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Chap 2

La Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (COBAC), créée en 1990, a établi des règles prudentielles pour le secteur bancaire, inspirées de l'Accord de Bâle I de 1988. Malgré des révisions en 2001 pour se conformer à Bâle II, la réglementation de la COBAC présente des insuffisances et ne couvre pas certains aspects comme les risques de marché. Le cadre réglementaire en Afrique Centrale diverge également des normes internationales, notamment en matière de pondération des risques et de calcul des fonds propres.

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Chap 2

La Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (COBAC), créée en 1990, a établi des règles prudentielles pour le secteur bancaire, inspirées de l'Accord de Bâle I de 1988. Malgré des révisions en 2001 pour se conformer à Bâle II, la réglementation de la COBAC présente des insuffisances et ne couvre pas certains aspects comme les risques de marché. Le cadre réglementaire en Afrique Centrale diverge également des normes internationales, notamment en matière de pondération des risques et de calcul des fonds propres.

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CHAPITRE II : LA REGLEMENTATION DES PROFESSIONS BANCAIRE

Créée le 16 octobre 1990, la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC)


a débuté ses activités en janvier 1993. Sa première mission a été de doter la profession
bancaire d’un corps de règles prudentielles dont la première vague a été publiée en avril 1993.
Ces règles s’inspiraient fortement de l’Accord sur les fonds propres de 1988 (Bâle I) édicté sous la houlette
du Comité de Bâle sur le Contrôle Bancaire (CBCB).

Après une évaluation de la supervision bancaire en Afrique Centrale, menée conjointement par le Fonds
Monétaire International et la Banque Mondiale en 2000 et 2001, la COBAC a procédé à la révision de ses
normes assises sur les fonds propres. Cette révision, si elle améliore sensiblement la conformité du dispositif
en vigueur en Afrique Centrale, a en outre faiblement anticipé sur la réforme ayant conduit à l’adoption d’un
Nouvel accord sur les fonds propres (Bâle II).

Les règlements de la COBAC, révisés en 2001, innovent par les notations externes des contreparties
bancaires et de l’Etat. Ils présentent cependant encore plusieurs insuffisances au regard de Bâle II. Les
règlements publiés ou entrés en vigueur en 2003 (organisation des comptabilités, surveillance des positions
de change, comptabilisation des opérations sur titres et contrôle interne) permettent sûrement de couvrir un
certain nombre d’aspects évoqués dans Bâle II (risque de marché, discipline de marché…). Il reste que la
COBAC doit tout mettre en œuvre pour suivre de façon permanente les évolutions en cours au plan
international et essayer autant que possible de peser, sinon anticiper sur leur évolution.

I-Les règles prudentielles de la COBAC de 1993, dans leurs grandes lignes, s’inspirent du premier
accord sur les fonds propres de 1988

En publiant en juillet 1988 l’accord sur les fonds propres, le Comité de Bâle se fixait deux objectifs
fondamentaux : tout d’abord, le dispositif proposé devait permettre de renforcer la solidité et la stabilité du
système bancaire international ; ensuite, ce dispositif devait être simple et pertinent afin d’être uniformément
applicable dans toutes les banques de tous les pays.

L’accord de 1988 se présente sous la forme d’un rapport avec pour numérateur les fonds propres nets et pour
dénominateur les risques pondérés. La composition de chaque élément du rapport est précisée et la norme
minimale fixée à 8 %.

Emboîtant le pas au CBCB, la COBAC a élaboré une réglementation prudentielle entrée en vigueur en avril
1993 en reprenant une bonne partie des principes et concepts développés dans l’accord de 1988, en
appliquant d’autres différemment et en excluant ceux dont l’application était jugée peu pertinente compte
tenu des considérations locales.

I-1-Le calcul des fonds propres de base est, dans une certaine mesure, plus strict que l’approche
retenue par le Comité de Bâle pour le « Tier 1 » (ou Core capital)...

Le Comité de Bâle considère avec insistance que les éléments clés des fonds propres sont le capital social et
les réserves publiées constituées à partir des bénéfices après impôts. Ces deux éléments sont d’ailleurs
considérés comme tels dans la majorité sinon tous les systèmes bancaires du monde. Le CBCB a par
conséquent admis que les fonds propres devraient être définis en deux ensembles dont le premier – « Tier 1
» – constitué du capital et des réserves, représenterait au moins 50 % du total des fonds propres. Si on
assimile au Tier 1 les fonds propres de base définis par la COBAC, l’on constate que le capital et les
réserves tels que définis par le CBCB y sont bien pris en compte.

1
En outre, la réglementation de 1993 y intègre : les primes liées au capital ; le report à nouveau créditeur ; les
subventions d’équipement et autres subventions publiques ou privées définitivement acquises ; les fonds de
financement et de garantie constitués de ressources propres provenant de l’affectation des résultats, de dons
extérieurs ou de taxes parafiscales ; les provisions pour risques généraux, à l’exclusion de toute provision
affectée à la couverture de charges ou de risques définis, probables ou certains ; le résultat du dernier
exercice clos, approuvé par les organes compétents et certifié par les commissaires aux comptes dans
l’attente de son affectation, diminué de la distribution de dividendes à prévoir ; le bénéfice arrêté à des dates
intermédiaires à condition qu’il soit déterminé après comptabilisation de toutes les charges afférentes à la
période et des dotations aux comptes d’amortissements et de provisions, et qu’il soit calculé net de l’impôt
prévisible et certifié par les commissaires aux comptes.

Il convient de relever que la prime de capital (share premuims), le report à nouveau créditeur (retained
profit) et les provisions pour risques bancaires généraux (fund for general banking risk) font partie des
réserves telles que définies par le Comité de Bâle. En conséquence, seules les subventions, les autres
provisions pour risques généraux, le bénéfice intermédiaire et le résultat en attente d’affectation ne sont pas
inclus dans le Tier 1 alors que la COBAC les intègre dans ses fonds propres de base. A noter toutefois que
dans l’Accord de juillet 1988, les provisions pour risques généraux sont explicitement intégrées sous
certaines conditions dans le Tier 2. Cette position est confirmée par l’amendement de novembre 1991.

Le CBCB recommande en outre de déduire du Tier 1, le fonds de commerce. La COBAC a pris à son
compte cette disposition. De plus, la réglementation COBAC de 1993 préconise de diminuer les fonds
propres de la part de capital non versée ; des actions propres détenues ; du report à nouveau débiteur ; des
immobilisations incorporelles ; des pertes en instance d’approbation ; du résultat déficitaire déterminé à des
dates intermédiaires et des provisions complémentaires à constituer pour dépréciation ou risque de non-
recouvrement d’actifs ou pour charges et pertes diverses. A l’évidence, le calcul des fonds propres en
Afrique Centrale est plus restrictif que la norme internationale définie par le CBCB.

Enfin, en Afrique Centrale, comme le prévoit la réglementation internationale, il est admis que les fonds
propres de base doivent constituer au moins 50 % de l’ensemble des fonds propres nets.

1.2. … alors que les ressources assimilées, bien que limitées au montant des fonds propres de base, ne
respectent pas les autres plafonds retenus dans le calcul du Tier 2 (ou supplementary capital)

Les autres éléments des fonds propres retenus par le Comité de Bâle et appelés fonds propres
complémentaires ou « Tier 2 » ne sont admis qu’à hauteur maximum de la moitié des fonds propres. Ils sont
composés des réserves occultes ou non publiées (undisclosed reserves), les réserves de réévaluation, les
provisions pour risques généraux, les emprunts ayant le caractère de capital (hybrid debt capital instruments)
et les emprunts subordonnés. Le Comité de Bâle précise toutefois que les éléments du Tier 2 seront ou pas
retenus par les autorités nationales à leur discrétion et selon leurs réglementations comptables et de
supervision. Cependant, il propose quelques règles qu’il serait souhaitable de respecter avant la prise en
compte de ces éléments supplémentaires. Ainsi, les emprunts subordonnés doivent être limités à un
maximum de 50 % du Tier 1 alors que les provisions pour risques généraux doivent représenter au plus 1,25
% des risques pondérés. En outre, les réserves de réévaluation qui prennent la forme de gains latents sur des
actifs non réalisés doivent faire l’objet d’une décote de 55 % à appliquer sur la différence entre le coût
historique ou valeur comptable et la valeur de marché afin de refléter la volatilité potentielle de ce type
d’actif et la charge fiscale.

2
La réglementation de 1993 en Afrique Centrale, dans ce qu’elle nomme « ressources assimilées », qui
seraient l’équivalent du Tier 2, retient les éléments suivants : les réserves de réévaluation ; les fonds
provenant de comptes d’associés, d’emprunt ou de l’émission des titres sous certaines réserves, notamment
leur subordination à celle de tous les autres créanciers ; les fonds provenant d’emprunts subordonnés et la
réserve latente des opérations de crédit-bail ou de location avec option d’achat.

Bien que cette réglementation limite la prise en compte de l’ensemble des ressources assimilées à 100 % des
fonds propres de base, elle ne fixe pas, comme le recommande Bâle I, de limite particulière aux emprunts
subordonnés et ne procède pas à une décote des réserves de réévaluation. Les provisions pour risques
généraux ne sont pas retenues à ce niveau mais, comme signalé plus haut, intégrées aux fonds propres de
base (Tier 1).

1.3. La réglementation de la COBAC de 1993 n’a pas prévu une charge de fonds propres en
couverture des risques de marché (Tier 3 ou Short-term subordinnated debt)

En janvier 1996, le CBCB a introduit un nouveau bloc, le Tier 3, dans la définition des fonds propres
constitué des dettes subordonnées à court terme sujettes à une clause de blocage ou de verrouillage (lock in).
L’inclusion de ce bloc est laissée à la discrétion des autorités nationales. Ce bloc est destiné à couvrir une
partie des risques de marché.

Les éléments à retenir dans le Tier 3 doivent remplir les conditions suivantes : leur échéance initiale doit être
de deux ans au moins et ils doivent être retenus dans la limite de 250 % du Tier 1 affecté à la couverture des
risques de marché ; ils ne peuvent être utilisés que dans le cadre des risques de marché y compris les risques
de change et les risques sur produits de base ; sous réserve que les limites globales de l’accord de 1988 ne
soient pas franchies ; les éléments du Tier 2 peuvent remplacer ceux du Tier 3 dans la même limite de 250 %
; enfin, ils doivent être assujettis à une clause de blocage stipulant que ni les intérêts ni le principal ne seront
payés si le paiement doit ramener les fonds propres de la banque au-dessous du minimum requis.

De plus, le Tier 1 calculé sur une base consolidée doit représenter au moins la moitié du total des fonds
propres admissibles. L’imposition d’un plafond au Tier 3 est toutefois laissée à la convenance des autorités
nationales. Le dispositif arrêté en 1988 ne change pas dans ses principes fondamentaux et doit être appliqué
par tous les pays notamment en ce qui concerne la règle selon laquelle le Tier 2 est limité à 100 % du Tier 1.

La prise en compte des modèles internes des banques permettant d’appréhender la totalité des risques de
crédit est énoncée sous certaines conditions. Le CBCB marque ainsi une préférence dans les exigences en
fonds propres en matière de risque de marché sur les limites de positions parce qu’il juge les premières plus
propices à la convergence internationale. Mais, le CBCB estime que ces limites peuvent encore être
pertinentes notamment pour imposer des plafonds absolus aux positions des banques et pour renforcer les
contrôles internes.

En Afrique Centrale, le Tier 3 n’a pas été intégré dans la détermination de l’exigence minimale de fonds
propres issue de la réglementation de 1993. Seules les opérations en devises ont fait l’objet d’un rappel aux
banques de leur obligation de ne pas maintenir à l’extérieur de la zone d’émission de la BEAC des avoirs en
devises injustifiés. Ainsi, sont considérés comme avoirs en devises justifiés les dépôts de la clientèle
constitués en couverture d’opérations avec l’extérieur ; les dépôts de garantie en application des accords
conclus à l’effet d’obtenir, des établissements de crédit étrangers, confirmation des crédits documentaires ou
autres engagements ; les engagements en monnaies étrangères amortissables souscrits par les clients et les
avoirs en comptes courants ordinaires chez les correspondants couvrant les transferts en attente d’exécution
dont le délai ne doit pas dépasser le délai usuel du courrier. Toutes les autres disponibilités en devises ne
3
relevant pas des opérations citées ci-dessus sont considérées comme injustifiées car relevant de la « pure
spéculation » et à ce titre proscrites strictement par les autorités monétaires. Il s’agit en quelque sorte ici de
limites relatives sur les positions de change. Les autres aspects du risque de marché ne sont pas régis du fait
de la quasi-inexistence dans la Zone d’opérations bancaires susceptibles d’entraîner la survenance de ces
risques.

Par ailleurs, sans rapport direct avec l’un ou l’autre des trois blocs, la réglementation de 1993 prévoit,
comme expressément souhaité par le Comité de Bâle, que soient déduits du total des fonds propres les prises
de participation dans les établissements de crédit assujettis ou étrangers et les prêts participatifs et
subordonnés à ces établissements.

1.4. La pondération des risques exigée par la réglementation COBAC de 1993 diverge sensiblement de
celle recommandée par l’Accord de 1988…

La réglementation de 1993 en Afrique Centrale prévoit trois niveaux de pondération des risques dans le
cadre du calcul du ratio de couverture des risques. Une pondération à 100 % est exigée pour les crédits à la
clientèle, les opérations de crédit-bail et de location avec option d’achat et le portefeuille titres (hors bons
d’équipements et autres titres de même nature), ainsi que les garanties de remboursement accordées et tous
autres engagements de hors-bilan comportant un risque identique à un concours en trésorerie. Le taux de 10
% est retenu pour les autres engagements par signature en faveur de la clientèle. Tous les autres éléments
d’actif sont pondérés à 0 %. Des risques pondérés sont déduites les provisions complémentaires qu’il
conviendrait de constituer qui ont, par ailleurs, été déduites du montant des fonds propres. De même, dans la
limite du montant des engagements couverts, l’on soustrait des risques pondérés les dépôts bloqués et
subordonnés qui sont affectés en garantie ainsi que, sous réserve de l’agrément exprès du Secrétaire Général
de la COBAC, les contre-garanties reçues d’autres établissements de crédit.

L’accord de 1988 prévoit cinq niveaux de pondérations : 0, 10, 20, 50 et 100 %. A titre d’exemple, les
encaisses, les créances sur les administrations centrales et des banques centrales sont pondérées à 0 % et
celles sur le secteur privé, les banques hors OCDE, les administrations centrales hors OCDE (sauf si elles
sont libellées en monnaie nationale et financées dans cette monnaie), les créances sur les sociétés
commerciales contrôlées par l’Etat, les immeubles et les actifs immobiliers sont retenues à 100 %. Les prêts
hypothécaires entièrement couverts par un bien immobilier à usage de logement qui est ou sera occupé par
l’emprunteur ou qui est en location sont pris en compte à 50 %. Les créances sur les banques multilatérales,
celles sur les banques enregistrées dans l’OCDE, celles sur entreprises d’investissement de l’OCDE et celles
sur les banques hors OCDE assorties d’une échéance résiduelle d’un an au plus ainsi que les actifs en cours
de recouvrement sont intégrés au taux de 20 %. Les autorités nationales peuvent fixer un taux compris entre
0 et 50 % pour la pondération des engagements sur les entités du secteur public national autres que
l’administration centrale.

La pondération des risques en Afrique Centrale concerne principalement les risques de contrepartie. Les
immobilisations font l’objet d’un autre rapport relatif à leur couverture par les fonds propres nets et les
autres ressources permanentes. Ces dernières sont composées des emprunts obligataires et titres de créances
négociables à plus de cinq ans de terme initial émis par l’établissement non affectés à des emplois bancaires
et, le cas échéant, de l’excédent des emprunts contractés auprès d’établissements de crédit et institutions
financières sur les prêts accordés de même nature et sur les titres de créances négociables acquis. Les
immobilisations nettes de provisions doivent être couvertes en permanence à 100 % par fonds propres nets et
les autres ressources permanentes.

4
Dans la CEMAC, aucune distinction n’est effectuée entre créances sur des entités d’une région et celles
d’une autre alors que le CBCB fixe des taux relativement bas sur les créances portées sur des entités de
l’OCDE. De plus, les engagements sur le secteur public sont pondérés à 100 % suivant la réglementation
COBAC de 1993 alors que le Comité de Bâle recommande une pondération nulle. L’option retenue en
Afrique Centrale aura une incidence dans la fixation du ratio minimum de couverture des risques.

1.5. … justifiant, en grande partie, la fixation en Afrique Centrale d’un taux du ratio de couverture
des risques plus faible que celui admis par le Comité de Bâle comme norme objectif minimale

La norme-objectif minimale du CBCB est fixée à 8 % (dont un noyau de fonds propres d’au moins 4 %). Ce
taux correspond, d’après le CBCB, « au niveau qui soit compatible avec l’objectif visant à assurer au fil du
temps des ratios de fonds propres fondés sur des bases saines et compatibles pour toutes les banques
internationales ». La COBAC a retenu un taux de 5 % pour les établissements de crédit de son ressort, sans
seuil affiché pour un noyau de fonds propres. Ce taux est inférieur à la norme internationale pour des raisons
liées principalement à la composition des fonds propres nets et des risques pondérés (voir supra). Pour ceux-
ci, la justification souvent évoquée tient à la prise en compte des principaux risques de contrepartie à hauteur
de 100 %. Il en est ainsi des engagements sur l’Etat qui représentent dans plusieurs banques de la CEMAC
plus de 40 % des crédits distribués. Des simulations effectuées par la COBAC illustrent dans le cas d’une
banque qui affiche une norme de 8,5 % si les créances sur l’Etat sont affectées d’une pondération égale à 0
% alors que ce même résultat s’établit à 5 % avec une pondération à 100 %. En clair, malgré une norme
minimale de 5 %, le dispositif en vigueur en Afrique Centrale ne remet pas en cause les principes ayant
conduit au choix par le CBCB d’un taux de 8 %.

Cette explication n’a pas toujours convaincu les organismes internationaux qui ont mené à deux reprises des
missions d’évaluation des systèmes financiers de l’Afrique Centrale et, partant, de la supervision bancaire
dans cette région.

II-Le FMI et la Banque Mondiale ont effectué deux évaluations conjointes de la supervision bancaire
en Afrique Centrale au regard des 25 principes fondamentaux pour une supervision bancaire efficace

Les Principes Fondamentaux pour une Supervision Bancaire Efficace constituent un outil pour les autorités
prudentielles permettant d'étalonner leur propre système par rapport à ce qui se fait de mieux ou avec ce que
devrait être dans un système de supervision bancaire idéal.

Ces Principes ont été édictés en 1999 par le Comité de Bâle sur le Contrôle Bancaire. Ils sont présentés
comme un cadre général pour une supervision bancaire efficace et constituent une norme de référence au
plan international. Ils se déclinent sous la forme d'exigences évaluées sur la base de « critères essentiels » et
de « critères additionnels » ; le respect de tous les critères essentiels sans déficience notable étant l'indicateur
de conformité.

C'est en suivant cette logique que deux missions conjointes du Fonds Monétaire International et de la
Banque Mondiale ont séjourné au Cameroun, de janvier à mars 2000, et au Gabon, en février, mai et juin
2001, dans le cadre du programme d'évaluation du système financier dénommé « FSAP 32 ». Ces missions
ont procédé, entre autres, à l'évaluation de la conformité des normes prudentielles et de la supervision
bancaire au Cameroun et au Gabon avec les Vingt-Cinq Principes Fondamentaux pour une Supervision
Bancaire Efficace.

5
Les évaluations ont été conduites sur une base qualitative. Il s'est agi d'examiner le degré de conformité par
rapport à chacun des critères afférents à chaque Principe et de formuler un jugement suivant une échelle à
cinq degrés :

- la qualification « Conforme » est donnée lorsque tous les critères dits « essentiels » sont remplis sans
aucune faiblesse significative ;

- l'évaluation « Globalement conforme » est attribuée quand les faiblesses relevées ne sont pas jugées
suffisamment graves pour émettre des réserves sérieuses sur la capacité de l'autorité de contrôle à se
conformer au principe ;

- la note « Globalement non conforme » est attribuée quand les déficiences sont telles qu'elles suscitent des
doutes sur la capacité des autorités de contrôle à satisfaire au critère, mais que des progrès notables sont
réalisés ;

- l'appréciation « Non conforme » est donnée lorsqu'il est constaté qu'aucun progrès significatif n'a été réalisé
pour satisfaire aux critères ;

- enfin, la mention « Non applicable » est attribuée lorsque, pour une raison quelconque, l'application d'un
principe n’a pas de sens dans la situation présente et dans un avenir prévisible.

II.1. Les conclusions de l’évaluation menée en 2000 sont dans l’ensemble encourageantes...

C’est le système bancaire camerounais qui a servi de cadre à cette évaluation. Il comptait à cette date dix-
huit établissements de crédit en activité dont 10 banques, cinq d'entre elles étant sous contrôle étranger.
L'analyse conduite n'a pas porté sur les établissements non assujettis au contrôle de la Commission Bancaire
de l'Afrique Centrale telles que la Caisse d'Epargne Postale (CEP) et les Centres de Chèques Postaux (CCP).
En outre, cette analyse ne concernait qu’accessoirement les établissements de micro finance dont le nombre
était évalué à plus de 700 en 2000.

C’était l’occasion d’apprécier sur le terrain la conformité du dispositif de supervision bancaire dont la
COBAC est la cheville ouvrière. Institution chargée, au plan supranational, du contrôle prudentiel des
établissements de crédit et de la définition du cadre réglementaire, la COBAC s’ouvrait ainsi pour la
première fois à une évaluation extérieure et indépendante de son action.

Les travaux de la mission conjointe FMI-Banque Mondiale ont été menés sur la base de trente Principes,
après subdivision du principe n°1 en six sous-principes. Au terme de l’évaluation, quatre principes se sont
avérés « Non applicables ». Le cadre légal et la mise en œuvre du contrôle bancaire dans la CEMAC
satisfaisait complètement ou au moins partiellement à dix-huit Principes (dont cinq classés « conformes » et
treize « globalement conformes ») sur les vingt-six jugés applicables. Des efforts importants restaient à
entreprendre sur huit Principes.

II.1.1. Un dispositif globalement satisfaisant…

Les résultats de l’évaluation de la supervision bancaire au Cameroun et, partant, dans toute la CEMAC, sont
globalement positifs : sur les 26 principes applicables, 18 sont réputés conformes ou globalement conformes.

6
L’évaluation a conclu à une conformité totale quant aux principes 1-1 (responsabilités et objectifs clairs), 1-
5 (protection légale), 4 (transfert de propriété ou de contrôle), 18 (contrôle sur base individuelle et
consolidée) et 25 (contrôle des implantations étrangères).

Il est dès lors admis que le système de contrôle bancaire en vigueur au sein de la CEMAC assigne des
responsabilités et des objectifs clairs à chaque institution qui participe à la surveillance des établissements de
crédit - COBAC, Autorité monétaire et Conseil National de Crédit - (Principe 1-1). En outre, Le cadre
juridique en vigueur est approprié et prévoit des dispositions relatives à l’agrément des établissements de
crédit et à leur contrôle permanent. La protection juridique des membres de la Commission Bancaire et de
son Secrétariat Général est également assurée. L’article 6 de la Convention du 16 octobre 1990 les protège
contre des poursuites pour les actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions (Principe 1-5).

De plus, le règlement COBAC 93/09 prévoit des dispositions spécifiques quant à la prise ou cession de
participations dans un établissement de crédit et notamment l’autorisation préalable de la Commission
Bancaire pour les transactions portant sur des parts importantes de propriété, de participation ou de contrôle
(Principe 4).

Avec les améliorations de son système de reporting, la COBAC est dotée de moyens lui permettant de
rassembler, d’examiner et d’analyser, sur une base individuelle, les rapports prudentiels et les états
statistiques fournis par les établissements de crédit (Principe 18). Un projet de contrôle sur une base
consolidée est en cours.

Un autre point fort du dispositif en place est le fait que les banques étrangères opérant dans la CEMAC sont
soumises aux mêmes exigences que les banques locales. Et, comme le prévoit l’article 6 de la Convention du
16 octobre 1990, la COBAC répond aux demandes d’information de ses homologues étrangers (Principe
25). Des conventions ont d’ailleurs été signées dans ce sens avec d’autres autorités de supervision bancaire.

Par ailleurs, quelques faiblesses mineures ont conduit à une notation « globalement conforme » au regard
des principes 1-3 (agréments), 1-4 (pouvoirs d’injonction et de sanction), 1-6 (échange et confidentialité des
informations), 2 (définition de la fonction bancaire), 3 (conditions d’agrément), 5 (contrôle des acquisitions
des investissements), 8 (évaluation et provisionnement des actifs), 9 (division des risques), 14 (contrôle
interne), 16 (contrôle sur pièces et sur place), 17 (connaissance des banques), 19 (inspections) et 22
(mesures d’injonction et de sanction).

Les principales insuffisances ayant altéré l’appréciation de totale conformité sont les suivantes :

- le fait que l’autorité monétaire puisse retirer son agrément à un établissement de crédit sans en référer à la
COBAC;

- l’existence au Cameroun de très nombreuses coopératives d’épargne de crédit évoluant sans un agrément
de l’autorité monétaire après avis conforme de la COBAC ;

- les insuffisances du dispositif prudentiel relatif au gouvernement d’entreprise ;

- les décisions prises par la COBAC jugées « en retrait par rapport à la gravité des faits » et les délais
souvent longs accordés par celle-ci qui devait souvent faire œuvre de pédagogie ;

- la large diffusion des rapports d’inspection de la COBAC qui paraît incompatible avec le strict respect du
secret bancaire ;

7
- l’utilisation du terme « banque » par des établissements (coopératives d’épargne et de crédit) non soumis
aux contrôles de la COBAC ;

- l’absence d’intervention de la COBAC dans la composition du conseil d’administration des banques et la


désignation du président ;

- l’absence de diligences obligatoires pour les auditeurs externes ;

- le non-respect par la réglementation de la COBAC des limites fixées par le Comité de Bâle en matière de
grands risques (15 % des fonds propres à la COBAC contre 10 % pour le Comité de Bâle) et de limitation
maximale d’exposition sur un seul emprunteur (45 % des fonds propres contre 25 % pour le Comité de Bâle)
;

- les imperfections du dispositif de contrôle sur pièces ;

- l’absence de programme et de procédures au niveau de la COBAC en ce qui concerne les contacts avec les
banques et la très faible collaboration avec les auditeurs externes.

Toutes ces insuffisances restent d’une gravité limitée pour remettre totalement en cause la conformité du
dispositif prudentiel de la COBAC au regard des principes sus évoqués. Toutefois, d’autres lacunes plus
préoccupantes ont conduit à une appréciation moins bonne.

II.1.2. ….mais qui présente encore des insuffisances assez importantes

Le système de supervision bancaire en Afrique Centrale présente, d’après l’évaluation du FMI et de la


Banque Mondiale, des faiblesses assez importantes ayant conduit à une note « globalement non conforme »
sur les principes 1-2 (indépendance opérationnelle), 6 (adéquation du capital), 7 (gestion du risque de crédit
d’investissement), 12 (risque de marché) et 21 (image comptable fidèle). Sur trois autres principes, le
dispositif en vigueur à cette date avait été jugé carrément « non conforme ». Il s’agit des principes 10 (suivi
des apparentés), 13 (gestion des risques) et 15 (blanchiment d’argent).

La mission conjointe FMI/Banque mondiale a relevé, entre autres, à l’appui de son appréciation négative, le
non-respect de certains critères relatifs aux principes sus cités. C’est ainsi que les observations suivantes ont
été faites :

- la COBAC dispose de moyens matériels et humains insuffisants susceptibles de compromettre la


réalisation des objectifs qui lui sont assignés ;

- le fonctionnement de la COBAC repose sur un nombre très limité de cadres de haut niveau. Cette situation
est source de risque structurel qui a pour origine l’absence de recrutement pendant plusieurs années et pour
conséquence un certain déséquilibre de la pyramide des âges ;

- le transfert du Secrétariat Général de la COBAC à Libreville (Gabon) pourrait affecter son fonctionnement,
certains agents pouvant se montrer réticents à changer de lieu de travail ;

- le ratio de solvabilité est encore fixé à un niveau faible (5 %) et les risques significatifs, opérationnels en
particulier, ne sont pas pris en compte ;

- la COBAC dispose d’un pouvoir discrétionnaire excessif qui lui donne la possibilité d’autoriser un
établissement à déroger temporairement aux règles et lui fixer un délai pour régulariser sa situation ;

8
- la COBAC ne recommande pas formellement la formalisation des pratiques et des de distribution et de
suivi des crédits ;

- les exigences en matière de système d’information de gestion sont inexistantes ;

- il n’existe pas d’exigence de communication des normes d’évaluation et d’octroi de crédits aux personnes
intéressées à l’intérieur de la banque ;

- aucune disposition formelle ne fait obligation aux banques de suivre leur risque de marché y compris le
risque de change ;

- un faible rôle est accordé aux auditeurs externes dans le dispositif prudentiel ;

II.2. … et ont été confirmées par les résultats de l’évaluation menée en 2001

Suivant la même méthodologie que lors de la précédente évaluation, la mission conjointe FMI-Banque
Mondiale a procédé à l’actualisation de l’évaluation menée en 2000.

Les conclusions de cette mission marquent une légère amélioration du dispositif de supervision bancaire de
la COBAC. Celui-ci est reconnu « globalement conforme » sur le principe 6 (adéquation du capital) alors
que la précédente mission avait conclu à une évaluation « globalement non conforme ». De même sur le
principe 10 (suivi des apparentés), une appréciation « globalement non conforme » est donnée en lieu et
place de « non conforme » constaté en 2000.

Pour l’essentiel, les reproches évoqués plus haut demeurent. La mission a exprimé son inquiétude de voir la
capacité d’action de la COBAC s’affaiblir du fait de sa dévolution à un nombre élevé d’établissements du
secteur de la microfinance sans que les effectifs de son Secrétariat Général ne soient renforcés en
conséquence. De plus, l’évaluation note que la COBAC n’a pas toujours pris en compte, dans son dispositif,
le risque opérationnel, le risque de concentration (granularity), la différentiation du ratio de capital en
fonction du profil de risque de la banque et le système de réaction rapide (prompt corrective action),
notamment en cas de large publication des cotations des banques.

L’absence de règles claires et fortes sur le blanchiment d’argent, le gouvernement d’entreprise, les risques
de marché, la gestion des risques et l’image comptable fidèle est restée la principale limite du dispositif de
surveillance bancaire en Afrique Centrale.

L’entrée en vigueur des nouveaux textes permet d’améliorer ce jugement. Mais encore faudrait-il qu’ils se
rapprochent des normes internationales en vigueur.A ce sujet, le nouvel accord de Bâle apparaît comme un
challenge pour la COBAC qui devra, une fois de plus, se remettre en cause et à l’œuvre afin de tendre
toujours plus vers la conformité avec les normes internationalement reconnues.

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