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Enseignement du berbère en Algérie/Maroc

Cet article compare l'enseignement du berbère en Algérie et au Maroc, en examinant les contextes d'institutionnalisation et les choix didactiques. Il souligne les évolutions politiques des années 1990 qui ont permis une reconnaissance progressive de la langue berbère, ainsi que les défis persistants liés à sa mise en œuvre dans le système éducatif. Les structures comme le Haut-commissariat à l’amazighité en Algérie et l’Institut royal de la culture amazighe au Maroc sont analysées pour leur rôle dans l'introduction de l'enseignement du berbère.

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Enseignement du berbère en Algérie/Maroc

Cet article compare l'enseignement du berbère en Algérie et au Maroc, en examinant les contextes d'institutionnalisation et les choix didactiques. Il souligne les évolutions politiques des années 1990 qui ont permis une reconnaissance progressive de la langue berbère, ainsi que les défis persistants liés à sa mise en œuvre dans le système éducatif. Les structures comme le Haut-commissariat à l’amazighité en Algérie et l’Institut royal de la culture amazighe au Maroc sont analysées pour leur rôle dans l'introduction de l'enseignement du berbère.

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L’Enseignement du berbère en Algérie/Maroc : Quelques

éléments de comparaison d’expériences en cours


Nacira Abrous

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Nacira Abrous. L’Enseignement du berbère en Algérie/Maroc : Quelques éléments de comparaison
d’expériences en cours. Revue des Études Berbères, 2013. �halshs-01620263�

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L’ENSEIGNEMENT DU BERBERE EN ALGERIE/MAROC :
Quelques éléments de comparaison à mi-parcours

Nacira ABROUS1

Cet article synthétise quelques éléments de ma thèse consacrée aux convergences et


divergences dans l’enseignement du berbère en Algérie et au Maroc. J’aborderai rapidement le
contexte d’institutionnalisation, puis la mise en œuvre en lien avec les questions d’aménagement
et de choix didactiques respectifs. Quelques éléments de bilan global seront proposés, dans le
cadre d’une démarche comparative des stratégies et des résistances.

Introduction

Depuis les indépendances des pays du nord de l’Afrique, l'arabisation est une politique
structurée et constante que les États ont menée dans la perspective de la reconquête d’une
identité nationale définie comme arabe et musulmane, donnant naissance à des politiques
linguistiques occultant la langue berbère. Les décisions politiques qui ont concrétisé ces choix ont
leurs racines dans les orientations fondatrices de la lutte pour la décolonisation.

Processus d’institutionnalisation du berbère

Dès le milieu des années 1990, les États algérien et marocain ont opéré des modifications
dans leurs pratiques politiques et ont adopté des stratégies qui pourraient être perçue comme une
« nouvelle politique linguistique ». Pour situer cette évolution dans le contexte géopolitique, nous
dirons qu’elle s’inscrit dans le sillage des stratégies d’ouverture du champ politique dans de
nombreux pays en développement après la chute du Mur de Berlin. L’Algérie (1988-1989)2 et le
Maroc (1994/1996)3 décident d’opérer quelques transformations politiques à la suite
d’événements intérieurs récents.
A l’échelle internationale, la révolte kabyle de 1980 (« Printemps berbère ») avait déjà
médiatisé la question et créé des relais en diaspora. Mais cet impact et ces connexions ne sont pas
souvent être reconnus dans l’historiographie contemporaine, certainement en raison de
l’intégration des logiques « étatiques » et des légitimités nationales. Le Mouvement culturel
berbère (MCB) a exercé durant plus d’une décennie des pressions continues à travers la
mobilisation des élites et les actions de terrain qui ont dépassé les limites de la sphère universitaire
en Kabylie et dans l’Algérois ; mais elles restent malgré tout isolées par rapport au reste des
régions berbérophones, même s’il existe des relais bien identifiés et permanents.

Durant les décennies 1960/70 et 80, des personnalités universitaires connus ont élaboré des
documents de base pour la réflexion culturaliste4. On soulignera notamment l’action fondatrice
menée par Agraw Imazighen (Académie Berbère) dans les années 1960/70, en raison de son
ancrage et de son impact populaire et de son action durable, toute une génération a été ainsi

1
Doctorante à l’université d’Aix-Marseille, sous la direction de Salem Chaker.
2
La nouvelle Constitution de février 1989 donne une assise légale au pluralisme politique annoncé après les événements
d’octobre 1988.
3
Lors du discours du 20 août 1994 le Roi Hassan II évoque l’importance d’accorder un intérêt aux « dialectes » berbères. En
1996 (à l’occasion du 43e anniversaire de la révolution du Roi et du Peuple) il annonce la tenue d'un référendum
constitutionnel le 13 septembre 1996.
4
En premier lieu les travaux de Mouloud Mammeri et Salem Chaker pour l’Algérie et ceux de Mohamed Chafiq pour le
Maroc.

1
sensibilisée et éveillée à la préoccupation de l’écriture et de l’enseignement, la fragilité de cette
entreprise est certainement due à sa structuration en émigration, ce qui ne favorisait pas l’échange
continu entre les leaders et les sympathisants. De leur côté, les culturalistes marocains créent dès
des espaces diversifiées. Le premier réseau important a été créé à Rabat par un groupe du Souss le
10 novembre 1966 (AMREC)5 dont l’action cible en premier lieu la culture orale et
l’alphabétisation en raison du contexte répressif de l’époque. C’est en août 1980 autour des
travaux de l’Université d’été d’Agadir (UEA) que le dossier berbère constitue une préoccupation
centrale. L’AMREC, devient très vite dans les années 90 la cheville ouvrière de la revendication
mais aussi du dialogue.
Les acteurs au Maroc s’orientent également, dans leur majorité, vers des approches juridiques en
lien avec les droits des minorités, des peuples autochtones, le droit à la langue maternelle et la
diversité culturelle défendue comme une richesse (Tamaynut et Azetta notamment) pendant que
le MCA6 se radicalise.
Le Congrès mondial amazigh (1995) initié par « Tamazgha »7 et d’autres universitaires, a
réussi à fédérer, pour la première fois, de nombreuses figures des champs militants et
universitaires berbères essentiellement algériennes, marocaines, canariennes et a impulsé un
travail de réflexion et d’internationalisation, à travers des rencontres internationales ainsi que la
production de tout un arsenal juridique : rapports, synthèses, communiqués, enquêtes.

En Algérie, l’enseignement du berbère se met en place en 1990/91 à l’Université (Tizi-


Ouzou puis Bougie), et à la rentrée 1995 dans le secondaire (collège et lycée). La « grève du
cartable » de 1995 en Kabylie avait abouti à la signature des « accords du 22 avril » prévoyant la
création du HCA par décret présidentiel et l’introduction de l’enseignement du berbère dès la
rentrée scolaire suivante. Mais aucune loi ou décrets de mise en œuvre ne sont promulgués (N.
Abrous, 2010). Il faudra attendre 2002 pour que le berbère entre dans la Constitution comme
langue nationale à côté de l’arabe et obtienne une reconnaissance officielle, même si la langue
arabe garde sa suprématie en demeurant (seule) langue officielle de l’Etat.

Au Maroc, la militance se cristallise à travers un rapprochement significatif des groupes


régionaux et la structuration des réseaux culturels plus ou moins motivés par une opposition au
régime. L’émergence d’une force revendicative de plus en plus organisée et « décomplexée » et
l’action non négligeable du Mouvement culturel amazigh (MCA), bien implanté dans les
universités d’Oujda et d’Agadir, ont consolidé le positionnement des berbéristes marocains. Les
événements de Goulmima (1994) et plus tard du « Printemps noir » en Kabylie (2001) ont créé
des passerelles de solidarité, facilitée par une réelle porosité8 depuis la fin des années 1960 entre
les militances berbères algérienne et marocaine. Toutefois, d’un point de vue sociopolitique, nous
rejoindrons l’idée développée par S. Chaker (1994 : 106) concernant l’essence même de cette
mouvance militante : « les notions de conscience culturelle/identitaire/nationale ne sont pas des
essences mais des phénomènes historiques et sociaux, sujets à fluctuation, qui peuvent connaître
des réalisations diverses. »
Le 20 août 1994, Hassan II s’exprime en faveur des « langues et dialectes régionaux ». Ce
discours, qui n’aura aucune concrétisation immédiate, a été perçu par tous comme une promesse,
une amorce de reconnaissance de la langue berbère. Cependant, les termes employés sont vagues
et les échéances relativement à son enseignement, encore plus imprécises. On peut y voir une
5
Fondée à Rabat le 10 novembre 1967 par un groupe d’étudiants berbères dont Ali Azayku, Brahim Akhiyat,
Ahmed Boukous, Abd El Fadel El Ghouali, Abdellah Bounfour, Ahmed Akouaou, l'Association marocaine de
recherche et d'échanges culturels est l'une des plus anciennes composantes du mouvement culturel berbère au
Maroc.
6
Mouvement culturel amazigh animé par les étudiants du sud-est (Université d’Agadir) et du Rif (Université de
Oujda)
7
Association berbériste de Paris fondée par des étudiants berbères de l’INALCO autour de Masin Ferkal.
8
Terme emprunté à Salem Chaker, communication orale séminaires année 2009-2010.
2
probable anticipation en lien avec l’évolution du régime algérien vis-à-vis de la revendication
berbère, amorcée à partir de 1990.
En 1999 dans le cadre des réformes lancées par la monarchie, la Commission spéciale
d’éducation et de formation élabore la Charte nationale de l’éducation (CNE) qui mentionne la
possibilité d’un enseignement du berbère pour « favoriser l’apprentissage des connaissances et
aptitudes de compréhension et d’expression en langue arabe ».
Mais c’est avec la promulgation du Dahir n° 1-01-299 portant sur la création de l’Institut
Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) que la reconnaissance officielle de l’amazighité du Maroc
a été engagée (Boumalk 2009 : 54). Une reconnaissance qui était loin de répondre à toutes les
revendications de la militance amazighe [qui] vis [ait] … à faire évoluer cette situation en passant
du statut de fait à un statut juridico-constitutionnel censé garantir à l’Amazighe la protection
juridique, et par contrecoup, l’intégration dans tous les domaines de la vie publique et la
pérennité.
Le 30 juillet 2001, le roi Mohamed VI annonce l’intégration de la langue berbère dans
l’enseignement. La nouvelle constitution, adoptée par référendum et promulguée le 1er juillet
2011, reconnaît le statut de « langue officielle » au berbère (art. 5).

Conditions de mise en œuvre de l’institutionnalisation du berbère


Aménagement linguistique et choix politiques

Cette notion d’aménagement linguistique recouvre l’ensemble des objectifs, des


orientations, des réalisations en faveur de langues autochtones ou régionales marginalisées ou
minorées, jusque-là exclues du champ institutionnel. Cette action est souvent dictée par une
nécessité politique. Une véritable normalisation – le terme est introduit par les spécialistes du
domaine catalan (Aracil : 1965) pour traduire le terme aménagement très usité dans le références
canadiennes –, doit comprendre une intervention sur le « corpus » (i.e. sur le matériau linguistique
lui-même) et une prise en compte de la visibilité socioculturelle et politique des groupes
concernés. Cela a normalement pour objectif la promotion et la revitalisation de la langue
concernée. Par voie de conséquence, cela implique un investissement financier et logistique
soutenu par des dispositions législatives permettant la mise en œuvre du projet
d’institutionnalisation. De plus les États doivent suivre et superviser les actions pour lesquelles
des organismes sont désignés ou créés, et mettre en place des dispositifs administratifs adaptés
afin de permettre la mise en pratique dans les cadres scolaires, médiatiques et autres. C’est le cas
de la « Section intersectorielle » (Algérie), de la « Cellule de coordination (Maroc).
Boyer (2007 : 213) qualifie ce type d’aménagement de « stratégie de haut en bas » ; il
souligne, par ailleurs, l’importance d’une planification de « bas en haut » et note que « accorder
trop d’attention aux politiques officielles peut s’avérer contreproductif en l’absence d’autres
activités aux niveaux inférieurs » (ibid. : 191).

Nous comptons dans notre recherche, à travers l’étude des différentes étapes de ce
processus en Algérie et au Maroc, décrypter et analyser les contours de ce qui pourrait être
considéré comme un « revirement » dans les politiques linguistiques maghrébines. Cela nous
mènera donc à explorer le fonctionnement des dispositifs, des étapes de mise en œuvre et à
analyser les outils mis en place.

3
Deux structures : un cheval de bataille, l’enseignement de la langue berbère

Le Haut-commissariat à l’amazighité (HCA)9 et l’Institut royal de la culture amazighe


(IRCAM)10 sont tous les deux des structures consultatives, à compétences exécutives,
directement liées à la gouvernance, respectivement à la Présidence de la république
algérienne et au Palais royal au Maroc. Soulignons que nombre d’observateurs estiment
qu’il s’agit là d’une logique de « récupération » ou « d’enterrement » programmé dans la
mesure où ces organismes n’ont pas la compétence juridique et les moyens d’intervenir sur
le terrain, de répondre aux besoins exprimés en matière d’aménagement et
d’accompagnement et qu’ils participeraient plutôt à la pérennisation d’une situation
discriminatoire vis-à-vis de la langue berbère et ce pour plusieurs raisons, notamment :
– l’insuffisance ou l’inexistence d’un plan d’action en matière de décisions
institutionnelles ;
– l’absence de structures académiques autonomes dotées de moyens et de
compétences décisionnelle dans une perspective de normalisation et de codification
planifiées.
– le renforcement (surtout en Algérie) du dispositif juridique coercitif sur
l’arabisation parallèlement aux décisions d’institutionnalisation du berbère.

Dès leur installation, le HCA et l’IRCAM ont été chargés de s’impliquer dans l’introduction
de la langue dans le système éducatif.
Pour l’Algérie, on parle tout de suite de « classes-pilotes », indiquant ainsi une « étape
expérimentale » à caractère facultatif réservée aux aires berbérophones (Abrous N., 2010) dans le
cycle secondaire (collèges et lycées) pour la dernière année des collèges et les classes de terminale
des lycées, à raison de deux heures hebdomadaires. Seize wilayas (départements) ont été ciblées,
dont trois villes partiellement berbérophones : Boumerdès, Alger, Oran. Ce sont généralement
des classes à publics hétérogènes.
Au Maroc, on opte dès 2003 pour une démarche de généralisation à tout le territoire
national. En 2009, les six niveaux du cycle primaire sont couverts mais avec d’importantes
disparités régionales. Nous verrons plus loin comment la gestion de cet enseignement est
largement conditionnée, elle aussi, par les contextes locaux, au plan administratif comme à celui
des ressources humaines.
« Les institutions chargées de la mise en place de l’enseignement de l’amazighe sont le
Ministère de l’Éducation nationale (MEN), les académies régionales d’éducation et de formation
(AREF) et l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM). Le MEN représente l’institution de
tutelle chargée de l’insertion de l’amazighe dans le système éducatif ; quant à l’IRCAM, il est
chargé, en premier lieu, de la réalisation des outils pédagogiques, il contribue à l’élaboration des
programmes et à la formation des enseignants et des superviseurs pédagogiques en collaboration
avec les AREF. La concertation entre les deux institutions est assurée par une commission mixte
chargée du suivi et de l’évaluation de l’enseignement de l’amazighe. .» (Boukous, 2007)

Recrutement des enseignants, des inspecteurs et des formateurs

Pour préparer la rentrée 1995, le HCA organise à Alger un stage de « perfectionnement » à trois
niveaux, en collaboration avec le MEN algérien, en partant du principe que les stagiaires avaient
déjà reçu une formation initiale (dans les cadres associatifs ou en autodidactes). Ce qui était
effectivement le cas pour la majorité des enseignants issus des départements de Tizi-Ouzou,

99
Article 4 du décret présidentiel n°95-147 du 27 mai 1995 portant création du HCA.
10
Discours royal 17/10/2001: création de l’IRCAM (Institut Royal de la Culture Amazighe, NDLR).
4
Bougie et Bouira (Kabylie), où des associations actives avaient dispensé des cours réguliers11 à
partir de 1990.
Après une première vague de reconversion d’instituteurs et de professeurs de collège et de
lycée, ainsi que l’intégration d’animateurs associatifs – dont la situation statutaire reste toujours
problématique –, les enseignants actuels sont issus pour la plupart des trois départements de
Langue et culture amazighe de l’Université (Tizi-Ouzou, Bougie, Bouira). Les deux tiers des
diplômés de ces départements restent encore sans débouchés en raison de l’absence de politique
de recrutement et d’intégration.

Au Maroc, une convention liant l’IRCAM au Ministère de l’Education nationale fixe les
principes généraux sur lesquels se fonde cet enseignement. Ces principes sont les suivants :
– « La langue amazighe appartient à tous les Marocains sans exception » et par conséquent
doit être enseignée à tous, qu’ils soient berbérophones ou arabophones, dans toutes les écoles du
royaume.
– Le MEN marocain n’envisage pas la création de postes budgétaires et des formations ; il
décide d’introduire le berbère en tant que matière d’enseignement à raison de trois heures
hebdomadaires12, sur la charge horaire d’instituteurs déjà en poste.
Pour l’année de départ (2003-2004), l’enseignement de l’amazigh démarre avec 317 écoles
impliquant ainsi toutes les délégations régionales du ministère. Ce chiffre se répartit en nombre
d’écoles par variante tamazight (98), tachelhit (71) et tarifit (46) quant à la répartition des 1090,
tamazight (561), tachelhit (336) et tarifit (176).
Une formation dite « initiale » est dispensée dans les Centres de formation des Professeurs du
Primaire (CFPP) L’objectif que souligne une circulaire publiée par l’IRCAM en mars 2005, est de
« préparer les élèves-professeurs des CFPP appelés à assurer l’enseignement de l’amazighe à
l’école marocaine ». Elle consiste en une initiation aux principaux aspects de la langue. Elle
comporte des ateliers d’initiation à l’écriture et des cours de linguistique, une introduction à la
sociolinguistique, la phonétique-phonologie, la graphie, les règles d’orthographe, la
morphosyntaxe, la lexicologie et l’aménagement linguistique. Certains enseignants que nous avons
pu interroger ont déclaré être non berbérophones et n’avoir aucune compétence discursive en
berbère et que cela constituait un frein à l’appropriation de la matière à enseigner quelle que soit
leur bonne volonté.
Les enseignants en fonction se déclarant prêts à assurer l’enseignement de cette nouvelle
matière ne bénéficient donc pas immédiatement de la formation minimale adaptée ; ce sont des
inspecteurs d’arabe ou de français pour la majorité d’entre eux13. Les enseignants arabophones
sont ceux qui expriment le plus de difficultés. Comment enseigner une langue qu’on ne maîtrise
pas et pour laquelle on n’a pas reçu eu de formation préalable ? Les heures destinées au berbère
sont en conséquence souvent transformées en séance d’activité récréative.
En fait, dans les deux pays, il ne semble pas que l’administration ait mis en place les
moyens pérennes nécessaires pour intégrer la catégorie des enseignants non-berbérophones dans
le projet d’enseignement, ceci en contradiction avec le principe de départ, réaffirmé par la
constitution marocaine, selon lequel la langue amazighe « est la langue de tous les Marocains » (et
de tous les Algériens, pour l’Algérie).

On peut d’emblée constater que le discours officiel marocain tend à « dé-régionaliser » le


projet d’enseignement de l’amazighe ; toutefois, les régions berbérophones étaient visiblement
plus opérationnelles, du moins dans les établissements dont les instituteurs étaient déjà

11
Idles (Tizi-Ouzou) et Tamazight (Bougie) ensuite Aghbalu et Si Mohand Umhand (Tizi-Ouzou), un peu plus
tard, se sont distinguées par un encadrement irréprochable.
12
Circulaire ministérielle 108, 2003.
13
Témoignages d’instituteurs (enquête personnelle). Toutefois 236 de ces inspecteurs ont été «formés» en plus
de 70 autres devaient être formés en 2006.
5
berbérophones. L’information, très parcellaire, que nous avons pu collecter sur le bilan de
l’enseignement mentionne systématiquement le manque de personnels enseignants, malgré la
création depuis 2006 de plusieurs filières de master et de licence de berbère, notamment dans les
universités Ibn Zohr d'Agadir, Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès et Mohammed Ier d'Oujda.

La langue berbère à l’école


Quelle langue pour quels apprenants ?

En Algérie, lors des premiers stages de formation pour l’enseignement, cette question ne
semblait pas être une préoccupation pour les instances engagées dans le processus. Par
conséquent aucune méthodologie ou orientation pédagogique n’est explicitée ou recommandée,
alors que l’on sait que la langue berbère est très diversifiée et n’a pas connu de planification ou
d’aménagement.
Des projets pédagogiques comme la correspondance scolaire interdialectale et l’unification
des terminologies pédagogiques et didactiques ont été évoqués pour rapprocher les élèves. Le
volet de la correspondance n’a jamais connu de concrétisation faute de Modus operandi. Bien
évidemment aucun document ne mentionne le statut réel de « langue maternelle », qui
contredirait le discours officiel définissant le berbère comme « langue de tous les Algériens ».

Au Maroc, l’option politique est donc clairement, dès 2013, celle de l’enseignement de
l’amazighe à tous les Marocains. L’objectif est donc la généralisation de l’enseignement de
l’amazighe sur le plan horizontal (dans l’espace) pour toucher toutes les régions du royaume ; cet
enseignement est obligatoire aussi bien pour les apprenants amazighophones que pour les
apprenants arabophones, ce qui implique qu’il est passible d’une évaluation au même titre que les
autres matières ;
La démarche verticale que mène l’IRCAM se projette dans une perspective de
« standardisation progressive » et privilégie très rapidement les compétences communicationnelles
standards visant la création d’une koinè berbère marocaine14 supra-dialectale : « La distinction entre
l’amazighe comme langue de socialisation individuelle acquise en milieu naturel et l’amazighe en
tant que langue de l’école et de l’éducation formelle nous amène à postuler que la didactique de
l’amazighe concerne essentiellement l’enseignement-apprentissage de cette langue en milieu
scolaire… » (Agnaou, 2009). L’objectif fixé est donc enseignement progressif de la langue
standard unifiée dans ses structures phonologiques, morphologiques, lexicales et syntaxiques.

Processus de codification et choix didactiques

Les manuels scolaires

Les enseignants tout comme les didacticiens sollicités pour l’élaboration de manuels
scolaires définissent généralement et en priorité le cadre didactique en lien avec les projets
assignés à tout enseignement de langue. Dans le cas du berbère, les premières questions qui
semblent se poser avec plus en plus d’acuité sont :
– Le berbère doit-il être enseigné comme langue maternelle, langue seconde ou langue
étrangère ?
– Quel sont les modalités appliquées aux classes hétérogènes ?
– Une didactique de la convergence est-elle préconisée et suivie, du moins pour le Maroc
qui envisage les deux dernières années du primaire comme cycle de standardisation total.

14
C’est nous qui soulignons
6
En Algérie, le recueil de textes en quatre dialectes (N. Abrous : 2011), ainsi que les
contenus dispensés lors des regroupements (par variantes régionales) initiés par le MEN algérien,
met les enseignants devant une situation de fait : une triple graphie (latin, arabe, tifinagh),
manifestant ainsi, dès le début de l’introduction du berbère à l’école, l’improvisation et les
incertitudes qui ont marqué cette expérience. Quant au reste des supports et des choix
didactiques, les enseignants se sont organisés en groupes, principalement en Kabylie, pour réaliser
des cours qui s’appuient principalement sur Tajerrumt n tmazight, tantala taqbaylit (1976) de
Mouloud Mammeri. Les stages intensifs qui ont suivi ont fédéré les choix didactique autour de
« l’unité didactique », les propositions étaient déterminées par les choix effectués par les
formateurs, des professeurs de français et d’arabe pour la majorité d’entre eux.

En 2003, le MEN algérien opère une réforme du système éducatif ; réforme dont l’objectif
était la révision des programmes d’enseignement de tous les paliers et de toutes les matières.
Cette réforme était basée sur l’approche par compétences. Dans ce cadre, l’enseignement du
berbère a donc bénéficié de manuels avec des cahiers des charges précis l’intégrant dans la même
orientation didactique ; mais on n’a pas pris en considération le statut et l’état de la langue
berbère (non codifiée, non standardisée) ; à l’évidence, le berbère aurait dû/pu bénéficier d’un
traitement spécifique. Au final, la compétence globale ciblée semble être la communication15 sur
la base d’une pédagogie de projet.
Les manuels marocains ciblent la maîtrise de la compétence de communication donnant la
priorité à l’oral, puis à l’écrit et ciblent l’acquisition de compétences globales et culturelles à
travers la maîtrise des aspects linguistiques. Les manuels scolaires marocains Awal inu et Tifawin a
tamazight 1, 2, 3, 4, 5 et 6 ont été réalisés par les chercheurs de l’IRCAM en collaboration avec la
Direction des programmes et des curricula du MEN.
Tifawin a tamazight (« Bonjour tamazight ») le premier manuel, a été élaboré sous la direction
de Belaïd Boudris, directeur du Centre de la recherche didactique et des programmes
pédagogiques de l’IRCAM, dans les trois variantes principales : tarifit, tamazight et tachelhit. Les
académies ont été chargées de sa diffusion. La réalisation technique et la reprographie en sont
soumis au marché de l’édition. Le manuel a été présenté le 30 mars 2004 par l'IRCAM lors d'une
conférence de presse à Rabat. Ce manuel de 112 pages illustrées a été controversé ; on citera
comme exemple le communiqué de l' l'Association marocaine de recherche et d'échange culturel
(AMREC) qui le qualifie d’ouvrage qui « menace l'unité territoriale et sème la division », en
insistant sur l'obligation de concevoir un manuel adoptant une langue unifiée.

La graphie, le point nodal

Dans le cas de l’Algérie, le terrain de l’enseignement était déjà balisé par un demi-siècle
d’expériences (militantes) significatives : instituteurs kabyles, travaux des berbéristes des années
40, de l’Académie berbère, travaux des universitaires (grammaires descriptives, lexiques…),
travaux normalisant de Mouloud Mammeri, sans oublier les travaux du « Groupe de Vincennes »
(Université Paris VIII) et de chercheurs plus récents.
La graphie utilisée pour l’enseignement officiel en Algérie à partir de 1995 est à très nette
dominante latine, mais la « polygraphie » est aussi une réalité. En fait, la situation s’enlise très vite
dans une certaine confusion et non-gestion, avec, tendanciellement : « un dialecte = une
transcription ». Progressivement la graphie tifinagh disparaît du paysage didactique officiel. Les
manuels examinés sont notés en double transcription : latine et arabe, le tifinagh figurant
15
« La langue de référence de ce programme est la variante kabyle. L’enseignant doit l’adapter au public scolaire
», in : document d’accompagnement des programmes de la première année moyenne, avril 2003.
7
uniquement en première de couverture pour le titre du manuel. Les enseignants ayant élaboré ces
supports sous la responsabilité d’un coordinateur du MEN ont déclaré avoir été sollicité
uniquement pour la version « latine en kabyle » et n’ont pas été informés des modalités de « re-
transcription » en caractères arabes.
Les destinataires des manuels se retrouvent ainsi confrontés à un « duel programmé »
(latin/arabe) qui gèle l’option du tifinagh comme troisième voie. L’exclusion quasi définitive du
tifinagh révèle le conflit réel qui oppose, d’une part, un usage bien ancré et prédominant dans la
production littéraire (le latin), mais stigmatisé par l’idéologie de l’État, et, d’autre part, une
démarche « nationaliste souverainiste » favorable à l’arabe, émanant de l’Institution et de ses
agents. Incidemment, la volonté de mettre en valeur la notation en arabe transparaît clairement à
travers une présence exclusive dans les journaux arabophones et la télévision (Tamazight 4) qui
transcrivent systématiquement en caractères arabes. En août 2007, la chaîne II dite 'Radio
Taqbaylit'' (radio kabyle) a adopté sur son site Internet la transcription de la langue amazighe en
caractères arabes. Toutes les pages du site sont présentées en caractères arabes16. On formulera
deux constatations :
– L’absence de coordination administrative et de concertation entre les différentes
instances parties-prenantes, qui se positionnent chacune de manière autonome, en fonction de
rapports de forces internes spécifiques ;
– L’administration et les différentes tutelles ne souhaitent pas s’impliquer ouvertement dans
le choix de la graphie, tout en offrant de meilleures opportunités de diffusion à la notation en
caractères arabes. Le positionnement du HCA sur ce sujet confirme la position non homogène de
l’Etat en raison des nombreuses publications littéraires et scientifiques de qualité réalisées dans
une graphie latine maîtrisée se situant dans la continuité de la tradition académique culturaliste
kabyle
Par ailleurs, quelques personnalités universitaires, quoique en dehors de leurs champs
disciplinaires, se sont impliquées dans le débat (Lahouari, 2010) à travers la presse et non à travers
des contributions académiques.

Au Maroc le débat sur le choix d’une notation a été relativement intense mais n’a pas duré.
En mettant en avant les arguments d’historicité et d’authenticité, l’IRCAM, dans une démarche
tactique médiatrice a rapidement opté pour le néo-tifinaghe17, très certainement pour dépasser la
controverse entre « latinistes » et « arabisants » et mettre un terme aux contradictions et attaques
sur ce sujet, portées par les milieux baathistes et islamistes18 sachant que les adeptes de la notation
latine, fort nombreux, ne sont pas en mesure d’assumer leur choix face à un argument aussi
effectif. Cependant la pratique réelle au Maroc était diverse et fluctuante, avec un usage bien
ancré des caractères arabes chez les Chleuhs (Moustawi, Safi, Azaykou, Jachtimi…) et latins
(toute la production récente19). Ahmed Boukous (2010) explique : « La démarche adoptée dans la
confection de l’alphabet tifinagh standard répond aux besoins de l’aménagement de cet alphabet
en vue de son adaptation au système phonologique de l’amazighe standard marocain. C’est
pourquoi il a été nécessaire de procéder à des amendements qui ont modifié la forme de certains
signes empruntés aux notations du néo-tifinaghe ». Pourtant la situation extra-institutionnelle
actuelle au Maroc manifeste plutôt une revitalisation de l’usage du latin, dans la production
littéraire et associative notamment.

16
Site de la Radio algérienne, chaîne II (berbère, initialement kabyle) : http ://www.algerian-
radio.dz/indextam.htm) ; consulté le 20 septembre 2012.
17
Dans les années 1990 la revue Tifinagh de M. Aherdan a soutenu une pratique en écriture néo-tifinagh :
Lahbib Fouad, les publications de Hawad qui a développé un système de notation vocalisée et cursive.
18 Ahmed Raissouni, président de l’association Attawhid wa l-Islah, a fait une correspondance à Mohamed
Chafik, recteur de l’Ircam à l’époque, pour dénoncer le fait que “l’adoption de la graphie latine est un choix
colonialiste qui vise à éloigner les Amazighs de l’Islam et à semer la division entre eux et les Arabes…”
19 Chacha, M. Bouzagou, S. Belgherbi, Akounad, B. Lasri, L. Bouyakoubi, A. Lihi, L. Zaheur, L.Azergui…
8
L’usage des caractères arabes paraît désormais presque marginal malgré une longue tradition
ancrée dans les milieux chleuhs notamment ce qui constitue un contraste violent avec les faits
sociétaux observés jusque-là.
Somme toute, le Maroc semble à travers ce choix, confirmer les représentations liées à la langue
et à la culture berbères, celle de la priorité symbolique, muséographique sur le pragmatisme
scientifique au détriment de l’efficacité et de l’expérience capitalisée dans le monde académique
berbérisant.

La question de l’évaluation de la matière toujours, en suspens

En Algérie, les notes ministérielles établissent le caractère facultatif de l’enseignement du


berbère. Aucune information n’est systématiquement diffusée par l’administration à l’attention
des élèves. Mais notre enquête établit que certains chefs d’établissement ont accepté de
comptabiliser la note de berbère dans le bulletin scolaire.

En revanche, l’évaluation de l’élève est prescrite au Maroc ; la matière est notée et


comptabilisée comme tout le reste des activités de l’école : calcul, arabe, français... Toutefois, si
l’on situe le cas du berbère dans le contexte globale de l’évaluation, le traitement du berbère est
présenté par un enseignant du sud marocain comme discriminatoire et inégalitaire20.
Une circulaire régule l’examen de fin du cycle primaire (sixième année) ; l’examen est local
(au niveau de l’établissement) et a lieu au mois de janvier ; l’épreuve est de 45 minutes, alors la
durée de l’épreuve est de quatre-vingt-dix minutes pour les autres langues, l’arabe et le français.
Pour un niveau scolaire déterminé, l’épreuve a lieu au niveau régional (épreuves provinciales
normalisées), au mois de juin, mais le berbère ne figure pas sur la liste des matières évaluées.
Ajoutons à cela, que parmi les fonctionnaires du MEN marocain il n’existe pas de postes dédiés à
l’inspection de l’amazighe : ce sont les inspecteurs d’arabe qui sont chargés d’assumer ces
fonctions pour lesquelles ils ne sont pas formés21.

Réalités sociolinguistiques et leur impact

Après dix-huit années en Algérie et dix années pour le Maroc, aucune évaluation
institutionnelle de l’enseignement du berbère n’a été rendue publique par les instances qui en sont
chargée, malgré d’importantes actions sur les questions de standardisation et la pédagogie ou des
questions plus précises en matière de didactique22.
Pourtant, les rencontres se sont multipliées autour de questions de didactiques (unité
didactique, pédagogie de projet, objectifs communication…), mais toujours en l’absence de
perspectives précises de planification à long terme.
En Algérie, l’exemple du CNPLET23dont le principal objectif est de réaliser toute recherche
ou étude sur la langue dans ses variétés, à des fins descriptive, didactique et pédagogique, illustre
bien cette situation d’incertitude, voire de confusion. Cet organisme a fait appel à de nombreux
universitaires berbérisants mais il apparaît largement comme un « doublon » du HCA et des
départements universitaires de berbère qui sont activement impliqués dans la standardisation et la

20
Entretien avec un enseignant au Maroc (décembre 2012).
21
La Direction de l’Evaluation du Système Educatif (DESE) a mené plusieurs évaluations, notamment par des
tests transnationaux du genre TIMMS-R, MLA, CTL, PIRLS, afin d’identifier les acquis des élèves de niveaux
comparables.
22
Journées d’étude Harmonisation des concepts de l’enseignement de tamazight : verbes et modalités
nominales » Octobre 2013, Boumerdès.
23
Centre national pédagogique et linguistique pour l'enseignement de tamazight, établissement public à
caractère administratif, a été créé par décret exécutif 03-470 du 02 décembre 2003, suivi par un arrêté
interministériel du 25 février 2007 portant sur l’organisation et fonctionnement du CNPLET. Il est placé sous la
tutelle du Ministère de l'éducation nationale.
9
production comme le département de Bougie et qui sont également amenés à intervenir sur les
mêmes domaines. Beaucoup s’interrogent donc sur la finalité de la création d’un tel organisme,
d’autant qu’aucune action commune ou convergente n’est envisagée avec les autres institutions
intervenantes. Cela ne peut pas être justifié par une « inertie » supposée du HCA car, en matière
d’initiative, ce dernier s’implique par exemple dans une édition de qualité et de diversité en
caractères latins et dans les normes de l’usage académique24.
Le contraste est net avec le Maroc où l’IRCAM reste l’unique interlocuteur de l’État, même
si son intervention sur le terrain est jugée insuffisante, la raison statutaire ne pourra être justifiée
puisqu’en matière de graphie adoptée, le vote sur les caractères à adopter a été mené au sein de
l’Institut (Akhiate, 2012 : 349) Les citoyens souhaitant s’exprimer sur ces sujets ne possèdent
aucune représentation institutionnelle et les associations ne sont pas considérées comme des
interlocuteurs habilités à mener un dialogue avec l’administration en matière académique ou
institutionnelle. Mais tous ces organismes officiels risquent bien d’être dépassés par l’évolution du
terrain. A cette étape de notre recherche et au vu de nos observations, nous constatons, dans les
deux pays, de grandes disparités régionales et un suivi très peu systématique de la situation réelle
sur le terrain par les institutions concernées. Mais de nouvelles observations et données seront
nécessaires pour confirmer ce constat.

Au Maroc, les mesures d’institutionnalisation de la langue berbère n’ont pas eu d’impact


immédiat sur les aspects exécutoires et la législation organique est toujours en attente. Certains
éléments et signes récurrents laissent penser qu’un revirement ou une « gestion à minima », n’est
pas à exclure.
Ainsi, en avril 200325, la municipalité de Nador (dans le Rif), sur la base du Dahir instituant
l’IRCAM, et sur la décision approuvant le tifinagh comme transcription de l'amazighe, a pris
l’initiative d’écrire les panneaux de signalisation et les noms de rue en tifinagh dans le territoire de
la municipalité, sous format bilingue (berbère/arabe). Les citoyens découvrent la nouvelle
signalétique le matin du 29 avril 2009. Dans les heures qui suivirent, le ministère de l'Intérieur
ordonna aux autorités locales d'enlever toute trace d'écriture tifinagh sur les panneaux de
signalisation de la municipalité de Nador et fit saisir tous les documents dans les bureaux de la
Ville portant du tifinagh. Le ministère de l’Intérieur invalide la décision du Conseil municipal de
Nador ayant autorisé cet usage bilingue, sous prétexte que l'arabe est l'unique langue officielle.
Ce type de faits laisse penser qu’il existe des résistances sérieuses au sein de l’appareil d’État
et illustrent le caractère contradictoire des positionnements de l’administration. Si l’on admet la
position du ministère de l’Intérieur, l'emploi du français et de l’espagnol sur les panneaux de
signalisation et les rues dans tout le Maroc serait tout aussi illégal.

La standardisation active menée par l’IRCAM se veut un processus contrôlé et progressif


mais suscite des interrogations nombreuses :
– La représentation des trois géolectes dans les manuels et les documents péri-didactiques
semble très problématique et fait l’objet de vives controverses. Même dans l’hypothèse où les
apprenants s’adaptent et s’approprient, sur le long terme, la norme scolaire, qu’en sera-t-il du
reste des berbérophones. Ira-t-on vers une configuration diglossique ? Les réponses données par
Ahmed Boukous (2007 : 87) sont-elles suffisantes ? « La gestion de ce dilemme est rendue
possible par l’adoption d’une approche qui consacre la polynormativité aux dépens d’une
approche réductrice conduisant à l’appauvrissement des composantes de la langue amazighe,
c’est-à-dire une approche qui met en œuvre une démarche intégrative et cumulative des
convergences et des différences linguistiques. »

24
Recommandations de l’Inalco, 1998, Paris.
25
Enquête dans les milieux de la militance du Rif
10
Du côté algérien, pour l’instant, la démarche de facto et de jure (cf. constitution, art. 3bis)
« régionalisante » de fait constitue un obstacle aux virtualités de standard berbère « algérien »,
ainsi qu’à la collaboration entre les deux pays en la matière. Rappelons que certains berbérisants
préconisent une standardisation sur le « très long terme » et de se fonder d’abord sur les réalités
linguistiques régionale (Chaker (2009 : 8) : « Pour conclure ce rapide examen de la faisabilité
linguistique d’un standard commun unique, il en ressort que si la chose n’est pas absolument hors
de portée du linguiste, il est certain que le système résultant ne pourrait être, largement, qu’une
reconstruction, diachroniquement fondée, mais fort éloignée de tous les usages réels, et donc sans
le moindre ancrage socioculturel. »

Eléments de conclusion : une réalité sociolinguistique et didactique incertaine et confuse

Les données factuelles sont donc très éloignées des discours tenus par les décideurs. En
Algérie, l’implication de la société ou ce que certains qualifient de « demande sociale » aboutit à
une généralisation-extension de fait dans les département de Bougie, Tizi-Ouzou, Bouira ( la
Kabylie) où l’attente sociale se situe au-delà de l’offre institutionnelle les enseignants continuent
de s’investir dans la capitalisation des ressources locales (expérience, volontarisme, stratégie
d’autonomisation) soulignant au passage la pérennité du recours aux actions de masse : dialogue
permanent avec l’administration, contestations publiques et pétitions) Les chiffres sont parlants :
de 32515 en 1995 à 65569 en 2001 pour atteindre 208 996 en 2013
La situation est très différente dans les autres régions berbérophones ont vu leurs effectifs
régresser jusqu’à la disparition complète dans Mzab (Ghardaïa, Berriane,...etc) et l’aire Touareg
(Tamanrasset, Illizi, Djanet) et Tipaza (Chenoua). Seul le domaine chaoui connaît une progression
assez régulière puisque ces dernières années où nous passons de 483 élèves en 1995 à 24965
élèves26 en 2013.
Sur la base d’entretiens effectués avec deux enseignants de la région, selon les établissements, les
cours sont soumis à autorisation parentale préalable ce qui a entraîné un abandon systématique
par les élèves. Sans parler de l’instabilité du positionnement concernant la graphie.
On peut également déplorer l’absence de toute expérience d’enseignement dans une région
totalement arabophone. L’enseignement du berbère est progressivement étendu à tous les
niveaux d'enseignement en Kabylie.

L’Algérie dont « l’Administration » est perçue comme le miroir d’une gestion autoritariste et
verrouillée, offre paradoxalement l’image d’un laxisme sans précédent concernant : la
codification, la graphie, l’évaluation. Cela nous amène à supposer une stratégie d’enkystement27
qui rappelle l’épisode de « la grève du cartable » (N. Abrous : 2010 ; 14-16)

Au Maroc, la généralisation « horizontale et verticale » ne paraît pas du tout acquise, dix ans
après le début de l’enseignement. L’absence d’une loi organique qui régit les modalités
d’enseignement et d’intégration, d’affectation d’évaluation et de validation
L’objectif qualitatif de « l’amazighe marocain standard » ne semble pas non plus s’imposer dans
les usages réels, y compris à l’écrit, notamment dans la production littéraire. Seuls les outils
linguistiques et pédagogiques tentent de traduire ce projet. Nous nous retrouvons par exemple en
201128 avec une répartition assez dense dans le Sous-Massa-Draa (1600 écoles : 256420 élèves)
pendant que Meknès Tafilalt affiche 418 écoles : 177533 élèves. Ce qui paraît étonnant c’est la
faible intégration de cet enseignement dans une région comme le Rif s’étalant sur une partie de
l’Oriental et Taza-Taounat-Al Hoceima et une présence quasi symbolique dans les régions de
Doukala et Oued Dhab-Lagouira.

26
Source : Ministère de l’éducation nationale (document non public)
27
Emprunté à Salem Chaker, séminaire de berbère AMU. 2012
28
Chiffres du MEN Maroc non publics
11
Sur le plan didactique, nous sommes clairement face à une situation sans continuité, aux
objectifs incertains, et dont le suivi à tous les niveaux présente des sérieuses défaillances. On peut
se demander s’il s’agit uniquement de résistances ou d’insuffisance du dispositif éducationnel et
administratif face à un paysage politique complexe ? Ne s’agirait-il pas plutôt d’une stratégie
d’enlisement ?

Les questions qui doivent être éclaircies et approfondies sont donc nombreuses et
cruciales ; elles sont rendues particulièrement ardues par la difficulté que l’on rencontre à tous les
niveaux des rouages institutionnels, tant en Algérie qu’au Maroc, pour obtenir des données
statistiques globales concernant toutes les régions et les structures impliquées dans cette
opération.
Nous sommes tentés de rester optimistes en raison de l’officialisation du berbère au Maroc
et son état de projet, cela pourrait pour le Maroc impulser une politique plus offensive et en
Algérie régulariser définitivement ce dossier afin de répondre favorablement à une attente
sociétale chose qui peut probablement assainir l’échange entre l’administration et les citoyens
réclamant ce droit.

12
Bibliographie
Bibliographie académique

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Les documents officiels :

Algérie

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archive du HCA diffusé en 1995 (sans précision de date).
2. Circulaire 938 du MEN, 1995. Ouverture des classes pilotes pour l’enseignement de tamazight
(texte en arabe).
3. Circulaire 789 du MEN, 1995 20 août 1997, relatif au démarrage des classes pilotes en septième
année du fondamental (anciennement 6e).
4. Ministère de l’Education nationale, 1997-1998 : Lmed tamazight Tome1 (Apprends tamazight), Alger,
Edition Office national de l’enseignement et de la formation à distance.
5. Programmes de la quatrième année de Langue tamazight, Ministère de l’Education nationale,
juillet 2005. Direction de l’enseignement fondamental. Commission nationale des programmes. ONPS, p.
3-27.
6. Introduction générale aux programmes de la deuxième année. Ministère de l’Education nationale,
direction de l’enseignement fondamental. Commission nationale des programmes ONPS, décembre 2003,
p. 2-19 (en arabe).
7. Tamazi t seg yiles er tira (tamazight de l’oralité à l’écriture), Manuel de deuxième année secondaire,
première édition 2006-2007, ONPS. Coordonné par Mouhoub Harrouche, Ministère de l’Education
nationale.
8. Tamazi t seg yiles er tira (tamazight de l’oralité à l’écriture), Manuel de troisième année secondaire,
première édition 2007-2008. ONPS. Coordonné par Djamal Ikhloufi. Ministère de l’Education nationale.

Maroc
‐ MEN, Circulaire 133 du 12 Octobre 2007 ; sur l’intégration de l’amazighe dans les cursus
scolaires.
‐ MEN, Circulaire 130 du 6 septembre 2006 ; sur l’organisation de l’enseignement de l’amazighe et
la formation des professeures de l’amazighe ;
‐ MEN, Circulaire 90 du 19 Aout 2005 ; sur l’organisation des sessions de formation dans la
pédagogie et la didactique de l’amazighe ;
‐ MEN, Circulaire ministérielle 82 du 20 Juin 2004 ; sur l’organisation de l’enseignement de
l’amazighe et la formation des professeurs, circulaire ministérielle 108 du 1er Septembre 2003 ; sur
l’insertion de l’enseignement de l’amazighe dans les cursus scolaires.
‐ La Charte Nationale d’Education et de Formation (CNEF) éditée en 1999 par la Commission
Spéciale Education et Formation http ://www.men.gov.ma MEN Ministère de l'Éducation nationale)
‐ Modalités de l'enseignement public marocain, 2000, renseignements sur la page MEN (Ministère
de l'Éducation nationale). :http ://212.217.121.36/men/enseignement.asp.

15
‐ Décret n° 2.05. 1176 Relatif à la Formation des enseignants, édité le 10 mai 2006 qui modifie et
complète le décret n° 2.79. 265 émis le 25 Avril 1980

Liste des sigles :


AREF : les académies régionales d’éducation et de formation (Maroc)

CFPP : Centre de formation des Professeurs du Primaire (Maroc)


CNPLET : Centre national pédagogique et linguistique pour l'enseignement de tamazight
(Algérie)
HCA : Haut commissariat à l’amazighité (Algérie)
IRCAM : Institut royal de la culture amazighe (Maroc)
MCA : Mouvement culturel amazigh animé par les étudiants berbères du Sud-est, du Sous et du
Rif notamment)
MEN : Ministère de l’éducation nationale (Algérie/ Maroc)

Ressources numériques
BOUNFOUR Abdellah, 2011. - « Une constitution marocaine qui sanctifie le système » Entretien accordé à Tamazgha jeudi 18 août. [En ligne]
http://tamazgha.fr/Constitution-comme-une.html. Consulté le 15 février 2004.

BOUNFOUR Abdellah, 2003. La situation actuelle du berbère au Maroc. Conférence, Paris [En ligne] http://www.tamazgha.fr/La-situation-du-
berbere-au-Maroc,172.html. Consulté le 15 février 2004.

CHAKER Salem, 2004. A propos des tifinagh et de la prise en charge de tamazight : Le point de vue d’un berbérisant kabyle, interview accordée à
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Mohammed Boudarham, 2013 (29 mars) Reportage « Ma vie de prof d’amazigh » Tel Quel [En ligne] http://www.telquel-online.com/Le-
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16

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