DROIT COMMERCIAL BOLITENGE (Synopsis Joss)
DROIT COMMERCIAL BOLITENGE (Synopsis Joss)
INTRODUCTION
1. Objectifs du cours
Définir le Droit commercial est une tâche ardue. Il n'est pas aisé de définir le Droit
commercial. Deux raisons justifient cette assertion. D'abord, le Droit commercial est une
branche qui n'existe pas dans d'autres systèmes juridiques. Tel est le cas des pays de
l'ancien bloc socialiste. Dans les pays qui acceptent l'existence de cette branche de Droit, il
se diffère en ce qui concerne la conception du Droit commercial. Pour les uns le Droit
commercial a une conception objective et pour les autres il a une conception subjective. (Il
n'y a donc pas d’unanimité en ce qui concerne la définition du Droit commercial) (En RDC on
accepte le Droit commercial du fait que c'est une matière qui est étudiée)
La conception objective
Suivant cette conception, le Droit commercial a pour fondement juridique la notion d'acte de
commerce (ici, l'objet du Droit commercial c'est l'acte de commerce. Et on ne tient pas
compte de la personne, qui qu'elle soit). Suivant cette conception, on peut définir le Droit
commercial comme l'ensemble des règles qui régissent les actes de commerce.
La conception subjective
Ainsi suivant cette conception, le Droit commercial est défini comme l'ensemble des règles
qui régissent le commerçant et la profession commerciale
Le décret du 2 août 1913 sur les commerçants et la preuve des engagements commerciaux
définis à l'article premier le commerçant personne physique et énumère les actes de
commerce à l'article 2. De même, l'acte uniforme du 15 décembre 2010 sur le Droit
commercial général définit à l'article 2 le commerçant personne physique et énumère les
actes de commerce par nature à l'article 3 et les actes de commerce par la forme à l'article
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priorisation du Droit objectif étant donné que même un non-commerçant, on lui applique le
Droit commercial.
En définitive, le Droit commercial congolais est défini comme l'ensemble des règles qui
régissent les actes de commerce, les commerçants et la profession commerciale. (Le droit
commercial OHADA)
Le Droit commercial est autonome dans la mesure où ses règles prennent en compte 3
impératifs nécessaires dans la réalisation des transactions commerciales. D'abord les
règles de Droit commercial assurent le crédit, ensuite elles sauvegardent la bonne foi dans
les affaires et enfin elles assurent la célérité ou la rapidité et la sécurité des transactions
commerciales.
a.Assurer le crédit
Comme un bon commerçant travaille avec l'argent d'autrui(les bons commerçants sont
chiche, endettés jusqu'au cou et eux, réalisent leurs affaires dans des dettes), le Droit
commercial comporte des règles qui facilitent la circulation des capitaux sous forme des
crédits( le Droit bancaire)
Le Droit commercial comporte des règles qui contraignent les débiteurs à s'exécuter,
autrement dit à honorer ses promesses, ses engagements exemple : les procédures
collectives d'apurement du passif.
Le droit commercial comporte des règles qui assurent la rapidité nécessaire dans la
réalisation des transactions commerciales. Et cette célérité doit tenir compte de la sécurité
qui doit s'entourer dans ses transactions.
Exemple : le principe de la légalité de preuve, absence du formalisme(en Droit commercial
les choses se passent verbalement), l'existence des tricom (tribunaux de commerce).
a. La loi commerciale : il faut l'entendre ici au sens général. Il s'agit d'une part les traités
internationaux ratifiés par la RDC en matière commerciale, les lois ordinaires ainsi
que les lois réglementées.
À l'heure actuelle le texte de base est l'acte uniforme du 15 décembre 2010 sur le Droit
commercial général. Il faut ajouter à celà d'autres actes uniformes comme celui relatif au
Droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique, celui relatif au
Droit comptable et à l'information financière, celui relatif aux procédures collectives
d'apurement du passif. La RDC, membre de l’ohada depuis le 12 septembre 2012, les actes
uniformes précités s'appliquent immédiatement et obligatoirement en RDC.
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Ces actes uniformes s'appliquent nonobstant les dispositions du Droit interne contraire
présentes et à venir (entre les dispositions du Droit OHADA et du Droit interne qui traitent la
même question et qu'il y a contradiction entre les deux Droits, c'est le Droit OHADA, de par
son effet abrogatoire… le Droit interne intervient lorsque le Droit OHADA ne traite pas la
question) les actes uniformes abrogent le Droit interne pour les dispositions qui lui sont
contraire. Et si pour une matière le Droit congolais n'est pas contraire au Droit OHADA, on
peut appliquer l'un ou l'autre. Le Droit OHADA n'est pas venu abroger le Droit interne en
matière des affaires, il s'impose juste aux dispositions du Droit interne qui sont contraires au
Droit OHADA.
Il faut ajouter à celà(ces textes) toutes les lois et tous les règlements internes dont les
dispositions ne sont pas contraires aux actes uniformes et pour les matières non encore
prises en compte par les actes uniformes. On peut citer le décret du 2 août 1913 précité.
À côté de la loi au sens général, il faut ajouter à titre supplétif le décret du 30 juillet 1888 sur
les contrats ou les obligations conventionnelles. Deuxièmement, les coutumes ou usages
commerciaux qui sont les pratiques qui se sont imposées dans la vie commerciale. (Les
mamans manœuvre qui retirent quelques éléments de ce qui est déjà acheté avant que le
client ne parte) cette source tend à disparaitre car il y a maintenant des textes légaux qui
reglemente toutes les actions de ladite source. Puis il y a la jurisprudence et la doctrine.
C'est là que se trouveront les règles qui assurent le crédit, qui sauvegarde la bonne foi dans
les affaires et qui assure la célérité et la sécurité des transactions commerciales.
5. Plan du cours
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civil mais aussi en Droit commercial) il faut entendre ici l'aptitude d'une personne à
accomplir valablement les actes juridiques, d'être sujet des droits et des obligations.
En matière civile il y a deux types de capacités (de jouissance et d'exercice) ici, il sera
question de la capacité d'exercice.
En Droit civil comme en Droit commercial, toute personne ayant 18 ans révolus peut
accomplir les actes de commerce. Avant l'adhésion à l'ohada, il y avait une nette distinction
entre la capacité du mineur émancipé en matière civile et la capacité du mineur émancipé
en matière commerciale.
En effet en Droit civil, par émancipation, le mineur acquiert la capacité de majeur. Par contre
en matière commerciale, malgré l'émancipation le mineur ne pouvait faire le commerce
qu'après avoir été préalablement autorisé par ses parents ou son tuteur(celui qui exerce sur
lui une autorité parentale). Il faut reconnaître qu'actuellement cette différence n'existe plus
car l'acte uniforme sur le Droit commercial en son article 7 alinéa premier reconnaît que le
mineur émancipé peut accomplir les actes de commerce. Il y a lieu de noter à ce sujet que la
controverse qu'il y a autour de la capacité commerciale de la femme mariée.
Pour rappel, l'article 4 du décret du 2 août 1913 précité soumettait la femme mariée au
régime d'autorisation marital préalable en matière d'exercice du commerce. Cette attitude
était reprise en Droit commun (code de la famille) à l'article 448. En réalité, ceux qui
soutiennent la suppression de l'autorisation maritale s'appuient sur l'article 7 alinéa 2 de
l'acte uniforme sur le Droit commercial général qui dispose : “ le conjoint ne peut être
commerçant que lorsqu'il accomplit les actes de commerce séparément de l'autre conjoint.
Ils estiment que cet alinéa place le conjoint sur le même pied d'égalité et par conséquent,
l'autorisation maritale est pur et simplement supprimée. Par contre, ceux qui soutiennent le
maintien du régime de l'autorisation maritale estiment que cet alinéa ne concerne pas
l'exercice du commerce au sens propre. Encore moins, il ne parle pas nommément de la
femme mariée et par voie de conséquence, ils estiment que l'autorisation est maintenue.
D'autres spécialistes en Droit civil enseignent que l'autorisation maritale est supprimée
également en matière commerciale car l'article 448 du code de la famille a été modifié en
2016 consacrant désormais le régime de concertation ou de collaboration entre époux.
Il y a lieu de reconnaître qu'en matière civile, le régime d'autorisation a été bel et bien
supprimé mais pas en Droit commercial celui-ci étant un Droit spécial (specialia generalibus
derogant) donc l'article 4 du décret du 2 août continue de trouver application.
La prescription : c'est le délai endéans lequel on doit agir pour défendre un intérêt juridique.
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Si en matière civile le taux d'intérêt moratoire est moins élevé soit 6% l'an, en matière
commerciale, le taux d'intérêt est élevé soit 8% l'an. Si en matière civile les litiges sont
déférés devant les juridictions ordinaires, les litiges commerciaux, eux, relèvent de la
compétence des juridictions spécialisées en l'occurrence les tricom (tribunaux de commerce)
La mise en demeure
Les actes de commerce peuvent être subdivisés en 3 catégories:- les actes de commerce
par nature
- Les actes de commerce par relation
- Les Actes Mixtes ou actes de commerce unilatéraux (il n'y a pas d'actes de
commerce mixte)
Cette subdivision est purement pédagogique pour mieux comprendre les actes de
commerce. De ces 3 catégories s'ajoute une 4ème catégorie à savoir les actes de
commerce par la forme.
Ces actes sont énumérés à l'article 3 de l'acte uniforme du 15 décembre 2010 comme celui
par lequel une personne s'entremmet dans la circulation des biens qu'elle produit ou achète
ou par lequel elle fournit des prestations de services avec l'intention d'en tirer un profit
pécuniaire.
Nota: Dans le décret du 2 août 1913 il n'est pas fait mention des actes de commerce mais
grâce à l'ohada, il y eut une définition légale.
Énumérez les actes de commerce voir article 3 de l'acte uniforme du 15 décembre 2010 !!!
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Ont notamment (nota: si une énumération dans une loi commence par notamment, elle
n'est pas exhaustive d'où l'ancienne énumération et l'actuelle. L'ancienne ne faisait que citer
; sont qualifiés…)
Les actes de commerce par nature peuvent perdre leur nature commerciale par l'application
de la théorie de l'accessoire “accessorium principale secuitur”. Cette théorie s'applique
lorsque 3 conditions sont réunies un acte de commerce par nature peut perdre sa nature
commerciale - lorsqu'il est accompli à une activité civile principale
- À condition qu'il y ait un lien étroit entre l'acte de commerce accompli et l'activité
civile principale.
- À condition que l'acte de commerce ne prenne trop d'ampleur de
Exemple d'une pharmacie dans un hôpital, celui dans lequel il y a une maternité. La
pharmacie a un lien étroit avec l'hôpital et l'hôpital ne vit pas avec les recettes de cette
pharmacie. Donc elle se substitue à l'activité principale qu'est l'hôpital et/ou la maternité.
(Pour les mamans qui accouchent la nuit) (la pharmacie exerce donc une activité civile).
Tel est le cas de la bibliothèque de l'unikin, les bureautiques qui s'y trouvent etc…
Il faut aussi noter que les actes de commerce par nature peuvent être subdivisés en deux :
les actes isolés et les actes par entreprise
Ce sont des actes de commerce par nature qui demeurent commerciaux même lorsqu'ils
sont accomplis à l'état isolé c'est-à-dire occasionnellement. Autrement dit, ce sont des actes
de commerce par nature dont la commercialité ne nécessite pas un accomplissement
répété. Ex: l'achat pour vente, achat pour louer…
Ce sont des actes de commerce par nature dont la commercialité nécessite la répétition
dans leur accomplissement. L'accomplissement doit être fait à titre de profession. Ex : les
opérations de transport si elle est faite une fois ce n'est pas un acte par entreprise. Pour
cela, il faut un accomplissement répété de cet acte pour qu'elle soit nommée comme telle.
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Toutes ces opérations ont un point commun, ce sont des actes par entreprise c'est-à-dire
que leur accomplissement est répété pour être dit acte de commerce.
On parle des travaux publics lorsque ces travaux sont commandés par les personnes
morales de Droit public, on parle des travaux publics. Et lorsqu'ils sont commandés par des
particuliers, on a à faire à des travaux privés. La commercialité de cet acte suppose la
réunion des conditions suivantes
- L'élément entreprise
- La réalisation des travaux sur des immeubles
- La rémunération de l'entrepreneur
3. Opération de transport
- L'élément entreprise
- La rémunération du producteur.
Nota: lorsque l'artiste se produit lui-même, il ne s'agit pas d'un acte de commerce
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Il s'agit de toutes les opérations derrière lesquelles il y a une somme d'argent. Rentrent dans
cette catégorie, l'opération d'assurance à prime , les opérations de banque et l'opération de
change
L'assurance à prime ou assurance commerciale est l'opération par laquelle l'assureur prend
en charge les risques des autres moyennant rémunération (paiement de la prime)
Le risque est un événement bon ou mauvais de réalisation incertain qui vient entamer le
patrimoine d'un individu (Droit des assurances)
La loi répute acte de commerce toutes les opérations effectuées par une banque (puisque la
banque retire de l'argent pour toute opération que vous effectuez chez elle)
L'opération de change
Cette opération consiste dans la conversion de deux monnaies moyennant un taux appelé
cour de change. (Jargon financier)
Celui qui convertit différentes monnaies moyennant un taux pose un acte de commerce
appelé opération de change.
1. Opération de commission
Le commissionnaire est un mandataire non transparent. (Il se fait passer pour le véritable
vendeur) le tout pour garder le secret des affaires (Contrats commerciaux)
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- L'élément entreprise
- La rémunération du commissionaire (commission)
2. Opération de courtage
Ce sont des opeérations réalisées par le courtier. Ce dernier est un mandataire commercial
qui agit au nom et pour le compte de celui qui l'envoit (c'est la nette différence avec le
commissionnaire). Il n'est là que pour faciliter les choses. Sa mission consiste à conseiller
les parties en vue de la conclusion du contrat. Comme le commissionnaire, il est rémunéré à
la commission (courtage). Le commerçant agit en son nom mais le courtier agit au nom et
pour le compte de celui qui l'envoit.
Il s'agit de l'opération qui consiste pour une personne de gérer les affaires d'autrui sans un
mandat public. Le bourgmestre gère les affaires des autres parcequ'il a un mandat public,
pareil pour le notaire.
Nota: En Droit des transports, lorsqu'on amène une marchandise qui est arrivé à destination
et que le destinataire ne veut pas la recevoir, il faut la déposer auprès de l'autorité locale la
plus proche (puisqu'elle est investie d'un mandat public)
Mais lorsque quelqu'un ouvre un parking et que les gens garent leurs véhicules, cette
personne est la seule qui gère cette activité et ce, sans un mandat public. C'est ça,
l'opération d'agence ou bureau d'affaires.
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Pour ne pas retarder la présentation de lettre de change au tiré, la loi oblige le porteur de la
lettre de change dont la date de l'échéance fait défaut de la présenter au tiré pour paiement
au plus tard dans un an.
Lorsque l'une de ces mentions fait défaut, il n'y a pas de lettre de change. Sauf dans 3 cas :-
lorsque le lieu de paiement fait défaut, la lettre de change n'est pas nul. Dans ce cas, c'est le
lieu indiqué à côté du nom du tiré qui sera considéré comme lieu de paiement
-lorsque la date de l'échéance fait défaut la lettre n'est pas nulle. Cfr développement supra
- lorsque le lieu de création fait défaut, la lettre de change n'est pas nulle. Il sera pris en
compte le lieu indiqué à côté du nom du tireur.
À côté des mentions obligatoires, les parties peuvent mentionner d'autres dites facultatives
dont certaines sont même prévues par la loi. Parmi ces notions facultatives, nous pouvons
citer :
- la clause d'intérêt, à condition que le taux d'intérêt soit déterminé
Pourquoi la clause d'intérêt ne doit pris en compte lorsque la mention facultative n'est pas
indiquée….?
Bref, c'est parmi les mentions obligatoires….
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-La Clause de monnaie de paiement (les parties sont libres de déterminer la monnaie de
paiement)
-La Clause de domiciliation (les parties sont libres de déterminer où la lettre de change sera
honorée)
- Clause autorisant ou interdisant la présentation de la lettre de change au tiré avant
l'échéance. (Une lettre de change peut être tirée à vue… mais la clause autorisant peut
laisser la liberté ou ne pas la laisser la présentation de la lettre de change pour la
libération**)
-La Clause de retour sans frais : cette clause dispense le porteur de la lettre de change de la
formalité de l'établissement du protêt (faute d'acceptation et faute de paiement lorsque le
tiret refuse d'accepter ou de payer la lettre de change) ce protêt aide à établir au greffe du
tribunal compétent. C'est par ce protêt qu'il peut poursuivre en paiement.
- Les garanties de paiement de la lettre de change. Il y en a 4 à savoir : la provision,
l'acceptation, l'aval et la solidarité
a. La provision : c'est la créance de sommes d'argent que le tireur doit au tiré, laquelle
provision doit exister au moment de l'échéance. Par ce propos, le défaut de
provisions à l'échéance entraîne les conséquences suivantes :
- Dans le rapport entre tireur et tiré, le défaut de provision entraîne la nullité de la
lettre de change.
-Dans les rapports entre tireur et porteur, le défaut de provision n'a aucune incidence
sur l'existence de la lettre de change.
-Dans les rapports entre porteurs le défaut de provision n'annule pas la lettre de
change.
b. L'acceptation : est le fait pour le porteur de la lettre de change de la présenter au tiré
avant échéance. Cette formalité peut être obligatoire si une clause l’a autorisé ou elle
ne peut pas avoir lieu si une clause l'a interdite. Mais, le porteur a tout intérêt s'il n'en
est pas interdit de présenter la lettre de change pour acceptation. Car c'est à cette
occasion qu'il va se rassurer qu'il y a ou non provision. À l'issue de cette formalité,
deux situations sont possibles soit le tiré accepte soit le tiré refuse
3. L'aval
C'est le fait pour une personne de se porter caution c'est-à-dire garantir le porteur de la lettre
de change le paiement du montant si le tiré ne paie pas. Cette personne est appelée
avaliseur ou donneur d'avale. L’aval est constatée par écrit.
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N.B: les actions portant sur la lettre de change contre le tiré accepteur se prescrivent par 3
ans à compter de la date de l'échéance. Les actions du porteur contre les endosseurs et
contre les tireurs se prescrivent par 1an à partir de la date du protêt ou de celle de
l'échéance. Les actions des endosseurs les uns contre les autres et contre les tireurs se
prescrivent par 6 mois à partir du jour où l’endosseur a remboursé la lettre ou du jour où il a
été lui-même actionné.
Le billet à ordre
Il procède de la manière que la lettre de change (pour la simple et bonne raison que tous les
effets sont régis par le même texte légal, le décret du 28 juillet 1934). Leur différence, elle,
réside dans le fait que dans le billet à ordre, le rôle du tireur et du tiré est rempli par une
même personne. On va de ce pas l'appeler “souscripteur” tireur = tiré
Nous retenons que si le billet à ordre procède de la même manière que la lettre de change,
ce n'est qu'un principe car il y a des limites.
En effet, les dispositions sur la provision et sur l'acceptation ne s'appliquent pas en ce qui
concerne le billet à ordre parceque le tireur est en même temps le tiré.
Le chèque
C'est un titre par lequel l'émetteur du chèque donne l'ordre à sa banque de payer une
somme d'argent déterminée au bénéficiaire ou au porteur.
Le chèque diffère de la lettre de change à plusieurs niveaux, dans plusieurs aspects :
● Si les deux font intervenir 3 personnes mais dans le chèque, le tiré ne peut être qu'un
établissement de crédit.
● Si dans la lettre de change on doit indiquer le nom du bénéficiaire au moment de la
création, dans le chèque, l'indication du nom du bénéficiaire n'est pas nécessaire.
Car le chèque peut être au porteur.
● Si dans la lettre de change il n'est pas nécessaire que la provision existe au moment
de sa création, l'émission du chèque doit être concomitante à l'existence d'une
provision suffisante. (Émission sans provision est le nom de l'infraction)
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On peut envisager 3 sortes de chèque : - le chèque nominatif c'est-à-dire celui dans lequel le
nom du bénéficiaire est indiqué. Raison pour laquelle elle est appelée chèque nominatif. Elle
ne peut être déclarée que par voie d'endossement.
- Le chèque au porteur. Celui dans lequel il n'est pas indiqué le nom du bénéficiaire.
- Le chèque barré : c'est un chèque même nominatif ou au porteur qui ne peut être
payé qu'à un autre banquier
toutes les opérations des banques sont appelés actes de commerce (la loi)
Sont les principaux acteurs du secteur commercial. Et comme partout ailleurs, il y a deux
catégories de commerçants : il y a les commerçants personnes physiques et ceux
personnes morales. Il faut également ajouter un 3ème acteur dénommé
entreprenant.(OHADA) Il faut enfin souligner que l'acquisition de la qualité de commerçant
entraîne un certain nombre de conséquence parmi lesquelles les obligations auxquelles sont
soumis les commerçants. Et en tant que tel, le commerçant a un patrimoine spécial
dénommé fond de commerce.
Le commerçant personne physique est défini à l'article premier du décret du 2 août 1913 sur
les commerçants et la preuve des engagements commerciaux en ces termes : sont
commerçants ceux qui font profession des actes qualifiés commerciaux par la loi. Cette
définition reste en vigueur car l'article 2 de l'acte uniforme du 15 décembre 2010 définit de la
même manière en ces termes : “ sont commerçants ceux qui accomplissent les actes de
commerce et en font leur profession”
Cette définition nécessite une analyse approfondie. Il ressort de cette définition des critères
légaux pour être personne physique à savoir : - Accomplir les actes de commerce
-Accomplir ces actes de commerce à titre de profession
De ces deux premiers critères, se greffe un troisième : accomplir les actes de commerce à
titre personnel. Il y a enfin une quatrième critère de droit commun : avoir la capacité
commerciale.
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Est commerçant personne physique toute personne qui pose des actes de commerce par
nature qui en fait sa profession…
Nota: comme on le voit, l'immatriculation au registre de commerce n'est pas une condition
d'acquisition de la qualité de commerçant. Mais plutôt une des obligations du commerçant
Certes l'immatriculation au RCCM présume la qualité de commerçant. Mais cette
présomption est renversable.
À l'époque, les formes de sociétés commerciales étaient : société en nom collectif, société
en commandite simple, société privée à responsabilité limitée, société par actions à
responsabilité limitée et société coopérative.
Il faut également ajouter qu'à l'époque une société ne pouvait être créée que par au moins 2
sociétés (société unipersonnelle). À l'heure actuelle, depuis l'adhésion de la RDC à
L’OHADA, actuellement la commercialité des sociétés est assise sur deux critères alternatifs
: commercialité soit commercialité par la forme annoté soit par la forme commerciale de
l'objet.
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Contrairement à l'ancienne époque, à l'heure actuelle on admet la création des sociétés par
un actionnaire unique (société unipersonnelle) une telle société n'est possible que pour les 3
dernières formes (sarl,sa,sas)
Le statut de l’entreprenant
L'article 30 de l'acte uniforme du 15 décembre 2010 sur le Droit commercial général définit
l'entreprenant comme un entrepreneur individuel personne physique qui, par simple
déclaration au RCCM exerce une profession civile commerciale. Pour être entreprenant, il
faut que l'activité professionnelle puisse avoir un chiffre d'affaire qui ne dépasse pas le seuil
prévu par la loi, l'acte uniforme du 26 janvier 2017 relatif au Droit comptable et à
l'information financière en son article 13.
-L’équivalent en Francs congolais de 4 millions de FCFA pour les activités artisanales pour
les activités assimilées.
Retenons que si l'on dépasse le chiffre d'affaire prévu par la loi, l'on est plus entreprenant. Il
faudra se conformer à ce que dit la législation en la matière.
Tout commerçant est soumis à des obligations et celles-ci dépendent d'une activité
commerciale à l'autre. Tellement que ces obligations qui sont nombreuses, nous allons
analyser celles qui apparaissent comme communes à toutes les activités commerciales.
Il y a 4 activités communes à tous les commerçants notamment :
1. Immatriculation au RCCM(registre du commerce et du crédit mobilier)
2. La tenue régulière de la comptabilité
3. La publication des conventions matrimoniales
4. Obligation de concurrence loyale.
Retenons que les deux premières obligations sont régies par le Droit communautaire alors
que les deux dernières continuent à être régies par le Droit national.
Est une exigence pour ceux qui se livrent aux activités commerciales. Cette exigence est
régie par l'acte uniforme sur le Droit commercial général. L'immatriculation au RCCM est à
obtenir en RDC au guichet unique de création des entreprises. Elle donne lieu au paiement
d'une redevance. Le guichet unique octroie un numéro de RCCM valable pour toute
l'étendue de la République. L'immatriculation au RCCM poursuit un certain nombre de
but.cfr le support.
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Quant aux effets, l'immatriculation au RCCM présume la qualité de commerçant. Mais cette
présomption est réfragable
Quel est le sort d'un commerçant qui se livre au commerce sans s'immatriculer ?
Il faut ajouter à celà que les commerçants non immatriculés ne peuvent pas se prévaloir du
défaut d'immatriculation pour échapper à la rigueur du Droit commercial.
L'exercice du commerce sans immatriculation expose le commerçant défaillant aux
sanctions tant civiles que commerciales. Ces sanctions sont prévues en Droit interne. Sur le
plan civil, le commerçant non immatriculé ne peut pas intenter toute action en justice comme
demandeur en rapport avec son commerce. Le tribunal prononcera la fin de non recevoir
(Sanction civile). Mais cette fin de non recevoir peut être couverte lorsque le commerçant
obtient l'immatriculation en cours d'instance
Sur le plan pénal, le défaut d'immatriculation expose le commerçant défaillant à une peine
d'amende et une peine de servitude pénale qui ne peut dépasser 6 mois cfr article 31 et
suivant du décret du 6 mars 1951 instituant le registre du commerce tel que modifié en 1979
Nota: Pour le commerçant personne morale, l'immatriculation au RCCM est plus qu'une
obligation. Parce que l'immatriculation au registre du commerce est la formalité par laquelle
une société commerciale acquiert sa personnalité juridique.
Base juridique en la matière : acte uniforme du 26 janvier 2017 relatif au Droit comptable et
à l'information financière. Le commerçant doit tenir régulièrement le livre de commerce et la
comptabilité conformément à la loi. Cette exigence est importante pour le commerçant
lui-même, pour ses créanciers et pour l'État.
● Pour le commerçant : cette exigence lui permet de connaître au jour le jour l'évolution
de ses affaires.
● Pour le créancier : le livre de commerce et la comptabilité bien tenue leur permettent
de demander au juge leur production pour mieux apprécier la situation des affaires
du commerçant.
● Pour l'État : le livre de commerce et la comptabilité bien tenue permettent aux fisc de
calculer et de prélever les impôts.
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Base juridique : décret du 24 avril 1922 tel que modifié par le code de la famille. “ Le couple
dont l'un des conjoints est commerçant doit publier sa convention matrimoniale (contrat de
mariage) au greffe compétent. Cette publication doit se faire dans les 3 mois à dater du
mariage ou à dater du début du commerce.
Cette exigence est importante tant pour le créancier du commerçant que pour le conjoint
non-commerçant :
Nota: les tiers de bonne foi sont ceux qui ne connaissaient pas le régime sous lequel le
commerçant était marié.
La clientèle appartient à tout le monde mais en réalité, elle appartient à celui qui sait la tirer
vers ses produits.
Le recours à de tels actes constitue une infraction. Dans le même sens, la loi prévoit 2 types
d'actions en faveur du concurrent victime des actes de concurrence déloyale à savoir :
l'action en concurrence déloyale et l'action spéciale en cessation
a. Action en concurrence déloyale : cette action est fondée sur le Droit commun (art
258 et suivant du code civil livre 3). Cette action aboutit à la condamnation de
paiement des dommages et intérêts par le concurrent condamné au concurrent
victime. Pour ce faire, pour prétendre au paiement des dommages et intérêts, le
concurrent victime doit apporter la preuve de l'existence de 3 conditions :- il faut qu'il
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y ait une faute , il faut qu'il y aie un dommage ou un préjudice et il faut qu'il y aie un
lien entre la faute et le préjudice
b. Action spéciale en cessation : le concurrent victime est en droit de saisir le tribunal
compétent pour obtenir la condamnation du concurrent déloyal à cesser son acte de
concurrence déloyale. Au bout de cette action s'il y a refus d'obtempérer ça devient
une récidive elle devient une infraction et expose à des fins pénales.
L’article 135 le définit en ces termes : le fond de commerce est constitué par un ensemble
de moyens qui permettent aux commerçants d'attirer et de conserver une clientèle
L'article 137 du même acte uniforme prévoit ce qui suit : “ le fond de commerce peut
comprendre différents éléments mobiliers, corporels et incorporels notamment les éléments
suivants : les installations, les aménagements et agencements, le matériel, le mobilier etc…
Il s'agit du matériel et de l'outillage c'est-à-dire des biens meubles qui sont durablement
affectés à l'exploitation du fond comme les machines, les matériaux roulants etc
Il en est de même des marchandises
Ce sont des éléments qui n'ont pas une existence matérielle à savoir : la clientèle et
l’achalandage. Le nom commercial est l'enseigne. Le droit au bail professionnel ainsi que les
autres éléments.
La clientèle est l'élément essentiel du fond de commerce (avec pour effet d'attirer et de
conserver le fond de commerce). Elle est constituée de toutes les personnes qui
s'approvisionnent auprès du commerçant. Cette clientèle est attachée au commerçant, elle
est fidèle au commerçant et doit être autonome lorsqu'elle est attachée réellement au
commerçant. Une telle clientèle est différente de l’achalandage. Cette dernière est une
clientèle potentielle ou clientèle passagère. C'est-à-dire qui n'est pas particulièrement
attachée au commerçant.
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3. Le bail professionnel
Le commerçant n'est pas toujours propriétaire des locaux dans lesquels il exerce son
activité. Souvent il loue avec des risques qu'il court vis-à-vis des abus éventuels du bailleur.
C'est pourquoi un régime de protection est prévu par la loi. Le déménagement des
matériauc et des marchandises et la reconstitution d'une clientèle n'est pas facile, il faut
donc les protéger. C'est pourquoi le bail professionnel est soumis à un régime particulier et
favorable au locataire. D'abord le commerçant locataire bénéficie du Droit au renouvellement
cfr article 123 de l'acte uniforme sur le Droit commercial général. Si le bailleur refuse le
renouvellement du bail sans motif légitime, le locataire a droit à une indemnité d’éviction
représentant le préjudice que lui cause l'obligation de transférer son fonds dans d'autres
locaux.
Par bail professionnel, il faut entendre toute convention, même non écrite existant entre le
propriétaire d'un immeuble et toute personne physique ou morale permettant à cette
dernière d'exploiter dans les lieux avec l'apport du propriétaire, toute activité commerciale,
industrielle,artisanale ou professionnelle. Ce contrat produit des effets à l'égard des parties
car il soumet les parties à des obligations réciproques.
● Obligations du bailleur : comme tout bailleur, il est tenue de délivrer les locaux en
bon état, de prendre en charge les grosses réparations, permettre aux locataires de
jouir de l'immeuble concédé
● Obligations du preneur : principalement, le locataire doit payer le loyer aux termes
convenus, il doit user de l'immeuble en bon père de famille, il doit maintenir la
destination convenue et tout changement recquiert l'accord du bailleur, il doit prendre
en charge les réparations locatives
En principe le fond de commerce est considéré comme un bien meuble incorporel qui se
compose de divers éléments rassemblés pour un but commun : attirer et conserver la
clientèle
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Joss MALIBITA
D'une manière générale, le fond de commerce présente 3 caractères :- C'est un bien unitaire
car le fond de commerce est indépendant des éléments qui le composent
- C'est un bien incorporel : c'est pourquoi le fond de commerce échappe aux règles
propres aux meubles corporels
- C'est un bien meuble composé d'une part des biens matériels et d'autres part des
biens incorporels assimilés aux meubles
● Effets de la location-gérance
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Joss MALIBITA
sous-louer les fonds sans l'autorisation du bailleur. Il doit aussi payer le loyer ou la
redevance et restituer le fond à la fin du contrat.
Ces personnes sont aussi protégées par la loi car les créances bénéfice en matière de
créance de la solidarité consacrée par la loi
1. Définition
L'article 162 de l'acte uniforme relatif aux sûretés définit le nantissement du fond de
commerce comme la convention par laquelle le constituant affecte en garantie d'une
obligation les éléments incorporels constitutifs du fond de commerce ou le nom commercial
qui doivent être considérés comme des éléments obligatoires et minimum pour la
constitution d'un fond de commerce et de son nantissement
2. Constitution de la garantie
a . Assiette de la garantie
Effets du nantissement
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Joss MALIBITA
Elle est une procédure parcequ'elle concerne tous les créanciers du débiteur.
Base juridique
Ces 4 procédures sont catégorisées en deux : d'une part les procédures préventives ou de
prévention, composé de la conciliation et des règlements préventifs. D'autre part, les
procédures curatives composées du redressement judiciaire et de la liquidation des biens.
Il s'agit de la conciliation et du règlement préventif. Ces deux procédures ont pour but
d'éviter la cessation de paiement.
Le commerçant est en état de cessation de paiement lorsqu'il ne peut plus faire face à ses
engagements vis-à-vis des créanciers avec son actif disponible. En d'autres termes, lorsque
le commerçant. Pour établir la cessation de paiement, la jurisprudence s'appuie sur
quelques faits dont notamment :
- la disparition du commerçant
- La multiplicité de saisies
- Multiplication de protêt
- La réalisation des activités illicites pour se procurer de l'argent
Section 1 : La conciliation
Est une procédure confidentielle. Tout se fait à huis clos. Cette procédure a pour but de
faciliter un accord amiable entre le débiteur et ses créanciers. Par cet accord, le creancier
du débiteur lui donne une chance de surmonter ses difficultés qui d'une manière générale ne
sont pas encore trop grave. Ce qui lui permettra finalement de régler ses dettes et le
créancier conserverait un partenaire.
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Joss MALIBITA
Le débiteur saisit le président de la juridiction compétente par voie de requête. Cette requête
va reprendre les difficultés que traversent le commerçant. Cette requête doit être jointe des
documents exigés par la loi. Au vu de cette requête, le président du tribunal ouvre la
procédure par la désignation d'un conciliateur.
Celui-ci peut être proposé par le débiteur, mais le conciliateur doit avoir le plein exercice de
ses droits civil, justifier de sa compétence professionnelle et demeurer indépendant et
impartial vis-à-vis des parties concernées par la procédure. Sa mission consiste à favoriser
la conclusion d'un accord amiable destinés à mettre fin aux difficultés financières du
débiteur. Notons à ce sujet que la conciliation est ouverte pour une période de 3 mois avec
possibilité de prorogation d'un mois au maximum à la demande du débiteur. Pendant
l'accomplissement de sa mission, le conciliateur rend compte au président du déroulement
de la procédure. Si la conciliation n'aboutit pas à un accord, le conciliateur adresse un
rapport écrit au président qui, après avoir entendu le débiteur met fin à sa mission. Si un
accord est trouvé, celui-ci sera légalisé auprès du notaire ou homologué ou encore
exequatur par le président qui statue à huis clos.
Nota : La décision d'homologation n'est pas susceptible de voie de recours
Pendant l'exécution de l'accord amiable, lequel interromp ou interdit toute action en justice
et arrête toute poursuite individuelle des créanciers.
Le commerçant débiteur qui n'est pas encore en cessation de paiement peut choisir la
procédure de règlement préventif. En d'autres termes, le règlement préventif est ouvert au
débiteur qui, sans être en état de cessation de paiement, justifie les difficultés économiques
ou financières sérieuses.
1. Ouverture de la procédure
Nota: Aucune requête en ouverture d'un règlement préventif ne peut être présenté par le
débiteur : - si un concordat préventif ou de redressement est encore en cours d’exécution
- Avant l'expiration d'un délai de 3ans, à compter de l'homologation d'un précédent
concordat préventif
- Avant l'expiration d'un délai de 18mois, à compter de la fin d'un règlement préventif
n'ayant pas abouti à un concordat préventif
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Joss MALIBITA
C...…
d. Voies de recours
Les décisions peuvent être attaquées par voie d'appel ou même par voie de cassation dans
les conditions prévues par la loi. Voir support
Nota : Ne peuvent être désignées syndic ou contrôleur, que les personnes qui ont le statut
de “mandataire judiciaire” . L'expression mandataire judiciaire renvoie à l'expert, au
règlement préventif et au syndic de redressement judiciaire ou de liquidation des biens. Le
Droit communautaire invite tous les Etats à créer ou à instituer un corps de mandataire
judiciaire.
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Joss MALIBITA
A. Saisine de la juridiction
La loi oblige le débiteur à faire une déclaration aux fins d'obtenir l'ouverture de l'une de ces
procédures au plus tard dans les 30 jours qui suivent la cessation de paiement et de
déposer cette requête ou déclaration au greffe de la juridiction compétente contre récépissé.
Le débiteur doit préciser dans sa requête la procédure souhaitée. Cette requête doit être
jointe de tous les documents exigés par la loi. Dans les 60 jours qui suivent la décision
d'ouverture du redressement judiciaire, le débiteur doit déposer un projet de concordat de
redressement. La loi prévoit également la saisine de la juridiction par un créancier. La loi
prévoit également la saisine d'office par la juridiction. La loi prévoit enfin la saisine de la
juridiction par le ministère public
2. Ouverture de la procédure
C'est la juridiction saisie qui prononce la décision d'ouverture après avoir entendu les parties
prenantes. Mais avant de se prononcer, la juridiction saisie peut désigner un juge du siège
ou tout autre personne afin de lui remettre un rapport sur la situation économique et sociale
du débiteur dans un délai maximum d'un mois. Lorsque la juridiction constate que le débiteur
est en cessation de paiement, elle prononce soit la liquidation des biens soit le
redressement judiciaire. Toutefois, la juridiction prononce le redressement judiciaire dans
deux cas:
1. Si il lui paraît que le débiteur a proposé un concordat sérieux (c'est-à-dire que ce
concordat a la chance d'être obtenu)
2. Si une cession globale est envisageable. Dans le cas contraire, la juridiction
prononce l'ouverture de la liquidation de bien. Pour ce faire, la juridiction fixe la durée
de la procédure de liquidation des biens, celles-ci ne devant pas dépasser 18 mois
après l'ouverture de la procédure, avec possibilité de prorogation de 6 mois une
seule fois. Pour ce qui est du redressement judiciaire, le délai est de 6 mois,
renouvelable une seule fois. Il faut noter à ce sujet que la décision d'ouverture est
susceptible d'appel. Cette décision d'ouverture désigne le juge commissaire et
éventuellement un juge commissaire suppléant (Ce n'est pas obligatoire). La même
décision désigne également le ou les syndics. La décision d'ouverture fait l'objet de
publicité notamment au journal officiel à la diligence du greffe.
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Les décisions d'ouverture entraînent des effets tant à l'égard du débiteur qu'à l'égard des
créanciers. Il y en a 2 :
- Assistance ou dessaisissement du débiteur.
En cas de redressement judiciaire, le débiteur gère ses affaires avec l'assistance du syndic.
Par contre en cas de liquidation des biens, le débiteur est dessaisi de la gestion de ses
biens. Celle-ci est désormais confiée aux syndics.
- Actes inopposables à la masse des créanciers. Pendant la période suspecte
c'est-à-dire celle qui va de la date de la cessation de paiement jusqu'à la décision
d'ouverture, tous les actes posés par le débiteur sont inopposables à la masse des
créanciers.
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