Zones Humides Côtières de Côte d'Ivoire
Zones Humides Côtières de Côte d'Ivoire
par Michel NICOLE (1), Mathieu EGNANKOU WADJA (2) et Monique SCHMIDT (3)
OCTOBRE 1987
1
1 SOMMAIRE
1 AVERTISSEMENT 1
1 METHODES DE TRAVAIL 5
5
1 choix des sites, prospection des sites, enquêtes sociologiques
fiches d'inventaire 6
63
1 PROPOSITIONS D'AMENAGEMENT
CONCLUSION 67
1 ANNEXES: Togo et Bénin 68
1 BIBLIOGRAPHIE 70
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1 AVERTISSEMENT
1 scientifique intrinsèque. Dans un souci de rigueur. et dans une perspective d'un certain
type d'aménagement. une ~tude d'impact préalable sur le milieu s'avèrerait indispensable
et ne ferait que renforcer les chances de succès d'un éventuel projet de conservation.
1
1 1
1
(LISTE DES PERSONNA~LÎTES RENCONTREES)
1
1 COTE D'IVOIRE
Professeur de Botanique
Monsieur GUIRAL
Océanographe halieute ûRSTOM au CRû
1 2
1
1
1
TOGO
1 Monsieur Arnani AGBEKODO Directeur de la Conservation, Ministère de
l'Environnement
1 Monsieur Bernard HUGUENIN Directeur du Centre ORSTOM
Sociologue ORSTOM
1
FRANCE
1
1 Monsieur François BLASCO Directeur de recherches au CNRS
Directeur de 11nstitut de la Carte Internationale
du Tapis Végétal.
1
1
1
1
1
1
"
1 3
1
1
1 INTROO CTION
1
1
1 Les écosystèmes forestiers tropi- Dans une perspective de conser-
vation et de développement des ZHC
1 caux font actuellement l'objet d'une atten-
tion particulière que ce soit en raison de leur
valeur économique, de leur richesse biolo-
d'Afrique de l'Ouest, l'UICN (l'Union Inter-
nationale pour la Conservation de la
gique ou des conséquences écologiques Nature) a mis en oeuvre un projet d'étude
liées à leur destruction. Parmi eux, les devant aboutir à l'élaboration d'un schéma
zones humides côtières (ZHC) qui sont prin- régional d'aménagement. L'ORSTûM
cipalement constituées de forêts maréca- (Institut français de recherche scientifique
geuses, de lagunes et d'estuaires. Si dans pour le développement en coopération),
certaines régions du globe, les ZHC sont l'Université Nationale de Côte d'Ivoire et
appréciées à leur une ONG, CI NATURE
juste valeur, dans (Association pour la con-
d'autres, elles sont en servation de la nature en
revanche considérées Côte d'Ivoire) ont réalisé
1 comme un milieu
impropre, et par con-
cette étude pour la Côte
d'Ivoire, sur la base d'un
séquent fortement programme intitulé
dégradées voire tota- "Patrimoine biologique
lement détruites. des zones humides
En Afrique côtières de Côte
de l'Ouest, les ZHC d'Ivoire".
revêtent une impor- Ce travail doit,
tance certaine, quoique relative, tant au plan dans un premier temps, rendre compte,
géographique "sensus stricto" qu'au plan de d'une manière très schématique, de
l'exploitation proprement dite du milieu. l'ensemble des informations collectées au
Dans ce dernier cas, cette exploitation sujet des ZHC et, dans un second temps,
s'accorde souvent mal avec le renouvelle- permettre d'apprécier la valeur réelle de ces
ment et le maintien durable des ressources, mileux dans son ensemble et ce, en fonc-
alors qu'un aménagement plus rationnel eût tion des données physiques, biologiques et
permis d'éviter de profondes perturbations humaines actuelles. Aussi, après une pré-
de ces écosystèmes provoquant, à terme, sentation des méthodes mises en oeuvres
des désordres sociologiques irréversibles. pour la réalisation de cette étude, ce rapport
Souvent, pour ne pas dire dans la plupart présentera tout d'abord des considérations
de cas, cette situation de déséquilibre générales sur les ZHC ivoiriennes suivi
résulte d'une méconnaissance totale du d'une description succinte de chacun des
fonctionnement global des ZHC conduisant sites visités. Le dernier chapitre traitera de
à des décisions d'aménagement prises en l'intérêt et des possibilités de conservation
dépit du bon sens, ou du moins, à l'encontre de certaines ZHC de Côte d'Ivoire. Enfin, les
des intérêts et des traditions des popula- annexes, porteront sur la situation des ZHC
tions riveraines. du Togo et du Bénin.
4
1
1
1
1
1 METHODES DE TRAVAIL
1
1
1
1 1. Choix des sites milieu et la distance qui le séparent
d'[Link] la côte ivoirienne à été sur-
L'ensemble des ZHC ivoiriennes volée par avion (type Cess na ou similaire),
1 s'étendent entre le Gha'na, à l'Est, et le Libé-
ria à l'Ouest. Elles regroupent des forêts
dans le but d'appréhender au mieux le
dégré de dégradation de la végétation et de
marécageuses, les lagunes et les estuaires pouvoir dresser une carte sur laquelle
1 avec leur végétation associée (mangroves
et prairies marécageuses). les savanes
puisse être localisée de manière relative-
ment précise l'emplacement des principales
incluses inondées ou inondables. Les
1 grandes lagunes ont, dans leur majorité,
toutes été visitées (Aby, Ebrié, Ehy, Potou,
formation végétales des ZHC. Certaines des
photographies aériennes présentées dans
ce rapport ont été obtenues auprès de l'IGN
3. Enquêtes
1 5
1
1
1
1 UNIVERSITE NATIONALE ORSTOM
1 DATE:
Etablissement:
l ,PAYS: I~
•REGION ADMINISTRATIVE: ~
1 NOM DE LA ZONE:
1 i
LOCAUSATlON:
!SUPERFICIE (ha):
1 !PLUVIOMETRIE (mm/an) :
1
1: DESCRIPTION ECOLOGIQUE:
i
1 I~
IISTATUT:
1
1
1
1
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1
1
UNIVERSITE NATIONALE ORSTOM
1 INVENTAIRE DES ZONES HUMIDES DE COTE D'IVOIRE
1 REDACTEUR: Nom:
01.2. RECENSEMENT BOTANIQUE
Prénom:
Etablissement:
1 DATE:
PAYS:
1 NOM DE LA ZONE
1 ESPECES RECENSEES
GENRE:
AOCJ'JC>A!'CE ~lNANCE axE
1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
GENRE:
1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
1 GENRE:
ESPECE:
GENRE:
1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
GENRE:
1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
1 GENRE:
ESPECE:
1 FORMATION VEGETALE:
1
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1
1
1
1
1 UNIVERSITE NATIONALE ORSTOM
1 DATE:
PAYS:
NOM DE LA ZONE
1
ESPECESRECENSEES AOCX'JQl\r\CE FREQUENTATJ<::t..J PRELEVEMENT STATUT axe
1 GENRE:
ESPECE:
1 GENRE:
ESPECE:
GENRE:
1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
GENRE:
1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
1 GENRE:
ESPECE:
GENRE:
1 ESPECE:
GENRE:
ESPECE:
GENRE:
1 ESPECE:
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1
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1 UNIVERSITE NATIONALE ORSTOM
1 DATE:
Etablissement:
1 .NOM DE LA ZONE
1
REGION ADMINISTRATIVE:
CXXE
1 1
1
1
AGRICULTURE
TYPE IMPORTANCE
ELEVAGE:
SYLVICULTURE:
HABITAT:
1i 1
1
! PISCICULTURE:
POPULATION :
MENACES:
1
1 i
1
i
CHASSE: MESURES DE PROTECTION :
1:
1
INDUSTRIE:
1 1
:
DIVERS:
1
1
1
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1
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1
1
1 DONNEES GENERALES SUR
1 LES ZONES HUMIDES COTIERES
1
1 DE COTE D'IVOIRE
1
1
1
1
1
1
1
1
1 10
1
1
1 CONSIDERATIONS GENERALES SUR
L'ECOLOGIE ET LA VEGETATION DES ZONES
1 HUMIDES COTIERES
1
1
1
Les facteurs écologiques tembre à novembre), séparées par deux
1 Les principaux facteurs qui gou-
périodes moins pluvieuses: une petite en
août et une grande qui dure 4 mois (de
vernent les ZHC sont le climat, l'hydrologie, décembre à mars).
1 la morphologie de la côte, la nature du sol et
l'in1'luence des marées. Ils déterminent la
Les variations thermiques sont
très faibles et l'évapotranspiration poten-
quantité et la qlJalité des eaux d'inondation, tielle (Etp) ne devient supérieure à la pluvio-
1 l'étendue des sufaces inondables et le
degré d'engorgement du sol.
métrie que pendant les mois de saison
sèche: en décembre, janvier et février
1 E
600
E
700
E 600
E 500 ... PLUIES (mm)
1 400
... PLUIES (mm) 500
400
300
1 200
300
200
100 100
1 PLUVIOMETRIE MOYENNE A TABOU (SW RCI) PLUVIOMETRIE MOYENNE A ABIDJAN (SE RCI)
11
1
grands 'fleuves soudano-guinéens repré- - lors de la transgression nouakchottienne
sentés par le Comoé (900 km), le Bandama (16 000 - 5 000 ans B.P.), la mer envahit le
(700 km). le Sassandra (650 km) et le réseau hydrographique existant et donna
Cavally (700 km) et les cours d'eau méridio- naissance à un système de rias:
naux (la Tanoé, la Bia, la Mé, l'Agneby, le - après le maximum de cette transgression
Niouniourou, etc ... ) dont la longueur (5 000 ans B.P .), une légère regresssion
n'excède pas 300 km. permis la mise en place de séries de cor-
dons littoraux tandis que les formations del-
Au plan morphologique, le littoral taïques émergèrent, isolant plusieurs types
ivoirien peut se diviser en deux parties dis- de systèmes lagunaires.
tinctes :
- de la front ière du Ghana. à l'Est,
jusqu'à Fresco, au Centre, le littoral ivoirien La végétation
comprend , sur près de 300 km, une série de
lagunes qui longent la côte et sont séparées Les plantes constituant la végéta-
de la mer par une plage de sable lessivé. tion des ZHC se différencient de celles des
Ces lagunes se caractérisent par leur zones drainées par l'absence de contreforts
grande taille (superficie comprise entre 230 et l'abondance des racines aériennes
km 2 et 550 km 2 ) , et leur liaison permanente (racines - échasses et pneupatophores); on
avec l'Océan Atlantique. y remarque également un nombre réduit
- de Fresco à Blieron, à l'Ouest, le d'épiphytes et de lianes. Selon que l'eau
littoral est formé par un relief un peu plus d'inondation est douce ou salée, deux types
accidenté comprenant quelques falaises de végétation peuvent être distinguées, les
dont les plus vives sont entre Fresco et forêts marécageuses et les mangroves .
Kosso. Dans cette région, on rencontre
quelques lagunes moins étendues cepen- 1. Les forêts marécageuses
dant que que celles de la partie orientale.
De plus, leur communication avec la mer est Les forêts marécageuses sont
très souvent interrompue par la dérive litto- localisées sur des sols plats et aux bas-
rale et les processus de sédimentation qui fonds mal drainés, à hydromorphie perma-
sont particulièrement intenses dans les nente où l'accumulation de matière organi-
zones estuariennes. que peut former une véritable tourbe. L'eau
Ces ZHC se caractérisent par d'inondation est généralement très douce .
leurs sols vaseux ou sable-vaseux, hydre- Ces forêts se rencontrent à l'embouchure
morphes et plus ou moins salés selon ouest de la Tanoé, au Nord des lagunes
l'alimentation en eaux douces et l'influence Adjin, Aby et Ono, au bas Bandama puis
des marées.
Schématiquement, la mise en
place de ces lagunes s'est effectuée au
cours des évènements historiques suivants:
- durant l'avant dernière trans-
gression, le niveau de la mer était supèrieur
d'une dizaine de mètres par rapport au
niveau actuel. A cette époque , la côte éta it
largement do minée par les falaises ;
- au cours de la régression ogolienne (30
000 - 16 000 ans B.P.) , l'épandage fluviatile
de matériaux issus du "continental terminal"
Forêt de la Tanoé (Sud Est RCI)
a permis la constitution de bas plateaux;
12
entre les fleuves Sassandra et Cavally. par la présence d'espèces particulières - les
Les espèces dominantes sont palétuviers - qui font d'elles une entité origi-
Mitragyna ciliata, Symphonia globulifera et nale. En Côte d'Ivoire, les mangroves sont
Raphia sp. Les autres espèces sont: Ficus dominées par les palétuviers rouge et blanc
congensis , Ficus ovata, Gilbertiodendron (Rhizophora racemosa et A vicennia germi-
splendidum, Cludia klainei, Paullinia pin- nans ) qui y jouent le rôle essentiel. Elles
nata, Cathormion altissimum, Lonchocarpus bordent les lagunes et l'embouchure des
sericeus, Uapaca heudelotii, etc... fleuves qui se jettent soit dans les lagunes
Bien que le genre Raphia soit très soit directement dans la mer. Elles peuvent
envahissant dans ces milieux hydre- s'étendre parfois à l'intérieur des terres loin
morphes , il convient de souligner qu'il n'est de l'influence marine.
pas présent dans toutes les forêts maréca- La composition floristique des
geuses. Le Raphia est en effet une plante mangroves de Côte d'Ivoire se caractérise
de lumière, et sa présence dans une forma- par 3 espèces de palétuviers
tion végétale aussi fermée soit elle, est un
signe indiquant une ouverture antérieure .
Ceci peut expliquer son absence dans les
forêts marécageuses bien conservées de la
Tanoé (Est de la lagune Ehy) et de la
N'Guéchié (Adjin-Potou) .
Pneumatophores dJ\vicennia
1
1 LISTE ALPHABETIQUE DES PLANTES RECOLTEES
1 ESPECE FAMILLE
1 1
2
3
Acrostichum aureum L
Aframomum ellioti; (Bak) K. Schum
Age/aea obliqua Baill
ADIANTACEAE
Z1NGIBERACEAE
~
A/chornea cordifo/ia (Schum et Thonn) Müll. Agr
1 4
4'
5
A/ternanthea maritima (Mart) S.E. Hil
Anthoc/eista nobi/is [Link]
EUPHOABIACEAE
[Link]'HACEAE
LOOANIACEAS
6 Avicennia germinans L. AVlC~IACEAE
1 7
T
Ber/inia confusa Hoyle
Borassus aethiopum Mart
CAESAlPINIACEAE
~
8 Ca/amus deerratus Mann et Wendl AFB::X:EN:
1 9
10
Ca/ophyllum inophyllum L.
Cassia a/ata l.
GUITIFEREAE
CAESALPINIACEAE
11 Cathormion a/tissimum (Hook. f.) Hutch et Dandy MIMOSACEAE
1 12
13
Chrysoba/anus ellipticus Soland ex Sabine
Chrysoba/anus icaco L.
~
~
14 C/erodendrum thyrsoideum Gürke ~EAE
1 15
16
C/udia k./ainei Pierre ex de Wild
Conocarpus erectus L.
CAESALPINIACEAE
CCM3RETACEAE
1 15
1
1
1
1 17
18
Cuviera macrou/a OC
Cyperus art/cu/atus L.
RUBlACEAE
CVPEFW::EAE
PfJK:SE.
19 Cyrtosperma sensga/ense (Schott) Engl.
1 20
21
22
Da/berg/a ecastaphyllum (L) Tanb
Dichapeta/um pallidum (Oliv.) Engl.
Drepanocarpus /unatus G.F.W. Mey
PAPlLJ..IONACEAE
[Link]
PAPlWONACEAE
1 23
23'
24
Echinoch/oa pyramida/is (Lam) Hitch et Anse
Eichoma crassipes (Mart.) Solms-Laub
E/eocharis variegata (Poir.) Presl
~
PCH:>ETERIACEAE
CVPEFW::EAE
24' Ethu/ia conyzoides L. ~
1 25
26
Ficus congensis Engl.
Ficus ovata Vahl
~
~
27 F/age1/aria guineensis Schum FLAGELlARIACEAE
1 28
29
Heteroptsris /eona (Cav.) Exell
Hibiscus ti/iaceus L
MALPIGHIACEAE
MALVAŒJ.E
30 Hypo/ytrum purpurascens Cherm CYPERACEAE
1 30'
30·
/pomea st%nofera (Cyrill) J.F. Gmel.
/pomea pes-caprae (Unn) Ooststr.
CO'NO..~
CONO...~
31 /xora /axiflora Sm RUBlACEAE
1 32
32'
Lonchocarpus sericeus (Poir) HB & K
Macaranga hrudelotii Baill
[Link]
EUPK>RBlACEAE
33 ·Mariscus /l'gu/aria L. CYPERACEAE
1 34
35
'Mitragyna ciliata Aubrev. et Pellegr
Morelia senega/ensis A. Rich
RUBlACEAE
RUBlACEAE
36 'Nauc/ea /atifo/ia Sm. RUBlACEAE
1 37
38
Nephro/epis biseffata (Sw) Schott
Ocimum gratissimum L.
DAVALUACEAE
lAMlACEAE
39 Ormocarpum verrucosum P. Beauv. PAPlWONACEAE
1 40
41
42
Ostryocarpus riparius Hook. f.
Pandanus cande/abrum P. Beauv.
Panicum repens L.
PAPlWONACEAE
PANDANACEAE
fO&ŒAE
1 43
43'
44
Paspa/um vaginatum (L.) Sw
Paspa/um conjugatum Berg
Pau/linia pinnata L.
FQ&ŒAE
FQ&ŒAE
SAPlNDACEAE
45 .Phoenix rec/inata Jacq. ~
1 46
46'
Phyllanthus reticu/atus Poir
Pistia stratoites Linn
EUPHORBIACEAE
APJICE/JE.
47 Pterocarpus santa/inoïdes L'Her PAPlWONACEAE
1 47'
48
Pycreus po/ystachyos (Rohb) Beauv
Raphia hookeri Mann et Wandl
CYPERAEAE
~
49 Rhizophora racemosa G.F.W. Meyer RHIZC>PHOR4ŒAE
1 49'
50
Sa/vinia nymphellu/a Oesv
Securinega virosa (Roxb ex Wild) Baill
SALVlNIACEAE
EUPHORBlACEAE
51 Sporobo/us virginicus R. Br. PCW::EAE
1 52
52'
Strophanthus gratus (Hook.) Franch
Symphonia g/obu/ifera Linn
fJFfX"IN/[Link].
GUTTIFERAE
53 Tabemaemontana crassa Benth fJFfX~
1 54
55
Tapinanthus bangwensis (Engl. & K. Kraus) Danser
Uapaca heude/otii Baill
[Link]
EUPHORBIACEAE
Il
1 16
1
~. ~:"':""
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Polo~c/"9U~
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1
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----. 11
.Ma"~f'"'OV2
---------------------
• rorê~ ~~ules
• Mongro\f"e
1
1
1 CONSIDERATIONS GENERALES
SUR LA FAUNE
1 DES ZONES HUMIDES COTIERES
1
1
1
La vie animale des ZHC ivoi- non pas de dresser une liste exhaustive de
1 riennes présente des intérêts multiples en
raison de sa grande diversité. Que ce soit
la faune des ZHC, mais uniquement de faire
le point sur la situation de certaines
en zones lagunaires ou d'estuaires, dans espèces appartenant à quelques grands
1 les marécages ouverts, les mangroves ou
les forêts inondées, l'ensemble du règne
groupes du règne animal (les mammifères,
l'avifaune, l'ichtyofaune et les reptiles).
animal y est qualitativement bien repré-
1 senté. De nombreuses espèces vivant
exclusivement, ou temporairement, dans les
Les mammifères.
1
les vertus médicinales de certaines parties canus cye/otis) dont la survie est sérieuse-
de son corps, ce qui en fait une proie de ment mise en cause et ce à l'intérieur même
choix pour les braconniers. Par ailleurs, les du Parc National d'Azagny pour lequel les
barrages édifiés en amont perturbent le derniers recensements font apparaitre une
régime hydrologique des lagunes en modi- population de pachydermes inférieure à soi-
fiant indirectement la salinité des eaux que xante têtes (HALL MARTIN 1987, non
n'apprécie guère le Lamantin. Néanmoins, publiés). Avec ce parc, il n'y a guère
à ce jour, cette espèce semble globalement qu'entre Fresco et Sassandra, et dans les
s'accomoder de ces menaces, principale- régions de Grand Lahou et d'Adiaké, où
ment en raison de son attitude très timorée survivent les derniers noyaux d'Eléphant
qui lui assure une protection relative. habitant les ZHC.
L'avifaune
herpétologues, il n'existe à ce jour que peu Les poissons sont une part
1 de données relatives à leur abondance
dans ces milieux. Python sebae est le plus
importante des ressources naturelles des
ZHC, notamment au niveau des graus où se
connu et le plus spectaculaire; de ce fait, il mélangent faunes marine et dulçaquicole.
1 est très recherché tant pour sa chair que
pour sa peau dont le commerce n'est mal-
Quelques espèces de poissons sont repor-
tées dans le chapitre consacré aux activités
1
1
1
1 Le Canard de Hartlaub (Pteronetta hart/aubi~
La Sarcelle à oreillons (Nettapus auritus)
La Sarcelle d'été (Anas querquedu/a)
L'oie de Gambie (P/ectropterus gambensis)
1 Le Fligule nycora (Aythya nyroca)
Le Canard noir (Anas sparsa)
1 27
1
1 Le Courlis corlieu (Numenius phaeopus )
Famille des GLAREOLIDES
1
1
1
1
1
1
1 28
1
CONSIDERATIONS GENERALES
SUR L'ENVIRONNEMENT HUMAIN
DES ZHC
B. Dynamisme ethno-démographique
-"... ~ ~-.-.-:
.'
30
C'est dans les ZHC occidentales, bou ... . sont utilisées localement par les
encore relativement peu peuplées, que l'on pêcheurs pour la construction des cases et
relève les plus forts taux d'accroissement de la fabrication des "instruments" de pêche
la population tant rurale qu'urbaine. Ces traditionnelle (nasses, pièges, palangres...).
régions sont alimentées par un important Les barrages de poissons et les pêcheries
courant migratoire ivoirien (baoulé) et étran- fixes nécessitent une grande quantité de
ger (burkinabé et ghanéen), conséquence matériau végétal.
de la politique de désenclavement géogra- Plus dangereuse est la coupe
phique et de déveloplpement économique non sélective et sans reboisement, liée aux
du Sud Ouest de la Côte d'Ivoire depuis besoins en bois de chauffe et bois de
1970. fumage de poisson. Cette pratique, en effet
très répandue, est effectuée dans des fours
C. Impact de cette évolution traditionnels à forte déperdition calorique, et
nécessiste une importante consommaton de
La croissance "sauvage" de bois (60 kg pour 30 à 40 kg de poisson).
l'environnement humain pose le problème Des fours "améliorés" ont été expérimentés
de la sauvegarde de l'environnement natu- localement sans grand succès (Port Bouët:
rel des ZHC qui sont cité du fumage; Adiaké).
- menacées dans le Sud-Ouest
par l'avancée du front pionnier de planteurs- Quelle part de ces combustibles
défricheurs vers le littoral, revient aux formations végétales spécifi-
- dégradées dans le Sud-Est par ques des ZHC ?
les pêcheurs, étrangers entre autres , sou- Les dégâts causés par la coupe
vent peu soucieux de préserver les équi- ont été observés partout ou mangroves (en
libres naturels (coupe des mangroves; particu lier) et forêts de bas-fonds innon-
empoisonnement des eaux lagunaires , bra- dables restent les seules ressources végé-
connage et destruction de la faune ...) tales (ou les plus faciles à exploiter), à pro-
- en voie de disparition sous ximité d'une agglomération de quelque
l'effet de la demande croissance d'origine importance (Fresco, Sanssandra, San
urbaine. Dans un rayon de 60 km autour Pédro ).
d'Abidjan, où la disponibilité des terres culti-
vables diminue, ce qu'il reste de végétation
naturelle semble condamné à court terme
par les besoins de la ville en bois de chauffe
et en produits vivriers.
A. Forêts et mangroves
32
prai ries marécageuses de part et d'autre de B. Utilisation des plans d'eau
la basse Comoé ont cédé la place à
d'importantes rizières . Enfin, il faut noter 1! La pêche
l'utilisation originale de certaines bas-fonds
de bord de lagune, amenagés en bass in de Lagunes et estuaires occupent
pisciculture et alimenté naturellement par un environ 1 400 km2 dont plus des 9/10 situés
petit cours d'eau. à l'Est de Fresco. La zone basse et maréca-
En conclusion, l'isolement géo- geuse de la Bolo délimite deux régions très
graphique et humain parait être le seul fac- différentes, non seulement de peuplement,
teur garant de la préservation des dernières mais aussi de paysage et d'occupation: la
forêts marécageuses côtières (forêt de la pêche lagunaire n'y a ni le même dévelop-
Tanoé) et mangroves ivoiriennes (Sud- pement, ni la même importance économi-
Ouest). Si la belle forêt de la Mé, à 20 km que .
d'Abidjan, subsiste presqu'intégralement,
c'est moins en raison de son statut de "Forêt a) Les ZHC à l'Ouest de Fresco
classé" (qui n'a pas empêché celles de Vridi
et de l'Agnéby de disparaître), que des con - A l'exception des embouchures
ditions d'accès particulièrement difficiles. des fleuves Sassandra et Cavally, les plans
d'eau sont relat ivement peu étendus (100
Le Sud Ouest côt ier est resté
krn-'), très morcelés, isolés des uns des
pendant longtemps relat ivement protégé,
autres par le relief accidenté, et très peu
mais depu is 20 ans, son arrière pays subit
exp loités . Les popu lations riveraines sont
une dégradation du milieu nautrel compa-
davantage portées vers l'agriculture ou vers
rable à celle des régions lagunaires Ebrié et
la pêche mar itime. Là où elle existe, la
Aby entre 1930 et 1970 , par suite d'un pro-
pêche lagunaire est considérée comme une
cessus de "colonisation" par des villages et
activ ité complémentaire de l'agriculture
campements qui en sont les principaux arti-
(exemple des Godié à Fresco, Neyo à Sas-
sans. Le long des routes nouvellement tra-
sandra, Krou riverrains des lagunes entre
cées, des pistes sont ouvertes par les
Sassandra et le Cavally). La grande saison
exploitants forestiers ou pour les besoins
de pêche est l'hivernage, durant lequel les
des plantations industrielles, les planteurs
graus sont ouverts, permettant au trop plein
baoulés et immigrés burkinabé défricheurs
des eaux continentales de s'évacuer et aux
et ouvriers agricoles s'y sont installés, ont
marées de régénérer les eaux lagunaires.
défriché et pris possession des terres. Ce
C'est alors l'occasion des pêches collec-
"dépouillement" forestiers a des consé-
tives abondantes dont les surplus sont
quences certainement importantes bien que
fumés et acheminés vers les marchés régio-
mal connues, sur "équ ilibre des écosys-
naux.
tèmes humides côtiers.
Le reste de l'année, la pêche est
en revanche ind ividuelle et alimentaire;
En outre , la construction, déjà
bien avancée, d'une route côt ière transafri-
caine induira, à plus ou moins court terme,
l'avancée jusqu'au littoral d'une nouvelle
vague d'imm igrés, lourde menace pour les
ZHC du Sud-Ouest. Or, en l'absence de
mesure de protect ion jur idique (mise en
réserve intég rale) les magnifiques peuple -
ments de mangrove de cette région sont
irrémédiablement comdannés à brêve
échéance.
33
1
1 crabes, écrévisses, huitres de palétuviers et
autres mollusques complètent les prises à
diverses espèces de Ti/apia et de crevettes
des eaux salées des graus et embouchures
l'épervier, lignes et filets (ces produits sont de fleuves, sont les espèces les plus exploi-
1 consommés frais le jour même ou fumés).
Etant donné la faible densité des
tées (voir tableau ci-contre).
Chaque lagune présente des
populations riveraines, ces lagunes ont con- caractères originaux qui les distinguent tant
1 servé leur équilbre écologique. C'est là que
subsiste en effet les plus belles mangroves
sur le plan socio-économique que sur le
plan biogéographique la lagune Ebrié
de Côte d'Ivoire (Fresco, Niéga, Dagbégo). jusqu'à 50 km à l'Est et à l'Ouest d'Abidjan,
1 subit très fortement l'influence de la ville
dont les besoins en poissons ont considéra-
blement augmenté; les lagunes Aby et de
1 b) Les ZHC à l'Est de Fresco
1
1 PRINCIPALES ESPECES DE POISSONS
1 DES SYSTEMES
LAGUNAIRES DU GOLFE DE GUINEE
1 Gerres me/anopterus
Be/one senega/ensis
Psettus sebae
Caecu/a cepha/ope/tis
Heterotis niloticus
Ca/linectes /atimanus
E/ops /acerta
1 Peneus dnorarum
1
1 34
1
1980 autour de 12 à 15 000 tonnes par an économique
soit 10 à 15 % de la production totale et 6 %
de la consommation nationale de poissons. Avant 1950, toutes les ethnies
Son importance revêt un grand intérêt éco- riveraines ont utilisé les lagunes pour leurs
nomique dans les activités de la zone lagu- besoins alimentaires. Occupation princi-
naire puisqu'elle assure un revenu à envi- pale, la pêche se pratiquait dans le respect
ron 12 000 personnes dont la moitié pour la des traditions et des équilibres naturels. Les
pêche et l'autre moitié pour la transforma- activités de pêche étaient réalisées au
tion (fumage). niveau de la famille 'ou du lignage. Les
D'après les statistiques, les don- outils de pêche: (filets maillants et éperviers,
nées sur la pêche se répartissent de la palangres, pêcheries fixes, filets à crevettes,
façon suivante: masses et pièges à crabes) étaient utilisés
individuellement ou par équipes de deux ou
Lagunes Produit Nb . Nb Surface trois, chacun pour une espèce déterminée .
(tonnes) pêcheurs fumeurs (ha) Les pêches "collectives" avaient lieu à cer-
taines époques de l'année au niveau du lig-
Aby 6 000 2300 1 600
nage ou du village sous la forme de bar-
42 000
Ebrié 7 800 (2.900) 4000 60000 rages ou de sennes en fibres végétales.
Grand Lahou (700) (600) (400) 23 000 A partir de 1955, ce schéma tradi-
1 basse et marécageuse.
Les autochtones, non convertis à
et socio-économique très différent de celui
des lagunes de Grand Lahou. Elle est
caractérisée par:
l'agriculture, continuent d'exploiter les plans
1 d'eau individuellement avec les moyens tra-
ditionnels et certains villages entretiennent
- des modifications hydrobiologiques dues à
l'ouverture du canal de Vridi, à la fermeture
collectivement quelques pêcheries fixes de l'embouchure de la Comoé à Grand Bas-
1 lagune Tadio.
Le potentiel de pêche de ces
ques;
- l'extension des techniques de pêche col-
lagunes. peu connus sur le plan hydrobiolo- lective: sennes tournantes et pirogues moto-
1 gique, est difficile à évaluer. La plus exploi-
tée. la lagune Tadio, aurait. selon la DPLM,
risées en eau profonde (limitée dans la
zone d'Abidjan par le trafic portuaire),
un bon rendement : 250 kg/ha. Les crevettes sennes de plage sur les hauts fonds, filets
1 sont abondantes dans l'estuaire du Ban-
dama et les courants de marée mis à profit
"syndicat" (grand filets mailiants manœuvrés
collectivement à partir de pirogues) ;
pour leur capture au grand filet. Les autori- - la "confiscation" d'une partie des res-
1 tés coutumières ont d'emblée interdit
l'usage des sennes tournantes (les fonds ne
sources par les armateurs de ces grands
filets au détriment pêcheurs individuels
s'y prêtent d'ailleurs pas) et contrôlent "(J. Y. Weigel). La situation est marquée par
1 l'effort de pêche des sennes de plages
étrangères par les biais de quotas de
l'acuité des conflits entre pêcheurs collectifs
et pêcheurs individuels(1), principalement
pêcheurs, redevances perçues et interdic- dans l'Ouest Ebrié où les ahizis continuent
1 tion de pêcher certains jours... (J.Y. Weigel).
Cette moindre exploitation serait donc due à
une pêche individuelle à l'épervier, filets
fixes, pêcheries (en regression), barrages,
"une meilleure gestion due à l'efficacité du sur la rive Nord tandis que la rive Sud est
1 système d'aménagement coutumier" mais
aussi "à l'éloignement des zones où la
exploitée à l'aide d'engins collectifs (sennes
tournantes et de plage). Dans cette partie
de la lagune, la pêche est organisée pour
1 demande en poissons est élevée" (rapport
FAO). répondre à la demande importante du mar-
ché urbain;
f)Diversité régionale: le système
1 lagunaire Ebrié
L'ensemble lagunaire Ebrié
- la multiplication de ces filets (33 en 1964,
90 en 1979), la raréfication des prises et la
diminution de la taille des poissons entraî-
s'étend sur 200 km du canal d'Asagny, à
1 l'Ouest, au canal d'Assinie à l'Est. " englobe
les lagunes Poto-Adjin et Ono, soit un plan
nent une augmentation de l'effort de pêche
tant individuel que collectif. Cette surpêche
aboutit en 1979-80 à une importante dimi-
d'eau d'environ 600 km 2 . La pêche y joue
1 un rôle important dans l'approvisionnement
d'Abidjan. De toutes les ethnies riveraines
nution des captures surtout des ethmaloses
qui constituent plus de 70 % de la produc-
autchtones, seuls les ahizis sont encore tion.
,1 engagés à plein temps dans la pêche tradi-
tionnelle. Les autres se sont en majorité
(1) Les armateurs, propriétaires des filets et des piro-
gues motorisées sont souvent de nationaux, anciens
pécheurs de la région, mais aussi cadres ou hommes
convertis à l'agriculture de plantation et politiques d'Abidjan.
1
o
o En 1982, les autorités ivoiriennes
prirent la décision d'interdire la pêche pen-
d'usage se concrétise par des redevances
versées au propriétaire de la zone, par les
o Tonnes
Senne
1975 1976 1977
2620
nèrent des signes de surexploitation. La
production, toutes espèces confondues,
chute des 2/3 en 1979 et 1981.
n
u
de plage
Ethmalose Machoiron Autres TOTAL
Senne 960 1 715 2 440 1 500 850
tournante
o Péche
"industrielle-
1979
1980
6810
3960
910
1 220
2230 10010
1 020 6800
2. Aménagement et développement de la
o niquement apparentés aux agnis riverains.
Là où un contrôle existe (lagune Tendo-Ehy
- Sud lagune Aby), l'application de droits
pêche artisanale
o
D
o administratives qui concernent aussi les
autres lagunes, le gouvernement, conscient élaborées
a) L'aquaculture à techniques
a) Lagune Ebrié
riture artificielle, dans les stations de Layo et
Mopoyem (Dabou).
Quelques particuliers, bénéficiant
o
Acadja - enclos
STATION
D'AQUACUL TURE
DU CRO (DABOU)
40
ture de bambous de chine destinés à fournir On peut toutefois se demander
le matériel végétal nécessaire à leur con- quelle est la part qui revient à une gestion
struction sont également expérimentées. A irrationnelle des ressources et quelle pour-
cet égard, il convient de préciser que rait être celle, imputable à des modifications
l'entretien d'un hectare d'acadja nécessite hydrologiques ou biologiques d'origine
1,5 ha de bambous de chine qui a anthropiques. Les bilans faunistiques ne
l'avantage d'être plus résistant aux tarêts et portent en effet que sur les espèces les plus
au pourrissement que les autres matériaux. consommées et l'on ne dispose, actuelle-
ment, d'aucune analyse précise concernant
En conclusion, les mesures admi- l'influence des facteurs naturels ou artificiels
nistratives, les projets d'aménagement et les sur l'équilibre des écosystèmes lagunaires.
expériences d'aquaculture sont autant de
réponses au problème de surexploitation Aussi, pour garantir le succès de
halieutique des lagunes Ebrié et Aby, qui projets d'aménagement de pêche artisa-
semble être le résultat d'une mauvaise ges- nale, il serait souhaitable de réaliser une
tion d'un effort de pêche porté sur un très étude prélable afin de pouvoir judicieuse-
petit nombre d'espèces dont le cycle de ment concilier conservation du milieu et
maturation n'est plus respecté. satisfaction des besoins économiques.
,
~ - - -
"
--
--=:- -:- ~-:~ ~~-::t=~~; ,.::~
Quelques aménagements
villageois pour
la pêche en lagune.
41
LES MENACES
Les menaces qui pèsent sur les que le gouvernement ivoirien envisage de
ZHC ivoiriennes n'ont rien de spécifique; mettre fin à l'agriculture itinérante au profit
elles sont pour la plupart la conséquence d'une agriculture sédentaire intensive.
évidente d'une action, directe ou indirecte, Aussi assiste-t-on à une course à la terre
d'origine anthropique. Dans leur grande qui, bien évidemment, n'épargne pas les
majorité, la dégradation des écosystèmes forêts des ZHC. De plus, la construction de
humides côtiers résultent de décisions la route transafricaine côtière , accès directe
prises au titre du désenclavement ou de à la côte pour les populations, accentuera
l'autosuffisance alimentaire. Le déboise- encore davantage ce déséquilibre.
ment reste la cause majeure des problèmes La surexploitation des ressources
que rencontre aujourd'hui les ZHC, car il halieutiques, catastrophique en lagunes
génère des désordres écologiques souvent Aby et Ebrié, ainsi que le le braconnage
irréparrables en zone tropicale. La défriche aveugle portent un préjudice grave à la
conjointe des mangroves et des forêts en faune de certaines ZHC du Sud Est du
amont , provoque des phénomènes pays . Ces menaces demeurent,à court
d'érosions particulièrement critiques pour la terme, moins graves pour les ZHC du Sud
conservation des sols, hypothèquant pour Ouest.
l'avenir les chances d'une régénération La liste des dangers menaçant
naturelle du milieu, du moins dans certaines les ZHC ivoiriennes est longue. " serait vain
zones du Sud Est du pays. de les énumérer tous ici. Aussi pour clarifier
Le miracle économique ivoirien a la question, deux schémas sont proposés
eu les effets que l'on connait au niveau de au lecteur, dans le but de résumer au mieux
la forêt dense; ils s'avèrent de nos jours de l'action de l'Homme sur les écosystèmes
plus en plus perceptibles dans le Sud Ouest humides côtiers . Par ailleurs, les tableaux
de la basse côte de part une immigration présentés dans le chapitre "Descriptions
importante motivée par l'attrait des "terres des sites", rapportent approximativement le
noires" réputées pour leur haute valeur agri- degré de conservation de chacune des ZHC
cole. Malheureusement, la situation est telle visitées .
42
--------------- ------
INflUENCES ANTHROPIQUES
édification de barrages en amont: modification de l'alimentation en eau douce.
-------------_._------------"
1
défriches intensives de la forêt dense en amont: érosion et sédimentation ...-IN-f-L-U-EN-C-E-S-NA-T-U-R-E-L-LE-S------------., 1
assèchement pour les cuhures: appauvrissement des sols
modifications climatiques liées à une diminution de la pluviométrie 1
construction de la route côtière transafricaine
érosion côtière: déstabilisation des cordons littoraux
pollution diverses L----------r--------'11
lménagements irrationnels
1
1
MILIEU PHYSIQUE ---------_----1
1
1
FLORE
ZONES HUMIDES COTIERES
écosystèmes lagunaires, estuaires _1
et forêts marécageuses
'""\
"'
défriches abusives: bois de chauffe, fumage de poisson, matériau de
construction, nourrissage des troupeaux, fermage. acadjas.
/
pêche incontrôlée: surexploitation et utilisation de poisons.
ouvertures peu ou trop fréquente des passes: appauvrissement des braconnage intensif pour l'alimentation et la commercialisation
populations végétales et modification de la composition floristique dus des produits de la faune (trophée. vertus médicinales)
à des variations importantes du taux de salinité des eaux
destruction des habitats
végétation envahissante: Eichorna. Pistia. Salvinia.....
---------------------
Poissons
.. Sud Est RCI
t~
Sud Ouest RCI
Crustacés
Mollusques
PECHE
Construction
de meubles
r---__ Bois de chauffe
\
FAIBLES
Habitat
\\
Agriculture
_ _ _ _ _ FORTES
1
- - - - - - - - - - - - - - - --- - - - -
- -- ------------ ------
SITES 1 2 3 4 5
NOM Forêt de la Tanoé Lagunes Ehy Iles Ehotilés Lagune Aby Nord lagune Aby centre
etTendo
LOCALISATION GEOGRAPHIQUE Est lagune Ehy SE Rel Lagune Aby Sud Embouchure Bia Adiaké Ville
SERCI SERCI SERCI SERCI
VEGETATION NATURELLE Forêt marécageuse Forêt marécageuse Mangrove à Forêts marécageuses Néant
DOMINANTE à Mitraovna à Mitraavna et Raohia Rhizoohora à Raphia et Ficus
DENSITE DE POPULATION (1 • 5) 1 3 2 3 4
LOCALITE LA PLUS PROCHE [Link])lJ FRAMBO. MOUA ASSINIE ETUOSSIKA BIANOU KRINJABO ADIAKEABY
NOM Lagune Assouindé LaguneOno Embouchure Comoé Lagune Potoul Adjin Lagune Ebrié Est
Embouchure Amia
LOCALISATION GEOGRAPHIQUE Ouest Assinie Nord Bonoua Grand Bassam Nord Est Bingerville Bingerville
Abidian
VEGETATION NATURELLE Forêt marécageuse néant Forêt à Raphia; man- Forêt à Mitragyna Mangrove à
DOMINANTE à Raphia -arove à Rhizoohora Manarove Rhizophora Rhizophora
OItAND • LAHOU
-------- - - - - -- ---- ---
SITES 11 12 13 14 15
NOM Lagune Ebrié Lagune Ebrié Complexe lagunaire Fresco Lagune Katibo
Centre Ouest Grand Lahou
VEGETAnON NATURELLE Forêt à Mitragyna Forêt à Raphia Forêt marécageuse Forêt àRaphia Mangrove à
DOMINANTE Manarove RhizOPhora ManQrove Rhizoohora Manarove Rhizophora Manaroves Rhizoohora
DENSITE DE POPULATION (1 à 5) 5 4 3 2 2
, ." - ..
~~ , o·.,
01
o
---------------------
------------------ - --
SITES 16 17 18 19 20
LOCALISATION GEOGRAPHIQUE Est Sassandra Sassandra Ouest Sassandra Est San oedro San Pedro
DENSITE DE POPULATION (1 à 5) 1 3 1 2 4
0'1
N
---------------------
21 .
,. l ' ~ ••
24
\ c."...,
25 ..•
--------- ----- -------
SITES 21 22 23 24 25
1 LOCALISATION GEOGRAPHIQUE Ouest San pedro Grand Béréby Ouest Tabou Ouest Tabou
Grand Bérébv
DENSITE DE POPULATION (1 à 5) 0 2 1 2 2
LOCALITE LA PLUS PROCHE BALMERTAKI GAMIO BEREBYOURO BEREBYMANI BOUBELE TABOU BUERON
1
1
1 l'intermédiaire de la rivière Amia et se jette
dans la Comoé. Depuis quelques années,
geuse à Mitragyna ci/iata et Raphia sp.. Sur
la rive Sud, la forêt marécageuse beaucoup
la fermeture de l'ancienne passe de la plus riche en Raphia, est menacée à terme
1 lagune Ebrié a entraîné une dessalure com-
plète des eaux et leur occupation par les
de disparition. De part et d'autre de la
rivière Mé, la forêt très luxuriante, renferme
1
1
1 Sur la rive Nord, à l'embouchure
de l'Agnéby, se trouve une belle forêt maré-
nans avec des espèces compagnes telles
que Da/bergia ecastaphy/lum , Acrostichum
cageuse à Mitragyna ciliata et Symphonia aureum • Drepanocarpus lunatus et Paspa-
1 g/obu/ifera. Elle renferme aussi Raphia sp.,
Cyrtosperma senega/ense ,Nephro/epis
/um maginatum . Les forêts marécageuses à
Mitragyna ciliata et Raphia hookeri succè-
une forêt de palétuviers que traverse le petit Pycreus polystachyos , Ethulia conyzoides
affluent Nougblé. etc...
Cette mangrove est l'une des
61
Transformation d'une mangrove à Avicennia en rizètes
dans le périmètre urbain de Sassandra.
62
1
1
1
1
1
1
1
1
1 PROPOSITIONS
D'AMENAGEMENTS
1
1
1
1
1
1
1
,1
'1
il
1
1 63
'1
1
1
1
1
1 Comme rapporté auparavant,
l'objectif de ce rapport n'est pas de définir
REGENERATION NATURELLE DES
MANGROVES ET SYLVICULTURE
un schéma de conservation des ZHC ivoi-
1 riennes. mais de regrouper un certain
nombre d'informations afin de proposer des
De nombreux sites des ZHC ivoi-
riennes ont totalement perdu leur végéta-
axes prioritaires dans une perspective tion, et ce particulièrement dans le Sud Est
1 d'aménagement d'un ou plusieurs sites des
écosystèmes étudiés.
du pays. La mise en oeuvre de projets de
reboisement présente un caractère
Il apparaît cependant opportun de d'urgence évident dans la lagune Ebrié,
1 rappeler qu'un aménagement peut s'opérer
dans le sens de la préservation, de
dans un souci de reconstitution du milieu
d'une part et, d'autre part, da~s le but
l'utilisation ou de la conversion du milieu. d'assurer à moyen terme un approvisionne-
1 celle-ci s'effectuant bien souvent de
manière irréversible. En pratique, considé-
ment en bois, de plus en plus crucial dans
cette région. D'autres sites. comme celui de
rations écologiques et économiques ne doi- Fresco par exemple. mérite d'être retenu au
1 vent pas être dissociées de l'aménagement
des ZHC. Même si économiquement il est
plan scientifique, en raison d'un processus
évolutif important que subit une partie de la
difficile de chiffrer le gain d'une exploitation mangrove de la lagune Ngni. En effet, pour
1 rationnelle de tels milieux, il est indéniable
que le maintien des mangroves, par
des raisons inconnues. on assiste à un rem-
placement des peuplements de Rhizophora
exemple, est garant de la pérennité des res- par des peuplements d'Avicennia. En outre,
1 sour-ces de ces milieux, pouvant assurer à
terme un revenu permanent aux utilisateurs
on assiste également à une régénération
naturelle de la mangrove où celle-ci fut
et contribuer à l'autosuffisance alimentaire
1 des popu lations locales.
En Côte d'Ivoire, il serait souhai-
auparavant détruite. A cet égard et pour
améliorer nos connaissances du fonction-
nement de l'écosystème de mangrove, le
65
---------- ---- -------
TYPE D'AMENAGEMENT SITES PRIORITE INTERET INTERET INTERET REALISATION COLLABORATIONS FINANCEMENTS
f1 • 4) ECONOMIQUE ECOLOGIQUE SCIENTIFIQUE POTENTIELLE ADMINISTRATIVES POTENTIELS
REŒ1ERATOV GAAND BASSAM 4 R:HT FŒIT FœT CRSTO.4 Ministères des Eaux et NATIONAUX.
ET cm Forêts et de la Recherche MERNATlONAUX,
[Link] fFESCX) 3 P.«:h'EN ~ RJU UNIVERSITE Scientifique INSTITUTS DE
UICN REQEfD-E5,
FOf'êt de la TANOE 3 P.«:h'EN RJU RJU Ministèfe des Ministère des NATIONAUX.
l..[Link] DAGBEOO 4 [Link]:N RJU RJU Eaux et Forêts Eaux et Forêts MERNATIONAUX,
MISE EN RESERVE BlIERON UICN et de la Recherche UICN;ONG
NATURELLE Embouchure de la NIEGA 4 [Link]:N R:JU R:JU UNIVERSITE JUCN WWF
8asse1XXX) 3 Wt'EN R:JU R:JU œsTOMsOOG
OASSEKO 4 [Link]:N R:JU FŒIT
1 corollaire d'une conservation durable de ces ressources tant au plan de leur renouvelle-
ment, donc économique, qu'au plan de leur pérennité. La Côte d'Ivoire possède, avec
ses zones humides, un patrimoine biologique riche et diversifié qu'elle se doit impérati-
1 vement de conserver.
Ainsi, au plan politique. il serait judicieux de créer un groupe
ivoirien de reflexion sur la conservation des ZHC, qui pourrait comprendre des représen-
1 tants des autorités administratives locales, d'organismes scientifiques nationaux et inter-
nationaux. d'ONG et d'organisations internationales.
En relation avec les programmes d'aménagements du terri-
1 toire, ce groupe devrait définir des priorités d'aménagements et de conservation et pour-
rait éventuellement participer à la mise en place de la stratégie nationale de la Conserva-
tion.
1 L'actuelle prise de conscience nationale pour la réhabilitation
de la zone forestière et la sauvegarde des vestiges du bloc forestier (1988 sera l'année
de la Forêt en Côte d'Ivoire), doit prendre en compte la situation des ZHC dont le sort,
1 écologique et politique, est, à terme, étroitement lié à celui de la forêt dense humide.
1
Il
!I
1
1 67
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1 ANNEXES
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1 68
1
1
1
1
1
1
La très grande partie de cette BENIN
1 étude a été consacrée aux ZHC de Côte
d'Ivoire, mais une extension des enquêtes Bien que la surface occupée par
nous a conduit au Togo et au Bénin, deux la mangrove béninoise ne soit pas exacte-
1 pays aux traditions lagunaires connues, afin
d'appréhender, très succintement certes, la
ment connue, on peut toutefois dire qu'elle
est supérieure à celle du Togo, mais en
situation de leurs ZHC. Une mission de dix revanche infèrieure aux surfaces occupées
1 . jours, des contacts sur le terrain ainsi que la
consultation de documents déjà rédigés sur
par les forêts de palétuviers en Côte
d'Ivoire. L'écosystème lagunaire béninois
ce sujet, nous autorisent les remarques qui est très modelé par la présence humaine et,
1 suivent. selon BLASCO (1985), les riverains ont un
sens aigu de la conservation du milieu au
sens de l'utilisation des ressources, dont la
1 TOGO plus remarquable est l'industrie séculaire et
traditionnelle du sel. Néanmoins, la man-
Globalement, la situation des grove est très dégradée en raison d'une
1 ZHC togolaises est très différente de celle
de la Côte d'Ivoire. Les formations végétales
forte activité humaine (pêche, bois de
chauffe) et d'une dégradation des échanges
originelles, édifiées autour d'un système hydriques. Mais elle ne présente aucun
1 lagunaire de 64 km2, ont été détruites de 80
à 100%. Le reste de la végétation semble
signe de pollution, d'industrialisation et
d'agriculuture moderne.
1
1
1
1
1
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