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04 Chapitre 04

La planification familiale est devenue un enjeu crucial pour le développement socio-économique au Niger, où un comportement pro-nataliste persiste. Des mesures ont été mises en place, notamment la création d'un Centre National de Santé de la Reproduction et la promulgation d'une loi facilitant l'accès à la contraception, ce qui a conduit à une augmentation de la connaissance des méthodes contraceptives. Malgré des progrès, des disparités subsistent selon le sexe et le milieu de résidence, avec une meilleure connaissance des méthodes modernes par les hommes et les femmes urbains.

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Jean-Yves ESTINFIL
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04 Chapitre 04

La planification familiale est devenue un enjeu crucial pour le développement socio-économique au Niger, où un comportement pro-nataliste persiste. Des mesures ont été mises en place, notamment la création d'un Centre National de Santé de la Reproduction et la promulgation d'une loi facilitant l'accès à la contraception, ce qui a conduit à une augmentation de la connaissance des méthodes contraceptives. Malgré des progrès, des disparités subsistent selon le sexe et le milieu de résidence, avec une meilleure connaissance des méthodes modernes par les hommes et les femmes urbains.

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CHAPITRE 4

PLANIFICATION FAMILIALE

La croissance de la population actuelle et les problèmes qui lui sont liés sont considérés comme un
frein au développement socio-économique des pays en développement. Cette situation attire de plus en plus
l'attention des pouvoirs publics et la maîtrise du mouvement naturel de la population constitue, depuis
quelques années, un enjeu pour la majorité des gouvernements des pays en développement, On observe donc
ces demi&es années des changements de comportement en matière d'utilisation des méthodes modernes de
contraception, et cela grâce aux actions en faveur de la planification familiale.

Le Niger ne fait pas exception à la règle; comme dans la plupart des pays africains, les populations
nigériennes ont un comportement pro-nataliste lié au prestige et à la satisfaction économique que procure
une descendance nombreuse. Comme par le passé, on fait beaucoup d'enfants pour compenser la forte
mortalité infantile. De plus, les questions liées à la planification familiale ont ~té considérées pendant
longtemps comme délicates et la planification des naissances était synonyme de dépravation des moeurs et
longtemps considérée comme un sujet tabou. Mais, sous l'effet de la crise économique à laquelle le pays est
confronté depuis plus d'une dizaine d'années, les autorités sont à la recherche de voies et moyens efficaces
pour sortir de cette crise, Dans la politique de population élaborée et adoptée en 1992, la maîtrise de la
variable population a constitué l'un des axes de cette recherche.

Face aux nombreux cas de grossesses et de naissances non désirées ou désirées plus tard, des
mesures pour favoriser la planification familiale ont été prises. Ainsi, dans un premier temps, en 1984, un
Centre National de Santé Familiale (CNSF) a été crée; aujourd'hui, sous sa nouvelle appellation de Centre
National de Santé de la Reproduction (CNSR), il a été érigé en centre de référence en matière de recherche
sur la santé de la reproduction. Par la suite, en 1988 ce fut la promulgation de la loi facilitant l'accès des
femmes aux méthodes contraceptives. Cette loi a rendu disponible les méthodes de contraception dans les
centres de Protection Maternelle et Infantile du Niger (PMI), les maternités, les Centres Médicaux (CM),
ainsi que dans les dispensaires ruraux et au niveau des équipes de santé villageoises. Ainsi, on peut constater
que la volonté politique en matière de planification familiale s'affirme de plus en plus.

Avant 1992, date de I'EDSN-I, seules quelques enquêtes Connaissance, Attitudes et Pratiques (CAP)
de la contraception menées dans quelques régions de pays, permettaient d'avoir une idée sur la prévalence
de la contraception. Il s'agit notamment de celle de 1987 à Niamey, de celle de 1988-89 à Niamey, Maradi
et Zinder,1 et de celle de 1992 a• Niamey, Maradi et Dosso. Comme on le voit, 1 EDSN-I était la seule enquête
d'envergure nationale dont les résultats permettaient de disposer de données sur les niveaux et tendances de
la prévalence de la contraception au Niger. Quelques temps après, en 1995, une autre enquête CAP a été
réalisée à Niamey, Maradi et Dosso. Avec la deuxième Enquête Démographique et de Santé, nous disposons
ainsi de données nationales qui vont permettre de faire le point sur la situation actuelle en matière de
planification familiale et sur son évolution depuis 1992, afin d'envisager les nouvelles orientations à prendre
dans ce domaine. Ces données collectées donnent des informations sur :

la connaissance et la pratique de la contraception;


la connaissance de la période féconde;
les sources d'approvisionnement en contraceptifs;

l Voir Bashin et Allen, 1989; CNSF et CPSF, 1987.

63
l'utilisation future de la contraception;
les sources d'information sur la contraception;
les opinions et les attitudes vis à vis de la planification familiale.

4.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION

La connaissance des méthodes contraceptives ainsi que celle du lieu où se les procurer sont les
conditions préalables à toute utilisation de la contraception. Les différentes méthodes retenues dans le
questionnaire sont classées en trois catégories :

les méthodes modernes, comprenant la pilule, le stérilet ou DIU, les injections, les méthodes
vaginales (spermicides, diaphragme, mousses et gel~es), le condom, la stérilisation
féminine, la stérilisation masculine et les implants (Norplant);

• les méthodes traditionnelles, incluant la continence périodique et le retrait;

• les m6thodes dites « populaires », comme les herbes, les racines, etc.

Lors de rEDSN-II, les enqnêtrices demandaient aux femmes interview~es quelles méthodes de
contraception elles connaissaient, puis elles décrivaient les méthodes non citées spontanément et
demandaient aux femmes interrogées si elles en avaient déjà entendu parler. Si rênquêtée connaissait une
méthode, on lui demandait alors si elle l'avait déjà utilisée. Par ailleurs, des questions du même type ont été
posées aux hommes. L'utilisation passée et actuelle de la contraception, l'intention de l'utiliser dans l'avenir
et la connaissance d'un lieu o3 se procurer une méthode ont aussi fait l'objet de questions permettant de
disposer d'un ensemble complet d'informations dans le domaine de la planification familiale au Niger.

Le niveau de connaissance contraceptive est élevé au Niger mais il présente des disparités selon le
sexe. Il ressort de l'examen du tableau 4.1 et du graphique 4.1 que 80 % des femmes et 9 1 % des hommes
ont déclaré connaître, au moins, une méthode. Les méthodes modernes sont relativement mieux connues que
les méthodes traditionnelles et populaires, puisque trois femmes sur quatre (75%) et neuf hommes sur dix
(90 %) ont déclaré en connaître, au moins, une; en ce qui concerne les méthodes traditionnelles et populaires,
les proportions sont de 49 % chez les femmes et 63 % chez les hommes. Ainsi la connaissance de la
contraception et, en particulier, celle de la contraception moderne s'est beaucoup développée au cours des
dernières années : en effet, en 1992, selon I'EDSN-I, seulement 58 % des femmes et 74 % de leurs maris
avaient entendu parler d'une méthode contraceptive moderne. Par contre, l'écart entre la connaissance des
femmes et celles des hommes reste important, et on constate même qu'il s'est creusé.

S1. l'on consldere


. . umquement
. les
. femmes en umon, on constate que leur niveau de connaissance est
le même que celui de l'ensemble des femmes (80 %). Ce sont les femmes qui ne sont pas en union mais qui
sont sexuellement actives2 qui connaissent le plus les méthodes contraceptives (98 % ). Ce sont également
les femmes de cette catégorie qui connaissent le plus grand nombre de méthodes (5,6 méthodes par femme,
en moyenne, contre 3,5 pour l'ensemble des femmes ainsi que pour les femmes en union). Les femmes qui
n'ont pas encore en de rapports sexuels sont celles qui connaissent le moins bien la contraception (70 % pour
l'ensemble des méthodes). Si l'on considère les hommes, 9 1 % d'entre eux connaissent, au moins, une
méthode (en moyenne, 4,9 méthodes) contre 94 % des hommes en union (5,5 méthodes, en moyenne). De
même, la quasi-totalité de ceux qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs (95 %) ont déclaré

2 Sont considéré.es comme sexuellement actives les femmes qui ont eu des rapports sexuels dans les quatre semaines
précédant l'enquête. Pour cette d6flnition, voir Chapitre 5 - Nuptialité et exposition au risque de grossesse.

64
Tableau 4.1 Connaissance des méthodes contraceptives

Pourcentages de femmes et d'hommes, de femmes et d'hommes actuellement en union, de femmes et d'hommes qui ne sont pas en
union et qui sont sexuellement actifs, et de femmes et d'hommes qui n'ont jamais eu de rapports sexuels, qui connaissent une
méthode contraceptive selon les méthodes spécifiques, EDS-1I Niger 1998
Femmes Hommes
Pas en Pas en
union et N'ayant union et .N'ayant
sexuelle- jamais eu sexuelle- jamms eu
Méthode ment de rapports ment de rapports
contraceptive Ensemble En union actives sexuels Ensemble En union actifs sexuels
N'importe quelle méthode 79,7 80,4 97,6 69,7 91,1 94,1 95,0 79,2
Méthode moderne 75,0 75,1 97,6 69,0 90,4 93,2 93,6 78,9
Pilule 68,6 68,4 94,4 62,9 73,1 79,0 74,5 52,6
DIU 33,8 32,8 64,1 30,6 40,7 45,6 44,8 23,5
Injection 63,1 63,1 92,7 55,3 73,6 80,6 74,4 50,4
Implant 3,0 3,1 5,7 2,2 5,4 5,9 4,9 3,1
Méthodes vaginales 17,4 17,5 42,2 11,0 24,2 25,7 35,1 14,7
Condom 42,3 40,0 87,0 49,3 77,8 78,3 87,9 69,6
Stétilisation féminine 41,2 42,0 46,7 29,9 64,5 74,4 53,8 36,2
Stéfilisation masculine 10,5 10,5 10,6 8,1 19,4 22,5 20,9 9,5
Méthode traditionnelle 23,4 23,2 49,3 17,1 58,1 66,7 69,8 26,3
Continence périodique 19,2 18,8 39,4 15,8 48,4 57,6 56,5 18,7
Retrait 14,7 14,8 39,3 8,6 41,6 45,9 61,4 19,4
Méthode populaire 39,4 42,4 37,4 13,2 24,2 30,2 14,6 9,9
Méthode traditionnelle
ou populaire 49,3 51,4 68,2 26,0 63,2 72,3 70,9 30,9
Nombre moyen de
méthodes connues 3,5 3,5 5,6 2,9 4,9 5,5 5,3 3,1
Effectif 7 577 6 382 51 771 3 542 2 326 115 759

Graphique 4.1
Connaissance des méthodes contraceptives

AU - 1 MÉTH. MODERNE i

Rtule
DIU
[ ' =
Injection
Implant
M~thodes vaglna]es
Condom
, 1 1 , 1
Stédlls f&nlnine
StérilIs, maSCuline

AU - 1 MÉ-tH. "IRADJFOR . . . . . i ........ I ..... ! .... ! ..... i ....... L,

Co~nence pëdodlque
Retrait
10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Pourcentage
[1Femme NHomme]

EDSN-I11998

65
connaître, au moins, une méthode. Enfin, comme les femmes, ceux qui n'ont pas d'expérience sexuelle ont
une connaissance moins élevée que les autres (79 %). Par ailleurs, il faut constater que, quels que soient la
sous-population considérée et le sexe, les méthodes modernes sont, en général, mieux connues que les
méthodes traditionnelles et populaires.

Parmi les méthodes modernes, la pilule est la méthode la plus connue des femmes (69 %), suivie des
injections (63 %), du condom (42 %) et de la stérilisation féminine (41%). Le degré de connaissance des
autres méthodes est bien plus faible : 34 % des femmes ont déclaré connaître le DIU et les méthodes les
moins connues sont le Norplant (3 %, les implants se sont pas encore disponibles au Niger), la stérilisation
masculine (11%), et les méthodes vaginales (17 %). Chez les hommes, la méthode la plus connue est le
condom (78 %), qui est cité notamment par la quasi-totalité des hommes qui ne sont pas en union et qui sont
sexuellement actifs (88 %). La pilule (73 %) et la stérilisation féminine (65 %) sont deux méthodes bien
connues des hommes et, comme chez les femmes, le Norplant (5 %), la stérilisation masculine (19 %) et les
méthodes vaginales (24 %) sont les moins connues.

Par ailleurs, on constate que les méthodes traditionnelles et popnlaires sont moins fréquemment
citées que les méthodes modernes : 49 % de l'ensemble des femmes et 5 1 % des femmes en union en
connaissent, au moins, une, contre, respectivement, 63 % et 72 % des hommes. La continence périodique
est, de loin, la méthode traditionnelle la plus connue, mais son niveau de connaissance est très différent selon
le sexe : 19 % de l'ensemble des femmes et 48 % de l'ensemble des hommes l'ont citée.

Le tableau 4.2 présente, pour les hommes et les femmes en union, le niveau de connaissance des
méthodes contraceptives selon différentes caractéristiques socio-démographiques. Chez les femmes, en ce
qui concerne l'âge, on constate que le niveau de connaissance le plus élevé correspond au groupe d'âges 25-
39 ans (environ, 84 % pour l'ensemble des méthodes et 78 % pour les méthodes modernes). Chez les
hommes, on constate qu'entre 20 et 54 ans, plus de neuf hommes sur dix ont cité, au moins, une méthode.
Au-delà de cet âge, le niveau de connaissance diminue mais reste néanmoins toujours élevé, puisque 86 %
des hommes de 55-59 ans ont cité, au moins, une méthode et 82 % d'entre eux une méthode moderne. Du
point de vue du milieu de résidence, ce sont les femmes du milieu urbain (98 % contre 77 % en milieu rural)
qui connaissent le mieux les méthodes. Chez les hommes, les écarts de connaissance selon le milieu de
résidence ne sont pas très importants : 98 % de ceux vivant en milieu urbain connaissent une méthode contre
93 % chez ceux du milieu rural. Du point de vue de la région, ce sont les femmes résidant dans la région de
Zinder/Diffa qui connaissent le moins la contraception (58 %) alors que, chez les hommes, ce sont ceux de
la région de Maradi qui ont le niveau le plus faible (90 %). Ainsi que l'on pouvait s'y attendre, le niveau
d'instruction des femmes a un impact important sur le niveau de connaissance de la contraception; ainsi,
pratiquement toutes les femmes ayant, au moins, un niveau secondaire (97 %) ont cité une méthode moderne,
contre 9 1 % de celles ayant le niveau primaire et contre seulement 73 % de celles n'ayant jamais fréquenté
l'école. Chez les hommes, on observe les mêmes variations.

66
Tableau 4.2 Connaissance des méthodes contracevtives var caractéristinnes socio-démo~ranhioues

Pourcentage de femmes et d'hommes actuellement en union qui connaissent au moins une méthode de contraception, par
caraetéfistiques soeio-démographiques, EDS-II Niger 1998

Femmes Hommes

Connaît Conna~2 Connm~t Connaît


une méthode une méthode
Caractéristique méthode moderne Effectif m6thode moderne Effectif

Groupe d'âges
15-19 71,3 66,8 1 027 87,5 87,5 25
20-24 80,1 76,2 1 160 93,2 93,2 193
25-29 84,2 79,5 1 148 93,7 93,7 353
30-34 83,4 76,7 1 025 95,8 95,1 344
35-39 83,6 78,5 916 96,0 95,3 398
40-44 80,2 73,1 641 93,3 93,1 338
45-49 79,4 72,1 463 95,9 95,9 283
50-54 91,8 90,8 230
55-59 86,0 82,4 162

Milieu de résidence
Niamey 98,4 98,2 349 97,3 96,1 170
Autres villes 97,5 96,8 637 98,8 98,8 236
Ensemble urbain 97,8 97,3 986 98,2 97,7 405
Rural 77,2 71,0 5 396 92,9 92,2 1 921

Région
Niamey 98,4 98,2 349 97,3 96,1 170
Dosso 96,0 94,5 818 93,5 92,5 287
Maradi 82,6 77,6 1 451 90,1 89,9 543
Tahoua/Agadez 86,4 81,8 1 226 98,5 97,3 406
Tillaberi 85,2 83,6 1 029 94,4 93,8 342
Zinder/Diffa 57,6 45,4 1 509 92,8 92,5 579

Niveau d'instruction
Aucun 78,9 73,0 5 695 92,5 91,9 1 901
Primaire 91,8 91,0 519 99,1 98,5 244
Secondaire ou plus 97,7 96,7 167 100,0 100,0 181

Ensemble 80,4 75,1 6 382 93,8 93,2 2 326

Dans la majorité des couples3, les deux conjoints connaissent, au moins, une méthode (77 %) et une
méthode moderne (72 %) (tableau 4.3 et graphique 4.2). Les méthodes les mieux connues sont, par ordre
d'importance : la pilule (58 %), les injections (53 %), le condom (37 %) et la stérilisation féminine (35 %).

Dans 3 % des cas, ni le mati, ni la femme ne connaissent la contraception moderne, notamment le


Norplant (91%), la stérilisation masculine (69 %), les méthodes vaginales (61%) et, dans une moindre
mesure, le DIU que 38 % des couples ignorent. En outre, quand la connaissance diffère à l'intérieur du
couple, on peut noter que c'est pratiquement toujours le mati qui connaît la contraception et sa femme qui
ignore (18 %), alors que l'opposé, c'est-à-dire la femme qui connaît et son mati qui ignore, n'est vrai que
dans seulement 3 % des cas.

3 Voir Chapitre 2 - Caractéristiques des couples, Section 2.2.2 - sur la façon dont ont été recomposésles 2 494
couples ~ partir des informations collectées au niveau de l'enquête femme et de l'enquête homme.

67
Tableau 4.3 Connaissance des méthodes contraceutives var les couoles

Répartition (en %) des couples par connaissance de la contraception, selon les méthodes contraceptives
spécifiques, EDS-II Niger 1998

L'homme La femme
L'homme et connaît, connaît, Aucun des
la femme la femme l'homme deux ne
Méthode connaissent non non connaît Total

N'importe quelle méthode 76,5 18,2 3,1 2,2 100,0

Méthode moderne 71,7 22,3 3,0 3,1 100,0


Pilule 58,4 22,2 9,2 10,2 1130,0
DIU 19,0 27,7 15,0 38,3 1130,0
Injection 53,2 28,5 9,8 8,4 100,0
Implant 0,3 5,7 3,2 90,8 100,0
Méthodes vaginales 6,4 19,6 12,7 61,2 100,0
Condom 37,1 41,7 4,3 16,9 100,0
Stdrilisatinn féminine 34,9 41,2 8,6 15,3 100,0
Stéfilisation masculine 3,3 19,7 8,t 68,9 100,0

Méthode traditionnelle 18,8 49,0 6,1 26,2 100,0


Continence périodique 14,6 44,3 6,0 35,1 100,0
Retrait 7,4 39,6 8,0 45,0 t00,0

Méthode populaire 16,8 15,9 27, l 40,2 100,0

Méthode traditionnelle
ou populaire 42,8 31,1 10,7 15,4 100,0

Note : Ce tableau porte sur les 2 494 couples identifiés

Graphique 4.2
Connaissance de la contraception
moderne par les couples

UNE MÉ'IH. MODERNE

RMe

DIU
, q
lllllI:
:~>.ï'.<T:~
~jectJon
M6th. vag[na]es , ,

Condom ~~~:~G:~$:~$~$: m m :
St~t. f6m]~ne I @ : : : :
~ r . masculine
40 20 20 40 60 80 100
Pourcentage

ImCoupleconnatt IISeule femmeconnalt ~Seulhommeconnalt ~AucunneconnaTt 1

EDSN-EIt998

68
4.2 PRATIQUE DE LA CONTRACEPTION

Aux femmes et aux hommes qui avaient déclaré connaître une méthode contraceptive, l'enquêteur
a demandé s'ils l'avaient déjà utilisée, afin de mesurer le niveau de pratique de la contraception à un moment
quelconque de leur vie selon la méthode spécifique.

Les pourcentages des femmes et des hommes ayant utilisé une méthode contraceptive au cours de
leur vie sont présentés au tableau 4.4. L'examen de ce tableau montre que sur l'ensemble des femmes,
seulement 19 % ont ddjà utilisé, au moins, une méthode contraceptive à un moment quelconque de leur vie.
En outre, on constate très peu d'écart de pratique selon les différents types de méthodes, modernes (11%)

Tableau 4.4 Utilisation de la contraceotion à un moment tmeleonaue

Pourcentages de femmes et d'hommes, de femmes et d'hommes actuellement en union et de femmes et d'hommes qui ne sont
pas en union et qui sont sexuellement actifs, qui ont déjà utilisé une méthode contraceptive, par méthode spécifique, selon
l'âge (pour les femmes), EDS-II Niger 1998

N'ira- Mdthodes
N'im- Méthodes modernes porte N'ira- traditionnelles N'im-
N'ira- porte quelle porte porte
porte quelle St~til. mdth. quelle Contin. quelle
Groupe quelle méthode Pi- Injee- Vagi- C o n - fdmin./ trad, méthode pddo- méthode
dïges méth. moderne lule DIU tion nales dom Implant ou pop. trad. dique Retrait pop. Effectif

TOUTES LES FEMMES

15-19 7,2 2,9 2,5 0,0 0,1 0,1 0,2 0,0 4,5 0,6 0,3 0,4 3,9 1 714
20-24 22,2 12,2 10,1 0,2 1,9 0,6 0,9 0.1 11,6 1,8 1,3 0,7 10,3 1 364
25-29 23,7 15,8 13,0 0,4 4,1 0,9 1,1 0,0 11,8 2,0 1,2 1,0 10,4 1 236
30-34 26,8 16,0 12,6 1,0 5,3 0,8 0,9 0,2 14,3 1,4 0,9 0,5 13,2 1 092
35-39 22,8 14,0 10,6 1,1 6,6 0,8 1.0 0,3 12,6 1,1 0,8 0,4 11,8 956
40-44 17,5 10,4 6,2 0,7 5,5 0,4 0,2 0,4 9,6 1,0 0,5 0,5 8,9 695
45-49 12,5 6,5 3,4 1,0 3.5 0,4 0,3 0,3 7,4 0.5 0,2 0,5 7,0 521
Ensemble 18,7 10,9 8,5 0,5 3,4 0,6 0,7 0,1 10,1 1,2 0,8 0,6 9,1 7 577

FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION

15-19 10,8 4,2 3.8 0,1 0.2 0,1 0,2 0,0 6,9 0,6 0,3 0,5 6,2 1 027
20-24 23,3 12,1 10,4 0,2 1,8 0.6 0,4 0,1 12,6 1,2 0,8 0,5 11,8 I 160
25-29 23,2 15,1 12,4 0,4 3,9 0,9 0,9 0,0 11.6 1,5 0,8 1,0 10,7 1 148
30-34 25,9 14,9 11,6 0,7 5,2 0,7 0,4 0,2 14,4 1.1 0.7 0,4 13,5 1 025
35-39 22,5 13,5 10,4 1,1 6,6 0,8 0,7 0,2 12,9 1,0 0.7 0,4 12,3 916
40-44 17.2 9,8 5,7 0,5 5,4 0,4 0,0 0,4 9,8 0,8 0,4 0,4 9.3 641
45-49 13,0 6,8 3,3 0,9 3,8 0,4 0,4 0,3 7,8 0,5 0,2 0,5 7,4 463

Ensemble 20,2 11,4 8,9 0,5 3,7 0,6 0,5 0,1 11,2 1,0 0,6 0,6 10,5 6382

FEMMES NON EN UNION ET SEXUELLEMENT ACTIVES

Ensemble 68,1 60,4 37,5 2,4 17,8 7,0 27,8 0,0 17,0 13,7 12,5 1,2 3,3 51

HOMMES

Ensemble 19,3 13,9 7,4 0.3 1.9 0,6 8,1 0,3 9,8 5,3 4,1 1,8 5.5 3 542

Ensemble
en union 22,0 14,2 9,8 0,2 2.5 0,4 6,0 0,4 12,I 5,3 4,2 1,5 8,0 2 326
Non en union
et sexuel-
lement
actifs 53,8 53,2 13,3 2,3 2,9 5,7 47,8 0,6 18,6 17,9 11,2 8,7 2,3 115

69
ou traditionnelles/populaires (10 %). Parmi les méthodes modernes, la pilule et les injections sont les
méthodes qui ont été, de loin, les plus fréquemment utilisées (respectivement, 9 % et 3 %) tandis que, parmi
les méthodes traditionnelles, ce sont les méthodes popnlaires qui enregistrent le taux de pratique le plus
élevé, avec 9 %. Les autres méthodes, modernes ou traditionnelles, ont été pratiquées par moins de 1 % des
femmes.

L'analyse des données selon l'âge met en évidence des différences dans le niveau de pratique de la
contraception. C'est à 30-34 ans que la proportion de femmes ayant déjà utilisé une méthode est la plus
élevée (27 %) et cette proportion diminue aux âges suivants pour ne concerner que 13 % des femmes de 45-
49 ans. ~ l'opposé, avec 7 %, c'est entre 15-19 ans que les proportions de femmes ayant utiliser la
contraception à un moment quelconque, sont les plus faibles.

En outre, on constate que le niveau d'utilisation de la contraception à un moment quelconque est peu
différent chez les femmes en union (20 %) de celui de l'ensemble des femmes (19 %). Par contre, la pratique
de la contraception à un moment quelconque est beaucoup plus élevée chez les femmes qui ne sont pas en
union mais sexuellement actives. Ainsi, 68 % d'entre elles ont pratiqué la contraception à un moment
quelconque : 60 % ont utilisé une méthode moderne et 17 % une méthode traditionnelle ou populaire.

Les résultats du tableau 4.4 montrent également que 19 % des hommes (22 % de ceux en union et
54 % de ceux qui ne sont pas en union mais qui sont sexuellement actifs) ont utilisé une méthode ~t un
moment quelconque. Ce niveau d'utilisation des méthodes contraceptives est très proche de celui des femmes
( 19 %). En outre, comme chez les femmes, la pratique des méthodes modernes est plus élevée que celle des
méthodes traditionnelles et populaires (14 % contre 10 %). Chez les hommes qui ne sont pas en union mais
sexuellement actifs, l'utilisation de la contraception à un moment quelconque est relativement élevée (54 %),
en particulier, l'utilisation du condom (48 %).

4.3 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION

La prévalence contraceptive correspond au pourcentage de personnes qui utilisent une méthode de


contraception au moment de l'enquête. Elle permet d'évaluer l'impact des programmes de planification
familiale dans le pays. Pour cela, on a demandé aux femmes qui n'étaient pas enceintes mais qui
connaissaient, au moins une méthode, si elles en utilisalent actuellement une pour éviter de tomber enceinte.
De même, on a demandé aux hommes s'ils utilisaient actuellement une méthode pour éviter à leur partenaire
de tomber enceinte. Ces informations permettent de mesurer le niveau de la pratique actuelle, c'est-à-dire
la prévalence de la contraception.

Le tableau 4.5 fournit le niveau de cette prévalence par âge pour l'ensemble des femmes, pour celles
en union et pour celles qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives. Si 19 % de l'ensemble des
femmes interrogées avaient déclaré avoir pratiqué une méthode quelconque de contraception au cours de leur
vie, seulement 8 % d'entre elles en utilisaient une au moment de l'enquête. Parmi celles-ci, 4 % utilisaient
une méthode moderne (dont près de 3 % la pilule et 1 % les injections) et 3 % utilisaient une méthode
traditionnelle ou populaire, presqu'exclusivement une méthode populaire (graphique 4.3).

Au Niger, la prévalence de la contraception chez les femmes actuellement en union est similaire à
celle de l'ensemble des femmes. Un peu plus de 8 % utilisent actuellement une méthode de contraception
dont 5 % une méthode moderne. Parmi ces méthodes, la pilule est la méthode la plus utilisée (3 %) suivie
des injections avec un peu plus de 1% d'utilisatrices. Les méthodes populaires sont plus largement utilisées
(3 %) que les méthodes traditionnelles (moins de 1%). Par contre, les femmes qui ne sont pas en union et
qui sont sexuellement actives ont une prévalence contraceptive assez élevée puisque une femme sur deux
utilise une méthode (51%) contre seulement 8 % des femmes en union. Elles utilisent surtout les méthodes

70
Tableau 4.5 Utilisation actuelle de la contraeeotion

Pourcentages de femmes et d'hommes, et de femmes et d'hommes actuellement en union et de femmes et d'hommes qui ne
sont pas en union et qui sont sexueUement actifs, qui utilisent actuellement une méthode contraceptive, par méthode
spécifique, selon l',~ge (pour les femmes), EDS-II Niger 1998

N'ira- Méthodes
Nïm- M~thodes modernes porte Nïm- traditionnelles Nïm-
Nïm- porte quelle porte porte N'utthse
porte quelle m6th, quelle Contin. quelle pas
Groupe quelle méthode Pi- Injee- Con- trad. m6thode pério- méthode actuelle-
d'âges m6th. moderne lule tion dom Aune ou pop. tradit, dique Retrait pop. ment Total Effectif

TOUTES LES FEMMES

15-19 3,9 1,3 1,1 0,1 0,0 0,0 2,6 0,1 0,0 0,1 2,5 96,1 100,0 1 714
20-24 9,7 5,3 4,1 0,8 0,2 0.3 4,4 0,5 0,5 0.0 3.9 90,3 100,0 1 364
25-29 9.5 6.2 4,1 1,9 0,1 0,1 3,3 0,3 0,2 0,1 3,0 90,5 100,0 1 236
30-34 10,6 6,4 3,4 2,4 0,2 0,5 4,2 0,3 0,3 0,0 3,9 89,4 100,0 1 092
35-39 9,3 5,7 2,6 2,0 0,3 0,5 3,5 0,3 0,3 0,0 3,2 90,7 100,0 956
40-44 6,3 4,2 1,4 2,0 0.1 0,7 2,0 0.2 0,0 0,2 1,8 93,7 100,0 695
45-49 2,3 1,8 0,1 1,1 0,0 0,6 0,5 0,0 0,0 0,0 0,5 97,7 100,0 521

Ensemble 7,6 4,4 2,6 1,3 0,1 0,3 3,2 0,3 0,2 0,0 2,9 92,4 100,0 7 577

FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION

15-19 6,1 2,0 1,7 0,2 0,1 0,2 4,0 0,I 0,0 0,1 3,9 93,9 100.0 1 027
20-24 9,8 5,1 4,0 0,9 0,0 0,3 4,7 0,2 0,2 0,0 4,5 90,2 100,0 1 160
25-29 9,4 6,0 4,1 1,8 0,1 0.1 3,4 0,2 0,1 0,1 3.2 90.6 100.0 1 148
30-34 10,3 5,9 3,2 2,4 0,1 0,3 4,4 0,3 0,3 0,0 4,1 89,7 100,0 1 025
35-39 9,0 5,4 2,7 2,0 0,t 0,7 3,6 0,3 0,3 0,0 3,3 91,0 100,0 916
40-44 6,3 4,1 1,3 2,0 0,0 0,7 2,2 0,2 0,0 0,2 2,0 93,7 100.0 641
45-49 2,4 1,9 0,2 1,2 0,0 0,5 0,5 0,0 0,0 0,0 0,5 97,6 100.0 463

Ensemble 8,2 4,6 2,8 1,5 0,0 0,3 3.6 0,2 0,t 0,1 3,4 91,8 100,0 6 382

FEMMES NON EN UNION ET SEXUELLEMENT ACTIVES

Ensemble 50.8 44.1 17.9 11,4 12,4 2,4 6,7 5,5 5,5 0,0 t,2 49,2 1130,0 51

HOMMES

Ensemble 11,4 7,8 3,5 0,7 3,4 0,1 3,5 1,4 1,1 0,2 2,1 88,6 100,0 3542

Ensemble
en union 12,6 7,6 5,1 1,1 1,2 0,2 4,9 1,7 1.4 0.3 3,2 87,4 100,0 2 326

Non en union
et sexuel-
lement
actifs 40.4 37,9 4,2 0,0 33,7 0,0 2,5 2,5 1,7 0,8 0,0 59,6 100,0 115

modernes (44 %), et principalement la pilule (18 %), le condom (12 %) et les injections (11%). Quand elles
utilisent une méthode traditionnelle on populaire (7 %), il s'agit presque exclusivement de la continence
p6riodique (6 %).

En ce qui concerne l'utilisation selon l'àge, on constate que c'est à 30-34 ans que la prévalence
contraceptive est la plus élevée (10 % pour les femmes en union et 11% pour l'ensemble des femmes); c'est
aussi à ces ~ges que les femmes ont déjà donné naissance, en moyenne, à plus de 5 enfants (voir Chapitre
3 - Fécondité). Ensuite, la prévalence diminue légèrement pour passer à 9 % à 35-39 ans pour toutes les

71
Graphique 4.3
Prévalence de la contraception
(ensemble des femmes et des hommes)
TOUTES
M HODES
M~"~ODES
MODERNES o ~ o
Pilule
Injection
Condom
Autres
MÉTHODES
TRAD./POP.
Continence ! 9,..<~
p~dodlque
Autres 3

2 4 6 8 10 12 14
Pourcentage
JIFemme DHomme J

EDSN-II1998

femmes et pour celles en union. Elle atteint son minimum à 45-49 ans, âges auxquels seulement 2 % des
femmes utilisent une méthode contraceptive. Concernant les méthodes modernes, on constate que, quel que
soit l'âge, la pilule est la méthode plus fréquemment ntilisée par l'ensemble des femmes, sa prévalence
variant d'un minimum de moins de 1% parmi les femmes de 45-49 ans à un maximum de 4 % parmi celles
de 20 -29 ans.

Chez les hommes, la prévalence contraceptive est plus élevée que chez les femmes (11% contre
8 %) du fait, essentiellement, d'une utilisation beaucoup plus importante du condom (3 % contre moins de
1%) (tableau 4.5 et graphique 4.3). Au moment de l'enquête, la prévalence contraceptive des hommes en
union était supérieure à celle de l'ensemble des hommes (13 % contre 1 1 % ) mais, quelle que soit la
catégorie, les méthodes modemes restent majoritairement utilisés (8 % dans les deux populations). Si le
condom est 3 fois plus utilisé par l'ensemble des hommes que par les hommes en union (respectivement, 3 %
et 1%), on peut cependant constater, qu'il l'est beaucoup plus chez ces derniers que chez les femmes en
union. Près de la moitié des hommes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs utilisent une
méthode de contraception, essentiellement le condom (34 %).

Les renseignements recueillis permettent l'analyse de la prévalence contraceptive selon certaines


caractéristiques socio-démographiques telles que le milieu et la région de résidence, le niveau d'instruction
et le nombre d enfants vivants. Le tableau 4.6 presente ces resultats pour les femmes et les hommes en union.

Chez les femmes, les différences de prévalence contraceptive sont très importantes lorsqu'on
considère le milieu de résidence : en milieu rural, seulement 6 % des femmes en union utilisent une méthode
contre 23 % en milieu urbain. On retrouve des écarts aussi importants en ce qui concerne les méthodes
modernes, la prévalence étant de 2 % en milieu rural et de 19 % eu milieu urbain. Niamey se distingue par
les proportions d'utilisatrices les plus élevées : 26 % pour l'ensemble des méthodes et 2 1 % pour les
méthodes modernes (graphique 4.4). Cependant, quel que soit le milieu, la pilule est la méthode modeme
la plus utilisée et son taux d'utilisation atteint 13 % à Niamey, 12 % dans les Autres Villes et seulement 1%
en milieu rural. Avec 5 % d'utilisatrices à Niamey, 4 % dans les Autres Villes et i % en milieu rural, les
injections viennent en deuxième position après la pilule.

72
Tableau 4.6 Utilisation actuelle de la contraceution uar camctéristioues socio-ddmo~rauhiaues
Repartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par méthode aetueUement utilisée, selon certaines
caractdristiques, socio-d6mographiques, EDS-II Niger 1998
Nïra- Méthodes
N'ira- M6thodes modernes porte N'ira- traditionnelles N'im-
Nïm- porte quelle porte porte N'utilise
porte quelle méth. quelle Contin. quelle p~
Caractér- quelle méthode Pi- lnjee- Con- trad. mdthode pério- méthode aetuelle-
istique m~th. moderne lule tion dom Autre ou pop. tradit, dique Retrait pop. ment Total Effectif
FEMMES
Milieu de
résidence
Niamey 26,1 21,3 13,3 5,3 0,7 1~9 4,8 1,6 1,6 0,0 3,2 73,9 100,0 349
Autres villes 21,1 17,1 11,6 4,5 0,0 0,9 4,1 0,3 0,3 0,0 3,8 78,9 100,0 637
Ens. urbain 22,9 18,6 12,2 4,8 0,3 1,2 4,3 0,7 0,7 0,0 3,6 77,1 100,0 986
Rural 5,5 2,1 1,1 0,9 0,0 0,1 3,5 0,1 0,0 0,1 3,4 94,5 100,0 5396
Région
Niamey 26,1 21,3 13,3 5,3 0,7 1,9 4,8 1,6 1,6 0,0 3,2 73,9 100,0 349
Dosso 8,4 6,0 2,6 3,0 0,0 0,4 2,4 0,1 0,1 0,0 2,3 91,6 100,0 818
Maradi 10,5 2,4 1,3 0,9 0,0 0,0 8,1 0,2 0,1 0,1 7,9 89,5 100,0 1 451
Tahoua/
Agadez 8,8 4,4 3,4 0,7 0,0 0,4 4~4 0,2 0,0 0,2 4,2 91,2 100,0 1 226
Tillaberi 5,8 4,9 2,6 2,3 0,0 0,0 0,9 0,0 0,0 0,0 0,9 94,2 100,0 1 029
Zinder/Diffa 2,9 2,1 1,5 0,3 0,0 0,3 0,8 0,0 0,0 0,0 0,8 97,1 100,0 1 509
Niveau d'ins-
trudion
Aucun 6,4 3,0 1,6 1,2 0,0 0,2 3,4 0,1 0,0 0,1 3,3 95,6 100,0 5 695
Primaire 17,5 13,0 8,8 3,8 0,0 0,4 4,5 0,3 0,3 0,0 4,2 82,5 100,0 519
Secondaire
ou plus 39,9 32,4 24,0 4,8 0,7 2,9 7,5 3,6 3,6 0,0 3,9 60,1 100,0 167
No. d'enfants
vivants
Aucun 0,4 0,3 0,3 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 99,6 100,0 827
1 8,7 3,9 3,3 0,5 0,1 0,0 4,8 0,3 0~2 0,1 4,5 91,3 100,0 1 110
2 8,6 4,8 3,6 0,6 0,0 0,6 3,9 0,2 0,1 0A 3,7 91,4 100,0 1 036
3 9,6 5,7 3,8 1,5 0,0 0,4 4,0 0,2 0,2 0,0 3,8 90,4 100,0 923
4 ou plus 9,9 5,9 2,6 2,7 0,0 0,4 4,0 0,2 0,i 0~0 3,8 90,1 100,0 2 486
Ensemble des
femmes 8,2 4,6 2,8 1,5 0,0 0,3 3,6 0,2 0,1 0A 3,4 91,8 100,0 6382

HOMMES
Milieu de
r&ideuce
Niamey 37,6 30,2 18,6 5,4 5,4 0,8 8,3 5.0 4,7 0,4 2,3 62,4 100.0 170
Autres villes 30,0 21,1 16,5 2,2 2,1 0,4 8,9 4,7 3,9 0,8 4,2 70,0 100,0 236
Ens. urbain 33,1 24,9 17,4 3,5 3,5 0,6 8,2 4,8 4,2 0,6 3,4 66,9 100,0 405
Rural 8,3 3,9 2,5 0,6 0,7 0,1 4,4 1,I 0,8 0,2 3,3 91,7 100,0 1 921
Région
Niamey 37,6 30,2 18,6 5,4 5,4 0,8 7,3 5,0 4,7 0A 2,3 62,4 100,0 170
Dosso 11,5 6,2 4,7 0,6 0,9 0,0 5,3 2,8 2,5 0,3 2,5 88,5 100,0 287
Maradi 10,0 2,5 1,9 0,2 0,4 0,0 7,6 1,1 0,7 0,4 6,5 90,0 100,0 543
Tahoua/
Agadez 11,5 8,7 5,9 1,3 0,8 0,5 2,8 1,6 1,4 0,2 1,2 88,5 100,0 406
Tillaberi 16,7 10,2 7,1 2,0 0,7 0,3 6,6 2,5 1,8 0,6 4,1 83,3 100,0 342
Zinder/Diffa 6,7 4,1 2,5 0,2 1,4 0,0 2,5 0,4 0,4 0,0 3,1 93,3 100,0 579
Niveau d'Ins-
truction
Aucun 7,8 3,4 2,2 0,5 0,5 0,2 4,5 1,3 1,1 0,2 3,2 92,2 100,0 1 901
Primaire 20,3 13,2 7,8 2,6 2,9 0,0 . 7,0 2,1 1,4 0,7 4,9 79,7 100,0 244
Seeoodaire
ou plus 52,6 43,5 31,6 5,1 6,5 0A 9,1 5,9 5,4 0,5 3,2 47,4 100,0 181
No. d'enfants
vivants
Aucun 4,7 2,0 0,8 0,0 1.2 0,0 2,7 2,7 1,8 0,9 0,0 95,3 100.0 243
1 13,1 9,4 6,5 1,2 1,6 0,0 3.7 1,8 1,8 0,0 1,9 86,9 100,0 321
2 13,9 9,3 6,6 0,4 1,9 0,4 4,6 1,1 0,8 0,3 3,5 86,1 100,0 328
3 15,5 8,9 7,4 0,2 1,3 0,0 6,6 1,7 1,4 0,2 4,9 84,5 100,0 273
4 ou plus 13,1 7,4 4,6 1,6 0,9 0,3 5,8 1,7 1,4 0,3 4,1 86,9 100,0 1 161
Enseble des
hommes 12,6 7,6 5,1 1,1 1,2 0,2 5,0 1,7 1,4 0,3 3,3 87,4 100,0 2326

73
Graphique 4.4
Utilisation actuelle de la contraception
par les femmes et les hommes en union

Pourcentage
6O

S0

4O

3O

20

10

0
NIGER Niamey Autres Rural Aucune Primaire Secon-
villes daire ou +
RÉSIDENCE INSTRUCTION
F = Femme
H = Homme
[~ Tradltl0nnelleset pM°~
çûlair°~~esslBM0dernes 1 EO$N-II1998

En ce qui concerne la région de résidence, on constate que Tillabéri et Zinder/Diffa ont des niveaux
de prévalence inférieurs à la moyenne nationale avec, respectivement, 6 % et 3 %. Dans les autres régions,
le niveau de la prévalence est supérieur au niveau national. Cependant, le cas de Maradi est à souligner car
il est unique à l'intérieur du Niger. Alors que la prévalence de la contraception atteint 11%, elle n'est que
de 2 % pour les méthodes modernes et de 8 % pour les méthodes popnlaires.

La prévalence de la contraception, qu'elle soit moderne ou traditionnelle, augmente de façon très


importante avec le niveau d'instruction; ainsi, 6 % des femmes en union sans instruction utilisent une
méthode quelconque dont la moitié (3 %) une méthode moderne. Chez les femmes ayant un niveau
d'instruction primaire, la prévalence est quatre fois plus élevée et atteint 18 %, dont 13 % pour les méthodes
modernes, essentiellement la pilule (9 %). C'est chez les femmes les plus instruites que la prévalence
contraceptive est la plus élevée, avec deux femmes sur cinq qui utilisent une méthode (40 %) dont 32 % une
méthode moderne (24 % pour la pilule).

Comme l'on pouvait s'y attendre, l'utilisation de la contraception, toutes méthodes confondues,
augmente avec la parité passant de moins de 1 % chez les nullipares, à 9 % chez celles ayant 1 et 2 enfants
vivants et à 10 % chez les femmes ayant, au moins, 3 enfants. Lorsqu'on se limite aux seules méthodes
modernes, les variations de la prévalance suivent la même tendance, avec une prédominanee de la pilule,
quelle que soit la parité.

Comme chez les femmes, l'utilisationde la contraception est beaucoup plus élevée chez les hommes
en union vivant en milieu urbain (33 % et 38 % à Niamey) que chez ceux vivant en milieu rural (8 %)
(graphique 4.4). En outre, on peut noter qu'en milieu rural, l'utilisation des méthodes traditionnelles ou
populaires (4 %) est plus fréquente qu'en milieu urbain où 25 % d'hommes ont déclaré utiliser une méthode
moderne. C'est dans le département de Tillabéri que les hommes en union utilisent le plus fréquemment la
contraception (17 %) et, à l'opposé, c'est dans celui de Zinder/Diffa que les proportions de ceux qui utilisent
une méthode sont les plus faibles (7 %). Tout comme chez les femmes, les taux de prévalence contraceptive

74
moderne les plus faibles sont enregistrés à Maradi avec une prévalence 3 % et à Zinder/Diffa avec 4%
d'utilisateurs.

Chez les hommes en union tout comme chez les femmes, le niveau d'instruction influence fortement
le niveau d'utilisation d'une méthode et plus particulièrement d'une méthode moderne. Alors que 3 % des
hommes sans instruction utilisent la contraception moderne, les proportions sont de 13 % chez ceux qui ont
un niveau primaire et de 44 % chez ceux qui ont un niveau, au moins, secondaire.

Par contre, chez les hommes, le nombre d'enfants vivants n'influence pas de façon significative
l'utilisation d'une méthode contraceptive. En effet, à l'exception des hommes qui n'ont pas d'enfants et qui
se caractérisent par un taux de prévalence relativement faible de 5 %, tous les autres enregistrent un taux
supérieurs à 13 %, le taux d'utilisation le plus élevé étant celui des hommes qui ont trois enfants vivants
(16 %). Tout comme pour les autres caractéristiques socio-démographiques, les méthodes modernes
dominent et la pilule est la méthode la plus utilisée.

Les résultats de I'EDSN-II mettent en évidence des niveaux d'utilisation de la contraception, et


surtout de la contraception moderne, qui restent encore faibles ce qui explique, en grande partie, que la
fécondité reste encore à un niveau élevé. Cette situation est assez similaire à celle des autres pays d'Afrique
de l'Ouest où des enquêtes ont été réalisées récemment4. Cependant, il faut noter que cette prévalence
contraceptive a connu une augmentation par rapport à 1992. En effet, entre les deux enquêtes, la prévalence
contraceptive a doublé, passant de 4 % en 1992 à 8 % aujourd'hui et de 2 % à 5 % pour les seules méthodes
modernes (graphique 4.5). On notera, en particulier, que la prévalence contraceptive moderne a augmenté
partout et surtout dans les Autres Villes, où elle est passée de 9 % à 17 %, et dans le milieu rural (de moins
del %à2%).

Graphique 4.5
Tendances de la prévalence contraceptive moderne chez les
femmes en union, EDSN-I (1992) et EDSN-II (1998)

Pourcentage
25

20

15

10

O
NIGER Nlamey Autres Rural AucunePdmalre
Viltes ou +
RI~SIOENCE INSTRUCTION

[~EDSNq 1992 ~EDSN-I11998 ]

4 L'Indice Synth6tique de Fécondité et la prévalence de la contraception moderne parmi les femmes en union sont,
respectivement, les suivants dans quelques pays d'Afrique de l'Ouest : 6,9 et 4 % au Barkina Faso en 1993 (Konaté et
al., 1994), 5,7 et 7 % au Sénégal en 1997 (Ndiaye et al., 1997), 5,7 et 4 % en Côte d'Ivoire en 1994 (Sombo et al.,
1995), 6,7 et 8% au Mali en 1995-1996 (Coulibaly et al., 1996) et 6,6 et 4% en 1996-1997 au Tchad (Ouagadjio et al.,
1998).

75
4.4 N O M B R E D ' E N F A N T S À LA P R E M I È R E U T I L I S A T I O N

L'utilisation de la contraception pour la première fois peut, en fonction de la parité atteinte, répondre
à des objectifs différents : retard de la première naissance si l'utilisation commence lorsque la femme n'a pas
encore d'enfant, espacement des naissances si la contraception débute à des parités faibles, ou encore
limitation de la descendance lorsque la contraception commence à des parités élevées, c'est-à-dire lorsque
le nombre d'enfants désiré est déjà atteint.

Le tableau 4.7 présente, par groupe d'âges, la répartition des femmes en union selon le nombre
d'enfants qu'elles avaient au moment où elles ont utilisé la contraception pour la première fois. Seulement
1% des femmes ont commencé à utiliser la contraception lorsqn'elles n'avaient pas d'enfant, c'est-à-dire pour
retarder la venue du premier enfant, 14 % ont commencé alors qu'elles étaient à des parités relativement
faibles (1 à 3 enfants) et 5 % ont commencé à des parités élevées (4 et plus), certainement pour limiter leur
descendance.

Tableau 4.7 Nombre d'enfants à la première utilisation de la eontraceotion

R6partition (en %) des femmes nou-ctlibataires par nombre d'enfants vivants lors de la première utilisation de la
contraception, selon l'âge actuel, EDS-II Niger 1998

Jamais Nombred'enfantsà la première


utilisé utilisation de la contraception Effectif
Groupe la contra- de
d'figes ception 0 1 2 3 4+ ND Total femmes Médiane
15-19 88,7 1,2 8,7 1,3 0,1 0,0 0,0 I00,0 1 062 0,5
20-24 76,5 1,4 13,4 5,8 2,4 0,4 0,I 100,0 1 212 0,8
25-29 76,1 1,0 8,7 6,1 4,0 3,9 0,3 100,0 1 203 1,3
30-34 73,3 0,5 8,1 5,1 4,1 8,7 0,1 100,0 1 080 1,9
35-39 77,2 0,7 3,8 4,2 3,3 10,9 0,0 100,0 956 2,8
40-44 82,5 0,2 2,8 2,1 1,8 10,6 0,0 100,0 693 4,1
45-49 87,5 0,2 3,0 1,8 1,4 6,1 0,0 100,0 520 2,9
Ensemble 79,4 0,8 7,7 4,1 2,6 5,3 0,1 100,0 6 726 1,4

La proportion de femmes ayant utilisé la contraception alors qu'elles étaient nullipares varie très
légèrement des générations les plus anciennes (0,2 % à 45 49 ans) aux générations les plus jeunes (1% à 15-
29 ans). Pour les femmes qui ont commencé à pratiquer la contraception après la naissance du premier
enfant, les proportions passent de 3 % à 40-49 ans à 13 % à 20-24 ans. De même, on remarque que le nombre
médian d'enfants à la première utilisation passe de 4,1 pour les femmes âgées de 40-44 ans à 0,5 pour celles
de 15-19 ans. Ces résultats suggèrent qu'un changement de comportement se dessine, les jeunes générations
ayant plus tendance que les anciennes à retarder la venue du premier enfant et/ou à commencer à espacer
leurs naissances dès les premières parités.

4.5 C O N N A I S S A N C E DE LA P É R I O D E F É C O N D E

L'efficacité de l'utilisation de certaines méthodes de contraception, en particulier de la continence


périodique, dépend de la connaissance exacte de la période de fécondabilité au cours du cycle menstmel.
Pour mesurer le niveau de connaissance des femmes, on leur a demandé si elles pensaient, qu'au cours du
cycle, il existait une période pendant laquelle elles avaient plus de chance de tomber enceinte et, si oui, à
quel moment du cycle se situait cette période. Compte tenu des très nombreuses nuances que peuvent
comporter les réponses à cette dernière question, on a essayé de regrouper les réponses en trois grandes
catégories (tableau 4.8) :

76
• connaissance « milieu du cycle »;

connaissance douteuse « juste après la fin des règles », « juste avant le début des règles ».
Ces réponses sont trop vagues pour pouvoir ëtre considérées comme exactes mais, selon
l'idée que se font les femmes du « juste après » et du « juste avant », elles peuvent
correspondre à la période de fécondabilité;

• méconnaissance « pendant les règles », « n'importe quand », « autre » ou « ne sait pas ».

Seulement 1 1 % des femmes enquêtées connaissent avec


Tableau 4.8 Connaissance de la oériode
exactitude la période féconde d'une femme. À l'opposé, 89 % n'ont féconde
pas de connaissance précise sur l'existence d'une période particulière
ou ne savent pas situer correctement cette période : 28 % des Répartition (en %) des femmes selon
femmes ont une connaissance douteuse et 6 1 % des enquêtées ne leur connaissance de la p6riode f6conde
au cours du cycle menstruel, EDS-II
savent pas du tout à quelle période une femme a le plus de chance de Niger 1998
tomber enceinte. Au Niger, malgré la faible proportion d'utilisatrices
de la continence périodique, une éducation des femmes pour Connaissance Ensemble
améliorer la connaissance de leur cycle s'avère nécessaire car la de la période des
pratique de la continence périodique risque fort d'être vonée à féconde femmes
l'échec pour ces femmes qui ne l'utilisent pas correctement. Connaissance
Au milieudu cycle 10,5
4.6 C O N N A I S S A N C E DES E F F E T S D E
Connaissance douteuse
L'ALLAITEMENT Juste après les règles 23,4
Juste avant les règles 4,3
La connaissance de l'effet de l'allaitement maternel sur le
Ne eonnait pas
risque de tomber enceinte est importante car celui-ci, pratiqué Pendant les règles 0,5
correctement en fréquence et en durée, prolonge la période À n'importe quel moment 19,1
d'aménorrhée et a donc un impact sur le niveau de la fécondité. Autre 0,1
Ne sait pas 41,6
Cependant, pour être efficace, l'utilisation de l'allaitement comme
méthode de contraception (Méthode de l'Aménorrhée Lactaire) Non déclaré 0,4
dépend de plusieurs critères : la femme doit effectivement être en
Total 100,0
aménorrhée post-partum (pas de règles depuis la dernière naissance), Effectif de femmes 7 577
elle doit exclusivement, ou presque, allaiter un enfant âgé de moins
de 6 mois. Si un seul de ces critères n'est pas rempli, le risque de
tomber enceinte augmente considérablement.

Dans le cadre de I'EDSN-II, on a demandé aux femmes si elles pensaient que l'allaltement influence
le risque de tomber enceinte. En cas de réponse positive, on demandait alors aux femmes si, d'après elles,
l'allaltement augmente ou diminue le risque de grossesse et enfin, si elles avaient déjà compté sur
l'allaitement pour éviter une grossesse.

On constate qu'au Niger, la connaissance des effets de rallaltement sur le risque de concevoir n'est
pas très élevée (tableau 4.9). En effet, près des trois quarts des femmes (71%) pensent que le fait d'allaiter
un enfant ne joue pas sur le risque de tomber enceinte, 7 % pensent que cela raccroC, 7 % n'ont pu se
prononcer, 8 % pensent que cela dépend de la façon dont il est pratiqué et, enfin, seulement 7 % des femmes
pensent qu'allaiter un enfant diminue le risque de tomber enceinte. Les femmes de Niamey (12 %), du
département de Dosso (20 %) et celles ayant un niveau au moins secondaire (16 %) sont celles qui
connaissent le mieux les effets de r aUaitement sur le risque de concevoir.

77
Tableau 4.9 Effet contraceotif de l'allaitement

Répartition (en %) des femmes actuellement en union selon leur perception du rôle de l'aUaitement sur le risque de tomber
enceinte, pourcentages de femmes actuellement en union qui ont dœeejàcompté et de celles qui comptent actuellement sur
l'allaitement pour 6viter de tomber enceinte, et pourcentage de celles qui répondent aux critères de la méthode de
l'aménorrhée lactaire, selon certaines earactédstiques socio-démographiques, EDS-II Niger 1998

Risque de grossesse et allaitement


Allaite-
ment Allaite- A déjà Utilise Répond
n'a pas Allaite- ment u61isé actuellement aux
d'effet ment aug- diminue l'allaite- l'allaite- critères
surin mentale lerisque mentpour mentpour dal'ara~- Effectif
risque de risque de de Cela éviter une éviter une norrhée de
Caraetéfistique grossesse grossesse grossesse dépend NSP Total grossesse grossesse lactaireI femmes
Groupe d'figes
15-19 59,1 6,8 3,9 6,1 24,1 100,0 1,9 1,4 8,1 1 027
20-24 70,2 6,6 7,1 9,5 6,9 100,0 5,4 3,5 9,8 1 160
25-29 70,6 7,7 9,9 8,2 3,6 100,0 8,1 5,I 8,6 1 148
30-34 73,7 7,4 7,8 8,1 2,9 100,0 6,3 4,0 6,1 1 025
35-39 73,3 6,6 8,9 7,0 4,2 100,0 8,2 4.9 4,0 916
40-44 75.1 5,2 7,4 8,4 3,8 100,0 9,4 4,0 1.9 641
45-49 77,5 8,3 5,1 6,4 2,7 100,0 6,0 3,0 0,5 463
Mnleu de résidence
Niamey 70,2 6,2 11,5 8.5 3,5 100,0 12,1 6,2 2,3 349
Autres villes 66,1 7,7 10,6 8,0 7,6 100,0 6,2 2,6 6,6 637
Ensemble urbain 67,5 7,2 10,9 8,2 6,1 100,0 8,2 4,0 5,1 986
Rural 71,0 6,9 6,7 7,7 7,6 100,0 6,0 3,7 6,6 5 396
Région
Niamay 70,2 6,2 11,5 8,5 3,5 100,0 12,1 6,2 2,3 349
Dosso 59,8 1,4 19,6 12,8 6,4 100,0 20,3 10,2 4,2 818
Maradi 74,0 10,0 3,0 5,2 7,6 100,0 2,8 1,8 8,5 1 451
Tahoua/Agadez 66,1 14,2 4,2 8,7 6,8 100,0 3,0 2,0 9,6 1 226
Tillabesi 78,2 3,0 2,4 10,3 6,1 100,0 7,2 5,1 3,0 1 029
Zindes/Diffa 71,4 3,9 9,8 5,0 9,9 I00,0 2,8 2,0 6,3 1 509
Niveau d'instruction
Aucun 70,7 7,0 7,1 7,7 7,6 100,0 6,3 3,8 6,4 5 695
Primaire 69,5 7,3 7,8 I0,1 5,4 100,0 6,3 3,6 5,9 519
Secondaire ou plus 66,8 5,3 15,8 6,1 5,9 100,0 7,6 3,7 8,7 167
Ensemble 70,5 6,9 7,4 7,8 7,4 100,0 6,3 3,7 6,4 6 382

1 La moereallaite exclusivement ou allaite en donnant seulement de l'eau en plus du sein; l'enfant est âgé de moins de 6 mois; la
mère est en période d'aménorrhée.

Moins d'une femme sur quinze (6 %) a déjà compté sur l'allaitement pour éviter une grossesse et,
au moment de l'enquête, seulement 4 % des femmes utilisaient cette méthode pour retarder leur prochaine
grossesse. En fait, au moment de l'enquête, 6 % des femmes en union répondaient effectivement aux critères
de la méthode de l'aménorrhée lactaire, c'est-à-dire qu'elles étaient en aménorrhée post-partum et qu'elles
avaient un enfant de moins de 6 mois qu'elles allaitaient, exclusivement ou avec seulement de l'eau en
complément.

4.7 SOURCE D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION

Pour évaluer la contribution des secteurs public et privé dans la distribution ou la vente des
différentes méthodes de contraception, on a demandé aux utilisatrices d'indiquer l'endroit où elles obtiennent
leur méthode. Le tableau 4.10 indique qu'au Niger, le secteur médical public est le secteur privilégié
d'approvisionnement en méthodes contraceptives. La majorité des femmes utilisatrices de la contraception

78
Tableau 4.10 Source d'anerovisionnement en contraceotifs modernes

Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives


modernes par source d'approvisionnement la plus récente, selon les méthodes
spécifiques, EDS-II Niger 1998

Source
d'approvisiormemcnt Pilule Injection Ensemble I

Secteur publie 79,8 96,5 83,6


Hôpital 0,8 3,2 3,0
Centre de sant6 intégré 56,4 75,6 59,6
Maternité 16,0 14,7 15,4
Case de santé 3,2 1,1 2,2
Consultations foraines 0,5 0,0 0,3
Autre 2,8 2,0 3,1

Secteur médical privé 12~3 2,8 9,1


Clinique 6,1 2,8 4,7
Pharmacie 5,9 0,0 4,0
Agent de sant6 0,3 0,0 0,2
Autre 0,0 0,0 0,2

Autre secteur privé 8,0 "0,8 6,9


Pharmacie par terre 6,4 0,0 4,0
Amis/Parents 0,9 0,0 1,3
Autre 0,6 0,8 1,7

Total 100,0 100,0 100,0


Effectif 197 I02 334

1 y compris, 10 utilisatrices du DIU, 5 de m6thodes vaginales, 11 utilisatrices


du condom, 10 de la stérilisation féminine et 1 utilisatfice du Norplant.

moderne ont, en effet, recours au secteur public pour obtenir leur méthode (84 %). Pour obtenir la pilule et
les injections, les femmes s'adressent principalement aux centres de santé intégrés (respectivement 56 % et
76 %). Le secteur médical privé ravitaille environ un peu plus d'un dixième des utilisatrices (9 %) : il s'agit
principalement des cliniques privées (5 %) et des pharmacies (4 %) qui approvisionnent environ 6 % des
utilisatrices de la pilule. Enfin, le secteur informel comprenant pharmacie par terre/boutiques/parents sert
à l'approvisionnement de 7 % des utilisatrices.

4.8 UTILISATION FUTURE LA CONTRACEPTION

On a demandé aux femmes et aux hommes qui n'utilisaient pas la contraception au moment de
l'enquête, s'ils avaient l'intention d'utiliser une méthode dans l'avenir. Le tableau 4.11, illustré par le
graphique 4.6, fournit la distribution des femmes et des hommes en union selon l'intention d'utiliser une
méthode de contraception dans le futur.

Près des deux tiers des femmes en union (64 %) qui n'utilisaient pas une méthode contraceptive au
moment de l'enquête, n'ont pas l'intention de le faire dans l'avenir. Par contre, près d'un tiers d'entre elles
(29 %) a l'intention d'utiliser la contraception dans le futur, la majorité (22 %) ayant l'intention de le faire
dans un avenir très proche (dans les 12 mois suivant l'interview). Par ailleurs, on constate que la proportion
des femmes qui déclarent avoir l'intention d'utiliser une méthode de planification familiale augmente avec
la paritê : de 25 % chez les nullipares à 36 % chez celles ayant un enfant. Cette intention diminue par la suite,
les proportions étant de 33 % pour les femmes qui ont 2 enfants et 27 % pour celles ayant, au moins, 4

79
Tableau 4.11 Utilisation future de la contraceotion

Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union n'utilisant pas actuellement une méthode
contraceptive, par intention d'utiliser une méthode dans l'avenir, selon le nombre d'enfants vivants (pour les
femmes), EDS-II Niger 1998

Femmes
Imention Nombre d'enfants vivants~ Ensemble
d'utiliser des
dans le futur 0 1 2 3 4 ou + Ensemble hommes
Intention d'utiliser dans
les 12 prochains mois 13,2 27,4 25,8 22,2 21,0 22,2 18,3
Intention d'utiliser plus tard 9,7 7,9 5,9 6,0 4,8 6,2 12,9
Intention NSP quand 1,6 0,5 1,4 0,6 0,7 0,9 2,8

N'est pas sflr(e) d'utiliser 11,1 8,7 8,7 5,1 5,4 7,1 12,5

N'a pas l'intention d'utiliser 64,3 55,3 58,3 66,1 67,9 63,5 53,1

ND 0,1 0,3 0,0 0,0 0,2 0,1 0,4

Total 100,0 I00,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0

Effectif 625 1 028 965 849 2 391 5 858 2 032

1 y compris la grossesse actuelle.

Graphique 4.6
Intention d'utiliser la contraception par les femmes
et les hommes actuellement en union

A l'intention A l'intention
29% 34%

NSP
7%

NSP
13%

Pas Pas
]ntenUon Intention
64% 53%
Femmes Hommes

EDSN-II"}998

80
enfants. On pourrait voir là un effet de génération, les femmes à faibles parités étant, en général, les plus
jeunes et les plus désireuses de limiter ou de retarder leurs naissances.

Parmi les hommes qui n'utilisent pas la contraception, plus de la moitié (53 %), n'ont pas l'intention
d'utiliser une méthode dans l'avenir. Un peu plus d'un tiers des hommes (34 %) a manifesté son intention
de la pratiquer, dont près de la moitié (18 %) dans un avenir proche.

Par ailleurs, on a demandé aux femmes qui utilisaient la contraception ou qui avaient l'intention de
l'utiliser si elles avaient eu ou auront à demander l'autorisation à leur conjoint pour le faire. Les Nigériennes
ne sont plus tenues de demander cette autorisation depuis la promulgation, en 1988, d'une loi leur facilitant
l'accès à la planification familiale. Cependant, les résultats du tableau 4.12 montrent que 60 % des
utilisatrices actuelles ont demandé 1' accord de leur mati avant d'utiliser une méthode et, en particulier, 71%
des utilisatrices de contraception moderne. Parmi celles qui ont l'intention de l'utiliser, 85 % pensent
qu'elles auront à demander de l'accord de leur conjoint avant de le faire. Ceci prouve, d'une part, que les
femmes ont une forte méconnaissance de leurs droits et que, d'autre part, les décisions les impliquant ne
peuvent toujours pas se prendre, sans l'accord du mari.

Tableau 4.12 Demande d'autorisation d'utilisation de la contraception

Répartition (en %) des femmes actuellementutilisatrices d'une méthode et répartition (en %) des femmes qui ont l'intention d'utiliser
une méthode selon qu'elles ont eu ou auront à demander autorisation à leur conjoint ou qu'elles ont pris ou prendront la décision
seule, par type de méthode qu'elles utilisent ou ont l'intention d'utiliser, EDS-II Niger 1998

Utilsatrices Intention d'utiliser

Autorisation pour utiliser la PF Autorisation pour utiliser la PF

Ont Ont Demande- Prendront


demandé pris font la
autori- décision Autre/ autori- décision
Type de méthode sation seules ND Total Effectif sation s e u l e s NSP/ND Total Effectif

Méthode moderne 70,9 23,9 5,2 100,0 334 85,6 13,8 0,6 100,0 1 473
Méthode traditionnelle 45,8 42,7 11,4 100,0 242 83,4 15,4 1,2 100,0 209
NSP/ND 0 84,4 13,1 2,6 100.0 158

Ensemble 60,4 31,8 7,8 100,0 576 85,2 13,9 0,9 100,0 1 840

Aux femmes et aux hommes non utilisateurs de la contraception et qui ont déclaré ne pas avoir
l'intention de l'utiliser dans l'avenir, on a demandé quelle en était la raison. Les données du tableau 4.13
indiquent que, quel que soit l'âge, le désir d'avoir des enfants est la raison la plus fréquemment évoquée par
les femmes (33 %), suivie de raisons relatives à la non connaissance d'une source ou d'une méthode
(respectivement, 8 % et 7 %). Pour une femme sur dix, le fait d'être en aménorrhée post-partum ou d'allaiter
leur enfant constitue la raison de non-utilisation. Dans 6 % des cas, les femmes se sont déclarées opposées
à l'utilisation d'une méthode et, dans 3 % des cas, elles ont déclaré que leur conjoint y était opposé. Les
raisons invoquées par les jeunes femmes et celles de 30 ans et plus diffèrent assez peu sauf, bien entendu,
dans le cas des raisons relatives à la stérilité, à la ménopause qui sont citées par moins de 1 % des femmes
de moins de 30 ans et 16 % de celles de 30 ans ou plus. Corrélativement, le désir d'avoir des enfants est cité
plus fréquemment par les jeunes femmes que par les femmes plus âgées (41% contre 27 %).

81
Tableau 4.13 Raison de non-utilisation de la contracention

Répartition (en %) des femmes et des hommes en union n'utilisant pas actuellement une méthode
contraceptive et n'ayant pas l'intention d'en utiliser une dans l'avenir, selon la principale raison pour
laquelle elles/ils n'ont pas l'intention d'utiliser la contraception, selon l'âge, I~DS-II Niger 1998

Femmes Hommes

Raison de Âge Tous Âge Tous


non-utilisation les les
de la contraception 15-29 30-49 âges 15-29 30-5Ç âges
Veut des enfants 40,8 27,4 33,2 47,8 33,3 36,5
Ne connaît aucune méthode 9,7 5,7 7,4 3,7 2,2 2,5
Ne connaît aucune source 10,6 5,7 7,8 6,3 3,3 3,9
Pas accessible/Trop loin 3,2 1,6 2,3 1,3 0,9 1,0
Trop chère 0,4 0,2 0,3 0,0 0,0 0,0
Rapports sexuels peu fr6quents 0,9 1,3 1,1 0,0 1,0 0,8
Ménopaus6e/hyst6rectomie 0,0 11,6 6,6 0,0 8,3 6,5
Sous-féconde/st6rile 0,6 4,1 2,6 0,0 2,7 2,1
Peur des effets secondaires 1,6 1,4 1,5 0,4 0,5 0,4
Problèmes pour la sant6 0,7 1,9 1,4 1,0 0,8 0,9
Enquêté(e) oppos6(e) 6,1 5,7 5,9 10,4 5,8 6,8
Mari/conjoint oppos6(e) 4,4 2,5 3,3 0,0 0,2 0,2
Autres personnes opposées 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Interdits religieux 2,8 3,8 3,4 13,7 18,4 17,4
Post-partum/allaitment 7,5 11,0 9,5 2,2 3,7 3,3
Pas pratique à utiliser 0,4 0,3 0,3 0,0 0,7 0,6
Interfère avec le corps 4,2 6,5 5,5 8,8 9,3 9,2
Autres 5,1 9,0 7,3 3,3 7,7 6,7
Ne sait pas 0,9 0,2 0,5 0,9 1,2 1,3
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Effectif 1 611 2 108 3 718 236 843 1 079

Chez les hommes aussi, le désir d'enfants est la raison de non utilisation de la contraception la plus
fréquemment citée (37 %). Par ailleurs, 17 % d'hommes ont cité des interdits liés à la religion, alors que 3 %
seulement des femmes les avaient mentionnés. Cette restriction liée à la religion est mentionnée plus
fréquemment par les hommes de 30 ans et plus que par les hommes plus jeunes (18 % contrel4 %). Enfin,
l'opposition personnelle est une raison citée par 7 % des hommes, et le manque de connaissance d'une source
• d'approvisionnement ou d'une méthode par 6 % d'entre eux.

Pour évaluer la demande potentielle des différents types de méthodes contraceptives, on a demandé
aux femmes en union ayant l'intention d'utiliser la contraception dans l'avenir, de spécifier la méthode de leur
choix. Il ressort des données du tableau 4.14 que les méthodes modernes sont les plus fréquemment citées
(80 %), avec notamment 49 % pour la pilule et 29 % pour les injections; les autres m&hodes, y compris le
DIU, ne sont que très peu citées ( 1 % au maximum). Enfin, 12 % des femmes déclarent avoir l'intention
d'utiliser une méthode populaire. Il est intéressant de noter que les méthodes choisies pour être utilisées dans
le futur sont pratiquement les mêmes que celles qui sont utilisées actuellement.

82
Tableau 4.14 MéthodecontracantiveDréféréeneuf une utilisationfuture
Répartition(en %) des femmesactuellementen union n'utilisantpas
actuellementune méthodecontraceptivemais ayant l'intentiond'en utiliser
une dans l'avenir, par méthodepréf&é.e,selon l'intentionde l'utiliser dans les
12 prochainsmois ou plus tard, EDS-II Niger 1998
Intention d'utiliser
Dans
Méthode les 12
contraceptive prochains Après NSP
préférée mois 12 mois quand Ensemble
Pilule 48,5 47,8 50,5 48,5
DIU 1,5 1,0 2,5 1,4
Injection 29,0 27,5 30,3 28,7
Condom 0,2 0,0 0,0 0,2
Autre moderne 0,8 0,2 0,0 0,7
Continencepédodique 0,1 0,0 0,0 0,I
Retrait 0,1 0,0 0,0 0,1
Méthode populaire 10,8 14,7 7,7 11,5
ND 8,9 8,8 9,1 8,9
Total 100,0 100,0 100,0 100,0
Effectif de femmes 1 302 363 50 1 715

4.9 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION

Les média peuvent se révéler très utiles en tant que support pour la diffusion d'informations sur la
planification familiale en général, ainsi que pour la connaissance des diff&entes méthodes de contraception.
Pour cette raison, on a demandé à l'ensemble des femmes et des hommes si elles/ils avaient entendu un
message quelconque sur la planification familiale à la radio ou à la télévision durant le mois ayant précédé
l'enquête. Les résultats du tableau 4.15 permettent de constater que, durant le mois précédant l'enquête, les
plus des deux tiers des femmes (69 %) et plus d'un tiers des hommes (36 %) n'ont entendu aucun message,
ni à la radio, ni à la télévision. Les hommes ont plus souvent entendu un message à la radio et à la télévision
que les femmes (29 % contre 1 1 % ) . De même, si on considère uniquement la radio comme source
d'information, on constate que les proportions d'hommes ayant entendu un message sont plus élevées que
celles des femmes (20 % pour les femmes contre 34 % pour les hommes). Par contre, seulement 1 % des
femmes et des hommes à déclaré avoir entendu un message sur la planification familiale à la télévision au
cours du mois précédant l'enquête. Rappelons ici que 25 % des femmes interrogées et 4 1 % des hommes ont
déclaré regarder la télévision, au moins, une fois par semaine et que 54 % des femmes et 8 1 % des hommes
ont déclaré écouter la radio, au moins une fois par jour (voir Chapitre 2 - Section 2.2.3 - Accès aux média).

Comme on pouvait s'y attendre, les résultats mettent en évidence des disparités importantes selon
les caractéristiques des femmes : les trois quarts des femmes du milieu rural n'ont entendu aucun message
(76 %); il en est de même pour celles n'ayant jamais fréquenté l'école (73 %). Corrélativement, les femmes
du milieu urbain, et les femmes les plus instruites sont celles qui ont le plus fréquemment accès à
l'information, par la radio et la télévision (respectivement 38 % et 49 %). Néanmoins, même parmi les
femmes de Niamey et celles de niveau secondaire, un pourcentage relativement élevé n'avait entendu aucun
message (respectivement, 46 % et 32 %). Par comparaison à celles des femmes, les proportions d ' h o m m e s
ayant entendu un message sur la planification familiale, quel qu'en soit la source, sont plus élevées (64 %
contre 3 1 % ) .

83
Tableau 4.15 Messages sur la elanification familiale diffusés à la radio et à la télévision
Répartition (en %) des femmes et des hommes selon qu'ils ont entendu ou non un message diffusé par
la radio ou la télévision sur la planification familiale dans le mois précédant l'enquête, selon certaines
caractéristiques socio-démographiques, EDS-II Niger 1998
Message sur la planification familiale
À la radio
et la A la radio À la télé.
Caractéristique télé. seulement seulement Aucun Total Effectif
FEMMES
Milieu de résidence
Niamey 34,4 15,5 4,1 46,0 100,0 648
Autres villes 40,7 21,3 2,5 35,6 100,0 895
Ensemble urbain 38,1 18,8 3,1 39,9 100,0 1 543
Rural 3,4 19,9 0,2 76,4 100,0 6 034
Région
Niamey 34,4 15,5 4,1 46,0 100,0 648
Dosso 10,0 20,3 1,2 68,6 I00,0 964
Maradi 8,0 21,8 0,3 69,9 100,0 1 568
Tahoua/Agadez 9,6 22,3 0,6 67,5 100,0 1 497
Tillaberi 5,6 20,0 0,4 74,0 100,0 1 266
Zinder/Diffa 8,i 16,5 0,2 75,1 I00,0 1 633
Niveau d'instruction
Aucun 6,4 19,9 0,5 73,1 100,0 6422
Palmaire 24,5 20,2 1,7 53,7 100,0 753
Secondaire ou plus 48,8 15,4 3,5 32,3 i00,0 402
Ensemble des femmes 10,5 19,7 0,8 69,0 100,0 7 577
HOMMES
Milieu de résidence
Niamey 62,7 11,8 3,2 22,4 100,0 396
Autres villes 49,8 20,9 5,2 24,1 100,0 442
Ensemble urbain 55,9 I6,6 4,2 23,3 100,0 838
Rural 20,2 39,0 0,4 40,4 100,0 2 704
Région
Niamey 62,7 11,8 3,2 22,4 100,0 396
Dosso 26,9 33,7 1,2 38,3 100,0 463
Maradi 27,8 30,8 0,6 40,9 I00,0 754
Tahoua/Agadez 33,2 38,3 2,5 26,1 100,0 587
TiUaberi 24,9 40,1 0,2 34,7 100,0 521
Zinder/Diffa 13,2 39,6 1,0 46,2 100,0 822
Niveau d'instruction
Aucun 21,3 37,8 0,8 40,1 100,0 2517
Primaire 33,8 30,0 1,7 34,5 100,0 566
Secondaire ou plus 62,5 15,8 3,9 17,8 100,0 459
Ensemble des hommes 28,6 33,7 1,3 36,4 100,0 3 542

Par ailleurs, il n'est pas étonnant de constater que, le mois précédant l'enquête, la quasi- totalité des
femmes (90 %) n'a reçu aucun message écrit sur la planification familiale par le biais des journaux, affiches,
magazines ou brochures (tableau 4.16). La lecture des journaux étant généralement liée au niveau
d'instruction (rappelons que 85 % des femmes de 15-49 ans ne sont jamais allées à l'école), il n'est pas
surprenant de constater que, pratiquement, seules les femmes ayant un niveau d'études secondaire ont accès
à une information écrite; ceci dit, il faut noter que même parmi les femmes les plus instrnites, seules une sur
deux a déclaré avoir reçu un message par le biais de journaux ou magazines (52 %). À Niamey, 3 1 % des
femmes ont eu accès à une information écrite. Notons que parmi les sources écrites, les affiches, avec 9 %,
sont les sources dominantes.

84
Tableau 4.16 Messages nar écrit sur la vlanification familiale

Rêpartition (en %) des femmes selon qu'elles ont reçu, ou non, un message par écrit sur la
planification familiale dans le mois précédant l'enquête, selon certaines earactéristiques
socio-démographiques, EDS-II Niger 1998

Message sur la
planification familiale
Une de Journaux/ Prospectus/
Caract6ristique sources Magazines Affiches Brochures Effectif

Groupe d'âges
15-19 8,5 1,9 7,6 1,9 1 714
20-24 11,5 3,8 10,0 3,0 1 364
25-29 12,6 2,9 11,6 3,0 1 236
30-34 9,7 3,2 8,5 2,5 1 092
35-39 8,8 1,9 8,3 1,5 956
40-44 7,7 1,0 7,3 1,4 695
45-49 6,5 1,3 5,6 0,8 521
Milieu de résidence
Niamey 3 1,2 13,5 28,6 9,7 648
Autres villes 25,4 7,7 20,9 5,6 895
Ensemble urbain 27,8 10,1 24,1 7,3 1 543
Rural 5,1 0,5 4,8 0,9 6 034
Région
Niamey 31,2 13,5 28,6 9,7 648
Dosso 10,1 2,3 9,2 0,9 964
Maradi 5,6 0,8 5,2 1,4 1 568
Tahoua/Agadez 10,4 1,2 8,8 2,3 1 497
Tillaberi 4,2 1,4 3,4 0,9 1 266
Zinder/Diffa 8,5 1,7 8,0 1,7 1 633
Niveau d'instruction
Aucun 5,9 0,4 5,5 0,9 6 422
Primaire 20,1 6,3 17,8 4,7 753
Secondaire ou plus 51,7 28,9 42,6 18,2 402
Ensemble 9,7 2,5 8,7 2,2 7 577

4.10 OPINIONS ET ATTITUDES VIS-À-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE

Les opinions et attitudes des femmes vis-à-vis de la planification familiale constituent un élément
décisif pour la pratique de la contraception. L'EDSN-II s'est donc penchée sur les opinions et les attitudes
des femmes concernant la planification familiale, ainsi que sur celles de leur conjoint, tant il est Vrai qu'en
la matière, le rôle joué par l'époux peut influencer grandement la décision de la femme. Les questions ont
donc porté sur

l'opinion des femmes et des hommes sur la diffusion d'informations relatives à la


contraception;

• la discussion éventuelle sur la contraception avec le conjoint;

• l'opinion des couples face à la planification familiale.

Les trois quarts des femmes (75 %) sont favorables à l'utilisation des média pour la diffusion
d'informations relatives à la contraception, 9 % la désapprouvent et 16 % n'ont pas d'opinion à ce sujet
(tableau 4.17). Quant aux hommes, 72 % rappronvent contre 15 % qui y sont défavorables.

85
Tableau 4.17 Anerobation de l'utilisation de la radio et de la tél6vision dans la diffusion
de messatzes sur la olanifieation familiale
R6partition (en %) des femmes et des hommes selon qu'elles/ils approuveot ou non la
diffusion de messages sur la planification familiale à la radio ou à la t61évision, selon
l'âge et certaines earactéristiques socio-démographiques (pour les femmes), EDS-II Niger
1998
Désappro- Appro- Ne sait
Caractéristique bation bation pas Total Effectif
FEMMES
Groupe d'âges
15-19 10,4 69,7 19,9 100,0 1 714
20-24 8,9 77,9 13,1 100,0 1 364
25-29 8,4 77,7 13,9 100,0 1 236
30-34 8,2 78,4 13,4 100,0 1 092
35-39 10,0 75,2 14,8 100,0 956
40-44 10,8 71,1 18,2 100,0 695
45-49 9,7 69,9 20,4 100,0 521
Milieu de résidence
Niamey 7,5 86,2 6,3 100,0 648
Autres villes 7,0 85,7 7,2 100,0 895
Ensemble urbain 7,2 85,9 6,8 100,0 t 543
Rural 10,0 71,7 18,3 100,0 6 034
Région
Niamey 7,5 86,2 6,3 100,0 648
Dosso 4,4 89,2 6,3 100,0 964
Maradi 12,9 76,8 10,3 100,0 1 568
Tahoua/Agadez 10,5 73,7 15,8 100,0 1 497
Tillaberi 9,4 70,4 20,2 100,0 1 266
Zinder/Diffa 8,8 63,2 28,0 100,0 1 633
Niveau d'instruction
Aucun 9,8 72,4 17,8 100,0 6 422
Primaire 6,8 85,2 8,0 100,0 753
Secondaire ou plus 7,7 89,7 2,6 100,0 402
Ensemble des femmes 9,4 74,6 16,0 100,0 7 577
HOMMES
Groupe d'figes
15-19 14,1 64,0 21,9 100,0 759
20-24 13,2 77,0 9,8 100,0 501
25-29 13,6 79,6 6,8 I00,0 452
30-34 13,0 80,4 6,6 100,0 379
35-39 18,9 72,4 8,7 100,0 414
40-44 15,0 72,3 12,7 100,0 345
45-49 17,6 68,6 13,8 100,0 293
50-54 19,0 66,4 14,6 100,0 232
55-59 19,0 59,7 21,2 100,0 167
Milieu de résidence
Niamey 11,1 82,8 6,1 100,0 396
Autres villes 13,8 79,3 6,9 100,0 442
Ensemble urbain 12,5 80,9 6,6 100,0 838
Rural 16,2 68,9 15,0 100,0 2 704
Région
Niamey 11,1 82,8 6,1 100,0 396
Dosso 6,6 87,8 5,6 100,0 463
Maradi 18,1 64,8 17,1 100,0 754
Tahoua/Agadez 14,0 75,8 10,2 100,0 587
Tillaberi 6,3 84,7 9,0 100,0 521
Zinder/Diffa 26,2 52,5 21,2 100,0 822
Niveau d'instruction
Aucun 17,2 67,0 15,8 100,0 2 517
Primaire 12,2 77,8 10,0 100,0 566
Secondaire ou plus 8,5 90,3 1,2 100,0 459
Ensemble des hommes 15,3 71,7 13,0 100,0 3 542

86
L' opinion sur l'utilisation des média pour la diffusion de messages sur la planification familiale varie
selon les caractéristiques socio-démographiques. Tout d'abord, on remarque que quelle que soit la variable,
le taux d'approbation dépasse 60 % et atteint même 86 % chez femmes urbaines et 90 % chez les femmes
les plus instruites. Chez les hommes, on constate les mêmes vatiations.

Par ailleurs, il ressort des résultats présentés au tableau 4.18, que les deux tiers des femmes en union
et connaissant une méthode contraceptive (69 %), n'ont jamais discuté de planification familiale avec leur
conjoint au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête. Un peu moins d'une femme sur trois (31%) a déclaré
avoir abordé le sujet avec leur conjoint: 18 % en ont discuté une ou deux fois seulement tandis que les autres
(13 %) en ont parlé plus souvent au cours des douze derniers mois.

Tableau 4.18 Discussion de la planificationfamiliale avec le conioint

R6partition (en %) des femmes actuellement en union connaissant une


méthode contraceptive par nombre de fois qu'elles ont discut6 de la
planification fanfflialeavec leur conjoint au cours de l'année ayant précéd6
l'enquête, selon l'âge actuel, EDS-II Niger 1998

Nombre de discussions sur


la planificationfamiliale
Effectif
Une ou Trois fois de
Groupe d'âges Jamais deuxfois ou plus Total femmes

15-19 74,9 16,5 8,6 100,0 732


20-24 66,2 19,8 13,9 100,0 928
25-29 64,2 18,7 17,0 100,0 967
30-34 65,5 18,1 16,4 100,0 854
35-39 68,6 19,9 11,5 100,0 765
40-44 76,7 14,7 8,3 100,0 511
45-49 78,5 14,1 7,4 100,0 366

Ensemble 69,2 17,9 12,8 I00,0 5 124

Selon l'âge, on remarque que les jeunes femmes de 15-19 ans et les femmes âgées de 40-49 ans sont,
proportionnellement, les plus nombreuses à n'avoir jamais discuté de la planification familiale avec leur
partenaire (respectivement 75 % et 77 %). Les femmes qui en ont discuté le plus souvent sont celles de 20-39
ans (environ 34 %). Ainsi, les femmes et les hommes qui semblent avoir des attitudes et comportements
assez différents en matière de planification familiale abordent assez peu souvent cette question au cours de
leurs discussions.

Lors de l'enquête, on a posé la question suivante aux femmes et aux hommes : « En général, est-ce
que vous approuvez ou désapprouvez les couples qui utilisent une méthode pour éviter une grossesse ? »

Cette question a permis de déterminer l'opinion des couples en matière de planification familiale
(tableau 4.19). Dans un couple sur deux (50 %), les conjoints ont la même opinion : 47 % qui approuvent
et 3 % qui désapprouvent la contraception. Les couples dans lesquels le mari et la femme sont tous les deux
instruits, sont ceux qui sont le plus fréquemment en accord pour approuver la planification familiale (75 %).

Deux couples sur dix (21%) ont une opinion différente en matière de planification familiale.
Cependant, dans la majorité des cas (13 %) c'est la femme qui approuve et son mari qui est contre, alors que
l'inverse (le mari approuve et la femmes non) n'est vrai que dans 9 % des cas.

87
Tableau 4.19 Ooinion des cout~lesface à la olanification familiale

Répartition (en %) des couples selon qu'ils approuvent ou d6sapprouvent la planification familiale, selon les caract6ristiques
différentielles du couple, EDS-II Niger 1998

La femme L'homme Pourcentage


L'homme L'homme approuve approuveet Sans de couples
Caraet6ristique et la et la femme et l'homme la femme opinion/ ayant la Effectif
différentielle femme désap- désap- désap- Non même de
du couple approuvent prouvent p r o u v e prouve déterminé Total o p i n i o n couples

Âge
Femme plus §g6e 46,4 1,9 7,8 2,3 41,7 100,0 48,3 55
Homme plus âg6 de:
0-4 ans 47,3 3,1 11,9 5,9 31,9 100,0 50,4 403
5-9 ans 48,0 2,6 14,0 7,9 27,5 100,0 50,6 872
10-14 ans 49,0 2,5 9,2 10,1 29,3 100,0 51,5 631
I5 ans ou plus 41,3 3,9 15,0 10,2 29,6 100,0 45,2 532
Niveau d'instruction
Homme et femme: aucun 41,3 3.5 13,7 9,2 32,2 I00,0 44,8 1 928
Femme instruite, homme non 58,8 3,0 9,3 5,4 23,6 100,0 61,7 148
Homme instruit, femme non 62,6 0,5 8,5 6,8 21,7 100,0 63,1 267
Homme et femme instruits 74,9 0,i 7,0 5,2 12,7 100,0 75,0 151
Ensemble 46,7 2,9 12,5 8,5 29,4 100,0 49,6 2 494

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