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Summary Droit

Le droit commercial est une branche du droit privé qui régule les activités économiques entre commerçants et clients, se caractérisant par des formalismes rigoureux et une souplesse permettant des transactions rapides. Il repose sur des sources écrites, comme le Code de commerce marocain, et non écrites, telles que les usages commerciaux et la jurisprudence. Les juridictions de commerce, établies en 1997, traitent des affaires commerciales, avec des tribunaux et cours d'appel spécialisés pour gérer les litiges entre commerçants.

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Summary Droit

Le droit commercial est une branche du droit privé qui régule les activités économiques entre commerçants et clients, se caractérisant par des formalismes rigoureux et une souplesse permettant des transactions rapides. Il repose sur des sources écrites, comme le Code de commerce marocain, et non écrites, telles que les usages commerciaux et la jurisprudence. Les juridictions de commerce, établies en 1997, traitent des affaires commerciales, avec des tribunaux et cours d'appel spécialisés pour gérer les litiges entre commerçants.

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I.

Définition et particularités du droit commercial

Le droit commercial est une branche du droit privé qui régit les activités économiques liées
à la production et à la circulation des richesses, tant dans les relations entre commerçants que
celles entre commerçants et leurs clients. Il se distingue du droit civil par deux aspects :

1. Formalismes du droit commercial :


Le formalisme est essentiel pour sécuriser les opérations commerciales, notamment le
crédit, qui est au cœur des relations commerciales. Cela implique des formalités
rigoureuses pour des actes comme les effets de commerce, la vente, le nantissement,
ou la constitution des sociétés commerciales.
2. Souplesse du droit commercial :
Le droit commercial est plus souple que le droit civil, permettant une plus grande
rapidité dans les transactions commerciales. Par exemple, les commerçants peuvent
conclure des contrats par des moyens rapides (téléphone, fax, oral) sans se soucier des
exigences formelles du droit civil, ce qui facilite la fluidité des affaires.

II. Les sources du droit commercial

Le droit commercial repose à la fois sur des sources écrites et non écrites :

A. Les sources écrites

1. Les sources nationales :


o Code de commerce : Le droit commercial marocain était initialement régi par le code de
1913, puis remplacé par un nouveau code en 1996. Il a été réformé pour inclure divers aspects
comme la comptabilité, le secteur bancaire, la bourse, les sociétés commerciales, et la
concurrence.
o Le D.O.C. (Dahir formant Code des obligations et contrats) : Le droit commun marocain
qui complète le droit commercial en cas de lacune. Il s’applique dans les domaines
commerciaux si les règles commerciales n'ont pas prévu une solution spécifique.

2. Les sources internationales :


Les conventions internationales jouent un rôle important. Il existe des accords
bilatéraux entre États (ex : accord Maroc-CE) et des conventions ratifiées par le
Maroc (ex : GATT, conventions sur les transports maritimes et aériens, lois uniformes
comme celles de Genève sur la lettre de change ou le chèque).

B. Les sources non écrites

1. Les usages commerciaux :


Ce sont des pratiques tacitement acceptées par les commerçants au fil du temps. Bien
que le droit commercial soit codifié, ces usages restent cruciaux pour régir des aspects
spécifiques des transactions commerciales, comme les délais, les paiements, ou la
responsabilité des risques.
2. La jurisprudence :
Elle découle des décisions rendues par les tribunaux sur des questions juridiques. Les
précédents judiciaires servent de référence et unifient l’interprétation des lois et
contrats commerciaux. La jurisprudence joue un rôle majeur dans l’adaptation du
droit aux nouvelles réalités commerciales.
III. Les juridictions de commerce

Au Maroc, les juridictions de commerce ont été instituées récemment, en 1997, par la loi
53/95. Avant cette date, ce sont les juridictions de droit commun qui traitaient les affaires
commerciales.

A. Les tribunaux de commerce

1. Composition :
Les tribunaux de commerce sont composés de trois magistrats : un président et deux
assesseurs. Le parquet est représenté, contrairement à la France où les juges sont élus
parmi les commerçants.
2. Compétence :
Les tribunaux de commerce traitent des affaires relatives aux contrats commerciaux,
aux différends entre commerçants, aux effets de commerce, aux conflits entre associés
dans des sociétés commerciales, et aux différends concernant les fonds de commerce.
Le montant des demandes influence la compétence des tribunaux : initialement fixé à
9 000 dirhams, le seuil a été relevé à 20 000 dirhams par une modification de la loi en
2002.

B. Les cours d’appel de commerce

1. Composition :
Les cours d’appel de commerce sont composées d’un président, de présidents de
chambres, de conseillers, et d’un ministère public. Elles fonctionnent de manière
similaire aux tribunaux de commerce, avec un président et deux conseillers pour
rendre les arrêts.
2. Compétence :
Elles connaissent des appels formés contre les jugements des tribunaux de commerce,
dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement.

Première Partie : La matière du droit commercial


1. Le système subjectif et objectif

Le droit commercial peut être vu à travers deux systèmes :

 Système subjectif : Le droit commercial est lié aux commerçants. Un acte devient
commercial parce qu'il est effectué par un commerçant. Si un non-commerçant
effectue un acte similaire, il ne sera pas qualifié de commercial.
 Système objectif : Ici, l’acte de commerce lui-même donne la qualité commerciale à
celui qui le réalise. Peu importe si la personne est commerçante ou non, l’acte sera
qualifié de commercial si la loi le prévoit.

Le code de commerce marocain de 1996 adopte une position mixte, mais il privilégie plutôt
le système objectif.

2. L’objet du droit commercial

Le législateur marocain de 1996 a considérablement élargi la portée des activités


commerciales, incluant des secteurs autrefois considérés comme relevant du droit civil. Par
exemple, certaines activités comme l'assurance, l'exploitation des entrepôts, et l’édition ont
été commercialisées.

Les activités commerciales sont divisées en trois grandes catégories :

 Les activités de production : Ces activités incluent la recherche et l’exploitation des


mines et carrières, mais excluent des secteurs comme l'agriculture traditionnelle ou la
pêche, qui restent dans le domaine civil.
 Les activités de distribution : Elles incluent l'achat pour revente et la fourniture, et
peuvent concerner aussi bien des biens meubles que des immeubles.

Section I : Les activités commerciales


1. Les activités de production

 Exemple : L’exploitation des mines et des carrières est considérée comme une activité commerciale,
contrairement à des secteurs comme l'agriculture traditionnelle ou la pêche, qui ne sont pas qualifiés de
commerciaux.

2. Les activités de distribution

 L’achat pour revente : Cette activité commerciale implique l'achat de biens (meubles ou immeubles)
dans l’intention de les revendre, soit en l’état, soit après transformation.
o Meubles : Cela inclut les biens corporels (ex : tissus, vêtements) et incorporels (ex : fonds de
commerce, brevets, actions).
o Immeubles : L’achat d’immeubles dans l’intention de les revendre est désormais qualifié
d'activité commerciale, ce qui inclut la spéculation immobilière.

3. L’intention de revendre en l’état ou après transformation

La condition d'intention de revendre est essentielle pour qualifier une activité commerciale
d'achat pour revente. Elle comprend deux éléments :

3-1. L’intention de revendre

 Motif de l’achat : L'achat doit être effectué dans l'intention explicite de revendre les biens achetés.
Cela exclut donc les achats pour usage personnel.
 Existence de l’intention au moment de l’achat : Peu importe si la revente a effectivement lieu ou
non, ou si la revente génère ou non un bénéfice (par exemple, dans le cas de ventes à perte ou de
produits périssables). L’intention de revendre doit être présente dès le moment de l'achat, et il n'est pas
nécessaire que la vente intervienne après l'achat.

3-2. La revente en l’état ou après transformation

 Meubles : L’article 6-1° du Code de commerce stipule que l'achat de meubles pour
les revendre en l’état ou après transformation constitue une activité commerciale.
La transformation peut inclure des industries telles que la filature, le tissage, ou des
petites entreprises comme la menuiserie, la boulangerie ou la pâtisserie.
 Immeubles : L'article 6-3° mentionne que l'achat d'immeubles en vue de les revendre
en l’état ou après transformation constitue une activité commerciale. Cela inclut
aussi bien les terrains achetés pour être revendus tels quels, que ceux achetés pour y
édifier des bâtiments en vue de leur revente.
B. La Fourniture

La fourniture est une activité commerciale qui peut être distinguée de l’achat pour revente.
Elle consiste à livrer périodiquement ou continuellement des produits ou à fournir des
services.

 Définition : Le contrat de fourniture est un contrat à exécution successive, où le fournisseur s'engage à


délivrer des produits ou à fournir des services de manière régulière (par exemple, des produits
alimentaires, l’eau, l’électricité, ou des services comme l’entretien de machines ou le gardiennage).

§ 3. Les activités de services

Les activités de services comprennent celles qui impliquent l'exécution d'un travail au profit
des clients ou la mise à leur disposition temporaire de certains biens. L’article 6 du Code de
commerce distingue plusieurs catégories d'activités de services.

A. Les services d’intermédiation

Les activités d'intermédiation sont celles qui visent à faciliter des transactions entre deux
parties. Elles incluent des opérations de courtage, de commission, et d’autres formes
d’entremise.

 Courtage : Le courtier met en relation deux parties pour la conclusion d’un contrat. Il
ne contracte pas lui-même, il facilite simplement l’accord entre les deux parties.
Exemple : courtage maritime ou courtage de marchandises.
 Commission : Le commissionnaire est une personne qui agit pour le compte d’un
autre (le commettant), mais en son propre nom. Il réalise des achats ou des ventes
pour le compte du commettant, mais en son nom propre.
o Exemples : Les intermédiaires boursiers (agents de change), les commissionnaires de
transport, les transitaires de douane, etc.

 Bureaux et agences d’affaires : Ces entreprises gèrent les affaires des autres contre
rémunération. Elles peuvent être impliquées dans des activités variées comme la vente
de fonds de commerce, la gestion de biens immobiliers, ou encore dans des secteurs
spécialisés comme le courtage immobilier, le recouvrement des créances, ou la
direction de procès.

Certaines agences spécialisées, telles que les agences de voyages, agences de


publicité, ou agences d'information, sont explicitement mentionnées dans l’article 6
du Code de commerce.

B. Les services financiers

Les services financiers incluent les activités liées à la gestion de l'argent et aux transactions
financières, telles que :

 La banque : Inclut des activités comme la réception de fonds du public, l’octroi de


crédits, et la gestion des moyens de paiement.
 Le crédit : Désigne des opérations où des fonds sont mis à la disposition d'un
emprunteur qui s’engage à les rembourser. Cela inclut également des opérations
comme le crédit-bail ou l'affacturage.
 Les transactions financières : Cela inclut les sociétés de financement qui proposent
des crédits spécifiques, comme les crédits à la consommation (exemples : ASSALAF
CHAABI, BMCI Crédit Conso, CETELEM MAROC, etc.).

Les sociétés de financement et les transactions financières

L'article 6 du Code de commerce réserve un traitement spécifique aux transactions


financières, les distinguant des activités bancaires et de crédit.

Les sociétés de financement se caractérisent par certaines limitations par rapport aux
banques :

 Pas de réception des fonds du public : Ces sociétés ne peuvent pas ouvrir des comptes à leurs clients
ni recevoir des dépôts comme les banques.
 Pas de moyens de paiement : Elles ne peuvent pas émettre de moyens de paiement, comme les
chèques ou les cartes bancaires.
 Limitation des crédits : Elles sont restreintes à l’octroi de crédits à la consommation, contrairement
aux banques qui peuvent proposer une gamme plus large de produits de crédit.

En somme, ces sociétés jouent un rôle financier mais limité, axé principalement sur le crédit à
la consommation, et sont traitées différemment des institutions bancaires qui, elles, peuvent
proposer divers services financiers (y compris les crédits, les dépôts, les moyens de
paiement).

L'Assurance et la distinction entre assurance commerciale et mutuelle

Le Code de commerce marocain distingue également les assurances commerciales des


assurances mutuelles.

 Assurance commerciale : Ce sont des assurances à primes fixes, c'est-à-dire que les
primes sont déterminées de manière fixe et ne dépendent pas des résultats des sinistres
de l'année. Ces entreprises sont commerciales par la forme et visent à réaliser des
profits. Elles adoptent généralement la forme de sociétés anonymes (S.A.), ce qui leur
confère la qualité d'activité commerciale.

Exemples d'assurances commerciales : Les grandes compagnies d'assurances telles


que Allianz, AXA, ou Wafa Assurance.

 Assurance mutuelle : Ces sociétés sont à but non lucratif. Elles regroupent des
adhérents d'une même catégorie socioprofessionnelle et les primes varient en fonction
des sinistres de l'année. Si les sinistres sont peu nombreux, les adhérents peuvent
recevoir une ristourne, mais l'objectif reste de couvrir les risques sans rechercher un
profit. Ces sociétés sont non commerciales et ne sont donc pas régies par les règles
du droit commercial.

Exemples de mutuelles : M.A.E.M. (Mutuelle d’Assurances des Enseignants du


Maroc), M.A.M.D.A. (Mutuelle Agricole Marocaine d’Assurance).
Autres services commerciaux

Le Code de commerce marocain reconnaît également comme commerciaux plusieurs autres


services, détaillant leur nature et les critères les rendant commerciaux :

1. L'activité industrielle (Article 6-5°)


L’activité industrielle inclut les travaux réalisés sur des biens meubles ou immeubles.
Contrairement à l'achat pour revente après transformation, l’activité industrielle
consiste à recevoir des matières premières de ses clients pour les transformer et les
leur rendre une fois les travaux réalisés.

Par exemple, une imprimerie ou une entreprise de construction peut être considérée
comme une activité industrielle. Le code a étendu cette définition à des secteurs
comme l’artisanat, l’imprimerie et l’édition, ainsi que les travaux publics et la
construction.

2. La location de meubles (Article 6-1° et 6-2°)


La location de biens meubles (comme des voitures, des machines, des équipements,
etc.) est une activité commerciale, car elle vise à générer des revenus de manière
régulière. En revanche, l'achat d’immeubles en vue de leur location est une activité
civile, et n’est donc pas considérée comme commerciale.
3. L’exploitation de locaux à usage public
L’exploitation de certains types de locaux à usage public est également considérée
comme une activité commerciale. Cela inclut :
o Les salles de vente aux enchères publiques (où les marchandises sont vendues aux
enchères).
o Les magasins généraux et entrepôts publics (où des marchandises sont déposées contre un
récépissé négociable, comme les entrepôts de ports ou d'aéroports).
o L’organisation de spectacles publics à caractère commercial, tels que les spectacles dans
les théâtres, cinémas, ou salles de conférences ayant un but lucratif (les spectacles
intellectuels ou à but non lucratif sont exclus).

4. Le transport (Article 6-6°)


Le transport de personnes ou de marchandises est également une activité
commerciale, peu importe le mode de transport (terrestre, maritime ou aérien). Cette
activité est essentielle à la circulation des biens et des services dans l’économie, et
elle a toujours été reconnue comme commerciale.
5. La domiciliation (Article 544-1 du Code de commerce)
La domiciliation d’entreprises a été introduite dans le Code de commerce par la loi
89-17 du 9 janvier 2019. C’est le contrat par lequel une personne physique ou morale
(le domiciliataire) met à la disposition d'une autre personne physique ou morale (le
domicilié) son adresse pour en faire le siège social de l'entreprise. La domiciliation
est désormais une activité commerciale à part entière, souvent pratiquée dans des
centres d'affaires.

Les actes de commerce


En plus des activités commerciales, le Code de commerce distingue différents types d’actes
de commerce, qui sont des actes de nature commerciale par leur forme, leur accessoire ou
leur relation avec d'autres activités commerciales.

1. Les actes de commerce par la forme (Article 9)


Ces actes sont toujours commerciaux, quel que soit l'objet de l'opération et la qualité
des parties impliquées. Par exemple :
o La lettre de change : C'est un acte de commerce en soi, même si la créance qu'elle représente
est d'origine civile.
o Les sociétés commerciales : Certaines sociétés, comme les S.A., les Sociétés en commandite
par actions (SCA), et les SARL, sont considérées comme commerciales par leur forme,
même si leur objet est civil.

2. Les actes de commerce par accessoire (Article 10)


Ce sont des actes qui sont principalement d’une nature civile, mais qui deviennent
commerciaux en raison de leur relation avec une activité commerciale. Par exemple,
un agriculteur qui achète des matières premières pour les revendre dans le cadre de
son exploitation peut être amené à réaliser des actes commerciaux accessoires.
3. Les actes mixtes (Article 4)
Ces actes peuvent être à la fois civils et commerciaux, selon la qualité des parties
impliquées dans l’opération. Par exemple, une personne physique qui contracte un
prêt à titre personnel (acte civil) mais dans le cadre de son activité commerciale.

La loi 5/96 et les sociétés commerciales :

La loi 5/96 rend commerciales certaines formes de sociétés par leur statut même, notamment
la société en nom collectif et la société en commandite simple, ce qui les classe
automatiquement dans la catégorie des sociétés commerciales.

2. Les actes de commerce par accessoire :

L'article 10 du nouveau Code de commerce stipule que certains actes, bien qu'ils soient de
nature civile, deviennent des actes de commerce lorsqu'ils sont accomplis par un
commerçant dans le cadre de son activité commerciale. Par exemple, l'achat d'un camion pour
livrer des marchandises est un acte civil, mais devient commercial lorsqu'il est réalisé par un
commerçant pour ses besoins professionnels. Le tribunal de commerce est compétent pour
juger des litiges commerciaux incluant des actes de nature civile.

3. Les actes mixtes :

Un acte mixte est un acte qui est commercial pour une partie et civil pour l’autre. Par
exemple, une vente entre un commerçant et un consommateur : l'acte est commercial pour le
vendeur et civil pour l'acheteur. L'article 4 du Code de commerce de 1996 établit que les
règles du droit commercial s'appliquent à la partie commerçante, mais ne peuvent être
opposées à la partie civile sauf disposition contraire. En ce qui concerne la compétence
judiciaire, les commerçants peuvent convenir d'un tribunal de commerce pour résoudre les
litiges. Pour la preuve, le régime de preuve dépend de la qualité des parties : un commerçant
ne peut pas invoquer la liberté de la preuve contre un non-commerçant, et vice-versa. La
prescription est également unifiée : une prescription de 5 ans s’applique désormais, qu’il
s’agisse d’actes entre commerçants ou entre un commerçant et un non-commerçant.
4. Le sujet du droit commercial :

Le commerçant est la personne qui exerce des activités commerciales, qui constituent l'objet
du droit commercial. L’article 6 du Code de commerce de 1996 définit le commerçant
comme celui qui exerce habituellemment et professionnellement une activité commerciale
pour son propre compte.

 Exercice habituel ou professionnel : Le commerçant doit exercer l'activité commerciale de manière


régulière et pour en tirer des revenus, c’est-à-dire en faire une profession. L'exercice occasionnel ne
suffit pas pour être qualifié de commerçant.
 Exercice pour son propre compte : La règle générale est que le commerçant doit exercer pour son
propre compte, ce qui implique qu'il supporte le risque économique de l’activité (bénéfices et pertes).
Cependant, il existe des exceptions.

5. Les exceptions à l’exercice pour son propre compte :

 Les commissionnaires : Bien que le commissionnaire agisse pour le compte d'un tiers (le commettant),
il est considéré commerçant car il exerce une activité commerciale en son nom, même s'il agit pour
autrui.
 Les prête-noms : Un prête-nom est une personne qui signe des actes commerciaux en son nom, mais
pour le compte d’un autre. Même si le prête-nom semble être le commerçant, il est qualifié de
commerçant en raison de la théorie de l’apparence en droit commercial, car il contracte en apparence
pour lui-même.

La condition juridique du commerçant :


1. La capacité commerciale :

La capacité commerciale définit les conditions sous lesquelles une personne peut exercer le
commerce. Selon le Code de commerce, seuls le mineur et le majeur interdit sont
incapables d'exercer le commerce.

 Mineurs : L'incapacité s'applique aux mineurs, définis comme ceux qui n'ont pas
atteint l'âge de la majorité (18 ans). Toutefois, un mineur émancipé (à partir de 16
ans) peut gérer ses biens dans le domaine civil, mais il a besoin d'une autorisation
spéciale de son tuteur pour exercer le commerce.
 Femmes mariées : Contrairement à la situation antérieure, une femme mariée peut
désormais exercer une activité commerciale sans l'autorisation de son mari. Toute
clause contractuelle contraire à cette règle est considérée comme nulle (article 17 du
Code de commerce).

2. Les restrictions à la liberté du commerce :

Bien que la liberté du commerce soit un principe fondamental garanti par la Constitution,
elle est limitée par certaines restrictions. Le non-respect de ces restrictions peut entraîner des
sanctions disciplinaires, administratives, ou pénales. Toutefois, les opérations commerciales
effectuées malgré ces interdictions restent valides et peuvent être soumises aux règles du
droit commercial, notamment en matière de redressement et liquidation judiciaires.

L'article 11 du Code de commerce stipule que toute personne exerçant une activité
commerciale malgré une interdiction ou une incompatibilité est considérée comme
commerçant.

A. Les incompatibilités :
Certaines professions sont incompatibles avec l'exercice du commerce. Par exemple, les
médecins, avocats, notaires, adouls, et fonctionnaires ne peuvent pas exercer le commerce,
sauf dans des cas spécifiques où la loi le permet (par exemple, en tant qu'associés dans
certaines sociétés commerciales comme la SA, SARL, ou SAS).

B. Les déchéances :

Les déchéances commerciales interdisent à une personne d'exercer le commerce si elle a été
condamnée pour des infractions pénales telles que vol, escroquerie, banqueroute, ou si elle
a fait l'objet d'une liquidation judiciaire. La déchéance entraîne l'interdiction de diriger une
entreprise, comme le prévoit l'article 711 du Code de commerce. Ces déchéances peuvent être
de plein droit ou prononcées par un jugement.

C. Les interdictions :

Certaines activités commerciales sont interdites par la loi, soit en raison de leur nature
illicite, soit parce qu'elles constituent un monopole de l'État. Par exemple :

 Interdiction du commerce de la fausse monnaie (article 335 du Code pénal), du commerce des
stupéfiants, ou des jeux de hasard.
 Certaines activités sont également réservées à l'État, comme l'exploitation des phosphates, la
recherche de pétrole, ou le transport ferroviaire.

D. Les autorisations :

Certaines activités commerciales nécessitent une autorisation préalable des autorités


administratives sous forme de licence ou d'agrément. Par exemple :

 La vente de boissons alcooliques nécessite une licence.


 Les activités cinématographiques (clubs vidéo) nécessitent une autorisation du C.C.M.
 Les agences de voyages doivent être autorisées par le ministère du tourisme.
 Transports publics de personnes requièrent un agrément du ministère des Transports.

Certaines professions nécessitent également des qualifications spécifiques, comme les


pharmacies (nécessitant un diplôme de pharmacien), ou les banques et sociétés
d’assurances, qui doivent être inscrites sur des listes professionnelles.

Enfin, certaines activités, comme les activités bancaires, ne peuvent être exercées que par
des personnes morales (entreprises, sociétés).

Les obligations du commerçant :


1. Les obligations nouvelles :

Le Code de commerce marocain, dans sa version de 1996, a institué des obligations nouvelles
à la charge des commerçants, principalement pour assurer un meilleur contrôle fiscal. Ces
nouvelles obligations incluent :

 L'obligation d'ouvrir un compte bancaire : Depuis le 8 juin 2010, chaque


commerçant doit ouvrir un compte dans un établissement bancaire ou à Al Barid
Bank (filiale de Poste Maroc), pour les besoins de son commerce (article 18 du Code
de commerce).
 Paiement par chèque barré ou virement bancaire : Toute transaction entre
commerçants d'une valeur supérieure à 10 000 dirhams doit obligatoirement être
réglée par chèque barré ou virement bancaire. En cas de non-respect de cette règle,
une amende égale à 6% de la valeur de la transaction est appliquée. Les deux
commerçants (créancier et débiteur) sont solidairement responsables du paiement de
cette amende.

Deux problèmes pratiques surgissent dans ce cadre :

1. Le chèque barré : Depuis le 1er février 2011, un règlement interbancaire impose l'utilisation
de chèques pré-barrés et non endossables pour les commerçants. Cela se base sur l'article
311 al. 2 du Code de commerce.
2. Le fractionnement des factures : L'article 11 du Code général des impôts (CGI) prévoit que
seules les dépenses réglées par des moyens bancaires ou électroniques (chèque barré, virement
bancaire, etc.) sont déductibles fiscalement, et ce, dans des limites strictes par fournisseur.

2. La lutte contre la fraude fiscale :

La loi a été renforcée pour combattre certaines pratiques frauduleuses, notamment les fausses
factures. Avant la loi de finances 2021, des sanctions fiscales et pénales étaient prévues pour
des actes comme la production de fausses factures ou l'achat de factures fictives pour gonfler
les charges fiscales. La loi de finances 2021 a :

 Étendu ces sanctions à ceux qui permettent à d'autres de se soustraire à leurs obligations fiscales.
 Abrogé la condition de récidive, augmentant ainsi les sanctions pour les contrevenants.

3. La publicité au registre de commerce :

Le registre de commerce (R.C.) a pour but d'assurer une publicité juridique sur les
commerçants et leurs activités. Il informe les tiers de la situation juridique des commerçants
et des sociétés commerciales.

 Rôle et fonction : Le registre de commerce permet à toute personne d'obtenir des informations
juridiques sur un commerçant, comme son existence, sa dénomination, son siège social, et d'autres
éléments relatifs à son activité. Cela permet une transparence juridique et une meilleure gestion des
relations commerciales.

A. Le fonctionnement du registre de commerce :

 Organisation : Le R.C. est constitué de registres locaux et d’un registre central :


o Les registres locaux sont tenus dans les tribunaux de commerce ou de première instance et
sont gérés par le secrétariat-greffe.
o Le registre central est géré par l'Office Marocain de la Propriété Industrielle et
Commerciale (OMPIC) à Casablanca, qui centralise toutes les informations provenant des
registres locaux.

 Création d'entreprises par voie électronique : La loi n° 88-17 (publiée au B.O.


n°6745 du 21 janvier 2019) prévoit la création d'entreprises en ligne via une
plateforme électronique gérée par l'OMPIC. Cette loi permet aux commerçants de
réaliser toutes les formalités nécessaires, y compris l’immatriculation au R.C., en
ligne.
Cependant, l'entrée en vigueur de cette loi est retardée par l'absence de textes
d’application. Un décret de 2021 a néanmoins permis d'introduire la publicité au
registre de commerce électronique (RCE), bien que le système complet n'ait pas
encore été pleinement déployé.

B. Les personnes assujetties à l'immatriculation :

Tous les commerçants, personnes physiques ou morales (sociétés commerciales, GIE, etc.),
doivent s’immatriculer au R.C. si elles exercent une activité commerciale au Maroc. Cela
s'applique aussi aux sucursales ou agences d'entreprises marocaines ou étrangères.

C. Les types d'inscriptions au registre de commerce :

1. Immatriculation principale : Tout commerçant doit demander son immatriculation


principale au R.C. dans les trois mois suivant l'ouverture de son établissement
commercial ou la constitution de sa société. Cette immatriculation est unique et
rattachée à l'identité du commerçant (personne physique ou morale).
2. Inscriptions complémentaires : Si un commerçant ouvre un nouvel établissement
dans le même ressort territorial que son immatriculation principale, une inscription
complémentaire est effectuée. Ce n’est pas une nouvelle immatriculation, mais une
modification des données existantes.
3. Immatriculations secondaires : Si un commerçant ouvre un établissement dans un
autre ressort que celui de son immatriculation principale, il doit procéder à une
immatriculation secondaire dans le tribunal compétent de la nouvelle localité. Cela
implique également une inscription modificative dans le registre où il est immatriculé
initialement.
4. Inscriptions modificatives : Toute modification des informations relatives à
l'immatriculation (comme un changement de statut, de gérant, de capital social, etc.)
doit être signalée par une inscription modificative dans le mois qui suit le
changement.
5. Radiations : La radiation est l'annulation de l'immatriculation d'un commerçant au
R.C., par exemple en cas de cessation d'activité ou de décès. Cette démarche peut être
effectuée par l'intéressé ou, dans certains cas, d'office par le juge.

D. Les inscriptions électroniques :

La loi n° 89-17, modifiant le Code de commerce, prévoit la création d'un registre


électronique de commerce. Ce registre électronique centralisera toutes les immatriculations
et modifications via une plateforme gérée par l’OMPIC, permettant une gestion en ligne des
entreprises, y compris les certificats, les inscriptions, et les publicités légales. Les
commerçants pourront effectuer toutes leurs démarches administratives via cette plateforme,
et même payer les taxes et frais en ligne.

1. Dématérialisation de la création d'entreprise et des procédures administratives

 Création d'entreprise en ligne : Avec l’évolution de la législation, il est désormais possible de créer
une entreprise via une plateforme en ligne dédiée. Cette plateforme permet non seulement de déposer
les documents nécessaires à la création de l'entreprise, mais aussi de récupérer en ligne tous les
certificats et attestations, y compris les extraits d’inscription au registre de commerce.
 Paiement électronique des frais : Toutes les rémunérations des services administratifs liés à la
création d’entreprise, ainsi que les taxes d’immatriculation, sont désormais payées par voie
électronique. Cela facilite et accélère les démarches administratives.
2. Effets de l’immatriculation au registre de commerce

L’immatriculation au registre de commerce (R.C.) a des effets significatifs tant pour les
personnes physiques que pour les personnes morales.

 Effets pour les personnes physiques : L’immatriculation au R.C. confère désormais


la présomption de la qualité de commerçant, ce qui n'était pas le cas sous l’ancienne
législation. Cependant, cette présomption est réfragable, ce qui signifie qu’elle peut
être contredite par une preuve opposée. Le défaut d’immatriculation entraîne une
privation de certains droits, comme l'impossibilité de produire des documents
comptables en justice, et expose à des obligations supplémentaires, comme la
liquidation judiciaire.
 Effets pour les personnes morales : Autrefois, l’immatriculation n'était pas
nécessaire pour acquérir la personnalité morale, mais désormais, une société
commerciale n’acquiert la personnalité juridique qu’après son immatriculation au
R.C.
 Sanctions : Le non-respect des obligations d’immatriculation entraîne des amendes de
1 000 à 5 000 dirhams pour les commerçants ou dirigeants concernés. Ces amendes
concernent le défaut d'immatriculation, les inscriptions incomplètes ou incorrectes, et
le non-respect de l’obligation de mentionner le numéro et le lieu d’immatriculation
dans les documents commerciaux.

3. La tenue de la comptabilité

La comptabilité est essentielle pour assurer la bonne gestion des entreprises, mais aussi pour
permettre à l’État de contrôler les obligations fiscales des commerçants.

 Livres comptables obligatoires : Toute personne immatriculée au R.C. doit tenir trois livres
comptables obligatoires :
1. Le livre journal : où toutes les opérations sont enregistrées chronologiquement.
2. Le grand livre : où les écritures du livre journal sont reportées.
3. Le livre d’inventaire : dans lequel le commerçant dresse un inventaire des éléments actifs et
passifs de l’entreprise.
 Entreprises au chiffre d’affaires supérieur à 10 millions de dirhams : En plus des trois livres
comptables, ces entreprises doivent établir des documents supplémentaires comme un manuel, des états
financiers (E.S.G.), et d’autres documents de synthèse.

4. Les règles de comptabilité et les sanctions

 Authenticité des écritures comptables : Il est impératif que les livres comptables soient établis sans
altérations, sans blancs, ni biffures. En cas d'erreurs, il faut procéder à des écritures de contre-passation.
 Conservation des documents : Les documents comptables doivent être conservés pendant 10 ans.
Cela comprend les factures de vente, les pièces justificatives des dépenses, et d’autres documents
nécessaires au contrôle fiscal.
 Sanctions : En cas de perte de documents comptables, le commerçant doit en informer l’administration
fiscale dans un délai de 15 jours (30 jours en cas de force majeure).

5. L'intégration de la comptabilité informatisée

 Comptabilité électronique : Depuis 2018, la législation prévoit que les entreprises doivent tenir leur
comptabilité sous format électronique. Elles sont également tenues de délivrer des factures
électroniques prénumérotées et de tenir un système informatique conforme aux critères techniques
fixés par l’administration fiscale.
 Présentation des documents sous format électronique : Les documents comptables doivent être
stockés sur des supports électroniques et être accessibles lors d'un contrôle fiscal. Les dispositifs de
stockage peuvent inclure des clés USB ou des disques durs externes.

6. L'avenir des livres comptables physiques

 Avec la généralisation des téléprocédures et la comptabilité informatisée, il semble que les livres
comptables physiques, comme les livres cotés et paraphés, pourraient être progressivement remplacés
par des applications informatiques offrant le même niveau de sécurité et d’authentification.

B - Les sanctions liées à la comptabilité et aux obligations fiscales

Les sanctions qui peuvent découler du non-respect des obligations légales en matière de
comptabilité et d’immatriculation au registre du commerce sont à la fois fiscales et pénales.
Ces sanctions visent à garantir la bonne foi des commerçants et à éviter les fraudes fiscales,
qui peuvent être particulièrement dommageables à la fois pour l’État et pour les parties
prenantes d'une entreprise.

1. Sanctions fiscales

Les sanctions fiscales concernent principalement les infractions liées à la tenue des
documents comptables et à la production de déclarations fiscales incorrectes ou frauduleuses.

Amendes fiscales : Une amende de 5 000 à 50 000 dirhams est prévue pour toute personne
ayant recouru à des pratiques telles que :

 La délivrance de factures fictives ;


 La production de fausses écritures comptables ;
 La vente sans factures de manière répétée ;
 La soustraction ou destruction de pièces comptables légalement exigibles ;
 La dissimulation d'une partie de l’actif de la société ou l'augmentation frauduleuse du passif en vue
d’organiser une insolvabilité.

En cas de récidive, une peine d’emprisonnement de 1 à 3 mois peut s'ajouter à l'amende, si le


contrevenant est jugé pour des faits commis dans un délai de 5 ans après une condamnation
antérieure pour de tels actes.

Rejet de la comptabilité : Lorsque la comptabilité d’un commerçant ne respecte pas les


normes légales (telles que définies dans la loi 9-88), l’administration fiscale peut rejeter cette
comptabilité et établir une imposition forfaitaire. Cela peut entraîner un paiement d’impôts
sur des bases arbitraires, qui ne tiennent pas compte des réalités financières de l’entreprise.

Sanctions pour fraude ou complicité de fraude : Une amende égale à 100 % du montant de
l’impôt éludé peut être appliquée à toute personne impliquée dans des manœuvres destinées à
éluder le paiement de l’impôt, y compris ceux qui assistent ou conseillent le contribuable
dans l'exécution de ces manœuvres.

Infractions liées à la présentation des documents comptables sur support électronique :


Les entreprises soumises à la comptabilité électronique qui ne présentent pas leurs documents
comptables sous forme électronique lors d’un contrôle fiscal peuvent être sanctionnées par
une amende de 50 000 dirhams par exercice concerné (Article 191 bis du CGI).
2. Sanctions pénales

Les sanctions pénales sont généralement appliquées en cas de fraude manifeste, de


falsification ou de manipulation des documents comptables.

Banqueroute : Un commerçant qui falsifie ses livres et documents comptables peut être
poursuivi pour banqueroute. Cela inclut les cas où des documents sont modifiés ou supprimés
pour dissimuler des dettes ou organiser une insolvabilité. Les dirigeants d’entreprises
(individuelles ou collectives) risquent aussi des poursuites pour banqueroute s’ils tiennent
une comptabilité fictive ou omettent de tenir une comptabilité correcte.

Fraude fiscale : Les infractions liées à la fraude fiscale, telles que la soustraction de
documents comptables, la production de faux documents ou la dissimulation d’actifs, sont
punies par des peines de prison, ainsi que par des amendes, et peuvent entraîner la fermeture
de l’entreprise. Ces infractions sont passibles de peines de prison allant de 1 à 5 ans et des
amendes proportionnelles aux montants fraudés.

Faux en écritures commerciales : La falsification des documents comptables ou l’utilisation


de documents falsifiés peut aussi constituer un crime de faux en écritures commerciales,
entraînant des peines de prison, ainsi que des amendes pour les responsables.

C - La preuve par les documents comptables

Les documents comptables sont des instruments cruciaux dans le domaine du commerce, non
seulement pour assurer la bonne gestion de l’entreprise, mais aussi comme preuve légale en
cas de litige. Le Code de commerce et la loi 9-88 régissent leur force probante et la manière
dont ils peuvent être produits en justice.

1. La force probante des documents comptables

Les documents comptables peuvent avoir une valeur probante tant pour le commerçant que
pour les tiers.

 Contre le commerçant : Si un commerçant invoque ses livres comptables dans un


litige, ceux-ci peuvent être utilisés contre lui, même s’ils sont irrégulièrement tenus.
Par exemple, si un commerçant fait une déclaration erronée ou tente de dissimuler une
transaction, ses propres documents comptables peuvent constituer un aveu devant la
justice.
 Pour le commerçant : Les documents comptables peuvent aussi être utilisés comme
preuve par le commerçant pour soutenir ses allégations contre un autre commerçant
ou contre un non-commerçant. Cependant, il existe des différences dans la force
probante en fonction de la partie adverse :
o Contre un autre commerçant : La comptabilité régulièrement tenue peut être utilisée comme
preuve en cas de litige commercial.
o Contre un non-commerçant : Les documents comptables n’ont généralement pas de force
probante contre un non-commerçant, sauf s’il détient une copie des documents en question.

2. Les modes de production des documents comptables en justice

Les documents comptables peuvent être produits devant le tribunal par le commerçant ou les
tiers, en fonction des circonstances et des nécessités du litige.
 Communication : Il s'agit de la production intégrale des documents comptables à la
disposition de la partie adverse. Cela peut être ordonné par le juge dans certains cas,
tels que les affaires de succession ou de liquidation judiciaire.
 Représentation : Dans certains cas, seule une partie spécifique de la comptabilité qui
concerne directement le litige est produite. Cela peut être fait par le commerçant lui-
même ou par un expert désigné par le tribunal.

En cas de refus de produire la comptabilité sur injonction du juge, ou si le commerçant


déclare ne pas en disposer, le juge peut ordonner un serment supplétoire, où l’autre partie
peut prêter serment pour faire valoir ses prétentions.

D - L’Identifiant Commun d’Entreprise (ICE)

L’Identifiant Commun d’Entreprise (ICE) est un numéro unique qui permet d’identifier une
entreprise de manière uniforme dans toutes les administrations publiques. Introduit en janvier
2016, il est désormais obligatoire pour toutes les entreprises, qu’elles soient des personnes
morales, des succursales ou des auto-entrepreneurs.

1. Comment obtenir l'ICE ?

 Pour les entreprises personnes morales : L'ICE est attribué par l'OMPIC lors de la demande du
certificat négatif.
 Pour les entreprises personnes physiques : L'ICE est attribué par la DGI et inscrit sur le bulletin
IF/TP.
 Pour les entreprises existantes : L'ICE peut être obtenu sur la plateforme officielle www.ice.gov.ma.

2. Avantages de l’ICE :

 Identification rapide : Permet aux administrations d'identifier rapidement une entreprise.


 Simplification des démarches administratives : Permet de réduire les coûts et de simplifier les
procédures administratives.
 Amélioration de la transparence : Assure une meilleure traçabilité et une meilleure fiabilité des
données économiques.

3. Sanctions pour non-obtention de l’ICE :

Les entreprises qui ne disposent pas de l’ICE risquent plusieurs sanctions :

 Contrôle fiscal : L'absence de l'ICE peut entraîner un rejet des déductions fiscales, y compris la TVA.
 Droit à déduction : Les entreprises sans ICE risquent de perdre le droit à déduction des impôts et
taxes, y compris l'impôt sur les sociétés, la TVA, etc.

Ainsi, l'ICE constitue désormais un outil essentiel pour assurer la transparence et la traçabilité
des entreprises marocaines dans leurs relations fiscales et commerciales.

ection IV – L'Auto-Entrepreneur

Le statut de l'auto-entrepreneur, instauré par la loi 114/13, a pour objectif de lutter contre
l’informel en élargissant l’assiette fiscale et en limitant la concurrence de l’économie
informelle. Ce statut concerne les personnes physiques exerçant des activités industrielles,
commerciales ou de services, avec un chiffre d'affaires annuel limité à :

 2.000.000 dirhams pour les activités industrielles, commerciales et artisanales.


 500.000 dirhams pour les prestations de services.

Avantages du statut d'auto-entrepreneur :

 Social : Accès à une couverture sociale.


 Formel : Possibilité d'exercer dans son domicile ou un local partagé.
 Comptable : Comptabilité simplifiée (registre des achats et ventes).
 Fiscal : Taux de taxation réduit (0,5% pour les activités commerciales et artisanales, 1% pour les
services).
 Juridique : Pas d'obligation d'immatriculation au registre du commerce, mais un registre national des
auto-entrepreneurs géré par Barid Al Maghrib.

Limitations et sanctions :

 L'auto-entrepreneur n’est pas considéré comme un commerçant en raison de l'absence


d'immatriculation au registre de commerce.
 En cas de dettes liées à son activité, ses biens peuvent être saisis, à l’exception de sa résidence
principale.
 Si les plafonds de chiffre d’affaires sont dépassés pendant deux exercices consécutifs, l'auto-
entrepreneur doit passer à une autre forme juridique d’entreprise, comme une entreprise individuelle ou
une SARL.

Défis récents :

 Baisse des inscriptions : Réduction de l'attractivité du statut, notamment à cause de mesures fiscales
contraignantes et du manque d’accompagnement.
 Migration vers d'autres régimes : Nombreux auto-entrepreneurs rejoignent le Registre Social Unifié
(RSU) pour de meilleures prestations sociales.
 Difficultés d'accès aux financements : L'accès aux marchés publics reste limité pour les auto-
entrepreneurs.

Recommandations pour améliorer le statut :

 Réévaluer les plafonds de chiffre d’affaires.


 Renforcer la couverture sociale, y compris l’assurance maladie et la retraite.
 Simplifier les mesures fiscales pour différencier les auto-entrepreneurs authentiques.
 Offrir un meilleur accompagnement entrepreneurial, y compris des formations et un meilleur accès au
financement.

Section V – Le Régime Juridique du Domaine Commercial

Le régime juridique des activités commerciales se distingue par plusieurs particularités par
rapport au droit civil. Ces différences concernent les règles de fond et de forme.

I - Les Particularités des Règles de Fond

1. La capacité :
o En droit commercial, un mineur doit être émancipé et obtenir une autorisation spécifique pour
exercer une activité commerciale.
2. La solidarité :
o En droit commercial, la solidarité entre débiteurs se présume (article 335 du code de
commerce). Cela signifie qu'en cas de dette, le créancier peut demander la totalité de la
somme à n'importe quel débiteur, sauf mention contraire dans le contrat. Cette présomption de
solidarité ne s'applique pas en droit civil, où elle doit être spécifiquement stipulée.
II - Les Particularités des Règles de Forme

1. La compétence judiciaire :
o Les tribunaux de commerce sont compétents pour juger les litiges commerciaux,
contrairement aux tribunaux civils.

2. La preuve :
o En droit civil, la preuve par écrit est requise pour les demandes en justice dépassant 10.000
dirhams.
o En droit commercial, la preuve est libre, et un commerçant peut prouver ses actes par
témoins ou tout autre moyen, sauf exception où un écrit est exigé par la loi (ex. : vente,
nantissement de fonds de commerce, effets de commerce).

3. Redressement et liquidation judiciaires :


o Les procédures de redressement et liquidation sont spécifiques au droit commercial. En cas
de cessation de paiement, un commerçant peut faire l’objet d’une procédure collective pour
protéger les créanciers. Contrairement au droit civil, un non-commerçant ne peut pas être
soumis à cette procédure collective, et chaque créancier peut agir individuellement.

4. La prescription :
o En droit civil, le délai de prescription pour les actions est de 15 ans.
o En droit commercial, le délai est réduit à 5 ans, ce qui est considéré suffisant pour permettre
aux commerçants de réclamer leurs créances grâce à la tenue de leur comptabilité.

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