Summary Droit
Summary Droit
Le droit commercial est une branche du droit privé qui régit les activités économiques liées
à la production et à la circulation des richesses, tant dans les relations entre commerçants que
celles entre commerçants et leurs clients. Il se distingue du droit civil par deux aspects :
Le droit commercial repose à la fois sur des sources écrites et non écrites :
Au Maroc, les juridictions de commerce ont été instituées récemment, en 1997, par la loi
53/95. Avant cette date, ce sont les juridictions de droit commun qui traitaient les affaires
commerciales.
1. Composition :
Les tribunaux de commerce sont composés de trois magistrats : un président et deux
assesseurs. Le parquet est représenté, contrairement à la France où les juges sont élus
parmi les commerçants.
2. Compétence :
Les tribunaux de commerce traitent des affaires relatives aux contrats commerciaux,
aux différends entre commerçants, aux effets de commerce, aux conflits entre associés
dans des sociétés commerciales, et aux différends concernant les fonds de commerce.
Le montant des demandes influence la compétence des tribunaux : initialement fixé à
9 000 dirhams, le seuil a été relevé à 20 000 dirhams par une modification de la loi en
2002.
1. Composition :
Les cours d’appel de commerce sont composées d’un président, de présidents de
chambres, de conseillers, et d’un ministère public. Elles fonctionnent de manière
similaire aux tribunaux de commerce, avec un président et deux conseillers pour
rendre les arrêts.
2. Compétence :
Elles connaissent des appels formés contre les jugements des tribunaux de commerce,
dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement.
Système subjectif : Le droit commercial est lié aux commerçants. Un acte devient
commercial parce qu'il est effectué par un commerçant. Si un non-commerçant
effectue un acte similaire, il ne sera pas qualifié de commercial.
Système objectif : Ici, l’acte de commerce lui-même donne la qualité commerciale à
celui qui le réalise. Peu importe si la personne est commerçante ou non, l’acte sera
qualifié de commercial si la loi le prévoit.
Le code de commerce marocain de 1996 adopte une position mixte, mais il privilégie plutôt
le système objectif.
Exemple : L’exploitation des mines et des carrières est considérée comme une activité commerciale,
contrairement à des secteurs comme l'agriculture traditionnelle ou la pêche, qui ne sont pas qualifiés de
commerciaux.
L’achat pour revente : Cette activité commerciale implique l'achat de biens (meubles ou immeubles)
dans l’intention de les revendre, soit en l’état, soit après transformation.
o Meubles : Cela inclut les biens corporels (ex : tissus, vêtements) et incorporels (ex : fonds de
commerce, brevets, actions).
o Immeubles : L’achat d’immeubles dans l’intention de les revendre est désormais qualifié
d'activité commerciale, ce qui inclut la spéculation immobilière.
La condition d'intention de revendre est essentielle pour qualifier une activité commerciale
d'achat pour revente. Elle comprend deux éléments :
Motif de l’achat : L'achat doit être effectué dans l'intention explicite de revendre les biens achetés.
Cela exclut donc les achats pour usage personnel.
Existence de l’intention au moment de l’achat : Peu importe si la revente a effectivement lieu ou
non, ou si la revente génère ou non un bénéfice (par exemple, dans le cas de ventes à perte ou de
produits périssables). L’intention de revendre doit être présente dès le moment de l'achat, et il n'est pas
nécessaire que la vente intervienne après l'achat.
Meubles : L’article 6-1° du Code de commerce stipule que l'achat de meubles pour
les revendre en l’état ou après transformation constitue une activité commerciale.
La transformation peut inclure des industries telles que la filature, le tissage, ou des
petites entreprises comme la menuiserie, la boulangerie ou la pâtisserie.
Immeubles : L'article 6-3° mentionne que l'achat d'immeubles en vue de les revendre
en l’état ou après transformation constitue une activité commerciale. Cela inclut
aussi bien les terrains achetés pour être revendus tels quels, que ceux achetés pour y
édifier des bâtiments en vue de leur revente.
B. La Fourniture
La fourniture est une activité commerciale qui peut être distinguée de l’achat pour revente.
Elle consiste à livrer périodiquement ou continuellement des produits ou à fournir des
services.
Les activités de services comprennent celles qui impliquent l'exécution d'un travail au profit
des clients ou la mise à leur disposition temporaire de certains biens. L’article 6 du Code de
commerce distingue plusieurs catégories d'activités de services.
Les activités d'intermédiation sont celles qui visent à faciliter des transactions entre deux
parties. Elles incluent des opérations de courtage, de commission, et d’autres formes
d’entremise.
Courtage : Le courtier met en relation deux parties pour la conclusion d’un contrat. Il
ne contracte pas lui-même, il facilite simplement l’accord entre les deux parties.
Exemple : courtage maritime ou courtage de marchandises.
Commission : Le commissionnaire est une personne qui agit pour le compte d’un
autre (le commettant), mais en son propre nom. Il réalise des achats ou des ventes
pour le compte du commettant, mais en son nom propre.
o Exemples : Les intermédiaires boursiers (agents de change), les commissionnaires de
transport, les transitaires de douane, etc.
Bureaux et agences d’affaires : Ces entreprises gèrent les affaires des autres contre
rémunération. Elles peuvent être impliquées dans des activités variées comme la vente
de fonds de commerce, la gestion de biens immobiliers, ou encore dans des secteurs
spécialisés comme le courtage immobilier, le recouvrement des créances, ou la
direction de procès.
Les services financiers incluent les activités liées à la gestion de l'argent et aux transactions
financières, telles que :
Les sociétés de financement se caractérisent par certaines limitations par rapport aux
banques :
Pas de réception des fonds du public : Ces sociétés ne peuvent pas ouvrir des comptes à leurs clients
ni recevoir des dépôts comme les banques.
Pas de moyens de paiement : Elles ne peuvent pas émettre de moyens de paiement, comme les
chèques ou les cartes bancaires.
Limitation des crédits : Elles sont restreintes à l’octroi de crédits à la consommation, contrairement
aux banques qui peuvent proposer une gamme plus large de produits de crédit.
En somme, ces sociétés jouent un rôle financier mais limité, axé principalement sur le crédit à
la consommation, et sont traitées différemment des institutions bancaires qui, elles, peuvent
proposer divers services financiers (y compris les crédits, les dépôts, les moyens de
paiement).
Assurance commerciale : Ce sont des assurances à primes fixes, c'est-à-dire que les
primes sont déterminées de manière fixe et ne dépendent pas des résultats des sinistres
de l'année. Ces entreprises sont commerciales par la forme et visent à réaliser des
profits. Elles adoptent généralement la forme de sociétés anonymes (S.A.), ce qui leur
confère la qualité d'activité commerciale.
Assurance mutuelle : Ces sociétés sont à but non lucratif. Elles regroupent des
adhérents d'une même catégorie socioprofessionnelle et les primes varient en fonction
des sinistres de l'année. Si les sinistres sont peu nombreux, les adhérents peuvent
recevoir une ristourne, mais l'objectif reste de couvrir les risques sans rechercher un
profit. Ces sociétés sont non commerciales et ne sont donc pas régies par les règles
du droit commercial.
Par exemple, une imprimerie ou une entreprise de construction peut être considérée
comme une activité industrielle. Le code a étendu cette définition à des secteurs
comme l’artisanat, l’imprimerie et l’édition, ainsi que les travaux publics et la
construction.
La loi 5/96 rend commerciales certaines formes de sociétés par leur statut même, notamment
la société en nom collectif et la société en commandite simple, ce qui les classe
automatiquement dans la catégorie des sociétés commerciales.
L'article 10 du nouveau Code de commerce stipule que certains actes, bien qu'ils soient de
nature civile, deviennent des actes de commerce lorsqu'ils sont accomplis par un
commerçant dans le cadre de son activité commerciale. Par exemple, l'achat d'un camion pour
livrer des marchandises est un acte civil, mais devient commercial lorsqu'il est réalisé par un
commerçant pour ses besoins professionnels. Le tribunal de commerce est compétent pour
juger des litiges commerciaux incluant des actes de nature civile.
Un acte mixte est un acte qui est commercial pour une partie et civil pour l’autre. Par
exemple, une vente entre un commerçant et un consommateur : l'acte est commercial pour le
vendeur et civil pour l'acheteur. L'article 4 du Code de commerce de 1996 établit que les
règles du droit commercial s'appliquent à la partie commerçante, mais ne peuvent être
opposées à la partie civile sauf disposition contraire. En ce qui concerne la compétence
judiciaire, les commerçants peuvent convenir d'un tribunal de commerce pour résoudre les
litiges. Pour la preuve, le régime de preuve dépend de la qualité des parties : un commerçant
ne peut pas invoquer la liberté de la preuve contre un non-commerçant, et vice-versa. La
prescription est également unifiée : une prescription de 5 ans s’applique désormais, qu’il
s’agisse d’actes entre commerçants ou entre un commerçant et un non-commerçant.
4. Le sujet du droit commercial :
Le commerçant est la personne qui exerce des activités commerciales, qui constituent l'objet
du droit commercial. L’article 6 du Code de commerce de 1996 définit le commerçant
comme celui qui exerce habituellemment et professionnellement une activité commerciale
pour son propre compte.
Les commissionnaires : Bien que le commissionnaire agisse pour le compte d'un tiers (le commettant),
il est considéré commerçant car il exerce une activité commerciale en son nom, même s'il agit pour
autrui.
Les prête-noms : Un prête-nom est une personne qui signe des actes commerciaux en son nom, mais
pour le compte d’un autre. Même si le prête-nom semble être le commerçant, il est qualifié de
commerçant en raison de la théorie de l’apparence en droit commercial, car il contracte en apparence
pour lui-même.
La capacité commerciale définit les conditions sous lesquelles une personne peut exercer le
commerce. Selon le Code de commerce, seuls le mineur et le majeur interdit sont
incapables d'exercer le commerce.
Mineurs : L'incapacité s'applique aux mineurs, définis comme ceux qui n'ont pas
atteint l'âge de la majorité (18 ans). Toutefois, un mineur émancipé (à partir de 16
ans) peut gérer ses biens dans le domaine civil, mais il a besoin d'une autorisation
spéciale de son tuteur pour exercer le commerce.
Femmes mariées : Contrairement à la situation antérieure, une femme mariée peut
désormais exercer une activité commerciale sans l'autorisation de son mari. Toute
clause contractuelle contraire à cette règle est considérée comme nulle (article 17 du
Code de commerce).
Bien que la liberté du commerce soit un principe fondamental garanti par la Constitution,
elle est limitée par certaines restrictions. Le non-respect de ces restrictions peut entraîner des
sanctions disciplinaires, administratives, ou pénales. Toutefois, les opérations commerciales
effectuées malgré ces interdictions restent valides et peuvent être soumises aux règles du
droit commercial, notamment en matière de redressement et liquidation judiciaires.
L'article 11 du Code de commerce stipule que toute personne exerçant une activité
commerciale malgré une interdiction ou une incompatibilité est considérée comme
commerçant.
A. Les incompatibilités :
Certaines professions sont incompatibles avec l'exercice du commerce. Par exemple, les
médecins, avocats, notaires, adouls, et fonctionnaires ne peuvent pas exercer le commerce,
sauf dans des cas spécifiques où la loi le permet (par exemple, en tant qu'associés dans
certaines sociétés commerciales comme la SA, SARL, ou SAS).
B. Les déchéances :
Les déchéances commerciales interdisent à une personne d'exercer le commerce si elle a été
condamnée pour des infractions pénales telles que vol, escroquerie, banqueroute, ou si elle
a fait l'objet d'une liquidation judiciaire. La déchéance entraîne l'interdiction de diriger une
entreprise, comme le prévoit l'article 711 du Code de commerce. Ces déchéances peuvent être
de plein droit ou prononcées par un jugement.
C. Les interdictions :
Certaines activités commerciales sont interdites par la loi, soit en raison de leur nature
illicite, soit parce qu'elles constituent un monopole de l'État. Par exemple :
Interdiction du commerce de la fausse monnaie (article 335 du Code pénal), du commerce des
stupéfiants, ou des jeux de hasard.
Certaines activités sont également réservées à l'État, comme l'exploitation des phosphates, la
recherche de pétrole, ou le transport ferroviaire.
D. Les autorisations :
Enfin, certaines activités, comme les activités bancaires, ne peuvent être exercées que par
des personnes morales (entreprises, sociétés).
Le Code de commerce marocain, dans sa version de 1996, a institué des obligations nouvelles
à la charge des commerçants, principalement pour assurer un meilleur contrôle fiscal. Ces
nouvelles obligations incluent :
1. Le chèque barré : Depuis le 1er février 2011, un règlement interbancaire impose l'utilisation
de chèques pré-barrés et non endossables pour les commerçants. Cela se base sur l'article
311 al. 2 du Code de commerce.
2. Le fractionnement des factures : L'article 11 du Code général des impôts (CGI) prévoit que
seules les dépenses réglées par des moyens bancaires ou électroniques (chèque barré, virement
bancaire, etc.) sont déductibles fiscalement, et ce, dans des limites strictes par fournisseur.
La loi a été renforcée pour combattre certaines pratiques frauduleuses, notamment les fausses
factures. Avant la loi de finances 2021, des sanctions fiscales et pénales étaient prévues pour
des actes comme la production de fausses factures ou l'achat de factures fictives pour gonfler
les charges fiscales. La loi de finances 2021 a :
Étendu ces sanctions à ceux qui permettent à d'autres de se soustraire à leurs obligations fiscales.
Abrogé la condition de récidive, augmentant ainsi les sanctions pour les contrevenants.
Le registre de commerce (R.C.) a pour but d'assurer une publicité juridique sur les
commerçants et leurs activités. Il informe les tiers de la situation juridique des commerçants
et des sociétés commerciales.
Rôle et fonction : Le registre de commerce permet à toute personne d'obtenir des informations
juridiques sur un commerçant, comme son existence, sa dénomination, son siège social, et d'autres
éléments relatifs à son activité. Cela permet une transparence juridique et une meilleure gestion des
relations commerciales.
Tous les commerçants, personnes physiques ou morales (sociétés commerciales, GIE, etc.),
doivent s’immatriculer au R.C. si elles exercent une activité commerciale au Maroc. Cela
s'applique aussi aux sucursales ou agences d'entreprises marocaines ou étrangères.
Création d'entreprise en ligne : Avec l’évolution de la législation, il est désormais possible de créer
une entreprise via une plateforme en ligne dédiée. Cette plateforme permet non seulement de déposer
les documents nécessaires à la création de l'entreprise, mais aussi de récupérer en ligne tous les
certificats et attestations, y compris les extraits d’inscription au registre de commerce.
Paiement électronique des frais : Toutes les rémunérations des services administratifs liés à la
création d’entreprise, ainsi que les taxes d’immatriculation, sont désormais payées par voie
électronique. Cela facilite et accélère les démarches administratives.
2. Effets de l’immatriculation au registre de commerce
L’immatriculation au registre de commerce (R.C.) a des effets significatifs tant pour les
personnes physiques que pour les personnes morales.
3. La tenue de la comptabilité
La comptabilité est essentielle pour assurer la bonne gestion des entreprises, mais aussi pour
permettre à l’État de contrôler les obligations fiscales des commerçants.
Livres comptables obligatoires : Toute personne immatriculée au R.C. doit tenir trois livres
comptables obligatoires :
1. Le livre journal : où toutes les opérations sont enregistrées chronologiquement.
2. Le grand livre : où les écritures du livre journal sont reportées.
3. Le livre d’inventaire : dans lequel le commerçant dresse un inventaire des éléments actifs et
passifs de l’entreprise.
Entreprises au chiffre d’affaires supérieur à 10 millions de dirhams : En plus des trois livres
comptables, ces entreprises doivent établir des documents supplémentaires comme un manuel, des états
financiers (E.S.G.), et d’autres documents de synthèse.
Authenticité des écritures comptables : Il est impératif que les livres comptables soient établis sans
altérations, sans blancs, ni biffures. En cas d'erreurs, il faut procéder à des écritures de contre-passation.
Conservation des documents : Les documents comptables doivent être conservés pendant 10 ans.
Cela comprend les factures de vente, les pièces justificatives des dépenses, et d’autres documents
nécessaires au contrôle fiscal.
Sanctions : En cas de perte de documents comptables, le commerçant doit en informer l’administration
fiscale dans un délai de 15 jours (30 jours en cas de force majeure).
Comptabilité électronique : Depuis 2018, la législation prévoit que les entreprises doivent tenir leur
comptabilité sous format électronique. Elles sont également tenues de délivrer des factures
électroniques prénumérotées et de tenir un système informatique conforme aux critères techniques
fixés par l’administration fiscale.
Présentation des documents sous format électronique : Les documents comptables doivent être
stockés sur des supports électroniques et être accessibles lors d'un contrôle fiscal. Les dispositifs de
stockage peuvent inclure des clés USB ou des disques durs externes.
Avec la généralisation des téléprocédures et la comptabilité informatisée, il semble que les livres
comptables physiques, comme les livres cotés et paraphés, pourraient être progressivement remplacés
par des applications informatiques offrant le même niveau de sécurité et d’authentification.
Les sanctions qui peuvent découler du non-respect des obligations légales en matière de
comptabilité et d’immatriculation au registre du commerce sont à la fois fiscales et pénales.
Ces sanctions visent à garantir la bonne foi des commerçants et à éviter les fraudes fiscales,
qui peuvent être particulièrement dommageables à la fois pour l’État et pour les parties
prenantes d'une entreprise.
1. Sanctions fiscales
Les sanctions fiscales concernent principalement les infractions liées à la tenue des
documents comptables et à la production de déclarations fiscales incorrectes ou frauduleuses.
Amendes fiscales : Une amende de 5 000 à 50 000 dirhams est prévue pour toute personne
ayant recouru à des pratiques telles que :
Sanctions pour fraude ou complicité de fraude : Une amende égale à 100 % du montant de
l’impôt éludé peut être appliquée à toute personne impliquée dans des manœuvres destinées à
éluder le paiement de l’impôt, y compris ceux qui assistent ou conseillent le contribuable
dans l'exécution de ces manœuvres.
Banqueroute : Un commerçant qui falsifie ses livres et documents comptables peut être
poursuivi pour banqueroute. Cela inclut les cas où des documents sont modifiés ou supprimés
pour dissimuler des dettes ou organiser une insolvabilité. Les dirigeants d’entreprises
(individuelles ou collectives) risquent aussi des poursuites pour banqueroute s’ils tiennent
une comptabilité fictive ou omettent de tenir une comptabilité correcte.
Fraude fiscale : Les infractions liées à la fraude fiscale, telles que la soustraction de
documents comptables, la production de faux documents ou la dissimulation d’actifs, sont
punies par des peines de prison, ainsi que par des amendes, et peuvent entraîner la fermeture
de l’entreprise. Ces infractions sont passibles de peines de prison allant de 1 à 5 ans et des
amendes proportionnelles aux montants fraudés.
Les documents comptables sont des instruments cruciaux dans le domaine du commerce, non
seulement pour assurer la bonne gestion de l’entreprise, mais aussi comme preuve légale en
cas de litige. Le Code de commerce et la loi 9-88 régissent leur force probante et la manière
dont ils peuvent être produits en justice.
Les documents comptables peuvent avoir une valeur probante tant pour le commerçant que
pour les tiers.
Les documents comptables peuvent être produits devant le tribunal par le commerçant ou les
tiers, en fonction des circonstances et des nécessités du litige.
Communication : Il s'agit de la production intégrale des documents comptables à la
disposition de la partie adverse. Cela peut être ordonné par le juge dans certains cas,
tels que les affaires de succession ou de liquidation judiciaire.
Représentation : Dans certains cas, seule une partie spécifique de la comptabilité qui
concerne directement le litige est produite. Cela peut être fait par le commerçant lui-
même ou par un expert désigné par le tribunal.
L’Identifiant Commun d’Entreprise (ICE) est un numéro unique qui permet d’identifier une
entreprise de manière uniforme dans toutes les administrations publiques. Introduit en janvier
2016, il est désormais obligatoire pour toutes les entreprises, qu’elles soient des personnes
morales, des succursales ou des auto-entrepreneurs.
Pour les entreprises personnes morales : L'ICE est attribué par l'OMPIC lors de la demande du
certificat négatif.
Pour les entreprises personnes physiques : L'ICE est attribué par la DGI et inscrit sur le bulletin
IF/TP.
Pour les entreprises existantes : L'ICE peut être obtenu sur la plateforme officielle www.ice.gov.ma.
2. Avantages de l’ICE :
Contrôle fiscal : L'absence de l'ICE peut entraîner un rejet des déductions fiscales, y compris la TVA.
Droit à déduction : Les entreprises sans ICE risquent de perdre le droit à déduction des impôts et
taxes, y compris l'impôt sur les sociétés, la TVA, etc.
Ainsi, l'ICE constitue désormais un outil essentiel pour assurer la transparence et la traçabilité
des entreprises marocaines dans leurs relations fiscales et commerciales.
ection IV – L'Auto-Entrepreneur
Le statut de l'auto-entrepreneur, instauré par la loi 114/13, a pour objectif de lutter contre
l’informel en élargissant l’assiette fiscale et en limitant la concurrence de l’économie
informelle. Ce statut concerne les personnes physiques exerçant des activités industrielles,
commerciales ou de services, avec un chiffre d'affaires annuel limité à :
Limitations et sanctions :
Défis récents :
Baisse des inscriptions : Réduction de l'attractivité du statut, notamment à cause de mesures fiscales
contraignantes et du manque d’accompagnement.
Migration vers d'autres régimes : Nombreux auto-entrepreneurs rejoignent le Registre Social Unifié
(RSU) pour de meilleures prestations sociales.
Difficultés d'accès aux financements : L'accès aux marchés publics reste limité pour les auto-
entrepreneurs.
Le régime juridique des activités commerciales se distingue par plusieurs particularités par
rapport au droit civil. Ces différences concernent les règles de fond et de forme.
1. La capacité :
o En droit commercial, un mineur doit être émancipé et obtenir une autorisation spécifique pour
exercer une activité commerciale.
2. La solidarité :
o En droit commercial, la solidarité entre débiteurs se présume (article 335 du code de
commerce). Cela signifie qu'en cas de dette, le créancier peut demander la totalité de la
somme à n'importe quel débiteur, sauf mention contraire dans le contrat. Cette présomption de
solidarité ne s'applique pas en droit civil, où elle doit être spécifiquement stipulée.
II - Les Particularités des Règles de Forme
1. La compétence judiciaire :
o Les tribunaux de commerce sont compétents pour juger les litiges commerciaux,
contrairement aux tribunaux civils.
2. La preuve :
o En droit civil, la preuve par écrit est requise pour les demandes en justice dépassant 10.000
dirhams.
o En droit commercial, la preuve est libre, et un commerçant peut prouver ses actes par
témoins ou tout autre moyen, sauf exception où un écrit est exigé par la loi (ex. : vente,
nantissement de fonds de commerce, effets de commerce).
4. La prescription :
o En droit civil, le délai de prescription pour les actions est de 15 ans.
o En droit commercial, le délai est réduit à 5 ans, ce qui est considéré suffisant pour permettre
aux commerçants de réclamer leurs créances grâce à la tenue de leur comptabilité.