Université de M’Sila Faculté des Sciences Département des Sciences Agronomiques
3éme année PDV Cours d’Agro-pédologie 2023/204 par TIR Chafia
Chapitre 1: L’eau dans le sol
Notions de base sur le sol
La pédologie :
La notion du sol est très ancienne. Mais ce n’est qu’en 1877, qu’un géologue Russe VASSILI D
(Fondateur de la pédologie ou science du sol) étudia les sols de l’Ukraine, et créa une science nouvelle
appelée pédologie.
Donc, la pédologie est la science qui étudie les caractères, la formation et l’évolution, les propriétés, la
classification et la répartition des sols. C’est une science à part entière qui fait apeelle à l’agronomie, la
géologie, l’hydrologie, la botanique, la physique, la chimie et n’est en aucun cas une branche de ces
disciplines….
L’agro-pédologie :
L’agro-pédologie, quand à elle ; est la science qui permet de caractériser les propriétés d’un sol de façon à
améliorer sa fertilité. Elle permet aussi de raisonner l’apport des élément fertilisants de définir les plantes
(cultures) qui s’adaptent mieux aux contraintes rencontrées au niveau de ce sol et d’assurer la pérennité
des espèces végétales.
Le sol :
*Comme on a déjà expliqué précédemment (voir cours de sol et eau; 2éme année), il existe plusieurs
définitions du sol, celles dernières sont liées à son utilisation et à l’objectif de l’étude du sol en lui
même….
*C’est la couche superficielle de l’écorce terrestre...
*Dans son sens traditionnel, le sol est un milieu naturel indispensable à la croissance des plantes.
*De point de vue pédologique, la définition du sol est plus vaste et commences des facteurs de sa
formation aux caractéristiques qui en résultent ….
*Les agronomes nomment parfois sol; la partie arable (mais les pédologues estiment que cette partie
arable ne constitue qu’une partie superficielle du sol), homogénéisée par le labour et exploitée par les
racines des plantes….arrivant à déterminer parfois les conditions d’un bon sol agricole…
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Chapitre 1: L’eau dans le sol
Chapitre 1: L’eau dans le sol
1-1-Rôle de l'eau du sol
L’eau ou or bleu est un des éléments décisifs de la continuité de la vie que se soit végétale, animale ou
humaine.
La vie (de la plante) nécessite régulièrement de l’énergie, des éléments nutritifs, souvent de l’oxygène,
mais elle est indissociable de la présence d’eau dans le sol.
Dans le cycle de l’eau, la couverture pédologique joue un rôle clef tant pour les aspects quantitatifs que
qualitatifs. Elle est un réservoir d’eau pour l’alimentation en eau des plantes et pour l’ensemble des
êtres vivants qui y sont présents.
Dans ses vides (ou pores) de taille et de forme très diversifiées, la présence d’eau en quantité variable
mais permanente permet à de nombreux microorganismes de se développer et de vivre au ralenti quand
les conditions sont plus défavorables.
La valeur d’un sol, en tant que milieu adapté à la croissance végétale, ne dépend pas seulement de sa
fertilité physique, chimique et biologique (de bonnes propriétés physique (tels que le texture, la
structure, la stabilité structurale et la perméabilité…), chimique (le pH, la conductivité électrique, le taux
de calcaire total ainsi que assimilable, la CEC, la richesse en éléments nutritifs chimiques), biologique
(présence de faune et flore et bonne activité biologique….)) mais aussi de ce qu’on appelle fertilité
hydrique qui désigne l’état du mouvement de l’eau et de l’air ainsi que des propriétés chimiques et du
régime thermique du sol.
L’eau est un constituant essentiel du sol (15 à 35 % en volume, sa teneure est variable dans le temps et
dans l’espace). Elle est considérée comme le vecteur principal des ions en solutions et comme produit
indispensable à la vie des plantes et organismes du sol. Et elle joue un rôle considérable dans la genèse
des sols et leurs évolutions (hydratation, hydrolyse……).
1-2-Relations entre les trois phases du sol
Le sol se diffère de la roche sous jacente par sa composition. Dans une roche, la fraction solide minérale
est prépondérante, et seul la craie et la pierre ponce peuvent avoir une porosité voisine de 50%, alors que
dans un sol, il est souvent fréquent d’avoir plus de 50% de porosité occupée soit par l’eau ou l’air.
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Le sol est un système tri-phasique (se compose de trois phases):
Phase solide ;
Représentée par les particules solides du sol qui sont des particules minérales (argile, limon, sable et
éléments grossiers aussi) et organiques (humus (débris des végétaux (feuilles, les petits rameaux)), et
micro-organismes et aussi fourmis, insectes, lombrics, escargots, elle est en majorité minérale, mais
comprend toujours une fraction organique.
Phase liquide;
Composée d’eau qui reste retenue dans les pores du sol, cette eau n’est pas pure, mais elle contient une
grande variété de substances en solution: des sels minéraux, des complexes organon-métalliques et des
composés organiques d’origines diverse.
La nature de ces composés peut varier au cours du temps en fonction des prélèvements ou des apports
dues à la flore et aux micro-organismes eux même liées aux conditions climatiques.
Phase gazeuse;
Représentée par l’air et l’atmosphère du sol; elle occupe les pores du sol, dans la mesure où ceux dernier
ne sont pas occupés par l’eau.
On peut aussi représenter les phases du sol par un schéma qui relit entre eux (phases) par des formules
massiques et volumiques (voir figure 1). Mais cette représentation est théorique (on l’utilise à fin de
savoir exprimer qualitativement leurs proportions (phases))
Figure 1: Phases solide, liquide et gazeuse d'un sol et indication des grandes lignes de désignation des
relations massiques et volumiques.
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Sachant que:
V: volume total, Vv: volume des vides, Vs: volume des solides, Va: volume de l’air
Vw: volume de l’eau, W: masse total, Ww: masse de l’eau, Ws: masse du solide
*Les relations massiques et volumiques les plus importantes du sol sont:
1-2-1- Degrés de saturation Qs:
Cet indice exprime le volume d’eau présent dans le sol par rapport au volume des pores.
Qs = Vw / Vv
L’indice Qs, varie de 0 100.
1-2-2- Indice des vides e :
e = Vv / Vs
C’est le rapport du volume des vides, au volume des particules solides.
1-2-3-Teneure relative en air £a :
£a = Va / Vt
C’est un critère important de l’aération du sol, il est lié à la teneure en eau.
1-2-4-La densité du solide (densité réelle dr)
dr = ms /Vs (g/cm3)
Dans la plupart des sols minéraux la d moyenne des particules varie entre 2,6 et 2,7 g/cm3.
**La présence de Mo diminue la valeur de la dr **
1-2-5-Densité apparente à l’état sec (da)
da = ms / Vt = ms / (Vv+Vs) = ms / (Va+Vw+ Vs) (g/ cm3)
C’est le rapport entre la masse des particules sèches et volume total du sol, celle-ci est évidement petite
que dr.
1-2-6-Porosité
P = Vv /Vt (%)
1-3-Forces agissants sur l’eau dans le sol
Pour un sol cultivé ; trois forces agissent sur l’eau du sol : la gravité P, la succion des racines S, et la
succion de la terre F.
Ces forces sont eux qui guident le comportement (formes et états) de l’eau dans le sol (figure 2)…….
*La pesanteur entraine l’eau tant que P est supérieur à F.
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*Ces deux forces (P et F) s’égalisent au point de ressuyage (ou humidité à la capacité au champ est
atteint). L’eau est alors disponible pour les racines.
*L’utilisation de l’eau par la plante est possible tant que la force de succion des racines est supérieure à
celle qu’exerce le sol sur l’eau
*Mais au point de flétrissement, F devient supérieur à S : l’eau n’est plus utilisable.
*L’eau formant autours des éléments solides des filmes d’épaisseur variable, la force qu’exerce le
solide sur une molécule d’eau est d’autant plus intense que cette molécule est plus proche de lui
*au-delà d’une certaine distance, la force d’attraction est plus faible que la pesanteur : l’eau s’écoule par
Figure 2 : forces agissant sur l’eau dans le sol et formes (états de l’eau du sol)
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1-4- Les formes de l'eau dans le sol
On distingue principalement trois états de l’eau dans le sol, selon la force avec laquelle il la retient et
selon sa disponibilité pour les plantes ; l’eau de gravité, l’eau utilisable par la plante et l’eau non
utilisable par la plante; sans oublier une quatrième forme qui ne joue que pour les terrains en pente il
s’agit de l’eau de ruissellement (figures 2 et 3).
1-4-1-L’eau de gravité:
L’eau de gravité, n’existe dans le sol que dans les heures ou les jours qui suivent une précipitation, ou en
cas de nappe phréatique permanente.
L’eau de gravité circule dans les pores grossiers et moyens (supérieurs à 10 µm), le plus souvent
verticalement, parfois aussi obliquement.
L’eau de gravité à écoulement vertical se subdivise en deux parties :
*L’eau de gravité à écoulement rapide : qui circule dans les pores grossiers (supérieurs à 50 µm), dans
les quelque heures qui suivent les pluies.
*L’eau de gravité à écoulement lent : qui descend lentement (souvent plusieurs semaines) dans les
pores moyens de diamètre compris entre 50 µm et 10 µm.
1-4-2-L’eau utilisable par la plante:
Celle que retient par le sol, soit à l’intérieur de fins canaux ou soit sous forme de films assez épais
autour des éléments solides. Elle occupe les pores fins de diamètre compris entre 0.2 et 50 µm à la
surface des particules.
1-4-3-L’eau inutilisable par la plante:
L’eau formant autour des éléments solides, des films minces ou même de fines gouttelettes de vapeur
d’eau condensée (eau hygroscopique). Cette eau, trop énergiquement retenue, ne peut être absorbée.
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Figure 3: Les trois états de l’eau dans le sol
1-4-4- L’eau de ruissellement :
Le ruissellement n’est pas constant et n’affecte que les surfaces en pente et les sols soumis à des pluies
violentes. C’est une eau superficielle, responsable des apports latéraux des particules fines (argiles et
molécules humiques).
le phénomène e ruissellement diminue la perméabilité des sols.
1-5- Le potentiel de l’eau du sol :
L’état énergétique de l’eau dans le sol est défini par le potentiel hydrique ψ, qui est lui même la
résultante de trois niveaux d’énergie d’origine différente :
Le potentiel gravitaire (ψg) qui préside à l’infiltration des eaux de pluie par gravité, le potentiel
matriciel (ψm) qui définit la force de rétention de l’eau par le sol, et enfin le potentiel osmotique (ψo) ;
ce dernier n’intervient que dans les sols salins.
Dans la majorité des sols par conséquent :
ψ= (ψg) + (ψm) : mais ces deux formes sont en fait, antagonistes ;
La force de succion du sol pour l’eau s’exprime (voir tableau 1):
Soit en bars (bar), Soit en kilo pascals (Kpa), Soit par son logarithme,
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Cette force étant exprimée en centimètres d’eau, elle s’exprime par le symbole pF
Ex: 1 bars : 100kPa :1000 (103) cm d’eau :pF 3
Tableau 1: Correspondance des expressions de pression statique
Bars Kilo pascals Atmosphère mm de mercure Hauteur équivalente pF
en cm d’eau
0.001 0.1 0.000987 0.75 1.017 0
0.01 1 0.00987 7.50 10.17 1
0.1 10 0.0987 75 103 2
0.33 33 0.328 250 344 2.5
0.5 50 0.493 375 511 2.7
1 100 0.9869 750.1 1017.1 3
10 1 000 9.869 7501 10171 4
15 1 500 15.2 11251 15499 4.2
100 10 000 98.69 75010 101710 5
1 000 100 000 986.9 750100 1017100 6
10 000 1 000 000 9869 7501000 10171000 7
1-6-Les valeurs caractéristiques de l’humidité du sol :
Deux valeurs offrent une importance particulière : la capacité au champ et le point de flétrissement.
1-6-1-La capacité au champ ou capacité de rétention :
Correspond à l’eau retenue par le sol, après une période de pluies, et un ressuyage de deux ou trois jours.
Il peut être mesuré sur le terrain préalablement gorgé d’eau, après 48 heures de ressuyage. Elle est
mesurée à l’aide d’un tensiomètre.
Cependant, pour les sols à mauvaise perméabilité, le ressuyage peut demander très longtemps, parfois
plus de 10 à 15 jours. C’est pourquoi, on la détermine au laboratoire par la presse à membrane (marmite
de richard), par centrifugation, ou par la méthode de Bouyoucos (entonnoir Buchner).
1-6-2-L’humidité au point de flétrissement :
Correspond à la valeur limite de l’eau liée, donc non absorbable par les racines. On la mesure, soit par la
méthode biologique (mesure de l’humidité du sol lorsque la plante se fane), soit au laboratoire par la
presse à membrane ou par centrifugation.
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Chapitre 1: L’eau dans le sol
L’eau utile :
C’est la quantité d’eau stockée par le sol, après une période de pluies, qui est donnée par la différence
entre la capacité de rétention et le point de flétrissement. On peut l’exprimer en % ou mieux en
millimètres ce qui est à l’avantage de permettre des comparaisons avec la pluviométrie et
l’évapotranspiration également exprimés en millimètres.
RU% = taux d’humidité à la capacité de rétention – taux d’humidité au point de flétrissement
RU mm = (taux d’humidité à la capacité de rétention-taux d’humidité au point de flétrissement)x da x
P.
da : densité apparente en g/cm3 P : la profondeur en dm
*La texture du sol a une influence directe sur les taux d'humidité à la capacité au champ et au point de
flétrissement (et par conséquent sur la RU)
*Les sols sableux présentent de faibles capacités de rétention en eau, ce qui implique de plus faibles RU.
*Les sols à forte proportion de particules fines (limons et argiles) emmagasinent davantage d'eau ; en
contrepartie, une grande partie de ces réserves en eau restent indisponibles pour les plantes.
1-7-Les mouvements de l’eau dans le sol
Les mouvements de l’eau dans le sol relèvent de deux processus opposés : les mouvements descendants
et les mouvements ascendants de l’eau.
1-7-1- Mouvements descendants de l’eau de gravité (perméabilité): les mouvements descendants de
l’eau de gravité, qui s’infiltre après les pluies et qui sont liés à la perméabilité du profil.
La perméabilité dépend de la texture mais surtout de la structure.
Les sols perméables sont les sols :
*A texture grossière où dominant les sables et graviers peu enrobée de colloïdes. *A texture fine, mais
à structure fragmentaire surtout grumeleuse
Les sols imperméables sont :
*Les sols à texture fine, très riches en limon mais pauvres en argile et en humus. *Les sols à dominance
d’argile, surtout en l’absence de calcaire et d’humus.
1-7-2- Mouvements ascendants : l’eau se déplace d’un point plus humide vers un point moins humide
par exemple quand le sol s’alimente à partir d’une nappe plus ou moins profonde, l’eau se déplace de la
nappe d’eau vers la surface et il est capable de ré-humecter constamment les niveaux asséchées par les
racines ou par l’évaporation.
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Chapitre 1: L’eau dans le sol
1-8-Bilan hydrique du sol
Le bilan hydrique du sol, représente la quantité d’eau qu’il peut contenir en fonction du temps (bilan
mensuel ou décadaire), ses quantités sont déterminées on comparant les entrés et les sorties d’eau du
système sol – plante – atmosphère
1-8-1-Les entrées d’eau
Les précipitations : données par l’enregistrement des stations météorologiques, l’irrigation, les
précipitations secondaires (rosé, brouillard), les remonté capillaire.
1-8-2-Les sorties d’eau
Evapotranspiration: évaporation des surfaces nues + transpiration des plantes. Drainage : la quantité
d’eau qui quitte la zone exploitée par les racines par infiltration. Ruissellement : dépend de la
perméabilité du sol, sa pente et de l’intensité des précipitations
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