SIGLE ET ABBREVIATIONS
Pg : Puissances active générée.
Qg : Puissance réactive générée.
Pc : Puissance active des charges.
Qc : Puissance réactive des charges.
Pp : Perte de puissance active dans les lignes.
Qp : Pertes de puissance réactive dans les lignes.
Ibus : Vecteur des courants injectés.
Vbus : Vecteur des tensions.
Ybus : Matrice admittance
Ploss ik : Pertes de puissance active dans la branche ik.
Qloss ik : Pertes de puissance réactive dans la branche ik
P : Puissance active transportée par la ligne.
Q : Puissance réactive transportée par la ligne.
VS : Tension à la source.
Vr : Tension à la charge.
δV : Déphasage de la tension Vs.
δr : Déphasage de la tension Vr.
R : Résistance de la ligne.
X : Inductance de la ligne.
Y : Admittance de la ligne.
Z : Impédance de la ligne.
θZ : Déphasage de la ligne.
δA : Déphasage du paramètre A de la ligne.
np : Paramètre variable suivant le type de charges.
nq : Paramètre variable suivant le type de charges.
P0 : Puissance active nominale de la charge.
Q0 : Puissance réactive nominale de la charge.
V0 : Tension nominale des charges.
Sk : Puissance apparente au nœud k.
Vk : Tension au nœud K.
ei : Partie réelle de la tension Vi.
fi : Partie imaginaire de la tension Vi .
A
IL(k) : Courant de charge au nœud K.
P L(k) : Puissance active de la charge au nœud K.
Q L(k) : Puissance réactive de la charge au nœud K.
V(k) : Tension au nœud K.
Ijj : Courant dans la branche jj.
ILk : Courant dans la charge connectée au nœud K.
nbjj : Nombre de nœuds qui se situent après la branche.
Ni : Numéro du nœud.
j : Numéro de branche.
V(i) Tension au nœud i.
vi : Déphasage de la Tension au nœud i.
Ibr(j) : Courant dans la branche j.
Si : Puissance apparente de la charge i.
Pi : Puissance active de la charge i.
Qi : Puissance réactive de la charge i.
(LI)i* : Conjugué du courant de la charge i.
i : Déphasage du courant de la charge i.
LPj : Pertes active dans la branche j.
LQj : Pertes réactive dans la branche j.
Rbrj : Résistance de la branche j.
Xbrj : Inductance de la branche j.
B
CHAPITRE I : ETAT DE L’ART SUR LA COMPENSATION
D’ENERGIE ELECTRIQUE
I.1 Introduction
Toute machine électrique et les appareils inductifs et les convertisseurs
statiques utilisant du courant alternatif mettent en jeu deux formes
d'énergie (active et réactive).
L'énergie active consommée (kWh) se transforme intégralement en
puissance mécanique (travail) et en chaleur (pertes). L'énergie électrique
réactive consommée (kVar) sert essentiellement à l'alimentation des
circuits magnétiques des machines électriques (L'utilisateur bénéficie de
l'apport énergétique actif uniquement).
Le fonctionnement du réseau dans de bonnes conditions de la qualité, de
sécurité et d'économie implique une maîtrise de l'évolution de son état
électrique. Le maintien d'une tension correcte nécessite de la part du
dispatcher, des ajustements de la production d'énergie réactive par un
dialogue avec les centrales. Sans disposition particulière, la puissance
réactive consommée par les charges et le réseau provient essentiellement
des alternateurs.
Le transit de cette puissance à travers les éléments du réseau produit non
seulement des chutes de tension dans les conducteurs mais aussi des
pertes actives et réactives par effets joule: Les pertes actives réduisent le
rendement global des réseaux et les chutes de tension sont néfastes au
maintien d'une bonne tension que doit le distributeur à ses clients.
I.2 Types de récepteurs et paramètres réactifs
C’est une forme particulière de puissance mise en jeu par un réseau ou
une installation possédant une capacité, elle est transformée par les
équipements électriques pour créer leurs propres champs
électromagnétiques. De plus, les lignes et les câbles consomment ou
produisent de la puissance réactive suivant leur charge. C’est une énergie
parasite pour le réseau, son unité c’est le Kvarh.
Définition de la compensation de l'énergie réactive. c'est l'installation d'une
source d'énergie réactive afin de produire une quantité d'énergie réactive
1
au plus près des charges pour éviter qu'elle ne circule sur le réseau
électrique du distributeur afin de diminuer la quantité d'énergie réactive
fournie par la source et améliorer la stabilité du réseau électrique. Dans
les circuits à courant alternatif, il existe trois types de récepteurs.
I.2.1 Des récepteurs résistifs
Un filament de lampe, le fil chauffant d'un grille-pain ou d'un chauffage
électrique d'appoint etc., constituent des résistances pures. Toute
l'énergie fournie par la source s'y trouve entièrement convertie en chaleur.
On parle de chauffage par effet Joule. Une résistance s'oppose au passage
du courant. L'importance de ce frein est mesurée en Ohms (Ω).
Figure I.1 : Allure du courant et tension d'un récepteur résistif
I.2.2 Des récepteurs inductifs
Une bobine de fil conducteur constitue une inductance, encore appelée
"self" ou "réactance inductive". On la rencontre dans les moteurs
(bobinages), dans les ballasts des tubes fluorescents etc... Cette bobine
réagit constamment aux variations du courant qui la traverse, suite à un
phénomène magnétique. Si cette bobine (considérée comme une self
pure) est soumise à un courant continu, elle n'aura aucun effet sur celui-
ci. Si par contre on veut lui faire passer du courant d'intensité variable
(c'est le cas dans les circuits alternatifs), elle va réagir en opposant une
résistance au passage du courant.
L'importance de ce frein est mesurée par la valeur de l'inductance L,
exprimée en Henry.
2
Ce type d'impédance aura un deuxième effet sur le courant : une bobine
retarde le courant par rapport à la tension. On dit qu'elle déphase le
courant. Ainsi, une inductance pure verra son courant déphasé de 90° en
retard sur la tension.
Figure I.2 : Allure du courant et tension d'un récepteur inductif.
I.2.3 Des récepteurs capacitifs
Un condensateur, encore appelée "réactance capacitive", est un réservoir
de charges électriques. Si on le soumet à la tension d'un générateur, il va
accumuler des charges. Ces charges seront restituées au réseau lorsque
la tension d'alimentation diminuera. S'il s'agit d'une tension alternative, le
condensateur se charge et se décharge au rythme de la fréquence
alternative.
La valeur d'un condensateur (C) est exprimée en Farad. Ce type
d'impédance aura également un effet de déphasage du courant par
rapport à la tension, mais cette fois le courant est déphasé en avance de
90° sur la tension.
Figure I.3 : Allure du courant et tension d'un récepteur capacitif.
3
I.2.4 Composantes active et réactive du courant
A chacune de ces énergies active et réactive correspond un courant.
Le courant actif (Ia) est en phase avec la tension du réseau. Il est porteur
de la puissance active. Le courant réactif (Ir) est déphasé de 90° par
rapport au courant actif, en arrière (récepteur inductif) ou en avant
(récepteur capacitif). Il est responsable pour le besoin réactif de la charge.
Le courant apparent est le courant résultant qui parcourt le câble
électrique depuis la source jusqu'au récepteur. Ce courant est déphasé
d'un angle ϕ par rapport au courant actif (ou par rapport à la tension).
Pour un courant ne comportant pas de composantes harmoniques, ils se
composent vectoriellement en valeurs efficaces comme indiqué sur la
figure 1.4
Figure I.4 : composition vectorielle des courants actif, réactif et apparent.
It : courant apparent (KA).
Ia: courant actif (KA).
Ir : courant réactif (KA).
φ: déphasage entre le courant apparent et le courant actif (égal au
déphasage entre le courant apparent et la tension).
Les courants actifs, réactif, apparent et le déphasage sont liés par les
relations suivantes:
𝐼𝑡 = √𝐼𝑎 2 + 𝐼𝑟 2 (1.1)
𝐼𝑎 = 𝐼. 𝑐𝑜𝑠𝜑 (1.2)
𝐼𝑟 = 𝐼. 𝑐𝑜𝑠𝜑 (1.3)
Dans le cas d'absence d'harmoniques cosφ est égal au facteur de
puissance. Le diagramme précédent établi pour les courants est aussi
4
valable pour les puissances. Il suffit de multiplier chaque courant par la
tension du réseau. Ces puissances se composent vectoriellement comme
indiqué sur la figure I.5.
Figure I.5 : composition vectorielle des puissances active, réactive et apparente
I.2.5 Intérêt de la compensation de l'énergie réactive
La circulation de l'énergie réactive a des incidences techniques et
économiques importantes. En effet, pour une même puissance active P, il
faut fournir d'autant plus de puissance apparente, donc de courant, que
la puissance réactive est importante.
Figure I.6 : Influence de la puissance réactive.
Ainsi, du fait d'un courant appelé plus important, la circulation de l'énergie
réactive sur les réseaux de distribution entraîne :
➢ des pénalités à payer au fournisseur d'énergie,
➢ des surcharges au niveau des transformateurs et l'échauffement des
câbles d'alimentation,
➢ l'augmentation de la puissance souscrite au fournisseur d'énergie,
des pertes Joules et des chutes de tension,
➢ e surdimensionnement et la dégradation de la qualité de l'installation
électrique.
5
Pour les raisons évoquées ci-dessus, il est nécessaire de produire une
quantité d'énergie réactive au plus près des charges afin d'éviter qu'elle
ne circule sur le réseau électrique du distributeur. C'est ce que l'on appelle
"compensation de l'énergie réactive".
La compensation de l'énergie réactive va permettre :
➢ d'économiser sur le dimensionnement des équipements électriques
car la puissance appelée diminue ;
➢ d'augmenter la puissance active disponible au secondaire des
transformateurs ;
➢ de diminuer les chutes de tension et des pertes en lignes ;
➢ d'économiser sur la facture d’électricité, en supprimant la
consommation excessive d’énergie réactive.
Pour inciter les utilisateurs à se préoccuper de leur consommation
d'énergie réactive, les distributeurs facturent l'énergie réactive
consommée au-delà d'un seuil fixé.
L'intérêt économique de la compensation de l'énergie réactive est mesuré
en comparant le coût de l'installation des moyens de compensation aux
économies qu'elle procure. Le coût dépend de plusieurs paramètres :
➢ la puissance installée;
➢ le niveau de tension;
➢ le fractionnement en gradins et sa commande [4].
I.2.6 Calcul de la puissance d’utilisation
I.2.6.1. Puissance utile d’une charge Pui
L’estimation de la puissance réellement absorbée par une charge
électrique tient compte du taux de charge du récepteur par apport à sa
puissance nominale. Ainsi, la Détermination de cette puissance nécessite
une bonne connaissance du facteur d’utilisation. Elle est donnée par la
relation suivante :
𝑃𝑢𝑖 = 𝑘𝑢 𝑥𝑃𝑛 (1.4)
6
Avec :
Pui : Puissance utile demandée.
Pn : Puissance nominale.
Ku : Facteur d’utilisation
I.2.6.2. Puissance utile dans une branche Puj
Cette puissance est déterminée en établissant la somme de toutes les
puissances utiles du groupe de récepteurs alimenté par la même branche,
multipliée par le facteur de simultanéité correspondant. Elle est donnée
par la relation suivante :
𝑃𝑢𝑗 = 𝑘𝑠 𝑥 ∑ 𝑃𝑢𝑖 (1.5)
𝑖=1
Avec :
Puj : Puissance utile dans une branche.
Ks : Facteur de simultanéité.
n : Nombre de récepteurs.
Cette puissance nous servira ensuite, au calcul de la puissance à prévoir
au poste de transformation et ce, en prenant en compte l’évolution de la
charge.
𝑃𝑢𝑡 = 𝑘𝑠 𝑥 𝑘𝑒 ∑ 𝑃𝑢𝑡 (1.6)
𝑖=1
Avec :
Put : Puissance utile totale dans l’installation.
Ke : Facteur d’extension.
I.2.7 Facteur de puissance
I.2.7.1 Définition
Le facteur de puissance est une caractéristique d'un récepteur électrique.
Pour un dipôle électrique alimenté en régime de courant variable au cours
du temps, le facteur de puissance de l'installation est le quotient de la
7
puissance active en kW consommée par l'installation sur la puissance
apparente en kVA fournie à l'installation.
En l'absence d'harmoniques, il est égal au cosinus de l'angle de déphasage
entre la puissance active et la puissance apparente.
𝑃
𝐹𝑃 = 𝑐𝑜𝑠𝜑 = (1.7)
𝑆
Un facteur de puissance proche de 1 optimise le fonctionnement d'une
installation. Par contre, en présence d'harmoniques ces deux valeurs
peuvent être très différentes :
𝐹 = 𝐹𝑑 . 𝑐𝑜𝑠𝜑 (1.8)
Avec :
Fd: facteur de déformation.
Il est possible d'exprimer la tgφ en l'absence d'harmoniques.
Avec :
𝑄
𝑡𝑔𝜑 = (1.9)
𝑃
La valeur la plus faible de tgφ optimise l'installation. (C’est une mesure du
rendement électrique d’une installation). Et on à la relation :
I.2.7.2 Caractérisation d'un récepteur en fonction de son facteur
de puissance
Lorsque le facteur de puissance est égal à 1, on dit que le récepteur est
purement résistif. Ce qui ne veut pas dire que c'est un conducteur ohmique
idéal (ou résistance pure) et donc ; le courant a la même allure que la
tension mais que ce récepteur n'a aucun caractère inductif ou capacitif et
qu'il n'y a aucun déphasage entre le fondamental du courant qu'il appelle
et la phase de la tension qui lui est appliquée.
❖ Lorsque le facteur de puissance est égal à 0, on dit que le récepteur
est purement réactif, il n'absorbe aucune puissance au réseau et ne
dissipe aucune énergie sous forme de chaleur.
❖ Ces deux cas extrêmes ne correspondent qu'à des modèles. Les
récepteurs réels n'étant jamais idéaux. Mais ces modèles peuvent
8
bien convenir dans les conditions d'utilisation du récepteur
considéré.
𝑄(𝑘𝑉𝐴𝑟) 𝐸𝑟 (𝑘𝑉𝐴𝑟ℎ)
𝑡𝑎𝑛𝑔𝜑 = = (1.11)
𝑃(𝑘𝑊) 𝐸𝑎 (𝑘𝑊ℎ)
Le 𝑡𝑎𝑛𝑔𝜑 est le quotient entre l’énergie réactive 𝐸𝑟 (kVArh) et l’énergie
active 𝐸𝑎 (kWh) consommées pendant la même période. À l’inverse du
cosφ, on s’aperçoit facilement que la valeur du 𝑡𝑎𝑛𝑔𝜑 doit être la plus
petite possible afin d’avoir le minimum de consommation d’énergie
réactive. Le cosφ et 𝑡𝑎𝑛𝑔𝜑 sont liés par la relation suivante :
1
𝐹𝑃 = cosφ = (1.12)
√1 + (𝑡𝑎𝑛𝑔𝜑)2
Les récepteurs consommant le plus d’énergie réactive sont :
➢ les moteurs à faible charge ;
➢ les machines à souder ;
➢ les fours à arc et induction ;
➢ les redresseurs de puissance.
Un bon facteur de puissance permet d’optimiser une installation électrique
et apporte les avantages suivants :
➢ la suppression de la facturation d’énergie réactive ;
➢ la diminution de la puissance souscrite en kVA ;
➢ la limitation des pertes d’énergie active dans les câbles compte-tenu
de la diminution de l’intensité véhiculée dans l’installation ;
➢ l’amélioration du niveau de tension en bout de ligne ;
➢ l’apport de puissance disponible supplémentaire au niveau des
transformateurs de puissance si la compensation est effectuée au
secondaire.
I.2.7.3 Effets du facteur de puissance
Le schéma ci-contre représente la puissance instantanée (produit de la
tension et du courant instantanés) consommée par un dipôle soumis à une
tension de 220 (V) et traversé par un courant de 18 (A) dans trois cas :
9
➢ Le facteur de puissance est égal à 1 (valeur maximale): la tension
et le courant sont en phase (ils sont nuls aux mêmes instants et
varient dans le même sens).
La puissance instantanée est toujours positive et la puissance moyenne
est maximale.
Figure I‐7 : Puissance instantanée avec un facteur de puissance égal à 1.
Le facteur de puissance est égal à 0,7 (valeur intermédiaire) : le courant
suit toujours une courbe périodique, mais elle est « en retard »
comparativement à la courbe de la tension. La puissance prend par
moment des valeurs négatives, le dipôle refoule périodiquement de
l’énergie sur le réseau :
Figure I.8 : Puissance instantanée avec un facteur de puissance égal à 0,7.
Le facteur de puissance est égal à 0,2 (valeur faible) : le courant est le
même, la puissance instantanée fluctue avec la même amplitude, mais elle
est fortement décalée vers le bas par rapport aux courbes précédentes.
10
La puissance moyenne est faible : 20 % de la puissance mise en jeu
lorsque le facteur de puissance est unitaire.
Figure I.9: Puissance instantanée avec un facteur de puissance égal à 0,2.
La figure visualise la situation d'un dipôle inductif tel une bobine : le
courant est en retard sur la tension. La puissance périodiquement restituée
provient de l'énergie magnétique stockée. Une situation « symétrique » se
produit avec un dipôle capacitif : dans ce cas, le courant est en avance
sur la tension. La puissance périodiquement restituée provient de l'énergie
de la charge électrique stockée.
Les effets de dipôles plus complexes (par exemple un grand nombre de
télévisions) peuvent modifier la tension nominale du réseau
d'alimentation, engendrer des perturbations de l'onde sinusoïdale et
produire des courants harmoniques susceptibles de perturber le bon
fonctionnement d'autres appareils (en général, ces perturbations
proviennent de l’installation de l’utilisateur).
Elles sont générées entre autres par les alimentations à découpage
(téléviseurs, ordinateurs…), les variateurs de vitesse ou d’éclairage qui
polluent le réseau électrique.). Les distorsions harmoniques entraînent
l’échauffement des câbles, moteurs et transformateurs, et donc un
vieillissement prématuré avec risques de surintensité ainsi que des pertes
d’énergie par effet JOULE. Le gestionnaire du réseau de distribution
s'engage à maintenir un taux de distorsion harmonique acceptable, quitte
à imposer des contraintes à certains clients qui les génèrent.
Les pertes des lignes électriques sont égales à :
11
𝐿𝑃2
𝑃𝑝𝑒𝑟𝑡𝑒𝑠 = (1.10)
𝐾𝐴𝑈 2 𝑐𝑜𝑠(𝜑)2
Où
L : est la longueur de la ligne.
P : la puissance active transportée.
K : la conductivité du conducteur.
U : la tension entre phases et A : la section du fil.
Le maintien d'un facteur de puissance élevé est donc intéressant au niveau
des pertes. La relation ci-dessus peut d'ailleurs s’écrire plus simplement :
𝑃𝑝𝑒𝑟𝑡𝑒𝑠 = 𝑅. 𝐼 2 (1.11)
Avec
R : la résistance de la ligne et I : la valeur efficace du courant qui circule
dans la ligne.
En RD Congo, le facteur de puissance est considéré normal s'il atteint 85%
à 95%. Dès que le facteur de puissance soit faible dans une entreprise
consommant de l'énergie électrique, l'entreprise paye une amende et
lorsque ce facteur est élevé, elle reçoit une prime. Donc, l'amélioration du
facteur de puissance est une tâche extrêmement importante pour
l'économie.
Le consommateur devrait donc soit payer la part de la puissance réactive
correspondante, soit prévoir une installation de compensation de la
puissance réactive. En principe, il est possible d'agir sur le facteur de
puissance en intervenant sur la puissance active, en pratique on fait varier
la puissance réactive soit en la diminuant, soit en l'augmentant. Ce réglage
s'appelle évidemment la compensation.
I.2.8 Puissance réactive
I.2.8.1. Bilan de la puissance réactive
Le bilan de puissance réactive du réseau s'écrit :
∑ 𝑄𝐺𝐿 = ∑ 𝑄𝐶𝑂 (1.12)
12
𝑄𝐺𝐿 : Puissance réactive absorbée.
𝑄𝐶𝑂 : Puissance réactive consommée.
La somme des puissances réactives injectées ou absorbées par les
générateurs est égale à la somme des puissances réactives
consommées/produites par les charges augmentées de la somme des
consommations/productions réactives du réseau (réactance des lignes,
des câbles, transformateurs, banc de condensateurs etc.).
L’ordre de grandeur des consommations/productions réactives du réseau
est très variable et peut être relativement élevé.
Le problème qui survient à ce niveau est qu’il n'est pas possible de prédire
les termes qui viennent du réseau de manière directe. En effet, ceux-ci
dépendent des niveaux réels de tension et de la répartition du transit de
puissance dans les lignes et les transformateurs. Or, c’est précisément ce
transit que nous cherchons à déterminer [16].
I.2.8.2. Influence de l’énergie réactive
L’énergie réactive est un facteur très important qui influe sur la stabilité et
l’équilibre du réseau électrique, ainsi que son fonctionnement. Les effets
secondaires de ce facteur ce résume dans les points suivants [4] :
1) La chute de tension dans les lignes et les postes de transformation ;
2) Les pertes supplémentaires actives dans les lignes, les
transformateurs et les générateurs ;
3) Les variations de tension du réseau sont étroitement liées à la
fluctuation de la puissance réactive dons le système de production ;
4) l’échauffement des câbles d’alimentation.
I.2.8.3. Chute de tension sur une ligne
13
Selon [4], la cause de la chute de tension à travers une impédance est
due principalement au courant réactif passant dans cette impédance, ou
en d’autres termes elle est due à la variation de la puissance réactive. Pour
maintenir U2 constante si la courant I change, il faut varier la puissance
réactive au point de raccordement de la charge.
Figure I.17 Circuit équivalent du réseau électrique
La chute de tension sur un élément de réseau s'exprime par :
𝑅. 𝑃 + 𝑋. 𝑄
𝑈 = 𝑈1 𝑈2 = (1.13)
𝑈2
Avec :
R : résistance de la ligne.
X : réactance de la ligne.
P : puissance active de la charge.
Q : puissance réactive de la charge.
L'examen de cette équation montre que pour maintenir U2 constante au
niveau du consommateur.
On dispose de plusieurs solutions à savoir :
➢ Augmentation de la tension de départ U1.
➢ Diminution de la réactance de la ligne par insertion de réactance
capacitive.
➢ Fourniture de la puissance réactive au niveau des usagers
(compensation de la puissance réactive).
14
Cette compensation peut être obtenu soit par :
➢ La connexion de capacité shunts ;
➢ La connexion de compensateur synchrone ;
➢ La connexion de réactance shunt (pour les faibles charges, ou
charges capacitives).
I.3 Harmoniques
Dans de nombreux cas, le courant consommé par la charge n’a plus une
forme de sinusoïde pure, notamment ces dernières années avec la
présence des équipements électriques utilisant des convertisseurs
statiques. Ce qui a entraîné une augmentation sensible du niveau de
pollution harmonique dans les réseaux.
Ces équipements électriques sont considérés comme des charges non
linéaires émettant des courants harmoniques de différentes fréquences :
Une charge est dite linéaire si, alimentée par une tension sinusoïdale,
consomme un courant sinusoïdal (résistances, capacités et inductances).
Cependant, le courant et la tension peuvent être déphasés (figure I‐10).
Par contre, la charge est dite non linéaire lorsque la relation entre la
tension et le courant n’est plus linéaire.
Un tel récepteur alimenté par une tension sinusoïdale, consomme un
courant non-sinusoïdal. Le passage de ces courants harmoniques dans les
impédances du réseau électrique peut entraîner des tensions harmoniques
au point de raccordement et alors, polluer les consommateurs alimentés
par le même réseau électrique.
Exemple de système polluant:
Figure I.10 : Système polluant contenant des convertisseurs statiques.
Le courant appelé est non sinusoïdal. Son contenu harmonique sera
présent sur toute la ligne de distribution avale.
15
Figure I.11 : Effet des charges non linéaires
La présence d'harmoniques dans les systèmes électriques signifie que le
courant et la tension sont déformés et s'écartent de formes d'ondes
sinusoïdales.
I.3.1 Conséquences
De nombreux effets des harmoniques sur les installations et les
équipements électriques peuvent être cités et les plus importants sont :
✓ l’échauffement ;
✓ la diminution du facteur de puissance ;
✓ l’usure prématurée des équipements ;
✓ l’interférence avec les réseaux de télécommunications et
fonctionnement intempestif des équipements.
❖ l’échauffement : des conducteurs, des câbles, des condensateurs
et des machines est dû aux pertes en cuivre et en fer.
❖ l’interférence avec les réseaux de télécommunications : le
couplage électromagnétique entre les réseaux électrique et de
télécommunication peut induire dans ces derniers, des bruits
importants.
❖ les défauts de fonctionnement de certains équipements
électriques : En présence des harmoniques, la tension (ou le
courant) peut changer plusieurs fois de signe dans une demi
période. Par conséquent, tout appareil dont le fonctionnement est
basé sur le passage par zéro des grandeurs électriques (appareils
utilisant la tension comme référence comme les dispositifs de
16
commande et de régulation, appareils de mesure) peut être
perturbé.
❖ le risque de résonance : Les fréquences de résonance des circuits
formés par des inductances des transformateurs et des câbles sont
normalement élevées. Ce n’est pas le cas lorsque des batteries de
capacité sont raccordées au réseau pour relever le facteur de
puissance. Les fréquences de résonance peuvent devenir assez
faibles et coïncider ainsi avec celles des harmoniques engendrées
par les convertisseurs statiques. Dans ce cas, il y aura des
phénomènes d’amplification d’harmoniques.
Différentes grandeurs sont définies pour chiffrer ces perturbations, dans
le cas où il y a des harmoniques, une puissance supplémentaire appelée
la puissance déformante (D) est donnée par la relation :
50
𝐷 = 3. 𝑉1 √ ∑ 𝐼ℎ 2 (1.14)
ℎ=2
𝑃
𝐹𝑃 = (1.15)
√𝑃2 + 𝑄2 + 𝐷2
On voit bien que les harmoniques affectent aussi le facteur de puissance.
Il est usage de dire que, dans les installations industrielles, les tensions
harmoniques dont le THD est inférieur à 5% ne produisent pas d’effet
notable.
Entre 5% et 7% on commence à observer des effets et pour plus de 10%
les effets sont quasi certains. La norme EN50160 fixe les niveaux de
tensions harmoniques et indique que le taux global de distorsion
harmonique ne doit pas dépasser 8 %.
I.3.2 Compensation des courants harmoniques
Plusieurs solutions existent pour limiter la propagation et l’effet des
harmoniques dans les réseaux électriques :
✓ le surdimensionnement des transformateurs dès sa conception et
l’utilisation de convertisseurs peu polluants qui ont pour effet de
diminuer la distorsion harmonique.
17
✓ l’utilisation de dispositifs de filtrage pour réduire la propagation des
harmoniques produits par la charge non linéaire.
Solution de filtrage des dépollutions harmoniques, pour faire face aux
problèmes de la pollution harmonique, plusieurs solutions ont été
proposées et développées. Elles sont scindées principalement en deux
grandes classes.
I.3.2.1 Filtrages passifs
Le filtrage passif est basé sur l’utilisation de circuits électriques RLC dit
filtre passif, dont le principe est de modifier localement l’impédance du
réseau, de façon à dévier les courants et à éliminer les tensions
harmoniques. On associe des éléments capacitifs et inductifs de manière
à obtenir une résonance série accordée à une fréquence choisie.
Donc avant le choix des éléments constituant le filtre passif et leur
dimensionnement. Une connaissance précise des rangs harmoniques qui
devront être filtrés et des atténuations requises est nécessaire. Car
plusieurs types de filtres passifs sont utilisés pour différentes dépollutions
à réaliser. Alors que le courant absorbé par la charge polluante est non
sinusoïdal, le courant créé par le filtre actif est tel que le courant absorbé
au réseau est sinusoïdal. Parmi les dispositifs de filtrage les plus répandus,
on distingue :
Le filtre passif résonnant et le filtre passif amorti ou passe-haut.
Figure I.12 : Filtre passif résonnant Figure I.13 : Filtre passif amorti
I.3.2.1.1 Filtre résonnant
Le principe des filtres résonnants est de présenter une impédance très
faible au passage d’un courant harmonique d’un rang déterminé. Un filtre
passif résonant est un circuit RLC en série. Son but est de créer une
18
fréquence de résonance égale à la fréquence de l'harmonique contre
laquelle il est censé "lutter".
Il faut donc en premier lieu identifier les harmoniques gênantes puis
dimensionner le filtre. Ainsi, il est possible de se retrouver avec un
ensemble de filtres si l'on a plusieurs harmoniques à éliminer. Lors de
dimensionnement, il faut tenir compte de la résonance qui est un
phénomène très grave et provoque des dégâts énormes.
I.3.2.1.2 Filtre passe-haut
On utilise les filtres amortis pour filtrer simultanément des harmoniques
du rang supérieur et non une harmonique d’un rang particulier. Il est
recommandé lorsque les performances demandées ne sont trop élevées.
On l’appelle aussi un filtre passe-haut. Le filtre passif amorti est un circuit
RLC constitué par la mise en série d’une capacité avec un ensemble
constitué de la mise en parallèle d’une résistance dite résistance
d’amortissement et d’une inductance.
Ils peuvent aussi être utilisés pour compenser la puissance réactive. Les
harmoniques peuvent être précisément bloqués par une grande
impédance série entre le convertisseur, déviés par une faible impédance
en parallèle ou une combinaison des deux. Le filtre amorti est moins
sensible aux variations de ses éléments qu’un filtre résonant. L’utilisation
des filtres amortis rend nécessaire le filtrage des rangs harmoniques
inférieurs. D’ailleurs lors du choix des filtres, très souvent plusieurs filtres
résonants pour les rangs harmoniques inférieurs et un filtre amorti sont
utilisés, tous montés en parallèle avec la charge polluante.
La connexion d'un condensateur sur le réseau présente des inconvénients
tels que la résonance parallèle qui représente une augmentation de
l'impédance du réseau à certaines fréquences. C'est pourquoi la
compensation de réactif est effectuée à l'aide de filtres accordés. L'accord
du filtre permet un découplage par rapport au réseau, plus important que
dans le cas d'un condensateur directement connecté au réseau.
Le filtrage passif a déjà largement fait ses preuves dans le milieu industriel
grâce à son coût faible, son efficacité et son adaptation pour des réseaux
de forte puissance. Il présente cependant beaucoup d’inconvénients :
19
➢ manque de souplesse à s’adapter aux variations du réseau et de la
charge ;
➢ équipements volumineux ;
➢ problèmes de résonance avec l’impédance du réseau ;
➢ peut absorber les courants harmoniques d’autres charges non
linéaires et dans ce cas, le filtre passif peut être surchargé.
I.3.2.2 Filtrages actifs
Les filtres actifs sont des convertisseurs de puissance, agissant comme
source de courants ou de tensions harmoniques, qui injectent en série ou
en parallèle sur les réseaux des courants ou des tensions harmoniques en
opposition par rapport aux perturbations existantes.
I.3.2.3 Filtrage à structure hybride
Le filtre hybride est l’association de filtre passif avec filtre actif. Les filtres
passifs sont chargés pour éliminer les harmoniques de rangs élevés, tandis
que le filtre actif s’occupe des autres rangs d’harmonique. On distingue
alors plusieurs types d’association de filtres actifs et passifs.
I.3.3 Critères de choix
I.3.3.1 Filtre passif
Permet à la fois la compensation d’énergie réactive et une grande capacité
de filtrage en courant. L'installation où est placé le filtre doit présenter une
stabilité suffisante, avec peu de fluctuation de charge.
Si la puissance réactive fournie est importante, il est conseillé de mettre
hors tension le filtre passif pendant les périodes de faible charge. Le filtre
passif réduit aussi les tensions harmoniques des installations dont la
tension d’alimentation est polluée.
L’étude de raccordement d’un filtre doit tenir compte de la présence
éventuelle d’une batterie de compensation et peut conduire à sa
suppression.
20
I.3.3.2 Filtre actif
Permet le filtrage des harmoniques sur une large bande de fréquence. Il
s’adapte à n’importe quelle charge. Cependant, sa puissance harmonique
est limitée et il est plus cher.
I.3.3.3 Filtre hybride
Réunit l’ensemble des performances des filtres passifs et actifs.
I.4 Moyen de compensation d’énergie électrique
Si la consommation d'énergie réactive est anormalement élevée, on
soupçonnera la présence d'équipements à forte composante inductive.
Dans ce cas, le courant consommé est en retard par rapport à la tension.
On parle d'un déphasage d'un angle phi(φ).
On compense ce déphasage en adjoignant à l'installation : batteries de
condensateurs, machines synchrones, inductance ou FACTS.
FigureI.1: Compensation du déphasage(φ)
I.4.1 Compensateur synchrone
Les compensateurs synchrones sont des moyens d’actions privilégiés. Très
employés dans les années 1950 et 1960, les compensateurs ont été
délaissés ensuite au profit des condensateurs qui sont devenus plus
compétitifs suite aux progrès techniques réalisés dans les films
diélectriques très minces. Ils peuvent être assimilés à un moteur
21
synchrone fonctionnant à vide ; c'est à dire que son arbre n'est soumis à
aucun couple résistant qui serait considéré comme charge.
Le stator est branché au réseau à un courant triphasé, sur le rotor est
enroulée une bobine d'excitation. L’excitation est réglée pour fournir ou
absorber la consomme une très faible quantité de puissance active égale
aux pertes par échauffements dans ces enroulements du stator et par
frottement.
Figure I.1 : Compensateur synchrone ABB
Les compensateurs synchrones ont toutefois conservé un rôle important
dans les pays à lignes longues et peu maillées où, en plus d’un programme
d’échange d’énergie réactive, ils assurent le maintien de la stabilité
dynamique. Leurs caractéristiques sont mieux adaptées à ce rôle que
celles des condensateurs (inertie, réactance transitoire faible, régulation
rapide d’excitation), mais, même dans ces pays, ils sont progressivement
supplantés par les compensateurs statiques.
Si on augmente le courant d’excitation (Iex), la tension (V) augmente et
un courant (I) s’établit dans le circuit déphasé de 90° en arrière de la
tension du réseau (Vr) de sorte que le compensateur voit le réseau comme
une inductance.
Donc, lorsque l’on surexcite un compensateur, il fournit au réseau une
puissance réactive d’autant plus grande que le courant d’excitation est
plus élevé. Enfin si l’on diminue le courant d’excitation de façon que (V)
devienne plus petite que (Vr), un courant s’établit dans le circuit déphasé
de 90° mais cette fois-ci en avant de la tension du réseau (Vr) de sorte
que le compensateur voit le réseau comme une capacitance. Donc, lorsque
l’on sous-excite un compensateur, il reçoit de la puissance réactive. Cette
22
puissance réactive produit une partie du champ magnétique nécessaire à
la machine et l’autre partie étant fournie par le courant d’excitation (Iex).
Les compensateurs synchrones sont placés près des grands centres de
distribution. Ils jouent le rôle de capacités variables. Dans les réseaux
bouclés, ils permettent de régler les puissances transmises par les diverses
lignes d'alimentation. Aux heures de fortes charges, ils créent beaucoup
de réactive pour diminuer les chutes de tension.
Leur puissance est de (20 à 60) Mvar en fourniture et de (10 à 30) Mvar en
puissance réactive qui permet, par son transit en un point du réseau,
d’ajuster la tension de ce point avec les performances dynamiques
qu’exige un haut niveau de sûreté du réseau. On peut donc considérer
que le compensateur synchrone absorption. Donc la puissance réactive
qu'un compensateur peut absorber est de l'ordre de la moitié de sa
puissance nominale.
Avantage :
Ce moyen de compensation est avantageux :
➢ excellent rendement (un facteur de puissance voisin de 1) ;
➢ peut être placé près des consommateurs ;
➢ facile à régler comme producteur ou consommateur de puissance
réactive ;
➢ effet autorégulateur.
Inconvénients :
Il a été délaissé de son application comme compensateur malgré leurs
mérites pour les inconvénients :
➢ coût initial élevé ;
➢ machine tournante qui demande des entretiens ;
➢ pertes actives relativement importantes ;
➢ la force motrice, n’est pas toujours compatible avec la demande
instantanée de puissance réactive ;
23
➢ il peut décrocher dans le cas d'une surcharge brusque ou d'une
chute de tension importante du réseau. Ceci nécessite une
surveillance particulière avec l'utilisation de dispositifs de sécurité,
encombrants ;
➢ il a besoin d'un générateur à courant continu pour assurer son
excitation. Cet organe supplémentaire augmente le prix du moteur ;
➢ il ne peut démarrer qu'à très faible charge en exigeant soit un
moteur auxiliaire de lancement, soit le démarrage en asynchrone
avec un réducteur de tension au démarrage en asynchrone avec un
réducteur de tension au démarrage.
I.4.2 Batterie de condensateur
I.4.2.1 Définition
C'est un récepteur constitué de deux parties conductrices (électrodes)
séparées par un isolant. Il a la propriété (lorsqu’il est soumis à une tension
sinusoïdale), de déphaser son intensité, donc sa puissance (réactive
capacitive) de 90° en avant sur la tension. La composition vectorielle de
ces intensités ou puissances réactives (inductive et capacitive) conduit à
une intensité ou puissance résultante réactive inférieure à celle existant
avant l’installation de condensateurs. Pour simplifier ; on dit que les
récepteurs inductifs (moteur, transformateur...) consomment de l’énergie
réactive alors que les condensateurs (récepteurs capacitifs) produisent de
l’énergie réactive.
24
Figure I.4 : Batterie de condensateur
I.4.2.2 Rôle du condensateur
Le rôle de base des condensateurs de puissance est la compensation de
la puissance réactive dans les réseaux électriques et le filtrage des
harmoniques. Ils sont connectés aux bornes du réseau suivant un
couplage étoile ou triangle. Le nombre de condensateurs connectés
dépend de la puissance réactive totale nécessaire et de la puissance
unitaire. La puissance réactive des condensateurs à mettre en œuvre, doit
être déterminée en fonction de la puissance de l’installation, du cos φ
d’origine et du cos φ requis à l’arrivée.
Les batteries des condensateurs sont syntonisées à l'aide d'une inductance
dite l'inductance de syntonisation. Le but de syntonisation est d'éviter les
phénomènes de résonance parallèle et de résonance série. L'inductance
de syntonisation est mise en série avec le condensateur et, en général,
elle diminue la fréquence de résonance. La résonance parallèle engendre
les harmoniques de tension et, en cas de résonance série, l'impédance de
compensateur devient zéro en filtrant les harmoniques correspondant à la
fréquence de résonance d'une partie du réseau. Ce qui engendre une
surcharge de la batterie des condensateurs et éventuellement, sa
destruction.
Dans le réseau de distribution, la résonance série est exploitée pour faire
des filtres. Des batteries des condensateurs sont syntonisées aux
fréquences des harmoniques dominants pour les filtrer (filtres passifs) et
en même temps en fournissent la puissance réactive.
L'apparition de la résonance parallèle et de la résonance série n'est pas le
seul désavantage des batteries des condensateurs. Les autres
désavantages sont :
➢ la quantité de la puissance réactive produite par les batteries ne peut
être contrôlée qu'en pas discrets ;
➢ les condensateurs sont très sensibles aux surtensions et aux
surcharges. Ce qui peut provoquer leur vieillissement prématuré et
parfois en claquage de l'isolant ;
➢ si les batteries des condensateurs sont branchées au réseau via un
disjoncteur, ce disjoncteur introduit son propre bruit dans le réseau ;
25
➢ les batteries des condensateurs n'ont pas la possibilité de la réponse
rapide aux phénomènes transitoires dans le réseau.
I.4.3 Compensateurs statiques de puissance réactive
Grâce au développement de l’électronique de puissance, les moyens
statiques est devenue possible par des compensateurs statiques de
puissance réactive (SVC). Ces dispositifs constitués d’éléments électriques
(batteries de condensateur, bobine…est) et d’éléments d’électronique
pour commutation (continue de puissance réactive pour éliminer les
fluctuations de la puissance réactive absorbée par certains appareils
provoquent des fluctuations de tension qui peuvent être gênantes pou
usagers [5].
Un compensateur statique d'énergie réactive français parfois CER ou
CSPR), est un dispositif de la circulation de puissance réactive Il est
composé :
➢ d’un banc de condensateurs, fixe ou commutable de façon
discrète, qui fournit des réactifs. Ce banc prend souvent la forme
d'un anti-harmonique ;
➢ d’un gradateur triphasé à inductances, qui consomme l'excès de
réactif.
Figure I.3 : Schéma unifilaire typique
I.5 Etapes pour déterminer le compensateur adapté à un réseau
électrique
26
I.5.1 Etape1
Détermination de la puissance des condensateurs (kVAr) pour compenser
l’énergie réactive nécessaire à l’installation. La détermination de la
puissance des condensateurs (kVAr) pour compenser l’énergie réactive
nécessaire à l’installation se fait avec l'analyse des factures du fournisseur
d’électricité suivant le type d’abonnement (puissance souscrite, l’énergie
réactive facturées kVArh et tg ø).
Le but est de supprimer l'énergie réactive qui est facturée et de ne pas la
payer si elle dépasse 40 % de l'énergie active absorbée et dimensionner
correctement les transformateurs, câbles, appareils de commande et de
protection. Les mesures sont relevées en aval du transformateur.
𝑄𝑐 = 𝑃 𝑥 (𝑡𝑎𝑛𝜑𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟é𝑒 − 𝑡𝑎𝑛𝜑𝑠𝑜𝑢ℎ𝑎𝑖𝑡é𝑒 ) = 𝑃𝑥𝐾 (1.16)
D’après le triangle de puissance, représentant la puissance réactive de
compensation.
𝑄𝑐 = 𝑄1 − 𝑄2 (1.17)
𝑄𝑐 = 𝑃(𝑡𝑎𝑛𝑔𝜑1 − 𝑡𝑎𝑛𝑔𝜑2 ) (1.18)
𝑄𝑐 = 𝑃 𝑥 𝐾 (1.19)
Qc : puissance réactive de compensation.
P : Puissance active de l'installation.
tanφ1 : Tangente du déphasage φ avant compensation.
tanφ2 : Tangente du déphasage φ après compensation.
Dans le cadre d’installations futures, il est fréquent que la compensation
soit souhaitée dès la mise en service. Dans ce cas, le calcul de la batterie
par les moyens traditionnels (facture d’électricité) est impossible. Pour ce
type d’installation, il est conseillé d’installer une batterie de condensateur
égale à environ 25% de la puissance nominale du transformateur HT/BT
correspondant.
I.5.2 Etape2
27
Détermination de la zone d’implantation. Suivant l’architecture de
l’installation, la localisation et la puissance des récepteurs consommant du
réactif, on peut réaliser :
Compensation globale : Au niveau du TGBT, privilégier une batterie
automatique ou dynamique. La batterie est raccordée en tête d’installation
et assure une compensation pour l’ensemble de l’installation. Elle reste en
service de façon permanente pendant la marche normale de l’usine (Figure
I.2). Lorsque la charge est stable et continue, une compensation globale
convient.
Figure I.1 : Compensation globale
Avantages : Ce type de compensation convient pour une installation
simple de moyenne puissance, elle permet :
✓ de supprimer les pénalités pour consommation excessive d'énergie
réactive (tarif vert).
✓ d'ajuster le besoin réel de l'installation (kW) à la souscription de la
puissance apparente (kVA) dans le cas d'un tarif bleu ou jaune.
✓ de soulager le poste de transformation (une partie de l'énergie
réactive est fournie par les condensateurs).
Inconvénients : Toutefois ce mode de compensation ne soulage pas les
installations en aval car la totalité du courant réactif est présente dans les
câbles jusqu'aux récepteurs.
Compensation par secteur : Au niveau des tableaux divisionnaires,
privilégier une batterie automatique ou dynamique. La batterie est
28
raccordée au tableau de distribution et fournit l’énergie réactive par atelier
à un groupe de récepteurs. Une grande partie de l’installation est
soulagée, en particulier les câbles d’alimentation de chaque atelier (Figure
I.1). Une compensation partielle est conseillée lorsque l’installation est
étendue et comporte des ateliers dont les régimes de charge sont
différents.
Figure I.3 : Compensation partielle
Avantages : Les condensateurs sont installés aux départs de chaque
atelier. Cette compensation est conseillée lorsque la puissance est
importante ou lorsque les ateliers fonctionnent à des régimes différents.
Ce type de compensation en plus des avantages de la compensation
globale permet de soulager les câbles alimentant les différents ateliers. La
totalité du courant réactif n'est plus présente que dans les câbles allant de
l'armoire de distribution de l'atelier aux récepteurs.
Inconvénients : Une protection de la batterie (fusibles, disjoncteur,
etc...) doit être prévue pour question de sécurité, ce qui augmente le coût
de la batterie.
Compensation individuelle : Au plus près de la charge consommatrice
de l’énergie réactive (suivant la variation des charges, une batterie fixe
peut être suffisante). La batterie est raccordée directement aux au bornes
de chaque récepteur de type inductif. Lorsqu’elle est possible, cette
compensation produit l’énergie réactive à l’endroit même où elle est
consommée et en quantité ajustée aux besoins (Figure I.2). Une
29
compensation individuelle est à envisager lorsque la puissance de certains
récepteurs est importante par rapport à la puissance totale.
Figure I.4 : Compensation individuelle
Avantages : la puissance du récepteur est importante par rapport à la
puissance souscrite. Ce type de compensation est techniquement idéal,
puisque il introduit l'énergie réactive à l'endroit où elle est consommée.
Figure I.4 : Différentes zones d'implantation des batteries de condensateurs(2)
30
I.5.3 Etape 3
Détermination du mode de compensation :
❖ Compensation Fixe pour charge stable
La puissance réactive fournie par la batterie est constante quelles que
soient les variations du facteur de puissance et de la charge des
récepteurs, donc de la consommation d’énergie réactive de l’installation.
La mise sous tension de ces batteries est : soit manuelle par disjoncteur
ou interrupteur ou soit semi-automatique par contacteur commandé à
distance.
Ce type de batteries est généralement utilisé dans les cas :
✓ d’installation électrique à charge constante fonctionnant 24/24 h ;
✓ de compensation réactive des transformateurs ;
✓ de compensation individuelle de moteurs ;
✓ d’installation d’une batterie dont la puissance est inférieure ou égale
à 15% de la puissance du transformateur.
❖ Compensation Automatique :
Pour charge variable ou instable et compensation dynamique pour charge
très instable. La puissance réactive fournie par la batterie est modulable
en fonction des variations du facteur de puissance et de la charge des
récepteurs, donc de la consommation d’énergie réactive de l’installation.
Ces batteries sont composées d’une association en parallèle de gradins
condensateurs (gradin = condensateur + contacteur). La mise en ou hors
service de tout ou partie de la batterie étant asservie à un régulateur
varmétrique intégré. Ces batteries sont également utilisées dans le cas :
✓ d’installation électrique à charge variable ;
✓ de compensation de tableaux généraux (TGBT) ou gros départ ;
✓ d’installation d’une batterie dont la puissance est supérieure à 15%
de la puissance du transformateur.
31
I.5.4 Etape 4
Détermination du type de batterie de condensateurs suivant le niveau
d’harmoniques : Dans le cas d’un réseau fortement pollué en
harmoniques, il faut des batteries de condensateurs avec self anti-
harmoniques.
La self anti-harmonique assure un double rôle : augmenter l’impédance
du condensateur vis-à-vis des courants harmoniques et déplacer la
fréquence de résonnance parallèle de la source et du condensateur au-
dessous des principales fréquences des courants harmoniques
perturbants.
I.6 Systèmes et types de compensation
I.6.1 Compensation fixe
La puissance réactive fournie par la batterie est de puissance et de la
charge des récepteurs, donc de la consommation d’énergie réactive de
l’installation.
La mise sous tension de ces batteries est :
➢ soit manuelle par disjoncteur ou interrupteur ;
➢ soit semi-automatique par contacteur commandé à distance.
Ce type de batteries est généralement utilisé dans les cas :
➢ d’installation électrique à charge constante fonctionnant 24/24 h ;
➢ de compensation réactive des transformateurs ;
➢ de compensation individuelle de moteurs ;
➢ d’installation d’une batterie dont la puissance est inférieure ou égale
à 15 % de la puissance du transformateur [14].
32
Figure I.1 : Compensation fixe
I.6.2 Compensation automatique ou en “gradins”
La puissance réactive fournie par la batterie est modulable en fonction des
variations du facteur de puissance et de la charge des récepteurs, donc
de la consommation d’énergie réactive de l’installation.
Ces batteries sont composées d’une association en parallèle de gradins
condensateurs (gradin = condensateur + contacteur). La mise en ou hors
service de tout ou partie de la batterie étant asservie à un régulateur
varmétrique intégré.
Ces batteries sont également utilisées dans le cas :
➢ d’installation électrique à charge variable ;
➢ de compensation de tableaux généraux (TGBT) ou gros départ ;
➢ d’installation d’une batterie dont la puissance est supérieure à 15%
de la puissance du transformateur [14].
33
Figure I.1 : Principe de la compensation automatique d'une installation [14]
I.6.2.1 Principe et intérêt de la compensation automatique
Une batterie de condensateurs à régulation automatique est divisée en
gradins. Chaque gradin est commandé par un contacteur.
L'enclenchement du contacteur met le gradin en service en parallèle avec
les gradins connectés à l'installation, le déclenchement du contacteur, au
contraire, le met hors service. Ainsi la capacité totale de la batterie de
condensateurs varie par palier en fonction du besoin de kVAr.
Un relais varmètrique mesure la valeur du facteur de puissance de
l'installation et en commandant l'ouverture ou la fermeture des
contacteurs des gradins en fonction de la charge, régule la valeur du
facteur de puissance de l'installation à la valeur consignée. La tolérance
sur la régulation est déterminée par la taille de chaque gradin. Le
transformateur de courant TC associé au relais varmètrique doit être
installé sur une des phases de l'arrivée alimentant les charges à
compenser, comme décrit dans le schéma de la Figure I.13.
L'équipement Varset Fast est une batterie de condensateurs de
compensation à régulation automatique incluant un contacteur statique
(thyristors) au lieu d'un contacteur. La compensation statique est
intéressante sur des installations avec des équipements ayant des cycles
34
de variation de charges très rapides et/ou très sensibles aux surtensions
transitoires [25].
I.6.2.2 Les avantages de la compensation automatique par
contacteur statique
❖ Réponse immédiate à toute variation du facteur de puissance (le
temps de réponse est de 2 ms à 40 ms selon l'option de régulation.
❖ Nombre illimité d'opérations.
❖ Élimination des phénomènes transitoires liés à la
fermeture/ouverture des contacteurs sur les condensateurs.
❖ Fonctionnement totalement silencieux.
En gérant la compensation au plus près des besoins de la charge, les
risques de produire des surtensions durant les périodes de faible charge
sont évités ainsi que, en empêchant l’établissement de surtension, les
dégradations probables des appareils et des équipements [25].
I.6.3 Régulateur varmétrique
Les régulateurs d’énergie réactive commandent automatiquement la
connexion et la déconnexion des condensateurs en fonction du cos ϕ du
réseau.
L’opération logique est optimisée pour minimiser le temps et le nombre de
cycles ainsi que les condensateurs actifs. Ainsi cela garantit une utilisation
égale et pérenne des capacités.
I.6.3.1 Écran LCD-alphanumérique rétro-éclairé
pour la visualisation des mesures, états des condensateurs actifs, alarmes.
Les mesures disponibles sont les tensions et courants, puissance actives
et réactives, THD tension et courant, la température interne, le nombre
d’opérations et heure de fonctionnement de chaque condensateur.
35
Figure I.1 : Régulateur varmétrique
I.6.3.2 Opération Manuel/Automatique
Alarme pour : surcharge tension harmonique, surcharge courant
harmonique, sur-température, sous-compensation, dépassement tension
crête, dépassement tension efficace (RMS), déconnexion immédiate lors
de chute de tension > 10ms et < 50% Un Temps de déconnexion entre
deux connexions programmable de 5 à 300 s.
Communication RS-485, TC additionnel pour la mesure du courant
dans l’armoire et de la distorsion harmonique.
Cette mesure permet d’avoir un contrôle plus fin de la puissance réactive
et d’activer une alarme
❖ Minimisation du nombre de manœuvres de mise sous tension des
gradins par le réglage du temps de connexion.
❖ Augmentation de la durée de vie des composants qui constituent le
gradin (organe de commutation compris).
❖ Augmentation du temps de réponse de l’armoire de rephasage.
❖ Vieillissement uniforme de l’équipement.
Le programme garde en mémoire le temps de connexion de chaque
gradin. Lors d’une variation du cos ϕ, il donne l’ordre de connexion au
36
gradin le plus anciennement connecté. Ainsi, le MTBF (Mean Time
Between Failures) est donc égal pour tous les gradins de l’équipement [9].
Figure I.1 : Schéma de câblage
I.7 dispositifs FACTS
I.7.1 Réseau
Les réseaux maillés, soumis à des boucles de puissance indésirables entre
zones interconnectées, subissent des surcharges de lignes. Des problèmes
de stabilité et de toute manière un accroissement des pertes. Les moyens
classiques de contrôle des réseaux (transformateurs déphaseurs,
compensateurs série ou parallèle commutés par disjoncteurs, modification
des consignes de production, changement de topologie du réseau et action
sur l'excitation des générateurs) pourraient dans l'avenir s'avérer trop
lents et insuffisants pour répondre efficacement aux perturbations du
réseau, compte tenu notamment des nouvelles contraintes.
Il faudra vraisemblablement dans l'avenir, compléter leur action en
mettant en œuvre des dispositifs électroniques de puissance à grande
vitesse de réponse, récemment développés et connus sous l'appellation
FACTS (Flexible Alternative Current Transmission System) pour le contrôle
37
des réseaux. Le développement récent des dispositifs FACTS ouvre de
nouvelles perspectives pour une exploitation plus efficace des réseaux par
action continue et rapide sur les différents paramètres du réseau
(déphasage, tension, impédance).
Ainsi, les transits de puissance seront mieux contrôlés et les tensions
mieux tenues. Ce qui permettra d'augmenter les marges de stabilité ou de
tendre vers les limites thermiques des lignes.
I.7.2 Définition des FACTS
“FACTS” est un terme générique qui caractérise l’ensemble des
équipements mettant en jeu de l’électronique de puissance (diodes,
thyristors, GTO, IGBT…..). Ces éléments jouent le rôle d’interrupteurs très
rapides. Ce qui confère aux dispositifs FACTS une vitesse et une fiabilité
bien supérieures à celles des systèmes électromécaniques classiques. Ces
équipements contrôlent dynamiquement ensemble ou séparément les
différents paramètres du réseau : tension, impédance et la phase du
réseau.
Ils sont utilisés pour améliorer, d’une façon générale les performances
d’un réseau (stabilité, capacité de transport….)[21]. Les FACTS
(abréviation anglaise de Flexible AC Transmission Systems), sont définis
Selon l'IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) comme
étant : des Systèmes de Transmission en courant alternatif comprenant
des dispositifs basés sur l'électronique de puissance et d'autres dispositifs
statiques utilisés pour accroître la contrôlabilité et augmenter la capacité
de transfert de puissance du réseau.
Ils peuvent contribuer à faire face aux problèmes rencontrés dans
l’exploitation des réseaux électriques. Il est possible d’augmenter la
puissance active transitée entre deux réseaux soit en maintenant la
tension des systèmes, soit en augmentant l’angle de transport entre les
deux systèmes ou en réduisant artificiellement l’impédance de la liaison.
En jouant sur un ou plusieurs de ces paramètres, les FACTS permettent
un contrôle précis des transits de puissance réactive, une optimisation des
transits de puissance active sur les installations existantes et une
amélioration de la stabilité dynamique du réseau.
38
Ils permettent aussi aux consommateurs industriels de réduire les
déséquilibres de charges et de contrôler les fluctuations de tensions créées
par des variations rapides de la demande de puissance réactive et ainsi
d’augmenter les productions.
I.7.3 Classification des dispositifs FACTS
Le tableau de la figure (I.6) représente les grandes catégories des
dispositifs de contrôle des réseaux électriques. La colonne sur la gauche
contient les systèmes conventionnels constitués de composants de base
RLC et transformateurs commandés par des interrupteurs mécaniques.
Les dispositifs FACTS contiennent également les mêmes composants mais
rapidement commandés avec des interrupteurs statiques et convertisseurs
de l'électronique de puissance.
I.7.4 Types de matériel selon la pollution harmonique de
l’installation
La compensation d’énergie réactive implique que le condensateur doit être
adapté aux caractéristiques intrinsèques du réseau d’alimentation
électrique correspondant (tension, fréquence, cos ϕ, etc.).
Cependant, le foisonnement des harmoniques dans le réseau de secteur
signifie que le condensateur doit être également adapté au degré
d’interférence et aux performances finales souhaitées par le client.
Selon le degré d’interférence ou harmoniques, cinq « modèles » de
condensateurs sont disponibles [14] :
➢ Modèle standard ;
➢ Type H ;
➢ Modèle SAH* - classe standard ;
➢ Modèle SAH* - classe renforcée ;
➢ Modèle FH (filtres harmoniques).
39
Figure I.1 : Types de matériel
I.8 Conclusion
Dans ce chapitre nous avons détaillé tous les termes qui ont une relation
avec la compensation d’énergie réactive et l’amélioration du réseau
électrique. La technologie de la compensation par des FACTS s'est avéré
une solution fiable et rentable aux problèmes de qualité de l'onde reliés à
la puissance réactive et active. Ainsi, de nombreux travaux de recherche
sont publiés dans ce domaine. Les gestionnaires de réseau sont en train
d’exploiter le système de transport aux prés de ses limites thermiques et
dynamiques, alors que les consommateurs sont de plus en plus exigeants
quant à la qualité de l’énergie et à la continuité de service. Les
équipements à base d’électronique de puissance, y compris leurs
commandes appropriées, offrent des solutions efficaces à ce problème.
Grâce aux avancées récentes dans la technologie GTO/IGBT, le temps de
réaction des dispositifs FACTS a diminué de quelques millisecondes. Dans
ce chapitre nous avons présenté les types de compensation shunt, série
et hybride appliquées au contrôle des réseaux électriques.
40
CHAPITRE II : METHODES DE COMPENSATION D’ENERGIE
REACTIVE DANS LE RESEAUINDUSTRIEL
II.1 Introduction
L’amélioration du facteur de puissance constitue sans doute un paramètre
très important dans l’amélioration de la qualité de l’énergie du point de
vue technique et économique, parmi les méthodes d’amélioration du
facteur de puissance est la compensation de l’énergie réactive.
Dans ce chapitre, on va étudier le principe de la compensation, ainsi que
les différents types des compensateurs de l’énergie réactive.
L’exploitation des réseaux électroniques et la planification font intervenir
le calcul de l’écoulement de puissance où la planification comprend la
maîtrise de capacités et des réactions du réseau face à son extension, et
l’exploitation implique la connaissance des capacités du réseau à résister
à la perte d’une centrale et /ou d’une ligne majeure.
Le calcul de l’écoulement de puissance est d’une importance capital
puisqu’il nous permet de connaître l’état de système c'est-à-dire le profil
des tensions à travers le réseau étudié et par la suite, les puissances
générées, celles qui transitent dans les lignes et les transformateurs ainsi
que les pertes de transmission en tout nœud du réseau. On en distingue
trois types de nœuds :
➢ Nœud de régulation type (P.V) : ou la puissance active et le module
de la tension sont connus ;
➢ Nœud consommateur type (P.Q) : les puissances active et réactive
sont spécifiées ;
➢ Nœud bilan : il fournit les puissances active et réactive
supplémentaires qu’il faut ajouter pour tenir compte des pertes à
déterminer.
Le nœud bilan correspond au nœud qui a la plus grande production
(centrale).
II.2 Ecoulement des puissances
41
II.2.1 Objectif de l’étude de l’écoulement de puissance
L’objectif primordial des opérateurs des réseaux électriques est d’assurer
la continuité de service (alimentation de leurs abonnés), tout en
respectant plusieurs exigences. Les tensions et la fréquence de réseau
doivent d’être dans les limites acceptables [22] :
𝑉𝑚𝑖𝑛 < 𝑉𝑚𝑎𝑥
𝑓𝑚𝑖𝑛 < 𝑓 < 𝑓𝑚𝑎𝑥
1) La forme d’onde du courant et de la tension doit d’être sinusoïdale
(éviter les harmoniques).
2) Les lignes de transmission doivent fonctionner dans leurs limites
thermiques et de stabilité.
𝑃𝑅 < 𝑃𝑚𝑎𝑥
3) La durée de coupure de l’alimentation doit être le minimum possible.
4) En outre, à cause de dérégulation (ouverture) du marché d’électricité,
le courant de kWh doit être le plus bas possible.
Pour évaluer toutes ces conditions, on doit posséder des méthodes qui
déterminent l’état des grandeurs électriques, on doit calculer ainsi les
tensions (modules et arguments) au niveau de tous les jeux de barres qui
forment le réseau. Ainsi que toutes les puissances qui transitent les lignes
de transmission.
Les variables de l’écoulement de puissance, on peut résumer toutes les
grandeurs électriques qui participent à déterminer l’état électrique de
réseau en quatre variables :
➢ la puissance active (P) ;
➢ la puissance réactive (Q) ;
➢ le module de tension ;
➢ l’angle θ.
La distinction entre ces différentes variables est due à leur nature.
II.2.2 Variables de perturbation ou non contrôlables
42
Parmi les variables des équations de l'écoulement de puissance, les
variables de la demande (charge) PD et QD qu’elles ne sont pas
contrôlables car elles dépendent seulement des abonnés de la puissance.
Les variables de perturbation avec cette définition constituent les
composantes du vecteur de perturbation p.
𝑃1 𝑃𝐷1
𝑃2 𝑃𝐷2
⋮ ⋮
𝑃𝑛 𝑃𝐷𝑛
𝑃=𝑃 𝑄𝐷+1 (2.1)
𝑛+1
𝑃𝑛+2 𝑄𝐷+2
⋮. ⋮.
𝑃2𝑛 𝑄𝐷𝑛
II.2.3 Variables contrôlables (de contrôle et d'état)
Ces variables peuvent d’être regroupés en deux catégories : les variables
de contrôle et d’état. Les variables d’état, ce sont l’amplitude et l’angle de
la tension au niveau de jeux de barre, ils sont qualifiés d’état suite à leurs
valeurs qu’elles peuvent déterminer l’état de réseau. Elles sont
représentées par le vecteur d’état x.
𝑥1 𝜃1
𝑥2 𝜃2
⋮ ⋮
𝑥𝑛 𝜃𝑛
𝑃=𝑥 |𝑉1 | (2.2)
𝑛+1
𝑥𝑛+2 |𝑉2 |
⋮. ⋮.
𝑥2𝑛 |𝑉𝑛 |
n : nombre de jeux de barres de tout le réseau.
Les Variables de contrôle, les puissances générés à savoir PG ou QG
(actives ou réactives) sont des variables de contrôles représentés par le
vecteur de contrôle u.
43
𝑢1 𝑃𝐺1
𝑢2 𝑃𝐺2
⋮ ⋮
𝑢𝑛 𝑃𝐺𝑛
𝑃=𝑢 𝑄𝐺+1 (2.3)
𝑛+1
𝑢𝑛+2 𝑄𝐺+2
⋮. ⋮.
𝑢2𝑛 𝑄𝐺𝑛
II.2.4 Equations d’écoulement de puissance
Les équations du réseau électrique peuvent être exprimées par plusieurs
formes, néanmoins, la méthode des tensions nodales est la plus utilisée.
Les équations des courants à chaque nœud nous donnent la matrice
admittance, cette dernière est ensuite utilisée pour déterminer les tensions
à différents jeux de barres sous forme d’équations non linéaires qui sont
résolues avec plusieurs méthodes. Les puissances active et réactive sont
déduites depuis les résultats de tension obtenus. [6]
II.2.4.1 Formation de la matrice admittance
Cette matrice est obtenue en utilisant les équations de courant obtenues
dans les nœuds constituant le circuit du réseau comme suit : [6]
Fig.I.4 : Exemple d’un réseau bouclé.
❖ En appliquant le théorème de Kirchhoff dans les quatre jeux de
barre, on obtient les équations suivantes :
44
𝐼1 = 𝑌10 𝑉1 + 𝑌12 |(𝑉1 − 𝑉2 ) + 𝑌13 (𝑉1 − 𝑉3 )
𝐼2 = 𝑌20 𝑉2 + 𝑌12 |(𝑉2 − 𝑉1 ) + 𝑌23 (𝑉2 − 𝑉3 )
(2.5)
0 = 𝑌23 (𝑉3 − 𝑉2 ) + 𝑌12 (𝑉3 − 𝑉1 ) + 𝑌23 (𝑉3 − 𝑉4 )
{ 0 = 𝑌34 (𝑉4 − 𝑉3 )
En réarrangeant les équations précédentes, on obtient :
𝐼1 = (𝑌10 + 𝑌12 + 𝑌13 )𝑉1 + 𝑌12 𝑉2 − 𝑌13 𝑉3
𝐼2 = −𝑌12 𝑉1 + (𝑌20 + 𝑌12 + 𝑌23 )𝑉2 − 𝑌23 𝑉3
(2.6)
0 = −𝑌13 𝑉3 − 𝑌23 𝑉2 + (𝑌13 + 𝑌23 + 𝑌24 )𝑉3 − 𝑌24 𝑉4
{0 = 𝑌34 𝑉3 + 𝑌34 𝑉3 𝑉4
Ainsi on obtient les éléments de la matrice admittance
𝑌11 = (𝑌10 + 𝑌12 + 𝑌13 )
𝑌22 = (𝑌20 + 𝑌12 + 𝑌23 )
𝑌33 = (𝑌13 + 𝑌23 + 𝑌34 )
𝑌44 = −𝑌34
𝑌12 = 𝑌21 = −𝑌12
𝑌13 = 𝑌31 = −𝑌13
𝑌23 = 𝑌32 = −𝑌23
𝑌34 = 𝑌43 = −𝑌34
Les équations finales sont :
𝐼1 = 𝑌11 𝑉1 + 𝑌12 𝑉2 + 𝑌13 𝑉3 + 𝑌14 𝑉4
𝐼 = 𝑌21 𝑉1 + 𝑌22 𝑉2 + 𝑌23 𝑉3 + 𝑌24 𝑉4
{2 (2.7)
𝐼3 = 𝑌31 𝑉1 + 𝑌32 𝑉2 + 𝑌33 𝑉3 + 𝑌34 𝑉4
𝐼4 = 𝑌41 𝑉1 + 𝑌42 𝑉2 + 𝑌43 𝑉3 + 𝑌44 𝑉4
Sous forme matricielle :
𝐼1 𝑌11 𝑌12 𝑌13 𝑌14 𝑉1
𝐼 𝑌 𝑌22 𝑌23 𝑌24 𝑉2
[ 2 ] = [ 21 ][ ] (2.8)
𝐼3 𝑌31 𝑌32 𝑌33 𝑌34 𝑉3
𝐼4 𝑌41 𝑌42 𝑌43 𝑌44 𝑉4
45
En général, on peut écrire :
𝐼𝑏𝑢𝑠 = 𝑌𝑏𝑢𝑠 𝑉𝑏𝑢𝑠 (2.8)
𝐼𝑏𝑢𝑠 : Vecteur des courants injectés
𝑉: Vecteur des tensions
𝑌𝑏𝑢𝑠 : Matrice admittance
II.2.4.2 Formulation des équations de tension
D’après l’équation (2.8) :
𝑛
𝐼𝑖 = 𝑌𝑖𝑖 𝑉𝑖 + ∑ 𝑘 = 1 𝑌𝑖𝑘 𝑉𝑘 (2.9)
𝑘≠𝑖
Et nous avons aussi :
Pi − jQ i = Vi̇ Ii (2.10)
Pi − Q i
Ii = (2.11)
Vi̇
En remplaçant l’équation (2.9) on obtient :
𝑛
Pi − Q i
= 𝑌𝑖𝑖 𝑉𝑖 + ∑ 𝑘 = 1 𝑌𝑖𝑘 𝑉𝑘 (2.12)
Vi̇
𝑘≠𝑖
Alors :
𝑛
Pi − Q i
𝑌𝑖𝑖 𝑉𝑖 = − ∑ 𝑘 = 1 𝑌𝑖𝑘 𝑉𝑘 (2.13)
Vi̇
𝑘≠𝑖
Et finalement l’équation (2.13) s’écrirera :
𝑛
1 Pi − Q i
𝑉𝑖 = [ − ∑ 𝑘 = 1 𝑌𝑖𝑘 𝑉𝑘 ] (2.14)
𝑌𝑖𝑖 Vi̇
𝑘≠𝑖
46
II.2.4.3 Formulation des équations d’écoulement de puissance
Avec les mêmes étapes qu’avec les équations de tensions, on parvient aux
équations des puissances actives et réactives comme suit : [6]
𝑛
Pi − Q i
= 𝑌𝑖𝑖 𝑉𝑖 + ∑ 𝑘 = 1 𝑌𝑖𝑘 𝑉𝑘 (2.15)
Vi̇
𝑘≠𝑖
Pi − jQ i = Vi̇ [∑ 𝑘 = 1 𝑌𝑖𝑘 𝑉𝑘 ] (2.16)
𝑘≠𝑖
Où :
θn θ
Yii = |Yii |L , Yik = |Yik |L ik
−δ δ
Vi̇ = |Vi |L i , Vk = |Vk |L k
δ
𝑉𝑖 = |Vi |L i
Et donc nous aurons :
𝑛
Lθii θik +𝛿𝑘 +𝛿𝑖
Pi − jQ i = |𝑉𝑖 |2 |Yii | + ∑ 𝑘 = 1 |Yik ||Vi ||Vk |L (2.17)
𝑘≠𝑖
Finalement :
𝑛
Pi = ∑ 𝑘 = 1 |Vi ||Vk ||Yik |𝑐𝑜𝑠(θik + 𝛿𝑘 + 𝛿𝑖 ) (2.18)
𝑘≠𝑖
𝑛
Q i = ∑ 𝑘 = 1 |Vi ||Vk ||Yik |𝑐𝑜𝑠(θik + 𝛿𝑘 + 𝛿𝑖 ) (2.19)
𝑘≠𝑖
II.2.4.5 Formulation de l’équation des pertes en puissance
active
On a :
𝑃𝐿𝑂𝑆𝑆𝑖𝑘 = 𝑃𝑖𝑘 + 𝑃𝑘𝑖 (2.20)
Où :
𝑃𝑘𝑖 = |𝑉𝑘 |2 |𝑌𝑖𝑘 |𝑐𝑜𝑠𝑄𝑖𝑘 − |𝑉𝑖 ||𝑉𝑘 ||𝑌𝑖𝑘 |𝑐𝑜𝑠(𝑄𝑖𝑘 − 𝛿𝑘 + 𝛿𝑖 ) (2.21)
𝑃𝑖𝑘 = |𝑉𝑖 |2 |𝑌𝑖𝑘 |𝑐𝑜𝑠𝑄𝑖𝑘 − |𝑉𝑖 ||𝑉𝑘 ||𝑌𝑖𝑘 |𝑐𝑜𝑠(𝑄𝑖𝑘 − 𝛿𝑖 + 𝛿𝑘 ) (2.22)
47
Donc on aura :
𝑃𝐿𝑂𝑆𝑆𝑖𝑘 = [2|𝑉𝑖 ||𝑉𝑘 |𝑐𝑜𝑠(𝛿𝑖 + 𝛿𝑘 ) − |𝑉𝑖 |2 − |𝑉𝑘 |2 ]|𝑌𝑖𝑘 |𝑐𝑜𝑠𝜃𝑖𝑘 (2.23)
On a aussi
𝑌𝑖𝑘 = 𝐺𝑖𝑘 + 𝑗𝐵𝑖𝑘
𝐺𝑖𝑘 = |𝑌𝑖𝑘 | + 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑖𝑘
𝐵𝑖𝑘 = |𝑌𝑖𝑘 | + 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑖𝑘
D’où :
𝑃𝐿𝑂𝑆𝑆𝑖𝑘 = 𝐺𝑖𝑘 [2|𝑉𝑖 ||𝑉𝑘 |𝑐𝑜𝑠(𝛿𝑖 − 𝛿𝑘 ) − |𝑉𝑖 |2 − |𝑉𝑘 |2 ] (2.24)
II.2.4.5 Formulation de l’équation des pertes en puissance
réactive
On a l’équation (2.25)
𝑄𝐿𝑂𝑆𝑆𝑖𝑘 = 𝑄𝑖𝑘 + 𝑄𝑘𝑖 (2.25)
Où :
𝑄𝑘𝑖 = |𝑉𝑘 |2 |𝑌𝑖𝑘 |𝑠𝑖𝑛𝑄𝑖𝑘 − |𝑉𝑖 ||𝑉𝑘 ||𝑌𝑖𝑘 |𝑠𝑖𝑛(𝑄𝑖𝑘 − 𝛿𝑘 + 𝛿𝑖 ) − |𝑉𝑘 |2 |𝑌𝑘𝑖 0 | (2.26)
𝑄𝑖𝑘 = |𝑉𝑖 |2 |𝑌𝑖𝑘 |𝑠𝑖𝑛𝑄𝑖𝑘 − |𝑉𝑖 ||𝑉𝑘 ||𝑌𝑖𝑘 |𝑠𝑖𝑛(𝑄𝑖𝑘 − 𝛿𝑖 + 𝛿𝑘 ) − |𝑉𝑖 |2 |𝑌𝑖𝑘 0 | (2.27)
Finalement on obtient :
2
𝑄𝐿𝑂𝑆𝑆𝑖𝑘 = (|𝑉𝑖 |2 + |𝑉|2 )𝐵𝑖𝑘 − (|𝑉𝑖 |2 |𝑌𝑖𝑘 0 | + |𝑉𝑘 |2 |𝑌𝑘𝑖 0 |) −
|𝑉𝑖 ||𝑉𝑘 ||𝑌𝑖𝑘 |[𝑠𝑖𝑛(𝑄𝑖𝑘 − 𝛿𝑖 + 𝛿𝑘 ) + 𝑠𝑖𝑛(𝑄𝑖𝑘 − 𝛿𝑘 + 𝛿𝑖 )] (2.28)
Il existe plusieurs méthodes pour résoudre les équations d’écoulement de
puissance, on site principalement la méthode de Gauss-Seidel, la méthode
de Newton-Raphson et la méthode de N-R découplée et découplée rapide.
[6]
48
II.3 Méthodes simples pour le calcul de l’écoulement de
puissance
Généralement, dans la résolution de l’écoulement de puissance dans un
réseau électrique, les chercheurs ont toujours opté pour les méthodes
classiques telles que la méthode de Gauss- Seidel, la méthode de Newton-
Raphson et Newton- Raphson découplée rapide… Mais ces méthodes se
sont avérées être inefficace dans le cas d’un réseau radial. Leur divergence
est souvent expliquer par le quotient très élevé de R/X.
II.3 Méthode simple pour le calcul de l’écoulement de puissances
avec des charges variables
Cette méthode est proposée par Ulas Eminoglu, M. Hakan Hocaoglu [15].
Elle a pour objectif la résolution du problème de l’écoulement de puissance
dans un réseau de distribution radial. Elle est simple, efficace et elle a
comme avantages des caractéristiques de convergence améliorées.
Cette approche prend en considération l’influence du type de charges sur
la tension en utilisant un facteur de correction, ainsi que l’effet capacitif
des lignes. Elle se base sur la résolution de l’équation polynomiale de
tension obtenue à partir de l’équation de l’écoulement de puissance entre
deux jeux de barre. La tension dans chaque jeu de barre s’obtient en
utilisant la tension calculée dans le jeu de barre précédant. Les valeurs
des tensions sont corrigées en prenant en considération les chutes de
tension causées par l’impédance des lignes. Cette méthode présente une
meilleure convergence quel que soit le type de charges utilisées.
II.3.1 Approche Mathématique
Le schéma suivant montre un simple réseau à deux jeux de barre : [15]
49
Figure II.1 : exemple d’une branche en Π
Avec :
P : Puissance active transportée par la ligne.
Q : Puissance réactive transportée par la ligne.
VS : Tension à la source.
Vr : Tension à la charge.
δS : Déphasage de la tension Vs.
δr: Déphasage de la tension Vr.
R, X : Résistance et inductance de la ligne.
Y : Admittance de la ligne.
Dans cette méthode on fait appel aux équations de l’écoulement de
puissances qui sont les suivantes :
|𝑉𝑟 ||𝑉𝑆 | |𝐴||𝑉𝑟 |2
𝑃= 𝑐𝑜𝑠(𝑧 − 𝛿𝑠 ) − 𝑐𝑜𝑠(𝑧 − 𝛿𝐴 ) (2.29)
|𝑍| |𝑍|
|𝑉𝑟 ||𝑉𝑆 | |𝐴||𝑉𝑟 |2
𝑄= 𝑠𝑖𝑛(𝑧 − 𝛿𝑠 ) − 𝑠𝑖𝑛(𝑧 − 𝛿𝐴 ) (2.30)
|𝑍| |𝑍|
Où :
𝐴 = 𝑐𝑜𝑠ℎ(𝑌) 𝑒𝑡 𝑦 = √𝑧𝑦
Z : Impédance de la ligne.
ΘZ : Déphasage de la ligne.
50
δA : Déphasage du paramètre A de la ligne
A partir des équations (II.29) et (II.30) en fait extraire les équations
(II.31) et (II.32) :
𝑃|𝑍| |𝐴||𝑉𝑟 |
𝑐𝑜𝑠(𝑧 − 𝛿𝑠 ) = + 𝑐𝑜𝑠(𝑧 − 𝛿𝐴 ) (2.31)
|𝑉𝑟 ||𝑉𝑆 | |𝑉𝑆 |
𝑄|𝑍| |𝐴||𝑉𝑟 |
𝑠𝑖𝑛(𝑧 − 𝛿𝑠 ) = + 𝑠𝑖𝑛(𝑧 − 𝛿𝐴 ) (2.32)
|𝑉𝑟 ||𝑉𝑆 | |𝑉𝑆 |
On peut aussi exprimer les expressions de puissances active et réactive
par les expressions (II.33) et (II.34) :
𝑉 𝑛𝑝
𝑃 = 𝑃0 ( ) (2.33)
𝑉0
𝑉 𝑛𝑞
𝑄 = 𝑄0 ( ) (2.33)
𝑉0
Où np et nq : paramètres variables suivant le type de charges.
P0 et Q0 : puissances active et réactive nominales des charges.
Dans cette méthode les valeurs de V0 sont fixées à 1pu donc les équations
(2.33) et (2.34) deviennent plus simple à exprimer tel que :
𝑃 = 𝑃0 𝑉 𝑛𝑝 (2.35)
𝑄 = 𝑄0 𝑉 𝑛𝑞 (2.36)
L’étape qui suit se fait en remplaçant les expressions (2.35) et (2.36) dans
(2.31) et (2.32) :
𝑃0 |𝑉|𝑛𝑝 |𝑍| |𝐴||𝑉𝑟 |
𝑐𝑜𝑠(𝑧 − 𝛿𝑠 ) = + 𝑐𝑜𝑠(𝑧 − 𝛿𝐴 ) (2.37)
|𝑉𝑟 ||𝑉𝑆 | |𝑉𝑆 |
51
𝑄0 |𝑉|𝑛𝑝 |𝑍| |𝐴||𝑉𝑟 |
𝑠𝑖𝑛(𝑧 − 𝛿𝑠 ) = + 𝑠𝑖𝑛(𝑧 − 𝛿𝐴 ) (2.38)
|𝑉𝑟 ||𝑉𝑆 | |𝑉𝑆 |
Maintenant, on va développer les expressions de 𝑐𝑜𝑠 2 (𝑧 − 𝛿𝑠 ) et de
𝑠𝑖𝑛2 (𝑧 − 𝛿𝑠 )
Telle que :
𝑃0 2 |𝑉|2𝑛𝑝 |𝑍|2 |𝐴|2 |𝑉𝑟 |2
𝑐𝑜𝑠 𝑧 − 𝛿𝑠 ) =
2(
+ 𝑐𝑜𝑠 2 (𝑧 − 𝛿𝐴 ) +
|𝑉𝑟 |2 |𝑉𝑆 |2 |𝑉𝑆 |2
𝑃0 |𝑉|𝑛𝑝 |𝑍||𝐴|
2 𝑐𝑜𝑠(𝑧 − 𝛿𝑠 ) (2.39)
|𝑉𝑆 |2
𝑄0 2 |𝑉|2𝑛𝑝 |𝑍|2 |𝐴|2 |𝑉𝑟 |2
𝑠𝑖𝑛 𝑧 − 𝛿𝑠 ) =
2(
2 2
+ 2
𝑠𝑖𝑛2 (𝑧 − 𝛿𝐴 ) +
|𝑉𝑟 | |𝑉𝑆 | |𝑉𝑆 |
𝑛𝑝
𝑄0 |𝑉| |𝑍||𝐴|
2 𝑠𝑖𝑛(𝑧 − 𝛿𝑠 ) (2.40)
|𝑉𝑆 |2
On a aussi l’équation trigonométrique suivante :
𝑐𝑜𝑠 2 (𝑧 − 𝛿𝑠 ) + 𝑠𝑖𝑛2 (𝑧 − 𝛿𝑠 ) = 1 (2.41)
On remplace les équations (2.39) et (2.40) dans l’équation (2.41) puis on
simplifie l’équation finale et on obtient la relation (2.42) :
𝑃0 2 |𝑉|2𝑛𝑝 |𝑍|2 |𝐴|2 |𝑉𝑟 |2 𝑃0 |𝑉|𝑛𝑝 |𝑍||𝐴| 𝑄0 2 |𝑉|2𝑛𝑝 |𝑍|2
+ +2 𝑐𝑜𝑠(𝑧 − 𝛿𝑠 ) +
|𝑉𝑟 |2 |𝑉𝑆 |2 |𝑉𝑆 |2 |𝑉𝑆 |2 |𝑉𝑟 |2 |𝑉𝑆 |2
|𝐴|2 |𝑉𝑟 |2 𝑄0 |𝑉|𝑛𝑝 |𝑍||𝐴|
+ +2 𝑠𝑖𝑛(𝑧 − 𝛿𝑠 ) = 1 (2.42)
|𝑉𝑆 |2 |𝑉𝑆 |2
Dans l’étape suivante on va multiplier l’équation (2.42) par |𝑉𝑠 |2 |𝑉𝑟 |2 et on
aura :
52