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Ce numéro de la revue RELIEF explore la transculturalité à travers diverses régions francophones, en présentant sept contributions qui examinent les interactions culturelles et les identités plurielles. Les articles abordent des thèmes allant de la tradition orale en Afrique à l'expérience de la diaspora iranienne, en passant par le multiculturalisme canadien et les parcours féminins au Québec. L'ensemble souligne l'évolution des études transculturelles et l'absence de la France dans ce domaine, tout en appelant à une réflexion sur l'avenir de la francophonie.

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Ce numéro de la revue RELIEF explore la transculturalité à travers diverses régions francophones, en présentant sept contributions qui examinent les interactions culturelles et les identités plurielles. Les articles abordent des thèmes allant de la tradition orale en Afrique à l'expérience de la diaspora iranienne, en passant par le multiculturalisme canadien et les parcours féminins au Québec. L'ensemble souligne l'évolution des études transculturelles et l'absence de la France dans ce domaine, tout en appelant à une réflexion sur l'avenir de la francophonie.

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Anne-Marie Gans-Guinoune et Jeanette den Toonder

INTRODUCTION :
Parcours de la transculturalité à travers
quelques régions francophones du monde

RELIEF 5 (2), 2011 – ISSN: 1873-5045. P1-3


[Link]
URN:NBN:NL:UI:10-1-112471
Igitur publishing
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En offrant un espace de réflexion sur le devenir de la francophonie dans


plusieurs régions francophones du monde, ce numéro présente sept
contributions qui sont liées par la transculturalité. Ce terme est issu du
concept de transculturation élaboré par l’anthropologue et ethnologue cubain
Fernando Ortiz. Il désigne le phénomène de cultures qui se rencontrent et
s’unissent.1 Transculturel et transculturalité, en transgressant les frontières
entre les nations et les cultures, renvoient au concept d'identités culturelles
plurielles. Toutes ces ‘diversités’, ces ‘singularités’, ces voix répondent à toutes
sortes d’attentes: thématiques, formelles, idéologiques.
Le parcours suivi dans ce numéro est le suivant: en partant de l’Europe
et de la théorie de la transculturalité, le voyage se poursuit en Afrique où la
tradition orale et le théâtre sont abordés, et s’arrête ensuite en Iran sur la
rigidité d’un État totalitaire. La dernière étape de l’itinéraire remonte du Sud
vers le grand Nord pour questionner la position du Canada, pays exemplaire
du pluralisme ethnique.
Dans la première contribution, « Sur la théorie d’une francophonie
transculturelle. État des lieux et intérêt didactique », Dagmar Reichardt étudie
la définition de la notion de transculturalité en insistant d’abord sur le
développement historique du terme. Reichardt vise à montrer comment les
études transculturelles se sont développées à partir de processus interculturels
et à déterminer quelle place celles-ci occupent dans les débats théoriques
actuels. Cet article s’appuie sur l’exemple des études françaises en Allemagne,
qui, inspirées de l’hybridité et de l’interculturel, s’ouvrent maintenant à une
approche transculturelle.

1
Ces questionnements théoriques sont suivis de trois articles portant sur
deux analyses littéraires et une théâtrale, d’œuvres créées sur des territoires
géographiques différents. Nicolas Di Méo dans « Les figures de l’auteur et du
traducteur chez Amadou Hampâté Bâ et Ahmadou Kourouma » se penche
sur deux célèbres écrivains d’Afrique de l’Ouest, Hampaté traducteur de
textes de la tradition orale et Kourouma qui, lui, tend vers des identités
complexes. Ce parcours est celui de la postcolonialité, se caractérisant par
l’existence simultanée, dans le champ littéraire, de différents concepts de
ressemblances interculturelles et linguistiques.
Dora Leontaridou présente Jean-Louis Martinelli, metteur en scène qui a
osé transposer le mythe de Médée en Afrique. Dans « Médée à la croisée des
cultures », Leontaridou insiste sur l’interaction que créent la réécriture et la
représentation de Médée entre les structures traditionnelles du mythe et les
structures socioculturelles de l’Afrique de l’Ouest. Ce pont entre l’ancien et le
nouveau, entre l’Occident et l’Afrique, montre que la transculturalité traverse
les continents et les âges.
L’article de Esfaindyar Daneshvar, « Rire, un passeport pour fuir l’Exil:
le récit d’un exil ironique », insiste sur l’expérience de la diaspora en dévoilant
l’écriture ironique de l’auteure iranienne Nahal Tajadod. Avec humour,
Tajadod jette un regard critique sur la société iranienne actuelle, mais en ne
négligeant pas de souligner des aspects nobles de cette culture. La distance
ironique caractérisant cette écriture donne lieu à une perspective
transculturelle sur le monde fermé de l’Iran.
Dans la cinquième contribution, « Multiculturalisme dense ou violence
massive: quatre scénarios possibles », Afef Benessaieh définit les quatre modes
de fonctionnement sociétal à partir du cas canadien: monoculturalisme,
interculturalisme, multiculturalisme et transculturalisme. En considérant ce
dernier comme une forme de multiculturalisme dense, Benessaieh insiste sur
la direction normative de ce mode d’action où l’État joue un rôle actif en
encourageant les identités culturelles composites.
Ces identités changeantes se trouvent à la base des deux derniers
articles. Gabrielle Parker, en partant de l’Asie, nous amène au Québec dans
« À mi-chemin entre deux mondes: parcours féminins chez Ying Chen ». Cette
auteure singulière plonge dans son archéologie personnelle pour observer les
transmutations, dans un entre-deux métaphorisé, chez son personnage en
situation provisoire, depuis la narratrice en transit de La mémoire de l’eau
(1992), jusqu’à celle, en pleine métamorphose, d’Espèces (2010).
Dans l’article qui clôt ce numéro, « Vieillir en immigration », Anne-
Marie Gans-Guinoune examine l’effet de la transculturalité dans l’intimité

2
d’une femme libanaise exilée au Québec ainsi que sur celle de trois vieux
immigrés qui ont quitté l’Algérie. A travers son analyse d’un roman d’Abla
Farhoud et d’un roman d'Abdelkader Djemaï, Gans-Guinoune tend à montrer
que le vécu de la vieillesse pour les hommes et les femmes en situation
d’immigration peut s’avérer différent, suggérant une facilité plus grande pour
les femmes à se couler dans le mouvement de la transculturalité.

Les analyses et réflexions théoriques présentées ici font preuve d’une


évolution théorique et analytique du phénomène de la transculturalité dans
plusieurs régions francophones du monde. En considérant le rayonnement
actuel des études transculturelles, il est remarquable que la France soit absente
de ce panorama. Il semble que la critique française se tient pour le moment à
l’écart de développements mondiaux, et ce numéro pourrait contribuer à
stimuler l’essor des études transculturelles dans l’hexagone.

Notes
1. Ortiz a élaboré ses réflexions dans son ouvrage Contrapunteo cubano del tabaco y el azúcar:
Advertencia de sus contrastes agrarios, económicos, históricos y sociales, su etnografía y su
transculturación, La Habana, J. Montero, 1940.

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