prépa:STAGE SPE: 21-22 M.
Abouomar
Un sujet D’algebre - Revision
Dans tout le problème, 𝑛 désigne un entier naturel non nul et 𝐽𝑛 la matrice carrée de ℳ2𝑛 (ℝ) définie par blocs
par 0 𝐼𝑛
𝐽𝑛 = ( 𝑛,𝑛 )
−𝐼𝑛 0𝑛,𝑛
On dit qu’une matrice 𝑀 de ℳ2𝑛 (ℝ) est symplectique si et seulement si 𝑀 ⊤ 𝐽𝑛 𝑀 = 𝐽𝑛 . On désigne par Sp2𝑛 (ℝ)
l’ensemble des matrices symplectiques de taille 2𝑛 × 2𝑛.
On note 𝒪2𝑛 (ℝ) le groupe orthogonal de ℳ2𝑛 (ℝ), 𝒮2𝑛 (ℝ) l’ensemble des matrices symétriques de ℳ2𝑛 (ℝ) et
𝒜2𝑛 (ℝ) l’ensemble des matrices antisymétriques de ℳ2𝑛 (ℝ).
Soit 𝐸 un ℝ-espace vectoriel. On appelle forme bilinéaire sur 𝐸 toute application 𝜓 définie sur 𝐸 × 𝐸 et à valeurs
dans ℝ telle que pour tout 𝑌 ∈ 𝐸, 𝑋 ↦ 𝜓(𝑋, 𝑌 ) et 𝑋 ↦ 𝜓(𝑌 , 𝑋) soient toutes les deux linéaires sur 𝐸.
Soit 𝜓 une forme bilinéaire ; 𝜓 est dite alternée si et seulement si, pour tout 𝑋 ∈ 𝐸, 𝜓(𝑋, 𝑋) = 0 ; 𝜓 est dite
antisymétrique si et seulement si, pour tout (𝑋, 𝑌 ) ∈ 𝐸 2 , 𝜓(𝑋, 𝑌 ) = −𝜓(𝑌 , 𝑋).
On note 𝑒𝑖 la matrice colonne élémentaire dont le seul coefficient non nul vaut 1 et est placé sur la ligne numéro 𝑖.
1. Dans cette question uniquement, 𝑛 est un entier naturel non nul quelconque. Déterminer 𝐽𝑛2 et montrer
que 𝐽𝑛 ∈ Sp2𝑛 (ℝ) ∩ 𝒜2𝑛 (ℝ).
Dans la suite de cette partie, 𝑛 = 1.
2. Montrer qu’une matrice de taille 2 × 2 est symplectique si et seulement si son déterminant est égal à 1.
𝑥 𝑦
3. Soit 𝑀 une matrice orthogonale de taille 2×2. On note 𝑀1 = ( 1 ) et 𝑀2 = ( 1 ) les deux colonnes de 𝑀
𝑥2 𝑦2
Montrer l’équivalence
𝑀 est symplectique ⟺ 𝑀2 = −𝐽 . 1 𝑀1
4. Soit 𝑋1 ∈ ℳ2,1 (ℝ) de norme 1. Montrer que la matrice carrée constituée des colonnes 𝑋1 et −𝐽1 𝑋1
est à la fois orthogonale et symplectique.
5. Soit 𝑀 une matrice de taille 2 × 2 symétrique et symplectique. Montrer que 𝑀 est diagonalisable et
que ses valeurs propres sont inverses l’une de l’autre. Montrer qu’il existe une matrice 𝑃 à la fois orthogonale et
symplectique telle que 𝑃 −1 𝑀 𝑃 soit diagonale.
6. Déterminer les matrices de taille 2 × 2 à la fois antisymétriques et symplectiques et montrer qu’elles
ne sont pas diagonalisables dans ℝ.
2
Soit 𝐾 une matrice antisymétrique et 𝜑 l’application de (ℳ2𝑛,1 (ℝ)) dans ℝ telle que
2
∀(𝑋, 𝑌 ) ∈ (ℳ2𝑛,1 (ℝ)) , 𝜑(𝑋, 𝑌 ) = 𝑋 ⊤ 𝐾𝑌 .
(On identifie de nouveau ℳ1 (ℝ) et ℝ.)
7. Montrer que 𝜑 est une forme bilinéaire sur ℳ2𝑛,1 (ℝ).
8. En calculant de deux manières 𝜑(𝑋, 𝑋)⊤ , montrer que 𝜑 est alternée. Montrer de même que 𝜑 est
antisymétrique.
Dans toute la suite du sujet, 𝐾 = 𝐽𝑛 .
𝑥1 𝑦1
⎛
⎜ 𝑥2 ⎞
⎟ ⎛
⎜ 𝑦2 ⎞⎟∈ℳ
9. Pour tout 𝑋 = ⎜⎜ ⋮ ⎟ ⎟ ∈ ℳ2𝑛,1 (ℝ) et pour tout 𝑌 = ⎜
⎜ ⋮ ⎟ ⎟ 2𝑛,1 (ℝ), montrer l’égalité
⎝ 𝑥2𝑛 ⎠ 𝑛
⎝ 𝑦2𝑛 ⎠
𝜑(𝑋, 𝑌 ) = ∑(𝑥𝑘 𝑦𝑘+𝑛 − 𝑥𝑘+𝑛 𝑦𝑘 ).
𝑘=1
10. Montrer que pour tout (𝑖, 𝑗) ∈ {1, …, 2𝑛}2 , 𝜑(𝑒𝑖 , 𝑒𝑗 ) = 𝛿𝑖+𝑛,𝑗 − 𝛿𝑖,𝑗+𝑛 (on pourra commencer par le cas
où (𝑖, 𝑗) ∈ {1, …, 𝑛}2 puis généraliser).
11. Montrer que pour tout 𝑋 ∈ ℳ2𝑛,1 (ℝ), 𝐽𝑛 𝑋 ∈ 𝑋 ⊥ et calculer 𝜑(𝐽𝑛 𝑋, 𝑋).
12. Si 𝑌 ∈ ℳ2𝑛,1 (ℝ), on note 𝑌 𝐽𝑛 l’ensemble des vecteurs 𝑍 de ℳ2𝑛,1 (ℝ) tels que 𝜑(𝑌 , 𝑍) = 0. Montrer
que 𝑋 𝐽𝑛 = (𝐽𝑛 𝑋)⊥ .
13. Soit 𝑃 une matrice symplectique et orthogonale dont les colonnes sont notées 𝑋1 , …, 𝑋2𝑛 . Montrer
que, pour tout (𝑖, 𝑗) ∈ {1, …, 2𝑛}2 ,
⎧ ‖𝑋 ‖ = 1
{ 𝑖
𝑖 ≠ 𝑗 ⟹ 𝑋𝑖 ⊥ 𝑋𝑗
⎨
{
⎩ 𝜑(𝑋𝑖 , 𝑋𝑗 ) = 𝛿𝑖+𝑛,𝑗 − 𝛿𝑖,𝑗+𝑛
14. Sous les mêmes hypothèses, montrer que, pour tout 𝑖 ∈ {1, …, 𝑛}, 𝑋𝑖 𝑛 = 𝑋𝑖+𝑛 .
𝐽⊥
15. Sous les mêmes hypothèses, montrer que, pour tout 𝑖 ∈ {1, …, 𝑛}, 𝑋𝑖+𝑛 = −𝐽𝑛 𝑋𝑖 .
16. Montrer que le déterminant d’une matrice symplectique vaut soit 1 soit −1.
17. Montrer que l’inverse d’une matrice symplectique est une matrice symplectique.
18. Montrer que le produit de deux matrices symplectiques est une matrice symplectique. L’ensemble
Sp2𝑛 (ℝ) est-il un sous-espace vectoriel de ℳ2𝑛 (ℝ) ?
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Le but de cette partie est de montrer que, si 𝑀 ∈ 𝒮2𝑛 (ℝ) ∩ Sp2𝑛 (ℝ), il existe 𝑃 ∈ 𝒪2𝑛 (ℝ) ∩ Sp2𝑛 (ℝ) tel que
𝑃 ⊤ 𝑀 𝑃 est diagonale de coefficients diagonaux 𝑑1 , …, 𝑑2𝑛 avec pour tout 𝑘 ∈ {1, …, 𝑛}, 𝑑𝑘+𝑛 = 1/𝑑𝑘 .
Soit 𝑀 ∈ 𝒮2𝑛 (ℝ) ∩ Sp2𝑛 (ℝ).
19. Montrer que si 𝜆 est valeur propre de 𝑀, 1/𝜆 est également valeur propre de 𝑀. Donner un vecteur
propre associé.
20. Soit 𝜆 ∈ spℝ (𝑀 ) et 𝑝 = dim 𝐸𝜆 . Soit (𝑋1 , …, 𝑋𝑝 ) une base de 𝐸𝜆 . Montrer que (𝐽𝑛 𝑋1 , …, 𝐽𝑛 𝑋𝑝 ) est
une base de 𝐸1/𝜆 et que dim(𝐸𝜆 ) = dim(𝐸1/𝜆 ).
21. Soient 𝑌1 , …, 𝑌𝑝 des vecteurs de ℳ2𝑛,1 (ℝ). Soit 𝑌 ∈ ℳ2𝑛,1 (ℝ). Montrer l’implication
⊥ ⊥
𝑌 ∈ (Vect(𝑌1 , …, 𝑌𝑝 , 𝐽𝑛 𝑌1 , …, 𝐽𝑛 𝑌𝑝 )) ⟹ 𝐽𝑛 𝑌 ∈ (Vect(𝑌1 , …, 𝑌𝑝 , 𝑌 , 𝐽𝑛 𝑌1 , …, 𝐽𝑛 𝑌𝑝 )) .
22. Dans cette question 𝜆 = 1. Montrer que 𝐸1 est de dimension paire et qu’il existe une base de 𝐸1
orthonormée de la forme (𝑋1 , …, 𝑋𝑝 , 𝐽𝑛 𝑋1 , …, 𝐽𝑛 𝑋𝑝 ) où 2𝑝 est la dimension de 𝐸1 .
23. Qu’en est-il pour 𝐸−1 ?
24. Démontrer la propriété annoncée au début de la partie.
Dans la fin de cette partie, on note 𝐴 la matrice 9 1 3 3
1⎛ 1 9 3 3⎞
𝐴= ⎜
⎜ ⎟
⎟.
8⎜ 3 3 9 1⎟
⎝3 3 1 9⎠
25. Montrer que 𝐴 ∈ 𝒮4 (ℝ) ∩ Sp4 (ℝ).
26. Construire une matrice orthogonale et symplectique 𝑃 telle que 𝑃 ⊤ 𝐴𝑃 soit diagonale.
Soit 𝑀 ∈ 𝒜2𝑛 (ℝ) ∩ Sp2𝑛 (ℝ). Soit 𝑚 l’application linéaire canoniquement associée à 𝑀.
27. Montrer l’égalité spℝ (𝑀 ) = ∅.
28. Montrer qu’il existe 𝑃 ∈ 𝒪2𝑛 (ℝ) ∩ Sp2𝑛 (ℝ) tel que 𝑃 ⊤ 𝑀 2 𝑃 soit diagonale de coefficients diagonaux
𝑑1 , …, 𝑑2𝑛 avec pour tout 𝑘 ∈ {1, …, 𝑛}, 𝑑𝑘+𝑛 = 1/𝑑𝑘 .
Dans toute la suite de cette sous-partie, 𝑋 désigne un vecteur propre de 𝑀 2 de norme 1 associé à une certaine
valeur propre 𝜆.
29. Montrer que 𝑀 𝑋, 𝐽𝑛 𝑋 et 𝐽𝑛 𝑀 𝑋 sont des vecteurs propres de 𝑀 2 et donner les valeurs propres
associées à chacun de ces vecteurs.
30. Dans cette question et dans la suite, on note 𝐹 = Vect(𝑋, 𝑀 𝑋, 𝐽𝑛 𝑋, 𝐽𝑛 𝑀 𝑋). Montrer que𝐹 est
stable par 𝑀 et par 𝐽𝑛 .
31. Montrer que toutes les valeurs propres de 𝑀 2 sont strictement négatives.
32. Justifier que si 𝜆 ≠ −1, 𝐹 est un espace vectoriel de dimension 4. Montrer que, dans ce cas,
−1 1
(𝑋, √ 𝑀 𝑋, −𝐽𝑛 𝑋, √ 𝐽𝑛 𝑀 𝑋)
−𝜆 −𝜆
est une base orthonormée de 𝐹. Donner alors la matrice de l’application 𝑚𝐹 induite par 𝑚 sur 𝐹 dans la base
obtenue.
33. Montrer que 𝐹 ⊥ est stable par 𝑀 et par 𝐽𝑛 .
34. Montrer qu’il existe un entier naturel non nul 𝑞 et des sous-espaces vectoriels de ℳ2𝑛,1 (ℝ), notés
𝐹1 , …, 𝐹𝑞 tels que
(a) 𝐹1 ⊕ ⋯ ⊕ 𝐹𝑞 = ℳ2𝑛,1 (ℝ) ;
(b) ∀𝑖 ∈ {1, …, 𝑞}, 𝐹𝑖 est stable par 𝑀 et par 𝐽𝑛 ;
(c) ∀𝑖 ∈ {1, …, 𝑞}, 𝐹𝑖⊥ est stable par 𝑀 et par 𝐽𝑛 ;
(d) ∀(𝑖, 𝑗) ∈ {1, …, 𝑞}2 , 𝑖 ≠ 𝑗 ⟹ ∀(𝑌 , 𝑍) ∈ 𝐹𝑖 × 𝐹𝑗 , ⟨𝑌 , 𝑍⟩ = 0 = 𝜑(𝑌 , 𝑍) ;
(e) ∀𝑖 ∈ {1, …, 𝑞}, dim 𝐹𝑖 ∈ {2, 4} ;
(f) ∀𝑖 ∈ {1, …, 𝑞}, la matrice de l’application 𝑚𝐹𝑖 induite par 𝑚 sur 𝐹𝑖 dans une certaine base est de la
forme √
−𝜆𝐽1 02,2
𝐽1 ou ⎛
⎜ 1 ⎞
⎟.
02,2 √ 𝐽1
⎝ −𝜆 ⎠
0 −5 0 −3
1⎛
⎜ 5 0 3 0 ⎞ ⎟
Dans la fin de cette partie, on note 𝐵 la matrice 𝐵 = ⎜ ⎟
⎜
4 0 −3 0 −5 ⎟
1 ⎝3 0 5 0 ⎠
⎛ ⎞
2⎜ 1 ⎟
35. Calculer 𝐵 ⎜ ⎜1⎟ ⎟. .
⎝1⎠ 0 𝑎 0 0
⎛
⎜ −𝑎 0 0 0 ⎞⎟
36. Déterminer un réel 𝑎 et une matrice 𝑃 tels que 𝑃 ∈ 𝒪4 (ℝ) ∩ Sp4 (ℝ) et 𝑃 𝐵𝑃 =⎜
⊤
⎜ 0 0 ⎟
0 1/𝑎 ⎟
⎝ 0 0 −1/𝑎 0 ⎠
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