Guide Robot Interactif
Guide Robot Interactif
Les ouvrage
Les robots
collaboratifs
Guide d’intégration de la santé
et de la sécurité
Réédition
P
E U
CAP M
AN
R-11-CNRT-02
Les robots
collaboratifs
Guide d’intégration
de la santé
et de la sécurité
Réédition
Auteur
Sylvain Acoulon
Cetim
P
E U
CAP M
AN
R-11-CNRT-02
III
Sommaire
1. Introduction.................................................................................1
1.1. Le choix d’un îlot robotisé collaboratif........................................................... 1
4. La démarche à entreprendre....................................................25
4.1. Identifier les scenarii à risques....................................................................... 26
4.2. Mettre en place les solutions......................................................................... 42
4.3. Vérifier et valider les solutions ...................................................................... 50
4.4. Compléter avec les autres exigences réglementaires..................................... 60
4.5. Conception et validation des fonctions de sécurité........................................ 73
4.6. Lien entre la démarche d’intégration de la sécurité
et les documents associés.............................................................................. 79
4.7. Exemple de traitement d’un cas d’application................................................ 82
5. Conclusion....................................................................................91
© CENTRE TECHNIQUE DES INDUSTRIES MÉCANIQUES (Cetim), 2014
ISBN 978-2-36894-024-2
« Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé ANNEXE A de la norme En iso 10218-2.......................................92
que ce soit de cet ouvrage faite sans l’autorisation du Cetim est illicite. Elle constitue
une contrefaçon. Seules sont autorisées, d’une part les reproductions strictement
réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et,
d’autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique
ou d’information de l’œuvre dans laquelle elles sont incorporées » (Code de la
propriété intellectuelle, articles L. 122-5 et L. 335-2).
Présentation
IV V
Préface
Le monde de la robotique industrielle vit une évolution importante depuis et des risques nouveaux apparaissent. En outre, ces technologies récentes
quelques années avec l’apparition d’applications collaboratives. Des avancées ne sont pas complètement industrialisées et éprouvées. Chaque intégration
technologiques au niveau des composants appuyées par des changements d’un robot conçu pour une application collaborative est unique et chaque
dans la norme relative aux robots industriels (EN ISO 10218 : 2011) situation de travail ainsi créée nécessite une évaluation des risques spécifique.
permettent désormais de concevoir et de mettre en œuvre des cellules Ces technologies, prometteuses tout à la fois en gain de productivité et
robotiques collaboratives dans lesquelles l’opérateur et le robot travaillent de réduction des contraintes physiques pour l’opérateur, sont complexes.
conjointement à la réalisation d’une tâche et occupent un même espace Sur les aspects techniques, le présent guide apporte une aide réelle dans la
de travail. Cette proximité pendant les phases de production engendre des démarche d’intégration du robot collaboratif.
risques supplémentaires pour la santé et la sécurité des travailleurs. Ces risques
doivent être pris en compte lors de la conception des cellules robotiques Adel Sghaier
collaboratives et des moyens de protection adéquats doivent être mis en pour le laboratoire Sûreté des Systèmes Automatisés
place. Pour cela, il est possible de s’appuyer sur la norme EN ISO 12100 : 2010 Institut national de recherche et de sécurité (INRS)
qui décrit toutes les étapes de réduction du risque afin d’aboutir à une
installation sûre pour l’opérateur.
Dans sa version de 2011, la norme EN ISO 10218 définit des exigences de
sécurité relatives à quatre modes de fonctionnement collaboratif pour les
robots industriels. Seuls les modes « arrêt nominal de sécurité contrôlé » et
« guidage manuel » bénéficient, actuellement, de solutions commercialisées
permettant de répondre aux exigences de la directive « Machines ». Pour les
autres modes de collaboration, des recherches sont encore en cours pour
élaborer des solutions techniques de mise en œuvre. Ainsi, les systèmes de
détection en temps réel de l’opérateur permettant de commander l’évitement
à l’intérieur de l’espace de travail collaboratif font actuellement l’objet de
développements importants. Par ailleurs, des travaux s’organisent autour
du dernier mode décrit dans la norme qui, sous certaines conditions, admet
l’éventualité d’un contact physique entre l’opérateur et le robot. Les recherches
autour de ces contacts opérateur-robot en sont encore à leur début et elles
interrogent au-delà d’une approche purement technique (définition d’une
force de contact, de zones de contact, etc.) sur des aspects plus éthiques
(qu’est-ce qu’un contact « acceptable » en situation de travail ?).
La robotique collaborative, qui devrait voir son utilisation s’étendre dans les
années à venir, doit être mise en œuvre lorsque la collaboration homme/robot
est réellement nécessaire. En effet, même si dans certains cas elle présente un
potentiel très intéressant de réduction des contraintes physiques au travail,
toutes les conséquences de ces nouvelles applications n’ont pas été évaluées
Avant-Propos
Même si le robot est un équipement polyvalent et flexible qui rend les installations De plus, ceci peut être un frein à la délocalisation (Robotcaliser2) des entreprises
plus adaptables à la demande, il reste, en France, principalement utilisé sur françaises vers les pays à bas coût de main-d’œuvre, en cherchant à effectuer
les lignes de production de l’industrie automobile, alors que dans le reste du certaines tâches par la mise en place de ce type de robots dans les PME/PMI. Ce
monde, le robot rencontre aujourd’hui un vif succès dans de nombreux secteurs niveau est d’autant plus pertinent si les robots mis en place bénéficient d’une
industriels, où la compétitivité de la production est une condition de succès plus grande interaction avec l’opérateur et donc d’une plus grande flexibilité
essentielle. De fait, les ventes mondiales de robots ont doublé depuis 1990, pour à s’intégrer au processus de fabrication des PME/PMI. Ils peuvent offrir aussi
se rapprocher de la barre du million d’unités commercialisées annuellement. une réponse aux problèmes de santé au travail, en réduisant les TMS3.
Avec la diversification des applications, le secteur automobile ne représente
L’année 2011 a vu l’apparition du cobot4 qui permet de mettre à disposition de
plus désormais que 40 % des ventes en Europe. L’augmentation des volumes
l’opérateur, un équipement piloté directement en temps réel par l’opérateur
commercialisés se conjuguant avec l’évolution des technologies, le coût des
(sans avoir à programmer les trajectoires auparavant).
robots a baissé de moitié depuis 1990 en France alors que, dans le même temps,
les coûts de la main-d’œuvre y augmentaient de 40 % (Données SYMOP1) . Pour que les PME/PMI françaises, qui restent clairement sous-équipées en robots
manufacturiers vis-à-vis des entreprises étrangères (notamment l’Allemagne
Cependant bon nombre de tâches reste encore complexe et continue de
et l’Italie), puissent s’équiper avec ces nouveaux types d’îlots robotisés, il est
requérir les facilités gestuelles de l’être humain. Pour autant, de nouveaux
nécessaire de les accompagner dans leur démarche.
types d’applications se développent désormais pour lesquelles l’homme travaille
en coopération étroite avec le robot. Les concepts de robots collaboratifs qui C’est dans cette optique que le Cetim pilote des actions qui visent à accompagner
facilitent grandement l’efficacité opérationnelle des installations font partie de les industriels dans le choix des solutions les mieux adaptées à leurs besoins.
cette logique de coopération homme/machine. Les développements réalisés Afin de les aider au mieux, les industriels, les fournisseurs et intégrateurs d’îlots
par les grands constructeurs et l’évolution des réglementations sont tels que robotisés ont souhaité pouvoir disposer d’un guide qui leur permettrait d’avoir
l’on peut désormais prévoir l’élargissement de la diffusion de ces robots sur le une meilleure visibilité de l’aspect réglementaire et normatif en vue de mettre
marché européen, où ils devraient favoriser l’apparition de nouveaux usages en place un îlot robotisé collaboratif.
en production.
La mise en place d’un poste de travail collaboratif (homme-robot) permet
d’augmenter la flexibilité et la polyvalence de l’outil de fabrication. Ceci favorise les
gains de productivité (réduction du coût de la main-d’œuvre) tout en maîtrisant la
sécurité dans les différentes phases d’utilisation (exploitation, réglage, entretien)
et la réduction des surfaces au sol (espace de sécurité demandé plus restreint).
Ceci améliore les conditions de santé au travail, l’ergonomie des postes étant
1
SYMOP : Syndicat des entreprises de technologies de production.
facilitée par la prise en charge par le robot des manipulations répétitives ou 2
Robotcaliser : Robot-iser pour ne pas délo-caliser. Initiative des constructeurs de robots industriels et du
pénibles. Ces conséquences ont des répercutions à plusieurs niveaux : gains syndicat Symop.
3
TMS : Troubles musculo-squelettiques : « ensemble de troubles relativement diversifiés qui peuvent affecter
de production, diminution des arrêts de travail, diminution de la pénibilité, diverses structures : tendons, muscles, articulations, nerfs et système vasculaire, qui permettent notamment
le mouvement des pièces osseuses des membres inférieurs et supérieurs», définition issue de l’ouvrage du
augmentation de l’intérêt attribué au travail par l’opérateur, flexibilité dans le Cetim : Ergonomie aux postes de travail – La prévention des Troubles musculo-squelettiques (TMS).
choix de l’opérateur (accès à de nouvelle taches pour le personnel féminin ou 4
Cobot : Contraction des mots « collaborative robot » et qui désigne un équipement robotisé permettant d’as-
sister un opérateur dans ses tâches, notamment en permettant une démultiplication des efforts et une réduc-
vieillissant). tion de la pénibilité engendrée par certaines tâches manuelles (ex. : ponçage, meulage, manipulation).
1. Introduction
Introduction
2 3
2. Contexte réglementaire et normatif Dans cette exigence modifiée, il est ainsi précisé qu’il est désormais possible de pouvoir
déclencher la mise en marche de mouvements, selon l’analyse de risques faite en amont,
Sans l’aspect réglementaire et normatif, nous ne parlerions pas sans avoir à appuyer à nouveau sur le bouton prévu, au départ, à cet effet. Il est ainsi possible
de robots collaboratifs, puisque c’est grâce à la norme de commander la remise en marche de certaines fonctions de machines par la fermeture
EN ISO 10218-1, qu’est apparue cette possibilité technique d’un protecteur avec dispositif de verrouillage ou par le retrait d’une personne du champ
permettant de garantir la sécurité de l’opérateur tout en autorisant de détection d’un dispositif de protection. Cette manière de remettre en marche peut être
à ce que celui-ci puisse travailler dans la même zone que le robot. induite par le respect des principes ergonomiques et afin d’éviter la répétition d’action de
Afin de mieux comprendre les notions de robots collaboratifs, mise en marche sur les machines à cycles de travail courts.
nous allons commencer par décrire les nouveautés de la directive « Machines » 2006/42/
Il est évident que seule une analyse de risques précise, en amont, permettra de vérifier
CE qui ont permis à la norme EN ISO 10218 de proposer des solutions techniques en accord
qu’il n’y a pas de risques de démarrage non désiré (ex. : cas d’un acte réflexe dans le
avec la réglementation. En effet, tous les constructeurs de machines se doivent, pour vendre
comportement involontaire de l’opérateur prévisible définit dans la norme EN ISO 121006) et
sur le marché européen, de respecter l’ensemble des directives européennes qui s’appliquent
que des mesures de protection adéquates pour prévenir le risque de démarrage intempestif
à leurs machines ; cela fait partie de leurs contraintes réglementaires. Les normes harmonisées
sont notamment présentes au niveau du système de commande (validation du niveau de
comme les normes EN ISO 10218-1 et EN ISO 10218-2 leur permettent de trouver des
la fonction de sécurité7).
solutions techniques répondant aux exigences de la directive « Machines », toutefois et afin
de mieux comprendre ce que demande la réglementation, nous allons examiner les exigences Ceci permet à un robot collaboratif de pouvoir redémarrer ses mouvements à une vitesse
de la nouvelle directive « Machines » 2006/42/CE en rapport avec les robots collaboratifs. compatible avec l’analyse de risques, sans que l’opérateur soit obligé d’avoir une action sur
l’organe de remise en marche. Tout ceci s’effectuant dans les conditions normales d’utilisation
(hors cas d’arrêt provoqué par l’arrêt d’urgence ou la détection de phénomènes anormaux).
2.1. Les nouveautés de la directive « Machines » 2006/42/CE L’analyse de risques prend notamment en compte les risques liés au robot (ou ses outils),
la distance avec l’opérateur, et les capacités de détection et de traitement.
La directive « Machines » 2006/42/CE, d’application obligatoire depuis le 29 décembre
2009, et qui fixe les exigences auxquelles doit répondre une machine pour pouvoir
être vendue (et être utilisée) sur le sol européen, a subi des modifications vis-à-vis de 2.1.2. Arrêt pour des raisons de service
l’ancienne version (98/37/CE). Par rapport au sujet qui nous intéresse, nous pouvons
isoler les exigences particulières suivantes :
Directive « Machines » ESS 1.2.4.2
« Lorsque, pour des raisons de service, il convient de recourir à une commande d’arrêt
2.1.1. Mise en marche qui n’interrompt pas l’alimentation en énergie des actionneurs, la fonction arrêt doit être surveillée
et maintenue. »
Toutefois, la remise en marche ou la modification des conditions de fonctionnement peut être contrôlé en maintenant l’alimentation aux actionneurs). Cette exigence autorise une autre
effectuée par une action volontaire sur un organe autre que l’organe de service prévu à cet effet, à
condition que cela n’entraîne pas de situation dangereuse. 6
Norme EN ISO 12100 – Principes généraux de conception – Appréciation du risque et réduction du risque –
Dans le cas d’une machine fonctionnant en mode automatique, la mise en marche, la remise en Paragraphe 5.4.c : Comportement involontaire de l’opérateur ou mauvais usage raisonnablement prévisible de
la machine.
marche après un arrêt ou la modification des conditions de fonctionnement peuvent se produire 7
Selon les normes EN ISO 13849 ou EN 62061 – voir paragraphe 4.5 La validation des fonctions de sécurité.
sans intervention, à condition que cela n’entraîne pas de situation dangereuse... » 8
Catégorie d’arrêt allant de 0 à 2 et défini dans la norme EN 60204-1 : Equipement électrique des machines –
Partie 1 : Règles générales – paragraphe 9.2.2. Fonctions arrêt.
La partie du système de commande qui va traiter cette surveillance devra être considérée Bien que la zone collaborative demande à être clairement identifiée, et comporter des
comme une fonction de sécurité et avoir un niveau de performance PL11 (ou SIL12) en moyens d’avertir l’opérateur que ce mode de fonctionnement est actif, il ne sera toutefois
adéquation avec l’analyse de risques. pas possible de compter exclusivement sur la notice d’instructions, sur des avertissements
(pictogrammes, voyants) ou sur la formation des opérateurs, pour garantir la sécurité.
C’est cette fonction de sécurité qui est parfois nommée sur les robots « arrêt sûr », et qui
est qualifiée par un niveau de sécurité PL et/ou SIL, nous verrons plus loin le lien avec les
recommandations des parties de la norme EN ISO 10218-1.
2.2. Les éléments de la directive 2006/42/CE repris dans la
norme EN ISO 10218-1
2.1.3. Sélection des modes de commande ou de fonctionnement
Le but de ce guide n’étant pas de faire une explication de chacune
des exigences de la nouvelle directive « Machines », nous allons
Directive « Machines » ESS 1.2.5 regrouper les points des différentes exigences expliquées ci-dessus
« … Si, pour certaines opérations, la machine doit pouvoir fonctionner alors qu’un protecteur a afin de mieux comprendre les recommandations de la norme
été déplacé ou retiré et/ou qu’un dispositif de protection a été neutralisé, le sélecteur de mode de EN ISO 10218-1. Ainsi, à partir des éléments évoqués, il est possible,
commande ou de fonctionnement doit simultanément : selon l’analyse de risque faite en amont, de pouvoir concevoir un îlot robotisé avec les
• désactiver tous les autres modes de commande ou de fonctionnement ; points suivants :
• n’autoriser la mise en œuvre des fonctions dangereuses que par des organes de service nécessitant
une action maintenue ; • pas d’obligation de mettre uniquement des protections périmétriques physiques
• n’autoriser la mise en œuvre des fonctions dangereuses que dans des conditions de risque réduit
tout en évitant tout danger découlant d’un enchaînement de séquences ; 9
APIdS : Automate Programmable Industriel dédié à la Sécurité.
• empêcher toute mise en œuvre des fonctions dangereuses par une action volontaire ou involontaire 10
EN 1037 +A1 : Prévention de la mise en marche intempestive – paragraphe 6.4 Surveillance automatique
sur les capteurs de la machine. de l’arrêt de catégorie 2.
11
PL : Niveau de performance permettant d’atteindre la réduction du risque requise pour chaque fonction de
Si ces quatre conditions ne peuvent être remplies simultanément, le sélecteur de mode de commande sécurité selon la norme EN ISO 13849-1 : Parties des systèmes de commande relatives à la sécurité –
ou de fonctionnement doit activer d’autres mesures de protection conçues et construites de manière Partie 1 : Principes généraux de conception.
12
SIL : Niveau discret.
à garantir une zone de travail sûre... » 13
Voir Norme EN ISO 23125 : Machines de tournage - paragraphe 5.2.4.5 Mode entretien.
NF E 61-120
(1993)
Mai 1993 NF EN 77514 NF EN 775
(sites robotisés)
NF E 61-120
Novembre (2007)
2007
(systèmes robots)
NF EN ISO 10218-1
Février 2009 (2011)
Mettre en place un îlot robotisé, fait intervenir différents acteurs que nous pouvons
identifier en tant que fournisseur (pour le robot, les éléments de détection, de contrôle
14
Les normes présentées ci-dessus, se déclinent en norme française et d’application uniquement française
(ex. : NF E…), en norme européenne et d’application européenne et française (ex. : NF EN…) ou encore en de la sécurité), l’intégrateur (pour l’intégration du robot et des différents composants
norme internationale et européenne, et d’application internationale, européenne et française (ex. : NF EN dans une application donnée), l’utilisateur (pour l’utilisation de l’îlot robotisé réalisé).
ISO…).
15
Entre parenthèses est indiqué l’année de la parution de la norme, ainsi une norme (ex : NF E 61-120) aura Chacun a des responsabilités différentes au niveau de la réglementation en matière de
connu plusieurs modifications et ainsi plusieurs versions. Une norme modifiée par une nouvelle version (ou une
nouvelle norme) pourra être soit remplacée directement à la date de parution de la nouvelle (cas de la norme sécurité des machines. Afin de mieux comprendre ces responsabilités et les documents
NF EN 775 remplacée par la norme NF EN ISO 10218-1) soit après un délai défini et indiqué en première page qui doivent transiter entre chacun des interlocuteurs, voici ci-après les éléments essentiels.
de la norme.
L’îlot robotisé ne faisant pas partie des machines listées à l’annexe IV de la directive
Attention ! Un robot qui est commercialisé avec un certificat de conformité « Machines », l’intégrateur doit suivre la procédure d’auto-certification, suivant laquelle
sur lequel est noté sa conformité à la norme NF EN ISO 10218-1 n’entraîne aucun recours à un organisme de contrôle n’est obligatoire. L’intégrateur effectuera
pas directement que celui-ci dispose de l’ensemble des fonctions de son évaluation de conformité et rédigera les documents nécessaires, et avec contrôle
sécurité proposées dans la norme (certaines étant optionnelles), ou que interne de la fabrication (pour une production en série).
les niveaux proposés par ces fonctions sont en adéquation avec l’application définie. Il
sera impératif de se rapprocher du fournisseur pour identifier les fonctions concernées
et de s’assurer que leur niveau correspond bien aux niveaux de sécurité définis dans Afin que l’évaluation des risques soit la plus pertinente et exhaustive
l’évaluation des risques. possible, celle-ci pourra être effectuée avec l’utilisateur, afin que les
mesures techniques envisagées, soient en adéquation avec les manières
de travailler de l’utilisateur. La responsabilité d’une mesure technique
qui ne serait pas adaptée à l’utilisation, et pour laquelle l’utilisateur serait alors contraint
de la contourner pour effectuer normalement sa tâche, pourrait incomber au concepteur
16
Contenu expliqué dans l’annexe IIB de la directive « Machines » 2006/42/CE. et non à l’utilisateur.
17
Pour la directive 2006/95/CE, il n’y a pas d’obligation de fournir une déclaration de conformité, mais celle-ci
doit être établie par le fabricant ou la personne responsable de la mise sur le marché, afin que la déclaration
puisse être mise à la disposition des autorités nationales à des fins d’inspection,
18
La notice d’assemblage doit être établie dans une langue officielle acceptée par l’intégrateur auquel est 19
L’annexe VII de la directive « Machines » 2006/42/CE décrit le contenu du dossier technique.
destinée la quasi-machine. 20
L’exigence 1.7.4.2 Notice d’instructions - définit le contenu de la notice d’instructions.
Selon l’analyse de risques ou par défaut Selon l’analyse de risques ou par défaut
Performances PL d et catégorie 3 (selon la norme PL d et catégorie 3 (selon la norme
Un robot collaboratif (la norme parle plutôt de robot avec un mode du système EN ISO 13849-1) ou SIL 2 avec EN ISO 13849-1) ou SIL 2 avec
de fonctionnement coopératif) est un donc un robot qui est conçu de commande
de sécurité HFT = 1 (temps de mission de
21
HFT = 122 (temps de mission de
20 ans – selon la norme EN 62061) 20 ans – selon la norme EN 62061)
pour travailler dans une zone commune avec l’opérateur en production,
alors qu’auparavant, cette interaction ne pouvait se faire que lorsque le robot avait Réinitialisation Uniquement manuelle Manuelle ou automatique
l’ensemble de ses mouvements maintenus à l’arrêt par rupture des énergies les alimentant.
Fréquence Variable,
Ou que les modes de fonctionnement qui autorisaient cette proximité, étaient d’autres d’activation
Peu fréquente
de chaque cycle à peu fréquente
modes tels que notamment les modes de réglage, maintenance, entretien (ex. : contrôle
des trajectoires programmées). Le robot collaboratif est donc un robot conçu avec des Besoin Urgence Protection ou réduction du risque
fonctions de sécurité permettant de limiter la mise en place d’enceinte grillagée, dans Suppression immédiate ou retardée de
le but de fluidifier l’interaction homme-robot. Suppression immédiate ou retardée de la source d’énergie de tous les
la source d’énergie de tous les phénomènes dangereux ou arrêt sans
Effet phénomènes dangereux suppression des énergies mais avec
Arrêt de catégorie 0 ou 1 surveillance active
Extrait de la norme NF EN ISO 10218-2 : Arrêt de catégorie 0, 1 ou 2
« Robot coopératif : robot conçu pour l’interaction directe avec un humain dans un espace de travail coopératif Tableau 1 : arrêt de protection et arrêt d’urgence
défini ».
« Espace de travail coopératif : espace de travail à l’intérieur de l’espace contrôlé, dans lequel le robot et
l’humain peuvent réaliser des tâches simultanément pendant le fonctionnement en production ».
La norme NF EN ISO 10218-1 s’appuie sur différentes recommandations techniques 21
HFT = 1 : pour Hard Fault Tolerance = 1, correspond à une architecture redondante puisque disposant
d’une tolérance aux pannes matérielles de 1.
22
HFT = 1 : pour Hard Fault Tolerance = 1, correspond à une architecture redondante puisque disposant
d’une tolérance aux pannes matérielles de 1.
différent, puisque dans une application collaborative, le mode de marche sera le mode Complétées par les contraintes liées aux articulations :
automatique et que généralement aucune validation ne sera nécessaire pour autoriser
le robot à bouger. Dans ce cas, seule une appréciation des risques réels, suivant la Au niveau des limitations des articulations30
vitesse, permettra de fixer les valeurs limites de vitesse, pour qualifier celle-ci de faible.
Le manuel d'utilisation contient la description de la catégorie d'arrêt de chaque entrée de circuit d'arrêt
Il sera donc nécessaire pour l’intégrateur d’un îlot robotisé collaboratif de vérifier les préventif
fonctions de sécurité qui lui sont proposées et le niveau sur lequel, le fournisseur de ces Le manuel d'utilisation contient l'information sur le temps d'arrêt à vitesse maximale pour les dispositifs
de retenue électromagnétiques y compris le temps de contrôle et la distance parcourue avant arrêt
fonctions s’engage sur chacune d’elle. Ainsi, même si un robot est qualifié de sûr parce complet
qu’il peut détecter l’opérateur, c’est-à-dire qu’il est équipé d’un système de détection
La capacité de limitation de sécurité par logiciel, si elle existe, est mentionnée dans le manuel d'utilisation
permettant d’éviter les collisions et qui provoque l’arrêt de ces mouvements, il demeurera
nécessaire de vérifier si les risques liés aux éléments mis en mouvement par le bras de Le manuel d'utilisation contient l'information sur le temps d'arrêt à la vitesse maximale pour les limites
de sécurité par logiciel, y compris le temps de contrôle et la distance parcourue avant l'arrêt complet
robot (au niveau de la vitesse, des masses, des inerties, des temps d’arrêt, des arêtes,
des bords tranchants, des outillages) sont compatibles avec la présence d’un opérateur Auquel il est possible d’ajouter :
à proximité et si le niveau de sécurité annoncé pour cette fonction est compatible avec
le niveau requis par l’évaluation des risques. Au niveau des performances des systèmes de commande relatifs à la sécurité (matériel/logiciel)31
L’intégrateur pourra ainsi concevoir son îlot en prenant en considération les paramètres Le niveau de performance des systèmes de commande relatifs à la sécurité atteint par l'équipement est
et les adapter (vitesse maximum en fonction de la distance avec l’opérateur, temps clairement indiqué dans le manuel d'utilisation
d’arrêt du robot) et utiliser les fonctions de sécurité offertes par le fabricant dans le Les données et critères nécessaires à la détermination de la performance des systèmes de commande
relatifs à la sécurité figure dans le manuel d'utilisation
cadre où elles doivent être utilisées.
Le niveau de performance des parties des systèmes de commande relatifs à la sécurité PL = d avec une
D’après la norme NF EN ISO 10218-1, les informations28 pertinentes liées à la mise en catégorie 3 ou avec un niveau d'intégrité (SIL) de 2 avec une tolérance de défaillance du matériel de 1
avec un intervalle de test supérieur à 20 ans
place d’un robot collaboratif, et qui doivent faire partie de la notice d’instructions que le
La sélection de critères de performance alternatifs relatifs à la sécurité est spécifiquement identifiée et
fournisseur de robot (si ces robots se déclarent conformes à la norme) doit transmettre les limitations appropriées, et les précautions sont données dans le manuel d'utilisation
à l’intégrateur, sont les suivantes :
Et :
Le manuel d'utilisation contient la description de la catégorie d'arrêt de chaque entrée de circuit d'arrêt
préventif
29
Paragraphe 5.10 de la norme NF EN ISO 10218-1.
27
Recommandations issues du paragraphe 5.7.3 Mode manuel en vitesse réduite de la norme 30
Paragraphe 5.12 de la norme NF EN ISO 10218-1.
NF EN ISO 10218-1. 31
Paragraphe 5.4 de la norme NF EN ISO 10218-1.
28
Annexe F de la norme NF EN ISO 10218-1, colonne G. 32
Paragraphe 5.5 de la norme NF EN ISO 10218-1.
3. Les différentes applications collaboratives protections périmétriques physiques autour de la zone d’évolution du robot et les accès
à cette zone sont limités. Aucun mouvement dangereux du robot (ou de ces accessoires)
À l’heure actuelle, les applications collaboratives commencent n’est autorisé en production, dès la présence d’un opérateur à l’intérieur de l’enceinte.
à apparaître dans l’industrie. Nous pouvons essayer de dresser Ici, selon les différents risques, les nouvelles solutions d’intégration de la sécurité résident
un panorama des différentes typologies d’applications dans l’intégration du contrôle d’enveloppe du robot (butées logicielles nominales de
possibles, sans vouloir être exhaustif. Ceci permettra toutefois sécurité d’espace et d’axes), afin de permettre la diminution des surfaces occupées
d’entrevoir les applications potentielles et les éléments par le robot et notamment de la position des protections périmétriques physiques, la
principaux d’intégration de la sécurité. Pour cela, un découpage surface n’ayant plus besoin d’être calculée sur l’enveloppe maximale du robot (ou la
des différentes applications pourra se faire à partir du niveau d’interaction prévue entre résistance mécanique des protections périmétriques).
l’opérateur et le robot.
L’arrêt sûr des mouvements du robot, permettra aussi d’autoriser une intervention de
Nous pouvons classer les typologies d’applications en cinq catégories, comme évoqué courte durée dans la zone d’évolution du robot, sans avoir besoin de rompre les énergies
dans le graphique ci-dessous : du robot, accélérant ainsi les redémarrages suite aux aléas de production.
5 Cobot33 : ce dernier type d’application est caractérisé par une nouvelle solution 4. La démarche à entreprendre
appelée cobot. La grande différence tient dans l’absence d’autonomie du bras, qui
ne peut se déplacer que par l’action de l’opérateur, qui agit directement sur l’élément Puisqu’un îlot robotisé collaboratif est avant tout une machine car
de commande de celui-ci. Un outil monté à l’extrémité du bras permet à l’opérateur il répond à la définition de « machine » d’un point de vue
d’effectuer des tâches selon le profil de chaque pièce et en appliquant des efforts réglementaire, le concepteur (ou intégrateur) de cet îlot se doit de
augmentés par les capacités du bras. respecter une démarche d’intégration de la sécurité lors de la
conception afin d’être conforme à la réglementation. Pour
Un coefficient entre l’effort émis par l’opérateur et l’effort réel exercé par l’outil sur la
synthétiser la démarche globale d’intégration de la sécurité, nous
pièce, peut être paramétré afin de réduire au maximum les contraintes ergonomiques au
pouvons la décomposer en quatre grandes phases, comme décrit dans le graphe
niveau de l’opérateur, tout en gardant une perception du retour de l’effort (indispensable
ci-dessous :
à la qualité de certains travaux à réaliser). La structure du bras permet aussi la reprise
de différentes contraintes, telles que les vibrations liées à l’outil ou l’effet gyroscopique
(ex : outil de meulage).
L’opérateur agit sur une poignée d’assentiment qui lui permet de commander le bras
(et l’outil), et de l’arrêter de manière sûre à tout moment. La formation de l’opérateur
devra permettre d’utiliser le cobot correctement, et dans un espace de travail conçu
pour cette tâche en fonction des risques à considérer.
Ce choix des différentes solutions est arbitré par une méthode d’intégration de la
sécurité décrite dans la seconde partie de la présente démarche. Pour chaque solution,
une vérification ou validation devra permettre de considérer la solution retenue comme
pleinement efficace quant à la réduction du risque recherchée (objet de la troisième
étape). Ce processus est itératif, et l’invalidation partielle ou complète d’une solution,
peut amener des modifications de celle-ci, qui peuvent engendrer de nouveaux risques
et de nouveaux scenarii.
34
NF EN ISO 12100 : Principes généraux de conception – Appréciation du risque et réduction du risque.
33
Cobot : Contraction des mots « collaborative robot » et qui désigne un équipement robotisé permettant 35
Le mandataire est une personne physique ou morale établie dans la Communauté européenne ayant reçu
d’assister un opérateur dans ses tâches, notamment en permettant une démultiplication des efforts et une un mandat écrit du fabricant pour accomplir en son nom tout ou partie des obligations et des formalités liées
réduction de la pénibilité engendrée par une tâche manuelle (ex. : ponçage, meulage, manipulation). à la directive.
• des retours d’expérience après une utilisation effective (dans le cas de machines
spéciales, il s’agira de machines similaires) ;
La première étape qui consiste à l’évaluation des risques, doit être effectuée en prenant
• les commentaires des utilisateurs et des services après-vente ;
en compte toutes les phases du cycle de vie de la machine, depuis la phase de transport
et la construction, jusqu’à la mise hors service, et dans le cadre d’utilisation prévu par • les relations d’incidents ou d’accidents.
le fabricant, tout en y ajoutant les situations anormales prévisibles ou mauvais usage Quand bien même, l’absence d’accident ne constitue pas automatiquement une
raisonnablement prévisible. présomption de risque faible, le constructeur notera que cet élément fournit une
donnée importante, dont il tiendra compte.
Si l’usage normal, autrement dit l’usage qui a été prévu à l’origine, trace un axe de
référence par rapport à la conception de la machine, néanmoins, le mauvais usage
raisonnablement prévisible est également un élément à prendre en compte. En effet,
la directive demande que les comportements humains soient intégrés à l’analyse des
situations anormales prévisibles. Toutes sortes de réactions humaines sont à envisager,
qui vont de l’erreur au comportement réflexe, par exemple.
« L’usage normal qui peut être raisonnablement attendu d’un utilisateur professionnel
de machines est en premier lieu le respect de la réglementation liée à l’utilisation des
équipements de travail » (directive 89/655/CEE). Cette directive détaille les mesures Figure 9 : schéma des usages normaux, prévisibles et possibles
d’organisation que doivent adopter les employeurs de l’Espace Économique Européen
dans la mise en œuvre des machines. Elle met l’accent sur la formation et sur l’information
des travailleurs, la mise à disposition de consignes pour utiliser des machines. » « Une personne "raisonnable" sur le plan juridique est une personne douée de discernement
Commentaires sur la directive « Machines » 2006/42/CE. et dotée d’une capacité normale (moyenne) de compréhension. Ce n’est ni un génie ni un
fou. »
Commentaires sur la directive « Machines » 98/37/CE.
Même si l’on peut espérer que l’opérateur fera preuve d’un comportement raisonnable, il
n’en demeure pas moins qu’un homme a des failles et qu’il peut commettre des erreurs.
Pour évaluer le plus finement les scénarii qui intègrent les erreurs humaines, il convient On parle souvent, et parfois d’une façon inconsidérée, de certains comportements des
de s’assurer si la tâche que l’on confie à l’opérateur peut être réalisée sans incohérence. opérateurs qui « fraudent » les dispositifs de sécurité. Avant de parler de « fraude »,
En particulier, parmi des scénarii raisonnablement prévisibles, une attention particulière l’important est de s’interroger sur la raison profonde qui a conduit à ce comportement.
devrait être apportée à la négligence ordinaire, qui se manifeste par exemple par des
On s’apercevra en général que si les moyens de prévention sont bien appropriés à
petites approximations, aux actes réflexes, notamment lorsqu’il s’agit de rattraper une
l’utilisation de la machine, et si les solutions adoptées sont simples et cohérentes,
pièce, à la loi du moindre effort, qui consiste, entre autres, à emprunter le chemin le plus
une grande partie des raisons rationnelles de frauder sera éliminée. Le recours à des
court, et aux comportements prévisibles de certaines personnes, (des enfants, ou des
dispositifs qualifiés « d’infraudables » est certes possible, pourtant, il ne s’agit pas là
personnes à capacité restreinte, etc.) en particulier en cas d’usages non professionnels.
d’une solution unique, en tout cas pas d’une obligation réglementaire.
À ce titre, nous pouvons citer des exemples issus des commentaires sur la directive
Le paradoxe est que c’est précisément dans ce type de situations que l’opérateur sera
« Machines » 2006/42/CE :
tenté d’inhiber frauduleusement ces dispositifs afin d’accomplir sa tâche.
Encore une fois, nous insistons sur la pertinence de l’analyse : l’important est de
« • utilisation d’une grue sans déployer les stabilisateurs ;
déterminer s’il existe des raisons objectives pour que l’opérateur tente de s’introduire
• utilisation à deux personnes d’une presse conçue pour être utilisée par une seule personne ; dans l’enceinte à risque. Par exemple, il peut s’agir d’une mauvaise conception des
• utilisation d’un engin de terrassement avec la porte ouverte dans un climat chaud modes de marche. Ou bien, telle ou telle intervention oblige l’opérateur à pénétrer dans
perturbant l’équipement de filtration d’air et de contrôle du bruit. » la zone afin d’effectuer un diagnostic. Des protecteurs peuvent gêner l’observation du
Commentaires sur la directive « Machines » 2006/42/CE. cycle de travail, etc.
Pour nous, une bonne conception de la machine, et les instructions nécessaires à son
Voici un petit schéma qui représente, sous forme de trois cercles concentriques, les
bon entretien suppriment les raisons objectives de contourner une protection.
usages normaux de la machine, entourés des usages raisonnablement prévisibles,
entourés, de manière illimitée, par les usages possibles en théorie.
De nombreuses méthodes ont été élaborées (AMDEC, MOZAR, etc.) pour réaliser cette
analyse des risques. Le Cetim propose une méthode tout à fait originale et concrète,
la méthode IDAR, dont les grandes lignes sont exposées ci-après.
Comme ce guide n’a pas pour objet d’exposer dans les moindres détails la méthode
IDAR développée par le Cetim36, nous nous contenterons à présent d’en redéfinir les
quatre grands principes, particulièrement pertinents ici.
Ce sigle IDAR, formé de quatre lettres, IDAR pointe les quatre phases de notre méthode :
I : Intégrer
D : Décrire
Lorsque l’on évalue toutes ces situations, une grande part de subjectivité
entre en jeu. Le bon sens doit prévaloir. Il convient de garder à l’esprit le A : Analyser
caractère raisonnable énoncé par la directive. Il ne s’agit en aucun cas
R : Rapporter.
de se focaliser sur tous les usages irrationnels possibles.
Notons que la démarche d’ensemble est itérative (étapes 2 et 3) et qu’elle repose sur
Une attention particulière sera portée sur l’indentification des risques, afin d’adapter la création d’un groupe de travail, afin de favoriser les échanges de points de vue.
les mesures techniques qui permettront de garantir la sécurité de l’opérateur.
36
Voir ouvrage Cetim : IDAR une méthode d’analyse des risques dans le cadre de la directive « Machines »
2006/42/CE (réf. 6D52).
1. Intégrer
Le groupe de travail doit intégrer l’analyse des risques. Cette première étape permet de
définir la composition du groupe d’analyse de risque et de bien préciser les objectifs de
l’analyse. Elle comporte aussi une phase de regroupement des éléments documentaires
nécessaires (plans, schémas, notes de calculs).
2. Décrire
Le groupe recense toutes les tâches qui seront confiées à l’opérateur au cours du
cycle de vie de la machine, en tenant compte de la présence éventuelle de tierces
personnes. Les différentes phases du fonctionnement concernent, entre autres : la
production, les réglages, la maintenance. Les dysfonctionnements, d’origine humaine
ou technique sont également à considérer à cette étape. Parmi les tâches susceptibles
d’être confiées à un opérateur, notons par exemple : les opérations de chargement
Figure 10 : détail de la phase 4
manuelles, les changements d’outils, le réglage d’une trajectoire, le démontage d’un
moteur, la surveillance du bon fonctionnement. Cette dernière tâche est sans doute Voilà, succinctement redéfinies, quelles sont les quatre étapes de la méthode IDAR.
la plus délicate à analyser car il n’est pas impossible que l’opérateur soit présent à
Bien entendu, l’étendue de l’analyse et son niveau de détails dépendent des objectifs
différents endroits de la machine.
que se fixe le groupe de travail. Il peut s’agir d’une étude complète de la machine.
3. Analyser Ou bien d’un avant-projet de l’étude des principes de prévention, ou d’une analyse
détaillée d’un mode opératoire particulier ou encore de l’analyse d’une zone spécifique
Le groupe doit alors analyser les phénomènes dangereux auxquels l’opérateur est exposé
de l’équipement.
selon chaque scénario, tel qu’il a été précédemment défini. Le groupe attribue ensuite
une cote aux risques, selon leur degré de gravité et leur occurrence, pour déterminer Dans tous les cas de figure, l’approche doit être globale. Car lorsque l’on se focalise sur
si le scénario est jugé acceptable ou non. une composante, par exemple les circuits de commande, ou bien les protecteurs, on
aboutit le plus souvent à des solutions incohérentes ou disproportionnées. Une machine
À cette étape, la liste des risques fournie par l’annexe B de la norme NF EN ISO 12100
constitue un tout difficilement dissociable en partie indépendante dès lors que l’on
(12-2010) sera utilement consultée.
mène une analyse des risques pertinente. Ainsi, le traitement d’un risque mécanique
4. Rapporter dépendra directement des mécanismes et des processus, mais également du rôle joué
Cette quatrième étape a pour objet l’établissement d’un argumentaire qui récapitule par l’opérateur, selon le type d’interventions qu’il est amené à conduire, ainsi que du
les décisions prises, accompagnées de leurs justifications. système de commande. Contrairement aux idées reçues, la solution la mieux adaptée
pour traiter un risque mécanique n’est pas forcément l’installation d’un protecteur. La
meilleure solution peut, selon les cas, être trouvée au niveau d’un mode de marche, ou
par des moyens d’accès mieux étudiés. Inversement, une accumulation de phénomènes,
peu dangereux pris individuellement, peut aboutir à un risque important.
Au cours de la phase d’appréciation des risques, il faut prendre en compte tous les
éléments qui contribuent indirectement à réduire les risques, même s’ils ne sont pas
relatifs à la sécurité, et ce, afin de décider des mesures de protection à installer. D’autre
part, il est certain que la qualité de la réalisation, le choix et le dimensionnement
pertinents des composants, lesquels témoignent du savoir-faire des constructeurs, sont
incontestablement des éléments qui réduisent les risques.
Nous considérons qu’une analyse des risques ainsi menée permet la mise en œuvre
raisonnable des exigences réglementaires.
L’annexe A37 de la norme EN ISO 10218-2 fournit une liste des phénomènes dangereux
significatifs afin d’aider au mieux, pour l’évaluation des risques. En complément, les
graphes pages 36 à 41 serviront de récapitulatif afin de cibler au mieux les points
particuliers à traiter sur une application collaborative. Sachant que l’identification
des risques devra se faire quelles que soient les phases de fonctionnement de l’îlot
collaboratif, à savoir, en particulier durant les phases d’installation, de mise en service,
de production, de maintenance, de réglage et d’entretien.
37
Cette annexe étant informative, elle figure à la fin de cet ouvrage.
Graphe AR1 pour l’évaluation des risques d’un îlot collaboratif au niveau du robot, de son outillage, et de l’application
Graphe AR2 pour l’évaluation des risques d’un îlot collaboratif au niveau de la collaboration
Graphe AR3 pour l’identification précise des différentes tâches effectuées sur l’îlot collaboratif
4.2. Mettre en place les solutions • réduction du risque par la fourniture d’information pour l’utilisation (pictogrammes,
formations), c’est-à-dire définir les mesures compensatoires liées aux risques résiduels.
L’évaluation des risques, conduite précédemment, mène à
Il est important de respecter cette hiérarchie dans la détermination d’une solution visant
l’établissement d’une liste de problèmes techniques. Afin de choisir
à éliminer ou réduire un risque.
la solution la plus appropriée pour éliminer ou réduire le risque,
la directive « Machines » a clairement défini une hiérarchie à Nous attirons l’attention du concepteur sur le fait que la démarche est itérative et qu’elle
respecter pour le choix d’une solution, dans son exigence 1.1.2 doit s’effectuer suivant cet ordre de priorités. En aucun cas un simple avertissement ne
de l’annexe I. C’est la différence fondamentale entre la remplacera une prévention intégrée ou un protecteur.
réglementation européenne et les autres lois au niveau international, qui réside dans Ceci permet de mieux comprendre que l’intégration de la sécurité sur une application
l’intégration de la sécurité sur une machine. Ainsi l’exigence 1.1.2 (paragraphe b) de collaborative, passe par la recherche de solutions techniques afin, dans un premier temps,
la directive « Machines » impose clairement une hiérarchie. d’éviter le contact entre les parties dangereuses liées à l’îlot robotisé collaboratif, avant
d’aller directement vers une solution basée uniquement sur la formation des opérateurs
et leur perception/habileté à éviter les mouvements du robot, dans l’hypothèse où ceux-ci
4.2.1. Principes d’intégration de la sécurité
peuvent réellement blesser l’opérateur à proximité. En effet, ceux-ci ne répondraient pas
à l’intégration de la sécurité demandée par la directive « Machines ».
Directive « Machines » ESS 1.1.2
En intégrant la première étape liée aux limites d’utilisation de la machine, qui sont les
a) La machine doit être conçue et construite pour être apte à assurer sa fonction et pour qu’on hypothèses prises au départ pour l’évaluation des risques, nous obtenons le cheminement
puisse la faire fonctionner, la régler et l’entretenir sans exposer quiconque à un risque suivant :
lorsque ces opérations sont effectuées dans les conditions prévues par le fabricant, mais en
tenant également compte de tout mauvais usage raisonnablement prévisible.
Les mesures prises doivent avoir pour objectif de supprimer tout risque durant la durée
d’existence prévisible de la machine, y compris les phases de transport, de montage, de
démontage, de mise hors service et de mise au rebut.
b) En choisissant les solutions les plus adéquates, le fabricant ou son mandataire doit appliquer
les principes suivants, dans l’ordre indiqué :
• éliminer ou réduire les risques dans toute la mesure du possible (intégration de la sécurité
à la conception et à la construction de la machine),
• prendre les mesures de protection nécessaires vis-à-vis des risques ne pouvant être éliminés,
• informer les utilisateurs des risques résiduels dus à l’efficacité incomplète des mesures de
protection adoptées, indiquer si une formation particulière est requise et signaler s’il est
nécessaire de prévoir un équipement de protection individuelle.
Le processus de réduction et d’élimination du risque pour une machine doit suivre cette Enfin, le choix d’une solution doit également tenir compte de « l’état de la technique ».
méthode d’intégration de la sécurité dite en trois étapes, à savoir : À cet égard, nous reproduisons ici des extraits significatifs de la réglementation :
Ainsi, pour aider le concepteur de l’îlot collaboratif dans la recherche des solutions
possibles, veuillez trouver pages 46 à 49, des graphes sur les pistes de solutions qu’il est
possible de mettre en place pour répondre à l’élimination ou la réduction des risques.
Certaines mesures techniques listées ci-après, seront à compléter par d’autres, afin
de répondre de manière globale à la réduction du risque souhaité. Les liens avec les
paragraphes des normes NF EN ISO 12018-1 et NF EN ISO 10218-2 sont indiqués afin
de compléter ces graphes et dans le but de faciliter la lecture de ces normes.
Les différentes solutions possibles sont présentées dans les graphes récapitulatifs des
solutions techniques pages suivantes, le concepteur y trouvera notamment, les solutions
techniques liées :
• à l’arrêt du robot (arrêt de protection, réduction de vitesse avant l’arrêt, par une
action unique), au guidage manuel (à proximité, à distance), à l’ergonomie de l’espace
collaboratif et cognitive (Graphe S2).
Toutes les références normatives ne sont pas indiquées sur chaque piste de solution,
toutefois les principales normes sont récapitulées dans ce présent ouvrage (voir § 2.4 -
Les principales normes de conception en sécurité).
L’intégration correcte de l’ergonomie sur les postes collaboratifs peut tenir, selon les îlots,
une part importante. Il n’est toutefois pas simple de cheminer au travers des différentes
normes qui existent sur ce sujet afin de trouver la réponse aux problématiques liées
à cette thématique. Le Cetim a notamment rédigé des ouvrages sur la question avec
le concours de l’Anact38 et de la FIM39 (S’appuyer sur l’ergonomie pour concevoir une
machine - réf. 6D51 et Ergonomie aux postes de travail – la prévention des Troubles
musculo-squelettiques TMS - réf. 9Q137). Le lecteur y trouvera toutes les réponses et
les liens avec les référentiels normatifs traitant du sujet.
38
Anact : Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail.
39
FIM : Fédération des industries mécaniques.
Graphe S1 des solutions techniques possibles, et lien avec les paragraphes normatifs (ou documents)
Graphe S2 des solutions techniques possibles, et lien avec les paragraphes normatifs (ou documents)
4.3. Vérifier et valider les solutions • des validations complètes des cycles, et des mesures techniques prises comme solution
vis-à-vis des scenarii à risques évoqués lors de l’évaluation des risques. Le but étant de
Comme il a été indiqué, précédemment, des vérifications et des vérifier que la solution technique dans son ensemble correspond bien à la réduction du
validations doivent être effectuées afin de garantir que les mesures risque souhaitée - Graphe V4.
techniques mises en place (ou qui seront mises en place),
Vous trouverez pages 52 à 59 des graphes récapitulatifs de l’ensemble des éléments à valider.
correspondent bien à la réduction du risque souhaitée. Dans ce
cadre, il existe plusieurs types de vérifications à effectuer. D’une
part celles qui sont liées aux hypothèses prises au départ de
l’analyse de risques et qui permettent de valider que la solution technique est en
adéquation avec le risque. Notamment celles liées aux mesures des distances, de temps
d’arrêt, de validation ergonomique. D’autre part les validations des fonctions de sécurité,
pour lesquelles les architectures, la fiabilité des composants ainsi que la surveillance
effectuée sur la fonction doivent être évaluées selon les référentiels normatifs existants
(EN ISO 13849-1 ou EN 62061) afin de valider le niveau de sécurité effectivement
atteint par chaque fonction de sécurité identifiée.
Note 1 : les niveaux PL et SIL sont ceux indiqués dans la norme EN ISO 10218-2, toutefois seule l’analyse
Graphe V3 des validations des fonctions de sécurité et de l’ergonomie à effectuer de risques permettra de valider si ces niveaux de sécurité sont en adéquation avec les risques considérés.
Il pourra alors être nécessaire de les ajuster.
4.4. Compléter avec les autres exigences réglementaires • inscriptions, signes (pictogrammes) et avertissements écrits, (un pictogramme est
défini concernant une application collaborative dans la norme EN ISO 10218-2), en
Le concepteur de l’îlot veillera à mettre en place les solutions voici un exemple :
techniques adaptées selon les règles d’intégration de la sécurité.
Ces solutions devront faire l’objet d’informations dans la notice
d’instructions. Des indications visuelles pertinentes seront mises en
place au niveau de la zone concernée, et une formation spécifique
devra être dispensée pour utiliser (régler, maintenir dans l’état de
conformité).
Dans cette ultime étape de la démarche générale relative à la sécurité, nous allons aborder • signaux et dispositifs d’avertissement (sonores et/ou lumineux suivant le milieu) ;
les éléments qui font suite aux règles d’intégration de la sécurité et qui ne sont pas des
• documents d’accompagnement (en particulier la notice d’instructions).
mesures techniques mais qui finalisent la réduction du risque. À savoir les informations
à l’opérateur sur les risques résiduels, puis nous aborderons les autres exigences relatives En outre, si une formation spécifique est requise, ou si le port d’équipements de
au marquage CE, pour terminer par un tour d’horizon des autres directives européennes protection individuelle ou des moyens de protection supplémentaires sont nécessaires,
qui pourraient s’appliquer à l’îlot collaboratif. ceci doit faire partie des informations qui doivent être communiquées à l’utilisateur.
Ainsi après avoir mené à bien une évaluation des risques, et effectué le traitement des
risques, nous sommes logiquement conduits à aborder l’élaboration de deux documents
obligatoires réglementairement : la notice d’instructions, document externe, destinée
à l’utilisateur, et le dossier technique, document interne, qui répertorie l’ensemble des
éléments permettant de justifier la démarche de sécurité suivie lors de la conception.
D’un point de vue réglementaire et d’une manière générale, le dossier technique est Le dossier technique contiendra aussi les rapports d’essais, de tests permettant les
l’ensemble des documents qui permettent de justifier les choix adoptés pour répondre validations comme indiqué au chapitre 4.6 (Lien entre la démarche d’intégration de la
à l’intégration de la sécurité sur une machine. Celui-ci ne doit pas avoir obligatoirement sécurité et les documents associés), incluant les fiches de tests des parties logicielles
une existence physique permanente (fichier informatique autorisé), mais doit pouvoir et la validation des niveaux de sécurité atteints pour les fonctions de sécurité gérées
être rassemblé dans un délai, qualifié de raisonnable suivant le volume de documents dans le circuit de commande.
que cela peut représenter. Seule une autorité nationale compétente peut demander la Les éléments provenant des fournisseurs de composants (ou de quasi-machines), devront
communication de ce dossier qui doit être rédigé dans une des langues officielles de faire partie du dossier technique. Ces éléments seront notamment les informations
la Communauté Européenne (ex. : français) et pouvoir être présenté au moins 10 ans concernant la bonne intégration du composant, mais aussi les certificats éventuels de
encore après la dernière machine fabriquée. Cependant, en dehors de cette autorité conformité à d’autres directives (ou d’essai).
nationale compétente, le constructeur d’une machine (ou l’intégrateur d’un îlot robotisé)
Les informations devant apparaître sur l’îlot (marquage particulier) seront répertoriées
n’a pas d’obligation de divulgation de son dossier technique à d’autres personnes.
ainsi qu’éventuellement le référentiel de formation si celle-ci est requise pour l’opérateur
En effet, le dossier peut contenir des solutions techniques faisant appel à un savoir- (que ce soit pour l’utilisation, le réglage ou la maintenance). Suivant l’importance de la
faire spécifique qui requiert alors une certaine confidentialité. Des éléments du dossier formation dans le processus de réduction des risques, une liste des personnes dûment
technique peuvent être divulgués selon le bon vouloir du concepteur de la machine, formées par le concepteur (ou l’intégrateur) pourra figurer aussi dans le dossier technique
lors de relations commerciales avec l’utilisateur ou avec des organismes de contrôle, et permettra d’identifier les personnes ayant reçu la formation nécessaire.
et afin de rassurer sur la démarche d’intégration de la sécurité effectuée. Ceci sera
Tous ces éléments figurent dans le Graphe E2 relatif au dossier technique, au marquage
d’autant plus facile si le dossier technique est parfaitement structuré et documenté,
et à la déclaration de conformité.
bien qu’aucun formalisme ne soit imposé.
Marquage CE : comme indiqué au chapitre 2.5 (Les responsabilités et les obligations
Le dossier technique doit notamment contenir une définition précise de la machine
de chacun), ici c’est à l’intégrateur que revient la charge d’apposer le marquage CE.
(ou de l’îlot robotisé), au travers :
Cette obligation est décrite dans la directive « Machines » à la fois :
• de la définition des caractéristiques fonctionnelles et du domaine d’utilisation (comme
• au chapitre 1.7.3 qui définit le contenu du marquage notamment la raison sociale de
la capacité, la portée, les vitesses, etc.) ;
l’intégrateur, la désignation de l’îlot, du type, de la série, l’année de construction, et,
• de la liste des options admises dans la définition de l’îlot robotisé ;
• dans l’annexe III de la directive, au niveau de la forme graphique (graphisme des
• d’un plan d’ensemble de l’îlot, ou des plans des quasi-machines (ou robots) avec la
lettres CE), des dimensions (pas inférieur à 5 mm).
définition de leur assemblage ;
Le marquage CE doit être apposé sur la machine de manière identique à la précédente
• d’une description du système de commande (schéma électrique, hydraulique, etc.) ;
directive, cependant les éléments suivants ont été ajoutés :
• d’une description des circuits de puissance (schéma électrique, hydraulique, etc.) ;
• la raison sociale et l’adresse complète du fabricant (ou l’intégrateur de l’îlot) ;
• des plans d’implantation de ces systèmes (armoires, pupitres, plans de tuyautage) ;
• la désignation de la machine, dans le but d’identifier clairement celle-ci vis-à-vis de
• des nomenclatures des composants qui entrent dans ces circuits. la déclaration de conformité l’accompagnant, cette désignation se rapproche de la
En complément, le dossier technique doit surtout contenir les descriptions des solutions marque et du nom du modèle donné par le fabricant ;
adoptées pour éliminer et/ou réduire les risques et fournir les éléments permettant • l’année au cours de laquelle le processus de fabrication a été achevé, à la différence
d’établir le lien direct avec les Exigences Essentielles de Sécurité applicables à l’îlot robotisé. de l’année de construction de la machine comme demandé dans l’ancienne directive.
En premier lieu, l’évaluation des risques fera partie du dossier avec en évidence les Ce marquage CE doit désormais :
indices de quantification des risques identifiés (gravité, probabilité d’occurrence) et le • figurer à proximité de la plaque de la machine (si celle-ci existe) ;
respect au travers des solutions du principe d’intégration de la sécurité (par ordre de
• être apposé selon la même technique que celle utilisée pour fixer une plaque de
priorité, suppression ou diminution des risques, protection des risques non éliminés,
machine.
La déclaration de conformité fournie avec la machine doit être dans la langue officielle
du pays d’utilisation de la machine. Sinon, si la version originale n’est pas dans une des
langues officielles (ex. : norvégien), les mêmes règles que pour la notice d’instructions
s’appliquent, c’est-à-dire que la déclaration doit être traduite dans une des langues
officielles de l’union européenne et la mention « traduction» doit figurer sur celle-ci.
Pour les quasi-machines, la déclaration qui doit les accompagner est une déclaration
d’incorporation, dont le contenu figure à l’Annexe II, section B de la directive. Sur cette
déclaration, nous trouvons les mêmes indications à fournir au niveau de la personne
autorisée à constituer le dossier technique, ou les textes de référence à indiquer (publiés
au JOUE40) que pour une déclaration CE de conformité. Les mêmes conditions de
fourniture de la déclaration d’incorporation dans une des langues officielles du pays
40
JOUE : Journal Officiel de l’Union européenne.
Pour les catégories, les procédures d’évaluation de la conformité aux exigences essentielles Si l’intégrateur conçoit des récipients d’une forme définie et pouvant stocker de l’air (ou
de la directive « Compatibilité électromagnétique » 2004/108/CE sont différentes, ainsi de l’azote) avec des pressions inférieures à 30 bars et ayant un couple pression de service x
pour les appareils, le fabricant devra évaluer la conformité selon une procédure spécifique volume inférieur ou égal 10 000 bars/litre. La directive 2009/105/CE « Récipient à pression
qui vise à démontrer la conformité (le plus souvent par des tests et mesures vis-à-vis de simple » devra alors être respectée.
référentiel normatif adapté au produit à évaluer). L’ensemble des éléments (ex. : rapport
de tests) font partie du dossier technique et permettent l’établissement d’une déclaration
de conformité. Les appareils conformes porteront le marquage « CE ». Le fabricant peut
4.5. Conception et validation des fonctions de sécurité
effectuer lui-même les tests nécessaires et aucun recours obligatoire à un organisme notifié
Bien que les composants permettant de gérer les fonctions de
n’est requis pour effectuer l’évaluation. La délivrance d’un avis qualifié par un organisme
sécurité soient de plus en plus nombreux et que des outils logiciels43
notifié est optionnelle.
spécifiques aient été développés pour aider le concepteur dans ses
Pour les installations fixes, la procédure est différente puisqu’il n’est pas demandé d’évaluation évaluations, il n’en reste pas moins que seul l’ensemble de la
de la conformité, qui n’est pas toujours appropriée. La garantie de la conformité tient à démarche permet de valider les niveaux effectivement atteints et
l’intégration des appareils selon les bonnes pratiques d’ingénierie et les recommandations permettant de garantir la réduction du risque souhaitée. Nous allons rappeler ici les
des fournisseurs. grandes étapes indispensables à l’évaluation d’une fonction de sécurité.
Ainsi pour l’intégrateur d’un îlot robotisé, il sera nécessaire de vérifier auprès du fournisseur
Actuellement, les fonctions de sécurité relatives au circuit de commande peuvent être
de la quasi-machine ou d’un composant, que celui-ci répond bien à cette directive afin de
conçues et évaluées selon deux référentiels normatifs permettant de donner la présomption
faciliter l’évaluation de conformité à réaliser au niveau des risques liés aux rayonnements
de conformité à la directive « Machines ». Ces référentiels sont :
(exigence 1.5.10 et 1.5.11 de la directive « Machines » 2006/42/CE). En ce sens, l’intégrateur
• la norme NF EN 62061 - Sécurité fonctionnelle des systèmes de commande électriques,
demandera au fournisseur de lui délivrer une déclaration de conformité et de lui indiquer
électroniques et électroniques programmables relatifs à la sécurité ;
les préconisations nécessaires pour la bonne intégration.
• la norme NF EN 13849-1 - Parties des systèmes de commande relatives à la sécurité -
Une inspection et/ou des mesures de l’îlot robotisé peuvent être demandées contractuellement
Principes généraux ;
au fournisseur de l’installation fixe pour s’assurer de sa fiabilité et de son niveau d’interaction
électromagnétique avec son environnement immédiat. Toutefois, ceci n’est pas une obligation • et la seconde partie de la norme NF EN 13849-2 - Parties des systèmes de commande
réglementaire. relatives à la sécurité - évaluation.
Les risques liés aux rayonnements définis dans la directive « Machines » 2006/42/CE sont Les deux sont applicables à une fonction de sécurité d’une machine, à la différence
aussi liés à des problématiques sanitaires. L’évaluation des rayonnements non ionisants que la seconde permet la prise en compte des parties pneumatiques et hydrauliques en
peut donc s’avérer nécessaire, par exemple dans le cas d’utilisation d’outils de soudage. complément des parties électriques, électroniques et électroniques programmables. Les
Des mesures peuvent aussi être primordiales dans le cas d’opérateurs munis de stimulateur démarches étant assez proches, nous n’allons aborder ici que les éléments principaux
cardiaque et des femmes enceintes. Ces thématiques sont abordées dans le cadre de la sur la norme qui couvre le maximum de champ et qui de ce fait, est aussi la plus utilisée
directive « Champs électromagnétiques » 2004/40/CE. dans le domaine industriel de la conception des machines, la NF EN ISO 13849.
D’autres directives peuvent aussi être concernées telle que la directive 97/23/CE « Équipements
sous pression » pour les équipements pneumatiques et hydrauliques et dont la pression de 43
Différents logiciels ont été développés pour permettre une évaluation des fonctions de sécurité selon les
référentiels normatifs tels que Pascal, SIStema ou Siemens Evaluation Tools.
Pour une zone pouvant présenter plusieurs éléments dangereux, mus par différents
types d’énergie, cette évaluation doit être réalisée pour chaque pré-actionneur. Un
Vous retrouverez toutes les informations sur cette norme ainsi que le traitement d’un exemple
découpage se fera alors selon le type d’énergie, puisque les fonctions de sécurité sont
dans l’ouvrage du Cetim nommé « Conception des machines – Mise en application pratique
généralement réalisées différemment à partir de ce critère.
des obligations de sécurité » (réf. 6D50), dans la partie relative au circuit de commande.
Rappel sur la construction des diagrammes relatifs aux fonctions de sécurité Attention ! Le diagramme d’une fonction de sécurité n’est pas une
Une des étapes de validation d’une fonction de sécurité selon la norme EN ISO 13849-1, copie simplifiée du schéma électrique, pneumatique ou hydraulique
consiste en la construction de diagrammes reprenant les éléments participants à la puisque des éléments en série dans le schéma peuvent se retrouver en
sécurité sur une fonction. Cette construction est inspirée de la méthode du diagramme parallèle dans le diagramme, et l’inverse aussi. Un diagramme peut
de fiabilité (Reliability Diagramm Method - CEI 1078), en ne prenant en considération que intégrer aussi des éléments en lien avec des énergies différentes (ex. : contacteur et
seuls les éléments, qui lorsqu’ils sont défaillants peuvent altérer la fonction de sécurité. électrovanne hydraulique dans le même diagramme) :
Ainsi, le concepteur d’une fonction de sécurité doit identifier, dans le schéma électrique
Prenons un exemple : si nous imaginons une zone potentiellement dangereuse, où l’accès
(pneumatique ou hydraulique), ces différents éléments et les interactions entre eux.
est autorisé par un portillon (Po), que ce portillon informe un Automate programmable
Même si il est possible que plusieurs fonctions de sécurité concourent à réduire un même industriel dédié à la sécurité (APIdS) de l’ouverture de la zone, et que l’APIdS agit sur
risque, chaque fonction de sécurité doit être évaluée, indépendamment des autres et selon chacun des pré-actionneurs selon leur énergie :
le niveau de performance individuellement requis (PLr), qui lui aura été préalablement fixé.
• pour les éléments pneumatiques : une électrovanne de coupure de l’énergie
Cette évaluation doit être réalisée sur chaque fonction permettant d’éviter des situations
pneumatique (EVP) et une électrovanne du mouvement de l’élément (EVPM1),
dangereuses dans une zone définie, pour chaque actionneur potentiellement dangereux.
• pour les éléments hydrauliques : un contacteur de marche du groupe hydraulique
(KMH) et une électrovanne du mouvement de l’élément (EVHM1),
• pour les éléments électriques : un contacteur général (KMG) et un contacteur moteur
de mise en mouvement de l’élément (KM1),
• pour les axes numériques : un variateur de commande d’axes (VARX),
Enfin, cette évaluation sera effectuée sur l’ensemble des fonctions de sécurité identifiées
dans l’analyse de risques et pour l’ensemble des éléments dangereux. Il faudra donc
à nouveau dupliquer ces évaluations pour l’ensemble des éléments d’une zone, pour
une autre fonction de sécurité, à partir d’un autre moyen de protection (par exemple :
une barrière immatérielle, un arrêt d’urgence) ou pour d’autres fonctions (par exemple :
une vitesse sûre, un arrêt sûr des mouvements), et en fonction des niveaux de sécurité
à atteindre à chaque fois.
Actuellement, les différentes fonctions réalisées par les concepteurs de machines intègrent
Dans ce tableau le « x » d’un composant (ex. : EVPMx) sera remplacé par un des éléments des composants de sécurité (relais de sécurité, APIdS , fonction de sécurité sur variateur)
de la colonne précédente (ex. : EVPM1), et ainsi permettre d’évaluer le niveau de sécurité pour lesquels, le niveau de performance est directement indiqué avec la catégorie. De ce
atteint par cette fonction, dont le diagramme reste identique pour chaque composant fait, les fonctions de sécurité s’évaluent plutôt sous forme d’une addition des différents
(ex. : de EVPM1 à EVPM4). Ce classement permet d’éviter de devoir réaliser tous les composants au travers de leur probabilité de défaillances dangereuses par heure (PFHd).
diagrammes relatifs à l’ensemble des fonctions, ici quatre diagrammes permettent Le niveau de performance de l’ensemble de la fonction est alors la valeur correspondante
l’évaluation des fonctions au lieu d’en réaliser 14 ! au PFHd correspondant45 (avec un contrôle de cohérence avec la catégorie).
De la même manière, si plusieurs portillons donnent accès sur une même zone, la Cette approche est principalement utilisée dans les logiciels existants permettant d’aider
même logique pourra être utilisée, car chaque portillon est à évaluer indépendamment à l’évaluation du niveau de performance d’une fonction (ex. : SIStema).
dans chaque fonction. C’est-à-dire que la partie entrée (Po) pourrait donner lieu à une
multiplication des fonctions selon le nombre de portillons.
44
APIdS : Automate programmable industriel dédié à la sécurité. 45
Voir le tableau 3 de la norme NF EN ISO 13849-1.
Ainsi, la démarche débutera par une évaluation des risques (1)47, celle-ci permettra, à
partir d’hypothèses de départ, de définir des mesures techniques à mettre en place (4).
Cependant, puisque certaines hypothèses seront utilisées lors de l’évaluation des risques,
il sera nécessaire, le plus tôt possible ou selon le degré d’incertitude (cas où l’estimation
Figure 12 : exemple de fonction de sécurité évaluée
s’avère difficile), de vérifier que ces hypothèses peuvent être prises en considération pour
En complément aux informations délivrées au niveau des valeurs concernant le matériel, intégrer correctement la sécurité. Ainsi les tests, essais, mesures (2) permettront de lever
telles que le niveau de performance, la catégorie et la probabilité de défaillances certains doutes et de valider certaines conditions, par exemple, ceci pourra correspondre
dangereuses par heure (PFH), le concepteur devra aussi s’assurer de la bonne intégration à vérifier si la vitesse d’évolution du bras (ou des éléments terminaux), est compatible
des composants afin de pouvoir bénéficier du niveau de performance annoncé par le avec une possibilité d’évitement afin de déterminer, si la mesure technique prévue est
fournisseur, citons notamment le respect du câblage demandé (redondance, retour suffisante ou si il est nécessaire de revoir les mesures techniques à mettre en œuvre.
d’information pour garantir le diagnostic).
46
Document INRS NS243 : Développement du logiciel applicatif : hiérarchisation des prescriptions de la
norme CDV CEI 62061 et guide explicatif à destination des utilisateurs d’automates programmables.
Tous ces éléments ne permettront cependant que de valider la partie matérielle de 47
Ceci correspond à l’étape représentée dans le graphe présent page 81.
L’ensemble des tests (validés ou pas) devra figurer dans une documentation (6). Enfin,
une fois l’ensemble évaluation des risques et mesures associées validées, un document
reprenant l’ensemble sera rédigé, il comprendra les mesures en lien avec les risques,
et éventuellement aussi les mesures qui permettront de maintenir certaines mesures
techniques dans le temps (10) (ex : processus qualité).
La définition des mesures à mettre en œuvre (4) et (8) donnera lieu à la rédaction des
documents permettant la réalisation technique au travers des schémas électriques,
hydrauliques, pneumatiques, plans mécaniques, parties logicielles (11), des mesures
organisationnelles (informations sur l’îlot, procédures d’intervention, formation, port
d’Équipement de protection individuelle ou EPI) (12), et à la rédaction de la notice
d’instructions (13).
4.7. Exemple de traitement d’un cas d’application Le robot est muni d’une pince pneumatique permettant la prise et la dépose de la
pièce support au niveau du convoyeur. Il n’y a pas d’opération de préhension prévue
Afin d’aider au mieux le concepteur dans sa démarche
par le robot dans la zone collaborative. En ce sens, dans le fonctionnement normal de
sécurité, nous allons aborder un cas d’application qui
production, aucune dépose, ni reprise de pièce n’est prévue par la pince en bout de
concerne un îlot robotisé collaboratif. Cet îlot servira de
bras de robot dans la zone collaborative.
base à la démarche décrite dans le présent ouvrage. Le
traitement entier du cas pouvant représenter un ouvrage Le convoyeur est motorisé et muni de butées pneumatiques permettant la gestion des
à lui seul, vous trouverez ci-après, les deux premières étapes bacs dans l’îlot (arrêt des bacs pour prise de la pièce support et évacuation une fois la
du processus, à savoir, l’analyse de risques et les solutions techniques qui ont été mises pièce terminée).
en place pour y répondre. Les éléments ci-après ne sont que les éléments principaux L’ensemble du cycle de travail concernant le robot, l’opérateur et la collaboration
de la démarche et n’ont pour seul objectif que de renseigner sur les solutions techniques peut être représenté d’une manière simple, par la figure page suivante (la gestion du
mises en place en face des principaux risques identifiés. En premier lieu, il est nécessaire convoyeur étant à part).
de décrire l’utilisation normale de l’îlot, au travers d’une brève description du
fonctionnement désiré de l’îlot. À tout moment l’opérateur peut décider de terminer les opérations en cours, avec pour
effet une évacuation de la pièce support par le robot vers le convoyeur.
Pendant les temps de manipulation de la pièce support, effectués par le robot, l’opérateur En dehors du mode normal de production, l’opérateur doit notamment pouvoir effectuer
va préparer des sous-ensembles qu’il viendra ensuite assembler sur la pièce support les tâches suivantes :
(ainsi que d’autres éléments). Une fois les différents sous-ensembles et pièces mis en • intervenir dans la zone du robot pour tout réglage, aléas de production, maintenance,
place et fixés sur la pièce support, le robot effectuera soit, une rotation de la pièce entretien du robot, intervention sur le convoyeur ;
support d’un quart de tour afin de présenter la face suivante à l’opérateur, soit lorsque
• reprogrammer les trajectoires éventuelles du robot pour des pièces support différentes ;
le montage complet sera terminé, assurera l’évacuation sur le convoyeur.
• nettoyer la zone robot, et la zone convoyeur autour du robot.
Dans l’analyse suivante, les modes de marche vont être abordés afin d’identifier les
risques principaux et de faire le lien avec les mesures techniques mises en place pour y
répondre. Dans l’absolu, l’ensemble du cycle de vie de l’îlot doit être analysé (ainsi que
le passage d’un mode de fonctionnement à un autre), afin de répondre de manière
complète aux exigences réglementaires. Cependant, dans le cadre de cet exemple, nous
ne regarderons que les éléments qui apparaissent les plus importants à traiter dans
cet ouvrage. L’analyse qui suit n’est pas exhaustive, mais s’attache particulièrement à
faire apparaître les scénarii les plus importants du mode de fonctionnement normal
(production), avec un point de vue spécifique sur les nouvelles fonctions de sécurité
offertes par les robots collaboratifs. Il n’en reste pas moins qu’une autre approche pourra
être effectuée sur l’îlot, amenant à des solutions techniques différentes.
Sur cet îlot robotisé, le robot et toutes ces différentes parties (outillage, pièce support)
restent les principales sources de risques en mode de fonctionnement normal.
Ainsi, les principaux risques identifiés pour l’opérateur sont les suivants :
• tous les risques de chocs liés aux mouvements du robot, sur toutes les parties en
mouvement (bras, outillage, pièce support) ;
• tous les risques liés à l’écrasement, au coincement entre toutes les parties du robot
(bras, outillage), ou la pièce support manipulée et des parties fixes de l’îlot ;
• tous les risques de coupures (perforations, piqûres), liés à la forme de la pièce support ;
• tous les risques d’éjection liés à la perte de la pièce support (ou de parties de l’outillage)
lors des manipulations par le robot ;
• tous les risques liés aux démarrages intempestifs, aux trajectoires non désirées, aux
vitesses non respectées ;
Afin de formaliser l’analyse des risques, nous allons utiliser la méthode IDAR développée
par le Cetim. Celle-ci permet sur une feuille, une vue synthétique de la description des
risques, de leur cotation, et des mesures techniques et/ou organisationnelles. Cette
cotation ne servant qu’à répertorier les risques qui apparaissent les plus importants vis-à-
vis des autres risques, vous allez retrouver ci-après une version tronquée, sans cotation,
mais facilitant la lecture et permettant de faire un lien plus direct entre le scénario à
risque et les mesures permettant d’y répondre.
Face à chacun des scenarii à risques répertoriés, des mesures adéquates sont mises en
place afin d’éliminer ou de réduire les risques. Dans certains cas, les solutions techniques
vont passer par la mise en place d’une fonction de sécurité. Celle-ci, dans un premier
temps, doit être dimensionnée en lien direct avec l’évaluation du risque. Évidemment,
les mesures proposées tiennent compte des possibilités et des règles d’intégration de
la sécurité (voir chapitre 4.2 - Mettre en place les solutions). Pour les risques identifiés
précédemment dans chaque scénario, nous aurons principalement les mesures suivantes
mises en œuvre :
Puisque les niveaux requis (PLr) sont dépendants, à la fois de l’analyse de risques en amont
et des éventuelles mesures techniques appliquées en complément, tels que décrit dans la
norme EN ISO 13849 (figure 2 – Présentation du processus de réduction du risque pour
chaque situation dangereuse), il est difficile de ressortir les niveaux exprimés ici, en dehors
de leur contexte afin d’en faire une généralité. Les niveaux requis dans cet exemple,
représentent des évaluations concrètes des niveaux pouvant être mis en place pour des
risques similaires.
Ainsi, de manière identique, la fonction de sécurité FS10 (Arrêt d’urgence), demeure sur
toute installation une fonction difficile à estimer car il est ardu de mettre en cohérence
un risque qui demanderait la mise en place de cette fonction de sécurité. La directive
« Machines » précise bien dans son exigence (1.2.4.3 Arrêt d’urgence) que cette fonction doit
venir à l’appui d’autres mesures permettant de garantir la sécurité et non de les remplacer.
Puisque c’est l’ensemble des autres mesures techniques qui garantit la sécurité de l’opérateur,
il apparaît difficile de quantifier la réduction du risque apportée par l’arrêt d’urgence.
C’est pourquoi, nous avons repris, pour cet exemple, le niveau demandé par la norme
EN ISO 10218-2, à savoir PL = d avec une architecture de catégorie 3 pour le robot.
Toutefois, les valeurs de performances fixées par la norme EN ISO 10218-2 font référence
aux risques principalement générés par le robot, hors, l’analyse de risques vise l’ensemble
des éléments pouvant présenter des risques, ainsi concernant la fonction d’arrêt d’urgence,
le niveau de performance de cette fonction, ne pourra être identique entre l’arrêt demandé
du robot, et l’arrêt du convoyeur ou des mouvements des butées pneumatiques. Ainsi,
puisque d’autres mesures techniques sont mises en place afin de réduire les risques sur le
convoyeur et les butées pneumatiques, un niveau de performance inférieur (par exemple :
PLr = b ou c) pourra être justifié dans le cadre du présent exemple et pour la fonction arrêt
d’urgence pour ces équipements.
Annexe A
10-31-1614
ENVIRONNEMENT, SÉCURITÉ, RÉGLEMENTATION
L
La robotique collaborative devrait voir son utilisation s’étendre
dans les années à venir. Même si dans certains cas, elle présente un
potentiel très intéressant de réduction des contraintes physiques
au travail, toutes les conséquences n’ont pas été évaluées et des
risques nouveaux apparaissent. Ces technologies récentes ne sont,
en outre, pas complètement industrialisées et éprouvées.
De fait, chaque intégration d’un robot conçu pour une application
collaborative est unique et chaque situation de travail ainsi créée
nécessite une évaluation spécifique des risques.
Ces technologies prometteuses, tout à la fois en gain de productivité
et de réduction des contraintes pour l’opérateur, sont complexes.
N° CETIM : 3C77
ISBN : 978-2-36894-024-2
cetim.fr
1213-033