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Zones Humides Côtières de Côte d'Ivoire

Le document présente une étude sur les zones humides côtières de Côte d'Ivoire, réalisée par ORSTOM et l'Université Nationale de Côte d'Ivoire. Il aborde l'écologie, la végétation, la faune, ainsi que les menaces et l'utilisation humaine de ces écosystèmes. L'étude vise à sensibiliser à la conservation et à l'aménagement durable des ressources des zones humides.

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Zones Humides Côtières de Côte d'Ivoire

Le document présente une étude sur les zones humides côtières de Côte d'Ivoire, réalisée par ORSTOM et l'Université Nationale de Côte d'Ivoire. Il aborde l'écologie, la végétation, la faune, ainsi que les menaces et l'utilisation humaine de ces écosystèmes. L'étude vise à sensibiliser à la conservation et à l'aménagement durable des ressources des zones humides.

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ORSTOM CI NATURE DIeN

UNIVERSITE DE COTE D'IVOIRE

. LES ZONES HUMIDES COTIERES


DE COTE D'IVOIRE

par Michel NICOLE (1), Mathieu EGNANKOU WADJA (2) et Monique SCHMIDT (3)

(1) ORSTOM (Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopéràtion)


(2) UNIVERSITE NATIONALE DE COTE D'IVOIRE, Laboratoire de Botanique et de Biologie Végétale
(3) CI NATURE (ONG: Association pour la Conservation de la Nature en COte d'Ivoire)

OCTOBRE 1987
1
1 SOMMAIRE

1 AVERTISSEMENT 1

LISTE DES PERSONNAUTES RENCONTREES 2


1 INTRODUCTION 4

1 METHODES DE TRAVAIL 5
5
1 choix des sites, prospection des sites, enquêtes sociologiques
fiches d'inventaire 6

1 DONNEES SUR LES ZONES HUMIDES COTIERES (ZHC) DE COTE


D'IVOIRE
10

1 considérations générales sur l'écologie et la végétation des ZHC


- les facteurs écologiques
- la végétation
11
11
12
1 - rôle des mangroves dans l'écosystème lagunaire
- liste alphabétique des plantes récoltées
15
15
carte de la végétation des ZHC 18
1 considérations générales sur la faune des ZHC 23
- les mammifères 23
1 - l'avifaune
- les reptiles
24
25
- l'ichtyofau ne 26
1 - principales espèces d'oiseaux rencontrées dans les ZHC 26
considérations générales sur l'environnement humain des ZHC 29
1 - l'environnement humain
- utilisation des ZHC
29
31
. forêts et mangroves 31
1 . utilisation des plans d'eau
/ la pêche
33
33
/ aménagement et développement de la pêche artisanale 38
1 / aquaculture: solution d'avenir
les menaces
39
42

1 DESCRIPTION DES SITES PROSPECTES 45

63
1 PROPOSITIONS D'AMENAGEMENT

CONCLUSION 67
1 ANNEXES: Togo et Bénin 68

1 BIBLIOGRAPHIE 70

1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1 AVERTISSEMENT

1 Compte tenu de l'ampleur de la tAche. de la complexit~ des ~cosystèmes humides cÔtiers et


de la méconnaissance de leur fonctionnement. certains résultats ou conclusions exposés
dans ce rapport ne sont à considérer qu'à titre indicatif et ne présentent aucune valeur

1 scientifique intrinsèque. Dans un souci de rigueur. et dans une perspective d'un certain
type d'aménagement. une ~tude d'impact préalable sur le milieu s'avèrerait indispensable
et ne ferait que renforcer les chances de succès d'un éventuel projet de conservation.

1
1 1
1
(LISTE DES PERSONNA~LÎTES RENCONTREES)
1
1 COTE D'IVOIRE

1 Monsieur Denis KONAN Directeur des Eaux et Forêts


Ministère des Eaux et Forêts

1 Monsieur ZABI Directeur de la Programmation


Ministère de la Recherche Scientifique
Benthologue au Centre de Recherche
1 Madame Gladys ANOMA
Océanographique (CRÛ)

Professeur de Botanique

1 Responsable du département de Botanique et de


Biologie Végétale de l'Université Nationale

Monsieur Francis LAUGINIE Conseiller technique pour les problèmes de


1 Conservation de la Nature au Ministère des
Eaux et Forêts

1 Monsieur François Xavier BARD Directeur du CRO,


Dynamicien des populations, ORSTOM

Monsieur Jean GOUYA Sous Préfet de Fresco


1 Monsieur Raphaël BEUGRE Adjoint au Maire de Fresco

1 Monsieur Emmanuel CHARLES-DOMINIQUE

Monsieur GUIRAL
Océanographe halieute ûRSTOM au CRû

Océanographe écologiste ORSTOM au CRO

1 Monsieur Hem SAURIN Aquaculteur ORSTOM au CRO

Monsieur ZANOU Démographe statisticien à la Direction de la


1 Statistique au Ministère de l'Economie et des
Finances

1 Monsieur Jean Guy BERTIlAUT Ingénieur forestier au Centre Technique Fores-


tier Tropical (CTFT)

Monsieur James POWEL Zoologiste, spécialiste des lamantins, New


1 York zoological society

Monsieur Wolf-Ekkehard WAITKUWAIT Zoologiste, spécialiste des crocodiles, Mission


1 technique allemande

Ingénieur halieutique, sous directeur du


Monsieur LABARIERE

1 programme intégré d'aménagement et de


développement de la pêche artisanale en lagune
Aby

1 Monsieur Laurent AKE ASSI Maître de Conférence à IUniversité Nationale


d'Abidjan
Directeur du Centre National de Aoristique

1 Monsieur Yves Eric ARON Laboratoire d'Herpétologie, Institut Pasteur de


Côte d'Ivoire

1 2

1
1
1
TOGO
1 Monsieur Arnani AGBEKODO Directeur de la Conservation, Ministère de
l'Environnement
1 Monsieur Bernard HUGUENIN Directeur du Centre ORSTOM

1 Monsieur Jean Yves WEIGEL

Monsieur Albert SCHWARTZ


Socio - économiste océanographe ORSTOM

Sociologue ORSTOM

1 Monsieur Alain CASENAYB Hydrologue ORSTOM

Monsieur Roland POSS Pédologue ORSTOM


1 Monsieur Peter SCHAEFFER Botaniste, Ecole des Sciences, Université du
Bénin
1
1 BENIN
Monsieur Marcel BAGLO Professeur d'Ecologie à l'Université du Bénin
1 Pré5ident du Comité National MAB, Directeur
du groupe multidisciplinaire d'études des
lagunes côtières et mangroves

1
FRANCE
1
1 Monsieur François BLASCO Directeur de recherches au CNRS
Directeur de 11nstitut de la Carte Internationale
du Tapis Végétal.

1
1
1
1
1
1
"
1 3

1
1
1 INTROO CTION
1
1
1 Les écosystèmes forestiers tropi- Dans une perspective de conser-
vation et de développement des ZHC
1 caux font actuellement l'objet d'une atten-
tion particulière que ce soit en raison de leur
valeur économique, de leur richesse biolo-
d'Afrique de l'Ouest, l'UICN (l'Union Inter-
nationale pour la Conservation de la
gique ou des conséquences écologiques Nature) a mis en oeuvre un projet d'étude
liées à leur destruction. Parmi eux, les devant aboutir à l'élaboration d'un schéma
zones humides côtières (ZHC) qui sont prin- régional d'aménagement. L'ORSTûM
cipalement constituées de forêts maréca- (Institut français de recherche scientifique
geuses, de lagunes et d'estuaires. Si dans pour le développement en coopération),
certaines régions du globe, les ZHC sont l'Université Nationale de Côte d'Ivoire et
appréciées à leur une ONG, CI NATURE
juste valeur, dans (Association pour la con-
d'autres, elles sont en servation de la nature en
revanche considérées Côte d'Ivoire) ont réalisé
1 comme un milieu
impropre, et par con-
cette étude pour la Côte
d'Ivoire, sur la base d'un
séquent fortement programme intitulé
dégradées voire tota- "Patrimoine biologique
lement détruites. des zones humides
En Afrique côtières de Côte
de l'Ouest, les ZHC d'Ivoire".
revêtent une impor- Ce travail doit,
tance certaine, quoique relative, tant au plan dans un premier temps, rendre compte,
géographique "sensus stricto" qu'au plan de d'une manière très schématique, de
l'exploitation proprement dite du milieu. l'ensemble des informations collectées au
Dans ce dernier cas, cette exploitation sujet des ZHC et, dans un second temps,
s'accorde souvent mal avec le renouvelle- permettre d'apprécier la valeur réelle de ces
ment et le maintien durable des ressources, mileux dans son ensemble et ce, en fonc-
alors qu'un aménagement plus rationnel eût tion des données physiques, biologiques et
permis d'éviter de profondes perturbations humaines actuelles. Aussi, après une pré-
de ces écosystèmes provoquant, à terme, sentation des méthodes mises en oeuvres
des désordres sociologiques irréversibles. pour la réalisation de cette étude, ce rapport
Souvent, pour ne pas dire dans la plupart présentera tout d'abord des considérations
de cas, cette situation de déséquilibre générales sur les ZHC ivoiriennes suivi
résulte d'une méconnaissance totale du d'une description succinte de chacun des
fonctionnement global des ZHC conduisant sites visités. Le dernier chapitre traitera de
à des décisions d'aménagement prises en l'intérêt et des possibilités de conservation
dépit du bon sens, ou du moins, à l'encontre de certaines ZHC de Côte d'Ivoire. Enfin, les
des intérêts et des traditions des popula- annexes, porteront sur la situation des ZHC
tions riveraines. du Togo et du Bénin.
4
1
1
1
1
1 METHODES DE TRAVAIL

1
1
1
1 1. Choix des sites milieu et la distance qui le séparent
d'[Link] la côte ivoirienne à été sur-
L'ensemble des ZHC ivoiriennes volée par avion (type Cess na ou similaire),
1 s'étendent entre le Gha'na, à l'Est, et le Libé-
ria à l'Ouest. Elles regroupent des forêts
dans le but d'appréhender au mieux le
dégré de dégradation de la végétation et de
marécageuses, les lagunes et les estuaires pouvoir dresser une carte sur laquelle
1 avec leur végétation associée (mangroves
et prairies marécageuses). les savanes
puisse être localisée de manière relative-
ment précise l'emplacement des principales
incluses inondées ou inondables. Les
1 grandes lagunes ont, dans leur majorité,
toutes été visitées (Aby, Ebrié, Ehy, Potou,
formation végétales des ZHC. Certaines des
photographies aériennes présentées dans
ce rapport ont été obtenues auprès de l'IGN

1 Ono, Adjin, complexe lagunaire de Grand


Lahou, Fresco, Dassieko, Dagbégo, San
Pedro ... ), de même que les estuaires
d'Abidjan.

3. Enquêtes

1 (Comoé, Amia, Mé, Bandama, Sassandra,


Dodo, Cavally...). Les sites qui ont fait l'objet De nombreuses enquêtes ont été
d'une attention particulière sont reportées réalisées auprès des habitants des villages

1 sur un ensemble de cartes présentées dans


les chapitres suivants.
riverains des ZHC, auprès d'institutions
scientifiques spécialisées dans l'étude de
ces milieux et auprès des autorités adminis-
1 2. Prospection des sites tratives et politiques concernées. Pour cha-
que site les informations recueillies sont
Les sites les plus accessibles ont reportées sur une série de fiches
1 été visitées en pirogue ou en bateau en
moteur, entre le 1er Avril et le 15 Septembre
d'inventaire dont les modèles sont ci-joints
(données géog raphiques, rece nsement
1987. Dans la mesure du possible, les for- botanique, recensement des espèces ani-
1 mations végétales ont été parcourues à pied
pour la récolte des échantillons botaniques.
males, activités humaines). L'ensemble des
données pourra être incluse dans une
La durée des prospections de chaque site a future base de données sur les ZHC
1 varié de un à six jours, selon l'intérêt du d'Afrique de l'Ouest.

1 5

1
1
1
1 UNIVERSITE NATIONALE ORSTOM

INVENTAIRE DES ZONES HUMIDES DE COTE D'IVOIRE

1 1 1.1 DONNEES GEOGRAPHIQUES

REDACTEUR: Nom: Prénom:

1 DATE:
Etablissement:

l ,PAYS: I~
•REGION ADMINISTRATIVE: ~

1 NOM DE LA ZONE:

1 i
LOCAUSATlON:

!SUPERFICIE (ha):
1 !PLUVIOMETRIE (mm/an) :
1

1: DESCRIPTION ECOLOGIQUE:
i
1 I~
IISTATUT:

1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
UNIVERSITE NATIONALE ORSTOM
1 INVENTAIRE DES ZONES HUMIDES DE COTE D'IVOIRE

1 REDACTEUR: Nom:
01.2. RECENSEMENT BOTANIQUE

Prénom:
Etablissement:
1 DATE:

PAYS:
1 NOM DE LA ZONE

1 ESPECES RECENSEES

GENRE:
AOCJ'JC>A!'CE ~lNANCE axE

1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
GENRE:
1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
1 GENRE:
ESPECE:
GENRE:

1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
GENRE:
1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
1 GENRE:
ESPECE:

1 FORMATION VEGETALE:

1
1
1
1
1
1
1
1 UNIVERSITE NATIONALE ORSTOM

1 INVENTAIRE DES ZONES HUMIDES DE COTE D'IVOIRE

01.3 RECENSEMENT DES ESPECES ANIMALES


1 REDACTEUR: Nom: Prénom:
Etablissement:

1 DATE:

PAYS:
NOM DE LA ZONE
1
ESPECESRECENSEES AOCX'JQl\r\CE FREQUENTATJ<::t..J PRELEVEMENT STATUT axe
1 GENRE:
ESPECE:

1 GENRE:
ESPECE:
GENRE:

1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
GENRE:
1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
1 GENRE:
ESPECE:
GENRE:

1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
GENRE:
1 ESPECE:

1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1 UNIVERSITE NATIONALE ORSTOM

INVENTAIRE DES ZONES HUMIDES DE COTE D'IVOIRE

1 02.1 ACTIVITES HUMAINES

REDACTEUR: Nom: Prénom:

1 DATE:
Etablissement:

1 .NOM DE LA ZONE
1
REGION ADMINISTRATIVE:
CXXE

1 1

1
1
AGRICULTURE
TYPE IMPORTANCE
ELEVAGE:

SYLVICULTURE:
HABITAT:

1i 1
1

! PISCICULTURE:
POPULATION :

MENACES:
1

1 i
1

i
CHASSE: MESURES DE PROTECTION :
1:
1

INDUSTRIE:
1 1
:
DIVERS:

1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1 DONNEES GENERALES SUR
1 LES ZONES HUMIDES COTIERES
1
1 DE COTE D'IVOIRE
1
1
1
1
1
1
1
1
1 10
1
1
1 CONSIDERATIONS GENERALES SUR
L'ECOLOGIE ET LA VEGETATION DES ZONES
1 HUMIDES COTIERES

1
1
1
Les facteurs écologiques tembre à novembre), séparées par deux
1 Les principaux facteurs qui gou-
périodes moins pluvieuses: une petite en
août et une grande qui dure 4 mois (de
vernent les ZHC sont le climat, l'hydrologie, décembre à mars).
1 la morphologie de la côte, la nature du sol et
l'in1'luence des marées. Ils déterminent la
Les variations thermiques sont
très faibles et l'évapotranspiration poten-
quantité et la qlJalité des eaux d'inondation, tielle (Etp) ne devient supérieure à la pluvio-
1 l'étendue des sufaces inondables et le
degré d'engorgement du sol.
métrie que pendant les mois de saison
sèche: en décembre, janvier et février

1 Dans les zones humides, le fac-


teur climatique le plus important est
notamment.
La saison sèche diffère selon les
l'humidité atmosphérique déterminée par la régions. Elle s'étale de janvier à février
1 pluviométrie, la saison sèche (pluviométrie
inférieure à 50 mm par mois) et l'importance
pour les régions de Tabou et Adiaké qui
reçoivent respectivement 2368 mm et 2126
de l'évapotranspiration. Les figures ci- mm d'eau par an. Pour les régions de Sas-
1 dessous rapportent les principaux éléments
pluviométriques des zones estuariennes de
sandra (1645 mm/an) et Abidjan (2047mml
an), s'ajoutent les mois d'août et de sep-
la Côte d'Ivoire. Le littoral ivoirien est sou- tembre
1 mis à un climat tropical humide comportant
deux saisons de pluies: une grande et une D'un point de vue hydrographi-
1 petite qui s'étalent respectivement sur 4
mois (d'avril à juillet), et sur 3 mois (de sep-
que, les apports en eaux douces sont assu-
rés par deux types de cours d'eau: les

1 E
600
E
700
E 600
E 500 ... PLUIES (mm)

1 400
... PLUIES (mm) 500
400
300

1 200
300
200
100 100

1 o J F M A M J J 1 A SON 0 MOIS o J F M A M J J1 A SON 0 MOIS

1 PLUVIOMETRIE MOYENNE A TABOU (SW RCI) PLUVIOMETRIE MOYENNE A ABIDJAN (SE RCI)
11

1
grands 'fleuves soudano-guinéens repré- - lors de la transgression nouakchottienne
sentés par le Comoé (900 km), le Bandama (16 000 - 5 000 ans B.P.), la mer envahit le
(700 km). le Sassandra (650 km) et le réseau hydrographique existant et donna
Cavally (700 km) et les cours d'eau méridio- naissance à un système de rias:
naux (la Tanoé, la Bia, la Mé, l'Agneby, le - après le maximum de cette transgression
Niouniourou, etc ... ) dont la longueur (5 000 ans B.P .), une légère regresssion
n'excède pas 300 km. permis la mise en place de séries de cor-
dons littoraux tandis que les formations del-
Au plan morphologique, le littoral taïques émergèrent, isolant plusieurs types
ivoirien peut se diviser en deux parties dis- de systèmes lagunaires.
tinctes :
- de la front ière du Ghana. à l'Est,
jusqu'à Fresco, au Centre, le littoral ivoirien La végétation
comprend , sur près de 300 km, une série de
lagunes qui longent la côte et sont séparées Les plantes constituant la végéta-
de la mer par une plage de sable lessivé. tion des ZHC se différencient de celles des
Ces lagunes se caractérisent par leur zones drainées par l'absence de contreforts
grande taille (superficie comprise entre 230 et l'abondance des racines aériennes
km 2 et 550 km 2 ) , et leur liaison permanente (racines - échasses et pneupatophores); on
avec l'Océan Atlantique. y remarque également un nombre réduit
- de Fresco à Blieron, à l'Ouest, le d'épiphytes et de lianes. Selon que l'eau
littoral est formé par un relief un peu plus d'inondation est douce ou salée, deux types
accidenté comprenant quelques falaises de végétation peuvent être distinguées, les
dont les plus vives sont entre Fresco et forêts marécageuses et les mangroves .
Kosso. Dans cette région, on rencontre
quelques lagunes moins étendues cepen- 1. Les forêts marécageuses
dant que que celles de la partie orientale.
De plus, leur communication avec la mer est Les forêts marécageuses sont
très souvent interrompue par la dérive litto- localisées sur des sols plats et aux bas-
rale et les processus de sédimentation qui fonds mal drainés, à hydromorphie perma-
sont particulièrement intenses dans les nente où l'accumulation de matière organi-
zones estuariennes. que peut former une véritable tourbe. L'eau
Ces ZHC se caractérisent par d'inondation est généralement très douce .
leurs sols vaseux ou sable-vaseux, hydre- Ces forêts se rencontrent à l'embouchure
morphes et plus ou moins salés selon ouest de la Tanoé, au Nord des lagunes
l'alimentation en eaux douces et l'influence Adjin, Aby et Ono, au bas Bandama puis
des marées.
Schématiquement, la mise en
place de ces lagunes s'est effectuée au
cours des évènements historiques suivants:
- durant l'avant dernière trans-
gression, le niveau de la mer était supèrieur
d'une dizaine de mètres par rapport au
niveau actuel. A cette époque , la côte éta it
largement do minée par les falaises ;
- au cours de la régression ogolienne (30
000 - 16 000 ans B.P.) , l'épandage fluviatile
de matériaux issus du "continental terminal"
Forêt de la Tanoé (Sud Est RCI)
a permis la constitution de bas plateaux;
12
entre les fleuves Sassandra et Cavally. par la présence d'espèces particulières - les
Les espèces dominantes sont palétuviers - qui font d'elles une entité origi-
Mitragyna ciliata, Symphonia globulifera et nale. En Côte d'Ivoire, les mangroves sont
Raphia sp. Les autres espèces sont: Ficus dominées par les palétuviers rouge et blanc
congensis , Ficus ovata, Gilbertiodendron (Rhizophora racemosa et A vicennia germi-
splendidum, Cludia klainei, Paullinia pin- nans ) qui y jouent le rôle essentiel. Elles
nata, Cathormion altissimum, Lonchocarpus bordent les lagunes et l'embouchure des
sericeus, Uapaca heudelotii, etc... fleuves qui se jettent soit dans les lagunes
Bien que le genre Raphia soit très soit directement dans la mer. Elles peuvent
envahissant dans ces milieux hydre- s'étendre parfois à l'intérieur des terres loin
morphes , il convient de souligner qu'il n'est de l'influence marine.
pas présent dans toutes les forêts maréca- La composition floristique des
geuses. Le Raphia est en effet une plante mangroves de Côte d'Ivoire se caractérise
de lumière, et sa présence dans une forma- par 3 espèces de palétuviers
tion végétale aussi fermée soit elle, est un
signe indiquant une ouverture antérieure .
Ceci peut expliquer son absence dans les
forêts marécageuses bien conservées de la
Tanoé (Est de la lagune Ehy) et de la
N'Guéchié (Adjin-Potou) .

- le Palétuvier rouge: Rhizophora racemosa


G-f-W Meyer (Rhizophoraceae)

Sous bois de forêt marécageuse près de Sassandra

b) Les mangroves - le Palétuvier blanc : Avicennia germinans


L. (Avicenniaceae)
Les mangroves des fcrêts qui se - le Palétuvier gris : Conocarpus erectus L.
développent sur des sols hydromorphes (Combretaceae) (photo page suivante).
salés résultant de l'accumulation d'alluvions Ces 3 essences ne coexistent
soumises à l'influence quasiment quoti- pas toujours dans toutes les mangroves.
dienne des marées. Elles se caractérisent Celles-ci peuvent être monospécifiques, ne
~ j
comprenant qu'une seule espèce qui est culaires sont les appareils respiratoire, de
généralement R. racemosa; ou dispécifi- fixation au sol et de reproduction. Au niveau
ques comprenant R. racemosa et A. germi- de l'appareil de fixation, le Paléruvier se
nans. Dans le cas des mangroves à 3 distingue par le présence de racines
espèces (les plus rares), C. erectus échasses et de racines aérifères ou pneu-
(Palétuvier gris), est la troisième espèce. R. matophores qui assurent simultanément
harrisonii, R. mangle et Laguncularia race- une fonction de respiration et une plus
mosa, signalées dans les mangroves d'
autres pays d'Afrique de l'Ouest, sont
absents de Côte d'Ivoire.

Pneumatophores dJ\vicennia

grande sustentation dans le substrat


"mouvant" . Les racines échasses sont bien
développées chez le genre Rhizophora;
Fructifications de Conocarpus erectus
elles naissent sur le tronc ou les branches
basses et, par géotropisme positif, se déve-
Ces trois plantes ont une distribu- loppent vers le sol dans lequel l'extrémité
tion de type zonale qui s'observe depuis le s'ancre et se ramifie. Les pneumatophores
front de l'eau jusqu'à la terre ferme. Cette se différencient chez le genre Avicennia. Ce
disposition est liée la nature du sol, à sont des appendices verticaux initiés de
l'importance des inondations et surtout, au racines horizontales et qui émergent de la
seuil de tolérance des espèces elles- vase par suite d'un géotropisme négatif.
mêmes vis-à-vis de la salure. Ainsi, pour les Dans leur fonction de respiration,
trois palétuviers de Côte d'Ivoire, la succes- ces racines absorbent l'oxygène de l'air et
sion est la suivante: le transmettent aux racines profondes par
R. racemosa se développe très bien dans l'intermédiaire de tissus spécialisés
des zones à faible teneur en sel et sur un (aérenchymes).
substrat vaseux; il se rencontre sur le front La viviparité est le mode de repo-
de l'eau et plus loin, à l'intérieur du conti- duction des palétuviers. Il est très utile et
nent. A. germinans peut vivre aussi bien sur parfaitement adapté, car il autorise les
la vase en mélange avec R. racemosa que plantes à coloniser des milieux soumis aux
sur les substrats plus grossiers et supporte turbulences marines en assurant une
des salinités élevées. Quant à C. erectus implantation rapide des semis. Il accentue
(très rare en Côte d'Ivoire). il constitue la la particularité de la mangrove, formation
zone d'interface mangrove-forêt de terre végétale spécifique des zones interdidales.
ferme.
Pour assurer leur survie dans ce En plus de ces espèces exclu-
mileu anoxique à sol hydromorphe et conti- sives de l'écosystème de mangrove, il con-
nuellement submergé par des eaux polyha- vient de signaler la présence presque per-
lines, les palétuviers ont acquis un certain manente de beaucoup d'autres plantes des
nombre d'adaptations dont les plus specta- substrats non salés, qui sont capables de
14
1
croître et se reproduire dans les zones de grove stabilise le substrat et protège les
1 mangroves. Ces espèces facultatives ou berges contre les assauts répétés des
compagnes sont: Drepanocarpus lunatus, vagues. Les racines échasses des Rhizo-
1 Hibiscus tiliaceus, Dalbergia ecastaphyl/um,
Acrostichum aureum, Phoenix rec/inata,
phora et les pneumatophores des Avicsnnia
s'entremêlent et forment un système mail-
Pandanus cande/abrum, Panicum repens, lant inextricable qui arrête les alluvions et
1 Paspalum vaginatum etc.. les débris charriés par les cours d'eau.

ROle des mangroves dans 2. Le maintien de la faune.


1 l'écosystème lagunaire La décompositon des débris végétaux par
les microorganismes produits des particules

1 Le rôle des mangroves dans


l'écosystème lagunaire se situe à deux
élémentaires qui, associées a ces micro-
organismes, constituent la base d'un sys-
niveaux, la protection du littoral et le main- tème nutritif de très haute qualité pour une
1 tien de la faune grande variété d'animaux (figure ci-contre).
La forêt de palétuviers est par conséquent
1. La protection du littoral un milieu de choix pour la repoduetion de
1 La forêt de Palétuvier constitue un édifice
naturel capable de lutter contre les forces
nombreuses espèces animales tant aquati-
ques qu'aviennes.
destructives des marées, des eaux de ruis- Ainsi, par son fonctionnement, la mangrove
1 sellements et des grands vents. Grâce à leur
localisation topographique préférentielle
joue donc un rôle essentiel dans la produc-
tivité des lagunes.
1 entre les milieux aquatiques et terrestres et
à son organisation morphologique, la man-

1
1 LISTE ALPHABETIQUE DES PLANTES RECOLTEES

1 ESPECE FAMILLE

1 1
2
3
Acrostichum aureum L
Aframomum ellioti; (Bak) K. Schum
Age/aea obliqua Baill
ADIANTACEAE
Z1NGIBERACEAE
~
A/chornea cordifo/ia (Schum et Thonn) Müll. Agr
1 4
4'
5
A/ternanthea maritima (Mart) S.E. Hil
Anthoc/eista nobi/is [Link]
EUPHOABIACEAE
[Link]'HACEAE
LOOANIACEAS
6 Avicennia germinans L. AVlC~IACEAE
1 7
T
Ber/inia confusa Hoyle
Borassus aethiopum Mart
CAESAlPINIACEAE
~
8 Ca/amus deerratus Mann et Wendl AFB::X:EN:
1 9
10
Ca/ophyllum inophyllum L.
Cassia a/ata l.
GUITIFEREAE
CAESALPINIACEAE
11 Cathormion a/tissimum (Hook. f.) Hutch et Dandy MIMOSACEAE
1 12
13
Chrysoba/anus ellipticus Soland ex Sabine
Chrysoba/anus icaco L.
~
~
14 C/erodendrum thyrsoideum Gürke ~EAE

1 15
16
C/udia k./ainei Pierre ex de Wild
Conocarpus erectus L.
CAESALPINIACEAE
CCM3RETACEAE

1 15

1
1
1
1 17
18
Cuviera macrou/a OC
Cyperus art/cu/atus L.
RUBlACEAE
CVPEFW::EAE
PfJK:SE.
19 Cyrtosperma sensga/ense (Schott) Engl.

1 20
21
22
Da/berg/a ecastaphyllum (L) Tanb
Dichapeta/um pallidum (Oliv.) Engl.
Drepanocarpus /unatus G.F.W. Mey
PAPlLJ..IONACEAE
[Link]
PAPlWONACEAE

1 23
23'
24
Echinoch/oa pyramida/is (Lam) Hitch et Anse
Eichoma crassipes (Mart.) Solms-Laub
E/eocharis variegata (Poir.) Presl
~
PCH:>ETERIACEAE
CVPEFW::EAE
24' Ethu/ia conyzoides L. ~
1 25
26
Ficus congensis Engl.
Ficus ovata Vahl
~
~
27 F/age1/aria guineensis Schum FLAGELlARIACEAE
1 28
29
Heteroptsris /eona (Cav.) Exell
Hibiscus ti/iaceus L
MALPIGHIACEAE
MALVAŒJ.E
30 Hypo/ytrum purpurascens Cherm CYPERACEAE
1 30'
30·
/pomea st%nofera (Cyrill) J.F. Gmel.
/pomea pes-caprae (Unn) Ooststr.
CO'NO..~
CONO...~
31 /xora /axiflora Sm RUBlACEAE
1 32
32'
Lonchocarpus sericeus (Poir) HB & K
Macaranga hrudelotii Baill
[Link]
EUPK>RBlACEAE
33 ·Mariscus /l'gu/aria L. CYPERACEAE
1 34
35
'Mitragyna ciliata Aubrev. et Pellegr
Morelia senega/ensis A. Rich
RUBlACEAE
RUBlACEAE
36 'Nauc/ea /atifo/ia Sm. RUBlACEAE
1 37
38
Nephro/epis biseffata (Sw) Schott
Ocimum gratissimum L.
DAVALUACEAE
lAMlACEAE
39 Ormocarpum verrucosum P. Beauv. PAPlWONACEAE

1 40
41
42
Ostryocarpus riparius Hook. f.
Pandanus cande/abrum P. Beauv.
Panicum repens L.
PAPlWONACEAE
PANDANACEAE
fO&ŒAE

1 43
43'
44
Paspa/um vaginatum (L.) Sw
Paspa/um conjugatum Berg
Pau/linia pinnata L.
FQ&ŒAE
FQ&ŒAE
SAPlNDACEAE
45 .Phoenix rec/inata Jacq. ~
1 46
46'
Phyllanthus reticu/atus Poir
Pistia stratoites Linn
EUPHORBIACEAE
APJICE/JE.
47 Pterocarpus santa/inoïdes L'Her PAPlWONACEAE
1 47'
48
Pycreus po/ystachyos (Rohb) Beauv
Raphia hookeri Mann et Wandl
CYPERAEAE
~
49 Rhizophora racemosa G.F.W. Meyer RHIZC>PHOR4ŒAE
1 49'
50
Sa/vinia nymphellu/a Oesv
Securinega virosa (Roxb ex Wild) Baill
SALVlNIACEAE
EUPHORBlACEAE
51 Sporobo/us virginicus R. Br. PCW::EAE
1 52
52'
Strophanthus gratus (Hook.) Franch
Symphonia g/obu/ifera Linn
fJFfX"IN/[Link].
GUTTIFERAE
53 Tabemaemontana crassa Benth fJFfX~

1 54
55
Tapinanthus bangwensis (Engl. & K. Kraus) Danser
Uapaca heude/otii Baill
[Link]
EUPHORBIACEAE

Il
1 16

1
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Polo~c/"9U~
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FIGURE 2 - REPRESENTATION SCHEMATIQUE DES CYCLES n'ELEMENTS NUTRITIFS DANS LA MANGROVE


(d'après RLASCO, 1985 -

1 - Absorption de~; {~lé'!1ents nutritifs et accumulation de biomasse


II - Production de la matière organique; lIa - Frac! ion de matiôre organique minéralisée dans l 'l"C()~;ysteme;
lIb - Fraction de matière organique exportée par les marées
IlIa - Minéralisation de la matière orqanique par micro-organismes décomposeursi IIIb - Cycle larvaire et
alimentatiun Jcs faunes
IV - Ions exportés; V - Apports d'éléments nutritifs par les fleuves (éléments dissous + éléments inclus
dans les s6dimPllts)
VI - Apports par 1 ('S l""rées;
VII - Apports éoliens

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1
1
1
1
1
1
1
1
CARTES DE LA VEGETATION
1 DES ZHC
IVOIRIENNES
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1 18

1
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9
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---------------------

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1
1
1 CONSIDERATIONS GENERALES
SUR LA FAUNE
1 DES ZONES HUMIDES COTIERES

1
1
1
La vie animale des ZHC ivoi- non pas de dresser une liste exhaustive de
1 riennes présente des intérêts multiples en
raison de sa grande diversité. Que ce soit
la faune des ZHC, mais uniquement de faire
le point sur la situation de certaines
en zones lagunaires ou d'estuaires, dans espèces appartenant à quelques grands
1 les marécages ouverts, les mangroves ou
les forêts inondées, l'ensemble du règne
groupes du règne animal (les mammifères,
l'avifaune, l'ichtyofaune et les reptiles).
animal y est qualitativement bien repré-
1 senté. De nombreuses espèces vivant
exclusivement, ou temporairement, dans les
Les mammifères.

ZHC sont cependant menacées. Le Lamantin (Trichechus senega-


1 Dans les milieux intacts et bien
lensis) est certainement le mammifère le
plus spécifique de l'écosystème lagunaire
conservés (Tanoé, Asagny, mangroves du et des estuaires de basse Côte d'Ivoire. Des
1 Sud-ouest), la préservation de la faune,
sans être exemplaire, est loin d'être critique.
travaux actuellement en cours, menés par J.
POWELL, suggèreraient que le Lamantin

1 Et bien que certaines espèces soient au


bord de la disparition, la faune parait natu-
rellement protégé par l'environnement
soit assez bien représenté dans les ZHC
ivoriennes, de l'embouchure du Cavally
(Ouest RCI) à la lagune Aby (Est RCI). Sa

1 inhospitalier que constituent ces milieux. En


effet, plusieurs de ces ZHC couvrent une
superficie relativement importante et, de
présence a été rapportée plusieurs fois
dans les lagunes de Fresco, de Grand
Lahou et Poto. 1/ est en outre fréquent que

1 plus, jouxtent des forêts denses miraculeu-


sement épargnées de l'action négative de
des individus remontent très loin le cours
des fleuves, traduisant peut-être un compor-
l'homme, assurant par conséquent le main- tement migratoire de cette espèce. Ces ani-
1 tien d'espèces animales sédentaires.
Dans les zones ou s'exerce une
maux ont une préférence pour les eaux
douces, peu saumâtres, et offrant une nour-
certaine pression démographique (Fresco, riture abondante. A ce sujet, les observa-
1 Sassandra, San Pedro) la situation s'avère
en revanche préocupante, voire irréversible
tions réalisées dans le complexe lagunaire
de Grand Lahou montrent que le Lamantin
au voisinage des centres urbains densé- ivoirien se nourrit essentiel/ement de
1 ment peuplés ( Bingerville, Adiaké, Abid-
jan ), pour lesquels la disparition de la
plantes appartenant aux genres Eichorna,
Echinochloa et Rhizophora. Malgré une pré-
faune est incontestablement liée à la des- sence constante en basse Côte plusieurs
1 truction systématique de ses habitats. menaces existent et pourraient mettre le
Lamantin en situation de vulnérabilité. Cet
Dans ce chapitre, on se propose animal est en effet apprécié pour sa chair et
1 23

1
les vertus médicinales de certaines parties canus cye/otis) dont la survie est sérieuse-
de son corps, ce qui en fait une proie de ment mise en cause et ce à l'intérieur même
choix pour les braconniers. Par ailleurs, les du Parc National d'Azagny pour lequel les
barrages édifiés en amont perturbent le derniers recensements font apparaitre une
régime hydrologique des lagunes en modi- population de pachydermes inférieure à soi-
fiant indirectement la salinité des eaux que xante têtes (HALL MARTIN 1987, non
n'apprécie guère le Lamantin. Néanmoins, publiés). Avec ce parc, il n'y a guère
à ce jour, cette espèce semble globalement qu'entre Fresco et Sassandra, et dans les
s'accomoder de ces menaces, principale- régions de Grand Lahou et d'Adiaké, où
ment en raison de son attitude très timorée survivent les derniers noyaux d'Eléphant
qui lui assure une protection relative. habitant les ZHC.

L'avifaune

Les ZHC représentent des


milieux remarquables pour nombre
d'oiseaux appartenant à quelques grandes
fami Iles (anatidés, ardéidés, rall idés,
rapaces et limicoles divers). Cette richesse
de l'avifaune s'explique par la diversité des
milieux rencontrés le long des côtes, offrant
ainsi un choix appréciable de nourriture .
Hippopotame pygmé (PHOTO F. Lauginie) Cette ressource alimentaire très variée favo-
rise une spéciation du comportement des
L'Hippopotame pygmé Choerop- oiseaux, traduit par une morphologie parti-
sis /iberiensis) est un autre mammifère culièrement adaptée à l'environnement. En
représentatif des ZHC, tant dans les lagunes zone lagunaire, bordée de prairies maréca-
que dans les forêts marécageuses. Peu de geuses, de mangroves et de vasières, il est
données ont cependant été acquises sur la ainsi perm is de rencontrer les espèces se
répartition de cette espèce en basse Côte nourrissant au vol et celles qui picorent de
d'Ivoire, mais la destruction des forêts limi- même que les chasseurs à l'affut. Il convient
trophes aux ZHC en fait un animal menacé. en plus de signaler la cohabitation des
Les loutres (Aonyyx eapensis et Lutra macu- espèces aviennes marines exclusives et
lieollis) , inféodées aux milieux aquatiques des oiseaux dulçaquicoles.
en équilibre, apparaissent en revanche
assez commune, en regard des témoigna-
ges de nombreux pêcheurs et chasseurs.

Q'autes mammifères fréquentent


plus ou moins régulièrement las ZHC. Parmi
eux, ceux appartenant au groupe des pr i-
mates dont plusieurs représentants (Pan tro-
glodytes, Cercopitheeus petaurista, C.
mona, Cereoeebus toreatus ......) se rencon-
trent jusque dans les mangroves à Rhizo-
phora et Avieennia. Toutefois , leurs effectifs Aigrette ardoisée
ont aujourd'hui considérab lement chuté , en
raison d'un braconnage aveugle dont ils Paradoxalement , les ZHC ivoi-
sont l'objet. Il convient également de signa- riennes se caractérisent par une avifaune
ler le Buffle de forêt (Syneerus eaffer nanus) quantitativement pauvre, malgré une liste
habitués des pra iries inondées ou inon- révélant près d 'une centaine d'espèces
dables et l'Eléphant de forêt (Loxodonta etri- recensées en milieu ouvert (tableau ci-
24
dessous). Rares sont les sites pouvant être de crocodiles: Crocody/us ni/oticus, C. cata-
retenus comme "site ornithologique" compa- phractus et Osteo/amus tetraspis. Ces trois
rable à ceux d'autres pays de l'Ouest afri- espèces sont distribuées en Côte d'Ivoire et
cain. Seule la frange sud du Parc National se rencontrent dans les ZHC, avec toutefois
d'Asagny mérite à ce titre d'être mention- une préférence pour les deux derniers. Mais
née. Elle renferme en effet de remarquables en raison d'un braconnage intensif et d'une
colonies d'Aigrettes ardoisées (plusieurs démographie sans cesse croissante, les
centaines) et de limicoles, la totalité des crocodiles se sont dangeureusement raré-
hérons décrit en Afrique de l'Ouest, dont fiés et, malgré les nombreux témoignages
certaines espèces en quantité importante . des pêcheurs récoltés au cours des
Néanmoins, si l'on exclue la zone lagunaire enquêtes, leurs effectifs sont certainement
comprise entre Grand Bassam et Jacque- au plus bas . Seuls des réintroductions,
ville, particulièrement très dégradée. les comme cela fut le cas avec succès au Parc
autres ZHC contiennent encore des National d'Asagny ("Projet Crocodile" du
espèces inféodées aux milieux bien conser- Gouvernement ivoirien), permettront aux
vés et parmi lesquelles on peut citer le Bal- populations de ces reptiles de se reconsti-
buzard pêcheur, l'Anhinga du Sénégal, le tuer. Des autres sauriens, retiennent égaIe-
Butor à crête à blanche, la Chouette ment l'attention le Varan (Varanus ni/oticus),
pêcheuse et le Héron Goliath. assez commun, et Came/eo graci/is

Héron pourpré Osteolamus tetraspis

Le braconnage et l'assèchement La biologie, le comportement et


de ces zones menacent directement le la distribution des tortues sont en revanche
maintien de ces espèces animales. Mais mal connus. Parmi les espèces rencontrées
l'aménagement des bas-fonds en rizières, dans les ZHC. tant au niveau des formations
bien que destructeurs de la végétation natu- végétales qu'en lagunes, citons: Trionyx tri-
relle, du moins dans leur conception ungius, Petusios niger, P. gabonensis et
actuelle, constitue par contre des extentions Cyc/anorbis senega/ensis. Des espèces
d'aires appréciées des échassiers et des marines de tortues (Che/orinas mydes) pon-
limicoles. A ce titre, l'aménagement de type dent sur les plages bordant les lagunes du
agricole de certaines savanes incluses et Sud Ouest du pays et constituent une
inondables favoriserait l'installation de la source complémentaire de proteines pour
gente avienne dépendant des ZHC , et les villageois riverains. Certains individus
épagnerait ainsi les laissées de vase, ind is- n'hésitent pas à pénétrer les fleuves par
pensable au maintien ou à la régénérat ion leur embouchure. Ces comportements
de la végétation naturelle. (ponte et présence en eau douce) renfor-
cent J'idée de Ja création de réserves natu-
Les Reptiles relles dans cette région de la Côte d'Ivoire,
préservant à la fois faune et flore des
L'ordre des Crocodil iens renfer- estuaires côtiers .
ment, en Afrique de l'Ouest, trois espèces
25
1
1 Bien que les serpents habitant les
zones humides soient bien identifiés des
L'lchtyofaune

herpétologues, il n'existe à ce jour que peu Les poissons sont une part
1 de données relatives à leur abondance
dans ces milieux. Python sebae est le plus
importante des ressources naturelles des
ZHC, notamment au niveau des graus où se
connu et le plus spectaculaire; de ce fait, il mélangent faunes marine et dulçaquicole.
1 est très recherché tant pour sa chair que
pour sa peau dont le commerce n'est mal-
Quelques espèces de poissons sont repor-
tées dans le chapitre consacré aux activités

1 heureusement pas étranger à sa raréfaction.


Les autres espèces (Hapsidophris /ineatus,
Naja me/ano/euca, Natrix anoscopus, Natri-
humaines dans les ZHC. Mais l'espèce la
plus curieuse est sans conteste le Périoph-
talme de la famille des Gobiidés, très abon-

1 citeres variegata, Graya smithi, Bitis nasicor-


nis et Causus macu/ata). plus discrètes, ne
dant dans les mangroves dont il est particu-
lièrement représentatif.
semblent pas menacées.
1
1 PRINCIPALES ESPECES D'OISEAUX RENCONTREES DANS LES
ZHC

1 Famille des PHALACROCORACIDES


Le Cormoran africain (Phalocrocorax africanus )
Le Grand Cormoran (Phalocrocorax carbo)
1 Famille des
L'Anhinga du Sénégal (Anhinga rufa )
ANHINGIDES

1 Famille des ARDEIDES


Le Héron cendré (Ardea cinerea )
Le Héron à tête noire (Ardea malanocephala)
1 Le Héron pourpré (Ardea purpurea )
Le Héron goliath (Ardea goliath )
La grande Aigrette (Egretta alba)

1 L'Aigrette ardoisée ( Egretta ardesiaca)


L'Aigette intermédiaire (Egretta intermedia)
L'Aigrette garzette (Egretta garzetta garzetta)
L'Aigrette dimorphe (Egretta garzetta gularis)
1 Le Héron garde-boeuf (Bubulcus ibis)
Le Héron crabier (Ardeola ralJoides )
Le Héron gris au dos vert (Butorides striatus )
1 Le Héron bihoreau (Nycticorax nycticorax)
Le Héron bihoreau à dos blanc (Nycticorax leuconotus)
Le Butor à crête blanche (Tigriornis leucolopha )

1 Le Héron blongios (/xobrychus minutus )


Le Blongios de Stürm (/xobrychus sturmiJ)

Famille des CICONIIDES


1 La cigogne épiscopale (Ciconia episcopus)
La Cigogne d'Abdim (Ciconia abdimii)
Le Bec-ouvert (Anastomus lamelligerus)

1 Famille des THRESKIORNITHIDAE


L'Ibis hagedash (Bostrychia hagedash)

,1 Famille des ANATIDES


Le Dendrocygne veuf (Dendrocygna viduata)

1
1
1
1 Le Canard de Hartlaub (Pteronetta hart/aubi~
La Sarcelle à oreillons (Nettapus auritus)
La Sarcelle d'été (Anas querquedu/a)
L'oie de Gambie (P/ectropterus gambensis)
1 Le Fligule nycora (Aythya nyroca)
Le Canard noir (Anas sparsa)

1 Famille des ACCIPITRIDES


Le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaëtus)
Le Milan pêcheur (Mi/vus migrans )

1 L'Aigle pêcheur (Haliaetus vocifer)


Le Vautour pêcheur (Gypohierax ango/ensis)
Le Petit Serpentaire (Po/yboroides typus)

1 Famille des RALLIDES


La Marouette ponctuée (Porzana porzana )
La Marouette noire (Amaurornis f1avirostris )

1 La Poule Sultane d'Allen (Porphyrio al/eni)


Le RaIe africain (Crex egregia)
La Poule d'eau (Gallinu/a ch/oropus)

1 Famille des HELIORNITHIDES


Le Grébifoulque (Podiea senegalensis)

1 Famille des JACANIDES


Le Jacana (Aetophilornis afrieanua)

1 Famille des ROSTRATULIDES


La Rynchée (Rostratu/a bengha/ensis)

Famille des HAEMATOPODIDES


1 L·Hu~rier·Pie (Haematopus ostralegus )

Famille des CHARADRIIDES

1 Le Gravelot à collier interrompu (Charadrius a/exandrinus)


Le Grand Gravelsot (Charadrius hiaticu/a )
Le Petit Gravelot (Charadrius dubius)

1 Le Pluvier argenté (P/uvialis squataro/a)


L'Echasse blanche (Himantopus himantopus)
La Bécassine double (Gallinago media)
La Bécassine des marais (Gal/inago gal/inago )
1 La Bécassine sourde (Lymnocryptes minimus)
Le Bécasseau cocorli (Calidris ferruginea)
Le Bécasseau variable (Ca/idris alpina)

1 Le Bécasseau minute (Ca/idris minuta)


Le Bécasseau de Temninck (Ca/idris temminkii)
Le Bécasseau maubèche (Calidris canutus)
Le Bécasseau sanderling (Ca/idris alba )
1 Le Chevalier combattant (Philomachus pugnax)
Le Tournepierre (Arenaria interpres )
Le Chevalier guignette (Aetitis hypo/eueos )
1 Le Chevalier cul-blanc (Tringa oehropus)
Le Chevalier sylvain ( Tringa glareo/a )
Le Chevalier gambette (Tringa totanus )

1 Le Chevalier aboyeur (Tringa nebu/aria)


Le Chevalier arlequin ( Tringa erythropus )
Le Chevalier stagnatile (Tringa stagnatilis )
La Bargette cendrée (Xenus cinereus)
1 La Barge rousse (Limosa /apponica)
Le Courlis cendré (Numenius arquata )

1 27
1
1 Le Courlis corlieu (Numenius phaeopus )
Famille des GLAREOLIDES

1 La Glaréole à collier blanc (Glaerola nuchalis)


La Glaréole cendrée (Glareola cinerea)

Famille des STERCORARIIDES


1 Le Labbe pomarin (Stercorarius pomarinus )

Famille des LARIDES


1 Le Goéland brun (Larus cirrocepha/us )
La Mouette à tête grise (Larus ridibundus)
La Sterne caspienne (Stema caspia)

1 La Sterne pierregarin (Sterna hirundo )


La Sterne caugek (Sterna sandvicensis)
La Sterne royale (Sterna maxima)
La Sterne naine (Sterna a/bifrons)
1 La Guifette noire (Ch/idonias mgrer')
La Guifette leucoptère (Ch/idonias /eucopterus)
La Guifette moustac (Chlidonias hybridus )

1 Le Bec-en-ciseaux (Rhynchops f1avirostris )

Famille des STRIGIDES


La Chouette pêcheuse (Scotopelia peli, S. ussheri, S. bouviefl)
1 Famille des ALCEDINIDES
Le Martin-pêcheur pie (Cery/e rudis)
1 Le Martin pêcheur géant (Cery/e maxima)
Le Martin-pêcheur azuré (A/cedo quadribrachys )
Le Martin- chasseur du Sénégal (Ha/cyon senega/ensis)
1 Le Martin -pêcheur huppé (A/cedo cristata)
Le Martin - pêcheur à poitrine bleue (Ha/cyon malimbica)

1 Famille des HIRUNDINIDES


L'Hirondelle noire (Hirunda nigrita)

Famille des NECTARINIDES


1 Le Soui-manga brun (Anthocetes gabonicus)

1
1
1
1
1
1
1 28

1
CONSIDERATIONS GENERALES
SUR L'ENVIRONNEMENT HUMAIN
DES ZHC

L'environnement humain démographique du Sud forestier ivoirien, en


raison de l'essor des grandes cultures
Les (ZHC) ivoiriennes rassem- industrielles au détriment de la zône fores-
blent sur environ 1 % de la surface du terri- tière (Café, Cacao, Palmier à huile, Coco-
to ire (1) près de 20 % de la population totale tier, Hévéa, bois).
du pays soit 2,2 millions en 1985 (Ab idjan
indu) très inégalement répartis de part et Les ZHC orientales sont très for-
d'autre du fleuve Bandama . tement marquées par le taux de coissance
élevé d'Abidjan où la population a décuplé
A. Répartition géographique de la popula- de 1960 à 1985. Depuis une quinzaine
tion d'années, en dépit d'un fort exode rural vers
Abidjan, Grand Bassam, Dabou et Jacque-
A l'ouest: deux villes côtières ville, les densités rurales se maintiennent
(Sassandra, San Pédro) concentrent 40 % néanmoins grâce à un apport migratoire
de la population de cette région, et les den- allogène (selon les estimations de 1985 un
sités rurales atteignent rarement 7 habitants à deux tiers de la population des sous Pré-
au km 2 . De vastes espaces, encore inhabi- fectures de cette zone sont originaires de
tés, correspondent aux zones maréca- pays voisins - Ghana, Bénin, Burkina Faso -
geuses et lagunaires ou de relief accidenté . ou d'autres régions de Côte d'Ivoire - "Pays"
A l'est: de part et d'autre Baoulé et Sénoufo principalement - ).
d'Abidjan, villages et campements se multi-
plient le long des axes routiers, des rivages
marins et lagunaires. Huit villes ont plus de
10.000 habitants. Mais l'originalité de cette
région est la zone d'influence économique
et sociale de la capitale où résident plus de
80 % de la population des ZHC Est.

B. Dynamisme ethno-démographique
-"... ~ ~-.-.-:

Historiquement, ces deux régions


relèvent de groupes ethniques d'origine et Village Appolo en bord de lagune Aby
de culture très différentes : les krous à
(1) La ZHC occupe environ le tiers méri-
l'Ouest de Fresco , les akans à l'Est. Mais dinal des 13 Sous Préfectures côtières et lagunaires
ces dernières décades ont vu se boulever- de basse Côte d'Ivoire soit 5 à 6000 km2 dont la moitié
ser le contenu ethnique et la dynamique de lagunes et zones marécageuses) .
29
Destruction de
Rhizophora racemosa .

Vue aérienne d'une mangrove


en cours de destruction

.'

Bois destiné à la vente dans la


région de Sassandra

30
C'est dans les ZHC occidentales, bou ... . sont utilisées localement par les
encore relativement peu peuplées, que l'on pêcheurs pour la construction des cases et
relève les plus forts taux d'accroissement de la fabrication des "instruments" de pêche
la population tant rurale qu'urbaine. Ces traditionnelle (nasses, pièges, palangres...).
régions sont alimentées par un important Les barrages de poissons et les pêcheries
courant migratoire ivoirien (baoulé) et étran- fixes nécessitent une grande quantité de
ger (burkinabé et ghanéen), conséquence matériau végétal.
de la politique de désenclavement géogra- Plus dangereuse est la coupe
phique et de déveloplpement économique non sélective et sans reboisement, liée aux
du Sud Ouest de la Côte d'Ivoire depuis besoins en bois de chauffe et bois de
1970. fumage de poisson. Cette pratique, en effet
très répandue, est effectuée dans des fours
C. Impact de cette évolution traditionnels à forte déperdition calorique, et
nécessiste une importante consommaton de
La croissance "sauvage" de bois (60 kg pour 30 à 40 kg de poisson).
l'environnement humain pose le problème Des fours "améliorés" ont été expérimentés
de la sauvegarde de l'environnement natu- localement sans grand succès (Port Bouët:
rel des ZHC qui sont cité du fumage; Adiaké).
- menacées dans le Sud-Ouest
par l'avancée du front pionnier de planteurs- Quelle part de ces combustibles
défricheurs vers le littoral, revient aux formations végétales spécifi-
- dégradées dans le Sud-Est par ques des ZHC ?
les pêcheurs, étrangers entre autres , sou- Les dégâts causés par la coupe
vent peu soucieux de préserver les équi- ont été observés partout ou mangroves (en
libres naturels (coupe des mangroves; particu lier) et forêts de bas-fonds innon-
empoisonnement des eaux lagunaires , bra- dables restent les seules ressources végé-
connage et destruction de la faune ...) tales (ou les plus faciles à exploiter), à pro-
- en voie de disparition sous ximité d'une agglomération de quelque
l'effet de la demande croissance d'origine importance (Fresco, Sanssandra, San
urbaine. Dans un rayon de 60 km autour Pédro ).
d'Abidjan, où la disponibilité des terres culti-
vables diminue, ce qu'il reste de végétation
naturelle semble condamné à court terme
par les besoins de la ville en bois de chauffe
et en produits vivriers.

Utilisation des ZHC

A. Forêts et mangroves

1) Cueillette et coupe du bois


Pêcheur autochtone de Fresco transportant
Les activités de cueillette ne sont son bois de chauffe
pas "dégradantes" pour l'environnement
naturel comme peut l'être la coupe de bois
dans les forêts marécageuses ou les man-
groves même si elles revêtent quelque 2) Défrichement pour l'exgloitation agricole
importance économique au niveau de cer-
tains villages (ZHC occidentale surtout). Les milieux naturels marécageux,
Nervures et palmes de Raphia ou de Phoe- tourbeux, inondés périodiquement ou en
nix, racines de Rhizophora, tiges de Bam- permanence sont, à priori, peu propices à
31
une occupation agricole. En effet, la fertilité cultiver,
des sols hydromorphes est dans l'ensem- - la politique agricole d'incitation à l'au-
ble, assez médiocre. L'excès d'eau par tosuffisance alimentaire et à la diversifica-
engorgement temporaire de la surface tion des cultures,
(remontée de la nappe phréatique) repré- - enfin, il se trouve que les conditions pédo-
sente un handicap certain qui, dans bien logiques et hydrologiques de ces milieux
des cas, suscite des aménagements préa- humides côtiers, jusqu'à présent épargnés,
lables (drainage, dessalement, amende- conviennent particulièrement bien, à cer-
ment, etc...) pour la mise en valeur agricole. taines cultures maraîchères dont la
Pourtant, depuis une quinzaine demande s'est intensifiée avec le dévelop-
d'années, ces milieux sont, à leur tour, sou- pement urbain.
mis au défrichement pour leur mise en cul- Dans un rayon de 50 km à l'Est et
ture . Cette évolu- , - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - , l'Ouest d'Abidjan
tion s'accélère (entre Grand-
dans la région Bassam et Dabou),
Centrale et Sud les forêts maréca-
Est de la basse geuses à Raphia ou
Côte d'Ivoire. Mitragyna, les man-
Il est groves et surtout les
difficile d'évaluer -, forêts d'arrière-
l'importance de mangrove ont
ces défrichements presqu'entièrement
et les chiffres disparu. remplacées
avancés ne sont part des cultures
que des estima- industrielles ou itiné-
tions grossières rantes villageoises:
faites à partir de rizières. cultures
l'analyse des maraîchères mais
cartes complétées Installation d'une monoculture (Cocotier) en bordure aussi champ de
par l'observation d'une mangrove (en haut à droite) . maïs, manioc, canne à
aérienne. Leur intérêt est de faire ressortir le sucre et... friches.
contraste qui oppose: Les secteurs tourbeux, hydro-
- les ZHC à l'Ouest de Fresco, morphes, qu'occupait le front pionnier des
encore relativement bien conservée: 75 à mangroves avançant en lagune constituent
100 %: 11 000 à 12 000 ha de forêts maré- un excellent milieu aussi bien pour les cul-
cageuses et mangroves semblent intactes, tures maraîchères que pour les bananes qui
- les ZHC à l'Est de Fresco, où s'y font concurrence (bord de la lagune
ces "milieux humides" sont à la fois beau- Ouladine, bas-fond de part et d'autre de la
coup plus étendus (environ 130 000 ha) route de Dabou).
mais aussi beaucoup plus dégradés et défri- Les bas rivages lagunaires aux
chés : environ 60 % (80 000 ha) sont, ou ont sols hydromorphes plus ou moins sableux,
été, récemment mis en culture. où il suffit de creuser un trou de 50 cm pour
Cette opposition se calque très trouver de l'eau, ont été colonisés par les
exactement sur celle déjà notée d'un Sud cultures maraîchères, après aménagement
Ouest peu peuplé et d'une région Centre et de planches surélevées assurant un bon
Sud Est densément occupée, où l'influence drainage.
d'Abidjan est primordiale.
Les conditions se trouvent actuel- Les bas-fonds ou basses ter-
lement réunies pour une exploitation agri- rasses des embouchures lagunaires des
cole de ces milieux, citons rivières proches d'Abidjan, sont presque
- la pression démographique et la compéti- tous cultivés (planations de bananes et cul-
tion foncière pour les espaces restants à tures vivrières). Les forêts à Raphia et les

32
prai ries marécageuses de part et d'autre de B. Utilisation des plans d'eau
la basse Comoé ont cédé la place à
d'importantes rizières . Enfin, il faut noter 1! La pêche
l'utilisation originale de certaines bas-fonds
de bord de lagune, amenagés en bass in de Lagunes et estuaires occupent
pisciculture et alimenté naturellement par un environ 1 400 km2 dont plus des 9/10 situés
petit cours d'eau. à l'Est de Fresco. La zone basse et maréca-
En conclusion, l'isolement géo- geuse de la Bolo délimite deux régions très
graphique et humain parait être le seul fac- différentes, non seulement de peuplement,
teur garant de la préservation des dernières mais aussi de paysage et d'occupation: la
forêts marécageuses côtières (forêt de la pêche lagunaire n'y a ni le même dévelop-
Tanoé) et mangroves ivoiriennes (Sud- pement, ni la même importance économi-
Ouest). Si la belle forêt de la Mé, à 20 km que .
d'Abidjan, subsiste presqu'intégralement,
c'est moins en raison de son statut de "Forêt a) Les ZHC à l'Ouest de Fresco
classé" (qui n'a pas empêché celles de Vridi
et de l'Agnéby de disparaître), que des con - A l'exception des embouchures
ditions d'accès particulièrement difficiles. des fleuves Sassandra et Cavally, les plans
d'eau sont relat ivement peu étendus (100
Le Sud Ouest côt ier est resté
krn-'), très morcelés, isolés des uns des
pendant longtemps relat ivement protégé,
autres par le relief accidenté, et très peu
mais depu is 20 ans, son arrière pays subit
exp loités . Les popu lations riveraines sont
une dégradation du milieu nautrel compa-
davantage portées vers l'agriculture ou vers
rable à celle des régions lagunaires Ebrié et
la pêche mar itime. Là où elle existe, la
Aby entre 1930 et 1970 , par suite d'un pro-
pêche lagunaire est considérée comme une
cessus de "colonisation" par des villages et
activ ité complémentaire de l'agriculture
campements qui en sont les principaux arti-
(exemple des Godié à Fresco, Neyo à Sas-
sans. Le long des routes nouvellement tra-
sandra, Krou riverrains des lagunes entre
cées, des pistes sont ouvertes par les
Sassandra et le Cavally). La grande saison
exploitants forestiers ou pour les besoins
de pêche est l'hivernage, durant lequel les
des plantations industrielles, les planteurs
graus sont ouverts, permettant au trop plein
baoulés et immigrés burkinabé défricheurs
des eaux continentales de s'évacuer et aux
et ouvriers agricoles s'y sont installés, ont
marées de régénérer les eaux lagunaires.
défriché et pris possession des terres. Ce
C'est alors l'occasion des pêches collec-
"dépouillement" forestiers a des consé-
tives abondantes dont les surplus sont
quences certainement importantes bien que
fumés et acheminés vers les marchés régio-
mal connues, sur "équ ilibre des écosys-
naux.
tèmes humides côtiers.
Le reste de l'année, la pêche est
en revanche ind ividuelle et alimentaire;
En outre , la construction, déjà
bien avancée, d'une route côt ière transafri-
caine induira, à plus ou moins court terme,
l'avancée jusqu'au littoral d'une nouvelle
vague d'imm igrés, lourde menace pour les
ZHC du Sud-Ouest. Or, en l'absence de
mesure de protect ion jur idique (mise en
réserve intég rale) les magnifiques peuple -
ments de mangrove de cette région sont
irrémédiablement comdannés à brêve
échéance.

Pêche de crabes en lagune d'Ebonou

33
1
1 crabes, écrévisses, huitres de palétuviers et
autres mollusques complètent les prises à
diverses espèces de Ti/apia et de crevettes
des eaux salées des graus et embouchures
l'épervier, lignes et filets (ces produits sont de fleuves, sont les espèces les plus exploi-
1 consommés frais le jour même ou fumés).
Etant donné la faible densité des
tées (voir tableau ci-contre).
Chaque lagune présente des
populations riveraines, ces lagunes ont con- caractères originaux qui les distinguent tant
1 servé leur équilbre écologique. C'est là que
subsiste en effet les plus belles mangroves
sur le plan socio-économique que sur le
plan biogéographique la lagune Ebrié
de Côte d'Ivoire (Fresco, Niéga, Dagbégo). jusqu'à 50 km à l'Est et à l'Ouest d'Abidjan,
1 subit très fortement l'influence de la ville
dont les besoins en poissons ont considéra-
blement augmenté; les lagunes Aby et de
1 b) Les ZHC à l'Est de Fresco

Intermédiaires entre deux milieux


Grand Lahou surtout, restent relativement
en marge.

1 très différents: les eaux marines et les eaux


continentales dont elles subissent l'influen- Données d'ensembles actuelles sur la
pêche à l'Est de Fresco
ce alternative selon les saisons, ces
1 lagunes sont riches en matières nutritives et
abritent une centaine d'espèces halieuti- Selon les enquêtes réalisées
ques et offrent aux populations riveraines un conjointement par le C.R.O. et la D.P.L.M.
1 énorme potentiel de pêche. L'Ethmalose,
d'origine marine, mais adapté aux eaux les
(Centre de Recherches Océanographiques /
Direction des Pêches Lagunaires et Mari-
plus déssalées, le Machoiron, très prisé et à times) la production de la pêche, toutes
1 haute valeur commerciale, ainsi que espèces confondues, occillait entre 1979 et

1
1 PRINCIPALES ESPECES DE POISSONS

1 DES SYSTEMES
LAGUNAIRES DU GOLFE DE GUINEE

1 Sarotherodon me/an Uza fa/cipinnis


Ti/apia guineensis Acentrogobius sch/eg.
1 Chrysichthys nigrod.
Chrysichthys wa/keri
C/ariassp.
Citharichthys stamp.
Pe/Ionu/a afzeliusi A/estes /ongipinnis
1 Ethmalosa fimbriata
Hemichromis fasciatus
Gerres nigri
Hepsetus odoe
Hemichromis bimacu/.
Oxyurichthys occidentalis

1 Gerres me/anopterus
Be/one senega/ensis
Psettus sebae
Caecu/a cepha/ope/tis
Heterotis niloticus
Ca/linectes /atimanus
E/ops /acerta
1 Peneus dnorarum

1
1 34

1
1980 autour de 12 à 15 000 tonnes par an économique
soit 10 à 15 % de la production totale et 6 %
de la consommation nationale de poissons. Avant 1950, toutes les ethnies
Son importance revêt un grand intérêt éco- riveraines ont utilisé les lagunes pour leurs
nomique dans les activités de la zone lagu- besoins alimentaires. Occupation princi-
naire puisqu'elle assure un revenu à envi- pale, la pêche se pratiquait dans le respect
ron 12 000 personnes dont la moitié pour la des traditions et des équilibres naturels. Les
pêche et l'autre moitié pour la transforma- activités de pêche étaient réalisées au
tion (fumage). niveau de la famille 'ou du lignage. Les
D'après les statistiques, les don- outils de pêche: (filets maillants et éperviers,
nées sur la pêche se répartissent de la palangres, pêcheries fixes, filets à crevettes,
façon suivante: masses et pièges à crabes) étaient utilisés
individuellement ou par équipes de deux ou
Lagunes Produit Nb . Nb Surface trois, chacun pour une espèce déterminée .
(tonnes) pêcheurs fumeurs (ha) Les pêches "collectives" avaient lieu à cer-
taines époques de l'année au niveau du lig-
Aby 6 000 2300 1 600
nage ou du village sous la forme de bar-
42 000
Ebrié 7 800 (2.900) 4000 60000 rages ou de sennes en fibres végétales.
Grand Lahou (700) (600) (400) 23 000 A partir de 1955, ce schéma tradi-

TOTAL (15000) (6000) (6000) 125 000

1980 - ( ) Les ch iffres approximatifs - Sources : Stat isti-


ques DPLM et CRO

soixante à soixante dix pour cent


des poissons pêchés sont des ethmaloses
capturés surtout à l'aide de sennes tour-
nantes, sennes de plage (très grands filets
en nylon à maillage serré) et filets mai liants
traditionnels, vingt à vingt cinq pour cent
sont des machoirons. La pratique du
fumage est générale et concerne toutes les
Entretien des filets de péotte en lagune Aby.
espèces dont les 2/3 sont ainsi tranformées.
Cette activité a largement contribué à la tionnel va subir de profondes transforma-
déforestation de l'arrière pays lagunaire et à tions, à l'origine de la situation de surexploi-
la dégradation des mangroves. tation actuelle des lagunes Ebrié et Aby. On
c) Evolution du contexte socle- voit ainsi apparaître de nouveaux engins de
pêche: les sennes maniées collectivement
par des équipes de 12 à 15 pêcheurs, tech-
niquement plus performantes qui, contraire-
ment aux engins individuels traditionnels ,
sont peu sélectives. Introduites par les gha-
néens, elles se répandent rapidement à
partir des années 65-70 en lagune Ebrié
(plus tard ivement en lagune Aby), à la
faveur d'une demande croissante du mar-
ché urba in. Elles concurrencent les engins
individuels, occasionnant des conflits par-
fois violents avec les rivera ins autochtones,
et épuisent les stocks de poissons. Parallè-
Fabrication des nasses avec des matériaux préle vés lement , s'opère une mutation socio-
dans une torét humide à Mytragina
35
1
1 économique :
- le développement de la scolarisation incite
contre, les riverrains autochtones des
lagunes Ebrié Ouest - Tagbo, Mackey et
les jeunes à l'exode rural vers Abidjan, Tadio s'inquiètent de l'arrivée de pêcheurs
1 - le développement des cultures d'ex-
portation assurant de meilleurs bénéfices
migrants étrangers, disposant de moyen
nettement supérieurs aux leurs.
que la pêche traditionnelle, ainsi que Par le biais du principe de
1 l'espoir d'une rente viagère (assurance
vieillesse), détournent de l'activité de pêche,
"l'autorisation préalable"(1), les riverrains
autochtones pourraient exercer un contrôle
un grand nombre de riverrains autochtones. sur le nombre de pêcheurs (et d'engins)
1 Pour beaucoup d'entre eux, la pêche
devient occasionnelle, alimentaire ou un
s'installant sur leur territoire. Ce contrôle est
effectif dans certains secteurs où les sennes

1 moyen de se constituer le capital nécessaire


à ['accès à la plantation.
tournantes ont été interdites (lagunes Aby
Sud, Tendo, Est lagune Ebrié, lagune
- une importante migration étrangère de Tadio). Mais, souvent les structures sociales

1 pêcheurs professionnels (ghanéens, béni-


nois, togolais, Bozo maliens) se développe
"relâchées" de la population autochtone ou
leur sens de l'hospitalité, surtout quand les
à la faveur du salariat, de la désaffection de "étrangers" sont ethniquement apparentés,
1 la pêche par les autochtones, de la très forte
demande du marché d'Abidjan en poissons.
(agnis et ghanéens en lagune Aby) fait que
nombre de familles entretiennent des rela-
Cette évolution va induire l'apparition d'un tions de bon voisinage avec les nouveaux
1 type de pêche spéculative dont l'intérêt est
avant tout le profit immédiat. Les proprié-
venus.
En outre, les droits d'usage, exi-
taires des sennes et des pirogues à moteur gibles en argent et en produits de pêche,
1 sont pour la plupart d'origine ivoirienne. Ils
utilisent une main d'œuvre de pêcheurs
peuvent dans une certaine mesure, en favo-
riser également la surexploitation...
salariés, souvent étrangers. Pour toutes ces raisons, il semble
1 d) Conséquences: surexploitation
que l'aménagement traditionnel ne soit pas
toujours en mesure d'imposer une régle-
des stocks halieutiques mentation rationnelle de la pêche. La situa-
1 L'utilisation d'engins de moins en
tion actuelle se caractérise par une opposi-
tion conflictuelle, très aigüe dans certaines
moins sélectifs provoque en quelques lagunes (Ouest Ebrié), entre pêcheurs col-
1 années l'épuisement des stocks de pois-
sons et, par contre coup, un effort de pêche
lectifs "étrangers" et pêcheurs individuels
"autochtones". De manière générale, la
accru et ceci d'autant que la pêche tradition- compétition territoriale sur les mêmes stocks
1 nelle individuelle tend elle aussi à
s'intensifier.
halieutiques se traduit, au plan écologique,
par un épuisement de ces ressources
En 1982, la chute des prises et la renouvelables et au plan économique, par
1 diminution de la taille moyenne de l'espèce
la plus consommée, l'Ethmalose, a conduit
un appauvrissement des populations.
Ce schéma recouvre cependant
le gouvernement ivoirien à interdire la des différences régionales (géographiques,
1 pêche pendant six mois en lagunes Ebrié et
Aby.
biologiques, économiques et sociales).

1 Dès 1965, De Surgy notait les


premisses d'une surcharge, de la concur-
e)Diversité régionale: le système
lagunaire de Grand-Lahou
Les lagunes Tadio, Nyouzomou,
rence "étrangère" et d'une rupture des équi-

1 libres naturels : les lagunes Centre et Est


Ebrié étaient appauvries en raison du per-
Makey et Tagba constituent un

(1) L'appropriation de l'espace lagunaire


cement du canal de Vridi, de l'envasement
,1 des fonds près de l'embouchure de la
Comoé. L'équilibre semblait se maintenir
par les riverrains autochtones insallés de longue date.
est un fait, et tout étranger au village désirant en
exploiter les eaux territoirales doit demander
dans les lagunes Aby, Potou et Adjin, par l'autorisation au Chef.
1 36
1
1 ensemble de 230 km 2 environ relié à la
lagune Ebrié par le canal d'Asagny.
louent leurs territoires lagunaires aux
pêcheurs allogènes. Quelques villages
Ebrié se sont constitués en coopératives
1 Les Dida en occupent tradition-
nellement la rive nord, les Avicam tous les
autres rivages. D'importants campements
pour la mise en commun de leur effort et
l'achat de grands filets. Les pêcheries fixes
sont en grande partie abandonnées.
1 de pêches ghanéens, béninois, nigériens
ou ivoiriens (alladians) se sont installés sur L'évolution de la pêche depuis
1965 se situe dans un contexte écologique
les rivages moins bien situés de la rive Sud

1 basse et marécageuse.
Les autochtones, non convertis à
et socio-économique très différent de celui
des lagunes de Grand Lahou. Elle est
caractérisée par:
l'agriculture, continuent d'exploiter les plans
1 d'eau individuellement avec les moyens tra-
ditionnels et certains villages entretiennent
- des modifications hydrobiologiques dues à
l'ouverture du canal de Vridi, à la fermeture
collectivement quelques pêcheries fixes de l'embouchure de la Comoé à Grand Bas-

1 renouvelées chaque année. Les sennes de


plage introduites par les ghanéens se sont
sam, à une pollution importante dans cer-
tains secteurs lagunaires proches d'Abidjan
multipliées surtout dans la partie Sud de la et à une pêche à l'aide de produits toxi-

1 lagune Tadio.
Le potentiel de pêche de ces
ques;
- l'extension des techniques de pêche col-
lagunes. peu connus sur le plan hydrobiolo- lective: sennes tournantes et pirogues moto-
1 gique, est difficile à évaluer. La plus exploi-
tée. la lagune Tadio, aurait. selon la DPLM,
risées en eau profonde (limitée dans la
zone d'Abidjan par le trafic portuaire),
un bon rendement : 250 kg/ha. Les crevettes sennes de plage sur les hauts fonds, filets
1 sont abondantes dans l'estuaire du Ban-
dama et les courants de marée mis à profit
"syndicat" (grand filets mailiants manœuvrés
collectivement à partir de pirogues) ;
pour leur capture au grand filet. Les autori- - la "confiscation" d'une partie des res-
1 tés coutumières ont d'emblée interdit
l'usage des sennes tournantes (les fonds ne
sources par les armateurs de ces grands
filets au détriment pêcheurs individuels
s'y prêtent d'ailleurs pas) et contrôlent "(J. Y. Weigel). La situation est marquée par
1 l'effort de pêche des sennes de plages
étrangères par les biais de quotas de
l'acuité des conflits entre pêcheurs collectifs
et pêcheurs individuels(1), principalement
pêcheurs, redevances perçues et interdic- dans l'Ouest Ebrié où les ahizis continuent
1 tion de pêcher certains jours... (J.Y. Weigel).
Cette moindre exploitation serait donc due à
une pêche individuelle à l'épervier, filets
fixes, pêcheries (en regression), barrages,
"une meilleure gestion due à l'efficacité du sur la rive Nord tandis que la rive Sud est
1 système d'aménagement coutumier" mais
aussi "à l'éloignement des zones où la
exploitée à l'aide d'engins collectifs (sennes
tournantes et de plage). Dans cette partie
de la lagune, la pêche est organisée pour
1 demande en poissons est élevée" (rapport
FAO). répondre à la demande importante du mar-
ché urbain;
f)Diversité régionale: le système

1 lagunaire Ebrié
L'ensemble lagunaire Ebrié
- la multiplication de ces filets (33 en 1964,
90 en 1979), la raréfication des prises et la
diminution de la taille des poissons entraî-
s'étend sur 200 km du canal d'Asagny, à
1 l'Ouest, au canal d'Assinie à l'Est. " englobe
les lagunes Poto-Adjin et Ono, soit un plan
nent une augmentation de l'effort de pêche
tant individuel que collectif. Cette surpêche
aboutit en 1979-80 à une importante dimi-
d'eau d'environ 600 km 2 . La pêche y joue
1 un rôle important dans l'approvisionnement
d'Abidjan. De toutes les ethnies riveraines
nution des captures surtout des ethmaloses
qui constituent plus de 70 % de la produc-
autchtones, seuls les ahizis sont encore tion.
,1 engagés à plein temps dans la pêche tradi-
tionnelle. Les autres se sont en majorité
(1) Les armateurs, propriétaires des filets et des piro-
gues motorisées sont souvent de nationaux, anciens
pécheurs de la région, mais aussi cadres ou hommes
convertis à l'agriculture de plantation et politiques d'Abidjan.
1
o
o En 1982, les autorités ivoiriennes
prirent la décision d'interdire la pêche pen-
d'usage se concrétise par des redevances
versées au propriétaire de la zone, par les

o dant six mois. Les populations halieutiques


se reconstituèrent, mais, dès l'année sui-
vante, le processus de surexploitation se
usagers des sennes de plage, ce qui
n'empêche nullement leur multiplication.
Leur usage a même été encouragé au

o remît en place. En 1985, les sennes sont


interdites sur l'ensemble de la lagune Ebrié.
En 1987, la pêche est fermée d'avril à
niveau communal, par l'ouverture d'une
ligne de crédit de la BNDA aux coopératives
(GVC) crées en 1979 dans le cadre d'un

o octobre et un système de licence obligatoire


est instauré pour tous les grands filets.
"plan de développement de la pêche en
lagune Aby".
A partir de 1980, les stocks don-

o Tonnes

Senne
1975 1976 1977

(5620) 3970 2370 2600


1978 1979

2620
nèrent des signes de surexploitation. La
production, toutes espèces confondues,
chute des 2/3 en 1979 et 1981.
n
u
de plage
Ethmalose Machoiron Autres TOTAL
Senne 960 1 715 2 440 1 500 850
tournante

o Péche
"industrielle-
1979

1980
6810

3960
910

1 220
2230 10010

1 020 6800

o au filet maillant (3000) 1 925 1 900 1 900 1 900

TOTAL (9220) 7610 6710 6000 5370


1981 560 1 700

Source: Charles Dominique. C.R.O.


1 470 3730

o ( ) Chiffres approximatifs : Source: Rapport F.A.O.

g) Diversité régionale:le système


(Péche à la senne tournante. senne de plage et file'
maillant).

o lagunaire Aby-Tendo-Ehy Les mesures prises en lagune


Ebrié en 1982 vont également être appli-
Cet ensemble de 420 km 2 , le quées en lagune Aby à la demande des
o "plus continental" du système lagunaire Est-
ivoirien, offre une grande variété de milieux.
pêcheurs eux mêmes. Mais elles ne suffi-
sent même pas à rétablir l'équilibre,
Soixante à soixante dix espèces halieuti-
o ques s'y développent parmi lesquelles,
carpes, machoirons, crevettes et crabes
d'autant que la démographie a triplé de
1981 à 1987, et qu'en l'absence de struc-
tures de contrôle, les sennes tournantes se
composent, avec l'Ethmalose (70 % des
o prises), l'essentiel de la production.
Beaucoup de riverains autoch-
sont multipliées (419 en 1985). Dès 1985,
les stocks de poissons manifestent à nou-
veau des signes de surexploitation

o tones pratiquent l'agriculture de plantation


et ne pêchent plus qu'occasionnellement.
Les hostilés continuent d'exploiter les eaux
(diminution de taille, raréfaction de toutes
les espèces) liée également à des fluctua-
tions hydroclimatiques importantes et peut-

o peu profondes du Sud de la lagune Aby


avec l'arsenal de petits moyens artisanaux..
Comme en lagune Ebrié, l'usage des
être aussi à la pratique désastreuse à
l'échelle économique, de la pêche aux poi-
sons et qui ont incité les autorités à prendre,

o sennes tournantes et de plage s'est


répandu surtout dans la région centrale où
les fonds, supérieurs à 5-6 m, sont proprices
début 1987, les mesures déjà évoquées à
propos de la lagune Ebrié. Ces mesures ont
pour conséquence immédiate le départ de
o à la senne tournante. Ici, la notion d'eaux
territoriales n'existe plus guère, la pêche est
libre tout au moins pour les ghanéens, eth-
nombreux pêcheurs immigrés.

2. Aménagement et développement de la
o niquement apparentés aux agnis riverains.
Là où un contrôle existe (lagune Tendo-Ehy
- Sud lagune Aby), l'application de droits
pêche artisanale

Parallèlement à ces mesures


o 38

o
D
o administratives qui concernent aussi les
autres lagunes, le gouvernement, conscient élaborées
a) L'aquaculture à techniques

o de la gravité de la situation et de l'urgence


de solutions, a préparé un plan
d'aménagement rationnel des ressources
Le C.R.O. expérimente des tech-
niques d'aquaculture élaborées avec ferme
d'alevinage et d'élevage et apport de nour-

o halieutiques des lagunes.

a) Lagune Ebrié
riture artificielle, dans les stations de Layo et
Mopoyem (Dabou).
Quelques particuliers, bénéficiant

o Le projet qui concerne le système


Ebrié est axé sur quelques aspects particu-
liers et ponctuels:
de prêts bancaires et de J'encadrement des
structures en place, se sont lancés dans
l'élevage de machoirons et de tilapias, en

o - le développement d'une pêche commer-


ciale du crabe comportant l'expérimentation
et la démonstration d'engins de pêche;
étangs ou en enclos sur lagune.

Dès 1963, les idées fleurissaient

o - l'introduction d'engins de pêche aussi per-


formant mais beaucoup plus sélectif~ que
en la matière et de nombreux projets ont
donné lieu à des réalisations dont certaines
les sennes interdites depuis 1985 (Ebrié) et ont même dépassé le stade expérimental.
o 1987 (Aby);
l'installation dans certains villages
d'acadjas ou de pêcheries fixes du même
La nature physique des lagunes en fait des
sites particulièrement propices au dévelop-
pement de certaines formes d'aquaculture.
type que ceux expérimentés par le [Link]. à Plus de 10 000 ha répondent aux nécessi-
la station de Layo (Dabou). tés d'un élevage de poissons (salinité, oxy-
génation, absence de pollution, faible pro-
o b) Lagune Aby
Le projet d'aménagement-
fondeur à proximité des rivages, mais le
véritable problème de cette aquaculture se
développement de la pêche artisanale en pose moins en termes physiques et techni-
o lagune Aby, financé par FIDA (Fond Interna-
tional pour le Développement Agricole)
ques, qu'en termes économiques. Les
investissements nécessaires ne permettent
(1985-1990), a pour principal objectif en effet ni sa vulgarisation, ni même sa ren-
o l'amélioration des conditions de vie des
riverains pêcheurs et fumeurs de poissons
tabilisation sur le marché intérieur, excepté
peut-être pour quelques espèces à très

o ainsi que l'exploitation rationnelle des res-


sources halieutiques de la lagune.
Dans cette optique, ce "projet"
haute valeur marchande comme le crevette
et le machoiron.

o consiste d'une part à expérimenter une


aquaculture en acadjas et en enclos ainsi
qu'à prévoir des moyens de financement
b) L'aquaculture en "acadja"

Largement répandue au Bénin, la


pour en faciliter la vulgarisation, et, d'autre technique "acadja" de pêche a été introduite
part, à réaliser en 1987 une enquête localement pour les lagunes ivoiriennes.
d'évaluation démographique et sociale Cette technique consiste à déposer aux
exhaustive afin d'améliorer la connaissance abords du rivage des branches de palmiers
de la région. en petits bosquets sous-marins dans les-
quels crustacés et poissons se développe-

o 3. AQuaculture; solution d'avenir? ment à l'abri des prédateurs.


Un programme de recherche
mené par le [Link]. vise d'une part à amélio-
Deux formes d'aquaculture se
développent depuis une dizaine d'années rer l'efficiacité du système "acadja" et
D en République de Côte d'Ivoire. L'une pro- d'autre part à étendre l'implantation de cette
grammée par le [Link]. et la D.P.L.M. dans technique dans les [Link] ivoiriennes. Par
n
u
le cadre des projets de développement de
la pêche artisanale (lagune Aby), l'autre
ailleurs, dans le cadre du projet intégré de
la lagune Aby, des techniques d'aqua-
spontanée. culture en acadja, associées à une sylvicul-
o 39

o
Acadja - enclos

STATION
D'AQUACUL TURE
DU CRO (DABOU)

L- ..... Acadja - enclos

40
ture de bambous de chine destinés à fournir On peut toutefois se demander
le matériel végétal nécessaire à leur con- quelle est la part qui revient à une gestion
struction sont également expérimentées. A irrationnelle des ressources et quelle pour-
cet égard, il convient de préciser que rait être celle, imputable à des modifications
l'entretien d'un hectare d'acadja nécessite hydrologiques ou biologiques d'origine
1,5 ha de bambous de chine qui a anthropiques. Les bilans faunistiques ne
l'avantage d'être plus résistant aux tarêts et portent en effet que sur les espèces les plus
au pourrissement que les autres matériaux. consommées et l'on ne dispose, actuelle-
ment, d'aucune analyse précise concernant
En conclusion, les mesures admi- l'influence des facteurs naturels ou artificiels
nistratives, les projets d'aménagement et les sur l'équilibre des écosystèmes lagunaires.
expériences d'aquaculture sont autant de
réponses au problème de surexploitation Aussi, pour garantir le succès de
halieutique des lagunes Ebrié et Aby, qui projets d'aménagement de pêche artisa-
semble être le résultat d'une mauvaise ges- nale, il serait souhaitable de réaliser une
tion d'un effort de pêche porté sur un très étude prélable afin de pouvoir judicieuse-
petit nombre d'espèces dont le cycle de ment concilier conservation du milieu et
maturation n'est plus respecté. satisfaction des besoins économiques.

,
~ - - -
"
--
--=:- -:- ~-:~ ~~-::t=~~; ,.::~

Quelques aménagements
villageois pour
la pêche en lagune.

41
LES MENACES

Les menaces qui pèsent sur les que le gouvernement ivoirien envisage de
ZHC ivoiriennes n'ont rien de spécifique; mettre fin à l'agriculture itinérante au profit
elles sont pour la plupart la conséquence d'une agriculture sédentaire intensive.
évidente d'une action, directe ou indirecte, Aussi assiste-t-on à une course à la terre
d'origine anthropique. Dans leur grande qui, bien évidemment, n'épargne pas les
majorité, la dégradation des écosystèmes forêts des ZHC. De plus, la construction de
humides côtiers résultent de décisions la route transafricaine côtière , accès directe
prises au titre du désenclavement ou de à la côte pour les populations, accentuera
l'autosuffisance alimentaire. Le déboise- encore davantage ce déséquilibre.
ment reste la cause majeure des problèmes La surexploitation des ressources
que rencontre aujourd'hui les ZHC, car il halieutiques, catastrophique en lagunes
génère des désordres écologiques souvent Aby et Ebrié, ainsi que le le braconnage
irréparrables en zone tropicale. La défriche aveugle portent un préjudice grave à la
conjointe des mangroves et des forêts en faune de certaines ZHC du Sud Est du
amont , provoque des phénomènes pays . Ces menaces demeurent,à court
d'érosions particulièrement critiques pour la terme, moins graves pour les ZHC du Sud
conservation des sols, hypothèquant pour Ouest.
l'avenir les chances d'une régénération La liste des dangers menaçant
naturelle du milieu, du moins dans certaines les ZHC ivoiriennes est longue. " serait vain
zones du Sud Est du pays. de les énumérer tous ici. Aussi pour clarifier
Le miracle économique ivoirien a la question, deux schémas sont proposés
eu les effets que l'on connait au niveau de au lecteur, dans le but de résumer au mieux
la forêt dense; ils s'avèrent de nos jours de l'action de l'Homme sur les écosystèmes
plus en plus perceptibles dans le Sud Ouest humides côtiers . Par ailleurs, les tableaux
de la basse côte de part une immigration présentés dans le chapitre "Descriptions
importante motivée par l'attrait des "terres des sites", rapportent approximativement le
noires" réputées pour leur haute valeur agri- degré de conservation de chacune des ZHC
cole. Malheureusement, la situation est telle visitées .
42
--------------- ------
INflUENCES ANTHROPIQUES
édification de barrages en amont: modification de l'alimentation en eau douce.
-------------_._------------"
1
défriches intensives de la forêt dense en amont: érosion et sédimentation ...-IN-f-L-U-EN-C-E-S-NA-T-U-R-E-L-LE-S------------., 1
assèchement pour les cuhures: appauvrissement des sols
modifications climatiques liées à une diminution de la pluviométrie 1
construction de la route côtière transafricaine
érosion côtière: déstabilisation des cordons littoraux
pollution diverses L----------r--------'11
lménagements irrationnels
1
1
MILIEU PHYSIQUE ---------_----1
1
1

FLORE
ZONES HUMIDES COTIERES
écosystèmes lagunaires, estuaires _1
et forêts marécageuses

'""\
"'
défriches abusives: bois de chauffe, fumage de poisson, matériau de
construction, nourrissage des troupeaux, fermage. acadjas.
/
pêche incontrôlée: surexploitation et utilisation de poisons.

ouvertures peu ou trop fréquente des passes: appauvrissement des braconnage intensif pour l'alimentation et la commercialisation
populations végétales et modification de la composition floristique dus des produits de la faune (trophée. vertus médicinales)
à des variations importantes du taux de salinité des eaux
destruction des habitats
végétation envahissante: Eichorna. Pistia. Salvinia.....
---------------------
Poissons
.. Sud Est RCI

t~
Sud Ouest RCI
Crustacés
Mollusques

PECHE

Teinture (filet) Outils domestiques


(cuisine, pêche)

Construction
de meubles
r---__ Bois de chauffe

\
FAIBLES
Habitat
\\
Agriculture
_ _ _ _ _ FORTES

IL- ACTIVITES DESTRUCTRICES - - - - - -


1
1
1
1
1
1
1
1
DESCRIPTION DES SITES
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
;1
1 45

1
- - - - - - - - - - - - - - - --- - - - -
- -- ------------ ------
SITES 1 2 3 4 5

NOM Forêt de la Tanoé Lagunes Ehy Iles Ehotilés Lagune Aby Nord lagune Aby centre
etTendo

LOCALISATION GEOGRAPHIQUE Est lagune Ehy SE Rel Lagune Aby Sud Embouchure Bia Adiaké Ville
SERCI SERCI SERCI SERCI

SUPERFICIE (ha x 1000) 12 8 3 12 8


SUPERFICIE: EAU/ VEGETATION (%) 0/100 80/20 40/60 70/30 100/0

VEGETATION NATURELLE Forêt marécageuse Forêt marécageuse Mangrove à Forêts marécageuses Néant
DOMINANTE à Mitraovna à Mitraavna et Raohia Rhizoohora à Raphia et Ficus

DEGRE DE CONSERVATION (%) 90 10 50 50 0

DENSITE DE POPULATION (1 • 5) 1 3 2 3 4

STATUT aucun aucun 1/3 en oarc national aucun aucun

LOCALITE LA PLUS PROCHE [Link])lJ FRAMBO. MOUA ASSINIE ETUOSSIKA BIANOU KRINJABO ADIAKEABY

PRINCIPALE Pêche Pêche Pêche Pêche Pêche


ACTIVITE
SECONDAIRE Aariculture Agriculture Agriculture Aoriculture Aariculture
---------------------
SITES 6 7 8 9 10

NOM Lagune Assouindé LaguneOno Embouchure Comoé Lagune Potoul Adjin Lagune Ebrié Est
Embouchure Amia

LOCALISATION GEOGRAPHIQUE Ouest Assinie Nord Bonoua Grand Bassam Nord Est Bingerville Bingerville
Abidian

SUPERFICIE (ha x 1000) 5 1 16 8 20


SUPERFICIE: EAU! VEGETATION (%' 20/80 65/35 20/80 50/50 15/85

VEGETATION NATURELLE Forêt marécageuse néant Forêt à Raphia; man- Forêt à Mitragyna Mangrove à
DOMINANTE à Raphia -arove à Rhizoohora Manarove Rhizophora Rhizophora

DEGRE DE CONSERVATION (%) 10 75 10 60 5

DENSITE DE POPULATION (1 à 5) 3 2/3 4 3 5

STATUT partiellement aucun aucun partiellement aucun


dassée classée

LOCALITE LA PLUS PROCHE ~ eN) GRAND BASSAM ANKOUYATA,M'BATIO ELOKA,BINGERVILLE

PRINCIPALE Pêche Agriculture Pêche Pêche Pêche


ACTIVITES
SECONDAIRE Tourisme, agriculture Pêche Agriculture,tourisme Agriculture Agriculture
---------------------
L . . . . . l!....

OItAND • LAHOU
-------- - - - - -- ---- ---
SITES 11 12 13 14 15

NOM Lagune Ebrié Lagune Ebrié Complexe lagunaire Fresco Lagune Katibo
Centre Ouest Grand Lahou

LOCALISAnON GEOGRAPHIQUE Abidjan Jacqueville Embouchure Niouniourou Oassiekro


Jacaueville Grand Lahou Bandama (Ouest) Embouchure 8010

SUPERFICIE (ha x 1000) 44 100 30 6 0,4


SUPERFICIE: EAUI VEGETATION (%' 50/50 Sa/50 75/25 50/50 80/20

VEGETAnON NATURELLE Forêt à Mitragyna Forêt à Raphia Forêt marécageuse Forêt àRaphia Mangrove à
DOMINANTE Manarove RhizOPhora ManQrove Rhizoohora Manarove Rhizophora Manaroves Rhizoohora

DEGRE DE CONSERVATION (0/.) 10 30 60 80 90

DENSITE DE POPULATION (1 à 5) 5 4 3 2 2
, ." - ..
~~ , o·.,

STATUT partiellement classée Parc National et par- aucun aucun aucun


-tiellement classé

LOCALITE LA PLUS PROCHE ABIDJAN,OABOU TAeOUTOUN3AGNY GRAND [Link],EBO'.JC>U FfESX) OASSIEKRO,KOSSO


JACOUEVIUE

PRINCIPALE Pêche Pêche Agriculture Pêche


ACTIVITES
SECONDAIRE Agriculture Agriculture Pêche Agriculture

01
o
---------------------
------------------ - --
SITES 16 17 18 19 20

NOM Lagune de Embouchure Rivière Niega Secteur Embouchure


0 Sassandra Niéaa- San oedro San Pedro

LOCALISATION GEOGRAPHIQUE Est Sassandra Sassandra Ouest Sassandra Est San oedro San Pedro

SUPERFICIE (ha x 1000) 1 4 o 28 03 6

SUPERFICIE: EAUI VEGETATION (%) 50150 30/70 40/60 30/70 35/65

VEGETATION NATURELLE Mangroves à Forêts à Raphia et Mangrove à Mangrove à Forêts à Raphia et


DOMINANTE Rhizo. et Avicennia Manaroves Rhizophora RhizoDhora Manaroves

DEGRE DE CONSERVATION (%) 100 65 100 95 50

DENSITE DE POPULATION (1 à 5) 1 3 1 2 4

STATUT aucun aucun aucun Forêt classée de aucun


.
LOCALITE LA PLUS PROCHE Sassandra TrépOint Niéea Dadamiekro Monooaaa San Pedro

PRINCIPALE Agriculture Pêche Agriculture Agriculture Bois, tourisme


ACTIVITE
SECONDAIRE Pêche Aariculture Pêche Pêche Pêche,aariculture

0'1
N
---------------------

21 .
,. l ' ~ ••

24

\ c."...,
25 ..•
--------- ----- -------
SITES 21 22 23 24 25

NOM Lagunes Grand Béréby Embouchure Complexe Dodo Embouchure


, Diaboué Embouchure Nono Docb Cavally Cavally

1 LOCALISATION GEOGRAPHIQUE Ouest San pedro Grand Béréby Ouest Tabou Ouest Tabou
Grand Bérébv

SUPERFICIE (ha x 1000) o 83 3 8 02 1 1.5


1
SUPERFICIE: EAU! VEGETATION (%' 50/50 35/65 30/70 35/65 50/50

VEGETATION NATURELLE Mangrove à Forêt à Raphia Mangrove à Mangrove à Mangroves à


DOMINANTE Rhizophora Manarove à Rhizo. Rhizophora Rhizophora RhizophJAvicennia

DEGRE DE CONSERVATION (%) 100 80 100 90 95

DENSITE DE POPULATION (1 à 5) 0 2 1 2 2

STATUT aucun aucun aucun aucun aucun

LOCALITE LA PLUS PROCHE BALMERTAKI GAMIO BEREBYOURO BEREBYMANI BOUBELE TABOU BUERON

PRINCIPALE Agriculture Agriculture Agriculture Agriculture Agriculture


ACTIVITES
SECONDAIRE Pêche Pêche Pêche Pêche Pêche
1
1
1
1
1 D'une manière générale, les
zones humides côtières de Côte d'Ivoire
est particulièrement intense dans cette
lagune. Les campements provisoires instal-
s'étendent suivant une bande Est-Ouest lés le long de celle-ci, permettent
1 plus ou moins parallèle à l'Equateur. On
peut les situer approximativement entre les
l'exploitation intensive de tous les champs
de pêche.
longitudes 2°50' et 7°50' Ouest et les lati-
1 tudes 4°20' et 5°40' Nord.
(Slte1: Forêt de la Tanoé]
Les différentes populations se
1 répartissent tout le long du littoral de la
manière suivante: les Eotilés, les Agni et les
C'est une forêt marécageuse qui
s'étend depuis la rive gauche du fleuve
Apolloniens ou Nzema exploitent la lagune Tanoé jusqu'à l'Est de la lagune EHY. Très
1 ABY et ses environs; les Abourés, les
M'Batto, les Ahizi, les Alladians, les Ebriés
bien conservée, cette forêt est dominée par
Mitragyna ciliata qu'accompagne le plus
et les Adjoukrou vivent sur le système lagu- souvent Symphonia g/obulifera . Les autres
1 naire EBRIE et ses annexes; les Avicam et
les Dida sur celui de Grand-Lahou et enfin
espèces sont Cathormion aJtissimum,
Uapaca heude/otii, Crudia k/ainei, C/ero-
les Godiés sur la lagune NGNI de Fresco. dendrum thyrsoideum, Uncaria africana,
1 Dans le Bas Sassandra, et aux bords des
rivières Brimé et San-Pédro et de la petite
Ficus congensis (abondant en bordure de
lagune avec Echinoch/oa pyramida/is ) et
lagune KOTIBO, se trouvent les Néyo (Néo). Cyrtosperma senega/ense .
1 Les Krou quant à eux tirent profit du fleuve
Cavallv et des rivières Tabou, Nidia, Dodo,
L'activité principale est la pêche.
Les appolloniens qui vivent dans cette zone
Niéro et des lagunes Digboué.
1 L'activité principale exercée par
installent des campements provisoires le
long de la lagune, ce ·qui leur permet de
s'absenter plusieurs semaines de leurs vil-

1 ces populations est la pêche à laquelle


s'ajoutent l'agriculture et le tourisme. Dans
lages.

les régions à l'Ouest de Fresco. l'agriculture (Site 2: Lagunes Ehy-Tendo]


1 domine la pêche qui devient alors une acti-
vité de subsistance. Il s'agit d'une zone très dégra-
dée. Au Nord de ces deux lagunes, les
1 Les six premiers sites appartien-
nent au système lagunaire ABY. D'une
forêts marécageuses sont réduites à de
petits bas-fonds. Elles se caractérisent par
superficie de 424 km 2 , ce système, situé un abondant peuplement de Raphia.
1 entre les longitudes Ouest 2°51' et 3°21' et
les latitudes Nord 5°05' et 5°22', comprend
La pêche est la principale activité
à laquelle s'ajoute "agriculture (Cocotier,
quatre subdivisions: EHY, TENDO, ABY- Palmier à huile, Café...).
1 SUD et ABY-NORD.

Les apports en eaux douces pro- (Site 3: Les jles Eotilé~


1 viennent des fleuves Tanoé et Bja; les
échanges avec la mer s'effectuent au Constituées par les îles Assoko-
niveau d'Assinie. La pratique de la pêche monobaha, Niamoua, Ebehi et Esso, les îles
1 55
1
1 Eotilés forment avec d'autres petites Î'Ies, le
delta de la lagune ABY. L'ensemble est
(Site 6: Lagune Assoindé]

1 situé dans l'ABY-SUD entre Etiossika (Nord-


Ouest) et Assinie Mafia (Sud-Est). Ces for-
C'est un bras de lagune qui fait
communiquer la lagune ABY à la lagune
EBRIE par l'intermédiaire du Canal
mations deltaïques influencent considéra-

1 blement les mouvements d'eau au niveau


de la passe actuellement menacée de fer-
d'Assinie.
Tout le long de cette lagune, sont
meture par un dépôt important de sable. installés des villages touristiques au détri-
1 Le groupement végétal dominant
est une mangrove à Rhizophora dégradée.
ment de la végétation. Cette dernière est
une mangrove qui n'est plus représentée
Elle ne doit son salut qu'à son érection que par quelques pieds épars de palétu-
1 récente en Parc National. La flore com-
prend: Rhizophora racemosa, Hibiscus tilia-
viers. Elle comprend: Rhizophora racemosa
, Drepanocarpus /unatus , Da/bergia ecasta-
ceus, Drepanocarpus /unatus, Acrostichum phyllum , Mariscus /igu/aris , Baphia nitida ,
1 aureu , Da/bergia ecastaphyllu , F/agellaria
guineensis, Mariscus /igu/aris, Ormocarpum
Pandanus cande/abrum etc... Au Nord de
cette lagune, se rencontre une forêt maréca-
verrucosum, Anthoc/eista nobilis etc... geuse à Raphia très intensément exploitée.
1 Les éhotilés sont avant otut des
pêcheurs; mais depuis les fermetures
Malgré les profits tirés du tourisme, l'activité
principale demeure toutefois la pêche.
récentes de cette activité dans toute la
1 lagune Aby, ils se recionvertissent à
l'agriculture. Les sites de 7 à 12 dépendent de
la lagune EBRIE. Ce système lagunaire lon-
1 (Site 4: ABY NORD) gue de 140 km, couvre une superficie de
566 km 2 (avec Adjin et Potou). Il est relié à
Contrairement à ABY-SUD, la la lagune ABY à l'Est par le canal d'Assinie
1 végétation au Nord de la lagune est une
forêt marécageuse relativement dégradée,
et à la lagune de Grand-Lahou à l'Ouest par
celui d'Asagny. Les apports les plus impor-
dominée par Mitragyna ciliata et Raphia
1 hookeri . On y rencontre aussi Rhizophora
racemosa , A/chornea cordifo/dia , Paullinia
tants en eau douce de la lagune sont assu-
rés par la Comoé (900 km avec un bassin
versant de 74.000 km 2 et l'Agneby (200 km
pinnata , Pandanus cande/abrum , Ficus
1 congensis , Cyrtosperma senega/ense ...
avec un bassin de 8.900 km 2 ).
Avant 1950, la lagune EBRIE
n'était reliée à la mer que par une passe
1 (Site 5: ABY-CENTRE)
plus ou moins permanente à la hauteur de
Grand-Bassam. Désormais, avec le perce-
ment du Canal de Vridi, la lagune est en
1 Très dégradée, la végétation
autour de la ville d'Adiaké ne représente
communication constante avec l'Océan
Atlantique.
plus qu'un ensemble de fourrés maréca- Sur le plan économique, des
1 geux. Ce sont des repousses de souches
d'arbres abattus ou de Raphia dénudés
essais de pisciculture sont entrepris soit en
lagune soit dans les marécages adjacents.
dont les feuilles ont servi à la construction Ils donnent des résultats satisfaisants et
1 d'habitats. Les espèces les plus représen-
tées sont: Mitragyna ci/iata , Raphia spp.,
méritent d'être soutenus et étendus à toutes
les zones humides côtières.
Fuirena umbellata Ficus congensis , Cyr-
1

1 tosperma senega/ense , Macaranga heude-


/otii etc... (Site 7: Lagune On~
Les agnis, riverains de la lagune
.1 Aby, ont surtout des préocupations agricoles
dont l'Ananas, le Cocotier et le Palmier à
Située en région Abouré, la
lagune Ono est plus un lac qu'une lagune.
l'huile. Elle reçoit l'essentiel de ses eaux par
1 56

1
1
1 l'intermédiaire de la rivière Amia et se jette
dans la Comoé. Depuis quelques années,
geuse à Mitragyna ci/iata et Raphia sp.. Sur
la rive Sud, la forêt marécageuse beaucoup
la fermeture de l'ancienne passe de la plus riche en Raphia, est menacée à terme
1 lagune Ebrié a entraîné une dessalure com-
plète des eaux et leur occupation par les
de disparition. De part et d'autre de la
rivière Mé, la forêt très luxuriante, renferme

1 plantes flottantes que sont: Eich/ornia cras-


sipes , Pistia stratites et Sa/vinia nymphe/-
lula . Ce fléau écologique réduit considéra-
de très grands arbres parmi lesquels on
peut citer 5ymphbonia g/obulifera , Uapaca
heudelotii , Cathormion altissimum . La par-

1 blement toutes les activités économiques


directement liées à "eau (pêche et naviga-
tion).
tie de cette forêt située à la rive Est de laMé,
constitue la forêt classée de NGuechié.
Les Mbatto qui vivent au bord de

1 A part l'embouchure de l'Amia où


subsiste encore une forêt marécageuse. la
ces lagunes sont à la fois pêcheurs et agri-
culteurs et tirent une partie de leurs res-
végétation de cette région a été entièrement sources financières de la culture de

1 transformée en plantations d'Ananas qui ali-


mentent l'usine de la SALCI installée sur la
l'Ananas et de celle du Manioc.

rive Ouest de la lagune. (Site 10: Lagune EBRIE Esg


1 (Site 8: Embouchure de la como~ A part l'i1e Vitré et les environs du
Bac d'Eloka où existe de très belles man-
1 La végétation à l'embouchure de
la Comoé souffre de la proximité de la ville
groves, les zones humides comprises entre
Bingerville et Abidjan sont réduites à une
de Grand-Bassam (ancienne capitale de la bande de palétuviers discontinue.
1 Côte d'Ivoire 1893- 1900).
Représentée par quelques pieds
Les espèces les plus couram-
ment rencontrées sont: Rhizophora race-
de Rhizophora racemosa et Avicennia ger- mosa , Avicennia germinans , Drepanocar-
1 minans • la mangrove qui prédomine dans
cette zone n'est que le vestige d'une forêt
pus lunatus, Acrostichum aureum, Echino-
chloa pyramidalis et les très envahissantes
marécageuse jadis luxuriante. La construc- plantes flottantes: Pistia stratiotes, Eichlor-
1 tion de deux grands ponts à Mossou sur la
lagune EBRIE et le fleuve Comoé et les pra-
nia crassipes et Salvinia nymphellu/a qui
recouvrent totalement la surface de la
tiques agricoles intensives, ont empiété con- lagune pendant les saisons de faible
1 sidérablement sur la végétation qui est
réduite à des bosquets de palétuviers. Aux
salure.
L'activité principale des abou rés
bords de la lagune Ouladine à l'Ouest de et des ébriés est l'agriculture, la pêche
1 Grand-Bassam, la mangrove se présente
sous forme de bande étroite et discontinue.
n'étant qu'une activité secondaire.

1 Les activités dominantes des


autochtones Abouré et Apolloniens sont la
pêche, l'agriculture et, à un degré moindre,
(Site 11 : Lagune EBRIE Centre)

1 le tourisme. Influencé par la ville d'Abidjan


(près de 2,5 millions d'habitants avec ses
(Site 9: Lagune Potou-Adjin) banlieues), le Centre de la lagune EBRIE

1 Les lagunes Adjin-Potou sont le


est un milieu fortement dégradé (pollution
lagunaire, destruction de la végétation au
prolongement à l'intérieur des terres de la profit des habitats etc...).

1 partie orientale de la lagune EBRIE.


Tout au long des rives depuis
La mangrove, lorsqu'elle existe,
se présente sous forme de bosquets de
Moossou jusqu'au bras reliant Potou à palétuviers rouge isolés dans des prairies à
1 Adjin, se trouve une belle mangrove à Rhi-
zophora pouvant atteindre les 30 mètres de
Paspalum vaginatum , Panicum repens et
Mariscus Iignearis avec Drepanocarpus
largeur. Elle précède une forêt maréca- /unatus et Acrostichum aureum .
1 57

1
1
1 Sur la rive Nord, à l'embouchure
de l'Agnéby, se trouve une belle forêt maré-
nans avec des espèces compagnes telles
que Da/bergia ecastaphy/lum , Acrostichum
cageuse à Mitragyna ciliata et Symphonia aureum • Drepanocarpus lunatus et Paspa-
1 g/obu/ifera. Elle renferme aussi Raphia sp.,
Cyrtosperma senega/ense ,Nephro/epis
/um maginatum . Les forêts marécageuses à
Mitragyna ciliata et Raphia hookeri succè-

1 bisserrata etc... Cette forêt est en voie de


dégradation.
dent à cette mangrove en arrière plan. Elles
se rencontrent autour des lagunes du Nord :
Tadio, Maké et Tagba.

1 (Site 12: Lagune EBRIE Ouest]


Les avicams, populations rive-
raines, vivent essentiellement de la pêche
et de l'agriculture.

1 Vers l'Ouest de la lagune EBRIE,


l'influence de l'homme de moins en moins (Site 14: FRESCO)
forte, entraîne une réhabilitation de
1 l'écosystème mangrove qui gagne en luxu-
riance avec des arbres pouvant atteindre les
Les zones humides de cette
région sont le prolognement de celles de
20 mètres de hauteur. Quand la salinité de l'extrême Ouest du complexe lagunaire de
1 l'eau diminue, la végétation s'enrichit en
Pandanus cande/abrum , Phoenix rec/inata ,
Grand-Lahou. Elles atteignent l'Ouest de la
lagune NGNI bordée d'une mangrove luxu-
A/chornea cordifo/dia et Mitragyna ci/diata . riante.
1 Entre le village d'Asagny à l'extrême Ouest
de la lagune et l'embouchure du Bandama,
Les apports en eaux douces sont
assurés par les rivières Niouniourou à l'Est
se trouve le Parc National d'Asagny dans et Bolo au Centre. Les eaux salées parvien-
1 lequel on rencontre plusieurs types de for-
mations végétales: Mangrove, Forêt et Prai-
nent à la lagune par l'intermédiaire d'une
passe située au Sud de Fresco. Cet exu-
ries marécageuses riches en espèces sava- toire très petit est en outre colmaté pendant
1 nicoles parmi lesquelles on peut citer Boras-
sus aethiopum .
plusieurs mois par un ensablement impor-
tant. Comme dans le site précédent, une
La pêche et l'agriculture forêt marécageuse à Raphia plus en arrière,
1 (Cocotier, Manioc) sont pratiquées simulta-
nément par les populations Adjoukrou et
succède une mangrove à Rhizophora sur le
front de l'eau. Dans cette mangrove - l'une
Alladian. des plus belles du pays -, nous avons
1 remarqué une forte mortalité chez Rhizo-
phora racemosa et son remplacement pro-
Site 13: Complexe lagunaire de Grand 1 gressif par Avicennia germinans . Les
1 Lahou arbres malades perdent d'abord leurs
feuilles avant la chute de l'arbre mort sur

1 Le système lagunaire de Grand-


Lahou couvre une superficie de 230 km 2 . Il
pied. Ce problème écologique difficile à
expliquer(1), mérite être suivi afin d'en déter-
comprend quatre subdivisions : Tagba, miner les causes.

1 Makey, Tadio et Nyouzomou. Ses échanges


avec la mer se fait par l'intermédiaire d'une
L'activité principales des Godié
est l'agriculture (Café, Cacao, Riz); la pêche
passe permanente à l'embouchure du Ban- n'est qu'une activité de subsistance.
1 dama. Ce fleuve (700 km de longueur et
97.000 km 2 de bassin versant) fournit, avec
le Boubo (longueur = 130 km bassin versant
1 = 5.100 km 2 ), "essentiel des eaux douces
du complexe. Au Sud, depuis le canal
( 1) La fermeture de la passe ne peut pas expliquer à
elle seule cette mortalité car ce phénomène observé
en lagune NGNI est unique en Côte d'Ivoire alors que
d'Asagny jusqu'aux abords de la lagune
1 Nyouzomou et entre Ebonou et la rivière
Niouniourou, s'étend une belle mangrove à
les passes de toutes les lagunes à "Ouest de Fresco
se ferment pendant les mêmes périodes sans influen-
cer de façon sensible, la mangrove.
Rhiozophora racemosa et Avicennia germi-
1
1
1
1 (Site 15: Lagune KOTIS?) au détriment de la mangrove, remplacée
par la riziculture.

1 C'est une petite lagune orientée


dans le sens Nord-Sud et reliée à l'Océan
par une passe temporaire située entre
(Site 18: La Niega)

1 Kosso et Dassieko. La végétation domi-


nante est une mangrove riche en Rhizo-
La Niega est une rivière d'une
trentaine de kilomètres de long située à
phora raeemosa avec quelques pieds l'Ouest de Sassandra. Comme toutes les
1 d'Avieennia germinans . lagunes et rivières de ce secteur, sa com-
munication avec la mer se ferme pendant
(Site 16: Lagune Dagbé) plusieurs mois et ne s'ouvre qu'après inter-
1 Malgré la fermeture presque per-
vention des habitants du Niega.
La végétation des bords de cette
manente de la passe située à l'Ouest de rivière est une mangrove. Malgré les condi-
1 Dagbégo, les mangroves qui bordent la
lagune Dagbé sont sans nul doute, les plus
tions difficiles que crée la fermeture de
l'exutoire, cette mangrove est luxuriante est
belles et les mieux conservées de la Côte très riche. La flore comprend:
1 d'Ivoire. La hauteur moyenne des palétu-
viers rouges est de 20 mètres tandis que les
- des espèces caractéristiques:
Rhizophora raeemosa, Avieennia germi-
palétuviers blancs, moins grands, ont par nans, Conoearpus ereetus
1 contre un diamètre qui dépasse faciledment
les 50 cm.
- des espèces compagnes: Ore-
panoearpus lunatus, Hibiscus tiliaeeus,
La flore comprend : Rhizophora· Aerostiehum aureum, Pandanus candela-
1 raeemosa , Avieennia germinans , Drepano-
earpus lunatus, Hibiscus tiliaeeus, Ormoea-
brum, Phoenix reelinata
- des espèces accidentelles: Lon-
pum verrueosum, Pandanus eandelabrum ehoearpus serieeus, Chrysobalanus ellipti-
1 etc...
Activités principales des Néyo:
eus, Diehapetalum pallidum, Ficus ovata,
Chrysolbalanu ieaeo, Heteropteris feona,
agriculture et pêche. Morelia senegalensis
1 (Site 17: Embouchure sassandra)
Les habitants (Néyo) sont des
agriculteurs. La pêche est une activité de

1 Les zones humides de cette


région s'étendent de l'Est du village de Tré-
subistance.

(Site 19: Secteur Niega-san-Pédro]


1 point à la rive gauche du fleuve Sassandra
(Longueur 650 km ; bassin versant 75.000
km2). De part et d'autre dè Trépoint nous
Ce secteur appartient à la Forêt
Classée de Monogaga. Les zones humides

1 avons une forêt marécageuse riche en


Raphia et Ficus.
y sont représentées par une série de petites
lagunes reliées à la mer par des passes
La mangrove apparaît à quelques temporaires.
1 5 kilomètres de l'embouchure. Elle renferme
les trois espèces de palétuviers : Conoear-
La mangrove est la principale for-
mation végétale qui borde ces lagunes. Elle
pus ereetus , Avieennia germinans et Rhizo- comprend : Rhizophora raeemosa , Avieen-
1 phora raeemosa cités dans leur succession,
de l'arrière mangrove au front de l'eau.
nia germinans , Conoearpus ereetus , Dre-
panoearpus lunatus , Paspalum vaginatum ,
Dans cette région, l'exploitation Pyereus polystaehyos , etc...
1 du bois de feu est très intense. Elle affecte
considérablement la végétation.
La principale activité est
l'agriculture (Riz, Banane, Manioc, Café,
Parmi les activités des popula- Cacao) à laquelle s'ajoute la pêche.
1 tions Néo, la pêche occupe une place
importante, mais l'agriculture tient une part
non négligeable des activités, bien souvent
1 59
1
1 (Site 20: Embouchure du San-Pédro] Raphia et Macarangua entrecoupées par
l'installation de plantations industrielles

1 Constamment reliée à la mer,


l'embouchure du fleuve San-Pédro connaît
quelques problèmes d'ensablement dus à
(Hévéa, Palmiers à huile, Cocotiers). Les
forêts de palétuviers se trouvent sur les
rives méridionales de la Niéro dont

1 la baisse de la pluviométrie ces dernières


années et à la construction d'un barrage
l'embouchure se ferme annuellement pen-
dant la saison sèche. C'est une belle man-
électrique à Fae (50 km en amont). grove de 20 à 30 mètres de hauteur com-
1 La pollution et la concentration
humaine agissent défavorablement sur les
prenant Rhizophora racemosa ,Avicennia
germinans qu'accompagnent Hibiscus ta/ia-
mangroves et forêts marécageuses qui con- ceus , Drepanocarpus /unatus , Ca/amus
1 stituent l'essentiel de la végétation. Du sub-
strat est extrait du fond des eaux du port et
deërratus , Da/bergia ecastaphyllum , F/a-
gel/aria guineensis etc..
déposé à l'embouchure du fleuve provo-
1 quant l'envasement du lit.
Les principales espèces qui bor-
(Site 23: Embouchure de la Dodo)

dent cet estuaire sont: Rhizophora race- Située à environ 4 km de Bérébi-


1 mosa , Avicennia germinans (à 500 mètres
environ de la mer), Hibiscus ta/iaceus , Nau-
Mani (village le plus proche), l'embouchure
de la Dodo reste régulièrement en contact
c/ea /atifolia , A/chornea cordifo/ia , Chryso- avec l'Océan Atlantique.
1 ba/anus e//ipticus , Mariscus /igu/aris , Mitra-
gyna ciliata et 5ymphonia g/obu/ifera (ces
La formation végétale dominante
est une mangrove à Rhizophora racemosa
deux dernières plantes observées dans une bien conservée comprenant des arbres de
1 arrière mangrove défrichée)
L'agriculture est la principale acti-
très grande taille. Les autres espèces ren-
contrées sont A/ternanthera maritima, Chry-
vité des krous. soba/anus e//ipticus, Paspa/um vaginatum,
1 (Site 21: Les lagunes Digboué)
Hibiscus ti/iaceus, Da/bergia ecastaphy/lum,
Paspa/um conjugatum, Phoenix rec/inata,
Ipomoea pescaprae .
1 Les lagunes Digboué sont
situées à 6 km (la grande) et à 20 km (la
Dans cette région, en revanche,
les krous pratiquent une activité de pêche

1 petite) à l'Ouest de San-Pédro ville. Leur


passes se ferment pendant la grande saison
sèche et ne s'ouvrent qu'après intervention
plus soutenue.

(Site 24: Complexe Dodo-Cavally]


1 des riverains en début de saison des pluies.
La mangrove à Rhizophora et
Avicennia est la principale formation végé-
Les zones humides du secteur
Dodo-Cavally comprennent, en plus de la
1 tale qui entoure ces deux lagunes. On ren-
contre aussi : Paspa/um vaginatum , Paspa-
rivière Tabou, un ensemble de petites
lagunes reliées à la mer par des passes
/um conjugatum , Drepanocarpus /unatus , étroites qui se ferment pendant la saison
1 Lonchocarpus sericeus , Pterocarpus santa-
linoides (Grand Digboué), Pycreus po/ysta-
sèche.
La végétation qui borde ces
chyos , A/tgernanthera maritima , Phoenix lagunes est une mangrove à Rhizophora
1 reclinata , Cyperus articu/atus (Petit Dig-
boué).
racemosa bien conservée. A "embouchure
du Tabou qui subit l'influence de la ville, il
ne subsiste plus que quelques pieds de
1 (Site 22: Complexe de Grand-Béréb0 palétuviers rouges.
Les cultures de Riz, Banane et
La zone humide du complexe de Manioc constituent les principales activités
1 Grand-Béréby s'étend depuis la lagune Petit
Digboué jusqu'à Waté. Elle comprend
des autochtones.

d'importantes forêts marécageuses à


1 60
(Site 25: Embouchure Cava"0 plus étendues et des mieux conservées du
pays. Elle couvre une superficie de plus de
D'une longueur de 700 km avec 1.500 ha en un seul tenant et renferme de
un bassin versant de 22.000 km 2 , le fleuve très grands arbres (hauteur moyenne = 20
Cavally prend sa source au Nord du Mont mètres).
Nimba et, coulant entièrement sous un La flore comprend : Rhizophora
important massif forestier, se jette directe- racemosa , Avicennia germinans , Acrosti-
ment dans la mer à Bliéron. Sur la rive chum aureum , Dalbergia ecastaphyllum 1

droite de l'embouchure, la végétation est Anthocleista nobilis , Mariscus ligularis 1

une forêt de palétuviers que traverse le petit Pycreus polystachyos , Ethulia conyzoides
affluent Nougblé. etc...
Cette mangrove est l'une des

Vue aérienne de la lagune de Fresco (sire 14)

61
Transformation d'une mangrove à Avicennia en rizètes
dans le périmètre urbain de Sassandra.

Utilisation des sols de mangroves pour la fabrication


de matériau de construction (Niéga)

62
1
1
1
1
1
1
1
1
1 PROPOSITIONS
D'AMENAGEMENTS
1
1
1
1
1
1
1
,1
'1
il
1

1 63

'1
1
1
1
1
1 Comme rapporté auparavant,
l'objectif de ce rapport n'est pas de définir
REGENERATION NATURELLE DES
MANGROVES ET SYLVICULTURE
un schéma de conservation des ZHC ivoi-
1 riennes. mais de regrouper un certain
nombre d'informations afin de proposer des
De nombreux sites des ZHC ivoi-
riennes ont totalement perdu leur végéta-
axes prioritaires dans une perspective tion, et ce particulièrement dans le Sud Est
1 d'aménagement d'un ou plusieurs sites des
écosystèmes étudiés.
du pays. La mise en oeuvre de projets de
reboisement présente un caractère
Il apparaît cependant opportun de d'urgence évident dans la lagune Ebrié,
1 rappeler qu'un aménagement peut s'opérer
dans le sens de la préservation, de
dans un souci de reconstitution du milieu
d'une part et, d'autre part, da~s le but
l'utilisation ou de la conversion du milieu. d'assurer à moyen terme un approvisionne-
1 celle-ci s'effectuant bien souvent de
manière irréversible. En pratique, considé-
ment en bois, de plus en plus crucial dans
cette région. D'autres sites. comme celui de
rations écologiques et économiques ne doi- Fresco par exemple. mérite d'être retenu au
1 vent pas être dissociées de l'aménagement
des ZHC. Même si économiquement il est
plan scientifique, en raison d'un processus
évolutif important que subit une partie de la
difficile de chiffrer le gain d'une exploitation mangrove de la lagune Ngni. En effet, pour
1 rationnelle de tels milieux, il est indéniable
que le maintien des mangroves, par
des raisons inconnues. on assiste à un rem-
placement des peuplements de Rhizophora
exemple, est garant de la pérennité des res- par des peuplements d'Avicennia. En outre,
1 sour-ces de ces milieux, pouvant assurer à
terme un revenu permanent aux utilisateurs
on assiste également à une régénération
naturelle de la mangrove où celle-ci fut
et contribuer à l'autosuffisance alimentaire
1 des popu lations locales.
En Côte d'Ivoire, il serait souhai-
auparavant détruite. A cet égard et pour
améliorer nos connaissances du fonction-
nement de l'écosystème de mangrove, le

1 table de développer des projets d'aména-


gements des ZHC selon les axes suivant
(tableau ci-contre):
démarrage d'une action de recherche et
d'aménagement s'avèrerait primordiale.

1 MISE EN RESERVE NATURELLE


AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE:
1 VALORISATION DE L'ICHTYOFAUNE L'examen de ce rapport fait appa-
raître, au sein des ZHC ivoiriennes,
Cet aspect de la conservation des l'existence de sites particulièrement bien
1 ressources va dans le sens de l'utilisation
du milieu sans pratiques destructrices consi-
préservés tant au niveau de la flore qu'à
celui de la faune. C'est dans le Sud Ouest
dérables. Les tentatives de pisciculture et du pays que se localisent la majorité d'entre
1 d'aquacultu re (sensus lato) sont nom-
breuses en Côte d'Ivoire; ces techniques
eux. Malheureusement, il n'existe aucun
statut juridique leur assurant une protection
tendent à se développer sous l'impulsion du intégrale. A court et moyen termes, plu-
1 CRO (Centre de Recherche Océanographi-
que) et mériteraient certainement un sou-
sieurs de ces sites disparaîtront et il est de
ce fait primordial d'entamer dans les plus
tien accru. brefs délais une procédure administrative
1 64
devant aboutir à la mise en réserve inté- ainsi d'être prise en compte dans un futur
grale de ces joyaux de la [Link] plan schéma d'aménagement des ZHC, et con-
écologique, ces milieux présentent des stituerait ainsi un atout majeur dans la
caractères particuliers qui les distinguent pérennité des ressources génétiques.
des ZHC du Sud Est de la Côte d'Ivoire et
parmi lesquels il importe de signaler de
remarquables peuplements de Palétuvier AMENAGEMENTS TOURISTIQUES
(Cavally, Niéga, Dagbego ), des forêts
marécageuses intactes (Ouest Sassandra, De nombreux plans d'eau garnis-
Dodo, Tanoé, Dagbégo ), des peuple- sent les côtes ivoiriennes; certaines lagunes
ments naturels de Palmier à huile (E/ais gui- possèdent d'ailleurs déjà des infrastructures
neensis) (Dassieko), une faune diversifiée touristiques dont l'installation a bien sou-
(Chimpanzé: Dodo, Dagbégo, Fresco .... ; vent été réalisée au détriment du milieu
antilopes diverses; Buffle de forêt, Hylo- naturel, à l'exception du Parc national
chère. Potamochère: Dagbégo, Dodo, d'Azagny. La création de réserves natu-
Niéga ; Eléphant de forêt: Dagbégo, relles dans le Sud Ouest du pays aurait
Fresco ; Lamantin: Fresco, Sassandra..; incontestablement pour conséquence de
ponte des tortues marines: à l'Ouest de San développer un certain type de tourisme dont
Pédro ..). Cette diversité biologique, spécifi- les riverains pourraient tirer profit (guide,
cité des ZHC du Sud Est du pays, mérite visite des plans d'eau en pirogue).

Avec le Parc National d'Asagny, les Iles Eholtilés sont les


seules aires représentatives des ZHC ivoiriennes légalement
préservées. Mais d'autres sites mériteraient également une
telle protection.

65
---------- ---- -------
TYPE D'AMENAGEMENT SITES PRIORITE INTERET INTERET INTERET REALISATION COLLABORATIONS FINANCEMENTS
f1 • 4) ECONOMIQUE ECOLOGIQUE SCIENTIFIQUE POTENTIELLE ADMINISTRATIVES POTENTIELS

REŒ1ERATOV GAAND BASSAM 4 R:HT FŒIT FœT CRSTO.4 Ministères des Eaux et NATIONAUX.
ET cm Forêts et de la Recherche MERNATlONAUX,
[Link] fFESCX) 3 P.«:h'EN ~ RJU UNIVERSITE Scientifique INSTITUTS DE
UICN REQEfD-E5,

VALORISA1D'J DE ABIDJAN 4 R:HT FAIBLE FAIBLE ~ Ministères des Eaux et NATIONAUX,


L'ICHTYOFAUNE GAAND BASSAM 3 R:HT FAIBLE FAIBLE au Forêts. de la Production MERNATIONAUX,
(aquaculture) DAOC1J 3 R:RT FAIBLE FAIBLE DPLM Animale et de la INSTITUTS DE
LAGlN: AfI'{ 4 R:RT RJU FAIBLE Recherche Scientifique RECl-ERCl-E5,
UICN

FOf'êt de la TANOE 3 P.«:h'EN RJU RJU Ministèfe des Ministère des NATIONAUX.
l..[Link] DAGBEOO 4 [Link]:N RJU RJU Eaux et Forêts Eaux et Forêts MERNATIONAUX,
MISE EN RESERVE BlIERON UICN et de la Recherche UICN;ONG
NATURELLE Embouchure de la NIEGA 4 [Link]:N R:JU R:JU UNIVERSITE JUCN WWF
8asse1XXX) 3 Wt'EN R:JU R:JU œsTOMsOOG
OASSEKO 4 [Link]:N R:JU FŒIT

AltlENAGEA'ENTS à 2 Wt'EN FAIBLE FAIBLE Ministère du Ministères du NATONAUX


[Link] définir 2 ~ FAIBLE FAIBLE Tourisme Tourisme et des Eaux et PRIVES
Forêts

PROPOSITIONS DE PROJETS D'AMENAGEMENT SUSCEPTIBlES D'ETRE DEVElOPPES EN COTE D'IVOIRE


1
1
1
1 CONCLUSION GENERALE
1
1
1 Tirer des conclusions générales d'une enquête exploratoire
succinte parait pour le moins prématuré. Chaque type de données collectées (floristique,
1 faunique, géographique. sociologique et économique) mérite une étude approfondie,
comme c'est par exemple le cas pour le secteur des pêches (OR8TOM CRO) ou celui de
la faune (Ministères de Eaux et Forêts). Au plan scientifique fondamental, c-à-d. celui
1 relatif à la connaissance du fonctionnement des écosystèmes humides, il s'avère urgent
et prioritaire d'entamer une action de recherche pluridisciplinaire, que seuls l'Université

1 et des Instituts spécialisés pourraient entreprendre. Les ZHC ivoiriennes constituent, en


effet, un terrain de choix en raison de tous les aspects que présentent ce milieu, depuis
sa préservation intégrale jusquà sa destruction complète. Une telle recherche est le

1 corollaire d'une conservation durable de ces ressources tant au plan de leur renouvelle-
ment, donc économique, qu'au plan de leur pérennité. La Côte d'Ivoire possède, avec
ses zones humides, un patrimoine biologique riche et diversifié qu'elle se doit impérati-
1 vement de conserver.
Ainsi, au plan politique. il serait judicieux de créer un groupe
ivoirien de reflexion sur la conservation des ZHC, qui pourrait comprendre des représen-
1 tants des autorités administratives locales, d'organismes scientifiques nationaux et inter-
nationaux. d'ONG et d'organisations internationales.
En relation avec les programmes d'aménagements du terri-
1 toire, ce groupe devrait définir des priorités d'aménagements et de conservation et pour-
rait éventuellement participer à la mise en place de la stratégie nationale de la Conserva-
tion.
1 L'actuelle prise de conscience nationale pour la réhabilitation
de la zone forestière et la sauvegarde des vestiges du bloc forestier (1988 sera l'année
de la Forêt en Côte d'Ivoire), doit prendre en compte la situation des ZHC dont le sort,
1 écologique et politique, est, à terme, étroitement lié à celui de la forêt dense humide.

1
Il
!I
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1 67

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1 ANNEXES
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1
La très grande partie de cette BENIN
1 étude a été consacrée aux ZHC de Côte
d'Ivoire, mais une extension des enquêtes Bien que la surface occupée par
nous a conduit au Togo et au Bénin, deux la mangrove béninoise ne soit pas exacte-
1 pays aux traditions lagunaires connues, afin
d'appréhender, très succintement certes, la
ment connue, on peut toutefois dire qu'elle
est supérieure à celle du Togo, mais en
situation de leurs ZHC. Une mission de dix revanche infèrieure aux surfaces occupées
1 . jours, des contacts sur le terrain ainsi que la
consultation de documents déjà rédigés sur
par les forêts de palétuviers en Côte
d'Ivoire. L'écosystème lagunaire béninois
ce sujet, nous autorisent les remarques qui est très modelé par la présence humaine et,
1 suivent. selon BLASCO (1985), les riverains ont un
sens aigu de la conservation du milieu au
sens de l'utilisation des ressources, dont la
1 TOGO plus remarquable est l'industrie séculaire et
traditionnelle du sel. Néanmoins, la man-
Globalement, la situation des grove est très dégradée en raison d'une
1 ZHC togolaises est très différente de celle
de la Côte d'Ivoire. Les formations végétales
forte activité humaine (pêche, bois de
chauffe) et d'une dégradation des échanges
originelles, édifiées autour d'un système hydriques. Mais elle ne présente aucun
1 lagunaire de 64 km2, ont été détruites de 80
à 100%. Le reste de la végétation semble
signe de pollution, d'industrialisation et
d'agriculuture moderne.

1 très menacé par une forte pression démo-


graphique. La surpopulation de cette région,
particulièrement autour du lac Togo, a favo-
Pour faire face aux menaces de
rupture d'équilibre des ZHC béninoises, plu-
sieurs mesures ont été prises dont le déve-

1 risé depuis 1960 semble-t-il, une puissance


pêche, à la base d'une surcharge évidente,
loppement intégré de pêches artisanales, la
création de coopérative de pêche,
puisque 8000 pêcheurs environs s'activent l'extension de la pisciculture, une cam-
1 sur le lac Togo.
La solution d'avenir devant
pagne d'économie d'énergie et la mise en
place de mesures législatives. D'autres pro-
résoudre ce problème réside dans jets sont également envisagés dont la pro-
1 l'aquaculture qui permettra une augmenta-
tion de la production et des revenus des
tection des mangroves côtières restantes et
le reboisement des prairies à Paspalum.
riverains. A cet égard, la pratique des acad- Des groupes de travail multidisciplinaires
1 jas-enclos, élaborée par H. SAURIN (CRO
D'ABIDJAN) parait prometteuse. Il serait par
étudient les modalités de développement de
tels projets.
ailleurs souhaitable de promouvoir d'autres Enfin, la menace majeure pour
1 projets de conservation, notamment en ce
qui concerne la régénération des man-
l'écosystème béninois est la construction du
barrage de Nangbeto, au Togo, et dont
groves et la protection de certaines savanes l'impact sur l'environnement est bien évi-
1 à Mitragyna et roselières à Typha. demment inconnu. A ce titre, l'Afrique de
l'Ouest a malheureusement déjà une triste
expérience.
1
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1
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1 BIBLIOGRAPHIE
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