LES EFFETS ELASTIQUES
Introduction
Les chaines macromoléculaires se démêlent lors du cisaillement (sous l’effet des contraintes
de cisaillement durant l’écoulement), mais tendent à revenir à l’état d’enchevêtrement une
fois ces forces de cisaillement sont éliminées. Ceci est dû à leur nature VISCOELASTIQUE.
Cette élasticité peut se manifester durant la mise en forme (transformation) sous plusieurs
formes, telles que :
Elargissement (gonflement) de l’extrudât (Die swell)(Effet BARUS)
Rupture de fusion (Melt fracture)
Phénomène de peau de requin ou peau d’orange (Shark skin)
Effet WEISSENBERG (tensions normales)
Ces effets peuvent limiter le taux de production ; il est donc utile d’étudier ces phénomènes
et les différents facteurs qui les contrôlent.
I- Le GONFLEMENT du JONC
(Die swell)
Lors de l’extrusion d’un polymère, on observe que l’extrudât présente une section
transversale plus grande que celle de la filière ; c’est l’EFFET BARUS.
𝐷
On définit le taux de gonflement β = 𝐷0
A)- Facteurs qui affectent le gonflement du jonc :
(conclusions expérimentales)
1- Effet de la vitesse de cisaillement
(Fig. 3.1)
A une température donnée, le gonflement du jonc augmente avec le taux de cisaillement
jusqu’à une limite au environ de ɣc , le taux de cisaillement critique, au-delà de laquelle
l’élargissement décroit (ɣc = début de la rupture de fusion )
Fig.3.1 & Fig. 3.2 : Variation du taux de gonflement en fonction de la vitesse de cisaillement
pour différentes températures
2- Effet de la température
A une vitesse de cisaillement (ɣ ) donnée , le gonflement diminue avec la température
mais le maximum augmente (Fig. 3.1)
3- Effet de la Pression
(Fig. 3.3)
Fig.3.3 : Variation du taux de gonflement en fonction de la contrainte de cisaillement pour
différentes températures
A une certaine valeur de la contrainte (Pression) au-dessous de Ⴀc , la contrainte de
cisaillement critique), le gonflement est peu affecté par la température .
4- Effet de la longueur de la filière
(Fig. 3.4)
A une vitesse de cisaillement donnée, le gonflement diminue avec la longueur de la filière.
(le gonflement diminue avec le temps de séjour dans la filière )
Fig.3.4 : Variation du taux de gonflement en fonction de la longueur de la filière pour deux
vitesses de cisaillement
5- Effet des facteurs moléculaires
En général, tous les facteurs qui contribuent à l’accroissement du taux (degré)
d’enchevêtrement tendent aussi à augmenter le taux de gonflement :
1) Le gonflement augmente avec l’augmentation du Poids Moléculaire
2) Les polymères ayant des chaines à ramifications longues exhibent donc moins de
gonflement que ceux ayant des chaines linéaires (moins de branchements latéraux)
( Le β du PEBD est inférieur à celui du PEHD ( moins d’enchevêtrements) ))
B) - EXPLICATION POSSIBLE :
On croit que le gonflement du jonc est un phénomène qui résulte de la désorientation
des chaines macromoléculaires à la sortie de la filière après avoir été orientés sous
l’action du cisaillement.
Cette désorientation est due à la relaxation des tensions axiales et le recouvrement de
la déformation élastique imposée à l’entrée et dans la filière.
C) - REMARQUES :
Le gonflement à la sortie de la filière n’est pas instantanée et peut ne pas être complet
avant la solidification de l’extrudât. Il est donc possible de maintenir l’extrudât dans
un bain d’huile inerte tel que l’huile silicone à une température élevée jusqu’à ce que
la relaxation soit complète puis refroidir et procéder aux mesures.
La mesure du gonflement est délicate et nécessite des précautions. Par exemple, il faut
éviter l’étirement dû à la gravité et prendre plusieurs points de mesure au long de
l’extrudât.
II- La RUPTURE de FUSION ou TURBULENCE ELASTIQUE
(Melt Fracture)
(conclusions expérimentales)
Au-delà d’une certaine valeur critique de la tension (contrainte) de cisaillement
(Ⴀc ≥ 105 Pa ) l’extrudât exhibe une distorsion irrégulière où la surface devient rugueuse
et tordue, et qui prend plusieurs formes( spirale, rides uniformes, bambooing, fracture
aléatoire) (Voir figure (photos) suivante)
On croit qu’il y a des raisons principales qui conduisent à la rupture de fusion et des
raisons secondaires qui causent les différentes formes
Une augmentation dans la température conduit à une grande augmentation du taux
de cisaillement critique (ɣc) mais a peu d’effet sur la contrainte de cisaillement (Ⴀc )
(voir figure suivante)
MECANISMES POSSIBLES :
1. La rupture de fusion peut avoir lieu par la courbure de l’extrudât due à la relaxation
des chaines macromoléculaires qui se désorientent en émergeant de la filière .
2. Elle peut avoir lieu par le glissement du polymère fondu à la paroi et ce par la création
d’une couche à faible viscosité à la paroi et qui forme un milieu de lubrification qui
permet le glissement de temps à autre (observé photographiquement grâce à
l’utilisation de marqueurs)
3. La turbulence élastique peut être causée par la propagation et l’amplification de la
perturbation de l’écoulement (on a pu observer la rupture aussi bien à l’entrée de la
filière qu’au long du canal).
4. La nature du métal formant la filière a aussi un rôle : avec le PE, PP, PMMA, Ⴀc a pu
être augmentée en changeant la filière d’un métal chromé au laiton (alliage du cuivre
et le zinc)
SOLUTIONS POUR la RUPTURE de FUSION :
1) Utilisation de filières à entrée conique et/ou à grand rapport L/D
2) L’apport des additifs et le mélangeage de polymères :
Exemple : Effet de l’addition du PEHD au PS (voir figure suivante)
3) Les charges minérales de renforcement telles que le Noir de Carbone ou la silice, et
de dilution telles que la CaCO3 peuvent améliorer la transformabilité et réduire le
taux de rupture de fusion.