Poly Analyse
Poly Analyse
Notes de cours
ENSIMAG 1A
E. Maı̂tre et V. Perrier
Warning : Ce document est issu de notes de cours et peut donc contenir quelques coquilles que
nous vous invitons à signaler.
Table des matières
2 Transformée de Fourier 13
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.1.1 Historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.1.2 Intérêt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.1.3 Motivation pour le traitement du signal . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.1.4 Problématique du traitement du signal . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2 Transformation de Fourier dans L1 (R) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.2 Propriété (Théorème de Riemann-Lebesgue) . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.3 Exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2.4 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3 Produit de convolution et principe du filtrage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3.1 Rappel : Produit de convolution dans L1 (R) . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3.2 Exemple de filtrage : les moyennes glissantes . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3.3 Convolution et transformée de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.4 Transformée de Fourier inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
i
TABLE DES MATIÈRES
3 Espaces Métriques 35
3.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2 Espaces métriques complets et théorème du point fixe . . . . . . . . . . . . . . 37
3.3 Espaces métriques compacts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.4 Produit d’espaces métriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
ii
Chapitre 1
∀x ∈ R+ , x + (+∞) =
+∞
+∞ si x ≥ 0
x × (+∞) =
0 si x = 0
1
CHAPITRE 1. INTÉGRATION MODE D’EMPLOI
4) Le théorème suivant, dit de Beppo-Levi est vérifié (c’est donc un axiome dans notre
présentation).
Corollaire 1.1.
Démonstration.
j
X
Posons ∀ x, gj (x) = fn (x).
n=0
On a alors ∀ x, gj (x) ≤ gj+1 (x) et on applique Beppo-Levi sur la suite (gj ).
2
1.2. INTÉGRALE DES FONCTIONS MESURABLES POSITIVES
Démonstration.
(i) ∀ x ∈ R, 1lA (x) ≤ 1lB (x) et on applique la propriété 2 de l’intégrale (croissance).
X
(ii) 1lSn≥0 An = 1lAn et on applique le corollaire précédent.
n≥0
Remarque 1.1.
1) Si An est une suite d’ensembles, on a :
!
[ X
µ An ≤ µ(An )
n≥0 n≥0
2) Si A, B ⊂ RN , on a :
µ(A ∪ B) + µ(A ∩ B) = µ(A) + µ(B)
Démonstration. X
1) 1lSn≥0 An ≤ 1lAn
n≥0
2) A ∪ B = (A\(A ∩ B)) ∪ B\(A ∩ B)) ∪ (A ∩ B) d’où
µ(A ∪ B) = µ(A) − µ(A ∩ B) + µ(B) − µ(A ∩ B) + µ(A ∩ B)
Théorème 1.2.
Soit f : RN → R+ . On a :
Z
f (x) dx = 0 ⇔ f = 0 p.p. (f (x) = 0 p.p.)
RN
Démonstration.
Posons A = {x ∈ RN | f (x) 6= 0}
3
CHAPITRE 1. INTÉGRATION MODE D’EMPLOI
— (⇐)
∀ x ∈ RN , f (x) ≤ lim n1lA (x)
Z Z n→∞ Z
th1.1
f (x) dx ≤ lim n1lA (x) dx = lim n 1lA (x) dx car n1lA est croissante.
RN RN n→∞ n→∞ N
| R {z }
m(A)=0
— (⇒)
1lA (x) ≤ lim nf (x)
Zn→∞ Z Z
th1.1
µ(A) = 1lA (x) dx ≤ lim nf (x) dx = lim n f (x) dx = 0
RN RN n→∞ n→∞ N
| R {z }
=0
Remarque 1.3. On étend très simplement cette définition aux fonctions à valeurs dans C en
considérant les parties réelles et imaginaires. On dit que f : RN → C est intégrable si Im f
et Re f sont intégrables au sens de la définition ci-dessus et on pose alors
Z Z Z
f dµ = Re f dµ + i Im f dµ.
RN RN RN
On a alors :
Z Z Z Z Z
f dµ ≤ |f | dµ et |f + g| dµ ≤ |f | dµ + |g| dµ
RN RN RN RN RN
Cette définition sera utilisée dans le chapitre sur la transformée de Fourier. Néanmoins
pour la suite par souci de simplicité, et comme nous venons de voir que c’est équivalent,
nous considérons uniquement le cas des fonctions à valeurs réelles.
Remarque 1.4. Si f et g sont à valeurs dans R la somme f + g n’est pas forcément définie
par exemple si f (x) = +∞ et g(x) = −∞. En revanche si f et g sont intégrables f et g sont
finies presque partout donc f + g est définie presque partout. En posant f˜ = 0 là où |f | est
infinie, g̃ = 0 là où |g| est infinie, f˜ + g̃ a même intégrale que f + g.
4
1.3. FONCTIONS INTÉGRABLES
Proposition 1.1.
La définition de l’intégrale ne dépend pas du choix de g ≥ 0 et h ≥ 0 intégrables tels que
f = g − h.
Démonstration. On
Z Z a par définition f = f+ − f− . Si on pose f = g − h, avec g, h ≥ 0 et
gdµ < +∞, hdµ < +∞, on veut montrer que qu’avec la définition de l’intégrale ci-
RN Z RNZ Z
dessus, f dµ = gdµ − hdµ. Soit r = g − f+ = h − f− , on a 0 ≤ r ≤ g car
RN RN RN Z Z
+
g = f + h ≥ f et g ≥ 0 impliquent g ≥ max(f, 0) = f . Donc 0 ≤ rdµ ≤ gdµ ≤ +∞.
Z Z Z RN RN
Proposition 1.2.
Remarque 1.5. L’ensemble de ces propriétés reste vrai pour d’autres mesures que la mesure
de Lebesgue.
Démonstration.
— Point 1
On considère f = g − h, avec g ≥ R0 h ≥ 0, et f 0 = g 0R− h0 avec g 0 ≥ 0 Rand h0 ≥ 0. Alors
0 0 0 0 0 0
R = RNR (g0 + g )dµ − RN (h + h )dµ =
Rf + f + (hR + h0) = gR+ g , d’où R RN (f0 + f )dµ
RN
gdµ + RN g dµ − RN hdµ − RN h dµ = f dµ + f dµ. Par ailleurs pour α ∈ R,
αf se décompose en αg − αh ou −αh − (−αg) selon le signe α et on applique la linéarité
positive.
— Point 4
R R
f = f+ − f− et RN f+ dµ < +∞, RN f− dµ < +∞
|f | = f+ + f−
R R R
RN |f | dµ = RN f + dµ + f dµ < +∞
RN −
5
CHAPITRE 1. INTÉGRATION MODE D’EMPLOI
et on pose Z Z
def
f dµ = fA dµ
A RN
Proposition 1.3.
1) Si f = g p.p. et si l’une de ces fonctions est intégrable, alors l’autre aussi et leurs
intégrales sont égales.
R
2) Si A ⊂ RN est tel que µ(A) = 0 alors pour toute fonction f on a A f dµ = 0.
3) Si A ⊂ RN est compact (fermé borné) alors toute fonction f continue sur A est
intégrable sur A.
Démonstration.
R En effet, si f est intégrable, on écrit |g| ≤ |f | + |g − f | et d’après le théorème
1.2 on a |g − f | = 0. Pour le deuxième point, il suffit de remarquer R que dans ce cas fA = 0
p.p. et d’appliquer le même théorème. Pour le dernier, on majore A |f |dx ≤ kf k∞ µ(A) < +∞.
Définition 1.6. Soit f mesurable définie p.p. sur RN , et A ⊂ RN mesurable tel que ∀ x ∈
RN \A, f (x) est défini et µ(A) = 0. Posons :
f (x) si x ∈ RN \A
f˜(x) =
”autre chose” si x ∈ A
Si f˜ est intégrable, alors tout autre prolongement l’est aussi et l’intégrale est la même
(d’après la proposition ci-dessus). On dit que f est intégrable et on pose
Z Z
f dµ = f˜dµ
RN RN
6
1.3. FONCTIONS INTÉGRABLES
Démonstration.
Posons
An = {x ∈ A | |fn (x)| > g(x)}, B = {x ∈ A | fn (x) ne tend pas vers f (x)}
!
[
N = B∪ An , N est alors négligeable comme union dénombrable d’ensembles négligeables.
n≥0
On considère lesprolongements :
fn (x) si x ∈ A\N
f˜n (x) =
0 sinon
f (x) si x ∈ A\N
f˜(x) =
0 sinon
g(x) si x ∈ A\N
g̃(x) =
0 sinon
et on pose gn (x) = f˜n (x) − f˜(x) et hn (x) = sup gk (x) qui vérifient ∀n, hn ≥ hn+1 ; ∀n, hn ≥ 0
k≥n
et hn (x) → 0. Par hypothèse et inégalité triangulaire, on a 0 ≤ hn ≤ 2g̃ donc 2g̃ − hn ≥ 0 et
(2g̃ − hn ) est une suite croissante de fonctions positives. On peut donc appliquer le théorème de
Beppo-Levi,
Z qui donne : Z Z
lim (2g̃ − hn )dµ =
lim (2g̃ − hn )dµ = 2 g̃dµ
n→∞ RN n→∞
ZRN Z Z RN
Z Z
lim (2g̃ − hn )dµ = lim 2 g̃ − hn dµ = 2 g̃dµ − lim (hn )dµ
n→∞ RN n→∞ RN N
RZ RN Z n→∞ RN
Z
Donc lim hn dµ = 0. A fortiori lim gn dµ = lim |fn − f | dµ = 0 d’où le
n→∞ RN n→∞ RN n→∞ RN
résultat.
Alors, il existe une suite extraite (fnk ) telle que fnk (x) −→ f (x) p.p. et il existe g ∈ L1 (RN )
telle que |fnk (x)| ≤ g(x) p.p..
Du théorème de convergence dominée de Lebesgue découle un corollaire que vous reconnaı̂trez
sans doute :
7
CHAPITRE 1. INTÉGRATION MODE D’EMPLOI
Corollaire 1.2.
Soit (fn ) ∈ C([a, b]) telle que (fn ) converge uniformément vers f ∈ C([a, b]). Alors :
Z Z
lim fn dµ = f dµ
n→∞ [a,b] [a,b]
Proposition 1.4.
R
Soit f : [a, b] → R une fonction Lebesgue intégrable alors F (x) = [a,x]
f (t)dµ est dérivable
p.p sur ]a, b[ et F 0 (x) = f (x).
1.4.2 L’espace L1
Définition 1.7. Soient f, g ∈ L1 (RN ). On définit une relation d’équivalence sur L1 (RN ) ×
L1 (RN ) en posant f Rg si et seulement si f = g p.p.. On note f˙ la classe d’équivalence de
f : on a donc g ∈ f˙ ⇔ f Rg.
Le processus permettant d’identifier deux fonctions égales presque partout pour ainsi
ne plus distinguer une fonction nulle presque partout de la fonction identiquement nulle
s’appelle le passage au quotient.
On pose L1 (RN ) = L1 (RN )/R = {f˙ | f ∈ L1 (RN )}.
8
1.5. INTÉGRALES DÉFINIES PAR UN PARAMÈTRE
Proposition 1.5.
L1 (RN ) est un espace vectoriel si on pose f˙ + ġ = f +
˙ g et λf˙ = λf
˙
k.k1 est une norme sur L1 (RN ) si on pose f˙ = N1 (f ).
1
Proposition 1.6.
(L1 (RN ), k · k1 ) est un espace vectoriel normé complet.
On a :
1. N∞ (0) = 0
2. N∞ (λf ) = |λ| N∞ (f )
3. N∞ (f + g) ≤ N∞ (f ) + N∞ (g)
4. N∞ (f ) = 0 =⇒ f = 0 p.p.
Proposition 1.7.
(Lp (RN ), k · kp ) est un espace vectoriel normé complet pour 1 ≤ p ≤ +∞.
9
CHAPITRE 1. INTÉGRATION MODE D’EMPLOI
Théorème 1.5.
Soit I un intervalle de R et A ⊂ RN . Soit f une fonction définie sur I × A (en fait définie
∀t ∈ I et p.p. sur A).
On suppose que ∀t ∈ I, x 7→ f (t, x) ∈ L1 (A) et on pose :
Z
F (t) = f (t, x)dµ.
A
Démonstration. Z
1. Soit (tn ) tel que tn −→ t dans I. F (tn ) = f (tn , x) dµ. Soit fn (x) = f (tn , x), fn (x) −→
n→+∞ A
f (t, x) p.p. sur A et ∀ n, |fn | ≤ g p.p. Le théorème de convergence dominée assure que
F (tn ) → F (t).
2. On considère
F (t + h) − F (t) f (t + h, x) − f (t, x)
Z
= dµ
h A h
On a f (t+h,x)−f
h
(t,x)
→ ∂f
∂t
(t, x) et f (t+h,x)−f
h
(t,x)
= ∂f∂t
(θh , x) avec θh ∈]t, t + h[ donc avec
les hypothèses du théorème, on peut appliquer le théorème de convergence dominée et il
vient : Z
0 ∂f
F (t) = (t, x) dµ
A ∂t
10
1.6. INTÉGRALES MULTIPLES
De plus, on a :
Z Z Z Z Z
f (x, y) dµ(y) dµ(x) = f (x, y) dµ(x) dµ(y) = f (x, y) dµ(x) dµ(y)
Ω1 Ω2 Ω2 Ω1 Ω1 ×Ω2
Application pratique Pour une fonction f de signe quelconque on procède de la façon suivante :
(i) On applique le théorème de Tonelli à |f | pour savoir si |f | ∈ L1 (Ω1 × Ω2 ) (ce qui est
équivalent à f ∈ L1 (Ω1 × Ω2 )).
(ii) Si oui, on peut alors appliquer le théorème de Fubini à f pour intervertir l’ordre d’intégration
et utiliser le calcul le plus facile.
11
CHAPITRE 1. INTÉGRATION MODE D’EMPLOI
et on a la même égalité.
12
Chapitre 2
Transformée de Fourier
2.1 Introduction
2.1.1 Historique
L’analyse en fréquences apparaı̂t en 1822 dans un traité de Joseph Fourier, la “Théorie ana-
lytique de la chaleur”.
L’équation de la chaleur est définie par :
∂u
− ∆u = 0 (2.1)
∂t
u(~x, 0) = ϕ(~x) (2.2)
Ici, u est une fonction de l’espace et du temps : u(~x, t). Dans le cas où l’espace est un disque,
u est définie par :
t ≥ 0, ~x ∈ D = {~x ∈ R| k~xk ≤ 1}
2.1.2 Intérêt
- ”Diagonalise” les opérateurs de dérivation.
F : u 7→ F (u)
dk k
F : ( dx k u) 7→ (iξ) F (u)
13
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER
2π
cn einωx , ω =
P
u(x) = T
ω
eiωx est une harmonique (correspond à une fréquence “pure” ν = 2π
).
∃ h : R 7→ R tq R
+∞
g(t) = (f ? h)(t) = −∞ f (x)h(t − x)dx
14
2.2. TRANSFORMATION DE FOURIER DANS L1 (R)
g(t) = (f ? h)(t)
= (h ? f )(t)
Z
= h(x)eiω(t−x) dx
Z
= e iωt
h(x)e−iωx dx
= eiωt H(ω)
Conclusion
Z +∞
def
∀ν ∈ R, fˆ(ν) = f (x)e−2iπνx dx
−∞
15
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER
Démonstration. .
R
1. — F linéaire (linéarité de ).
R +∞
Par définition : kf kL1 (R) = −∞
|f (x)| dx
Z +∞
∀ν, fˆ(ν) = f (x)e−2iπνx dx
−∞
Z +∞
≤ |f (x)| dx = kf kL1 (R)
−∞
Z +∞
fˆ(ν) = f (x)e−2iπνx dx
−∞
+∞ Z +∞
e−2iπνx e−2iπνx
0
= f (x) − f (x) dx
−2iπν −∞ −∞ −2iπν
Z +∞
1
fˆ(ν) ≤ |f 0 (x)| dx
2π |ν| −∞
−−−−→ 0
ν→±∞
16
2.2. TRANSFORMATION DE FOURIER DANS L1 (R)
≤ fˆ − ϕ̂ + |ϕ̂(ν)|
L∞ (R)
≤ kf − ϕkL1 (R) + |ϕ̂(ν)|
2.2.3 Exemple
Fonction “porte” :
Π = 1l]− 1 ; 1 [
2 2
1
sin(πν)
e−2iπνx dx =
R
Π̂(ν) = 2
− 12 πν
: sinus cardinal.
2.2.4 Propriétés
∀ν ∈ R, |ĝ(ν)| = fˆ(ν)
et Arg(ĝ(ν)) = Arg(fˆ(ν)) − 2πντ
17
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER
Proposition 2.1.
f ∈ L1 (R), a > 0.
Posons ∀x ∈ R, g(x) = f (ax) : g ∈ L1 (R).
1 ν
∀ν ∈ R, F (g(ν)) = fˆ( )
a a
Remarque 2.4. Si f est à support compact : augmenter la taille du support de f (en dilatant
f ) revient à contracter la fonction fˆ et inversement.
Exemple
Π = 1l]− 1 ; 1 [
2 2
1 x
∀ε > 0, fε (x) = Π( )
ε ε
Remarque 2.5. .
∀x 6= 0, lim fε (x) = 0
ε→0
On montrera dans le chapitre sur la Transformée de Fourier des distributions que F (δ) = 1lR .
18
2.2. TRANSFORMATION DE FOURIER DANS L1 (R)
Remarque 2.7. Relation entre la régularité d’une fonction et le comportement de son spectre
à hautes fréquences :
ν fˆ(ν) = o(1)
1
fˆ(ν) = o ( )
ν→+∞ ν
et
1
fˆ(ν) = o ( )
ν→±∞ |ν|n
2
Application Calcul de F (f ) avec f : x 7→ e−πx (cf. TD) :
2
f 0 (x) = −2πxe−πx = −2πxf (x)
2πF (x 7→ xy(x)) + F (y 0 ) = F (x 7→ 0)
1 d
2π(− ŷ(ν)) + 2iπν ŷ(ν) = 0
2iπ dν
On a également appliqué le 2) du théorème 2.3 et on obtient alors :
d
ŷ(ν) + 2πν ŷ(ν) = 0 (2.4)
dν
On a alors : 2.3 ≡ 2.4.
19
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER
fˆ(ν) = λe−πν
2
Calcul de λ :
R +∞ R +∞
λ = fˆ(0) =
2
−∞
f (x)dx = −∞
e−πx dx = 1
2 2
∀ν ∈ R, F (x 7→ e−πx )(ν) = e−πν
f ∈ L1 (R), g ∈ L1 (R)
R +∞
On pose : ∀x ∈ R, (f ? g)(x) = −∞
f (y)g(x − y)dy.
Remarque 2.8. Si f ∈ L1 (R), alors f est finie (f (x) < +∞) presque partout.
20
2.3. PRODUIT DE CONVOLUTION ET PRINCIPE DU FILTRAGE
Z x+ τ2
1
f¯(x) = f (t)dt
τ x− τ2
Z +∞
1
= χ[x− τ2 ;x+ τ2 ] (t)f (t)dt
τ −∞
Z +∞
= h(x − t)f (t)dt
−∞
où h : u 7→ τ1 1l[− τ2 ; τ2 ]
En pratique :
1
On peut alors adapter τ
à la bande de fréquences “utile” du signal f.
Démonstration.
Réappliquons le théorème de Fubini positif :
R +∞ R +∞
−∞ −∞
|f (y)g(x − y)| dy |e−2iπνx | dx = kf kL1 (R) kgkL1 (R) < +∞
car |e−2iπνx | = 1.
21
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER
Z +∞ Z +∞
F (f ? g)(ν) = f (y)g(x − y)dy e−2iπνx dx
−∞
Z +∞ Z−∞
+∞
= f (y)g(x − y)dy e−2iπν(x−y+y) dx
−∞ −∞
Z +∞ Z +∞
−2iπνy −2iπν(x−y)
= f (y)e g(x − y)e dx dy
−∞ −∞
Z +∞ Z +∞
−2iπνy −2iπνu
= f (y)e g(u)e du dy
−∞ −∞
= fˆ(ν)ĝ(ν)
On a de nouveau utilisé le sempiternel changement de variable :
u = x−y
du = dx
L (R) → L∞ (R) et F : f 7→ F (f ) = fˆ
1
F
f 7→ F (f ) = fˆ
est linéaire et continue.
R +∞
F telle que : ∀ν ∈ R, fˆ(ν) = −∞
f (x)e−2iπνx dx.
Inversion de F ?
1. Trouver un espace invariant par F (espace S ⊂ L1 (R) tel que F (S) ⊂ S).
2. Expression de F −1 ?
Remarque 2.9. L’espace naturel pour F : L2 (R).
But : Trouver un espace invariant S ⊂ L1 (R) et montrer que F se prolonge en une application
encore nommée F (abus de langage) : F : L2 (R) → L2 (R) avec F isométrie.
R +∞
Problème : f ∈ L2 (R) \ L1 (R) : −∞
f (x)e−2iπνx dx n’est pas définie. (ex : f (x) = sin x
x
).
22
2.4. TRANSFORMÉE DE FOURIER INVERSE
f ∈ C ∞ (R)
f ∈ S(R) ⇔
∀n ∈ N, ∀p ∈ N, (1 + |x|n )f (p) ∈ L∞ (R)
C
En conséquence, ∃C > 0, ∀n ∈ N, ∀p ∈ N, ∀x ∈ R, f (p) (x) ≤ 1+|x|n
Exemples .
x2
— Gaussienne : f (x) = e− 2 ∈ S(R)
— D(R), ensemble des fonctions C ∞ à support compact, est inclus dans S(R).
Proposition 2.2.
S(R) est stable par dérivation et multiplication par un polynôme. C’est à dire :
∀f ∈ S(R), ∀p, n ∈ N
1. f (p) ∈ S(R)
2. x 7→ xn f (x) ∈ S(R)
Proposition 2.3.
S(R) est invariant par F, c’est à dire :
∀f ∈ S(R), F (f ) = fˆ ∈ S(R)
Démonstration.
On utilise le théorème Fourier et dérivation.
dn ˆ
Par récurrence : ∀n ∈ N, x 7→ xn f (x)L1 (R) entraı̂ne fˆ est n fois dérivable et dν
f∈ L∞ (R).
23
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER
Z +∞
∀f ∈ S(R), fˆ(ν) = f (x)e−2iπνx dx
−∞
Z +∞
f (x) = fˆ(ν)e2iπνx dν
−∞
Démonstration.
F̄ F = Id ou encore ∀f ∈ S(R), F̄ (fˆ) = f .
Remarque 2.13. Nous n’utiliserons pas :
R +∞ R +∞ R +∞
ˆ
f (ν)e2iπνx
dν = −∞ −∞ f (t)e −2iπνt
dt e2iπνx dν
−∞
Montrons :
R +∞ R +∞
∀f ∈ S(R), ∀ϕ ∈ S(R), −∞
F (f )(ν)ϕ(ν)dν = −∞
f (x)F̄ (ϕ)(x)dx
En effet :
Z +∞ Z +∞ Z +∞
−2iπνx
F (f )(ν)ϕ(ν)dν = f (x)e dx ϕ(ν)dν
−∞ −∞ −∞
Z +∞ Z +∞
= f (x) ϕ(ν)e2iπνx dν dx
−∞ −∞
Z +∞
= f (x)F̄ (ϕ)(x)dx
−∞
24
2.4. TRANSFORMÉE DE FOURIER INVERSE
∀x ∈ R, ∀ν ∈ R,
f (x)ϕ(ν)e−2iπνx ≤ |f (x)| ϕ(ν)
Ce qui prouve que la fonction : (x, ν) 7→ f (x)ϕ(ν)e−2iπνx est un élément de L2 (R), condition
suffisante à l’application de Fubini.
Etape 2 :
Z +∞ Z +∞
f (x)F̄ F hε (x)dx = F̄ F f (x)hε (x)dx
−∞ −∞
Z +∞ Z +∞
f (x)hε (x)dx = F̄ F f (x)hε (x)dx
−∞ −∞
Z +∞ Z +∞
1 x 1 x
f (x)h( )dx = F̄ F f (x)h( )dx
ε −∞ ε ε −∞ ε
x
On pose : y = ε
et on obtient :
Z +∞ Z +∞
∀f ∈ S(R), ∀ε > 0, f (εy)h(y)dy = F̄ F (f )(εy)h(y)dy
−∞ −∞
25
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER
Z +∞ Z +∞
f (0) h(y)dy = F̄ F (f )(0) h(y)dy
−∞ −∞
R +∞
Comme −∞
h(y)dy 6= 0 : f (0) = F̄ F (f )(0).
Etape 3 :
Soit f ∈ S(R).
Pour z ∈ R, on pose g : x 7→ g(x) = f (x + z) ∈ S(R).
Par application de l’étape 2 : g(0) = F̄ F (g)(0).
F̄ F (g)(x) = F̄ F (f )(x + z)
= F̄ (ν 7→ e2iπνz fˆ(ν))(x)
Z +∞
= e2iπνz fˆ(ν)e2iπνx dν
−∞
= F̄ (fˆ)(x + z)
= (F̄ F (f ))[z + x]
F̄ F g(0) = F̄ F f (z)
Donc :
∀f ∈ S(R), F̄ (fˆ) = f
26
2.5. APPLICATION : RÉSOLUTION DE L’ÉQUATION DE LA CHALEUR
avec F F̄ = Id.
ϕ = F (f ) ⇔ f = F̄ (ϕ)
ψ = F (g) ⇔ g = F̄ (ψ)
Equation de la chaleur :
∂u ∂ 2u
= (2.5)
∂t
u(0, ∂x2
x) = ϕ(x)
On cherche u ∈ S(R+ × R) ie
u ∈ C∞
∂k ∂l
∀m, n, k, l ∈ N, , (x, t) 7→ (1 + |x|m + |t|n ) u(t, x) ∈ L∞ (R+ × R)
∂tk ∂xl
27
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER
Proposition 2.4.
Le problème 2.5 admet une solution unique (t, x) 7→ u(t, x) dans S(R+ × R).
Démonstration.
1. On considère la transformée de Fourier spatiale de u :
R +∞
û(t, ν) = −∞
u(t, x)e−2iπνx dx, en l’appliquant à l’équation 2.5 :
+∞ +∞
∂ 2 u −2iπνx
Z Z
∂u −2iπνx
e dx = e dx
−∞ ∂t −∞ ∂x2
Supposons que :
D’après 2.5 :
∂
∀t, ν ∈ R, ∂t
(û(t, ν)) = −4π 2 ν 2 û(t, ν)
2ν2t
donc û(t, ν) = λ(ν)e−4π avec λ constante par rapport au temps.
On a alors :
u(x, t) = F −1 (û)(x, t)
= F̄ (û)(x, t)
2ν2t
= F̄ (ν 7→ ϕ̂(ν)e−4π )(x, t)
(2i)2 π 2 ν 2 t
= F̄ (ϕ̂(ν)) ? F̄ (ν 7→ e )(x, t)
1 x2
= ϕ(x) ? √ e− 4t
4πt
Explication :
28
2.6. TRANSFORMÉE DE FOURIER DANS L2 (R)
2 2 2 2
F (e−πx ) = e−πν ⇔ e−πx = F̄ (e−πν )
donc
√ 1 x 2
πtν)2
√ e−π( 2 πt )
√
F̄ (e−π(2 ) =
2 πt
1 − x2
= √ e 4t
4πt
Z +∞
1 (x−y)2
u(t, x) = ϕ(y) √ e− 4t dy
−∞ 4πt
On a :
2. On pose :
x2
u(x, t) = ϕ(x) ? √1
4πt
e− 4t
et on vérifie :
— u ∈ S(R+ × R) (pénible)
— u solution de 2.5
Soient f, g ∈ L2 (R)
R +∞
< f |g >= −∞
f (x)g(x)dx
p
kf kL2 (R) = < f |f >
29
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER
Remarque 2.14. k.kX est la norme dans X et comme D ⊂ X, on prend : k.kD = k.kX
Rappel :
kf (x)kY
— |kf k| = sup kxkX
x∈D, x6=0
— f est linéaire, continue signifie :
Alors :
30
2.6. TRANSFORMÉE DE FOURIER DANS L2 (R)
= f˜(x) + λf˜(y)
— f˜ est continue.
• Soit x ∈ X et (xn ) suite d’éléments de D telle que : x = lim xn .
n→+∞
31
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER
Z +∞ Z +∞
∀f, ϕ ∈ S(R), F (f )(ν)ϕ(ν)dν = f (x)F̄ (ϕ)(x)dx
−∞ −∞
F̄ (ϕ) = F −1 (F (f )) = f
et on obtient :
Proposition 2.5.
F : L2 (R) → L2 (R) est une isométrie et :
Z +∞ Z +∞
2
∀f, g ∈ L (R), f (x)g(x)dx = fˆ(ν)ĝ(ν)dν
−∞ −∞
R +∞
Remarque 2.15. f ∈ L2 (R), fˆ(ν) = −∞
f (x)e−2iπνx dx
sin(x)
Si f ∈ L2 (R) \ L1 (R), comme par exemple f (x) = x
, on écrira souvent :
Z +∞
fˆ(ν) = “ f (x)e−2iπνx dx”
−∞
Z R
= lim f (x)e−2iπνx dx
R→+∞ −R
32
2.6. TRANSFORMÉE DE FOURIER DANS L2 (R)
Théorème 2.11.
F et F̄ sont des isométries de L2 (R) → L2 (R). De plus, F est inversible et F̄ = F −1 .
Démonstration.
∀f ∈ S, F̄ F f = f
Soit f ∈ L2 (R). f = lim fn avec (fn ) suite de fontions de S(R).
n→+∞
F̄ F f = f
F̄ F f = F̄ F ( lim fn )
n→+∞
= F̄ ( lim F (fn )), (F continue)
n→+∞
= lim (F̄ F fn ), (F̄ continue)
n→+∞
= lim fn
n→+∞
= f
♣ Fin de chapitre ♣
33
CHAPITRE 2. TRANSFORMÉE DE FOURIER
34
Chapitre 3
Espaces Métriques
3.1 Définitions
Définition 3.1. On appelle espace métrique la donnée d’un ensemble E et d’une fonction
distance d : E × E −→ R+ vérifiant :
(i) ∀ x, y ∈ E, d(x, y) = 0 ⇔ x = y
(ii) ∀ x, y ∈ E, d(x, y) = d(y, x)
(iii) ∀ x, y, z ∈ E, d(x, y) ≤ d(x, z) + d(z, y)
Une partie F ⊂ E, F 6= ∅ est un sous-espace métrique de (E, d) si F muni de la distance
d est un espace métrique.
Exemples
" n
#1/2
X
1) Rn (n ≥ 1), d(x, y) = (xi − yi )2 où x = (x1 , . . . , xn ), y = (y1 , . . . , yn )
i=1
n
X
2) Rn (n ≥ 1), d(x, y) = |xi − yi |
i=1
3) Soit A un ensemble, A 6= ∅.
On pose E = {f : A → R | f bornée} (i.e. sup |f (x)| < +∞)
x∈A
Si f, g ∈ E, f − g ∈ E.
Posons d(f, g) = sup |f (x) − g(x)|
x∈A
d est une distance sur E.
Dans toute la suite du document, sauf mention contraire, (E, d) est un espace métrique.
35
CHAPITRE 3. ESPACES MÉTRIQUES
B 0 (a, r) = {x ∈ E | d(a, x) ≤ r}
S(a, r) = {x ∈ E | d(a, x) = r}
Définition 3.3.
(i) A ⊂ E est ouvert si et seulement si ∀ x ∈ A, ∃ r > 0 tq B(x, r) ⊂ A.
(ii) F ⊂ E est fermé si et seulement si le complémentaire de F dans E est ouvert.
Remarque 3.3.
1) Soit (E, d) un espace métrique. E est un espace topologique si on définit les ouverts
comme dans la définition 3.3 (page 36) .
2) Soit (E, d) un espace métrique. (xn )n∈N tend vers x dans E si et seulement si d(xn , x)
tend vers 0.
Démonstration.
36
3.2. ESPACES MÉTRIQUES COMPLETS ET THÉORÈME DU POINT FIXE
N
\
— U1 . . . UN ouverts, U = Ui
i=1
Soit x ∈ U . ∀ i, x ∈ Ui donc ∀ i, ∃ ri > 0 tq B(x, ri ) ⊂ Ui .
Posons r = min ri . Alors B(x, r) ⊂ U .
1≤i≤N
[
— Uj ouverts, j ∈ J, U = Uj
j∈J
[
Soit x ∈ U . ∃ j ∈ J tq x ∈ Uj . Donc ∃ r > 0 tq B(x, r) ⊂ Uj ⊂ Uk = U .
k∈J
Définition 3.8. Soit E un espace topologique et A ⊂ E.
L’adhérence de A notée A est l’intersection des fermés contenant A (i.e. A est le plus
petit fermé contenant A).
Remarque 3.4.
1) x ∈ A ⇔ ∃ (xn )n∈N ∈ AN tq xn −→ x
2) A est fermé ⇔ A = A
Définition 3.9. Soit E un ensemble et d1 , d2 deux distances sur E.
d1 est équivalente à d2 (d1 ∼ d2 ) s’il existe a, b > 0 tels que
Proposition 3.1.
Les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) f est continue en x0 ∈ E
(ii) pour tout V 0 voisinage de f (x0 ) dans E 0 , f −1 (V 0 ) est un voisinage de x0 dans E
(iii) ∀ ε > 0, ∃ η > 0 tq d(x, x0 ) ≤ η =⇒ d0 (f (x), f (x0 )) ≤ ε
∀ ε > 0, ∃ n0 ∈ N tq ∀ p, q ≥ n0 , d(xp , xq ) ≤ ε
37
CHAPITRE 3. ESPACES MÉTRIQUES
Proposition 3.2.
Toute suite convergente est de Cauchy.
Démonstration.
Soit xn −→ x, soit ε > 0.
∃ n0 tq ∀ n ≥ n0 , d(x, xn ) ≤ 2ε
ε ε
∀ p, q ≥ n0 , d(xp , xq ) ≤ d(xp , x) + d(x, xq ) ≤ 2
+ 2
=ε
Remarque 3.5. La réciproque est fausse (cf. suites de Cauchy dans Q).
Définition 3.12. Un espace métrique est complet si toute suite de Cauchy est convergente.
Exemples
1) Rk est complet.
2) E = C[0, 1].
R1
Si on pose d(f, g) = 0
|f (t) − g(t)| dt, d est une distance sur E.
E n’est pas complet.
Proposition 3.3.
Soit (E, d) un espace métrique.
(i) Si E est complet et si F ⊂ E est fermé, (F, d) est complet.
(ii) Soit F ⊂ E, F 6= ∅. Si (F, d) est complet, F est fermé dans E.
38
3.2. ESPACES MÉTRIQUES COMPLETS ET THÉORÈME DU POINT FIXE
Application
Soit f : R × R −→ R une application continue vérifiant :
(f est lipschitzienne par rapport à la deuxième variable uniformément par rapport à la première
variable).
∀ x0 ∈ R, ∀ y0 ∈ R, il existe y ∈ C 1 (R) unique telle que :
Lemme 3.1.
Démonstration.
39
CHAPITRE 3. ESPACES MÉTRIQUES
Or ceci est vrai pour tout x dans [x0 , x0 + R], d’où d(T y, T z) ≤ M R d(y, z)
D’après le théorème du point fixe 3.1 (page 38) , il existe donc un unique y ∈ E tel que
T y = y.
Et par le lemme 3.1 (page 39) , y est solution de l’équation 3.1 (page 39) sur [x0 , x0 + R].
On peut ensuite étendre la solution sur R en se plaçant en x0 + R etc...
Remarque 3.7.
On a le même R partout grâce à l’uniformité.
Si on prend f (x, y) = y 2 : |f (x, y) − f (x, z)| ≤ |y − z| |y + z|
Donc ça ne marche pas : on a un M au voisinage du point auquel on se place.
Il faut prendre R1 > 0, [x0 , x0 + R1 ], R2 > 0, [x0 + R1 , x0 + R1 + R2 ] . . .
Donc le résultat est valable uniquement sur [x0 , a] avec a < +∞.
Remarque 3.8. A est compact si de tout recouvrement ouvert on peut extraire un sous-
recouvrement fini.
40
3.3. ESPACES MÉTRIQUES COMPACTS
Proposition 3.4.
Si A est compact, A est fermé et borné.
Démonstration.
— A est fermé :
Soit x ∈ E tel que x = lim xn , avec ∀ n, xn ∈ A.
Il existe (nk ) strictement croissante telle que xnk converge dans A, donc x = lim xnk ∈ A.
k→+∞
— A est borné :
Par l’absurde : si A n’est pas borné, il existe (xn )n∈N et (yn )n∈N tels que d(xn , yn ) −→ +∞
∃ (nk ) %% tq xnk −→ x ∈ A.
k→∞
∃ (kj ) %% tq ynkj −→ y ∈ A.
j→∞
On a aussi xnkj −→ x ∈ A.
j→∞
Proposition 3.5.
Démonstration.
1) Soit (xn )n∈N une suite de Cauchy dans A.
∃ (nk ) %% tq xnk −→ x ∈ A. Alors xn −→ x.
(Si une suite extraite d’une suite de Cauchy est convergente, alors la suite est convergente).
2) Soit (xn )n∈N une suite d’éléments de F.
∀ n, xn ∈ A. Donc ∃ (nk ) %% tq xnk −→ x ∈ A.
Comme F est fermé, x ∈ F .
41
CHAPITRE 3. ESPACES MÉTRIQUES
Proposition 3.6.
Soient (E, d) et (E 0 , d0 ) des espaces métriques.
Soit f : E −→ E 0 une application continue et soit A un compact de E.
Alors f (A) est compact.
Démonstration.
Soit (yn )n∈N telle que ∀ n ∈ N, yn ∈ A.
∀ n ∈ N, ∃ xn ∈ A tq f (xn ) = yn .
∃ (nk ) %% tq xnk −→ x ∈ A.
Comme f est continue, ynk = f (xnk ) −→ f (x) ∈ f (A).
Proposition 3.7.
Soit (E, d) un espace métrique et A ⊂ E un compact.
Si f : A −→ R est continue, alors il existe x, y ∈ A tels que :
Démonstration.
A est compact, donc f (A) est compact d’après la proposition 3.6 (page 42) .
Donc f (A) est borné par la proposition 3.4 (page 41) , et l’inf et le sup existent.
Montrons que l’inf est atteint :
∃ (xn )n∈N tq ∀ n, xn ∈ A et f (xn ) −→ inf f (t).
t∈A
∃ (nk ) %% tq xnk −→ x ∈ A. Donc f (xnk ) −→ f (x).
Proposition 3.8.
Soit (E, d) un espace métrique et A ⊂ E un compact.
Alors pour tout x de E, il existe y (non unique) dans A tel que :
d(x, y) = d(x, A)
Démonstration.
y 7−→ d(x, y) est continue, d’où le résultat par la proposition 3.7 (page 42) .
Remarque 3.9. Problème de l’unicité :
1) R2 avec la distance euclidienne :
A = S(0, 1), x = 0
∀ y ∈ A, d(0, y) = d(0, A)
2) R2 avec la distance d(x, y) = max(|x1 − y1 | , |x2 − y2 |) :
A = S(0, 1), x = (2, 0)
∀ t ∈ [−1; 1], d((2, 0), (1, t)) = d((2, 0), A)
42
3.4. PRODUIT D’ESPACES MÉTRIQUES
43
CHAPITRE 3. ESPACES MÉTRIQUES
44
Chapitre 4
Remarque 4.1.
1) Soit E un E.V.N., E est aussi un espace métrique pour la distance d(x, y) = kx − yk.
E est donc aussi un espace topologique.
2) x 7−→ kxk est continue (et même lipschitzienne) : |kxk − kyk| ≤ kx − yk
3) xn −→ x, yn −→ y, λn −→ λ =⇒ xn + yn −→ x + y, λn xn −→ λx
4) Si on n’a que l’implication vers la gauche dans 3 on parle de semi-norme.
Exemples
k
! 21
X
1) Rk avec kxk2 = x2j est complet.
j=1
k
X
Il en est de même avec kxk1 = |xj | et kxk∞ = max |xj |.
1≤j≤k
j=1
k
! 21
X
2) C k avec kzk2 = |zj |2 est également complet.
j=1
45
CHAPITRE 4. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
Démonstration. du point 3
Soit (un )n∈N une suite de Cauchy dans E. Soit ε > 0.
∃ N ∈ N tq ∀ n, m ≥ N, kun − um k∞ ≤ ε
Donc
∀ n, m ≥ N, ∀ t ∈ [0, 1], |un (t) − um (t)| ≤ ε (4.1)
c’est-à-dire : ∀ t ∈ [0, 1], (un (t))n∈N est de Cauchy dans K.
Donc ∀ t ∈ [0, 1], il existe u(t) ∈ K tel que un (t)−→ u(t).
n→∞
Dans 4.1 on fait tendre m vers +∞ :
∀ n ∈ N, ∀ t ∈ [0, 1], |un (t) − u(t)| ≤ ε
Donc ∀ n ∈ N, kun − uk∞ ≤ ε
Il reste à montrer que u est continue :
Soit t0 ∈ [0, 1] et t ∈ [0, 1].
|u(t) − u(t0 )| ≤ |u(t) − uN (t)| + |uN (t) − uN (t0 )| + |uN (t0 ) − u(t0 )|
≤ 2 kuN − uk∞ + |uN (t) − uN (t0 )|
∃ η > 0 (η depend de N ) tq |t − t0 | ≤ η =⇒ |uN (t) − uN (t0 )| ≤ ε
Donc si |t − t0 | ≤ η on a : |u(t) − u(t0 )| ≤ 3 ε
Théorème 4.1.
Soient E et F deux E.V.N. et u : E 7−→ F une application linéaire. Les propriétés suivantes
sont équivalentes :
(i) Il existe une constante C ≥ 0 telle que ku(x)k ≤ C kxk pour tout x ∈ E
(ii) u est lipschitzienne i.e.
∃ C > 0 tq ∀ x, y ∈ E, ku(x) − u(y)k ≤ C kx − yk
(iii) u est uniformément continue
(iv) u est continue
(v) u est continue à l’origine
Démonstration.
— 1 =⇒ 2 =⇒ 3 =⇒ 4 =⇒ 5 : évident.
— 5 =⇒ 1 :
∃ C > 0 tq ku(x)k ≤ 1 si kxk ≤ C.
Cx
Si x 6= 0 : u ≤1
kxk
| {z }
Cku(x)k
= kxk
46
4.2. CONTINUITÉ DANS LES E.V.N.
1
Donc ku(x)k ≤ C
kxk
Exemples
1) E, F des E.V.N. avec E de dimension finie et u : E −→ F linéaire.
Montrons que u est continue.
Soit (ej )1≤j≤n une base de E.
X n n
X
Pour x = xj ej , on pose kxk1 = |xj |
j=1 j=1
Soit k.k une norme sur F .
n
!
X
ku(x)k = u xj ej
j=1
n
X
= xj u(ej )
j=1
n
X
≤ |xj | ku(ej )k
j=1
≤ A kxk1
avec A = max ku(ej )k
1≤j≤n
Proposition 4.1.
L’application L(E, F ) −→ R+ , u 7−→ kuk = sup ku(x)k est une norme.
kxk≤1
Remarque 4.2. u est bien définie, par le 1 du théorème 4.1 (page 46) .
Remarque 4.3.
1. c’est ce qui nous intéresse dans le cadre de l’analyse
47
CHAPITRE 4. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
ku(x)k
1) On a aussi : kuk = sup ku(x)k = sup
kxk=1 x6=0 kxk
2) ku(x)k ≤ kuk kxk
3) Si u ∈ L(E, F ) et v ∈ L(F, G) avec E, F , G des E.V.N., on a :
kv ◦ uk ≤ kvk kuk
Proposition 4.2.
Si E et F sont des E.V.N. et si F est un Banach, alors L(E, F ) est un Banach.
En particulier E 0 est un Banach.
Démonstration.
Soit (un )n∈N une suite de Cauchy dans L(E, F ). Soit ε > 0.
∃ N ∈ N tq ∀ n, m ≥ N, kun − um k ≤ ε
Donc ∀ n, m ≥ N, ∀ x ∈ E, kun (x) − um (x)k ≤ ε kxk
c’est-à-dire : ∀ x ∈ E, (un (x))x∈N est de Cauchy dans F .
F étant complet, pour tout x ∈ E il existe u(x) ∈ F tel que un (x)−→ u(x).
n→∞
48
4.3. EQUIVALENCE ET CONVEXITÉ DE NORMES
Proposition 4.3.
Si E est un E.V. de dimension finie, toutes les normes sont équivalentes.
Démonstration. n n
X X
Soit (ej )1≤j≤n une base de E et kxk1 = |xj | si x = xj ej
j=1 j=1
Soit k.k une norme quelconque sur E.
Xn Xn
kxk = xj e j ≤ |xj | kej k ≤ A kxk1 où A = max kej k
1≤j≤n
j=1 j=1
L’application (
(E, k.k1 ) −→ R+ ,
x 7−→ kxk
est continue car :
kxk − kyk ≤ kx − yk ≤ A kx − yk1
D’après la proposition 3.7 cette fonction atteint son infimum sur le compact que constitue la
sphère unité :
∃ y, kyk1 = 1 tq inf kxk = kyk .
kxk1 =1
x
Posons a = kyk > 0. Comme = 1, on a kxk ≥ a kxk1 et donc k.k ∼ k.k1
kxk1 1
∀ x ∈ E, ∃ y ∈ F tq kx − yk = d(x, F ) = inf kx − zk
z∈F
Démonstration.
Soit d = d(x, F )
Posons A = F ∩ B 0 (x, d + 1)
49
CHAPITRE 4. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
∀ x, y ∈ A, ∀ λ ∈ [0, 1], λ x + (1 − λ) y ∈ A
Remarque 4.5. La norme euclidienne est strictement convexe, la norme du max ne l’est pas.
Proposition 4.5.
Soit E un E.V.N.
Si la norme est strictement convexe, le probleme de la meilleure approximation sur un convexe
A admet au plus une solution.
Démonstration.
Soit x ∈ E. Si a, b ∈ A vérifient kx − ak = kx − bk = d(x, A) = d, alors montrons que
a=b:
1) Si d = 0 : x = a = b
x−a x−b
2) Si d > 0 : Posons s = et t =
d d
On a : ksk = 1 et ktk = 1.
a+b
De plus : ∈A
2
a+b x−a x−b kx − ak kx − ak
Donc d ≤ x − = + ≤ + =d
2 2 2 2 2
a+b 2x − a − b
D’où x − = d et ks + tk = =2
2 d
Comme la norme est convexe, s = t donc a = b.
50
4.5. COMPACITÉ EN DIMENSION INFINIE
X N
X
On dit que la série xn est convergente vers x si la suite SN = xn converge vers x.
n≥0 n=0
X
On dit que la série est absolument convergente (normalement) si kxn k converge.
n≥0
Proposition 4.6.
Si E est un E.V.N. complet alors toute série absolument convergente est convergente.
Démonstration.
Soient p > q ≥ 0.
p p
X X
kSp − Sq k = xn ≤ kxn k −→ 0
p,q→∞
n=q+1 n=q+1
Théorème 4.3.
Soit
X E un Banach et u ∈ L(E, E). X
Si kun k < +∞ alors I − u est un isomorphisme et (I − u)−1 = un
n≥0 n≥0
Démonstration. X
Posons v = un ∈ L(E, E) = L(E).
n≥0
!
X X X
v ◦ (I − u) = un ◦ (I − u) = un − un = I
n≥0 n≥0 n≥1
De même, (I − u) ◦ v = I
Remarque 4.7. Soit u ∈ L(E) tel que kuk < 1, alors I −u est un isomorphisme et (I −u)−1 =
X
un
n≥0
51
CHAPITRE 4. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
Exemples
1) Un ensemble fini de fonctions équicontines est équicontinu.
2) Une suite uniformément convergente de fonctions continues est équicontinue.
3) E, F E.V.N., H ∈ L(E, F ), H borné. Alors H est équicontinue.
Démonstration. de l’exemple 1
Soitf1 , . . . , fp continues en x0 , soit ε > 0.
∀ j ∈ {1, .., p}, ∃ ηj > 0 tq d(x, x0 ) ≤ ηj =⇒ δ(fj (x), fj (x0 )) ≤ ε
Posons η = min ηj > 0
1≤j≤p
Si d(x, x0 ) ≤ η, alors ∀ j ∈ {1, .., p}, δ(fj (x), fj (x0 )) ≤ ε
52
4.5. COMPACITÉ EN DIMENSION INFINIE
Remarque 4.10.
— Si F = R ou C, ou un E.V. de dimension finie, la deuxième condition peut être rem-
placée par : ∀ x ∈ E, H(x) borné dans F .
— E ne peut pas être un E.V. car un E.V. n’est pas compact, mais en général E sera une
partie compacte d’un E.V.
— Si H ⊂ C([0, 1], [a, b]), montrer que H(x) est compacte est trivial car H(x) ⊂ [a, b]
implique que H(x) soit borné.
53
CHAPITRE 4. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
54
Chapitre 5
5.1 Différentiabilité
Définition 5.1. Soit E et F deux espaces de Banach, soit U un ouvert non vide de E et
a ∈ U , soit f : U −→ F .
f est dite (Fréchet) différentiable en a s’il existe L ∈ L(E, F ) telle que :
où ε : V −→ F est une application définie sur un voisinage ouvert V de 0E 1 tel que
∀ h ∈ V, a + h ∈ U , et lim ε(h) = 0.
h→0
L est unique et s’appelle la dérivée de f en a et on la note f 0 (a) ou dfa ou Df (a).
Quelques propriétés
1) L est unique.
2) f est différentiable sur U si f est différentiable en tout point de U . Dans ce cas, on a
f 0 : U −→ L(E, F ).
On dit que f est de classe C 1 si f est différentiable sur U et f 0 est continue. (f est C 2 si
f 0 est C 1 , ...)
3) L’ensemble des applications différentiables en a ∈ U (respectivement sur U ) est un espace
vectoriel.
4) Si f est différentiable en a ∈ U alors f est continue en a.
Démonstration.
1. le zéro dans E
55
CHAPITRE 5. DIFFÉRENTIABILITÉ DANS LES ESPACES DE BANACH
— Point 1 :
Si on a L1 et L2 :
Soit h ∈ E \ 0 et t ∈ ]0; ε0 [ (ε0 assez petit pour que a + t h ∈ V ).
f (a + t h) = f (a) + L1 (t h) + o(kt hk)
= f (a) + L2 (t h) + o(kt hk)
L1 (t h) − L2 (t h) o(t khk)
Donc kL1 (h) − L2 (h)k = = −→ 0
t t t→0
— Point 4 :
|f (a + h) − f (a)| ≤ L(h) + khk kε(h)k−→ 0
h→0
Définition 5.2 (Différentielle au sens de Gateaux). Soit E et F deux espaces de Banach, soit
U un ouvert non vide de E et a ∈ U , soit f : U −→ F .
Soit v ∈ E et t ∈ R∗ .
On dit que f admet une différentielle (au sens de Gateaux) en a dans la direction du vecteur v
si
f (a + t v) − f (a)
admet une limite quand t tend vers 0.
t
Remarque 5.1. f est différentiable en a ⇒ f est différentiable (au sens Gateaux) dans toutes
les directions en a. Attention la réciproque est fausse.
Exemples
1) Soit f : U −→ F et c ∈ F tel que ∀ x ∈ U, f (x) = c.
Alors ∀ x ∈ U, f 0 (x) = 0. Donc f 0 : U −→ L(E, F ) est nulle.
f est C ∞ .
f 00 ∈ L(E, L(E, F )).
56
5.1. DIFFÉRENTIABILITÉ
2) U = E et f ∈ L(E, F ).
Alors ∀ x ∈ E, f 0 (x) = f (car f (x + h) − f (x) = f (h) = f 0 (x)(h)).
Donc f 0 est constante, f est C ∞ et les dérivées suivantes sont nulles.
3) Soit E1 , E2 et F des Banach, et B : E1 × E2 → F une application bilinéaire continue.
Soit kxk∞ = max(kx1 k , kx2 k) pour x = (x1 , x2 ) ∈ E1 × E2 .
B est continue en 0 ⇐⇒ ∃ M > 0 tq kB(x, y)k ≤ M kxk kyk
Démonstration. de l’exemple 3
Comme B est continue en 0 : ∃ δ > 0 tq k(x, y)k ≤ δ =⇒ kB(x, y)k ≤ 1
Soit x et y non nuls.
δx δy
On a alors : B , ≤ 1
kxk kyk
| {z }
δ2
= kxk kyk kB(x, y)k
1 1
D’où : kB(x, y)k ≤ 2 kxk kyk et on prend M = 2
δ δ
Proposition 5.1.
B est différentiable et B 0 (x, y)(h, k) = B(x, k) + B(h, y)
Exemple
R × R −→ R
(x, y) 7−→ xy
Démonstration.
B(x + h, y + k) = B(x, y) + B(x, k) + B(h, y) + B(h, k)
| {z } | {z }
B 0 (x,y)(h,k) o(k(h,k)k)
2
En effet kB(h, k)k ≤ M khk kkk ≤ M k(h, k)k donc on a bien B(h, k) = o(k(h, k)k).
De plus, B 0 (x, y) : (h, k) 7−→ B(x, k) + B(h, y) est clairement lineaire :
B 0 (x, y) (h, k) + (u, v) = B(x, k + v) + B(h + u, y)
| {z }
(h+u,k+v)
= B(x, k) + B(x, v) + B(h, y) + B(u, y)
= B 0 (x, y)(h, k) + B 0 (x, y)(u, v)
C’est également continu :
kB 0 (x, y)(h, k)k ≤ M (kxk kkk + kyk khk) ≤ M (kxk + kyk) k(h, k)k
Donc
B 0 : E1 × E2 −→ L(E1 × E2 , F )
(x, y) 7−→ B 0 (x, y)
est bien linéaire et continue, et on a B 0 (x, y)(h, k) = B(x, k) + B(h, y)
Application
Soit E, F , et G trois espaces de Banach.
57
CHAPITRE 5. DIFFÉRENTIABILITÉ DANS LES ESPACES DE BANACH
Théorème 5.1.
Soit E, F , et G trois espaces de Banach.
Soit U ⊂ E un ouvert, a ∈ U , f : U −→ F , V ⊂ F un ouvert, b = f (a) ∈ V et g : V −→ G.
Si f est différentiable en a et si g est différentiable en b = f (a), alors g ◦ f (définie sur un
voisinage de a et continue en a) est différentiable en a. On a :
Proposition 5.2.
Soit U ⊂ E un ouvert, soit f : U −→ F = F1 × · · · × Fk avec Fi espace vectoriel normé,
kxk = max kxi k pour x = (x1 , · · · , xk ) ∈ F .
1≤i≤k
ui : Fi −→ F
xi 7−→ (0, . . . , 0, xi , 0, . . . , 0)
pi : F −→ Fi
x 7−→ xi
f est différentiable en a ∈ U si et seulement si pour j = 1, . . . , k, fj = pj ◦ f est différentiable
en a. On a alors :
k
X
f 0 (a) = uj ◦ fj 0 (a)
j=1
Démonstration.
— (⇒)
pj ∈ L(F, Fj ) (pj est continue car kpj (x)k = kxi k ≤ kxk)), donc pj est différentiable.
D’où pj ◦ f = fj est différentiable.
— (⇐)
Xk k
X
uj ◦ pj = idF =⇒ uj ◦ pj ◦ f = f
| {z }
j=1 j=1
fj
58
5.3. THÉORÈME DE LA MOYENNE
De plus uj ∈ L(Fj , F ).
Xk k
X k
X
0
0
Donc f (a) = 0
(uj ◦ fj ) (a) = 0
uj (fj (a)) ◦ fj (a) = uj ◦ fj 0 (a)
j=1 j=1 j=1
Proposition 5.3.
Soit U ⊂ E = E1 × · · · × Ek un ouvert avec Ei espace de Banach, soit f : U −→ F .
Soit a = (a1 , . . . , ak ) ∈ U .
λi : Ei −→ E
xi 7−→ (a1 , . . . , ai−1 , xi , ai+1 , . . . , ak )
(f ◦ λi est définie sur λ−1 i (U ) qui est un ouvert de Ei )
Si f est différentiable en a ∈ U , alors pour i = 1, . . . , k, f ◦λi est différentiable en ai ∈ λ−1
i (U ).
On a :
Xk
0
f (a)(h) = (f ◦ λi )0 (ai ) (hi )
i=1
avec h = (h1 , . . . , hk )
∂f
On note (f ◦ λi )0 (ai ) ou (a) ou fxi (a).
∂xi
5.1 est vraie pour t ∈ [a, a + η] avec η > 0 et η < b − a, car f et g sont continues.
Soit A = {η ∈ ]0, b − a] | 5.1 est vraie pour t ∈ [a, a + η]}. On a A 6= ∅.
Posons θ = sup A.
Par continuité 5.1 est vraie pour t = θ + a = θ0 .
Supposons θ < b − a.
∃ η > 0 tq pour tout t ∈ [θ0 , θ0 + η] :
59
CHAPITRE 5. DIFFÉRENTIABILITÉ DANS LES ESPACES DE BANACH
kf (y) − f (x)k ≤ k ky − xk
En particulier f est lipschitzienne sur les boules incluses dans U et sur les convexes inclus
dans U .
Démonstration.
On pose f˜ : t ∈ [0, 1] 7−→ f (x + t(y − x)) et on applique le théorème de la moyenne à f˜ :
f˜0 (t)(1) = f 0 (x + t(y − x))(y − x)
Corollaire 5.1.
Démonstration.
Soit x0 ∈ U , f 0 est continue sur un voisinage V de x0 et est bornée sur V .
60
5.3. THÉORÈME DE LA MOYENNE
Proposition 5.5.
Soit E = C 1 ([a, b], R).
Si u ∈ E, kuk = max(kuk∞ , ku0 k∞ ).
(E, k.k) est complet.
Soit F ∈ C 1 ([a, b] × R × R), posons pour u ∈ E
Z b
J(u) = F x, u(x), u0 (x) dx
a
Démonstration.
Soient y, z, s, t ∈ R, x ∈ [a, b] et r ∈ Z[0, 1].
1
d
F (x, y + s, z + t) − F (x, y, z) = F (x, y + rs, z + rt) dr
Z0 1 dr
∂F ∂F
= x, y + rs, z + rt s + x, y + rs, z + rt t dr
0 ∂y ∂z
Soit ε > 0 et soit h ∈ E.
Z bn o
J(u + h) − J(u) = F x, u(x) + h(x), u0 (x) + h0 (x) − F x, u(x), u0 (x) dx
a
Z b Z 1
∂F
= x, u(x) + rh(x), u0 (x) + rh0 (x) h(x)
a 0 ∂y
∂F
0 0
0
+ x, u(x) + rh(x), u (x) + rh (x) h (x) dr dx
∂z
Z b Z b
∂F 0
∂F 0
0
= x, u(x), u (x) h(x) + x, u(x), u (x) h (x) dx + A(x) dx
a ∂y ∂z a
| {z } | {z }
L(h) B
Z 1
∂F 0 0
∂F
0
A(x) = x, u(x) + rh(x), u (x) + rh (x) − x, u(x), u (x) h(x) dr
0 ∂y ∂y
Z 1
∂F 0 0
∂F
0
+ x, u(x) + rh(x), u (x) + rh (x) − x, u(x), u (x) h0 (x) dr
0 ∂z ∂z
61
CHAPITRE 5. DIFFÉRENTIABILITÉ DANS LES ESPACES DE BANACH
∂F ∂F
x, u(x) + rh(x), u0 (x) + rh0 (x) − x, u(x), u0 (x) ≤ ε
∂y ∂y
et
∂F ∂F
x, u(x) + rh(x), u0 (x) + rh0 (x) − x, u(x), u0 (x) ≤ ε
∂z ∂z
pour tout x ∈ [a, b] car u est fixé donc u[a, b] et u0 [a, b] sont compacts.
0
Donc |A(x)| ≤ ε |h(x)| + |h (x)| ≤ 2 ε khk
Z b
et |B| = A(x) dx ≤ 2 ε khk (b − a)
a
kJ 0 (u + v) − J 0 (u)k = sup |J 0 (u + v)(h) − J 0 (u)(h)|
khk=1
62
Chapitre 6
6.1.2 Mesures
Définition 6.2. Soit B une tribu de RN . Une mesure positive µ sur B est une application de
B dans R+ vérifiant :
63
CHAPITRE 6. ANNEXE 1 : CONSTRUCTION DE L’INTÉGRALE DE LEBESGUE
(i) µ(∅) = 0
(ii) Pour toute famille dénombrable (Bi ) d’éléments de B deux à deux disjoints on a :
∞
[ ∞
X
µ( Bi ) = µ(Bi )
1 1
Exercice : Montrer que l’on peut remplacer dans la définition : µ(∅) = 0 par ”la mesure n’est
pas partout égale à +∞”.
Définition 6.3. Soit (RN , B, µ) un espace mesuré. On dit que cet espace est complet, ou que
µ est complète ou que µ est complète pour B si :
(B ∈ B, µ(B) = 0, A ⊂ B) ⇒ A ∈ B
Si (RN , B, µ) est un espace mesuré, on peut montrer qu’ il existe une tribu B̃ et une mesure
(positive) µ̃ sur B̃ telles que :
(i) B ⊂ B̃
(ii) ∀B ∈ B, µ̃(B) = µ(B)
(iii) (RN , B̃, µ̃) est complet
Exemple fondamental : On peut montrer qu’il existe une unique mesure µ sur la tribu des
Boréliens BRN vérifiant :
N
! N
Y Y
µ [aj , bj ] = (bj − aj )
j=1 j=1
3) Si A, B ⊂ RN sont mesurables, on a :
64
6.1. ELÉMENTS DE THÉORIE DE LA MESURE
5) Si (An ) est une suite décroissante d’ensembles mesurables tels que µ(A1 ) < +∞, alors on
a: \
µ( An ) = lim µ(An )
n→+∞
n∈N
Définition 6.4. Soit A ⊂ RN un ensemble mesurable. Si µ(A) = 0 on dit que A est négligeable
(pour la mesure considérée).
Remarque 6.1. Comme une réunion dénombrable d’ensembles négligeables est négligeable,
dans R (N = 1), Q est dénombrable donc négligeable car les points sont de mesure nulle
pour la mesure de Lebesgue.
Définition 6.5. Une fonction f : RN → [0, ∞[ est étagée si elle prend un nombre fini de
valeurs distinctes a1 , · · · , ak < +∞ et si Bi = f −1 (ai ) ∈ B
Remarque : en particulier l’image réciproque de tout intervalle par une fonction mesurable est
mesurable.
Exemple : une fonction continue est mesurable.
Théorème 6.1.
Soit f : RN → R+ une fonction mesurable positive. Alors f est la limite simple croissante
d’une suite de fonctions étagées.
65
CHAPITRE 6. ANNEXE 1 : CONSTRUCTION DE L’INTÉGRALE DE LEBESGUE
Démonstration. Pour i entier ∈ [1, n2n ], on note En,i = f −1 ([ i−1 , i ]) et Fn = f −1 ([n, ∞]).
2n 2n
Chacune de ces parties appartient à la tribu B car f est mesurable. A l’aide des fonctions
caractéristiques des ces parties on définit :
X i−1
sn = n
1lEn,i + n1lFn
1≤i≤n2 n
2
qui est une fonction étagée. Quand on passe de n à n + 1, les intervalles de la nouvelle subdivision
de [0, ∞] sont contenus dans les intervalles de la n-ième. Donc la suite sn est croissante. On
vérifie facilement que sn (x) tend vers f (x) pour n → ∞ ; si f (x) < +∞ et n > f (x), sn est
l’approximation inférieure à 21n près par un nombre dyadique.
Proposition 6.1.
Le produit et la somme de deux fonctions mesurables à valeurs réelles sont mesurables
Démonstration. Si f et g sont deux fonctions mesurables sur X à valeurs réelles, et si Φ est une
fonction continue sur R2 à valeurs rélles, alors la fonction h définie par :
Les ensembles
\
{x, (f (x), g(x)) ∈ Rn } = {x, an < f (x) < bn )} {x, cn < f (x) < dn )}
est mesurable. On en déduit que la somme et le produit de deux fonctions mesurables sont
mesurables.
Pour une suite (an ) ∈ [0, ∞], sup(an ) désigne la borne supérieure dans [0, ∞].
Pour une suite de fonctions fn : X → [0, ∞], n ∈ N, la fonction sup fn est la fonction
n
x → sup fn (x).
n
66
6.2. INTÉGRATION DES FONCTIONS POSITIVES
Proposition 6.2.
Soit fn : X → [0, ∞], une suite de fonctions mesurables. Alors sup fn et inf fn sont mesu-
n n
rables.
Démonstration. :
\
x ∈ X, a < sup fn < b = x ∈ X, sup fn < b x ∈ X, a < sup fn
n n n
[ \[
⊂ {x ∈ X, fn (x) > a} {x ∈ X, fn (x) < b}
n n
qui est mesurable en tant que réunion dénombrable d’ensembles mesurables. On a une égalité
identique pour l’inf d’où la conclusion.
Remarque 6.2. il est très compliqué de construire des ensembles non mesurables pour la
mesure de Lebesgue. Dans la pratique, on considèrera que toutes les fonctions étudiées sont
mesurables (sans le démontrer).
67
CHAPITRE 6. ANNEXE 1 : CONSTRUCTION DE L’INTÉGRALE DE LEBESGUE
Démonstration.
R R
1) Si s est étagée ≤ f , on a s ≤ g et donc RN sdµ ≤ RN gdµ. En prenant la borne supérieure
du membre de gauche lorsque s varie parmi les fonctions étagées ≤ f , on obtient l’égalité
voulue.
2) On peut écrire Z XX \
(s + t)dµ = (si + tj )µ(Ai Bj )
RN i j
P P
avec s = si 1lAi et t = tj 1lBj . On remarque alors que
i j
XX \ X X \ X X \
(si + tj )µ(Ai Bj ) = ai µ(Ai Bj ) + bj µ(Ai Bj )
i j i j j i
X X Z Z
= ai µ(Ai ) + bj µ(Bj ) = sdµ + tdµ,
i j RN RN
Bj = RN .
T S
car Bi Bj = ∅ if i 6= j (idem pour Ai ) et
3) En exercice !
68
6.2. INTÉGRATION DES FONCTIONS POSITIVES
Corollaire 6.1.
Démonstration.
1) On sait qu’il existe des suites croissantes de fonctions positives et étagées telles que fn → f
et gn → g. Alors αfn +βgn est une suite croissante de fonctions étagées et lim αfn +βgn =
n
αf + βg. Comme on a :
Z Z Z
(αfn + βgn )dµ = α fn dµ + β gn dµ
RN RN RN
2) Z
f dµ < +∞ ⇒ f < +∞ p.p. (f (x) < ∞ p.p.)
RN
Démonstration.
1) Posons A = {x ∈ RN | f (x) 6= 0}
69
CHAPITRE 6. ANNEXE 1 : CONSTRUCTION DE L’INTÉGRALE DE LEBESGUE
— (⇐)
∀ x ∈ RN , f (x) ≤ lim n1lA (x)
n→∞
Z Z Z
th6.2
f dµ ≤ lim n1lA dµ = lim n 1lA dµ car n1lA est croissante.
RN RN n→∞ n→∞ RN
| {z }
µ(A)=0
— (⇒)
1lA (x) ≤ lim nf (x)
Zn→∞ Z Z
th6.2
µ(A) = 1lA dµ ≤ lim nf dµ = lim n f (x) dµ = 0
RN RN n→∞ n→∞ RN
| {z }
=0
N
R
2) Posons A = {x ∈ R R | f (x)R = +∞}, On a alors A
f dµ = +∞ si µ(A) 6= 0 et 0
sinon. Donc, comme A f dµ ≤ RN f dµ, µ(A) = 0.
70
RÉFÉRENCES
Références
[1] J-P. Ansel et Y. Ducel, Exercices corrigés en théorie de la mesure et de l’intégration, Ellipses
[2] N. Boccara, Intégration, Mathématiques pour l’ingénieur, Ellipses.
[3] H. Cartan, Calcul différentiel, Hermann
[4] G. Choquet, Cours de topologie, Dunod
[5] G. Gasquet, P. Witomski, Analyse de Fourier et Applications, Masson.
[6] M. Mamode, Mathématiques pour la physique, Universités physique, Ellipses.
[7] H. Reinhard, Eléments de Mathématiques du signal. Tome 1 : signaux dé ?terministes, Dunod.
[8] F. Roddier, Distributions et transformée de Fourier à l’usage des physiciens et des ingénieurs,
Mc Graw Hill
71