Geotech Routiere Ok
Geotech Routiere Ok
GEOTECHNIQUE ROUTIERE
I. Introduction
1. Définition :
La géotechnique routière est tout simplement l'application de la géotechnique
au domaine routier.
Elle concerne :
• les travaux de terrassement (utilisation du sol comme matériaux de
construction en déblai/remblai)
• les soutènements et stabilisation de talus
• les fondations des ouvrages d'art
poids total
• Pw : poids de l’eau
• Ps : poids des grains
• VT : volume total
• Vs : volume des grains
• Vw : volume de l’eau
• Vv : volume du vide
• Va : volume de l’air
% . 100
Coefficient
d’uniformité Cu.
courbure Cc Il est
défini par :
On considère que lorsque Cu est supérieur à 4 pour les graviers, et supérieur à 6 pour
les sables, alors 1 < Cc < 3 donne une granulométrie bien étalée (faible porosité).
µ : viscosité de l'eau
H : hauteur effective en
mm Gs : gravité
spécifique de la
particule t : temps
écoulé en minutes.
c) Limites d’Atterberg :
• But de l'essai :
Caractériser l’argilosité d’un sol, et donc déterminer les teneurs en
eau remarquables situées à la frontière entre ces différents états sont
les « Limites d'Atterberg » :
Figure 3 : États de consistance des sols
• Domaine d’application :
Cet essai concerne les sols et certains matériaux rocheux. Toutefois,
pour les matériaux les plus argileux, on privilégiera la réalisation des
limites d’Atterberg.
• Principe de l’essai :
L'essai au bleu de méthylène est pratiqué sur la fraction granulaire
0/2mm des sables courants ou sur les fillers (0 / 0,125 mm) contenus
dans un sable fillerisé, un gravillon ou un tout venant. II a pour but de
révéler la présence de fines de nature argileuse et d'en déterminer la
concentration.
• Résultats et interprétations :
– C’est un essai empirique, rapide et simple.
– Il s’effectue sur la fraction des sols passant au tamis de 5mm
(module AFNOR 38)
– L’essai prolonge l’essai de plasticité quand Ip < 5.
– Il sert à éliminer les sols gélifs, à choisir des sols à stabiliser.
– La masse de matériaux nécessaire à l’essai est inférieur au
kilogramme.
– L’essai se fait sur deux échantillons et l’équivalent de sable
est la moyenne des deux résultats.
– La valeur de l'équivalent de sable chute très rapidement
dès qu'il y a un faible pourcentage de limon ou d'argile
dans le sol pulvérulent.
• Résultats et interprétations :
• Principe de l’essai :
L'indice portant californien CBR est le rapport, exprimé en % de la
pression produisant un enfoncement donné au moyen d'un poinçon
cylindrique normalisé (de section 19.32 cm²) se déplaçant à une
vitesse déterminée (1.27 mm/min) et de la pression nécessaire pour
enfoncer le même poinçon dans les mêmes conditions, dans un
matériau type.
Cet indice peut être pris à différent état hydrique (soit à différent
niveau de compactage) :
• A l’optimum : indice portant à la teneur en eau optimale
Wopm
• A la teneur en eau naturelle (Indice Portant immédiat) à Wnat
• Après saturation : on immerge le moule pendant quatre jours
dans l’eau et on enfonce le poinçon à vitesse constante.
100 500
Les seuils retenus diffèrent selon les utilisations des sols. Au-delà de
45, le sol ne peut pas être utilisé en couche de forme.
b) Essai Micro-Deval
L’objectif de cet essai et d’apprécier la résistance à l’usure des
granulats ; l’essai est réalisé en présence d’eau pour se rapprocher des
conditions réelles de séjour des granulats dans les chaussées.
Il consiste à mesurer dans des conditions bien définies l’usure des
granulats par frottements réciproques dans un cylindre en rotation.
L’usure est mesurée par la quantité de fines produites.
Cas d’un gravillon compris entre 4 et 14 mm :
Lavée, séchée et pesée (à 1 g près), la prise d’essai (500 +/- 2 g) est
introduite dans un cylindre normalisé avec une charge de billes
d’acier (2000, 4000 ou 5000 g selon la granularité), et 2.5 litres d’eau.
Après 12000 rotations (2 heures), le matériau est lavé sur un tamis de
1.6 mm, séché et le refus est pesé (masse m’).
S T 500 R′
100 500
1. La classification LCPC
Cette classification utilise les résultats fournis par la granulométrie et les limites
d’ATTERBERG, ainsi quelques essais complémentaires.
CALSSIFICATION DES SOLS GRENUS
Mal
+50 %
:
graduée
GL Grave
Limite d’ATTERBERG au-dessous de A
GM limoneuse
%: GA
GC
mm
Limite d’ATTERBERG au-dessus de A Grave argileuse
+<0.08
12
Bien
gradué
5
SM
mm
+<0.08
12
SA
Limite d’ATTERBERG au-dessus de A Sable argileux
SC
Lorsque 5 % < % inférieur à 0.08 mm <12 on utilise un double symbole
CALSSIFICATION DES SOLS FINS
ML plastique
Sols fins – Argile et Limon
CL grande plastique
Op Faible à Limon et Argile
OL Lente Faible moyenne organique peu
plastique
Lt Faible à Faible à Limon très
Limite de
Liquidité
Lente à nulle
50 %
CH grande platique
Ot Faible à Moyenne à Limon et Argile
OH Nulle à très lente moyenne grande organique très
plastique
Matière Tourbe et autre
T Reconnaissable à l’odeur, couleur sombre, texture
organique sol très
Pt fibreuse, faible densité humide
dominante organque
Figure 8 : Abaque de plasticité de Casagrande
La géotechnique routière
La géotechnique routière est définie comme étant une science qui étudie d’une
part, les sols sur lesquels reposent les chaussées, et d’autre part, les
matériaux qui constituent les différentes couches de ces chaussées sans
autant oublier la fiabilité des ouvrages construits.
Essais géotechniques
Essai
Essais au labos insitu -
Essai Essai de
d’identification résistance
LES ESSAIS AU LABORATOIRES :
Essais d’identifictions
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :d’identificatio
ai n
1 •Analyse granulométrique
2 •Equivalent sable
3 •Teneur en eau
4 •Limite d’atterberg
5 •Essai au bleu de méthylène
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :d’identificatio
ai n
• Détermination de la
objecti répartition des grains de sol
suivant leur dimensions
f
Analyse
Résulta
granulométrique
t
Interprétation
8
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :d’identificatio
ai n
Interprétation
Equivalent sable objectif
Résultat •proportion
nuisible
Mettredans
en
deévidence
poussière
un matériau
lafine
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :d’identificatio
ai n
• Identifier le type de sol et
Objectif d’apprécier l’état dans lequel
se trouve le sol.
Interprétation
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :d’identificatio
ai n
• Identifier un sol et
caractériser son état au
objecti moyen de son indice de
f consistance.
Interprétation
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :d’identificatio
ai n
• Evaluation de la richesse en
argile d’un sol en
objectif déterminant sa capacité a
absorbé les molécules du
bleu de méthylène.
Interprétation
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :de
ai resistance
• Essai de la boite de cisaillement
1
• Essai Triaxial
2
• Essai œdométrique
3
• Essai CBR
3
• Essai Proctor
4
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :de
ai resistance
• Mesurer les caractéristiques
Objectif de rupture d’un échantillon
de sol fin saturé.
Boite de
Résultat
cisailement
• Dimensionnement de fondations
Interprétation • Calcul de vérification des coefficients de sécurité
à la rupture du talus
• Détermination des actions des poussée et butée
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :de
ai resistance
• Mesurer les caractéristiques
de rupture d’un échantillon de sol fin
Objectif
Interprétation
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :de
ai resistance
•Dimensionnement de fondations
•Calcul de vérification des coefficients de sécurité à la rupture du talus
•Détermination des actions des poussées et butée
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :de
ai resistance
oedométrique
Ess Résult •Mesurer
Interprétation
objec cours deletemps
du tassement
des couches
au
LES ESSAIS AU LABORATOIRES Ess :de
ai resistance
pon sim s
Essai Résultat • logC
Interprétation
objectif d’après =CCune
plateforme
sEtablir
Déterminer a*lde
LCPC C + chaussée
b*lde
CBRimbib
classification
le la
type des
CBR
LES ESSAIS AU LABORATOIRES Ess :de
ai resistance
• Déterminer les références
de compactage d’un
objectif matériau : Masse volumique
et teneur en eau optimales
Essai
Résultat
PROCTOR
Interprétation
LES ESSAIS AU LABORATOIRES
Ess :de
ai resistance
Interprétation de l’essai PROCTOR
Savoir si un sol est compactable dans les conditions de chantier, compte tenu de sa teneur en eau naturelle et la teneur en eau optimum Proctor
Pour les remblais et les digues : la densité sèche soit supérieur à 90% de la densité optimum Proctor normal (OPN) .
Pour les couches de chaussées : la densité sèche soit supérieur à 95% de la densité l’OPM.
Le compactage se définit comme un procédé permettant d’augmenter la densité et la capacité de charge d’un matériau grâce à l’application de forces extérieures statiques ou dynamiques
Objectifs
Améliorer les propriétés mécaniques de sol
2
0
COMPACTAGE
2
1
COMPACTAGE
2
2
Teneur en
eau
Epaisseur de
la couche
compactée
2
2
COMPACTAGE
2
3
COMPACTAGE
24
2
4
• Déterminer la capacité portante du sol
Classification du sol
Objectif •
Essai Résultat
pressiométrique
Interprétation
2
5
LES ESSAIS IN-SITU: Essai au Pénétromètre dynamique
26
•
Déterminer la résistance dynamique
objectif que le terrain oppose à l’enfoncement
Essai
Résultat
Pénétromètre
28
2
8
EXEMPLES DES ENDOMMAGEMENTS DE LA CHAUSSÉE
29
CHAPITRE 3
La stabilité d’un matériau se définit dans le domaine des routes comme étant la
méthode utilisée pour lui conférer une meilleure résistance par un compactage ou un mélange avec
d’autres matériaux compactés ensuite pour lui permettre de résister à l’écoulement latéral lorsqu’il
est soumis à une charge. C’est-à-dire sa rigidité ou son indéformabilité relative après application de
la charge.
La stabilisation s’effectue soit sur un sol en place, soit sur un matériau d’apport en
améliorant ses caractéristiques géotechniques. Cette amélioration est obtenue soit en ajoutant une
fraction granulométrique d’un nouveau matériau, soit d’un liant (hydraulique ou hydrocarboné) et
enfin d’un produit chimique.
Pourquoi devons-nous faire la stabilisation des sols ?
Généralement en technique routière, on recourt assez souvent à la stabilisation dans le
but d’atteindre des objectifs précis à savoir :
- Améliorer l’attitude d’un sol au compactage ;
- Diminuer la sensibilité d’un sol à l’eau et au gel pour les pays tempérés ;
- Augmenter la résistance mécanique et la portance (Augmentation du frottement interne et la
cohésion)
1
Hugo Houben & Hubert Guillaud : ‘’ Traité de construction en terre‘’ P.79 – 131
2
Traité de construction en terre
30
i.
Stabilisation du sol d’infrastructure
La stabilisation des sols est une technique qui s’avère judicieuse à chaque fois que l’on doit modifier
les caractéristiques des sols pour les préparer en vue d’un traitement ultérieur.
La stabilisation des sols est le procédé idéal pour obtenir des sols portants de qualité, et les préparer
pour les chantiers de construction routière. L’incorporation ciblée de liants permet par exemple
d’abaisser la teneur en humidité d’un sol, étape indispensable avant tout traitement ultérieur. Par
rapport au remplacement complet du sol, la stabilisation est une méthode rentable respectueuse des
ressources. Elle permet de faire des économies, notamment en raison d’une logistique de chantier
plus simple, le nombre d’allers-retours des camions étant réduit et la durée des travaux s’en trouvant
raccourcie. Les ressources sont elles aussi ménagées, puisque la stabilisation utilise la totalité du sol
présent sur place auquel on n'ajoute qu’un liant tel que de la chaux ou du ciment – ou les deux sous
forme d’un mélange chaux-ciment. 1/3.
3
Guide pratique de dimensionnement des chaussées pour les pays tropicaux. P80
31
Dans un premier temps, un épandeur de liants répand au préalable un liant, de la chaux ou du ciment,
par exemple.
Le remplacement des sols reste souvent stipulé dans les appels d’offres, bien qu’il ne soit plus
absolument nécessaire. Doté d’un puissant rotor de fraisage et de malaxage, le stabilisateur de sol
incorpore des liants répandus au préalable – de la chaux ou du ciment – au sol peu portant, le
transformant directement sur place en un matériau d’excellente qualité. Le mélange sol-liant
homogène ainsi obtenu est un matériau qui présente de façon durable à la fois portance élevée,
résistance à l’eau et au gel, et stabilité dimensionnelle. Les applications typiques sont notamment la
réalisation de chemins, de routes, d’autoroutes, de tracés, de parkings, de terrains de sport, de parcs
d’activités industrielles et commerciales, d’aéroports, de digues, de remblais ou encore de décharges.
« Les stabilisateurs de sols et les stabilisateurs rapportés de WIRTGEN conviennent idéalement pour
incorporer des liants au sol avant le compactage. »
Afin d’améliorer durablement les propriétés du sol, il est généralement nécessaire de mettre en
œuvre un atelier de machines. Un épandeur de liants se trouve en tête pour répandre le liant en
amont de manière homogène, suivi d’un stabilisateur de sols Wirtgen. Le rotor de fraisage et de
malaxage du WR 250 mélange de manière homogène le sol et la chaux répandue au préalable. Un
reprofileur sous pression situé au niveau de l’abattant de tambour arrière permet d’aplanir de
manière optimale le matériau ainsi retraité. Pendant qu’une niveleuse se charge de profiler le
matériau ainsi préparé, des rouleaux de terrassement en assurent le compactage optimal.
La stabilisation au ciment permet de réaliser des couches de base stabilisées aux liants hydrauliques.
Le liant est répandu au préalable par un épandeur tracté, suivi d’un camion-citerne à eau. Derrière, le
rotor de fraisage et de malaxage du stabilisateur Wirtgen réalise un mélange homogène de sol et de
ciment répandu au préalable. En même temps, de l’eau est injectée par une rampe d’injection dans la
chambre de malaxage. Là aussi, des niveleuses entreprennent le profilage du matériau recyclé et,
pour finir, des compacteurs effectuent le compactage final optimal.
32
B. TECHNIQUE DE STABILISATION DE LA COUCHE DE BASE AU SOILFIX
B1. Description du produit
Il permet de diminuer l’érosion des sols due au ruissellement de l’eau en surface et d’en augmenter la
perméabilité.
4
Revue indépendant (Mali 2010)
33
Nous tenons à dire que le soilfix a une particularité de taille, juste après la
construction de la route avec le soilfix, elle peut être ouverte à la circulation dans 24 heures qui
suivent et le sceau final peut être appliqué dans environ 5 jours.
D’une manière générale, il est important de retenir que le soilfix a l’avantage de
recourir aux matériels et engins traditionnels de construction et d’entretien des routes notamment le
compacteur à pneus ou rouleau compacteur, la niveleuse, le camion-citerne, et le pulvimixeur.
Avant l’opération au soilfix, les études préalables sur la conception et le
dimensionnement de la chaussée doivent être menées. A ce stade, une attention particulière devra
être accordée aux éléments géométrique (entre autres le profil à long et en travers) afin de s’assurer
que l’eau sera évacuée rapidement et correctement sur la chaussée.
B2. Dosage du soilfix5 et actions
La quantité d’eau à utiliser est fonction du volume du sol à humidifier, du
pourcentage d’eau à ajouter dans le sol et de la densité de ce sol. Il sied de préciser que le
pourcentage d’eau à ajouter est obtenu en faisant la différence entre la teneur en eau optimum
Proctor (établi par le laboratoire) et la teneur réelle en eau du sol au moment de l’application sur
terrain comme indiqué dans la formule suivante :
Quantité d’eau = Volume du sol x (op - tr) d
100
5
Laboratoire National de Travaux Publics (Avril – Mai 2014)
34
Ratio de
300 gr vs 1 000 litres d’eau
mélange à l’eau
Dosage*
Pente Développé Contraintes (faibles, moyennes, importantes) Dosage moyen*
<1:1 12 kg/ha
<2:1 12 m Moyennes à importantes 7 kg/ha
<4:1 5 kg/ha
Conditionnement
A partir des résultats obtenus sur divers chantiers où le soilfix a été appliqué, le
gouvernement congolais par ses services techniques a expérimenté la même technologie sur la route
de Buma et les résultats sont concluants.
Pour un kilomètre de route, la quantité du soilfix sera :
Données : L = 1km = 1000m ; op = 15% ; tr = 11% ; l =7m ; et d =2
E =15Cm = la profondeur (épaisseur) scarifier
- La surface a traité : 1000 x 7 = 7000 m2
- La concentration de soilfix à utiliser sera de 1,5L/m2, d’où on aura :
7000 m2 x 1,5L/m2 = 10.500 L
- Ajouter le PRS qui est un produit additif du soilfix dont la concentration est de 0,6 L/m 2 ; donc on
aura : 7000 m2 x 0,6L/m2 = 4.200 L
- D’où la quantité totale de soifix est de 14.700 L
- Le volume du sol à humidifier est : 7000 x 0,15= 1.050 m3
- Quantité d’eau = 1050 x (15-11) x 2 = 84 L
100
Tous les engins des travaux publics sont nécessaires dans l’exécution des travaux de
route. Enumérons quelques-uns qui sont utilisé dans la phase de la stabilisation de la couche de
base :
Les camions bennes fixes et basculantes ;
Les camions citernes ;
Le camion épandeur ;
La pelle hydraulique (excavator) ;
Les backhoe loaders ou chargeuse - pelleteuse ;
La niveleuse ;
Le rouleau compacteur, le compacteur à pneus ;
Le pulvimixeur (malaxeur).
6
- Rapport de contrôle des travaux du Bureau Technique de Contrôle (BTC) : Ndjoku – Buma, août 2014
- Cours d’engins de TP 3ème BTP 2017 – 2018 : CT KUKA
7
Laboratoire National de Travaux Publics (LNTP)
35
Cette opération ne conditionne pas beaucoup d’efficacité de la stabilisation au soilfix.
Mais pour réaliser les travaux d’enduisage conformément aux règles de l’art, on doit éviter un excès
de mélange qui peut augmenter l’absorption d’eau au soilfix et après séchage, causer la rupture
prématurée de l’émulsion.
En effet, après avoir rechargé la couche de fondation en matériaux sélectionnés,
compactée ; il revient maintenant à la couche de base d’être recharger en matériaux sélectionnés ou
en scories, après le nivèlement et le compactage de cette couche, la première opération, consiste à la
scarification de la couche de base à une profondeur de 15 Cm par le pulvimixeur.
36
Source : Bureau Technique de Contrôle ‘’ BTC ‘’/ Min. ITP
37
Source : Bureau Technique de Contrôle ‘’ BTC ‘’/ Min. ITP
38
La cinquième opération consiste au passage de la niveleuse pour donner la pente de
2% exigée à la plate-forme.
Après que la niveleuse ait donné la pente exigée, le camion-citerne avec le soilfix
passe pour une seconde imprégnation de la couche de base
39
Après la seconde imprégnation de la couche de base, les opérations se poursuivent
toujours de la même manière que les précédentes. Afin l’opération sera effective après passage du
rouleau à pneus pour le cylindrage de la couche de base constituant le revêtement de la chaussée qui
est la couche de roulement.
Figure 9 : Cylindrage de la couche de base.
2. CONTROLE DE QUALITE
2.1. Exploitation des résultats des essais
Dans le cadre de la construction d’une route les essais sont très capitaux parce qu’ils
permettent à s’assurer des caractéristiques suivantes : la qualité des matériaux, la capacité portante
du sol, et l’énergie de compactage. Dans cette recherche, les essais considérés sont ceux réalisés par
le Laboratoire National des Travaux Publics dont les essais d’indentifications du sol et de
Compactage Bearning Ratio.
Nous nous limitons seulement à rappeler des petites notions de chaque essai retenu
dans ce cadre sans pourtant faire le détail.
a. Essai d’analyse granulométrique : Est un essai d’indentification qui sert à la détermination par
tamisage, par la voie sèche ou par la voie humide, la distribution en poids des particules des
matériaux suivant leur dimension.
b. Essai des limites d’Atterberg : Partant de l’affirmation selon laquelle la plasticité et la consistance
d’un sol dépendent de ses seuls éléments fins et sa teneur en eau non de gros élément qu’il
contient. Les limites d’atterberg sont des constants physiques conventionnels qui marquent les
seuils entre l’état dans lequel peut se trouver un sol, tel que : la limite de liquidité, la limite de
plasticité, l’indice de plasticité.
c. Essai d’équivalent de sable : Si la détermination de l’indice de plasticité permet de classifier le sol,
sa précision diminue lorsque sa valeur est très faible donc difficilement mesurable. A partir de là il
40
faut faire intervenir l’essai d’équivalent de sable qui devient à son tour moins représentatif et tend
vers zéro, donc n’est plus mesurable lorsque l’indice de plasticité est élevé.
Figure 9 : Prélèvement des matériaux de la couche de fondation de la route Ndjoku dans la commune de
Kimbanseke par le Laboratoire Nationale de Travaux Publics pour des essais appropriés.
d. Essais Proctor : Cet essai qui consiste à déterminer la quantité d’eau à incorporer dans un matériau
pour obtenir par compactage la densité la plus élevé possible du matériau.
e. Essai du compactage : Le CBR (California Bearing Ration ou indice portant californien) est un
nombre sans dimension exprimé en pourcentage de rapport entre les pressions engendrées par les
enfoncements dans les matériaux et les pressions nécessaires à ce même enfoncement dans les
matériaux type (matériau de référence offrant une résistance au poinçonnement de 100%, un
concassé)
f. Essai à la plaque : Cet essai a pour objectif de déterminer directement la déformabilité du sol en
place, à l’aide d’une plaque circulaire de rayon (a) sur laquelle on exerce une charge induisant une
pression moyenne Q sur le sol. La mesure de la déflexion W permet de calculer le module de
déformation par :
1,5Q (1-V²)
EV = qui déterminera si la structure supportera les charges qui lui seront
W
appliquées.
Figure 10 : Essai à la plaque sur la route de Ndjoku-Buma
41
Source : Bureau Technique de Contrôle ‘’ BTC ‘’/ Min. ITP
L’analyse granulométrique : Tous les résultats directs sont notés dans le tableau. Le contrôle direct
de la qualité de la mesure et perte, c’est-à-dire la différence entre poids initial sec et somme des
refus partiels ne doit pas dépasser 1%. Les pourcentages des passants sont représentés sur le
graphique en fonction des modules des tamis et on trace la courbe granulométrique qui sera
comporté aux courbes de références (fuseau). Après analyse granulométrique, le résultat montre
que le matériau à utiliser pour la couche de base est le matériau sélectionné pour une bonne
stabilisation en soilfix.
Les limites d’atterberg : Cet essai permet de déterminer la limite de liquidité, la limite de plasticité
et l’indice de plasticité ; mais l’échantillon n’a pas de limite de plasticité, son indice de plasticité est
égal à zéro ; IP = 0
Equivalent de sable : le résultat d’essai nous montre que l’équivalent de sable est mieux pour
l’utilisation parce qu’il est supérieur à 30, du fait que l’indice de plasticité est inférieur à 4 donc non
mesurable pratiquement.
Essai Proctor : l’essai permet de trouver la teneur optimum de l’eau qui était de 7,7% pour les
échantillons des sols fins inférieur à 5mm de diamètre et la densité sèche maximale de 2,09 (T/m) 3.
Cet échantillon dont on connait sa teneur optimale de l’eau, ainsi que ses éléments fins, permettra
d’effectuer un bon remblayage et compactage de la couche pour faciliter sa capacité portante
maximale.
Essai à la plaque : les résultats obtenus montrent réellement que la structure supportera bien les
charges qui seront appliquées, malgré la fissuration transversale et longitudinale observé sur la
chaussée nécessitant malgré tout un colmatage.
b. Essai à la plaque
8
Laboratoire National de Travaux Publics (LNTP) Février 2014
42
Points de Position PK Enfoncement Module de
mesure compressibilité
(kg/cm2)
E1 Axe 1+120 0,006 5000
E2 Gauche 1+140 0,007 4286
E3 Axe 1+160 0,006 5000
E4 Droite 1+180 0,004 7500
E5 Axe 1+200 0,006 5000
E6 Gauche 1+220 0,009 3333
3. CONSIDERATIONS ECONOMIQUES
L’estimation du coût d’investissement est l’un des objectifs poursuivis par une étude
de faisabilité d’un projet de route.
Ainsi pour notre structure telle que proposée, nous quantifions les travaux et nous en
estimons le coût, en se référant aux prix officiels actualisés au pays par la commission des prix
unitaires des travaux routiers du Ministère des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction
(ITPR)9
L’avenue NDJOKU, qui fait l’objet de notre étude, présente les caractéristiques géométriques
suivantes :
Longueur totale : 10.000,00 m
Largeur de la chaussée : 7,00m
Largeur de la plateforme : 9,00m
Nombre des bandes : 2
Longueur du tronçon expérimental : 1.000,00m
Les travaux à réaliser sont : Terrassement, mise en œuvre de la couche de fondation en matériau
sélectionné, mise en œuvre de la couche de base en scorie stabilisée au produit soilfix, fourniture et
pose des bordures, déblais mis en dépôt, déblais mis en remblais, reprofilage/compactage avec
matériaux (Km), réglage et compactage.
Autres postes intéressants intervenant dans l’évaluation du projet :
Installation et repli chantier (5%), Etudes (5%), contrôle et surveillance (6%), imprévus (10%), la
taxe sur la valeur ajoutée (TVA) 16%) du total des travaux.
9
Elaboration des prix unitaires des travaux routiers – Volume 1 – juin 2011
43
TABLEAU SYNTHESE DE L’EVALUATION DES TRAVAUX POUR 1.000m
N DESIGNATION UNI QUANTI PU $ PT $ Observat
° TE TE ion
1 INSTALLATION
CHANIER
Installation et % 5,00 17.423, 5%
Rempli chantier 58 travaux
Sous-Total 1 17.423,
58
2 TERRASSEMEN
T
Déblais mis en m3 3.600,00 9,04 32.544,
dépôt 00
Déblais mis en m3 3.600,00 5,34 19.224,
remblais 00
Reprofilage/ km 1,00 1363, 1.363,5
Compactage 57 7
Réglage et m2 9000,00 0,33 2.970,0
compactage 0
Sous-Total 2 56.101,
57
3 CHAUSSEE
Couche de m3 2.250,00 10,98 24.705,
fondation en sable 00
sélectionné
Couche de base en m3 1350,00 133,9 180.765
soifix 0 ,00
F° & P° bordures ml 2000,00 43,35 86.700,
00
Sous-Total 3 292.170
,00
4 AUTRES POSTES
Etudes % 5,00 17.413, 5%
58 travaux
Contrôle et % 6,00 20.896, 6% trx +
surveillance 29 inst
Imprévus % 10,00 34.827, 10% trx +
15 inst
Sous-Total 4 73.137,
02
TOTAL 438.822
GENERAL ,17
T.V.A (16%) du 70.211,
total 54
5 TOTAL 509.033
GENERAL + ,71
TVA
Nous disons Dollars Américains cinq cent neuf mille trente-trois virgule septante un centimes.
44
8 2
Sous Total 1 17.4 27.9
13,5 96,5
8 2
TERRASSEMENT
Déblai mise en dépôt m 3.6 3.6 9,0 9,04 32.5 32.5
00, 00, 4 44,0 44,0
00 00 0 0
Déblai mise en m 3.6 3.6 5,3 5,35 19.2 19.2
rembai 00, 00, 5 24,0 24,0
00 00 0 0
Reprofilage/ k 1,0 1,0 1.3 1.36 1.36 1.36
Compactage m 0 0 63, 3,57 3,57 3,57
57
Réglage/Comp. m 9.0 9.0 0,3 0,33 2.97 2.97
00, 00, 3 0,00 0,00
00 00
Sous Total 2 56.1 56.1
01,5 01,5
7 7
CHAUSSEE
Couche de fondation m 2.2 2.2 10, 10,9 24.7 24.7
50, 50, 98 8 05,0 05,0
00 00 0 0
Couche de base en m 1.3 133 180.
soilfix 50, ,90 765,
00 00
Couche de Base en m 1.3 80,8 109.
0/31,5 50, 4 134,
00 00
Imprégnation m 7.0 2,47 17.2
00, 90,0
00 0
C. Roulement m 350 760, 266.
,00 00 000,
00
F° & P° Bordures ml 2.0 2.0 43, 43,3 86.7 86.7
00, 00, 35 5 00,0 00,0
00 00 0 0
Sous Total 3 292. 503.
170, 829,
00 00
AUTRES POSTES
Etudes (5%) 17.4 27.9
13,5 96,5
8 2
Contrôle et 20.8 33.5
surveillance (6%) 96,2 95,8
9 3
Imprévus (10%) 34.8 55.9
27,1 93,0
5 0
SOUS-TOTAL 4 73.1 117.
37,0 585,
2 40
TOTAL GENERAL 438. 705.
822, 512,
17 49
T.V.A (16%) 70.2 112.
45
11,5 882,
4 00
TOTAL GENERAL 509. 818.
+TVA 033, 394,
71 49
DIFFERENCE COMPARATIVE 309.360,78
Le coût en trop de la chaussée souple par rapport à la chaussée stabilisée au soilfix, soit
environ 37,8%.
Les caractéristiques d’une chaussée stabilisée au soilfix, nous permet de dire que le soilfix est
très économique par rapport à d’autre produits de stabilisation utilisés dans le domaine de la route.
Le tableau comparatif des coûts de projet de chaussée souple et chaussée stabilisée au soilfix
illustre la différence.
CONCLUSION 2
Au regard de ce qui précède, les propriétés d’un sol ne sont pas satisfaisantes, il est possible de
recourir à la stabilisation pour obtenir son amélioration. L’avenue NDJOKU, d’une longueur de
10.000,00m, passant au cœur de la commune de Kimbanseke, est d’une largeur pouvant accueillir 2
voies de circulation vient d’être dotée d’une structure qui pourra permettre la circulation de 300 à
1000 véhicules par jour.
Dans la technique de stabilisation la règle générale établit que le ciment et le bitume
conviennent très bien par leurs capacités de cohésion, et la facilité de mise en œuvre. Mais ignore
d’autres produits de la nouvelle génération, de qualité excellente telle que le soilfix qui fait l’objet de
notre étude. Les résultats obtenus dans chaque essai réalisé sur la couche stabilisée ont montré en
générale la capacité d’une route stabilisée avec ce produit de supporter les charges qui lui seront
soumise.
Le soilfix par adjonction améliore les caractéristiques géotechniques et par conséquent la
résistance mécanique et la cohésion.
Le réseau routier congolais est constitué de plus de 2/3 des routes en terre. Nous suggérons à
tous les partenaires concernés et au gouvernement congolais en particulier, de financer les projets de
réhabilitation et ou de construction des routes en s’appuyant sur les techniques de stabilisation au
soilfix dont le coût au kilomètre est largement économique par rapport au ciment et au bitume vu le
résultat obtenu sur la route NDJOKU et dans d’autres pays, afin de consolider la communication
entre différentes régions et relancer le développement de la République.
CHAPITRE 4
46
I. ESSAIS D’IDENTIFICATION RAPIDE DE SOL IN SITU SUSCEPTIBLE D’ETRE UTILISE
DANS LA CONSTRUCTION
RESUME
L’identification correcte est un pas essentiel dans le processus de décision concernant le choix d’une
technologie de transformation de sol en matériau de construction.
Il y a une grande variété d’essais qui peuvent être effectués sur la terre, mais en fait, il n’y a qu’un
nombre assez restreint d’essais qui permettent une interprétation directe et rapide de l’adéquation de
la terre à la construction et qui sont utiles.
On distingue des essais de terrain et des essais de laboratoire. Tous les
deux servent à fournir les informations nécessaires à la décision concernant l’utilisation du sol, mais
les essais de terrain peuvent également donner une indication quant à la nécessité de passer par les
essais de laboratoire qui sont évidemment plus spécialisés, plus longs à exécuter et surtout beaucoup
plus coûteux.
MOTS CLES
Identification, sol et construction.
I.1. INTRODUCTION
Le choix de ce sujet est le fruit de notre observation sur l’utilisation de la terre crue pour la
fabrication de la brique en République Démocratique du Congo. La présente réflexion revêt un
double intérêt : scientifique et pratique dans ce sens que la fabrication des briques et blocs
emboitables-autobloquant est un problème très complexe qui exige d’abord certaines analyses de sol
à utiliser.
Le besoin en logements se compte en centaines de millions d’unités. Les matériaux industrialisés ne
garantissent pas seul l’accès massif au logement décent de tous les hommes dans un meilleur délai,
d’où il faudra compter sur la terre crue et ses multiples techniques.
La terre est parmi l’ensemble des matériaux utilisés par l’homme au cours de l’histoire et demeure
celui le plus employé par les populations à bas – revenus des pays en voie de développement. Les
récentes recherches démontrent que la terre offre des grandes potentialités de réponses au fantastique
besoin de logement de millions d’êtres humains.
L’identification correcte est un pas essentiel dans le processus de décisions concernant le choix
d’une technologie de transformation de la terre en matériaux de construction.
Il y a une grande variété d’essais qui peuvent être effectué sur le sol, mais en fait, il n’y a qu’un
nombre assez restreint d’essais qui permettent une interprétation directe et rapide de l’adéquation de
la terre à la construction et qui sont donc utiles.
Contrairement au ciment, au béton ou à l’acier, la terre à l’état naturel peut être utilisée comme
matériau de construction pratiquement sans dépense financière et d’énergie. Elle présente de
nombreux avantages environnementaux, sociaux et culturels. La terre largement utilisée dans la
construction des bâtiments est très sensible à l’eau.
L’identification, l’analyse et l’étude de la terre naturelle n’est pas fondamentalement d’apporter du
nouveau dans le domaine de la construction en terre mais surtout d’initier une nouvelle réflexion qui
prenne en compte la globalité du processus de production.
3.2. PROSPECTION
47
Du fait de sa grande hétérogénéité naturelle, le sol pose des problèmes d’identification. Il est
indispensable d’identifier le sol avec précision si l’on veut une économie sur la production des
matériaux en terre et sur leur emploi en construction.
Nous savons que le sol est un matériau complexe et que l’identification seule n’assure pas forcément
un emploi correct en construction, qu’il est aussi nécessaire de réaliser quelques essais d’évaluation
des performances mécaniques du matériau de construction.
La procédure générale précisée par la suite n’est pas limitative et peut être complétée par d’autres
procédures. Il est recommandé d’exploiter les connaissances locales ou le savoir-faire traditionnel
ainsi que les procédures d’autres disciplines : géologie, agronomie, pédologie, qui peut fournir des
indices d’interprétation.
Nous avons trois étapes nécessaires pour identifier et classer une terre :
1ère étape : Identification des caractéristiques et des propriétés de base des composantes de la terre qui
vont influencer le comportement mécanique du matériau ; ce sont des analyses préliminaires de
terrain, visuelles ou manuelles.
2e étape : On rédige une description du sol en consignant les caractéristiques et propriétés de base
identifiées grâce aux analyses préliminaires. Cette information descriptive est nécessaire pour
différencier la terre analysée par rapport à un groupe descriptif plus large.
3e étape : Si les analyses de terrain n’ont pas permis une classification assez précise, on réalise des
analyses en laboratoire ; cette démarche n’est requise que si une identification très précise est
nécessaire ; terres très particulières, précisions minéralogiques. On pourra alors classer la terre dans
un groupe et même un sous-groupe en lui assignant un symbole de classification.
Avant de travailler sur le terrain, il convient d’exploiter les informations qui ont été enregistrées ou
consignées le plus souvent sous forme de cartes et de notices descriptives : géologie, pédologie,
géographie, topographie, hydrologie, pluviométrie, couvert végétal, agriculture, infrastructure
routière, etc. La confrontation de ces données fournit des informations préliminaires qui peuvent
orienter le travail de terrain. Au besoin, on fait intervenir les spécialistes locaux des disciplines
évoquées pour une meilleure interprétation des informations disponibles.
On peut aussi obtenir des renseignements auprès des stations agricoles régionales, de centres de
recherches, d’universités, des services des travaux publics, des mines et ressources, des
entrepreneurs des travaux publics, etc.
Chaque échantillon prélevé sur le terrain reçoit une ‘’carte d’identité ‘’. Il s’agit d’une fiche qui
consigne le maximum d’informations : date et lieu de prélèvement, chantier concerné, demandeur, n°
de l’échantillon et le n° du sondage, profondeur de prélèvement, nom du préleveur ou sondeur,
poids, remarques particulières, etc. Cette fiche d’identité est complétée au fur et à mesure et
constitue un dossier par échantillon où l’on trouve : le nom typique de la terre, son symbole de
groupe, la texture, la structure, la forme des grains, le diamètre maximal, la plasticité, la minéralogie,
l’odeur, la couleur, l’état hydrique, la compacité, la compressibilité, la cohésion, etc.
[Link]ériel d’identification
Le matériel nécessaire à l’identification des terres peut être très simple, quelques objets et
instruments usuels : couteaux, récipients divers, ou relativement sophistiqué, un laboratoire
48
intégralement équipé dont l’équipement complet peut coûter jusqu’à quelques millions de dollars.
On peut aussi utiliser des matériels d’importance intermédiaire : laboratoire de fortune ou même un
laboratoire mobile installé dans un petit camion. Il existe aussi des petites valises de terrain
compactes et très pratiques qui permettent de réaliser les essais les plus indispensables. Le matériel
contenu dans ces valises de terrain doit permettre de réaliser les essais suivants : brillance,
adhérence, décantation, sédimentation, granulométrie, plasticité, compactibilité (pas absolument
nécessaire), cohésion, minéralogie, chimie.
Le matériel d’identification des terres que l’on évoque ici implicitement doit convenir pour réaliser
la série de tests et essais la moins sophistiquée. Il est bien entendu que ce sont avant tout des essais
de terrain. Il s’agit donc des instruments et outils du type petite pioche, couteaux et spatules,
récipients divers pour produits indispensables et autres ingrédients, récipient gradué, moules utiles
aux tests de contraction linéaire et volumétrique par exemple, mètre de poche, etc.
Sur le terrain, en prenant connaissance de la terre susceptible d’être employée pour construire, il
importe de pratiquer quelques essais d’identification rapide. Ces essais de terrain, simples,
permettent d’apprécier certaines caractéristiques du matériau et de confirmer, ou infirmer, l’aptitude
de la terre pour son emploi en construction. Ces essais sont assez empiriques ; aussi convient – il de
les répéter afin de n’en point rester à des impressions. Ces essais indiquent si des analyses
complémentaires de laboratoire sont nécessaires.
On examine à l’œil la terre sèche pour apprécier l’importance de sa fraction sableuse et de sa fraction
fine. On enlève les gros cailloux, les graviers et les gros sables pour faciliter l’évaluation. La fraction
fine est constituée par les graviers d’un diamètre inférieur à 0,08mm. Ce diamètre se trouve à la
limite de la visibilité à l’œil nue.
On sent la terre que l’on vient d’extraire. Elle est de nature organique si l’odeur évoque le moisi.
Cette odeur est amplifiée si l’on chauffe ou humidifie la terre.
On mord une pincée de terre et on l’écrase légèrement entre les dents. La terre est sableuse si elle
crisse avec une sensation désagréable. La terre est silteuse si le crissement ne donne pas une
sensation désagréable. La terre est argileuse si l’on éprouve une sensation lisse ou farineuse, ou une
pastille de terre sèche est collante quand on y applique la langue. On fera attention à la qualité
hygiénique de l’échantillon prélevé.
On triture la terre débarrassée de ses plus grosses particules en effritant un échantillon entre les
doigts et la paume de main. La terre est sableuse si l’on éprouve une sensation de rugosité et si elle
ne présente aucune cohésion. La terre est silteuse si l’on a l’impression d’une faible rugosité et si
l’échantillon humidifié devient moyennement plastique. La terre est argileuse si, à l’état sec, elle
présente des mottes ou concrétions qui résistent à l’écrasement et si elle devient plastique et collante
lorsqu’elle est humidifiée.
49
3.3.5. Essai de lavage
On se lave les mains avec de la terre légèrement mouillée. La terre est sableuse si les mains se
rincent facilement, elle est silteuse si elle parait pulvérulente et si les mains ne sont pas trop difficiles
à rincer. La terre est argileuse si l’on a une sensation savonneuse et si les mains sont difficiles à
rincer.
Une boulette de terre légèrement humide est coupée en deux avec un couteau. Un aspect terne de la
surface entaillée indique une terre plutôt silteuse. Un aspect brillant montre que l’on est en présence
d’une terre argileuse plastique.
[Link] d’adhérence
On prend une masse de terre humide qui ne colle pas aux doigts et on y enfonce une spatule ou un
couteau. La terre est très argileuse si la spatule s’enfonce difficilement et si la terre y adhère
lorsqu’on la retire. Elle est moyennement argileuse si la spatule pénètre sans grande difficulté et si la
terre y adhère quand on la retire. La terre est peu argileuse si l’on pénètre et retire la spatule sans
effort même si elle demeure sale lorsqu’on la retire.
[Link] de Sédimentation
Les précédents essais ont permis entre autres de se faire une idée de la texture de la terre et des
quantités de ses fractions distinctes ainsi que de la qualité de sa fraction fine. Mais cette idée
demeure somme toute assez grossière. Il est possible de réaliser un test de sédimentation simplifiée,
sur le terrain, qui apportera quelques précisions sur les quantités des fractions texturales. Le matériel
utilisé est simple : un flacon de verre transparent, cylindrique à fond plat, de capacité minimale de 1
litre et doté d’un col assez large pour pouvoir l’obturer de la main.
La procédure est la suivante :
- Remplir le flacon avec de la terre jusqu’à 1/4 de sa hauteur.
- Compléter les 3/4 du volume avec de l’eau pure.
- Laisser reposer le flacon pour permettre une imprégnation par une trituration manuelle.
- Obturer l’ouverture avec la main ou un couvercle approprié et agiter vigoureusement le flacon.
50
- Laisser décanter le mélange troublé sur une surface horizontale.
- Agiter de nouveau 1 heure après et laisser décanter.
- Environ 45 minutes après, on peut constater que les sables se sont déposés au fond du flacon,
surmontés d’une couche de silt que couronne une couche d’argile. Au-dessus de l’eau surnagent des
débris organiques. Restent éventuellement en suspension dans l’eau les colloïdes extrêmement fins.
Normalement, ce n’est que 8 heures après que l’on mesure les hauteurs des différentes couches
précipitées. On mesure tout d’abord la hauteur totale des sédiments (100%) sans tenir compte de la
hauteur d’eau claire qui les recouvre puis l’on mesure chaque couche distincte.
Ce calcul des hauteurs des couches de sédiments, qui permet d’apprécier les pourcentages de chaque
fraction granulaire, est légèrement faussé par le fait que les fractions silteuses et argileuses sont
expansées et apparaissent donc un peu plus importantes qu’en réalité.
[Link]
Le test de retrait linéaire ou test d’Alcock est réalisé à l’aide d’une boite en bois de 60 cm de long, 4
cm de large et 4 cm de profondeur. Les faces internes de la boite sont graissées avant de la remplir
de terre humide à la T.E.O. La terre est tassée dans les angles de la boite avec une petite palette en
bois qui sert aussi à aplanir la surface. La boite remplie est exposée au soleil pendant 3 jours soit à
l’ombre pendant 7 jours. Après ce délai, on pousse la masse de terre sèche et durcie en l’une des
extrémités de la boite et l’on mesure le retrait total de la terre en l’autre extrémité de la boite.
51
On sait désormais si la terre contient beaucoup ou peu de graves, beaucoup ou peu de fines. Il a été
possible d’apprécier la qualité de fines en distinguant les limons des argiles et de constater ou non la
présence de matières organiques. Ce sont là des essais de terrain effectués avec les moyens du bord
qui peuvent manquer de précision, mais qui demeurent très utiles lorsque l’on travaille dans des
conditions difficiles et isolées de tout équipement de laboratoire.
Néanmoins ces essais, réalisés avec une grande rigueur et systématiquement, permettront de faire des
estimations assez précises sur la qualité de la terre que l’on compte employer en construction.
Les analyses suivantes sont réalisées sur la fraction mortier fin (Ø < 0,4mm) isolée par tamisage ou
par le test de décantation à partir de la fraction de grains de Ø < 2mm.
52
[Link] de ressuage
- Confectionner une boule de mortier fin de 2 ou 3 cm de Ø.
- Mouiller la boule de façon à ce qu’elle se tienne sans coller aux doigts.
- Aplatir légèrement la boule dans la paume de la main en extension horizontale et du tranchant de
l’autre main, frapper vigoureusement la paume portant la boule aplatie pour en faire sortir l’eau.
L’aspect de la terre peut être lise, brillant ou gras.
- Passer ensuite la boule plate entre le pouce et l’index et observer les réactions, interpréter.
[Link] de consistance
- Confectionner une boule de mortier fin de 2 ou 3 cm de Ø.
- Mouiller pour pouvoir modeler sans que la terre soit collante.
- Rouler la boule sur une surface plane et propre jusqu’à obtenir peu à peu
un cordon mince.
- Si le cordon casse avant un Ø de 3 mm, la terre est trop sèche : rajouter un
peu d’eau.
- Le cordon doit se fractionner lorsque son Ø est égal à 3mm.
- Le cordon brisé, reconstituer une boulette et l’écraser entre le pouce et
l’index, interpréter.
[Link] de cohésion
53
- Confectionner un rouleau de terre de la taille d’un cigare de Ø = 12mm.
- La terre ne colle pas et peut être modelée en un cordon continu de Ø = 3mm.
- Le cordon est placé dans la paume de la main. On l’aplatit entre le pouce et l’index en commençant
par une extrémité jusqu’à obtenir un ruban de 3 à 6 mm de largeur, le manipuler avec précision
pour obtenir la plus grande longueur possible.
- Mesurer la longueur obtenue avant que le ruban ne se casse, interpréter.
Observation Interprétation
Grande résistance à - La pastille est très difficile à casser, elle se brise avec un
sec claquement, tel un biscuit sec. On ne peut écraser la terre entre le
pouce et l’index, seulement l’effriter sans la réduire en poudre :
Résistance moyenne argile presque pure.
à sec - La pastille n’est pas trop difficile à casser. On arrive à la
réduire en poudre entre le pouce et l’index après
Faible résistance à
quelques efforts : argile silteuse ou sableuse.
sec
- La pastille se casse facilement et se réduit en poudre entre le pouce
et l’index sans aucune difficulté : silt ou sable fin, peu d’argile.
54
Cordon dur - La boulette reconstituée s’écrase difficilement, ne se fissure pas ni
Cordon mi – dur ne s’émiette : beaucoup d’argile.
Cordon fragile - La boulette reconstituée se fissure et s’émiette : peu d’argile.
- Il est impossible de reconstituer une boulette sans qu’elle ne se
Cordon mou ou casse ni ne s’émiette : beaucoup de sable et de silt, très peu
spongieux
d’argile.
- Les cordons et les boulettes reconstituées sont mous et
spongieux : terre organique.
Les listes des analyses sont plus ou moins longues, selon la nature de la terre, selon l’équipement et
l’expérience du laboratoire ou selon la demande exprimée. Les laboratoires qui effectuent des
analyses chimiques des terres proposent en guise de réponse, des listes de divers éléments chimiques
en présence et leur quantité en pourcentage. En voici une liste type comprenant les éléments
suivants :
- Oxydes de fer ;
- Oxydes de magnésium ;
- Oxydes d’aluminium ;
- Oxydes de calcium ;
- Carbonate ;
- Sulfates ;
- Sels solubles et insolubles ;
- Perte au feu ;
- Eau de constitution ;
Les méthodes d’analyse chimique pratiquées en laboratoire sont bien établies mais demeurent assez
complexes. Elles ne sont en tout cas pas adaptées aux pratiques de terrain. Des essais simples de
terrain sont à priori nécessaires. Ils donnent des indications d’une précision raisonnables et montrent
s’il est utile d’engager une analyse chimique de laboratoire. Ces essais de terrain permettent
d’évaluer la présence de sels solubles et donc le pH de la terre. Si elle est acide, c’est que l’on est en
présence de matières organiques, de sels de fer. Si elle est alcaline, c’est qu’elle contient des
carbonates des sulfates, des chlorites par exemple.
CONCLUSION 3
55
La nécessité de se protéger de façon durable des intempéries et des prédateurs, imposa à l’homme de
trouver un matériau dur et résistant, la brique facilement réalisable à partir de l’argile ou de la terre
appelée ‘’adobe ‘’.
Toutefois les dommages subis par les maisons en terre ont pour principale origine le processus
d’utilisation de la terre non identifiée.
L’identification correcte de la terre est une marche nécessaire qui permet à l’homme de faire avec
précision un choix de la terre à utiliser et transformer comme matériaux de construction.
Après l’identification, il est important de faire quelques essais de terrain qui permettent d’apprécier
certaines caractéristiques de la terre pour afin le confirmer ou l’infirmer comme matériaux à
employer en construction.
Il y a aussi les méthodes d’analyse chimique pratiquées en laboratoire sont assez complexes et ne
sont en tout cas pas adaptées aux pratiques de terrain.
56
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
La bibliographie présentée ici énumère les quelques ouvrages qui peuvent être aisément obtenus par
les voies commerciales normales ou trouvés dans les bibliothèques de la République Démocratique
du Congo.
1. LIVRES
Delli cour, D. et al. – Vers une meilleure utilisation des ressources locales de construction.
Dakar, UNESCO – BREDA, 1976.
Doat P. et al. – Construire en terre. Paris, éditions Alternatives et Parallèles, 1979.
Glossaire : Matériaux de construction.
M. Kornmann & CTTB, Matériaux de construction en terre cuite, fabrication et propriétés, Paris,
Septiama, 2007 (ISBN 2-904845-32-1)
Manuel d’HYDRAFORM : Machine, Construction et Pratique. Edition révisée 2004.
Pierre Chabat : La brique et la terre cuite, Paris, 1886.
Pichvai, A. – Vers une architecture antisismique appropriée. Construction rurale en terre.
Bruxelles. ISEA la cambre. 1983.
Traité de construction en terre. Craterre 1989.
BERTHIER Jean : Projet et construction des routes ;
BCEOM, CEBTP : les routes dans les zones tropicales et désertiques, tome II étude technique de
construction ;
CEBTP : Guide pratique de dimensionnement des chaussées pour les pays tropicaux. Edition
1984 ;
Hugo Houben & Hubert Guillaud : Traité de construction en terre ; Edition Parenthèse ;
JEUFFROY Georges : Conception et construction de chaussée les matériaux et les matériels, les
techniques d’exécution des travaux tome II, 2e édition, Edition EYROLLES, 1970 ;
Doyen, A. : Objectif et mécanismes de la stabilisation des limons à la chaux. In technique
routière, Bruxelles, CRR, 1969.
2. REVUES
- Compte rendu de la Journée Mondiale de l’Habitat. Palais des Nations Unies, Genève le 3 Octobre
1988.
- Dansou. A. – ‘’ La terre stabilisée, matériau de construction ‘’.
- Bulletin d’information, Lomé, Centre de construction et du Logement, 1975.
- ‘’ Réhabiliter et Construire en Terre‘’. Energie Verte, Caen, ARBN 1987.
- RICHARD A. M.(1995) – La Terre Cuite. Le moniteur 17 Mars 1995.
3. MEMOIRES ET THESES
- AYISSI OKELE H.G (1993) – Brique de Terre Stabilisée : Contribution à l’étude des stabilisations
d’origine organique et minérale.
- Mémoire de fin d’études d’élèves Ingénieurs. Ecole Nationale Supérieure Polytechnique YAOUNDE /
CAMEROUN.
- Ir. Delly VALU MUKISHI (INBTP 2011) - Caractéristiques physico-chimiques et mécaniques des blocs
en sol sablo-argileux – autobloquant, et leurs utilisations en structures.
-
57
4. NOTES DE COURS
1. CT. KUKA di MABULA : Cours d’engins des Travaux Publics 3eme TP/INBTP 2014-2015 ;
2. Prof. Jean SHIMATU MBUYI : Matériaux de construction 1ère BTP/ INBTP 2014-2015 ;
3. Prof. Pierre MUZYUMBA : Cours de Routes 2ème Epreuve BTP/INBTP 2016 – 2017.
5. AUTRES SOURCES
58