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Prof Nkumbu

Le Professeur Jean-Michel KUMBU ki NGIMBI remet en question la légalité de l'augmentation du SMIG en RDC, passant de 7.000 à 14.000 FC, soulignant que cette compétence devrait relever des provinces selon la constitution. Il critique également le processus par lequel un arrêté ministériel modifie le SMIG, en violation du principe de parallélisme de forme et de compétence. Enfin, il appelle à respecter les règles du droit positif congolais et souligne l'importance de la révision du code du travail pour clarifier ces compétences.

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Le Professeur Jean-Michel KUMBU ki NGIMBI remet en question la légalité de l'augmentation du SMIG en RDC, passant de 7.000 à 14.000 FC, soulignant que cette compétence devrait relever des provinces selon la constitution. Il critique également le processus par lequel un arrêté ministériel modifie le SMIG, en violation du principe de parallélisme de forme et de compétence. Enfin, il appelle à respecter les règles du droit positif congolais et souligne l'importance de la révision du code du travail pour clarifier ces compétences.

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Réajustement du SMIG en RDC : le Professeur Jean-

Michel KUMBU ki NGIMBI s’interroge


Professeur Ordinaire
Expert en Gouvernance
Chaire de droit du travail depuis 25 ans.

J'ai suivi sur Top Congo que le taux du SMIG a été revu du simple au double, de 7.000 à
14.000 FC (02.01.2025)

1. C’est un décret du Premier Ministre (Décret n° 18/017 du 22 mai 2018) qui a fixé
le SMIG à 7.000 après concertation de toutes les parties prenantes. La question
reste discutable car le SMIG relève des compétences exclusives des provinces
(art. 204 point 17). Mais tel n’est pas le point de débat de ce jour.
2. Comment est-ce possible, en droit, que ce soit un arrêté ministériel qui le
modifie ? Où est passé le principe de parallélisme de forme et de compétence ?
C’est tellement basique que je suis juridiquement étourdi.
3. Quelle est la position de la Fédération des entreprises du Congo ? Est-elle
associée à cet ouvrage juridiquement incorrect ? Comment, si tel n’est pas le
cas, passer outre la FEC ? Ce forcing est dû à quoi et profite à qui?
4. Entre fixer le SMIG et l’appliquer, il y aura certainement, comme à l’accoutumée,
un goulot d’étranglement.
5. J’apprends aussi que le SMIG à 14.000 est un cadeau du Chef de l’Etat. Je dois
beaucoup de respect au Président de la République mais j’estime que cette
déclaration n’est pas exacte. Nul ne plaide par procureur et je suis presque
convaincu que le PR n’a pas demandé au Ministre du Travail de le dire ainsi. Le
PR a parlé à la Nation devant le congrès, il a fait un message à la population à
l’occasion des festivités de fin d’année, tel oracle n’a pas été entendu. Ceci me
fait penser à une leçon de droit des obligations quand j’étais étudiant, à savoir la
vente avec condition suspensive.
6. Si nous sommes un Etat de droit, nous devons respecter les règles élémentaires
du droit positif congolais.
7. L’article 87 du code du travail de 2002 devait être modifié après la promulgation
de la constitution de 2006, le plus tard à la révision du code du travail en 2016.
Cela n’a pas été fait. En effet, si en 2002 le Président de la République pouvait
fixer le SMIG par décret, la constitution de 2006 renvoyait cette compétence aux
provinces (art.204, point 17). Même le décret de 2018 (un faux parallélisme de
forme faute de compétence attribuée) qui a revu le taux du SMIG était fait en
violation de la constitution. Car l’article 87 du code de 2002 était frappé par
l’article 221 de la constitution, qui dispose : « Pour autant qu’ils ne soient pas
contraires à la présente Constitution, les textes législatifs et réglementaires en
vigueur restent maintenus jusqu’à leur abrogation ou leur modification. Or
l’article 87 du code du travail de 2002 était contraire à l’article 204, point 17 de la
constitution. La révision du code du travail de 2016 devait par voie se
conséquence modifier cet article en traduisant en des termes non équivoques la
compétence des provinces sur cette question.
8. Le SMIG a un lien direct avec le pouvoir d’achat. La constitution a donc bien vu
de ranger cette compétence dans les provinces. Et cette compétence est
exclusive. Cela veut dire qu’elle est à elles, c’est-à-dire aux provinces, et non à un
autre palier de pouvoir, dans le cas d’espèce le pouvoir central. C’est à juste titre
que la Province du Katanga avait aux premières heures de l’application de la
constitution de 2006 fixé un SMIG de 100 dollars américains pour toute l’étendue
de la province.

Dr Jean-Michel KUMBU ki NGIMBI, LL.M. (Hamburg)

Professeur Ordinaire

Expert en Gouvernance

Chaire de droit du travail depuis 25 ans.

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