Arithmétique: Table Des Matières
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Arithmétique
Didier Piau et Bernard Ycart
2 Entraînement 23
2.1 Vrai ou Faux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.3 QCM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.4 Devoir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.5 Corrigé du devoir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3 Compléments 39
3.1 Abacistes contre algoristes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.2 Des grains de sable dans l’univers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.3 Les comptes binaires de l’Empereur de Chine . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.4 Chasles contre Libri . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.5 Ils sont amicaux, parfaits. . . voire excessifs . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.6 Le Théorème des Restes Chinois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.7 Le Théorème de Ibn al-Haytham . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.8 Diophante et Hypathie, tous deux d’Alexandrie . . . . . . . . . . . . . 52
3.9 Le Dernier Théorème de Fermat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.10 Quatre siècles avant Fermat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
3.11 Le grand plan de Sophie Germain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
3.12 Le Théorème de Fermat-Wiles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
13 février 2013
Maths en Ligne Arithmétique UJF Grenoble
1
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1 Cours
1.1 Nombres premiers
On appelle entier (ou entier relatif, c’est-à-dire positif ou négatif) tout élément de
n o
Z= . . . , −3, −2, −1, 0, 1, 2, 3, . . .
Définition 1. On dit qu’un entier a est un multiple d’un entier b, ou que b est un
diviseur de a lorsqu’il existe un entier k tel que a = kb.
Définition 2. On dit qu’un entier p ≥ 2 est premier lorsqu’il possède pour seuls
diviseurs positifs 1 et lui-même.
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a = bq + r et 0 6 r < b.
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Théorème 3. Soit a > 1 et b > 1 deux entiers. Alors il existe un unique entier m > 1
tel que pour tout entier c > 1,
Théorème 4. Soit a > 1 et b > 1 deux entiers. Alors il existe un unique entier d > 1
tel que pour tout entier c > 1,
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vérifier qu’il marche. La preuve est en deux parties : d’abord l’existence de m (partie
significative) puis son unicité (partie très facile).
Existence de m
Introduisons l’ensemble A formé des entiers strictement positifs simultanément mul-
tiples de a et de b. L’ensemble A n’est pas vide, puisqu’il contient l’entier ab. Il admet
donc un plus petit élément m. On va vérifier que cet entier m convient.
Pour faire cette vérification, soit un entier n > 1 ; nous avons désormais à montrer
une équivalence, distinguons méthodiquement les deux sens.
• Preuve de l’implication directe : Supposons donc que n est un multiple commun
de a et b, et montrons que n est un multiple de m. Pour ce faire, effectuons la division
euclidienne de n par m, soit n = mq + r, avec 0 6 r < m. Comme n et m sont des
multiples de a, r = n − mq aussi ; de même avec b. Ainsi r est un multiple commun
de a et b. Si r était un entier strictement positif, vu l’inégalité r < m il contredirait la
minimalité de m. C’est donc que r = 0 et donc que n est un multiple de m.
• Preuve de l’implication réciproque : Supposons ici que n est un multiple de m.
Comme m est lui-même multiple de a, n est à son tour multiple de a ; de même avec
b. C’est réglé.
Unicité de m
Soit m et m0 vérifiant les hypothèses du théorème. Comme m est un multiple de m
(eh oui !), c’est un multiple commun de a et b, donc un multiple de m0 . De même, m0
est un multiple de m. Cela implique que m et m0 sont forcément égaux au signe près.
Comme ils sont tous deux strictement positifs, ils sont égaux. Fin de la démonstration.
Voici maintenant une première démonstration de l’existence (et l’unicité) du pgcd,
qui l’obtient à partir du ppcm. Cette démonstration a le confort d’être dépourvue
d’idée subtile et l’avantage de prouver le Complément 1. Elle a l’inconvénient de ne pas
prouver le Complément 2 et de ne pas fournir une méthode rapide de calcul du pgcd.
Première démonstration du théorème 4
Existence de d
On note m le ppcm de a et b et on pose d = ab/m. Remarquons que ce nombre d
est bien un entier : en effet, ab étant un multiple commun évident de a et b, c’est un
multiple de leur ppcm. Reste à prouver qu’il convient.
Pour faire cette vérification, soit n > 1 un entier ; nous avons désormais à montrer
une équivalence, distinguons méthodiquement les deux sens.
• Preuve de l’implication directe : supposons que n est un diviseur commun de a
et b. On peut donc introduire deux entiers k et ` tels que a = kn et b = `n. Pour
travailler sur ce sur quoi nous avons des informations, à savoir les multiples de a et b,
introduisons le nombre n0 = ab/n. Ce nombre n0 vaut aussi (a/n)b = kb et (b/n)a = `a.
C’est donc un entier, et même un multiple commun de a et b. C’est donc un multiple
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de m. Il existe donc un entier c tel que n0 = cm, soit ab/n = c ab/d, donc d = cn. On
a bien prouvé que n divise d.
• Preuve de l’implication réciproque : puisque a = d (m/b) où m/b est un entier, d
divise a ; symétriquement puisque b = d (m/a), d divise b. Supposons maintenant que
n divise d. On voit alors aussitôt que n divise a et b.
Unicité de d
C’est exactement le même principe que pour le ppcm, on laisse donc cette partie
de la démonstration en exercice (très) facile.
Preuve du Complément 1 : Il tombe immédiatement au vu de la formule qui donne
d à partir de m. Fin de la démonstration.
Comme promis, voici maintenant une deuxième démonstration du théorème 4, très
différente dans son esprit, et qui permet pour guère plus cher de montrer simultanément
le Complément 2.
Deuxième démonstration du théorème 4
La démonstration est une récurrence sur b ; techniquement, on gagne sérieusement
en confort si on autorise b à être nul, ce que l’on n’a pas fait, volontairement, en énonçant
le théorème dans l’espoir qu’il soit plus clair. On montrera donc légèrement mieux que
l’énoncé de la page précédente, puisqu’on prouvera le résultat sous l’hypothèse « a > 1
et b > 0 ».
Avant de se lancer dans la récurrence proprement dite, on va donner un « résumé
de la preuve » sous forme de programme informatique récursif.
Début du programme
* pgcd(a, 0) = a.
* Soit r le reste de la division euclidienne de a par b.
Les diviseurs communs de a et b sont les diviseurs communs de b et r.
D’où : pgcd(a, b) = pgcd(b, r).
Fin du programme
Ce résumé de démonstration convaincra peut-être les esprits les plus agiles, mais à
notre niveau d’entraînement, il est plus prudent de faire ce qui est derrière les formu-
lations récursives : une bonne vieille récurrence.
On va démontrer par « récurrence forte » sur b > 0 l’hypothèse (Hb ) suivante :
(Hb ) Pour tout entier a > 1, il existe deux entiers (relatifs) s et t tels que,
pour tout n > 1, n divise a et b si et seulement si n divise sa + tb.
Vérifions (H0 ).
Soit a un entier avec a > 1 ; tout entier n > 1 qui divise a divise aussi b = 0 puisque
0n = 0. Pour tout n > 1, on a donc : n divise a et 0 si et seulement si n divise a.
Prenons alors s = 1 et t = 0. On a donc bien pour tout n > 1 : n divise a et 0 si et
seulement si n divise sa + t × 0.
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Soit b un entier fixé, avec b > 1. Supposons la propriété (Hc ) vraie pour tout c avec
0 6 c < b et montrons (Hb ).
Soit a un entier avec a > 1. Notons a = bq + r la division euclidienne de a par b
(qu’on peut réaliser puisque b > 1).
Vérifions l’affirmation intermédiaire suivante : pour tout n > 1, n est un diviseur
commun de a et b si et seulement si n est un diviseur commun de b et r. C’est-à-dire,
avec des mots peut-être plus lisibles : « les diviseurs communs de a et b sont les mêmes
que ceux de b et r. »
Soit n un diviseur commun de a et b, alors n divise aussi r = a−bq ; réciproquement
soit n un diviseur commun de b et r, alors n divise aussi a = bq + r.
L’affirmation intermédiaire est donc démontrée.
On peut alors appliquer l’hypothèse de récurrence (Hr ) (puisque précisément 0 6
r < b) sur l’entier b > 1.
On en déduit qu’il existe deux entiers relatifs s0 et t0 tels que pour tout n > 1, n
divise b et r si et seulement si n divise s0 b + t0 r.
Remarquons enfin que s0 b + t0 r = s0 b + t0 (a − bq) = t0 a + (s0 − q)b, et qu’ainsi, si on
pose s = t0 et t = s0 − q, on a bien prouvé que, pour tout n > 1, n divise a et b si et
seulement si n divise sa + tb.
(Hb ) est donc démontrée.
On a donc bien prouvé (Hb ) pour tout b > 0, donc a fortiori pour tout b > 1, ce
qui prouve le théorème 4 et son Complément 2.
En fait, il reste à prouver l’unicité de d, pour laquelle on renvoie à la démonstration
précédente (où on écrivait qu’on la laissait en exercice).
Fin de la démonstration.
À présent, donnons un petit exemple sur des vrais nombres concrets, pour nous
soulager l’esprit après tant de lettres.
Calcul du pgcd de 137 et 24
On fait des divisions euclidiennes successives et on écrit dans la colonne de droite
les conséquences de ces divisions.
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1 = −7 × 137 + 40 × 24.
– Et voilà !
Voici un autre exemple.
Calcul du pgcd de 141 et 24
Voici les divisions euclidiennes successives et leurs conséquences en termes de pgcd.
Définition 5. On dit que deux entiers a > 1 et b > 1 sont premiers entre eux lorsque
leur seul diviseur commun positif est 1.
On veillera à ne pas confondre cette notion avec celle de nombre premier. (Par
exemple, les calculs ci-dessus montrent que 137 et 24 sont premiers entre eux mais 24
n’est pas premier.)
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Démonstration : Puisque a est premier avec c, le pgcd de a et c est 1, donc il existe des
entiers relatifs s et t tels que sa + tc = 1. Multiplions cette identité par b : on obtient
b = asb + tbc. Mais dans cette écriture, asb est évidemment multiple de a tandis que
tbc l’est parce que bc est multiple de a. On en déduit que b, somme des deux multiples
de a que sont asb et tbc, est lui-même un multiple de a.
Théorème (énoncé approximatif) Tout entier n > 2 peut être écrit de façon unique
comme produit de facteurs premiers.
L’énoncé est approximatif car il n’est pas si clair de savoir ce que signifie « unique » :
on peut écrire 6 = 2 × 3 = 3 × 2 mais il faut évidemment considérer que c’est la même
chose. Pour pouvoir comprendre voire utiliser le théorème, cet énoncé suffira bien ; mais
pour le démontrer, il faut être plus précis.
Théorème 5 (énoncé précis). Tout entier n > 2 peut être écrit comme produit de
facteurs premiers. De plus, si on dispose de deux écritures
dans lesquelles k > 1, i > 1, les entiers p1 < p2 < . . . < pk et q1 < q2 < . . . < qi sont
tous premiers et rangés en ordre croissant, les exposants α1 , α2 , . . . , αk et β1 , β2 , . . . ,
βi sont tous des entiers strictement positifs, alors ces deux écritures sont les mêmes au
sens précis suivant : k = i et pour tout j avec 1 6 j 6 k = i, pj = qj et αj = βj .
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β β
et comme pk est premier avec qj+1 j+1
, pk divise q1β1 q2β2 · · · qj j . Mais ceci contredit l’hypo-
thèse (Hj00 ). L’hypothèse (Hj+1
00
) est donc vraie.
On a donc montré (Hj00 ) pour tout j entre 1 et i ; en particulier on a montré (Hi00 ),
à savoir que pk est premier avec q1β1 q2β2 · · · qiβi = n. Mais pourtant pk figure dans l’autre
décomposition en facteurs premiers de n (ce n’est pas une illusion d’optique, puisqu’on
a pris soin de supposer αk > 1), donc pk divise n. D’où contradiction. Ouf !
On ne peut donc avoir pk > qi . En échangeant les rôles des coefficients p et q, on
voit qu’on ne peut pas non plus avoir qi > pk . On en déduit donc que qi = pk .
Fin de la première étape
Deuxième étape On va profiter de ce tout petit morceau d’égalité pour arriver à
utiliser l’hypothèse de récurrence et faire tomber toutes les autres égalités requises en
cascade.
Notons N = n/pk = n/qi , on a ainsi :
De plus N est strictement inférieur à n, et N est strictement plus grand que 1 car
on a fort opportunément supposé n non premier. On va donc appliquer l’hypothèse
de récurrence (HN ) à ces deux écritures de N en facteurs premiers. Si on n’est pas
méticuleux, on oubliera de s’assurer que tous les exposants sont strictements positifs,
et on aura fini tout de suite ; ce sera faux, mais de peu. Hélas, un enseignant scrupuleux
ne peut se le permettre et doit donc veiller à ce petit détail, qui nous force à distinguer
deux sous-cas.
Premier sous-cas : αk = 1. Dans ce cas, la première écriture de m se lit en réalité,
après effacement du p0k qui l’encombre :
α
N = pα1 1 pα2 2 · · · pk−1
k−1
.
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vérifient bien les hypothèses du théorème. Elles sont égales, donc k = i et chaque
coefficient p est égal au coefficient q correspondant, avec le même exposant.
Fin de la deuxième étape
(Hn ) est donc prouvée.
La récurrence est donc terminée, et avec elle la démonstration.
soit,
D= 1 , 2 , 3 , 4 , 5 , 6 , 10 , 12 , 15 , 20 , 30 , 60
Démonstration : Soit
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δi = min{αi , βi } et γi = max{αi , βi }
Quitte à admettre des puissances nulles, nous pouvons écrire la décomposition sur les
mêmes facteurs.
Donc :
pgcd(m, n) = 20 31 50 72 110 130 = 31 72 = 147,
et
ppcm(m, n) = 23 32 52 74 111 131 = 618017400.
Démonstration : Posons :
d = pδ11 pδ22 · · · pδkk .
On vérifie facilement que d est bien un diviseur commun de m et de n. Réciproquement,
soit d0 un diviseur commun de m et n. Tout facteur premier p de d est aussi un facteur
premier de m et de n. Si pδi divise n et m, alors δ 6 αi et δ 6 βi , donc
δ 6 δi = min{αi , βi }.
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pgcd(m, n) ppcm(m, n) = m n.
1.5 Sous-groupes de Z
Notation 3. Soit b un entier. On note bZ l’ensemble des multiples de b.
Démonstration : Il y a deux choses à démontrer : que les ensembles bZ sont des sous-
groupes, et que tout sous-groupe est un ensemble bZ.
Commençons donc par vérifier (c’est très facile) que pour b > 0 fixé, bZ est un
sous-groupe de Z.
• 0 est multiple de b, donc bZ n’est pas vide.
• Soit x et y deux éléments de bZ, c’est-à-dire deux multiples de b. Il est clair que
x − y est aussi un multiple de b, donc appartient à bZ.
C’est fait. Pour les amateurs d’abstraction, on pouvait remarquer que bZ = hbi (le
sous-groupe engendré par b), ce qui est camouflé par la notation additive de l’opération.
Soit maintenant H un sous-groupe de Z, montrons qu’il existe un entier b > 0 tel
que H = bZ. On distinguera deux cas.
Premier cas : Si H = {0}, on remarque que H = 0Z et on a fini.
Second cas : Si H 6= {0}, H possède au moins un élément non nul x, donc au moins
un élément strictement positif y (on prendra y = x ou y = −x selon le signe de x).
Si on introduit l’ensemble B = H ∩ N∗ , B est donc un ensemble d’entiers positifs non
vide. Il possède un plus petit élément b. On va montrer que b convient.
Il semble raisonnablement clair que bZ ⊂ H. (Hum, est-ce si clair ou est-ce un petit
moment de paresse du rédacteur ? Le lecteur est invité à se forger par lui-même une
opinion sur cette épineuse question.)
Réciproquement soit a un élément de H. Si on fait la division euclidienne de a par
b, soit a = qb + r, on en déduit que r = a − bq est aussi un élément de H. Comme
r < b, r 6∈ B, et comme r ∈ H ∩ N la seule possibilité est que r = 0. On en déduit donc
que a = bq ∈ bZ. Ceci prouve l’inclusion H ⊂ bZ.
On a donc montré que H = bZ.
On a donc montré, dans les deux cas, que H est de la forme bZ.
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1.6 Congruences
Juste quelques notations pratiques. La section se réduit à quasiment rien.
Définition 6. Soit a et b des entiers relatifs et n > 1 un entier strictement positif. On
dit que a est congru à b modulo n lorsque b − a est un multiple de n.
Il est tellement évident de vérifier que, pour n fixé, la relation « est congru à » est
une relation d’équivalence sur Z que cet énoncé n’aura pas même l’honneur d’être
qualifié de proposition.
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a ≡ b [n].
Exemple 1. On repère les jours de l’année par leur numéro de 1 à 365 ou 366 selon
les cas. Alors les numéros de tous les lundis sont congrus les uns aux autres modulo 7.
L’intérêt des congruences est d’être compatibles avec l’addition et la multiplication,
au sens suivant :
Proposition 3. Soit n > 1 fixé et soit a, b et c trois entiers relatifs. Alors :
12345 ≡ 14 + 2 · 13 + 3 · 12 + 4 · 1 + 5 = 1 + 2 + 3 + 4 + 5 = 15,
et
12345 ≡ 1 · 10 + 5 ≡ 1 · 1 + 5 = 1 + 5 = 6,
donc la réponse est 6. Et par 11 ? Ici, on utilise le fait que 10 ≡ −1 [11], donc
et la réponse est 3.
Exercice : Formaliser les règles de calcul des congruences modulo 9 et modulo 11
utilisées dans l’exemple 2.
Exercice : Montrer qu’une règle de calcul possible pour calculer des congruences
modulo 7 est la suivante. On décompose l’écriture de n en base 10 en groupes de 3
chiffres consécutifs en commençant par le chiffre des unités. Si un bloc vaut B = abc,
on note s(B) = 2a + 3b + c. Puis on effectue la somme alternée s(n) des s(B) en
commençant par le bloc du chiffre des unités. Alors n et s(n) sont congrus modulo 7.
Par exemple, si n = 12345678, les blocs sont B3 = 012, B2 = 345 et B1 = 678.
On calcule s(B3 ) = 2 × 0 + 3 × 1 + 1 × 2 = 5, s(B2 ) = 2 × 3 + 3 × 4 + 1 × 5 = 23,
s(B1 ) = 2 × 6 + 3 × 7 + 1 × 8 = 41, puis
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1.7 Z/nZ
En apparence, cette section est consacrée à un formalisme assez gratuit consistant
à remplacer l’écriture :
a ≡ b [n],
par l’écriture équivalente :
Démonstration : Montrons tout d’abord que Z/nZ = {cl(0), cl(1), . . . , cl(n − 1)}, d’où
on déduit aussitôt que Z/nZ possède au plus n éléments.
Soit x un élément de Z/nZ ; il existe alors a ∈ Z tel que x = cl(a). Effectuons
la division euclidienne de a par n, soit a = nq + r ; on voit alors que a ≡ r [n] ou
encore que x = cl(a) = cl(r). Mais 0 6 r < n, donc on a bien prouvé que x était dans
l’ensemble proposé.
Montrons maintenant que ces n éléments sont deux à deux distincts, prouvant ainsi
que Z/nZ possède au moins n éléments.
Soit a et b deux entiers distincts avec 0 6 a < n et 0 ≤ b < n. Des inégalités 0 6 a
et b < n on déduit que −n < b − a ; des inégalités a < n et 0 6 b on déduit que
b − a < n et de l’hypothèse a 6= b on déduit que b − a 6= 0. On en conclut que a 6≡ b [n],
c’est-à-dire que cl(a) et cl(b) sont deux éléments distincts de Z/nZ.
On a donc bien prouvé que Z/nZ possède exactement n éléments.
Définition 8. Soit cl(a) et cl(b) deux éléments de Z/nZ. On définit la somme de cl(a)
et cl(b) par cl(a) + cl(b) = cl(a + b) et leur produit par cl(a) × cl(b) = cl(ab).
Prudence ! Cette définition est aussi innocente en apparence que celles qui l’ont pré-
cédée. Et pourtant, elle pourrait n’avoir rigoureusement aucun sens.
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+ 0̇ 1̇ 2̇ 3̇ 4̇ × 0̇ 1̇ 2̇ 3̇ 4̇
0̇ 0̇ 1̇ 2̇ 3̇ 4̇ 0̇ 0̇ 0̇ 0̇ 0̇ 0̇
1̇ 1̇ 2̇ 3̇ 4̇ 0̇ 1̇ 0̇ 1̇ 2̇ 3̇ 4̇
2̇ 2̇ 3̇ 4̇ 0̇ 1̇ 2̇ 0̇ 2̇ 4̇ 1̇ 3̇
3̇ 3̇ 4̇ 0̇ 1̇ 2̇ 3̇ 0̇ 3̇ 1̇ 4̇ 2̇
0̇ 1̇ 2̇ 3̇ 4̇ 0̇ 0̇ 0̇ 4̇ 3̇ 2̇ 1̇
Après la présentation de l’objet, un peu de théorie à son sujet.
Démonstration : Elle est d’un ennui mortel, et ne présente aucune difficulté. Pour en
faire un tout petit bout, montrons que l’addition est associative : soit x, y et z trois
éléments de Z/nZ. On peut les écrire sous forme x = cl(a), y = cl(b), z = cl(c). Vu la
définition de l’addition dans Z/nZ, on a alors (x + y) + z = (cl(a) + cl(b)) + cl(c) =
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24x + 5 ≡ 0 [137].
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On peut traiter cet exemple avec ou sans usage de Z/137Z. Faisons les deux successive-
ment ; on constatera que les énoncés simples sur les propriétés algébriques de Z/137Z
remplacent avantageusement les techniques, il est vrai elles aussi simples, d’arithmé-
tique classique.
Première résolution (sans Z/137Z)
Remarquons que 137 est premier, et donc que 137 et 24 sont premiers entre eux ;
cherchons à écrire une identité de Bézout entre 137 et 24 ; en utilisant l’algorithme
décrit plus haut, on découvre que :
1 = 40 × 24 − 7 × 137,
5 = 200 × 24 − 35 × 137.
qui signifie que 137 divise 24(x + 200), donc, en utilisant le lemme de Gauss puisque
137 et 24 sont premiers entre eux, que 137 divise x + 200. Finalement, x est solution si
et seulement si x + 200 ≡ 0 [137], c’est-à-dire x ≡ −200 [137], c’est-à-dire x ≡ 74 [137].
Deuxième résolution (avec Z/137Z)
Remarquons que 137 est premier, et donc que Z/137Z est un corps commutatif.
Faisons tous les calculs dans ce corps.
L’équation proposée se réécrit cl(24)cl(x) + cl(5) = cl(0), soit cl(24)cl(x) = −cl(5),
soit cl(x) = −cl(5)(cl(24))−1 .
Calculons donc (cl(24))−1 ; pour cela nous connaissons la bonne méthode : écrire
une identité de Bézout entre 24 et 137, à savoir
1 = 40 × 24 − 7 × 137,
puis redescendre aux classes d’équivalence dans Z/137Z : cl(1) = cl(40) · cl(24), soit :
(cl(24))−1 = cl(40).
On en conclut que l’équation proposée équivaut à :
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x4 ≡ 81 [73].
Là aussi, écrire deux solutions serait possible, mais celle utilisant Z/73Z est tellement
plus agréable à écrire que l’on s’en contentera.
Tout d’abord, l’équation s’écrit x4 − 81 ≡ 0 [73] et, dans Z,
soit cl(x) = cl(3) ou cl(x) = cl(8) ou cl(x) = cl(65) ou cl(x) = cl(70), car Z/73Z est un
corps commutatif, donc intègre.
Les solutions de l’équation proposée sont donc
x17 ≡ 3 [19].
x ≡ 13 [19].
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x14 ≡ 1 [19].
Ce sont les mêmes idées que dans l’exemple précédent qui font marcher cet exercice,
en un peu plus astucieux encore.
Comme dans l’exemple prédédent, on commence par passer dans Z/19Z, où l’équa-
tion s’écrit dès lors : cl(x)14 = cl(1). On note a = cl(x), on remarque que cl(0) n’est
pas solution, et on décide donc de résoudre a14 = cl(1) dans (Z/19Z) \ {cl(0)}.
Maintenant, on remarque que pour tout a de (Z/19Z) \ {cl(0)}, dire que a14 = cl(1)
équivaut à dire que l’ordre de a divise 14. Par ailleurs, comme dans l’exemple précédent,
pour tout élément a de (Z/19Z)\{cl(0)}, l’ordre de a divise 18. Ainsi, l’ordre de a divise
14 si et seulement s’il divise 14 et 18, donc si et seulement s’il divise pgcd(14, 18) = 2.
On a donc montré que pour tout a de (Z/19Z) \ {cl(0)}, a14 = cl(1) si et seulement
si a2 = cl(1).
Cette nouvelle équation est alors très facile à résoudre : a2 = cl(1) si et seulement
si (a + cl(1))(a − cl(1)) = cl(0) si et seulement si a = cl(1) ou a = −cl(1) = cl(18).
Les solutions de l’équation initiale sont donc
x ≡ 1 [19] ou x ≡ 18 [19].
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2 Entraînement
2.1 Vrai ou Faux
Vrai-Faux 1. Étant donnés cinq nombres entiers consécutifs, on trouve toujours parmi
eux (vrai ou faux et pourquoi) :
1. au moins deux multiples de 2.
2. au plus trois nombres pairs.
3. au moins deux multiples de 3.
4. exactement un multiple de 5.
5. au moins un multiple de 6.
6. au moins un nombre premier.
Vrai-Faux 2. Parmi les affirmations suivantes, lesquelles sont vraies, lesquelles sont
fausses et pourquoi ?
1. 60 a plus de diviseurs que 100.
2. 60 a moins de diviseurs que 90.
3. 60 a moins de diviseurs que 120.
4. si un entier divise 60, alors il divise 120.
5. si un entier strictement inférieur à 60 divise 60, alors il divise 90.
6. si un nombre premier divise 120, alors il divise 60.
Vrai-Faux 3. On veut constituer la somme exacte de 59 e seulement à l’aide de pièces
de 2 e et de billets de 5 e. Parmi les affirmations suivantes, lesquelles sont vraies,
lesquelles sont fausses et pourquoi ?
1. Il y a au plus 27 pièces de 2 e.
2. Il peut y avoir exactement 10 pièces de 2 e.
3. Il peut y avoir exactement 12 pièces de 2 e.
4. Il peut y avoir un nombre pair de billets de 5 e.
5. Il y a au moins un billet de 5 e.
Vrai-Faux 4. Parmi les affirmations suivantes, lesquelles sont vraies, lesquelles sont
fausses et pourquoi ?
1. Si un nombre est divisible par 9, alors il est divisible par 6.
2. Si un nombre est divisible par 100, alors il est divisible par 25.
3. Si un nombre est divisible par 2 et par 3, alors il est divisible par 12.
4. Si un nombre est divisible par 10 et par 12, alors il est divisible par 15.
5. Si un nombre est divisible par 6 et par 8, alors il est divisible par 48.
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2.2 Exercices
Exercice 1. Soit n un entier supérieur ou égal à 2.
√
1. Démontrer que si n n’est divisible par aucun entier inférieur ou égal à n, alors
n est premier.
2. Démontrer que les nombres n! + 2, n! + 3,. . . , n! + n ne sont pas premiers.
3. En déduire que pour tout n, il existe n entiers consécutifs non premiers.
Exercice 2. On choisit un nombre entier, on le divise par 7 et on trouve un reste égal
à 5. On divise à nouveau le quotient obtenu par 7, on trouve un reste égal à 3 et un
quotient égal à 12. Quel était le nombre de départ ?
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r1 = r2 et q2 = q1 + 1
A = 15a + 4b et B = 11a + 3b
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au + bv = pgcd(a, b) .
3. Démontrer par récurrence que pour tout n, an et bn sont premiers entre eux.
4. Démontrer que an est premier avec bn+1 , pour tout n.
5. Démontrer que bn est premier avec an+1 et avec bn+1 , pour tout n.
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Exercice 18. Calculer le reste de la division par 3, par 4, par 5, par 6, par 7, des
nombres suivants.
Exercice 19.
1. Montrer que 7 divise 22225555 + 55552222
2. Montrer que 11 divise
10 5
105 510
105 510
5 + 10
Exercice 21. Démontrer que chacune des relations suivantes est vraie pour tout n ∈ N.
1. 5 divise 22n+1 + 32n+1
2. 6 divise n3 − n
3. 6 divise 5n3 + n
4. 6 divise 4(42n − 1)
5. 7 divise 32n+1 + 2n+2
6. 8 divise 5n + 2 × 3n−1 + 1
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7. 9 divise 4n − 1 − 3n
8. 11 divise 3n+3 − 44n+2
9. 11 divise 26n+3 + 32n+1
10. 16 divise 5n − 1 − 4n
11. 17 divise 26n+3 + 34n+2
12. 17 divise 27n+1 + 32n+1 + 510n+1 + 76n+1
13. 18 divise 22n+2 + 24n + 14
14. 19 divise 23n+4 + 33n+1
6n+2
15. 19 divise 22 +3
4n+1
16. 21 divise 2 +5
Exercice 22. Déterminer l’ensemble des entiers relatifs x, solutions des équations sui-
vantes.
1. 35x − 7 ≡ 0 [4]
2. 22x − 33 ≡ 0 [5]
3. 2x + 3 ≡ 0 [7]
4. 9x + 5 ≡ 0 [8]
5. x2 + x + 7 ≡ 0 [13]
6. x2 ≡ 1 [16]
7. x4 ≡ 7 [11]
8. x2 + x + 7 ≡ 0 [13]
9. x2 − 4x + 3 ≡ 0 [12]
10. x2 + (x + 1)2 + (x + 3)2 ≡ 0 [10]
Exercice 23. Déterminer l’ensemble des entiers naturels x, solutions des équations
suivantes.
1. 22x + 2x + 1 ≡ 0 [21]
2. 22x + 2x + 1 ≡ 0 [7]
3. 3x + 4x + 1 ≡ 0 [8]
4. 1x + 2x + 3x + 4x ≡ 0 [5]
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Exercice 25.
1. Écrire l’ensemble des multiples de cl(x) dans Z/5Z, pour x = 0, . . . , 4.
2. Écrire l’ensemble des multiples de cl(x) dans Z/6Z, pour x = 0, . . . , 5.
3. Écrire l’ensemble des multiples de cl(x) dans Z/8Z, pour x = 0, . . . , 7.
4. Soient n et x deux entiers naturels. Démontrer que les trois propositions suivantes
sont équivalentes.
(a) cl(x) admet un inverse pour la multiplication dans Z/nZ.
(b) x et n sont premiers entre eux.
(c) tout élément de Z/nZ est multiple de cl(x) dans Z/nZ.
5. Calculer l’inverse de cl(4) dans Z/9Z.
6. Calculer l’inverse de cl(8) dans Z/15Z.
7. Soit n un entier non premier. Montrer qu’il existe deux éléments de Z/nZ dont
le produit est cl(0). En déduire que (n − 1)! est divisible par n.
8. Soit p un entier premier. Montrer que pour tout entier x = 2, . . . , p − 2 il existe
un entier y = 2, . . . , p − 2, différent de x, tel que le produit xy soit congru à 1
modulo p. En déduire que (p − 1)! + 1 est divisible par p. (Bravo ! vous venez de
démontrer le Théorème de Wilson.)
2.3 QCM
Donnez-vous une heure pour répondre à ce questionnaire. Les 10 questions sont
indépendantes. Pour chaque question 5 affirmations sont proposées, parmi lesquelles 2
sont vraies et 3 sont fausses. Pour chaque question, cochez les 2 affirmations que vous
pensez vraies. Chaque question pour laquelle les 2 affirmations vraies sont cochées
rapporte 2 points.
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Question 4.
A Si un nombre est divisible par 6 et par 9, alors il est divisible par 12.
B Si un nombre est divisible par 6 et par 4, alors il est divisible par 24.
C Si un nombre est divisible par 9 et par 4, alors il est divisible par 36.
D Si un nombre est divisible par 36 alors il est divisible par 24.
E Si un nombre est divisible par 24, alors il est divisible par 12.
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Question 9.
A Si un entier est congru à 0 modulo 12, alors, il est divisible par 9.
B Si le produit de deux entiers est congru à 0 modulo 12, alors l’un des deux au
moins est pair.
C Si le produit de deux entiers est congru à 1 modulo 12, alors l’un des deux au
moins est pair.
D Si le produit de deux entiers est congru à 1 modulo 12, alors ces deux entiers
sont congrus entre eux modulo 12.
E Si on divise par 12 le produit de 7 et d’un entier quelconque, on n’obtient jamais
un reste égal à 1.
Question 10.
A Si un entier est congru à 6 modulo 7, alors sa puissance troisième est congrue
à 1 modulo 7.
B Aucun entier n’est tel que son carré soit congru à −3 modulo 7.
C La puissance troisième de tout entier est congrue à 0 ou 1 modulo 7.
D Si le produit de deux entiers est congru à 0 modulo 7, alors l’un des deux au
moins est multiple de 7.
E Si un entier est congru à 2 modulo 7, alors sa puissance neuvième est congrue
à 1 modulo 7.
Réponses : 1–BD 2–BC 3–AD 4–CE 5–AC 6–AD 7–CE 8–CE 9–BD 10–DE
2.4 Devoir
Essayez de bien rédiger vos réponses, sans vous reporter ni au cours, ni au corrigé. Si
vous souhaitez vous évaluer, donnez-vous deux heures ; puis comparez vos réponses avec
le corrigé et comptez un point pour chaque question à laquelle vous aurez correctement
répondu.
Questions de cours :
1. Soit a un entier. Montrer que l’ensemble des multiples entiers de a, noté aZ est
un sous-groupe de Z.
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3. Démontrer par récurrence que pour tout n, an et bn sont premiers entre eux.
4. Démontrer que pour tout n ∈ N, bn et bn+1 sont premiers entre eux.
5. Démontrer que pour tout n ∈ N, soit an et bn+1 sont premiers entre eux, soit
leurs diviseurs communs sont 1 et 2.
Exercice 2 : On pose a = 960 et b = 528.
1. Calculer pgcd(a, b) par l’algorithme d’Euclide, et en déduire une identité de Bé-
zout. Calculer ppcm(a, b).
2. Déterminer l’ensemble des couples (u, v) d’entiers relatifs tels que :
au + bv = pgcd(a, b) .
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G = { sa + tb , s, t ∈ Z } .
Observons que G n’est pas réduit à {0} car a et b sont non nuls. Soient s, s0 , t, t0
4 entiers :
(sa + tb) − (s0 a + t0 b) = (s − s0 )a + (t − t0 )b ∈ G .
Donc G est bien un sous-groupe de Z. Donc G = dZ, où d est le plus petit élément
strictement positif de G.
4. Soit k un diviseur commun à a et b : k divise tout entier de la forme sa + tb, donc
tout élément de G, en particulier d. Donc d est le pgcd de a et b.
5. Si a et b sont premiers entre eux, leur pgcd est 1 et le groupe G de la question 3
est Z tout entier. Donc il existe deux entiers s et t tels que sa+tb = 1. Multiplions
les deux membres par c : sac + tbc = c. Or a divise ac et bc, donc sac + tbc. D’où
le résultat.
Exercice 1 :
1. La propriété est vraie pour n = 0 : a0 = 2 et b0 = 1. Supposons-la vraie pour
n ∈ N.
√ √ √
(2 + 3)n+1 = (2 + 3)(an + bn 3)
√
= (2an + 3bn ) + (an + 2bn ) 3 .
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(2u − v)an+1 + (2v − 3u)bn+1 = (2u − v)(2an + 3bn ) + (2v − 3u)(an + 2bn )
= uan + vbn .
{ (5 + 11k, −9 − 20k) , k ∈ Z } .
3. On trouve :
a = 26 × 3 × 5 et b = 24 × 3 × 11 .
4. De la décomposition de a et b en facteurs premiers, on déduit :
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Exercice 3 :
1. Le résultat est vrai pour n = 0. Il est vrai aussi pour n = 1, car 82 = 64 =
63 + 1 ≡ 1 [21]. Supposons-le vrai pour n ∈ N. Alors :
82(n+1) = 82 82n ≡ 1 × 1 ≡ 1 [21] .
Donc pour tout n ∈ N, 82n ≡ 1 [21].
2. Observons que pour tout entier n :
n+1 n n
n+1 −4n
n
n
n
n
24 − 24 = 24 24 − 1 = 24 23×4 − 1 = 24 84 − 1 .
n
Or pour n > 1, 84 est une puissance paire de 8, qui d’après la question pré-
n+1 n
cédente, est congrue à 1 modulo 21. Donc pour n > 1, 24 ≡ 24 [21]. Or
24 + 5 = 21 ≡ 0 [21]. Le résultat s’ensuit, par récurrence.
3. On déduit de la première question que :
2 2
84 84
6416 = 82×16 ≡ 1 [21] .
On déduit de la deuxième question que :
42 42
168 42×8
2 =2 ≡ −5 [21] .
Or : 2 2 2
84 84 84
6416 = 216 3216 .
4 2
168
Donc le reste de la division par 21 de 32 est l’entier r compris entre 0 et 20
tel que −5r ≡ 1 [21], à savoir r = 4.
Exercice 4 :
1. Observons que 18 ≡ 4 [7] et 31 ≡ 3 [7]. Le tableau suivant donne les valeurs de
4x quand x parcourt Z/7Z.
x 0 1 2 3 4 5 6
4x 0 4 1 5 2 6 3
L’ensemble des solutions de l’équation 18x − 31 ≡ 0 [7] est l’ensemble des entiers
congrus à 6 modulo 7.
2. Procédons de même, en observant que −11 ≡ 3 [7].
x 0 1 2 3 4 5 6
4x2 0 4 2 1 1 2 4
3x 0 3 6 2 5 1 4
4x2 − 3x 0 1 3 6 3 1 0
Donc l’ensemble des solutions de l’équation proposée est l’ensemble des entiers
congrus à 2 ou à 4 modulo 7.
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3. On procède comme dans les questions précédentes, après avoir ramené l’équation
proposée à 4x3 + 4x2 + 4x ≡ 3 [7].
x 0 1 2 3 4 5 6
x2 0 1 4 2 2 4 1
x3 0 1 1 6 1 6 6
3 2
4x + 4x + 4x 0 5 0 2 0 4 3
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3 Compléments
3.1 Abacistes contre algoristes
Dans toutes les civilisations ayant développé un système d’écriture, une notation
pour les nombres est apparue. La majorité de ces systèmes de numération étaient
décimaux (en base 10) à l’exception notable des Babyloniens (base 60 : il nous en
reste des traces dans notre manière de diviser les heures et les minutes) et des Mayas
(base 20). Quelle que soit la base, le système de notation par chiffres que nous utilisons
actuellement ne s’imposait aucunement. Les Babyloniens, les Égyptiens, les Grecs et
les Romains avaient des notations différentes pour chaque puissance de la base. Vous
connaissez sans doute la notation en chiffres romains : I pour un, V pour cinq, X pour
dix, C pour cent, D pour cinq cent, M pour mille. Mais l’écriture de très grands nombres
était vite limitée.
Parallèlement aux systèmes de notation des chiffres, des outils de calcul, permettant
de réaliser les opérations usuelles sont également apparus très tôt. On les désigne sous
le nom générique d’abaques (qui vient d’un mot grec signifiant « table à poussière »).
Le principe commun est de constituer des colonnes dans lesquelles on place de petits
cailloux (calculus en latin, d’où le mot « calcul ») ou des jetons. Chaque colonne est
associée à une puissance de dix : le nombre de jetons dans la colonne de droite indique
le chiffre des unités, dans la colonne suivante le chiffre des dizaines, etc. Les bouliers
sont des abaques dont les colonnes sont remplacées par des tiges le long desquelles
on fait descendre les jetons. Pour passer d’un abaque à la numération de position, il
fallait d’une part avoir l’idée de représenter par un symbole chacune des 9 quantités
de jetons que l’on pouvait trouver dans une colonne, et aussi inventer un symbole pour
noter une colonne vide. Ce passage a été effectué en Inde, semble-t-il dès les premiers
siècles de notre ère. Mais noter ainsi un nombre en calquant sa représentation sur un
abaque, ne signifiait pas pour autant que l’on sache effectuer des calculs sans abaque,
en écrivant seulement des nombres. Il fallait pour cela accepter de considérer le symbole
de la colonne vide, le zéro, comme un nombre ayant ses propres règles de calcul. Il est
difficile de dater précisément l’apparition du zéro. La première trace indiscutable se
trouve dans l’œuvre du mathématicien-astronome Āryabhata, en 499 après J.-C. On y
trouve explicitement énoncée la notion de position. Voici le début de son poème, écrit
en strophes de deux vers.
Ayant rendu hommage à Brahma, à la Terre, à la Lune, à Mercure, à Vénus,
au Soleil, à Mars, à Jupiter, à Saturne et aux constellations, Āryabhata en la
Cité des Fleurs (Pataliputra), expose comme suit les éléments de la science
très vénérable.
Eka (unités), daçan (dizaines), çata (centaines), sahasra (milliers), ayuta
(dix-milliers), niyuta (cent milliers), prayuta (millions), kôti (dix-millions),
arbuda (cent millions), et vārnda (milliards) sont, de place en place, dé-
cuples l’un de l’autre.
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La première mention des chiffres indiens hors de l’Inde est due à Sévère Sebôkht, figure
de proue de l’Église nestorienne en Syrie au viie siècle.
J’éviterai toute discussion sur la science des Indiens, [. . . ] sur leurs décou-
vertes subtiles en astronomie, découvertes qui sont plus ingénieuses que
celles des Grecs et des Babyloniens, sur leurs méthodes de calcul de grande
valeur qui dépassent la description. Je désire seulement dire que leurs cal-
culs sont faits au moyen de neuf signes. Si ceux qui croient, parce qu’ils
parlent Grec, qu’ils sont arrivés aux limites de la science, lisaient les textes
indiens, ils seraient convaincus bien qu’un peu tard, que d’autres savent des
choses de valeur.
Ces « méthodes de calcul de grande valeur » convainquirent les savants musulmans, qui
se mirent à les diffuser. Al-Khawarizmi écrit son livre « sur le calcul avec les nombres
Hindous » en 825, puis al Kindi publie quatre tomes sur le même sujet en 830. Ces
livres furent responsables de la diffusion du système de numération indien dans le
monde islamique, puis finalement en occident. Le mot algorithme s’est d’abord écrit
algorizme en l’honneur d’al-Khawarizmi puis a changé d’orthographe sous l’influence
du grec. Son sens a beaucoup varié au cours des siècles. L’Encyclopédie de Diderot et
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41
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Il est des personnes, ô roi Gélon, qui pensent que le nombre des grains de
sable est infini. Je ne parle point du sable qui est autour de Syracuse et qui
est répandu dans le reste de la Sicile, mais bien de celui qui se trouve non
seulement dans les régions habitées, mais encore dans les régions inhabitées.
Quelques-uns croient que le nombre des grains de sable n’est pas infini, mais
qu’il est impossible d’assigner un nombre plus grand. Si ceux qui pensent
ainsi se représentaient un volume de sable qui fût égal à celui de la terre, qui
remplît toutes ses cavités, et les abîmes de la mer, et qui s’élevât jusqu’aux
sommets des plus hautes montagnes, il est évident qu’ils seraient bien moins
persuadés qu’il pût exister un nombre qui surpassât celui des grains de sable.
Quant à moi, je vais faire voir par des démonstrations géométriques aux-
quelles tu ne pourras refuser ton assentiment, que parmi les nombres dé-
nommés par nous dans les livres adressés à Zeuxippe, il en est qui excèdent
le nombre des grains d’un volume de sable égal non seulement à la grandeur
de la terre, mais encore à celui de l’univers entier.
[. . . ]
Telles sont les suppositions que nous faisons. Mais je pense qu’il est néces-
saire à présent d’exposer les dénominations de nombres ; si je n’en disais
rien dans ce livre, je craindrais que ceux qui n’auraient pas lu celui que j’ai
adressé à Zeuxippe ne tombassent dans l’erreur. On a donné des noms aux
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nombres jusqu’à une myriade et au-delà d’une myriade, les noms qu’on a
donné aux nombres sont assez connus, puisqu’on ne fait que répéter une
myriade jusqu’à dix mille myriades.
Que les nombres dont nous venons de parler et qui vont jusqu’à une my-
riade de myriades soient appelés nombres premiers, et qu’une myriade de
myriades des nombres premiers soit appelée l’unité des nombres seconds ;
comptons par ces unités, et par les dizaines, les centaines, les milles, les
myriades de ces mêmes unités, jusqu’à une myriade de myriades. Qu’une
myriade de myriades des nombres seconds soit appelée l’unité des nombres
troisièmes ; comptons par ces unités, et par les dizaines, les centaines, les
milles, les myriades de ces mêmes unités, jusqu’à une myriade de myriades ;
qu’une myriade de myriades des nombres troisièmes soit appelée l’unité des
nombres quatrièmes ; qu’une myriade de myriades de nombres quatrièmes
soit appelée l’unité des nombres cinquièmes, et continuons de donner des
noms aux nombres suivants jusqu’aux myriades de myriades de nombres
composés de myriades de myriades des nombres troisièmes.
Bon, vous avez compris, Archimède sait compter jusqu’à beaucoup !
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45
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à 20 ans professeur de physique mathématique à Pise, il part dès l’année suivante pour
une année sabbatique en France, où ses origines et ses connaissances lui permettent
de se lier avec les plus grands scientifiques de l’époque. De retour en Italie, ses idées
libérales et son activisme politique le compromettent vite, et il doit s’exiler. Revenu
en France, sa réputation scientifique grandit. Il est naturalisé français en 1833 et est
élu la même année à l’Académie des Sciences. Il obtient une chaire de professeur à la
Sorbonne puis au Collège de France, et reçoit la Légion d’Honneur. Il est même nommé
Inspecteur Général des Bibliothèques en 1841. Les doutes des bibliothécaires sur les
coïncidences entre ses visites et des disparitions de manuscrits, conduisent à sa mise en
accusation. Il est expulsé de l’Académie en 1847 par un billet laconique.
Monsieur, vous ignorez sans doute la découverte qui a été faite du rap-
port judiciaire concernant votre inspection dans les bibliothèques publiques.
Croyez-moi, épargnez à la Société Nouvelle des réactions qui lui répugnent ;
ne venez plus à l’Institut.
Il a la sagesse de suivre le conseil, et quitte Paris pour l’Angleterre avant d’être
condamné par contumace à 10 ans de réclusion par la cour d’assise du département
de la Seine en 1850. On trouve dans le jugement des détails impressionnants sur la
masse de livres et de manuscrits que Libri avait accumulés : 17 caisses saisies chez lui,
sans compter tous ceux qu’il avait réussi à expédier à l’étranger, en tout une collection
estimée à 30 000 documents. On y trouve aussi quelques détails savoureux.
Le jeune Abry aurait déclaré à deux témoins qu’il avait travaillé chez Libri ;
que pendant quinze jours ou trois semaines il avait été employé à gratter
et à faire disparaître des cachets et timbres sur les livres ; que Libri avait
voulu se mêler de ce travail mais qu’il avait dû l’abandonner parce qu’il s’en
acquittait mal et qu’il faisait des trous dans le papier.
Libri se défend vigoureusement depuis Londres dans un long plaidoyer, intitulé « Lettre
à M. De Falloux, Ministre de l’Instruction Publique et des cultes contenant le récit d’une
odieuse persécution et le jugement porté sur cette persécution par les hommes les plus
compétents et les plus considérables de l’Europe. » Elle commence ainsi.
On ne me taxera pas l’impatience. Il y a aujourd’hui un an, que le
Moniteur Universel, obéissant aux ordres de mes ennemis personnels, me
calomniait officiellement au nom du Gouvernement provisoire de la Répu-
blique française ! Cette publication a rencontré le blâme général : ce Rapport,
à l’aide duquel on avait espéré me perdre, est devenu la risée de l’Europe,
et pourtant je n’ai encore vu mettre un terme à aucune des mesures ex-
ceptionnelles qui ont été prises contre moi. Tous mes biens saisis et mal
protégés ; ma bibliothèque, mes travaux scientifiques, ma correspondance
la plus intime, tous mes papiers, livrés sans inventaire, sans aucune forme
protectrice à mes ennemis devenus maîtres absolus chez moi [. . . ]
Rien n’y fera : malgré le soutien de quelques amis, dont Prosper Mérimée qui ira même
en prison pour une défense un peu trop vigoureuse, son procès ne sera pas révisé et il
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prétendue géométrie de position des Arabes et sur le peu de cas que l’on
doit faire de l’inexactitude de Delambre.
Qu’avait donc affirmé Chasles qui prête autant à controverse ? Il avait publié en 1836 à
Bruxelles un mémoire « sur le passage du premier livre de la géométrie de Boèce relatif
à un nouveau système de numération »
De ce qui précède nous croyons pouvoir conclure que le système de numéra-
tion exposé par Boèce est le système décimal, dans lequel les neuf chiffres,
dont il se sert prenaient des valeurs de position, croissant en progression
décuple de droite à gauche.
Boèce (480-524) est bien l’auteur d’une « Institution Arithmétique » dans laquelle il
traduit en Latin et commente les œuvres de Nicomaque de Gérase, il a peut-être écrit
un traité de géométrie commentant l’œuvre d’Euclide, mais celui-ci n’a jamais été
retrouvé. La « Géométrie » que Chasles lui attribue est un faux. Le bibliophile averti
qu’est Libri n’a aucune peine à tailler en pièces le mémoire de Chasles. La controverse
a eu au moins deux suites heureuses : l’étude des sources mathématiques arabes en a
été ravivée, et Chasles, après la condamnation de Libri a finalement obtenu comme il
le souhaitait depuis si longtemps son siège à l’Académie. Mais le manuscrit de Boèce
n’était qu’un galop d’essai : trente ans plus tard, Chasles réalisera son coup de maître
en achetant à un certain Vrain-Lucas des milliers de faux grossiers dont il tirera encore
quelques communications retentissantes à l’Académie des Sciences.
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troisième assez loin dans les centaines, 496 ; quant au quatrième, dans le
domaine des mille, il est voisin de dix mille, c’est 8128. Ils ont un carac-
tère commun, c’est de se terminer par un 6 ou par un 8, et ils sont tous
invariablement pairs.
Il n’y a bien que 4 nombres parfaits inférieurs à 10000 : 6, 28, 496 et 8128. La Proposition
IX.36 des Éléments d’Euclide affirme que tous les nombres de la forme 2k−1 (2k −1) pour
k ∈ N sont parfaits si 2k − 1 est premier : sauriez-vous le démontrer ? Le problème de
la réciproque (tous les nombres parfaits sont-ils de cette forme ?) a été posé par Thabit
ibn Qurra au ixe siècle, Ibn al-Haytham vers l’an 1000, puis par Descartes en 1638 dans
une lettre à Mersenne, puis par Franz van Schooten en 1658 dans une lettre à Fermat.
Ce n’est qu’en 1732 qu’Euler montre qu’il n’y a pas d’autre nombre parfait pair. On
ignore toujours s’il y en a une infinité, et s’il existe des nombres parfaits impairs : aucun
n’a été trouvé jusqu’à 10300 , mais qui sait ? De même, on ignore toujours s’il existe des
nombres quasi-parfaits. Le plus petit nombre abondant impair est 945 mais il en existe
une infinité : tout multiple strict d’un nombre parfait ou abondant est abondant.
Deux nombres n et m tels que s(n) = m et s(m) = n sont dits amicaux ou amiables.
Les nombres amicaux sont depuis très longtemps chargés d’une forte connotation sym-
bolique. Dans la Bible, Jacob donne deux cent chèvres et vingt boucs, et autant de
brebis et de béliers à son frère aîné Ésaü (pour éviter que celui-ci le tue. . . ) ; pourquoi
220 ? On rapporte que Pythagore aurait qualifié un ami d’« un autre lui, comme le
sont 220 et 284 ». Ce couple de nombres amicaux était apparemment le seul connu des
Grecs, mais les Arabes en trouvèrent bien d’autres. Thabit ibn Qurra (826-901) ouvrit
la première voie systématique, en démontrant le résultat suivant.
Soit n un entier supérieur à 1, et soient a = 3(2n ) − 1, b = 3(2n−1 ) − 1 et c =
9(2 2n−1
) − 1. Si a, b et c sont premiers, alors 2n (ab) et 2n (c) sont amicaux.
Al-Farisi (1260-1320) découvrit le couple (17 296 , 18 416), Muhammad Baqir Yazdi
le couple (9 363 584 , 9 437 056). Comme souvent, ces résultats furent ignorés puis re-
découverts par les Européens, et c’est ainsi que le couple d’Al Farisi porte le nom de
Fermat, celui de Yazdi le nom de Descartes, les nombres de la forme 2n − 1 sont les
nombres de Mersenne. Les nombres de la forme 3(2n )−1 ont tout de même été nommés
« nombres de Thebit », en l’honneur de Thabit ibn Qurra.
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Le Sunzi suanji n’a pas pu être daté précisément : probablement entre le iiie et le
vie siècle. Voici le problème 26, chapitre 3 1 .
Soit des objets dont on ignore le nombre. En les comptant 3 par 3 il en
reste 2 ; en les comptant 5 par 5, il en reste 3 et en les comptant 7 par 7, il
en reste 2. Combien y a-t-il d’objets ?
Réponse : 23.
Règle : « En comptant par 3, il en reste 2 » : poser 140 ; « En comptant par
5, il en reste 3 » : poser 63 ; « En comptant par 7, il en reste 2 » : poser 30.
Faire la somme de ces 3 nombres, obtenir 233. Soustraire 210 de ce total,
d’où la réponse.
En général : pour chaque unité restante d’un décompte par 3, poser 70 ;
pour chaque unité restante d’un décompte par 5, poser 21 ; pour chaque
unité restante d’un décompte par 7, poser 15. Si la somme ainsi obtenue
vaut 106 ou plus, ôter 105 pour trouver la réponse.
Si vous avez bien compris le théorème, vous ne devriez pas avoir de peine à retrouver les
nombres que Sunzi recommande de « poser », et à reconnaître le produit 3×5×7 = 105.
Tant que vous y serez, renseignez le cuisinier sur son bateau de pirates :
Dix-sept pirates s’emparent d’un lot de pièces d’or toutes identiques. Leur
loi exige un partage à égalité : chacun doit recevoir le même nombre de
pièces d’or et, s’il en reste, elles sont attribuées au cuisinier de bord. Dans
le cas présent, la part du cuisinier serait de trois pièces, mais les pirates se
querellent et six d’entre eux sont tués, ce qui porte la part du cuisinier à
quatre pièces. Au cours d’une terrible tempête, le bateau fait naufrage et ne
survivent que six pirates et le cuisinier. Par bonheur, le butin est sauvé. La
part du cuisinier est maintenant de cinq pièces. Que peut espérer gagner le
cuisinier lorsqu’il décide d’empoisonner le reste de l’équipage, sachant que
c’est la plus petite des solutions possibles ?
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encore plus tard les Européens, ait été en fait un de ses « commentaires ». Finalement
la seule chose certaine à propos d’Hypathie est qu’elle est la première femme a avoir
laissé un nom dans l’histoire des mathématiques.
L’édition europénne la plus célèbre de l’Arithmétique de Diophante est une traduc-
tion latine datée de 1621, due à Gaspard Bachet de Méziriac, natif de Bourg-en-Bresse.
À part cette traduction, Bachet de Méziriac est aussi connu pour un ouvrage intitulé
« Problèmes plaisans et délectables qui se font par les nombres », et pour être le premier
découvreur (européen) de l’identité de Bézout. Pourquoi cette édition de 1621 est-elle
si célèbre ? Parce que Pierre de Fermat en possédait une copie, dont il griffonnait les
marges de ses réflexions. Le livre fut plus tard réédité par son fils Samuel en incluant
les remarques du père, dont celle-ci :
Cubum autem in duos cubos, aut quadratoquadratum in duos quadrato-
quadratos et generaliter nullam in infinitum ultra quadratum potestatem in
duos eius-dem nominis fas est dividere cuius rei demontrationem mirabilem
sane detexi. Hanc marginis exiguitas non caperet.
Mmh . . . « aucune puissance jusqu’à l’infini ». . . « j’en ai découvert une démonstration
merveilleuse ». . . « Cette marge est trop étroite pour la contenir ». . . hein ? Voici ce
qu’en pensait Legendre en 1825.
Les dernières paroles de cette note autorisent à croire que la démonstration
dont parle Fermat, n’aurait occupé qu’un petit nombre de pages, s’il les
avait eues à sa disposition. Cette démonstration était donc beaucoup plus
simple que celle dont nous nous servons dans cet écrit pour prouver seule-
ment que la solution, s’il y en avait une dans quelque cas, ne pourrait être
donnée que par des nombres d’une grandeur prodigieuse. Mais ne poussons
pas trop loin des observations qui nous induiraient à penser que Fermat a
pu se méprendre sur l’exactitude ou la généralité de sa solution.
La « merveilleuse démonstration » de Fermat est un élément tellement central de l’his-
toire des mathématiques des trois derniers siècles qu’elle mérite bien qu’on lui consacre
quelques sections, non ?
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∃(a, b, c) ∈ N∗ , a4 − b4 = c2 (P2)
(
∗ a2 + b 2 = c 2
∃(a, b, c, d) ∈ N , (P3)
a2 − b2 = d2
(
∗ a2 + 2b2 = c2
∃(a, b, c, d) ∈ N , (P4)
a2 + b 2 = d 2
(
∗ a2 + 2b2 = c2
∃(a, b, c, d) ∈ N , (P5)
(a2 )2 + (2b2 )2 = d2
Observez que si a4 − b4 = c2 n’a pas de solution (problème (P2)), alors x4 + y 4 = z 4
n’en a pas non plus. Les cinq premières affirmations disent respectivement :
1. (P1) =⇒ (P2)
2. (P2) =⇒ (P3)
3. (P3) =⇒ (P4)
4. (P4) =⇒ (P5)
5. (P5) =⇒ (P3)
Vous pouvez chercher vous-mêmes les démonstrations de ces implications, qui ne sont
pas immédiates. Les deux principaux ingrédients sont :
1. la caractérisation d’Euclide des triplets pythagoriciens,
2. le fait que si le produit de deux nombres premiers entre eux est un carré, chacun
des deux nombres est lui-même un carré (commencez par le démontrer).
Au fil des arguments revenant de (P3) à (P3) en passant par (P4) et (P5), les sommes
d’entiers concernés diminuent strictement (affirmation 6). Arrive alors l’argument mas-
sue de la « descente infinie » (affirmation 7) : si partant de 4 entiers a, b, c, d solution
d’un problème donné, on construit 4 autres entiers (a0 , b0 , c0 , d0 ) solution du même pro-
blème et vérifiant a0 + b0 + c0 + d0 < a + b + c + d, alors le problème n’a pas de solution.
Pas convaincu ? Démontrez rigoureusement par récurrence sur n qu’il n’existe pas de
solution vérifiant a + b + c + d 6 n, pour tout n. Fermat n’a pas inventé cet argument
que l’on trouve déjà chez Euclide. Mais il en a fait un usage tellement intensif et astu-
cieux qu’on l’a baptisé depuis « descente infinie de Fermat ». En 1654 il avait promis à
Pascal un traité rassemblant tous ses résultats basés sur la descente infinie ; il n’écrira
finalement cette compilation qu’en 1659. Rappelons que Pascal est le premier à avoir
formalisé le raisonnement par récurrence. . . en 1654.
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y 2 − x2 = z 2 − y 2 = 4mn(m + n)(m − n) .
Vérifiez le calcul et ayez une pensée admirative pour Fibonacci qui ne raisonnait que
sur des rapports de surfaces et de longueurs, sans utiliser notre notation littérale.
Fibonacci appelle congruum les nombres de la forme 4mn(m + n)(m − n), et étudie
leurs propriétés. Il démontre en particulier qu’ils sont forcément divisibles par 24. Plus
loin dans le même ouvrage, il démontre que si x > y, le rapport (x + y)/(x − y) n’est
jamais égal au rapport x/y (vérifiez-le vous-mêmes). De là, dit Fibonacci, on peut
démontrer qu’aucun nombre carré ne peut être un congruum. Dommage qu’il n’ait pas
dit pourquoi ! Car si un congruum n’est jamais un carré, alors avoir à la fois y 2 −c2 = x2
et y 2 + c2 = z 2 est impossible : la somme et la différence de deux carrés ne peuvent
pas être toutes deux des carrés. C’est le problème (P3) de la section précédente, dont
nous avons vu qu’il menait au cas n = 4 du Dernier Théorème de Fermat. Fibonacci
n’en était pas loin. . . plus de quatre siècles avant Fermat.
5. R. B. McClenon : Leonardo of Pisa and his Liber Quadratorum, Amer. Math. Monthly, 26(1)
(1919)
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Germain qui nous sont parvenus. Il ressort de leur étude que Sophie Germain avait un
plan d’attaque sur le théorème de Fermat bien plus ambitieux que ne le laisse croire
la place marginale à laquelle elle a été reléguée. Elle comptait, en procédant par l’ab-
surde, démontrer que s’il y avait une solution, alors nécessairement les trois nombres
x, y, z vérifiant xp + y p = z p devraient être arbitrairement grands. Dans le mémoire de
Legendre on lit un plan analogue, mais avec des méthodes de démonstration complè-
tement différentes. Pourtant, autant Legendre que Sophie Germain connaissaient les
raisons pour lesquelles leurs plans ne suffiraient pas à démontrer le théorème dans toute
sa généralité. Celui de Legendre a permis de régler de nombreux cas. Qu’en aurait-il
été si tous les travaux de Sophie Germain avaient été publiés ? On ne le saura jamais,
mais certaines de ses techniques n’ont été redécouvertes qu’au siècle suivant. Voici ce
qu’elle en dit.
Je n’ai jamais pu arriver à l’infini, quoique j’aie reculé bien loin les limites
par une méthode de tâtonnement trop longue pour qu’il me soit possible
de l’exposer ici. Je n’oserais même pas affirmer qu’il n’existe pas une limite
au-delà de laquelle tous les nombres de la forme 2N p + 1 auraient deux
résidus p-ièmes placés de suite dans la série des nombres naturels. C’est le
cas qui intéresse l’équation de Fermat.
Vous concevrez aisément, Monsieur, que j’ai dû parvenir à prouver que
cette équation ne serait possible qu’en nombres dont la grandeur effraie
l’imagination. Car elle est encore assujettie à bien d’autres conditions que
je n’ai pas le temps d’énumérer à cause des détails nécessaires pour en
établir [la véracité ( ?)]. Mais tout cela n’est encore rien, car il faut l’infini
et non pas le très grand.
La lettre dont ce passage est extrait date de 1819 et est adressée à Gauss. Il avait
un an de moins qu’elle, mais était devenu célèbre très vite. En 1801 (à 24 ans) il pu-
blie « Disquisitiones Arithmeticae », un livre très moderne dans sa manière d’aborder
l’arithmétique, que Sophie Germain étudie soigneusement. Elle écrit alors à l’auteur
pour lui faire part de ses découvertes en utilisant le même stratagème qu’avec Lagrange
quelques années plus tôt. On trouve dans la correspondance de Gauss des traces de
ce « Monsieur Leblanc » de Paris qu’il tient en haute estime. Mais à l’automne 1806,
les troupes de Napoléon envahissent la Prusse où réside Gauss. Sophie Germain, se
souvenant peut-être du sort d’Archimède lors du siège de Syracuse, avertit un ami de
la famille, le général Pernety, qu’il convient de protéger à tout prix ce grand savant.
Pernety s’acquitte de sa mission, rencontre Gauss, et lui dit à qui il doit sa recomman-
dation. Sophie Germain écrit alors à Gauss sous son vrai nom et dévoile la supercherie.
Dans la réponse (en français alors qu’il n’écrivait qu’en latin ou en allemand) que Gauss
envoie en remerciement à Sophie Germain le 30 avril 1807, on sent au-delà des formules
de politesse, une réelle admiration : le grand Gauss, connu pour son exigence et son ca-
ractère difficile, est clairement impressionné. Voici le début de cette lettre (orthographe
prove Fermat’s Last Theorem, (2010)
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de Gauss).
Votre lettre du 20 février, mais qui ne m’est parvenue que le 12 mars, a
été pour moi la source d’autant de plaisir que de surprise. Combien l’acqui-
sition d’une amitié aussi flateuse et précieuse est-elle douce à mon cœur !
L’intérêt vif, que vous avez pris à mon sort pendant cette guerre funeste,
mérite la plus sincère reconnaissance. Assurément, votre lettre au général
Pernety m’eût été fort utile, si j’avais été dans le cas d’avoir recours à une
protection spécielle de la part du gouvernement françois. Heureusement les
evenements et les suites de la guerre ne m’ont pas touché de trop près jus-
qu’ici, bien que je sois persuadé qu’elles auront une grande influence sur
le plan futur de ma vie. Mais comment vous décrire mon admiration et
mon étonnement, en voïant se metamorphoser mon correspondant estimé
M. Leblanc en cette illustre personnage, qui donne un exemple aussi brillant
de ce que j’aurois peine de croire. Le goût pour les sciences abstraites en
général et surtoût pour les mysteres des nombres est fort rare : on ne s’en
étonne pas ; les charmes enchanteurs de cette sublime science ne se decelent
dans toute leur beauté qu’à ceux qui ont le courage de l’approfondir. Mais
lorsqu’une personne de ce sexe, qui, par nos mœurs et par nos préjugés, doit
rencontrer infiniment plus d’obstacles et de difficultés, que les hommes, à
se familiariser avec ces recherches epineuses, sait neansmoins franchir ces
entraves et penétrer ce qu’elles ont de plus caché, il faut sans doute, qu’elle
ait le plus noble courage, des talens tout à fait extraordinaires, le génie su-
périeur. En effet, rien ne pourroit me prouver d’une manière plus flatteuse
et moins équivoque, que les attraits de cette science, qui ont embelli ma vie
de tant de jouissances, ne sont pas chimériques, que la predilection, dont
vous l’avez honorée.
Les notes savantes, dont toutes vos lettres sont si richement remplies, m’ont
donné mille plaisirs. Je les ai étudiées avec attention, et j’admire la facilité
avec laquelle vous avez pénétré toutes les branches de l’Arithmetique, et la
sagacité avec laquelle vous les avez su généraliser et perfectionner.
Comment les lettres et les manuscrits de Sophie Germain nous sont-ils parvenus, alors
qu’elle-même n’a jamais rien publié de ses résultats arithmétiques ? Grâce à Guillaume
Libri, qui a lui-même publié ses propres réflexions sur le théorème de Fermat, mais
qui est surtout resté dans l’histoire pour s’être constitué à force de vols dans les bi-
bliothèques publiques, une collection personnelle phénoménale. Il avait lié connaissance
avec Sophie Germain lors d’une année sabbatique passée à Paris en 1824 et se disait
son ami. La renommée mathématique de Sophie Germain était alors bien établie, et elle
siégait (comme auditrice, n’exagérons rien tout de même) à l’Académie des Sciences,
que Libri fréquentait assidument. Aujourd’hui les manuscrits de Sophie Germain sont
partagés entre la Bibliothèque Nationale à Paris et la Biblioteca Moreniana, à Florence.
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ar = aϕ(n)
Y Y Y
r≡ r [n] .
r∈P r∈P r∈P
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Il faudra un siècle d’efforts après Legendre et Gauss pour démontrer ce résultat, mais
la même année 1896, deux mathématiciens y parviennent indépendamment : Charles-
Jean de la Vallée Poussin (1866–1962) et Jacques Hadamard (1865–1965). Le second est
un des plus grands mathématiciens français 9 . Élève brillant, il avait été classé premier
aux deux concours de l’École Normale Supérieure et de l’École Polytechnique, avec
une moyenne record de 18.34 au second. D’une longévité scientifique exceptionnelle, il
écrivit son dernier livre sur les équations aux dérivées partielles à plus de 90 ans. On dit
qu’il a inspiré le personnage du « Savant Cosinus » (mais on le dit aussi d’Émile Picard).
Ce qui est sûr c’est que sa distraction a plus d’une fois fait trembler ses proches. À
l’occasion de vacances dans les Alpes en 1882, il était allé au glacier des Bossons avec
sa petite sœur Germaine, alors âgée de sept ans, ramasser des plantes pour son herbier.
De retour à la maison, sa mère lui demanda ce qu’il avait fait de Germaine. Il avoua
qu’il l’avait oubliée et il courut pour la retrouver. Le début de sa carrière d’enseignant
ne fut pas particulièrement facile. En 1892, le Vice-Recteur de l’Académie de Paris en
appelle au Ministre 10 .
Le dernier rapport bimensuel de M. le Proviseur du Lycée Buffon contient
au sujet de M. Hadamard la note suivante.
« Les classes de M. Hadamard laissent de plus en plus à désirer. Aucun
souci des intérêts moraux des élèves petits et grands. Aucune autorité sur
eux. Une discipline cassante et capricieuse. Des plaintes continuelles et des
demandes de punition faciles à éviter avec un peu de fermeté et de bonté
sérieuse. Nulle préparation pratique des classes. M. Hadamard se croit dis-
pensé de tout par ses remarquables aptitudes mathématiques. Plus nous
allons, plus nous sacrifions le bien public aux convenances personnelles de
ce jeune savant ».
9. V.G. Maz’ia, T. Shaposhnikova : Jacques Hadamard, un mathématicien universel, EDP Sciences,
2005
10. Cette lettre m’a été aimablement communiquée par Claudine Schwartz, petite-nièce de Jacques
Hadamard
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