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TIC dans l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire

La thèse de Maomra Jean-Jacques Bogui examine l'intégration et l'utilisation des Technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire entre 2003 et 2005. Elle aborde les défis et les opportunités liés à cette intégration, ainsi que l'impact des infrastructures et des politiques sur l'enseignement et la recherche. Le document met en lumière la nécessité d'une participation active de l'Afrique dans la société de l'information pour favoriser le développement social, culturel et économique.

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TIC dans l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire

La thèse de Maomra Jean-Jacques Bogui examine l'intégration et l'utilisation des Technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire entre 2003 et 2005. Elle aborde les défis et les opportunités liés à cette intégration, ainsi que l'impact des infrastructures et des politiques sur l'enseignement et la recherche. Le document met en lumière la nécessité d'une participation active de l'Afrique dans la société de l'information pour favoriser le développement social, culturel et économique.

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Intégration et usages des Technologies de l’information

et de la communication (TIC) dans l’Éducation en


Afrique :Situation de l’enseignement supérieur en Côte
d’Ivoire(2003-2005)
Maomra Jean-Jacques Bogui

To cite this version:


Maomra Jean-Jacques Bogui. Intégration et usages des Technologies de l’information et de la
communication (TIC) dans l’Éducation en Afrique :Situation de l’enseignement supérieur en Côte
d’Ivoire(2003-2005). domain_stic. Université Michel de Montaigne - Bordeaux III, 2007. Français.
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UNIVERSITÉ MICHEL DE MONTAIGNE-BORDEAUX 3
ED 480 « ÉCOLE DOCTORALE MONTAIGNE HUMANITES »

THÈSE

Pour obtenir le titre de

DOCTEUR de l’Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3

Discipline : Sciences de l’information et de la communication

Présentée et soutenue publiquement le 18 décembre 2007 par :

Jean-Jacques Maomra BOGUI

Intégration et usages des Technologies de l’information et de la


communication (TIC) dans l’Éducation en Afrique :
Situation de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire
(2003-2005)

Directeur de thèse

Roland DUCASSE, Professeur, université Michel de Montaigne- Bordeaux 3

JURY

Franc MORANDI, Professeur, IUFM d’Aquitaine


Lise VIEIRA, Professeur, université Michel de Montaigne- Bordeaux 3
Paul N’DA, Professeur, université de Cocody à Abidjan (co-directeur de thèse)
Roland DUCASSE, Professeur, université Michel de Montaigne- Bordeaux 3
SOMMAIRE

DÉDICACE ........................................................................................................................................................... 4
REMERCIEMENTS ............................................................................................................................................ 6
INTRODUCTION GÉNÉRALE ......................................................................................................................... 9
- DE LA SOCIETE DE L’INFORMATION A LA SOCIETE DE LA CONNAISSANCE................................. 10
- LES INITIATIVES COMMUNAUTAIRES POUR LE DEVELOPPEMENT D’UNE SOCIETE DE LA
CONNAISSANCE EN EUROPE ET EN AFRIQUE........................................................................................... 15
- LE PLAN DE DEVELOPPEMENT DE L'INFRASTRUCTURE NATIONALE DE L'INFORMATION ET DE
LA COMMUNICATION EN COTE D’IVOIRE (2000 – 2005).- NICI. ............................................................. 26
- INTEGRATION DES TIC ET MUTATIONS ENGENDREES DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET
LA RECHERCHE................................................................................................................................................. 28
- LA QUESTION CENTRALE. ........................................................................................................................... 30
- DEFINITION DES CONCEPTS : INTEGRATION, USAGE, TIC, FRACTURE NUMERIQUE ET
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR. ........................................................................................................................ 31
-INTERET DE L’INTEGRATION DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET LA RECHERCHE
EN COTE D’IVOIRE. .......................................................................................................................................... 35
MÉTHODOLOGIE ............................................................................................................................................ 50
1 - RECHERCHE DOCUMENTAIRE................................................................................................................. 52
2- L’ENTRETIEN................................................................................................................................................. 56
3- L’ENQUETE PAR QUESTIONNAIRE .......................................................................................................... 60
PREMIERE PARTIE : LES TIC DANS LES INSTITUTIONS UNIVERSITAIRES EN OCCIDENT ET
EN AFRIQUE...................................................................................................................................................... 69
CHAPITRE I : INTRODUCTION DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR.
.............................................................................................................................................................................. 70
1- LES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DANS LES PAYS OCCIDENTAUX. ........................ 72
2- INTEGRATION DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN AFRIQUE FRANCOPHONE
SUBSAHARIENNE. ............................................................................................................................................ 93
CHAPITRE II : SITUATION DES TELECOMMUNICATIONS ET DES LIAISONS A INTERNET EN
AFRIQUE. .......................................................................................................................................................... 118
1- ÉTAT DE L’INFRASTRUCTURE................................................................................................................ 123
2-LE DEVELOPPEMENT DES TELECOMMUNICATIONS ET SES OBSTACLES.
............................................................................................................................................................................ 136
3- ÉTAT DES LIEUX DES TELECOMMUNICATIONS EN COTE D’IVOIRE (1995-2007)....................... 139
CHAPITRE III :BREF ETAT DES LIEUX DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE 151
1- L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE DEPUIS LA REFORME DE 1995.................. 153
2- LA NOUVELLE REFORME DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN AFRIQUE OCCIDENTALE. .. 167
DEUXIEME PARTIE: INTEGRATION ET USAGES DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE. .............................................................................................................. 176
CHAPITRE IV : INTRODUCTION DES TIC DANS L’EDUCATION EN COTE D’IVOIRE..................... 177
1- L’EXPERIENCE DE L’ENSEIGNEMENT TELEVISUEL DANS LE PRIMAIRE PUBLIC EN COTE
D’IVOIRE DE 1968 A 1982............................................................................................................................... 179

2
2- QUELQUES EXPERIENCES AVEC LES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DE 1980 A NOS
JOURS. ............................................................................................................................................................... 183
3- INTEGRATION DES INFRASTRUCTURES ET EQUIPEMENTS EN MATIERE D’INFORMATIQUE ET
DE TELECOMMUNICATIONS A L’EX-UNIVERSITE NATIONALE D’ABIDJAN. ................................. 190
CHAPITRE V : ANALYSE DE L’ACTION DE L’ÉTAT DE COTE D’IVOIRE EN FAVEUR DE
L’INTEGRATION DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN 2003......................................... 196
1- INTEGRATION ET USAGES DES TIC DANS L’EDUCATION : QUEL BENEFICE POUR
L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE ?...................................................................... 198
2-LIMITES A L’UTILISATION DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR. ................................. 207
3- LES INFRASTRUCTURES, EQUIPEMENTS INFORMATIQUES ET DE TELECOMMUNICATIONS
DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE EN 2003. ................................................... 211
CHAPITRE VI: SITUATION DE L’INTEGRATION ET DU DEVELOPPEMENT DE L’USAGE DES TIC
DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR IVOIRIEN EN 2005...................................................................... 236
1- INTEGRATION DES TIC ET DEVELOPPEMENT DES PRATIQUES DANS LES ETABLISSEMENTS
D’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE EN 2005............................................................... 241
2- PRATIQUES EN LIGNE DES ENSEIGNANTS ET ETUDIANTS DANS LE CADRE DE LEURS
ACTIVITES DE RECHERCHE. ........................................................................................................................ 252
3- LE RISQUE DE DISCRIMINATION DANS L’ACQUISITION DES COMPETENCES ET L’ACCES AUX
TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE. ........................................................... 260
4– UTILISATION PEDAGOGIQUE DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE
D’IVOIRE........................................................................................................................................................... 268
CONCLUSION GÉNÉRALE .......................................................................................................................... 287

3
DÉDICACE

4
À la mémoire de ma Grand-mère feue KANGA AMANI Margueritte

À ma mère GOFFRI HANON Christine


À mon père BOGUI DEGNI Martin
À tous mes frères et soeurs

5
REMERCIEMENTS

6
La réalisation de ce travail de recherche n’aurait probablement pu se faire sans l’aide
et le soutien d’un certain nombre de personnes que nous tenons à remercier. Nous aurions
souhaité remercier nommément toutes les personnes qui ont contribué d’une manière ou d’une
autre à la réalisation de ce travail, mais la longueur de la liste qui risque d’en découler nous
contraint à y renoncer. Cependant, nous tenons à témoigner notre gratitude à quelques
personnes pour leur contribution particulière, tout en nous excusant auprès de celles dont nous
ne pourrons citer les noms.

Nous adressons en premier lieu nos sincères remerciements au Professeur Roland


DUCASSE qui a bien voulu accepter d’assurer la direction de cette thèse. Ses conseils et
encouragements nous auront été d’un très grand soutien pour l’aboutissement de ce projet.
Nous remercions également le Professeur Paul NDA qui a accepté de co-diriger ce travail de
recherche malgré ses nombreuses occupations et la distance qui nous séparait. Nous
n’oublierons pas non plus de manifester notre profonde gratitude à l’égard de tous les
membres du jury qui ont accepté de sacrifier un peu de leur temps pour se consacrer à
l’évaluation de cette thèse. Nous profiterons également de l’opportunité pour remercier
madame Lise VIEIRA, monsieur Noble AKAM, monsieur Moctar BEN HENDA et tous les
membres du GRESIC pour leurs conseils avisés durant ces cinq années de recherche.

Pour la réalisation de ce travail de recherche, de nombreux entretiens avec des


personnes qui ont joué ou jouent un rôle important dans le processus d’intégration des TIC en
Côte d’Ivoire et des responsables du ministère ivoirien de l’enseignement supérieur et de la
recherche étaient nécessaires. Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont accepté de
nous recevoir et de s’entretenir avec nous, plus particulièrement messieurs YED Ésaïe
ANGORAN, Niamey ADOM et Albert DADIÉ. Nous n’oublierons pas de remercier tous les
responsables des établissements d’enseignement supérieur de Côte d’Ivoire qui ont accepté de
nous ouvrir leurs portes.

Nous remercions tout particulièrement mademoiselle Julie-Isabelle KOUACOU, pour


le soutien apporté durant nos différents séjours à Abidjan dans le cadre de nos enquêtes sur le
terrain, mademoiselle Marcelle TAGRO, messieurs Joseph AKON et Aimé GUEBO avec
lesquels nous avons enquêté dans les établissements d’enseignement supérieur ivoirien en
2005.

7
Nous terminerons par un vif remerciement à nos amis en Côte d’Ivoire et en France
pour le soutien dont nous avons bénéficié de leur part durant ces cinq années. Il s’agit de
mesdemoiselles Irène KASSI, Sonia CAIUS, Marina SOBO, Reine NDIONE, Clarisse
MENERET, mesdames Mireille MAMPOUYA, Alice MATOUMONA, messieurs Frédéric
MIÉZAN, Gérard AYÉMIEN, Désiré NASSA, Hermann BOKO, Guy-Serges KOUAO, Dany
OUATTARA, Guy GNAMIEN, Frédéric GNAMIEN, Christian BOCCOVI, Cyril
NGUESSAN, Jean-Fernand BÉDIA, Sidiki BAMBA et Issiaka DOUMBIA.

Nous souhaitons enfin rendre un vibrant hommage à nos parents et à tous nos frères et
sœurs à Abidjan, Yamoussoukro, Dakar et Atlanta.

8
INTRODUCTION GÉNÉRALE

9
- De la société de l’information à la société de la connaissance

La nécessité pour le continent africain de participer de façon pleine et entière à la


société de l’information n’est certainement plus à mettre en évidence. Elle représente pour les
pays africains un enjeu à la fois social, culturel, économique et politique. On peut relever de
nombreux points d’application avec notamment la nécessité de rompre l’isolement et de
développer des synergies par le biais du travail collaboratif, de rénover le système de santé et
d’enseignement, ou encore de s’inscrire dans les nouveaux courants d’échanges
internationaux aux contenus et aux supports de plus en plus virtuels.

L’apparition de l’expression « société de l’information » remonte aux années 1970,


c’est en 1973 que le sociologue américain Daniel BELL a introduit la notion de société de
l’information dans son livre intitulé vers la société post-industrielle1 où il avance que celle-ci
sera axée sur la connaissance théorique. Il considère que les services fondés sur la
connaissance devront devenir la structure centrale de la nouvelle économie et d’une société
s’appuyant sur l’information, dans laquelle les idéologies seraient superflues.2

Selon Armand MATTELART3 :

Cette notion de société de l’information se formalise dans le sillage


des machines intelligentes mise au point au cours de la seconde
guerre mondiale. Elle rentre dans les compétences académiques,
politiques et économiques à partir de la fin des années 1960. Durant
la décennie suivante, la fabrique à produire de l’imaginaire autour du
nouvel « âge de l’information » tourne déjà à plein régime. Les
néologismes lancés à l’époque pour désigner la nouvelle société ne
livreront toutefois leur véritable sens géopolitique qu’à la veille du
troisième millénaire avec ce qu’il est convenu d’appeler la

1
BELL, D., Vers la société post-industrielle : essai de prospective sociologique, Paris, Robert Laffont, 1976.
2
BURCH S., « Société de l’Information/Société de la connaissance », Enjeux de mots, Caen, C&F Éditions,
2005. http : vecam.org/article516.html.
3
Professeur de sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-VIII.

10
« révolution de l’information » et l’émergence d’Internet comme
nouveau réseau d’accès public.4

En établissant un parallèle avec d’autres périodes de l’histoire sur les moyens de


partage de l’information et de la connaissance, on peut considérer comme équivalent à
l’émergence de l’Internet à la fin du troisième millénaire, le développement de l’imprimerie
pendant la Renaissance (du XIVe siècle jusqu’au début du XVIIe siècle) ou celui de la presse
écrite pendant le siècle des Lumières (XVIIIe siècle) et au XIXe siècle.

Le développement de l’usage d’Internet au début des années 1990 marque


l’émergence de la société de l’information, avec notamment la généralisation de l’usage d’une
messagerie électronique universelle et l’essor du Web dont la croissance organique,
exponentielle et rapide en fait un véritable phénomène de société qui ne peut être entravé. La
société de l’information désigne une société dans laquelle les technologies de l’information
jouent un rôle central et on la place en général dans la continuité de la société industrielle.

L’expression « société de l’information » a véritablement connue sa consécration au


milieu des années 1990, lorsqu’elle fut reprise dans les discours officiels du monde politico-
économique. Elle est issue du programme du gouvernement américain de « National
Information Infrastructure » requalifié par son promoteur Al GORE5 en « Global Information
Infrastructure », elle a assez rapidement inspiré les politiques de développement de l’Union
Européenne (UE) avec notamment la création de la commission « politique industrielle et
société de l’information » et le lancement de l’ambitieux programme « e-Europe »6. À partir
de 1995, elle figure à l’ordre du jour des réunions du G7 (devenu G8)7, elle est examinée dans
les instances de la communauté européenne et de l’OCDE8 (composée de trente pays parmi
les plus développés au monde), les différentes agences de l’ONU9 et le groupe de la Banque
mondiale l’ont également adopté. À partir de 1998, elle a été choisie tout d’abord par l’UIT10,
puis par l’ONU comme titre des sommets mondiaux qui ont eu lieu en décembre 2003 à
Genève et en novembre 2005 à Tunis. Ces sommets ont réuni des chefs d’État, des chefs de
4
MATTELART A., Histoire de la société de l’information, Paris, Éditions La découverte, 2001, P4.
5
Ancien vice-président américain (1992-2000).
6
COMMISSION NATIONALE FRANÇAISE POUR L’UNESCO, La société de l’information : glossaire critique, 2005,
p.9.
7
Coalition des chefs d’États ou de gouvernement des huit nations les plus industrialisées au monde.
8
Organisation de Coopération et de Développement Économique.
9
Organisation des Nations Unies.
10
Union Internationale des Télécommunications.

11
secrétariat des institutions spécialisées des Nations unies, des représentants du secteur privé,
des organisations non gouvernementales ainsi que des médias et des représentants de la
société civile.

La notion de « société de l’information », en tant que construction politique et


idéologique a connu son développement dans le cadre de la globalisation néolibérale qui avait
pour ambition l’instauration rapide d’un marché mondial ouvert et « autorégulé »11. Cette
politique était menée en étroite collaboration avec des organismes multilatéraux comme
l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI) et la
Banque mondiale, afin que les pays peu développés abandonnent les réglementations
nationales ou les mesures protectionnistes risquant de « décourager » les investissements.
Cette politique a pourtant engendré le résultat que l’on connaît : le scandaleux accroissement
du fossé entre riches et pauvres dans le monde.

En effet, vers la fin du 20e siècle, alors que la plupart des pays développés avaient déjà
adopté des politiques de mise en valeur de l’infrastructure des TIC, le marché des actions du
secteur de la communication a connu un essor spectaculaire. Cependant, les marchés du Nord
ont commencé à être saturés et on s’est mis à faire de plus en plus pression sur les pays en
développement afin qu’ils laissent le champ libre aux investissements des entreprises de
télécommunications et d’informatique, en quête de nouveaux marchés pour pouvoir absorber
leurs revenus excédentaires. C’est dans ce contexte que le sommet mondial de la Société de
l’information a été organisé12, mais la situation a changé quand, à partir de l’année 2000, la
bulle spéculative a éclaté. La société de l’information comme le souligne Sally BURCH13
aura joué un rôle « d’ambassadrice de bonne volonté » de la globalisation de l’économie
même si l’image publique des technologies de la communication est davantage associée aux
aspects « conviviaux » de la globalisation tel que Internet, la téléphonie cellulaire et
Internationale, la télévision par satellite, etc.

La fracture numérique que l’on peut déplorer entre les pays ou au sein même des
communautés nationales ou locales incontestablement, empêche une grande partie de la
communauté mondiale de tirer profit des avantages de cette globalisation. De même, un

11
BURCH S. Op.Cit. http : vecam.org/article516.html.
12
Idem.
13
Journaliste indépendante d’origine britannique, directrice exécutive de la Agencia Latinoamericana de
Información (ALAI).

12
certain nombre de conséquences graves liées au développement de cette nouvelle société tels
que les comportements criminels, la piraterie, l’insécurité ou encore les usages pervers sont
sources d’inquiétude et nécessitent une mobilisation au niveau planétaire en collaboration
avec les acteurs concernés afin de les combattre. Les questions juridiques liées au droit
d’auteur, au droit de diffusion, au droit d’édition, au droit d’accès à l’information pour tout
individu, etc. doivent également trouver des solutions idoines afin que la société de
l’information puisse continuer son développement.

Le développement de la société de l’information a pour fondement l’ambition


d’oeuvrer pour une meilleure fluidité de l’information, pour un accroissement de l’accès
universel à l’information tout en favorisant une réduction maximale des coûts. Internet s’est
développé dans les communautés scientifiques avec pour ambition d’œuvrer pour la
disparition des pratiques de cloisonnement. L’idée étant de réussir un partage universel des
connaissances, avec pour objectif l’accélération du progrès des idées. Les TIC sont devenues
des vecteurs de l’échange universel et font fi de l’autarcie que peuvent générer les frontières
entre États ou entre communautés. Le monde ouvert que propose la société de l’information
ou société de la connaissance (terme utilisé en particulier dans les milieux universitaires,
comme une alternative jugée préférable par certains à la notion de « société de
l’information ») devient dès lors source d’innovations profondes aussi bien communautaires
qu’individuelles.

L’UNESCO14 va adopter le terme « société de la connaissance » (apparue vers la fin


des années 1990) ou sa variante « société du savoir » dans le cadre de ses politiques
15
institutionnelles. Abdul Waheeb KHAN (cité par Sally BURCH16) définit la société de
l’information comme la pierre angulaire des sociétés du savoir. Selon lui, la notion de
« société de l’information » est liée à l’idée d’innovation technologique, tandis que la notion
de « société du savoir » comporte une dimension de transformation sociale, culturelle,
économique, politique et institutionnelle, ainsi qu’une perspective de développement plus
diversifiée. Il considère que la notion de « société du savoir » est préférable à celle de
« société de l’information », car elle fait une place plus large à la complexité et au dynamisme
des changements qui sont à l’œuvre. Enfin, Il considère que le savoir est utile non seulement

14
Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture.
15
Sous –directeur général de l’UNESCO pour la communication et l’information.
16
BURCH S. Op. Cit. http : vecam.org/article516.html.

13
pour la croissance économique, mais aussi parce qu’il contribue à l’autonomie et au
développement de la société dans son ensemble. Yves COURRIER17 écrira en se référent à
Manuel CASTELLS18 que « la société de l’information » met l’accent sur le contenu du
travail (processus de saisie, de traitement et de communication de l’information nécessaire)
tandis que la « société de la connaissance » met l’accent sur le fait que les agents
économiques doivent posséder des qualifications supérieures qu’ils mettront à contribution
dans l’exercice de leurs métiers19.

Manuel CASTELLS définit cette société de la connaissance comme une société où les
conditions de création des connaissances et traitement de l’information ont été en grande
partie modifiées par une révolution technologique axée sur le traitement de l’information, la
création des connaissances et les technologies de l’information20.

En somme, on peut estimer que cette société de la connaissance, même si elle reprend
en partie la notion de « société de l’information » dans laquelle se généralisent la diffusion et
l’usage de l’information en s’appuyant sur des TIC à des tarifs bas, met davantage l’accent sur
le savoir, la créativité, l’expertise et l’innovation. Bien que portée par un développement
technique, on peut considérer qu’elle a une vision plus humaine. Elle a également pour centre
d’intérêt l’impact de la création et diffusion des connaissances sur le développement
économique par l’intermédiaire de l’intelligence économique dans les entreprises et les
territoires.

La nécessité pour tous les pays du monde de participer activement à cette société de la
connaissance, afin de tirer le plus possible profit des avantages qu’elle offre, est perçue
comme un impératif au point que d’importantes organisations régionales telles que l’Union
européenne et l’Union africaine ont mis en place de très ambitieux programmes pour l’atteinte
de cet objectif.

17
Yves Courrier est spécialiste de programme dans le secteur de la communication, l’information de
l’informatique de l’UNESCO.
18
Né en 1942 à Barcelone, il est professeur de sociologie et de planification urbaine et régionale depuis 1979 à
l’Université de Berkeley en Californie. Auteur de la trilogie : L’ère de l’information. Parue aux éditions Fayard.
19
COURRIER Y., « Société de l’information et technologie »,
http://www.unesco.org/webworld/points_of_views/courrier_1.shtml
20
CASTELLS M., « La dimensión cultural de Internet. » Universitat Oberta de Catalunya, juillet 2002.
http://www.uoc.edu/culturaxxi/esp/articles/castells0502/castells0502.html

14
- Les initiatives communautaires pour le développement d’une société
de la connaissance en Europe et en Afrique

En Europe, le conseil européen qui s’est tenu à Lisbonne les 23 et 24 mars 2000 a fixé
pour ce continent l’ambitieux objectif de devenir l’économie de la connaissance la plus
compétitive et la plus dynamique du monde en 2010. Pour atteindre cet objectif les chefs
d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont invité le conseil et la commission
européenne à établir un plan d’action global appelé e-Europe. L’initiative e-Europe a été
lancée en décembre 1999 par la commission européenne afin de « mettre l’Europe en
ligne »21. Cette commission pour la compléter a également présenté en janvier 2000 une
communication intitulée : « Stratégie pour l’emploi dans la société de l’information »22. Elle a
été accueillie favorablement par les États membres du parlement européen et les principaux
acteurs ; ce qui a emmené la commission à présenter un rapport d’avancement au conseil
européen de Lisbonne le 30 mars 2000.

Les chefs d’État et de gouvernements européens se sont engagés à l’occasion de ce


conseil à prendre un certain nombre de mesures, assorties d’échéances précises, pour assurer
le succès et la progression de cette initiative23. C’est ainsi que la commission européenne a
adopté un projet de plan d’action le 24 mai 2000 qui a fait l’objet d’une discussion avec les
États membres en vue d’un accord du conseil européen de Feira au Portugal des 19 et 20 juin
2000. Le but de ce plan d’action était de définir les mesures nécessaires pour que les objectifs
fixés par le conseil européen de Lisbonne puissent être atteints. Si l’initiative e-Europe
originellement a recensé dix domaines dans lesquels une action à l’échelle européenne
apporterait une valeur ajoutée, en ce qui concerne le plan d’action e-Europe 2002, les actions
ont été regroupées autour de trois objectifs qui sont :

1. Un Internet moins cher, plus rapide et sûr.

- Un accès moins cher et plus rapide à l'Internet.


- Un accès Internet rapide pour les chercheurs et les étudiants.
21
Union européenne, e-Europe 2002, une société de l’information pour tous, Conseil de l’union européenne et
commission des communautés européennes, 10-20 juin 2000, p.1.
22
http://europa.eu.int/comm/commissioners/diamantopoulou/infosoc_fr.htm
23
http://ue.eu.int/fr/Info/eurocouncil/index.htm

15
- Sécurité des réseaux et des cartes à puce.

2. Investir dans les hommes et les compétences.

- Faire entrer la jeunesse européenne dans l'ère numérique.


- Travailler dans l'économie de la connaissance.
- Participation de tous à l'économie de la connaissance.

3. Stimuler l'utilisation de l'Internet.

- Accélérer le commerce électronique.


- Pouvoirs publics en ligne : accès électronique aux services publics.
- La santé en ligne.
- Contenu numérique pour les réseaux mondiaux.
- Systèmes de transport intelligents.

C’est un plan d’action opérationnel basé sur des actions clairement identifiables. C’est
un plan d’action qui met l’accent sur ce qu’il faut faire, par qui et dans quels délais24. Afin
d’atteindre les objectifs d’e-Europe, trois méthodes vont être utilisées. Il va s’agir :

- d’accélérer la mise en place d’un environnement législatif approprié,


- de soutenir les nouvelles infrastructures et les nouveaux services en Europe,
- d’appliquer la méthode ouverte de coordination et l’évaluation comparative des
performances. Le but est de faire en sorte que toutes les actions soient exécutées de
manière efficace, qu’elles produisent les effets escomptés et qu’elles correspondent au
niveau élevé d’exigence attendu dans tous les États. Par ailleurs, concernant
l’évaluation comparative des performances un nombre restreint d’indicateurs e-Europe
a été défini à la fin de l’année 2000, la collecte va s’avérer capitale.

En ce qui concerne le calendrier d’exécution de ce plan d’action, la nécessité


d’entreprendre des actions urgentes dans de brefs délais dans les secteurs essentiels pour la
nouvelle économie apparaît comme l’un des principaux moteurs de l’initiative e-Europe.

24
Idem, p.2.

16
L’année 2002 était la date essentielle sur laquelle était axé le plan d’action, c’était la date à
laquelle tous les objectifs devaient être atteints. La commission estimait que si les
changements nécessaires n’étaient pas suscités avec célérité, il serait difficile d’atteindre les
objectifs fixés à Lisbonne.

L’initiative e-Europe, même si elle ne contient pas d’actions spécifiques dans le domaine
international, aura néanmoins des implications dans la politique extérieure de l’Union
européenne. Elle contribuera au développement d’une politique de la société de l’information
plus forte et plus proactive au niveau mondial, notamment par la promotion de l’approche
européenne dans des cadres tels que le G8, l’OCDE et l’OMC25. La priorité est donnée
notamment en ce qui concerne le commerce électronique à la coopération entre les
gouvernements et le secteur privé, notamment dans le développement de la co règlementation.

La commission européenne estimait que l’Europe devait jouer un rôle actif dans le
développement d’une société de l’information plus équitable qui offre de véritables chances
d’intégration à tous les pays, la lutte contre la fracture numérique entre les pays riches et les
pays pauvres étant un but clé de l’Union européenne. Pour atteindre cet objectif la
collaboration avec les principaux partenaires internationaux de l'Europe et l'industrie privée
est nécessaire26.

L’engagement politique des États membres de l’Union européenne, du parlement


européen et de la commission européenne, était considéré comme une condition sine qua non
pour l’atteinte des objectifs d’e-Europe. Aucun État ne devait relâcher ses efforts, il était
indispensable d’éviter un e-Europe à deux vitesses. Une action volontariste menée
immédiatement était considérée par la commission comme le seul moyen d’éviter l’exclusion
numérique au niveau européen.

Ce plan d’action e-Europe 2002 grâce aux efforts conjugués de toutes les parties
impliquées dans le projet a entraîné d’importants changements et a favorisé l’accroissement
du nombre de personnes et d’entreprise bénéficiant de connexions à Internet sur le continent
européen. e-Europe 2002 a occasionné le remodelage de l’environnement règlementaire des
réseaux et services de communication et du commerce électronique tout en favorisant

25
Union européenne, e-Europe 2002, une société de l’information pour tous, Op. Cit. p. 4.
26
Idem. p.4.

17
l’émergence de nouvelles générations de services mobiles et multimédias. Ce plan d’action a
offert aux individus la possibilité de participer à la société de l’information et a apporté l’aide
nécessaire aux travailleurs pour l’acquisition des compétences nécessaires dans une économie
de la connaissance. Il a favorisé l’équipement des écoles en ordinateurs et leurs accès à
Internet dans toute l’Union européenne. Il a également favorisé la mise en ligne des pouvoirs
publics et attiré l’attention sur la nécessité d’un renforcement du « monde en ligne »27.

À ce plan d’action e-Europe 2002 approuvé par le conseil européen à Feira au Portugal en
juin 2000, va succéder le plan d’action e-Europe 2005 présenté à Bruxelles en Belgique le 28
mai 2002 au parlement européen, au comité économique et social et au comité des régions en
vue du conseil européen de Séville en Espagne des 21 et 22 juin 2002. L’objectif de ce plan
d’action était de créer un environnement favorable à l’investissement privé et à la création
d’emplois, de stimuler la productivité, de moderniser les services publics et de donner à
chacun la possibilité de participer à la société mondiale de l'information. Le plan d’action e-
Europe 2005 visait par conséquent à stimuler le développement de services, d'applications et
de contenus sécurisés, exploitant une infrastructure à large bande abondamment disponible28.

Selon la commission des communautés européennes, la société de l’information possède


un potentiel inexploité pour améliorer la productivité et la qualité de la vie. Ce potentiel va
connaître un accroissement grâce aux progrès technologiques de la large bande et la
possibilité qui est désormais offerte de se connecter à l'Internet par d'autres moyens que les
ordinateurs avec notamment l’avènement de la télévision numérique et des systèmes de
communications mobiles de troisième génération. Ces évolutions vont engendrer
d’importantes opportunités économiques et sociales. De nouveaux services, applications et
contenus vont faciliter la création de nouveaux marchés et vont permettre l’obtention de
moyens pour accroître la productivité et donc la croissance et l'emploi dans l'ensemble de
l'économie. Ils procureront aussi aux individus un accès plus pratique aux outils d'information
et de communication.

Il faut tout de même souligner que la plupart des services sont offerts par le marché et que
la mise au point de nouveaux services implique d’importants investissements dont la plus

27
Union européenne, e-Europe 2005 : une société de l’information pour tous, Commission des communautés
européennes, Bruxelles : le 28/05/02, p.2.
28
Idem, p.1.

18
grande partie provient du secteur privé. Cependant un problème se pose car le financement de
services multimédias plus avancés dépend de la disponibilité de la large bande qui permettra
leur fonctionnement, tandis que le financement des infrastructures à large bande est tributaire
de la disponibilité de nouveaux services qui les exploiteront. Afin d’engendrer une dynamique
où le développement de chaque secteur alimentera la croissance de l'autre secteur, il est
impératif de mener une action dans l’optique de dynamiser les services et les infrastructures.
Le développement des services et la construction d’infrastructures incombant essentiellement
au secteur privé, e-Europe va créer un environnement favorable à l’investissement privé. Ce
qui va impliquer l’élaboration d’un cadre juridique favorable aux investissements et
l’adoption de mesures destinées à stimuler la demande. e-Europe 2005 va concevoir des
actions dans le domaine du gouvernement électronique, de la télésanté, de l'apprentissage
électronique et des affaires électroniques afin d’encourager le développement de nouveaux
services et d’un autre côté mener des actions en matière de large bande et de sécurité afin de
faire progresser le déploiement des infrastructures.

Avec e-Europe 2005, l’utilisateur est au centre de la réflexion. Ce plan d’action met un
accent particulier sur l’inclusion numérique. En effet, l’impossibilité pour tous les individus
de posséder un ordinateur étant admise, il est essentiel de faire en sorte que les services, plus
particulièrement les services publics en ligne puissent être accessibles par le canal d’autres
terminaux tels que la télévision ou le cellulaire afin d’assurer l’inclusion de la population.

Le plan d’action e-Europe 2005 repose sur deux groupes d’actions qui se renforcent
mutuellement. D’un côté il a pour ambition de stimuler les services, les applications et les
contenus concernant aussi bien les services publics que le commerce électronique et d’un
autre côté il porte une attention particulière au problème des infrastructures à large bande et
aux questions de sécurité.

Ce plan d’action e-Europe 2005 comprend quatre outils qui ont la particularité d’être à la
fois différents mais liés entre eux.

1- Il s’agit, en premier lieu, de mesures de politique générale qui ont pour ambition de
réexaminer et adapter la législation à l'échelon européen et national, de sorte qu'elle n'entrave
pas inutilement le lancement de nouveaux services, d’accentuer la concurrence et
l'interopérabilité, d’améliorer la qualité de l'accès à de multiples réseaux et enfin, de

19
démontrer l'engagement des responsables politiques. Il s’est agit pour e-Europe 2005 de
procéder au recensement des domaines où l'action publique peut apporter une valeur ajoutée
et de se concentrer sur un ensemble limité d'actions dans des secteurs prioritaires.

Parmi les objectifs29 prioritaires on peut relever :

- La connexion au réseau à large bande passante des administrations, des écoles, des
centres de soins de santé.
- Rendre les services publics interactifs, accessibles à tous, sur différentes plates-
formes.
- Fournir des services de santé en ligne.
- Supprimer les obstacles au déploiement des réseaux à large bande.
- Réexaminer la législation qui concerne les affaires électroniques.
- Créer une task-force30 pour la cybersécurité.

2- e-Europe va faciliter l’échange d’expériences, de bonnes pratiques et de projets de


démonstration de même que la mise en commun des leçons à tirer des échecs. Des projets ont
été lancés dans l’optique d'accélérer le déploiement d'application et d’infrastructures de
pointe.

3- Les mesures de politique générale ont fait l'objet d'un suivi et ont été mieux orientées grâce
à l'évaluation comparative des progrès obtenus dans la réalisation des objectifs et des
politiques mises en oeuvre à l'appui de ces objectifs.

4- Une coordination générale des politiques existantes devait déboucher sur des synergies
entre les actions proposées. Un groupe de pilotage a été constitué pour permettre d'avoir une
meilleure vue d'ensemble des actions en cours et assurer un bon échange d'informations entre
les décideurs politiques nationaux et européens et le secteur privé. Ce groupe devait rendre
également possible la participation des pays candidats à l'adhésion à un stade précoce.

Ce plan d’action e-Europe 2005 a connu une révision à mi-parcours en février 2004.
De nouvelles actions au nombre de quinze ont été proposées sans toutefois qu’elles

29
Idem. p.4.
30
www.fr.ipv6tf.org.

20
occasionnent un changement radical dans l’équilibre où la structure du plan. Les objectifs de
e-Europe 2005 étant maintenus de même que l’accent porté sur l’échange de bonnes
pratiques, l’étalonnage et la méthode de coordination ouverte31.

Ces quinze actions qui sont énumérées dans la communication de la Commission des
communautés européennes au conseil, au Parlement européen, au comité économique et
social européen et au comité des régions le 17 mai 200432 mettaient l’accent sur la nécessité
pour les nouveaux États membres d’adopter des stratégies nationales en matière de haut débit
d’ici la fin 2004 (action 1), la création par la Commission en 2004 d’un forum sur la fracture
numérique et la production d’un premier rapport en mi-septembre 2004 (action 2). Au cours
de cette même année 2004, la Commission se devait de faire le point sur les progrès réalisés
dans le déploiement de l’IPv633 en Europe et de produire un rapport avant la fin de cette
même année (action 3).

Elle devait également procéder à l’ identification avant la fin de l’année 2005 d’une
liste détaillée de priorités pour un déploiement à grande échelle de solutions TIC pour la
fourniture de services publics en Europe (action 4), à la mise en place totalement
opérationnelle du cadre de bonne pratique pour l’administration électronique pour le milieu de
l'année 2005 (action 5), à l’élaboration d’un inventaire des meilleures pratiques
d’interopérabilité de télésanté avant la fin 2005 (action 6), à l'établissement avant fin 2005,
d’une feuille de route des activités de formation ouverte et à distance pour stimuler une plus
étroite collaboration entre les parties concernées de l'enseignement, de la formation, de la
recherche, de l'industrie et du secteur public (action 7).

La Commission se devait également de présenter un rapport analysant la mise en


oeuvre et les effets de la directive sur la signature électronique dans le but de futurs
développements des signatures électroniques (action 8), un modèle sur les paiements mobiles
devait être approuvé par les principales parties concernées avant la fin 2005 (action 9). Durant
l’année 2004, un groupe de haut niveau sur la gestion des droits numériques devait fournir un

31
Union européenne, Plan d’action e-Europe : mise à jour. Commission des communautés européennes,
Bruxelles, le 17/05/2004.
http://www.eurosfaire.prd.fr/ist/documents/pdf/com2004_0380fr01_eEurope_2005.pdf
32
Idem.
33
http://www.fr.ipv6tf.org/

21
aperçu des défis technologiques, économiques et juridiques des DRM34, et des
recommandations stratégiques pour aller, au-delà du dialogue, vers l'action (action 10). La
création de conditions appropriées pour rendre opérationnel un Centre d'interopérabilité des
entreprises avant la fin 2005 était également prévue (action 11), de même que l'établissement
avant la fin 2005, d'une base de données des meilleures pratiques des PME pour ce qui
concerne le commerce électronique (action 12), une réévaluation des priorités d’inclusion
numérique sur la base d'une analyse approfondie du contexte de l'inclusion numérique
présentant une série d'objectifs spécifiques et réalisables était aussi prévue pour le milieu de
l’an 2005 (action 13), ainsi que la mise en oeuvre de « e-Europe en ligne » (action 14). Enfin,
la Commission devait soumettre, avant le Conseil de printemps 2005, une analyse stratégique
de e-Europe dans le contexte du rapport de synthèse et des orientations sur le soutien des TIC
à la stratégie de Lisbonne pour sa deuxième phase à 2010 (action 15).

e-Europe 2005 plante le décor d’une approche coordonnée des politiques européennes
concernant les questions relatives à la société de l’information. Le succès de ce plan d’action
devrait avoir un impact majeur sur la croissance, la productivité, l’emploi et la cohésion
sociale sur le continent européen.

À l’instar de l’Europe, le continent africain par le canal de son organisation


d’intégration régionale qui est l’Union africaine (UA) reconnaît le rôle de pivot des TIC dans
l’accélération de la croissance économique et du développement, particulièrement dans le
cadre de la réalisation d’un marché commun et d’une intégration continentale35. C’est ainsi
que la commission e-Afrique fut créée en 2001 avec pour mandat la gestion du
développement structuré du secteur des TIC sur le continent africain dans le contexte du
NEPAD36. Cette commission a également pour mandat le développement de stratégies
générales et un plan d’action détaillé pour l’infrastructure des TIC de même que son
utilisation pour les applications et les services des TIC. On peut ajouter que le fait que cette
commission soit présidée par le président de la commission de l’Union africaine en personne,
Alpha Oumar KONARÉ témoigne certainement de l’intérêt qu’accorde cette organisation à
cette commission.

34
Digital Rights Management, terme anglais pour Gestion numérique des droits, la protection technique des
droits d'auteur et de reproduction dans le domaine numérique.
35
Union africaine, Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Rapport annuel
2003/2004, Addis Abeba, 2005, p.25.
36
Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique. http:// www.nepad.org

22
La Commission a présenté une liste de six projets des TIC à la 6è réunion du Comité
des chefs d’État et de gouvernement chargé de la mise en oeuvre du NEPAD qui a eu lieu à
Abuja en mars 2003. Le comité les a reconnu comme des projets prioritaires des TIC du
NEPAD. Ces différents projets sont37 :

- l’initiative du NEPAD en matière des e-écoles ;

- le projet d’accès satellitaire à coût réduit pour les e-écoles du NEPAD ;

- le projet de câbles sous-marins de l’Afrique de l’Est ;

- le projet associé du NEPAD pour l’accès aux fibres optiques pour les pays africains
enclavés ;

- le projet de renforcement des capacités du NEPAD pour l’e-apprentissage


(apprentissage par Internet) en Afrique (basé sur l’Université virtuelle africaine);

- le projet de e-politiques et de e-stratégies.

Ces projets sont répartis principalement en deux catégories, on a, d’un côté ceux qui sont
relatifs au besoin d’une mise en place d’une infrastructure adéquate des TIC sur le continent
africain, et d’un autre côté ceux qui sont relatifs à la mise en place des aptitudes des TIC
parmi les populations africaines.

Concernant l’évolution de ces projets nous ne nous attarderons pas sur l’initiative du
NEPAD pour les e-écoles car elle fera l’objet d’une étude particulière au cours du premier
chapitre de cette thèse. Nous nous intéresserons plutôt essentiellement au programme du
NEPAD pour l’infrastructure TIC.

Le programme sur l’infrastructure des TIC du NEPAD a pour but de connecter tous les
pays africains à un réseau de fibre optique hertzien à bandes passantes. Ce réseau sera
également connecté au reste du monde. Un réseau à bandes passantes qui relie tous les 54
pays africains aura l’avantage de fournir plus de bandes passantes, une connectivité plus aisée

37
Union africaine. Op. Cit. p.25.

23
à des coûts réduits. Il aidera à intégrer le continent en facilitant les échanges commerciaux, les
échanges socioculturels entre les différents pays.

La mise sur pied d’un système sous-marin de fibres optiques le long de la côte Est de
l’Afrique a été identifiée par la commission e-Afrique comme un élément essentiel pour
atteindre les objectifs de son réseau de transmission à large bande. Les pays de cette partie du
continent africain n’ont pas accès aux systèmes de transmission à large bande par câbles sous-
marins bien que le reste de l’Afrique soit entouré par des systèmes de câbles sous-marins. À
l’instar de leurs voisins enclavés, ces pays utilisent les systèmes satellitaires des pays
étrangers pour leurs liens internationaux et, dans beaucoup de cas, pour leurs liens régionaux
et même transfrontaliers. L’utilisation de ces services satellitaires entraîne une sortie
substantielle de capitaux déjà rares sur le continent. Les câbles sous-marins de l’Afrique de
l’Est relieront l’Afrique du Sud au Port du Soudan pour permettre l’établissement de stations
de débarquement dans les pays se trouvant le long de la côte Est. Il sera également connecté
aux pays enclavés limitrophes dont la dépendance sur la connectivité satellitaire, trop élevée
connaîtra par conséquent une baisse très sensible38.

En juin 2003, un atelier de travail qui fut organisé à Nairobi au Kenya a réuni
plusieurs parties prenantes potentielles et a participé par la même occasion au renforcement de
la prise de conscience des avantages du projet des câbles. À l’issue de cet atelier fut décidée la
mise en place d’un comité de projet chargé du contrôle du développement du projet des câbles
de même que l’acceptation du principe selon lequel toutes les parties prenantes appropriées
devaient être incluses.

La planification relative au câble sous-main plus connue sous l’appellation de projet


EASSy39 est en cours. Elle est conduite par des entreprises africaines sous la houlette du
NEPAD. La Commission e-Afrique est représentée dans l’équipe de développement du projet.
Le projet qui était supposé être prêt pour le service commercial à la fin de l’année 200640 et

38
Idem. p.27.
39
Eastern Africa Submarine System.
40
Union africaine. Op. Cit., p.27.

24
dont le coût était évalué à environ 300 millions de dollars américains sera opérationnel à
partir de 200841.

La Commission e-Afrique a entrepris également en collaboration avec des


organisations tels que le COMESA42 et la SADC43, d’intégrer et de rationaliser les plans pour
le développement d’un réseau de fibre optique dans la région orientale et australe du
continent. Il existe également d’autres initiatives, y compris celles des entreprises d’utilité
pour les réseaux à fibre optique dans cette région.

La Commission a tenu un atelier de travail sur le développement et la rationalisation


de l’infrastructure des TIC pour l’Afrique de l’est et australe du 28 au 30 juillet 2004. Cet
atelier a réuni tous les opérateurs des télécommunications et d’autres parties prenantes
appropriées, y compris les décideurs et les juristes, pour un dialogue constructif. Le résultat
de l’atelier a été un cadre pour le développement d’un réseau à fibre optique économique et
robuste connectant tous les pays de la région ainsi que la réalisation des objectifs du NEPAD.
D’autres relations similaires seront initiées pour l’Afrique centrale et occidentale pendant la
dernière moitié de l’année 2004.

Il faut également relever que la commission e-Afrique a participé activement aux


différents sommets mondiaux sur la société de l’information (SMSI) organisés à Genève en
2003 et à Tunis en 2005.

Dans l’espoir de mener à bien ces activités la commission a favorisé des partenariats
entre les gouvernements, les entreprises et la société civile. Ce partenariat a été appelé
Partenariat de la société de l’information pour le développement de l’Afrique (PSIDA). Les
projets du NEPAD en matière des TIC seront réalisés par l’apport complémentaire des
connaissances, des aptitudes, des ressources, des capacités et autres contributions des
partenaires qui sont membres du PSIDA. Les partenaires sont libres de s’intéresser à un,
quelques uns ou tous les projets de la Commission. En outre, les entreprises membres du

41
KUEDIASAL F. « La RDC adhère au projet de déploiement du câble sous-marin de l’Afrique de l’Est ».
http://www.cipaco.org/spip.php?article1101
42
Common Market for Eastern and Southern Africa
43
Southern African Development Community.

25
PSIDA sont supposées jouer un rôle important dans la mise en oeuvre de l’initiative de
démonstration des e-écoles du NEPAD44.

Les pays africains également de façon interne vont procéder à l’élaboration de plans
de développement d’infrastructure nationale de l’information et de la communication (Plan
NICI) avec l’appui de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA)45.
En Côte d’Ivoire, le plan NICI qui couvrait la période 2000-2005 a été élaboré en juillet 2000.

- Le plan de développement de l'infrastructure nationale de


l'information et de la communication en Côte d’Ivoire (2000 – 2005)46
- NICI

Les objectifs stratégiques de ce plan NICI-Côte d’Ivoire étaient :

- Familiariser la société ivoirienne aux Technologies de l’information et de la


communication ;
- Mettre en place les mesures promotionnelles, les programmes d'incitation permettant de
développer les TIC ;
- Développer les capacités en TIC et transformer le système éducatif au moyen des TIC ;
- Généraliser l'accès aux infrastructures d'information et à l'Internet en particulier dans les
villes, les zones rurales, les zones défavorisées, en somme, « accès pour tous et tous
accessibles » ;
- Développer une infrastructure haut débit nationale et les applications d'information et de
communication s'appuyant sur les technologies de l'Internet ainsi que l'interconnexion aux
infrastructures globales ;

44
Union africaine. Op. Cit., p.28.
45
En vue d'aider les pays africains à faire face aux défis de la société de l’information et éviter ainsi leur
marginalisation, la Commission Économique des Nations-unies pour l’Afrique (CEA) a conçu et élaboré, à la
demande des États membres, l’Initiative Société de l’Information en Afrique (AISI) qui se veut un cadre de
réflexion et d’action pour l’édification d’une infrastructure africaine de l’information et de la communication.
Cette initiative a été adoptée lors de la vingt-deuxième réunion de la Conférence des Ministres africains chargés
du plan et du développement de la CEA tenue en mai 1996 sous la résolution 812 (XXXI) intitulée « Mise en
œuvre de l’Initiative Société africaine à l’ère de l’information ».
46
REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE. Plan de développement de l’infrastructure nationale de l’information
et la communication 2000-2005. Inspection générale d’État, ministère de la planification du développement,
Agence des télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI), juillet 2000.

26
- Améliorer les services publics grâce aux TIC en dématérialisant les processus d'échanges
de l'Administration avec les administrés ;
- Fournir le contenu national en information ;
- Définir les normes, règles et bonnes pratiques pour l'exploitation et l'utilisation des TIC ;
- Définir le cadre légal et réglementaire adaptés aux TIC et à la conduite du commerce
électronique ;
- Sécuriser les infrastructures d'information et de communication ;
- Soutenir le processus démocratique par l'utilisation des TIC.

Les principaux facteurs clés de succès (ressources et compétences) de ce plan qui ont
été identifiés et sont pris en compte dans la stratégie de mise en œuvre de l'infrastructure
nationale sont47 :

- la compréhension des besoins et la prise de conscience des enjeux de la société de


l’information ;
- l'accès aux câbles sous-marins de fibre optique ;
- le soutien et l’implication des plus hautes autorités de l’État ;
- le rôle modèle de l’État et la participation active du secteur privé et de la société civile ;
- la disponibilité de ressources financières et de capacités humaines ;
- l'implication des femmes, des jeunes et de la diaspora ;
- l’existence d’une infrastructure des télécommunications numérique, performante, largement
distribuée et à faible coût d’accès ;
- l'existence de partenariats stratégiques financiers et technologiques avec les leaders
mondiaux du secteur ;
- la sécurisation des infrastructures et des échanges de l’information et de la communication ;
- l'existence d'un environnement institutionnel juridique, réglementaire et fiscal stable et
favorable aux TIC.

Pour l’atteinte des objectifs, des programmes prioritaires ont été identifiés dans le cadre
d’une politique d’orientation centrée sur neuf domaines d’intervention qui sont : l’Agriculture
et les ressources naturelles ; la Culture ; l’Éducation / Formation / Recherche ; la Bonne
gouvernance ; le Secteur privé ; la Santé ; la Femme ; le Tourisme et les Médias.

47
Idem, p. 34.

27
La stratégie de mise en œuvre du plan NICI va s’appuyer sur deux éléments essentiels
qui sont d’une part un processus de participation et de concertation permanentes engageant
tous les acteurs concernés du secteur public, du secteur privé, de la société civile en général ;
et d’autre part la création de partenariats stratégiques financiers et administratifs avec les
acteurs nationaux et internationaux.

Cependant pour réussir une mise en œuvre effective du plan ces concepteurs estiment
qu’un certain nombre d’obstacles liés au développement des télécommunications
(Infrastructure, coûts, réglementations), à la disparité ou à l’absence de normes et standards, à
l’absence de bases juridiques et de cadre institutionnel et à la faiblesse en nombre et des
compétences en matière des ressources humaines doivent être au préalable levés.

Indubitablement, cette nouvelle société de la connaissance à laquelle tous les pays du


monde, même ceux qui sont encore en voie de développement veulent participer pleinement,
va entraîner de nouvelles perspectives dans les domaines de l’éducation, la formation et la
recherche.

- Intégration des TIC et mutations engendrées dans l’enseignement


supérieur et la recherche

La formation de tous les citoyens est devenue un réel enjeu en ce sens que les TIC sont
maintenant présents dans tous les secteurs d’activité. L’éducation nationale et l’enseignement
supérieur n’étaient pas véritablement préparés à cette révolution. De manière générale et
mondiale, les différentes entités se sont d’abord intéressées aux réseaux (en France on peut
évoquer la construction du RENATER48), puis aux logiciels et enfin aux contenus49.
L’intégration des technologies numériques dans le milieu universitaire va créer une exigence
de remise en cause perpétuelle des connaissances, on parlera désormais de « formation tout au
long de la vie ». Les technologies numériques vont également permettre le développement de
l’autoformation, favoriser l’accès à de multiples et diverses ressources documentaires tout en

48
Le Réseau National de télécommunications pour la Technologie, l’Enseignement et la Recherche.
49
BLANCHARD M., SALGUES B, Sommet mondial sur la société de l’information : Quelques réflexions,
Institut National des télécommunications. http://www.salgues.com/wsisdiplomatie.htm.

28
entraînant des modifications importantes dans le rapport que les individus et les groupes ont
avec le savoir. On peut considérer comme une preuve de notre entrée dans une nouvelle ère
qui donne à la formation une position centrale dans le développement des sociétés actuelles,
le foisonnement de projets de formation ayant recours aux TIC.

En effet, l’enseignement supérieur et notamment les institutions universitaires (qui ont


en charge la formation des élites des pays) vont devenir progressivement grandes
consommatrices de ces nouvelles technologies et à travers le monde de nombreux plans en
faveur de l’intégration des TIC dans les universités voient le jour. L’intégration des TIC dans
l’enseignement supérieur va connaître une évolution assimilable à celle du support imprimé
dans le milieu universitaire il y a quelques siècles.

Même si la primauté de l’oralité a longtemps prévalu dans les écoles et autres chairs
académiques, les TIC entraînent des mutations sociétales majeures que l’on peut comparer
avec l’avènement de l’imprimerie. On sait combien l’invention de Gutenberg a été
refondatrice des modes d’information et de communication et surtout de transmission du
savoir.

L’intégration du support imprimé a été très lente et il a fallu attendre l’essor des
publications scientifiques pour que l’université se l’approprie au point d’en faire un usage
quotidien. Ce n’est qu’au 19e siècle (entre 1830 et 1880) que les universités vont
définitivement organiser l’enseignement avec le concours de ce « média ».

De nos jours avec le développement des TIC, le monde universitaire se doit de tout
mettre en œuvre pour en tirer le meilleur bénéfice et réduire le décalage qui pourrait s’installer
avec les usages avancés que connaît la société civile. Pour ce faire une refondation des modes
de fonctionnement des institutions universitaires est inéluctable car les TIC deviennent les
principaux vecteurs de l’information et de la communication à l’ère du numérique.

50
Les institutions universitaires sont confrontées à un changement de paradigme qui
leur impose une transformation en profondeur. L’âge industriel peu à peu est en voie d’être
substitué à l’âge de l’information. Le changement de paradigme essentiel, selon un rapport de

50
DOLENCE M., NORRIS D. M, Transforming Higher Education, Society for College and University
Planning, 1995.

29
la CREPUQ51 publié en mai 1996, c’est que l’on considère l’apprenant comme l’acteur
principal du processus d’acquisition des connaissances. L’apprentissage individualisé, la
formation « juste à temps » vont désormais profondément peser sur l’organisation de
l’enseignement52.

Avec l’avènement des TIC l’organisation des études universitaires est emmenée à
connaître de nombreuses modifications à presque tous les niveaux (pédagogie, admission,
inscription, paiement des frais…). Au plan de la pédagogie par exemple, la démarche de
l’enseignant devra s’articuler davantage autour de la façon dont l’étudiant apprend plutôt
qu’autour de la façon d’enseigner une matière53. L’enseignant se doit désormais de concentrer
ses énergies sur l’échange dialectique, en direct ou en différé, et sur l’organisation des
ressources informationnelles. Internet va offrir aux étudiants un accès à une masse
impressionnante d’informations.

Cependant, on s’aperçoit qu’on peut y trouver avec la même facilité et la même


importance apparente aussi bien des documents sans grande valeur scientifique délivrant de
l’information erronée, que des études tout à fait sérieuses, pertinentes et dignes d’intérêt.
C’est en cela que la présence du professeur est très utile, car les étudiants auront besoin d’être
guidés par ce dernier qui devra les aider à faire le tri de la documentation recueillie sur
Internet et les emmener à prendre conscience de leur intérêt. Comme on peut le comprendre,
l’intégration des TIC et le développement de l’usage dans l’enseignement supérieur en
général, plus précisément dans le milieu universitaire ivoirien qui intéresse particulièrement
notre étude, ne pourront être effectifs que sous certaines conditions qu’il nous semble
opportun d’analyser.

- La question centrale

Le thème principal de cette thèse traitera les conditions d’intégration et de


développement de l’usage des technologies de l’information et de la communication dans
l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire.

51
Conférence des Recteur et Principaux des Université du Québec.
52
CREPUQ, Rapport sur le développement des nouvelles technologies de l’information et des communications
dans le réseau universitaire Québécois, Mai 1996.
http://.crepuq.qc.ca/tic/TIC.html (consulté en janvier 2002)
53
CREPUQ. Op. Cit.

30
À l’instar des pays occidentaux, les pays africains, depuis quelques années ont décidé
d’œuvrer pour l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC)
dans les établissements d’enseignement supérieur. Ces nouvelles technologies sont même
présentées par certains organismes de développement opérant sur le continent quasiment
comme la panacée aux problèmes que connaît l’enseignement supérieur en Afrique.

Il nous semble donc extrêmement opportun, au moment où l’intérêt porté aux


technologies de l’information et de la communication (TIC) devient de plus en plus
grandissant dans le milieu universitaire ivoirien, de poser le problème des conditions devant
être réunies pour une intégration réussie des TIC dans l’enseignement supérieur ivoirien.

- Définition des concepts : intégration, usage, TIC, fracture numérique


et enseignement supérieur

Devant la polysémie de plus en plus importante des mots et pour mieux faire
comprendre nos réflexions et positions, il devient nécessaire au cours de toute production
scientifique de se soumettre à l’exigence méthodologique que constitue la définition des
concepts « clés » utilisés dans le travail de recherche.

C’est ainsi que nous estimons utile de définir pour une meilleure compréhension de notre
travail de recherche les concepts d’intégration, d’usages, de TIC, de fracture numérique et le
terme enseignement supérieur.

Intégration :

Nous entendons par intégration l’action d’incorporer, ou encore de faire entrer un


élément étranger dans un ensemble constitué. En l’occurrence, il s’agira de l’incorporation
des TIC dans des établissements d’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire.

31
Usage :

Selon Yves LE COADIC54, l’usage est une activité sociale, l’art de faire, la manière
de faire. C’est une activité que l’ancienneté ou la fréquence rend normale, courante dans une
société donnée, mais elle n’a pas force de loi, à la différence des mœurs, des rites, des « us et
coutumes », habitudes de vie auxquelles la plupart des membres d’un groupe social se
conforme. Au vu de cette définition, si l’on se réfère au contexte de l’enseignement supérieur
en Côte d’Ivoire, on peut se demander si le concept d’usage des TIC est approprié, sachant
que l’intégration des TIC est encore au stade de balbutiement. Cependant, l’usage signifie
également l’emploi d’une chose55, en l’occurrence il s’agira de l’emploi des TIC dans les
établissements d’enseignement supérieur à des fins pédagogiques ou de recherche.

TIC :

Cet acronyme signifie « Technologies de l’information et de la communication ». On


parle aussi de NTIC en y ajoutant le mot « nouvelles ». En effet, ces technologies, même si
elles prolongent les anciens moyens d’information et de communication que sont la radio, le
disque et la télévision, sont considérées comme une innovation en ce sens qu’elles modifient
le rapport entre le diffuseur et l’usager qui a davantage d’autonomie56.

Il faut noter, comme le fait remarquer Claude Bertrand, qu’on parle bien de
« technologies » et non de « techniques », car si la technique est un ensemble de procédés
employés pour produire une œuvre ou obtenir un résultat déterminé, la technologie quand à
elle se définit comme « l’ensemble des discours, des pratiques, des valeurs et des effets
sociaux liés à une technique particulière dans un champ particulier » [Le ROBERT].

Manuel CASTELLS dans la ligne de Harvey BROOKS et Daniel BELL la définira dans
son œuvre La société en réseaux57 comme « l’utilisation de connaissances scientifiques pour
déterminer les façons de faire les choses d’une manière reproductible ». Parmi ces

54
LE COADIC Y, Usages et usagers de l’information, Paris, Nathan, ADBS, 1997.P.19
55
Dictionnaire de L'Académie française, 8th Édition (1932-5) in http://portail.atilf.fr/cgi-
bin/dico1look.pl?strippedhw=usage&headword=&dicoid=ACAD1932&articletype=1.
56
LAMIZE B., SILEM A, Dictionnaire encyclopédique des sciences de l’information et de la communication,
Paris, Ellipses/édition marketing S. A. 1997.
57
CASTELLS M, La société en réseaux. L’ère de l’information, Paris, Éditions FAYARD, 1998, p. 52.

32
technologies de l’information il inclura l’ensemble convergent des technologies de la micro-
électronique, de l’informatique (machines et logiciels), des télécommunications / diffusion et
de l’opto-électronique. Il y ajoute même contrairement à certains analystes :

L’ingénierie génétique et sa série croissante de développement et


d’applications, non seulement parce qu’elle se fonde sur le décodage,
la manipulation et, en définitive, la reprogrammation des codes
d’information de la matière vivante, mais aussi parce que dans les
années 1990 la biologie, l’électronique et l’informatique semblent
converger et interagir dans leurs applications, leurs matériaux et
plus fondamentalement, leur approche conceptuelle.58

Comme on peut l’observer, la convergence et l’interaction sont les deux


caractéristiques fondamentales qui priment chez Manuel CASTELLS.

La fracture numérique :

Dans un « glossaire critique de la société de l’information 59» Jean-Louis FULSSACK,


Alain KIYINDOU, et Michel MATHIEN définissent la fracture numérique (traduction de
l’expression américaine : Digital Divide) comme un phénomène de polarisation par rapport à
la dimension universelle de la mise en oeuvre de la « société de l’information », elle désigne
le fossé entre ceux qui utilisent les potentialités des technologies de l’information et de la
communication (TIC) pour leur accomplissement personnel ou professionnel et ceux qui ne
sont pas en état de les exploiter faute de pouvoir accéder aux équipements ou de compétences.
Ce « fossé numérique » selon eux, ne se traduit pas seulement par la séparation entre le Sud et
le Nord :

L’appartenance ou non au « réseau des réseaux » produit d’autres


types d’inégalités qui sont aussi sources d’insécurité. Ce sont les
césures entre États connectés ou non au sein de mêmes ensembles
régionaux, entre régions riches et peuplées et régions pauvres et
isolées, entre groupes sociaux et/ou ethniques, entre hommes et

58
Idem.
59
COMMISSION NATIONALE FRANÇAISE POUR L’UNESCO. Op. Cit. p. 75.

33
femmes, entre les citoyens dotés du capital économique et culturel
nécessaire et ceux qui ne le sont pas, entre les cultures présentes sur
la « toile » et les autres. La « société de l’information » se construit
sur fond de clivage, coupure ou déchirure entre ceux qui en font déjà
partie et ceux qui ne sauraient s’y inscrire. La question est de savoir
comment établir précisément le constat d’une telle séparation.

Jacques PERRIAULT dans le même ouvrage affirme que le terme de « fracture


numérique » recouvre trois aspects :

Le premier sens de « fracture numérique » désigne les inégalités d’infrastructures et


d’utilisation qui s’entremêlent souvent. L’adjectif « numérique » englobe les
télécommunications, les ordinateurs, l’utilisation de l’Internet, le téléphone numérique et, par
extension, le téléphone analogique. Les cartes de trafic sur la planète sont éloquentes. Les
trafics majeurs se situent dans l’hémisphère Nord, entre les États-Unis, l’Europe et l’Asie du
Sud-Est. L’Amérique du Sud est peu irriguée, l’Asie centrale, bien moins encore ; l’Afrique,
pratiquement pas, à l’exception de l’Afrique du Sud.

Le second sens du terme renvoie à la fracture sociale, dont il désigne un des


symptômes. Pour autant l’accès à l’informatique ne signifie pas que les bénéficiaires sont
mieux nantis lorsqu’ils y ont accès, en fonction notamment du niveau de vie et du sexe. Dans
la Caraïbe ou l’Inde, par exemple, un grand nombre de femmes travaillent dans des centres de
télé-accueil (250 000 pour l’Inde en 2001). L’Inde compte de plus en plus d’informaticiens
qualifiés et, pour la première fois en 2003, le chiffre d’affaires indien de la production
logicielle a dépassé celui des États-Unis. Il reste toutefois à vérifier l’accroissement de bien-
être qu’apporte cette informatisation des services à distance dans un climat de concurrence
entre pays quant à la protection sociale et au niveau des salaires.

Le terme de fracture numérique a un troisième sens qui désigne une inégalité qui
mériterait plus d’attention que celle qu’on lui porte. Il concerne la disparité des aptitudes
sociocognitives et socioculturelles des acteurs concernés, quels que soient les pays, à maîtriser
les procédures de traitement numérique. Leur pratique en effet requiert des compétences en
formalisation, en expression, en résolution de problème, en interprétation des résultats et des

34
dysfonctionnements qui ne sont pas également réparties chez les utilisateurs et qui ne sont pas
forcément améliorées par les politiques actuelles d’éducation et de formation continue60.

Enseignement supérieur :

Nous entendons par enseignement supérieur l’ensemble de la formation post-baccalauréat.


Il s’agit aussi bien des études universitaires, des formations professionnelles que de la
formation continue des cadres. En somme, il s’agit de l’ensemble des formations dispensées
dans des établissements d’enseignement supérieur publics ou privés, universités ou grandes
écoles. Dans notre étude nous avons déterminé cinq catégories d’établissements appartenant à
l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire à savoir les universités publiques, les universités
privées, les grandes écoles publiques, les grandes écoles privées et les centres de formation
continue.

- Intérêt de l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur et la


recherche en Côte d’Ivoire

Aujourd’hui, malgré les inquiétudes liées à la fracture numérique61 et à l’excès de


privatisation et de commercialisation des données et de l’information scientifique62, l’intérêt
d’œuvrer pour l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC)
dans l’éducation en général, dans l’enseignement supérieur et la recherche en particulier, reste
un sujet d’actualité. À travers les nombreux textes sur le sujet, on peut répertorier une
multitude de raisons militant pour cette intégration des TIC et le développement de leurs
usages dans le milieu universitaire. Le développement de la recherche scientifique est sans
doute l’une des principales raisons de l’intérêt qu’accorde le monde universitaire aux TIC. En
effet, la recherche scientifique donne lieu à la création de nouvelles technologies et à la
production de données et d’information qui, en tirant parti de ces technologies, peuvent être
d’un grand profit pour la société dans son ensemble.

60
COMMISSION NATIONALE FRANÇAISE POUR L’UNESCO. Op. cit. p. 78.
61
La fracture numérique désigne le plus souvent l'inégalité d'accès aux technologies numériques. Cette inégalité
est fortement marquée entre les pays développés d'occident et les pays du Sud, dits en voie de développement.
62
Rapport succinct du Symposium international sur l’accès libre et le domaine public dans les données
numériques et l’information pour la science, 10-11 mars 2003, organisé en concertation par l’UNESCO, le
CIUS, CODATA, les académies nationales des États-Unis et le ICSTI, ainsi que de l’Atelier sur la science dans
la société de l’information, 12 mars 2003, co-organisé par l’UNESCO, le CIUS et CODATA.

35
Sir Roger ELLIOT63, insiste sur le rôle des scientifiques dans la création des TIC,
fondement de la société de l’information :

La recherche scientifique, l’accès à l’information scientifique libre et


illimité à tous les scientifiques, l’amélioration de l’enseignement et de
la formation scientifique sont autant d’éléments capitaux pour élever
le niveau de compréhension de la science dans le public, si l’on veut
que la société soit en mesure de prendre des décisions plus
éclairées.64

L’impact des TIC sur la production, l’utilisation et la diffusion du savoir scientifique


est considérable. Elles détiennent de nombreuses possibilités de combler la fracture
scientifique en facilitant l’intégration des scientifiques nationaux et internationaux dans des
réseaux et en fournissant aux décideurs de l’information et des connaissances scientifiques qui
les aident à mieux gouverner. Les TIC sont également d’excellents instruments pour faciliter
aux scientifiques des pays en développement l’accès aux revues spécialisées, aux
bibliothèques, aux bases de données et aux services scientifiques de pointe. Elles présentent
aussi l’avantage de pouvoir améliorer la collecte et l’analyse de données scientifiques
complexes.

De nombreux pays en développement selon Abdul Waheed KHAN65 s’efforcent


d’intégrer l’enseignement ouvert et le télé-enseignement, dans la mesure où le pouvoir
politique désire élargir l’offre des moyens d’étude, tout en réduisant les dépenses dans ce
secteur, qui croissent en proportion des taux de participation. Il ajoute par ailleurs, que nous
assistons à une montée des aspirations des populations à la démocratie et aux garanties
d’équité et d’égalité des chances, et qu’en parallèle, se fait jour le besoin pressant d’améliorer
la pertinence et la qualité des programmes éducatifs et de passer à la formation permanente.66

63
Président du Bureau exécutif du Conseil international pour la science (CIUS) en 2003.
64
Allocution d’ouverture de Sir Roger Elliot, du CIUS, à l’Atelier UNESCO/CIUS/CODATA sur La science et
la société de l’information, 12 mars 2003, au siège de l’UNESCO, à Paris.
65
Sous- Directeur Général de l’UNESCO pour la communication et l’information.
66
Voir interview d’Abdul Waheed KHAN publiée par le périodique de l’UNESCO Planète Science, Vol. 1, No.
4, juillet 2003.

36
Grâce à l’outil Internet, la mise en réseaux électroniques mondiale d’universités et de
centres de recherche est aujourd’hui possible. En plus d’être un exceptionnel instrument de
communication, l’Internet est un véhicule extrêmement riche en information et en données
utiles pour l’éducation, la recherche et, en dernier lieu, l’innovation avec ses implications
dans le domaine économique.

L’esseulement regrettable de bon nombre de communautés scientifiques des pays du


tiers-monde, particulièrement celles d’Afrique subsaharienne peut connaître d’une certaine
manière une solution grâce à un accès illimité à l’information et aux données scientifiques et
par la collaboration internationale. Le maillage Nord-Sud et Sud-Sud est un puissant
instrument de renforcement des capacités et de développement. Un certain nombre
d’exemples en la matière sont connus. On peut notamment relever l’initiative de trois pays
d’Amérique latine (le Nicaragua, le Honduras et le Salvador) qui à la suite des désastres
provoqués par l’ouragan Mitch au Honduras et au Nicaragua et par le tremblement de terre au
Salvador, ont créé des Centres d’information sur les catastrophes. Les programmes
d’environnement de l’UNESCO en hydrologie, océanographie, écologie et géologie reposent,
dans une large mesure, sur les réseaux opérant à ces deux niveaux67.

Le prestigieux institut américain, MIT (Massachusetts Institute of Technology)68 a


annoncé en 2002 qu’il mettrait sur la toile deux mille cours et leurs matériels
d’accompagnement, en consultation gratuite pour tous les établissements d’enseignement
supérieur du monde et leurs étudiants. Cet établissement propose même des conseils sur la
manière d’adapter ces cours. En effet, il ne sera pas évident d’appliquer toutes les expériences
réalisées à MIT dans les universités des pays du tiers-monde.

Par ailleurs, comme Jean-Claude RUANO-BORBOLAN69 l’affirme, dans un article


intitulé « Risque et promesse de l’e-éducation » parue dans la revue Manière de voir (hors
série n°32) :

Aux États-unis et dans le monde occidental des universités privées,


tournées vers un public national et international grâce à l’utilisation

67
PHI, COI, MAB, PICG : www.unesco.org/science.
68
http://www.ocw.mit.edu.
69
Ancien directeur de publication de la revue Sciences Humaines.

37
de cours en ligne, se développent en effet. L’exemple canonique,
utilisé par les détracteurs comme les contemplateurs du phénomène
est l’université de Phoenix en Arizona. Avec ses 75000 étudiants, elle
est l’une des plus importantes universités privées des États-unis et
s’adresse principalement aux salariés en formation professionnelle.70

Il ajoute que selon certains acteurs, à l’heure de la mondialisation économique, seules


survivront les institutions et les entreprises qui se seront transformées pour fournir une offre
de formation crédible sur de vastes marchés, via les réseaux et le télé-enseignement. Les
nouvelles technologies permettraient d’accroître le nombre de clients des institutions
universitaires, ce qui aura pour conséquence de les aider à pallier une perte de revenu ou une
moindre rentabilité.

James DUDERSTADT71 affirmait en 1999 que l’introduction des TIC dans


l’enseignement supérieur aux États-Unis allait induire un certain nombre de changements qui
ne seront pas conduits ni par les États, ni par le gouvernement fédéral, ni par les 3600 collèges
supérieurs ou universités, mais plus sûrement, par des acteurs comme les universités
virtuelles, capables de réduire les coûts relatifs de l’enseignement en étendant leur zone de
clientèle au monde entier et en supprimant les contraintes académiques, comme la
titularisation des enseignants72.

RUANO-BORBOLAN insiste sur le fait que malgré les obstacles qu’il peut y avoir à
la diffusion et à l’utilisation des TIC, celles-ci, lorsqu’elles sont mises au service des
pédagogies actives d’apprentissage, favorisent une amélioration de la formation. C’est
notamment le cas dans l’enseignement de langues étrangères, dans les formations techniques
ou, de manière générale partout où la simulation peut aider à l’acquisition73.

En France, un rapport de mission réalisé sous la direction de Michel AVEROUS et


Gilbert TOUZOT, à l’attention des ministères français de l’éducation nationale, de la
recherche et de la délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale,

70
RUANO-BORBALAN J-C. « Risque et promesse de l’e-éducation » Manière de voir, 54-57. (Hors série n°
32), Mars-avril 2001, p.44-51.
71
Président de l’université du Michigan en 1999.
72
R.N. KATZ & associates. Dancing with the devil. Information technology and the new competition in higher
education. Jossey Bass San Francisco, 1999.
73
RUANO-BORBALAN J-C. Op. Cit. p. 47.

38
intitulé : « Campus numériques : enjeux et perspectives pour la formation ouverte et à
distance. » affirme que :

Les TIC peuvent apporter à toutes les catégories sociales de nouveaux


services en terme d’accès à l’information et à la formation, tant sur
les lieux traditionnels de formation qu’à domicile ou sur le lieu de
travail. C’est parce que ces services peuvent révolutionner
l’organisation de la formation qu’ils donnent un véritable contenu à
l’expression « formation tout au long de la vie ». De nombreux
organismes publics et privés ont déjà commencé à mettre en place de
tels services, visant aussi bien les étudiants inscrits en formation
initiale que les stagiaires de formation continue, les étudiants inscrits
en formation à distance. 74

Ce rapport relève que des politiques de développement intensif de la formation ouverte


et à distance (FOAD) ont succédé aux politiques d’intégration des TIC. En effet, dans le
sillage de grands projets américains – regroupant notamment des industriels, des universités,
des éditeurs et des opérateurs de télécommunications –, des projets « d’universités virtuelles »
se sont multipliés dans de nombreux pays européens. Aussi bien en France que dans les autres
pays d’Europe, ce sont les politiques publiques et plus particulièrement les ministères de
l’éducation nationale et de la recherche qui sont à la base de ces initiatives. En avril 2000, un
programme de développement intensif de la formation ouverte et à distance dénommée
« L’appel à projet campus numérique français », a été lancé avec l’appui des conférences de
présidents ou de directeurs d’établissements et du CNED75. Les acteurs de ce projet avaient
pour ambition de soutenir l’usage des TIC dans les établissements d’enseignement supérieur
français et développer une offre française de formation à distance riche et de qualité, reposant
sur l’implication forte des établissements publics d’enseignement supérieur.

Aujourd’hui, on ne saurait nier le potentiel que représentent les nouvelles technologies


pour la recherche et la pédagogie. Les usages d’Internet, de la visioconférence, des Cédéroms,
etc. sont de plus en plus incontournables dans les établissements d’enseignement supérieur

74
AVEROUS M, TOUZOT G, Campus numériques : Enjeux et perspectives pour la formation ouverte et à
distance, Rapport de mission à l’attention du ministère de l’éducation, du ministère de la recherche et de la
délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale. Avril 2002, P7.
75
Centre National d’Enseignement à Distance.

39
des pays occidentaux. Il faut néanmoins savoir différencier l’outil technique et la méthode
pédagogique car on ne saurait imaginer que ce sont les machines qui imposent la pédagogie
idoine. Comme le soutient un bon nombre d’experts dont Claudine LANGLOIS76, directeur
du centre AIU / UNESCO d’information sur l’enseignement supérieur (en 1997), l’avenir des
universités de nos jours dépend de leur capacité d’adaptation à la nouvelle société de
l’information et de répondre aux besoins d’un marché professionnel toujours plus exigeant.
D’ailleurs de nombreux responsables d’université estiment selon Claudine LANGLOIS que
l’utilisation extensive des technologies de l’information est un facteur-clé pour atteindre la
plus grande population-cible au meilleur coût. C’est dans ce contexte qu’est apparu le concept
d’université « virtuelle » c'est-à-dire une université pouvant offrir ces services à travers des
réseaux d’informations.

Comme cela fut brièvement évoqué précédemment, l’enseignement supérieur et la


recherche dans les pays du tiers-monde et notamment en Côte d’Ivoire, peuvent tirer un grand
profit de l’intégration des technologies numériques. En effet, si l’on se fie aux conclusions de
nombreux textes sur l’état de l’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne publiés ces
dix dernières années, telle que la Déclaration et plan d’action sur l’enseignement supérieur
en Afrique 77 de l’UNESCO on ne peut que déplorer les nombreuses difficultés que rencontre
l’enseignement supérieur dans cette partie du continent, qui l’empêchent de remplir les
missions qui lui sont assignés. L’enseignement supérieur ivoirien, comme dans la majorité des
pays africains situés au sud du Sahara (hormis l’Afrique du Sud), souffre encore d’un déficit
de productions scientifiques, la diffusion et l’accès à l’information scientifique et technique
est encore très difficile. Il n’existe pas encore une réelle volonté de favoriser un travail
collaboratif entre les enseignants et les chercheurs de la communauté universitaire nationale,
ou encore entre ceux-ci et leurs pairs des autres universités africaines ou occidentales ; bien
que cela soit inscrit par essence dans le fait universitaire qui n’existe que par l’affirmation
d’une communauté « transnationale » d’enseignement et de recherche. L’amélioration de la
qualité et la mise à jour régulière des enseignements n’est pas toujours une priorité absolue
souvent à cause de certaines pesanteurs sociales qui entraînent une démotivation des
enseignants (salaires dérisoires, bibliothèques et laboratoires peu équipés, etc.),

76
LANGLOIS C. « les universités et les Technologies de l’information et de la communication : Problèmes et
stratégies. » AIU/UNESCO, 1997, 12 pages. http:// www.unesco.org/iau/fre/tfit_reports_fr.html. (Consulté en
novembre 2002).
77
UNESCO, Déclaration et plan d’action sur l’enseignement supérieur en Afrique, adoptés par la Consultation
régionale de la région Afrique, préparatoire à la Conférence mondiale sur l’enseignement supérieur. UNESCO-
BREDA, 1997.

40
Comme l’affirme Edmé Michel ZINSOU78 :

Après plus d’un quart de siècle, il n’est pas risqué de dire que les
universités africaines n’ont pas remplies leurs missions originelles, au
point qu’un désenchantement s’est exprimé à leur égard. Elles se sont
contentées de reproduire ou de perpétuer les connaissances que les
enseignants ont reçues pendant leur formation sans se soucier de leur
pertinence par rapport à l’environnement dans lequel la formation se
déroule. Tout se passe comme si les enseignants universitaires
africains n’avaient pas confiance en eux et qu’ils avaient peur de
créer des connaissances.79

Gérémie SAWADOGO80 renchérit en dénonçant le faite que les universités africaines


après avoir accepté les rôles définis au départ par les puissances coloniales, s’y sont
accrochées et se sont bornées à réagir aux changements sociaux plutôt que d’en prendre
l’initiative. En gros comme le souligne Michel ZINSOU, on a l’impression que pour les
universitaires africains la fonction primordiale de l’université n’est que reproduction et
adaptation des connaissances de l’occident plutôt que production des connaissances adaptées.

À l’instar des pays occidentaux, la genèse d’Internet dans la plupart des pays africains
s’inscrit au sein des communautés scientifiques et universitaires même si à ce niveau
également elle reste symptomatique du même déficit d’appropriation dont souffrent les pays
africains à l’égard de ce qui vient de l’occident81.

Pascal RENAUD82 dira à ce propos dans un historique de l’Internet en Afrique


francophone :

78
Enseignant-chercheur à l’université de Cocody à Abidjan.
79
ZINSOU E. M., Radioscopie des interactions de l’université de Côte d’Ivoire avec son environnement par la
méthode des représentations sociales, Thèse de doctorat. Université de Caen/ Basse-Normandie. Juin 2004, P12
80
SAWADOGO G. « L’avenir des université africaines : mission et rôle. » AUA 1995, P.6
81
DUCASSE R. Quelle université pour l’Afrique ? Pessac, MSHA, 2002, p.228 (ouvrage collectif).
82
Ingénieur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, IRD, Expert scientifique à l’UNITAR,
Organisation des Nation Unies pour la recherche à Genève.

41
En Afrique francophone, l'aventure de l'Internet a commencé à Dakar,
en 1989 avec l'installation d'un serveur Sun Microsystèmes au Centre
de Recherche océanographique. L'ORSTOM avait décidé d'associer
ses partenaires africains à la construction des "réseaux de la
recherche", l'acronyme Internet n'était pas encore en vogue. Ce
réseau baptisé "RIOnet" s'est très rapidement étendu aux autres pays
francophones. En 1993, il reliait une centaine d'établissements dans
les pays suivants : Sénégal, Mali, Niger, Burkina-Faso, Côte d'Ivoire,
Cameroun, Congo, Madagascar, Guinée-Conakry. Basé sur une
association des technologies TCP/IP (grappes locales) et UUCP
(liaisons de moyenne et longue distance), il est relié aux autres
réseaux européens et américains à travers une passerelle située à
Montpellier et une autre à Rocquencourt (INRIA)83.

Le développement des TIC apparaît selon de nombreuses organisations internationales


(Banque mondiale, UNESCO, AUF…) intervenant sur des projets de développement de
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique en Afrique comme une solution
pouvant permettre aux universités africaines d’atteindre les objectifs que la plupart d’entre
elles, se sont fixées avec les dernières réformes que bon nombre d’entre elles ont connues
pendant la dernière décennie du siècle précédent. Les objectifs de cette seconde vague de
réformes des universités africaines francophones (la première s’étant déroulée durant les
années 1970), selon Claudine TAHIRI-LEBORGNE, sont l’adaptation de l’université aux
besoins socio-économiques des pays, le développement de la recherche endogène par la
variation des résultats de la recherche, l’encouragement à une recherche fondée sur la culture
autochtone, enfin, l’instauration de l’esprit de formation tout au long de la vie des acteurs84.
En Côte d’Ivoire plus précisément, dans son discours de présentation de la réforme de
l’enseignement supérieur qui a eu lieu en 1995, le ministre Saliou TOURÉ dira à propos des
grandes priorités fixées à l’enseignement supérieur ivoirien du 21 è siècle :

83
RENAUD P. « Historique de l’Internet du Nord au Sud. ». Enjeux des technologies de la communication en
Afrique. Paris : Éditions Karthala, 2000, p 97.
84
LEBORGNE-TAHIRI C., Université et nouvelles technologies en Afrique de l’ouest francophone. Passé,
présent et avenir, Dakar, Bureau Régionale de l’UNESCO à Dakar, mai 2002, p.50.

42
Un système d’enseignement supérieur démocratique, dispensant à la
fois culture générale et formation professionnelle, largement ouvert
sur le monde extérieur, cultivant la diversité, capable de valoriser au
mieux les ressources humaines, recherchant en permanence
l’excellence, donnant à la recherche une place fondamentale, voila les
grandes priorités que nous voulons fixer à l’enseignement supérieur
ivoirien du 21 è siècle.85

L’intégration et le développement de l’usage des TIC dans les institutions


universitaires africaines en raison de leur formidable potentiel que nous avons évoqué
précédemment, peuvent certainement contribuer à atteindre certains de ces objectifs.

Sous la poussée des organisations internationales que nous avons évoquées tantôt, et
dans le prolongement de nombreuses manifestations organisées sur le continent africain
(Bamako 2000, sommet de Tunis sur la société de l’information, etc.) sur la nécessité pour
l’Afrique de prendre une part active à la société de l’information, des programmes
gouvernementaux sont mis en place pour atteindre cet objectif dans de nombreux secteurs
d’activité et notamment dans celui de l’enseignement supérieur et de la recherche. La Côte
d’Ivoire, à l’instar de nombreux autres pays du continent, a mis en place quelques
programmes dans l’optique de favoriser l’intégration des TIC et le développement de leur
usage dans l’enseignement supérieur (projets EAD86, RESURCI87, DRAGADOS88, …). Ces
programmes éprouvent de grandes difficultés à se mettre en place pour des raisons d’ordre
économique, politique et même académique. Cependant, d’autres initiatives voient le jour
aussi bien dans les établissements d’enseignement supérieur publics que privés afin
d’accroître les infrastructures des institutions universitaires en matière de TIC.

Cependant, en l’état actuel de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire, peut-on


imaginer qu’un simple accroissement de la présence des outils numériques ou du niveau des

85
REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE, La réforme de l’enseignement supérieur : Innover pour réussir,
Abidjan, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation
technologique.1995.
86
Éducation à Distance.
87
Réseaux de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en Côte d’Ivoire.
88
Programme de coopération entre la Côte d’Ivoire et l’Espagne dont l’objectif était de permettre l’équipement
des universités publiques en matériels informatiques et de permettre aux enseignants ivoiriens d’acheter des
ordinateurs portables à moindre coût (pas plus de 150 euros).

43
infrastructures dans les institutions universitaires sera suffisant pour réussir l’intégration et un
développement de l’usage des TIC ?

L’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur en occident a été marquée par
des mutations importantes aussi bien au niveau de la gouvernance universitaire avec
notamment la mise en place de systèmes d’information de gestion de haute qualité
(notamment pour le suivi du parcours des étudiants) qu’au niveau de l’enseignement dispensé.
Les universités occidentales ont dû, en effet, répondre à de nouvelles attentes en matière
d’éducation et de formation avec l’économie et la société de la connaissance, à savoir un
besoin croissant d’éducation scientifique et technique, de compétences transversales et de
formation tout au long de la vie, qui nécessitent une plus grande perméabilité entre les
composantes et les niveaux des systèmes d’éducation et de formation89. L’observation de la
situation de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire, durant la période de notre étude
(2003-2005), nous a permis de constater l’absence de véritables systèmes d’information de
gestion dans les universités ivoiriennes. Par ailleurs, le système d’enseignement encore
traditionnel n’a pas vraiment connu de transformation malgré la réforme de l’enseignement
supérieur de 1995 et la volonté exprimée par les autorités de tutelle d’œuvrer pour
l’intégration et le développement de l’usage des TIC dans les formations universitaires. Même
si la présence des outils numériques est un élément important dans le processus d’intégration
et de développement de l’usage, il ne saurait être le seul élément essentiel. Comme le fait si
bien remarquer Roland DUCASSE, la seule connexion à un système de communication, fut-
il Internet, ne constitue pour personne un gage de bonne pratique informationnelle et
cognitive – a fortiori scientifique, pas plus que ne lui garantissait la disposition d’un manuel
pédagogique sur les rayons de la bibliothèque, ou la diffusion d’un « cours » par voie de
télévision et autre technologie moderne90.

Partant de cette observation on pourrait alors se demander, si les conditions préalables


pour la réussite de l’intégration et le développement de l’usage des TIC dans l’enseignement
supérieur en Côte d’Ivoire sont réunies ?

89
Union européenne, Le rôle des universités dans l’Europe de la connaissance, Communication de la
commission du 5 février 2003 [COM (2003) 58 final- Non publié au journal officiel].
http://europa.eu/scadplus/leg/fr/cha/c11067.htm
90
DUCASSE R. Op. Cit. p 226.

44
Quels sont les obstacles potentiels pouvant freiner l’intégration et le développement de
l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur ivoirien ?

L’objectif général de cette étude sera d’étudier les conditions pouvant favoriser le
développement de l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire.

Plus spécifiquement, nous ferons un bilan de l’intégration et de l’usage des TIC dans
une dizaine d’universités et grandes écoles (UCA, UC-ASM, UCAO, ENSEA, IPNETP,
AGITEL FORMATION, CSI, CED-CI, CEFIVE, CAMPC) de Côte d’Ivoire, aussi bien au
plan de la pédagogie, de la recherche scientifique, que de la gestion administrative ; puis nous
identifierons en nous inspirant d’exemples de pays ou l’intégration et les usages des TIC dans
l’éducation connaissent un développement important, les éventuels obstacles qui pourraient
rendre difficile l’intégration et le développement de l’usage de ces nouvelles technologies
dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire.

L’hypothèse principale à confirmer ou à infirmer dans cette étude fait état de ce que
l’absence d’une réelle prise de conscience, due à un déficit de formation et de sensibilisation,
des principaux acteurs du monde universitaire que sont les enseignants et les étudiants dans
leur globalité, mais également des équipes de direction des établissements et du ministère de
tutelle sur rôle majeur que peut jouer les usages des TIC pour l’amélioration de la qualité des
formations dispensées, des productions scientifiques et donc pour le développement du pays,
constitue un frein majeur au développement de l’usage des TIC dans l’enseignement
supérieur.

Ce travail de recherche tentera également de vérifier une hypothèse secondaire selon


laquelle l’intégration et les usages des Technologies de l’information et de la communication
(TIC) connaissent un développement relativement faible dans l’enseignement supérieur en
Côte d’Ivoire, en raison de l’absence de démocratisation (c'est-à-dire d’ouverture à un large
éventail d’utilisateurs ou de consommateurs), de leur accès et des compétences, que nous
qualifierons de fracture numérique locale ou interne entre les acteurs de l’enseignement
supérieur. Ils restent considérés comme un luxe réservé principalement à une certaine
catégorie d’étudiants issus de certains établissements d’enseignement supérieur privés.

45
Ce travail de recherche s’inscrit dans le sillage des études réalisées ces dernières
années sur les transferts des technologies numériques dans les pays africains et les mutations
sociétales engendrées ou souhaitées. La question de leur apport aux développement des pays
africains ou d’un certain nombre de secteurs d’activité prioritaires (santé, économie,
agriculture, entreprise, éducation, recherche…) revient de façon récurrente dans bon nombre
de travaux de recherche sur l’Afrique. C’est ainsi que ces dernières années on peut observer
un enrichissement de la littérature sur le sujet. Abdoul BA91 dans son ouvrage
intitulé Internet, cyberespace et usage en Afrique92 propose une première évaluation et une
analyse inédite sur l'introduction et le développement du réseau sur le continent, mais aussi
sur les internautes, sur les usages et sur les apports de l'Internet. Internet peut-il favoriser le
développement des pays d'Afrique ? De quel développement parle-t-on ? Du développement
de qui ? Ce sont autant d’interrogations auxquelles l’auteur tente de proposer des réponses.
Dans une perspective quasi similaire Alain François LOUKOU dans sa thèse de doctorat
intitulée Télécommunications et développement en Côte d’Ivoire à l’ère de la société de
l’information et de la mondialisation93 s’interroge sur le rôle des télécommunications dans le
développement économique et territorial des pays africains. Dans l’Internet, son web et son e-
mail en Afrique : Approche critique94. Raphaël NTAMBUE TSHIMBULU95 fait une
synthèse des principales publications et idées émises sur les modalités d’insertion et les
enjeux culturels et socio-économiques de l’Internet en Afrique. Il présente par ailleurs une
analyse critique engagée dans deux taches principales qui sont la constitution des tendances
globales de la pensée TIC comme idéologie, l’expérience africaine de la gestion
technologique des TIC, la réflexion approfondie des impacts, la dédramatisation,…

91
Écrivain sénégalais, docteur en sciences de l’information et de la communication.
92
BA A .,Internet, cyberespace et usages en Afrique, Paris , Éditions L'Harmattan, mai 2003.
93
LOUKOU A. F., Télécommunications et développement en Côte d’Ivoire à l’ère de la société de l’information
et de la mondialisation, Thèse de doctorat en géographie, Université Montpellier III-Paul VALERY, 27 juin
2005.
94
NTAMBUE TSHIMBULU R., L’Internet, son Web et son e-mail en Afrique : Approche critique, Paris,
Harmattan, 2001.
95
Docteur en Sciences philosophiques avec deux licences complémentaires en Informatique et en Coopération
au Développement, est Directeur de Recherche associé au CNRS dans le laboratoire CEAN (Centre d'études
d'Afrique Noire) unité mixte de recherche entre le CNRS et l'Institut des Sciences politiques (IEP) de Bordeaux.
Il est Membre du réseau de recherche CNRS - AFRICANTI, fondateur de l'Institut de recherche sur le transfert
de la techno-science en Afrique (IRTAVI), Directeur de la " Revue des Problématiques Africaines " (Bruxelles)
(revue subsidiée par le Ministère de la Recherche de la Communauté Française de Belgique), et professeur à
l'Université de Kinshasa (République démocratique du Congo).

46
D’autres analystes tel que Patrice DAYORO SAHUIÉ96 vont plutôt se soucier
d’étudier les changements impulsés par les usages des TIC dans un secteur d’activité précis en
l’occurrence le monde des entreprises à Abidjan (Côte d’Ivoire)97. Aghi BAHI98 dans une
Étude sur les TIC et les pratiques de recherche d’information chez les enseignants et
chercheurs universitaires ivoiriens99 s’interroge sur la place occupée par la publication
électronique dans l’activité professionnelle des chercheurs ivoiriens et notamment sur les
usages des publications numériques qui se développent chez les chercheurs universitaires
ivoiriens. Claudine LEBORGNE-TAHIRI100 quant à elle, dans son essai intitulé Université et
nouvelles technologies en Afrique de l’ouest francophone. Passé, présent et avenir101 s’est
donnée pour but l’identification des conditions de réussite de l’introduction d’une innovation
qui est l’enseignement à distance par les nouvelles technologies dont Internet, à partir d’un
contexte bien défini, avec ses propres spécificités, celui de l’Afrique francophone
subsaharienne.

Comme il est aisé de le constater, les études sur le transfert des TIC en Afrique se
multiplient et ont des orientations diverses. En ce qui concerne cette thèse, même si pour sa
réalisation il a été nécessaire de puiser dans ces différents ouvrages des éléments
d’information utiles pouvant permettre de mieux maîtriser le contexte, cette étude a la
particularité d’analyser une situation spécifique qui est celle des conditions, d’intégration et
de développement de l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire. En
effet, il nous semble, que l’étude des conditions idoines pour réussir l’implémentation et

96
Enseignant-chercheur à l’UFR Information, Communication et Arts (UFRICA) de l’université de Cocody à
Abidjan (UCA).
97
DAYORO S. P., L’information, les nouvelles technologies d’information et l’usage de l’Internet dans les
entreprises d’Abidjan, Thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication, université Jean
Moulin Lyon 3, 2003.
98
Enseignant-chercheur à l’UFR d’Information, Communication et Arts (UFRICA) de l’université de Cocody à
Abidjan.
99
BAHI A., Étude sur les TIC et les pratiques de recherche d’information chez les enseignants et chercheurs
universitaires ivoiriens, Université de Cocody à Abidjan, UFR Information, communication et arts, juillet 2004.
http://www.codesria.org/Links/conferences/el_publ/AGHI_Bahi.pdf
100
Claudine LEBORGNE-TAHIRI a commencé sa carrière universitaire en 1960 à la Sorbonne. Franco-
ivoirienne, elle entre en 1962 au Centre d’enseignement supérieur de Cocody (Côte d’Ivoire). Elle fait toute sa
carrière à l’Université nationale de Côte d’Ivoire, jusqu’au grade de professeur titulaire. Elle a ainsi vécu toute
l’évolution socio-politique de l’université africaine dans le contexte ivoirien jusqu’en 1991. Elle est membre
fondateur de l’Association internationale de pédagogie universitaire (AIPU, Québec) et en a été la Vice-
présidente pour la Zone Afrique pendant huit ans. Elle a créé deux revues pédagogiques universitaires : Assempé
soutenue par l’UNESCO-BREDA et le ministère de la Coopération française et SKHOLE à l’IUFM de
Marseille. Elle fut aussi membre fondateur de l’ARESAF : Association des rédacteurs et éditeurs d’Afrique
francophone (Sénégal).
101
LEBORGNE-TAHIRI C., Universités et Nouvelles Technologies en Afrique de l’ouest francophone : Passé,
présent, et avenir, Dakar, Bureau Régionales de l’UNESCO à Dakar, mai 2002.

47
l’appropriation des TIC dans l’enseignement supérieur ou dans tout autre activité est au moins
aussi capitale que la mise en place d’un dispositif, c’est certainement le gage de la réussite de
toute politique allant dans ce sens.

Ce travail de recherche est constitué de deux parties comprenant au total six chapitres.

La première partie, intitulée Les TIC dans l’enseignement supérieur, va comporter


trois chapitres :

Le premier chapitre, intitulé Introduction des TIC dans l’enseignement supérieur nous
donnera l’occasion d’évoquer les stratégies d’intégration des TIC dans le milieu universitaire
des pays occidentaux et de présenter les différentes expérimentations réalisées avec les TIC
dans le monde de l’éducation en Afrique depuis les indépendances (1960) jusqu’à 2005.

Le second chapitre qui a pour titre Situation des télécommunications et des liaisons
Internet en Afrique sera l’occasion de faire un état des lieux des Télécommunications en
Afrique en général, et en Côte d’Ivoire en particulier.

Le troisième et dernier chapitre de cette partie que nous avons nommé Bref état des
lieux de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire, sera consacré à une présentation de
l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire depuis la réforme qu’il a connu en 1995. Nous
accorderons également dans ce chapitre une large place à la présentation du projet d’appui de
l’UEMOA102 à l’enseignement supérieur dans les pays membres de cette organisation. L’une
des principales réformes proposées par ce projet est notamment l’adoption du système
LMD103.

La seconde partie de cette thèse intitulée Intégration et usages des TIC dans
l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire, comporte également trois chapitres.

102
Union monétaire et économique d’Afrique de l’Ouest.
103
Le système LMD (Licence - Master - Doctorat), a été appelé pendant un temps 3-5-8 par référence aux
nombres d'années d'études après le Baccalauréat : 3 pour l'obtention d'une licence, 5 pour celle d'un master et 8
pour celle d'un doctorat. Le système LMD permet à l'étudiant de construire son parcours professionnel au fur et à
mesure de l'avancement de ses études, par l'obtention de modules (ou Unités d'Enseignement, UE), affectés
chacun d'un certain nombre de crédits. Ce système pourra faciliter ainsi la mobilité des étudiants dans l’espace
UEMOA, les diplômes étant basés sur un cadre commun de crédits uniformisés.

48
Le quatrième chapitre de la thèse intitulé Introduction des TIC dans l’éducation en
Côte d’Ivoire, sera consacré à une présentation des différentes expériences tentées dans le
monde de l’éducation (primaire et enseignement supérieur) avec les TIC dans ce pays depuis
son accession à l’indépendance en 1960. Nous consacrerons une partie de ce chapitre à une
étude sur l’introduction d’équipements et d’infrastructures en matière d’informatique et de
télécommunications à l’ex-université nationale d’Abidjan (aujourd’hui Université de Cocody
à Abidjan) qui est la plus ancienne et la plus importante institution universitaire du pays.

Le cinquième chapitre de cette thèse que nous avons nommé analyse de l’action de
l’État en faveur de l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur ivoirien en 2003,
nous donnera l’occasion, en nous appuyant sur les résultats d’une enquête que nous avons
réalisée en 2003 avec un guide d’entretien dans le milieu universitaire ivoirien, d’analyser
l’action menée par l’État ivoirien pour favoriser l’introduction des TIC dans les
établissements d’enseignement supérieur. Nous ferons dans la troisième partie de ce chapitre
une présentation détaillée des infrastructures et équipements présents dans une vingtaine
d’établissements d’enseignement supérieur ivoiriens dans lesquels nous avons enquêté.

Enfin, le sixième et dernier chapitre de cette thèse intitulé intégration et


développement de l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur ivoirien en 2005 nous
permettra de nous intéresser au niveau d’intégration et de développement de l’usage des TIC
dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire. Nous nous intéresserons plus précisément à
la situation qui prévalait dans un certain nombre d’établissements d’enseignement supérieur
de la ville d’Abidjan dans lesquels nous avons enquêté en 2005. L’intégration des TIC et le
développement des pratiques, les usages pédagogiques des TIC, les pratiques en ligne des
enseignants et étudiants, la fracture numérique locale entre étudiants inscrits à l’université
publique et leurs homologues de certaines universités privées sont autant de sujets que nous
aborderons dans ce chapitre.

Pour la réalisation d’une telle étude la conception d’une méthodologie rigoureuse


s’impose. L’unique réflexion théorique ne pouvant suffire, dans la mesure où tout hypothèse
tire sa validité de l’accord entre la réflexion théorique et l’expérience (ou l’observation). Pour
ce faire, notre méthodologie comporte une étude de terrain (enquêtes quantitative et
qualitative) précédée d’une profonde recherche documentaire.

49
MÉTHODOLOGIE

50
Pour la réalisation d’une telle étude sur les usages des Technologies de l’information
et de la communication (TIC) dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire, l’observation
micrologique du terrain nous semble être la démarche la plus idoine. Comme le disait Isabelle
DUMEZ104:

Les enquêtes empiriques se distribuent selon la dichotomie des


niveaux « macrologique » et « micrologique ». Au niveau
« macrologique », l’approche quantitative est privilégiée. Ce sont, par
exemple, les enquêtes à grande échelle des organismes nationaux ou
internationaux qui recueillent des données quantifiables pour une
démarche systématisée, avec des procédures d’observation, de
collecte et de restitution des données normalisées, et de grands
indicateurs pour comparer et mesurer les comportements et les
opinions des utilisateurs. Cette démarche qui vise la construction d’un
modèle général d’interprétation stable, capable de saisir le poids de
divers facteurs d’influence, sous-entendu un certain universalisme des
pratiques. Au niveau « micrologique », ce sont des investigations de
type ethnographique, conduites à l’échelle locale selon une démarche
qualitative qui s’intéresse aux dynamiques et aux spécificités
économiques, sociales et culturelles du contexte.105

Cependant, comme elle le relève si bien, certains des travaux de recherche initiés par
des groupes de chercheurs marient les méthodologies (des questionnaires complétés par des
entretiens) en essayant de concilier les données statistiques et qualitatives. Elle ajoute par
ailleurs que même s’il existe des risques d’obsolescence des observations et de remise en
question des interprétations, ce type de recherche contextualisée dépasse la connotation
individuelle de l’usage et peut contribuer à la construction du sens du phénomène social.

104
Université de Paris III et Centre de Recherche sur l’Éducation aux Médias (CREDAM).
105
DUMEZ I. « Usages et représentation d’Internet par les jeunes européens. Quelles perspectives comparatistes
possibles ? ». Actes du XIV è congrès national des sciences de l’information et de la communication. Université
de Montpellier III (campus de Béziers) 2-4 juin 2004. p. 287.

51
Dans le panorama des principales méthodes de recueil de l’information notre
préférence s’est portée sur la recherche documentaire, l’entretien, et l’enquête par
questionnaire.

En effet, cette étude a nécessité une recherche documentaire abondante sur Internet, au
ministère ivoirien de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, dans certains
établissements d’enseignement supérieur, et surtout dans les bibliothèques et centres de
documentation en Côte d’Ivoire et en France. Nous avons ensuite réalisé une enquête à l’aide
d’un guide d’entretien (en 2003) pour nous enquérir de la situation de l’intégration des TIC
dans l’enseignement supérieur, prendre connaissance des politiques menées par le ministère
de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et les responsables des
établissements ou encore les personnes chargées du développement de l’informatique et des
nouvelles technologies dans les établissements d’enseignement supérieur dans lesquels nous
nous sommes rendus, pour réussir cette intégration et favoriser le développement de l’usage.
Deux années plus tard (en 2005) nous sommes retournés sur le terrain afin de pouvoir à l’aide
d’un questionnaire destiné aux enseignants et étudiants ivoiriens, recueillir des données
quantifiables sur le niveau d’intégration et de développement de l’usage des TIC dans
l’enseignement supérieur.

1 - Recherche documentaire

Nous pensons que pour pouvoir analyser avec un maximum de sérieux les conditions
de développement de l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire, il est
nécessaire de s’inspirer des recherches qui ont été effectuées ultérieurement sur le sujet.

Comme le rappelle Marcel LEBRUN106 :

L’examen du passé pourrait s’avérer utile …les recherches antérieurs


dressent un ensemble de conditions et de circonstances pour
l’intégration des technologies (qui étaient, à leur époque et dans leur
contexte considérées comme nouvelles et innovantes).

106
LEBRUN M., Les technologies…outils pédagogiques, Document interne de l’IPM, UCL, Louvain la Neuve,
décembre 1996.

52
Nous avons dès le début de notre étude (en 2002), effectué une recherche sur Internet
en interrogeant un maximum de moteurs de recherche. Celle-ci a permis de recueillir
notamment une quantité importante de rapports et d’études concernant l’intégration et les
usages des TIC dans le milieu de l’éducation dans différents pays et régions du monde. Nous
estimions que cette recherche documentaire devait pouvoir nous aider à comparer la situation
ivoirienne à celle d’autres pays ayant un développement relativement plus important dans le
domaine ; ce qui nous permettra d’évaluer le chemin à parcourir pour réussir l’intégration et
un réel développement de l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire.

Toute cette documentation nous a permis d’avoir une idée des conditions dans
lesquelles se développent ou se sont développés les usages des TIC dans le monde de
l’enseignement supérieur et de la recherche dans les pays les plus avancés. Cette recherche sur
Internet nous a également donné l’occasion d’avoir accès à un certain nombre de documents
faisant référence à la situation de l’enseignement supérieur en Afrique et à la participation de
ce continent à la société de la connaissance.

Parmi les textes les plus pertinents que nous avons recueillis sur le Web nous pouvons
faire référence aux différents rapports du CREPUQ sur les politiques d’intégration des TIC
dans la province canadienne du Québec à savoir le Rapport sur le développement des
nouvelles technologies de l’information et des communications dans le réseau universitaire
Québécois107 paru en 1996 et l’Énoncé de principes et d’orientations : mise en valeur des
technologies de l’information et des communications pour la formation universitaire108 paru
en 1999. Nous avons également consulté les nombreux textes disponibles sur le site officiel
du Ministère de l'Éducation Nationale français pour les Technologies de l’information et de la
communication Educnet (www.educnet.education.fr), notamment les différents textes
concernant la politique ministérielle à savoir, les axes stratégiques de la sous-direction des
TIC pour l’éducation (SDTICE)109, le programme de la délégation aux usages de l’Internet
(DUI)110, les orientations prioritaires en matière de TICE. 2005-2006111, etc. Nous avons
également sur le même site pris connaissance de la note de Bernard DIZAMBOURG parue en
107
CREPUQ. Rapport sur le développement des nouvelles technologies de l’information et des communications
dans le réseau universitaire Québécois.1996. http://.crepuq.qc.ca/tic/TIC.html(consulté en janvier 2002).
108
CREPUQ., Énoncé de principes et d’orientations : mise en valeur des technologies de l’information et des
communications pour la formation universitaire, 25 février 1999.http ://www.crepuq.qc.ca/tic/Enonce-Final-
TIC.html. (Consulté en janvier 2003).
109
http://www2.educnet.education.fr/sections/plan/politique/axes_strategiques_de
110
http://www2.educnet.education.fr/sections/plan/politique/axes_strategiques_de1409
111
http://www2.educnet.education.fr/sections/plan/politique/orientations_priorit

53
1997 dans le bulletin officiel du ministère de l’éducation nationale intitulée L’enseignement
supérieur et le développement des technologies de l’information et de la communication112.
Le site Internet europa.eu de l’Union européenne nous a également été d’une grande utilité.
Nous avons en effet, pu recueillir sur ce site des textes relatifs aux différents plans d’action e-
Europe 2002113 et 2005114 de même que des communications importantes de la commission
européenne sur le rôle des universités dans l’Europe de la connaissance115 et la réforme des
universités dans le cadre stratégique de Lisbonne116. Notre recherche documentaire en ligne
nous a permis également de nous procurer comme nous l’affirmions précédemment de la
documentation intéressante sur la situation de l’enseignement supérieur en Afrique telle que la
communication du Professeur Antoine KOUAKOU117 sur la situation de l’enseignement
supérieur en Côte d’Ivoire intitulé : Quelles contributions efficientes de l’enseignement
supérieur au développement durable des Nations ? Le cas de la Nation ivoirienne118. Nous
avons également pu avoir accès aux différents rapports de l’UEMOA119 sur l’enseignement
supérieur dans les pays membres de cette organisation à laquelle appartient la Côte d’Ivoire,
parus en 2005120 et au rapport annuel (2003/2004) du NEPAD121 qui fait référence aux
nombreux projets de la commission e-Afrique de l’Union africaine pour la participation de
l’Afrique à la société de l’information.

Nous avons également eu accès au maximum de documents au ministère ivoirien de


l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique sur les différents programmes
d’intégration des TIC dans les universités (RESURCI, projet EAD, DRAGADOS…) pilotés
par la Direction de l’Information scientifique et technique (DIST) et également de la

112
DIZAMBOURG B. «L’enseignement supérieur et le développement des technologies d’information et de
communication ». Ministère de l’éducation nationale- Bulletin officiel. BO n°18 du 01/01/1997.
http://www.educnet.education.fr/textes/reglementaires/note970424sup.htm.
113
http://www.eluxembourg.public.lu/eLuxembourg/eeurope/Plan_2002_Feira.pdf.
114
http://ec.europa.eu/information_society/eeurope/2002/news_library/documents/eeurope2005/eeurope2005_fr.
pdf.
http://www.eurosfaire.prd.fr/ist/documents/pdf/com2004_0380fr01_eEurope_2005.pdf.
115
http://europa.eu/scadplus/leg/fr/cha/c11067.htm.
116
http://europa.eu/scadplus/leg/fr/cha/c11078.htm.
117
Professeur à l’université de Bouaké en Côte d’Ivoire.
118
http://www.francophonie-durable.org/documents/colloque-ouaga-a2-contribution-kouakou.pdf.
119
Union économique et monétaire ouest africaine.
120
www.uemoa.int/Publication/2005/RapportEnsSupPI.pdf.
www.uemoa.int/Publication/2005/RapportEnsSupPII.pdf.
121
http://www.nepad.gouv.sn/documents/rapport2004nepad.org.pdf.

54
documentation relative à la réforme de l’enseignement supérieur122 en Côte d’Ivoire de 1995
et ses grandes orientations.

Nous n’avons pas non plus manqué de solliciter les fonds de bibliothèques et centres
de documentation afin de consulter des ouvrages de méthodologie de la recherche dont celui
de Raymond QUIVY et Luc Van CAMPENHOUDT intitulé Manuel de recherche en sciences
sociales123 mais également des œuvres majeures traitant de la société de l’information telles
que celle de Manuel CASTELLS intitulée La société en réseaux. L’ère de l’information124, ou
encore celle de Armand MATTELARD intitulée Histoire de la société de l’information125,
afin de pouvoir construire la meilleure méthodologie possible pour notre recherche et mieux
maîtriser les différents concepts issus de notre champ de recherche.

122
REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE, La réforme de l’enseignement supérieur : Innover pour réussir,
Abidjan, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation
technologique.1995.
123
QUIVY R., VAN CAMPENHOUDT L., Manuel de recherche en sciences sociales, 2éd.Paris, Éditions
Dunod, 1995.
124
CASTELLS M., La société en réseaux. L’ère de l’information, Paris, Éditions Fayard, 1998.
125
MATTELART A., Histoire de la société de l’information, Paris, Éditions La découverte, Coll. Repères, 2001.

55
2- L’Entretien

À l’inverse de l’enquête par questionnaire, les méthodes d’entretien se caractérisent


par un contact direct entre le chercheur et ses interlocuteurs et par une faible directivité de sa
part. Si l’entretien est d’abord une méthode de recueil d’information, au sens le plus riche, il
reste que la rigueur du chercheur doit rester continuellement en éveil, de sorte que ses propres
interventions sollicitent des éléments d’analyse aussi fécond que possible.126

2-1 Les raisons de l’utilisation de cette méthode

En ce qui concerne notre étude, les entretiens que nous avons réalisés sont semi-
directifs ou semi-dirigés. L’entretien semi-directif ou semi-dirigé est certainement le plus
utilisé dans la recherche en sciences sociales. Il est semi-directif en ce sens qu’il n’est ni
entièrement ouvert, ni canalisé par un grand nombre de questions précises. Généralement, le
chercheur dispose d’une série de questions-guides, relativement ouvertes à propos desquelles
il est impératif qu’il reçoive une réponse de la part de l’interviewé. Mais il ne posera pas
forcément toutes les questions dans l’ordre dans lequel il les a notées et selon la formulation
prévue. Autant que possible il « laissera venir » l’interviewé, afin que celui-ci puisse parler
ouvertement, avec son vocabulaire et dans l’ordre qui lui convient. Le chercheur s’efforcera
simplement de recentrer l’entretien sur ses objectifs en cas d’écart et de poser des questions
auxquelles l’interviewé ne vient pas par lui-même, au moment le plus approprié et de manière
aussi naturelle que possible.127 Sous leurs différentes formes, les méthodes d’entretien se
distinguent par la mise en œuvre des processus fondamentaux de communication et
d’interaction humaine. Correctement mis en valeur, ces processus permettent au chercheur de
retirer de ces entretiens des données et des éléments de réflexion très riches et nuancés.

Nous avons fait usage de ce type d’entretien lorsqu’il s’est agit pour nous d’obtenir de
l’information sur les politiques, les équipements et les infrastructures mis en place pour
favoriser l’intégration et le développement de l’usage des TIC au niveau de la formation, de la
recherche et de la gestion administrative dans les établissements d’enseignement supérieur. Il

126
QUIVY R., VAN CAMPENHOUDT L. Op. cit. p 194.
127
Idem. P 195.

56
ne nous semble pas inutile de préciser encore une fois que cette enquête est antérieure à
l’enquête par questionnaire, elle a été réalisée deux années plus tôt (mars-mai 2003).

2-2 Détermination des établissements dans lesquels nous avons enquêté

Nous avons constitué un échantillon d’établissements en sélectionnant près d’une


vingtaine d’établissements d’enseignement supérieur aux activités et aux statuts différents,
représentant la diversité des établissements de l’enseignement supérieur. Les critères de
sélection de ces établissements sont les contenus disciplinaires et l’existence au sein de ces
établissements d’infrastructures et d’équipements en matière de TIC.

Nous avons privilégié dans un premier temps les établissements publics concernés à la fois
par le RESURCI128 et par le projet EAD qui sont les premiers grands projets du ministère de
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique en faveur de l’intégration des TIC
dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire, puis nous avons procédé à un tirage au sort
qui nous a permis de sélectionner une quinzaine d’autres établissements dans lesquels nous
souhaitions enquêter à condition d’avoir l’accord des Directeurs de ces établissements. À la
fin de notre enquête nous avons pu recueillir des données concernant les politiques ou les
plans d’intégration des TIC, les infrastructures et équipements de 19 établissements
d’enseignement supérieur dont 7 établissements publics129 et 12 établissements privés130.

2-3 La population interrogée

Lorsqu’on fait usage de la méthode d’entretien, il est inutile, comme l’affirment


Rodolphe GIGLIONE et Benjamin MATALON,

« d’interroger un très grand nombre de sujets. La lourdeur de


l’analyse rend difficile l’exploitation systématique d’un nombre
important d’entretiens. D’ailleurs l’expérience montre que, pour les
thèmes habituellement abordés par ces méthodes, il est rare qu’on

128
Projet prévoyant l’interconnexion des trois universités publiques du pays, des deux URES (Unités de
Recherche et d’enseignement Supérieur) et de l’Institut National Polytechnique de Yamoussoukro.
129
UCA, UAA, UB, URES de Daloa, URES de Korhogo, l’INPHB et L’ENSEA.
130
CAFTIC/ISTC, CED/ENA, HECI, PIGIER, ESAM, UVCI, INSTEC / C.I.D.I.S.E., AGITEL,
CESTIA - 2EP, UCAO, CEFIVE / IPNEPT, U. C. - ASM.

57
voit apparaître de l’information nouvelles après le vingtième où le
trentième interview ».131

Nous avons donc interrogé en tout une trentaine d’individus composé de responsables
du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (3), de responsables
d’établissements, d’UFR ou d’instituts (15), et surtout de responsables de services
informatiques ou chargés de développement des TIC dans les établissements d’enseignement
supérieur (12).

2-4 Analyse du guide d’entretien

Le guide d’entretien que nous avons utilisé pendant cette enquête est constitué de trois
rubriques :

La première que nous avons intitulé Historique doit nous permettre de recueillir
auprès de nos interlocuteurs des éléments d’information concernant la genèse de
l’introduction des équipements et infrastructures en matière de télécommunications et
informatique dans leurs établissements, les différentes étapes de cette intégration, les objectifs
qui étaient escomptés.

La seconde rubrique intitulée Infrastructures a pour vocation de nous permettre


d’identifier et de faire l’inventaire des équipements dont dispose l’établissement. Les données
recueillies devraient nous permettre d’évaluer la qualité des infrastructures et du réseau. Nous
pourrons également nous enquérir des entités de l’établissement disposant d’un accès Internet,
de la répartition des postes de travail informatiques dans l’établissement, des services
informatiques proposés aux usagers, etc.

Enfin, la troisième et dernière rubrique intitulée Usages prévus pour les TIC, nous
donne l’occasion de prendre connaissance des projets des responsables d’établissements en
matière d’usages attendus des TIC.

131
GHIGLIONE R., MATALON B., Les enquêtes sociologiques : théories et pratique, Paris , Éditions Armand
Colin, 1998. p 50.

58
En somme, à travers ce guide d’entretien nous souhaitions avoir une connaissance
globale des infrastructures et des équipements (nombre d’ordinateurs, niveau du débit, type de
câblage, nombre de serveurs, liaisons spécialisées, …) dont disposent les établissements dans
lesquels nous avons enquêté, des circonstances qui ont favorisé l’introduction de ces
équipements et infrastructures dans ces établissements et les usages escomptés avec les TIC.
Ces différents entretiens nous ont permis avant d’engager une enquête par questionnaire de
nous faire une idée assez précise de la situation de l’intégration des TIC dans l’enseignement
supérieur en Côte d’Ivoire.

59
3- L’enquête par questionnaire

Elle consiste à poser à un ensemble de répondants, le plus souvent représentatifs d’une


population, une série de questions relatives à leur situation sociale, professionnelle ou
familiale, à leur opinions, à leur attitude à l’égard d’options ou d’enjeux humains et sociaux, à
leurs attentes, à leur niveau de connaissance ou de conscience d’un évènement ou d’un
problème, ou encore sur tout autre point qui intéressent les chercheurs.132

Cet instrument de recueil d’information est utilisé en général lorsque la recherche


qu’on entreprend nécessite l’interrogation d’un trop grand nombre de personne et où le
problème de représentativité se pose. Elle offre la possibilité de quantifier de multiples
données et procéder dès lors à de nombreuses analyses de corrélation. L’analyse statistique
des données permettra de générer l’information nécessaire à notre étude.

Nous avons décidé de la réalisation d’une enquête par questionnaire deux ans après
notre première étude de terrain (avril/mai 2005) afin de pouvoir recueillir des données
quantifiables concernant le niveau d’intégration et de développement de l’usage des TIC dans
l’enseignement supérieur ivoirien. Les acteurs du milieu universitaire concernés par cette
étude furent les enseignants et les étudiants d’une dizaine d’établissements d’enseignement
supérieur de la ville d’Abidjan.

Pour des raisons de budget, de sécurité et de temps il ne nous était pas possible
d’enquêter dans tous les établissements d’enseignement supérieur de Côte d’Ivoire (plus
d’une centaine). Nous avons donc décidé d’enquêter dans les établissements d’enseignement
supérieur de la ville d’Abidjan, la capitale économique où l’on retrouve plus des deux tiers
des établissements, des enseignants et étudiants du pays.

3-1 Les populations parents

Le terme population parent désigne la population totale et réelle d’étudiants et


d’enseignants inscrits ou exerçant dans les dix établissements d’enseignement supérieur de la
ville d’Abidjan dans lesquels nous avons enquêté.

132
QUIVY R. VAN CAMPENHOUDT L. Op. cit., p 190.

60
3-1-1 Population parent d’étudiants

Nous avons déterminé cinq catégories d’établissements d’enseignement supérieur :

- les universités publiques,


- les universités privées,
- les grandes écoles publiques,
- les grandes écoles privées,
- les centres de formation continue.

Le choix des établissements dans lesquels nous avons enquêté s’est opéré de la manière
suivante :

Pour le choix de l’université publique nous avons préféré enquêter à l’université de


Cocody à Abidjan (UCA) plutôt qu’à l’université d’Abobo-Adjamé (deuxième université
publique d’Abidjan) car c’est une université généraliste où l’on peut se former dans toutes les
disciplines (littérature, sciences sociales, sciences exactes et médicales …). C’est
incontestablement la plus grande université du pays à tous les niveaux (superficie, populations
estudiantine et enseignante, nombre d’UFR, de départements et d’instituts …). L’université
de Cocody où nous avons enquêté, selon des estimations du ministère de l’enseignement
supérieur datant de 2004, représente plus de 70 % de la population estudiantine des
universités publiques (57 000 sur 79 000 étudiants)133. Ces statistiques sont tout de même à
prendre avec beaucoup de réserve car à la date du 11 mai 2005, cinq mois après le début des
inscriptions et à seulement quelques jours de la fin celles-ci on dénombrait seulement
33 310134 inscrits. Par ailleurs 1 209 enseignants135 de l’enseignement supérieur sur environ
de 2 117 enseignants136 que compte l’enseignement supérieur public en Côte d’Ivoire sont
issus de cette université. En ce qui concerne les autres catégories d’établissements nous avons
procédé par tirage au sort pour choisir les établissements dans lesquels on allait enquêter.

133
Source : Direction Administrative et des Ressources Humaines du ministère ivoirien de l’enseignement
supérieur et de la recherche scientifique. (Rencontre représentants du ministère et étudiants ivoiriens de France,
le 19/03/04 à l’ambassade de Côte d’Ivoire à Paris).
134
Source : Service de la statistique de l’Université de Cocody ,11 Mai 2005.
135
Source : Service du personnel de l’université de Cocody, Mai 2005.
136
Source : Direction Administrative et des Ressources Humaines … Op. Cit.

61
En ce qui concerne les universités privées nous avons enquêté à l’Université Canadienne
des Arts, Sciences et Management (UC-ASM) et à l’Université Catholique d’Afrique de
l’Ouest (UCAO). Pour les grandes écoles publiques nous avons enquêté à l’Institut National
de l’Enseignement Technique et Professionnel (IPNETP) et à l’École Nationale de Statistique
et d’Économie Appliquée (ENSEA). Pour les grandes écoles privées l’enquête s’est déroulée
dans celles des groupes AGITEL FORMATION et CSI (Conseil et Stratégies International).
Enfin, en ce qui concerne les centres de formation continue nous avons enquêté dans trois
établissements : le Centre d’Éducation à Distance de Côte d’Ivoire (CED-CI), le Centre
d’Étude, de Formation en Informatique et Visio-Enseignement (CEFIVE) et le Centre
Africain de Management et de Perfectionnement des Cadres (CAMPC). Dans ce dernier cas,
nous avons choisi d’enquêter dans trois établissements à cause des effectifs réduits et du peu
d’enthousiasme des « étudiants », qui sont quasiment tous des professionnels, à accepter de se
soumettre à l’administration du questionnaire.

L’effectif total des étudiants de ces établissements sur lesquels nous avons enquêté s’élève
à 37 461.

Tableau 1
Récapitulatif des effectifs de la population parent137.

Nombre
Établissements d’étudiants Pourcentage
inscrits
U. Cocody 33 310 88,91 %
UCAO 1418 3,78 %
UC-ASM 70 0,18 %
IPNETP 448 1,19 %
ENSEA 260 0,69 %
AGITEL 1624 4,33 %
CSI 157 0,41 %
CAMPC 60 0,16 %
CED 40 0,10 %
CEFIVE 74 0,19 %
TOTAL 37 461 100 %
Source : Enquête personnelle, avril/ mai 2005

137
A l’Université Catholique d’Afrique de l’Ouest (UCAO) seuls les effectifs des étudiants des facultés de Droit,
Philosophie et de l’Institut Supérieur de Communication (ISCOM) ont été pris en compte. A l’Institut
Pédagogique National de l’Enseignement Technique et Professionnel (IPNETP) n’ont été pris en compte que les
étudiants inscrits en formation initiale et enfin au Centre d’Études, de Formation en Informatique et Visio
Enseignement (CEFIVE) seul l’effectif d’étudiants inscrits en formation continue en cours du soir est pris en
compte.

62
Comme on peut aisément le constater l’écrasante majorité des étudiants dans la
population parent (88,91 %) est issue de la seule université de Cocody.

3-1-2 Population parent d’enseignants

En ce qui concerne les enseignants, il est relativement difficile de présenter dans le


détail la population parent car dans la plupart des établissements privés dans lesquels nous
avons enquêté la majorité des enseignants sont des vacataires. Bon nombre d’entre eux
proviennent de l’université de Cocody à Abidjan (UCA)138. Les statistiques que nous avons
pu recueillir concernent uniquement l’enseignement supérieur public (universités et grandes
écoles)139 où on dénombre plus de 2 000 enseignants (environ 2 117) dont 1 209 pour la seule
université de Cocody.

3-2 L’échantillonnage

3-2-1 Échantillon Étudiants

Pour déterminer la taille de cet échantillon nous avions fixé le taux d’échantillonnage
à 2,5 % et interrogé au total 1030 étudiants soit 2,74 %.

Nous avons dû faire face à de nombreuses difficultés pour obtenir des statistiques
précises et fiables sur la population estudiantine ivoirienne en général. La difficulté fut
également très importante pour l’obtention de statistiques sur la population estudiantine de la
majorité des établissements dans lesquels l’enquête a eue lieu, notamment au regard des
variables telles que le sexe, la discipline où le niveau d’étude. Nous avons estimé qu’étant
donné la proportion importante qu’occupent les étudiants de l’université de Cocody dans la
population parent (88,91%) on pourrait se permettre de généraliser les statistiques concernant

138
Il n’est pas rare dans ce pays qu’un même enseignant exerce dans deux ou trois établissements
d’enseignement supérieur.
139
Nous n’avons pu recueillir aucune statistique fiable au ministère de l’enseignement supérieur et de la
recherche scientifique concernant le nombre d’enseignants exerçant dans les établissements d’enseignement
supérieur privé.

63
les étudiants de cet établissement à l’ensemble de la population estudiantine des
établissements sur lesquels nous avons enquêté140.

Dans un souci de représentativité de notre échantillon, deux variables essentielles ont


été prises en compte : le sexe et le niveau d’étude. Notre échantillon est constitué de 71%
d’hommes (731) et de 25% de femmes (262), 3,6 % constituant les non-réponses (37). La
population parent est constituée de 74,89% d’hommes et 25,10% de femmes. En ce qui
concerne le niveau d’études, notre échantillon est constitué de 52,8 % des étudiants (543 sur
1030) issus du premier cycle universitaire (première et deuxième année), il sont 54,8 % dans
la population parent ; 34 % d’étudiants (350 sur 1030) issus du second cycle universitaire
(troisième et quatrième année), ils sont 33,93 % dans la population parent et enfin 11,4 %
(117 sur 1030) issus du troisième cycle universitaire (cinquième année à doctorat), ils sont
11,24 % dans la population parent.

3-2-2 Échantillon Enseignants

Malgré les difficultés rencontrées pendant toute la période d’enquête pour interroger
les enseignants, nous avons tout de même pu interroger un total de 140 enseignants issus de
tous les établissements d’enseignement supérieur dans lesquels nous avons enquêté sauf le
Centre d’éducation à distance de Côte d’Ivoire (CED-CI) - où les cours sont dispensés par
visioconférence depuis l’étranger - et de la majorité des disciplines enseignées dans le pays
(lettres, sciences sociales, sciences médicales, mathématiques, sciences physiques, droit, etc.).

Nous ne nous sommes pas préoccupés de la stricte représentativité de l’échantillon par


rapport à la population parent à cause de l’absence de données fiables sur la population
parent. Notre principal souci a été de réussir à faire en sorte qu’il soit constitué par un
maximum d’enseignants de différents types d’établissement, de tout grade, de diverses
disciplines et sensibilités.

140
D’autant plus que ce fut un des rares établissements à pouvoir nous fournir des statistiques détaillées et à peu
près fiables sur sa population estudiantine.

64
Tableau 2

Effectifs d’enseignants interrogés selon le grade.

GRADE Nombre %
d’enseignants
VACATAIRES 39 27,9 %
RANG B 60 42,9 %
RANG A 41 29,3 %
TOTAL 140 100 %
Source : Enquête personnelle, avril/mai 2005

3-3 Les conditions de passation du questionnaire

Pour la réalisation de cette enquête, nous nous sommes attachés les services de trois
autres enquêteurs : (étudiants ivoiriens en troisième cycle de Sociologie à l’université de
Cocody à Abidjan). Le choix de ces étudiants s’est fondé sur le fait qu’ils avaient déjà
participé à ce type d’enquête de terrain. Notre première semaine à Abidjan (du 5 au 8 avril
2005) nous a permis de prendre contact avec les établissements où nous souhaitions enquêter.
Nous avons adressé une demande écrite aux responsables de chacun de ces établissements.
L’enquête a effectivement commencé le lundi 11 avril 2005 avec pour objectif de s’achever
un mois plus tard c'est-à-dire au plus tard le vendredi 13 mai 2005.

Les difficultés auxquels nous nous sommes heurtés sont nombreuses et de divers
ordres. En règle générale, les administrations des établissements auxquels nous nous sommes
adressés, à l’exception d’une minorité, ont pris beaucoup de temps avant de nous donner leur
accord pour la réalisation de notre enquête. Nous avons dû très souvent faire face à une
certaine méfiance surtout dans les établissements privés dont plusieurs n’ont pas donné de
suite aux demandes que nous leur avons adressées. Dans un certain nombre d’établissements
auxquels nous n’avons pu avoir accès qu’au mois de mai, de nombreuses de filières ou années
d’étude étaient déjà en congé ou en examen ce qui rendait difficile l’accès à un certain
nombre d’étudiants.

Un autre gros problème auquel nous avons dû faire face est l’absence de statistiques
fiables sur les effectifs d’enseignants et d’étudiants aussi bien au ministères de l’enseignement
supérieur où le dernier annuaire statistique datait de l’année universitaire 1997/1998 que dans

65
la plupart des établissements. Ce fut incontestablement une difficulté majeure à surmonter
lorsque que nous avons voulu constituer des échantillons pour nos enquêtes de terrain.

En ce qui concerne les enseignants, l’enquête les concernant fut la plus difficile à
réaliser, l’écrasante majorité d’entre eux était très peu disponible et refusait que le
questionnaire leur soit administré sur place, ils exigeaient de conserver le questionnaire afin
de pouvoir prendre d’abord connaissance de son contenu et pouvoir y répondre tranquillement
seul. Malheureusement la plupart du temps les rendez-vous qu’ils donnaient aux enquêteurs
pour récupérer les questionnaires n’étaient pas respectés ce qui a occasionné de nombreuses
déperditions, et il n’était pas rare que certains enseignants refusent carrément de se voir
administrer le questionnaire sous prétexte qu’ils n’avaient pas le temps. Un autre problème
rencontré avec les enseignants était qu’ils sont nombreux, notamment les enseignants de
l’université de Cocody à enseigner dans plusieurs établissements privés (universités et
grandes écoles) qui en général font surtout appel à des vacataires. Il était également difficile
par moment de catégoriser les enseignants car souvent certains enseignants que l’on
rencontrait dans les établissements privés répondaient plutôt en tant qu’enseignant de
l’université de Cocody à Abidjan.

3-4 Analyse des données brutes

3-4-1 Questionnaires

Pour la réalisation de notre enquête nous avons conçu deux questionnaires, le premier
destiné aux étudiants et le second aux enseignants. Le questionnaire destiné aux étudiants est
composé de 35 questions et de 6 rubriques que nous avons intitulées : Identification,
Connaissances générales, Pratiques en ligne, Fréquence d’utilisation des TIC, Matériel
pédagogique et numérisation. À l’exception de la question n°5 où l’enquêté est tenu d’écrire
le nom de l’établissement dans lequel il est inscrit, toutes les autres questions sont des
questions fermées, à réponses multiples ou des échelles. L’enquêté se doit uniquement de
cocher les cases correspondantes aux réponses qu’il souhaite donner. L’ensemble des
rubriques de ce questionnaire permet d’avoir une idée précise du profil de l’enquêté, de ces
connaissances en matière de TIC, de ses usages et du niveau d’intégration des TIC dans
l’établissement auquel il appartient.

66
Les mêmes principes nous ont guidés dans la conception du questionnaire destiné aux
enseignants. Le questionnaire est composé de 33 questions réparties en 5 rubriques intitulées :
Identification, Connaissances générales, Pratiques en ligne, Matériel pédagogique et
exploitation pédagogique des TIC. À l’exception des questions n°4 et n°28 où l’enquêté est
tenu de rédiger une réponse, le reste des questions sont des questions fermées ou à réponses
multiples. L’ensemble des rubriques de ce questionnaire à l’instar du questionnaire destiné
aux étudiants nous permet d’avoir une idée du profil de l’enquêté, de son rapport avec les TIC
et du niveau d’intégration des TIC dans l’établissement où il exerce. Ce questionnaire a aussi
vocation de permettre de se faire une idée du niveau d’intégration des TIC dans la pédagogie
dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire.

3-4-2 Échantillons

Pour mener à bien notre enquête nous avons dû constituer deux échantillons. Un
échantillon de 1030 étudiants issus des 10 établissements où nous avons enquêté, et un autre
échantillon de 140 enseignants exerçant dans neuf des 10 établissements où l’enquête s’est
déroulée. Le CED-CI étant exclu en raison de son mode de fonctionnement (visioconférence)
qui ne nécessite pas l’embauche d’enseignants locaux par cet établissement. Les étudiants et
les enseignants de l’université de Cocody à Abidjan une fois de plus sont largement
majoritaires dans ces deux échantillons tout comme ils le sont dans la population parent.

Tableau 3
Effectifs des étudiants interrogés selon l’établissement.

Nombre %
Établissements
D’interrogés
U. Cocody 636 61,75
UCAO 60 5.83
UC-ASM 43 4,17
ENSEA 55 5,37
IPNETP 78 7,57
AGITEL 80 7,77
CSI 28 2,72
CEFIVE 18 1,75
CED 23 2,23
CAMPC 9 0,87
TOTAL 1030 100
Source : Enquête personnelle, avril/mai 2005

67
Tableau 4
Effectifs des enseignants interrogés selon l’établissement.

Nombre %
Établissements
d’interrogés
U. Cocody 90 64,29
UCAO 6 4,29
UC ASM 4 2,86
ENSEA 5 3,57
IPNETP 7 5 ,00
AGITEL 8 5,71
CSI 6 4,29
CEFIVE 11 7,86
CAMPC 3 2,14
TOTAL 140 100
Source : Enquête personnelle, avril/mail 2005

En somme, en interrogeant 1 030 étudiants sur 37 461 (population parent) et 140


enseignants sur 2 117 (population parent) nous pensons avoir atteint un taux
d’échantillonnage suffisamment correct pour mener à bien notre enquête.

3-5 Analyse des données de l’enquête

Le traitement statistique141 des données va nous conduire à faire des tris à plat, c'est-à-
dire des distributions de fréquence des variables. Nous avons vérifier ensuite les éventuelles
relations explicatives entre les variables qui présentent un certain intérêt à l’aide de tableaux
croisés dynamiques. Nous avons établi des tableaux de fréquence pour l’ensemble des
variables afin de repérer et de corriger les doublons et les omissions.

141
Nous avons procédé au contrôle des questionnaires et à leur saisie à l’aide du logiciel SPHINX.

68
Première partie
Les TIC dans les institutions universitaires
en occident et en Afrique

69
CHAPITRE I

Introduction des TIC dans l’enseignement supérieur

70
Ce chapitre dans sa première partie nous permettra à travers les exemples d’un certain
nombre de pays développés de présenter quelques stratégies mise en place afin de faciliter
l’intégration et les usages des TIC dans l’enseignement supérieur de ces pays.

Nous présenterons particulièrement le cas de la France, ancienne puissance coloniale


de la Côte d’Ivoire dont le système éducatif a toujours été calqué sur celui de son ancienne
métropole. Nous nous intéresserons également à l’exemple québécois, cette province du
Canada est vraisemblablement dans l’espace francophone l’un des endroits où l’intégration et
les usages des TIC dans l’enseignement supérieur sont les plus importants.

Dans la seconde partie de ce chapitre nous nous emploierons après avoir fait un état
des lieux de l’institution universitaire en Afrique, à présenter brièvement les différents
programmes expérimentés sur le continent africain depuis l’accession de la majorité des pays
africains à l’indépendance en 1960.

71
1- Les TIC dans l’enseignement supérieur dans les pays occidentaux

1-1 La France (1997-2007)

Après une période marquée par l’introduction de la micro-informatique orientée sur


l’EAO142, puis l’essor de la télématique143, néologisme inventé à l’occasion pour signifier le
jumelage des télécommunications et de l’informatique144 et enfin l’avènement de l’Internet, la
politique publique française s’est centrée sur le développement de l’usage pédagogique des
TIC et la production de contenus.

En 1997, dans une note parue au bulletin officiel145 du ministère français de


l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Bernard
DIZAMBOURG146 relève que si le secteur de la recherche s’est vite approprié les TIC et a
contribué à leur développement, le secteur de l’enseignement a été lui lentement et très
diversement touché.

Dans ce texte il met en évidence la nécessité pour tout étudiant d’avoir la possibilité de
faire usage des TIC pendant ces études, car toutes les professions sont désormais touchées par
ces technologies. Par ailleurs, pour l’auteur de ce texte face au contexte concurrentiel créé par
l’équivalence prochaine des diplômes comme par la qualité des formations « ouvertes »
proposées par les opérateurs privés ou étrangers, les établissements d’enseignement supérieur
français sont appelés à mettre en place une offre de formation susceptible de satisfaire des
publics très variés, à la recherche de formules qui leur soient adaptées. La souplesse de
traitement que donnent les TIC de même que la richesse des ressources qu’elles permettent
d’offrir, apportent des réponses dont les établissements d’enseignement supérieur français ne
devraient pas se priver.

Bernard DIZAMBOURG considère que :

142
Enseignement Assisté par Ordinateur.
143
Nora S., MINC A., L’informatisation de la société. Rapport à Monsieur le président de la République, Paris ,
La Documentation française, 1978.
144
MATTELARD A., op. cit. p. 74.
145
DIZAMBOURG B, op. cit.
http://www.educnet.education.fr/textes/reglementaires/note970424sup.htm
146
Directeur de l’information scientifique, des technologies nouvelles et des bibliothèques en 1997.

72
Le développement de ces technologies passe par la mise en
œuvre rapide dans tous les établissements d’une politique d’ensemble
sur les technologies de l’information et de la communication. Au-delà
de l’établissement, s’impose la nécessité d’actions menées par les
réseaux d’établissements ou piloté au niveau national. Ces actions
portent notamment sur la mise en œuvre d’un dispositif global d’accès
aux ressources s’appuyant sur les bibliothèques universitaires, sur la
poursuite de la politique d’équipement et de développement des
réseaux informatiques, le renforcement de l’information et de la
formation de l’ensemble des personnels, la diversification des modes
d’enseignement en prenant appui sur une production de ressources
multimédias de qualité147.

1-1-1 Les principales actions menées pour le développement de l’appropriation des TIC

dans l’enseignement supérieur français entre 1997 et 2002

Entre 1997 et 2000 de nombreuses actions et projets vont se développer dans


l’enseignement supérieur français, on peut relever notamment le développement de plusieurs
sites nationaux et d’outils fédérateurs facilitant le travail en réseaux, l’accès aux ressources
pédagogiques ou à l’information. On peut citer en exemple : le portail d’information sur les
TIC du ministère de l’éducation nationale (www.educnet.education.fr), des offres de
formation en ligne (www.formasup.education.fr), des outils pédagogiques (educasup), des
diffusions de programmes audio (audiosup), des diffusions de cours et de conférences filmés
(Canal-U), etc.

Le cadre général permettant d’accueillir les projets de service en ligne, de cédéroms et


dévédéroms destinés à l’enseignement supérieur est fourni par un dispositif de soutien au
développement des ressources audiovisuelles et multimédias pour l’enseignement. Il s’agit
d’un dispositif mis en place en septembre 1998 et actualisé en août 2000.

147
DIZAMBOURG B., op. cit. p.1.

73
De nombreux projets incluent dans leur comité scientifique des personnalités de pays
étrangers, en général, issues d’autres pays occidentaux (européens ou nord-américains). Par
ailleurs, un certain nombre de projets sont construits sur une coopération internationale
institutionnelle à l’exemple de la coopération entre les universités Cergy-pontoise et Tsin-Hua
pour la conception d’un dictionnaire français-chinois.

La composante recherche et développement est souvent présente dans des projets où sont
impliqués des laboratoires et des équipes mixtes notamment le CNRS (Centre National de la
Recherche Scientifique) et les universités.

1-1-1-1 La diffusion de ressources multimédias et audiovisuelles

De nombreux sites Internet initiés et soutenus par la Direction de la Technologie (DT) du


ministère français de l’éducation nationale participent à l’action engagée en faveur de l’aide à
la diffusion de ressources multimédias et audiovisuelles. On peut relever entre autres, sans
toutefois revenir sur toutes les initiatives :

- Les Amphis de La Cinquième qui propose une diffusion en ligne de ses émissions 24
heures sur 24. C’est un dispositif interactif qui donne un accès séquentiel à de multiples
programmes ou parties de programmes. Il propose simultanément de nombreux document
d’accompagnement en vue de faciliter l’apprentissage. Ce site donne aussi la possibilité
au public francophone du monde entier de visionner des émissions proposées également
sur la grille de La Cinquième148 en diffusion hertzienne.

- le site AudioSup (http://audiosup.net.u-paris10.fr), auquel nous faisions référence


précédemment est un serveur qui permet de consulter les émissions produites par les
universités affiliées à la fédération interuniversitaire d’enseignement à distance (FIED),
et les établissements partenaires. Les grilles de diffusion sont constituées à partir de
l’encyclopédie sonore qui est la banque de données communes constituées grâce à la
numérisation des ressources existantes ou en cours de production.

148
La chaîne de télévision publique France 5.

74
- Le site CANAL U (www.canal-UEducation.fr) dont la création émane d’une volonté
d’expérimentation technique et pédagogique a pour vocation d’offrir aux établissements
d’enseignement supérieur, la possibilité de diffuser via Internet, des documents
audiovisuels et multimédias à caractère didactique et pédagogique. Ce site constitue une
sorte de WEB TV des enseignements supérieurs et de la culture scientifique et technique
proposant aux étudiants et au grand public de nouvelles possibilités de formation.

- Enfin, Educasup (www.educasup.education.fr) est un système national d’information


sur les programmes pédagogiques audiovisuels, multimédias et informatiques, réalisé
pour l’enseignement supérieur. Il a pour objectif de recenser et de décrire, discipline par
discipline, les produits effectivement disponibles. Ce serveur fournit par ailleurs de
l’information sur les colloques, rapports et études liés aux différents champs
disciplinaires.

Il nous semble également opportun de signaler qu’afin de répondre aux nouveaux


besoins engendrés par le développement des TIC dans l’enseignement supérieur et
notamment par la réalisation des applications pédagogiques qui intègrent ces technologies,
des services spécifiques sont proposés à l’échelon national par le Service du film de
recherche scientifique (CERIMES). Il s’agit entre autres de l’aide à l’accès aux ressources
audiovisuelles, multimédias et photographiques pour les enseignants, chercheurs et étudiants,
de la gestion des banques d’images, de l’information sur les dispositifs de formation ouverte
et à distance, etc.

Par ailleurs, des programmes d’expérimentations de dispositifs pédagogiques et


techniques visant à l’observation de nouveaux usages ont été soutenus par le ministère
français de l’éducation nationale afin d’accompagner la production de ressources multimédias
et l’apparition des nouvelles technologies dans l’enseignement supérieur.

On pourrait citer à titre d’exemple le projet Université En Ligne, Premier Cycle Sur
mesure dans lequel un important soutien fut apporté à la production de modules scientifiques
en Mathématiques, Sciences physiques, Chimie et Biologie dans l’optique d’atteindre dans
des délais succincts la masse critique de ressources en ligne nécessaire à l’élaboration d’une
offre de formation en ligne. En novembre 2000, les modules PCSM produits en
Mathématiques, en Sciences physique et en Chimie ont été expérimentés dans 35 universités

75
françaises qui ont signé avec le Réseau universitaire des centres d’autoformation (RUCA) une
convention d’expérimentation. Les résultats de ces expérimentations à grande échelle devant
permettre d’envisager la mise en place d’une véritable formation en ligne dans les disciplines
scientifiques évoquées précédemment. En 2006, l’Université En Ligne offrait une mine de
ressources pour un premier cycle sur mesure en France. Cette riche collection de modules
multimédias (850 animations Flash complexes, 320 vidéos multi débit) dans 4 disciplines
scientifiques (Mathématiques, Sciences physiques, Chimie et Biologie) est destinée à couvrir
les enseignements des premiers cycles de l'enseignement supérieur. Chaque module
correspond à un volume de 30 à 50 heures de formation. Il s’organise autour de cinq activités
complémentaires :

- Apprendre
- Simuler
- Observer
- S'exercer
- S'évaluer

Ces ressources sont destinées aux enseignants et aux étudiants des premiers cycles
universitaires (DEUG, DUT). Elles peuvent également être utilisées dans certains
établissements d'enseignement supérieur à finalité professionnelle et les Instituts
universitaires de formation des maîtres (IUFM). 149

1-1-1-2 L’appel à projet « campus numérique »

Une étape importante en matière d’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur
en France a été franchie à partir de l’année 2000. Cette année a été marquée par une
production à grande échelle de contenus et de services numériques de qualité pour
l’enseignement et la recherche. Au cours de cette même année, deux grandes actions ont été
lancées par le ministère français de l’éducation nationale. Il s’agit notamment de la
publication en ligne d’un annuaire des laboratoires de recherche dans le domaine des TIC
ainsi que de leurs usages et surtout d’un appel à projets pour la constitution de « campus
numériques français ».

149
http://thot.cursus.edu/rubrique.asp?no=21349

76
À l’initiative du ministère de l’éducation nationale, l’équipe de l’ORME150
(Observatoire des ressources multimédias en éducation) va réaliser un outil d’information en
ligne qui recense les laboratoires de recherche travaillant sur les TICE (technologie de
l’information et de la communication pour l’éducation). Dans un souci d’accompagner les
mesures prises en faveur de la formation ou des industries du multimédia et de leur usage, il
s’avère nécessaire d’avoir connaissance des résultats de la recherche dans le domaine des
TICE aussi bien sur le plan des usages que des technologies. Près de 150 laboratoires ou
centres de recherche y sont référencés, illustrant ainsi l'importance de la recherche en France
dans ce secteur. C'est un nouvel outil d'information en ligne qui offre aux chercheurs, aux
industriels et aux médias de l’information exhaustive sur la localisation des laboratoires de
recherche, les thèmes de recherche qu'ils développent, les diverses coopérations qu'ils mettent
en œuvre en relation avec les entreprises concernées. Ce travail s'inscrit dans la volonté du
ministère de la recherche de faciliter les partenariats entre recherche publique et privée en
disposant d'un répertoire des recherches dans ce domaine. Cette base va s’adresser en priorité
à un public d’institutionnels, de jeunes chercheurs ou d’étudiants, des industriels du
multimédia à la recherche d’innovation et favoriser également la création de réseaux de
recherche et encourager l’indispensable collaboration entre discipline.151

Dans un contexte de concurrence internationale accrue, le ministère français de la


Jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche dans un souci de préserver la qualité de
l’enseignement supérieur tout en procédant à sa modernisation, a lancé à partir de l’année
2000 (2000, 2001 et 2002) trois appels à projets « campus numériques152 ». L’objectif
principal de cette initiative était de réussir la construction d’une offre structurée de formation
ouverte et à distance (FOAD) de qualité et compétitive sur le marché international, et prenant
aussi en compte le développement de la formation tout au long de la vie153. Le financement
accordé devait permettre :

- la réalisation des contenus de formation ;

150
http://www.orme-multimedia.org/
151
Ministère de l’éducation nationale, Les Technologies de l’information de la communication dans
l’enseignement supérieur (France), p.1. http://www.education.gouv.fr/discours/2000/e-educ4.htm.
152
Un campus numérique se définit comme un dispositif de formation interuniversitaire centré sur l’apprenant
proposant des services innovants via des technologies numériques.
153
IPSOS OPINION, Évaluation de l’opération « Campus numérique français», Document de synthèse du
rapport final, 2003. http://www.educnet.education.fr/superieur/CN-evaluation.htm.

77
- la qualité et la pertinence de leur mode de diffusion ;
- la mise en place des services d’accueil et tutorat ;
- l’organisation des regroupements en mode présentiel.

Les deux premiers appels à projets portaient sur des offres partiellement ou entièrement à
distance. Le troisième comprenait un volet spécifique destiné au développement de nouveaux
environnements numériques de travail (ENT)154.

Le rapport de mission intitulé : « Campus numériques. Enjeux et perspectives pour la


formation ouverte et à distance »155 dirigé par Michel AVEROUS et Gilbert TOUZOT
considère que les deux premiers appels à projets « campus numériques français » de 2000 et
2001 ont été des réussites pour les raisons suivantes :

- ils ont fait émerger des projets originaux,


- Ils ont provoqué la constitution de consortium d’établissements de nature diverse,
- Ils ont accéléré l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur.

Par ailleurs, ce rapport considère que les conditions du développement d’une offre
pérenne, aussi bien au plan national qu’international n’étaient pas réunies et souhaitait qu’un
certain nombre d’actions soient menées assez rapidement. Ces actions concernaient :

- les évolutions statutaires et réglementaires qui sont nécessaires pour annihiler les
obstacles qui rendent difficiles le développement des campus numériques,

- Le recrutement et la formation des personnels qui s’avère nécessaire pour


l’amplification et la professionnalisation des actions de production et de diffusion de
contenus, de même que celles de formation,

- Les développements techniques indispensables pour assurer des services de qualités


adaptés aux véritables besoins,

154
Idem.
155
AVEROUS M., TOUZOT G., Campus numériques : enjeux et perspectives pour la formation ouverte et à
distance, Paris : CNED, 2002. p. 19 (Rapport).

78
- L’organisation du paysage national qui est une nécessité pour rendre l’offre de
formation cohérente et lisible,

- Le financement est considéré comme insuffisant pour favoriser le développement et le


fonctionnement efficace des campus numériques existants et permettre la création de
campus nouveaux. Ce financement est également considéré par le rapport comme mal
adapté à la nature des dépenses.

On peut noter qu’à l’issue du premier appel d’offre (en 2000), 86 projets ont été déposés
par plus de 100 établissements d’enseignement supérieur, 27 consortiums ont été constitués,
associant des partenaires publics, le CNED (Centre nationale d’éducation à distance) et des
établissements étrangers.

En avril 2003, 64 campus numériques auxquels ont peut ajouter 4 campus concernant
l’environnement numérique de travail étaient labellisés.

1-1-2 Les principales actions menées pour le développement de l’appropriation des TIC

dans l’enseignement supérieur français entre 2002 et 2007

Selon Christine BARATS156, l’année 2002 est marquée par un changement d’approche
du ministère de tutelle à travers ces discours et ses projets (C2I, UNR, UNT), à savoir le
passage d’un discours promotionnel et d’impulsion à un discours de généralisation et
d’appropriation des TIC157. À partir de 2003, le ministère français de l’éducation nationale
face à l’enjeu stratégique que devient pour la compétitivité des établissements d’enseignement
supérieur l’usage des TIC dans les formations universitaires, va conforter le développement
des infrastructures et des équipements et apporter son soutien et un encadrement aux
initiatives des communautés numériques universitaires qui se sont constituées autour des
communautés régionales et des grands ensembles disciplinaires, à savoir les UNR
(Universités Numériques en Région) et les UNT (Universités Numériques Thématiques). Les
premières favorisent le déploiement de services numériques à destination des étudiants et des
156
Maître de Conférences, Sciences de l’Information et de la Communication, Université Paris V,
Membre du Céditec (Centre d’Étude de Discours, Images, Textes, Écrits, Communication).
157
BARATS C. Les mythes du supérieur à l’heure des TIC Analyse de la rhétorique ministérielle française pour
l’intégration des TIC (négociation, promesse et avantages). EUTIC 2006 « enjeux et usages des TIC Reliance
sociale et insertion professionnelle. » Bruxelles, 13-15 septembre 2006. Atelier 10 : Internet et liberté.

79
personnels, par des consortiums d’établissements d’enseignement supérieur à une échelle
régionale. Les secondes permettent un accès collaboratif à des moyens puissants de
mutualisation de création et de diffusion en accès libre de ressources de travail de qualité dans
une approche médiatique et mutualisée. Il est possible de regrouper les différentes actions
menées par le ministère français de l’éducation nationale en quelques axes majeurs158.

1-1-2-1 Le Certificat Informatique et Internet (C2I)

Défini par la circulaire n° 2002-106 du 30 avril 2002 parue au bulletin officiel n°19 du
9 mai 2002 et expérimenté durant l’année universitaire 2003-2004 dans 38 établissements
universitaires, le Certificat Informatique et Internet (C2I) niveau 1 est généralisable sur
l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur de France.159

Le C2I niveau 1 est la suite logique du B2I (Brevet Informatique et Internet) mis en
œuvre dans le milieu scolaire. Son objectif est de permettre aux étudiants de maîtriser les
compétences qui sont désormais indispensables à la poursuite d’études supérieures et d’être
capables de faire évoluer ces compétences en fonction des développements technologiques. Il
vise à établir que les étudiants maîtrisent des compétences qui les aideront à s’insérer dans le
monde des activités professionnelles à la fin de leur cursus.

Le C2I niveau 1 atteste de la maîtrise d’un ensemble de compétences nécessaires à


l’étudiant pour mener les activités qu’exige aujourd’hui un cursus d’enseignement supérieur :

- Recherche, création, manipulation, gestion de l’information ;


- Récupération et traitement des données ;
- Gestion des données ;
- Sauvegarde, archivage et recherche des données ;
- Présentation en présentiel et à distance des résultats d’un travail ;
- Échange et communication à distance ;
- Production en situation de travail collaboratif ;

158
Ministère de l’éducation nationale. Enseignement supérieur et TIC : Orientation générale. In
http://www2.educnet.education.fr/sections/superieur/orientation.
159
Ministère de l’éducation nationale. C2i-étudiant : Une attestation de compétences pour les étudiants.
http://www2.educnet.education.fr/sections/formation/certification/c2i-etud/

80
- Positionnement face aux problèmes et enjeux de l’utilisation des TIC : droit et devoirs,
aspects juridiques, déontologiques et éthiques…160

Le certificat C2I niveau 2 a également été instauré par la circulaire n°2002-106 du 30 avril
2002. Il est plus spécifique aux différentes disciplines. Il fait l’objet d’exigences plus élevées
en fonction des orientations professionnelles des formations dispensées à travers les
enseignements de pré professionnalisation et les filières professionnalisées. L’une de ces
spécialisations du C2I a déjà concerné la formation des futurs enseignants en 2004, et une
autre, les métiers du droit en 2005. En 2006, une troisième concernant les métiers de la santé
devait être expérimentée. Une généralisation du C2I niveau 2 à l’ensemble des disciplines est
prévue.161

1-1-2-2 La formation des personnels du supérieur

La formation des personnels techniques et administratifs est très importante dans les
stratégies d’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur. Leur intégration dans les
pratiques d’enseignement va amener l’ensemble des personnels à exercer de nouvelles
activités. On pourrait même parler de nouveaux métiers en ce qui concerne les ITARF162 et
les IATOSS163. Il s’agit notamment pour les uns de mettre en œuvre, développer et inventer
des usages au service des apprentissages, pour les autres de contribuer à la production de
ressources numérisées et multimédias de qualité ou encore pour certains de développer les
structures d’appui indispensables. Le ministère de l’éducation nationale veille à ce que la
construction des nouvelles compétences nécessaires soit proposée à tous les niveaux :

- au sein de chaque établissement dans le cadre des plans de formation interne,


-dans le cadre des diverses communautés d’intérêt, fédérées sur des bases géographiques
ou encore en fonction de projets spécifiques,
- au niveau national, par les différentes structures ayant pour mission la formation des
personnels164.

160
Idem.
161
Op. Cit. http://www2.educnet.education.fr/sections/superieur/orientation.
162
Ingénieurs et personnels techniques et administratifs de recherche et de formation du ministère de l’éducation
nationale.
163
Ingénieurs, Administratifs, Techniciens, Ouvriers, Service et Santé.
164
Ministère de l’éducation nationale : Les Technologies de l’information de la communication dans
l’enseignement supérieur (France).Op. Cit. p.6.

81
La formation au TICE est incontournable et dans cette optique depuis l’année 2004, il
est organisé au plan national des actions de formation en direction des enseignants et des
ingénieurs du supérieur. Elles peuvent prendre la forme d’« universités saisonnières »
organisées en plusieurs points du territoire national ou de journées d’échanges et de réflexion
organisées à Paris.

Le thème de la conception des contenus numériques de formation a déjà rassemblé


plus de 500 enseignants et techniciens en 2005 (5 universités d’automne et 3 universités de
printemps). En 2006, une seconde série de sessions de formation a été organisée sur le thème
de l’environnement numérique de travail et des pédagogies associées.165

Ces sessions de formation sont des occasions de rassemblement et de rencontre pour


les enseignants et techniciens d’établissements différents qui ont des problématiques
communes. Elles facilitent la mutualisation la plus large possible des ressources, des moyens
et des compétences. Elles sont organisées de préférence par les Universités numériques en
région (UNR).166

1-1-2-3 Universités numériques en région (UNR)

En mai 2003, un appel à projet Université numérique en région (UNR) a été lancé par
le ministère français de l’éducation nationale et le DIACT (Délégation interministérielle à
l’aménagement et à la compétitivité des territoires). Il avait pour objectif de développer à une
échelle régionale, sur la base de la constitution de consortiums d’établissements
d’enseignement supérieur aussi bien les services numériques (ENT), et l’accès des étudiants à
ces services (équipements collectifs et individuels, réseaux, WIFI).

- Aquitaine campus ouvert (ACO)

La mission Aquitaine Campus ouvert (ACO) est un exemple d’UNR. qui réunie tous
les établissements universitaires d’Aquitaine à savoir l’université Bordeaux 1, l’université
Victor Segalen-Bordeaux 2, l’université Michel de Montaigne-Bordeaux 3, l’université

165
http://www2.educnet.education.fr/sections/formation/formation/formation-superieur/
166
Idem.

82
Montesquieu-Bordeaux 4, l’université de Pau et des pays de l’Adour et enfin l’IUFM
d’Aquitaine autour du développement de l’usage des TIC. Elle s’appuie sur les projets et
collaborations interuniversitaires tissés depuis de nombreuses années.

L’objectif de la mission ACO est de mettre en place un environnement numérique de


travail à l’intention de tous les usagers des six établissements universitaires d’Aquitaine que
sont les étudiants, les enseignants et le personnel IATOS167 en mutualisant les compétences et
les techniques de l’ensemble des partenaires. Ces établissements s’engageaient à développer
des services numériques en direction des étudiants (enseignement et aussi vie scolaire) et à
favoriser leur accès à ces services (équipements collectifs et individuels, réseaux, accès
individuels au haut débit, etc.).

Le dispositif Université numérique en région (UNR) est soutenu par l’État et la région
Aquitaine. Il prévoit la mise en œuvre d’un dispositif global d’information à l’échelle de la
région Aquitaine assurant à ces usagers l’accès personnalisé et équitable à un environnement
numérique de travail. Un bureau virtuel permettra à chacun de disposer d’applications
particulièrement utiles à l’exercice et à la gestion de son activité quotidienne notamment un
agenda, une messagerie électronique, des documents partagés.

La mission ACO est la concrétisation de la collaboration de six établissements


universitaires d’Aquitaine autour d’une politique commune en matière de TIC. Elle inscrit la
communauté universitaire parmi les principaux acteurs de la région développant des usages
innovant grâce aux TIC.

- Les Espaces numériques de travail (ENT)

Les enseignants et les étudiants, avec l’avènement des Espaces numériques de travail
(ENT) qui relèvent des UNR, ont la possibilité d’avoir accès à leurs documents de travail ou à
des ressources pédagogiques depuis tout poste de travail connecté à Internet, quel que soit le
lieu où ils se trouvent (établissement, domicile, ...), tout en garantissant la sécurité et la
pérennité de l’accès. Les ENT constituent un levier essentiel pour que les étudiants puissent
s’approprier plus facilement les enseignements inscrits dans leur parcours de formation. Ils

167
Personnels Ingénieurs, Administratifs, Techniciens et Ouvriers de service.

83
favorisent une meilleure adaptation, en formation initiale et continue au monde économique et
de l’emploi.168

Pour la réalisation du projet ENT de l’enseignement supérieur, un appel à projet lancé


par le ministère français de l’éducation nationale en 2002 a permis de retenir quatre projets,
dans l’optique de mettre au point des solutions technologiques et de les déployer dans les
établissements partenaires.

Les campus numériques ESUP-Portail, ENCORA, EPPUN, Monte-Cristo qui ont été
retenus vont devoir constituer un levier pour la transformation de l’université169.

1-1-2-4 Universités numériques thématiques (UNT).

Les UNT ont pour mission, dans le cadre d'une mutualisation à une échelle nationale,
de favoriser la valorisation, la production et la diffusion de ressources pédagogiques
numériques validées produites par les établissements d'enseignement supérieur.

Elles ont pour objectifs de favoriser la réussite des étudiants en mettant à leur
disposition un ensemble cohérent d'outils et de ressources pédagogiques numériques validées
par les UNT et produits par des enseignants des établissements et leurs partenaires et de
donner une large visibilité, nationale et internationale, aux ressources numériques des
établissements, pour contribuer au rayonnement de l'enseignement supérieur français dans les
champs disciplinaires couverts par les UNT170.

Au nombre de six actuellement, les universités numériques thématiques (UNT)


s’inscrivent dans le mouvement mondial de l’accès ouvert aux ressources numériques. La
volonté du ministère français de l’éducation nationale de soutenir le développement des
contenus et des usages à permis le développement des UNT qui couvrent de nos jours les
grandes thématiques suivantes : la santé ; les sciences de l’ingénieur et technologie ;
l’économie et la gestion ; l’environnement et le développement durable ; les sciences

168
Ministère de l’éducation nationale, Enseignement supérieur et TIC : Orientation générale,
http://www2.educnet.education.fr/sections/superieur/orientation.
169
Idem.
170
http://www2.educnet.education.fr/superieur/usages/unt/

84
humaines ; les langues et cultures et enfin les sciences juridiques171. Une septième UNT est en
voie de création en sciences fondamentales.

1-2 Le Québec

Nous insisterons particulièrement sur l’exemple du Québec au Canada qui est


incontestablement l’un des pays de l’espace francophone les plus avancés en matière
d’intégration des nouvelles technologies dans l’enseignement supérieur.

La Conférence des Recteurs et des Principaux des Universités du Québec (CREPUQ)


dans un énoncé de principes et d’orientations portant sur la mise en valeur des TIC en
formation universitaire adopté par son conseil d’administration le 25 février 1999 définit un
certain nombre de grands objectifs devant guider l’action des universités québécoises dans
l’intégration des nouvelles technologies172.

Les trois objectifs essentiels que relève cet énoncé sont :

- La nécessité d’améliorer la qualité de la formation et de


l’encadrement. Dans cette perspective les technologies n’ont d’intérêt
réel que dans la mesure où elles permettent d’améliorer la qualité des
formations.

- La nécessité d’apporter une réponse aux nouveaux besoins de


formation et de recherche. En effet, de même que les nouvelles
technologies contribuent à l’émergence de l’économie du savoir, elles
doivent également contribuer à répondre aux nouveaux besoins que
cette dernière suscite :

171
UVED : Université Virtuelle Environnement et Développement durable.
UNIT : Université Numérique Ingénierie et Technologie.
UOH : Université Ouverte des Humanités.
UMVF : Université Médicale Virtuelle Francophone.
UNJF : Université Numérique Juridique Francophone.
AUNEGE : Association des Universités pour l’Enseignement Numériques en Économie-gestion.
172
CREPUQ, Énoncé de principes et d’orientations : mise en valeur des technologies de l’information et des
communications pour la formation universitaire, 25 février 1999. http ://www.crepuq.qc.ca/tic/Enonce-Final-
TIC.html. (Consulté en janvier 2003).

85
1. le diplôme devient une exigence de base aussi bien dans les nouvelles
activités ayant un lien avec les TIC que dans les professions
traditionnelles.

2. L’inforoute et le multimédia qui constituent un domaine économique


en pleine extension doivent retenir l’attention des universités aussi
bien comme objet d’étude, champ de recherche que sources des
nouveaux métiers ou de nouvelles spécialités nécessitant la mise en
place de nouveaux programmes de formation.

3. L’université doit également être en mesure de procéder aux


adaptations nécessaires pour répondre efficacement et avec une
certaine flexibilité aux besoins en formation continue, en formation
juste à temps ainsi qu’en formation à distance. Cela n’implique
cependant pas qu’elle doit modeler servilement l’ensemble de l’offre
de formation sur les exigences immédiates des employeurs dans la
mesure où celles-ci se renouvellent régulièrement.

- le dernier objectif concerne le développement du rôle des universités


québécoises dans le monde. La capacité d’offrir des services de
formation de calibre international déterminera à terme la place que le
Québec occupera dans le monde et dans l’économie du savoir. Le
Québec étant particulièrement bien placé pour jouer un rôle
important dans l’Université Virtuelle Francophone (UVF)173.

Afin d’atteindre ces différents objectifs la CREPUQ propose une stratégie qui se résume
en quatre points qui sont :

173
Université Virtuelle Francophone est un projet de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) qui a
pour ambition de développer, en s'appuyant sur les Technologies de l’information et de la communication, le
travail en réseau, la mise en commun des ressources universitaires en français, dans une optique de solidarité et
de co-développement. L'UVF associe, à travers une même communauté linguistique, les universités de régions
qui connaissent des niveaux de développement très différents : Afrique, Asie du Sud-Est, Amérique du Nord,
Océan indien, Europe de l'Ouest, Caraïbe, Europe Centrale et Orientale, Monde Arabe.

86
1- Le soutien aux efforts du personnel enseignant,
2- la recherche et le développement en pédagogie,
3- une approche collective pour la production de matériel multimédia de qualité,
4- la promotion du rôle stratégique des universités dans l’économie du savoir.

En ce qui concerne le premier point de cette stratégie la CREPUQ estime que le soutien
des administrations est un facteur déterminant pour stimuler fortement le mouvement en
faveur de l’appropriation et de l’utilisation des TIC dans les activités pédagogiques. Ce
soutien des administrations doit se matérialiser par une vision claire qui doit contenir des
éléments concrets de soutien aux initiatives du personnel enseignant avec notamment des
mesures en matière d’équipement et de réseautage, de soutien financier à la réalisation de
projet et de mise en place d’activités ou de services de formation et de soutien techno
pédagogique. Le développement des bibliothèques virtuelles ne doit pas non plus être oublié.
La recherche et le développement en matière de pédagogie doivent également être valorisés
dans le plan de carrière de l’enseignant. Dans l’optique de favoriser l’invention et le
renouveau il est nécessaire de revoir plusieurs mécanismes de l’organisation universitaire.
Afin de développer les usages des TIC en enseignement, la CREPUQ estime qu’il doit être de
la responsabilité de chaque établissement d’établir ses propres objectifs, d’intensifier ses
efforts de formation du personnel enseignant et d’assurer que le soutien nécessaire soit
disponible pour ceux qui choisissent d’explorer ou d’approfondir l’utilisation des TIC dans
leurs activités pédagogiques. Cependant les universités québécoises souhaitent agir
collectivement en se dotant d’un centre de soutien à l’intégration des TIC en enseignement
qui sera un outil visant à soutenir le personnel enseignant dans ces efforts d’appropriation et
d’intégration des TIC, à favoriser le partage des expériences et des ressources, à susciter les
collaborations interuniversitaires.

La recherche et le développement en pédagogie est également un point essentiel de cette


stratégie de la CREPUQ. Il est impérieux que les ressources financières destinées à des
recherches sur les effets des TIC sur l’apprentissage et la formation ; et les pistes à explorer
pour maximiser les bénéfices et diminuer les effets pervers des applications pédagogiques
intégrant les TIC connaissent un accroissement significatif. La pédagogie est
traditionnellement le parent pauvre du financement public de la recherche. Il est donc

87
impératif de corriger cette situation dans le contexte de transformation rapide des paramètres
d’enseignement que provoquent les nouvelles technologies.

Le troisième point de la stratégie proposée par la CREPUQ fait référence à la nécessité


d’avoir une approche collective pour la production de matériel multimédia de qualité. À cet
effet, plusieurs modèles peuvent être envisagés notamment la création d’un consortium
interuniversitaire de production multimédia ou encore la mise sur pied d’un fond de soutien à
la collaboration interuniversitaire en production multimédia. Cependant avant d’effectuer le
choix du modèle, il importe d’abord d’établir et de consolider le cadre de concertation qui en
fournira les assises.

Enfin le quatrième et dernier point de la stratégie consiste à faire la promotion des


universités dans l’économie du savoir. Il appartient aux universités de susciter l’appuie des
décideurs politiques et économiques pour l’obtention des ressources financières pouvant les
aider à accomplir leur mission. Pour y parvenir elles doivent sensibiliser la population a leur
rôle stratégique dans la société de l’information et l’économie du savoir. Elles doivent
s’employer à illustrer comment grâce en particulier à l’exploitation du potentiel des TIC, elles
entendent assumer leur fonction de port d’attache, développer les moyens et habilités
nécessaires pour répondre aux nouveaux besoins en formation et surmonter les obstacles qui
freineraient cette situation.

1-2-1 Exemple de plan d’action pour l’intégration des TIC, mise en œuvre dans une
université québécoise : l’UQAM (Université du Québec à Montréal)

Nous allons à travers le cas de l’UQAM (Université du Québec à Montréal) présenté


un cas pratique de plan d’action174 mis en œuvre dans une université québécoise afin de
pouvoir réussir l’intégration des TIC. Ce plan d’action proposé en avril 1999 par un comité-
conseil du Vice-rectorat aux services académiques et au développement de l’UQAM
comprenait trois phases dont la première qui visait la modernisation des pratiques
d’enseignement comprenait huit initiatives dont la réalisation devait commencer dès l’année
universitaire 1998-1999 et se poursuivre les années suivantes. La seconde phase de ce plan

174
UQAM, Plan d’action pour l’intégration des technologies de l’information dans la formation,
http://www.nti.uqam.ca.planti/(consulté en janvier 2002).

88
qui visait la transformation graduelle de l’enseignement comprenait trois initiatives dont la
planification débutait en 1998-1999 pour se réaliser les années subséquentes. Enfin la
troisième et dernière phase de ce plan qui visait une programmation renouvelée, comprenait
une initiative dont la planification nécessitait deux années et devait être mise ne œuvre par la
suite.

1-2-1-1 La phase 1 : Modernisation de l’enseignement

Les membres du comité-conseil ont identifié huit projets, en phase initiale, permettant
d’atteindre graduellement trois des quatre objectifs du plan à savoir l’appropriation des
technologies de l’information par les enseignants, la productivité de l’ensemble des
intervenants et la qualité des enseignements et des apprentissages. Tous ces projets
comprenaient des étapes concrètes de réalisation dès la première année du plan.

Ces huit initiatives étaient les suivantes :

- La mise en place d’un centre de formation et d’innovations techno pédagogiques


comprenant un centre de formation TIC pour les enseignants, un centre de production
multimédia et un fond d’innovations technologiques. Cet ensemble devant permettre
aux enseignants de s’approprier les outils technologiques, de les mettre en pratique dans
leur enseignement en profitant du soutien de production multimédia, et pour les projets
plus exigeants, de profiter du financement approprié.

- La proposition d’un projet informatisé d’aide à la gestion des cheminements d’étude


afin d’améliorer l’ensemble des processus de gestion et d’encadrement pédagogique en
relation avec la formation.

- L’installation d’un réseau de vidéoconférence s’appuyant sur l’ajout de 5 salles de


vidéoconférence qui pourront être utilisées par les centres d’études universitaires et par
formation sur mesure. L’accès était facilité par les subventions à l’utilisation. L’objectif
de ce projet est de relier les centres d’études universitaires au campus principal à l’aide
de la vidéoconférence et de favoriser l’utilisation de la vidéoconférence à l’interne par
les subventions. Il sera ainsi possible non seulement d’augmenter l’offre de cours à
l’ensemble de la population estudiantine de l’UQAM par la capacité de regrouper des

89
étudiants distants et d’atteindre ainsi la masse critique requise pour l’ouverture de
cours ; mais également de développer à l’UQAM une expertise dans l’utilisation
pédagogique de la technologie vidéoconférence qui permettra la mise sur pied de
programmes de formation à distance.

- Le projet de soutien technique en salle de classe qui a pour objet la mise en place d’un
service rapide de soutien à l’exploitation des technologies en salle de cours. En effet,
pour profiter des salles de cours multimédias, l’enseignant doit compter sur un soutien
extrêmement rapide pour régler les problèmes techniques. Une équipe mobile de
personnes qualifiées, en mesure d’intervenir à 15 minutes d’avis partout sur le campus
devait être mise en place pour dépanner les enseignants ayant besoin d’assistance.

- La modernisation des infrastructures d’enseignement qui est une initiative ayant pour
but de compléter le branchement des 210 salles de cours de l’UQAM à l’Internet en
deux ans et à compter sur 25 % de salles complètement multimédiatisées en trois ans.

- la mise en place d’un environnement d’auto-apprentissage qui est un projet consistant à


concevoir et développer un tutoriel à l’intention des étudiants. Ce tutoriel visait
l’amélioration de la qualité de l’apprentissage des étudiants et favoriser leur autonomie
dans leur pratique du métier d’étudiant par l’initiation du plus grand nombre possible à
l’utilisation des TIC en tant qu’outil de recherche documentaire, de production de
travail intellectuel et scientifique ainsi que d’accès au divers services d’aide et
d’apprentissage.

- le projet de réserve électronique qui devait permettre aux étudiants d’avoir accès à une
réserve électronique de documents référés par le corps professoral selon un ratio coût-
bénéfice amélioré par rapport à la réserve traditionnelle. Ce projet devait permettre
d’améliorer l’accessibilité des documents mis en réserve par les enseignants en rendant
accessible via le Web les documents jugés prioritaires par le corps professoral de
l’UQAM.

- Enfin la bibliothèque virtuelle était un projet visant à mettre à la disposition des


enseignants et des étudiants un système d’accès intégré aux ressources
informationnelles disponibles, autant sur support physique qu’en format électronique.

90
1-2-1-2 Phase 2 : Transformation de l’enseignement

Les membres du comité-conseil ont identifié trois projets en phase 2, permettant de


compléter la réalisation graduelle de deux des quatre objectifs du plan à savoir la productivité
de l’ensemble des intervenants et la qualité des enseignements et des apprentissages. Ces
projets permettent également de s’attaquer au quatrième objectif relatif à l’amélioration de
l’accès à la formation universitaire.

Ces trois initiatives sont les suivantes :

- L’accès aux moyens technologiques qui était un projet visant à faire le bilan des
modalités d’accès aux moyens technologiques par les différents intervenants (les
étudiants, les enseignants, les administrateurs, le personnel de soutien) et à proposer un
plan d’action à long terme permettant un accès optimal aux ressources technologiques
tout en tenant compte des contraintes et moyens financiers disponibles.

- La veille technologique en éducation qui était un projet visant à mettre en place un


service de veille technologique qui permettrait à tous les intervenants intéressés d’être
informés systématiquement des développements pertinents les plus récents pouvant
influencer les initiatives en cours ou susciter de nouvelles approches. Pour assurer cette
veille deux outils devaient être mis à contribution. Il s’agit de la bibliothèque de
l’UQAM (MANITOU) qui devait servir directement à l’élaboration de dossiers portant
sur les thématiques concernant l’intégration des TIC dans la formation et de
l’Observatoire des technologies de l’information du Québec, dont fait partie l’UQAM,
qui offrait des manchettes-TI personnalisées et des manchettes-TI internationales, qui
sont mises à jour régulièrement et livrés par courriers électroniques.

- Enfin le projet de formation à distance et médiatisation était une initiative ayant pour
objectif de définir et proposer à l’UQAM un plan d’intervention pour les services de
formation à distance et de médiatisation de l’enseignement s’appuyant sur les
technologies de l’information dans le but de rejoindre de nouvelles clientèles.

91
1-2-1-3 Phase 3 : Évolution de la programmation

Les membres du comité-conseil ont identifié le projet « nouveau projet » en phase 3,


pour compléter la réalisation du quatrième objectif relatif à l’amélioration de l’accès à la
formation universitaire. Cette troisième phase du plan visait à faire évoluer la programmation,
pour tenir compte des technologies de l’information.

Pour préparer les interventions de l’UQAM dans les nouveaux créneaux technologiques, les
deux démarches suivantes sont proposées :

- L’identification et l’élaboration de nouveaux créneaux de formation et de création-


recherche en technologies de l’information.

- L’intégration des technologies de l’information dans tous les programmes.

En définitive, la volonté du monde de l’enseignement supérieur des pays développés,


d’œuvrer pour l’amélioration de la qualité de la formation et de la recherche à favoriser la
mise en place de nombreuses politiques en faveur de l’intégration et des usages des TIC dans
les établissements d’enseignement supérieur. De nombreuses stratégies ont été conçues et
mise en œuvre à cet effet, à telle enseigne que de nos jours les TIC occupent une place de
fondamentale dans le milieu universitaire de ces pays.

Dans la seconde partie de ce chapitre, nous verrons si le monde universitaire en


Afrique à l’instar de son homologue occidental est également sensible à cette nouvelle donne.
Nous allons dans un premier temps présenter de façon globale l’état actuel de l’institution
universitaire en Afrique, puis nous évoquerons quelques uns des différents programmes mise
en place depuis 1960 (années des indépendances de la majorité des états africains) pour
l’intégration des TIC dans le monde de l’éducation en Afrique. En effet, c’est au début des
années 1960 que les premiers centres universitaires ont commencé à voir le jour en Afrique
francophone subsaharienne.

92
2- Intégration des TIC dans l’enseignement supérieur en Afrique
francophone subsaharienne

2-1 L’institution universitaire dans les pays africains

2-1-1 Bref historique

Au 15 è siècle, il a existé en Afrique subsaharienne des centres d’études supérieures


appelés universités qui réunissaient les maîtres et les étudiants à Tombouctou, plus
précisément à Djenné (ZAKARI DRAMANI- ISSIFOU175 cité par ZINSOU176). Ces centres
d’études supérieures ont permis la formation de spécialistes du Droit musulman, de
théologiens et d’historiens qui ont produit de très nombreux ouvrages. Selon certaines études,
il a existé à KONG (dans le Nord de la Côte d’Ivoire), un centre d’enseignement supérieur
des études islamiques où les cours se déroulaient dans la mosquée qui devint l’une des plus
importantes medersa ou université de l’Afrique occidentale (N.KODJO cité par ZINSOU)177.

Cependant, les universités « modernes » telles que celles que nous rencontrons de nos
jours sur le continent africain, sont apparues en Afrique francophone en 1957 avec la création
de l’université de Dakar. Au fur et à mesure, durant les deux premières décennies après les
indépendances (1960), tous les pays d’Afrique francophone subsaharienne vont se doter d’une
université. Ce sera notamment le cas du Cameroun en 1962, de la Côte d’Ivoire en 1963, du
Rwanda et du Burundi en 1964, de la République Centrafricaine en 1969, du Togo, du Bénin,
du Gabon en 1970, du Congo Brazzaville en 1971, du Niger en 1973, du Burkina Faso en
1974, et un peu plus tard de la Mauritanie en 1981 et de la Guinée Conakry en 1984178.

Les premières universités sont issues de centres d’enseignement supérieur créés entre
1957-1961. À cette époque les facultés s’organisèrent en mettant en place, au moins le
premier cycle. Les universités les plus avancées recevaient les étudiants des pays voisins
moins équipés, ou ayant des priorités nationales : Médecine ou Agronomie. Les objectifs

175
ZAKARI DRAMANI- ISSIFOU, L’Afrique noire dans ces relations internationales au XVI ème siècle.
Analyse de la crise entre le Maroc et le Sonrhaï, Paris, Édition Karthala, 1982, P196.
176
ZINSOU E. M. Op. Cit. P. 10.
177
KODJO N. L’évolution de Kong de 1745 à 1897. T3. Thèse de doctorat d’état, 1984 Pages 754-752.
178
ZINSOU E. M. Op. Cit. P. 11.

93
assignés à ces établissements étaient de créer un esprit de « nation », de former des cadres
supérieurs autochtones en vue de remplacer les étrangers dans des secteurs de décision, et
d’accéder à une autonomie dans les domaines de l’activité économique et sociale du pays dont
l’enseignement179.

L’université de Dakar qui fut la première d’Afrique francophone subsaharienne fut


créée le 14 février 1957. Héritière de l’École Africaine de Médecine et de Pharmacie de
Dakar fondée en 1915, elle rassemblait 600 étudiants180. L’université d’Abidjan quand à elle
fut créée le 31 octobre 1963181 pour accueillir 6 000 étudiants.

2-1-2 Situation actuelle

L’éducation-formation en général et plus particulièrement l’enseignement supérieur en


Afrique subsaharienne est actuellement en état de crise. Cette crise est liée en partie à son
incapacité à s’adapter aux changements intervenus dans la demande et à exploiter les
opportunités offertes au niveau local, national et international. On reproche à l’enseignement
supérieur en Afrique au Sud du Sahara de ne pas avoir réussi à développer par le passé la
masse critique de cadres qui aurait été nécessaire au décollage industriel. Aujourd’hui, il est
en passe de ne pas pouvoir former le pool de cadres dont l’Afrique subsaharienne a besoin
pour participer à la nouvelle économie mondiale.182

G.O.S EKHAGUERE183 soutient qu’en raison de l’explosion démographique de la


population estudiantine les institutions d’enseignement supérieur africaines, dont la majorité
utilisent une méthodologie traditionnelle de formation-instruction, n’ont pas actuellement la
capacité pour fournir un nombre suffisant de places pour tous les candidats qualifiés. Cette
situation constitue un frein sévère à l’accès à l’enseignement supérieur sur le continent. En
conséquence, la compétition pour l’accès aux institutions d’enseignement supérieur est

179
LEBORGNE-TAHIRI C., Universités et Nouvelles Technologies en Afrique de l’ouest francophone : Passé,
présent, et avenir, Dakar, Bureau Régionales de l’UNESCO à Dakar, mai 2002, P.50.
180
N’DIAYE M. « Université de Dakar : Objectifs atteints ? » Le mensuel de l’université n°16, juin 2007.
http://www.lemensuel.net/Universite-de-Dakar-objectifs.html
181
www.ucocody.ci
182
NOBLE A. Quelle université pour l’Afrique ? Pessac, MSHA, 2002, p8.
183
Professeur de mathématique à l’université d’Ibadan au Nigeria.
EKHAGUERE G.O.S. « L’enseignement supérieur en Afrique : Défis et opportunités ». Enseignement
supérieur en Europe, vol.XXV, n°3,2000.
http://www.cepes.ro/publications/hee_french/3_2000/sommaire3.htm.

94
devenue dans beaucoup de pays africains de plus en plus rude, particulièrement ces dernières
années. Alors que la population étudiante d’enseignement supérieur sur le continent s’élevait
à un peu plus de 4 millions en 1996, représentant environ 5 % des étudiants dans le monde, ce
chiffre représentait seulement une fraction du nombre de personnes qui ont postulé pour une
inscription dans les universités africaines cette année-là. Paradoxalement, comme une
conséquence du financement inadéquat du secteur de l’éducation dans beaucoup de pays
africains et de la destruction d’installations pédagogiques, résultant des conflits récents où en
cours dans plusieurs sous-régions d’Afrique, les taux actuels d’inscription, qui sont beaucoup
trop bas pour subvenir à la demande d’accès, représentent déjà une considérable massification
d’enseignement supérieur sur le continent. Selon un document de la Banque mondiale184,
l’université dans cette partie du continent africain continue a formé un nombre
disproportionné d’étudiants dont les seuls débouchés sont de rentrer dans l’administration,
alors que non seulement celle ci ne recrute plus, mais au contraire dans de nombreux pays elle
est l’objet de nombreuses compressions.

Tous les établissements d’enseignement supérieur souffrent d’une insuffisance de


l’offre de formation, par rapport à une demande d’accès à l’université en évolution très rapide.
La forte augmentation des effectifs du primaire et du secondaire exerce une pression sur
l’université185. Les demandes d’inscription augmentent plus rapidement que la capacité des
établissements à accroître leur offre186. C’est ainsi que certaines universités limitent les
inscriptions à la capacité d’accueil, tandis que dans d’autres établissements universitaires,
lorsqu’un contrôle des flux n’a pas été introduit, on a assisté à une explosion des effectifs,
avec pour résultats un déficit d’encadrement, de matériels et de laboratoires ; une
détérioration des installations, une forte pression sur les systèmes administratifs et une baisse
générale de la performance des enseignants et des étudiants.

184
Banque Mondiale, Université virtuelle africaine : cultiver le savoir pour la maîtrise du destin,
http://physinfo.ulb.ac.be/ !UVA !/UVA savoir/UVA savoir3.html
185
Pour l’année scolaire 2002/2003 le ministère de l’éducation nationale ivoirien annonce 254 307 candidats au
CEPE/Entrée en 6e, 127 229 candidats au BEPC et 81 219 candidats au baccalauréat.
186
À titre d’exemple en Côte d’Ivoire l’université de Cocody à Abidjan qui est de loin la plus ancienne et la plus
peuplées du pays compte près de 50.000 étudiants alors qu’elle a été conçu pour en recevoir 6 000, l’université
d’Abobo-Adjamé compte aujourd’hui 7 000 étudiants au lieu de 3 000, enfin l’université de Bouaké186 avant le
déclenchement de la crise politico-militaire comptait 15 000 étudiants alors qu’il était prévu au départ qu’elle en
accueille 3 000. Source : Direction Administrative et des Ressources Humaines du ministère ivoirien de
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. (Rencontre représentants du ministère et étudiants
ivoiriens de France, à l’ambassade de Côte d’Ivoire à Paris, le 19 mars 2004.

95
Selon le document de la Banque mondiale auquel nous avons fait référence
précédemment, l’enseignement supérieur en Afrique francophone subsaharienne a suivi le
modèle de l’université traditionnelle, financée par l’État avec des résidences universitaires
pour les étudiants. De façon générale, la gestion d’une université fonctionnant d’après ce
modèle nécessite des budgets importants pour mettre en place puis pour entretenir les
infrastructures académiques et les cités universitaires, pour couvrir les salaires des
enseignants et du personnel administratif. Puisque que les universités dans cette partie de
l’Afrique ont été presque exclusivement financées par les gouvernements, la contribution des
étudiants était quasiment insignifiante187. En raison de la conjoncture économique, cette
dernière décennie a vu les budgets des universités en Afrique au Sud du Sahara revus à la
baisse au moment même où le nombre d’étudiants inscrits ne cesse d’augmenter. La baisse
des ressources a porté un sérieux coup à la qualité de l’enseignement supérieur. On assiste ces
dernières années à une détérioration de la qualité de l’enseignement et de la recherche avec
des programmes dépassés, des bibliothèques qui ne sont plus approvisionnées, des
laboratoires, du matériel, des équipements et des installations qui ne sont pas renouvelés.

Abdelkader AGHALI188 abonde en ce sens dans un article paru dans le Monde


diplomatique en mars 2002 sous l’intitulé : « En Afrique, l’enseignement supérieur sacrifié »
189
. Pour l’auteur la crise de l’enseignement supérieur en Afrique (francophone subsaharienne)
s’est aggravée sous l’effet des politiques de redressement économique et de restauration de
l’autorité de l’État. En effet, partout en Afrique, l’enseignement universitaire est
essentiellement public. Il est entièrement pris en charge par l’État : fonctionnement de
l’administration, construction des salles de cours et autres amphithéâtres, recrutement des
enseignants, équipement des laboratoires et bibliothèques, restauration et hébergement des
étudiants, bourses… aussi le sort de l’université est étroitement dépendant de celui de l’État.
Or la crise de celui-ci : crise d’autorité, de légitimité et d’identité s’est traduite, depuis dix
ans, par un désengagement, notamment financier, vis à vis de l’université.

En outre, les réformes économiques, généralement édictées par les bailleurs de fonds
dans le cadre des plans d’ajustement structurel, visent à réduire la masse salariale de la

187
Par exemple en Côte d’Ivoire une inscription dans une université publique coûte moins de 10 euros, la
location d’une chambre en résidence universitaire coûte moins de 6 euros par mois.
188
Docteur en Philosophie politique originaire du Niger.
189
AGALI A. : « En Afrique, l’enseignement supérieur sacrifié » le Monde diplomatique, mars 2002.
http://www.mondediplomatique.fr/2002/03/ABDELKADER/16299. (Consulté en septembre 2003).

96
fonction publique et le train de vie de l’État, à diminuer l’enveloppe et le taux des bourses, à
multiplier les licenciements… parallèlement, ces mesures d’« assainissement » vont impliquer
des hausses de prix. La nécessité de recréer l’État, après le vent de la démocratie, implique de
réduire les dépenses au strict minimum, c’est-à-dire à des actions susceptibles de générer des
fonds. Tout s’inscrit désormais dans la logique du profit et du gain rapide. Et certains
secteurs, tels que les universités, seront considérés comme non prioritaires pour les
investissements déjà très aléatoires de l’État190.

Les universités en Afrique subsaharienne selon le diagnostique de la banque mondiale


souffrent d’un manque d’enseignants bien formés. Certains enseignants parfois parmi les plus
brillants quittent l’université soit pour des emplois dans le secteur public ou privé, soit pour
l’étranger, ou encore dans le cadre de départs à la retraite. Les universités se trouvent donc
avec de jeunes enseignants sans expérience, insuffisamment formés et manquant de mentors
et de modèles pouvant les encadrer. La formation des enseignants réellement qualifiés revient
cher car il faut en général au moins dix ans pour passer d’un poste d’assistant sans thèse à un
poste de professeur titulaire. Recruter des enseignants dans d’autres régions du monde ne
constitue pas non plus une solution viable pour beaucoup d’universités africaines pour
plusieurs raisons qui sont notamment les coûts élevés que cela représente pour couvrir les
voyages, les logements et les salaires élevés de ces enseignants ; les réglementations du
travail et l’éloignement de l’Afrique par rapport à la communauté internationale des
chercheurs. La solution consistant à faire appel à des professeurs visiteurs (en général pour
des périodes d’une semaine à dix jours) n’est pas non plus une solution satisfaisante, car elle
réduit l’interaction élèves/professeurs. Le manque d’enseignants qualifiés a entraîné un
manque de différenciation dans le paysage éducatif, les nouvelles universités privées sont
obligées de recruter à mi-temps des professeurs travaillant déjà à l’université publique. Cela a
pour corollaire de ne pas favoriser une réelle compétition entre les universités pouvant
entraîner une meilleure qualité de service, avec des produits différenciés. Les mêmes
enseignants dispensent les mêmes cours à travers l’ensemble du pays. La qualité du matériel
éducatif est souvent nettement insuffisante. Dans leur ensemble selon la Banque mondiale, les
universités francophones affectent 2,7 % de leur budget à l’acquisition du matériel
pédagogique, les anglophones n’y consacrant191que 0,6 %. Les systèmes d’enseignement
supérieur africains sont souvent caractérisés par de fort taux de redoublement et d’abandon,

190
Idem.
191
Banque mondiale, Université virtuelle africaine : cultiver le savoir pour la maîtrise du destin, Op. Cit.

97
certes le nombre de diplômés a augmenté de façon impressionnante, mais le taux d’échec
reste anormalement élevé entre 30 % et 70 %. De plus, le système d’enseignement supérieur
n’a pas réussi à créer les liens indispensables entre les programmes d’enseignement et les
demandes du marché du travail. Il y a un manque d’adéquation entre la distribution des
diplômes sortant de l’université et les projections du marché du travail.192

Tous ces griefs portés à l’encontre de l’enseignement supérieur africain se retrouvent


dans les propos tenus par Monsieur Kaïchiro MATSUURA, Directeur général de l’UNESCO
(Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) dans le discours
qu’il a prononcé le 3 avril 2001 à Nairobi au Kenya à l’occasion de son accession au grade de
docteur honoraire décerné par l’université d’Agriculture et de Technologie Jomo Kenyatta :

Nous constatons que pour l’instant les universités africaines


connaissent une crise sérieuse, étant prise en étau entre
l’amenuisement des finances publiques et l’augmentation des effectifs.
Elles se heurtent à une multitude de problèmes : exode des cerveaux,
mise à l’écart des courants internationaux, en matière de bourses et
recherche, détérioration des installations, rémunération insuffisante
des personnels, manque d’équipements essentiels, abus des drogues et
montée en flèche des maladies liées au VIH/sida, troubles générés par
les manifestations d’étudiants et possibilités d’accès limitées, en
particulier pour les femmes.

Devant les nombreuses difficultés rencontrées par l’enseignement supérieur en


particulier, tout le secteur de l’éducation en Afrique en général, un certain nombre
d’initiatives intégrant les TIC ont été prise depuis plusieurs décennies pour aider à
l’amélioration de la qualité des formations. La prochaine partie de notre travail nous offrira
l’occasion de revenir sur quelques uns des programmes les plus importants qui ont été
expérimentés dans le monde de l’éducation en Afrique depuis 1960.

192
Idem.

98
2-2 Intégration des TIC dans l’éducation en Afrique de 1960 à nos jours

En Afrique, quatre grands projets ayant pour objectif le développement du secteur de


l’éducation sur le continent ont été expérimentés avec l’utilisation des nouvelles
technologies193 (entre 1960 et 1995).

Ces projets sont notamment :

- La radio pour l’enseignement de base et la formation des maîtres. Cela devant se faire en
complément de la formation assurée par les Écoles normales supérieures (ENS),

- l’enseignement télévisuel appliqué à l’enseignement primaire dont les promoteurs étaient


l’UNESCO et les coopérations françaises et belges,

-le TAMTEL (vidéotex interactif) dans l’enseignement supérieur avec pour promoteur
l’AUPELF aujourd’hui AUF (Agence universitaire de la francophonie), la coopération
française et Thomson,

- et les audio et téléconférences dans l’enseignement supérieur (CONFEMEN194,


AUDECAM195 et IBM196).

Nous pensons qu’on peut aujourd’hui ajouter à ces quatre grands projets
expérimentaux trois autres qui ont été mis en œuvre au cours de la dernière décennie (1997-
2007) sous la houlette de l’Union africaine197 (UA), de la Banque mondiale et de l’Agence
universitaire de la francophonie (AUF). Ces projets sont respectivement :

193
LEBORGNE-TAHIRI Claudine. Op. Cit. p1.
194
Conférence des ministres de l’éducation ayant en commun l’usage du français.
195
Association Universitaire pour le Développement de l’Éducation et de la Communication en Afrique et dans
le Monde (ministères français de la coopération).
196
International Business Machine.
197
L’Union africaine (UA) est une organisation d'États africains créée en 2000, à Durban (Afrique du Sud). Elle
a remplacé l'Organisation de l'unité africaine (OUA) en 2002. La mise en place des ces institutions (Commission,
Parlement panafricain et Conseil de paix et de sécurité) a eu lieu en juillet 2003 au sommet de Maputo
(Mozambique).Créée à l'image de l'Union européenne, ses buts sont d'œuvrer à la promotion de la démocratie,
des droits de l'homme et du développement à travers l'Afrique, surtout par l'augmentation des investissements
extérieurs par l'intermédiaire du programme du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique
(NEPAD).

99
- le projet e-Écoles en Afrique du NEPAD198.
- l’Université virtuelle africaine (UVA),
- et le projet d’implantation de « campus numériques » dans les pays d’Afrique
francophone, qui à l’origine avait pour appellation Université virtuelle francophone
(UVF).

Nous allons dans un premier temps présenter les principales expériences qui ont eu
è
lieu en Afrique depuis les indépendances (1960) jusqu’à nos jours (21 siècle). Il faut
néanmoins souligner que même si tous les projets que nous allons présenter ne concernent pas
uniquement l’enseignement supérieur, c’est notamment le cas des deux premiers cités qui sont
tout de même des expériences qui ont durée plusieurs décennies et nous pensons que cela peut
être très enrichissant de s’en imprégner afin de ne pas retomber dans certaines erreurs du
passé dans la mise œuvre des nouveaux projets destinés à l’enseignement supérieur. Nous
terminerons par une présentation du projet Africampus qui se présente comme un projet
fédérateur et contractuel invitant les établissements universitaires africains du CAMES
(Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur) à définir et à mettre en œuvre
une stratégie commune et cohérente de déploiement d’infrastructures, équipements,
ressources et de services numériques supportés par les TIC afin de s’ouvrir davantage à « la
société de l’information ».

2-2-1 La Radio

Au début des indépendances (1961), l’Organisation des nations unies pour l’éducation,
la science et la culture (UNESCO) soutenait le rôle éducatif de la radio dans l’enseignement
de base. Les premiers en Afrique à avoir accès à ce média furent les pays anglophones
notamment le Kenya (en 1963), le Ghana et le Nigeria (en 1964). En 1964, le Sénégal fut le
premier pays d’Afrique de l’ouest francophone à utiliser la radio pour l’apprentissage du
français selon une méthode mise au point par le Centre de linguistique appliquée de Dakar
(CLAD). Le projet a été interrompu en 1982 sans qu’au préalable aucune évaluation
scientifique ne fût réalisée. Cette méthode fut condamnée au cours des États généraux de

198
Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique.

100
l’éducation et de la formation, coupable selon les enseignants, de la baisse de niveau des
élèves. (SAGNA O., 2001, cité par TAHIRI-LEBORGNE, 2002).

La radio, au même titre que la presse écrite, fut un appui dans les projets
d’enseignement télévisuel des pays francophones, pour la diffusion de supports destinés aux
instituteurs. Il s’agissait particulièrement de radiodiffusion numérique diffusée sur FM. Cette
radio rustique, efficace, sans frais élevé est accessible à tous199. Au milieu des années 1970
(1975) les émissions scolaires furent arrêtées et laissèrent la place à des émissions de
recyclage des maîtres et des programmes à destination rurale qui ont connu un certain succès
auprès des agents de développement de l’agriculture et des paysans. À ce jour certaines
émissions continuent d’être diffusée dans certains pays.

2-2-2 L’enseignement télévisuel

Comme cela fut le cas avec la radio, le Sénégal a également été le premier pays
d’Afrique de l’ouest francophone à tenter l’expérience de l’enseignement télévisuel dès 1963.
Les premiers essais ont débuté en 1965 avant que l’on puisse constater une semi-
généralisation en 1976. Ce projet qui avait pour ambition d’introduire une langue nationale
pendant les deux premières années de la scolarité bénéficiait du soutien du Centre de
linguistique appliqué de Dakar (CLAD). Un vaste projet s’est développé par la suite dans la
sous-région de 1968 à 1980 sous l’égide de l’UNESCO. Le Sénégal adopta ce projet dont la
finalité était la ruralisation de l’enseignement primaire. Cependant malgré une évaluation
positive du projet par l’UNESCO en 1981, il ne fut pas poursuivi.

Ce projet de l’UNESCO a été également expérimenté au Tchad, au Niger, en Côte


d’Ivoire et aux Samoa. Nous reviendrons dans un prochain chapitre sur le cas spécifique de la
Côte d’Ivoire qui expérimenta pendant plus de deux décennies (1967-1980) ce type
d’enseignement.

199
TUDESQ A.J. « Radios et télévision scolaire ». Afrique contemporaine, 1994, n°172, p. 123-135.

101
2-2-3 Le TAMTEL

Le TAMTEL, c’est le nom donné au minitel en Afrique par l’Association des


universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF) aujourd’hui mieux
connue sous l’appellation d’Agence universitaire de la francophonie (AUF). L’objectif du
projet était de permettre aux universités francophones de disposer de minitels qui faciliteraient
la communication entre les centres et les instituts universitaires. Il s’agissait là aussi bien de la
messagerie, des fichiers d’adresses, de communications rapides tant à l’intérieur des
établissements, qu’avec d’autres universités francophones en Afrique ou dans le monde
occidental. Ce service avait par ailleurs également pour but de favoriser la gestion de
l’Information scientifique et technique (IST) et l’interrogation de banques de données
bibliographiques. On l’appelait également projet de vidéotex interactif avec notamment trois
serveurs français de ressources documentaires : le SUNIST, G-CAM et Télésystèmes -
Questel. Au milieu des années 1980 (précisément en 1986) le minitel constituait une nouvelle
technologie dont la France, à cette époque leader mondial du vidéotex interactif faisait la
promotion.

Le Professeur Bakary Tio TOURE qui occupait à la fois les postes de recteur de
l’Université Nationale de Côte d’Ivoire ( l’UNACI éclata en 1995 en trois universités qui sont
l’université de Cocody à Abidjan, l’université d’Abobo-Adjamé toutes les deux situées à
Abidjan et l’université de Bouaké situé dans le centre du pays) et de président de l’AUPELF
fit signer en 1985 une convention entre l’AUPELF et sept pays africains francophones (le
Bénin, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Sénégal, Madagascar, le Togo et le Tchad.) pour
l’implantation de plusieurs minitels dans ces pays200. Cette convention était en partie financée
par la coopération française. Elle avait pour ambition de faire la promotion de vingt-trois
bases de données francophones diffusées en France par le SUNIST (Service universitaire
national pour l’information scientifique et technique).

La mise en œuvre du projet nécessitait qu’un certain nombre de conditions soient


remplies : disposer de lignes téléphoniques, de minitels, de salles de consultation, il fallait
également prévoir l’organisation et le contrôle des accès, de même que la formation des
personnels et des usagers à la pratique et aux techniques de recherche de l’information.

200
TUDESQ, A-J. « Les technologies de l’information : facteurs d’inégalité en Afrique subsaharienne ». Tiers
Monde, vol 35, n°138, 1994, p.63-68.

102
En Côte d’Ivoire, on pouvait déplorer une insuffisance de lignes téléphoniques en bon
état. Il était déjà déploré avant même la mise en route du projet un déficit de lignes pour la
satisfaction des besoins ordinaires du personnel. L’AUPELF et l’Université nationale de Côte
d’Ivoire (UNACI) pour l’attribution des minitels ont dû choisir des priorités. Contrairement
au projet initial de l’université qui prévoyait de doter tous les services administratifs ainsi que
les principaux centres de recherche de minitels. Finalement, la priorité a été accordée
seulement aux bibliothèques, au rectorat et à quelques centres de recherche, ce qui
représentait au total neuf postes.

Malheureusement les prévisions de distribution ne furent pas satisfaites. Cinq minitels


furent livrés tardivement (en 1991), les appareils livrés à la faculté de Médecine et à l’École
normale supérieur (ENS) sont restés longtemps non branchés ; la bibliothèque du centre
ivoirien et d’enseignement des sciences ne reçut aucun appareil. L’accès au SUNIST pour la
localisation des périodiques via le centre de calcul national (Abidjan) ne fonctionnait pas. Un
micro-ordinateur (Goupil) avait été offert à la bibliothèque et, défectueux, il ne put jamais
passer l’étape de l’essai201.

En ce qui concerne les stages du personnel de la bibliothèque qui avait été prévus pour
la recherche documentaire en ligne, ils furent effectivement tous conduits avec la participation
de l’UNESCO. Cependant, n’ayant pas eu l’opportunité de la pratiquer par la suite, le
personnel de la bibliothèque universitaire composé en majorité de non professionnels a perdu
tous les acquis.

Le projet TAMTEL échoua finalement à cause d’une absence de matériels complets et


fonctionnels et d’une non intégration de la recherche documentaire par les enseignants. Cet
échec a eu pour corollaire d’accroître le scepticisme de certains enseignants-chercheurs
ivoiriens en ce qui concerne l’intégration des nouvelles technologies en Côte d’Ivoire.

201
LEBORGNE-TAHIRI Claudine. Op. cit. p. 9

103
2-2-4 Les audio et vidéoconférences

Comme le relève LEBORGNE-TAHIRI Claudine202 c’est un programme qui fut


spécifique à la Côte d’Ivoire. Il fut lancé en 1980 sous la houlette du ministère français de la
coopération. L’Association universitaire pour le développement, l’éducation et la
communication en Afrique et dans le monde (AUDECAM) du dit ministère se chargea de la
mise en œuvre, de l’animation et de la coordination de ce programme. C’est dans le cadre de
suivi de missions d’enseignement et de recherche, d’enseignement à distance, de formation
continue, de suivis de travaux de thèse, d’élaboration de programme, de conférences
d’internat en Pharmacie que la conception des audio et visioconférences fut réalisée.

La mise en orbite du satellite franco-allemand SYMPHONIE a rendu possible la


réalisation de ce programme qui a été renforcé en 1982 lors de la conférence internationale sur
les télécommunications par satellite qui s’est tenue à Abidjan. À l’occasion de cette
conférence deux studios d’audioconférence furent installés l’un sur le site d’Abidjan
(CERCOM dans les locaux de la faculté de Pharmacie) et l’autre sur celui de Bouaké (dans
l’ancien centre télévisuel) pour des besoins de démonstration. Un certain nombre
d’installations restèrent en place et favorisèrent ainsi la poursuite du projet203.

De nombreux incidents techniques seront à déplorer durant la période expérimentale


car au début des années 80 (plus précisément en 1981), le satellite SYNPHONIE était à la fin
de sa vie et déviait de sa trajectoire (CST)204. C’est ainsi que le CNES (Centre nationale
d’étude spatiale) a été obligé de se résoudre au rapatriement du matériel. On assista au
transfert du studio de Bouaké à Abidjan où il fut équipé pour le système Intelsat205.

Peu de temps après le transfert, ce studio a pu reprendre ces activités de sorte que des
communications à distance eurent lieu assez régulièrement entre les enseignants et chercheurs
de Côte d’Ivoire et de France la plupart du temps dans le cadre d’accords interuniversitaires.
Selon une étude prévisionnelle des besoins, les enseignants et chercheurs intéressés par cette
technologie avaient sollicité une cinquantaine de conférences pour l’année 1982. Il nous

202
Idem
203
Idem.
204
Centre spatial de Toulouse : les trente ans du centre (www.cnes.fr/mieux connaître/Centre)
205
Lancé en 1964, il comprend 17 satellites géostationnaires qui desservent 200 pays. Il a des sites miroirs qui
lui permettent de couvrir des besoins dans le monde entier. Il permet des applications dans les
télécommunications, Internet, et la vidéo. (www.intelsat.int)

104
semble opportun de souligner le rôle majeur qu’a joué le ministère français de la coopération
pour le succès de ce projet en offrant dans la première phase du projet 200 heures de
communication, puis dans la seconde phase deux antennes émettrices réceptrices et les
redevances à Intelsat.

Durant l’année 1982, on observa une extension du programme, ainsi une


vidéoconférence entre les facultés de médecine d’Abidjan et de Paris eut lieu cette année-là.
L’année suivante (1983) on assista notamment à une soutenance de thèse de doctorat en
Pharmacie à l’université d’Abidjan avec un jury composé de membres provenant de plusieurs
facultés de France réunis dans un studio à Montpellier.

Un certain nombre de réunions administratives à distance ayant pour objet notamment


les examens ou les cursus universitaires, des réunions de laboratoire, des réunions
thématiques de recherche, des réunions pédagogiques comme la révision de cours en vue des
épreuves, la préparation de missions d’enseignement, etc. ont également eu lieu. Il faut par
ailleurs signaler que des entreprises privées ont pu utiliser ce moyen de communication à titre
payant en dehors des heures d’utilisation universitaire, ce qui permit de le rentabiliser.

Il faut ajouter que si on a pu relever des éléments intéressants notamment en ce qui


concerne les relations entre les enseignants et chercheurs ivoiriens et leurs homologues
français, il est à déplorer que toutes les prévisions concernant les étudiants n’aient
malheureusement pas pu être atteintes.

Les responsables de l’enseignement supérieur et de la recherche en Côte d’Ivoire


(ministère et université) espéraient voir les étudiants, grâce à ce moyen développer d’un site à
un autre, le travail en groupe, les questions, les échanges d’explication, tout en vérifiant leur
apprentissage et leur degré d’intégration. Pour le ministère cet aspect du projet permettrait de
réaliser d’importantes économies. Cela allait favoriser la réduction des missions
d’enseignement, des déplacements pour la formation continue des enseignants à l’étranger ou
des professeurs participant à des jurys de thèses. Cependant, aussi surprenant que cela puisse
paraître rien ne fut mise en œuvre par ce ministère pour que cette légitime ambition devienne
une réalité.

105
Il faut souligner par ailleurs, qu’un élargissement de ce programme aux autres pays
africains francophones était prévu, avec un projet de « satellite africain ». Les perspectives
d’avenir de ce programme206 prévoyaient :

- La décentralisation des établissements éducatifs.


- Des projets communs Sud/Sud.
- La création de nouvelles institutions ivoiriennes dont un centre de formation
permanente.

De façon paradoxale, alors que toutes les installations étaient en place et les personnes-
ressources formées sur place le programme a été abandonné.

Les raisons de l’arrêt de ce programme sont diverses, mais les principales sont d’ordre
financier : le non-paiement des heures de télécommunications à Intelsat par le gouvernement
ivoirien après l’épuisement des 200 heures de connexion offertes par la France et le non-
paiement de l’entretien du studio d’audioconférence.

Les autres raisons relèvent du défaut de vulgarisation et de valorisation des possibilités du


média auprès des enseignants-chercheurs, le désengagement des enseignants-chercheurs
ivoiriens face aux difficultés rencontrées dans la gestion matérielle et la préparation
pédagogique des audioconférences et enfin le manque d’organisation rigoureuse tant
administrative, technique, prévisionnelle, que décisionnelle sur le choix des projets et leur
suivi. Ces différentes raisons expliquent l’échec de ce programme fort prometteur, sans que
cela ne suscite une quelconque réaction du monde universitaire ivoirien.

On peut effectivement regretter que les enseignants et chercheurs ivoiriens ne se soient


pas réellement mobilisés pour la survie d’un tel programme qui de toute évidence ne pouvait
que contribuer à un renforcement de la qualité des formations et de la recherche. Cette
situation peut être sujet à de nombreuses interrogations sur l’intérêt que portent ces derniers à
l’amélioration constante de la qualité des formations et de la recherche qui doit être le
leitmotiv de toute institution universitaire. On peut également devant le peu d’intérêt que le
gouvernement ivoirien a accordé à ce projet s’interroger sur la place accordée par celui-ci au

206
MERCIER N. « Les audioconférences : leur avenir dans notre contexte universitaire ». Assempé, 1984, C,
18-19.

106
développement de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cette situation pouvant être
perçue comme un manque d’intérêt de la part des gouvernants ivoiriens pour la chose
universitaire.

2-2-5 Les e-Écoles du NEPAD, les universités virtuelles africaines (UVA) et les campus
numériques

Les programmes de créations d’e-Écoles du NEPAD, d’Universités virtuelles


africaines (UVA) et de campus numériques en Afrique mise en œuvre respectivement par
l’Union africaine (UA), la Banque mondiale et l’Agence universitaire de la francophonie
(AUF) sont certainement les plus en vue en ce moment sur le continent en ce qui concerne
l’intégration et le développement de l’usage des TIC dans l’éducation en Afrique. L’objectif
principal de ces programmes, selon les organismes qui les ont mis en place, est d’essayer de
faire face aux difficultés que rencontrent les établissements éducatifs en Afrique dans leur
fonctionnement, par l’intégration et l’usage des nouvelles technologies. Ces programmes ont
pour ambition de toucher un nombre assez important de pays africains.

2-2-5-1 L’initiative du NEPAD pour les e-Écoles

En 2001, la commission e-Afrique de l’Union africaine a été créée avec pour mandat
de gérer le développement structuré des TIC sur le continent africain dans le contexte du
NEPAD qui est un cadre de politique de développement socio-économique du continent
africain. Cette commission présidée par le président de la commission de l’Union africaine en
personne207, est également mandatée pour développer des stratégies générales et un plan
d’action détaillé pour l’infrastructure des TIC ainsi que son utilisation pour les applications et
les services des TIC208. En mars 2003, à Abuja au Nigeria, la commission a présenté une liste
de six projets prioritaires à la 6ème réunion du comité des chefs d’État et de gouvernement
chargés de la mise en œuvre du NEPAD. Ces six projets sont :

- L’initiative du NEPAD en matière des e-Écoles,


- le projet d’accès satellitaire à coût réduit pour les e-Écoles du NEPAD,

207
Alpha Oumar KONARÉ
208
Union africaine, Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Rapport annuel
2003/2005, Addis Abeba, 2005, p.25.

107
- le projet câble sous-marin d’Afrique de l’Est,
- le projet associé du NEPAD pour l’accès aux fibres optiques pour les pays africains
enclavés,
- le projet de renforcement des capacités du NEPAD pour l’e-apprentissage (apprentissage par
Internet) en Afrique (basé sur l’Université virtuelle africaine),
- et enfin, le projet de e-politiques et e-stratégies.

L’initiative NEPAD pour les e-Écoles à laquelle on va particulièrement s’intéresser a


officiellement été lancée à Durban au cours du sommet africain du forum économique
mondial, le 12 juin 2003. Elle vise à transmettre les connaissances des TIC aux jeunes
africains. Le but de cette initiative est d’arriver à fournir à tous les établissements primaires et
secondaires africains des équipements en matière de TIC. Il s’agit notamment d’ordinateurs,
de postes de télévision et de radio, de téléphones et appareils de télécopie, d’équipement de
communication, de scanners, caméras numériques, photocopieuses, etc. Ce projet sera exécuté
en dix ans et une vingtaine de pays africains sont invités à participer à la première phase. Ces
pays sont : l’Algérie, l’Angola, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la république du
Congo, l’Égypte, l’Éthiopie, le Gabon, le Ghana, le Kenya, le Lesotho, le Mali, l’île Maurice,
le Mozambique, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l’Afrique du Sud et l’Ouganda. Cette
initiative va impliquer 600 000 écoles à travers le continent.209

Au cours d’un atelier de travail sur l’initiative du NEPAD qui a eu lieu du 13 au 15


mai 2004 à Johannesburg en Afrique du Sud, il a été adopté un projet de démonstration210
impliquant six écoles pilotes par pays. Ce projet devait être mise en œuvre avec l’aide de
partenaires du secteur privé pour le programme TIC du NEPAD. 16 pays africains doivent
participer à ce projet de démonstration (il s’agit des mêmes pays cités au paragraphe
précédent à l’exception de l’Angola, du Bénin, la république du Congo et l’Éthiopie).

Le 17 avril 2007, l’Afrique du Sud a été le septième pays à inaugurer le projet après
l’Ouganda, le Ghana, le Lesotho, le Kenya, le Rwanda et l’Égypte. L’inauguration, qui a eu
lieu à l’école secondaire Maripe dans la province du Mpumalanga, concernait six écoles à

209
Idem p.26.
210
Union africaine, Les e-Écoles du NEPAD projet de démonstration, Document établi pour la réunion de
Johannesburg des représentants des gouvernements africains. Johannesburg : NEPAD, mai 2004. (Document
PDF). http://www.education.gouv.sn/partenariat/e_school/fichiers/Nepad%20pilote.pdf

108
travers le pays211. Cette initiative est un joint-venture entre le Gouvernement sud-africain, le
Consortium HP, le Consortium Cisco, le Consortium ORACLE et la Commission e-Afrique
du NEPAD212.

2-2-5-2 L’ UVA (Université virtuelle africaine)

Cette université virtuelle a été lancée par Etienne BARANSHAMAJE, un Burundais,


expert et haut fonctionnaire de la Banque mondiale. L’expérience a débuté au Kenya en 1997
et au Bénin deux ans plus tard. Les pays anglophones sont majoritaires dans ce programme :
Quinze contre sept francophones. Selon Jacques EDJROKINTO, gestionnaire de l’UVA-
Bénin :

L’UVA est né du constat que la plupart des jeunes africains ont


envie d’aller étudier dans les grandes universités occidentales. Mais
les tracasseries de cartes de séjour et de visas et les moyens ne
permettent pas à la plupart de réaliser leur rêve. L’UVA vise à donner
aux Africains des formations de pointe sans qu’ils soient obligés de
quitter le continent213.

L'UVA a pour objectif de former une nouvelle génération de scientifiques,


d’ingénieurs, de techniciens, d’hommes d’affaires et de professionnels de divers horizons
capables d’amorcer et de soutenir le développement économique dans leurs pays respectifs.
L’UVA vise à compléter le système éducatif africain qui doit faire face à un afflux
grandissant d'étudiants et à un déficit de matériel et d'enseignants en introduisant de nouvelles
méthodes éducatives basées sur la puissance de la technologie et les télécommunications
modernes214.

La phase pilote de l’UVA a débuté en juillet 1997 et a permis de tester et valider le


concept d'université virtuelle. De 1997 à 1999 l’UVA utilise l’expertise et les installations de
la Banque mondiale, avec l’appui des Recteurs et Vice-chanceliers de nombreuses universités
africaines pour mener à bien sa mission. De 2000 à 2001, l’UVA a connu une phase de
transition au cours de laquelle 31 centres de formation ont été créés dans 17 pays africains. 23

211
http://www.cipaco.org/spip.php?article1278
212
http://www.malango-mayotte.com/info/article-
le_president_mbeki_inaugure_les_e_ecoles_du_nepad_en_afrique_du_sud-2933.htm
213
ADJAKOU BADOU J. « Universités virtuelles pour les étudiants africains », Dossier SYFIA
http://www.anais.org./SITES/BAM200/documents/SYFIA/université.html.11k
214
http://uva.ulb.ac.be/

109
000 personnes ont été formées dans les domaines du Journalisme, des Études Commerciales,
de l’Informatique, des Langues et de la Comptabilité, avec un taux d’inscription élevé de
femmes (plus de 40%). En 2002, l’UVA est passée à sa phase opérationnelle, au cours de
laquelle une stratégie majeure d’expansion est mise en œuvre à travers les 53 pays
d’Afrique215. En 2005 selon Jacques BONJAWO216 l’UVA était présente dans 26 pays
africains à travers 47 centres (campus numériques) dont à peu près la moitié sont installés
dans les pays francophones. Le président du conseil d’administration de l’UVA revendique
40 000 étudiants africains formés depuis la création de l’UVA217. Des diplômes ont été remis
cette même année à des étudiants qui suivaient des formations en informatique et en gestion
fournis par des universités australiennes de Curtin et du Royal Melbourne Institue of
technology. Depuis 2002, l’UVA a abandonné officiellement l’idée de délivrer ses propres
diplômes pour se concentrer sur la livraison de programmes réalisés par d’autres
établissements, notamment les universités occidentales.

Pour l’Afrique au Sud du Sahara qui se heurte à un manque de ressources


intellectuelles, matérielles et financières, l’émergence du module d’une université virtuelle
présente une opportunité à ne pas manquer. La croissance des TIC rend possible, dans le
cadre de l’université virtuelle, le partage, par des étudiants situés dans des lieux non connectés
physiquement, de professeurs de haut niveau, de bibliothèques parmi les plus riches du monde
et de laboratoires parmi les mieux équipés.

Cependant, après dix années d’existence (1997-2007) l’UVA est sujette à de très
sévères critiques, Pierre-Jean LOIRET218 dans une étude critique sur l’UVA dira :

L’UVA n’a, jusqu’à présent, jamais semblé maître de son


destin. En raison de ses erreurs de conception, d’une sous-estimation
des difficultés liées à son environnement de travail (l’Afrique) elle a
dû plusieurs fois changer d’orientation, redéfinir ses objectifs ;

215
GBADAMASSI F. « l’université Virtuelle africaine est en expansion », AFRIK.COM, 21 avril 2005.
http://www.afrik.com/article8323.html
216
Président du conseil d’administration de l’UVA.
217
GBADAMASSI F. Op. Cit. http://www.afrik.com/article8323.html
218
Administrateur délégué du programme « TIC et appropriation des savoirs » de l’Agence universitaire de la
francophonie (AUF).

110
subissant davantage qu’initiant les situations qu’elle rencontrait. Et
pourtant, son « marketing de l’utopie », celui notamment qui consiste
à faire valoir que les « meilleurs » professeurs des « meilleures »
Universités sont à la portée d’un étudiant sub-saharien, semble
trouver, au plus haut niveau, un écho sur le continent. Réponse
finalement simpliste à des problèmes complexes, l’UVA ressemble
davantage à un slogan qu’à une vision d’avenir. On peut aussi
analyser l’utilisation de l’enseignement à distance et des technologies
par l’UVA et ses commanditaires comme un prétexte à la mise en
œuvre d’un espace de domination et non de partage, la continuation
d’une influence. L’UVA ne semble pas avoir été créée pour s’insérer
dans le cadre sociétal africain, mais pour le transformer malgré lui219.

219
LOIRET Pierre-Jean, L’Université virtuelle africaine, histoire d’une mise en scène, Master recherche en
sciences de l’Éducation, Université de Rouen, 2004-2005.
http://www.tic.ird.fr/IMG/pdf/Universite_virtuelle_africaine-UVA_PJL.pdf

111
Figure 1

Parallèlement à cette expérience (projet UVA) se met en place une initiative des pays
ayant en partage la langue française : l’université virtuelle francophone (UVF).

2-2-5-3 Les Universités virtuelles francophones (UVF) ou Campus numériques francophones


(CNF).

C’est en 1997 au sommet francophone de Hanoi (Viêtnam) que les chefs d’État et de
gouvernement ont confié à l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) le mandat de
créer l’Université virtuelle francophone. L’objectif principal de l’UVF, est de favoriser dans
les universités des pays du Sud, une appropriation des TIC et pour cela l’UVF va :

- développer le travail en réseau, la transmission des savoirs et des savoir-faire dans une
optique de solidarité et de co-développement,

112
- permettre un rééquilibrage des flux d’information Nord-Sud et développer une
production scientifique au Sud,
- elle fera bénéficier les étudiants francophones issus des zones défavorisées de
formations de qualité,
- et enfin va diffuser largement les produits d’enseignement ouvert francophones. 220

L’UVF est un processus d’appui aux universités existantes et ne remplace pas ces
dernières. Les programmes de l’UVF sont complémentaires des enseignements traditionnels.
L’UVF ne délivre pas de diplôme mais offre des possibilités de co-diplomation entre
établissements du nord et du sud. Si les cours sont suivis sous forme électronique, les
examens auront lieu en présentiel classique, soit dans l’établissement partenaire, soit sur le
campus de l’UVF. L’une des principales composantes de l’UVF est une infothèque
électronique. On y trouve des bases de données spécialisées (Médecine, Informatique,
Agronomie, Littérature…), des répertoires de thèses et de littérature grise, des ouvrages en
texte intégral, des revues en ligne dans les domaines des Sciences de l’information, de la
Santé, de l’Agronomie, mais aussi des cours déjà en ligne proposés par les plus grandes
universités francophones. On pourra y trouver également des ressources informatiques
(logiciels, partagiciels, didacticiels), des annuaires des enseignants et des chercheurs, des
annuaires d’établissements et de formations. L’UVF offre aussi la possibilité de suivre une
formation professionnelle continue221.

220
Université Virtuelle Francophone, Foire aux questions, http://www.vn.refer.org/vietn-ct/uvf/foire.htm
221
Idem.

113
Figure 2

2-2-6 Le projet Africampus

Le projet Africampus s’appuie sur l’action de médiation de l’Agence Universitaire de


la Francophonie (AUF) dont le conseil scientifique a entériné en décembre 2003 à Dakar, le
programme d’action de l’expérimentation des espaces numériques de travail pour les
universités francophones du Sud et l’Est.

En effet, comme le fait observer l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) dans


sa fonction d’opérateur de la coopération et du développement universitaire :

La modernisation des infrastructures, l’amélioration de l’accueil, la


prise en compte des sureffectifs, la réforme du plan de formation des

114
enseignants, l’adaptation des contenus pédagogiques, la recherche
d’outils modernes de gestion, la recherche de financements, etc. sont
autant de chantiers prioritaires dans lesquels se sont lancés les
établissements d’enseignement du Sud afin d’améliorer la vie
universitaire.222

Le Professeur Roland DUCASSE, un des initiateurs de ce projet, persuadé que


l’échelle régionale est la seule qui permette, en concertation et collaboration, une politique
volontariste de refondation et de développement durable (l’appropriation des TIC et des TICE
jouant en la matière un rôle déterminant) a présenté en avril 2002 ou cours d’une réunion du
CAMES223 à Abidjan en Côte d’Ivoire cette orientation de projet fédérateur pour les
universités et établissements d’enseignement universitaire en Afrique s’inspirant de processus
engagés dans un certain nombre de pays à travers le monde et tout particulièrement en
Aquitaine (France)224. Ce projet il faut le préciser n’a guère retenu l’attention de la majorité
des Recteurs présents.

Les objectifs généraux du projet Africampus qui reprennent et adaptent ceux qui ont
marqué le déploiement en France des Universités numérique en région (UNR) sont :

- améliorer la réussite des étudiants par le renforcement de leur autonomie et de leur


capacité à construire et conduire leur projet personnel de formation ;
- améliorer l’insertion professionnelle et lutter contre l’échec ;
- facilité l’accès aux filières de formation, aux contenus pédagogiques et documentaires
sans contrainte de lieu ou de temps ;
- mettre à la disposition des enseignants les moyens techniques et l’ingénierie
pédagogique nécessaire à la mise en ligne du contenu de leur enseignement ;
- permettre à la communauté universitaire de bénéficier des apports des TIC en termes
d’organisation, de gestion, de culture et d’accès à l’information. 225

222
MSHA, Les stratégies d’organisation et la redéfinition des savoirs dans les universités africaines (Projet de
recherche), Dossier Conseil régional 2004.
223
Conseil Africain et Malgache de l’enseignement supérieur.
224
DUCASSE R. Quelle université pour l’Afrique ? Pessac : MSHA, 2002, (ouvrage collectif). P.237.
225
Idem. P238.

115
Figure 3

Les initiateurs de ce projet attendent en termes de résultats, qu’au bout de quatre


années d’exploitation du dispositif, les personnels des établissements universitaires africains
seraient sensibilisés à l’usage des TIC et possèderaient une maîtrise suffisante d’outils
identifiés correspondant aux besoins de leur institution. Cette maîtrise devant leur permettre
de contribuer à la mise en œuvre et au développement des services destinés aux étudiants. En
ce qui concerne les étudiants des établissements universitaires africains en fin de premier
cycle, ils doivent pouvoir être autonomes en Informatique bureautique et documentaire. Leurs
enseignants doivent pouvoir être en mesure de contribuer au capital des savoirs, et des savoirs
africains par le partage de scénarios et de supports pédagogiques. Le catalogue de l’offre de
formation des établissements universitaires africains doit être accessible en ligne. Un nombre
significatif d’étudiants doit pouvoir bénéficier d’un environnement d’apprentissage supporté

116
par les TIC leur permettant un accès aux supports pédagogiques, aux ressources
documentaires, de dialoguer entre eux et avec leurs enseignants via les services numérique
d’information et de communication : messagerie, liste de diffusion, forum, stockage partagé
de documents, agenda, accès aux notes, document administratif, etc.226

L’Université Omar BONGO (UOB) de Libreville et l’Université Cheikh Anta DIOP


(UCAD) de Dakar sont les deux établissements africains choisis pour débuter
l’expérimentation de ce projet.

Au terme de ce premier chapitre nous pouvons relever que la question de l’intégration


des TIC dans l’enseignement supérieur devient aujourd’hui fondamentale aussi bien dans les
pays développés du monde occidental que dans les pays en voie de développement de
l’hémisphère sud. De nos jours avec le développement des TIC, l’avenir des universités
dépend de leur capacité d’adaptation à la nouvelle société de l’information et de répondre aux
besoins d’un marché professionnel toujours plus exigeants. Si cette adaptation, comme on a
pu le percevoir tout au long de ce chapitre s’opère sans trop grandes difficultés dans les
universités occidentales, en Afrique les mutations sont réellement très lentes pour diverses
raisons dont l’une des plus évidentes est sans doute le retard considérable que connaît se
continent en matière de développement des télécommunications. Dans le prochain chapitre
nous parlerons de l’état des télécommunications en Afrique en général, et en Côte d’ Ivoire en
particulier.

226
Ibidem. p. 238.

117
CHAPITRE II

Situation des télécommunications et des liaisons à


Internet en Afrique

118
Selon l’expert en télécommunication Jean MARCHAL227, la situation des
télécommunications en Afrique, au regard de tous les indicateurs classiques qui caractérisent
l’activité des télécommunications, n’est pas bonne. La vitesse de progression de
l’amélioration des indicateurs étant plus faible que partout ailleurs. On assiste ces dernières
années à un réel bouleversement du monde des télécommunications. Le développement très
accéléré des innovations technologiques contraint l’ensemble des États à travers le monde à
opérer des modifications législatives et réglementaires.

Dans le contexte général des télécommunications à travers le monde trois observations


capitales sont faites par Jean MARCHAL :

1) la donnée essentielle est une chute extraordinaire des coûts de


transmission, en raison d’une augmentation permanente des capacités
en bande passante des nouveaux supports en fibre optique ou des
possibilités apportées par la compression des signaux en ce qui
concerne les voies satellites.

2) les coûts de commutation ont également tendance à chuter, mais


moins aussi rapidement, et sous l’effet de la concurrence entre
fabricants d’autocommutateurs.

3) le coût de la distribution classique par technologie filaire (boucle


locale) reste élevé. Néanmoins de nouvelles technologies
apparaissent, la boucle locale radio, permettant de faire chuter les
coûts.

Même si un bon nombre d’économistes proches de la banque mondiale selon Jean


MARCHAL estimaient qu’une chute vertigineuse des coûts de la communication vocale
internationale devait être constaté en 2005 (la téléphonie vocale constitue 80 % des recettes
des opérateurs de télécommunications dans le monde), il n’est pas certain que cela puisse
s’observer sur les marchés d’Afrique subsaharienne encore trop restreints. L’explosion de la

227
MARCHAL J. « Nouvelle donne, nouveaux réseaux : Les infrastructures d’information et de communication
et les perspectives à l’horizon 2002/2003. » in CHENEAU-LOQUAY A. (dir.) .Enjeux des technologies de la
communication en Afrique : du téléphone à Internet. Karthala-Regards, 2000, p.68.

119
concurrence, est enfin une autre donnée essentielle du secteur dans le monde (Aux États-unis
1800 structures offrent un service téléphonique sur le marché, qu’elles disposent de quelques
salariés ou de plusieurs centaines de milliers)228.

Comme le souligne Samira KRIA-CHAKER229 experte de l’Union Internationale des


Télécommunications (UIT), dans un document intitulé Pour une stratégie des Technologies
de l’information et de la communication dans les pays les moins avancés d’Afrique, produit
dans le cadre de la préparation du sommet mondial sur la société de l’information de 2003 et
2005 au sein de l’Unité de politique et stratégie (UPS) :

À l’ère de la société de l’information et de la communication, les


problèmes qui touchent les pays les moins avancés (PMA) se posent
avec acuité. Près de 600 millions d’habitants de la planète, répartis
dans 49 pays, relèvent de cette catégorie, dont 34 se trouvent en
Afrique. Ils ne bénéficient toujours pas des avantages socio-
économiques des Technologies de l’information et de la
communication (TIC).

Les problèmes persistant que connaissent ces pays sont notamment :


le niveau de qualification du capital humain, le manque
d’infrastructures de télécommunications, le cadre réglementaire et
juridique inadéquats, la faiblesse des institutions, l’absence de
rigueur dans la maintenance et l’insuffisance des apports en capitaux
d’investissement, en ressources, en gestion et en innovations
technologiques.

Il est incontestable que l’accès aux technologies de l’information et de la


communication (TIC) que se soit aussi bien le téléphone fixe et mobile, l’Internet et la
radiodiffusion reste inégalement réparti230. L’Afrique qui est malheureusement le continent
dont est issue l’immense majorité des pays les moins avancés (PMA) est sans conteste le

228
Idem
229
CHAKER S. « Pour une stratégie en faveur des nouvelles technologies d’information et de la communication
dans les pays les moins avancés d’Afrique » UIT- novembre 2002. in URL : www.int/osg/spu/wsls-
themes/Access/backgroundpaper/ PMA-fr-2-22.pdf.
230
http://www.itu.int/ITU-D/ICTEYE/Indicators/Indicators.aspx

120
continent où l’on sent le plus ce développement à double vitesse. En effet, si l’on prend par
exemple le cas de la téléphonie (téléphonie fixe et téléphonie mobile), la pénétration en 1991
selon les estimations de l’Union internationale des télécommunications (UIT) s’établissait à
49 % dans les pays développés contre 3,3 % dans les pays émergents et à peine 0,3 % dans les
pays les moins avancés (PMA). Une décennie plus tard (en 2001) on a pu constater avec
regret que l’écart entre les pays émergents et les pays les moins avancés s’est creusé puisque
le rapport est passé de 12/1 à 17/1, alors que dans le même temps il diminuait fortement (plus
de la moitié) entre les pays émergents et les pays développés en passant de 15/1 à 6/1. Les
chiffres concernant la pénétration de la téléphonie étant dorénavant (en 2001) de 121 % pour
les pays développés, 18,7 % pour les pays émergents et enfin 1,1 % pour les pays les moins
avancés. Les disparités sont encore plus flagrantes en ce qui concerne l’Internet et cela que se
soit aussi bien au niveau de l’accès que de la qualité de l’accès231. Les pays les moins avancés
disposant de 3 accès pour 1 000 habitants.

Le développement des télécommunications au vu de ces statistiques peut être de plus


en plus considéré comme un facteur déterminant le niveau de développement économique
d’un pays. Comme le disait Noah SAMARA232 (cité par Alain François LOUKOU233),
l’information se cache derrière la prospérité des nations, tandis que l’absence d’information se
cache derrière leur pauvreté. Selon lui si l’on veut un développement durable, une société
civile seine et une véritable production intellectuelle, l’information est véritablement ce qui
est nécessaire à tous les besoins.

231
UIT, Rapport sur le développement mondial des télécommunications, 2002.
232
Fondateur et Président Directeur général du réseau de communication par satellite WORLDSPACE.
233
LOUKOU A.F., Op. Cit.

121
Graphique 1

Le développement mondial des télécommunications (1991-2001)

122
1- État de l’infrastructure.

Malgré les tendances encourageantes apparues depuis quelques années, les différences
de niveaux de développement de l’Afrique et du reste du monde sont encore plus grandes
dans le domaine des Technologies de l’information et de la communication (TIC). En 2005,
alors qu’on dénombrait 27 360 300 lignes téléphoniques principales en Afrique soit 3,10 pour
100 habitants, le continent américain en comptait 294 574 000 soit 33,10 pour 100 habitants,
l’Asie disposait de 601 965 700 lignes téléphoniques principales soit 15,63 pour 100
habitants, le continent européen était pourvu de 325 244 300 lignes téléphoniques principales
soit 40,66 pour 100 habitants et enfin l’Océanie en possédait 12 208 800, soit 37,50 pour 100
habitants234. Déjà en 2001 Mike JENSEN235 dans une étude236 sur la situation de l’Internet en
Afrique faisait référence à la faiblesse de l’accès des africains aux outils informatiques,
audiovisuels et numériques (1 sur 4 possédait un poste de radio, 1 sur 13 un poste de
télévision, 1 sur 35 un téléphone cellulaire, 1 sur 40 une ligne téléphonique, 1 sur 130 un
ordinateur, 1 sur 160 utilisait Internet, 1 sur 400 une télévision à péage).

L’une des causes principales de cette situation est sans conteste l’irrégularité, voire
dans certains cas l’inexistence de fourniture d’électricité dans la majorité des régions en
Afrique hormis les grandes villes. Il va donc de soi que l’intensification de l’usage des TIC ne
peux que prendre du retard. En plus, le fait que la plupart des régimes fiscaux des pays
africains traitent les produits des technologies de l’information et de la communication,
comme des articles de luxe rend ces derniers extrêmement chers et donc pas à la portée de
l’immense majorité de la population qui vit dans un état de relative pauvreté.

Cependant, on constate dans la plupart des pays les moins avancés d’Afrique une
expansion des réseaux de télécommunications se traduisant par un accroissement de 10 % par
an du nombre de lignes principales. Il est néanmoins utile de relever qu’une bonne partie du
réseau de télécommunications est analogique et que de nombreux secteurs fonctionnent à
saturation de capacité ou sont très peu fiables particulièrement en saisons de pluies. En outre
50% en moyenne des lignes disponibles sont concentrées dans les capitales qui ne

234
UIT. Lignes téléphoniques principales, abonnés pour 100 habitants. 2005.
http://www.itu.int/ITU-D/ICTEYE/Indicators/Indicators.aspx#
235
Mike Jensen est sud-africain. Consultant indépendant spécialiste de l’Internet en Afrique, il est responsable
d’un site sur la question : http://www3.sn.apc.org/africa/
236
JENSEN M., The african internet, A status Report. In http:// www3.sn.apc.org/africa/afstat.htm.

123
rassemblent en général pas plus de 20 % de la population. Parmi les exemples les plus
révélateurs de ce déséquilibre qui existe à l’intérieur des pays africains entre les zones
urbaines et les zones rurales on peut citer le cas d’Abidjan, la capitale économique de la Côte
d’Ivoire. En effet, 69,22 % des lignes téléphoniques principales de ce pays étaient concentrées
dans cette seule ville en 2005, soit 178 547 sur un total de 257 932. On dénombrait seulement
79 385 lignes téléphoniques principales pour le reste du pays237.

Les infrastructures en matière de télécommunications dont dispose cette région sont


de loin les moins développées par rapport aux autres régions de la planète. Mais, comme le
relève Samira KRIA-SHAKER238 l’état des réseaux téléphoniques existants est des plus
variables selon les pays en Afrique. Dans certains pays tels que le Botswana ou le Rwanda qui
comptent le développement des télécommunications parmi leurs priorités on peut observer
l’installation de commutateurs numériques avec artères en fibre optique entre les villes et la
plus récente technologie de téléphone cellulaire et portable. A contrario dans des pays tels que
Madagascar ou l’Ouganda on retrouve des systèmes téléphoniques analogiques en général peu
fiables de même que des liaisons nationales médiocres entre les centres urbains.

Des disparités significatives sont observées d’un pays à un autre. Au moment où dans
certains pays le parc de lignes principales est en baisse, il s’agit précisément de ceux dont la
situation politique et économique à connu de graves problèmes durant la dernière décennie (le
Libéria, le Rwanda, le Congo et l’Angola) ; dans d’autres pays notamment les plus petits (cap
vert) pour lesquels le coût de développement des réseaux est beaucoup moins onéreux on
peut observer des progressions de 300 %. Dans certains pays sahéliens et d’Afrique centrale
tels que le Niger, le Mali ou encore la République Démocratique du Congo (RDC) on a moins
de deux lignes téléphoniques pour cent habitants. En 2006, on dénombrait un total de
28 434 500 lignes téléphoniques principales dans toute l’Afrique. La république Sud africaine
comptait à elle seule 4 729 000 lignes téléphoniques principales, les cinq pays du nord de
l’Afrique (Algérie, Égypte, Libye, Maroc et Tunisie) en comptaient 16 666 600 tandis que les
49 autres pays d’Afrique subsaharienne ne disposaient que de 7 038 900 lignes téléphoniques
principales239. Comme on peut aisément le constater la fracture numérique à l’intérieur du

237
ATCI. Panorama des télécommunications. 2005
238
CHAKER S. Op. Cit.
239
Source: UIT. Africa, ICT indicators, 2006.
http://www.itu.int/ITU-D/ict/statistics/at_glance/af_ictindicators_2006.html

124
continent africain est très flagrante, les pays les plus nantis au plan économique connaissent
un développement plus important en matière de télécommunications.

Les pays africains, comme cela a pu être observé déjà dans le reste du monde procèdent
depuis quelques années au démantèlement du monopole public dans le secteur des
télécommunications. Des organismes de régulation autonomes financièrement indépendants
du gouvernement et distinct des fournisseurs de télécommunications ont été mis en place dans
la plupart des pays. Les nouveaux services que constituent la téléphonie mobile, la fourniture
d’accès à Internet et les services de transmissions des données se développent dans un
contexte concurrentiel. Par contre, les services de téléphonie fixe (appels locaux, nationaux ou
internationaux.) restent dans 80 % des pays africains aux mains de monopoles contre 60 % en
Amérique du Nord et 50 % en Europe.240

1-1 La téléphonie fixe.

En ce qui concerne le réseau fixe on a observé sur le continent un accroissement de 6 %


de la pénétration du service téléphonique de 1995 à 2002 contre 3 % pour l’Amérique et
l’Europe et 0,7 % pour l’Océanie. Bien que la pénétration de la téléphonie reste encore très
faible, force est de reconnaître que depuis le milieu de la décennie 90 (1995) les pays africains
ont réalisé d’importants efforts pour combler leur retard sur le reste du monde. Ce retard
malheureusement ne peut qu’être un obstacle majeur au développement des pays africains car
il a pour conséquence une faible attractivité pour les investisseurs et des coûts plus élevés.
Selon l’UNECA241 le coût d’un appel téléphonique à l’intérieur de l’Afrique peut être jusqu’à
250 fois plus élevé qu’un appel au sein de l’Europe242. Afin de rendre les services de
téléphonie fixe plus performants dans la majorité des pays africains on a procédé à la
privatisation de ce secteur. L’expertise d’opérateurs privés occidentaux et l’apport de fonds
nécessaires aux investissements ont contribué à la restructuration des opérateurs historiques et
à la rationalisation des réseaux. Néanmoins, on peut déplorer le fait que dans la majorité des
États du continent africain il n’y a que les grands centres urbains qui bénéficient de
connexions, en plus l’attente pour l’obtention d’un raccordement au réseau fixe peut durer
quelques fois plusieurs années. Devant toutes ces difficultés l’apparition de la téléphonie

240
ERNST & YOUNG. Cartographie du secteur des télécommunications. 2003.
241
Commission économique pour l’Afrique des Nations unies.
242
Idem.

125
mobile au cours de la dernière décennie a représenté une véritable révolution technologique.
Elle a contraint les opérateurs publics nationaux à faire face à la concurrence d’opérateurs
privés. Cependant, deux éléments essentiels favorisent le maintien de la demande pour la
téléphonie fixe : il s’agit des tarifs puisque les coûts des abonnements et des taxes d’appel
sont moins importants que ceux de la téléphonie cellulaire, de même le développement
d’Internet stimule la téléphonie fixe car le cellulaire n’est pas encore suffisamment
performant pour les transmissions de données ou d’Internet qui est un grand pourvoyeur de
connexions téléphoniques. De 2001 à 2006 on a assisté à une augmentation constante du
nombre de lignes téléphoniques principales sur le continent africain. En effet, de 21 337 000
lignes téléphoniques principales en 2001 (soit 2,7 lignes téléphoniques principales pour 100
habitants) on est passé à 28 434 500 en 2006 (soit 3,15 lignes téléphoniques principales pour
100 habitants) ce qui représente une augmentation de 7 067 600 lignes téléphoniques
principales.

Graphique 2

126
Graphique 3

Tableau 5

127
1-2 La téléphonie mobile.

La téléphonie mobile a favorisé un accroissement de l’accès aux télécommunications.


Les téléphones portables depuis le début du troisième millénaire (2001) ont supplanté les
téléphones fixes (en 2006 on avait 190 076 200 d’abonnés au téléphone mobile contre 28 434
500 lignes téléphoniques principales disponibles en Afrique243). L’explosion du mobile est
incontestablement le plus gros choc du secteur des télécommunications en Afrique. La
libéralisation du secteur des télécommunications en Afrique a permis au réseau de
télécommunications mobile de connaître un développement ultra rapide. Dès l’année 2001, 56
% des pays africains ont autorisé la concurrence sur le marché des réseaux cellulaires mobiles
alors qu’ils n’étaient que 7 % à avoir opté pour cette politique en 1995. Les pays où on
dénombre de nos jours plus d’abonnement pour les mobiles que pour la téléphonie fixe ont
ouvert leur marché à la concurrence. Avec 92 réseaux mobiles répertoriés en 2001244, le
nombre d’abonnés au mobile ne fait qu’augmenter en Afrique. Entre 2001 et 2006, le nombre
d’abonnés au mobile en Afrique est passé de 25 804 000245 à 190 076 200246 soit une
augmentation de 164 272 200 abonnés en cinq ans. En 2006, la pénétration de la téléphonie
mobile est estimée à 20,94 % contre 3,15 % pour la téléphonie fixe247. L’augmentation de
l’utilisation du téléphone mobile est due à la conjonction de plusieurs facteurs qui sont :

- La demande,
- La réforme du secteur,
- L’avènement de nouveaux concurrents,
- et l’intervention de grands investisseurs stratégiques tels que VODACOM, MTN,
ORASCOM et CELTEL248.

Le développement du système de mobile à prépaiement a permis de mettre les


télécommunications à la portée de tous ceux qui n’avaient pas les moyens financiers pour

243
UIT, Africa Indicators, 2006.
http://www.itu.int/ITU-D/ict/statistics/at_glance/af_ictindicators_2006.html
244
Sources: Baskerville, Global Mobile, ART, décembre 2001
245
Source : UIT. Africa, Telecom projections, 1995-2005.
http://www.itu.int/ITU-D/ict/statistics/at_glance/af_projections.html
246
Source: UIT, Africa, ICT indicators, 2006.
http://www.itu.int/ITU-D/ict/statistics/at_glance/af_ictindicators_2006.html
247
Idem.
248
UIT. « L'Afrique, marché où le mobile connaît la plus forte croissance au monde. La technologie du mobile
est-elle la clé de l'accès aux TIC en Afrique? » Communiqué de presse. Genève, le 26 avril 2004.
http://www.itu.int/newsarchive/press_releases/2004/04-fr.html

128
s’offrir un abonnement. Dans ce domaine l’exemple de l’Ouganda est assez édifiant. Depuis
que MTN Ouganda, le deuxième opérateur national a mis les télécommunications à la portée
de tous en privilégiant le prépaiement la télé-densité globale de ce pays a quadruplé249,
passant de 0,41 abonné au téléphone pour 100 habitants en 1998 à 1,72 en 2001. MTN
Ouganda est devenu en moins de deux ans le plus grand opérateur du pays. Cette entreprise a
par la suite élargi son réseau en zone rurale de sorte qu’en 2003, 50 % de la population et 80
villes étaient desservies par la téléphonie mobile. Un nombre relativement important de pays
africains s’inspire aujourd’hui de l’exemple ougandais. Le système des cartes prépayées a
favorisé le développement des réseaux mobiles en Afrique ainsi que leur rapidité
d’installation. C’est un système qu’on peut considérer assez bien adapté aux pays à faibles
revenus où les clients préfèrent régler d’avance leur communication. Les services prépayés
sont avantageux aussi bien pour les opérateurs qui se voient offrir la possibilité de réduire les
risques, que pour les consommateurs qui ont la possibilité d’accéder au service mobile même
lorsqu’ils ne réunissent pas les conditions requises pour disposer d’un abonnement. En 2002
environ 86,76 % des abonnements en Afrique étaient prépayés selon Baskerville télécom250.

Tableau 6

De 1995 à 2005, on a pu observer une augmentation constante du nombre d’abonnés


au téléphone dans toutes les parties de l’Afrique grâce au développement de la téléphonie
mobile. En république Sud africaine le nombre d’Abonnés est passé de 4 537 000 en 1995 à
24 600 000 abonnés en 2005, dans les cinq pays du nord de l’Afrique (Algérie, Égypte, Libye,
Maroc et Tunisie) le nombre d’abonnés est passé de 5 905 000 en 1995 à 40 300 000 abonnés
en 2005, enfin en Afrique subsaharienne on a également observé un accroissement important
du nombre d’abonnés qui est passé de 2 759 000 en 1995 à 33 100 000 abonnés en 2005. Au
total, à l’échelle de tout le continent on observe une augmentation exceptionnelle d’abonnés

249
UIT, Rapport sur le développement mondial des télécommunications, 2002.
250
Global Mobile, Prepaid continues to drive developing markets, 17 juillet 2002.

129
au téléphone dont le nombre passe de 13 201 000 en 1995 à 98 000 000 en 2005 soit une
augmentation de 84 799 000 abonnés en 10 ans251. L’Afrique est devenue le marché où le
mobile connaît la plus forte croissance.

Un certain nombre de pays implantent des réseaux sans fil (hertziens) fixes pour
fournir des services de la troisième génération (3G) et un réseau mobile 3G a été inauguré
dans certains pays tel que l’Angola. Au vu de la demande d'accès qui existe, ces technologies
sans fil pourraient constituer dans un proche avenir la solution pour l'Internet en Afrique. La
plus connue de ces technologies est certainement la WiFi, mais d'autres à plus longue portée,
telle que la WiMax qui permet une connectivité à grande vitesse jusqu'à 50 km de distance,
pourraient aussi avoir un rôle important à jouer dans la mise sur pied d'un Internet
« portable » pour la région252.

1-3 L’Internet.

Selon l’Union Internationale des Télécommunications (UIT)253 en 2005 l’Afrique


comptait 33 486 500 internautes correspondant 3,76 internautes pour 100 habitants alors que
la moyenne mondiale était 15,74 pour 100 habitants. Une évaluation précise reste cependant
difficile à réaliser car les études de marché sont rares et les estimations reposent en général
sur le nombre d’abonnés des fournisseurs d’accès ou sur le nombre de serveurs. Un
multiplicateur étant par la suite appliqué à ces chiffres pour essayer de se rapprocher de la
réalité. Cette disparité est due aussi bien à la très grande pauvreté de ces pays qu’à des
facteurs d’ordre géophysique. Dans la majorité de ces pays, plus particulièrement dans les
territoires enclavés et les îles lointaines on observe une quasi inexistence de liaisons
nationales et internationales. Les liaisons à fibre optique sont très rares dans ces pays et la
cherté des liaisons par satellite les rend très limitées. On observe également dans ces pays
d’importantes disparités en ce qui concerne les infrastructures internes de télécommunications

251
Source : UIT, Africa, Telecom projections, 1995-2005.
http://www.itu.int/ITU-D/ict/statistics/at_glance/af_projections.html
252
UIT. « L'Afrique, marché où le mobile connaît la plus forte croissance au monde. La technologie du mobile
est-elle la clé de l'accès aux TIC en Afrique? » Op. Cit.
253
UIT, Indicateurs Internet : Serveurs, Indicateurs et no. de PC, 2005.
http://www.itu.int/ITU-D/ICTEYE/Indicators/Indicators.aspx

130
qui sont concentrées principalement dans les grandes villes et quasi inexistantes dans les
zones rurales254.

La moyenne de 3,76 internautes pour 100 habitants cache de fortes inégalités. En effet,
en 2006 parmi les 43 324 900 internautes vivant sur ce continent dont la population était
estimée à 923 480 000 habitants, 5 100 000 internautes vivent en république Sud Africaine et
16 086 900 dans les cinq pays du nord de l’Afrique (Algérie, Égypte, Libye, Maroc et
Tunisie) soit près de la moitié (21 186 900) des internautes répertoriés. Les 49 autres pays du
continent (Afrique subsaharienne) se partageant les 22 137 900 internautes restant. Avec cette
moyenne de 3,76 internautes pour 100 habitants en 2005, les pays africains arrivaient loin
derrière le reste du monde et notamment les pays développés qui ont pour la plupart des taux
de pénétration supérieur à 40 % (Canada 67,89 internautes pour 100 habitants, États-unis
66,33 pour 100 habitants, Allemagne 43,17 pour 100 habitants, France 43,23 pour 100
habitants, Royaume-Uni 53,76 pour 100 habitants, Italie 48,20 pour 100 habitants, Japon
66,59 pour 100 habitants, etc.255) et passent de l’accès téléphonique gratuit à Internet (compris
dans les taxes téléphoniques locales) à l’accès large bande grâce au modems câbles et aux
techniques ADSL (Ligne d’abonné numérique asymétrique). Le continent africain est
incapable jusqu’à présent de fournir un accès Internet de base à des prix abordables.

L’Afrique dispose également d’un nombre insignifiant de serveurs256 par rapport aux
autres continents. L’UIT dénombre en 2005, 424 968 000 de serveurs en Afrique contre
205 502 481 000 en Amérique, 29 058 680 000 en Europe, 27 986 795 000 en Asie et
4 572 838 000 en Océanie.

La possession d’un ordinateur ou PC est également une chose extrêmement rare en


Afrique, en 2005 l’UIT dénombre la présence de seulement 18 453 000 PC sur tout le
continent africain ce qui donne une moyenne de 2,09 PC pour 100 habitants. À ce niveau
également l’Afrique arrive encore une fois loin derrière tous les autres continents. Le taux de

254
CHAKER S., Pour une stratégie en faveur des nouvelles technologies d’information et de la communication
dans les pays les moins avancés d’Afrique, UIT- novembre 2002. www.int/osg/spu/wsls-
themes/Access/backgroundpaper/ PMA-fr-2-22.pdf.
255
UIT, Indicateurs Internet : Serveurs, Indicateurs et no. de PC, 2005. Op. Cit.
256
Un serveur informatique est un ordinateur ou un programme informatique qui rend service aux ordinateurs et
logiciels qui s'y connectent à travers un réseau informatique, les clients. Ce service peut consister à stocker des
fichiers, transférer le courrier électronique, héberger un site Web, etc.

131
pénétration sur les autres continents est bien plus important. À titre d’exemple : le continent
américain avec 314 602 000 PC soit 35,49 PC pour 100 habitants ou encore l’Europe
262 731 000 PC soit 32,85 PC pour 100 habitants. L’Océanie bien qu’ayant un nombre un peu
moins important de PC que l’Afrique (18 038 000) à le taux de pénétration le plus élevé avec
55,26 PC pour 100 habitants. L’Asie par contre se positionne juste devant l’Afrique avec
264 254 000 PC soit 6,98 PC pour 100 habitants.

132
Tableau 7

Africa, ICT Indicators, 2006

Population Main telephone lines Mobile subscribers Internet users


000s 000s p. 100 000s p. 100 000s p. 100

Algeria 33'354 2'841.3 8.52 20'998.0 62.95 2'460.0 7.38


Egypt 75'437 10'807.7 14.33 18'001.1 23.86 6'000.0 7.95
Libya 5'968 483.0 8.09 3'927.6 65.81 232.0 3.96
Morocco 30'735 1'266.1 4.12 16'004.7 52.07 6'100.0 19.85
Tunisia 10'210 1'268.5 12.42 7'339.1 71.88 1’294.9 12.68
North Africa 155'704 16'666.60 10.70 66'270.50 42.56 16'086.9 10.34
South Africa 47'594 4'729.0 9.97 33'960.0 71.6 5'100.0 10.75
South Africa 47'594 4'729.00 9.97 33'960.00 71.6 5'100.00 10.75
Angola 15'802 98.2 0.62 2'264.2 14.33 85.0 0.55
Benin 8'703 76.3 1.02 750.0 10.0 700.0 8.04
Botswana 1'760 137.0 7.78 979.8 55.67 60.0 3.40
Burkina Faso 13'634 94.8 0.70 1'016.6 7.46 80.0 0.59
Burundi 7'834 31.1 0.41 153.0 2.03 60.0 0.77
Cameroon 16'601 100.3 0.61 2'252.5 13.80 370.0 2.23
Cape Verde 519 71.6 13.80 108.9 20.99 29.0 6.09
Central African Rep. 4'093 10.0 0.25 100.0 2.48 13.0 0.32
Chad 10'032 13.0 0.13 466.1 4.65 60.0 0.60
Comoros 819 16.9 2.12 16.1 2.01 21.0 2.56
Congo 4'117 15.9 0.40 490.0 12.25 70.0 1.70
Côte d'Ivoire 18'454 260.9 1.41 4'065.4 22.03 300.0 1.63
D.R. Congo 59'320 10.6 0.02 2'746.0 4.77 180.0 0.30
Djibouti 807 10.8 1.56 44.1 6.37 11.0 1.36
Equatorial Guinea 515 10.0 1.99 96.9 19.26 8.0 1.55
Eritrea 4'560 37.5 0.82 62.0 1.36 100.0 2.19
Ethiopia 79'289 725.1 0.91 866.70 1.09 164.0 0.21
Gabon 1'406 36.5 2.60 764.7 54.39 81.0 5.76
Gambia 1'556 52.9 3.40 404.3 25.99 58.0 3.82
Ghana 22'556 356.4 1.58 5'207.2 23.09 609.8 2.70
Guinea 9'603 26.3 0.33 189.0 2.36 50.0 0.52
Guinea-Bissau 1'634 10.2 0.76 95.0 7.10 37.0 2.26
Kenya 35'106 293.4 0.84 6'484.8 18.47 2'770.3 7.89
Lesotho 1'791 48.0 2.67 249.8 13.92 51.5 2.87
Liberia 3'356 ... ... 160.0 4.87 - ...
Madagascar 19'105 129.8 0.68 1'045.9 5.47 110.0 0.58
Malawi 13'166 102.7 0.80 429.3 3.33 59.7 0.45
Mali 13'918 75.0 0.66 869.6 7.66 70.0 0.50
Mauritania 3'158 34.9 1.11 1'060.1 33.57 100.0 3.17
Mauritius 1'256 357.3 28.45 722.4 61.50 182.0 14.49
Mayotte 170 ... ... 48.1 28.80 - ...
Mozambique 20'158 67.0 0.33 2'339.3 11.60 178.0 0.90
Namibia 2'052 138.9 6.84 495.0 24.37 80.6 3.97
Niger 14'426 24.0 0.17 323.9 2.32 40.0 0.28
Nigeria 134'375 1'688.0 1.26 32'322.2 24.05 8'000.0 5.95
Réunion 797 ... ... 579.2 75.51 220.0 27.99
Rwanda 9'230 22.0 0.24 290.0 3.21 65.0 0.70
S. Tomé & Principe 160 7.4 4.73 12.0 7.67 23.0 14.69
Senegal 11'936 282.6 2.37 2'982.6 24.50 650.0 5.45

133
Seychelles 81 20.7 25.40 70.3 86.50 29.0 35.67
Sierra Leone 5'678 ... ... 113.2 2.21 10.0 0.19
Somalia 8'496 100.0 1.22 500.0 6.08 94.0 1.11
Sudan 36'993 636.9 1.72 4'683.1 12.66 3'500.0 9.46
Swaziland 1'029 44.0 4.28 250.0 24.30 41.6 4.03
Tanzania 39'025 147.9 0.38 6'240.8 15.99 384.3 1.00
Togo 6'306 82.1 1.30 708.0 11.23 320.0 5.07
Uganda 29'856 108.1 0.36 2008.8 6.73 750.0 2.51
Zambia 11'861 94.7 0.81 949.6 8.14 334.8 2.87
Zimbabwe 13'085 331.7 2.53 832.5 6.36 1'220.0 9.32
Sub-Saharan 720'180 7'038.9 1.01 89'845.9 12.75 22'137.9 3.10
AFRICA 923'480 28'434.5 3.15 190'076.2 20.94 43'324.9 4.72

Year end 2006 provisional estimates. Updated: 11.07.2007


Source: Telecommunication Development Bureau (BDT), International Telecommunication Union (ITU).

Nb: 000s Thousands (i.e. 1’000).

134
Tableau 8

Africa, Telecom projections, 1995-2005

Actual Estimate Forecast


1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
Main telephone lines
12'550 13'663 15'043 16'719 18'631 19'799 21'377 22'832 25'180 27'900 31'000
(000s)
North 5'860 6'476 7'208 8'094 9'158 10'230 11'478 12'333 14'151 16'200 18'600

South Africa 4'002 4'259 4'645 5'075 4'962 4'924 4'844 4'800 4'800 4'800
5'493
Sub-Saharan 2'687 2'929 3'190 3'550 3'980 4'607 4'975 5'655 6'230 6'900 7'600
Per 100 inhabitants 1.8 1.9 2.1 2.3 2.5 2.5 2.7 2.8 3.0 3.2 3.5
North 4.6 5.0 5.5 6.1 6.8 7.4 8.2 8.6 9.6 10.7 12.0
South Africa 10.1 10.6 11.3 12.0 12.8 11.4 11.1 10.7 10.4 10.1 9.9
Sub-Saharan 0.5 0.5 0.6 0.6 0.7 0.8 0.8 0.9 1.0 1.0 1.1
Mobile cellular
652 1'166 2'289 4'207 7'586 15'723 25'804 38'020 51'678 61'200 67'000
subscribers (000s)
North 69 175 284 1'007 3'947 8'105 11'788 16'455 19'700 21'700
South Africa 535 953 1'836 3'337 5'188 8'339 10'789 13'814 16'860 18'700 19'800
Sub-Saharan 72 144 278 586 1'390 3'437 6'911 12'418 18'363 22'800 25'500
Per 100 inhabitants 0.1 0.2 0.3 0.6 1.0 2.0 3.2 4.6 6.1 7.1 7.6
North 0.04 0.1 0.1 0.2 0.7 2.9 5.8 8.2 11.2 13.0 13.9
South Africa 1.4 2.4 4.5 7.9 12.0 19.1 24.2 30.4 36.4 39.5 41.0
Sub-Saharan 0.01 0.03 0.1 0.1 0.2 0.6 1.1 2.0 2.8 3.4 3.8
Total telephone
13'202 14'829 17'332 20'926 26'216 35'523 47'181 60'852 76'858 89'100 98'000
subscribers (000s)
North 5'905 6'545 7'383 8'378 10'165 14'177 19'583 24'121 30'606 35'900 40'300
South Africa 4'537 5'212 6'481 8'412 10'681 13'301 15'713 18'658 21'660 23'500 24'600

Sub-Saharan 2'759 3'073 3'468 4'136 5'370 8'045 18'073 24'593 29'700 33'100
11'885
Per 100 inhabitants 1.9 2.1 2.4 2.8 3.5 4.5 5.9 7.4 9.1 10.3 11.1
North 4.6 5.0 5.6 6.3 7.5 10.3 14.0 16.8 20.8 23.7 25.9
South Africa 11.5 12.9 15.7 20.0 24.8 30.4 35.3 41.0 46.7 49.7 51.0
Sub-Saharan 0.5 0.6 0.6 0.7 0.9 1.3 1.9 2.9 3.8 4.5 4.9
Internet users (000s) 307 430 867 1'646 2'816 4'586 6'247 10'238 13'857 16'600 18'600
North 23 45 73 156 467 1'060 1'620 3'731 4'890 5'600 6'100
South Africa 280 355 700 1'266 1'820 2'400 2'890 3'100 3'300 3'500 3'700
Sub-Saharan 4 30 94 224 529 1'126 1'737 3'407 5'667 7'500 8'800
Per 100 inhabitants 0.04 0.06 0.12 0.2 0.4 0.6 0.8 1.2 1.6 1.9 2.1
North 0.02 0.03 0.06 0.1 0.3 0.8 1.2 2.6 3.3 3.7 3.9
South Africa 0.71 0.88 1.70 3.0 4.2 5.5 6.5 6.8 7.1 7.4 7.7
Sub-Saharan 0.001 0.01 0.02 0.04 0.09 0.2 0.3 0.5 0.9 1.1 1.3

Provisional. Updated 01.04.2004.


Source: Telecommunication Development Bureau (BDT), International Telecommunication Union (ITU)
Nb. :1 000s Thousands (i.e. 1’000).

135
2- le développement des télécommunications et ses obstacles.

2-1 Des infrastructures de télécommunications inappropriées.

L’inadéquation des infrastructures existantes est incontestablement un des obstacles


majeurs au développement des Technologies de l’information et de la communication (TIC)
en Afrique. Les réseaux utilisés sont en grande partie numérisés mais très peu adaptés au haut
débit. Les technologies alternatives telles que l’XDSL, la Boucle locale radio (BLR) et la
fibre optique ne sont quasiment pas utilisées alors qu’elles ont la capacité de favoriser la mise
en place de réseaux haut débit. La situation est identique avec le Réseau numérique à
intégration de service (RNIS), la voix IP ou les Virtual Private Network (VPN) qui sont des
réseaux capables de permettre le développement de réseaux multiservices à très faible coût
d’accès. Comme on a pu déjà le souligner, le continent africain est sans contestation possible
celui ou les infrastructures sont le moins développées. L’environnement africain est comme
nous l’avons déjà souligné très pauvre en infrastructures et ordinateurs personnels. Il n’existe
pas d’industrie micro-informatique prospère en Afrique contrairement aux autres continents.
Les ordinateurs en grande majorité proviennent des autres régions du monde ce qui
occasionne des coûts d’achat relativement élevé pour l’africain moyen.

2-2 Les coûts exorbitants de l’accès Internet.

L’accès à Internet est encore très difficilement abordable pour la très grande majorité
des populations africaines en raison du niveau de vie encore très faible des populations. En
plus, au prix d’accès à Internet il faut ajouter celui de la connexion téléphonique et de la taxe
téléphonique. Les pays doivent payer au prix fort la largeur de la bande dont ils ont besoin sur
le plan international pour l’accès internet.

136
Tableau 9

Coût de l’accès aux TIC

2-3 Autres obstacles au développement des télécommunications.

Hormis ces deux obstacles majeurs que nous venons d’énumérer de nombreux autres rendent
difficiles le développement des télécommunications. Ces obstacles sont :

- La très faible maîtrise du développement de l’expertise locale et la quasi-inexistence de


contenus et services adaptés aux besoins locaux.
- Le fort taux d’illettrisme (en Afrique le taux de scolarisation en 1999 était de 56,6 % contre
72,9 % dans le reste du monde) pose vraiment problème car le manque d’information et de
connaissances de base en informatique dont souffre la population est lié essentiellement à
cette raison.
- Le faible niveau d’appropriation des technologies par les individus, les entreprises et les
administrations.
- L’absence de régulations dans certains pays qui rend difficile le développement d’un
environnement concurrentiel et n’encourage pas la venue d’investisseurs.
- La très faible pénétration de l’électricité ne facilite pas le développement des
télécommunications de même que certaines contraintes climatiques.
- L’instabilité politique (coups d’État, guerres) et les catastrophes naturelles (épidémies,
endémies, sécheresse) épuisent les ressources des pays africains.
Les obstacles au développement des technologies de l’information et de la
communication (TIC) en Afrique sont très nombreux, et cela, malgré semble t-il une prise de

137
conscience des autorités africaines et même de la communauté internationale sur la nécessité
d’aider ce continent à refaire sont retard sur les autres. De nombreuses rencontres
internationales telles que la conférence sur la société de l’information du G7 en 1995, le
sommet du G8 d’Okinawa en juillet 2000, ou encore la séance du Millénaire aux Nations
unies se sont penchés sur la nécessité de réduire la fracture numérique entre les pays en
développement et les pays industrialisés. Un nombre important d’initiatives telle que
l’initiative USAID/LELAND, le programme spécial en faveur des pays les moins avancés
(PMA) de l’UIT ou encore l’initiative de la Banque mondiale avec l’Université virtuelle
africaine (UVA) ont été mis en œuvre par la communauté internationale pour aider l’Afrique
à refaire son retard.

Dans la troisième partie de ce chapitre nous présenterons spécifiquement la situation


des télécommunications en Côte d’Ivoire, qui est le pays qui constitue le cadre de notre travail
de recherche.

138
3- État des lieux des télécommunications en Côte d’Ivoire (1995-
2007)

L’année 1995 est considérée comme le début du processus de restructuration du


secteur des télécommunications en Côte d’Ivoire. À partir de cette année (1995) l’État
ivoirien va initier un certain nombre de réformes pour réglementer et développer le secteur.
Les actions suivantes seront ainsi réalisées :

- Création d’organes de régulation.


- La privatisation de CITELCOM.
- L’autorisation des opérateurs GSM.
- L’autorisation des fournisseurs de services Internet.
- L’autorisation des opérateurs de transmissions de données par VSAT ou FH. 257

Depuis le début de ce processus de restructuration, le secteur des télécommunications


qui représente désormais (en 2006) 3 % du PIB258 de ce pays (contre 0,2 % avant 1997259)
connaît un développement appréciable malgré la crise économique. En 2006, ce secteur
représente près de 600 milliards de francs CFA (environ 915 millions d’euros)
d’investissements directs, 500 milliards de francs CFA (environ 762 millions d’euros) de
chiffres d’affaire et 70 milliards de francs CFA (environ 11 millions d’euros) de collecte de
TVA. Ce secteur génère environ 12 000 emplois (directs ou indirects)260.

3-1 Les organes de régulation

3-1-1 Le Conseil des Télécommunications de Côte d’Ivoire (CTCI).

Le conseil des télécommunications est un organe qui veille au respect des


engagements pris vis à vis des opérateurs du secteur à savoir l’égalité de traitement, le respect
des conventions de concession, le respect des cahiers des charges et des autorisations

257
KLA D. « Les télécommunications en Côte d’Ivoire ». Abidjan, CITELCOM, 2003.
http://www.africanti.org/IMG/colloque/colloque2003/Communications/KLA3.pdf
258
Produit Intérieur Brut.
259
http://www.atci.ci/pages/mot_dg.htm
260
FOFANA A. Le secteur des télécommunications en Côte d’Ivoire en 2006. Abidjan, Ambassade de France en
Côte d’Ivoire- Mission économique, juin 2007.
http://www.ubifrance.fr/download/download.asp?cleautonomy=3763892

139
délivrées par le Gouvernement. Cet organe assure également un arbitrage en premier ressort
des litiges nés des activités de télécommunications dans ce pays.

3-1-2 L’Agence des Télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI).

L'Agence des télécommunications de Côte d'Ivoire (ATCI) a été créée par la loi N°95-
526 sous la forme d'un établissement public de catégorie particulière d'abord, puis
transformée en société d'État depuis le 4 août 1998, par l'ordonnance N°98-441 portant
modification de l'article 51 du code des Télécommunications. C’est un organe de régulation
qui a pour vocation de définir et mettre en œuvre la tarification, d’agrémenter les terminaux,
de gérer les fréquences et la délivrance des licences d’exploitation.

3-2 Les opérateurs du secteur des télécommunications.

3-2-1 La téléphonie fixe

Le 3 février 1997, à la suite d’un appel d’offre international, France Télécom a racheté
51 % des parts de la CI-Telcom (compagnie d’État détenant le monopole dans le secteur des
télécommunications) qui est devenu à l’issue de cette privatisation la Côte d’Ivoire Télécom.
C’est la filiale France Câble et Radio (FCR), alliée à la société ivoirienne SIFCOM
(représentante d’ALCATEL) qui a pris le contrôle de CI-Telcom pour une cession fixée à 105
milliards de francs CFA, environ 160 millions d’euros (le plan de privatisation incluant par
ailleurs le remboursement à l’État ivoirien de 40 milliards francs CFA représentant près de 61
millions d’euros de dette) ; France Câble et Radio s’engageant pour sa part, sur un programme
d’investissements de 250 milliards francs CFA soit plus de 180 millions d’euros sur 5 ans afin
de créer 300 000 lignes supplémentaires, sur la création de 10 000 emplois (directs ou
indirects) et sur une politique de formation. Outre France Télécom deux autres sociétés
s’étaient portées candidates, Télécom Malaysia et Africa Bell un consortium de sociétés
ivoiriennes.

Côte d’Ivoire Télécom a réalisé d’énormes investissements pour moderniser et étendre


son réseau. En 2004, le pays disposait de 257 932 lignes téléphoniques principales en service
dont 178 547 dans la seule ville d’Abidjan. Le monopole de la téléphonie entre points fixes
octroyé à Côte d’Ivoire Télécom pour une durée de sept ans a pris fin le 4 février
2004.Cependant, cette compagnie détient toujours le quasi monopole de la téléphonie fixe

140
avec un chiffre d’affaire de 107 milliards de francs CFA (163 millions d’euros), 650 000
abonnés et un rythme de plus de 10 milliards d’investissement (plus de 15 millions d’euros)
prévus chaque année261. Il faut préciser que malgré le monopole qu’exerçait cette entreprise
dans le secteur, les services tels que la téléphonie publique, les transmissions de données et
l’Internet étaient déjà soumis à un régime de concurrence.

Arobase Télécom SA, un deuxième opérateur indépendant est entré en activité. Il


disposerait de 80 000 abonnés, il ne couvre pour le moment que la ville d’Abidjan (4 000
Kms de fibre optique contre 20 000 Kms pour la Côte d’Ivoire-télécom). Arobase Télécom262
est une entreprise dont l’objectif est de bâtir un réseau de nouvelles technologies basées sur la
fibre optique. Elle a démarré son activité et a eu son contrat de concession au mois d’août
2002. À court terme elle prévoit la couverture totale du territoire ivoirien et au-delà de toute la
sous région ouest-africaine. Elle propose aussi bien des services traditionnels (téléphonie fixe,
transmission de données, GSM) que des services multimédias (Internet, diffusion vidéo etc.).

La possibilité offerte à la population ivoirienne de choisir son opérateur devrait


favoriser une baisse des tarifs, cependant aussi paradoxale que cela puisse être, on constate
que cette baisse sera perceptible principalement au niveau des appels vers l’international. Les
derniers ajustements tarifaires de Côte d’Ivoire Télécom se sont caractérisés par la baisse des
coûts des appels vers l’étranger et l’augmentation des coûts des appels locaux. Il faut
souligner concernant essentiellement les communications internationales qu’un marché de
piraterie s’est développé depuis quelques années, il est évalué au minimum à 30 % du total de
ces communications263.

3-2-2 La téléphonie mobile.

L’apparition du GSM264 en Côte d’Ivoire se situe vers la fin de l’année 1996. Depuis
lors, jusqu’en 2005 date de nos dernières enquêtes de terrain, quatre licences GSM avait été
délivrées mais seulement trois entreprises étaient fonctionnelles. Il s’agit notamment de
Orange-Côte d’Ivoire qui est une filiale de France Télécom, Télécel devenue MTN-Côte-

261
Idem.
262
Partenariat entre Siemens, Deutsch Télécoms et intérêts privés ivoiriens.
263
FOFANA A. Op. Cit.
264
Global System for Mobile communications. Norme numérique européenne utilisant plusieurs bandes de
fréquences notamment à 900 et 1800 MHz. Le système GSM est aujourd'hui le principal système mobile en
nombre d'utilisateurs et il est présent en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie et aussi sur le continent
américain (futura-science.com).

141
d’Ivoire265 et Cora de Comstar filiale de l’américain Western Wireless (cette dernière a arrêté
ses activités dans le secteur et disparue du paysage des télécommunications en Côte d’Ivoire
depuis 2004). Aircom qui a obtenu son agrément en août 2000 n’est toujours pas encore en
activité. Depuis juin 2006266 un nouvel opérateur, Atlantique Télécom a démarré ses activités
dans le secteur sous la marque commerciale Moov267. Il a été suivi le 31 mai 2007 par le
Groupe Comium (Entreprise libanaise), premier fournisseur multiservices en
télécommunication en Afrique de l’Ouest, qui a lancé ses activités en Côte d’Ivoire sous le
nom commercial de KoZ268. Les opérateurs mobiles Oricel, Celcom et Aircom sont les
prochains annoncés.

265
MTN-Côte d'Ivoire est une entreprise de télécommunications qui a vu le jour le 01 Juillet 2005, avec le
rachat, par le groupe sud-africain M-Cell devenu par la suite MTN international, de la licence de téléphonie
mobile de Loteny Telecom (Telecel). Le sigle MTN signifie : Mobile Telephone Networks.
266
OCDE, Perspective économique en Afrique, BAFD/OCDE, 2007, p. 253.
267
Partenariat entre Atlantique-Télécom (filiale de la banque Atlantique) et le groupe Etisalat (Émirats Arabes
Unies).
268
http://www.atci.ci/pages/koz.htm.

142
Figure 4
Couverture du territoire ivoirien par les opérateurs GSM en2003.

L’avènement de la téléphonie mobile (GSM) a coïncidé avec le « ras de bol » des


abonnés devant la mauvaise qualité de service de Côte d’Ivoire-Télécom. Plus de 4 millions
de personnes utilisaient le téléphone mobile en Côte d’Ivoire en 2006. Face à ce succès, les
opérateurs GSM ont été dépassés par un volume d’abonnement supérieur au
dimensionnement de leurs équipements. Ainsi il est très difficile de communiquer à certaines
heures de la journée. Le mobile qui a conquis les entreprises de la place constitue aujourd’hui
un concurrent sérieux pour la téléphonie fixe. Une économie informelle est née au travers de
« cabines cellulaires » à tous les carrefours des grandes villes. Au niveau des abonnements il
faut dire que c’est l’entreprise Orange Côte d’Ivoire qui se taille la part du lion. En effet, en
août 2005 sur un total de 2 071 807 abonnés au cellulaire, elle comptait 1 106 283 abonnés,
contre 965 524 à Télécel (MTN-Côte d’Ivoire). Malgré l’arrêt des activités de Cora de
COMSTAR le nombre d’abonnés ne cesse de croître. De 2 349 400 abonnés au cellulaire fin
2005 le nombre est passé à un peu plus de 4 065 400 fin 2006 soit une progression de plus de

143
73 % pour un taux de pénétration de 22,03 %269. Les abonnés prépayés représentent plus de
97 % des utilisateurs270.

Orange-Côte d’Ivoire avec un chiffre d’affaire de 191 milliards de francs CFA (un peu
plus de 291 millions d’euros) et 47 milliards de francs CFA (un peu plus de 71 millions
d’euros) d’investissement est le leader du marché ivoirien. Cette entreprise avec ces 1,7
millions d’abonnés en 2006 contre 1,3 millions en 2005 soit une progression de plus de 38 %
détient 43 % de part du marché. Elle est suivie de très près par MTN qui a un chiffre d’affaire
de 132 milliards de francs CFA (un peu plus de 201 millions d’euros) et 21 milliards
d’investissement (environ 32 millions d’euros). Cette compagnie qui dispose de 1,6 millions
d’abonnés en 2006 contre 1 millions en 2005 soit une progression de plus de 50 % détient 40
% de part du marché. Enfin, Moov, le troisième opérateur réalise un chiffre d’affaire de 17
milliards de francs CFA (près de 26 millions d’euros) et 70 milliards d’investissement (près
de 107 millions d’euros). Il compte 685 000 abonnés soit 17 % de part de marché.

Il faut souligner que le quatrième opérateur appelé KOZ qui est actif depuis seulement
juin 2007 aurait déjà investit 200 millions de dollars (soit près de 95 milliards de francs CFA
ou 145 millions d’euros) pour le lancement de ces activités.

269
UIT, Téléphone cellulaire mobile, abonnés pour 100 habitants, 2005.
http://www.itu.int/ITU-D/ICTEYE/Indicators/Indicators.aspx#
270
FOFANA A. Op. Cit.
http://www.ubifrance.fr/download/download.asp?cleautonomy=3763892

144
Tableau 10

Premier semestre 2005: Évolution mensuelle des abonnés par Opérateur

Opérateurs JANVIER 05 Février 05 Mars 05 Avril 05 Mai 05 Juin 05


Orange 883 787 891 261 897 433 979 988 1 032 342 1 051 166
TELECEL 822 644 831 712 817 071 809 202 955 604 929 628
Total
1 706 431 1 722 973 1 714 504 1 789 190 1 987 946 1 980 794
Abonnés
Second semestre 2005: Évolution mensuelle des abonnés par Opérateur

Novembre
Opérateurs Juillet 05 Août 05 Sept 05 Octobre 05
05
Décembre 05

Orange 1 072 836 1 106 283 1 122 788 1 138 675


TELECEL 889 592 965 524
Total
1 962 418 2 071 807
Abonnés
Source : ATCI

NB: Les données ci-dessus ont été fournies par les opérateurs cellulaires.

3-2-3 L’Internet

Le marché ivoirien compte cinq Fournisseurs d’Accès à Internet qui sont : Aviso
filiale de Côte d’Ivoire-Télécom, Africa Online, Afnet, Comete, Globe Access. Avant
l’arrivée de la fibre optique sous-marine SAT3, les opérateurs Internet utilisaient des liaisons
satellites (VSAT) pour se connecter aux nœuds Internet américains ou européens. Le nombre
d’abonnés Internet était de 12 213 au 31 mai 2003 pour un nombre d’internautes estimé à
300 000271. Les populations issues de la classe moyenne en Côte d’ Ivoire ne disposent pas, en
général d’ordinateurs, de lignes téléphoniques ou encore moins d’un accès Internet car les
coûts restent hors de portée. La population en règle générale va vers les cybercafés pour
bénéficier des services d’Internet. On estime en 2003 le nombre de cybercafés dans la ville
d’Abidjan (la capitale économique) à environ 500. La téléphonie sur Internet bien qu’interdite
est le service le plus demandé dans les cybercafés, car elle permet à la majorité de la
population, disposant de moyens financiers limités d’appeler leurs parents à l’étranger à
moindre coût. Les services offerts par les ISP sont les accès Internet par RTC, RNIS ou par
liaisons louées (les débits variant de 64 Kbps à 2 Mbps). Comme on le constate l’Internet est

271
Source : ATCI

145
resté un luxe pour l’ensemble des foyers ivoiriens. La mise en service du câble sous-marin
SAT3 et l’installation par Côte d’Ivoire-Télécom d’un nœud Internet à haut débit (34 Mbps) a
permis le développement d’Internet et des services multimédias. La tarification au tarif local
de l’accès Internet quel que soit le lieu d’où l’internaute émet doit favoriser une augmentation
importante du nombre d’Internautes. L’ADSL quant à lui a commencé à être commercialisé
par Côte d’Ivoire Télécom au dernier trimestre 2002. En 2007, les fournisseurs d’accès à
Internet (FAI) disposeraient d’environ 25 000 abonnés272 ce qui constitue un taux de
pénétration d’environ 0,15 %. Ce marché relativement jeune (400 000 internautes) est en
plein essor grâce à la baisse des tarifs de connexion.

272
Idem.

146
Tableau 11
Les services Internet en Côte d’Ivoire fin 2003.

Fournisseurs Africa Globe


Comète Afnet Aviso
d'Internet Online Access
Abonnés Total 29 2 680 2 508 2 300 4 429
Abonnés Total en mode 25 2 600 2 500 2 230 4 318
Commute (dial. up)
Abonnés Total en
4 20 8 70 111
lignes louées
Abonnés Total en ADSL 0 0 0 0 0
Site Web 1 75 55 25
Bande passante
internationale 1,024/1,024 1,024/0,384 2,00/2,00 12,0/12,0 16,00/16,00
entré/sortie (Mbit/s)
Nombre de Modem 1 212 120 720 984
Ratio Abonnés/Modem 1 10 16 3.5 4
Nombre de Serveurs 1 14 8 11 22
Trafic Internet
32 675 265 122 693 000
commuté (munîtes)
157 837 2 044 669
Chiffre d'affaire en (kF) 1001 374 315 000
993,732 226,0 375
Investissements en 232
36 883,598 0 17 500 230 000,000
(kF) 711,0
Utilisateurs estimés
300 000
(internautes)
Total Personnel 2 30 17 18 35
Personnel Ivoirien 2 30 15 13 35
% de Femmes 50 % 37 % 29 % 44 % 40 %
Source : ATCI

3-2-4 Les opérateurs de transmission de données par VSAT ou faisceaux hertziens FH

L’apparition des technologies VSAT273 déployées par certaines entreprises est


devenue une alternative au réseau filaire. Deux entreprises de transmissions de données par
VSAT (Prestige Télécom et Afripa Télécom) sont nées à partir de 1997. Ces opérateurs ont

273
VSAT (Very Small Aperture Terminal) : services de télécommunications par satellite utilisant une partie
étroite de la capacité totale du satellite grâce à un terminal d’émission-réception de petite dimension permettant
l’échange d’informations à bas ou moyen débit. (http://www.art-telecom.fr/glossaire/lexique.htm)

147
mis en place des boucles locales radios274 (BLR) sur la ville d’Abidjan permettant des débits
allant de 128 Kbps à 11 Mbps.

3-3 Les grands projets du secteur des télécommunications

3-3-1 Le nouveau code des télécommunications et la loi sur la défiscalisation du matériel


TIC

L’adoption d’un cadre juridique réglementaire et institutionnel plus approprié à


l’environnement actuel est souhaité par les principaux acteurs du secteur (ministère, agences
de régulations, entreprises de télécommunications). Il faut savoir que le contrat de concession
entre l’État de Côte d’Ivoire et Côte d’Ivoire-Télécom concernant le monopole de la
téléphonie entre points fixes ayant pris fin le 4 février 2004, le secteur des
télécommunications est normalement totalement libéralisé. L’État ivoirien a pris des mesures,
avec une période transitoire qui allait jusqu’en décembre 2004, période pendant laquelle, les
différentes autorisations, demandes d’agréments et démarches de licence ont été suspendues.
Selon les autorités ivoiriennes loin de sous-tendre une volonté de prolonger la concession
faite à un opérateur, le report de la deuxième phase de libéralisation du secteur avait plutôt
pour motif la nécessité d’attendre l’avènement d’une mise en phase avec cette nouvelle
situation. En attendant le vote d’une nouvelle loi, un nouveau code des Télécommunications
est en préparation pour résoudre les deux enjeux majeurs : la fin du monopole de Côte
d’Ivoire Télécom et la mise en place d’un organe régulateur détenant les moyens de sa
mission. Le nouveau texte destiné à la réglementation des Télécommunications en Côte
d’Ivoire permettra une adaptation de la loi aux réalités actuelles du secteur des TIC, en
corrigeant les limites et les imperfections de l’existant (le Code de 1995). L’avant-projet de
loi devrait permettre de mettre fin aux chevauchements de rôles entre les deux structures
étatiques, l’ATCI et le CTCI, en les fusionnant en une seule, autonome et ayant en toute
indépendance un rôle exclusif de régulateur. Selon le nouveau code, la gestion des fréquences
ou la délivrance des licences d’exploitation seront dorénavant l’affaire d’une structure
spécialisée à mettre en place. Le vide juridique lié à l’absence de procédure de saisine de

274
Elle consiste à établir un réseau de boucle locale en substituant aux fils de cuivre qui équipent aujourd’hui les
réseaux une technologie radio offrant l’avantage d’une plus grande souplesse pour le déploiement des
infrastructures. (http://www.art-telecom.fr/glossaire/lexique.htm)

148
l’organe régulateur en cas de litige est aussi comblé par cet avant-projet qui prévoit des
mesures de répression des infractions qui seront commises dans le secteur et institue un
service universel (service minimum qu’un État se doit de mettre à la disposition du citoyen).

Le vote d’une loi sur la défiscalisation du matériel TIC est en projet afin de permettre
l’accès au plus grand nombre d’ivoirien et à moindre coût aux TIC275.

3-3-2 Projet de e-gouvernance

Selon monsieur Hamed BAKAYOKO, ministre ivoirien chargé des TIC :

Pour qu’un pays s’approprie efficacement les nouvelles


technologies, il est important que le gouvernement lui-même en donne
l’exemple par sa façon de gouverner à travers les outils des nouvelles
technologies.276

C’est ainsi que le ministère dont il a la charge a en projet la réduction de la fracture


numérique par la cybergouvernance avec l’interconnexion de l’administration publique
ivoirienne, la création d’un centre multimédia de sécurité, la mise en place de l’Intranet
gouvernementale, l’informatisation de l’état civil et la mise en place d’une épine dorsale à
haut débit sur le territoire national avec l’appui du secteur privé.

En Afrique en général, en Côte d’Ivoire en particulier le développement des


télécommunications est encore très lent. De nombreux problèmes aussi bien d’infrastructures,
d’organisation et de moyens financiers retardent l’intégration et le développement de l’usage
des TIC en général. Elles continuent d’être perçues par les populations comme un luxe. Dans
le domaine de l’éducation et plus précisément de l’enseignement supérieur qui nous intéresse
particulièrement dans cette thèse, bien que plusieurs expériences avec les TIC aient été tentées
depuis les indépendances des pays africains les résultats sont mitigés. Dans l’enseignement
supérieur en Côte d’Ivoire on relève dans les discours des responsables de ce secteur que ce

275
HALA A., COULIBALY R. « TIC - Côte d’Ivoire : Le secteur rapporte plus de 70 milliards de TVA par
an. » (Interview de monsieur Hamed BAKAYOKO ministre ivoirien des TIC), Fraternité Matin du 13/06/2006.
http://www.cipaco.org/spip.php?article836.
276
Idem.

149
soit aussi bien dans le public que dans le privé un certain intérêt pour l’intégration et le
développement de l’usage des TIC dans les établissements d’enseignements supérieur
(universités et grandes écoles). Les TIC sont même présentées par certains comme la panacée
aux problèmes que rencontre l’enseignement supérieur dans ce pays même si toutes les
conditions ne sont pas toujours réunies pour un développement de l’usage des TIC dans les
institutions universitaires. Avant d’étudier les conditions pouvant favoriser le développement
de l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur ivoirien il est important de faire un État des
lieux succinct de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire. Ce point fera l’objet du prochain
chapitre de cette thèse dans lequel nous aborderons également les différentes expériences qui
ont été tentées avec les TIC dans le domaine de l’éducation en Côte d’Ivoire depuis son
accession à l’indépendance. De même, nous ferons référence au développement des
infrastructures et équipements en matière d’informatique et de télécommunications dans les
établissements d’enseignement supérieur.

150
CHAPITRE III

Bref état des lieux de l’enseignement supérieur en


Côte d’Ivoire

151
Comme le souligne si bien Claudine LEBORGNE –TAHIRI277, la dernière décennie
du siècle dernier a vu se succéder en Afrique des vagues de réformes dans l’enseignement
supérieur dans le but de répondre à de nouveaux besoins socio-économiques. Pour la mise en
œuvre de ces réformes il est nécessaire de procéder à des restructurations profondes. Des
conditions d’application dépend l’atteinte des nouveaux objectifs.

Ce chapitre va nous donner l’occasion de présenter la situation de l’enseignement


supérieur en Côte d’Ivoire. Il s’agira de faire une présentation de l’enseignement supérieur en
Côte d’Ivoire depuis la réforme de 1995 qui avait pour objectif de redéfinir le rôle, les
missions, le mode de fonctionnement et l’organisation de l’enseignement supérieur dans ce
pays278. Nous allons nous atteler à présenter plus particulièrement les principales orientations
de la réforme de l’enseignement supérieur, la restructuration opérée dans l’enseignement
supérieur et la recherche et la place accordée au renforcement de l’accès à l’Information
scientifique et technique (IST) depuis cette réforme. Nous reviendrons également sur la
réforme en cours dans les universités d’Afrique de l’ouest qui ont décidé depuis l’année 2006
d’adopter le système LMD279 dans le cadre d’un projet d’appui à l’enseignement supérieur
dans les pays de l’espace UEMOA280.

277
LEBORGNE-TAHIRI Claudine. Op. Cit. p.49.
278
REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE, La réforme de l’enseignement supérieur, Abidjan, Ministère de
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, juin 2001, p.1.
279
Licence-Master-Doctorat.
280
UEMOA, Étude sur l’enseignement supérieur dans les pays de l’UEMOA, Rapport final, 20 avril 2005.
http://www.uemoa.int/Publication/2005/RapportEnsSupPII.pdf

152
1-L’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire depuis la réforme de
1995

1-1 Les principales orientations de la réforme

Selon Guy MASSICOTTE281, directeur du bureau de la planification de l’université du


Québec, agissant à titre de consultant de la Banque mondiale auprès du ministère ivoirien de
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique :

La réforme de l'enseignement supérieur amorcée en Côte d'Ivoire


depuis 1995 résulte d'une volonté politique ferme, qui s'exerce dans la
continuité et dans la cohérence. Les bailleurs de fonds ne l'ont pas
suscitée, ni même orientée, tout en lui fournissant, cependant, des
appuis financiers significatifs. Elle est donc endogène. Elle est née de
la conviction que l'on ne pouvait pas laisser le système à lui-même, le
laisser se détériorer, et ainsi ruiner le capital que représentent
l'institution universitaire et l'immense désir de la jeunesse ivoirienne
d'accéder à l'enseignement supérieur… Elle est née, également, de la
conviction, aussi forte que la première, que la Côte d'Ivoire ne
pourrait pas se prendre en charge comme société économique et
politique, si le pays ne disposait pas de personnel hautement qualifié,
et d'institutions capables d'assurer le renouvellement des
compétences, et ce, aussi bien par la formation de base, que par la
recherche et la formation continue.

Le ministère ivoirien de l’enseignement supérieur et de la recherche, instigateur de cette


réforme a résumé ces principales orientations en dix points282 :

281
MASSICOTE G, La réforme de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire : Bilan et perspectives, Banque
mondiale, février 1997. http://obelix.uqss.uquebec.ca/est/9702-24a.htm.
282
RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE, La réforme de l’enseignement supérieur : Innover pour réussir,
Abidjan : Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation technologique,
1995, P 4.

153
1) adapter les missions de l’enseignement supérieur aux exigences du développement
national,

2) professionnaliser les activités de formation et de recherche,

3) améliorer la qualité de la formation,

4) offrir de plus grandes possibilités de formation,

5) favoriser les passerelles entre les différentes structures et filières de formation,

6) poursuivre la décentralisation des structures d’enseignement supérieur,

7) accroître la participation de tous les partenaires au fonctionnement du système,

8) introduire un mode de fonctionnement contractuel entre l’État et les établissements


d’enseignement supérieur et de recherche,

9) instituer une évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche,

10) instaurer une plus grande solidarité entre les étudiants.

Les objectifs de cette réforme selon l’ex-ministre ivoirien de l’enseignement supérieur, de


la recherche et de l’innovation technologique le Professeur Saliou TOURÉ283 sont : la mise en
place d’un système d’enseignement supérieur démocratique, dispensant à la fois culture
générale et formation professionnelle, largement ouvert sur le monde extérieur, cultivant la
diversité, capable de valoriser au mieux les ressources humaines, recherchant en permanence
l’excellence et donnant à la recherche une place fondamentale.

À l’issue de cette réforme un certain nombre de mutations ont été opérées dans
l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire, notamment dans les structures d’enseignement

283
Idem, p.2.

154
supérieur public. C’est ainsi qu’à partir de 1995 le paysage de l’enseignement supérieur en
Côte d’Ivoire a connu une profonde restructuration.

1-2 La restructuration de l’enseignement et de la recherche en Côte d’Ivoire

1-2-1 L’enseignement supérieur public

1-2-1-1. Les universités

La réforme de l’enseignement supérieur a entraîné l’éclatement de l’université


nationale en trois universités. Il s’agit des universités de Cocody et Abobo-Adjamé à Abidjan
et de l’université de Bouaké. Ces deux dernières structures vont se voir rattacher des URES
(Unités régionales de l’enseignement supérieur) installées respectivement à Daloa et à
Korhogo. En effet, comme le recommande la sixième grande orientation de la réforme, l’État
ivoirien depuis 1995 a procédé à la décentralisation des structures d’enseignement supérieur.
Cette décentralisation favorise l’émergence d’une université de proximité et l’éclatement des
pouvoirs décisionnels. La politique de décentralisation des structures de l’enseignement
supérieur a également favorisé la création des UFR (Unité de formation et de recherche) qui
correspondent à un projet éducatif et à des programmes de recherche mis en œuvre par des
enseignants et des chercheurs relevant d’une ou plusieurs disciplines fondamentales ou
appliquées (exemple : l’UFR Science de la terre et ressources minières fait intervenir la
Géologie, la Géographie, la Chimie et la Physique)284. La recherche qui est le fondement de
l’enseignement universitaire est critiquée car elle semble avoir perdu son dynamisme. On lui
reproche entre autres son incapacité à intégrer ses résultats dans l’enseignement et son
ignorance des réalités socio-économiques. Les UFR ont donc été créées avec l’ambition d’y
remédier. Les ex-facultés vont donc connaître une déstructuration. On pourra voir des
laboratoires se fédérer dans un même département. Ces UFR auront également pour
particularité par rapport aux ex-facultés de proposer en plus des filières académiques
classiques, des filières professionnelles, cette initiative s’explique par une volonté du monde
universitaire d’opérer un rapprochement avec celui de l’emploi. L’ouverture sur le monde
extérieur n’avait que très rarement fait partie des préoccupations majeures de l’université. De
nos jours, avec la situation économique désastreuse et les difficultés qu’éprouvent les jeunes
diplômés pour obtenir un premier emploi, l’université s’efforce de réagir.
284
Ibidem, p. 10.

155
Il faut néanmoins relever que cette initiative contrairement à ce qu’on pourrait penser
n’est pas tout à fait nouvelle en Côte d’Ivoire. Déjà en 1972, sur le site de l’ex-université
nationale de Côte d’Ivoire devenue depuis cette réforme l’université de Cocody à Abidjan une
« maîtrise de sciences et techniques d’électromécanique » fut créée et connut un réel
succès285.

Le regroupement thématique des activités de recherche est également un des éléments


clé de la restructuration de l’enseignement supérieur. En effet, pendant des années on a pu
observer un cloisonnement des centres de recherche. Plusieurs centres sous la tutelle de
différents ministères verront le jour tout en poursuivant les mêmes objectifs. Ce sectarisme fut
destructeur car un esprit autonomiste va s’installer et porter préjudice à la coordination
scientifique. Les enseignants et les chercheurs vont évoluer de façon solitaire sans que
l’occasion leur soit donnée de se retrouver dans différentes activités scientifiques. Cette
situation fut à la base de la disparition du CURD (Centre Universitaire de Recherche et de
Développement)286 en 1981. Depuis, malgré plusieurs réunions convoquées par le ministère
de tutelle, il fut impossible de recréer un esprit de coopération. Cette situation ne saurait
perdurer. Comme le souligne Claudine LEBORGNE-TAHIRI :

La recherche actuelle ne peut avancer qu’en associant moyens,


crédits, et équipes parfois pluridisciplinaires, interrégionales, voire
internationales.287

Cette volonté de décentralisation même si elle présente de nombreux avantages,


implique néanmoins des investissements importants. En cette période de récession
économique l’État se voit contraint de démultiplier les infrastructures (les bibliothèques, les
salles de manipulation, les salles de travail et de réunions). Elle nécessite également le
recrutement d’enseignants, de personnels administratifs et techniques supplémentaires.

285
LEBORGNE-TAHIRI Claudine. Op. Cit. p.62.
286
Idem, p.63.
287
Ibidem, p.64.

156
1-2-1-2. Les Grandes écoles.

Depuis son accession à l’indépendance le 7 août 1960, l’État ivoirien a favorisé la création
de nombreuses Grandes écoles publiques. En 2003, la Sous-direction de la planification et de
l’évaluation288 du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique
recensait trente neuf Grandes écoles publiques sur toute l’étendue du territoire ivoirien.
Cependant, il est important de souligner que sur près d’une quarantaine de Grandes Écoles
publiques seulement quatre se trouvaient sous la tutelle du ministère de l’enseignement
supérieur et de la recherche scientifique. Il s’agissait de :

- L’École Nationale de Statistique et d’Économie Appliquée (ENSEA).


- L’École Normale Supérieur (ENS).
- L’Institut Pédagogique National de l’Enseignement Technique et Professionnel
(IPNETP).
- L’Institut National Polytechnique Félix Houphouët Boigny (INPHB).

L’intégration des Grandes écoles de Yamoussoukro (l’ESTP, l’ESA, l’ESI, l’ESCAE,


l’ESMG, l’EFCPC)289 dans un institut (INPHB) de façon à mieux utiliser les ressources est
également un acquis de la réforme290.

1-2-2 L’enseignement supérieur privé

Conformément à la quatrième grande orientation de la réforme qui recommande


d’offrir de plus grandes possibilités de formation. L’État ivoirien a laissé se développer un
secteur privé qui avait au début de ce 21e siècle, la capacité de prendre en charge environ 30
% de la population estudiantine (en 2000, sur près de 110 000 étudiants ivoiriens environ
32 000 étaient inscrits dans le privé)291, à en croire Guy MASSICOTE selon des estimations
préliminaires, cette proportion pourrait atteindre 40 % en 2010292. Les établissements de

288
Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Liste des établissements de
l’enseignement supérieur public et des universités privés.2002/2003.
289
République de Côte D’ivoire, La réforme de l’enseignement supérieur : Innover pour réussir, Abidjan ,
Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation technologique.1995, p.14.
290
MASSICOTE G., La réforme de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire : Bilan et perspectives. Banque
mondiale, février 1997. http://obelix.uqss.uquebec.ca/est/9702-24a.htm.
291
Source : Sous-direction de la planification et de l’évaluation du Ministère ivoirien de l’enseignement
supérieur et de la recherche scientifique.
292
MASSICOTE G. Op. Cit.

157
l’enseignement supérieur privé offrent des formations dans des domaines professionnels qui
correspondent à des besoins explicites du marché du travail. Il y a dix ans dans la majorité des
cas il s’agissait de filières BTS qui offraient une formation en deux ans, les plus nombreuses
étaient dans le secteur tertiaire. De nos jours, avec l’émergence de Grandes écoles
internationales telle que HECI (Hautes Études Canadiennes Internationales) et d’universités
privées issues de partenariats internationaux telles que l’Université canadienne des Arts,
Sciences et Management (UC-ASM) ou l’université de l’Atlantique (ivoiro-espagnole) des
formations professionnelles longues sont proposées dans ces établissements aux étudiants
(DESS, Master, MBA, cycle ingénieur).

En 2003 on dénombrait pas moins de quatre vingt trois Grandes Écoles et quatre
universités privées293 que sont respectivement l’Université Canadienne des Arts, Sciences et
Management (UC-ASM), l’Université de l’Atlantique (UA), l’Université Catholique
d’Afrique de l’Ouest (UCAO) et l’École Supérieur Internationale de Droit (ESID). En 2004
une cinquième université a ouvert ses portes, il s’agit de l’Université des Temps Libres
(UTL). Depuis 2005 l’Université internationale de Grand-Bassam (université américaine) a
également fait son apparition dans le monde universitaire ivoirien ce qui porte à six le nombre
d’universités privées dans ce pays294.

293
Source : Sous-direction de la planification et de l’évaluation du Ministère ivoirien de l’enseignement
supérieur et de la recherche scientifique.
294
www.mjecsgouvci.org/INSTITUT%20DE%20FORMATION.doc

158
Figure 5

159
1-3. L’explosion des effectifs d’étudiants et la situation de l’encadrement dans
l’enseignement supérieur public

1-3-1 Les effectifs d’étudiants par université et par grande école295

1-3-1-1 Effectifs par université

Les effectifs d’étudiants dans les différentes universités ivoiriennes sont :

- Université de Cocody à Abidjan : créée en 1963 pour accueillir 6 000 étudiants, cette
université dispose en 2004 officiellement d’un effectif de plus de 50 000 étudiants.
- Université de Bouaké : créée en 1995 pour recevoir 3 000 étudiants, elle en accueille en
2004 environ 15 000 étudiants.
- Université d’Abobo-Adjamé : en 2004, elle compte 7 000 étudiants au lieu de 3 000 prévus
initialement.

Il faut rappeler une fois de plus qu’à ces deux dernières sont rattachées respectivement
les Unités Régionales d’Enseignement Supérieur (URES) de Korhogo et Daloa.

L’effectif global des étudiants fréquentant les universités publiques s’élève à plus de
70 000 étudiants.

1-3-1-2 Effectifs par Grande école

Dans les grandes écoles publiques les effectifs d’étudiants sont beaucoup plus réduits :

- École Normale Supérieure (ENS) : 1 500 étudiants en 2004.


- Institut National Polytechnique -Houphouët Boigny (INPHB) : 5 000 étudiants en 2004.
- Institut Pédagogique National pour l’Enseignement Professionnel Technique (IPNEPT): 617
étudiants296 en 2005.

295
Source : Direction Administrative et des Ressources Humaines du ministère ivoirien de l’enseignement
supérieur et de la recherche scientifique. (Rencontre représentants du ministère et étudiants ivoiriens de France,
le 19/03/04).
296
Source : enquête personnelle, avril 2005.

160
- École Nationale de Statistique et d’Économie Appliquée (ENSEA) : 260 étudiants297en
2005.

1-4 Le taux d’encadrement

L’enseignement supérieur public en Côte d’ Ivoire dispose d’un effectif de 2 117


enseignants en 2004, ce qui fait un ratio d’1 enseignant pour 44 étudiants. Ce taux n’est pas
conforme à la norme internationale établie par l’UNESCO qui est d’un enseignant pour 25
étudiants.

298
Les taux d’encadrement dans les universités de Bouaké et d’Abobo-Adjamé sont
respectivement d’1 enseignant pour 57 étudiants et d’1 enseignant pour 50 étudiants.

Dans certaines Unités de formation et recherche (UFR), la situation est encore plus
préoccupante à l’université de Cocody où les UFR SHS (Sciences de l’Homme et de la
Société) et Sciences juridiques, administratives et politiques ont un taux d’encadrement d’1
enseignant pour 250 étudiants. L’UFR Criminologie a un taux d’encadrement d’1 enseignant
pour 509 étudiants.

Dans les grandes écoles publiques le taux d’encadrement est nettement meilleur (1
enseignant pour 7 étudiants à l’ENSEA, 1 pour 24 à l’IPNEPT, 1 pour 8 à l’INPHB et enfin 1
pour 21 à l’ENS). Cependant, même si ces grandes écoles sont mieux loties que les
universités en terme de taux d’encadrement il existe tout de même des déficits d’enseignants
dans certaines disciplines. L’ENS et l’INPHB recherchent des enseignants en Mathématiques
et Sciences physiques tandis que l’IPNEPT recherche des enseignants en Ingénierie et dans
les filières techniques.

Pour l’année universitaire 2003/2004 sur 170 postes budgétaires dégagés seulement 30
postes d’enseignants ont été pourvus. L’année précédente seulement 24 % des postes avaient
été pourvus.

297
Idem.
298
Source : Direction Administrative et des Ressources Humaines … Op. Cit.

161
Les conditions salariales et de travail sont sans aucun doute les principales raisons de
cette situation. En plus avec l’avènement des universités et grandes écoles privées, nombreux
sont les enseignants des établissements d’enseignement supérieur publics à intervenir
également dans ces établissements.

De nos jours, on constate que l’État de Côte d’Ivoire éprouve les pires difficultés pour
permettre aux nouveaux établissements créés de disposer des mêmes infrastructures que
l’ancienne université nationale. Les différences sont encore plus flagrantes en ce qui concerne
la qualité de l’enseignement. La plupart des enseignants sont obligés de faire la navette entre
les universités de la capitale économique (Abidjan) et celles de provinces (Bouaké, Daloa et
Korhogo) qui manquent cruellement d’enseignants de haut niveau (Rang A). Il arrive souvent
qu’un même cours dispensé en six semaines dans une université d’Abidjan, soit dispensé en
deux semaines en province. On note dans ces universités un déficit pour les étudiants aussi
bien au niveau de l’encadrement que des ressources pédagogiques. Devant cette situation
assez déplorable l’intérêt d’œuvrer pour l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur
pour les enseignements et la recherche semble de plus en plus incontestable et la Direction de
l’information scientifique et technique (DIST) du ministère ivoirien de l’enseignement
supérieur qui œuvre pour la mise en réseaux des universités en Côte d’ivoire (RESURCI) et la
mise en place du projet EAD (Éducation à distance) semble l’avoir compris.

1-5 L’accès à l’Information scientifique et technique (IST) dans l’enseignement


supérieur en Côte d’Ivoire

Le délabrement relatif et la pauvreté avérée des bibliothèques et des centres de


documentation sont incontestablement un frein au développement de l’accès à l’Information
scientifique et technique (IST) dans l’enseignement supérieur en Côte d’ Ivoire. La situation
de la Bibliothèque universitaire (BU) du campus de Cocody qui est le plus ancien, mais aussi
le plus important des campus du pays si l’on tient compte de la population estudiantine (plus
de 50 000), du nombre d’enseignant (1 209) et du nombre d’UFR (13), est assez édifiante.
Bien qu’elle ait bénéficiée par moment des fonds de la coopération française, cette
bibliothèque éprouve depuis de très nombreuses années de sérieuses difficultés financières au
point qu’en 1989 déjà, il ne lui était plus possible de poursuivre les abonnements qu’elle

162
avait assurés jusque-là299. Il s’agit des abonnements aux bulletins signalétiques (français ou
américains) dans les différentes disciplines. Cette bibliothèque universitaire comme les autres
BU du pays n’a pas toujours les moyens de faire face aux coûts élevés des abonnements aux
revues scientifiques ainsi qu’aux frais d’expédition. Les abonnements dans ces conditions ne
peuvent que diminuer considérablement et les revues scientifiques pour lesquels les
abonnements n’ont pas été résiliés, parviennent en général à la BU avec de nombreux mois de
retard, ce qui pose de nombreux problèmes aux chercheurs qui dans certaines disciplines ne
peuvent que déplorer l’obsolescence de l’information qu’ils retrouvent dans ces revues. Le
chercheur finalement se retrouve isolé et pas du tout au fait des travaux en cours dans sa
discipline. On peut également ajouter à tous ces problèmes que rencontre la BU du campus de
Cocody en particulier, toutes les BU du pays en général celui de l’accumulation de document
papier qui est également très important. Il pose le problème de la capacité des salles de
réserve, de leur aménagement notamment contre l’humidité et les insectes nuisibles. Les
locaux de la BU sont dans un état de dégradation très avancé (absence de climatisation dans
les salles de lecture, ascenseur régulièrement en panne, fuite d’eau dans les salles de
rayonnage, etc.). Les actes de vandalisme des étudiants sur les livres qu’ils ne considèrent pas
comme une valeur et une propriété collective, mais plutôt comme un produit de
consommation à cours terme ne peut qu’accroître les difficultés de la BU.

Le personnel très réduit et peu qualifié dont dispose cette bibliothèque est un autre
problème auquel il faut faire face. En effet, la grande majorité du personnel a été formée sur le
tas. Seule une minorité a reçu une formation diplômante. Un vrai système de formation
continue à l’égard du personnel jusque là n’a pas été mis en place.

Devant toutes ces difficultés il semble de plus en plus nécessaire de promouvoir


l’usage de documents numériques dans les universités ivoiriennes, en aidant les enseignants et
les étudiants à avoir accès à des ressources documentaires en ligne. Comme le fait remarquer
Guy MASSICOTTE :

1. le délabrement relatif et la pauvreté avérée des bibliothèques et


des centres de documentation ne pourront jamais être corrigés par
des moyens traditionnels, dans la mesure où l'explosion de la

299
LEBORGNE-TAHIRI Claudine. Op cit. P 67.

163
documentation et la hausse des coûts créent déjà une situation de
crise dans toutes les universités, y compris les plus riches ;
2. les principales sources d'information sont maintenant
disponibles en format numérique, sur des sites serveurs, et/ou sur
des disques numérisés.300

Le ministère ivoirien de l’enseignement supérieur et de la recherche a pour ambition


de favoriser le déploiement d’un réseau de télécommunications à haut débit entre les
établissements, qui se ramifiera lui-même à l’intérieur des établissements par l’interconnexion
de réseaux locaux de postes de travail. Ce projet s’il parvient à être réalisé offrira à chaque
usager relié au réseau un accès illimité à tous les autres usagers reliés, quel que soit l’endroit
de la planète où ils se trouvent et bien évidemment à toutes les sources d’information
disponibles sur les sites serveurs reliés au réseau Internet.

Il faut néanmoins souligner que grâce à un partenariat entre l’Agence Universitaire de


la Francophonie (AUF) et l’entreprise de téléphonie fixe Côte d’Ivoire Télécom l’université
de Cocody possède officiellement depuis le 18 février 2005 un grand « centre de ressources »
en ligne 301. Il s’agit d’une salle contenant une trentaine d’ordinateurs tous connectés à
Internet haut débit. Selon les responsables de l’AUF, ce centre de ressources va permettre la
production de contenus en ligne. Il fera partie des douze grands campus numériques d’Afrique
occidentale francophone qui devraient permettre de réduire l’écart existant en la matière entre
les universités occidentales et celles du continent africain. Il faut également ajouter qu’une
grande salle Internet (il ne s’agit pas de haut débit) comportant 26 postes302est mise à la
disposition des étudiants de cette université, ce même type de salles existe également dans la
plupart des autres établissements d’enseignement supérieur publics. La particularité de ces
salles Internet est qu’il est exigé aux usagers d’apporter une contribution financière avant
d’avoir accès aux postes. En général les étudiants déboursent la somme de 500 francs CFA
(environ 76 centimes d’euros) pour une heure de connexion à Internet. Cette somme dans le
contexte ivoirien est relativement importante pour la majorité des étudiants qui dispose de
moyens financiers limités et constitue pour beaucoup d’entre eux un frein à l’accès aux
ressources documentaires en ligne dans leur établissement.

300
MASSICOTE G. Op cit.
301
Fraternité matin du 20/02/05. http://fr.allafrica.com/stories/200502210217.html.
302
Source : Enquête personnelle réalisée du 26 mars au 28 mai 2003 en Côte d’Ivoire.

164
Comme on peut le constater, la réforme de l’enseignement supérieur ivoirien qui s’est
opérée au milieu des années 1990 a entraîné de profondes mutations dans le milieu
universitaire en Côte d’Ivoire. La loi 95-696 du 7 septembre 1995 relative à l’enseignement a
jeté les bases de la réforme en adoptant le principe que l’enseignement supérieur peut être
assumé par plusieurs établissements, voire par plusieurs types d’établissement. Elle encourage
le développement d’un enseignement supérieur privé. Depuis lors, en plus de la mise en place
de trois universités publiques autonomes et de deux unités régionales d’enseignement
supérieur, un nombre important d’établissements d’enseignement supérieur privé s’est
développé sur toute l’étendu du territoire ivoirien. On recense aujourd’hui pas moins de six
universités et plus de quatre-vingt grandes écoles privées. Cette nouvelle loi relative à
l’enseignement supérieur marque à n’en point douter une nouvelle ère. Elle rompt avec le
système traditionnel marqué par le modèle classique des années d’étude sanctionnées par des
examens, en ouvrant les portes des instances de direction des institutions à des intervenants
socio-économiques et en prévoyant un cheminement pédagogique par étapes. On peut ainsi
noter à ce niveau une volonté de l’État de faire des universités et des grandes écoles des
institutions au service du développement économique et social303. De même qu’un souci de
diversification des filières de formation afin d’offrir aux étudiants une palette de choix de
formations beaucoup plus large. Cependant, l’explosion des effectifs d’étudiants
principalement dans l’enseignement supérieur public et la situation de l’encadrement qui est
largement déficitaire notamment dans les universités publiques, surtout dans les
établissements universitaires de provinces est un problème extrêmement préoccupant auquel
aucune solution efficace n’a été trouvé jusque là. Les traitements peu attractifs proposés par
l’État aux enseignants ne vont certainement pas favoriser l’amélioration de la situation.
Comme le fait remarqué Antoine KOUAKOU304 dans une communication au colloque
«développement durable : leçons et perspectives» organisé à Ouagadougou au Burkina Faso
en 2004, neuf ans après la réforme :

Une chose est sure en tous cas : une urgence s’impose, celle de
réformer à nouveau l’Enseignement supérieur ivoirien. Dès lors, cette
« Nécessaire réforme » est à comprendre comme devant vivifier,
restaurer ou réhabiliter le tout de système, c’est-à-dire lui donner un

303
Loi relative à l’enseignement (Article 51 de la Loi n° 95-696 du 7 septembre 1995)
304
Enseignant à l’université de Bouaké en Côte d’Ivoire.

165
souffle nouveau, une force nouvelle apte à le rendre efficace dans sa
contribution ou développement durable de la Nation305.

Comme il le dit si bien dans sa communication, loin de rejeter le travail effectué car
plusieurs objectifs ont tout de même été atteints, il enjoint à présent d’en déceler
l’inopérationnalité. La réforme radicale qui s’impose au système d’enseignement supérieur en
Côte d’Ivoire apparaît également incontournable dans les autres pays africains, comme ont pu
le constater les chefs d’État et de gouvernement au 6è sommet des Chefs d’État et de
gouvernement des pays ayant le français en partage306:

Tous reconnaissent aujourd’hui l’urgence et la nécessité d’une


réforme globale et profonde des l’Enseignement Supérieur en Afrique
francophone.307

C’est dans cette optique que depuis 2004, un projet d’appui à l’enseignement supérieur
et à la recherche est en gestation dans le cadre de l’UEMOA308 pour les pays membres de
cette organisation. L’un des points essentiels de ce projet est l’adoption du système LMD
d’ici 2008 dans toutes les universités de la région.

305
KOUAKOU A., « Quelles contributions efficientes de l’enseignement supérieur au développement durable
des Nations? Le cas de la nation ivoirienne ». Actes du colloque « développement durable : leçons et
perspectives » de Ouagadougou, 1 au 4 juin 2004, p.32.
http://www.francophonie-durable.org/documents/colloque-ouaga-a2-contribution-kouakou.pdf
306 è
6 sommet francophone, Cotonou (Bénin), 2-4 décembre 2005.
307
« L’université africaine » in Présence et Rayonnement de la francophonie, Cotonou, décembre 1995, p.266.
Cité par Antoine KOUAKOU.
308
Organisation rassemblant 8 pays d’Afrique de l’Ouest : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée
Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

166
2- La nouvelle réforme de l’enseignement supérieur en Afrique
occidentale

La Banque africaine de développement (BAD) qui a décidé en 1999 de faire de la lutte


contre la pauvreté l’objectif central de ces opérations en faveur du développement retenait
comme thème majeur la valorisation des ressources humaines. C’est ainsi qu’en 2000 elle
informait les États membres qu’elle définissait l’éducation notamment au niveau
professionnel et universitaire comme un élément clé de la lutte contre la pauvreté. En juin et
juillet 2001 à la suite d’une mission exploratoire visant à opérationnaliser cette orientation, il
a été décidé par cette institution d’entreprendre une vaste étude sur l’enseignement supérieur
et la recherche (ESR) et envisager la création d’un fond régional d’appui à cet ordre
d’enseignement dans l’espoir de collaborer au développement des ressources humaines309.
L’UEMOA, dans l’exercice de ses fonctions économique et monétaire a également retenu au
rang de ses priorités le développement des ressources humaines310. La commission de
l’UEMOA (Département du développement social/Direction de l’enseignement supérieur et
de la Formation Professionnelle) sera donc retenue par la BAD pour agir comme agence
d’exécution d’une importante étude sur l’enseignement supérieur dans les pays de l’espace
UEMOA311. Celle ci marque une volonté politique de renouveau dans ce secteur. Elle était
supervisée par un comité de pilotage qui regroupait les ministres de l’enseignement supérieur
et de la recherche scientifique des pays membres où leurs représentants, les trois principaux
bailleurs de fonds de l’enseignement supérieur dans la région que sont la BAD, la Banque
mondiale et la coopération française ; auxquels s’ajoutaient l’ADEA312 (groupe de travail sur
l’enseignement supérieur), l’Association des universités africaines (AUA) et l’Agence
universitaire de la francophonie (AUF). Huit correspondants nationaux chargés d’effectuer la
liaison entre les systèmes d’enseignement supérieur de leur pays respectifs et l’UEMOA ont
été désignés par les ministres. Comme suite à un appel d’offres international, la firme SOFEG

309
UEMOA. Étude sur l’enseignement supérieur dans les pays de l’UEMOA. Phase I. Rapport final, Novembre
2004, p.1.
http://www.uemoa.int/Publication/2005/RapportEnsSupPI.pdf
310
UEMOA. Protocole additionnel n°II relatif aux politiques sectorielles de l’UEMOA. Janvier 1994.
311
UEMOA. Étude sur l’enseignement supérieur dans les pays de l’UEMOA. Phase I. Rapport final, novembre
2004.
http://www.uemoa.int/Publication/2005/RapportEnsSupPI.pdf
UEMOA. Étude sur l’enseignement supérieur dans les pays de l’UEMOA. Phase II. Rapport final, avril 2005.
http://www.uemoa.int/Publication/2005/RapportEnsSupPII.pdf
312
Association pour le développement de l’éducation en Afrique.

167
Inc., en partenariat avec l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC), a été
retenue comme Consultant responsable de l’étude313.

2-1 Les quatre options d’appui à l’enseignement supérieur dans l’espace


UEMOA

La réalisation de l’étude a nécessité deux phases. À la suite de la première phase de


l’étude, le consultant a proposé quatre options d’appui dans le rapport intermédiaire de la
phase I. Ces quatre options ont été retenues par l’atelier régional de validation des options
d’appui à l’enseignement supérieur dans les pays de l’UEMOA qui s’est tenu à Lomé au Togo
du 14 au 17 décembre 2004. Ces options d’appui (où composantes du projet d’appui) qui ont
été confirmées par l’étude de faisabilité sont restées les mêmes dans le rapport intermédiaire
de la phase II. Par contre suite à l’étude de faisabilité les axes d’intervention (où sous-
composantes du projet d’appui) ont été remodelés et modifiés.

À la page suivante les composantes et les sous-composantes sont présentées, à titre de


rappel. Les représentants des états membres à l’Atelier régional de validation des options
d’appui ont fait connaître leurs priorités d’intervention qui sont identifiées en caractère gras.
Ces composantes et sous composantes ont fait l’objet de l’étude de faisabilité. Les questions
de financement et de gestion du projet d’appui ont aussi été étudiées au cours de cette
étape314.

313
UEMOA. Étude sur l’enseignement supérieur dans les pays de l’UEMOA. Phase I. Op. Cit. p.1.
314
UEMOA. Étude sur l’enseignement supérieur dans les pays de l’UEMOA. Phase II. Op. Cit. p.7-8.

168
COMPOSANTES SOUS-COMPOSANTES

1. Généralisation du système LMD


2. Généralisation d’un modèle d’organisation de
l’ESR par type d’établissements
Reconfiguration de l’offre de
3. Développement de la carte universitaire
formation
4. Développement de la formation postsecondaire
courte
5. Professionnalisation des filières des licences

1. Développement des enseignants chercheurs


2. Développement de programmes de formation
Amélioration de la qualité de la nationaux et régionaux performants
formation 3. Intégration des TIC
4. Amélioration des conditions matérielles,
techniques et scientifiques de la vie académique

1. Harmonisation des normes et des règles de


gestion
2. Généralisation du système d’information et
Gouvernance, gestion et
de gestion de l’ESR
management de l’ESR
3. Création du Conseil régional de l’ESR
4. Création d’un observatoire de la formation et
de l’emploi

1. Dialogue social dans les universités et


Dialogue social et participation ouverture sur le milieu
2. Stratégie de communication dans l’ESR

2-2 Les objectifs de la deuxième phase de l’étude

Les quatre objectifs principaux de la deuxième phase de l’étude sont :

· Vérifier la faisabilité des axes d’intervention approuvés par l’atelier régional de


décembre 2004;
· Identifier les paramètres d’une stratégie de financement de l’ESR dans les pays de
l’UEMOA et explorer la pertinence et la faisabilité des mécanismes incitatifs de financement
de type « fonds »;
· Identifier des scénarios relatifs à la structure de gestion du projet;
· Élaborer un plan d’action que l’UEMOA pourra soumettre aux bailleurs de fonds315.

315
Idem, p.8.

169
Une esquisse du projet d’appui à l’enseignement supérieur et à la recherche résultant
des résultats de l’étude de faisabilité a été proposée au comité de pilotage par le rapport
intermédiaire de la phase II.

2-3 Les paramètres de planification du projet

Il faut noter que le document intermédiaire de la phase I « Synthèse et options


d’appui» présente une vision d’intégration au niveau sous régional de l’enseignement
supérieur à l’horizon 2020. L’instauration d’une véritable communauté universitaire, un
enseignement plus pertinent et plus efficace sur les plans interne et externe, l’usage des TIC
dans la gestion et dans la pédagogie et l’ouverture sur le monde sont autant d’éléments que
comporte cette vision systémique. Pour la réalisation de celle-ci un certain nombre de
modifications essentielles s’imposent à la fois dans l’organisation et le fonctionnement de
l’enseignement supérieur. En effet, un certain nombre de ruptures vont s’avérer nécessaires
notamment en ce qui concerne l’orientation des étudiants, l’organisation académique,
l’accroissement et la redistribution des ressources financières octroyées à l’enseignement
supérieur et la recherche, l’acquisition d’une plus grande autonomie des établissements,
l’augmentation en nombre et en qualité des enseignants chercheurs, dont découle
l’amélioration de leur statut et l’accroissement des liens entre l’université et les milieux
sociaux économiques316.

Cette étude estime à propos de la planification du programme qu’il est impératif


d’identifier les leviers du changement devant être mis en œuvre dans les plus brefs délais afin
d’amorcer le virage requis. Ces derniers devaient être suffisamment puissants et porteurs
d’espoir de résultats pour réussir à persuader les États et les bailleurs de fonds de réinvestir
dans l’enseignement supérieur. La pression entraînée par la forte croissance de la demande
d’enseignement supérieur et une évaluation réaliste du potentiel de débouché offert par le
marché du travail ne doivent surtout pas être ignorées. Ce sont indéniablement des paramètres
incontournables à prendre en considération.

C’est ainsi que deux questions fondamentales avaient guidé l’étude de la faisabilité du
programme d’appui :

316
Idem, p.9.

170
1- Quels sont les composantes et sous composantes du projet d’appui (leviers de changement)
qui permettraient d’amorcer le virage requis et de prouver aux États et à la communauté des
bailleurs que les changements sont possibles dans l’ESR ?

2- Quels mécanismes de participation et de financement devraient être retenus pour assurer la


viabilité à long terme du système et susciter l’augmentation des financements externes?

2-4 La stratégie proposée par l’étude

À l’issue de la mission de faisabilité réalisée dans les pays de l’Union en février 2005,
les informations nécessaires pour formuler au comité de pilotage une stratégie opérationnelle
pour la mise en œuvre d’un programme d’appui à l’enseignement supérieur et à la recherche
dans les pays membres de l’UEMOA ont pu être collectées. C’est ainsi que pour la phase de
lancement du projet qui correspond à la période 2006-2010 (une planification à long terme
étant jugée trop théorique pour rassurer les partenaires de l’enseignement supérieur en raison
de l’importance des exigences du moment qui affectent les systèmes d’enseignement
supérieur et de la recherche), le consultant a proposé une mise en priorité des interventions.
Deux conditions essentielles ont été révélées par la mission de faisabilité afin que le
lancement des premières activités du projet soit suivi d’une mobilisation des acteurs de
l’enseignement supérieur et de la recherche dans tous les pays membres de l’UEMOA.

Ces conditions sont les suivantes :

Première condition : la réforme de l’ESR devra être entreprise et menée à terme par les
acteurs eux-mêmes, c’est-à-dire les dirigeants et les cadres des universités et des institutions
de l’ESR ainsi que par les responsables ministériels, les enseignants chercheurs, les étudiants
et les personnels techniques et administratifs.

Deuxième condition : pendant une première période de lancement, la réforme de l’ESR devra
être entreprise en privilégiant un ou deux secteurs ou domaines stratégiques susceptibles

171
d’agir comme agents déclencheurs ou leviers de changement du processus global de réforme
et mobilisateurs des partenaires sociaux et économiques317.

Les deux sous-composantes prioritaires proposées par le consultant sont la


généralisation du régime Licence-Master-Doctorat (LMD) et l’implantation du Système
d’information de gestion (SI). Selon l’étude la combinaison d’actions orientées vers l’appui à
l’implantation du régime LMD et l’informatisation des universités et établissements de l’ESR,
particulièrement la mise en oeuvre de systèmes d’information de gestion (SI), répond bien aux
conditions énumérées. Leur mise en oeuvre sera appuyée par des actions favorisant le
dialogue entre les acteurs et les partenaires. D’autres sous-composantes seront mises en
oeuvre selon le rythme d’évolution des deux sous-composantes prioritaires. Il est admis que
l’implantation du régime LMD va nécessiter un plus grand nombre d’enseignants chercheurs.
De ce fait, il faudra agir sur cette sous-composante avec une certaine célérité durant la
première phase du projet d’appui.

2-4-1 La généralisation du LMD

Cette action doit être perçue comme un processus fondamental de changement des
institutions de l’enseignement supérieur, des programmes universitaires et des pratiques
pédagogiques et de recherche. C’est également une opportunité pour l’élaboration de relations
nouvelles entre les acteurs du monde universitaire et les milieux sociaux et économiques dans
lesquels les diplômés vont devoir s’intégrer une fois leurs études achevées.

Plusieurs arguments militent en faveur du choix de la réforme du LMD comme action


prioritaire d’un appui à l’enseignement supérieur dans les pays de l’espace UEMOA. Parmi
les arguments les plus pertinents on peut relever :

- L’universalité du régime LMD car un peu partout à travers le monde (Amérique du


Nord et du Sud, Europe, Asie, Afrique du nord et subsaharienne) tous les systèmes
d’enseignement supérieur l’ont déjà adoptés ou sont en voie de le faire.

317
Idem, p.12.

172
- Les impacts de ce régime sur la mobilité et la régionalisation. En effet, le régime
LMD offrira l’opportunité de travailler à l’harmonisation des contenus des
programmes dans les États membres de l’espace UEMOA dans l’optique de faciliter la
mobilité des savoirs, des enseignants, des chercheurs et des étudiants. La mécanique
du régime LMD (les crédits transférables et capitalisables et une nomenclature
commune des diplômes pour sanctionner le travail académique de même niveau) va
également favoriser la mobilité des enseignants, des étudiants et des diplômes.

- Les retombées au niveau de la pertinence. Le passage au LMD va favoriser une


réorganisation de la vie académique et permettra d’accorder une plus grande place à la
pertinence de l’enseignement supérieur et de la recherche universitaire à l’égard des
besoins sociaux et économiques des sociétés. Grâce à cette réforme l’enseignement
supérieur va passer d’une logique de formation classique d’accumulation du savoir à
une logique de prise en compte des besoins.

Il faut ajouter qu’au plan institutionnel chaque établissement ou structure sera appelé à
gérer le système selon des normes communes à l’ensemble de la sous-région et compatibles
avec le système continental.

Les conséquences de l’adoption du régime LMD dans les institutions universitaires se


feront sentir à divers niveaux, à savoir :

− L’amélioration de l’accueil et de l’accompagnement de l’étudiant qui incluent le soutien


à sa mobilité et son insertion dans la vie active. Cela nécessite la mise en place d’un dispositif
d’accueil, de tutorat et de soutien de l’étudiant durant son parcours.

− La modification de la structure de formation nécessitant la mise en place d’équipes de


formation, désignation de directeurs d’études…

173
− La redéfinition des contenus de programmes et rénovation des pratiques pédagogiques
entraînant la modification et l’évolution des règles de contrôle des connaissances.

− L’évolution des procédures d’habilitation et d’évaluation. L’évaluation des programmes


et de la pédagogie vont devenir partie intégrante de la culture des établissements
d’enseignement supérieur. Cette situation va nécessiter la mise en place de politiques et de
procédures d’évaluation de formations et des enseignements.

− Au plan organisationnel, on peut observer des changements considérables avec notamment


la réorganisation du calendrier universitaire, l’organisation des semestres et du calendrier des
examens; la définition de nouvelles modalités de suivi du dossier étudiant ; la réorganisation
des inscriptions administratives et pédagogiques ; le décloisonnement entre les composantes
administratives et académiques ; la nécessité de collaboration entre les enseignants, les
responsables administratifs et tous les acteurs de la vie étudiante et l’adaptation des outils
informatiques de gestion.

La généralisation du régime LMD va rendre absolument nécessaire un travail


important de formation et d’accompagnement du personnel à tous les niveaux du système
d’enseignement supérieur.

2-4-2 Implantation des systèmes d’information de gestion dans les établissements

Cette action n’est rendue possible que par la généralisation des usages des TIC. Ces
systèmes d’information de gestion dans les établissements sont devenus des instruments
indispensables à la gouvernance des institutions et du système de l’enseignement supérieur
dans sa totalité. Bien qu’étant indispensable à la gouvernance de nos jours ils ne constituent
pas malgré tout un gage d’efficacité et de transparence dans la gestion du système. Parmi les
composantes d’un système d’information on peut trouver : un cadre de gestion financière, le
dossier de l’étudiant, le dossier de l’enseignant, la banque de données des cours, des
programmes, des projets de recherche et des travaux des étudiants ajoutés des corrections et
notes d’évaluation des enseignants. Ce Système d’information de gestion est le premier
instrument dont auront besoin les acteurs de la réforme LMD compte tenu de la complexité
accrue de ce système.

174
Au terme de ce chapitre, on peut affirmer que malgré la réforme opérée en 1995,
l’enseignement supérieur ivoirien éprouve toujours de grosses difficultés à atteindre les
objectifs qui lui sont assignés notamment dans le cadre de la lutte que mène ce pays pour
sortir du sous-développement. La dernière réforme impulsée par l’UEMOA à l’attention de
tous les pays de son espace apparaît comme une bonne opportunité pour réussir une véritable
transformation en profondeur de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire notamment avec
l’adoption du système LMD et la mise en place de réels systèmes d’information de gestion
dans les établissements d’enseignement supérieur ivoiriens grâce à la vulgarisation des usages
des technologies numériques.

175
Deuxième partie
Intégration et usages des TIC dans
l’enseignement supérieur
en Côte d’Ivoire

176
CHAPITRE IV

Introduction des TIC dans l’éducation en


Côte d’Ivoire

177
Un débat important sur la nécessité d’introduire les Technologies de l’information et
de la communication (TIC) dans l’éducation est de plus en plus d’actualité ces dernières
années en Afrique. Plusieurs organismes de référence tels que l’UNESCO, la Banque
mondiale ou encore l’AUF ont mis en place un certain nombre de programmes en direction
des pays africains, afin d’encourager l’intégration et l’usage des TIC dans l’éducation et la
formation. Parmi les projets les plus en vue sur le continent on peut citer entre autres la
création des Universités virtuelles africaines (UVA) par la Banque Mondiale et la création des
campus numériques francophones par l’AUF. L’intégration des nouvelles technologies dans
l’enseignement et la recherche est perçue comme un élément essentiel pour le développement
du monde de l’éducation en Afrique. Certains pays africains ont d’ailleurs jugé utile de
réfléchir à la mise en place d’un programme interne en faveur de l’intégration des nouvelles
technologies dans l’éducation. En Côte d’Ivoire, le ministère de l’enseignement supérieur et
de la recherche scientifique, par l’entremise de sa Direction de l’Information scientifique et
technique (DIST), a conçu un projet visant l’interconnexion des universités (RESURCI), dans
l’optique de créer un intranet local. Il s’agit notamment d’œuvrer pour la mutualisation des
ressources des différentes universités et surtout de réussir le lancement du projet EAD
(Éducation à distance) par le biais de la visioconférence. Il faut relever que la volonté des
dirigeants ivoiriens de mener à bien la réalisation de ce projet a permis de doter les différents
établissements d’enseignement universitaire et l’Institut National Polytechnique
HOUPHOUET-BOIGNY (INPHB) de Yamoussoukro en infrastructures en matière de
Technologies de l’information et de la communication (TIC). Si ce projet, pour diverses
raisons (infrastructures dérisoires et dépassées, crise économique, crise militaro-politique…) a
du mal à voir le jour, son existence montre tout de même la place de plus en plus importante
que le ministère ivoirien de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique veut
accorder aux TIC.

Il faut, cependant, ne pas oublier que si ces dernières années la question de la nécessité
d’introduire les TIC dans le monde de l’éducation en Afrique en général, et en Côte d’Ivoire
en particulier, est récurrente, il faut savoir que depuis l’indépendance en 1960, d’autres
expériences ont été tentées, afin d’introduire les TIC dans le milieu éducatif. L’une des
expériences les plus mémorables est sans conteste celle de l’enseignement télévisuelle à
l’école primaire qui aura duré plus de deux décennies. Nous allons nous atteler à faire un bref
historique de l’introduction des TIC dans l’éducation en Côte d’Ivoire depuis l’indépendance
du pays (1960) jusqu’à nos jours.

178
1- L’expérience de l’enseignement télévisuel dans le primaire public
en Côte d’Ivoire de 1968 à 1982

1-1 Les objectifs du projet

Ce projet fut lancé en 1968, mais c’est trois ans plus tard (en 1971) que la première
émission eut lieu. On assista dès les années suivantes (1972-1973) à une généralisation de ce
programme dont les principaux objectifs étaient :

- Atteindre un taux de scolarisation de 100 % des enfants en 1983 ;


- Œuvrer pour la maîtrise de la langue française chez les écoliers ;
- Participer à l’éducation des jeunes issus du milieu rural ;
- Ouvrir l’enseignement sur les technologies ;
- Assurer l’enseignement extrascolaire pour les adultes.

La mise en œuvre de ce programme fut assurée par l’UNESCO, la coopération


française (OCORA318, AUDECAM, ORTF319), la fondation Ford et la coopération belge.
L’implantation, la valorisation, le fonctionnement et l’évaluation du projet a nécessité
l’expertise de nombreux spécialistes occidentaux.

Cette expérience connut un arrêt définitif à partir de 1982, après 14 ans d’existence.
Son déclin était d’ailleurs perceptible quelques années avant son arrêt officiel.

1-2 Les causes de l’échec du projet

Les raisons profondes qui ont occasionné l’échec de ce projet sont de divers ordres. Le
rapport d’évaluation de ce programme produit par le ministère de l’Éducation nationale320
ivoirien en 1986, nous fournit de multiples informations à ce sujet.

318
Office de coopération radiophonique.
319
Organisation de la radio et de la télévision française
320
RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE, Programme d’évaluation télévisuelle, Ministère de l’Éducation
Nationale. 1986. Tome III.

179
1-2-1 La logistique

De très importants moyens financiers furent dégagés pour l’achat d’appareils (dont le
marché était exclusivement réservé à l’entreprise THOMSON), et pour les installations qui
devaient se faire même dans certains villages reculés du pays, où l’accès à l’électricité était
encore impossible. C’était un très vaste projet qui avait pour vocation de se prolonger avec le
concours de postes de moniteurs et d’instituteurs moniteurs dans les villages. Les concepteurs
du programme avaient également prévu après les émissions télévisées destinées à
l’enseignement des écoliers, la création d’émissions pour la formation des paysans. La
conception et la réalisation de ces émissions furent confiées au centre télévisuel de Bouaké.
Des émissions telles que « Télé pour tous », « Connais-tu mon beau pays » ou encore « La
terre au soleil » ont connu un succès plus important que les émissions d’enseignement.
Cependant les nombreuses pannes et le non suivi de la maintenance du matériel en a rendu
l’exécution très difficile.

1-2-2 La conception des programmes

Un comité consultatif scientifique fut créé en 1970, pour la réalisation scientifique,


pédagogique et technique du programme. Il faut cependant déplorer qu’alors que la
commission des programmes ne fut installée qu’en 1973, la diffusion des émissions ait débuté
dès 1971. Le contenu de ces programmes a été jugé au final pas du tout adapté aux écoles
primaires ivoiriennes et surtout le niveau des élèves issus des classes de ces établissements fut
jugé largement inférieur à celui de leurs congénères issus des mêmes classes dans les
établissements pratiquant encore un enseignement traditionnel. Les détracteurs de ce
programme estimaient qu’il accordait une trop grande place à l’oral au détriment de l’écrit et
de l’écriture. La qualité des documents pédagogiques fut également remise en cause. Produits
quelque peu dans l’urgence, certains rapports d’évaluation les qualifièrent de « retardataires,
stéréotypés et dogmatique »321. Par ailleurs, La circulation d’informations entre les CAFOP322
était également pratiquement inexistante.

321
DEUNFF J., Rapport de missions en Côte d’Ivoire pour l’enseignement scientifique intégré, Rapport pour
l’UNESCO, 1975.
322
Centre d’animation et de formation pédagogique.

180
1-2-3 Le fonctionnement du projet

Un rapport323 de l’UNESCO sur le programme d’éducation télévisuelle en Côte


d’Ivoire paru en 1974 porte de sévères critiques sur l’absence de coopération entre certains
animateurs et formateurs des CAFOP et les responsables de la production de documents
télévisuels et écrits. Il n’y avait aucune concertation entre eux et ils ne prenaient même pas la
peine de se transmettre les rapports pédagogiques. La mis à l’écart des producteurs des
activités des CAFOP a eu pour conséquence bien évidemment la diffusion d’émissions sans
qu’aucun essai ne soit fait au préalable.

La formation des enseignants qui est incontestablement un élément essentiel à la


réussite de ce programme, fut jugée inadaptée. À en croire le rapport d’évaluation de
l’UNESCO, les instituteurs ne furent pas préparés à la nouvelle méthode d’évaluation
qu’induisait ce nouveau moyen d’apprentissage. Le caractère non scientifique de la méthode
d’évaluation des acquisitions des élèves fut dénoncé. Par ailleurs, les instituteurs étaient de
plus en plus nombreux à s’inquiéter du rôle qu’ils avaient à jouer dans ce nouveau contexte
éducatif. Ils s’inquiétaient surtout de voir leur rôle se réduire à celui d’un simple animateur.

Les difficultés d’adaptation en classe de 6e des premiers élèves issus de ce programme


(en 1977), malgré les recommandations des consultants de l’UNESCO confortèrent l’opinion
de ses détracteurs.

L’opinion publique ivoirienne rejeta vivement cette méthode d’enseignement, car elle
lui parut trop ludique. En effet, une enquête réalisée en 1985 par le Professeur Hugues
KONE324 du CERCOM325 de l’université de Cocody nous confirme que dans leur majorité,
les enseignants, chercheurs et parents d’élève (57,12 %), de même que les élèves (53,5 %)
considéraient la télévision d’abord et avant tout comme un moyen de divertissement. Les
instituteurs dénonçaient également ce programme rejetant l’idée qu’une machine puisse
remplacer l’enseignant. Selon eux ce programme entraînait une dégradation de
l’enseignement. L’inadaptation de la politique ministérielle en faveur de la formation continue

323
DEUNFF J., Le programme d’éducation télévisuelle en Côte d’Ivoire : Rapport de mission, UNESCO, 1974.
324
KONE H., La dynamique des médias dans les sociétés en mutation. Cas de la Côte d’Ivoire, Thèse de
doctorat d’État, Université Louis Pasteur, Strasbourg, 1989.
325
Centre d’étude et de recherche en communication.

181
des maîtres et l’absence de soutien logistique permanent pour la durée du programme ont
fortement contribué au désaveu de ce projet.

1-3 L’arrêt du programme

En 1980, le gouvernement ivoirien prit la décision d’interrompre définitivement le


programme d’éducation télévisée. En effet, devant les nombreuses critiques dont faisait
l’objet ce mode d’enseignement dans l’opinion publique ivoirienne, et surtout de la part
d’acteurs essentiels du système éducatif tels que les enseignants et les parents d’élèves, le
gouvernement fut contraint d’accepter l’abandon du projet. Il est tout de même important de
relever que les évaluations concernant ce programme ne furent jamais publiées, seuls
quelques privilégiés du ministère de l’éducation nationale ivoirien ont pu avoir accès aux
résultats de ces évaluations. Ce n’est d’ailleurs qu’à partir de 1986, avec la publication d’un
rapport du ministère de l’éducation nationale que les résultats de cette évaluation
commencèrent à être diffusés.

Cette décision du gouvernement ivoirien qui fut prise bien que les promoteurs
occidentaux et les partisans nationaux du programme remettaient en cause le fondement des
critiques acerbes dont le projet fut l’objet, était basée avant tout sur la nécessité de résoudre
un problème social. Ce n’est pas la volonté de résoudre un problème strictement éducationnel
qui a primé.

En effet, le gouvernement devait faire face à la double pression des instituteurs et des
parents d’élèves. Les premiers ayant été mal préparés à leur nouveau rôle, avaient le
sentiment de perdre leur pouvoir, tandis que les seconds avaient du mal à percevoir
l’enseignement télévisé comme un moyen sérieux d’éducation et d’instruction. La télévision
était perçue par eux avant tout comme un outil de distraction. Devant la non préparation
psychologique et professionnelle de tous les acteurs du milieu, cette décision semblait
s’imposer.

On peut néanmoins regretter que l’arrêt de ce programme soit davantage lié à un rejet
du projet par l’opinion publique ivoirien, plutôt que des raisons strictement éducationnel

182
2- Quelques expériences avec les TIC dans l’enseignement supérieur
de 1980 à nos jours

2-1 Le TAMTEL ou projet de vidéotex interactif

Cette expérience que nous pensons avoir suffisamment évoqué dans le premier
chapitre de notre travail de recherche avait pour ambition de mettre à la disposition des
universités d’Afrique francophone une nouvelle technologie promue par la France au milieu
des années 80. Il s’agit du minitel ou vidéotex interactif. L’utilisation des minitels devait
favoriser la communication entre les centres et les instituts universitaires. Ce projet avait, par
ailleurs, également pour but de favoriser la gestion de l’Information scientifique et technique
(IST) et l’interrogation de banques de données bibliographiques. Ce projet malheureusement
fut un échec à cause des problèmes rencontrés pour obtenir du matériel complet et fonctionnel
(Cf. chapitre 1, p. 102).

2-2 Les audio et vidéoconférences.

Ce programme typiquement ivoirien dont nous avons également déjà fait mention dans
le premier chapitre de cette thèse, fut élaboré dans le cadre des suivis de missions
d’enseignement et de recherche, d’enseignement à distance, de formation continue, de suivis
de travaux de thèse, d’élaboration de programme, de conférences d’internat en pharmacie.
C’est la mise en place du satellite franco-allemand SYMPHONIE qui a rendu possible ce
programme. Ce programme comme les précédents ne pu atteindre les objectifs escomptés
principalement à cause de problèmes financiers et organisationnels. (cf. chapître1, p. 104).

2-3 Le projet DRAGADOS ou « un enseignant un ordinateur ».

Ce projet répondait à une demande du SYNARES326 qui souhaitait une action du


ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, afin de favoriser l’accès
des chercheurs et des enseignants de l’enseignement supérieur ivoirien aux ordinateurs.

326
Syndicat national de la recherche et de l’enseignement supérieur.

183
Ce projet était initié par le Ministère de l’enseignement supérieur,
financé par la coopération espagnole, visé par la coopération
française et arbitré par le SYNARES. Il s’agissait tout simplement de
contribuer à combler le fossé numérique au niveau des hommes en
palliant le manque d’équipement informatique des enseignants en
faisant en sorte que chaque enseignant puisse avoir accès à l’outil
informatique et se familiarise avec lui327.

Le projet Dragados a été officiellement exécuté et il connut effectivement un grand


succès auprès des enseignants qui se sont rués sur les ordinateurs et ont littéralement pris
d’assaut le siège du SYNARES où se faisaient les formalités de distribution des machines. Si
officiellement ce projet n’a pas (encore) été évalué en partie à cause de la situation
sociopolitique, on peut relever, après coup en se basant sur l’étude réalisée par Aghi
BAHI328 sur les pratiques de recherche d’information chez les enseignants et chercheurs
universitaires ivoiriens un certain nombre de problèmes liés à l’exécution de ce projet.
D’abord, il a été tout simplement estimé qu’il y avait un besoin d’équipement et qu’il fallait
satisfaire ce besoin, et que, naturellement, ces ordinateurs serviraient en priorité à faire le
travail universitaire et constitueraient le parc informatique à partir duquel il serait possible de
connecter les institutions et les hommes. On peut affirmer selon lui que les ordinateurs
distribués n’ont jamais servi au travail universitaire. Il souligne dans son étude le fait qu’il y a
eu une déperdition non négligeable de ces machines.

Le projet Dragados exigeait en outre la participation symbolique de l’enseignant et/ou


du chercheur qui devait s’acquitter de la somme de 100 000 francs CFA (environ 150 euros),
partant de l’idée qu’une participation de l’enseignant l’obligerait à consentir ainsi un sacrifice
qui l’amènerait à se sentir plus concerné par l’ordinateur acquis et à lui accorder plus de
valeur. Cependant les initiateurs du projet avaient omis un certain nombre de logiques
(individuelles). Bien que la participation financière fût réduite, elle induit chez bon nombre
d’enseignants le sentiment d’avoir acheté l’ordinateur et d’en être le véritable propriétaire. À
l’achat, ces ordinateurs tournaient sous Linux, car, d’une part, UNIX est plus fiable que DOS
327
BAHI A., Étude sur les TIC et les pratiques de recherche d’information chez les enseignants et chercheurs
universitaires ivoiriens, UFR Information communication et arts, juillet 2004, p.21.
http://www.codesria.org/Links/conferences/el_publ/AGHI_Bahi.pdf
328
Enseignant-chercheur à l’université de Cocody.

184
et d’autre part, Linux ne pose pas de problème de licence comme Microsoft. En réalité, dans
un environnement largement dominé par Microsoft le premier acte de l’acquéreur a été
d’écraser Linux et de le remplacer par Windows pour être en phase non seulement avec la
mondialisation mais surtout avec l’environnement immédiat de l’université.

Par ailleurs, malgré la signature d’une charte au moment de l’achat de l’ordinateur qui
stipulait que l’enseignant s’engageait à ne pas faire un autre usage que celui prévu pendant au
moins cinq ans, certains n’ont pas hésité à détourner l’ordinateur Dragados de l’usage prévu.
L’étude d’Aghi BAHI le confirme :

On comprend mieux pourquoi il peut servir à autre chose qu’à


aider directement au travail intellectuel : « ce sont mes enfants qui
s’en servent surtout pour les jeux. Il y a beaucoup de jeux dessus »
déclare ce sociologue. Tel collègue de philosophie dit que l’écran de
son ordinateur est en panne, qu’il doit le remplacer et qu’il prendrait
un abonnement à Internet dès que cela serait fait. Que c’est son fils
qui se sert de son ordinateur. « Certains l’ont déposé à l’université,
dans leur bureau parce qu’ils n’ont pas de place chez eux »,
« d’autres les laissent au bureau parce qu’ils peuvent s’offrir mieux ».
Ainsi, beaucoup de témoignages sur des utilisations à but lucratif (les
enseignants les ont loué », « ils les ont vendus ») de ces ordinateurs
concordent. C’est ce qu’exprime ces enseignants : « la moitié des
ordinateurs du projet SYNARES se retrouve dans des cybers » ou
encore « un cyber c’est plus rentable », « l’ordinateur (acquis grâce
au projet Dragados) est déplacé… un cyber ça rapporte plus ! ». En
somme conclut cet enquêté, « l’Internet, les ordinateurs c’est bien (il
fait allusion au projet Dragados) mais beaucoup ne s’en sont pas
servi dans le sens que le gouvernement souhaitait ».329

329
BAHI A. Op. Cit., p.22.

185
2-4 Le RESURCI.

À la suite de la réforme de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire de 1995, qui fut


marquée par la décentralisation de l’université nationale d’Abidjan, l’État de Côte d’Ivoire a
initié le projet de Réseau pour l’enseignement Supérieur et la Recherche en Côte d’Ivoire
(RESURCI) à l’image du RENATER330 en France. Ce projet avait pour objectif
l’interconnexion de toutes les universités publiques du pays (l’université de Cocody à
Abidjan, l’université d’Abobo-Adjamé, l’université de Bouaké, les URES de Daloa et de
Korhogo) et de l’institut polytechnique de Yamoussoukro. Cette opération devait favoriser la
mise en place d’un intranet nationale avec trois modalités :

- La mutualisation des ressources.


- La diffusion de cours non présentiels.
-La formation continue.

La mise en place de ce projet RESURCI devait permettre aux différentes institutions


universitaires que nous avons cité tantôt de bénéficier d’infrastructures et d’équipements en
matière de télécommunications et informatique. Chacune de ces institutions universitaires
devaient avoir son site personnel. À partir de 1998, le ministère va procéder au câblage de
l’université d’Abobo-Adjamé et du campus 1 de l’université de Bouaké, l’année suivante ce
sera le tour de l’INPHB de Yamoussoukro et enfin en 2000 celui de l’URES de Daloa et de
l’université de Cocody. Cependant, le câblage de l’URES de Korhogo fut un échec
probablement pour des raisons technique et financière.

Ce projet malheureusement, jusqu’à présent, n’a pas été en mesure d’arriver à son
terme, car selon les responsables de la DIST qui le pilotaient, les moyens mis à disposition
pour sa réalisation étaient insuffisants pour pouvoir doter tous les établissements concernés
d’infrastructures de qualité.331

330
Réseau National de télécommunications pour la Technologie, l’Enseignement et la Recherche.
331
Enquête personnelle. Mars-Mai 2003.

186
2-5 Le projet EAD (Éducation à Distance).

Bien que ce projet, qui est en réalité une des modalités du RESURCI n’a pas encore pu
voir le jour, nous pensons qu’il n’est pas inutile d’en parler, car la volonté du ministère
ivoirien de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique de le voir aboutir à été
pour beaucoup dans la mise en place d’infrastructures en matière de TIC dans le milieu
universitaire en Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire jusqu’au début des années 1990 n’avait qu’une seule université, il
s’agit de l’actuelle université de Cocody à Abidjan. Cet établissement universitaire qui fut
créé en 1960 pour accueillir 6 000 étudiants s’est vite retrouvé débordé avec plus de 30 000
étudiants en 1990, en 2005 le ministère avançait le nombre de 54 863 étudiants332 pour cette
seule université soit plus de neuf fois l’effectif prévu au départ. Devant les difficultés
engendrées par cette situation, l’État a décidé de décentraliser l’université à travers le pays.
Ce qui a permis la création des universités d’Abobo-Adjamé et de Bouaké, ainsi que les
Unités régionales d’enseignement supérieur (URES) de Daloa et de Korhogo qui sont
rattachées respectivement aux universités d’Abobo-Adjamé et de Bouaké. L’une des
difficultés majeures que rencontre le ministère de l’enseignement supérieur pour faire
fonctionner ces établissements d’enseignement supérieur est de leur trouver des enseignants
permanents, ce problème se pose particulièrement au niveau des établissements universitaires
de province. Dans ces universités, l’essentiel des cours est dispensé par les enseignants des
universités d’Abidjan (Cocody et Abobo-Adjamé). Pour résoudre ce problème le
gouvernement ivoirien a proposé une solution alternative qui est le projet EAD (Éducation à
distance) par visioconférence. Pour la réalisation de ce projet la DIST (Direction de
l’information scientifique et technique) du ministère de l’enseignement supérieur travaille en
collaboration avec des experts d’edufrance. Des essais ont été réalisés en 1999 et 2000 entre
les universités d’Abobo-Adjamé et Cocody. La réalisation de ce projet qui devait être
opérationnel au début de l’année 2004 a pris du retard à cause notamment de problèmes
financiers et de l’État de guerre dans lequel est plongé la Côte d’ivoire depuis le 19 septembre
2002 (l’université de Bouaké et l’URES de Korhogo sont fermées et délocalisées à Abidjan).
Cependant, Il faut relever que la volonté des dirigeants ivoiriens de mener à bien la réalisation
de ce projet, a permis de doter les différents établissements d’enseignement universitaire

332
http://www.ucocody.fr

187
auxquels on faisait référence précédemment et l’Institut National Polytechnique
HOUPHOUET-BOIGNY (INPHB) de Yamoussoukro en infrastructures en matière de
Technologie de l’information et de la communication (TIC). En effet, ce projet prévoit le
renforcement des salles Internet, de sorte que les étudiants qui n’auront pas bien compris les
cours dispensés par visioconférence puissent par le biais de courriers électroniques faire part
de leurs préoccupations aux enseignants.

188
Figure 6

189
3- Intégration des infrastructures et équipements en matière
d’informatique et de télécommunications à l’ex-université nationale
d’Abidjan.

Créée en 1967 par le gouvernement ivoirien, l’OCM.333, dont la naissance peut être
considérée comme le point de départ de l’informatisation de la Côte d’Ivoire, dès le début des
années 1970, faisait bénéficier de ses services à l’administration de l’ex-université nationale
d’Abidjan (actuelle université de Cocody à Abidjan) et certains chercheurs. Cet organisme qui
était rattaché au ministère de la Fonction publique joua un rôle extrêmement important pour la
gestion du personnel administratif et universitaire. Les chercheurs ont aussi bénéficié de ses
services pour le transfert de leurs fichiers ou pour la réalisation d’analyses statistiques de
données.

C’est à partir de 1971, qu’on a pu observer un début d’apparition de l’informatique à


l’université nationale d’Abidjan notamment à la Faculté des sciences et techniques (FAST) et
au Centre universitaire de traitement de l’information (CUTI). Cependant, aucune politique
précise ne fut mise en place pour réaliser l’informatisation des services de cet établissement.
Elle se fera donc de façon anarchique, au gré des opportunités financières.

Le début des années 1980 marque un tournant décisif dans l’histoire de


l’informatisation des établissements publics en Côte d’Ivoire. En effet, en 1980 l’État ivoirien
décide de la création d’une commission chargée de la conception et de l’élaboration d’un plan
informatique national. À partir de 1983, cette commission deviendra la commission nationale
pour l’informatique. Cette commission aura pour prérogative principale d’initier
l’informatisation des établissements publics dont l’université nationale d’Abidjan. Cinq
années plus tard (en 1988), le CUTI qui est mieux connu aujourd’hui sous l’appellation
SINFUC (Service Informatique de l’Université de Cocody) fut à l’origine de la mise en place
d’un programme en micro-informatique à l’université nationale d’Abidjan. Les principaux
objectifs de ce programme sont notamment :

333
L’Office Centrale de la Mécanographie.

190
- L’amélioration de la gestion administrative de l’établissement, en assurant la
formation du personnel technique (secrétaires, appariteurs, comptables,
bibliothécaires…) et des enseignants-chercheurs ;
- faire la promotion des formations en informatique à tous les niveaux ;
- réussir l’informatisation de la Grande bibliothèque universitaire ;
- oeuvrer pour l’utilisation de l’informatique dans le domaine de l’Information
scientifique et technique (IST) ;
- oeuvrer pour le développement de la publication assistée par ordinateur (PAO) au
service chargé des publications.

3-1 Le parc informatique de l’ex-université nationale d’Abidjan à la fin des


années 1980.

Si nous nous référons à l’article de Claudine LEBORGNE-TAHIRI paru dans le


journal d’informations en pédagogie universitaire de l’université nationale d’Abidjan
ASSEMPE334 en 1989, nous pouvons affirmer qu’on pouvait recenser environ une centaine
d’ordinateurs à l’université nationale d’Abidjan à la fin des années 1980. Il est
extrêmement difficile d’établir un inventaire exact des outils informatiques dont disposait
cette université. Les équipements informatiques recensés sont utilisés dans différents
secteurs en tant qu’outil pédagogique, didacticiel, outil pour la recherche d’informations
et la résolution de problèmes (statistiques quantitatives, graphiques, analyses de données).

La pénurie d’équipements, le sous emploi des capacités des équipements existants, la


dégradation et l’inadaptation des anciens équipements, de même que l’hétérogénéité des
équipements incompatibles entre eux, l’absence d’un service de maintenance et
l’inexistence de formation des chercheurs à l’utilisation des outils informatiques sont
autant de problèmes ne facilitant pas l’amélioration de ce parc informatique à la fin des
années 1980.

334
LEBORGNE-TAHIRI C. « Intégration de l’informatique à l’UNACI ». Assempé, 1989, pp. 4-13.

191
3-2 Le développement des TIC dans l’ex-université nationale d’Abidjan
devenue université de Cocody à Abidjan depuis la réforme de 1995335.

3-2-1 Brève présentation de L’université de Cocody à Abidjan.

Cette université est bâtie sur un campus central d’environ 197 hectares et un campus
annexe de 8 hectares, avec un ensemble bâti de 141 bâtiments comprenant des amphithéâtres
des salles de cours et de TD, des laboratoires et des bureaux.

Elle emploie 1209 enseignants-chercheurs, 88 chercheurs à plein temps, 805 agents


administratifs et techniques, dont 420 fonctionnaires et 385 vacataires. Au titre de l’année
2004-2005, 54 863 étudiants336 s’étaient inscrits régulièrement dans les UFR qui composent
l’université de Cocody à Abidjan

3-2-2 Les TIC à l’université de Cocody.

L’État de Côte d’Ivoire, en 1999, a initié le projet de Réseau pour l’enseignement


supérieur et la recherche en Côte d’Ivoire (RESURCI), qui a permis à l'Université de Cocody
à Abidjan d’avoir un début de réalisation de son réseau intranet. Huit points focaux avaient
été installés et l’accès à Internet était de 64 Kbps.

Depuis, des efforts ont été entrepris par l’université pour l’extension et l’amélioration de la
qualité de service.

Au niveau des services on note :

- l’existence d’un nom de domaine (ucocody.ci),


- l’existence d’un serveur de messagerie (mail.ucocody.ci),
- l’existence d’un serveur Web (www.ucocody.ci)
- la possibilité de faire les préinscriptions en ligne

335
BALOU-BI T.J., Les TIC à l’université de Cocody. Atelier du réseau AFUNET, 25-27 septembre 2005
http://event-africa-networking.web.cern.ch/event-africa-networking/workshop/slides/case%20cocody.doc
336
www.ucocody.ci

192
Le réseau intranet hérité du projet RESURCI a été étendu à partir des points focaux, soit aux
bâtiments abritant ces points focaux, soit à de nouveaux bâtiments. Aujourd’hui, toute
l’administration centrale est connectée à Internet ainsi que certains services centraux comme
la scolarité, la bibliothèque et les ressources humaines. Toutefois l’impact des extensions
réalisées reste assez faible au vu des structures non encore connectées (environ 65 %).

La connectivité à Internet se fait suivant 2 passerelles. Une passerelle publique à 256


Kbps (fournisseur Aviso de Côte d’Ivoire-TELECOM) et une passerelle privée (intranet de la
Société Nationale de Développement Informatique (SNDI)). La passerelle publique est
réservée aux services et la passerelle privée à la navigation Internet.

Les équipements centraux du réseau intranet sont :

- 2 serveurs Prolian, 350 (un pour le Web et un pour les inscriptions) ;


- 2 PC Pentium, 4 utilisés comme serveurs (DNS et DHCP) ;
- 4 switches Cisco ;
- Environ 200 ordinateurs connectés à l’intranet.

3-2-3 Les objectifs à atteindre pour moderniser l’Université de Cocody.

Le Secrétaire général de cette université au cours d’un atelier de l’AFUNET337


définissait les objectifs à atteindre pour moderniser l’université de Cocody à Abidjan de la
manière suivante :

- connecter toutes les structures au réseau intranet par fibre optique ou par boucle radio
pour les structures distantes (CIRES, site de Bingerville, etc.),
- doter chaque chercheur et enseignant chercheur d’un ordinateur connecté à Internet,
- mettre le fond documentaire en ligne ainsi que différentes bases de données sur la
production scientifique. D’une manière plus générale, il s’agit de donner un contenu
au réseau intranet de l’université,
- installer une salle de travaux pratiques informatiques (de 30 ordinateurs) connectée à
Internet dans chaque structure de formation (14 structures),

337
African universities network ou réseau des universités en Afrique.

193
- accorder une place de choix à la formation aux TIC, afin de promouvoir une culture du
numérique,
- initier l’enseignement à distance,
- négocier un débit minimum de connexion à Internet de 4 Mbps,
- renforcer les capacités du service informatique en ressources humaines et en
infrastructures informatiques.

Ces efforts pour le développement des TIC auront un impact durable sur la vie de
l’institution universitaire. Cela se traduira par :

- une célérité et une efficacité dans la diffusion de l’information et également une


démocratisation dans l’accès à l’information,
- une maîtrise des calendriers académiques par des procédures d’inscription des
étudiants et gestion de la scolarité en ligne,
- des possibilités pour les chercheurs de travailler en réseau avec leurs équipes de
recherche,
- une amélioration de l’encadrement des étudiants, etc.

Selon le secrétaire générale de l’université de Cocody à Abidjan :

Pour atteindre ces objectifs, l’Université de Cocody avec l’appui et


l’assistance des pouvoirs publics, notamment avec l’expertise de la
SNDI a inscrit dans son plan stratégique, un plan annuel
d’investissement pour le développement informatique d’environ 50
millions de francs CFA, soit 76 000 euros/an, qui, s’il est financé
permettra à notre institution de se mettre à niveau dans le domaine
des TIC et d’occuper sa place véritable dans le réseau AFUNET.
Pour ce faire, outre les financements publics nous allons solliciter les
entreprises de la place, qui pour la plupart siègent dans nos différents
conseils, ainsi que tous les partenaires au développement. 338

338
Idem.

194
Au terme de ce chapitre, nous pouvons affirmer que l’intégration des TIC dans le
monde de l’éducation n’est pas véritablement une chose nouvelle en Côte d’Ivoire. Depuis
des décennies, on a pu observer que plusieurs expériences ont été tentées aussi bien dans
l’enseignement primaire (l’enseignement télévisuel) que dans l’enseignement supérieur et la
recherche (le TAMTEL, les audio et vidéoconférences, …) avec les TIC. Cependant pour
diverses raisons aussi bien économique, sociale que politique, ces expériences n’ont jamais
pu totalement atteindre les objectifs qui leur étaient assignés. De nos jours, à l’heure de la
société de l’information, l’intégration et les usages des TIC dans le monde de l’éducation en
général, de l’enseignement supérieur et de la recherche en particulier, deviennent un enjeu
important. Cependant, plus de quarante ans après les premières expérimentations, quel bilan
peut on faire sur le rôle qu’a joué l’État ivoirien pour réussir l’intégration des TIC dans
l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire. Nous consacrerons le prochain chapitre de notre
étude à cette question en fondant notre analyse sur l’enquête de terrain que nous avons
réalisée en Côte d’Ivoire en 2003.

195
CHAPITRE V

Analyse de l’action de l’État de Côte d’Ivoire en


faveur de l’intégration des TIC dans
L’enseignement supérieur en 2003

196
Comme nous avons pu l’observer dans le chapitre précédent, l’État de Côte d’Ivoire
depuis plusieurs décennies, a expérimenté plusieurs projets avec pour ambition l’intégration
des TIC dans le monde de l’éducation en Côte d’Ivoire. La réussite de ces programmes
nécessitait la mise en place d’infrastructures en matière de télécommunications et
l’acquisition d’équipements informatiques dans les établissements d’enseignement supérieur
du pays, aussi bien dans le public que dans le privé. Nous nous emploierons dans ce chapitre,
à analyser le rôle joué par l’État ivoirien pour l’intégration des TIC dans les établissements
d’enseignement supérieur. Notre analyse se focalisera sur la période 2000-2005, car un plan
de développement de l’infrastructure nationale de l’information et de la communication (Plan
NICI Côte d’Ivoire)339 couvrant cette période, a été élaboré en juillet 2000 et le secteur
Éducation/Formation/Recherche fut mentionné parmi les secteurs prioritaires d’application.

Notre analyse sera fondée sur les résultats de l’enquête que nous avons réalisées en
2003 dans le milieu universitaire ivoirien. En effet, pour nous enquérir de l’état de pénétration
des TIC dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire durant la période 2000-2005, nous
avons estimé nécessaire de réaliser deux enquêtes de terrain dans les établissements
d’enseignement supérieur du pays. La première a eu lieu en mars-mai 2003 et la seconde en
avril-mai 2005. Cependant, avant d’analyser l’action de l’État ivoirien en faveur de
l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur de ce pays, il nous semble intéressant en
premier lieu d’évoquer succinctement les bénéfices que peut tirer l’enseignement supérieur de
l’intégration des TIC mais également des limites de cette intégration.

339
REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE, Plan de développement de l’infrastructure nationale de l’information
et la communication 2000-2005, Inspection générale d’État, ministère de la planification du développement,
Agence des télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI), juillet 2000.

197
1- Intégration et usages des TIC dans l’éducation : Quel bénéfice pour
l’enseignement supérieur et de la recherche ?

Dans cette partie de notre travail, nous allons essayé sans adhérer béatement à certains
discours technophiles d’une certaine frange d’experts de l’éducation, qui tendent à faire des
TIC la panacée au développement de l’enseignement supérieur et de la recherche en Afrique,
nous atteler à mettre en exergue les avantages que peut tirer le milieu universitaire de
l’intégration et du développement de l’usage des TIC. Il est évident que les éléments que nous
énumèrerons ne sont pas exhaustifs, nous essaierons dans cette partie de notre travail de
présenter l’essentiel des bénéfices que les étudiants et leurs enseignants peuvent obtenir en
faisant usage des TIC

1-1 Avantages de l’intégration des TIC pour les étudiants

1-1-1 Amélioration du processus pédagogique

L’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur, avec notamment l’Internet, a


pour avantage de favoriser l’accès des étudiants à une quantité énorme d’informations. Ce qui
entraîne chez ces derniers une meilleure stimulation et capacité d’analyse et de synthèse.

Les TIC offrent la possibilité aux étudiants d’échanger perpétuellement leurs idées et
opinions entre eux ou avec leurs enseignants, grâce notamment à la messagerie électronique
ou encore aux forums de discussions. Ils favorisent les échanges multidirectionnels, le travail
collaboratif et l’individualisation de l’apprentissage. Il en résulte une meilleure qualité des
exercices, des examens plus efficaces et de bien meilleures capacités d’apprentissage et de
résolutions de problèmes collectifs340.

Avec les TIC, la livraison des cours connaît une certaine amélioration qui ne garantit
cependant pas une même amélioration sur la qualité des contenus des cours (notamment avec
l’usage de logiciels de présentation tel que le PowerPoint). En effet, avec les Technologies
numériques, les étudiants bénéficient d’une certaine clarté pédagogique qui rend les cours

340
LANGLOIS C. Op. Cit.

198
plus vivants et plus attrayants, en ce sens que les supports de cours permettent une bien
meilleure lisibilité. Ils sont également plus riches et plus diversifiés (son, texte, imagerie,
numérique). Ils offrent également l’avantage d’être consultables aussi bien au sein de
l’établissement qu’à domicile après ou en plus des cours.

Il est généralement admis qu’en plus de la motivation, l’interactivité est un des


éléments indispensables à un apprentissage de qualité. En effet, la plupart des théories
cognitives modernes font ressortir l’importance de permettre à l’étudiant de se sentir engagé
dans un processus interactif logique et gratifiant pour qu’il puisse construire son propre savoir
et ainsi être capable de le généraliser et de l’inférer341. Denis HARVEY 342
estime qu’en
pédagogie, l’interactivité se définit comme une relation bidirectionnelle où le système
d’enseignement est conscient de ce que fait l’étudiant et y répond rapidement et avec
discernement. C’est ainsi que selon lui, pour être interactif, l’environnement pédagogique doit
donc être assez souple pour s’adapter aux besoins spécifiques de chaque étudiant343. C’est en
cela que l’interactivité devient un élément essentiel de tout enseignement qui se veut efficace
et ne peut plus être ignoré dans la formation universitaire344.

L’amélioration qualitative des supports de cours donne un impact plus important à


l’intervention magistrale qui va stimuler plus d’attention et de motivation chez les étudiants.
Le fait que les enseignants utilisent des logiciels que les étudiants pourraient être emmenés à
utiliser dans la vie active peut être une source de motivation supplémentaire.

Les nombreuses ressources en ligne permettent aux étudiants qui le désirent


d’approfondir leurs connaissances. Ils ont même l’opportunité de pouvoir préparer leurs cours
bien avant les séances grâce à la richesse de l’information pouvant être recueillies en ligne.
Les étudiants ont également l’opportunité de faire de l’auto-apprentissage. Le processus étant
centré sur eux plutôt que sur leurs enseignants, il leur est possible de faire correspondre
l’enseignement qu’ils reçoivent avec leurs propres modes, capacités et rythme
d’apprentissage. Les étudiants ont donc ainsi l’occasion d’être les maîtres de leur formation,

341
THURMAN R.A., MATTOON J. S. cités par HARVEY D., Les nouvelles technologies de l’information et
des communications (TIC) et la formation universitaire. Éducation et francophonie volume XXVII, n°2,
automne-hiver 1999. http://www.acelf.ca/revue/XXVII-2/article/Harvey.html (consulté en décembre 2002).
342
Professeur canadien, responsable de l’intégration des TIC à la faculté de médecine vétérinaire de l’université
de Montréal en 1999.
343
GIARDINA M, HAPESHI K, JONES D cités par HARVEY D. Op. Cit.
344
HARVEY D. Op. Cit.

199
en évoluant à leur propre rythme d’autant plus que l’enseignement peut leur être fourni à tout
moment de la journée et tout au long de leur vie (formation continue).345

La présence sur le serveur de leur établissement des matériaux utilisés dans le cours,
d’exercices d’entraînement, ainsi que d’informations complémentaires, libère en partie les
étudiants de la prise de note et leur permet une plus grande implication dans l’interaction, une
plus grande participation et une plus grande adhésion au cours346.

Avec les TIC les étudiants des établissements universitaires des régions les plus
reculées peuvent bénéficier de plus grands choix de matériels de formation et packs éducatifs
résultant de la création de pool interne entre universités. Des cours en mode « flexible »
peuvent se développer, ce qui signifie que certaines parties du cours seront fournies en
présentiel et d’autres pourront être récupérées sur le Web. Les étudiants des universités de
certaines régions les plus défavorisées du monde, grâce à la visioconférence pourront
participer à des cours dispensées par les enseignants des meilleures universités de la planète,
ils ne sont plus obligés d’envisager de partir de leur pays pour espérer obtenir une bonne
formation.

1-1-2 Acquisition de compétences

Il est indéniable que l’usage des TIC dans les l’enseignement supérieur permet aux
étudiants d’acquérir une diversité de compétences. Les premières compétences auxquelles
nous pouvons faire allusion sont purement techniques. En effet, il est dans l’intérêt des
étudiants, d’être en mesure d’utiliser des techniques de leur époque. Par ailleurs, en offrant
l’opportunité aux étudiants d’acquérir une maîtrise des TIC pour leurs études, leurs
établissements facilitent par la même occasion leur insertion dans la vie active, car l’usage de
certains outils technologiques devient incontournable dans le milieu professionnel.
L’acquisition de ces compétences techniques ne peut donc que les préparer à la
professionnalisation et leur évitera d’éprouver des difficultés d’adaptation à la réalité
professionnelle.

345
LANGLOIS C. Op. Cit. p.5.
346
ALBERO B., DUMONT B., Les Technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement
supérieur : pratiques et besoins des enseignants, ITEM-SUP, mai 2002, p.28 (Rapport enquête
ITEM).http://www.item-sup.org (consulté en novembre 2002).

200
Au plan académique, les étudiants ont l’opportunité d’acquérir une diversité de
connaissances plus approfondies avec notamment l’outil Internet. L’usage des TIC conduit les
étudiants à développer un esprit de synthèse et un esprit critique face aux nombreux produits.
Ils acquièrent une plus grande capacité d’analyse et un plus grand sens de la hiérarchisation.
Une formation des enseignants, prenant volontairement appui sur les TIC, peut a priori
motiver les étudiants en développant en eux notamment le sens de la recherche d’information.
Ce type de formation a l’avantage d’apporter aux étudiants une ouverture sur d’autres sources
de connaissances. Par ailleurs, avec les nombreuses bases de données présentes sur le Web,
les étudiants ont l’occasion de se familiariser avec la diversité documentaire. Ils apprennent à
prendre du recul et à faire le tri, en sélectionnant les informations les plus pertinentes pour la
réalisation de leurs travaux de recherche. Il est également plus aisé pour eux d’élaborer une
bibliographie correctement.

Les TIC peuvent aider les étudiants à améliorer leurs méthodes de travail, aussi bien
au niveau de l’organisation, de la présentation que de la rédaction de leurs travaux. Avec les
technologies numériques les étudiants appréhendent le travail de manière beaucoup plus
souple avec notamment l’opportunité d’avoir des accès à distance, de communiquer et
d’échanger perpétuellement et de faire des recherches sur Internet. Selon certains enseignants,
les étudiants gagnent du temps avec les cours en ligne car ils ont l’opportunité de travailler
chez eux à tout moment, de préparer les cours et de poser les questions347.

Les étudiants avec les TIC conçoivent des travaux mieux structurés, la rédaction des
mémoires et des rapports est de bien meilleure qualité. Ces technologies numériques offrent
l’opportunité aux étudiants de faire progresser leur expression écrite, ils permettent de
travailler la rédaction. L’apprentissage individuel, sans la pression du groupe que favorise
l’usage des TIC, permet aux étudiants de découvrir leurs propres aptitudes. Ils ont
l’opportunité de prendre plus d’initiatives sans avoir la crainte de la sanction immédiate. Ils
ont ainsi l’occasion de mieux se prendre en charge et de développer une grande autonomie
dans le travail avec notamment l’apprentissage à distance, les recherches sur Internet ou
encore l’apprentissage par autoformation.

347
Idem.

201
1-2 Avantages de l’intégration des TIC pour les enseignants

1-2-1 Évolution du rôle de l’enseignant

Avec les TIC, la mise en réseau en continu de nouvelles connaissances disponibles


dans tous les domaines scientifiques permet aux étudiants d’avoir accès à une énorme quantité
d’informations diversifiées et à jour. Ce qui les rend beaucoup moins dépendant de leurs
enseignants dans l’accession aux connaissances nécessaires à leur formation. Les enseignants,
face à cette situation, se trouvent donc dans l’obligation s’ils veulent éviter d’être rapidement
dépassés par leurs étudiants les plus motivés, de suivre en permanence les dernières
évolutions observables dans leur champ d’expertise. Cette situation, même si on peut
comprendre l’inquiétude qu’elle peut générer chez certains enseignants, à l’avantage de
permettre à ces derniers de développer un rôle de guide ou de tuteur, en lieu et place de
l’habituel rôle de diffuseur de connaissances, en passe de devenir surannées.348Ils
s’impliqueront principalement dans l’organisation des programmes et des cours et devront
apporter leur concours aux étudiants, afin que ces derniers soient en mesure de trouver
l’information pertinente tout en cessant d’être ceux qui apportent les solutions. Avec les TIC
les enseignants peuvent gagner beaucoup de temps en ne répondant qu’un fois aux questions,
en mettant à la disposition des étudiants des dossiers « foire aux questions » qui seraient la
compilation des questions récurrentes.

1-2-2 Amélioration des conditions de préparation et de diffusion des cours

Les TIC permettent aux enseignants de bénéficier d’un accès à des sources
d’informations riches, diversifiées et offrant une bonne visibilité. Elles sont d’un apport
indéniable pour la préparation des cours dans la mesure où la possibilité qui leur est offerte
d’avoir accès en permanence à des bases de données favorise la réactualisation régulière aussi
bien des enseignements et que des choix de supports les mieux adaptés pour les illustrer. On
obtient ainsi des cours plus consistants, plus fournis, conformes aux réalités du moment et
conduisant à des vérifications et de remises en question permanentes.

348
HARVEY D., Les nouvelles technologies de l’information et des communications (TIC) et la formation
universitaire, Éducation et francophonie volume XXVII, n°2, automne-hiver 1999.
http://www.acelf.ca/revue/XXVII-2/article/Harvey.html (consulté en décembre 2002).

202
La diversification de supports et de moyens disponibles pour l’enseignement facilite le
travail de l’enseignant qui peut préparer plus aisément et plus rapidement ces cours, mais
également se faire comprendre et passer son savoir avec plus d’aisance. Ces outils numériques
permettent de diffuser des messages plus clairs et des cours très documentés. L’apprentissage
se trouve facilité en raison de démonstrations plus concrètes, les étudiants se voyant offrir
l’opportunité de retravailler certains cours en dehors de leurs établissements lorsque ceux-ci
sont sur la toile. Les enseignants ne peuvent que tirer de cette démarche une source de
satisfaction, en ce sens qu’avec les démonstrations virtuelles, ils peuvent donner des cours
plus vivants et la grande motivation que cela peut entraîner chez leurs étudiants ne peut
qu’engendrer chez eux une satisfaction personnelle.

Avec la messagerie électronique, les enseignants ont la possibilité de communiquer de


l’information à leurs étudiants en dehors des heures de cours. Ce qui apporte une certaine
souplesse à l’organisation temporelle et spatiale de la formation. L’enseignant à l’opportunité
de conserver un historique des échanges avec ces étudiants et de bâtir avec ces derniers un
dialogue enrichissant.

1-2-3 Amélioration des conditions de recherche

Les enseignants-chercheurs, comme cela a déjà été souligné tantôt, grâce aux TIC, ont
accès à de vastes quantités d’information utile dans leur domaine de recherche. Les TIC leurs
permettent d’avoir accès à ces ressources le plus souvent gratuitement. Ce qui est une aubaine
formidable pour les enseignants-chercheurs de certaines universités du tiers monde qui n’ont
pas les moyens d’équiper leurs bibliothèques ou centre de ressources documentaires
d’ouvrages récents.

Les TIC favorisent également les contacts entre les chercheurs du monde entier. En
effet, avec des moyens de communiquer aussi faciles et rapides que le courrier électronique
ou les transferts de fichiers, un chercheur peut aisément rentrer en contact régulièrement avec
ses collègues du monde entier.

La publication électronique offre d’importantes opportunités aux chercheurs


notamment à ceux des pays en voie de développement qui disposent de très peu de moyens.
Les TIC offrent également l’opportunité aux chercheurs qui le souhaitent de faire évaluer les

203
résultats de leurs recherches par leurs pairs, cette démarche permet de gagner du temps et
surtout cela peut favoriser l’amélioration de la qualité des publications et des recherches.

L’usage des TIC se révèle être également très économique pour les enseignants et
leurs étudiants en ce sens qu’ils peuvent communiquer en permanence à moindre coût avec
leurs étudiants ou leurs collègues même lorsque ces derniers sont dans une autre ville ou dans
un autre pays. Il n’existe plus de crainte de facture exorbitante de téléphone. De même, il leur
est possible de faire des économies considérables en frais de voyage. Avec la visioconférence
par exemple, des enseignants-chercheurs vivant dans des pays différents peuvent se réunir à
tout moment.

Les TIC peuvent augmenter les capacités de recherche grâce au partage de


l’équipement et l’utilisation de ressources informatiques à distance. En effet, avec l’Internet
les scientifiques qui ne disposent pas d’équipements informatiques de pointe ont l’opportunité
d’utiliser à distance certaines ressources informatiques disponibles sous d’autres cieux.

1-3 Avantages de l’intégration des TIC pour la gestion des établissements


d’enseignement supérieur

1-3-1 Au plan interne

L'intégration et le développement des TIC dans l’enseignement supérieur peuvent


avoir pour avantage l’amélioration de la communication interpersonnelle. À l’intérieur des
établissements, avec notamment les courriers et les bulletins électroniques la communication
entre l’administration, les personnels techniques, les enseignants et les étudiants va connaître
une amélioration importante, en ce sens que les documents pourront être fournis ou échangés
avec plus de rapidité. Les acteurs de l’enseignement supérieur pourront faire l’économie de
certains déplacements, la messagerie électronique offrant l’opportunité d’informer
individuellement chaque acteur à moindre frais dans des délais très brefs.

Il est également possible avec les sites Internet des établissements, de renseigner les
différents acteurs sur les différentes activités qui ont cours dans l’établissement (colloques,
réunions, calendriers des examens,…)

204
Le site Internet de l’établissement peut également permettre d’améliorer les conditions
d’inscription et de pré-inscription des étudiants qui ne seront plus obligés de se déplacer ce
qui permettra d’éviter les longues files d’attente que l’on peut observer dans certains
établissements d’enseignement supérieur (notamment en Côte d’Ivoire) et permet au
personnel administratif de travailler sans stress. La mise en ligne des résultats des examens
universitaires aura également pour avantage de permettre aux étudiants d’obtenir les résultats
à leurs examens sans être obligés de se déplacer.

L’implantation d’un véritable système d’information de gestion qui ne peut être


possible que par la généralisation de l’usage des TIC dans les établissements d’enseignement
supérieur devient un élément incontournable pour la gouvernance des institutions. Un système
d’information de gestion efficace comporterait notamment un cadre de gestion financière, le
dossier de l’étudiant, le dossier de l’enseignant, la banque de données des cours, des
programmes, des projets de recherche et des travaux des étudiants ajoutés des corrections et
notes d’évaluation des enseignants. Il devient de nos jours incontournable pour une gestion
moderne des établissements.

1-3-2 Au plan externe

Les établissements universitaires qui disposent d’un site Internet ont une belle
opportunité de faire la promotion de leurs formations à travers le monde. Les TIC sont un
excellent moyen pour réussir l’internationalisation des formations, en effet avec les
formations virtuelles ou flexibles les établissements ont l’occasion de proposer des modules
d’enseignement à distance par visioconférence ou par le biais d’Internet à une multitude
d’étudiants à travers le monde, ce qui peut avoir des retombées économiques très
intéressantes. Les étudiants étrangers pourront grâce aux TIC prendre connaissance des
différents programmes de formations existants dans l’établissement, ils pourront aisément
prendre contact avec les enseignants, avec les services administratifs de l’établissement,
dialoguer sur des forums virtuels avec des enseignants et des étudiants et même faire des pré
inscriptions et des inscriptions en ligne.

Les TIC peuvent favoriser également la collaboration entre les établissements d’un
même pays ou encore entre établissements de différents pays ou de différents continents.

205
Avec la visioconférence ou Internet les responsables de différents établissements peuvent se
réunir à tout moment sans avoir besoin d’envisager des frais de voyage. De même
l’opportunité que ces outils numériques offrent aux enseignants des universités les plus
prestigieuses du monde de pouvoir dispenser les cours dans les universités des pays en
développement sans avoir besoin de se déplacer permettra également aux établissements
universitaires de faire l’économie de nombreux frais.

206
2- Limites à l’utilisation des TIC dans l’enseignement supérieur

Bien que l’intégration et le développement de l’usage des TIC dans l’enseignement


supérieur offrent de nombreux avantages que nous avons pris la peine de présenter tantôt,
nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer certaines limites à l’utilisation de ces
technologies numériques dans le milieu universitaire, lorsqu’un certain nombre de conditions
ne sont pas réunies.

2-1 Au plan purement académique

La médiatisation des cours ne garantit pas forcément des résultats pédagogiques


satisfaisants, il ne suffit pas de transférer un cours sur un nouveau support pour espérer
obtenir une amélioration qualitative de la formation. En effet, le transfert des cours sur un
nouveau support n’est pas incompatible avec une conception pédagogique rigoureuse tenant
compte des règles de base de la pédagogie, mais également des règles de design de ces
nouveaux systèmes d’apprentissage qui sont progressivement admises.349Le moyen par lequel
un individu préfère recevoir l’information n’est pas forcement la forme de présentation la plus
efficiente pour lui garantir un apprentissage de grande qualité. Il ne suffit de s’adapter aux
préférences cognitives d’un étudiant pour assurer un choix judicieux de médias dans un
système d’apprentissage350.

Encourager simplement le transfert du matériel pédagogique existant vers un nouveau


support plus moderne ne peut en aucun cas favoriser une amélioration des performances
pédagogiques des enseignants. Ce transfert peut certes avoir l’avantage de permettre une plus
grande disponibilité des cours sans néanmoins être un gage d’efficacité au plan pédagogique.
Il est donc plus que nécessaire que les enseignants apprennent à se servir de ces nouveaux
outils et surtout être en mesure de connaître les moments et les situations idoines pour leurs
usages.

Le fait que certains enseignants aient une connaissance limitée des TIC et notamment
des applications disponibles dans les différents champs de compétences est également un frein

349
HARVEY D. Op. Cit.
350
AARNTZEN D., 1994. Cité par HARVEY D. Op. Cit.

207
à l’acceptation, à l’appropriation des TIC par le corps professoral et à l’intégration de ces
outils numériques dans le système éducatif. Les mutations au plan pédagogique ne peuvent
s’opérer sans un engagement total des enseignants.

On peut également remarquer que l’intégration des TIC entraîne un problème


d’adaptation dans certaines universités dans la mesure où l’enseignement traditionnel a été
dispensé pendant de très nombreuses années dans l’enseignement supérieur, qui reste un
secteur d’activité où les changements sont souvent mesurés en termes d’années plutôt que de
mois351.

L’absence de politique d’incitation des enseignants à l’usage des TIC dans de


nombreux établissements d’enseignement supérieur ne les motive pas à s’engager dans un
processus ou il y a peu de récompenses. Aucune promotion particulière étant envisagé dans la
plupart des cas pour les enseignants qui font usage des TIC.

On peut également craindre qu’à la longue l’utilisation des TIC en développant l’auto-
apprentissage, limite les rapports entre étudiants et enseignants, même si pour l’heure on a le
sentiment qu’avec le courrier électronique elles l’améliorent. Il y a des raisons de craindre une
perte de la socialisation entre étudiants dans un premier temps puis entre étudiants et
enseignants.

Par ailleurs on observe que ce sont les langues les plus connues qui sont utilisées sur
les réseaux internationaux, les langues les moins usitées n’étant utilisées qu’à une échelle
nationale. Les TIC risquent d’entraîner un usage encore plus restreint de ces langues.

Enfin, il faut dire que dans les universités de certains pays en voie de développement,
faire des recherches sur Internet peut être extrêmement agaçant en raison de la lenteur des
connexions et de l’absence d’un équipement performant. En plus, l’abondance d’information
sur le Net n’est pas toujours un avantage en ce sens que certains contenus sont peu fiables
voire caducs ou erronés. Le développement de méthodes de filtrage est de plus en plus
nécessaire.

351
LANGLOIS C. Op. Cit. p.6.

208
Le manque de réseaux et de personnels techniques dans certains établissements
d’enseignement supérieur pour développer les TIC et former les autres acteurs de
l’enseignement supérieur à leur usage ne favorise pas non plus une intégration rapide de ces
outils numériques.

2-2 Au plan de l’économie et des infrastructures

L’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur nécessite d’importants


investissements auxquels bon nombre de gouvernements, notamment ceux des pays en
développement ont d’énormes difficultés à consentir. En effet, la technologie (ordinateurs,
logiciels,…) se développe à un rythme si effréné qu’il est nécessaire de procéder
régulièrement à des mises à jour. La vitesse avec laquelle ces outils numériques se
développent rend également extrêmement difficile, voire impossible la prise de décisions
idoines. Les connexions à Internet sont également extrêmement onéreuses dans les pays les
moins avancés, particulièrement en Afrique et dépendent des décisions des entreprises opérant
dans le secteur des télécommunications.

Le développement de cours multimédias aussi bien en mode « virtuel », qu’en mode


« flexible » revient également assez cher. En effet, il est financièrement moins onéreux de
préparer un cours de façon classique. Des études réalisées par l’Union européenne et certaines
firmes352sur les coûts et le temps de préparation et de présentation des cours multimédias par
rapport aux cours traditionnels démontrent que le temps de préparation des cours pour une
livraison Web est comparable à celui d’un cours traditionnel s’il existe une préparation
électronique antérieure du cours. En d’autres termes la préparation d’un cours multimédia est
beaucoup plus longue et revient beaucoup plus cher. Les enseignants qui décident de faire
usage du multimédia et des méthodes de cours «flexibles» risquent d’avoir le sentiment que
l’utilisation des TIC leur prend beaucoup plus de temps qu’ils ne l’auraient pensés, ce qui
aura pour corollaire des coûts de livraison assez onéreux.

La démocratisation des outils numériques est également menacée, en raison des


difficultés économiques, cela peut être observé surtout dans les pays en voie de
développement. En effet, les étudiants issus des familles les moins aisées risquent de ne pas
pouvoir avoir accès aux TIC, car très peu d’entre eux seront en mesure d’investir par exemple

352
Idem. p.6

209
dans l’achat d’un ordinateur. Dans certains pays africains par exemple, le prix d’un ordinateur
peut être plus de dix fois supérieur au SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de
Croissance).

La mauvaise qualité des infrastructures de télécommunications nationales est


assurément un handicap énorme pour réussir l’intégration des TIC dans l’enseignement
supérieur. Dans de nombreux pays du tiers monde la qualité des infrastructures de
télécommunications laissent à désirer (Cf. Chapitre II), les rythmes de transmissions sont
encore extrêmement lents ce qui bien évidemment est un frein au développement de l’usage
des TIC.

210
3- Les infrastructures, équipements informatiques et de
télécommunications dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire
en 2003

3-1 Conditions de réalisation de l’enquête (mars-mai 2003)

Pour la réalisation de la première enquête nous avons privilégié l’usage d’un guide
d’entretien. Les entretiens que nous avons réalisés étaient semi directifs ou semi dirigés.
L’entretien semi directif ou semi dirigé est certainement le plus utilisé en recherche en
sciences sociales. Il est semi directif en ce sens qu’il n’est ni entièrement ouvert, ni canalisé
par un grand nombre de questions précises Nous avons fait usage de ce type d’entretien parce
qu’il s’agissait pour nous d’obtenir de l’information sur les politiques, les équipements et les
infrastructures mises en place pour favoriser l’intégration et le développement de l’usage des
TIC au niveau de la formation, de la recherche et de la gestion administrative dans les
établissements d’enseignement supérieur. Les personnes que nous avons soumises à ce type
d’entretien sont les responsables du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche
(notamment les responsables de la DIST), les responsables des établissements d’enseignement
supérieur ou encore les personnes chargées du développement de l’informatique et des
nouvelles technologies dans les établissements d’enseignement supérieur dans lesquels nous
nous sommes rendus.

Nous avons constitué un échantillon d’établissements en sélectionnant une vingtaine


d’établissements d’enseignement supérieur aux activités et statuts différents représentant la
diversité des établissements de l’enseignement supérieur. Les critères de sélection de ces
établissements seront les contenus disciplinaires et l’existence au sein de ces établissements
d’infrastructures et d’équipements en matière de TIC.

Nous avons privilégié dans un premier temps les établissements publics concernés par
le projet RESURCI et dont le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche
scientifique souhaite l’interconnexion, puis nous avons procédé à un tirage sort qui nous a
permis de sélectionner une quinzaine d’autres établissements dans lesquels nous souhaitions
enquêter à condition d’avoir l’accord des Directeurs de ces établissements. À la fin de notre
enquête nous avons pu recueillir de l’information concernant les politiques et l’intégration des

211
TIC dans 19 établissements d’enseignement supérieur dont 7 établissements publics et 12
établissements privés.

212
Figure 7

3-2 Analyse des résultats de l’enquête


Nous avons récapitulé l’ensemble des données obtenues au cours de notre enquête
dans le tableau suivant :

213
Tableau 12
Infrastructures de quelques établissements d’enseignement supérieur

Débit
Infrastructures (Kbps) Nombre de Visio-conf Mail Biblio Centre de Étudiants ordinateurs ordinateurs réseau web
EES serveurs Connectée Calcul connectés non connectés local
UCA 128 3 X X 45799 100 ? X X
UAA 128 5 X X 5602 50 ? X X
URES Daloa 64 1 X 643 15 15 X X
UB 64 2 X X X 13978 30 26 X X
URES Korhogo 261 31
INP F.H.B 128 1 X X 4000 100 200 X X
ENSEA RTC 1 X X 217 100 X X
CAFTIC/ISTC 128 2 X 284 26 X X
CED/ENA 512 1 X X 1595 47 X X
UICA 64 2 X X 80 5+80 X X
HECI 64 1 X X 130 35 X X
PIGIER 64 2 X X 2000 100 100 X X
ESAM 2660 200
UVCI RTC X 57 6 X X
INSTEC/CIDISE RTC 1 X X 640 36 X X
AGITEL 128 4 X 620 25 40 X X
CESTIA-2EP 64 1 X 700 45 X X
UCAO RTC 1 X 836 14 36 X X
CEFIVE/IPNEPT 512 1 X X 30 15 X X

Source: enquête personnelle, mars/mai 2003

EES (Établissement d'enseignement supérieur).


RTC (Réseau téléphonique commuté)
UCA (Université de Cocody à Abidjan)
UAA (Université d'Abobo-Adjamé)
UB (Université de Bouaké)

214
L’analyse du tableau de la page précédente nous permet d’observer que quel que soit
le type d’établissements publics (police des caractères en bleu) ou privés les débits de
connexion à Internet étaient relativement faibles avec un maximum de 512 Kbps pour le
CEFIVE. Les établissements d’enseignement supérieur publics qui bénéficiaient pour la
plupart de l’aide de l’État pour le développement de leur réseau Internet avaient pour les plus
chanceux (UCA à Abidjan, UAA et l’INPHB de Yamoussoukro) des débits de connexion de
128 Kbps. À l’exception de l’URES de Korhogo et de l’ESAM tous ces établissements
offraient l’opportunité à leurs étudiants de faire usage de la messagerie électronique et de
naviguer sur le Web. Près de la moitié des établissements dans lesquels nous avons enquêté (9
sur 19) ne disposaient que d’un seul serveur, deux établissements notamment les centres de
formation continue (CED et CEFIVE) disposaient d’équipements pouvant leur permettre de
faire de la visioconférence. Aucun n’établissement ne disposait d’une bibliothèque en ligne
par contre dans 9 établissements sur 19 il était possible de se connecter à Internet à la
bibliothèque. Seulement quatre établissements (UCA, INPHB, ENSEA et les cours PIGIER)
revendiquaient une centaine d’ordinateurs connectés en permanence à Internet. Cependant en
ce qui concerne l’université de Cocody notamment dont la population estudiantine était
évaluée à 45 799 étudiants au moment de cette enquête on peut estimer que le ratio
ordinateurs connectés/nombre d’étudiants était assez inquiétant (1 ordinateur connecté pour
plus de 450 étudiants). Il faut néanmoins savoir qu’au niveau de l’université ivoiro-
canadienne (UICA aujourd’hui UC-ASM) même s’il n’y avait que 5 ordinateurs connectés en
permanence sur Internet au niveau de l’administration, les 80 étudiants de l’établissement qui
ont obligation de posséder leur propre ordinateur portable pouvaient se connecter à Internet,
au dire des responsables de l’établissement, à tout moment sur le réseau de l’établissement
avec leurs ordinateurs, pour cette raison il n’existait pas de salle informatique ou de
cyberespace dans cet établissement.

Globalement cette enquête nous a permis de constater que malgré quelques efforts de
l’État pour favoriser l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur ivoirien notamment
au niveau des établissements publics on était encore très loin d’avoir atteint les objectifs
escomptés notamment lors de la mise en œuvre du RESURCI. On constate notamment que la
plupart des salles Internet qui ont été mise en place dans les établissements fonctionnaient
comme des cybercafés. Les TIC n’étaient quasiment pas intégrés au programme pédagogique
des établissements d’enseignement supérieur à l’exception de quelques uns. Par exemple au
CED-CI tous les cours étaient donnés par visioconférence depuis l’étranger, à l’UC- ASM

215
(université canadienne) les responsables affirmaient que dans le cadre d’un partenariat avec
l’université du Québec à Montréal (UQAM) certains examens se faisaient par le canal de la
messagerie et que tous les travaux des étudiants se faisaient sur ordinateur mis à part
quelques examens en mathématiques notamment. La plupart des chefs d’établissements
d’enseignement supérieur privés que nous avons rencontrés au cours de cette enquête se
plaignaient de la cherté des connexions Internet en Côte d’Ivoire et du matériel informatique
dont ils souhaitaient la défiscalisation afin de permettre à ces établissements de pouvoir mieux
s’équiper. En parcourant les nombreux établissements d’enseignement supérieur du pays on
se rend très vite compte de la vétusté du matériel informatique dont disposent bon nombre
d’établissements publics ou privés qui éprouvent de grandes difficultés pour assurer le
renouvellement de leurs équipements et de leurs infrastructures.

3-3 Présentation détaillée des résultats de l’enquête

3-3-1 L’enseignement supérieur public

- L’université de Cocody (Cf. chapitre IV, p.190)

- L’Université d’Abobo-Adjamé

La modernisation de l’Université d’Abobo-Adjamé a commencé par l’informatisation


de la gestion des examens. En effet, à partir de l’année universitaire 1993 /1994, pour
l’inscription des nouveaux bacheliers dans les universités du pays (Universités de Cocody,
Abobo-Adjamé et Bouaké), un pool commun fut mis en place. Une base de données fut créée
après les pré-inscriptions et c’est après la confrontation des fichiers informatiques des
différentes universités, qu’ont été fait les orientations dans les différentes UFR. Pour les
examens, le service informatique de l’Université d’Abobo-Adjamé a décidé de sortir les listes
de cette base de données. Les résultats des examens dans cette université sont dans des bases
de données et traités à l’ordinateur. En 1994 cet établissement ne disposait que d’un seul
ordinateur pour faire ce travail.

216
En 1996, grâce à l’opération « plan d’urgence pour l’informatisation et l’équipement
des universités », l’Université d’Abobo-Adjamé a reçu un lot de 25 ordinateurs. Sur le plan du
développement, ces ordinateurs selon le Responsable de la maintenance et du réseau de cette
université étaient dépassés. Cependant ils ont quand même permis l’ouverture d’une salle
d’initiation à l’informatique et l’équipement des bureaux de l’administration. Les
responsables de cette université avaient en projet le lancement d’un logiciel pour la pré-
inscription, la gestion des examens et des résultats, en somme la gestion des cursus
universitaires. Ce projet n’a pu aboutir car le logiciel ne fut malheureusement pas achevé. Un
autre logiciel appelé GESPER fut mis en place par le service informatique pour gérer le
personnel de l’université. Malheureusement, ce logiciel comme le précédent n’était pas en
mesure d’être exploité convenablement en 2003, pour des raisons financières et de
maintenance. Le site WEB de cette université au moment de l’enquête était presque achevé et
devait être mis en service incessamment. En ce qui concerne le réseau Internet, il faut savoir
qu’en 2003 cet établissement ne disposait pas de liaisons spécialisées. Le débit de connexion
est de 128 Kbps.

À l’université d’Abobo-Adjamé environ une cinquantaine d’ordinateurs étaient


connectés à Internet en 2003, l’administration centrale (Présidence et Scolarité) et toutes les
directions des UFR disposaient d’une connexion à Internet (Réseau COMAFRIQUE353). Cette
université disposait d’une salle Internet dédiée aux étudiants et d’une autre réservée
uniquement aux enseignants. Trois amphithéâtres (A, B et C) de cette université avaient été
câblés (connexion par fibre optique), un quatrième bénéficiait d’une connexion par paire
torsadée RJ 45. Pour avoir accès à la salle Internet les étudiants étaient tenus de payer un
abonnement annuel de 3 000 f CFA (soit environs 4,6 Euros). Chaque étudiant avait droit à
deux réservations d’une heure par semaine. Au moment de notre enquête, cette université,
selon les responsables du service informatique disposait de 4 serveurs: un serveur PROXY, un
serveur par feu (firewall), un serveur WEB et un serveur de messagerie. Un cinquième
serveur d’application avait été acheté mais n’avait pas encore été mis en activité.

353
Filiale du Groupe privé ivoirien SIFCOM, COMAFRIQUE ENTREPRISE intervient depuis 1994 dans le
domaine des télécommunications en Côte d’ Ivoire. Le département de télécommunications de cette entreprise a
été créé sur la base d’un contrat d’agent avec les sociétés du groupe ALCATEL. Ce département est aujourd'hui
un acteur important des télécommunications à travers la fourniture de produits et services de communication en
entreprise, les auto commutateurs téléphoniques numériques, les terminaux numériques et analogiques, les
téléphones cellulaires, et systèmes de câblage intelligent d'immeubles.
http://www.comafrique.com/

217
Figure 8

218
- L’Unité Régionale d’Enseignement Supérieur (URES) de Daloa

C’est en 2000 que l’URES de Daloa qui est une structure dépendante de l’UAA, a
bénéficié du câblage de ses bâtiments. Dans cette structure toute la gestion des examens se
passe à Abidjan. L’URES dispose de 15 à 20 ordinateurs connectés à Internet et d’une
quinzaine d’ordinateurs non connectés. Le débit de connexion à Internet dans cet
établissement est de 64 Kbps, elle a un serveur Web, les 643 étudiants de l’URES on la
possibilité d’utiliser la messagerie ou de naviguer sur le web.

L’université de Bouaké et l’URES de Korhogo qui lui est rattaché ont énormément
souffert des affres de la guerre, aux dernières nouvelles (en 2003) ces structures auraient été
entièrement pillées. Nous ne pourrons présenter dans ce chapitre que les infrastructures
existantes avant le déclenchement du conflit politico-militaire en Côte d’Ivoire le 19
septembre 2002.

- l’Université de Bouaké

Le câblage réseau à l’Université de Bouaké a été réalisé en 1998, mais il est important
de signaler que seuls les bâtiments du campus 1 ont été câblés. Le réseau a été installé dans
l’optique de faire de la visioconférence (projet EAD). Pour les 13 978 étudiants (année
académique 2000/2001) il y avait à peu près 56 ordinateurs dans l’université. Cette université
disposait de 2 salles informatiques pour la formation avec 20 PC. C’était en général des
Pentiums II, 133 MHz. La plupart de ces PC étaient des dons fait par des organismes
internationaux aux UFR354. En général c’était du matériel neuf de fin de série ou de milieu de
gamme. Tout le câblage réseau avait été fait en fibre optique. Il y avait 2 serveurs, l’un d’eux
servait pour le Web et l’autre a été configuré pour recevoir des données de la scolarité. La
bibliothèque était connectée (il y avait 3 PC mais une seule connexion), l’université de
Bouaké disposait de 2 centres de calcul dont le principal se trouvait au campus 1. La scolarité
de cet établissement disposait d’un logiciel de gestion des notes, des attestations de réussite et
des diplômes des étudiants (c’était un don de la coopération française). Une trentaine de PC
étaient connectés sur les 56 PC existant sur les campus 1 et 2 de l’Université. Il y avait 2
salles Internet de 10 PC chacune mise à la disposition des étudiants et des enseignants. Le site

354
Le projet DRAGADOS a permis de livrer une centaine de Pentiums II aux enseignants pour leurs besoins
personnels.

219
Internet de l’Université (www.bouake.edu.ci) a fonctionné pendant 3 mois puis a cessé de
fonctionner à cause d’une facture impayée qui a occasionné la coupure de la fourniture
d’accès à Internet. Le débit de connexion en sortie était de 64 Kbps.

L’usage des TIC à l’Université de Bouaké était dédié à la gestion administrative du


personnel ; mais également les enseignants et les étudiants faisaient usage des salles Internet
pour leur recherche et la messagerie. Pour accéder à la salle Internet, l’étudiant devait payer
une carte d’abonnement de 2 000 F Cfa/an (3,05 euros) et 5 000 F Cfa/ an (7,62 euros) pour le
grand public. Le service informatique avait en projet d’informatiser la gestion budgétaire, la
gestion financière et la comptabilité. Il était également prévu de faire une autre salle Internet
dans le centre de calcul du campus 1.

220
Figure 9

221
-L’URES de Korhogo

Cet établissement est le seul qui n’a pu bénéficier de câblage réseau pour des raisons
budgétaires. L’URES de Korhogo possédait 31 PC non connectés à Internet. Cependant,
quelques temps avant le début de la guerre, à la suite de l’incendie d’un des bâtiments de
l’établissement, une partie de ce matériel a été détruit. Cet URES avait un effectif de 261
étudiants.

-L’INPHB (Institut National Polytechnique Houphouët BOIGNY)

Les TIC ont fait leur apparition à l’INPHB à partir de 1998 à la faveur du projet
Internet de la DIST (RESURCI) visant à réaliser l’interconnexion de toutes les universités du
pays et de l’INPHB.

L’INPHB disposait en 2003 d’un parc informatique de 300 ordinateurs environ dont
une centaine pouvaient être connectée à internet. Le débit de connexion en sortie était de 128
Kbps. Il existait un Intranet local qui favorisait la messagerie locale.

L’institut forme des ingénieurs et des techniciens en Informatique. Les ingénieurs ont
une formation de généraliste. Toutes les formations tournent autour des TIC c’est-à-dire que
dans la formation des autres types d’ingénieurs, on les forme également à l’usage TIC.
L’INPHB dispose de 3 salles Internet, pour l’entretien de ces salles, il est demandé aux
étudiants de payer la somme de 200 F CFA pour une heure de connexion (0,30 euros/heure).
Chaque année, il est prévu dans le budget de l’institut, l’achat de nouveaux PC pour
remplacer les plus anciens. Les enseignants de l’institut ont à leur disposition des laboratoires
de recherche équipés d’un minimum de matériel.

L’INPHB à la faveur d’un partenariat qu’il a réalisé avec l’université de Bordeaux 1,


l’ENSEIRB355 et l’INTIF356 aujourd’hui INF357 a mis en place dans une de ses antennes

355
École nationale supérieure d’électronique, informatique et radiocommunication de Bordeaux.
356
Institut francophone des nouvelles technologies de l’information et de la formation.
357
Institut de la francophonie numérique.

222
d’Abidjan, le LABTIC358. L’idée de création de ce laboratoire est apparue à la suite d’une
semaine de formation (Réseaux – Linux) en partenariat avec l’INTIF. L’objectif était de
former des administrateurs de réseaux Linux (Août 1999), deux personnes furent formées à
cela. Par la suite, avec l’aide de leurs partenaires, les responsables du LABTIC vont créer un
DESS en réseaux informatiques et télécommunications. L’usage de la salle informatique est
réservé aux étudiants du DESS, la plupart des ordinateurs de cette salle ont été offerts par
l’INTIF. Seulement 15 étudiants sont acceptés chaque année dans ce DESS qui nécessite 8
mois de cours théoriques et 4 mois de stage. La salle Internet du laboratoire a un débit de
connexion en sortie de 64 Kbps Elle dispose de 2 serveurs, une quinzaine de postes (des
Pentiums 3, 128MHz). L’INPHB dispose d’un site Internet (www.inphb.edu.ci). Cet
établissement ne possède pas encore de liaisons spécialisées. L’effectif est de 4 000 étudiants.

Hormis ces établissements dont l’interconnexion fait partie des objectifs principaux du
ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique d’autres établissements
publics tels que l’ENSEA (l’École Nationale de Statistique et d’Économie Appliquée)
disposaient également en 2003 d’infrastructures et d’équipements en matière de TIC.

- L’ENSEA (l’École Nationale de Statistique et d’Économie Appliquée)

L’ENSEA forme des ingénieurs statisticiens, économistes et techniciens statisticiens.


Elle est équipée d’une centaine d’ordinateurs en réseau, utilisés pour la formation et la
recherche par les étudiants, les enseignants chercheurs et l’administration. Cet établissement
avait 3 salles de cours équipées d’ordinateurs. L’ENSEA possédait également des salles
d’analyse de données et d’enquête, car elle participe à de nombreux projets avec le
FNUAP359. La coopération française et l’Union européenne ont financé une bonne partie des
équipements de l’ENSEA. Il faut souligner que l’ENSEA forme des étudiants venus de toute
l’Afrique et qu’une cinquantaine d’étudiants bénéficient de bourses de la coopération
française.

Le site Web de l’ENSEA était hébergé au Canada (www.ensea.org), Pour la


connexion à Internet elle utilisait en 2003 du RTC analogique (entre 8 et 32 Kbps), elle
disposait d’un serveur, un réseau local. Un cybercentre était en cours d’installation à la

358
Laboratoire des Technologies de l’information et de la communication.
359
Fond des nations unies pour la population.

223
bibliothèque. Le fichier de la bibliothèque n’était pas encore en ligne. L’école disposait d’un
effectif de 217 étudiants. Les TIC étaient utilisées essentiellement pour la formation et les
travaux de recherche des étudiants. L’école avait en projet la mise en place d’une ligne à haut
débit, d’un intranet, d’un centre de recherche à la bibliothèque.

Tous les étudiants de l’ENSEA avaient une solide formation en informatique. Tout
comme leurs enseignants, ils travaillaient régulièrement sur PC. La gestion de
l’administration, de la scolarité, des résultats scolaires se faisait par l’usage de logiciels
informatiques.

En somme, nous pouvons affirmer que dans la plupart des établissements


d’enseignement supérieur public un effort est fait pour mettre à la disposition des étudiants et
des enseignants des outils informatiques et une connexion internet. Cependant, force est de
reconnaître que ce matériel est encore trop insuffisant et les connexions à Internet ont des
débits encore trop faibles pour que les TIC puissent faire réellement partie du quotidien des
principaux acteurs de l’enseignement supérieur tels que les étudiants et les enseignants.

3-3-2 L’enseignement supérieur privé

Au vu du nombre très élevé d’établissements d’enseignement supérieur privé qu’il y a


dans ce pays, il est extrêmement difficile de faire un inventaire des équipements et des
infrastructures disponibles dans chaque établissement. Cependant, à la suite de l’enquête que
nous avons réalisée en 2003, on pouvait affirmer qu’ils étaient de plus en plus nombreux les
établissements d’enseignement supérieur privés (universités ou grandes écoles) à disposer de
salles informatiques et de salles Internet dédiées aux enseignants et aux étudiants. Il faut
néanmoins déplorer que le plus souvent dans bon nombre d’établissements l’accès aux salles
n’est pas gratuit (elles fonctionnent souvent comme des cybercafés). Par ailleurs, les débits de
connexion restent relativement faibles dans la plupart des universités et grandes écoles privées
du pays (rarement plus de 512 Kbps).

- L’Université Canadienne des Arts, Sciences et Management (UC-ASM ex UICA)

L’UC-ASM existe depuis 1998. Cette université, dès le départ, s’est positionnée par
rapport aux TIC. En 2003, elle était reliée à deux serveurs de connexion. Il est exigé dans

224
cette université que chaque étudiant ait un ordinateur portable et une formation est donnée sur
l’utilisation de l’ordinateur à tous les étudiants. Ils sont formés à l’usage de tous les logiciels
de Microsoft (Word, Excel, Access, PowerPoint, etc.) et d’Internet Explorer. Chaque étudiant
selon les responsables de l’établissement disposait d’une messagerie et d’un compte avec
accès illimité à Internet. L’établissement disposait d’une ligne spécialisée. Il n’y a pas de salle
Internet, par contre l’étudiant peut se connecter à Internet dans n’importe quelle salle d’étude.
Toutes les salles de cours bénéficient d’un câblage réseau ; grâce à sa liaison spécialisée, cette
université ne connaît plus de problèmes de connexion. Le débit de connexion en sortie était
encore relativement faible (64 Kbps). L’école disposait d’un réseau intranet local. La
bibliothèque n’était pas encore en ligne, mais les étudiants avec leurs ordinateurs portables
pouvaient se connecter à Internet. Cet établissement disposait également d’un serveur réseau
local et d’un serveur réseau de connexion. Tous les travaux des étudiants se faisaient sur
ordinateur à part quelques examens notamment en Mathématiques qui se font sur papier.
Cette université dont la scolarité est extrêmement onéreuse (près de 4 000 000 de F CFA soit
à peu près 6 000 euros) avait un effectif de 80 étudiants. Tous les enseignants de cette
université sont des canadiens ou ont été formés au Canada. Tous les diplômes délivrés sont
également canadiens. L’UC-ASM dispose par ailleurs d’un site Internet (www.uica.com).

- L’Université Catholique d’Afrique de l’Ouest (UCAO)

L’UCAO n’existe que depuis 2000, avant sa réorganisation en 2000 cette université
était connue sous la dénomination ICAO (Institut Catholique d’Afrique de l’Ouest), elle avait
pour vocation la formation des religieux.

En 2003, cette nouvelle université s’était ouverte aux TIC principalement au niveau de
son Institut Supérieur de Communication (ISCOM). Cet institut disposait d’une salle
informatique de 31 ordinateurs pour les étudiants. Les étudiants de première année étaient
formés à la Bureautique, ceux de deuxième année au multimédia, en troisième année on les
formait à l’application des TIC et enfin en maîtrise ils avaient une formation en Infographie.
En 2003 l’ISCOM s’équipait en matériels numériques. Il possédait déjà des studios de
télévision et de radio, et il devait incessamment pouvoir acquérir un laboratoire de photos
numériques. La salle Internet de l’UCAO était en projet, au moment de l’enquête seule
l’administration disposait d’une connexion à Internet. Cette université disposait également
d’un site Internet (www.ucao.fr.fm). Pour les connexions à Internet, l’UCAO utilisait une

225
liaison RTC, elle ne disposait pas de serveur. L’UCAO possédait en tout une cinquantaine
d’ordinateurs dont 14 étaient connectés à Internet. 10 PC connectés étaient au niveau de
l’administration et 4 à la bibliothèque. L’UCAO avait en projet la connexion de tous les PC
au niveau de l’ISCOM. Un projet VSAT attendait d’obtenir un financement. Pour l’achat de
ses équipements informatiques et numériques, l’UCAO bénéficiait de l’aide de ces partenaires
classiques que sont le Vatican dont elle dépend directement, MISSION qui est une ONG
catholique qui se trouve en Allemagne et UNIWORK qui est une ONG d’aide aux universités
catholiques.

- Le Centre Africain de Formation aux Technologies de l’information et de la


communication (CAFTIC)

Le CAFTIC situé dans l’enceinte de l’ISTC (Institut des Sciences et Techniques de la


Communication) a été mis en place suite à une demande de la Côte d’Ivoire au sommet de la
francophonie de Hanoi (Vietnam) en 1997, pour la création d’une école de technologie de
l’information en Afrique francophone de l’ouest. Compte tenu du plan de financement établi
par les pays donateurs et de l’aide multilatérale de la francophonie, la chaire UNESCO-BELL
de l’université du Québec à Montréal (UQAM) a soumis à l’ISTC une offre de service pour la
réalisation de ce projet. Ce centre a pour objectif de former des étudiants dans le domaine des
TIC.

En 2003, il existait au CAFTIC notamment une filière de formation en infographie


multimédia. Dans cette filière les étudiants recevaient une formation de deux ans après le bac
(bac+2). Ils avaient une formation aussi bien en infographie qu’en multimédia et le diplôme
obtenu à l’issue de ces deux années de formation est un DISCOM (Diplôme Supérieur de
Communication.). Ce diplôme pouvait permettre à son détenteur d’exercer des professions
telles que celle de webmaster, créateur de cédérom interactifs, spécialiste en imagerie de
synthèse, …

Le centre proposait par ailleurs des sessions de formations courtes pour les
professionnels qui souhaitaient maîtriser les TIC. Des formations gratuites ont été données
aux secrétaires des cabinets ministériels, ainsi qu’à des étudiants des écoles de douane et de
transit. Pour la vulgarisation des TIC, le CAFTIC avait créé un cyberespace afin de permettre
aux étudiants de naviguer sur Internet pour leurs besoins personnels. Malheureusement pour

226
des besoins de commodité ce cyberespace avait dû arrêter ses activités. Depuis le dernier
trimestre de l’an 2002, ce centre est rattaché à l’administration de l’ISTC. Au niveau de son
équipement, le CAFTIC possédait 26 ordinateurs, 10 Macintosh (Gs), 14 PC HP (Pentium II
de l’année 1999) et deux serveurs. Le centre disposait une liaison spécialisée avec un débit de
connexion en sortie de 128 Kbps. La connexion se faisait par boucle radio. Le centre disposait
d’un serveur NT qui servait de serveur de fichier et d’un serveur d’environnement LINUX qui
servait de passerelle pour Internet. L’environnement Windows NT existait sur les différents
postes. Le réseau permettait à chaque PC d’aller sur Internet et de sauvegarder des fichiers. Il
existait, par ailleurs, un intranet au sein du CAFTIC. En ce qui concerne l’ISTC le câblage
permettait d’aller juste sur Internet. Sur les 10 macintosh il y avait 2 postes spéciaux : une
station de montage virtuel audio où le travail se fait sur l’environnement protools et une autre
station de montage virtuel vidéo qui permet de travailler sur l’environnement média 100. Le
CAFTIC disposait aussi d’un site Internet dont l’adresse était www.CAFTIC-istc.ci.

Il nous semble opportun de relever qu’une convention était en préparation avec le


département des sciences de l’Information et de la Communication de l’université de Cocody
à Abidjan en vue de favoriser l’équivalence des diplômes du CAFTIC avec ceux de
l’université, mais aussi afin d’assurer la formation des étudiants de ce département en matière
de TIC. Tous les étudiants de l’ISTC (284 étudiants) recevaient dans ce centre une formation
en TIC et en Informatique. Il faut également ajouter que grâce au partenariat qui liait ce centre
à l’UQAM360, des enseignants du centre avaient bénéficié d’un stage de formation à Montréal
(Québec).

- Le Centre d’Éducation à Distance-Côte-d’Ivoire (CED-CI)

Le CED-CI fut créé en 2000, grâce au concours de la Banque mondiale qui est le
principal financeur du projet. Ce centre formait des professionnels du privé et du public.

Il y a quelques années pour la formation des cadres ivoiriens, l’État était obligé de les
envoyer soit à l’étranger, notamment à Washington, soit la BM était obligée de faire venir des
experts dans le pays. Pour des raisons financières, l’État a initié ce type de formation à

360
Université du Québec à Montréal.

227
distance et la BM a accepté d’y participer. On y fait principalement de la formation continue.
C’est une institution spécialisée dans la formation professionnelle à distance.

Le CED-CI est situé dans l’enceinte de l’ENA (École Nationale d’Administration)


d’Abidjan.

Ce centre a pour ambition de :

- Promouvoir l’enseignement à distance, afin d’assurer le partage du savoir nécessaire au


développement ;
- accroître l’impact du développement à travers la maîtrise des technologies modernes de
communication ;
- encourager le partenariat entre les communautés d’éducation à l’intérieur et à l’extérieur du
pays ;
- renforcer les capacités entrepreneuriales, managériales des dirigeants des PME et PMI ainsi
que des acteurs du secteur privé et public ;
- donner aux individus la possibilité de se former dans leur environnement familial sans frais
de travail onéreux ni interruption de leur activité professionnelle.

Au plan des infrastructures le CED-CI disposait d’une salle de vidéoconférence d’une


capacité de 30 places, de deux salles multimédias avec accès permanent à Internet. Elles
comptaient respectivement 19 et 11 PC, une micro station VSAT pour les communications
par satellite. Le débit de connexion à Internet en sortie est de 512 Kbps. Le VSAT était utilisé
pour la visioconférence et pour l’accès à Internet. Le CED-CI disposait en tout de 47
ordinateurs connectés car en plus de la trentaine dont nous venons de parler, il existait plus
d’une dizaine d’autres PC connectés à Internet au niveau de l’administration. Ils étaient en
tout au nombre de 17. Le CED-CI n’avait pas de contrat avec un fournisseur d’accès Internet
en Côte d’Ivoire. Au niveau de l’administration on notait l’existence d’un intranet. Le CED-
CI disposait également d’un site d’information : www.gdln.org(gdln.org/cote
d’ivoireDLC/index.html.)

228
- Centre d’Étude, de Formation en Informatique et Visio Enseignement (CEFIVE)

Ce centre est situé dans l’enceinte de l’IPNEPT (Institut Public National


d’Enseignement Professionnel et Technique). En 2003, dans ce centre la formation était
spécialisée dans le domaine des télécommunications. Les diplômes délivrés étaient des
euromasters. Il s’agissait d’euromasters en télécommunications et réseaux, en mobile, en
multimédia et ingénierie d’affaires. Les titulaires de maîtrise en Sciences de gestion (MSG)
pouvaient recevoir une formation d’ingénieur commercial dans ce centre. Le CEFIVE a été
créé en novembre 1998, mais son fonctionnement a commencé en décembre 1999.

Le centre faisait de la formation continue. En général les étudiants étaient envoyés par
les entreprises. Trois heures de cours leurs étaient dispensées chaque soir (les jours
ouvrables). Le centre recrutait chaque année 25 à 30 étudiants. Certains cours étaient fait par
visioconférence, il y avait la possibilité de faire des formations à la carte. Ce type de cours
intéressait en général les personnes travaillant dans le corps médical (médecins, pharmaciens,
délégués médicaux).

Le CEFIVE avait pour partenaire en Côte d’Ivoire l’IPNEPT qui l’accueille sur son
site et Côte d’Ivoire télécom. À l’étranger, son partenaire était France Télécom Formation.

Au plan des infrastructures le CEFIVE disposait au moment de notre enquête d’une


salle de visioconférence de 32 places. Cette salle avait été financée par France Télécom pour
le matériel et quelques entreprises privées ivoiriennes. Le centre possédait également une salle
Internet qui comptait 15 PC (des Pentiums III) tous connectés en permanence à Internet. Le
débit de connexion en sortie était de 512 Kbps. Le centre disposait par ailleurs d’un serveur.
Des logiciels étaient mis à la disposition des étudiants pour faire de l’autoformation. Le site
Internet de l’établissement et le réseau intranet étaient en projet. Ce sont les étudiants eux-
mêmes qui devaient concevoir le réseau intranet.

- Hautes Études Canadiennes et Internationales (HECI)

HECI qui existait depuis seulement quelques années en Côte d’Ivoire au moment de
l’enquête délivrait des diplôme canadiens à ces étudiants (Bachelor, Master, MBA…), cette
école faisait partie du groupe HECI qui, depuis sa création en 1986, était devenu au dire de

229
son fondateur le premier réseau de business school nord-américain en Afrique avec des
centres d’excellence répartis dans les principales régions du Maroc et dans les principaux pays
francophones à savoir le Sénégal, le Gabon, le Cameroun et la Côte d’Ivoire. La formation
dispensée était typiquement nord-américaine. Pour ce faire l’école avait contractée un
partenariat de premier ordre avec des universités nord-américaines.

Au niveau des infrastructures, HECI disposait d’une salle Internet de 20 PC (des


Pentiums III), tous les bureaux de l’administration disposaient d’un ordinateur connecté (il y
en avait 15 au total : 10 Pentiums III et 5 Pentiums II), HECI disposait également d’un
serveur, dont le débit de connexion en sortie était de 64 Kbps. Cet établissement disposait
d’une liaison spécialisée. Il n’y avait pas encore les moyens techniques nécessaires pour faire
de la visioconférence, mais cela était en projet avec les autres écoles du groupe. La
bibliothèque n’était pas en ligne mais disposait d’ordinateurs connectés à Internet en
permanence. HECI qui avait un effectif de 130 étudiants, était l’une des rares grandes écoles à
offrir à ces enseignants et étudiants une vraie salle ayant un accès libre à Internet sans la
moindre contre partie financière.

- GROUPE PIGIER

L’informatisation du groupe PIGIER date de 1988. Tout le matériel dont disposait


cette grande école privée au moment de notre enquête en 2003 servait essentiellement à la
formation des étudiants. Le groupe PIGIER disposait d’environ 200 ordinateurs dont une
centaine pouvaient être connectés à Internet. Le débit de connexion en sortie était
officiellement de 64 Kbps. La bibliothèque n’était pas en ligne au moment où nous menions
l’enquête. Cette école disposait de deux serveurs, un serveur pour les cours et un autre pour
l’administration. Au moment de l’enquête les étudiants n’avaient pas droit à la messagerie. Il
pouvait néanmoins arriver que l’administration offre aux étudiants la possibilité d’avoir accès
aux salles de classe disposant d’ordinateurs connectés à Internet en contre partie du paiement
d’un tarif forfaitaire de 500 f CFA/heure (0,76 Euros).

Tous les étudiants en formation post BTS et en 2e année informatique bénéficiaient


d’une formation à l’usage d’Internet. Le groupe PIGIER disposait par ailleurs d’un site
Internet qui est : www.pigierci.com. Sur le site Internet de l’école il y avait des formulaires en
ligne sur lesquels les candidats pouvaient s’inscrire.

230
Il faut souligner pour terminer que tous les étudiants du groupe PIGIER ont au moins
un niveau intermédiaire en informatique notamment en ce qui concerne les logiciels de
Microsoft.

- INSTEC/CIDISE

Depuis 1998, a été créé au sein du groupe INSTEC un centre appelé CIDISE (Centre
International de Développement Informatique et Service aux Entreprises.). Ce centre depuis
fin 2002, appartient au cabinet ACA (Audit et Conseil en Afrique). Toutes ces structures
appartenant au même groupe.

L’objectif de ce centre était de développer l’informatique par la formation et les


services aux entreprises. La formation que dispensait ce centre était destinée au grand public,
aux étudiants et aux agents des entreprises. Le CIDISE École avait mis sur pied un contrat
pédagogique avec le groupe INSTEC. Les experts du CIDISE s’occupaient de la partie
informatique de la formation des étudiants de l’INSTEC. Les étudiants étaient soumis à des
séminaires et avaient droit à un « passeport informatique » qui leur permettait de maîtriser les
principaux rudiments en Informatique. Afin que tous les étudiants aient le même niveau de
connaissance, il leur était exigé d’avoir la maîtrise du clavier, l’exploitation de
l’environnement Windows, la maîtrise du vocabulaire informatique, l’acquisition d’une
culture informatique, enfin ce « passeport Informatique » devait permettre à l’étudiant de
savoir naviguer sur le web. Tous les étudiants du groupe INSTEC ont au moins ce
background. Le CIDISE possédait 6 consultants. La formation dans chaque domaine était
réservée à un spécialiste. Chaque étudiant avait droit à 30 heures de connexion Internet par an
et il les consommait à son rythme.

Au niveau des infrastructures le CIDISE possède 4 laboratoires câblés (tous les


bâtiments étaient câblés) 2 des 4 laboratoires ne possédaient pas encore d’ordinateurs. On
avait 8 PC client par laboratoire ce qui faisait 16 PC au total et un serveur. Le CIDISE École
possédait une grande salle de 14 PC pour la formation ainsi que des postes instructeurs qui
permettaient aux formateurs de surveiller le travail de l’étudiant sans se déplacer. Le CIDISE
possédait également un Intranet. Pour la connexion à Internet le CIDISE utilisait une liaison
RTC, le débit de connexion n’excédait pas les 30 Kbps. Au moment de l’enquête le centre

231
possédait en tout 36 PC (essentiellement des Pentiums III) qui étaient connectés par nécessité.
Les TIC n’intervenaient pas vraiment au niveau de la gestion administrative de l’INSTEC, car
les responsables et les enseignants n’étaient pas encore suffisamment formés. Par ailleurs il
faut dire que le CIDISE formait également des webmasters (en six mois de formation). Selon
le responsable du centre au moment de notre enquête, les personnes formées étaient en
général des cadres d’entreprise. Elles étaient également issues de ministères et même de
l’ATCI (Agence de télécommunications de Côte d’Ivoire). Le site Internet de l’INSTEC était
fermé mais il devait très bientôt être remis en ligne, un site des étudiants est également en
préparation. Le groupe INSTEC avait un effectif de 640 étudiants en 2003 sans compter les
étudiants en formation continue qui sont au nombre de 300.

- AGITEL FORMATION

Dès l’ouverture du site de la Riviera361 en 2001 l’informatisation de la structure s’est


faite avec le matériel existant déjà sur le site du Plateau362. Il faut savoir que l’école était
gérée par des professeurs qui établissaient le plan d’informatisation coordonné par eux
mêmes. Le premier objectif était la mise en place du réseau local de l’école. Il s’agissait de
relier les sous réseaux entre eux, notamment les 2 salles connectées. L’une d’entre elle était
multimédia et les étudiants en Communication y prenaient leurs cours. On avait également
une salle pour les tertiaires. Sur le site du Plateau où l’école faisait de la formation continue, il
existait une salle informatique où il n’y a pas de connexion Internet. En ce qui concerne
l’Internet, il faut souligner qu’il n’y avait pas encore de lignes spécialisées en 2003. Le débit
de connexion à Internet en sortie dans cette école était de 128 Kbps. L’objectif de cet
établissement était de favoriser l’auto-emploi de sorte que les étudiants étaient encouragés à
faire des mini-projets. Les étudiants avaient la possibilité d’utiliser les ordinateurs pour
envoyer des e-mails où naviguer sur le Web. La bibliothèque de l’école n’était pas encore en
ligne. Mais l’école en revanche possédait un centre de calcul. Le groupe AGITEL
FORMATION possédait plus d’une centaine d’ordinateurs qui pouvaient être connectés à tout
moment sur le net. L’école possédait également un site Internet (www.agitel.ci) sur lequel on
pouvait avoir toutes les informations la concernant. L’administration de l’école possédait un
logiciel de gestion de la scolarité qui avait été élaboré par un étudiant de l’école. Il était par
ailleurs possible de faire des pré-inscriptions en ligne. Dans cette école, on avait 4 PC qui

361
Quartier de la commune de Cocody à Abidjan.
362
Commune d’Abidjan.

232
étaient dédiés à un rôle de serveur. Dans le groupe AGITEL FORMATION, on avait un
effectif total de plus de 1 600 étudiants.

- CESTIA 2EP

Cette école existe depuis la fin des années 1990. Dès le départ, le CESTIA disposait de
son propre matériel informatique qu’il a mis à jour pour répondre aux exigences des TIC. Le
centre formait des étudiants en Informatique, Électronique et Télécommunications. Le
matériel informatique du centre servait à la formation et à la gestion de l’administration et de
la scolarité.

Le débit de connexion à Internet en sortie était de 64 Kbps. Le CESTIA possédait un


serveur. Il était prévu à la rentrée 2003/2004 la mise en place d’un Intranet. La bibliothèque
devait également être connectée à Internet. Au moment où nous réalisions notre enquête
(2003), les étudiants travaillaient à la réalisation d’un logiciel de gestion de la bibliothèque.
Les étudiants avaient une salle Internet de 11 PC à leur disposition. La salle réservée aux
ingénieurs possédait 19 PC auxquels s’ajoutent 16 PC dans celle réservée aux BTS.
L’administration possédait une dizaine de postes. Tous les PC de l’école étaient connectables
mais seulement 11 étaient connectés en permanence. Les TIC étaient utilisées à des fins de
formation des ingénieurs notamment la conception d’intranet, la conception de sites Web ou
encore à la connexion de sites distants. L’accès aux cyberespaces (salles Internet) se faisait
après le paiement d’une somme forfaitaire de 500 FCFA/heure (0,76 Euros) sauf en cas de
formation. Le CESTIA ne possédait pas de liaison spécialisée. La salle Internet du CESTIA
permettait aux étudiants et aux enseignants de naviguer sur Internet et d’envoyer des e-mails.
Le CESTIA disposait d’un site Internet : www.cestia.2ep.com. Ce site fournissait le
maximum de renseignements sur l’école. Les TIC et notamment Internet étaient utilisés par
l’administration pour la recherche de partenariat et pour des échanges. L’administration
disposait par ailleurs d’un logiciel de gestion de la scolarité qui fut conçu par un ex-
enseignant du CESTIA. Cette grande école disposait d’un partenariat avec la SOREL TRACI
(un partenaire canadien). Ce partenaire devait, quelques mois avant notre enquête, faire venir
en Côte d’Ivoire un conteneur de PC pour l’école. Mais l’état de guerre que connaissait le

233
pays a fait avorter le projet. Le CESTIA possédait également une salle de TP en
Télécommunications et un service de maintenance.

Le CESTIA avait en 2003 un effectif total de 750 étudiants dont 700 en BTS et une
cinquantaine en cycle ingénieur.

- UVCI (Université Virtuelle de Côte d’Ivoire)

L’UVCI est le fruit d’un partenariat avec l’IAE de Caen. Les étudiants de l’UVCI
avaient une double inscription aussi bien à l’UVCI qu’à l’IAE363 de Caen. Il nous semble
opportun de souligner que l’UVCI a été créée sur les cendres de l’ex-ISI-HEC, une grande
école privée qui fonctionnait dans la ville de Bouaké et qui s’est délocalisée à Abidjan en
raison de la situation de guerre que connaissait la région de Bouaké. Cette école faisait de la
formation initiale pour les bacheliers, de la formation continue pour les travailleurs et de la
formation à distance. En ce qui concerne la formation à distance dans cette école, au contraire
du CED-CI ou du CEFIVE, on n’utilise pas la vidéoconférence. L’UVCI ne faisait que sortir
les cours du site Internet de l’IAE de Caen et les mettait à la disposition des étudiants sous
forme de fascicule. À partir d’Internet, les étudiants pouvaient rentrer en contact avec les
enseignants de l’IAE. Des mots de passe sont mis à leur disposition à cet effet. L’objectif de
départ selon les responsables de l’UVCI était de désenclaver la formation, grâce à l’Internet,
on peut maintenant se former à n’importe quel endroit du monde. Il faut dire aussi qu’en plus
des fascicules, l’UVCI offrait des formations pédagogiques le week-end avec des moniteurs à
travers des séminaires. La formation que recevaient les étudiants était une formation en
Management, les diplômes étaient décernés par l’IAE de Caen.

L’UVCI connaissait de nombreuses difficultés dues à la guerre car tout le matériel


informatique resté à Bouaké est perdu. L’école ne possédait plus de cybercafé et de salle
informatique. Au moment de notre enquête on pouvait observer que depuis leur installation à
Abidjan, les responsables de l’UVCI n’avaient été en mesure d’équiper que l’administration
en ordinateurs et il y en a 6 au total (5 PC et 1 portable), tous connectés à internet. L’UVCI
comptait selon les responsables de l’établissement 57 étudiants (les 3 cycles confondus) en
2003.

363
Institut d’administration des entreprises.

234
- GROUPE ESAM

Cette école avait au moment de notre enquête (2003) un des effectifs d’étudiants les
plus importants (2 660 étudiants) ainsi qu’un nombre particulièrement élevé de filières BTS
(17) par rapport à la plupart des autres grandes écoles privées du pays. Depuis sa création en
1995 le GROUPE ESAM utilisait les outils informatiques pour la formation des étudiants et
pour des usages administratifs. La formation des étudiants à l’usage de l’informatique selon
les responsables de l’école devait leur permettre d’avoir plus de chance dans les entreprises ;
lesquelles de nos jours accorde une place importante à l’informatique. Il faut dire que sur
chaque site du GROUPE ESAM (Vridi, Plateau, Treichville et Yamoussoukro), on avait au
moins une salle informatique de 30 PC. À Vridi particulièrement, il y avait 3 salles dont l’une
était réservée à la formation à la maintenance. Aucun site ne possédait de salle internet. Il faut
souligner qu’un budget avait été prévu selon un responsable de l’établissement en 2003 pour
la mettre en place dès la rentrée 2003/2004. La mise en place de cette salle Internet devait
permettre de renforcer les formations dispensées dans le groupe. Elle devait être mise en place
dans un souci de pédagogie. L’informatique dans l’administration était utilisée à des fins de
bureautique. La plupart des PC sont des Pentium II, mis à part ceux des cycles ingénieurs qui
sont des Pentium III. Le parc informatique est constitué de 180 à 200 PC.

Après cette première enquête qui nous aura permis de nous faire une idée de l’état
d’intégration des infrastructures et équipements informatiques et de télécommunications dans
l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire en 2003, nous nous sommes rendus deux ans plus
tard (en 2005) dans ce pays pour une autre enquête par questionnaire qui devait cette fois-ci
nous permettre de nous enquérir de l’état d’évolution de l’intégration des TIC et de
développement de l’usage dans les établissements d’enseignement supérieur de ce pays 24
mois après notre première étude.

Par ailleurs, l’année 2005 coïncidait avec la fin du processus de développement de


l’infrastructure nationale de l’information et de la communication prévu par le plan NICI Côte
d’Ivoire364.

364
REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE. Plan de développement de l’infrastructure nationale de l’information
et la communication 2000-2005. Op. Cit.

235
CHAPITRE VI
Situation de l’intégration et du développement de
l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur ivoirien
en 2005

236
Ce sixième chapitre sera pour nous l’occasion de nous intéresser de façon concrète au
niveau d’intégration et de développement de l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur
en Côte d’Ivoire. Nous nous intéresserons plus précisément à la situation qui prévalait dans un
certain nombre d’établissements d’enseignement supérieur de la ville d’Abidjan en 2005. Afin
de pouvoir nous faire une idée suffisamment précise de la situation, nous avons réalisé deux
enquêtes en avril et mai 2005 auprès d’étudiants et d’enseignants d’une dizaine
d’établissements d’enseignement supérieur d’Abidjan.

Dans cette ville est rassemblée l’écrasante majorité des établissements d’enseignement
supérieur du pays. En mars 2002, sur 131 établissements d’enseignement supérieur recensés
dans tout le pays, 92 étaient domiciliés dans la ville d’Abidjan ce qui représentait plus des
deux tiers de la totalité (70,22%)365 des établissements d’enseignement supérieur du pays. Par
ailleurs, la crise politico-militaire que connait ce pays depuis le 19 septembre 2002 ne peut
que conforter ces statistiques,366 car depuis le déclenchement de cette crise de nombreux
établissements situés dans les villes de province ont été délocalisés à Abidjan. Cette ville se
présentait donc pour nous comme un terrain idéal pour la réalisation d’une étude sur
l’intégration et les usages des TIC dans le milieu universitaire en Côte d’ivoire.

La figure 10 (page suivante), nous permet d’observer la localisation des différents


établissements dans lesquels nous avons enquêté dans la capitale économique de la Côte
d’Ivoire qui est Abidjan.

365
Source : Sous-Direction de l’évaluation du ministère ivoirien de l’enseignement supérieur et de la recherche.
366
Depuis septembre 2002 un certain nombre d’établissements d’enseignement supérieur domiciliés dans
certaines villes de province qui échappent à l’autorité de l’État ont fermé leurs portes ou se sont délocalisés à
Abidjan.

237
Figure 10

238
Dans ce chapitre, nous analyserons notamment le niveau d’intégration des TIC dans
l’enseignement supérieur ivoirien en 2005. On s’intéressera également à l’éventuelle fracture
numérique qui pourrait exister dans l’enseignement supérieur ivoirien, en raison des
difficultés rencontrées pour réussir la démocratisation des compétences et de l’accès aux TIC
dans le milieu universitaire ivoirien. En effet, il apparaissait au vu des éléments que nous
avons recueillis pendant la pré-enquête réalisée en 2003 que l’intégration des TIC et leur
accessibilité par les acteurs de l’enseignement supérieur était à double vitesse. L’accès aux
TIC connaîtrait des différences plus ou moins importantes selon le type d’établissement (privé
ou public). Au niveau des enseignants cette fracture numérique apparaissait évidente entre les
jeunes enseignants qui arrivaient fraîchement d’universités occidentales où ils venaient
d’achever leurs études et avaient acquis une culture du numérique et les plus anciens dont
certains se présentaient fièrement comme faisant partie de la « vieille école ». L’utilisation
pédagogique des TIC dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire, les pratiques en ligne
des étudiants et enseignants sont autant de sujets sur lesquels nous reviendrons également
dans ce chapitre.

La réalisation des enquêtes (une enquête auprès des étudiants et une autre auprès des
enseignants) sur lesquelles notre analyse va fortement s’appuyer, répondait au souci d’avoir
des données statistiques fiables sur la situation de l’intégration et de l’usage des TIC dans
l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire. En effet, depuis le début des années 1990, la
question de l’usage des TIC en Afrique est évoquée assez régulièrement par de nombreux
organismes internationaux de développement sur la base de l’intime conviction des experts
travaillant sur le continent africain pour ces institutions sans que de réelles études de terrain
ne soient réalisées.

Pour la réalisation de cette enquête, nous avons choisi dans le panorama des
principales méthodes de recueil des données, la méthode d’enquête par questionnaire qui
consiste à poser à un ensemble de répondants, le plus souvent représentatifs d’une population,
une série de questions relatives à leur situation sociale, professionnelle ou familiale, à leurs
opinions, à leurs attitudes à l’égard d’options ou d’enjeux humains et sociaux, à leurs attentes,

239
à leur niveau de connaissance ou de conscience d’un évènement ou d’un problème, ou encore
sur tout autre point qui intéressent les chercheurs.367

Cet instrument de recueil d’information est utilisé en général lorsque la recherche


qu’on entreprend nécessite l’interrogation d’un trop grand nombre de personnes et où le
problème de représentativité se pose. Elle offre la possibilité de quantifier de multiples
données et de procéder dès lors à de nombreuses analyses de corrélation. L’analyse statistique
des données est la méthode d’analyse des données qui convient le mieux pour analyser les
informations recueillies grâce au questionnaire.

Ne pouvant enquêter dans tous les établissements d’enseignement supérieur du pays,


nous avons décidé de restreindre le cadre de notre enquête à la ville d’Abidjan où l’on
retrouve plus des deux tiers des établissements d’enseignement supérieur du pays. Nous avons
alors enquêté dans une dizaine d’institutions universitaires de cette ville. Nous avons
interrogé au cours de cette enquête un total de 1 030 étudiants et 140 enseignants (Cf.
méthodologie).

367
Cf. QUIVY R., VAN CAMPENHOUDT L., 1995, p. 190.

240
1- Intégration des TIC et développement des pratiques dans les
établissements d’enseignement supérieur en Côte d’ivoire en 2005

Depuis l’avènement du troisième millénaire, l’intégration des TIC dans tous les
secteurs d’activité et plus précisément dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire est
devenu un sujet d’actualité dans ce pays. Les responsables du ministère de l’enseignement
supérieur ivoirien et ceux des établissements d’enseignement supérieur publics ou privés ont
accueilli très favorablement l’idée selon laquelle l’intégration et le développement des
pratiques des TIC dans l’enseignement supérieur pouvaient être une chance énorme pour le
développement du monde universitaire en Côte d’Ivoire. Cependant, à côté des grands
discours encourageant l’intégration des TIC, le bilan sur le terrain restait encore très mitigé en
2005. La présence des outils numériques dans le milieu universitaire aussi bien pour la
gestion administrative que dans le cadre de la pédagogie et de la recherche était encore très
discrète, pour ne pas dire quasiment inexistante dans certains établissements.

1-1 Équipement des établissements et connaissances générales des acteurs

1-1-1 Les TIC dans les établissements d’enseignement supérieur

L’un des principaux constats que nous avons pu faire au cours de nos enquêtes de
2005 était qu’il existait dans bon nombre d’établissements d’enseignement supérieur une ou
plusieurs salle(s) informatique(s). Malheureusement dans la plupart des cas ces salles
n’étaient pas en libre accès et les étudiants devaient payer pour avoir accès aux ordinateurs.
Le graphique (page suivante) nous montre que plus des deux tiers des étudiants interrogés
(68,6 %) au cours de notre enquête affirmaient que leurs établissements possédaient une salle
informatique.

241
Graphique 4
Présence de salles informatiques dans l’établissement (étudiants)
INFORMATIQUE

5,2%
Non réponse
26,1%
oui
non

68,6%

Les trois quarts des enseignants (75 %) affirmaient également que l’établissement dans
lequel ils exerçaient possédait une salle informatique. Cela peut être perçu comme une preuve
de l’intérêt qu’accordaient de plus en plus les établissements d’enseignement supérieur
ivoiriens à l’intégration des outils informatiques en leur sein.

Graphique 5
Présence de salles informatiques dans l’établissement (enseignants)
INFORMATIQUE

4,3%
20,7% Non réponse
oui
non

75,0%

La principale activité des étudiants et enseignants dans ces salles informatiques, mise à
part la navigation sur Internet était le traitement de texte, on note que cette modalité recueillait
33,5 % des citations des étudiants et 38,4 % des citations des enseignants. Le traitement de
données statistiques venait en seconde position avec respectivement 12 % et 20,3 % des

242
citations. Les autres types de logiciels qui ne recueillaient pas plus de 6 % de citations aussi
bien chez les étudiants que les enseignants étaient très peu connus et utilisés par eux.

Graphique 6
Utilisation de logiciels (étudiants)
LOGICIEL

10,8% 15,3%
5,9% Non réponse
2,4% aucun
logiciel de traitement de texte
12,0%
logiciel de traitement de données statistiques
logiciel de cartographie
logiciel d'autoformation
20,0% Autres

33,5%

Graphique 7
Utilisation de logiciels (enseignants)
LOGICIEL

9,5% 13,4%
6,0% Non réponse
5,2% 7,3% Aucun
Logiciel de traitement de texte
logiciel de traitement de données statistiques
logiciel de cartographie
logiciel d'autoformation
Autres
20,3%

38,4%

En revanche, si l’on se réfère aux propos de ces principaux acteurs de l’enseignement


supérieur, on se rend compte qu’il était plus rare de disposer d’une salle d’autoformation368
dans les établissements. À peine 42 % d’étudiants et 33,6 % des enseignants ont affirmé
disposer de salle d’autoformation dans leur établissement.

368
Une salle d’autoformation fonctionne en général en libre-service pour l'enseignement des langues, de l’usage
des logiciels informatique ou des sciences (consultation informatique et postes vidéo). Elle peut offrir aux
étudiants des moyens technologiques pouvant leur permettre d'accompagner leur parcours de formation, aussi
bien pour les enseignements des disciplines scientifiques que pour les enseignements de formation générale.

243
Graphique 8
Présence de salles d’autoformation dans l’établissement (étudiants)
AUTOFORMATION

11,6%
Non réponse
oui
non

46,4%

42,0%

Graphique 9
Présence de salles d’autoformation dans l’établissement (enseignants)
AUTOFORMATION

7,9%
Non réponse
oui
33,6% non

58,6%

Par ailleurs, on pouvait observer que la présence des TIC et plus précisément de
l’Internet au sein des établissements devenait maintenant une réalité. Près de 40 % des
citations des enquêtés concernant les TIC présents dans les établissements (39,9 % de
citations d’étudiants 38,8 % de citations d’enseignants) faisaient référence à l’Internet parmi
les outils ou services des TIC que l’on pouvait retrouver dans les établissements devant le
vidéo projecteur. Cependant, cette présence ne garantissait pas forcement un accès aisé pour
les étudiants et les enseignants.

244
Graphique 10
Outils ou services des TIC dans l’établissement (étudiants)
EQUIPEMENT

9,5% 10,9%
4,2% Non réponse
12,2% Intranet
Internet
Vidéo projecteur
Visio conférence
Autres
23,3%

39,9%

Graphique 11
Outils ou services des TIC dans l’établissement (enseignants)
ETS

3,3%3,3% 9,0%
Non réponse
11,8%
Intranet
33,9% Internet
Video projecteur
Visio conférence
Autres

38,8%

Les difficultés que rencontraient les étudiants et les enseignants pour se connecter à
Internet dans leurs établissements pouvaient, en partie au moins, expliquer pourquoi ils
désignaient majoritairement les cybercafés comme le lieu où ils avaient la possibilité et
l’habitude de se connecter à Internet. En effet, on relève pour cette variable 55,4 % des
citations des étudiants et 36,9 % des citations des enseignants.

245
Graphique 12
Lieu de connexion à Internet (étudiants)
CONNEXION

0,6%
5,3% 4,1%
7,2%
Non réponse
23,6%
Dans votre établissement
A votre domicile
Dans les cybercafés
Au campus numérique
Autres
Aucun
3,9%

55,4%

Graphique 13
Lieux de connexion à Internet (enseignants)
INTERNET

1,7% 6,9%
11,6%
Non réponse
Dans votre établissement
33,0% A votre domicile
Dans les cybercafés
Au campus numérique
Autres
Aucun

36,9%

9,9%

2-1-2 Rapport des étudiants et enseignants avec les TIC

Les résultats de notre enquête nous permettaient de constater que la possession d’un
ordinateur était encore un phénomène très rare en 2005 chez les étudiants ivoiriens. Plus des
deux tiers des enquêtés (67,6 %) affirmaient ne pas en posséder, contrairement aux
enseignants qui étaient près de 80 % (plus précisément 79,3 %) à disposer de leurs propres
ordinateurs.

246
Graphique 14
Possession d’un ordinateur (étudiants)
ORDINATEUR

3,0%
Non réponse
29,4% oui
non

67,6%

Graphique 15
Possession d’un ordinateur (enseignants)
ORDINATEUR

5,7%
15,0%
Non réponse
oui
non

79,3%

Dans leur grande majorité, les citations des étudiants (60,6 %) et des enseignants
(62,4%) désignaient Windows comme le système d’exploitation avec lequel ils étaient le plus
à l’aise pour travailler. Ce système d’exploitation venait loin devant les environnements
Linux et Mac.

247
Graphique 16
Maîtrise des systèmes d’exploitation (étudiants)
PLATES-FORME

9,9%
4,4% 22,2% Non réponse
2,9%
Windows
Mac
Linux
Autres

60,6%

Graphique 17
Maîtrise des systèmes d’exploitation (enseignants)
PLATES-FORMES

7,9% 5,9%
8,9% Non réponse
Windows
14,9% Mac
Linux
Autres

62,4%

On peut également relever qu’en ce qui concerne le type de documents qu’aussi bien
les étudiants que les enseignants étaient capables de créer avec les TIC les enquêtés citaient
majoritairement les documents bureautiques (41,9 % des citations des étudiants et 46,8 % des
citations des enseignants). On peut noter qu’il y avait très peu de citations concernant les
documents structurés369.

369
Un document structuré est une collection d'éléments typés organisée par un ensemble de relations logiques
définissant une structure hiérarchique. Ces relations sont définies par des grammaires hors-contexte qui décrivent
des classes de documents. L'utilisation des documents structurés permet d'automatiser une partie des traitements
effectués sur les documents et contribue également à améliorer leur portabilité en proposant une syntaxe
commune définie par des normes (SGML, XML).

248
Graphique 18
Capacité de création de documents (étudiants)
DOCUMENT

9,7%
4,3% 22,8% Non réponse
Bureautiques (word,excel,Access)
21,3% multimédias (texte,image,son)
structurés(HTML,XML)
Autres

41,9%

Graphique 19
Capacité de création de documents (enseignants)
DOCUMENTS

8,0% 8,4%
10,5% Non réponse
Bureautiques (word,excel,Access)
multimédias (image,son,texte)
structurés (HTML,XML)
Autres

26,2% 46,8%

Dans leur écrasante majorité, les étudiants et les enseignants qui ont participé à notre
enquête affirmaient utiliser Internet pour leur recherche d’information, c’est le cas de 68,3 %
des étudiants et de 80,7 % des enseignants. Ce qui montre bien l’importance grandissante que
prend cet outil d’information et de communication dans le milieu universitaire. Cependant,
notre observation du terrain nous a permis de nous rendre compte que l’usage d’Internet pour
la recherche documentaire restait ponctuel. Le plus souvent, c’était les étudiants préparant une
thèse ou un mémoire qui en faisaient usage pour la constitution de leur bibliographie. Pour
des raisons économiques, la majorité des étudiants qui doivent payer pour avoir accès à

249
Internet limitent leur présence sur Internet à la consultation ou à l’envoi de courriers
électroniques.

Graphique 20
Recherche documentaire en ligne (étudiants)
RECHERCHE

7,4%
24,4% Non réponse
oui
non

68,3%

Graphique 21
Recherche documentaire en ligne (enseignants)
RECHERCHE

14,3% 5,0%
Non réponse
oui
non

80,7%

Les deux services Internet qu’étudiants et enseignants interrogés pendant l’enquête


disaient avoir principalement l’habitude d’utiliser sont les moteurs de recherche et la
messagerie. On releve notamment que 31,4 % des citations des étudiants faisaient référence
aux moteurs de recherche et 24,7 % à la messagerie. En ce qui concerne les enseignants, les
moteurs de recherche recueillaient 34,8 % des citations et la messagerie 29,3 %.

250
Graphique 22
Services Internet régulièrement utilisés (étudiants)
SERVICE

11,6% 1,3% 13,5%


Non réponse
6,3%
9,0% les forums
2,3%
les moteurs de recherche
la messagerie
les listes de diffusion
les échanges de fichier (FTP)
Autres
aucun
24,7%
31,4%

Graphique 23
Services Internet régulièrement utilisés (enseignants)
SERVICE

3,5%
1,0% 8,0%
9,1%
7,7% Non réponse
6,6%
Les forums
Les moteurs de recherche
La messagerie
Les listes de diffusion
Les échanges de fichiers (FTP)
Autres
Aucun
29,3% 34,8%

L’observation des résultats de l’enquête nous conforte dans l’idée que malgré les
efforts de l’État ivoirien pour intégrer les TIC dans l’enseignement supérieur ivoirien,
beaucoup de choses restaient encore à faire en 2005 pour que ces outils numériques
connaissent une véritable vulgarisation dans le milieu universitaire. Les institutions
universitaires se caractérisant aussi bien par la pédagogie que par la recherche, on pourrait
s’interroger sur les pratiques développées en ligne par les enseignants et étudiants ivoiriens
dans le cadre de leurs activités de recherche.

251
2- Pratiques en ligne des enseignants et étudiants dans le cadre de
leurs activités de recherche

L’analyse des résultats de nos enquêtes nous a conduit à nous intéresser aux pratiques
en ligne des enseignants et étudiants des universités et grandes écoles ivoiriennes sur la toile
dans le cadre de leurs activités de recherche. Il faut dire que pour des raisons principalement
économiques, les enseignants, et surtout les étudiants qui étaient le plus souvent contraints de
payer pour avoir accès à Internet aussi bien dans leurs établissements que dans les cybercafés,
ne faisaient en général qu’un usage ponctuel du Web. La faiblesse des débits de connexion
que nous avions pu observer dans la plupart des établissements dans lesquels nous avons
enquêté en 2005, était également une source de démotivation pour beaucoup d’entre eux.
Nous avions ainsi pu remarquer que dans leur majorité les enseignants et étudiants ivoiriens
que nous avions interrogés affirmaient avoir recours à Internet pour leurs recherches
documentaires. Les moteurs de recherche et la messagerie électronique étaient les principaux
services dont ils affirmaient faire usage sur la toile. D’ailleurs, pour de nombreux enseignants
et étudiants ivoiriens, les TIC se résumaient à Internet et surtout au courrier électronique. Ces
derniers, au cours de leurs navigations sur Internet, affirmaient consulter principalement des
sites d’informations générales de préférence à accès gratuit. L’écrasante majorité des
enseignants n’avait jamais mis le moindre cours ou documents en ligne. Il faut savoir que
l’édition électronique est très peu développée dans le milieu universitaire ivoirien. Cependant,
les enseignants et les étudiants affirmaient récupérer principalement en ligne des ressources
issues de revues scientifiques. Les principaux moyens de conservation des données qu’ils
récupéraient en ligne étaient encore la disquette et l’impression, les outils modernes qui
offrent une plus grande capacité de stockage tels que la clé USB étaient encore très méconnus.

2-1 Analyse des pratiques en ligne des enseignants

Notre enquête nous a permis de nous faire une idée d’un certain nombre de pratiques
des enseignants avec Internet. On a pu notamment en début de chapitre se rendre compte que
80,7% d’entre eux affirmaient faire ou avoir déjà fait des recherches documentaires sur
Internet.

252
Parmi les services que propose Internet se sont les moteurs de recherche (34,8% de
citations) et la messagerie (29,3% de citations) dont ils affirmaient faire le plus souvent usage.

On pourra également se rendre compte un peu plus loin dans ce chapitre que
l’écrasante majorité des enseignants n’avait jamais mis un cours ou tout autre document en
ligne (85 %). Seulement 2,9 % des enquêtés l’avaient déjà fait, ce qui prouve bien que cette
pratique est très peu répandue.

Nous essaierons dans cette partie de notre travail de recherche de présenter plus
spécifiquement sur le type de sites Internet (site d’établissements, d’organismes, etc.)
consultés par les enseignants, la nature de ces sites Internet (gratuits, payants, à accès
réservés, etc.), le type de ressources documentaires disponibles sur la toile qu’ils exploitaient
dans le cadre de leur activité professionnelle, mais également les moyens ou outils qu’ils
utilisaient pour la conservation de l’information qu’ils recueillaient sur le Web.

Notre enquête nous révèle que les sites Internet les plus visités par les enseignants
étaient des sites d’informations générales (25,9 % de citations), ils étaient suivis par les sites
d’informations spécialisées (23,5 % de citations) et les sites Internet d’autres enseignants ou
formateurs (17,3 % de citations). Tous les autres types de sites Internet énumérés dans le
questionnaire recueillaient moins de 10 % de citations. On note également un taux de 10,5 %
de non réponses.

Graphique 24
Types de sites Internet consultés (enseignants)
CONSULTATION

4,1%
0,7% 0,3% 10,5%
8,2%
Non réponse
17,3% Site(s) d'enseignants ou formateurs
Site de votre établissement
23,5%
Site(s) d'informations générales
Site(s) d'informations spécialisées
Site(s) de réseaux d'organismes
Site(s) portails payants de e-formation
Autres
9,5%
Aucun

25,9%

253
Notre étude nous montre également que la grande majorité des sites Internet visités par
les enseignants interrogés étaient des sites gratuits à accès libre qui recueillaient 40,4 % de
citations, les sites gratuits à accès réservés venaient en seconde position avec une valeur de 17
% de citations. Les sites partiellement gratuits recueillaient 15,6 % de citations et enfin les
sites totalement payant ne recueillaient que 10,6 % des citations. On relève par ailleurs 11,5 %
de non-réponses.

Graphique 25
Nature des sites Internet consultés (enseignants)
ACCESSIBILITE

5,0% 11,5%
10,6%
Non réponse
Site(s) gratuit(s) à accès libre(s)
15,6% Site(s) gratuit(s) à accès reservé(s)
Site(s) partiellement gratuit(s)
Site(s) totalement payant(s)
Autre(s)

40,4%

17,0%

Les enseignants interrogés pendant l’enquête affirmaient que les ressources


documentaires qu’ils recueillaient en ligne pour la préparation de leur cours étaient
principalement issues de revues scientifiques (30,8 % de citations). Les ressources
documentaires issues de bibliothèques numériques arrivaient en seconde position avec une
valeur de 17,1%, suivis des ressources issues d’organismes spécialisés avec une valeur de
16 %. 14,6 % des citations des enquêtés étaient pour les ressources issues de réseaux
interuniversitaires. Les modalités Autres et Aucun recueillaient respectivement 10,3 % et
1,1 % des citations. Enfin, nous relevons 10,6 % de non-réponses.

254
Graphique 26
Type de ressources récupérées en ligne (enseignants)
RESSOURCES

10,3% 1,1% 10,6%


Non réponse
14,1% 17,1% Ressources issues de bibliothèques numériques
Ressources issues de revues scientifiques
Ressources issues de sites d'organismes spécialisés
Ressources issues de réseaux interuniversitaires
Autres.
Aucun

16,0%

30,8%

Le graphique suivant nous permet de constater que pour la conservation des ressources
recueillies sur le Web, les enseignants utilisaient encore principalement l’impression et la
disquette. Ces deux modalités de réponse recueillaient chacune une valeur de 26,8 %. La clé
USB avec une valeur de 21 % venait en troisième position, suivie du Cédérom qui obtenait
une valeur de 16,5 %. On relève également 6,1% de non-réponses.

Graphique 27
Outils de stockage de données utilisés (enseignants)
CONSERVATION

2,6%
0,3% 6,1%
21,0% Non réponse
26,8% L'impression
La disquette
Le Cd rom
La clé USB
Autres
Aucun

16,5%

26,8%

2-2 Analyse des pratiques en ligne des étudiants.

À l’instar des enseignants, notre enquête nous a déjà permis de nous faire une idée
d’un certain nombre de pratiques des étudiants avec Internet. On a pu notamment se rendre
compte au début de ce chapitre que 68,3 % d’entre eux affirmaient faire des recherches

255
documentaires sur Internet, ainsi parmi les services que propose Internet, se sont les moteurs
de recherche (31,4 % de citations) et la messagerie (24,7 % de citations) dont ils faisaient
également le plus souvent usage. Dans la première partie de ce chapitre, on a pu également se
rendre compte que l’écrasante majorité des étudiants n’avait jamais eu l’opportunité de
consulter les cours de leurs enseignants sur le Web (90,6 %). Ils étaient seulement 4,7 % des
enquêtés à avoir déjà eu l’occasion de le faire.

Nous essaierons dans cette partie de notre travail de recherche de mettre en exergue de
façon assez précise le type de sites Internet (site d’établissements, d’organismes, etc.)
consultés par les étudiants, la nature de ces sites Internet (gratuits, payants, à accès réservés,
etc.), le type de ressources documentaires qu’ils avaient l’habitude de récupérer sur la toile,
mais également des moyens ou outils qu’ils utilisaient pour le stockage des données qu’ils
recueillaient en ligne.

L’analyse du graphique ci-dessous nous permet de relever que la variable site(s)


d’information générale obtenait de loin la valeur la plus importante (32,1 %), suivis par la
variable site(s) d’informations spécialisées (19 %). Toutes les autres variables obtenaient des
valeurs inférieures à 11 %. On peut noter également 9,8 % de non-réponses.

Graphique 28
Types de sites Internet consultés (étudiants)
CONSULTATION

10,7% 1,8% 9,8%


1,2% Non réponse
10,8%
7,1% site(s) d'enseignants ou formateurs
7,4% Site(s) de votre établissement
site(s) d'informations générales
site(s) d'informations spécialisées
Site(s) de réseaux d'organismes
Site(s) portails payants de e-formation
19,0% Autres
Aucun
32,1%

Le prochain graphique nous permet d’observer que la variable site(s) gratuit(s) à accès
libre(s) obtenait de loin comme on pouvait d’ailleurs s’y attendre la valeur la plus forte (39,1
%). Cependant, on peut être assez surpris de constater que la variable site(s) totalement

256
payant(s) venait en seconde position avec une valeur de 15,9 %. Nous pensons que de
nombreux enquêtés ont confondus site (Internet) avec le lieu de connexion à Internet
(cybercafés, campus numérique, etc.), ce qui démontre le peu de culture de ces derniers en
matière de TIC. Ils étaient nombreux à ne pas être à l’aise avec le vocabulaire généré par les
TIC. Les variables site(s) gratuit(s) à accès réservé(s) et site(s) partiellement gratuit(s)
obtenaient respectivement 10,6 % et 10,3 % des citations. On relève pas moins de 17,3 % de
non-réponses.

Graphique 29
Nature des sites Internet consultés (étudiants)
ACCESSIBILITE

6,8%
17,3%
15,9% Non réponse
Site(s) gratuit(s) à accès libre(s)
Site(s) gratuit(s) à accès reservé(s)
site(s) partiellement gratuit(s)
site(s) totalement payant(s)
Autres

10,3%

10,6% 39,1%

Concernant le type de ressources récupérées régulièrement en ligne par les étudiants,


on constate, en observant le graphique (page suivante) une proportion de non-réponses
relativement importante (21,3 %). Parmi les 4 variables énumérant de façon précise un type
de ressources documentaires pouvant être récupéré en ligne, c’est la modalité ressources
issues de revues scientifiques qui obtenait la plus importante valeur (19,6 %). La plus petite
valeur a été obtenue par la modalité ressources issues de réseaux interuniversitaires (12,4 %).

257
Graphique 30
Type de ressources récupérées en ligne (étudiants)
RESSOURCES

1,9%
14,3% 21,3%
Non réponse
Ressouces issues de bibliothèques numériques
12,4% ressources issues de revues scientifiques
ressouces issues de sites d'organismes spécialisés
ressources issues de réseaux interuniversitaires
Autres
aucune
15,8%

14,7%
19,6%

Le graphique ci-dessous nous permet d’observer que la disquette était de loin le


moyen de stockage des données recueillies en ligne le plus cité par les étudiants (38,3 % des
citations). L’impression avec 22,1 % de citations arrivait en seconde position. Les outils de
conservations des données les plus récents et modernes qu’étaient le Cédérom et surtout la clé
USB n’obtenaient respectivement que des valeurs de 11,7% et 10,4%. On avait une proportion
de 9,5 % de non-réponses.

Graphique 31
Outils de stockage de données utilisés (étudiants)
CONSERVATION

6,1%1,8% 9,5%
11,7% Non réponse
L'impression
22,1%
10,4% La disquette
La clé USB
Le Cédérom
Autres
Aucun

38,3%

Comme on peut le constater au vu des résultats de l’enquête, aussi bien l’accès aux
TIC que les pratiques étaient encore à un stade embryonnaire au moment de la réalisation de
cette étude, même si on pouvait être tout de même être satisfait de constater une certaine

258
évolution par rapport à 2003. Cependant, on ne peut éluder le fait que la démocratisation des
compétences et de l’accès aux TIC est loin d’être une réalité dans l’enseignement supérieur
ivoirien ; ce qui lui fait courir un risque de discrimination dans l’accès au savoir par le canal
des TIC.

259
3- Le risque de discrimination dans l’acquisition des compétences et
l’accès aux TIC dans l’enseignement supérieur en Côte d’ivoire

Nous entendons par le mot discrimination aussi bien l’action, le fait de différencier en
vue d’un traitement séparé (des éléments) les uns des autres, en (les) signifiant comme
distincts. Mais également dans un sens plus péjoratif le traitement différencié, inégalitaire,
appliqué à des personnes sur la base de critères variables370.

L’enquête que nous avons réalisée en avril et mai 2005 en Côte d’ivoire nous a permis
d’observer que malgré quelques efforts notables, l’intégration et l’usage des TIC dans
l’enseignement supérieur public restait encore au stade de balbutiement. Ces établissements
dans lesquels on retrouvaient plus de 60 % des étudiants du pays issus en majorité d’un milieu
social défavorisé, étaient largement sous équipés et donc les usages des TIC en leur sein
encore peu développés .

La difficulté d’accès aux outils numériques que rencontrait la majorité des étudiants
ivoiriens était indubitablement un frein à la démocratisation de l’accès au savoir en ligne qui
est justement une propriété essentielle des TIC. Cette situation peut être perçue comme un
facteur potentiel de discrimination dans l’accès au savoir.

3-1 Type d’établissement fréquenté et accessibilité/connaissance des TIC

Les tris croisés analysés dans cette partie de notre travail ont pour vocation de nous
permettre de vérifier l’hypothèse selon laquelle le développement de l’usage des TIC dans
l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire n’est pas encore effectif en raison de la non
démocratisation de l’accès aux TIC. Les outils numériques resteraient un luxe pour la majorité
des étudiants non issus de familles aisées et qui n’ont pas les moyens de s’inscrire dans
certains établissements d’enseignement supérieur privés dont les frais de scolarité sont très
élevés. Ces établissements privés, on l’a vu au cours de notre enquête disposaient de loin de

370
Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL).
http://www.cnrtl.fr/lexicographie/discrimination

260
meilleurs équipements et infrastructures que les établissements d’enseignement supérieur
publics.
Rappelons que pour la réalisation de notre étude nous avons distingué cinq types
d’établissements, d’un côté, les universités et grandes écoles publiques, et de l’autre, les
universités et grandes écoles privées auxquelles on peut associer les centres de formation
continue qui sont des structures où les formations sont payantes ou subventionnées par l’État
ou par des organismes internationaux.

Au vu des résultats de l’enquête que nous avions effectuée auprès des étudiants en
Côte d’Ivoire, nous avons pu constater une intégration des TIC dans l’enseignement supérieur
à double vitesse. L’accessibilité des étudiants aux TIC connaissait une réelle différence selon
le type d’établissement qu’ils fréquentaient, même si dans l’ensemble, moins du tiers des
étudiants interrogés (29,4 %) possédait un ordinateur. On constate particulièrement que c’est
uniquement dans les établissements privés qu’une grande partie des étudiants affirmait
posséder son propre ordinateur. Les trois-quarts des étudiants des universités privées et des
centres de formation continue qui sont également privés (respectivement 77,2 % et 76,5 %)
affirmaient posséder leur propre ordinateur, ils étaient également près de la moitié (48,1%)
des étudiants interrogés dans les grandes écoles privées à dire de même. A contrario, dans les
universités publiques et les grandes écoles publiques qui sont fréquentées pourtant par
l’écrasante majorité des étudiants du pays, seule une infime minorité d’étudiants interrogés a
affirmé posséder un ordinateur. Ils étaient respectivement (16,6 % et 21,1 %).

Tableau 13
Type d’établissement et possession d’un ordinateur

TYPE/ORDINATEUR Non réponse oui non TOTAL


université publique 3,3% 16,6% 80,1% 100%
université privée 1,0% 77,2% 21,8% 100%
grande école publique 4,5% 21,1% 74,4% 100%
grande école privée 2,8% 48,1% 49,1% 100%
centre de formation continue 0,0% 76,5% 23,5% 100%
TOTAL 3,0% 29,4% 67,6% 100%

On pouvait également observer que la majorité des étudiants interrogés (68,6 %), quel
que soit le type d’établissement fréquenté, disposait d’une salle informatique au sein de leur
établissement. À ce niveau on constatait aussi que le pourcentage d’étudiants de l’université

261
publique qui affirmaient cela était largement inférieur à celui des étudiants des autres types
d’établissement.

Tableau 14
Type d’établissement et possession d’une salle informatique

TYPE/INFORMATIQUE Non réponse oui non TOTAL


université publique 6,6% 55,4% 38,0% 100%
université privée 3,0% 87,1% 9,9% 100%
grande école publique 3,8% 86,5% 9,8% 100%
grande école privée 1,9% 96,3% 1,9% 100%
centre de formation continue 3,9% 92,2% 3,9% 100%
TOTAL 5,2% 68,6% 26,1% 100%

A contrario la présence d’une salle d’autoformation dans les établissements était


encore une chose très rare, notre enquête nous a permis de nous rendre compte que bon
nombre d’étudiants et enseignants n’avaient aucune idée du rôle que pouvait jouer une telle
salle. Seulement 42% des étudiants ayant pris part à l’enquête ont affirmé que leur
établissement disposait d’une telle salle contre 46,4 % qui affirmaient le contraire et 11,6 %
qui n’ont pas su répondre à la question. À ce niveau ce sont les étudiants interrogés dans les
centres de formation continue qui détenaient le pourcentage le plus élevé de réponses
affirmatives (66,7 %). Ils étaient tout de même suivis de près par les enquêtés des grandes
écoles publiques (56,4 %), puis ceux des universités privées (48,5 %). Dans les grandes écoles
privées 39,8 % des répondants ont fourni une réponse affirmative, tandis qu’à l’université
publique ils étaient à peine 36,4 %.

Tableau 15
Type d’établissement et salle d’autoformation

TYPE/AUTOFORMATION Non réponse oui non TOTAL


université publique 12,6% 36,4% 51,0% 100%
université privée 8,9% 48,5% 42,6% 100%
grande école publique 7,5% 56,4% 36,1% 100%
grande école privée 13,9% 39,8% 46,3% 100%
centre de formation continue 9,8% 66,7% 23,5% 100%
TOTAL 11,6% 42,0% 46,4% 100%

262
Notre enquête nous a également permis de constater que le système d’exploitation le
plus connu et le mieux maîtrisé par les étudiants que nous avions interrogés était celui de
Windows. Cette plate-forme recueillait 60,6 % des citations. On notait néanmoins 22,2 % de
non-réponses, les étudiants des établissements publiques interrogés pendant l’enquête étaient
ceux dont le pourcentage de non-réponse est le plus élevé (33,6 % pour l’université et 13,9 %
pour les grande écoles). C’est également au niveau des enquêtés de l’université publique que
le pourcentage de citations de cette variable était le moins important (51,1 %). On peut en
conclure qu’au niveau de l’acquisition des compétences pour l’usage d’outils informatiques
ces derniers étaient également en retard par rapport à leurs homologues des établissements
privés.

Tableau 16
Type d’établissement et connaissance des systèmes d’exploitation

TYPE/PLATES-FORME Non réponse Windows Mac Linux Autres TOTAL


université publique 33,6% 51,1% 2,4% 2,5% 10,4% 100%
université privée 0,8% 80,6% 5,6% 4,0% 8,9% 100%
grande école publique 13,9% 72,8% 0,7% 2,0% 10,6% 100%
grande école privée 3,0% 76,7% 3,0% 10,5% 6,8% 100%
centre de formation continue 0,0% 64,9% 7,8% 16,9% 10,4% 100%
TOTAL 22,2% 60,6% 2,9% 4,4% 9,9% 100%

En ce qui concerne la capacité des étudiants interrogés à créer des documents


(bureautiques, multimédias ou structurés) notre enquête nous a permis de constater sans
grande surprise que le plus grand pourcentage de citations concernait les documents
bureautiques (41,9 %) suivie de loin des documents multimédias (21,3 %). Moins de 5 % des
citations (très exactement 4,3 %) faisaient référence aux documents structurés. On notait
également à ce niveau 22,8 % de non réponses. Les étudiants des établissements publics une
fois encore étaient les plus nombreux à ne pas avoir pu fournir de réponse à cette question
avec respectivement 35,9 % de non-réponses pour l’université publique et 15,3 % de non
réponses pour les grandes écoles publiques. Cette observation peut se justifier par la grande
méconnaissance qu’ils avaient des outils informatiques. Par ailleurs, ces résultats confirmaient
l’idée que les usages de l’informatique dans le milieu universitaire ivoiriens se résumaient
souvent à la bureautique.

263
Tableau 17
Type d’établissement et capacité de création de documents

Type/Document Non réponse Bureautiques multimédias structurés Autres TOTAL

U. publique 35,9% 35,0% 17,1% 1,9% 10,0% 100%


U. privée 4,3% 46,2% 33,2% 8,7% 7,6% 100%
G.E. publique 15,3% 50,8% 19,0% 3,7% 11,1% 100%
G.E. privée 3,4% 54,9% 26,3% 6,9% 8,6% 100%
Centre de F.C. 2,0% 48,5% 27,3% 11,1% 11,1% 100%
TOTAL 22,8% 41,9% 21,3% 4,3% 9,7% 100%

Il ressort, par ailleurs, de notre étude que plus des deux tiers des étudiants interrogés
(68,3 %) affirmaient utiliser Internet pour leur recherche documentaire. À ce niveau on peut
constater que même si, et quel que soit le type établissement les étudiants qui le disaient
étaient majoritaires, les pourcentages des enquêtés issus des établissements privés sont tout de
même plus importants que ceux des répondants issus des établissements publics.

Tableau 18
Type d’établissement et recherche sur Internet

TYPE/RECHERCHE non réponse oui non TOTAL


université publique 8,3% 57,6% 34,1% 100%
université privée 4,0% 91,1% 5,0% 100%
grande école publique 9,0% 75,9% 15,0% 100%
grande école privée 3,7% 88,9% 7,4% 100%
centre de formation continue 5,9% 92,2% 2,0% 100%
TOTAL 7,4% 68,3% 24,4% 100%

La majorité des étudiants interrogés dans leur ensemble, citait les cybercafés comme le
principal endroit où ils avaient la possibilité de se connecter à Internet (55,4 % des citations).
L’établissement dans lequel ils font leurs études ne venait qu’en seconde position (23,6% des
citations), leur domicile est de loin l’endroit qu’ils citaient le moins (3,9 % des citations). Les
étudiants de l’université publique avaient le pourcentage le plus élevé (59,4 %) de citations en

264
ce qui concerne la variable dans les cybercafés, ceux des centres de formation continue
détenaient la valeur la plus élevée en ce qui concerne la variable dans votre établissement,
enfin en ce qui concerne la variable à votre domicile ce sont les étudiants des universités et
grandes écoles privés qui détenaient les pourcentages de citations les plus élevées ( 9,3 % des
citations pour les universités privées et 6,7 % pour les grandes écoles privées). En somme, ces
résultats confirment bien que l’usage d’Internet dans l’université publique est bien plus rare
que dans les autres types d’établissement. Les étudiants de cet établissement se contentent le
plus souvent des cybercafés lorsqu’ils souhaitent avoir accès à Internet.

Tableau 19
Type d’établissement et lieu de connexion à Internet

Type/Connexion N.R. Dans votre A votre Dans les Au campus Autres Aucun TOTAL
établissement domicile cybercafés numérique
U.publique 6,2% 13,8% 2,8% 59,4% 10,9% 5,8% 1,0% 100%
U. privée 2,5% 27,2% 9,3% 53,7% 1,2% 6,2% 0,0% 100%
G.E. publique 2,2% 39,9% 2,2% 51,3% 0,9% 3,5% 0,0% 100%
G.E. privée 0,0% 34,9% 6,7% 51,8% 3,1% 3,1% 0,5% 100%
C.F. continue 0,0% 44,8% 2,9% 40,0% 5,7% 6,7% 0,0% 100%
TOTAL 4,1% 23,6% 3,9% 55,4% 7,2% 5,3% 0,6% 100%

Il ressort des résultats de notre enquête que de nombreux étudiants ne se rendaient


jamais à la salle informatique de leur établissement. Les enquêtés qui avaient coché la
variable jamais étaient les plus nombreux. Ils recueillaient la valeur la plus importante avec
41,5 % de l’ensemble des répondants. Les étudiants interrogés à l’université publique étaient
ceux qui recueillaient la valeur la plus importante (54,5 %) loin devant ceux des grandes
écoles publiques (31,6 %). Au niveau des établissements privés, c’était les étudiants des
universités qui avaient obtenu la valeur la plus importante à cette variable. Au contraire
s’agissant des étudiants les plus assidus dans cette salle (ceux qui travaillaient plus de quatre
heures par semaine dans la salle informatique de leur établissement), on constate en se
référant au tableau ci-après, que le pourcentage d’étudiants interrogés dans le privé à affirmer
y travailler plus de quatre heures par semaine, était nettement supérieur à celui de leurs
homologues du public. On obtenait auprès des enquêtés du privé les valeurs suivantes: 37,3%
pour les centres de formation continue, 23,1 % pour les grandes écoles privées et 21,8 % pour

265
les universités privées. Les grandes écoles et l’université publiques ne recueillaient que 6 % et
2,8 % des observations.

Tableau 20
Type d’établissement et fréquentation de la salle informatique

Type/Fréquentation N.R. Jamais Moins d'une Une à deux Deux à quatre Plus de TOTAL
heure heures heures quatre heures
université publique 12,6% 54,5% 7,8% 18,1% 4,2% 2,8% 100%
université privée 8,9% 27,7% 5,0% 22,8% 13,9% 21,8% 100%
GE publique 4,5% 31,6% 15,8% 26,3% 15,8% 6,0% 100%
GE privée 5,6% 7,4% 10,2% 33,3% 20,4% 23,1% 100%
CF continue 11,8% 3,9% 3,9% 21,6% 21,6% 37,3% 100%
TOTAL 10,4% 41,5% 8,6% 21,4% 9,2% 8,9% 100%

Concernant l’assiduité des étudiants dans la salle d’autoformation de leur


établissement, on a pu constater que pour la majorité d’entre eux, une telle salle n’existait pas
dans leur établissement. Ils étaient d’ailleurs très nombreux à ne jamais avoir entendu parler
d’autoformation. Le pourcentage d’enquêtés à avoir coché la variable jamais était encore plus
important, car au moment de l’enquête, ce type de salle était très rare dans les universités et
grandes écoles ivoiriennes publiques ou privées. Ce sont une fois de plus, les étudiants de
l’université et des grandes écoles publiques qui obtenaient les valeurs les plus importantes
avec respectivement 67,2 % et 48,1 % des observations. Les étudiants qui avaient
l’opportunité de fréquenter une salle d’autoformation dans leur établissement s’y rendaient
pour la plupart (21,4 % des enquêtés) une à deux heures par semaine. Ce sont les répondants
des centres de formation continue qui obtenaient la valeur la plus importante avec 25,5 % des
observations de ce type d’établissement.

Tableau 21
Type d’établissement et assiduité à la salle d’autoformation

Type/Assiduité N.R. Jamais Moins d'une Une à deux Deux à Plus de TOTAL
heure heures Quatre quatre heures
heures
U. publique 19,0% 67,2% 2,8% 7,5% 1,4% 2,0% 100%
U. privée 20,8% 38,6% 2,0% 18,8% 8,9% 10,9% 100%
GE publique 13,5% 48,1% 12,8% 17,3% 6,0% 2,3% 100%
GE privée 27,8% 34,3% 6,5% 13,9% 13,0% 4,6% 100%
CF continue 19,6% 23,5% 2,0% 25,5% 5,9% 23,5% 100%
TOTAL 19,4% 56,3% 4,4% 11,5% 4,2% 4,3% 100%

266
Le tableau croisé ci-dessous nous permet d’observer qu’une majorité d’enquêtés
affirmait se connecter à Internet une à deux heures par semaine. C’étaient les enquêtés des
grandes écoles qui avaient les valeurs les plus importantes. 43,6 % pour le public et 43,5 %
pour le privé. Les universités suivaient avec 39,7 % des observations pour le public et 38,6 %
pour le privé.
Les centres de formation continue ne recueillaient pour cette modalité que 23,5 % des
observations. En revanche, pour ce qui est des enquêtés qui faisaient une utilisation plus
régulière d’Internet (qui se connectaient plus de quatre heures par semaine), c’étaient les
étudiants des établissements privés qui présentaient l’effectif le plus élevé avec 49 % des
observations pour les centres de formation continue, 28,7 % pour les universités privées et
11,1 % pour les grandes écoles privées. L’université et les grandes écoles publiques ne
recueillaient que 5 % et 4,5 % d’observations.

Tableau 22
Type d’établissement et assiduité sur Internet

N.R. Jamais Moins d'une Une à deux Deux à Plus de TOTAL


Type/Constance heure heures quatre quatre
heures heures
université publique 5,5% 26,1% 16,8% 39,7% 6,9% 5,0% 100%
université privée 2,0% 5,9% 4,0% 38,6% 20,8% 28,7% 100%
grande école 5,3% 15,0% 17,3% 43,6% 14,3% 4,5% 100%
publique
grande école 2,8% 8,3% 17,6% 43,5% 16,7% 11,1% 100%
privée
centre de 3,9% 0,0% 11,8% 23,5% 11,8% 49,0% 100%
formation continue
TOTAL 4,8% 19,5% 15,4% 39,7% 10,5% 10,1% 100%

Comme nous le démontrent la plupart des résultats de l’enquête une certaine fracture
numérique locale était malheureusement en train de s’installer dans l’enseignement supérieur
ivoirien. Cette discrimination dans l’accès aux TIC risque de s’accroître si rien n’est fait pour
assurer une véritable démocratisation de l’accès aux TIC et de leur utilisation par tous les
acteurs de l’enseignement supérieur. À ce propos, il nous a également semblé important de
nous intéresser à l’utilisation faite des TIC au niveau pédagogique par les enseignants
ivoiriens.

267
4– Utilisation pédagogique des TIC dans l’enseignement supérieur en
Côte d’Ivoire

Notre enquête nous aura permis d’observer sans grande surprise que l’utilisation
pédagogique des TIC dans l’enseignement supérieur ivoirien était encore quasiment
inexistante. Cette situation pouvait sembler logique vu les difficultés rencontrées pour
l’intégration d’équipements et infrastructures en matière d’informatique et
télécommunications dans le milieu universitaire ivoirien. On a pu remarquer néanmoins un
plus grand intérêt et un usage plus important des TIC chez les enseignants les plus jeunes et
les moins expérimentés dans la profession, qui avaient terminé fraîchement leurs études pour
la plupart dans des universités occidentales (européennes ou nord américaines) où ils avaient
acquis la culture du numérique, et leurs collègues plus expérimentés qui étaient pourtant au
sommet de la hiérarchie universitaire (enseignants de rang A). Notre enquête nous a
également démontré que la discipline à laquelle appartenait l’enseignant (lettres ou sciences
exactes) n’avait quasiment aucune incidence sur l’intérêt que ce dernier pouvait accorder à
l’usage pédagogique des TIC. Par ailleurs, on pouvait déplorer l’absence de véritables
politiques de formation des enseignants à l’usage des TIC aussi bien au niveau des
établissements publics que de la plupart des universités et grandes écoles privées.

4-1 La formation des enseignants à la pratique des TIC

L’enquête que nous avons eue l’opportunité de réaliser auprès des enseignants en Côte
d’Ivoire, nous a permis de nous rendre compte que dans l’ensemble, aussi bien le ministère
que les établissements d’enseignement supérieur, font très peu d’effort pour participer à la
formation des enseignants à l’usage des Technologies de l’information et de la
communication pour l’Enseignement (TICE). Ce qui est évidemment une condition
fondamentale pour le développement des TIC dans la pédagogie. En effet, des enseignants
non sensibilisés et non formés ne feront jamais usage des outils numériques dont ils ne
verrons jamais l’utilité pour l’amélioration de la qualité de leurs enseignements.

En effet, près des trois quarts des enseignants (73,6 %) interrogés, affirmaient que leur
établissement ne leur proposait aucune formation dans ce domaine. Ils n’étaient que 19% à

268
affirmer que l’établissement dans lequel ils exerçaient leur proposait des formations aux
TICE.

Graphique 32
Formation des enseignants à l’usage des TIC
FORMATION

7,1%
Non réponse
19,3%
oui
non

73,6%

On a pu constater que c’étaient les enseignants interrogés dans les centres de


formation continue qui avaient le pourcentage de réponses affirmatives (64,3%) le plus élevé.
Ils étaient suivis de très loin par leurs collègues des universités privées (25 %). Les
enseignants interrogés dans les grandes écoles privées sont de façon assez surprenante ceux
qui ont le pourcentage le moins élevé (6,7%) derrière leurs homologues des grandes écoles et
universités publiques qui ont obtenu les valeurs respectives de 15,4% et 14%.

Tableau 23

Type d’établissement et formation des enseignants aux TICE

TYPE/FORMATION Non réponse oui non TOTAL


université publique 5,8% 14,0% 80,2% 100%
université privée 33,3% 25,0% 41,7% 100%
grande école publique 0,0% 15,4% 84,6% 100%
grande école privée 0,0% 6,7% 93,3% 100%
centre de formation continue 7,1% 64,3% 28,6% 100%
TOTAL 7,1% 19,3% 73,6% 100%

269
4-2 l’utilisation des TIC dans le cadre pédagogique

Dans le panorama des outils informatiques et de télécommunications pouvant être


utilisés pour préparer ou dispenser des cours, le vidéo projecteur et le rétroprojecteur étaient
les plus cités par les enseignants interrogés dans notre enquête comme ceux qu’ils utilisaient
le plus régulièrement (on note respectivement 20,1% de citations pour le vidéo projecteur et
17% de citations pour le rétroprojecteur). Internet arrivait en troisième position avec 13,9% de
citations. Les autres outils pouvant intervenir dans la préparation ou la dispensation d’un
cours (tableaux, craies, etc.) obtenaient 10,4% de citations.

Graphique 33
Outils utilisés par les enseignants pour préparer ou dispenser des cours
OUTILS

10,4% 1,2% 10,0%


Non réponse
8,1%
20,1% Video projecteur
Retroprojecteur
10,8%
Cédérom
Internet
logiciels de bureautique
logiciels spécialisés
Autres
Aucun
13,9% 17,0%
8,5%

Seulement un quart (25 %) des enseignants interrogés, affirmait qu’il lui arrivait
d’utiliser des logiciels de présentation pendant leurs cours. L’écrasante majorité des enquêtés
qui donnait une réponse affirmative à cette interrogation avait cité particulièrement le logiciel
PowerPoint (85,7 % des citations). Par contre ils étaient 65 % à avoir fourni une réponse
négative et 10 % à ne pas avoir répondu à la question.

270
Graphique 34
Usages de logiciels de présentation pendant les cours
PRESENTATION

10,0%
Non réponse
oui
25,0% non

65,0%

On constate également que c’étaient les enseignants des centres de formation continue,
une fois de plus qui étaient les plus nombreux (en pourcentage) à affirmer utiliser un logiciel
de présentation pendant les cours (78,6 %), ils étaient suivis de très loin par leurs collègues
des grandes écoles privées (33,3 %). Dans les universités privées seulement un quart des
interrogés (25 %) avaient donné cette même réponse tandis que c’étaient les institutions
universitaires publiques qui obtenaient les valeurs les moins importantes avec respectivement
23,1% pour les grandes écoles et 15,1% pour l’université.

Tableau 24

Type d’établissement et usage de logiciels de présentation

TYPE/PRESENTATION Non réponse oui non TOTAL


université publique 10,5% 15,1% 74,4% 100%
université privée 33,3% 25,0% 41,7% 100%
grande école publique 0,0% 23,1% 76,9% 100%
grande école privée 0,0% 33,3% 66,7% 100%
centre de formation continue 7,1% 78,6% 14,3% 100%
TOTAL 10,0% 25,0% 65,0% 100%

Les enquêtés issus des disciplines des sciences exactes et médicales que sont les
mathématiques, sciences physiques, médecine, pharmacie, etc., (groupe 2) étaient plus enclins
271
à faire usage de ce type de logiciel. En effet, ils avaient un pourcentage de réponses
affirmatives à la question beaucoup plus élevé que leurs collègues des disciplines littéraires et
de sciences sociales, à savoir lettres, sociologie, droit, communication, etc. (groupe 1). Les
valeurs obtenues par ces deux groupes étant respectivement de 27,3% pour le groupe 2 contre
seulement 17,3% pour le groupe 1. Par ailleurs, nous devons signaler qu’après avoir regroupé
les différentes disciplines en deux groupes, nous avons décidé de ne pas tenir compte de la
variable autres et des valeurs obtenues par celle-ci.

Tableau 25

Discipline et usage de logiciels de présentation

DISCIPLINE/PRESENTATION Non réponse oui non TOTAL


Groupe 1 13,5% 17,3% 69,2% 100%
Groupe 2 9,1% 27,3% 63,6% 100%
TOTAL 10,0% 25,0% 65,0% 100%

Lorsqu’on tient compte du niveau d’avancement des enseignants dans la hiérarchie de


la profession, on se rend très vite compte que les enseignants de rang A c'est-à-dire les maîtres
de conférence et les professeurs qui sont les plus avancés dans la hiérarchie et qui sont
pourtant chargés de dispenser les cours magistraux étaient paradoxalement ceux qui
obtenaient la valeur la moins importante (17,1 %) parmi les enquêtés qui disaient faire usage
de logiciels de présentation pendant les cours. Les enseignants de rang B obtenaient une
valeur de 23,3 % tandis que les autres (vacataires, professeurs certifiés, moniteurs, etc.)
obtenaient la plus importante valeur avec 37,8 %.

Tableau 26

Grade des enseignants et utilisation de logiciel de présentation

GRADE/PRESENTATION Non réponse oui non TOTAL


RANG B 6,7% 23,3% 70,0% 100%
RANG A 7,3% 17,1% 75,6% 100%
Autres 13,5% 37,8% 48,6% 100%
TOTAL 10,0% 25,0% 65,0% 100%

272
Comme nous pouvions déjà le soupçonner, au vu des résultats du tableau croisé
suivant, les enseignants les plus jeunes dans la profession (pas plus de dix ans d’expérience)
sont ceux qui faisaient un plus grand usage des logiciels de présentation. Les enquêtés qui
avaient entre cinq et dix ans d’expérience obtenaient la valeur la plus importante de réponses
affirmatives avec 34,5%. Ils étaient suivis par leurs collègues qui avaient moins de cinq ans
d’expérience avec une valeur de 28,6 %. Les enseignants les plus anciens étaient en
pourcentage les moins nombreux à utiliser ces logiciels. On a une valeur de 23,7 % pour ceux
qui avaient entre dix et vingt ans d’expérience et 18,8 % pour les enquêtés qui avaient plus de
vingt ans d’expérience.

Tableau 27

Ancienneté et usage de logiciels de présentation

ANCIENNETE/PRESENTATION Non réponse oui non TOTAL


Non réponse 66,7 % 0,0 % 33,3 % 100 %
Moins de 5 ans 11,4 % 28,6 % 60,0 % 100 %
De 5 à 10 ans 3,4 % 34,5 % 62,1 % 100 %
De 10 à 20 ans 10,5 % 23,7 % 65,8 % 100 %
Plus de 20 ans 3,1 % 18,8 % 78,1 % 100 %
TOTAL 10,0 % 25,0 % 65,0 % 100 %

L’utilisation marginale des logiciels de présentation pour la dispensation des cours a


été d’ailleurs confirmée par l’enquête que nous avons réalisée auprès des étudiants. En effet,
seulement 35,3% des étudiants interrogés affirmaient que leurs enseignants avaient recours à
des projections pendants les cours.

273
Graphique 35
Les projections pendant les cours
PROJECTION

3,5%
Non réponse
oui
35,3%
non

61,2%

Par ailleurs, seulement 25,7 % des étudiants interrogés désignaient le vidéo projecteur
comme faisant partie des outils utilisés par leurs enseignants pendants les cours. Cet appareil
est évidemment nécessaire lorsqu’on fait usage de logiciels de présentation.

Tableau 28

Outils utilisés par les enseignants pour dispenser les cours

OUTILS Nb. cit. Fréq.


Non réponse 239 23,2%
Vidéo projecteur 265 25,7%
Rétroprojecteur 251 24,4%
Cédérom 89 8,6%
Internet 85 8,3%
logiciels de bureautique 129 12,5%
logiciels spécialisés 130 12,6%
Autres 281 27,3%
Aucun 44 4,3%
TOTAL OBS. 1030

La numérisation des cours n’était donc pas encore tout à fait une réalité dans
l’enseignement supérieur en Côte d’ivoire. Seulement 27 % des enseignants interrogés
affirmaient mettre leur cours en format numérique. Près des deux tiers des enquêtés (65 %) ne
le faisaient jamais et ils étaient 7,9 % des enseignants interrogés à ne pas avoir répondu à cette
interrogation.

274
Graphique 36
La numérisation des Cours
NUMERISATION

7,9%
Non réponse
oui
27,1%
non

65,0%

Le tableau suivant nous permet de constater que les enseignants des centres de
formation continue avaient le pourcentage le plus élevé de réponses affirmatives à cette
interrogation (64,3 %), ils étaient suivis par ceux des grandes écoles publiques (53,8 %), les
enquêtés des universités privées venaient en troisième position (33,3 %). C’était les
répondants issus des grandes écoles privées qui obtenaient la valeur la plus petite avec 13,3 %
juste devant leurs collègues de l’université publique (18,6 %).

Tableau 29

Type d’établissement et numérisation des cours

TYPE/NUMERISATION Non réponse oui non TOTAL


université publique 5,8% 18,6% 75,6% 100%
université privée 33,3% 33,3% 33,3% 100%
grande école publique 0,0% 53,8% 46,2% 100%
grande école privée 6,7% 13,3% 80,0% 100%
centre de formation continue 7,1% 64,3% 28,6% 100%
TOTAL 7,9% 27,1% 65,0% 100%

275
Le croisement des variables discipline et numérisation nous permet d’observer que
même si dans l’ensemble la grande majorité des enseignants affirmaient ne pas numériser leur
cours, le pourcentage d’enseignants du groupe 2 (sciences exactes et médicales) qui
affirmaient mettre leur cours en format numérique (29,9 %) était nettement supérieur à celui
des enquêtés de l’autre groupe (19,2 %) qui affirmaient la même chose. On peut en déduire
que les enseignants des disciplines de sciences exactes et médicales accordaient une plus
grande importance à la numérisation de leurs enseignements.

Tableau 30

Discipline et numérisation des cours

DISCIPLINE/NUMERISATION Non réponse oui non TOTAL


Groupe 1 7,7 % 19,2 % 73,1 % 100 %
Groupe 2 7,8 % 29,9 % 62,3 % 100 %
TOTAL 7,9 % 27,1 % 65,0 % 100 %

On constate cette fois encore en nous référant au tableau croisés suivant que les
enseignants de rang A (maître de conférence et Professeurs) qui sont pourtant les plus
expérimentés et qui jouissent d’une plus grande reconnaissance dans le milieu universitaire
étaient les moins nombreux à procéder à la numérisation de leurs cours. Seulement 19,5%
d’entre eux affirmaient le faire. Leurs collègues enseignants de rang B étaient 30 % à affirmer
le faire ou l’avoir déjà fait tandis que ceux qui ont le pourcentage le plus élevé (32,4%)
venaient des autres catégories d’enseignants intervenant dans les établissements
d’enseignement supérieur (vacataires, moniteurs, professeurs certifiés).

Tableau 31

Grade des enseignants et numérisation des cours

GRADE/NUMERISATION Non réponse oui non TOTAL


RANG B 1,7% 30,0% 68,3% 100%
RANG A 7,3% 19,5% 73,2% 100%
Autres 13,5% 32,4% 54,1% 100%
TOTAL 7,9% 27,1% 65,0% 100%

276
En réalisant le croisement des modalités ancienneté et numérisation, on se rend
compte à travers les résultats du tableau croisé suivant, que ce sont les enseignants les plus
jeunes dans la profession qui affirmaient procéder à la numérisation de leurs cours. Les
enseignants qui avaient entre cinq et dix ans d’ancienneté avaient la valeur la plus importante
(44,8%). Ils étaient suivis par leurs collègues qui n’avaient pas encore cinq ans d’ancienneté
(28,6%). Les autres enseignants plus expérimentés, avec entre dix et vingt ans d’ancienneté et
plus de vingt ans d’expérience, obtenaient des valeurs quasiment identiques avec
respectivement 21,1% et 21,9%.

Tableau 32

Ancienneté et numérisation des cours

ANCIENNETE/NUMERISATION Non réponse oui non TOTAL


Moins de 5 ans 11,4% 28,6% 60,0% 100%
De 5 à 10 ans 3,4% 44,8% 51,7% 100%
De 10 à 20 ans 5,3% 21,1% 73,7% 100%
Plus de 20 ans 3,1% 21,9% 75,0% 100%
TOTAL 7,9% 27,1% 65,0% 100%

Notre enquête nous révèle que seulement une infime partie des enseignants interrogés
(2,9%) affirmaient mettre leurs cours en ligne. Ils étaient donc une écrasante majorité à ne
jamais l’avoir fait (85 %) tandis, que 12,1 % des enquêtés n’avaient pas fourni de réponses à
cette interrogation.

Graphique 37
La mise en ligne des cours
LIGNE

12,1%
2,9% Non réponse
oui
non

85,0%

277
On a pu remarquer également que ce sont les enseignants des grandes écoles publiques
qui obtenaient la valeur la plus importante (15,4%) en ce qui concerne les réponses
affirmatives à cette interrogation. Ils étaient suivis par leurs collègues qui exerçaient dans les
universités privées (8,3%). 1,2% d’enquêtés issus de l’université publique ont également
affirmé mettre leurs cours en ligne. En revanche, aussi surprenant que cela puisse paraître
aucun enseignant des grandes écoles privées et surtout des centres de formation continue
n’avait affirmé le faire.

Tableau 33

Type d’établissements et cours en ligne

TYPE/LIGNE Non réponse oui non TOTAL


université publique 12,8% 1,2% 86,0% 100%
université privée 33,3% 8,3% 58,3% 100%
grande école publique 0,0% 15,4% 84,6% 100%
grande école privée 6,7% 0,0% 93,3% 100%
centre de formation continue 7,1% 0,0% 92,9% 100%
TOTAL 12,1% 2,9% 85,0% 100%

Les résultats du tableau croisé suivant nous permettent d’observer de façon assez
surprenante par rapport aux résultats que nous avons obtenus jusque là que c’est uniquement
dans le groupe 1 qui est constitué d’enseignants de lettres et sciences sociales qu’une infime
minorité d’enquêtés (3,8%) affirmait mettre ses cours en ligne. Aucun enquêté du groupe 2 ne
le fait.

Tableau 34

Discipline et cours en ligne

DISCIPLINE/LIGNE Non réponse oui non TOTAL


Groupe 1 15,4% 3,8% 80,8% 100%
Groupe 2 10,4% 0,0% 89,6% 100%
TOTAL 12,1% 2,9% 85,0% 100%

Le croisement des variables Grade et ligne (tableau ci-dessous) nous permet de


constater que ce sont les enseignants de la variable Autres (professeurs certifiés, moniteurs,

278
vacataires) qui disposaient de la valeur la plus importante en ce qui concerne la mise en ligne
de leurs cours (5,4 %). Les enseignants de rang A (maître de conférences et professeurs)
n’étaient que 2,4 % à affirmer mettre leurs cours en ligne tandis que leurs homologues de rang
B n’étaient que 1,7 % à affirmer le faire.

Tableau 35
Grade des enseignants et cours en ligne

GRADE/LIGNE Non réponse oui non TOTAL


RANG B 8,3% 1,7% 90,0% 100%
RANG A 9,8% 2,4% 87,8% 100%
Autres 16,2% 5,4% 78,4% 100%
TOTAL 12,1% 2,9% 85,0% 100%

On remarque également que c’était à la fois dans la catégorie des plus « jeunes
enseignants » (moins de cinq ans d’expérience) et dans celle des plus anciens (plus de vingt
ans d’expérience) uniquement, que des enquêtés affirmaient mettre leurs cours en ligne. On a
des valeurs de 5,7 % pour les premiers et 6,3 % pour les seconds.

Tableau 36

Ancienneté et cours en ligne

ANCIENNETÉ/LIGNE Non réponse oui non TOTAL


Moins de 5 ans 14,3% 5,7% 80,0% 100%
De 5 à 10 ans 3,4% 0,0% 96,6% 100%
De 10 à 20 ans 10,5% 0,0% 89,5% 100%
Plus de 20 ans 9,4% 6,3% 84,4% 100%
TOTAL 12,1% 2,9% 85,0% 100%

Les résultats de l’enquête que nous avons réalisée auprès des étudiants, confirment
bien que la numérisation des cours et leur mise en ligne sont encore extrêmement rares dans
l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire. Par exemple on relève que plus de 90 % (très
exactement 90,6 %) des enquêtés, tout type d’établissement compris, affirmaient ne pas avoir

279
la possibilité de consulter les cours de leurs enseignants sur le Web. Ceux qui affirmaient être
en mesure de le faire ne représentaient que 4,7 % de l’ensemble des interrogés.

Graphique 38
Consultation des cours des enseignants sur le Web
WEB

4,8% 4,7%
Non réponse
oui
non

90,6%

Le graphique ci-dessous nous permet de constater que le courrier électronique est le


service Internet le plus utilisé par les enseignants interrogés pour le suivi de leurs étudiants. Il
recueillait 32,3 % de citations. Les forums de discussion et les listes de diffusion ne
recueillaient chacun que 7,3 % des citations ce qui est très dérisoire. D’ailleurs la proportion
extrêmement élevée de non-réponses 53,2 %, montre bien que nous n’avons pas affaire à des
pratiques très courantes. Pour la constitution du graphique nous avons préféré ne pas tenir
compte de la variable Autres, car nous nous sommes rendu compte que pour beaucoup de
répondants la précision renvoyait à des moyens de suivi des étudiants qui n’avaient rien à voir
avec les TIC.

Graphique 39
Usages des TIC pour le suivi des étudiants
SUIVI

Non réponse
32,3%
Forum de discussion
Liste de diffusion
Courrier électronique

53,2%

7,3%
7,3%

280
L’utilisation du courrier électronique pour le suivi des étudiants, était surtout très
fréquente chez les enseignants des établissements supérieurs privés à commencer par ceux des
grandes écoles privées (60 % de citations). Ils étaient suivis par leurs homologues des centres
de formation continue et des universités privées, avec respectivement 58,8 % et 35,7 % des
citations. À l’université publique où on dénombrait par ailleurs le pourcentage le plus élevé de
non-réponses (67,1 %) le courrier électronique ne recueillait que 23,7% de citations. La valeur
la plus infime était recueillie dans les grandes écoles publiques avec seulement 14,3 % de
citations.

Tableau 37

Type d’établissement et suivi des étudiants

TYPE/SUIVI Non Forum de Liste de diffusion Courrier TOTAL


réponse discussion électronique
U. publique 67,1% 7,9% 1,3% 23,7% 100%
U. privée 42,9% 0,0% 21,4% 35,7% 100%
G.E. publique 42,9% 28,6% 14,3% 14,3% 100%
G.E. privée 40,0% 0,0% 0,0% 60,0% 100%
C.F. continue 11,8% 5,9% 23,5% 58,8% 100%
TOTAL 53,2% 7,3% 7,3% 32,3% 100%

Les enseignants issus des disciplines du groupe 2 (sciences exactes et médicales)


obtenaient une valeur nettement plus importante à la variable courrier électronique (37,1 %
de citations) que leurs homologues du groupe 1 (lettres et sciences sociales) qui recueillaient
une valeur de 22,7 %. Dans les deux groupes on relevait plus de 50 % de non-réponses,
confirmant bien que quelle que soit la discipline, l’usage de l’Internet pour le suivi des
étudiants après les cours est une pratique peu courante dans l’enseignement supérieur ivoirien.

Tableau 38

Discipline et suivi des étudiants

DISCIPLINE/SUIVI N.R. Forum de Liste de diffusion Courrier TOTAL


discussion électronique
Groupe 1 59,1% 13,6% 4,5% 22,7% 100%
Groupe 2 51,4% 4,3% 7,1% 37,1% 100%
TOTAL 54,4% 7,9% 6,1% 31,6% 100%

281
Notre enquête nous a également permis de remarquer après le croisement des
variables grade et suivi que c’était encore une fois les enseignants de rang A (maître de
conférences et professeurs) qui se sentaient le moins concerné par les TIC. On relève que
62,2% d’entre eux n’ont pas fournis de réponses et la variable courrier électronique ne
récoltait avec ces derniers que 18,9 % de citations. La valeur obtenue par les enquêtés de rang
B (assistants et maître assistants) était presque le double de celle des premiers cités (37,3%).
C’étaient les autres enseignants (professeurs certifiés, moniteurs, vacataires) qui obtenaient la
valeur la plus importante avec 41,2 % de citations.

Tableau 39

Grade et suivi des étudiants

GRADE/SUIVI Non Forum de Liste de diffusion Courrier TOTAL


réponse discussion électronique
RANG B 52,9% 7,8% 2,0% 37,3% 100%
RANG A 62,2% 10,8% 8,1% 18,9% 100%
Autres 41,2% 2,9% 14,7% 41,2% 100%
TOTAL 52,5% 7,4% 7,4% 32,8% 100%

On peut observer, par ailleurs, en se référent au prochain tableau, que c’étaient les
enseignants les plus anciens dans la profession (plus de vingt ans d’ancienneté) qui utilisaient
le moins le courrier électronique pour le suivi de leurs étudiants. Cette catégorie d’enseignants
n’obtenait qu’une valeur de 25,8 % à cette modalité. Les enseignants qui ont entre cinq et dix
ans d’expérience professionnelle obtenaient la valeur la plus importante (45,5 %), devant
leurs collègues les moins expérimentés c'est-à-dire ceux qui n’avaient pas encore cinq années
d’expérience professionnelle (32,3 %) et ceux qui avaient entre dix et vingt ans de service
(31,4 %).

282
Tableau 40

Ancienneté et suivi des étudiants

ANCIENNETE/SUIVI Non Forum de Liste de diffusion Courrier TOTAL


réponse discussion électronique
Moins de 5 ans 48,4% 6,5% 12,9% 32,3% 100%
De 5 à 10 ans 40,9% 9,1% 4,5% 45,5% 100%
De 10 à 20 ans 57,1% 2,9% 8,6% 31,4% 100%
Plus de 20 ans 58,1% 12,9% 3,2% 25,8% 100%
TOTAL 52,1% 7,6% 7,6% 32,8% 100%

Comme on le constate aisément, l’usage des services Internet et notamment du


courrier électronique qui est visiblement le plus connu et utilisé par les enseignants ivoiriens
pour le suivi de leurs étudiants après les cours, est encore au stade de balbutiements.
D’ailleurs, les étudiants eux même dans l’enquête que nous avons réalisée auprès de ces
derniers, le confirment bien. Seulement, 17,4 % d’entre eux affirmaient échanger ou avoir
déjà échangé des courriers électroniques avec leurs enseignants.

Graphique 40
Usages de l’e-mail pour les échanges entre étudiants et enseignants
EMAIL

3,2%
17,4% Non réponse
oui
non

79,4%

À ce niveau, on constate que c’est dans les centres de formation continue et les
universités privés qu’on avait les valeurs les plus importantes d’étudiants affirmant échanger
des courriers électroniques avec leurs enseignants après les cours (respectivement 72,5 % et
46,5 %). La valeur la moins importante obtenue à cette modalité, fut recueillie par les
étudiants des universités publiques (8,2 %). Avec les étudiants des grandes écoles privées et
publiques on obtenait respectivement des valeurs de 20,4 % et de 15,8 %.

283
Tableau 41

Type d’établissement et échanges d’e-mail avec les enseignants

TYPE/EMAIL Non réponse oui non TOTAL


université publique 3,1% 8,2% 88,7% 100%
université privée 3,0% 46,5% 50,5% 100%
grande école publique 3,8% 15,8% 80,5% 100%
grande école privée 1,9% 20,4% 77,8% 100%
centre de formation continue 5,9% 72,5% 21,6% 100%
TOTAL 3,2% 17,4% 79,4% 100%

Conformément à ce qu’on a pu remarquer avec les réponses des enseignants, même si


dans l’ensemble le courrier électronique était très peu utilisé pour communiquer entre
enseignants et étudiants, on constate qu’à ce niveau également, le pourcentage d’étudiants
interrogés issus des sciences exactes et médicales (groupe 2) qui disaient faire usage de ce
moyen pour communiquer avec leurs enseignants, était plus important que celui des étudiants
de lettres et sciences sociales (groupe1). Ils sont 19,6 % dans le groupe 2 et 13,6 % dans le
groupe 1.

Tableau 42

Discipline des étudiants et échanges d’e-mail avec les enseignants

Non réponse oui non TOTAL


DISCIPLINE/EMAIL
Groupe 1 3,3% 13,6% 83,1% 100%
Groupe 2 2,9% 19,6% 77,5% 100%
TOTAL 3,2% 17,4% 79,4% 100%

Comme nous le démontrent les résultats de nos enquêtes, l’usage des TIC dans le
cadre pédagogique était encore très marginal dans l’enseignement supérieur ivoirien au
moment où nous réalisions cette étude (2005). Un énorme travail de sensibilisation et de
formation des enseignants s’imposait donc pour faire évoluer la situation.

284
Au terme de ce chapitre, il nous est possible d’effectuer un certain nombre
d’observations qui permettent de confirmer les deux hypothèses de recherche que nous avons
émises dans l’introduction de cette thèse :

L’une des principales observations que nous pouvons faire concerne l’absence d’une
véritable politique de formation des enseignants et des étudiants à l’usage des TIC, dans les
établissements d’enseignement supérieur de Côte d’Ivoire. Comme on a pu le constater
concernant les enseignants, ils étaient 73,6 % à affirmer que leurs établissements ne leur
proposaient aucun programme de formation à l’usage des TICE371. Le constat est le même
chez la majorité des étudiants qui étaient même très souvent obligés de payer pour avoir accès
aux outils informatiques ou à Internet dans leurs établissements. Les stages de formation aux
TIC pour l’enseignement ou pour la recherche ou encore la mise en place de salles
d’autoformation étaient quasiment inexistants dans les établissements d’enseignement
supérieur ivoiriens. D’ailleurs, les enseignants et les étudiants ne désignaient même pas leurs
établissements comme le principal endroit où ils pouvaient se connecter à Internet ; les
cybercafés étaient le lieu privilégié pour cela. La majorité des enseignants et des étudiants ne
savaient pas produire de documents multimédias ou structurés. Seulement un nombre restreint
d’enseignants avait déjà utilisé des logiciels de présentation pour dispenser leurs cours. Ils
étaient également très rares les enseignants qui avaient déjà mis un cours en ligne. Cette
situation est d’autant plus surprenante que depuis l’année 2000 un ministère chargé du
développement des TIC a été mis en place dans ce pays et de nombreux projets en faveur de
l’intégration des TIC dans tous les secteurs d’activité sont régulièrement évoqués par les
autorités politiques dans les médias ivoiriens. Ce constat induit une confirmation de notre
hypothèse principale, car cette absence de véritable politique de sensibilisation et de
formation des acteurs de l’enseignement supérieur est un véritable obstacle à l’intégration et
au développement de l’usage des TIC dans les institutions universitaires de ce pays.

Cependant, les enseignants des centres de formation continue constituent tout de


même une exception à cette situation, car près des deux tiers d’entre eux (64,3 %) affirmaient
se voir proposer par leurs établissements des formations aux TIC. Cette situation est
encourageante, car ces structures jouent un rôle essentiel dans la formation permanente des
cadres ivoiriens.

371
Technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement.

285
Notre seconde hypothèse de recherche se trouve également confirmée par les résultats
de cette enquête. On constate assez facilement que l’accès aux TIC était beaucoup plus aisé
pour les étudiants inscrits dans les établissements privés qui coûtaient en général très cher
pour la bourse de l’Ivoirien moyen. Les étudiants des établissements publics, surtout de
l’université publique où l’on retrouve pourtant la grande majorité des étudiants ivoiriens
disposaient d’un accès aux TIC extrêmement limité. Notre enquête nous a permis de constater
que la majorité d’entre eux ne savait même pas l’existence de salles informatiques dans leurs
propres établissements. Ils étaient contrairement à leurs homologues des établissements privés
très peu nombreux à avoir l’habitude de se connecter à Internet dans leurs établissements. Les
étudiants de l’université publique étaient également les moins habitués à faire usage d’Internet
pour leurs recherches documentaires, de même qu’ils étaient moins à l’aise que ceux du privé
sur les différents systèmes d’exploitation (Windows, Mac et Linux). Ils étaient également
moins compétents pour créer des documents avec des outils informatiques, surtout en ce qui
concerne les documents multimédias et structurés.

En somme, l’intégration des TIC et leur usage dans le cadre de la pédagogie ou de la


recherche étaient encore très loin d’être une réalité dans l’enseignement supérieur en Côte
d’Ivoire, au moment où nous réalisions notre étude en 2005. Afin de changer cette donne, un
certain nombre de conditions devaient impérativement être au préalable remplies. Nous
estimons que globalement le développement des TIC dans l’enseignement supérieur partout
dans le monde est tributaire des mêmes conditions à savoir la volonté d’améliorer la qualité
de l’enseignement, la volonté de développer le travail collaboratif et celle d’occuper une place
de choix dans la nouvelle économie des savoirs. C’est ainsi que l’enseignement supérieur en
Côte d’Ivoire et plus précisément les institutions universitaires de ce pays, en raison de
certaines carences inhérentes à un mode de fonctionnement pas toujours très « universitaire »,
se doivent de remplir en premier lieu ces conditions avant d’envisager l’intégration des
nouveaux outils numériques.

286
CONCLUSION GÉNÉRALE

287
La question des conditions de réussite de l’intégration et du développement de l’usage
des TIC dans l’enseignement supérieur est une question fondamentale en ce sens qu’il est
aujourd’hui acquis que :

la seule offre de connexion à un système de communication, fut-il


Internet, ne constitue pour personne un gage de bonne pratique
informationnelle et cognitive a fortiori scientifique, pas plus que ne lui
garantissait la disposition d’un manuel pédagogique sur les rayons de
la bibliothèque, ou la diffusion d’un « cours » par voie de télévision
ou autre technologie moderne372.

Le succès de l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur nécessite en effet


que certaines conditions soient au préalable remplies. La lecture de nombreux rapports et
études sur le développement des TIC dans l’enseignement supérieur dans les pays
occidentaux (particulièrement les pays de l’union européenne et d’Amérique du nord) permet
de constater qu’une place de choix est accordée à cette question.

En nous référant à deux rapports publiés respectivement par la CREPUQ373 sur le


développement des TIC dans le réseau universitaire québécois et la société de conseil danoise
Ramboll Management sur les models virtuels d’universités européennes, nous avons pu
relever un certain nombre de conditions qui avaient été considérées comme indispensables à
la réussite de l’intégration et au développement de l’usage des TIC dans les institutions
universitaires québécoises et européennes en 1996 et 2004.

- Conditions d’intégration des TIC dans le milieu universitaire :


exemple des universités du Québec et de l’union européenne

Dans le rapport sur le développement des Technologies de l’information et de la


communication dans le réseau universitaire canadien paru en 1996374, la CREPUQ estimait
que malgré le fait que les universités du Québec avaient fait des investissements importants et
des progrès considérables dans leurs infrastructures de technologies de l’information, la

372
DUCASSE R. Op. Cit. P226.
373
Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec.
374
CREPUQ, 1996. Op. Cit.

288
planification de ces investissements en coordination avec la planification académique était
souvent loin d’être optimale, de même que le financement à long terme du développement et
du renouvellement des infrastructures était problématique. Ce rapport considérait qu’il était
dans l’intérêt des universités du Québec pour pouvoir soutenir un développement important
de l’utilisation des TIC dans les activités d’enseignement :

- d’apprendre à mieux intégrer la planification de leurs investissements en informatique


et en télécommunications avec leurs activités académiques ;
- d’être prêtes à investir certaines de leurs ressources propres dans la formation
pédagogique pour aider les professeurs à maîtriser les TIC et à adapter leurs méthodes
d’enseignement ;
- d’adapter leurs méthodes d’évaluation et de promotion des professeurs pour accorder
une reconnaissance adéquate aux activités d’intégration des TIC en enseignement.

Selon ce rapport au vu de l’énormité des investissements financiers requis pour assurer


l’intégration des TIC à brève échéance en raison de l’évolution de ces technologies et du
marché de l’enseignement supérieur mondial, il était impérieux pour les universités
québécoises d’éviter l’isolement, car il serait difficile pour ces établissements de faire face
seuls à ce défi. Pour y arriver, de nouvelles ressources et de nouvelles façons de faire devaient
être envisagées.

Quatre conditions ou « clés du succès » du développement des TIC dans le réseau des
universités québécoises ont été identifiées par la CREPUQ. Il s’agissait notamment de :

• La mise en place de mécanismes efficaces de concertation interuniversitaire.


• Le développement d’alliances stratégiques avec de nombreux acteurs industriels
québécois qui œuvrent dans le secteur des TIC.
• Un développement accéléré des infrastructures de réseaux au niveau provincial.
• La mise à la disposition des universités québécoises de fonds substantiels pour
couvrir les coûts très importants des investissements requis.

Le rapport soutien que la concertation universitaire devait prendre plusieurs formes, il


s’agissait notamment d’œuvrer pour la mise en commun et le partage des technologies et des

289
infrastructures de soutien tels que les ateliers de production multimédia, les ateliers de
formation pédagogique, mécanismes d’échange et de diffusion des produits pédagogiques. La
concertation devra également favoriser le développement d’ententes sur un partage des
responsabilités concernant le développement des supports pédagogiques faisant appel aux
TIC, plus précisément en ce qui concerne les cours de base. Les cours de base qui sont, selon
le rapport, ceux qui se prêtent le plus facilement à la mise à l’heure des TIC, encourent un
grand risque de duplication si l’initiative est laissée à chaque université ou chaque enseignant.

Par ailleurs, la CREPUQ considérait qu’en réussissant à développer une coordination


de qualité les universités pourront se placer en bonne position compétitive dans les réseaux de
la francophonie. Le rapport de la CREPUQ estimait que les universités devaient réussir la
transition dynamique de compétition à une dynamique de collaboration, car en cas de
compétition entre les universités le risque est grand de les voir offrir les mêmes programmes
dans les mêmes lieux géographiques ce qui serait source de duplication et de gaspillages de
ressources. Le réseau québécois dans ce cas de figure se verrait dans l’incapacité de mettre en
place la coordination et la concentration des ressources nécessaires pour établir une position
compétitive au plan mondial.

La CREPUQ considérait également qu’une alliance universités-industries (le Québec


possédant une force industrielle remarquable dans les domaines du logiciel, du multimédia et
des télécommunications) permettra aux universités de se concentrer sur les méthodes et les
contenus pédagogiques tout en bénéficiant de l’appui technique des entreprises pour la
production et la diffusion des produits à l’échelle mondial, ce qui pourra permettre d’amortir
convenablement et dans des délais raisonnables, les importants investissements requis.

Pour assurer l’efficacité de la collaboration entre les universitaires il est absolument


nécessaire que leurs équipements soient facilement et efficacement accessibles à tous à
l’intérieur du réseau universitaire. Il serait également souhaitable que l’offre partagée de cours
informatisés à distance puisse connaître une généralisation. La disponibilité d’un réseau à
forte bande passante entre toutes les universités québécoises, pour permettre des échanges
vidéo interactifs en temps réel, est une condition essentielle à cette évolution.

Enfin, la CREPUQ estimait nécessaire la mise à la disposition des universités


québécoises de fonds substantiels pour couvrir les coûts très importants des investissements

290
requis au plan de la recherche pédagogique sur les problèmes posés, dans les différents
secteurs disciplinaires, par une utilisation intelligente des TIC en enseignement universitaire
et la mise au point des supports pédagogiques dans les différentes disciplines. En particulier,
au niveau des cours de base et dans des domaines où les simulations apportent une plus-value
importante à l’enseignement supérieur.

L’étude réalisée en 2002 et 2003 pour la Direction générale Éducation et Culture de la


Commission européenne375 indiquait que quatre principaux obstacles rendaient difficile la
progression vers une utilisation étendue des TIC et de l’e-learning dans les universités des
pays de l’union européenne.

Le premier obstacle évoqué par ce rapport était l’absence d’une approche globale
cohérente de la part des équipes de direction des établissements universitaires en ce qui
concerne l’intégration des TIC, et une résistance à tout changement dans la culture
universitaire. Le second obstacle relevé par le rapport, concernait l’insuffisance des
connaissances de la majorité des personnels universitaires sur le potentiel des TIC et les
nouvelles façons de les utiliser. La faible quantité de matériels pédagogiques de haute qualité
basés sur les TIC, qui était selon le rapport la conséquence naturelle d’un niveau de
développement généralement insuffisant, dû au fait que les équipes de direction et le
personnel enseignant avaient besoin d’une base solide pour commencer à développer leur
propre matériel, constituait le troisième obstacle majeur au développement de l’usage des
TIC. Par ailleurs, en raison du coût élevé du développement de matériels basés sur les TIC et
de contenus e-learning, le rapport mettait l’accent sur la nécessité de mesures
d’encouragement accru pour entreprendre ce développement, d’initiatives nationales et
régionales pour le soutenir et d’une coopération destinées à diluer les coûts de
développement. Enfin, le quatrième et dernier obstacle était relatif à l’absence de
réglementations. En effet, le rapport estimait que les tendances américaines allaient s’exporter
sur le continent européen en raison de la production de masse de matériel d’enseignement et
de l’industrialisation progressive de ce processus. Il devenait donc nécessaire de définir des
réglementations relatives aux droits de propriétés et aux systèmes de paiement destinés à
accroître le partage et la réutilisation des ressources d’apprentissage. Cette évolution devant

375
PLS RAMBOLL MANAGEMENT, Studies in the context of the E-learning Initiative : virtual models of
european Universities (lot 1), Draft Final Report to the EU Commission, DG Education & Culture. February
2004.

291
mettre à l’épreuve les valeurs traditionnelles de la liberté universitaire et de l’enseignement
basé sur la recherche individuelle des enseignants.

Pour surmonter les difficultés que rencontraient les universités européennes pour
réussir l’intégration des TIC le rapport nous éclaire sur les conditions du succès d’une telle
entreprise.

La nécessité de la mise en place par l’équipe de direction d’une véritable stratégie TIC
est l’une des premières conditions qui ressort du rapport, le premier défi pour les universités
va consister à faire des TIC une composante de l’enseignement classique, et non plus des
technologies pour répondre à de simples initiatives individuelles. L’étude démontre que les
équipes de direction des universités européennes qui n’ont historiquement jamais considéré
les TIC et l’e-learning comme des activités primordiales, doivent œuvrer désormais pour que
leur intégration passe du stade de projet et d’expérience à celui de partie intégrante du
fonctionnement normal de toutes les activités universitaires. Le déficit de ressources
financières qui peut être considéré comme un frein au progrès vers une utilisation généralisée
des TIC est selon cette étude la conséquence du manque d’intérêt des équipes de direction en
ce qui concerne l’intégration des TIC.

Selon le rapport la présence d’une unité TIC et d’une structure d’assistance en matière
d’e-learning sont des conditions indispensables à l’intégration des TIC et de l’e-learning.
C’est également la condition préalable à une utilisation réussie des TIC. Dans les années à
venir les TIC ne se limiteront plus à des projets individuels ou à des parties d’une organisation
mais elles seront intégrées à toutes les activités de cette dernière, c’est ainsi que l’unité TIC
sur un plan stratégique deviendra extrêmement importante.

La nécessité de prendre des mesures d’encouragement auprès des différentes facultés,


établissements scolaires et enseignants afin d’encourager le développement des TIC est
également une des principales conditions à laquelle fait référence le rapport. En effet, le
rapport déplore le fait que des mesures incitatives telles que l’octroi de primes ou d’heures de
disponibilité aux enseignants pour développer du matériel pédagogique est assez inhabituel.

L’étude de la PLS RAMBOLL MANAGEMENT déplore également le fait que bien


que le niveau général d’intégration des TIC dans l’enseignement avait nettement augmenté

292
dans les universités de l’union européenne au cours des années 2002 et 2003, la plupart des
universités étaient encore au stade de balbutiements concernant l’utilisation de ces
technologies pour une nouvelle conception de l’éducation. En effet, seule une minorité
d’établissements universitaires avait déjà atteint le stade d’une utilisation des TIC en tant
qu’outils destinés à repenser les programmes d’enseignement, leur contenu et leurs
programmes d’études sur la base de cadres didactiques inédits.

Selon cette étude, l’offre d’e-learning qui va considérablement augmenter dans les
années à venir ne semble pas être un mode d’enseignement privilégié à l’université aussi bien
avant ou après la licence. Selon les universités l’e-learning est davantage adapté aux étudiants
de deuxième et troisième cycle et doit être minutieusement adapté au groupe cible en
question. Par ailleurs, la question du contrôle de la qualité des cours e-learning est considérée
comme un enjeu majeur par le rapport qui regrette que les établissements qui ont développé
des systèmes complets d’assurance-qualité conçus pour les cours e-learning soient peu
nombreux.

À la lecture des conclusions de ces deux rapports, relatives aux conditions de succès
de l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur, mais également de plusieurs autres
études et contributions sur le sujet, il apparaît clairement que l’idée d’intégrer et de
développer les usages des TIC dans l’enseignement supérieur dans le monde occidental est
sous-tendue par une volonté d’améliorer la qualité du processus pédagogique et de la
recherche dans ces établissements d’enseignement supérieur, de développer le travail
collaboratif entre enseignants et chercheurs des différentes universités de même sphères
géographiques, mais également de se donner les moyens d’occuper une place de choix dans la
nouvelle économie mondiale des savoirs avec notamment le développement de nouveaux
marchés locaux et internationaux dans le domaine de la formation continue et de la formation
à distance.

L’implication des équipes de direction des établissements d’enseignement supérieur


qui doivent définir clairement leur politique en matière de TIC est absolument nécessaire pour
la réussite du processus, les universités notamment doivent mettre en œuvre une série de
réformes de l’enseignement et de l’apprentissage, des activités de recherche, de gestion et de
finances afin que leur structure globale puisse s’adapter aux besoins des nouveaux étudiants.
Elles doivent également apporter leur soutien au développement de matériel pédagogique

293
faisant usage des outils numériques en hésitant pas à collaborer avec les entreprises
informatiques qui oeuvrent pour le développement de logiciels ou élaborent des didacticiels.

Une bonne politique de sensibilisation des enseignants qui doivent être appelé à
participer à toutes les étapes de la création à la réalisation des produits à diffuser et
comprendre l’intérêt du nouveau rôle de guide qui doit être le leur est une condition
essentielle, et pour faire face à l’insuffisance de connaissances de bon nombre d’entre eux en
matière de TIC. L’assistance de techniciens spécialisés est sans doute nécessaire pour offrir
des conseils, des critiques et surveillance.

Le développement d’infrastructures de télécommunications de qualité, bien que


nécessitant de lourds investissements est également une condition sine qua non à la réussite
d’un tel projet et il est nécessaire que les universités acceptent de collaborer entre elles pour
amortir les coûts, mais également éviter le gaspillage des ressources.

On peut aisément imaginer que toutes ces conditions qui ont favorisées ou favorisent
l’intégration et le développement de l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur en
occident, sont aussi valables pour les établissements d’enseignement supérieur en Afrique et
plus précisément en Côte d’Ivoire. Cependant, même si les établissements d’enseignement
supérieur de ce pays souhaitent réduire la fracture numérique qui existe entre leurs
homologues de l’hémisphère nord et eux, il faut néanmoins reconnaître qu’un certain nombre
de réalités propres à ce pays peuvent nous amener à penser qu’ils existent également quelques
conditions de réussite de l’intégration des TIC spécifiques à l’enseignement supérieur
ivoirien.

- Conditions d’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur


ivoirien

• Au plan académique

De nos jours force est de reconnaître que l’Afrique participe très peu à l’effort de
recherche international, dans la plupart des universités en Afrique on peut constater un déficit

294
de productions scientifiques de hautes qualités, le premier responsable des Éditions
universitaires de Côte d’Ivoire (EDUCI) n’affirmait-il pas :

Je suis désolé de le dire : les enseignants ne produisent pas. Les


rédacteurs en chef de revues sont obligés de faire la cour aux
collègues, de leur demander pardon, pour qu’ils donnent leurs
articles. C’est honteux ! C’est au moment de présenter le CAMES
qu’ils se précipitent ! Il faut qu’on se dise la vérité !376

L’amélioration de la qualité des enseignements semble également par moment loin


d’être une priorité absolue. À ce niveau en ce qui concerne le milieu universitaire ivoirien
depuis 1990 période à laquelle les enseignants se sont vus raccrochés au statut de la fonction
publique377 on a pu observer un manque de motivation de leur part qui s’est traduit par une
baisse de la qualité de l’enseignement et de la recherche. L’engouement pour la « chose
pédagogique » s’est sérieusement effrité à telle enseigne que depuis cette période le taux de
participation aux séminaires de l’Institut pour la recherche, d’expérimentation et
d’enseignement en pédagogie (IREEP) d’Abidjan est en baisse378. La volonté d’œuvrer pour
le développement d’un travail collaboratif entre enseignants et chercheurs de la communauté
universitaire nationale ou entre ces derniers et leurs homologues des autres pays du continent
ou du reste du monde n’est pas clairement affichée. En effet, depuis ces origines l’université a
toujours fonctionné en réseau et celle du 21e siècle ne fait que rendre ceci plus apparent379. La
démarche collaborative est inscrite par essence dans le fait universitaire qui n’existe que par
l’affirmation d’une communauté « transnationale » d’enseignement et de recherche. Cette
situation nous conduit ainsi à nous interroger sur le caractère vraiment universitaire des
établissements d’enseignement supérieur en Côte d’ivoire.

376
BAHI A. Op. Cit., p.14.
http://www.codesria.org/Links/conferences/el_publ/AGHI_Bahi.pdf
377
En 1975, le gouvernement ivoirien pour encourager les intellectuels à aller à l’enseignement a procédé au
décrochage de la fonction enseignante du statut général de la fonction publique ce qui permit aux enseignants
d’obtenir des salaires conséquents et de bénéficier de la gratuité du logement. En 1990, en raison de la crise
économique le gouvernement ivoirien dans son plan d’ajustement structurel a jugé utile de revenir sur cette
décision. Il faut néanmoins noté que depuis 2002 les dirigeants ivoiriens ont décidé de remettre en vigueur la
mesure de décrochage décidée en 1975.
378
ZINSOU. E. M. Op. Cit. P 57
379
DUCASSE R. Op. Cit. P 234.

295
Comme nous l’affirmions en introduction de notre étude, le développement d’Internet
dans le milieu universitaire aux États-Unis durant les années 1980 est le fruit de
l’accompagnement intelligent de la logique intrinsèque, culturelle, de fonctionnement d’une
communauté scientifique pour laquelle la production et la transmission des savoirs est la
priorité absolue de ses activités, voire même la raison principale de son existence et pour
atteindre ces nobles objectifs elles s’en procure les moyens. Il faut cependant relevé
contrairement à ce que l’on a tendance à penser que le caractère innovant de l’Internet réside
surtout dans l’opportunité qui est offerte de réussir une interconnexion à une échelle
internationale à la fois des applications et des ressources qu’ils supportent, et des personnes
qui les produisent, au fait que leur développement est collaboratif, communautaire et
380
corollaire au maintien d’un protocole « ouvert » de communication . Ce qui est une base
fondamentale des échanges au sein de la future « université virtuelle »381.

Le cyberespace s’inspirent donc par son design et sa modélisation fondamentalement


du modus vivendi universitaire ce qui est une exigence philosophique, politique et également
un gage d’efficacité. L’essentiel pour les universités étant la mise en exergue du paradigme
d’une collaboration fondé sur l’affirmation de la nécessité de faire coexister et rendre
inséparables les rapports entre information, communication et connaissance.

Partant de ce principe on peut estimer que les modèles de pédagogie fondée sur les
usages des TIC ne seront en mesure d’atteindre les objectifs qui leurs sont fixés que lorsqu’on
les insèrera dans une communauté respectant véritablement les principes universitaires que
nous venons d’énumérer. Ce qui malheureusement n’est pas encore tout à fait le cas de
l’enseignement supérieur ivoirien pour lequel la réussite de l’intégration et du développement
de l’usage des TIC nécessiterait une réforme voire une refondation de l’enseignement. En
effet, il apparaît évident au vu l’état de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire de penser
que les établissements d’enseignement supérieur ne sont pas encore préparés à l’intégration
des outils numériques. On y observe encore trop d’insuffisances notamment au niveau des
projets pédagogiques, des ressources humaines et de la logistique.

Une volonté plus affirmée de rendre l’enseignement supérieur de ce pays plus


« universitaire » en faisant de l’amélioration de la qualité du processus pédagogique et de la

380
TCP/IP.
381
DUCASSE R. Op. Cit., p. 226.

296
production permanente de connaissances une priorité absolue est sans conteste une condition
fondamentale à une bonne intégration des TIC. Les enseignants et chercheurs ivoiriens
doivent arrêté de se comporter uniquement en consommateurs de savoirs produits en occident
sans véritablement apporter de contribution et se donner pour priorité de participer à l’effort
de recherche international en privilégiant le travail collaboratif entre eux, mais également
avec leurs collègues aussi bien du continent Africain que du reste du monde.

L’intégration et le développement de l’usage des TIC ne pourront se faire avec succès


dans l’enseignement supérieur ivoirien qu’avec une implication totale des équipes de
direction des établissements universitaires. En effet, il est impératif que les établissements
puissent définir une politique concrète en ce sens. Pour ce qui est de l’enseignement supérieur
ivoirien il nous semble que l’un des éléments fondamental de cette politique doit être la
sensibilisation des enseignants. En effet l’enquête que nous avons réalisé en Côte d’Ivoire en
avril et mai 2005 nous à permis d’observer qu’il existait très peu d’usages pédagogiques des
TIC, le pire c’est que ce sont les enseignants les plus expérimentés et qui ont les grades les
plus importants (Maître de conférences et Professeurs) qui accordent le moins d’importance à
l’usage des TIC. Sachant que ces derniers sont ceux la même qui sont appelés à occuper les
postes de responsabilité au niveau des UFR, instituts et laboratoires il y a vraiment de quoi
être sceptique pour l’intégration et le développement de l’usage des technologies numériques
dans les universités ivoiriennes. Nous pensons donc qu’il est plus que nécessaire que les
équipes de direction des établissements participent activement à la sensibilisation et surtout à
la formation des enseignants ce qui n’est pas le cas en ce moment, notre enquête ayant prouvé
que très peu de formations sont proposées aux enseignants afin qu’ils puissent acquérir des
connaissances en matière de TIC et prendre conscience de l’intérêt que les usages des TIC
peuvent avoir dans le processus pédagogique et pour le développement de la recherche. Les
services multimédias et les services pédagogiques des établissements devront se charger de
cette mission. Pour ce faire une politique d’encouragement des enseignants qui décident
d’intégrer les TIC dans leurs enseignements doit être prévue (octroi de primes ou d’heures de
disponibilité pour développer du matériel pédagogique). Les enseignants doivent être
impliquer totalement à toutes les étapes du processus d’intégration des TIC, à toutes les étapes
de la création à la réalisation des produits à diffuser et sensibilisé à leur nouveau rôle de guide
ou d’accompagnateurs des étudiants auxquels ils devront apprendre à retrouver l’information
pertinente dans le cyberespace. Dans ce contexte l’étudiant est amené à faire preuve
d’autonomie dans l’apprentissage et à savoir travailler en groupe. La réception passive de

297
l’information par l’apprenant n’est plus d’actualité, il s’agit plutôt dans ce contexte de
favoriser les échanges de points de vues, de développer un esprit critique. Il est clair que ce
changement de paradigme qui ne fait plus de l’enseignant le seul détenteur du savoir qu’il
diffuse avec parcimonie aux étudiants quelques fois sans même dévoiler ces sources sera très
difficile à accepter par bon nombre d’enseignants dont l’instinct de conservation va
certainement se trouver heurté et l’implication des équipes de direction des institutions
universitaires face à cette situation ne sera qu’encore plus indispensable. L’intégration des
TIC va exiger la révision totale des conceptions pédagogiques. En effet, ce ne sont pas les
appareils qui feront les contenus et l’approche pédagogique. Comme l’affirme LEBORGNE-
TAHIRI C382 :

Les pratiques novatrices ne sont pas des transpositions d’anciens


documents écrits ou vidéo ; les vertus pédagogiques des nouveaux
outils ne seront que celles que les concepteurs et les enseignants y
mettront. Donc les premières nécessités sont de revoir outre la
formation technologique, la formation didactique des enseignants.

Les équipes de direction des institutions universitaires ivoiriennes doivent également


œuvrer pour une politique encourageant le développement de contenus originaux, de haut
niveau, compétitifs pouvant être diffusés notamment dans l’espace francophones.

• Au plan politique.

Un engagement du gouvernement ivoirien à faire de l’institution universitaire un


maillon essentiel du processus de développement devrait se traduire par l’octroi de moyens
nécessaires aux établissements d’enseignement supérieur qui doivent jouer un rôle de moteur
du développement en formant les cadres compétents et opérationnels pour participer au
développement du pays.

Le gouvernement devra donc consentir à investir un budget conséquent dans le


développement des infrastructures de télécommunications nationales afin d’assurer une

382
LEBORGNE-TAHIRI. C. Op. Cit. P 213.

298
meilleure qualité des débits de connexions. Il devra également faciliter l’acquisition
d’équipements informatiques et multimédias par les établissements d’enseignement supérieur
afin que ceux-ci multiplient les points d’accès aux ressources numériques. Il est effectivement
anormal que de nos jours la question de la digitalisation, de la numérisation des données crée
encore un sentiment de frustration chez les bibliothécaires de certaines UFR ou instituts
notamment dans les universités publiques qui accueillent pourtant l’écrasante majorité des
enseignants et étudiants du pays. :

« Il n’y a pas de moyens, nous n’avons même pas le téléphone, à plus


forte raison un équipement informatique » (Bibliothécaire, UFR
Sciences Médicales). « Il n’y a même pas d’ordinateurs. Celui-là,
c’est le mien. C’est mon ordinateur personnel » (Bibliothécaire UFR
ex-Faculté de Lettres Art et Sciences Humaines).383

Des expériences de coopération telles que le projet DRAGADOS384 devront être


renouvelés et gérés avec plus de rigueur. Le développement de coopérations avec les pays
développés pour l’obtention d’équipements de pointes à moindres coûts et d’assistances
techniques est une voie à ne pas négliger.

La défiscalisation des outils informatiques pour les établissements d’enseignement


supérieur est certainement une des conditions qui pourrait faciliter l’accès aux TIC dans
l’enseignement supérieur ivoirien.

Nous pensons par ailleurs que le projet ivoirien de création d’une zone franche des
biotechnologies et des nouvelles technologies de l’information385 du gouvernement ivoirien
s’il se réalise offrira l’opportunité aux institutions universitaires de nouer des partenariats

383
BAHI A. Op. Cit., p.12.
384
Projet de coopération ivoiro –espagnol qui a permis à un certain nombre d’enseignants des établissements
d’enseignement supérieur public d’acquérir des ordinateurs à moindre coût.
385
La zone franche de la biotechnologie et des technologies de l'information, comme son nom l'indique, est
spécialement consacrée à la biotechnologie et aux TIC. La première est prévue à Grand-Bassam sur un espace de
300 hectares extensibles à 500 hectares. Les principales activités des entreprises qui s'y installeront sont, entre
autres, la conception, la fabrication et l'assemblage de produits informatiques, de télécommunications,
d'audiovisuels, de produits biotechnologiques (médecine, pharmacie, agro-alimentaire, énergie, environnement,
industries, mines…).

299
avec les entreprises du secteur et de pouvoir bénéficier par la même occasion d’une assistance
technique de qualité.

La fracture numérique qui s’instaure entre l’écrasante majorité d’étudiants fréquentant


les universités publiques issus pour la plupart de milieux défavorisés et leurs homologues de
certaines universités ou grandes écoles internationales privées issus pour la plupart de familles
aisées (Cf. chapitre VI, p.260 ) doit être combattues. En effet, les TIC doivent cesser d’être
perçus comme un luxe auquel seule une partie de la population estudiantine à droit. Le
gouvernement devra donc mettre tout en œuvre pour permettre aux universités publiques de
rattraper leur retard en les aidant à faciliter l’accès de ces outils numériques aux étudiants qui
ne doivent surtout plus être contraints de payer pour y avoir accès. En effet comme on peut
aisément le constater en navigant sur le site Internet de l’université de Cocody
(www.ucocody.ci) les formations aux usages des logiciels bureautiques, multimédias et autres
dans la salle Internet de cet établissement sont payantes tout comme l’accès à Internet. Il en
est de même pour la salle Internet du campus numérique de l’AUF dont le centre de
documentation pendant de nombreuses années n’était réservé qu’aux étudiants de troisième
cycle.

• Au plan social

La réussite de tout projet de développement universitaire ou non nécessite un climat


social apaisé. La réussite de l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur en Côte
d’Ivoire est également tributaire de cette donne. En effet, depuis le déclenchement d’un
conflit politico-militaire en Côte d’Ivoire un important projet de l’enseignement supérieur
incluant les TIC (projet RESURCI386) est en attente. La division du pays en deux parties a
occasionné la fermeture de deux des cinq institutions universitaires publiques concernées par
ce projet qui se trouvent en zone non contrôlée par le gouvernement, il s’agit de l’université
de Bouaké et de l’URES de Korhogo. La paix sociale devient de ce fait également une
condition absolue pour le succès de l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur.

Nous ne saurions terminer notre propos sans évoquer la dernière initiative


actuellement en cours dans l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest, qui devrait selon

386
RESURCI : Réseau de l’Enseignement Supérieur et la Recherche en Côte d’Ivoire. Ce projet avait pour
objectif la mise en réseau des institutions universitaires publiques du pays.

300
de nombreux experts favoriser une véritable intégration des TIC dans l’enseignement
supérieur dans les pays de cette sous-région du continent africain.

- L’adoption du système LMD

L’adoption du système LMD (Cf. chapitre 3, p.172) dans les universités d’Afrique
occidentale à l’initiative du RESAO387 va nécessiter une profonde transformation du mode de
gestion des universités. Une analyse du système actuel révèle que les services de scolarité des
universités d’Afrique de l’ouest dans la majorité des cas ne s’occupent que de l’inscription
des étudiants à la rentrée universitaire et de la délivrance des diplômes à la fin des études. Ils
se soucient peu du suivi et de l’accompagnement des étudiants tout au long de leur parcours
universitaire. L’absence de véritables systèmes d’information de gestion (Cf. chapitre 3,
p.174) dans les institutions universitaires ouest-africaines justifie cette situation. La mise en
place de systèmes d’information de gestion va s’avérer impératif dans le cadre de la réforme
LMD. Les systèmes d’information de gestion qui sont rendus possibles par la généralisation
des usages des TIC388 sont des instruments indispensables à la gouvernance des institutions et
du système d’enseignement supérieur et de la recherche dans le cadre du régime LMD. On
peut donc imaginer que l’adoption de cette réforme devrait marquer le début d’une véritable
intégration et du développement de l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur ouest-
africain en général, ivoirien en particulier. La sensibilisation et la formation des équipes de
direction des établissements d’enseignement supérieur ivoiriens à l’usage des TIC pour la
gouvernance universitaire que devrait entraîner l’intégration du système LMD, devrait
également avoir pour corollaire un développement de l’usage des TIC dans le cadre de la
pédagogie et de la recherche. Souhaiter le développement des TIC dans les activités
pédagogiques et de recherche alors que leur présence est quasiment inexistante dans la gestion
administrative des établissements nous semble un vœu pieux.

En réalisant ce travail de recherche notre intention n’était nullement de présenter


l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur ivoirien comme la panacée ou la solution
miracle qui devrait résoudre tous les problèmes que connaît l’institution universitaire dans ce
pays. Bien que convaincu par l’utilité des outils numériques dans l’environnement

387
Réseau pour l’excellence de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest.
388
UEMOA. Étude sur l’enseignement supérieur dans les pays de l’UEMOA. Phase II. Rapport final, avril 2005,
p. 14.
http://www.uemoa.int/Publication/2005/RapportEnsSupPII.pdf

301
universitaire nous n’aurons pas la naïveté de croire que les TIC pourront seules résoudre les
difficultés que rencontre l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire. Cependant, il nous
semble que ces outils qui sont encore considérés comme un luxe par maints acteurs de
l’enseignement supérieur ivoirien peuvent participer à la résolution de nombreux problèmes
dont souffre le monde universitaire de ce pays, pourvu que le fonctionnement de l’institution
universitaire le permette.

Nous sommes tout à fait conscient que ce travail de recherche, comme tout œuvre
humaine, est perfectible. Cependant malgré ses limites nous osons croire qu’il participera à
l’enrichissement du débat sur la problématique des conditions d’intégration et du
développement de l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur en Afrique en général, en
Côte d’Ivoire en particulier. Nous osons espérer que les résultats de cette étude pourront
servir et aider au moment de l’élaboration de stratégies en faveur de l’intégration des TIC
dans le milieu universitaire ivoirien à l’ère de la réforme LMD.

La mise en place du système LMD devrait entraîner une politique plus volontariste en
faveur de l’intégration des TIC dans l’enseignement supérieur ivoirien. Ainsi, après ce travail
de recherche que nous considérons comme le point de départ d’une série d’études que nous
ambitionnons de réaliser sur le thème de l’intégration et de l’usage des TIC dans l’éducation
en Afrique, nous projetons de poursuivre notre recherche dans les années à venir à travers une
étude évaluative de l’impact de la réforme LMD sur l’intégration et le développement de
l’usage des TIC dans les universités d’Afrique occidentale.

302
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ET
WEBOGRAPHIQUES

303
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324
LES SIGLES ET ACRONYMES

325
ACO : Aquitaine campus ouvert.
ADEA Association pour le développement de l’éducation en Afrique.
ADSL : Asymetric Digital Subscriber Line.
ARESAF : Association des rédacteurs et éditeurs d’Afrique francophone (Sénégal).
ATCI : Agence des télécommunications de Côte d'Ivoire.
AUA : Association des universités africaines.
AUCC : Association des universités et collèges du Canada.
AUDECAM : Association universitaire pour le développement de l’éducation et de la
communication en Afrique et dans le monde.
AUF : Agence universitaire de la francophonie.
AUNEGE : Association des universités pour l’enseignement numérique en économie-gestion.
BAD : Banque africaine pour le développement.
BM : Banque mondiale
CAFOP : Centre d’animation et de formation pédagogique.
CAFTIC : Centre africain de formation aux Technologies de l’information et de la
communication.
CAMES : Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur.
CAMPC : Centre africain de management et de perfectionnement des cadres.
CEA : Commission économique pour l’Afrique des Nations unies.
CED-CI : Centre d’Éducation à distance de Côte d’Ivoire.
CEDEAO : Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest.
CEFIVE : Centre d’étude, de formation en informatique et visio-enseignement.
CERCOM : Centre d’étude et de recherche en communication.
CERDRADI : Centre de recherche en droit africain et droit international.
CESTIA : Centre d’enseignement supérieur des technologies internationales d’Abidjan.
CIDISE : Centre international de développement informatique et service aux entreprises.
CIUS : Conseil international pour la science.
CNED : Centre nationale d’éducation à distance.
COMESA : Common market for Eastern and Southern Africa.
CONFEMEN : Conférence des ministres de l’éducation ayant en commun l’usage du français.
CRES : Centre de reprographie de l’enseignement supérieur.
CTCI : Conseil des télécommunications de Côte d’ Ivoire.
CURD : Centre universitaire de recherche et de développement.
C2I : Certificat informatique et Internet.

326
DIST : Direction de l’information scientifique et technique.
EAD : Enseignement à distance.
EDUCI : Éditions universitaires de Côte d’Ivoire.
ENSEA : l’École nationale de statistique et d’économie appliquée.
ENT : Environnement ou espace numérique de travail.
ESR : Enseignement supérieur et la recherche.
GSM : Global system for mobile communication.
HECI : Hautes études canadiennes et internationales.
IATOS : Ingénieurs, administratifs, techniciens, ouvriers de service.
INPHB : Institut national polytechnique Félix Houphouet-Boigny.
INF : Institut de la francophonie numérique.
IP : Internet protocol.
IPNEPT : Institut national de l’enseignement technique et professionnel.
IREEP : Institut pour la recherche, d’expérimentation et d’enseignement en pédagogie.
ISP: Internet services provider.
ISTC : Institut supérieur et technique de la communication.
ITARF : Ingénieurs et personnels techniques et administratifs de recherche et de formation.
IUFM: Institut universitaire de formation des maîtres.
Kbps: Kilo bit par seconde.
LAN: Local area network.
LMD : Licence-Master-Doctorat.
Mbps : Méga bit par seconde.
NEPAD : Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique.
OCDE: Organisation de coopération et de développement économique.
OCM : Office central de mécanographie.
OCORA : Office de coopération radiophonique.
ONU : Organisation des Nations unies.
ORME : Observatoire des ressources multimédias en éducation.
ORTF : Organisation de la radio et de la télévision française.
PNUD : Programme des Nations unies pour le développement.
PSIDA : Partenariat de la société de l’information pour le développement de l’Afrique.
RENATER : Réseau national de télécommunications pour la technologie, l’enseignement et la
recherche.
RESURCI : Réseau pour l’enseignement supérieur et la recherche en Côte d’Ivoire.

327
RIO : Réseau intertropicaux d’ordinateurs.
SADC : Southern african development community.
SINFUC : Service informatique de l’université de Cocody.
SMSI: Sommet mondial de société de l’information.
SYFED : Système francophone d’édition et de diffusion.
SYNARES : Syndicat national de la recherche et de l’enseignement supérieur.
TIC : Technologies de l’information et de la communication.
UAA : Université d’Abobo-Adjamé.
UA : Union africaine.
UC- ASM. : Université canadienne des Arts, Sciences et Management.
UCA : Université de Cocody à Abidjan.
UCAO : Université Catholique d’Afrique de l’Ouest.
UE : Union européenne.
UEMOA Union économique et monétaire Ouest-africaine
UFR : Unité de formation et de recherche.
UFRICA : Unité de formation et de recherche en Information, Communication et Arts.
UIT : Union international des télécommunications.
UMVF : Université médicale virtuelle francophone.
UNECA : Commission économique pour l’Afrique des Nations unies.
UNESCO : Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture.
UNIT : Université numérique ingénierie et technologie.
UNJF : Université numérique juridique francophone.
UNR : Université numérique en région.
UNT : Université numérique thématique.
UOH : Université ouverte des humanités.
URES : Unité de recherche de l’enseignement supérieur.
UVA : Université virtuelle africaine.
UVCI : Université virtuelle de Côte d’Ivoire.
UVED : Université Virtuelle Environnement et Développement durable.
UVF : Université virtuelle francophone.
VSAT: Very small aperture terminal.
WIMAX : Worlwide interoperability for microwave access.

328
TABLES DES ILLUSTRATIONS

329
FIGURES

Figure 1 Présence de l’UVA en Afrique ................................................................................ 112


Figure 2 Localisation des campus numériques et centres d’accès à l’information de l’AUF 114
Figure 3 Les pays membres du CAMES................................................................................ 116
Figure 4 Couverture du territoire ivoirien par les opérateurs GSM en2003 .......................... 143
Figure 5 Les établissements d’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire.............................. 159
Figure 6 Projet d’interconnexion des sites de l’enseignement supérieur ............................... 189
Figure 7 Localisation des établissements de l’enquête en 2003............................................. 213
Figure 8 Réseau COMAFRIQUE à l’université d’Abobo-Adjamé ....................................... 218
Figure 9 Shéma de câblage de l’université de Bouaké........................................................... 221
Figure 10 Localisation des établissements de l’enquête en 2005........................................... 238

GRAPHIQUES

Graphique 1 Le développement mondial des télécommunications (1991-2001).................. 122


Graphique 2 Abonnés au téléphone en 2002......................................................................... 126
Graphique 3 Abonnés au fixe en 2002 .................................................................................. 127
Graphique 4 Présence de salles informatiques dans l’établissement (étudiants) .................. 242
Graphique 5 Présence de salle informatiques dans l’établissement (enseignants)................ 242
Graphique 6 Utilisation de logiciels (étudiants).................................................................... 243
Graphique 7 Utilisation de logiciels (enseignants) ............................................................... 243
Graphique 8 Présence de salles d’autoformation dans l’établissement (étudiants) .............. 244
Graphique 9 Présence de salles d’autoformation dans l’établissement (enseignants) .......... 244
Graphique 10 Outils ou services des TIC dans l’établissement (étudiants).......................... 245
Graphique 11 Outils ou services des TIC dans l’établissement (enseignants)...................... 245
Graphique 12 Lieu de connexion à Internet (étudiants)........................................................ 246
Graphique 13 Lieu de connexion à Internet (enseignants).................................................... 246
Graphique 14 Possession d’un ordinateur (étudiants)........................................................... 247
Graphique 15 Possession d’un ordinateur (enseignants)....................................................... 247
Graphique 16 Maitrise des systèmes d’exploitation (étudiants) ........................................... 248
Graphique 17 Maitrise des systèmes d’exploitation (enseignants) ....................................... 248
Graphique 18 Création de documents (étudiants) ................................................................. 249
Graphique 19 Création de documents (enseignants)............................................................. 249
Graphique 20 Recherche documentaire en ligne (étudiants) ................................................ 250
Graphique 21 Recherche documentaire en ligne (enseignants) ............................................ 250
Graphique 22 Services Internet régulièrement utilisés (étudiants) ....................................... 251
Graphique 23 Services Internet régulièrement utilisés (enseignants) ................................... 251
Graphique 24 Type de sites Internet consultés (enseignants) ............................................... 253
Graphique 25 Nature des sites Internet consultés (enseignants) ........................................... 254
Graphique 26 Types de ressources récupérées en ligne (enseignants).................................. 255
Graphique 27Outils de stockage de données utilisés (enseignants) ..................................... 255
Graphique 28 Type de sites Internet consultés (étudiants) ................................................... 256
Graphique 29 Nature des sites Internet consultés (étudiants) ............................................... 257
Graphique 30 Types de ressources récupérées en ligne (étudiants)...................................... 258
Graphique 31 Outils de stockage de données utilisés (étudiants) ......................................... 258

330
Graphique 32 Formation des enseignants à l’usage des TIC ................................................ 269
Graphique 33 Outils utilisés par les enseignants pour préparer ou dispenser leurs cours .... 270
Graphique 34 Usages de logiciels de présentation pendant les cours ................................... 271
Graphique 35 Les projections pendant les cours................................................................... 274
Graphique 36 La numérisation des cours.............................................................................. 275
Graphique 37 La mise en ligne des cours ............................................................................. 277
Graphique 38 Consultation des cours des enseignants sur le Web ....................................... 280
Graphique 39 Usages des TIC pour le suivi des étudiants.................................................... 280
Graphique 40 Usages de l’e-mail pour les échanges entre étudiants et enseignants............. 283

TABLEAUX

Tableau 1 Récapitulatif des effectifs de la population parent. ................................................. 62


Tableau 2 Effectifs d’enseignants interrogés selon le grade .................................................... 65
Tableau 3 Effectifs des étudiants interrogés selon l’établissement.......................................... 67
Tableau 4 Effectif des enseignants interrogés selon l’établissement ....................................... 68
Tableau 5 Liste d’attente pour une ligne téléphone fixe en 2002 .......................................... 127
Tableau 6 Part du marché du prépaiement ............................................................................. 129
Tableau 7 Africa, ICT indicators,2006................................................................................... 133
Tableau 8 Africa, telecom projection, 1995-2005.................................................................. 135
Tableau 9 Coût de l’accès aux TIC ........................................................................................ 137
Tableau 10 Premier semestre 2005 : évolution mensuelle des abonnés par opérateur .......... 145
Tableau 11 Les services Internet en Côte d’Ivoire fin 2003 .................................................. 147
Tableau 12 Infrastructures de quelques établissements d’enseignement supérieur ............... 214
Tableau 13 Type d’établissement et possession d’un ordinateur........................................... 261
Tableau 14 Type d’établissement et possession d’une salle informatique............................. 262
Tableau 15 Type d’établissement et possession d’une salle d’autoformation ....................... 262
Tableau 16 Type d’établissement et connaissance des systèmes d’exploitation ................... 263
Tableau 17 Type d’établissement et capacité de création de documents ............................... 264
Tableau 18 Type d’établissement et recherche sur Internet................................................... 264
Tableau 19 Type d’établissement et lieu de connexion à Internet ......................................... 265
Tableau 20 Type d’établissement et fréquentation de la salle informatique.......................... 266
Tableau 21 Type d’établissement et assiduité à la salle d’autoformation.............................. 266
Tableau 22 Type d’établissement et assiduité sur Internet .................................................... 267
Tableau 23 Type d’établissement et formation des enseignants aux TICE ........................... 269
Tableau 24 Type d’établissement et usage de logiciels de présentation ................................ 271
Tableau 25 Discipline et usage de logiciels de présentation.................................................. 272
Tableau 26 Grade des enseignants et utilisation de logiciels de présentation........................ 272
Tableau 27 Ancienneté et usage de logiciels de présentation ................................................ 273
Tableau 28 Outils utilisés par les enseignants pour dispenser les cours ................................ 274
Tableau 29 Type d’établissement et numérisation des cours................................................. 275
Tableau 30 Discpline et numérisation des cours.................................................................... 276
Tableau 31Grade des enseignants et numérisation des cours ............................................... 276
Tableau 32 Ancienneté et numérisation des cours ................................................................. 277
Tableau 33 Type d’établissement et cours en ligne ............................................................... 278
Tableau 34 Discipline et cours en ligne ................................................................................. 278
Tableau 35 Grade des enseignants et cours en ligne.............................................................. 279

331
Tableau 36 Ancienneté et cours en ligne ............................................................................... 279
Tableau 37 Type d’établissement et suivi des étudiants ........................................................ 281
Tableau 38 Discipline et suivi des et étudiants ...................................................................... 281
Tableau 39 Grade des enseignants et suivi des étudiants....................................................... 282
Tableau 40 Ancienneté et suivi des étudiants ........................................................................ 283
Tableau 41 Type d’établissement et échanges d’e-mail avec les enseignants ....................... 284
Tableau 42 Discipline des étudiants et échanges d’émail avec les enseignants..................... 284

332
LES ANNEXES

333
ANNEXE I

Guide d’entretien et questionnaires

334
SUJET : USAGES DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN
CÔTE D’IVOIRE : SITUATION, EFFETS ET CONDITIONS DE LEURS
DEVELOPPEMENT.

Guide d’entretien

Personnes à interroger : les responsables du ministère de l’enseignement supérieur et de la


recherche scientifique, les responsables d’établissements d’enseignement supérieur, les
responsables de services informatiques dans les établissements d’enseignement supérieur.

1- Historique

• Date à laquelle l’informatisation de la structure a débutée.


• Les différentes étapes de l’informatisation de l’établissement.
• Noms des responsables qui ont favorisés cette politique.
• Les objectifs qu’ils escomptaient.
• Les obstacles qu’ils ont rencontrés.
• Le premier Fournisseur d’Accès Internet (FAI) de l’établissement.
• Les partenaires locaux et étrangers (universités, grandes écoles, entreprises ou
ONG).
• Les actions du gouvernement.

2- Les infrastructures

• Nombre d’ordinateur dont dispose l’établissement.


• Age du matériel informatique.
• Type de câblage.
• Opérateur(s) – réseaux utilisé(s) et nature du contrat.
• Nom de l’actuel fournisseur d’accès Internet.
• Les réseaux et sous réseaux développés.
• Niveau du débit.
• Nombre de serveurs et leurs fonctions.
• Nom de domaine et adresse IP.
• Liaison spécialisée.

• Les entités disposant d’un accès internet.

- nombre de bâtiments câblés.


- Nombre de salles Internet
- Nombre de bibliothèques câblées.
- Nombre de centre de calcul.

• La répartition de postes de travail informatique dans l’établissement.

- Administration / Gestion/ Service.

335
- Bibliothèque / Documentation.
- Salle de formation.
- Service informatique.
- Machine en libre service

• Services informatiques proposés aux usages.

- Boite à lettre informatique personnelle.


- Salle machine disposant d’un accès au web.
- Site Web de l’établissement.
- Espace de stockage personnel.
- Applications bureautiques.
- Autres.

• Intranet de l’établissement.
• Les services proposés par l’Intranet.
• Équipe technique en charge de l’administration de la bureautique, des
systèmes, et des réseaux.
• Qualification des membres de cette équipe.

3- Usages prévus pour les TIC.

• Applications bureautiques utilisées par le personnel administratif et technique.


• Le système d’exploitation sous lequel elles fonctionnent.
• Les annuaires, répertoires et bases de données créés par ces applications.
• Les TIC utilisées pour dispenser les cours (rétroprojecteur, visioconférence,…)
• Les TIC utilisées pour la recherche (base de données, Internet, …)
• Mise en ligne de la bibliothèque
• Mise en ligne des enseignements.
• Création de revues scientifiques électroniques.
• Participation à des forums scientifiques en ligne et échanges avec des
chercheurs du monde entier.

336
USAGES DES TIC - ETUDIANTS
Ce questionnaire s'adresse aux étudiants inscrits dans les établissements d'enseignement
supérieur de Côte d'Ivoire. Il s'agit d'étudier les usages que font les étudiants des TIC dans
ces établissements et le niveau d'intégration des nouvelles technologies dans l'enseignement
supérieur en Côte d'Ivoire.

IDENTIFICATION

1. AGE
{ 1. Moins de 20 ans { 2. Entre 20 et 25 ans
{ 3.Entre 25 et 30ans { 4. Plus de 30 ans
2. SEXE
{ 1. Homme { 2. Femme
3. DISCIPLINE/FILIERE
{ 1. Droit
{ 2. Lettres
{ 3. Mathématiques
{ 4. Sciences Physiques
{ 5. Sciences Médicales
{ 6. Sciences Sociales
{ 7. Commerce
{ 8. Communication
{ 9. Comptabilité/Gestion
{ 10. Sciences et Technologies
{ 11. Informatique
{ 12. Autres (À Préciser)
4. NIVEAU D'ETUDE
{ 1. Bac+1 { 2. Bac+2 { 3. Bac+3
{ 4. Bac+4 { 5. Bac+5 { 6. Doctorat
5. ETABLISSEMENT
__________________________________
__________________________________

6. TYPE D'ETABLISSEMENT
{ 1. Université publique
{ 2. Université privée
{ 3. Grande école publique
{ 4. Grande école privée
{ 5. Centre de formation continue

337
7. SOURCE DE REVENUS
{ 1. Aucune { 2. Bourse { 3. Aide
{ 4. Salaire { 5. Autres
8. LANGUE(S) SCIENTIFIQUE(S) PARLEE(S)
† 1. Français † 2. Anglais † 3. Espagnol
† 4. Allemand † 5. Russe † 6. Italien
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

CONNAISSANCES GENERALES

9. Êtes vous à l'aise sur ces plates-formes?


† 1. Windows † 2. Mac † 3. Linux
† 4. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases.

10. Savez-vous créer des documents:


† 1. Bureautiques (Word, Excel, Access)
† 2. Multimédias (texte, image, son)
† 3. Structurés (HTML, XML)
† 4. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases.

11. Pour vos recherches documentaires, utilisez vous Internet?


{ 1. Oui { 2. Non
12. Quel(s) service(s) Internet avez vous l'habitude d'utiliser?
† 1. Les forums
† 2. Les moteurs de recherche
† 3. La messagerie
† 4. Les listes de diffusion
† 5. Les échanges de fichier (FTP)
† 6. Autres
† 7. Aucun
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

13. Dans votre établissement, peut-on trouver les outils ou services TIC suivants ?
† 1. Intranet † 2. Internet
† 3. Vidéo projecteur † 4. Visio conférence
† 5. Autres

338
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

14. Dans votre établissement, disposez-vous d'une connexion Internet « haut débit » ?
{ 1. Oui { 2. Non
15. Possédez vous un ordinateur?
{ 1. Oui { 2. Non
16. De quel(s) système(s) d'exploitation disposez-vous sur votre ordinateur ?
† 1. Windows † 2. Mac † 3. Linux
† 4. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases.

17. Existe t-il une salle d'autoformation dans votre établissement ?


{ 1. Oui { 2. Non
18. Existe t-il une salle informatique dans votre établissement ?
{ 1. Oui { 2. Non
19. Quel(s) genre(s) de logiciel(s) avez-vous eu l'occasion d'utilisez dans cette salle ?
† 1. Aucun
† 2. Logiciel de traitement de texte
† 3. Logiciel de traitement de données statistiques
† 4. Logiciel de cartographie
† 5. Logiciel d'autoformation
† 6. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

20. À quel endroit avez-vous l’habitude de vous connecter à Internet?


† 1. Dans votre établissement
† 2. À votre domicile
† 3. Dans les cybercafés
† 4. Au campus numérique
† 5. Autres
† 6. Aucun
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

339
PRATIQUES EN LIGNE

21. Quel(s) type(s) de ressource avez-vous l'habitude de récupérer en ligne ?


† 1. Ressources issues de bibliothèques numériques
† 2. Ressources issues de revues scientifiques
† 3. Ressources issues de sites d'organismes spécialisés
† 4. Ressources issues de réseaux interuniversitaires
† 5. Autres
† 6. Aucune
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

22. Quelle est la nature des sites Internet auxquels vous avez accès ?
† 1. Site(s) gratuit(s) à accès libre(s)
† 2. Site(s) gratuit(s) à accès réservé(s)
† 3. site(s) partiellement gratuit(s)
† 4. site(s) totalement payant(s)
† 5. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

23. Quel(s) type(s) de site Internet avez vous l'habitude de consultez ?


† 1. Site(s) d'enseignants ou formateurs
† 2. Site(s) de votre établissement
† 3. site(s) d'informations générales
† 4. site(s) d'informations spécialisées
† 5. Site(s) de réseaux d'organismes
† 6. Site(s) portails payants de e-formation
† 7. Autres
† 8. Aucun
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

24. Quel(s) moyen(s) utilisez-vous pour conserver les données recueillies en ligne ?
† 1. L'impression † 2. La disquette † 3. La clé USB
† 4. Le cédérom † 5. Autres † 6. Aucun
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

340
FREQUENCE D'UTILISATION DES TIC

25. Pendant combien de temps en moyenne par semaine travaillez vous à la salle informatique de votre
établissement ?
{ 1. Jamais
{ 2. Moins d'une heure
{ 3. Une à deux heures
{ 4. Deux à quatre heures
{ 5. Plus de quatre heures
26. Pendant combien de temps en moyenne par semaine travaillez vous à la salle d'autoformation de votre
établissement ?
{ 1. Jamais
{ 2. Moins d'une heure
{ 3. Une à deux heures
{ 4. Deux à quatre heures
{ 5. Plus de quatre heures
27. Pendant combien de temps en moyenne par semaine vous arrive t-il de vous connecter à Internet ?
{ 1. Jamais
{ 2. Moins d'une heure
{ 3. Une à deux heures
{ 4. Deux à quatre heure
{ 5. Plus de quatre heures
MATERIEL PEDAGOGIQUE

28. Lesquels de ces outils sont utilisés par vos Professeurs pendant les cours ?
† 1. Vidéoprojecteur
† 2. Rétroprojecteur
† 3. Cédérom
† 4. Internet
† 5. Logiciels de bureautique
† 6. Logiciels spécialisés
† 7. Autres
† 8. Aucun
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

341
NUMERISATION

29. Vos enseignants vous proposent-ils des cours sur Cédérom ?


{ 1. Oui { 2. Non
30. Avez vous la possibilité de consulter les cours de vos enseignants sur le web ?
{ 1. Oui { 2. Non
31. Vos enseignants font-ils des projections pendant les cours ?
{ 1. Oui { 2. Non
32. Vous arrive t-il d'utiliser Internet pendant les cours ?
{ 1. Oui { 2. Non
33. Avez vous l'occasion d'échanger avec vos enseignants par courrier électronique ?
{ 1. Oui { 2. Non
34. Vos enseignants vous encouragent-ils à faire usage des TIC ?
{ 1. Oui { 2. Non
35. Si oui, à quelle(s) occasion(s) ?
† 1. Pour vos recherches
† 2. Pour la production de vos travaux
† 3. Pour vos présentations orales
† 4. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases.

342
USAGES DES TIC- ENSEIGNANTS
Ce questionnaire s’adresse aux enseignants exerçant dans les établissements d’enseignement
supérieur en Côte d’Ivoire. Il a été conçu dans le cadre d’une étude sur les usages des TIC
dans l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire.

IDENTIFICATION
1. AGE
{ 1. Moins de 30 ans { 2. Entre 30 et 40 ans
{ 3. Entre 40 et 50 ans { 4. Plus de 50 ans
2. SEXE
{ 1. Homme { 2. Femme
3. DISCIPLINE
{ 1. Droit
{ 2. Lettres
{ 3. Mathématiques
{ 4. Sciences Physiques
{ 5. Sciences Médicales
{ 6. Sciences Sociales
{ 7. Commerce
{ 8. Communication
{ 9. Comptabilité/Gestion
{ 10. Informatique
{ 11. Sciences Naturelles
{ 12. Autres (à Préciser)
4. ETABLISSEMENT

5. TYPE D’ETABLISSEMENT
{ 1. Université publique
{ 2. Université privée
{ 3. Grande école publique
{ 4. Grande école privée
{ 5. Centre de formation continue
6. GRADE
{ 1. Assistant { 2. Maître-assistant
{ 3. Maître de conférences { 4. Professeur
{ 5. Autres
7. ANCIENNETE DANS LA DISCIPLINE
{ 1. Moins de 5 ans { 2. De 5 à 10 ans
{ 3. De 10 à 20 ans { 4. Plus de 20 ans

343
8. LANGUE(S) SCIENTIFIQUE(S) PARLEE(S)
† 1. Français † 2. Anglais † 3. Espagnol
† 4. Allemand † 5. Russe † 6. Italien
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).
CONNAISSANCES GENERALES
9. Êtes vous à l’aise sur ces plates-formes ?
† 1. Windows † 2. Mac † 3. Linux
† 4. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases.

10. Savez-vous créer des documents :


† 1. Bureautiques (Word, Excel, Access)
† 2. Multimédias (image, son, texte)
† 3. Structurés (HTML, XML)
† 4. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases.

11. Pour vos recherches documentaires, utilisez-vous Internet ?


{ 1. Oui { 2. Non
12. Quel(s) service(s) Internet avez-vous l’habitude d’utiliser ?
† 1. Les forums
† 2. Les moteurs de recherche
† 3. La messagerie
† 4. Les listes de diffusion
† 5. Les échanges de fichiers (FTP)
† 6. Autres
† 7. Aucun
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).
Aller à ‘13. ETS’ si SERVICE = « Aucun »

13. Dans votre établissement, peut-on trouver les outils ou services TIC suivants ?
† 1. Intranet † 2. Internet
† 3. Vidéoprojecteur † 4. Visioconférence
† 5. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

14. Dans votre établissement disposez-vous d’une connexion Internet « haut débit » ?
{ 1. Oui { 2. Non
15. Possédez vous un ordinateur ?
{ 1. Oui { 2. Non

344
16. De quel(s) système(s) d’exploitation disposez vous sur votre ordinateur ?
† 1. Windows † 2. Mac † 3. Linux
† 4. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases.

17. Existe t-il une salle d’autoformation dans votre établissement ?


{ 1. Oui { 2. Non
18. Existe t-il une salle informatique dans votre établissement ?
{ 1. Oui { 2. Non
19. quel(s) genre(s) de logiciel(s) avez vous eu l’occasion d’utiliser dans cette salle ?
† 1. Aucun
† 2. Logiciel de traitement de texte
† 3. Logiciel de traitement de données statistiques
† 4. Logiciel de cartographie
† 5. Logiciel d’autoformation
† 6. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

20. À quel(s) endroit(s) avez vous l’habitude de vous connecter à Internet ?


† 1. Dans votre établissement
† 2. A votre domicile
† 3. Dans les cybercafés
† 4. Au campus numérique
† 5. Autres
† 6. Aucun
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

PRATIQUES EN LIGNE
21. Quel(s) type(s) de ressource(s) en ligne exploitez-vous pour la préparation de vos cours ?
† 1. Ressources issues de bibliothèques numériques
† 2. Ressources issues de revues scientifiques
† 3. Ressources issues de sites d’organismes spécialisés
† 4. Ressources issues de réseaux interuniversitaires
† 5. Autres.
† 6. Aucun
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

345
22. Quel(s) type(s) de site(s) Internet avez vous l’habitude de consulter ?
† 1. Site(s) d’enseignants ou formateurs
† 2. Site de votre établissement
† 3. Site(s) d’informations générales
† 4. Site(s) d’informations spécialisées
† 5. Site(s) de réseaux d’organismes
† 6. Site(s) portails payants de e-formation
† 7. Autres
† 8. Aucun
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

23. Quel(s) moyen(s) utilisez-vous pour la conservation de l’information recueillie sur le Web ?
† 1. L’impression † 2. La disquette † 3. Le cédérom
† 4. La clé USB † 5. Autres † 6. Aucun
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

24. Quelle est la nature des sites Internet auxquels vous avez accès ?
† 1. Site(s) gratuit(s) à accès libre(s)
† 2. Site(s) gratuit(s) à accès réservé(s)
† 3. Site(s) partiellement gratuit(s)
† 4. Site(s) totalement payant(s)
† 5. Autre(s)
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

MATERIEL PEDAGOGIQUE
25. Lesquels de ces outils utilisez-vous pour préparer ou dispenser vos cours ?
† 1. Vidéo projecteur
† 2. Rétroprojecteur
† 3. Cédérom
† 4. Internet
† 5. Logiciels de bureautique
† 6. Logiciels spécialisés
† 7. Autres
† 8. Aucun
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

26. Votre établissement vous propose t-il des formations aux usages des TICE (Technologies de
l’information et de la communication pour l’Enseignement) ?
{ 1. Oui { 2. Non
EXPLOITATION PEDAGOGIQUE DES TIC
27. Utilisez-vous un logiciel de présentation lorsque vous dispensez vos cours ?
{ 1. Oui { 2. Non
Aller à ‘29. CONNEXION’ si PRESENTATION = « non »
Aller à ‘29. CONNEXION’ si PRESENTATION = « Non réponse »

346
28. Si oui lequel ?

29. Utilisez-vous Internet pendant les cours ?


{ 1. Oui { 2. Non
30. Numérisez-vous vos cours?
{ 1. Oui { 2. Non
31. Vos cours sont-ils en ligne?
{ 1. Oui { 2. Non
32. Pour le suivi de vos étudiants ; disposez-vous de ces moyens ?
† 1. Forum de discussion
† 2. Liste de diffusion
† 3. Courrier électronique
† 4. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases.

33. Vos étudiants ont ils la possibilité en dehors des enseignements dispensés en classe de retrouver vos
cours sur les supports suivants :
† 1. Polys
† 2. Cédérom
† 3. Votre site Internet
† 4. Le site Internet de l’établissement
† 5. Le réseau Interuniversitaire
† 6. Autres
Vous pouvez cocher plusieurs cases (4 au maximum).

347
ANNEXE II

Liste des universités en Côte d’ivoire en 2005

348
ACCUEIL NOS CONTACTS PLAN DU SITE

UNION- DISCIPLINE-TRAVAIL
Ministère de la Jeunesse, de l’Education Civique
et des Sports

LES UNIVERSITES PRIVEES

-Ecole Supérieure Internationale de Droit (EISD)


BP 825 Abidjan cidex 03
tél : 22 42 88 10 / 22 52 39 61

-L’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO)


tél : 22 40 06 50

-L’Université de l’Atlantique (UA)


06 BP 6631 Abidjan 06
tél : 22 48 72 55

-L’ Université Ivoiro-Canadienne (UICA)


06 BP 2875 Abidjan 06
tél : 22 47 63 16

-L’Université Virtuelle de Cote d’Ivoire


tél : (225) 22 52 60 00

-L’Université Internationale de GRAND BASSAM


Tél : (225) 22 41 30 41

-L’Université des Temps Libres pour apprendre d’avantage (UTL)


LES UNIVERSITES PUBLIQUES

-L’UNIVERSITÉ d’ABOBO-ADJAME (Abidjan)


02 BP 801 Abidjan 02
tél: 20 37 74 48
fax: 20 37 81 18
Ce centre Universitaire comprend 4UFR :
- l’UFR des Science de la nature
- l’UFR des Science Fondamentales et Appliquée
- l’UFR des Science et Technologies des Aliments
- l’UFR des Science et Gestion de l’Environnement

-L’UNIVERSITÉ DE COCODY (Abidjan)


BP 34 Abidjan

349
Tél: 22 44 08 95
Fax: 22 44 17 07
Ce centre Universitaire comprend 13 Unités de Formation et de Recherche (UFR)
- l’UFR des Sciences Médicales
- Odontostomatologie
- l’UFR des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques
- l’UFR des Sciences des structures, de la Matière et de la Technologie
- l’UFR des Biosciences
- l’UFR des Sciences de la Terre et des Ressources Minières
- l’UFR des Mathématiques et Informatique
- l’UFR des Sciences Economiques et Gestion
- l’UFR des Science de l’Homme et de la Société
- l’UFR de l’information, Communications et Arts
- l’UFR des Langues, Littérature et Civilisation
- l’UFR des Sciences Juridiques, Administratives et Politiques

LES CONCOURS (Université de Cocody)


*Concours d’entrée en MMO (Maîtrise de Management des Organisations)
*Concours d’entrée en MMV (Maîtrise de Marketing et de vente)
*Concours d’entrée en MSTCF (Maîtrise des Sciences et Techniques Comptables et
Financières)
BP V43 Abidjan
Tél : (225) 22 44 40 62
Fax : (225) 22 44 98 58

-L’UNIVERSITÉ de BOUAKE
01 BP V 18 Bouaké
tél: 31 63 42 32 / 31 63 46 32
fax : 31 63 59 84 / 31 63 70 99
Le centre Universitaire de Bouaké comprend 4 UFR :
- l’UFR des Sciences Médicales
- l’UFR de la Communication, Milieu et Société
- l’UFR des Sciences Economiques et Développement
- l’UFR des Sciences Juridiques, Administratives et de Gestion
Il comprend également :
-un Centre de Recherche pour le développement Rural
-une Unité Régionale de l’Enseignement Supérieur (URES) en gestion agro-pastorale à
Korhogo.

-L’URES de DALOA
L’Ecole Préparatoire aux Sciences de la Santé (EPSS) prépare les enseignements de 1ère
année de :
-Médecine
-Odontostomatologie
-Pharmacie.

350
ANNEXE III

Plan NICI-Côte d’ivoire

351
REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE
Union-Discipline-Travail

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
Inspection Générale d'État

PRIMATURE
Ministère de la Planification du Développement

MINISTERE DES INFRASTRUCTURES


Agence des Télécommunications
de Côte d'Ivoire (ATCI)

PLAN DE DEVELOPPEMENT DE
L'INFRASTRUCTURE NATIONALE DE
L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION
2000 – 2005

Juillet 2000

352
TABLE DES MATIERES Pages

SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................................................................ 356


INTRODUCTION............................................................................................................................................. 358
METHODOLOGIE .......................................................................................................................................... 360
I - DONNEES DE BASE SUR LA COTE D’IVOIRE .................................................................................. 363
I.1 ASPECT PHYSIQUE .................................................................................................363
I.2 ASPECT DEMOGRAPHIQUE ..................................................................................363
I.3 DONNEES ADMINISTRATIVES.............................................................................364
I.4 EVOLUTION DU CADRE MACRO-ECONOMIQUE ............................................365
I.4.1 L'évolution économique récente 365
I.4.2 Le cadrage macro-économique pour 2000 367
I.4.3 La valorisation des ressources humaines et la lutte contre la pauvreté 368
II -OBJECTIFS ET SECTEURS PRIORITAIRES DU PLAN NATIONAL DE DEVELOPPEMENT
ECONOMIQUE ET SOCIAL ET DES POLITIQUES SECTORIELLES ................................................. 369
II.1. ORIENTATIONS PRIORITAIRES POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE.369
II.1.1 Programme n°1 : Le développement d’un capital humain compétitif par un
système éducatif performant favorisant l’esprit d’entreprise et la culture de l’excellence
369
II.1.2 Programme n°2 : Promotion d’une bonne gouvernance et d’une démocratie
renforcée 370
II.1.3 Programme n°3 : Promotion d’un secteur privé dynamique et réorientation du
rôle de l’Etat 370
II.1.4 Programme n°4 : Elimination de la pauvreté et amélioration de la sécurité
globale et du cadre de vie 371
II.1.5 Programme n°5 : Edification d’un grand pôle de développement régional 372
II.2 OBJECTIFS SECTORIELS .......................................................................................372
II.2.1 La base agricole 373
II.2.2 La base minière, énergétique et industrielle 373
II.2.3 Le secteur tertiaire 373
II.2.3.1 Télécommunications .........................................................................................373
II.2.3.2 Transport ...........................................................................................................375
II.2.3.3 Tourisme............................................................................................................375
II.2.4 Le Secteur Financier 376
II.2.5 La base des exportations 376
III -ETAT DES LIEUX ET ENVIRONNEMENT DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET
DE LA COMMUNICATION........................................................................................................................... 378
III.1 LES TELECOMMUNICATIONS..............................................................................378
III.1.1 Le Cadre Juridique 378
III.1.2 La Présentation 378
III.2 INFORMATIQUE ET INTERNET............................................................................380
III.3 MEDIA DE COMMUNICATION .............................................................................380
III.3.1 Le Cadre réglementaire380
III.3.2 La télévision 380
III.3.3 La radio 381
III.3.4 La presse écrite 381
III.3.5 Autres 381

353
III.4 LES AUTRES MOYENS DE COMMUNICATION .................................................381
IV -BESOINS ET ATTENTES DES PRINCIPAUX ACTEURS NATIONAUX EN RAPPORT AVEC
LES TIC............................................................................................................................................................. 382
IV.1 NECESSITE DE MAITRISE DES TIC .....................................................................382
IV.2 IMPERATIFS DE PRODUCTION DANS LE DOMAINE DES TIC.......................382
V -OBJECTIFS STRATEGIQUES DU PLAN DE DEVELOPPEMENT NICI ET SECTEURS
PRIORITAIRES D'APPLICATION............................................................................................................... 384
V.1 OBJECTIFS STRATEGIQUES .................................................................................384
V.1.1 La Vision 384
V.1.2 Les Objectifs stratégiques 384
V.1.3 La Politique des TIC 384
V.1.4 Facteurs clés de succès 385
V.2 LES SECTEURS PRIORITAIRES D'APPLICATION..............................................385
V.2.1 Secteur 1 : Agriculture et ressources naturelles 386
V.2.2 Secteur 2 : Culture 386
V.2.3 Secteur 3 : Education / Formation / Recherche 386
V.2.4 Secteur 4 : Bonne gouvernance 386
V.2.5 Secteur 5 : Privé 387
V.2.6 Secteur 6 : Santé 388
V.2.7 Secteur 7 : Femme 388
V.2.8 Secteur 8 : Tourisme 388
V.2.9 Secteur 9 : Média 389
VI -ACTIONS PRIORITAIRES PROPOSEES ET PLAN D'EXECUTION A COURT ET MOYEN
TERMES (0 A 3 ANS) ET A LONG TERME (3 A 5 ANS ET PLUS) ......................................................... 390
VI.1 ACCES........................................................................................................................390
VI.2 APPLICATIONS ET CONTENUS ............................................................................391
VI.3 DEVELOPPEMENT DES CAPACITES ...................................................................393
VI.4 INFRASTRUCTURES DE BASE..............................................................................395
VI.5 CADRES JURIDIQUE ET REGLEMENTAIRE.......................................................396
VII -STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE DU PLAN DE DEVELOPPEMENT
............................................................................................................................................................................ 398
VII.1 ROLE ET RESPONSABILITES DES DIFFERENTS ACTEURS NATIONAUX ..398
VII.2 PARTENARIATS A PROMOUVOIR .......................................................................400
VII.3 CADRE DE CONCERTATION DES ACTEURS POUR L'EXECUTION ET LE
SUIVI DU PLAN DE DEVELOPPEMENT ........................................................................401
VIII -ARCHITECTURE TECHNIQUE ET ESTIMATION DES COUTS
............................................................................................................................................................................ 402
VIII.1 ARCHITECTURE TECHNIQUE .......................................................................402
VIII.1.1 Connectivité 402
VIII.1.2 Etapes du déploiement du plan des TIC 403
VIII.1.3 Les lieux connectés par type de ville 403
VIII.1.4 Architecture de l’Intranet de l’Etat 405
VIII.1.5 Stratégie de mise en œuvre de l'Infrastructure 406
VIII.2 ESTIMATION DES COUTS...............................................................................407
VIII.2.1 Estimation de l'investissement initial : cas d’Abidjan (en millions FCFA) 407
VIII.2.2 Estimation de l'investissement initial : pour chacune des villes universitaires et /
ou industrielles (5), en millions FCFA 407

354
VIII.2.3 Estimation de l'investissement initial : pour chacune des villes moyennes ou
départements (60), en millions FCFA 407
VIII.2.4 Estimation de l'investissement initial : pour chacune des petites villes, Sous
préfectures et communes (100), en millions FCFA 408
VIII.2.5 Estimation financière du plan (en millions FCFA) 408
VIII.2.6 Estimation financière des cyberclasses) 409
LISTE DES DOCUMENTS CONSULTES .................................................................................................... 412

355
SIGLES ET ABREVIATIONS

ANADER : Agence Nationale d'Appui au Développement Rural


ATCI : Agence des Télécommunications de Côte d'Ivoire

BAD : Banque Africaine de Développement


BBC : British Broadcasting Corporation
BCEAO : Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest
BNETD : Bureau National d’Études Techniques et de Développement
BTP : Bâtiments et Travaux Publics

CCI-CI : Chambre de Commerce et d'Industrie de Côte d'Ivoire


CEDEAO : Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest
CEPICI : Centre de promotion des Investissements en Côte d'Ivoire
CFA : Communauté Financière Africaine
CFI : Canal France International
CNAI : Conseil National des Autoroutes de l'Information
CNSP : Comité National de Salut Public
CRDI : Centre de Recherche et de Développement International
CTCI : Conseil des Télécommunications de Côte d'Ivoire
CUP : Centre Universitaire Professionnalisé

F : Franc
FF : Franc Français
FM : Frequency Modulation

GSM : Global system for mobile

HIMO : Haute intensité de main d’œuvre

IDE : Investissements directs étrangers


IDH : Indicateur de développement humain
IGE : Inspection générale d’État
INADES-CI : Institut africain de développement économique et social de Côte
d’Ivoire
INPFHB : Institut National Polytechnique Félix Houphouet-Boigny
INS : Institut National des Statistiques
IP : Protocole Internet
ISP : Internet Services Provider

KBPS : Kilo bit par seconde


KFW : Kreditanstalt für wiederaufbau

356
LAN : Local Area Network

MD : Ministère de la Défense
MEF : Ministère de l'économie et des finances
MEN : Ministère de l’Éducation nationale
METFP : Ministère de l'Enseignement Technique et de la Formation
Professionnelle
MFPF : Ministère de la Famille et de la Promotion de la Femme
MI : Ministère des Infrastructures
MINAGRA : Ministère de l'Agriculture et des Ressources Animales
MPD : Ministère de la Planification du Développement

NIC : Network Information Center


NICI : Infrastructure Nationale de l'Information et de la Communication
TIC : Technologies de l’information et de la communication

OMC : Organisation Mondiale du Commerce


ONG : Organisation Non Gouvernementale

PAS : Programme d'Ajustement Structurel


PIB : Produit Intérieur Brut
PME : Petite et Moyenne Entreprise
PMI : Petite et Moyenne Industrie
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

RFI : Radio France Internationale


RNIS : Réseau Numérique à Intégration de Service
RTC : Réseau Téléphonique Commuté
RTI : Radio Télévision Ivoirienne

SFD : Système de Financement Décentralisé


SIM : Société Ivoirienne de Mobiles
SNDI : Société Nationale de Développement Informatique

TIC : Technologies de l’information et de la communication


TVA : Taxe sur la Valeur Ajoutée

UEMOA : Union Économique et Monétaire Ouest Africaine


UIT : Union Internationale des Télécommunications
UNESCO : United Nations for Education, Science and Culture Organisation
USAID : United States Agency for International Development

VSAT : Very Small Aperture Terminal

WAN : Wide Area Network

357
INTRODUCTION

La vitesse des échanges et l’extraordinaire accroissement de la circulation des connaissances


qu’elle impose, à laquelle s’ajoute le phénomène de la mondialisation de l’économie, ont
donné naissance à une nouvelle ère, l'ère de l’information, dont les effets portent sur
l’ensemble des activités économique, sociale, politique, environnementale, culturelle et
technique.
L'ère de l'information se rapporte à une nouvelle structure économique mondiale dans laquelle
la production des biens et services immatériels est prédominante dans la création de richesses
et d'emplois, et repose sur l'utilisation des technologies d'information et de communication
(TIC) et d'une infrastructure mondiale et de communication.
En vue d'aider les pays africains à faire face aux défis de la société de l’information et éviter
ainsi leur marginalisation, la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique
(CEA) a conçu et élaboré, à la demande des États membres, l’Initiative Société de
l’Information en Afrique (AISI) qui se veut un cadre de réflexion et d’action pour
l’édification d’une infrastructure africaine de l’information et de la communication. Cette
initiative a été adoptée lors de la vingt-deuxième réunion de la Conférence des Ministres
africains chargés du plan et du développement de la CEA tenue en mai 1996 sous la
résolution 812 (XXXI) intitulée « Mise en œuvre de l’Initiative Société africaine à l’ère de
l’information ».
Avec l'appui de la CEA, la Côte d'Ivoire s'efforce de mettre en œuvre le cadre d’action ainsi
adopté par l'élaboration, dans une première étape, du plan de développement de
l’infrastructure nationale d’information et de communication à travers l’exécution de
programmes et de projets pilotes reflétant les besoins et priorités propres.
Consciente de cette réalité, le Conseil National des Autoroutes de l'Information (CNAI), en
étroite collaboration avec l’Inspection Générale d’État (IGE), le Ministère de la Planification
du Développement (MPD) et le Ministère des infrastructures (MI) par le biais de l'Agence des
Télécommunications de Côte d'Ivoire (ATCI), a initié un forum de réflexion pour élaborer un
Plan de développement de l’Infrastructure Nationale de l'Information et de la Communication
(Plan NICI Côte d'Ivoire) afin, d’une part de susciter un consensus parmi les principaux
partenaires au développement du pays sur les programmes à mettre en œuvre, et d’autre part
de familiariser davantage la communauté internationale avec les aspirations et priorités de
développement de la Côte d’Ivoire, en vue de rendre opérationnels ses programmes.
L'infrastructure d'information et de communication va au delà des infrastructures physiques
utilisées pour transmettre, stocker, traiter et afficher les données, l'image et la voix ; Elle
inclut une large gamme d'équipements numériques et de logiciels permettant de couvrir les
processus et politiques régissant l'utilisation et l'exploitation de ces infrastructures et services.
La définition de ce plan est d’actualité et se justifie par le fait que les TIC sont répandues dans
les sociétés modernes comme instruments de la vie quotidienne pour le bien-être des citoyens
et facteur d’amélioration significative des performances économiques. L’Afrique, et
singulièrement la Côte d’Ivoire, reste en marge (faible télé-densité) de cette opportunité,
risquant de perdre ainsi l’occasion ou la chance d’être compétitive à l’échelle mondiale.
Aussi, importe-t-il de préciser que de même que le processus de transformation des sociétés
agricoles en sociétés industrielles s’est fait essentiellement grâce à la mécanisation, élément
moteur de la croissance et du développement, il y a lieu de se rendre à l’évidence que dans les

358
mutations actuellement en cours, l’élément moteur de la croissance et du développement sera
les réseaux de communication et les applications multimédias interactives qui constituent
l’assise de la transformation des rapports politiques, économiques et sociaux existants dans la
société mondiale de l’information. Si l’Afrique a été en retard sur la mécanisation et sur
l’électronique, elle ne doit pas rater l’ère de la Société de l'Information et se doit même de
transformer son retard relatif en avantage décisif.

Le présent rapport est subdivisé en huit (8) parties :


 La première partie présente la Côte d’Ivoire à travers ses données de base (physiques,
démographiques, administratives et macroéconomiques) ;
 La seconde partie traite des objectifs et secteurs prioritaires du plan de développement
économique et social et des politiques sectorielles, qui constituent le fondement de la
politique du pays ;
 La troisième partie expose l’état des lieux et l'environnement des TIC ;
 La quatrième partie aborde les besoins et attentes des principaux acteurs nationaux en
rapport avec les TIC ;
 La cinquième partie introduit les objectifs stratégiques du plan de développement NICI et
secteurs prioritaires d'application ;
 La sixième partie présente les actions prioritaires proposées et plan d'exécution à court et
moyen terme (0 à 3 ans) et à long terme (3 à 5 ans et plus) ;
 La septième partie développe la stratégie de mise en œuvre du plan de développement ;
 La huitième et dernière partie abordera l'architecture technique et l'estimation des coûts du
plan de développement des TIC.

359
MÉTHODOLOGIE

L’élaboration du Plan de développement NICI a été conduite par une équipe nationale
constituée des principaux acteurs (État, secteur privé, société civile, organisation non
gouvernementales, organisations professionnelles, institutions de recherche et de
formation…) dans la perspective d'obtenir un consensus sur les besoins, les priorités et les
actions à entreprendre pour permettre à la Côte d'Ivoire de participer pleinement à la société
de l'information. L'équipe nationale de préparation du plan NICI s'appuie sur le CNAI auquel
s'ajoutent les représentants des couches de la société qui n'y sont pas représentées.
L’élaboration du Plan de développement des TIC a consisté en :
™ la mise en œuvre d'une équipe nationale de préparation du plan NICI dont la
composition est la suivante :
- ACHI Patrick, Ministère des Mines et de l'énergie
- ACOUPO Asseupi, Ministère de l'Agriculture et des Ressources Animales
- ADOM Niamkey, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la
Recherche Scientifique
- ADOU Athanase, Ministère de l'économie et des finances
- AHOUNE Antonin, Chambre de Commerce et d'Industrie de Côte d'Ivoire
- AMATCHA Audrey, Inspection générale d'État / ATCI
- AMICHIA Jean-Baptiste, Groupement d'Ingénierie et des Machines
Informatiques
- ANGORAN Yed Esaïe, Inspection générale d'État / ATCI
- APATA Gustave, Chambre de Commerce et d'Industrie de Côte d'Ivoire
- ASSEMIEN Alexandre, Primature
- ASSOI-ALLAH Valerie, Agence des Télécommunications de Côte d'Ivoire
- BAMBA Souleymane, Institut Africain pour le Développement
Economique et Social - Côte d'Ivoire
- BOUAH Kablan, Ministère de l'Education nationale
- DAVID Maximilien, Société Nationale du Développement Informatique
- GBADJA Samuel, Collectif des ONG Actives en Côte d'Ivoire
- GBARI Kock, Ministère de l'Education nationale
- GNON Basile, Agence des Télécommunications de Côte d'ivoire
- GUIDY Wandja, Centre Universitaire Professionnalisé, Université de
Cocody
- KLA Koué Sylvanus, Bureau national d'études techniques et de
développement
- KONATE Lamine, Centre Informatique Régional de Côte d'Ivoire
- KONATE René, Inspection générale d'État
- KONE Anzoumana, Comité National de Télédétection et d'Information
Géographique
- KOUADIO Moya, Centre Universitaire Professionnalisé, Université de
Cocody
- KOUTOUA Marie-Laure, Ministère de la Famille et de la Promotion de la
Femme
- KOUYATE François, CEPICI
- LEON-BASQUE Nathalie, Interfaces Consulting

360
- N'GADI Lucien, Ministère de l'Économie et des Finances
- N'GORAN Comoé, Société Nationale du Développement Informatique
- N’GUESSAN Lavri, Ministère de l’Enseignement Technique et de la
Formation Professionnelle
- NOUFOU Coulibaly, Institut Africain pour le Développement Économique
et Social - Côte d'Ivoire
- N'ZUE Germain, Ministère de la Défense
- OUMTANAGA Souleymane, Institut National Polytechnique Félix
Houphouet Boigny
- OURIKLE Jean, Ministère de l'Agriculture et des Ressources Animales
- PEPE Richard, Ministère de la Santé et de la Protection Sociale
- YABLE Christine, Ministère de la Planification, du Développement et de la
Coordination Gouvernementale
- YAO Eric, Centre Informatique Régional de Côte d'Ivoire,
- YATE Yaté Joseph, Centre Universitaire Professionnalise, Université de
Cocody
- YAVO Noël , Inspection générale d'État / Primature / ATCI
- ZADY Rabé, Ministère de la Santé et de la Protection Sociale
- ZIO Charles Raphaël, Ministère de l'Éducation Nationale.
™ la sensibilisation et l'initiation des membres de l'équipe au concept des infrastructures
et aux outils des TIC et à l'Internet ;
™ la collecte et le traitement des données ;
™ la formulation de la Politique nationale et du Plan de développement des TIC;
™ l'identification des segments et structures cibles pour l'utilisation et l'exploitation des
TIC ;
™ l'identification des secteurs clés de l'économie et de la société devant être ciblés pour
l'exploitation et l'utilisation des TIC ;
™ la sélection de projets et programmes stratégiques prioritaires des TIC :
- la sélection des actions stratégiques prend en compte une large gamme
de besoins et d’intérêts (Pouvoirs publics, Entreprises, Consommateurs,
Étudiants, Société civile), et considère les aspects nationaux, régionaux
et internationaux y compris la mise à contribution des nationaux
expatriés ;
- les actions stratégiques sont choisies en fonction de leur caractère
critique (importance des résultats générés, degré d’urgence, pré-requis
pour les autres initiatives) et de leur faisabilité technique et financière,
sans oublier leur effet d’entraînement ;
- les actions stratégiques s’adressent aux décideurs, aux acteurs des
secteurs public et privé, dans leur rôle de producteurs, d’utilisateurs ou
de promoteurs des TIC au niveau national, régional et international ;
- les actions stratégiques permettent de développer les infrastructures
d’information et de communication comme moyen de promotion des
exportations de produits et services nationaux existants ou nouveaux,
ayant un fort « contenu électronique » ;
- les actions stratégiques prennent en compte la globalisation de
l’économie et le fait que le principal marché du commerce électronique

361
mondial (acheteurs) est situé aux USA / Canada et, dans une mesure
croissante, en Europe occidentale ;
- les actions stratégiques sont pragmatiques et donnent la priorité aux
solutions apportant une contribution importante et réalisables
rapidement sans nécessiter des budgets trop importants, et utilisant les
opportunités créées par la numérisation et la globalisation.
™ la rédaction des fiches-projets pour chaque action prioritaire validée ;
™ la validation du plan NICI par un atelier national ;
™ la soumission du plan NICI au Gouvernement pour approbation ;
™ la recherche de ressources pour la mise en œuvre du plan NICI.

La rédaction du plan NICI- Côte d’Ivoire a été réalisée par une équipe comprenant :
- ANGORAN Yed Esaïe (IGE / ATCI)
- NOUFOU Coulibaly (INADES-CI)
- KOUADIO Moya (CUP)
- YAVO Noël (IGE / MPDCG / ATCI)
- AMATCHA Audrey (IGE/ATCI).

362
I - DONNÉES DE BASE SUR LA CÔTE D’IVOIRE

ASPECT PHYSIQUE

La République de Côte d’Ivoire se situe sur la Côte Ouest Africaine entre 4°20 et 10°50 de
latitude Nord et couvre une superficie de 322 462 Km², soit 1% du continent africain. Elle est
limitée au Nord par le Mali et le Burkina-Faso, à l’Ouest par la Guinée et le Libéria, à l’Est
par le Ghana et au Sud par l’océan Atlantique.
La Côte d’Ivoire a une configuration massive en forme de quadrilatère d’environ 650 km de
côté et offre l’aspect d’un massif uniforme s’élevant lentement du Sud vers le Nord, jusqu’à
une altitude d’environ 400 m.
Le relief se concentre dans la zone occidentale du pays avec des collines atteignant 900 m
d’altitude. Le mont Nimba, au Nord-Ouest du pays avec 1752 m, est le point le plus haut.
Le sud du pays est soumis à un climat subéquatorial, caractérisé par deux saisons sèches et
deux saisons pluvieuses. La pluviométrie a varié de 1766 mm (Abidjan) à 2129 mm (Tabou)
en 1994. Cette partie du pays est dominée par une végétation de type forêt tropicale humide.
Le Centre du pays a un climat tropical humide correspondant à une végétation de savane
arborée et arbustive ; On y rencontre une grande saison des pluies de juin à octobre, une petite
de mars à mai, alternant avec une grande et petite saison sèche, respectivement de novembre à
mars et de juillet à août. La pluviométrie varie entre 905mm à Bouaké et 1897mm à Man.
Le Nord, d’un climat tropical de type soudanien, est caractérisé par une saison sèche
(novembre – juin) et une saison humide (juillet à octobre) ; On y rencontre une végétation de
type herbeux, arboré et arbustif. Les précipitations ont été de 1203mm à Korhogo et de
1491mm à Odienné, en 1994.
Le pays est irrigué par quatre (4) fleuves, de direction Nord-Sud, avec un débit irrégulier non
favorable à la navigation (Côte d’Ivoire en chiffres, 1997) :
‘ Le Bandama prend sa source au Nord du pays, sur un cours de 950 km et se jette
dans l’océan Atlantique à Grand-Lahou. Au centre du pays, à Kossou, un barrage a
été construit sur le fleuve. Ses affluents sont la Marahoué et le N’Zi.
‘ Le Comoé, de 900 km de long, naît au Burkina-Faso et coule du Nord au Sud pour
se jeter dans l’océan Atlantique au niveau de Grand-Bassam.
‘ Le Sassandra (de 650 km de long) prend sa source en Guinée, coule du Nord au
Sud et rejoint l’océan Atlantique à Sassandra. Il a plusieurs affluents dont le
Tiember, le Bafing, le N’Zo, le Bolo et le Davo.
‘ Le Cavally, avec ses 600 km de long, vient également de Guinée et sert de
frontière avec le Libéria sur la plus grande partie de son cours.

ASPECT DEMOGRAPHIQUE

La population ivoirienne, s'élevant en 1960 à 3 780 000 d’habitants dont 49,9 % d’hommes et
67,8 % de ruraux, a atteint, en 1995, 14 030 000 habitants dont 50,7 % d’hommes et 49 % de
ruraux. Selon les estimations de la banque mondiale et du Bureau National d'Etudes

363
Techniques et de Développement (BNETD), cette population a été évaluée à 16 906 100
habitants dont 50,4 % d’hommes et 46,1 % de ruraux, pour l’an 2000.
Quatre grands groupes ethniques cohabitent harmonieusement depuis l’indépendance, se
sont : les Akan, les Krou, les Mandé et les Voltaïque. Selon l’Institut National des Statistiques
(INS 1997), les échanges attirés par le développement du pays sont estimés à 3 951 500
personnes, soit 30 % de la population totale.

Tableau N°1 : Principaux indicateurs sociaux : progrès réalisés

1996 1997 1998 1999 2000


SANTE

Taux de mortalité infantile (%o) 89 112,3 112,3


Taux de mortalité infanto-juvénile (%o) 150 180,6 180,6
Taux de mortalité maternelle (%ooo) 597
Espérance de vie à la naissance (en années) 51
Taux de malnutrition des enfants âgés de moins de 5 ans (%) 7,5
Taux de prévalence du VIH (%) 10 10 à 12
Dépenses budgétaires de santé (en milliards de F.CFA) 55,6 69,3 78,6 99,9 103
EDUCATION
Taux brut de scolarisation au primaire (%) 71,2 71,8 72,0 73,9
Taux net de scolarisation au primaire (%) 50,6 51,3 52,0 56
Durée moyenne de la vie scolaire au primaire (en année) 9 10 8,9 9
Taux de passage au cours élémentaire 2""' année 72,4 71,4 76,1 76,0
Taux d'alphabétisation des adultes (%) 43,5 45,88 49,8
Taux d'analphabétisme de la population des 15-24 ans
Taux d'analphabétisme des femmes de 15 ans et plus
Dépenses budgétaires d'éducation (en milliards de F.CFA) 246,5 275,6 315,1 377,9 355,5
AUTRES INDICATEURS SOCIAUX ET DE
PAUVRETE
Taux de pauvreté (%) 36,8 (en 1995) 33,6 33,6
Taux d'extrême pauvreté 9,9 (en 1995) 10,0 10
Produit Intérieur Brut (PNB) par habitant (en $) 690
Indicateur de Développement Humain (IDH) 0,357 0,368 0,368 0,422

DONNÉES ADMINISTRATIVES

Le pays est divisé en 19 régions administratives, 51 départements, 184 sous-préfectures et


compte 174 communes en exercice (la Côte d’Ivoire en chiffres, 1997). Par ailleurs, pour
faciliter le développement harmonieux dans toutes les zones de l’intérieur du pays, la création
de 100 communes rurales est prévue et l’accent sera mis sur la décentralisation.
Sur le plan politique, toutes les institutions existent ou sont prévues :
• Comité National de Salut Public (CNSP) ;
• Gouvernement ;
• Assemblée Nationale ;
• Conseil Economique et Social ;
• Conseil Constitutionnel ;
364
• Cour Suprême ;
En 1990, le multipartisme s’installe en Côte d’Ivoire, conformément à la loi N°60-315 du
21/09/1960 article 7 de la Constitution. Ainsi, on compte 104 partis politiques de nos jours.

ÉVOLUTION DU CADRE MACRO-ÉCONOMIQUE

L'évolution économique récente

Après deux décennies de croissance ininterrompue, l'économie ivoirienne, à partir des années
1980, a connu pendant plus de dix ans une grave crise économique caractérisée par le
ralentissement de la croissance économique et l'apparition de graves déséquilibres
macro-économiques qui compromettaient les fondements mêmes de l'économie nationale.
Différents Programmes d'Ajustement Structurel (PAS) ont été alors mis en place pour
résorber ces déséquilibres. Les résultats de ces programmes ont été dans l'ensemble assez
limités car les objectifs étaient réduits et souvent cantonnés à certains secteurs (eau, énergie).
A partir de 1989, un programme plus global, dit de stabilisation et de relance économique, a
été mis en place, visant à corriger les distorsions existantes, améliorer la compétitivité de
l'économie ivoirienne et assainir la situation des finances publiques. Ce programme a vu la
mise en oeuvre de réformes destinées à libéraliser l'économie, à améliorer l'environnement
des affaires, à supprimer les barrières tarifaires et non tarifaires existantes et à réduire le
déficit public.
Cependant, l'ajustement interne s'est révélé insuffisant pour restaurer la compétitivité de
l'économie et ramener la croissance. Dans ce contexte, la dévaluation du franc CFA par
rapport au franc français apparaissait comme une alternative permettant à la fois de corriger
les déséquilibres macro-économiques et les distorsions, et de mettre l'économie nationale sur
un sentier de croissance durable.
Cette mesure de dévaluation et le programme d'accompagnement mis en œuvre en accord
avec les partenaires au développement ont permis un retour à la croissance dès 1994, avec une
augmentation du PIB en termes réels de 2 %.
De 1995 à 1997, la Côte d'Ivoire a connu une période de croissance soutenue (7,1 % en 1995,
6,9 % en 1996 et 6,6 % en 1997). Cette situation économique a été le fruit d'effets combinés
d'un regain de compétitivité lié à la dévaluation, de l'évolution favorable des cours des
matières premières, et des efforts importants d'investissements réalisés (+ 20 % de croissance
en moyenne par an).
Cependant en 1998 l'économie ivoirienne a connu un ralentissement dû à la chute brutale des
cours internationaux des matières premières, eu égard au degré élevé d'ouverture sur
l'extérieur (plus 40 % du PIB) et à la prépondérance des matières premières dans ses échanges
avec l'extérieur (plus de 60%). Ainsi l'année 1998 marque une inflexion de la croissance en
retrait d'un point par rapport à 1997 pour s'établir à 5,6%.
En 1999, on observe une dégradation importante et brutale de l'activité économique. Ainsi, la
croissance estimée pour l'année 1999 est de 1,5%, soit une baisse drastique de 4 points par
rapport à 1998. Les causes de la déprime de l'économie nationale ont trait essentiellement aux
effets de la baisse importante de la production de l'agriculture d'exportation, principalement le
cacao (-18,8%) et le café(-48,3%), de la persistance de la chute des cours, du ralentissement

365
de l'investissement notamment public (-30,3%) et de la hausse des cours du pétrole et du
dollar.
Cette contraction des investissements publics (qui ont un effet d'entraînement important sur
les investissements privés) s'explique par l'absence d'un programme économique et financier
avec les bailleurs de fonds en raison de la grave détérioration des finances publiques.
Depuis le 24 décembre, la Côte d'Ivoire est dirigée par un Comité National de Salut Public
(CNSP) de neuf membres, qui a rapidement rallié l'adhésion de l'ensemble des forces vives du
pays et s'est fixé pour objectifs :
• d’assurer la sécurité des personnes et des biens,
• de restaurer l'autorité de l'État,
• et de créer les conditions nécessaires à l'instauration d'une vraie démocratie, en vue de
l'organisation d'élections libres et transparentes qui permettent le retour à une vie
constitutionnelle normale.
La détérioration de l'environnement politique et du contexte international ont ainsi pesé sur
l'activité économique nationale qui présentait des signes évidents d'essoufflement.
Le secteur agricole qui représente une part importante de la production nationale (près de
25% du PIB), a été affecté par les effets de la sécheresse en 1997 et au début de l'année 1998.
Cela s'est traduit par la baisse de la production de caoutchouc, de café, de l'ananas et du
palmier à huile. De plus, la chute des cours des matières premières (notamment du cacao, du
coton et de l'hévéa), contribue à accentuer les difficultés de l'agriculture ivoirienne
d'exportation. Au total l'agriculture de rente subit une baisse importante en 1999 (-12,2% en
volume). A l'inverse, l'offre de produits vivriers s'est sensiblement améliorée depuis le
second semestre 1998, avec le retour à des conditions pluviométriques favorables.
La production minière connaît une évolution positive (+2,3%) en 1999, après une baisse de
6% en 1998. Elle est tirée par une hausse des extractions de gaz, ainsi que par la production
de diamant et d'or. Quant à la production de pétrole, elle reste orientée à la baisse.
Enfin, l'activité du secteur primaire recule de 2,5% en 1999 sous l'effet de la déprime de
l'agriculture d'exportation.
L'indice de la production industrielle, avec 2,9% de croissance en volume en 1999, affiche un
net ralentissement, après les bons résultats observés en 1997 (+13 %) et 1998 (+l 1 %), malgré
la bonne tenue des sous-secteurs de l’énergie et de l'industrie agro-alimentaire.
Ce ralentissement du secteur secondaire est essentiellement dû à l'essoufflement du BTP
(+5,1% en 1999 contre +10% en 1998) et à l'effondrement des industries diverses (-5,6% en
1999 contre +12,8% en 1998).
A l'image du reste de l'économie, le secteur tertiaire connaît une faible croissance, de l'ordre
de +3,3% en 1999 contre +3,9% en 1998 et +8% en 1997.
Compte tenu du ralentissement de la croissance réelle (1,5 % pour le PIB) et de l'évolution
des prix à la production de l'ensemble de l'économie, le PIB nominal est estimé à 6 831,6
milliards, correspondant à une progression nominale de 1,9 %.
Du point de vue des emplois du PIB, les investissements contribuent négativement
(avec -7,7% d'évolution) en 1999, en raison de la chute brutale des investissements publics
malgré la hausse de 6,5% estimée par les investissements privés.
Les exportations des biens et services ont augmenté de près de 12 % en 1999, contre
0, 1 % en 1998.

366
Les importations de biens en 1999 stagnent (+0,4% en volume contre 19,3% en 1998 et 21%
en 1997). L'excédent de la balance commerciale est de 870,5 milliards en 1999 contre 820
milliards en 1998.
L'amélioration de la situation de l'emploi salarié se poursuit mais à un rythme très modéré,
avec 2,4% de croissance à fin septembre 1999 contre une progression de 4,3% sur la même
période en 1998.
La poursuite de l'amélioration de l'emploi dans le secteur privé moderne favorise un
accroissement des revenus des ménages salariés. A l'inverse, les revenus agricoles sont très
fortement affectés par l'incidence défavorable de la chute des cours des matières premières
agricoles. Pour les seuls producteurs de café et de cacao, la baisse de leur revenu brut est
estimée à 25%.
Malgré la hausse du prix du carburant à la pompe et ses répercussions sur les prix du
transport, consécutive à la montée du prix du pétrole sur le marché international, l'inflation
reste contenue à 0,7% en 1999 grâce à la forte baisse des prix des produits vivriers.
La situation des finances publiques reste très difficile à cause de la persistance des effets
négatifs des chocs externes, du ralentissement de l'activité économique et de la faiblesse des
recouvrements de recettes fiscales. Cette baisse est liée à la mise en œuvre insuffisante des
mesures destinées à améliorer les rendements des organismes collecteurs, ainsi qu'à la
généralisation du phénomène de fraude et de corruption. Elle est aussi marquée par un service
de la dette élevé et par la mobilisation exceptionnellement faible des ressources extérieures en
rapport avec l'absence de programme avec le FMI. En outre, la gestion budgétaire en 1999 a
été caractérisée par la non maîtrise des dépenses de fonctionnement et par l'accumulation
d'arriérés intérieurs.
Au total, les passifs et arriérés intérieurs atteignent 484 milliards, soit environ 7% de PIB.
Enfin, le déficit budgétaire s'est aggravé pour atteindre près de 3% du PIB, soit le double de
l'objectif visé.

Le cadrage macro-économique pour 2000

Les perspectives de l'économie ivoirienne en l'an 2000 restent peu favorables en raison de la
stabilisation des cours des matières premières à un niveau très bas et de l'essoufflement des
déterminants de la croissance que sont les exportations et les investissements. La croissance
pour l'an 2000 devrait encore se ralentir et atteindre un niveau nul (0%).
La décision récente prise par l'Union Européenne de permettre l'introduction de matières
grasses végétales dans le beurre de cacao se traduira par une réduction importante des
exportations ivoiriennes. Parallèlement, en raison du nouvel environnement, il faut s'attendre
à une stagnation de l'investissement privé qui traduirait un certain attentisme de la part des
opérateurs économiques.
Par secteurs d'activités, malgré le redressement attendu dans le secteur primaire (+4,1%) lié à
l'amélioration des prévisions de productions de café/cacao, les secteurs secondaire et tertiaire
restent en crise avec des évolutions respectives de -0,8% et -2,2%.
En raison de cette déprime attendue de l'économie nationale qui contraste avec la poursuite de
la reprise de la croissance mondiale, l'année 2000 s'inscrit dans un contexte de rigueur
budgétaire.
L'élaboration du projet de budget 2000 tient compte de ce contexte et des contraintes qui
pèsent sur les finances publiques. Ces contraintes ont trait à l'accumulation d'arriérés
367
intérieurs, de passifs et de DENO liés aux exercices précédents en rapport avec les tensions de
trésorerie fréquentes. Le budget 2000 tient également compte des orientations fixées par le
Comité National de Salut Public. Ces grandes options définies par le gouvernement de
transition ont trait à la volonté de renouer avec la communauté financière internationale, au
respect des engagements extérieurs, à l'assainissement des finances publiques qui passe par
l'apurement des passifs, arriérés et DENO accumulés, la lutte contre la pauvreté, la
valorisation accrue des ressources humaines et la restauration de la crédibilité financière de
l'État.

La valorisation des ressources humaines et la lutte contre la pauvreté

Si la réalisation d'une croissance soutenue ne suffit pas pour parvenir à une réduction
significative de la pauvreté, sans croissance il sera encore plus difficile de la résorber. De ce
fait, la politique de croissance axée sur la réduction de la pauvreté mise en oeuvre par le
Gouvernement est confortée par les actions de valorisation des ressources humaines à travers :
• l'Éducation et la Formation,
• la santé publique et la planification familiale,
• la promotion de la femme,
• et l'amélioration du cadre de vie.

Au total, la mise en oeuvre de l'ensemble de ces actions s'est déjà traduite par un recul de trois
points du taux de pauvreté entre 1995 et 1998. Ces développements devraient contribuer à
l'amélioration significative de l'IDH, indice synthétique combinant le niveau d'éducation, l'état
de santé de la population (à travers l'espérance de vie à la naissance) et la richesse des
ménages (appréhendée par le revenu par tête). Du reste, selon le rapport 1999 du Programme
des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sur le développement humain durable,
l'IDH pour la Côte d'Ivoire est passé de 0,368 en 1998 à 0,422 en 1999, reflétant
l'amélioration du niveau de développement humain.

La section suivante aborde le schéma directeur du pays où les objectifs et secteurs prioritaires
du plan de développement économique et social et des politiques sectorielles ont été
identifiés.

368
OBJECTIFS ET SECTEURS PRIORITAIRES DU PLAN
NATIONAL DE DEVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET
SOCIAL ET DES POLITIQUES SECTORIELLES

II.1. ORIENTATIONS PRIORITAIRES POUR UN DEVELOPPEMENT


DURABLE

A l’issue de la hiérarchisation de 32 options stratégiques (Côte d’Ivoire 2025, 1997), cinq (5)
orientations ou programmes prioritaires ont été identifiés, permettant d’atteindre la vision
partagée par toute la population, à long terme. A l’horizon 2025, l’éléphant aura réuni toutes
les conditions d’un développement durable édicté par les cinq programmes prioritaires
suivants :

Programme n°1 : Le développement d’un capital humain compétitif par


un système éducatif performant favorisant l’esprit d’entreprise et la
culture de l’excellence

Ce programme représente le socle sur lequel s’articulent tous les autres programmes
prioritaires. La population cible est principalement constituée par les jeunes, l’espoir de la
Nation et des générations futures.
Il vise quatre objectifs principaux :
• Inverser la tendance à la dégradation du système éducatif ;
• Développer un système éducatif performant et accessible à tous ;
• Promouvoir l’esprit d’entreprise ;
• Promouvoir une élite.
Le succès de ce programme passe par la réalisation des options stratégiques suivantes :
1) L’évaluation des enseignants et la promotion du mérite ;
2) La moralisation de l’enseignement ;
3) L’organisation d’un système éducatif favorisant l’apprentissage en alternance ;
4) Le décloisonnement interne et l’ouverture du système éducatif sur le monde ;
5) La promotion d’un système éducatif favorisant l’émergence d’une élite ;
6) La mise en œuvre d’un système éducatif accessible à tous et favorisant l’esprit
d’entreprise ;
7) Le développement d’un enseignement public performant associé à un enseignement privé
de qualité ;
8) L’utilisation des technologies de télécommunications et des autoroutes multimédia à des
fins d'éducation ;
9) La régionalisation du système d’enseignement.
L’impact le plus important sur la réalisation de la vision Côte d’Ivoire 2025 provient de la
mise en œuvre de ce programme qui exige d’énormes ressources au-dessus des moyens de
l’État, en tant que seul bailleur de fonds. La contribution du secteur privé, déjà manifeste dans
les cycles primaire et secondaire, devra donc s’étendre au cycle supérieur pour faire face à

369
l’engorgement des capacités d’accueil et au sous-équipement chronique des établissements
contribuant ainsi à une baisse significative du rendement interne du système éducatif ivoirien.
Ce programme appelle une réforme profonde du système éducatif. Les neuf (9) options
stratégiques relatives à l’éducation donneront lieu à une programmation d’opérations à court,
moyen et long termes, en fonction des ressources disponibles et de l’acceptabilité des
réformes proposées.

Programme n°2 : Promotion d’une bonne gouvernance et d’une démocratie


renforcée

Ce programme vise à maintenir un climat de paix et de stabilité politique. Trois décennies de


stabilité politique permettront de renforcer l’unité nationale dans la paix et la tolérance. La
faiblesse de la capacité de gestion de l’État est un obstacle majeur au développement durable
que ce programme vise à corriger en agissant sur les populations cibles suivantes : les
gouvernants, les responsables des collectivités décentralisées, les responsables de
l’administration territoriale, l’administration de la justice, les responsables d'entreprises
publiques et parapubliques etc.
Ce programme vise quatre objectifs majeurs :
• Améliorer la capacité de gestion du développement au niveau du secteur public ;
• Promouvoir et renforcer la confiance entre gouvernants et gouvernés ;
• Favoriser la participation du citoyen à tous les niveaux d’activités ;
• Promouvoir une culture démocratique et un État de droit.
Dix options stratégiques sont contenues dans ce programme :
1. La simplification et l'allégement des procédures administratives ;
2. Le recentrage du rôle de l’État sur les missions essentielles et un appui au secteur
privé ;
3. La préservation de la laïcité de l’État ;
4. La recherche d’une éthique sociale ;
5. La gestion transparente de la chose publique ;
6. La promotion d’un État de droit et l’avènement d’un État social ;
7. La réalisation d’une politique macroéconomique saine, conduite par un État doté
d’une forte capacité de gestion ;
8. La réaffirmation de la souveraineté ;
9. Le renforcement de la décentralisation ;
10. Le développement d’une culture démocratique.
Ce programme est celui qui exige le moins de ressources financières et qui doit privilégier
toutes les mesures favorisant le dialogue entre tous les partenaires sociaux du pays. Le rôle
d’une presse libre et responsable est essentiel pour favoriser le dialogue dans la mise en
oeuvre de ce programme.

Programme n°3 : Promotion d’un secteur privé dynamique et réorientation du


rôle de l’État

L’État ivoirien avait occupé stratégiquement la place du secteur privé au lendemain de


l’indépendance, en raison de la faiblesse de l’épargne nationale et des capitaux étrangers. Le
passage de ce capitalisme d’État au capitalisme de type privé doit se faire en rétrocédant
progressivement la place des entreprises publiques à un secteur privé performant.
370
Ce troisième programme fait appel aussi bien aux nationaux pouvant se distinguer par leur
aptitude à entreprendre qu’aux investisseurs privés étrangers disposant de capacités
techniques et financières. C’est pourquoi, la promotion d’un État de droit, la simplification et
l'allégement de procédures administratives et toutes les mesures visant à renforcer la
confiance en la justice et un environnement favorable au secteur privé ont été considérés
comme des préalables soulignés dans le deuxième programme.
Ce programme vise trois objectifs :
• Faire du secteur privé l’élément moteur de la croissance ;
• Réorienter le rôle de l’État dans ses missions de service public d’appui au secteur
privé ;
• Désengager l’État en tant qu’opérateur du secteur productif.
Trois options stratégiques sont proposées pour la mise en œuvre de ce programme :
1. L’ouverture de l’économie sur l’extérieur et l’acquisition de technologies
modernes avec une forte politique d’exportation ;
2. Un rôle moteur du secteur privé dans une économie libérale ;
3. Des contrats de performance avec les entreprises publiques et parapubliques.
A l’horizon 2025, l’éléphant en marche aura généré un important tissu industriel de PME et
de PMI nationales.

Programme n°4 : Élimination de la pauvreté et amélioration de la sécurité


globale et du cadre de vie

La pauvreté des ivoiriens aura été sinon vaincue, du moins très fortement atténuée. Si la
stratégie s’entend l’art de gagner la guerre contre la pauvreté et le sous-développement, alors
celle-ci visera pour cet horizon quatre objectifs majeurs dont la finalité est le bien-être des
ivoiriens, à savoir :
• Éliminer la pauvreté ;
• Assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle ;
• Assurer la sécurité des biens et des personnes ;
• Promouvoir un environnement et un cadre de vie sains.
Six options stratégiques sont contenues dans ce programme :
1. La promotion d’une sécurité alimentaire et nutritionnelle ;
2. Le renforcement de la participation de la femme ;
3. La promotion d’une politique sanitaire globale centrée sur la prévention et
l’éducation / sensibilisation ;
4. La définition d’une politique de défense globale garantissant la sécurité des
personnes et des biens ;
5. La politique de l’emploi fondée sur des techniques à Haute Intensité de Main
d’œuvre (HIMO) et la recherche d’une articulation efficace formation / emploi ;
6. La définition d’une politique de l’environnement, du cadre de vie et des loisirs.
La mise en œuvre de ce programme exigera des moyens particulièrement importants, tant en
ressources humaines que financières. Le taux de croissance démographique très élevé (3,3%)
étant difficile à infléchir à moyen terme, seule une croissance économique forte est en mesure
d’établir un équilibre entre ressources, emplois et population. La mise en œuvre d’une
politique de population visant à réduire ce taux est impérative pour pouvoir assurer un

371
équilibre entre ressources et population. La maîtrise de la croissance démographique reste un
défi majeur à relever par l’éléphant en marche. La politique volontariste d’aménagement rural
et urbain est un autre facteur clé de succès de ce programme. Elle doit aller de pair avec la
responsabilité des acteurs sociaux à tous les niveaux, notamment au niveau des régions, des
collectivités décentralisées, de la femme et des familles, des ONG (artisans les mieux
indiqués pour promouvoir le bonheur partagé à travers un dialogue social à des échelles
humainement maîtrisables).

Programme n°5 : Édification d’un grand pôle de développement régional

La Côte d’Ivoire de l’an 2025, comme pôle régional de développement, a une signification
géopolitique indéniable. La souveraineté que la Côte d’Ivoire se sera donnée en réalisant la
performance d’émerger comme pays politiquement et économiquement fort satisfait une
ambition nationale légitime. Mais cette ambition n’aura été réalisée que dans la solidarité avec
tous les pays de la sous-région.
Ce programme vise deux objectifs majeurs :
• renforcer la position de la Côte d'Ivoire dans l'Union Économique et Monétaire
Ouest Africaine (UEMOA) et la Communauté Économique des États de
l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ;
• renforcer la politique d'intégration sous-régionale.
Il comprend les deux options stratégiques suivantes :
1. une politique de mobilisation de ressources financières intérieures et extérieures
et de développement d’une place financière reconnue ;
2. la mise en place d’une politique affirmée d’intégration.
La politique d’intégration visera aussi bien les pôles internes de développement que les autres
pôles de développement de la CEDEAO avec lesquels la Côte d’Ivoire se sera donnée des
atouts pour composer en synergie.
A partir de cette vision de long terme, il a été défini un plan quinquennal par secteur, que la
section suivante présente.

OBJECTIFS SECTORIELS

La croissance économique repose sur les quatre secteurs principaux (agriculture ; mine,
énergie et industrie ; secteur tertiaire; secteur financier), chacun ayant un rôle particulier à
tenir. Et pour atteindre les objectifs propres à chacun des secteurs, des mesures et réformes
doivent être mises en oeuvre, de même que de nombreux investissements doivent être réalisés.
Les réformes iront dans le sens d’une poursuite du désengagement de l'État des activités de
production, au profit du secteur privé. L'État se concentrera sur ses fonctions essentielles,
notamment l’éducation, la santé, la sécurité et la promotion du secteur privé. Cette promotion
se fera à travers l'amélioration du cadre fiscal et réglementaire, du renforcement de la
concurrence et de la compétitivité, de la privatisation et de la concession au secteur privé de
travaux d'utilité publique.

372
Pour assurer un financement adéquat de l’économie, l’État aura pour objectif de promouvoir
l’épargne intérieure et instaurer les conditions pour un afflux des Investissements Directs
Étrangers (IDE).

La base agricole

L'objectif en matière agricole est de rendre le secteur dynamique et performant, afin d'assurer
l'autosuffisance alimentaire et les ventes aux industries de transformation, mais également de
consolider les niveaux d'exportations traditionnelles et de développer de nouvelles
exportations, qu'il s'agisse des produits vivriers (légumes, fruits) ou des plantes ornementales.
Le cadre global des programmes et mesures d'ajustement dans ce secteur s'articule autour des
points suivants :
• Modernisation du secteur agricole,
• Extension et diversification des productions,
• Meilleure gestion des ressources naturelles,
• Meilleure adaptabilité aux changements internes et externes,
• Amélioration de l'écoulement des marchandises.
Pour chacun des sous secteurs du secteur agricole, des objectifs et stratégies spécifiques ont
été recensés mettant notamment l'accent sur les niveaux d'investissements requis. Afin
d'atteindre ces niveaux d'investissements, des réformes globales devront être mises en œuvre,
avec pour principal souci, la promotion du secteur privé.

La base minière, énergétique et industrielle

Le développement accéléré de ce secteur sera à la base de la croissance économique, et


permettra d'atteindre les grands objectifs que s'est fixés la Côte d'Ivoire, à savoir :
- devenir progressivement un nouveau pays industrialisé ;
- devenir producteur et exportateur de produits miniers, énergétiques et industriels ;
- accroître sensiblement la part des produits manufacturés dans les exportations.
Pour atteindre ces objectifs, la stratégie reposera principalement sur les deux grands axes que
sont :
• la promotion des investissements privés,
• et le renforcement de la compétitivité.

Le secteur tertiaire

Le secteur tertiaire constitue l'un des axes importants de la politique de développement de la


Côte d'Ivoire. Il doit soutenir la dynamique du secteur privé dans son processus d'expansion.
Le secteur tertiaire devra continuer de constituer un secteur moteur de la croissance et non un
secteur entraîné accompagnant le développement agricole et industriel. De ce fait, il doit faire
l'objet de mesures spécifiques, tendant à le rendre plus performant et à renforcer sa
participation au développement économique.

Télécommunications

373
L'objectif de la Côte d'Ivoire est d'être, en Afrique parmi, les pays « phare » en matière de
télécommunications et de multimédia. Il s'agit à la fois de renforcer les services déjà existants
et d'intégrer les nouvelles technologies.

Le téléphone fixe :
Le réseau de télécommunications en Côte d'Ivoire se caractérise par la faiblesse de la densité
téléphonique, par des disparités importantes entre d'une part, Abidjan et l'intérieur, et d'autre
part, entre les zones urbaines et les zones rurales.
Or le renforcement de la coopération commerciale et la dynamisation des investissements
commandent de disposer d'un système de télécommunications performant.
En vue de consolider les acquis, la CITELCOM a été privatisée et le secteur de la téléphonie
cellulaire a été libéralisé.
Les efforts dans ce domaine devront être poursuivis. De ce fait, la Côte d'Ivoire doit accroître
le taux de pénétration ou densité téléphonique qui représente le nombre de téléphones pour
100 habitants d'environ 2,5% en 2001-2002 à 10% en 2005 (en 1995, le taux était de 0,82%).
Ce renforcement de la couverture nationale se fera par la création de nombreuses lignes,
environ 410.000 en 2001-2002 et 610.000 en 2005 (pour 240.000 lignes actuellement).
Au niveau de l'intérieur (hors Abidjan), ce ratio devra atteindre deux téléphones pour 100
habitants en 2005 contre environ 1 téléphone pour 100 habitants en 2001-2002. Le taux en
1995 n'est que de 0,26%.
Dans les zones rurales, la densité téléphonique passera de 0, 1 % en 1995 à environ 0,7% en
2000 et à 1,5% en 2005. Tous les chefs lieux de sous-préfecture devront être équipés en
téléphones.
Par sa capacité à simplifier le système de communication, le téléphone se présente comme un
bien nécessaire et non de luxe. De ce fait, il devra faire l'objet d'une plus grande vulgarisation.
Ainsi l'amélioration de la qualité du service se présente comme un objectif essentiel.
Dans ce sens, le taux de demandes satisfaites sera accru afin de le porter à 70% en 2005, pour
environ 40% en 2001-2002, et le délai moyen de raccordement devra âtre significativement
réduit.
Enfin, le projet d'acquisition d'une station terrienne tournée en direction de l'Asie, en termes
de liaison directe, renforcera la fluidité du trafic dans cette direction. Jusqu'à ce jour,
l'ensemble des communications vers l'Asie subissent un double bond du fait d'un transit
technique par l'Europe, induisant des désagréments tels que l'écho et l'impossibilité d'établir
des liaisons numériques à haute vitesse. En ce qui concerne la performance du réseau,
l'amélioration du système téléphonique sera poursuivie et de nouvelles technologies seront
mises en place afin de satisfaire à cette exigence.

Le téléphone mobile :
Depuis la désactivation du radiotéléphone de type Motorola ainsi que celle de la
radiotéléphonie maritime et côtière, le téléphone mobile s'identifie en Côte d'Ivoire au
cellulaire GSM. Son explosion, ces trois dernières années, a dépassé toutes les prévisions.
Avec le nouveau dynamisme qui s'annonce sur ce marché, il est certain que la téléphonie
cellulaire servira de locomotive pour tirer le développement du téléphone et l'amener à une
densité plus importante.

374
Les nouvelles technologies :
La Côte d'Ivoire est un pays moderne et ouvert aux dernières avancées technologiques, afin de
les adapter à son environnement et d'en tirer le meilleur profit. Le développement des autres
services de télécommunications, en particulier ceux à forte valeur ajoutée tels que l'Internet
demeurent une priorité.
La Côte d'Ivoire se doit d'offrir les meilleurs services dans ce domaine, pour assurer les
liaisons entre le continent africain et les autres continents. En outre, l'intégration des
développements les plus récents et la vulgarisation de ces outils, auprès de l'administration et
du secteur privé, auront des répercussions positives sur le plan national et international.
La mise en place du CNAI devrait permettre d'accélérer le processus de développement. Il
s'agit de définir un cadre réglementaire adapté et promoteur, en s'inspirant notamment de
certaines expériences réussies dans le monde. Par ailleurs, le secteur étant libéralisé, son
développement, sur les bases d'une concurrence saine, paraît d'ores et déjà assuré.
Enfin, le développement du secteur des télécommunications aura des effets induits sur le
secteur industriel, notamment à travers la fabrication de biens et matériels de
télécommunications (câbles, appareils). Il s'agit ici d'encourager la création d'unités
industrielles approvisionnant le secteur des télécommunications, et d'unités susceptibles d'en
assurer la maintenance.

Transport

Le ralentissement sensible de l'économie enregistré au cours des années 1980 et au début des
années 1990 a profondément affecté les performances du secteur des transports. Mais, la
reprise économique amorcée depuis 1994 a permis au secteur des transports d'observer une
reprise de ces performances.
Pour soutenir cette reprise, les objectifs du Gouvernement tels que précisés au PAS des
Transports sont:
- d'accroître la performance de ce secteur en vue d'une amélioration de la compétitivité de
l'économie ;
- d'intégrer de manière accrue les régions défavorisées ;
- de soutenir l'accroissement des échanges avec la sous-région, favorisant ainsi l'intégration
économique.
Les stratégies à mettre en œuvre s'articuleront autour de la restructuration du secteur, du
renforcement des infrastructures existantes et de l'amélioration de la sécurité routière pour
permettre à l'activité des transports de soutenir de manière efficace les objectifs de croissance
fixés pour les secteurs productifs de l'économie.

Tourisme
Le secteur du tourisme constitue l'un des axes importants de la politique de développement de
la Côte d'Ivoire. Cependant, le flux touristique ivoirien reste assez modeste.
Il se situe à 274 074 en 1997 et 236 912 en 1996 contre 188 000 en 1993.
La Côte d'Ivoire ambitionne de devenir une destination de premier choix, et son objectif
principal est de passer d'un flux de 500 000 touristes en l'an 2000 à plus de 1 000 000 de

375
touristes en 2005. Cet accroissement du flux touristique nécessite l'augmentation des capacités
d'accueil et la promotion d'un tourisme de masse.
De ce fait, le nombre de chambres devra passer de 9 000 à l'an 2000 dont 7 000 chambres
d'hôtel et 2 000 chambres de villages de vacances à 43 000 en 2005 dont 28 000 chambres
d'hôtels et 15 000 chambres de villages de vacances.

Le Secteur Financier

Les institutions financières jouent un rôle moteur dans le développement d'un pays. C'est par
leur intermédiaire que se réalisent les échanges monétaires, le financement des activités, la
mobilisation de l'épargne ainsi que la couverture des risques contre lesquels les agents
économiques veulent se prémunir.
Au sein de l'UEMOA, le secteur financier de la Côte d'Ivoire apparaît relativement dense et
diversifié avec l'existence de quatre grandes composantes qui sont :
- le système bancaire ;
- le secteur des assurances et de la prévoyance sociale ;
- le marché financier ;
- les Systèmes de Financement Décentralisés (SFD) comportant notamment les institutions
mutualistes d'épargne et de crédit.
Le développement du secteur financier constituera donc, dans les années à venir, l'un des
objectifs principaux de la politique économique.
En effet, la croissance économique qui reposera principalement sur le développement de
l'investissement privé, nécessitera de ce fait, un système financier diversifié, dans un contexte
de raréfaction progressive de l'aide publique extérieure et de promotion accrue de
l'investissement privé.
Dans ce cadre, l'offre aux investisseurs tant nationaux qu'étrangers d'un système financier
moderne, dynamique, adapté aux besoins des demandeurs de services financiers devient une
impérieuse nécessité.
Aussi, l'objectif pour la période 2000-2005 sera-t-il double ;
Il s'agira :
- au niveau sous-régional, de poursuivre l'érection d'Abidjan en un véritable pôle financier;
- et au niveau interne, d'assurer le renforcement du tissu financier et d'accroître ainsi de
manière substantielle le taux d'épargne intérieure.

La base des exportations

L'étroitesse du marché local impose la conquête des marchés extérieurs et les besoins en
devises nécessitent une plus grande intégration dans les échanges mondiaux. Les actions et
initiatives en faveur de l'amélioration de la compétitivité ivoirienne seront renforcées et
complétées (prix compétitifs, normes de qualité, etc.) de même, les politiques d'ouverture sur
l'extérieur et de promotion des exportations (assurance-export, APEXCI, etc.) seront
accélérées.
La hausse globale de la production permettra d'accroître le surplus exportable. Ainsi, pour
chacun des secteurs, des stratégies ont été définies, en vue de renforcer leur capacité de
production.

376
L'objectif est d'accroître sensiblement les parts de marché de la Côte d'Ivoire, avec un taux de
croissance en volume des exportations d'environ 15% par an.
Par ailleurs, la diversification des exportations par la mise sur le marché international de
produits non traditionnels, permettra de renforcer l'impact des exportations sur la croissance
économique. Un effort particulier sera fait en faveur des exportations de produits
manufacturés. Leur part dans les exportations totales passera de 51% en 1996 à 60% en l'an
2000 et 80% en 2005.
La section suivante présente l'état des lieux et l'environnement des TIC en Côte d'Ivoire.

377
ETAT DES LIEUX ET ENVIRONNEMENT DES
TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA
COMMUNICATION

LES TELECOMMUNICATIONS

Le Cadre Juridique

La loi 95-526 de juillet 1995 instaurant un nouveau code des télécommunications a institué :
- L'Agence des Télécommunications de Côte d'Ivoire (ATCI) qui assure la régulation
(application des textes réglementaires du secteur) et
- Le Conseil des Télécommunications de Côte d'Ivoire (CTCI) qui agit en première instance
en cas de litige.

Le nouveau cadre juridique des télécommunications prévoit trois régimes juridiques selon la
nature de l'activité, à savoir :
o Le régime de droits exclusifs ou de concession ;
o Le régime de concurrence réglementée ou d'autorisation ;
o Le régime de la libre concurrence.

La Présentation

Suite à la mise en œuvre du programme de réforme structurelle qui introduisit le code des
télécommunications en 1995, l’infrastructure des télécommunications en Côte d’Ivoire, en
1999, peut être décrite de la manière suivante :

a) Service téléphonique :
Le taux de numérisation est de 100% en commutation et de l’ordre de 94% en transmission.
L’état des liaisons en transmission, s’établit comme suit :
- liaisons par faisceaux hertziens numériques : 3 715 km ;
- liaisons par fibre optique : 1 597 km ;
- liaisons par faisceaux hertziens analogiques : 280 km ;
- autres liaisons : 71,18 km.
A la date du 31 décembre 1999, le parc de lignes principales s’élevait à 219 283 abonnés,
contre 171 001 au 31 décembre 1998.
Le tableau suivant donne les informations sur les abonnés (CIT et cellulaire) et le taux de
pénétration, de 1997 à mai 2000 :

378
Tableau N°2 : Données sur les abonnés

TAUX DE
ABONNES POPULATIO PENETRATION EN
ANNEE CELLULAIRE ABONNES CIT N %
1997 36 005 142 322 15 292 000 1,17
1998 91 212 171 001 15 854 000 1,65
1999 257 134 219 283 16 377 182 2,91
2000(MAI) 322 500 240 000 16 917 629 3,32

b) Service télex : Le nombre d’abonnés est passé de 837 en décembre 1998 à 755 au 31
décembre 1999, soit une baisse de 9,8%. Ce nombre décroît depuis des années.
c) Réseau Numérique à Intégration de Service (RNIS) : Outre les deux services cités ci-
dessus, Côte d’Ivoire Télécom offre depuis mai 1999 un nouveau service, le RNIS dont le
nom commercial est IRIS. Ce nouveau service compte 204 abonnés au 31 décembre 1999.

d) Réseaux cellulaires :
A fin mai 2000, l'ensemble des trois opérateurs cellulaires (COMSTAR, Société
Ivoirienne de Mobiles (SIM) et LOTENY TELECOM) totalisent 322 500 abonnés avec
donc un taux de pénétration de 1,9 téléphone mobile pour 100 habitants.
Concernant la couverture, de grands efforts sont faits par les opérateurs pour couvrir Abidjan
et ses banlieues et certaines villes de l’intérieur du pays. Les zones couvertes représentent 90
sites pour 182 stations de base chez SIM et 86 sites pour 216 stations de base chez LOTENY
TELECOM. COMSTAR n’a que quatre (4) sites basés tous à Abidjan.

e) Réseaux VSAT : Les réseaux VSAT sont utilisés à titre privé par des détenteurs
d’autorisation dont certains peuvent s’ouvrir au public.

f) Réseaux à ressources partagées (trunking) : Un seul opérateur est titulaire d’une


autorisation et exerce dans ce domaine ; c’est la société LIFT TEL du groupe CFAO.
g) Réseaux de radio recherche / radiomessagerie (paging) : Un seul opérateur offre ce
service qui est en régression du fait de l’avènement de la téléphonie cellulaire.

h) Service de revente (Publiphonie) : Plusieurs opérateurs se partagent ce marché dont les


principaux sont COTE D’IVOIRE TELECOM et PUBLICOM. A fin décembre 1999 environ
1 437 cabines publiques sont déployées.

i) Autres services de revente :


Ce sont les reventes de trafic et de serveurs vocaux. Quatre sociétés ont des autorisations mais
ne sont pas encore opérationnelles : il s’agit de AFRIPA TELECOM et INNOVATEL SA
pour les services de reventes de trafic et pour les serveurs vocaux, de PUBLICOM et WASSI
TECHNOLOGIE.

379
INFORMATIQUE ET INTERNET

L’inauguration du nœud national Internet, souligne la nécessaire complémentarité et la


convergence entre le développement de l’informatique et la construction d’un réseau moderne
de télécommunications fiable, numérisé avec des voies à haut débit et accessible au plus
grand nombre.
La Côte d’Ivoire est connectée à Internet depuis 1996 par le nœud Leyland. Aujourd’hui cette
liaison est à 256 KBPSS vers les USA via MCI. Une liaison à 1 MLBPS vers la France par
France Télécom et une liaison à 256 KBPS vers le Canada par Téléglobe. Il existe cinq
fournisseurs d’accès Internet (ISP), à savoir, AFRICA ONLINE, GLOBE ACCESS,
COMAFRIQUE (Comète), AFNET et COTE D’IVOIRE TELECOM (Aviso). Les noms de
domaines « .ci » ont été enregistrés par le Network Information Center (NIC) Côte d’Ivoire.
Tous ces opérateurs réunis ont environ 6 000 abonnés à fin décembre 1999.
Un réseau privé de l’administration offrant des débits allant de 2 à 34 Mbps et permettant
l'opérationnalisation de l’Internet et de l’Intranet sera opérationnel au cours de l’année 2000.
Les recommandations du CNAI orientées vers une promotion sans précédent de l’Internet,
vers l’irruption massive de l’administration sur la toile, vers la mise en place d’une politique
fiscale adéquate pour le secteur des TIC ainsi que vers la création d’un fonds de
développement des info routes, seront autant d’atouts pour le développement de ce secteur.

MEDIA DE COMMUNICATION

Le Cadre réglementaire

En Côte d’Ivoire, l’information est réglementée par une institution : le Conseil National de la
Communication audiovisuelle (CNCA).
Le CNCA, dans le cadre de ses missions et attributions, veille à la sauvegarde des principes
fondamentaux tels que :
• La garantie de l’exercice régulier du métier de l’information ;
• Le respect de la législation en vigueur et de la déontologie en matière
d’information ;
• Le respect des principes régissant la publicité dans les médias.

La télévision
Le paysage télévisuel se compose principalement de deux chaînes de télévision étatiques,
Radio Télévision Ivoirienne (RTI) première chaîne et RTI deuxième chaîne, toutes deux
basées à Abidjan.
A ces deux chaînes, il faut ajouter les chaînes par satellite telles que TV5, Canal horizons,
Canal France International (CFI) etc.…
Le taux de couverture du territoire par la télévision nationale (première chaîne) est de l’ordre
de 80 %.

380
La radio
Le paysage radiophonique ivoirien comprend une vingtaine de stations de radiodiffusion dont
une station nationale et le reste privé. A cette vingtaine de radios, il faut ajouter trois radios
internationales en FM (RFI, BBC et Africa N°1) et l’installation progressive de radios rurales.

La presse écrite
La presse écrite en Côte d’Ivoire compte une soixantaine de journaux subdivisés en
quotidiens et hebdomadaires. A ceux-ci, il convient d’ajouter l'existence de mensuels,
bimestriels, trimestriels etc…

Autres
A tous ces supports de communication, il faut ajouter les formes traditionnelles de
communication (griot, tam-tam) et le rôle joué par les ONG travaillant en milieu rural et
constituant également des vecteurs de communication de masse.

LES AUTRES MOYENS DE COMMUNICATION

A côté de ces moyens de communication, nous pouvons ajouter :

 Les transports routiers


Le réseau ivoirien est l’un des plus développés de l’Afrique de l’Ouest. En 1995, la
Côte d’Ivoire avait 5 600 km de routes bitumées. L’objectif de la Côte d’Ivoire est
d’atteindre 11 000 km en 2010.
 Les transports ferroviaires
La voie ferrée parcourt une distance de 1 156 km en territoire ivoirien et 518 km au
Burkina-Faso. Elle relie Abidjan à Ouagadougou.
 Le transport maritime
De par l’importance de la façade maritime, les transports maritimes jouent un rôle
capital dans l’économie ivoirienne étant donné qu’environ 90 % des échanges
commerciaux de la Côte d’Ivoire passent par la mer. Il existe actuellement deux ports
en eau profonde : Abidjan et San-Pédro.

 Les transports aériens


La plupart des compagnies aériennes sont autorisées à desservir la Côte d’Ivoire.
Ainsi, ont été autorisés les vols charter, encourageant ainsi le tourisme. La Côte
d’Ivoire possède 3 aéroports internationaux (Abidjan, Bouaké et Yamoussoukro), 14
aéroports régionaux et 27 aérodromes.

Après cette exposition de l'état des lieux des TIC en Côte d'Ivoire, la section suivante traitera
des besoins et attentes des acteurs en rapport avec les TIC.

381
BESOINS ET ATTENTES DES PRINCIPAUX ACTEURS
NATIONAUX EN RAPPORT AVEC LES TIC

NECESSITE DE MAITRISE DES TIC

Dans le contexte de la chute continue des prix des matières premières d’exportation, les
industries de l'information et de la communication constituent une option stratégique de
croissance durable pour la Côte d'Ivoire, tout en fournissant les moyens de modernisation des
secteurs traditionnels.
La révolution de l'information apparaît comme une chance, pour la Côte d'Ivoire, de rattraper
son retard en matière de développement et de réduire le « fossé digital » grandissant entre les
pays développés et les pays sous-développés.
L'économie de l'information est porteuse de multiples promesses dans la mesure où chacun
des domaines de la mondialisation s'appuie sur les applications du commerce électronique.
La Côte d'Ivoire doit investir dans le développement des TIC afin de ne pas être exclue de
l'économie globale de l'information, étant donné que la création des richesses dépendra de ces
technologies.
Par ailleurs, les réseaux de communication permettent aux entreprises de localiser une partie
de leurs activités de production dans différents pays tout en maîtrisant l'ensemble du
processus industriel. Tous les moyens de production et de distribution peuvent être mis en
action et suivis simultanément dans des continents différents grâce aux TIC.

IMPERATIFS DE PRODUCTION DANS LE DOMAINE DES TIC

Ces nouvelles orientations doivent permettre à la Côte d’Ivoire de contribuer dans la


production et l'exportation de biens et services TIC à travers le monde.
Les besoins d'échange d'information et de communication basés sur les TIC existent dans tous
les secteurs de développement et pour tous les acteurs principaux (public, privé et société
civile en général), et ce, en zones rurales comme urbaines.
En général, les besoins exprimés par les différents acteurs et structures sont multiples et
divers, et peuvent être classés selon les rubriques suivantes :
• la disponibilité, au moindre coût, des équipements informatiques (ordinateurs,
périphériques, pièces de rechange) et de communication ;
• la disponibilité au moindre coût et la fiabilité du réseau des télécommunications et en
particulier du téléphone fixe en zones urbaine et rurale ;
• l’accès à l'Internet, au moindre coût, pour le plus grand nombre, dans les villes comme
les zones rurales, afin de diffuser le savoir et consolider l'approche participative au
développement ;
• l’accès à diverses sources d’informations endogènes (informations de l’État destinées
aux citoyens et entreprises, informations des entreprises, contenus culturels et
scientifiques) et aux services (commerce électronique) ;
• l'accès très rapide, fiable et au moindre coût, à Internet pour les centres
d'enseignement (télé-éducation) et les hôpitaux (télé-médecine) ;
382
• le développement des capacités humaines dans toutes les couches de la populations,
soutenu par les TIC ;
• la communication au moindre coût entre les services décentralisés, dans les zones
reculées et les centres de référence souvent localisés dans les zones urbaines ;
• l’utilisation des TIC pour soutenir le développement des zones rurales en fournissant
de l’information aux paysans et en leur permettant d’offrir leurs produits sur Internet
au marché global ;
• la promotion de la culture nationale (langues, contes, musiques, art, médecine
traditionnelle) ;
• la création de la confiance des décideurs du secteur privé, véritables créateurs de
l’économie de l’information, par rapport à l'utilisation des TIC ;
• la diffusion et la circulation de l’information administrative sous forme électronique ;
• L’existence d’un cadre juridique et réglementaire incitant les acteurs à s’engager et à
investir, et permettant l’utilisation des TIC et la conduite des opérations du commerce
électronique.
Au total, les acteurs reconnaissent l’utilité des TIC et les changements positifs qu’ils
apportent et pourraient apporter dans leurs activités. Ils notent cependant que des facteurs tels
que le coût élevé du matériel informatique et des télécommunications, l’absence d’une culture
de partage de l’information et l’insuffisance de la formation, constituent les obstacles à une
utilisation significative de ces technologies.
Face à ces besoins et obstacles, les différents acteurs suggèrent un meilleur engagement des
pouvoirs publics à travers les actions suivantes :
• l’élaboration par les pouvoirs publics, avec la participation de tous les acteurs
concernés, d’une politique nationale en matière de TIC devant servir de cadre pour
toutes les interventions dans le domaine ;
• l’adoption de mesures réglementaires et fiscales incitatives (détaxes douanières,
subventions diverses), en incorporant les technologies de sécurisation des
infrastructures et des transactions électroniques ;
• l'extension du réseau de télécommunications sur tout le pays, pour couvrir
notamment les régions déshéritées ;
• la disponibilité de points d’accès publics (Télé-centres, Centres Internet) sur le
territoire national ;
• la création d'une structure nationale de gestion de la politique des communications
électroniques ;
• la création d'institutions spécialisées de formation en TIC. L’accent sur la formation
des jeunes, des personnels de l'État et des femmes pour le développement de la
nouvelle société ;
• l'accès à un coût faible, en utilisant des solutions communautaires (télé-centres) ou les
solutions de numéros verts ;
• la sensibilisation des ONG et des populations rurales à l'utilisation des TIC et aux
enjeux de l'économie de l'information, comme préalable ;
• la production de contenus endogènes compréhensibles par la population (en français et
en langues nationales) ;
• Création d'une connexion vers le backbone Internet international (USA, Europe), à
très haut débit.

La section suivante traitera des objectifs stratégiques et des secteurs prioritaires d'application.

383
OBJECTIFS STRATEGIQUES DU PLAN DE
DEVELOPPEMENT NICI ET SECTEURS
PRIORITAIRES D'APPLICATION

OBJECTIFS STRATEGIQUES

La Vision

Une Côte d'Ivoire avec un développement économique, social et culturel s'appuyant sur et tiré
par les TIC qui :
- d'une part, soutiennent les secteurs clés de l'économie et de la société et améliorent l'action
des services publics par la pratique d’une bonne gouvernance ;
- et d'autre part, permettent de développer une industrie compétitive de produits et services
TIC contribuant à la croissance et la création d'emplois et assurant au pays sa position de
leadership régional.

Les Objectifs stratégiques

Ils sont identiques à ceux définis ci-dessus et se formulent comme suit :


- Familiariser la société ivoirienne aux Technologies de l’information et de la
communication ;
- Mettre en place les mesures promotionnelles, les programmes d'incitation permettant de
développer les TIC ;
- Développer les capacités en TIC et transformer le système éducatif au moyen des TIC ;
- Généraliser l'accès aux infrastructures d'information et à l'Internet en particulier dans les
villes, les zones rurales, les zones défavorisées, en somme, « accès pour tous et tous
accessibles » ;
- Développer une infrastructure haut débit nationale et les applications d'information et de
communication s'appuyant sur les technologies de l'Internet ainsi que l'interconnexion aux
infrastructures globales ;
- Améliorer les services publics grâce aux TIC en dématérialisant les processus d'échanges
de l'Administration avec les administrés ;
- Fournir le contenu national en information ;
- Définir les normes, règles et bonnes pratiques pour l'exploitation et l'utilisation des TIC ;
- Définir le cadre légal et réglementaire adaptés aux TIC et à la conduite du commerce
électronique ;
- Sécuriser les infrastructures d'information et de communication ;
- Soutenir le processus démocratique par l'utilisation des TIC.

La Politique des TIC

La Côte d'Ivoire devrait mettre en œuvre une politique visant à la fois l'utilisation et la
production des TIC et plus spécifiquement :
- L'utilisation des TIC pour améliorer les services des pouvoirs publics aux citoyens et aux
entreprises ;

384
- L'utilisation des TIC par les entreprises et les organisations de la société civile dans
l'accomplissement de leurs tâches ;
- L'utilisation des TIC pour appuyer le développement d'une industrie nouvelle de produits
et services en la matière.
La politique des TIC devrait donc être intégrée dans le programme général de développement
socio-économique défini dans le cadre de la Vision Côte d’Ivoire 2025.

Facteurs clés de succès

Les principaux facteurs clés de succès (ressources et compétences) ont été identifiés et sont
pris en compte dans la stratégie de mise en œuvre de l'infrastructure nationale. Il s'agit de :
- la compréhension des besoins et la prise de conscience des enjeux de la société de
l’information ;
- l'accès aux câbles sous-marins de fibre optique ;
- le soutien et l’implication des plus hautes autorités de l’État ;
- le rôle modèle de l’État et la participation active du secteur privé et de la société
civile ;
- la disponibilité de ressources financières et de capacités humaines ;
- l'implication des femmes, des jeunes et de la diaspora ;
- l’existence d’une infrastructure des télécommunications numérique, performante,
largement distribuée et à faible coût d’accès ;
- l'existence de partenariats stratégiques financiers et technologiques avec les leaders
mondiaux du secteur ;
- la sécurisation des infrastructures et des échanges de l’information et de la
communication ;
- l'existence d'un environnement institutionnel juridique, réglementaire et fiscal
stable et favorable aux TIC.

La stratégie de développement des TIC porte sur des secteurs prioritaires d'application. A
chaque secteur est rattaché un ensemble de projets.

LES SECTEURS PRIORITAIRES D'APPLICATION

Les programmes prioritaires identifiés pour atteindre ces objectifs


s’inscrivent dans le cadre d’une politique d’orientation centrée sur les neuf
(9) domaines d’intervention suivants :
1. Agriculture et ressources naturelles ;
2. Culture ;
3. Éducation / Formation / Recherche ;
4. Bonne gouvernance ;
5. Secteur privé ;
6. Santé ;
7. Femme ;
8. Tourisme ;
9. Média.

385
Secteur 1 : Agriculture et ressources naturelles

La prédominance du secteur agricole dans l'économie ivoirienne impose l'utilisation


intensive des TIC pour soutenir et moderniser l'agriculture.
Il s'agit de mettre à la disposition des décideurs et des agriculteurs une offre d’information
nécessaire à la prise de décision en matière de gestion agricole et de ressources naturelles.

Secteur 2 : Culture

Les TIC permettront de préserver et de promouvoir la culture nationale et d'encourager le


développement d'une culture de l'échange et du partage dans le domaine de l'information.
Il s'agit de promouvoir l’émergence d’industries culturelles et touristiques, en œuvrant
pour la production et la mise à jour de contenus dans divers domaines (patrimoine
culturel et touristique, langues nationales, presse, édition, livre, audiovisuel, radio,
télévision, etc.) ainsi que leur diffusion sur le marché national et mondial à travers des
supports multimédias
Dans le cadre d’une promotion de la culture ivoirienne à l’extérieur, il est apparu
nécessaire de créer une base de données sur les œuvres culturelles, les infrastructures de
réception, les manifestations culturelles et sur les artistes.

Secteur 3 : Éducation / Formation / Recherche

Le développement rapide des TIC demande la mise en valeur de ressources humaines et


de développer les capacités suffisantes pour concevoir, installer, maintenir et utiliser les
nouvelles infrastructures et applications des TIC.
Dans le but de soutenir la promotion des TIC et nourrir le processus de développement,
les écoles, les universités et les centres de recherche restent les lieux de prédilection de la
culture informatique. C’est ce qui justifie le choix du présent secteur comme prioritaire.
Il faut aussi notifier que le système éducatif ne dispose pas d’équipements appropriés
pour suivre le mouvement de l’informatisation accélérée et de l’utilisation massive des
TIC dans la société moderne ; L’une des raisons essentielles de cet état de fait incombe
au coût élevé du matériel informatique, qui est en partie dû aux taxes d’importation
trop onéreuses.
Par ailleurs, l’interconnexion des différents services au sein d’un ministère permettrait
l’organisation et l’automatisation des procédures de gestion. En particulier la maîtrise
des coûts et des différents paramètres liés à la gestion scolaire pourrait être facilitée.

Secteur 4 : Bonne gouvernance

Plus que jamais, l'État a un rôle important dans la vision des politiques et des grandes
orientations stratégiques de développement des infrastructures des TIC. Il doit en
particulier, avec le concours du secteur privé, créer la confiance, créer les
infrastructures, sensibiliser, développer les applications, les services et les capacités
humaines et définir le cadre légal et réglementaire permettant à tous de participer au
progrès impulsé par les TIC.
L'État doit utiliser les TIC pour l'instauration d'un environnement juridique,
réglementaire et institutionnel propre à promouvoir une meilleure gestion des affaires

386
publiques, et le développement des activités économique social, politique,
environnemental, culturel, technique dans un esprit de transparence et de civisme
caractérisant la bonne gouvernance.
La nécessité de disposer d’un organe ou d’un processus rendant disponible les
informations gouvernementales, l’existence des infrastructures supportant ce processus
et la disponibilité des compétences techniques en la matière justifient amplement la
réalisation et la mise en exploitation de ce secteur

Secteur 5 : Privé

Le secteur privé a un rôle décisif à jouer dans le développement et le financement des


infrastructures nationales d’information et de communication.
La clé du succès réside dans la collaboration entre pouvoirs publics et secteur privé, en
matière d'utilisation efficace des Technologies de l’information et de la communication.
Il s'agit de mettre en place un réseau de communication offrant aux opérateurs économiques
et entrepreneurs, PME/PMI (Ivoirien de l'intérieur et de l’extérieur), tous secteurs confondus,
l’accès rapide et peu coûteux à toute information sur les opportunités d’affaires, les
potentialités économiques et les données de base relatives à la réglementation nationale et
communautaire (fiscalité, douane, investissements, manuels de procédures etc.). Il s'agit, par
ailleurs, de permettre la conduite des transactions du commerce électronique sécurisées inter-
entreprises et entreprises-consommateur final.

Le Commerce électronique que nous considérons ici va bien au delà des échanges
marchands électroniques. Il s’agit de l’ensemble des transactions électroniques
dématérialisées menées sur le réseau public et ouvert qu’est l’Internet qui constitue
aujourd’hui l’autoroute de l’information « de facto » qui vont de la fourniture d’informations
numérisées, la prise de commandes et le paiement en ligne, pour certains produits et services
«numériques », la livraison en ligne et même le support clientèle et la maintenance des
systèmes d’information. C’est toute la chaîne de valeur qui est repensée en s’appuyant sur les
technologies et ressources de l’Internet qui constitue le média d’information et de
communication.
Le Commerce électronique basé sur l’Internet est de plus en plus considéré comme le «
moteur de l’économie globale» du début du 21ème siècle et ce dans le contexte de la Société
d’Information.
Les enjeux sont stratégiques et leurs effets significatifs et durables. Nous sommes à l’aube de
nouveaux modèles de société caractérisés par la dématérialisation et la globalisation des
processus d’échanges, la contraction des cycles économiques, la disparition ou la réduction
des barrières et contraintes traditionnelles telles les frontières géographiques.
Il est facile d’identifier les avantages pour les PME d’une adaptation aux pratiques du
Commerce Électronique. Il s’agit de la possibilité d'atteindre de nouveaux clients et marchés,
nationaux et internationaux qui est considérablement accrue. La réduction de coûts, la
réduction du temps de réponse et l’amélioration du service à la clientèle entraînent de
meilleures relations d'affaires. En outre, le Commerce Électronique permet un contact rapide
et en profondeur grâce à l’interactivité des sites Web avec les clients et les fournisseurs.
Le Plan se concentrera essentiellement sur les aspects d’infrastructures (téléphonie, transfert
de données, réseaux d’ordinateurs), l'accès , le cadre juridique (signature , contrat
électronique, droits d’auteurs, protection des noms et des marques, protection des libertés
individuelles), les applications génériques (autorité de certification et de services de

387
paiements électroniques) et spécifiques ainsi que les actions de promotion, de sensibilisation
et de formation initiées par l’État et les associations professionnelles.
L’État a un rôle important à jouer dans le développement du Commerce électronique et ce, en
tant qu’acteur, régulateur et promoteur.
Les consommateurs (ménages) et acheteurs (administrations et entreprises) ainsi que les
fournisseurs de services de Commerce Électronique (administrations et entreprises) et les
centres de formation ont besoin d’accès Internet fiables, rapides et peu coûteux.
L’expérience des pays plus avancés montre que l’existence de l’infrastructure, du cadre
juridique et des compétences techniques ne suffisent pas pour développer rapidement le
Commerce Électronique. Les aspects humains et culturels (confiance, sensibilisation,
mobilisation, encouragement) sont les freins majeurs qu’il convient de prendre en compte le
plus tôt possible. Ceci est d’autant plus vrai pour la Côte d’Ivoire étant donné la multiplicité
des défis qui doivent être relevés.
Le cadre juridique et réglementaire adapté est un pré-requis pour la conduite du Commerce
Électronique car il crée un contexte de «certitude juridique », environnement légal et
réglementaire stable et prévisible nécessaire. Ceci est d’autant plus vrai si l’on considère la
multitude des législations nationales applicables pouvant intervenir lors des transactions
électroniques internationales.

Secteur 6 : Santé

Il s'agit de généraliser l’utilisation des TIC en vue de renforcer le système d’information pour
la gestion du secteur de la santé et favoriser les échanges professionnels au sein du personnel
de santé. Il sera ainsi possible d'améliorer la qualité des services offerts aux populations,
notamment la pratique de la télé médecine comme application des TIC.

Secteur 7 : Femme

A l‘ère de l’info route, il est nécessaire de former les femmes dans le domaine des TIC, pour
éviter leur marginalisation dans le développement de ces nouvelles technologies. Le plan
national des TIC doit contribuer à améliorer le statut et les conditions de vie de la femme.
La section suivante présente les actions ou projets prioritaire, par strates de l'infrastructure de
l'information.

Secteur 8 : Tourisme

La mondialisation ainsi que l’économie de l’information mettent à la disposition des pays


africains toute une gamme de possibilités pour accroître le développement économique par la
promotion de l'industrie du tourisme.
Différentes applications TIC peuvent soutenir l'activité touristique par la promotion des sites
touristiques, la vente des circuits touristiques africains, l'attraction d'un plus grand nombre de
touristes et la simplification des réservations d'hôtels réalisées au moyen de services en lignes
et principalement de l'Internet.

388
Secteur 9 : Média

Les TIC ont provoqué d’importantes mutations dans le secteur des média telles que la mise à
disposition gratuite en ligne des journaux. Devant ces nouvelles possibilités, les média se
doivent de trouver de nouveaux moyens d’existence intégrant l’impact des TIC.

389
ACTIONS PRIORITAIRES PROPOSEES ET PLAN
D'EXECUTION A COURT ET MOYEN TERMES (0 A 3
ANS) ET A LONG TERME (3 A 5 ANS ET PLUS)
Afin de faciliter et d’accélérer le développement et la mise en œuvre de l'infrastructure
nationale d'information et de communication, les éléments constitutifs de cette infrastructure
ont été regroupés en cinq (5) strates ou couches, à savoir, l'accès, les applications et contenus,
le développement des capacités, les infrastructures de base et les cadres juridique et
réglementaire. Nous décrivons ici l'infrastructure en faisant l'hypothèse d'une convergence
rapide des réseaux de données et de voix sur l'Internet. La performance, la fiabilité et
l'extensibilité de l'infrastructure sont fonction de la qualité de chacune des couches.
Des actions prioritaires ont été identifiées pour chaque couche de l'Infrastructure nationale.

ACCES

L'accès aux TIC est constitué par l'ensemble des systèmes de traitement de l'Information, des
systèmes de communication permettant à l'usager d'accéder au contenu et aux autres
ressources des réseaux et de l'Internet.
En Côte d’Ivoire, l'accès est fort coûteux et essentiellement concentré dans les zones urbaines,
favorisées ; Les besoins de financement très importants que requiert son accroissement
imposent une concertation entre l'État, le secteur privé et les bailleurs de fonds.
L'objectif est l'accroissement rapide et étendue de l'accès aux TIC et à l'Internet en particulier.
L'atteinte de cet objectif passe par :
- la mise en œuvre de politiques et de mesures d'encouragement (libéralisation,
défiscalisation, accès universel à coût réduit) ;
- le développement des infrastructures de base (connectivité internationale et
bacKbpsone national) ;
- la sensibilisation des populations (formation à grande échelle), des
utilisateurs des TIC, et enfin,
- l'existence d'un contenu national riche, de qualité et aisément accessible.
La couche accès compte six (6) projets prioritaires qui sont :
• Favoriser l’accès des coopératives et ONG aux TIC (équipement, formation,
connexion à l'Internet);
• Lancer des initiatives permettant au secteur Éducation / Formation / Recherche
(établissements d'enseignement général, technique et professionnel) d'acquérir
des ordinateurs dans des conditions financières attractives (partenariats,
subventions) ;
• Donner l'accès Internet (cyberclasses) à tous les établissements d'enseignement
primaire, secondaire, supérieur, et les centres de recherche ;
• Promouvoir le développement ainsi que l'utilisation des logiciels libres ;
• Développer des infocentres et télé-centres à buts multiples sur toute l’étendue du
territoire national, notamment dans les gares routières, les gares de chemins de
fer, les aéroports… ;

390
• Créer des nœuds d'accès à Internet dans toutes les régions avec un coût local
réduit pour l'usager ;
• Connecter à l'Internet les administrations et établissements publics.
La stratégie de vulgarisation de l'accès s'appuiera :
- d’abord sur les communautés intermédiaires : associations de médias,
enseignants, étudiants, organisations des femmes, organisations des jeunes,
ONG ,
- ensuite sur les lieux de fourniture de services au public : les postes, les gares,
les halls d’information, les universités, les écoles, les centres culturels, les
foyers de jeunes, les instituts de formation et d’éducation féminine, les
mairies et les centres d’affaires ;
- et enfin, le choix des modes d'accès qui est un élément de décision
stratégique. Ainsi l'accès collectif sera privilégié par rapport à l'accès
individuel afin d'en réduire les coûts (télé-centres et cyberclasses).
Une attention toute particulière sera accordée aux zones rurales où le manque
d’infrastructures, l'éloignement des points d'accès, le faible niveau des revenus et des
connaissances en TIC constituent des freins à la réduction du fossé digital.
Ainsi, le choix des "télé-centres à buts multiples" sera le mode privilégié de l'accès dans les
zones défavorisées.
La réduction du coût des équipements terminaux, du téléphone et de l’Internet ainsi que les
approches d'accès partagés dans les télé-centres, l'instauration de tarifications particulières au
niveau du téléphone fixe et l’avènement des réseaux IP large bande devraient permettre une
large diffusion des TIC dans la population, et ce, à moindre coût.

APPLICATIONS ET CONTENUS

L’infrastructure de l’information et de la communication permet d’accéder tant au contenu


informationnel qu’à l’espace électronique où les activités économiques et sociales réelles se
passent. La qualité des données et de l’information, des bases de connaissance accessibles par
le biais de cette "info-structure" , qui englobe aussi bien les ressources locales que les
ressources mondiales, et la manière de les utiliser, constitueront en fin de compte l’aune à
laquelle seront mesurés les avantages apportés par la "Société de l’Information". Le volume et
la qualité de la production nationale de contenus donneront une raison d’être aux
infrastructures et moyens coûteux mis en œuvre. Cela justifie le choix des applications et des
contenus comme l’une des principales couches de l’infrastructure nationale.
Il s’agit ici de ce qui intéresse l’utilisateur, à savoir :
- les informations sur les pages Web
- la messagerie électronique
- les bases de données
- les modules de formation
- la vidéo-conférence
- la télé-médecine.

391
Le contenu constitue la destination finale de l’utilisateur des TIC.
Il y a nécessité de concevoir et mettre en œuvre les systèmes d’information dans les
différentes applications et les bases de données sectorielles nationales, saisir les données,
créer et gérer les bases de données et les systèmes d’aide à la prise de décision, créer les
serveurs sur Internet.
Il s’agira donc de déployer des applications de services destinés à l’Administration, aux
entreprises et aux différentes couches de la population (notamment les femmes et les jeunes).

Cette couche est composée de vingt - et - un (21) projets prioritaires qui


sont :
• Développer et vulgariser l’utilisation du courrier électronique en mettant en œuvre un
réseau de messagerie électronique ;
• Construire un centre virtuel d’assistance aux coopératives et à la promotion des
produits agricoles ;
• Construire un centre virtuel d’assistance aux établissements de santé ;
• Créer les sites Web des universités, des établissements d’enseignement secondaire,
général et technique comprenant l’inscription, la consultation des résultats aux
examens, et le téléchargement des cours en ligne ;
• Créer un portail Internet national pour les femmes (répertoires, actualités, galeries
marchandes) ;
• Mettre en ligne les informations de l’État pour les usagers, en respectant les
contraintes de sécurité :
9 œuvres culturelles et productions de l’esprit,
9 documents officiels (photothèque, journal officiel, décrets, sons) incluant un
système d’enregistrement et de photographies ;
9 formulaires et déclarations fiscales par dématérialisation et simplification des
processus ;
• Développer le système financier et budgétaire de l’État avec une interaction en ligne
sécurisée ;
• Créer le fichier central sécurisé d’état civil ;
• Créer le fichier unique des agents de l’État ;
• Produire les cartes professionnelles des agents de l’État ;
• Mettre en ligne l’offre touristique de la Côte d’Ivoire ;
• Construire un centre virtuel d’assistance à l’exportation ( Trade Point) ;
• Créer le portail gouvernemental pour promouvoir la Côte d’Ivoire et soutenir les
productions nationales ;
• Créer le réseau sous-régional des paiements électroniques inter-bancaire ;
• Développer des imageries satellites sur les ressources naturelles (agriculture, pêche,
élevage, faune, flore, forêt, mines, énergie, animaux) ;
• Créer un portail pour les média nationaux ;
• Créer une bourse d’échanges sur les productions nationales ;
• Automatiser les opérations de compensations inter-bancaires nationales et régionales
(Automated Clearing House)
• Mettre en place le serveur des paiements électroniques par carte de crédit ( Visa /
Mastercard,…) pour le règlement des transactions commerciales en ligne
• Développer le réseau des paiements inter-bancaires nationaux

392
• Créer un Gateway international d'accès au réseau des paiements financiers
internationaux pour les petites et moyennes banques.
La conformité aux standards internationaux pour le développement des applications et des
contenus de l’Etat est une exigence.
L’ouverture aux entreprises privées nationales des contrats de développement d’application
de l’administration est un élément important pour développer l’industrie du logiciel et est
conforme aux accords de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) . La stratégie
intégrera la recherche des meilleurs logiciels aux meilleurs rapports coûts/qualité .

La stratégie d’équipement devra mettre l’accent sur les technologies numériques afin de
produire des contenus aux normes standard.
Dans la politique de localisation, la préférence sera donnée à l’hébergement national
(Data Center) sauf en cas de nécessité de rapidité d’accès pour la communauté
internationale. L’Etat, premier producteur d’informations, doit donner l’exemple en
dématérialisant les formulaires et les procédures.

DEVELOPPEMENT DES CAPACITES

Le développement économique et social est plus que jamais déterminé par la qualité des
ressources humaines. Aussi, l’existence de ressources humaines en qualité suffisante
demeure-t–elle un problème épineux. Or les compétences locales en matière de TIC font
cruellement défaut à cause :
- de l’absence d’une politique nationale de formation aux TIC,
- du coût de l’accès,
- des structures d’information et de documentation inadaptées,
- du manque de sensibilisation sur les enjeux de TIC.
De surcroît, les rares centres de formation existants ont été purement et simplement
abandonnés dans le cadre des privatisations, notamment l’Institut Supérieur Africain des
Postes et Télécommunications (ISAPT) et l’Ecole Supérieure Interafricaine de l’Electricité
(ESIE).
Il apparaît donc nécessaire et prioritaire d’investir et de développer les capacités humaines en
TIC pour préparer la Côte d’Ivoire à l’ère de la Société de l’Information.
Le développement des capacités consiste en l’identification des besoins, en la sensibilisation
et au développement des compétences et aptitudes permettant la maîtrise des TIC pour
concevoir, installer, maintenir et utiliser les infrastructures et les applications.
Le développement de l’infrastructure nationale de l’information et de la communication
requiert le renforcement des capacités.
L’objectif est d’éduquer et de former les différentes couches de la population aux TIC pour
une meilleure insertion dans la société de l’information. Il s’agit :
- d'accroître le nombre d'étudiants sortant des centres spécialisés d'enseignement,
- de renforcer le contenu des programmes, en y intégrant des modules en TIC,

393
- de renforcer le partenariat entre les universités, les grandes écoles et les entreprises,
- de développer un partenariat entre les institutions de formation et de recherche nationales
et étrangères,
- d’assurer la formation des formateurs,
- de développer la formation continue,
- de veiller au transfert des compétences des consultants aux homologues nationaux,
Au niveau de cette couche “ développement des capacités ”, trois axes prioritaires de 24
projets sont proposés :

Axe prioritaire 1 : Formation et Recherche

• la formation initiale
- procéder à la formation des techniciens et ingénieurs en TIC et particulièrement
en télécommunication avec la réouverture de l’ISAPT ;
- renforcer la formation aux TIC à l’ISTC ;
- réhabiliter les infrastructures de base des centres de formation existants (ISAPT,
ISTC, UNIVERSITES, INPHB)
- proposer des Formations en TIC dans les UFR et les grandes écoles ;
- initier des projets d’acquisition des connaissances de base en TIC dans tous les
établissements d’enseignement ;
- adapter le programme d’enseignement de base et d’enseignement supérieur au
contexte de TIC notamment par la création de cyberclasses.
• La formation continue
- organiser des formations de spécialistes en cours du soir ;
- organiser des formations au profit des agents du développement ;
- former le personnel de l’administration et du secteur privé aux TIC (centre de
formation, support technique) ;
- développer les capacités des connaissances des femmes dans le domaine des TIC
avec un accent particulier sur les contenus éducatifs.

• La Formation des Formateurs


- initier des programmes de formation en TIC destinés à accroître le niveau de
connaissance des enseignants
• La Recherche
- initier des programmes de recherche destinés à développer les TIC,
- créer et mettre à jour les indicateurs de mesure sur le renforcement des capacités.

Axe prioritaire 2 : Sensibilisation aux TIC


Il s’agit de sensibiliser :
- les décideurs politiques et économiques,

394
- les professionnels des média,
- les leaders d’opinion,
- les ONG,
- les groupements et associations féminines,
- les syndicats,
- les coopératives,
- les groupements et associations de jeunes

Axe prioritaire 3 : Partenariat


- établir de solides partenariats stratégiques entre les acteurs en charge des TIC en Côte
d’Ivoire et les leaders technologiques mondiaux du secteur ;
- mettre à contribution les compétences de la diaspora ;
- adopter une stratégie de motivation des compétences qualifiées par la revalorisation des
salaires afin d’éviter la fuite des cerveaux.

INFRASTRUCTURES DE BASE

Il ne peut y avoir d’infrastructures nationale d'information et de communication


fonctionnant efficacement sans des moyens technologiques fiables et performants.
La mise en place de ces moyens de base sur lesquels reposera la société ivoirienne de
l'information passera par des modifications radicales des ressources technologiques
actuelles. Il faudra déployer des efforts considérables pour mettre au point la base de
l'infrastructure de l'information.
Il faudra non seulement moderniser et développer l'infrastructure de base au niveau
national mais également améliorer l’interconnexion au plan continental et créer des
centres de transit internationaux de très grande capacité pour l'accès à l’infrastructure
globale.
A cet égard, la Côte d'Ivoire peut, en se dotant des technologies les plus récentes,
rentables et adaptées, réaliser le saut technologique lui permettant de combler son
retard.
Cela permettra d’établir la connexion haute vitesse du pays à l'Internet et le
déploiement d’un bacKbpsone national orienté TIC.
L’infrastructure de base sera constituée des serveurs et systèmes hébergeant les
applications et les contenus, des réseaux de voix et de données, des moyens de transport
(fibre optique, le satellite, le faisceau hertzien) et des centres de sécurité (autorité de
certification, PKI).
La couche Infrastructure contient quinze (15) projets prioritaires qui sont :
• Renforcer le réseau des centres d'enseignement et de recherche afin de permettre la
fourniture de programmes d'éducation à distance (RESURCI) ;
• Créer une Zone Franche TIC à Abidjan vers la zone aéroportuaire ;

395
• Automatiser le système de gestion des fréquences radio-électriques ;
• Mettre en oeuvre une infrastructure de clefs publiques sur l'Intranet de l'Etat (PKI,
autorités de certification) ;
• Créer un centre de délivrance de certificats digitaux pour la région aux fins de
sécuriser les transactions électroniques;
• Créer le Nœud Internet du Gouvernement ;
• Procéder au rapatriement du NIC (Network Information Center) Côte d'Ivoire ;
• Créer le "Data Center" de l'Administration ;
• Développer l’infrastructure du Réseau Privé de l'Administration ;
• Développer l’Intranet de l'Administration ;
• Créer un réseau Internet haut débit au niveau régional (RASIC) ;
• Doter les studios radio et télé d’équipements numériques ;
• Créer une société de télédiffusion nationale en charge des infrastructures ;
• Créer le Peering local ;
• Re-dynamiser l’exploitation du nœud Leyland.
Le déploiement de l'infrastructure de transport de base national requiert la mise en œuvre de
grands projets (point d'atterrissage de la fibre optique, réseau de fibre optique et de faisceaux
hertziens à haut débit pour l'interconnexion des villes, la consolidation des accès satellite de
l'Etat).

CADRES JURIDIQUE ET REGLEMENTAIRE

L’Initiative Société Africaine de l’Information (AISI) ne peut être menée à bien sans un
cadre et des dispositifs appropriés en matière d'institutions, de lois et de réglementations
aux niveaux national et régional. Il est essentiel d'examiner les pratiques juridiques,
réglementaires et institutionnelles qui freinent la mise en place de services nationaux
d'information et de communication et la connexion à l'infrastructure mondiale
d'information dans le contexte de la convergence des télécommunications, de
l’informatique et des média.
En Côte d’Ivoire, le rôle du gouvernement est de présenter une vision de l'avenir, une
stratégie et un environnement favorable à la mise en place d'une infrastructure
nationale d'information et de communication (NICI) et de veiller à ce que tous les
secteurs sociaux en tirent profit. En d'autres termes, il s'agit de créer la confiance pour
permettre les transactions électroniques et attirer des investissements nationaux et
internationaux.
Afin de constituer un cadre incitatif pour les investisseurs, la réglementation devra être claire,
stable, largement diffusée et adaptée à l'évolution des TIC.
Dans cette couche, cinq (5) projets prioritaires ont été identifiés :
• Réduire les coûts d’acquisition des TIC par une fiscalité incitative ( importation
d’équipements TIC, taxes relatives aux services TIC) ;
• Procéder à la révision du cadre légal et juridique pour l’adapter à l’environnement de
la société de l’information :
- le commerce et les échanges électroniques,
- le code des Télécommunications,
- la libéralisation du secteur de l’audiovisuel,

396
- la loi sur la concurrence,
- la propriété intellectuelle,
- la protection des applications logicielles,
- les règles de preuves légales,
- la confidentialité des données,
- la réglementation de la cryptologie,
- la protection des données personnelles et des libertés,
- le répertoire d’identification des personnes physiques,
- le droit des consommateurs,
- la responsabilité des acteurs de la société de l’information.
• Consolider les autorités de régulation existantes en une autorité unique sous la tutelle
du Premier Ministre pour répondre aux exigences de la convergence des TIC ;
• Contribuer à la création d’une coordination régionale en matière de droit ;
• Former aux nouveaux cadres réglementaires les acteurs de la société de l’information
• (Administration, impôts, douane, police, magistrat etc.…)
Il apparaît nécessaire d'éviter les contraintes non justifiées sur l'utilisation des TIC dans la
législation, et de reconnaître, par exemple, le document électronique comme la preuve d'une
transaction légale. Il est aussi nécessaire de déployer les solutions techniques (signature
électronique, authentification des parties, confidentialité des données) assurant la sécurité des
transactions électroniques. Ceci constituerait un cadre juridique pour le commerce
électronique.

La section suivante aborde la manière dont sera mise en œuvre le plan des TIC.

397
STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE DU PLAN DE
DEVELOPPEMENT
La stratégie de mise en œuvre du plan sera fondée sur :
(i) un processus de participation et de concertation permanentes engageant tous les
acteurs concernés du secteur public, du secteur privé, de la société civile en général et
(ii) la création de partenariats stratégiques financiers et administratifs avec les acteurs
nationaux et internationaux.
Au regard des résultats fournis par l’évaluation de l’environnement des TIC actuel, la mise en
œuvre du plan ne peut être effective que si un certain nombre d’obstacles sont levés à savoir :
- les obstacles liés au développement des télécommunications (Infrastructure, coût,
réglementations) ;
- les obstacles liés à la disparité ou à l’absence de normes et standards ;
- les obstacles liés à l’absence de bases juridiques et de cadre institutionnel ;
- les obstacles liés à la faiblesse en nombre et des compétences en matière des
ressources humaines.
La levée de ces obstacles et la mise en œuvre du plan imposent des rôles et responsabilités à
chaque catégorie d’acteurs.

ROLE ET RESPONSABILITES DES DIFFERENTS ACTEURS


NATIONAUX

™ Le Conseil National des Autoroutes de l'Information (CNAI) est chargé de :


• Conseiller le Gouvernement en matière de stratégie de développement des réseaux et
de technologies de l'information et de mobilisation des financements pour la
réalisation de projets ;
• Elaborer et proposer au Gouvernement la réglementation ivoirienne en matière de
production et de gestion des services multimédia ;
• Coordonner les initiatives publiques et privées de développement des autoroutes de
l'information en Côte d'Ivoire ;
• Informer le Gouvernement de tout problème éventuel qui surviendrait dans la mise en
oeuvre des stratégies de développement des autoroutes de l'information en Côte
d'Ivoire adoptées par le Gouvernement ;
• Examiner toute question qui lui sera soumise par le Gouvernement.

™ Le Conseil des Télécommunications de Côte d'Ivoire (CTCI) est une haute autorité
administrative indépendante qui a pour missions :
• de veiller au respect du principe d'égalité de traitement des opérateurs du secteur des
Télécommunications ;
• de veiller au respect des dispositions contenues dans les Conventions de concession,
les cahiers des Charges et les autorisations délivrées par l'Administration ;
• d'assurer avant tout recours arbitral ou juridictionnel, la conciliation et l'arbitrage des
litiges nés entre l'Administration et les opérateurs du secteur des Télécommunications
à l'occasion de l'exercice par l'Administration de ses attributions.

398
™ L'Agence des Télécommunications de Côte d'Ivoire (ATCI) a pour mission de réguler
les Télécommunications en Côte d'Ivoire. A ce titre, l'ATCI assure un double rôle d'agence
technique et de police des Télécommunications. Ses activités sont les suivantes :
• de faire appliquer les textes en matière de télécommunications ;
• de définir les principes et autoriser la tarification des services qui sont fournis sur le
régime du monopole ;
• de délivrer les autorisations d'exploitation des services des télécommunications;
• d'accorder les agréments des équipements terminaux ;
• d'assurer la gestion et le contrôle du spectre des fréquences radio-électriques ;
• de contribuer à l'exercice des missions de l'Etat en matière de défense et de sécurité
publique ;
• de contribuer à l'exercice de toute autre mission d'intérêt public que pourrait lui
confier le Gouvernement à l'étranger pour le compte de l'Etat dans le secteur des
télécommunications.

™ Le Gouvernement : est le principal consommateur et producteur d'information, et


comme tel a un rôle important à jouer dans la propagation des TIC dans le pays. Tout d'abord,
il devrait s'engager à utiliser les TIC au niveau national et être convaincu qu'elles peuvent
soutenir le développement économique et social du pays.
Le gouvernement devra jouer les rôles principaux suivants afin de faire du
développement des TIC un succès, savoir :
- définir les politiques, élaborer et proposer la législation qu'il juge la mieux adaptée
pour répondre aux besoins, en matière de TIC ;
- élaborer les orientations, les principes directeurs et les objectifs en vue d'assurer un
développement dynamique et harmonieux du secteur des TIC ;
- assurer une représentation adaptée aux priorités de la Côte d'ivoire auprès des
institutions nationales et internationales ;
- définir les normes et spécifications techniques applicables en Côte d'Ivoire, en accord
avec les organismes nationaux et internationaux compétents en matière des TIC ,
- veiller à ce que soient assurées de façon indépendante, d'une part les fonctions de
réglementation et de contrôle des activités relevant du secteur des TIC, et d'autre part
les fonctions d'exploitation de réseaux ou de fourniture de services TIC ;
- élaborer, avec la participation de tous les acteurs concernés, une politique nationale en
matière de TIC devant servir de cadre pour toutes les interventions dans le domaine ;
- mettre en place un fonds pour le développement des technologies de l’information ;
- introduire et généraliser, par l'entremise des Ministères chargés de l’Education
Nationale, l’initiation aux TIC dans les programmes d’enseignement scolaire et
universitaire ;
- montrer l'exemple en utilisant les TIC pour améliorer les services publics existants ;
- adopter des mesures d’accompagnement (détaxe douanière, subventions diverses) pour
permettre à un grand nombre de se procurer un ordinateur.

™ Le secteur privé, les ONG nationaux, les organisations professionnelles, les partis
politiques et associations de développement , en tant que acteurs, et une fois que le
gouvernement a défini le cadre approprié des TIC, ont pour rôles de :
- constituer des groupes de pression pour l’instauration et le maintien d’un
environnement favorable au développement des TIC ;

399
- promouvoir la mise en place de partenariats durables pour le développement des TIC
dans le contexte du plan ;
- développer des initiatives visant à profiter du nouvel environnement pour l’émergence
de nouveaux emplois ainsi que de services TIC valorisants et générateurs de revenus ;
- veiller, dans le cadre des divers partenariats, à l’harmonisation du développement des
TIC avec les objectifs de développement économique des différentes localités.

PARTENARIATS A PROMOUVOIR

Divers acteurs tant nationaux qu'internationaux sont déjà engagés ou prévoient de s’engager
dans des interventions de promotion de l’infrastructure de l’information et de la
communication. Il s’agira d’identifier ces acteurs, de se concerter avec eux en vue d’envisager
une complémentarité et une synergie des interventions.
Au nombre des acteurs nationaux, on peut mentionner :
- l'administration,
- la société civile (ONG et autres),
- le secteur privé etc.
Au nombre des acteurs internationaux, on peut mentionner pour un appui technique et
financier :
- la Communauté Economique pour l'Afrique des Nations Unis (CEA),
- la Banque Mondiale,
- le PNUD,
- la BAD,
- l’UNESCO,
- l'UIT,
- le CRDI,
- l'Union Européenne,
- la Coopération Française,
- la Coopération canadienne
- la Coopération Belge, etc.

Des actions d'information et de sensibilisation sur les enjeux et l'identification des


opportunités de partenariat entre le secteur public et le secteur privé national et international
sont envisagées. La promotion des investissements par des opérateurs TIC internationaux en
Côte d'Ivoire est aussi un pré-requis afin d'accélérer le développement des infrastructures et
des capacités humaines.
Les agences gouvernementales impliquées dans la promotion des investissements (CEPICI,
Chambre de Commerce et d'Industrie) devront mettre l'accent sur ces nouveaux investisseurs.
L'institution de régulation du secteur des télécommunications (ATCI) a un rôle important à
jouer dans la création d'un environnement TIC incitatif et stable permettant d'attirer les
investisseurs.

Ce partenariat public-privé pourrait englober des domaines tels que le développement de


l'infrastructure transport de base (fibre, équipement satellite et faisceaux hertziens), le
"bacKbpsone" IP du réseau national, les applications réseaux (autorité de certification,...),
l'exploitation des télé-centres, l'accès à l'Internet, les centres de formations TIC, l'exploitation
de réseaux de radiodiffusion.

400
CADRE DE CONCERTATION DES ACTEURS POUR L'EXECUTION
ET LE SUIVI DU PLAN DE DEVELOPPEMENT

Après adoption du plan par le gouvernement, il faudra mettre en place une structure nationale
de suivi avec des points focaux sectoriels au niveau du public, du privé et de la société civile
en général.
‰ le «Comité National de Pilotage et de la mise en œuvre du Plan de développement
NICI» (structure nationale) placée sous la tutelle du Ministre de la Planification du
Développement, comprendra les représentants nationaux de tous les secteurs ainsi que
les partenaires au développement. Ce sera le cadre de concertation national ; Il est
chargé d’orienter, de guider et de veiller à l’exécution correcte du plan.
‰ les «comités sectoriels de suivi de la mise en œuvre du Plan de développement NICI»
seront mis en place et seront chargés du suivi de l’exécution dans leurs secteurs
respectifs. Ils sont le cadre de concertation au niveau de chaque secteur et servent de
liaison entre les acteurs et le Comité National de Pilotage.
‰ L'observatoire des utilisateurs qui sera chargé de garder un œil critique sur l'exécution
de ce plan, vis-à-vis de tous les acteurs qui interviendront.

La section suivante aborde l'étude technique et économique du projet NICI.

401
ARCHITECTURE TECHNIQUE ET ESTIMATION DES
COUTS

ARCHITECTURE TECHNIQUE

La section traitant de l’architecture technique définit la connectivité, les étapes du


déploiement des plans du TIC, les lieux connectés par type de ville, l'architecture de l'Intranet
de l'Etat et la stratégie de mise en œuvre de l'infrastructure.

Connectivité

La connectivité aux infrastructures globales de l'information constitue aujourd'hui le principal


handicap au développement des TIC en Côte d'Ivoire. Certains choix, principalement basés
sur les liaisons satellites sont forts onéreux et utilisent les rares devises étrangères pour fournir
des performances médiocres (64k, 128 k, 256k,.etc.).
Au regard des besoins des centres d'enseignement et de santé, trois (3) niveaux de
connectivité (internationale / régionale, nationale et locale) sont à réaliser au moyen de trois
types de technologies :
• Fibre optique (FO) : très grandes capacité et qualité ; mais très onéreuse à déployer
avec facilité de sabotage. C'est la solution la plus adaptée à l'interconnection
internationale, au bacKbpsone métropolitain et sur les campus.
• Faisceaux hertziens de haut débit ou boucle locale (FH) : Haut débit, bonne qualité,
moins cher et difficile à saboter. Très adaptés à l'interconnection des grandes villes et
particulièrement des campus universitaires distants demandeurs de hauts débits.
• Satellite (S) : faible capacité, qualité moyenne et très onéreuse, difficilement
sabotable. A privilégier tant que le câble sous marin de fibre optique n'atterrit pas
encore à Abidjan.

a) La connectivité internationale et régionale : Elle se fera au moyen de fibre optique, de


faisceaux hertziens de haut débit et d’une utilisation minimale de satellite après
l'atterrissage des câbles sous-marins de fibre optique à Abidjan en 2001 (SAT-3, Africa
One). Elle consiste à relier le pays et la sous-région avec le reste du monde. Les besoins
de connection Internet de haut débit requis, particulièrement, par l'éducation à distance et
la télé-medecine, privilégient l'utilisation de la fibre optique par rapport au satellite.
b) La connectivité nationale : Elle consiste à relier, à partir d’Abidjan, toutes les villes de la
Côte d’Ivoire ; Cette connectivité se fera de préférence au moyen de faisceaux hertziens
de haut débit (de point-à-point) et lorsque le volume du trafic le justifie, par la fibre
optique. Le recours aux liaisons satellites fort onéreuses devrait faire l'objet d'études
d'opportunités.
c) La connectivité locale : Elle concerne la connexion des différents sites ou campus à
l'intérieur d’une ville et se fera, de préférence, au moyen de la fibre optique, de faisceaux
hertziens de haut débit, du Réseau Téléphonique Commuté (RTC) et des tarifications
particulières au niveau du téléphone.

402
Etapes du déploiement du plan des TIC

Le déploiement des TIC devrait se faire très rapidement pour éviter que les technologies
soient obsolètes d’une part, et d’autre part pour permettre une vulgarisation de la "culture
Internet" afin d’atteindre rapidement les objectifs stratégiques ci-dessus définis ; aussi, a-t-il
été retenu, en tenant compte de la disponibilité financière, comme horizon temporel de
déploiement, trois ans dans les régions de Côte d’Ivoire (comme illustré dans le tableau ci-
dessus). Les critères de choix ont été :
- les infrastructures télécoms et Internet existantes,
- les centres d'enseignements et les hôpitaux,
- le niveau d’industrialisation,
- la densité de la population et de potentiel économique,
- les Administrations de l'Etat.

Tableau N°4 : Evolution du déploiement des TIC

1ère année 2ème année 3ème année


Villes - Abidjan - 18 chefs de régions et - 100 sous-
- Yamoussoukro - 42 départements préfectures et
- Bouaké communes
- Daloa
- Korhogo
- San pedro
Infrastructures - Fibre Optique, - Fibre Optique, - Faisceaux
inter-urbaines - Faisceaux hertziens de - Faisceaux hertziens de hertziens de
haut débit haut débit haut débit

Infrastructures - Faisceaux hertziens, - Faisceaux hertziens, - Faisceaux


intra-urbaines - Fibre Optique - Fibre optique hertziens,
- Fibre optique

Les lieux connectés par type de ville

Cas de Yamoussoukro :
- Les grandes écoles ;
- Les Etablissements d’Enseignement (1ère , 2ème) ;
- La Fondation ;
- La Basilique ;
- La Mairie ;
- La Poste ;
- Les grands hôtels ;
- La Préfecture ;
- La Sous-Préfecture ;
- Directions Régionales d’Administration (15) ;
- Société d’Economie Mixte (CAA) ;
- Banques (4) ;
- Le Trésor.

Cas de Bouaké :

403
- Université ;
- Etablissement d’Enseignement ;
- CHU ;
- Préfecture ;
- Sous-Préfecture ;
- La Mairie ;
- La Poste ;
- Marché de Gros ;
- Centre Culturel Jacques AKA ;
- Hôtels ;
- CNRA ;
- Direction Administrative Régionale et Départementale (30) ;
- Gendarmerie ;
- Police ;
- Le Trésor ;
- Banques (5) ;
- Sociétés d’Etat d’économie mixte.

Cas d’une ville de région ou département (60) :


- Préfecture ;
- Sous-Préfecture ;
- Mairie ;
- Hôpital ;
- Etablissement d’Enseignement ;
- Directions Départementales et Régionales (15) ;
- Gendarmerie ou Police ;
- La poste ;
- Banques (2).

Cas d’une ville de sous-préfecture ou de commune (100) :


- Sous Préfet ;
- Mairie ;
- Gendarmerie ;
- Etablissement d’Enseignement ;
- Etablissement Sanitaire ;
- La Poste.

Cas de San-Pédro :
- Préfecture ;
- Sous-Préfecture ;
- Mairie ;
- Hôpital ;
- Port ;
- Etablissement d’Enseignement ;
- Banques ;
- Hôtels ;
- Gendarmerie ;
- Police.

404
Architecture de l’Intranet de l’Etat

L'Etat de Côte d'Ivoire doit montrer l'exemple en faisant une utilisation judicieuse et efficace
des TIC afin de fournir des services améliorés aux citoyens et aux entreprises.
La typologie du réseau privé de l'Administration sera essentiellement basée sur le protocole IP
pour fournir des services de données, pour le transport de la voix et pour la vidéo.
Le bacKbpsone du réseau privé est basé sur la fibre optique et des faisceaux hertziens à
Abidjan, et sur des connections par faisceaux hertziens de haut débit pour l'interconnection
des réseaux métropolitains (Abidjan-Yamoussoukro).
L'architecture des systèmes d'applications évolue aussi en s'appuyant sur les technologies de
l'Internet selon l'approche trois-tiers :
- l'utilisateur (agent de l'Etat) dispose d'une interface simple et universelle (le navigateur de
Netscape ou de Microsoft) ;
- le serveur d'application et le serveur de base de données sont localisés sur un site
d'exploitation central (au niveau d'un ou de plusieurs ministères) qui héberge plusieurs
services protégés et accédés de manière sécurisée grâce à la cryptographie et la
certification digitale ;
- la sécurité logicielle basée sur les standards de l'Internet (Firewall, Infrastructure de clés
publiques) est commune à toutes les applications de l'Intranet et gérée par l'Etat ;
- l'Interconnection des réseaux privés de l'Etat est réalisée par des points de "peering "
contrôlés et gérés par l'Administration.
Cette approche offre les avantages de la centralisation des développements, de la maintenance
et de l'exploitation, et ceci en termes de réduction des coûts, d'un meilleur niveau de services
des fournisseurs, d'une gestion professionnelle des services, d'une performance accrue et d'un
accroissement de la sécurité.
Néanmoins, ces avantages requirent l'existence d'un réseau fiable et rapide, d'une sécurisation
des infrastructures et des accès de la disponibilité de points d'accès pour les agents de l'Etat
ainsi que leur support technique et leur formation initiale.
Les agents de l'Etat n'ayant pas un accès direct au réseau Intranet de l'administration
utiliseront un accès Internet fourni par l'Administration.
Les structures concernées par cette architecture pourraient, à titre indicatif, être les suivantes :
- Présidence de la République ;
- Primature ;
- Ministère chargé de l’Economie et des finances ;
- Ministère chargé de la Planification du Développement ;
- Ministère chargé du Commerce ;
- Ministère chargé du Tourisme ;
- Ministère chargé de l'Industrie
- Ministère chargé de l'Emploi et de la fonction Publique ;
- Ministère chargé de l’Education Nationale ;
- Ministère chargé de l’Intérieur et de la Décentralisation ;
- Ministère chargé de l’Agriculture et des Ressources Animales ;
- Ministère chargé de la Santé ;
- Ministère chargé des Infrastructures ;
- Ministère chargé des Transports ;
- Ministère chargé de la Femme ;

405
- Ministère chargé de la Sécurité ;
- Ministère chargé de la justice ;
- Ministère chargé de la Communication ;
- Ministère chargé de la Culture ;
- Ministère chargé de la Construction
- Ministère chargé de l’Environnement ;
- Ministère chargé des Mines et de l’Energie ;
- Ministère chargé de la Jeunesse et des Sports ;
- Le secteur privé (la fédération des industries et des services de Côte d’Ivoire, la chambre
du commerce et de l’industrie de Côte d'Ivoire, et la chambre de l’agriculture de Côte
d’Ivoire).

L’architecture de l’Intranet de l’Etat ainsi qu'un modèle simplifié d’architecture du transport


national sont fournis à titre d'illustration en annexe.

Stratégie de mise en œuvre de l'Infrastructure

La qualité de la stratégie de mise en œuvre de l'infrastructure d'information et de


communication déterminera le niveau de développement de l'infrastructure, et partant le
développement économique et social.
Dans la première phase du Plan, l'impact des investissements en TIC sur le développement
des secteurs de l'économie (agriculture, industrie et services) est pris en compte et nous amène
à privilégier les initiatives du secteur des services (formation, services, tourisme) dans la
mesure ou le "retour sur investissement" y est plus important.
La stratégie de mise en œuvre prendra en considération les couches de l'infrastructure (accès,
applications et contenus, développements des capacités, infrastructures de base, cadres
juridique et réglementaire) et privilégiera d'abord le développement de l'accès dans toutes les
couches de la population, grâce notamment aux télé-centres (voir chapitre VI).

Financement :
Le contexte actuel de limitation des ressources financières dû à l'endettement et le coût
important des investissements requis, imposent de rechercher tous les moyens de financement
internes et externes (en particulier en provenance du secteur privé) ainsi qu'une meilleure
utilisation des ressources en TIC existantes (de l'Etat). Il s'agira de rechercher les ressources
sous utilisées, de revaloriser les projets avortés, de consolider les achats pour bénéficier des
économies d’échelle et de recourir aux dernières technologies les moins coûteuses et les plus
performantes (fibre optique de préférence aux liaisons par satellite).

Gestion des projets et des opérations :


La spécificité et la complexité de la gestion des projets d’infrastructures des TIC, combinées
au manque d'expertise locale, justifient le développement de procédures, de normes et de
standards. Une activité de pilotage, de coordination et d'audit des initiatives en TIC est
nécessaire afin d'éviter tout échec préjudiciable à la bonne réalisation de l'infrastructure
nationale d'information et de communication.

406
ESTIMATION DES COUTS

Il convient de préciser que ces estimations sont indicatives aux fins d'avoir une appréciation
des niveaux d'investissement.

Estimation de l'investissement initial : cas d’Abidjan (en millions FCFA)

• Connectivité internationale annuelle (4 MB) : 120


• Nœud Internet International, Peering : 435
• Centre de données : 120
• PKI sécurité, Autorité de Certification : 600
• Intranet de l'Administration : 600
• Câblage (10M x 20) : 200
• Terminaux (10000 x 1M) : 10 000
• Formation des formateurs (200) : 15
• Formation des utilisateurs : 100
• Sous-total : 12 190

Estimation de l'investissement initial : pour chacune des villes universitaires et


/ ou industrielles (5), en millions FCFA

Il s'agit des villes suivantes : Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo, Daloa et San-pedro.

• Connectivité nationale annuelle (150 MB)


- Broad band ou satellite : 30
- liaison annuelle : 70
• Nœud Internet : 50
• Centre de données (1) : 30
• Intranet
- Connectivité Internet locale : 100
- Switch + hub : 75
- Terminaux (500) : 500
- Câblage (35 x 5 ) : 175
• Sous-total : 1 030

Estimation de l'investissement initial : pour chacune des villes moyennes ou


départements (60), en millions FCFA

• Connectivité Internet nationale (512 MB)


- Faisceaux hertziens / satellite : 30
- liaison satellite : 70
• Nœud Internet : 20

407
• Centre de données : 20
• Liaisons téléphoniques (30 x 40.000) : 1,2
• Terminaux (300) : 300
• Sous-total : 441,2

Estimation de l'investissement initial : pour chacune des petites villes, Sous


préfectures et communes (100), en millions FCFA

• Connectivité Internet locale : 12


• Nœud Internet : 20
• Liaison téléphonique (10 x 40 000) : 0,4
• Terminaux (10 x 10) : 100
• Sous total : 132,4

Estimation financière du plan (en millions FCFA)

a) Investissement initial
• Très grande ville (Abidjan) : 12 190
• Villes universitaires et industrielles (5) : 5 150
• Villes départements (60) : 26 472
• Villes s/p et communes (100) : 13 240
• Sous total : 56 052

b) Les coûts récurrents


• Location de ligne
- Abidjan : 120
- Villes universitaires (5) : 500
- Villes départements (100M x 60) : 6 000
- Villes communes (100) : 0
- Sous total : 6 620
• Maintenance (15% du coût des investissements ) : 8 568
• Equipe de gestion (3% du coût des investissements ) : 1 712
• Sous total (coûts récurrents) : 16 890

408
Tableau N°5 : Plan de financement pour les villes et communes (en Millions FCFA)

A1 A2 A3 A4 A5 TOTAL
Nombre de villes 6 60 100 166
concernées
Investissement 17 340 26 472 13 240 57 052
Coûts récurrents
Location de lignes 620 6 620 6 620 6 620 20 480
Maintenance (15%) 2 601 6 572 8 558 8 558 8 558 34 846
Equipe de Gestion (3%) 520 1 314 1 712 1 712 1 712 6 969
Imprévus (0,5%) 87 219 285 0 0 591
S/Total 3 208 8 725 17 175 16 890 16 890 62 887
TOTAL 20 548 34 577 30 415 16 890 16 890 119 320
Auto-financement A1-A3 5 137 8 644 7 604 16 890 16 890 55 165
(25%)
Besoin de Financement 15 411 25 933 22 811 0 0 64 155

Estimation financière des cyberclasses)

Une cyberclasse est une classe équipée d’un réseau local d’ordinateurs connectées à l’Internet
et proposant une formation sur les TIC dispensée par un animateur. Pour cette étude, il est
prévu une cyberclasse pour un établissement dont le coût unitaire est estimé à 20 millions
pour un établissement primaire et à 30 millions pour un établissement secondaire (voir tableau
6).

Tableau N°6: Configuration pour une cyberclasse (en Millions FCFA)

Classe Classe
secondair primaire
e
PC client (15) 14 6
PC serveur (1) 2 2
PC Multimédia (1) 2 2
Scanner 0,5 0,5
Imprimante 0,5 0,5
Téléphone 0,3 0,3
Routeur 2 2
Réseau local 3 3
Professeur 3 3
Personne ressource 2 2
Coût Total 30 20

Nombre d’écoles primaires et pré-secondaires : 7 604 écoles


Nombre d’écoles secondaires : 409 CEG et lycées

409
Tableau N°7 : Investissement pour les cyberclasses (en Millions FCFA)

A1 A2 A3 A4 A5 TOTAL
% établissement. 10% 20% 20% 25% 25% 100%
connectés
Nombre de
cyberclasses 760 1 521 1 521 1 901 1 901 7 604
Primaire
Secondaire 41 82 82 102 102 409
Equipement
Primaire 15 200 30 420 30 420 38 020 38 020 152 080
(20
millions/cyberclasses)
secondaire 1 230 2 460 2 460 3 060 3 060 12 270
(30
millions/cyberclasses)
TOTAL 15 630 32 880 32 880 41 080 41 080 164 350
Auto-financement 3 908 8 220 8 220 10 270 10 270 40 888
(25%)
Besoin de 11 723 24 660 24 660 30 810 30 810 122 663
Financement (75%)

410
CONCLUSION

Le plan de développement de l'Infrastructure Nationale de l'Information et de la


Communication permettra de relever le défi de la construction de la société ivoirienne de
l'information et du savoir, en s'appuyant sur les TIC. Ses objectifs stratégiques soutiennent la
vision de la Côte d’Ivoire à l'horizon 2025 et la politique nationale du développement
économique et social, et permettront ainsi l’amélioration des performances économiques et le
bien-être en Côte d'Ivoire.
Bien que l'État doive jouer un rôle clé dans la phase initiale, tant du point de vue de la
création d'un cadre juridique et réglementaire incitatif que du déploiement des infrastructures
de base, il devra établir des partenariats stratégiques avec le secteur privé et les organisations
internationales pour accélérer le développement des TIC.
Le défi au secteur privé se résume en l’utilisation des TIC pour moderniser et rendre plus
compétitives les entreprises ivoiriennes, et développer une industrie nationale de l'information
et de la communication.
Outre ces différentes contributions, il est important de prendre en compte le rôle de la société
civile qui est de garantir la prise en charge des besoins des groupes démunis et de participer
également à la définition et à la mise en œuvre de la société de l'information.
La réalisation de ce plan des TIC permettra, à moyen terme, de réussir la transformation de
l'économie ivoirienne, en une économie en phase avec l'ère de l'information. Ainsi, permettra-
t-elle à la Côte d'Ivoire d'espérer une position de leadership dans la dynamique du processus
irréversible de l'intégration régionale.

411
Liste des documents consultes

Commission Nationale Prospective, « Côte d’Ivoire 2025, 1997 - Ed. Netter ».

Primature Côte d'Ivoire, 1999 : «Objectifs et Stratégies de Développement de la Côte


d'Ivoire : 2000-2005, Tome 1, »

Inspection Générale d'État «Actes du Colloque National sur la Bonne Gouvernance en Côte
d'Ivoire, 1999, Yamoussoukro»

Ministère de l’économie et des finances, «La Côte d’Ivoire en chiffres », 1997.

Institut national de la statistique, «Mémento chiffré de la Côte d’Ivoire1985-1995 »,


premier trimestre 1997.

Agence de télécommunications de Côte d'Ivoire (ATCI), "Paronama des


télécommunications au 31 décembre 1999"

ORSTOM petit Bassam, «Bulletin du GIDIS-CI »

ANGORAN Yed Esaïe, «Politique nationale des Technologies de l’information et de la


communication, 2000», Conférence aux Journées de l'Internet, Yamoussoukro -

YAVO Noël pour l'UNESCO, « Évaluation du contenu Web Africain»

YAVO Noël, «Le développement du commerce électronique en Côte d'Ivoire, 1999»

YAVO Noël, «La bonne gouvernance et les TIC en Afrique, 1999»

412
ANNEXES IV

Conclusions des travaux du séminaire sur la


gouvernance universitaire en Afrique organisé par
l’Agence universitaire de la francophonie en 2003

413
SÉMINAIRE SUR LA GOUVERNANCE UNIVERSITAIRE
Organisé par l’Agence Universitaire de la Francophonie
Avec l’appui du Gouvernement du Canada
Dakar, 15 - 19 décembre 2003

CONCLUSIONS DES TRAVAUX

NOUS, RECTEURS ET PRESIDENTS des universités africaines et les représentants des


Conférences des recteurs et présidents des universités d’Afrique et de l’Océan Indien
(CRUFAOCI), du Canada (CREPUQ, RUFHQ), de France (CPU) et du Luxembourg,

Après avoir échangé durant cinq jours nos expériences et nos réflexions sur les défis de
l’Université dans le contexte de la société du savoir et de la globalisation et sur les questions
de gouvernance, de planification stratégique, de pratique de gestion efficiente et d’évaluation
de la qualité en milieu universitaire,

Après avoir examiné les pistes de collaboration internationale dans le développement des
universités africaines,

Et considérant les recommandations sur le personnel enseignant émise en 1997 par


l’UNESCO de même que les conclusions de la Conférence mondiale sur l’enseignement
supérieur organisée par l’UNESCO à Paris en 1998,

DÉSIRONS tout d’abord féliciter l’Agence Universitaire de la Francophonie pour avoir pris
l’initiative de ce premier séminaire et remercier le Gouvernement du
Canada de l’avoir rendu possible par sa contribution financière.

NOUS AVONS TIRÉ LES CONCLUSIONS SUIVANTES DE NOS TRAVAUX,


conclusions qui vont inspirer nos actions dans les mois et les années à venir et que nous
désirons partager avec les instances dirigeantes de l’Agence Universitaire de la Francophonie
et avec les autorités gouvernementales de nos pays respectifs, ainsi qu’avec les instances
internationales qui s’intéressent à l’enseignement supérieur.

1. Mission de l’Université Africaine. Nos discussions des derniers jours nous ont convaincus
de la nécessité de définir collectivement ce que doit être, au
21ème siècle, la mission de l’Université Africaine, en portant une attention toute particulière à
la question du difficile, mais nécessaire, équilibre entre développement du savoir universel et
réponse aux attentes de nos sociétés.

Cette définition devrait faire l’objet de nos réflexions prioritaires, dans un cadre régional et
sous régional, notamment dans le cadre de l’AUA et du CAMES et des autres Conférences
sous régionales. Nous sommes prêts, pour notre part, à nous y consacrer.

2. Bonnes pratiques. Nous sommes également convaincus de l’importance des bonnes


pratiques de gouvernance, de gestion efficiente et de contrôle de qualité. Plusieurs d’entre

414
nous ont mis en oeuvre des pratiques d’évaluation qui les ont bien servis dans le
développement de leurs institutions.
Nous nous engageons à mettre en oeuvre ces bonnes pratiques dans toute la mesure de nos
moyens, avec l’appui de nos collègues, dans une approche de collaboration régionale,
continentale et internationale et d’échange d’expériences.

3. Concertation régionale. Les échanges fructueux que nous venons d’avoir nous ont
clairement montré le besoin et l’intérêt d’une plus grande concertation entre nous dans un but
de mise en commun de nos idées et de nos préoccupations en matière de gestion et de réforme
des universités. Cette concertation devrait se faire d’abord au niveau de nos pays dans le cadre
de nos conférences de recteurs, mais aussi aux niveaux continental et international dans le
cadre de l’AUF.

Nous devons trouver de nouvelles façons de structurer et de pérenniser la concertation sur le


continent africain, dans le cadre de la CRUFAOCI bien sûr, mais aussi au niveau de sous-
conférences régionales qui permettront des échanges plus suivis du fait de la plus grande
proximité géographique. Nous nous proposons donc de mettre sur pied de telles réunions avec
l’appui des bureaux régionaux Afrique de l’Ouest, Afrique centrale et Océan Indien de
l’Agence Universitaire de la Francophonie, en lien avec la CRUFAOCI. Nous devons
également développer le partenariat entre établissements africains.

4. États des lieux. Nos différents pays et nos établissements respectifs ont mené de
nombreuses actions en matière d’évaluation et de contrôle de la qualité. Nous sommes
convenus de la nécessité de faire le point, de la façon la plus exhaustive possible sur cet « état
des lieux », convaincus que ce premier constat nous servira de base utile au développement de
nos projets.

5. Évaluation et gestion de la qualité. Le développement souhaitable de la mobilité


internationale des étudiants pose la question du contrôle de la qualité des cours et des
programmes dans chaque université. Dans les milieux francophones, ce contrôle s’exerce le
plus souvent au niveau local ou national, la concertation internationale en la matière ne faisant
qu’émerger à ce jour.

L’Agence Universitaire de la Francophonie, qui a vocation de favoriser la mobilité


internationale des étudiants entre pays et universités membres, peut jouer un rôle important en
matière de contrôle de qualité. Nous suggérons que l’AUF envisage :

- La publication d’une « Charte de la qualité » qui énoncerait les grands éléments des
politiques et bonnes pratiques de contrôle de qualité que ses membres devraient mettre en
place, en s’inspirant pour ce faire de la diversité des pratiques dans les pays membres de la
Francophonie;

- La publication d’un guide de l’auto évaluation;

- La mise sur pied d’un système d’accompagnement, avec intervention d’experts externes, des
universités qui auraient décidé de s’investir dans une démarche d’auto évaluation et en portant
une attention particulière à la diffusion de bonnes pratiques en la matière.

415
- La promotion de systèmes d’évaluation formative, inspirés des pratiques de la Conférence
internationale des doyens de médecine d’expression française (CIDMEF) et adaptés aux
besoins des autres secteurs de l’activité universitaire.

6. La reconfiguration des programmes universitaires sur le modèle pratiqué depuis de


nombreuses années en Amérique du Nord, selon les orientations de la Déclaration de
Bologne, pose actuellement des défis à toutes les universités du monde francophone hors de
l’Amérique du Nord. La modularisation des contenus de formation et la mise en oeuvre de
crédits capitalisables et transférables, de même que l’organisation des programmes selon le
modèle de LMD, qui visent à faciliter la mobilité internationale des étudiants, appelle une
plus grande concertation de toutes les universités si l’on veut exploiter pleinement les
expertises disponibles en la matière et atteindre les objectifs ambitieux de cette réforme. La
mise en place du modèle de LMD exige d’abord un engagement institutionnel et étatique.

- Nous sommes résolus à engager nos établissements dans cette réforme majeure, à rechercher
l’appui de nos communautés universitaires et, bien entendu, de nos autorités
gouvernementales.

L’Agence Universitaire de la Francophonie est en position stratégique pour aider tous les
établissements membres à relever ce défi, en s’appuyant entre autres sur l’expérience de ses
membres nord-américains. Elle a de plus un intérêt à s’assurer de la cohérence des réformes
dans les universités membres de l’AUF, de manière à faciliter le développement des
programmes de mobilité étudiante entre ces universités. Dans cette perspective, et à très court
terme, nous proposons que l’AUF :

- Élabore un guide pratique de la reconfiguration des programmes et des principes


pédagogiques sous jacents aux systèmes de crédits capitalisables (ECTS), de composantes de
programmes, de programmes courts, de programmes longs et de programmes de formation
professionnelle (LMD et adaptations);

- Organise un séminaire sur ce sujet, visant à former des « agents de changement


pédagogique» qui auraient vocation de devenir eux-mêmes des formateurs dans leurs milieux
respectifs;

- Constitue un groupe d’experts internationaux sur le sujet, mobilisables individuellement ou


en groupe pour accompagner une université engagée dans une réforme de ses programmes.

7. L’efficience de gestion des ressources publiques mises à la disposition des universités doit
faire l’objet d’une attention soutenue de notre part. Efficience, contrôle de qualité et
transparence doivent être parties intégrantes de nos cultures et de nos pratiques
organisationnelles.

Si ces pratiques sont largement tributaires des structures nationales d’organisation et de


financement de l’enseignement supérieur, il est clair cependant qu’elles peuvent bénéficier de
l’apport des expériences des autres pays. Aussi suggérons-nous que l’AUF:

- Envisage la mise sur pied, avec l’appui du Groupe international des secrétaires généraux des
universités francophones (GISGUF) et de la Conférence internationale des dirigeants des
écoles de gestion d’expression française (CIDEGEF), de sessions de formation à la gestion
universitaire visant les cadres de nos établissements;

416
- Recherche la collaboration de la Banque Mondiale en cette matière.

8. La planification stratégique est une activité essentielle au progrès de toute université, tout
particulièrement dans le contexte de besoins de formation et de recherche en constante
évolution et de ressources limitées pour répondre à ces besoins. La mise en oeuvre d’une
bonne pratique de planification stratégique exige des capacités d’analyse et une méthodologie
adaptées.

Il nous semble que l’Agence Universitaire de la Francophonie pourrait faire oeuvre utile pour
l’ensemble des établissements membres par :

- La publication d’un guide pratique de soutien à la planification stratégique;

- L’organisation de séminaires locaux de formation à la pratique de la planification pour les


cadres des universités;

- La mise sur pied d’un groupe d’intervenants régionaux et internationaux en appui aux
opérations de planification, recrutés parmi les membres de l’AUF. Cette « banque d’experts »
pourrait être mobilisée sur invitation en groupes de deux ou trois pour conseiller une
université dans son opération de planification stratégique.

9. La problématique de la fuite des cerveaux constitue aujourd’hui un risque majeur dans le


développement du système universitaire africain. La maîtrise de ce risque doit être une
priorité collective des milieux universitaires de la Francophonie.

L’Agence Universitaire de la Francophonie, qui a vocation d’appuyer le développement des


milieux d’enseignement supérieur de tout le monde francophone, a mis en place des
programmes et des moyens financiers qui ont, ou peuvent avoir, un impact direct sur cette
problématique de la fuite des cerveaux. En conséquence, l’AUF devrait :

- Évaluer de façon continue tous ses programmes en fonction de leur impact potentiel ou
avéré sur la fuite des cerveaux;

- Privilégier les actions qui, comme les Bourses en alternance ou les cotutelles de thèses,
gardent le plus possible les acteurs du Sud dans leur milieu d’origine;

- Encourager des actions de partenariat inter établissements nord-sud : programmes conjoints


avec co-diplomation; co-tutelles de thèses; coréalisations de thèses et mémoires de maîtrise
(un étudiant du nord et un étudiant du sud traitant en équipe un même sujet de recherche);
partenariats au niveau des services administratifs et de soutien (gestion des bibliothèques,
gestion de l’informatique, gestion des ressources, etc.).

Par ailleurs, chacune de nos universités devrait rechercher la collaboration de ses diplômés
travaillant dans des universités des pays du Nord et, à l’exemple du Mali, s’appuyer sur cette
« Diaspora » pour renforcer ses capacités de développement. A cette fin :

- L’AUF pourrait aider les universités qui en font la demande à recenser leur diaspora
scientifique;

417
- Les universités du nord, membres de l’AUF devraient considérer les moyens de partager
avec les universités du sud l’expertise dont elle dispose grâce à cette diaspora.

10. La question des ressources nous est apparue comme tout à fait déterminante dans le
développement de l’Université Africaine. Il nous semble essentiel que cette question soit
abordée dans une approche globale en considérant la mission confiée à l’Université, la qualité
recherchée de ses actions, l’environnement nécessaire à l’attraction et la rétention des
professeurs et la motivation propre à assurer la qualité de leur travail.

Nous sommes prêts, quant à nous, à offrir l’assurance d’une gestion efficiente des ressources
mises à notre disposition et à rechercher les moyens de diversifier nos sources de
financement.

11. La Banque Mondiale a, depuis quelques temps, harmonisé substantiellement ses priorités
d’action pour faire une place plus équilibrée à l’enseignement supérieur dans l’édification
d’une société du savoir, l’aide à la réduction de la pauvreté et au développement de la
croissance nationale.

Les universités et les gouvernements africains devraient élaborer des stratégies intégrées de
développement des universités comme composantes des systèmes d’éducation nationaux et
rechercher l’appui de la Banque Mondiale sur ces nouvelles bases. Nous suggérons que
l’AUF :

- Intensifie ses efforts pour mieux faire connaître le monde universitaire francophone dans les
milieux de la Banque Mondiale ;

- Établisse une relation étroite et suivie avec les responsables des secteurs pertinents de la
Banque Mondiale pour s’assurer que les politiques de cet organisme prennent en compte les
préoccupations et les spécificités des pays de l’Afrique francophone.

- Accompagne les états et les universités africaines dans leurs démarches pour obtenir le
soutien de la Banque Mondiale.

12. Les recteurs occupent une position difficile d’interface entre leurs communautés
universitaires et les gouvernements, entre université et milieux socio-économiques, entre
université et milieux internationaux. Par ailleurs, les recteurs doivent savoir concilier diversité
culturelle et globalisation, savoir-faire endogène et nouvelles technologies. Cette position
d’interface n’est pas toujours confortable du fait de la diversité des attentes et des contraintes
de chacune des parties concernées.

Nous devons collectivement trouver des façons d’accompagner chaque Recteur dans son
action. La structuration de la concertation entre nous, évoquée plus tôt, fait partie de ces
moyens, mais nous devons aller plus loin. Dans cette perspective, nous suggérons :

- La formulation d’énoncés collectifs d’orientations ou de prises de positions collectives au


niveau des conférences de recteurs et, le cas échéant, au niveau de l’AUF sur les grandes
questions liées au développement des universités;

418
- La préparation, sous les auspices de l’AUF, de guides de bonnes pratiques, sur des questions
stratégiques liées au développement des universités;

13. La question de l’autonomie des universités par rapport aux gouvernements est l’objet de
réflexions partout dans le monde, mais tout particulièrement en Europe en ce moment.

Un constat, de plus en plus partagé, est que les universités, qui font face aux défis de la
croissance accélérée et de la diversification des savoirs, des variations rapides des besoins de
formation, de la spécialisation des activités de recherche, des attentes accrues des entreprises
en matière de transfert technologique et de la compétition au niveau international, ont besoin
d’une large mesure d’autonomie et d’une capacité d’adaptation rapide pour bien assumer leur
mission de formation, de recherche et de service à la collectivité dans le contexte de
l’économie du savoir et de la globalisation.

Plusieurs états européens (Allemagne, Espagne, Italie, Luxembourg, par exemple) se sont
dotés d’un cadre législatif établissant une large autonomie pour leurs universités, avec des
mécanismes de contrôle globaux dans un cadre contractuel de financement public. La France
étudie en ce moment une proposition de la CPU allant dans le même sens. Les universités de
la Francophonie nord-américaine bénéficient depuis de nombreuses années d’une très large
autonomie qui a bien servi leur développement et leur performance.

L’Agence Universitaire de la Francophonie peut jouer un rôle constructif dans la réflexion sur
l’autonomie des universités, sur les structures et les bonnes pratiques de gouvernance, y
compris au plan de la désignation des instances dirigeantes des universités, de même qu’en
matière de relations entre universités et gouvernements. La diversité des pratiques nationales
des pays membres de l’AUF constitue un riche réservoir d’expériences qui peut servir de base
à une action constructive dans ce domaine. Aussi nous permettons nous de proposer

- Que l’AUF examine la possibilité de produire, à partir de la diversité des expériences de ses
membres, un texte de réflexion sur la bonne gouvernance et les grands principes qui devraient
régir les relations Universités – États et Gouvernements;

Notre Séminaire de Dakar sur la Gouvernance universitaire a permis un premier échange très
riche entre les représentants des Conférences de Recteurs et Présidents d’Afrique
(CRUFAOCI), du Canada (CREPUQ; RUFHQ), de France (CPU) et du Luxembourg. Nous,
les participants à ce Séminaire, avons convenu à l’issue de nos travaux :

- Que l’AUF devrait poursuivre la pratique de réunir les Recteurs et Présidents dans le cadre
de séminaires inter régionaux, sur le modèle du Séminaire de Dakar, pour traiter de questions
telles que la gestion du changement, la gouvernance et les bonnes pratiques de gestion des
universités de la Francophonie;

- Que l’AUF devrait saisir le CAMES des conclusions du Séminaire de Dakar, soumettre le
présent document au Conseil des Ministres du CAMES lors de sa prochaine session et,
considérant l’importance stratégique de l’enseignement supérieur dans le développement des
nations africaines, le porter à l’attention des chefs d’états.

Nous, les participants au Séminaire de Dakar, réaffirmons notre volonté de contribuer dans
toute la mesure de nos moyens et par l’intensification de nos collaborations, au

419
développement des universités africaines par la mise en oeuvre de pratiques de bonne
gouvernance et de gestion efficiente de nos établissements.
Nous formulons l’espoir de recevoir l’appui de l’Agence Universitaire de la Francophonie et
de tous les gouvernements concernés dans cette grande entreprise au service du
développement de l’Afrique.

Adopté à Dakar, le 19 décembre 2003

420
TABLES DES MATIÈRES

SOMMAIRE.......................................................................................................................................................... 2
DÉDICACE ........................................................................................................................................................... 4
REMERCIEMENTS ............................................................................................................................................ 6
INTRODUCTION GÉNÉRALE ......................................................................................................................... 9
- DE LA SOCIETE DE L’INFORMATION A LA SOCIETE DE LA CONNAISSANCE................................. 10
- LES INITIATIVES COMMUNAUTAIRES POUR LE DEVELOPPEMENT D’UNE SOCIETE DE LA
CONNAISSANCE EN EUROPE ET EN AFRIQUE........................................................................................... 15
- LE PLAN DE DEVELOPPEMENT DE L'INFRASTRUCTURE NATIONALE DE L'INFORMATION ET DE
LA COMMUNICATION EN COTE D’IVOIRE (2000 – 2005).- NICI. ............................................................. 26
- INTEGRATION DES TIC ET MUTATIONS ENGENDREES DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET
LA RECHERCHE................................................................................................................................................. 28
- LA QUESTION CENTRALE. ........................................................................................................................... 30
- DEFINITION DES CONCEPTS : INTEGRATION, USAGE, TIC, FRACTURE NUMERIQUE ET
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR. ........................................................................................................................ 31
-INTERET DE L’INTEGRATION DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET LA RECHERCHE
EN COTE D’IVOIRE. .......................................................................................................................................... 35
MÉTHODOLOGIE ............................................................................................................................................ 50
1 - RECHERCHE DOCUMENTAIRE................................................................................................................. 52
2- L’ENTRETIEN................................................................................................................................................. 56
2-1 Les raisons de l’utilisation de cette méthode. ................................................................ 56
2-2 Détermination des établissements dans lesquels nous avons enquêté. ......................... 57
2-3 La population interrogée. .............................................................................................. 57
2-4 Analyse du guide d’entretien. ........................................................................................ 58
3- L’ENQUETE PAR QUESTIONNAIRE .......................................................................................................... 60
3-1 Les populations parents.................................................................................................. 60
3-1-1 Population parent d’étudiants. ................................................................................ 61
3-1-2 Population parent d’enseignants............................................................................. 63
3-2 L’échantillonnage. ......................................................................................................... 63
3-2-1 Échantillon Étudiants.............................................................................................. 63
3-2-2 Échantillon Enseignants. ........................................................................................ 64
3-3 Les conditions de passation du questionnaire............................................................... 65
3-4 Analyse des données brutes. .......................................................................................... 66
3-4-1 Questionnaires. ....................................................................................................... 66
3-4-2 Échantillons. ........................................................................................................... 67
3-5 Analyse des données de l’enquête. ............................................................................... 68
PREMIERE PARTIE: LES TIC DANS LES INSTITUTIONS UNIVERSITAIRES EN OCCIDENT ET
EN AFRIQUE...................................................................................................................................................... 69
CHAPITRE I : INTRODUCTION DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR. ............................... 70
1- LES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DANS LES PAYS OCCIDENTAUX. ........................ 72
1-1 La France (1997-2007). ................................................................................................. 72
1-2 Le Québec. ..................................................................................................................... 85

421
1-2-1 Exemple de plan d’action pour l’intégration des TIC, mise en œuvre dans une
université québécoise : l’UQAM (Université du Québec à Montréal)............................. 88
2- INTEGRATION DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN AFRIQUE FRANCOPHONE
SUBSAHARIENNE. ............................................................................................................................................ 93
2-1 L’institution universitaire dans les pays africains.......................................................... 93
2-1-1 Bref historique. ....................................................................................................... 93
2-1-2 Situation actuelle. ................................................................................................... 94
2-2-1 La Radio ............................................................................................................... 100
2-2-2 L’enseignement télévisuel. ................................................................................... 101
2-2-3 Le TAMTEL......................................................................................................... 102
2-2-4 Les audio et vidéoconférences.............................................................................. 104
2-2-5 Les e-Écoles du NEPAD, les universités virtuelles africaines (UVA) et les campus
numériques. .................................................................................................................... 107
2-2-6 Le projet Africampus............................................................................................ 114
CHAPITRE II: SITUATION DES TELECOMMUNICATIONS ET DES LIAISONS A INTERNET EN
AFRIQUE. .......................................................................................................................................................... 118
1- ÉTAT DE L’INFRASTRUCTURE................................................................................................................ 123
1-1 La téléphonie fixe. ....................................................................................................... 125
1-2 La téléphonie mobile.................................................................................................... 128
1-3 L’Internet. .................................................................................................................... 130
2-LE DEVELOPPEMENT DES TELECOMMUNICATIONS ET SES OBSTACLES.
............................................................................................................................................................................ 136
2-1 Des infrastructures de télécommunications inappropriées. ...................................... 136
2-2 Les coûts exorbitants de l’accès Internet. .................................................................... 136
2-3 Autres obstacles au développement des télécommunications. ................................... 137
3- ÉTAT DES LIEUX DES TELECOMMUNICATIONS EN COTE D’IVOIRE (1995-2007)....................... 139
3-1 Les organes de régulation ............................................................................................ 139
3-1-1 Le Conseil des Télécommunications de Côte d’Ivoire (CTCI)............................ 139
3-1-2 L’Agence des Télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI). ........................... 140
3-2 Les opérateurs du secteur des télécommunications................................................ 140
3-2-1 La téléphonie fixe. ................................................................................................ 140
3-2-2 La téléphonie mobile. ........................................................................................... 141
3-2-3 L’Internet .............................................................................................................. 145
3-2-4 Les opérateurs de transmission de données par VSAT ou faisceaux hertziens FH.
........................................................................................................................................ 147
3-3 Les grands projets du secteur des télécommunications. .............................................. 148
3-3-1 Le nouveau code des télécommunications et la loi sur la défiscalisation du matériel
TIC. ................................................................................................................................ 148
3-3-2 Projet de e-gouvernance. ...................................................................................... 149
CHAPITRE III: BREF ETAT DES LIEUX DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE 151
1- L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE DEPUIS LA REFORME DE 1995.................. 153
1-1 Les principales orientations de la réforme. ................................................................. 153
1-2 La restructuration de l’enseignement et de la recherche en Côte d’Ivoire. ................. 155
1-2-1 L’enseignement supérieur public.......................................................................... 155
1-2-2 L’enseignement supérieur privé. ......................................................................... 157
1-3. L’explosion des effectifs d’étudiants et la situation de l’encadrement dans
l’enseignement supérieur public......................................................................................... 160

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1-3-1 Les effectifs d’étudiants par université et par grande école. ................................ 160
1-4 Le taux d’encadrement................................................................................................ 161
1-5 L’accès à l’Information scientifique et technique (IST) dans l’enseignement supérieur
en Côte d’Ivoire.................................................................................................................. 162
2- LA NOUVELLE REFORME DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN AFRIQUE OCCIDENTALE. .. 167
2-1 les quatre options d’appui à l’enseignement supérieur dans l’espace UEMOA. ......... 168
2-2 Les objectifs de la deuxième phase de l’étude............................................................. 169
2-3 Les paramètres de planification du projet.................................................................... 170
2-4 La stratégie proposée par l’étude. ................................................................................ 171
DEUXIEME PARTIE: INTEGRATION ET USAGES DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE............................................................................................................... 176
CHAPITRE IV : INTRODUCTION DES TIC DANS L’EDUCATION EN COTE D’IVOIRE. .................... 177
1- L’EXPERIENCE DE L’ENSEIGNEMENT TELEVISUEL DANS LE PRIMAIRE PUBLIC EN COTE
D’IVOIRE DE 1968 A 1982............................................................................................................................... 179
1-1 Les objectifs du projet.................................................................................................. 179
1-2 Les causes de l’échec du projet.................................................................................... 179
1-2-1 La logistique. ........................................................................................................ 180
1-2-2 La conception des programmes. ........................................................................... 180
1-2-3 Le fonctionnement du projet................................................................................ 181
1-3 L’arrêt du programme. ................................................................................................ 182
2- QUELQUES EXPERIENCES AVEC LES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DE 1980 A NOS
JOURS. ............................................................................................................................................................... 183
2-1 Le TAMTEL ou projet de vidéotex interactif............................................................. 183
2-2 Les audio et vidéoconférences. .................................................................................... 183
2-3 Le projet DRAGADOS ou « un enseignant un ordinateur ». ...................................... 183
2-4 Le RESURCI. .............................................................................................................. 186
2-5 le projet EAD (Éducation à Distance). ....................................................................... 187
3- INTEGRATION DES INFRASTRUCTURES ET EQUIPEMENTS EN MATIERE D’INFORMATIQUES
ET DE TELECOMMUNICATIONS A L’EX-UNIVERSITE NATIONALE D’ABIDJAN. ......................... 190
3-1 Le parc informatique de l’ex-université nationale d’Abidjan à la fin des années 1980.
............................................................................................................................................ 191
3-2 Le développement des TIC dans l’ex-université nationale d’Abidjan devenue
université de Cocody à Abidjan depuis la réforme de 1995. ............................................. 192
3-2-1 Brève présentation de L’université de Cocody à Abidjan................................... 192
3-2-2 Les TIC à l’université de Cocody...................................................................... 192
3-2-3 Les objectifs à atteindre pour moderniser l’Université de Cocody. ..................... 193
CHAPITRE V : ANALYSE DE L’ACTION DE L’ÉTAT DE COTE D’IVOIRE EN FAVEUR DE
L’INTEGRATION DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN 2003......................................... 196
1- INTEGRATION ET USAGES DES TIC DANS L’EDUCATION : QUEL BENEFICE POUR
L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE ?...................................................................... 198
1-1 Avantages de l’intégration des TIC pour les étudiants. ............................................... 198
1-1-1 Amélioration du processus pédagogique.............................................................. 198
1-1-2 Acquisition de compétences. ............................................................................... 200
1-2 Avantages de l’intégration des TIC pour les enseignants............................................ 202
1-2-1 Évolution du rôle de l’enseignant......................................................................... 202
1-2-2 Amélioration des conditions de préparation et de diffusion des cours................ 202
1-2-3 Amélioration des conditions de recherche........................................................... 203

423
1-3 Avantages de l’intégration des TIC pour la gestion des établissements d’enseignement
supérieur. ............................................................................................................................ 204
1-3-1 Au plan interne. .................................................................................................... 204
1-3-2 Au plan externe..................................................................................................... 205
2-LIMITES A L’UTILISATION DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR. ................................. 207
2-1 Au plan purement académique..................................................................................... 207
2-2 Au plan de l’économie et des infrastructures............................................................... 209
3- LES INFRASTRUCTURES, EQUIPEMENTS INFORMATIQUES ET DE TELECOMMUNICATIONS
DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE EN 2003. ................................................... 211
3-1 Conditions de réalisation de l’enquête (mars-mai 2003). ............................................ 211
3-2 Analyse des résultats de l’enquête. .............................................................................. 213
3-3 Présentation détaillée des résultats de l’enquête.......................................................... 216
3-3-1 L’enseignement supérieur public......................................................................... 216
3-3-2 L’enseignement supérieur privé. .......................................................................... 224
CHAPITRE VI: SITUATION DE L’INTEGRATION ET DU DEVELOPPEMENT DE L’USAGE DES TIC
DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR IVOIRIEN EN 2005...................................................................... 236
1- INTEGRATION DES TIC ET DEVELOPPEMENT DES PRATIQUES DANS LES ETABLISSEMENTS
D’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE EN 2005............................................................... 241
1-1 Équipement des établissements et connaissances générales des acteurs. .................... 241
1-1-1 Les TIC dans les établissements d’enseignement supérieur................................. 241
2-1-2 Rapport des étudiants et enseignants avec les TIC............................................... 246
2- PRATIQUES EN LIGNE DES ENSEIGNANTS ET ETUDIANTS DANS LE CADRE DE LEURS
ACTIVITES DE RECHERCHE. ........................................................................................................................ 252
2-1 Analyse des pratiques en ligne des enseignants........................................................... 252
2-2 Analyse des pratiques en ligne des étudiants............................................................... 255
3- LE RISQUE DE DISCRIMINATION DANS L’ACQUISITION DES COMPETENCES ET L’ACCES AUX
TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE D’IVOIRE. ........................................................... 260
3-1 Type d’établissement fréquenté et accessibilité/connaissance des TIC...................... 260
4– UTILISATION PEDAGOGIQUE DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE
D’IVOIRE........................................................................................................................................................... 268
4-1 La formation des enseignants à la pratique des TIC .................................................... 268
4-2 L’utilisation des TIC dans le cadre pédagogique......................................................... 270
CONCLUSION GÉNÉRALE .......................................................................................................................... 287
- CONDITIONS D’INTEGRATION DES TIC DANS LE MILIEU UNIVERSITAIRE : EXEMPLE DES
UNIVERSITES DU QUEBEC ET DE L’UNION EUROPEENNE................................................................... 288
- CONDITIONS D’INTEGRATION DES TIC DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR IVOIRIEN. ........ 294
Au plan académique. .................................................................................................. 294
Au plan politique........................................................................................................ 298
Au plan social............................................................................................................. 300
- L’ADOPTION DU SYSTEME LMD. ............................................................................................................. 301
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ET WEBOGRAPHIQUES.......................................................... 303
LES SIGLES ET ACRONYMES. ................................................................................................................... 325
TABLES DES ILLUSTRATIONS. ................................................................................................................. 329

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LES ANNEXES. ................................................................................................................................................ 333
ANNEXE I : GUIDE D’ENTRETIEN ET QUESTIONNAIRES...................................................................... 334
ANNEXES II : LISTES DES UNIVERSITES EN COTE D’IVOIRE EN 2005............................................... 348
ANNEXES III : PLAN NICI-COTE D’IVOIRE............................................................................................... 351
ANNEXES IV : CONCLUSIONS DES TRAVAUX DU SEMINAIRE SUR LA GOUVERNANCE
UNIVERSITAIRE EN AFRIQUE ORGANISE PAR L’AGENCE UNIVERSITAIRE DE LA
FRANCOPHONIE EN 2003............................................................................................................................... 413

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