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Introduction A La Philosophie

La philosophie est une manière de penser critique qui remet en question les croyances et les normes sociales, souvent perçue comme une menace pour l'ordre établi. Elle se distingue du savoir empirique des sages par sa quête perpétuelle de vérité et son questionnement rationnel, incarnée par des figures comme Socrate et Platon. En tant que discipline, la philosophie n'offre pas de réponses définitives, mais encourage une réflexion continue sur l'essence des choses et la condition humaine.

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Introduction A La Philosophie

La philosophie est une manière de penser critique qui remet en question les croyances et les normes sociales, souvent perçue comme une menace pour l'ordre établi. Elle se distingue du savoir empirique des sages par sa quête perpétuelle de vérité et son questionnement rationnel, incarnée par des figures comme Socrate et Platon. En tant que discipline, la philosophie n'offre pas de réponses définitives, mais encourage une réflexion continue sur l'essence des choses et la condition humaine.

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Introduction à la philosophie

Ancrée depuis des siècles dans les civilisations orientales et occidentales, la philosophie n’est pas tant
une activité à part entière qu’une manière de penser. Elle naît dans une prise de conscience critique
d’une situation inhabituelle, d’un refus de ce qui se passe. Par conséquent, la philosophie est naturelle à
l’être conscient mais peu nombreux sont ceux qui la pratiquent dans la pensée et dans les actions
quotidiennes. Le succès timide de cette matière revient au manque de courage que la philosophie exige
pour qu’elle soit pleinement exercée. En effet, elle est un casse-tête, une violence faite à la pensée pour
penser autrement, une audace pour vouloir connaître la vérité et l’exprimer. Par paresse, par peur ou
tout simplement parce que « les choses ne vont pas changer » (ce qui est faux évidemment), la masse
préfère suivre la masse dans une course effrénée contre le temps dans le souci de bien faire tel que
l’exige la société. En d’autres termes, philosopher c’est être en crise, en révolte contre ses propres
croyances et convictions et contre les dictats de la société. Philosopher, c’est être éveillé et non
conformiste.

L’histoire de la philosophie témoigne de ce conflit, parfois à coût de sang et de vie ; Socrate (470-399
AD) en fut le premier martyr historiquement reconnu. Appliquer la peine de mort à Socrate a révolté son
disciple Platon (423-347 AD) contre l’injustice et la violence d’Athènes qui a tué un homme inoffensif et
désarmé. Or, l’exercice de la philosophie est dans un premier temps l’exercice de la liberté et de
l’autonomie de la pensée, un appel à la révolution réflexive contre les idées toutes faites de la société et
de la tradition. Vue sous l’angle de la politique, la philosophie menace l’ordre établi. Se débarrasser de
Socrate fut un soulagement pour le gouvernement, mais à court terme. Croyant faire taire le monde par
la mort de Socrate, une prolifération de philosophes a commencé à se faire voir un peu partout dans le
monde et jusqu’à aujourd’hui. Il n’en demeure pas moins que, malgré l’évolution des sociétés et les
avancées scientifiques et technologiques, la nature humaine soit restée la même : les philosophes
continuent à être une menace pour l’ordre établi.

Etymologie et définition de la philosophie

« Le mot français philosophie est un emprunt au latin philosophia, qui lui-même était un emprunt au
grec philosophia. Le mot philosophia est formé de deux éléments grecs. Philos, « qui aime », vient
de philein, l’un des trois verbes grecs qui veut dire « aimer ». Sophos, lui, signifie d’abord « habileté
dans un art, dans une technique », puis « savoir, science », et enfin « sagesse, pratique ».

Ainsi, l’étymologie du mot porte la double idée d’amour de la sagesse et d’amour de la connaissance. Il y
a donc dans le mot même à la fois l’idée de chercher à comprendre le monde qui nous entoure, à
raisonner sur l’essence des choses, et l’idée de mener une vie de sagesse, devant conduire au bonheur.

Pythagore aurait été le premier penseur à se désigner comme philosophe. Mais c’est Socrate qui a établi
la philosophie comme un questionnement, une recherche de la raison »1.

Cette étrange amitié qui se noue envers une manière de penser et non envers un être humain ou un
être vivant, comporte des nuances. Il est vrai que la philosophie est l’amour de la sagesse son
1
Selon le site [Link]

1
étymologie pourtant le philosophe n’est pas un sage. Il existe alors une différence entre ces deux,
surtout au niveau de la manière de penser et d’être.

Le philosophe et le sage :

En effet, un sage est un conseiller, un guide, une personne chez qui on demande conseil pour une
situation donnée parce qu’il a de l’expérience. Il est, pour ainsi dire, une personne de confiance. Le sage
a un savoir empirique acquis à travers les vicissitudes de la vie, ce qui le rend efficace en matière de
conseil. Cependant, ce savoir diffère de la philosophie et lui pose parfois problème précisément parce
qu’ « à chacun son expérience ». Un savoir empirique se définit comme subjectif et relatif, variant d’un
sage à un autre malgré toute son efficacité pour enfreindre les obstacles de la vie. Or au regard de la
philosophie un savoir relatif et donc multiple donne des vérités multiples ce qui le place au rang de
l’opinion (du grec doxa) qui est un point de vue subjectif non fondé en raison et éloigné de la vérité. Si la
devise de Socrate est le « Je ne sais qu’une chose c’est que je ne sais rien », celle du sage pourrait être
« Je ne sais qu’une chose c’est que je sais ». Il y a dès lors deux attitudes complètement divergentes
engendrant deux manières de penser différentes.

Le philosophe est par essence socratique. Il n’est pas tant dans le savoir que dans le questionnement
rationnel qui vise la vérité objective concernant les questions existentielles et l’essence des choses.
Partant de la devise de Socrate fondateur de la philosophie, le philosophe est en quête perpétuelle
parce que la réflexivité ne s’arrête pas contrairement au savoir qui peut avoir un terme selon son sujet.
La quête philosophique est également continue parce que l’objet d’étude, l’essentialité et
l’existentialité, sont loin d’avoir des réponses exactes. Pour cela, la vérité philosophique,
quoiqu’objective et rationnelle, est appelée à être questionnée. La manière d’être du philosophe est
celle d’un chercheur le regard viré vers les étoiles comme Thalès et Platon, vers la condition humaine et
sociale comme Socrate ou vers l’immanence comme Spinoza. Il est bien fondé de parler de Socrate
figure emblématique de la philosophie et qui hante les philosophes jusqu’à nos jours.

Socrate, le philosophe errant :

Immortalisé dans ses dialogues par son disciple Platon, Socrate a incarné en tant qu’homme et
philosophe, l’image de la pensée comme cheminement. Il a passé sa vie à errer sur les routes d’Athènes,
à dialoguer avec les gens et surtout les jeunes pour les pousser à réfléchir par eux-mêmes. Sa démarche
réflexive est la maïeutique (« Maïa » désigne un personnage de la mythologie grecque qui veillait aux
accouchements) qui a inspiré plusieurs méthodes thérapeutiques et éducative. Né d’une mère sage-
femme, Socrate disait qu’il « accouchait les esprits » en répondant par une question dans un dialogue.
Armé de son ironie habituelle, Socrate montre que la pensée n’est pas linéaire mais dynamique comme
la vie, en perpétuel changement, en mouvement, qui exigerait le questionnement pour la saisir.
Questionner les coutumes et l’ordre établi, réveiller l’autonomie chez ses interlocuteurs a mené Socrate
à sa condamnation à mort. Longtemps comparé au procès de Jésus, le procès de Socrate se fondait sur
l’accusation du désordre et de la corruption des jeunes. Refusant de s’enfuir de la prison, Socrate
accepta son sort au nom de l’éthique et du respect des lois qu’il a longtemps défendus. Il fut le premier
martyr de la philosophie.

2
Platon et l’idéalisme philosophique :

La condamnation à mort de Socrate et son exécution ont amené Platon à écrire la République, une étude
sur le régime politique idéal. Dans le livre VII, se trouve « L’Allégorie de la caverne »2, une histoire
racontant le parcours socratique de la pensée dialectique vers la contemplation des Idées.

Selon lui, il existe deux mondes :

Le monde sensible :

Le monde visible qu’il appelle le « monde sensible » (perçu par les sens) représenté par la caverne ou la
société.

Les caractéristiques du monde sensible : la manipulation, la doxa, les images, le paraître ou les
apparences. Donc c’est un monde changeant, subjectif et relatif. Pour Platon toute vérité qui change
n’est pas une vérité, ce qui explique la sortie de Socrate de la caverne puisque la vérité est en dehors du
monde sensible et changeant.

Le monde intelligible ou le monde des Idées :

Le monde intelligible est invisible et imperceptible qu’on ne peut atteindre que par l’âme ou par la
raison, par la pensée et la réflexion ; Platon l’appelle « la contemplation des Idées ».

Les caractéristiques du monde intelligible : il est formé d’Idées abstraites, éternelles, immuables,
universelles. Ces Idées sont : le beau, le juste, le vrai, le bien. Leur application diffère d’une société à un
autre (la culture fait partie de la société ou du monde sensible).

Le but de la contemplation des Idées c’est d’améliorer la société ou le monde sensible (Socrate est
rentré dans la caverne pour sauver ses compagnons mais ils ne l’ont pas cru : tout changement a besoin
de temps pour être instauré).

La sortie de la caverne vers le soleil s’appelle « la dialectique » ou la confrontation de deux opposés.

La philosophie, selon Platon se définit par la contemplation des Idées qui réside dans la réflexion et la
définition de ces Idées.

2
Platon, République, livre VII, trad. Emile Chambry, éd. de 1948, t. II, Les Belles Lettres, p. 121 sq.

3
Karl Jaspers explique la philosophie en ces termes :

« Pour quiconque croit à la science, le pire est que la philosophie ne fournit pas de résultats
apodictiques, un savoir qu'on puisse posséder. Les sciences ont conquis des connaissances certaines, qui
s'imposent à tous ; la philosophie, elle, malgré l'effort des millénaires, n'y a pas réussi. On ne saurait le
contester : en philosophie il n'y a pas d'unanimité établissant un savoir définitif. Dès qu'une connaissance
s'impose à chacun pour des raisons apodictiques, elle devient aussitôt scientifique, elle cesse d’être
philosophie et appartient à un domaine particulier du connaissable »3.

Le mot grec « philosophe » (philosophos) est formé par opposition à sophos. Il désigne celui qui aime le
savoir, par différence avec celui qui, possédant le savoir, se nomme savant. Ce sens persiste encore
aujourd’hui : l’essence de la philosophie, c’est la recherche de la vérité, non sa possession, même si elle
se trahit elle-même, comme il arrive souvent, jusqu’à dégénérer en dogmatisme, en un savoir mis en
formules, définitif, complet, transmissible par l’enseignement. Faire de la philosophie, c’est être en
route. Les questions, en philosophie, sont plus essentielles que les réponses, et chaque réponse devient
une nouvelle question. Nous pouvons recourir à d’autres formules pour exprimer la signification de la
philosophie. Aucune n’épuise cette signification et aucune ne s’avère la seule. Dans l’antiquité,
définissant la philosophie d’après son objet, on a dit qu’elle était connaissance des choses divines et
humaines, ou de l’être en tant qu’être ; la définissant d’après son but, on a dit qu’elle était apprendre à
mourir, ou qu’elle était la conquête, par la pensée, du bonheur, ou de la ressemblance divine ; la
définissant enfin par ce qu’elle embrasse, on a dit qu’elle était le savoir de tout savoir, l’art de tous les
arts, la science en général, qui ne se limite à tel ou tel domaine particulier.

3
Karl Jaspers, Introduction à la philosophie. Chapitre 1 « Qu’est-ce que la philosophie? »

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