ECG 2 pour le mardi 23 janvier
DM 6 - sujet *
T HÈME : E NDOMORPHISMES SYMÉTRIQUES
Exponentielle d’un endomorphisme symétrique et décomposition polaire
¡ ¢
Soit E, 〈·, ·〉 , un espace euclidien de dimension n. Dans la suite, on note :
* S (E) : l’ensemble des endomorphismes symétriques de E.
* S (E)++ : l’ensemble des endomorphismes symétriques de E définis positifs. C’est-à-dire
ϕ ∈ S (E)++ ⇐⇒ ϕ ∈ S (E) et Sp(ϕ) ⊂ R+
∗.
* O (E) : l’ensemble des endomorphismes orthogonaux de E :
s ∈ O (E) ⇐⇒ ∀ u, v ∈ E, 〈s(u), s(v)〉 = 〈u, v〉 .
* S n++ : l’ensemble des matrices symétriques de Mn (R) dont les valeurs propres sont strictement positives.
* O n : l’ensemble des matrices orthogonales de Mn (R).
• Préliminaires
1. Soient B = (e 1 , . . . , e n ) une base orthonormée de E et s ∈ L (E). D E
a) Justifier que s ∈ O (E) si et seulement si, pour tous i , j ∈ [[1; n]], s(e i ), s(e j ) = δi , j .
b) En déduire que s ∈ O (E) si et seulement si la matrice de s dans la base B est orthogonale.
• Définition de l’exponentielle d’un endomorphisme
Soit ϕ ∈ S (E).
2. Justifier qu’il existe une base orthonormée B constituée de vecteurs propres de ϕ et des réels λi i ∈[[1;n]] tels que la matrice de
¡ ¢
ϕ dans B soit D = diag (λ1 , . . . , λn ).
On définit alors exp(ϕ) comme l’unique endomorphisme de E dont la matrice dans la base B = (e 1 , . . . , e n ) est diag exp (λ1 ) , . . . , exp (λn ) .
¡ ¢
3. Montrer que ϕ et exp(ϕ) ont les mêmes espaces propres et que l’on définit bien ainsi un unique endomorphisme indépendam-
ment du choix de la base B.
• Propriétés de l’exponentielle
4. Justifier que exp(ϕ) ∈ S (E)++ . En déduire que exp(ϕ) est bijectif et que son application réciproque est exp(−ϕ).
5. a) Soit s ∈ O (E). Montrer que ψ = s ◦ ϕ¡◦ s −1 ∈ S (E). ¢
b) Justifier que la famille image Bs = s(e 1 ), . . . , s(e n ) est une base orthonormée de vecteurs propres pour ψ.
c) En déduire que exp(ψ) = s ◦ exp(ϕ) ◦ s −1 .
On pourra regarder la matrice de ces deux endomorphismes dans la base Bs .
• Étude d’une application
S (E) S (E)++
½
→
On pose maintenant : Φ:
ϕ 7 → exp(ϕ).
6. Justifier que Φ est surjective.
7. En considérant les espaces propres respectifs de ϕ et de exp(ϕ), montrer que Φ est injective.
• Décomposition polaire
Soient f , un isomorphisme de E et M sa matrice dans une base orthonormée C de E.
8. Vérifier que t MM ∈ S n++ , puis justifier qu’il existe une unique matrice S ∈ S n++ telle que t MM = S2 .
9. On pose O = MS−1 . Vérifier que O ∈ O n .
10. En déduire l’existence et l’unicité d’un couple (O, S) ∈ O n × Sn++ tel que M = OS.
11. Conclure en montrant qu’il existe un unique couple (ψ, ϕ) tel que :
ψ ∈ O (E), ϕ ∈ S (E) et f = ψ ◦ exp(ϕ).
• Bonus : Les questions sont indépendantes
12. Pour tout n ∈ N∗ , exprimer exp(n · ϕ) à l’aide uniquement de n et exp(ϕ).
13. Vérifier de plus que t MM est la matrice, dans la base canonique, de exp(2 · ϕ).
14. Justifier qu’il existe un polynôme P tel que exp(ϕ) = P(ϕ).
Indication. On pourra s’aider des polynômes de Lagrange.
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ECG 2 pour le mardi 23 janvier
DM 6 - sujet A
T HÈME : E NDOMORPHISMES ANTISYMÉTRIQUES
¡ ¢
Soit E, 〈·, ·〉 un espace euclidien de dimension n, dont le produit scalaire est noté 〈·, ·〉 L’objectif du problème est
d’étudier les endomorphismes ϕ de E tels que
ϕ(x), x = 0.
®
∀x ∈ E,
Les endomorphismes vérifiant cette propriété sont appelés endomorphismes antisymétriques. On note A (E), l’en-
semble des endomorphismes antisymétriques de E.
• Caractérisation matricielle
Soit ϕ un endomorphisme de E.
1. Pour tout couple (x, y) de E2 , développer 〈ϕ(x + y), x + y〉. En déduire l’équivalence entre :
i) ϕ ∈ A (E) ii) ∀(x, y) ∈ E2 , ϕ(x), y = − x, ϕ(y) .
® ®
2. On suppose dans cette question ¢ que la dimension n de E est non nulle. Soient B = (e 1 , e 2 , . . . , e n ) une base
orthonormée de E, et M = m i , j 1Éi , j Én la matrice associée à ϕ relativement à la base B.
¡
a) Montrer : ∀(i , j ) ∈ [[1; n]]2 , m i , j = e i , ϕ e j .
¡ ¢®
b) En déduire que ϕ est un endomorphisme antisymétrique si, et seulement si, la matrice M associée à ϕ
relativement à la base B vérifie t M = −M.
3. Justifier que A (E) est un espace vectoriel, préciser sa dimension.
• Généralités
Soit ϕ un endomorphisme antisymétrique non nul de E.
4. Soit λ un nombre réel. Montrer que si λ est valeur propre de ϕ, alors λ = 0.
5. Montrer que Im(ϕ) et Ker(ϕ) sont orthogonaux et supplémentaires dans E. En déduire que Ker(ϕ) = Ker ϕ2 .
¡ ¢
6. Montrer que ϕ2 est un endomorphisme symétrique de E et que toute valeur propre de ϕ2 est négative ou nulle.
7. a) Montrer que ϕ2 admet au moins une valeur propre non nulle.
Soient x un vecteur propre de ϕ2 associé à une valeur propre non nulle, et F le sous-espace vectoriel de E
engendré par (x, ϕ(x)).
b) Montrer que F est un plan vectoriel stable par ϕ.
c) Montrer que F⊥ , le supplémentaire orthogonal de F, est stable par ϕ.
d) On munit F⊥ du produit scalaire 〈·, ·〉1 défini pour tout couple (x, y) d’éléments de F⊥ par x, y 1 = x, y .
® ®
On définit l’endomorphisme ϕ1 de F⊥ par :
∀x ∈ F⊥ , ϕ1 (x) = ϕ(x).
Montrer que ϕ1 est un endomorphisme antisymétrique de F⊥ et que Im(ϕ) = F ⊕ Im ϕ1 .
¡ ¢
8. Montrer que le rang d’un endomorphisme antisymétrique est pair.
On pourra faire une récurrence sur la dimension de E.
9. Peut-on exhiber un endomorphisme antisymétrique bijectif dans R3 ?
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ECG 2
DM 6 - éléments de solution
Sujet A D’où λϕ + µψ ∈ A (E).
1. Raisonnons par double implication. On en déduit que A (E) est un sous-espace vectoriel de
* Supposons i) vrai. L (E), c’est un espace vectoriel.
Soient x, y ∈ E. Par bilinéarité du produit scalaire
On montre que l’application suivante est un isomor-
0 = 〈ϕ(x + y), x + y〉 = 〈ϕ(x), x〉 + 〈ϕ(y), x〉 phisme.
A (E) −→ An
½
+ 〈ϕ(y), y〉 + 〈ϕ(x), y〉
ϕ 7−→ MatB (ϕ)
Il reste :
0 = 〈ϕ(y), x〉 + 〈ϕ(x), y〉. où An est l’ensemble des matrices de Mn (R) et B une
b.o.n de E.
L’énoncé ii) est vrai.
On en déduit que
* Supposons ii). En considérant y = x, on a dim A (E) = dim An .
〈ϕ(x), x〉 = −〈x, ϕ(x) = −〈ϕ(x), x〉.
Or on montre que la famille de n2 matrices :
¡ ¢
D’où 〈ϕ(x), x〉 = 0. Finalement i) est vraie.
∀i , j ∈ 1; n, i<j Ei j − E j i
2.a) Dans le cas d’une base B = (e 1 , . . . , e n ) orthonormée, on
est une une base de An . Concluons :
sait que :
n
n(n − 1)
∀ u ∈ E, ϕ(u) =
X
dim A (E) =
®
u, e i e i . .
i =1 2
En particulier, pour tout j ∈ [[1; n]] 4. Soit x un vecteur propre de ϕ associé à la valeur propre λ.
³ n D ³ ´
´ E
ϕ ej = ϕ e j , ei ei . ϕ(x) = λx
X
et x 6= 0E .
i =1
³ ´ Dès lors
La i -ème coordonnée de ϕ e j est donc 0 = 〈ϕ(x), x〉 = λ〈x, x〉
D ³ ´ E = λkxk2 .
ϕ e j , ei .
Comme kxk 6= 0, on a nécessairement λ = 0.
C’est aussi, par définition de la matrice de ϕ relativement
à M, le coefficient m i j . D’où l’égalité 5. Soient y ∈ Im ϕ et x ∈ Ker ϕ. Il existe donc z ∈ E tel que
D ³ ´ E y = ϕ(z). Avec la condition ii) de la question 1.
mi , j = ϕ e j , e i .
〈y, x〉 = 〈ϕ(z), x〉 = −〈z, ϕ(x)〉 = 〈z, 0E 〉 = 0.
2.b) On montre à partir de ii) que ϕ est antisymétrique si et
seulement si On en déduit que Im ϕ et Ker ϕ sont bien orthogonaux. En
D ¡ ¢ E D ³ ´E particulier, ils sont en somme directe.
∀i , j ∈ [[1; n]], ϕ ei , e j = − ei , ϕ e j .
De plus, par la formule du rang :
C’est-à-dire, si et seulement si :
dim Im ϕ + dim Ker ϕ = dim E.
∀i , j ∈ [[1; n]], m j i = −m i j On sait alors que Im ϕ et Ker ϕ sont orthogonaux.
si et seulement si M = t M.
• On a toujours l’inclusion
3.
— A (E) ⊂ L (E). Ker ϕ ⊂ Ker ϕ2
— L’endomorphisme nul appartient à A (E) ;
car si ϕ(x) = 0E alors ϕ ◦ ϕ(x) = ϕ 0E = 0E .
¡ ¢
— Soient λ, µ ∈ R, ϕ, ψ ∈ A (E). Pour tous x, y ∈ E
• Établissons la réciproque. Soit x ∈ Ker ϕ2 . On a donc
〈(λϕ + µ)(x), x〉
ϕ(x) ∈ Ker(ϕ) ∩ Im(ϕ).
= λ 〈ϕ(x), x〉 +µ 〈ϕ(x), x〉 = 0.
Or cette intersection est réduite à {0E }. DOnc ϕ(x) = 0E .
| {z } | {z }
=0 =0
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Finalement, on a bien l’égalité Ker ϕ = Ker ϕ2 . On a ϕ y 1 ∈ F (stabilité de F par ϕ) et ϕ1 y 2 ∈ Im ϕ1 . On
¡ ¢ ¡ ¢
en déduit que
6. Soient x, y ∈ E, avec la condition ii) Im ϕ ⊂ F + Im ϕ1 .
Réciproquement, si z ∈ F+Im ϕ1 , il existe y ∈ F et ϕ1 y 2 ∈
D E ¡ ¢
ϕ2 (x), y = −〈ϕ(x), ϕ(y)〉
D E Im ϕ1 tels que
= + x, ϕ2 (y) .
z = y + ϕ1 y 2 = y + ϕ y 2
¡ ¢ ¡ ¢
On en déduit que ϕ2 est symétrique.
Si x est un vecteur propres de ϕ pour la valeur propre λ Or il existe α, β ∈ R tels que y = αx + ϕ(x).
D E Comme x est vecteur propre pour cette valeur propre non
λkxk2 = λ〈x, x〉 = ϕ2 (x), x nulle
x = ϕ2 (x/λ) (λ 6= 0)
= −〈ϕ(x), ϕ(x)〉 = −kϕ(x)k2
et ³α ´
Comme kxk2 > 0, on a bien λ < 0. y =ϕ ϕ(x) + x
λ
et ³α
7.a) D’après le théorème spectral, on sait que le spectre n’est ´
z =ϕ ϕ(x) + x + y 2 ∈ Im ϕ.
pas vide et que ϕ est diagonalisable. Si 0 est la seule va- λ
leur propre de ϕ, on en déduit que la matrice de ϕ dans On a prouvé l’inclusion
une base de vecteurs propres est la matrice nulle. L’endo-
morphisme ϕ est alors nul alors que ce cas est exclu par F + Im ϕ1 ⊂ Im ϕ.
hypothèse.
Par double inclusion
7.b) Soit u ∈ Vect(x, ϕ(x)). Il existe α, β ∈ R tels que
F + Im ϕ1 = Im ϕ.
u = αx + βϕ(x)
De plus Im ϕ1 ⊂ F⊥ et F, F⊥ sont en somme directe donc
D’où
ϕ(u) = αϕ(x) + βϕ2 (x) F ⊕ Im ϕ1 = Im ϕ.
= αϕ(x) + βλx ∈ Vect(x, ϕ(x)).
8. Montrons par récurrence que la propriété P (n) : "pour
L’espace Vect(x, ϕ(x)) est bien stable par ϕ.
tout endomorphisme antisymétrique de E, de dimension
Justifions que F est bien un plan. Si tel n’est pas le cas,
inférieur à n, le rang est pair " est vraie pour tout n ∈ N∗ .
comme x est non nul, on en déduirait que ϕ(x) est coli-
néaire à x. Autrement dit, x serait vecteur propre pour ϕ.
* Initialisation. Pour n = 1, le seul endomorphisme de E
Or, on a montré à la question 4 que la seule valeur propre
qui soit antisymétrique est l’endomorphisme nul. Qui est
est 0. On a ainsi ϕ(x) = 0E , puis ϕ2 (x) = 0E . Cas exclu par
de rang 0. P (1) est vraie.
l’énoncé.
* Hérédité. Supposons P(n) vraie. Soit ϕ¡ est endomor-
7.c) On recopie la preuve du cours : Rappelons que ¢
phisme symétrique d’un espace euclidien E, 〈·, ·〉 de di-
F⊥ = {v ∈ E | ∀u ∈ F, 〈u, v〉 = 0}. mension n + 1. Si ϕ est l’endomorphisme nul, le résultat
est clair. Sinon, on peut considérer une valeur propre non
Soit v ∈ F⊥ , montrons que ϕ(v) ∈ F⊥ . nulle et d’après ce qui précède, on dispose d’une décom-
Soit u ∈ F. L’endomorphisme ϕ étant antisymétrique position du type
〈ϕ(v), u〉 = −〈v, ϕ(u)〉 = 0 E = F ⊕ F⊥
où F est un plan. La restriction ϕ1 de ϕ à F⊥ est donc un
car v ∈ F⊥ et ϕ(u) ∈ F. Ainsi, pour tout u ∈ F, ϕ(v) est or-
endomorphisme antisymétrique de F⊥ . Comme dim F⊥ =
thogonal à u, c’est-à-dire ϕ(v) ∈ F⊥ . En conclusion, F⊥ est
n − 1 É n, on peut affirmer par hypothèse de récurrence
stable par ϕ.
que le rang de ϕ1 est pair. Or
7.d) Soit x ∈ F⊥ . Comme ϕ∈A (E) rg(ϕ) = dim(F) + rg(ϕ1 )
x, ϕ1 (x) 1 = 〈x, ϕ(x)〉 = 0
®
est donc aussi un entier pair.
Dès lors ϕ1 ∈ A F⊥ .
¡ ¢ P (n + 1) est vérifiée.
⊥
On a E = F ⊕ F . Soit z ∈ Im ϕ. Il existe donc y ∈ E tel
que z = ϕ(y). Ensuite, il existe y 1 ∈ F, y 2 ∈ F⊥ tels que * Conclusion. Tout endomorphisme antisymétrique d’un
y = y 1 + y 2 . D’où espace euclidien est de rang pair.
z = ϕ y1 + y2 = ϕ y1 + ϕ y2
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
9. Non car dans ce cas Im ϕ = R3 et le rang est impaire. Im-
= ϕ y 1 + ϕ1 y 2 possible.
¡ ¢ ¡ ¢
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