LA BUDGÉTISATION SENSIBLE AU GENRE DANS LES FINANCES
PUBLIQUES AU MAROC : OUTILS D’INTÉGRATION DES FEMMES AU
DÉVELOPPEMENT
الحمد لله والصالة والسالم على موالنا رسول الله وعلى آله وصحبه ومن وااله،
Introduction : Une nouvelle vision pour l'égalité et l'inclusion
Mesdames et Messieurs,
Je tiens tout d’abord à exprimer ma profonde gratitude et mes remerciements les plus chaleureux à
l’équipe de l’UIC : Madame la Doyenne Ikram Sefiani, la Directrice du Labo MODD Hanane Chajri et
mon amie Pr. Meryem Aoudane pour m’avoir offert l’opportunité de participer à ce colloque et contribuer
à l’analyse d’une thématique qui est au cœur du débat national.
L'égalité des sexes n'est pas seulement une question de droits humains fondamentaux ; elle constitue
également un pilier incontournable du développement durable. Dans ce contexte, la budgétisation sensible
au genre (BSG) se présente comme un outil stratégique permettant de corriger les inégalités structurelles
tout en optimisant l’impact des politiques publiques.
Le Maroc, sous l'impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a entrepris des réformes profondes pour
intégrer les considérations de genre dans ses politiques publiques et son cadre budgétaire. Cette ambition
s’inscrit dans une vision plus large de modernisation de l’État et d'amélioration de la gouvernance, en
mettant un accent particulier sur l’inclusion des femmes dans le développement économique et social.
Mon intervention aujourd'hui vise à explorer :
1. Les fondements juridiques et institutionnels de la BSG au Maroc.
2. Les enjeux économiques associés à cette approche.
(éventuellement, si le temps le permet).
3. Une comparaison avec des expériences internationales.
4. Les défis et les perspectives pour le Maroc.
1. Cadre juridique et institutionnel de la BSG au Maroc
1.1. Un cadre juridique propice à l’égalité
Depuis le début des années 2000, le Maroc s’est engagé dans un processus ambitieux de réformes
juridiques visant à réduire les inégalités de genre. Ces avancées traduisent une volonté politique affirmée
de moderniser les institutions tout en répondant aux attentes sociales croissantes en matière d’équité et de
justice.
1.1.1. La réforme de la Moudawana en 2004 : une avancée significative
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Le nouveau Code de la famille, adopté en 2004, a marqué un tournant dans l’histoire juridique marocaine.
En modernisant les dispositions relatives au mariage, au divorce et à la garde des enfants, cette réforme a
donné aux femmes des droits élargis dans des domaines où elles étaient traditionnellement désavantagées.
Par exemple, le consentement mutuel est devenu obligatoire dans le mariage, réduisant ainsi les risques de
mariages forcés. De plus, la possibilité pour les femmes de demander le divorce pour discorde a permis de
renforcer leur autonomie face à des situations maritales abusives.
Cependant, malgré ces avancées, des critiques subsistent. Certaines voix pointent du doigt des
dispositions encore discriminatoires, telles que la tutelle masculine sur les enfants en cas de remariage de
la mère. Ces limites montrent que, bien qu’importante, la réforme de la Moudawana reste un jalon dans
un processus continu de lutte pour l’égalité.
1.1.2. La Constitution de 2011 : un fondement pour les droits humains
La Constitution marocaine de 2011 représente une avancée majeure pour les droits humains. L’article 19
consacre explicitement l’égalité entre les sexes, affirmant que « l’homme et la femme jouissent à égalité
des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental ».
Cette disposition ne se limite pas à une déclaration d’intention. Elle a établi un cadre légal pour
l’intégration systématique des considérations de genre dans l’élaboration des politiques publiques. Les
politiques budgétaires en sont un exemple marquant, avec l’émergence de mécanismes spécifiques
destinés à évaluer et à corriger les inégalités entre hommes et femmes dans l’accès aux ressources
publiques.
1.1.3. La Loi Organique relative à la Loi de Finances (LOLF) : un outil révolutionnaire
Adoptée en 2015, la LOLF a introduit une nouvelle ère dans la gestion budgétaire marocaine. En se
concentrant sur une approche axée sur les résultats, cette loi a non seulement amélioré l’efficacité des
dépenses publiques, mais a également ouvert la voie à une budgétisation sensible au genre (BSG).
Les articles 48 et 49 de la LOLF obligent les ministères à inclure des indicateurs genrés dans leurs
rapports de performance annuels. Cette exigence a permis une meilleure visibilité sur l’impact des
politiques publiques sur les hommes et les femmes, tout en identifiant les domaines nécessitant des
ajustements. Par exemple, dans le secteur de l’éducation, ces indicateurs ont révélé des disparités
importantes dans l’accès des filles aux établissements scolaires en zones rurales, incitant à des politiques
ciblées comme le programme Tayssir.
1.2. Une architecture institutionnelle renforcée
L’efficacité de la budgétisation sensible au genre (BSG) repose non seulement sur un cadre juridique
solide, mais également sur une architecture institutionnelle capable de mettre en œuvre ces principes dans
la pratique. Le Maroc, en adoptant une approche innovante, s’est doté d’outils institutionnels spécifiques
pour intégrer la dimension genre dans l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques.
1.2.1. Le Centre d’Excellence pour la Budgétisation Sensible au Genre (CE-BSG)
Créé en 2013 avec le soutien d’ONU Femmes, le CE-BSG constitue une pierre angulaire dans le
dispositif institutionnel marocain. Ce centre, unique en son genre dans la région MENA (Moyen-Orient et
Afrique du Nord), joue un rôle clé dans plusieurs domaines :
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Formation et renforcement des capacités : Le CE-BSG organise régulièrement des sessions de
formation pour les cadres publics, les élus locaux et les responsables des ministères. Ces
formations visent à leur fournir des outils pratiques pour intégrer les indicateurs de genre dans la
planification budgétaire et l’évaluation des politiques.
Développement d’outils méthodologiques : Le centre élabore des guides pratiques, des manuels et
des référentiels permettant de standardiser l’approche de la BSG dans différents secteurs. Par
exemple, des guides spécifiques ont été développés pour intégrer le genre dans les secteurs de la
santé et de l’éducation.
Plaidoyer et sensibilisation : Outre ses fonctions techniques, le CE-BSG agit comme un levier de
plaidoyer auprès des décideurs pour promouvoir l’adoption de politiques publiques sensibles au
genre.
1.2.2. Les unités genre dans les ministères et collectivités territoriales
Ces unités ont pour mission principale de veiller à ce que les politiques publiques tiennent compte des
besoins spécifiques des femmes et des hommes.
Collecte et analyse des données genrées : Ces unités jouent un rôle central dans l’identification des
disparités. Par exemple, dans le secteur agricole, elles ont permis de mettre en évidence que les
femmes, bien qu’elles représentent 43 % de la main-d’œuvre agricole, ont un accès limité à la
propriété foncière et au crédit.
Proposition de mesures correctives : Sur la base des données collectées, les unités genre élaborent
des recommandations pour corriger les déséquilibres. Cela inclut des projets spécifiques comme
l’octroi de subventions ciblées pour les femmes entrepreneures.
Suivi et évaluation des politiques : Ces unités assurent également le suivi des impacts des
politiques publiques sur les hommes et les femmes, en identifiant les domaines où des ajustements
sont nécessaires.
1.2.3. Le Rapport Genre annexé au projet de Loi de Finances : un outil de suivi et d’impact
Depuis 2006, le Maroc s’est engagé à intégrer une perspective de genre dans sa gestion budgétaire en
publiant chaque année un Rapport Genre annexé au projet de Loi de Finances de l’année. Ce document,
qui fait office de référence en Afrique et dans le monde arabe, est un outil essentiel pour assurer la
transparence, évaluer l’efficacité des politiques publiques et encourager une budgétisation équitable.
1.2.3.1. Objectifs et rôle du Rapport Genre
Le Rapport Genre poursuit plusieurs objectifs stratégiques :
1. Fournir une évaluation différenciée : Il analyse les dépenses publiques en fonction de leur impact
sur les femmes et les hommes. Par exemple, dans le secteur de la santé, il examine si les
investissements dans les infrastructures médicales profitent équitablement aux deux sexes,
notamment en matière de soins prénatals et de consultations spécialisées pour les femmes.
« L'impact, c'est la différence entre l'état des choses qui résulte de la mise en œuvre d'une certaine
politique, d'un certain programme, d'une certaine action administrative et l'état des choses qui aurait
existé en l'absence de cette politique ou de ce programme » Gibert (1986)
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2. Identifier les déséquilibres : Le rapport met en lumière les secteurs où les disparités de genre
persistent. Par exemple, il a révélé que les programmes d’accès à l’emploi ciblaient davantage les
hommes que les femmes, nécessitant des révisions pour inclure des initiatives spécifiques en
faveur des femmes entrepreneures.
3. Orienter les politiques publiques : Il fournit des recommandations aux ministères pour mieux
aligner leurs priorités budgétaires avec les objectifs d’égalité. Cette démarche garantit que les
ressources allouées aux différents programmes prennent en compte les besoins spécifiques des
femmes et des hommes.
4. Renforcer la redevabilité : En rendant publiques ces informations, le Rapport Genre permet aux
citoyens et à la société civile de suivre les progrès réalisés et d’interpeller les décideurs sur les
écarts observés.
1.2.3.2. Contenu et méthodologie du Rapport Genre
Le Rapport Genre repose sur une méthodologie rigoureuse qui combine l’analyse quantitative et
qualitative. Il comporte généralement les éléments suivants :
1. Analyse des allocations budgétaires : Le rapport examine comment les fonds publics sont répartis
dans les différents secteurs (éducation, santé, infrastructures, etc.) en mettant en évidence leur
impact différencié sur les sexes. Par exemple, il peut analyser le budget alloué à la construction
d’écoles dans les zones rurales et son rôle dans l’augmentation de la scolarisation des filles.
2. Indicateurs genrés : Chaque ministère est tenu de développer des indicateurs spécifiques pour
mesurer l’impact de ses programmes sur les femmes et les hommes. Ces indicateurs incluent des
données sur le taux de participation des femmes dans les programmes de formation
professionnelle, le nombre de bénéficiaires féminines de subventions agricoles, ou encore les
disparités salariales dans les emplois publics.
3. Études de cas : Le rapport inclut souvent des études de cas illustrant les résultats concrets des
politiques budgétaires sensibles au genre. Par exemple, une analyse des résultats du programme
Tayssir montre comment des bourses d’études ont favorisé la scolarisation des filles dans les
régions les plus reculées.
1.2.3.4. Défis et perspectives d’amélioration
Malgré ses succès, le Rapport Genre fait face à plusieurs défis :
1. Qualité et disponibilité des données : L’une des principales limites est le manque de données
genrées désagrégées, notamment dans les secteurs informels ou au niveau local. Ce déficit
complique l’analyse de l’impact réel des politiques publiques.
2. Capacités institutionnelles : La préparation du rapport nécessite une expertise technique que toutes
les unités genre ne possèdent pas encore. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour former
les cadres responsables de ce processus.
3. Intégration des niveaux locaux : Si le Rapport Genre couvre principalement les politiques
nationales, il reste peu détaillé concernant les collectivités territoriales, alors que ces dernières
jouent un rôle clé dans l’accès des femmes aux services de base.
Utilité des données genrées :
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Participation économique des femmes : Selon le HCP, en 2022, le taux d'activité des femmes au
Maroc s'élevait à 19,8 %, tandis que celui des hommes atteignait 69,6 %, mettant en évidence un
écart important à combler grâce à des politiques budgétaires sensibles au genre. L'amélioration de
ce taux pourrait avoir un impact direct sur la croissance économique du pays, avec une estimation
de hausse du PIB de 25 % à 30 % en cas de parité économique totale selon la Banque mondiale.
Programmes d'éducation : Le programme Tayssir, un dispositif de transfert monétaire
conditionnel, a contribué à l'augmentation du taux de scolarisation des filles en milieu rural,
passant de 40 % à 72% entre 2008 et 2020. Ce résultat illustre comment une budgétisation
sensible au genre peut transformer des résultats éducatifs clés.
Santé maternelle : Les programmes ciblés de santé publique ont réduit la mortalité maternelle de
227 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2004 à 72 décès en 2020, grâce à une réorientation
stratégique des ressources de santé en faveur des femmes.
Violence basée sur le genre : Une enquête nationale menée en 2019 par le HCP a estimé le coût
économique de la violence contre les femmes à plus de 2,85 milliards de dirhams par an, mettant
en évidence la nécessité d'orienter davantage de fonds vers des programmes de prévention et de
soutien aux victimes.
Développement entrepreneurial féminin : Les initiatives comme Moukawalati ont permis de
soutenir l'entrepreneuriat féminin. Depuis 2015, environ 46 % des bénéficiaires de ce programme
sont des femmes, reflétant un pas vers une diversification des revenus et une autonomisation
économique accrue.
Ces exemples montrent l'importance de poursuivre l'intégration des indicateurs genrés dans les
rapports de performance pour identifier les domaines où les politiques publiques ont un impact
significatif sur la réduction des inégalités. Le Centre d’Excellence pour la Budgétisation Sensible
au Genre, en collaboration avec le ministère des Finances, a également joué un rôle crucial en
formant plus de 2 000 fonctionnaires sur les méthodologies d'intégration du genre depuis 2013,
consolidant ainsi les capacités institutionnelles pour une meilleure mise en œuvre de la BSG.
2. Analyse économique : maximiser l’impact des ressources publiques
2.1. Les femmes : un potentiel économique sous-exploité
Au Maroc, malgré des avancées législatives et institutionnelles favorisant l'égalité des genres, les femmes
demeurent un potentiel économique largement sous-exploité. Leur contribution à la croissance
économique et au développement social reste limitée par divers obstacles structurels, socioculturels et
économiques. En 2022, le taux d’activité des femmes s’élevait à seulement 19,8 %, selon le Haut-
Commissariat au Plan (HCP), contre environ 71,4 % pour les hommes. Cette disparité place le Maroc en
dessous de la moyenne régionale pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, où la moyenne du taux de
participation des femmes au marché du travail est de 21 % selon la Banque mondiale (World
Development Indicators, 2023).
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Les conséquences économiques de l’exclusion des femmes
L'exclusion des femmes du marché du travail a des impacts directs et mesurables sur l'économie
marocaine.
1. Perte de productivité : Selon une étude du HCP (Rapport sur les inégalités de genre, 2022),
l’économie marocaine perdrait jusqu’à 7 % de croissance potentielle en raison de la sous-
utilisation des compétences féminines. Les femmes diplômées, en particulier, rencontrent
d’importantes difficultés d’intégration sur le marché de l’emploi. En 2022, seulement 25 % des
femmes ayant un diplôme supérieur étaient employées, contre 60 % des hommes diplômés. Ce
déséquilibre représente un gaspillage considérable de capital humain.
2. Renforcement de la pauvreté : Les ménages dirigés par des femmes, notamment en milieu rural,
sont parmi les plus vulnérables économiquement. Une enquête menée par le HCP (Conditions de
vie des ménages, 2021) révèle qu’en 2021, 20 % des femmes rurales à la tête de leur foyer
vivaient en dessous du seuil de pauvreté, contre 12 % pour l'ensemble des ménages. Cette
situation s’explique par l’accès limité à des emplois stables, le manque de soutien social et
l’absence de politiques ciblées pour leur autonomisation.
3. Charge économique des inégalités : Une étude de la Banque mondiale (Morocco Country Gender
Report, 2022) estime que si le Maroc réduisait l’écart entre les sexes dans la participation
économique de moitié, cela pourrait générer un gain de PIB de 25 à 30 %. Ces estimations sont
cohérentes avec les conclusions du McKinsey Global Institute, qui indique qu’une égalité totale
entre les sexes pourrait augmenter le PIB mondial de 12 000 milliards de dollars d’ici 2030.
Les obstacles à la participation économique des femmes
Plusieurs facteurs expliquent le faible taux de participation des femmes au marché du travail au Maroc :
1. Normes socioculturelles restrictives : Les rôles genrés profondément ancrés attribuent encore aux
femmes la responsabilité principale des tâches domestiques et des soins familiaux. En
conséquence, plus de 80 % des femmes inactives en 2022 ont justifié leur situation par des
responsabilités familiales, selon le HCP (Indicateurs du marché du travail, 2022).
2. Discrimination sur le marché du travail : Les femmes font face à des discriminations dans l’accès
à l’emploi, notamment en ce qui concerne les salaires et les promotions. Une étude menée par
l’Organisation internationale du travail (Rapport sur l’écart salarial mondial, 2023) révèle que les
femmes au Maroc gagnent en moyenne 17 % de moins que les hommes à qualifications et
expériences égales.
3. Manque d’accès aux financements : Bien que des programmes aient été mis en place pour
encourager l’entrepreneuriat féminin, seulement 10 % des crédits bancaires octroyés en 2021 ont
bénéficié à des femmes entrepreneures, selon les données de Bank Al-Maghrib (Rapport sur la
stabilité financière, 2022).
4. Infrastructure sociale insuffisante : L'absence de services adaptés, tels que des crèches ou des
horaires de travail flexibles, limite également la capacité des femmes à concilier emploi et
responsabilités familiales. Cette situation est particulièrement marquée dans les zones rurales, où
les infrastructures sociales et économiques sont largement insuffisantes, comme l’indique le
rapport de l’UNICEF sur l’éducation et la petite enfance au Maroc (UNICEF Morocco, 2021).
L’opportunité économique d’intégrer les femmes
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Investir dans l'intégration des femmes dans l'économie marocaine représente une opportunité stratégique
majeure. Les femmes constituent 51 % de la population et, selon la Banque africaine de développement
(Gender Index Africa, 2022), leur inclusion pourrait stimuler non seulement la croissance économique,
mais aussi le développement humain.
1. Augmentation de la productivité globale : Une participation accrue des femmes permettrait de
diversifier les compétences sur le marché du travail et d’améliorer l’efficacité globale des
entreprises. Des études montrent que les entreprises ayant une représentation significative des
femmes dans leurs équipes de direction sont 21 % plus susceptibles de dépasser les performances
de leurs concurrents, selon McKinsey (Diversity Wins Report, 2021).
2. Renforcement de la résilience économique des ménages : Lorsqu’une femme est financièrement
autonome, les bénéfices se répercutent sur son foyer, en particulier sur l’éducation et la santé des
enfants. Une étude de la FAO (Empowering Rural Women, 2020) montre qu'une augmentation de
10 % des revenus féminins entraîne une augmentation de 15 % des dépenses pour la santé et
l’éducation des enfants dans les ménages ruraux.
3. Stimulus entrepreneurial : Encourager l'entrepreneuriat féminin pourrait diversifier les secteurs
d'activité et renforcer l'économie locale. Selon le Global Entrepreneurship Monitor (GEM
Morocco Report, 2021), 40 % des entreprises créées par des femmes au Maroc étaient dans des
secteurs innovants. Cependant, ces entreprises restent souvent de petite taille, faute de soutien
adéquat.
Une approche stratégique pour maximiser l’impact des ressources publiques
La BSG repose sur le principe que l’égalité des sexes n’est pas uniquement une question de justice sociale
mais également un levier d'efficience économique. En tenant compte des disparités entre hommes et
femmes dans l’accès aux services publics et aux opportunités économiques, la BSG permet d'orienter les
ressources vers des projets ayant un impact direct sur les populations les plus vulnérables, dont les
femmes et les enfants. Cette approche a contribué à faire évoluer la perception de l'égalité des sexes,
passant d'une simple aspiration à un impératif économique.
L’éducation : réduire les disparités grâce à des programmes ciblés
Le programme Tayssir, initié en 2008, est un exemple phare de l'impact de la BSG dans le secteur de
l’éducation. Conçu pour encourager la scolarisation des enfants dans les zones rurales et défavorisées, ce
programme de transferts monétaires conditionnels a particulièrement bénéficié aux filles.
Entre 2008 et 2020, le taux de scolarisation des filles en milieu rural est passé de 40 % à 72 %, réduisant
considérablement l’écart entre les sexes. Selon un rapport du Haut-Commissariat au Plan (HCP) en
2021, l’impact du programme a également été visible dans la réduction du taux d’abandon scolaire, une
problématique particulièrement aiguë chez les filles en milieu rural. Par ailleurs, une étude menée par la
Banque mondiale en 2020 montre que chaque année supplémentaire d’éducation pour une fille augmente
ses revenus futurs de 10 à 20 %, renforçant ainsi les bases pour une autonomisation économique à long
terme.
La santé : une priorité budgétaire pour la réduction des inégalités
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Dans le secteur de la santé, la BSG a permis de réorienter les dépenses vers des programmes ciblés ayant
un impact direct sur la santé des femmes. L’un des résultats les plus notables a été la réduction de la
mortalité maternelle.
En 2004, le taux de mortalité maternelle au Maroc était de 227 décès pour 100 000 naissances vivantes.
Grâce à des programmes de santé intégrant des dimensions de genre, comme l’amélioration des soins
prénatals et postnatals et l’élargissement de l’accès aux services de santé dans les zones rurales, ce taux
est tombé à 72 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2020 (Ministère de la Santé, 2021). Ces
progrès ont été rendus possibles par des investissements ciblés, notamment dans la formation de
personnel médical féminin pour intervenir dans les zones reculées, et par des campagnes de
sensibilisation qui ont changé les mentalités en faveur de la santé maternelle.
En outre, l’accès à des services de planification familiale a contribué à améliorer la santé des femmes et à
réduire la charge économique des familles. Un rapport de l'UNFPA (Fonds des Nations unies pour la
population) en 2022 souligne que chaque dollar investi dans la santé reproductive génère un retour
économique de 4 dollars, illustrant ainsi la pertinence de telles dépenses dans le cadre de la BSG.
L’autonomisation économique : encourager l’entrepreneuriat féminin
L’entrepreneuriat est un levier essentiel pour l’autonomisation économique des femmes, et la BSG a joué
un rôle crucial dans la mise en place de mécanismes pour les soutenir. Des initiatives telles que Forsa,
lancée en 2022, ont permis de renforcer le soutien à l’entrepreneuriat féminin en offrant des financements
adaptés et un accompagnement personnalisé.
Contrairement à des programmes précédents comme Moukawalati, qui ont montré des limites en termes
de durabilité des projets, Forsa a mis l’accent sur la formation et le suivi des bénéficiaires, ce qui a
conduit à un taux de pérennité des projets plus élevé. Selon le Ministère de l’Inclusion Économique,
des Petites Entreprises, de l’Emploi et des Compétences, en 2023, plus de 65 % des bénéficiaires de
Forsa étaient des femmes, principalement dans les secteurs de l'artisanat, des services et de l'agriculture.
Une étude de l'Organisation internationale du travail (OIT) en 2021 estime que si les femmes avaient
un accès égal au crédit et au capital, leur contribution au PIB pourrait augmenter de 2 à 3 %. Cela met en
lumière l'importance de politiques publiques intégrées pour favoriser l’accès des femmes aux
financements et aux réseaux professionnels.
Des impacts transversaux sur l’économie nationale
Les effets de la BSG dépassent les secteurs spécifiques pour se traduire par une amélioration globale des
indicateurs économiques et sociaux. La Cour des comptes, dans son rapport de 2022, souligne que la
BSG a permis une gestion plus efficace des ressources publiques en ciblant les projets à fort impact
social. Par exemple :
Réduction des inégalités sociales : En facilitant l’accès des femmes aux services de base tels que
la santé et l’éducation, la BSG contribue à réduire les écarts de pauvreté entre les sexes.
Augmentation de la productivité économique : Une plus grande participation des femmes à
l'économie, grâce à des programmes de soutien ciblés, stimule la croissance. Une analyse du FMI
(Fonds monétaire international) en 2021 montre qu’une augmentation de 10 % de la
participation des femmes au marché du travail pourrait ajouter jusqu’à 5 points de pourcentage à
la croissance annuelle du PIB marocain.
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3. Analyse juridique et défis institutionnels
3.1. Les enjeux juridiques de la mise en œuvre de la BSG au Maroc
Le Maroc, grâce à une volonté politique affichée et à des réformes majeures, s’est imposé comme un
modèle régional en matière de budgétisation sensible au genre (BSG). Cependant, des défis juridiques et
institutionnels freinent encore une mise en œuvre optimale de cette approche. Ces défis nécessitent des
efforts coordonnés pour garantir une application cohérente et efficace des principes de la BSG.
Un cadre juridique en constante évolution
Le cadre juridique marocain, consolidé par des réformes telles que la Constitution de 2011, reflète un
engagement envers l’égalité des sexes. L’article 19 de la Constitution affirme que « l’homme et la femme
jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et
environnemental ». De plus, l’adoption de la Loi organique relative à la loi de finances (LOLF) en
2015 constitue un pilier essentiel pour intégrer la dimension genre dans les politiques budgétaires.
Toutefois, malgré ces avancées, des lacunes subsistent :
1. Manque de données genrées et d’outils d’évaluation
Un des obstacles majeurs à l’efficacité de la BSG est l’absence de données désagrégées par sexe dans
plusieurs secteurs. Selon un rapport de l’ONU Femmes (2021), seulement 40 % des ministères marocains
disposent de statistiques genrées fiables, rendant difficile l’évaluation de l’impact des politiques publiques
sur les femmes et les hommes. Ce manque de données limite la capacité des décideurs à identifier les
besoins spécifiques des populations et à allouer efficacement les ressources.
Par exemple, dans le secteur de l’emploi, bien que des efforts aient été faits pour collecter des données sur
la participation des femmes au marché du travail, ces statistiques ne tiennent souvent pas compte des
disparités régionales et sectorielles. Cela peut conduire à des politiques qui ignorent les réalités vécues
par les femmes dans les zones rurales ou informelles.
2. Absence de mécanismes contraignants pour les ministères
Bien que la LOLF impose aux ministères d’intégrer une approche sensible au genre dans leurs
programmes, il n’existe pas de mécanismes contraignants ou de sanctions en cas de non-conformité.
Selon un rapport de la Cour des Comptes (2022), certains départements ministériels continuent de
considérer la BSG comme un exercice purement administratif sans en saisir les implications stratégiques.
En l’absence d’un cadre juridique imposant des obligations claires, les avancées restent souvent limitées à
des initiatives ponctuelles.
3. Faible harmonisation des politiques sectorielles
L’hétérogénéité des pratiques entre les différents ministères entrave également l’efficacité de la BSG. Une
étude menée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) en 2021 souligne que les politiques sectorielles
manquent souvent de coordination, entraînant un chevauchement des efforts et une dilution des impacts.
Par exemple, bien que le ministère de l’Éducation ait intégré des objectifs genrés dans ses plans
stratégiques, ces efforts ne sont pas toujours alignés avec ceux du ministère de l’Emploi ou de la Santé, ce
qui limite les synergies nécessaires pour des résultats globaux.
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3.2. Résistances institutionnelles et culturelles
Outre les défis juridiques, la mise en œuvre de la BSG au Maroc se heurte à des obstacles institutionnels
et culturels profondément enracinés. Ces résistances reflètent des perceptions biaisées, des normes
sociales conservatrices et une faible sensibilisation des acteurs concernés.
1. Sensibilisation insuffisante au sein des institutions publiques
Bien que des efforts aient été déployés pour former les cadres administratifs à la BSG, la sensibilisation
reste insuffisante. Une enquête menée par l’ONU Femmes en 2020 a révélé que 35 % des fonctionnaires
interrogés percevaient la BSG comme une contrainte administrative plutôt qu’un outil stratégique pour
promouvoir l’égalité des sexes. Cette perception découle souvent d’un manque de compréhension des
objectifs de la BSG et de son potentiel pour améliorer l’efficience budgétaire.
En outre, de nombreux décideurs considèrent encore l’intégration de la dimension genre comme une
responsabilité exclusive des départements chargés des questions sociales ou féminines. Cela limite
l’adoption de la BSG dans des secteurs clés comme les infrastructures ou l’agriculture, où l’impact sur les
femmes pourrait être significatif.
2. Normes sociales patriarcales et stéréotypes de genre
Les normes sociales patriarcales constituent un obstacle majeur à la mise en œuvre effective de la BSG.
Ces normes influencent souvent la prise de décision, non seulement au niveau des politiques publiques,
mais également dans la gestion quotidienne des institutions. Par exemple :
Dans les zones rurales, les stéréotypes de genre continuent de limiter l’accès des femmes à des
services essentiels, tels que l’éducation et la formation professionnelle. Selon un rapport de la
Banque mondiale (2021), seulement 6 % des femmes rurales bénéficient d’une formation
professionnelle, contre 18 % des hommes.
Au sein des institutions publiques, ces normes se traduisent par une faible représentation des
femmes dans les postes de décision. En 2022, les femmes représentaient seulement 24 % des
cadres supérieurs au sein des ministères, selon les statistiques du HCP.
Ces dynamiques patriarcales compliquent l’adoption d’approches novatrices en faveur de l’égalité des
sexes et freinent l’inclusion des perspectives féminines dans l’élaboration des politiques publiques.
4. Benchmark international : enseignements de la Suède et de la Jordanie
La budgétisation sensible au genre (BSG) constitue un outil puissant pour promouvoir l’égalité entre les
sexes et optimiser l’allocation des ressources publiques. À travers le monde, différents pays ont adopté
des approches variées pour intégrer cette méthode dans leurs politiques publiques. Deux exemples
particulièrement instructifs sont la Suède et la Jordanie, qui illustrent comment des contextes
socioéconomiques différents peuvent produire des résultats significatifs grâce à la BSG.
4.1. La Suède : un modèle de performance
La Suède est souvent citée comme un exemple mondial en matière d’égalité des sexes. Ce succès repose
sur des décennies d’engagement politique et institutionnel pour intégrer la dimension de genre dans toutes
les sphères de la société, y compris les finances publiques.
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Un cadre institutionnel robuste
Depuis les années 1980, la Suède a institutionnalisé la BSG comme une composante essentielle de son
processus budgétaire. Chaque ministère est tenu de produire des rapports genrés annuels pour justifier
leurs allocations budgétaires et démontrer leur impact sur l’égalité entre les sexes. Ces rapports sont
ensuite examinés par le Parlement, garantissant un suivi rigoureux.
Impact sur l’emploi
Les politiques suédoises axées sur l’égalité des sexes ont contribué à réduire significativement les
disparités économiques. Par exemple, l’écart salarial entre hommes et femmes en Suède a été réduit à
moins de 4 %, contre une moyenne européenne de 14 % en 2022 (Eurostat, 2022). Ce résultat est le fruit
d’un ensemble de mesures, telles que :
L’accès universel à des services de garde d’enfants de qualité à des tarifs subventionnés, ce qui
permet aux femmes de participer davantage au marché du travail.
Des congés parentaux équitables, avec des quotas spécifiques pour les pères, afin de partager les
responsabilités familiales.
En conséquence, le taux d’activité des femmes en Suède atteint 74 %, l’un des plus élevés au monde,
selon l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE).
Éducation gratuite et égalitaire
L’éducation en Suède est un autre pilier majeur de la BSG. Le pays a investi massivement dans l’accès
égalitaire à l’éducation, garantissant des opportunités équivalentes pour les filles et les garçons. Selon
l’UNESCO (2022), la Suède a atteint un niveau d’égalité presque parfait dans l’éducation primaire et
secondaire, avec des taux de scolarisation de 99 % pour les deux sexes.
Ces investissements dans l’éducation se traduisent par une forte représentation des femmes dans des
secteurs traditionnellement dominés par les hommes, comme les sciences et les technologies, contribuant
ainsi à diversifier les compétences dans l’économie nationale.
4.2. La Jordanie : une avancée dans la région MENA
La Jordanie, bien que située dans une région où les normes sociales peuvent poser des défis importants à
l’intégration de la BSG, a démontré qu’une volonté politique affirmée peut produire des résultats
significatifs. Ce pays a adopté une approche progressive pour intégrer la dimension genre dans ses
politiques publiques, en s’appuyant sur des initiatives spécifiques dans des domaines clés.
Bourses éducatives pour les filles
Dans un contexte où les normes sociales limitent souvent l’accès des filles à l’éducation, la Jordanie a mis
en œuvre des programmes de bourses ciblées pour encourager leur scolarisation. Entre 2015 et 2020,
ces efforts ont permis d’augmenter le taux de scolarisation des filles de 10 % dans les régions rurales,
selon un rapport de la Banque mondiale (2021). Cette avancée s’explique par des politiques telles que :
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L’attribution de bourses conditionnelles pour les familles, favorisant la scolarisation des filles dans
les zones à faible taux d’alphabétisation.
La construction d’écoles secondaires pour filles dans les zones rurales, réduisant ainsi les
distances à parcourir.
En conséquence, la Jordanie affiche aujourd’hui un taux de scolarisation des filles proche de 98 % dans
l’enseignement primaire, un chiffre remarquable pour la région.
Programmes de santé reproductive
Un autre domaine où la Jordanie a innové est celui de la santé reproductive. Le gouvernement, en
collaboration avec des organismes internationaux tels que l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la
population), a lancé des initiatives pour améliorer l’accès des femmes aux services de santé, notamment
dans les régions marginalisées. Ces programmes ont permis de :
Réduire le taux de mortalité maternelle de 63 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2010 à
46 en 2020, selon l’UNICEF (2022).
Sensibiliser les communautés sur les pratiques de santé reproductive, contribuant à une meilleure
planification familiale.
Ces efforts ont également un impact économique : en améliorant la santé des femmes, ces politiques
permettent à davantage de femmes de participer au marché du travail.
5. Perspectives pour le Maroc : Vers une Budgétisation Sensible au Genre réussie
La Budgétisation Sensible au Genre (BSG) est reconnue comme une stratégie efficace pour intégrer
l’égalité des sexes dans les politiques publiques. Au Maroc, cette approche a progressé depuis son
adoption en 2002 avec le soutien du Ministère de l’Économie et des Finances, mais des obstacles
subsistent. En combinant des recommandations pratiques et en exploitant les opportunités existantes, le
Maroc peut maximiser l’impact de la BSG et en faire un levier clé de développement durable.
5.1. Recommandations clés
Renforcer les capacités institutionnelles
L’une des principales limites à l’efficacité de la BSG au Maroc est le manque de formation des cadres
administratifs. En 2021, seuls 30 % des gestionnaires budgétaires des ministères avaient suivi une
formation spécifique à la BSG, selon le Ministère de l’Économie et des Finances. Cette insuffisance
freine l’intégration de la dimension genre dans les processus budgétaires.
Recommandation : Généraliser les formations sur la BSG à tous les niveaux de l’administration.
Ces formations devraient inclure des compétences en collecte et analyse des données genrées,
ainsi qu’en évaluation des impacts des programmes publics.
Référence : Un rapport de l’ONU Femmes (2020) souligne que la formation des décideurs
politiques est un facteur déterminant dans le succès de la BSG.
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Améliorer la collecte et l’analyse des données genrées
Un système efficace de BSG repose sur des données précises et actualisées. Pourtant, le Haut-
Commissariat au Plan (HCP) a révélé qu’en 2022, seulement 45 % des statistiques nationales incluaient
des données ventilées par sexe. Ce manque limite l’évaluation des politiques publiques et des
programmes.
Recommandation : Investir dans des infrastructures numériques pour la collecte et l’analyse des
données genrées, en s’inspirant des pratiques de pays comme l’Estonie, qui a mis en place des
plateformes centralisées d’analyse.
Référence : Selon un rapport de la Banque mondiale (2021), la digitalisation des données a
permis à plusieurs pays d’améliorer la transparence et l’efficacité des politiques publiques.
Associer la société civile
La participation de la société civile dans la planification et le suivi des politiques publiques est cruciale
pour répondre aux besoins locaux. Cependant, au Maroc, la société civile est souvent sous-représentée
dans ces processus.
Recommandation : Mettre en place des mécanismes consultatifs permanents impliquant les ONG
et associations locales dans l’élaboration des budgets sectoriels. Ces forums pourraient être
modélisés d’après les “Conseils citoyens” en Suède, qui incluent des représentants de la société
civile.
Référence : L’étude de l’OCDE (2021) sur la gouvernance inclusive met en avant l’importance
des partenariats entre l’État et la société civile pour améliorer la pertinence des politiques
publiques.
Institutionnaliser la responsabilisation
L’absence de mécanismes contraignants pour la mise en œuvre de la BSG constitue une faiblesse
structurelle. Selon le Rapport Genre (2022) du Ministère des Finances, seulement 18 ministères
respectaient pleinement les exigences de la Loi Organique relative à la Loi de Finances (LOLF).
Recommandation : Introduire un système d’évaluation obligatoire des performances des
ministères en matière de BSG, accompagné de sanctions pour les non-conformités et de primes
pour les bonnes pratiques.
Référence : Un rapport de l’Union européenne (2020) a montré que de telles mesures ont permis
à plusieurs pays membres d’améliorer le respect des objectifs de la BSG.
Conclusion : Vers une gouvernance équitable et inclusive
La budgétisation sensible au genre est plus qu’une approche technique ; elle représente une vision pour
une société plus juste, où chaque citoyen, homme ou femme, peut contribuer pleinement au
développement national. Le Maroc a déjà posé des jalons importants, mais le chemin reste long pour
atteindre une égalité réelle.
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En intégrant pleinement la BSG dans ses finances publiques, le Maroc peut devenir un modèle régional,
combinant justice sociale et efficacité économique.
Je vous remercie pour votre attention et reste à votre disposition pour toute question ou échange.
والسالم عليكم ورحمة الله تعالى وبركاته.
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