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Comprendre la socialisation en SES

Le document traite des sciences économiques et sociales, en abordant les concepts de production, de création de richesse, et de socialisation. Il explique comment les individus intègrent des valeurs et des normes à travers différents agents socialisateurs comme la famille et l'école, ainsi que l'impact des médias et des groupes de pairs. Enfin, il décrit le fonctionnement des marchés, la formation des prix et l'équilibre entre l'offre et la demande.

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Comprendre la socialisation en SES

Le document traite des sciences économiques et sociales, en abordant les concepts de production, de création de richesse, et de socialisation. Il explique comment les individus intègrent des valeurs et des normes à travers différents agents socialisateurs comme la famille et l'école, ainsi que l'impact des médias et des groupes de pairs. Enfin, il décrit le fonctionnement des marchés, la formation des prix et l'équilibre entre l'offre et la demande.

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SES, Sciences Economiques et Sociales – Seconde

Chapitre 1 – Comment les économistes, les


politistes et les sociologues raisonnent-ils et
travaillent-ils ?
Les SES, sciences de la vie en société
La science économique, science des choix face à des ressources rares
La sociologie, science des faits sociaux et des actions sociales
La science politique, science du pouvoir politique
Chapitre 2 – La production
La production et les organisations productives
La production : combinaison de facteurs de production
Chapitre 3 – La création de richesse et sa
mesure
De la production à la création de richesse
La mesure de la richesse créée par un pays
Chapitre 4 – Comment devenons-nous des acteurs
sociaux ?
Le processus de socialisation
Ce qui caractérise la nature de l’homme c’est qu’il est un être biologique,
mais aussi un être social, un produit de la société dans laquelle il évolue. En effet la
société oriente nos comportements dès l’enfance toute notre vie.

La nature de l’homme a des origines biologiques : c’est l’inné, et des origines


sociales : c’est l’acquis.

Contrairement à Mowgli, les « enfants sauvages » montrent que l’homme


« s’animalise » en cas de contact exclusif avec le milieu animal. L’être humain
développe son « humanité » qu’au contact des autres hommes et en respectant un
certain nombre de codes sociaux qui doivent être transmis à chaque individu, c’est
là qu’intervient le processus de socialisation.
1.1) La socialisation et ses mécanismes :

La socialisation désigne l’ensemble des processus par lesquels on intériorise


les valeurs et les normes.

Les valeurs sont des principes qu’une société propose comme idéaux à ses
membres. Elles guident l’action des individus.

Les normes sont des règles, plus ou moins contraignantes, qui définissent les
façons d’agir qu’une société attend de ses membres conformément à son système
de valeurs. Les mœurs, les règles de politesse, le droit…

La socialisation est le résultat d’interactions entre des individus porteurs de


valeurs et normes. Il existe trois grandes formes d’apprentissage des valeurs et des
normes :

- L’inculcation (injonction) : il s’agit « des bonnes manières d’être », il s’agit de


soumettre les individus aux impératifs sociaux. Cet apprentissage donne lieu
à une évolution selon un système de sanctions positives ou négatives.
- L’imprégnation (familiarisation) : il s’agit d’un apprentissage par
« habituation » progressive selon une forme plus diffuse, moins consciente,
l’individu s’adapte en observant et en reproduisant les comportements des
« agents socialisateurs » (identification, imitation). Dans cet apprentissage
les sanctions sont plus informelles.
- L’interaction : il s’agit d’une démarche du « socialisé » qui « tente » des
comportements, et les ajuste en fonction des réactions des autres membres
de la société.

Cette intériorisation des normes et des valeurs permet l’intégration sociale


des individus. L’individu peut alors « tenir » les rôles attendus de lui et ainsi avoir
des statuts sociaux reconnus : les rôles sociaux.

Le rôle social est le modèle de comportements attendus d’une personne occupant


une position sociale fermée.

1.2) Les instances de socialisation :

La socialisation repose sur les échanges entre les instances de socialisation


(agents socialisateurs) et l’individu « socialisé ».
Les instances de socialisation, ou agents socialisateurs, sont des individus ou des
groupes qui participent à la transmission des valeurs et des normes.

On distingue, au sein du processus, la socialisation primaire, qui se déroule


durant l’enfance et l’adolescence. Puis la socialisation secondaire se poursuit tout
au long de la vie.

Au cours de la socialisation primaire, les deux grandes instances de socialisation


sont la famille et l’école. Ensuite interviennent pour la socialisation secondaire les
groupes de pairs, les médias, le conjoint, le monde du travail…

La famille et l’école, agents fondamentaux de la socialisation primaire


De ce fait, la famille et l’école sont les deux grandes instances de la
socialisation primaire car elles sont les deux premiers agents sociaux au sein
desquels les individus sont insérés et qui vont leur transmettre des valeurs et
normes fondamentales.

1.3) Le rôle de la famille dans la socialisation :

La famille joue un rôle essentiel dans la socialisation car elle intervient dès
l’entrée de l’individu dans la vie et elle poursuit son influence tout au long de la vie.

Dans nos sociétés industrielles modernes, la famille assure deux grandes


fonctions :

- Doter les enfants d’atouts pour la vie adulte. C’est la fonction de transmission
patrimoniale (savoirs, capital monétaire, relations)

- Fournir les bases pour la construction d’une identité personnelle au sein de


la société. C’est au sein de la famille que l’enfant apprend un langage, des
règles sociales de base, et qu’il commence la socialisation au genre… La
famille est aussi le lieu de transmission de valeurs éthiques, religieuses,
politiques…

1.4) Le rôle de l’école dans la socialisation :

Au-delà de la mission de diffusion des savoirs, l’école remplit une importante


fonction de socialisation. L’individu doit s’adapter à de nouvelles formes de relations
sociales, il y rencontre d’autres personnes, camarades, enseignants, membre de
l’administration… porteurs de valeurs et normes identiques ou différents.
L’école va donc compléter l’action socialisatrice de la famille du fait que l’individu y
est confronté à d’autres valeurs et normes, du fait qu’il y acquiert des savoirs
supplémentaires.

En répondant aux impératifs scolaires, l’écolier se prépare aux rôles sociaux


qu’impose le monde professionnel, il se prépare aussi à son rôle futur de citoyen.

Les interactions entre familles et école sont nombreuses, ce qui contribue


fortement à la construction de l’identité sociale et à leurs futurs rôles sociaux à
l’âge adulte.

La contribution des groupes de pairs et des médias au processus de socialisation


Tout au long de la vie, la socialisation se poursuit au travers de la
socialisation secondaire, par échanges avec divers agents socialisateurs : famille,
université, pairs, médias, entreprise, conjoint…

1.5) L’impact des médias sur la socialisation :

Les médias sont aujourd’hui une instance importance de socialisation.

Les médias désignent les outils de diffusion massive de l’information (télévision,


radio, presse, livres, cinéma, internet…).

Les films, les séries, etc… véhiculent des valeurs et des normes qui prolonge
la socialisation des individus, en continuité avec la socialisation familiale, mais aussi
parfois en contradiction avec celle-ci.

Dans cet ordre, les réseaux sociaux numériques sont devenus un vecteur
très important de socialisation secondaire. Par les liens qu’ils permettent de nouer
grâce à la diffusion de valeurs, de normes, d’idées… ils participent à la construction
de l’identité sociale des individus.

Une socialisation différenciée


Les individus sont socialisés de façons différentes. La socialisation est donc
un processus différencié, c’est la socialisation différenciée.

1.6) Une socialisation différenciée selon le genre :


La socialisation conduit à construire des identités de genre différentes.

Le genre (dérivé du terme anglais « gender ») désigne l’ensemble des aspects


psychologiques et sociaux attachés à l’identité sexuelle. Selon les analyses en
termes de genre c’est l’environnement social de l’individu, sa socialisation, qui
détermine la construction de son identité sexuelle.

La notion du genre affirme que l’idée des différences hommes/femmes, considérées


comme « naturelles » sont fortement influencées par des déterminismes sociaux.
Selon cette notion, l’identité sexuelle serait le résultat d’une construction sociale
liée aux comportements différenciés des agents de socialisation vis-à-vis des
garçons et des filles.

Dès l’enfance, les interactions parents-enfants sont différentes, les valeurs peuvent
être transmises différemment aux filles et aux garçons, habituellement, lieux de vie,
rôles, jeux, cadeaux et même remarques, sont différents et contribueront ainsi à
construire les identités masculine et féminine.

Les médias véhiculent aussi souvent un certain nombre de stéréotypes de


genre.

Cette socialisation différenciée conduit à l’intériorisation de comportements,


de pratiques, qui construisent une identité de genre qui a un impact important sur le
parcours social des hommes et des femmes (choix d’orientation à l’école, choix des
métiers, partage des rôles familiaux…).

1.7) Une socialisation différenciée selon le milieu social :

Au sein des familles, les modes de vie sont différents, les normes transmises
diffèrent, le capital culturel est aussi différent (langage, rapport à la littérature, aux
arts…). Il en est de même au niveau des cercles amicaux et personnels, les valeurs
et normes diffèrent.

Tous les individus ne rencontrent pas les mêmes personnes, ne travaillent pas au
même niveau hiérarchique dans les mêmes entreprises, ne reçoivent pas les
médias de la même façon…

Toutes ces différences construisent des pratiques de vie, de loisirs, culturelles…


différentes, qui induisent des modèles de socialisation différents selon les
catégories sociales.
La socialisation a une influence très forte sur les parcours sociaux des
individus, sur leur capacité d’intégration, sur les inégalités. Cependant, celle-ci n’est
pas totalement déterminante, les individus ont des « marges de manœuvre » et
l’interprétation par rapport aux valeurs et aux normes transmises.

Chapitre 5 – La formation des prix sur un


marché
Qu’est-ce qu’un marché ?
Le marché est le « lieu » où l’ensemble des offres et des demandes d’un bien
ou service se confrontent, en vue de réaliser une transaction (vente pour les
offreurs, achat pour les demandeurs).

L’offre correspond donc à la quantité d’un bien ou service que les vendeurs sont
prêts à céder à un prix donné. Les offreurs agissent sous la contrainte de leurs
coûts de production et de la concurrence.

La demande correspond à la quantité de bien ou service que les acheteurs sont


prêts à acquérir à un prix donné. Les demandeurs agissent en fonction de leurs
préférences et sous la contrainte de leur budget.

La confrontation des offres et des demandes doit permettre la détermination


du prix (prix de marché) et de la quantité échangée.

Comment se réalise l’équilibre sur un marché ?


Selon la loi de l’offre et de la demande, sur un marché de concurrence, les
quantités offertes et demandes évoluent en fonction du prix. QO=f(p) est croissante
et QD=g(p) est décroissante. C’est l’intersection des deux courbes représentant ces
deux fonctions qui correspond à l’équilibre.

Pour l’offre : quand le prix augmente alors la quantité offerte augmente,


quand le prix baisse alors la quantité demandée augmente.

Ainsi on peut établir des courbes d’offre et de demande, en fonction du prix :

O = f(p) fonction croissante du prix

D = g(p) fonction décroissante du prix

Dans ce modèle l’équilibre du marché


s’obtient grâce à la flexibilité du prix, par
changement de celui-ci on modifie les quantités
offertes et demandées jusqu’à obtenir l’égalité
entre les deux.

Si la demande est supérieure à l’offre alors le prix augmente, alors la


quantité demandée diminue et la quantité offerte augmente.

Si l’offre est supérieure à la demande alors le prix diminue, alors la quantité


offerte baisse et la quantité demandée augmente.

On parle alors de point d’équilibre du marché. QO=QD

Dès que le prix d’équilibre est trouvé, il change.

Les changements de prix et de quantités (le prix d’équilibre) vont beaucoup


dépendre de la réaction des quantités offertes et demandées lorsque le prix change.

La demande a une plus ou moins grande rigidité, une plus ou moins grande
élasticité.

L’offre a une plus ou moins grande rigidité, une plus ou moins grande élasticité.

e0/Px = (Tx de Variation de l’offre) / (Tx de variation du prix)


eD/Px = (Tx de variation de la demande) / (Tx de variation du prix)

La « pente » des courbes d’offre et de demande dépend de la façon dont les


quantités offertes et demandées réagissent aux variations du prix, c’est ce qu’on
appelle l’élasticité des quantités par rapport au prix (eQ/P).

Exercice :

Quantité\Prix 10 12 15 20
Offre 100 120 200 220
Demande 500 450 300 150

200 − 120
∗ 100
120
�� = 15 − 12 ∗ 100
�� 12
200 8
��/�� = : 25 = = �, ���
3 3
700 − 450 150

��/�� = 450 = 450
15 − 12 3
12 12
15 12
��/�� = − ∗ = − �, ��
45 3
Pour trouver le prix d’équilibre, il faut faire les courbes. Graduer de 15 à 20 l’axe des
prix. Graduer les quantités d’offre et de demande de 150 à 300. Puis faire la courbe
de demande et la courbe d’offre. Enfin, lire les coordonnées du point d’intersection,
le prix d’équilibre.

Comment les variations de l’offre et de la demande modifient-elles l’équilibre du


marché ?
Le point d’équilibre n’est pas figé, la situation du marché n’est pas stable, en
fonction des évolutions des conditions économiques, les courbes d’offre et de
demande se « déplacent » et le point d’équilibre change…

Exemples : les quantités de raisons, offertes et demandées, dans un


supermarché, varient en fonction du prix de la façon suivante :

Prix en € Offre en Kg Demande en Kg


1,5 100 300
1,75 150 250
2 200 220
2,25 220 200
2,5 240 180
2,75 260 150
1) Tracez sur le même graphique les courbes d’offre et de demande.

(Imaginer un graphique avec le point d’équilibre.)

2) Déterminer le prix d’équilibre du marché et la quantité échangée pour ce prix.

(Continuer d’imaginer.)

Un été favorable entraîne une augmentation de rendement, et donc de l’offre


des producteurs, de 10 Kg pour chaque niveau de prix. Dans le même temps, du fait
d’une baisse des revenus, les consommateurs réduisent leur demande de 5 Kg pour
chaque niveau de prix.

1) Complétez le tableau avec les nouvelles quantités offertes et demandées.

Faire les additions. (+10 et -5)

2) Déterminez le nouveau point d’équilibre du marché.


Sans les nouvelles données, le point d’équilibre était représenté au point
E(2,125€ ; 210 Kg)

Avec les nouvelles données, le point d’équilibre est représenté au point


E’(2,1€ ; 212 Kg)

Le prix nouveau est en-deçà de l’ancien, mais les entreprises peuvent le


supporter puisque l’été est favorable, pas de concurrence.

Prix en € Offre en Kg Offre en Kg Demane en Kg Demande en


Kg
1,5 100 110 300 295
1,75 150 160 250 245
2 200 210 220 215
2,25 220 230 200 195
2,5 240 250 180 175
2,75 260 270 150 145

3) Calculer l’élasticité de la demande par rapport au prix au regard de 2,5€ et 2,75€


150 − 180
�� = 180 = ( − )1,6
�� 2,75 − 2,5
2,5
La demande a une élasticité de 1,6. Les demandeurs sont moins sensibles
que l’offre, qui a une élasticité de 3.

Comment une taxe et une subvention affectent-elles l’équilibre du marché ?


Chapitre 6 – Comment s’organe la vie politique ?
Pouvoir et pouvoir pouvoir politique.
Le pouvoir politique est indissociable de la nation de pouvoir.

Toutes les sociétés établissent des règles, créent des institutions, qui permettent
d’organiser et de diriger la vie sociale, ce sont ces règles, ces institutions, que
chaque société s’impose à elle-même pour assurer sa sécurité et celle de ses
membres, qui fondent la politique… La politique est alors inséparable de la notion de
pouvoir…

1.1) Définir le pouvoir

Pouvoir : Sens 1 : capacité individuelle ; sens 2 : relation entre dominant et dominé,


capacité à faire faire, malgré la résistance individuelle (ce que B n’aurait pas fait
sans l’intervention de A).
Le pouvoir désigne une relation sociale par laquelle un individu ou un groupe
est en capacité d’imposer sa volonté à un autre individu ou groupe.

Ainsi définir le pouvoir se décline sous de très nombreuses formes, le


pouvoir parental, le pouvoir des enseignants vis-à-vis de leurs élèves, le pouvoir de
l’employeur vis-à-vis de ses salariés…

Le pouvoir politique et démocratie.


Le pouvoir politiques peut s'exercer selon différents régimes, tyrannie,
oligarchie, monarchie, aristocratie... Dans sa définition politique le régime
démocratique est dit libéral, c'est-à-dire que le pouvoir politique s'exerce au nom
du peuple.

Définir la démocratie : En tant que système politique, la démocratie s'oppose


aux régimes autoritaires au sein desquels le pouvoir politique impose à la société et
aux citoyens la toute-puissance l'Etat et souvent une idéologie.

"Le gouvernement, par le peuple, pour le peuple" -Abraham Lincoln, 1863

L'état de droit : Personne n'est au dela des lois, pas même l'état, afin de limiter les
abus de pouvoirs et de protéger le peuple de l'usage arbitraire de ce dernier.

La constitution : Loi suprême précisant les relations entre les différents pouvoirs et
fixant les règles d'exercice du pouvoir politique et d'accès à celui-ci. La consitution
règlemente et limite le pouvoir de l'Etat, elle permet la protection des libertés
individuelles et publiques.

Dans ce cadre-là, la démocratie instaure la séparation des trois grands


pouvoirs publics pour que, selon la formule de Montesquieu "le pouvoir arrête le
pouvoir". En effet, du fait de leur séparation, chaque pouvoir assure un contrôle sur
les deux autres...

La séparation des pouvoirs consiste à ne pas concentrer toutes les fonctions


de l'Etat dans une seule entité, en divisant les fonctions en trois rôles distincts de
sorte qu'aucun ne puisse s'imposer de façon excessive aux deux autres.

Les trois pouvoirs sont le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif, et le pouvoir


judiciaire.

Le pouvoir législatif est le pouvoir en charge de l'élaboration et de la promulgation


des lois.
Le pouvoir exécutif est le pouvoir en charge de la mise en place des lois par le
gouvernement.

Le pouvoir judiciaire représente la justice et le respect des lois par celle ci.

La démocratie d'Athènes, aux origines, est directe. Les citoyens votent les
lois et les décisions politiques. Mais seuls les hommes libres, de parents athéniens,
de plus de 18 ans, et ayant accompli l'éphébie (le service militaire) sont considérés
comme citoyens et peuvent vote.

La démocratie moderne, elle, est directe. On vote des représentants, qui


deviennent des élus qui votent ensuite des lois. La démocratie est représentative.
Seulement, cette fois ci, tout le monde devient citoyen à ses 18 ans, homme ou
femme.

Le fonctionnement de la démocratie représentative.


Dans une démocratie représentative, les citoyens doivent donc élire leurs
représentants. Les élections ont lieu sur la base du suffrage universel.

Le suffrage universel désigne le fait que le droit de vote est accordé à


l'ensemble des citoyens et citoyennes dès leur majorité civile, 18 ans en France.

Il y a deux types de scrutins :

Scrutin direct

Les électeurs désignent eux-mêmes les représentants.

Scrutin indirect

Les électeurs désignent des représentants qui élisent ensuite d'autres


représentants.

Scrutin uninominal (ou binominal)

Les électeurs votent pour un représentant (ou un binôme de représentants).

Scrutin de listes

Les électeurs votent pour une liste entière de personnes.

Scrutin majoritaire

Est proclamé élu le candidat (ou liste) ayant obtenu la majorité des suffrages
exprimés à l'issue d'un ou deux tours.

Scrutin proportionnel
Le système ne concerne que les scrutins de listes. Chaque liste ayant dépassé un
certain % des suffrages exprimés obtient un nombre de suffrages ovtenus (souvent
avec une prime majoritaire).

La République a été proclamée en France pour la première fois en 1792.


Depuis des régimes politiques très différents se sont succédés. Consulat, Empire,
Monarchie Constitutionnelle, République...

La république est un système politique dans lequel la souveraineté apaprtient


au peuple qui exere le pouvoir politique directement ou par l'intermédiaire de
représentants élus. La consitution qui organise le fonctionnement des institutions
politiques en France aujourd'hui, celle de la Vème République, a été promulguée le 4
Octobre 1958.

3.2) L’organisation du pouvoir politique dans la Vème République

La République a été proclamée en France pour la première fois en 1792.


Depuis des régimes politiques très différents ce sont succédés, Consulat, Empire,
Monarchie constitutionnelle, République…

La République est un système politique dans lequel la souveraineté


appartient au peuple qui exerce le pouvoir politique directement ou par
l’intermédiaire de représentants élus.

La Constitution qui organise le fonctionnement des institutions politiques en


France aujourd’hui, celle de la Vème République, a été promulguée le 4 octobre 1958.

La Vème République établit une séparation assez souple des trois pouvoirs, il
s’agit d’un système semi-présidentiel par lequel les pouvoirs exécutif et législatif
ont chacun des moyens d’influencer l’autre.

*Le pouvoir législatif est confié au parlement.

 Le Parlement incarne le pouvoir législatif, il est bicaméral, c’est-à-dire


composé de deux « chambres » (deux Assemblées) l’Assemblée nationale et
le Sénat.

 L’Assemblée nationale, composée de 577 députés élus au suffrage universel


direct pour un mandat de 5 ans, sont chargés de proposer et de voter des lois,
de contrôler l’action du gouvernement et d’évaluer les politiques publiques.
L’Assemblée nationale peut contraindre le gouvernement à la démission par
le vote d’une motion de censure.

Ordinairement, les deux Assemblées siègent séparément et engagent un dialogue


par le mécanisme de la navette parlementaire. Les désaccords tentent d’être
« réglés » par la mise en place d’une « commission paritaire mixte », elle consiste
en un regroupement d’un certain nombre de députés et de sénateurs pour étudier
ensemble la question. En cas de désaccord persistant entre les deux Assemblées,
c’est l’Assemblée nationale qui a le dernier mot.

Quand les deux Assemblées sont réunies ensemble on parle de Congrès, celui-ci
est réuni exceptionnellement, notamment en cas de modification de la Constitution.

*Le pouvoir exécutif est bicéphale.

Le pouvoir exécutif est partagé entre le président de la République (« Chef de l’Etat


et « chef des armées ») et le gouvernement dirigé par le 1er ministre. Depuis la
réforme de 1962, le président de la République est élu au suffrage universel direct
pour un mandat de 5 ans, il a le pouvoir de prononcer la dissolution de l’Assemblée
nationale.

Le gouvernement est l’institution politique qui conduit les affaires de l’Etat au


quotidien. Il est composé du 1er ministre, nommé par le Chef de l’Etat, et des
ministres, également nommées par le Président sur proposition du 1er ministre.

Le gouvernement est « responsable » devant le Parlement, il peut engager


cette responsabilité (art 49-3) devant l’Assemblée nationale qui doit alors accorder
la confiance ou voter une motion de censure.

*Le pouvoir judiciaire.

Le pouvoir judiciaire est exercé par les magistrats, qui ne sont pas élus mais sont
des fonctionnaires de l’Etat. Ce pouvoir est exercé par différentes juridictions telles
que le Conseil constitutionnel, la Cour des comptes et les différents tribunaux.

Remarque : dans le cadre de la 5ème république, le référendum est une


procédure exceptionnelle par laquelle les citoyens peuvent se prononcer
directement par un vote « oui » ou « non » sur un projet de loi, ce projet est alors
soit accepté, soit rejeté.

Le statut particulier du référendum induit donc la possibilité d’introduire une dose


de démocratie directe dans la démocratie représentative puisqu’il permet la
consultation directe des citoyens sur de grandes questions de société ou
institutionnelles (on parle alors de démocratie semi-directe).

Aujourd’hui, certains souhaiteraient étendre le champ du référendum par la création


d’un Référendum d’Initiative Citoyenne (R.I.C.) qui ferait évoluer notre Constitution
vers une forme de démocratie directe…

Les acteurs de la vie politique en démocratie.


Le pouvoir politique s’exerce grâce aux contributions de différentes
organisations qui animent le jeu politique, permettent l’expression des opinions,
soumettent des idées aux gouvernants, consistent des contre-pouvoir…

4.1) Les partis politiques

 Les partis politiques jouent un rôle central dans les démocraties modernes,
ce sont ceux qui permettent de structurer les grandes idées qui animent la
vie politique.

 Un parti politique est une organisation qui réunit des individus autour de
valeurs, d’idées élabore des programmes d’actions politiques et présente des
candidats aux différentes élections dans le but d’accéder au pouvoir et de
l’exercer conformément à ses idées et ses valeurs.

 Les partis politiques jouent un rôle essentiel dans la formation des hommes
et femmes politiques ainsi que dans la socialisation des citoyens à la
politique et à leur mobilisation électorale, grâce notamment à l’action de
leurs militants.

 En dehors des périodes électorales ils font le lien entre les citoyens et leurs

4.2) Les organisations de la « société civile »

Les syndicats professionnels, les associations, les « think-tanks », les


groupes de pression (lobbies) représentent la société civile dans le jeu politique.

La société civile organisée désigne l’ensemble des organisations structurées


de citoyens, qui ne recherchent pas l’exercice du pouvoir mais veulent influencer
l’action des dirigeants et responsables politiques.

À la grande différence des partis politiques, les organisations de la société


civile ne cherchent pas à conquérir le pouvoir mais à mettre en avant des intérêts
particuliers, des valeurs, des idées, afin d’avoir un impact sur les décisions
politiques. Le travail de lobbying, l’organisation de mouvements de contestation par
rapport à certaines décisions, la participation à des négociations collectives…
participent à la vie politique et donc indirectement à l’élaboration des décisions
prises par le gouvernement.

4.3) Les médias

La vie politique est également animée au quotidien par les médias.

Les médias désignent l’ensemble des moyens de communication de masse


qui permettent la diffusion de l’information vers un grand nombre d’individus.

Les médias, presse, radio, télévision, cinéma et de plus en plus réseaux sociaux
numériques (« social médias ») jouent un rôle important dans le débat politique. Ils
concourent, en relayant les opinions des partis politiques, des organisations de la
société et des citoyens, à la formation de l’opinion publique.

Ils informent les citoyens des décisions prises par les institutions politiques, ils
valorisent certains évènements et attirent donc l’attention des citoyens et des
dirigeants sur ces évènements, ils participent ainsi à l’orientation des décisions
politiques sur certains sujets, sur certains thèmes, c’est en ce sens qu’on parle de
« 4ème pouvoir » au sujet des médias… cf. l’importance prise et l’impact politique du
« hashtag » sur les réseaux sociaux…

SES, Sciences Economiques et Sociales – Première


Chapitre 1 – Comment un marché concurrentiel
fonctionne-t-il ?
Qu’est-ce que le marché ?
Une économie de marché est une économie dans laquelle l’essentiel de
l’activité est orienté par les mécanismes du marché, c’est-à-dire que les prix sont
flexibles et déterminés par confrontation des offres et des demandes.

Pour comprendre cette économie il est donc indispensable de bien définir ce


qu’est le marché…

1.1) Le marché, lieu de rencontre de l’offre et de la demande

Les biens et services produits pour la satisfaction des besoins humains


doivent être échangés.

L’essentiel de ces échanges sont des échanges marchands, c’est-à-dire qu’ils sont
réalisés par l’intermédiaire d’un marché.
Un marché est le lien, réel ou dématérialisé, où se confrontent l’offre et la
demande d’UN bien ou service. La confrontation de l’offre et de la demande
permet la détermination du prix du bien ou service et la quantité échangée (prix de
marché).

Le marché permet de mettre en adéquation des comportements (vendre et acheter)


que rien ne prédispose à priori à s’accorder.

Il existe une grande diversité de marchés, il y a des marchés locaux,


nationaux, mondiaux (le px du pétrole est le même partout), il y a en outre autant de
marchés que de biens et services…

L’échange en économie de marché est impersonnel, indépendant du statut


social des échangistes, il ne criée pas de lien durable (pas de réciprocité) entre
fournisseur et client (c’est la répétitivité de l’échange qui crée le lien social
marchand), il doit donc être encadré, réglementé dans son fonctionnement…

1.2) Le marché, un ensemble d’institutions (instances) (livre p12)

Pas d’économie sans confiance.

Le marché est une institution, c’est-à-dire que son fonctionnement nécessite


de mettre en place des instances, des organisations, et des règles, qui s’imposent
aux différents acteurs de l’échange et permettent de pérenniser le système.

Les institutions désignent l’ensemble des instances et des règles, formelles


et informelles (reconnaître que la somme demandée correspond à la qualité du
service rendu), qui s’imposent aux individus et encadrent une activité sociale.

L’échange marchand nécessite d’abord l’existence de règles sociales,


économiques et juridiques garantissant la sécurité des transactions et la propriété
privée des agents (l’échange nécessite que l’offreur soit propriétaire de ce qu’il
vend et que le demandeur soit à son tour garantit dans la propriété qu’il vient
d’acquérir dans l’échange…). Il doit y avoir ce transfert des propriétés. L’Etat doit
être le garant du respect de ces règles.

Le respect des contrats et de la propriété privée sont donc les fondements de


l’échange marchant, sans reconnaissance des contrats et du droit de propriété pas
d’échange marchand.
Les droits de propriété sont les droits qui assurent la reconnaissance légale
de la possession d’un bien ou service par un individu. Ces droits permettent aux
propriétaires de disposer librement de leurs biens, de les utiliser pour leur
consommation, de les exploiter pour en tirer un revenu, et de les céder librement,
gratuitement ou en les vendant.

L’ensemble des règles et des organismes de contrôle du respect de ces


règles, constitue les institutions du marché.

Les institutions marchandes sont l’ensemble des règles et des organes qui
permettent et encadrent les échanges marchands.

L’économie de marché fonctionne donc dans un cadre précis.

Les règles et organisations permettant son fonctionnement sont très nombreuses,


droits de propriété, obligation d’information sur les produits, monnaie, bourse, Etat,
organisme de régulation et de surveillance…

Les intervenants, offreurs et demandeurs, doivent respecter ces règles spécifiques


(droit du travail, droit de la consommation, normes sociales et environnementales…)
ces règles sont établies et leur respect contrôlé par l’Etat et des organismes de
régulation et de surveillance, garants de l’intérêt général et donc de la confiance
indispensable à l’échange marchand.

L’échange marchand connait des limites, selon les sociétés certains biens et
services sont exclus de la sphère marchande (système de prohibition de la vente).
La question de la marchandisation des biens et services et donc de la légalité de
l’échange marchand relève de choix sociaux et éthiques. D’où là encore la nécessité
de définir des droits spécifiques, sociaux et humains (cf par exemple l’interdiction
du travail des enfants…).

En outre, il faut noter que les échanges non monétaires existent encore (cf le
bénévolat), il n’y a pas d’incompatibilité entre économie de marché et échanges non
marchands entre les individus.

1.3) Le modèle du marché concurrentiel (livre p13)

Il existe différentes structures de marché, notamment en fonction du nombre


d’offreurs et demandeurs présents.

Le tableau de Stackelberg présente, à partir du nombre d’agents présents sur les


marchés, les différentes structures du marché possibles :
Demandeurs/Offreurs Un seul Quelques Beaucoup
Un seul Monopole bilatéral Monopsone contrarié Monopsone
(rafale) (médicaments) (tabac)
Quelques Monopole contrarié Oligopole bilatéral (avions) Oligopsone
Beaucoup Monopole (SNCF, Poste) Oligopole (automobile, EDF) Concurrence

La structure du marché dépend également de la plus ou moins grande facilité


pour un acteur d’entrer et sortir du marché, elle dépend aussi du degré de
distinction entre les produits du point de vue du consommateur.

En croisant les trois critères, 4 grandes structures du marché se dégagent.

Nombre d’offreurs Liberté Nature des Types de marché


d’entrée/sortie produits
Très grand Oui Homogène Concurrence
Grand Oui Différencié Concurrence
(Smartphone, burger, parfum)
monopolistique
(Coca et Pepsi, McDo &
BrugerKing)
Limité Restreinte Homogène ou Oligopole
différencié
(smartphone)
Un seul Très restreinte ou Unique (donc Monopole
bloquée homogène)
La nature des produits, homogène ou différenciée, indique à quel point le point de
vue du consommateur influencera son choix.

Le fonctionnement du marché repose sur le principe de la concurrence, pour


comprendre ce fonctionnement, les économistes néo-classiques (libéraux) ont
construit un modèle théorique (idéal-type), celui de la concurrence pure et
parfaite :

La concurrence désigne une situation de marché dans laquelle il y a une rivalité


entre les offreurs et entre les demandeurs d’un produit.

- Atomicité du marché (grand nombre d’offreurs et de demandeurs) ;

- Homogénéité du produit (produits parfaitement substituables aux yeux des


demandeurs) ;

- Liberté d’entrée – sortie du marché ;

- Mobilité parfaite des facteurs de production (C.I, Capital fixe, travail : ces
facteurs peuvent se mouvoir entre les entreprises) ;

- Transparence du marché (information parfaite de tous les intervenants :


offreurs et demandeurs).
Les freins de la mobilité des facteurs de production : les qualifications, mobilités géographiques,
Ex : La revue de 60 millions de consommateurs demande que l’origine de la viande soit affichée à la
vente.

Si les conditions de la CPP sont réunies, quelles sont les conséquences sur
la formation des prix ? Pourquoi ?

En situation de CPP, les offreurs et les demandeurs ne peuvent influencer le prix, ils
sont « preneurs du prix », c’est le marché qui fixe le prix ;

Un agent économique, offreur ou demandeur, est dit preneur de prix (price


taker) lorsqu’il n’a aucune possibilité d’influencer la fixation du prix de marché. Le
prix de marché est un « signal » qui s’impose aux agents et à partir duquel ils font
leur choix d’offre ou de demande.

Les marchés réels ne sont pas de concurrence pure et parfaite, le modèle a


pour fonction de permettre la compréhension de la logique fondamentale qui
conduit à la formation de l’offre et de la demande au prix d’équilibre, il permet aussi
de comprendre les raisons des fluctuations des prix…

Comment fonctionne un marché concurrentiel ?


Sur un marché concurrentiel, les producteurs (offreurs) considérés comme
rationnels, cherchent à maximiser leur profit (utilité) sous la contrainte de leurs
coûts de production et du prix du marché.

(Être rationnel : faire un calcul pour trouver l’avantage (-> utilité) parmi les
différents moyens possibles, maximiser l’utilité)

L’offre désigne la quantité d’un bien ou service que l’ensemble des


entreprises désire vendre pour chaque niveau de prix du marché. La qualité offerte
dépend donc du prix du marché et des coûts de production des entreprises.

La courbe d’offre indique la quantité offerte en fonction du prix de marché.


Pour chaque prix, le producteur propose une quantité de production au niveau pour
lequel le coût de la dernière unité produite (= le coût marginal) est égal à ce prix.
Ainsi, compte tenu d’un coût marginal croissant, plus le prix du marché est élevé
plus les producteurs augmentent leur offre.

La courbe d’offre est donc croissante : QO=f(p) fonction croissante sous contrainte
de leur coût Prix de réserve : prix=coût de production

 « Loi de l’offre » : quand le prix du


marché augmente, l’offre du bien
ou service augmente.

La quantité offerte se « déplace »


SUR la courbe en fonction du prix
Prix de réserve

Les consommateurs (demandeurs) considérés également comme rationnels,


cherchent à maximiser leur satisfaction (utilité) en fonction de leurs préférences,
sous la contrainte de leur revenu et du prix de marché (contrainte budgétaire).

La demande désigne la quantité d’un bien ou service que l’ensemble des


consommateurs souhaite acheter pour chaque niveau de prix de marché. La
quantité demandée dépend donc du prix de marché et du revenu des
consommateurs.

La courbe de demande indique la quantité demandée en fonction du prix du


mrché. Pour chaque prix, le consommateur souhaite acquérir une quantité donnée
en fonction de ses préférences et de sa contrainte budgétaire ? Plus le prix de
marché est bas, plus la contrainte budgétaire du consommateur est faible et
inversement plus le prix augmente plus la contrainte budgétaire se renforce, donc
plus le prix est élevé plus le nombre de consommateurs susceptibles d’acheter
diminue.

La courbe de demande est donc décroissante : QD=f(p) fonction décroissante sous


contrainte de leur revenu Prix de réserve : prix=coût de production

 « Loi de la demande » : quand le


prix de marché augmente, la
demande du bien ou service
diminue.

La quantité demandée se
« déplace » SUR la courbe en
fonction du prix

2.1) La formation de l’offre et de la demande


La sensibilité au prix des quantités, offertes et demandées, est mesurée par
l’élasticité-prix :

EO/px = taux de varO/taux de var px

ED/px = taux de varD/taux de var px

EQ/Px = 1 = proportionnalité

Plus les courbes sont « pentues », plus la sensibilité au prix est faible. Plus les
courbes sont « horizontales », plus la sensibilité au prix est forte.

2.2) La détermination de l’équilibre du marché

La confrontation de l’offre, croissante avec le prix, et de la demande,


décroissante, permet de déterminer UN prix et UNE quantité d’équilibre, c’est-à-dire
que pour ce prix les quantités offertes et demandées sont égales, tous les offreurs
trouvent un débouché pour leur production et tous les demandeurs obtiennent la
quantité qu’ils désirent.

Dans le modèle de CPP, l’équilibre est atteint grâce à la flexibilité du prix,


par tâtonnements, quand le prix est trop élevé l’offre est supérieure à la demande, il
y a risque de surproduction, le prix va alors baisser, s’il baisse trop la demande va
dépasser l’offre, il y a risque de pénurie, le prix va alors remonter… Et ainsi de suite
jusqu’à trouver le seul prix susceptible d’égaliser les quantités offertes et
demandées, le prix d’équilibre.

Le prix d’équilibre est le prix pour lequel l’offre et la demande s’égalisent.


La quantité d’équilibre est la quantité telle qu’offre et demande sont égales, tous les
producteurs qui souhaitent vendre au prix de marché et tous les acheteurs qui
souhaitent acquérir à ce prix sont satisfaits. Cette quantité s’obtient grâce à la
flexibilité du prix, et à un mécanisme par « tâtonnement » par lequel le prix change
tant que les quantités offertes et demandées ne s’égalisent pas.

Le marché s’autorégule, tout décalage offre/demande entraîne une variation


du prix qui entraîne un rééquilibrage…

2.3) Les effets des variations de l’offre et de la demande sur l’équilibre de marché
(livre p18-19)

La situation d’équilibre n’est pas figée, elle évolue dans le temps. Quand les
conditions de l’offre et/ou de la demande changent, cela provoque un déplacement
du prix et des quantités d’équilibre.
Les modifications de coût de production (prix des C.I, salaires, P.T (progrès
technique) …), l’évolution des revenus, des préférences des consommateurs, de la
fiscalité…, ont un impact sur l’offre et/ou la demande, en s’ajustant, à la hausse ou à
la baisse, le prix permet de retrouver un équilibre du marché.

Graphiquement, cela se traduit par un déplacement DES courbes d’offre et de


demande.

(+ exercice 2p25)

L’exemple de la mise en place d’une taxe forfaitaire.

Pour modifier, pour différentes raisons, sociales, écologiques…, les comportements


des producteurs et/ou des consommateurs, les pouvoirs publics peuvent intervenir
en imposant une taxe forfaitaire sur les produits échangés. Ils affectent la demande,
pour réduire la consommation d’un produit par exemple…

Une taxe forfaitaire est un prélèvement des pouvoirs publics imposé sur chaque
unité de produit vendue ou consommée, d’un montant fixe pour tout producteur ou
tout consommateur.

La taxe peut porter sur les producteurs ou les consommateurs, dans les deux cas
l’objectif est d’inciter les agents à modifier leur comportement d’offre ou de
demande ce qui modifiera l’équilibre du marché.

Selon la théorie, la taxe entraîne un déplacement DES courbes d’offre et de


demande, ce qui modifie le prix et la quantité d’équilibre…

Si la taxe porte sur les vendeurs, ceux-ci doivent reverser à l’Etat une partie de la
recette réalisée correspondant au montant de la taxe. La taxe réduit donc la recette
unitaire du producteur, selon le modèle théorique celui-ci va donc diminuer son
offre (déplacement sur la courbe d’offre et de déplacement de la courbe de
demande).

Si la taxe porte sur les acheteurs, le prix de vente augmente du montant de la taxe,
ceux-ci vont donc diminuer leur demande (déplacement sur la courbe de demande
et déplacement de la courbe d’offre).

En théorie, la taxation est un procédé très efficace pour provoquer une


baisse de la consommation d’un produit (ex : tabac, essence…) et réduire la quantité
échangée (le prix augmentant la quantité échangée diminue).

En réalité, l’impact d’une taxe dépend énormément de l’élasticité-prix de


l’offre et de la demande, si l’élasticité-prix est faible, l’impact sera amoindri sur le
bien concerné et en plus d’autres biens ou services affectés, la hausse du prix
entraînant, pour compenser, la diminution de la demande d’autres produits (effets
de substitution…)

(TP 1p24)

2.4) Gne

Le comportement du producteur en concurrence.


Dans le modèle de CPP, l’entreprise, preneuse de prix, cherchant à
maximiser son profit doit choisir la quantité de production pour laquelle la
différence entre les recettes totales et le coût de production total est la plus grande.
Ce niveau de production correspond à la quantité pour laquelle le coût marginal est
égal au prix de marché (qui est la recette marginale).

Du fait que dans le modèle théorique des rendements sont décroissants, et


donc le coût marginal croissant, si le prix de marché augmente l’entreprise
augmentera sa production, la courbe d’offre de l’entreprise correspond donc à l
partie croissante de la courbe de coût marginal…
Prix de vente=130€, Exo livre p20

Q CT RT Rm PT CM Cm Pm
produite (=CT/Q)
100 20 000 13 000 // -7 000 200 // //
200 28 000 26 000 130 -2 000 140 80 //
300 34 000 39 000 130 5 000 113,3 60 50
400 42 000 52 000 130 10 000 105 80 50
500 53 000 65 000 130 12 000 106 110 20
600 66 000 78 000 130 12 000 130 130 0
700 81 000 91 000 130 10 000 115,7 150 -20
Economie d’échelle : quand la quantité augmente, le coût unitaire moyen baisse

Marché concurrentiel et gain à l’échange.


(livre p22-23)

4.1) Equilibre de marché et gain à l’échange

Sur un marché concurrentiel la quantité d’équilibre correspond à l’ensemble


des unités échangées, au même prix pour les producteurs et les consommateurs.

Mais chaque producteur et chaque consommateur ne réalise pas le même


gain, le dernier offreur reçoit au prix de marché juste le montant de son coût
marginal, les autres offreurs, qui ont un coût marginal inférieur étaient prêts à
vendre à un prix inférieur, ils réalisent donc chacun un gain à l’échange (« surplus »
du producteur) plus ou moins important.
De même, le dernier demandeur paye juste le prix qu’il souhaitait, les autres
demandeurs, qui ont une moindre contrainte budgétaire, étaient prêts à acheter à un
prix supérieur, ils réalisent donc chacun un gain à l’échange (« surplus » du
consommateur) plus ou moins important.

Le gain individuel à l’échange correspond au surplus obtenu par un agent.

Le surplus du producteur correspond à la différence entre le prix de marché


(le prix de vente) et le prix auquel il était prêt à vendre son produit (donc son
coût marginal).

Le surplus du consommateur correspond à la différence entre le prix de


marché et le prix qu’il était prêt à payer pour obtenir le produit.

Le gain total à l’échange (surplus collectif) correspond donc à la somme des


deux surplus, celui des producteurs et celui des consommateurs.

À l’équilibre, l’échange permet le gain, le surplus global, le plus élevé


possible pour les deux parties, les offreurs et les demandeurs.

4.2) Equilibre de marché et allocation des ressources

Dans les économies de marché, l’allocation des ressources est réalisée par
le marché au travers des informations et incitations qu’il fournit aux agents
économiques.

L’allocation des ressources désigne l’affectation des ressources rares en


biens et services, en travail, entre les différents acteurs au sein de la société.

En effet, sur un marché concurrentiel, les variations du prix traduisent


l’évolution de la demande et entraîne une réaction de l’offre et donc une modification
des besoins en ressources productives…

Par exemple, si la demande augmente sur un marché du fait d’une augmentation du


revenu des consommateurs, l’offre va également augmenter, les producteurs
concernés vont donc accroître leur demande de ressources productives…
Inversement, s’il y a surproduction sur un autre marché, le prix va baisser, la
rentabilité de la production baisse, l’offre se réduit et des ressources productives
sont libérées… Il y a rééquilibrage dans l’allocation des ressources.
4.3) Rééquilibrage de marché et optimum

À l’équilibre la satisfaction des agents et l’allocation des ressources sont


optimales, le surplus des producteurs et des consommateurs est maximal, il n’y a ni
surproduction ni sous-production et les facteurs de production est utilisés de la
façon la plus efficace → optimum économique.

L’optimum désigne le fait que la situation d’un échangiste ne peut être


améliorée sans détérioration de la situation d’un autre, et que le surplus global est
le plus élevé possible.

Pour les libéraux, en situation de concurrence le marché permet la


conciliation des intérêts individuels et de l’intérêt général (l’optimum économique
est aussi un optimum social). La « main invisible » du marché (Adam Smith) garantit
l’harmonie des intérêts, sans intervention extérieure, notamment celle de l’État...

Rien : D’autres modes d’ajustement de l’offre et de la demande existent (autres que


l’ajustement par les prix) :

- Ajustement par les variations de stocks (si O > D, risque de baisse des prix →
stockage ; si O < D, baisse des prix → déstockage)

- Ajustement par le rationnement (file d’attente, tickets, planification…)

Le rationnement est un système de gestion de la pénurie (0 < D) par les


quantités. Les prix sont bloqués et les quantités disponibles sont réparties selon
des critères déterminés par l’État.

Pour les libéraux ces modes d’ajustement qui « rigidifient » les prix,
maintiennent le déséquilibre O/D et réduisent le surplus collectif, ils sont donc
moins efficaces que le jeu du marché.

Le point de vue libéral : Les vertus de l’économie de marché par Milton Friedman.
Chapitre 2 – Comment les marchés imparfaitement
concurrentiels fonctionnent-il ?
Concurrence pure et parfaite
Dans le modèle de la CPP, les offreurs et les demandeurs sont preneurs de
prix. Dans la réalité les marchés ne sont pas de CPP, différentes structures de
marché génèrent une concurrence imparfaite qui permet aux agents d’avoir un
pouvoir de marché et d’influencer le prix de marché…

1.1) Les structures de marché et pouvoir de marché

(Livre p36-37)

La concurrence imparfaite provient notamment du fait que les conditions


d’atomicité du marché et d’homogénéité du produit ne sont pas respectées dans la
réalité. Trois grands types de structures de marché induisent alors une concurrence
imparfaite.

Atomicité Homogénéité Type de marché


OUI NON Concurrence monopolistique /
imparfaite (Coca/Pepsi (+ les
colas))
FAIBLE FAIBLE Oligopole (EDF, auto, acier)
NON // Monopole (Poste, SNCF)

La concurrence monopolistique désigne un marché caractérisé par


l’existence de nombreux offreurs mais sur lequel chacun parvient à différencier son
produit par rapport aux autres aux yeux des consommateurs.

L’oligopole désigne un marché sur lequel domine un petit nombre d’offreurs


face aux très nombreux demandeurs. (Un duopole est un oligopole à deux
entreprises)

Le monopole désigne un marché sur lequel il n’y a qu’un seul offreur face aux
nombreux demandeurs.

Dans ces situations de concurrence imparfaite les entreprises peuvent


acquérir un pouvoir de marché et devenir « faiseur de prix ».

Le pouvoir de marché désigne la capacité des agents à influencer les


conditions du marché en agissant sur les prix et les quantités échangées. Par ce
pouvoir de marché ils deviennent faiseurs de prix et ont la possibilité de pratiquer
des prix supérieurs au prix de marché concurrentiel.

Un agent économique est faiseur de prix (price maker en anglais) lorsqu’il domine le
marché et est en capacité d’influencer les prix.

1.2) Les sources du pouvoir de marché

Le pouvoir de marché provient du fait qu’un nombre limité d’offreurs


parviennent à s’imposer sur leur marché.

Pour acquérir et renforcer ce pouvoir de marché, les entreprises développent


différentes stratégies légales ou illégales…

Pour renforcer leur pouvoir de marché les entreprises jouent de la


différenciation de leurs produits aux yeux des consommateurs, par l’innovation, le
design, l’image de marque, la qualité, la publicité (publicité comparative)… chaque
entreprise détient alors le « monopole » de son produit et capte une partie de la
demande prête à accepter un prix plus élevé pour acquérir son produit.

(Livre p42, 43)

Les produits des entreprises « concurrentes » sont substituables du même


emploi mais ces entreprises vont tout faire pour les différencier auprès des
consommateurs. Les produits sont donc substituables mais différents, chaque
entreprise détient un monopole (celui de son produit) mais elle subit malgré tout la
concurrence d’autres entreprises produisant des produits différents mais
substituables, les produits, bien que destinés au même usage ne sont pas perçus
comme équivalents par les consommateurs, il y a « segmentation » du marché (cf
par exemple McDonald et Burger King, Coca et Pepsi, Nestlé et Danone pour les
eaux minérales…).

Dans ce cas on parle de « concurrence monopolistique » (Chamberlin, Robinson). La


concurrence joue alors moins sur le prix que sur le produit lui-même (qualité de
fabrication, innovation, image de marque, garantie, qualité du service…), on parle
donc de concurrence par le produit ou de concurrence « hors-prix ».
Une entreprise dominante peut s’engager dans une « guerre des prix »
(stratégie de « prix prédateurs ») pour éliminer les concurrents et dissuader de
nouveaux entrants.

Les entreprises en situation d’oligopole font tout pour le rester et dressent


des « barrières à l’entrée » que de nouveaux arrivants doivent surmonter.

Les barrières à l’entrée sont l’ensemble des obstacles rendant difficile


l’accès à un marché pour de potentiels concurrents. Elles protègent ainsi les
entreprises en place sur le marché.

Les barrières à l’entrée peuvent résulter de différents facteurs.

 Le facteur technique : lorsque la production se caractérise par des coûts


fixes très lourds, et donc que les économies d’échelle sont très importantes
(coût marginal diminue) les investissements initiaux sont très élevés et dans
ce cas l’enjeu financier est tel que de nouveaux entrants sont dissuadés de le
faire.

(Livre doc 2p41)

 Le facteur technologique et juridique : les entreprises en place font des


investissements de R&D (recherche et développement) pour constamment
innover et être seules à proposer le produit innovant. Ces entreprises
peuvent en outre protéger leurs innovations par des brevets pour empêcher
l’entrée d’autres entreprises.

(Livre doc 3p41)

 t
Le facteur règlementaire : l’Etat peu décider de contrôler des activités et
s’en réserver le monopole, il peut aussi contrôler l’exercice de certaines
activités (professions règlementées) (ex : notaires, médecins…).

Les entreprises en place nouent parfois des ententes permettant de


déterminer le prix et/ou la quantité offerte. Elles s’accordent pour se partager le
marché en évitant de se concurrencer par le prix.

Une entente désigne un accord entre entreprises afin de limiter la


concurrence entre elles.
(~Livre docs 1-2 p44-45)

Monopoles et oligopoles
2.1) Le monopole, faiseur de prix type

La situation de monopole implique que l’entreprise est seule sur le marché,


qu’il n’y a aucune offre alternative du produit, cette entreprise dispose d’une marge
d’action sur les quantités qu’elle veut produire mais surtout sur la fixation du prix
(elle est faiseur de prix) sous la seule contrainte du niveau de vie des
consommateurs.

On peut distinguer trois grandes formes de monopole :

 Les monopoles institutionnels (ou légaux).

L’entreprise est seule sur le marché du fait d’une règlementation


administrative, c’est-à-dire que l’activité est attribuée à une seule entreprise
pour des raisons de service publique, de sécurité… (ces entreprises sont
souvent publiques mais elles peuvent aussi être privées).

 Les monopoles naturels.

L’entreprise est un monopole du fait de coûts de productions élevés en


raison de coûts fixes importants. Dans ce cas les économies d’échelle sont
très importantes et l’entreprise en place bénéficiant de l’intégralité du
marché aura le coût moyen le plus faible et aucun concurrent n’est incité à
entrer sur le marché par manque de rentabilité du fait de l’importance des
coûts à amortir.

 Les monopoles d’innovation.

L’entreprise qui innove (tech, concept…) et propose un produit nouveau se


trouve, tant qu’elle est seule à proposer le produit, en situation de monopole.
Cette situation de monopole est donc temporaire, elle s’éteint lorsque des
entreprises proposent des produits substituables, c’est pour cette raison que
les entreprises déposent des brevets pour protéger leur situation de
monopole pendant un certain temps.

Les monopoles profitent de leur pouvoir de marché pour pratiquer des prix
plus élevés que s’il y avait concurrence sur le marché, ils peuvent ainsi réaliser un
« surprofit » (« rente » de monopole).

Ce pouvoir n’est limité que par la contrainte budgétaire des consommateurs.


L’équilibre de monopole aboutit à un prix plus élevé et des quantités
échangées plus faibles qu’en situation de concurrence.

(« Perte sèche », cette perte mesure l’inefficacité économique globale du monopole


par rapport à la concurrence.)

Le monopole est doublement inefficace, il n’est pas un optimum, en effet le


surplus gagné par le producteur l’est au détriment des consommateurs et
collectivement il induit une perte sèche de surplus (il entraîne donc une diminution
du « bien-être social »).

Rem : Si l’analyse conduit à affirmer l’inefficacité du monopole, certains


économistes défendent les grandes firmes et les monopoles dans deux situations.

 Le cas des monopoles naturels.

Un monopole naturel est une activité dans laquelle les coûts fixes sont très
importants (et le coût marginal très faible) et par conséquent les économies
d’échelle sont très importantes.

Ainsi, le coût unitaire moyen de production étant beaucoup plus bas que si le
marché était partagé entre plusieurs entreprises, même si le monopole vend
à un prix supérieur à celui qu’il pourrait pratiquer compte tenu de son coût
marginal, l’équilibre obtenu est « meilleur » que celui qui s’établirait en
situation de concurrence.

 Le cas des monopoles d’innovation.


Schumpeter défend lui les monopoles d’innovation et les grandes firmes
oligopolistiques en faisant valoir que grâce au surplus gagné ces entreprises
peuvent augmenter leurs dépenses de R&D et donc favoriser l’innovation qui
apparaît comme le principal moteur du dynamisme économique, de la
croissance et de l’emploi…

2.2) L’oligopole et les ententes d’entreprises.

Lorsque quelques entreprises dominent un marché leurs comportements


sont orientés par ceux des autres (notamment pour la fixation des prix, l’exigence
d’innovation…), mais leur petit nombre les amènent aussi à vouloir limiter la
concurrence par le prix, qui réduit les marges de profit… Pour cela elles peuvent
être tentées de conclure des ententes et former des cartels.

Un cartel est une entente officieuse entre quelques entreprises dans le but
de limiter la concurrence entre elles, le cartel fixe les prix et/ou les quantités pour
se partager le marché, il agit comme un monopole. Les cartels sont le plus souvent
illégaux.

Les ententes et cartels s’expliquent par la théorie des jeux et le dilemme du


prisonnier.

La théorie des jeux consiste à élaborer des modèles (« jeux ») afin de


comprendre les actions d’acteurs cherchant à maximiser leurs gains tout en
anticipant les choix des autres acteurs.

Dans cette logique le dilemme du prisonnier est un modèle qui permet de


comprendre les stratégies des agents économiques dans le sens ou non d’une
coopération. Dans le cas des entreprises en situation d’oligopole il montre l’intérêt
des ententes.

Selon cette logique, le dilemme du prisonnier, les entreprises agissant


individuellement sont en concurrence et leur profit dépend du prix de marché, mais
si elles passent un accord elles peuvent augmenter le prix et diminuer la quantité
offerte afin d’augmenter leurs profits…

Les ententes et cartels sont néanmoins fragiles, car certains acteurs peuvent
être tentés de « tricher » par rapport à l’accord passé pour augmenter leur part de
profit… Si une telle entreprise baisse son prix par rapport au prix prévu par le cartel,
elle va capter une partie plus importante de la demande et donc augmenter son
profit… C’est pour cette raison que les membres d’une entente se surveillent
mutuellement…
Représentation du dilemme du prisonnier : le cas d’une entente (TD 1 p48)

Dans chaque case, le 1er chiffre correspond au profit de l’entreprise A et le 2ème au profit de l’entreprise B.

Entreprise A/Entreprise B Respecter le prix Tricher


Respecter le prix 5;5 0;8
Tricher 8;0 3;3

L’Etat doit-il interdire les monopoles et les oligopoles ?

La régulation de la concurrence
La concurrence imparfaite engendre des coûts pour les consommateurs et
l’économie en général, prix plus élevés, moindre stimulation à l’innovation, à la
recherche de gains de productivité… Les entreprises peuvent commettre des abus
de position dominante.

L’abus de position dominante désigne le comportement d’une entreprise qui utilise


sont pouvoir de marché pour imposer les prix, les quantités et la variété des
produits, aux consommateurs et aux potentiels concurrents.

Pour lutter contre les comportements anti-concurrentiels et les abus de


position dominante les pouvoirs publics interviennent par la politique de
concurrence, pour préserver les conditions de la concurrence et contraindre les
entreprises à en respecter les règles.

La politique de la concurrence désigne l’ensemble des mesures prises par les


pouvoirs publics pour promouvoir une concurrence loyale sur les marchés, en
faveur des consommateurs et de l’économie en général.

Par cette politique, les pouvoirs publics contrôlent les fusions-acquisitions et


luttent contre les ententes et abus de position dominante.

La politique de la concurrence s’établie au niveau des pays (autorité de la


concurrence en France) et au niveau international (Commission de la concurrence
dans l’U.E). Cette politique est apparue dès la fin du 19ème siècle face à l’émergence
des grands « trusts » aux Etats-Unis dans le pétrole, la sidérurgie ou l’industrie
électrique (Sherman Act 1890, Clayton Act 1914).

En Europe aujourd’hui, la Commission européenne a pour objectif l’établissement


d’une « concurrence praticable », pour cela elle contrôle les ententes entre firmes,
les abus de position dominante, les aides publiques aux firmes nationales, le
dumping, les opérations de fusions-acquisitions et elle favorise l’élaboration de
normes européennes.

3.1) Le contrôle des fusions-acquisitions

(Livre p46-47)

Avec la mondialisation, la concurrence s’est accrue entre les entreprises et


celles-ci cherchent à grandir pour se renforcer sur leur marché.

Pour grandir rapidement les entreprises réalisent des opérations de concentration


par fusions-acquisitions.

Les fusions-acquisitions sont des opérations de concentration d’entreprises par


réunion de leur patrimoine (capital) en une seule entité.

Les entreprises qui envisagent une opération de concentration doivent


obtenir au préalable l’accord des autorités de la concurrence. La fusion est
autorisée si elle ne porte pas atteinte à la concurrence, c’est-à-dire qu’elle ne
donne pas à la nouvelle entreprise un pouvoir de marché important et donc ne
risque pas de favoriser une hausse des prix et/ou freiner l’innovation.

Rem :

Les conséquences des fusions-acquisitions sur la concurrence ne sont pas


toujours faciles à déterminer et les décisions des autorités sont parfois contestées…

 Dans le cas de monopole naturel les autorités de la concurrence peuvent


légitimer des monopoles publics, pour éviter qu’une entreprise ne profite de
la situation pour pratiquer des prix élevés au détriment des consommateurs.

3.2) La lutte contre les ententes illicites et les abus de position dominante

Les autorités de la concurrence condamnent les entreprises engagées dans des


ententes illicites ou coupables d’abus de position dominante qui nuisent aux
consommateurs en termeS de prix et/ou de qualité des produits. Les sanctions se
traduisent par des amendes pouvant aller jusqu’à 10% du chiffre d’affaires de
l’entreprise.

Rem : Pour repérer et sanctionner les ententes, les autorités de la concurrence


disposent d’une procédure particulière, la mesure de clémence par laquelle une
entreprise, membre d’une entente, sera exemptée de sanction si elle dénonce
l’entente…

Chapitre 3 – Comment la socialisation


contribue-t-elle a expliquer les différences de
comportement des individus ?
Société et socialisation
1.1) Définir la société

Une société est un ensemble d’individus ayant toutes sortes de relations les
uns avec les autres (relations culturelles, économiques, politiques…) et vivant
durablement en groupes structurés et organisés.

L’existence de la société implique donc :

 Un ensemble d’individus plus ou moins étendus (familles, ethnies…) ayant des


fonctions différentes (notion de groupes sociaux) ;

 Des systèmes de relations entre les individus et les groupes (rapports


sociaux) ;

 Une culture qui contribue à l’unité de la société ;

 Une certaine organisation (existence de règles, lois, d’instructions).

Ainsi, on peut distinguer les sociétés globales qui sont de vastes groupes, à
l’échelle d’une nation ou plus, et les micro-sociétés, qui sont de petits groupes
(tribus, région, entreprise…)

1.2) Société et socialisation

Ce qui caractérise la nature de l’homme c’est qu’il est, au moins autant qu’il
est un être biologique, un être social, un produit de la société dans laquelle il évolue.
Nature de
Biologiq Soci

Inn Acqu

Contrairement au Mowgli de Rudyard Kipling, les « enfants sauvages »


montrent que l’Homme s’animalise en cas de contact exclusif avec le milieu animal.
L’être humain ne développe son « humanité » qu’au contact des autres hommes et
en respectant un certain nombre de codes sociaux. Pour l’ethnologue Claude Lévi-
Strauss, c’est l’action réciproque de la nature (l’inné) de la culture (l’acquis) qui
caractérise le développement humain.

Pour se perpétuer la société doit transmettre à chaque individu qui la rejoint ses
principes de fonctionnement, c’est là qu’intervient le processus de socialisation.

Comment la socialisation s’effectue-t-elle ?


2.1) Le processus de socialisation

La socialisation désigne l’ensemble des processus par lesquels les individus


apprennent et intériorisent les valeurs, les normes, les croyances et les pratiques,
de leur milieu social et ainsi peuvent former leur propre personnalité sociale et
s’intégrer à la société dans laquelle ils doivent vivre.

Les valeurs sont des principes ou manières d’être et d’agir qu’une société
propose comme idéaux à ses membres. Les valeurs sont des références qui guident
l’action des individus. (ex : l’homme, le courage, la solidarité, le sens de l’effort, la
réussite par le travail…)

Les normes sont des règles, plus ou moins contraignantes, qui définissent les
façons d’agir qu’une société attend de ses membres conformément à son système
de valeur. Les mœurs, le droit, les règles de politesse… sont des normes qui servent
à orienter les comportements en accord avec les valeurs de la société. Leur respect
ou non-respect est « sanctionné » de façon formelle ou informelle.
La socialisation est le processus qui permet à l’individu de connaître ce qui le
lie aux autres membres de la société, qui le rend apte à s’adapter à la vie sociale.
Grâce aux échanges avec des agents socialisateurs l’individu fait siennes, pas à pas,
les valeurs et les normes, il acquiert certaines dispositions, c’est-à-dire des
amnières de penser et d’agir en société. Il possède une identité sociale et est
capable d’agir en conformité avec les attentes de son environnement social.

Les agents de socialisation sont les personnes, les instances, qui


transmettent les valeurs et les normes de la société et influencent nos attitudes et
nos comportements. Les grands agents socialisateurs sont la famille, l’école, les
pairs, le monde professionnel, les médias.

L’identité sociale désigne la façon dont les individus se définissent


socialement et la façon dont les autres les perçoivent.

La socialisation est le résultat des interactions entre l’individu et son


environnement. Il existe trois grands types d’apprentissage des valeurs et des
normes :

 L’inculcation (injonction) : il s’agit d’une action explicite, consciente,


d’imposition des façons d’être et de penser socialement acceptables (les
« bonnes » manières d’être), il s’agit de soumettre les individus aux
impératifs sociaux. Cet apprentissage donne lieu à une évaluation selon un
système de sanction positives ou négatives.

 La familiarisation (imprégnation, imitation) : il s’agit d’un apprentissage par


« habituation » progressive selon une forme plus diffuse, moins consciente,
l’individu s’adapte en observant et en reproduisant les comportements des
« agents socialisateurs » (imitation). Dans cet apprentissage les sanctions
sont plus informelles.

 L’expérimentation : il s’agit là d’une démarche du « socialisé » qui « tente »


des comportements, et les ajuste en fonction des réactions des autres
membres de la
société. Fonction Procédure Modalité
s s s

Transmissi Inculcat Prescriptions


on (action ion /
du proscription/
socialisat Conditionneme
Interactions
Imprégnati Observation
Processus de
on / Imitation
socialisation
Identificatio
n
Opposition
Acquisitio
n (action Essais :
du Expérimenta Erreurs/su
socialisé) tion
Les deux
premiers mécanismes de la socialisation relèvent largement d’une approche
déterministe car le processus apparaît à sens unique, de la génération adulte vers
celle qui n’est pas encore prête à la vie sociale (modèle du conditionnement).

Mais la socialisation se définit aussi comme un processus auquel le socialisé


participe, si dans un sens l’individu intériorise les valeurs et les normes que les
agents socialisateurs lui font partager, dans un autre sens il peut aussi influencer
son entourage social et contribuer à l’évolution des valeurs et des normes, cet
aspect du processus est particulièrement sensible dans le mécanisme de
l’expérimentation. Les modèles véhiculés par les agents de socialisation donnent un
cadre aux individus, mais ceux-ci nos comportements. Les actions sociales
résultent de décisions individuelles dans un cadre social plus ou moins rigide,
contraignant (modèle de l’interaction).

La socialisation est indispensable pour permettre à l’individu de se comporter


conformément aux attentes de la société, de tenir ses rôles sociaux en relation avec
ses statuts sociaux.

Le rôle social désigne le modèle de comportement attendu d’une personne occupant


une position sociale donnée.

Le statut social : en sociologie le statut prend deux sens.


D’abord il désigne la position sociale occupée par un individu dans la hiérarchie
sociale.
Ensuite, il désigne une position sociale dans un réseau de relations sociales, ici
chaque individu occupe simultanément plusieurs positions statuaires, relevant
chacune des systèmes d’organisation auxquels il participe, correspondant chacune
à un rôle spécifique (statut familial, statut professionnel, statut public…). L’ensemble
des statuts participent à la définition de l’identité sociale de l’individu.

La multiplication des rôles peut poser des problèmes, l’individu se trouvant


parfois en contradiction de l’un à l’autre de ses rôles. La compatibilité des rôles et
des statuts d’un individu est fondamentale pour l’équilibre de sa personnalité
(congruence des rôles sociaux).
La socialisation est indispensable pour que les individus puissent mener une
vie sociale normale, elle assure aussi la permanence et la cohésion de l’ordre social
car, par ce processus l’individu est « modelé » pour satisfaire aux exigences
comportementales de la société.

La socialisation permet :

 La transmission et l’intériorisation de la culture, grâce à elle les principaux


traits culturels sont intégrés à la personnalité des individus, les obligations
morales, économiques… s’imposent progressivement à eux.

 L’adaptation à l’environnement social, le but fondamental de la socialisation


est de permettre l’intégration de l’individu aux différents milieux sociaux qui
structurent la société (famille, entreprise, nation…)

 La construction des identités sociales et individuelles, c’est-à-dire la façon


dont les individus construisent leur rapport aux autres membres de la
société elle-même.

2.2) Des socialisations différenciées/différencielles

Les individus sont socialisés de façon différentes, du fait que les « agents de
socialisation » qu’ils vont rencontrer n’agissent pas de la même façon avec tous les
individus, et que ces agents sont eux-mêmes différents. On parle donc de
socialisation différentielle.

La socialisation différenciée (différentielle) est la notion qui désigne le fait que les
individus sont socialisés de manière différente selon leur sexe, le milieu
socioprofessionnel d’appartenance…

Dans le cadre de cette socialisation différentielle, on peut faire remarquer


que les différences dites « naturelles » sont fortement influencées par des
déterminismes sociaux.

Ainsi, certains sociologues considèrent que l’identité sexuelle, qu’ils nomment

« genre » (dérivé du terme anglais « gender ») serait le résultat d’une construction


sociale liée aux comportements différenciés des agents de socialisation vis-à-vis
des garçons et des filles. Habillements, jeux, cadeaux, et même remarques, sont
différents, et contribuerait ainsi à construire les identités masculine et féminine…

1) Le rôle de la famille
La famille se définit comme l’ensemble des personnes liées entre elles par
des relations de parenté ou d’alliance.

Dans nos sociétés industrielles modernes, la famille assure deux grandes


fonctions :

 Doter les enfants d’atouts pour la vie future : fonction de transmission


patrimoniale (savoirs, capital monétaire, relations…)

 Fournir les bases de la construction d’une identité personnelle au sein de la


société. C’est au sein de la famille que l’enfant apprend un langage, des
règles sociales de base, commence sa socialisation au genre… La famille est
aussi le lieu de transmission de valeurs éthiques, religieuses, politiques…

Or, toutes les familles ne transmettent pas les mêmes valeurs, les mêmes normes.

La socialisation s’effectue différemment selon la position sociale de la famille, du


fait des différences socioculturelles les pratiques sont différentes d’une famille à
l’autre, la culture véhiculée est différente, les préoccupations sont différentes…

Depuis quelques années les normes au sein de la famille ont évolué. Les
valeurs d’égalité, d’autonomie, sont davantage mises en avant, ce qui modifient les
relations parents-enfants, l’autorité notamment doit être légitime, justifiée.

Les relations de couples ont également changé, la cellule familiale est moins stable
(séparations, divorces) et moins « normée » de nouvelles formes familiales sont
apparues et sont aujourd’hui plus courantes, famille monoparentales, recomposées,
homoparentales.

Toutes ces modifications de la famille ont modifié les rôles parentaux, d’autres
membres proches ont pris de l’importance, grands-parents, beaux-parents, demi-
frères ou sœurs… la socialisation est donc devenue « plurielle » conduisant à
intérioriser de nouvelles valeurs et normes.

2) Le rôle de l’école

Au-delà de sa mission de diffusion des savoirs, l’école remplit une


importante fonction de socialisation.

L’individu doit s’adapter à de nouvelles formes de relations sociales (rapport avec


les pairs, les enseignants, l’administration…).

s
En répondant aux impératifs scolaire , l’écolier se prépare aux rôles sociaux
qu’impose le monde professionnel, il se prépare à son rôle de citoyen…
L’action socialisatrice de l’école peut donc compléter celle de la famille, mais
elle peut aussi la concurrencer. Pour les enfants des catégories sociales
supérieures l’école renforce le plus souvent la culture familiale ce qui favorise la
réussite scolaire, par contre pour les enfants des catégories défavorisées, la
culture véhiculée par l’école ne coïncide pas avec la culture familiale, dès lors ils
subissent des socialisations différenciées, concurrentes, ce qui peut être source de
difficultés.

3) Les autres agents de socialisation

Outre les deux grands agents de socialisation explicite que sont la famille et
l’école, les individus vont poursuivre leur socialisation par contact avec d’autres
acteurs sociaux, tels que les « groupes de pairs », les groupes spirituels, les
entreprises, les médias… qui véhiculent également des valeurs et des normes. Et là
encore tous les individus ne rencontrent pas les mêmes personnes, ne travaillent
pas dans les mêmes entreprises, ne reçoivent pas les médias de la même façon…

La socialisation, un processus continu


3.1) Socialisation primaire et socialisation secondaire

La socialisation ne s’achève pas avec l’entrée dans l’âge adulte, elle se


poursuit tout au long de la vie. À chaque fois qu’il intègre un univers social différent
l’individu doit apprendre les valeurs et les normes en vigueur dans cet univers.

La socialisation primaire est celle qui fournit les premières bases sociales,
elle se déroule de façon privilégiée dans l’enfance et l’adolescence. Il s’agit d’un
processus très intensif dans lequel la famille et l’école jouent un rôle déterminant.

La socialisation secondaire est celle qui poursuit le processus, par touches


tout au long de la vie, au contact de nouveaux agents de socialisation, elle réside
dans les adaptations nécessaires à l’intégration à de nouveaux cadres de vie, elle
permet l’adaptation à de nouveaux rôles sociaux.

3.2) Socialisation primaire et secondaire, continuité et ruptures

La socialisation secondaire se déroule tout au long de la vie avec la


constitution du couple, la naissance des enfants, le travail, les migrations, la
retraite… Toutes ces étapes de la vie apportent de nouvelles valeurs et normes.
Le groupe d’appartenance désigne le groupe social auquel un individu
appartient en fonction de son origine et de ses différents statuts sociaux (milieu
social, famille, milieu professionnel…).

Dans ce cas, la socialisation secondaire permet à l’individu d’affiner son


identité sociale (socialisation de renforcement).

Mais parfois elle peut constituer une rupture (ex : des individus issus d’un
milieu modeste qui connaissent une forte ascension sociale) qui exige la résolution
d’un certain nombre de contradictions.
Exemple de la socialisation conjugale p142

Exemple de la socialisation professionnelle p144

Parfois les expériences de l’âge adulte peuvent entraîner une remise en


cause de certains acquis de la socialisation primaire, l’individu se « resocialise »
alors sur la base de nouveaux principes, de nouvelles valeurs, qui sont plus ou
moins en contradiction avec ceux acquis précédemment. La socialisation
secondaire doit permettre à l’individu de reconstruire son identité sociale
(socialisation de transformation ou de rupture). Sinon, on parle d’anomie.

Quand la reconstruction sociale est un acte professionnel orienté par la


volonté d’adhérer aux valeurs et aux normes d’un groupe particulier auquel
l’individu s’identifie (groupe de référence), on parle de socialisation anticipatrice.
Ce processus de socialisation peut induire des tensions plus ou moins fortes avec
les valeurs et normes acquises au cours de la socialisation primaire.

Selon R. K. Merton la socialisation anticipatrice se caractérise par le fait que


l’individu intériorise les valeurs et normes d’un groupe de référence auquel il
souhaite appartenir.

Un groupe de référence est un groupe social dont les valeurs et normes de


comportement sont pris par un individu qui souhaite appartenir à ce groupe.
Les effets de la socialisation primaire, même s’ils sont forts, ne sont pas
irréversibles, l’identité sociale n’est pas acquise une fois pour toute. La socialisation
est un processus évolutif, adaptatif (cf l’exemple des immigrés…).

Dans les sociétés complexes la socialisation s’opère dans de nombreux cadres


sociaux différents, confronté aux différences de modèles (de valeurs, de normes…)
l’individu est amené à faire des choix, à affirmer son identité sociale propre.

La socialisation de l’adulte

Socialisa
tion
primaire
Socialisa
Famil
Groupes de
tion
le
pairs
globale
Ecole
Entreprise Socialisa
Conjoint tion
Médias… secondair

3.3) Reproduction sociale et trajectoires « improbables »

Pour Pierre Bourdieu la socialisation conduit à des phénomènes de


reproduction sociale, il montre comment au sein de la famille sont transmis des
« capitaux » (économique, culturel et social) qui contribuent à la reproduction
sociale.

L’« habitus » qui est un ensemble de dispositions, de manières d’être et de penser


qu’un individu reçoit de sa famille et de son milieu social, oriente les pratiques et les
comportements et favorise la reproduction sociale.

De même l’école, en imposant un modèle culturel proche de celui des catégories


supérieures contribue à la reproduction des hiérarchies sociales.

Le capital culturel est l’ensemble des ressources culturelles dont dispose un


individu ou un groupe social sous forme « incorporée » (manière de parler, d’être),
« objectivée » (biens culturels à disposition (livres, œuvres d’art…)) et «
institutionnalisée » (diplômes).

La reproduction sociale traduit le fait que la position sociale des enfants est
proche de celle des parents. Elle indique le niveau de transmission des positions
sociales de génération en génération.
Pour Pierre Bourdieu c’est la différence d’investissement scolaire, du fait d’un
calcul coûts/avantages des études diffèrent, qui explique les différences de réussite
scolaire des enfants de milieux modestes par rapport aux enfants issus des
catégories supérieures, et par suite la reproduction sociale.

Cependant, la pluralité des instances socialisatrices font que la socialisation


est un processus multiforme qui ne conduit jamais à une reproduction à l’identique
de la structure sociale.

Des trajectoires individuelles improbables

D’une génération à l’autre, voire au cours de la vie de l’individu, des valeurs et


des normes évoluent. L’existence de mouvements sociaux en réaction contre la
perpétuation de certains modèles comportementaux le changement social (ex des

s
mouvements féministe , écologique …). s
Certains individus connaissent même des trajectoires sociales inattendues ou
paradoxales, au niveau du choix de la profession par exemple, ou quand un individu

a un parcours social de réussite, ou d’échec par rapport à son milieu d’origine


(réussites ou échecs paradoxaux).

Chapitre 4 – Comment se construisent et


évoluent les liens sociaux ?
Groupes sociaux et liens sociaux
La question du lien social est centrale en sociologie. Une société n’existe que
parce qu’elle « relie » des individus, le lien social est le « ciment » qui unit les
individus entre eux et à la société. Sans lien social la société n’existe pas, c’est lui
qui en assure la cohésion.

Le lien social désigne l’ensemble des relations (socioculturelles, économiques,


politiques) qu’entretiennent entre eux les individus au sein des groupes sociaux
auxquels ils appartiennent.

La cohésion sociale désigne l’état d’une société dans laquelle les individus sont unis
par des liens sociaux et par une forme de solidarité, assurés par le partage de
valeurs et croyances communes (conscience collective), la confiance, la
coopération. Cette cohésion sociale résulte de l’ensemble des mécanismes et des
processus qui permettent que la société « fasse corps » et que les individus
puissent vivre ensemble, elle passe par l’intégration des individus et par la nature
et l’intensité des relations sociales.

1.1) Comment les individus s’associent-ils pour former des groupes sociaux ?

La « société » se définit selon Georges Gurvitch (sociologue français d’origine


russe (1894-1965)) comme un ensemble de groupes humains.

Au sein de cette société des individus nouent entre eux des relations spécifiques qui
sont à l’origine de regroupements de personnes conscientes de ces relations
privilégiées qui constituent ainsi une entité sociale durable et repérable au sein de
la société globale.

Les sociologues définissent alors de manière plus précise ces groupes


humains, qu’ils définissent en tant que « groupes sociaux », pour les distinguer des
simples agrégats physiques et des catégories statistiques.
Qu’est-ce qu’un groupe social ?

Les groupes sociaux sont très divers, famille, bande, association, entreprise,
classes sociales… Ces groupes sociaux participent à la construction identitaire des
individus et structurent la société.

Pour définir un groupe social on insiste sur deux critères : l’existence d’une
interaction – directe ou indirecte – entre les personnes composant le groupe et une
conscience d’appartenance commune.

Un groupe social est un ensemble d’individus, à l’intérieur d’une société globale,


partageant des activités, des caractéristiques culturelles, des intérêt… qui induisent
des échanges, des interactions sociales, directes et indirectes, et ayant une certaine
conscience de leur appartenance au même groupe.

Le sociologue Robert King Merton (américain, 1910-2003) a ainsi proposé une


définition qui met en avant les deux critères :

- Les individus doivent être en interaction ou avoir des rapports sociaux qui
obéissent à des règles préétablies (critère objectif) ;

- Ils doivent se définir eux-mêmes comme membres du groupe et être définis


par les autres comme étant membres du groupe (critères subjectifs).
Un groupe social est donc un ensemble d’individus qui se reconnaissent entre
eux, et qui sont reconnus comme membres de ce groupe particulier par ceux qui en
sont extérieurs.

Pour pouvoir parler de groupe social il faut qu’existent des interrelations entre les
membres du groupe, dont ils ont conscience, et qui les distinguent des autres
membres de la société, il n’est cependant pas nécessaire que les individus se
rencontrent.

Un groupe social est une construction sociale, c’est le sentiment


d’appartenance et la reconnaissance qui importent. Cette construction a une
influence sur les comportements des individus, membres du groupe social et
extérieurs au groupe.

Cette définition permet de distinguer le groupe social du simple agrégat


physique, constitué par le regroupement de personnes en un même lieu, par
exemple un rassemblement d’individus sur une place publique pour regarder un
spectacle, ou des personnes qui attendent un autobus dans la rue.

Remarque : Si un incident survient, qu’un danger commun guette ces individus, un


groupe social temporaire se constitue. Par exemple, s’il surgit une dispute entre les
personnes assistant à la diffusion d’un match de football sur un grand écran,
certains vont développer des comportements d’entraide ou d’agressivité vis-à-vis
d’autres, il s’établira alors, pour une durée limitée, une relation sociale au sens de
Weber : le comportement des uns s’orientant par rapport au comportement des
autres et réciproquement.

1.2) Groupes sociaux et catégories sociales

La question du lien social pose aussi la question de la hiérarchisation de la


société. Pour rendre compte de cette hiérarchisation et « classer » les individus en
« catégories statistiques » permettant des études empiriques, l’INSEE utilise la
nomenclature des P.C.S (Professions et Catégories Socioprofessionnelles).

Créée en 1954 (C.S.P) et remaniée en 1982 (P.C.S) et 2003, la nomenclature des PCS
a « pour objet de classer l’ensemble de la population en un nombre restreint de
catégories ayant chacune une certaine homogénéité sociale ».

Selon cette « griffe » les individus sont classés en fonction d’un certain nombre de
critères socio-professionnels : le statut des actifs (salarié / travailleur indépendant
/ employeur), leur métier, leur qualification, leur place dans la hiérarchie
professionnelle…
Les P.C.S sont une nomenclature créée par l’INSEE pour classer la population en
groupes sociaux : relativement homogènes selon la profession, le secteur d’activité,
la qualification, la position hiérarchique… Les PCS sont donc des regroupements
d’individus ayant des caractéristiques objectives communes, mais sans qu’existent
des liens réels entre eux.

L’INSEE définit 8 grandes PCS (6 PCS d’actifs) :


- Les agriculteurs exploitants ;
- Les artisans, commerçants, chefs d’entreprise ;
- Les cadres, professions intellectuelles supérieures ;
- Les professions intermédiaires ;
- Les employés ;
- Les ouvriers ;
- Les retraités ;
- Autres indicatifs (donc les chômeurs n’ayant jamais travaillé).

Les PCS sont de simples catégories statistiques. L’objectif de la grille des PCS est
de fournir une photographie de la structure socioprofessionnelle de la population à
un moment donné.
Ainsi, l’étude de l’évolution des PCS permet de mettre en évidence le développement
du salariat, la montée des employés (tertiarisation de l’économie), l’élévation du
niveau moyen de qualification des actifs (augmentation de la part des cadres et
professions intermédiaires) …

En partant de l’hypothèse que les individus appartenant à la même PCS ont


assez largement des comportements, des pratiques sociales… proches, la
nomenclature permet de mettre en évidence certaines inégalités économique et
socioculturelle, elle est utilisée pour des enquêtes sur les comportements de
consommation, la mobilité sociale, les choix politiques…
Mais les caractéristiques communes qui unissent les individus au sein des
PCS ne font pas de celles-ci des groupes sociaux. Les PCS apparaissent
éventuellement comme un « groupe latent », c’est-à-dire un ensemble d’individus
caractérisés par un intérêt commun mais sans conscience d’appartenance
collective…
(Classes sociales en soi (groupe latent, sans conscience), et, classes sociales pour soi (conscient))

Les PCS sont souvent critiquées du fait que l’homogénéité professionnelle ne


correspond pas toujours à l’homogénéité sociale. De nombreux facteurs d’inégalité,
comme le sexe ou l’âge, ne sont pas pris en compte. De plus les statuts sociaux
accordés aux différentes professions évoluent, les transformations du marché du
travail, le chômage, le précarisation… affectent davantage certains individus, or
toutes ces évolutions sociales n’apparaissent pas dans la classification.

1.3) Diversité des groupes et des liens sociaux

Les individus sont insérés dans des groupes très différents de par la taille et
le degré de personnalisation/spécificité des relations. On distingue les groupes
primaires des groupes secondaires.

- Les groupes primaires sont généralement de petite taille, au sein de ces


groupes les individus sont étroitement liés, leur identification au groupe est
forte, les rapports effectifs, de coopération, d’entraide, dominent.
(Le sociologue américain C.H. Cooley identifie 3 groupes primaires : la famille, le groupe
d’amis, le groupe de voisinage.

- Les groupes secondaires sont de taille plus importante, ils ne se


caractérisent par des relations plus formelles, utilitaires et impersonnelles.
Ces groupes n’affectent qu’une partie de la vie des individus. (entreprise,
armée, nation…)

Un groupe social primaire est un groupe de petite taille au sein duquel les rapports
entre les individus sont interpersonnels, fondés sur la coopération et la solidarité.
Le contrôle social s’effectue directement entre les individus et donne lieu à des
sanctions informelles.

Un groupe social secondaire est un groupe de grande taille au sein duquel


l’association des individus se fait sur la base d’intérêts communs. Les rôles de
chacun sont précisément définis et les relations sont le plus souvent indirectes,
impersonnelles, fonctionnelles. Le contrôle social et les sanctions qui en découlent
sont plus institutionnalisés.

La famille, les groupes d’amis… sont des groupes primaires au sein desquels
se développent des interactions génératrices d’effet de socialisation, explicites et
implicites, très forts. Ces groupes primaires sont très stables avec une forte
cohésion.

L’entreprise, les associations, les nations… sont des groupes secondaires qui
n’interviennent qu’implicitement dans la socialisation des individus. Dans ces
groupes le sentiment d’appartenance est lié à un ensemble de croyances, de
valeurs, permettant l’identification.

Remarque : plus que la taille, c’est l’intensité des relations entre les individus qui
différencie groupes primaires et groupes secondaires. Par exemple, les collègues
de travail dans un grand atelier peuvent constituer un groupe primaire alors que les
salariés d’une petite PME dans laquelle les postes sont très différenciés
constitueront un groupe secondaire…

Les liens au sein des groupes sociaux sont de différentes natures :

- Les liens interpersonnels (lien familial, amical…) ;

- Les liens économiques (participation à la production, échange marchand) ;

- Les liens de solidarité collective (protection social) ;

- Les liens civiques (suffrage universel, participation au vote).

Serge Paugam présente les différentes formes du lien social à partir de ses
« sources » en distinguant :

- Les liens de filiation (entre parents et enfants)

- Les liens de participation élective (entre conjoints, amis, membres


d’institutions culturelles, sportives, caritatives…) ;

- Lien de participation organique (par le travail) ;

- Lien de citoyenneté (entre membres d’une communauté politique).

Dans tous les cas les liens peuvent se cumuler, un individu peut être citoyen, actif,
marié avec des enfants, avoir des amis… De même être un citoyen actif procure un
revenu qui permet la consommation, l’accès à la protection sociale, la participation
électorale, tous ces liens concourent à renforcer les liens interpersonnels…

Les liens sociaux sont largement complémentaires, et c’est l’ensemble de ces liens
qui, à l’échelle globale, permet la cohésion sociale.
Les liens sociaux, évolutions et fragilisation
2.1) Le processus d’individualisation et lien social

Avec l’évolution des sociétés, le lien social se transforme.

Selon E. Durkheim, deux grands types de solidarité unissent les individus en


fonction de l’évolution des sociétés.

Pour lui, l’intégration est garante du fonctionnement même de la société. Il


rédige « De la division du travail social » en 1893, dans une période de grands
bouleversements, la révolution industrielle pose le problème de l’inégalité des
conditions de vie, des solidarités collectives… et sa grande crainte est celle d’une
crise sociale liée à la montée de l’individualisme et à l’effondrement des sentiments
collectifs.

L’individualisme de la société caractérise la modernité. En effet, la modernité


conduit à valoriser l’individu et à lui permettre de s’émanciper des anciennes
institutions sociales (traditions, religion…). De plus en plus, les individus peuvent
choisir leurs comportements, leurs idées, et se différencier à l’intérieur des
groupes sociaux. Ce mouvement transforme profondément les solidarités sociales,
plus autonomes, les individus peuvent être conduits à l’isolement, ce qui pourrait
fragiliser la cohésion sociale.

L’individualisme désigne le processus de développement de l’individualisme,


c’est-à-dire l’émergence et l’affirmation de l’autonomie de l’individu par rapport aux
grandes valeurs et normes collectives (les individus acquièrent la conscience de
leur spécificité dans l’ensemble social, la société devient moins contraignante pour
les individus).

Remarque : ne pas confondre individualisme (individualisation) et égoïsme.


L’individualisation désigne un processus social, historique, qui induit une
autonomisation de l’individu par rapport au collectif. L’égoïsme relève des valeurs, il
désigne un comportement par lequel l’individu ne pense qu’à lui. Le processus
d’individualisation, phénomène collectif, n’implique pas nécessairement l’égoïsme,
phénomène individuel…

Pour expliquer comment les sociétés modernes parviennent à la cohésion


sociale et permettent l’intégration sociale, Durkheim distingue deux modèles de
solidarité, chacun caractérisant un type de société.

L’intégration sociale désigne le processus par lequel les individus, ou groupes,


s’insèrent dans un même ensemble (collectivité, société), c’est-à-dire que les
individus ont adopté les valeurs et les normes spécifiques à cet ensemble et sont
acceptés en son sein, ainsi ils peuvent établir des relations diverses avec les autres
membres du groupe.

 Dans les sociétés traditionnelles (sociétés claniques ou tribales) les individus


sont peu différenciés, leurs croyances, leurs pratiques, sont semblables, ils
sont unis par une puissante conscience collective (le sentiment
d’appartenance collective est très fort) dans ces sociétés la solidarité est
« mécanique ».

Ces sociétés où la division du travail est faible, où les individus sont


spatialement et affectivement proches, ne peuvent tolérer les
particularismes individuels ou de groupes. L’individu qui s’écarte des normes
ou valeurs de la société est sanctionné selon un droit répressif (destiné à
châtier le coupable, les sanctions ont un caractère expiatoire (ostracisme)).

La solidarité mécanique désigne la forme de lien social caractéristique des


sociétés traditionnelles, de petites tailles, fondée sur la similitude des individus
composant la société. C’est la conscience collective (ensemble des manières d’agir
et de penser communes aux membres d’une même société) qui unit les individus,
assure la cohésion et permet la pérennisation de la société.

Avec la Révolution Industriel, l’urbanisation, la croissance démographique,


les échanges entre les individus se densifient, la cohésion sociale par la conscience
collective s’altère, la société doit trouver une autre forme de lien social…

 Dans les sociétés modernes on assiste à une autonomisation des individus


qui s’émancipent par rapport à leurs groupes d’appartenance et à la société,
la conscience collective est moins coercitive (processus d’individualisation),
il faut donc une nouvelle source de cohésion, c’est « la division du travail
social », la solidarité devient « organique ».

La division du travail social est la solution pour préserver le lien social, la


démultiplication des rôles et l’interdépendance des individus créées par cette
division du travail assurent la cohésion sociale (spécialisés, les individus
sont dépendants les uns des autres). La division du travail se substitue à la
conscience collective.

Dans ces sociétés, l’individu qui s’écarte des règles sociales est sanctionné
selon un droit restrictif (la sanction vise à châtier mais aussi à réparer le
dommage subi par la victime).

La solidarité organique désigne la forme de lien social caractéristique des


sociétés modernes, au sein desquelles les croyances individuelles et les fonctions
sociales sont différenciées. C’est la division du travail qui, en les rendant
complémentaires, unit les individus et assure la cohésion sociale.

La solidarité dans les sociétés modernes n’est pas moins forte que dans les
sociétés traditionnelles car elle est plus consciente, le lien social créé par la
division du travail est solide, car contrairement à celui créé par des similitudes, il
est indispensable à chacun.

2.2) Fragilisation du lien social

Depuis les années 1960-70 l’individualisation sociale s’est renforcée et


l’individualisme a progressé, les comportements des individus semblent contraints
par les valeurs et normes collectives. Cette évolution fait craindre une fragilisation
du lien social car la société connaît des transformations qui affectent directement
de nombreuses formes du lien social…

 Le lien familial est affecté par l’instabilité plus importante de la cellule


familiale avec le recul du mariage et l’augmentation du divorce. La
transmission des valeurs peut être fragilisée par les nouvelles formes
familiales.

 L’école peine à lutter contre l’échec scolaire.

 Le lien de citoyenneté est menacé par la progression du communautarisme,


de la méfiance envers les institutions politiques…

 Le lien professionnel surtout, est compromis par les difficultés à l’emploi


stable (CDI à temps complet) la montée de la précarité et du chômage, le
développement de la « pauvreté active » …

La précarité désigne une situation de fragilité sociale du fait de conditions de


vie dégradées (emploi précaire, mal loti…).

Du fait de toutes ces fragilisations du lien social les phénomènes de


marginalisation, d’exclusion, se multiplient car les ruptures de lien social peuvent
se cumuler, conduisant à des processus de « disqualification » et de
« désaffiliation » sociales.

La disqualification sociale désigne le processus d’affaiblissement ou de rupture des


liens sociaux de l’individu du fait de la perte de la protection et de la reconnaissance
de la société.
La désaffiliation sociale désigne la fragilisation progressive des liens sociaux par
le travail et ceux liés à l’insertion relationnelle de proximité (famille, amis…)

Le nombre d’individus isolés, ne trouvant pas de « place » dans la société,


dépendant de l’aide sociale, augmente avec un risque de stigmatisation de la
situation « d’assisté » qui entretient le processus d’exclusion.

Les phénomènes de fragilisation du lien social touchent plus fortement


certaines composantes de la population, personnes âgées, habitants de zones
dévalorisées économiquement, éloignées des lieux de pouvoir… Se développent
alors chez certains individus des sentiments de déclassement social, de mise à
l’écart, de ségrégation spatiale…

La ségrégation désigne une séparation imposée à un groupe par rapport au reste


de la société.

Dans ce cas des individus peuvent rencontrer des difficultés pour orienter
leur conduite sociale, il y a alors une situation « d’anomie ».

L’anomie désigne une situation de dérèglement social dû au fait que les règles
sociales sont absentes ou trop floues ou contradictoires et dès lors ne peuvent plus
jouer leur rôle de régulation sociale.

2.3) I

Réseaux sociaux et lien social


3.1) C

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