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Crs RSE (UIYA)

Le document présente la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) comme un concept clé qui intègre les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans les activités des entreprises. Il retrace l'évolution historique de la RSE, souligne son importance dans le contexte actuel de crises multiples, et décrit les obligations légales croissantes pour les entreprises en matière de transparence et de reporting. Enfin, il aborde les impacts potentiels des entreprises sur l'environnement, la société et l'économie, tout en incitant à une démarche proactive en matière de RSE.

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Crs RSE (UIYA)

Le document présente la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) comme un concept clé qui intègre les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans les activités des entreprises. Il retrace l'évolution historique de la RSE, souligne son importance dans le contexte actuel de crises multiples, et décrit les obligations légales croissantes pour les entreprises en matière de transparence et de reporting. Enfin, il aborde les impacts potentiels des entreprises sur l'environnement, la société et l'économie, tout en incitant à une démarche proactive en matière de RSE.

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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE Union-Discipline-Travail

RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE
DES ENTREPRISES
(Licence 2)

SUPPORT DE COURS

Chargé de Cours : Dre KOUAME-KONATE Carelle Prisca


2

INTRODUCTION
La notion de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE)
connaît depuis plusieurs années un certain engouement. Elle trouve ses
origines dans un mouvement de contestation de la mondialisation
économique, auquel les entreprises proposent de répondre de deux
manières : en élaborant un dialogue avec les parties prenantes de
l’entreprise (salariés, société civile) ; et en élargissant leurs
préoccupations aux domaines social et environnemental, dans une
logique de développement durable.

La responsabilité sociale des entreprises ou RSE s’est imposée


depuis quelques années comme un sujet majeur parce que l’entreprise
est au cœur d’un monde qui fait face à des crises multiples
(économiques, sociales, environnementales), et à de profondes
mutations de nos modes de vie et du « vivre ensemble » d’une manière
générale.

Dans ce contexte, il est urgent de retrouver une dimension sociale,


humaine et solidaire dans l’entreprise qui trouve ses racines dans la
RSE et ses applications. Cela implique une compréhension en
profondeur des besoins et attentes des consommateurs d’une façon
générale, des collaborateurs dans l’entreprise en particulier.

En France, la RSE a été mise en avant par la loi NRE (dite des
Nouvelles Régulations Economiques) du 15 mai 2001 qui oblige les
sociétés cotées à publier des informations sur les conséquences
environnementales et sociales de leurs activités.

Les entreprises ne vivent pas en vase clos, elles doivent sinon


anticiper, du moins refléter dans leurs engagements et actions les
évolutions sociétales.

Ce cours a pour objectif de donner aux étudiants les principes


fondamentaux et les domaines d’applications des RSE.

I. GENÈSE ET DÉFINITION
I.1. Genèse de la Responsabilité Sociale des Entreprises
Malgré le fait que les termes dont on se servait jadis pour désigner
la responsabilité sociale étaient différents de ceux d'aujourd'hui, il est
possible de suivre les formes de manifestation de la responsabilité
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sociale à travers les siècles, à partir du temps de l'Athènes classique


(500 ans av. J.-C.). Ainsi en Grèce antique, la notion d’héroïsme
comprenait certains éléments de la responsabilité sociale. La croyance
voulait que ceux qui étaient en position avantageuse, en termes d'argent
ou de puissance, devaient se comporter d'une manière socialement
responsable. Aujourd’hui le terme grec hêrês (héros) a beaucoup de
significations différentes. Bien qu'en Grèce antique ce mot se référait
seulement aux guerriers, plus tard, ce titre fut attribué également aux
individus qui ont œuvré pour la communauté locale. Il n'y avait aucune
règle exacte à suivre afin d'atteindre le statut héroïque. Toutefois, la
communauté a su reconnaître l’importance de tels actes, ainsi que l’idée
de la responsabilité sociale. Il n’y a pas de doute que l'idée qui se cachait
jadis derrière la responsabilité sociale existerait encore pour des milliers
d'années

Le souci du social n’est pas l’apanage du capitalisme contemporain


: en Angleterre, en Allemagne ou en France du XIXe siècle, certains
industriels s’étaient déjà singularisés par leurs préoccupations sociales
: logements, assurances sociales, bienfaisance envers les ouvriers et
leurs familles. De même, certaines congrégations religieuses ou certains
penseurs socialistes avaient imaginé des usines alternatives où la
dimension communautaire et la relation au territoire avaient déjà leur
place. Avec le XXe siècle et la généralisation des lois et de la protection
sociale, cet esprit caritatif reflue pour laisser place à des constructions
législatives, conventionnelles et institutionnelles très larges. Après la
Seconde Guerre Mondiale, l’apparition des firmes multinationales et
leur rôle grandissant dans l’économie mondiale va reposer la question
des relations entre l’entreprise et la société.

Pourquoi parle-t-on aujourd’hui plus qu’hier de la RSE ? En


grande partie parce que la prise de conscience par tous les acteurs de
la société des enjeux environnementaux et sociaux, aussi bien locaux
que globaux, est récente. Cette prise de conscience a en effet été
progressive et se développe à une allure de plus en plus rapide.

I.2. Que signifie RSE ?


La RSE signifie «Responsabilité Sociale et Environnementale» ou
«Responsabilité Sociétale de l’Entreprise», selon les sources et les
réseaux, et prend l’appellation RSO quand il s’agit d’organisations au

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sens large du terme (en réalité toute structure, qu’elle soit sur le secteur
marchand ou non marchand, privée ou publique).
Ainsi :
La RSE est vue comme un levier de la réussite économique et
correspond à la contribution de l’entreprise au développement durable.
Elle représente pour les entreprises une action qui, sans obligations ou
réglementations à appliquer (au-delà de la loi), peut constituer une
véritable valeur ajoutée.

Selon le Ministère de l’écologie, du développement durable et de


l’énergie (France), La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est
« la déclinaison des principes du développement durable à l’échelle de
l’entreprise (ou organisation). Elle signifie essentiellement que les
entreprises de leur propre initiative, contribuent à améliorer la société et
à protéger l’environnement, en liaison avec les parties prenantes. De plus
en plus d’entreprises reconnaissent leur responsabilité sociétale en
mettant en œuvre des dispositifs au sein de leur structure et avec leurs
parties prenantes »

Pour mieux cerner l’importance de la notion de la Responsabilité


Sociétale (ou Sociale) des Entreprises (RSE) et son potentiel pour les
entreprises, la définition théorique et pratique de la RSE est mise en
exergue.

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est un « concept


dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales,
environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs
interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire », énoncé
plus clairement et simplement, sous « la contribution des entreprises aux
enjeux du développement durable ».

La RSE résulte des demandes de la société civile (associations


écologiques et humanitaires) d’une meilleure prise en compte des
impacts environnementaux et sociaux des activités des entreprises, qui
est née, notamment, des problèmes d’environnement planétaire
rencontrés depuis les années 1970.

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La RSE est donc la déclinaison pour l’entreprise des concepts de


développement durable, qui intègrent les trois piliers
environnementaux, sociaux, et économiques.

La définition de la Commission Européenne permet de mettre en


valeur les points suivants :

La RSE couvre les matières sociétales et environnementales


(2) La RSE n’est pas et ne devrait pas être séparée de la stratégie
et des opérations commerciales, puisqu’il s’agit d’intégrer les
préoccupations sociétales et environnementales dans ces
stratégies et opérations.
(3) La RSE est un concept volontaire.
(4) Un aspect important de la RSE est la manière dont les
entreprises interagissent avec leurs parties prenantes internes et
externes (employés, clients, voisins, ONG, autorités publiques,
etc.).

En pratique, la RSE concerne l’intégration volontaire par les


entreprises de leur rôle social, environnemental, et économique. Elle
couvre, par exemple, la qualité globale des filières d’approvisionnement,
de la sous-traitance, le bien-être des salariés, leur santé, l’empreinte
écologique de l’entreprise, etc.

I.3. Importance de la RSE


Les activités du secteur privé peuvent avoir une forte incidence sur
l'environnement, les collectivités et l'économie. Reconnaître et gérer
efficacement ces coûts environnementaux, sociaux et économiques,
ainsi que les effets, les possibilités et les risques qu'ils entraînent,
témoignent d'une entreprise bien gérée.
I.4. Aspect de la RSE
Gouvernance de l'entreprise
Participation, développement et investissements à l'échelle
communautaire
Politiques sur la corruption et l'anticorruption
Philanthropie d'entreprises et bénévolat des employés
Santé et sécurité du personnel
Participation et respect des Autochtones
Reddition de comptes et transparence
Santé et sécurité communautaires
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Gérance environnementale
Éthique de l'entreprise
Relations avec les fournisseurs et pratiques d'approvisionnement
Mise au point de techniques et recherche
Droits de la personne
Satisfaction de la clientèle
Sécurité des consommateurs
Participation et mieux-être des employés
Droits des travailleurs
Respect des principes, des normes et des codes en vue d'une
concurrence loyale
Mesure du rendement et préparation de rapports
Perfectionnement du personnel

II. ETAPES DE DÉVELOPPEMENT DE LA RSE


La recherche d’un mode de développement économique respectant
l’équilibre environnemental et social est aujourd’hui une tendance dans
les économies postindustrielles. Elle concerne tous les acteurs de la
société, que ceux-ci soient publics ou privés, qu’ils soient issus de
grandes ou de petites structures. Cependant, ce n’était pas le cas dans
toutes les phases de développement de ce concept, surtout pas au tout
début. Depuis les années 1950, chaque décennie connaît une vague de
définitions sur la RSE. Ces réflexions ont évolué à travers les quatre
étapes principales.

II.1. Les années 1950/1960


Les premières recherches sur la RSE se sont focalisées sur
l’évaluation des contours de ce phénomène. C’est à cette époque que
l’expression de la RSE est apparue pour la première fois. Les études
cherchaient alors à déterminer les responsabilités de l’entreprise à
l’égard de la société.

II.2. Les années 1970


Un courant de recherche s’est focalisé sur la façon dont
l’entreprise pouvait concrètement détecter et gérer les problèmes de la
RSE, pertinents pour elle. Cette approche a conduit à privilégier une
vision plus procédurale et à travailler sur le concept de sensibilité
sociétale de l’entreprise.

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II.3. Les années 1980/1990


Il s’agit ici d’arriver à la définition des performances sociétales de
l’entreprise. Il fallait en plus donner des réponses aux nombreuses
questions. Quels sont les principes «éthiques» de l’entreprise ? Comment
l’entreprise met-elle concrètement en application ses principes ? D’où
une approche plus réfléchie et plus active :

II.4. Les années 2000


Enfin, les années 2000 se caractérisent par le fait que l’entreprise
cherche désormais à identifier les facteurs extra-financiers qui lui
permettent de contribuer au développement durable sans sacrifier sa
performance économique.

III. QUI EST CONCERNÉ PAR LA RSE ?


Toutes les entreprises, quels que soient leur taille, leur statut ou
leur secteur d’activité, peuvent mettre en œuvre une démarche de RSE.

Depuis l’adoption de la loi Pacte et la modification du code civil en


2019, toutes les entreprises françaises sans exception, doivent "prendre
en considération" les enjeux environnementaux et sociétaux/sociaux
dans la gestion de leurs activités. Ce qui consacre un socle minimal légal
d’intégration de ces dimensions RSE dans la conduite des affaires
économiques. Les entreprises volontaires peuvent adopter la qualité de
société à mission en intégrant une raison d'être avec des objectifs
sociaux et environnementaux dans ses statuts.

Depuis plus d’une quinzaine d’années, il est demandé, aux


entreprises cotées, de publier des informations sur leurs impacts
environnementaux et sociaux (c’est ce que l’on appelle le Reporting ESG
(Données Environnementales, Sociales et de Gouvernance) ou
Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF). En 2015, la loi
sur la Transition énergétique a renforcé les dispositions climatiques à la
fois pour les entreprises et les investisseurs. Et depuis la loi sur le devoir
de vigilance adoptée en 2017, les grandes entreprises doivent aussi
mettre en place des mesures de surveillance qui permettent de prévenir
les risques environnementaux (ex: pollution), sociaux (ex: violations de
droits humains) et de gouvernance (ex: corruption) dans leurs unités de
production, leurs filiales et chez leurs fournisseurs.

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En tant que fournisseurs ou sous-traitants des grandes


entreprises, les PME sont donc aussi de plus en plus incitées à adopter
une telle démarche. On le voit notamment avec les appels d’offre ou les
politiques d’achats des grands groupes-donneurs d’ordre qui
demandent de plus en plus de précisions sur les mesures
environnementales, sociales et de gouvernance de leurs fournisseurs.
De plus en plus d’entreprises en tiennent compte et sélectionnent les
plus vertueux.

IV. QUELS SONT LES IMPACTS DES ENTREPRISES ?


Pour produire leurs biens et services, les entreprises peuvent avoir
des impacts négatifs sur la planète. Elles peuvent par exemple participer
à la destruction de la biodiversité (via la déforestation ou la pollution des
sols ou de l’eau par exemple) ou contribuer au changement climatique
(via l’émission de gaz à effet de serre comme le méthane ou le Co2). C’est
ce que l’on appelle l’impact environnemental de l’entreprise.

Pour réduire leurs impacts, elles peuvent utiliser des technologies


propres (ex: éoliennes), faire du recyclage, etc. Elles peuvent aussi
fournir des produits ou services qui vont permettre à d’autres
entreprises ou aux particuliers de réduire leur consommation d’énergie
par exemple.

Les entreprises peuvent aussi avoir un impact social. Les


pollutions engendrées par l’activité des entreprises peuvent conduire à
une dégradation de la santé humaine (ex: problèmes respiratoires liés
aux émissions de particules fines des véhicules diesel) et notamment
des riverains (ex: contamination de l’eau par le déversement de déchets
toxiques dans les rivières). L’entreprise peut aussi contribuer à la
dégradation de la santé de ses collaborateurs en ne les équipant pas
suffisamment pour manipuler les produits toxiques par exemple (ou via
une surcharge de travail…). Dans les pires cas, elles peuvent contribuer
au travail des enfants ou à l’esclavage moderne, via notamment
leur chaîne de sous-traitance.

A l’inverse, une entreprise peut avoir un impact positif sur la


société en favorisant l’insertion des personnes éloignées de l’emploi ou
en situation de handicap (notamment le secteur de l’Economie Sociale
et Solidaire ou ESS), en favorisant la diversité de son personnel ou en

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dialoguant en amont des projets avec les riverains et en favorisant


l’emploi local.

Enfin, l’activité des entreprises peut avoir un impact sur


l’économie. Elle peut favoriser la corruption mais aussi contribuer à la
dégradation des services publics par exemple. En effet, en optant pour
des techniques d’optimisation fiscale agressives ou en pratiquant
l’évasion fiscale, elles privent les gouvernements de ressources,
notamment fiscales, ce qui peut amener ces derniers à augmenter les
impôts et/ou à réduire les services publics.

Les entreprises peuvent cependant avoir des actions vertueuses en


choisissant d’être transparentes sur les paiements (comme les droits à
la production, les impôts ou taxes, ou les redevances) qu’elles font aux
gouvernements pour l’utilisation des ressources du pays (ex: entreprises
minières) ou en répartissant de façon juste leurs bénéfices entre leurs
actionnaires, les collaborateurs et les communautés affectées par leur
activités.

L’ensemble de ces impacts, environnementaux, sociaux et de


gouvernance sont réunis dans ce que l’on appelle les critères ESG, qui
servent de boussoles pour appréhender les risques d’une entreprise et
de sa performance globale.

V. POURQUOI FAIRE DE LA RSE ?


La RSE est une nouvelle grille de lecture qui va permettre à
l’entreprise de mieux répondre aux défis auxquels elle est confrontée
(climat, approvisionnement, demande de transparence…) et aux
attentes de ses parties prenantes qui sont de plus en plus nombreuses
sur ces sujets. C’est aussi une nouvelle vision de son rôle et de sa
responsabilité dans la société.
Mesurer et évaluer l’impact de ses activités en matière
environnementale et sociétale (ex: consommation d’eau, d’énergie, taux
d’accidents du travail…) va d’abord permettre à l’entreprise de mieux
identifier et donc de mieux maîtriser les risques auxquels elle pourrait
être confrontée. Mais aussi d’agir plus efficacement pour réduire son
empreinte, mieux s’adapter aux nouvelles contraintes et dégager de
nouvelles opportunités (ex: nouveaux produits plus respectueux de
l’environnement).

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A terme, si les entreprises ne prennent pas en compte les impacts


environnementaux et sociétaux de leurs activités, c’est leur pérennité
qui est menacée. Par exemple, l’approvisionnement des entreprises en
matières premières peut devenir problématique au fur et à mesure que
les ressources se raréfient voire s’épuisent (minerais, plantes, pétrole…)
ou du fait des effets du changement climatique, avec la multiplication
des sécheresses (ex: mauvaises récoltes) et des inondations par exemple
(ex: usines hors d’usage).
Par ailleurs, les attentes des parties prenantes, qu’il s’agisse des
consommateurs, des associations, syndicats ou actionnaires, étant de
plus en plus fortes sur ces sujets, l’entreprise risque de voir son image
ternie et donc de perdre une partie de sa valeur immatérielle (risques
réputationnels). Dans une version plus positive, les consommateurs
poussent aussi les entreprises à être plus transparentes sur les
conditions de production et à proposer des produits plus respectueux
de l’environnement et des travailleurs (ex : produits bio et assurant un
revenu juste aux producteurs).
Il faut enfin savoir que ces risques de moyen et long termes sont
de plus en plus identifiés par les actionnaires et investisseurs. Ils sont
de plus en plus enclins à choisir les entreprises qui identifient et gèrent
le mieux ces risques et qui savent les transformer en opportunités.

VI. QU’EST-CE QUE LA RSE IMPLIQUE POUR L’ENTREPRISE ?


Quand une entreprise s’engage dans une démarche de RSE, cela
implique qu’elle prenne des mesures concrètes qui permettent de
répondre aux enjeux particuliers de son secteur d’activité.
Quelques cas :
Une cimenterie privilégiera des actions de réduction de ses
émissions de gaz à effet de serre ;
Une entreprise ayant beaucoup d’activité dans des pays à
faible régulation, privilégiera la lutte contre la corruption ;
Une entreprise ayant une activité dans un territoire très
touché par le chômage privilégiera l’emploi local et favorisera
l’insertion de personnes éloignées de l’emploi ;
Une petite entreprise ayant recours à des ressources
naturelles (ex: bois) cherchera des matériaux plus
respectueux de l’environnement (ex: bois issu de forêts
gérées durablement).

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Ce type de démarche ne peut pas se faire seul. Il est important et


même essentiel de dialoguer avec ses différentes parties prenantes, dès
le début de la réflexion jusqu’à la mise en place des actions et de leur
suivi.
Il faut aussi souligner que la RSE ne se contente pas des
déclarations d’intention. Beaucoup d’entreprises signent des chartes
(ex: charte de la diversité). C’est un premier pas. En revanche, il est
nécessaire que ce type d’engagement soit suivi d’effets par des actions
concrètes de promotion de la diversité. Pour les valoriser, il est d’ailleurs
bien vu de les faire évaluer par des tiers, via des labels et des
certifications qui apporteront une garantie sur la réalité de l’action.
Enfin, précisons que la responsabilité de l’entreprise s’exerce sur
l’ensemble de sa sphère d’influence, c’est à dire tout au long de la chaîne
d’approvisionnement, de l’extraction des matières premières nécessaires
à la fabrication d’un produit jusqu’à la fin de vie de celui-ci (déchets).

VII. QUELS SONT LES BÉNÉFICES DE LA RSE POUR LES


ENTREPRISES ?
Pour l’entreprise, une démarche de RSE est récompensée par une
meilleure performance globale : elle assure son approvisionnement en
matières premières, gère mieux ses risques, réalise des économies, se
différencie davantage de la concurrence, attire et fidélise davantage
ses collaborateurs...
Pour les autres parties prenantes de l’entreprise, ce sont aussi de
meilleures conditions de travail pour les salariés, de meilleures
relations donneurs d’ordre/fournisseurs, un meilleur dialogue avec les
ONG, une plus grande reconnaissance de leurs besoins pour les
communautés locales, une meilleure gestion des risques pour les
actionnaires…
De nombreuses études convergent également sur le fait que les
entreprises pratiquant la RSE sont des entreprises plus performantes
économiquement.

VIII. QUEL EST LE LIEN ENTRE RSE ET INVESTISSEMENT


SOCIALEMENT RESPONSABLE (ISR) ?
L’investissement responsable est étroitement lié à la RSE. En effet,
il s’agit pour les investisseurs qui pratiquent ce genre d’investissement,
d’évaluer et de sélectionner dans leurs portefeuilles les entreprises les
plus vertueuses de leurs secteurs selon des critères Environnementaux
Sociaux et de Gouvernance, appelés “critères ESG”. Ces investisseurs
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considèrent en effet que ces entreprises sont plus performantes et plus


solides. Une vision de plus en plus partagée par le secteur bancaire et
financier en général.
En France, les investisseurs pratiquant l’ISR (Investissement
Socialement Responsable) utilisent principalement la technique du
best-in-class. Ils ne choisissent que les meilleurs élèves en la matière
dans leur portefeuille d’investissement. Pour cela, ils ont notamment
recours à la notation extra-financière, qui se base en partie sur
les reporting ESG fournis par les entreprises.
Les investisseurs responsables peuvent aussi choisir d’exclure certains
secteurs (ex: tabac, armes, pornographie…) ou certaines entreprises,
dites controversées en raison de leurs pratiques en matière de droits
humains par exemple, de leurs portefeuilles.

IX. QUEL EST LE LIEN ENTRE RSE ET OBJECTIFS DE


DÉVELOPPEMENT DURABLE (ODD) ?
Pour contribuer aux ODD, il ne s’agit plus de seulement réduire
ses impacts négatifs, comme c’est encore trop souvent le cas dans une
démarche de responsabilité sociétale, mais de voir comment son modèle
d’affaires contribue positivement à la durabilité de la planète. Et ce,
dans le cadre d’objectifs définis par des acteurs multiples et
internationaux si possible, validés par la science.
Dans le cas de l’action climatique, c’est l’idée de l’initiative Science
Based Targets qui permet de voir si les objectifs de l’entreprise sont en
ligne avec ce qui est demandé par l’Accord de Paris.

X. LES PARADIGMES DE LA RSE


X.1. Ethique, paternalisme et philanthropie : une
responsabilité individuelle
L’article pionnier dans le champ de la responsabilité sociale,
intitulé The Changing Basis of Economic Responsibility, date de 1916.
Ecrit par l’économiste américain, John Morice Clark, l’auteur, pourtant
défenseur de la théorie économique, propose un contrôle social des
affaires, c'est-à-dire un élargissement des responsabilités de l’entreprise
dans le volet social. Mais l’ouvrage fondateur est celui de l’économiste
Howard R. Bowen intitulé The Social Responsibilities of the Businessman
(1953).
A l’intersection des deux démarches on note la clarification de la
responsabilité au cœur du management des organisations et la

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construction d’une éthique économique à l’initiative de la Fédération des


églises protestantes américaines.
Historiquement datée, la RSE est donc marquée par son obédience
religieuse, dans une vision nord-américaine de l’éthique, tournée
essentiellement vers la philanthropie.
La philanthropie se rapproche du paternalisme : l’éthique des
affaires demeure indissolublement liée à une certaine performance
économique. Cette éthique, en outre, est le fruit du leadership : elle est
personnelle et non corporative. Seule la responsabilité sociale dans
l’entreprise a un sens. Il n’existe pas encore de responsabilité sociale de
l’entreprise. Ce ne sont que les prémisses de la responsabilité de
l’entreprise.

X.2. La Corporate Governance : la responsabilité vis-à-vis des


actionnaires
Pour répondre à la contrainte morale ou règlementaire, le concept
de RSE est envisagé uniquement sous l’angle de la gouvernance
entendue au départ comme les relations entre actionnaires et
gestionnaires de l’entreprise (Gendron et alii, 2004 ; Pasquero, 2005).
On glisse d’une responsabilité individuelle du chef d’entreprise à une
responsabilité collective.
Etymologiquement, ce terme vient de l'anglais, governance,
gouvernement, venant du latin « gubernare », diriger un navire. Ce terme
resurgit dans la langue anglaise dans le dernier quart du XXème siècle
pour désigner «ce processus d’organisation et d’administration des
sociétés humaines dans le respect et l’épanouissement des diversités» (…)
qui s’inscrit dans cette quête permanente de meilleurs systèmes de
gestion des hommes et des ressources. Mais par-delà de l’idéal visé dans
le cadre de la mondialisation, la gouvernance se définit comme
«l’ensemble des mécanismes organisationnels qui ont pour effet de
délimiter les pouvoirs et d’influencer les décisions des dirigeants» dans
les entreprises essentiellement.
La gouvernance d’entreprise prétend par la régulation trouver un
équilibre des pouvoirs entre actionnaires et dirigeants.
L’intérêt social ne pouvant se réduire au duel entre actionnaires et
dirigeants, d’autres partenaires que les actionnaires ont été considérés
comme dignes d’intérêts. Sinon quelle serait la signification du « S » de
social (intérêt) ou sociale (RSE) ?

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X.3. La théorie des « nœuds de contrats » : la responsabilité


contractuelle
La théorie des « nœuds de contrats » (Capron et Quairel-Lanoizelée,
2010, p.29) a alors été évoquée parce qu’elle offre de plus larges
perspectives : la notion de « partie intéressée » au sens juridique, rejoint
l’idée de « groupes intéressés » (Bowen, 1953). Les actionnaires, les
salariés, les dirigeants, les fournisseurs, les sous-traitants, les clients,
toute personne reliée par un contrat voire un mandat implicite avec
l’entreprise était soumise à la sphère d’influence de cette entreprise.
Cette théorie permet d’expliquer une technique ou une modalité
de la RSE sous forme de responsabilité contractuelle notamment dans
la chaîne d’approvisionnement. La responsabilité est-elle interne ou
externe ? Quelle serait son étendue ? Et comment expliquer les cas de
responsabilité sociale hors contrat, à commencer par les dirigeants
sociaux qui se révèlent les mandataires sociaux de personne et dont le
pouvoir est parfois plus proche de celui d’un véritable propriétaire.
Cette conception a donc été jugée insuffisante car bon nombre
d’acteurs ou groupes d’acteurs n’étaient pas représentés, comme l’Etat,
les ONG ou encore les communautés.

X.4. L’approche stakeholders : la responsabilité hors contrat


Par un jeu de mots (share-holder / stock-holder, actionnaire /
porteur de parts, s’opposant à stake-holder, porteur d’enjeux), la théorie
dite des Stakeholders a tenté de donner une vision partenariale de
l’entreprise par opposition à la vision actionnariale. L’approche par les
parties prenantes dépasse, quant à elle, le cadre contractuel pour
intégrer « tout groupe ou individu qui peut affecter ou qui peut être
affecté par la réalisation des objectifs de l’entreprise ».

CONCLUSION
Pour répondre aux enjeux du Développement Durable, la
Responsabilité Sociale des Entreprises est sollicitée, alors que les firmes
internationales ou non, sont à la fois plus puissantes et parfois plus
vulnérables que par le passé. Elles sont soumises à une pression
concurrentielle croissante et à celle de leurs actionnaires qui les incitent
à réduire leurs coûts parfois aux limites de l’écologiquement et du
socialement raisonnable.
Les dégâts occasionnés par leurs activités sont mieux connus et,
partant, de plus en plus contestés par les populations, leurs
représentants et les pouvoir publics. La contribution des entreprises à
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l’émergence d’un développement plus durable est une nécessité


incontournable pour éviter des désastres sociaux et environnementaux
qui coûteront à elles, aux Etats et aux citoyens.
C’est en ce sens que les entreprises sont « responsables » et cette
responsabilité a des traductions juridiques et financières très palpables
(en termes d’assurance et de réassurance, des montants
d’indemnisation ou, aujourd’hui, de valeur carbone).

Références Bibliographiques

DJAOUAHDOU Réda, NABTI Ahlem (2011). La Responsabilité Sociale de


l’Entreprise entre théorie et concrétisation pratique : cas de l’Algérie, pp. 1-10,
récupéré sur le site de :
[Link]
[Link]

CADET, Isabelle (2014). Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE),


responsabilité éthiques et utopies, Les fondements normatifs de la RSE, Etude
de la place du droit dans les organisations. Gestion et management.
Conservatoire national des arts et métiers - CNAM, 538p.

INSTITUT EUROPEEN DE L’UNIVERSITE DE GENEVE (2007), Responsabilité


Sociale des Entreprises – le développement d’un cadre européen, pp.1-97.

SFP Economie (2016), La Responsabilité Sociétale des Entreprises dans les


petites et moyennes entreprises, Bruxelles, pp.3-13.

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