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Introduction à l'électrochimie en chimie

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Cours d’électrochimie

Troisième année chimie organique

Département de chimie

Faculté des sciences exactes

Université Frères Mentouri Constantine 1

Année universitaire

2022/2023

Dr MOSBAH Salima

1
Électrochimie : L’électrochimie est la science qui étudie tous les phénomènes engendrés lorsqu’un milieu
chimique électrolytique est en interaction avec un circuit électrique.

L'électrochimie comprend toutes technologies et techniques issues de ses travaux scientifiques, comme
ceux concernant l'électrolyse, la corrosion, les piles, les piles à combustibles, les accumulateurs, et
l'électrodéposition.

On distingue deux systèmes importants :


- Les piles ou cellules galvaniques : elles transforment l'énergie chimique en énergie électrique.
- Les électrolyseurs : l'énergie électrique sert à provoquer des réactions électrochimiques.
Un système électrochimique (pile ou électrolyseur) est composé de deux électrodes (milieu à conduction
électronique) plongeant dans un milieu électrolytique (milieu à conduction ionique) contenant
éventuellement : diaphragme, membrane semi-perméable, membrane échangeuse d'ions.
Les réactions électrochimiques se produisent à l'interface métal-solution et on distingue :
Les processus faradiques : ce sont des réactions avec transfert d'électrons (oxydation ou réduction)
obéissant à la loi de Faraday.
Les processus non faradiques : ceux-ci sont liés à l'existence d’une double couche (assimilable à un
condensateur) à l'interface métal-solution et ils engendrent des courants capacitifs de charge ou de
décharge.

2
Chapitre I

Conductivité des solutions électroniques :


- Electrolyte forts et faibles
- Conductance
-conductivité d’une solution
- Conductibilité équivalente
- Mobilité ionique - Loi d’additivité
- Thermodynamique des solutions électroniques
- Activité -Coefficient d’activité -Théorie de Debye Huckel.

3
Chapitre I

Chapitre I

RAPPEL DES PRINCIPAUX EQUILIBRES IONIQUES

I. Généralités
- En milieu homogène, on distingue :
(a) Les réactions d'échange d'électrons (oxydo-réduction)
(b) Les réactions avec échanges d'ions
Acide ↔ base + H+,
NH 4+ ↔ NH3 + H+ (réactions acido-basiques)
(b') Les réactions avec échange ions et électrons simultanément
- En milieu hétérogène, on distingue :
(c) Les réactions de précipitation ou dissolution Ag+ + Cl- ↔ AgCl
(d) Les réactions avec échange d'électrons entre ions de la solution et les atomes d'une autre phase :
gazeuse ou solide (c'est un cas particulier de l'oxydo-réduction).

I.A. Réaction d’oxydation et réaction de réduction

Selon la définition la plus simple, l’oxydation est une réaction chimique dans laquelle un composé se
combine avec un ou plusieurs atomes d’oxygènes.
Exemple
Hg + O2 HgO
H2 + O2 H2O
Cependant, il existe des réactions semblables aux précédentes, telles que :
Mg + Cl2 MgCl2
H2 + Cl2 2HCl
Dans ce cas nous dirons que nous avons oxydé le magnésium ou l’hydrogène par le chlore.
Une réaction d’oxydation est une réaction chimique au cours de laquelle se produit une perte d’électrons.
Exemple
Fe2+ Fe3+ + 1e-
Le fer perd au cours de la réaction un électron. C’est une réaction d’oxydation. Le fer est appelé réducteur,
car c’est lui qui donne des électrons. Nous dirons qu’il s’est oxydé.

4
Chapitre I
Résumé
Perte
Oxydé d’électrons réduit
(Oxydation)
Selon le même principe, une réaction de réduction est une réaction chimique au cours de laquelle un corps
perd des atomes d’oxygènes.
Exemple
Fe2O3 + 3C 2Fe + 3CO
Toutefois, selon la définition moderne, une réaction de réduction chimique est une réaction au cours de
laquelle se produit un gain d’électrons, la réaction suivante :
Fe3+ + e- Fe2+
Sera considérée comme une réaction de réduction. Chaque ion ferrique capte un électron, il est appelé
oxydant, il s’est réduit durant la réaction.
Résumé
Gain
réducteur d’électrons oxydant
(Réduction)
Oxydant : corps susceptible de capter des électrons.
Réducteur : corps susceptible de céder des électrons
La relation qui résume une réaction redox, les oxydants et les réducteurs s’écrit comme suit :

oxydant + n.e ↔ réducteur

I.B. Réaction d’oxydo-réduction

Une réaction d’oxydoréduction est une réaction chimique au cours de laquelle se produit un transfert
d’électrons.
Exemple
5Fe2+ + MnO4- + 8H+ Mn2+ + 5Fe3+ + 4H2O
Dans l’exemple, les électrons ont été transférés du système dans lequel a eu une oxydation vers le système
dans lequel a eu une réduction, nous écrirons :
5Fe2+ 5 Fe3+ +5e-
MnO4- + 8H+ + 5e- Mn2+ + 4H2O
5Fe2+ + MnO4- + 8H+ Mn2+ + 5 Fe3+ +4H2O

5
Chapitre I

Remarque
L’écriture de la réaction précédente en deux demi-réactions nous aider à déterminer la stœchiométrie de la
réaction totale, ellel n’a aucune relation avec le mécanisme réactionnel.

Une seule espèce chimique peut jouer à la fois le rôle d’oxydant et de réducteur.
Exemples
3NaClO NaClO3 + 2NaCl
2CO CO2 + Cgraphite
Ce type de réaction est appelé dismutation.
La réaction d’oxydoréduction inverse s’appelle réaction de médiamutation ou antidismutation (réaction
entre deux espèces chimiques dans laquelle un atome ou groupe fonctionnel était initialement présent à
des degrés d’oxydation différents pour donner une espèce chimique avec un seul degré d’oxydation pour
cet élément).
Exemple
2Fe 3+ + Fe Fe2+
I.C. Nombre d’oxydation
Le nombre d'oxydation (n.o.) ou degré d'oxydation (d.o.), est le nombre de charges électriques
élémentaires réelles ou fictives que porte un atome au sein d'une espèce chimique
(molécule, radical ou ion)

Les atomes sont définis comme ayant un n.o. nul car ils sont électriquement neutres.

Si un atome perd un électron, il possède plus de protons que d'électrons et devient un ion positif
(un cation). On dit que cet ion a un nombre d'oxydation égal à +I (n.o. = +I). Réciproquement, si un atome
accepte un électron, il devient chargé négativement (un anion) et son nombre d'oxydation devient -I (n.o.
= –I).

I.C.1. Evaluation du nombre d’oxydation


Pour un corps simple le nombre d’oxydation est égal à zéro.

Exemple

Le nombre d’oxydation de Na est no(Na) = 0

Dans une espèce chimique homopolyatomique neutre (composé d’atomes de même nature), le nombre
d’oxydation de chaque atome est nul.

Exemple : Le nombre d’oxydation d’O2 zéro.

Pour un ion simple le nombre d’oxydation est égal à la charge de l’ion.


6
Chapitre I

Exemples

Le nombre d’oxydation de Fe2+ est +[Link] n’est pas toujours facile à évaluer, surtout dans les composés.

Pour cela pour déterminer le nombre d’oxydation d’un atome dans une espèce chimique, on retiendra les
quelques règles qui suivent :

1. Les espèces chimiques hétéropolyatomiques (composée d’atomes de nature différente) covalentes


seront considérées comme ioniques, l’atome ayant le plus d’affinité pour les électrons (le plus
électronégatif), est considéré comme recevant les électrons.

Exemple

HCl sera considéré comme ionique en attribuant l’électron au chlore. Nous obtenons donc H + et Cl-, donc
nous aurons no (Cl-) égale -1 et no (H+) = +1

2. La somme des nombres d’oxydation de tous les éléments d’un composé chimique est égale à la
charge portée par ce composé.

Remarque

Le nombre d’oxydation d’un élément peut changer selon le composé dans lequel se trouve cet élément.

Exemple

Composés H2S S H2S2O3 SO2 H2SO3 H2SO4 SO3

Nombres -II 0 +II +IV +IV +VI +VI


d’oxydations

3. Dans un composé, l’oxygène a la plus souvent un nombre d’oxydation égal a -2. Il existe
néanmoins, plusieurs exceptions :

Dans les peroxydes (R-O-O-R’), la présence d’un pont oxygène induit un nombre d’oxydation égal à -
1 pour chaque oxygène.

Dans les superoxydes, un nombre d’oxydation égal à -1/2.

7
Chapitre I

Chapitre I : Conductivité des solutions électroniques

I. Définition

I. 1. Solution

Une solution est obtenue par dissolution de solutés dans un solvant. Lorsque le solvant est de
l’eau on obtient une solution aqueuse. Les solutés peuvent être liquides, solide ou gazeux. Le
soluté peut, après dissolution, donner des molécules ou des ions, dans ce cas le soluté est un
soluté ionique (solide ionique…). Le solvant est présent en grande quantité par rapport au
soluté.

I. 2. Solution électrolytique

Une substance électrolytique est une substance, une fois mise en solution se dissocie
(partiellement ou totalement) pour donner des ions qui peuvent se déplacer dans un champ
électrique. Exemples des substances électrolytiques : les acides, les bases et les sels. Une
substance non électrolytique est une substance qui, lorsqu’elle est en solution, ne laisse pas
passer le courant électrique. Exemples des substances non électrolytiques : le sucre et l’alcool.
Il existe deux types d’électrolytes fort et faible :
- Electrolytes forts : des substances qui se dissocient complètement dans l’eau donnant des
ions de bonnes conductivités électriques.
- Electrolytes faibles : des substances qui se dissocient partiellement dans l’eau donnant des
ions de faibles conductivités électriques. Exemples : Acides faibles et les bases faibles.

II. La résistance et la résistivité électrique:

II.1. La résistance

La résistance est l'aptitude d'un matériau conducteur à ralentir le passage du courant électrique.
Elle dépend de sa forme géométrique. La résistance d’un conducteur filiforme est définie par la loi
d’Ohm:

Avec :
R : La résistance du matériau exprimée en Ohm ()
8
Chapitre I

V : Différence de potentiel entre les bornes du matériau exprimée en Volt (V)


I : Intensité du courant électrique exprimée en Ampère (A)
Calcul de la résistance
Les mesures faites simultanément par Ohm et Pouillet sur des conducteurs de section
cylindrique ont conduit séparément ces deux savants à énoncer la loi suivante: la résistance
d'un fil si sa section est constante est augmentée quand sa longueur s'accroît (proportionnelle
à sa longueur l), la résistance d'un fil si sa longueur est constante est augmentée quand sa
section diminue. (Inversement proportionnelle à sa section s), la résistance est variable avec la
nature du conducteur. Cette loi se traduit par la formule :

R= 

Avec :
R : La résistance du matériau Ohm (O)
 : (La résistivité de la solution) Ohm. Mètre (O cm)
L : Distance entre les deux électrodes Mètre (cm)
S : Section commune des électrodes Mètre carrés. M2 (cm2)
Lorsque, L = 1 cm et S = 1 cm2 donc r = R et s’appelé la résistivité.

II. 2. La résistivité d'un matériau, symbolisée par la lettre (r), représente sa capacité à
s'opposer à la circulation du courant électrique. Elle correspond à la résistance d'un tronçon de
matériau d'un centimètre de longueur et d'un centimètre carré de section et est exprimée en
ohms centimètre (. cm). Plus cette valeur est faible, plus le matériau est conducteur. Par
exemple, la résistivité du fer est environ six fois plus grande que celle du cuivre, on en déduit
que le cuivre est six fois plus conducteur.

II. 3. La conductance et la conductivité électrique :

- L'inverse de la résistance exprime la conductance (symbole G), elle s'exprime en Siemens


(Ω-1).

G=

G : La conductance Siemens (S)


R : La résistance du matériau Ohm (Ω)

9
Chapitre I

-L'inverse de la résistivité est la conductivité (symbole ) elle s'exprime en Siemens par


centimètre et
ses sous-multiples.

= ([Link]-1) ou (Ω-1. cm-1)

II. 4. Conductivité spécifique

La conductivité spécifique de la solution est définie comme étant la conductivité


d’une quantité d’électrolyte dans un cube de dimension 1cm.

 [Link]-1
On remarque que la conductivité d’une solution peut être obtenue à partir d’une mesure
directe des paramètres R, l, et S.

Le rapport est désigné par K, constante de cellule. Si l est en m et S en m, alors K est en m-1.

K est déduit à partir d’une mesure de la résistance lorsque la cellule est remplie d’une
solution étalon de KCl de concentration 0.1 mol/l, dont la conductivité est connue,
qu’on prendra à la température de la salle, donc des solutions.


On a ici, sous forme de tableau, les valeurs des conductivités, exprimées en [Link] -1de
solutions de chlorure de potassium, à 0.1 mol/l à diverses températures :

La constante K, une fois obtenue, est utilisée pour déduire la valeur de la conductivité de la
solution inconnue par une simple mesure de la résistance de cette solution.

10
Chapitre I

II. 5. Conductivité molaire ionique

Pour une solution diluée contenant les ions M+ (aq) et X-(aq) dont les concentrations sont
notées [M+ (aq)] et [X-(aq)], la conductivité peut s’écrire sous la forme :

 =  M+  [M+ (aq)] +  X-  [X-(aq)]

Les grandeurs  M+ et  X- sont les conductivités molaires ioniques des ions M+ (aq) et X- (aq),
elles se mesurent en S. m2. mol-1. La conductivité molaire ionique d’un ion dépend de sa
nature et de la température de la solution.

Il n’est pas demandé de connaître les conductivités molaires ioniques des différents ions, il
existe des tables de données auxquelles on peut se référer.
Exemple : Conductivités molaires ioniques de quelques ions en solution.

Une remarque est à faire cependant : alors que la conductivité molaire ionique des ions
monoatomiques porteurs d’une seule charge (– ou +) sont de l’ordre de λ, celles des ions H+
(aq) et OH-(aq) sont nettement supérieures.
 H+ (aq)  5M+ (aq) et  HO- (aq)  3X- (aq)
II. 6. Conductivité molaire

Constatant, tout au moins pour des concentrations peu élevées, qui sont sensiblement
proportionnelles à la concentration, on peut penser à définir une conductivité s'affranchissant
de la concentration en divisant par la concentration molaire. On définit ainsi la conductivité
molaire m par :

m = .1000  -1
cm2 mol-1

où C concentration en moles par litre.

11
Chapitre I

On multiplie par 1000, car elle concerne la conductivité d'un ml de solution.


II. 7. . Conductivité équivalente

Pour s'affranchir de la charge des ions, on définira la conductivité équivalente  par :

= .1000

z| charge commune → z = z+ . ν+ = | z - |. ν-
La conductivité équivalente ainsi définie ne devrait donc plus dépendre que de la mobilité des
ions assurant le transport du courant. Considérant la loi d'Ohm comme vérifiée, pour une
tension aux bornes donnée, la conductivité est proportionnelle au courant. Or, le courant de
migration doit être proportionnel aux mobilités des ions puisque ces grandeurs permettent de
connaître le nombre d'ions parvenant aux électrodes par unité de temps dans un champ
électrique donné. Il en résulte que la conductivité est proportionnelle à la somme des
mobilités de tous les ions de la solution.
II.8.. La conductivité équivalente limite

La conductivité équivalente limite représente la conductivité de la solution à dilution infinie,


elle est

exprimée par la relation:

 0
III. Electrolytes fort et électrolytes faibles

Si on porte la conductivité de la solution  en fonction de racine carrée de la


concentration de types d’électrolyte.
Loi de Kohlrausch
En 1900, Kohlraush montre que la courbe expérimentale  = f (√ présente une partie
linéaire pour certaines électrolytes : les électrolytes forts (exemple KCl).
C’est cette base expérimentale qui permet de définir et de distinguer un électrolyte fort d’un
électrolyte faible. Les deux types d’électrolytes ont un comportement expérimental très
différent : on ne peut accéder à ° que dans le cas d’un électrolyte fort.

12
Chapitre I

Les variations de la conductivité équivalente en fonction


de la racine carré de la concentration C.

a) Les électrolytes qui conduisent à des droites sont ceux qui se dissocient totalement en
solution appelés électrolytes forts tels que acides forts, bases fortes, sels solubles….
(b) Les électrolytes qui conduisent à des courbes sont ceux qui se dissocient partiellement en
solution appelés électrolytes faibles tels que les acides faibles, les bases faibles, les sels peu
solubles,… A dilution infinie (lorsque c tend vers 0) Λ tend vers une valeur limite appelée
conductivité équivalente limite notée Λo.
Plus tard Debye et Hückel mettent en équation la constatation expérimentale de Kohlraush
pour
les électrolytes forts :

= °- A√
Ou A est une constante.
La relation ci-dessus montre que la conductivité d’un électrolyte diminue quand sa
concentration augmente .On peut comprendre cet effet en considérant que le déplacement
d’un ion de l’électrolyte sous l’action d’un champ électrique est freiné par l’atmosphère
ionique environnante : celle-ci possède en effet un temps de relaxation qui tend à ralentir la
migration.
De plus, le mouvement des contre-ions « à contre-courant » de l’ion considéré (les ions de
signes contraires migrent en sens opposé) tend également à freiner le déplacement. Ainsi, plus
la force ionique est élevée, moins l’électrolyte conduira le courant.
Le paramètre A dépend de la stœchiométrie de l’électrolyte et non de sa nature spécifique.
A dilution infinie, la conductivité molaire limite ° est égale à la somme des conductivités
limites des cations et des anions .Par exemple pour NaCl, on a la relation suivante :

13
Chapitre I

° = ° Na+ + °Cl-
La courbe précédente obtenue dans le cas d’un électrolyte faible n’est pas linéaire. Par
exemple dans le cas d’un acide faible, on a l’équilibre :
HA +H2O = H3O+ +A-
Lorsque l’on introduit C moles par litre d’acide dans l’eau, en négligeant la concentration des
ions HO- dans la solution (et celle des ions H3O+ due à l’autoprotolyse de l’eau), on obtient :
[H3O+] = [A-] = i C
i étant le degré d’ionisation de l’acide.
On a alors :

 = i ° - i √
Le degré d’ionisation i de l’acide étant fonction de la concentration C de l’acide, la relation
 = f (C) n’est plus linéaire et la détermination de ° par extrapolation n’est plus possible.
A partir de ce degré de dissociation, On peut accéder à la constante de dissociation d’un
électrolyte faible. Par exemple, soit la réaction suivante :
CH3COOH (aq) + H2O = CH3COO – (aq) + H3O+ (aq)
(1- i i i C
 
Ka = =
 

Comme, à température constant, Ka est une constant, la relation précédente montre que si la
concentration diminue alors  Autrement dit lorsque C→ 0,
 et la dissociation devient totale à dilution infinie, c’est la loi de dilution d’Ostwald.
Ainsi plus un électrolyte est dilué, plus il est dissocié.

IV. Mobilité ionique

 La conductivité molaire d’un électrolyte nous renseigne sur plus que la concentration
d’ions en solution.
 Pour pouvoir interpréter les mesures de conductivités, nous devons savoir pourquoi les
conductivités molaires des électrolytes forts sont différentes.

14
Chapitre I

 Cette différence dans la conductivité molaire s’explique par une différence dans la
mobilité des ions qui constituent chaque électrolyte.
 Par exemple, les ions H+ sont plus mobiles en solution que Na+ et K+
 La mobilité d’un ion est la vitesse de migration d’un ion dans un champ électrique.
La notion essentielle est la suivante: bien que le déplacement des ions dans une solution est
largement aléatoire, la présence d’un champ électrique influence leur trajectoire et l’on
observe une migration nette en solution.
 Lorsqu’un potentiel V est appliqué entre 2 électrodes séparées par une distance l, les ions
se trouvant dans la solution entre ces électrodes subissent l’effet d’un champ électrique
d’une amplitude E définie par :

(V/m)
 Dans ce champ électrique, un ion de charge ze subit une force électrostatique

 Le champ appliqué accélère le mouvement du cation (+) vers l’électrode (-) et celui de
l’anion (-) vers l’électrode (+).
 Par contre, durant son déplacement en solution, l’ion subit une force de friction
(frottement) qui freine son accélération. Cette force de friction F est proportionnelle à la
vitesse de l’ion:

15
Chapitre I

Ffr = fs f = 6a

a = taille (rayon hydrodynamique) de l’ion
S = vitesse de déplacement de l’ion
= viscosité de la solution

 Les 2 forces (électrostatique et friction) agissent dans le sens opposé.


 Les ions atteignent une vitesse terminale lorsque la force d’accéleration est balancée
par la friction.
 La force nette agissant sur l’ion est nulle lorsque

 La vitesse de déplacement d’un ion est proportionnelle à l’intensité du champ appliqué


s = uE
où u représente la mobilité de l’ion.

16
Chapitre I

 Les données expérimentales confirment la relation inverse entre u et le rayon ionique


pour les ions volumineux tels que R4N+ ou RCO2- mais pas pour les petits ions.

Cette contradiction s’explique par le fait que le rayon a dans l’équation u = est le rayon

hydrodynamique ou le rayon de Stokes de l’ion.


 Le rayon de Stokes tient en compte les molécules d’eau ou de solvant qui sont associées
avec l’ion.
 Des petits ions engendrent des champs électriques qui sont plus grands que ceux des gros
ions.

→E=
Or, les petits ions sont plus solvatés que les grands ions.

IV.1. Mobilité ionique et conductivité

La relation entre la mobilité ionique u et la conductivité ionique :


 = zuF ° = z u°F

où z est la charge de l’ion et F est la constante de Faraday (F=NAe).

17
Chapitre I

IV. 2. Nombre de transport

Jusqu’à présent, la capacité d’un ion à transporter le courant a été exprimée par la
conductivité ionique ou la mobilité ionique. On peut aussi l’exprimer à travers le nombre de
transport.
• Le nombre de transport, t, est la fraction du courant total, I, transporté par les ions d’un
certain type :

t=

t += nombre de transport du cation
t - = nombre de transport de l’anion
t  est une fraction et alors n’a pas d’unités

18
Chapitre I

 Le courant total, I, étant la somme des courants des cations et des anions, il s’ensuit
que: t+ + t- = 1
 Le courant associé avec chaque type d’ion est relié à la mobilité ionique, u±
La relation entre t ± et et u ±.

t+= : t-= (à dilution finie)

t°+ = : t° - = (à dilution infinie)

V. Théorie de Debye-Huckel

Une solution idéale est une solution où les ions interagissent entre eux de façon identique, de
la même façon que l’on définit un gaz parfait comme un gaz dans lequel il n’existe pas
d’interactions entre molécules. Les électrolytes réels ne suivent qu’imparfaitement les
relations établies pour les solutions idéales et ce d’autant moins que les concentrations sont
élevées. Cet écart à l’idéalité est lié aux interactions d’origine électrique entre les ions.

V.1. Notion d’activité

Dans les solutions diluées, l'activité d'un électrolyte s'exprime par sa concentration. Lorsque
la concentration devient trop élevée, il est nécessaire de corriger le terme d'activité par
l'introduction du coefficient d'activité (coefficient d’activité : < 1, égale à 1 si la solution est
idéale). On appelle activité (a) la concentration corrigée, c’est une concentration apparente
effective à laquelle l’ion agit dans les réactions chimiques. L’activité (ai) est donnée par la
formule suivante :

Où est le coefficient d’activité de l’espèce i, C sa concentration dans la solution, exprimée


en mol/L. Dans le cas de phases condensées pures, solides ou liquides, l’activité ai est égale à
1 par convention.
ai = i Ci

V.2. Coefficient d’activité d’un électrolyte en solution :

On appelle coefficient d’activité i le rapport de l’activité à la concentration : i =

Pour un cation : + = , et pour un anion : - =

19
Chapitre I

V.3. Activité moyenne :

Il s’avère impossible de déterminer l’activité d’une espèce ionique quelconque à partir des
données expérimentales (et par conséquent le coefficient d’activité), car les équations
auxquelles on pourrait réunir en vue de trouver les activités comportent les activités de tous
les ions. Pour cette raison on introduit la notion de l’activité moyenne (a∓).

Soit un électrolyte : AB ⇌ n AZ+ + m BZ-

V.4. Force ionique d’une solution :

La force ionique (I) d’une solution est définie en terme de quantité de substance dissoute (la
concentration est exprimée en mol/L).
Elle s’exprime par : I=∑
Avec :
Ci : la concentration de l’espèce i en (mol/L) , Zi : la charge de l’ion i, n : le nombre d’espèces
ioniques.
Le coefficient d'activité d'une espèce ionique peut être calculé par les lois de l'électrostatique
qui prennent en compte les interactions attractives et répulsives qui existent respectivement
entre espèces ioniques de signes contraires et de même signe. Ces modèles font intervenir un
paramètre qui a la dimension d'une concentration (mol/l) et qui s'appelle la force ionique I,
son unité est le Debye.
La théorie de Debye – Hückel prévoit trois corrélations de calcul des coefficients (γ ±), selon
les valeurs de la force ionique de la solution.
1ère loi de Debye − Huckel: I ≤ 10-2 M, Logγ± = - 0.508|Z+ ||Z -| √I
2ème loi de Debye −Huckel: 10-2 M < I ≤ 0,5 M, Logγ ± = - 0.508|Z+ ||Z-| √I
1+ √I
3ème
loi de Debye − Huckel: I > 0,5 M ∓, Logγ± = - 0.508|Z+ ||Z- | I+β.I
1+ √I
avec β : constante de D-H

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