Pr Z.
IMANE
Unité de Diabétologie Endocrinologie
Hôpital d’Enfants de Rabat
Le diabète de type 1 ( DT1) = 10% de tous les
diabètes.
50% des cas apparaissent avant 15 ans.
L’incidence de plus en plus élevée : moins de 5
ans
Gradient nord-sud
Retard de diagnostic explique la fréquence des
ACD
Morbidité et mortalité +++
Progrès thérapeutiques et technologiques
Répartition des nouveaux malades par âge
160
140
120
100
[Link]
80 <= 5ans
<= 2 ans
60
40
20
0
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
2500
3000
2000
1500
0
1000
500
3500
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
Nombre de Consultations
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
[Link]
1-Le diabète T1 de l’enfant est un diabète « instable » :
Carence totale en insuline
Mode de vie plus irrégulier
Besoins accrus du fait de la croissance et puberté
2-Le risque de complications dégénératives est important chez l’enfant:
Instabilité glycémique
Longueur d’exposition
3-Les complications dégénératives sont fréquentes et sévères si prise en
charge insuffisante : A vingt ans d’évolution
:
Rétinopathie : 100%
Néphropathie : 30%
4 phases successives:
Phase préclinique :
Détection des anticorps:
Anticorps anti-cellules d’îlots (islet-cell antibodies :ICA)
Anticorps anti-GAD (glutamate décarboxylase)
Anticorps anti-IA2 (tyrosine phosphatase)
Anticorps anti-insuline (IAA)
Anticorps antiZnT8
Diminution de l’insulinosécrétion précoce après charge
en glucose
Phase de présentation clinique :
Survient lorsque ne subsiste qu’un faible pourcentage de
cellules B fonctionnelles.
Phase de rémission partielle :
50% des enfants environ. 3% rémission totale
Baisse des besoins en insuline à < 0.5U/Kg/j avec une
HbA1c à < 7%.
Due à une amélioration de la synthèse et de la sécrétion
d’insuline voire de la sensibilité tissulaire à l’insuline.
Dure de quelques mois à un ou 2ans.
L’insulinothérapie doit être maintenue.
Phase de dépendance chronique à l’insuline
Circonstances de découverte
Révélation sur un mode aigu+++:
Signes d’hyperglycémie: polyurie polydipsie , énurésie
secondaire polyphagie , amaigrissement.
Chez le jeune enfant : anorexie , mycose du siège
Cétose : nausées, vomissements, douleurs abdominales,
cétonurie avec glycosurie massive
Décompensation acido-cétosique de degré variable :
Dyspnée de Kussmaul, odeur acétonémique de l’haleine,
déshydratation
Altération de la conscience…
Collapsus
Critères de diagnostic du diabète sucré
1- Symptômes de diabète associé à une glycémie ≥ à 200mg/dl
à n’importe quel moment de la journée
2- Glycémie à jeun ≥ 126mg/dl (jeun de plus de 8h)
En cas d’absence de symptômes: une hyperglycémie de
découverte fortuite ou dans un contexte de stress peut être
transitoire et ne permet pas à elle seule de poser le
diagnostic du diabète.
facile+++: hyperglycémie avec glycosurie + cétonurie +++.
Symptômes aigus quasi constants.
Attention: retard diagnostic !!!
Bilan initial
Ionogramme sanguin
NFS (hyperleucocytose retrouvée en dehors de toute infection
ATB non nécessaire sauf si fièvre)
Bilan infectieux fonction de la clinique
Recherche d’autres maladies auto-immunes:
Thyroïdite auto-immune: Bilan thyroïdien, Ac antithyroïdiens,
Maladie caeliaque: AC antitransglutaminase et antiendomysium
Autres plus rares : anémie de Biermer,
insuffisance surrénalienne…
En cas de doute sur le type du D, affirmer la nature
auto-immune:
Anticorps
Anticorps antiGAD (80% des DID au début de la maladie)++
Anti IA2 (38 à 50%)+++
ICA (80%)++
IAA (30 à 40%, plus fréquemment avant l’âge de 5ans).
Marqueurs génétiques :
HLA DR3- DQA1*0501 – DQB1* 201 (prédisposantes)
HLA DR4- DQA1*0301 – DQB1* 302 (prédisposantes)
HLA DR2- DQA1*0102 – DQB1* 602 (protectrices)
Peptide C
Acidocétose diabétique
Révélatrice dans 25 à 40% des cas
Définie par:
Hyperglycémie (>2.5g/l) +
RA <15mmol/l + ,
cétonémie et cétonurie
Divisée en 3 catégories selon sa sévérité :
Minime : RA <15mmol/l
Modérée : RA <10mmol/l
Sévère : RA <5mmol/l
Causes:
Inaugurale (retard diagnostic ++)
Arrêt volontaire de l’insulinothérapie (adolescence)+++
Doses insuffisantes
Infections
Stress (traumatisme…) +++
Manifestations cliniques
Troubles hydro électrolytiques associés +/- profonds
Na normale ou basse (Na corrigée: Na + 2(glycémie [g/l] – 1))
kaliémie : déplétion potassique constante
+/- Insuffisance rénale aigue
Autres troubles biologiques :
Polynucléose neutrophile (en dehors de toute infection),
hémoconcentration…
Complications à craindre :
Œdème cérébral: complique 1 à 3% des DAC de l’enfant
Suspecté devant:
Céphalées (inconstantes), atteinte paires crâniennes
Modification du comportement,
Altération secondaire brutale de la conscience,
Convulsions, mydriase, bradycardie
peut donner un arrêt respiratoire en quelques minutes
FDR:
Jeune âge, normalisation rapide glycémie
Bicarbonates, tr hydroélectrolytiques persistants (hypoNa, acidose)
Traitement: Mannitol 10% en IV: 10cc/Kg/24h en 20 minutes;
Autres:
Hypokaliémie
Inhalation de liquide gastrique
Sepsis
Traitement:
Hydratation:
Sérum physiologique : 20ml/Kg en 20min puis 10ml/kg/h pdt 2h
puis SG10% ou si G <2.5g/l.
! Pas plus de 4l/m2/j de liquide en tout , Pas de boisson
Electrolytes: NaCl: 2g/l Kcl: 3g/l Ca: 1g/l
Insulinothérapie :
IV sans bolus : 0.1U/Kg/h ≈ 11UI/50(0cc SG10% (0.05U/Kg/h
soit 5.5UI /500cc SG10% si enfant <5ans);
Bases du traitement:
Insuline
L’autocontrôle glycémique régulier et quotidien
Education thérapeutique initiale et continue
Règles diététiques
Activité physique
Le dosage trimestriel de l’hémoglobine glyquée
Soutien psychologique
Contraintes :
Évolution chronique : Lassitude non compliance
Implication des parents / niveau des parents
Facteurs socio-économiques
Age des patients
Pathologies chroniques associées (MC, thyroïdite, asthme…)
Carence en insuline traitement substitutif par
l’insuline au long cours
Progrès en diabétologie
Les insulines
Modes d’administration de l’insuline
Schémas thérapeutiques
Méthodes et moyens de l’ASG
Lutter contre l’hyperglycémie
HbA1c ≤ 7%
Réduire le risque d’ hypoglycémie
Assurer une qualité de vie acceptable:
Croissance staturo-pondérale et
pubertaire normales
ISPAD Guidelines Pediatric Diabetes 2018
Contrôle métabolique strict
Réduction des hypog. et prise du poids
Réduction des microangiop. et macroangiop.
• DCCT : contrôle strict : traitement intensif et ASG
Prévention et / ou arrêt de la progression des complications
microangiopathiques:
↓ risque de rétinopathie : 54% à 76%
↓ risque de microalbuminurie: 39%
↓ risque de neuropathie clinique : 60%
DCCT research group . N Engl J Med 1993;329:304-9
• EDIC : ↓risque microangiopathies
↓ 40-60% du risque macroangio
White NH; J Pediatr 2001;139:804-12
• ISPAD : Consensus Guidelines 2018
Pediatric Diabetes oct 2018
1922: rapide en plusieurs injections
Lente et semi lente: une ou deux injections
Les insulines humaines
Les analogues de l’insuline,,,
Toutes les insulines : 100 UI par ml ,,,
300UI/ml
Début d’action : 20’
Durée d’action : 4 à 6 h
• ACTRAPID® (NOVO)
• UMULINE ORDINAIRE® (LILLY)
• INSUMAN RAPIDE® (SANOFI-AVENTIS)
Début action : 45’
Durée action : 8 à 12 h
• INSUMAN NPH® (SANOFI-AVENTIS)
• INSULATARD NPH® (NOVO)
• UMULINE NPH® (LILLY)
Début action : 20’
Durée action : 8 à 12 h
• PROFIL® 10-20-30-40... (LILLY)
• MIXTARD® 10-20-30... (NOVO)
• COMB® 15-25... (SANOFI-AVENTIS)
Modification de la structure de l’insuline afin
d’en augmenter la résorption (I. rapide) ou la
retarder (I. lente)
Les insulines rapides contrôlent mal le pic
glycémique après le repas; le maximum d’action
est retardé (3 h), entraînant des risques
d’hypoglycémies d’où l’intérêt des analogues
rapides
Remplacent progressivement toutes les
insulines traditionnelles
Début action : 10‘
Maximum d’ action : 1h30
Durée d’action : 3 h
• HUMALOG® (LILLY)
• NOVORAPID® (NOVO)
• APIDRA® (SANOFI-AVENTIS)
Début action : 1h30
Durée action : à priori 24 h
• LANTUS® (AVENTIS) : 1 injection / jour
(dose-dépendante)
• LEVEMIR® (NOVO) : 1 à 2 injections / jour
Début action : 10’
Durée action : 8h - 12h
• HUMALOG MIX® 25 (LILLY)
• HUMALOG MIX® 50 (LILLY)
• NOVOMIX 30® (NOVO)
• NOVOMIX 50® (NOVO)
• NOVOMIX 70® (NOVO)
(Le chiffre indique le pourcentage d’analogue
rapide)
Pediatric Diabetes October 2018; 19 (Suppl. 27): 115–135.
Insulin therapy must be individualized for each patient
in order to achieve optimal metabolic control
Intensive insulin treatment reduce the risks of acute
and long-term complications
In all age groups, as close to physiological insulin
replacement as possible and optimal glycemic control
must be the aim using the locally available basal and
prandial insulins
Premixed insulins are not recommended for
pediatric use
When insulin is provided through a help organization,
the recommendation should be to provide regular and
NPH as separate insulins,not premixed .
During the partial remission phase: <0.5
IU/kg/day.
Prepubertal children : 0.7 to 1.0 IU/kg/day.
During puberty, :1 and even up to 2 U/kg/day.
It has been observed that an excessive GH
secretion in type 1 diabetes during puberty has
significant effects on ketogenesis. adolescent
type 1 diabetic tends to decompensate very
rapidly and develop DKA when the prebedtime
insulin dose is omitted.
Insulinothérapie conventionnelle: 2 injections / jour
Rapide + NPH : Matin 2/3 Soir 1/3
- Très utilisée en pédiatrie
- ASG/Education T/D
- Contraintes : Horaires; repas; hypog nocturnes; hyperg PP
Non reproductibilité et variabilité de
l’action de l’insuline
- Résultats satisfaisants à long terme
3 injections / jour
7h 12h 16h 19h 22h
R+NPH R R+NPH
R+NPH R R+NPH
R R R+NPH
R+NPH R NPH
Intensif ou basal-bolus ou MDI
4 – 5 injections / jour: injection d’une analogue ultralente le
soir et 3 analogues rapides avant les 3 principaux repas.
Une injection suppl si gouter consistant à 16h-17h
Basal (40 % ) Bolus (60%)
Analogue rapide et lent matin et soir: parfois
nécessite une injection de rapide au déjeuner
Insuline rapide humaine +analogue lent :
matin/analogue rapide et lent le soir: bon
schéma :Rapide+détémir/analogue R
+détémir
Réduisent sensiblement les hypoglycémies
Améliorent les glycémies matinales
Concentrations sériques plus basses
Moins de variabilité
physiologique
flexibles
ISPAD 2018
ASG et la possibilité d’adapter les doses comptent plus que
le schéma thérapeutiqueJ Svensson, J Johanesen, HB Mortensen, S Nordly Pediatric
Diabetes,2008, 10,461-467
Schéma conventionnel
• Rétrospectif : selon les résultats des jours précédents
• Prospectif : en prévision d’une prise alimentaire
ou d’une activité physique
• Compensatoire : occasionnel, pour corriger dans
l’immédiat une hyperglycémie
Schéma basal-bolus
Doses des bolus réglées selon:
le contenu en HC du repas
l’activité physique prévue
la glycémie pré-prandiale immédiate
la glycémie post prandiale des jours précédents: 2h après le
début du repas
Apprendre à calculer les hydrates de carbone
d’un repas et les convertir en UI d’insuline :
intérêt des séances d’éducation.
le ratio : hydrates de carbone / insuline : le
nombre UI d’insuline correspondant à une
portion de glucides (par ex 10 gr)
Ce ratio change avec le moment du repas.
Pour 10 gr il faut compter :
2 UI au petit déjeuner
1 UI à midi
1,5 UI le soir
Le facteur de sensibilité à l’insuline : ISF
Matérielles : couverture médicale non
généralisée.
Prix des bandelettes G et de certaines insulines
Indisponibilité sur le marché de matériel (seringue
, stylos) adapté à l’usage pédiatrique.
Familles défavorisées : L’équité doit faire que tous
les enfants diabétiques bénéficient de la même
qualité de prise en charge
RAMED ??????????????
Soutien psycho-social indispensable
Cas clinique 1
A.E. 11ans , sexe masculin ,admis au service le 02/2015
pour DAC avec trouble de conscience.
• diabétique depuis l’âge de 5ans , suivi par un spécialiste
sous novomix30 ,actuellement 20 matin et 20 le soir.
Suivi médical irregulier et mauvais contrôle métabolique
HbA1c= 11,3 %
•
• hospitalisation duree de perfusion de 25H
• =46 kg(+2 ,5DS) , taille= 1m36 (_0DS),
• d'insuline en SC :36 UI/jr ( 12 ui le matin et 06ui le soir
d’actrarapid, 12ui le matin et06 ui le soir d’insulatard
• EDUCATION THER ET DIET 2 SZM
• Depistage des compl
Cas clinique 2
• A.Y , Petite fille de 8 ans, admise au service
pour hypoglycémie
• Diabète type 1 diagnostiqué 1 mois avant .
• Consultation chez un spécialiste : mise sous
insuline novomix 70!!!
• Pas d’hospitalisation ,pas d’éducation
thérapeutique et diététique initiale
Cas clinique 3
• R. enfant de 11 ans
• Pas d’ATCD pathologiques particuliers
• Diagnostic d’un diabète devat un syndrome
polyuropolydipsique
• Examen somatique: RAS
• Hyperglycémie : à 13h: 4,30g/l
• Urines sucre +++ acétone ++
• Parents refusent l’hospitalisation
• Conduite à tenir
Cas clinique 3
• Consultation : Apidra et Lantus à 14 h
• 19h injection de apidra avant diner
• Surveillance glycémique
• Rendez-vous pour le lendemain matin pour
injection du petit déjeuner
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