100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
74 vues26 pages

Synthèse Globale 2022 - GT Bokashi

Le document présente le procédé bokashi, une méthode de fermentation anaérobie des biodéchets ménagers, et ses avantages et inconvénients. Bien que le bokashi permette une gestion efficace des biodéchets, des critiques subsistent concernant la transparence des micro-organismes utilisés et l'absence d'études sur ses effets à long terme sur les sols. Le Réseau Compost Citoyen a élaboré ce document pour clarifier les informations techniques et scientifiques sur le bokashi et faciliter son intégration dans la gestion des déchets de proximité.

Transféré par

Kabine Ahmad Sacko
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
74 vues26 pages

Synthèse Globale 2022 - GT Bokashi

Le document présente le procédé bokashi, une méthode de fermentation anaérobie des biodéchets ménagers, et ses avantages et inconvénients. Bien que le bokashi permette une gestion efficace des biodéchets, des critiques subsistent concernant la transparence des micro-organismes utilisés et l'absence d'études sur ses effets à long terme sur les sols. Le Réseau Compost Citoyen a élaboré ce document pour clarifier les informations techniques et scientifiques sur le bokashi et faciliter son intégration dans la gestion des déchets de proximité.

Transféré par

Kabine Ahmad Sacko
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Bokashi et gestion de proximité

des biodéchets des ménages :


un point par le Réseau Compost Citoyen

Document rédigé par les membres du groupe de travail


« bokashi » du RCC

Ont participé à ce travail :


Stéphanie Vincent-Sweet (RCC)
Pascale Martel Naquin (CEFREPADE, RCC AURA)
Eric Sabot (Label Verte, admin RCC)
Hélène Fauvet (Trièves compostage et environnement)
Fritz CERIL (ECV ORGANIC)
Philippe Le Thery (adhérent RCC)
Brigitte Samain (Collembole)
David Saraiva (Lab Normandie)
Denis Pépin (Jardin des pépins, adhérent RCC)
Franck Maillé (Scop Trans-Massilia & Secrétaire de Terre & Humanisme)
Jocelyne Delhez (EM-France Sud-Ouest)

Publication : février 2023

Page 1 sur 26
Table des matières
Introduction 3

Le procédé bokashi et sa pratique par les ménages 6

Le matériel recommandé par les fabricants 7

La méthode recommandée par les fabricants 8

Bokashi : quel coût ? 10

Synthèse du groupe de travail du RCC : avantages/limites 11

Foire aux questions 12

1/ Pourquoi faire du bokashi plutôt que du compostage ou du lombricompostage ? 12

2/ Quelle est la réglementation en France concernant le bokashi ? 12

3/ Que sont les EM bokashi ? 13

4/ Peut-on fabriquer soi-même son mélange de microorganismes pour faire du bokashi ? 13

5/ Y a-t-il des problèmes d’odeurs avec le bokashi ? 14

6/ Que faire de mes matières fermentées ? 14

7/ Le compost de bokashi doit-il être considéré comme un engrais ou comme un


amendement organique ? 15

8/ Peut-on utiliser la matière fermentée bokashi directement sur un sol de culture ? 15

9/ Connaît-on l’effet du bokashi sur les sols ? 16

10/ Pourquoi composter la matière fermentée bokashi ? 16

11/ La matière fermentée bokashi est-elle hygiénisée à la fin du processus de fermentation ?


16
12/ Le bokashi est-il plus ou moins coûteux que le compostage ou le lombricompostage ? 16

Le coût dépend du procédé. Dans toutes les solutions, le matériel a un certain coût. Dans le cas
du bokashi, il faut prévoir un approvisionnement régulier en micro-organismes efficaces qui
peuvent être achetés ou fabriqués. 16

13/ Peut-on considérer que le bokashi permette de prolonger la durée du stockage des
biodéchets ? 17

La méthode de fermentation bokashi est intéressante pour prolonger la durée de stockage des
biodéchets dans l’habitation, tout en réduisant les nuisances éventuelles. 17

14/ Le bokashi permet-il de stocker plus de carbone dans le sol que le compost ? 17

En conclusion… 18

Glossaire et bibliographie 19

Bibliographie 23

Annexe : description d’un processus “grand volume” par un membre du RCC 1

Page 2 sur 26
Introduction

Compostage, lombricompostage, fermentation bokashi puis compostage, paillage :


tous ces procédés permettent un retour au sol de la matière organique contenue dans les
biodéchets des ménages. Mais de tous, le bokashi est sans doute le moins bien connu et
celui qui fait l’objet de nombreux débats. Dans un esprit d’ouverture et de co-construction,
le Réseau Compost Citoyen (RCC) a donc décidé en octobre 2020 de mettre en place un
groupe de travail (GT) bénévole dont le seul but est de synthétiser et de rendre plus claires
les nombreuses informations techniques et scientifiques existantes sur le bokashi.
En effet, même si le RCC s’intéresse principalement au compostage de proximité, il
arrive de plus en plus souvent que des utilisateurs de la méthode bokashi, en recherche de
débouchés pour les matières fermentées chez eux, se rapprochent des sites de compostage
de proximité. Ceci peut parfois susciter des incompréhensions dues à la méconnaissance du
procédé par les référents de site, jusqu’à créer des tensions en cas de nuisances liées à une
mauvaise maîtrise du procédé par les utilisateurs du bokashi.
Il n’a pas été réalisable dans le cadre de ce GT de faire une revue bibliographique
détaillée à partir de toute la littérature scientifique internationale concernant ce sujet. Cela
demanderait un important travail qui relève plus d’un chercheur sur le sujet que de simples
bénévoles d’association… Il serait souhaitable qu’une étude scientifique sérieuse soit menée
en France pour disposer d’éléments solides, obtenus grâce à un protocole rigoureux, tant
sur le procédé lui-même que sur le devenir des microorganismes introduits et des produits
de transformation dans le sol et pour les cultures (matière fermentée contenant des EM®
et jus de percolation).

Le procédé bokashi est évoqué depuis plusieurs années au sein du Réseau Compost
Citoyen. Certains adhérents le pratiquent et en font la promotion y compris commerciale.
D’autres sont plus perplexes quant à son réel intérêt et aux risques qu’il pourrait véhiculer.
Ces différents points de vue sont représentés dans ce groupe de travail bénévole.

Ce document présente tout d’abord ce qu’est le procédé bokashi. Il aborde ensuite


les différentes questions que l’on peut se poser et apporte des réponses précises ou
seulement des éclairages, des avis, lorsque ce n’est pas possible. Un glossaire est joint en fin
de document pour clarifier autant que faire se peut un vocabulaire parfois ambiguë.

Page 3 sur 26
Périmètre de la synthèse :
Nous abordons ici la gestion à domicile des biodéchets par le procédé bokashi, où
l’individu remplit son seau à bokashi et gère la fermentation lui-même. Cette gestion peut
rester totalement individuelle si l’individu composte ensuite les matières fermentées dans
son jardin. Mais elle peut rentrer dans le domaine de la gestion de proximité dès lors que
ces matières sont apportées dans un composteur partagé situé en pied d’immeuble, dans
un quartier ou un jardin public. Nous rentrons alors dans le périmètre d’action du Réseau
Compost Citoyen. Le compostage autonome en établissement (cantines, restaurants
d’entreprise, EHPAD…) fait partie de la gestion de proximité d’après la réglementation, mais
la synthèse présentée ci-après n’inclut pas d’exemples adaptés faute de retours
d’expériences. Le compostage de proximité est encadré par une réglementation
spécifique alors que le compostage domestique ne l’est pas.

Les principales différences dans les pratiques et méthodes de bokashi sont liées au
volume de biodéchets et de déchets verts. Par exemple, certains développent le bokashi à
grande échelle, sur des micro-plateformes, après collecte des biodéchets auprès des
ménages ou de plus gros producteurs. On trouvera en annexe un témoignage à ce sujet. Il y
a une distinction entre bokashi urbain et bokashi agricole (cf. glossaire).

Ceux qui défendent le bokashi mettent en avant certains avantages qui permettrait :
➢ une transformation rapide de la matière organique ;
➢ le maintien de tous les composants dans la matière fermentée, en particulier sans
perte de carbone (voir FAQ, question n°9) ;
➢ l’hygiénisation par acidification (voir FAQ, question n°10) ;
➢ la possibilité de stocker pendant plus d’un mois en appartement sans problèmes
d’odeurs ;
➢ d'améliorer la fertilité des sols, selon certaines études réalisées en Asie et en
Amérique du Sud.

Les critiques les plus fréquentes sont :


➢ l’apport d’un mélange complexe de micro-organismes dont on ne connaît pas la
composition précise (pas de transparence sur la nature exacte de ceux-ci, appelés
EM®1 bokashi, pour des raisons sans doute commerciales), qui pourraient présenter
un risque de perturbation de la biodiversité de la microflore naturelle des sols ;
➢ aucune étude sur l'innocuité de la matière fermentée bokashi sur l’écosystème
microbien et la fertilité des sols à moyen et long terme n’a été réalisée en Europe ;
➢ l’absence d’exutoire possible pour cette matière fermentée, sans jardin à
proximité ; le contenu des seaux bokashi peut se retrouver alors dans des bacs de

1
EM® : Efficient Micro-organism (micro-organisme efficace en français), sont des produits brevetés

Page 4 sur 26
compostage de proximité et générer de mauvaises odeurs si le procédé n’a pas
été bien respecté (certains responsables de sites de compostage de proximité
interdisent d’ailleurs le dépôt du contenu de seaux bokashi) ;
➢ le caractère commercial actuel de la pratique du bokashi en France et l’expression
forte de leurs convictions de la part de certains de ses partisans ;
➢ l’absence de preuves scientifiques avérées et reconnues par la communauté
scientifique sur les effets supérieurs du bokashi et des EM sur les sols et les cultures.
Des doutes subsistent sur la conservation du carbone (voir FAQ, question n°9),
l'hygiénisation, la destruction des pesticides, des polluants divers….

Page 5 sur 26
Le procédé bokashi et sa pratique par les ménages

Bokashi, procédé mis au point au Japon, veut dire en japonais « matière organique
fermentée ». Développé par une partie de l’agriculture japonaise, le bokashi est utilisé
comme engrais organique en maraîchage.

Le principe du bokashi
Le bokashi n’est pas une méthode de compostage et ne le remplace pas.

Contrairement au compostage qui se déroule en présence d’oxygène (procédé


aérobie) et dégage de la chaleur, le bokashi se déroule en anaérobiose, en l’absence
d’oxygène et à température ambiante. On peut comparer cela à la fabrication de la
choucroute ou à de l’ensilage. La matière organique est mise en présence d’une microflore
complexe qui réalise une fermentation lactique conduisant à l’acidification du milieu. Les
matières fermentées doivent ensuite poursuivre leur transformation par compostage pour
être entièrement dégradées.

Compostage

Matière organique humide + oxygène + micro-organismes aérobies

= Compost + énergie (chaleur) + gaz carbonique + eau

Bokashi

Matière organique humide + absence d’oxygène + micro-organismes sélectionnés

= Matière organique fermentée acide + eau

puis dans un deuxième temps (après apport dans le sol ou dans un compost) :

Matière organique fermentée acide + oxygène + micro-organismes aérobies

= Compost + énergie (chaleur) + gaz carbonique + eau

Page 6 sur 26
Le matériel recommandé par les fabricants

Pour faire du bokashi à la maison à partir de biodéchets ménagers, d’après les fabricants
il faut :
➢ Un récipient hermétique muni d’un couvercle étanche, avec au fond une grille
surmontant un espace permettant l’égouttage des déchets et un robinet pour
évacuer le « jus ». Selon la production de biodéchets du ménage, le volume des
récipients peut aller de moins de 10 litres jusqu’à des poubelles de 70 ou 80 litres.
L’idéal est d’avoir deux récipients pour laisser la fermentation se terminer
tranquillement quand le 1er est plein.
➢ Des biodéchets : tous sont acceptés sauf les gros os et les coquillages, trop longs à
« digérer » par les EM bokashi, ainsi que les liquides qui peuvent donner une
consistance pâteuse susceptible de perturber le processus.
➢ Du son de blé enrichi aux EM bokashi (micro-organismes sélectionnés, appelé dans
le commerce « bokashi démarreur » ou « bokashi starter ») pour lancer la
fermentation des biodéchets. Un sac de 2 kg peut convenir pour les besoins d’une
famille de 4 personnes jusqu’à 6 mois.

Nouveau seau Bokashi design


Seau Bokashi traditionnel Fait “maison” : 2
poubelles empilées et
percées

Page 7 sur 26
La méthode recommandée par les fabricants

Le remplissage du seau

Afin de faciliter le « démoulage » final et l’entretien du seau, il est possible de


recouvrir les parois intérieures de papier journal.

Après avoir déposé une première couche de démarreur bokashi au fond du seau, les
biodéchets doivent être recouverts après chaque dépôt (ou au moins tous les 3 à 5 cm) d’une
nouvelle couche. Il est conseillé de n’ouvrir le seau qu’une fois par jour pour faciliter le
maintien des conditions anaérobies. Le contenu doit être chaque fois bien tassé avec une
petite pelle pour chasser l’air et le seau refermé hermétiquement. En cas d’absence plusieurs
jours, il suffit de reprendre à son retour.

Il est possible de mettre les restes de repas cuits ou crus, viande, poisson, vieux pain,
pâtes, riz, fruits, légumes, ail, agrumes, coquilles d’œufs, marc de café, sachets de thé, fleurs
fanées, produits laitiers, petits os, petites coquilles de fruits de mer. On peut également
mettre en petite quantité du papier essuie-tout et des serviettes de table. Il est recommandé
de découper les déchets en petits morceaux pour faciliter la transformation.

Gestion du jus
Il est indispensable de soutirer très régulièrement le « jus », a minima une fois par
semaine, pour ne pas avoir de problèmes d’odeurs ; et plus souvent encore si des problèmes
d’humidité sont détectés. Il est recommandé par les fabricants d’utiliser ce liquide après
dilution à 1% dans l’eau d’arrosage des plantes.

En procédant de la sorte, le contenu du seau doit avoir une odeur aigre-douce de


fermentation. S’il est malodorant malgré le saupoudrage régulier d’EM bokashi, cela est a
priori dû à un excès d’humidité. Il faut alors ajouter des matières absorbantes comme du
pain sec ou du papier déchiqueté.

Le rejet du jus de bokashi dans le milieu naturel est parfois préconisé par les
fabricants. Le RCC n’a pas suffisamment de connaissances sur l’impact potentiel et invite
simplement au principe de précaution.

Pour information, un des membres du RCC a fait analyser un échantillon de 500 millilitres
de jus de bokashi produit par ses soins. Voici les résultats. Nous ne prétendons pas que
ces données soient universelles, elles donnent un premier aperçu des potentielles

Page 8 sur 26
teneures du jus qui doivent être confirmées et répétées pour obtenir une moyenne
générale. En effet, la composition du bokashi dépend des matières organiques apportées.

Pourcentage de la matière brute.


Matière sèche : 5,1 %
Azote totale : 0,15 %
Phosphore : 0,1 %
Potassium : 0,21 %
Calcium : 0,04 %
Magnésium : 0,02 %
Matière organique : 4,3 %
C/N : 14,3

pH : autour de 4 (acide)

→ Les résultats montrent que ce jus de bokashi analysé est pauvre en éléments
minéraux et n’équivaut pas à un engrais liquide.

La poursuite de la fermentation
Lorsque le seau est plein, il est nécessaire de laisser la matière fermenter au moins 2
à 3 semaines s’il fait autour de 20°C, 1 semaine s’il fait très chaud, plus longtemps si la
température est basse (la fermentation est stoppée lorsqu’il gèle). Il faut continuer à extraire
le jus éventuellement produit pendant cette deuxième phase de fermentation. En l’absence
d’un deuxième seau, et afin de poursuivre les dépôts de déchets, il faut transvaser le
contenu dans un autre récipient ou un sac hermétique rempli de matière absorbante au
fond. Si ce stockage n’est pas possible, il faut trouver un exutoire (composteur) acceptant
d’accueillir les matières n’ayant pas terminé leur fermentation, avec l’accord de ceux qui le
gèrent : propriétaire de jardin, composteur collectif etc.

L’utilisation de la matière fermentée en épandage au jardin


Selon les promoteurs du bokashi, à l’issue de la fermentation, le contenu du seau
peut être enfoui en toute saison, selon les cultures, soit dans un trou creusé là où l’on
souhaite effectuer des plantations, soit étalé au sol dans la couche superficielle de terre,
puis mélangé à de la terre et recouvert.
Selon Anne Lorch2, il est même possible d’enfouir directement les biodéchets dans une fosse
de 30-60 cm de profondeur afin de pratiquer le procédé bokashi en pleine terre. C’est une
méthode sans le seau bokashi.

2
Anne Lorch, “Les micro-organismes efficaces au quotidien”, Souffle d’Or Eds, février 2011, page 218

Page 9 sur 26
Remarque du RCC : pour le compostage de proximité, ces préconisations ne sont
pas conformes à la réglementation française qui interdit l’épandage de déchets au sol. En
effet, selon la fiche technique d’application de l’arrêté du 9 avril 2018, les produits sortant
du procédé bokashi sont des SPAn3 (Sous-Produits Animaux de catégorie 3), c’est-à-dire
qu’ils ne sortent pas du statut de déchet et sont, de ce fait, “non éligibles à une application
directe dans les sols [...] ” (voir FAQ, question n°2).
De plus, du point de vue agronomique et environnemental, l’apport continu de matières
non-hygiénisées et riches en éléments nutritifs lorsque le sol est au repos occasionne un
risque de lessivage par les pluies, donc de contamination des eaux.
Enfin, il est admis3 que la matière organique ne doit pas être enfouie dans le sol, là où
l’oxygénation et les microorganismes sont moins nombreux et où l’eau peut stagner lors de
périodes pluvieuses si le sol sous-jacent est peu perméable.

Bokashi : quel coût ?

Un seau bokashi peut tout à fait être auto-construit à partir de matériel de


récupération. Acheté dans le commerce, un kit complet avec deux seaux bokashi de 16 litres
et un sac de son bokashi peut coûter jusqu’à 110 €, un seau seul à partir de 20 €. Pour choisir
son matériel, attention aux points de faiblesse : fermeture et étanchéité, poignée, robinet,
robustesse des pieds.

1 kg d’activateur bokashi coûte selon les vendeurs entre 5 et 20 € et il faut compter


entre 2 et 6 kg par an pour une famille de 4 personnes, selon la production de biodéchets.

On trouve sur internet différents vendeurs de matériel et d’activateurs. On peut


également en trouver dans certaines jardineries. Il semble possible de fabriquer des EM
indigènes (naturellement présents localement), mais il nous manque des retours
d’expériences et d’études.

Les coûts globaux à l’échelle individuelle :


- compost traditionnel “aérobie”: bioseau (peut être offert par la collectivité, sinon
environ 20 € en magasin)
- bokashi : seau avec robinet (de 20 à 110€) + inoculant (de 5 à 25€/an)

Bénéfice indirect pour la collecte et le site de compostage de proximité :


L’espacement des apports réduit le coût de gestion.

3
Exemple, Blaise Leclerc dans “Les clés d’un sol vivant”, Denis Pépin dans “Composts et Paillages” et la
plupart des formations d’agronome

Page 10 sur 26
Synthèse du groupe de travail du RCC :
avantages/limites
Avantages :

- Permet le stockage temporaire des biodéchets pendant 4 à 8 semaines, et jusqu’à 6


mois, selon la capacité du contenant utilisé et la production de biodéchets

- Évite d’aller vider le bioseau (référence à la collecte des biodéchets domestiques pour
les emmener au compost) une à plusieurs fois par semaine dans le composteur
individuel ou collectif si ce dernier accepte ces apports

- Adapté à un recyclage des biodéchets dans un appartement si une solution est


trouvée pour l’usage du bokashi

- Accepte tous les biodéchets de cuisine et de table4, sauf les liquides et les gros os

- Évite les odeurs désagréables de fermentation des produits animaux, fruits…sauf au


moment de l’ouverture du seau pour l’apport de biodéchets

- Évite la présence de moucherons contrairement au lombricompostage

- Les biodéchets fermentés par le procédé bokashi se décomposent rapidement


lorsqu’ils sont intégrés à un procédé de compostage aérobie

- La fermentation lactique acide pourrait réduire l’attractivité pour les rongeurs (à


vérifier)

Limites :

- Coût du matériel non pris en charge par les collectivités

- Dépendance fréquente vis-à-vis de l’achat de produits (son avec EM ou EM liquide)

- Nécessite de trouver au préalable une solution d’évacuation, un hôte, pour accueillir


et utiliser le digestat bokashi à proximité (composteur ou jardin) et le jus de bokashi.
Bien qu’adapté au milieu urbain, le système dépend d’un environnement jardin

- Le manque d’information de certains fournisseurs auprès des utilisateurs (publicité


trompeuse/incomplète)

4
cf. glossaire, DCT et SPAn3

Page 11 sur 26
- Des préconisations dangereuses sont parfois diffusées, comme l’épandage toute
l’année avec le risque de lessivage et de pollution notamment en hiver

- En dehors du cadre individuel (non réglementé), la réglementation française interdit


l’épandage de déchets non-compostés - dont le bokashi - au sol

- L’odeur aigre-douce du son à bokashi et la possibilité d’odeur forte lors de l’ouverture


du seau et de son déversement

- Absence d’études suffisantes et de consensus scientifiques sur l’impact de


l’introduction de microorganismes exotiques non connus sur l’écosystème microbien
des sols locaux.

Foire aux questions

1/ Pourquoi faire du bokashi plutôt que du compostage


ou du lombricompostage ?
- Le bokashi semble être une solution particulièrement adaptée aux personnes ne
disposant pas personnellement d’espace extérieur permettant de faire du
compostage et préférant ce procédé au lombricompostage, du moment qu’un
exutoire des matières a été identifié (jardin pour compostage, collecte…).
- Le fait que la matière puisse être conservée plusieurs semaines voire mois en
appartement permet de ne pas avoir trop de contraintes par rapport à son rythme
d’évacuation, contrairement au compostage qui nécessite de transférer rapidement
les biodéchets dans un lieu extérieur dédié.
- Contrairement au lombricompostage domestique, le bokashi accepte tous les
biodéchets de cuisine et de table (sauf liquides et gros os).
- En revanche, bokashi comme lombricompostage demandent tout autant le respect
d’une réelle technicité pour ne pas créer de nuisances.

2/ Quelle est la réglementation en France concernant le


bokashi ?
Le cadre collectif
Le bokashi n’est pas considéré comme du compostage de proximité car il n’est pas associé
à une phase de conversion biologique aérobie comme décrite dans la fiche technique
d’application de l’arrêté du 9 avril 2018 – articles 17 à 21.

Page 12 sur 26
La réglementation en vigueur sur le compostage5 de proximité explicite que pour sa bonne
exécution, le compost doit bien monter en température. Or le bokashi est une méthode se
déroulant à température ambiante ; les matières qui en sont extraites gardent donc
réglementairement un statut de déchet et ne peuvent à ce titre être retournées au sol.
Pour respecter la réglementation, les matières issues du procédé bokashi doivent être
compostées avec du broyat végétal dans des conditions aérobies.

Dans d’autres pays, la réglementation sur l’épandage du bokashi peut être différente.

Le cadre domestique
En France, la pratique du bokashi dans la sphère domestique n’est pas réglementée à ce
jour.

3/ Que sont les EM bokashi ?


L’inoculum « EM Bokashi », ou “Bokashi Démarreur”, est la poudre de base active, prête à
l’emploi, permettant d’inoculer les biodéchets dans un contenant étanche. Elle est préparée
industriellement ou artisanalement suivant des proportions définies à partir d’une solution
fille EM-Activé (qui contient différents groupes de micro-organismes, dont des bactéries
lactiques, des levures et des bactéries phototrophes), du son de riz ou de blé, de la mélasse
et de l’eau. Ce “Bokashi Démarreur” est séché pour pouvoir être conservé longtemps (jusqu'à
2 ans). Les micro-organismes sont alors en dormance et se réactivent au contact de
l'humidité des biodéchets…

Il est difficile de déterminer la nature exacte des micro-organismes car celle-ci est gardée
secrète. Des analyses poussées par mise en culture ne permettent pas de détecter les plus
sensibles ou ceux qui nécessitent des conditions de culture particulières. D’autres méthodes
existent (puces ADN, spectrométrie Malditoff) mais sont très coûteuses. La principale souche
serait Saccharomyces cerivisiae, appelée aussi levure de bière ou levure de boulanger.

4/ Peut-on fabriquer soi-même son mélange de


microorganismes pour faire du bokashi ?
Il est possible de fabriquer soi-même un mélange de micro-organismes proche du mélange
breveté, sous réserve au minimum de se renseigner, voire de se former. Cependant, il est

5
Arrêté du 9 avril 2018 fixant les dispositions techniques nationales relatives à l'utilisation de sous-produits animaux et de
produits qui en sont dérivés, dans une usine de production de biogaz, une usine de compostage ou en « compostage de
proximité », et à l'utilisation du lisier. Disponible en ligne : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000036830969

Page 13 sur 26
quasiment impossible de reproduire exactement le mélange breveté sans connaître la
recette. Le risque est d’obtenir un mélange ne garantissant pas les mêmes résultats.

5/ Y a-t-il des problèmes d’odeurs avec le bokashi ?


Il faut s’attendre à une odeur vinaigrée à l’ouverture du seau à bokashi - elle provient des
déchets organiques en fermentation et de l’inoculant (EM) - et particulièrement dans le jus
produit. D’après les témoignages, l’odeur du jus peut aller du cidre à celle du vomi.
Le bokashi dégagerait de “mauvaises” odeurs principalement lorsque l’humidité est trop
élevée. Pour contrer cela, il est conseillé de purger le liquide qui s’en écoule très
régulièrement, idéalement chaque jour, ou tous les 2-3 jours, et de rajouter des EM et du
pain sec ou du papier déchiqueté. D’après les retours d’expériences du terrain, la
composition du bokashi (matières organiques apportées) explique certaines variations de
l’odeur.

Dans certains cas, les utilisateurs déversent le contenu de leur seau, lorsqu’il est plein, dans
des bacs de compostage de proximité, parfois sans attendre les quelques semaines de
fermentation supplémentaires. Cela peut parfois bien se passer mais dans certains cas
des odeurs désagréables et persistantes se dégagent.
Il est indispensable d’échanger avec les personnes en charge du suivi des bacs (référent de
site, guide ou maître composteur) pour les prévenir et obtenir leur accord.

6/ Que faire de mes matières fermentées ?


Le digestat peut être déversé dans un composteur individuel ou collectif situé non loin, où il
poursuivra sa décomposition, cette fois-ci aérobie, avec d’autres biodéchets du jardin et de
la cuisine. Le digestat ne peut pas être composté seul car il est trop humide, trop mou, trop
tassé. Il doit être mélangé avec des déchets végétaux carbonés assurant une bonne aération
passive (déchets structurants). On obtient du compost de bokashi.

Si la fermentation anaérobie lactique est réussie (apport suffisant de micro-organismes,


purge régulière du jus de bokashi), le digestat a une odeur aigre-douce acceptable qui
disparaîtra en quelques jours après le déversement et le mélange avec les autres biodéchets
du composteur. En revanche, si la fermentation ne s’est pas bien déroulée, l’odeur peut être
très désagréable.

Page 14 sur 26
7/ Le compost de bokashi doit-il être considéré comme
un engrais ou comme un amendement organique ?

Un amendement organique est un fertilisant ayant pour fonction de maintenir, d’améliorer


ou de protéger les propriétés physiques et chimiques, la structure et l’activité biologique du
sol auquel il est apporté. Il doit contenir au moins 20% de matière sèche. Le compost par
exemple est un amendement organique.

Un engrais est un fertilisant ayant pour fonction d’apporter des éléments nutritifs aux
végétaux, par l’intermédiaire des êtres vivants du sol. Pour prétendre à l’appellation
“engrais’”, selon la norme en vigueur, la matière doit contenir au moins 3 % d’azote, ou 3 %
de potasse, ou 3 % de phosphore, ou bien 7 % de l’ensemble des 3 éléments.

→ Tout comme le compost, la matière fermentée bokashi, une fois compostée avec des
matières sèches, peut être considérée comme un amendement organique. La plupart des
études et analyses consultées présentent des teneurs inférieures à la norme “engrais”.

8/ Peut-on utiliser la matière fermentée bokashi


directement sur un sol de culture ?
Le cadre collectif
Voir question 2 concernant la réglementation : en France, il est interdit d’utiliser directement
sur un sol de culture les matières fermentées bokashi, car elles ont un statut de déchet. Pour
respecter la réglementation, les matières issues du procédé bokashi doivent être
compostées avec du structurant végétal dans des conditions aérobies pour être utilisées sur
un sol de culture. L’arrêté du 9 avril 2018 précise les conditions d’utilisation de ce compost,
selon s’il a été réalisé en usine ou en dispositif de proximité.

Le cadre domestique
La matière fermentée bokashi, du fait de son acidité, ne doit pas être mise en contact
direct avec les plantes. À ce sujet, des précautions et indications sont données par les
fabricants de matériel et promoteurs de la méthode. Le RCC quant à lui interpelle ses
adhérents sur un principe de précaution essentiel concernant l’introduction d’organismes
exogènes dans le sol.

Page 15 sur 26
9/ Connaît-on l’effet du bokashi sur les sols ?
De nombreuses études scientifiques ont été menées en comparant l’effet du bokashi sur la
croissance des végétaux et sur les sols. Il semble cependant que leurs conclusions se
contredisent parfois. Seul un travail bibliographique approfondi et des études
complémentaires permettraient d’y voir plus clair.

10/ Pourquoi composter la matière fermentée bokashi ?


C'est une préconisation pour respecter la réglementation encadrant la gestion collective des
biodéchets et assurer leur hygiénisation.

Le compost produit avec apport de matières fermentées bokashi pourrait avoir des
caractéristiques particulières : des études doivent être menées pour les qualifier.

11/ La matière fermentée bokashi est-elle hygiénisée à la


fin du processus de fermentation ?
Il est souvent fait allusion au pouvoir hygiénisant lié à l’acidité6 du bokashi, qui viendrait se
substituer à celui lié à la montée en température lors du compostage. Ce pouvoir ne semble
pas avoir été clairement démontré et l’acidité ne peut être une garantie en cela. Rappelons
que la plupart des bactéries et virus résistent très bien au passage par l’estomac des êtres
vivants.

12/ Le bokashi est-il plus ou moins coûteux que le


compostage ou le lombricompostage ?

Le coût dépend du procédé. Dans toutes les solutions, le matériel a un certain coût. Dans le
cas du bokashi, il faut prévoir un approvisionnement régulier en micro-organismes efficaces
qui peuvent être achetés ou fabriqués.

Nous ne disposons pas des éléments nécessaires pour établir une réelle comparaison entre
les différentes solutions, mais un léger surcoût peut être attendu.

6
On parle de fermentation lactique : sous l’effet des lactobacilles, les glucides des aliments sont
transformés en acide lactique.

Page 16 sur 26
13/ Peut-on considérer que le bokashi permette de
prolonger la durée du stockage des biodéchets ?

La méthode de fermentation bokashi est intéressante pour prolonger la durée de stockage


des biodéchets dans l’habitation, tout en réduisant les nuisances éventuelles.

14/ Le bokashi permet-il de stocker plus de carbone dans


le sol que le compost ?

Un des intérêts du bokashi serait de moins perdre de matière comme lors du compostage
où une grande partie du carbone part sous forme de gaz carbonique lors de la fermentation
aérobie. C’est semble-t-il vrai pendant la phase de fermentation anaérobie pour la matière
fermentée qui en résulte.
Mais ensuite, pour terminer le processus de décomposition, cette matière fermentée est
mise au contact de l’oxygène et des microorganismes aérobies qui poursuivent la
décomposition.
En nous basant sur la compréhension du cycle du carbone, il y a alors inéluctablement perte
de carbone et d’autres éléments, comme pour toute minéralisation de la matière organique,
à un moment ou un autre. Dans le cas du bokashi, la perte se fait donc lors de l’apport de la
matière fermentée dans un composteur ou sur le sol. Il y aura aussi perte d’azote et
lixiviation des éléments minéraux après apport au sol. Du fait de la minéralisation de la
matière organique, quel que soit le procédé, seulement une faible partie du carbone initial
se retrouve stockée dans le sol sous forme d’humus ou de matière organique non
décomposée. Tout le reste repart à son point de départ sous forme de CO2.

Page 17 sur 26
En conclusion…
Le système bokashi est un système qui semble bien adapté au monde urbain, à
condition de prévoir dès le départ les solutions indispensables pour utiliser le
digestat et les jus de bokashi : apport dans un compost domestique ou partagé,
épandage dans un jardin, collecte collective des seaux de digestat ….

Son intérêt réside dans le fait qu’il peut digérer tous les biodéchets de la cuisine
sans se soucier de leur équilibre carbone/azote, à l’exception des gros os, des gros
coquillages et des biodéchets liquides, contrairement au lombricompostage domestique
qui nécessite d’être plus sélectif.

Il dispense de devoir vider le bioseau de déchets bruts de cuisine dans un


composteur individuel ou partagé une à plusieurs fois par semaine, les biodéchets pouvant
séjourner pendant plusieurs semaines dans le seau à bokashi. Il évite une partie des
mauvaises odeurs et des moucherons fréquents dans les bioseaux en attente de vidange
et dans les lombricomposteurs.

Cependant, le digestat doit poursuivre sa transformation aérobie avant d’être utilisé


pour les cultures.

Nous n’avons à ce jour pas suffisamment de données pour affirmer que le digestat
de bokashi est plus riche que le compost ni qu’il est meilleur pour la fertilité des sols, leur
richesse en humus et les rendements des cultures. En effet, la composition du bokashi
dépend des matières organiques apportées. Les études scientifiques concernant son
intérêt agronomique sont trop peu nombreuses, contradictoires et souvent controversées
pour attester d’un avantage du bokashi par rapport au compost aérobie classique.

Les effets de l’introduction de microorganismes (EM) non connus sur les


microorganismes indigènes et leur biodiversité ne sont pas suffisamment connus, ce qui
incite à la prudence pour éviter un impact négatif éventuel du bokashi sur la biodiversité
naturelle des sols.

Les coûts d’investissement et d’entretien pour un usage domestique sont


légèrement supérieurs à ceux du compostage en composteur et bien entendu en tas.

Ce n’est pas un procédé « miracle » de qualité supérieure au compostage classique


et au compostage de surface, dont le paillage.

Page 18 sur 26
Glossaire et bibliographie
Acidification : augmentation du degré d’acidité

Acide : Qualifie une solution dont le pH est inférieur à 7, c’est-à-dire quand la


concentration en protons de la solution est supérieure à 10-7 moles par litre.
https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition/acide

Amendement organique : un fertilisant ayant pour fonction de maintenir, d’améliorer ou


de protéger les propriétés physiques et chimiques, la structure et l’activité biologique du sol
auquel il est apporté. Il doit contenir au moins 20% de matière sèche.
https://eur-lex.europa.eu/legal-
content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32019R1009&from=FR#d1e32-37-1

Anaérobie : en l’absence d’oxygène

Anaérobiose : Condition nécessaire à la vie des micro-organismes dont le métabolisme


peut s'effectuer en absence d'oxygène (anaérobiose facultative) ou est inhibé par la
présence d'oxygène (anaérobiose stricte).
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/ana%C3%A9robiose/3201

Biodéchet : "Les déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc, les déchets
alimentaires ou de cuisine provenant des ménages, des bureaux, des restaurants, du
commerce de gros, des cantines, des traiteurs ou des magasins de vente au détail, ainsi
que les déchets comparables provenant des usines de transformation de denrées
alimentaires." article L. 541-1-1 du code de l’environnement

Bioseau : petit contenant permettant de recueillir les biodéchets à l’intérieur des


bâtiments et de les transporter vers la solution de collecte ou de traitement à l’extérieur
(composteur, point d’apport volontaire…).

Bokashi Agricole
Le Bokashi d'origine japonaise (ぼかし) est utilisé majoritairement dans le monde pour
désigner un fertilisant issu d'un système de valorisation organique portant le même nom.
Son nommage en utilisation agricole se retrouve adapté à la langue locale en Amérique du
Sud sous l'appellation Bocashi au Salvador et au Guatemala ou Bocachi en Bolivie et
concerne plus particulièrement la valorisation de ressources agricoles de petites

Page 19 sur 26
exploitations agropastorales. Source FAO http://www.fao.org/3/a-at788s.pdf /
http://www.fao.org/3/a-bo956s.pdf / http://www.fao.org/3/CA2946EN/ca2946en.pdf

L'IFOAM (Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique) le nomme


Compost Bokashi lorsqu’il est fabriqué avec des activateurs de compost type micro-
organismes efficaces (EM). Source IFOAM
https://www.ifoam.bio/sites/default/files/pgs._list_of_approved_inputs_for_organic_product
ion_update_april_2011.pdf

DCT ou déchets de cuisine et de table : “Les déchets alimentaires [...] qui représentent
l’essentiel des biodéchets produits par les ménages ou les professionnels de la
restauration. Il s’agit des déchets de cuisine tels que les restes de repas ou de préparation
de repas, ou encore les produits périmés non-consommés. Ils sont notamment issus des
ménages, des restaurants, des traiteurs ou des magasins de vente au détail ainsi que des
établissements de production ou de transformation de denrées alimentaires.”
https://www.ecologie.gouv.fr/biodechets

Digestat
Matière résiduaire organique qui subsiste après la digestion anaérobie. Source France
Terme http://www.culture.fr/franceterme/terme/ENVI154. L’appellation digestat appartient
à la filière méthanisation. Source Dictionnaire Larousse
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/digestat/188278

EM ou Micro-organismes efficaces

• EM®
Les "EM®" sont une famille de produits brevetés sous marques déposées par EMRO
(Effective Microorganism Research Organization), ce qui protège la recette de chacun des
produits, garantit l'efficacité et la constance de qualité et la performance. Source
EMROJAPAN https://emrojapan.com/trademark

• EM ∙ 1® Microbial Inoculant ou solution mère EM-1


Le produit "EM.1®" est une solution concentrée, formulée et mise au point par le Dr Higa
dans les années 1980. Cette solution mère de base contient différents groupes de micro-
organismes, notamment des bactéries lactiques, des levures et des bactéries
phototrophes. Source EMROJAPAN https://emrojapan.com/products/#em1

• Activated EM・1 ou EM-A


L' "Activated EM・1" est la préparation étendue issue de l'"EM.1®" dilué à 1/20 dans une
solution nutritive à base de mélasse. Son objectif est de prolonger la durée de vie et

Page 20 sur 26
développer l'activité des micro-organismes. Source EMROJAPAN
https://emrojapan.com/products/#aem.

• EM Bokashi (Type 1) ou poudre Bokashi


L'inoculum "EM Bokashi (Type 1)" est la poudre de base active prête à l'emploi permettant
d'inoculer les biodéchets dans un contenant étanche. Elle est préparée industriellement ou
artisanalement suivant des proportions définies avec la solution fille "Activated EM・1", du
son de riz ou blé, de la mélasse et de l'eau. Source EMROJAPAN
https://emrojapan.com/docs/download/leaflet02-bokashi.pdf.

Engrais : un fertilisant ayant pour fonction d’apporter des éléments nutritifs aux végétaux,
par l’intermédiaire des êtres vivants du sol. https://eur-lex.europa.eu/legal-
content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32019R1009&from=FR#d1e32-37-1

Ensilage
L'ensilage est une technique de conservation par voie humide, faisant appel à
l'anaérobiose et à une fermentation acidifiante à domination lactique afin de minimiser les
pertes de matière sèche, de valeur alimentaire et d'éviter le développement de micro-
organismes indésirables. Source ANSES - Page 3 -
https://www.anses.fr/fr/system/files/ALAN2001sa0276.pdf

Fermentation lactique : sous l’effet des lactobacilles, les glucides des aliments sont
transformés en acide lactique. “La fermentation d'acide lactique est un processus
biologique par lequel les sucres, tels que le glucose, le fructose, et le saccharose, sont
convertis en énergie cellulaire et en sous-produit métabolique, le lactate. C'est un ferment
lactique qui intervient.” https://www.aquaportail.com/definition-2230-fermentation-
lactique.html

Jus de percolation : “La percolation désigne une traversée lente d'un milieu, comme des
sédiments, par un liquide ou plus rarement un gaz. Elle se fait majoritairement sous l'effet
de la pesanteur, donc de haut en bas.”
https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/geologie-percolation-12645/
Le jus de percolation est donc un liquide qui a traversé le milieu.

SPAn3, ou sous-produits animaux de catégorie 3 :


“Le règlement européen (CE) n°1069/2009 classe les sous-produits animaux en trois
catégories sur la base de leur risque potentiel pour la santé humaine et animale et
l’environnement.”

Page 21 sur 26
Les SPAn3 “présentent un faible risque sanitaire pour la santé animale ou la santé
publique et sont les seules qui peuvent être valorisées en alimentation animale. Elles
comprennent notamment :

● des parties d’animaux abattus et jugés propres à la consommation humaine mais


que la chaîne alimentaire humaine ne valorise pas ou celles provenant d’animaux
jugés aptes à l’abattage,
● les denrées alimentaires d’origine animale non destinées à l’alimentation humaine
pour des raisons commerciales (« anciennes denrées alimentaires »), dont les
matières aquatiques, le lait, les œufs, le miel,...”

https://agriculture.gouv.fr/les-sous-produits-animaux-et-les-produits-qui-en-sont-derives-
valorisation-et-elimination

Les restes de fruits et légumes ayant séjourné dans une cuisine ont pu être contaminés
par les matières animales, donc ils sont classés SPAn3 par précaution.

Page 22 sur 26
Bibliographie

Anne Lorch, “Les micro-organismes efficaces au quotidien” (2011) Souffle d’Or Eds, page
218

Arrêté du 9 avril 2018 fixant les dispositions techniques nationales relatives à l'utilisation
de sous-produits animaux et de produits qui en sont dérivés, dans une usine de
production de biogaz, une usine de compostage ou en « compostage de proximité », et à
l'utilisation du lisier. Disponible en ligne :
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000036830969

Blaise Leclerc, “Les clés d’un sol vivant”, (2017) Terre Vivante, Conseil d’experts

Denis Pépin, “Le Guide Terre Vivante : Composts & Paillages", (2022) Terre Vivante

Wikipédia : “Bokashi (compostage urbain)”

Lectures scientifiques pour aller plus loin :

Cácio Luiz Boechat, Jorge Antonio Gonzaga Santos, Adriana Maria de Aguiar Accioly
Net mineralization nitrogen and soil chemical changes with application of organic wastes
with 'Fermented Bokashi Compost' (June 2013) Acta Scientiarum Agronomy

Christel, Dana Mae, "The Use Of Bokashi As A Soil Fertility Amendment In Organic Spinach
Cultivation" (2017). Graduate College, Dissertations and Theses. 678.
→ (PDF) Traduction libre française de Philippe Le Thery

Barnes, Sean Patrick. “BOKASHI COMPOSTING: PERFORMANCE MONITORING TO ASSESS


THE POTENTIAL OF COMMERCIAL LEVEL APPLICATIONS.” (2009).
→ (PDF) Traduction libre française de Philippe Le Thery

Ghanem, Khaled M., Kh. M. El-Zabalawy, Azza Mustafa and Bodor A. Elbanna. “Impact of
Using Compost Bokashi Resulting from Recycling Kitchen Waste on Head Lettuce (Lactuca
sativa var. capitata L.)Grown Organically at Home.” (2017) J.Soil Sci. and Agric. Eng.,
Mansoura Univ., Vol. 8(1): 21- 27
→ (PDF) Traduction libre française de Philippe Le Thery

Page 23 sur 26
Hu, Cheng & Qi, Yingchun. (2013). “Long-term effective microorganisms application
promote growth and increase yields and nutrition of wheat in China”. European Journal of
Agronomy. 46. 63–67. 10.1016/j.eja.2012.12.003.

Quiroz, M., Céspedes, C., “Bokashi as an Amendment and Source of Nitrogen in Sustainable
Agricultural Systems: a Review”. J Soil Sci Plant Nutr 19, 237–248 (2019)
→ (PDF) Traduction libre française de Philippe Le Thery

Searson, Emma, “Soil total organic carbon and farmers' perceptions associated with
bokashi application in Cerro Punta, Panama” (2015). SIT Digital Collection

Exemples inclusifs du Système Bokashi :


● Nouvelle-Zélande/Auckland/EYO Compost Collective (Source en anglais)
○ (FR) 2016_17-Compost-Collective-EOY-Report traduit par Philippe Le Thery
○ (FR) 2017_18-Compost-Collective-EOY-Report traduit par Philippe Le Thery
○ (FR) 2018_19-Compost-Collective-EOY-Report traduit par Philippe Le Thery
○ (FR) Compost_Collective_Annual_Report_2019-20_MR traduit par Philippe Le
Thery
● Belgique/Bruxelles/Operation-Phosphore (Source en français)
○ Info+Fiches_français_20.09.16.pdf
○ Rapport_Final_20.09.16_operation-phosphore-brussels.pdf
○ Techniques+de+gestion+des+biodéchets+(Phosphore).pdf

Page 24 sur 26
Annexe : description d’un processus “grand volume” par un membre du
RCC

TRANSFORMER UN REBUT EN RESSOURCE EN ETABLISSEMENT (500 couverts/jour).


LIEU FRÉQUE ETAPES MOYENS METHODE
NCE
Les DCT* (y compris SPAn3*) sont collectés
1 LE TRI TABLE DE dans des fûts cerclés et hermétiques.
IN SITU Chaque TRI avec On dispose un sac (à pain) en papier à
repas deux fûts l’intérieur pour faciliter le nettoyage.
de 40L. Les fûts sont vidés quotidiennement dans le
container.

Les DCT contenus dans le sac papier sont vidés


La dans le container et inoculés à partir des
2 Hebdo Fermentation Containe ferments (son de blé ou solution liquide).
IN SITU madaire r de 300 Le container est séparé en 2 compartiments
Anaérobie
(local) L par un tamis et une grille de récupération.
Le procédé étant anaérobie, la pression
exercée par le couvercle permet de chasser
l’air.
Les jus s’écoulent dans le compartiment
inférieur et la matière solide (ensilage) peut
fermenter en anaérobiose (sous l’effet de la
gravité du couvercle).
Le procédé dure environ 20 jours (à T°> 10 °C).
Le jus s’écoule par gravité (lixiviat). La chute du
PH (acidification) participe à l’hygiénisation.

Page 1 sur 26
A l'issue de la phase de fermentation,
3 Mensue La Bac à l’ensilage, considéré comme activateur, peut
Collecte l Fermentation compost rejoindre le bac à compost.
en option Il sera mélangé avec les déchets verts en
Aérobie
quantité équivalente (150 L de carbonés, 300L
d’activateur, 150L d’azotés).
Le lixiviat sera réintroduit progressivement
dans le compost afin de réguler l’hygrométrie.
Le suivi de la T° atteste du bon déroulement de
la phase thermophile indispensable à
l’hygiénisation du compost en formation.
Bac (ou Après un mois le produit obtenu est un
4 Trimest La Maturation tunnel) à compost « mi-mûr ».
Selon riel compost Il sera de nouveau brassé et mélangé avec des
choix de DV (ajuster le rapport C/N* selon la texture).
collecte L’hygrométrie devra être ajustée (test de la
poignée).
Le voilà prêt à poursuivre sa maturation dans
un dispositif adapté (bac ou tunnel).

Réseau Compost Citoyen


216 route de Launaguet
31200 TOULOUSE

Page 2 sur 26

Vous aimerez peut-être aussi