Cours MMC Complet
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COURS DE MECANIQUE
DES MILIEUX CONTINUS
La mécanique des milieux continus se propose l’étude des mouvements, des déformations et
des contraintes au sein d’un milieu continu. On désigne par milieu continu tout liquide, gaz ou
solide, déformable ou non, quand on le considère d’un point de vue macroscopique. Plus
précisément, l’hypothèse de milieu continu consiste à considérer des milieux dont les
propriétés caractéristiques (densité, élasticité,…) sont continues ce qui nécessite le recours à
des fonctions continues et/ou dérivables. Par ailleurs, ces milieux seront supposés homogènes
et isotropes.
La mécanique des milieux continus englobe l’hydrodynamique, la dynamique des gaz,
l’élasticité et bien d’autres types de comportements tels l’écoulement des fluides et la
déformation élastique des solides ou résistance des matériaux.
Table des matières
1. Rappels
Pour éviter d’écrire de nombreux signes ∑, il conviendra que quand dans un monôme un
indice figure deux fois, cela signifie qu’il y a sommation sur cet indice (il est alors dit muet,
i.e. peut prendre toutes les valeurs).
Le vecteur 𝑥⃗ s’écrit dans la base {𝑒⃗ } , , :
𝑥⃗ = 𝑥 𝑒⃗ = 𝑥 𝑒⃗
(au lieu de 𝑥⃗ = ∑ 𝑥 𝑒⃗ )
Les autres indices sont dits francs (ne peuvent prendre qu’une valeur).
Cette convention, dite d’Einstein, est très commode en calcul tensoriel (matriciel) comme
nous allons le voir.
Ainsi l’expression :
𝐹⃗ = 𝐴𝐵⃗
𝐹 =𝐴 𝐵 =𝐴 𝐵
(au lieu de 𝐹 = ∑ 𝐴 𝐵 ) comporte l’indice muet j (par rapport auquel on somme) et
l’indice franc i.
On a :
𝑥 𝑦
𝑥⃗ ∧ 𝑦⃗ = 𝑥 ∧ 𝑦 = (𝑥 𝑦 − 𝑥 𝑦 )𝑒⃗ + (𝑥 𝑦 − 𝑥 𝑦 )𝑒⃗ + (𝑥 𝑦 − 𝑥 𝑦 )𝑒⃗
𝑥 𝑦
Ce produit peut s’écrire dorénavant :
𝑥⃗ ∧ 𝑦⃗ = 𝜀 𝑥 𝑦 𝑒⃗
Où 𝜀 est le symbole de permutation.
[𝜀] est un tenseur du 3ème ordre, antisymétrique et dont les éléments sont définis par :
Par définition :
(Voir compléments)
Remarque :
Un vecteur peut être considéré comme un tenseur du 1er ordre et un scalaire comme un
tenseur d’ordre 0.
𝑇 =𝑇 +𝑇
𝑇+𝑇 𝑇−𝑇
3.1. Gradient
Le gradient d’une fonction scalaire 𝑓(𝑥 , 𝑥 , 𝑥 ) est le vecteur :
𝜕𝑓
𝑔𝑟𝑎𝑑⃗ 𝑓(𝑥 , 𝑥 , 𝑥 ) = 𝑒⃗
𝜕𝑥
Le gradient d’un vecteur 𝑢⃗(𝑢 , 𝑢 , 𝑢 ) est le tenseur d’ordre 2 :
𝜕𝑢
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗ = 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗
𝜕𝑥
Soit, pour la composante (𝑖, 𝑗) :
𝜕𝑢
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗ =
𝜕𝑥
3.2. Divergence
La divergence d’un vecteur 𝑢⃗ (𝑢 , 𝑢 , 𝑢 ) est la fonction scalaire :
𝜕𝑢
𝑑𝑖𝑣 𝑢⃗ =
𝜕𝑥
𝜕 𝑢
∆𝑢⃗ = 𝑒⃗
𝜕𝑥 𝜕𝑥
Qu’on peut écrire sous la forme :
∆𝑢⃗ = 𝑑𝚤𝑣⃗ 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗
3.4. Rotationnel
Le rotationnel d’un vecteur 𝑢⃗ (𝑢 , 𝑢 , 𝑢 ) est le vecteur :
𝑟𝑜𝑡⃗ 𝑢⃗ = ∇⃗ ∧ 𝑢⃗ = 𝜀 𝜕 𝑢 𝑒⃗
Soit :
𝜕𝑢
𝑟𝑜𝑡⃗ 𝑢⃗ = 𝜀 𝑒⃗
𝜕𝑥
𝜕𝑇
𝑟𝑜𝑡𝑇 = 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗
𝜕𝑥
Remarque importante :
Les formules écrites sous forme tensorielle sont valables
dans tout système de coordonnées
⎛ ⎞
*Opérateur Nabla : ∇⃗= ⎜ ⎟
⎝ ⎠
Applications :
−𝑥 + 𝜔𝑥
Soit le vecteur : 𝑢⃗ = 𝑢 𝑒⃗ = (−𝑥 + 𝜔𝑥 )𝑒⃗ + (−𝜔𝑥 )𝑒⃗ + (𝑥 + 𝑥 )𝑒⃗ = −𝜔𝑥
𝑥 +𝑥
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗
𝑑𝚤𝑣⃗ 𝑇, 𝑟𝑜𝑡𝑇
𝑑𝑖𝑣 𝑢⃗ =
𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢
= + + = −1
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝑑𝑖𝑣 𝑢⃗ = −1
𝑟𝑜𝑡⃗ 𝑢⃗ = ∇⃗ ∧ 𝑢⃗ = 𝜀 𝑒⃗ = 𝜀 𝜕 𝑢 𝑒⃗
Plus précisément :
𝜕
⎛𝜕𝑥 ⎞ 𝑢 𝜕 𝑢
𝜕
𝑟𝑜𝑡⃗ 𝑢⃗ = ⎜
⎜𝜕𝑥
⎟∧ 𝑢
⎟ = 𝜕 ∧ 𝑢
⎜ ⎟ 𝑢 𝜕 𝑢
𝜕
⎝𝜕𝑥 ⎠
Soit :
𝑟𝑜𝑡⃗ 𝑢⃗ = (1 − (−𝜔))𝑒⃗ + (𝜔 − 1)𝑒⃗ + (0 − 0)𝑒⃗ = (1 + 𝜔)𝑒⃗ + (𝜔 − 1)𝑒⃗
−1 0 𝜔
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗ = 0 0 −𝜔
1 1 0
𝑑𝑖𝑣 𝑢⃗ = 𝑇𝑟 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗
𝑑𝚤𝑣⃗ 𝑇 = 𝑒⃗
−𝑥 + 𝜔𝑥 0 𝜔𝑥
𝑇= 𝑥 𝑥 0
𝑥 + 2𝑥 𝜔𝑥 𝑥 +𝑥
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇
= 𝑒⃗ + 𝑒⃗ + 𝑒⃗
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇
= + + 𝑒⃗ + + + 𝑒⃗ + + + 𝑒⃗
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
= (−1 + 0 + 𝜔)𝑒⃗ + (1 + 0 + 0)𝑒⃗ + (1 + 0 + 0)𝑒⃗
Soit :
𝑑𝚤𝑣⃗ 𝑇 = (𝜔 − 1)𝑒⃗ + 𝑒⃗ + 𝑒⃗
𝑟𝑜𝑡 𝑇 = 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇
= 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗ + 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗ + 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇
= 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗ + 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗ + 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇
+ 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗ + 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗ + 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇
+ 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗ + 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗ + 𝜀 𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
Soit :
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇
𝜀 𝜀 𝜀
⎛ 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 ⎞
⎜ 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 ⎟
𝑟𝑜𝑡 𝑇 = ⎜𝜀 𝜀 𝜀 ⎟
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
⎜ ⎟
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇
𝜀 𝜀 𝜀
⎝ 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 ⎠
ère
1 ligne
𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =0
𝜀 =1 𝜀 = −1
2ème ligne
𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =0
𝜀 = −1 𝜀 =1
3ème ligne
𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =𝜀 =0
𝜀 =1 𝜀 = −1
D’où finalement :
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇
− − −
⎛ 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 ⎞
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 ⎟
𝑟𝑜𝑡 𝑇 = ⎜
⎜ 𝜕𝑥 − 𝜕𝑥 − −
⎜ 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 ⎟
⎟
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇
− − −
⎝ 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 ⎠
Ou encore :
0−0 0−1 1−𝜔
𝑟𝑜𝑡 𝑇 = 𝜔 − 0 1 − 0 1 − 0
0−0 0−0 0−2
0 −1 1 − 𝜔
𝑟𝑜𝑡 𝑇 = 𝜔 1 1
0 0 −2
Compléments
Produit Tensoriel
. . . . .
. . . . . .
⎛ . . . 0 0 ⎞
𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗ = ⎜ 0
⎟
⎜ . . 0 0 1( , )
0⎟
. . . 0 0 0
⎝ . . . . . . ⎠
0 0 1
𝑒⃗ ⊗ 𝑒⃗ = 0 0 0
0 0 0
Tenseur du 3ème ordre :
tenseur des permutations
L’ensemble des positions 𝑀 des particules P d’un système matériel S à l’instant 𝑡 occupent
un domaine 𝛺 dit configuration initiale (ou de référence).
A un instant t, l’ensemble des positions occupent le domaine 𝛺 dit configuration actuelle.
On suppose qu’à tout point 𝑀 ∈ 𝛺 correspond un point 𝑀 ∈ 𝛺 .
La description de Lagrange consiste à déterminer les positions 𝑀 d’une particule P à tout
instant t à partir de la position 𝑀 que cette particule occupait à l’instant 𝑡 .
𝑥⃗ = 𝑂𝑀⃗ = ℱ⃗ (𝑎⃗, 𝑡 , 𝑡 )
Avec :
𝑎⃗ = 𝑂𝑀⃗
Donc :
𝑥⃗ = 𝜙⃗(𝑎⃗, 𝑡)
Soit :
𝑥 = 𝜙 (𝑎⃗, 𝑡)
𝑥 = 𝜙 (𝑎 , 𝑎 , 𝑎 ; 𝑡)
4. Description d’Euler
Elle consiste à donner le champ des vitesses 𝑢⃗ ( ) (𝑥⃗, 𝑡) observé en chaque point M de 𝛺 en
fonction du temps t (chaque point M est un point d’observation).
Dans cette description, la connaissance des vitesses à t en tout point 𝑥⃗ de 𝛺 permet de prédire
la position :
𝑥⃗ + 𝑢⃗ ( ) (𝑥⃗, 𝑡)𝑑𝑡
à (𝑡 + 𝑑𝑡) du point matériel qui se trouve en 𝑥⃗ à 𝑡, donc de construire la configuration 𝛺 .
La description Eulérienne prend à chaque instant la configuration actuelle comme
configuration de référence.
Pratiquement, dans la description Lagrangienne, on suit la particule dans son mouvement
alors que dans la description Eulérienne, l’évolution est observée d’un point fixe pour
l’observateur.
5. Trajectoires
En description Lagrangienne, les trajectoires sont directement données par cette description, il
suffit d’éliminer le temps t.
En description Eulérienne, à partir du champ des vitesses, les trajectoires sont obtenues en
intégrant le système différentiel :
𝑑𝑥 ( ) (𝑥
=𝑢 ⃗, 𝑡), 𝑖 = 1, 2, 3.
𝑑𝑡
Cela requiert la connaissance des constantes d’intégration.
C’est la dérivée totale par rapport au temps quand on suit la particule dans son mouvement à
la vitesse 𝑢⃗ ( )
= 𝑢⃗. Cette dérivée particulaire est notée :
𝑑𝑘
𝑑𝑡
En description Lagrangienne : 𝑘(𝑎⃗, 𝑡)
𝑑𝑘 𝜕𝑘
= (𝑎⃗, 𝑡)
𝑑𝑡 𝜕𝑡
En description Eulérienne : 𝑘(𝑥⃗, 𝑡)
𝑑𝑘 𝜕𝑘 𝜕𝑘 𝑑𝑥
= (𝑥⃗, 𝑡) + (𝑥⃗, 𝑡)
𝑑𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝑑𝑡
En effet :
𝜕𝑘 𝜕𝑘
𝑑𝑘 = 𝑑𝑡 + 𝑑𝑥
𝜕𝑡 𝜕𝑥
D’où :
𝑑𝑘 𝜕𝑘 𝜕𝑘 𝑑𝑥
= +
𝑑𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝑑𝑡
Or :
𝑑𝑥 𝜕𝑘
𝑢 = et = 𝑔𝑟𝑎𝑑⃗ 𝑘
𝑑𝑡 𝜕𝑥
D’où :
𝑑𝑘 𝜕𝑘
= + 𝑔𝑟𝑎𝑑⃗𝑘. 𝑢⃗
𝑑𝑡 𝜕𝑡
𝑑𝑘⃗ 𝜕𝑘⃗
= + 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑘⃗ . 𝑢⃗
𝑑𝑡 𝜕𝑡
Avec, évidemment :
𝜕𝑘 𝜕𝑘 𝜕𝑘
⎛𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 ⎞ 𝑢
𝜕𝑘 𝜕𝑘 𝜕𝑘
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑘⃗ . 𝑢⃗ = ⎜
⎜𝜕𝑥
⎟ 𝑢
⎟
⎜ 𝜕𝑥 𝜕𝑥 ⎟ 𝑢
𝜕𝑘 𝜕𝑘 𝜕𝑘
⎝𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 ⎠
Exemples : Calcul de l’accélération en représentation Eulérienne :
( ) 𝑑𝑢⃗ ( ) 𝜕𝑢⃗ ( )
𝛾⃗ (𝑥⃗, 𝑡) = = + 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗ ( ) . 𝑢⃗ ( )
𝑑𝑡 𝜕𝑡
Soit sous forme développée :
𝑑𝑢 ( )
𝜕𝑢 ( )
𝜕𝑢 ( )
𝛾 ( ) (𝑥⃗, 𝑡) = = + .𝑢 ( )
𝑑𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑥
𝑑𝐾 𝜕𝑘
= + 𝑑𝑖𝑣(𝑘 𝑢⃗) 𝑑𝑥
𝑑𝑡 ( ) 𝜕𝑡
Par ailleurs :
𝑑𝐾 𝜕𝑘
= 𝑑𝑥 + 𝑑𝑖𝑣(𝑘 𝑢⃗) 𝑑𝑥
𝑑𝑡 ( ) 𝜕𝑡 ( )
𝑑𝐾 𝜕𝑘
= 𝑑𝑥 + 𝑘 𝑢⃗. 𝑛⃗ 𝑑𝑠
𝑑𝑡 ( ) 𝜕𝑡 ( )
𝑑𝐾 𝜕𝑘 𝜕 𝜕𝑢
= + 𝑘 𝑢 −𝑘 𝑛 𝑑𝑠 ∀ 𝑡 ∈ (0, 𝑡 )
𝑑𝑡 ( ) 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝑑𝐾 𝑑𝑘 𝜕𝑢
= + 𝑘 𝑑𝑖𝑣 𝑢⃗ − 𝑘 𝑛 𝑑𝑠
𝑑𝑡 ( ) 𝑑𝑡 𝜕𝑥
En effet :
𝑑𝐾 𝜕𝑘 𝜕 𝜕𝑢
= + 𝑘 𝑢 −𝑘 𝑛 𝑑𝑠
𝑑𝑡 ( ) 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝜕𝑘 𝜕𝑘 𝜕𝑢 𝜕𝑢
= + 𝑢 +𝑘 −𝑘 𝑛 𝑑𝑠.
( ) 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝑑𝑘
𝑘 𝑑𝑖𝑣 𝑢⃗
𝑑𝑡
Chapitre 3 :
Etude des déformations des milieux continus
3. Introduction
De point de vue physique, une transformation homogène est une transformation dans laquelle
les droites restent des droites.
De point de vue mathématique, une transformation homogène d’un milieu continu est une
transformation affine, somme d’une application linéaire et d’une translation.
Soient 𝑥⃗, 𝑦⃗, 𝑧⃗ les vecteurs transportés de 𝑎⃗, 𝑏⃗, 𝑐⃗ issus d’un même point. Le produit mixte
(𝑎⃗, 𝑏⃗, 𝑐⃗) représente le volume engendré par ces trois vecteurs dans son état initial :
𝑎⃗, 𝑏⃗, 𝑐⃗ = 𝑉 = 𝑑𝑒𝑡 𝐴̿
Les colonnes de 𝑋 sont les composantes des vecteurs 𝑥⃗, 𝑦⃗, 𝑧⃗.
Par ailleurs :
(𝑥⃗, 𝑦⃗, 𝑧⃗) = 𝐹 (𝑡)𝑎⃗, 𝐹 (𝑡)𝑏⃗, 𝐹 (𝑡)𝑐⃗
= 𝑑𝑒𝑡 𝐹 (𝑡). 𝐴̿
= 𝑑𝑒𝑡𝐹 (𝑡). 𝑑𝑒𝑡𝐴̿
= 𝐽(𝑡). 𝑉
Soit :
𝑉 = 𝐽(𝑡). 𝑉
Remarque :
𝑥⃗. 𝑦⃗ = 𝐹 𝑎⃗. 𝐹 𝑏⃗ = 𝐹 𝑎 𝐹 𝑏 = 𝑎 𝐹 𝐹 𝑏 =𝑎 𝐶 𝑏
Soit :
𝐶̿ = 𝐹 𝐹
𝐶̿ est une forme bilinéaire symétrique définie positive et définissant un tenseur du 2nd ordre
appelé tenseur des dilatations ou tenseur de Cauchy-Green entre les configurations 𝛺 et 𝛺 .
Ce tenseur exprime la position des vecteurs en configuration actuelle en fonction de la
configuration de référence. Il exprime le produit scalaire des vecteurs transportés en fonction
des vecteurs initiaux correspondants.
Par ailleurs :
𝑑𝑒𝑡𝐶̿ = 𝑑𝑒𝑡 𝐹 𝐹 = 𝐽
Cela implique évidemment que 𝐶̿ n’est pas singulière (i.e. 𝑑𝑒𝑡𝐶̿ ≠ 0).
‖𝑥⃗‖ 𝑎⃗𝐶̿ 𝑎⃗
𝜆(𝑎⃗) = =
‖𝑎⃗‖ ‖𝑎⃗‖
Si 𝑎⃗ = ‖𝑎⃗‖𝑛⃗ ⇒
𝑐 𝑎⃗, 𝑏⃗ 𝑥⃗. 𝑦⃗
𝛾 𝑎⃗, 𝑏⃗ = 𝑎𝑟𝑐𝑠𝑖𝑛 ⎛ ⎞ = 𝑎𝑟𝑐𝑠𝑖𝑛
‖𝑥⃗‖‖𝑦⃗‖
⃗ ⃗
⎝ 𝑐(𝑎⃗, 𝑎⃗)𝑐 𝑏, 𝑏 ⎠
La vitesse s’écrit :
𝑑𝑥⃗ 𝑑𝐹 (𝑡) 𝑑𝑐⃗(𝑡) 𝑑𝑐⃗(𝑡)
𝑣⃗ ( )
= = 𝑎⃗ + = 𝐹̇ 𝑎⃗ +
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑑𝑐⃗(𝑡)
𝑣⃗ ( )
= 𝐹̇ (𝐹 𝑥⃗ − 𝑐⃗(𝑡) +
𝑑𝑡
𝑑𝑐⃗(𝑡)
𝑣⃗ ( )
= 𝐹̇ 𝐹 (𝑥⃗) − 𝐹̇ 𝐹 𝑐⃗(𝑡) +
𝑑𝑡
𝑣⃗ ( )
= 𝐾 (𝑡)𝑥⃗ + 𝑉⃗ (𝑡)
( )
𝑣 =𝐾 𝑥 +𝑉
Avec :
𝐾 (𝑡) = 𝐹̇ (𝑡)𝐹 (𝑡)
On montre que :
𝐾 (𝑡) = 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑣⃗ ( )
Soit :
𝜕𝑣 ( )
𝐾 =
𝜕𝑥
𝐾 (𝑡) est le tenseur des vitesses défini dans la configuration actuelle.
1
𝐷(𝑡) = 𝐾 (𝑡) + 𝐾 (𝑡)
2
Soit :
1
𝐷 = 𝐾 (𝑡) + 𝐾 (𝑡)
2
Ou encore :
1 𝜕𝑣 𝜕𝑣
𝐷 = +
2 𝜕𝑥 𝜕𝑥
On appelle tenseur des vitesses (ou taux) de rotation la partie antisymétrique de 𝐾 (𝑡) :
1
𝛺 (𝑡) = 𝐾 (𝑡) − 𝐾 (𝑡)
2
Soit :
1
𝛺 = 𝐾 (𝑡) − 𝐾 (𝑡)
2
Ou encore :
1 𝜕𝑣 𝜕𝑣
𝛺 = − .
2 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝛺 (𝑡) étant antisymétrique, on peut lui faire associer un vecteur taux de rotation (ou tourbillon)
du milieu 𝜔⃗ tel que :
𝛺 (𝑡)𝑥⃗ = 𝜔⃗ ∧ 𝑥⃗
Soit :
1
𝛺 (𝑡)𝑥⃗ = 𝑟𝑜𝑡⃗ 𝑣⃗ ∧ 𝑥⃗
2
Ayant bien sûr posé :
1
𝜔⃗ = 𝑟𝑜𝑡⃗ 𝑣⃗.
2
𝑑𝑥⃗
= 𝐷(𝑡)𝑥⃗ + 𝜔⃗ ∧ 𝑥⃗
𝑑𝑡
𝑟𝑜𝑡⃗ 𝑣⃗
𝜔⃗ = = 0⃗.
2
𝐶̿ = 𝐹 𝐹 = 𝐹 𝐹 = 𝐶̿ ,
Il en est évidemment de même pour le tenseur des déformations 𝐸 .
Il en résulte que 𝐶̿ possède des valeurs propres 𝑐 , 𝑐 et 𝑐 dites dilatations principales. Les
vecteurs propres correspondants sont les directions principales de déformations.
Remarque (théorème) :
𝑐 , 𝑐 et 𝑐 sont strictement positives.
𝐶̿ = 𝐹 𝐹 = 𝐼 ̿ + 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗ 𝐼 ̿ + 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗
Soit :
𝐶̿ = 𝐴 𝐵 − −→ 𝐶 = 𝐴 𝐵
Le tenseur de déformations de Green-Lagrange 𝐸 s’écrit :
1 1 1
𝐸= 𝐶̿ − 𝐼 ̿ = 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗ + 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗ + 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢⃗
2 2 2
Soit :
1 𝜕𝑢 𝜕𝑢 1 𝜕𝑢 𝜕𝑢
𝐸 = + +
2 𝜕𝑎 𝜕𝑎 2 𝜕𝑎 𝜕𝑎
3. Introduction
Les lois de la physique se formulent comme lois de conservation ou comme équation bilan.
Les trois lois fondamentales sont les lois de conservation de la masse, des quantités de
mouvement (RFD) ou d’énergie (1er principe de la thermodynamique).
Les lois de conservation sont globales mais leurs implications sont locales et fournissent des
équations aux dérivées partielles ainsi que des équations des conditions aux limites.
4. Conservation de la masse
Cette lois exprime que la masse d’un système matériel qu’on suit dans son mouvement reste
constante.
Soit 𝜔(𝑡) ⊂ 𝛺 une région d’un tel système. Sa masse est donnée par :
𝑑
𝑚 𝜔(𝑡) = 0.
𝑑𝑡
a. Equation de continuité
On admettra dans cette partie la formule de dérivation particulaire d’une intégrale de volume :
𝑑 𝜕𝑘
𝑘( 𝑥⃗, 𝑡)𝑑𝑥 = + 𝑑𝑖𝑣(𝑘𝑣⃗) 𝑑𝑥
𝑑𝑡 ( ) ( ) 𝜕𝑡
En appliquant cette formule à la masse du milieu continu, on obtient :
𝑑 𝜕𝜌
𝜌( 𝑥⃗, 𝑡)𝑑𝑥 = + 𝑑𝑖𝑣(𝜌𝑣⃗) 𝑑𝑥 = 0 ∀ 𝜔(𝑡) ⊂ 𝛺
𝑑𝑡 ( ) ( ) 𝜕𝑡
Quel que soit la région du milieu continu pris dans sa configuration actuelle
On montre* que dans ce cas, cela implique :
𝜕𝜌
+ 𝑑𝑖𝑣(𝜌𝑣⃗) = 0
𝜕𝑡
𝜕𝜌 𝜕
+ (𝜌𝑣 ) = 0
𝜕𝑡 𝜕𝑥
𝜕𝜌 𝜕𝜌 𝜕𝑣
+ 𝑣 +𝜌 =0
𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑥
Ou encore :
𝑑𝜌
+ 𝜌𝑑𝑖𝑣(𝑣⃗) = 0
𝑑𝑡
Ou encore :
𝜌(𝑥⃗, 𝑡)𝑑𝑒𝑡𝐹 − 𝜌 (𝑎⃗) = 0
Soit finalement :
𝜌 (𝑎⃗)
= 𝑑𝑒𝑡𝐹
𝜌(𝑥⃗, 𝑡)
*Théorème :
𝜑(𝑥) 𝑑𝑥 = 0 ∀𝜔 ⊂𝛺 ⟹ 𝜑(𝑥) = 0.
b. Conséquence de la conservation de la masse sur la dérivée particulaire
𝑑 𝜕
𝜌𝐵( 𝑥⃗, 𝑡)𝑑𝑥 = (𝜌𝐵) + 𝑑𝑖𝑣(𝜌𝐵𝑣⃗) 𝑑𝑥
𝑑𝑡 ( ) ( ) 𝜕𝑡
𝜕𝜌 𝜕𝐵 𝜕 𝜕𝜌 𝜕𝐵 𝜕𝜌 𝜕𝐵𝑣
= 𝐵+𝜌 + (𝜌𝐵𝑣 ) 𝑑𝑥 = 𝐵+𝜌 + 𝐵𝑣 + 𝜌 𝑑𝑥
( ) 𝜕𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑥 ( ) 𝜕𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝜕𝜌 𝜕𝜌 𝜕𝐵 𝜕𝐵𝑣
= 𝐵 + 𝑣 +𝜌 + 𝑑𝑥
( ) 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑡 𝜕𝑥
𝑑𝜌 𝜕𝐵 𝜕𝐵
= 𝐵 + 𝜌𝑑𝑖𝑣(𝑣⃗) + 𝜌 +𝑣
( ) 𝑑𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑥
𝜕𝜌 𝜕𝜌 𝜕𝐵 𝜕𝑣 𝜕𝐵
= 𝐵 + 𝑣 +𝜌 +𝐵 + 𝑣 𝑑𝑥
( ) 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝑑𝐵
= 𝐵∗0+𝜌 𝑑𝑥
( ) 𝑑𝑡
Soit finalement :
𝑑 𝑑𝐵
𝜌𝐵 𝑑𝑥 = 𝜌 𝑑𝑥 (𝑃)
𝑑𝑡 ( ) ( ) 𝑑𝑡
Il s’agit de l’égalité entre la dérivée par rapport au temps du torseur des quantités de
mouvement et le torseur des forces extérieures appliquées au système.
Soit 𝜔(𝑡) une région de 𝛺 de frontière 𝜕𝜔(𝑡). Le torseur des quantités de mouvement
s’exprime par sa résultante :
𝑟⃗ = 𝜌𝑣⃗𝑑𝑥
( )
Les forces extérieures agissant sur 𝜔(𝑡) sont les forces volumiques (massiques) de densité
𝜌𝑓⃗ dans 𝜔(𝑡) et des forces de contact de densité 𝐹⃗ (𝑛⃗) sur 𝜕𝜔(𝑡).
Le torseur des forces extérieures a pour éléments :
ℛ⃗ = 𝜌𝑓⃗𝑑𝑥 + 𝐹⃗ (𝑛⃗)𝑑𝑠
( ) ( )
𝑑
𝑂𝑀⃗ ∧ 𝜌𝑣⃗𝑑𝑥 = 𝑂𝑀⃗ ∧ 𝜌𝑓⃗𝑑𝑥 + 𝑂𝑀⃗ ∧ 𝐹⃗ (𝑛⃗)𝑑𝑠
𝑑𝑡 ( ) ( ) ( )
C’est la dérivée totale par rapport au temps quand on suit la particule dans son mouvement à
la vitesse 𝑣⃗.
Rappelons les dérivées particulaires de quantités scalaires et vectorielles :
𝑑𝑘 𝜕𝑘 𝜕𝑘
= + 𝑣
𝑑𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑥
𝑑𝑘 𝜕𝑘
= + 𝑔𝑟𝑎𝑑⃗ 𝑘. 𝑣⃗
𝑑𝑡 𝜕𝑡
Vecteur 𝒌⃗(𝒙⃗, 𝒕)
𝑑𝑘 𝜕𝑘 𝜕𝑘
= + 𝑣
𝑑𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑥
Soit :
𝑑𝑘⃗ 𝜕𝑘⃗
= + 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑘⃗ . 𝑣⃗
𝑑𝑡 𝜕𝑡
𝑑𝐾 𝜕𝑘 𝜕
= + (𝑘𝑣 ) 𝑑𝑥 , ∀ 𝑡 ∈ (0, 𝑡 )
𝑑𝑡 ( ) 𝜕𝑡 𝜕𝑥
𝑑𝐾 𝜕𝑘
= + 𝑑𝑖𝑣(𝑘𝑣⃗) 𝑑𝑥
𝑑𝑡 ( ) 𝜕𝑡
𝑑𝐾 𝜕𝑘
= 𝑑𝑥 + 𝑑𝑖𝑣(𝑘𝑣⃗)𝑑𝑥
𝑑𝑡 ( ) 𝜕𝑡 ( )
𝑑𝚤𝑣⃗ 𝑇 𝑑𝑥 = 𝑇. 𝑛⃗𝑑𝑠.
( ) ( )
Plus précisément :
𝜕𝑇
𝑑𝑥 = 𝑇 𝑛 𝑑𝑠
( ) 𝜕𝑥 ( )
Avec :
𝜕𝑇𝑖𝑗
𝑑𝑖𝑣⃗ 𝑇 = .
𝜕𝑥𝑗
𝑑𝐾 𝜕𝑘 𝜕 𝜕𝑣
= + 𝑘 𝑣 −𝑘 𝑛 𝑑𝑠 ∀ 𝑡 ∈ (0, 𝑡 )
𝑑𝑡 ( ) 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝑑𝐾 𝜕𝑘 𝜕𝑘 𝜕𝑣 𝜕𝑣
= + 𝑣 +𝑘 −𝑘 𝑛 𝑑𝑠
𝑑𝑡 ( ) 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
Ou encore :
𝑑𝐾 𝑑𝑘 𝜕𝑣
= + 𝑘 𝑑𝑖𝑣 𝑣⃗ − 𝑘 𝑛 𝑑𝑠
𝑑𝑡 ( ) 𝑑𝑡 𝜕𝑥
4. Equations du mouvement et d’équilibre
Tenseur de contraintes
Rappelons que 𝐹⃗ (𝑛⃗) représente la densité des forces extérieures de contact agissant sur la
frontière 𝜕𝜔(𝑡).
Théorème de Cauchy
Il existe un tenseur appelé tenseur de contraintes 𝜎 au point 𝑀 tel que :
𝐹⃗ (𝑛⃗) = 𝜎 𝑛⃗
𝑛⃗ étant la normale en 𝑀 à 𝜕𝜔(𝑡).
Ou encore :
𝐹 =𝜎 𝑛
Evidemment, on a :
𝜌𝛾⃗ − 𝜌𝑓⃗ 𝑑𝑥 = 𝜌𝛾 𝑒⃗ 𝑑𝑥 − 𝜌𝑓 𝑒⃗ 𝑑𝑥
( ) ( )
Soit :
on obtient :
𝜕𝜎
𝜌𝛾⃗ − 𝜌𝑓⃗ 𝑑𝑥 = 𝑒⃗ 𝑑𝑥
( ) ( ) 𝜕𝑗
Ou encore :
𝜕𝜎
(𝜌𝛾 − 𝜌𝑓 ) − 𝑑𝑥 = 0
( ) 𝜕𝑥
Finalement, on obtient :
𝜕𝜎
+ 𝜌𝑓 = 𝜌𝛾 dans 𝛺(𝑡)
𝜕𝑥
Un milieu continu dans la configuration 𝛺(𝑡) de frontière 𝜕𝛺(𝑡) est soumis à des forces
volumiques de densité 𝜌𝑓⃗ et des forces surfaciques (ou de contact) de densité 𝐹⃗ 𝑀 ∈ 𝛺(𝑡) .
Les conditions aux limites (ou à la frontière) s’écrivent :
𝐹⃗ (𝑛⃗) = 𝜎 𝑛⃗ soit : 𝐹 =𝜎 𝑛
𝜎 =𝜎
𝜎 + 𝜌𝑓 = 0 dans 𝛺(𝑡)
𝐹 =𝜎 𝑛 sur 𝜕𝛺(𝑡)
5. Etude du tenseur des contraintes
Sur une facette (surface élémentaire autour du point M) quelconque de normale 𝑛⃗ , le vecteur
contrainte :
𝐹⃗ = 𝜎 𝑛⃗ ou 𝐹 =𝜎 𝑛
𝐹⃗ = 𝐹⃗ + 𝐹⃗
Avec :
𝐹 = 𝐹⃗ . 𝑛⃗ 𝐹⃗ = 𝐹⃗ − 𝐹 𝑛⃗ = 𝐹⃗ − 𝐹⃗
Question posée :
Existe-t-il en 𝑀 une facette (de normale) 𝑛⃗ telle que le vecteur contrainte soit parallèle à 𝑛⃗ ?
Dans ce cas, le vecteur de cisaillement est nul sur cette facette.
Dans le cas général, pour un état de contrainte donnée, il existe trois facettes sur lesquelles le
vecteur contrainte est (purement) normal.
Ce sont les facettes orthogonales aux directions principales de contraintes
Les contraintes correspondantes sont les contraintes normales principales.
La direction unitaire 𝑛⃗(𝑛 , 𝑛 , 𝑛 ) est principale pour le tenseur 𝜎 s’il existe un scalaire 𝜆 tel
que :
𝐹⃗ = 𝜎 𝑛⃗ = 𝜆𝑛⃗
Une condition nécessaire et suffisante pour qu’une direction soit principale est que le vecteur
contrainte exercé sur la facette correspondante soit purement normal (i.e. le cisaillement est
nul).
𝐹⃗ = 𝐹⃗ = 𝜎 𝑛⃗ et 𝐹⃗ = 0⃗.
𝜎 0 0 𝑛 𝜎𝑛
𝐹 = 𝑛⃗. 𝐹⃗ avec 𝐹⃗ = 𝜎 𝑛⃗ = 0 𝜎 0 𝑛 = 𝜎𝑛 ∶ 𝑣𝑒𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑎𝑖𝑛𝑡𝑒
0 0 𝜎 𝑛 𝜎𝑛
D’où :
𝑛 𝜎𝑛
𝐹 = 𝑛 . 𝜎𝑛 =𝜎 𝑛 +𝜎 𝑛 +𝜎 𝑛
𝑛 𝜎𝑛
De plus :
𝐹⃗ = 𝐹⃗ + 𝐹⃗
Ce qui implique :
𝐹 + 𝐹⃗ =𝜎 𝑛 +𝜎 𝑛 +𝜎 𝑛
𝑛 +𝑛 +𝑛 =1 ×𝑏
⎧
⎪
𝜎 𝑛 +𝜎 𝑛 +𝜎 𝑛 =𝐹 ×𝑎
⎨
⎪
⎩𝜎 𝑛 +𝜎 𝑛 +𝜎 𝑛 = 𝐹 + 𝐹⃗ ×1
𝑛 (𝜎 − 𝜎 )(𝜎 − 𝜎 ) = 𝐹⃗ + (𝐹 − 𝜎 )(𝐹 − 𝜎 )
Soit :
𝐹⃗ + (𝐹 − 𝜎 )(𝐹 − 𝜎 )
𝑛 = (1)
(𝜎 − 𝜎 )(𝜎 − 𝜎 )
De la même manière, on obtient par permutation circulaire :
𝐹⃗ + (𝐹 − 𝜎 )(𝐹 − 𝜎 )
𝑛 = (2)
(𝜎 − 𝜎 )(𝜎 − 𝜎 )
𝐹⃗ + (𝐹 − 𝜎 )(𝐹 − 𝜎 )
𝑛 = (3)
(𝜎 − 𝜎 )(𝜎 − 𝜎 )
La présence des quantités (𝜎 − 𝜎 ), (𝜎 − 𝜎 ) et (𝜎 − 𝜎 ) nous amène à faire une
discussion selon les valeurs de 𝜎 , 𝜎 et 𝜎 .
Sans perte de généralité, on peut supposer que les contraintes principales sont telles que :
𝜎 ≤𝜎 ≤𝜎
Premier cas : 𝝈𝟑 < 𝝈𝟐 < 𝝈𝟏
Du fait de la positivité de 𝑛 , 𝑛 et 𝑛 , les expressions (1), (2) et (3) n’ont de sens (voir
dénominateurs) que si :
𝐹⃗ + (𝐹 − 𝜎 )(𝐹 − 𝜎 ) ≥ 0
𝐹⃗ + (𝐹 − 𝜎 )(𝐹 − 𝜎 ) ≤ 0
𝐹⃗ + (𝐹 − 𝜎 )(𝐹 − 𝜎 ) ≥ 0
Ce sont des équations de la forme :
𝑌 + (𝑋 − 𝑎)(𝑋 − 𝑏) = 0
𝑎+𝑏 𝑎− 𝑏
𝑌 + (𝑋 − 𝑎)(𝑋 − 𝑏) = 𝑌 + 𝑋 + (𝑎 + 𝑏)𝑋 + 𝑎𝑏 = 0 −→ 𝑌 + 𝑋 − =
2 2
𝜎 𝜎 𝜎 𝜎
(1) Cercle de centre , 0 et de rayon
𝜎 𝜎 𝜎 𝜎
(2) Cercle de centre , 0 et de rayon
𝜎 𝜎 𝜎 𝜎
(3) Cercle de centre , 0 et de rayon
On montre que les plans de cisaillement maximal* sont les plans bissecteurs des directions
principales de contraintes 𝑘⃗ et 𝑘⃗ .
𝐹⃗ + (𝐹 − 𝜎 )(𝐹 − 𝜎 ) = 0
Troisième cas : 𝝈𝟑 = 𝝈𝟐 = 𝝈𝟏
Le système d’équations (1,2,3) se réduit à :
𝑛 +𝑛 +𝑛 =1
⟹ Toutes direction est principale
Le tenseur des contraintes est sphérique
Le cercle de MOHR se réduit au point 𝑃(𝜎, 0). La contrainte tangentielle est nulle.
5.3 Tenseur de contraintes particuliers
Un tenseur de contrainte est dit uni-axial dans la direction 𝑒⃗ (par exemple) si le vecteur
contrainte 𝐹⃗ est parallèle à 𝑒⃗ , soit :
𝐹⃗ = 𝜎 𝑛⃗ = 𝑛 𝜎𝑒⃗
Ce qui est équivalent :
𝜎 0 0
𝜎 = 0 0 0 = 𝜎𝑒⃗ ⨂𝑒⃗
0 0 0
𝜎 > 0 : traction
𝜎 < 0 : compression
Plus généralement, un tenseur est uni-axial dans la direction 𝛼⃗ (unitaire) si :
𝜎 = 𝜎𝛼⃗⨂𝛼⃗ = 𝜎𝛼𝑖 𝑒⃗ ⨂𝛼𝑗 𝑒⃗
Soit :
𝜎 = 𝜎𝛼𝑖 𝛼𝑗 𝑒⃗ ⨂𝑒⃗
Exemple
On considère un milieu continu Ω constitué d’un cylindre de génératrices parallèles à 𝑂𝑥 et
limité par deux bases Σ et Σ dans les plans 𝑥 = 0 et 𝑥 = 𝐿 respectivement.
Ω est le siège d’un tenseur de contraintes uni-axial :
𝜎 = 𝜎𝑒⃗ ⨂𝑒⃗
𝜎 étant une constante.
Les densités de forces de contact s’exerçant sur les bases Σ et Σ sont :
−𝜎
𝐹⃗ = 𝜎 𝑛⃗ = 𝜎 (− 𝑒⃗ ) = 0 ,
0
𝜎
𝐹⃗ = 𝜎 𝑛⃗ = 𝜎 (𝑒⃗ ) = 0 ,
0
Sur la surface latérale, ces densités de forces sont nulles ((𝑒⃗ ⨂𝑒⃗ )𝑒⃗ =(𝑒⃗ ⨂𝑒⃗ )𝑒⃗ = 0⃗)
𝜎 = 𝜎 𝛼⃗⨂𝛽⃗ + 𝛽⃗⨂𝛼⃗
Ou encore :
Le digramme de MOHR montre que la cisaillement maximal vaut 𝜎 et est atteint dans les
plans orthogonaux à 𝛼⃗ et 𝛽⃗ .
2
*𝑑𝑒 𝑡 𝜎 − 𝜆𝐼 = −𝜆(𝜆 − 𝜎2 )
Exemple
Un milieu continu Ω est constitué d’un parallélépipède Ω défini par :
0≤𝑥 ≤𝑎 0≤𝑥 ≤𝑏 0 ≤ 𝑥 ≤ 𝑐,
Il est soumis à un tenseur de contraintes :
0 𝐹 0
𝜎 = 𝐹 0 0
0 0 0
𝐹 est une constante.
On suppose que les forces volumiques sont nulles.
Calcul des vecteurs contraintes sur les différentes faces de Ω.
𝜎 = 𝜎 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑖, 𝑗 = 1,2
𝜕𝜒 𝜕𝜒
𝜑 = et 𝜑 = −
𝜕 𝑥2 𝜕𝑥1
Finalement, on obtient :
𝜕2 𝜒 𝜕2 𝜒 𝜕2 𝜒
𝜎 = 𝜎 =− 𝜎 = . 𝑐𝑞𝑓𝑑
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
Pr. Daoudia