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Chapitre 8

Le chapitre traite des avancées des dreyfusards et de l'émancipation sociale à travers des actions comme la réintégration de Dreyfus et la création d'universités populaires. Il aborde également l'anticléricalisme croissant sous le gouvernement de Combes, qui a interdit l'enseignement religieux et favorisé la laïcité, culminant avec la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État. Enfin, le texte souligne les tensions persistantes entre les institutions religieuses et l'État, ainsi que les efforts pour redynamiser le mouvement catholique malgré les défis financiers.

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Chapitre 8

Le chapitre traite des avancées des dreyfusards et de l'émancipation sociale à travers des actions comme la réintégration de Dreyfus et la création d'universités populaires. Il aborde également l'anticléricalisme croissant sous le gouvernement de Combes, qui a interdit l'enseignement religieux et favorisé la laïcité, culminant avec la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État. Enfin, le texte souligne les tensions persistantes entre les institutions religieuses et l'État, ainsi que les efforts pour redynamiser le mouvement catholique malgré les défis financiers.

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CHAPITRE 8

1. L’âge des possibles


a. L’élan dreyfusiste, ou la réponse des libertés

Le procès de Rennes et l'amnistie ont entraîné une désillusion parmi les


dreyfusards. Grâce à Jaurès et au général André, une nouvelle saisine de la Cour de
Cassation a eu lieu en 1903. En 1906, Dreyfus a été innocenté, a reçu la Légion
d'honneur et a été réintégré dans l’armée, tout comme Picquart. Les dreyfusards
défendaient les droits de l’homme, la modernité et l’investissement dans
l'éducation pour affranchir les esprits, comme le souligne Sèvérine. Bien que cette
victoire tardive laisse un goût amer, elle montre que des avancées restent
possibles.

La création d'universités populaires, qui comptent 230 lieux et 50 000 adhérents,


témoigne de cet élan. Par ailleurs, la Ligue des droits de l’homme s'est renforcée
en luttant contre le bagne militaire. En 1892, un comité de protection et de
défense des indigènes a été formé pour résister à la folie coloniale. De plus,
l'émancipation des femmes est illustrée par Jeanne Chauvin, la première femme à
obtenir un doctorat d'avocat grâce à la loi du 1er décembre 1900, votée par la
gauche.

b. La priorité anticléricale

Malgré quelques concessions, comme la journée de travail de 10 heures, le


mécontentement ouvrier grandissait, entraînant de nombreuses grèves. Waldeck-
Rousseau, au lieu d’écouter les suggestions de Jaurès, a choisi de s’attaquer au
péril clérical. Il a dissous les mouvements assomptionnistes et a imposé une loi
sur les associations, obligeant les congrégations à demander une autorisation
législative. Bien que les vœux monastiques soient considérés comme des actes
d’humanité, ils sont perçus comme un enfermement sectaire, rompant les liens avec
la société et la famille.

c. Des élections de combat

Lors des municipales de 1900, les radicaux ont démontré leur ancrage dans la France
rurale. Les radicaux, en tant que républicains, cherchaient à garantir leur unité
tout en étant tiraillés entre la droite et la gauche. Le gouvernement modéré de
Waldeck-Rousseau a formé une alliance républicaine démocratique, libérale, anti-
collectiviste, antinationaliste et anticléricale. À droite, des mouvements comme
l'Action libérale populaire et la Ligue pour la patrie française peinaient à
s’organiser.

Waldeck a ordonné une enquête sur l'ingérence cléricale, révélant que des curés et
des religieux politisaient l'électorat et exerçaient des pressions dans les bureaux
de vote, sans enveloppes fermées ni isoloirs. Bien que la gauche ait remporté les
élections, les radicaux ont dominé, ce qui a conduit à la démission de Waldeck-
Rousseau. Emile Combet a alors été nommé président du conseil. Notons également que
les femmes ont joué un rôle inédit lors de ces élections, marquant ainsi leur
émergence dans le domaine politique.

2. La réponse du père Combes


a. Combisme et anticléricalisme

Combes, soutenu par des radicaux de province, est acclamé lors de ses déplacements,
tant en France qu'à l'étranger. La Fédération française de la libre pensée, qui
regroupe de nombreux instituteurs et membres du PTT, illustre la démonstration de
force anticléricale, notamment par des enterrements civils. L'intolérance s'observe
des deux côtés du débat.
En 1904, Combes interdit aux religieux l'enseignement de toute nature, entraînant
la fermeture d'écoles chrétiennes. L'espace public se laïcise, avec le retrait des
crucifix dans les écoles, mairies et tribunaux.

b. La politique à l’âge démocratique

La politisation s'ouvre à des profils variés, avec une démocratisation du personnel


politique : universitaires, juristes, provinciaux et enfants de travailleurs
manuels, bien que la bourgeoisie continue de dominer en raison des coûts élevés des
campagnes électorales. En 1906, les indemnités parlementaires sont presque doublées
pour lutter contre la corruption et favoriser la professionnalisation politique.

Émile Combes, né en 1835, est docteur en théologie mais n’a jamais été ordonné.
Médecin et franc-maçon, il a eu une carrière discrète, étant élu radical de
province (maire, sénateur, ministre de l'Instruction publique). Il devient
président du Conseil sur recommandation de Waldeck-Rousseau, qui lui-même en est
étonné. Combes est décrit comme solitaire et sentimental, ayant une correspondance
platonique avec la princesse Bibesco, carmélite d'Alger. L'instabilité
ministérielle rend les ministres au service du Parlement, et les campagnes
suffragistes sont illégales et infructueuses, par crainte d’un cléricalisme qui
utilise les femmes comme cheval de Troie.

c. Favoriser et ficher

Le général André, ministre de la Guerre, fait rédiger 200 000 fiches individuelles
en deux ans sur l'opinion religieuse des officiers pour empêcher l'avancement des
catholiques et conservateurs. Ce scandale éclate et André est giflé à la Chambre,
ce qui conduit à la démission de Combes.

3. La laïcité consacrée
La loi de 1905 représente la plus grande réforme tentée en France depuis la
Révolution, étant qualifiée de loi de concorde et d’apaisement par Aristide Briand,
avec pour but de mettre fin à la guerre de religion après trente ans.

a. La séparation

Le projet de séparation est avancé depuis 1903, et une commission est nommée à la
Chambre. En 1904, le pape Léon XIII menace de suspension deux évêques républicains,
ce qui pousse Combes à rompre les relations diplomatiques avec le Saint-Siège.
Aristide Briand, maître du compromis, ouvre en 1905 un long débat parlementaire,
avec plus de 300 amendements déposés. La droite, représentée par l’Action libre
populaire, dénonce les persécutions religieuses et craint la fin des budgets des
cultes, tandis que la gauche des libre-penseurs réclame une séparation réelle, y
compris la suppression des fêtes religieuses. La loi est finalement votée et
adoptée à une large majorité.

b. L’impossible apaisement

Bien que la tension religieuse semble s'apaiser, une crise majeure éclate lors des
inventaires des églises, visant à encadrer la transmission des biens
ecclésiastiques aux associations cultuelles. Les religieux, ne supportant pas
l'idée des inventaires, se soulèvent, entraînant des révoltes, tandis que la police
intervient pour rétablir l'ordre. Rome interdit aux catholiques de former des
associations culturelles pour éviter que la France inspire d'autres pays européens.
Briand, cherchant à éviter le radicalisme, fait voter une loi autorisant l’exercice
légal du culte et confie les églises aux communes.

Maurice Barrès évoque un trésor national en péril, tandis que la gauche reproche au
gouvernement de faire trop de concessions.

c. Les catholiques sans l’État

La situation devient coûteuse pour l'Église, qui doit stimuler la culture de quête,
augmenter les tarifs des messes et des locations de chaises, accentuant ainsi les
inégalités. Cependant, le mouvement catholique parvient à se redynamiser, les rites
demeurant respectés, malgré un faible nombre de mariages civils. En 1916, Loubet
devient le premier président de la République à quitter l'Élysée normalement,
succédé par Armand Fallières. Les législatives sont remportées par un bloc de
gauche et de radicaux.

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