Ministère de l’Enseignement Supérieur et
de
la Recherche Scientifique
Université Blida 1
Faculté de Technologie
Département de Mécanique
Cours Mesure et instrumentation
L3 Energétique
2024/2025
Chapitre 1
Généralités
1. La mesure
C'est l'ensemble des opérations expérimentales dont le but est de
déterminer la valeur numérique d'une grandeur. Elle sert pour comparer,
prédire, surveiller et améliorer les performances des systèmes
2. Un instrument de mesure (ou appareil de mesure)
C’est un dispositif destiné à obtenir expérimentalement des valeurs qu'on
puisse attribuer à une grandeur1.
3. définitions
3.1 La métrologie :
C’est la science de la mesure.
3.2 Le mesurage
C’est l’ensemble des opérations expérimentales dont le but est de
déterminer la valeur numérique d’une grandeur.
3.3 Le mesurande
C’est la grandeur physique particulière qui fait l’objet du mesurage.
4. Erreurs et incertitudes
Aucune mesure n'est parfaite. Quel que soit le soin apporté à sa mise en
œuvre.
Suivant les causes, on a deux types d'erreurs : précision de l'appareil, la
compétence de l'opérateur, le respect des règles de manipulation et de
contrôle sévère de tous les paramètres d'influence, il restera toujours une
incertitude sur la mesure.
4.1 CLASSIFICATION DES ERREURS
4.1.1. Les erreurs systématiques
C'est toute erreur due à une cause connue ou connaissable. Elles ont pour
causes :
- La méthode de mesure
Parfois la méthode de mesure choisie entraîne une perturbation sur la
grandeur à mesurer (par exemple : pour la mesure d'une résistance ou
d'une puissance ; on a à choisir entre le montage amont et aval).
- L'opérateur
Parfois, lors d'une mesure, l'aiguille s'immobilise entre deux traits de la
graduation ce qui oblige l'opérateur à estimer une fraction de division de
l'échelle de lecture, il en résulte une erreur inévitable.
- L’appareil de mesure
La classe de précision d'un appareil de mesure dépend des imprécisions
de fabrication, de calibrage et de conception. Plus la fabrication est
soignée, plus l'erreur est petite. De plus l'erreur dépend du réglage de
zéro électrique ou mécanique et de la courbe d'étalonnage de l'appareil.
- Les erreurs aléatoires
C'est toute erreur qui n'obéit à aucune loi connue lorsqu'elle est prise sur
un seul résultat. Elle obéit aux lois de la statistique lorsque le nombre de
résultats devient très grand. Elles peuvent provenir de :
L’opérateur
Pour les multimètres analogiques avec plusieurs échelles imbriquées de
façon compliquée, l'opérateur peut se tromper sur l'échelle de lecture.
Ajoutons à cela le défaut de parallaxe qui est une erreur que l'on commet
lors d'une lecture lorsque l'aiguille est toujours un peu écartée de
l'échelle.
L'appareil
A cause des influences extérieures comme la position, la température,
l'humidité de l'air, les champs parasitaires magnétiques ou électriques,
l'instrument peut fausser une mesure. Exemples : Les champs
parasitaires magnétiques peuvent rendre impossible la mesure par
induction aux environs d'un transformateur
Le montage
Les mauvais contact, à savoir : serrage des pièces, état de surface, fils de
connexion…, et le défaut d'isolement, qui peut causer un courant de fuite,
sont à l'origine des erreurs.
4.2 ERREUR ABSOLUE, INCERTITUDE ABSOLUE
Soient :
X: la valeur mesurée de la grandeur
Xe: la valeur théorique exacte de la même grandeur.
L’erreur absolue, notée ΔX, est l'écart qui existe entre la valeur mesurée
et sa valeur théorique exacte exprimée avec la même unité
ΔX = X – Xe
Comme la valeur exacte de la grandeur à mesurer est inconnue, il faut
évaluer une limite supérieure de l'erreur absolue qui n'est autre que
l'incertitude absolue notée :
|ΔX |
ΔX = ¿
4.3 ERREUR RELATIVE, INCERTITUDE RELATIVE
L'erreur relative est le quotient de l'erreur absolue à la valeur exacte.
− Comme il s'agit d'un nombre sans dimension (pas d'unité), on l'exprime
généralement en pourcentage (%) :
X− X e X− X e
ε= ε %= 100
Xe Xe
4.4 EXPRESSION DU RESULTAT
Le résultat peut s'exprimer de deux façons:
1ère façon
La valeur adoptée est égale à la valeur mesurée suivie de l'évaluation de
l'incertitude absolue :
Xe = X ± ∆X (unité)
2ème façon
La valeur adoptée est égale à la valeur mesurée suivie de l'évaluation de
l'incertitude relative :
Xe = X (unité)± (∆X /X) (%)
En général, la valeur de la grandeur à mesurer ( Xe ) est obtenue par une
relation mathématique :
Xe = f( a b c …).
De ce fait, on peut utiliser l'outil mathématique « calcul de la
différentielle » afin de déterminer les incertitudes :
L'incertitude absolue s’exprime sous la forme suivante
ΔX = |∂∂af |
b ,c cte
Δa+|∂∂ fb|
a ,c cte
|∂∂af |
Δb +
a , c cte
Δc
L'incertitude relative s’exprime sous la forme suivante :
ΔX ∂ f
X
= | |
∂a b ,c cte
| |
Δa ∂ f
+
X ∂b a , ccte
Δb ∂ f
+
X ∂a | | a ,c cte
Δc
X
Somme/différence:
Lorsque la grandeur composée n’est constituée que de sommes ou de
différence
Y = X1± X2 ± X3 … … …
L’erreur absolue de la somme ou différence
ΔY = Δ X 1 + Δ X 2+ Δ X 3. … … … . .
L’erreur absolue de la somme ou différence
= +
ΔY ΔX 1 ΔX 2 ΔX 3
+ …….
Y X1 X2 X3
Produit/quotient:
Lorsque la grandeur composée n’est constituée que de produits ou de
quotient
Y = X1. X 2/ X3
ΔY ΔX 1 ΔX 2 ΔX 3
= + +
Y X1 X2 X3
Produit de puissances:
Lorsque la grandeur composée n’est constituée que d’un produit de
puissances
a b c
Y = X1 . X2 . X3… … …
ΔY ΔX 1 ΔX 2 ΔX 3
=|a| +|b| +|c|
Y X1 X2 X3
5/ Le système d’unités internationales (SI) et ses
symboles
Le système d’unités internationales comporte 7 unités de base
indépendantes du point de vue dimensionnel, des unités dérivées et des
unités complémentaires. Les grandeurs les plus fréquemment utilisées,
ainsi que leurs unités sont présentées dans le tableau suivant :
Tableau 1.1 Unités internationales
5.1 Les grandeurs dérivées
Les grandeurs dérivées sont représentées par une équation aux
dimensions, qui symbolise la définition de ces grandeurs par rapport aux
grandeurs fondamentales.
Exemples :
La surface [L2], le volume [L3], la force [MLT-2], la quantité
d'électricité [IT]
On peut ajouter que l’unité d’angle plan est le radian (rad) et que celle
d’angle solide est le stéradian (sr), toutes deux sans dimension puisque
définies comme étant le rapport de deux longueurs (angle plan) ou de
deux surfaces (angle solide).
Tableau 1.2 Grandeurs dérivées
Tableau 1.3 Préfixes utilisés dans le SI
Liens entre les unités SI et les unités anglo-saxonnes
Distance :
pouce (inch) : 1 in = 2.54 cm
pied (foot) : 1 ft = 12 in = 30.48 cm
mile (miles) : 1 mile = 5280 ft = 1.609 km
Volume :
pinte (pint) : 1 pint = 0.94 l
gallon (US gallon) : 1 US gal = 4 pintes = 3.786 l
baril (US barel): 1 bbi = 42 USgal = 159 l
Masse :
once (ounce) : 1 oz = 28.35 g
livre (pound) : 1 lb = 0.454 kg
Puissance :
ƒ cheval vapeur (horsepower) : 1 hp = 0.736 kW
CLASSIFICATION DES CAPTEURS
Un capteur est un dispositif qui produit, à partir d’une grandeur
physique, une grandeur électrique utilisable à des fins de mesure ou de
commande. Cette grandeur électrique (tension ou courant) doit être une
représentation aussi exacte que possible du mesurande considéré. On
distingue les capteurs actifs et les capteurs passifs
Les capteurs actifs
Ils se comportent comme des générateurs. Ils sont basés sur un effet
physique qui permet de transformer l’énergie du mesurande (énergie
mécanique, thermique ou de rayonnement), en énergie électrique. La
réponse en sortie d’un capteur actif peut être un courant, une tension ou
une charge. Parmi ces effets, les plus importants sont :
L’effet thermoélectrique :
Un circuit formé de deux conducteurs de nature chimique différente, dont
les jonctions sont à des températures T1 et T2, est le siège d’une force
électromotrice e = f(T1,T2).
Exemple d’application : la mesure de e permet de déterminer une
température inconnue T1, lorsque la température T2 est connue (principe
du thermocouple)
Figure1.1 Schéma représentant l’effet thermoélectrique
L’effet piezo-électrique :
L’application d’une contrainte mécanique à certains matériaux dits
piézoélectriques (le quartz par exemple) entraîne une déformation qui
provoque l’apparition de charges électriques égales et de signes
contraires sur les faces opposées du matériau.
Exemple d’application :
La mesure de force, de pression ou d’accélération à partir de la tension
que provoquent aux bornes d’un condensateur associé à l’élément piézo-
électrique les variations de sa charge.
Figure1.2 Schéma représentant l’effet piezoélectrique
L’effet photo-électrique :
Un rayonnement lumineux ou plus généralement une onde
électromagnétique dont la longueur d’onde est inférieure à une valeur
seuil, caractéristique du matériau considéré, provoquent la libération de
charges électriques dans la matière.
Exemple d’application : la mesure de la tension de sortie permet de
déterminer le flux par rayonnement.
Figure1.3 Schéma représentant l’effet photoélectrique
L’effet pyro-électrique :
Les cristaux pyro-électriques (le sulfate de triglycine par exemple) ont
une polarisation électrique spontanée qui dépend de leur température, ils
portent en surface des charges électriques proportionnelles à cette
polarisation et de signes contraires sur leurs faces opposées.
Exemple d’application : la mesure de la charge aux bornes d’un
condensateur associé à un cristal pyro-électrique permet de déterminer le
flux lumineux auquel il est soumis.
Figure1.4 Schéma représentant l’effet pyroélectrique
L’effet photovoltaïque :
Un rayonnement lumineux sur l’assemblage de semi-conducteurs de types
opposés P et N provoque la libération d’électrons (charges négatives) et
de trous (charges positives) au voisinage de la jonction illuminée. Leur
déplacement dans le champ électrique de la jonction modifie la tension à
ses bornes. Exemple d’application : la mesure de la tension de sortie
permet de déterminer le flux par rayonnement.
Figure1.5 Schéma représentant l’effet photovoltaïque