GLFL (2024-2025)
Classe de Première - Spécialité SES
SYNTHESE
Questionnement 3 :
QUELLES SONT LES PRINCIPALES DÉFAILLANCES DU MARCHÉ ?
Les mécanismes du marché amènent obligatoirement l'économie à son résultat optimal : non seulement l’équilibre est
stable (le marché s’autorégule), mais le prix d’équilibre est aussi celui qui maximise le surplus collectif et donc les
gains à l’échange.
Dans ces conditions, d’après les néoclassiques, toute intervention extérieure, en particulier celle de l'État, ne peut
qu'être nuisible car elle a de grande chance de perturber l’autorégulation du marché et de dégrader l’allocation optimale
des ressources. Cependant, les mécanismes du marché aboutissent parfois à une allocation des ressources qui peut,
dans certains cas, être considérée comme non optimale, d’où la justification de l’intervention de l’Etat pour pallier
aux « défaillances du marché ».
Une défaillance du marché désigne une situation où le marché n’est pas efficace puisqu’il n’aboutit pas à la
meilleure situation pour la collectivité.
3.1 Comprendre que le marché est défaillant en présence d’externalités et être capable de l’illustrer
par un exemple (notamment celui de la pollution).
Une externalité désigne une situation dans laquelle un agent économique entreprend une action qui affecte directement
(de manière négative ou positive) d’autres agents économiques mais sans compensation monétaire. L’externalité est
négative quand les agents affectés voient diminuer leur bien-être, et elle est positive lorsque les agents affectés voient
augmenter leur bien-être.
L’existence d’externalités s’interprète comme une défaillance de marché car elles empêchent la réalisation d’une
allocation optimale des ressources.
En effet, il existe 2 types de coût :
- Le coût privé est le coût lié à une activité économique et qui supporté par l’agent économique qui en est à
l’origine (par exemple, le coût de production d’une entreprise).
- Le coût social est la somme du coût privé (le coût de production) et du coût externe (ou coût de
l’externalité, par exemple la dégradation de l’environnement). C’est le coût supporté par la collectivité dans
son ensemble.
Or, dans leurs décisions, les individus tiennent compte des coûts privés, et non pas des coûts sociaux (collectifs) qui
y sont associés. Il y a donc une divergence entre les coûts privés et les coûts sociaux.
Dans le cas des externalités négatives, notamment dans le cas de la pollution, le producteur ne
tient pas compte des coûts externes, il ne prend en considération que son coût privé (qui est
supérieur au coût social). Ainsi, le niveau de production est trop élevé par rapport au niveau
qui serait socialement optimal
Dans le cas des externalités positives, le producteur ne tient pas compte du bénéfice
externe. Son coût privé est supérieur au coût social. Cette fois, la quantité produite est trop
faible. Il y a sous-production par rapport à l’optimum car l’auteur de l’externalité ne
sera pas rémunéré.
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En conclusion, le marché est défaillant en présence d’externalités car il n’est pas en mesure d’inciter ceux qui sont à
l’origine de coûts externes à les réduire : quelle entreprise indemnisera de son propre chef les victimes de la pollution
qu’elle a occasionnée ? Le marché est de même impuissant à encourager les externalités positives, puisque ceux qui
sont à l’origine d’un accroissement du bien-être social n’en sont pas récompensés. La vaccination contre une
pathologie contagieuse profite à l’ensemble de la collectivité, la recherche financée par une entreprise peut déboucher
sur des innovations bénéfiques à l’ensemble de son secteur d’activité. Mais laissés aux seules forces du marché, ces
bénéfices externes seront produits en quantité insuffisante, tandis que les externalités négatives seront trop abondantes.
3.2 Comprendre que le marché est défaillant en présence de biens communs et de biens collectifs, et
être capable de l’illustrer par des exemples.
Une autre catégorie de défaillances du marché concerne la production de certains biens : les biens communs et les
biens collectifs.
Il existe 4 types de biens qui dépendent de deux caractéristiques : la rivalité et l’excluabilité.
1- La rivalité est la caractéristique d'un bien ou d'un service dont la consommation par un individu rend
impossible la consommation de ce même bien par un autre individu. La consommation d'un consommateur
réduit celle d'un autre.
Ex : Quand j'achète une baguette de pain quelqu'un ne pourra pas s'acheter la même baguette de pain. Il y
a rivalité. Si un bateau paie un phare pour être éclairé tous les autres bateaux peuvent en profiter sans payer.
Il n'y a pas rivalité. Si je regarde une chaîne cryptée je n'empêche pas un autre abonné de regarder.
2- L’excluabilité fait référence au prix : il y a exclusion par le prix quand un individu qui n’a pas payé pour un
produit est exclu de la consommation de ce produit.
Ex : Si je veux du pain mais que je ne suis pas en mesure de payée. Il y a exclusion. Si je pars cueillir des
champignons dans la forêt, je peux les cueillir sans payer. Pas d'exclusion.
Le respect ou le non-respect de la rivalité et de l'exclusion permettent
de définir quatre types de biens :
• quand il y a exclusion et rivalité on parle de biens privés
• quand il y a exclusion mais pas rivalité on parle de biens de
club (ex : cable télévisé/télécharger de la musique)
• quand il n'y a pas exclusion mais rivalité on parle de biens
communs (ex : poissons dans la mer – ressources halieutiques
(produits de la pêche)
• quand il n'y a pas exclusion et pas de rivalité on parle de biens
collectifs (publics) (ex : éclairage public, armée…).
A. Les biens communs
Les biens communs ont deux caractéristiques : la non-excluabilité (il est impossible
d’exclure de l’utilisation du bien ceux qui ne paient pas) et la rivalité (la consommation
par un agent économique en prive d’autres). Par exemple, les réserves halieutiques, l’eau
des nappes phréatiques, les prés communaux sont des biens communs.
Dans le cas des biens communs, le marché est inefficace car le risque est celui de
l’épuisement des ressources, ce que Garret Hardin a qualifié de « tragédie des biens
communs » (1968). La « tragédie des communs » correspond au fait que le caractère
non excluable des biens communs tend à les rendre surexploiter et à les épuiser, ils
sont perçus comme « gratuits », les droits de propriétés ne sont pas définis. Ceci est dû à l'absence de prix produit
par le marché tend à leur disparition. Les comportements individuels sont ici incompatibles avec le bien-être collectif.
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Document type examen – A savoir lire
En 1975, les stocks mondiaux de poissons sous-
exploités représentaient 40 % des stocks
mondiaux de poissons ; en 2015, ils en
représentent 10 %, soit une baisse de 30 points
de % (ou bien ils ont été divisés par 4)
En 1975, 10% des stocks mondiaux de poissons
étaient surexploités alors que en 2015, 30%
étaient surexploités ce qui signifie que la part
des stocks surexploités a été multiplié par 3.
Exemple : La haute mer est un bien commun car elle est non excluable mais rivale. En effet sans règle précise, la haute
mer n’est pas excluable : chacun peut venir y puiser des ressources ; mais elle est un bien rival, dans la mesure où
l’utilisation par quelqu’un du bien réduit les quantités disponibles pour les autres. De ce fait la Haute mer est menacée
de surexploitation des ressources : on parle dans ce cas de tragédie des communs.
B. Les biens collectifs
Les biens collectifs sont quant à eux caractérisés par l’absence de rivalité et la non-excluabilité. Le marché ne peut
pas prendre en charge ces biens puisqu’il est impossible de faire payer celui qui profite de l’utilisation du bien. Les
agents se comportent alors rationnellement en « passagers clandestins » : ils bénéficient du bien sans en supporter le
coût. Dans ce cas, aucune entreprise ne sera incitée à prendre à produire le bien et ce dernier ne sera pas produit. Le
marché est bien défaillant.
Exemple : L’éclairage public est un bien collectif car il est non rival et non excluable. En raison du fait qu’il n’est pas
possible d’exclure les individus de la consommation de l’éclairage public, les restaurants et tous les usagers qui
profitent de l’éclairage public ne sont pas prêt à payer individuellement pour ce bien dont ils bénéficient tous
collectivement. Dans ce cas, les agents économiques agissent en passagers
clandestins car ils profitent collectivement d’un bien qu’ils ne sont pas prêts à
financer individuellement.
Or, biens collectifs sont essentiels à la vie économique et sociale (éclairage public
ou l’école). Mais en raison du caractère non rival et non excluable du bien, personne
n’est prêt à financer ces biens collectifs, ils ne seront donc pas produits, le marché
est défaillant.
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3.3 Connaître les deux principales formes d’information asymétrique, la sélection adverse et l’aléa
moral, et être capable de les illustrer par des exemples (notamment celui des voitures d’occasion
pour la sélection adverse et de l’assurance pour l’aléa moral).
Les marchés sont défaillants quand une des deux parties est mieux informée que l’autre lors d’une transaction
(l’information est dite asymétrique). Dans une telle situation, des phénomènes de sélection adverse ou d’aléa moral
peuvent survenir.
• Dans le cas de la sélection adverse, ce sont les caractéristiques du produit échangé qui ne sont pas connues
de façon symétrique.
• Dans le cas de l’aléa moral, l’asymétrie d’information porte sur l’action, le comportement d’un des deux
partenaires à l’échange.
La sélection adverse ou anti-sélection
En cas de sélection adverse, l’asymétrie d’information conduit les agents économiques à sélectionner de « mauvais »
produits car les « bons » produits ne sont plus échangés sur le marché.
L’article fondateur sur le sujet a été écrit par George Akerlof en 1970. Il concerne le marché des voitures d’occasion.
La qualité des voitures d’occasion est cachée ou mal connue, et cela aboutit à l’absence d’équilibre voire à la
disparition du marché.
Sur le marché des voitures d’occasion, le vendeur détient davantage
d’informations sur la qualité de la voiture que l’acheteur. L’acheteur ne sait
pas évaluer si la voiture d’occasion est de bonne qualité ou s’il s’agit d’un
produit de mauvaise qualité (un « lemon » souvent traduit par « tacot »).
Redoutant d’acheter un « tacot », les acheteurs ne sont pas prêts à payer le
prix du marché ; ils n’achètent qu’à un prix qui permet de compenser le
risque de tomber sur un tacot. À ce prix, les vendeurs de voitures de bonne
qualité se retirent du marché. La qualité moyenne des voitures diminue donc et les acheteurs exigent de nouvelles
baisses de prix… Un cercle vicieux se produit. Le phénomène de sélection adverse peut se produire également sur
d’autres marchés, notamment le marché des assurances (assurance maladie, assurance automobile) ou celui du crédit
(voir cours)
La sélection adverse peut mener à l’absence d’équilibre (objectif 3.4)
L’équilibre de marché n’est possible que si l’offre et la demande peuvent se croisent en un point d’équilibre. Sur un
marché à information parfaite, la baisse du prix entraîne une augmentation de la demande et une diminution de l’offre.
Mais en cas d’information asymétrique, la baisse du prix peut être perçue comme un signal de la baisse de la valeur
du produit. Donc au-dessous d’un certain seuil, la baisse du prix provoque une baisse de l’offre, mais aussi une baisse
de la demande. Il est donc possible que les courbes ne se croisent pas et que l’équilibre devienne impossible. Lorsque
la qualité des produits échangés sur le marché se dégrade fortement (les voitures vendues sont dangereuses, seules les
personnes à très haut risque souhaitent se faire assurer ou obtenir un crédit…), le marché peut même finir par
disparaître. Dans ce cas, le prix n’est plus un parfait signal de la valeur du bien, puisque, pour un même prix, il est
possible d’obtenir des biens de qualités différentes. Il ne peut plus jouer son rôle d’information.
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L’aléa moral (ou risque moral)
L’aléa moral désigne la modification du comportement d’un agent économique
par rapport à la situation qui prévalait avant la conclusion de la transaction. L’aléa
moral se retrouve dans de nombreuses activités et concerne particulièrement
l’assurance (habitation, automobile, maladie…). Lorsqu’ils savent qu’ils sont
assurés, les agents économiques ont tendance à prendre davantage de risques ou à
surconsommer certains services. Ainsi, dans le cas de l’assurance maladie, les
assurés peuvent surconsommer des soins car ils seront remboursés par l’assurance
maladie (assurance obligatoire et assurance complémentaire). Ils peuvent aussi
effectuer moins d’actes de prévention (dépistages, bilans de santé) ou adopter
davantage de comportements à risques.
3.5 Être capable d’illustrer l’intervention des pouvoirs publics face à ces différentes défaillances.
1- Les externalités.
Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (externalités négatives), quatre types d’outils peuvent être utilisés :
la réglementation, la taxation, le marché des quotas d’émissions et la subvention à l’innovation verte.
- Les instruments dits « réglementaires » se contente d’édicter des règles générales antipollution que les
agents sont tenus de respecter et donc qui contraignent les comportements des pollueurs.
- Les instruments dits « économiques » qui s'appuient sur une approche incitative pour favoriser les
comportements plus vertueux : marché de droits à polluer, taxes, subventions. Il s’agit ici d’internaliser
les externalités.
Réglementation (instrument contraignant qui agit sur les quantités)
Principe et La réglementation représente les interdictions ou limitations (par des normes) des activités
exemple polluantes responsables de la dégradation de l’environnement.
Elle consiste à imposer (logique de contraintes) des obligations de faire (installer un pot catalytique sur tous les véhicules
neufs par exemple) ou de ne pas faire (ne pas dépasser un seuil quantitatif d'émission de substances polluantes par exemple).
Ex :
- normes d’émissions : consiste en un plafond maximal
d’émission qui ne doit pas être dépassé sous peine de
sanctions administratives, pénales, ou financière (ex :
chaudières, émission de So2)
- normes de qualité : elles spécifient les caractéristiques
souhaitables du milieu récepteur des émissions polluantes
(ex : taux de nitrate dans l’eau potable)
- La circulation alternée permet de réduire par deux la circulation automobile, et donc les émissions
polluantes, en tirant au sort ceux à qui il est interdit d’utiliser leur véhicule.
Avantages - Indispensable pour des pollutions jugées particulièrement dangereuses pour la santé (interdiction de
commercialiser et d'utiliser de l'amiante) ou des cas de risques d'effets irréversibles et/ou très
importants.
- Avantageuse lorsqu’on cherche à atteindre rapidement un objectif précis de de pollution
- Permet de réagir rapidement et de façon volontaire à un problème urgent car le seul vote d’une loi
suffit. Par exemple en cas de révélation scientifique sur la dangerosité de l’utilisation d’un produit
de consommation, les autorités peuvent procéder à la suspension de sa commercialisation.
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- Relativement simple à mettre en œuvre (peu couteuse et rapide à mettre en œuvre, claire pour les
agents économiques)
Limites - Son application est uniforme à tous les agents, donc ne tient pas compte des différences de coûts de
dépollution entre entreprises. La norme peut être perçus comme injuste ce qui incite au
contournement de la norme ou à la délocalisation
- La norme doit être sanctionnée de façon efficace : si la sanction est trop faible les entreprises ne sont
pas incitées à la respecter (fraude, contournement à scandale du dieselgate (de nombreux constructeurs automobiles
falsifiaient les contrôles d’émissions polluants de leurs moteurs.). Si la sanction est exagérée, elle peut nuire à
l'activité économique ou inciter à des délocalisations. De plus, Il ne faut pas que le contrôle de la
norme coûte plus cher aux pouvoirs publics que son non-respect.
- Pas d'incitation à faire mieux que la norme
Taxes/Subventions (instruments économiques/incitatifs qui agit sur les prix)
Principe et Définition :
exemple La taxation écologique consiste pour l’Etat à taxer les activités polluantes afin
d’inciter à réduire la pollution.
La subvention écologique consiste pour l’Etat à financer les activités réduisant la
pollution afin d’en encourager la production et/ou la consommation.
La taxation et la subvention ont donc pour philosophie de corriger le prix du marché en y
internalisant le coût de la pollution et en la faisant payer par le responsable ou en faisant bénéficier
l’émetteur d’une externalité positive de sa part dans le bénéfice social.
Exemples :
- Plusieurs grandes villes (Londres, Singapour...) ont mis en place des péages à l’entrée de leur
centre-ville de manière à décourager l’usage de l’automobile ;
- Le bonus-malus écologique ou Eco-Bonus ou Malus (taxe carbone) est une méthode fiscale
de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre visant à orienter la consommation vers
l'achat de voitures moins polluantes par l'octroi d'un bonus et inversement à taxer l'achat
des voitures fortement émettrices de CO2.
Avantages - Incite les agents à changer de comportement et à innover :
(taxes) • Pour le producteur : chaque entreprise est libre de choisir son niveau de pollution. Ceux
pour qui la dépollution représente un effort trop important préféreront s’acquitter de la taxe et
continuer de polluer comme avant. Au contraire, ceux qui peuvent facilement réduire leurs émissions
polluantes le feront de manière à éviter de payer la taxe.
• Pour le consommateur : Une taxe environnementale incite les consommateurs à préférer
des produits moins chers et moins polluants (ex : véhicules électriques moins taxés)
- Procure des recettes fiscales aux pouvoirs publics :
- Possibilité de moduler la taxe en fonction du secteur d’activité
Limites - La détermination du montant de la taxe optimale suppose que soit connu le montant de
(taxes) dommages occasionné par la pollution ce qui difficile car c’est une externalité (quel est le cout de
la perte d’un écosystème ?)
- Fixation de la taxe à un niveau efficace : si la taxe est trop lourde, les agents sont incités à frauder
ou à faire du lobbying pour réduire la taxe, si elle est trop faible, les agents ne changeront pas de
comportement.
- La taxe peut nuire à la compétitivité des entreprises à délocalisation / effet déprimant sur
certains secteurs de l'activité économique
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- L'écotaxe peut être socialement injuste. Elle pèse plus dans le budget des ménages pauvres.
Avantages/ Les avantages sont : amplification de l’innovation car de nombreuses connaissances sont déjà
Limites disponibles ;
(Subventions) Les Limites : Les subventions sont parfois contraires au principe du pollueurs-payeurs et ont un
impact sur les finances publiques
Marché de quotas (Marché des permis d’émissions négociables (PEN) - Instrument économique
qui agit sur les quantités : logique incitative.
Principe et C'est un marché organisé par une autorité publique sur lequel se rencontre des entreprises qui achètent
exemple et qui vendent des droits à polluer (= quota ou quantité de GES exprimé en tonnes de CO2).
Sur le marché des quotas d’émission existent une offre et une
demande dont la rencontre conduit à la fixation d’un prix
d’équilibre.
Ceux pour qui la dépollution représente un effort trop important
préféreront acquérir des permis d’émission supplémentaires et
continuer de polluer comme avant. Au contraire, ceux qui
peuvent facilement réduire leurs émissions polluantes le feront de
manière à éviter d’utiliser leurs quotas qu’ils revendront sur le
marché.
Exemple : L'UE s'est dotée de son système de quotas en 2005,
avec l'ambition de réduire ses rejets de 20 % en 2020 et d'au moins 40 % d'ici à 2030.
Avantages - Permet de fixer un plafond d’émissions.
- Respecte le libre choix des entreprises : chacune est libre de faire son propre arbitrage (calcul
économique) entre le prix du quota fixé sur le marché et le coût de l’investissement de
dépollution
- Incitation à l’innovation et à changer de comportement
Limites - Système de régulation (création du marché, attribution des quotas, contrôle…) potentiellement
lourd et coûteux (bureaucratie)
- L’efficacité du marché dépend de l’efficacité de l’autorité de surveillance
- Risques de spéculation déstabilisatrice
- Marché inadapté pour des petits émetteurs
2- Les biens communs
Une intervention des pouvoirs publics visant à rétablir les droits de propriété, notamment de taxer ou à réglementer
l’utilisation des biens communs permet de remédier à cette défaillance du marché.
Dans ce cas, les droits de propriété réintroduisent une exclusion par les prix. Le bien redevient privé, on ne peut
donc plus y accéder sans payer. Cela réduit les quantités consommés et limite la surexploitation. De plus, le
propriétaire en vue de faire fructifier son bien ou d'obtenir des revenus futurs a intérêt à s'en occuper correctement,
ce qui limite le fait qu'il le surexploite.
NB : cela rappelle qu'aucune économie ne peut se passer d'une intervention minimale de l'Etat et des institutions
Exemples : Quotas de pêche - Limitation du nombre de bateaux autorisés à prendre la mer, Fixation de dates
d’ouverture de pêche, Règlementation des équipements (taille des mailles et des filets)
3- Les biens collectifs
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Les pouvoirs publics peuvent pallier cette défaillance du marché en contraignant les agents économiques à contribuer
au financement des biens collectifs non-excluables via les prélèvements obligatoires. Leur fourniture pourra être
assurée par le secteur public ou déléguée à des fournisseurs privés.
4- L’information asymétrique
Les signaux de qualité vont permettre de réduire l’incertitude sur la qualité des biens.
Ø Sélection adverse : les pouvoirs publics peuvent dévoiler
l’information cachée, par exemple en obligeant les vendeurs
à fournir des informations fiables sur la qualité des produits
en la faisant certifier (par exemple, affichage de la
composition des produits alimentaires, traçabilité de la
viande bovine, bilan énergétique des biens immobiliers,
contrôle technique obligatoire etc.).
Ø Aléa moral : pour faire face à cette défaillance du marché,
les pouvoirs publics peuvent contrôler les agents
économiques et appliquer un système de sanction. Ils
peuvent également corriger ces défaillances en introduisant
des incitations. Ainsi, dans le cas de l’assurance maladie,
les pouvoirs publics peuvent ne pas rembourser une somme
fixe (franchise) ou un pourcentage (ticket modérateur) des
soins. Dans le cas de l’assurance chômage, les pouvoirs
publics peuvent introduire des allocations dégressives au
cours du temps.