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La Costruction Parasismique

Le génie parasismique combine plusieurs disciplines pour concevoir des structures capables de résister aux tremblements de terre, en s'appuyant sur des techniques anciennes et des matériaux adaptés. La conception parasismique nécessite une bonne connaissance de la sismicité, de la qualité des matériaux et des méthodes de construction, tout en intégrant des règles de bon sens dès les premières phases du projet. Les bâtiments doivent être conçus pour se déformer sans rupture, en respectant des principes de ductilité et en évitant les formes irrégulières qui peuvent engendrer des torsions lors des secousses.

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La Costruction Parasismique

Le génie parasismique combine plusieurs disciplines pour concevoir des structures capables de résister aux tremblements de terre, en s'appuyant sur des techniques anciennes et des matériaux adaptés. La conception parasismique nécessite une bonne connaissance de la sismicité, de la qualité des matériaux et des méthodes de construction, tout en intégrant des règles de bon sens dès les premières phases du projet. Les bâtiments doivent être conçus pour se déformer sans rupture, en respectant des principes de ductilité et en évitant les formes irrégulières qui peuvent engendrer des torsions lors des secousses.

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5-2 - la construction parasimique

Le génie parasismique est la conjugaison, dans l'art de construire, d'un grand nombre de
disciplines parfois très éloignées les unes des autres.

S'il a fallu attendre le milieu du XXème siècle pour comprendre les principaux
mécanismes des tremblements de terre, il n'en va pas de même de la construction
parasismique.

Bien avant le développement des technologies parasismiques modernes, de nombreuses


structures résistant aux séismes ont été bâties à travers le monde, telles que: églises,
temples, mosquées, pagodes et de nombreux châteaux.

Les grandes civilisations ont donné naissance à des ouvrages intelligemment conçus et
qui résistent de façon étonnante aux pires séismes. C'est le cas du site andin de Machu-
Pichu, remarquable exemple d'architecture parasismique.

Le Palais Impérial de Tokyo et les murailles qui l'entourent, composées de blocs de pierre
pesant jusqu'à plusieurs tonnes, se sont admirablement bien comportés dans des régions,
souvent secouées de façon très sévère. Il est bien évident que ce sont des structures
résistant aux séismes, puisqu'elles ont survécu à de nombreux tremblements de terre
dévastateurs. Un fait surprenant retient l'attention. Bien qu'isolées par des milliers de
kilomètres, ces civilisations se sont inspirées de techniques assez similaires.

Il est donc indéniable qu'il existe des règles élémentaires de construction permettant de
résister efficacement aux séismes.

Dans le cas d'ouvrages courants, construire parasismique revient le plus souvent à


respecter quelques règles simples et à se poser des questions de bon sens.

A la différence de l'action du vent, qui agit sur l'élévation de la construction, dans le cas
d'un séisme, c'est le sol qui est moteur. Les sollicitations mécaniques que le séisme
engendre sont diverses et il est certain qu'une bonne connaissance de son action
permettrait de mieux construire.

Les séismes se manifestent à la surface du sol par un mouvement de va-et-vient,


horizontal et vertical. Le mouvement est caractérisé par le déplacement, la vitesse et
l'accélération du sol Les constructions sont liées au sol au moins par leurs fondations,
éventuellement par leurs parties enterrées (sous-sol). Les éléments de construction
solidaires du sol suivent ces déplacements, par inertie les parties en élévation ne suivent
pas instantanément le mouvement et il s'ensuit une déformation de la structure. Si les
constructions ont été conçues et réalisées suivant les règles de l'art et de la bonne
construction en zone sismique, elles passeront par leur position initiale et se mettront à
osciller. C'est ce qu'on constate dans un bâtiment soumis à un tremblement de terre. Au
cours du mouvement, cause du séisme "injecté", le bâtiment parasismique doit réagir dans
un temps très court (quelques dizaines de secondes) sans endommagement. La rupture
survient si le bâtiment n'a pas été conçu pour résister à ces mouvements.

Le problème est de savoir comment un bâtiment peut répondre aux sollicitations d'origine
sismique pour atteindre les objectifs de protection définies par la Puissance Publique.
Pour cela, une bonne connaissance du comportement des matériaux, des éléments
composant la construction ainsi que celui de l'ensemble du bâtiment est indispensable.
Les objectifs de tous ceux, entreprises, architectes, promoteurs et ingénieurs qui
participent à l'acte de construire sont entre autres :

- d'assurer le non-effondrement des bâtiments courants pour le séisme correspondant à la


protection minimale,

- de s'assurer que tous les bâtiments comportant des installations nécessaires aux secours
d'urgence seront en fonctionnement après le séisme et notamment : centraux
téléphoniques, hôpitaux, centres de secours, etc.,

- d'éviter les conséquences indirectes, c'est-à-dire empêcher que des désordres, même
limités, dans certains ouvrages ou installations industrielles puissent entraîner des
répercussions graves pour l'environnement.

Plusieurs aspects interviennent dans la réalisation d'un projet de construction


parasismique :

- la sismicité de la région et la nature du sol,

- la qualité des matériaux,

- la conception générale,

- les éléments composant le bâtiment,

- l'exécution des travaux.

- la sismicité de la région et la nature du sol

L'implantation d'un ouvrage nécessite de prendre en compte la sismicité de la région mais


aussi et surtout de procéder à une étude de sol sérieuse, permettant de dresser avec une
bonne précision la coupe géologique et les caractéristiques des différentes couches. La
qualité du sol joue un rôle important et c'est pourquoi, entre autres, le roc dur en place est
à choisir plutôt qu'un remblai artificiel ou un terrain meuble, trop souvent gorgé d'eau et
dès lors susceptible de se liquéfier sous l'effet des vibrations et de devenir en quelques
instants incapable de soutenir un bâti quelconque. Le sol étant devenu une boue liquide,
les bâtiments basculent. Par ailleurs, il faut garder présent à l'esprit le risque des effets
induits dus aux tremblements de terre : éboulements, glissements de terrain, etc., qui
peuvent mettre gravement en péril plusieurs bâtiments voire une partie de la ville. La
construction parasismique dépend donc beaucoup du sol et les solutions techniques qui
seront proposées pour un bâtiment ne seront pas toujours tout à fait identiques pour
d'autres bâtiments.

- la qualité des matériaux

La nature des matériaux utilisés et leur qualité sont de première importance. Ils doivent
être susceptibles de répondre le mieux possible aux sollicitations mécaniques anormales
que les tremblements de terre imposent. Il n'existe pas a priori un matériau plus
"parasismique" qu'un autre, toutefois il est bien évident que le béton armé ou la charpente
métallique présenteront une plus grande résistance que l'aggloméré. Il convient donc
d'apporter un soin particulier au choix des matériaux. Dans ce "bon choix", il ne faut pas
hésiter à utiliser les ressources locales comme cela peut être ou doit être le cas dans
certaines régions. Par ailleurs, les dimensions des éléments constituant le bâtiment
devront être pensées en fonction de la qualité des matériaux pouvant réellement être
obtenus sur le site. Par exemple, un mur en béton armé de faible performance devra avoir
une épaisseur supérieure à celui pouvant faire appel à un béton de bonne qualité ; cette
remarque reste valable pour d'autres types de matériaux tels que la pierre, la brique, etc.

Les cartes simplifiées de risque sismique, régionales ou nationales, permettent d'édifier un


grand nombre de constructions et de dresser des plans d'urbanisme. Dans les pays
sismiques, cependant, il faudrait beaucoup plus de travaux sismologiques préparatoires
sur le terrain pour des ouvrages tels que les grands barrages, les ponts, les autoroutes, les
plates-formes de forage pétrolier en mer, les immeubles de grande hauteur et les
installations nucléaires. Le coût de leur construction et l'importance de la population sont
trop grands pour permettre une évaluation d'après les seules cartes régionales simplifiées.

Pour la plupart des projets, l'étude commence par l'analyse la plus approfondie possible de
l'histoire géologique de la région. Les dernières étapes consistent à calculer les valeurs
des accélérations (ou vitesses) et les durées des ébranlements sismiques prévisibles pour
chaque projet.

5-2-1 - le neuf : la réglementation

L'AFPS et le BRGM ont réalisé en septembre 1990 un document technique dont les
grandes lignes sont toujours valables à ce jour et dont certaines recommandations ont déjà
trouvé une traduction législative ou réglementaire. Il est bon toutefois de rappeler ces
recommandations techniques trop peu connues et dont certaines relèvent du simple bon
sens.

5-2-1-1 - la réglementation technique

- la conception générale, des règles de bon sens :

Il est nécessaire que la préoccupation parasismique soit intégrée dès les premières phases
de la conception du projet et qu'elle devienne un réflexe, de façon à en réduire et en
contrôler les surcoûts probables. Ce réflexe, de "construire parasismique", ne peut résulter
que d'une collaboration permanente entre utilisateurs, architectes, ingénieurs et
entreprises.

Il convient de rappeler qu'une application stricte des règles générales de la construction


lors de la conception du projet, ainsi qu'une bonne exécution des travaux, permettent aux
bâtiments de résister de façon satisfaisante aux séismes de faible à moyenne intensité.

Il faut garder présent à l'esprit que la construction doit pouvoir se déformer sans ruptures
et "digérer" l'énergie transmise au bâtiment par la secousse sismique. On introduit ainsi la
notion de ductilité qui est la propriété d'une construction de se déformer notablement
avant rupture. A la ductilité s'oppose la fragilité qui correspond à une rupture brutale avec
peu de déformation. De façon imagée, pour la construction parasismique, il existe deux
types de solutions :

- le chêne : une rigidité du bâti qui lui permette, grâce à sa cohésion et sa solidité mêmes,
de ne pas se désintégrer,

- le roseau : une élasticité suffisante, il plie mais ne rompt pas.

L'attention doit être attirée sur le cas des constructions trop souples qui peuvent se
déformer d'une façon telle que, même pourvue d'une capacité suffisante de résistance, il
se produit la rupture. C'est pourquoi la tâche du concepteur est de trouver un compromis
pour obtenir la combinaison optimale entre la résistance et la déformabilité, ce qui n'est
pas chose facile, le comportement de l'ensemble du bâtiment dépendant du comportement
de chacun des éléments et de la façon dont ils sont assemblés.

Les forces dans le bâtiment sont proportionnelles aux masses des éléments ; il convient
donc de répartir les masses de manière continue dans le sens vertical, mais aussi
horizontal. Les locaux comportant de lourdes charges devraient être placés le plus bas
possible.

De par la conception de bâtiments, on est conduit à disposer des éléments résistants tels
que murs, poteaux, planchers, poutres, etc. Ces éléments peuvent aussi être utilisés pour
assurer la résistance face aux actions dues aux tremblements de terre : ils portent le nom
d'éléments de contreventement. Les contreventements dans le sens longitudinal et dans le
sens transversal sont aussi importants l'un que l'autre et doivent être pensés à la naissance
même du projet. Il s'agit là d'un des aspects les plus importants de la conception
parasismique.

Il faut s'efforcer d'avoir des bâtiments de formes simples et aussi régulières que possible
(rondes, carrées, rectangles, etc.). Les bâtiments n'ayant pas ces formes doivent donner
lieu à une réflexion plus approfondie, des calculs particuliers et des dispositions
spécifiques.

Lors des secousses telluriques, le bâtiment est soumis simultanément à une excitation
horizontale et verticale. II convient donc d'avoir une démarche globale à la conception du
bâtiment : formes en plan, formes en élévation, irrégularités, dimensionnement et
dispositions des éléments structuraux (murs, poteaux, etc.) et non structuraux (cloisons,
faux-plafonds, canalisations, équipements divers, etc.).

Formes des bâtiments en plan :

Il apparaît lors de l'examen du comportement des structures ayant été soumises aux
tremblements de terre que les formes les plus simples sont les plus fiables. Dans ce sens,
il convient de favoriser les symétries et éviter les angles rentrant. Lorsque les bâtiments
ont des configurations irrégulières (formes en T, L, U, H, X, Y), il se développe des
efforts particuliers de torsion qui peuvent même être à l'origine de leur endommagement.
La réalisation d'un seul tenant de tels bâtiments doit être évitée autant que possible.
Les joints :

Les joints sont des dispositifs constructifs qui permettent à un bâtiment de se déformer
sous les effets de variations climatiques. Ils sont par ailleurs largement utilisés dans le
domaine parasismique pour ramener des configurations compliquées à des formes plus
simples. L'espacement entre deux blocs est au minimum de 4 cm au rez-de-chaussée et
ceci pour éviter l'entrechoquement. Il a été en effet constaté lors des tremblements de
terre que deux blocs voisins n'ont pas forcément le même mouvement : le danger de
collision est évident.

Cas des fausses symétries :

On peut rencontrer des bâtiments dont l'apparence est parfaitement symétrique, mais par
la présence des murs de remplissage ils deviennent non symétriques. Cette dissymétrie
peut aussi provenir de charges mal centrées.

Cas des bâtiments de grande longueur :

Pour ces ouvrages, au delà d'une certaine longueur et afin d'éviter les mouvements de
torsion, il convient de disposer des joints verticaux, même si la forme du bâtiment est
régulière, de façon à décomposer la structure en unités de forme simple et de longueur
réduite.

Formes de bâtiments en élévation :

Comme pour les dispositions en plan, la conception des bâtiments en élévation doit
prendre en considération simultanément les formes, les rigidités et les masses. Il est
recommandé d'avoir des formes simples, ramassées et d'éviter d'élever inutilement le
centre de gravité des constructions. Bien que tolérées dans certains cas, les irrégularités
(étages en retrait) sont à éviter.

Lorsque les formes deviennent architecturalement compliquées et qu'il est impossible de


scinder les divers éléments à l'aide de joints, il est nécessaire de procéder à une réflexion
approfondie accompagnée parfois de calculs complexes.

Cas des bâtiments de grande hauteur :

C'est peut-être un paradoxe, mais des immeubles élancés de plus de vingt étages sont
généralement moins vulnérables que de modestes maisons parce que tout d'abord ce type
de bâtiments est calculé pour résister au vent (l'action du vent peut être plus défavorable
que celle du Séisme) et que par ailleurs, étant donné leur importance, ils font l'objet de
plus de "soins" depuis la conception jusqu'à la réalisation.

Cas des porte-à-faux :

C'est la partie d'une construction qui n'est pas directement soutenue par un appui. On
distingue les petits porte-à-faux (balcons), des grands porte-à-faux qui nuisent de manière
significative à la stabilité et dont l'équilibrage
nécessite la mise en jeu d'efforts importants. Ils sont vivement déconseillés en raison des
dissymétries qu'ils engendrent, vis-à-vis des composantes verticales notamment. Les
porte-à-faux lourdement chargés sont des éléments très sensibles aux effets des
composantes verticales des secousses telluriques, et donc susceptibles de donner lieu à de
très graves accidents. Il convient d'être très prudent avec ce type de structure et de réaliser
une étude détaillée.

Cas des maisons individuelles :

Bien qu'il s'agisse en général de constructions peu élevées avec un caractère massif et très
rigide, on a souvent constaté que ce type de maisons subit d'importants dommages.
Cependant, construire de façon parasismique des maisons individuelles ne demande rien
de plus que l'application de quelques principes simples, l'utilisation des matériaux de
bonne qualité et, d'une manière plus générale, le respect des règles de bonne construction.

- les éléments composant le bâtiment :

les fondations :

Il existe deux grandes catégories de fondations en fonction de la qualité du sol :

les fondations superficielles

Dans ce cas le bon sol se trouve pratiquement en surface. Il convient de lier ces
fondations entre elles dans les deux directions par un système de poutres-semelles. Ce
dispositif permet de limiter les déplacements relatifs en fondation. Les fondations isolées
sont à proscrire.

les fondations profondes :

En règle générale, les constructions sur sol mou se trouvent placées en situation plus
défavorable que les constructions sur sol ferme. Lorsqu'on a un mauvais sol ou que les
ouvrages sont trop lourds, il faut réaliser des fondations profondes, qui doivent être reliées
à leur partie supérieure par un réseau de longrines.

les éléments de structures :

Tout bâtiment parasismique doit se composer d'éléments (fondations, murs, planchers,


etc. ou éléments assurant cette fonction) solidaires entre eux, à l'aide de chaînages.

Les chaînages verticaux sont aussi indispensables que les chaînages horizontaux,
l'ensemble formant un réseau à trois dimensions.

L'emploi de la maçonnerie doit se concevoir en association avec la structure du bâtiment :


charpente métallique ou béton armé.

Les poteaux :
Ce sont des éléments verticaux de l'ossature qui à chaque niveau collectent les charges
s'appliquant sur les poutres et planchers et qui reportent ces efforts sur les fondations.
L'enseignement des expériences passées a montré qu'il existait des zones critiques se
situant aux extrémités des poteaux.

Les cages d'escaliers :

Les escaliers constituent un élément essentiel dans le fonctionnement d'un bâtiment :

- fonction architecturale : accès aux différents niveaux et surtout issues de secours


pendant et après séisme ;

- fonction structurale : les paliers, les paillasses et les murs forment un ensemble qui
participe à la stabilité du bâtiment au même titre que la structure principale. En zone
sismique, leur fonction d'issues de secours soulève de multiples problèmes ;

- en cas de dégradation des murs de remplissage entourant la cage, les débris risquent
d'encombrer les escaliers ; il est préférable d'adopter des murs en béton armé ;

- les portes au rez-de-chaussée risquent d'être bloquées ; il est vivement conseillé


l'utilisation du verre trempé ou feuillette. Sans entrer dans les détails de calculs des
escaliers en tant qu'éléments structuraux, il faut néanmoins rappeler des précautions
élémentaires : les poutres palières, les paliers et les paillasses ou limons porteurs doivent
former un ensemble rigide, lié à l'ossature ou aux chaînages du bâtiment.

Le plancher :

Le plancher sépare deux étages successifs dans une construction. C'est un élément rigide,
indéformable horizontalement et solidement attaché à ses points d'appuis. Les planchers
doivent être conçus et organisés de façon à assurer le report sur les éléments porteurs
verticaux des forces horizontales développées par l'action sismique.

les baies et les ouvertures :

Les ouvertures constituent en général des points faibles et des désordres apparaissent souvent
dans les cloisons au droit des portes et des fenêtres

Les ouvertures sont classées par catégories en fonction de leur dimensions, mais elles
doivent toutes recevoir un encadrement de béton armé, métal ou bois. Les encadrements
doivent en principe être reliés à l'ossature ou au chaînage.

le second oeuvre :

Ce terme regroupe l'ensemble des éléments complétant une construction pour sa


fermeture, sa distribution, ses revêtements. La réglementation parasismique s'est surtout
attachée à l'aspect structural, sans traiter à fond le second-oeuvre.

Certains séismes ont revêtu un caractère tragique en raison de ruptures de canalisations de


gaz ou d'eau. La rupture des premières a été à l'origine de graves incendies qui n'ont pu
être éteints à cause des canalisations d'eau rompues. Les raccordements des réseaux
extérieurs aux réseaux intérieurs doivent faire l'objet de préoccupations permanentes, il
est impossible d'édicter des règles en raison même de la diversité des cas rencontrés. C'est
donc encore une fois le bon sens qui doit diriger les constructeurs, complété par le savoir
acquis suite aux constats effectués après séisme.

Comme on a coutume de le dire, les séismes, sauf cas exceptionnels (raz-de-marée par
exemple), ne font de victimes qu'à travers le mauvais comportement des constructions
édifiées par l'homme. D'où le principe de la détermination d'un niveau minimal de
protection basé sur des considérations socio-économiques.

Les considérations principales sont :

a) limiter les conséquences directes, c'est-à-dire l'effondrement meurtrier des


constructions, sans toutefois éviter des désordres réparables ou non,

b) limiter les conséquences indirectes, c'est-à-dire assurer la continuité du fonctionnement


de tous les services de secours et de soins aux victimes, évitant ainsi d'augmenter le
nombre de morts,

c) éviter les conséquences induites, c'est-à-dire éviter que des désordres, mêmes limités,
dans certaines constructions et installations n'entraînent des répercussions graves pour
l'environnement, alourdissant ainsi le bilan du séisme.

Avec ces principes, la protection des biens n'est pas envisagée pour le point a) ci-dessus ; les
dispositions prévues pour les points b) et c) y conduisent en général.

Cette détermination du niveau minimal est en principe du ressort de la Puissance


Publique ; toutefois tout Maître d'ouvrage peut souhaiter une protection supérieure, et
faire l'investissement correspondant à la protection de ses biens.

Ces principes sont concrétisés par l'établissement d'une carte définissant un certain
nombre de zones. Pour chacune d'elles un "coefficient de zone" variable suivant les
catégories de bâtiment.
Evolution nécessaire de la réglementation parasismique :

Les facteurs d'évolution des codes parasismiques sont


essentiellement les suivants :

- recherche théorique et expérimentale,

- enseignements tirés des constatations dans les zones sinistrées,

- meilleure connaissance de l'aléa sismique.

La recherche théorique et expérimentale permet, en particulier,


d'approfondir nos connaissances sur le comportement des matériaux
dans le domaine plastique jusqu'à l'approche de la rupture. Toutefois,
le coût de l'expérimentation, les conditions généralement plus
favorables que dans la réalité et la modélisation souvent nécessaire
(maquettes à échelle réduite, secousse théorique, ...) en limitent un
peu la portée et souvent le nombre.

Les expertises en zones sinistrées sont généralement très riches


d'enseignements, les constructions endommagées correspondent à des
essais en vraie grandeur, pour une secousse réelle. De plus, ces
constructions comportent des imperfections inhérentes au travail sur
chantier. La comparaison des constatations avec les résultats d'essais
en laboratoire permettent éventuellement de valider ceux-ci et aussi
de mieux orienter les recherches futures.

La connaissance de l'aléa sismique peut évoluer par la collecte de


toutes les données historiques qui, traitées dans un fichier
informatique, permettent de mieux délimiter les zones à risque ; elle
peut aussi évoluer par des études de terrain destinées à déterminer les
failles susceptibles d'être le siège de secousses sismiques.
Outre une cartographie d'ensemble plus proche de la réalité,
cette évolution peut aboutir à des cartes dites de microzonage, pour
des zones d'étendue limitée, tenant compte d'éléments comme la
topographie, la nature des sols.

Isolateurs sismique :

En ce sens, la France a d'énormes progrès à faire. A ma connaissance,


un seul établissement scolaire en France métropolitaine répond à ce
souci : le collège Jean Guéheno à Lambesc. Cela fait évidemment partie
de la culture "risque sismique" existant depuis 1909 dans cette localité.

Construit en 1977, ce collège est de la classe C.E.S. 600. Le collège est


un ensemble de 77 x 26 mètres, comportant un bâtiment à un étage et
deux bâtiments à deux étages. Cet ensemble est monté sur 152
isolateurs de type Gapec, de 300 mm de diamètre ; il est dimensionné
pour résister à un séisme d'intensité VIII. L'effet de ces isolateurs est le
suivant :

- la période propre fondamentale sans isolateurs était de


0.25 s dans la direction transversale et 0.18 s dans la
direction longitudinale. Elle est passée à 1.7 s dans les
deux directions avec la mise en place des isolateurs,

- les accélérations spectrales, les efforts tranchants et les


moments de renversement ont été divisés par 3 en
moyenne,

- les contraintes de flexion dans le béton, sous sollicitation


sismique, qui étaient de 247 bars pour les poutres et 213
bars pour les poteaux, ont été ramenés respectivement à
136 bars et 112 bars : le coefficient de sécurité du
bâtiment a donc été doublé.

Les isolateurs de la marque Gapec sont des appareils constitués de


plaques d'acier et de caoutchouc naturel adhérées entre elles à chaud.
Ils sont placés à la base de la construction dans l'axe des éléments
porteurs. Le vieillissement du caoutchouc serait satisfaisant. Le
caoutchouc est protégé contre l'ozone et l'oxygène de l'air par des
produits incorporés dans le mélange au moment de la vulcanisation ;
les plaques d'acier sont revêtues d'une peinture anti-corrosion à haute
résistance et les isolateurs sont protégés du rayonnement solaire
direct. La durée de vie attendue de ces isolateurs est au moins égale à
celle de l'immeuble.

A tel point qu'au collège de Lambesc, aucune vérification du


caoutchouc n'a été effectuée depuis la pose. Il serait peut-être
souhaitable qu'une vérification périodique soit effectuée tout de même.

Cette réalisation française a fait appel à une technique, à un produit


commercial déterminé, il existe d'autres isolateurs commercialisés par
d'autres fabricants et notre propos n'est pas de privilégier une marque
par rapport aux autres, il se trouve simplement que c'est le seul
exemple connu en France.

5-2-2-1 - les grands axes du colloque franco-


suisse de 1992

Dans son exposé introductif au colloque genevois, M. Jean-Louis Doury,


Chef de la Division Stabilité des Structures au Centre Scientifique et
Technique du Bâtiment, faisait le point sur le bâti existant :

"Les lois françaises ainsi que les décrets, arrêtés et circulaires,


qui forment la réglementation, relatifs à la prévention du risque
sismique, ont toujours porté sur les bâtiments neufs. En mai 1988, M.
Jacques Tanzi, Ingénieur Général des Ponts, a été chargé de constituer
et d'animer un groupe d'étude et de proposition pour élaborer des
projets de textes réglementaires, décrets et arrêtés, en application de
la loi.

Mais à ce jour, aucun texte n'existe ni n'est prévu pour l'existant.


Cependant, au sein du "Groupe Tanzi", il a été récemment décidé
d'engager une réflexion sur la prévention de l'existant en commençant
par établir la "problématique" de ce sujet, restreinte aux bâtiments
dans un premier temps.

L'aspect technique

La parasismicité est codifiée par des règles de conception,


des méthodes de calcul de stabilité et des dispositions constructives.
Ce sont les règles PS établies jusqu'à présent pour les bâtiments
seulement.

Ces prescriptions techniques n'impliquent ni ne préjugent du caractère


novateur des constructions. Elles sont donc applicables à tous les
bâtiments, nouveaux ou existants.

Les premières réflexions

Elles sont ordonnées suivant les trois questions suivantes :

- Quel est le but recherché ?

- Quels sont les bâtiments concernés ?

- Comment "traite-t-on" ces bâtiments ?

L'examen de ces questions fait très vite prendre conscience de la


quantité considérable des moyens matériels et financiers à mettre en
oeuvre et, par voie de conséquence, de la nécessité de restreindre la
portée de la prévention sismique à envisager.

En principe, il faudrait conférer au bâti existant le même niveau de


protection que celui exigé pour le bâti neuf. Toutefois, il est raisonnable
d'envisager aussi une amélioration limitée du comportement des
bâtiments dans la mesure où les moyens disponibles ne sont pas
suffisants.

Les bâtiments concernés sont, bien évidemment, ceux situés dans les
zones de séismicité non nulle ni négligeable et, parmi ceux-ci, ceux qui
présentent un risque pour la population.

Du point de vue du "risque pour la population", on est tout


naturellement conduit à hiérarchiser ce risque en adoptant la
classification retenue dans le décret et dans les arrêtés publiés pour les
bâtiments nouveaux.

Il apparaît clairement que l'insuffisance de moyens pour être en


mesure de traiter tous les bâtiments conduit à définir des priorités qui
commencent par les bâtiments de la catégorie dite "à risque spécial" et
par ceux de la classe D de la catégorie dite "à risque normal".
Pour chacun des bâtiments concernés, le problème se pose dans les
termes suivants :

- soit il n'y a rien à faire ;

- soit le bâtiment est traité.

Dans le cas du traitement :

- soit on le renforce ;

- soit on le démolit et on le reconstruit.

Le dernier choix, entre un renforcement et une reconstruction après


démolition, résulte d'une étude économique dans laquelle les coûts
globaux des deux solutions sont comparés. Le tableau ci-après
énumère les principaux coûts à considérer.

En outre, le choix se trouve compliqué dans la réalité par le fait qu'on


ne reconstruit pratiquement jamais à l'identique : les améliorations
apportées à la construction neuve peuvent être difficilement chiffrables
en termes de coûts.

SOLUTION : SOLUTION : RECONSTRUCTION


RENFORCEMENT
sur place à côté
Coût de Coût de Coût de
relogement relogement construction
neuve
Coût de Coût de Coût de
renforcement démolition déménagement
Coût de Coût de
déblaiement démolition
Coût de Coût de
construction déblaiement
neuve
Coût de
reconstruction
de l'espace initial
Le premier choix de décisions, entre ne rien faire et traiter, résulte de
deux groupes de critères :

- des critères de pérennité des bâtiments :

* la vétusté : inutile de s'occuper des bâtiments qui doivent être


démolis à court terme ;

* la servitude : inutile de s'occuper des bâtiments condamnés à


disparaître à court terme en raison, par exemple, du tracé d'une
nouvelle autoroute ou d'une nouvelle ligne de chemin de fer.

- un critère de vulnérabilité :

* il y a lieu de traiter en première urgence les bâtiments dont


l'effondrement est probable, selon l'aléa sismique de leur
implantation ;

* par contre on traite en deuxième urgence les bâtiments pour lesquels


des détériorations importantes sont prévisibles avec un danger certain
pour les occupants, sans effondrement total ;

* et on ne traite pas les bâtiments pour lesquels les dégâts prévisibles


sont limités et ne mettent pas en danger la vie des occupants.

L'organisation à concevoir et les problèmes qu'elle pose

L'inventaire des bâtiments existants à considérer est, de fait,


la première opération à mener. Cet inventaire est limité en fonction de
la quantité des moyens en personnel, en matériels et financiers
disponibles.

La réalisation de l'inventaire nécessite l'établissement d'une méthode


précise et simple applicable par des non-spécialistes. On peut imaginer
un repérage sur cadastre, agrémenté de renseignements sur la
destination des bâtiments et donc leur classification, leur état de
vétusté, leurs servitudes éventuelles.

La détermination de la vulnérabilité des bâtiments concernés pose un


problème difficile car elle rend nécessaire une véritable expertise des
bâtiments, un par un, par un expert très qualifié ; mais comment
disposer d'experts qualifiés en nombre suffisant ?

Une idée de simplification peut être d'établir une typologie du bâti : on


range les bâtiments dans un nombre restreint de familles de bâtiments
de même comportement sous séisme. Il n'y a alors plus à expertiser au
cas par cas que les bâtiments inclassables dans les familles établies et,
pour les autres, l'expertise se réduit à déterminer leur apparentement
à l'une des familles étudiées et définies au préalable.
Les modes de renforcement sont dictés par l'expertise de la
vulnérabilité des bâtiments. Encore faut-il disposer de techniques de
renforcement (recueil de techniques) dont en outre on connaît le coût
de mise en oeuvre.

La prévention sismique de l'existant ne se fera pas sans astreinte


réglementaire décidée par la Puissance Publique. Pour être
opérationnelle et efficace, cette astreinte réglementaire ne doit pas
être rédigée en termes d'objectifs mais en termes de moyens à mettre
en oeuvre, de méthode à suivre et de critères précis de décision."

Dans leur intervention, Walter J. Ammann, Daniel Kluge et Thomas


Wenk ont essayé d'établir un recueil des techniques de renforcement
sismique à partir de leurs expériences.

"En Suisse la plupart des bâtiments construits avant 1970 ont été
dimensionnés sans tenir compte de l'effet des séismes. Par rapport aux
prescriptions parasismiques d'aujourd'hui on obtient de grandes
différences notamment dans les régions d'activité sismique élevée de
la Suisse (Valais, Bâle, Suisse centrale, vallée du Rhin à Saint-Gall).

Pour des raisons économiques et écologiques on tend de plus en plus à


conserver les bâtiments âgés par rénovation. Actuellement les
dépenses pour la rénovation, l'entretien et des mesures de
renforcement atteignent presque les 50 % du coût total des
constructions dans le secteur du bâtiment. Il faut s'attendre à ce que la
proportion des rénovations augmente encore à l'avenir.
En conséquence, la part des bâtiments qui sont dimensionnés sans
tenir compte de l'effet des séismes restera à un niveau élevé. La
question n'est pas encore définitivement résolue à quel degré il faudra
appliquer les nouvelles prescriptions parasismiques lors de
transformations, ainsi que lors d'agrandissements, de changements
d'affectations, de travaux d'entretien, etc... En appliquant les nouvelles
normes seulement lors de la construction de bâtiments neufs, on
n'arrivera pas à réduire suffisamment le potentiel de dégâts en Suisse.
Il est indispensable d'analyser critiquement les constructions
existantes et de renforcer celles qui montrent un niveau de sécurité
insuffisant.

La question "quand faut-il renforcer ?" est actuellement à l'étude dans


le cadre de l'élaboration d'une directive de la société suisse des
ingénieurs et des architectes (SIA 462). La question "Comment faut-il
renforcer ?" a été abordée au sein du sous-groupe spécialisé en génie
parasismique et dynamique des constructions (SGEB). Depuis 1990 le
groupe de travail "Techniques de renforcements" est en train
d'élaborer un manuel pour l'ingénieur de la pratique. Ce manuel est un
recueil de méthodes de renforcement et de règles générales à
observer lors de l'élaboration d'un projet de renfort.
Il existe déjà des manuels de techniques de renforcement aux Etats-
Unis et au Japon. Le travail du groupe est basé en partie sur ces
manuels existants. Mais le nouveau manuel est limité
intentionnellement aux méthodes de construction de l'Europe centrale
(F, D, A, CH) et aux régions qui présentent une activité sismique
moyenne ou faible. Des mesures pour l'amélioration de la résistance de
bâtiments en béton armé ou en maçonnerie comprennent la partie
essentielle du manuel. L'orientation vers la situation en Suisse, c'est-à-
dire vers une région d'activité sismique moyenne ou faible, permet de
tenir compte aussi des possibilités d'amélioration de l'aptitude au
service et du comportement des éléments secondaires. C'est surtout
en Suisse, où il faut s'attendre que la plupart des dégâts ne se
produiront pas dans la structure porteuse au sens propre, mais aux
éléments non porteurs (plafonds suspendus, éléments de façade,
etc.)."

"Le manuel ne prétend pas être complet, il ne sert pas non plus de livre
de cuisine pour le praticien. Le manuel veut simplement donner
quelques suggestions et idées pratiques. L'ingénieur devra en général
faire quelques études supplémentaires avant de réaliser une de ces
méthodes de renforcement."

"En effet, dans une région comme la Suisse, il est important de


considérer lors d'un renforcement sismique non seulement l'aspect de
la sécurité structurale mais aussi l'aptitude au service. Dans le
contexte de la sécurité structurale il faut comprendre la résistance
ultime et la ductilité comme deux quantités étroitement liées. La
résistance ultime d'une structure peut être réduite sans que la sécurité
structurale soit affaiblie, si l'on augmente la ductilité dans la même
mesure.

Le projet d'un renforcement sismique commence par un recalcule de la


construction ou de l'élément de construction concerné sur la base des
prescriptions parasismiques. Pour ce faire, il faut d'abord estimer la
valeur de la ductilité disponible avec un soin particulier. A partir des
résultats de ce recalculé, une solution de renforcement doit être
développée en respectant les exigences à l'aptitude au service.

La notion "mesure de renforcement" comprend plusieurs significations.


Une mesure peut avoir le but suivant :

- en vue de la sécurité structurale :

. Augmentation de la résistance ultime avec


réduction de la ductilité,

. Augmentation de la résistance ultime et de la


ductilité,
. Réduction de la résistance ultime avec
augmentation de la ductilité,

. Changement de la rigidité, c'est-à-dire de la


fréquence propre, provoque un changement de
l'action sismique ;

- en vue de l'aptitude au service :

. Augmentation de la rigidité (il en résulte


généralement une augmentation de l'action
sismique,

. Séparation des éléments de construction non


porteurs de la structure porteuse.

Très souvent il n'est possible de renforcer qu'une partie des éléments


porteurs pour des raisons pratiques. Des différences de rigidité entre
éléments renforcés et non renforcés peuvent alors conduire à des
sollicitations différentes et à un déplacement du centre de rigidité. En
général, un renforcement peut aussi changer la distribution des masses
dans un bâtiment et, par conséquence, provoquer une variation de la
fréquence propre et un déplacement du centre de masse. Les
déplacements possibles des centres de masse et de rigidité conduisent
à des sollicitations de torsion dont il faut absolument tenir compte.

Un renforcement local (par exemple un renforcement d'un étage


seulement) ne provoque souvent qu'un transfert des points faibles
dans des zones voisines non renforcées. Il est donc d'une importance
primordiale d'examiner intégralement le bâtiment à renforcer.

Le manuel élaboré par un groupe de travail du SGEB décrit des


mesures de renforcement proprement dit et l'application de ces
mesures aux éléments de construction existants. Le manuel s'applique
aussi au renforcement par addition de nouveaux éléments de
construction. Beaucoup de ces mesures peuvent d'être utilisées non
seulement pour un renforcement préventif mais aussi pour la
réparation des dégâts de séisme."

Le grand argument présenté à chaque fois que la construction


parasismique est évoquée est son coût. Si pour le neuf, on peut limiter
considérablement les surcoûts au point de les rendre négligeable, cela
semble plus problématique pour l'existant.

Le Dr. Helmut Krawinkler, professeur de génie civil à l'Université de


Stanford, le précisait d'ailleurs en doutant quelque peu du programme
développé sur 5 ans aux Etats-Unis. Cela ressemblait plus à un désir
national de créer un code supplémentaire plutôt qu'à une réelle
demande, sauf peut-être de la part des compagnies d'assurance. Le
coût de certaines consolidations pour des constructions individuelles
est si élevé que la population préfère prendre le risque de reconstruire
si un séisme se produisait. On peut tout de même se poser la question
du coût des vies humaines qui pourraient être épargnées !

Henri Fierz et Sener Tinic sont intervenus sur ce sujet lors de cette
journée genevoise, mais en se limitant à des bâtiments industriels ou
collectifs :

"Les interventions parasismiques sur le bâti existant réalisées en


Suisse à ce jour se limitent à 2 types de construction :

- des bâtiments nucléaires d'un certain âge,

- des bâtiments publics représentant un danger potentiel élevé.

Un exemple d'intervention pour chacun de ces types est présenté par


la suite. Dans le premier cas il s'agit d'une intervention achevée, dans
le deuxième cas d'une intervention en cours de réalisation. Ces
exemples illustrent d'une part les problèmes rencontrés et les solutions
adoptées, et d'autre part les coûts des interventions. Ces coûts sont
comparés à la valeur actuelle estimée des bâtiments. En conclusion
quelques réflexions sur le bénéfice réel d'une intervention
parasismique mesuré en terme de réduction de risque, devraient
montrer que ces coûts sont justifiés.

Le premier exemple concerne la centrale nucléaire de Beznau, située


au Nord de Zurich, et faisant partie des centrales du Nord-Est de la
Suisse.

Pour les bâtiments des réacteurs et les bâtiments annexes de la classe


de sécurité sismique 1, les exigences parasismiques demandent un
comportement élastique des structures porteuses soumises aux
contraintes du séisme SSE (safe shutdown earthquake). Ce dernier est
défini par une accélération horizontale maximale de 0,15 g au niveau
du rocher pour une probabilité d'occurrence de 10-4 par an.

Lors de la requalification technique de Beznau, toutes les structures


importantes ont été examinées et jugées conformes aux exigences, à
l'exception des bâtiments annexes AI, AII et DI qui sont hachurés dans
la figure l.

Les trois bâtiments contestés (voir figures 2 et 3) présentent tous une


faible résistance à la torsion au niveau du rez-de-chaussée. En effet les
éléments porteurs sont avant tout des piliers. Il y a peu de murs de
renforcement, et en plus ils sont placés de façon asymétrique.

La solution d'intervention parasismique adoptée pour les trois


bâtiments consiste à rajouter des murs au rez-de-chaussée. Capables
de reprendre les poussées horizontales, ils augmentent ainsi la
résistance à la torsion.
L'emplacement et les dimensions des murs de renforcement ont été
choisis sur la base des critères suivants :

- amélioration sensible du comportement dynamique


et de la résistance des bâtiments,

- pas de limitations pour l'exploitation après mise en


place,

- la réalisation des travaux doit être possible durant


le révision annuelle pour les bâtiments A.

La construction des murs dans les bâtiments A est caractérisée par les
détails suivants :

- murs en béton armé,

- raccords au sol et aux piliers par des tiges


d'ancrage,

- joint de séparation du bâtiment voisin réalisé à


l'aide de laine de verre et de styrofoam,

- raccord au plafond par des étriers placés dans des


trous forés à travers la dalle,

- trous de 200 mm de diamètre dans la dalle


supérieure pour le bétonnage,

- tuyaux d'injection pour la finition.

Les sommes relativement élevées pour le projet et la réalisation


s'expliquent par le fait, que pour la mise en place des murs, il a fallu
déplacer un certain nombre de systèmes d'exploitation.

Il est particulièrement intéressant de mettre les coûts en rapport avec la


valeur actuelle des bâtiments.

L'estimation donne 4,55 millions de francs suisses pour chaque


bâtiment A et 7,55 millions de francs pour le bâtiment DI. Les coûts de
l'intervention parasismique représentent donc 6 % et 4 % de la valeur
actuelle des bâtiments A et du bâtiment DI.

Le second exemple concerne le rez-de-chaussée du bâtiment des


amphithéâtres de l'École Polytechnique Fédérale de Zurich situé au
Hönggerberg. Les exigences parasismiques sont définies par la norme
SIA-160 et peuvent être résumées comme suit :

- zone de danger 1 à activité sismique faible


- accélération horizontale maximale du sol de 0,06 g
pour le séisme de dimensionnement avec une
période de récurrence de 300/500 ans

- classe de bâtiment II (école)

- pas de défaillance de la structure porteuse soumise


aux contraintes du séisme de dimensionnement.

Le rez-de-chaussée présente les traits typiques d'un "soft story".


En plus il a comme dans l'exemple précédent une faible résistance à la
torsion due à la disposition asymétrique des principaux éléments
porteurs, murs d'un côté et piliers de l'autre. La vérification du
comportement du bâtiment a montré qu'il faut s'attendre à une
défaillance de la structure porteuse pour le séisme de
dimensionnement.

La limitation principale imposée à une intervention parasismique est


dans le cas présent d'ordre architecturale En effet l'aspect du bâtiment
ne devrait si possible pas être modifié. Toute une palette de solutions a
été étudiée. Il s'est avéré que des éléments de renforcement placés du
côté de l'entrée du bâtiment répondraient le mieux aux exigences
d'efficacité parasismique, de faisabilité et d'esthétique.

Il n'y a pas encore de projet définitif d'intervention parasismique. Les


coûts sont provisoirement chiffrés à 500 000 francs suisses alors que la
valeur du bâtiment est de 75 millions de francs. Les coûts de
renforcement se montent donc à environ 0.7 % de la valeur du
bâtiment.

Dans un article publié en 1991 par K. Moser "Ist die Erdbebensicherung


in Hochbau gerechtfertigt ?" dans "Schweizer lngenieur und Architekt",
les coûts annuels moyens pour les mesures parasismiques qui seraient
à appliquer à tous les genres de bâtiments nouveaux et anciens sont
estimés à 0,6 % des coûts annuels totaux de construction en Suisse. Ce
chiffre correspond à celui donné pour le deuxième exemple, alors qu'il
est d'un ordre de grandeur inférieur à celui obtenu dans le premier
exemple L'explication en est, que pour un type et des coûts
d'intervention semblables, les valeurs des bâtiments estimées sur le
base de leurs volumes sont différentes. De toute manière il est à
retenir que les mesures relativement simples qui ont été proposées et
qui auraient été bon marché au moment de la construction peuvent
devenir coûteuses lorsqu'elles sont réalisées après coup. Les
principaux facteurs déterminant ces coûts sont :

- limitations imposées par l'exploitation à


l'emplacement d'éléments de renforcement,

- déplacement et remplacement d'équipements,


- raccords des nouveaux éléments aux structures
existantes,

- aspects architecturaux.

Pour terminer il est permis de se demander quel profit les interventions


parasismiques apportent. Dans l'article déjà cité il est estimé que le
montant annuel à investir en Suisse pour l'application systématique de
mesures parasismiques adéquates permettrait d'éviter des pertes
annuelles moyennes dues à des séismes trois fois supérieures à ce
montant. Pour les bâtiments étudiés et représentant un danger
potentiel élevé, le rapport entre l'investissement et les pertes évitées
est certainement plus favorable sans compter qu'un accident dans une
centrale nucléaire ou l'effondrement d'un amphithéâtre seraient perçus
comme des événements inadmissibles Les coûts des interventions
parasismiques sont donc amplement justifiés."

Cet avis fort enthousiaste n'a pas eu l'air de convaincre les différents
interlocuteurs que j'ai pu rencontrer et interroger sur ce sujet.
rayonnement solaire direct. La durée de vie attendue de ces isolateurs
est au moins égale à celle de l'immeuble.

A tel point qu'au collège de Lambesc, aucune vérification du caoutchouc


n'a été effectuée

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