui doivent régir la vie sociale ? quels sont les reproches qui ont été fait à Rawls au sujet de sa
théorie ? quels mérites pouvons-nous accordé à la pensée rawlsienne ?

7
John Locke, traité du gouvernement civil, chap. II ; §4.
8
Ibid. chap. VIII; §96; PP63-64.
9
John Rawls ; la théorie de la justice ; p49 et 50 ; in Wikipédia. Com
4
I- Institution et justice formelle
1- Institution
John Rawls commence par définir une institution comme étant :<< un système public de règles qui définit
des fonctions et des positions avec leurs droits et leurs devoirs, leurs pouvoirs et leurs immunités et ainsi de
suite.>> 10Rawls considère que les institutions doivent être conçues pour réaliser les principes de justice
qu’il propose, elles régissent le comportement des individus au sein d’une société. Elles incluent des
systèmes politiques, économiques, juridiques, éducatifs et culturels ; car elles établissent des cadres de
référence pour les interactions sociales et déterminent les droits, les devoirs, et les opportunités des
individus. Ainsi les règles qui sont définit par ses institutions autorisent et interdits certain comportement
c’est alors qu’en cas d’infraction elle prévoit des sanctions. Pour le philosophe allemand, une institution
existe si et seulement si affirme-t-il :<< Une institution existe à un certain moment et en un certain lieu
quand les actions qu’elle spécifie se réalisent régulièrement et que cela correspond à l’accord public sur
l’obéissance au système de règles qui la définissent.>>11. De ce fait l’existence d’une institution caractérise
par sa matérialisation et au consentement des individus qui obéissent à ses règles. Il continu plus loin en
prenant un exemple sur une institution parlementaire :<< Une institution parlementaire existe alors à un
certain moment et en un certain lieu quand certaines personnes exécutent les actions adéquates, s’engagent
dans ces activités de la façon requise, et reconnaissent leur entente réciproque pour agir en accord avec les
règles auxquelles elles doivent se conformer>>. 12 Les règles établies dans une institution ne sont
inaliénables à aucun individu, par conséquent les personnes qui adhèrent à une communauté est censé
connaitre les règlements de cette communauté et doit évoluer en les observants.
Rawls soulève une difficulté par rapport aux institutions, car c’est bien beau d’établir des règles seulement,
qu’elles sont les stratégies pour utiliser le mieux possibles ses institutions à des fins particulières c’est-à-dire
au bénéfice de tous ? Il résout cette difficulté comme suite :<< Les stratégies et les maximes rationnelles
sont basées sur une analyse des actions permises que choisiront les individus et les groupes en fonction de
leurs intérêts, de leurs croyances et de leurs conjectures sur les projets des autres>>13. Ainsi, en créant et en
reformant une Organisation sociale, on doit, bien entendu, examiner les plans et les tactiques qu’elle permet
et les formes de conduite qu’elle tend à encourager. Idéalement les règles devraient être faites de manière à
ce que les hommes soient conduits par leurs intérêts prédominants à des actions qui favorisent des buts
socialement désirables. Cependant, il peut arriver qu’une structure a des principes dit injustes, mais du
moment où ses principes cadres avec les droits et les devoirs des individus alors ses principes jouent un rôle
de justice, car comme le dit le philosophe américain :<< si l’on suppose que les institutions sont
raisonnablement Justes, alors il est très important que les autorités soient impartiales, que des
considérations personnelles, financières ou autres, non pertinentes, ne les influencent pas dans leur manière
de traiter les cas particuliers>>14. Les autorités doivent garantir la participation égale de tous les citoyens et
de protéger leurs droits ; les règles et les lois doivent être appliquées de manière juste, sans discrimination.
2- La justice formelle
La notion de justice formelle chez Rawls se réfère à une à une approche de la justice qui met l’accent sur
l’application cohérente et impartiale des principes justice, indépendamment des résultats ou des
conséquences. Pour Rawls : << La justice formelle, dans les cas d’institutions légales, est simplement un
aspect de l’Etat de droit (rule of law) qui soutient et garantit des attentes 1’gitimes>> 15. Ainsi, définit la
justice formelle repose sur l’idée que les règles et les lois doivent être appliquées de manière égale à tous,
10
John Rawls. La théorie de la justice. Pp 86
11
Ibid.
12
Ibid.
13
Ibid. Pp 87
14
Ibid. Pp 90
15
Ibid.
5
sans favoritisme ou discrimination. Chaque individu doit être traité de manière équitable, selon les mêmes
critères. Les principes de justice doivent être clairement définis et appliqués de manière cohérente. Cela
signifie que les institutions doivent fonctionner selon des normes qui ne changent pas en fonction des
circonstances et des individus. Ainsi, une injustice revient au fait qu’une personne ou un fonctionnaire ne se
conforme pas aux règles établies et à leur interprétation adéquate.
Dans la suite, Rawls fait une distinction entre la justice formelle et la justice réel. Contrairement à la justice
matérielle, qui se préoccupe des résultats et des conséquences des actions (comme l’égalité des résultats ou
le bien être des individus) ; la justice formelle quant à elle se concentre sur le respect des règles et
procédures. Elle ne considère pas si les résultats sont justes ou équitables, tant que les règles ont été
appliquées de manière impartiale16. Rawls exprime leur complémentarité en ce sens :<< C’est pourquoi on
soutient que, là où nous trouvons la justice formelle, l’Etat de droit et le respect d’attentes légitimes, nous
avons aussi des chances de trouver la justice réel>>17. C’est pourquoi le désir de suivre des règles, de
manière impartiale et conséquente, de traiter des cas semblables de manière semblable, et d’accepter les
conséquences de l’application de normes publiques est intimement lié au désir, ou du moins à l’intention de
reconnaitre volontiers les droits et les libertés des autres et de partager équitablement les avantages et les
charges de la Coopération sociale. Ces deux désirs tendent à être associes. Dans la suite Rawls affirme :<<
Je présenterai maintenant, sous une forme provisoire, les deux principes de la justice sur lesquels se ferait
un accord dans la Position originelle>>18. Sous voile de l’ignorance, Rawls affirme que les individus
ignorant tout de leur origine, de leur capacité, de leur position sociale etc… parviendront accord de façon
unanime à l’établissement des principes de justice afin de réaliser une société juste.
3- Critique de l’utilitarisme
Rawls dans sa théorie de la justice comme équité présente l’utilitarisme comme insatisfaisant à la question
de la justice. La doctrine utilitariste déduit le concept du juste de celui de bien ; le juste étant définit comme
ce qui maximise le bien ; le plaisir selon l’interprétation hédoniste ou le bonheur selon l’eudémonisme. Une
société juste est donc celle dont les institutions majeures conduisent à la grande somme de satisfaction pour
l’ensemble des individus (Sidgwick, 1874). Toutefois, la répartition de cette somme de satisfaction est
indéterminée, or le problème de la répartition relève précisément du concept du juste. Par conséquent, il en
résulte que la doctrine utilitariste présente trois faiblesses : l’altruisme constitue une exigence excessive à
l’égard des individus, chacun ne saurait être un spectateur impartial(individu rationnel qui s’identifie aux
désirs des autres et les considères comme les siens propres) ; la quête du bienêtre collectif confère à
l’utilitarisme le caractère d’une doctrine téléologique ; l’utilitarisme ne défend pas de manière conséquent le
postulat l’individualisme sur lequel il se fonde19. D’où Rawls propose ses deux principes de la justice.
II- Les deux principes de la justice
A- Premier principe : égalité et de liberté
1- Définition et explication
Rawls formule se premier principe comme suite :<< chaque personne doit avoir un droit égal au Système le
plus étendu de libertés de base égales pour tous qui soit compatible avec le même Système pour les
autres>>20. Lorsque Rawls affirme que chaque personne doit avoir un droit égal cela signifie que chaque
individu doit jouir de ses libertés sur même pied d’égalité ainsi, personne ne doit avoir plus de droit et de
devoir qu’un autre. Cette égalité doit s’appliquer sur les libertés de bases qui sont les libertés politiques
(droit de vote, éligibilité) ; les libertés d’expressions, de réunion, de pensée et de conscience ; la protection
de la personne ; le droit de propriété personnelle.

16
Poe.com
17
Théorie de la justice de Rawls. Pp 90-91
18
Ibid. Pp 91
19
www.persee.fr
20
Ibid.
6
2- Libertés fondamentales garanties à tous.
Le premier principe insiste sur l’importance des libertés fondamentales, qui incluent les droits suscités (cf.
1) ; il affirme :<< Ce premier principe exige simplement que certaines sortes de règles, celles qui définissent
les libertés de base, s’appliquent à chacun de manière égale et qu’elles permettent la liberté la plus étendue,
compatible avec une même liberté pour tous>>21. Ainsi une société dite juste, est celle qui respecte les
libertés fondamentales des individus sans aucune forme de discrimination ou de favoritisme. D’après Rawls,
ces libertés ne peuvent être sacrifiées pour des gains en matière d’égalité sociale ou économique par
conséquent, les libertés ne peuvent qu’être limitées qu’au nom de la liberté, c’est-à-dire pour autant que le
système total soit renforcé et que les limitations soient acceptées par ceux qui pourraient être lésés.

3- Relation avec les droits individuels et démocratiques


Le premier principe garantit que tous les individus ont des droits qui respectent leur autonomie et leur
dignité. Cela signifie que chaque personne a le droit de faire des choix concernant sa propre vie, sans
ingérence injustifiées ; les différents droits des individus leurs permettent de s’exprimer, de se rassembler et
de participer à la vie publique, ce qui est fondamental pour le développement personnel et social. La
participation à la vie politique soutient les valeurs démocratiques en garantissant à chaque citoyen le droit de
participer activement au processus politique. Cela inclus le droit de vote, qui est cruciale pour une
démocratie représentative ; la participation égale garantit que toutes les voix sont entendues et prises en
compte. Rawls affirmant que :<< toutes les valeurs sociales -libertés et possibilités offertes à l'individu,
revenus et richesse ainsi que les bases sociales du respect de soi-même -doivent être reparties également à
moins qu'une répartition inégale de l'une ou de toutes ces valeurs ne soit à l'avantage de chacun>>22. En
affirmant que les libertés doivent être compatibles avec celle des autres, le principe établit une base pour
l’égalité devant le partage des revenus et des richesses ; cela signifie que les individus doivent être traités de
manière équitable par les institutions, renforçant ainsi la confiance dans le système démocratique.
B- Deuxième principe : principe de différence.
1- Définition et explication
a- Principe de différence
Rawls caractérise le second principe comme suite :<< les inégalités sociales et économiques doivent être
organisées de façon à ce que, à la fois, a) l'on puisse raisonnablement s'attendre à ce qu'elles soient à
l’avantage de chacun et (b) qu'elles soient attachées à des positions et à des fonctions ouvertes à tous >>23.
Ce second principe s’attache essentiellement à définir les règles de réparation des revenus et de la richesse,
et d’accès aux fonctions d’autorité et de responsabilité. Ainsi, le principe de différence sous sa forme la plus
simple est la suivante :<< Les inégalités sociales et économiques doivent être organisées de façon à ce que à
la fois, (a) elles apportent aux plus désavantagés les meilleures perspectives et (b) elles soient attachées à
des fonctions et à des positions ouvertes à tous. Conformément à la juste (faire) égalité des chances>>24. Ce
qui signifie que le principe de différence stipule que certaines inégalités peuvent être justifiées, mais
uniquement si elles sont bénéfiques pour les membres les plus défavorisés de la société. Ce principe justifie
les aides accordées aux plus pauvres, mais aussi certains écarts de salaires <<une personne talentueuse aura
[…] droit légitimement aux revenus plus élevés que lui vaut son talent si la collectivité en profite aussi>>
par exemple, une augmentation des salaires de certains travailleurs peut être justifiée si elle conduit à des
investissements qui créent des impolis et améliorent les conditions de vie des personnes en situation de
pauvreté.

21
Ibid. Pp95
22
Ibid. pp 93
23
Ibid. pp91
24
Ibid. pp115
7
Dans ce principe, Rawls inclus un autre principe qui est celui de l’efficacité qui n’est pas formellement
énoncé de la même manière que les deux principes de la justice, mais il est implicite dans sa réflexion sur les
institutions et les politiques sociales. Rawls affirme :<<la première partie du second principe est comprise
comme étant le principe d’efficacité modifié de façon ä s’appliquer aux institutions ou, dans ce cas, à la
structure de base de la société ; […] pour expliquer le principe d’efficacité ; ce principe est simplement le
principe d’optimalité de Pareto (ainsi que l’appellent les économistes) formulé de façon à s’appliquer à la
structure de base. Mais j’utiliserai toujours le terme « efficacité » car il est littéralement correct, alors que
le terme « optimalité » suggère un concept beaucoup plus étendu que ce qu’il est en réalité. Bien sûr, ce
principe n’était pas originellement prévu pour s’appliquer aux institutions, mais à des configurations
particulières du système économique, par exemple à la répartition des biens entre les consommateurs ou à
des modes de production. Le principe pose qu'une configuration est efficace s’il est impossible de la
modifier de telle sorte que l’on puisse améliorer la condition de certaines personnes (d’une au moins) sans,
en même temps, aggraver celle d’autres personnes (d’une au moins)>>25. Le principe d’efficacité peut être
compris comme une exigence selon laquelle les institutions doivent être conçues pour fonctionner de
manière optimale, afin de réaliser les objectifs de la justice sociale. Le critère de Pareto énonce qu’une
configuration est efficace s’il est impossible de la modifier de telle sorte que l’on puisse améliorer la
situation d’au moins un individu sans détériorer celle d’au moins un autre individu (Pareto, 1906) ; le critère
de Pareto permet d’aboutir à l’optimum économique, mais celui-ci s’avère compatible avec n’importe quelle
répartition d’une répartition, quant à la définition d’un optimum social : il existe une variété optima
(Walliser, Prou, 1988, chap. 7). Rawls propose dans ces conditions d’inverser la démarche en posant
préalablement l’exigence d’une juste répartition qui soit compatible avec le principe d’efficacité ; en
d’autres termes, Rawls subordonne l’efficacité qui doit régner au sein de la structure socio-économique à la
fraternité26. Cela implique que les ressources de la société doivent être utilisées de la manière la plus
productive pour favoriser le bien-être de tous, en particulier des désavantagés. Par conséquent, une société
dite efficace, doit s’assurer que les inégalités profitent aux plus désavantagés. Cela signifie que les politiques
doivent être conçues pour maximiser les avantages des groupes vulnérables tout en restant économiquement
viables ; l’efficacité inclut également le besoin d’égaliser les opportunités pour que tous les individus
puissent contribuer au mieux à la société.
b- Principe d’égalité des chances
Le principe d’égalité des chances est un aspect fondamental de la théorie de la justice de Rawls, intégré dans
son second principe de la justice, qui est étroitement lié au principe de différence. Il affirme : <<dans le
Système de la liberté naturelle, la répartition initiale est déterminée par les dispositions implicites dans
l’idée de carrières ouvertes aux talents (définie plus haut). Ces dispositions présupposent, à l’arrière-plan,
une liberté égale pour tous (ce qui est défini par le premier principe) et une économie de libre marche. Elles
exigent une égalité formelle des chances, c’est-à-dire que tous aient au moins les mêmes droits (légaux)
d’accès à toutes les positions sociales pourvues d’avantages>>27. Ce principe stipule que toutes les positions
et fonctions dans la société doivent être accessibles à tous, indépendamment de l’origine sociale,
économique et d’autres caractéristiques personnelles. Cela implique que les individus doivent avoir une
chance égale d’accéder à des opportunités de carrière, d’éducation et de développement personnel ; pour que
cette égalité des chances soit effective, les conditions doivent être équitables. Ce qui signifie que les
systèmes éducatifs, les processus de sélection et les structures sociales doivent être conçus pour éliminer les
biais et les discriminations. Ce principe appel à l’élimination des barrières structurelles qui empêchent
certains groupes d’accéder aux opportunités. La juste égalité de chance retient la notion non de
compensation, mais de correction des inégalités naturelles des talents en offrant la possibilité à chacun,
nonobstant son origine sociale, de disposer des moyens nécessaires pour parvenir à satisfaire ses besoins
rationnels.
25
Ibid. pp98
26
www.persee.fr
27
Théorie de la justice de Rawls ; Pp103
8
2- Justification des inégalités
Dans La théorie de la justice, les inégalités ne sont pas automatiquement considérées comme injustes.
<< une injustice apparente en compense une autre. Le tout est moins injuste qu’il ne le serait s’il
comportait seulement un des éléments injustes.>>28. De ce fait, une injustice peut être acceptée si elle
contribue à améliorer la situation des personnes en position de pauvreté ou de désavantage. C’est dans le but
d’éviter toute forme de discrimination que Rawls a proposé que les principes de justice soient choisis
derrière un voile d’ignorance,<< Je présenterai maintenant, sous une forme provisoire, les deux principes
de la justice sur lesquels se ferait un accord dans la Position originelle>> 29ou les individus ne connaissent
pas leur place dans la société ; cela conduit à des choix qui favorisent des principes équitables, y compris des
inégalités qui pourraient être justifiées si elles profitent aux moins favorisés. Les inégalités qui émergent
d’un consensus social, ou les individus acceptent qu’elles soient nécessaires pour le bien-être général,
peuvent également être considérées comme justifiées.
3- Importance de l’égalité démocratique
L’égalité démocratique joue un rôle central dans la théorie de la justice de John Rawls, influençant à la fois
ses principes de justices et ses implications pour la société. Il affirme :<< on parvient à l’interprétation
démocratique en combinant le principe de la juste (fair) Egalite des chances avec le principe de différence.
Ce principe ôte l’indétermination du principe d’efficacité en isolant une position particulière à partir de
laquelle les inégalités socioéconomiques de la structure de base doivent être jugées>>30. Le premier principe
de justice de Rawls stipule que chaque personne a un droit égal à un ensemble le plus étendu de libertés
fondamentales. Cela inclut des droits politiques, comme le droit de vote, qui sont essentiels pour une
démocratie fonctionnelle elle assure que toutes les voix, y compris celles des groupes marginalisés, soient
entendu et prise en compte dans le processus décisionnel. Le principe d’égalité de chances exige que les
positions et les fonctions soient accessibles à tous, renforçant ainsi l’idée que chaque individu doit avoir la
possibilité d’influencer les décisions qui affectent sa vie. De plus l’égalité démocratique protège les droits
individuels et garanti que les libertés fondamentales soient respectées. Cela inclus la protection contre la
discrimination et l’injustice, ce qui est essentiel pour une société juste. Rawls soutient qu’une société fondée
sue l’égalité démocratique est plus susceptible de promouvoir la cohésion sociale et la stabilité ; lorsque les
citoyens se sentent inclus et représentes, ils sont enclins à soutenir les institutions et à respecter les lois ce
qui peut aider à réduire les conflits sociaux en garantissant que les intérêts de tous les groupes sont pris en
compte. L’égalité démocratique permet à la fois d’éliminer le caractère arbitraire tant de la répartition des
revenus et de la richesse que de la distribution des dons naturels parmi les individus.

III- Quelques difficultés que rencontre les principes de la justice de Rawls


1- La question d’implémentation

28
Ibid. Pp88
29
Ibid. Pp91
30
Ibid. Pp106
9
Nous nous interrogeons sur la faisabilité pratique de la théorie de Rawls. Est-ce qu’une application des
principes de la justice est-elle possible ? La mise en pratique des principes de Rawls semble utopique, car les
principes de Rawls, notamment le principe de différence et l’égalité des chances, par exemple semblent
abstraits et idéalistes ; une telle abstraction peut rendre difficile leur application dans des contextes concrets
et complexes, ainsi ces principes sont vues comme déconnectée des réalités socio-économiques, ou les
inégalités et les injustices sont profondément enracinées ; par exemple les mesures pour connaitre les plus
désavantagés et comment évaluer les inégalités nécessite des critères et ces critères peuvent être subjectifs et
difficiles à établir malgré leur tentative d’application sous le voile d’ignorance.
De plus, les institutions politiques et économiques qui pourraient mettre en œuvre ces principes peuvent
manquer de ressources, de volonté politique ou de légitimité ; ce qui soulève des questions sur leur capacité
à effectuer des changements significatifs dans la distribution des ressources.
2- L’approche libertarienne de Robert Nozick
Dans son ouvrage Anarchy, State, and Utopia (1974) ; Nozick affirme :<< la redistribution des biens d’un
individu à un autre, même si cela est fait dans le but de promouvoir le bien-être des plus désavantagés,
constitue une violation des droits de propriété>>. 31 Il montre ainsi que les libertés individuelles et les droits
des personnes doivent être respectés sans intervention de l’Etat et que chaque individu a le droit de disposer
de ses biens comme bon lui semble, tant qu’il ne nuit pas aux autres. Il s’oppose ainsi la redistribution des
richesses proposée par Rawls ; il argue que toute forme de redistribution violerait les droits de propriété des
individus, considérant la propriété comme une extension de la liberté naturelle ; il propose donc la juste
acquisition ce qui fait qu’un bien est légitime s’il a été acquis de manière juste (par le travail, le don ou
l’échange).
IV- Mérites de la pensée rawlsienne sur les principes de la justice
1- Réhabilitation de la justice sociale
Rawls a le mérite d’avoir réintroduit la justice sociale dans le discoure philosophique, soulignant qu’elle doit
être au cœur de toute théorie politique ; il a mis en avant l’idée que les institutions doivent être conçues pour
garantir la justice et l’équité.
Ses deux principes de justice (liberté égale et principe de différence) sont formulés de manière claire et
concise, ce qui facilite leur compréhension et leur application en théorie ; il offre alors une approche
systématique et cohérente pour penser la justice, ce qui permet d’évaluer les institutions et les politiques en
fonction de ces principes. Ces principes qui sont choisis sous le concept du voile d’ignorance qui est une
méthode innovante pour réfléchir à la justice ; il invite les individus à penser de manière impartiale, en
mettant de coté leurs intérêts personnels pour concevoir des principes justes. Il cherche par conséquent à
établir des principes que les individus rationnels et libres pourraient choisir d’un commun accord, renforçant
l’idée que la justice doit être fondée sur un consensus démocratique.
De plus, le principe de différence stipule que les inégalités sociales et économiques ne sont justifiées que si
elles profitent aux plus désavantagés ; ce qui est une avance significative dans la manière de penser la justice
distributive ; contribuant ainsi à la sensibilisation du public et des décideurs aux injustices et aux inégalités
systématiques qui existent dans la société. Rawls propose une conception de la justice qui est moralement
fondée et qui cherche à respecter la dignité de chaque individu. Il relie les questions de justice à des
préoccupations éthiques plus larges, ce qui permet d’aborder des problématiques sociales et politiques sous
un angle morale.
2- Réponse aux défis contemporains

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Les idées de Rawls ont profondément influencé la philosophie politique contemporaine, inspirant des débats
et des recherches sur la justice, l’égalité et les droits, sa pensée a servi de source d’inspiration aux travaux
dans d’autres disciplines, telles que l’économie, le droit et les sciences sociales, enrichissant les débats sur
les politiques publiques et la justice sociale.
Les principes de Rawls ont été adaptés et discutés dans le contexte des injustices contemporaines, telles que
le racisme, le sexisme et les inégalités économiques, fournissant un cadre pour l’analyser et traiter ces
problèmes. Sa théorie invite à une réflexion sur les valeurs démocratiques et sur une manière dont elles
peuvent être mises en pratique dans les institutions et les politiques.
Conclusion
Parvenu au terme de notre analyse portant sur les principes de la justice de John Rawls, ou il était question
pour nous de présenter les principes de la justice de Rawls. Apres étude, il en ressort que ses principes sont
l’égalité de liberté et le principe de différence. Le premier principe a trait au respect des droits et libertés
fondamentales de chaque individu, le deuxième principe régis les inégalités sociales et économiques qui
doivent être organiser de manière à ce qu’elles profitent aux plus désavantagés et que les positions et les
fonctions soient ouverte à tous (principe d’égalité des chances). Malgré les critiques qui lui sont portées car
la mise en pratique du second principe par exemple contribuerait à une atteinte au droit de propriété des
individus ; Rawls a qu’à même le mérite d’avoir réhabilité la justice sociale en apportant une considération
des plus désavantagés et une justice comme équité.

Références textuelles

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 John Rawls ; la théorie de la justice
 www.poe.com
 Www.persee.com
 Aristote ; Ethique à Nicomaque
 Platon, les lois, Paris, Lefèvre ; 1842.
 La théorie du droit naturel classique est-elle théocratique ? Thomas Siret, docteur en histoire.
 Saint Thomas d’Aquin, La somme théologique, latin-français en regard avec des notes théologique,
historiques et philologique par M. l’abbé Drioux, Secunda secundae, question XXXI, Art. III,
Devons-nous faire plus de bien à ceux qui nous sont le plus étroitement unis ? Paris, Eugène Belin,
1855.
 John Locke ; traité du gouvernement civil.

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