GMTRPDF
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Résumé
Devant la place grandissante occupée par les terrassements et la réalisation des couches de
forme dans les grands projets routiers, et considérant que l’état des connaissances et de
l’expérience était suffisant pour qu’un document méthodologique, codifiant la technique des
terrassements routiers, puisse être produit, la DRCR a décidé d’élaborer un Guide Maroca in
pour les Terrassements Routiers (GMTR).
Ce guide dont l’élaboration a fait l’objet d’une recommandation du Vème Congrès national de
la route tenu à Tanger en 1998, vient pour palier une insuffisance en matière de doctrine
technique relative aux terrassements routiers. En effet les aspects relatifs aux travaux de
terrassements étaient abordés au niveau de deux documents ; il s’agit :
Or, avec la pratique, il s’est avéré que ces deux documents ne permettaient pas de cerner de
manière rationnelle les principaux aspects techniques afférents aux terrassements routiers.
Aussi est-il
est-il jugé nécessaire d’élaborer le GMTR qui tient compte des a vancées récentes
réalisées dans le domaine des terrassements et permet d’adapter les techniques
internationales en la matière au contexte géotechnique Marocain .
Dans cette communication, nous présenterons brièvement le contenu de ce guide qui est
organisé en deux fascicules :
Il présente les principes de base suivis pour l’établissement de la classification des sols et des
roches et précise les conditions d’utilisation des matériaux en remblais et en couche de forme.
Il définit également les exigences de compactage et traite d’autres cas spécifiques liés aux
travaux de terrassement.
Ce fascicule est constitué d’une série de 5 annexes techniques nécessaires pour l’exploitation
du document.
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I- Introduction
Avant l’élaboration du Guide Marocain pour les Terrassements Routiers (GMTR), les seuls
documents normatifs qui se réfèrent aux terrassements sont :
Le premier document édité par la DRCR en 1983 aborde les aspects liés aux travaux de
terrassements dans leur généralité. Le second document est une directive d’application du
CPC et avait donc pour objectif de compléter ce dernier au niveau des aspects liés aux
contrôles de travaux.
Classification des sols (LPC) peu adéquate pour les travaux de terrassements. Cette
classification a montré ses limites dans la mesure où des sols d’une même famille
peuvent présenter des comportements très différents lors des travaux des
terrassements et également lors de l’exploitation des ouvrages au niveau des remblais
et des couches de forme ;
l’établissement d’une classification des sols, or iginale, fondée sur les seuls paramètres
d’identification géotechnique reconnus comme significatifs vis -à-vis de la construction des
remblais et des couches de forme.
Le choix d’une telle classification devait satisfaire aux deux critères suivants :
Ne pas trop s’éloigner du mieux qui existe au niveau international, dans le domaine de
classification des sols et des roches( cas GTR), pour pouvoir effectuer les comparaisons et
suivre les éventuelles évolutions dans ce domaine.
l’énoncé des modalités de mise en œuvre propre (en fonction des conditions
météorologiques) à chaque classe des sols, suivant l’utilisation : remblai ou couches de
forme. La définition de ces modalités a constitué une occasion opportune pour
l’introduction de certaines innovations en matière de traitement des matériaux aux liants
hydrauliques ou à la chaux.
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la formulation d’exigences de compactage, en termes facilement contrô lables, ces
exigences doivent figurer dans les cahiers de charges et servir également pour le contrôle
de réception des travaux. Dans ce cadre, la méthode de contrôle en continu a été
introduite, cette méthode dite méthode (e, Q/S) basée sur le contrôle de l’épaisseur
maximale et de l’énergie de compactage.
En plus des aspects présentés cités ci-dessus, Le GMTR traite également d’autres sujets liés
aux travaux de terrassements à savoir :
Le compactage à sec des sols, qui est souvent adopté en zones sahariennes.
SOLS MEUBLES
Le principe de la classification retenue dans le Guide Marocain pour les terrassements routiers
est celle adoptée au niveau du catalogue marocain des c haussées neuves (édition 1995)
inspiré de la classification GTR.
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Les paramètres retenus pour cette classification diffèrent selon qu’il s’agisse de sols meubles
ou de roches. Ces paramètres peuvent être résumés comme suit :
les paramètres de comportement mécanique : Los Angeles (LA), Micro Deval en présence
d’eau (MDE) et coefficient de friabilité des sables (FS).
paramètres l’état : caractérisant l’état hydrique et qui sont : teneur en eau, Indice Portant
Immédiat (IPI) et Indice de consistance (IC).
Ces paramètres d'état permettent de définir quatre états hydriques qui sont : l'état très sec
(ts), sec (s), moyennement humide (m) et humide (h).
b) Le coefficient de dégradabilité (DG) pour l'évolution par altérabilité lors de cycles alternés
d'humidification séchage ;
La classe A : les sols fins A1, A2, A3 et A4 (silts, limons, argiles, etc….)
La classe B : les sols sableux ou graveleux avec fines B1, B2, B3, B4, B5, et B6
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Les sols Tuffacés : TfAi, TfBi, TcAi et TcBi
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B - Class ific atio n d es m até
riau x Ro ch eux
- Craies R1
- Grès calcaire
- Calcarénite
Roches - Encroûtements calcaires
carbonatées - Calcaires marneux R2
- Calcschistes
- Calcaires durs
- Calcaires dolomitiques
- Marnes
Roches - Schistes sédimentaires
Sédimentaires Roches argileuses - Flyschs marneux R3
- Argilites
- Pelites
- Grès argileux
- Grès siliceux
Roches siliceuses R4
- Poudingues
- Brèches
- Gypse
Roches salines - Gypse marneux R5
- Sel gemme
- Granite
- Basalte
Roches
- Diorite
Magmatiques et R6
- Quartzite
Métamorphiques
Autres roches éruptives et métamorphiques
dures
Notons que les sols organiques et sous produits industriels sont mentionnés pour mémoire.
Les principes retenus pour la définition des conditions d'utilisation des matériaux en remblais
sont les suivants :
Viser le niveau de qualité technique, juste nécessaire compte tenu des possibilités des
matériels et techniques d'exécution dans le contexte marocain.
L'objectif recherché est de pouvoir proposer pour le maximum possible des sols rencontrés
d'un tracé ou d'un emprunt les conditions d’utilisation en respectant les principes cités ci -
dessus.
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Il va de soi que les moyens à mettre en oeuvre commencent déjà par les opérations
d'extraction au niveau du déblai ou de l'emprunt, ceci est le cas par exemple pour les
matériaux évolutifs, les sols sensibles à l'eau, ou les sols hétérogènes pour lesquels il va falloir
adapter les modalités d'extraction.
L'état d'humidité joue un rôle important dans la mise en œuvre et certaines actions sont
parfois nécessaires pour jouer sur ce paramètre, tels que la scarification ou au contraire
l'humidification pour l'adapter aux conditions climatiques qui règnent pendant la mise en
oeuvre. Certaines actions mécaniques peuvent également s'avérer nécessaires telle que la
fragmentation pour les sols évolutifs.
Le C.P.C a déjà défini des conditions pour la réutilisation de certains sols et roches. Ces
conditions restent cependant à préciser davantage.
En ce qui concerne les matériaux rocheux, la définition des conditions de leur utilisation lors
des études de projet dépendent de leur dureté, leurs caractères évolutifs ou non et des
modalités de déblaiement.
Les éléments sur lesquels il faut agir pour utiliser un matériau en remblai sont les suivants :
le mode d'extraction ;
le mode d'élaboration du matériau extrait (action sur la granularité, action sur la teneur
en eau, traitement) ;
Chacune des conditions précédentes est définie par un code permettant une lecture claire et
simple lors de l’utilisation du fascicule n°II.
Courants
- Les sols rocheux non évolutifs. Le caractère évolutif a été défini au niveau de la
classification des roches.
- Les sols grenus des catégories : B, D, CA, CB, sauf les sols : D1, B1, B2 (avec VBS <
1,5), CA3, CA4,CB1 et CB2 (avec VBS < 1,5).
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Les sols fins des catégories A1, A2.
Tous les sols tufacés des catégories Tc et Tf, sauf ceux du type B1 et B2 (avec VBS <
1,5).
VIII- Pour les sols grenus : B1, B2 (VBS < 1,5), CB1, CB2, D1
IX- Pour les sols tufacés : TC et Tf de type B1 et B2 (VBS < 1,5)
Traitement à la chaux vive des sols trop humides au moment des travaux
XII- Si l'indice portant immédiat (IPI) ≤ 5 pour les sols A1, A2, A3 , B2, B6.
XIII- Si l'IPI ≤ 12 pour B4 , B5 , les composés CA1 ,CA2 ,CA3 , CB2, CB4, CB5 et CB6
XIV- Les sols tirseux sans traitement adéquat à définir (TA3 et TA4).
XV- Les sols de classe A4 ou CA4 sans traitement adéquat à définir.
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B - Les conditions d’utilisation à imposer
Les conditions d'utilisation en remblai retenues pour chaque matériau, figurent dans le
fascicule II.
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IV- Les conditions d’utilisation des matériaux en couche de forme
De même pour les couches de forme, les conditions d’utilisation des différents matériaux sont
clairement définies en fonction de la natu re et l’état hydrique du matériau à utiliser. Ces
conditions se rangent en 4 rubriques :
A
2 1 2
B
3
4 = 1m
D m a x ≤ 100 m m
a – Sans traitement :
Pour les autoroutes et les routes nationales à trafics très TPL6 ou agressivité
équivalente) : sols B31, D21, D31, CB31, B41, CB41 et CB51 dont la VBS ≤ 0,25.
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Pour les routes dont le trafic est de type TPL5 ou TPL4 ou agressivité
équivalente :
les sols de type graveleux : B31, D21, D31, CB11 ,CB31 et les sols rocheux sains
bien gradués, les sols B41, CB41, CB21, CB51, et TCB, ayant Ip ≤ 10 ou une
VBS ≤ 0,5.
Pour les autres trafics inférieurs ou égaux à TPL3, sont utilisables en couche de
forme : tous les sols précédemment décrits, les sols : B32, D22, D32, B11, B12,
TCB1,CB12,CB32.
les sols : TcA, Tf B2, TfB4, B21, B22, B4, CB22,CB42,CB52 et qui présentent un
Ip ≤ 10 ou une VBS ≤ 0,5.
les sols dont le CBR évaluée à 95 % de l'OPM après 4 jours d'imbibition est >20.
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Exemple : D2
S ITUATION C OD E
S OL O BSERVATIONS G ENERALES M ETEOROLOGIQUE C ONDITIONS D ’UTILISATION EN C OUCHE DE G W TS
FORME
++
ou 0000
+ Toutes Utilisation en l’état (toutes classes de
D21 Ces sols sont utilisables en conditions trafic)
couche de forme dans leur état = météo
naturel, car la résistance des ou
granulats est suffisamment - Utilisation en l’état ( toutes classes de 0000
élevée. trafic )
Un traitement (aux liants
hydrauliques ) ne se justifie que
pour améliorer le niveau de la
plate-forme.
A- Engins de compactage
Les rouleaux vibrants à pieds dameurs : VPi ( VP1, VP2, VP3, VP4 et VP5)
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L'indice i désigne la classe du compacteur.
Ces modalités pratiques sont traduites dans des tableaux de compactage pour les différents
couples matériau/matériel, par les paramètres Q/S et e où :
Q/S : est le rapport entre le volume Q du sol compacté pendant un temps donné et la surface
S balayée par le compacteur pendant le même temps.
L 'é
p ai s s eu r e :
L’évaluation de l’épaisseur e est réalisée à la fin de l’opération de compactage. Elle est faite
par un relevé topographique ou par tout autre moyen adéquat.
Les valeurs qui figurent dans les tableaux correspondent à une épaisseur maximale des
couches à mettre en oeuvre.
L'évaluation de Q peut être réalisée par relevé topographique au remblai ou par comptage des
engins de transport, après avoir étalonné le contenu de ces derniers pour chaque nature de
sol et chaque mode d'extraction rencontré sur chantier.
3. Pré
sen tatio n d es tabl eaux de c om pac tage :
a) Compactage en remblai :
Pour un matériau donné utilisable en remblai, les tableaux présentent deux entrées :
le type de compacteur
les modalités de compactage.
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A3 – C1A3 – TcA3 – TfA3
COMPACTEUR
P1 P2 P3 V1 V2 V3 V4 V5 VP VP VP3 VP4 VP5 SP1 SP2 PQ3 PQ4
MATERIAU 1 2
Q/S 0,020 0,040 0,060 0,040 0,055 0,070 0,085 0,0 0,070 0,085 0,110 0,040 0,070
Energie de 40
compactage e 0,20 0,25 0,35 0,20 0,25 0,30 0,35 0,30 0,45 0,2 0,25 0,30 0,30 0,25 0,35
faible 0 0 (2) (2) (2) (2) (2) 0 0
Code 3 V 5,0 5,0 5,0 2,0 2,0 2,5 2,0 3,0 2,0 (2) 2,0 2,5 3,0 8,0 8,0
2,0
N 10 7 6 5 5 5 5 4 6 5 4 4 4 7 5
Q/L 100 200 300 80 110 175 140 255 170 80 140 215 330 320 560
Q/S 0,030 0,050 0,035 0,045 0,055 0,045 0,055 0,070 0,025 0,045
Energie de e 0,20 0,30 0,20 0,25 0,30 0,20 0,25 0,30 0,20 0,25
compactage 0 0 0 0 0 0 0
moyenne V 5,0 5,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 8,0 8,0
Code 2 N 7 6 6 6 6 5 5 5 8 6
Q/L 150 250 70 90 110 90 110 140 200 360
Q/S 0,030 0,030 0,035 0,035 0,045 0,025
Energie de e 0,20 0,20 0,25 0,20 0,25 0,20
compactage 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
intense V 5,0 2,0 2,0 2,0 2,0 8,0
Code 1 N 7 7 8 6 6 8
Q/L 150 60 70 70 90 200
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1. Mo d al ité
s àc o n tr ôler :
L’épaisseur maximale, e, des couches (après compactage), qui doit être compatible
avec l’efficacité du compacteur utilisé.
L’intensité de compactage devant être appliquée, elle est exprimée par le rapport Q/S
dans lequel Q est le volume du sol remblayé (mesuré après compactage) et S la
surface balayée par le compacteur pour compacter ce volume.
1. Mo d al ité
s àc o n tr ôler :
L’épaisseur maximale, e, des couches (après compactage), qui doit être compatible
avec l’efficacité du compacteur utilisé.
L’intensité de compactage devant être appliquée, elle est exprimée par le rapport Q/S
dans lequel Q est le volume du sol remblayé (mesuré après compactage) et S la
surface balayée par le compacteur pour compacter ce volume.
- 15 % - 20 %
Intense et moyen e mesurée < e prescrite Q/S mesuré < Q/S prescrit
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1- Les remblais particuliers qui so nt :
Les remblais contigus aux ouvrages d’art dont la réalisation nécessite u n soin
particulier pour éviter les tassements différentiels et l’endommagement des ouvrages ;
Et, enfin, les remblais en zones inondables qui peuvent faire l’objet de problèmes de
stabilité, d’érosion, d’affouillement et de chute de portance.
Ce chapitre sur les remblais particuliers présente les dispositions constructives à respecter
lors des études de projets et également lors de la réalisation des travaux.
2- Le co m pac tage àsec des so ls, qui est souvent adopté en zones sahariennes. Ce
chapitre définit les classes de sols sur lequel ce type de compactage peut être effectué, le
matériel à utiliser et les dispositions constructives à adopter pour la finition et la protection de
la plate-forme en milieu désertique.
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Ann exe 1 : Classification des sols et des roches pour travaux de
terrassements
Les tableaux composant cet annexe permettent de classer un sol ou une roche en fonction
des paramètres de classification définis dans le paragraphe classification des sols
du fascicule I.
Pour chaque classe X, des paramètres d’entrée (paramètres de nature) permettent de classer
le sol en sous classe Xi, et en fonction des paramètres d’évaluation de l’état hydrique, celle ci
est classée en sous classe Xi . Les autres colonnes définissent les caractères principaux
relatifs à la sous classe ainsi que les différents types de sol correspondants (argile, limons,…)
Pour une utilisation simple et rigoureuse, un code précis a été affecté à chaque condition
d’utilisation d’un matériau en remblais et qui présente la sortie des tableaux de l’annexe II. Ce
code EGWTRCH donne, pour chaque sous classe, les conditions à respecter pour une
utilisation optimale de ces matériaux en remblais.
Les paramètres d’entrée sont donc la sous classe de sol et la situation météorologique
régnant dans le chantier au moment de la mise en œuvre du matériau en question.
D’autres observations générales et rappel des conditions essentielles sont cités dans ces
tableaux.
De même, pour tous les matériaux utilisables en couche de forme et en fonction de la sous
classe de sol, son état hydrique et la situation météorologique en chantier, les tableaux
renseignent sur les conditions optimales d’utilisation en couche de forme.
Le code adopté pour faciliter la lecture des tableaux est GWTS qui correspond à :
Avec, bien évidemment, les observations permettant à l’utilisateur l’exploitation des tableaux
et toute information supplémentaire pour une bonne mise en œuvre.
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Annexe 4 : Conditions de compactage en remblais.
L’annexe 4 regroupe les tableaux définissant les conditions de compactage des matériaux en
remblais. Ces conditions seront non seulement respectées pendant l’exécution mais aussi
utilisés pour le contrôle de compactage. Ces conditions reposent sur la méthode de contrôle
en continu (e, Q/S).
L’annexe 5 définit les mêmes paramètres que ceux de l’annexe 4 pour tous les sols utilisables
en couche de forme. Il tient compte évidemment de l’éventualité de traitement des sols aux
liants hydrauliques pour une utilisation en couche de forme.
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