Université Jean Lorougnon Guédé (UJLoG)
UFR Environnement
Département Mathématiques Physique Chimie Informatique
Parcours Physique-Chimie
Niveau L1-Semestre S2
Dr KEITA
Suites numériques et applications
Université Jean Lorougnon Guédé (UJLoG)
1
Table des matières
1 Suites numériques 3
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1 Suite définie de façon explicite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.2 Suites récurrentes d’ordre 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.3 Suites récurrentes d’ordre 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.4 Propriétés des suites numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Suites extraites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4 Convergence et divergence des suites réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4.1 Définition rigoureuse de la convergence d’une suite vers une limite : . . . . . . . . 6
1.4.2 Suite divergente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4.3 Propriétés de convergence : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.5 Calcul des limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5.1 Opérations sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5.2 Comparaison des suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.6 Suites de Cauchy-Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.6.1 Suites de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.6.2 Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.7 Somme de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2 Séries numériques 13
2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2 Convergence des séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.1 Séries à termes positifs ou nuls . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.2 Quelques séries remarquables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.3 Séries à termes quelconques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.4 Règles de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3 Équivalence des suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2
Chapitre 1
Suites numériques
1.1 Introduction
Champs d’application : on utilise les suites numériques dans plusieurs champs d’application : la
description discrète de certains phénomènes à long terme (à l’infini), les algorithmes d’approximation
numériques (point fixe et de Newton), les séries chronologiques (économie), les processus stochastiques
etc.
Objectifs du cours : les suites numériques sont des outils mathématiques déjà étudiées auparavant
(première et terminale). La particularité de ce cours, c’est de permettre au lecteur d’être rigoureux dans
les études des suites à valeurs réelles : pouvoir écrire et comprendre les définitions des suites convergentes
et divergentes à l’aide des quantificateurs logiques, savoir manipuler et identifier les méthodes adéquates
de détermination de la nature d’une suite donnée.
1.2 Généralités
Définition 1 : Une suite réelle est une application de N à valeurs dans R, qui à tout entier naturel
n ∈ N, on associe un réel u(n) = un .
Le terme un est appelé terme général de la suite (un )n∈N . L’ensemble des suites numériques réelles est
noté RN .
Les suites numériques peuvent être définies de deux manières différentes : explicitement ou sous la
forme récurrente (suites récurrentes).
1.2.1 Suite définie de façon explicite
L’expression d’une suite (un )n est explicite s’il existe une fonction réelle f définie sur une partie de
[0, +∞[ telle que pour tout n appartenant à une partie de N, on a un = f (n).
1.2.2 Suites récurrentes d’ordre 1
Une suite (un )n est dite récurrente d’ordre 1 s’il existe une fonction f : R −→ I ⊂ R telle que
– u0 ∈ I,
– ∀n ∈ N, un+1 = f (un ) ∈ I.
Exemple : 1 Suite arithmétique : le montant d’un capital rapportant des intérêts simples peut être
modélisé avec une suite arithmétique. Une suite (un )n est dite arithmétique s’il existe un réel r appelé
3
raison tel que ∀n ∈ N, un+1 = un + r et u0 ∈ R. C’est une suite récurrente avec la fonction réelle
f (x) = x + r. Son expression explicite est obtenue de la manière suivante :
∀n ∈ N, un = un−1 + r = un−2 + 2.r = · · · = u0 + nr (terme général de la suite).
2 Suite géométrique : dans le cas des intérêts composés d’un capital, on peut utiliser une suite géométrique.
Une suite (un )n est dite géométrique s’il existe un réel q appelé raison tel que ∀n ∈ N, un+1 = qun et
u0 ∈ R. Elle est récurrente avec la fonction réelle f (x) = qx. Son expression explicite est
∀n ∈ N, un = qun−1 = q 2 un−2 = · · · = q n u0 (terme général).
1.2.3 Suites récurrentes d’ordre 2
Une suite (un )n est une suite récurrente d’ordre 2 si les termes de la suite respectent une équation de
la forme suivante :
∀n, aun+2 + bun+1 + cun = 0,
avec a 6= 0, b ∈ R et c 6= 0.
La détermination de l’expression explicite d’une suite récurrente d’ordre 2 se fait ainsi
1. Résolution de l’équation caractéristique :
(Ec ) : ar2 + br + c = 0.
2. Écriture de l’expression explicite de la suite :
(a) Si (Ec ) admet deux solutions réelles distinctes r0 et r1 alors
un = αr0n + βr1n , avec α, β ∈ R.
(b) Si (Ec ) admet une unique solution réelle r0 alors
un = (α + βn)r0n , avec α, β ∈ R.
(c) Si (Ec ) admet deux solutions complexes r0 eiθ et r0 e−iθ (r0 est le module, θ et −θ sont des
arguments) alors
un = αr0n cos(nθ) + βr0n sin(nθ), avec α, β ∈ R.
Exemple : Déterminer l’expression explicite de suite (un )n donnée par
u0 = 0, u1 = 1,
un+2 − 5un+1 + 6un = 0.
4
1.2.4 Propriétés des suites numériques
Soit la suite réelle (un )n∈N . Elle est dite
croissante si (∀n ∈ N) (un+1 ≥ un ),
décroissante si (∀n ∈ N) (un+1 ≤ un ),
strictement croissante si (∀n ∈ N) (un+1 > un ),
strictement décroissante si (∀n ∈ N) (un+1 < un ),
majorée si (∃M ∈ R) (∀n ∈ N) (un ≤ M ),
minorée si (∃m ∈ R) (∀n ∈ N) (un ≥ m),
bornée si elle est à la fois majorée et minorée, c’est-à-dire (∃(m, M ) ∈ R2 ) (∀n ∈ N) (m ≤ un ≤
M ) ou bien (∃K ∈ R+ ) (∀n ∈ N) (|un | ≤ K) (cela veut dire que la suite (kun k)n∈N est majorée),
stationnaire si (∀n ∈ N) (un = u0 ),
périodique si (∃p ∈ N∗ ) (∀n ∈ N) (un+p = un ).
(
n+2 v2p = p1
Exemple 1 : Étude de la monotonie des suites numériques un = et
2n+1 v2p+1 = p12
Exemple 2 : Indiquer si les suites suivantes sont majorées, minorées, bornées, stationnaires, périodiques.
1
1. un = n ∀n ≥ 1.
2. un = sin(n) ∀n ∈ N.
u2n = −n
3. ∀n ∈ N.
u2n+1 = n
5
1.3 Suites extraites
Les suites extraites sont très souvent déduites dans le cadre de l’étude de la convergence des suites.
Définition 2 : Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles. On dit que (vn ) est une suite extraite
de (un ) s’il existe une application φ : N −→ N strictement croissante telle que ∀n ∈ N, vn = uφ(n) .
Propriété : Si φ : N −→ N une application strictement croissante alors ∀n ∈ N, φ(n) ≥ n.
Démonstration : On pose ψ(n) = φ(n) − n. Raisonnement par récurrence sur n pour ψ(n).
Exemple : Soit (un )n∈N la suite définie par un = (−1)n pour tout n ∈ N. Donner les suites extraites
à partir des termes d’indices pairs et impairs.
1.4 Convergence et divergence des suites réelles
1.4.1 Définition rigoureuse de la convergence d’une suite vers une limite :
Soit (un )n∈N une suite réelle et l ∈ R. On dit que (un ) converge vers l quand n −→ ∞ si
(∀ > 0) (∃n > 0) (∀n ∈ N) (n ≥ n ⇒ |un − l| ≤ ).
l est appelé la limite de la suite (un )n∈N et elle est unique. On note lim un = l.
n→+∞
n−1
Exemple 1 : En utilisant la définition rigoureuse, montrons que lim un = lim = 1.
n→+∞ n→+∞ n+2
n−1 3 3
Soit > 0, notons ∀n ∈ N, | n+2 − 1| = n+2 ≤ ⇐⇒ n ≥ − 2. Notons n = E( 3 − 2)
Exemple 2 : Même question que dans l’exemple 1 avec vn = q n pour tout n ∈ N et 0 < q < 1.
ln() ln()
Soit > 0, |q n − 0| = q n ≤ donc n ≥ ln(q) . Notons n = E( ln(q) ).
6
1.4.2 Suite divergente
Une suite qui ne converge pas est appelée suite divergente. Rappelons que la limite d’une suite diver-
gente peut être infinie (+∞ ou −∞) ou n’existe pas. Soit (un )n∈N une suite divergente.
– Si lim un = +∞ ⇐⇒ (∀A ∈ R∗+ ) (∃nA ∈ N) (∀n ∈ N) (n ≥ nA ⇒ un > A)
n→+∞
– Si lim un = −∞ ⇐⇒ (∀A ∈ R∗+ ) (∃nA ∈ N) (∀n ∈ N) (n ≥ nA ⇒ un < −A)
n→+∞
1.4.3 Propriétés de convergence :
1. Toute suite croissante (respectivement décroissante) et majorée (respectivement minorée) est conver-
gente.
2. Soit (un )n∈N une suite réelle.
lim un = l > 0 =⇒ (∃L > 0) (∃n0 ∈ N) (∀n ≥ n0 , un ≥ L).
n→+∞
3. Toute suite convergente est bornée.
4. Si un → l ∈ R =⇒ Toute suite extraite de (un ) converge vers la même limite l.
Remarque :
1. De toute suite bornée, on peut extraire une sous-suite convergente (Théorème de Bolzano-
Weierstrass).
2. La convergence d’une suite extraite n’implique pas celle de la suite mère.
Démonstration :
1.
2.
3.
7
4.
1.5 Calcul des limites
1.5.1 Opérations sur les limites
Théorème :
1. La somme de deux suites convergentes, est convergente et sa limite est la somme des deux limites.
2. Le produit de deux suites convergentes, est convergent et sa limite est le produit des deux limites.
3. L’inverse d’une suite convergeant vers l 6= 0 est convergente et sa limite est 1l .
4. Le quotient de deux suites convergentes dont la limite du dénominateur est non nulle, est convergent
et sa limite est le quotient des deux limites.
Démonstration : Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles convergeant respectivement vers l et
l0 .
1. Idée : Montrer que la suite (un + vn )n∈N converge et lim (un + vn ) = l + l0 .
n→+∞
2. Idée : Montrer que la suite (un .vn )n∈N converge et lim (un .vn ) = ll0 .
n→+∞
3. On suppose que l 6= 0. Idée : Montrer que la suite ( u1n )n∈N est convergente et lim 1
= 1l .
n→+∞ un
8
4. On suppose que l0 6= 0. Idée : Montrer que la suite ( uvnn )n∈N est convergente et limun
= ll0 .
n→+∞ vn
1 1
Exemple : Déterminer les limites des suites de termes généraux un = n + (−1)n et vn = 2n n .
1.5.2 Comparaison des suites
Théorème 1 : Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles convergentes telles que ∀n ∈ N, un ≤ vn
alors
lim un ≤ lim vn .
n→+∞ n→+∞
Démonstration : Raisonnement par absurde :
Théorème 2 : Soient (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites réelles contelles que ∀n ∈ N, un ≤ vn . Les
assertions suivantes sont vraies.
1. Si un −→ +∞ =⇒ vn −→ +∞,
2. Si vn −→ −∞ =⇒ un −→ −∞,
Démonstration :
9
1.
2.
Théorème des gendarmes : Soient (un )n∈N , (vn )n∈N et (wn )n∈N trois suites.
Si (∀n ∈ N, un ≤ vn ≤ wn ) et ( lim un = l ∈ R, lim wn = l ∈ R) =⇒ lim vn = l.
n→+∞ n→+∞ n→+∞
Démonstration :
sin(n)
Exemple : Calculer la limite de la suite de terme général un = n .
1.6 Suites de Cauchy-Suites adjacentes
1.6.1 Suites de Cauchy
Définition 3 : On dit qu’une suite (un )n∈N est de Cauchy si
h i
(∀ > 0) (∃n > 0) (∀(p, q) ∈ N2 ) (p ≥ n , q ≥ n ) =⇒ |up − uq | ≤ .
ou bien h i
(∀ > 0) (∃n > 0) (∀(n, p) ∈ N2 ) (n ≥ n ) =⇒ |un+p − un | ≤ .
Exemple : La suite de terme général un = 1
n pour n ∈ N∗ est-elle de Cauchy ?
10
Proposition : Une suite convergente est de Cauchy. La réciproque est vraie sur R.
Démonstration : On va démontrer seulement la première implication.
Pn 1
Exemple : La suite de terme général un = k=1 k est-elle convergente ?
1.6.2 Suites adjacentes
Définition 4 : Deux suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont dites adjacentes si
– (un )n∈N est croissante,
– (vn )n∈N est décroissante,
– lim (un − vn ) = 0.
n→+∞
Proposition : Si deux suites sont adjacentes alors elles convergent et elles ont la même limite.
Démonstration :
Pn 1 1 Pn 1
Exemple : Étude de la convergence des suites définies par un = k=1 k! et vn = nn! + k=1 k!
1.7 Somme de Riemann
L’idée de Riemann consiste à approcher une fonction définie sur un intervalle [a, b] ∈ R par une
fonction en escalier. Cette idée peut être résumée en grandes lignes suivantes :
11
– Partitionnement de l’intervalle [a, b] : subdiviser l’intervalle [a, b] en plusieurs sous-intervalles.
Considérons la subdivision Pa,b = (xi )i∈{0,··· ,n} avec x0 = a < x1 < x2 < · · · < xn = b une suite
finie strictement croissante de points de l’intervalle.
– Construction d’une fonction en escalier :
Rappel : Une fonction ψ définie sur [a, b], est dite en escalier si elle est constante par morceaux sur
les sous-intervalles inclus dans [a, b].
On peut construire une fonction en escalier ψ associée à f de la manière suivante :
∀i ∈ {0, · · · , n − 1}, ∀x ∈ [xi , xi+1 ], ∃ti ∈ [xi , xi+1 ], tels que ψ(x) = f (ti ).
– Définition de la somme de Riemann : en utilisant la subdivision (xi )i∈{0,··· ,n} et la fonction en
escalier définie plus haut, on définit une somme de Riemann associée à la fonction en escalier.
n−1
X
Sn = (xi+1 − xi )f (ti ) où ∀i ∈ {0, · · · , n}, ti ∈ [xi , xi+1 ]
i=0
Cas particulier sur l’intervalle [0, 1] : On fait n subdivisions régulières
. si ti = ni ,
n−1
X1 i
Sn = f ( ),
n n
i=0
2i+1
. si ti = 2n ,
n−1
X 1 2i + 1
Sn = f( ),
n 2n
i=0
i+1
. si ti = n ,
n−1
X 1 i+1
Sn = f( ).
n n
i=0
– Limite des sommes de Riemann : la limite est
Z b
lim Sn = f (x)dx
n−→+∞ a
Exemple : Calculer les limites des sommes suivantes :
n−1 n−1 n−1
X 1 1 X n2 X n
a) b) c)
n+i n (n + i)2 n2 + i2
i=0 i=0 i=0
12
Chapitre 2
Séries numériques
Ce chapitre est une continuité de celui des suites numériques. Les séries sont les cas particuliers des
suites numériques (même objectifs et presque les même champs d’applications). Dans ce chapitre, vous
apprendrez à mieux calculer les limites des séries numériques et aussi à déterminer leurs comportements
en calculant les intégrales de certaines fonctions spécifiques.
2.1 Généralités
Définition : soit (un )n∈N une suite numérique. La suite des P
sommes partielles (sn )n∈N définie par
sn = nk=0 uk pour tout n ∈ N, forme une série numérique notée
P
un . Le terme général de la série est
un
Exemple 1 : 1 Série géométrique : le terme général de la série un = q n pour tout n ∈ N avec q ∈ R.
La suite des sommes partielles est donnée par
n
(
X n + 1 si q = 1
sn = qk = q0 + q1 + · · · + qn = 1−q n+1
1−q sinon
k=0
1
2 Série exponentielle : le terme général de la série un = n! , ∀n ∈ N car par convention 0! = 1. Les
sommes partielles ne possèdent pas d’expression explicite.
2.2 Convergence des séries
P
Définition : soit la série un à termes complexes dont la suite des sommes partielles est (sn )n∈N .
La série est dite convergente si la limite de sn est finie. C’est-à-dire
+∞
X
(∃s ∈ C) tel que ( lim sn = un = s).
n→+∞
n=0
Toute série qui ne converge pas est dite divergente. Dans ce cas, la limite de la suite des sommes
partielles est soit ±∞ ou n’existe pas.
Exemple 2 : les deux séries de l’exemple 1 sont-elles convergentes ?
13
Propriétés 1 :
P P
1. Soient un et vn deux
P séries à termes complexes, convergeant respectivement vers s et t. Soient
α, β ∈ C alors la série (αun + βvn ) converge vers αs + βt.
P P P
2. La série (an + ibn ) converge si et seulement si les deux séries de réels an et bn convergent.
En plus
+∞
X +∞
X +∞
X
(an + ibn ) = an + i bn
n=0 n=0 n=0
Démonstration :
Avant d’étudier le comportement à l’infini d’une série numérique, le résultat qui va suivre, permet de
savoir s’il y a des chances pour qu’une série converge.
P
Théorème 1 : soit la série un de suite de sommes partielles (sn )n∈N . On suppose que sn converge
vers s ∈ C. En effet
+∞
X
un = s =⇒ lim un = 0.
n→+∞
n=0
La contraposée du théorème donne
X
lim un 6= 0 =⇒ la série un diverge.
n→+∞
Cette implication permet de savoir si la série diverge ou s’il est possible qu’elle converge.
Démonstration :
nα est divergente ?
P
Exemple 3 : donner les valeurs de α pour lesquelles la série
14
2.2.1 Séries à termes positifs ou nuls
P
Définition : soit (un )n une suite numérique. La série un est dite à termes positifs ou nuls si ∀n ∈ N,
un ≥ 0.
Exemple 4 : donner quelques exemples de séries à termes positifs ou nuls.
Propriétés 2 :
1. La suite des sommes partielles d’une série à termes positifs ou nuls, est croissante.
P P
2. Soient un et vn deux séries à termes positifs ou nuls. On suppose que ∃n0 ∈ N tel que ∀n ≥ n0 ,
un ≤ vn . Les résultats suivants sont vérifiés.
P P
(a) Si vn converge alors un converge.
P P
(b) Si un diverge alors vn diverge.
Démonstration :
2.2.2 Quelques séries remarquables
P
Théorème 2 : soit la série de réels un définie par un = f (n) où f : [N, +∞[−→ R+ (N ∈ N) est
une fonction décroissante. En effet
Z +∞ X
l’intégrale f (t)dt converge ⇐⇒ un converge.
N
R n+1
Démonstration : encadrer l’intégrale N f (t)dt avec les éléments de la suite (un )n et déterminer
R n+1
lim N f (t)dt.
n→+∞
Séries de Riemann
P
Une série à termes positifs un est dite de Riemann si le terme général se définit ainsi
un = n−α , ∀n ∈ N∗ , α ∈ R∗+ .
15
n−α pour tout n ∈ N∗ .
P
Proposition 1 : soit la série Riemann
– Si α > 1 alors la série converge.
– Si α ≤ 1 alors la série diverge.
Démonstration :
P 1
Exemple 5 : Quel est le comportement de la série ( 3n + 12 n2 ) à l’infini ?
Séries de Bertrand
Les séries à termes positifs sont de Bertrand si elles s’écrivent sous la forme suivante :
1
un = , ∀n ≥ 2, α, β ∈ R
nα (ln(n))β
n−1 ln(n)−β .
P
Proposition 2 : Soit la série de Bertrand
– Si β ≤ 1 alors la série diverge.
– Si β > 1 alors la série converge.
Démonstration :
2.2.3 Séries à termes quelconques
Dans le cas des séries à termes non positifs ou nuls, les propriétés énoncées ne sont plus applicables.
Il est quand même envisageable d’étudier la convergence absolue des séries à termes non positifs ou nuls.
16
P
Convergence absolue : soit un une série
P à termes complexes. La convergence absolue de la série
correspond à la convergence simple de la série |un | où |un | est le module de un
Proposition 3 : la convergence absolue implique la convergence simple.
P
Démonstration
P : soit un la série à termes complexes, qui converge absolument. C’est-à-dire la
série |un | converge. Posons un = an + ibn où an , bn ∈ R, ∀n ∈ N.
On va d’abord montrer que la partie réelle et imaginaire sont absolument convergentes. On sait que
0 ≤ |an | ≤ |un | et 0 ≤ |bn | ≤ |un |.
P P
Cela prouve que les séries an et bn sont
P absolument
P convergentes (D’après Propriétés 2).
Il faut montrer maintenant que les séries an et bn sont convergentes.
Posons an = a+ −
n − an où
an si an ≥ 0 − −an si an < 0
a+n = an =
0 sinon 0 sinon
− a+ a− a+
P P
∀n
P ∈ N, 0 ≤ an ≤ |an | et 0 ≤P n ≤ |an |. D’après Propriétés 2, les séries n et n convergent donc
an convergent. Idem pour bn .
P −1
Exemple 6 : La série n2
est-elle convergente ?
Soit la suite (un )n définie par
1
k+1 si n = 2k
un = 1
− k+1 si n = 2k + 1
P
La série un est-elle convergente ? absolument convergente ?
2.2.4 Règles de convergence
Règle de Cauchy
P 1/n
Soit un une série à termes positifs ou nuls. On suppose que la suite un converge vers un réel l. En
effet
P
1. Si l < 1 alors la série un converge.
P
2. Si l > 1 alors la série un diverge.
P n+1 n
Exemple 6 : en utilisant la règle de Cauchy, montrer que la série ( 2n+1 ) converge.
17
Règle d’Alembert
P un+1
Soit un une série à termes strictement positifs. On suppose que la suite −→
un n→+∞ l ∈ R. En effet
P
1. Si l < 1 alors un converge.
P
2. Si l > 1 alors un diverge.
P n!
Exemple 7 : en utilisant la règle d’Alembert, étudier le comportement de la série nn à l’infini.
Test de convergence des séries alternées
un est dite alternée si ∀n ∈ N, un = (−1)n an où (an )n une suite
P
Définition : une série de réels
réelle.
Critère de convergence : une série alternée (−1)n an est dite convergente si les deux assertions
P
suivantes sont vérifiées.
– La suite |an | est décroissante, c’est-à-dire ∀n ∈ N, |an+1 | ≤ |an |.
– lim an = 0.
n→=∞
Exemple 8 : étudier la convergence des séries suivantes :
X (−1)n X (−1)n X (−1)n
, √ , .
n n 3n
2.3 Équivalence des suites
Définition : soient (un )n et (vn )n deux suites à termes strictement positifs. Les deux suites sont dites
équivalentes au voisinage de +∞ si et seulement si lim uvnn = 1. On note
n→+∞
un ∼ vn .
+∞
Théorème 3 : soient (un )n et (vn )n deux suites équivalentes au voisinage de +∞ (un ∼ vn ). Alors
P +∞
les séries un et vn ont le même comportement à l’infini.
P√
n ln(1 + n1 ) et 3
P
Exemple : donner les comportements des séries n + 1 sin (n+1)2 à l’infini.
18