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Obligations Prévision SDIS

Ce mémoire examine les obligations des Services Départementaux d'Incendie et de Secours (SDIS) en matière de prévision, suite à la réforme de la sécurité civile. Il met en lumière les missions de prévision, les divergences de pratiques et les conséquences juridiques potentielles d'un manquement à ces obligations. L'étude propose également des axes d'amélioration pour optimiser l'organisation et l'efficacité des tâches de prévision au sein des SDIS.

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Obligations Prévision SDIS

Ce mémoire examine les obligations des Services Départementaux d'Incendie et de Secours (SDIS) en matière de prévision, suite à la réforme de la sécurité civile. Il met en lumière les missions de prévision, les divergences de pratiques et les conséquences juridiques potentielles d'un manquement à ces obligations. L'étude propose également des axes d'amélioration pour optimiser l'organisation et l'efficacité des tâches de prévision au sein des SDIS.

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Formation d’Adaptation

à
l’Emploi
de
CHEF DE GROUPEMENT

12ème promotion (2008)

MEMOIRE

« Les obligations des SDIS


dans le domaine de la
Prévision »

Tuteur : Lcl Louis Jean OLIVIER (SDIS 2B)

Cdt Jean-Yves PEREZ (SDIS 40)


Cne François PICOT (SDIS 65)
Cdt Gil RANNOU (SDIS 44)
Cdt Michel THILL (SDIS 47)
Remerciements

Par ces quelques mots, nous souhaitons remercier tous ceux et celles qui ont contribué,
directement ou non, à l’accomplissement de ce travail introspectif qui nous a permis de
progresser dans notre conception de la place des actions de prévision au sein des SDIS.

Parmi celles-ci, et plus particulièrement :

- au Lieutenant-colonel Louis Jean Olivier pour avoir proposé ce sujet d’étude et


accompagné cette démarche,
- à l’ensemble des services prévision des SDIS qui ont massivement accepté de répondre à
« un questionnaire d’enquête de plus » en nous consacrant de leur temps précieux,
- aux personnes interviewées, ainsi que celles qui nous ont contacté consécutivement à
l’enquête, pour leur intérêt, leur disponibilité et leurs conseils qui nous ont beaucoup
apporté dans la logique de notre réflexion,
- à nos présidents de CASDIS ainsi qu’à nos directeurs départementaux respectifs pour
leur confiance et pour nous avoir permis de suivre cette formation,
- à nos collaborateurs pour avoir supporté le poids de nos absences,
- à nos proches enfin.

A tous, du fond du cœur … merci.


SOMMAIRE

RESUME ......................................................................................................... 1

1 DISPOSITIONS PREPARATOIRES A L’ETUDE ......................................... 2

1.1 Analyse du sujet .................................................................................. 2

1.2 Méthode ............................................................................................... 2

2 LES MISSIONS DE PREVISION AU SEIN DES SDIS ................................ 3

2.1 Le domaine de la prévision .................................................................. 3


2.1.1 Définitions ............................................................................................. 3
Définitions littérales ....................................................................................... 3
Définitions professionnelles ............................................................................ 3
2.1.2 Les évolutions de la prévision ................................................................. 4
2.1.3 Bornage de l’étude ................................................................................ 7

2.2 Inventaire des actions de prévision des SDIS ..................................... 7


2.2.1 Les référentiels d’analyse des risques ..................................................... 7
Le Schéma Départemental d’Analyse et de Couverture des Risques .................. 7
Le Règlement Opérationnel ............................................................................ 8
Le cas particulier du Plan de Protection des Forêts Contre l’Incendie ................. 9
2.2.2 La Prévision et l’aménagement du territoire .......................................... 10
La Défense Extérieure Contre l’Incendie ........................................................ 10
La définition des accès des bâtiments aux engins de lutte contre l’incendie. .... 12
Les décisions d’urbanisme ............................................................................ 12
2.2.3 Le partage de l’information et la planification ........................................ 13
Les missions de prévision des SDIS dans le cadre des plans ORSEC ................ 13
La répertoriation des établissements, des sites, des linéaires .......................... 14
Les Plans de Prévention des Risques naturels et technologiques ..................... 14
La Défense des Forêts Contre l’Incendie........................................................ 15
Les Grands rassemblements et les Dispositifs Prévisionnels de Secours ........... 15
2.2.4 La participation à diverses commissions départementales ...................... 17
La Commission Consultative Départementale de Sécurité et d'Accessibilité ...... 17
Le Conseil Départemental de Sécurité Civile .................................................. 17
La Commission Départementale des Risques Naturels Majeurs ....................... 17
Le Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et
Technologiques ........................................................................................... 18
Les autres commissions ............................................................................... 18
2.2.6 La formulation d’avis divers ................................................................... 18

2.3 Les moyens d’accès à la connaissance et à l’amélioration continue . 19


La cartographie ........................................................................................... 19
La Recherche des Causes et des Conséquences d’Incendie ............................. 20
Les outils de simulation ................................................................................ 20
Le retour d’expérience ................................................................................. 20
Les statistiques ............................................................................................ 21
Les exercices ............................................................................................... 22

2.4 Analyse des tâches accomplies dans les SDIS ................................... 22


2.3.1 Méthode d’enquête ............................................................................... 22
2.3.2 Synthèse des résultats .......................................................................... 23
Les référentiels d’analyse des risques............................................................ 23
La prévision et l’aménagement du territoire ................................................... 23
Le partage de l’information et la planification ................................................ 24
La Défense des Forêts Contre l’Incendie ........................................................ 24
La Cartographie ........................................................................................... 25
Les différents rassemblements ..................................................................... 25
Organisation des missions de prévision ......................................................... 25
L’accès à la connaissance et l’amélioration continue ....................................... 25
Evolutions des services prévision .................................................................. 26
La participation à diverses commissions départementales ............................... 27
Autres actions ............................................................................................. 27
3.3.3 Commentaires ........................................................................................ 27

2.5 Analyse des conséquences juridiques d’un défaut de Prévision ...... 27

2.6 Perspectives d’évolution .................................................................. 29


2.5.1 Formations Prévision PRS..................................................................... 29
2.5.2 Projet de décret Défense Extérieure Contre l’Incendie ........................... 30

3 PROPOSITIONS RELATIVES A L’ORGANISATION DES TACHES DE


PREVISION .................................................................................................. 31

3.1 Etat des lieux et diagnostic ................................................................ 31

3.2 Axes d’amélioration ........................................................................... 32


3.2.1 Redistribuer les tâches en privilégiant les compétences ......................... 32
3.2.2 Développer les services à destination des élus et de la population .......... 33
3.2.3 Passer d'une culture de moyens à une culture de résultats .................... 33

CONCLUSION .............................................................................................. 35

BIBLIOGRAPHIE ......................................................................................... 36

ANNEXES ..................................................................................................... 38

ANNEXE 1 – Essai de représentation des domaines prévention / prévision /


opérations ................................................................................................... 39

ANNEXE 2 - Récapitulatif des tâches de prévision ..................................... 40

-1-
ANNEXE 3 - Restitution de l’enquête ......................................................... 46
1 - Méthodologie ............................................................................................. 46
2 - Résultats de l’enquête ................................................................................ 46
2.1 - Schéma Départemental d’Analyse et de Couverture des Risques ............. 46
2.2 - Règlement Opérationnel ....................................................................... 47
2.3 - ORSEC ................................................................................................ 48
2.4 - ETablissements Répertoriés .................................................................. 49
2.5 - Défense Extérieure Contre l’Incendie .................................................... 50
2-6 - Accessibilité des bâtiments aux engins d’incendie .................................. 55
2.7 - Défense des Forêts Contre l’Incendie .................................................... 55
2.8 - Cartographie ....................................................................................... 58
2.9 - Rassemblements ................................................................................. 60
2.10 - Autres actions de prévision réalisées ................................................... 61
2.11 - Mise en œuvre opérationnelle ............................................................. 63
2.12 - Retour d’EXpérience ........................................................................... 64
2.13 - Organisation de la prévision ............................................................... 65
2.14 - Définition de la prévision .................................................................... 68
2.15 - Commentaires ................................................................................... 71

ANNEXE 4 - Proposition d’articulation des formations à la gestion des


risques – schéma de principe...................................................................... 74

ANNEXE 5 – Formulaire d’enquête ............................................................. 75

ANNEXE 6 – Courrier d’accompagnement du questionnaire ...................... 79

ANNEXE 7 – Questionnaires retournés et pris en compte dans l’étude ..... 80

ANNEXE 8 - Historique de la prévision ....................................................... 81

GLOSSAIRE.................................................................................................. 86

-2-
RESUME

Au lendemain de la réforme en profondeur opérée par la loi de modernisation de la sécurité


civile qui vise une « véritable culture de la préparation au risque et à la menace », les
interrogations nombreuses subsistent à propos des missions de prévision devant être
assurées par les Services Départementaux d’Incendie et de Secours.
En effet, les textes relatifs à la gestion des risques rassemblent généralement les missions de
prévention, de prévision et de lutte, sous les termes génériques de « protection », de
« sécurité » ou de « défense ».
Les sapeurs-pompiers seuls, effectuent véritablement cette distinction mais les limites entre
chaque concept sont floues, variables selon le domaine considéré et soumises à
interprétation. Il est donc relativement subjectif d’inventorier de façon exhaustive les tâches
de prévision devant être réalisées par les Services Départementaux d’Incendie et de Secours,
faute d’un référentiel commun. De compétence transversale avec d’autres acteurs de la
Sécurité Civile (Etat, établissement public, collectivité locale, industriels…), la prévision est
avant tout un domaine pluridisciplinaire par excellence.
L’analyse des retours d’enquête nationale réalisée à l’occasion de ce travail nous permet
néanmoins de dresser un inventaire commun regroupé autour de la conception des
documents stratégiques du SDIS, de la planification, de la cartographie, de la défense
extérieure contre l’incendie, des rassemblements et de la défense des forêts contre l’incendie
(pour les départements qui relèvent des dispositions particulières du Code Forestier).
Néanmoins, cette même analyse met en lumière une grande divergence de pratiques ainsi
qu’une « crise » récurrente des services de prévision qui ne bénéficient généralement pas
des moyens nécessaires à l’accomplissement de cette mission qui, cependant, constitue le
cœur du métier.
La «juridisation» de notre société ainsi que la tendance croissante des sociétés d’assurance
au recours devant le juge, consécutivement à un sinistre important, sont autant d’évolutions
qui laissent imaginer que, faute de précisions quant à au contenu de la mission de prévision,
la responsabilité des SDIS pourrait être désormais recherchée pour manquement à une
obligation de précaution.
Il apparaît désormais nécessaire de réadapter notre organisation de la gestion des risques
afin d’intégrer les exigences de compétence et d’améliorer l’efficience des systèmes ainsi que
la perception des missions de prévention et de prévision à l’extérieur de nos structures.
Cette évolution devrait être accompagnée, au plan national, par une base référentielle
permettant d’encadrer cette réforme par la définition de principes communs tout en laissant
aux SDIS la marge nécessaire et suffisante d’adaptation aux contraintes et aux besoins
locaux.

-1-
INTRODUCTION

Ce travail, réalisé dans le cadre de la Formation d’Adaptation à l’Emploi de chef de


groupement, doit répondre à la commande du SDIS 2B, complétée par l’ENSOSP, et
formulée comme suit :
« Les obligations des SDIS dans le domaine de la Prévision. Inventaire exhaustif des tâches à
accomplir dans ce domaine en distinguant les obligations légales réglementaires,
jurisprudentielles ou professionnelles. Analyse des tâches accomplies sur un échantillon de
SDIS et analyse des conséquences des manquements à ces obligations, ainsi que tout
développement utile permettant aux SDIS de mener une politique dans ce domaine ».
Après une analyse du domaine étudié et son bornage, nous tenterons donc de dresser un
état complet des missions de prévision devant être réalisées par les SDIS. Nous analyserons
ensuite les résultats de l’enquête nationale, réalisée dans le cadre de ces travaux puis nous
envisagerons, au travers de l’évolution du droit, la responsabilité juridique des SDIS en la
matière.
Nous examinerons enfin les axes qui pourraient être explorés en vue d’une amélioration de
la réalisation des tâches de prévision au sein des SDIS.

1 DISPOSITIONS PREPARATOIRES A L’ETUDE

1.1 Analyse du sujet

Si la prévision est au cœur des préoccupations des SDIS, curieusement elle n’apparaît
généralement qu’en filigrane derrière les termes de prévention, de préparation, de défense
ou de protection. Le SDIS de Haute-Corse n’échappe pas à ces interrogations. Cette
imprécision pèse sur la prévision, tout comme la difficulté de percevoir les échéances et les
conséquences réglementaires d’un défaut. Le fait qu’il s’agisse, par ailleurs d’une mission
partagée avec les partenaires publics ou privés, augmente encore la difficulté. On constate
ainsi régulièrement une préférence d’affectation de moyens vers des domaines à échéance
courte réglementaires. Le découpage des missions prévention/prévision/opération/retour
d’expérience peut également paraître complexe. Ces points sont probablement à l’origine des
réelles difficultés que rencontrent les services en charge de la prévision dont ont admet
couramment qu’ils sont « les enfants pauvres des SDIS ».

1.2 Méthode

La démarche d’étude a débuté par l’envoi d’un questionnaire à l’ensemble des SDIS, les
invitant à nous fournir les éléments nécessaires à l’établissement d’un recensement des
actions menées actuellement au sein de leur établissement public dans le domaine de la
prévision, recueillir les difficultés qu’ils rencontrent, ainsi que leurs propositions
d’amélioration. Ce nouvel inventaire des missions nous a permis, par ailleurs, d’actualiser les
informations issues du travail de monsieur Christian Jouvin, collectées à l’occasion de la
rédaction de son mémoire de DESS en 2001 « Droit de la Sécurité Civile option Management
de la Sécurité Civile ». Par ailleurs, nous avons mesuré par une analyse comparée des
éléments recueillis, les tâches de prévision sur sept années d’évolution réglementaire intense
en la matière.

-2-
Simultanément, une recherche documentaire technique et juridique sur le sujet a été menée
durant cette période pour confronter ces réponses aux missions ainsi répertoriées. Au travers
de cette analyse nous avons essayé de délimiter le champ des missions de prévision, ainsi
que d’identifier les conséquences des manquements aux obligations des SDIS en la matière.
Ce travail s’inscrit dans une démarche constructive et utile dans la mesure ou elle a pour
objectif de réaliser un « document ressource » facilement exploitable par les chefs de service
prévision des SDIS, dans le but de faciliter la politique menée dans ce domaine.
Enfin et au regard des dissonances décelées, notre objectif est de proposer une organisation,
la plus pertinente et efficiente possible, pour répondre au mieux aux attentes réglementaires
ainsi qu’aux besoins ressentis, dans une perspective d’amélioration continue des prestations
dans le domaine de la prévision.

2 LES MISSIONS DE PREVISION AU SEIN DES SDIS

2.1 Le domaine de la prévision

L’inventaire des tâches à accomplir nécessite un bornage préalable du domaine d’étude.


Ainsi, comme nous allons le percevoir cette étape s’avère indispensable, dès lors que nous
entrons dans le domaine de la prévision, tant les écarts d’interprétation sont importants, ce
qui génère bien souvent des pratiques divergentes, voire antagonistes. Il ne s’agit donc pas
là d’un simple exercice de sémantique, mais plutôt de tenter d’identifier ce qui est peut être
révélateur d’une difficulté fondamentale dans l’exercice quotidien de nos missions.

2.1.1 Définitions

Définitions littérales1

La prévention est l’ensemble des mesures prises pour « prévenir un danger, un risque,
un mal, et pour l’empêcher de survenir ».
La prévision est l’action de prévoir qui signifie tout à la fois « se représenter à l’avance
ce qui doit arriver » et « organiser, disposer à l’avance, préparer, envisager ».
Une opération est une « action concrète et méthodique, individuelle ou collective, qui
vise à un résultat ».
Ainsi, toute organisation préalable d’une opération devrait relever de la prévision. De
même, les actions visant à diminuer les effets d’un événement non souhaité, ne
peuvent être rangées au domaine de la prévention, qui s’attache exclusivement à la
réduction des causes. Le terme opération s’applique à l’action, non à la méthode, la
stratégie ou la tactique.
Les limites entre ces trois domaines sont donc marquées et l’ensemble est désigné
sous les termes génériques de « protection », « Protéger : Mettre à l’abri de dangers,
d’incidents, garantir, préserver, défendre » ou de « sécurité ».

Définitions professionnelles

Selon le Règlement d’Instruction et de Manœuvre (RIM) des sapeurs-pompiers


communaux, la prévision s’attache à mettre en place « des mesures destinées à
déceler et à attaquer l'incendie dès sa naissance, pour le stopper immédiatement par

1
Petit Larousse illustré, édition 2008

-3-
des moyens d'intervention appropriés » 2. Les retours de l’enquête nationale nous
indiquent que la sens actuel que les prévisionnistes accordent à leur mission demeure
conforme à cette définition « réglementaire ». Alors que cette dernière respectait le
sens littéral, l’utilisation du terme « prévention » dans le domaine de la formation aux
différents règlements relatifs aux Etablissements Recevant du Public (ERP),
habitations, établissements relevant du Code du travail et Installations Classées pour la
Protection de l’Environnement (ICPE), est venue brouiller cette conception claire, par
abus de langage 3.
En effet, les dispositions du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de
panique dans les ERP portent principalement sur des mesures de prévision au sens
littéral. On peut néanmoins noter quelques exemples de véritables mesures
préventives, toujours au sens littéral, telles que la vérification des installations
électriques. On pourra noter d’ailleurs que globalement les textes de référence ne
mentionnent pas le terme « prévention » et préfèrent les termes plus génériques de
« protection » 4 de « sécurité » 5 ou de « défense » 6. Les exceptions sont rares7.
La limite aval de la prévision est également floue : l’organisation du traitement de
l’alerte et de la chaîne de commandement, ainsi que l’évaluation des besoins de
formation des personnels ne pourraient-elles pas être des actions relevant de la
prévision ? On peut remarquer également qu’il n’existe pas de référence réglementaire
relative à l’existence des services « opérations », pourtant majoritairement présents
dans les Services Départementaux d’Incendie et de Secours.
« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent
aisément »8, force est de constater que cette qualité n’a pas été atteinte dans le
domaine professionnel de la prévision : Elle constitue un domaine beaucoup plus vaste
qu’on ne le perçoit, aux limites fluctuantes entre la prévention et l’opération. Un essai
de représentation des limites selon les pratiques professionnelles observées9 est
proposé en annexe 1. Elle révèle une construction empirique ainsi qu’une
hétérogénéité conceptuelle. En outre, nous remarquerons ultérieurement que cette
mission fait appel à un panel de compétences extrêmement étendu.

2.1.2 Les évolutions de la prévision

L’histoire de la prévision suit celle de l’homme, de son savoir et de son organisation.


S’il est fréquent de remonter à la Rome primitive avec les « aediles incendiorum
exstinguendorum »10, il est néanmoins très probable que le premier acte de prévision
contre les risques soit encore bien antérieur. L’étude des documents nous apprend que
rapidement l’homme prévoit le guet, l’eau nécessaire à la lutte ainsi que les moyens de
la lutte. Progressivement les initiatives évoluent vers une organisation plus efficiente,

2
Règlement d’Instruction et de Manœuvre, page 1192 – Arrêté du 1er février 1978
3
Le RIM participe à cette imprécision en indiquant que la prévention contre l’incendie consiste à « empêcher l’éclosion de
l’incendie ou, tout au moins, de limiter sa propagation », page 1184
4
Installations classées pour la protection de l’environnement, arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l’incendie
des bâtiments d’habitation
5
Arrêté du 25 juin 1980 portant approbation du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les
ERP…
6
Titre II du livre III du Code Forestier : Défense et lutte contre les incendies…
7
Brevet national de prévention, GNR prévention, Col Beltramelli R. 1960 - Précis de prévention, Ordonnance préfectorale du 27
mars 1906 concernant les mesures préventives et les secours contre l’incendie dans la ville de Paris
8
Nicolas Boileau –1636-1711 – L’art poétique – « Il est certains esprits »
9
Certaines études distinguent la prévision technique de la prévision tactique.
10
Les édiles étaient des magistrats de la Rome antique. Leur fonction primitive était liée à l'administration urbaine de Rome. Les
« Aediles incendiorum exstinguendorum », étaient chargés d’effectuer des gardes et des rondes de nuit pour prévenir des
incendies

-4-
plus structurée. Parallèlement, la culture de l’écrit prend le pas sur la transmission
orale et les premiers règlements apparaissent. L’ère industrielle et l’accroissement
démographique, générant des risques supplémentaires, vont favoriser l’évolution de la
prévision qui devra satisfaire à des besoins croissants. Un état plus détaillé de cette
évolution est donné en annexe 8.
Dans l’histoire contemporaine, pour rester en adéquation avec les exigences de la
société qui admet de moins en moins le risque, la prévision va devoir subir une
évolution en profondeur, dont les principales références sont données en annexe 8.
Un arrêté du 17 Messidor de l’an 9 (06 juillet 1801), signé de Napoléon Bonaparte,
précise à son article 12 que « les ingénieurs attachés aux corps de pompiers…
 lèveront les plans de tous les édifices publics et formeront pour chacun d’eux
un système d’attaque, en admettant les diverses suppositions possibles.
 Ils formeront aussi successivement des plans d’attaque pour les différents
quartiers de Paris, en admettant même les situations les plus probables ».
A l’issue de la deuxième guerre mondiale, de nombreux chantiers sont entrepris : Les
plans ORSEC11 sont créés, la Défense Extérieure Contre l’Incendie fait l’objet de
plusieurs circulaires, la première édition du RIM est arrêtée et les dispositions relatives
aux établissements classés sont actualisées.
Durant les années 80, peu de temps après la parution de la dernière édition du RIM12
qui consacre un chapitre à la prévision, le législateur s’attache à transformer les
services d’incendie et de secours en application de la loi dite de décentralisation13. Avec
la loi de 198714, la vision départementale s’impose désormais avec l’apparition
d’un schéma directeur « destiné à la formation des personnels et à la préparation des
moyens de secours » dont la portée est précisée dans le décret de 198815 et qui sera
nommé « Règlement de Mise en œuvre Opérationnelle ». Cette même loi tisse les
bases de la réglementation relative aux risques technologiques et naturels. Désormais
les départements sont dotés d’un ou plusieurs Centre(s) de Traitement de l’Alerte et
d’un Centre Opérationnel Départemental d’Incendie et de Secours. Le Directeur
Départemental des Services d’Incendie et de Secours élabore des études concernant la
prévention des risques de toute nature et notamment la lutte et la protection contre les
incendies. A la même époque naît, en France, la cyndinique16.
Une dizaine d’années plus tard, les bases du fonctionnement actuel des SDIS17 sont
dressées et la conception départementale est encore accentuée avec la réorganisation
territoriale, appelée communément « départementalisation ». Les SDIS exercent les
missions suivantes :
 « La prévention et l'évaluation des risques de sécurité civile » ;
 « La préparation des mesures de sauvegarde et l'organisation des moyens de
secours » ;
 « La protection des personnes, des biens et de l'environnement »;

11
Instruction ministérielle du 05 février 1952
12
Arrêté du 1er février 1978 portant approbation du Règlement d’Instruction et de Manœuvre des sapeurs-pompiers
communaux
13
Loi n° 82-213 du 02 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions.
14
Loi n° 87-565 du 22 juillet 1987 relative à l'organisation de la sécurité civile, à la protection de la forêt contre l'incendie et à
la prévention des risques majeurs.
15
Décret n° 88-623 du 6 mai 1988 relatif à l’organisation générale des services d’incendie et de secours
16
La cyndinique regroupe les sciences qui étudient les risques (sciences du danger). Elle s'intéresse plus particulièrement au
risque industriel et plus spécifiquement aux risques majeurs.
17
Loi n° 96-369 du 03 mai 1996 relative aux Services d’incendie et de Secours, codifiée au CGCT

-5-
 « Les secours d'urgence aux personnes victimes d'accidents, de sinistres ou de
catastrophes ainsi que leur évacuation ».
Le décret d’application de 199718 apporte un éclairage nouveau en précisant que « le
service départemental d'incendie et de secours comprend le service de santé et de
secours médical et des services opérationnels, administratifs ou techniques,
notamment ceux chargés de la prévention, de la prévision, de la logistique et de la
technique, des ressources humaines, de la formation, de l'administration et des
finances ». A la même période le principe de précaution19 est développé. Il est repris
dans la loi dite « Barnier »20.
La décennie de 2000 n’est pas encore achevée, mais elle est déjà riche d’évolutions.
Avec le Plan de Protection des Forêts Contre l’Incendie21 (PPFCI), le SDIS est
obligatoirement impliqué dans la chaîne prévention/prévision/lutte/retour d’expérience.
La loi de modernisation de la sécurité civile22 impose de « s'attaquer résolument aux
risques, en les anticipant davantage (connaître, prévoir et se préparer) ». La réforme23
du plan d’Organisation de la Réponse de SEcurité Civile (ORSEC) confie à chaque
acteur le soin de s’organiser pour fournir la réponse prévue. L’obligation de prévision
déborde désormais largement du cadre des services d’incendie et de secours. Le
référentiel « prévention » paraît24, celui de la prévision est à l’étude. Un référentiel
national des Dispositifs Prévisionnels de Secours 25 est publié et depuis le 1er octobre
2007, les grands projets urbains doivent faire l’objet d’une étude de sécurité
publique26. De plus, un décret est annoncé, réformant en profondeur la Défense
Extérieure Contre l’Incendie.
Une rupture de sens commun, liée probablement à une imprécision sémantique, s’est
prolongée jusqu’à nos jours. Si la prévision est au cœur des préoccupations,
curieusement elle n’apparaît généralement qu’en filigrane derrière les termes de
prévention, de préparation, de défense ou de protection. Cette imprécision pèse sur la
prévision, tout comme la difficulté de percevoir les échéances et les conséquences
réglementaires d’un défaut de prévision. Le fait qu’il s’agisse, par ailleurs d’une mission
partagée27, augmente encore la difficulté. On constate ainsi régulièrement une
préférence d’affectation de moyens vers des domaines à échéance courte. Le
découpage prévention/prévision/opération/retour d’expérience peut également paraître
complexe.
Ces points sont probablement à l’origine des réelles difficultés que rencontrent les
services en charge de la prévision dont ont admet couramment qu’ils sont « les enfants
pauvres des SDIS ». Le bilan 2006 des inspections28 réalisées par la Direction de la
Sécurité Civile auprès des SDIS identifie clairement cette faiblesse, les remarques les
plus fréquemment émises, toutes catégories confondues, portant sur le renforcement
nécessaire de la prévision et la réactualisation du Schéma Départemental d’Analyse et
de Couverture des Risques (SDACR).

18
Décret no 97-1225 du 26 décembre 1997 relatif à l'organisation des services d'incendie et de secours.
19
Traité de l’Union européenne, dit de Maastricht du 7 février 1992.
20
Loi n° 95-101 du 2 février 1995. relative au renforcement de la protection de l'environnement.
21
Loi n° 2001-602 du 9 juillet 2001 d'orientation sur la forêt complétée par le décret n°2002-679 du 29 avril 2002 relatif à la
défense et à la lutte contre les incendies de forêt et la circulaire interministérielle du 26 mars 2004.
22
Loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile.
23
Décret n° 2005-1157 du 13 septembre 2005 relatif au plan ORSEC.
24
Arrêté du 25 janvier 2006 fixant le guide national de référence relatif à la prévention NOR: INTE0600081A.
25
Arrêté du 7 novembre 2006 fixant le référentiel national relatif aux dispositifs prévisionnels de secours.
26
Décret n° 2007-1177 du 3 août 2007 pris pour l’application de l’article L.111-3-1 du Code de l’urbanisme
27
Art L.1424 du Code Général des Collectivités Territoriales
28
Col Greff DDSC 2008 L’inspection de la Défense et de la Sécurité Civiles (Présentation à l’occasion de la FAE chef de
groupement, 12eme promotion)).

-6-
2.1.3 Bornage de l’étude

Le constat précédent démontre, si besoin était, que le bornage des actions de


prévision est difficile tant le domaine est vaste. Pour réaliser cette étude, nous
choisirons donc de restreindre l’inventaire des tâches de prévision, pratiquées par les
SDIS, relevant du sens professionnel commun dont la construction est néanmoins
empirique, hétérogène et sujette à interprétations.
Nous partirons du postulat que le Guide National de Référence (GNR) « prévention »
nous permet de définir les missions devant relever de la prévention, et d’en déduire, en
creux, celles relevant alors de la prévision.
En conséquence, si l’examen des dossiers relatifs aux ERP (visites comprises), aux
habitations, aux établissements relevant du Code du Travail et enfin aux ICPE relève
de la prévention, la constitution éventuelle de dossiers d’ETAblissements REpertoriés
(ETARE) relatifs à ces mêmes bâtiments demeure une action de prévision.
De même nous définirons arbitrairement une limite prévision/opération en attribuant à
l’opérationnel que ce qui est du domaine du traitement de l’alerte, de l’engagement de
la réponse opérationnelle ainsi que de sa gestion.
Afin de permettre de porter une vue d’ensemble des actions devant être entreprises
dans le cadre préalablement fixé, le chapitre qui suit sera complété en annexe 2 par
des tableaux récapitulatifs permettant d’identifier celles qui relèvent d’une obligation
réglementaire, d’une jurisprudence ou enfin d’une obligation professionnelle.

2.2 Inventaire des actions de prévision des SDIS

2.2.1 Les référentiels d’analyse des risques

Le SDACR et le Règlement Opérationnel (RO) sont deux documents fondamentaux


pour les agents du SDIS et son conseil d’administration, ainsi que pour les autorités
détentrices du pouvoir de police. Le SDACR recense les risques, définit les niveaux de
couverture associés et le RO organise les secours.
Ils sont l’un et l’autre pris par arrêté préfectoral et constituent de ce fait des actes
unilatéraux publiés aux recueils des actes administratifs de la préfecture et du SDIS qui
leur confère toute leur force juridique.

Le Schéma Départemental d’Analyse et de Couverture des Risques

Introduit par le décret du 6 mai 198829, le SDACR constitue alors une prérogative du
Directeur Départemental des Services d’Incendie et de Secours (DDSIS) : « sous
l’autorité du Préfet, le DDSIS… établit le SDACR ».
Réactualisé par loi de 199630 (modifiée par la loi de modernisation de la sécurité civile),
l’article L.1424-7 du code général des collectivités territoriales précise : « un schéma
départemental d’analyse et de couverture des risques dresse l’inventaire des risques de
toute nature pour la sécurité des personnes et des biens auxquels doivent faire face les
services d’incendie et de secours dans le département, et détermine les objectifs de
couverture de ces risques par ceux-ci. Le schéma départemental d’analyse et de

29
article 9 du décret n° 88-623 du 6 mai 1988, relatif à l’organisation des services d’incendie et de secours
30
article 7 de la loi n° 96-369 du 3 mai 1996

-7-
couverture des risques est élaboré, sous l’autorité du Préfet, par le service
départemental d’incendie et de secours ».
La procédure d’adoption est décrite par l’article L.1424-7 du Code Général des
Collectivités Territoriales (CGCT) qui mentionne entre autres que le préfet se doit, dans
ce cadre, de recueillir l’avis conforme du conseil d’administration du SDIS après avis du
Conseil Général, ainsi que par l’article 38 du décret 97-1229 du 26 décembre 1997. Ce
dernier précise d’ailleurs que : « le SDACR, prévu à l’article L.1424-7 du CGCT est
arrêté par le préfet » qui après avoir recueilli les avis simples des instances paritaires
du SDIS31, le présente au collège des chefs de services de l’Etat.
Désormais, élaboré par les services du SDIS et limité aux risques concernant les
personnes et les biens, le SDACR constitue un acte réglementaire. Le SDACR est révisé
à l’initiative du préfet ou à celle du Conseil d’Administration du SDIS.
La SDACR contribue avec le Document Départemental des Risques Majeurs (DDRM) à
l’inventaire, à l’analyse des risques et des effets potentiels des menaces auxquels est
susceptible d’être exposé le département32. Il constitue, à ce titre, la base
réglementaire de l’organisation opérationnelle des SDIS33
Au-delà de ce cadre juridique, des règles méthodologiques d’élaboration34 35 36
du
SDACR ont été édictées.
Par cette approche, le SDACR se veut d’être un document à l’attention des décideurs
publics, qui, sur les bases d’une analyse globale des risques, doit proposer un niveau
de couverture optimisé aux risques ainsi identifiés.
Le SDACR37 influence donc directement la distribution des secours car l’analyse des
risques, sans la couverture opérationnelle correspondante ne représenterait que peu
d’intérêt.
Cette analyse peut être menée de manière quantitative par le traitement statistique
des informations recueillies au sein des bases de données des outils de gestion de
l’alerte, ainsi que de manière qualitative par une approche déterministe de l’étude des
scénarii d’accidents technologiques ou naturels auxquels les SDIS sont confrontés. Ces
deux approches analytiques semblent être au cœur de la préoccupation des services
prévision des SDIS.
Le Règlement Opérationnel

Antérieur à l’apparition du SDACR, le RO constitue un document déterminant dans la


distribution des secours et l’organisation du commandement. Bien qu’étroitement lié au

31
Comité Technique Paritaire, Commission Consultative Départementale des Sapeurs Pompiers Volontaires et Commission
Administrative et Technique des Services d’Incendie et de Secours
32
Art. 7 du décret n° 2005-1157 du 13 septembre 2005 relatif au plan ORSEC et pris pour application de l’art. 14 de la loi n°
2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile.
33
La circulaire NOR INT/E/07/00129/C du 31 décembre 2007 relative à la nécessité d’établir une mise en cohérence des SDACR
et des Schémas Régionaux d’Organisation Sanitaire (SROS) prévoit l’élaboration d’un document conjoint, élaboré sous l’autorité
du préfet et du directeur de l’Agence Régionale d’Hospitalisation (ARH), traitant de la collaboration des services
SDIS/SAMU/SMUR dans le cadre de l’aide médicale d’urgence, de la permanence des soins et des transports sanitaires.
34
Circulaire DSC 9/FM/CA/N° 93-299 du 25 mars 1993 relative l’élaboration du SDACR et à l’analyse et couverture des « risques
courants ordinaires » Complétée de 3 annexes : Tome 1 sur la présentation générale du SDACR, Tome 2 sur les administrations
et organismes ressources et le Tome 3 sur les recommandations concernant l’analyse et couverture des risques courants
35
Circulaire DSC 9/FM/AM/N° 94-128 du 31 janvier 1994 relative à l’analyse des « risques particuliers » et des « sites à
risques » qui comporte une annexe, le Tome 11
36
Circulaire DSC 9/PG/AM/N° 95-181 du 24 février 1995 relative à la couverture des « risques particuliers » et des « sites à
risques » qui comporte une annexe, le Tome 12. Cette annexe a été complétée par des études manquantes, dans le Tome 13 :
« les cahiers du SDACR n°1 » diffusé en juillet 1995.
37
Une synthèse nationale des SDACR a été réalisée par le Colonel Mené en février 2002 au titre de l’ANDSIS intitulé « Eléments
de bilan national et réflexions prospectives, Tome 1 ».

-8-
SDACR, il ne recense pas les risques mais élabore le schéma d’organisation des
secours dans le département et dicte la mise en œuvre opérationnelle. Il s’impose à
l’ensemble des centres d’incendie et de secours du département, comme la loi de
modernisation de la sécurité civile a pris le soin de le préciser38.
Le RO est défini à l’article L.1424-4 du CGCT et précise que « dans l’exercice de leurs
pouvoirs de police, le Maire et le Préfet mettent en œuvre les moyens relevant des
SDIS dans les conditions prévues par un règlement opérationnel arrêté par le Préfet
après avis du conseil d’administration du SDIS ».
Le décret du 26 décembre 199739 a élargi les développements consacrés au RO en
précisant notamment que « le règlement opérationnel prend en considération le
schéma départemental d'analyse et de couverture des risques et les dispositions des
guides nationaux de référence mentionnés à l'article 52 » du même texte ; par ailleurs
« ce règlement fixe les consignes opérationnelles relatives aux différentes missions des
SDIS et détermine obligatoirement l’effectif minimum et les matériels nécessaires… ».
L’article R. 1424-39 du CGCT précise quant à lui que « cet effectif est fixé dans le
respect des dispositions des guides nationaux de référence mentionnés à l'article
R. 1424-5240, du schéma départemental d'analyse et de couverture des risques et du
règlement opérationnel. Les personnels de garde sont susceptibles de partir
immédiatement en intervention ; les personnels d'astreinte sont susceptibles de partir
en intervention dans un délai fixé par le règlement opérationnel ».
Référentiel opérationnel traduisant la volonté des pouvoirs publics de mettre en place
sur l’ensemble du territoire un dispositif de secours suffisant, le RO doit être adapté
aux contingences locales, en harmonie avec le SDACR.
Document à géométrie variable, il peut se limiter à la stricte exigence réglementaire
tout en précisant les principes de mise en œuvre opérationnelle nécessaires au bon
fonctionnement du service, dans le respect et en étroite relation avec les autres arrêtés
préfectoraux qui dictent l’organisation du SDIS (arrêté portant organisation du corps
départemental, règlement intérieur…). Ce règlement qui fixe les principes pourra
utilement être complété par un ensemble de documents qui sera référencé au RO et
qui viendra le préciser (ordres de service, consignes opérationnelles, directives, notes
de service, fiches techniques…). Cette arborescence offre ainsi plus de souplesse dans
l’actualisation de la documentation opérationnelle car ces documents peuvent faire
l’objet d’une signature du DDSIS contrairement au RO qui est soumis à la signature de
l’autorité préfectorale.
Au-delà de l’actualisation du RO, le service prévision doit s’assurer en permanence de
la cohérence de l’architecture documentaire à vocation opérationnelle, ainsi que de sa
mise en perspective par un lien direct et entretenu avec le ou les groupements chargés
de sa diffusion.

Le cas particulier du Plan de Protection des Forêts Contre l’Incendie

La loi d’orientation de la Forêt de 200141, transposant les dispositions d’un règlement


européen42, institue le Plan de Protection des Forêts Contre l’Incendie (PPFCI) dans les

38
Art. 47 de la loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile ayant modifié l’art. L. 1424-1 du CGCT
39
Art 42 du décret no 97-1225 du 26 décembre 1997 relatif à l'organisation des services d'incendie et de secours
40
Article R1424-52 du CGCT : « Un arrêté du ministre de l'intérieur fixe les règlements de service et les règles applicables aux
formations dispensées aux sapeurs-pompiers qui sont rassemblés dans des guides nationaux de référence… »
41
Loi n° 2001-602 du 09 juillet 2001 d’orientation sur la forêt et son décret d’application n° 2002-679 du 29 avril 2002 relatif à
la défense et à la lutte contre l’incendie
42
Règlement CEE 2158/92 du conseil du 23 juillet 1992 relatif à la protection des forêts dans la Communauté contre les
incendies

-9-
départements relevant des dispositions de l'article L 121-6 du Code Forestier43. Ce
document, est généralement rédigé au niveau départemental (PDPFCI) mais la loi
prévoit également la possibilité d’une conception également régionale44 (PRPFCI). Le
PDPFCI est arrêté par le Préfet après avis de la CCDSA et de l’assemblée des Maires45.
Il se situe au même rang de l’ordonnancement juridique que le SDACR.
Les objectifs qui doivent être poursuivis sont la diminution du nombre d'éclosions de
feux de forêts et des superficies brûlées ainsi que la prévention des conséquences des
incendies sur les personnes, les biens, les activités économiques et sociales ainsi que
les milieux naturels. Le PPFCI doit porter notamment sur l'ensemble du dispositif
prévention/prévision/lutte. Il doit enfin fixer les objectifs prioritaires à atteindre en
matière d'élimination ou de diminution des causes principales de feux, ainsi qu'en
matière d'amélioration des systèmes de prévention, de surveillance et de lutte.
En application de l'article R.321-20 du Code Forestier, les SDIS participent
réglementairement à la préparation de ce plan qui constitue, pour le thème spécifique
des incendies de forêt, un acte inter-services de portée générale.

2.2.2 La Prévision et l’aménagement du territoire

La Défense Extérieure Contre l’Incendie

La lutte contre l’incendie s’inscrit dans le cadre des pouvoirs de police administrative du
Maire (article L.2212-2, alinéa 5 du Code Général des Collectivités Territoriales) et les
dépenses correspondantes sont des dépenses obligatoires (article L.2321-2, alinéa 7
du CGCT), sur le budget général de la commune. Elles englobent la fourniture, la pose,
l’entretien et le renouvellement des équipements ou ouvrages. Les maires doivent
s’assurer de l’existence et de la suffisance des moyens en eau disponibles.
La détermination du nombre ainsi que leur capacité hydraulique sont mentionnées
dans des circulaires46 47 48 49 dès 1951. Les services du SDIS doivent être consultés
pour les communes rurales « dans le choix des solutions à retenir pour la
détermination des ouvrages à établir, en matière de distribution d’eau » à partir de
1957.
Le RIM50 pour sa part liste les différents types de points d’eau, leurs différentes
caractéristiques ainsi que leur mise en œuvre. Les bouches, poteaux et colonnes
sèches font l’objet par ailleurs de normes relatives à leurs caractéristiques51 ainsi qu’à
leur installation52. Il apporte également quelques précisions relatives à l’adaptation des
besoins en eau aux risques à défendre.

43
Régions Aquitaine, Corse, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, Provence - Alpes - Côte d'Azur et dans les
départements de l'Ardèche et de la Drôme.
44
C’est le cas de la Corse avec le Plan de Protection des Forêts et des Espaces Naturels contre les Incendies (PPFENI) ainsi que
de la région Aquitaine dont le PRPFCI est en cours de réalisation
45
Lorsqu'il est décidé d'établir un PRPFCI, celui-ci est élaboré par le préfet de région, avec l'accord des préfets des
départements intéressés.
46
Circulaire du 10 décembre 1951
47
Circulaire ministérielle du 20 février 1957 relative à la protection contre l’incendie dans les communes rurales
48
Circulaire ministérielle du 30 mars 1957 relative à la subvention en matière de création et d’aménagement de distribution
d’eau et de points d’eau
49
Circulaire du 9 août 1967 relative à la protection contre l’incendie dans les communes rurales et les réseaux d’eau potable
50
Arrêté interministériel du 1 février 1978 approuvant le Règlement d’Incendie et de Manœuvre des sapeurs pompiers
communaux
51
NF EN 14339 ( a remplacé NFS 61-211) et NFS EN 14384 (qui a remplacé NFS 61-213, et NFS 61-214)
52
NFS 62-200, NFS 61-221

- 10 -
« Toutes les bouches d'incendie de 100 mm ou de 150 mm, placées sur la voie
publique, devraient être visitées une fois par mois, à la diligence des chefs de corps
d 'après un tableau de répartition de tournées de bouches. »
Par ailleurs les points d’eau privés doivent être visités :
« - tous les mois, dans les résidences, cités, lotissements privés à usage d'habitation et
dans les centres commerciaux ;
- tous les trimestres dans les autres établissements. »
Ces dispositions valent également pour les poteaux d’incendie. Les contrôles de débit
et de pression sont facultatifs.
Les points d’eau et les hydrants doivent être numérotés, et répertoriés au registre des
bouches, poteaux et points d’eau, régulièrement tenu à jour, toujours selon les
dispositions du RIM. Avec l’apparition des Systèmes d’Informations Géographiques, les
SDIS disposent d’outils intéressants de bases de données géolocalisées, partageables.
Le SDIS doit par ailleurs informer les Maires sans délais des dysfonctionnements
observés, à l’occasion des tournées, des manœuvres, des interventions ou de toute
autre activité.
En 2001, un groupe de travail piloté par l’Institut National d’Etudes de la Sécurité Civile
auquel participaient le Centre National de Prévention et de Protection ainsi que la
Fédération Française des Sociétés d’Assurance a élaboré un document technique53 de
référence permettant à chaque département de disposer d’un dimensionnement
commun en vue de la conception du référentiel départemental. Toutefois, de
nombreux SDIS se basent sur une analyse à partir de ce guide D9. Ce dernier n’est
cependant pas directement opposable aux tiers en l’état.
Bien que la conception, l’installation et l’entretien des hydrants incombent aux
collectivités locales, les missions des SDIS dans ce domaine sont prépondérantes. En
effet, le SDIS devrait être consulté dans le cadre des procédures administratives pour
l’installation des points d’eau. En outre, la participation des services prévision dès
l’élaboration ou lors de la mise à jour de documents d’urbanisme tels que les Plans
Locaux d’Urbanisme (PLU), les cartes communales, permet une anticipation des
moyens, et une approche globale plus efficiente de la gestion de la DECI et des accès
au niveau communal.
Par ailleurs, les préventionnistes peuvent s’appuyer sur les articles L.111-4 et R.111-2
du Code de l’Urbanisme pour émettre un avis défavorable pour raison d’insuffisance de
la DECI lors de l’instruction d’un permis de construire. Il apparaît cependant délicat que
les SDIS s’appuient sur leurs propres mesures pour rendre leur avis, compte tenu que
ces derniers n’étant ni gestionnaires, ni propriétaires du réseau, ne peuvent s’assurer
de ses capacités au vu de mesures ponctuelles. Par ailleurs, les SDIS ne sont pas
fondés pour attester des performances du réseau.
Ces missions et procédures peuvent être mentionnées spécifiquement par chaque SDIS
dans un règlement départemental des points d’eau, qui peut être annexé au règlement
opérationnel, rendu ainsi opposable aux tiers.
L’expérience démontre que l’approche de la DECI est beaucoup plus complexe qu’il n’y
paraît. Il s’agit fréquemment d’un point de difficulté avec les sociétés fermières des
réseaux mais également et principalement avec les Maires. En effet, il existe parfois un
écart important entre la perception des performances de la DECI et la réalité. Cette
spécialité nécessite donc une grande maîtrise technique du domaine.

53
D9, document technique, Défense extérieure contre l’incendie, Guide pratique pour le dimensionnement des besoins en eau

- 11 -
La définition des accès des bâtiments aux engins de lutte contre l’incendie.

Le Code de l’Urbanisme54 55
indique que, sauf exception56, « le permis de construire
peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques
ou privées dans les conditions répondant à l’importance ou à la destination de
l’immeuble ou de l’ensemble d’immeubles envisagé, et notamment si les
caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l’utilisation des engins de
lutte contre l’incendie». Il est dès lors logique que le SDIS soit appelé à se prononcer
sur l’accessibilité des bâtiments, tout comme sur les besoins en eau.
Les conditions d’accessibilité sont fixées réglementairement pour les ERP du 1er
groupe, certains ERP de 5éme catégorie, les habitations collectives de la 3ème famille
A, et certains établissements relevant du Code du Travail. En revanche, les règlements
ne précisent pas les caractéristiques des voies devant desservir notamment les
habitations de 1ere et 2ème famille et certains ERP de 5ème catégorie dont le plancher
bas du dernier niveau est à moins de 8 mètres du niveau d’accès des secours.
A l’instar de la DECI, il serait donc logique que les SDIS définissent un référentiel
départemental déterminant les caractéristiques des accès adaptées aux moyens dont
ils disposent. Ce référentiel pourrait être annexé au Règlement Opérationnel.
Par ailleurs, la modification des caractéristiques des voies ayant des conséquences sur
la protection des bâtiments desservis57, il paraît indispensable que le SDIS soit
systématiquement consulté pour toute opération de voirie. En cas de modification
défavorable des accès, le service prévision se doit de répertorier le ou les bâtiments et
d’ajuster la réponse opérationnelle.

Les décisions d’urbanisme

Introduit par l’article 14 de la loi sur la prévention de la délinquance58, le décret59 relatif


aux études de sécurité publique complété par une circulaire60 est entré en vigueur le
1er octobre 2007. Il prévoit que les grands projets d’aménagement, la réalisation des
équipements collectifs et les programmes conséquents de construction doivent
désormais faire l’objet d’une étude préalable de sécurité publique permettant d’en
apprécier les conséquences.
Ainsi, dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, l’étude est obligatoire
pour toute création d’un ERP de 1ère catégorie et pour toute opération d’aménagement
de plus de 100 000 mètres carrés de Surface Hors d’Oeuvre Nette (SHON). L’étude doit
comprendre un diagnostic précisant le contexte social et urbain ainsi que l’interaction
du projet avec son environnement immédiat. Elle doit également contenir une analyse
du projet au regard des risques de sécurité publique pesant sur l’opération. Enfin, elle
doit détailler les mesures proposées pour prévenir et réduire les risques de sécurité
publique mis en évidence dans le diagnostic et faciliter les missions des services de
police, de gendarmerie et de secours.
A cet effet, l’article 22-3 du décret précise qu’au sein de la Commission Consultative

54
Article R.111-5 du Code de l’urbanisme.
55
Confirmé par CE 209942 Commune de Villelaure
56
Par exemple dans le cas prévu par les dispositions de l’article L.145-3 du Code de l’urbanisme (Loi « montagne »)
57
Par exemple, la suppression d’une voie échelle est de nature à faire évoluer un classement d’un immeuble d’habitation de
3éme famille A en 3éme famille B.
58
Loi n° 2007-297 du 05 mars 2007 sur la prévention de la délinquance
59
Décret n° 2007-1177 du 3 août 2007 pris pour l’application de l’article L.111-3-1 du code de l’urbanisme et relatif aux études
de sécurité publique
60
Circulaire du 1er octobre 2007, NOR: INT/K/07/001003/C

- 12 -
Départementale de Sécurité et d’Accessibilité (CCDSA), une sous-commission
départementale pour la sécurité publique est créée. Elle est présidée par le préfet du
département et le DDSIS en est un des membres titulaires permanent.
Cette obligation réglementaire nouvelle, largement inspirée de la doctrine anglo-
saxonne sur la « prévention situationnelle », vise à dissuader le passage à l’acte des
délinquants agissant sur la forme urbaine ainsi qu’à conforter par anticipation les
modes d’action des services de sécurité. C’est à ce titre, en appui des services
prévention que l’implication des services prévision des SDIS s’avère nécessaire.

2.2.3 Le partage de l’information et la planification

Les missions de prévision des SDIS dans le cadre des plans ORSEC

La réforme du plan d’Organisation de la Réponse de SEcurité Civile61 confie désormais


à chaque acteur le soin de préparer sa propre organisation de gestion de l'événement
et d’en fournir la description sommaire au représentant de l'Etat. On peut remarquer
que certains dispositifs visant à ce que chaque acteur organise sa réponse sont déjà
en vigueur réglementairement : Ce sont, par exemple, les Plans d’Opération Interne
pour les établissements SEVESO «seuil haut», les Plans Particuliers de Mise en Sûreté
pour les établissements d’enseignement ou les Plans Communaux de Sauvegarde pour
les Communes. Ainsi, chaque acteur est garant de ses moyens et de son organisation
propre.
Dans cette logique, le SDIS doit également décliner les missions qui lui sont dévolues
dans le plan ORSEC, tant dans les dispositions générales (notamment dans le plan de
secours à nombreuses victimes – ex « Plan Rouge ») que dans les dispositions
spécifiques. Toutefois, lors de l’élaboration de ces différentes déclinaisons, il est
indispensable de s’assurer de la cohésion inter service, dans un objectif de
transversalité. Il n’existe actuellement pas d’accompagnement des services prévision
dans la démarche de déclinaison et beaucoup s’interrogent quant à la manière de
conduire cette mission, ce d’autant plus, qu’à la différence d’autres services, la mise en
œuvre des moyens de secours par les SDIS est quotidienne et fait déjà l’objet de
dispositions.
Ce travail, pourrait être en partie traduit dans le règlement opérationnel (exemple : le
recensement des moyens du SDIS), dans des ordres d’opération internes (exemple :
Organisation de la campagne incendies de forêt), ou enfin dans des plans
d’établissements ou de sites répertoriés (exemple : Plans Particuliers d’Intervention).
L’inventaire des enjeux des aléas ainsi que l’analyse de risques, servant de bases du
plan ORSEC, prennent en compte le Document Départemental des Risques Majeurs
(DDRM)62 ainsi que divers documents dont le SDACR, en particulier63.
Par ailleurs, le SDIS est appelé à participer à la préparation ainsi qu’à l’entraînement de
ses personnels dans le cadre des exercices ORSEC.
Dans le continuum de l’organisation des secours incluant désormais l’exploitant, le Plan
d’Intervention et de Sécurité64 est rendu obligatoire. Ce document précise
l’organisation et les missions des exploitants, les modalités d’alerte et de coordination
avec les services extérieurs de secours. La SNCF, par ailleurs, a décliné son PIS dans

61
Décret 2005-1157 du 13 septembre 2005 relatif au plan ORSEC et pris pour application de l’article 14 de la loi n° 2004-811 du
13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile
62
Décret n° 90-918 du 11 octobre 1990
63
Article 7 du décret 2005-1156 du 13 septembre 2005 relatif au plan ORSEC
64
Arrêté du 26 août 2003 relatif aux modalités d'exploitation du réseau ferré national

- 13 -
un référentiel infrastructures65, déclinant les méthodes d’intervention sur le réseau
ferré. Les services prévision peuvent être amenés à formuler un avis à propos de ces
documents, doivent vérifier au travers d’exercices notamment les principes de
coordination et enfin décliner éventuellement ces dispositions dans leur documentation
opérationnelle, dont la pertinence doit être vérifiée par des exercices.
La répertoriation des établissements, des sites, des linéaires

« La connaissance des risques du secteur défendu par les centres d’incendie et de


secours revêt une importance démontrée dans la lutte contre les sinistres. Afin de
préparer l’intervention, et conformément à l’obligation de répertorier les établissements
à risques, posée par une circulaire du 24 novembre 198266, les SDIS ont créé des plans
dits d’ETAblissement REpertorié (ETARE) » 67.
« Ces plans permettent aux intervenants potentiels de le connaître a priori, en offrant
une description des lieux tant sur le plan des accès, que celui du ou des bâtiments
grâce aux plans de niveaux des différents locaux, à la localisation des risques
particuliers ainsi qu’aux moyens de secours internes à l’établissement ». Certains SDIS
(cf. le résultat de notre enquête) ont exprimé la nécessité de définir une charte de
répertoriation basée sur un aspect de classification réglementaire ou sur une analyse
de risque menée en interne.
« De son côté, le SDIS prévoit le dispositif de secours à mettre immédiatement en
œuvre pour toute sollicitation des secours à cette adresse, et les échelons éventuels de
renfort à engager ».
La répertoriation des points d’eau, le maillage des casernes, l’exactitude des
parcellaires, la présence des établissements répertoriés sont autant de référentiels du
SDACR pris en compte prioritairement par le SIG. Il s’agit ici d’un système
d’information au service de l’opérationnel appelé parfois SIO (Système d’Information
Opérationnel) construit et actualisé par anticipation avec des données terrain au
service de l’intervention.
Structurer une base de données implique de penser sa mise à jour. Il s’agit en effet
bien souvent d’une difficulté importante. Au regard de l’analyse des résultats de notre
enquête, il apparaît tout naturellement, que l’accomplissement de ces tâches revient
aux services prévision des SDIS.
Les Plans de Prévention des Risques naturels et technologiques

Contrairement à ce que son intitulé pourrait laisser supposer, la loi relative à la


prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages68
n’a pas pour objet principal de prévenir la survenue d’un événement non souhaité,
mais bien d’en limiter les conséquences par la réduction des enjeux ou de la
vulnérabilité de ces derniers.
Ce dispositif se situe donc aux confins de la prévention et de la prévision.

65
Décret n° 2006-1279 du 19 octobre 2006 relatif à la sécurité des circulations ferroviaires et à l'interopérabilité du système
ferroviaire
66
Antérieurement, le RIM dans son chapitre 3 sur la Prévision, page 1192, le stipulait déjà (cf. alinéa 6°)
67
Marc Génovèse : Droit appliqué aux services d’incendie et de secours, 3ème édition 2007/2008, collection Sapeurs-Pompiers,
éditions du Papyrus
68
Loi n° 2003-689 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des
dommages

- 14 -
Le SDIS participe à l’analyse des risques par l’intermédiaire du SDACR, du PPFCI et des
travaux de la Commission Départementale de Sécurité Civile69 à laquelle il participe.

Le Préfet peut également associer le SDIS à la consultation relative à l’élaboration d’un


Plan de Prévention des Risques (Article R 515-40 pour les PPRT et article R.562-2 pour
les PPRN - Code de l’environnement).

La Défense des Forêts Contre l’Incendie

La Défense des Forêts Contre l’Incendie constitue, pour les SDIS, une exception parmi
les risques naturels. Alors que le rôle des SDIS était imprécis, hormis dans le cadre de
la lutte, le PPFCI, institué par la Loi d'orientation sur la forêt70 de 2001, permet au
Préfet de déterminer précisément la répartition inter-services des missions qui
s’étendent de la prévention au retour d’expérience, en passant par la prévision, la lutte
et la recherche des causes d’incendies.
Cette même loi prévoit également que les SDIS peuvent participer à l’aménagement du
terrain non plus seulement au titre du conseil mais également en tant que mandataire
de l’Etat ou des collectivités territoriales au moyen du brûlage dirigé71.
La DFCI nécessite la maîtrise de compétences très spécifiques, qui ne font
actuellement l’objet d’aucun référentiel. Cette particularité a été clairement identifiée et
a conduit plus de 40% des départements concernés à créer un service spécifique.
L’ECole d’Application de la Sécurité Civile propose cependant un Brevet de
« Prévention » contre les Incendies de Forêts et les Espaces Naturels (BPIFEN), ainsi
que des formations au brûlage dirigé.
Pour une bonne prise en compte du risque feu de forêt, il est nécessaire que chaque
acteur institutionnel ou gestionnaire de l’espace (DDAF, ONF, SDIS, CRPF, Météo
France, syndicats de propriétaires forestiers, bergers, chambres d’agriculture, etc.…)
puissent exprimer ses compétences tout en ayant une vision globale de la
problématique. La DFCI représente un bon exemple de transversalité inter-services
exercée sous la coordination du Préfet.

Les Grands rassemblements et les Dispositifs Prévisionnels de Secours

Depuis les années 1980, les rassemblements de foule se multiplient en France


(concerts, rencontres sportives, réunions, raves-parties, technival …). En effet,
« plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’individus (…) » peuvent se regrouper
« d’une manière organisée ou spontanée improvisée, déclarée ou non, clandestine72 ».
Il appartient au Maire73 de garantir « le maintien du bon ordre où il se fait de grands
rassemblements d’hommes tels que les foires, marchés, réjouissances et cérémonies
publiques, spectacles, jeux, cafés, églises et autres lieux publics » à l’exception des
manifestations ayant un caractère occasionnel et non répétitif qui relèvent des
compétences du Préfet74.

69
Créé par le Décret n° 2006-665 du 7 juin 2006 relatif à la réduction du nombre et à la simplification de la composition de
diverses commissions administratives
70
Loi n°2001-602 du 9 juillet 2001 d'orientation sur la forêt
71
Article L.321-12 – II du Code forestier
72
d’après le rapport de la Mission de Lutte Anti-Drogues – mai 1995
73
Articles L 2212-2 et L 2212-3 du CGCT
74
Article L 2214-4 du CGCT

- 15 -
Ces grands rassemblements ont mis en évidence les difficultés d’organisation de la
protection des personnes, et ont conduit à la parution de la circulaire du 20 avril 198875
pour le respect de quelques règles minimales de sécurité, avant, pendant et en fin de
manifestation. La Commission Consultative Départementale de Sécurité et de
l’Accessibilité (CCDSA) peut s’en inspirer sur le fond, pour les aspects relevant de la
sécurité civile lors des grands rassemblements76.
Par ailleurs, depuis 1995 les organisateurs de manifestations exclusivement festives à
caractère musical77 78 79, organisées par des personnes privées, dans des lieux qui ne
sont pas au préalable aménagés à cette fin, doivent faire l’objet par les organisateurs
d’une déclaration auprès du préfet80. Celle-ci doit préciser entre autres, les mesures
envisagées pour garantir la sécurité, la salubrité, l’hygiène et la tranquillité publiques.
« Le préfet peut enfin imposer aux organisateurs toute mesure nécessaire au bon
déroulement du rassemblement, notamment la mise en place d’un service d’ordre ou
d’un dispositif sanitaire81».
Ainsi, dans le domaine du secours à personne, l’arrêté du 7 novembre 200682, pris en
application de la loi de modernisation de la sécurité civile83, fixe le référentiel national
relatif aux DPS : (Guide méthodologique - Outil d’aide à la décision pour dimensionner
les moyens matériels et humains de premiers secours à mettre en place, suivant une
grille d’analyse des risques).
Celui-ci est applicable de droit aux rassemblements de plus de 1 500 personnes84
(manifestations sportives, récréatives ou culturelles) à but lucratif et aux autres
rassemblements de personnes, sur décision de l’autorité de police85.
Pour les manifestations publiques à caractère « non lucratif », le référentiel ne
constitue qu’un guide pour l’autorité de police, et peut s’en référer ou non, suivant son
analyse des risques. Toutefois, alors que les DPS font partie des missions de sécurité
civile86 dévolues uniquement aux associations agréées de sécurité civile, l’autorité de
police peut y intégrer en complément, tout autre moyen humain ou matériel (comme
par exemple ceux des sapeurs-pompiers).
Il appartient, dès lors, au SDIS dans le cadre de ses missions et en tant que conseiller
technique du préfet de porter un regard critique sur les éléments qui lui sont transmis
par l’autorité préfectorale pour ce type de manifestation.

75
Circulaire NOR/INT/E/88/00157/C du 20 avril 1988 relative à la sécurité des grands rassemblements
76
Circulaire du 22 juin 1995 relative aux Commissions Consultatives Départementales de Sécurité et de l’Accessibilité prise en
application du Décret n° 95-260 du mars 1995 modifié
77
loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité
78
Décret n° 2002-887 du 3 mai 2002 relatif aux rassemblements festifs à caractère musical
79
Arrêté du 3 mai 2002 fixant les conditions de souscription de l'engagement de bonnes pratiques relatif aux rassemblements
exclusivement festifs à caractère musical avec diffusion de musique amplifiée
80
Décret n° 97-646 du 31 mai 1997 relatif à la mise en place de service d’ordre par les organisateurs de manifestations
sportives, récréatives ou culturelles à but lucratif. (modifié par Décret n°2005-307 du 24 mars 2005)
81
Articles 1, et 23-1 de loi N° 95-73 du 21 janvier 1995 d’orientation et de programmation relative de sécurité
(modifiée par loi N°2003-239 du 18 mars 2003)
82
Arrêté du 7 novembre 2006 fixant le référentiel national relatif aux Dispositifs Prévisionnels de Secours
83
Loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile
84
Réponse ministérielle aux questions N° 8307 de madame Marie-Christine Dalloz - N° 118532 de monsieur Jacques Pélissard -
n° 117983 de madame Marie-Renée Oget
85
Décret n° 97-646 du 31 mai 1997 relatif à la mise en place de service d’ordre par les organisateurs de manifestations
sportives, récréatives ou culturelles à but lucratif. (modifié par Décret n°2005-307 du 24 mars 2005)
86
Décret n°2006-237 du 27 février 2006 relatif à la procédure d’agrément de sécurité civile et Circulaire du 12 mai 2006 relatif
à la procédure d’agrément de sécurité civile au bénéfice des associations

- 16 -
2.2.4 La participation à diverses commissions départementales

La Commission Consultative Départementale de Sécurité et d'Accessibilité

La CCDSA87, présidée par le Préfet, est compétente pour formuler à l’autorité de police
un avis relatif notamment :
 à la sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les
établissements recevant du public et les immeubles de grande hauteur,
 à la protection des forêts contre les risques d'incendie visées à l'article R. 321-
6 du code forestier,
 aux prescriptions d'information, d'alerte et d'évacuation permettant d'assurer
la sécurité des occupants des terrains de camping et de stationnement de
caravanes, conformément aux dispositions de l'article 3 du Décret88 du 13
juillet 1994 ,
 aux études de sécurité publique.

On pourra noter que cette commission associe sans distinction les actions relevant de
la prévention à celles relevant de la prévision. Outre les visites des ERP/IGH, la CCDSA
peut organiser des groupes de visite, notamment dans les campings situés en zone
soumise à un risque naturel afin de vérifier la pertinence des mesures à mettre en
œuvre en cas d’alerte.
Le SDIS participe réglementairement aux travaux de la CCDSA, avec voie
délibérative89.

Le Conseil Départemental de Sécurité Civile

Le CDSC90, contribue notamment à l'analyse des risques, à la préparation des mesures


de prévention et de gestion des risques. On pourra noter qu’une fois encore, les
actions de prévention et de prévision sont associées au sein d’une même entité. Le
SDIS participe réglementairement à cette commission avec voie délibérative91.

La Commission Départementale des Risques Naturels Majeurs

La CDRNM92 concourt à l'élaboration et la mise en oeuvre, dans le département, des


politiques de prévention des risques naturels majeurs. Elle peut notamment être
consultée par le préfet sur tout rapport, programme ou projet ayant trait à la
prévention ou à la gestion de ces risques, ou émettre un avis sur les projets de
schémas de prévention des risques naturels et leur exécution. Cette commission a
vocation notamment à se substituer à la Cellule d’Analyse des Risques et d’Information
Préventive (C.A.R.I.P.). Le SDIS peut réglementairement siéger à cette commission au
titre des établissements publics territoriaux et disposer d’une voie délibérative.

87
Instituée par le Décret n° 95-260 du 8 mars 1995, modifié par le Décret n° 2006-1089 du 30 août 2006
88
Décret no 94-614 du 13 juillet 1994 relatif aux prescriptions permettant d'assurer la sécurité des occupants des terrains de
camping et de stationnement des caravanes soumis à un risque naturel ou technologique prévisible
89
Art 6 du Décret n° 95-260
90
Créé par le Décret n° 2006-665 du 7 juin 2006 relatif à la réduction du nombre et à la simplification de la composition de
diverses commissions administratives
91
Art 13 du Décret n°95-260
92
Art L.565-2, R.565-5 à R.565-7 du Code de l’Environnement (issus de la loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003)

- 17 -
L’article L.565-2. du Code de l’environnement institue la Commission Départementale
des risques naturels majeurs à laquelle le SDIS peut participer93.

Le Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et


Technologiques

Le CODERST concourt à la protection de l'environnement, la gestion durable des


ressources naturelles et de la prévention des risques sanitaires et technologiques. Il est
également chargé d'émettre un avis, notamment sur les projets d'actes réglementaires
et individuels en matière d'installations classées. La présence du SDIS n’a pas été
prévue réglementairement94 au titre de sa participation délibérative95. Le Préfet peut
néanmoins confier à ce dernier un rôle consultatif.
Remarque : On pourra remarquer que les domaines de compétence de ces quatre
entités sont parfois redondants.

Les autres commissions

Les SDIS peuvent localement être associés à la Commission Départementale de la


Sécurité Routière ainsi qu’à la Commission Départementale de l’Action Touristique. Les
compétences de ces commissions se situant hors du domaine de la prévision, nous ne
les détaillerons pas.

2.2.6 La formulation d’avis divers

Le SDIS, par ses missions, dispose naturellement d’une force d’expertise. Cette qualité
est souvent requise par les autorités de police qui consultent le SDIS à propos de
diverses affaires, sans que cela constitue une obligation réglementaire. C’est
notamment le cas des projets de feux d’artifices de la classe K496, mais également celui
des POI, PPMS et PCS. Il convient néanmoins de vérifier que les réponses formulées
entrent bien dans le champ de compétences du SDIS. (Si l’on place un poteau ici, aura
t’il le bon débit ? La distance de sécurité publique du pas de tir du feu d’artifice sera
t’elle suffisante ? etc…)
Le SDIS peut parfois être consulté par les particuliers ou les entreprises, au titre du
conseil. Cependant, dans le cadre de la rédaction des documents d’organisation interne
tels que les POI et le PPMS, les personnes en charge de la conception de ces
documents ont parfois tendance à rechercher une substitution de la part du SDIS. Ce
type de prestation n’entre pas dans le champ des missions des SDIS97 et entraîne
plusieurs difficultés :
 Le secteur privé proposant éventuellement ce type de prestation, le SDIS
s’exposerait à des poursuites pour « concurrence déloyale »98, sauf à justifier
d’un lien étroit et nécessaire avec l’activité de service public du SDIS99, ou à
ériger la mission en service public,

93
Art R.565-6 du Code de l’Environnement
94
Art. R.1416-17 du Code de la santé publique
95
Décret n° 2006-672 du 8 juin 2006 relatif à la création, à la composition et au fonctionnement de commissions
administratives à caractère consultatif
96
Le tir d’artifices K4 doit en effet faire l’objet d’une déclaration préalable en préfecture au titre de l’art 15 du Décret n° 90-897
du 1er octobre 1990 portant réglementation des artifices de divertissement
97
rigoureusement précisées par les articles L.1424-3 et L.1424-4 du CGCT
98
Arrêt du tribunal administratif de Besançon – 22 juillet 1999 – Le concours des services déconcentrés de l’Etat aux
collectivités territoriales n’a lieu d’être qu’en cas de carence du secteur privé.
99
Avis n° 05-A-06 du Conseil de la Concurrence en date du 31 mars 2005

- 18 -
 Le SDIS ayant participé à sa conception se retrouverait dans l’impossibilité de
formuler un avis objectif sur la qualité du document100, consécutivement à
une interrogation d’une autorité de police administrative.
 La finalité de ces documents ne serait probablement pas atteinte étant donné
qu’au-delà de la simple rédaction, le responsable de l’établissement ainsi que
ses personnels doivent avant tout s’approprier cet outil.

Si le conseil est donc possible, il doit donc demeurer sommaire.

2.3 Les moyens d’accès à la connaissance et à l’amélioration continue

La cartographie

Depuis longtemps les services d’incendie ont ressenti un besoin de représentations


graphiques du terrain. Ils les ont réalisés soit en interne (plans, parcellaires) ou bien
acquises, notamment auprès de l’Institut National Géographique à des fins de prévision
et d’opération.
A partir des années 1980 sont apparus les Systèmes d’Information Géographique (SIG)
offrant la possibilité de travailler avec une nouvelle génération de cartes dynamiques
interactives pouvant intégrer des données ponctuelles, linéaires ou surfaciques ainsi
que toute autre donnée numérique.
Ces nouveaux outils ont par conséquent révolutionné les services prévision des SDIS
bien que certains n’en possèdent pas encore (cf. résultat de l’enquête).
Il est désormais possible sur le territoire de presque tous les départements de situer
précisément les risques identifiés par le SDACR, de représenter les équipements
utilisables par les moyens de lutte et aussi d’assurer un véritable partage des
informations, également possible avec d’autres services partenaires par voie de
convention.
Par ailleurs, un nombre croissant de SDIS a recourt aux Systèmes d’Informations
Géographiques (SIG) pour cartographier et spatialiser les informations comprises dans
le SDACR, et s’appuyer lors d’interventions sur ces outils d’aide à la décision. Le terme
géomatique est communément employé pour qualifier ces outils, contraction de
géographique et d’informatique.
De plus les SIG sont constitués de nombreuses bases de données permettant
d’effectuer de multiples requêtes utiles pour le calcul des délais d’interventions ainsi
que la fourniture de statistiques précises (données utilisables pour l’élaboration et la
mise à jour des SDACR, par exemple).
Afin de pouvoir utiliser ces systèmes au maximum de leurs possibilités, il est impératif
de mettre en place des procédures de mise à jour des données, ce qui représente de
lourdes contraintes de travail.
Très prochainement grâce à la « vulgarisation » des Global Positioning System (GPS)
dotés de représentations graphiques, il sera possible d’aller encore plus loin dans le
domaine prévisionnel.

100
Par analogie notamment avec la loi n°78-12 dite « Spinetta » qui précise, pour le secteur du bâtiment que « L’activité du
contrôle technique prévue au présent titre est incompatible avec l’exercice de toute activité de conception, d’exécution ou
d’expertise d’un ouvrage »

- 19 -
La Recherche des Causes et des Conséquences d’Incendie

Depuis près de quarante ans, les pays anglo-saxons ont acquis une solide expérience
dans le domaine de l’investigation post-incendie, aussi appelée « Recherche des
Circonstances et Causes d’Incendie » (RCCI). Cette spécialité, basée sur la recherche
scientifique, permet d’améliorer, par l’étude statistique et au moyen de l’analyse des
retours d’expérience, la connaissance du phénomène complexe de l’incendie et de ses
modes de propagation pour mieux le combattre.
Partant du postulat que les SDIS sont les premiers acteurs dans le domaine de la lutte,
plusieurs départements se sont engagés dans cette démarche jusqu’à la mise en place
d’équipes opérationnelles (SDIS des Yvelines notamment). Une démarche est
également engagée dans le domaine des incendies de forêt.
IL n’est pas question de se substituer aux Officiers de Police Judiciaire, ni d’octroyer
aux SDIS de nouvelles missions, mais simplement de pouvoir récupérer le maximum de
renseignements liés au déroulement de l’incendie afin de mieux appréhender la
problématique.
La plus-value de ces travaux est d’une part un renforcement de la compétence des
acteurs ainsi que l’acquisition d’informations utiles et nécessaires afin de faire évoluer
la réponse des Services d’Incendie et de Secours
Cet état de fait, confirme que les SDIS ont un réel besoin dans ce domaine. Il serait
donc utile de fédérer ces initiatives afin d’homogénéiser ces pratiques.

Les outils de simulation

A heure actuelle peu de SDIS possèdent des logiciels intégrant différents modèles; ils
peuvent être empiriques101, semi-empiriques ou physiques102.
Ces simulateurs qui sont souvent couplés à des SIG peuvent permettre une
représentation temporelle en deux ou trois dimensions de différents types
d’événements (nuages toxiques, des feux de forêt …).
Ces outils s’avèrent très utiles dans le cadre prévisionnel, notamment dans la conduite
d’études d’analyse des risques, ou dans la réalisation d’exercices de grandes ampleurs
(scenarii d’accidents).
Cependant, il faut souligner deux difficultés non négligeables : d’une part la complexité
d’utilisation de certains logiciels nécessite des personnes très qualifiées en la matière et
d’autre part la rareté des références reconnues des modèles disponibles sur le marché.
Ce label pourrait émaner d’un travail commun entre professionnels et experts
scientifiques.

Le retour d’expérience

La notion de Retour d’Expérience (REX) a été introduite réglementairement par voie de


circulaire103 avant d’être reprise de façon plus marquée dans les décrets104 105 106

101
Exemple : Modèle pour le feu de forêt FARSITE construit sur l’expérience, l’observation sans méthode scientifique
102
Exemple : Modèle de dispersion atmosphérique BATEX
103
Circulaire interministérielle du 27 mars 2003
104
Décret n° 2005-1157 du 13 septembre 2005 relatif au plan ORSEC article 5 et 6
105
Décret n° 2005-1158 du 13 septembre 2005 relatif aux plans particuliers d’intervention article 11
106
Décret n° 2005-1269 du 12 octobre 2005 relatif au code d’alerte national

- 20 -
d’application de la loi de modernisation de la sécurité civile107. Cette volonté des
pouvoirs politiques de renforcer la réglementation dans le domaine montre l’enjeu et
l’importance que représente cette démarche.
Le REX est «une démarche structurée de capitalisation, d’exploitation et de partage
des informations issues de l’analyse d’événements positifs et/ou négatifs. Elle met en
œuvre un ensemble de ressources humaines et technologiques qui doivent être
managées pour contribuer à réduire les répétitions d'erreurs et à favoriser les pratiques
performantes »108.
Aujourd’hui grâce à l’élaboration d’outils méthodologiques109 110 et de guides111 réalisés
par la DSC en 2006, les SDIS peuvent plus aisément prendre en compte cette doctrine
nationale.
L’analyse des interventions et des exercices devrait faire progresser l’ensemble des
acteurs concernés par la gestion des risques de sécurité civile ainsi que leurs
organisations respectives de l’échelon local jusqu’à l’échelon central.
Cependant, même si cette méthode a fait ses preuves dans le domaine des feux de
forêts en Espagne (Catalogne) et aux Etats-Unis, le REX semble susciter des
interrogations en France. En effet, beaucoup s’interrogent quant à la responsabilité
d’un SDIS en cas de problèmes identifiés grâce à un retour d’expérience. A l’inverse,
l’absence de retour d’expérience pourrait être qualifiée de manquement à une
obligation de précaution, en cas de renouvellement d’un événement semblable.

Les statistiques

Le but principal des statistiques est d'extraire des informations pertinentes d'une liste
de données nombreuses, difficiles à interpréter par une simple lecture. Les SDIS dans
le cadre de leurs activités administratives et opérationnelles alimentent des bases de
données de plus en plus conséquentes.
Ils disposent également de logiciels afin d’élaborer des requêtes (ex : Business-
Object®) pour déterminer les caractéristiques qui sont mises en évidence après analyse
de l’ensemble des données. Ces informations permettent de donner une certaine
lisibilité du mode de fonctionnement de l’établissement public à l’échelle locale et
départementale.
L’exploitation de ces bases de données pourrait être optimisée grâce à une
collaboration encore plus étroite entre les SDIS et des spécialistes de ce domaine. Il
serait utile également d’harmoniser les bases à l’échelon national, voir européen.
Certaines données sont transmises à l’échelon central afin d’alimenter les statistiques
nationales notamment pour les Indicateurs Nationaux des Services d’Incendie et de
Secours (INSIS).
Le logiciel SYNERGI mis en place par le ministère de l’intérieur ces dernières années
devrait à terme améliorer les échanges de l’information que ce soit entre l’échelon
départemental et l’échelon central ou entre les services du même niveau.
Dans le domaine de la prévision, les statistiques sont omniprésentes, elles fournissent
aux décideurs les informations nécessaires et utiles afin d’objectiver les choix et de

107
Loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile article 14 et 15
108
FAE chef de groupement 12ème promotion cours Cdt Jérôme LECOQ du SDIS 31
109
La conduite du retour d’expérience, éléments de culture professionnelle. (DDSC sous direction de la gestion des risques)
110
La conduite du retour d’expérience, éléments techniques et opérationnels (DDSC sous direction de la gestion des risques)
111
Cdt Pierre Garriou

- 21 -
définir les objectifs (ex : le SDACR). Elles donnent la possibilité également, grâce à des
indicateurs spécifiques, de mettre en place un contrôle de gestion destiné à aider les
responsables à piloter leurs activités et à agir dans le sens de la stratégie fixée par le
SDIS.

Les exercices

Dans le même esprit que pour le REX, la loi de modernisation de la sécurité civile112
prévoit dans ses décrets113 114 d’application l’obligation d’avoir recours à des exercices
réguliers à l’échelon départemental ou zonal sous l’autorité des préfets respectifs.
Par ailleurs, le décret115 relatif au Plan Communal de Sauvegarde (PCS) préconise cette
démarche à l’échelon local dans un souci de cohérence nationale.
Les SDIS, en tant qu’acteur principal de la sécurité civile, se situent au centre de cette
démarche. Ils ont toujours entretenu cette culture en interne en réalisant
régulièrement des manœuvres et des entraînements.
Pour ce qui est des exercices de grande ampleur (départementaux ou zonaux), ces
derniers s’avèrent indispensables116 afin d’évaluer la pertinence des différents plans
prévisionnels établis et de permettre aux différents acteurs d’optimiser et de
coordonner leurs actions respectives.
La pratique régulière d’exercices, associée à la démarche REX constitue un réel axe de
progrès pour tous les acteurs de sécurité civile.

2.4 Analyse des tâches accomplies dans les SDIS

2.3.1 Méthode d’enquête

Le sujet du présent mémoire prévoit entre autres, « une analyse des tâches accomplies
sur un échantillon de SDIS ».
Aussi, pour faire un recensement exhaustif des actions de prévision, base de notre
étude, il nous est apparu indispensable de réaliser une enquête nationale, menée en
utilisant l’envoi d’un questionnaire117 anonyme à l’ensemble des départements.
L’utilisation d’un logiciel de statisticien, « Sphinx Plus2 », a permis l’élaboration du
questionnaire, le recueil des réponses, ainsi que la mise en forme des résultats. Ces
derniers sont joints en annexe 3.
Sur 103 questionnaires envoyés118 par courrier, nous en avons reçu 90 en retour, sur
une période estivale de deux mois et demi, soit 87,4 % de réponses. Cette forte
participation témoigne d’un réel intérêt de la part des SDIS, mais également d’une
forte attente. Le questionnaire et le formulaire l’accompagnant, sont fournis en
annexes 5 et 6. L’inventaire des réponses prises en compte est joint en annexe 7.

112
Loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile article 14 et 15
113
Décret n° 2005-1157 du 13 septembre 2005 relatif au plan ORSEC article 4
114
Décret n° 2005-1158 du 13 septembre 2005 relatif aux plans particuliers d’intervention article 1 et11
115
Décret n° 2005-1156 du 13 septembre 2005 relatif aux plans communaux de sauvegarde article 3(f)
116
Ils sont d’ailleurs prévus par l’article 4 du Décret n° 2005-1157 du 13 septembre 2005 relatif au plan ORSEC et pris pour
application de l'article14 de la loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile
117
Courrier en date du 30 juin 2008 : Objet : Enquête sur les missions de la Prévision
118
Monsieur Jouvin en avait reçu 64 sur 91, soit 70% de réponses

- 22 -
Remarque : Certains résultats de l’enquête effectuée dans le cadre du Mémoire119
relatif aux « Implications juridiques de la Prévision » en date d’octobre 2001, et
présenté par monsieur Christian Jouvin, sont repris en pied de page.

2.3.2 Synthèse des résultats

Les référentiels d’analyse des risques

Majoritairement, les services prévisions participent à l’élaboration du SDACR120 (86,7%)


et du RO121 (68,9%), et se doivent de fournir des éléments d’actualisation nécessaires
à leur révision. Les exceptions pourraient en partie s’expliquer soit par une volonté de
décharge partielle des services prévision, soit par un transfert de compétences au
Comité de Direction.

La prévision et l’aménagement du territoire

 DECI
Les SDIS organisent globalement leurs tournées de visites (91,1%), ce avec
une périodicité le plus souvent annuelle (63,3%)122. Cependant ces tournées
ne sont pas exhaustives et excluent les points d’eau privés (32,2%) ainsi que
les réserves et points d’eau naturels (37,8%).
Très majoritairement les résultats sont communiqués à l‘autorité de police
compétente (87,8%).
Nombreux SDIS contrôlent les débits (68,9%)123 et la pression (66,7%), avec
une incertitude de ces mesures (précision variable des résultats …). Au regard
du projet de décret relatif à la DECI, les missions inhérentes au contrôle des
débits et de la pression seraient dévolues à l’autorité municipale.
Le géoréférencement des points d’eau est en cours de développement
(41,1%).
La notion de carence hydraulique est prise en compte par 53,3% des SDIS sur
la base de la Circulaire de 1951, du RIM, et du guide D9.
Deux tiers des SDIS émettent un avis défavorable lors d’études de permis de
construire ou de visites de sécurité suite à la constatation d’une carence en
matière de DECI. En raison des conditions de mesures ainsi que du caractère
ponctuel de celles-ci, qui ne reflètent que rarement les performances réelles
du réseau, les valeurs issues des contrôles assurés par les SDIS ne devraient
avoir qu’une valeur indicative.
Certains SDIS intègrent au RO leur référentiel DECI (33,3%), afin de lui
donner une assise réglementaire.

 Accessibilité
Seul un quart des SDIS possède un référentiel relatif à l’accessibilité des
bâtiments en lien direct avec le Code de l‘urbanisme, alors que ce type de

119
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées « Droit de la Sécurité Civile et des risques », « Enquête sur la Prévision dans les
SDIS », pages 65 et 66
120
Mémoire DESS : 80%
121
Mémoire DESS : 56%
122
Mémoire DESS : 62%
123
Mémoire DESS : 44%

- 23 -
document est souhaitable pour une cohérence départementale des réponses
en terme de desserte.

 Etudes habitation, industries, ICPE


Les services prévision traitent parfois des dossiers relatifs aux bâtiments
d’habitations (23,7%)124, aux établissements relevant du code du travail
(26,7%)125, aux ICPE (30,5%)126 bien que ces missions relèvent des services
prévention au titre du GNR PRV. Ceci constitue une charge de travail
importante, alors que les missions de prévision sont parfois insuffisamment
assurées. On peut noter cependant que par rapport aux observations de 2001,
la part a fortement diminué.

 Conseils expertise
Par leur approche trans-disciplinaire, les services prévisions sont des
partenaires privilégiés pour les conseils au profit de diverses institutions. Il en
est de même pour la participation à l’élaboration de différents documents de
planification (POI 84,4%, DDRM 67,8%, DICRIM 30%, PCS 52,2%, PPMS
44,4%).

Le partage de l’information et la planification

 ORSEC
La procédure de la réforme ORSEC est récente. Ceci explique que seulement
une minorité de SDIS ait pu finaliser la réforme ORSEC (32,2%) jusqu’aux
déclinaisons inhérentes au service, sous la forme majoritairement de
consignes opérationnelles (33,3%). Compte tenu des échéances
réglementaires127, une charge importante de travail reste à accomplir.

 ETARE
La majorité des SDIS utilise une charte départementale pour l’élaboration de
plans ETARE (76,7%), ainsi qu’une grille de répertoriation (63,3%) basée
principalement sur l’analyse de risques (82,2%). Toutefois, on constate un
écart important entre la liste des établissements qui devraient être répertoriés
et la réalisation des plans correspondants (seulement 6,7% des SDIS en ont
réalisé la totalité). Ceci traduit une réelle difficulté à satisfaire aux besoins.

La documentation opérationnelle réalisée par les SDIS n’est accompagnée que dans
deux tiers des cas par une démarche d’information des personnels jusqu’à l’échelon de
terrain.

La Défense des Forêts Contre l’Incendie

Dans les départements visés par l’article L.121-6 du Code forestier, le risque feu de
forêts est bien pris en compte à travers le développement de la cartographie DFCI
(80,8%), du recensement des enjeux (69,2%), de l’existence d’un ordre de base feu
de forêts (88,5%), de l’évaluation par des indicateurs (88,5%), des modulations du

124
Mémoire DESS : 52%
125
Mémoire DESS : 55%
126
Mémoire DESS : 58%
127
l’art 25 du Décret n° 2005-1156 du 13 septembre 2005 relative au plan ORSEC fixe le délai au 15 septembre 2010

- 24 -
dispositif opérationnel en fonction des risques (88,5%), des conseils en matière
d’équipements (92,3%).
Dans un souci de cohérence, il serait souhaitable d’élaborer un document
départemental de référence en matière d’équipements de DFCI (seulement 50% des
SDIS en l’ont arrêté).
Peu de SDIS ont rédigé des plans de sites répertoriés sur certains massifs forestiers
(30,8%).
Les sapeurs-pompiers participent de plus en plus aux opérations de brûlage dirigé dans
le cadre de la prévention du risque feu de forêts (57,7%).

La Cartographie

Les SDIS réalisent très peu la mise à jour de leur cartographie . Quand celle ci est
réalisée, les résultats du questionnaire ne permettent pas de faire ressortir une
périodicité représentative. La liste des éléments répertoriés peut cependant varier
sensiblement d’un département à l’autre.

Les différents rassemblements

Les SDIS sont consultés à 98,9%128 lors des projets de grands rassemblements, de
rassemblements à caractère sportif, festif et musical. En revanche, ils ne disposent pas
de référentiel spécifique pour les dispositifs sapeurs-pompiers, et utilisent celui relatif
aux Dispositifs Prévisionnels de Secours, prévu à l’usage des associations agréées.

Organisation des missions de prévision

L’observation de la répartition des missions de prévision ne laisse apparaître aucune


tendance prédominante. Elle peut être territoriale, fonctionnelle, ou bien territoriale et
fonctionnelle à la fois. Ceci laisse penser qu’aucune organisation idéale ne semble
répondre aux besoins.
Les moyens en quantité et qualité sont jugés insuffisants pour satisfaire aux seules
missions réglementaires dans 55,6% des cas. Ceci est symptomatique des services
prévision et contribue à l’insatisfaction globale qui ressort des réponses et
commentaires au questionnaire.

L’accès à la connaissance et l’amélioration continue

 SIG
L’utilisation d’un ou plusieurs SIG a fortement progressé depuis 2001. Avec
90%129 de SDIS dotés, ils sont devenus des outils courants: GeoConcept® est
utilisé dans 83,5% des cas.

 Réseau d’échange de données


Dans le but de partager des données communes et d’actualiser des bases de
données, les SDIS ont de plus en plus recours à des échanges entre
partenaires (90%), dans le cadre d’une convention (62,2%) ou, plus
rarement, hors convention (28,8%). Il est à noter que les SDIS deviennent de

128
Mémoire DESS : 64%
129
Mémoire DESS : 56%

- 25 -
plus en plus souvent des fournisseurs de données auprès de l’Institut
Géographique National, issues des actions de visites de secteur.

 Visites de secteurs, d’établissements


Les visites de secteur ou d’établissements sont largement répandues. En effet,
88,9% des SDIS organisent des reconnaissances de terrain.

 GPS embarqué
Les données ainsi collectées sont de plus en plus géo référencées au moyen
d’un GPS (38,9%). Le système de transmission ANTARES pourra ouvrir dans
ce domaine de nouvelles perspectives de développement.

 Analyses statistiques
Bien que cette mission nous incombe de fait, seule la moitié des SDIS effectue
une démarche prospective au regard de l’analyse statistique opérationnelle,
alors qu’il s’agit d’un gisement important d’indicateurs.

 Simulation scénarii
La simulation de scénarii est une technique récente mais d’utilisation encore
rare (3,3%). Avec le développement d’outils de plus en plus performants,
cette pratique pourrait se développer. On peut noter cependant que
l’utilisation d’outils de simulation nécessite l’emploi de personnels très
qualifiés.

 Conception d’outils d’aide à la décision


Les SDIS développent actuellement des outils d’aide à la décision (44,4%) à
l’intention des membres de la chaîne de commandement. Ces outils intègrent
la démarche de Gestion Opérationnelle et de Commandement (GOC) (ex :
architecture documentaire informatisée, remontée d’information, gestion de
crise, …). Ces outils sont mis en œuvre et testés dans le cadre d’exercices
(47,8%).

 Retour d’expérience
Le Retour d’EXpérience (REX) doit participer à l’amélioration des procédures
opérationnelles. Pour autant, la démarche semble encore peu formalisée :
seuls 30% des SDIS possèdent en effet une méthodologie départementale
écrite.
Lorsque le REX est réalisé, sa diffusion est souvent limitée à la chaîne de
commandement (52,2%).

Evolutions des services prévision

Les évolutions130 envisagées concernent principalement les recrutements de personnels


(36,2%) ainsi que la réorganisation de la prévision (27,6%) au regard des nouvelles
missions. Certains envisagent des réajustements prévention / prévision / opération
voire des fusions.

130
Mémoire DESS : « Evolutions envisageables parmi les plus citées ; augmentation des effectifs (31%) et mise en place d’un
SIG (20%). Par ailleurs, l’organisation de la Prévision au sein des SDIS est un sujet d’actualité »

- 26 -
La participation à diverses commissions départementales

Les services prévision des SDIS participent aux commissions suivantes :


 Commission Départementale de la Sécurité Civile (55,6%),
 COnseil Départemental de l’Environnement et des risques Sanitaires et
Technologiques (76,7%),
 Commission Départementale de Sécurité Routière (74,4%),
 Commission Départementale de l’Action Touristique (48,9%),
 Commission des Campings à Risques (68,9%).

Autres actions

Les sapeurs-pompiers effectuent de nombreuses et diverses actions transversales au


profit d’autres services, internes et externes (cf. questionnaire en annexe 6). L’absence
de cadre réglementaire pourrait justifier cette situation.

3.3.3 Commentaires
(d’après l’ analyse des réponses au questionnaire et contacts des prévisionnistes)

Plusieurs commentaires rappellent que la prévision est notre cœur de métier et que les
sapeurs-pompiers souhaitent entre autres :
 « La parution du GNR PRS avec impatience ;
 L’élaboration d’un référentiel qui reprendrait l’ensemble de données
réglementaires, et les recommandations au niveau national pour « fixer un
cadre, une doctrine », pour éviter les traitements de la prévision hétérogènes
d’un département à l’autre ;
 La parution des différents textes relatifs à la défense extérieure contre
l’incendie ;
 La création d’un « réseau prévision national », lieu et plate-forme d’échange ;
 Un renforcement des effectifs dans cette spécialité ;
 La réorganisation des services (ou groupement) prévision ».
Cette enquête nationale a été perçue favorablement, et nombre d’interlocuteurs
attendent les résultats pour pouvoir comparer avec la situation de la prévision dans
leur département. 94,4% des personnes qui ont répondu à ce questionnaire souhaitent
l’envoi du résultat par messagerie électronique.

2.5 Analyse des conséquences juridiques d’un défaut de Prévision

Le SDIS ne possède juridiquement aucun pouvoir direct en matière de prévision. Il agit


toujours sous l’autorité du Préfet du département ou du Maire comme mentionné aux articles
L.1424-3 et L.1424-4 du CGCT. De fait, les services prévisions interviennent dans le cadre
des missions dévolues au SDIS sous l’égide de l’autorité de police compétente (ex : le Maire
dans le domaine de la défense incendie, le Préfet pour l’élaboration ou la révision du SDACR
et du RO, ainsi que la déclinaison des dispositions ORSEC par service…).
Si les missions de prévision génèrent des actions transversales diverses de la part de ces
services (cf. résultats de l’enquête), plus ou mois homogènes d’un département à l’autre, il y
a lieu d’examiner la force juridique réelle de ces différentes actions. En effet, si certaines de
ces actions ont un caractère obligatoire, d’autres sont d’ordre purement technique afin de
répondre à des objectifs internes du SDIS (ex : élaboration d’outils d’aide à la décision).

- 27 -
L’ignorance ou l’insuffisance de ces actions est susceptible d’engager la responsabilité du
SDIS. De plus, les missions de prévision s’exercent, en général, sans caractère d’urgence
particulière. En conséquence, si une faute de service devait être retenue, elle le serait
probablement sur les bases d’une faute simple et non qualifiée131. Ces éléments sont de
nature à augmenter les risques de mise en cause juridique du SDIS.
Le SDACR et le RO étant des actes réglementaires opposables, ils peuvent faire l’objet d’un
recours pour excès de pouvoir et peuvent être invoqués par un administré à l’appui d’un
recours en responsabilité (ex : incohérence entre SDACR, le RO et les guides nationaux de
référence). Le suivi et l’actualisation de ces documents sont de fait indispensables pour une
bonne organisation du service.
S’agissant d’une activité de service public, c’est avant tout la responsabilité administrative du
service qui serait engagée. En ce qui concerne les actions de prévision sous l’égide du
pouvoir de police municipale, la recherche de responsabilité sera en premier lieu dirigée vers
la commune, mais il y a tout naturellement lieu de penser qu’elle engagera à son tour une
action récursoire à l’encontre de SDIS.
Malgré tout, la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux
évolutions de la criminalité établit un principe de généralisation de la responsabilité pénale
des personnes morales de droit public. En effet, depuis le 31 décembre 2005, une personne
morale de droit public est susceptible de se voir reprocher toute infraction de droit commun,
dans les conditions de l’article L.121-2132 du Code pénal. De fait, il y a probablement lieu de
s’interroger sur la recherche systématique de la responsabilité pénale de la personne morale
en charge de prévision. Les personnes morales de droit public concernées sont d’une part
l’Etat, les communes et d’autre part l’établissement public133 SDIS. En ce qui concerne l’Etat,
la loi a clairement exclu cette possibilité. Pour les communes, les missions de prévision
entrent dans le cadre des missions de police administrative, or celles-ci n’étant pas
délégables, les communes ne peuvent donc être sanctionnées à cet égard. Il convient dés
lors de s’interroger sur l’impact de cette loi à l’égard des établissements publics et
notamment du SDIS. La question qui se pose ici, est de savoir si le principe de généralisation
de la responsabilité issu de la loi du 9 mars 2004 aggravera la pénalisation de l’activité des
personnes morales de droit public.
Pour mémoire, les sanctions pénales prévues par le Code pénal à l’encontre des personnes
morales sont communément de trois ordres :
 l’interdiction d’exercer leur activité, ce qui n’est pas envisageable pour un service
de secours,
 l’affichage qui a pour conséquence directe d’avoir un impact sur le service,
 l’amende qui peut être d’un montant cinq fois supérieure à celle d’une personne
physique.
Pour autant, l’imputation dite « par ricochet » demeure. Le mécanisme de la responsabilité
pénale des personnes morales nécessite l’intervention de personnes physiques. En effet, ces
dernières commettent une infraction imputée par la suite à la personne morale dont elles
sont les organes ou les représentants. Les éléments constitutifs de l’infraction que le juge
souhaite voir imputer à la personne morale doivent être recherchés sur le chef de l’organe

131
La notion de la faute simple à l’encontre des SDIS a été renforcée par l’arrêt CE du 29 Avril 1998 commune de Hannappes
qui a supprimé la seule notion de la faute lourde en situation de gestion opérationnelle.
132
Art. 121-2 du Code pénal : « Les personnes morales, à l'exclusion de l'Etat, sont responsables pénalement, selon les
distinctions des articles L.121-4 à L.121-7, des infractions commises, pour leur compte, par leurs organes ou représentants.
Toutefois, les collectivités territoriales et leurs groupements ne sont responsables pénalement que des infractions commises
dans l'exercice d'activités susceptibles de faire l'objet de conventions de délégation de service public. La responsabilité pénale
des personnes morales n'exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des mêmes faits, sous réserve des
dispositions du quatrième alinéa de l'article L.121-3 ».
133
Article 1 de la loi 96-369 du 3 mai 1996 relative à l’organisation des services d’incendie et de secours.

- 28 -
ou du représentant de celle-ci. En l’espèce, il s’agit ici du Président du Conseil
d’Administration du SDIS.
Par ailleurs, l’article L.121-3134 du Code pénal permet désormais de retenir l’infraction
d’homicide involontaire liée à l’imprudence, à la négligence, à un manquement d’une
obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement.
Par analogie avec l’affaire de Bruz135, cette disposition n’exclu nullement la recherche de la
responsabilité pénale de la personne physique à l’origine d’une faute, à savoir l’officier
prévisionniste. En l’état, hormis en matière de défense incendie (dont la jurisprudence est
abondante et essentiellement basée sur des défauts d’obligation de moyens) et en l’absence
de référentiel précis sur le domaine, il sera probablement assez difficile au juge de
démontrer que les officiers prévisionnistes ont « violé une obligation particulière ou de
sécurité prévue par la loi ou le règlement » et ce d’autant plus de « façon manifestement
délibérée ».
Pour autant, sur le plan de la responsabilité administrative, il est fort probable que les
années à venir vont exposer le SDIS à des contentieux grandissants dans le domaine.

2.6 Perspectives d’évolution

2.5.1 Formations Prévision PRS

Depuis 2003, un groupe de travail d’une quinzaine de personnes136, piloté par la


DSC137, élabore un projet de « Guide National de Référence Prévision » (GNR
Prévision), à l’instar du GNR Prévention.
Actuellement rédigé à 80 % environ, la DSC souhaite le finaliser rapidement pour une
parution probable en 2009.
Ainsi, la procédure138 pour les prochains mois serait la suivante ; envoi du projet à une
vingtaine de départements non impliqués dans l’élaboration pour lecture, réception des
différents avis et propositions éventuelles, puis analyse par le groupe de travail,
modifications si nécessaire, passage devant les différentes instances, et parution de
l’arrêté.
Ce guide pris en application de l’article R.1424-52 du CCGT devrait fixer entre autres,
le cadre juridique, le champ d’application, les contenus pédagogiques, les modalités de
déroulement et d'évaluation des formations permettant la tenue des emplois liés à la
spécialité prévision, les équivalences, les diplômes.
Toutefois, il ne faut pas le confondre avec la parution d’un GNR relatif aux techniques
professionnelles de prévision, qui pourrait, quant à lui, définir par exemple, ce qu’est

134
Art. L.121-3 du Code pénal : « Il n'y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre. Toutefois, lorsque la loi le
prévoit, il y a délit en cas de mise en danger délibérée de la personne d'autrui. Il y a également délit, lorsque la loi le prévoit,
en cas de faute d'imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi
ou le règlement, s'il est établi que l'auteur des faits n'a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la
nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait. Dans le
cas prévu par l'alinéa qui précède, les personnes physiques qui n'ont pas causé directement le dommage, mais qui ont créé ou
contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n'ont pas pris les mesures permettant de l'éviter,
sont responsables pénalement s'il est établi qu'elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière
de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un
risque d'une particulière gravité qu'elles ne pouvaient ignorer ».
135
Feu de la clinique de Bruz, le 24 juin 1993, un officier préventionniste condamné à 6 mois d’emprisonnement avec sursis et à
30 000 F d’amende. L’aspect prévision avait été soulevé lors de la mise en examen, mais le juge ne l’a pas retenu.
136
Dont des représentants de l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers (ENSOSP), des unités militaires,
des formations militaires de la sécurité civile et de l’Ecole d’Application de la Sécurité Civile (ECASC)
137
Sous-Direction des sapeurs-pompiers et des acteurs du secours – Bureau du Métier de Sapeur-Pompier, de la Formation et
des Equipements
138
Procédure identique pour l’élaboration de tous les GNR

- 29 -
un plan ETARE, comment le réaliser, quels en sont les différents symboles…
Actuellement, cette éventualité n’est pas à l’ordre du jour.

2.5.2 Projet de décret Défense Extérieure Contre l’Incendie

La réforme des textes et références techniques régissant la DECI est en cours et un


décret est annoncé prochainement. Il s’agit de la troisième tentative de réforme en
trente ans139. Il devient cependant nécessaire d’actualiser le concept de la DECI, en
levant les difficultés d’application et les contradictions qui subsistaient tant dans les
différentes circulaires que dans le RIM lui-même. Cette attente est d’autant plus forte
que le recours par les sociétés d’assurance à l’arbitrage du juge est de plus en plus
fréquent, et qu’au fil du temps, une certaine confusion s’est installée dans la répartition
des rôles et responsabilités des différents acteurs.

Le projet de décret140 a été communiqué pour avis aux SDIS, à l’association des Maires
de France ainsi qu’à la Direction Générale des Collectivités Locales afin de recueillir le
plus large consensus. En l’état, la version qui nous a été communiquée :
 Réaffirme clairement le pouvoir de police des Maires en la matière, rappelant
notamment que le transfert de la gestion des services d’incendies n’a en
aucune manière entraîné le transfert de la DECI.
 Donne au Maire le soin de faire réaliser des « contrôles » sur tous les points
d’eau. Ces résultats doivent être communiqués au SDIS. Il revient donc bien
au propriétaire du réseau d’attester des performances de ce dernier et non au
SDIS.
 Rappelle au SDIS ses obligations de visites des points d’eau, appelées
désormais « reconnaissances opérationnelles » et fixe une périodicité plus
réaliste que celle évoquée dans le RIM.
 Confirme le rôle de conseil technique du SDIS ainsi que son obligation de tenir
une base de données départementale à jour.
 Créé l’obligation pour chaque SDIS de rédiger, sous l’autorité du Préfet un
règlement départemental de DECI, prenant en compte le SDACR.
 Propose un référentiel national pouvant servir de base à la rédaction des
référentiels départementaux. Il introduit notamment des précisions quant au
risque faible et la notion de carence qui doit être comblée par un renfort de
moyens.
 Institue les schémas communaux ou inter-communaux de DECI permettant au
Maire d’avoir une vision pertinente de la couverture de sa commune. La
conception de ces schémas est confiée au SDIS, dans la mesure où ces
derniers en possèdent les données.
Outre l’intérêt évident d’un recours à un référentiel adapté aux risques locaux, ce
projet recentre utilement les compétences des différents partenaires. Néanmoins, la
conception des schémas communaux et intercommunaux entraînera une charge de
travail importante que beaucoup de services n’arriveront pas, à moyens constants, à
satisfaire dans les délais souhaités par les Maires qui désireront, probablement,
disposer au plus vite de ces analyses. Par ailleurs, il est probable que, bien qu’intégrant
de façon pragmatique le risque faible, cette réforme entraînera un effort financier des
communes, nécessaire au rattrapage de bien des situations dans les zones à
construction dispersées.

139
réponse à la question n°00273 du 05/07/07 au Sénat M. Michel Doublet
140
Version 1.10 du 13 avril 2007

- 30 -
3 PROPOSITIONS RELATIVES A L’ORGANISATION DES TACHES DE
PREVISION

3.1 Etat des lieux et diagnostic

Ainsi que le révèle l’enquête réalisée, les SDIS ont bien souvent reporté l’effort de
développement de la prévision. Les raisons de cette « désaffection » sont multiples :
 Il s’agit d’une mission dont les échéances sont peu perceptibles. Par ailleurs, les
obligations réglementaires sont imprécises. Il est donc fréquent que, confronté à
des échéances courtes et des moyens nécessairement limités, les arbitrages soient
rendus en défaveur de la prévision, en attendant des jours meilleurs. En
conséquence, les moyens en quantité et en qualité font chroniquement défaut ou
sont utilisés à d’autres tâches (souvent d’ailleurs des tâches relevant des services
prévention).
 Le nombre de « spécialités » devant être maîtrisées est important (risques
bâtimentaires, risques technologiques, risques naturels dont les incendies de forêt
en particulier, risques sociétaux, conseil en DECI, administration des SIG…).
Certains domaines ne sont donc que médiocrement investis, ce qui ne contribue
pas à convaincre du rôle essentiel de la prévision.
 La prévision souffre parfois d’un stéréotype suranné qui la réduit à la DECI ainsi
qu’ à la production de plans d’établissements répertoriés, occultant de ce fait le
reste des domaines à investir.
 L’encadrement réglementaire de la prévision est insuffisant « les responsabilités
sont souvent imbriquées, les règles de droit complexes et mal connues. Des
clarifications sont nécessaires »141.
 Il n’existe pas de référentiel de formation et chaque prévisionniste est contraint à
l’autodidactisme.
 Faute d’une définition claire des objectifs et des indicateurs de performance, la
prévision est perçue comme une contrainte de moyens dont on n’évalue que les
coûts et dont ont ne perçoit que rarement l’intérêt, qui pourtant est réel.
« La prévision est une mission essentielle permanente entre la prévention et l'opération.
C'est une mission dont les contours sont si mal définis que l'on peut y mettre ce que l'on
veut, y passer son temps et encore plus. Inversement, l'on peut pratiquement ne rien faire
et dormir tranquillement sans que ni les élus ni le corps préfectoral ne s'en soucient »142.
il est néanmoins possible d’identifier certaines opportunités favorables à une évolution:
 La loi de modernisation de la Sécurité Civile a donné une nouvelle envergure à la
prévision au travers des orientations de la politique de Sécurité Civile et des
conséquences de la réforme des plans ORSEC,
 la loi d’orientation sur la forêt143 a institué le PPFCI qui instaure une réflexion inter-
services notamment à propos des missions de prévision,
 une méthode nationale de calcul relative aux Dispositifs Prévisionnels de Secours a
été arrêtée144,
 les notions de pilotage stratégique et d’indicateurs de performances sont
développées dans les SDIS,

141
Annexe de la Loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de Modernisation de la Sécurité Civile
142
Col Feyzeau – INESC - Colloque services prévision des SDIS – Séance du 17 juin 1999 – p 4
143
Loi n°2001-602 du 9 juillet 2001 d'orientation sur la forêt
144
Arrêté du 7 novembre 2006 fixant le référentiel national relatif aux dispositifs prévisionnels de secours

- 31 -
 l’évolution récente des budgets des SDIS a été en grande partie consacrée à
l’amélioration de leur fonctionnement interne. Les élus souhaitent contrôler
désormais cette évolution et que les efforts soient plus orientés vers la production
de services en direction de l’usager,
 le décret relatif à la DECI est annoncé prochainement,
 les travaux de rédaction du GNR PRS devraient reprendre.

3.2 Axes d’amélioration

Avant de proposer de modifier l’organisation actuelle, il convient de souligner que, dans ce


domaine comme dans d’autres, la recherche d’une solution idéale est une quête sans fin qui,
par étapes, nous ramène régulièrement au point de notre départ. Quelle que soit
l’organisation, un examen approfondi en révèlera toujours les défauts, en particulier si
celle ci n’a pas évolué récemment. La solution idéale n’existe donc pas, nous lui préfèrerons
la notion de solution opportune, adaptée au contexte du moment, aux besoins et aux
ressources.

3.2.1 Redistribuer les tâches en privilégiant les compétences

Ainsi que nous l’avons affirmé précédemment, le prévisionniste devrait idéalement être
compétent dans de multiples domaines. Les exigences toujours croissantes de nos
sociétés occidentales ont eu pour conséquence une segmentation du savoir. La
prévision n’échappe pas à cette évolution et exige une connaissance de plus en plus
fine de l’ensemble du domaine, qui lui-même s’est considérablement développé. Ces
nouvelles contraintes tendent à créer des « spécialités » au sein même de la prévision.
Un axe d’amélioration consisterait donc à redécouper les services assurant les missions
de prévention, de prévision, d’opération, de retour d’expérience et de recherche des
causes d’incendie, par compétences et non pas par niveau d’intervention. Ces
compétences portent sur :
 la protection contre les risques bâtimentaires,
 la protection contre les risques technologiques,
 la protection contre les risques naturels et notamment la DFCI,
 la protection contre les risques sociétaux,
 la gestion opérationnelle,
 la défense extérieure contre l’incendie,
 la cartographie opérationnelle et les outils d’aide à la décision.
En fonction de l’activité de chaque département, il pourrait paraître opportun d’associer
certaines d’entre-elles au sein de services. Ces services pourraient être articulés en
fonction des ressources, des pôles de compétence et de l’analyse des schémas
décisionnels. La limite de deux domaines de compétence par service semble constituer
un maximum, à l’instar des spécialités opérationnelles.
Les documents de portée générale (SDACR, RO, ORSEC dispositions communes)
seraient alors confiés au groupement plutôt qu’à un service.
Notons enfin que la protection contre les risques de la vie courante145 est encore
rarement investie par les SDIS.

145
Selon le site de la DDSC, les accidents de la vie courante représentent 20 000 décès par an, soit 3 fois plus que les accidents
de la route et 20 fois plus que les accidents du travail.

- 32 -
Les inconvénients du principe de spécialisation sont liés aux risques de s’écarter peu à
peu des besoins du reste de la structure. Cette dérive doit être corrigée par un pilotage
des services ainsi qu’une mobilité entretenue.
En revanche, les avantages sont multiples :

 Aucun domaine n’est oublié et les missions de chaque service sont facilement
délimitées.
 La répartition des missions paraît plus compréhensible à l’extérieur du SDIS.
 Le niveau de compétences et de réponse est amélioré et correspond aux
attentes des partenaires,
 La fluidité et la cohérence du traitement des dossiers,
 Le maillon prévention/prévision est plus simple à concevoir. Il est également
plus efficient.
Un schéma sommaire de principe de ce que pourrait être l’articulation des formations à
la gestion des risques est proposé en annexe 4.

3.2.2 Développer les services à destination des élus et de la population

Généralement la production des services prévision est à destination du fonctionnement


interne et opérationnel des SDIS. C’est particulièrement le cas pour les plans
d’établissements répertoriés. Certains néanmoins proposent déjà depuis plusieurs
années des services conseil, auprès des Maires en particulier, à propos de la DECI et
de la DFCI. Certains services mettent également leur cartographie à disposition des
collectivités ou des services partenaires par le biais de conventions d’échange de base
de données. Les services prévention sont, quant à eux, exclusivement tournés vers
l’extérieur de la structure. L’élaboration des schémas communaux ou intercommunaux
de DECI, prévue par le projet de décret relatif à la DECI relève également de ce
principe.
La loi de modernisation de la sécurité civile dispose qu’une « véritable culture de la
préparation au risque et à la menace doit être développée » et qu’il faut désormais
« pouvoir compter sur le comportement de citoyens informés et responsables,
préparés à affronter les risques et les menaces par une connaissance effective du
danger et des consignes de prévention et de protection ». L’image sécuritaire que
véhicule le corps des sapeurs-pompiers dans son ensemble constituerait un vecteur
efficace permettant de se rapprocher de cet objectif146.
Des actions pourraient être menées notamment sur les principes élémentaires de
sécurité incendie, et les conduites à tenir face aux risques, en complément de
l’information réglementaire portant sur les risques majeurs. Il en est de même pour les
actions qui pourraient être menées dans le cadre de la réduction des risques de la vie
courante.

3.2.3 Passer d'une culture de moyens à une culture de résultats

Les SDIS semblant atteindre un seuil dans leur financement, il convient donc d’utiliser
le plus rationnellement possible les ressources. Bien que des précisions
supplémentaires, permettant de définir à minima les moyens et les domaines de la

146
Un exemple récent a été fourni récemment en la matière avec la campagne de la FNSPF en faveur des détecteurs
autonomes dans les habitations.

- 33 -
prévision, semblent pouvoir être apportées au CGCT147, il s’agit plus désormais de
convaincre que d’imposer.
La conception classique et l’organisation des services prévision ne sont plus adaptées
aux attentes. L’occasion nous est donnée de démontrer notre capacité de gestion
efficiente des risques et de produire des services pertinents et appréciés, susceptibles
d’entraîner une réelle économie pour la collectivité.
Alors que les principes du pilotage stratégique et du contrôle de gestion ont
récemment constitué les axes directeurs de la modernisation de l'Etat et des services
publics, ces outils polyvalents employés universellement dans le secteur privé, ont
souvent été restreints à une gestion purement comptable. Ces techniques, associées à
l’analyse de risques, aux principes de l’amélioration continue, ainsi qu’à la gestion
intégrée148 pourraient être explorées pour apporter un outil supplémentaire de gestion
des risques.
Les travaux entrepris par certains SDIS en matière de retour d’expérience et de
recherche des causes d’incendie, trouvent tout leur sens dans cette démarche en
participant, avec notamment les éléments statistiques et financiers, à évaluer les
performances et mesurer l’amélioration. La prévision a en effet besoin tout autant
d’objectifs clairs et d’éléments d’appréciation de l’efficacité des actions entreprises afin
de pouvoir apporter les corrections nécessaires.
Le document stratégique des SDIS étant le SDACR, il serait souhaitable de passer de la
notion de couverture (moyens adaptés/délais) à celle, plus globale, de gestion des
risques qui inclue notamment la réduction des causes et des conséquences. Ce
document devrait donc « donner du sens pour mobiliser l'énergie collective149», grâce à
des objectifs clairs, exprimant des choix stratégiques fonction du contexte local, et
caractérisés par des résultats quantifiables.
Il s’agit donc pour les services en charge de la prévision dans les SDIS d’investir ces
principes afin de proposer aux élus du CASDIS des objectifs d’amélioration de la
gestion des risques et relevant des principes de l’investissement durable.

147
Probablement à l’article L.1424-3 du CGCT
148
Conduite de projet intégrant à tous les stades la qualité, de la sécurité et de l’environnement dans le but d’obtenir des
solutions durables
149
Il s’agit là du but fondamental du pilotage stratégique, selon J. Castelnau, L. Daniel et B. Mettling – 2001 - « Le pilotage
stratégique : Comment mobiliser l'énergie collective » - Editions d’organisation

- 34 -
CONCLUSION

Au travers des travaux menés dans le cadre de cette étude, les principales difficultés
auxquelles les services prévision des SDIS sont confrontés se sont progressivement
dévoilées. La définition même du sujet traduisait une interrogation légitime, confirmée par
les éléments ressortant de l’enquête nationale. En tentant de satisfaire à la demande, il nous
a rapidement fallu borner arbitrairement l’étude tant les pratiques et le concept professionnel
de la prévision sont fluctuants selon les thèmes abordés.
Malgré cette réduction du champ d’investigation, la prévision est caractérisée, notamment,
par une grande diversité des actions à mener, ce qui pose nécessairement la question du
niveau de performance devant être atteint par nos services et donc par voie de conséquence
celle de la spécialisation ou de la polyvalence. Par ailleurs, l’exploitation des questionnaires
et la lecture du bilan annuel des inspections de la DSC , démontrent que la conception
« traditionnelle » de la prévision fonctionne mal et que les services peinent souvent à
disposer des moyens suffisants.
Les recherches entreprises ne nous ont pas permis de relever de jurisprudence prononcée à
propos d’un défaut de prévision. Néanmoins, après s’être intéressés aux moyens puis aux
techniques utilisées, les experts ne tarderont probablement pas à investir le domaine.
Si les attentes des prévisionnistes semblent légitimes, notamment vis à vis de la parution
d’un cadre de référence qui constituerait une véritable reconnaissance de leur spécialité, il
convient de s’interroger quant à la stratégie à mettre en œuvre pour développer la culture
de prévision au sein des SDIS. La loi devra t’elle imposer, le juge devra t’il rappeler ou bien
faudra t’il convaincre avant tout ?
A l’heure du management intégré, du contrôle de gestion, du retour d’expérience et de la
recherche des causes et des conséquences des incendies, il apparaît que nous obtiendrions
des résultats plus durables à tenter de convaincre plutôt que d’imposer. Pour autant, rares
encore sont les prévisionnistes maîtrisant ces outils. Peut-être est-ce le premier défi de
formation à relever, qu’il faudrait associer par ailleurs au développement d’échanges
nationaux de retours d’expérience en la matière.
Notre capacité à répondre aux sollicitations opérationnelles de toute nature est aujourd’hui
reconnue. Le développement de la capacité des SDIS à mieux gérer les risques avant
l’intervention est encore largement perfectible, ce d’autant que le gradient d’efficience est
franchement favorable aux actions réalisées en amont. Il nous faudrait probablement
dépasser notre conception stratifiée de la prévention/prévision/opération, investir dans la
une véritable gestion des risques, plus conforme aux demandes nouvelles des élus, ainsi
qu’aux exigences croissantes de compétence technique.
Bien que ce tournant puisse être activement accompagné à l’échelon national par le
développement d’une culture commune, les objectifs et les solutions n’existeront
véritablement qu’à l’échelon local.
Il convient de poser une vision novatrice et ambitieuse sur la mission de prévision qui
actuellement est « la moins bien remplie par les services d'incendie et de secours de France
depuis des années150 » et qui « constitue pourtant l'essentiel de notre travail151 ».

150
Col Feyzeau – INESC - Colloque services prévision des SDIS – Séance du 17 juin 1999 – p 4
151
idem

- 35 -
BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages

• Col. Belltramelli R. 1960, Précis de prévention, Paris 19ème, éditions France Sélection
• Col. Belltramelli R. 1967, Guide de l’officier de sapeurs pompiers communaux, Paris 19ème,
éditions France Sélection
• Sécurité contre l’incendie (tomes I et II), Paris, Journal officiel de la République Française
• Bâtiments d’habitation, texte réglementaire avec illustrations, 2005, Paris, Direction des
journaux officiels
• Règlement de sécurité contre l’incendie relatif aux établissements recevant du public,
dispositions générales et commentaires de la commission centrale de sécurité, 1996, Paris
19ème, éditions France Sélection
• Socotec / Grandjean, 2004, Sécurité incendie, cédérom de textes analysés et commentés,
Guide pratique de conception et de prévention, éditions du Moniteur
• Ministère de l’Intérieur,1978, Règlement d’instruction et de manœuvre des sapeurs
pompiers communaux, Paris 19ème, éditions France Sélection
• J. Castelnau, L. Daniel et B. Mettling, 2001, Le pilotage stratégique : Comment mobiliser
l'énergie collective - Editions d’organisation
 Lcl Genovese M. mai 2008, Le sapeur pompier et le juge, Montreuil, éditions du Papyrus
 Lcl Genovese M. sept 2007, Droit appliqué aux services d’incendie et de secours, Montreuil,
éditions du Papyrus

Documents professionnels

• Règlement sur le service intérieur du Régiment des sapeurs-pompiers de Paris, 1955, Paris
Presse réglementaire
• Cdt. Mene, 1988, La prévision des risques chez les sapeurs pompiers, document ENSOSP
• Colloque des chefs de service « prévision »,1999, document INESC
• Lcl Jouvin C. 2001, Implications juridiques de la prévision, mémoire DESS droit de la
sécurité civile et des risques, Université d’Avignon et du pays de Vaucluse / INESC
• Cdt Bernard Thielin, Cdt Yannick Bureau, Cdt Romain Moutard, Cdt Laurent Benedittini,
2006, L’utilisation des outils de prévision dans le cadre des opérations, Mémoire réalisé dans
le cadre de la FED chef de groupement 7éme promotion, ENSOSP
• Col Greff, 2008, L’inspection de la défense et de la sécurité civiles, présentation à la 12éme
promotion de la FAE de chef de groupement
• Syndicat Avenir Secours, Annuaire 2007/2008 de l’encadrement des services d’incendie et
de secours, Rovon, éditions le Perray
• Ministère de l’Intérieur,1992, Recueil des textes relatifs à la sécurité civile
• Ministère de l’Intérieur, DDSC, juillet 2006, Guide méthodologique « La conduite du retour
d’expérience, éléments techniques et opérationnels »
• Lcl Jean-Luc Cartault, janvier2007, « Investigation post incendie ; vers une implication des
sapeurs-pompiers ? », Le sapeur-pompier magazine, n° 986
• Cdt Bonjour, Cdt Gerber, Cdt Mahoudo, Cdt Monet, Cdt Queyla « Documents pédagogiques
ENSOSP », Tomes 1 à 8, ENSOSP

Sites Web

• Direction de la Sécurité Civile, 2008, [Link]


• Secrétariat général du gouvernement et Direction des Journaux officiels, 2008, site
Légifrance [Link]

- 36 -
• Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, 2008, site [Link],
[Link]
• Association Pour l'Environnement et la Sécurité en Aquitaine, 2008, « Réglementation
ICPE » [Link]

Personnes rencontrées ou interrogées au titre de l’étude

• Lcl Louis-Jean OLIVIER – SDIS 2B – Tuteur du thème de mémoire

• Col Sylvie ROQUES - DSC - Bureau du métier de sapeur pompier, de la formation et des équipements
• Lcl Bertrand CASSOU – ENSOSP
• Lcl Philippe KESSLER – DSC - Bureau du métier de sapeur-pompier, de la formation et des équipements.
• Lcl François PRADON – ENSOSP
• Lcl Jean-Paul MONET – SDIS 13
• Lcl Jean-Luc QUAYLA – SDIS 84
• Cdt Eric SENLANNE - DSC - Bureau du métier de sapeur pompier, de la formation et des équipements

- 37 -
ANNEXES

ANNEXES

- 38 -
ANNEXE 1 – Essai de représentation des domaines prévention / prévision / opérations

Soustraire les premiers Mettre en place les


Eviter l’ENS152 Détecter l’ENS Planifier la lutte
enjeux conditions de la lutte
Protéger, sécuriser ou défendre
Classification littérale Prévenir Prévoir Lutter
(prévention) (prévision) (opération)
Outils déployés Arbre des causes Développement des scénarii ,analyse des risques Plans Techniques ops
Ex: vérification Ex : Mise en place Ex : Recoupements,
Répartition ERP / IGH Ex : dispositions MS ER
installations électriques d’une détection évacuation
conforme au
Ex : Recoupements, Ex : colonnes sèches,
Risques GNR PRV HAB et CT153 Ex : Contrôles techniques Ex : DAD 3ème famille ER
évacuation DECI
bâtimentaires
Autre
Ex : Recoupements, Ex : colonnes sèches,
répartition HAB et CT Ex : Contrôles techniques Ex : DAD 3ème famille ER
évacuation DECI
observée
Répartition
Ex : Isolement vis à vis des ER ou Disposition
conforme au ICPE Hors champ de compétence SDIS Ex : DECI
tiers spécifique ORSEC Mise en oeuvre des
Risques GNR PRV
technologiques Autre consignes
Ex : Isolement vis à vis des ER ou Disposition
répartition ICPE Hors champ de compétence SDIS Ex : DECI
tiers spécifique ORSEC Formation
observée
Ex : Arrêté emploi du feu, Ex : Patrouilles tours Ex : Débroussaillement Ex : Zones d’appui à la Ordre d’opération, plans de
DFCI Expérience
information du public de guet autour des habitations lutte, points d’eau défense des zones sensibles
Solution 1154
Disposition spécifique
Autres risques Hors champ de compétence SDIS
Risques ORSEC
naturels Ex : Arrêté emploi du feu, Ex : Patrouilles tours Ex : Débroussaillement Ex : Zones d’appui à la Ordre d’opération, plans de
DFCI
information du public de guet autour des habitations lutte, points d’eau défense des zones sensibles
Solution 2
Disposition spécifique
Autres risques Hors champ de compétence SDIS
ORSEC
Risques Solution observée 1 Hors champ de compétence SDIS DPS155 Hors champ de compétence
sociétaux Solution observée 2 Hors champ de compétence SDIS DPS156 SDIS
Organisation Solution observée 1 SDACR RO
opérationnelle Solution observée 2 SDACR RO

152
ENS : Evènement non souhaité Domaine fréquemment attribué aux services « prévention »
153
CT : établissements relevant du Code du Travail
154
La DFCI peut également être confiée à un service spécifique Domaine fréquemment attribué aux services « prévision »
155
DPS : Dispositif Prévisionnel de Secours
156
DPS : Dispositif Prévisionnel de Secours Domaine fréquement attribué aux services « opération »

- 39 -
ANNEXE 2 - Récapitulatif des tâches de prévision

Référentiels d’analyse de risques


(Missions exclusives / Missions partagées)
Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
D.88-623 du 06 mai 1988
(abrogé)
L.96-369 du 03 mai 1996, art 7
SDACR
D.97-1225 du 26 décembre
1997, art 38
L.1424-7 du CGCT
L.2004-811, art 47
D.97-1225 du 26 décembre
RO
1997, art 42
L.1424-1 du CGCT
L.2001-602 (LOF)
Circ DGFAR/SDFB/
Code Forestier PPFCI : Code Forestier Art L321-6, art R 321-15 à R
PPFCI C2004-5007 du 26 mars
Art L.321-6 321-25
2004
Art R.321-20

Défense Extérieure Contre l’Incendie


(Missions exclusives / Missions partagées)
Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
Circulaire du 10 décembre 1951
Détermination du nombre et Circulaire du 20 février 1957
de la capacité hydraulique Circulaire du 30 mars 1957
Circulaire du 9 août 1967
Missions partagées avec sociétés gestionnaires du
Epreuve des points d’eau Arrêté du 1 février 1978 (RIM)
réseau
Avis lors de l’instruction de L.111-4 et R.111-2 du Code de Le guide D9 peut être un support mais n’est pas
permis l’urbanisme opposable
Mise en place d’un registre
points d’eau, numérotation
Les différents types de points Arrêté du 1 février 1978 (RIM)
d’eau
Information des maires

- 40 -
Définition des accès
(Missions exclusives / Missions partagées)
Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
Définir un référentiel Ce référentiel peut être annexé au RO
(R.111-5 Code de l’Urbanisme –
départemental relatif aux X
pour mémoire)
accès (CE 209942 Commune de Villelaure – Pour mémoire)

Décisions d’urbanisme
(Missions exclusives / Missions partagées)
Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
L .2007-297, art 14
Circulaire du 1er octobre
Etudes de sécurité publique D.2007-1177
2007

Cartographie
(Missions exclusives / Missions partagées)
Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
Réalisation de plans
Choix des cartes
Edition d’atlas
Démarche indispensable dans un cadre prévisionnel
Collecte de données
X de nos missions opérationnelles, se rapproche du
Mises à jour
Principe de précaution
Mise en place de SIG (peut
être partagé)

- 41 -
Planification ORSEC
(Missions exclusives / Missions partagées)
Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
Participation à l’inventaire et D.2005-1157 relatif au plan Le SDACR participe du recensement des risques
l’analyse des risques ORSEC – Art 7 départementaux
Ces déclinaisons peuvent prendre la forme d’ordres
Déclinaison interne des d’opération internes (ex : ordre d’opération interne
D.2005-1157 relatif au plan
dispositions générales et plan de secours à nombreuses victimes), de plans de
ORSEC – Art 1 et 3
spécifiques ORSEC sites ou d’établissements répertoriés (ex : ETARE
établissement soumis à un PPI)
Participation à l’organisation D.2005-1157 relatif au plan
et à la réalisation d’exercices ORSEC – Art 4

Planification des établissements, des sites, des linéaires


(Missions exclusives / Missions partagées)
Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
Arrêté interministériel du 01 Circulaire du 24
Plans ETARE
février 1978 (RIM), p 1192 novembre 1982

PPR naturels et technologiques


(Missions exclusives / Missions partagées)
Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
Participation au recensement
Voir SDACR
départemental du risque
Visites des campings à
Selon arrêté préfectoral CCDSA
risques
Participation à la conception Art R.515-40 du Code de
des PPRT l’Environnement
Participation à la conception Art R.562-2 du Code de
des PPRN l’Environnement
Participation à la conception
Code Forestier Article L.322-4-1
des PPRIF

- 42 -
Défense des Forêts Contre l’Incendie (Missions exclusives / Missions partagées)
Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
Cartographie les équipements et les
X
enjeux
Analyse et conseil en équipements
X
de terrain Selon orientations PPFCI arrêté par le
Suivi et anticipation de l'évolution Préfet
X
des risques
Surveillance des départs
X
d'incendies
Réalisation de plans de sites
X
répertoriés
Selon orientations PPFCI arrêté par le
Retour d'expérience et l'analyse
Préfet et L.2004-811 X
des causes d'incendies
D.2005-1269
Circ DGFAR/SDFB/
Définition du débroussaillement Code Forestier
C2004-5007 du 26
ainsi que des largeurs obligatoires Article R.321-18
mars 2004
D.95-260 (art 6)
Avis délibératif à la CCDSA Code Forestier
Article R.321-6
Avis sur l’arrêté préfectoral emploi Code Forestier
du feu Article L.322-1-1 Article R.321-6
Définition des caractéristiques des
Selon orientations PPFCI arrêté par le Exemple : Guide de normalisation DFCI de la zone de
accès DFCI et de leurs X
Préfet défense sud, guides de normalisation départementaux
équipements
Déclinaison ORSEC D.2005-1156 du 13 septembre 2005 Ordre d’opération interne SDIS
Code Forestier Article L.321-12
Réalisation de travaux de brûlage Brûlage dirigé : Code Forestier art R.321-33 à R.321-
(la participation du SDIS n’est pas une
dirigé 38
obligation)
Participation à la conception des
Code Forestier Article L.322-4-1
PPRIF, définition des territoires
Article R.321-18
prioritaires
Constatation des infractions aux
dispositions relatives à la protection Code Forestier Article L.323-1
des forêts contre l’incendie

- 43 -
Risques sociétaux
(Missions exclusives / Missions partagées)
Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
Circulaire
NOR/INT/E/88/00157/C
Grands rassemblements du 20 avril 1988
sécurité grands
rassemblements
DPS (Associations agréées de Arrêté du 7 novembre 2006
sécurité civile) relatif aux DPS
L.95-73
Rassemblements festifs à D.2002-887
caractère musical Arrêté du 3 mai 2002
rassemblements festifs musicaux

Accès à la connaissance, amélioration continue


(Missions exclusives / Missions partagées)
Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
Permet d’obtenir une vision globale des problèmes génères par
RCCI X les incendies afin de mieux se préparer et de suivre l’évolution
des causes
Simulation Ce sont des outils modernes à disposition des services prévision
Loi 2004-811
D.2005-1157 Circulaire du
REX Démarche en pleine évolution dans les SDIS
D.2005-1158 27 mars 2003
D.2005-1269
Au niveau départemental, zonal et national en interne ou à la
Exploitation statistique X
demande de nos autorités de tutelle
Loi 2004-811 du 13 août 2004
Décret 2005-1157 du 13
septembre 2005 Au niveau départemental, zonal et national en interne ou à la
Exercices
Décret 2005-1158 du 13 demande de nos autorités de tutelle
septembre 2005

- 44 -
Participation à diverses commissions
(Missions exclusives / Missions partagées)

Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles
Participation à la Commission
D.95-260 (modifié par
Consultative Départementale Voie délibérative
D.2006-1089) – Article 6
de Sécurité et d’Accessibilité
Participation au Conseil
D.2006-665 du 7 juin 2006 –
Départemental de Sécurité Voie délibérative
Art 13
Civile
Participation à la Commission Selon arrêté
Code de l’Environnement
Départementale des Risques préfectoral de Voie délibérative
Art L.565-2, R.565-5 à R.565-7
Naturels Majeurs constitution
Participation au COnseil
Départemental de Selon arrêté
l’Environnement et des D.2006-672 préfectoral de Voie consultative
Risques Sanitaires et constitution
Technologiques

Avis divers
(Missions exclusives / Missions partagées)

Obligations
Actions Obligations réglementaires Jurisprudence Observations
professionnelles

Simples conseils, X Avis de service à caractère technique

- 45 -
ANNEXE 3 - Restitution de l’enquête

1 - Méthodologie

Cette enquête fait partie intégrante d’un mémoire réalisé dans le cadre de la Formation
d’Adaptation à l’Emploi de chef de groupement, promotion n°12, pour l’année 2008, et dont
le sujet est le suivant :

« Les obligations des SDIS dans le domaine de la prévision. Inventaire exhaustif des tâches à
accomplir dans ce domaine en distinguant les obligations légales réglementaires,
jurisprudentielles ou professionnelles. Analyse des tâches accomplies sur un échantillon de
SDIS et analyse des conséquences des manquements à ces obligations, ainsi que tout
développement utile permettant aux SDIS de mener une politique dans ce domaine ».

Aussi, pour faire un recensement exhaustif des actions de Prévision, base de notre étude, il
nous est apparu indispensable de réaliser une enquête nationale, menée en utilisant l’envoi
d’un questionnaire157 anonyme à l’ensemble des départements.

Ainsi, l’utilisation d’un logiciel de statisticien, « Sphinx Plus2 », a permis l’élaboration du


questionnaire, le recueil des réponses, ainsi que la mise en forme des résultats.

Sur 103 questionnaires envoyés par courrier aux SDIS, nous en avons reçu 90 en retour, sur
une période de deux mois et demi, soit 87,4 % de réponses.

Remarque : Certains résultats peuvent être supérieurs à 100% dans le cas de réponses à
choix multiples.

2 - Résultats de l’enquête

2.1 - Schéma Départemental d’Analyse et de Couverture des Risques

Quelle est l'année du SDACR ?

1998 14,4%
1999 17,8%
2000 7,8%
2001 4,4%
2002 1,1%
2003 3,3%
2004 3,3%
2005 11,1%
2006 13,3%
2007 16,7%
2008 6,8%

157
Courrier en date du 30 juin 2008 : Objet : Enquête sur les missions de la Prévision

- 46 -
Le service prévision a t-il participé à la rédaction du SDACR ?

Non réponse 1,1%


Oui 86,7%
Non 12,2%

2.2 - Règlement Opérationnel

Quelle est l'année du RO ?

1983 1,1%
1985 1,1%
1991 1,1%
1995 1,1%
1998 1,1%
1999 8%
2000 9,1%
2001 8%
2002 10,2
%
2003 8%
2004 11,4%
2005 3,4%
2006 5,7%
2007 14,8%
2008 14,8%
Non-réponse : 1,1%

Le service prévision a-t-il participé à la rédaction du RO ?

Non réponse 2,2%


Oui 68,9%
Non 28,9%

- 47 -
2.3 - ORSEC

Le plan ORSEC a-t-il été révisé depuis le Décret n° 2005-1157 du 13 septembre 2005 ?

Non réponse 1,1%


Oui 32,2%
Non 66,7%

Si oui, le SDIS a-t-il participé à sa mise à jour ?

Non réponse 38,9%


Oui 46,7%
Non 14,4%

Si oui, le SDIS a-t-il mis en place les Déclinaisons qui en découlent ?

Non réponse 44,0%


Oui 5,5%
Partiellement 28,6%
Non 22,0%

Elles sont intégrées dans ?

Non réponse 51,0%


Les Ordres d'Opérations Internes 7,7%
Les ETARE 76,7%
Les Consignes Opérationnelles 33,3%
Autre 1,9%

- 48 -
2.4 - ETablissements Répertoriés

Existe-t-il une Charte Départementale pour l'élaboration des plans ETARE ?

Oui 76,7%
Non 23,3%

Existe-t-il une Grille de répertoriation pour définir les établissements nécessitant un plan
ETARE ?

Oui 63,3%
Non 36,7%

Les critères de répertoriation sont-ils basés sur ?

Non réponse 12,2%

L'aspect réglementaire 20%


uniquement
Une analyse de risque 82,2%

D'autres critères 25,6%

Existe-t-il une liste "arrêtée" des établissements faisant l'objet de ?

Non réponse 50,0%

DDSIS 40,2%
Préfet 3,3%

Autre autorité 6,5%

Si oui, cette liste est-elle arrêtée par ?

Non réponse 43,3%


Consignes opérationnelles 18,3%
D'un Plan ETARE 38,5%

- 49 -
A ce jour, le taux de réalisation des plans ETARE est de ?

Non réponse 21,1%


100% 6,7%
75% 11,1%
50% 16,7%
25% 36,6%
0% 7,8%

Les plans ETARE sont-ils révisés tous les 5 ans au moins ?

Non réponse 8,9%


Oui 36,7%
Non 54,4%

Sont-ils réalisés par ?

Non réponse 3,2%


Le SDIS 89,4%
D'autres prestataires 7,4%

2.5 - Défense Extérieure Contre l’Incendie

Faites-vous les " tournées " : Poteaux d'Incendie, Bouches d'Incendie ?

Non réponse 1,1%


Oui 91,1%
Non 7,8%

- 50 -
Faites-vous les " tournées " : Réserves naturelles, artificielles ?

Non réponse 2,2%


Oui 60,0%
Non 37,8%

Visitez-vous les points d'eau privés ?

Non réponse 4,4%


Oui 63,4%
Non 32,2%

Si vous effectuez ces tournées, vérifiez-vous ?

Non réponse 1,8%


L'état général 18,6%
L'accessibilité 18,6%
La signalisation 15,7%
Le fonctionnement 17,6%
La pression 13,6%
Le débit 14,1%

Faites-vous, ces tournées en compagnie d'un représentant de la société fermière, ou de la


commune ?

Non réponse 7,8%


Oui 53,3%
Non 38,9%

- 51 -
Quelle est la périodicité des tournées dans votre département ?

Non réponse 15,6%


1 2,2%
3 4,4%
12 63,3%
24 11,1%
36 2,2%
60 1,1%

Transmettez-vous les résultats des "tournées" à l'autorité de police compétente ?

Non réponse 6,7%


Oui 87,8%
Non 5,6%

Est-ce que l'ensemble des points d'eau fait l'objet d'un relevé des coordonnées GPS ?

Non réponse 2,2%


Oui 41,1%
Non 56,7%

Une carence avérée de DECI entraîne-t-elle un " avis défavorable " lors des études de permis
de construire ou visites de sécurité ?

Non réponse 8,9%


Oui 53,3%
Non 31,1%

- 52 -
Qui vous transmet les mesures débit/pression ?

Non réponse 4,9%


Gestionnaire 29,2%
Maire 18,1%
Installateur 7,6%
SDIS 38,1%
Autre 2,1%

Existe-t-il un référentiel départemental relatif aux équipements DECI ?

Oui 48,9%
Non 51,1%

A-t-il un caractère réglementaire sous tendu par ?

Non réponse 18,7%


SDACR 5,2%
RO 33,3%
Autre 7,3%
Non 37,5%

Avez-vous déjà défini une notion de carence hydraulique (distance, débit, volume) au regard
des enjeux ?

Non réponse 5,6%


Oui 53,3%
Non 41,1%

- 53 -
Si oui, sur quelles bases, quels critères ?
 « D9, Circulaire 1951.
 D9, Circulaire de 1951.
 Plus ou moins 200 mètres / Dévidoir automobile.
 Référentiel départemental.
 Futur Décret.
 Circulaire 1951, réglementations particulières.
 D9 et RIM.
 Doctrine départementale arrêtée par Préfet (RO).
 Desserte insuffisante en hydrants, en canalisations, ou canalisations sous
dimensionnées.
 Distance, Débit, Volume.
 Ratio Débit / Surface.
 Application de la D9.
 Absence de solution opérationnelle.
 Débit inférieur m3/h, Pression inférieure à 1 bar.
 Distance supérieure à 400 mètres, Débit inférieur à 30 m 3/h.
 Nombre de BI / PI conforme par Km².
 D9.
 Risque faible, surface inférieure à 130 m² en R+1, 1 point d’eau normalisé à 400
mètres, ou 1 point d’eau à 45 m3/h à 200 mètres maximum + 1 point d’eau à 45 m3
/h à 400 mètres maximum.
 D9.
 Circulaire 1951, et D9.
 Circulaire de 1951, D9, Analyse de risque et configuration du bâtiment.
 Sur la base du référentiel départemental DECI en cours d'élaboration.
 Distance supérieure à 200 mètres, Volume inférieur à 60 m3, Débit inférieur à
15m3/h.
 D9, RIM, Circulaire 1951, Réglementation ERP.
 Circulaires de 1951, de 1957, D9, accès des ouvrages.
 Surface Risque Distance.
 D9.
 Circulaire de 1951.
 Le SDIS a établi des besoins en eau minimums en fonction des risques à défendre
(les dispositions hydrauliques).
 Le RO et la D9.
 D9 et analyse de risque.
 Par commune urbaine, rurale, type d'activité, superficie.
 D9, Circulaire de 1951.
 Cf. Projet de référentiel national.
 Circulaire de 1951, D9, Niveau d'équipement du SDIS.
 Réglementaire, et D9.
 Textes réglementaires et Guide D9.
 D9.
 D9.
 D9.
 D9.
 Pi non conforme à la circulaire du 10/12/1951 (Débit inférieur à 60 m3/h.
 Distances, Débits, Base de la D9.
 Circulaire 1951.
 Débit< 30 m3/h; Réserve incendie de 60 m3 réalimentable par 30 m3/h minimum.
 En fonction des risques et des possibilités hydrauliques du réseau ».

- 54 -
2-6 - Accessibilité des bâtiments aux engins d’incendie

Existe-t-il un référentiel départemental relatif à "l'accessibilité " des bâtiments aux engins de
lutte?

Non réponse 3,3%


Oui 26,7%
Non 70,0%

A-t-il un caractère réglementaire sous tendu par ?

Non réponse 36,7%


SDACR 0,0%
RO 8,9%
Autre 7,8%
Non 46,7%

2.7 - Défense des Forêts Contre l’Incendie

Faites vous partie des départements visés par l'article L.121-6 du Code forestier ?

Si NON, passez à la question n°46.

Non réponse 5,6%


Oui 28,9%
Non 65,6%

Remarque : Les 12 prochains résultats (n°34 à n°45) ne concernent que les départements
visés par l’article L.121-6 du Code forestier. (26 réponses)

Existe-t-il un service spécifique chargé de la DFCI ?

Non réponse 3,8%


Oui 42,3%
Non 53,8%

- 55 -
Le SDIS a-t-il participé à la rédaction du Plan de Protection des Forêts Contre l'Incendie
(PPFCI) ?

Oui 84,6%
Non 15,4%

Le SDIS dispose-t-il d'une cartographie DFCI ?

Oui 80,8%
Non 19,2%

Les enjeux sont-ils recensés ?

Non réponse 3,8%


Oui 69,2%
Non 26,9%

Existe-t-il un ordre départemental feux de forêts ?

Oui 88,5%
Non 11,5%

Evaluez-vous le risque feux de forêts ?

Non réponse 3,8%


Oui 88,5%
Non 7,7%

- 56 -
Organisez-vous une modulation du dispositif opérationnel en fonction des risques (détection,
pré positionnement, ...) ?

Oui 88,5%
Non 11,5%

Le SDIS est-il consulté en matière de travaux ou d'équipements DFCI ?

Oui 92,3%
Non 7,7%

Existe-t-il un document départemental de référence en matière d'équipements DFCI ?

Oui 50,0%
Non 50,0%

Si oui, est-il annexé au Règlement Opérationnel ?

Non réponse 23,1%


Oui 7,7%
Non 69,2%

Le SDIS réalise-t-il, ou participe-t-il à des opérations de brûlage dirigé ?

Oui 57,7%
Non 42,3%

- 57 -
Le SDIS a-t-il rédigé des Plans de Sites Répertoriés sur certains massifs ?

Non réponse 3,8%


Oui 30,8%
Non 65,4%

Existe-t-il une cartographie du département ?

Non réponse 8,9%


Oui 84,4%
Non 6,7%

2.8 - Cartographie

Quels sont les éléments répertoriés ?

Non réponse 1,9%


Implantation nouveaux bâtiments 10,2%
Ouvrages d'art 11,1%
Voies 15,1%
Lieux-dit 14,8%
Points d'eau 14,8%
Points remarquables 13,4%
Réseaux d'énergie 10,7%
Autre 8,0%

Quelle est la périodicité de la mise à jour (en mois) ?

Non réponse 74,4%

1 4,4%
6 1,1%
12 13,3%
24 2,2%
36 4,4%

- 58 -
Existe-t-il un Système d'Information Géographique (SIG) ?

Oui 90,0%
Non 10,0%

Si oui, avec quel logiciel fonctionne-t-il ?

Non réponse 12,2%


Autre 14,4%
Géoconcept 73,3%

Participez-vous à un réseau d'échange de base de données avec d'autres partenaires ?

Non réponse 0,9%


Oui avec CONVENTION 62,2%
Oui sans CONVENTION 28,8%
Non 8,1%

Effectuez-vous des visites de secteur, d'établissement ?

Non réponse 2,2%


Oui 88,9%
Non 8,9%

Utilisez-vous un outil de navigation embarqué (GPS) ?

Non réponse 2,2%


Oui 38,9%
Non 58,9%

- 59 -
2.9 - Rassemblements

Est-ce que le SDIS est consulté pour les manifestations suivantes ?

Non réponse 0,4%


Grands rassemblements 34,9%
Manifestations ouvertes au public 30,1%
Rassemblements sportifs, festifs, musicaux 34,5%

Existe-t-il un référentiel départemental relatif au dimensionnement des moyens de secours


sapeurs-pompiers lors de ces manifestations ?

Non réponse 2,2%


Oui 30,0%
Non 67,8%

Si oui, précisez quel est le document de référence ?

 «DPS.
 Arrêté Préfectoral Classement Grands Rassemblements.
 Chef de groupement Opération.
 GNR DPS.
 DPS national.
 DPS national.
 Document Départemental.
 Doctrine issue de l'arrêté du 7 novembre 2006 validé par le DDSIS.
 DPS National.
 Règlement départemental fixé par arrêté du Préfet.
 GNR DPS + Analyse technique pour les compétiteurs + cahier des charges fédéral.
 Base DPS + Mémoire Master2 Gestion des risques.
 DPS.
 Décret 3 mai 2002, Technival 2005 et 2008.
 Décret 97-646 du 31 mai 1997 (manifestations sportives, récréatives ou culturelles à but
lucratif), Circulaire du 20 avril 1988 (grands rassemblements).
 Circulaire DPS.
 Arrêté départemental préfectoral de 2005 imposant le renseignement d'un dossier de
sécurité pour les grands rassemblements.
 Circulaire.
 DPS (Arrêté du 7 novembre 2006).
 Document de référence DPS.
 Sur la base des DPS.

- 60 -
 Pour le secours à personne, référentiel national DPS, pour le reste, fiches réalisées en
interne.
 Référentiel DPS (arrêté du 7 novembre 2006).
 Référentiel national DPS, Cahier technique départemental, Délibération CASDIS.
 Arrêté préfectoral concernant les grands rassemblements.
 Note opérationnelle.
 Référentiel national DPS.
 Référentiel National DPS (Arrêté du 7 novembre 2006).
 GNR DPS.
 GNR DPS.
 GNR DPS.
 GNR DPS.
 GNR DPS.
 Instruction permanente et DPS.
 DPS et textes en vigueur».

Participez-vous aux commissions suivantes ?

2,2%
Non réponse 55,6%
Commission Départementale de la Sécurité Civile
CODERST 76,7%
Commission Départementale de la Sécurité Routière 74,4%
Commission Départementale de l'Action Touristique 48,9%
Commission des Campings à Risques (CCDSA) 68,9%

2.10 - Autres actions de prévision réalisées

Le service prévision instruit-il les dossiers suivants ?

Non réponse 5,1%


Habitations - PC, Permis de Lotir 23,7%
ICPE – PC, Autorisation d'exploiter ICPE 30,5%
Industrie - PC 26,7%
Autre 14,0%

Dans le cadre des activités de conseil et d'expertise, sont-elles au profit des ?

Non réponse 1,8%


Communes 23,7%
Communautés de communes 18,0%
Conseil Général 13,8%
Autorités Préfectorales 22,5%
Partenaires privés 16,2%
Autre 4,2%

- 61 -
Le service prévision a-t-il été sollicité pour la rédaction des documents suivants ?

Non réponse 6,7%


POI 84,4%
DDRM 67,8%
DICRIM 30%
PCS 52,2%
PPMS 44,4%
Autres documents 32,2%

Si autres documents, lesquels ?

 « PPI, PLU.
 PIS SNCF, PSS Aéroport.
 Planification ORSEC.
 PSS.
 PLU, Carte Communale.
 Plan de protection "Eau Potable".
 PPI.
 PSI métro, pipeline.
 PPI.
 PSI, PIS (Plan d'Intervention et de Sécurité), Atlas des risques (FDF, ...).
 PPI, PIS (SNCF).
 [Link]êté Préfectoral réglementant les campings.
 CLIC, PPRT.
 DCS/PAC.
 PPI. PPRT.
 PIS des tunnels, PLU, SCOT.
 Planification Préfectorale.
 PPI, PSS.
 PPI.
 PPI et toutes annexes du Plan ORSEC.
 Participation démarche ORSEC avec SIDPC (forte implication).
 PIS, ORSEC, PPI, ELECTRO SECOURS.
 PIS, ORSEC, PPI, Plan ELECTRO SECOURS.
 PIS, ORSEC, PPI, Plan ELECTRO SECOURS.
 PIS, ORSEC, PPI, Plan ELECTRO SECOURS.
 PPI, PSI.
 PSI, PPI.
 PPI, ORSEC, Plan Rouge.
 PPI ».

Quelles sont les autres actions de Prévision réalisées au sein de votre SDIS ?

 « Formation PRS1 PRS2.


 Formation des personnels CTA. Utilisation SIG.
 Déploiement d'un outil SITAC et gestion des moyens. Encadrement en partenariat DDAF
et CG d'une cellule conseil et débroussaillement.

- 62 -
 Risques liés aux tunnels, routiers et ferroviaires.
 Toutes les missions relevant du SIDPC.
 Liaison étroite avec service méthode opérationnelle.
 PPI, "SEVESO".
 Surveillance des plages.
 Suite aux tournées points d'eau, pour les communes présentant des carences
hydrauliques, en complément des prescriptions à l'autorité de police, la réponse
opérationnelle est adaptée par des consignes au CTA.
 Réalisation des atlas opérationnels. Alimentation de la base de données CTA / CODIS des
voies, lieux-dits,... via le SIG.
 Prestations payantes.
 Analyse générale des risques (travaux sur réseaux, ...), CLIC/CLIS.
 Néant.
 Etude sur l'évolution des investissements.
 Mise en place gestion informatisée ressources en eau.
 Réalisation d'outils (documents) opérationnels à destination des chefs d'agrès et chefs de
groupe.
 DECI: Diagnostic auprès de communes qui le demandent avec propositions.
 Base de données ICPE, sources RAD.
 PLU, PPI.
 Etude et conseiller sécurité civile.
 Défense incendie.
 Surveillance des plages, formation pour l'évacuation des cars scolaires avec le conseil
général.
 Gestion des services de sécurité.
 FIA, FAE, PRS1-2, TRS 1-2-3-4, FMA PRS, FMA GOC.
 Recensement géographique des interventions (FDF, Accidents de circulation).
 Grands rassemblements automobiles, 24 heures automobiles/moto, grand prix de France.
 Schémas communaux de DECI.
 Préparation d'exercices entrepris hors cadre sécurité civile.
 Couverture opérationnelle.
 Couverture opérationnelle.
 Couverture opérationnelle.
 Couverture opérationnelle.
 Gestion des points d'eau, prévention sur un secteur.
 Préparation des exercices en liaison avec l'opération.
 Formation Prévision au profit du SDIS.
 Refonte de plans parcellaires ; relevé de tous les hydrants ; réalisation et installation
d'une cartographie ; réalisations des premiers ETARE ».

2.11 - Mise en œuvre opérationnelle

Le service prévision analyse-t-il les statistiques opérationnelles à des fins de prospectives ?

Non réponse 2,2%


Oui 47,8%
Non 50,0%

- 63 -
Utilisez-vous des outils de simulation de scénarii d'accidents ?

Non réponse 2,2%


Oui 3,3%
Non 94,4%

Concevez-vous des outils d'aide à la décision ?

Non réponse 3,3%


Oui 44,4%
Non 52,2%

Testez-vous les outils dans le cadre d'exercices ?

Non réponse 11,1%


Oui 47,8%
Non 41,1%

Organisez-vous des séances d'information des personnels, consécutives à l'apparition d'un


nouveau document à vocation opérationnelle (exemple plan ETARE, …) ?

Non réponse 4,4%


Oui 66,7%
Non 28,9%

2.12 - Retour d’EXpérience

Existe-t-il au sein de votre département une méthodologie écrite départementale pour


organiser le Retour d'Expérience ?

- 64 -
Oui 30,0%
Non 70,0%

Le SDIS organise-t-il le Retour d'EXpérience après certaines opérations importantes ou


significatives ?

Non réponse 1,1%


Oui 92,2%
Non 6,7%

Si oui, comment sont partagées et diffusées les informations ?

Non 15,6%
Diffusion restreinte (commandement)
réponse 23,3%
Diffusion généralisée (commandement) 52,2%
Diffusion généralisée (totalité personnels) 24,4%

2.13 - Organisation de la prévision

La prévision est-elle organisée au sein ?

Non réponse 2,0%


D'un groupement 35,7%
De plusieurs services 33,7%
D'un seul service 28,6%

Les moyens dédiés (en quantité et qualité) vous semblent satisfaire aux missions
réglementaires ?

Non réponse 5,4%


Adaptés aux missions 15,1%
Suffisants pour les missions réglementaires 25,8%
Insuffisants 53,8%

- 65 -
Nombre d'agents à temps complet affectés à la prévision ?

Non réponse 3,3%

0 3,3%

1 10,0%

2 8,9%

3 11,1%

4 6,7%

5 14,6%

6 3,3%

7 10,0%

8 2,2%

9 5,6%

10 6,7%

14 1,1%

16 1,1%

17 1,1%

18 1,1%

21 1,1%

23 1,1%

27 1,1%

30 1,1%

31 4,4%

39 1,1%

Nombre d'agents temps partiel affectés à la prévision ?

Non réponse 6,8%


0 37,8%
1 12,2%
2 4,4%
3 10,0%
4 8,9%
5 4,4%
6 2,2%
7 2,2%
8 1,1%
9 1,1%
10 5,6%
17 1,1%
33 1,1%
100 1,1%

- 66 -
Avez-vous prévu des évolutions futures du service prévision ?

Non réponse 12,2%


Oui 64,4%
Non 23,3%

Si oui, lesquelles ?

 « Renforcement en personnels.
 Sécurité des populations.
 Fusion prévision / opération.
 Nomination d'un chef de service.
 Préparation des bases de données géographiques au profit du CTA/CODIS (système
d'alerte).
 DECI, étude ICPE, lotissements.
 Personnels spécialisés en SIG et DAO.
 Recrutement d'un agent temps complet.
 Recrutement personnel.
 Augmentation significative des effectifs.
 Souhait de recentrer les missions Prévision qui sont actuellement éclatées dans plusieurs
services.
 Trouver un maximum de finalité opérationnelle (outils, formation, ...). Etre au plus près
des risques et des acteurs de terrain.
 Recrutement adjoint chef de service prévision.
 Intégration SIG Départemental.
 Développement de la prévision dans les groupements territoriaux.
 En fonction du nouveau décret sur la DECI.
 Renforcer le bureau DAO.
 Recrutement d'un sapeur-pompier affecté au contrôle des hydrants sur tout le
département.
 Augmentation des effectifs et rédaction des procédures.
 Etudes pour schémas communaux DECI.
 Tournées hydrants + Parcellaires.
 Transfert de la partie DAO vers le SIG.
 Augmentation des effectifs.
 Renfort en personnel et structuration du service.
 Modification d'organisation.
 Dimensionnement du service.
 Plans ER avec scénarios opérationnels à partir des études de danger. Contrôle des points
d'eau avec géo localisation + PDA et consultation en ligne pour les communes et les
gestionnaires.
 Proposition d'une réorganisation de la gestion de ER en 3 pôles : Prospection, Réalisation
et Analyse, Exploitation Opérationnelle.
 Mise en place d'un SIG.
 Mise à jour SDACR, contrôle qualité des interventions avec le service Opération.
 Déconcentration dans les groupements, et renfort des effectifs.

- 67 -
 Cartographe.
 Elaboration d'un projet de service, d'un guide de vérification des points d'eau, de plans
ETARE. Achat de GPS, de logiciels cartographiques. Organisation en groupements
territoriaux.
 Recrutement d'un officier.
 Prise en compte du décret DECI, des risques naturels, développement de l'analyse des
risques.
 Dans le domaine de la cartographie et DECI si parution du référentiel.
 Déconcentration de certaines missions.
 Le développement des secteurs d'activité de la cartographie. Le but était non pas
seulement de produire des cartes, mais d'offrir des outils opérationnels et des outils
d'analyse pour la prévision.
 Revisiter la doctrine sur les plans ETARE pour tendre vers les 100% de réalisation. Ce qui
passera soit par une simplification de ces plans, soit par un recrutement d'agents, soit par
l'acquisition de logiciels plus performants.
 Mise en place d'une organisation locale.
 Projet de service en cours de validation.
 Transfert du pôle dessinateurs vers le SIG, transfert du risque industriel/ICPE vers la
prévention.
 Doctrines départementales, antenne dans chaque CSP, outils informatiques, logiciels,
cartographies.
 Le projet de réorganisation est en cours.
 Recrutement et développement du SIG.
 Reprise du service en juin 2008, phase de découverte.
 Recrutement (1 poste au moins).
 Des attentes ! Des espoirs ! (Ou désespoirs...).
 Service centralisé aujourd'hui, certaines tâches pourraient migrer vers les groupements.
 Regroupement de la Prévision au sein d'un même bureau.
 Regroupement de la Prévision au sein d'un même bureau.
 Regroupement de la Prévision au sein d'un même bureau.
 Regroupement de la Prévision au sein d'un même bureau.
 Augmenter le personnel au service prévision et développer la cartographie.
 Création d'un service SIG.
 Rédaction d'un guide départemental regroupant procédures, outils et modèles de
courriers.
 Renforcement des effectifs.
 Transformation des temps partiels en temps complet ; amélioration et coordination des
services afin d'assurer un suivi régulier des actions ».

2.14 - Définition de la prévision

Quelle est votre définition de la prévision ?

 « Préparer le SDIS à faire face aux risques particuliers. Le terme "Etudes amont" du
Bataillon des Marins Pompiers de Marseille me semblait également explicite.
 Etude des mesures destinées à prévoir un sinistre, à le déceler et à le combattre dans
l'objectif de protection des personnes, des biens et de l’environnement. Proposition de
mesures de sauvegarde et d'évaluation des risques.
 Anticipation d'évènements non souhaités et mise en oeuvre de mesures tactiques et
techniques tendant à minimiser les effets sur personnes, les biens et de l’environnement.

- 68 -
 Préparation des opérations.
 Actions de prospective qui concourent aux missions opérationnelles d'un SDIS.
 Ensemble des actions visant à faciliter l'intervention.
 Le cœur de métier des sapeurs-pompiers.
 Préparation à l'opération.
 Mise en place et conception des mesures destinées à déceler et combattre un événement
non souhaité pour en limiter les conséquences. Organiser, disposer à l'avance, préparer,
envisager.
 Ensemble des mesures permettant de faciliter l'intervention des acteurs en cas de sinistre
et notamment des sapeurs-pompiers.
 Tout voir, tout imaginer, tout faire.
 Force d'anticipation d'un SDIS.
 Mettre à disposition des sapeurs-pompiers tous les moyens qui permettront
d'appréhender correctement une intervention.
 Prévoir, anticiper, limiter les conséquences d'un évènement non souhaité sur les
personnes, les biens, et l’environnement. (Située entre la Prévention et l'Opération).
 Mettre à disposition tous les outils nécessaires pour prévenir, évaluer, éviter, limiter et
combattre les crises.
 Commander, c'est prévoir.
 Préparation à l'Opération.
 Les travaux de la prévision doivent trouver le maximum de finalité opérationnelle afin de
garantir la sécurité des sapeurs-pompiers en intervention et optimiser la qualité des
secours.
 Anticiper sur l'événement.
 Préparation de l'intervention.
 Activités ayant pour objet la définition de l'organisation, des méthodes, des techniques, et
des moyens en vue de couvrir un risque de nature connue, d'ampleur estimée, mais
d'occurrence inconnue.
 Prévision.
 Planification des risques.
 Etude visant à déterminer l'ensemble des moyens destinés à faciliter l'intervention des
secours.
 Anticiper et se préparer pour être efficace.
 La prévision n'occupe pas la place qu'elle devrait au sein des SDIS.
 Se préparer à faire face à …
 Permet d'envisager les actions à mener lors de la survenance d'un évènement non
souhaité.
 C'est la préparation de l'intervention.
 Ensemble des mesures visant à améliorer et faciliter l'action des secours face à un sinistre
déclaré.
 Prévoir toutes les mesures utiles afin de répondre rapidement et efficacement à tout
évènement nécessitant la mise en oeuvre de moyens de secours.
 C'est une discipline s'attachant à analyser des données départementales diverses dont
l'objectif est de préparer au mieux l'opération.
 Anticiper par la réalisation de plans et documents opérationnels.
 Anticiper et se préparer pour être efficace.
 Préparation de la réponse opérationnelle comprenant : Organisation des secours (ER),
Cartographie et SIG, Gestion des risques industriels (ICPE).
 Préparation de la mise en oeuvre des moyens opérationnels face à un sinistre
 Préparer l'intervention.
 Localiser le sinistre, connaître le risque, limiter et combattre efficacement le sinistre.
 Préparation aux missions de sécurité civile.

- 69 -
 Prévenir les risques afin de conseiller l'autorité de police dans sa mission de protection
des populations en lui proposant des mesures adaptées.
 La prévision est complémentaire à la prévention. C'est l'ensemble des mesures et des
moyens qui doivent permettre de déceler, de combattre l'évènement. Réduire le délai de
mise en actions des secours au minimum en optimisant leur efficacité avec pour objectifs
la protection des personnes, des biens, et de l'environnement.
 Connaître pour agir le cas éventuel.
 Définition possible à travers l'article L1424-2 du CCGT.
 Ensemble des mesures propres à déceler un accident dès son origine et à permettre la
mise en oeuvre logique, coordonnée et rapide des moyens et des méthodes
d'intervention, destinés à y faire face.
 "Connaître pour prévoir", le service prévision doit connaître les risques du département,
détenir une certaine expertise et technicité afin de proposer les meilleurs outils d'aide à la
décision possibles.
 Une définition toute générale : Ensemble des mesures et moyens qui permettront de
déceler et combattre un sinistre en réduisant au maximum le délai de mise en action des
secours et en optimisant leur efficacité.
 Permettre à chaque acteur des secours d'intervenir dans les meilleures conditions.
 Etude des risques et mesures destinées à faciliter, sécuriser le travail des secours, aider à
la prise de décisions et améliorer la réponse opérationnelle.
 Mise en adéquation réponse opérationnelle/sinistre par les procédures et outils les mieux
adaptés possibles.
 Réponses techniques aux différents risques répertoriés.
 Assistance, conseil, expertise, productions d'outils pour le terrain et le commandement.
 Réfléchir, mettre en place des actions, des moyens en sapeurs-pompiers pour combattre
un sinistre.
 Préparation à l'intervention.
 Actions de réflexion, d'anticipation et de réalisation d'outils visant à faciliter l'intervention
des moyens sapeurs-pompiers.
 L'anticipation.
 Connaissance du secteur, tout ce qui vise à minimiser les conséquences du sinistre, une
fois éclos (échec de la prévention).
 Préparation et planification des procédures de mise en oeuvre opérationnelle
 La prévision rassemble les mesures préparatoires destinées à déceler un risque et à
mettre en oeuvre toutes les barrières de protection (alarme, alerte, organisation et
planification des secours).
 Prévoir, renseigner, informer, sensibiliser. Appliquer la prévision au cadre opérationnel.
 Lien entre la prévention et l'opération. Mise en adéquation des moyens face aux risques
en présence.
 Lien entre la prévention et l'opération. Mise en adéquation des moyens face aux risques
en présence.
 Lien entre la prévention et l'opération. Mise en adéquation des moyens face aux risques
en présence.
 Lien entre la prévention et l'opération. Mise en adéquation des moyens face aux risques
en présence.
 Toute action effectuée en amont dont le but est le bon déroulement d'une intervention,
en toute sécurité.
 Ce sont toutes les actions visant à faciliter et à rendre plus efficientes l'accomplissement
des missions opérationnelles.
 Toute action préalable au sinistre susceptible de simplifier l'intervention
 Elaboration des mesures de préparation et d'accompagnement des actions de secours,
basées sur l'analyse, la connaissance du risque et le retour d'expérience.

- 70 -
 Ensemble d'actions destinées à préparer l'opération.
 Prévoir et recenser les moyens, préparer l'intervention.
 La prévision est une activité consistant à mieux appréhender les risques et à apporter le
maximum d'informations aux SP des CIS afin de faciliter la prise de décisions et
d'organiser plus rapidement le dispositif compte tenu de la particularité de chaque
établissement ».

2.15 - Commentaires

 « La Prévision est le seul volet à ne disposer d'aucune unité de valeur et ne fait souvent
l'objet d'aucun contrôle réglementaire, ce qui implique une non-priorité des moyens
affectés, sauf lorsqu'il faut traiter des dossiers rendus obligatoires. En attente des
règlements.
 Où est le GNR Prévision ?
 Ne soyez pas surpris des réponses mais le notre service est en pleine expansion et les
missions sont différentes de la métropole.
 Bon questionnaire qui brosse toutes les missions de la prévision. Manque peut-être un
volet relatif à la formation des prévisionnistes.
 Manque aux SDIS un référentiel à l'instar du référentiel DPS qui reprendrait l'ensemble
des données réglementaires et des recommandations au niveau national.
 Attente avec impatience de la sortie d'un GNR PRS.
 Vous n'évoquez à aucun endroit l'utilisation des données du service prévision et
notamment la cartographie à des fins de gestion et de diffusion d'alerte à travers
l'interface CTA/CODIS.
 Bonne initiative. Cœur du métier.
 Je reste très intéressé par les conclusions de votre enquête.
 Le RO du département attribue à la prévision 5 domaines de compétence. Dans les faits,
elle n'est plus en charge que de la gestion des ER.
 La prévision est un domaine très intéressant et n'est pas reconnu; La transversalité
CTA/Prévision/Opération permet une démarche de progrès. Il faut du temps et des
moyens.
 Créer un "réseau prévision national", lieu et plate-forme d'échange.
 Compte tenu du mode de fonctionnement actuel de la prévision au SDIS et des limites
parfois floues entre prévision prévention et opération, je pense que le service prévision en
tant que tel pourrait disparaître.
 Les RETEX ont été transférés au groupement études et prospectives.
 Nécessité de parution du référentiel PRS.
 2 chantiers à court terme : DECI, ETARE (vision ORSEC).
 Sommes dans l'attente d'un référentiel national de la prévision, de la défense extérieure
contre l'incendie, d'une charte graphique.
 La sortie du GNR permettrait d'uniformiser la pratique de cette discipline opérationnelle.
 La sortie du GNR permettrait d'uniformiser la pratique de cette discipline opérationnelle.
 La sortie du GNR permettrait d'uniformiser la pratique de cette discipline opérationnelle.
 La sortie du GNR permettrait d'uniformiser la pratique de cette discipline opérationnelle.
 Le service prévision s'efforce depuis sa création de mener à bien les actions prévues
(importantes et nombreuses). Le renforcement en personnels, et une nouvelle méthode
de travail devraient nous permettre d'atteindre nos objectifs ».

- 71 -
Souhaitez-vous l'envoi du résultat de l'enquête par messagerie électronique ?

Non réponse 3,3%


Oui 94,4%
Non 2,2%

- 72 -
ANNEXE 4 - Proposition d’articulation des formations à la gestion des risques – schéma de principe

Tronc commun gestion des risques


( SDACR, RO, notions de DECI, PRV, Retour d’expérience, exploitations statistiques, exercices, répertoriation,
ORSEC, notions de management intégré…)

Module risques technologiques

Module gestion opérationnelle


Module risques bâtimentaires

Module risques sociétaux


Module risques Naturels

Module cartographie
Module DECI
Module DFCI
Commentaires relatifs à cette proposition :

 La gestion des risques peut être partagée en trois niveaux d’emploi :


- l’agent de gestion des risques (recensement, mise à jour) niveau de base,
- le conseiller en gestion des risques (réalisation des études conseils avis, visites plans ETARE), niveau maîtrise,
- le référent départemental ou zonal (organisation, doctrine, animation, suivi), niveau expertise.

 A l’issue du tronc commun, certains des modules sont suivis en fonction des besoins de la structure, ils débouchent sur une unité de
valeur associée à un niveau d’emploi pour la (ou les) spécialité(s) enseignée(s).

- 74 -
ANNEXE 5 – Formulaire d’enquête

- 75 -
- 76 -
- 77 -
- 78 -
ANNEXE 6 – Courrier d’accompagnement du questionnaire

Aix-en-Provence, le 30 juin 2008

Monsieur Le Directeur Départemental


des Services d’Incendie et de Secours

Objet : Enquête sur les missions de la Prévision


Pièce jointe : Questionnaire Prévision

Dans le cadre de la Formation d’Adaptation à l’Emploi de chef de groupement dispensée à


l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers, nous élaborons un mémoire sur la
Prévision appliquée à notre profession.
L’exercice qui nous est demandé nous conduit notamment à recenser les actions menées
par les Services Départementaux d’Incendie et de Secours dans ce domaine, afin d’avoir une vue
la plus exhaustive possible des missions réalisées.
C’est pourquoi, nous vous transmettons le questionnaire ci-joint, afin de collecter les données
nécessaires pour cette enquête nationale, à nous renvoyer si possible avant le 31 août 2008.
A l’issue de l’analyse des réponses, nous vous transmettrons par messagerie électronique
les résultats anonymes de cette étude à l’adresse que vous aurez bien voulu nous indiquer sur le
questionnaire.
Par la suite, la synthèse ainsi réalisée, confrontée au cadre juridique de référence devrait
nous permettre de définir le champ des missions dans lequel s’inscrivent les actions de Prévision,
ainsi que de porter notre regard sur l’analyse des conséquences réglementaires et
jurisprudentielles.
Cette démarche se veut constructive et utile dans la mesure où elle a pour objectif de
réaliser un document permettant de faciliter ou d’améliorer la politique dans le domaine de la
Prévision, que nous serons amenés à vous communiquer si vous le souhaitez.
Vous remerciant par avance pour votre collaboration, nous vous invitons à renvoyer le
questionnaire à l’adresse suivante :

SDIS de Lot-et-Garonne
à l’attention du Commandant Michel THILL
(Tél : [Link].24)
8 rue Marcel Pagnol – BP 16 –
47 510 FOULAYRONNES.

Cdt Jean-Yves PEREZ Cne François PICOT Cdt Gil RANNOU Cdt Michel THILL
SDIS 40 SDIS 65 SDIS 44 SDIS 47
Tél : 06-85-22-16-75 Tél : 06-86-44-70-78 Tél : 02-28-09-82-91 Tél : 06-70-01-80-06
[Link]@[Link] [Link]@[Link] [Link]@[Link] mithill@[Link]

- 79 -
ANNEXE 7 – Questionnaires retournés et pris en compte dans l’étude

01 Ain 53 Mayenne
02 Aisne 54 Meurthe-et-Moselle
03 Allier 55 Meuse
04 Alpes-de-Haute-Provence 56 Morbihan
05 Hautes-Alpes 57 Moselle
06 Alpes-Maritimes 58 Nièvre
07 Ardèche 60 Oise
08 Ardennes 61 Orne
09 Ariège 62 Pas-de-Calais
10 Aube 63 Puy de dôme
11 Aude 64 Pyrénées-Atlantiques
12 Aveyron 66 Pyrénées-Orientales
13 Bouches-du-Rhône 67 Bas-Rhin
14 Calvados 68 Haut-Rhin
15 Cantal 69 Rhône
16 Charente 70 Haute-Saône
17 Charente-Maritime 71 Saône-et-Loire
18 Cher 72 Sarthe
19 Corrèze 73 Savoie
2A Corse-du-Sud 74 Haute-Savoie
2B Haute-Corse 76 Seine-Maritime
21 Côte D’or 77 Seine-et-Marne
22 Côtes-d’Armor 80 Somme
23 Creuse 81 Tarn
24 Dordogne 82 Tarn-et-Garonne
25 Doubs 84 Vaucluse
26 Drôme 85 Vendée
27 Eure 86 Vienne
28 Eure-et-Loir 87 Haute-Vienne
29 Finistère 89 Yonne
31 Haute-Garonne 90 Territoire de Belfort
32 Gers 91 Essonne
33 Gironde 95 Val-d’Oise
35 Ille-et-Vilaine 973 Guyane
36 Indre 974 La Réunion
38 Isère Nouvelle-Calédonie
39 Jura
40 Landes
41 Loir-et-Cher
42 Loire
43 Haute-Loire
44 Loire-Atlantique
45 Loiret
46 Lot
47 Lot-et-Garonne
48 Lozère
50 Manche
51 Marne
52 Haute-Marne

- 80 -
ANNEXE 8 - Historique de la prévision

L’aube de la prévision…

La première organisation attestée remonte aux rondes de nuit des hébreux et des grecs.

L’idée est reprise dans la Rome primitive avec les « triumviri », puis les « decemviri nocturni »,
qui devinrent plus tard les « aediles incendiorum exstinguendorum »158 159.

Pline le Jeune témoigne qu’en 64, sous le règne de Néron, les vigiles disposaient de seaux,
d’échelles et de siphons (siphones publici), l’alimentation en eau étant assurée par les aqueducs160.

Ce principe va gagner progressivement les grandes villes européennes. On le retrouve en 1254


avec le « guet Bourgeois » confié par Louis IX aux corporations pouvant mettre leurs techniques
professionnelles au service de la lutte contre le feu.

Dès 1371, Charles V impose aux habitants de disposer d’une réserve d’eau à la porte de leur
maison. Le tocsin est utilisé pour appeler les renforts.

Un arrêt royal de Louis XI en 1472 prévoit la réquisition des mendiants et des prostituées pour
faire la chaîne lors des incendies.

François 1er réglemente en 1524 les obligations des « quarteniers161 » en charge de la lutte contre
l’incendie à Paris.

Vers 1700 les moines qui étaient chargés de la lutte contre les incendies, sont remplacés peu à
peu dans les grandes villes par des corps de pompiers. Nommé directeur des pompes en 1716,
Dumouriez du Périer organise le service d’incendie de Paris. La gratuité des secours est décrétée
par Louis XV en 1733.

La Loi du 24 août 1790 fait obligation aux communes de prendre des mesures de protection contre
les incendies. A la suite de l’incendie de l’ambassade d’Autriche, Napoléon militarise en 1811 le
corps de sapeurs-pompiers de Paris.

Par circulaire en date du 6 février 1815, Montesquieu, Ministre de l'Intérieur, ordonne aux Préfets
de constituer dans chaque commune un service civil de lutte contre les incendies, sous l'autorité
du Maire162.

Historique contemporain français des évènements marquants et de l’évolution des


obligations de prévision

1902 - Eruption de la montagne Pelée – Martinique (30 000 morts). Une nuée ardente fait
1 300 morts quelques mois après.
1903 – Incendie du métro parisien à la station Couronnes – Paris 11éme arr. (84 morts
consécutivement à un mouvement de foule).

158
Les triumviri, les decemviri nocturni et les aediles incendiorum exstinguendorum étaient des magistrats chargés de la sécurité
159
Bertin F. «Sapeurs-pompiers : Techniciens du risque et de l’urgence » - Editions Ouest France
160
Site Internet Prymacontact 2008 ([Link]
161
Les quarteniers étaient les commandant d’un quartier de Paris
162
Site Internet [Link] 2008 (http: //[Link])

- 81 -
1917 - Loi du 19 décembre 1917 classant les établissements selon trois catégories: insalubres,
dangereux, incommodes. Cette loi sera remplacée par la loi « installations classées » en 1976.
1925 - Les inspections départementales sont créées163.
1928 – Incendie des Nouvelles Galeries à Marseille (75 morts). Les accès sont rapidement bloqués
par la foule, la DECI est insuffisante et le magasin contient un fort potentiel calorifique. Cette
intervention et la polémique qui s’ensuit sont à l’origine de la dissolution du corps communal des
sapeurs-pompiers de Marseille et de son remplacement par le Bataillon des Marins-Pompiers de
Marseille.
1932 - Le ministère des Postes, Télégraphes et Téléphones attribue le numéro '' 18 '' à l'appel des
secours.
1935 – Constitution des plans de zones submersibles164, Le règlement sur le service intérieur du
Régiment de Sapeurs-Pompiers de Paris répartit les missions de prévision entre l’Etat-Major (Titre I
- Chapitre IV bis) et la Compagnie (Titre II – Chapitre II). Elles portent sur les établissements
importants ou dangereux ainsi que sur les points d’eau.
1947 – Incendie du cinéma de Rueil-Malmaison - Yvelines (87 morts).
1949 – Incendies de forêt gigantesques dans le Sud Ouest (140 000 ha - L’incendie de Cestas
fera 82 morts).
1951 – Les besoins et les ressources en eau sont définis par une circulaire165 toujours citée en
référence en 2008.
1952 - Création des plans ORSEC (Instruction ministérielle du 5 février 1952).
1953 – Première édition du Règlement d’Instruction et de Manœuvre des sapeurs-pompiers
communaux166.
1955 - Les inspections départementales167 sont transformées en services départementaux.
Création des périmètres de risques168.
1957 - Deux circulaires169 complétant les dispositions de la circulaire de 1951 (DECI).
1959 – Rupture du barrage voûte de Malpasset - Var (423 morts et disparus).
1966 – Explosion d’une nappe de gaz à l’usine de Feyzin - Rhône (18 morts).
1967 - Circulaire170 relative à la DECI dans les communes rurales. Marée noire du Torrey Canyon.
1970 – Incendie du « 5-7 » à St Laurent du Pont – Isère (146 morts). L’événement est à l’origine
de la refonte d’une partie du règlement de sécurité.
1972 – Effondrement du tunnel de Vierzy - Aisne au passage de deux autorails (108 morts).
1973 - Accident de car à Vizille – Isère (43 morts).
1974 - Accident d’un DC-10 à Ermenonville - Oise (346 morts).
1975 - Accident de car à Vizille – Isère (29 morts). L’accident se situe au même endroit que celui
de 1973.

163
Décret du 13 août 1925
164
Loi du 30 octobre 1935 sur le libre écoulement des eaux, complétée par le décret 20 octobre 1937 portant règlement
d’administration publique
165
Circulaire du 10 décembre 1951
166
Arrêté du 03 novembre 1953. Les deuxième et troisième édition feront respectivement l’objet des arrêtés du 20 décembre 1956 et
du 24 octobre 1969. Nous n’avons pas eu accès à ces trois versions.
167
Décret n°55-612 du 20 mai 1955
168
Décret du 29 août 1955
169
Circulaire du 20 février 1957 (défense contre l’incendie dans les communes rurales) et circulaire du 30 mars 1957 (subventions).
170
Circulaire ministérielle du 9 août 1967.

- 82 -
1976 - Sécheresse, environ 89 000 ha incendiés en France dont plus de la moitié hors de la zone
méditerranéenne. Loi du 19 juillet 1976 relative aux Installations Classées pour la Protection de
l’Environnement. Accident de Seveso en Italie. Marées noires du Boelhen au large de l’île de Sein
et de l’Olympic Bravery à Ouessant - Finistère
1977 - Création du Centre Opérationnel de la DIrection de la Sécurité Civile.
1978 - Quatrième édition du Règlement d’Instruction et de Manœuvre des sapeurs-pompiers
communaux171, l’article 3 de la 16éme partie est consacré à la prévision. Marée noire de l’Amoco
Cadiz - Finistère. Incendie suivi d’explosion rue Raynouard – Paris XVIéme arr. Cette opération est à
l’origine du concept de plan rouge.
1979 – Marée noire du Gino à proximité d’Ouessant - Finistère.
1980 - Les services départementaux sont désormais appelés directions départementales172. Marée
noire du Tanio au large de la Bretagne. Inondations à Brives-Charensac – Haute-Loire.
1982 – Directive « Seveso173 » demandant aux Etats membres et aux entreprises d’identifier les
risques associés à certaines activités industrielles dangereuses et de prendre les mesures
nécessaires pour y faire face. Accident de cars de l’A6 à Beaune – Côte d’Or - (53 morts). Création
des plans d’exposition aux risques174.
1983 – Création des Services Interministériels de Défense et de la Protection Civile175.
1985 - Incendie du massif du Tanneron - Var, (5 morts sapeurs-pompiers). Cet événement est à
l’origine de la réforme au pas de 12,5 MHz des transmissions de la Sécurité Civile. Déraillement de
train à Argenton-sur-Creuse – Creuse (43 morts). Accident d’un camion citerne à Belval – Vosges
(l’explosion enflamme quinze maisons du village).
1986 - Naissance des « cyndiniques176 ». Incendie de l’usine Sandoz à Bâle (Suisse). Cet
événement est à l’origine de la directive « Seveso 2 ». Extension du plan de secours à nombreuses
victimes177 à toute la France.
1987 - Coulée de boue dans un camping au Grand Bornand - Haute Savoie (23 morts). La loi
relative à l'organisation de la sécurité civile, à la protection de la forêt contre l'incendie et à la
prévention des risques majeurs 178 (abrogée par la loi de modernisation de la Sécurité Civile)
précise que la sécurité civile a pour objet:
 la prévention des risques de toute nature ainsi que la protection des personnes, des biens
et de l'environnement contre les accidents, les sinistres et les catastrophes,
 la préparation des mesures de sauvegarde et la mise en oeuvre des moyens nécessaires
pour faire face aux risques majeurs et aux catastrophes dans le cadre de plans
d'organisation des secours dénommés Plans Orsec et de plans d'urgence (PPI, PSS et Plan
Rouge). La notion de SDACR est introduite à l’article 7.
1988 - Le décret d’application de la loi de 1987179 confirme les missions des SDIS. Le RMO fixe les
mesures nécessaires, notamment dans les domaines des interventions, de l’instruction et de la
prévention et prévoit la mise en place obligatoire des CTA ainsi que des CODIS. Les principes de

171
Arrêté du 1er février 1978 portant approbation du Règlement d’Instruction et de Manœuvre des sapeurs-pompiers communaux.
172
Décret n° 80-988 du 8 décembre 1980
173
Directive européenne 82/501/CEE du 24 juin 1982 dite « Seveso 1»
174
Art 5-1 de la loi n° 82-600 du 13 juillet 1982 relative à l'indemnisation des victimes de catastrophes naturelles
175
Décret n° 83-321 du 20 avril 1983 relatif aux pouvoirs des commissaires de la République en matière de défense de caractère non
militaire, modifié par le décret n° 85-1174 du 12 novembre 1985.
176
Sciences qui étudient les risques. On les appelle aussi « sciences du danger ». Elles s'intéressent plus particulièrement aux risques
industriels.
177
Circulaire n°86-318 du 28 octobre 1986 (Ministère de l’Intérieur), relative à la planification des secours immédiats en présence de
nombreuses victimes.
178
Loi n° 87-565 du 22 juillet 1987 relative à l'organisation de la sécurité civile, à la protection de la forêt contre l'incendie et à la
prévention des risques majeurs.
179
Décret n° 88-623 du 06 mai 1988, modifié.

- 83 -
sécurité applicables aux grands rassemblements180 sont généralisés. Inondations de Nîmes (9
personnes décédées). Accident de la Gare de Lyon – Paris (59 morts). Accident aérien pendant
une démonstration à Habsheim – Haut-Rhin (3 morts).
1989 – Incendies de forêts importants dans le sud de la France (plus de 70 000 ha). Parution de
la circulaire « plan rouge181 ».
1990 – Incendies gigantesques dans le Var (Collobrières 9 600 ha et Ste Maxime 12 500 ha). Le
bilan français est lourd (plus de 70 000 ha). Le « mitage » du bâti en forêt détourne de plus en
plus les moyens de lutte. Incendie à Salaune – Gironde – 6000 ha.
1991 – Création des CODIS et des CTA182
1992 – Effondrement de la tribune du stade de Furiani - Haute-Corse (17 morts). Cet accident est
à l’origine de la réforme du fonctionnement des commissions de sécurité. Inondations de Vaison la
Romaine – Vaucluse (32 morts à Vaison). Crash du Mont saint Odile - Bas-Rhin (87 morts), les
rescapés accusent la lenteur des secours. La notion de Plans de Zones Sensibles aux Incendies de
Forêt183 apparaît.
1993 – Carambolage de l’A10 en Charente-Maritime (15 morts). La DDSC rédige une série de
circulaires destinées à accompagner la rédaction des SDACR. Les dernières paraîtront en 1994.
1994 - Décret184 relatif aux campings situés dans les zones à risques naturels.
1995 – La loi dite « Barnier » relative au renforcement de la protection de l’environnement185
apporte des modifications relatives aux Plans de Prévention des Risques Naturels. Elle est mise en
application grâce au décret relatif aux PPR186.
1996 - La loi relative aux Services d’incendie et de Secours187 dispose que ces derniers sont
chargés de la « prévention, de la protection et de la lutte contre les incendies. Ils concourent, avec
les autres services et professionnels concernés, à la protection et à la lutte contre les autres
accidents, sinistres et catastrophes, à l'évaluation et à la prévention des risques technologiques ou
naturels ainsi qu'aux secours d'urgence ». Dans le cadre de leurs compétences, ils exercent
notamment la prévention et l'évaluation des risques de sécurité civile ainsi que la préparation des
mesures de sauvegarde et l'organisation des moyens de secours ». La notion de SDACR introduite
en 1987 est précisée dans les dispositions de l’article 7. La directive « SEVESO 2188 » renforce le
dispositif de prévention des accidents majeurs impliquant des substances dangereuses en
introduisant des mesures complémentaires par rapport à la directive « Seveso 1 ».
1997 - Le décret d’application189 de la précédente loi reconnaît la mission de prévision : « le
service départemental d'incendie et de secours comprend le service de santé et de secours
médical et des services opérationnels, administratifs ou techniques, notamment ceux chargés de la
prévention, de la prévision, de la logistique et de la technique, des ressources humaines, de la
formation, de l'administration et des finances. ». Ce même décret précise encore l’obligation de

180
Circulaire NOR/INT/E/88/00157/C du 20 avril 1988
181
Circulaire n°89-21 du 19 décembre 1989 relative au contenu et aux modalités d’élaboration des plans destinés à de nombreuses
victimes dénommés « plan rouge ».
182
Instruction interministérielle n° 9100165C du 24 juillet 1991 Ministère de l'Intérieur - Direction de la Sécurité Civile Relative à la
création, organisation et fonctionnement des centres opérationnels départementaux d'incendie et de secours (C.O.D.I.S.) et des centres
de traitement de l’alerte (C.T.A.)
183
Loi n° 91-5 du 3 janvier 1991 modifiant diverses dispositions intéressant l'agriculture et la forêt complétée par le décret n° 92-273
du 23 mars 1992
184
Décret n° 94-614 du 13 juillet 1994 relatif aux prescriptions permettant d'assurer la sécurité des occupants des terrains de camping
et de stationnement des caravanes soumis à un risque naturel ou technologique prévisible
185
Loi n° 95-101 du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnement (Loi dite « Barnier »)
186
Décret n°95-1089 du 5 octobre 1995 relatif aux plans de prévention des risques naturels prévisibles
187
Loi n° 96-369 du 03 mai 1996 relative aux Services d’incendie et de Secours, codifiée au CGCT.
188
Directive européenne 96/82/CE dite « Seveso 2 » transposée en droit français par le Décret n°2000-258 du 20 mars 2000, l’arrêté
et la circulaire du 10 mai 2000.
189
Décret no 97-1225 du 26 décembre 1997 relatif à l'organisation des services d'incendie et de secours

- 84 -
SDACR et institue le règlement opérationnel en lieu et place de l’ancien RMO. Carambolage à
Bourg-Achard – Eure (12 morts, 134 véhicules).
1999 – Premier colloque des services prévision organisé par l’INESC. Inondations dans l’Aude (25
morts). Incendie du tunnel du Mont-Blanc (39 morts). Lors du procès des défaillances dans les
procédures sont relevées. Marée noire de l’Erika. Deux tempêtes balaient la France et sont à
l’origine de la refonte des procédures d’alerte météorologiques190.
2000 – Accident du Concorde à Gonesse – Val d’Oise (113 morts).
2001 – La loi d’orientation sur la forêt191 étant le classement des massifs à risques incendie de
forêt à la moitié sud de la France. Elle prévoit l’obligation de rédiger les Plans de Protection des
Forêts Contre les Incendies. Parution du guide D9, référentiel indicatif DECI établi sur la base
d’une collaboration APSAD/INESC/CNPP. Explosion d’un hangar de l’usine AZF à Toulouse (21
morts).
2002 – Naufrage du Prestige au large de la Galice - Espagne. La marée noire s’étend sur les côtes
espagnoles, portugaises et françaises.
2003 – Vague de grands incendies dans le sud de l’Europe (450 000 ha au Portugal, environ
70 000 ha en France). La canicule d’août fait 15 000 morts192. Les services tardent à prendre
conscience du drame humain. Inondations à Arles - Bouches du Rhône. Parution de la loi dite
« Bachelot » relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des
dommages193.
2004 - La loi dite de modernisation de la sécurité civile194 (annexe) impose de s'attaquer
résolument aux risques, en les anticipant davantage (Connaître, prévoir et se préparer). Le plan
canicule est créé195.
2005 - Un décret d’application196 réforme en profondeur la conception du plan d’Organisation de
la Réponse de Sécurité Civile prévoit que chaque acteur doit préparer sa propre organisation de
gestion de l'événement. Parution du décret197 relatif aux Plans de Prévention des Risques
Technologiques. La France propose aux partenaires européens la constitution d’une force
d’intervention rapide de protection civile.
2006 - Le référentiel national198 des Dispositifs Prévisionnels de Secours est arrêté. Le GNR PRV
est arrêté199. L’Espagne, le Portugal, l’Italie et la France constituent « Fire 4 ».
2007 - De violents incendies en Grèce font 65 morts et détruisent 280 000 ha. Des renforts sont
acheminés depuis plusieurs pays européens. Accident d’un autocar polonais à Vizille – Isère (au
même endroit qu’en 1973 et 1975). La Grèce rejoint la force d’intervention rapide (Fire 5)
2008 - La Commission européenne propose de « Renforcer et coordonner la réaction de l'Union
européenne aux catastrophes sur son territoire et à l'étranger »200. Réalisation d’un exercice
européen dans le cadre de « Fire 5 ». Le décret relatif à la DECI est annoncé pour la fin de
l’année.

190
Circulaire NORINTE0100268C du 28 septembre 2001 relative à la refonte de la procédure d'alerte météorologique, procédure
Vigilance
191
Loi n° 2001-602 du 9 juillet 2001 d'orientation sur la forêt
192
Selon les sources croisées de l’INSERM, l’INSEE, et de l’INED
193
Loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages.
194
Loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile
195
Loi n°2004-626 du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées
196
Décret n° 2005-1157 du 13 septembre 2005 relatif au plan ORSEC
197
Décret n° 2005-1130 du 7 septembre 2005 relatif aux plans de prévention des risques technologiques
198
Arrêté du 7 novembre 2006 fixant le référentiel national relatif aux dispositifs prévisionnels de secours
199
Arrêté du 25 janvier 2006 fixant le guide national de référence relatif à la prévention
200
Communication du 05 mars 2008 de la commission européenne.

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GLOSSAIRE
GLOSSAIRE

APSAD : assemblée plénière des sociétés d’assurance dommages


BPIFEN : brevet de prévention contre les incendies de forêt et des espaces naturels
CARIP : cellule d’analyse des risques et informations préventives
CASDIS : conseil d’administration du SDIS
CCDSA : commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité
CDSC : conseil départemental de sécurité civile
CDRNM : commission départementale des risques naturels majeurs
CGCT : code général des collectivités territoriales
CIS : centre d’incendie et de secours
CNPP : centre national de prévention et de protection
CODERST : conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques
CODIS : centre opérationnel départemental des services d’incendie et de secours
COS : commandant des opérations de secours
CTA : centre de traitement de l’alerte
DSC : direction de la sécurité civile
DDRM : document départemental des risques majeurs
DDSIS : direction départementale des services incendie et secours
DESS : diplôme d’études supérieures spécialisées
DECI : défense extérieure contre l’incendie
DFCI : défense de la forêt contre l’incendie
DOS : directeur des opérations de secours
DPS : dispositif prévisionnel de secours
ECASC : école d’application de la sécurité civile
ENSOSP : école nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers
ERP : établissements recevant du public
ETARE : établissement répertorié
FAE : formation d’aptitude à l’emploi
FFSA : fédération française des sociétés d’assurance
GPS : global positioning system
GNR : guide national de référence
GOC : gestion opérationnelle et commandement
ICPE : installation classée pour la protection de l’environnement
IGH : immeuble de grande hauteur
INSESC : institut national supérieur d’étude de la sécurité civile
INSIS : indicateurs nationaux des services d’incendie et de secours
ISO : international standard organisation
ORSEC : organisation des secours
PCS : plan communal de sauvegarde
PDPFCI : plan départemental de protection des forêts contre l’incendie
PIS : plan d’intervention et de secours
PLU : plan local d’urbanisme
POI : plan d’opération interne
PPFCI : plan de protection des forêts contre l’incendie

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PPI : plan particulier d’intervention
PPMS : plan particulier de mise en sécurité
PPRIF : plan de prévention des risques d’incendie de forêt
PPRN : plan de prévention des risques naturels
PPRT : plan de prévention des risques technologiques
PRPFCI : plan régional de protection des forêts contre l’incendie
PRS : prévision
PRV : prévention
RCCI : recherche des causes et des conséquences d’incendie
REX : retour d’expérience
RIM : règlement d’instruction et de manœuvre des sapeurs-pompiers communaux
RMO : règlement de mise en œuvre opérationnelle
RO : règlement opérationnel
SDACR : schéma départemental d’analyse et de couverture des risques
SDIS : service départemental d’incendie et de secours
SIG: système d’information géographique
SIO : système d’information opérationnelle
ZAC : zone d’activité concertée

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