Correction Devoir MPSI 3 : Équation de Pell-Fermat
Correction Devoir MPSI 3 : Équation de Pell-Fermat
20
2020-2021
Devoir surveillé n◦ 4
CORRECTION
————————————————————–
x2 − dy 2 = m
où d, m ∈ N et où les inconnues x et y sont entières (on parle d’équation diophantienne dans ce cas).
√ √
Ad = Z[ d] = {a + db; a, b ∈ Z}
Piste de recherche. . .
Il faut prendre le temps de bien répondre à cette question. Elle est ouverte (on ne sait si les suites sont
croissantes ou décroissantes ou autre chose), il faut donc prendre ses responsabilités .
Quelques calculs des premiers termes semblent indiquer que ces deux suites sont croissantes.
Ensuite, pour montrer la croissance, on calcule an+1 −an et bn+1 −bn . Il faut donc commencer par démontrer
un résultat intermédiaire (et non demandé) : la positivité des deux suites. . .
an+2 = an+1 +2bn+1 = an+1 +2(an +bn ) = an+1 +2an +2bn = an+1 +2an +an+1 −an = 2an+1 +an
/1,5
a0 = 1 b0 = 0
(an ) et (bn ) vérifient a1 = 1 b1 = 1 .
∀ n ∈ N, an+2 = 2an+1 + an ∀ n ∈ N, bn+2 = 2bn+1 + bn
(b) (an ) et (bn ) sont des suites récurrentes linéaires d’ordre 2 à coefficients constants, de même
équation caractéristique :
√ √
x2 − 2x − 1 = 0 ⇐⇒ (x − 1 − 2)(x − 1 + 2) = 0
Or b0 = b1 = 1
(
1
B1 =
√
B1 √ +B2 √ =0 B1 √ +B2 √ =0 2 2
⇐⇒ ⇐⇒ −1
B1 (1 + 2) +B2 (1 − 2) = 1 B1 2 −B2 2 =1 B2 = √
2 2
/2
1 √ √ 1 √ √
Pour tout n ∈ N, an = ((1 + 2)n + (1 − 2)n ) et bn = √ ((1 + 2)n − (1 − 2)n )
2 2 2
√ √ n
(c) Comme 1 − 2 ∈] −√1, 0], alors (1 − 2)
√ → 0.
Et de même 1 + 2 > 1, donc (1 + 2)n → +∞.
Donc √ √
(1 − 2)n = o (1 + 2)n
√ √ √ √ √ √
Ainsi (1 + 2)n + (1 − 2)n ∼ (1 + 2)n et (1 + 2)n − (1 − 2)n ∼ (1 + 2)n . /1,5
√ √
an ∼ 21 (1 + 2)n et bn ∼ 1
√
2 2
(1 + 2)n .
√ √ p
ii. On suppose que d ∈ Q, et donc qu’il existe (p, q) ∈ Z × N∗ tel que d=
.
q
On a alors p2 = dq 2 , et donc 2vs (p) = vs (p2 ) = 2vs (p) = vs (d) + vs (q 2 ) = vs (d) + 2vs (q).
Ainsi vs (d) = 2(vp (s) − vq (s)). Donc vs (d) est pair.
On a une contradiction. avec la question précédente. /2
√
d est irrationnel
2. Structure algébrique de Ad .
√
(a) Pour tout a, b√ ∈ Z, a + db ∈ R, donc Ad ⊂ R.
Et 1R = 1Z + d × 0Z ∈ Ad . /0,5
Ad ⊂ R et 1 ∈ Ad
√ √
(b) Notons z1 = a1 + db1 et z2√= a2 + db2 .
Alors z1 − z2 = (a1 − a2 ) + d(b1 − b2 ) ∈ Ad /1
Pour tout z1 , z2 ∈ Ad , z1 − z2 ∈ Ad .
√ √
(c) Notons z1 = a1 + db1 et z2 = a2√+ db2 .
Alors z1 × z2 = (a1 a2 + db1 b2 ) + d(a1 b2 + a2 b1 ) ∈ Ad /1
Pour tout z1 , z2 ∈ Ad , z1 × z2 ∈ Ad .
Ad est un anneau.
3. Morphisme cd . √ √
On note pour tout z = a + nb ∈ Ad , cd (z) = a − nb et Nd (z) = z × c(z).
(a) Clairement, /0,5
pour tout z ∈ Ad , cd (z) ∈ Ad et cd (1) = 1.
√ √
(b) Notons z1 = a1 + db1 et z2 = a2 + db2 .
√ √ √ √
cd (z1 +z2 ) = cd (a1 +a2 )+ d(b1 +b2 ) = (a1 +a2 )− d(b1 +b2 ) = (a1 − db1 )+(a2 − db2 ) = cd (z1 )+cd (z2 )
Et par ailleurs :
√ √
cd (z1 × z2 ) = cd (a1 a2 + db1 b2 ) + d(a1 b2 + a2 b1 ) = (a1 a2 + db1 b2 ) − d(a1 b2 + a2 b1 )
alors que
√ √ √
cd (z1 ) × cd (z2 ) = (a1 − db1 ) × (a2 − db2 ) = (a1 a2 + db1 b2 ) − d(a1 b2 + a2 b1 )
(d) Soient z1 , z2 ∈ Ad .
Nd (z1 z2 ) = (z1 z2 )cd (z1 z2 ) = z1 × z2 × c(z1 ) × c(z2 ) Morphisme cd
= z1 cd (z1 ) × z2 cd (z2 ) Commutativé de R
= Nd (c1 ) × Nd (z2 )
/1
∀ z1 , z2 ∈ Ad , Nd (z1 × z2 ) = Nd (z1 )Nd (z2 )
4. Inverses de Ad .
(a) Supposons que z admet un inverse z 0 ∈ Ad , alors z × z 0 = 1.
Nd (1) = 1 = Nd (z × z 0 ) = Nd (z) × Nd (z 0 )
Or Nd (z), Nd (z 0 ) ∈ Z, donc Nd (z) est inversible dans Z.
Ainsi Nd (z) ∈ Z× = {−1, 1} /2
Remarques !
√
On a démontré que z est inversible dans l’anneau Z[ d] si et seulement si Nd (z) = ±1
2. Densité de A2 dans R.
√ √
(a) Soit p ∈ Z, alors p = p + 0 2 ∈ A2 . Et ( 2 − 1) ∈ A √2 .
Par récurrence, comme A2 est stable par produit,
√ ( 2 − 1)n ∈ A2 .
Et à nouveau par stabilité par produit : p( 2 − 1)n ∈ A2 /1
√
Pour tout p ∈ Z, et pour tout n ∈ N, p( 2 − 1)n ∈ A2 .
Donc
x y
√ <p< √
( 2 − 1)n ( 2 − 1)n
√
Ainsi, pour tout x < y ∈ R, il existe z(= p( 2 − 1)N ) ∈ A2 tel que x < z < y. /2,5
Ce qui assure l’existence de an , bn . L’unicité est donnée par la réponse à la question A.1.(b). /2
√
Pour tout n ∈ N, il existe un unique couple noté (an , bn ) ∈ N2 tel que ω n = an + 2bn .
(b) Notons d’abord l’équivalence :
√
(a, b) ∈ H ⇐⇒ |a2 − 2b2 | = 1 ⇐⇒ |N2 (a + 2b)| = 1
Remarques !
On aurait pu craindre que x, y ∈ Q, s’il avait fallut diviser par 2 par exemple lors de la résolution du
système. . .
Piste de recherche. . .
On a alors (1, 0) = (xn , yn ) = (ϕ−1 ◦ · · · ◦ ϕ−1 )(x0 , y0 ).
Et donc (a, b) = (x0 , y0 ) = (ϕ ◦ · · · ◦ ϕ)(1, 0) (en composant n fois par ϕ).
√
k 6 n, Pk : ω k = xn−k + 2yn−k
Notons, pour tout √
— ω 0 = 1 = xn + 2yn . Donc P0 est vraie.
— Soit k 6 n − 1. Supposons
√ que Pk est vraie.
Alors ω k = xn−k + 2yn−k . Puis par définition de la suite (xn , yn ),
Donc √
xn−(k+1) + 2yn−(k+1) = ω × ω k = ω k+1
Donc Pk+1 est vraie.
La récurrence est démontré, et en particulier pour k = n : /2
√ √
a + 2b = x0 + 2y0 = wn
Les (x, y) ∈ N2 vérifiant l’équation |x2 − 2y 2 | = 1 sont les couples (an , bn ) avec n ∈ N.
π {N2 ∩ H} = {ω n ; n ∈ N}
5. On cherche une approximation du nombre de solutions (a, b) ∈ Z2 tel que |a2 − 2b2 | = 1, ou
plutôt une certaine fréquence.
On note Rk = {(a, b) ∈ Z2 tel que |a2 − 2b2 | = 1 &|a| 6 k, |b| 6 k}
et Rk+ = {(a, b) ∈ N2 tel que |a2 − 2b2 | = 1 &a 6 k, b 6 k}.
(a) On note Rk+,− = Rk ∩(N×Z− ) = {(a, b) ∈ Z2 tel que |a2 −2b2 | = 1 &0 6 a 6 k, −k 6 b 6 0}.
De même, on définit Rk−,− et Rk−,+ .
On considère θ+,− : Rk+ → Rk+,− , (a, b) 7→ (a, −b).
Clairement si (a, b) ∈ R+ 2 2 2 2
k , alors 0 6 a 6 k, −k 6 −b 6 0 et |a − 2(−b )| = |a − 2b | = 1.
+,−
Donc θ est bien à valeurs dans Rk .
θ est bijective, l’application réciproque est (c, d) 7→ (c, −d).
Donc card(Rk+ ) = card(Rk+,− ).
Et de même : card(Rk+ ) = card(Rk−,− ) = card(Rk−,+ ).
Malheureusement, on n’a pas Rk = Rk+ ] Rk+,− ] Rk−,− ] Rk−,+
Car les ensembles ne sont pas disjoints.
En effet : Rk+ ∩ Rk+,− = {(a, b) | a2 − 2b1 = ±1, a ∈ N&b = 0} = {(1, 0)}
et Rk−,+ ∩ Rk−,− = {(a, b) | a2 − 2b1 = ±1, a 6 0&b = 0} = {(−1, 0)}.
Les autres intersections sont vides (aucune solution avec a = 0). /2
(b) On reprend
√ la notation de 3.(a).
(a0 + √2b0 ) = ω 0 = 1. Par
√ unicité d’écriture : a0 = 1 et b0 = 0.
(a1 + 2b1 ) = ω 1 = 1 + 2. Par unicité d’écriture : a0 = 1 et b0 = 1.
On sait que pour tout n ∈ N : (an+1 , bn+1 ) = ϕ(an , bn ) = (an + 2bn , an + bn ). /1
les suites (an ) et (bn ) sont les mêmes suites que celles définies en partie A.
card(Rk ) 1 ln k
∼ sk ∼ √
(2k + 1)2 ln(1 + 2) k 2
Alors
=a∈Z =b∈Z
0
√ 0
√ z }| { √ z }| { √
(x + dy )(x − dy) = (xx0 − dyy 0 ) − d (−xy 0 + x0 y) = a − db
Enfin, en multipliant ces deux nombres :
√ √ √ √
k2 = (x2 − dy√
= k × k√ 2
)((x0 )2 − d(y
√
0 2
) ) = (x√+ dy)(x − dy)(x0 + dy 0 )(x0 − dy 0 )
= (x0 − dy 0 )(x + dy)(x0 + dy 0 )(x − dy) = (x2 − dy 2 )((x0 )2 − d(y 0 )2 ) = a2 − db2
Donc k 2 = a2 − db2 .
Mais par ailleurs, en notant x0 = x + kr et y 0 = y + ks :
. /3
Donc avec u = rx + sy + 1 et v = ry − sx, on trouve u2 − dv 2 = 1.
√
2. On note Ad = {x + dy ∈ R | x, y ∈ Z et x2 − dy 2 = 1}.
(a) On pose G = Ad ∩ R∗+ .
√ √
• Soient z1 = x1 + dy1 ,z2 = x2 + dy2 ∈ G. z1 > 0, z2 > 0 =⇒ z1 z2 > 0 =⇒ z1 z2 ∈ R∗+
et z1 × z2 ∈ Ad d’après A.2.(c). Donc z1 z2 ∈ G.
• z11 > 0 =⇒ z11 ∈ R∗+ .
Et d’après A.4., comme Nd (z1 ) = 1, alors z1 est inversible dans Ad , i.e. z11 ∈ .Ad .
Donc z11 ∈ G.. /1,5
. /2
√
d
Donc H ∩ [ω, ω + 2 ] ne contient qu’un seul élément.
Sa borne inférieure est donc égale à cet élément qui est minimal. . /0,5
Donc ω ∈ H.
(d) Notons, que par stabilité de G, pour tout k ∈ N, ω k ∈ G.
Puis comme ω > 1, alors ω k > 1, également donc {ω n , n ∈ N} ⊂ H.
Et de même comme {ω n , n ∈ Z} est un groupe : . /1,5
{ω n , n ∈ Z} ⊂ G
(e) Réciproquement.
z ∈ G, alors z > 0.
Soit
ln z
Soit k = .
ln ω
Alors k ln ω 6 ln z < (k + 1) ln ω donc en composant par exp, croissante :
ω k 6 z < ω k+1
z
Ainsi comme ω k ∈ G, z ∈ G, alors k ∈ G (groupe).
ω
z
Et également 1 6 k < ω.
ω
z z z
Si k 6= 1, alors k ∈ H, donc k > ω. Absurde.
ω ω ω
z
Donc k = 1. Donc il existe k ∈ Z tel que z = ω k .
ω
Ainsi G ⊂ {ω n ; n ∈ Z}.. /2,5
Remarques !
En fait on a montré que {ln z, z ∈ G} est un sous-groupe de Z donc de la forme ln(ω) · Z.
La division euclidienne est ici transformée en expliotation de la fonction partie entière.
Le réel ω ∈ G ∈]1, +∞[ qui engendre G est unique (il existe aussi ω 0 = 1
ω < 1). .
Ad = {±ω n ; n ∈ Z}
3. Applications
√
(a) Pour d = 2, on ω = 3 + 2 2
En effet, 32 − 2 × 22 = √
9 − 8 = 1 et il n’a pas de solution pour a = 0, a = 1 et a = 2.
et pour d = 3, on ω = 2 + 3
En effet, 22 − 3 × 12 = 4 − 3 = 1 t il n’a pas de solution pour a = 0, a = 1.. /2
√ √
ω2 = 3 + 2 2 et ω3 = 2 + 3
√
(b) Il s’agit donc
√ des couples issus des puissances de 2 + 3.
Or si an + 3bn = ω n alors
√ √
an+1 + 3bn+1 = ω n × ω = (2an + 3bn ) + 3(an + 2bn )
Remarques !
On pourrait se demander pourquoi on n’a pas les nombres (x, −y) ou (−x, y) lorsque (x, y) est solution.
En fait ils y sont pour n < 0, dans ce cas y peut être négatif et on retrouve le nombre (x, −y).
Son opposé y figure nécessairement également.