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Style Néo-Mauresque en Algérie

L'exposé traite du style néo-mauresque en Algérie, qui émerge durant la colonisation française, mêlant éléments d'architecture islamique et esthétique moderne. Il explore les transformations urbaines et architecturales imposées par les colonisateurs, ainsi que les caractéristiques et la diffusion du néo-mauresque à travers le monde. L'étude de cas inclut des édifices emblématiques comme la Grande Poste d'Alger, illustrant les enjeux identitaires et culturels en Algérie contemporaine.

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Style Néo-Mauresque en Algérie

L'exposé traite du style néo-mauresque en Algérie, qui émerge durant la colonisation française, mêlant éléments d'architecture islamique et esthétique moderne. Il explore les transformations urbaines et architecturales imposées par les colonisateurs, ainsi que les caractéristiques et la diffusion du néo-mauresque à travers le monde. L'étude de cas inclut des édifices emblématiques comme la Grande Poste d'Alger, illustrant les enjeux identitaires et culturels en Algérie contemporaine.

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA


RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE CONSTANTINE 3
Faculté d’architecture et d’urbanisme
Département d’architecture

Exposé sur le style néo-mauresque

Sous la direction de

Mme. BENCHERIF Meriama

Présenté par

BENKOBBI Amina
BENLARIBI
Abdelouaheb

Groupe : 01
Année Universitaire 2024 – 2025
Plan de travail

Introduction
I. Avènement de la colonisation :
I.1. En urbanisme :
I.1.1. Intervention sur les Médinas
I.1.2. La ville coloniale
I.1.3. Les villages coloniaux
I.2. En architecture :
I.2.1. Néo-classique
I.2.2. Néo-mauresque
I.2.3. Art-déco
I.2.4. Mouvement moderne
II. Néo mauresque
II.1. Condition d’apparition
II.2. Néo mauresque dans le monde
II.2.1. Diffusion
II.2.2. Les caractéristiques architecturales
II.3. Néo mauresque en Algérie
II.3.1. Diffusion
II.3.2. Les caractéristiques architecturales
Est-ce-que le néo-mauresque dans le monde est le même que celui en Algérie ?
III. Etude de cas
III.1. La grande poste d’Alger
III.2. La Medersa de Constantine
Conclusion
Bibliographie
Introduction
L'architecture en Algérie pendant la période coloniale (1830-1962) reflète les tensions entre domination
coloniale et héritage culturel local. Sous l'occupation française, les villes ont subi des transformations
majeures, caractérisées par l'imposition de styles architecturaux européens. Parmi eux, le néo-mauresque
s'est distingué comme une tentative d'adapter les éléments de l'architecture islamique à une esthétique
moderne.
Ce style, visible dans des édifices emblématiques tels que la Grande Poste d'Alger, mêle motifs
géométriques et techniques contemporaines. Il incarne une dualité, à la fois une appropriation coloniale et
un hommage à l'héritage local. L'étude de l'architecture coloniale et du néo-mauresque permet ainsi de
mieux comprendre les enjeux identitaires et culturels qui continuent d'influencer l'Algérie contemporaine.
I. Avènement de la colonisation urbaine
I.1. En urbanisme
La conquête de l'Algérie par la France a débuté en 1830 et s’est poursuivie pendant plus d’un siècle. Cette
période a profondément influencé tous les aspects de la société algérienne, y compris l’architecture et
l’urbanisme. Les autorités coloniales ont cherché à imposer un modèle urbain qui reflétait les valeurs et
les styles européens, souvent au détriment des structures traditionnelles en employant diverses opérations
ayant pour buts la réappropriation des villes, l'occupation des terres agricoles et l'établissement de
nouveaux pôles de colonisation.
I.1.1. Interventions sur les médinas
Les premières interventions sur les villes furent à caractère militaire avec une approche destructive qui
visaient à renforcer le contrôle de la ville, à afficher la puissance coloniale et à créer un espace conforme
aux valeurs françaises pour les nouveaux habitants :
 La destruction des remparts ;
 L'expropriation massive des biens du Dey et du Bey au domaine public ;
 Réaffectation des bâtiments à d'autres usages, comme des mosquées transformées en hôpitaux ou
en église ;
 Remodelage de l’espace urbain, introduisant un plan en damier avec ses grands boulevards
(Figure 1) qui ont remplacés les rues sinueuses de la médina. Les axes principaux et secondaires
ont été tracés, souvent en ignorant la trame ancienne, et plusieurs impasses ont été conservées.
(Figure 2)

Figure 1 : Photos des Boulevards


(1) Avenue Loubet à Oran
(2) Boulevard du Front de mer à Oran
Figure 2 : Plans et tracés urbains
(1) Plan de la vieille ville de Constantine avant la colonisation.
(2) Plan de la vieille ville de Constantine après la colonisation.
(3) Différents tracés urbains.

 Création d’une place d’armes au croisement des axes qui est devenue le symbole du pouvoir
européen, entourée de bâtiments publics et de cafés, reflétant un nouvel ordre administratif et
économique. Elle illustre clairement la domination coloniale, aux côtés d'autres places aménagées
dans la ville. (Figure 3)

Figure 3 : La place d’armes


(1) Tracés de la place d’arme
(2) Photo de la place des martyrs

I.1.2. Les villes coloniales


 Les villes coloniales suivent souvent un plan en damier avec des rues rectilignes, facilitant la
circulation et le contrôle. (Figure 4)
 Les espaces urbains sont généralement divisés entre des quartiers pour les colons européens,
souvent bien aménagés, et des zones pour les populations locales, souvent marginalisées.
 Les édifices publics, comme les mairies, les églises et les écoles, sont conçus pour symboliser le
pouvoir colonial et l'ordre administratif.
Figure 4 : Plans des villes coloniales.
(1) Plan de la ville de Jijel
(2) Plan de la ville de Skikda

I.1.3. Les villages coloniaux


Les villages coloniaux créait dans les compagnes algériennes reprennent les mêmes caractéristiques des villes
mais à une échelle réduite.
I.2. En architecture
Apres une domination de l’architecture européenne pendant soixante-dix ans, d’où le style néoclassique était
le style officiel en Algérie, le tournant du XXe siècle a marqué le début d’une période riche en création
artistique à l’instar de ce qui se trouvait en Europe dans cette même période. Trois styles architecturaux
ont marqué cette période ; le style néo-mauresque, l’art déco et le mouvement moderne.
I.2.1. Le néo-mauresque
La période de 1900 à 1930 a témoigné l’apparition d’une approche humaniste tentant de restituer et de
réinterpréter l'architecture traditionnelle et le patrimoine urbain dans des constructions modernes. Cet
engouement à la réinterprétation des modèles traditionnels locaux a donné naissance au style architectural
néo-mauresque. De nombreux édifices furent construits dans ce style et ont petit à petit changé le visage
des villes algériennes d’une image de « vainqueur » marquée par l’austérité néoclassique, à une image de
« protecteur » qui cherche à gagner la sympathie des autochtones. Ces édifices emblématiques forment
aujourd’hui des points de repères urbanistiques et touristiques qui représentent par excellence l’identité de
ces villes, on peut citer à titre d’exemple la grande poste d’Alger, la gare ferroviaire d’Oran…etc
Vers les années 1930 Avec la célébration du centenaire, cette tendance commença à s’estomper laissant place
à un style plus moderniste et dépouillé de toute ornementation. Ce passage du style néo-mauresque qui est
un style colonial pacifié aux architectures des années 1930 requièrent un style méditerranéen moderne est
dû principalement à l’avènement du mouvement moderne qui a envahi le monde entier dans cette période
I.2.2. L’art déco
L’art déco est un courant artistique et architectural apparu vers les années 1920 en mettant fin à l’art nouveau,
résultant du métissage entre l’esthétique ornementale et celle du cubisme issu du mouvement moderne,
prônée par August Perret qui, tout en étant moderne, voulait rester fidèle à un classicisme qu’il voulait
imposer construction en béton armé Cette architecture se distingue par la richesse de son vocabulaire et
l’abondance de ses ornementations, se basant sur une approche décorative caractérisée par le design et la
recherche graphique. Elle adopte la structure en béton armée et les murs rideaux avec l’emploi des formes
géométriques lisses et s’organise selon un plan libre. Elle emploie comme matériaux le fer, l’acier, la
céramique, et le verre. En Algérie, plusieurs facteurs historiques ont été à l’origine de création de ce
mouvement, nous pouvons citer ; la célébration du centenaire qui a engendré l’édification de nombreux
édifices, le besoin de logements destinés aux européens, et la liberté en matière de création architecturale
en Algérie qui était moins conservatrice qu’en France dans cette période.
L’arc déco en Algérie avait un caractère particulier prôné par l’influence locale maghrébine sur ses
référents architectoniques. Bien que ce style architectural n’ait pas fait longue feu (1920 – 1940), ses
traces sont palpables sur le paysage urbain des villes algériennes avec ses façades blanches, toits terrasse,
formes géométriques, et motifs floraux etc.
I.2.3. Le mouvement moderne
Le mouvement moderne a envahi le monde au début du XXe siècle, avec ses principes de table rase, de
fonctionnalisme, d’universalité, et ses formes qui prônent la simplicité et la pureté. Les prémices de ce
mouvement commencent à apparaitre en Algérie vers les années 1930 avec la célébration du centenaire et
la volonté des français de donner l’image d’un pays idéal et de donner à Alger le statut de capitale nord-
africaine. En effet l’Algérie était un vaste champ d’investigation notamment avec le plan Obus et les
propositions de le Corbusier en 1931, ainsi que l’étude urbaine sur la ville d’Alger menés par les
urbanistes Danger, Prost et Rotival. Des études menées par Jean-Louis Cohen et Monique Eleb ont
montré l’influence de l’architecture méditerranéenne, nord-africaine sur la constitution du mouvement
moderne en Europe . Par contre, la spécificité de l’architecture moderne en Algérie est qu’elle se veut une
réinterprétation du patrimoine architectural, afin d’assurer une meilleure intégration au contexte local, et
une parfaite adaptation aux conditions climatiques donnant naissance à une génération d’architectes
appelée « les algérianistes »,qui ont œuvré pour produire une architecture « d'esprit moderne et
d’expression régionale » Parmi ces architectes on peut citer Marcel Lathuillière, Jacque Guiauchain et
Fernand Pouillon . Ces architectes ont produit une architecture traduite dans des édifices emblématiques
tels que la maison de l’Agriculture de Guiauchain et Marcel Lathuillière, Cité Diar El-Mahçoul à Alger de
Fernand Pouillon.
II.1. Condition d’apparition du style néo-mauresque :
Le style néo-mauresque est apparu dans un contexte marqué par des influences politiques, culturelles et
sociales :
Contexte politique :
 La colonisation française en Algérie a cherché à légitimer sa présence en intégrant des éléments
locaux dans l'architecture.
 Les expositions universelles ont popularisé l'orientalisme, inspirant les architectes coloniaux.
Contexte culturel :
 L'orientalisme et la fascination pour l'architecture islamique (comme l'Alhambra) ont influencé le
style.
 Les élites locales étaient séduites par ce mélange de traditions et de modernité.
Contexte social et technique :
 Le style s'adaptait au climat méditerranéen (cours intérieures, patios) et utilisait des matériaux
locaux (zelliges, pierre).
 Les techniques modernes (béton armé) ont permis de réaliser des structures complexes avec des
décors traditionnels.
Contexte idéologique :
 Le néo-mauresque symbolisait une transition entre tradition et modernité, tout en servant d'outil de
domination culturelle.

II.2. Le Néo-mauresque dans le monde


L’architecture néo-mauresque, développée au XIXe siècle, puise son inspiration dans les traditions
architecturales islamiques, notamment celles des cultures andalouses, maghrébine et ottomane. Ce style
hybride s’est diffusé dans le monde entier sous l’influence de l’orientalisme et des expositions
universelle, trouvant ainsi des expressions variées selon les contextes historiques, culturels et
géographiques.
II.2.1. Diffusion
En Europe
 Espagne, pays d’origine du néo-mauresque en raison de son passé andalou, a joué un rôle majeur
dans la diffusion de ce style également appeler néo-mudéjar. Durant cette période, les architectes
espagnols ont réinterprété les éléments mauresques traditionnels pour des projets modernes
destiner aux habitations et aux bâtiments publics comme : La Plaza de España à Séville et les
influences mauresques visibles dans l'Alcazar de Séville et l'Alhambra de Grenade. (Figure 5)

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Figure 5 : Photos des édifices néo-mauresque d’Espagne.


(1) Photo de la Place d’Espagne.
(2) Photo de l’Alcazar de Séville.
(3) Photo de l’Alhambra de Grenade.

 En Bosnie durant la domination austro-hongroise, les autorités l’ont utilisé pour symboliser la di-
versité culturelle et pour intégrer les populations musulmanes dans une identité impériale. À Sara-
jevo, le néo-mauresque se distingue par la clarté des formes, la symétrie et les proportions, appli-
quées tant à l'extérieur qu'à l'intérieur des bâtiments. La Bibliothèque nationale et universitaire en
est un exemple notable, combinant des arcs brisés avec des décorations mauresques et des
éléments formels dans un style pseudo-mauresque. (Figure 6)

Figure 6 : Photo de la Bibliothèque nationale et universitaire de Sarajevo.


(1) Photo de l’extérieur de la bibliothèque
(2) Photo de l’intérieur de la bibliothèque.

 En France, ce style s’est développé grâce à des architectes qui cherchaient à marquer leur
admiration pour l’architecture orientale tout en soutenant les ambitions coloniales. Des bâtiments
comme le musée Georges-Labit à Toulouse et la villa Casamaures à Isère. (Figure 7)

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Figure 7 : Photos des édifices néo-mauresque en France.


(1) Photo du musée Georges-Labit à Toulouse.
(2) Photo de la villa Casamaures à Isère.
 En Allemagne et en Autriche, des synagogues ont été construites dans ce style, comme la Neue
Synagogue à Berlin, pour évoquer un lien avec l’héritage des cultures du Moyen-Orient. (Figure
8)

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Figure 8 : Photo de la Neue Synagogue à Berlin.


(1) Photo de l’extérieur de la Synagogue.
(2) Photo de l’intérieur de la Synagogue.

Dans les colonies européennes

 Au Maroc et en Tunisie, ce style a été adapté aux palais de justice, mairies et écoles, avec des
références aux traditions architecturales locales. (Figure 9)

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Figure 9 : Photos d’édifices néo-mauresque.


(1) Photo du Poste centrale de Casablanca.
(2) Photo du Palais de justice de Tunis.

 En Inde, sous domination britannique, il a fusionné avec des éléments indo-islamiques pour créer
le style indo-sarrasin, visible dans des bâtiments tels que la Gare Victoria à Bombay. (Figure 10)

Figure 10 : Photos de la Gare


Victoria à Bombay.
En Amérique

 Aux États-Unis, le néo-mauresque a inspiré des bâtiments résidentiels et culturels, comme le Fox
Theatre à Atlanta et certains hôtels en Californie. (Figure 11)

Figure 11 : Photos du Fox Theatre à


Atlanta.

 Au Brésil, il apparaît principalement dans des bâtiments culturels, religieux et institutionnels liés
aux communautés musulmanes et juives. Il se distingue par l’utilisation d’arcs en fer à cheval, de
motifs géométriques et floraux, ainsi que de mosaïques et coupoles, inspirés de l’art islamique.
Cela inclut le Palais de la Fondation Oswaldo Cruz, et certaines synagogues, illustrant une
adaptation locale du style orientaliste. (Figure 12)

Figure 12 : Photos du Palais de la Fondation


Oswaldo Cruz à Rio de Janeiro.

II.2.2. Les caractéristiques architecturales du néo-mauresque dans le

monde Arcs et ouvertures

 Arc en fer à cheval : Avec ses extrémités courbées vers l’intérieur, créant une forme distincte
et élégante souvent ornés de motifs géométriques ou floraux. Fréquemment utilisé dans
l’architec- ture andalouse, notamment de la Grande Mosquée de Cordoue.
 Arc polylobé et trilobé : Constitué de multiples lobes ou courbes, créant un effet décoratif
sophis- tiqué parfois décoré de pointes de diamant, des formes en losange ou des étoiles répétées.
Utilisé dans les portiques, les fenêtres et les portails dans les monuments néo-mudéjars en
Espagne et dans les Balkans et en inde.
 Arc festonné : Variante de l'arc polylobé, avec des courbes plus fines et serrées. Souvent utilisé
pour les façades et les entrées principales, ajoutant un détail ornemental.
 Arc brisé (ou ogival) : Introduit dans certains édifices néo-mauresques sous l’influence de
l’archi- tecture gothique. Souvent utilisé en combinaison avec des motifs islamiques.
 Arc en plein cintre : Forme semi-circulaire classique, souvent adaptée et ornée de motifs isla-
miques. Très présent dans les bâtiments publics inspirés du style néo-mudéjar en Espagne.
 Arcs surbaissés : inclinée vers le bas. Ils sont utilisés dans des entrées, des fenêtres ou des ouver-
tures murales, créant des compositions harmonieuses et dynamiques.
 Arc superposé : ils disposent plusieurs niveaux utilisés pour créer une impression de hauteur et
de profondeur, comme dans la mosquée de Cordoue ou il accentue la monumentalité des espaces
inté- rieurs.
 Arc entrelacé : des arcs qui se croisent ou s'entrelacent, formant des motifs géométriques com-
plexes. Ce style est souvent utilisé pour des galeries ou des décorations de façades, évoquant l’es-
thétique raffinée des palais islamiques.
 Moucharabiehs : Fenêtres en bois ajouré, utilisées pour protéger du soleil tout en préservant l’in-
timité, sont courantes dans les régions chaudes.

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Figure 13 : Photos des différents types d’ouvertures.


(1) Photo de l’arc outrepassé.
(2) Photo d’arcs lobés.
(3) Photo de l’arc festonné.
(4) Photo de l’arc brisé.
(5) Photo de l’arc en plein cintre.
(6) Photo de l’arc surbaissé.
(7) Photo de l’arc superposé.
(8) Photo de l’arc entrelacé.
(9) Photo d’une Moucharabieh.
Details ornementaux et façade

 Zelliges et mosaïques colorées : Des carreaux de céramique colorés sont utilisés pour créer
des motifs géométriques complexes. Ces mosaïques sont utilisées pour orner les murs, les sols,
les colonnes et les arcs.
 Stuc sculpté : Les façades et intérieurs présentent souvent des ornements en plâtre finement
ciselé, reproduisant des arabesques, des motifs floraux et calligraphiques.
 Frises sculptées : Les frises, souvent placées sous les corniches ou autour des fenêtres et des
portes, sont ornées de motifs géométriques, de palmettes, de volutes ou d’arabesques.

 Plafonds à caissons : Ornés de caissons en bois ou en stuc, créant des motifs géométriques en
relief, souvent peints dans des couleurs vives.
 Voûtes étoilées : Avec des motifs en forme d'étoiles à plusieurs branches, souvent
soulignées par des arabesques ou des géométries complexes. Elles sont fréquemment
utilisées dans les espaces intérieurs tels que les salles de prière ou les salles principales des
palais.
 Corniches décorées : Elles surmontent les façades et sont souvent ornées de motifs sculptés,
de frises géométriques ou d’arabesques. Ces corniches soulignent la ligne de toit et créent une
tran- sition élégante entre les murs et la toiture.
 Façades symétriques et répétitives : Les éléments décoratifs sont souvent disposés en série
le long des façades pour créer une symétrie et un équilibre visuel. Elle donne une impression
d'har- monie et de grandeur.

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Figure 14 : Photos des ornementations et façade.


(1) Photo de la mosaïque.
(2) Photo du Zellige.
(3) Photo du stuc sculpté.
(4) Photo d’une frise sculptée.
(5) Photo d’un plafond en caisson.
(6) Photo d’une voute étoilée.
(7) Photo d’une corniche.
(8) Photo d’une façade symétrique et répétitives.
Toiture
 Dômes : Souvent hémisphériques ou bulbeux, ils sont ornés de motifs géométriques ou recouverts
de mosaïques colorées, et peuvent être surmontés de lanternes ou de fenêtres circulaires qui laisse
pénétrer la lumière.
 Minarets et tours : Certains bâtiments civils ou religieux reprennent la forme élancée des
minarets, souvent décorés de motifs répétés.
 Toitures à pignon ou en tuiles vernissées : Les bâtiments peuvent présenter des toits à pignon
recouverts de tuiles vernissées, souvent de couleurs vives telles que le bleu ou le vert. Les tuiles
peuvent être posées de manière à créer des motifs répétitifs ou des textures intéressantes qui com-
plètent l’architecture du bâtiment.

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Figure 15 : Photos des types de toitures.


(1) Photo d’un dôme.
(2) Photo d’une tour.
(3) Photo d’une toiture en tuile.

Structure
 Colonnes : En plus des colonnes classiques à chapiteau, certaines structures adoptent des colonnes
torsadées, qui imitent les formes de végétation ou d’entrelacs.
 Arcades continues : Disposées de manière continue le long des façades, sont souvent recouvertes
de mosaïques, de peintures murales ou d’éléments métalliques décorés. Elles forment un passage
couvert qui crée un rythme visuel dans l'architecture du bâtiment.

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Figure 16 : Photos des types de structure.


(1) Photo de colonnes.
(2) Photo d’un chapiteau ionique.
(3) Photo d’un chapiteau dorique.
(4) Photo d’un chapiteau corinthien
(5) Photo d’arcades continues.
Organisation de l'espace

 Salles à double hauteur : Certaines structures néo-mauresques utilisent des volumes intérieurs
im- posants, avec des pièces à double hauteur ou des salons largement ouverts, souvent décorés de
voûtes en ogive ou d’arches.
 Séparation des espaces : L'architecture néo-mauresque respecte souvent une séparation entre les
espaces publics et privés, créant des zones extérieures fermées, telles que des jardins, et des zones
intérieures, comme des salons et des chambres, chacune avec ses propres caractéristiques décora-
tives.
 Cours intérieures et patios : Inspirées des palais andalous, elles incluent des jardins, des bassins
ou des fontaines pour recréer une ambiance sereine et rafraîchissante.

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Figure 17 : Photos des types d’organisation d’espaces.


(1) Photo d’une salle à double hauteur.
(2) Photo d’un patio.

Matériaux et techniques de construction


 Pierre et brique : Les matériaux traditionnels tels que la pierre taillée, la brique émaillée et la
céramique colorée sont couramment utilisés pour créer des façades décorées et des éléments archi-
tecturaux tels que les arches, les colonnes et les portails.
 Plâtre et stuc : Utilisé pour des détails décoratifs fins et complexes tels que les frises, les arcs, les
dômes et les motifs floraux, le stuc est souvent appliqué directement sur des structures en béton
armé ou en pierre.
 Métal et verre : Dans certaines régions industrialisées telles que l'Europe du Nord ou les États-
Unis, des éléments métalliques (comme des ferronneries en fer forgé) et du verre ont été intégrés
dans les fenêtres, les portes et les toits pour donner un aspect plus moderne et léger au style néo-
mauresque.
 Béton armé : Permet d’adapter les formes traditionnelles du style néo-mauresque à des construc-
tions plus modernes et complexes, tout en conservant une texture ornementale riche. Cela permet
d'utiliser des arches, des dômes et des colonnes pour les bâtiments contemporains.

II.3. Le Néo-mauresque en Algérie


II.3.1. Diffusion

 Pour le style architectural néo-mauresque, C’est un style pittoresque qui se distingue par son
ornementation basée sur de nombreux emprunts à l’architecture andalou-maghrébine. Il est issu
d’une décision politique pour servir l’appareil idéologique colonial. Il s’insère à la fois dans le
large mouvement orientaliste du a l’engouement occidentale pour les arts orientaux qui a marqué
le début
du XXe siècle, et aussi dans la tendance d’éclectisme architectural qu’a connu l’architecture
occidentale à partir du XIXe siècle basée sur la renaissance des différents style architecturaux sous
forme d’architecture dite « néo » comme le néo baroque, néoclassique. Au début du XXe siècle,
Alger s’est petit à petit embelli d’édifices publics qui ont doté la ville d’un cachet spécifique et
une image « des milles et une nuit » favorisant l’activité touristique grâce aux paysages orientaux
mythiques.
 Après la sauvegarde et la restauration des monuments arabes et les expositions universelles sur
l’orientalisme et l’art arabe, venait la troisième expression du changement du visage de la
colonisation française en Algérie par l’officialisation du style architectural néo-mauresque qui va
rompre avec soixante-dix années d’austérité néo-classique et dont les traces définissent l’une des
grandes lignes d’Arabisances observables aujourd’hui.(Figure 18)

Figure 18 : Photos des différents bâtiments néo-mauresque.


(1) Photo de la grande poste d’Alger.
(2) Photo de la mosquée Ketchaoua.
(3) Photo de la mosquée El Emir Abdelkader.

II.3.2. Les caractéristiques architecturales du néo-mauresque dans le

monde Arcs et ouvertures

 Arcs en fer à cheval : Typiques de l’architecture islamique, souvent décorés de moulures.


 Arcs polylobés : Présents sur les façades ou les fenêtres, enrichis de motifs ornementaux.
 Arcs brisés : Utilisés pour marquer les entrées ou pour des ouvertures monumentales.
 Arcs entrelacés : Éléments décoratifs qui renforcent le caractère mauresque.

Décorations

 Motifs géométriques et arabesques : Sculptés ou peints sur les murs, rappelant les traditions an-
dalouses et maghrébines.
 Mosaïques colorées : Souvent en zellige, ornant les murs intérieurs et extérieurs.
 Stucs sculptés : Utilisés pour des motifs floraux et géométriques complexes, notamment autour
des arcs et des fenêtres.
 Motifs floraux : Inspirés de l’art islamique, ces motifs couvrent les façades, plafonds et murs.
 Calligraphie arabe : Utilisée pour orner les murs et encadrer les arcs.
 Céramiques émaillées : Présentes dans les zelliges (mosaïques) pour décorer les façades et les
intérieurs.

Toitures

 Dômes ornés : Petits dômes rappelant l’architecture islamique traditionnelle, parfois placés sur
des édifices publics ou religieux.
 Toits terrasses : Inspirés des maisons traditionnelles maghrébines.
 Minarets élancés : Symbole spirituel, inspirés des traditions maghrébines et andalouses.
 Toitures en tuiles vernissées : Souvent de couleur verte, évoquant l’architecture islamique tradi-
tionnelle.

Colonnes et Piliers

 Colonnes élancées : Souvent décorées avec des chapiteaux sculptés, rappelant l’architecture anda-
louse.
 Piliers massifs : Utilisés pour soutenir les arcs dans les édifices publics.

Plans et espaces

 Patios intérieurs : Incorporés dans les bâtiments pour rappeler l’architecture andalouse et
maghré- bine.
 Organisation symétrique : Une attention particulière est portée à l’équilibre des volumes et des
proportions.

Façades et matériaux

 Façades blanches : Souvent revêtues de plâtre ou de pierre, symbolisant la pureté et la lumière.


 Usage de matériaux locaux : Pierre, plâtre et tuiles vernissées.
 Utilisation de marbre, de stuc et de bois sculpté, combinés avec des matériaux modernes comme
le béton.

III. Etude de cas

III.1. La grande poste d’Alger :

III.1.1. Aperçu historique :

 Le projet est lancé sous l’ordre du gouvernement coloniale dans le but de moderniser la ville et
renforcer sa centralité. Ce bâtiment devait servir à la fois de service postal et de symbole de
l’organisation administrative.
 Elle fut conçue en 1907 par les architectes Jules Voinot et Denis Marius Toudoire, réalisée en
collaboration avec des artistes locaux et inauguré en 1913.
 Construite sur un terrain de 2200m² sur les anciennes fortifications françaises et qui abritait
autrefois l'ancienne église anglicane édifiée en 1870 qui elle-même fut remplacée en 1909 par
l'église anglo-saxonne de Mustapha supérieur.
 Adoptant un style néo mauresque, le projet a était également soumis à des propositions de con-
ception qui était d’implanter au-dessus de l’édifice un haut et imposant minaret à base carrée
et une horloge.
 Autrefois abritait le plus grand bureau de poste de l’Algérie indépendante avec une moyenne
de 9000 usagers par jour, cela jusqu’au 2014, ou le projet de son réaménagement en musée
d’his- toire de la poste et des télécommunications de l’Algérie fut lancé, un projet qui estimait
donner une nouvelle vie à ce bijou architectural. (Figure 19)
Figure 19 : Photos de la grande poste d’Alger.

III.1.2. Situation géographique :

• La grande poste est située dans la daïra de Sidi M’hamed, commune d’Alger centre, wilaya
d’Alger à l’intersection des axes principaux d’Alger-centre sur le célèbre carrefour, dit de la
grande poste, appelé au paravent Plateau des Glières.
• Elle constitue un repère urbain au cœur de la capitale, face au port commercial d’Alger, en
contrebas du palais du Gouvernement ainsi que le jardin de l’horloge florale et l’esplanade
d’Afrique. (Figure 20)

Les limites géographiques :

• Limitée au Nord par la rue Larbi Ben M’Hidi (Ex Rue d’Isly) et le boulevard Benboulaid (Ex
Bou- levard Bugeaud),
• Au Sud par L'avenue Émir El Khettabi, prolongement de la rue Didouche Mourad (anciennement
rue Michelet).
• A l'Est par le boulevard Asselah Hocine (Ex rue de Constantine) et les rampes Tafourah qui
mènent au centre-ville en passant par le port,
• A l’Ouest par le boulevard Mohamed Khemisti (Ex boulevard Laferrière), qui abrite deux autres
édifices historiques ; le célèbre hôtel Albert 1er, et l’ex siège de la dépêche qui abrite aujourd’hui
le siège du Rassemblement National Démocratique.
Figure 20 : Photos de la situation géographique de la grande poste d’Alger.

III.1.3. Analyse architecturale :


III.1.3.1. Les façades :
 La grande poste d’Alger présente une façade symétrique rappelant l’architecture européenne clas-
sique, composée de trois parties ; une centrale et deux ailes latérales. La jonction entre ces trois
entités est assurée par deux tourelles couronnées de deux coupoles offrant une certaine splendeur à
l’édifice ;(Figure 21)
 L’unité centrale assurant la monumentalité de l’édifice, avec une entrée majestueuse au haut d’un
large escalier en marbre couleur ombre, qui apparait sous un porche que décorent trois arcs en fer
à cheval, s’ouvrant sur trois voûtes en coquilles et reposant sur de robuste colonnes dont les chapi-
teaux se hérissent de gracieuses stalactites exécutées dans le marbre suivant la formule hispano-
mauresque. Elle donne sur trois portes monumentales taillées dans du bois précieux. Cette forme
d’entrée en trois parties est très fréquente dans l’architecture occidentale, elle n’est pas utilisée
dans l’architecture islamique ;
 Les deux unités latérales qui sont identiques sont caractérisées par l’alignement des ouvertures
ryth- miques, qui dialogue parfaitement avec les bâtiments mitoyens. Ces trois unités sont
couronnées d’une galerie prestigieuse, composée de colonnes jumelées surhaussées d’une série
d’arcs outrepas- sés à balustrade métallique ornée de motifs géométriques, d’une corniche en tuile
vertes, d’une rangée de merlons et de quelques bandeaux de faïences vertes.

Trait de symétrie Les deux tourelles Façades latérales

Figure 21 : Photos des façades de la grande poste d’Alger.

III.1.3.2. La toiture :
• Le minaret :
La façade est ornée de deux tourelles qui font référence aux minarets, cette symbolique participe à l’enri-
chissement et le couronnement de l’édifice. Une petite tour à base carrée également assimilée au minaret
est flanquée à l’angle arrière de l’édifice ;
• Le dôme/ la coupole :
La grande poste est dotée de deux types de coupole la grande coupole centrale dessinée sur un plan octo-
gonal qui couvre la salle centrale. A l’extérieur, celle-ci est nervurée à huit pans. À l’intérieur, elle
présente un décor extravagant, formée de stuc finement ciselé suivant des motifs arabes d’entrelacs
géométrique rayonnant, et pendait au centre d’un immense lustre de style arabe ;
Deux coupoles latérales cadrent le sommet des deux tours de forme octogonale reposant chacune sur un
tambour de forme octogonale. Cette forme de coupole à nervures ait été fréquente en Orient dès l’époque
byzantine. (Figure 22)
1

2 3

Figure 22 : Photos de la toiture de la grande poste d’Alger.


(1) Photo de la coupole ;
(2) Photo du minaret ;
(3) Photo des deux coupoles ;
(4) Photo de l’intérieur de la coupole.

III.1.3.3. Eléments architecturaux :


 Les arcs :
Faisant référence à l’arc lobé almoravide les arcs employés à l’intérieur de la grande poste sont
surhaussés avec un intrados lobé. À l’extérieur, l’arc adopté est l’arc outrepassé, avec une forme en fer à
cheval, res- serré à sa base, cette forme d’arc est très répondue au Maghreb. Ce choix d’arcs vient
confirmer l’influence hispano-mauresque qui se démarque sur l’édifice surtout dans les arceaux en fer à
cheval du porche d’entrée et ceux de la galerie.
 Les colonnes :
La salle centrale est dotée de colonnes en marbre, a fus cylindrique, elles sont minces, élancées en
hauteur, et couronnées de chapiteaux à méandre en « U » rappelant ceux employés en Andalousie
notamment dans le palais de l’Alhambra à grenade. Ces chapiteaux sont utilisés aussi au niveau des
colonnes de la galerie couronnant l’édifice. L’emprunt des éléments colonnes et chapiteaux se démarque
aussi dans l’entrée mo- numentale, les colonnes prennent une proportion monumentale faisant appel à
l’architecture néoclassique avec des chapiteaux en stalactites exécutés dans le marbre, inspirés de ceux de
l’Alhambra.
• Les portes et les fenêtres :
Les portes présentent une décoration géométrique et un mélange entre le bois et le verre, elles sont
insérées dans des arcs surhaussés, les trois portes d’entrée, ainsi que les trois portes menant au patio à ciel
ouvert présentent des dimensions monumentales, elles sont taillées dans du bois précieux.
Les fenêtres, quant à elles se démarquent par l’alignement, ce sont des ouvertures rythmiques, allongées
en hauteur avec encadrement rectangulaire au rez de chaussée et au deuxième étage et un encadrement en
arc outrepassé en premier et troisième étage.
• Les créneaux et les corniches
Une rangée de merlons, vient couronner l’édifice, cet élément qui n’est en fait qu’une sorte de crénelage
au niveau de l’acrotère.
La galerie couronnant l’édifice est ornée d’une corniche constituée de tuiles vertes, rondes et vernissées
posées sur des corbeaux en bois puis sur des corbeaux de staff. Ce dernier motif est en fait d’origine anda-
louse, réservé habituellement, dans l’architecture mauresque, aux patios, et quelques fois à la protection
des portails d’entrée sur rue. (Figure 23)

2 3

Figure 23 : Photos des éléments architecturaux de la grande poste d’Alger.


(1) Photo des fenêtres rythmées ;
(2) Photo de l’entrée avec les portes en bois et les colonnes en marbre et les arcs en fer à cheval ;
(3) Photo des arcs surhaussés à intrados lobé ;

III.1.3.4. Eléments décoratifs :


• Revêtement des murs et du plafond :
Le décor est basé sur des techniques de recouvrement, un travail raffiné de surface qui consiste à diviser
le mur en deux parties selon la méthode andalou-maghrébine ; un soubassement orné de mosaïque de
faïence polychromes avec une partie supérieure richement décorée en stuc finement ciselé. La décoration
intérieure suit la formule hispano-mauresque avec les trois modes d’ornementation : calligraphique,
géométrique, et florale. (Figure 24)
La calligraphie : est présente dans tous les cartouches polychromes portant chacune quelques citations,
autour de ces cartouches se dressent comme une broderie des inscriptions religieuses à caractère andalous
Au-dessus de ces dernières se répète sur le pourtour du hall en hautes lettres claires.
La géométrie : est présente avec les deux formes de base le cercle divisé en polygones réguliers et le
carré employé avec un mouvement de rotation à 45° afin d’obtenir des polygones étoilés à proportions
parfaites. Ces formes sont employées avec des principes de répétition, de symétrie, de multiplication et de
subdivision.
Le Décors florale : avec des motifs végétaux combinés avec les lettres stylisées.
La stalactite employée au niveau de la coupole est l’un des éléments les plus typiques du décor néo-
mauresque.

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Figure 24 : Photos des éléments décoratifs de la grande poste d’Alger.


(1) Photo d’une calligraphie ;
(2) Photo d’un décor florale en stuc ;
(3) Photo d’un décor géométrique ;

III.2. La medersa de Constantine :


III.2.1. Aperçu historique
La Medersa est une construction coloniale datant du début du vingtième siècle, L'ouvre est de l'architecte
Pierre-Louis Bonnel, sur des dessins d'Albert Ballu (1849-1939), inspecteur général, à l'époque, du
service d'architecture de l'Algérie, construite à partir de 1906 et inaugurée le 25 avril 1909. (Figure 25)

Figure 25 : La Medersa de Constantine.


Source : www.constantine-hier

III.2.2. Situation géographique


Située juste au bord du ravin l'ancienne Medersa est un des monuments emblématiques de Constantine,
Implantée en haut d'une impressionnante falaise, tout à côté de la passerelle Mellah-Slimane, à proximité
de Chatt, l'artère principale de la vieille ville. (Figure 26)
Figure 26 : Plan de situation de la Medersa de Constantine.
(Source : Plan Directeur d’aménagement et d’urbanisme de
Constantine

III.2.3. Analyse architecturale :


III.2.3.1. Les façades :
En effet, vu de l’extérieur, les formes déployées dans cette nouvelle médersa sont étrangères à
l’architecture locale, bien qu’émanant d’une volonté de réinterprétation de l’architecture traditionnelle La
composition de la façade laisse entrevoir trois composantes principales. Un corps central traité
symétriquement par rapport au portail d’accès.
III.2.3.2. La toiture :
 Les coupoles :
La medersa compte huit coupoles, classées en quatre modèles dont les profils correspondent à des
arcs en plein cintre à surhaussés. Elles contribuent à l’enrichissement stylistique de l’édifice, ainsi
qu’à l’apport en lumière à travers l’éclairage zénithal. (Figure 27)

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Figure 27 : Typologies des coupoles


(1) Coupole ornée de céramique verte en mosaïque
(2) Coupole recouvrant une cage d’escaliers
(3) Face interne de la coupole principale

III.2.3.3. Eléments architecturaux :


 Les arcs :
La richesse architecturale procurée, l’emploi des arcs (L’arc brisé, l’arc brisé outrepassé, l’arc
surhaussé, l’arc surbaissé, l’arc plein-cintre …), leur nombre et leur variété semble insister pour
rappeler l’architecture orientale. (Figure 28)

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Figure 28 : types d’arcs


(1) arc recticurviligne
(2) arc brisé
(3) arc en ogive superposés
(4) arc brisé outrepassé reposant sur des colonnes doubles
(5) arc en ogive

 Les portes :
Le portail d’entrée massif, est en bois de cèdre, et comporte deux ouvrants, contenant chacun une
lucarne quadrillée par une ferronnerie simple, Le linteau de la porte est marqué par une succession
de pyramides tronquées. Malgré quelques modifications apportées, cette porte est une réplique des
portes des palais et demeures ottomanes, que ça soit dans son tracé géométrique, dans son aspect
et même dans l’utilisation de l’ouvrant. (Figure 29)

1 2

Figure 29 : Les portes


(1) Les portes
(2) Détails des portes

 Les fenêtres :
Plusieurs typologies de fenêtres sont employées à la medersa, en adoptant diverse formes d’arcs ; en
fer à cheval, brisés outrepassés, en plein cintre ou en anse de panier, sur l’aile gauche, la façade
est marquée par la présence d’un moucharabieh ou fenêtre à jalousie ou il a été utilisé uniquement
pour la raison esthétique. (Figure 30)

Figure 30 : Photo d’un moucharabieh

 Les colonnes et chapiteaux :


Les colonnes sont en marbre dans leur totalité, présentant des futs lisses, droits ou galbés, Les
chapiteaux employés à la medersa ne sont pas très diversifiés l’intérieur de l’édifice d’autres
modèles sont employés ou la figuration des volutes au niveau de la corbeille, des feuilles
d’acanthe. (Figure 31)

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Figure 31 : Photos des types de colonnes et chapiteaux


(1) Colonnes doubles reposant sur un stylobate en pierre bleu
(2) Chapiteau orné d’une feuille d’acanthe au milieu et de volutes

III.2.3.4. Eléments décoratifs :


• Une façade captivante avec quatre coupoles vertes et un dôme central, assorties à un vestibule
avec un porche imposant s'ouvrant sur une belle cour dallée de marbre et une fontaine stylisée qui
rappelle la délicatesse de l'architecture mauresque. A l'intérieur, une floraison esthétique alliant
grâce, finesse et beauté est visible sur les sculptures et les colonnades. L'ensemble des murs est
tapissé, à mi- hauteur, de carreaux et de faïence lambrissée. (Figure 32)
Figure 32 : Photos du hall d’entrée

• Le hall d’accueil
Est une véritable leçon de l’architecture palatiale ottomane, ou les deux ailes latérales s’organisent
autour d’un corps central, développé sous forme de patio entouré de galeries d’arcs reposant sur
des colonnes dédoublées en marbre blanc, au centre duquel se trouve une fontaine. Hall d’accueil
richement décoré et rehaussée par l’escalier en colimaçon recouvert de marbre flanqué au fond du
hall derrière la galerie d’arcs éclairées par de grande fenêtres qui se développent dans une forme
hélicoïdale épousant celle de l’escalier ainsi que les galeries d’arcs ouvrant sur le ravin dans les
ailes latérales, qui a su exploiter la richesse du site. (Figure 33)

Figure 33 : Photos des escaliers colimaçon

La medersa a bénéficié d’un traitement ornemental recherché, qui s’est élaboré grâce à l’emprunt de
plusieurs éléments architecturaux et artisanaux locaux et occidentaux
• Revêtements au sol et pariétaux :
Le revêtement au sol qui interpelle en premier le visiteur est incontestablement la mosaïque du hall en
référence aux passé antique du pays, elle constitue un tableau aux géométries tantôt arrondies
tantôt rectilignes. Les revêtements pariétaux sont des carreaux de faïences ou zelijes recouvrent
les galeries et les soubassements, nous remarquons que l’usage d’une céramique présentant des
motifs géométriques en relief a été utilisé pour des encadrements au niveau des façades et du hall.
(Figure 34)
Figure 34 : Photos des différents revêtements au sol

 La ferronnerie :
Nous avons pu identifier quelques éléments entrant dans le registre de la ferronnerie artisanale :
ferronnerie utilisée en portillon démarquant le seuil de medersa, Quadrillage simple et Ferronnerie
a tracé géométrique arabisant utilisé pour les fenêtres. (Figure 35)

Figure 35 : Photos des différents types des ferronneries.

Conclusion
L'architecture néo-mauresque, issue d'une volonté de réinterprétation des styles traditionnels mauresques,
a émergé dans des contextes spécifiques, notamment sous l’influence de la colonisation en Algérie. Si ce
style s'inscrit dans une démarche globale d'orientalisme, ses expressions varient selon les territoires et les
objectifs des bâtisseurs.

En Algérie, le néo-mauresque reflète une double intention : d’une part, intégrer des éléments du
patrimoine islamique pour légitimer la présence coloniale et séduire les populations locales, et d’autre
part, affirmer une esthétique coloniale distincte. Les études de cas, comme la Grande Poste d’Alger et la
Médersa de Constantine, témoignent de cette approche hybride. Ces édifices illustrent une adaptation des
formes archi- tecturales traditionnelles à des usages modernes, marquant ainsi une spécificité propre à
l'Algérie.

À l'échelle mondiale, le néo-mauresque conserve des éléments communs – tels que les arcs outrepassés,
les motifs géométriques ou les coupoles –, mais leur utilisation dépend des contextes locaux. Par
exemple, dans d’autres régions comme le Maroc ou l’Europe, ce style peut être davantage influencé par
des percep- tions idéalisées de l’Orient ou des contraintes climatiques et techniques locales.

Ainsi, bien que le néo-mauresque partage un langage architectural commun, son application en Algérie se
distingue par une fusion unique entre l'héritage local et les impératifs de la colonisation. Ce style, emblé-
matique de la période coloniale, continue de marquer le paysage algérien et de susciter des
questionnements sur l’appropriation et l’interprétation du patrimoine architectural dans différents
contextes.
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Partie4

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