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Cours D'introduction Aux Droits de L'homme-1

Le document présente un cours d'introduction aux droits de l'homme, définissant ces droits comme naturels, inaliénables et sacrés. Il retrace l'origine historique des droits de l'homme, leur évolution à travers les âges, ainsi que les normes internationales et nationales qui les protègent. Enfin, il aborde les différentes générations de droits de l'homme, notamment les droits civils et politiques, ainsi que les droits économiques, sociaux et culturels.

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Cours D'introduction Aux Droits de L'homme-1

Le document présente un cours d'introduction aux droits de l'homme, définissant ces droits comme naturels, inaliénables et sacrés. Il retrace l'origine historique des droits de l'homme, leur évolution à travers les âges, ainsi que les normes internationales et nationales qui les protègent. Enfin, il aborde les différentes générations de droits de l'homme, notamment les droits civils et politiques, ainsi que les droits économiques, sociaux et culturels.

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UNIVERSITE DE KIKWIT

« UNIKIK »

« Science, Créativité, Développement »


FACULTE DE DROIT

B.P. 76 KIKWIT

NOTES DU COURS D’INTRODUCTION AUX DROITS DE L’HOMME

L1 LMD Droit

Professeur Richard LUMBIKA NLANDU

C.T Rossi PUMBULU KIPASA

Année Académique 2023 – 2024

1
O. Introduction

1. Définition

Les Droits de l’homme sont des droits naturels : inaliénables par le


citoyen et sacrés pour le législateur qui doit seulement en assurer la
protection1de ce fait nous rappelons que ces droits représentent juridiquement
l’ensemble des droits et libertés reconnus dans un État de droit aux individus. Ils
sont naturels parce qui’ ils sont issus de la nature humaine et qu’ils seraient à cet
effet inhérents à l’homme indépendamment de sa position sociale, de sa
nationalité ou toute autre considération.

Il sied de noter que l’article 2 de la loi organique nº13/011du 21 Mars


2013 portant institution, organisation et fonctionnement de la commission
nationale des droits de l’homme définit les droits de l’homme comme des droits
inaliénables et inhérents aux êtres humains2 tels que définis par les dispositions
du titre II de la constitution et par les instruments juridiques internationaux y
relatifs, dûment ratifiés et dont le respect et l’exercice garantis par l’État,
permettent l’épanouissement intégral de l’homme.

En effet, le droit naturel est la liberté que chacun a d’user de sa propre


puissance comme il le veut lui-même pour préservation de sa propre nature 3. Ces
droits de l’homme assurent à l’individu la liberté autonomie4 en vertu de cette
autonomie l’homme est libre d’exercer ses droits à la limite des droits d’autrui.

2. Origine des droits de l’homme

La notion de "droits de l’homme et du citoyen" résulte d’une


construction historique et qui pourrait se caractériser en trois étapes :

a) L’Antiquité et les premières conceptions :


1
Roche j. Et Pouille A., Liberté publique, Dalloz 10ème édition, 1993, p.3.
2
Art.2 de la loi organique nº13/011 du 21 Mars 2013 portant organisation et fonctionnement de la commission
nationale des droits de l’homme.
3
Roche j., Et puille A., Op cit,
4
Roche j., et puille, OP.cit. p.5.

2
Elles différencient entre « homme » et « citoyen » et se fondent sur «
la citoyenneté ». Les premières conceptions des droits de l’homme en font la
référence principale. Elles considèrent qu’il n'y a de conception des droits que
celle qui se fonde sur la citoyenneté : "Seuls les citoyens sont des maîtres, seuls
les maîtres sont des citoyens" (Kriegel, 1998).

La notion de "droits de l'homme" est étrangère aux Grecs et aux


Romains. L’idée même de citoyen naît avec la Cité grecque. Elle repose sur le
principe d’isonomie qui fait de chaque citoyen le membre d’une communauté
d’égaux. Le citoyen est celui qui obéit à des lois, non à un homme. Rome donne,
par un processus d’extension progressive du droit de cité, une dimension
universelle à la notion de citoyenneté.

b) Le moyen âge et les notions « Sujet du roi » et « Citoyen clerc » :

Au moyen âge et pendant des siècles, la notion de citoyen disparaît.


C'est le temps du « sujet du roi ». Le « Citoyen » est alors un terme employé par
des clercs et si son souvenir se conserve grâce à eux ; il perd toutefois sa portée
politique.

c) La modernité politique et l’apparition de la notion des "droits de


l’homme et du citoyen" :

Cette notion s'élabore lors de la lutte contre l'absolutisme. Elle est


contemporaine des grands changements qui, depuis le XVIIe siècle surtout,
conduisent à l'invention de ce que D. Schnapper appelle la modernité politique.

L'adoption de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen le 26


août 1789 représente l'un des moments les plus forts de cette entrée dans la
modernité politique. Elle est rappelée dans le droit positif de plusieurs Etats et
incorporée au préambule de la Constitution de la République Démocratique du
Congo.

3
Elle inspire de nombreux textes notamment la Déclaration universelle
des droits de l'homme,

3. Evolution de la notion de "droits de l’homme et du citoyen"

À partir de 1789, les droits de l’homme se développent


qualitativement et quantitativement dans bon nombres d’États. Comme dit
précédemment, ils sont consacrés par la déclaration de 1789 qui proclame la
charte de l’homme libre dans une société selon le principe du droit naturel et
conformément à la philosophie de l’époque et aux intérêts du moment.

Nous notons que la quasi-totalité des États fait partie de la déclaration


de des droits de l’homme pour assurer la protection des droits fondamentaux de
l’homme à travers la consécration dans les instruments juridiques. Placée sous
les auspices du droit naturel, la déclaration vise avant tout « l’homme-individu».
Né libre, l’homme demande à l’État liberté d’être ou d’agir et non des
prestations. Le titulaire mérite sa liberté qui est son droit naturel.

Les droits de l'homme sont devenus donc une préoccupation


universelle. Il n'y a plus d'organisation politique dans le monde qui ne prétende
donner à son action les droits de l’homme et le maintien de la liberté
économique et le droit à la subsistance a conduit à une prise de conscience : un
droit n'est rien sans les moyens d'existence qui permettent sa mise en œuvre :
des "droits économiques et sociaux défendus plus tard dans les doctrines
socialistes et le marxisme mais aussi dans le christianisme social ou le tiers-
mondisme.

Dans le passé, l'Église catholique a longtemps défendu l'idée que "les


vrais droits de l'homme naissent précisément de ses devoirs envers Dieu" :
aujourd'hui la papauté affirme que les idées de liberté, d'égalité, de fraternité ne
sont "Au fond que des idées chrétiennes" (Jean-Paul II au rassemblement du
Bourget, le 1er juin 1980).

4
Certains courants politiques, culturels, religieux et des États dans le
monde contestent la référence aux droits de l'homme. Ces contestations
soulèvent la question de l'universalisme des droits de l'homme.

Pourquoi l'Occident qui a si longtemps ignoré les droits des


populations au moment de la colonisation met-il tant d'ardeur à défendre les
droits de l'homme maintenant que ces peuples ont recouvré leur souveraineté ?
Les droits de l'homme ne constituent-ils pas une forme moderne de la
domination de l'Occident sur le reste du monde ?

4. Le cadre normatif ou sources des droits de l’homme

Des normes spécifiques, tant nationales qu’internationales, constituent


le cadre de la protection des droits de l’homme.

a) Normes internationales

Les normes qui concernent la protection des droits de l’homme font l’objet de
divers instruments internationaux. Ces instruments ont été adoptés pour
favoriser le respect de la dignité de tous les êtres humains, y compris des
personnes accusées d’infraction. Nous pouvons citer :

- La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 ;


- Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, 1966
- Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels,
1966 ;
- La Convention de Genève relative au statut des réfugiés, 1951 ;
- La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes
de discrimination raciale, 1965 ;
- La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à
l’égard des femmes, 1979 ;
- La Convention internationale relative aux droits de l'enfant du 20
novembre 1989 ;

5
- Convention internationale sur la protection des droits de tous les
travailleurs migrants et des membres de leur famille, 1990 ;
- Convention sur les droits des personnes handicapées, 2006
- Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide,
1948
- Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants, 1984
- Convention sur la protection de toutes les personnes contre les
disparitions forcées, 2006
- Statut de Rome de la Cour pénale internationale, 1998
- Déclaration sur le droit au développement, 1986
- Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités
nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques, 1992
- Déclaration et programme d’action de la Conférence mondiale sur les
droits de l’homme de Vienne, 1993
- Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux
au travail, 1998
- Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme, 1998
- Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, 2007
- Déclaration des Nations unies sur l’éducation et la formation
aux droits de l’homme, 2011
b) Normes régionales
1. Les textes européens
- Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés
fondamentales, 1950 telle qu’amendée par les protocoles no 11 et no 14
- Protocole no 4 à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme
et des libertés fondamentales, 1963, tel qu’amendé par le protocole no 11,
1994

6
- Protocole no 6 à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme
et des libertés fondamentales, 1983, tel qu’amendé par le protocole no 11,
1994
- Protocole no 7 à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme
et des libertés fondamentales, 1984, tel qu’amendé par le protocole no 11,
1994
- Convention pour la protection des droits de l’homme et de la dignité de
l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine :
Convention sur les droits de l’homme et la biomédecine, 1997
- Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres
humains, 2005
- Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la
violence à l’égard des femmes et la violence domestique, 2011
2. Textes africaines
- Acte constitutif de l’Union africaine du 11 juillet 2000.
- Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, 1981
- Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, 1990
- Protocole additionnel à la Charte créant la Cour Africaine des droits de
l'homme et des peuples, Ouagadougou, au Burkina Faso, 1998 ;

c) Normes nationales
- Constitution de la RDC telle que modifiée par la loi n° 17/002 du 20
janvier 2011 portant révision des certains articles de la constitution de la
RDC du 18 février 2006, in Journal officiel de la RDC, Kinshasa, 52ème
année, n° spécial, 5 Février 2011 ;
- Décret du 30 janvier 1940 portant Code pénal congolais tel que modifié et
complété à ce jour. Mise à jour au 05 octobre 2006, 47ème année, numéro
spécial, 05 octobre 2006 :
- Loi portant protection de l’enfant du 10 janvier 2009 ;

7
- La loi organique nº13/011 du 21 Mars 2013 portant institution,
organisation et fonctionnement de la commission nationale des droits de
l’homme ;
- Loi n° 08/011 du 14 juillet 2008 portant protection des droits des
personnes vivant avec le VIH/SIDA et des personnes affectées ;
- Loi organique n°22/003 du 3 mai 2022 portant protection et promotion
des droits des personnes vivant avec handicap.

CHAPITRE I. LES GENERATIONS DES DROITS DE L’HOMME

Les droits de l’homme sont des prérogatives reconnues à


toute personne du seul fait de sa qualité d’être humain. Issus des conceptions du
droit naturel, qui fondent leur statut philosophique, les droits humains ont fait
l’objet d’une reconnaissance progressive en droit positif depuis la proclamation
et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen par les français en 1789.

En effet, en tant qu'être humain, toute personne a des besoins qu'il importe de
reconnaître et de respecter. Les droits de l’homme répondent aux exigences
irréductibles de la dignité humaine.

Ces droits sont universels, inviolables et inaliénables.


- Droits Universels parce qu'ils sont présents dans tous les êtres humains,
sans exception de temps, de lieu, de sujet.
- Droits Inviolables : parce que inhérents à la personne humaine et sa
dignité et parce que il serait vain de proclamer ses droits sans rechercher à
les respecter par tous, partout et pour tous.
- Droits Inaliénables : dans la mesure où personne ne peut légitimement
priver de ses droits à l'un de ses semblables, quel qu'il soit (vieillard,
infirme, enfant, citadin, villageois...)

On distingue trois générations de droits de l’homme.

SECTION I. LES DROITS CIVILS ET POLITIQUES OU DROITS DE


LA PREMIERE GENERATION

Appartiennent à cette catégorie des droits de l'homme :


 le droit à la vie (avec le droit de garantir dans le sein de la mère après la
conception, à sa fin naturelle). Le droit à la vie conditionne l'exercice de

8
tout autre droit et emporte en particulier l'illicéité de toute forme
d'avortement provoqué et d'euthanasie.
 Le droit de vivre dans une famille unie et dans un climat moral favorable
au développement de la personnalité ;
 Le droit à l’intégrité physique
 Le droit à la sécurité ;
 Le droit à la liberté de penser, d’expression, de réunion, de religion, à
l’information ;
 Droit au respect de sa vie privée ;
 Droit à la propriété ;
 Le droit de fonder librement la famille, d'accueillir et d'élever des enfants
(droit au mariage) ;
 Le droit au nom et à la nationalité ;
 Le droit au vote et à l'éligibilité ;
 Le droit à un traitement égal devant les tribunaux ;
 Le droit à la liberté d'opinion et d'expression ;
 Droit d’asile, etc

SECTION II. DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS


OU DROITS DE LA DEUXIEME GENERATION

Parmi les droits économiques, sociaux et culturels, il y a :


 Le droit au travail, au libre choix du travail, à la protection contre le
chômage, à un salaire égal pour un travail égal, à une
rémunération équitable et satisfaisante, à la grève ;
 Le droit de fonder des syndicats et de s'affilier au syndicat de son choix ;
 Le droit à un logement décent;
 Le droit à la santé, aux soins médicaux, à la sécurité sociale et aux
services sociaux ;
 Le droit à l'éducation et à la formation professionnelle :
 Le droit de participer aux activités culturelles ;
 Le droit d'accéder aux lieux et services destinés aux publics (transport,
hôtel, café, restaurant, piscine, spectacles)...

SECTION III. LES DROITS COLLECTIFS OU DROITS DE LA


TROISIEME GENERATION

Ils impliquent tout le monde. On note :


 Le droit à la paix ;
 Le droit au développement ;
 Le droit à un environnement sain ;
 Le droit au contrôle des richesses publiques ;
 Le droit à l’espace ;

9
 Le droit à la mer.

SECTION IV. ANALYSE DE QUELQUES INSTRUMENTS


INTERNATIONAUX

1. La Déclaration universelle des droits de l’homme

Adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10


décembre 1948, la Déclaration universelle des droits de l’homme est un
document fondateur du système des Nations Unies en matière de droits de
l’homme. La Déclaration énonce pour la première fois dans l’histoire de
l’humanité un ensemble de libertés et de droits fondamentaux dont tous les êtres
humains devraient jouir. Le principe d’universalité est la pierre angulaire du
droit international des droits de l’homme.
La Déclaration contient un préambule et 30 articles. Elle interdit
toute forme de discrimination et énonce différents types de droits et
d’obligations, y compris :
 Des droits civils et politiques

Ex : les droits à la vie, à la liberté et à la sûreté de la personne ; l’interdiction de


l’esclavage ; l’interdiction de la torture et des peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants ; le droit à la reconnaissance de la personnalité
juridique ; les libertés de pensée, de conscience, de religion, d’expression,
d’opinion, de réunion et d’association, etc.
 Des droits économiques, sociaux et culturels

Ex : les droits à la sécurité sociale, au travail et à l’éducation ; le droit de la


personne à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé et son bien-être, etc.
Même si la Déclaration n’est pas un instrument juridiquement
obligatoire (c’est-à-dire qu’elle ne crée pas d’obligations légales pour les États),
elle est aujourd’hui largement reconnue comme la norme fondamentale des
droits de l’homme que tous devraient respecter et protéger. Elle revêt, dès lors,
une valeur morale importante. Aujourd’hui, certaines de ses dispositions font
partie du droit international coutumier.
La Déclaration a inspiré un nombre important de documents
juridiques aux niveaux national, régional et international. De nombreux
instruments internationaux ultérieurs trouvent leur fondement dans la liste des
droits et libertés fondamentaux qu’elle énonce.

10
Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (et
ses deux protocoles facultatifs) et le Pacte international relatif aux droits
économiques, sociaux et culturels (voir ci-après), en particulier, traduisent ses
principes en droit conventionnel obligatoire pour les États qui les ont ratifiés.
La Déclaration et les deux pactes susmentionnés forment
ensemble la « Charte internationale des droits de l’homme. »
2. Charte africaine des droits de l'homme et des peuples

La charte africaine des droits de l'homme et des peuples a été


adoptée le 27 juin 1981 à Nairobi (Kenya) lors de la 18e Conférence de
l'Organisation de l'Unité Africaine. Elle est entrée en vigueur le 21 octobre
1986, après sa ratification par 25 états. Elle s’appuie sur la Charte de
l'Organisation de l'Unité Africaine et la Charte des Nations unies ainsi que sur la
Déclaration universelle des droits de l'homme tout en « tenant compte des vertus
de leurs traditions historiques et des valeurs de civilisation africaine qui doivent
inspirer et caractériser leurs réflexions sur la conception des droits de l'homme
et des peuples » (préambule de la Charte).
Cette charte n'est pas une simple adaptation des principes
fondamentaux de la Déclaration Universelle aux spécificités de la culture
africaine ; d'ailleurs la notion de "civilisation africaine" à laquelle elle se réfère
est assez large puisque ce texte a été ratifié par des pays de traditions très
diverses (de l'Algérie à l'Afrique du Sud et du Cap-Vert à Madagascar). Elle
place au même niveau que les droits de l'homme d'une part le droit des peuples
africains à disposer d'eux-mêmes face au monde extérieur et d'autre part les
devoirs de l'individu envers la famille et l'État.
Elle définit donc un dispositif dans lequel indépendance nationale,
tradition, cohésion sociale et autorité (dès lors que cette autorité n'est pas
imposée par une puissance coloniale) sont des valeurs aussi importantes que les
droits de l'homme au sens individuel, qui ne sont donc plus des droits au-dessus
des autres.

a) Les principales dispositions


La première partie énonce les droits reconnus à toute personne
« sans distinction aucune, notamment de race, d'ethnie, de couleur, de sexe, de
langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine
nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation »
(article 2). Les 18 premiers articles définissent des droits individuels, les droits
civiques et les droits sociaux.
Les articles suivants (19 à 24) définissent les droits des peuples,
considérés comme égaux : droits à l’existence, à la libre disposition de leurs

11
richesses et de leurs ressources naturelles, à leur développement économique,
social et culturel, à la paix et à la sécurité et à un environnement satisfaisant et
global, propice à leur développement.
La charte condamne le colonialisme, le néocolonialisme,
l'apartheid, et la domination économique. Dans son préambule et dans l'article
20, alinéa 2 en particulier, la charte affirme le droit des peuples colonisés ou
opprimés à lutter pour leur libération. Cependant, la charte ne contient
aucune disposition explicite quant aux droits des peuples lorsqu'ils sont
opprimés par des régimes politiques nationaux indépendants.
Les articles 27 à 29 énoncent les devoirs qu’a tout individu « envers
la famille et la société, envers l'État et les autres collectivités légalement
reconnues et envers la Communauté Internationale. »
La deuxième partie crée une Commission africaine des droits de
l'Homme et des peuples chargée de promouvoir ces droits et d'assurer leur
protection en Afrique. Elle précise son fonctionnement.
La troisième partie est composée de dispositions diverses,
notamment les procédures de ratification et de modification. Le dernier pays à
avoir ratifié la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples est la
république du Soudan du Sud, le 23 octobre 2013
b) Protocoles à la charte

 Protocole relatif à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples,


portant création d'une Cour africaine des droits de l'homme et des peuples,
adopté à Ouagadougou en juin 1998.
 Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif
aux droits des femmes, adopté à Maputo en juillet 2003. Il interdit aussi les
mutilations génitales féminines
 Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif
aux droits des personnes âgées en Afrique, adopté le 31 janvier 2016
 Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif
aux droits des personnes handicapées en Afrique, adopté le 29 janvier 2018 à
Addis-Abeba
3. Protocole de Maputo
Le Protocole de Maputo à la Charte africaine des droits de l'homme et des
peuples est un protocole international de l'Union africaine, amenant les États
signataires à garantir les droits des femmes, y compris le droit de participer au
processus politique, l'égalité sociale et politique avec les hommes, une
autonomie améliorée dans leurs décisions en matière de santé et la fin des
mutilations génitales féminines.

12
À la suite de la reconnaissance du fait que les droits des femmes
étaient souvent marginalisés dans le contexte des droits humains, une réunion
organisée par Women in Law and Development in Africa (WILDAF) en mars
1995, à Lomé, au Togo, a appelé à l'élaboration d'un protocole spécifique à la
Charte des droits de l'homme et des peuples pour aborder les droits des femmes.
L'assemblée générale de l'Organisation de l'unité africaine a chargé la
Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) d'élaborer
un tel protocole lors de sa 31e session ordinaire en juin 1995, à Addis-Abeba.
Le protocole a été initié lors d'une réunion organisée par la WILDAF,
du 8 au 9 mars 1995. Il a été conclu et signée le 11 juillet 2003 à l'occasion du
2e sommet par l'Union africaine, à Maputo, au Mozambique. Tous les États
membres de l'Union africaine l'ont signé, sauf le Botswana, le Maroc et l'Égypte.
La convention est entrée en vigueur le 25 novembre 2005. En juillet 2020, les
États signataires n'ayant pas ratifié le protocole sont le Burundi, la République
centrafricaine, le Tchad, l'Érythrée, Madagascar, le Niger , la République arabe
sahraouie démocratique, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan. La date limite
pour la ratification est fixée au 31 décembre 2020.
Lors du sommet de Maputo, plusieurs pays ont exprimé des réserves.
La Tunisie, le Soudan, le Kenya, la Namibie et l'Afrique du Sud ont émis des
réserves sur certaines des clauses de mariage. L'Égypte, la Libye, le Soudan,
l'Afrique du Sud et la Zambie ont émis des réserves sur « la séparation de corps,
le divorce et l'annulation du mariage ».
Le Burundi, le Soudan, le Rwanda et la Libye ont émis des réserves sur l'article
14, relatif au « droit à la santé et au contrôle de la reproduction ». La Libye a
exprimé des réserves sur un point relatif aux conflits.
Les principaux articles que prévoit le protocole sont :

 Article 2 : Élimination de la discrimination à l'égard des femmes


 Article 3 : Droit à la dignité
 Article 4 : Droits à la vie, à l'intégrité et à la sécurité de la personne
 Article 5 : Élimination des pratiques préjudiciables

 Cela concerne les mutilations génitales féminines et autres pratiques


traditionnelles préjudiciables aux femmes.

 Article 6 : Mariage
 Article 7 : Séparation, divorce et annulation du mariage
 Article 8 : Accès à la justice et égalité de protection devant la loi
 Article 9 : Droit de participer au processus politique et à la prise de
décision
 Article 10 : Droit à la paix

13
 Article 11 : Protection des femmes dans les conflits armés
 Article 12 : Droit à l'éducation et à la formation
 Article 13 : Droits économiques et sociaux
 Article 14 : Santé et droits reproductifs
 Article 15 : Droit à la sécurité alimentaire
 Article 16 : Droit à un logement convenable
 Article 17 : Droit à un contexte culturel positif
 Article 18 : Droit à un environnement sain et durable
 Article 19 : Droit au développement durable
 Article 20 : Droits des veuves
 Article 21 : Droit de succession
 Article 22 : Protection spéciale des femmes âgées
 Article 23 : Protection spéciale des femmes handicapées
 Article 24 : Protection spéciale des femmes en détresse
 Article 25 : Remèdes

CHAPITRE II. LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES DROITS


DE L’HOMME

Assurer la promotion et la protection des droits de l’homme et des


libertés fondamentales est, comme le prévoit la Charte, une des principales
missions des Nations Unies. Depuis l’adoption de la Déclaration universelle des
droits de l’homme le 10 décembre 1948, les Nations Unies ont développé de
nombreux standards et normes en matière de droits de l’homme, ainsi que des
mécanismes pour la promotion et la protection de ces derniers. Au cours de ce
processus, la participation d’autres acteurs, notamment les organisations non
gouvernementales (ONG), a été essentielle.
Malgré d’évidents progrès, des violations graves des droits l’homme
ont toujours lieu à travers le monde. Dans ce contexte et en considération des
limites du système international des droits de l’homme, les Nations Unies ont
récemment lancé une réforme de grande ampleur. L’objectif principal est de
rationaliser et d’améliorer les mécanismes internationaux existants afin de
garantir la réalisation de tous les droits de l’homme pour tous. Certains
changements significatifs ont déjà eu lieu, notamment la création en 2006 du
Conseil des droits de l’homme qui remplace la Commission des droits de
l’homme.

14
La proclamation des droits de l’homme doit nécessairement
s’accompagner de leur protection. Leur effectivité suppose l’instauration de
mécanismes accessibles et efficients permettant d’obtenir leur respect, non
seulement à l’égard des autorités publiques mais aussi à l’encontre des
personnes privées (violations horizontales), ce qui appelle la mise en œuvre
d’une répression pénale, par exemple des atteintes à la sauvegarde de la vie.
La protection contre les violations verticales n’intéresse pas
uniquement celles commises par les instances exécutives car, aujourd’hui, la
logique de l’État de droit implique la mise en place de garanties contre le
législateur parlementaire voire contre le peuple législateur (contrôle de la
constitutionnalité du recours au référendum).
Dans la recherche des moyens appropriés, sans négliger la possible
défense d’un droit fondamental par l’exercice d’un autre droit fondamental
(libertés de la presse, d’association, de manifestation), force est de relever leur
grande diversité qui tient notamment au fait que certains droits ne sont pas
aisément justiciables (cas de plusieurs droits sociaux) ou que, dans certaines
circonstances (violations massives des droits et libertés, terreur, dictature), le
recours à d’autres moyens – politiques voire, le cas échéant, militaires – sans
appel au juge, peut s’imposer, sans occulter la difficile conciliation de la lutte
contre le terrorisme et des principes de l’État de droit.
Il est largement reconnu que « les droits de l’homme ne sont
réellement assurés que si un juge est là pour en assurer la protection ».
Pour autant, il existe une interaction entre systèmes juridictionnels et
systèmes non juridictionnels, tout comme entre mécanismes internes et
mécanismes internationaux.
SECTION I. LA GARANTIE NON JURIDICTIONNELLE
Les développements qui suivent privilégieront le contrôle assuré
grâce à l’intervention d’un organe indépendant. Néanmoins, il faut évoquer les
diverses formes de contrôle politique, qui présentent un intérêt certain pour la
protection des droits fondamentaux. Il peut s’agir du recours aux procédés
classiques de la démocratie représentative : sanction des majorités et des
gouvernants liberticides par les électeurs ; techniques du contrôle parlementaire
(questions, commissions d’enquête…) pour faire obstacle à l’adoption d’une loi
mettant en cause les droits fondamentaux, sous réserve de leur relativisation liée
au phénomène majoritaire ; contrôle du chef de l’État, souvent désigné comme
l’organe qui « veille au respect de la Constitution » : renvoi de la loi devant le
Parlement pour une nouvelle délibération, refus de promulguer une loi semblant
inconstitutionnelle, du juge constitutionnel.

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Le contrôle politique peut s’inscrire dans le cadre de la démocratie
continue, qui vise le contrôle de l’action des gouvernants en dehors du moment
électif grâce à des moyens qui ne sont pas à l’abri de toute instrumentalisation :
recours à la justice constitutionnelle, référendum déclenché par le peuple ;
sondages d’opinion et action des médias.
Il peut, enfin emprunter la forme de la désobéissance à la loi injuste
(objection de conscience, désobéissance civile, rébellion et/ou révolution), la
résistance à l’oppression (Loi fondamentale allemande, art. 20 § 4 : « Tous les
Allemands ont le droit de résister à quiconque entreprendrait de renverser
[l’ordre constitutionnel], s’il n’y a pas d’autres remèdes possibles » ; ou article
64 de la constitution de la RDC ;
Le but de toute association politique est la conservation des droits
naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété,
la sûreté, et la résistance à l’oppression.
Le contrôle politique peut, enfin, intervenir au plan international.
D’une grande diversité (actions de la société civile internationale, notamment au
travers des ONG, des organisations intergouvernementales et des États), les
instruments mobilisés n’échappent pas aux risques inévitables de la Realpolitik
et manifestent une efficacité aléatoire.
Le recours aux contre-mesures (action unilatérale d’un État ou
concertée entre plusieurs États, en dehors d’un cadre institutionnalisé) exclut, en
principe, l’usage de la force armée (CIJ, arrêt du 27 juin 1986, Nicaragua c/
États-Unis, § 268 : « L’emploi de la force ne saurait être la méthode appropriée
pour vérifier et assurer le respect des droits de l’homme ») – ce qui relativise le
prétendu droit d’ingérence humanitaire/démocratique (lequel reproduit les
ambiguïtés de l’intervention d’humanité du xix e siècle) – et soulève
d’importantes difficultés (possible effet extraterritorial des mesures, articulation
avec les sanctions décidées par les organisations internationales, impact
dépendant de la puissance et des intérêts des États qui en sont à l’origine).
Quant au contrôle politique assuré au sein des organisations
intergouvernementales, il s’exprime par des mesures non coercitives (avis,
recommandations, observation internationale des élections, résolutions de la
Commission des droits de l’homme des Nations unies, mécanisme plutôt formel
de l’Examen périodique universel mis en place par son successeur depuis 2006,
le Conseil des droits de l’homme) ou coercitives (privation de droits et de
qualité : suspension, exclusion ; sanctions économiques voire militaires,
décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU sur le fondement du chapitre VII
de la Charte) et n’est guère satisfaisant.

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Présente aussi aux plans international et interne, la garantie des
droits et libertés fondamentaux par un organe indépendant repose sur l’action
d’organes, à caractère collégial ou non, qui, même désignés par des autorités
politiques, disposent de garanties statutaires et de compétences à même de les
rendre indépendants.
Section 2 La garantie juridictionnelle
Condition essentielle de la prééminence du droit, la justiciabilité des
droits et libertés fondamentaux constitue une garantie de premier ordre
puisqu’elle fait appel à l’office d’un tiers arbitre, indépendant et impartial, qui
tranche un litige par une sentence fondée sur le droit et revêtue de l’autorité de
la chose jugée.
Comme elle fait coexister l’intervention des juges nationaux
(tribunaux constitutionnels ou cours suprêmes) et des juges internationaux, une
telle superposition des niveaux de garantie rend la protection des droits
fondamentaux plus complexe (unité de l’interprétation des énoncés
conventionnels ? autonomie du juge interne, juge de droit commun dans
l’application de l’instrument international pertinent ? modalités de réception
dans l’ordre juridique interne de l’interprétation des juges internationaux ?).
1. Le recours aux juridictions internationales
 Les organes des Nations Unies et les droits de l’homme
La question des droits de l’homme touche à tous les domaines de travail des
Nations Unies : la paix et la sécurité, le développement, les affaires
économiques et sociales, et les affaires humanitaires. Au sein du système des
Nations Unies, c’est le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) qui
est principalement en charge de cette question. Sont présentés ci-dessous, les
entités et organes principaux des Nations Unies qui sont concernés par la
promotion et la protection des droits de l’homme.
 Le Conseil des droits de l’homme
Le Conseil des droits de l’homme est le principal organe intergouvernemental
des Nations Unies chargé des droits de l’homme. Il a été établi par la résolution
60/251 de l’Assemblée générale du 15 mars 2006 pour remplacer la
Commission des droits de l’homme. Sa mission est, entre autres, de :
 Promouvoir le respect universel et la défense des droits de l’homme et des
libertés fondamentales pour tous, sans discrimination, d’une manière juste
et équitable ;

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 Aborder les situations de violations des droits de l’homme, y compris les
violations flagrantes et systématiques, et faire des recommandations à leur
sujet ;
 Et promouvoir l’intégration des droits de l’homme dans tous les aspects
des travaux des Nations Unies et assurer une coordination efficace au sein
du système onusien.
Le Conseil est un organe subsidiaire de l’Assemblée générale. Les 47
États Membres du Conseil sont élus, pour trois ans, au scrutin secret à la
majorité absolue des membres de l’Assemblée. Un tiers des membres est
renouvelé chaque année. La composition du Conseil doit respecter une certaine
répartition géographique. Les membres du Conseil ne sont pas rééligibles après
deux mandats consécutifs, ce qui interdit le statut de membre permanent de
facto. Les candidats peuvent faire des promesses et prendre des engagements qui
sont pris en compte par les membres de l’Assemblée générale lors de l’élection.
L’Assemblée générale peut, à la majorité des deux tiers des membres présents et
votant, suspendre tout membre qui aurait commis des violations flagrantes et
systématiques des droits de l’homme.
Le Conseil se réunit régulièrement tout au long de l’année. Il tient au
minimum trois sessions par an, dont une session principale. Les sessions doivent
durer au total au moins dix semaines. Le Conseil a également la possibilité de
tenir des sessions extraordinaires, si un membre, soutenu par le tiers des
membres du Conseil, en fait la demande.
Le Conseil a mis en place un nouveau mécanisme novateur, l’Examen
périodique universel (EPU). Ce mécanisme permet d’évaluer périodiquement le
respect par chacun des 192 États Membres des Nations Unies de ses obligations
et engagements en matière de droits de l’homme. En plus de l’EPU, le Conseil
dispose d’autres mécanismes, y compris les Procédures spéciales, le Procédé de
plaintes (tous deux décrits ci-après), ainsi que le Groupe de travail sur le droit au
développement, le Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones,
le Forum sur les questions relatives aux minorités, le Forum social et d’autres
mécanismes relatifs à l’application effective de la Déclaration et du Programme
d’action de Durban adoptés lors de la Conférence mondiale contre le racisme, la
discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance de 2001.
 La cour pénale internationale
La Cour pénale internationale (« la CPI » ou « la Cour ») est une
cour internationale permanente, qui a été créée en vue d’ouvrir des enquêtes, de
poursuivre et de juger des personnes accusées d’avoir commis les crimes les
plus graves touchant l’ensemble de la communauté internationale, à savoir le

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crime de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le crime
d’agression.
Le 17 juillet 1998, une conférence de 160 Etats a créé, sur la base
d’un traité, la première cour pénale internationale permanente. Le traité, adopté
lors de cette conférence, est connu sous le nom de « Statut de Rome ». Le Statut
définit, entre autres, les crimes relevant de la compétence de la Cour, les règles
de procédure et les mécanismes de coopération entre les États et la Cour. Les
pays qui ont accepté ces règles sont dénommés « États parties » et sont
représentés au sein de l’Assemblée des États parties. L’Assemblée des États
parties, qui se réunit au moins une fois par an, fixe les orientations générales qui
s’appliquent à l’administration de la Cour et délibère sur son activité. Au cours
de ces réunions, les États parties examinent l’activité des groupes de travail
créés par les États et toute autre question d’importance pour la Cour, débattent
de nouveaux projets et adoptent le budget annuel de la CPI.
 Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) :

Mis en place en 1993 par la résolution 827 du Conseil de Sécurité du 25 mai de


cette année et il s’est établi à La Haye. Le bilan de son travail est mitigé : 48
accusés détenus, 31 faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, 23 personnes jugées.

 Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) :

Créé en 1994 par la résolution 955 du Conseil de Sécurité et s’est établi à


Arusha en Tanzanie. Après des débuts peu encourageants, 50 personnes sont
cependant mises en accusation, plus de 40 personnes sont détenues, et 9
condamnées.

 Tribunal Spécial pour la Sierra Leone (TSSL) :

Créé le 16 janvier 2002 en vue de juger les crimes commis durant la guerre
civile de Sierra Leone.

 Tribunal Spécial pour le Liban

A été créé après l’assassinat de RAFIQ HARIRI, le 14 février 2005. Cet


événement provoque une grave crise politique. Même si la Syrie a dû retirer ses
troupes du Liban, il est difficile de juger les responsables. Ce tribunal a été créé
par la résolution 1757 du Conseil de Sécurité, il est loin d’avoir fait l’unanimité
avec cinq abstentions estimant que l’ingérence est flagrante. Pour des raisons
d’indépendances juridiques, ce tribunal siège à La Haye avec un budget annuel

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de 30 millions de dollars pour 3 ans, financé à 49% par le gouvernement
libanais.

2. Autres juridictions internationales


La présentation sommaire des juridictions européennes et des autres
juridictions régionales (à défaut d’existence d’un juge universel) est
indispensable pour prendre conscience de l’importance majeure de la contrainte
prétorienne internationale.
 Les Cours européennes des droits de l’homme
 La Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIADH)
 La Cour africaine de justice, des droits de l’homme et des peuples
3. Le recours aux juridictions nationales
A) Le juge constitutionnel

Le contrôle du respect des droits inscrits dans la Constitution


s’applique selon qu’il s’agit de s’assurer de la constitutionnalité de la loi ou de
celle des actes infralégislatifs. Dans le second cas, tous les juges sont, peu ou
prou, des juges constitutionnels.
Le juge judiciaire peut s’assurer de la constitutionnalité des actes
des personnes privées (contrats, testaments), vérifier, lui aussi, le respect du
domaine de la loi par les titulaires du pouvoir réglementaire (exception
d’illégalité). De même en est-il de la Cour constitutionnelle : dans une certaine
mesure, comme juge électoral; ou quand elle doit se prononcer sur la dissolution
des partis et groupements politiques dont le statut et/ou les activités contredisent
des principes de valeur constitutionnelle.
B) Les autres juges

La plénitude de l’État de droit appelle la réunion de conditions :


recours juridictionnel effectif ; indépendance des juridictions, laquelle suppose
qu’« il n’appartient ni au législateur ni au gouvernement de censurer les
décisions des juridictions, d’adresser à celles-ci des injonctions et de se
substituer à elles dans le jugement des litiges relevant de leur compétence » ;
séparation des autorités chargées de l’action publique et des autorités de
jugement ; principe d’égalité devant la justice ; claire répartition des contentieux
relatifs aux droits et libertés entre les deux ordres de juridictions ; caractère
restreint des actes injusticiables – ainsi, relèvent désormais du juge de l’excès de
pouvoir, des mesures longtemps qualifiées de mesures d’ordre intérieur :
exclusions d’élèves motivées par le port de signes religieux ; célérité des
procédures qui justifie l’instauration de procédures d’urgence efficaces.

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a) Le juge judiciaire

Il est, par excellence le gardien de la liberté individuelle et assure, par l’exercice


de la justice pénale, la sauvegarde d’intérêts majeurs (répression des atteintes au
respect de la vie, à l’intégrité physique et morale de la personne humaine…). Il
dispose de divers moyens pour protéger les droits et libertés fondamentaux :
punition de l’agent public coupable d’atteinte aux droits et libertés
(incriminations spéciales : atteintes à la liberté individuelle, discriminations,
atteintes à l’inviolabilité du domicile) ; interprétation et appréciation de la
légalité des actes administratifs fondant des poursuites pénales ; réparation du
préjudice consécutif à une voie de fait (atteintes au droit de propriété ou à une
liberté fondamentale à la suite d’une irrégularité insusceptible d’être rattachée à
l’activité normale de l’administration : par exemple, le juge peut ordonner la
célébration d’un mariage à laquelle s’oppose illégalement le maire) ; rôle
essentiel en matière de protection de la propriété immobilière ; intervention, la
plus rapide possible, pour éviter des détentions arbitraires ; sauvegarde du
respect de la liberté d’aller et de venir (vérification de la régularité des contrôles
d’identité ; garantie de l’inviolabilité du domicile (une disposition législative
permettant des perquisitions et des saisies pour rechercher des infractions
fiscales doit prévoir son intervention afin qu’il puisse les autoriser en en
vérifiant le bien-fondé et en en assurant le contrôle.
Il doit, en outre, bénéficier de pouvoirs importants (lui donnant, notamment, la
possibilité d’agir dans de brefs délais) afin de réparer le préjudice ou de le
prévenir, particulièrement en matière de protection du droit au respect de la vie
privée, en prescrivant, au besoin en référé, « toutes mesures, telles que
séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou à faire cesser une atteinte à
l’intimité de la vie privée » ou de la présomption d’innocence.
b) Le juge administratif

Comme dans de multiples domaines, l’action de l’administration


peut porter atteinte aux droits et libertés fondamentaux (sans que cela occulte les
autres recours possibles), le caractère général du recours pour excès de pouvoir
est fort précieux, dans la mesure où il constitue un instrument permettant au juge
administratif de censurer d’éventuels actes liberticides : arrêté préfectoral
décidant d’une hospitalisation forcée ; mesures relatives à l’entrée, au séjour et à
l’éloignement des étrangers ; décrets d’extradition ; sanctions prises par
certaines autorités administratives…
L’efficacité de l’intervention du juge administratif dépend de
l’intensité de son contrôle ; aussi, les droits fondamentaux sont davantage

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protégés lorsqu’il substitue au contrôle restreint à l’erreur manifeste
d’appréciation un contrôle entier (contrôle inhérent à la plénitude de la fonction
juridictionnelle) qui implique la vérification de la proportionnalité de la mesure
litigieuse, comme à propos de la compatibilité des mesures de reconduite à la
frontière des étrangers avec le droit au respect de leur vie privée et familiale.
Elle tient également à la réalité de l’exécution de ses décisions.

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