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Évolution des Sujets du Droit International

Le droit international, historiquement limité aux États, a évolué pour inclure d'autres sujets tels que les organisations internationales et les individus, notamment en matière de droits de l'homme. Les États demeurent les principaux acteurs du droit international, définis par des éléments tels que le territoire, la population et un gouvernement effectif. La personnalité juridique sous le droit international peut être active ou passive, influençant la capacité des entités à créer et à revendiquer des droits et obligations.

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Évolution des Sujets du Droit International

Le droit international, historiquement limité aux États, a évolué pour inclure d'autres sujets tels que les organisations internationales et les individus, notamment en matière de droits de l'homme. Les États demeurent les principaux acteurs du droit international, définis par des éléments tels que le territoire, la population et un gouvernement effectif. La personnalité juridique sous le droit international peut être active ou passive, influençant la capacité des entités à créer et à revendiquer des droits et obligations.

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WEEK 2 – SETTING THE INTERNATIONAL LAW STAGE – LA MISE EN SCÈNE

DU DROIT INTERNATIONAL

SECTION 1 - INTRODUCTION

Traditionnellement, le droit international s’applique uniquement aux Etats. Le droit international est le droit des nations
(Law of nations). Cependant, les développements dans le monde contemporain ont élargi la catégorie de sujets.

§1. SETTING THE STAGE : la mise en scène

A. LES SUJETS DU DROIT INTERNATIONAL : LES ÉTATS

Après la paix de Westphalie, et pendant environ 300 ans, les États sont restés les seuls acteurs des relations
internationales et aussi les seuls sujets de droit international.

Cette réalité durable se reflète dans l'adjectif « international » qui est utilisé pour caractériser les relations et le droit
existant en dehors du contexte interne et national de chaque État.

Les états étaient les fondateurs et les maîtres du droit international. Ils ont créé cet ordre juridique pour eux-mêmes,
leurs normes et leurs règles ont été créées par eux. Et ces normes et règles étaient applicables entre eux, et uniquement
entre eux (la doctrine juridique l’a affirmé pendant longtemps).

→ Il était donc impossible, pour le droit international, de s’appliquer à d'autres entités que les États.

B. ÉLARGISSEMENT DES SUJETS

Il y avait une nécessité d'une coopération plus durable entre les Etats, les États ont commencé à établir entre eux des
entités qui étaient juridiquement distincte d'eux, c’est-à-dire que ce sont des entités qui ont été conçus pour servir certains
objectifs spécifiques, comme par exemple la gestion d'une rivière entre deux Etats riverains ou en organisant l'échange
de courrier postal à travers les frontières.

Les Etats ont établi des organisations internationales et il a été admis que ces organisations pourraient aussi avoir une
personnalité juridique en vertu du droit international.

En outre, après les terribles crimes et persécutions qui ont eu lieu au cours de la Seconde Guerre mondiale, il a été jugé
nécessaire de limiter, par des traités, la façon dont les États pourraient exercer leurs pouvoirs souverains sur les individus
et les groupes en protégeant les droits et les libertés fondamentales.

Les droits de l’homme internationaux sont nés, en précisant que les individus pourraient également être les titulaires de
droits en vertu du droit international. Et à travers le développement des tribunaux de Nuremberg et de Tokyo, le
droit international a également été utilisé pour poursuivre et condamner les individus.

Dans les 30/40 dernières années, les corporations ont accordé des droits substantiels et procéduraux en vertu des
traités bilatéraux d'investissement.

→ Ceci prouve que le droit international pourrait conférer des droits aux particuliers, mais il peut aussi leur imposer des
obligations. Il n’est donc pas impossible d’utiliser des instruments régis par le droit international pour créer des droits
et des obligations pour d'autres sujets que les États.

De plus, le respect du droit international, son développement et son amélioration est une préoccupation grandissante
pour ce qu'on appelle la « société civile internationale », qui est composé de centaines d'organisations non
gouvernementales (ONG) ayant toutes sortes de préoccupations, partant de la protection de l'environnement aux droits
des femmes.

1
§2. PERSONALITY UNDER INTERNATIONAL LAW

Il faut faire une distinction entre les acteurs des relations internationales et les sujets de droit international.

A. LES ACTEURS DES RELATIONS INTERNATIONALES

Les acteurs des relations internationales sont toutes les entités et les personnes qui, d'une manière ou d'une autre,
apparaissent sur la scène internationale. Ils interagissent dans les relations internationales :

- Ça pourrait être les États, les organisations internationales comme l'ONU, l'OMC ou l'OTAN, les grandes
sociétés transnationales, les grandes ONG comme Amnesty International ou Médecins Sans Frontières.

- Ça pourrait être des individus, comme un chef religieux, un prisonnier charismatique et l'adversaire, ou un
riche homme d'affaires organisant des grosses actions de bienfaisance de son propre chef dans les pays en
développement, cela pourrait être des groupes terroristes, un mouvement rebelle qui lutte contre une guerre
civile, ou le comité du prix Nobel de la paix.

- Cela pourrait aussi être une catégorie de personnes qui font ensemble un groupe distinct ayant une incidence
sur les relations internationales, comme les migrants, etc.

Toute personne, tout groupe ou toute entité ayant un impact sur les relations internationales pourrait être un
acteur de ces relations internationales.

B. LES SUJETS DE DROIT INTERNATIONAL

Être sujet de droit international signifie avoir une personnalité juridique en vertu du droit international – en
contraste, et souvent en plus, d'être un sujet de droit national.

QU’EST-CE QUE SIGNIFIE « AVOIR UNE PERSONNALITÉ JURIDIQUE » ? Il existe différentes conceptions :

❖ Selon la définition large, doté de la personnalité juridique signifie avoir des droits et/ou des obligations en vertu
de l'ordre juridique pertinent. En ce sens, on pourrait dire que les individus sont des sujets de droit international
parce qu'ils ont reçu des droits et des obligations en vertu du droit international : les droits de l’homme
internationaux protègent les individus, tandis que chacun de nous est tenu en vertu du droit international de ne pas
commettre certains crimes graves comme les crimes de génocide ou de guerre.

En ce sens, en tant qu'individus, nous sommes des sujets de droit international. Cependant, notre personnalité
juridique est seulement passive : nous ne créons pas, par nous-mêmes ; ces droits et obligations qui nous sont
accordés par les instruments juridiques internationaux. Nous ne maîtrisons pas ces instruments.

❖ Ces instruments sont maîtrisés par d'autres sujets, notamment par les États et les organisations internationales, et
de ce fait, ces derniers ont une personnalité active en vertu du droit international. Ceci est la définition étroite de
la personnalité juridique : le fait d’avoir des droits et/ou des obligations en vertu du droit international ne suffit pas,
ce qui importe est d'avoir la capacité juridique de participer à la création de nouveaux droits et de nouvelles
obligations, au moins pour soi-même, et pour ce faire à travers des instruments juridiques qui sont des instruments
du droit international.

➢ La distinction entre la personnalité juridique active et passive n’est pas si différente que ça de la distinction
entre être un sujet d'une réglementation et l’objet de la réglementation - entre la réglementation et être
réglementé. Bien sûr, la distinction est dogmatique et parfois, les choses sont un peu floues : par exemple, il est
difficile de décider si la capacité de faire valoir des droits accordés est un élément de la personnalité active ou
passive.

2
ILLUSTRATION : Les individus et sociétés peuvent faire valoir leurs droits au niveau international contre les autorités
publiques qui ont échoué à respecter les droits protégés en vertu des droits de l’homme. Peut-être que les individus sont
des personnes actives, mais on peut contredire cela par le fait que les individus et sociétés ne créent pas le DI.

 La distinction entre actif et passif a un but éducatif, il aide à classer et catégoriser.

La distinction entre la personnalité juridique active ou passive n’est pas très différente de la distinction entre être un
sujet de règlementation ou un objet de règlementation.

Ainsi, la personnalité juridique peut varier et revêtir différentes formes.

AVIS CONSULTATIF SUR LA PERSONNALITÉ JURIDIQUE DE L’ONU : Les sujets de droits dans un système juridique ne
sont pas identiques dans l’étendue ou la nature de leurs droits cela dépend des besoins de la communauté. Les besoins
de la communauté peuvent expliquer l’émergence de nouvelles catégories de sujets de DI. La subjectivité en vertu de la
loi découle des besoins sociaux à un certain moment et ce n’est pas une catégorie unifiée : l'étendue des droits et la
nature du sujet peut varier considérablement.

SECTION 2. STATES

§1. INTRODUCTION

Historiquement, les États ont été les premiers sujets de droit international et ils restent les plus importants. Le droit
international a été inventé par les États, pour les États, et il est en grande partie faite par eux. Qu’est-ce un Etat au sens
du droit international ?

QU'EST-CE QU'UN ÉTAT ?

Un État a été personnifié en vertu du droit international, un État est un sujet juridique, c’est une entité abstraite.

→ Affaire engagée devant la Cour internationale de justice: la Gambie (petit État africain). La Gambie a engagé
une procédure contre le Myanmar, un État asiatique. Le Myanmar a été accusé par la Gambie d'avoir violé la
convention sur le génocide en ce qui concerne les Rohingyas. En vertu de la convention sur le génocide (qui est un
instrument qui reflète beaucoup l'après-guerre en Europe), pour qu'un État soit reconnu coupable de génocide, nous
devons établir non seulement certains actes, mais nous devons établir que ces meurtres ont eu lieu. avec une intention
précise, l'intention de détruire en tout ou en partie un groupe. Donc, il y a un élément de dolus specialis, d'intention
comme en droit pénal. Il est logique en droit pénal de parler d'intention parce que nous savons que les êtres humains
ont des intentions.

L'état dans la même mesure est en quelque sorte traité comme un être, comme un individu, quelque chose avec une
intention. Cependant, l'État est profondément abstrait. Le droit international fera comme si l'État était une personne
avec des intentions.

§2 THE ELEMENTS OF STATEHOOD

Les états sont des sujets actifs de droit international. Qu’est-ce qu’un état en tant que sujet juridique en vertu du droit
international ? Comment pouvons-nous dire qu’une entiée est un état au sens du droit international ?

QUELS SONT LES TROIS ÉLÉMENTS QUI AIDENT À IDENTIFIER LES ÉTATS AU REGARD DU
DROIT INTERNATIONAL?
- Un territoire
- Une population
- Un gouvernement effectif

En définitive, un État est un gouvernement exerçant une autorité sur des personnes sur un territoire.
Ces trois éléments sont notamment rappelés par la Convention de Montevideo sur les droits et devoirs des Etats, une
convention conclue au cours de la 7e Conférence internationale américaine en 1933. La Convention est censée codifier
les critères pour être un État ainsi que la théorie déclarative de l'Etat. La Convention de Montevideo ajoute un 4e

3
élément : la « capacité d'entrer en relations avec les autres Etats ». Cependant, ce 4e élément est en quelque sorte inclus
dans la notion de gouvernement efficace : il s’agit de l'aspect extérieur d'un gouvernement efficace pour être en mesure
d'entretenir des relations internationales.

Quelques mots sur ces trois éléments :

o Territoire

Il n'y a pas d'Etat sans territoire. Le territoire doit être naturel, cela ne peut pas être une plate-forme artificielle au-dessus
des vagues. Cependant, il n'y a pas besoin d'avoir un territoire avec des limites claires et indiscutables tout autour. Ce
qui importe, c’est d’avoir le contrôle sur un certain territoire.

La taille du territoire n'a pas d'importance : il y a d'énormes états comme la Russie et des micro-Etats comme Monaco.
Si la taille du territoire n'a pas d'importance, il reste que, comme certains l'ont dit, le droit international est « obsédé »
par territoire. Et il est vrai que de nombreux conflits ont existé et existent encore aujourd'hui entre les États sur les
questions de titre sur un territoire et environ délimitations frontalières.

Le concept de souveraineté de l'État est intrinsèquement lié au territoire, au point où la souveraineté territoriale est la
clé de l'indépendance d’un état.

En 1928, dans une médiation entre les Pays-Bas et les États-Unis d'Amérique au sujet de la souveraineté sur l'île de
Palmas (situé dans l'océan Pacifique au sud des Philippines et au nord de l'Indonésie), Max Huber agissant comme seule
arbitre dans l’affaire, écrit que :

« La souveraineté, par rapport à une partie de la surface du globe, est la condition juridique nécessaire à l'inclusion
de cette partie sur le territoire d'un État particulier.
La souveraineté, par rapport au territoire, est appelée « souveraineté territoriale ».

La souveraineté, dans les relations entre les Etats, signifie l'indépendance. L'indépendance, en ce qui concerne une partie
du globe, est le droit d'y exercer, à l'exclusion de tout autre État, les fonctions d'un Etat ».

Nous pouvons tracer des frontières entre les États, vivre ensemble séparément. Et parce que nous avons des frontières,
nous pouvons construire une société, nous pouvons construire une politique, une langue, une culture, des institutions
qui ont autorité sur le territoire de l'Etat et l'identité qui accompagne l'Etat est une norme sur le territoire.

On parle de territoire lorsqu'il parle de continuité d'État et de succession d'États (lorsqu'un nouvel État surgit sur le
territoire d'un ancien État, peut-être que cet ancien État cesse complètement d'exister ou que l'ancien État continue
d'exister mais avec une portion de territoire réduite) .

On parle aussi de territoire lorsqu'il analyse comment de nouveaux États naissent et si de nouveaux États naissent
avec certaines frontières et c'est la question de l'uti possidetis juris (exemple: la Tchécoslovaquie se scinde, deux
nouveaux États voient le jour mais il existe un une frontière intérieure à l'intérieur de l'État, la frontière intérieure se
transforme en frontière internationale).

o Population

Il n'y a pas d'Etat sans une population, sans les personnes vivant sur le territoire de l'Etat.

Encore une fois, la taille de la population n'a pas d'importance, mais il ne doit pas être un espace vide, ni un espace avec
uniquement des animaux sauvages.

La population doit vivre sur le territoire sur une base permanente - il peut bien sûr se déplacer en fonction des saisons,
mais il doit être là. Ce n’est pas important que la population ait la nationalité de l’état en question ou plusieurs
nationalités de différents états.

o Gouvernement efficace et indépendant

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La population vivant sur le territoire doit être socialement organisée, dirigée et représentée par les autorités qui peuvent
effectivement faire respecter les obligations internationales de l'État sur le territoire et la population. Et ces autorités
doivent être indépendantes (elles ne doivent pas obéir aux ordres venant de l'extérieur et elles doivent agir de manière
autonome).

Les États sont libres, en vertu du droit international, de choisir la forme et la nature de gouvernement qu'ils préfèrent :
une république ou une monarchie, un Etat fédéral ou un État très centralisé, une dictature militaire ou une démocratie
libérale.

En outre, le droit international interdit toute ingérence extérieure dans ce qu'on appelle les « affaires intérieures » de
l'État.

Ceci étant dit, les États sont de plus en plus d'accord dans les traités sur le fait d'avoir une forme de gouvernement
démocratique et de respecter certaines libertés politiques fondamentales. Ces traités sont généralement conclus au niveau
régional plutôt qu’au niveau universel.

Toutefois, si ces traités ont été conclus et sont contraignants pour l'État concerné, il n’est plus libre, en vertu du droit
international, d'avoir un gouvernement non démocratique, tandis que la façon de gouverner son peuple est également
limitée par les règles du droit international.

o Précisions sur ces éléments constitutifs

Le processus par lequel ces 3 éléments se rencontrent à un certain moment est un processus essentiellement factuelle -
historiquement, les États se sont établis eux-mêmes en tant qu’États parce qu'ils étaient en mesure de le faire.

Cependant, ceci est une erreur si, par « constitutif », on estime que l'État cesse d'exister en tant qu’État si l'un des trois
éléments vient à manquer. L'État survit et ne disparaît pas si, notamment, il manque un gouvernement efficace. Par
exemple, l'Allemagne a été laissée sans gouvernement central après la chute du 3e Reich, mais il n'a pas disparu en tant
qu’État. La Somalie n'a pas cessé d'être un Etat malgré l'absence d'un gouvernement efficace pendant de nombreuses
années.

Ces trois éléments doivent être considérés comme étant des critères pour l'identification des États : ils aident à identifier
si ce que nous avons en face de nous est en effet un État, plutôt que quelque chose d'autre, comme une tribu ou une
organisation internationale.

L'acte par lequel les Etats existants officiellement prennent connaissance de l'existence d'un nouvel État, et par lequel
ils l’admettent comme étant un de leurs pairs, est appelé la reconnaissance de l'État.

§3. STATE RECOGNITION – RECONNAISE DES ETATS

La reconnaissance de l'Etat peut être utilisée quand un nouvel Etat apparaît sur la scène mondiale. Mais cela ne peut être
utilisé qu’une seule fois par rapport à l'entité concernée.

A. ACTE DISCRETIONNAIRE

La reconnaissance d’un Etat est un acte discrétionnaire parce que :

- Aucun devoir de reconnaître un nouvel État en tant qu'État → Cependant, il pourrait y avoir des cas où la
reconnaissance est interdite.

- Il peut se faire à chaque fois que l’état reconnaissant l’entend : L'Etat reconnaissant le nouvel Etat peut
également conditionner sa reconnaissance sur certaines concessions politiques ou engagements que le nouvel
Etat est appelé à faire.

La reconnaissance de l'Etat est un acte discrétionnaire qui est le plus souvent explicite et rendu public par une
déclaration officielle. Parfois, le mot reconnaissance » n’est pas utilisé et parfois la reconnaissance résulte tacitement
d'autres actes.

Cependant, il faut être très prudent à cet égard : par exemple, contracter un traité avec un Etat ne signifie pas
nécessairement, ni n’implique que les deux Etats se reconnaissent mutuellement. → Le seul acte qui implique
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nécessairement la reconnaissance tacite et mutuelle est l'établissement de relations diplomatiques entre les deux
Etats.

B. ACTE UNILATERAL

La reconnaissance est un acte unilatéral d'un État vis-à-vis d'un autre État. Plusieurs États peuvent décider de consulter
l'autre et de procéder de manière concertée avant que chacun d’entre eux reconnaisse le nouvel Etat. Mais cela ne fait
pas de la reconnaissance d’État un acte collectif.

Quand un Etat est admis en tant que membre des Nations Unies, cela ne signifie pas que tous les Etats membres de
l'ONU reconnaissent ce nouveau membre en tant qu'État. La reconnaissance d’Etat ne résulte pas du fait d’être admis à
l'ONU.

En outre, le fait de voter en faveur de l'admission d'un nouvel État membre ne signifie pas nécessairement que
l’on le reconnait tacitement comme étant un Etat. Par exemple, en Novembre 2012, l'Assemblée générale de l'ONU
accorde ce qu'on appelle le « statut de non-membre État observateur » pour la Palestine, un statut par lequel on ne
devient pas membre de l'ONU, mais qui exige néanmoins que l'entité soit un État. Lors du vote en faveur de ce statut,
de nombreux États ont déclaré que leur vote ne signifie pas qu'ils reconnaissent la Palestine comme étant un État - même
si le statut de non-membre ne peut être accordé qu’aux entités qui sont considérées comme des Etats.

C. ACTE DECLARATOIRE

L’acte déclare simplement que l'entité reconnue est un État, sans avoir pour effet de créer cet État comme étant une
entité de fait ou constituant sa personnalité juridique internationale. En d'autres termes, la reconnaissance d’Etat n'a
aucun effet juridique spécifique et est donc un acte politique, plutôt que juridique. Cependant, cet acte a une grande
importance dans les relations internationales et il ne se fait jamais à la légère.

→ La reconnaissance ne crée pas un Etat.

La reconnaissance implique aussi un certain effet constitutif. Mais, la reconnaissance n’est pas constitutive de l'Etat
reconnu comme étant un État. La reconnaissance est constitutive en ce sens qu'elle établit une relation entre l'Etat
reconnaissant la nouvelle entité et l'entité reconnue comme Etat.

Si vous voyez une entité reconnue comme étant un Etat par certains États, tandis que d'autres États refusent de le
reconnaître comme tel, on peut se demander si cet état est réellement un état ou non ? Parfois, même les États qui
refusent de reconnaître une entité comme étant un État, concèdera facilement qu’il est en réalité un état. Le fait de refuser
de reconnaître un état n’est pas une façon de nier l'existence factuelle de l'entité comme étant un état, un fait est un fait,
mais ce sera une façon de nier sa légitimité politique. Par exemple, les États arabes qui refusent toujours de reconnaître
Israël aujourd'hui savent très bien qu’Israël est un État et il serait stupide de ne pas le voir.

Dans d'autres cas, lorsque l'existence factuelle de l'État est plus discutable, la dimension constitutive de la
reconnaissance entre en jeu.

Comme la reconnaissance établit une relation entre l'État reconnaissant et l'entité reconnue, l’Etat existera pour le but
de cette relation. Dans un tel cas, et en dépit d'être avant tout une question factuelle et objective, le fait d’être un Etat
pourrait donc se résumer à une question relative basée sur des évaluations subjectives. Ceci est le prix à payer dans un
système décentralisé d'États, où chacun d'eux se voit confier le pouvoir discrétionnaire de reconnaître ou non de
nouveaux États.

§4. OBLIGATION NOT TO RECOGNIZE – OBLIGATION DE NE PAS RECONNAIRE

Si la reconnaissance d’Etat est un acte discrétionnaire, EST-CE QUE LES ÉTATS SONT TOUJOURS LIBRES DE
RECONNAITRE UNE AUTRE ENTITE COMME ETANT UN ÉTAT ? OU EST-CE QUE LA
RECONNAISSANCE EST PARFOIS INTERDITE ?

A. POINT DE VUE HISTORIQUE

A partir de ≠ pratiques de non-reconnaissance, une règle coutumière de droit international est née :

6
En 1931 : le Japon envahit le Mandchourie et établit le Mandchoukouo. La Société des Nations dira que cette grave
violation de la paix est très faible et le Mandchoukouo a continué d’exister jusqu’en 1945.

En 1932 : les USA adressent au Japon et à la Chine des notes diplomatiques en soulignant que les USA ne vont pas
reconnaître les modifications territoriales intentées à la suite d’une utilisation illégale de la force.

La guerre comme instrument de politique nationale avait en effet été déclarée illégale en vertu du Traité de Paris de
1928 (Pacte Briand-Kellogg).

 L’invasion japonaise a été considérée comme une violation flagrante de cette nouvelle règle de droit
international.

Cela a été appelé la DOCTRINE STIMSON qui a créé un principe : « EX INJURIA JUS NON ORITUR ». Ce principe
signifie qu’une situation légale ne peut découler d’une violation grave du droit.

 Une règle coutumière de droit international a donc émergé.

En 1940 : ce principe a été utilisé par plusieurs Etats notamment quand l’URSS a annexé les 3 républiques baltes en
1940.

B. EXEMPLE DELA NAMIBIE

L’OBLIGATION DE NE PAS RECONNAÎTRE LÉGALEMENT DES SITUATIONS ILLÉGALES a été


énoncée par la Cour internationale de justice.

La Namibie était une colonie allemande.

En 1919 (traité de versailles) : l’Allemagne a perdu ses colonies et la Société de Nations a établi le système de mandat
pour leur administration. L’Afrique du Sud a obtenu un mandat (pour la Namibie).

 Article 22 du pacte de la société des nations : le système de mandat a été régi par 2 principes qui sont la non-
annexion et le bien-être et le développement des peuples concernés.

En 1945 : les nations unies ont été créées et un nouveau système de tutelle est mis en place. Mais les Etats en
possession d’un mandat restaient liés par le devoir de remplir leurs obligations de mandat. L’ONU a repris les pouvoirs
de surveillance qui étaient avant exercés par la Société des nations.

En 1966 : l’ONU met fin au mandat de l’Afrique du Sud en raison de sa politique d’apartheid, de discrimination raciale.
L’Afrique du Sud avait mené l’administration du territoire sous mandat d’une manière contraire au mandat, aux droits
de l’homme et de la charte des Nations Unies.

 Mais l’Afrique du Sud a continué à être présente dans le Sud-ouest africain. Le conseil de sécurité a déclaré que
sa présence était illégale et que tous les actes de l’Afrique du Sud concernant la Namibie après la fin du
mandat étaient illégaux et invalides.

En 1971 : la Cour internationale de justice a jugé que les Etats membres de l’ONU devaient obligatoirement reconnaître
l’illégalité de la présence de l’Afrique du Sud en Namibie et la nullité de ses actes.

En 1990 : la Namibie devient indépendante.

En 2002, le gouvernement israélien approuve la construction d’une clôture continue en Cisjordanie pour prétendument
protéger ses citoyens contre les attaques terroristes.

La Cour a estimé que cette construction était contraire au droit international et qu’Israël devait cesser les travaux,
démanteler les parties du mur déjà construit et réparer les dommages causés par la construction du mur.

7
 Les Etats ont l’obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur et de
ne pas maintenir la situation créée par cette construction.

L’obligation de ne pas reconnaître comme licite une situation créée par une violation grave d’une norme impérative du
droit international général a été codifié comme une règle du droit international coutumier. (Art 41§2).

Le pouvoir discrétionnaire des Etats de reconnaître de nouveaux Etats n’est pas absolu. Ils ont l’obligation de ne pas
reconnaître les situations résultant de violations graves des règles fondamentales du DI.

 Les Etats violeraient cette obligation s’ils reconnaissaient un nouvel Etat créé par une opération militaire illégale
ou sans respecter les règles essentielles du DI.

Le conseil de sécurité a imposé aux Etats de ne pas reconnaître comme licite : le Régime raciste minoritaire en Rhodésie
du Sud (actuel Zimbabwe) et de considérer sa déclaration d'indépendance comme n’ayant aucune validité en droit, la
Déclaration d'indépendance de la « République turque de Chypre du Nord », l’annexion du Koweït par l'Irak, la
déclaration unilatérale d'indépendance de la « Republika Srpska »

§5. IS UNILATERAL SECESSION PROHIBITED ? – LA SECESSION UNILATERALE EST-ELLE


INTERDITE ?

Un nouvel Etat est créé par un processus concerté et négocié avec la mère-Etat. Ainsi, le reste du monde sera rassuré
et il n’y aura pas de contestations.

Exemple : le Soudan du Sud proclame son indépendance en 2011 à la suite d’un référendum sous contrôle
international après une longue guerre civile sanglante.

Cependant, à travers l'histoire, beaucoup de nouveaux États sont venus à exister à la suite d’actes unilatéraux de
sécession. Est-ce que le droit international interdit les secessions unilaterales ? Est-ce que les sécessions unilatérales
sont illégales en tant que tels par le droit international, alors, l'obligation de ne pas reconnaître devrait être appliquée
et la nouvelle entité qui aspire à être un état ne sera pas reconnue comme étant un état ?

Le droit international est resté muet quant à savoir si la sécession unilatérale est légale. Il n’existe aucune règle
de droit internationale pour interdire la sécession unilatérale.

→ Alors que la sécession unilatérale est généralement inconstitutionnelle en droit interne, le droit international
ne prévoit pas de règle interdisant la sécession unilatérale en tant que telle. La sécession en soi n’est pas interdite
par le droit international général. Or, le droit international protège l'intégrité territoriale des États, et notamment
l'art 2, § 4, de la Charte des Nations Unies. Donc, on pourrait croire que la sécession unilatérale est illégale, car
elle modifie l'intégrité territoriale.

La Cour internationale de justice a indiqué dans un avis consultatif concernant la déclaration unilatérale d’indépendance
du KOSOVO que : « la portée du principe de l'intégrité territoriale est confinée à la sphère des relations entre Etats ».

 Au moment où se produit la sécession par déclaration unilatérale d’indépendance, l’entité qui est sur le point
d’essayer de devenir un Etat n’est pas encore lié par les obligations qu’ont les Etats vis-à-vis des autres Etats.

Cette Obligation de respecter l’intégrité territoriale respective devient contraignante dès que le nouvel Etat a fait sa
déclaration d’indépendance et que cette dernière est acceptée.

Si le droit international avait interdit radicalement la sécession, la création d’un nouvel Etat aurait été contraire au droit
international et les autres Etats ne pourraient pas le reconnaître.

Ainsi, la composition de la communauté internationale des Etats serait gelée pour tjrs. Cela donnerait à la mère-Etat un
droit de veto illimité à l’émergence d’un nouvel Etat sur une partie de son territoire.

MAIS la sécession unilatérale n’est pas toujours en conformité avec le droit international.
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 Lors d’infractions graves, elle sera illégale : utilisation illégale de la force par un Etat aidant la sécession (cas
de la République turque de Chypre du nord), nettoyage ethnique (republika srpska pendant la guerre de Bosnie).

§6. THE KOSOVO ADVISORY OPINION – L’AVIS CONSULTATIF DU KOSOVO

En 2008, le Kosovo déclare son indépendance.

Certains Etats ont reconnu la république du Kosovo en tant qu’Etat indépendant. D’autres ont rejeté la déclaration car
ils estiment qu’elle est illégale et illégitime.

La Cour internationale de justice a rendu un avis consultatif en 2010.

 La Cour a rappelé le PRINCIPE DE L’INTÉGRITÉ TERRITORIALE prévu par l’art. 2 §4 de la charte des
nations unies « Tous les membres doivent éviter, dans leurs relations internationales, la menace ou l'emploi de
la force contre l'intégrité́ territoriale ou l'indépendance politique de tout E, ou toute autre manière incompatible
avec les buts des Nations Unies ».

La Cour considère que les déclarations d’indépendance sont traditionnellement considérées comme légales par le
droit international.

La Cour dit que le conseil de sécurité a fait condamner les déclarations d’indépendance telles que celles de la
Rhodésie du sud, le nord de Chypre, la république de Srpska.

 Mais elles ont été condamnées par le conseil de sécurité car elles allaient de pair avec le recours illicite de la
force ou de violations graves de normes de droit international.

Or dans le cas du Kosovo, le conseil de sécurité n’a pas pris cette position.

→ La Cour dit qu’aucune interdiction générale des déclarations unilatérales d’indépendance ne saurait être
déduite de la pratique du conseil de sécurité.

Avis le 22 Juillet de 2010 :

La Cour a d'abord porté son attention sur la légalité des déclarations d'indépendance en vertu du droit international
général. La CIJ a reconnu le record historique varié de déclarations d'indépendance et a fait valoir :

« 79. Au cours du XVIIIe, XIXe et début du XXe siècle, il y avait de nombreux cas de déclarations d'indépendance,
souvent vigoureusement opposé par l'Etat à partir de laquelle l'indépendance était déclarée. Parfois, une déclaration
entraînait la création d'un nouvel Etat, parfois non.
En aucun cas, cependant, la pratique des États dans son ensemble suggère que l'acte de promulgation de la déclaration
soit considéré comme contraire au droit international.
Au contraire, la pratique des États durant cette période arrive à la conclusion que le droit international ne contient pas
d’interdiction des déclarations d'indépendance.
Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, le droit international de l'autodétermination s’est développé de manière à
créer un droit à l'indépendance pour les peuples des territoires non-autonomes et l’assujettissement du peuple, à la
domination et à l’exploitation. [...] Un grand nombre de nouveaux États ont vu le jour à la suite de l'exercice de ce
droit.
Il y avait, cependant, également des cas de déclarations d'indépendance en dehors de ce contexte.
La pratique des États dans ces derniers cas ne pointe pas vers l'émergence dans le droit international d'une nouvelle
règle interdisant la fabrication d'une déclaration d'indépendance dans de tels cas.

80. Plusieurs participants à la procédure devant la Cour ont affirmé que l'interdiction de déclarations unilatérales
d'indépendance est implicite dans le principe de l'intégrité territoriale. La Cour rappelle que le principe de l'intégrité
territoriale est une partie importante de l'ordre juridique international et est inscrit dans la Charte des Nations Unies
(art 2, § 4, qui prévoit que :
« Tous les membres doivent éviter, dans leurs relations internationales, la menace ou l’utilisation de la force contre
l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts
des Nations Unies. »).
9
En général la résolution 2625 (XXV), intitulée « Déclaration relative aux principes du droit international touchant les
relations amicales et la coopération entre les États conformément à la Charte des Nations Unies », reflète le droit
international coutumier (Activités militaires et paramilitaires et contre Nicaragua (Nicaragua c. Etats-Unis
d'Amérique), fond, arrêt, CIJ Recueil 1986, p. 101-103, par. 191-193), l'Assemblée générale a réaffirmé le principe
selon lequel les Etats ne doivent pas utiliser la menace ou la force dans leurs relations internationales contre l'intégrité
territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat.

Cette résolution a énuméré diverses obligations incombant aux États de ne pas violer l'intégrité territoriale des autres
Etats souverains.

Dans la même veine, l'acte final de la Conférence d'Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe du 1er Août
1975 (la Conférence d'Helsinki) stipulait que « les Etats participants respectent l'intégrité territoriale de chacun des
Etats participants" (art. IV). Ainsi, la portée du principe de l'intégrité territoriale est limitée à la sphère des relations
entre Etats ».

§7. WHEN IS UNILATERAL SECESSION A RIGHT? PROLEGOMENA - QUAND LA SÉCESSION


UNILATÉRALE EST-ELLE UN DROIT?

Toutes les provinces du monde ne bénéficient pas, en vertu du droit international, d’un droit positif leur permettant de
faire sécession et de déclarer l’indépendance.

Il y a une différence entre :

- Avoir le droit de le faire.

- Avoir la possibilité de le faire.

L’absence du droit de faire certaines choses ne signifie pas que le faire serait interdit.

Dans l’avis Kosovo : la Cour internationale de justice a dit qu’il était possible « pour une déclaration unilatérale
d’indépendance de ne pas être en violation du DI sans constituer nécessairement l’exercice d’un droit conféré par elle
».

→ Cependant, certaines personnes ont conféré un droit positif de devenir indépendant. Ces peuples ont non
seulement la possibilité de déclarer l'indépendance sans enfreindre aucune règle de droit international général,
mais ils ont effectivement le droit, en vertu du droit international, de le faire.

Un tel droit de devenir indépendant existe incontestablement aujourd'hui en faveur des territoires et des
peuples soumis à l’assujettissement étranger, à la domination et à l'exploitation.

Comment les entités collectives qui ne sont pas des États sont venues à accorder certains droits en vertu du droit
international, de manière à acquérir une certaine personnalité juridique internationale ?

Ce droit de devenir des Etats indépendants découle de la pratique des puissances alliées et associées au cours de la
Première Guerre mondiale.

 A la fin de la guerre, les traités de paix de 1919 ont démantelé l’empire multinational séculaire et l’ont remplacé
par plusieurs nouveaux Etats. L’idée qu’un peuple, une nation, un groupe pourrait être le porteur d’un droit
légitime de devenir un Etat était déjà présente.

Un pacte de la société des nations a établi un système de mandant pour s’occuper des peuples des anciennes colonies
allemandes et de certains territoires qui étaient avant sous la domination ottomane.

Selon l’ARTICLE 22 DU PACTE, ces peuples n’étaient pas capables de se diriger eux-mêmes dans les conditions
difficiles du monde moderne. Avec les préjugés européens (seul le modèle européen est civilisé) ces peuples ont été
administrés sous mandats.

10
 Le point commun des différents mandats était le pouvoir et le devoir mandaté de s’occuper du bien-être et
du développement de ces peuples (mission sacrée de civilisation).

L'idée que des entités collectives qui ne sont pas des États peuvent être titulaires de droits spécifiques afin d'acquérir
une certaine personnalité juridique internationale découle de la pratique des puissances alliées et associées pendant la
Première Guerre mondiale.

§8. WHEN IS UNILATERAL SECESSION A RIGHT? SELF-DETERMINATION OF PEOPLES - QUAND


LA SÉCESSION UNILATÉRALE EST-ELLE UN DROIT? AUTO-DÉTERMINATION DES PEUPLES

A. MISE EN CONTEXTE

La Charte des Nations Unies a établi un système de tutelle afin de remplacer le système de mandat

→ L'art 73 de la Charte des Nations Unies a élargi le concept à tous les « territoires dont les populations n’ont
pas encore accédé à la pleine mesure de l'autogouvernement » (Pour les colonies des puissances européennes
victorieuses). De plus, la Charte des Nations Unies fait référence à l’"auto-détermination des peuples » (art 1, §
2 et aussi art 55).

Cependant, les rédacteurs de la Charte incluaient les représentants du Royaume-Uni et de la France, deux puissances
avec d'énormes empires coloniaux à la fin de la 2e GM, et, à cause de cela, ils n’envisageaient pas d'accorder à leurs
colonies plus d’avantages que ceux prévus par l'art 73.

Les rédacteurs de la Charte des Nations Unies avaient probablement à l'esprit la nécessité de respecter le fait qu'il y avait
déjà de profondes différences politiques entre les démocraties de type soviétique et les démocraties libérales. Toutefois,
ces dispositions n’ont pas stabilisé les colonies européennes dans le monde entier. Après les grands sacrifices qui leur
sont imposées par la guerre, les peuples dans les colonies aspiraient à la liberté et à l'autonomie gouvernementale.

B. LUTTE CONTRE LE COLONIALISME

C’était d’abord un impératif moral et une lutte politique est progressivement devenue une obligation légale. 15 ans après
que la Charte des Nations Unies ait été conclue, l'adoption par l'Assemblée générale de l'ONU de la résolution 1514
(XV) du 14 Décembre 1960 est faite. La résolution est intitulée « Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et
aux peuples coloniaux ».

Elle a proclamé la « nécessité de mettre fin au colonialisme rapidement et inconditionnellement dans toutes ses formes
et manifestations. »

C. AUTODETERMINATION DES PEUPLES

Les personnes vivant dans les territoires non-autonomes, ceux soumis à l’assujettissement, à la domination et à
l'exploitation ont obtenu le droit à l'autodétermination, qui est le droit de déterminer librement leur statut
politique, en ce compris la réalisation de l'indépendance complète en devenant un état. L'autodétermination des
peuples a acquis une nouvelle dimension externe, au profit d'une certaine catégorie de peuples. Avoir le droit de
devenir indépendant, on a ainsi accordé aux peuples coloniaux une forme de personnalité juridique.

Le paradoxe du droit à l'autodétermination accordé à ces peuples est que son usage est unique, en raison de la naissance
des Etats. Et une fois que l'Etat est né, le peuple disparaît en quelque sorte, ou du moins a épuisé son droit à
l'autodétermination en le réalisant.

10 ans après la Résolution 1514 : L'Assemblée générale a réaffirmé le droit des peuples à l'autodétermination dans la
« Déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les
Etats ».
→ Résolution 2625 (XXV) d’Octobre 1970.

Changement révolutionnaire : Le droit des peuples à l'autodétermination, dans le sens de droit des peuples coloniaux
de faire sécession de la puissance coloniale et de devenir un Etat indépendant, a apporté un changement révolutionnaire
dans la composition et les préoccupations de la communauté internationale.

11
Le colonialisme a été radicalement interdit et, aujourd'hui, il est tout simplement impensable. À deux reprises, la Cour
internationale de Justice a précisé que le droit des peuples à l'autodétermination est désormais un droit erga omnes
(il doit être respecté par tous et il implique le droit, pour tous les états, de demander son respect).

Si une puissance coloniale refuse d'accorder l'indépendance au peuple sous sa domination, elle viole le droit
international vis-à-vis des peuples colonisés en question, mais aussi tous les autres États et tous les autres peuples.

Est-ce que les peuples sous domination étrangère sont les seuls à avoir le droit à l’autodétermination, c’est-à-dire le
droit de faire sécession et de devenir un nouvel état ? Ou est-ce que les autres peuples sont dotés de ce même droit ?

§9. RESOLUTION 1514 (XV)

L’évènement marquant dans l’évolution juridique vers l’autodétermination des peuples a été l’adoption par l’Assemblée
générale de la Résolution 1514 (XV) le 14 décembre 1960 (15 ans après la conclusion de la Charte des Nations unies).

« L'Assemblée générale [...] proclame solennellement la The General Assembly [...] solemnly proclaims the
nécessité de mettre fin au colonialisme rapidement et necessity of bringing to a speedy and unconditional end
inconditionnellement sous toutes ses formes et colonialism in all its forms and manifestations. And to
manifestations et à cette fin, déclare que : this end Declares that:

1. La soumission des peuples à un assujettissement 1. The subjection of peoples to alien subjugation,


étranger, la domination et l’exploitation constitue domination and exploitation constitutes a denial of
un rejet des droits fondamentaux de l'homme, est fundamental human rights, is contrary to the Charter of
contraire à la Charte des Nations Unies et est un the United Nations and is an impediment to the promotion
obstacle à la promotion de la paix mondiale et de la of world peace and co-operation.
coopération.
2. All peoples have the right to self-determination, by
2. Tous les peuples ont le droit à l'autodétermination, virtue of that right they freely determine their political
en vertu de ce droit, ils peuvent librement déterminer status and freely pursue their economic, social and
leur statut politique et poursuivre librement leur cultural development.
développement économique, social et culturel.
3. Inadequacy of political, economic, social or
educational preparedness should never serve as a pretext
3. L’incapacité politique, économique, sociale ou for delaying independence.
éducative ne doit jamais servir de prétexte pour
retarder l'indépendance. 4. All armed action or repressive measures of all kinds
directed against dependent peoples shall cease in order
4. Les actions armées ou les mesures répressives de to enable them to exercise peacefully and freely their
toute sorte qui sont dirigées contre les peuples right to complete independence, and the integrity of their
dépendants doivent cesser afin de leur permettre national territory shall be respected.
d'exercer pacifiquement et librement leur droit à
l'indépendance complète, et l'intégrité de leur 5. Immediate steps shall be taken, in Trust and Non-Self-
territoire national doit être respectée. Governing Territories or all other territories which have
not yet attained independence, to transfer all powers to
the peoples of those territories, without any conditions or
5. Des mesures immédiates doivent être prises pour les reservations, in accordance with their freely expressed
territoires non autonomes ou tous les autres will and desire, without any distinction as to race, creed
territoires qui n’ont pas encore accédé à or colour, in order to enable them to enjoy complete
l'indépendance, pour transférer tous pouvoirs aux independence and freedom.
peuples de ces territoires, sans aucune condition ni
réserve, conformément à leur volonté librement 6. Any attempt aimed at the partial or total disruption of
exprimée, sans aucune distinction de race, de the national unity and the territorial integrity of a country
croyance ou de couleur, afin de leur permettre de is incompatible with the purposes and principles of the
jouir d'une indépendance complète. Charter of the United Nations.

6. Toute tentative visant à détruire partiellement ou 7. All States shall observe faithfully and strictly the
totalement l'unité nationale et l'intégrité territoriale provisions of the Charter of the United Nations, the
Universal Declaration of Human Rights and the present
12
d'un pays est incompatible avec les buts et les Declaration on the basis of equality, non-interference in
principes de la Charte des Nations Unies. the internal affairs of all States, and respect for the
sovereign rights of all peoples and their territorial
integrity.
7. Tous les Etats doivent observer fidèlement et
strictement les dispositions de la Charte des Nations
Unies, la Déclaration universelle des droits de
l'homme et de la présente Déclaration sur la base de
l'égalité, de la non-ingérence dans les affaires
intérieures des Etats et le respect des droits
souverains de tous les peuples et de leur intégrité
territoriale ».

§10.. THE CHAGOS ADVISORY OPINION : SELF-DETERMINATION OF PEOPLE

Le paragraphe 6 de la Résolution 1514 (XV) a été au cœur d’un avis consultatif rendu par la Cour internationale de
Justice sur les conséquences juridiques de la séparation de l’archipel de Chagos et de Maurice en 1965.

« Toute tentative visant à perturber partiellement ou totalement l’unité nationale et l’intégrité territoriale d’un pays
est incompatible avec les buts et principes de la Charte des Nations Unies ».

L’avis consultatif a été rendu 60 ans après l’adoption de la Résolution par l’Assemblée générale des Nations Unies. Il
contient des conclusions importantes sur le caractère juridique de la Résolution.

Contexte factuel de l’avis consultatif : la République de Maurice est l’archipel des Chagos sont tous les deux situés dans
l’océan Indien. L’île principale de Maurice est située à environ 900km à l’est de Madagascar et l’archipel des Chagos
se trouve à environ 2200 km au nord-est de l’île. La plus grande île de l’archipel des Chagos est Diego Garcia.

De 1638 à 1710 : l’île Maurice a été occupée par les Hollandais durant cette période.

En 1715 : la première administration coloniale de l’île Maurice a été établie en 1715 par la France qui l’a nommée « Île
de France ».

En 1810 : les britanniques s’emparent de l’Île de France et la rebaptisent Maurice.

En 1814 : après la défaite de Napoléon en 1814, la France a cédé l’Île Maurice et toutes ses dépendances au Royaume-
Uni par le traité de Paris.

De 1814 à 1965 : l’archipel des Chagos a été administré par le Royaume-Uni comme une dépendance de la colonie de
Maurice. Conformément à la Résolution 66 (I) de l’Assemblée générale du 14 décembre 1946 (« General Assembly
resolution 66 (I) »), le Royaume-Uni (comme Puissance administrante) a régulièrement transmis à l’Assemblée générale
des informations en vertu de l’ARTICLE 73 (e) de la Charte des Nations Unies concernant Maurice en tant que territoire
non autonome.

Les rapports britanniques aux Nations Unies contenaient des informations sur les îles Chagos considérées comme des
dépendances de l’île Maurice. Il n’était donc pas contesté que l’archipel des Chagos faisait partie de la colonie
britannique de l’île Maurice.

En 1964 :

- Au milieu de la guerre froide, les USA ont manifesté leur intérêt pour la mise en place d’installations militaires
sur l’île de Diego Garcia.

- La même année, le Royaume-Uni a également entamé des pourparlers avec les Premier Ministre de la colonie
de Maurice au sujet du détachement de l’archipel des Chagos de Maurice.
13
23 septembre 1965 : les entretiens entre les représentants de la colonie de Maurice et le Gouvernement du Royaume-
Uni ont abouti à la conclusion d’un accord à Lancaster House. En vertu de cet accord :

- Les représentants de Maurice ont donné leur accord de principe au détachement de l’archipel de Chagos.

- En échange (entre-autres) de 3 millions de livres sterling et du retour de l’archipel à Maurice lorsque les
installations militaires sur les îles auraient disparu.

8 novembre 1965 : le Royaume-Uni a établi une nouvelle colonie connue sous le nom de Territoire britannique de
l’Océan Indien → « British Indian Ocean Territory » (BIOT).

Ce territoire comprend l’archipel des Chaogos (détachée de Maurice) et les îles Aldabra, Farquhar et Desroches
(détachées des Seychelles).

L’Assemblée générale des Nations Unies a fait deux choses :

- Elle a exprimé sa préoccupation concernant le détachement de certaines îles du territoire de Maurice dans le but
d’établir une base militaire et a invité la « puissance administrante à ne prendre aucune mesure qui
démembrerait le territoire de Maurice et violerait son intégrité territoriale ».

- Elle a également rappelé le paragraphe 6 de la Résoltuoon 1514 (XV).

En decembre 1966 : le Royaume-Uni et les USA ont conclu un « Accord concernant la disponibilité à des fins de
défense du territoire britannique de l’Océan Indien » (Agreement concerning the Availability for Defence Purposes
of the British Indian Ocean Territory).

12 mars 1968 : Maurice est devenue un Etat indépendant.

26 avril 1968 : Maurice a été admise à l’ONU.

Entre 1967 et 1973 ; toute la population de l’archipel des Chagos a été soit empêchée de rentrer, soit expulsée de force
et empêchée de rentrer par le Royaume-Uni.

- En 1971 : La principale expulsion forcée de la population de Diego Garcia a eu lieu en juillet et septembre
1971.

- 4 septembre 1972 : en vertu d’un accord conclu entre Maurice et le Royaume-Uni, Maurice a accepté de
s’acquitter intégralement et définitivement de l’engament pris par le Royaume-Uni en 1965 (de prendre en
charge le coût de la réinstallation des personnes déplacées de l’archipel de Chagos pour un montant de 650.000
livres sterling).

7 juillet 1982 : un accord a été conclu entre les Gouvernements de Maurice et du Royaume-Uni en vue du paiement par
le Royaume-Uni d’un montant de 4 millions de livres sterling à titre gracieux, sans qu’il soit tenu pour responsable (en
règlement intégral et définitif de toutes les réclamations).

En 2017 : l’Assemblée générale des Nations Unies a adressé à la Cour une demande d’avis consultatif sur les questions
suivantes (voir MOOC 7 sur la procédure d’avis consultatifs) :

a) Was the process of decolonization of Mauritius lawfully completed when Mauritius was granted independence
in 1968, following the separation of the Chagos Archipelago from Mauritius and having regard to international law,
including obligations reflected in General Assembly resolutions 1514 (XV) of 14 December 1960, 2066 (XX) of
16 December 1965, 2232 (XXI) of 20 December 1966 and 2357 (XXII) of 19 December 1967?;

(b) What are the consequences under international law, including obligations reflected in the above-mentioned
resolutions, arising from the continued administration by the United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland
14
of the Chagos Archipelago, including with respect to the inability of Mauritius to implement a programme for the
resettlement on the Chagos Archipelago of its nationals, in particular those of Chagossian origin?

QUESTION A → LE PROCESSUS DE DÉCOLONISATION DE MAURICE A-T-IL ÉTÉ LÉGALEMENT ACHEVÉ AU REGARD


DU DROIT INTERNATIONAL ?

La Cour a expliqué qu’elle devait déterminer :

- Le délai nécessaire pour déterminer les règles applicables du droit international : la Cour a estimé que la
période en cause était comprise entre 1965 (séparation des Chagos) et 1968 (indépendance de Maurice)

- Le contenu de ce droit.

Pour déterminer le contenu de la loi applicable à la décolonisation pendant cette période, la Cour a fait plusieurs choses :

- Elle a tout d’abord rappelé que, ayant fait du principe de l’égalité des droits de l’autodétermination des peuples
l’un des buts de l’ONU, la Charte comprenait des dispositions qui permettraient aux territoires non autonomes
de se gouverner eux-mêmes en fin de compte.

- La Cour a noté que l’adoption de la Resolution 1514 (XV) représentait un moment décisif dans la consolidation
de la pratique des Etats en matière de décolonisation.

Selon la Cour, il existe un lien évident entre cette Resolution et le processus de décolonisation qui a suivi son
adoption.

▪ La Résolution 1514 (XV) a un CARACTÈRE DÉCLARATOIRE en ce qui concerne le droit à


l’autodétermination en tant que norme coutumière, compte tenu de son contenu et des conditions de son
adoption.

▪ La Resolution 1514 (XV) a un CARACTÈRE NORMATIF dans la mesure où elle affirme que « tous
les peuples ont le droit à l’autodétermination ».

La nature et la portée du droit à l’autodétermination des peuples (y compris le respect de l’unité


nationale et de l’intégrité territoriale d’un Etat ou d’un pays) étaient réitérées dans la Déclaration relative
aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les Etats
conformément à la Charte des Nations Unies (Resolution 2625 (XXV)) → Declaration on Principles
of INternaional Law concerning Friendly Relations and Co-operation among States in accordance with
The Charter of the United Nations.

 En reconnaissant le droit à l’autodétermination comme l’un des « principes


fondamentaux du droit international », la déclaration a confirmé son caractère normatif
en vertu du droit international coutumier.

La Cour a rappelé que le droit à l’autodétermination du peuple concerné est défini par référence à la totalité d’un territoire
non autonome. Tant la pratique des Etats que l’opinio juris confirment le caractère de droit coutumier du droit à
l’intégrité territoriale d’un territoire non autonome comme corollaire du droit à l’autodétermination.

Les peuples des territoires non autonomes sont en droit d’exercer leur droit à l’autodétermination par rapport à
l’ensemble de leur territoire, dont l’intégrité doit être respectée par la puissance administrante.

Tout détachement par la puissance administrante d’une partie d’un territoire non autonome est contraire au droit à
l’autodétermination.

15
 A moins qu’il ne soit fondé sur la volonté librement exprimée et authentique de la population du territoire
concerné

Le droit à l’autodétermination est applicable durant la période concernée, c’est-à-dire entre 1965 et 1968.

LE DÉTACHEMENT DE L’ARCHIPEL DES CHAGOS DE L’ÎLE MAURICE A-T-IL ÉTÉ EFFECTUÉ CONFORMÉMENT AU
DROIT INTERNATIONAL ?

La Cour a estimé que ce détachement ne reposait pas sur l’expression libre et authentique de la volonté des personnes
concernées.

Par conséquent, la Cour a conclu qu’en raison du détachement illégal de l’archipel des Chagos et de son incorporation
dans une nouvelle colonie (connue sous le nom de BIOT), le processus de décolonisation de l’Île Maurice n’a pas
été légalement achevé lorsque l’Île a accédé à l’indépendance en 1968.

QUESTION B → QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES DE LA POURSUITE DE L’ADMINISTRATION PAR LE ROYAUME-


UNI SUR L’ARCHIPEL DES CHAGOS ?

La poursuite de l’administration par le Royaume-Uni de l’archipel des Chagos constituait un fait international illicite de
caractère continu auquel le Royaume-Uni avait l’obligation de mettre fin le plus rapidement possible.

La Cour a également conclu que tous les Etats membres doivent coopérer avec les Nations Unies pour achever la
décolonisation de Maurice. Etant donné que le respect du droit à l’autodétermination est une obligation erga omnes,
tous les Etats ont un intérêt juridique à protéger ce droit.

§11. THE VARIOUS MEANINGS OF THE RIGHT OF PEOPLES TO SELF- DETERMINATION - LES
DIVERSES SIGNIFICATIONS DU DROIT DES PEUPLES À L'AUTO-DÉTERMINATION

Il serait erroné de considérer que le droit à l'autodétermination existe seulement pour le bénéfice des peuples coloniaux,
ou des peuples sous domination étrangère, de la domination et de l’exploitation.

L’art 1 §2 et l'art 55 de la Charte des Nations Unies ne se réfèrent pas à une catégorie spécifique de personnes, il en va
de même pour l’art 1, § 1, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966) et le Pacte
international relatif aux droits civils et politiques (1966) stipule que : « Tous les peuples ont le droit à
l'autodétermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur
développement économique, social et culturel ».

Le droit appartient à « tous les peuples ».

Ceci étant dit, l'auto-détermination des peuples a deux aspects distincts (ou sens) :
1) L'autodétermination interne
2) L'autodétermination externe : Dans ce dernier sens, l'autodétermination comprend le droit d'un peuple de faire
sécession et de créer un nouvel Etat.

Alors que de nombreux États sont nés à partir de déclarations unilatérales d'indépendance, une fois qu'ils se sont établis
en tant qu’États, ils sont tous désireux de protéger leur intégrité territoriale respective. Cela explique pourquoi les États,
y compris ceux qui sont nés à la suite de l'exercice du droit l'autodétermination externe des peuples coloniaux, ont
toujours été réticents à admettre l'existence d'un droit positif de faire sécession unilatéralement et devenir indépendant
envers les autres peuples, mais la catégorie spécifique des peuples coloniaux.

L'Assemblée générale de l'ONU a souligné que ce droit ne pouvait être interprété : « comme impliquant pour un Etat,
un peuple, un groupement ou un individu, un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte contraire
à la Charte des Nations Unies, ni considéré comme autorisant ou encourageant toute mesure de nature à démembrer
ou compromettre, en totalité ou en partie, l'intégrité territoriale ou l’unité politique des États souverains et
indépendants ». → On limite clairement l'expansion de l'autodétermination externe à d'autres peuples.

16
Toutefois, lorsque son autodétermination interne est totalement frustrée, n’importe quelle personne devrait avoir le droit
de recourir à l'autodétermination externe et devrait avoir le droit de faire sécession.

§12. STATE CONTINUITY AND STATE SUCCESSION - CONTINUITÉ D'ÉTAT ET SUCCESSION


D'ÉTAT

La référence dans le traité à l'auto- détermination du peuple allemand a servi à la réunification de l'Allemagne. Mais ce
droit n'a pas abouti à la création d'un nouvel Etat :

 La République démocratique allemande (RDA) a cessé d'exister comme un Etat, et la RFA a continué à
exister en tant qu'Etat. La RDA a disparu, la RFA a poursuivi sa propre personnalité.

Dans une situation de succession, un nouvel Etat prend le relais d’un ancien Etat. Il y a une interruption, une
pause entre les 2 personnalités juridiques distinctes.

Dans une situation de continuité, il n'y a pas d'interruption. La même personne morale continue d'exister.

Exemple 1 : Le Soudan qui a perdu une partie de son territoire continue la personnalité internationale de la République
du Soudan et il n’y a aucun nouvel Etat à cet égard.

Exemple 2 : la Tchécoslovaquie dissoute pacifiquement en tant qu’Etat a cessé d’exister en 1993 et a été remplacée
par 2 nouveaux Etats : la république tchèque et slovaque.

 Aucun des 2 Etats n’a réclamé la personnalité juridique de la Tchécoslovaquie et aucun n’a continué l’identité
de la défunte Tchécoslovaquie. Ils ont réussi à être des nouveaux sujets de droit international.

Lorsqu'un nouvel État succède à un ancien, il y a une interruption entre deux personnalités juridiques
distinctes.

§13. NEW STATES AND BORDERS - NOUVEAUX ÉTATS ET FRONTIÈRES

Les différends au sujet de la délimitation territoriale et les frontières ont été récurrents dans les relations interétatiques
à travers l'histoire.

Examiner toutes les règles du droit international relatives à la terre ou de la délimitation maritime va au-delà de la portée
de ce cours, mais il est important de mentionner certains d'entre eux par rapport à l'émergence de nouveaux États.

A. La première règle à mentionner est la succession automatique des États aux traités établissant des
frontières internationales.

Les frontières sont généralement établies d'un commun accord entre les États concernés et ces traités lient uniquement
les parties contractantes : les traités ne sont pas contraignants pour les États tiers.

Quand un nouvel Etat apparaît comme le résultat d'une sécession, ce nouvel État est, par définition, un nouveau sujet de
droit international et il n’est pas partie à des traités frontaliers qui ont été conclus avant son émergence.

Par exemple, lorsque la Tchécoslovaquie a disparu comme Etat et a été remplacé par la République tchèque et
la République slovaque, aucun de ces nouveaux États ont été formellement partie aux traités de frontières que
la Tchécoslovaquie avait contractées avec ses voisins, à savoir l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie, l'Ukraine et
Pologne.

Est-ce que les nouveaux États seraient en droit de réclamer que leurs frontières n’existent pas avec leurs voisins
respectifs vu qu’ils ne sont pas parties aux traités frontaliers conclus par l'ancien Etat, qui est un sujet qui n’existe
plus sur la scène du droit international ?

Non : en dépit de ne pas être formellement parties aux traités frontaliers, le nouvel Etat succède automatiquement aux
droits et aux obligations de l’État-mère dans le cadre du traité sur la frontière.

17
→ Cette règle sert l'objectif de la stabilité dans les relations internationales et est une exception au principe selon
lequel les traités ne sont contraignants que pour les États qui y ont formellement consenti.

B. La deuxième règle se rapporte à l'établissement de nouvelles frontières internationales, plutôt que de la


stabilité de celles existantes. Le principe est exprimé par la maxime latine « uti possidetis juris ».

Historiquement : L'uti possidetis juris a été d'abord utilisé dans le contexte de la décolonisation latino-américaine au
début du 19e siècle : tandis que les frontières entre les possessions portugaises et les provinces espagnoles ont été
automatiquement stabilisées en raison de la règle de la succession d'États aux traités frontaliers, il a été convenu que les
nouvelles frontières internationales entre les anciennes provinces espagnoles qui sont devenues de nouveaux États
indépendants seraient les lignes administratives qui avaient été tirées par la Couronne espagnole.

Plus tard : Quand les empires coloniaux européens en Afrique ont été démantelés dans les années 1960 et que les
nouveaux Etats d'Afrique ont été établis à la suite du droit des peuples à l'autodétermination (externe), de nombreux
dirigeants africains ont confirmé le statu quo territorial au moment de l'indépendance et se sont engagés à considérer les
anciennes lignes de la division coloniales internes en tant que nouvelles frontières internationales.

Le premier sommet des chefs d'Etats réunis au sein de la nouvelle Organisation de l'unité africaine, en juillet 1964,
proclame l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation et se réfère à l'uti possidetis juris.

→ En d'autres termes : Non seulement les frontières coloniales internationales qui existaient entre les Français
et les possessions britanniques en Afrique, par exemple, seraient maintenus, mais les lignes internes entre les
anciens territoires français existants en vertu du droit administratif colonial français, ou les lignes internes entre
les anciens territoires britanniques existants en vertu du droit colonial britannique, seraient également
transformées en frontières internationales. Ainsi, par exemple, lorsque le Burkina Faso et le Mali sont devenus
indépendants après avoir été des colonies françaises, la ligne administrative interne qui avait été établi par
l'administration coloniale française a été transformée en une frontière internationale.

Quand l'application de l’uti possidetis juris est le résultat de l'accord des parties concernées, il n’y a pas de
problème juridique qui se pose si cet accord prévoit la base juridique d'une telle demande.

Qu'advient-il s’il n'y a pas un tel accord ? Est- ce que l’uti possidetis s’applique en tant que règle, à savoir les
frontières administratives internes sont transformées automatiquement en frontières internationales, même en
l'absence de tout accord entre les parties ?

Exemple de litige territoriaux entre le Burkina Faso et le Mali : Les deux Etats visés se réfèrent à l’uti possidetis et à
l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation.

La Cour internationale de Justice a généralisé l'application du principe et elle l’a considérée comme étant une règle : «
l’uti possidetis juris est un principe général, qui est logiquement lié au phénomène de l'obtention de l'indépendance,
partout où il se produit. Son but est d'éviter que l'indépendance et la stabilité des nouveaux Etats ne soient mis en danger
par des luttes fratricides provoquées par la contestation des frontières à la suite du retrait de la puissance de
l’administration ».

La Cour a considéré que l’uti possidetis était un « principe général » et a dit qu'il devait être appliqué, même en dehors
du contexte colonial.

La Cour a souligné que l'uti possidetis en Afrique a été utilisé mais cela ne veut pas dire que ça donne lieu à l'émergence
d'une nouvelle règle de droit international, mais comme étant une application en Afrique d'une règle de portée générale.

En 1986, lorsque la Cour a rendu son arrêt, ce fut sans doute un peu exagéré, car l'uti possidetis avait été utilisé dans
deux contextes spécifiques coloniaux (en Amérique latine et en Afrique) et que, à chaque fois, l'application de l'uti
possidetis résultait de l'accord des Etats concernés. Quelques années plus tard, en dehors de tout contexte colonial, mais
dans le contexte du démantèlement de l'ex-Yougoslavie et des guerres qui en découlent, la question de la délimitation
territoriale entre les nouveaux États qui ont proclamé leur indépendance est devenue très controversée.

Dans un avis juridique remis à la conférence de paix sur la Yougoslavie, la Commission d'arbitrage, présidé par Robert
Badinter qui était le président de la Cour constitutionnelle française et ancien ministre de la Justice de France, s’est
référée à l'arrêt de la CIJ dans l’affaire Burkina Faso/ Mali et a conclu que l’uti possidetis a été appliqué comme étant

18
une règle et, par défaut : les frontières internes existantes entre les anciennes républiques yougoslaves pour être protégées
par le droit international comme étant des frontières internationales et elles ne pouvaient pas être changées, sauf s’il y
avait un accord.

En d'autres termes, la Serbie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et les autres républiques yougoslaves n’avaient pas le
choix : les frontières entre eux longeaient les vieilles lignes administratives qui les séparaient lorsqu’ils vivaient en tant
qu’entités fédérées de l'ex-Yougoslavie.

L’uti possidetis juris a ainsi été appliquée en dehors du contexte colonial et les États concernés l’ont enfin accepté. L’uti
possidetis juris sera surement encore appliqué comme étant une règle dans de futures affaires de sécession.

Comme la succession d'États aux traités frontaliers, l’uti possidetis juris favorise la stabilité territoriale, et donc la paix.
Bien sûr, les nouveaux Etats restent libres de convenir de dessiner leurs frontières différemment. Mais la ligne frontalière
résultant de l'uti possidetis sera appliqué par défaut et sera sûrement utilisée comme point de départ à toute négociation
frontalière.

Cependant, et même si l'uti possidetis est considérée et utilisée comme étant une règle, cela ne résout pas toujours tous
les problèmes. En effet, dans certains États, diverses lignes administratives internes des provinces, des départements ou
régions pourraient être transformées en frontières internationales et l’uti possidetis ne dit pas laquelle de ces lignes
devrait être utilisé et être transformé en une frontière internationale. Par conséquent, l'application de l'uti possidetis ne
sera pas si automatique que ça et cela peut exiger une négociation préalable et un accord sur la limite administrative
pertinente pour être transformés en une frontière internationale.

SECTION 3. INTERNATIONAL ORGANIZATIONS

§1. INTRODUCTION

Les organisations internationales sont très importantes en droit international. Contrairement aux états, elles n’ont pas
toujours fait partie de l'ordre juridique international.

Si la Commission centrale pour la navigation du Rhin, établie lors du Congrès de Vienne (1815), est généralement
considérée comme la plus ancienne organisation internationale, les organisations internationales ont vraiment émergé à
la fin du XXe siècle et ont depuis augmenté en nombre et en importance.

§2. THE CONCEPT OF INTERNATIONAL ORGANIZATION

C’est au cours de la seconde moitié du XXe siècle qu'ils ont augmenté en nombre et en importance. Aujourd'hui, il y a
plus de 100 organisations internationales dans le monde, allant des petites organisations techniques établies entre les
États voisins, aux organisations universelles confiant des tâches politiques cruciales, comme les Nations Unies (United
Nations).

Les organisations internationales jouent un rôle important dans la gouvernance mondiale : leur expertise et leur
professionnalisme est invoquée par les États et les Etats se tournent souvent vers elles afin de concevoir, de décider et
de mettre en œuvre des politiques communes.

Malgré leurs différences de composition, en taille, en objet et par rapport au but poursuivi, les organisations
internationales peuvent être définies, d'un point de vue juridique, comme des associations d'États et/ou d'autres
organisations, les associations qui sont établies entre elles pour servir des tâches spécifiques et qui sont équipés
d’organes permanents pour cet objectif.

A. PREMIEREMENT, UNE ORGANISATION INTERNATIONALE EST UNE ASSOCIATION

Contrairement aux États dont la création est le résultat d'un processus de fait, les organisations internationales sont
toujours le résultat d'une intention libre de se réunir et d'agir ensemble.

C. DEUXIEMEMENT, EN TANT QU'ASSOCIATION, L'ORGANISATION INTERNATIONALE A DES


MEMBRES

Dans de nombreux cas, ces membres sont des Etats, ce qui explique pourquoi les organisations internationales sont aussi
souvent désignées comme étant des organisations intergouvernementales.
19
Mais d'autres organisations internationales peuvent également être membres d'organisations internationales si les règles
de l'organisation le permettent. Par exemple, alors que seuls les Etats membres peuvent être des membres des Nations
Unies, un territoire douanier distinct ayant une entière autonomie dans la conduite des relations commerciales
extérieures peut aussi être un membre de l'Organisation mondiale du commerce, c’est la raison pour laquelle, par
exemple, la Communauté européenne, aujourd'hui l'Union européenne, a été un membre fondateur de l'OMC (WTO),
aux côtés des Etats membres de l’Union européenne.

Les organisations sont établies comme étant le résultat d’un acte juridique, habituellement un traité conclu entre les
membres fondateurs. L’organisation n’est pas partie au traité en vertu duquel il a été établi, mais un tel traité sera
l’instrument de base de l’organisation, il sera obligatoire pour l'organisation et il sera comme une constitution pour elle.

C’est parce que leurs membres sont composés d'autres sujets de droit international et parce que leur création résulte d’un
acte régi par le droit international que les organisations internationales se distinguent des associations de droit
interne, comme les ONG ou d'autres entités juridiques constituées en vertu des lois d'un pays spécifique.

D. TROISIEMEMENT, UNE ORGANISATION INTERNATIONALE EST ETABLIE ENTRE SES


MEMBRES AFIN DE SERVIR DES TACHES SPECIFIQUES

Les organisations sont basées sur le fonctionnalisme : ils sont là pour remplir certaines fonctions et sont spécialisée dans
la matière concernée. Par exemple, une organisation internationale peut être établie afin de surveiller et de protéger les
oiseaux migrateurs.

Ou afin de concevoir et de coordonner les règles relatives à l'aviation civile.

Ou en vue de réglementer la pêche dans certains océans.

Ou, comme la Cour pénale internationale, de poursuivre et de juger les personnes accusées d'avoir commis des crimes
internationaux les plus graves.

E. QUATRIEMEMENT, LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES SONT EQUIPEES


D'ORGANES PERMANENTS.

Ces organes sont généralement un secrétariat composé de fonctionnaires internationaux et certains organes directeurs
où les membres de l'organisation sont représentés. Ces organes sont permanents : une organisation internationale n’est
pas une conférence internationale ad hoc, mise en place pour un certain but, pendant quelques semaines ou quelques
mois.

Pour dire les choses crûment : les organisations internationales sont des bureaucraties.
Les bureaucrates, les fonctionnaires, tirent leur puissance et leur autorité de la loi et s’y réfère toujours pour donner les
raisons de leur action. Dans toute organisation internationale, lorsqu'une nouvelle tâche est envisagée, la première
question qui devra être abordée est de savoir sur quelle base juridique l'organisation va pouvoir la réaliser.

§3. LEGAL PERSONALITY

La Commission du droit international est l'organisme chargé de la codification du droit international.

ARTICLE 2 DU PROJET D’ARTICLES DE LA CDI SUR LA RESPONSABILITÉ DES OI :

« Aux fins du présent projet d’articles, l’expression « organisation internationale » s’entend d’une organisation créée
par un traité ou un autre instrument régi par le droit international et dotée d’une personnalité juridique internationale
propre. Les organisations internationales peuvent comprendre comme membres, outre les Etats, d’autres entités ».

« For the purposes of the present draft articles, the term 'international organization' means an organization
established by a treaty or other instrument governed by international law and possessing its own international
legal personality. International organizations may include as members, in addition to States, other entities ».

Cette définition fait référence à la personnalité juridique qui est l’une des caractéristiques les plus importantes des
organisations internationales. Il n’y a pas de responsabilité sans personnalité juridique.
20
Il est possible d’avoir une organisation internationale sans personnalité juridique distincte de ses membres :

→ Quand ils créent une nouvelle organisation, les États peuvent décider de le créer à partir d'un point de vue
matériel, mais pas d'un point de vue juridique : ils peuvent décider de créer une bureaucratie qui n’est pas
juridiquement distincte d'eux.

Ils peuvent créer une institution qui est fonctionnellement distincte de leurs administrations nationales
respectives, une institution qui sera véritablement internationale pour cet objectif, mais ce ne sera pas une
institution juridiquement distincte de chacune d’elles.

Dans un tel cas, l'organisation internationale agira comme un organe commun aux membres : ce que fera
l’organisation sera considéré comme étant l'action commune des États membres eux-mêmes. Chacun d'entre eux sera
responsable de ce que l'organisation aura fait parce que l'organisation est leur organe commun et qu’elle n'a pas de
personnalité juridique distincte.

Exemple : pendant 50 ans, le Benelux (organisation établie entre la Belgique, les PB et le Luxembourg) n’a pas eu de
personnalité juridique internationale distincte de ses Etats membres. Le Benelux ne pouvait donc pas devenir partie à
un traité à lui seul → c’était à ses 3 Etats membres de le faire (et non à l’organisation).

 La situation a changé avec l’entrée en vigueur du nouveau traité Benelux en 2012 qui confère la personnalité
juridique internationale au Benelux à des fins limitées.

Ces dernières années, les OI ont été de plus en plus dotées d’une personnalité juridique distincte. Cela peut résulter :

- Du texte-même du traité de base instituant l’organisation.

- Du système du traité dans son ensemble et malgré son silence sur la question de la personnalité juridique ou sur
la nature de cette personnalité.

Voici les deux hypothèses explicitées en profondeur :

o HYPOTHÈSE OÙ LE TRAITÉ DE BASE ÉTABLISSANT L’ORGANISATION STIPULE EXPLICITEMENT QUE


L’ORGANISATION A UNE « PERSONNALITÉ JURIDIQUE INTERNATIONALE ».

Il est évident que l’OI jouira d’une personnalité juridique en vertu du droit international. L’organisation sera une entité
juridique distincte de ses Etats membres.

Elle sera un SUJET DE DROIT INTERNATIONAL à part entière. La conduite de l’organisation ne sera pas celle de
ses membres et l’organisation sera responsable de sa propre conduite.

o HYPOTHÈSE OÙ LE TRAITÉ DE BASE ÉTABLISSANT L’ORGANISATION NE STIPULE RIEN SUR SA


PERSONNALITÉ JURIDIQUE.

Il est possible, au cas par cas, de déduire l’existence de cette personnalité juridique internationale du système du traité
instituant l’organisation.

C’est ce qui ressort de l’avis consultatif rendu en 1949 par la CIJ sur la question de la réparation des dommages subis
au service des Nations unies.

- FAITS : en 1948, un diplomate suédois (comte Folke Bernadotte) est nommé médiateur de l’ONU en Palestine.
Il a présenté plusieurs propositions de paix qui ont irrité beaucoup de gens dans la région. Avec d’autres agents
de l’ONU, la comte Bernadotte a été abattu à Jérusalem lors d’une attaque contre son cortège automobile.
L’attaque a été menée par des membres d’un groupe extrémiste israélien. Le Conseil de sécurité a
immédiatement condamné l’attentat alors que les autorités israéliennes hésitaient à enquêter sur les auteurs de
l’assassinat et à poursuivre ceux qui l’avaient commis.

21
Lorsqu’ils l’ont fait, l’Assemblée générale des Nations Unies a demandé à la CIJ d’émettre un avis consultatif
sur la capacité de l’organisation à demander réparation au gouvernement israélien pour les dommages causés
par l’assassinat de son envoyé.

- QUESTIONS JURIDIQUES : cela a soulevé deux questions juridiques.

▪ L’ONU a-t-elle été dotée d’une personnalité juridique internationale afin de pouvoir présenter une
demande de réparation en son propre nom ?

▪ Une telle demande pourrait-elle être introduite contre Israël qui venait de déclarer son indépendance et
n’était pas membre de l’ONU ?

Autrement dit, si l’ONU a une personnalité juridique internationale, existe-t-il vis-à-vis de ses Etats
membres seulement ou vis-à-vis de tous les Etats ?

1) L’ONU A-T-ELLE ÉTÉ DOTÉE D’UNE PERSONNALITÉ JURIDIQUE INTERNATIONALE AFIN DE POUVOIR
PRÉSENTER UNE DEMANDE DE RÉPARATION EN SON PROPRE NOM ?

La Charte des Nations Unies ne parle pas de la personnalité juridique de l’ONU. MAIS la Cour a regardé au-
delà du silence de la Charte.

Elle estime que l’attribution de la personnalité internationales est « indispensable » parce que :

▪ L’organisation disposait d’organes ayant des tâches spéciales.

▪ Les Etats membres étaient tenus d’assister l’organisation dans ses actions et d’accepter et d’exécuter
les décisions du Conseil de sécurité.

▪ L’organisation disposait de la capacité juridique, des privilèges et des immunités sur le territoire des
Etats membres.

▪ L’ONU était habilitée à conclure des accords avec les Etats membres.

▪ En raison des fins pour lesquelles l’ONU a été créée.

La Cour a conclu que l’ONU ne pouvait pas réaliser les intentions de ses fondateurs si elle était dépourvue de
personnalité internationale. La Cour a déduit de l’ensemble du système de la Charte l’intention des
rédacteurs de la Charte de créer une organisation dotée de la personnalité juridique internationale.

▪ Cette intention peut exister malgré le silence du traité de base.

▪ Cette intention peut aussi exister dans une situation où le traité de base fait référence à la personnalité
juridique de l’organisation sans préciser que cette personnalité existe en droit international.

2) UNE TELLE DEMANDE POURRAIT-ELLE ÊTRE INTRODUITE CONTRE ISRAËL QUI VENAIT DE DÉCLARER
SON INDÉPENDANCE ET N’ÉTAIT PAS MEMBRE DE L’ONU ?

L’ONU est une personne internationale et a la capacité de porter plainte pour le préjudice qu’elle a subi.

La Cour a aussi conclu que l’ONU peut introduire une telle demande contre le gouvernement d’un Etat
non membre parce que la personnalité juridique internationale de l’ONU n’existait pas seulement dans les
relations entre l’organisation et ses Etats membres.

Israël (en tant qu’Etat non membre) ne serait pas justifié de soulever une objection selon laquelle l’ONU n’a
pas la capacité de présenter une réclamation contre lui. La Cour estime que « cinquante Etats, représentant la
grande majorité des membres de la communauté internationale, ont le pouvoir, conformément au droit
22
international, de créer une entité dotée d’une personnalité internationale objective, et non pas seulement d’une
personnalité reconnue par eux seuls, ainsi que de la capacité de présenter des réclamations internationales ».

La Cour a confirmé une approche objective de la question de la personnalité juridique internationale des OI. En
tant que sujets de droit international, les OI sont des sujets pour tous les Etats (et pas seulement pour leurs
Etats membres).

 Les obligations existant dans le cadre de l’OI ne peuvent pas être contraignantes pour les Etats qui ne
sont pas membres de l’organisation.

MAIS cela ne signifie pas que ces non-membres peuvent ignorer l’existence juridique de l’organisation.

Les non-membres peuvent l’ignorer mais cette attitude n’affectera pas la personnalité juridique de l’OI
car sa capacité juridique ne dépend pas du consentement des Etats tiers.

o HYPOTHESE DANS LAQUELLE IL EST SIMPLEMENT INDIQUÉ DANS LE TRAITE DE BASE ETABLISSANT
L’ORGANISATION QUE L’ORGANISATION AURA LA PERSONNALITÉ JURIDIQUE (SANS PRÉCISE LE
CARACTÈRE INTERNATIONAL).

On peut déduire du système du traité que la personnalité juridique ainsi mentionnée est une personnalité de droit
international. Mais il arrive que l’organisation soit en outre dotée d’une capacité juridique en vertu du droit interne de
ses Etats membres (ex : pour acheter des biens, louer des bureaux, engager du personnel …).

Normalement, le traité de base indiquera explicitement que l’organisation dispose d’une telle capacité de droit
interne.

Exemple : selon l’article 335 du TFUE, l’Union jouit de la capacité juridique la plus large reconnue aux personnes
morales par la législation de chacun de ses Etats membres.

Il est important de veiller à ce que la capacité de l’organisation en vertu des lois nationales de ses Etats membres n’exclue
pas sa personnalité juridique en droit international et que les deux soient parfaitement compatibles l’une avec l’autre,
même si elles ne doivent pas toujours exister ensemble.

§4. TWO GOVERNING PRINCIPLES – DEUX PRINCIPES DIRECTEURS

Les OI se distinguent les unes des autres par :

- Leurs buts et leurs objectifs respectifs.

- Leurs organes, leurs pouvoirs et leurs règles de fonctionnement internes.

Mais lorsqu’elles sont dotées de la personnalité juridique internationale, deux principes communs régissent leur
capacité juridique. Ces deux principes ne se contredisent pas, ils se rejoignent et se complètent !

1) PRINCIPE DE LA « SPÉCIALITÉ » (« PRINCIPLE OF SPECIALITY) : les OI sont des personnes


morales spécialisées (contrairement aux Etats souverains). Elles sont établies à des fins et leurs pouvoirs sont
limités par ces fins.

L’organisation doit donc exercer ses pouvoirs afin de servir son objet et son but.

Exemple : une OI créée pour protéger les oiseaux migrateurs n’est pas habilitée à exercer ses pouvoirs en matière
de pêche.

AVIS CONSULTATIF : dans un avis consultatif relatif à une question soulevée par l’OMS (organisation mondiale
de la santé) au sujet de la légalité de l’utilisation par un Etat d’armes nucléaires dans les conflits armés, la CIJ

23
a qualifié le principe de spécialité de « principe fondamental » du droit des organisations internationales. La
Cour a souligné :

« Il n’est pas nécessaire de rappeler que les OI sont des sujets de droit international qui ne possèdent
pas, contrairement aux Etats, une compétence générale. Les OI sont réglées par le « principe de
spécialité », c’est-à-dire qu’elles sont investies par les Etats qui les créent de pouvoirs dont les limites
sont fonction des intérêts communs dont ces Etats leur confient la promotion. La Cour permanente de
justice internationale s’est référée à ce principe de base dans les termes suivants :

« La Commission européenne (du Danube) n’étant pas un Etat, mais une institution
internationale ayant un but spécifique, elle ne dispose que des fonctions qui lui sont conférées
par le statut définitif en vue de la réalisation de ce but, mais elle a le pouvoir d’exercer ces
fonctions dans toute leur étendue, dans la mesure où le statut ne lui impose pas de restrictions ».

« Need hardly point out that international organizations are subjects of international law which do not,
unlike States, possess a general competence. International organizations are governed by the 'principle
of speciality', that is to say, they are invested by the States which create them with powers, the limits of
which are a function of the common interests whose promotion those States entrust to them. The
Permanent Court of International Justice referred to this basic principle in the following terms :

« As the European Commission [of the Danube] is not a State, but an international institution
with a special purpose, it only has the functions bestowed upon it by the Definitive Statute with
a view to the fulfilment of that purpose, but it has power to exercise these functions to their full
extent, in so far as the Statute does not impose restrictions upon it. »

Le principe de spécialité n’empêche pas l’organisation d’exercer pleinement ses fonctions (ou ses
pouvoirs).

2) PRINCIPE DES « POUVOIRS IMPLICITES » (« PRINCIPLE OF IMPLIED POWERS ») : la Cour s’est


référée à son avis consultatif de 1949 relatif à la demande de réparation de l’ONU à la suite de l’assassinat du
comte Bernadotte.

« Les pouvoirs conférés aux OI font normalement l’objet d’une déclaration expresse dans leurs
instruments constitutifs. Néanmoins, les nécessités de la vie internationale peuvent faire ressortir la
nécessité pour les organisations pour atteindre leurs objectifs, de disposer de pouvoirs subsidiaires qui
ne sont pas expressément prévus dans les instruments fondamentaux qui régissent leurs activités. Il est
généralement admis que les OI peuvent exercer de tels pouvoirs appelés « pouvoirs implicites ». En ce
qui concerne l’ONU, la Cour s’est exprimée comme suit :

« En vertu du droit international, l’ONU doit être réputée avoir les principes qui, bien qu’ils ne
soient pas expressément prévus dans la Charte, lui sont conférés par implication nécessaire
comme étant essentiels à l’exercice de ses fonctions. Ce principe de droit a été appliqué par la
Cour permanente de justice internationale à l’Organisation internationale du Travail dans son
avis consultatif NO. 13 du 23 juillet 1926 et doit s’appliquer à l’ONU ».

« The powers conferred on international organizations are normally the subject of an express statement
in their constituent instruments. Nevertheless, the necessities of international life may point to the need
for organizations, in order to achieve their objectives, to possess subsidiary powers which are not
expressly provided for in the basic instruments which govern their activities. It is generally accepted
that international organizations can exercise such powers, known as 'implied' powers. As far as the
United Nations is concerned, the Court has expressed itself in the following terms in this respect :

24
« Under international law, the Organization must be deemed to have those powers which,
though not expressly provided in the Charter, are conferred upon it by necessary implication
as being essential to the performance of its duties. This principle of law was applied by the
Permanent Court of International Justice to the International Labour Organization in its
Advisory Opinion No. 13 of July 23rd, 1926 (Series B, No. 13, p. 18), and must be applied to
the United Nations. »

Sur la base du principe des pouvoirs implicites, la Cour a estimé en 1949 que l’ONU avait le pouvoir d’introduire une
demande de réparation pour le préjudice résultant du décès de son agent.

MAIS en 1996, la Cour a considéré que :

« Attribuer à l’OMS la compétence pour examiner la légalité de l’emploi des armes nucléaires (même en raison
de leurs effets sur la santé et l’environnement) reviendrait à ne pas tenir compte du principe de spécialité car
une telle compétence ne saurait être considérée comme une implication nécessaire de la Constitution de
l’Organisation compte tenu des objectifs qui lui sont assignés par ses Etats membres ».

« To ascribe to the WHO the competence to address the legality of the use of nuclear weapons - even in view of
their health and environmental effects - would be tantamount to disregarding the principle of speciality; for
such competence could not be deemed a necessary implication of the Constitution of the Organization in the
light of the purposes assigned to it by its member States ».

En d’autres termes, il n’y a pas de contradiction entre le principe de spécialité et le principe des pouvoirs implicites car
les pouvoirs implicites existent par implication nécessaire des pouvoirs exprès conférés en vertu du principe de
spécialité.

La Cour a donc refusé d’admettre la demande au motif qu’elle dépassait le cadre des activités de l’OMS. En effet, la
Cour a considéré que :

21. Interpreted in accordance with their ordinary meaning, in their context and in the light of the object and
purpose of the WHO Constitution, as well as of the practice followed by the Organization, the provisions of its
Article 2 may be read as authorizing the Organization to deal with the effects on health of the use of nuclear
weapons, or of any other hazardous activity, and to take preventive measures aimed at protecting the health of
populations in the event of such weapons being used or such activities engaged in. The question put to the Court
in the present case relates, however, not to the effects of the use of nuclear weapons on health, but to
the legality of the use of such weapons in view of their health and environmental effects. Whatever those effects
might be, the competence of the WHO to deal with them is not dependent on the legality of the acts that
caused them. Accordingly, it does not seem to the Court that the provisions of Article 2 of the WHO Constitution,
interpreted in accordance with the criteria referred to above, can be understood as conferring upon
the Organization a competence to address the legality of the use of nuclear weapons, and thus in turn a
competence to ask the Court about that.

22. [...] In the view of the Court, none of these functions [of the WHO] has a sufficient connection with the
question before it for that question to be capable of being considered as arising "within the scope of [the]
activities" of the WHO. The causes of the deterioration of human health are numerous and varied; and the legal
or illegal character of these causes is essentially immaterial to the measures which the WHO must in any
case take in an attempt to remedy their effects. In particular, the legality or illegality of the use of nuclear
weapons in no way determines the specific measures, regarding health or otherwise (studies, plans,
procedures, etc.), which could be necessary in order to seek to prevent or cure some of their effects. Whether
nuclear weapons are used legally or illegally, their effects on health would be the same. Similarly, while it is
probable that the use of nuclear weapons might seriously prejudice the WHO's material capability to deliver
all the necessary services in such an eventuality, for example, by making the affected areas inaccessible, this
does not raise an issue falling within the scope of the Organization's activities within the meaning of Article 96,
25
paragraph 2, of the Charter. The reference in the question put to the Court to the health and
environmental effects, which according to the WHO the use of a nuclear weapon will always occasion, does not
make the question one that falls within the WHO's functions.

SECTION 4. The United Nations

A. BUTS ET ORGANISATION DE L’ONU

L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES est une organisation internationale particulière et importante. Les
objectifs et la portée de l’ONU sont uniques.

BUT DE L’ONU : selon l’article 1 de la CHARTE DES NATIONS UNIES, les buts de l’organisation sont ceux-ci.

To maintain international peace and security, and to that Maintenir la paix et la sécurité internationale et, à cette
end: to take effective collective measures for the fin, prendre des mesures collectives efficaces pour
prevention and removal of threats to the peace, and for prévenir et éliminer les menaces à la paix, pour réprimer
the suppression of acts of aggression or other breaches les actes d’agression ou autres atteintes à la paix et pour
of the peace, and to bring about by peaceful means, and faire en sorte, par des moyens pacifiques et
in conformity with the principles of justice and conformément aux principes de la justice et du droit
international law, adjustment or settlement of international, que des différends ou des situations
international disputes or situations which might lead to a internationaux qui pourraient conduire à une rupture de la
breach of the peace. paix, soient ajustés ou réglés.

To develop friendly relations among nations based on Développer entre les nations des relations amicales
respect for the principle of equal rights and self- fondées sur le respect du principe de l’égalité des droits
determination of peoples, and to take other appropriate et de l’autodétermination des peuples, et de prendre
measures to strengthen universal peace. d’autres mesures appropriées pour renforcer la paix
universelle.

To achieve international co-operation in solving Réaliser la coopération internationale pour résoudre les
international problems of an economic, social, cultural, problèmes internationaux à caractère économique, social,
or humanitarian character, and in promoting and culturel ou humanitaire et promouvoir et encourager le
encouraging respect for human rights and for respect des droits de l’homme et des libertés
fundamental freedoms for all without distinction as to fondamentales pour tous, sans distinction de race, de
race, sex, language, or religion. sexe, de langue ou de religion.

To be a centre for harmonizing the actions of nations in Être un centre d’harmonisation des actions des nations
the attainment of these common ends. dans la réalisation de ces objectifs communs.

En raison de ces objectifs fondamentaux (en particulier le maintien de la paux et de la sécurité internationale), l’ONU
vise l’UNIVERSITE et est unique :

- Une organisation rivale ayant des objectifs similaires serait une contradiction dans les termes.

- Les obligations existantes dans le cadre de la Charte des Nations Unies jouissent d’une suprématie juridique
(art. 103 de la Charte).

ORGANES DE L’ONU : l’ONU comporte 6 organes.

1) L’Assemblée générale (The General Assembly)


2) Le Conseil de sécurité (The Security Council)
3) Le Conseil économique et social (The Economic and Social Council)
4) Le Conseil de tutelle (The Trusteeship Council)
5) La Cour internationale de justice (The International Court of Justice)

26
6) Le Secrétariat (The Secretariat)

ATTENTION : aller sur le site de l’ONU lire les compétences de ces organes !

ARTICLES 57 ET 63 DE LA CHARTE DES NATIONS UNIES : en vertu de ces articles, un large éventail
d’organisations intergouvernementales ayant des responsabilités dans les domaines économique, social, culturel, de
l’éducation, de la santé et des domaines connexes sont mises en relation avec l’ON.

 Ces organisations intergouvernementales sont appelées « AGENCES SPECIALISEES ».

Avec les Nations Unies, d’autres fonds et d’autres programmes, ils forment la FAMILLE DES NATIONS UNIES.

Les Nations Unies jouent un rôle essentiel dans la promotion, le développement et le respect du droit international.
L’étude du droit international est indissociable des travaux de l’ONU.

B. THE FOUNDATION OF THE UN

L’ONU a été fondée en 1945. Il faut lire les documents suivants pour comprendre les évènements qui ont conduit à la
conclusion de la Charte des Nations Unies (à San Francisco le 26 juin 1945).

- Declaration of St. Jame’s Palace


- The Atlantic Charter
- The Declaration of the United Nations
- The Moscow and Teheran Conferences
- The Dumbarton Oaks and Yalta Conferences

- San Francisco Conference

C. THE INTERNATIONAL COURT OF JUSTICE

Le principal organe judiciaire des Nations unies est la COUR INTERNATIONLE DE JUSTICE (CIJ). La CIJ a
remplacé la Cour permanente de justice internationale (CPIJ) qui avait été créée à l’époque de la Société des Nations.

Il est important de comprendre la composition, les compétences et les pouvoirs de la Cour puisque le cours s’appuie sur
beaucoup d’arrêts et d’avis consultatifs de la CIJ.

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