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Relever Les Défis Fiscaux Soulevés Par La Numérisation de L'économie

Le projet OCDE/G20 sur l'érosion de la base d'imposition et le transfert de bénéfices propose une réforme fiscale internationale en deux piliers pour faire face aux défis de la numérisation de l'économie. Le Pilier Un vise à redistribuer les droits d'imposition aux juridictions de marché, tandis que le Pilier Deux introduit un impôt minimum mondial pour limiter la concurrence fiscale. Cette réforme devrait générer des recettes fiscales supplémentaires et stabiliser le système fiscal international, avec une mise en œuvre prévue à partir de 2023.

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Thèmes abordés

  • OCDE,
  • Cadre inclusif,
  • nexus,
  • transparence fiscale,
  • modèle de législation,
  • Montant A,
  • accord international,
  • impact économique,
  • taxes sur les services numériq…,
  • double imposition
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Relever Les Défis Fiscaux Soulevés Par La Numérisation de L'économie

Le projet OCDE/G20 sur l'érosion de la base d'imposition et le transfert de bénéfices propose une réforme fiscale internationale en deux piliers pour faire face aux défis de la numérisation de l'économie. Le Pilier Un vise à redistribuer les droits d'imposition aux juridictions de marché, tandis que le Pilier Deux introduit un impôt minimum mondial pour limiter la concurrence fiscale. Cette réforme devrait générer des recettes fiscales supplémentaires et stabiliser le système fiscal international, avec une mise en œuvre prévue à partir de 2023.

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  • Montant A,
  • accord international,
  • impact économique,
  • taxes sur les services numériq…,
  • double imposition

Projet OCDE/G20 sur l’érosion de la base

d’imposition et le transfert de bénéfices

Relever les défis fiscaux


soulevés par la numérisation
de l’économie
JUILLET 2021
TABLE DES MATIÈRES

Introduction3

Déclaration sur une solution reposant sur deux piliers pour résoudre les défis fiscaux
soulevés par la numérisation de l’économie 4

Réformer le système fiscal international pour le XXIe siècle 8

Vue d’ensemble 8

Quels sont les problèmes posés par les règles fiscales actuelles ? 9

Quelle est la solution ? 10

Quel sera l’impact ? 12

Prochaines étapes13

Dates clés13

Questions fréquemment posées14

Ce document est publié sous la responsabilité du Secrétaire général de l’OCDE. Les opinions qui y sont
exprimées et les arguments qui y sont employés ne reflètent pas nécessairement les vues officielles des
pays membres de l’OCDE ou des membres du Cadre inclusif OCDE/G20 sur le BEPS.

Ce document, ainsi que les données et cartes qu’il peut comprendre, sont sans préjudice du statut de tout
territoire, de la souveraineté s’exerçant sur ce dernier, du tracé des frontières et limites internationales, et
du nom de tout territoire, ville ou région.

© OCDE 2021

L’utilisation de ces travaux, sous une forme imprimée ou électronique, est régie par les conditions
d’utilisation consultables à l’adresse suivante : www.oecd.org/fr/conditionsdutilisation/

Crédit photos : © Shutterstock.com


Introduction
À compter du 9 juillet 2021, 132 pays et juridictions ont adhéré à un nouveau plan à deux piliers
visant à réformer les règles de la fiscalité internationale et à faire en sorte que les entreprises
multinationales paient une part équitable d’impôts partout où elles opèrent.

Plus de 130 pays, représentant plus de 90 % du PIB mondial, ont adhéré à la Déclaration établissant un
nouveau cadre pour la réforme de la fiscalité internationale. Un groupe restreint des 139 membres du
Cadre inclusif n’a pas encore adhéré à la Déclaration à ce jour. Les autres éléments du cadre, y compris
le plan de mise en œuvre, seront finalisés en octobre 2021.

La Déclaration repose sur deux piliers. Le Pilier Un vise à obtenir une répartition plus équitable des
bénéfices et des droits d’imposition entre pays concernant les grandes entreprises multinationales (EMN),
qui sont les gagnantes de la mondialisation. Le Pilier Deux entend encadrer la concurrence en matière
d’impôt sur les bénéfices des sociétés en introduisant un impôt minimum mondial que les pays peuvent
appliquer pour protéger leur base d’imposition. Le Pilier Deux ne met pas fin à la concurrence fiscale,
mais cherche à la limiter selon des règles convenues à l’échelle multilatérale.

En outre, cet accord rapportera des recettes fiscales indispensables. Au titre du Pilier Un, des droits
d’imposition sur plus de 100 milliards USD de bénéfices devraient être réattribués chaque année aux
juridictions de marché. S’agissant du Pilier Deux, avec un taux d’au moins 15 %, l’impôt minimum
mondial devrait générer environ 150 milliards USD de recettes fiscales supplémentaires au niveau
mondial par an. D’autres avantages découleront de cette réforme, avec notamment la stabilisation du
système fiscal international et une plus grande sécurité juridique pour les contribuables comme pour les
administrations fiscales.

La solution à deux piliers contient un certain nombre de points sur lesquels les membres du Cadre
inclusif doivent encore se mettre d’accord. En outre, un nombre restreint de membres du Cadre inclusif
n’ont pas signé ces propositions. L’accord sera finalisé en octobre 2021, accompagné d’un plan de
déploiement visant à élaborer un modèle de législation, des orientations sur la mise en œuvre, et une
convention multilatérale en 2022, avec une mise en œuvre à partir de 2023.

© OCDE 2021
4 | RELEVER LES DÉFIS FISCAUX SOULEVÉS PAR LA NUMÉRISATION DE L’ÉCONOMIE

Ce document présente la Déclaration qui a été discutée au sein du Cadre inclusif OCDE/G20 sur le BEPS. 132 juridictions
membres l’ont acceptée au 9 juillet 2021. Il est à noter que tous les membres du Cadre inclusif ne s’y sont pas encore joints
à ce jour.

Déclaration sur une solution reposant sur deux


piliers pour résoudre les défis fiscaux soulevés par
la numérisation de l’économie
1 JUILLET 2021

Introduction
Le Cadre inclusif OCDE/G20 sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (Cadre inclusif) a approuvé une
solution reposant sur deux piliers pour relever les défis fiscaux soulevés par la numérisation de l’économie. Les principales
composantes de chaque Pilier sont décrites dans les paragraphes suivants..

Un plan de mise en œuvre détaillé ainsi que les questions en suspens seront finalisés pour octobre 2021.

Pilier Un
Champ d’application
Les entreprises couvertes sont les entreprises multinationales (EMN) dont le chiffre d’affaires mondial dépasse 20
milliards d’euros et dont la rentabilité (c’est-à-dire le ratio bénéfice avant impôt/chiffre d’affaires) est supérieure à 10 %,
sachant que le seuil de chiffre d’affaires sera abaissé à 10 milliards d’euros sous réserve d’une mise en œuvre réussie,
y compris du volet relatif à la sécurité juridique en matière fiscale pour le Montant A, l’examen correspondant devant
débuter 7 ans après l’entrée en vigueur de l’accord, et être achevé en un an au plus.

Les industries extractives et services financiers réglementés sont exclus.

Nexus
Une nouvelle règle spéciale de nexus permettra d’attribuer le Montant A à une juridiction de marché dès lors que l’EMN
couverte réalise au moins 1 million d’euros de recettes dans cette juridiction. Pour les petites juridictions dont le PIB est
inférieur à 40 milliards d’euros, le seuil déclenchant le nexus sera fixé à 250 000 euros.

Cette nouvelle règle spéciale de nexus s’appliquera uniquement pour déterminer si une juridiction peut prétendre à
l’attribution du Montant A.

Les coûts de mise en conformité (y compris au titre du suivi de faibles volumes de ventes) seront réduits au minimum.

Montant
Pour les EMN couvertes, entre 20 et 30 % du bénéfice résiduel défini comme le bénéfice au-dessus d’un seuil de 10 %
sera attribué aux juridictions de marché qui satisfont au critère du nexus à partir d’une clé de répartition fondée sur le
chiffre d’affaires.

Règles de source pour le chiffre d’affaires


Le chiffre d’affaires sera attribué aux juridictions de marché dans lesquelles les biens ou les services sont finalement
utilisés ou consommés. Des règles de source détaillées en fonction de catégories données de transactions seront
élaborées afin de faciliter l’application de ce principe. Pour appliquer les règles de source du chiffre d’affaires, une EMN
devra utiliser une méthode fiable qui tienne compte des faits et circonstances qui lui sont propres.

© OCDE 2021
DÉCLARATION SUR UNE SOLUTION REPOSANT SUR DEUX PILIERS | 5

Détermination de la base d’imposition


Les bénéfices ou les pertes de l’EMN couverte seront déterminés en se référant au résultat comptable, moyennant
quelques ajustements.

Les pertes seront reportables en avant.

Segmentation
La segmentation sera limitée à des circonstances exceptionnelles où, en se fondant sur les segments communiqués dans
les états financiers, un segment respecte les règles relatives au champ d’application.

Régime de protection applicable aux bénéfices des activités de commercialisation et de distribution


Lorsque les bénéfices résiduels d’une EMN couverte sont déjà imposés dans une juridiction de marché, un régime de
protection applicable aux bénéfices issus d’activités de commercialisation et de distribution permettra de plafonner les
bénéfices résiduels attribués à la juridiction de marché via le Montant A. Des travaux supplémentaires seront entrepris
afin de concevoir le régime de protection, notamment pour prendre en compte le champ d’application global.

Élimination de la double imposition


L’allégement de la double imposition des bénéfices attribués aux juridictions de marché se fondera sur la méthode de
l’exemption ou de l’imputation.

L’entité ou les entités qui supporteront la charge fiscale seront celles qui réalisent un bénéfice résiduel.

Sécurité juridique en matière fiscale


Les EMN couvertes bénéficieront de mécanismes de prévention et de règlement des différends, visant à éviter la double
imposition au titre du Montant A, notamment dans tous les cas en lien avec le Montant A (prix de transfert et bénéfices
commerciaux, par exemple), de manière obligatoire et contraignante. Les différends portant sur la question de savoir si
le cas relève ou non du Montant A seront tranchés de manière obligatoire et contraignante, sans retarder le mécanisme
principal de prévention et de règlement des différends.

Un système facultatif sera considéré pour le mécanisme contraignant de règlement des différends sur les cas en lien
avec le Montant A s’agissant des économies en développement qui peuvent prétendre au report de leur examen par les
pairs au titre de l’Action 14 du BEPS et dont le nombre de cas soumis à la procédure amiable est faible ou nul.

Montant B
L’application du principe de pleine concurrence aux activités de commercialisation et de distribution de référence
exercées dans le pays sera simplifiée et rationalisée, en mettant tout particulièrement l’accent sur les besoins des pays
à faibles capacités. Ces travaux seront achevés en 2022.

Administration
Les procédures de discipline fiscale seront simplifiées (y compris les obligations déclaratives), et permettront aux EMN
de se conformer à leurs obligations par l’intermédiaire d’une seule entité.

Mesures unilatérales
Ce paquet de mesures permettra d’assurer une coordination appropriée entre l’application des nouvelles règles fiscales
internationales et la suppression de toutes les taxes sur les services numériques, et des autres mesures similaires
pertinentes, sur toutes les entreprises.

Mise en oeuvre
L’Instrument multilatéral qui sera utilisé pour la mise en œuvre du Montant A sera élaboré et ouvert à la signature en
2022, et le Montant A prendra effet en 2023.

© OCDE 2021
6 | RELEVER LES DÉFIS FISCAUX SOULEVÉS PAR LA NUMÉRISATION DE L’ÉCONOMIE

Pilier Deux
Vue d’ensemble
Le Pilier Deux se compose des éléments suivants :

l deux règles nationales interdépendantes (collectivement, les règles globales de lutte contre l’érosion de la base
d’imposition (GloBE)) : (i) une règle d’inclusion du revenu (RDIR), qui consiste à assujettir une entité mère à
un impôt supplémentaire portant sur le revenu faiblement imposé d’une entité constitutive ; et (ii) une règle
relative aux paiements insuffisamment imposés (RPII), qui refuse la déductibilité ou requiert un ajustement
équivalent lorsque le revenu faiblement imposé d’une entité constitutive n’est pas assujetti à l’impôt au titre
d’une RDIR ; et

l une règle conventionnelle (la règle d’assujettissement à l’impôt (RAI)) qui accorde aux juridictions de la source
un droit d’imposition limité sur certains paiements entre parties liées imposés à un taux inférieur au taux
minimum. La RAI sera prise en compte en tant qu’impôt couvert pour les règles GloBE.

Statut des règles


Les règles GloBE auront le statut d’une approche commune.

Cela signifie que les membres du Cadre inclusif :

l ne sont pas tenus d’adopter les règles GloBE, mais s’ils décident de le faire, ils mettront en œuvre et
administreront les règles conformément aux conséquences prévues dans le cadre du Pilier Deux, notamment à
la lumière des règles types et des orientations approuvées par le Cadre inclusif ;

l acceptent que d’autres membres du Cadre inclusif appliquent les règles GloBE, ce qui inclut l’approbation de
la hiérarchie des règles et de l’application des éventuels régimes de protection autorisés.

Champ d’application
Les règles GloBE s’appliqueront aux EMN qui réalisent un chiffre d’affaires d’au moins 750 millions d’euros, tel que
déterminé dans le cadre de l’Action 13 du BEPS (déclaration pays par pays). Les pays sont libres d’assujettir à la RDIR les
EMN ayant leur siège dans leur territoire, même si celles-ci n’atteignent pas le seuil de chiffre d’affaires.

Les entités publiques, organisations internationales, organisations à but non lucratif, fonds de pension ou fonds
d’investissement qui sont des Entités Mères Ultimes (EMU) d’un Groupe d’EMN ou toute structure de détention utilisée
par ces entités, organisations ou fonds ne sont pas soumis aux règles GloBE.

Conception des règles


La RDIR attribue l’impôt supplémentaire sur la base d’une approche descendante, assortie d’une règle de contrôle
partagé pour les participations inférieures à 80 %.

La RPII attribue l’impôt supplémentaire des entités constitutives faiblement imposées, y compris celles situées dans
la juridiction de l’EMU, selon une méthodologie à définir.

Calcul du TEI
Les règles GloBE permettront de prélever un impôt supplémentaire sur la base d’un critère fondé sur un taux
d’imposition effectif calculé juridiction par juridiction, en utilisant une définition commune des impôts couverts et une
base d’imposition déterminée par référence au résultat comptable (avec des ajustements correspondant aux objectifs de
politique fiscale poursuivis par le Pilier Deux et des mécanismes afin de remédier aux différences temporelles).

En ce qui concerne les systèmes existants d’imposition des dividendes distribués, aucun impôt supplémentaire ne sera
dû si les revenus sont distribués dans les 3 à 4 ans et taxés au niveau minimum ou au-delà.

Taux minimum
Le taux d’imposition minimum utilisé aux fins de la RDIR et de la RPII sera d’au moins 15 %.

© OCDE 2021
DÉCLARATION SUR UNE SOLUTION REPOSANT SUR DEUX PILIERS | 7

Exclusions
Les règles GloBE prévoient des exceptions fondées sur des critères de substance et reposant sur une formule qui
excluront un montant de revenu représentant au moins 5 % (durant la période de transition de 5 ans, au moins 7.5 %)
de la valeur amortissable des actifs corporels et de la masse salariale.

Les règles GloBE comporteront également une exclusion de minimis.

Autres exclusions
Les règles GloBE prévoient également une exclusion des revenus générés par les activités de transport maritime
international, tels que définis dans le Modèle de Convention fiscale de l’OCDE.

Mesures de simplification
Pour faire en sorte que l’administration des règles GloBE soit la plus ciblée possible, et pour éviter des coûts de
conformité et administratifs disproportionnés par rapport aux objectifs politiques, le cadre de mise en œuvre
prévoira des régimes de protection et/ou d’autres mécanismes.

Coexistence avec le régime GILTI


Il est convenu que le Pilier Deux appliquera un taux minimum pays par pays. Dans ce contexte, il sera tenu compte
des conditions dans lesquelles le régime GILTI des États-Unis coexistera avec les règles GloBE afin de garantir
l’égalité des règles du jeu.

Règle d’assujettissement à l’impôt (RAI)


Les membres du Cadre inclusif reconnaissent que la RAI fait partie intégrante d’une solution faisant consensus sur
le Pilier Deux pour les pays en développement1. En outre, les membres du Cadre inclusif qui appliquent aux intérêts,
aux redevances et à un ensemble défini de paiements des taux nominaux d’IS inférieurs au taux minimum de la RAI
mettraient en œuvre la RAI dans le cadre de leurs conventions bilatérales conclues avec des pays en développement
membres du Cadre inclusif si ceux-ci le leur demandent.

Le droit d’imposition sera limité à la différence entre le taux minimum et le taux d’imposition sur le paiement.

Le taux minimum de la RAI sera compris entre 7.5 % et 9 %.

Mise en oeuvre
Les membres du Cadre inclusif conviendront d’un plan de mise en œuvre et le rendront public. Celui-ci envisagera
que le Pilier Deux soit transposé en droit en 2022, pour une entrée en vigueur effective en 2023.

Le plan de mise en œuvre comprendra :

l Les règles GloBE, ainsi que des mécanismes appropriés destinés à faciliter au fil du temps la coordination
des règles GloBE qui auront été introduites par les membres du Cadre inclusif, y compris la conception
éventuelle d’un instrument multilatéral à cet effet.

l Un modèle de disposition concernant la RAI, ainsi qu’un instrument multilatéral destiné à en faciliter
l’adoption.

l Des règles transitoires, notamment la possibilité d’un report de la mise en œuvre de la RPII.

Prochaines étapes
L’accord convenu ci-dessus reflète l’ambition des membres du Cadre inclusif d’établir un impôt minimum mondial
robuste avec un impact limité sur les EMN qui exercent de réelles activités économiques avec de la substance. Il
reconnaît l’existence d’un lien direct entre le taux effectif de l’impôt minimum mondial et les exclusions, et inclut un
engagement de poursuivre les discussions en vue de prendre une décision définitive sur ces éléments conceptuels dans
le cadre défini d’ici octobre. L’exclusion des EMN du champ d’application de l’impôt minimum mondial, lorsque celles-
ci sont dans la phase initiale de leur expansion à l’international, sera également étudiée.

1. À cette fin, les pays en développement sont définis comme ceux dont le RNB par habitant, calculé selon la méthode Atlas de la Banque mondiale, était inférieur ou égal à
12 535 USD en 2019.

© OCDE 2021
8 | RELEVER LES DÉFIS FISCAUX SOULEVÉS PAR LA NUMÉRISATION DE L’ÉCONOMIE

Réformer le système fiscal international


pour le XXIe siècle
VUE D’ENSEMBLE

Une très vaste majorité des membres du Cadre Dans le cadre du projet BEPS de l’OCDE et du G20, les
inclusif ont approuvé une solution qui apporterait les membres du Cadre inclusif collaborent pour mettre fin
changements les plus importants aux règles fiscales aux stratégies22% 18% les failles
d’évitement fiscal qui exploitent
internationales depuis plus d’un siècle. Cette solution, et les différences dans les règles fiscales pour éviter de
qui repose sur deux piliers, garantira que les entreprises payer des impôts.
les plus grandes et les plus rentables paieront des impôts
là où leur clients et leurs utilisateurs se situent, et limitera
la concurrence fiscale en introduisant un impôt minimum 18%
22%
mondial sur les sociétés. Cet accord est le résultat de 15%
discussions intenses au cours des dernières années et de
compromis de toutes parts.
139
L’OCDE a mené les efforts internationaux déployés depuis membres 15%

les années 90 pour permettre aux pays de contrer la fraude


26% du Cadre
inclusif
et l’évasion fiscales de la part des entreprises. Dans les
26%
années 2000, des travaux ont débuté en vue d’établir des 19%
normes et d’obtenir l’engagement des pays afin d’instaurer
19%
des règles du jeu équitables à l’échelle mondiale. C’est sur
cette base que d’importants progrès ont été accomplis dans
le sillage de la crise financière mondiale de 2008/2009. La Asia-Pacific
Afrique Africa Asie-Pac ifique
Eastern Europe-Central Asia
Europe de l’Est et Asie centrale
volonté des dirigeants mondiaux de réparer le système Americas (North America, Latin America and the Caribbean)
financier mondial allait de pair avec l’engagement de Western
Amériques Europe
(Nord, latine et caraïbes) Europe de l’Ouest
mettre fin au secret bancaire et de réprimer la fraude fiscale
des particuliers. Cette dynamique a abouti à la création
du Forum mondial sur la transparence et l’échange de
renseignements à des fins fiscales (le Forum mondial) en
2009. Par la suite, la communauté internationale s’est
intéressée au problème de l’évasion fiscale des entreprises,
conduisant au lancement du projet relatif à l’érosion de la
base d’imposition et au transfert de bénéfices (BEPS) en 2013.

Le projet BEPS a beaucoup contribué à accroître la


cohérence, la substance et la transparence dans le système
fiscal international. La réponse aux défis fiscaux posés
par la transformation numérique de l’économie est un
volet essentiel du projet BEPS. La mondialisation et la
numérisation viennent bouleverser les règles fondamentales
qui gouvernent depuis un siècle l’imposition des bénéfices
des entreprises internationales. Les grandes entreprises
multinationales (EMN) ont la capacité de réaliser des profits
considérables sur des marchés étrangers sans que ces
derniers puissent générer d’importantes recettes fiscales,
voire sans en générer aucune.

© OCDE 2021
RÉFORMER LE SYSTÈME FISCAL INTERNATIONAL POUR LE XXIE SIÈCLE | 9

QUELS SONT LES PROBLÈMES POSÉS PAR LES RÈGLES FISCALES INTERNATIONALES ACTUELLES ?

Les règles fiscales internationales existantes sont basées à tout impôt. Ce problème est aggravé par le fait
sur des traités datant des années 1920 et s’incarnent que de nombreuses juridictions se livrent à une
aujourd’hui dans le réseau mondial de conventions fiscales concurrence fiscale dommageable, en appliquant
bilatérales. Il y a en fait deux problèmes : une fiscalité réduite, voire nulle, pour attirer des
investissements directs étrangers.
l Le premier tient au fait que les règles en vigueur
prévoient que les bénéfices d’une entreprise L’OCDE estime que les activités d’optimisation
étrangère ne peuvent être imposés que dans un fiscale des grandes entreprises privent chaque année
autre pays où cette entreprise a une présence les États de 100 à 240 milliards USD, soit 4 à 10 %
physique. Il y a un siècle, lorsque les activités des recettes fiscales provenant de l’imposition des
des entreprises s’organisaient autour d’usines, bénéfices des sociétés à l’échelle mondiale. Les pays en
d’entrepôts et de biens matériels, ces règles avaient développement en pâtissent de façon disproportionnée
tout leur sens. Mais aujourd’hui, à l’ère du numérique car ils sont généralement plus tributaires de l’impôt sur
et de la mondialisation, les EMN exercent souvent des les sociétés que les économies développées. L’incapacité
activités à grande échelle dans un pays où elles ont des pays à imposer les bénéfices des EMN a conduit à
une présence physique limitée, voire nulle. l’adoption de mesures unilatérales au niveau national,
telles que les taxes sur les services numériques (TSN),
l Le deuxième problème est que la plupart des et à la perspective de l’application de droits de douane
pays n’imposent que les bénéfices des EMN de en représailles. Une solution mondiale est urgence et
source nationale, et non les bénéfices de source nécessaire pour éviter des guerres commerciales et
étrangère, en partant du principe que les bénéfices prévenir une incertitude potentiellement préjudiciable au
des entreprises étrangères sont imposés là où ils commerce et à l’investissement, qui risquerait de coûter
sont réalisés. La croissance des actifs incorporels, à l’économie mondiale jusqu’à 1 % de PIB et d’entraver
comme les marques, droits d’auteurs et brevets, et les efforts d’accompagnement de la reprise après la crise
la capacité des entreprises à transférer des bénéfices du COVID-19. Une fois encore, ces effets frapperaient
vers des juridictions où ils sont peu voire pas imposés, plus durement les pays en développement que les pays
font que les bénéfices des EMN échappent souvent développés.

Les activités
d’optimisation fiscale
des grandes entreprises
privent chaque année
les États de 100 à 240
milliards USD*, soit 4 à
10 % des recettes fiscales
tirées de l’imposition des
bénéfices des sociétés à
l’échelle mondiale.
*estimations de l’OCDE

© OCDE 2021
10 | RELEVER LES DÉFIS FISCAUX SOULEVÉS PAR LA NUMÉRISATION DE L’ÉCONOMIE

QUELLE EST LA SOLUTION ?

L’OCDE, par le biais du Cadre inclusif, a reçu pour mandat d’élaborer une solution à ces deux problèmes d’ici la mi-2021.
Le Cadre inclusif compte 139 membres, qui participent tous sur un pied d’égalité. Un accord au sein de ce forum représente
véritablement un consensus international.

En date du 9 juillet 2021, 132 pays et juridictions membres du Cadre inclusif ont adopté un nouveau plan reposant sur deux
piliers – le résultat de négociations coordonnées par l’OCDE pendant une grande partie de la dernière décennie – qui vise à
faire en sorte que les entreprises multinationales paient une juste part d’impôt partout où elles exercent des activités.
L’accord reposant sur deux piliers offre une solution à deux piliers:

Pilier Un
l Le Pilier Un adapterait les règles fiscales –  Le Pilier Un comprend des mécanismes de prévention et
internationales obsolètes aux réalités du XXIe siècle, de règlement des différends afin de traiter tout risque de
en accordant aux juridictions de marché de nouveaux double imposition.
droits d’imposition des bénéfices réalisés par les EMN,
indépendamment du critère de présence physique. –  Le Pilier Un prévoit également le statu quo et leretrait
des mesures unilatérales, telles que les taxes sur
– Dans le cadre du Pilier Un, 20-30 % des bénéfices qui les services numériques, évitant ainsi des litiges
dépasse une marge prédéfinie (le bénéfice résiduel) commerciaux dommageables.
serait réattribuée aux juridictions de marché où les
utilisateurs et les clients de l’EMN sont situés.

Bénéfice résiduel restant

Pays
A

Siège
international

20-30 % des bénéfices


mondiaux réaffectés
Pays dans les pays où les

EMN B utilisateurs et consom-


mateurs des EMN sont
situés

Pays
C

Au titre du Pilier Un, des droits d’imposition sur plus de


100 milliards USD de bénéfices devraient être réattribués chaque
année aux juridictions de marché.
© OCDE 2021
Pilier Deux
l Le Pilier Deux établit un impôt minimum sur les ayant leur siège sur leur territoire, à concurrence d’un
bénéfices des entreprises, mettant ainsi une limite à taux minimum convenu. Cela signifie que la concurrence
la concurrence fiscale. Les gouvernements du monde fiscale dommageable sera désormais encadrée par un
entier s’entendent pour autoriser l’application d’impôts niveau minimum d’imposition partout où une EMN
supplémentaires sur les bénéfices étrangers d’EMN exerce ses activités .

Entité mère Filiale en


ultime opération
Pays A Pays B

EMN
ca ne
fis s u
lité
le an

Le taux d’impôt
aib d
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minimum mondial
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s’appliquerait aux
cti tra

entreprises
idi ce

avec un chiffre
jur néfi

d'affaires annuel de

plus de 750
millions EUR

International
Headquarters
Juridiction à faible fiscalité

Au titre du Pilier Deux, le nouvel impôt minimum mondial dont


le taux serait d’au moins 15 % devrait procurer plus de
150 milliards USD de nouvelles recettes fiscales au niveau mondial.
© OCDE 2021
12 | RELEVER LES DÉFIS FISCAUX SOULEVÉS PAR LA NUMÉRISATION DE L’ÉCONOMIE

QUEL SERA L’IMPACT ?

Dans le rapport Les défis fiscaux soulevés par la numérisation de En ce qui concerne l’impact sur l’investissement, la
l’économie – Évaluation d’impact économique, l’OCDE estimait solution à deux piliers conduirait également à un
que le Pilier Un pourrait procurer un surcroît de recettes environnement plus favorable à l’investissement et à la
dans les pays en développement de l’ordre de 1 % du total croissance. L’absence d’accord entraînerait probablement
des recettes mondiales tirées de l’impôt sur les sociétés, en une prolifération de mesures fiscales non coordonnées
moyenne. Selon la solution à deux piliers, les pays à faible et unilatérales (par exemple, les taxes sur les services
revenu pourraient gagner encore davantage. numériques) et une augmentation des différends fiscaux
et commerciaux dommageables. Cela nuirait à la sécurité
Dans le cadre du Pilier Un, les droits d’imposition sur juridique en matière fiscale et aux investissements et
plus de 100 milliards USD de bénéfices devraient être entraînerait des coûts de conformité et d’administration
réaffectés aux juridictions de marché chaque année. En ce supplémentaires. L’ampleur des conséquences négatives
qui concerne le Pilier Deux, avec un taux minimum d’au dépendrait de l’étendue, de la conception et de la portée
moins 15 %, l’impôt minimum mondial devrait générer de ces mesures unilatérales, ainsi que de l’ampleur des
environ 150 milliards USD de recettes fiscales mondiales représailles commerciales qui pourraient en découler. Ces
supplémentaires par an. L’impact précis sur les recettes différends pourraient réduire le PIB mondial de plus de 1 %.
dépendra de la conception et des paramètres définitifs des
deux piliers, de l’étendue de leur mise en œuvre, de la nature
et de l’ampleur des réactions des EMN et des gouvernements,
ainsi que des développements économiques futurs.

L’absence de solution consensuelle entraînerait probablement une prolifération


de mesures fiscales non coordonnées et unilatérales (par exemple, les taxes
sur les services numériques) et une augmentation des différends fiscaux et
commerciaux préjudiciables.

© OCDE 2021
PROCHAINES ÉTAPES | 13

Prochaines étapes
La solution à deux piliers contient un certain nombre de restreint de membres du Cadre inclusif n’ont pas
points sur lesquels les membres du Cadre inclusif doivent adhéré à ces propositions. L’accord sera finalisé en octobre
encore se mettre d’accord - par exemple, le bénéfice à 2021 et sera accompagné d’un plan de déploiement visant
réaffecter sera compris entre 20 % et 30 % et le taux à élaborer un modèle de législation, des orientations sur
d’imposition minimum global sera “ au moins “ de 15 %, les la mise en œuvre, et une convention multilatérale en
chiffres précis restant à déterminer. En outre, un nombre 2022, avec une mise en œuvre à partir de 2023.

Dates clés
l 1996 – Le G7 érige les problèmes de fraude et d’évasion fiscales au rang de priorité.

l 1998 – Publication du rapport de l’OCDE intitulé « Concurrence fiscale dommageable : un problème mondial ».

l 2000 – 2007 – Élaboration de normes internationales en matière de transparence fiscale et engagement pour
des règles du jeu équitables.

l 2008-2009 – Crise financière mondiale – engagement du G20 à mettre fin au secret bancaire et à instaurer
le Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales.

l Juillet 2013 – Le G20 fait de l’évasion fiscale une priorité.

l Octobre 2015 – Adoption des mesures sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS)
regroupant 15 Actions visant à lutter contre l’évasion fiscale – l’Action 1 porte sur la transformation numérique
de l’économie.

l Juin 2016 – Mise en place du Cadre inclusif OCDE/G20 sur le BEPS qui compte désormais 139 membres.

l 2017-2020 – Discussions actives au sein du Cadre inclusif sur les solutions pour relever les défis soulevés par la
numérisation de l’économie, aboutissant à la publication de blueprints d’une solution reposant sur deux piliers
en octobre 2020.

l Juillet 2021 – Plus de 130 pays et juridictions rejoignent un nouveau modèle à deux piliers pour réformer les
règles de la fiscalité internationale.

l Octobre 2021 – Rapport aux ministres des Finances du G20 sur la résolution des détails techniques.

l 2022 – Élaboration d’un modèle de législation, d’un instrument multilatéral et d’instructions détaillées pour la
mise en œuvre de l’accord sur la taxation du numérique.

l 2023 – Déploiement.

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14 | RELEVER LES DÉFIS FISCAUX SOULEVÉS PAR LA NUMÉRISATION DE L’ÉCONOMIE

Questions fréquemment posées


1. Comment s’assurer, dans le cadre de la solution à deux piliers, que les EMN
s’acquittent de leur juste part de l’impôt ?
L’accord repose sur deux piliers qui chacun comblent une lacune dans les règles en vigueur permettant aux
EMN d’échapper à l’impôt. Premièrement, le Pilier Un vise une centaine d’entreprises multinationales parmi
les plus grandes et les plus rentables. Il prévoit une répartition d’une partie des bénéfices des entreprises
concernées entre les pays dans lesquels elles vendent leurs produits ou fournissent leurs services. Sans cette
mesure, ces entreprises pourraient réaliser d’importants bénéfices sur un marché sans y payer beaucoup
d’impôts. Deuxièmement, en vertu du Pilier Deux, un groupe beaucoup plus important d’EMN (toute entreprise
qui réalise un chiffre d’affaires annuel supérieur à 750 millions EUR) serait désormais soumis à un impôt
minimum mondial. Par conséquent, même si l’une de ces entreprises parvient à transférer ses bénéfices vers
un paradis fiscal, ces bénéfices seraient malgré tout imposés à un taux minimum de 15 %.

2. Cette solution à deux piliers ne s’applique qu’à une centaine d’entreprises. Qu’en est-il
des autres, ne devraient-elles pas elles aussi payer des impôts ?
Tout d’abord, le Pilier Un s’applique à environ 100 entreprises, mais le Pilier Deux vise, lui, plusieurs centaines
d’EMN. Deuxièmement, ces règles ont vocation à répondre aux défis fiscaux soulevés par la transformation
numérique de l’économie, et ce sont ces EMN qui risquent le plus de tirer profit des règles en place pour
éviter de payer des impôts. Pour les autres entreprises de plus petite taille, les règles actuelles continueront
de s’appliquer, et il existe au sein du Cadre inclusif un certain nombre d’autres normes fiscales destinées à
garantir qu’elles s’acquitteront de leur juste part.

3. De quel montant d’impôt est-il question ?


Dans le cadre du Pilier Un, les droits d’imposition sur plus de 100 milliards USD de bénéfices devraient être
réaffectés aux juridictions de marché chaque année. En ce qui concerne le Pilier Deux, avec un taux minimum
d’au moins 15 %, l’impôt minimum mondial devrait générer environ 150 milliards USD de recettes fiscales
mondiales supplémentaires par an.

4. En quoi un tel accord profite-t-il aux pays en développement ?



Le Pilier Un accorde aux pays en développement le droit d’imposer les grandes EMN sur les bénéfices qu’elles
réalisent avec des utilisateurs et des consommateurs situés dans ces pays. L’OCDE estime qu’en moyenne, les
pays à faible revenu, à revenu intermédiaire et à revenu élevé, verraient tous leurs recettes fiscales augmenter,
mais dans des proportions qui seraient plus importantes (en pourcentage des recettes actuelles tirées de
l’impôt sur les sociétés) pour les juridictions à faible revenu. Les règles ont en outre été expressément conçues
de telle sorte que les petits pays puissent appliquer plus facilement le nouveau droit d’imposition.

Le Pilier Deux préserve le droit des pays en développement de prélever des impôts sur certains paiements
(comme les intérêts ou les redevances) versés à des entreprises dans d’autres pays, lorsque ces paiements
ne sont pas imposés au taux minimum d’au moins 15 %. Il s’agit en cela d’un accord important pour les
pays en développement qui renoncent souvent à leur droit d’imposition dans leurs conventions fiscales, en
partant du principe que ces paiements sont imposés dans l’autre pays. En outre, l’impôt minimum conduira
à la disparition des paradis fiscaux, ce qui renforcera la capacité de tous les pays, y compris les pays en
développement, à protéger leur assiette fiscale face aux pratiques d’évasion fiscale. Enfin, l’impôt minimum
mondial allégera la pression sur les pays en développement actuellement contraints d’offrir des incitations
fiscales excessivement généreuses pour attirer les investissements étrangers, tandis qu’une exception
s’appliquera aux activités de substance véritable.

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QUESTIONS FRÉQUEMMENT POSÉES | 15

5. Cet accord signe-t-il la disparition des paradis fiscaux ?


Oui. La culture du secret (comme le secret bancaire), la possibilité d’établir des sociétés-écrans (ces entreprises
qui n’ont pas besoin d’employer du personnel ou d’exercer des activités dans la juridiction), et le fait que les
bénéfices qui y sont déclarés soient soumis à un impôt faible ou nul, sont autant de raisons qui ont permis aux
paradis fiscaux de prospérer au fil des années. Les travaux menés par le G20 et le Forum mondial ont permis
de mettre fin au secret bancaire (notamment par l’instauration de l’échange automatique de renseignements
bancaires), tandis que le Projet BEPS impose aux entreprises des critères minimum de substance pour en finir
avec les sociétés-écrans. Le Pilier Deux garantit désormais que ces entreprises paieront un impôt d’au moins
15 % sur leurs bénéfices. L’effet cumulé de ces mesures signifie que le « paradis fiscal » tel qu’on l’imagine
n’existe plus. Les juridictions qui proposent des services financiers internationaux peuvent continuer à trouver
un marché pour leurs services, en particulier lorsqu’elles apportent une valeur ajoutée à leurs clients en leur
fournissant conseils et accompagnement dans le cadre de transactions commerciales qui n’ont pas de visée
fiscalité.

6. Quand les entreprises commenceront-elles à payer ce nouvel impôt ?


La solution sur deux piliers devra être finalisée en octobre 2021 et ensuite mise en œuvre, ce qui nécessitera des
travaux supplémentaires pour régler les points en suspens, ainsi que pour élaborer un modèle de législation,
un instrument multilatéral et des orientations sur la mise en œuvre. Le Cadre inclusif achèvera ses travaux en
2022, en vue d’une entrée en vigueur de l’accord en 2023, ce qui signifie que les entreprises seront soumises à
l’impôt sur leurs bénéfices réalisés en 2023.

7. Puisque les taux d’imposition des sociétés sont supérieurs à 20 % dans la plupart des
pays, pourquoi le taux minimum a-t-il été fixé à 15 % ?
Les bénéfices des sociétés sont en grande partie soumis à un taux effectif d’imposition inférieur à 15 %, même
si les juridictions d’origine imposent les bénéfices à un taux bien plus élevé. Le compromis obtenu représente
par conséquent une avancée majeure. Rappelons également que l’accord du Cadre inclusif a été convenu par
un ensemble large et varié de juridictions, dont beaucoup appliquent des taux d’imposition qui sont inférieurs
à 15 %. Bien que de nombreux membres auraient peut-être souhaité un taux minimum plus élevé, la solution à
deux piliers est le résultat de compromis de tous les côtés.

8. Les pays ne pourraient-ils pas simplement imposer ces entreprises par eux-mêmes,
comme certains ont tenté de le faire en créant une « taxe sur les services
numériques » ?

La solution à deux piliers prévoit un statu quo et le retrait des mesures unilatérales, comme les taxes sur
les services numériques (TSN). Les pays ont testé de telles taxes en lieu et place d’une solution globale, mais
ils ont toujours considéré qu’il s’agissait d’un pis-aller. Les membres du Cadre inclusif sont conscients que
les mesures unilatérales peuvent être inefficaces, et conduire à des différends avec d’autres pays, à la fois
parce qu’elles peuvent donner lieu à une double imposition, mais aussi à des représailles commerciales. Les
TSN visaient systématiquement et principalement les grandes entreprises du numérique, lesquelles seraient
désormais soumises au nouvel impôt dans le cadre du Pilier Un.

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16 | RELEVER LES DÉFIS FISCAUX SOULEVÉS PAR LA NUMÉRISATION DE L’ÉCONOMIE

9. C
 omment l’OCDE peut-elle garantir que tous les pays qui ont signé cet accord
l’appliqueront concrètement ?
Il s’agit d’un point crucial, car l’établissement de règles du jeu équitables au niveau mondial est essentiel
pour garantir l’efficacité de l’accord du Cadre inclusif. La solution à deux piliers représente l’engagement de
l’écrasante majorité des membres du Cadre inclusif, sous mandat du G20. Comme pour les autres normes
internationales élaborées par l’OCDE, l’engagement s’accompagne de l’obligation de mettre en œuvre l’accord
et ce processus de mise en œuvre sera suivi de près par le Cadre inclusif. Le Cadre inclusif s’efforcera de faire
en sorte que les quelques membres restants qui n’ont pas signé rejoignent le consensus. Le bilan de l’OCDE en
la matière est excellent - la mise en œuvre des normes de transparence fiscale et le paquet BEPS en sont des
exemples parfaits - et la garantie de conditions de concurrence équitables au niveau mondial a toujours été la
priorité absolue.

10. L’accord prévoit des exclusions pour certains secteurs, comme les industries minières,
le transport maritime, les banques et les fonds de pension ; pourquoi les entreprises
de ces secteurs ne devraient-elles pas payer la part d’impôt qui leur incombe ?
L’objectif de la solution à deux piliers est de s’assurer que les multinationales ne puissent pas profiter des
règles existantes en matière de fiscalité internationale pour éviter de payer leur juste part et les règles sont
conçues pour cerner et traiter ce problème. Les exclusions prévues excluent les types de bénéfices et d’activités
qui ne font pas partie de ce problème, soit parce que les bénéfices sont déjà liés au lieu où ils sont réalisés (par
exemple, les sociétés de services financiers et les sociétés minières réglementées devront avoir leurs activités
dans le lieu où elles réalisent leurs revenus), soit parce que l’activité bénéficie de régimes fiscaux différents
en raison de sa nature spécifique (comme les compagnies maritimes et les fonds de pension). Ces types
d’entreprises restent soumis à toutes les autres normes fiscales internationales en matière de transparence et
de BEPS afin de garantir que les autorités fiscales puissent les imposer efficacement.

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BIBLIOGRAPHIE | 17

BIBLIOGRAPHIE

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sur le BEPS de l’OCDE et du G20, OCDE, Paris. sur-un-consensus-pour-relever-les-defis-fiscaux-
www.oecd.org/fr/fiscalite/beps/declaration-cadre- soulevees-par-la-numerisation-de-l-economie.htm.
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inclusif sur le BEPS, Projet OCDE/G20 sur l’érosion de la transfert de bénéfices, OECD Publishing, Paris,
base d’imposition et le transfert de bénéfices, OECD https://doi.org/10.1787/9789264252141-fr.
Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/044011c1-fr.

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Common questions

Alimenté par l’IA

The primary benefit of Pillar Two's global minimum tax is its potential to limit profit shifting by MNEs to low-tax jurisdictions, which would stabilize tax revenues for countries around the world by generating an estimated 150 billion USD in additional revenue per year. It also seeks to level the playing field and reduce incentives for harmful tax competition between countries. However, limitations include the complexity of implementation and the need for extensive coordination between jurisdictions. Furthermore, while it sets a floor, it does not eliminate tax competition, leading to concerns about sufficiency in curbing aggressive tax planning practices .

The OECD/G20 framework addresses the needs and capacities of developing countries through optional mechanisms like the deferral of peer reviews under BEPS Action 14 for countries with fewer dispute cases. The framework acknowledges these countries’ limited administrative capacities, offering simplified procedures and capacity building to support implementation. Developing countries also have input on rule applications, with specified provisions to ensure that tax revenues are generated fairly where the economic activity occurs .

The GLoBE rules ensure uniformity by setting a minimum standard for the calculation of an effective tax rate, using a common tax definition and calculation approach tied to accounting profits, and providing a coordinated approach to avoid base erosion. However, the rules offer flexibility by allowing countries the discretion to adopt them or not, and if they do, to implement them in accordance with their domestic preferences and international obligations. Countries accepting the GLoBE rules must ensure conformity with its principles, such as rule hierarchy and protection regimes, while allowing national legislative nuances .

The two pillars of the OECD/G20 framework aim to address challenges in international tax systems by re-allocating taxing rights and establishing a global minimum tax. Pillar One focuses on reallocating some profit and corresponding taxing rights from large multinational enterprises (MNEs) to the jurisdictions where consumers and users are located, capturing more than 100 billion USD in taxation rights annually. This seeks to reflect where value is created rather than just where companies are headquartered. Pillar Two sets a global minimum corporate tax rate of at least 15%, which aims to reduce tax base erosion by ensuring MNEs pay a fair share of tax regardless of where they are based, generating approximately 150 billion USD of additional tax revenue globally each year .

The 750 million EUR revenue threshold under the GLoBE rules is significant as it sets a clear cut-off for determining which multinational enterprises are subject to the global minimum tax regime. This threshold aligns with the existing country-by-country reporting requirements under BEPS Action 13, simplifying compliance for MNEs already familiar with those practices. The threshold helps target the largest and most complex MNEs that are most capable of exploiting base erosion and profit shifting opportunities, ensuring administrative efficiency and focus .

The Rule of Inclusion of Income (RII) ensures that the parent company is liable for any additional tax on its low-taxed foreign earnings, thereby functioning as a backstop against base erosion. The Rule of Payment Insufficiency (RPII) complements this by denying deductions or requiring income inclusion adjustments if a constituent entity's income is not taxed under the RII, ensuring that payments cannot escape the minimum tax threshold by being insufficiently taxed. Together, these rules create a comprehensive system to ensure MNEs' foreign income is subjected to a minimum level of taxation, thereby reducing incentives to shift profits to low-tax jurisdictions .

'Amount A' under Pillar One addresses the issues with existing "physical presence" tax rules by reallocating taxing rights based on where consumers of an MNE's goods and services are located, regardless of the MNE's physical presence in those jurisdictions. This reflects current digital economy realities where significant value is derived without physical presence. 'Amount A' redistributes a portion of the profits from very large MNEs to markets generating significant income but currently receiving little tax, thus correcting mismatches in where profits are taxed versus where value is created .

The introduction of "Amount B" simplifies and rationalizes taxing rights for marketing and distribution activities by standardizing the application of the arm's length principle, which can be complex and burdensome for low-capacity countries. By focusing on these routine activities, Amount B sets simplified benchmarks for taxing rights, reducing the administrative burden on tax authorities in these countries and allowing them to more effectively ensure compliance by MNEs, facilitating revenue collection without intricate audits .

Pillar One proposes to manage the risk of double taxation through new mechanisms for the resolution and prevention of tax disputes, while simultaneously ensuring coordination with jurisdictions to withdraw unilateral measures such as digital services taxes. By reallocating taxing rights under a multilateral framework, it reduces the likelihood of overlapping tax claims. The framework includes a binding dispute resolution process to help resolve potential conflicts and ensure compliance, thus mitigating risks of international trade tensions that arise from unilateral measures .

The intended benefits of removing unilateral digital service taxes include reducing trade tensions and avoiding retaliatory measures by fostering a cooperative international tax environment. The multilateral framework ensures a coordinated approach to tax digital services more equitably, as it redistributes taxing rights to market jurisdictions while providing a unified system to mitigate profit shifting and tax base erosion. This serves to prevent fragmentation of tax regimes, providing stability and predictability to businesses and governments .

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