Droit de L Urbanisme m2 Sam 2024
Droit de L Urbanisme m2 Sam 2024
Le sol et le territoire sont régis par le droit de l’urbanisme, un système juridique qui permet à
la fois d’encadrer l’aménagement du territoire et d’en assurer la conformité avec les objectifs
du gouvernement. A travers ce règlement, qui touche autant le droit pénal ou fiscal que le
droit du patrimoine ou de l’environnement, le droit de l’urbanisme aspire à l’optimisation de
l’utilisation des sols, à allier la protection de l’environnement et l’esthétique urbaine, à assurer
la cohésion entre les équipements publics et l’habitat, et à contribuer à la politique de la ville.
Le droit de l’urbanisme est l’une des branches du droit public, précisément du droit
administratif. Le droit de l’urbanisme est l’ensemble des règles juridiques établies afin
d’assurer la conformité de l’aménagement de l’espace aux objectifs de l’administration
publique. Il est en vigueur partout en République Démocratique du Congo. On trouve des
dispositions y relatives dans le Décret du 20 juin 1957 sur l’urbanisme.
1. Définitions
a. Droit
Le Droit désigne, en son sens de droit objectif, un ensemble de règles visant à organiser la
conduite de l’homme en société et dont le respect est assuré par la puissance publique. Le
droit objectif reconnaît et sanctionne lui-même des droits subjectifs, prérogatives attribuées
dans leur intérêt à des individus, qui leur permettent de jouir d’une chose, d’une valeur ou
d’exiger d’autrui une prestation.
b. Urbanisme
Le terme « urbanisme » est une création récente. Il est apparu dans la langue française au
cours des années 1910 pour désigner une discipline nouvelle, née des exigences spécifiques
de la société industrielle. L’urbanisme concerne essentiellement la réglementation de l’usage
du sol, notamment en vue de la construction, soit par des règlements généraux, soit par des
plans d’urbanisme et des règlements dont l’application est limitée à une partie du territoire,
qui déterminent les conditions d’implantation de volume et d’aspect des bâtiments et ouvrages
ainsi que la répartition sur le sol des diverses activités humaines.
L'urbanisme se présente alors comme la science de l'organisation spatiale des villes et
comporte.
c. Aménagement
L’aménagement est cette action volontaire, consciente, programmée d’une collectivité sur son
territoire qui consiste à modifier, rectifier, corriger, adapter et transformer un espace donné en
vue d’un objectif déterminé. Aménager une salle, un bureau, une chambre, une ville ou une
région…. L’aménagement se définit toujours par rapport à un objectif bien clair. On
n’aménage pas sans une finalité précise.
Dans cette optique, il est important de vous demander comment accueillir la population
nouvelle et de prendre en considération leurs activités. Cet aménagement, ce développement a
donc pour but premier d'offrir un cadre, un environnement agréable et adapté aux usagers.
Et cette organisation urbaine peut passer par : l'implantation d'entreprises dans une zone
définie ; la création locale de nouveaux logements ; la création locale de nouveaux bâtiments,
la création et l'installation d'espaces culturels ; la création et l'installation d'équipements
sportifs ; la création et l'installation d'espaces verts ; la création et l'installation
d'établissements scolaires ; la rénovation et le maintien d'espaces existants.
d. Droit de l’urbanisme
Le droit de l'urbanisme peut se définir comme l’ensemble des règles relatives à l'occupation et
de l'usage des sols sous la réserve du respect des prérogatives imposées dans l'intérêt de la
communauté. Son objet, tant dans sa dimension réglementaire qu'opérationnelle, n'est plus
seulement d'assurer la maîtrise du développement urbain, mais également de contribuer à la
fabrique de la ville et du « vivre ensemble » 1. D'un droit des sols, il est devenu un droit de la
ville, et plus encore un droit à la ville.
1
Olivier CHAMBORD, Droit de l'urbanisme et de l'aménagement. La fabrique de la ville, Boulogne-Billancourt,
Berger-Levrault, 2018
Il concerne tant les acteurs publics qui portent la responsabilité de la définition du projet
urbain en concertation avec les habitants et les associations et l'ensemble des acteurs de la
ville, que les acteurs privés (propriétaires, promoteurs, aménageurs) qui contribuent à la mise
en œuvre du projet urbain à travers les opérations d'aménagement et de construction
auxquelles ils sont associés.
En tant que discipline scientifique, ce cours à décrire les outils mis à la disposition des
pouvoirs publics pour planifier la structuration spatiale du territoire et fixer l'affectation des
sols. La seconde partie est consacrée aux instruments permettant de mettre en œuvre
concrètement les règles d'urbanisme, à savoir principalement les permis de construire, de
démolir et de lotir ainsi que les contrôles et sanctions des infractions. Il s'agit de décrire le
contenu, les effets et la procédure d'adoption de ces actes d'une grande importance dans la
pratique de l'urbanisme.
2. Intérêt
3. Objectif
Cette unité d’enseignement a comme objectif général de faire acquérir des connaissance de
base des principales règles du droit de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire,
principalement en droit congolais et de savoir manipuler la législation de l'urbanisme, en
évolution permanente.
Cet enseignement est donné de façon magistrale, avec des exemples tirés de la pratique
professionnelle des enseignants, en privilégiant une interaction avec les étudiants via des
lectures de décisions de jurisprudence ou d’articles et par l’invitation de praticiens du droit de
l’urbanisme.
5. Mode d’évaluation
Cette unité d’enseignement fera l’objet de deux types d’évaluations : le contrôle continu (TD,
TP et Interrogation) qui sera noté sur 10 points et l’évaluation sommative (Examen) qui sera
également notée sur 10 points.
6. Plan
7. Bibliographie
- AUBRIL Laure et Seydou TRAORE, Droit de l’urbanisme. Droit de l’environnement,
Paris, centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), 2006
- BARBIER Marie-Cécile, Les fondamentaux de l’urbanisme, Paris, 2021
- CORET Clélia, ZAUGG Roberto et CHOUIN Gérard, «Les villes en Afrique avant
1900. Bilan historiographique et perspectives de recherche », in Le pouvoir en ville.
Espaces, cultures matérielles, scénographies en Afrique avant le XXe siècle, 2020
- DAMERON Audrey, L'aménagement urbain. Contribution à la reconnaissance d'une
notion juridique, Paris, L’Harmattan, 2017
- KALAMBAY LUMPUGU G, Domaine, Aménagement du territoire, Urbanisme,
Lubumbashi, inédit, 2014
- MAKUNGU KANANGE Joseph et MUTUKA KIMPINDE Betty, « La politique
d’urbanisation de la RDC (Règles d’urbanisation, règlementation des eaux usées,
drainage des eaux pluviales) : encadrement législatif, règlementaire et pistes
d’amélioration, à l’aune de la commune Kenya », KAS African Law Study Library –
Librairie Africaine d’Etudes Juridiques, 2014,
- MORAND-DEVILLER J., Droit de l’urbanisme, Paris, ESTEM Éditions
Scientifiques, Techniques et Médicales, 1996
- SAVARIT-BOURGEOIS Isabelle, L’essentiel du droit de l’urbanisme, Paris, Gualino,
2021
- VILMIN Thierry, L’aménagement urbain acteurs et système, Provence-Alpes-Côte
d’Azur, Éditions Parenthèses, 2015
- VILMIN Thierry, L’Aménagement urbain en France, une approche systémique, Lyon,
Certu, 2008.
Chapitre 1. LA CREATION DES CIRCONSCRIPTIONS URBAINES
L’histoire du Congo, au moins jusqu’ici, n’a pas encore révélé l’existence des ruines des
agglomérations structurées, mais bien l’existence, lors de la pénétration européenne de
quelques villages de centaines d’habitations construites en matériaux non durables. Aucun
document n’indique que le groupement de ces habitations obéissait à certaines règles précises
d’ordonnancement et de construction. C’est dans le même sens qu’écrit Léon de Saint
Moulin : Aucune construction en dur n’atteste l’implantation d’agglomérations permanente,
mais l’existence de grands marchés servant de nœuds de relations et regroupant des
populations de 5 à 10.000 habitants est solidement étable, notamment pour Upoto, Irebu,
Bolobo et Basankutu.
Les agglomérations urbaines au Congo sont toutes l’œuvre de la colonisation belge. Le terme
« urbanisation » évoque le phénomène de concentration croissante de la population dans les
agglomérations urbaines et celui de l’extension spatiale des villes. Ce phénomène est croissant
et rapide dans les pays en développement. Kinshasa en est un exemple.
Après avoir divisé le territoire en plusieurs entités administratives, il était nécessaire pour la
puissance coloniale de fixer pour chaque entité son chef-lieu d’administration locale. Ainsi les
sièges administratifs et les postes secondaires furent l’origine des agglomérations ou centres
urbains.
Pour l’organisation de l’espace des chefs-lieux et des postes secondaires, le décret du 14 août
1890 autorisa le gouverneur général de faire dresser le plan de la voirie dans les communes où
il jugeait nécessaire. Par un arrêté du 20 septembre 1890, le gouverneur général attribua la
compétence aux directeurs des Travaux Publics et des Finances de dresser le plan général
d’alignement de la voirie dans les communes désignées par lui.
L’arrêté du 20 septembre 1890 fut abrogé par l’arrêté du 14 septembre 1898 ordonnant pour
l’aménagement de l’espace des circonscriptions urbaines aux commissaires de district de
déterminer les plans généraux de constructions, de leur alignement et des voies de
communications intérieures : rues, ruelles et passage utiles à la canalisation. A partir de cet
arrêté, aucune construction ou reconstruction, ni aucun changement aux bâtiments existants ne
pouvait être fait avant d’avoir obtenu l’autorisation du service compétent. Cette prescription
était applicable aux bâtiments le long de la voirie ou à l’intérieur des propriétés, enclos,
jardins, etc.
En 1893, des conditions relatives à la vente et la location des biens du domaine de l'État sont
fixées. Au sein des entités désignées par le Gouverneur général comme circonscriptions
urbaines, des règles particulières fixent le montant des prix de vente et des loyers pour les
terrains2.
Il semble permis de lier l'origine du phénomène urbain à cette réglementation sur les
circonscriptions urbaines ; le Roi-Souverain a souhaité favoriser l'implantation européenne en
évitant l'accaparement, la spéculation sur des terres situées aux endroits les plus favorables à
la colonisation3. Dès lors, en déterminant les différentes circonscriptions urbaines, le
Gouverneur général ne consacre pas un fait accompli, mais anticipe le développement futur
des différents sites afin de localiser le phénomène urbain à venir. Les villes étant considérées
comme le maillon essentiel du développement économique futur de l'État Indépendant du
Congo.
2
Les premières circonscriptions urbaines sont les Chefs-Lieux de District, ainsi que les localités de Kinshasa et
N'Dolo : cf. l'arrêté du G.G. du 23 février 1 895, B.O., p. 81.
3
DUFRENOY, P., « Terres vacantes et circonscriptions urbaines », in Revue Générale de la Colonie Beige, février
1935, pp. 1 83-184.
En 1948, une commission animée par André Schöller aborde le problème des villes de
manière systématique et un avant-projet de réglementation est soumis au Conseil de
gouvernement de cette année. Il faudra dix ans pour qu'il aboutisse, manquant plusieurs fois
de se perdre dans les méandres de la procédure législative coloniale4.
Jusqu’au décret du 21 février 1949 sur l’urbanisme, les extensions urbaines étaient à la
compétence des gouverneurs de province, alors que ces extensions nécessitaient des fonds
importants pour la viabilité des zones résidentielles, industrielles ou commerciales.
1. Province de Léopoldville
4
Jacques VANDERLINDEN cite par Alain BEYENS, «l'histoire du statut des villes », in Recueil d'études « Congo
1955-1960 » Académie royale des Sciences d'Outre-Mer, Bruxelles, 1992, pp. 1 5
5
Alain BEYENS, «l'histoire du statut des villes », in Recueil d'études « Congo 1955-1960 » Académie royale des
Sciences d'Outre-Mer, Bruxelles, 1992, p. 18
2. Province de l’Equateur
Dans cette province les circonscriptions suivantes furent créées : Coquilathville (Mbandaka)
(1898) ; Lisala (1898) ; Basankusu (1915) ; Libenge (1898) ; Irebu (1912) Boende (1912) ;
Nouvelle-Anvers (Mankanza) (1912) ; Bumba (1912) ; Zongo (1912) ; Banzville ( Mobayi)
(1912) ; Yakoma (1912) ; Gemena (1933) ; Businga (1913) ; Karawa (1913) ; Bongandanga
(1913) ; Budjala (1913).
3. Province de Stanleyville
4. Province du Kivu
Constermansville (Bukavu) 1922 Kasongo 1912 Rutshuru 1912 Kindu 1912 Goma 1912
Uvira 1914 Shambunda 1922 Kibombo 1922 Lubutu 1922 Beni 1922 Butembo 1949
5. Province du Kasai
Lusambo 1898 Luluabourg (Kananga) 1912 Luebo 1902 Bena-Dibele 1912 Kabinda 1898
Ilebo (Port Franqui) 1922 Charlesville (Djoko Punda) 1918 Mweka 1927 Pania-Mutombo
1918 Tshikapa 1922
6. Province du Katanga
Elisabethville (Lubumbashi) 1912Etoile du Congo 1912 Kambove 1912 Tshisenda 1912 Baya
1912 Kongolo 1898 Sandoa 1918 Albertville (Kalemie) 1918 Kafakumba 1912 Sakania 1918
Bukama 1924 Kipushi 1931 Kabalo 1915 Dilolo-Gare 1912 Kolwezi 1939 Kamina 1931
Malonga 1931 Lubudi 1931 Jadotville 1915 Tshilongo 1915 Manono 1958
De tous les temps, les hommes ont considéré certains emplacements comme privilégiés pour y
voir et s'y rassembler. En effet, on constate dans l'histoire que les agglomérations importantes
se trouvent à la croisée des axes routiers importants, des confluents des rivières navigables, en
bordure des fleuves ou rivières navigables, aux ports fluviaux, lacustres ou maritimes, aux
centres des régions fertiles. Le Congo n'a pas fait exception à cette règle.
Quand on regarde sur la carte politique et administrative du Congo et les localités constituées
en circonscriptions urbaines, en centres commerciaux, en chefs-lieux de territoires ou de
districts, on observe que la plupart de ces localités sont situées aux ports, confluents et en
bordure des fleuves et rivières navigables.
On peut dire qu'en vue de faciliter l'administration du territoire, l'exploitation des produits
naturels, industriels et miniers, les échanges commerciaux entre les diverses provinces et
l'évacuation des produits vers l'extérieur, la Colonie a pratiqué, avant le terme, une politique
de l'aménagement du territoire par le tracé des réseaux ferroviaires, routiers et en aménageant
les cours d’eau : fleuve et rivières.
Toutes les agglomérations urbaines étaient, en vertu de deux ordonnances du 10 juillet 1912
du Vice-gouverneur général du Katanga et du 12 février 1913 du Gouverneur général,
divisées en deux quartiers séparés par une zone neutre variant entre 400 mètres à 1. 500
mètres : un quartier pour autochtones et un quartier pour européens. Par l'ordonnance du
gouverneur général du 29 mars 1926, le quartier européen fut divisé en deux parties, une
partie réservée à la race européenne et une autre aux races asiatiques.
Les quartiers pour autochtones étaient de deux catégories : centres extra-coutumiers et cités
indigènes. Les premiers avaient une personnalité civile et les secondes en étaient dépourvues.
Les plans des circonscriptions urbaines étaient inspirés des modèles des villes de l'Afrique du
Sud. Dans la circonscription urbaine, le quartier européen constituait le noyau principal et le
quartier réservé aux autochtones son satellite. En effet, le quartier européen était l’élément
stable de la circonscription urbaine, car l'acquisition des terrains était définitive, tandis que
dans les quartiers pour autochtones, le droit d'occupation foncière était précaire et révocable
ad nutum.
En effet, à titre d'exemple, à Kinshasa, on a vu naître entre 1960 à 1967, l'extension de N'djili,
Kisenso, Ngaba, Mombele, Bumba, Luka, Kingabwa et les extensions de Binza, et depuis
1968, Kingasani, Kimbaseke, Masina, Mont-Ngafula, Selembao, les extensions de Lemba, de
Ngaba et de Binza. De tous les nouveaux quartiers, seuls Salongo, Badiadingi et la Cité verte
sont pourvus d'infrastructures nécessaires au fonctionnement matériel d'une agglomération.
Du point de la superficie, Kinshasa, selon MBUMBA NGIMBI a passé de 1960 à 1981 de
4.100 hectares à 20.400 hectares, soit une extension de 16.060 hectares en vingt et un ans.
Chapitre 2. DE L’AMENAGEMENT URBAIN
L’urbanisme est une discipline récente étroitement liée au phénomène d’industrialisation, qui
entraîne le dépeuplement des campagnes et la croissance rapide des agglomérations. Le
chapitre précédent l’atteste.
Section 1. Définitions
Pour définir l’urbanisme, il convient de se référer à son étymologie latine : urbs qui signifie
ville.
Selon Robert Auzelle, l’urbanisme est l’art de prévoir et de réaliser le milieu favorable au
développement des sociétés et selon Georges Liet-Veaux, c’est l’art de construire et
d’aménager les villes suivant des règles générales préétablies.
Si on admet que le droit représente l’ensemble de règles juridiques ou ce qui est conforme à la
règle, le droit de l’urbanisme se définit comme l’ensemble des règles juridiques s’appliquant à
l’urbanisme.
La summa divisio du droit est la division du droit en droit privé et en droit public. Le premier
est celui qui rassemble les règles gouvernant les rapports des particuliers agissant dans leur
intérêt personnel et le second regroupe les règles qui gouvernent l’activité de l’Etat ou celle
des personnes agissant dans l’intérêt général ; C’est un droit qui se caractérise notamment par
l’utilité publique.
Par son objet, le droit de l’urbanisme s’insère dans le droit public au sens large et plus
précisément dans le droit administratif ; il régit les rapports entre l’Etat ou ses représentants et
les personnes publiques ou privées, titulaires d’une concession foncière ; il rassemble et
codifie les règles destinées à faire passer dans les faits l’art d’aménager les villes ou la science
de l’agglomération.
Le droit d’urbanisme et le droit de la construction sont deux droits qui cohabitent, mais
chacun d’eux a son champ d’application. En effet, le droit de la construction s’intéresse à
l’édification d’immeubles d’habitation ou de services, pris isolément, tandis que les droit de
l’urbanisme se préoccupe en outre des équipements collectifs, des infrastructures et des
espaces verts ; c’est-à-dire l’aménagement de la cité dans son ensemble en tant qu’entité.
L’espace urbain est la surface occupée par les villes ou celle qui est nécessaire au
fonctionnement interne de l’agglomération. Il comprend les surfaces bâties, la voirie urbaine,
les implantations des entreprises industriels et de transport, les jardins, les terrains de
recréation et des loisirs immédiatement accessibles par le citadin. Tout cela se réalise suivant
un plan préétabli qu’on appelle « plan d’urbanisme ».
C’est d’abord, un plan lui-même sur lequel figurent les opérations d’aménagement projetées
dans les limites du territoire intéressé.
C’est ensuite, un règlement qui définit les conditions d’utilisations du sol et de construction
des bâtiments.
Le zonage vise à la répartition de la cité en plusieurs secteurs, en fonction des besoins : zones
d’habitation, zones industrielles et zone rurale. Le zonage n’a pas de valeur juridique en soi. Il
l’acquiert dans la mesure où il est la projection géographique d’un règlement écrit qu’il
accompagne.
La zone d’habitation est celle qui englobe les maisons ainsi que les écoles, les hôtels, les
hôpitaux, les cliniques, les asiles. Cette zone, peut elle-même se subdiviser en différents
secteurs : zones d’habitations individuelles ou collectives avec commerces, zones
d’habitations basses avec jardins, constructions en ordre continu ou non.
La zone industrielle est le siège des activités provenant du développement de l’industrie dans
certains quartiers de la ville ; en elle-même, elle englobe des installations industrielles
proprement dites et des installations collectives : zones d’activité professionnelle et
d’habitations peuvent en effet ne pas être totalement séparées.
La zone rurale est constituée par les portions du territoire nécessaires à l’activité agricole sous
toutes ses formes ; on admet en réalité que fait partie de cette zone toute parcelle qui ne peut
être partie intégrante d’une agglomération.
2. Voirie
3. Services publics
Le service public est synonyme de bien public au sens général et recouvre a aussi bien les
biens matériels que les biens immatériels. Partant de cela, on divise le service public en trois
grandes catégories.
2°. Services sociaux ou culturels qui recouvrent notamment l’éducation, la santé, la protection
et l’aide sociale ;
3°. Services à caractère économique qui ont pour objectifs de satisfaire certains besoins
fondamentaux de la cité.
Peuvent donc être considérées comme des activités de service public un ensemble de
prestations assorties de garanties pour l’usager.
Le plan d’urbanisme doit déterminer les emplacements à réserver pour les principaux
services publics : eau, assainissement, voirie, électricité, transports, ordures ménagers ou
autres,…
4. Espaces verts
Figure dans le plan d’urbanisme, l’indication des espaces libres et boisés : sites,
monuments, parcs, bois, abords des cours d’eau, etc.
Dès qu’il est approuvé et publié, le plan d’urbanisme produit des effets sur le plan
juridique ; son inobservation entraîne la mise ne œuvre de sanctions.
Le plan d’urbanisme, dès qu’il est approuvé, s’impose à tous les titulaires de terrains bâtis
ou non bâtis, que ceux-ci soient de particuliers, personnes physiques ou personnes morales
de droit privé ou des personnes morales de droit public.
Toute personne désirant entreprendre une construction à usage ou non d’habitation doit au
préalable obtenir un permis de construire. En effet, l’article 20 du décret du 20 juin 1957
sur l’urbanisme dispose : « Sur le territoire des localités ou régions, dès qu’il est soumis
au régime du présent décret, nul ne peut, sans une permission préalable, écrite et expresse
(de l’autorité compétente en la matière) achever des constructions en cours à ce moment,
construire, reconstruire, démolir, faire des changements aux constructions existantes à
l’exception des travaux de conservation et d’entretien… »
Le permis de construire n’est accordé que si la construction projetée est compatible avec
le contenu du plan. En effet, le permis de construire a pour objet de soumettre les projets
de construction individuels aux impératifs de l’intérêt général contenus dans la
règlementation du domaine public et des servitudes d’utilité publique en général, de
l’aménagement du territoire au sens large et de l’urbanisme au sens strict.
On peut définir le permis de construire comme un acte administratif par lequel une
autorité publique constate que l’exécution de travaux de construction projetés peut être
autorisée au regard des règlements de droit public qui les concernent.
Le permis de construire est toujours délivré sous réserve des droits des tiers et doit être mis en
exécution dans un délai déterminé par le texte.
Ce plan est un document qui fixe les règles générales et les servitudes d’utilisation du sol
lesquelles peuvent notamment comporter l’interdiction de construire. Il constitue un élément
essentiel de la planification urbaine.
Cette institution vise à planifier la densité des constructions. Un rapport arithmétique est
établi entre la surface de terrain disponible et la surface de plancher constructible. Au-delà du
coefficient fixé par le Plan d’occupation des sols, la construction est prohibée.
6
Jean-Paul Gilli et Jacques de Lanversin, Lexique – Droit de l’urbanisme, p.30
œuvre nette constructible et la surface du terrain » 7. Se définissant donc en une réglementation
de la densité de construction, les coefficients d’occupation des sols permettent aux
constructeurs de connaître ce qu’ils peuvent bâtir sur le sol déterminé.
- « La surface bâtie ne pourra excéder quarante pour cent de la surface totale du terrain
à bâtir, à moins d’une autorisation spéciale du gouverneur de la province », art. 43
- « L’autorisation sera considérée comme non avenue s’il n’en est fait usage dans le
délai de trois mois à partir de la date de l’autorisation », art.44 ;
- « Les indications des plans approuvés devront être observées scrupuleusement, aucune
modification ne pourra y être apportée, sauf introduction d’une demande régulière
avec plans renseignant la modification et sous la forme prévue à l’article 42 », art. 45 ;
- « Aucun travail préparatoire ne pourra être exécuté avant l’approbation », art. 46.
Dans les chapitres qui suivent, il est question de traiter des moyens d’actions de l’autorité
publique sur l’urbanisme. Ces moyens s’expriment, d'une part, par l'urbanisme opérationnel et
d'autre part, par l'urbanisme réglementaire.
7
Georges Liet-Veaux, Le droit de la construction, Paris, Lietec, 1984,
Chapitre 3. URBANISME REGLEMENTAIRE
La réglementation des activités en rapport avec l'usage du sol se traduit par l'élaboration des
textes juridiques : lois et arrêtés ministériels, plans d'aménagement et par les contrôles :
permis, sanctions qui assurent le respect des obligations découlant de ces textes.
L’autorité publique oriente la mise en valeur du territoire dans la mesure plus au moins large
où elle établit des plans locaux et particuliers d'aménagement, générateurs de servitudes
d'utilité publique; circonscrit le mode d'utilisation de chaque parcelle à des fins déterminées :
habitation, commerce, industrie, agriculture, … impose des prescriptions en rapport avec la
sécurité, l'hygiène et l'esthétique.
Les plans d'urbanisme ou d'aménagement urbain sont des documents juridiques élaborés par
l'autorité publique et destinés à fixer, soit dans les grandes lignes : plan local, soit en détail :
plan particulier, des règles d’implantation des établissements et des activités d'un territoire. En
d'autres termes, un plan d'urbanisme est un instrument de définition et même de mise en
œuvre foncière d'une politique d’équipement d’une agglomération donnée.
Il existe donc entre les plans une hiérarchie. Le plan le plus précis s'inspire en le complétant
des indications du ou des plans plus généraux avec la possibilité, au besoin d'y déroger.
Un décret, une ordonnance ou un arrêté donne à un plan force obligatoire et de ce fait, le plan
acquiert une valeur réglementaire. Dès cet instant, les pouvoirs publics doivent le respecter
lors de la délivrance de l'autorisation de bâtir ou de lotir. Le plan arrêté ou approuvé conserve
sa force obligatoire jusqu'au moment où un ou d'autres plans lui sont substitués.
La réalisation des plans s'opère par le jeu des autorisations de bâtir et de lotir ainsi que par
voie de l'expropriation pour cause d'utilité publique.
Les plans locaux ont un double effet juridique sur les décisions des administrations
publiques :
- ils dessinent le cadre dans lequel s'inscrivent des pouvoirs publics en matière
d'aménagement, qu'il s'agisse des travaux publics ou de l'élaboration des plans
particuliers;
- ils imposent une ligne de conduite aux autorités publiques dans la délivrance des
permis de lotir et de bâtir et les autres formes de contrôle de l'usage du sol.
Les prescriptions des plans locaux, en tant que telles, ne lient pas directement les particuliers,
elles peuvent toutefois servir de base juridique à ces restrictions au droit de concession telle
l'interdiction de bâtir.
Le plan particulier est un plan de réalisation. Il relève l'état existant et détermine l'affectation
détaillée d'une partie du territoire d'une agglomération : quartier, îlot ou bloc de terrains. A cet
effet :
De par son extrême degré de précision, le plan particulier d'aménagement est à même
d'imposer aux constructeurs des conceptions d'aménagement rigoureuses et préétablies.
Les plans particuliers lient les pouvoirs publics : ceux-ci ne peuvent y déroger que dans les
conditions strictement fixées. Les décisions prises en violation de ces plans sont susceptibles
d'annulation par l'autorité supérieure à la requête de toute personne intéressée.
Les plans particuliers créent des droits et des obligations dans le chef des particuliers : leur
violation rend passible de sanctions pénales, non seulement le concessionnaire foncier -
maître de l'ouvrage - mais aussi tout intervenant dans la construction : architecte,
entrepreneur, ou toute autre personne. De plus, l'Etat, la commune et le tiers lésé peuvent
poursuivre devant les juridictions civiles la remise en état des lieux.
Comme on peut le remarquer, le plan particulier d'aménagement constitue pour les pouvoirs
publics un instrument fondamental de la politique d’urbanisme et d'aménagement du territoire
d'une part et d’autre il est très important pour quiconque veut construire. En effet, le plan
particulier donne les prescriptions précises sur la destination de chaque parcelle et sur les
contraintes relatives au bâtiment lui-même : implantation, gabarit ou volume, matériaux à
utiliser, … Et l'autorisation de bâtir ne peut être accordée que dans la mesure où le projet de
construction répond aux prescriptions contenues dans le plan particulier.
Le plan de lotissement produit des effets juridiques analogues à ceux d'un plan particulier,
tant à l'égard des pouvoirs publics qu'à celui des particuliers. Il engendre les mêmes droits et
obligations et sa violation est passible des mêmes sanctions pénales et civiles.
L'initiative et l'élaboration d'un plan de lotissement en vue de mettre sur le marché des terrains
à concéder incombent principalement à l'Etat.
I. Etat et lotissement
L’initiative et l’élaboration d’un plan de lotissement en vue de mettre sur le marché des
terrains à concéder incombent principalement à l’Etat. En effet, l’article 63 de la loi foncière
dispose : « Pour les localités érigées en circonscriptions urbaines, le Président de la
République ou son délégué fait dresser un plan parcellaire des terrains à concéder ». Le
délégué dont il est question en provinces, les gouverneurs de province et pour la Ville de
Kinshasa, le ministre en charge des affaires foncières, et ce, en vertu de l’article 3 de
l’ordonnance 74-148 du 2 juillet 1974 portant exécution de la loi foncière.
Il est dit expressément dans les attributions du ministère en charge des affaires foncières,
qu’en matière de lotissement, il doit collaborer avec le ministère de l’Urbanisme et Habitat.
Le conservateur des titres immobiliers prend l’initiative de créer un lotissement. Ceci résulte
de ce que le conservateur des titres immobiliers est le fonctionnaire que l’Etat a désigné pour
assurer la gestion des terres de son domaine privé dans sa circonscription foncière (arts. 222 et
22 de la loi dite foncière).
A un moment déterminé, suite aux demandes de terres qui lui sont adressées et qu’il n’a pu
satisfaire, ou en prévision des besoins fonciers, le conservateur des titres immobiliers doit
s’entourer des avis de :
C’est le service de l’urbanisme qui dresse le projet de lotissement. Il le dessine sur un fonds
topographique et cadastral, qu’il prépare en collaboration avec le service du cadastre. Cette
préparation est avant tout un travail de compilation cartographique.
L’urbanisme joint au projet de lotissement un mémoire dans lequel il consigne toutes les
remarques qu’il estime devoir formuler pour guider l’exécution du lotissement.
Le projet remis au conservateur des titres immobiliers est exécuté par le service de cadastre.
Le projet dessiné par l’urbanisme n’est pas un plan mathématiquement exact. Il faut en
respecter l’esprit mais pas nécessairement le traduire servilement sur le terrain.
Etant celui qui lève le terrain et qui en parcourt tous les détails, le géomètre peut même
proposer à l’urbaniste de légères modifications au tracé du projet, s’il le juge convenable en
raison de certains éléments qui ne sont pas apparus lors de l’établissement du fond
topographique du plan, comme par exemple un angle de pente du terrain, des arbres à
conserver, des constructions existantes, une canalisation, des droits d’autrui, une discordance
de mesure.
Le projet est intégré dans une polygonale fermant sur elle-même ou sur des points connus.
Les mesures surabondantes assurent un contrôle de tous les éléments levés. Tous les calculs
relatifs au lotissement sont consignés dans un même cahier de calculs, lequel renferme
également un plan d’ensemble des travaux et des croquis de détail si nécessaire.
Après l’établissement du plan de lotissement par le service du cadastre, le calque est soumis
au service de l’urbanisme qui le vise quant à la concordance avec le projet.
- le mesurage et le bornage ;
- l’établissement du plan de lotissement à grande échelle ;
- le report sur le plan cadastral et sur le plan synthétique du lotissement tel qu’il est
mesuré et matérialisé;
- établissement des fiches cadastrales, des fiches parcellaires et des dossiers pour toutes
les parcelles du lotissement.
La loi foncière permet à l’Etat de confier à des établissements publics la gestion des terres de
son domaine foncier privé. En effet, l’article 185 dit qu’une loi déterminera le statut cadre et
les règles de fonctionnement des établissements publics chargés de la gestion domaniale. Ces
organismes auront pour fonction de concourir à la promotion économique des régions et
spécialement à la réalisation de programme d’équipement du territoire pas des investissements
privés concertés.
Dans le passé, en 1952, il fut créé un Office des Cités africaines, ayant la qualité
d’établissement public. Il exerçait ses activités au Congo et au Rwanda et au Burundi dans les
agglomérations africaines. Son objet dans les aires déterminées par les autorités compétentes
était de :
- faire toutes les opérations ayant pour but d’assurer pour le compte de tiers,
l’aménagement de ces aires, la construction, l’équipement d’habitation et d’autres
bâtiments à l’usage des habitants ;
- veiller, dans ses réalisations, à la bonne observation des règles de l’urbanisme et de
l’architecture, en se conformant à la législation en vigueur et aux plans et programmes
généraux ou locaux approuvés par les autorités qualifiées ;
- assurer dans les aires qui lui étaient confiées et en dehors de celles-ci l’exécution des
travaux publics ;
- assurer la fabrication, l’achat et la cession de tous matériaux en vue de promouvoir la
construction d’habitations ou d’autres bâtiments à l’usage des habitants.
A la veille de l’indépendance, cet Office avait construit environ 40.000 logements répartis
entre les villes de Kinshasa, de Bukavu et de Kisangani.
Par l’ordonnance-loi n°71-080 du 1er septembre 1971, il fut créé, sous la dénomination de
Caisse Nationale d’Epargne et de Crédit Immobilier » un établissement public doté de la
personnalité juridique et soumis au pouvoir de tutelle du Président de la République. Un des
objets de cette caisse était d’élaborer des projets de construction de logements individuels et
construire de tels logements soit directement comme entrepreneur, soit indirectement par
contrat passé avec d’autres entreprises de construction.
Cette caisse se chargea de la réalisation d’une partie du plan décennal par la construction de
400 logements à la cité Salongo dans la commune de Lemba à Kinshasa.
Cette société mixte doit, avant de mettre un terrain sur le marché l’avoir loti, cadastré, équipé
d’eau et d’électricité, et desservir par des voies internes de circulation. Les terrains ainsi
équipés sont concédés pour un terme n’excédant pas vingt-cinq ans à dater de la fin des
travaux. Ce terme est renouvelable. Art. 188 de la loi foncière.
Par ces dispositions, la loi oblige la société mixte de réaliser un lotissement viabilisé. En effet,
un lotissement viabilisé comprend l’un des éléments suivants ou plus :
La voirie est exécutée aux conditions techniques déterminées par les autorités compétentes en
la matière et le propriétaire de la voirie est chargé de son entretien.
L'alignement est l'opération qui consiste à fixer les limites d'une voie publique par rapport aux
concessions foncières qui la bordent.
Ainsi, le plan d'alignement fixe le tracé précis de la voirie terrestre, routes, rues, places et
chemins publics.
Le plan particulier peut tenir lieu de plan d'alignement et le ministre peut exiger qu'un plan
d'alignement soit remplacé par un plan particulier plus ou moins détaillé.
Le plan d'alignement peut aussi servir d'instrument d'exécution d'un plan particulier.
Le règlement général des constructions a des effets juridiques analogues à ceux des plans
particuliers tant à l’égard des pouvoirs publics qu'à celui des particuliers; il engendre les
mêmes droits et obligations et leur violation est passible des mêmes sanctions pénales et
civiles.
Une servitude est une charge qui pèse sur un fonds et qui se traduit par des limitations à
l'exercice du droit sur son fonds.
A l'origine, ces limitations étaient conçues principalement pour l'utilité d'un fonds au
détriment du fonds voisin. Elles pouvaient être d'origine soit légale soit conventionnelle et
constituaient un droit réel demeurent attaché au fonds.
Les servitudes d'utilité publique sont des restrictions d'ordre public imposées à l'usage ou à la
disposition des concessions. D'un côté, elles peuvent définir la seule destination susceptible
d'être donnée à un fonds : agriculture, industrie, commerce, habitation, espace vert; elles
peuvent aussi entraîner l’interdiction de bâtir ou de lotir, déterminer les dimensions, la nature,
l'aspect et les caractéristiques des constructions et des plantations, régir les formes
d'utilisation du sol. D'un autre côté, elles peuvent contraindre le concessionnaire foncier à
supporter des charges au profit de services publics, lesquels se voient conférer le droit d'user
des fonds privés à des fins précises et limitées : fouilles, passage de canalisation, ancrage de
fils électriques ou téléphoniques, signaux géodésiques.
Les servitudes d'utilité publique sont créées, modifiées et supprimées soit par la loi, soit par
un règlement ou un acte individuel pris en vertu de la loi. De telles servitudes découlent des
plans d'aménagement, des règlements sur les bâtisses, des textes légaux et réglementaires qui
exercent une incidence sur l'aménagement du territoire, des permis de lotir et de bâtir,…
Les servitudes d'utilité publique tracent les limites d'intérêt général dans lesquelles s'exerce le
droit sur le fonds; elles ne confèrent pas à l'autorité publique le droit de se substituer au
concessionnaire dans l'usage du bien selon sa destination principale.
En principe, les servitudes d'utilité publique ne donnent pas lieu à indemnité, sauf lorsque la
loi le prévoit.
On distingue trois catégories de servitudes de droit privé : les servitudes naturelles, les
servitudes légales et les servitudes conventionnelles. Ces servitudes sont des charges
imposées à un fonds pour l'usage et l'utilité d'un fonds appartenant à une autre personne. Le
fonds qui bénéficie de la servitude est dénommé « fonds dominant », ou « fonds supérieur » et
le fonds qui la subit est dénommé « fonds servant », ou « fonds inférieur », ou encore « fonds
assujetti ».
- les droits et obligations des concessionnaires fonciers à l'égard des eaux courantes qui
traversent ou bordent leurs concessions respectives ;
- le droit de chaque concessionnaire foncier d'obliger son voisin au bornage de leurs
concessions foncières contiguës ;
- le droit de chaque concessionnaire foncier de clore son fonds.
Le bornage est constaté sur le terrain par des marques convenues ou bornes, et en outre par
des procès-verbaux et plans. Si un concessionnaire foncier refuse de procéder au bornage, le
juge peut désigner un expert qui signe le procès-verbal à la place du concessionnaire foncier
défaillant.
2 °. Les différentes servitudes légales sont, selon l'article 175 de la loi foncière: les murs
mitoyens, la distance à observer et les ouvrages requis pour certaines constructions, les vues,
l'égout des toits, le droit de passage,…
Chaque copropriétaire peut aussi faire exhausser à ses frais le mur mitoyen. Si l'exhaussement
du mur requiert sa reconstruction ou son renforcement, la charge incombe à celui qui veut
l'exhausser et l'excédent d’épaisseur doit se prendre de son côté. Celui des copropriétaires qui
n'a pas contribué à l'exhaussement peut acquérir la mitoyenneté de la partie exhaussée.
Chaque copropriétaire peut faire bâtir contre le mur mitoyen et y faire placer des poutres. La
pénétration de celles-ci dans le mur est toutefois limitée en vue de sauvegarder les droits
respectifs des copropriétaires.
L'exécution des ouvrages par un copropriétaire doit respecter les droits de l'autre. A cet effet,
les modalités doivent en être acceptées par l'intéressé ou réglées par expert.
Ces ouvrages, comme tous les travaux de construction, sont subordonnés au respect des
prescriptions du plan particulier d'aménagement, du règlement de bâtisse ainsi qu'à la
délivrance du permis de bâtir dans les conditions prévues par la loi.
Le concessionnaire dont le fonds est limitrophe d'un mur peut acquérir, en tout ou en partie, la
mitoyenneté de celui-ci à condition de rembourser au concessionnaire la moitié de la valeur
du mur, et la moitié de la valeur du sol. Dans les circonscriptions urbaines, le concessionnaire
peut obliger ses voisins à établir des murs de clôture à frais communs. A défaut d'usages ou
règlements contraires, la loi fixe la hauteur de ces murs.
- les vues sur le fonds du voisin sont réglementées en gros de la manière suivante :
Aucune fenêtre ou ouverture ne peut être pratiquée dans un mur mitoyen, sauf de commun
accord. Des jours ou des fenêtres à fer maillé et verre dormant, conformes aux caractéristiques
fixées par la loi, peuvent être pratiquées par le propriétaire dans un mur non mitoyen établi le
long de la limite séparative de la concession. Il ne peut être établi des vues sur le fonds du
voisin que moyennant l’observation d'une distance de 1, 90 m s'il s'agit d'une vue droite et de
0,60 m s'il s'agit d'une vue oblique.
- tout concessionnaire foncier doit établir le toit de telle manière que les eaux de pluie
s’écoulent sur son fonds et sur la voie publique et non sur le fonds du voisin.
- la concessionnaire d'un fonds enclavé c’est-à-dire qui n'a pas d'issue sur la voie
publique peut, moyennant indemnité, obtenir un passage sur les fonds voisins pour
l'exploitation de son bien. Ce passage doit être fixé à l'endroit le moins dommageable,
en principe du côté où le trajet est le plus court.
- la servitude d'aqueduc concerne la canalisation qu'un concessionnaire foncier
moyennant indemnité peut établir à travers les fonds intermédiaires non bâtis, en vue
de l'irrigation ou du drainage de son bien. La servitude de l'appui est relative au droit
du riverain d'une eau courante de prendre, moyennant indemnité, appui sur le fonds
non bâti situé sur l'autre rive, afin d'édifier un ouvrage de retenue en vue de l'irrigation
de son bien.
- à défaut d'usages constants et reconnus, les arbres à haute tige ne peuvent être plantés,
qu'à une distance de 2 m et les autres arbres qu'à une distance de 0, 50 m de la limite
séparative de la concession. Les arbres fruitiers peuvent être plantés en espaliers de
chaque côté du mur séparatif, ils ne peuvent toutefois prendre appui sur celui-ci,
lorsqu'il n'est pas mitoyen.
Des distances plus importantes peuvent être imposées pour les plantations forestières dans les
parties du territoire réservées à l'agriculture.
Le voisin peut exiger que les arbres et plantations qui ne se trouvent pas à la distance légale
soient arrachés. Lorsque les branches des arbres de son voisin surplombent son fonds, il peut
l'obliger à couper ces branches; il peut enfin couper lui-même les racines qui avancent dans
son fonds.
3°. Concernant les servitudes conventionnelles, l'article 177 du code foncier permet aux
concessionnaires d’établir sur leurs fonds, ou en faveur de leurs fonds telles servitudes que
bon leur semble, pourvu néanmoins que les services établis ne soient imposés ni à la
personne, ni en faveur de la personne, mais seulement à un fonds et pour un fonds et pourvu
que ces services n'aient d'ailleurs rien de contraire à l'ordre public.
Les servitudes établies par le fait de l'homme s'acquièrent par titre et, dans certains cas, par la
possession de 30 ans.
En dehors de quelques cas spéciaux d'extinction prévus par la loi, impossibilité d'en user,
réunion des fonds dominant et servant, non-usage pendant 30 ans, les servitudes de droit privé
sont perpétuelles, elles ne cessent d'exister que du consentement du concessionnaire du fonds
dominant, ou en vertu de la loi ou des règlements en exécution de celle-ci.
Les pouvoirs publics, au même titre que les particuliers, peuvent grever de servitudes les
biens de leur domaine privé.
Les servitudes d'utilité publique, qui sont d'ordre public, l'emportent sur les servitudes de droit
privé. Celles-ci peuvent, néanmoins, coexister avec les servitudes d'utilité publique ayant le
même objet, pourvu qu'elles ne fassent que les confirmer sans y déroger. L'autorité publique
conserve au demeurant le droit de modifier la servitude publique qu'elle a établie, et cette
modification entraîne corrélativement celle de la servitude de droit privé correspondante.
Les obligations découlant des servitudes existantes de droit privé ne peuvent toutefois être
supprimées ou modifiées d'autorité que par un acte réglementaire opposable à toutes les
parties en causes, un plan d'aménagement notamment.
Les routes, les voies navigables, les chemins de fer, les aérodromes, les ports, les barrages, les
bâtiments publics, les parcs publics, les canalisations d'eau et d’électricité, les
télécommunications, les égouts sont réalisés à l'intervention, ou en tout cas, sous le contrôle
des autorités publiques. Le pouvoir de décision appartient en ces domaines à la puissance
publique, si large que soit la contribution apportée par des particuliers, en tant que
concessionnaires notamment, à l'établissement et à l'entretien de certains équipements
d'intérêt général, la gestion de ces équipements demeure une fonction de caractère public par
sa nature.
Les pouvoirs publics peuvent mener une politique foncière, c'est-à-dire réaliser eux-mêmes,
sur une échelle plus ou moins vaste, l'équipement et le lotissement de terrains en vue de créer
des quartiers nouveaux, d'aménager des zones destinées à l'habitation, au commerce, à
l'industrie. Les pouvoirs publics peuvent aussi entreprendre eux-mêmes la construction de
logements, de bâtiments industriels, de locaux à usage commercial, restaurer des édifices de
grande valeur architecturale.
Paragraphe 3. Coordination et orientation impérative des « initiatives privées »
L'intérêt général justifie dans certains cas l'intervention des pouvoirs publics par voie
d'autorité, en vue de coordonner les initiatives privées, ou de leur donner l'impulsion
indispensable, tel est le cas, lorsque certaines personnes demandent à être chargées des
travaux d'aménagement d'une zone dont un plan d'aménagement prévoit l'expropriation,
l'entretien des monuments classés appartenant à des particuliers.
Des programmes d'aménagement peuvent être élaborés et exécutés par des pouvoirs et
organismes publics, de commun accord avec des particuliers; concessionnaires fonciers,
promoteurs, industriels, commerçants, agriculteurs, investisseurs. L'autorité publique
sanctionne les plans et leur confère force juridique. Elle assume, dans l'intérêt général, le
contrôle des réalisations. Les institutions publiques et les particuliers intéressés interviennent
selon des modalités variables dans le financement des travaux, la réalisation des équipements
collectifs, l'édification des constructions. Les droits respectifs des participants à l'opération
sont réglés par des conventions.
Les concessionnaires fonciers sont assujettis à diverses prestations d'intérêt général. Celles-ci
présentent des caractères communs avec les servitudes d'utilité publique, auxquelles elles sont
parfois assimilées, en ce qu'elles constituent des charges foncières. Elles en diffèrent toutefois
en ce qu'elles imposent aux concessionnaires fonciers l'accomplissement de certains actes:
l’obligation d'user de leur bien, voire d'en disposer, d'une manière déterminée, alors que les
servitudes proprement dites ne les obligent qu'à tolérer certaines restrictions à l'exercice de
leurs droits.
Les prestations imposées aux concessionnaires peuvent être rangées en trois catégories :
1°. La contribution aux travaux et aux équipements publics nécessaires à l'usage des biens-
fonds : l'établissement et l'entretien de la voirie et des équipements corrélatifs qui desservent
un immeuble : chaussée, trottoirs, égouts, canalisation d'eau et d'électricité, etc.
2°. Les mesures de sécurité et d’hygiène en rapport avec l'usage des biens-fonds : les
obligations de raccordement à l’égout public et à la distribution d'eau, de destruction des
plantes et animaux nuisibles, de désinfection des locaux contaminés.
3°. L'aménagement, la mise en valeur et l'exploitation des biens fonds dans l'intérêt général :
la restauration des monuments classés appartenant à des particuliers.
Des prestations peuvent être imposées aux concessionnaires sous deux formes :
1°. Par la loi, et en vertu de la loi, par des règlements nationaux, provinciaux ou communaux,
ou par des règlements d'autres administrations publiques.
2°. A titre de contrepartie de la délivrance de permis administratifs; l'établissement et
l'entretien de dispositifs de protection peuvent être prescrits comme condition de l'autorisation
d'exploiter un établissement dangereux, incommode ou insalubre; la délivrance de permis de
lotir peut être subordonnée à des charges comprenant notamment l'exécution, aux frais du
lotisseur, des travaux d'équipement des rues à créer, et à la réservation de terrains pour des
espaces verts, des bâtiments publics et des services publics.
Selon les cas, le concessionnaire foncier s'acquitte des prestations qui lui sont imposées, soit
en nature, soit par le paiement de taxes spéciales. L'extension de la voirie de desserte peut, par
exemple, s’opérer de deux manières :
1°. Le concessionnaire foncier entreprend lui-même les travaux de la voirie qui doivent être
exécutés en vue du lotissement de son fonds;
2°. Le pouvoir public peut mettre à charge des concessionnaires fonciers riverains les frais
d'expropriation de l'assiette et d'exécution des travaux qu’entraîne l'aménagement des rues
dont l'ouverture ou la modernisation est décidée d'office.
Les lois et règlements qui gouvernent l'aménagement du territoire ou exercent une incidence
sur celui-ci subordonnent de nombreuses formes d’utilisation du sol à l'obtention de permis
délivrés par une autorité publique. Cette obligation est généralement assortie de sanctions
pénales.
Parmi les permis administratifs, il en est deux qui ont un champ d'application particulièrement
étendu, il s'agit du permis de lotir et bâtir.
I. Permis de lotir
Le permis de lotir est requis lorsqu'un organisme ayant obtenu de l'Etat un fonds entend
diviser celui-ci en vue de la construction d'habitation et veut exposer en vente ou mettre sur le
marché les terrains viabilisés par lotissement.
a. Précision du concept
Le lotissement est un outil de fondation d’une ville par lequel l’administration dessine sur le
sol le périmètre de la ville nouvelle à créer, s’approprie ledit sol, affirme sa propriété en
constituant un titre foncier, c’est-à-dire, l’arrêté de création du lotissement, puis loti en
divisant le sol en lot dans le but d’y bâtir. Par le lotissement, on crée les emprises publiques,
on prévoit les équipements collectifs, on prévoit la voirie et les autres réseaux et divers, on
crée les parcelles à différentes destinations et usage, notamment résidentiel, commercial,
industriel, agro – pastoral, œuvres sociales, administratif, etc. Dans cette tradition, de
fondation d’une ville qui continue à avoir valeur de modèle urbanistique et juridique,
l’adjonction d’un quartier nouveau, au – delà des limites initiales de la ville et du titre foncier
primitif, est réalisée sous la forme d’un lotissement dit « complémentaire » pour le distinguer
du lotissement initial, fondateur de la ville. La mise en place d’un lotissement met l’accent sur
la procédure foncière de découpage du sol et tient compte du travail d’organisation de
l’espace et d’équipements. C’est bien pour cette raison que la puissance publique qui préside à
la fondation et au développement urbain considère le lotissement comme un « aménagement
foncier » en lieu et place du lotissement. Le lotissement est donc une opération d’urbanisme
qui consiste à diviser une unité foncière en plusieurs parcelles, destinées à être mises en
valeur. L’administration contrôle cette opération au moyen d’une autorisation de lotir.
Lotir un terrain, c’est le fait de diviser celui-ci en y créant ou en y prolongeant une voie de
communication desservant un ou plusieurs lots non bâti(s), dont un au moins est destiné à
l'habitation et qui y sont créés en vue d'être cédé(s) ou loué(s).
b. Procédure du lotissement
Aux termes des articles 3 et 4 de l’ordonnance n°74 – 148 au 2 juillet 1974 portant mesures
d’exécution de la loi n° 73 – 021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime
foncier et immobilier et régime des sûretés, les terrains à concéder sont offerts au public, par
arrêté du Ministre des Affaires Foncières ou du Gouverneur de Province. Le Ministre des
Affaires Foncière pour la ville de Kinshasa et le Gouverneur de Province, pour la Province
qu’il administre sont délégués pour établir un plan parcellaire à concéder dans les
circonscriptions urbaines. L’arrêté indique pour chacune des parcelles mise sur le marché : le
numéro cadastre, la superficie, la destination, les conditions de mise en valeur ainsi que les
autres conditions particulières s’il y a lieu. Il se réfère à un plan annexe sur le quelle Ministre
ou le Gouverneur de province fait précéder sa signature de la mention « vu et approuvé pour
être annexé à l’arrêté N° du………… »
Au cas où un terrain ne fait pas partie d’un plan parcellaire établi conformément aux
dispositions de la loi ne peut pas être mis sur le marché et concédé s’il n’a pas fait l’Object
d’un arrêté spécial du Ministre des Affaires Foncières ou du Gouverneur de Région chacun
dans les limites de sa compétence administrative. Il en découle que le lotissement ne peut
porter que sur les terres urbaines sur les agglomérations qui leur sont assimilés et sur les
localités déclarées urbaines pour l’application de la législation foncière au regard de l’article
60 L.F et 2 sur les mesure d’exécution.
L’arrêté indique pour chacune des parcelles mises sur le marché, le numéro parcellaire, la
superficie, la destination, les conditions de mise en valeur et d’autres conditions particulières ;
Il détermine le prix de référence, le taux de loyer et redevance des terrains. Il est instamment
recommandé aux agents impliqués directement ou indirectement dans la gestion du
lotissement :
La police du lotissement23 est assurée par le bureau des polices foncières sur pieds de la note
circulaire n°006 du Ministre des Affaires foncières du 02 mars 2020 portant création du
bureau des polices foncières dans les circonscriptions foncières de la République
Démocratique du Congo. En effet, ce bureau a été créé dans le souci d’assainir le secteur
foncier, de renforcer le contrôle, d’améliorer les recettes du trésor public et d’uniformiser les
fonctionnements des circonscriptions foncières. Il a pour mission de :
Le permis de bâtir est requis pour les travaux de construction, démolition, reconstruction et
transformation de bâtiments. Le permis doit être préalable, écrit et exprès.
Le délai légal est de 30 jours ouvrables, à dater du dépôt du dossier pour les personnes en
ordre de paiement de la taxe de bâtisse.
Il convient de signaler que le permis de construire est octroyé soit par les Gouvernements
Provinciaux et ou par le Gouvernement Central dans les conditions ci-après :
L’autorité saisie du recours se prononce dans les trente (30) jours de la saisine. Les décisions
prises en matière de permis de bâtir et de l’octroi peuvent faire l'objet de recours administratif.
Le permis de bâtir est périmé, si les travaux n'ont pas été entamés dans l'année de sa
délivrance. Les personnes qui procèdent à des travaux ou des lotissements pour lesquels un
permis de bâtir ou de lotir est requis sans avoir obtenu ce permis ou en contravention des
prescriptions de celui-ci, qu'il s'agisse du maître de l'ouvrage, de l'architecte, de
l’entrepreneur, du géomètre expert immobilier ou de toutes autres personnes, sont passibles
des sanctions pénales. En outre, la remise en état des lieux est ordonnée par le tribunal.
Le fonctionnaire délégué et le tiers lésés sont recevables à poursuivre devant les juridictions
civiles la remise en état des lieux.
L'interruption des travaux jusqu'au jugement définitif peut être ordonnée par le président du
tribunal de grande instance à la requête du fonctionnaire délégué.
Les sanctions sont le mêmes que celles qui sont prévues en cas de violation du plan particulier
d'aménagement ou du règlement des bâtisses.
L’urbanisme est un service de l’Etat ayant pour mission de satisfaire les besoins d’intérêt
général en matière de l’occupation du sol. Afin d'atteindre les objectifs projetés en matière
tant de l'aménagement du territoire que de l'urbanisme, il faut fixer des règles précises pour
une mise en œuvre des actions à entreprendre.
Ces règles institutionnelles sont souvent complétées, dans une mesure plus ou moins large,
par des obligations juridiques spéciales imposées aux particuliers, afin de sauvegarder les
résultats de l’action administrative, de présenter les équipements d’intérêt général et les biens
que cette action a pour but de créer ou de conserver.
L’un des exemples les plus significatifs est, à cet égard, celui de la voirie : l’établissement et
l’entretien de celle-ci reposent sur l’organisation des services publics et sur des règles de
gestion administrative de plus, diverses prescriptions imposées aux usagers et aux riverains
tendent à protéger le domaine public contre les initiatives, les empiétements et les
dégradations qui seraient de nature à compromettre la sécurité de la circulation, la
conservation ou encore l’esthétique des voies publiques.
Les dispositions juridiques dont l’objet est de protéger des équipements publics tel que la
voirie, les canalisations d’eau potable et d’électricité, les ouvrages de défenses contre les
inondations, les installations militaires, ou encore d’assurer la conservation de biens
immeubles d’intérêt général tels que les monuments, les sites, les cours d’eau affectent
souvent la forme de servitude d’utilité publique. Elles subordonnent divers modes
d’utilisation du sol à la délivrance de permis administratifs. Elles imposent des prestations aux
concessionnaires fonciers. A ce titre, ces dispositions juridiques contribuent à l’élaboration de
l’urbanisme réglementaire auxquels elles s’intègrent. Elles se juxtaposent aux prescriptions de
droit commun qu’elles renforcent ou même modifient le cas échéant.
Paragraphe 1. Ministères
Le texte fixant les attributions des ministères dit que chaque ministère a mission générale de :
A. Ministère du plan
Ce ministère se charge de :
D. Ministère de l’agriculture
- aménagement du territoire ;
- conception, construction, modernisation, développement ;
- aménagement et entretien des infrastructures routières, aéroportuaires, scolaires,
sanitaires, sociales, touristiques et sportives des bâtiments et des édifices publics ;
- conception, construction, aménagement et entretien des ouvrages de drainage,
d’assainissement et lutte antiérosive ;
- élaboration des normes en matière de construction ;
- contrôle de l’application des normes légales, règlementaires ou techniques relatives à
la construction ;
- conception de la politique de reconstruction en collaboration avec les ministères
concernés.
G. Ministère de l’urbanisme et habitat
J. Ministère de l’Environnement
A l’origine, l’Etat n’avait pas vocation à intervenir dans les affaires économiques, ni à
rechercher le profit. Au fil du temps, il se départit de son rôle traditionnel et devint un acteur
de la vie des affaires : les services publics industriels et commerciaux naquirent ainsi, puis
ensuite les établissements publics industriels et commerciaux, les entreprises publiques.
La loi n° 78-002 du 06 janvier 1978 portant dispositions générales applicables aux entreprises
publiques telle que modifiée et complétée à ce jour régissait les dispositions générales
relatives aux structures, à l’organisation et au fonctionnement des Entreprises publiques. Elle
les définissait comme tout établissement qui, quelle que soit sa nature, est soit créé et contrôlé
par les Pouvoirs Publics pour remplir une tâche d’intérêt général ; soit créé à l’initiative des
Pouvoirs Publics entre eux pour l’exploitation en commun d’un Service ou d’une activité
donnée ; soit créé à l’initiative des personnes morales de droit public entre elles pour
l’exploitation en commun d’un Service ou d’une activité donnée ; soit créé à l’initiative des
Pouvoirs Publics en association avec les personnes morales de droit public pour l’exploitation
en commun d’un Service ou d’une activité donnée. Elle reconnaissait à l’entreprise publique
la nature de personne morale de droit public. (art.2 de la Loi 1978).
Sous le régime de la Loi de 1978, les entreprises publiques sont des personnes morales de
droit public. Une personne morale est « un groupement doté, sous certaines conditions, d’une
personnalité juridique plus ou moins complète ; sujet de droit fictif sous l’aptitude commune à
être titulaire de droit et d’obligation »9. Toutefois, à partir de 200810, les entreprises publiques
ont été transformées soit en sociétés commerciales, soit en établissements publiques, soit
encore en régie directe.
Créée par l’ordonnance-loi 71-004 du 26 janvier 1971, la Régie des Voies Fluviales est
chargée notamment :
Créée par l’ordonnance-loi 72-013 du 21 février 1972, la Régie des Voies Aériennes a pour
objet la construction, l’aménagement, l’entretien et l’exploitation des aéroports et leurs
dépendances.
Crée par l’ordonnance-loi 71-023 du 26 mars 1971, l’Office des Routes a pour objet :
Créé par l’ordonnance 87-331 du 16 septembre 1987, l’Office des Voiries et Drainage a pour
objet :
9
G. CORNU (dir.), Vocabulaire juridique, Paris, verba « personne », 2018
10
Loi n° 08/007 du 7 juillet 2008 portant dispositions générales relatives à la transformation des entreprises
publiques
- d’entretenir, d’aménager, de moderniser et de développer les infrastructures urbaines
de voiries et de drainage ;
- d’exécuter ou de faire exécuter toutes les études nécessaires à la définition, la
programmation et la réalisation des travaux de voirie et drainage des agglomérations,
compatibles avec ses ressources financières, matérielles et humaines ;
- d’exécuter ou de faire exécuter les travaux neufs ou d’entretien relatifs aux réseaux de
voirie et de drainage des agglomérations suivant les programmes établis ou proposés
par la commission routière concernée…
E. Bureau d’Etudes et d’Aménagements et d’Urbanisme – « BEAU »
Ce Bureau est chargé de l’étude des schémas directeurs des villes et constitue une agence
d’exécution de la politique en matière de l’urbanisme et de l’habitat.
Au niveau des relations fonctionnelles, il est rattaché au Secrétariat général aux Travaux
publics
F. Régideso
Créé par l’ordonnance-loi 60-460 du 25 août 1966, la Régie des distributions d’eau et
d’électricité en République Démocratique du Congo a pour objet de :
Créée par l’ordonnance-loi 70-033 du 16 mai 1970, la Société Nationale d’Electricité a pour
objet la production, le transport et la distribution de l’électricité.
Paragraphe 1. La voirie
La voirie est à la fois l'ensemble des voies de circulation (le réseau routier : routes, chemins,
rues, etc.) et de leurs dépendances ; et la nature et la structure de ces voies (voie unique, 2 × 2
voies, etc.).
a. Voirie terrestre :
- ordonnance 71-078 du 26 mars 1971 portant classification routière dans la République
Démocratique du Congo – M.C. n° 8, 15 avril 1971, p. 369 ;
- ordonnance 78-335 du 30 août 1978 portant révision de la classification routière de la
République – J.O. n° 21, 1er novembre 1978, p.12 ;
- arrêté départemental 79/ BCE/TPAT/60/004/79 du 28 février 1979 portant fixation des
listes des routes constituant le réseau des routes nationales et provinciales dans la
République – J.O. n° 6, du 15 mars 1979, p.26 ;
- arrêté départemental BCE/TPAT/60/010/79 du 22 août 1979 rattachant les voiries des
sous-régions et zones autres que celles situées dans les chefs-lieux des régions à
l’Office des Routes – J.O. n°18, du 15 septembre 1979, p. 24.
b. La voie navigable
Les textes d'occupation foncière définissent les droits et responsabilités des différentes
parties concernant une parcelle de terrain, un bâtiment (ou une partie d'un bâtiment), une
propriété ou une ressource naturelle spécifique, ainsi que leur durée. En république
Démocratique du Congo, l’occupation foncière est régie par les textes suivants :
- loi 73-021 du 20 juillet portant régime général des biens, régime foncier et immobilier
et régime des sûretés – J.O. n° 3 du 1erfévrier 1974 ;
- loi 007-2002 du 11 juillet 2002 portant code minier ;
- loi 011-2002 du 29 août 2002 portant code forestier ;
- Ordonnance-loi sur conservation de la nature O-L, n° 69/041 M.C 1969, p. 739 ;
- décret du 20 juin 1957 sur l’urbanisme au Congo belge –B.O. 1957, p.1406 ;
- ordonnance 127-6 du 15 juin 1913 portant règlement sur les constructions dans les
quartiers européens des circonscriptions urbaines, B.A.C, 1953, p. 503 ;
- ordonnance 97-253 du 1er août 1953 relative à l’équipement de la voirie privée – B.A,
1953, p. 1423 ;
- protection des sites, monuments et protections de l’art indigène, décret du 16 août
1939-B.O, 1939, p. 677 ;
- démolition des bâtiments menaçant ruine. Arrêté du gouverneur général du 28 octobre
1901. Recueil mensuel 1901, p. 184.
Les lois et règlements énumérés créent des titres divers des obligations à charge des
concessionnaires titres divers des obligations à charge des concessionnaires foncières et des
propriétaires immobiliers.
Selon les cas, ils ont notamment pour effet d’interdire la construction en certains lieux,
d’imposer des prescriptions applicables à certaines catégories de constructions, d’organiser
l’utilisation, l’exploitation et la mise en valeur des ressources naturelles : terres, eaux,
gisements, plantations, de provoquer l’interdiction d’occuper certaines bâtisses voire leur
démolition, de poser des conditions à l’usage des bâtiments ou de locaux, d’imposer aux
concessionnaires fonciers et aux propriétaires d’immeubles des charges ou des prestations
d’utilité publique, ou encore de subordonner à une autorisation spéciale certains travaux.
Ces obligations sont parfois de nature purement civile ; souvent elles sont assorties de
sanctions pénales, dans certains cas, elles peuvent donner lieu à des mesures de contrainte
imposées d’office par les autorités administratives.