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Finances Publiques: Théories et Réformes

Le document présente un module sur les finances publiques, abordant des généralités, les fondements théoriques, et le processus budgétaire au Mali, ainsi que les réformes dans les pays de l'UEMOA. Il définit les finances publiques comme la gestion des ressources et des dépenses de l'État, en soulignant leur rôle dans l'intérêt général par rapport aux finances privées. Le cours vise à comprendre les enjeux et mécanismes des finances publiques, ainsi que leur impact sur la société et l'économie.

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Finances Publiques: Théories et Réformes

Le document présente un module sur les finances publiques, abordant des généralités, les fondements théoriques, et le processus budgétaire au Mali, ainsi que les réformes dans les pays de l'UEMOA. Il définit les finances publiques comme la gestion des ressources et des dépenses de l'État, en soulignant leur rôle dans l'intérêt général par rapport aux finances privées. Le cours vise à comprendre les enjeux et mécanismes des finances publiques, ainsi que leur impact sur la société et l'économie.

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LES FINANCES PUBLIQUES

MODULE DE FINANCES PUBLIQUES 1


PLAN DU COURS

Introduction Chapitre 1 Chapitre 2


Généralités sur les finances Les fondements théoriques Les principes de la gestion
publiques du rôle de l’Etat des finances publiques

Chapitre 3 Chapitre 4.
Les reformes des finances
Le processus budgétaire au
publiques dans les pays de
Mali: cas du budget moyen
l’UEMOA
BIBLIOGRAPHIE
 Stephanie Damarey « L’essentiel des finances publiques », 3ème édition 2015, les Carrés

 Franck Waserman « Les finances publiques », 8 ème édition 2016, Documentation française.

 François Chouvel « Cadre juridique du Budget, Conception, vote, ressources et dépenses, Exécution contrôle,
Budget social de la nation », 14ème édition 2011
 CABRI. (Initiative africaine concertée sur la réforme budgétaire) (2014). Élaboration du budget-programme :
expériences et enseignements tirés du Mali. Étude conjointe de cas pays.
 LuxDev (2019). Défis de la réforme des finances publiques en Afrique de l’Ouest.

 Bouvier, M. (2012). « Gestion financière publique », dans L. Côté et J.-F. Savard (dir.), Le Dictionnaire
encyclopédique de l’administration publique, [en ligne], www.dictionnaire.enap.ca
 DGB/Mali. (2020). Recueil des textes relatifs au cadre harmonisé des finances publiques. 2ème Edition

 Gaston jèze (1922). Cours de Science des finances et de législation française, Giard.

 La constitution malienne de juillet 2023.


OBJECTIF PEDAGOGIQUE GENERAL

 A LA FIN DU MODULE, LES APPRENANTS DOIVENT


COMPRENDRE LES ENJEUX ET LES MECANISMES QUI
STRUCTURENT LES FINANCES PUBLIQUES DE L’ETAT, LES
FINANCES PUBLIQUES DES COLLECTIVITES ET SOCIALES
I. CHAPITRE INTRODUCTIF
1.1. QUELQUES DÉFINITIONS
DÉFINITIONS – GÉNÉRALITÉS SUR LES FINANCES (1/2)

 Les finances sont, en général, considérées comme la science de


la gestion de l’argent (public ou privé). Elles sont aussi perçues
comme l’ensemble des professions consacrées à la gestion de
l’argent. En effet, la finance de nos jours à une connotation plus
approfondie, due, non seulement à la multiplicité des acteurs,
mais aussi et surtout à la diversité des activités menées. C’est
d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles on définit la finance
comme étant l’ensemble des méthodes et des institutions qui
permettent d’obtenir ou de placer des capitaux.
DÉFINITIONS – GÉNÉRALITÉS SUR LES FINANCES (2/2)

 Les agents économiques en besoin de financement cherchent à


placer sur le marché financier des titres (actions et obligations
surtout), tandis que ceux qui ont une capacité de financement
cherchent à se procurer les titres émis sur le marché.
DÉFINITIONS – LES FINANCES PUBLIQUES (1/2)

 Les finances publiques déterminent l’ensemble des mouvements


d’argent effectués par l’Etat. Elles peuvent être aussi
considérées comme la science par laquelle l’Etat se procure et
utilise les ressources nécessaires à la couverture des dépenses
publiques par la répartition entre les individus des charges qui
en résultent.
 Certains courants en tant qu’approche moderne définissent les
finances publiques comme l’étude des fonctions, des activités,
du rôle de l’agent économique Etat (Musgrave, Dalton,
Buchanan, Cosciani, Wagner).
DÉFINITIONS – LES FINANCES PUBLIQUES (2/2)

 En définitive, les finances publiques se présentent comme l’étude


des aspects juridiques, politiques et économiques des recettes et des
dépenses des budgets des collectivités publiques (Etat, communes
ou collectivités locales). A ce titre, l’étude des finances publiques est
basée sur le budget de l’Etat qui est non seulement l’élément qui
autorise et retrace l’ensemble des recettes et des dépenses de l’Etat
pour une année civile, mais aussi et surtout l’instrument politique,
juridique et financier entre les mains de l’autorité publique.
1.2. FINANCES PUBLIQUES VERSUS FINANCES
PRIVEES
AU PLAN DES OBJECTIFS

Finances publiques Finances privées

 Les finances publiques cherchent  Les entreprises privées sont à la


à satisfaire l’intérêt général. recherche de la satisfaction
 Les notions de coût et de d’intérêts individuels.
rendement se mesurent en  Au niveau des entreprises privées
termes de résultats atteints. on raisonne en général en termes
de profits réalisés.
AU PLAN DES MOYENS D’ACTION

Finances publiques Finances privées


 L’Etat dispose de moyens de contrainte,  Le privé quant à lui se base sur des
d’autorité pour effectuer ses opérations contrats.
financières.
 Le cadre comptable de l’Etat est strict, car
le régime juridique est contraignant. A titre
illustratif, il faut une autorisation préalable
(vote de l’Assemblée nationale) de la loi
des finances avant son exécution et il
existe une séparation des fonctions
d’ordonnateur et de comptable ainsi que
les multiples contrôles.
AU PLAN DES CONDITIONS D’ACTION

Finances publiques Finances privées


 L’Etat n’est pas limité dans ses  Le privé s’efforce de réaliser des
ressources, il évalue d’abord ses bénéfices
dépenses, dont certaines sont  La mauvaise gestion du privé est
illimitables (justice, défense, police) et sanctionnée par la faillite.
détermine ensuite les moyens de les
couvrir.
 L’Etat ne peut être acculé à la
banqueroute.
1.3. FINANCES PUBLIQUES : UNE DISCIPLINE
TRANSVERSALE
 Les finances publiques s’analysent, de façon générale, comme
l’ensemble des règles et opérations relatives aux finances de
l’Etat, des collectivités territoriales, des organismes de sécurité
sociale, des établissements publics et de toute autre personne
morale de droit public.
 Les finances publiques peuvent être abordées sous plusieurs
approches
JURIDIQUE ET POLITIQUE (1/2)

 Une approche juridique des problèmes financiers réduit la théorie financière à


l’étude des règles juridiques, administratives et constitutionnelles régissant :
l’établissement du budget et l’exécution des dépenses et des recettes publiques,
l’établissement et le recouvrement de l’impôt, la gestion de l’emprunt.

 Ce faisant, l’approche juridique ou constitutionnelle est abordée au travers de


l’adoption et du contrôle du budget par le parlement. En effet, le budget est la
traduction d’une loi, la loi de finances, qui est un acte par lequel le parlement
autorise annuellement l’exécutif à réaliser des recettes et à effectuer des dépenses.
JURIDIQUE ET POLITIQUE (2/2)

 Une approche politique révélée par le choix des dépenses


publiques et la structure du système fiscal. Le budget est un
document politique car en plus de son rôle d’opérations de
comptabilité, il est un instrument de mise en œuvre des
programmes d’action politique : c’est le reflet financier de la
politique du Gouvernement. Il est donc un document financier
de prévision et d’autorisation annuelle des ressources et des
charges de l’Etat.
ECONOMIQUE ET FINANCIÈRE

 L’approche économique des finances publiques s’intéresse à :


l’impact productif ou improductif des dépenses publiques,
l’utilisation du déficit budgétaire et le rôle de l’équilibre budgétaire
sur la conjoncture, l’effet du prélèvement fiscal sur le
comportement et l’activité des agents économiques.
 En outre, l’approche économique et financière est liée à l’impact des
dépenses et des recettes sur l’économie et au déficit budgétaire.
 En effet, la loi de finances est le reflet des objectifs économiques et
financiers du gouvernement. Les structures économiques et la
conjoncture influencent les finances de l’Etat et qui sont en même
temps l’instrument utilisé par le gouvernement pour les orienter.
SOCIOLOGIQUE ET PSYCHOLOGIQUE
 L’approche sociologique se consacre à l’étude des décisions et de
leurs moyens d’exécution assurant la répartition des charges
publiques entre les groupes sociaux résultant de la gestion
administrative et du développement économique et social de
l’ensemble national. En outre, l’approche sociologique est marquée
par l’influence des structures sociales et les rapports de force entre
les groupes sociaux.
 l’approche psychologique est liée à la méfiance et à la confiance que
l’Etat peut inspirer aux agents lorsqu’il décide d’emprunter par
exemple.
 Ainsi tout choix budgétaire de l’Etat est d’abord un choix
politique, et pour réaliser ses objectifs et de ce fait honorer ses
engagements l’Etat est appelé à opérer des choix rationnels en
déterminant ses priorités, les organiser en fonction de calculs et
de raisonnements compatibles avec la conjoncture économique
et sociale.
II. LES FONDEMENTS THEORIQUES DU ROLE DE
L’ETAT
2.1. EVOLUTION DU ROLE DE L’ETAT
2.1.1 L’ETAT ET LA THEORIE CLASSIQUE : ETAT MINIMAL, ETAT
GENDARME (1/4)

 La théorie libérale, issue du courant de pensée libérale, a une


approche particulière du rôle de l’Etat. Cette théorie est en grande
partie fondée sur l’idée selon laquelle la régulation de l’économie,
notamment le bon fonctionnement des activités économiques, doit
se faire par le biais du marché, précisément par la confrontation de
l’Offre et de la Demande sur le marché. Le marché, étant doté de
mécanismes de correction automatiques, peut s’autoréguler. La
théorie libérale confère ainsi à l’Etat différents rôles.
2.1.1 L’ETAT ET LA THEORIE CLASSIQUE : ETAT MINIMAL, ETAT
GENDARME (2/4)

 Selon la vision libérale du marché, qui se base sur la notion de


« main invisible » d’Adam Smith, le marché est le plus souvent le
moyen le plus efficace qui puisse exister pour le développement
économique et social d’un Etat, car la recherche continue de
l’intérêt individuel conduit nécessairement à l’atteinte de l’intérêt
général (collectif).
2.1.1 L’ETAT ET LA THEORIE CLASSIQUE : ETAT MINIMAL, ETAT
GENDARME (3/4)

 Dans cet ordre d’idée, le rôle de l’Etat doit se limiter au strict


minimum indispensable : les fonctions régaliennes de l’Etat – la
défense et la sécurité, la justice, l’administration générale, etc.
Ainsi, l’Etat ne doit pas intervenir dans la sphère économique,
surtout pour réglementer le marché. Toute intervention de l’Etat,
dans ce sens, ne ferait que perturber l’ordre économique préétabli
par le « jeu du marché ».
2.1.1 L’ETAT ET LA THEORIE CLASSIQUE : ETAT MINIMAL, ETAT
GENDARME (4/4)

 Les éléments de ce « jeu du marché » que sont le profit et son


accumulation via le marché ont montré dans la pratique tout au
long du XXème siècle leurs limites dues surtout à l’incapacité du
marché à s’autoréguler de façon constante.
 La théorie libérale s’est ainsi butée aux défaillances du concept de la
régulation par le marché.
2.1.1 L’ETAT ET LA THEORIE CLASSIQUE : LES LIMITES

 Les défaillances institutionnelles :  Les défaillances du marché :


défaut de la conformité de la politique imperfections du marché, telles :
de l’Etat avec :  Les monopoles et la segmentation ;
 La libéralisation des activités économiques  L’information imparfaite, incomplète sur les
(formation des prix/revenus sur le marché, prix, les quantités et la qualité des biens et
suppression de subventions de l’Etat, services sur le marché ;
dépréciation de la monnaie, accessibilité aux
crédits, privatisation, etc. ;  L’incertitude et les difficultés d’accès au
marché, etc.
 La bonne gouvernance qui implique la
transparence, la participation, la
responsabilité ;
 L’Etat de droit, etc.
2.1.1 L’ETAT ET LA THEORIE CLASSIQUE : LES LIMITES

 Toutes ces insuffisances descellées dans le fonctionnement du marché et de la


régulation libérale ont eu comme conséquences aux yeux de certains économistes :
 L’absence de libéralisation, de décentralisation (dans certains domaines), de démocratie
(dans certains pays) ;
 La montée de la bureaucratie (Max Weber) ;

 Les autres effets pervers de la défaillance globale du libéralisme.


2.1.2 L’ETAT CONTEMPORAIN ET LA PENSEE KEYNESIENNE : L’ETAT
DE PROVIDENCE OU NECESSITE D’INTERVENTION DE L’ETAT
 J.M. Keynes, dans son raisonnement, a démontré que la rationalité
des comportements individuels, tant prônée par les classiques, ne
conduit pas toujours à une situation optimale (optimum de Pareto).
 L’analyse de Keynes démontre qu’en période de ralentissement
économique, dû surtout à une faible Demande, la baisse de certains
prix à la consommation ou une augmentation de revenus encourage
certains ménages à anticiper leurs achats pour profiter de la
réduction des prix. A cet effet, Keynes préconise une intervention de
l’Etat pendant les périodes de « creux économiques » et une
intensification de la relation entre le marché et l’Etat. Ce dernier doit
soit se substituer au marché ou le soutenir lorsqu’il est défaillant et
mettre en œuvre des politiques conjoncturelles.
2.2. FONCTIONS-OBJECTIFS ET INSTRUMENTS
2.2.1 FONCTIONS DE L’ETAT SELON MUSGRAVE (1/3)

 Richard Musgrave attribue une triple fonction à l’Etat et aux


finances publiques : la fonction d’allocation de ressources, la fonction
de redistribution et la fonction de stabilisation économique.
 Un rôle d’allocation de ressources
 L’Etat doit assurer le fonctionnement des services publics en allouant des
recettes prélevées sur la collectivité aux services dont il a la charge. En
particulier, l’État doit s’atteler à la production des biens publics et à la
gestion des externalités.
2.2.1 FONCTIONS DE L’ETAT SELON MUSGRAVE (2/3)

 Un rôle de redistribution
 L’Etat a pour mission de redistribuer une partie des revenus :
 Au niveau des recettes, l’institution d’un impôt progressif sur le
revenu redistribue les revenus des particuliers entre eux.
 Au niveau des dépenses : en subventionnant les organismes de
sécurité sociale, le Budget de l’Etat contribue à assurer des revenus
aux plus pauvres. Les Finances Publiques sont un moyen privilégié de
redistribution sous diverses formes : pensions, allocations, secours.
2.2.1 FONCTIONS DE L’ETAT SELON MUSGRAVE (3/3)

 Un rôle de stabilisation économique


 L’Etat doit réguler les fluctuations conjoncturelles. Pendant les récessions,
l’activité économique se réduit et l’Etat doit prendre des mesures de relance
économique à travers une politique budgétaire expansionniste.
 Cette typologie de Musgrave prête cependant à discussion, dans la
mesure où la séparation des trois fonctions n’est pas toujours
opératoire : ainsi, la fonction de régulation peut s’opérer au travers de
la fiscalité, ce qui affecte la fonction de redistribution, ou en faisant
varier les dépenses de fonctionnement de l’institution étatique, ce qui
influe sur la fonction d’affectation des ressources.
 Par conséquent, influencé par la théorie keynésienne, l’Etat contemporain a accru
considérablement ses dépenses et ses recettes. Les déficits budgétaires sont
autorisés et l’Etat peut faire appel à l’emprunt pour financer ses dépenses.
 En somme, d’une conception classique restrictive à une conception keynésienne
expansionniste, le rôle de l’Etat s’est accru au fil des années et est devenu
prépondérant dans les économies dites libérales, capitalistes ou non. En même
temps, c’est la place des Finances publiques qui s’est agrandie dans le champ de la
science économique. De nos jours, malgré des conceptions interventionnistes
controversées dans les pays occidentaux, les dépenses publiques en pourcentage
du PIB ont atteint des niveaux élevés (environ 60% du PIB en Europe), prouvant
l’importance accrue de l’Etat dans l’économie. Dans les pays en voie de
développement, du fait du faible développement du secteur privé, l’Etat a joué
pendant longtemps un rôle prépondérant dans l’économie.
DÉPENSES PUBLIQUES PAR RÉGION
Evolution des dépenses publiques totales du gouvernement en pourcentage du PIB de 1980 à 2023 – Moyenne par région.
2.2.2 LES OBJECTIFS ET INSTRUMENTS DE L’ETAT

 Par sa politique économique, l’Etat poursuit des objectifs différents


et dispose d’un large éventail d’instruments. Les objectifs de la
politique économique sont souvent résumés au travers du « carré
magique » de Kaldor. La politique aurait pour mission d’agir sur le
taux d’inflation (généralement dans le sens d’une diminution du taux
d’inflation), sur le taux de chômage (généralement dans le sens d’une
baisse du taux de chômage), sur le taux de croissance de la
production (généralement dans le sens d’une accélération de la
croissance), sur l’équilibre extérieur (généralement dans le sens d’une
réduction du déficit extérieur et d’une stabilité du taux de change).
2.2.2 LES OBJECTIFS ET INSTRUMENTS DE L’ETAT

 Par sa politique économique, l’Etat poursuit des objectifs différents


et dispose d’un large éventail d’instruments. Les objectifs de la
politique économique sont souvent résumés au travers du « carré
magique » de Kaldor. La politique aurait pour mission d’agir sur le
taux d’inflation (généralement dans le sens d’une diminution du taux
d’inflation), sur le taux de chômage (généralement dans le sens d’une
baisse du taux de chômage), sur le taux de croissance de la
production (généralement dans le sens d’une accélération de la
croissance), sur l’équilibre extérieur (généralement dans le sens d’une
réduction du déficit extérieur et d’une stabilité du taux de change).
2.2.2 LES OBJECTIFS ET INSTRUMENTS DE L’ETAT

 Le problème est que la poursuite simultanée de ces différents


objectifs apparait souvent conflictuelle : par exemple, si l’on considère
la relation de Phillips, une relance des dépenses publiques permet de
faire diminuer le chômage, mais entraine aussi une reprise de
l’inflation. Face à ce conflit d’objectifs l’Etat doit opérer une
hiérarchisation des objectifs. Le tableau ci-dessous résume les
objectifs et les instruments de la politique économique de l’Etat.
Objectifs Instruments
Politique budgétaire Arbitrage inflation/chômage Commandes publiques (ex : dépenses
militaires)
Financement des biens collectifs Nombre de fonctionnaires ;
Redistribution des richesses Rémunération des fonctionnaires
Transferts sociaux (allocations)
Politique fiscale Arbitrage inflation/chômage Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
Financement des biens collectifs Impôt sur le revenu
Redistribution des richesses Impôt sur les sociétés
Modernisation de l’appareil productif

Politique monétaire Stabilité des prix Encadrement du crédit


Arbitrage inflation/chômage Taux de réserves obligatoires
Stabilité du taux de change Taux de réescompte
Intervention sur le marché monétaire

OBJECTIFS ET INSTRUMENTS DE LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE, FISCALE ET MONÉTAIRE DE L’ETAT


2.3. LA CROISSANCE DES DEPENSES PUBLIQUES ET SES
EXPLICATIONS
2.3.1 LA LOI DE WAGNER

 Wagner (1958) établit dès la fin du XIX siècle une loi selon laquelle
l’élasticité des dépenses publiques au revenu national est supérieure à
l’unité, soit :
𝑑𝐺 𝑃𝐼𝐵
 𝑒𝑑𝑝 = . >1
𝑑𝑃𝐼𝐵 𝐺
 Cette inéquation signifie qu’une hausse de 10% du PIB (soit dPIB/PIB
= 10%) entraine une augmentation des dépenses publiques de plus de
10% (soit dG/G > 10%).
2.3.1 LA LOI DE WAGNER

 Wagner avance deux arguments pour justifier cette loi :


 La croissance économique implique la mise en place
d’infrastructures (routes, ponts etc.), qui sont financées par l’Etat,
dans la mesure où il s’agit des biens collectifs ;
 La croissance économique s’accompagne d’une augmentation de la
demande de services non marchands tels que l’éducation et la
culture.
LIMITES DE LA LOI DE WAGNER

 Toutefois, on relève deux limites essentielles :

 Wagner formule sa loi dans le contexte de l’industrialisation des


pays occidentaux, ce qui diminue son pouvoir explicatif pour les pays
en développement (PED). En outre, des PED à élasticité de dépense
publique élevée ont eu des performances médiocres (Afrique
Subsaharienne par exemple) ;
 L’influence exercée sur les dépenses publiques par les risques de
guerres, les conflits, les crises politiques est négligée dans l’analyse.
2.3.2 L’EFFET DE DEPLACEMENT DE PEACOCK ET WISEMAN

 La loi de Wagner ne fournit cependant aucune indication quant à la manière


dont progressent ces dépenses publiques : est-ce de manière linéaire ? Deux
auteurs anglais, Peacock et Wiseman (1961) , apportent une réponse à cette
interrogation, en introduisant la notion de « l’effet de déplacement ». A partir
de l’étude de l’évolution des dépenses publiques par rapport au PIB au Royaume-
Uni depuis le milieu du XIXe siècle, ils montrent que cette évolution se passe, à
l’occasion de crises et de guerres. L’explication est relativement simple : en période
de calme, la population résiste à toute augmentation de la charge fiscale ; en
revanche, en situation de crise, les impôts peuvent augmenter. Une fois la crise
terminée, la charge fiscale ne revient cependant pas à son niveau antérieur : il y a un
effet cliquet, dû à l’émergence dépenses nées de la crise. Par exemple, suite à une
guerre, les dépenses militaires diminuent, mais il faut affecter une partie du budget à
de nouveaux postes tels que la reconstruction ou les pensions aux anciens
combattants.
III. CARACTÉRISTIQUES DU BUDGET DE L’ETAT ET
PRINCIPES DE LA GESTION DES FINANCES PUBLIQUES
3.1. CARACTERISTIQUES DU BUDGET DE L’ETAT
3.1.1 CONTOURS DU BUDGET DE L’ÉTAT

 Définition du budget : Le budget de l’État peut être défini comme


l’ensemble des documents, votés par le parlement, qui prévoient et
autorisent les ressources et les charges de l’État pour chaque année.
Le budget de programmes est une nomenclature de présentation du
budget de l’Etat qui permet de mettre en relation l’utilisation de
crédits budgétaires et les politiques publiques mises en œuvre.
3.1.1 CONTOURS DU BUDGET DE L’ÉTAT

 Les différents types de budget : Le budget de l’Etat comporte trois catégories de


compte :
• le budget général ‫׃‬C’est la partie du budget de l’Etat qui retrace toutes les recettes et
toutes les dépenses de l’Etat, à l’exception des recettes affectées par la loi de finances à
certaines dépenses.
• Les budgets annexes ‫׃‬Ce sont les budgets retraçant les recettes et les dépenses des
services de l’Etat non dotés de personnalité morale dont l’activité tend essentiellement à
produire des biens ou a rendre des services donnant lieu à paiement.
• les comptes spéciaux du Trésor ‫׃‬Ils retracent les recettes et les dépenses de l'Etat entre
lesquelles on veut établir un lien, soit que l’on veuille affecter certaines recettes a la
couverture de certaines dépenses, soit que l’on veuille faire apparaitre une sorte de bilan
entre des opérations qui sont en étroite corrélation.
3.1.2 LES LOIS DE FINANCES

 Définition : Les lois de finances déterminent pour un exercice (une


année civile), la nature, le montant et l’affectation des charges et des
ressources de l’Etat, ainsi que l’équilibre budgétaire et financier qui en
résulte (Art.2, loi n°2013-028).
 Les différentes catégories de lois de finances : Il existe trois catégories
de loi de finances : la loi de finances de l’année, les lois de finances
rectificatives et la loi de finances de règlement (Art.4, loi n°2013-028).
3.1.2 LES LOIS DE FINANCES

• La loi de finances initiale : La loi de finances de l’année, prévoit et autorise,


pour chaque année civile, l’ensemble des ressources et des charges de l’Etat.
• Les lois de finances rectificatives : Les lois de finances rectificatives,
modifient, en cours d’année, les dispositions de la loi de finances de l’année ;
• La loi de règlement : La loi de règlement constate les résultats financiers de
chaque année civile et rend compte de l’exécution du budget ainsi que de
l’utilisation.
• NB : La loi de finances est un cadre législatif précis pour le budget de l'État,
tandis que la loi financière est un concept plus général qui regroupe toutes les
lois ayant un impact sur les finances publiques, mais sans être nécessairement
liée à la gestion du budget annuel de l'État.
3.1.3 LA STRUCTURE DU BUDGET : LES RESSOURCES ET CHARGES
DE L’ETAT

 Les ressources et les charges de l’Etat sont constituées de recettes et de


dépenses budgétaires ainsi que de ressources et de charges de trésorerie (Art. 5, loi
n°2013-028).

 Les recettes et dépenses budgétaires :

 Les recettes budgétaires de l’Etat comprennent : les impôts, les taxes ainsi que le
produit des amendes ; les rémunérations des services rendus et redevances ; les
fonds de concours, dons et legs ; les revenus des domaines et des participations
financières ; les produits divers (Art.7, loi n°2013-028). Ci-dessous, le tableau
présente un exemple du détail des recettes par nature au Mali.
TABLEAU 3 : DÉTAILS DES RECETTES PAR NATURE (EN MILLIARDS DE FRANC CFA), 2018-2019.
3.1.3 LA STRUCTURE DU BUDGET : LES RESSOURCES ET CHARGES
DE L’ETAT

 Les dépenses budgétaires de l’Etat comprennent : les dépenses ordinaires


(dépenses de personnel ; charges financières de la dette ; dépenses
d’acquisitions de biens et services etc.) et les dépenses en capital (les
dépenses d’investissements exécutés par l’Etat ; les dépenses de transferts
en capital (Art.10, loi n°2013-028). Ci-dessous, le tableau présente un
exemple du détail des dépenses par nature au Mali.
TABLEAU 4 : DÉTAIL DES DÉPENSES PAR NATURE (EN MILLIARDS DE FRANCS CFA), 2018-2019
3.1.3 LA STRUCTURE DU BUDGET : LES RESSOURCES ET CHARGES
DE L’ETAT

 NB : Le solde budgétaire est la différence entre les recettes et les


dépenses budgétaires. Lorsque ce solde est positif, il s’agit d’un excédent
budgétaire. Dans le cas contraire, on parle de déficit budgétaire (voir
graphique 1 à titre d’exemple). En outre, les ressources et charges de
trésorerie ne sont pas prises en compte dans le solde budgétaire.
GRAPHIQUE 1 : LE DÉFICIT BUDGÉTAIRE, LFI 2019.
3.1.3 LA STRUCTURE DU BUDGET : LES RESSOURCES ET CHARGES
DE L’ETAT

 Les ressources et charges de trésorerie

 Les ressources de trésorerie de l’Etat comprennent : les produits


provenant de la cession des actifs ; les produits des emprunts à court,
moyen et long terme ; les dépôts sur les comptes des correspondants
; les remboursements de prêts et avances (Art. 26, Loi n°2013-028).
Ci-dessous, le tableau présente un exemple de l’évolution des
ressources de trésorerie au Mali.
TABLEAU 5 : EVOLUTION DES RESSOURCES DE TRÉSORERIE (EN MILLIARDS DE FRANCS CFA), 2018-2019
3.1.3 LA STRUCTURE DU BUDGET : LES RESSOURCES ET CHARGES
DE L’ETAT

 Les charges de trésorerie de l’Etat comprennent : le


remboursement des produits des emprunts à court, moyen et long
terme ; les retraits sur les comptes des correspondants ; les prêts et
avances (Art. 27 de la loi n°2013 028). Ci-dessous, le tableau présente
un exemple de l’évolution des charges de trésorerie au Mali.
TABLEAU 6 : EVOLUTION DES CHARGES DE TRÉSORERIE (EN MILLIARDS DE FRANCS CFA), 2018-2019
3.1.3 LA STRUCTURE DU BUDGET : LES RESSOURCES ET CHARGES
DE L’ETAT

 NB : Les ressources et les charges de trésorerie de l’Etat sont


imputées à des comptes de trésorerie par opération lors de leur
encaissement et paiement (Art. 72, loi n°2013-028).
3.2 PRINCIPES DE LA GESTION DES FINANCES
PUBLIQUES
 Ces principes sont un ensemble de règles inspirées par les
économistes classiques du XIXe siècle, destinées à encadrer et à
surveiller l’activité financière de l’Etat d’alors. Mais ces règles se
justifient encore de nos jours car leur valeur technique constitue
des méthodes claires de présentation et d’exécution du budget,
facilitant ainsi le contrôle de l’autorité budgétaire sur l’exécutif.
On distingue 3 catégories : les principes budgétaires, les principes
de la gestion financière, et les principes de la fiscalité.
3.2.1 LES SOURCES DES FINANCES PUBLIQUES AU MALI (1/4)

 Les sources internes


 Au Mali, les sources du droit budgétaire sont surtout l’ordonnance n° 46 bis
du 16 Novembre 1960 qui porte loi organique relative aux lois des finances
et plusieurs autres lois et textes réglementaires.
 La constitution de 1992, remplacée par la constitution de 2023. La
constitution contient diverses règles et divers principes qui affectent les
Finances Publiques. Il s’agit surtout :
 De légalité devant la loi ;
 De l’autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle ;
 De la compétence du parlement, en matière de loi de finances et en
matière fiscale et financière.
3.2.1 LES SOURCES DES FINANCES PUBLIQUES AU MALI (2/4)

 Les sources internes (suite)

 Les textes financiers : Ce sont des lois dont le contenu est


matériellement constitutionnel, il s’agit notamment de la loi n° 96-060 du
04 Novembre 1996 relative à la loi des finances ; de la loi n°96-061 du
04 Novembre 1996 portant principes fondamentaux de la comptabilité
publique ; du décret n° 97-192/P-RM du 9 juin 1997 portant règlement
général de la comptabilité publique.
3.2.1 LES SOURCES DES FINANCES PUBLIQUES AU MALI (3/4)

 Les sources communautaires


 En matière de droit communautaire, le Mali s’inspire beaucoup des directives (fixent les
règles relatives aux contenus, à la présentation, à l’élaboration, à l’adoption, l’exécution et
le contrôle des lois de finances) de l’UEMOA, des réformes pour une gestion rigoureuse
des finances publiques. Parmi ces réformes on peut noter :
 Le code de transparence de gestion des Finances Publiques (Loi N°2013-031/du 23
juillet 2013 portant approbation du Code de transparence dans la gestion des Finances
publiques).
 La directive n°06/2009/CM/UEMOA portant loi des Finances au sein de l’UEMOA, vise
à harmoniser le cadre juridique des finances publiques, afin de faciliter la surveillance
multilatérale des politiques budgétaires).
3.2.1 LES SOURCES DES FINANCES PUBLIQUES AU MALI (4/4)

 Les sources communautaires (Suite)

 La directive n°06/2009/CM/UEMOA portant loi des Finances au sein de


l’UEMOA, vise à harmoniser le cadre juridique des finances publiques, afin de
faciliter la surveillance multilatérale des politiques budgétaires).
3.2.2 LES PRINCIPES BUDGETAIRES

 Les finances publiques sont encadrées par des principes appelés « les grands
principes budgétaires ». Ces principes ont tous pour objectif de permettre au
Parlement d’exercer un contrôle approfondi sur les finances publiques.

 Ainsi, le budget se trouve soumis aux principes ci-après : Principe de l’annualité ;


Principe de l’unité ; Principe de l’universalité ; Principe de la spécialité ; Principe de
l’équilibre ; Principe de la sincérité.

 Ces principes ont des exceptions qui sont prévues par la loi pour les adapter au
budget en rapport avec l’évolution socio-économique du rôle de l’Etat et la
diversification de ses instruments d’intervention. Ceci implique une certaine
souplesse au niveau de l’exécution.
 Le budget se trouve soumis aux principes ci-après : Principe de
l’annualité ; Principe de l’antériorité de l’autorisation ; Principe de
l’unité ; Principe de l’universalité ; Principe de la non-affectation des
recettes ; Principe de la spécialisation des crédits ; Principe de
l’équilibre ; Principe de la sincérité.
 Ces principes ont des exceptions qui sont prévues par la loi pour
les adapter au budget en rapport avec l’évolution socio-économique
du rôle de l’Etat et la diversification de ses instruments d’intervention.
Ceci implique une certaine souplesse au niveau de l’exécution.
QUELQUES DÉFINITIONS (1/2)

 Rappel sur le budget : le budget de l'État est un document financier qui détaille les
prévisions de recettes et les autorisations de dépenses pour une année civile
donnée.
 Les douzièmes provisoires : C'est une procédure permettant de gérer les
finances publiques d'un État mois par mois, à hauteur de 1/12e du budget annuel
précédent, en l'absence de vote de la loi de finances.
 Les lois de finances rectificatives : Ce sont des lois adoptées en cours d'exercice
pour ajuster les prévisions budgétaires initiales, en fonction de l'évolution des
recettes et des dépenses publiques.
 La pluri-annualité budgétaire : Elle permet de planifier les dépenses publiques
sur plusieurs années, généralement dans un cadre de programmation budgétaire
pluriannuelle, pour mieux gérer les finances à moyen terme.
QUELQUES DÉFINITIONS (2/2)

 Le report de crédits : C’est la possibilité de transférer des crédits non


utilisés d’une année budgétaire à la suivante, sous certaines conditions.
 Budget annexe : C'est un budget distinct du budget général, consacré à des
services publics spécifiques financés en partie par leurs propres recettes.
 Compte spécial du trésor : Ce sont des comptes créés pour retracer des
opérations spécifiques (recettes et dépenses) qui ne figurent pas dans le
budget général, mais restent sous le contrôle du Trésor public.
 Fonds de concours pour dépenses d’intérêt public : sont constitués de
ressources mises à disposition de l’État par des tiers (entreprises, particuliers,
organismes) et et dont la particularité réside dans le fait qu’elles doivent être
utilisées conformément à l’intention de la partie versante.
PRINCIPES DE L’ANNUALITÉ

 Le principe d’annualité suppose que l’autorisation budgétaire


accordée par le Parlement le soit chaque année pour une année. Ce
principe découle de l’obligation annuelle du vote de l’impôt par le
corps législatif.
PRINCIPES DE L’ANNUALITÉ

 Dérogations au principe de l’annualité


 Les douzièmes provisoires
 Les lois de finances rectificatives
 La pluri annualité budgétaire
 Le report de crédits
 Affectations de certaines recettes à certaines dépenses sous la forme
de budget annexe, de compte spécial du trésor, de fonds de
concours pour dépenses d’intérêt public.
PRINCIPES DE L’ANNUALITÉ

 Limites au principe de l’annualité: contexte


 Le principe a montré ses limites pratiques au fil du temps. À mesure que le rôle de l'État
s'est accru au début du XXème siècle, notamment avec le développement de
l'interventionnisme et de la planification économique, ce principe a dû être réajusté. Des
mécanismes de pluri-annualité budgétaire se sont progressivement imposés pour
répondre aux exigences de projets à long terme, tels que les grands travaux
d’infrastructures, les programmes d'investissement et les politiques publiques complexes.
 Par exemple, les grands projets d'infrastructure, comme la construction de réseaux
ferroviaires ou le développement des énergies renouvelables (ex : le Green Deal
européen), nécessitent des engagements financiers sur plusieurs années. Ce type de projet
dépasse largement le cadre annuel du budget et nécessite une planification pluriannuelle
pour garantir la continuité des financements et l'achèvement des travaux. De même, en
période de crise économique, comme lors de la crise financière de 2008 ou celle causée
par la pandémie de COVID-19, des plans de relance pluriannuels sont souvent nécessaires
pour stabiliser l'économie sur plusieurs exercices.
PRINCIPES DE L’ANNUALITÉ

 Limites au principe de l’annualité: contexte


 Ainsi, le cadre temporel du contrôle parlementaire doit être repensé
pour s’adapter à ces nouvelles réalités. Le contrôle a priori, réalisé par
le vote du budget, devrait se concentrer sur les priorités en début de
législature et être complété par un contrôle a posteriori renforcé, via
la loi de règlement et le suivi continu assuré par les commissions des
finances des assemblées parlementaires. Ce renforcement du contrôle
permet de garantir que les engagements pris dans une perspective
pluriannuelle soient conformes aux priorités définies et que les
dépenses soient réalisées dans le respect des crédits votés.
PRINCIPES DE L’UNITÉ

 Le principe de l’unité suppose la présentation dans un document


unique du budget de l’État : la loi de finances. Ce principe vise à offrir
une vision globale et cohérente du budget de l’État, permettant ainsi
au Parlement et aux citoyens de comprendre plus facilement les
priorités économiques et les choix budgétaires du gouvernement. La
présentation d’un budget unique favorise la transparence et permet
d’éviter la dispersion ou la dissimulation de certaines dépenses.
PRINCIPES DE L’UNITÉ
 Dérogations au principe de l’unité
 La débudgétisation : cette technique consiste à alléger le budget
général de l'État en reportant certaines des dépenses qu'il supportait
jusque-là vers les budgets annexes et les comptes spéciaux du Trésor,
fonds de concours.
 Les budgets autonomes : ce sont ceux des organismes publics ou
privés, dotés de personnalité morale et assurant une mission de
service public. Leurs comptes ne sont pas intégrés dans la loi de
finances car ils disposent de leurs budgets propres. Cependant, ils
reçoivent des subventions de la part de l'État et n'apparaissent
pourtant pas au budget.
PRINCIPES DE L’UNITÉ

 Limites au principe de l’unité


 Le principe d'unité s'applique exclusivement aux ressources et aux
charges dites « budgétaires de l'État ». Ces recettes et dépenses sont
définies par les articles 7 et 10 de la Loi n°2013-028 du 11 juillet 2013
relative aux lois de Finances. Toutefois, certaines opérations financières
réalisées par l'État échappent à cette classification budgétaire, bien
qu'elles soient enregistrées dans la comptabilité générale. Ces opérations
peuvent inclure, par exemple, les transactions effectuées par des
organismes publics autonomes, les opérations des comptes spéciaux, ou
encore certaines opérations de trésorerie. Ainsi, ces transactions ne sont
pas directement inscrites dans le budget de l'État, mais continuent à avoir
un impact sur sa situation financière globale.
PRINCIPES DE L’UNIVERSALITÉ

 Le principe de l’universalité suppose la présentation intégrale des


recettes et des dépenses du budget de l’État. Le respect du principe
d’universalité impose de rassembler au sein d’un document unique
l’ensemble des informations relatives aux recettes et aux dépenses sans
contraction (toute les recettes et toutes les dépenses sont inscrite sans
compensation entre elles) ni affectation (toutes les recettes financent
toutes les dépenses).
PRINCIPES DE L’UNIVERSALITÉ

 Dérogations au principe de l’universalité


Quelques dérogations sont néanmoins permises et visées dans la Directive N°
06/2009/CM/UEMOA du 26 juin 2009 portant lois de finances au sein de L’UEMOA (loi n°2013-
028 du 11 juillet 2013, modifiée, portant lois de finances) :
• La procédure de fonds de concours (ce sont des sommes versées par
des personnes physiques ou morales et qui contribuent entièrement
ou en partie à des dépenses d’intérêt public.) ;
• La procédure de rétablissement de crédits (correspond à la
reconstitution budgétaire de crédits consommés : annulation d’une
dépense déjà effectuée.) ;
PRINCIPES DE L’UNIVERSALITÉ

 Dérogations au principe de l’universalité


• Les budgets annexes (constituent une procédure d’identification
budgétaire d’une activité de l’Etat dont les services n’ont pas été
constitués en établissement public) ;
• Les comptes spéciaux du Trésor (constituent, aux côtés du budget
général et des budgets annexes, la troisième et dernière modalité de
présentation des crédits budgétaires. Ils se distinguent du budget
général en retraçant les opérations de services de l'Etat que l'on
entend séparer en raison de leur caractère temporaire, de leur nature
industrielle ou commerciale ou de l'affectation de certaines ressources
à certaines dépenses).
PRINCIPES DE LA SPÉCIALITÉ

 Le principe de la spécialité impose que les crédits alloués par le


Parlement soient affectés à des dépenses spécifiques, définies par nature
ou par objectif. Cela signifie que les fonds accordés pour une mission
donnée ne peuvent être utilisés pour une autre sans une autorisation
législative explicite. Ce principe vise à renforcer le contrôle sur
l’utilisation des fonds publics et à éviter tout détournement des
ressources vers des projets non prévus.
PRINCIPES DE LA SPÉCIALITÉ
 Dérogations au principe de la spécialité
• Les transferts de crédit : permettant la modification de la répartition des crédits votés par le
parlement au stade de l’adoption de la loi des finances. Ces transferts permettent de modifier non pas
la nature de la dépense mais le service responsable de la dépense.
• Les virements de crédits similaires aux transferts de crédit mais permettent de modifier la nature de
la dépense.
• Les dotations pour provision : elles sont relatives aux mission Crédits non répartis qui comprend
deux dotations : une consacrée aux Dépenses accidentelles et imprévisibles et une seconde intitulée
Provisions relatives aux rémunérations publiques qui correspond aux mesures générales en matière
de rémunérations dont la répartition par programme ne peut être déterminée avec précision au
moment du vote des crédits.
• Les fonds spéciaux : Les fonds spéciaux – autrement appelés fonds secrets – bénéficient d’un régime
juridique particulier – en raison, justement, du secret dans lequel ils sont utilisés.
PRINCIPES DE L’ÉQUILIBRE
 Le principe de l’équilibre budgétaire exige que les recettes et les dépenses de l’État
soient équilibrées. En d'autres termes, le montant total des recettes doit couvrir l’ensemble des
dépenses prévues dans le budget. Ce principe est essentiel pour éviter l’accumulation d’une
dette publique excessive et garantir la soutenabilité des finances publiques à long terme. Bien
que le recours au déficit soit parfois nécessaire, notamment en période de crise économique, le
principe de l’équilibre reste un objectif fondamental de la gestion budgétaire. Un constat
s’impose : ce principe budgétaire – tel qu’appliqué à l’État – relève de la fiction. Les chiffres
parlent d’eux-mêmes, chaque année, le budget de l’État accuse un déficit, devenu systématique
depuis plus de quarante ans. Seules les contraintes régionales semblent avoir contribué à limiter
les dérapages budgétaires.
PRINCIPES DE LA SINCÉRITÉ

 Le principe de la sincérité budgétaire impose que les prévisions de recettes et


de dépenses soient établies de manière honnête et réaliste. Cela signifie que le
gouvernement doit s’efforcer de fournir une estimation aussi précise que possible
de l’état des finances publiques et des perspectives économiques. La sincérité vise
à éviter la manipulation des chiffres pour donner une fausse image de la situation
budgétaire ou pour dissimuler des déséquilibres potentiels. Les aménagements au
principe de sincérité concernent les opérations de régularisation budgétaire qui
peuvent être effectuées en fin d’exercice pour corriger les erreurs ou les
omissions constatées en cours d’exercice.
3.2.3 LES PRINCIPES DE LA GESTION FINANCIÈRE

 La gestion financière s’effectue selon les règles de la comptabilité publique, elle


n’est qu’un élément de cet ensemble qui va de la préparation du budget au
contrôle de son exécution.
 La séparation de l’ordonnateur et du comptable public est un principe
fondamental de la comptabilité publique. Le Décret n°2018-0009/P-RM du 10
janvier 2018 portant règlement général sur la comptabilité publique fixe les
règles régissant l’exécution des budgets publics. C’est ainsi qu’en matière de
dépenses, l’ordonnateur est chargé de l’engagement, de la liquidation et du
mandatement des dépenses, et le comptable de leur prise en charge et de leur
paiement. Un second principe porte sur la distinction des opérations budgétaires
et de trésorerie.
3.2.3 LES PRINCIPES DE LA GESTION FINANCIÈRE

 La comptabilité publique : ensemble des comptes et des règles relatives à


leur tenue et à la manière dont s’effectuent les opérations financières des
administrations publiques. Au sens large, la comptabilité publique comprend
l’ensemble des règles déterminant les obligations et les responsabilités des
ordonnateurs et des comptables, ainsi que les règles juridiques d’exécution des
recettes et des dépenses.
3.2.3 LES PRINCIPES DE LA GESTION FINANCIÈRE

 La comptabilité publique : ensemble des comptes et des règles relatives à


leur tenue et à la manière dont s’effectuent les opérations financières des
administrations publiques. Au sens large, la comptabilité publique comprend
l’ensemble des règles déterminant les obligations et les responsabilités des
ordonnateurs et des comptables, ainsi que les règles juridiques d’exécution des
recettes et des dépenses.
 L’Ordonnateur : Un ordonnateur désigne une personne ayant qualité Est
ordonnateur toute personne ayant qualité au nom de l'Etat de prescrire
l'exécution des recettes et/ou des dépenses inscrites au budget.
3.2.3 LES PRINCIPES DE LA GESTION FINANCIÈRE

 Les ministres et les présidents des institutions constitutionnelles sont


ordonnateurs principaux des crédits, des programmes et des budgets annexes de
leur ministère ou de leur institution, sous réserve du pouvoir de régulation des
crédits budgétaires et de gestion de la trésorerie de l'Etat du ministre chargé des
Finances et du pouvoir du contrôleur financier définis dans la loi relative aux lois
de finances.
 Les ministres et les présidents d'institutions constitutionnelles exercent leurs
attributions d'ordonnateur par le moyen d'ordonnateurs délégués au niveau des
administrations centrales et d'ordonnateurs secondaires au niveau des services
déconcentrés de l'Etat (article 8).
3.2.3 LES PRINCIPES DE LA GESTION FINANCIÈRE

 Les ministres et les présidents des institutions constitutionnelles sont


ordonnateurs principaux des crédits, des programmes et des budgets annexes de
leur ministère ou de leur institution, sous réserve du pouvoir de régulation des
crédits budgétaires et de gestion de la trésorerie de l'Etat du ministre chargé des
Finances et du pouvoir du contrôleur financier définis dans la loi relative aux lois
de finances.
 Les ministres et les présidents d'institutions constitutionnelles exercent leurs
attributions d'ordonnateur par le moyen d'ordonnateurs délégués au niveau des
administrations centrales et d'ordonnateurs secondaires au niveau des services
déconcentrés de l'Etat (article 8).
3.2.3 LES PRINCIPES DE LA GESTION FINANCIÈRE

 Le Comptable public désigne tout agent public régulièrement habilité pour


effectuer, à titre exclusif, au nom de l'Etat ou d'un organisme public, des
opérations de recettes, de dépenses ou de maniement de titres, soit au moyen
de fonds et valeurs dont il a la garde, soit par virement interne d'écritures, soit
par l'intermédiaire d'autres comptables (article 15).
3.2.3 LES PRINCIPES DE LA GESTION FINANCIÈRE

 Le principe de séparation des ordonnateurs et des comptables publics.

 Les fonctions d’ordonnateur et celles de comptables sont incompatibles. Par


ailleurs, les conjoints, les ascendants et les descendants des ordonnateurs ne
peuvent être comptables des organismes auprès desquels ces ordonnateurs
exercent leurs fonctions. (Article 5).
 Ce principe a été énoncé en vue de limiter les risques de corruption et de
concussion. Il se justifie également en raison de l’incompétence de certains
ordonnateurs (notamment locaux) en matière de comptabilité publique.

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