SIGLES et Acronymes du Secteur Environnemental
SIGLES et Acronymes du Secteur Environnemental
SIGLES ET ACRONYMES
2
MEDDTE : Ministère de l'Environnement, du Développement durable et de la Transition
écologique
MEPC : Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération (MEPC)
NAMA : Nationally Appropriate Mitigation Actions
ODD : Objectifs du Développement durable
PAP : Plans d’Actions prioritaires
PCAE : Politique commune d’Amélioration de l’Environnement de l’UEMOA
PFNAC : Projet de Promotion d’une Finance novatrice et d’Adaptation communautaire
dans les communes autour des réserves naturelles communautaires du
Sénégal
PGES : Plan de Gestion environnementale et sociale
PNNK : Parc national du Niokolo Koba
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
PSE : Plan Sénégal émergent
RAC : Revue annuelle conjointe
RNA : Régénération naturelle assistée (RNA)
SRC : Stratégie régionale Climat
TeqCO2 : Tonne équivalent CO2
TER : Train Express régional
UE : Union européenne
UEMOA : Union économique et monétaire Ouest africaine
UICN : Union internationale pour la Conservation de la Nature
US : United States
WACCA : West Africa Coastal Areas management program
3
Table des matières
SIGLES ET ACRONYMES ............................................................................................................ 2
Table des matières ................................................................................................................... 4
Liste des Tableaux .................................................................................................................... 5
Liste des Figures ....................................................................................................................... 5
CONTEXTE ET JUSTIFICATION ................................................................................................... 6
I. PRESENTATION DU SECTEUR ............................................................................................ 7
1.1. MISSIONS ET ATTRIBUTIONS DU MEDDTE ............................................................................ 7
1.2. ORGANISATION DU MEDDTE ..................................................................................................... 8
II. DIAGNOSTIC DU SECTEUR ................................................................................................. 9
2.1. DELIMITATION DES SOUS-SECTEURS .......................................................................................... 9
2.2. EVALUATION DE LA POLITIQUE ANTERIEURE (2016-2020) .......................................................... 9
2.2.1. Gestion du cadre biophysique, des pollutions et nuisances .....................................................................10
2.2.2. Transition écologique et Financements verts ...........................................................................................12
2.2.3. Développement durable ...........................................................................................................................15
2.3. DESCRIPTION DE LA SITUATION DES BENEFICIAIRES ..................................................................16
2.4. DESCRIPTION DE L’OFFRE DANS LES DOMAINES COUVERTS ......................................................17
2.4.1. Gestion du cadre biophysique, des pollutions et nuisances .....................................................................17
2.4.2. Transition écologique ...............................................................................................................................17
2.4.3. Développement durable ...........................................................................................................................18
2.5. ANALYSE DES FORCES, FAIBLESSES, OPPORTUNITES ET MENACES (FFOM) DU SECTEUR ............19
2.6. DIAGNOSTIC JURIDIQUE, INSTITUTIONNEL ET ORGANISATIONNEL............................................20
2.7. EVALUATION DES FINANCEMENTS MOBILISES ..........................................................................22
2.8. DEFIS ET ENJEUX .......................................................................................................................24
III. STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SECTEUR ................................................................... 26
3.1. VISION ......................................................................................................................................26
3.2. VALEURS ET PRINCIPES .............................................................................................................26
3.3. OBJECTIF GENERAL ...................................................................................................................27
3.4. ORIENTATIONS STRATEGIQUES.................................................................................................27
3.5. PROGRAMMES ET OBJECTIFS SPECIFIQUES ...............................................................................27
IV. CADRE DE PILOTAGE ET DE SUIVI EVALUATION ................................................................. 29
4.1. Cadre de pilotage .....................................................................................................................29
4.2. Cadre de suivi-évaluation .........................................................................................................29
ANNEXE : Synthèse du cadre stratégique ............................................................................... 31
4
Liste des Tableaux
5
CONTEXTE ET JUSTIFICATION
6
I. PRESENTATION DU SECTEUR
7
Il appuie les initiatives des collectivités locales et des mouvements associatifs en matière
d'environnement. Il a en charge le développement de l'éducation environnementale.
Il gère un mécanisme de veille et de suivi des tendances de changement de climat et de
modification de l'état de l'environnement. Il coordonne la conception et la mise en œuvre
de la politique nationale de Transition écologique. Il est chargé, en relation avec les
collectivités territoriales, de promouvoir l'économie forestière. Il veille à une utilisation
rationnelle du potentiel forestier.
Il s'assure de la mise en œuvre d'une politique de reboisement. Il veille à une exploitation
rationnelle des forêts et des autres espaces boisés.
Il représente le Sénégal dans les réunions internationales techniques consacrées à la
protection de l'environnement, au développement durable, au climat et à la biodiversité.
Il assure la tutelle du Secrétariat permanent de la Commission nationale du
Développement durable.
Il participe à la mise en œuvre de la politique de conservation des eaux et des sols par la
réalisation de bassins de rétention et des lacs artificiels. En liaison avec les ministres
chargés de la pêche et de l'agriculture, il assure le développement de l'aquaculture.
8
– Direction des Eaux, Forêts et Chasses et de la Conservation des Sols ;
– Direction de l’Environnement et des Etablissements classés ;
– Direction de la Planification et de la Veille environnementale ;
– Direction des Financements verts et des Partenariats ;
– Direction des Aires marines communautaires protégées ;
– Direction de l’Administration générale et de l’Equipement.
4° Autres administrations :
– Centre national de Formation des Techniciens des Eaux et Forêts, Chasses et Parcs
nationaux ;
– Centre de Suivi écologique ;
– Centre d’Education et de Formation environnementales ;
– Agence sénégalaise de la Reforestation et de la Grande Muraille verte ;
– Autorité nationale de Biosécurité.
Cette partie dresse l’état des lieux et fait l’analyse situationnelle du secteur. Elle concerne
successivement la délimitation des sous-secteurs, l’évaluation de la politique antérieure,
la description de la situation des bénéficiaires et de l’offre dans les domaines couverts.
Dans la même veine, elle aborde le diagnostic institutionnel et organisationnel et
l’évaluation des financements mobilisés au cours des dernières années, avant d’identifier
les défis, enjeux et priorités.
1
Les résultats listés proviennent des différents Rapports annuels de performance (RAP/2016-2020) du MEDDTE
9
2.2.1. Gestion du cadre biophysique, des pollutions et nuisances
43
42,8 42,74
42,6 42,53
42,4 42,32
42,2 42,11
42 41,91
41,8
41,6
41,4
2016 2017 2018 2019 2020
(Source : RAP/MEDDTE)
2
Actuellement, selon l’IUCN, l’indice de la liste rouge est de 0,942 sur 165 espèces de mammifères et 0,98 sur 625
espèces d’oiseaux (DPN 2017) ; donc très proches de ‘’1’’.
10
En effet, le pillage des forêts transfrontalières du sud, notamment le long de la frontière
gambienne, s’est accentué. Le trafic porte sur des espèces prisées par l’industrie du
meuble, en particulier le vène (Pterocarpus erinaceus), le dimb (Cordyla pinnata) et le
caïlcédrat (Khaya senegalensis). Les régions les plus touchées par le phénomène sont
Ziguinchor, Kolda, et Tambacounda. A cela s’ajoutent les pertes occasionnées par les
autres activités de développement relatives à l’habitat, aux infrastructures, au transport,
aux mines et carrières, etc.
Concernant la faune sauvage, les impacts du braconnage et de la dégradation des
écosystèmes naturels sur la conservation de la biodiversité, sont restés déterminants.
Certaines espèces sont menacées d'extinction : (i) au moins 10 sur les 400 espèces de
poissons signalées au Sénégal ; (ii) 38 sur les 100 espèces de reptiles (crocodiles, serpents
et tortues de mer) inscrites sur la Liste Rouge de l'UICN ; (iii) 14 sur les 192 espèces de
mammifères recensées dont les Chimpanzés (Pan troglodytes), le Colobe bai (Procolobus
badius), et le Lycaon (Lycaon pictus).
La plupart des effectifs du Parc national du Niokolo Koba (PNNK) qui présente la plus
grande diversité spécifique en matière de grande et moyenne faune mammalienne au
Sénégal, sont encore dans une situation critique. Confronté à de nombreuses pressions
et menaces, ce parc est maintenu depuis 2007, sur la liste des sites du Patrimoine mondial
en péril.
Dans le domaine de la gestion des pollutions et nuisances, il y a eu :
- une redynamisation des centres de gestion des urgences environnementales
(CGUE) et de la qualité de l’air (CGQA) ;
- la consolidation de 750 mètres de trait de côte par la pose de brise-lames grâce
au partenariat public-privé, à l’effet de protéger des infrastructures touristiques
et hôtelières sur la petite côte ;
- l’appui à la maturation et à la validation de projets dans le domaine du
« Mécanisme de Développement propre (MDP) » et de « Nationally Appropriate
Mitigation Actions (NAMA) » portant sur le développement du biogaz, de
systèmes photovoltaïques hors réseau de la Société nationale d’Electricité
(Senelec) en zone rurale, de diffusion de lampes à économie d’énergie ;
- la surveillance du cadre de vie avec en moyenne 65% des Plans de Gestion
environnementale et sociale (PGES), suivis et 60% des Installations classées
pour la Protection de l’Environnement (ICPE), contrôlées entre 2016 et 2019.
Mais en somme, l'urbanisation accélérée, les activités industrielles et de transport ainsi
que l’évolution constante des modes de production et de consommation, ont eu de
multiples répercussions sur l’environnement, entrainant une dégradation continue du
cadre de vie et des moyens d’existence des populations.
11
2.2.2. Transition écologique et Financements verts
Elle intéresse tous les secteurs, mais au Sénégal, les actions prioritaires ont concerné : (i)
la transition et l’efficacité énergétiques ; (ii) l’agriculture écologique ; (iii) l’industrie verte,
(iv) l’économie circulaire, (v) l’éco transport et (vi) l’éco construction.
- Transition énergétique
Le Sénégal s'est engagé dans une transition énergétique visant à atteindre une production
d'énergie électrique à partir de sources renouvelables à hauteur de 30% d'ici 2025 et à
augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national à 60%,
d'ici 2030.
La contribution du MEDDTE à ces objectifs s’est traduite par une installation de près de
30 000 KWc de champs solaires dans les éco villages centre, la mise à disposition d’environ
10 000 foyers améliorés, de 20 000 foyers en banco et de 214 bio digesteurs.
Toutes ces actions ont rendu possible un prélèvement évité en bois de chauffe/énergie
de 9,2 tonnes par an. Ceci correspond à une superficie déboisée évitée de 3 092 ha /an
et à une capacité annuelle de séquestration de carbone estimée à 6 184 teqCO2/an, soit
7% du total des émissions dans les éco villages. Par ailleurs, l’installation des champs
solaires a permis d’éviter près de 3 765 teqCO2/an.
- Agriculture écologique
L’agriculture écologique qui, pour notre pays, est un levier de lutte contre l’insécurité
alimentaire et la pauvreté en milieu rural, a fait l’objet d’une attention particulière afin de
réduire la pression et la dégradation des ressources naturelles. A ce titre, plusieurs centres
d’incubation ont été mis en place pour une superficie 200 ha dont 10 périmètres
écologiques dans les éco villages centre et 5 jardins polyvalents dans le tracé de la Grande
Muraille verte. Ces actions ont produit près de 30 000 emplois dont les 2/3 occupés par
les femmes et surtout permis de réduire la période de soudure de 6 mois à 2 mois.
12
- Industrie verte
L'objectif visé est de produire mieux et autrement, en privilégiant des procédés industriels
moins consommateurs de matières premières non renouvelables et qui protègent
l’environnement avec moins de rejets possibles de déchets, de fumées, de poussières,
d’effluents, etc.
Dans ce sens, le MEDDTE réalise fréquemment des contrôles, accompagne les industries
et les autres acteurs, dans la formulation, l’exécution de projets à l’instar du programme
de dépollution de la baie de Hann ou dans la mise en normes et aux standards
écologiques.
- Economie circulaire
Dans l’optique d’asseoir des modes de consommation durables, des initiatives visant à
rompre l’économie linéaire pour passer à l’économie circulaire à travers les principes du
4R (recycler, réutiliser, réduire, refuser), ont été prises. Concrètement, il s’est agi de faire
progresser les pratiques de compostage à travers le tri des ordures dans les éco villages
centre (mise à disposition de près de 5 000 poubelles et de de 10 charrettes pour la
collecte), et les industries de recyclage.
- Eco transport
- Eco construction
Dans le domaine de la préservation des biens immobiliers des populations en milieu rural
et particulièrement dans la réduction de la forte utilisation énergétique dans les bâtiments,
des actions visant à promouvoir des matériaux thermorégulateurs et des constructions
écologiques, ont été initiées. A ce titre, un projet a été mis en œuvre pour une recherche
sur la fabrication des briques en typha et sur la construction de maisons en voûte
nubienne. Des résultats probants ont d’ailleurs été enregistrés mais leur mise à l’échelle
reste à réaliser.
13
[Link]. Financements verts
Au Sénégal, le financement vert est assuré en dehors du budget de l’Etat, par plusieurs
sources multilatérales, bilatérales et privées.
Sur un total de 25 projets nationaux approuvés pour le Sénégal par le FEM depuis son
premier cycle (FEM1), 108,5 millions de dollars de subventions ont été octroyés. En vertu
du Protocole de Kyoto, le Fonds pour l’Adaptation au changement climatique créé pour
aider les pays en développement à supporter les coûts de l’adaptation, a fait bénéficier le
Sénégal des premiers financements à travers le Centre de Suivi Ecologique (CSE), Entité
Nationale de Mise en Œuvre.
Après le CSE pour le FA et le FVC en 2015 et La Banque Agricole (LBA) au sujet du FVC
en 2020, des efforts sont déployés pour l’accréditation d’autres structures nationales,
notamment le Fonds de Garantie des Investissements prioritaires (FONGIP) et le Fonds
souverain d’Investissements stratégiques (FONSIS), en ce qui concerne l’accès direct.
A partir de 2016, le Sénégal a enregistré au FVC, treize (13) projets dont sept (7) projets
d’atténuation, trois (3) projets d’adaptation et trois (3) projets transversaux. Cinq (5) de
ces projets sont en cours d’exécution.
Plusieurs autres acteurs multilatéraux dont la Banque Mondiale (BM), la Banque africaine
de Développement (BAD), l’Union Européenne (UE), le Programme des Nations Unies pour
le Développement (PNUD), le Fonds international de Développement agricole (FIDA),
l’Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), appuient
également le financement du secteur.
Quant au financement bilatéral, l’assistance a été essentiellement portée par les Pays-
Bas jusqu’à une date récente. Mais à partir de 2016, ces derniers se sont retirés de
l’environnement pour couvrir d’autres domaines. Certains pays restent toutefois actifs
dans le secteur : France, Japon, Etats Unis, Allemagne, Canada, Luxembourg, etc.
14
Difficile à identifier et à chiffrer, elle s’oriente généralement sur les prêts de banques
commerciales (souvent non concessionnels) et les investissements directs au profit
d’acteurs institutionnels, y compris les entreprises et promoteurs de projets dont les plus
importants portent sur les énergies renouvelables.
Les obligations vertes qui pourraient se positionner comme un important véhicule pour la
mobilisation du financement privé, reste relativement méconnues, bien que le marché ait
décuplé au niveau mondial, avec un volume d’obligations émises estimé par la Climate
Bonds Initiative à 200 milliards de dollars US en 2020.
Néanmoins, beaucoup d’initiatives sont développées pour mobiliser les flux financiers et
aider à atteindre les objectifs de la CDN, par les approches de l’article 6 de l’Accord de
Paris.
Par conséquent, on retiendra en somme que malgré les nombreuses opportunités offertes
par les financements verts et les besoins illimités pour la transition écologique, le niveau
de mobilisation des ressources reste encore très faible. Les contraintes sont liées pour la
plupart à :
15
Dans ce contexte, l’amélioration de la base de connaissances sur l’environnement
et les ressources naturelles, a abouti à : (i) la mise en place et l’alimentation continue
d'un dispositif de suivi et de veille environnementale ; (ii) l’élaboration de documents
stratégiques ; (iii) l’organisation d’ateliers de formation et (iv) la formulation de projets et
programmes.
Toutefois, le niveau de cette contribution reste difficile à quantifier avec exactitude, mais
son rôle demeure crucial dans la production des biens et services. C’est ce qu’indiquent
les résultats obtenus grâce à la politique du secteur, en termes d’organisation pour une
gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement, de création d’emplois,
de génération de revenus, d’amélioration du cadre de vie et d’éveil de
conscience, d’allègement de la pénibilité du travail et de renforcement des capacités
techniques.
3
Résultats de l’Enquête harmonisée sur les Conditions de la Vie des Ménages (EHCVM). Des travaux sont en cours sur certaines techniques de
raccordement afin de disposer d’une nouvelle série de données qui permettra de comparer les indicateurs de pauvreté de l’EHCVM et ceux issus
des anciennes enquêtes comme l’ESPS (2005 et 2011).
4
Rapport d’État d’avancement de la mise en œuvre des ODD en 2019
5 Rapport d’État d’avancement de la mise en œuvre des ODD en 2020
16
2.4. DESCRIPTION DE L’OFFRE DANS LES DOMAINES COUVERTS
Ce passage fera la description de l’offre dans les différents domaines couverts par le
secteur de l’Environnement et du Développement durable.
La « Lutte contre les pollutions, les nuisances et les effets néfastes des
changements climatiques » garantit le développement des activités anthropiques et
la gestion rationnelle de l’environnement, soutient la stabilité des écosystèmes et améliore
le cadre de vie. Les actions intègrent la lutte contre les pollutions notamment le plastique,
les produits chimiques et déchets dangereux, ainsi que l’évaluation, les études et le suivi
environnementaux. Elles comprennent également des mesures d’adaptation et
d’atténuation des effets néfastes des changements climatiques à travers la lutte contre
l’érosion côtière et fluviale, la promotion de l’économie verte (emplois verts, économie
circulaire, énergies renouvelables, efficacité énergétique…), etc.
La transition écologique est devenue un impératif dans tous les pays, et particulièrement
les plus riches qui portent une grande responsabilité historique de la dégradation des
grands équilibres environnementaux. Toutefois, selon le principe bien connu de la
responsabilité commune mais différenciée, aucun pays ne devrait être en reste.
17
Ainsi, les priorités africaines les plus récurrentes pour opérer une transition verte sont
entre autres : l’accès à l’énergie propre et renouvelable, l’économie circulaire, le transport
durable et moins polluant, la santé environnementale, l’agriculture durable et la
souveraineté alimentaire, la préservation des forêts et de la biodiversité, les financements.
Sous ce rapport, plusieurs leviers de la transition écologique sont activés au Sénégal, sur
la base de nos priorités. Il s’agit de :
- la promotion des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique), une des
voies privilégiées pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, réduire la
dépendance aux ressources naturelles épuisables, créer des emplois verts durables
et décents ;
- le développement de l’éco-mobilité ou la promotion du transport durable (Train
Express régional-TER, Bus Rapid Transit-BRT, renouvellement du parc automobile
de transport…) ;
- la réorientation des pratiques agricoles vers l’agroécologie et l’agriculture
biologique ;
- la promotion de l’économie circulaire en redirigeant les modèles de production
(éco-conception par exemple), d’échange (mutualisation des biens et services) et
de consommation (réemploi, recyclage…) ;
- l’encouragement à l’écoconstruction et l’efficacité énergétique dans les bâtiments.
2.4.3. Développement durable
Il est admis que le développement qui s’inscrit dans le long terme, doit prendre en compte
dans les perspectives économiques, les contraintes environnementales et sociales. En la
matière, le Sénégal a défini des orientations pour tous les ODD mais portent l’attention
entre autres sur l’amélioration du dispositif institutionnel, législatif et réglementaire, des
systèmes de planification, de suivi-évaluation, de contrôle, et sur le renforcement des
capacités surtout en matière d’innovations.
L’accent a été à ce propos mis sur la création d’une infrastructure de données et d’outils
pour le renseignement et le suivi des ODD ainsi que des questions relatives à la
transversalité du genre. Ce faisant, par arrêté n° 031547 du 31 décembre 2019, la
Plateforme nationale des acteurs pour le suivi des Objectifs de Développement durable
qui regroupe toutes les parties prenantes dans un même cadre, a été institutionnalisée.
À ce sujet, l’assistance technique du Partenariat mondial pour les données de
développement durable (GPSDD) en collaboration avec la Banque islamique de
Développement, a permis de faire avancer les approches et méthodes pour combler les
lacunes en particulier dans le renseignement des indicateurs liés à l'environnement,
faisant passer le taux de 25 % et 47 % en 2020.
18
2.5. ANALYSE DES FORCES, FAIBLESSES, OPPORTUNITES ET MENACES
(FFOM) DU SECTEUR
Forces Faiblesses
- Existence d’un cadre juridique et - Changement institutionnel récurent
institutionnel - Multiplicité des centres de décision et
- Riche expérience en matière de pôles de pilotage
gestion de l’environnement et des - Manque de synergie et de coordination
ressources naturelles - Inadéquation de l’organisation du
- Volonté politique avérée MEDDTE par rapport aux défis
- Maitrise des mécanismes - Difficulté à conduire les changements et
internationaux de financement et de les réformes
coopération - Couverture juridique du secteur
- Accessibilité des institutions de insuffisante
formation et de recherche - Insuffisance des ressources humaines,
- Potentialité naturelle variée et matérielles et financières
importante. - Faible appropriation des enjeux du
- Bonne expertise locale (capital secteur par les populations
humain) - Insuffisance de l’investissement privé
- Existence d’équipements modernes - Fragilité des milieux naturels
- Existence de cadres de concertation - Faible prise en compte de
- Meilleure implication de la société l’environnement dans les politiques de
civile développement
- Potentiel de résilience des - Faible prise en charge de l’économie
écosystèmes verte
- Existence de stratégies de - Faible prise en charge de l’économie
mobilisation de ressources circulaire
- Expérience en matière de Gestion - Faible prise en charge de la transition
axée sur les Résultats (GAR) écologique
19
Opportunités Menaces
- Existence d’une politique national - Augmentation des pressions
favorable anthropiques
- Disponibilité de technologies, - Crises politiques et conflits armés
modernes et d’une expertise dans la sous-région
internationale - Changement climatique
- Existence d’une coopération - Développement de l’exploitation des
internationale dynamique, ressources minières, pétrolières et
d’opportunités de collaboration et gazières
de financement - Paupérisation des populations et
- Opportunité et climat des affaires crises économiques
favorables à l’implantation - Recrudescence de maladies
d’entreprises vertes zoonotiques
- Existence de mécanismes - Modes de production et de
financiers internationaux dédiés à consommation non durables
la protection de l’environnement et - Criminalité environnementale
des ressources naturelles - Feux de brousse
- Engagement des collectivités - Insuffisance du financement des
territoriales, des associations compétences transférées
professionnelles, des organisations - Faible dispositif de prévention et de
communautaires de base et de la gestion des risques et catastrophes
société civile, dans la protection de naturelles
l’environnement et l’amélioration
du cadre de vie
L’analyse fait ressortir que sur le plan interne, ce qui a affecté la mise en œuvre efficiente
de la politique, est d’une part, d’ordre institutionnel, organisationnel et, d’autre part,
d’ordre technique et financier ; ceci malgré les forces qui sont notées et au rang
desquelles, figure l’existence d’un capital humain de qualité et d’un savoir-faire. Il s’y
ajoute sur le plan externe, le changement climatique et les risques d’insécurité qui ont
augmenté le manque d’efficience en dépit de la volonté politique et des opportunités
d’affaire pour le secteur privé.
20
L’analyse du cadre juridique relève l’existence d’un grand nombre de textes se
rapportant au secteur, dont les principaux sont :
A ces textes de base, il convient d’ajouter ceux qui restent pertinents pour les secteurs
connexes tels que l’eau, l’assainissement, les déchets, les mines, le pétrole, l’énergie, etc.
Cet arsenal juridique a permis d’assurer une meilleure protection et une gestion durable
de l’Environnement et des Ressources naturelles. Toutefois, les textes souffrent de
quelques limites. En effet, leur caractère épars rend difficiles la connaissance et l’accès à
la règle de droit. Par ailleurs, certains d’entre eux comme le code de l’Environnement et
la loi sur la Biosécurité, soulèvent des contraintes dans leur mise en œuvre, du fait de
l’absence de textes d’application.
Le dernier cas a concerné la fusion des deux agences existantes (Agence nationale de la
grande Muraille verte et Agence des Eco villages) pour donner naissance à l’Agence
sénégalaise de Reforestation et de la grande Muraille verte (ASERGMV).
Mais en tout état de cause, l’organisation du ministère doit évoluer pour permettre une
meilleure prise en charge des nouvelles missions qui lui sont dévolues.
21
En ce qui concerne la situation des ressources humaines et matérielles, beaucoup
d’efforts ont été consentis pour permettre une mise en œuvre efficace et efficiente de la
politique environnementale et de développement durable, sur l’ensemble du territoire
national. Les effectifs ont augmenté significativement grâce à la série de recrutements
réalisés entre 2015 et 2020 et quelques nouveaux matériels et équipements acquis.
La structure du personnel montre que les paramilitaires (membres des forces de défense
et de sécurité), sont les plus représentés. 85 % des effectifs appartiennent aux corps des
Eaux et Forêts, Parcs nationaux et Aires marines protégées.
(Source : RH/MEDDTE)
22
Par contre, les ressources réellement disponibles ont tourné autour de 100,6 milliards
[Link], représentant une couverture partielle (moins de 63%) des besoins exprimés.
Figure 3: Evolution du budget du MEDD de 2016 à 2020
LFI LFR
(Source : RAP/MEDDTE)
6
1$ = 550 FCFA
23
Malgré tout, les indicateurs montrent que le secteur est sous financé, y compris par les
partenaires au développement où « … il est noté huit projets et programmes en
cours pour un montant global de 42,45 milliards de FCFA dont 6% de
contrepartie de l’Etat, soit 2,57 milliards de FCFA en valeur absolue. Ce
montant total ne représente que 0,5% du portefeuille actif pour le pays »7.
Figure 4: Evolution des ressources internes et externes entre 2016 et 2020
(Source : RAP/MEDDTE)
Les ponctions budgétaires opérées en cours d’exercice ont eu aussi comme autres
conséquences, l’insuffisance des crédits d’investissement pour des actions prioritaires
telles que la lutte contre les feux de brousse, la reforestation, la reconstitution du couvert
végétal et la restauration des terres dégradées.
7
Rapport annuel 2020 sur la performance des projets et programmes dans le cadre la coopération -MEFP 2020
24
- réduire la détérioration de la qualité du cadre de vie ;
- relever le niveau de la résilience des écosystèmes et des populations aux effets
néfastes du changement climatique ;
- assurer une bonne transition écologique ;
- asseoir les bases du développement durable.
Le principal enjeu est de limiter les risques environnementaux à travers une gestion
durable des ressources naturelles, la protection du cadre de vie et la lutte contre les
changements climatiques.
En d’autres termes, il s’agit de concilier les capacités de la nature et les besoins socio-
économiques, en vue de permettre aux populations de profiter au mieux des biens et
services écologiques.
A cette fin, les principaux défis identifiés qui doivent faire l’objet d’un traitement rigoureux
dans le cadre d’une approche différenciée et hiérarchisée tenant compte des spécificités
propres à chaque situation, sont de trois (03) ordres :
1. défis persistants qui concernent : (i) la déforestation et le rétrécissement continu
des savanes boisées, la désertification, la dégradation des terres8, (ii)
l’artificialisation progressive et les attaques permanentes de l’intégrité des habitats
naturels ouverts ou protégées, (iii) la perte de diversité biologique, (iv) la
détérioration de la qualité du cadre de vie ;
2. défis émergents ou réémergents relatifs à : (i) la fréquence et l’intensité des
phénomènes extrêmes (vents forts, houles, inondations, sécheresse), (ii) la
criminalité environnementale transfrontières (trafics d’espèces et produits de faune
et flore, de mercure…), (iii) la propagation de maladies zoonotiques, (iv) les
nouvelles formes de pollutions (relativement à l’exploitation minière, pétrolière et
gazière…), (v) l’insécurité ;
3. défis de la transition écologique dont les opportunités devront être saisies pour
mettre en œuvre, approfondir et affiner la synergie entre les sous-secteurs d’une
part et d’autre part, la veille environnementale et climatique. Dans ce cadre, des
passerelles entre secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie, l’industrie,
l’éducation, la santé, la sécurité, etc., devront être aménagées. Cette approche
servira de levier pour impulser (i) la transition agro-écologique, (ii) la transition
énergétique, (iii) la transition industrielle et plus globalement, la mise en place
progressive de secteurs peu émissifs et résilients.
8
FRA 2020 « Pour la catégorie autres terres boisées, l’on a maintenu le même ratio de 45 % par rapport au taux de
régression de la catégorie « Forêts », à savoir 18 000 ha/an passé et 16000 ha/an futur. » Evaluation des ressources
forestiéres mondiales-FRA 2020
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Pour relever ces défis majeurs, une des conditions nécessaires restera la production
permanente de données et de savoirs.
3.1. VISION
Les valeurs essentielles partagées par les acteurs du secteur et les principes qui fondent
leurs actions quotidiennes, reposent sur :
• l’équité afin de garantir la participation de tous mais également l’accès aux
bénéfices pour tous sans discrimination, notamment de genre ;
• l’écocitoyenneté qui met en avant la responsabilité individuelle dans la
préservation des ressources de l’environnement et la possibilité d’une vie collective.
Les principes se rapportent à :
• la redevabilité vis-à-vis des succès et des échecs et de la traçabilité de l’utilisation
des ressources. Elle met en corrélation les efforts déployés dans la protection, la
restauration ou la mitigation et les impacts négatifs qui découlent des pressions et
menaces environnementales ;
• l’inclusion et la subsidiarité pour que la participation de tous les acteurs soit
structurée autour de l’action collective, grâce à une répartition judicieuse des rôles
et responsabilités en fonction des compétence de chacun ;
• la transparence comme gage de sécurité qui participe de la culture de la bonne
gouvernance environnementale ;
• la durabilité qui reste la finalité même de la politique environnementale en ce
qu’elle a vocation à protéger et à prolonger la vie des ressources et des produits y
issus.
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3.3. OBJECTIF GENERAL
L’objectif général est d’asseoir les bases d’un développement durable qui intègre
une résilience écologique et climatique, compatibles avec l’ambition de
transformation structurelle de l’économie.
Pour la mise en œuvre de cette nouvelle lettre de politique, trois orientations stratégiques
sont retenues :
Ces orientations stratégiques sont déclinées dans quatre (04) programmes traduits en
actions et assortis chacun d’un objectif spécifique.
Ce programme vise à asseoir une gestion durable du patrimoine forestier et des sols. Il
va s’appuyer sur diverses techniques pour protéger et aménager les massifs, compenser
les pertes d’origine anthropique et naturelle par tout moyen approprié de reforestation et
de récupération des sols, et assurer une production durable des biens et services.
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v Programme 2 : Conservation de la biodiversité et gestion des aires
protégées
Il s’agira de garantir une bonne protection des sites naturels classés, des espèces et des
zones prioritaires pour la biodiversité. Pour ce faire, les mécanismes à développer
porteront sur la gestion du réseau des aires protégées existant mais également sur
l’extension du périmètre classé afin d’intégrer au mieux tous les écosystèmes fragiles,
riches ou importantes pour le développement économique et social.
Dans ce programme, il est beaucoup question de protection des milieux récepteurs (eau,
air, sol) et de développement durable, par la prise en compte de l’environnement et du
changement climatique dans tous les processus socioéconomiques. A cet effet, ces actions
viendront en soutien aux systèmes de production, en mettant l’accent sur le suivi
environnemental, les mesures d’adaptation et d’atténuation, ainsi que sur les mécanismes
nécessaires pour assurer la transition écologique, notamment l’accès à la finance
verte/climat.
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v Programme 4 : Pilotage, coordination et gestion administrative
Le Cadre de suivi-évaluation est articulé à celui mis en place au niveau national pour le
suivi du PSE, conformément à l’esprit du décret n°2015-679 du 26 mai 2015 portant
création du Cadre harmonisé de Suivi-Evaluation (CASE).
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Dans le même sillage, il convient de noter les revues annuelles conjointes (RAC) qui
constituent un mécanisme utile aux fins d’analyser les progrès accomplis dans le secteur
et d’identifier les problèmes qui doivent trouver une solution pour améliorer les résultats.
Dans ce contexte, la Direction de la Planification et de la Veille environnementale (DPVE)
qui coordonne la programmation annuelle des activités, va centraliser les données en
vue de l’élaboration des rapports de performance, en collaboration avec les
Responsables de Programme et en partenariat avec la Direction générale de la
Planification et des Politiques économiques (DGPPE) du Ministère de l’Economie, du Plan
et de la Coopération (MEPC) et la Direction générale du Budget (DGB) du Ministère des
Finances et du Budget (MFB).
Par ailleurs, deux évaluations seront réalisées, à savoir, une à mi-parcours prévue en 2024
et une autre terminale ou finale en 2026, avant de procéder à son actualisation.
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ANNEXE : Synthèse du cadre stratégique
VISION : « la transition écologique, moyen pour rendre durables les bénéfices issus du Plan Sénégal
émergent, à l’horizon 2026 »
OBJECTIF GENERAL : Asseoir les bases d’un développement durable qui intègre une résilience écologique
et climatique, compatibles avec l’ambition de transformation structurelle de l’économie
ORIENTATIONS STRATEGIQUES :
- Orientation stratégique 1 : Gestion du patrimoine naturel
- Orientation stratégique 2 : Transition écologique et amélioration du cadre de vie
- Orientation stratégique 3 : Gouvernance verte
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PROGRAMME 3 : Lutte contre les pollutions, les nuisances et les effets néfastes du changement climatique
Objectif spécifique n°3 : Promouvoir un développement résilient, faiblement émissif, dans un
environnement sain
• Action 1 : Gestion du programme
• Action 2 : Lutte contre les changements climatiques
• Action 3 : Protection des milieux récepteurs
PROGRAMME 4 : Pilotage, gestion et coordination administrative
Objectif spécifique n°4 : Améliorer la gouvernance du secteur
• Action 1 : Gestion administrative et financière
• Action 2 : Formation, éducation et prise en compte du genre
• Action 3 : Planification, suivi et veille environnementale
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