Amdoun Sarra MScA 2023
Amdoun Sarra MScA 2023
Mémoire de maitrise
Spécialité : génie mécanique
Je dédie ce travail à tous qui ont de près et de loin m’ont accordé leur soutien moral et
physique pour la réalisation de ce projet de maitrise.
Pour leur soutien durant toutes mes études: Les mots me manquent pour vous qualifier,tout ce
que j’aurais à dire ne serait, exprimer à fond tout le sacrifice et l’endurance que vous avez du
subir pour m’élever. Je ne saurais jamais vous remercier assez. Seul Dieu peut vous gratifier
de tout ce que vous avez fait pour moi. Que Dieu le tout puissant vous accorde une longue vie
et une bonne santé et qu’il puisse me donner les moyens nécessaires pour affronter les
épreuves de la vie.
À ma grande mère,mes deux frères : Hamdi et Mohamed.
Mon affection pour vous est sans limites, votre soutien a sans doute été important pour le bon
déroulement de mes études. Soyez-en remerciés.
En témoignage de l’amitié sincère qui lie et en souvenir des merveilleux moments partagés, je
vous dédie ce travail, en vous souhaitant un avenir radieux.
ii
Remerciements
Tout d'abord, nous tenons à exprimer notre profonde reconnaissance à Dieu qui nous a
accordé la possibilité de nous éduquer et a répondu à nos prières.
Nous souhaitons également adresser nos remerciements aux membres du jury qui ont
accepté de présider la soutenance de ce travail. Nous saisissons cette occasion pour leur
exprimer notre profond respect et notre gratitude. Nous tenons également à remercier M.
Olivier Robin, Professeur à l'Université de Sherbrooke, ainsi que M. Kevin Verdière,
pour leur précieuse contribution tout au long de ce projet. Leurs conseils et leur expertise
ont été d'une grande valeur pour notre recherche.
iii
Résumé
Ce mémoire présente une approche basée sur la méthode des matrices de transfert (TMM) pour
la modélisation du bruit d'impact dans les structures. L'objectif est de développer un modèle
précis et robuste pour prédire le niveau sonore d’une structure multicouche excitée par une
machine à chocs standard. Le mémoire se compose d’une introduction générale, d’une revue
de la littérature sur le bruit d’impact et les méthodes de modélisation existantes, ainsi que de
chapitres détaillant la modélisation de la puissance injectée par la machine à chocs standard et
trois méthodes de prédiction du bruit d’impact de structures multicouches : la méthode
énergétique, la TMM et une méthode combinant l’approche modale et la TMM. Des calculs
numériques (éléments finis) et des mesures expérimentales sont utilisés pour comparer les
méthodes susmentionnées. En particulier, le modèle TMM s'est avéré fiable pour prédire
l’isolement aux bruits d’impact dans les bâtiments.
Mots clés : Bruit d’impact, Indice d’isolement, Force d’impact, Bâtiments, Outil numérique,
Plaques flottantes, Statistical Energy Analysis (SEA), Transfer Matrix Method (TMM), la
méthode des éléments finis (MEF), NOVA, Puissance injectée, Couche résiliente
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Table des matières
Dédicace .................................................................................................................................................. ii
Résumé ................................................................................................................................................... iv
Chapitre 3 : La méthode de la puissance injectée appliquée à une structure excitée par une machine à
chocs standard ....................................................................................................................................... 23
v
3.2.3 La force transmise ......................................................................................................... 27
Chapitre 4 : Modélisation TMM de structures multicouches soumises à une charge d'impact ............. 39
4.3 Modèle basé sur la méthode de la matrice de transfert modale (mTMM) pour le bruit d'impact 43
5.4 Un système sous carrelage (ou système de chauffage sous carrelage) .................................. 57
vi
Liste des acronymes
vii
Liste des figures
viii
Figure 24: Niveau de pression normalisé du système de chauffage par le sol - comparaison entre
les données mesurées (CSTB), l`approche ondulatoire et modale. .................................. 55
Figure 25: Niveau de pression normalisé d'un plancher - comparaison entre les données
mesurées, les approches ondulatoire, modale et FE. ........................................................ 56
Figure 26: Le maillage utilisé dans les simulations FE du système de plancher ..................... 56
Figure 27: Schéma d'un système à trois couches : dalle en béton armé de 140 mm, sous-couche
poreuse de 8 mm et carreaux de 11 mm avec leur mortier adhésif [48]. ......................... 57
Figure 28: Perte d`insertion du niveau de pression normalisé d'un système sous carrelage -
comparaison entre les données mesurées CSTB, les approches ondulatoire, modale et FE.
.......................................................................................................................................... 59
Figure 29: Niveau de pression normalisé du plancher de base - comparaison entre l'approche
énergétique (PIM), l'approche ondulatoire, l'approche modale et FE. ............................. 61
Figure 30: Niveau de pression normalisé d'un plancher à trois couches avec isolation thermique
.......................................................................................................................................... 62
Figure 31: Niveau de pression normalisé d’un plancher à quatre couches avec une isolation
thermique et une couche intermédiaire résiliente ............................................................. 62
Figure 32: Niveau de pression normalisé de la plaque - Un plancher à quatre couches avec une
isolation thermique et une couche intermédiaire résiliente. ............................................. 63
ix
Table de tableaux
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
1
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Les mesures de l’isolement aux bruits d'impact sont décrites dans les normes internationales
[31]. La machine à chocs standard est la source d'impact la plus utilisée pour exciter la structure.
Elle tente de simuler des sources d'impact telles que les pas humains. Plusieurs modèles ont été
proposés au fil des ans pour prédire la force d'impact générée par une machine à chocs standard.
Un examen et une comparaison des modèles sont présentés dans [41]. Ces modèles permettent
de calculer la réponse d'une structure infinie à un choc, en le considérant dû à une force
ponctuelle, utilisant un bilan énergétique.
Parallèlement à la modélisation, plusieurs études sur les mesures des forces d'impact ont été
publiées [18-27]. La majorité de ces études soutiennent que la machine à frapper n'est pas une
source idéale pour représenter l'impression subjective du bruit d'impact dans les bâtiments, en
particulier celui des bruits de pas humains. De nombreux travaux ont été consacrés à la
recherche de méthodes d'essai alternatives [26-27]. Ces dernières années, la source utilisant une
balle en caoutchouc a été ajoutée aux normes internationales pour simuler des sources d'impact
"lourdes" avec de fortes composantes basse fréquence, telles que les sauts d'enfants [18-19]. Il
convient de noter que la machine à frapper peut-être considérée comme une source à spectre
constant, alors que la balle en caoutchouc est utilisée pour produire un impact unique et
constitue donc une source impulsive. Néanmoins, à ce jour, la machine à chocs reste la source
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
d'essai standard pour quantifier les bruits d'impact dans les bâtiments. Il est donc important de
développer un modelé de prédiction rapide et précis de la réponse vibroacoustique d’une
structure multicouche excitée par ce type de source.
Pour la prédiction du brut d’impact, la méthode des matrices de transfert [39] est bien adaptée
puisqu’elle permet de décrire efficacement la transmission acoustique à travers des structures
multicouches (par exemple, les planchers avec revêtements, les planchers flottants...). C’est une
méthode rapide et efficace [39]. Pour des calculs basses fréquences où la taille et les conditions
aux limites de la structure sont importantes ou encore pour des structures complexes (structures
non planes, hétérogènes…), les modèles classiques de la force d'impact peuvent être utilisés
dans un modèle éléments finis pour calculer la réponse vibroacoustique d’une structure [31-
32]. Enfin, il convient de noter que l'analyse statistique de l'énergie peut également être utilisée
pour calculer le bruit d'impact en tenant compte à la fois des chemins de transmission aériens
et solidiens [33].
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
• Valider systématiquement les prédictions de l’outil par comparaison avec des calculs
numériques par éléments finis et des mesures expérimentales pour plusieurs types de
planchers flottants
Ce document est structuré en cinq parties principales. La première partie, qui est le chapitre
d'introduction, aborde la mise en contexte et la problématique du projet, ainsi que la formulation
de la question de recherche, l’objectif général et les objectifs spécifiques de mon projet de
maitrise.
Le chapitre 2 présente une revue de la littérature sur le bruit d'impact et les principales méthodes
de modélisation associées.
Dans le chapitre 3, nous présentons un modèle de la force d'impact d'une machine à chocs
standard que nous utilisons ensuite dans un modèle énergétique simple (un bilan de puissance)
pour prédire la puissance rayonnée par la structure. Le chapitre 4 présente deux modèles basés
sur la méthode de la matrice de transfert (TMM) : un modèle basé sur la décomposition de la
force en ondes utilisant une transformation de fourrier dans le domaine spatial et un second
modèle utilisant les modes de la structure de base (porteuse). Ces modèles sont particulièrement
adaptés pour traiter les structures multicouches. De plus, le modèle basé sur les modes permet
de prendre en compte la position de l’impact (lorsqu’elle est connue) ainsi que la taille de la
structure impactée. Le chapitre 5 présente plusieurs exemples de validation expérimentale et
numérique des modèles précédemment exposés. Finalement, le chapitre 6 présente la
conclusion et les perspectives de ce travail.
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Ce chapitre présente une recherche bibliographique portant sur le bruit d’impact, ses
principales caractéristiques et sa mesure. Une emphase spéciale sera mise sur la
modélisation du bruit d’impact.
La prédiction de bruit transmis aux bâtiments présente un intérêt depuis plusieurs années. Cette
problématique est généralement traitée pour le type de bruits aériens, mais cela reste toujours
plus complexe pour les bruits d’impacts. Le bruit d’impact est causé par un impact physique
sur des bâtiments (planchers ou murs) ou des matériaux solides. C’est par exemple, le cas de
déplacement de meubles, ou en raison du va-et-vient d’une personne (bruits de pas), des portes
qui claquent et des chutes d’objets [1]. La Figure 1 présente ces différents types de bruit
d’impacts.
Le bruit d’impact est généralement le bruit le plus difficile à isoler. Si rien n’est fait, le bruit
excessif peut devenir un réel problème, en particulier dans les bâtiments et les établissements
d’enseignement et médicaux. Par exemple dans un bâtiment, sous un impact, les planchers et
les murs vibrent et génèrent des ondes sonores (le bruit). Le caractère et le niveau des bruits
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
L’acoustique du bâtiment possède ses propres termes que nous définissons ici. On relève ainsi
une distinction entre affaiblissement et isolement acoustique pour caractériser respectivement
les performances d’une paroi et d’une pièce. Nous nous plaçons directement dans le cas où la
paroi séparatrice est un plancher. Sur le marché, il existe plusieurs types de planchers et
comprendre bien la distinction entre chacun d’eux aidera assurément lors de la sélection.
Face à une ingénierie de la construction lourde plus aboutie et éprouvée, les acteurs de la
construction s’orientent naturellement vers la construction en béton pour réaliser des ouvrages
où les performances acoustiques sont connues et bien identifiées. Les dalles de béton,
lorsqu'elles sont utilisées comme revêtement de sol, peuvent être ornées de revêtements durs
tels que des carreaux de céramique, du marbre ou des parquets. Les planchers en béton
surpassent les autres revêtements de sol à divers égards, notamment en matière d'isolation
thermique. Le béton présente une résistance remarquable aux fluctuations de température [4].
Néanmoins, il est crucial de noter que les planchers en béton présentent généralement une
isolation au bruit d'impact limité, ce qui les rend inappropriés pour certaines applications [3].
La Figure 2 ci-dessous illustre un exemple typique de plancher en béton.
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
D’autre part, le plancher de bois franc est un produit solide composé à 100% de bois franc. Ce
plancher est sensible aux changements de température et l’humidité. C’est pour cette raison, il
est déconseillé d’utiliser les planchers de bois dans les salles de bains ou un sous-sol.
Cependant, ils sont plus utilisés dans les salles à manger, le salon et les chambres [6]. La Figure
3 suivante présente un exemple typique de plancher en bois :
On cite aussi le plancher laminé ou stratifié qui est un revêtement de sol qui ressemble à du bois
véritable, mais dont le cœur est composé de fibre de bois. Les planchers laminés sont résistants
aux blessures et plus économiques. Il est aussi souvent appelé « plancher flottant ». Flottant est
un type d’installation et non pas un type de plancher, c’est pour cela les planchers laminés sont
toujours installés flottants [6]. Par exemple, un plancher flottant comme l’illustre la Figure 4
est constitué d’une couche supérieure de bois et d’une couche de matériau fibreux reposant sur
des lattes. Bien que plus complexe, il offre la solution la plus pratique pour atténuer réellement
les bruits d’impact, notamment lorsque le revêtement de sol requis est du parquet ou du
carrelage. Les matériaux et les systèmes pour la construction de planchers flottants sont
différents selon le type de construction Ils sont plus utilisés dans les salles à manger, le salon,
les chambres et sous-sol [3].
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Plusieurs techniques sont utilisées pour réduire le bruit d’impact dans les bâtiments. D’une part,
on trouve l’ajout de matériaux absorbants pour diminuer la quantité d’énergie réfléchie par les
parois. On prendre dans ce cas l’exemple des planchers lourds et planchers légers en bois.
D’autre part, on peut refaire le plafond pour améliorer l’acoustique, ainsi insonoriser un plafond
sans le démolir (on peut renforcer l’isolation acoustique en construisant un plafond additionnel
sous l’existant). Une autre solution, on peut changer un revêtement de plancher (l’idée est de
détacher le plancher de bâtiment, en installant une membrane acoustique sans clouage ou
vissage à la structure) [1].
Le bruit d’impact est mesuré en termes d’indice d’isolement aux bruits d’impact IIC « Impact
Insulation Class. Cet indice de mesure, obtenu par des tests acoustiques standardisés, sont faits
dans un laboratoire où les conditions de mesure sont contrôlées. On calcule l’IIC d’un type
particulier de plancher à l’aide d’une machine à chocs standard (Figure 5). Comme décrit dans
la méthode ASTM E492, cette machine applique une force via 5 marteaux qui frappent la
surface du sol à intervalles réguliers de [100 Hz à 3150 Hz]. La machine à chocs ne simule pas
avec précision le bruit des pas, notamment les fréquences sonores graves (inférieures à 100 Hz)
[3] (voir la Figure 5). Cette dernière est toutefois une machine robuste, légère et simple à utiliser
et peut être contrôlée manuellement ou à distance (clavier, câble ou télécommande) [4]. Les
niveaux sonores sont mesurés et utilisés pour calculer l’indice d’isolement aux bruits d’impact
(IIC), suivant la méthode ASTM E989 [3].
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Le test d'isolement acoustique du bruit d'impact entre deux locaux dans les bâtiments,
conformément à la norme ISO, comporte plusieurs étapes importantes [42].
Tout d'abord, il est nécessaire de mettre en place une configuration de test appropriée. Cela
implique l'utilisation d'une machine à chocs. Dans le local d'émission, cette machine génère des
chocs simulant les bruits de pas. Dans le local de réception, des mesures précises sont effectuées
pour évaluer la réduction du bruit.
Dans le local de réception, la première mesure cruciale consiste à quantifier le niveau de bruit
de choc. Ce niveau, noté 𝐿𝑖 , est mesuré à l'aide de microphones de précision. Il est exprimé en
décibels (dB) et représente le niveau de bruit généré par les chocs appliqués sur le sol [42].
Une autre mesure essentielle est celle de l'aire d'absorption équivalente dans le local de
réception. Cette mesure, notée A, reflète la quantité d'absorption acoustique présente dans la
pièce et est exprimée en mètres carrés (m²). Elle joue un rôle important dans le calcul final.
Maintenant, passons aux formules utilisées pour calculer l'isolement brut. La formule principale
𝐴
est la suivante 𝐿𝑛 = 𝐿𝑖 + 10 log (𝐴 ) [43].
0
Dans cette formule, 𝐿𝑛 représente le niveau de pression acoustique normalisé du bruit d'impact,
𝐿𝑖 est le niveau de bruit de choc mesuré en dB, 𝐴 est l'aire d'absorption équivalente mesurée en
m² et 𝐴0 est l'aire d'absorption équivalente de référence, fixée à 10 m². En utilisant cette
formule, nous pouvons déterminer la réduction du bruit d'impact entre les deux locaux [3]. La
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Figure 6 ci-dessous illustre le schéma simplifié du test d'isolement acoustique du bruit d'impact
entre deux locaux.
Figure 6: Schéma du test d'isolement acoustique du bruit d'impact entre deux locaux[42].
Figure 7: Arbre des principales méthodes de résolution des problèmes de vibroacoustique [10].
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Afin de faire des choix pertinents parmi ces méthodes, il est nécessaire de définir des critères
afin de retenir une ou plusieurs méthodes applicables au problème posé. Pour les planchers en
solives de bois, l’introduction de ce travail met en évidence les performances insuffisantes du
plancher dans le domaine des basses fréquences. Dans cette bande de fréquence, les
caractéristiques modales vibrationnelles de tels planchers dominent. Ainsi, l’une des principales
limites de la méthode à mettre en œuvre est sa capacité à modéliser correctement les aspects
modaux et géométriques, caractéristiques du comportement vibroacoustique des planchers à
lambourdes bois [10].
Les mesures d'isolation contre les bruits d'impact sont décrites dans les normes internationales
[11]. La machine à chocs est la source d'impact la plus couramment utilisée pour l'excitation,
car elle tente de simuler des sources d'impact telles que les pas humains. Plusieurs modèles
analytiques décrivant l'excitation de la force de l'impact générée par la MCS (Machine à Chocs
standard) ont été présentés dans la littérature [12]. Ces modèles peuvent être divisés en deux
catégories en fonction de leur applicabilité à différents types de structures : les modèles simples
pour les systèmes de planchers rigides et lourds, tels que les planchers en béton, et les modèles
généraux applicables également aux planchers élastiques.
Les modèles simples ont été présentés par Heckl et Rathe [13], Lindblad [14], Ver [15], Cremer
et coll. [16], ainsi que Scholl et Maysenholder ¨ [17]. Par la suite, les modèles de Lindblad [14]
et de Ver [15] ont été développés respectivement par Brunskog et Hammer [18] et Griffin [19].
Ces modèles simples supposent une surface de dalle dure et une grande impédance du point
d'attaque de la dalle par rapport à l'impédance de masse du marteau. Ainsi, ces modèles sont
principalement adaptés à la description de l'interaction entre la MCS et les sols en béton.
Les modèles généraux ont été développés par Brunskog et Hammer [18], Rabold et coll. [20],
Wittstock [21], et Amiryarahmadi et al. [22]. Coguenanff et al [23] ont présenté un modèle
probabiliste de la force d'impact générée par la MCS. Les modèles généraux [7, 16, 17] peuvent
prendre en compte des caractéristiques complexes des planchers, ce qui les rend plus adaptés à
la description de l'interaction entre la MCS et les planchers en bois.
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Des comparaisons approfondies entre certains de ces modèles peuvent être trouvées, par
exemple, dans les références [18, 20]. Le modèle de Brunskog et Hammer [18] a été défini dans
le domaine fréquentiel et divise la mobilité de la dalle en parties locale et globale en fonction
de la fréquence. Rabold et coll. [20] ont présenté des modèles dans les domaines temporels et
fréquentiels. Le modèle de Wittstock [21] décrit le contact entre le marteau et le sol avec une
rigidité indépendante de la fréquence et un facteur de perte, ainsi que les effets globaux par la
mobilité de la plaque.
Le modèle de Cremer est basé sur une machine à chocs constitués de 5 marteaux en acier
1
tombant sur le sol depuis une hauteur de h = 0,04 m, avec une fréquence de 𝑓𝑠 = 𝑇. L'impulsion
Pour les structures multicouches telles que les planchers flottants la force est décomposée à
l'aide d'une transformée de Fourier spatiale en ondes libres. La méthode de la matrice de
transfert est utilisée pour décrire la propagation et la transmission de ces ondes et le calcul de
plusieurs indicateurs vibroacoustiques tels que la mobilité d'entrée du côté de la source et la
réponse vibratoire et acoustique du côté récepteur de la structure [26-28].
Pour des structures complexes et des calculs en basses fréquences, la MEF est généralement
utilisée pour prédire le niveau de bruit d'impact. La méthode implique la discrétisation de la
structure, la modélisation de la source d'excitation, des analyses modales et spectrales, ainsi que
le calcul du son rayonné par la structure. Dans le domaine des fréquences, les modèles
classiques de la force d'impact peuvent être combinés avec des modèles classiques d’éléments
finis pour calculer la réponse vibroacoustique d'une structure soumise à une force d'impact [31-
12
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
33]. Dans le domaine temporel, la MEF a été récemment utilisée pour déterminer la signature
de la force d'impact et la réponse de la structure [30].
L'outil de FEM est une technique intéressante et élaborée pour calculer l'excitation de la force
d'impact, qui consiste à simuler l'impact lui-même. Le premier avantage de cette méthode est
qu'elle peut être mise en œuvre dans le cadre du processus de simulation. Deuxièmement, les
outils FEM modernes permettent de prendre en compte le comportement non linéaire du contact
entre les marteaux et le sol. En troisième lieu, le sol peut être modélisé en utilisant des modèles
de matériaux et des géométries complexes avec très peu de restrictions pratiques.
Le domaine de la mécanique d'impact est utilisé pour simuler la force d'impact générée par la
MCS, en utilisant l'intégration temporelle explicite et la FEM, également connue sous le nom
d'analyse dynamique explicite, pour les études d'impact [19,20]. L'utilisation de l'analyse
dynamique explicite peut être justifiée par son applicabilité au calcul d'impacts non linéaires,
courts et complexes.
L'aperçu du modèle de calcul par la MEF, donné dans la figure 8 ci-dessous, peut être divisé en
plusieurs étapes [34] :
13
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
15
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Un exemple de validation d’un modèle d'éléments finis du brut d’impact est présenté dans [35]
en comparant les résultats de la simulation avec les résultats de mesures (voir section 2 de
l'article). Cet article présente une méthode de simulation de la force d'impact générée par un
marteau de la MCS sur une dalle de bois en utilisant la MEF. Selon la validation du modèle et
une analyse de sensibilité, la méthode est jugée applicable pour calculer le comportement non
linéaire du contact entre le marteau et la dalle.
Dans ce projet de maitrise, la MEF sera utilisée principalement pour valider notre approche
TMM.
Dans le domaine des basses fréquences, la méthode des éléments finis est considérée comme
une méthode efficace pour estimer les niveaux vibratoires et acoustiques de problèmes de
structures complexes. En revanche, lorsqu'on passe dans le domaine des fréquences moyennes
ou élevées, on constate que la réponse vibroacoustique est sensible à la variabilité et aux
incertitudes des paramètres géométriques et physiques. De plus, une densité modale élevée rend
la distinction des modes de résonance quasi impossible. Pour éviter ces inconvénients,
l'approche de la méthode SEA est utilisée [35].
L'approche SEA est une méthode efficace pour les moyennes et hautes fréquences, et elle est
couramment utilisée dans plusieurs domaines tels que l'industrie, le bâtiment et l'automobile
[36]. Selon Atalla [37], la méthode SEA consiste à représenter le système étudié par un
ensemble de sous-systèmes simples liés entre eux ; ces sous-systèmes peuvent recevoir, stocker,
dissiper et transmettre de l'énergie. Un bilan énergétique est utilisé pour décrire ces échanges
16
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
et calculer les niveaux énergétiques dans chacun des sous-systèmes pour une source de
puissance donnée. La référence [36] décrit les hypothèses nécessaires à l’application de cette
méthode ainsi que les techniques numériques et expérimentales pour déterminer les paramètres
nécessaires à son application. L'une des hypothèses de calcul pour exploiter cette technique
repose sur un calcul en dehors du régime modal des salles et des structures vibrantes, c'est-à-
dire là où les résonances sont suffisamment nombreuses pour être indissociables entre elles. Le
régime modal est présent aux basses fréquences, là où la problématique de la construction en
bois est la plus importante.
Dans ce projet de maitrise, nous utiliserons un simple bilan énergétique pour calculer le bruit
d’un impact d’une structure. Ce modèle simple sera utilisé dans le chapitre 3 pour bien illustrer
la méthodologie de calcul du bruit d’impact.
Puissance dissipée
𝑃𝑑𝑖𝑠𝑠 =ωƞ𝑖 𝐸𝑗
La mobilité d’entrée peut
Rayonnement être calculée d’une manière
analytique pour des
𝑃𝑑𝑖𝑠𝑠 =ωƞ𝑖 𝐸𝑗 structures simples
(monocouche en flexion
Amortissement mesuré ou simple) ; sinon Calcul par
calculé par NOVA (TMM) 𝑃𝑟𝑎𝑦
𝜎= le code NOVA (TMM)
pour un plancher 𝑒0 𝑐0 𝑣 2 𝑠 pour des planchers
multicouche. multicouches.
𝑃𝑟𝑎𝑦
𝜎 =par NOVA
Calculé 𝑒0 𝑐0 𝑣 2 𝑠 La mobilité d’entrée peut
être calculée d’une manière
Figure 9: Le modèle hybride SEA/TMM pour le bruit d’impact. analytique pour des
Calculé par le NOVA structures simples
(monocouche en flexion
17 simple) ; sinon Calcul par
le code NOVA (TMM)
pour des planchers
multicouches.
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Pour des structures avec liens mécaniques, la SEA est bien adaptée pour prendre en compte les
différents chemins de transmission. Par exemple pour les planchers flottants dans les bâtiments
résidentiels, deux voies principales de transmission du son dans la structure du plancher flottant
sont à considérer : la transmission solidienne (via les montants) et la transmission aérienne (via
la cavité séparant deux faces externes du plancher). La transmission sonore de chaque chemin
est analysée séparément : la transmission sonore à travers la cavité et le montant est prédite par
l'analyse énergétique statistique (SEA). Un exemple est présenté dans la référence [38] où la
SEA est utilisée pour prédire la transmission du son à travers le chemin de la cavité et le chemin
des montants dans la structure du plancher, et le modèle de prédiction de l'isolation acoustique
est établi. Un exemple de diagramme d'isolation acoustique du plancher flottant est présenté à
la Figure 9 ci-dessous. Les composants de la pièce et du plancher de la Figure 10 peuvent être
simplifiés en tant que sous-systèmes du modèle SEA présenté à la Figure 11.
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Les indices des sous-systèmes dans le modèle SEA (dans la Figure 11) correspondent au
nombre de composants de la Figure 9. Lorsqu'une machine à frapper standard est utilisée pour
agir sur le sol, des ondes sonores de flexion et des ondes sonores de champ proche sont excitées.
Ces ondes sonores sont transmises à travers le sol le long du chemin de la cavité et du chemin
du montant séparément. Le chemin de transmission du son dans la cavité se fait le long du
revêtement de sol 1, de la cavité 2, du plancher en béton 4, et de la pièce 5 (comme indiqué sur
la figure 11).
Notons toutefois que dans ce projet de maitrise la transmission solidienne n’est pas considérée
et en conséquence le modèle énergétique utilisé est limité à celui décrit dans la figure 8. Qui
plus est, le modèle est présenté et validé juste pour une structure simple. Le travail se concentre
plutôt sur le modèle basé sur la TMM.
On s'intéresse ici aux configurations où le plancher est multicouche, avec des couches poreuses
ou amortissantes. La TMM est utilisée pour modéliser la propagation d'ondes dans un milieu
multicouche de différentes natures. Ces couches peuvent être de natures solides élastiques, de
plaque mince, de fluide, poreux, viscoélastique, etc. Les principes et hypothèses de la méthode
sont décrits dans le livre d'Allard et Atalla [39]. On se limite ici à un résumé.
La méthode de la matrice de transfert (TMM) est un outil efficace et largement utilisé pour
modéliser la propagation du son dans les milieux multicouches. Dans le cadre de la TMM, les
couches sont censées être plates (c'est-à-dire non courbées), homogènes et infinies latéralement.
Les modèles TMM supposent que l'effet des détails géométriques, tels que la courbure et les
dimensions latérales, peut être négligé. Une telle simplification peut être justifiée par la courte
longueur d'onde et la forte dissipation caractéristique des matériaux d'insonorisation
généralement utilisés dans le paquet sonore ajouté au plancher.
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
que les conditions d'excitation (champ de pression incidente) et de terminaison sont appliquées
pour résoudre les coefficients de réflexion et de transmission du multicouche.
Pour une excitation autre que des ondes planes ou un champ diffus, l'approche est expliquée
par Atalla dans [39]. Le champ d’excitation est d'abord décomposé en ses composantes dans le
domaine du nombre d'ondes en utilisant une transformée de Fourier spatiale. Pour chaque
nombre d'onde, l'approche de la matrice de transfert est utilisée pour calculer la réponse du
système, comme la vitesse et la pression aux faces d'excitation et de réception, ainsi que la
puissance rayonnée. Enfin, la réponse totale du système est obtenue en utilisant l'intégrale de
Fourier.
Sous l'hypothèse de contraintes tangentielles nulles aux deux faces de la structure, la matrice
de transfert réduite 2 × 2 qui relie les variables normales du côté 1 (excitation) et du côté 2
(transmission) d'un milieu multicouche est donnée par : 𝑉1 (𝑘, 𝜔) = [𝑇(𝑘, 𝜔)]𝑉2 (𝑘, 𝜔) [26].
Où 𝑉1 et 𝑉2 sont des vecteurs contenant la vitesse normale et la pression aux deux extrémités
du multicouche, tandis que 𝑘 est le nombre d'onde et 𝜔 la fréquence angulaire (voir figure 12).
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UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
L'approche TMM est rapide et très flexible, puisqu'elle peut traiter facilement différents types
de structures, de domaines et d'excitations. L'utilisation du TMM pour les excitations de type
ondes planes ou champ acoustique diffus (DAF) est largement documentée pour diverses
structures (plaque, solide, composite, sandwich...) et matériaux (fibres, mousses, feutres...)
[27]. De plus, des extensions ont été proposées pour corriger la taille finie des structures [28]
et traiter d'autres types d'excitations, telles que les sources ponctuelles, la pluie sur le toit (ROF)
ou la couche limite turbulente (TBL) [18].
Pour l'application au bruit d'impact, les rares travaux publiés utilisant cette approche ont été
réalisés par Guigou et al [6-8]. Dans notre travail, l'approche sera détaillée dans le chapitre 4,
où le logiciel NOVA, qui implémente la méthode TMM [21], sera utilisé pour calculer la
matrice de transfert réduite du multicouche. La validation sera effectuée à l'aide de mesures
tirées des références [6-8] et de la méthode des éléments finis à l'aide du logiciel NOVAFEM.
21
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
22
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
chocs standard
3.1 Introduction
Dans ce chapitre, nous présenterons un modèle de la force d’impact d’une la machine à chocs
standard dans le domaine des fréquences, suivi d'un modèle énergétique basé sur la méthode de
la puissance injectée (Power Input Method PIM) pour calculer la réponse vibroacoustique d'une
structure simple aux impacts d'une machine à chocs. Ce modèle est basé sur un bilan de
puissance, en supposant une excitation en régime permanent et des structures légèrement
amorties. De plus, une moyenne spatiale et fréquentielle des indicateurs énergétiques est
nécessaire pour remplacer le comportement de la structure finie par une structure infinie
équivalente [40]. La présentation est limitée dans ce chapitre au cas d’une plaque mince. Dans
le cas général (structures épaisses, sandwich, composites, multicouches …), des méthodes
avancées (implémentés dans des logiciels tels que NOVA [43]) sont nécessaires pour calculer
les paramètres SEA du modèle (densité modale, mobilité d’entrée, facteur de perte équivalent,
facteur de rayonnement). Pour de telles structures, nous présenterons dans le chapitre 4 un
modèle général basé sur la méthode des matrices de transfert.
Pour calculer la réponse d'une structure à une force d'impact, il est nécessaire de calculer la
puissance injectée. Cette puissance dépend de la force quadratique moyenne de la force
d'impact et de la mobilité d'entrée de la structure. Dans cette étude, nous examinerons
principalement la force d'entrée générée par une machine à chocs standard [11].
23
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Dans cette section, nous présenterons un modèle simple basé sur les modèles classiques de
Cremer [15] et Ver [16]. Ce modèle est initialement développé pour un seul marteau, et sa
généralisation pour une machine à chocs standard avec cinq marteaux est décrite par Wittstock
[21] et d'autres chercheurs [25, 41, 31]. Les principales hypothèses du modèle sont les suivantes
:
• Hypothèse 1 : Le marteau est décrit par une force ponctuelle bloquée 𝐹𝑏 . La force
bloquée est dérivée de la masse du marteau m, du temps entre deux chutes de marteau
𝑇 et de la vitesse au moment de l'impact 𝑣𝑚𝑎𝑥 .
• Hypothèse 2 : La plaque de réception est infiniment grande de sorte que tous les points
d'excitation ont la même mobilité.
• Hypothèse 3 : La plaque de réception est au repos lorsqu'elle est frappée par un marteau.
• Hypothèse 4 : La force d'impact d'un marteau est de courte durée par rapport à sa période
de frappe.
• Hypothèse 5 : Le contact est modélisé par une rigidité 𝑘 et un facteur de perte 𝜂 en série
avec une impédance représentant la mobilité 𝑌0 de la plaque, cette dernière est décrite
1
par son impédance d'entrée 𝑧0 = 𝑌 .
0
Il convient de noter que l'hypothèse 𝐻4 n'est théoriquement valable qu'aux basses fréquences.
Le modèle de Brunskog et Hammer [25,41] tient compte de l'interaction entre la machine à
chocs et la structure, ce qui permet de dépasser les hypothèses 𝐻3 et 𝐻4 .
La machine à choc standard [11] est composée de cinq marteaux, espacés de manière égale et
disposés de sorte qu'ils impactent librement l'objet à tester (le plancher) deux fois par seconde,
ce qui correspond à une fréquence de frappe de 10 Hz. Chaque marteau a une masse m de 0,5
kg, lâche d'une hauteur h de 4 cm. Par approximation, on suppose ici que tous les impacts des
marteaux agissent sur la même position. Le marteau équivalent frappe donc la structure avec
1
une fréquence de 𝑓𝑟 =10 Hz, ce qui donne une période 𝑇𝑟 =𝑓 =0,1s.
𝑟
Le modèle de la force bloquée par l'impact du marteau est décrit dans [42]. Considérons un
impact de marteau unique avec une histoire temporelle de la force 𝑓1 (𝑡). L'excitation causée
24
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
𝑛=+∞
𝑓 𝑏 ( 𝑡) = ∑ 𝑓𝑛 (𝑡 − 𝑛 𝑇𝑟 ) (1)
𝑛=−∞
L'histoire temporelle étant périodique, elle peut être écrite en termes d’une série de Fourier
complexe :
𝑛=+∞
𝑖2𝜋𝑛𝑡
𝑓𝑏 (𝑡) = ∑ 𝐹𝑛 𝑒 𝑇𝑟 (2)
𝑛=−∞
𝑛=+∞
Avec :
𝑇𝑟
1 𝑖2𝜋𝑛𝑡
−
𝐹𝑛 = ∫ 𝑓1 (𝑡) 𝑒 𝑇𝑟 𝑑𝑡 (4)
𝑇𝑟
0
Pour la machine à chocs, la période est 𝑇𝑟 = 0,1 s. On suppose (H4) que l'impulsion de force
𝑓1 (𝑡) est courte par rapport à cette période. Ceci est principalement valable pour les
composantes à basse fréquence, mais sera supposé ici pour toutes les composantes. En
𝑖2𝜋𝑛𝑡
−
conséquence, 𝑒 𝑇𝑟 ~1 pendant la courte durée de l'impact et les amplitudes de Fourier
peuvent être approximées par :
𝑇𝑟
1 𝐼
𝐹𝑛 = ∫ 𝑓1 (𝑡) 𝑑𝑡 = (5)
𝑇𝑟 𝑇𝑟
0
25
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Où 𝐼 est l'impulsion mécanique qui est donnée par la variation de la quantité de mouvement.
Pour des impacts parfaitement élastiques, l'impulsion est donnée par 𝐼 = 2𝑚𝑣0 avec 𝑣0 =
√2𝑔ℎ la vitesse à laquelle le marteau frappe la plaque ( 𝑔 représente accélération de la
pesanteur : 𝑔 = 9,81 m/s 2 ). Dans ce cas, la force d'impact est une constante donnée par 𝐹𝑛 =
𝑚𝑣0
. Il s'agit de l'asymptote basse fréquence la plus élevée possible du spectre de l'impact. Si
𝑇𝑟
l'impact est trop amorti (collision plastique) pour que le marteau ne rebondisse pas (toute la
quantité de mouvement est dissipée pendant l'impact), 𝐼 = 𝑀𝑣0 et donc l'asymptote basse
𝑚𝑣0
fréquence la plus basse du spectre d'impact est 𝐹𝑛 = .
𝑇𝑟
Il est habituel d'utiliser, pour tous les calculs, une moyenne géométrique entre les deux valeurs
√2𝑚𝑣0
et d'utiliser 𝐹𝑛 = [21] . Cependant, dans ce travail, nous supposons un impact
𝑇𝑟
parfaitement élastique (c'est-à-dire que la structure impactée n'est pas trop résiliente ou molle),
le module de la force est en conséquence :
2𝑚𝑣0
|𝐹𝑛 | = = 2𝑚𝑣0 𝑓𝑠 (6)
𝑇𝑟
Notez que puisque le mouvement de la structure impactée n'est pas pris en compte, 𝐹𝑛
représente la n-ième composante (raie de fréquence) de la force bloquée 𝐹𝑏 . Pour une utilisation
pratique de ce spectre discret de raies, on calcule la force à l'intérieur d'une bande de fréquence
∆𝑓
∆𝑓. Il y a ( 𝑓 ) lraies par bande et donc la valeur efficace de la force d'impact est donnée par :
𝑠
2
∆𝑓 |𝐹𝑛 |2
𝐹∆𝑓 = ( ) (7)
𝑓𝑟 2
2
𝐹∆𝑓 = (2𝑓𝑠 𝑚2 𝑣0 2 )∆𝑓 (8)
Dans le cas particulier d'un calcul en tiers d'octave, désignant par 𝑓 la fréquence centrale de la
1 1
bande, ∆𝑓 = 𝑓 (26 − 26 ) = 0.23𝑓 et la valeur efficace de la force est de :
26
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
2
𝐹∆𝑓 = (2𝑓𝑠 𝑚2 𝑣0 2 )0.23𝑓 (9)
Pour la machine à chocs standard (𝑚 = 0,5 kg, 𝑣0 = 0,886 m/s, 𝑓𝑠 = 10 Hz), la dernière équation
se réduit à :
2
𝐹∆𝑓 ≈ 0.90𝑓 (10)
Le modèle de force d'impact le plus simple utilise la force bloquée, Éq. (9), comme force
d’excitation pour le calcul vibroacoustique [16,15, 26].
La totalité de la force bloquée n'est pas transmise au plancher. La force réellement transmise
dépend du rapport entre l'impédance du marteau et celle du plancher (structure) à l'endroit de
l'impact. Un modèle de source-récepteur tenant compte de la mobilité de la structure est
représenté dans la figure 13 [41].
La source est représentée par la masse du marteau, tandis que le récepteur est la structure
(exprimée par sa mobilité d'entrée 𝑌₀), en série avec la rigidité k du marteau due au contact.
Étant donné que la vitesse de contact est la même du point de vue de la source et du récepteur,
la composante de Fourier de la force transmise peut être exprimée par :
𝑌𝐴
𝐹𝑛 = 𝐹 (11)
𝑌𝐴 + 𝑌𝐵 𝑛𝑏
27
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
1 𝑖𝜔
𝐹𝑛𝑏 est donné par l’équation (6). Ici 𝑌𝐴 = 𝑖𝜔𝑚 et 𝑌𝐵 = 𝑌0 + , en conséquence
𝑘
1
𝐹𝑛 = 𝐹𝑛𝑏 (12)
𝑖𝜔
1 + 𝑖𝜔𝑚 ( + 𝑌0 )
𝑘
Si la mobilité de la tête du marteau est considérablement plus élevée que celle de la structure
(dans le cas de planchers lourds), la force peut être simplifiée à :
𝑘
𝐹𝑛 = 𝐹 ≅ 𝐹𝑛𝑏 (13)
(𝑘 + 𝑖𝑚𝜔 2 ) 𝑛𝑏
Si l'on néglige la mobilité de la tête du marteau par rapport à celle de la structure (ce qui est
généralement valable dans plusieurs configurations pratiques), la force peut être simplifiée à :
1
𝐹𝑛 = 𝐹 (14)
1 + 𝑖𝜔𝑚 𝑌0 𝑛𝑏
2𝑚𝑣0
Pour un impact élastique 𝐹𝑛𝑏 = , ce qui conduit à :
𝑇𝑟
1
𝐹𝑛 = 2𝑚𝑣0 𝑓𝑠 (15)
1 + 𝑖𝜔𝑚 𝑌0
Dans une bande de fréquence ∆𝑓 (par exemple des bandes de tiers d'octave), l'amplitude de la
force d'excitation est donnée par l'équation (7) et son autospectre est donné par :
2
2 1 2𝑚𝑣0
𝑆𝑓𝑓 (𝜔) = 𝐹∆𝑓 = 2 𝑓𝑠 ∆𝑓 (|1+𝑖𝜔𝑚𝑌 |) (16)
0,∆𝑓
Dans ce cas, il est important de noter que la mobilité d'entrée de la structure doit également être
moyennée sur la bande de fréquences en tiers d`octave considérée :
1 1
𝑌0,∆𝑓 = ∫ 𝑌0 (𝑓)𝑑𝑓 ≅ ∑ 𝑌0 (𝑓𝑛 ) , 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑓𝑛 ∈ ∆𝑓 (17)
∆𝑓 𝑁∆𝑓 𝑛
𝑓𝑛 =
𝑇𝑟
28
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Si la force d'impact entre le marteau et la structure n'est pas purement élastique, l'interaction
entre la structure et le marteau doit être prise en compte [42]. Cependant, des études démontrent
que l'utilisation de l'équation (16) permet de prédire efficacement le bruit d'impact [42, 26-27]
et sera donc utilisée dans ce projet. Pour les planchers légers, il est toutefois recommandé
d'utiliser des méthodes numériques pour calculer le spectre de la force d’impact [30-31].
Lorsque la mobilité de la structure est prise en compte dans le calcul de la force d'impact,
comme indiqué dans l'équation (16), la puissance injectée à la structure, dans une bande de
fréquence donnée, est exprimée par :
Notez cependant que si la force d'impact est simplement représentée par la force bloquée,
comme indiqué dans l'équation (8), il est nécessaire d'ajouter une correction pour la masse du
marteau afin d'obtenir la valeur correcte donnée par l'équation (18).
1
𝑊𝑖𝑛𝑗 = 𝑆𝑓𝑓 (𝜔)𝑅𝑒 ( ) (19)
𝑍𝑑𝑝 + 𝑖𝜔𝑚
1
Avec ici 𝑆𝑓𝑓 = (2𝑓𝑠 𝑚2 𝑣0 2 )∆𝑓 , 𝑍𝑑𝑝 = 𝑌 est l'impédance du point de contact de la structure
0
Pour une plaque mince excitée en flexion pure, la mobilité d'entrée est donnée par [16,40] :
1
𝑌0 = (20)
8√𝐵𝜌𝑠 ℎ
29
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
𝐸ℎ3
𝐵= (21)
12(1 − 𝜈 2 )
𝐸 est le module d'Young et 𝜈 est le coefficient de Poisson. Il convient de noter que l’équation
(20) représente également la valeur moyenne de la mobilité d'une plaque finie, c'est-à-dire la
valeur moyenne sur la fréquence et sur plusieurs points d'entrée [40]. Pour des structures plus
complexes (par exemple des solides épais, des panneaux orthotropes, des panneaux sandwichs
...), la partie réelle de la mobilité d'entrée peut être obtenue à partir de la densité modale de la
structure [40] :
Pour ce type de structures, la densité modale peut être calculée à l'aide d'une approche
𝑛( 𝑓)
ondulatoire mise en œuvre dans NOVA [43], on notera que NOVA calcule 𝑛(𝜔) = .
2𝜋
En utilisant l'équation (22), la puissance injectée peut être écrite sous la forme générale
suivante :
𝜋
𝑊𝑖𝑛𝑗 = 𝑆𝑓𝑓 (𝜔) 2𝑀 𝑛(𝜔) (23)
Pour une structure simple, une fois que la puissance injectée est connue, la méthode PIM peut
être utilisée pour calculer la vibration et la réponse acoustique de la structure. Cette méthode
implique une moyenne spatiale et fréquentielle, et suppose que la structure n'est pas fortement
amortie [40]. La vitesse quadratique moyenne, moyennée dans l'espace et la fréquence, est
donnée par :
𝑊𝑖𝑛𝑗
< 𝑣 2 >∆𝑓 = (24)
𝑀𝜂𝜔
30
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Avec 𝜂 le facteur de perte de la structure. Plus précisément, cela peut être exprimé à l'aide de
l'équation (23) de la manière suivante :
2
𝐹∆𝑓 𝜋
< 𝑣 2 >∆𝑓 = 2
𝑛(𝜔) (25)
𝑀 2𝜂𝜔
D'autre part, la puissance rayonnée par la structure dans un fluide semi-infini est donnée par
[40] :
Dans la mesure en laboratoire de l'isolement acoustique aux bruits d'impact (Figure 14), le
niveau de pression moyen 𝐿𝑝 dans le local de réception est mesuré en même temps que la
surface d'absorption 𝐴 du local. Ensuite, un niveau de pression normalisé du bruit de choc, 𝐿𝑛
est calculé selon la norme ISO 140 [42], en utilisant une surface d'absorption de référence 𝐴0 =
10 𝑚2 pour le local de réception :
𝐴
𝐿𝑛 = 𝐿𝑝 + 10𝑙𝑜𝑔10 ( ) (27)
𝐴0
Lors des mesures en laboratoire, on suppose un champ réverbéré dans le local de réception, ce
qui permet de relier la puissance acoustique rayonnée dans le local à la pression quadratique
moyenne dans le local [40] :
< 𝑝2 >∆𝑓
𝑊𝑟𝑎𝑦 = 𝐴 (28)
4𝜌0 𝑐0
31
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
4
𝐿𝑝 = 𝐿𝑤 + 10𝑙𝑜𝑔10 ( ) (29)
𝐴
En utilisant les équations (27) et (29), 𝐿𝑛 est relié au niveau de puissance acoustique par :
4
𝐿𝑛 = 𝐿𝑤 + 10𝑙𝑜𝑔10 ( ) ≅ 𝐿𝑤 − 3.98 𝑑𝐵 (30)
𝐴0
Le modèle de force d'impact présenté dans la section précédente peut être utilisé pour simuler
le bruit d'impact en utilisant la méthode des éléments finis (MEF) dans le domaine fréquentiel
[31-32]. Une approche compatible avec le modèle de la puissance injectée est brièvement
décrite ici. Elle comprend les étapes suivantes (voir figure 15) :
1) Utiliser une force ponctuelle pour calculer la mobilité d'entrée de la structure à partir
d'un modèle MEF de la structure. Il est important de choisir des conditions aux limites
compatibles avec les essais, en particulier pour les basses fréquences. Des conditions
aux limites simplement supportées ou fixées peuvent être utilisées lorsque ces dernières
sont inconnues ou lorsqu'une comparaison avec le modèle de structure infinie est
32
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
effectuée. De plus, les normes ISO doivent être suivies pour sélectionner un
emplacement de la force d'impact éloigné des bords de la plaque.
4) Calculer les indicateurs moyennés sur les emplacements de force d'impact sélectionnés
(pour représenter les 5 marteaux ou encore différents emplacements de la machine à
chocs). Noter que lorsque les emplacements ne sont pas connus, des positions
sélectionnées au hasard peuvent être utilisées. Lorsque ces emplacements sont
équiprobables sur la surface de la plaque (c'est-à-dire sélectionnés à l'aide d'une
distribution uniforme), l'excitation est connue sous le nom Rain On The Roof (ROF).
Toutefois, il a été observé que pour des structures de taille importante (cas des planchers
par exemple) que les emplacements n'affectent pas beaucoup la réponse vibroacoustique
et le calcul peut être limité à la position moyenne de la machine à choc [40].
33
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Dans cette étude, cette approche basée sur les éléments finis sera utilisée pour valider la
méthode PIM. Le logiciel NOVAFEM [46] sera utilisé à cette fin.
Il s’agit d’un plancher simple en béton de dimensions 4,22 m x 3,6 m (h = 140 mm, 𝜌𝑠 = 2500
𝑘𝑔
, E =39 𝐺𝑃𝐴, 𝜈 = 0.1, η = 0.015). La masse par unité de surface de la dalle est de 320 𝑘𝑔/𝑚2
𝑚3
𝑐0 2 𝑚
et la fréquence critique est 𝑓𝑐 = √ 𝐵 ~120 𝐻𝑧.La Figure 16 montre la configuration de la
2𝛱
dalle [48].
34
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Figure 16: Configuration du plancher simple en béton armé utilisée dans l'exemple [47]
Les amplitudes de la force maximale obtenues à l'aide des équations (6) et (15) sont représentées
dans la Figure 17. Comme prévu pour cette structure rigide, les deux modèles donnent des
résultats approximativement similaires (la force bloquée est suffisante étant donné la faible
mobilité de la structure).
Le niveau de pression acoustique normalisé d'impact est représenté dans la Figure 18,
accompagné des mesures réalisées au CSTB [47] conformément à la norme ISO 140 [17], ainsi
que de deux simulations par éléments finis (FE) utilisant NOVAFEM. La première simulation
utilise une force appliquée en un seul emplacement (𝑥, 𝑦) = (0.19 mm, 0.15 mm), tandis que la
seconde moyenne les réponses sur des emplacements sélectionnés de manière aléatoire
(désignés par ROF). Le maillage utilisé est représenté dans la Figure 18. Il est composé de
3584 éléments de plaques de type Quad 4, avec des conditions simplement appuyées aux bords.
35
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Figure 17: Spectre de force calculé à l'aide des deux modèles présentés
Figure 18: Le maillage utilisé pour les simulations FEM ; 3584 éléments Quad 4 sont utilisés
et des conditions de simple appui sont supposées.
36
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
La Figure 19 présente le niveau de pression normalisé du plancher obtenu à partir des trois
méthodes (PIM, NOVAFEM et mesures expérimentales).
Dans l'ensemble, les courbes obtenues à partir des méthodes PIM et NOVAFEM se comparent
très bien aux mesures et présentent une très bonne corrélation entre elles. Les résultats montrent
l’effet négligeable de la position de la force d’impact (inconnue pour les mesures).
Une différence notable entre les courbes est observée dans la région des basses fréquences. Ces
différences sont normales puisque dans cette zone le calcul par éléments finis est sensible au
comportement modal de la structure (une fonction de la taille, des conditions aux limites
choisies et de l'amortissement). En hautes fréquences, les différences entre les calculs
NOVAFEM et la mesure sont surement dues au maillage qui doit être raffiné.
37
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
38
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
4.1 Introduction
La TMM est une approche générale permettant de prédire la propagation d’ondes planes
monochromatiques dans des structures multicouches planes et de dimensions infinies dans la
direction latérale. En décomposant l’excitation en ondes, une matrice est calculée pour relier le
déplacement et les contraintes associées à ces ondes de chaque côté du multicouche. Les
conditions d'interface entre les couches ainsi que les conditions d'excitation (onde plane) et de
terminaison (transmission) sont ensuite appliquées pour calculer les coefficients de réflexion et
de transmission du multicouche. Cette approche présente plusieurs avantages. Premièrement,
elle est rapide, car elle résout un problème en 2 D plutôt que 1D. Deuxièmement, elle est très
flexible, car elle peut facilement s'adapter à différents types de structures et d'excitations.
L'utilisation de la TMM pour des excitations de type ondes planes et de champ acoustique diffus
(Diffuse Acoustic Field : DAF) est largement documentée pour diverses structures telles que
les plaques, les solides, les composites et les structures sandwich, ainsi que pour différents
matériaux comme les fibreux, les mousses et les feutres [39]. Cette méthode a été étendue pour
tenir compte de la taille finie des structures et traiter d'autres types d'excitations, tels que les
39
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
sources ponctuelles, Rain On the Roof (ROF) ou une couche limite turbulente (Turbulent
Boundary Layer : TBL) [39].
Le champ d'excitation (la charge) peut être exprimé en termes de ses composantes en nombre
d'onde, utilisant une transformée de Fourier spatiale :
∞ ∞
1
𝑓(𝑥, 𝑦) = 2 ∫ ∫ 𝑓̃(𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 )𝑒 −𝑖(𝑥𝑘𝑥 +𝑦𝑘𝑦 ) 𝑑𝑘𝑦 𝑑𝑘𝑥 (31)
4𝜋 −∞ −∞
∞ ∞
𝑓̃(𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 ) = ∫ ∫ 𝑓(𝑥, 𝑦)𝑒 𝑖(𝑥𝑘𝑥 +𝑦𝑘𝑦 ) 𝑑𝑥 𝑑𝑦 (32)
−∞ −∞
Pour chaque nombre d'onde, avec les composantes 𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 , la pression et la vitesse normale du
côté source (𝑝 ̃𝐴 et 𝑣 𝐴̃ ) et du côté récepteur (𝑝 ̃𝐵 et 𝑣 ̃𝐵 ) sont obtenues par la méthode TMM :
Ici, 𝑇𝑖𝑗 représente les composantes de la matrice de transfert globale du système. Cette matrice
est obtenue à partir de la réduction de la matrice assemblée du multicouche qui tient compte
des matrices des différentes couches (structure de base et son traitement de contrôle du bruit),
des conditions d'interface entre les couches et des conditions de terminaison aux faces
extérieures du multicouche (ici, on suppose la présence d'air des deux côtés, ce qui permet de
réduire la matrice à une matrice 2x2). Les détails de la méthodologie de la TMM se trouvent
dans [39].
40
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Dans le cas d'un d'impact par une machine à chocs, la force d’excitation est supposée en régime
permanent et assimilable à une force ponctuelle, étant donné que la position de la force est
arbitraire et que la plaque est supposée infinie, la force dans une bande de fréquence est
supposée de la forme 𝑓(𝑥, 𝑦) = 𝐹𝛿(𝑥)𝛿(𝑦) ce qui conduit à 𝑓̃(𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 ) = 𝐹.
∞ ∞
𝜈𝐴(0,0) 1
𝑌0 = , 𝜈𝐴(0,0) = 2 ∫ ∫ 𝑣̃𝐴 (𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 ) 𝑑𝑘𝑦 𝑑𝑘𝑥 (34)
𝐹 4𝜋 −∞ −∞
Avec 𝑣̃𝐴 (𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 ) la vitesse normale de la face excitée (calculée à l'aide de la TMM). Notez
qu'en pratique, pour des raisons d'efficacité numérique, l'intégration de l'équation (4) se fait en
coordonnées polaires ( 𝑘𝑥 = 𝑘 cos 𝜑 , 𝑘𝑦 = 𝑘 sin 𝜑) :
2𝜋 ∞
1
𝜈𝐴 (0,0) = ∫ ∫ 𝑣̃ (𝑘, 𝜑) 𝑘 𝑑𝑘 𝑑𝜑 (35)
4𝜋 2 0 0 𝐴
Une fois que 𝑌0 est obtenue, la puissance d'entrée peut être calculée en utilisant les équations
(16) à (18).
Avec :
2
1 2𝑚ℎ 𝜈0
𝑆𝑓𝑓 (𝜔) = 𝑓𝑠 ∆𝑓 (| |) (37)
2 1 + 𝑖𝜔𝑚ℎ 𝑌0,∆𝑓
𝑆𝑓𝑓 (𝜔) 2𝜋 ∞
〈𝑉𝐴 2 〉 = 2
∫ ∫ |𝑣̃𝐴 (𝐾, 𝜑)|2 𝑘 𝑑𝑘 𝑑𝜑 (38)
4𝜋 𝑆 0 0
Les mêmes expressions peuvent être utilisées pour du côté récepteur. Finalement, la puissance
rayonnée dans le domaine du récepteur est donnée par :
𝑆𝑓𝑓 (𝜔) ∞ ∞
2
𝑊𝑟𝑎𝑑 = 2
𝑅𝑒 ∫ ∫ |𝑣̃𝐵 ((𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 )| 𝑧̃𝑟𝑎𝑑,𝐴 (𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 ) 𝑑𝑘𝑦 𝑑𝑘𝑥 (39)
4𝜋 𝑆 −∞ −∞
41
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Avec :
𝑘0
𝑧̃𝑟𝑎𝑑,𝐴 (𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 ) = 𝑍0 , (40)
2 2 2
√𝑘0 − 𝑘𝑥 − 𝑘𝑦
En pratique, l'intégration dans l'équation (39) est réalisée en coordonnées polaires et limitée aux
nombres d'onde se trouvant dans le domaine acoustique, ce qui conduit à :
𝑆𝑓𝑓 (𝜔) 2𝜋 𝑘0 2
𝑊𝑟𝑎𝑑 = 2
∫ ∫ |𝑣̃𝐵 ((𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 )| 𝑅𝑒 [𝑧̃𝑟𝑎𝑑,𝐵 (𝑘)] 𝑘 𝑑𝑘 𝑑𝜑 (41)
4𝜋 𝑆 0 0
Avec :
𝑘0
𝑧̃𝑟𝑎𝑑,𝐵 (𝑘) = 𝑍0 (42)
2
√𝑘0 − 𝑘 2
De plus, pour tenir compte des effets de la taille finie du multicouche, l’approche FTMM
présentée dans [44] est utilisée. La méthode suppose la structure bafflée ce qui permet de
remplacer l'impédance de rayonnement 𝑧̃𝑟𝑎𝑑,𝐵 (𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 ) par :
𝑖𝜌0 𝜔 −𝑖(𝑥 ′ 𝑘𝑥 +𝑦 ′ 𝑘𝑦 )
𝑒 −𝑖𝑘0 𝑟 𝑖(𝑥𝑘 +𝑦𝑘 )
𝑧̃𝑟𝑎𝑑 (𝑘𝑥 , 𝑘𝑦 ) = ∫∫𝑒 𝑒 𝑥 𝑦 𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑥 ′ 𝑑𝑦 ′ (43)
𝑆 𝑆 2𝜋𝑟
𝑆
Note 1 : Dans le cas d'un multicouche homogène, les intégrales 2 D ci-dessus se réduisent à des
intégrales 1 D, car la matrice de transfert est indépendante de l'angle 𝜑 (direction de
propagation), ce qui conduit à :
42
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
1 ∞
𝜈𝐴 (0,0) = ∫ 𝑣̃ (𝑘) 𝑘 𝑑𝑘 (44)
2𝜋 0 𝐴
𝑆𝑓𝑓 (𝜔) ∞
〈𝑣 2 〉 = ∫ |𝑣̃ (𝐾)|2 𝑘 𝑑𝑘 (45)
2𝜋𝑆 0 𝐴
𝑆𝑓𝑓 (𝜔) 𝑘0
𝑊𝑟𝑎𝑑 = ∫ |𝑣̃𝐵 ((𝑘, 𝜑)|2 𝑅𝑒[𝑧̃𝑟𝑎𝑑,𝐵 (𝑘)] 𝑘 𝑑𝑘 (46)
2𝜋 0
Lorsque les effets de taille sont pris en compte, 𝑧̃𝑟𝑎𝑑,𝐵 (𝑘)doit être remplacé par une valeur
moyenne, sur l'angle, de la formule (43) :
1 2𝜋
〈𝑧̃𝑟𝑎𝑑,𝐵 (𝑘)〉𝜑 = ∫ 𝑧̃ (𝑘, 𝜑) 𝑑𝜑 (47)
2𝜋 0 𝑟𝑎𝑑,𝐵
Dans cette section, une approche modale est présentée pour tenir compte de la taille finie du
panneau sur sa réponse vibratoire et acoustique. Elle combine une approche modale en
supposant que le panneau est simplement supporté et la méthode de la matrice de transfert
(TMM). Cette approche suit de près les travaux de Rhazi et Atalla [49].
Tout d'abord, rappelons la réponse vibratoire et acoustique d'un panneau mince simplement
supporté sous une charge ponctuelle d'amplitude 𝐹(𝜔) en un point donné (𝑥0 ,𝑦0 ) qui est
exprimée par l’équation, 𝑓(𝑥, 𝑦) = 𝐹(𝜔)𝛿(𝑥 − 𝑥0 )𝛿(𝑦 − 𝑦0 ). Des détails supplémentaires
peuvent être trouvés dans Atalla [41].
La vitesse normale du panneau excitée en un point peut être exprimée en termes de ses modes
de la manière suivante :
43
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Avec :
𝜌𝑠 ℎ
𝑍𝑚𝑛 = (−𝜔2 + 𝜔𝑚𝑛
2 (1
+ 𝑗η𝑚𝑛 )) (50)
𝑗𝜔
Avec :
2
𝐵 𝑚𝜋 2 𝑛𝜋
𝜔𝑚𝑛 =√ [( ) + ( ) ] (51)
𝜌𝑠 ℎ 𝐿𝑋 𝐿𝑦
𝑚𝜋 𝑛𝜋
𝜑𝑚𝑛 = sin ( ) sin ( ) (52)
𝐿𝑥 𝐿𝑦
𝑆
𝑁𝑚𝑛 = (53)
4
Dans les équations ci-dessus, 𝐵 représente la rigidité en flexion du panneau, 𝜌𝑠 ℎ sa masse par
unité de surface, 𝑆 = 𝐿𝑥 𝐿𝑦 sa surface, 𝑍𝑚𝑛 est l'impédance modale, 𝜔𝑚𝑛 représente les
fréquences angulaires des modes (fréquences de résonances) et 𝜑𝑚𝑛 les formes des modes
associées.
𝑣(𝑥0 , 𝑦0 ) 1 2 (𝑥
𝑌0 = =∑ 𝜑𝑚𝑛 0 , 𝑦0 ) (54)
𝐹 𝑀𝑚𝑛 𝑍𝑚𝑛
𝑚,𝑛
1
𝑊𝑖𝑛 = 𝑅𝑒 ∫𝐹(𝜔)𝛿(𝑥 − 𝑥0 )𝛿(𝑦 − 𝑦0 )𝑣 ∗ (𝑥, 𝑦)𝑑𝑥 𝑑𝑦
2 𝑆
𝑆𝑓𝑓 (𝜔) 2
𝜌𝑠 ℎη𝑚𝑛 𝜔𝑚𝑛
= ∑( 2 𝜑 2 (𝑥 , 𝑦 )) (55)
4 𝑁𝑚𝑛 |𝑍𝑚𝑛 |2 𝑚𝑛 0 0
𝑚,𝑛
1 1
〈𝑣 2 〉 = ∫|𝑣(𝑥, 𝑦)|2 𝑑𝑆 = ∑|𝑣𝑚𝑛 |2 𝑁𝑚𝑛
2𝑆 𝑆 2𝑆
𝑚,𝑛
𝑆𝑓𝑓 (𝜔) 1
= ∑( 2 𝜑 2 (𝑥 , 𝑦 )) (56)
4 𝑁𝑚𝑛 |𝑍𝑚𝑛 |2 𝑚𝑛 0 0
𝑚,𝑛
44
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Dans les équations ci-dessus, 𝑆𝑓𝑓 (𝜔) représente le spectre RMS de la charge ponctuelle et
𝑍̃𝑟𝑎𝑑,𝑚𝑛 l’impédance modale de rayonnement. Plusieurs méthodes de calcul de cette dernière
peuvent être trouvées dans [40]. Notez que dans NOVA, la formulation asymptotique de
Leppington [50] est utilisée en basses fréquences et l'intégrale de Rayleigh en hautes fréquences
[51] ; Pour cette dernière méthode couplage intermodal est négligé, ce qui conduit à [51] :
𝑒 (−𝑖𝐾0𝑟)
𝑍̃𝑟𝑎𝑑,𝑚𝑛 (𝜔) = 𝑖𝜌0 𝜔 ∫ ∫𝜑𝑚𝑛
2 (𝑥 ′ ′ )
,𝑦 𝜑𝑚𝑛 (𝑥, 𝑦)𝑦 ′ 𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑥 ′ 𝑑𝑦 ′ (58)
2𝜋𝑟
𝑆 𝑆
Pour les structures multicouches ou complexes, la TMM est utilisée pour calculer les
impédances modales côté source (A) et côté réception (B). Pour chaque nombre d'onde modal,
𝑚𝜋 𝑛𝜋
avec des composantes (𝑘𝑚 , 𝑘𝑛 ) = ( 𝐿 , 𝐿 ), la pression et la vitesse normale du côté source,
𝑥 𝑦
(𝑝𝐴,𝑚𝑛 , 𝑣𝐴,𝑚𝑛 ) ainsi que du côté récepteur, (𝑝𝐵,𝑚𝑛 , 𝑣𝐵,𝑚𝑛 ) sont obtenues à l'aide de la TMM :
Comme pour l'approche ondulatoire classique, cette matrice est obtenue en réduisant la matrice
assemblée de la structure multicouche qui prend en compte les matrices des différentes couches
(structure de base et son traitement de contrôle du bruit), les conditions d'interface entre les
couches et les conditions de terminaison aux faces extérieures de la structure multicouche. En
supposant un milieu récepteur semi-infini (problème de transmission), en imposant 𝑝𝐴,𝑚𝑛 =
1 du côté source, l'équation (59) est résolue pour les variables restantes aux côtés source et
récepteur de la structure multicouche. Enfin, les impédances modales sont récupérées à partir
de :
45
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
1 𝑝𝐵,𝑚𝑛
𝑍𝑚𝑛,𝐴 = , 𝑍𝑚𝑛,𝐵 = (60)
𝑣𝑚𝑛,𝐴 𝑣𝑚𝑛,𝐵
Dans le cas d'un impact généré par une machine à chocs, la puissance rayonnée doit être
calculée du côté récepteur et le spectre RMS de la force est défini dans l'équation (37).
Pour une machine à chocs standard, la charge est due aux cinq marteaux et donc la réponse doit
être calculée pour chaque emplacement du marteau et moyennée sur les réponses des cinq
emplacements. Cependant, étant donné que les emplacements sont proches les uns des autres,
une seule charge (position centrale de la machine à chocs) est généralement suffisante, surtout
en basses fréquences où la méthode modale est utile.
Lorsque la machine à chocs est placée sur plusieurs emplacements des panneaux et cette
dernière est inconnue, une approximation peut être obtenue en supposant que la position de la
charge ponctuelle est aléatoire avec une distribution uniforme sur la surface du panneau. Les
indicateurs vibroacoustiques peuvent être obtenus alors en effectuant une moyenne spatiale, des
équations (54) à (57), portant sur l'emplacement de la charge, ce qui conduit à :
1 1 1
〈𝑌0 〉 = ∫𝑌0 (𝑥0 , 𝑦0 )𝑑𝑆 = ∑ (61)
𝑠 𝑆 𝑠 𝑍𝑚𝑛,𝐴
𝑚,𝑛
𝑆𝑓𝑓 (𝜔) 2
1 𝜌𝑠 ℎη𝑚𝑛 𝜔𝑚𝑛
〈𝑊𝑖𝑛 〉 = ∫𝑊𝑖𝑛 (𝑥0 , 𝑦0 )𝑑𝑆 = ∑( 2 )
(62)
𝑆 𝑆 𝑆 |𝑍 |
𝑚,𝑛 𝑚𝑛,𝐴
1 𝑆𝑓𝑓 (𝜔) 1
〈𝑣 2 〉 = ∫𝑣 2 (𝑥0 , 𝑦0 )𝑑𝑆 = ∑( ) (63)
𝑆 𝑆 𝑆 |𝑍𝑚𝑛 |2
𝑚,𝑛
46
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Dans le chapitre suivant, nous présenterons des exemples de validation des modèles TMM et
mTMM en les comparant systématiquement avec des mesures expérimentales et des calculs par
éléments finis pour plusieurs types de planchers.
47
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
48
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
expérimentales
Le plancher en béton de base étudié au chapitre 3 est réexaminé. Des simulations utilisant
l'approche ondulatoire et l'approche modale (avec un moyennage sur la position de la force)
sont ajoutées aux résultats obtenus par la méthode PIM et la mesure du CSTB [47]. La puissance
rayonnée est calculée à l'aide de l'équation (26) pour le PIM, tandis que l'algorithme FTMM est
utilisé pour les approches ondulatoire et modale.
49
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
L'analyse des résultats met en évidence une excellente concordance entre les courbes obtenues
à partir des méthodes PIM, de l'approche ondulatoire et modale, ainsi que les mesures du CSTB.
Cette cohérence renforce la fiabilité et la validité des différentes approches utilisées pour étudier
le niveau de pression normalisée 𝐿𝑛 (dB).
Cependant, des différences significatives sont observées aux basses fréquences, ce qui est
normal. En effet, ces différences sont principalement attribuées aux effets modaux liés à la taille
du plancher étudié. Aux basses fréquences, les dimensions et les conditions aux frontières ainsi
que la position de l’excitation du plancher deviennent des facteurs déterminants dans la réponse
acoustique.
Les simulations suivantes utilisant les approches ondulatoire et modale sont comparées aux
données d'essai du CSTB [47] pour un plancher flottant constitué d'une couche viscoélastique
insérée entre une couche de béton de base et une chape. Les dimensions de la structure sont de
4.2 m x 3.2 m. Les propriétés des trois couches sont indiquées dans le Tableau 1 [47]. Il convient
de noter que, par rapport aux données fournies dans la référence [47], dans nos simulations, le
module de cisaillement et le coefficient de Poisson de la couche viscoélastique ont été conservés
tels quels et le module d'Young a été calculé de manière à respecter la relation analytique 𝐸 =
𝐺
. La Figure 21 illustre la configuration de la dalle étudiée.
2(1+ν)
Figure 21: Schéma de la structure d'un plancher flottant avec couche viscoélastique entre une couche de béton de
base et une chape [47].
50
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Avec :
51
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Figure 22: Niveau de pression normalisé d'un plancher flottant - comparaison entre les
données mesurées (CSTB), l`approche ondulatoire et modale
Une excellente comparaison entre les différentes méthodes est observée, démontrant leur
fiabilité et leur cohérence dans l'étude du niveau de pression normalisée 𝐿𝑛 (dB). Cependant, il
convient de noter une légère divergence en hautes fréquences, principalement attribuée à des
erreurs liées à l'intégration numérique dans l'approche ondulatoire. Cette divergence n'affecte
pas significativement la corrélation générale des résultats.
L'exemple suivant, tiré de la référence [47], concerne un système de 4.22 m x 3.6 m composé
d'une mousse isolante en polyéthylène de 1 mm pris en sandwich entre une dalle en béton armé
de 140 mm et une chape de finition de 60.5 mm. Cette construction est utilisée dans les systèmes
de chauffage par le sol (plancher chauffant ou radiant). La Figure 23 ci-dessous illustre la
configuration du système, les propriétés des trois couches sont indiquées dans le Tableau 2 [47].
52
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Figure 23: Schéma d'un système de 4,22 m x 3,6 m avec mousse isolante en polyéthylène entre
une dalle en béton armé de 140 mm et une chape de finition [47].
53
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
100.0 0.04
200.0 0.03
800.0 0.02
100.0 0.1
125.0 0.04
160.0 0.08
200.0 0.05
400.0 0.05
630.0 0.03
800.0 0.025
1000.0 0.025
1600.0 0.015
3150.0 0.015
54
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Figure 24: Niveau de pression normalisé du système de chauffage par le sol - comparaison entre
les données mesurées (CSTB), l`approche ondulatoire et modale.
Une corrélation satisfaisante est observée entre les différentes méthodes, notamment dans la
plage des fréquences centrales allant de 2500 à 3100 Hz. Toutefois, des différences de l’ordre
de 3-5 dB sont constatées à ces fréquences, suscitant des interrogations quant à la fiabilité des
mesures effectuées ou des données (matériaux, dimensions...) utilisées dans les simulations
numériques. Notons que le CSTB [47] présente également des simulations numériques qui
montrent les mêmes divergences pour cette configuration.
Pour valider cela, des simulations par éléments finis (FE) à l'aide de NOVAFEM sont également
présentées (voir la Figure 25). Le maillage utilisé est représenté à la Figure 26 et se compose
d'éléments solides (Tet10) pour les trois couches. Le système est supposé simplement supporté
pour correspondre à l'approche modale ; une condition de baffle rigide est utilisée pour le
55
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
rayonnement. La puissance rayonnée par la face réceptrice du plancher est convertie en niveaux
de pression acoustique normalisés. Deux emplacements d'impact ont été choisis au hasard (les
positions de la machine à chocs lors des mesures sont inconnues). Les deux emplacements
donnent des résultats similaires, confirmant les tendances observées avec les approches
ondulatoire et modale. Les différences observées peuvent s'expliquer par l'utilisation d'un
amortissement constant dans les simulations par éléments finis.
Figure 25: Niveau de pression normalisé d'un plancher - comparaison entre les données
mesurées, les approches ondulatoire, modale et FE.
56
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Un autre exemple tiré de la référence [47] est étudié. Il s'agit d'un système à trois couches
composées d'une sous-couche poreuse de 8 mm prise en sandwich entre une dalle en béton armé
de 140 mm et des carreaux de carrelage de 11 mm, y compris leur mortier adhésif. Les carreaux
et le mortier sont considérés comme une seule couche équivalente. La référence [47] présente
uniquement la perte par insertion du système sous-couche-carrelage. La perte par insertion
mesure l'amélioration du niveau de pression normalisé apportée par les combinaisons sous-
couche-carrelage. Elle est calculée en faisant la différence entre les niveaux de pression
normalisés du plancher de base et celui du plancher à trois couches ( 𝑑𝐿𝑛 = 𝐿𝑛(𝑡𝑟𝑎𝑖𝑡é) −
𝐿𝑛(non traité) ) . La Figure 27 illustre la configuration étudiée, les propriétés utilisées sont
indiquées dans le Tableau 5.
Figure 27: Schéma d'un système à trois couches : dalle en béton armé de 140 mm, sous-
couche poreuse de 8 mm et carreaux de 11 mm avec leur mortier adhésif [47].
57
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Avec :
58
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
Comme la référence [47] ne précise pas les dimensions du système testé, une surface de 4,2
m x 3,6 m a été utilisée dans l’approche modale et les simulations par éléments finis en
supposant des conditions d‘appui simple sur les bords. Le maillage utilisé est similaire à
celui de la figure 26. Les résultats sont présentés dans la figure 28.
Figure 28: Perte d`insertion du niveau de pression normalisé d'un système sous carrelage -
comparaison entre les données mesurées CSTB, les approches ondulatoire, modale et FE.
Dans l'ensemble, la corrélation entre les simulations (par éléments finis, par la méthode
ondulatoire et par la méthode modale) et la mesure est très bonne. Les différences sont
principalement autour de la fréquence de double paroi du système (résonance masse-ressort-
masse) et en hautes fréquences. Dans la région de la résonance, l’amortissement contrôle la
réponse et la mesure montre un amortissement élevé par rapport aux calculs ce qui est indicateur
d'autres sources d'amortissement dans le test. En hautes fréquences, les mesures semblent
décrocher ce qui est indicateur d’un souci potentiel de fuites acoustiques.
Notons finalement que l'approche modale prend beaucoup de temps par rapport à l'approche
ondulatoire, avec des améliorations négligeables de la qualité des prédictions. L`approche
59
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
ondulatoire devrait donc être préférée. Cette constatation s'applique en fait à toutes les
configurations étudiées.
Enfin, afin d’illustrer une application pratique des modèles présentés le niveau de pression
normalisé, 𝐿𝑛 , de trois planchers, ayant les mêmes dimensions latérales 𝐿𝑥 = 4.4 m, 𝐿𝑦 = 2.6
m, est calculé en utilisant les approches ondulatoire et modale et comparé à des calculs par EF.
Les trois planchers étudiés se composent de :
2. Un plancher à trois couches avec une couche d'isolation thermique et une chape de finition
placées sur la dalle de béton (plancher #1).
3. Un plancher à quatre couches où une couche intermédiaire résiliente (acoustique) est placée
entre l'isolation thermique et la chape.
Les propriétés mécaniques de toutes les couches sont indiquées dans le Tableau 6 ci-dessous.
Le modèle (FE) est conçu en prenant en compte un seul emplacement de charge situé à (0,85
m, 0,66 m). Tout comme dans les exemples précédents, ce modèle utilise des éléments solides
60
UdS - Génie Mécanique Mémoire de maîtrise
pour représenter toutes les couches du matériau. De plus, il suppose que le système est
simplement supporté et présente une condition baffle pour le rayonnement.
Les niveaux de pression acoustique normalisés prédits sont comparés à la Figure 29 pour le
plancher de base. Les résultats PIM classiques sont également présentés.
Figure 29: Niveau de pression normalisé du plancher de base - comparaison entre l'approche
énergétique (PIM), l'approche ondulatoire, l'approche modale et FE.
Dans l'ensemble, la comparaison est excellente. Les résultats aux basses fréquences sont
influencés par l'emplacement de la force d'impact et les conditions aux limites. Il convient de
noter que pour l'approche modale, une force ponctuelle aléatoire est supposée et une moyenne
spatiale sur toutes les positions est utilisée, contrairement à la méthode des éléments finis où un
seul point d'impact est utilisé. Dans les calculs EF et modaux, les résultats sont moyennés en
fréquence sur des bandes tiers d'octave. On observe néanmoins qu'à très basse fréquence,
l'approche modale rend bien compte du comportement modal du panneau.
61
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La comparaison pour les planchers à trois et quatre couches est présentée dans les Figures 30
et 31, respectivement.
Figure 30: Niveau de pression normalisé d'un plancher à trois couches avec isolation
thermique
Figure 31: Niveau de pression normalisé d’un plancher à quatre couches avec une isolation
thermique et une couche intermédiaire résiliente
62
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Une fois de plus, la comparaison est excellente. La résonance de la double paroi (masse-ressort-
masse) du système est clairement observée.
Enfin, pour montrer l'amélioration de l’isolement aux bruits d'impact apportée par la couche
intermédiaire résiliente (acoustique), la perte par insertion des planchers à quatre et trois
couches ( 𝑑𝐿𝑛 = 𝐿𝑛(𝑡𝑟𝑎𝑖𝑡é) − 𝐿𝑛(non traité) ) sont calculées à l'aide de l'approche ondulatoire et
présentées dans la Figure 32. L'effet bénéfique de la couche résiliente est clairement visible, en
particulier aux hautes fréquences.
63
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Dans ce mémoire nous avons présenté deux modèles permettant de prédire avec précision le
bruit d'impact engendré par une machine à chocs standard. Ces modèles reposent sur la méthode
des matrices de transfert (TMM). Le premier modèle adopte une approche ondulatoire en
décomposant la charge en ondes qui se propagent librement. Pour ce faire, il utilise une
transformée de Fourier spatiale 2D du champ excitateur. Cette méthode suppose que le système
est d'une étendue infinie. De plus, elle prend principalement en compte les effets de taille grâce
à une correction de la puissance rayonnée réalisée à l'aide de la méthode de la matrice de
transfert finie (FTMM). Le deuxième modèle prend en compte la taille finie du panneau et
utilise la TMM avec les nombres d'ondes modaux d'un panneau simplement supporté pour
synthétiser la réponse de la structure. Cette approche (mTMM) consiste à effectuer une
sommation finie des contributions modales des modes conservés.
Plusieurs exemples de validation expérimentale et numérique ont été présentés pour prouver la
précision, la validité et l'utilité pratique des deux méthodes, principalement dans le domaine de
la construction. De plus, une comparaison avec des simulations par éléments finis a été ajoutée
pour renforcer la précision des modèles.
• L'approche ondulatoire se révèle être une méthode fiable pour prédire l'isolement
acoustique aux bruits d’impacts des planchers multicouches
Il est important de noter que le travail présenté se limite à une machine à chocs standard et
fournit des résultats dans des bandes de 1/3 d'octave. Toutefois, il convient de souligner que les
méthodes présentées peuvent être utilisées pour prédire la réponse dans des bandes fines.
Cependant, il est nécessaire de revoir le modèle de force, car il est limité aux impacts moyennés
par bande (utilisant des bandes de 1/3 d'octave). Les résultats en bandes fines sont nécessaires
en basse fréquence et renforceront l'importance de l'approche modale. Cependant, il est
65
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important de noter que l'utilisation de cette approche est limitée dans les applications pratiques
visées par notre projet.
Enfin, il est important de noter que les méthodes présentées sont générales et peuvent donc être
appliquées à d'autres types d'impacts. Les résultats et les enseignements de cette étude peuvent
servir de base pour des travaux futurs visant à développer des modèles de force adaptés à
d'autres scénarios, tels que les impacts lourds et les impacts dus au roulement (trains, métros,
véhicules lourds...). Ces développements permettront une meilleure prédiction et
compréhension de l'isolement acoustique aux impacts dans divers domaines d'ingénierie tels
que la construction et le transport.
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