ACTION URGENTE
DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 010360 – AFR 62/013/01
AU 143/01
Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
ARRESTATION ARBITRAIRE / CRAINTES DE TORTURE
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE Nsii Luanda Shandwe, défenseur des droits humains
DU CONGO (RDC)
___________________________________________________________________________________________________
Londres, le 6 juin 2001
Le défenseur des droits humains Nsii Luanda Shandwe a été arrêté dans la capitale de la République démocratique du Congo
(RDC), Kinshasa. Ni ses amis, ni les membres de sa famille n’ont été autorisés à le voir, et Amnesty International pense qu’il est
fortement à craindre que cet homme ne soit torturé ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements. Il semble que son
arrestation ne soit qu’une nouvelle manifestation de l’intolérance dont les autorités font preuve envers les militants en faveur des
droits humains.
Nsii Luanda Shandwe est le président du Comité des observateurs des droits de l’homme (CODHO). Il a été arrêté à son domicile
le 2 juin 2001 par des membre de la Détection militaire des activités anti-patrie (DEMIAP), un service de sécurité. Il a été interrogé
pendant plusieurs heures, puis remis en liberté à titre provisoire, se voyant toutefois ordonner de se présenter à la DEMIAP le
surlendemain. Ayant obéi à cette injonction, il a de nouveau été appréhendé le 4 juin.
Le lendemain de sa réarrestation, Nsii Luanda Shandwe a été transféré dans un centre de détention administré par un autre
service de sécurité, l’Agence nationale de renseignements (ANR), où il se trouve toujours actuellement.
Il semble que l’interpellation de cet homme soit liée à des appels téléphoniques qu’il aurait passés dans le pays et avec l’étranger et
que les services de sécurité auraient écoutés. Son téléphone mobile a été saisi après l’interrogatoire que lui a fait subir la DEMIAP
le 2 juin. Il est possible que les autorités pensent que les appels téléphoniques en question aient porté sur des questions politiques
et revêtu un caractère subversif.
Fondé en 1997, le CODHO est l’une des organisations de défense des droits humains les plus actives de la RDC. Il a agi en faveur
de nombreux personnes incarcérées pour des infractions politiques ou des délits d’opinion, et continue à jouer un rôle fondamental
en militant pour le respect des droits humains en RDC.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
L’Agence nationale de renseignements (ANR) et la Détection militaire des activités anti-patrie (DEMIAP) sont deux des services de
sécurité qui opèrent au mépris du droit interne de la République démocratique du Congo (RDC) et des traités internationaux relatifs
aux droits humains auxquels ce pays est partie. Ces services, qui n’ont de comptes à rendre qu’au président et aux ministres,
disposent de pouvoirs quasiment illimités et peuvent arrêter arbitrairement toute personne considérée comme une menace pour le
gouvernement, notamment les défenseurs des droits humains, les responsables politiques, les journalistes et les avocats.
Le président Joseph Kabila s’est récemment engagé publiquement à fermer tous les centres de détention non officiels administrés
par les services de sécurité, notamment la DEMIAP et l’ANR, mais il n’a pas encore tenu parole. La torture et les autres formes de
mauvais traitements sont monnaie courante dans ces centres.
ACTION RECOMMANDÉE : télégramme / courrier électronique / fax / lettre exprès / lettre par avion (en français, en anglais
ou dans votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par l’arrestation arbitraire dont Nsii Luanda Shandwe a apparemment été victime et par la prolongation de
sa détention au secret ;
– demandez instamment aux autorités de permettre immédiatement à cet homme de s’entretenir avec un avocat, de voir ses
proches, de consulter un médecin et de bénéficier, dans les plus brefs délais, des soins médicaux éventuellement requis par son
état de santé ;
– cherchez à être informé des charges éventuellement retenues contre lui ;
– s’il n’a pas été inculpé, exhortez les autorités à le libérer immédiatement et sans condition, ou à l’inculper d’une infraction prévue
par la loi et à lui donner dans les plus brefs délais la possibilité de répondre des faits qui lui sont reprochés devant un tribunal ;
– demandez instamment que tous les centres de détention non officiels soient fermés, conformément aux engagements pris
publiquement par le président Joseph Kabila, et que le gouvernement cesse immédiatement de prendre pour cible les défenseurs
des droits humains en raison de leur action en faveur des droits fondamentaux, qui n’a rien que de très légitime.
APPELS À :
1. Président de la République : 2. Ministre de la Justice :
Président Joseph Kabila Monsieur Antoine Deogratias Ngele Masudi
Président de la République Ministre de la Justice et des Affaires parlementaires
Présidence de la République Ministère de la Justice
Kinshasa-Ngaliema BP 3137, Kinshasa-Gombe
République démocratique du Congo République démocratique du Congo
Courriers électroniques : [email protected] Fax : 243 12 20843 (Ce numéro peut se révéler très difficile à
Fax : + 243 88 02120 (Ce numéro peut se révéler très difficile obtenir. Merci de vous montrer persévérant.)
à obtenir. Merci de vous montrer persévérant.) Formule d'appel : Monsieur le Ministre,
Formule d'appel : Monsieur le Président de la République,
3. Directeur de l’Agence nationale de renseignements :
Didier Kazadi Nyembwe
Directeur de l’Agence nationale de renseignements (ANR)
Ministère de l’Intérieur
Hôtel du Conseil exécutif
République démocratique du Congo
Fax : 243 12 20 843 (c/o Ministère de la Justice)
(Ce numéro peut se révéler très difficile à obtenir.
Merci de vous montrer persévérant.)
Formule d'appel : Monsieur le Directeur,
COPIES À :
Ministre des Droits humains :
Professeur Ntumba Luaba
Ministre des Droits humains
Ministère des Droits humains
33/C Boulevard du 30 juin
Kinshasa-Gombe
République démocratique du Congo
Fax : 243 12 20 664
(Ce numéro peut se révéler très difficile à obtenir.
Merci de vous montrer persévérant.)
Formule d'appel : Monsieur le Ministre,
ainsi qu’aux représentants diplomatiques de la République démocratique du Congo dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 18 JUILLET 2001, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d’Amnesty International - ÉFAI -
Vous trouverez les documents en français sur LotusNotes, rubrique ÉFAI - IS documents
Vous pouvez également consulter le site Internet des ÉFAI : www.efai.org