0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
116 vues15 pages

Sei Ivoirien

Le document présente un cours sur le système éducatif ivoirien, abordant son fonctionnement, ses principes, ainsi que ses forces et faiblesses. Il met en avant l'organisation structurelle du Ministère de l'Éducation Nationale et de l'Alphabétisation (MENA), les missions éducatives, et les défis liés à l'accès à l'éducation. Enfin, il souligne l'importance de la laïcité, de la gratuité, de l'égalité et de l'obligation scolaire dans le cadre de la politique éducative du pays.

Transféré par

Basile Droh
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
116 vues15 pages

Sei Ivoirien

Le document présente un cours sur le système éducatif ivoirien, abordant son fonctionnement, ses principes, ainsi que ses forces et faiblesses. Il met en avant l'organisation structurelle du Ministère de l'Éducation Nationale et de l'Alphabétisation (MENA), les missions éducatives, et les défis liés à l'accès à l'éducation. Enfin, il souligne l'importance de la laïcité, de la gratuité, de l'égalité et de l'obligation scolaire dans le cadre de la politique éducative du pays.

Transféré par

Basile Droh
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1

Mr Droh 0505453001

FILIERES : EDUCATEUR ; CES/VIE SCOLAIRE ; CES/CANTINES

CONNAISSANCE DU SYSTEME
EDUCATIF IVOIRIEN

OBJECTIFS DU COURS :

*Analyser le fonctionnement du système éducatif ivoirien ;

*Etudier les grands principes du système éducatif ivoirien ;

*Etudier les forces et les faiblesses du système éducatif ivoirien.

PLAN DU COURS
Introduction
(Qu’est-ce que le Système Educatif)
1 : Présentation du Système Educatif
1.1 : Organisation structurelle
-Par degré d’enseignement
-Par structures ou services administratifs
1.2 : Missions et finalités du Système Educatif
2 : Contexte et fonctionnement du MENA
2.1 : Contexte du MENA
2.2 : Fonctionnement du MENA
3 : Les grands principes du Système Educatif
3.1 : Laïcité et neutralité
3.2 : Gratuité
3.3 : Egalité
3.4 : Obligation scolaire (PSO)
4 : L’efficacité du système éducatif
4.1 : L’efficacité interne du système éducatif
4.2 : L’efficacité externe du système éducatif
5 : Forces et faiblesses du Système Educatif
5.1 : Les Forces
-Démocratisation, massification scolaire et marché éducatif
2
Mr Droh 0505453001
-Diplomation
-Répartition
-Problèmes d’accès et de maintien
5.2 : Les Faiblesses
-Problèmes d’accès et de maintien
-Problèmes de ressources humaines
-Problèmes de ressources financières
- Problèmes d’infrastructures
- Problèmes d’insuffisance du confort pédagogique
Conclusion

INTRODUCTION
Le MENA de CI est un vaste système dont le fonctionnement est complexe.
Mais que faut-il entendre par Système Educatif ? D’abord, un système est un
ensemble organisé d’éléments en interaction. Le système éducatif ou
d’enseignement est un ensemble de structures ayant pour objectif l’enseignement
et la formation dans le pays. Il reçoit les enfants dès l’âge de 3 à 6 ans. Pendant en
moyenne 20 ans le système forme et prépare les futurs citoyens à travers les
différents cycles de formation pour leur intégration à la vie professionnelle. On
peut distinguer en son sein le système formel et le système non formel. En Côte
d’Ivoire, le système éducatif s’étend sur plusieurs ministères : Education nationale
et de l’alphabétisation ; Enseignement technique et professionnel ; Enseignement
supérieur.
Ce système est chargé de mettre en œuvre la politique gouvernementale en
matière d’éducation. Il s’agit de rendre la scolarisation obligatoire pour les enfants
de 6 à 16 ans; de rendre l’école ivoirienne plus inclusive et compatible avec les
exigences d’un développement économique et social équitable, efficace, efficient
et soucieux de la prise en charge des exclus conformément aux engagements
nationaux et internationaux du pays.

Ce cours qui est destiné aux Educateurs et professeurs de collège, se concentre sur
le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation où ils serviront après
leur formation.
3
Mr Droh 0505453001

1 : Présentation du Système Educatif


1.1 : Organisation structurelle
-Par structures ou services administratifs
Le MENA a une organisation pyramidale que l’on peut présenter en 4
étages.
1er : DECIDEURS
(Ministre, Dir. Cabinet, IGEN)
RÔLE : Définir / Faire appliquer la politique éducative du Gouvernement.
2ème : MANAGEURS
(Directeurs centraux, régionaux et départementaux)
RÔLE : Faire appliquer ; Suivre ; Contrôler ; Evaluer.
3ème : PERSONNELS D’ENCADREMENT
(SG de DREN ; Inspecteurs chefs de circonscription ; Chefs de service
d’administration centrale et régionale ; Chefs d’établissement scolaire, et
Antennes pédagogiques)
RÔLE : Appliquer / Exécuter ; Former.
4ème : OPERATEURS
(Agents d’exécution : Enseignants, Educateurs, Conseillers, petits
personnel.)
L’établissement scolaire (Collège ou Lycée); l’inspection
D’enseignement préscolaire et primaire ; la Direction départementale ;
Les Directions régionales : 41
Les Directions centrales : 21 le
Cabinet.
4
Mr Droh 0505453001
Il faut noter que le nombre de direction centrale a augmenté dans le temps.
Entre 2000 et 2015 l’on est passé de 5 à 17 Directions centrales.
Les services déconcentrés que sont les Directions Régionales et départementales
ont également éclaté pour passer de 10 à 36 entre 2000 et 2015 puis à 41 dès 2019.

(-Dans la décentralisation, la gestion administrative d’une région est remise à des


autorités locales élues et non des agents nommés par le pouvoir central.
-La déconcentration : l’Etat délègue certains pouvoirs de décision à des agents ou
organismes locaux qui sont nommés et soumis à l’autorité centrale.
-Les Directions régionales DREN sont des services déconcentrés.)
-Par degré d’enseignement
Les différents cycles d’enseignement : le préscolaire ; le primaire ; le
collège ; le lycée ; les cycles du supérieur.
Le premier degré; le deuxième degré ou secondaire ; le supérieur.
1.2 : Missions et finalités du Système Educatif
La politique éducative du pays définit les missions et finalités du système
éducatif. Il s’agit des grandes orientations philosophiques, morales, idéologiques
conçues pour le système. Les finalités définissent les grandes intentions du
système.
Le Système Educatif vise à assurer l’instruction, la socialisation et la
qualification des individus.
-Assurer le droit à l’éducation pour chaque citoyen ;
-Permettre d’acquérir le savoir, de développer la personnalité, d’élever la
formation ;
-Favoriser l’insertion dans la vie sociale, culturelle et professionnelle ; -
Permettre d’exercer la citoyenneté.
La vision de la Côte d’Ivoire pour le secteur Éducation/Formation est ainsi
formulée : « En 2025, le système éducatif ivoirien assure à tous les enfants et
adultes une éducation et une formation de qualité, équitable et inclusive qui prend
en compte les besoins de transformation du citoyen, le rend capable de contribuer
au développement socioéconomique de sa communauté et de la société ivoirienne,
de favoriser la cohésion sociale et lui assure les capacités de compétitivité et
d'innovations« technologiques. »
5
Mr Droh 0505453001
2 : Contexte et fonctionnement du MENA
2.1 : Contexte du MENA
Le MENA fonctionne dans un contexte social national qui a connu des
évolutions dans le temps. Sur le plan démographique, les chiffres montrent les
changements. En 1920 la population de la Côte d’Ivoire est de 1,8 millions
d’habitants. Elle augmente pour atteindre 3,1 millions d’habitants en 1955 puis
6,7 millions d’habitants en 1975. En 1998, le recensement général de la population
et de l’habitat (RGPH) donne une population de 15,4 millions d’habitants. Les
résultats du RGPH de 2014 annoncent une population totale résidente de 22,7
millions d’habitants. Les prévisions pour l'horizon 2025 laissent présager une
population estimée à environ 27,2 millions. La population du pays croît à un
rythme relativement élevé, même si l'on peut noter une baisse du rythme
d’accroissement au cours des dernières années en relation avec une baisse de la
fécondité. Notons que le taux moyen de croissance annuelle a atteint 3,7 % en
1960. En 2014, ce taux est passé à 2,5 %. Et les perspectives indiquent une baisse
de cet indicateur d'ici 2025.
Le contexte sociolinguistique est complexe. La population ivoirienne
comprend une soixantaine de groupes ethniques que l’on peut répartir entre les
quatre grandes aires sociolinguistiques suivantes : Akan, Mandé, Guri ou
Voltaïque et Krou. Cette population se répartit entre deux principales religions, à
savoir l’islam (40,4 %) et le christianisme (40,3 %). A côté de ces deux grandes
religions, il y a les animistes (5,5%). Le Français, langue officielle
d’enseignement et dans l’administration publique, est lu et écrit par 45 % de la
population.
Le contexte économique est marqué par une situation complexe. Le pays
vient de très loin car il a connu une croissance inférieure à zéro depuis les années
1980. La crise politico-militaire déclenchée en 2002 n’a pas facilité les choses.
Comparé aux pays voisins, la Côte d’Ivoire a été classée parmi les plus faibles
taux de croissance en Afrique subsaharienne.
Tableau 1 : Evolution du taux de croissance du PIB par habitant entre
1980 et 2012 en Afrique de l’ouest (en %)
Etats 1980-1990 1990- 00 2000- 10 2010-2012
20 20
Benin 0,22 1,20 0,72 1,62

Burkina 0,94 2,74 3,33 4,13


Faso
6
Mr Droh 0505453001

Côte - - - -
d’Ivoire 2,67 0,57 0,54 0,11
Mali -1,02 1,53 3,11 -2,21
Niger -2,56 -1,58 -0,84 2,69

Sénégal -0,43 0,32 1,34 0,20

Togo -2,02 -0,33 -0,45 2,54


Source : Tableau élaboré à partir des données issues de : GROUPE DE LA BANQUE,
BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT, Rapport sur le développement en Afrique 2015

Dès 2012, le pays renoue avec la croissance car le PIB atteint un taux record de
10,7%. Ce taux s'élève en 2013 à 9,2% puis commence à se stabiliser autour de
7% après 2014. La croissance nationale n'est plus fondée uniquement sur
l'agriculture. Elle se diversifie et s'appuie également sur les secteurs secondaire et
tertiaire à travers l'industrialisation progressive du tissu économique, le
renforcement du climat des affaires et l'exécution de grands projets miniers.
Un tel environnement économique favorise une amélioration du budget investi
dans l'éducation.

Tableau 2: Répartition des dépenses courantes du secteur Education-


Formation (il s'agit ici de la grande masse des dépenses courantes hors
salaire)

2015 2019
Récapitulatif des ressources pour les
dépenses courantes par niveau
(Millions de FCFA)
Petite enfance 11 794 20 849
Alphabétisation 3 354 11 900
Enseignement primaire 341 489 557 947
Enseignement secondaire 1er cycle 164 185 196 107
Enseignement secondaire 2eme cycle 126 801 109 989
Enseignement technique 13 573 22 324
Formation professionnelle 34 360 61 612
Enseignement Supérieur et Recherche 132 940 151 148
Scientifique
7
Mr Droh 0505453001

Dépenses courantes du secteur 828 496 1.131 876


Source : Plan sectoriel Education/Formation 2016-2025

La progression des budgets est en rapport avec l’amélioration du taux de


croissance du PIB par habitant.

2.2 : Fonctionnement du MENA


Dans son fonctionnement, le MENA procède par déconcentration pour plus
d’efficacité.
Cette option de déconcentration de la gestion du système privilégie la
DRENA, maillon essentiel dans la mise en œuvre de la Politique éducative. Les
DRENA ont donc des responsabilités accrues car elles jouent un rôle local de
centre de gestion et de responsabilité.
La DRENA doit donc mettre en œuvre des mécanismes de gestion fonctionnels et
disposer de ressources humaines qualifiées, notamment au plan du management
du système. Elle gère les mobilités géographiques des ressources humaines. Au-
delà de 5 ans d’exercice, la mobilité d’un fonctionnaire relève du MENA.
Le MENA vise une amélioration de l’offre scolaire particulièrement dans
le milieu rural afin d’approcher l’école des populations. D’où la création des «
Collèges de proximité » dans lesquels les gestionnaires doivent développer des
compétences spécifiques pour l’encadrement des enseignants bivalents. Le
pilotage de ces collèges de proximité doit se faire avec une forte implication
communautaire. Les chefs d’établissements doivent exercer une gestion
partenariale avec les responsables des communautés locales.
Graphique 1: ARCHITECTURE DU SYSTEME EDUCATIF DE LA
COTE D’IVOIRE
8
Mr Droh 0505453001

Source : PLAN SECTORIEL EDUCATION/FORMATION 2016 – 2025, p.36.

3 : Les grands principes du Système Educatif


3.1 : Laïcité et neutralité
-La laïcité est un principe républicain nécessaire pour la formation des
citoyens. Il s’agit de la séparation de l’Etat et des religions. La constitution
n’impose aucune religion et la citoyenneté n’est associée à aucune croyance
religieuse particulière. La laïcité à l’école garantit la liberté de conscience des
élèves et enseignants qui sont libres de croire ou de ne pas croire à une religion
quelconque sans que leur liberté en soit menacée. La laïcité à l’école favorise le
vivre ensemble dans la tolérance, l’égale acceptation de chacun.
-La laïcité impose la neutralité dans l’organisation de l’école et des
programmes scolaires. Le choix des jours fériés et des congés ne privilégie aucune
religion. De même, l’enseignement de la morale ne privilégie les valeurs d’aucun
groupe ethnique et d’aucune religion particulière. Les contenus des matières
enseignées sont neutres et ont un caractère national.
9
Mr Droh 0505453001
3.2 : Gratuité
La gratuité est un choix politique visant à démocratiser l’accès à l’école en
Côte d’Ivoire. Elle permet de relever le défi des faibles taux d’accès à l’école. Il
s’agit en réalité d’une gratuité ciblée vers les couches sociales les plus vulnérables
et les plus défavorisées. L’Etat fournit des kits scolaires et allège les conditions de
la scolarisation au cycle primaire pour les enfants issus de ces milieux défavorisés.
3.3 : Egalité
La question de l’égalité dans notre système éducatif prend en compte le
genre, les accès, les parcours et les réussites scolaires. Le premier défi est de
construire l’égalité des sexes. Cette égalité entre filles et garçons à l’école reste un
problème à résoudre. Il faut accorder l’égalité des chances à tous les enfants quel
que soit leur sexe ou leur origine familiale. En Côte d’Ivoire, les inégalités
s’observent dans les accès aux différents cycles scolaires, dans les parcours
(redoublements, échecs, abandons) et les réussites aux examens.
3.4 : Obligation scolaire (PSO)
L’obligation scolaire correspond à une loi adoptée en 2015 qui rend
désormais l’école obligatoire en Côte d’Ivoire. Dans son application, elle donne
naissance à la Politique de Scolarisation Obligatoire. Cette politique consiste à
sensibiliser toutes les familles et à les inciter à scolariser tous les enfants, filles
comme garçons. Pour que cela soit possible, l’Etat s’engage de son côté, à
construire de nouvelles écoles afin d’améliorer l’offre éducative. C’est ainsi que
se développent les collèges de proximité. Il s’agit de répondre à une des normes
de l’UNESCO selon laquelle un enfant ne doit pas se déplacer à plus de 3 KM
pour accéder à son école.

4 : L’efficacité du système éducatif

4.1 : L’efficacité interne du système éducatif

Les indicateurs de performance :


*La couverture scolaire reste encore faible (6 % en 2013 et 8% en 2016) et
essentiellement concentrée en milieu urbain. En termes de comparaison
internationale, la Côte d’Ivoire accuse un retard par rapport aux pays d’Afrique
de l’Ouest et du Centre (14 % au Sénégal et 30 % au Cameroun).
*Les indicateurs d’accès aux cycles scolaires : Taux brut d’Admission (TBA),
Taux brut de scolarisation (TBS), Taux net de scolarisation dans le préscolaire, le
primaire, le secondaire.
10
Mr Droh 0505453001

Entre 2007 et 2014, le taux brut d’accès au CP1 s’est amélioré de 30 points
en passant de 64 à 94%. Ce taux passe à 113% en 2016.
L’accès en première année du premier cycle du secondaire général s’est également
amélioré. Sur la même période 2007 et 2014 il est passé de 33% à 58%. Ce taux
s'élève à 61% en 2016. Cette amélioration est beaucoup plus soutenue depuis la
mise en œuvre, en 2011-2012, de la mesure de réduction du seuil d’admission en
6ème (12 % par an contre 8 % avant 2011). Concernant le second cycle, seul 1
élève sur 5 atteint la classe de seconde sur la même période.

-Taux brut d’Admission : TBA, ce taux concerne les enfants nouvellement


admis sans distinction d’âge en première année d’étude d’un cycle. L’âge légal au
Préscolaire est de 3 ans, au CP1, il est de 6 ans, en 6 ème, de 12 ans et en 2nde il est
de 16 ans. En 2014-2015, le taux brut d’admission est de 4,7% au Préscolaire, de
100% au Primaire, de 58,2% au collège et de 24,4% au lycée.
*Les indicateurs de carrières scolaires : Taux de promotion, Taux de transition,
Taux de redoublement, Taux d’achèvement.
Tableau 3 : Taux de transition et de promotion de 2012-2013 à 2013-2014 (en
%)
Taux Promotion Transitio Promotion Transitio Promotio
n n n
CP CP CE CE CM CM2-6ème 6èm 5èm 4èm 3ème - 2nd 1ère
1 2 1 2 1 e e e 2nde e
2012 79 81 77 73 75 68 83 87 89 42 78 103
-
2013
2013 81 83 80 77 80 79 82 89 92 47 80 95
-
2014
Source : MENET-DSPC/Rapport d’Analyse Statistique Scolaire 2014-2015

Ces taux montrent que le redoublement est assez présent dans le système.
Tableau 4 : Proportion des redoublants dans le secondaire général par niveau
(en %)
2010- 2011-2012 2012-2013 2013-2014 2014-2015
2011
6ème 10,1 7,7 6,9 7,4 8,8
11
Mr Droh 0505453001

5ème 10,3 7,8 8,1 7,9 6


4ème 11,3 8,5 10,1 10,5 8,7
3ème 45,1 27,3 29,1 35,8 30,9
Premier 19,9 13 13,9 15,4 13,2
cycle
2nde 24,4 14,1 13,6 9,2 9
1ère 17,4 10,4 12,5 12,3 7,8
Tle 40,1 44,3 46,5 46,1 43,9
Second 29,6 27,4 30,1 27,5 22,2
cycle
Source : MENET-DSPS/Rapport d’analyse statistique scolaire 2014-2015

Les redoublements alourdissent le système et affaiblissent son efficacité.


*Les indicateurs des produits du système

Taux de réussite scolaire : Taux de réussite au CEPE, Taux de réussite au BEPC,


Taux de réussite au Baccalauréat.
Tableau 5 : Résultats aux examens de 2011 à 2015 (en %)
2011 2012 2013 2014 2015
CEPE 58,22 55,91 67,03 79,13 82,12
BEPC 17,34 17,14 40,17 57,43 58,62
BAC 20,59 25,13 33,58 36,23 39,66
Source : MENET-DSPC/Rapport d’Analyse Statistique Scolaire 2014-
2015

Ces résultats traduisent un nivellement par le bas. Il y a plus de réussite dans le


primaire et plus d’échec dans le secondaire.
Taux d’échec : Les sorties du système sans diplôme correspondent aux déchets.
Les déscolarisés sans diplôme constituent donc les taux de déperdition du
système.
4.2 : L’efficacité externe du système éducatif

*Taux de chômage après les études scolaires :


Une étude de l’AGEPE de 2012, indique que le taux de chômage des 14-35 ans
est de 12,2% (dont 9,7% d’hommes et 15% de femmes).

*Taux d’employabilité après le bac :


12
Mr Droh 0505453001
Le détenteur d’un bac général n’est pas sûr d’exercer un emploi stable s’il ne
convertit pas son niveau d’étude en formation professionnelle ou s’il ne poursuit
pas ses études dans l’enseignement supérieur.

L’efficacité externe du système montre une inadéquation quantitative et


qualitative entre sortants du système éducatif et marché de l’emploi. En effet,
relativement à l’insertion des diplômés de l’ETFP sur le marché de l’emploi, les
données de l'enquête-emploi 2013 combinées aux statistiques du secteur
Éducation- Formation, indiquent que les taux d’insertion respectifs dans le secteur
formel sont de 43,9 % pour le CAP (Certificat d’Aptitude Professionnelle), 16,8
% pour le BEP (Brevet d’Études Professionnelles), 36,0 % pour le BT (Brevet de
Technicien), 49,4 % pour le BP (Brevet Professionnel) et 49,5 % pour le BTS
(Brevet de Technicien Supérieur). La durée moyenne des diplômés de l’ETFP
pour accéder à un emploi est de 23 mois. Cette durée est de 24 mois pour le BTS.
Concernant l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur,
l’enquête-emploi réalisée en 2012, révèle des taux de chômage de 27,8% pour les
titulaires de DUT, 35,7% pour le DESS et 42,9% pour les Masters.

5 : Forces et faiblesses du Système Educatif


5.1 : Les Forces
-Démocratisation, massification scolaire et marché éducatif

L’universalisation des biens scolaires entraine leur démocratisation. Cette


démocratisation traduit l’accès des enfants provenant de toutes les couches
sociales à l’école. Il faut cependant distinguer la démocratisation égalisatrice de
la démocratisation ségrégative. En effet, la démocratisation égalisatrice en termes
d’une école ouverte à tous, couvre les cycles du primaire et du collège. Dès le
second cycle, l’apparition des séries et filières s’accompagne d’une
démocratisation ségrégative fondée sur la hiérarchie entre filières. Les enfants des
couches sociales défavorisées se sentent exclus des filières scientifiques dont le
coût des études est plus élevé. Le marché éducatif en cours dans le second cycle
prend ainsi la forme d’une sélection scolaire où les enfants issus des milieux
favorisés ont plus de chance d’évoluer.
La démocratisation de notre école traduit un accès à tous les enfants quel que soit
le sexe, la famille d’origine ou le milieu de résidence. Les taux d’accès à l’école
sont de plus en plus importants. En ville comme au village, filles et garçons
s’inscrivent massivement à l’école. L’offre scolaire qui s’améliore favorise
l’accès de tous les enfants.
13
Mr Droh 0505453001
La population scolarisable des 3 à 23 ans est passée de 8,7 à 12,7 millions
entre 2000 et 2012 et est amenée à progresser pour atteindre 14,7 millions
d’enfants et de jeunes d’ici 2025. Toutefois, bien qu’en hausse, le poids de la
population scolarisable dans la population totale décroit, passant de près de 55%
en 2000 à 50% en 2012 et ne pourrait représenter que 46 % en 2025. Cette
tendance baissière est constatée au niveau de tous les groupes d’âges, avec une
baisse plus accentuée au niveau des groupes d’âges préscolaire et primaire. Cette
évolution résulte d’une augmentation moins rapide de la population sur la période,
notamment parmi les groupes d’âges jeunes, consécutive à une perspective de
réduction de la fécondité.

L’espérance de scolarisation (EVS) en Côte d’Ivoire est de 7 ans en 2013,


selon le RESEN 2016. C’est dire qu’en 2014, un enfant scolarisé en Côte d’Ivoire
peut espérer valider en moyenne 7 années d’études. Donc l’enfant qui est inscrit
au CP1 a de fortes chances d’arrêter les études en classe de 5 ème. Signalons que
cet indicateur était de 5,4 années en 2007.
Tableau 6 : Espérance de vie scolaire dans les pays de la CEDEAO
EVS PAYS EVS
Niger (2012) 5,6 Gambie (2010) 8,1
Burkina Faso 5,9 Guinée-Bissau 8,1
(2012) (2013)
Côte d’Ivoire 7 Sierra Léone 8,8
(2011)
Mali (2011) 7 Bénin (2011) 9,1
Guinée (2012) 7,1 Togo (2012) 9,8
Sénégal (2010) 7,1 Ghana (2012) 10,5
Libéria (2007) 7,3 Cap Vert 11,5
(2012)
Moyenne des pays comparateurs : 8,1
Source : RESEN 2016, p.63.

Les pays anglophones ont une meilleure espérance de vie scolaire et la Côte
d’Ivoire doit rattraper son retard.

-Diplomation
La scolarisation est un parcours rythmé par les différents cycles scolaires.
Ces cycles sont sanctionnés par des titres scolaires c’est-à-dire des diplômes. Il
faut donc combattre l’échec scolaire pour favoriser l’accès du plus grand nombre
14
Mr Droh 0505453001
aux diplômes qui constituent aujourd’hui le parchemin au monde de l’emploi. La
qualité du système éducatif dicte la reconnaissance internationale des diplômes
délivrés.
-Répartition
La carte scolaire donne la répartition des établissements sur l’ensemble du
territoire national. Cette répartition, d’abord déséquilibrée, s’efforce de
correspondre à la demande scolaire des régions, des milieux urbain ou rural. La
politique des collèges de proximité vise à établir l’équilibre de l’offre éducative
sur la carte scolaire.
-Lutte contre l’analphabétisme
Les progrès de l'accès à l'éducation favorisent la réduction de
l'analphabétisme dans le pays. Le taux d'analphabétisme est passé de 55% en 2012
à 42 % en 2017.

5.2 : Les Faiblesses


-Problèmes d’accès et de maintien
-Le système éducatif ivoirien, en dépit des progrès, doit encore surmonter
quelques faiblesses. Malgré la mise en œuvre de la politique de scolarisation
obligatoire, près de 30% des enfants vivent en marge de l’école. Et, au-delà de 15
ans ils ne peuvent plus intégrer le système formel. Ils deviennent des analphabètes.
-Les enfants inscrits dans le système, ne terminent pas tous le cycle scolaire.
Ainsi, dans le primaire, près de 5% d’entre eux abandonnent avant la fin du cycle
en 2020. Au collège, ce taux s’élève à près 17%.

-Problèmes de ressources humaines


Ce problème commence par le manque d’enseignants. C’est un problème
récurrent. Il y a des recrutements d’enseignants chaque année mais plusieurs salles
de classe sont sans enseignant. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation
: les départs à la retraite, les décès et surtout les mobilités dans la carrière.
-Problèmes de ressources financières
Ce problème de ressources financières concerne à la fois les familles et
l’Etat-enseignant. Certaines familles n’ont pas assez de moyen pour accompagner
les enfants dans leur trajectoire scolaire. De même, il y a des périodes où les
15
Mr Droh 0505453001
financements publics de l’éducation sont faibles, ce qui impacte négativement la
construction de nouvelles écoles.

- Problèmes d’infrastructures
Les infrastructures renvoient d’abord à l’offre scolaire, à travers les salles
de classe, les établissements ainsi que les équipements nécessaires.
- Problèmes d’insuffisance du confort pédagogique
Sur le plan pédagogique, on note les réformes successives pas toujours
suivies de formation continue des acteurs de terrain. Les manuels liés aux
nouvelles méthodes pédagogiques ne sont pas souvent disponibles ou accessibles
pour les enseignants.

Conclusion
Pour finir, le système éducatif ivoirien est engagé dans une dynamique nouvelle
visant à éduquer tous les citoyens afin de préparer le changement social qui
devient irréversible. Les recrutements massifs d’enseignants et leur formation
visent à faire fonctionner efficacement les collèges de proximité. C’est là, une
véritable source d’espoir pour les enfants scolarisables ainsi qu’une offre
d’emplois formels pour les jeunes diplômés.

Vous aimerez peut-être aussi