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Sans Compromis

Le livre de François C. Nadler, intitulé 'Le christianisme et ses mensonges', examine les erreurs théologiques et les traditions qui ont infiltré le christianisme depuis des siècles, en mettant l'accent sur la nécessité d'une restauration spirituelle et d'un retour aux racines juives de la foi. Nadler appelle à une prise de conscience des mensonges qui ont causé des souffrances et des divisions au sein de l'Église, tout en promouvant une compréhension plus profonde des Écritures. L'ouvrage vise à libérer les chrétiens des fausses croyances et à les encourager à rechercher une relation authentique avec Yeshua, le Messie.

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Sans Compromis

Le livre de François C. Nadler, intitulé 'Le christianisme et ses mensonges', examine les erreurs théologiques et les traditions qui ont infiltré le christianisme depuis des siècles, en mettant l'accent sur la nécessité d'une restauration spirituelle et d'un retour aux racines juives de la foi. Nadler appelle à une prise de conscience des mensonges qui ont causé des souffrances et des divisions au sein de l'Église, tout en promouvant une compréhension plus profonde des Écritures. L'ouvrage vise à libérer les chrétiens des fausses croyances et à les encourager à rechercher une relation authentique avec Yeshua, le Messie.

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Le christianisme et

ses mensonges
Une exhortation pour
l’Eglise aujourd’hui

François C. Nadler
François C. Nadler

2
Sans compromis

© Copyright 2021 – François C. Nadler. Tous droits de


reproduction, même partielle, réservés. L’exécution de copies, de
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François C. Nadler
BP 730
CH-3979 Grône
+41 76 402 01 44
francois@[Link]

Éditions Nadival
ISBN: 978-2-8399-3303-2

3
François C. Nadler

4
Sans compromis

Table des matières


Dédicace 11
Préface 13
1. Introduction 15
1.1 Précision indispensable 19
2. De l’importance de la terminologie 21
3. 50 ans de cheminement 27
4. Israël – un peuple, une nation, une terre 37
4.1 Introduction 38
4.2 Au commencement 39
4.3 L’humanité 43
4.4 D’Adam à Noé 49
4.5 Le déluge en questions 51
4.5.1 Localisation des événements 53
4.5.2 L’arche de Noé 54
4.5.3 De l’hébreu 56
4.5.4 Les questions qui se soulèvent 58
4.5.5 Une autre vision du déluge 61
4.6 De Noé à Abraham 63
4.7 Abraham et Sarah 68
4.8 D’Abraham à Moïse 72
4.8.1 Abraham 73
4.8.2 Isaac 76

5
François C. Nadler

4.8.3 Jacob 77
5. Ol am 81
6. Israël – le rétablissement 83
6.1 Moïse 84
6.2 La rééducation d’un peuple 87
6.3 L’organisation d’un peuple 91
6.4 La conquête du pays 97
6.5 Jérusalem 101
7. Israël – Premier siècle de l’ère chrétienne 103
7.1 Le peuple juif au 1er siècle 107
7.2 La naissance de Yeshua 110
7.3 Yeshua, le pédagogue par excellence 116
7.4 Yeshua, le pouvoir de pardonner 122
7.5 Du rôle de l’Esprit Saint 127
7.6 L’alliance renouvelée 131
8. Israël – la destinée 135
8.1 L’Église des premiers siècles 135
8.2 Le devenir d’Israël 139
8.3 Israël, en guise de synthèse 146
9. La stratégie du diable 149
9.1 Reconnaître son ennemi 150
9.2 La stratégie de l’ennemi 153

6
Sans compromis

9.3 La tentation de Yeshua 159


9.4 Lorsque le diable a bon dos 166
9.5 Le manque de sagesse et de discernement 169
9.6 Combattre l’ennemi 179
9.7 La peur de l’ennemi 183
9.8 L’ennemi, en guise de synthèse 185
10. L’Église primitive 187
10.1 Le contexte des précédents 189
10.2 La première église 193
10.3 La croissance de l’Église 198
10.4 Le Concile de Nicée 202
10.5 Martin Luther 211
10.6 Israël et le Coran 215
10.7 La théologie de remplacement 217
11. L’Église romaine 219
11.1 Le divorce entre l’Église et le judaïsme 220
11.1.1 Yeshua versus Jésus 221
11.1.2 Shabbat versus dimanche 222
11.1.3 Noël, joyeux Noël 223
11.1.4 La course aux œufs 224
11.2 L’Église catholique 225
11.2.1 Sainte mère l’Église 226
11.2.2 Le Pape 226

7
François C. Nadler

11.2.3 La Sainte Vierge 228


11.2.4 Par tous les saints 230
11.2.5 En guise de synthèse 231
11.3 l’Église orthodoxe 232
11.4 L’Église réformée 233
11.4.1 Le culte 234
11.4.2 La musique 235
11.4.3 La vie paroissiale 236
11.4.4 En guise de synthèse 238
11.5 L’Église Évangélique 239
11.5.1 Les écoles bibliques 240
11.5.2 Des ministères 243
11.5.3 De la louange 244
11.5.4 Prédications et témoignages 246
11.5.5 En guise de synthèse 248
11.6 l’Église Messianique 249
11.6.1 Les chrétiens messianiques 249
11.6.2 Les juifs messianiques 250
11.7 En conclusion 252
12. Mea Culpa catholique et réformé 257
13. Retour aux racines 263
13.1 Une vision de l’Église 264

8
Sans compromis

13.2 Un bouleversement majeur 268


13.3 Un nouveau contrat 271
14. La loi et la grâce 279
14.1 La Lettre aux Romains - Introduction 284
14.2 La mission de Paul 287
14.3 Qui sont les juifs ? 288
14.4 L’homme pécheur 289
14.5 La Parole et la Loi 291
14.6 Le rôle de la Loi 292
14.7 Intégrer la loi 293
14.8 À qui l’alliance ? 295
14.9 L’olivier franc et l’olivier sauvage 296
14.10 Relation entre Israël et les nations 298
14.11 Définition du péché 300
14.12 En résumé 305
15. Yeshua le Sauveur 309
15.1 Yeshua, victime expiatoire 310
15.2 d’Israël aux nations 313
15.3 Au nom de Yeshua 313
15.4 Yeshua et la loi 315
15.5 En résumé 316
16. Vivre dans la loi 317
16.1 Comment être « dans » la loi 318

9
François C. Nadler

16.2 Composition de la Loi de Moïse 320


16.2.1 Les Commandements 320
16.2.2 Les Saintes Convocations 322
16.2.3 Les statuts 324
16.2.4 Les préceptes 326
16.2.5 Vive les vieux sages ! 327
16.2.6 Et vive le Saint-Esprit ! 328
16.2.7 Engager le changement 329
16.2.8 La crainte de YHVH 330
17. Conclusion 333
Références internet 339
Bibliographie 339

10
Sans compromis

Dédicace
A l’ensemble du Corps de Christ, pour son exhortation, son
édification et son encouragement.
Aux Ministres du Corps de Christ et aux Docteurs de la doctrine,
pour leur gouverne et leur responsabilité.
Aux Autorités Ecclésiastiques, pour les actes et les décisions dont
ils devront répondre devant le Christ.
Que la Grâce vous soit accordée de considérer l’importance du
message contenu dans ces pages, Au Nom du Christ, Yeshua, le
Messie que nous attendons tous.
Avec mes amoureux remerciements à mon extraordinaire épouse,
qui a supporté ces longues heures d’indisponibilité, ces nuits
perturbées, ces jours de réflexion, de méditation, de prière, durant
lesquels j’ai manqué de temps pour notre précieuse relation, mais
qui m’a soutenu et encouragé avec toute sa tendresse et une
patience exemplaire.

François C. Nadler
Serviteur de l’Eternel

11
François C. Nadler

12
Sans compromis

Préface
Une révolution spirituelle est en train de se produire depuis les
années 90. Je l'appelle la révolution MAP qui signifie
Messianique, Apostolique et Prophétique et elle englobe la carte
du monde ! Son objectif principal est la restauration d'Israël et la
préparation du retour du Messie à Jérusalem. Il prépare une
Épouse, pure et sainte, remplie de Sa gloire, composée de Juifs et
de Gentils greffés sur le même olivier, comme décrit dans
Romains 11.
« Mais si quelques-unes des branches se sont détachées, et si toi,
qui es un olivier sauvage, tu as été greffé au milieu d'elles et tu as
participé avec elles à la riche racine de l'olivier, 18 ne sois pas
arrogant envers les branches ; mais si tu es arrogant, souviens-
toi que ce n'est pas toi qui soutiens la racine, mais que c'est la
racine qui te soutient. » Romains 11:17-18

La transformation de ce que nous appelons « l'Église » en cette


Épouse appelée le Nouvel Homme Unique (Éphésiens 2:14-19)
est obligatoire et ne peut être arrêtée. Cela signifie que le Dieu
d'Israël Lui-même est en train de reconquérir Sa Maison des
ravages des mensonges religieux et des traditions qui ont sévi
dans le christianisme et sont devenus « loi et évangile » depuis le
IVème siècle. Ces mensonges ont retardé la formation de l'Épouse
du Messie juif et ont causé la souffrance et le meurtre de milliards
de personnes à travers les âges, dont des millions de Juifs au nom
du christianisme. L'antisémitisme intérieur n'a pas seulement tué
les juifs, mais aussi l'Eglise ! Les mensonges théologiques sont
comme des serpents, ils ont une morsure empoisonnée qui apporte
la mort.

13
François C. Nadler

Dans son amour pour Yeshua, son peuple Israël et son épouse,
François a publié ce livre qui expose de nombreux mensonges et
donne une profonde compréhension prophétique de plusieurs
passages de l'Écriture qui ont été mal interprétés par les lunettes
noires du christianisme traditionnel. Ce livre ne vise pas à
attaquer les chrétiens, mais bien plutôt à les libérer des mensonges
qui ont conduit beaucoup d'entre eux à l'échec spirituel. Je prie
que, lorsque vous trouverez un « os » difficile à avaler, au lieu de
rejeter ce qui pourrait être un voyage qui changera votre vie, vous
ayez le courage de le porter dans la prière, de mettre cet « os » de
côté jusqu'à plus tard et de continuer à lire et à glaner la « viande »
de la Parole qui est exposée dans les pages de ce livre. Les écrits
de François sont passionnants, révélateurs et vous inciteront à
penser par vous-même et à ne pas être un « mouton muet »
suivant aveuglément d'autres moutons maudits. Ce manuel sera
un voyage de découverte qui provoquera une faim de la Parole de
Dieu et un désir de connaître beaucoup mieux ce Juif qui est mort
pour vous. Cela vous rendra libre et vous conduira à la victoire
spirituelle. Puis, finalement, il aura son unique épouse, un nouvel
homme, il restaurera son peuple juif et reviendra à Jérusalem pour
établir son règne millénaire.
« L'Esprit et l'épouse disent : « Viens ! » Que celui qui entende
dise : « Viens ! » Celui qui a soif, qu'il vienne. Que celui qui a
soif vienne, et qu'il prenne de l'eau de la vie, gratuitement. »
Apocalypse 22:17

Pour le Lion de Judah,


Archevêque Dr. Dominiquae Bierman

14
Sans compromis

1. Introduction
Le titre de ce livre est ironique, en réponse à celui de Martin Luther
qui a écrit « Les juifs et leurs mensonges ». À la différence de
Luther, je ne vais pas proposer de « recommandations » au
« problème chrétien », tel qu’il l’a fait concernant les juifs et dont
Hitler s’est largement inspiré pour sa « solution finale » au
« problème juif ».
Ce livre est le fruit d’années de réflexions, d’expériences et
d’accompagnement de personnes en souffrance spirituelle au sein
de l’Église comme dans leur vie privée. C’est également une forme
de bilan intermédiaire de l’étude de la Parole, de la lecture de
nombreux livres chrétiens, messianiques ou historiques et de jours
consacrés à la méditation dans la prière afin – s’il était possible –
de saisir l’essence même du message de l’Évangile à sa racine.
Tel que je le décris dans mon livre « l’électron libre », je ne suis
pas – et je ne serai jamais – un « petit mouton » dans l’Église, dans
le sens de « celui qui suit aveuglément le berger ». Je n’ai que faire
des dogmes et des principes. J’utilise plutôt l’image du « chien du
berger » pour définir ma position : fidèle à son Maître, attaché à
Son troupeau, mais libre de ses mouvements comme de ses
réflexions. Ce que je veux, c’est obéir à ce Maître en vérité et en
authenticité, non tel que l’Église voudrait que je le fasse, mais tel
que la Parole et le Saint-Esprit me l’enseignent. Bien entendu, je
suis et reste une brebis de Yeshua, le chien n’étant qu’une
illustration.
Car lorsque j’observe l’Église, quelle que soit sa dénomination,
catholique, réformée ou évangélique, le constat est alarmant :
l’Église a échoué dans sa mission, et ce particulièrement depuis
le IVème siècle. Alors qu’elle devrait être un refuge de paix, de
15
François C. Nadler

sécurité, de guérison, d’unité, de réconciliation, de pardon,


d’encouragement, elle a les mains souillées de sang, d’abus, de
manipulation, de crimes, de mensonges, d’adultères. Elle
ressemble plus aujourd’hui à « un club social à caractère
spirituel » voire dans certains cas à une « joyeux bordel pour
christianisés ». Je ne peux pas m’y identifier.
Comprenez-moi bien : je ne porte aucun jugement face à la
sincérité et à l’engagement de nos conducteurs spirituels. Même
s’ils sont dans l’erreur, ils le sont sincèrement. Je ne porte aucun
jugement non plus envers les membres des communautés
chrétiennes. Ils suivent leurs conducteurs avec confiance et
fidélité, même dans l’erreur. En revanche, je suis intolérant avec
celles et ceux qui abusent de leur position d’autorité pour
soumettre leurs ouailles à des sévices innommables dans le seul
but de satisfaire la convoitise de leur chair, de leur orgueil ou de
leur soif de pouvoir. Et je n’ai aucune pitié pour celles et ceux qui
– jouant les bons chrétiens de face – font preuve d’hypocrisie dans
leur vie de tous les jours de dos et le nie lorsqu’on le leur fait
remarquer. Il restera cependant toujours une porte ouverte à la
repentance :
« Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s'humilie, prie, et
cherche ma face, et s'il se détourne de ses mauvaises voies, je
l'exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai
son pays. » 2 Chroniques 7 :14

Il y a des mois que ce livre mûrit au fond de mes tiroirs. J’ai


longtemps hésité à l’écrire, car j’ai conscience de la baffe que
j’adresse à l’Église. Mais l’Esprit-Saint ne me laisse pas
tranquille ; Il me travaille, Il me remue, Il m’interpelle, Il me

16
Sans compromis

pousse. C’est à la lecture de deux livres en particulier que je me


suis laissé convaincre et que je vous recommande
chaleureusement :
- « Interdit d’ignorer » de Marc Früh1 retrace avec brio
l’histoire politique d’Israël et sa position irrévocable de
peuple élu. Mon regret est qu’il ne propose aucune solution
si ce n’est d’aimer et de prier pour Israël.
- « L’échec de l’Église face aux juifs » de Luc Henrist2 qui
met en exergue les mensonges du Concile de Nicée et de la
théologie de remplacement et de certains écrits de Luther,
retraçant brillamment l’historique de la position de l’Église
face à Israël. Mais une fois encore, à part enjoindre l’Église
à prier et à aimer sincèrement Israël, le christianisme garde
sa souveraineté.
J’ai eu l’occasion de parler de ces sujets sensibles que sont le
Concile de Nicée, la théologie de remplacement et la position
de Martin Luther dans son livre « les juifs et leurs mensonges »
avec divers prêtres et pasteurs. Tous ont affirmé connaître ces
écrits et leurs contenus. Presque tous ont reconnu que ces
documents ont de graves et injustes conséquences envers les
juifs et Israël aujourd’hui encore. Quelques-uns ont admis que
ces écrits ont conduit l’Église à l’hérésie comme au paganisme.
Très rares sont ceux qui ont acquiescé à la nécessité
d’enseigner tout à nouveau l’Évangile tel qui fut transmis par
les apôtres, en excluant les mensonges induits par les Pères de

1
Editions Elroï – [Link]
2
Emeth Editions – [Link]
17
François C. Nadler

l’Église. Aucun n’a accepté d’envisager un changement…


c’est trop risqué !
Je peux en comprendre les raisons : après presque 1700 ans
que l’Église ait accepté les décrets de Constantin le Grand, et
plus de 500 ans après la réforme de Luther, il est difficile
d’envisager ce changement radical indispensable. Alors que
nous sommes bien installés dans notre routine, toutes les
facultés de théologie et écoles bibliques devraient revoir leur
copie quant à l’enseignement dispensé. Beaucoup de prêtres
comme de pasteur risqueraient de se voir retirer leur
ordination, voire seraient carrément bannis de l’Église pour
raison d’hérésie s’ils venaient à prêcher ces réalités.
Sans compter avec des réactions allergiques des fidèles,
surtout dans une époque où le ministre est engagé pour
enseigner ce qui plaît à la communauté et non pour défendre la
Vérité selon la Bible, pour se conformer à l’opinion politique
et au pouvoir des médias plutôt que poser les vraies questions.
Le peuple s’est décrété souverain et décide de ce qu’il accepte
comme volonté de Dieu. Ce prêtre sera déclaré trop
évangélique, cette pasteure trop conservatrice, ce diacre trop
charismatique. Nous cherchons des ministres qui nous
enseignent ce que nous voulons bien entendre et qui nous
conduisent là où nous sommes d’accord d’aller. C’est un peu
comme si nous allions dans un restaurant cinq étoiles en
exigeant du chef cuisinier qu’il mette NOTRE choix
d’ingrédients dans SA sauce.
C’est une véritable révolution qui s’engage et rares sont
celles et ceux qui y adhèrent, qui osent y faire face.

18
Sans compromis

J’ai pleinement conscience que ce livre est clairement


prophétique et qu’il est susceptible de créer un bouleversement
majeur dans notre christianisme. Ce bouleversement est
pourtant indispensable si nous voulons renouer avec les
promesses bibliques, si nous voulons rétablir le Roi Véritable
sur Son Trône, si nous voulons pouvoir annoncer enfin le
retour du Messie tant attendu des juifs comme des non-juifs.
Et pour cela, nous devons impérativement renouer avec ce que
les Pères de l’Église ont rejeté dès le IVème siècle : les racines
hébraïques de la foi.
Je vais donc reprendre point par point les éléments évoqués
dans cette introduction, en donner leur fondement et proposer
– au gré de ce que l’Esprit révèle – des esquisses de solutions.
La majorité d’entre vous rejettera ce livre ; beaucoup y
reconnaîtront la vérité, mais ne renonceront pour rien au
monde à leur christianisme. Rares sont celles et ceux qui
entendront ce que l’Esprit dit à l’Église. Mais ces quelques-
uns seront capables d’être porteur de ce qui pourrait bien
être le plus grand réveil que l’Église n’a jamais connu !
1.1 Précision indispensable
Tel que dit ci-dessus, ce livre est profondément prophétique. Il va
user de « généralités » ou de « généralisation » lorsque nous
parlerons d’Église, des chrétiens, des communautés, etc.
Je tiens donc à préciser que dans chaque cas, des exceptions
existent et que j’en ai parfaitement conscience :
- Il y a des différences claires entre les Synodes, Évêchés ou
alliances évangéliques locaux. Tous n’appliquent pas les
dogmes avec la même rigueur.

19
François C. Nadler

- Il y a des communautés qui sont bien plus engagées dans


leur vie spirituelle que d’autres.
- Il y a des chrétiens qui vivent dans une sincérité profonde,
même s’ils sont parfois dans l’ignorance de certains faits.
- Il y a des chrétiens qui ont parfaitement conscience de
l’importance des racines hébraïques et vivent leur foi dans
le respect de la Torah.
- Et il y a de nombreux chrétiens de toute dénomination qui
ne sont ni antisémites ni antijudaïques, ayant conscience
que – justement – ces généralisations ont leurs limites.
Lorsque YHVH accusait « son peuple de se détourner de Lui », Il
savait qu’il y avait des exceptions, des personnes, des familles qui
Lui étaient fidèles.
Lorsque Yeshua traitait les pharisiens de « race de vipère », Il
savait très bien qu’ils n’étaient pas tous extrémistes, que certains
se montraient bien plus sage.
Donc merci à vous de garder cela dans un coin de votre mémoire
lorsque vous parcourrez ce livre.

20
Sans compromis

2. De l’importance de la terminologie
Par volonté de clarté et par respect envers le Créateur et Sa Parole,
je vais utiliser un certain nombre de noms et termes hébreux. Ils
ont l’avantage d’être précis et restaurent la réelle identité aux
personnes comme aux éléments et événements qui jalonnent le
parcours biblique. N’y voyez pas une volonté de judaïser mais
bien au contraire de restituer ce que le christianisme a
volontairement modifié dans le but clairement défini de se séparer
de tout ce qui provient de la détestable compagnie des juifs3. Nous
reviendrons sur ce sujet. Mon prénom est « François » et je
n’apprécierais pas qu’on le modifie par « Franz », « Francesco »
ou « Ferenc » juste à cause des juifs. Vous
comprenez l’illustration ?
Yah – Yahveh – YHVH
En Exode 3:14, Dieu révèle Son Nom : « Je Suis », soit Yah.
Yahveh est la combinaison de Yah – Je suis et de Hveh – était-est-
sera. Yahveh est donc « Je Suis celui qui était, qui est et qui sera ».
Les voyelles ne s’écrivant pas en hébreu, on utilisera YHVH. Alors
que le nom « dieu » peut se rapporter à de multiples divinités,
YHVH définit clairement de quel dieu on parle.
Dieu – HaShem – Baruch HaShem
Par peur de rompre avec le 4ème commandement (« Tu ne prendras
point le nom de l’Eternel ton Dieu en vain » Exode 20:7), les juifs
comme certains chrétiens messianiques qui utilisent le mot
« Dieu » placeront un point après le « D ». Sinon, ils utiliseront les
termes hébreu HaShem qui signifie le nom et Baruch HaShem qui

3
Selon le Concile de Nicée – Voir le chapitre correspondant

21
François C. Nadler

signifie le Saint Nom. Si j’ai utilisé « Dieu » dans l’introduction,


c’était pour me laisser le temps d’exposer ce chapitre.
J’utiliserai « Dieu » lorsque je parlerai à la manière des chrétiens
et HaShem lorsque je parlerai à la manière des messianiques ou
des juifs. Je privilégierai cependant Yah ou YHVH lorsque je
parlerai de Lui car c’est le nom qu’Il nous a révélé, c’est SON Nom
et je le respecte.
Yeshua
Voilà le véritable nom de Jésus ! Eh non, il n’est pas là pour faire
juif ni pour judaïser. C’est Son nom de naissance. En hébreu,
Yeshua signifie « salut », « délivrance », « guérison ». « Jésus »
est une pure invention du Concile de Nicée sous l’emprise de
l’empereur Constantin. Ce n’est pas même une traduction de
« Yeshua ».
Le nom Jésus fait partie des nombreuses « adaptations » que le
Concile de Nicée a ratifiées, séparant le christianisme de ses
racines hébraïques pour le rattacher aux traditions et croyances
païennes de Constantin. Jésus vient de Je-Zeus ou Ye-Zeus,
contenant Zeus, le dieu de la mythologie grecque, que l’on peut
traduire de diverses manières :
- L’homme Zeus
- Zeus fait homme
Et en allant plus loin :
- « L’homme est dieu »
- « dieu fait à l’image de l’homme »

22
Sans compromis

Comme on le voit, il n’y a rien de commun avec le nom de


naissance de Yeshua, bien au contraire ! C’est le début de l’âge
sombre, là où l’homme se prend pour Dieu, là où il mélange sans
scrupule l’héritage biblique et le paganisme. Je vous recommande
à ce sujet l’excellent livre de Dominiquae Bierman : « Yeshua is
the name4 ».
J’utiliserai donc « Jésus » uniquement lorsque je parlerai à la
manière des chrétiens. Sinon, j’appellerai notre Seigneur par son
vrai nom : Yeshua.
Autres noms dans la Bible
Il serait cohérent d’appliquer la même règle pour tous les noms
figurant dans la Bible. Yerushalaïm pour Jérusalem, Moshe pour
Moïse, Shaul pour Paul, etc. Cependant je ne veux pas rendre la
lecture trop ardue ni indigeste. Vous vous y perdriez. Et moi
probablement avec vous. Nous prendrons cependant le temps
d’examiner certains noms et termes lorsque leur origine hébraïque
rencontre une signification particulière pour la compréhension du
texte.
Testaments ou Alliances
C’est à tort que nous utilisons le terme « Ancien Testament ». Son
véritable nom est « Première alliance ». De même, le « Nouveau
Testament » doit être nommé « Nouvelle alliance » voire, pour être
plus exact, « Alliance renouvelée ».
Cette différence n’est pas anodine : Ancienne opposée à Nouvelle
implique la fin de la première alliance et son remplacement par la

4
Dominiquae & Baruch Bierman - Kad-Esh MAP Ministries – [Link]

23
François C. Nadler

seconde. Et c’est exactement ce que les Pères de l’Église ont


délibérément voulu au IVème siècle. De fait, la première alliance
ne concernait que les juifs et la nouvelle alliance concernait les
chrétiens et ceux parmi les juifs qui se convertiraient – non pas à
Yeshua ni même à Jésus – mais au christianisme !
Or la première alliance n’a jamais été révoquée. Au contraire, elle
a été confirmée au travers de Yeshua comme alliance renouvelée
par son sacrifice à Golgotha.
Torah
Torah est le terme qui désigne les cinq premiers livres de la Bible,
soit le pentateuque ou livres de Moïse ou encore livres de la Loi.
Pour les juifs, la Torah se rapporte également aux édits oraux,
transmis de père en fils, au sein des familles et des écoles
rabbiniques. Le terme Torah est important, car lorsque nous
l’utilisons, nous évoquons précisément les lois, préceptes et
ordonnances que YHVH a transmis à son peuple dans la première
alliance. Lorsque nous évoquons la Torah, nous nous référons aux
règles d’hygiène relationnelles, corporelles et alimentaires que
YHVH a révélées afin que nous vivions sainement et
respectueusement envers Lui, envers notre prochain comme
envers nous-mêmes.
Tanach
Cet acronyme hébreu désigne l’ensemble des livres constituant la
première alliance, soit la Torah, les prophètes, les psaumes et les
autres écrits. Nous éviterons cependant d’utiliser ce terme et
donnerons préférence à Première Alliance pour plus de clarté.

24
Sans compromis

Mitzvots
C’est le terme qui réunit l’ensemble des 613 prescriptions que Yah
a transmises à Moïse outre les 10 commandements. Si le décalogue
reste LA base immuable de notre relation à YHVH, les Mitzvots
nous éclairent sur la manière de remplir ces 10 commandements.
Ils ont donc toute leur importance, autant pour le juif que le non-
juif !
Kasher (ou Kosher) et Kasheroute
En hébreu, ce terme signifie propre, bon, satisfaisant. Il désigne la
nourriture saine pour notre corps, notre esprit et notre âme
conformément aux Mitzvots.
La Kasheroute ou cacheroute est l’ensemble des définitions
judaïques pour la sélection et la préparation d’une alimentation
Kasher.
Chrétiens et messianiques
Étymologiquement, le chrétien est un adepte du christianisme.
Éthiquement, le chrétien est un adepte du christianisme qui
reconnaît en Jésus le Messie, Lui soumet sa vie et obéit à Sa Parole.
Le chrétien messianique est un adepte du christianisme qui renoue
avec les racines hébraïques de la foi. Il reconnaît généralement
Jésus comme le Messie, plus rarement Yeshua de son nom hébreu.
Malheureusement, beaucoup de chrétiens messianiques tombent
dans un folklore judaïsé, jouant aux petits juifs, croyant par-là
plaire à YHVH et honorer Israël. Ne leur jetons pas la pierre : la
limite entre « obéir à la Torah » et « tomber dans le judaïsme » est
très mince et – comme nous le verrons plus tard – pas si évidente
à définir.
25
François C. Nadler

Le juif messianique est un juif qui reconnaît en Yeshua le Messie.


Bien qu’ils soient très peu nombreux, certains d’entre eux se sont
convertis au christianisme et confessent Jésus plutôt que Yeshua.
Nous voyons cependant une nette augmentation de juifs qui –
s’étant converti à Yeshua – poursuivent leur route en acceptant
l’Évangile comme l’Alliance Renouvelée. Ils restent cependant
attachés à leurs racines et leurs coutumes hébraïques.
Fondamentalement, ces appellations n’ont aucune importance. Ce
qui compte, c’est notre engagement de cœur, notre conviction,
notre relation avec le Père et avec Yeshua. Historiquement, ces
termes portent cependant de lourdes conséquences : combien de
crimes, de sacrifices, de rejets, d’exclusions, de massacres ont eu
lieu au nom du christianisme ? Ce n’est pas sans raison que le
peuple juif se montre quelque peu « allergique » aux chrétiens et à
leur Jésus.
Vraisemblablement, nous devrons à l’avenir trouver un autre
terme, un autre nom que ceux existant pour définir un disciple de
Yeshua dans toute la profondeur de sa signification, dans tout ce
que cela implique dans sa vie…
Citations bibliques
Sauf indication contraire, toutes les citations bibliques sont tirées
de la Bible Second version de Genève 1979.

26
Sans compromis

3. 50 ans de cheminement
Bien que je l’aie déjà fait dans mon livre « l’électron libre », je
redonnerai ici mon témoignage, sous un aspect différent. Car
inévitablement, notre vécu influence notre réflexion comme notre
perception. Il aura toute son importance, car il est exactement à
l’image de ce qui devrait se passer dans l’Église. Non pas que je
me considère comme un modèle à suivre, Yah m’en préserve !
Mais bien plus parce que ma vie est profondément prophétique
pour notre époque.
Grâce aux prouesses de la généalogie, il m’a été donné de
retrouver les traces et l’origine de ma famille. Les Nadler sont des
descendants du prophète Nathan, tribu de Juda, maison de David.
Ils gardaient les troupeaux, cultivaient la terre et étaient chargés de
la confection des habits nécessaires au service du Temple.
Lors de l’invasion turque au XIème siècle, la famille a fui Israël
pour se réfugier au sud de la Transylvanie, à mi-chemin entre Arad
(Roumanie) et Szeged (Hongrie), où ils ont fondé le village de
Nădlac, devenu une petite ville depuis. Lors des guerres austro-
hongroises fin XIXème - début du XXème siècle, la famille a
progressivement fui son village pour se réfugier certains en Suisse,
d’autres en Allemagne. C’est alors qu’ils ont pris le nom de
Nadler, issu de Nădlac en yiddish5.
Alors que l’antisémitisme augmentait dangereusement, mes
grands-parents paternels – tous deux juifs – ont fui l’Allemagne
pour se réfugier en Suisse, à Obholz, commune du canton de
Thurgovie où la parenté s’était déjà installée et où elle cultivait la

5
Dialecte fait d’un mélange d’allemand, d’hébreu et d’autres langues slaves .

27
François C. Nadler

terre. Ils ont non seulement acheté la nationalité suisse, mais


également la confession réformée (!), dans l’espoir de se cacher
des nazis.
En raison de cet afflux de juifs en provenance de l’Allemagne, la
Suisse a jugé bon de se protéger. Ils ont alors exigé que les
passeports des juifs soient flanqués d’un ‘J’ rouge par les
Allemands et ils refoulèrent dès leur arrivée ces réfugiés vers
l’Allemagne. Par chance, mes grands-parents ont échappé aux
contrôles en déménageant à temps à Gléresse au bord du lac de
Bienne, forts de leur passeport suisse tout neuf, puis plus tard pour
des raisons professionnelles à la Chaux-de-Fonds.
Du côté maternel, il est plus difficile de remonter l’historique de
la famille notamment en raison du décès prématuré de ma grand-
mère alors que ma mère avait 7 ans. Néanmoins, nous savons que
cette grand-mère était juive et suisse, chapelière de métier et
qu’elle a épousé un bon suisse réformé.
Le mariage de mes parents était donc parfait pour satisfaire à la
fois la peur de l’antisémitisme et les traditions hébraïques : deux
réformés officiellement, d’origine juive officieusement !
Le nom Nadler est une forme de jeu de mots entre la racine
hébraïque Nad (errant, sans foyer, voyageur) et Nadeler (‘celui qui
manipule l’aiguille’ en Yiddish), rappelant à la fois le périple et la
profession initiale (couturiers) de la famille.
La peur que l’on puisse découvrir ses origines juives a habité ma
grand-mère paternelle toute sa vie. Au point qu’après le décès de
mon grand-père (j’avais alors 3 ans), elle a épousé un
antisémite notoire ! Je devrai attendre mes 20 ans pour que – lors

28
Sans compromis

d’une discussion entre quatre yeux – elle réponde à mes questions,


admette nos origines juives et me raconte enfin leur histoire. Sous
serment que je n’en parlerais à personne, tant que son deuxième
mari était en vie du moins ! Mais revenons quelques années en
arrière…
Bien que je sois donc juif de sang et de lait, j’ai été élevé dans un
joyeux mélange de christianisme, d’ésotérisme et de sorcellerie,
mes parents suivant allégrement les courants spirituels des années
60. En revanche, le judaïsme, on n’en parlait pas, on ne l’évoquait
même pas, c’était un sujet absolument tabou. En bons réformés qui
se respectent, mes parents m’envoyèrent suivre le catéchisme, plus
par tradition que par conviction. Je leur en suis aujourd’hui
reconnaissant.
Peut-être influencé par les expériences spiritistes auxquelles je
pouvais assister, j’avais dès mon plus jeune âge une curiosité et
une sensibilité spirituelle exacerbée. J’étais si fasciné que même
mes jeux en étaient imbibés. Ainsi, il m’arrivait souvent de jouer
que j’étais le représentant sur terre du Grand Roi de l’Univers,
aimé pour sa bonté, sa générosité, son amour, sa tendresse, sa
compassion. En tant que son représentant, parfois même son fils,
un prince, j’allais alors apporter par un miraculeux pouvoir
réconfort et guérison à qui en avait besoin en son nom. Et je ne
connaissais encore rien de la Bible. Incroyable, non ?
Quelle joie ce fut lors de la première leçon de catéchisme de
recevoir MA Bible ! J’en avais vaguement entendu parler par mes
parents, mais elle restait un mystère pour moi. Étant curieux de
nature, je n’attendais que le moment de la découvrir. Elle était
écrite petite et pour un jeune lecteur, c’était plus du déchiffrage

29
François C. Nadler

que de la lecture. Mais avec le temps, je m’y habituai et je ne tardai


pas à en retenir ses histoires fascinantes.
C’est peu après que j’ai commencé à déchanter : entre ce que je
lisais et ce que la catéchète nous racontait, il y avait un fossé.
Comme si elle ne parlait pas de la même Bible ou que sa Bible ne
contenait pas les mêmes histoires que la mienne. Par exemple, elle
nous raconta l’histoire de Daniel dans la fournaise. Mais Daniel
n’était pas dans la fournaise… Ce sont ses amis qui ont été jetés
dedans. Le fils prodigue était abattu de devoir garder les cochons,
car ils étaient sales et puants. Mais c’est parce que les cochons
étaient des animaux impurs pour lui que cela lui pesait !
De plus, on nous enseignait que la première alliance était qu’un
livre d’histoire, mais que maintenant, on devait suivre Jésus.
Malheur à moi : la première alliance me passionnait bien plus que
les Évangiles ! Car si je trouvais l’histoire de Jésus intéressante,
palpitante et que j’admirais ce qu’Il faisait, j’avais besoin de
comprendre pourquoi il faisait tout ça ? Le gamin typique qui
demande quinze mille fois ‘mais pourquoi ?’ à son papa…
Inconsciemment, j’avais saisi que la réponse se trouvait dans la
première alliance. Ne me demandez pas pourquoi… (sic).
Suivre Jésus… Je me rappelle le jour où, me surprenant à lire ma
Bible, mon père jeta un bouquin sur mon lit en me disant : « tiens,
si tu veux lire quelque chose d’intelligent ». C’était un livre d’un
moine tibétain qui parlait de voyage astral, de quitter son corps,
de l’homme spirituel, de méditation, de pouvoir spirituel, de
télépathie et j’en passe. Jeune adolescent, cela me passionnait et
j’ai dévoré tous les livres de ce moine. Pire, j’ai commencé à
mettre ces livres en relation avec ma Bible et expliquais les

30
Sans compromis

miracles que Jésus faisait par ces écrits. Là, la vie de Jésus
commençait sérieusement à m’intéresser. Le pauvre pasteur qui
nous préparait à la confirmation… il ne fut pas rare qu’en sortant
du catéchisme, il ait eu le visage blême de m’avoir écouté débiter
mes théories devant tout le groupe. Il me laissa néanmoins
confirmer, reconnaissant qu’au moins, je cherchais Dieu
sincèrement. Et il avait raison.
C’est lors d’une campagne d’évangélisation à Neuchâtel que j’ai
accepté de suivre Jésus. J’avais alors une vingtaine d’années. Je
n’ai pas assisté à la campagne elle-même, mais j’étais attiré par
cette tente plantée au Jeunes-Rives (un parc au bord du lac de
Neuchâtel) et ce groupe de jeunes qui semblait si uni. L’un d’entre
eux m’a invité à m’asseoir pour partager le repas. Il m’invita
ensuite à revenir le soir pour la rencontre. J’ai accepté, mais j’ai
préféré que nous allions parler ensemble au bord du lac plutôt que
d’assister à cet étrange rassemblement.
L’Esprit était vraiment sur lui ce soir-là. Il sut trouver les mots
justes, les liens justes entre l’ancien et le nouveau Testament. Il
m’a laissé notamment cette image, en me disant :
« Regarde ce lac : Dieu est tellement grand qu’Il peut le tenir dans
Sa main. Et Il te porte exactement de la même manière parce que
Jésus a donné sa vie pour que tu puisses avoir une relation de père
et fils avec Dieu ».
Voilà ce que je cherchais : une relation avec Le Père. Et je compris
ce soir-là que Yeshua, Son fils, avait payé le prix afin que mes
péchés, mes fautes, mes déviances ne soient plus un obstacle à
cette relation. Cette fois, je pouvais Le suivre.

31
François C. Nadler

« Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que


par moi ». Jean 14 :6

Ce soir-là, je suis rentré dans mon petit appartement, je me suis


mis à genoux et j’ai confié ma vie à Yeshua. J’ai ressenti alors une
vague d’une chaleur intense, comme une main qui se posait sur
moi, tellement grande qu’elle couvrait tout mon corps. Je n’ai plus
été capable de prononcer un seul mot, je n’ai plus été capable
d’entendre un seul son. Mon cerveau était comme éteint,
anesthésié. En fait, le Saint-Esprit a immédiatement fait le ménage
dans ma vie. Lorsque je me suis réveillé le lendemain matin, je
n’étais plus capable d’aligner deux mots cohérents de mes
fameuses théories ésotériques. Mon cerveau a été lavé,
reprogrammé. Je ne supportais plus la vue même de mes livres et
objets ésotériques. Je les ai amenés à la déchetterie le matin même.
Pourtant, personne ne m’avait suggéré de le faire… excepté le
Saint-Esprit.
Quelques semaines plus tard, j’ai rejoint une petite communauté
évangélique et j’ai demandé le baptême par immersion, tel que je
l’avais lu dans ma Bible. Comme j’étais organiste d’une paroisse
réformée de la région, je ne pouvais pas participer au culte
évangélique chaque dimanche. Mais dès que j’en avais l’occasion,
je m’y rendais, ne serait-ce que pour une soirée de prière ou
d’étude biblique. Quel contraste je voyais entre ma famille
protestante et ces amis évangéliques ! Pourtant, je restais plein
d’interrogations…
J’étais particulièrement attiré par la Torah. Je sentais qu’il y avait
un lien étroit qui m’échappait entre la Torah et l’Évangile, entre la
Torah et les écrits des Apôtres. Les prophètes aussi me parlaient

32
Sans compromis

beaucoup. Je pressentais une importance capitale entre leurs récits


et la nouvelle alliance. Mais le lien entre les deux alliances me
manquait. Il y avait un fossé que je n’arrivais pas à franchir ni à
combler. Une fois que j’ai découvert mes racines juives, j’ai
compris qu’il y avait également un lien entre mes origines, la
première et la nouvelle alliance. Mon héritage était étroitement lié
au Tanach. Alors, comment le réunir à l’Évangile ?
J’ai tenté d’en parler au pasteur, aux anciens ainsi qu’à d’autres
chrétiens. Mais leurs réponses ne me satisfaisaient pas :
- Tu comprends, l’Ancien Testament, c’était pour les juifs.
Nous, nous suivons Jésus. Ce qui est important, c’est
l’Évangile !
- Oui, mais je suis juif !
- Non François, tu n’es plus juif, tu es maintenant un
chrétien, tu dois l’accepter !
- (Lourd silence de ma part…)
Ainsi, accepter Jésus dans ma vie signifiait trahir mes propres
racines ? Je comprenais que mes grands-parents aient renié leurs
origines juives en raison de l’antisémitisme ; mais moi, pour
quelle raison le ferais-je ? Parce que je choisissais de suivre
Jésus ? Était-ce cela qu’Il entendait par renoncer à soi-
même (Matthieu16 :24 ; Luc 9:23 ; Marc 8:34) ? Quelque chose
ne concordait pas et surtout, quelque chose attristait le Saint-
Esprit.
Les années passaient, j’étais engagé dans le ministère prophétique,
je consacrais beaucoup de temps dans la prière et la méditation. Je
priais le Père, j’invoquais le Saint-Esprit, je priais au Nom de
Jésus, mais une relation intime avec Jésus restait ma pierre
d’achoppement. Lorsque je cherchais cette relation, j’avais
33
François C. Nadler

l’impression de me prostituer, comme si je désobéissais aux trois


premiers Commandements de YHVH (Exode 20:1-7). Plus le
temps passait, plus j’étais allergique à notre beau sapin de Noël et
ne pouvais plus voir nos petits lapins en chocolat se balader sur la
table au milieu des œufs durs colorés. Je ne voyais aucun lien entre
la manière dont nous célébrions ces fêtes et ce qui était écrit dans
ma Bible. Si quelqu’un a trouvé un petit lapin, des œufs durs et un
sapin lumineux dans la Bible, qu’il m’indique les références et je
me repens sur-le-champ !
Au début des années 90, j’ai invité Dominiquae Bierman6, juive
messianique israélienne, à donner un séminaire à Neuchâtel sur les
racines hébraïques de la foi. Cette rencontre a été décisive pour la
suite de ma vie : enfin je pouvais mettre des mots, enfin je pouvais
comprendre ce qui me perturbait tant mon cheminement. Ce fut un
réel soulagement de constater que non, je ne m’étais pas trompé ;
il y avait bien un grave problème avec le christianisme : son
divorce d’avec ses racines hébraïques pour un rattachement à
des racines païennes. Et c’était exactement ça qui, naturellement,
instinctivement, m’empêchait d’entrer dans une relation avec
Yeshua. Jésus était un sauveur paganisé alors que Yeshua est LE
Messie juif !
Ce fut un changement radical pour toute ma vie. Non seulement je
pouvais trouver une relation avec Yeshua, mais en plus, ma
compréhension de la Parole s’était élargie, réunissant cette fois
tout naturellement la première et la nouvelle alliance dans un

6
Aujourd’hui Archevêque Dr Dominiquae Bierman ; voir [Link],
[Link] et [Link]

34
Sans compromis

équilibre saint. J’ai persévéré à me renseigner, à me documenter


sur le sujet et j’ai finalement décidé de me former à la GRM Israeli
Bible School7. Diplômé de cette école, je poursuis ma route avec
notamment un objectif clair : dénoncer les mensonges du
christianisme et réconcilier l’Église avec ses racines
hébraïques.
Voilà, le petit garçon qui jouait qu’il était le fils du Grand Roi de
l’Univers avait trouvé sa place dans Son Royaume et a pu mettre
un nom sur ce Grand Roi : Yeshua Ha’Mashiah, Yeshua le Messie.
Après avoir été membre de diverses communautés et en avoir
visité beaucoup d’autres dans le cadre de mon ministère
prophétique, je suis aujourd’hui un ermite face à l’Église. Cette
distance me permet d’avoir un regard différent, distant et non
influencé par une dénomination particulière sur ce que je vois et
entend autour de moi.

7
Voir [Link]

35
François C. Nadler

36
Sans compromis

4. Israël – un peuple, une nation, une terre


Alors que je commence ce chapitre, une pluie de roquettes
est tirée depuis la bande de Gaza sur Jérusalem et Tel-
Aviv. Tout a commencé avec des heurts entre des
Palestiniens et les forces de l’ordre sur le Mont du Temple
à Jérusalem-Est. Comme d’habitude, les médias ne
montrent que ce qu’ils veulent bien, condamnant ces
‘méchants Israéliens’ qui font du mal à ces ‘pauvres
palestiniens’. Les photos circulent pourtant sur les réseaux
sociaux. Sur l’Esplanade des Mosquées (Mont du Temple),
des Palestiniens assis paisiblement avec des tas de pierres
méticuleusement préparés sur de petits tapis, attendant le
feu vert pour engager les hostilités. Une vidéo amateur
prise depuis un immeuble montre un groupe de
Palestiniens portant un adolescent mort sur une civière.
Curieusement, alors qu’une sirène retentit, le groupe pose
précipitamment la civière à terre et s’enfuit, puis le ‘mort’
sort lui-même de sa housse pour s’enfuir dans une autre
direction. Voilà ce qu’on ne nous montre pas…
Le monde entier tourne les yeux vers ce qui semble être le
début d’un conflit ouvert. La Turquie, la Syrie et l’Iran ont
déjà assuré leur soutien au Hamas à Gaza. La France et la
Suisse se sont clairement positionnées en faveur des
Palestiniens. Les États-Unis et l’Égypte ont déjà contacté
le gouvernement israélien pour qu’Israël calme le conflit.
Aucune demande similaire n’a été adressée au Hamas. Si
le conflit devait continuer et les Arabes s’engager
militairement aux côtés du Hamas, Jérusalem pourrait
bien tomber. Mon cœur saigne…

37
François C. Nadler

Église qui te prétend être l’héritière des promesses


données par YHVH à Abraham, ne sais-tu pas que ton
sort et celui d’Israël sont étroitement liés ? Jusqu’à
quand garderas-tu le silence ? Jusqu’à quand resteras-tu
inactive ?
4.1 Introduction
Comme par hasard, ces événements interviennent alors que je vais
aborder la question d’Israël. Je ne vous cache pas que cette nuit, je
n’ai pas beaucoup dormi, ayant passé mon temps à intercéder. Ce
n’est pas étonnant : l’ennemi de nos âmes n’a aucun intérêt à ce
que j’écrive ce chapitre, car l’enjeu est énorme, comme vous le
verrez.
Toute la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse, définit le plan de
YHVH pour – et avec – Israël. Tout est orienté sur un peuple qui
Lui sera consacré, sur une nation qui porte Son Nom, sur un lieu
où Il trône parmi Son peuple et tout est mis en place pour que ce
plan se réalise coûte que coûte. Pensez-vous que l’humanité
descend d’Adam et Eve ? Pensez-vous que le péché est entré dans
le monde par leur désobéissance ? Nous verrons que ce n’est pas
exactement ainsi que les choses se sont passées ; et ça a toute son
importance. Car si l’Éternel a élargi la promesse faite à Abraham
à toute chair qui se soumet à Lui, Israël est et reste le centre de Ses
préoccupations, la prunelle de Son œil. Cet avertissement est très
sérieux : savez-vous la douleur et la réaction qu’inflige un doigt
dans l’œil ? Oui, vous le savez ; nous l’avons tous expérimenté au
moins une fois. Alors, n’essayez même pas avec YHVH…
« Car celui qui vous touche [Israël], touche à la prunelle de Son
œil [YHVH] » Zacharie 2:8

38
Sans compromis

4.2 Au commencement
Genèse 1:1 « Au commencement, Dieu… ».
Le nom hébreu du premier livre de Moïse est Be’Reshiyth souvent
écrit Berechit, ce qui signifie entête ou commencement. Le
premier mot du premier verset de ce premier livre de Moïse est
Reshiyth, que nous avons traduit par Au commencement. Mais ce
mot veut également dire d’abord, en premier. « Dieu » est Elohim
en hébreu. Ce nom est pluriel et contient en lui-même l’essence de
la trinité « Père » (YHVH) « Parole8 » (Yeshua) et « Esprit »
(Ruah (terme féminin)).
Le message est clair et ne laisse aucune place au doute :
En premier, c’est Elohim ; avant toute chose, c’est Elohim et
Elohim seul. C’est d’abord Elohim avant la création et avant la
créature. Elohim est le premier, le commencement, le décideur, le
réalisateur. Il n’y a personne d’autre qu’Elohim pour dire ce
qu’Élohim devrait faire ni comment Élohim devrait procéder.
Elohim ne discute pas, Élohim est. Et Elohim est un (Echad en
hébreu), même pluriel. Elohim est un comme un seul ‘homme’.
Elohim est un signifie qu’Elohim est [d’accord avec][en accord
avec][uni dans] Elohim. Ce que dit YHVH est en accord avec la
Parole et l’Esprit. Ce que dit la Parole est en accord avec YHVH
et l’Esprit et ce que dit l’Esprit est en accord avec YHVH et La
Parole. Toute chose commence donc par Elohim et Elohim est au
commencement de toute chose, donc devrait l’être lorsque nous
commençons quelque chose.

8
Voir Jean 1:1-4

39
François C. Nadler

Rappelons-nous bien cela lorsque nous mettons en discussion Ses


commandements, Ses décisions, y compris ce qui concerne Israël,
que ce soit sur le plan politique, historique, social, économique ou
spirituel ! Il ne suffit pas de prier « YHVH, merci de nous conduire
par ton Esprit-Saint, au Nom de Yeshua, Amen ». Car je vous le
dis, notre esprit aura très vite fait de reprendre le dessus et nous
prouvera par A+B que nous avons raison, même si nous avons tort.
Pire encore, nous ferons tout notre possible pour appuyer par la
Parole que notre raisonnement est juste, quitte à extraire des
versets de leur contexte pour justifier notre point de vue. C’est
exactement ainsi que nous fonctionnons et c’est exactement par ce
biais que nous faisons de nos mensonges une pseudo-vérité.
Élohim en premier, c’est d’abord une attitude de vie. C’est
pourquoi les juifs orthodoxes en particulier récitent des prières –
les Kidouches - dès le moment où ils se réveillent le matin : « Béni
soit l’Éternel, le Roi de l’Univers, qui m’a permis de me réveiller
en vie ce matin encore ! » par exemple. Et chaque acte qui suivra,
de l’habillement au petit déjeuner en passant par le lavage des
mains et du visage, fera l’objet d’une prière, d’un rappel de la
Torah, d’une obéissance aux Mitzvots. Toute sa journée, jusqu’à
son coucher, sera marquée de rappels de la Torah, replacera
Élohim en premier.
Bien sûr, cela nous paraît extrême, cela nous semble très religieux.
Mais ne jugeons pas trop vite et plaçons Élohim en premier. Pour
l’illustrer, je vais prendre un exemple : le lavage des mains dans
la demi-heure qui suit le levé en le replaçant dans son contexte :
Les Mitzvots ont été donnés à Moïse alors que le peuple
d’Israël était dans le désert. Ils vivaient sous tente,

40
Sans compromis

dormaient à même le sol, sur des nattes ou des tapis. Ces


tentes, ces nattes, ces tapis, les coussins, tout avait voyagé
durant la journée à dos d’âne ou de chameau. Ils ont donc
pris la poussière du désert. Même s’ils étaient secoués
avant d’être installés, il restait inévitablement de la
poussière dans tout, y compris les habits. Il était donc
parfaitement normal que leur couche ne soit pas aussi
hygiénique que nos draps de lit.
Durant le sommeil, nous ne contrôlons pas nos
mouvements. Nous allons nous déplacer, nous retourner,
nos mains, nos bras, nos jambes, notre visage vont toucher
nos draps, nos coussins, nos cheveux, notre peau, etc. Nos
mains vont donc se charger de poussière, de saletés, de
microbes, de bactéries, de transpiration, etc. et ne pourront
plus être considérées comme propres. Imaginez que vous
touchez les aliments de votre petit déjeuner et les portez à
votre bouche avec des mains sales…
Oh ! Sagesse infinie d’Élohim ! Il avait prévu le coup,
comme on dit. L’ordre de se laver les mains9 dans la
première demi-heure, soit une fois levé, habillé et
certainement notre premier pipi fait, est une règle
d’hygiène simple et cohérente ! Elle n’a rien plus rien de
religieux. Par curiosité, j’ai fait l’expérience. Pourtant – je
vous rassure – je n’habite pas sous tente ni dans le désert…
Eh bien qu’elle ne fût pas ma surprise de constater
qu’effectivement, même en dormant dans un bon lit propre,
mes mains étaient sales lorsque je me les suis lavées à mon
levé, les traces de savon ne laissaient aucun doute !

9
Cette règle fait partie du Talmud, la loi orale
41
François C. Nadler

Mes ‘principes’, selon ‘l’éducation chrétienne’ que j’ai reçue, est


que si l’hygiène est importante, ‘nous ne sommes plus sous la loi’.
Donc je me laverai les mains parce que la situation l’exige, mais
en aucun cas ‘parce que la Torah me le demande’. Je séparerai
ainsi mon quotidien de ma relation avec YHVH, j’en ferai deux
mondes distincts. En revanche, si je place Élohim en premier, je
reconnais la sagesse de ce Mitzvot et Le remercie d’avoir inculqué
ces règles d’hygiène à notre civilisation, de les avoir gravées dans
mon cœur10, je respecterai les Mitzvots parce que faisant partie de
la Torah, ils ne font qu’un en Élohim [Père][Parole][Esprit].
Mon quotidien et ma relation avec YHVH ne font alors également
plus qu’un. Elohim est en premier, non seulement dans mes
pensées, mais également dans mes actes. Elohim est en premier,
déjà par mon existence elle-même. Sans Elohim, je n’existerais
même pas.
Nous reviendrons sur la question de la loi et des Mitzvots dans un
autre chapitre. Ici, ce qui m’intéresse, c’est que « Au
commencement, Dieu… » trouve sa place légitime et cohérente
dans tout ce que j’entreprends, ce que je médite, ce que j’entends,
ce que je dis. De même qu’il y a cette unité parfaite dans le Elohim
pluriel, je tends à cette unité parfaite dans mon quotidien. Élohim
en premier, c’est quitter le religieux pour entrer dans la foi. C’est
être un avec moi-même et être un moi-même avec Lui, Père,
Parole et Esprit. C’est exister en Lui et par Lui.

10
Jérémie 31:33

42
Sans compromis

4.3 L’humanité
Lorsque nous lisons les premiers chapitres de la Genèse, nous le
faisons malheureusement comme une succession d’événements
suivis. Or ce n’est pas le cas. Il y a des temps de latence, durant
lesquels d’autres événements se sont produits, dont les faits seront
relatés plus tard dans la première et la nouvelle alliance.
Le premier temps de latence se situe entre le premier et le second
verset du premier chapitre. Dans le premier verset, il est dit que
« Dieu créa les cieux et la terre ». Lorsque YHVH crée quelque
chose, lorsqu’Il dit quelque chose, lorsqu’Il fait quelque chose, la
chose est parfaite, vivante, claire parce qu’elle vient de Lui qui est
parfait, vivant et clair. Or dès le deuxième verset, nous sommes
confrontés à un univers chaotique, ténébreux et informe. YHVH
peut-il créer un tel univers ? Dès le troisième verset, nous Le
voyons à l’œuvre pour mettre de l’ordre dans la création. Il s’est
donc passé quelque chose entre le moment où Il a créé les cieux et
la terre et le moment où Il vient y mettre de l’ordre. Je reviendrai
sur ce temps de latence dans un autre chapitre. Vous trouverez
passablement d’informations dans mon livre Enquête en Eden à ce
sujet. Ce qui va nous intéresser ici, c’est le deuxième temps de
latence qui se situe au deuxième chapitre, entre le septième et le
huitième verset.
• Le chapitre 1:2 à 25 traite de la création du monde, de la
planète au sein du système solaire et de ce qui l’habite au
niveau végétal et animal.

43
François C. Nadler

• Genèse 1:26 à 31 parle spécifiquement de la création de


l’Adam, l’homme/femme11, créature humaine faite à
l’image de YHVH.
• Le chapitre 2:1 à 7 est un résumé du premier chapitre.
Nous avons donc la terre et tout ce qu’elle contient au sein de
l’univers, tel que nous la connaissons, et nous avons une créature
humaine que YHVH va investir d’une mission :
« Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et assujettissez-
là ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel,
et sur tout animal qui se meut sur la terre ». Genèse 1:28-29

Le texte va se poursuivre avec la création du jardin d’Eden :


« Puis l’Éternel Dieu planta un jardin en Eden… » Genèse 2:8

Toutes les traductions ne sont pas unanimes quant au premier mot


« Puis ». Certaines utilisent « Et », d’autres ne mettent rien. La
traduction littérale hébreu-français12 commence directement par
« L’Eternel-Dieu planta un jardin en Eden ».
Ces différences trahissent cependant une notion de continuité
plutôt que de simultané dans la création du jardin d’Eden. Une fois
que toute la création est en place et que l’humain l’habite, le jardin
est alors créé. Il n’existe pas à l’origine de la création, il intervient
plus tard. Ce qui corrobore cette observation est le texte suivant
dans l’histoire de Caïn et Abel :

11
Adam en hébreu contient autant le masculin que le féminin. Ils ne font qu’un .
12
Texte hébraïque selon la version massorétique, sous la direction du Grand-
Rabbin Zadoc Kahn, Éditions Salomon, Jérusalem.

44
Sans compromis

« Voici, tu me chasses aujourd’hui de cette terre ; je serai errant


et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. »
Genèse 4:14

Caïn est le fils aîné d’Adam et Eve. Si je suis la logique chrétienne


qui voit en Adam et Eve les premiers humains dont toute
l’humanité descend, Caïn serait donc le troisième être humain sur
la terre. D’où sortent alors ces ‘quiconque’ auxquels Caïn fait
allusion et au sujet desquels YHVH ne dément pas l’existence ?
« L’Éternel lui dit : si quelqu’un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept
fois. Et l’Éternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le
trouverait ne le tue point ». Genèse 4:15

Plus loin, il est dit :


« Caïn connut sa femme… » Genèse 4:17

Si Adam et Eve sont les premiers humains, si Caïn est leur fils
aîné, alors d’où sort cette femme aussi loin d’Eden ?
Il paraîtrait donc que l’humanité s’est développée à partir de deux
souches distinctes :
• L’humain créé en Genèse 1:26-31 qui se multipliera à la
surface de la terre tel que l’Eternel l’a ordonné, que Caïn
rejoindra, de laquelle il obtiendra une descendance
(Genèse 4:17-24) et dont nous n’entendrons apparemment
plus parler après Lémec.
• L’humain placé en Eden en Genèse 2:15-25, qui deviendra
Adam et Eve au chapitre 3:20 mais dont les événements
écrits nous permettent de les identifier comme tels en

45
François C. Nadler

Genèse 2, et dont la descendance nous conduira jusqu’à


Noé.
Ces deux souches ne vous disent-elles rien ?
« Or, si les prémices sont saintes, la masse l'est aussi ; et
si la racine est sainte, les branches le sont aussi. Mais si
quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi,
qui étais un olivier sauvage, tu as été enté à leur place, et
rendu participant de la racine et de la graisse de l'olivier,
ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te
glorifies, sache que ce n'est pas toi qui portes la racine,
mais que c'est la racine qui te porte.
Tu diras donc : Les branches ont été retranchées, afin que
moi je fusse enté. Cela est vrai ; elles ont été retranchées
pour cause d'incrédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne
t'abandonne pas à l'orgueil, mais craint ; car si Dieu n'a
pas épargné les branches naturelles, il ne t'épargnera pas
non plus. Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu :
sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu
envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté ;
autrement, tu seras aussi retranché. Eux de même, s'ils ne
persistent pas dans l'incrédulité, ils seront entés ; car Dieu
est puissant pour les enter de nouveau. Si toi, tu as été
coupé de l'olivier naturellement sauvage, et enté
contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus forte
raison eux seront-ils entés selon leur nature sur leur
propre olivier. » Romains 11:16-24

L’Apôtre Paul parle de ces deux souches : l’olivier franc ou sain


et l’olivier sauvage. L’olivier sauvage s’est développé au sein de

46
Sans compromis

la création sur toute la terre. L’olivier franc, lui, a été développé


en Eden, dans le jardin parfaitement soigné que l’Éternel a planté ;
il est l’olivier dont l’Éternel prend Lui-même soin. En d’autres
termes, et suivant la logique à la fois de l’élection d’Adam et Eve
en Eden et l’élection d’Israël représenté par l’olivier franc selon
Paul, je ne prends que peu de risques à affirmer que :
Eden, Adam et Eve ne sont ni plus ni moins que les prémices
de ce qui deviendra Israël, le choix libre et délibéré de YHVH
Elohim [Père][Parole][Esprit] en premier dès la création du
monde de se choisir un peuple se distinguant des autres peuples
par son élection et sa mise à part en Eden.
Ce qui étaye encore cette affirmation est le début de Genèse 6 :
« Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face
de la terre, et que des filles leur furent nées, les fils de Dieu virent
que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour
femmes parmi toutes celles qu'ils choisirent. Alors l'Éternel dit :
Mon esprit ne restera pas à toujours dans l'homme, car l'homme
n'est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans.
Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils
de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu'elles leur
eurent donné des enfants : ce sont ces héros qui furent fameux dans
l'antiquité. » Genèse 6:1-4

Le texte fait une distinction entre les fils de Dieu et les filles des
hommes. Nous sommes confrontés à deux type de population,
l’une sortant d’Eden, descendance d’Adam (fils de Dieu) et l’autre
descendance de l’humanité déjà présente au moment où le jardin
fut planté (filles des hommes).

47
François C. Nadler

Ma curiosité est excitée par ces géants qui étaient sur la terre en
ce temps-là. Qui sont-ils ? D’où sortent-ils ? Quelles sont leurs
origines ? La Torah ne nous donnera aucune réponse claire ; mais
je note leur présence et serais presque tenté de dire que nous
aurions à faire à un troisième type de population.
Dans un enseignement vidéo13, l’Archevêque Dr Dominiquae
Bierman suggère que les fils de Dieu étaient les anges déchus, soit
des démons, et qu’ils se sont accouplés avec les filles des hommes,
soit des humains, donnant naissance à ces héros qui furent fameux
dans l’antiquité. Si je n’ai aucun doute que des démons puissent
habiter le corps d’un humain – nous en avons beaucoup
d’exemples dans les Evangiles – j’ai plus de difficultés à rejoindre
l’idée de leur capacité de s’accoupler avec des humains. Cela
impliquerait non seulement que les anges – déchus ou non – soient
capables de procréer, donc d’être sexués, mais également qu’ils
puissent prendre une « forme humaine », au lieu d’occuper du
corps d’un humain. En ce qui me concerne, je laisserai la question
ouverte.
Il en va de même avec ces héros qui furent fameux dans l’antiquité.
Nous ne savons pas qui sont ces héros. Et rien ne nous permet
d’évaluer la période concernée définie comme « antiquité ». Car
le terme utilisé en hébreu Olam peut tout autant signifier antiquité,
futur et éternité ! Nous ne pourrions que spéculer. YHVH n’a pas
jugé nécessaire de nous donner plus de précisions à ce sujet, alors
laissons cela de côté pour nous concentrer sur la race humaine.

13
[Link]

48
Sans compromis

4.4 D’Adam à Noé


Si vous lisez attentivement la postérité d’Adam (Genèse 5), un
homme sort du lot : Hénoc.
« Hénoc, âgé de soixante-cinq ans, engendra Metuschélah. Hénoc,
après la naissance de Metuschélah, marcha avec Dieu trois cents
ans ; et il engendra des fils et des filles. Tous les jours d'Hénoc
furent de trois cent soixante-cinq ans. Hénoc marcha avec Dieu ;
puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit. » Genèse 5 :21-24

Hénoc est le seul dont il est précisé qu’il « marcha avec Dieu » et
le seul qui ne mourra pas, mais qui sera enlevé : « parce que Dieu
le prit ». De toute la postérité, il est celui qui aura vécu le moins
longtemps (365 ans).
Suivra au chapitre 6 un constat affligeant :
« L'Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la
terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque
jour uniquement vers le mal. L'Éternel se repentit d'avoir fait
l'homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. Et l'Éternel dit :
J'exterminerai de la face de la terre l'homme que j'ai créé, depuis
l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel ;
car je me repens de les avoir faits. » Genèse 6 :5-7

Quel contraste avec Hénoc !


Voici un homme qui marche avec YHVH et qui obtiendra pour
récompense de sa fidélité la vie éternelle. Il a marché avec YHVH
et il conservera cette intimité entre la créature et son Créateur pour
toujours. Voilà ce qui plaît à YHVH. Voilà un homme selon Son
cœur.

49
François C. Nadler

Et en face nous trouvons ces hommes dont le cœur se portait


chaque jour uniquement vers le mal nous précise le texte. Je suis
frappé par l’étendue de l’affliction de YHVH : c’est la méchanceté
des hommes qui est grande, et même les animaux vont en payer le
prix alors qu’ils n’y peuvent rien ! YHVH serait-il donc injuste ?
Oh non, certainement pas. Nous apprenons simplement que
YHVH a un cœur, des sentiments, des émotions. Il est sensible à
ce que nous faisons, ce que nous disons, ce que nous pensons. La
relation Lui importe avant tout, tel Hénoc qui marchait avec Lui.
Il peut être heureux de trouver des Hénoc et les bénir
éternellement ; mais Il peut tout aussi bien être affligé par nos
comportements et entrer dans une Sainte Colère !
Rappelons-nous bien cela lorsque nous sommes tentés de
considérer le salut en Yeshua comme une assurance tout risque !
Le salut est pour celles et ceux qui marchent avec YHVH comme
Hénoc. Ce n’est pas parce que je dis « oui, Yeshua est le Fils de
YHVH, le Sauveur du monde » tout en faisant ce qui est mal aux
yeux de YHVH que j’obtiens le salut ! Nous brandissons
victorieusement les paroles de Paul :
« Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans
ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé ».
Romains 10:9

Mais nous omettons volontiers le contexte dans lequel Paul l’a


exprimé ! Car l’Apôtre s’adresse à des croyants qui, cherchant à
marcher dans les voies du Seigneur, étaient confrontés au
dilemme du salut par les œuvres ou du salut par la foi. Ce verset
n’est en aucun cas un passe-droit pour vivre n’importe comment,
pour faire n’importe quoi, « parce que de toute façon je serai

50
Sans compromis

sauvé ! ». C’est tout le danger que représente ce christianisme qui


– à coup de versets bibliques – se forge une éthique chrétienne à
laquelle YHVH serait censé adhérer. Une telle attitude est juste
bonne à provoquer – justement – Sa Sainte Colère…
Ce n’est pas parce que j’assiste à la messe ou au culte le dimanche
matin ainsi qu’aux fêtes chrétiennes, voire que j’adresse
occasionnellement une prière au bon Dieu que je serai considéré
comme un Hénoc, malgré tout le bien que je pourrais faire autour
de moi. Ce n’est en aucun cas mon appartenance à une Eglise –
quelle que soit sa dénomination – que je serai sauvé. L’Eglise ne
sauve pas. Elle est sensée nourrir notre foi. Hénoc entretenait une
relation avec l’Éternel, il marchait avec YHVH dans la
dynamique de Élohim en premier, « avant toute chose, YHVH ».
C’était un art de vivre et non une attitude du dimanche matin. Il
n’existait pas de séparation entre une vie spirituelle et une vie de
tous les jours.

4.5 Le déluge en questions


Le correcteur orthographique de mon logiciel veut
absolument enlever le « s » de « question » dans mon
sous-titre. Je veux ce « s » pour bien signifier que « le
déluge pose des questions » et non « je mets en doute le
déluge ». Il réagit comme les académiciens l’ont défini :
« si tu écrits ‘le déluge en questions’, c’est que tu veux
dire que ‘tu le mets en doute’, donc tu enlèves le ‘s’ à
‘question’ », ignorant ce que JE veux dire. En acceptant
sans me poser de question la suggestion de mon
correcteur, je changerais le sens de ma phrase pour
convenir aux dogmes académiques.

51
François C. Nadler

Il agit de la même manière que les dogmes chrétiens :


parce que les Pères de l’Église ont réfléchi des siècles
durant à la Parole pour en tirer des dogmes, je serais censé
suivre ces dogmes sans me poser de question et adhérer à
ce que ces dogmes me suggèrent. C’est ainsi que nous
manipulons – volontairement ou non – l’avis du « tout-un-
chacun ». En acceptant ces dogmes, je ne me pose plus de
question, je suis le mouvement comme un petit mouton.
Mais comme je l’ai déjà affirmé, ce n’est pas gagné avec
moi : je ne serai jamais un petit mouton dans l’Église. Je
veux Élohim en premier dans ma relation avec Lui, dans
ma lecture de la Parole et son application dans ma vie de
tous les jours, je suis Sa brebis à Lui seul.
Pendant des années, j’ai lu le récit du déluge comme un livre
d’histoire, sans accorder d’importance aux détails mentionnés.
Comme la majorité d’entre nous, j’ai accepté que le déluge a
couvert toute la planète d’eau, tuant toute forme de vie excepté
celles sauvegardées dans l’arche de Noé. C’est ainsi qu’on m’a
enseigné l’histoire du déluge, c’est ainsi qu’elle est prêchée, c’est
ainsi qu’elle est comprise. Tout va bien dans le meilleur des
mondes : les dogmes sont saufs. Pourtant, si YHVH a donné un
certain nombre de précisions – comme les dimensions de l’arche
par exemple – ce n’est certainement pas sans raison.
Il n’en fallait pas moins pour que le petit curieux que je suis
vienne poser des questions, des questions qui dérangent et qui
pourraient bien changer l’histoire. Je ne mets en aucun cas en
doute ni le déluge, ni l’arche, ni Noé, ni les raisons et les

52
Sans compromis

conséquences du déluge. C’est le cadre du déluge qui est


concerné. Mais voyez plutôt14.
Je vais d’abord poser un certain nombre de constats :
4.5.1 Localisation des événements
• Sur la base des rares éléments que la Torah nous donne, le
jardin d’Eden se serait situé au nord-ouest du Golfe
Persique, bien que sa localisation exacte ne soit pas
possible. Certains le localisent plutôt au sud de l’Arménie.
Ce que je retiendrai, c’est qu’il se trouvait au Moyen-
Orient.
• Noé, descendant d’Adam et Eve, habitait la région proche
du Jardin d’Eden. En Genèse 5:29 évoque la terre maudite
par l’Éternel, soit la terre où furent expulsés Adam et Eve
et leurs descendants. Si nous ne pouvons donner de
localisation précise, nous pouvons néanmoins déduire que
Noé habitait au Moyen-Orient.
• Lorsque l’arche se posa sur la terre ferme après le déluge,
le Torah nous parle du « Mont Ararat ». Si sa localisation
exacte fait elle aussi défaut, les évaluations possibles se
concentrent néanmoins toutes au Moyen-Orient, en
Turquie orientale semble-t-il.
• Au chapitre 10 de la Genèse, la Torah évoque le
repeuplement des nations au travers des fils et
descendants de Noé. Toutes les villes citées se trouvent au
Moyen-Orient.

14
Je vous encourage à effectuer des recherches sur Internet concernant les
constats que je vais poser.
53
François C. Nadler

• Abram descend de la lignée de Noé. Il se trouvait à Ur en


Chaldée lorsque YHVH l’appela, au nord-ouest du Golfe
persique, soit au Moyen-Orient.
• Toute l’histoire d’Israël, depuis Abraham jusqu’à Yeshua
se déroule au Moyen-Orient.
• Il faudra attendre la « nouvelle alliance » pour que l’on
commence à évoquer d’autres nations situées hors du
Moyen-Orient (en particulier la Rome antique et la
Grèce).
• En guise de synthèse pour ces points, nous constatons que
toute l’histoire du peuple hébreu depuis Adam et Eve
jusqu’à Yeshua, se situe au Moyen-Orient. Même si ce
constat semble évident pour celles et ceux qui lisent la
Bible, il convient de le souligner, car cela aura son
importance dans cette réflexion.
Continuons avec des aspects plus scientifiques :
4.5.2 L’arche de Noé
• En Genèse 6:15, YHVH donne les dimensions de l’arche
à Noé. En résumé, elle faisait la moitié de la longueur du
Titanic (soit environ 135m), ses trois ponts offraient un
espace de 8900m2 pour un volume total de 40’000m3.
Pour l’époque, c’était un ouvrage remarquable et une
prouesse architecturale15 !

15
Source : [Link]

54
Sans compromis

Selon Jan Pawlowsky de l’Université de Genève 16, il existe 1


million d’espèces terrestres identifiées, dont 26'000 sont des
vertébrés, les autres appartenant aux insectes et araignées. Le site
[Link] estime cependant le nombre d’animaux sur terre
avoisine les 7 millions dont 90% seraient constitués par les
insectes. Il rejoint toutefois Jan Pawlowsky en soulignant que
seules environ 1 million d’espèces sont répertoriées à ce jour.
L’Éternel ordonna à Noé de prendre 7 couples de chaque espèce
d’animaux purs, 7 couples par espèce d’oiseaux et 1 couple de
chaque espèce d’animaux impurs17.
• À ce moment, la Torah ne précise pas encore quels
animaux sont considérés comme purs et impurs. Il faudra
attendre Moïse pour que nous disposions de cette
précision. Pour nous simplifier la tâche, même si Noé
n’avait pris qu’un couple par espèce, cela représenterait
52'000 animaux à bord du navire rien que pour les
vertébrés, ce qui est déjà impressionnant.
Mathématiquement, cela représente 6,3 animaux par
mètre carré ou 0,7 animal par mètre cube, à condition de
remplir tout l’espace disponible uniquement avec eux,
sans espace de stockage de la nourriture ni espace de
mouvement et de circulation d’air.
• Il faudra compter que la surface comme le volume de
l’arche doivent se répartir entre l’espace nécessaire aux
animaux, à ce qu’ils puissent bouger un minimum ou du
moins se coucher, à leur nourriture et à laisser circuler de

16
Source : [Link] – découverte – sciences et environnement – animaux
et plantes
17
Genèse 7:2
55
François C. Nadler

l’air respirable. À moins que l’Éternel ne les aient plongés


dans un coma artificiel, ce que la Torah ne nous dit pas.
• Noé est rentré à 600 ans dans l’arche le 2ème mois au 17ème
jour18 pour en sortir à 601 ans, le premier jour du premier
mois19, soit presque 11 mois plus tard. À moins d’un
miracle, la quantité de nourriture pour survivre, les
animaux, lui et sa famille, devait être impressionnante.
• Considérons que le déluge a concerné toute la planète :
o La surface totale de la terre est d’environ
150'000'000 de km2.
o L’altitude moyenne est d’environ 840m.
o Le sommet le plus haut est presque à 8850m.
Tenant compte que la Torah dit que les eaux montèrent ‘8 mètres
au-dessus de la plus haute montagne’20, nous pouvons évaluer la
profondeur des eaux à 8km. Il serait donc tombé l’équivalent de
1,2km3 d’eau en 40 jours, soit presque l’équivalent de l’eau
existant sur la terre. En d’autres termes, le niveau d’eau se serait
élevé de 200 mètres par jour !
4.5.3 De l’hébreu
Deux termes hébreux sont utilisés traduisibles par le mot ‘terre’ :

18
Genèse 7:11
19
Genèse 8:14
20
Genèse 7:20

56
Sans compromis

• Erets peut signifier terre dans une dimension planétaire,


territoriale ou régionale. Erets peut donc être compris
comme ‘planète terre’, ‘la terre du Moyen-Orient’ ou ‘la
terre d’Israël’ par exemple.
• Adamah définit la ‘terre’ en tant que matériau. ‘Adamah’
comme ‘sol cultivable’ ou comme le matériau qui
constitue ce sol.
Le terme Har est communément traduit par ‘Montagne’, mais il
peut tout aussi bien signifier ‘mont’, ‘colline’, ou ‘région de
collines’.
Prenons maintenant un extrait de Genèse 7 et voyons ce que dit le
texte. Je vous encourage par ailleurs à lire le récit du déluge dans
une Bible avec strongs21 et d’y rechercher ces termes.
« 1 L'Éternel dit à Noé : Entre dans l'arche, toi et toute ta maison
; car je t'ai vu juste devant moi parmi cette génération. Tu
prendras auprès de toi sept couples de tous les animaux purs, le
mâle et sa femelle ; une paire des animaux qui ne sont pas purs,
le mâle et sa femelle ; sept couples aussi des oiseaux du ciel, mâle
et femelle, afin de conserver leur race en vie sur la face de toute
la erets. Car, encore sept jours, et je ferai pleuvoir sur la erets
quarante jours et quarante nuits, et j'exterminerai de la face de
la adamah tous les êtres que j'ai faits. Noé exécuta tout ce que
l'Éternel lui avait ordonné. Noé avait six cents ans, lorsque le
déluge d'eaux fut sur la erets. Et Noé entra dans l'arche avec ses
fils, sa femme et les femmes de ses fils, pour échapper aux eaux
du déluge. D'entre les animaux purs et les animaux qui ne sont

21
Répertoire numéroté des termes utilisés dans la Bible. Vous pouvez les
trouver sous [Link]
57
François C. Nadler

pas purs, les oiseaux et tout ce qui se meut sur la adamah, il entra
dans l'arche auprès de Noé, deux à deux, un mâle et une femelle,
comme Dieu l'avait ordonné à Noé.
[…]
17 Le déluge fut quarante jours sur la erets. Les eaux crûrent et
soulevèrent l'arche, et elle s'éleva au-dessus de la erets. Les eaux
grossirent et s'accrurent beaucoup sur la erets, et l'arche flotta
sur la surface des eaux. Les eaux grossirent de plus en plus, et
toutes les hautes har qui sont sous le ciel entier furent couvertes.
Les eaux s'élevèrent de quinze coudées au-dessus des har, qui
furent couvertes. »
4.5.4 Les questions qui se soulèvent
• Si Noé a su construire une arche aussi gigantesque, c’est
qu’à son époque la construction navale était déjà connue.
Habitant proche de la mer, les gens s’y déplaçaient
également en bateau. Ce que nous ne savons pas, ce sont
les distances qu’ils étaient capables de parcourir. Leurs
bateaux étaient certainement à rames ou à voiles, ce qui
impose des voyages de très longue durée, tels qu’ils sont
décrits bien plus tard dans les récits de Fernand de
Magellan, de Christophe Collomb ou de Marco Polo par
exemple.
• Les récits dès le Moyen-âge décrivent la découverte de
certains continents et de certaines îles. Noé les
connaissait-il ? Si oui, comment se fait-il qu’on les ait
oubliés ? Ou alors effectuait-il des voyages moins
lointains ?

58
Sans compromis

• Même avec les bateaux les plus modernes, la mer, les


océans peuvent se montrer traîtres et cruels. S’il a effectué
des voyages au bout de la terre, comment Noé a-t-il fait
pour vaincre ces éléments ? Certes, l’Éternel était avec
lui ; malgré tout, il aurait été confronté aux vagues
scélérates, à la haute houle, aux violentes déferlantes…
• Nous savons que Noé avait 600 ans lorsqu’il est rentré
dans l’arche. Nous ne savons cependant pas à quel âge il
a reçu les instructions de YHVH. De combien de temps
disposa-t-il pour réunir les animaux de chaque espèce,
sachant les voyages que cela représentait ? Le kangourou
d’Australie, le bison d’Amérique, le pingouin du
Groenland, l’ours polaire de l’Arctique, l’éléphant d’Asie,
l’okapi d’Afrique centrale, le macaque japonais et nous
pourrions élargir encore la liste, comment a-t-il fait pour
aller les chercher et combien de temps cela a-t-il pris ?
• Au vu des dimensions de l’arche, est-il réellement
imaginable qu’elle ait pu contenir plus de 56'000 espèces
animales, sans compter les invertébrés ni les insectes ?
• Noé lâcha un corbeau partant et revenant jusqu’à ce que
les eaux aient séché à la surface de la Terre22. Quelle
distance ce corbeau a-t-il parcourue ? Puis il lâcha une
colombe23. Après un premier voyage infructueux, elle
ramera un rameau d’olivier lors de sa sortie de l’arche.
Pour elle aussi, quelle distance a-t-elle parcourue ? Les
150 millions de kilomètres carrés de la terre ?

22
Genèse 8:7
23
Genèse 8:8-11
59
François C. Nadler

Certainement pas ! L’olivier pousse sous un climat


méditerranéen. Nous savons qu’il y a une limite d’altitude
à partir de laquelle les arbres ne poussent plus. À quelle
altitude la colombe a-t-elle trouvé son rameau d’olivier et
à quelle distance de l’arche ?
• Nous avons vu que pour couvrir la planète, il faudrait
1,2 milliard de km3 d’eau. D’où cette eau est-elle venue ?
Et où est-elle repartie ? Le sol est capable d’en assimiler
une partie, mais certainement pas une telle quantité !
L’évaporation pourrait-elle expliquer la disparition de
toute cette eau ?
• L’arche n’avait ni voiles ni rames. Elle était livrée à elle-
même. A la fin du déluge, YVHV fit souffler un vent à la
surface des eaux24. Inévitablement, ce vent a déplacé
l’arche, seul obstacle à la surface des eaux. Au vu de ses
dimensions et de son poids, tenant compte également de
la force d’inertie engendrée par sa mise en mouvement,
elle a certainement dû parcourir une distance conséquente
en 150 jours. Or elle se posera sur une montagne pas si
éloignée de son lieu de départ. Nous ne savons rien sur la
force du vent, mais pour celles et ceux qui ont déjà
navigué, on constate que les vagues et le vent, aussi petits
soient-ils, occasionnent un déplacement bien plus
important que ce à quoi on pourrait s’attendre. Comment
se fait-il que l’arche soit restée dans la terre du Moyen-
Orient ?

24
Genèse 8:1

60
Sans compromis

• Enfin, la notion de « toute la terre » reste sujette à


discussion. Quelle connaissance, quelle vision Noé et ses
contemporains avaient-ils du monde ? Avaient-ils
conscience de l’existence des pôles ? Connaissaient-ils la
Chine, les Maldives, l’Australie, l’Amérique,
l’Angleterre ? Lors du tsunami de 2011 au Japon, des
témoignages disaient que l’eau à recouvert toute la terre.
Oui, mais quelle terre ? Celle du Japon, et encore, une
partie du pays. Pourrait-on imaginer que ce toute la terre
pour Noé – et même pour Moïse – soit à comprendre
comme tout le territoire que nous connaissons, à savoir le
Moyen-Orient ? Combien longtemps a-t-on cru que la
terre était plate et qu’au bout des océans se trouvaient
l’abîme. Cette vision pourrait-elle corroborer l’idée que la
terre entière se limitait à leur connaissance limitée du
‘monde’ ?
Bien, je vais arrêter de vous saouler avec mes questions et en
venir à mes conclusions.
4.5.5 Une autre vision du déluge
Dans notre Valais, en Suisse, les pluies torrentielles ont des effets
dévastateurs. Elles engendrent des éboulements, des coulées de
boues, mais toujours de manière très locale. Si l’eau semble être
absorbée par le sol, elle fait gonfler le Rhône, fleuve qui traverse
le Valais depuis sa source – le glacier du Rhône – de même que
la neige fondant sous la masse d’eau libérée par les cieux. Il est
arrivé que le Rhône déborde, inondant les terres à certains
endroits, mais jamais dans les proportions du déluge décrit par
Moïse.

61
François C. Nadler

Alors que nous étions à Hurghada en Égypte, nous avons assisté


à une pluie torrentielle, par chance de courte durée. Néanmoins,
l’eau tombée était suffisante pour créer de réels ruisseaux dans les
rues, perturbant la circulation comme la marche. A l‘extérieur de
la ville, l’eau stagnait déjà dans les bassins naturels formés par le
sable et la rocaille. La pluie n’avait duré qu’un quart d’heure…
La différence entre la Suisse et l’Égypte dans ce cas-là est le type
de sol, ce que la Bible définit comme Adamah. En Égypte, la terre
est sablonneuse, très tassée et tellement sèche qu’elle ne filtre que
très lentement l’eau déversée. L’eau va donc rapidement
s’accumuler avant de lentement disparaître, soit par absorption,
soit par évaporation. Cette situation n’est pas propre qu’à
l’Égypte, mais également aux pays du Moyen-Orient en
particulier.
Je suggère donc que le déluge ait concerné le Moyen-Orient, voire
une partie de cet immense territoire. Je n’ai pas fait l’effort de
refaire mes calculs en limitant l’espace concerné par le déluge.
Nous pouvons cependant être certains que cela règle un certain
nombre de questions. Moins d’espèces animales à intégrer dans
l’arche donc plus de place pour la nourriture, une quantité d’eau
tombée certes très impressionnante, mais plus réaliste, des
‘montagnes’ – har en hébreu – qui ressemblent plus à des
‘collines’ ou ‘monts’, donc nettement moins élevées que
l’Everest, des trajets plus réalistes pour le corbeau et la colombe,
une explication plus claire des ‘nations’ ayant été recréées après
le déluge par les descendants de Noé, bref, toute l’histoire trouve
une cohérence sans rien enlever à l’aspect miraculeux et
exceptionnel de l’événement.

62
Sans compromis

Notons au passage une étude de l’orientaliste néerlandais Adriani


Relandi (1676-1718) qui, dans son livre « Palaestina ex
monumentis veteribus illustrata » publié en 1716 qui relève qu’au
Moyen-Orient, aucune ville ne portait de nom arabe, mais bien
des noms hébreux, grecs ou romains ; les rares existants en arabe
n’étant qu’une déformation du nom d’origine n’ayant aucun sens
dans cette langue.
Il y a toutefois une conséquence non négligeable qui se présente
dans ce cas. J’ai démontré plus haut que l’Eden était une
préfiguration d’Israël, constitué par un couple d’humains et leurs
descendants dans un région spécifique, au milieu de divers
peuples occupant déjà l’ensemble de la planète. Si le déluge n’a
concerné que le Moyen-Orient, voire une partie de celui-ci, alors
toute l’humanité ne descend PAS d’Adam et Eve. Seuls les
peuples touchés par le déluge seront reconstitués par les
descendants de Noé, soit les descendants d’Adam et Eve. Mais
les autres peuples, dans les régions, îles ou continents épargnés
par le déluge, auront poursuivi leur route, auront continué
d’exister, comme descendants des premiers humains créés avant
que ne soit planté le jardin d’Eden, avant Adam et Eve.
4.6 De Noé à Abraham
Lorsque YHVH créa l’être humain, la Torah dit « Dieu les bénit,
et Dieu leur dit : soyez fécond, multipliez et remplissez la
terre25 ». Dans ce cadre, le terme erets définit bien la terre dans
sa dimension planétaire. Car nulle part il est précisé où ils ont été
placés. Cela peut tout aussi bien être au Moyen-Orient, en Asie
ou en Europe.

25
Genèse 1:28
63
François C. Nadler

En plaçant Adam dans le jardin d’Eden, YHVH avait deux


missions supplémentaires pour lui : « cultiver et garder le
jardin26 » et « donner un nom aux animaux27 ». Erets se limite
pour lui à la terre d’Eden, un endroit où il fait bon vivre,
comparativement au reste du monde. Il y a donc une différence
importante entre l’humanité dans son sens général qui devra tirer
sa nourriture de la terre à la sueur de son front28 tel qu’il sera
décrit plus loin et Adam et Eve qui disposeront de tout ce dont ils
ont besoin, pouvant jouir d’une vie sereine sous la protection de
YHVH dans un univers idyllique. Alors que l’humanité vivra loin
de la face de YHVH29, Adam et Eve vivront dans Sa présence et
le croiseront aux détours d’un chemin lorsqu’Il se promène dans
le jardin30. C’est ça, le plan de YHVH pour Israël !
Nommer n’est pas un acte anodin. Ce sont les parents qui donnent
un nom à leur enfant. C’est celui qui découvre une nouvelle
espèce qui va lui donner un nom. Sans un nom, la nouvelle
créature n’existe que par sa présence, mais sans identité propre,
sans reconnaissance légale. Nous pouvons parler des singes, mais
ils restent une entité présentielle. C’est une fois qu’on les appelle
macaque, gorille ou chimpanzé qu’ils trouvent une identité
propre, une reconnaissance légale à part entière. Nommer est un
acte créationnel réservé à celles et ceux qui détiennent le pouvoir,
le droit de nommer, tel que l’ont les parents d’un enfant. Ce
pouvoir n’était pas accordé à l’humanité, ce qui distinguait le rôle

26
Selon Genèse 2:15
27
Selon Genèse 2:19
28
Genèse 3:17 – conditions de vie hors d’Eden
29
Genèse 4:14
30
Genèse 3:8

64
Sans compromis

et la fonction d’Adam. C’est également lui qui nommera sa


femme ‘Eve’31.
Après la chute, Adam et Eve retrouveront les mêmes conditions
de vie que le reste de l’humanité : c’est à la sueur de leur front
qu’ils tireront la nourriture du sol26. En revanche, ils sont restés
dans une relation intime avec YHVH et YHVH était avec eux.
Caïn et Abel feront une offrande à l’Éternel32. YHVH parlera
directement à Caïn33. Nul doute qu’Adam et ses descendants
connaissaient l’Éternel et le respectaient en tant que leur
Créateur, leur Dieu.
Alors que les descendants d’Adam se mélangeaient
progressivement aux nations, la corruption empoisonnait toujours
davantage leur relation à YHVH34. Alors l’Éternel choisit Noé
pour poursuivre la mission après le déluge et lui rappellera l’ordre
qu’il a donné aux nations : Soyez fécond, multipliez, etc. Relisez
Genèse 9:1-7. Remarquons au passage un changement important
dans le rappel de l’ordre que l’Éternel avait donné à l’humanité :
• En Genèse 1:29 il est dit « Et Dieu dit : Voici, je vous
donne toute herbe portant de la semence et qui est à la
surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit
d'arbre et portant de la semence : ce sera votre
nourriture ».

31
Genèse 3:20
32
Genèse 4:3-5
33
Genèse 4:6-15
34
Genèse 6:1-7
65
François C. Nadler

• En Genèse 9:3 nous lisons : « Tout ce qui se meut et qui a


vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela
comme l'herbe verte ».
Alors qu’à l’origine, l’humanité était végétalienne, YHVH a
élargi leur source de nourriture aux animaux et ils deviendront
carnivores. Si en Eden et ses alentours immédiats les fruits et les
légumes étaient suffisants pour combler les besoins nutritionnels,
après le déluge qui détruisit toute forme de vie, il fallait combler
certaines carences par des nutriments présents dans les produits
animaux. YHVH n’y voit pas un acte cruel, mais indispensable
au maintien de la vie. C’est la première fois qu’Il mentionnera un
Mitzvot qu’il rappellera plus tard à Moïse : « Vous ne mangerez
pas de chair avec son âme, avec son sang35 ».
C’est également la première fois que l’Éternel conclura une
alliance avec l’humain : « Voici, j’établis mon alliance avec vous
et avec votre postérité après vous36 ». Il précisera que cette
alliance durera à toujours37. Le terme olam en hébreu utilisé ici
définit ce toujours comme éternel, à jamais, une existence
continuelle, perpétuelle. Retenez bien cela, car nous y
reviendrons.
Le chapitre 10 expose la postérité de Noé et le repeuplement des
nations. Tel que nous l’avons déjà évoqué, ce repeuplement s’est
situé au Moyen-Orient, selon les villes et régions citées dans le
texte. Tous les humains n’ont malheureusement pas suivi les pas

35
Genèse 9:4
36
Lire Genèse 9:8-17
37
Genèse 9:12

66
Sans compromis

de Noé et beaucoup se sont détournés de l’Éternel. En Noé, ils


avaient une identité en qualité de descendants d’Adam, soit de
peuple élu, mis à part, jouissant de la présence de l’Éternel. Leur
détournement aura pour conséquence la perte, l’oubli de cette
identité. Ils ressentirent alors le besoin de se faire un nom38, se
construire une identité propre. C’est l’histoire de la tour de
Babel39. Nous y reviendrons plus tard.
Térach, le père d’Abram partit d’Ur en Chaldée avec ses fils, leur
femme et leurs enfants pour se rendre au pays de Canaan et
marcha jusqu’à Charan où ils s’installèrent40. C’est là que
l’Éternel s’adressera à Abram et fera alliance avec lui :
« L’Éternel dit à Abram : Vas-t-en de ton pays, de ta patrie, et de
la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai
de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom
grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui
te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les
familles de la terre seront bénies en toi. » Genèse 12:1-3

Alors que les habitants de Babel voulaient se faire un nom en


construisant la tour, l’Éternel promit à Abram qu’Il rendra son
nom grand. La grandeur de notre nom ne dépend ni des efforts
que nous ne faisons ni des exploits que nous accomplissons,
contrairement à ce que notre génération prétend. Des artistes se
font un nom, des sportifs se font un nom, au travers de ce qu’ils
font. Mais le jour où ils quittent le devant de la scène que reste-t-
il de leur célébrité ? C’est par notre marche avec YHVH, notre
engagement mutuel envers et avec Lui, notre élection en qualité

38
Genèse 11:4
39
Voir Genèse 11:1-9
40
Genèse 11:27-32
67
François C. Nadler

d’enfant de Yah que notre nom devient grand. Non pas parce qu’il
le serait, mais parce que nous portons alors l’identité – la filiation
– du Roi de l’Univers ! C’est exactement ce qui s’est passé pour
Abram, tel que ce fut le cas pour Noé, Hénoc et Adam. Imaginez
que votre réputation soit « [votre nom] crut à Dieu et cela lui fut
imputé à justice, et il fut appelé ami de Dieu41 ». Ce verset parle
d’Abraham. Notons que ce n’est pas lui qui s’est flanqué ce titre
de « ami de Dieu ». Ce sont les autres qui le lui ont attribué.
En hébreu, les noms ont généralement une signification. Abram
signifie « père élevé ». En Genèse 17:5, YHVH va changer son
nom en Abraham, ce qui ajoute au « père élevé » la notion de
« père d’une multitude ». Ainsi, en appelant une personne par son
nom, on rappelait en même temps sa fonction, sa qualité ou sa
destinée. Le nom de son épouse Saraï signifie « princesse » et
provient du mot « sar » qui signifie « chef, chef de clan, tête,
officier ». Lorsque l’Éternel annonça à Abraham qu’il aurait un
fils de sa femme, cette dernière vit aussi son nom modifié en
Sarah ou Sara, ce qui ajoute à « princesse » la qualité de « femme
noble, noble dame ». Le respect du nom a une importance
capitale pour la compréhension de la Parole, rappelons-nous-en !
4.7 Abraham et Sarah
Toute l’histoire du patriarche pourrait faire l’objet d’un livre
entier tant elle est riche d’enseignements. Je vais cependant m’en
tenir à l’objectif de ce chapitre : retracer l’histoire biblique

41
Selon Jacques 2:23

68
Sans compromis

d’Israël et les caractéristiques des hommes qui furent porteurs de


cet exceptionnel projet.
À Charan, YHVH s’adresse à Abram et lui dit de quitter ses terres
avec sa femme et tous ses biens pour se rendre « dans le pays
qu’Il lui montrera42 ». Nous lisons généralement ce texte dans
l’évidence de l’obéissance d’Abram : « Dieu lui dit de partir et
Abram se mit en route ». S’il était un homme de foi, il n’en restait
pas moins un humain comme vous et moi. J’essaie d’imaginer sa
réaction ainsi que celle de Saraï :
- Ai-je bien entendu ? Je suis ici à la maison avec tous mes
biens et je devrais partir d’ici ? Mais comment vais-je
faire avec mes troupeaux, mes biens, mes meubles ? C’est
toute une organisation ! Et que vais-je dire à mon père, à
mes voisins, à mes amis ? Comment vont-ils réagir ? Ils
vont me prendre pour un fou !
Et de poursuivre :
- Saraï, il faut qu’on parle toi et moi…
- Que se passe-t-il Abram ?
- Hum, comment te dire… et bien… l’Éternel m’a parlé…
- Oh c’est chouette ! Et que t’a-t-Il dit ?
- Heu… que nous devons… partir d’ici !
- Partir d’ici ? Mais pour aller où ? On est bien, ici !
- Oui, oui… je sais… mais Il m’a dit qu’on devait quitter ce
lieu et se mettre en route.
- Et pour aller où ?
- Ben… dans un pays qu’Il nous montrera.
- Mais quel pays ?

42
Genèse 12:1

69
François C. Nadler

- Je n’en sais rien. Il a dit qu’Il nous montrerait où nous


devons aller une fois qu’on sera en route…
- Abram… es-tu sûr de ne pas avoir rêvé ? As-tu de la
fièvre ? Es-tu malade ? Là, tu me fais souci !
- Non, non, je vais bien…
- Tu voudrais qu’on parte sans savoir où on va ? Mais c’est
parfaitement irresponsable ! Tes troupeaux mangeront
quoi ? Et boiront où ? Non, ce n’est pas cohérent…
- Je sais que ça paraît farfelu, mais je te jure que c’est ce
qu’Il m’a dit ! D’ailleurs, Il m’a même promis qu’Il ferait
de nous une grande nation.
- Abram, tu divagues ! Tu sais pourtant que je suis stérile !
Mais tu as perdu la tête !?! C’est du délire mystique, ça !

Arrêtons-nous ici. Ce dialogue ne vous semble-t-il pas tout à fait


naturel ? Essayez d’imaginer comment VOUS auriez réagi.
Croyez-vous réellement qu’Abram a entendu l’ordre, qu’il est
rentré dans la maison et a dit à Saraï « fais les bagages, on part
d’ici pour une destination inconnue » et que Saraï aurait répondu
« D’accord ! Dans une heure je suis prête ! » ? Autant l’un que
l’autre se sont posé mille questions, ont certainement eu l’estomac
noué quelques jours, ils ont passé quelques mauvaises nuits, n’ont
pas franchement su comment dire au revoir à leurs proches, sans
compter comment expliquer leur départ…
Je peux également facilement imaginer la surprise et les doutes
des fils et de la femme de Noé lorsqu’il leur dit « on va construire
une arche gigantesque ». Mais je reste convaincu qu’au contraire
d’Adam qui écouta sa femme et le serpent plutôt que l’ordre de
YHVH, Hénoc, Noé et Abram vivaient dans cette dynamique
Élohim en premier. Ils obéiront d’abord à YHVH avec foi,

70
Sans compromis

même si cela implique des doutes, des questions, des risques


d’être jugé par les autres, la perte d’amis, la colère de certains, la
perte de certains biens, etc.
Après avoir voyagé plus de 10 ans, ni Saraï ni Abram n’avaient
oublié la promesse de YHVH. À 85 ans, ils n’avaient encore
aucun descendant. Saraï proposa alors à son mari d’avoir un
enfant avec sa servante Agar, une Égyptienne. De cette union
naîtra un fils, Ismaël43. C’était leur solution humaine pour
l’accomplissement de la promesse, mais ce n’était pas le plan de
YHVH. C’est à l’âge de 100 ans qu’enfin Abraham aura un fils
de Sara44, qu’ils appelleront Isaac. La signification du nom
d’Isaac, « rire, il rit » trouve son explication dans ce verset :
« Et Sara dit : Dieu m’a fait un sujet de rire ; quiconque
l’apprendra rira de moi » Genèse 21:6

Sara avait déjà ri à l’annonce de sa grossesse prochaine45. Ce rire


est souvent interprété comme ironique, douteux, moqueur. Le
terme hébreu Tsechoq vient de Tsachaq qui signifie
effectivement « rire, se moquer de, jouer ». Pour une femme qui
a espéré tant d’années d’avoir un enfant, ce rire peut tout aussi
bien être une réjouissance intense, une joie non dissimulable,
même s’il a pu être empreint d’une certaine ironie.
Malgré leur solution humaine donnant naissance à Ismaël,
Abraham crut en la promesse de YHVH et obtint une descendance
de sa femme Sarah – Isaac – alors qu’il avait 100 ans. Élohim en
premier, c’est croire même à ce qui semble impossible au

43
Lire Genèse 16
44
Genèse 21:1-8
45
Genèse 18:11-15
71
François C. Nadler

regard humain, et c’est également croire aux promesses de Yah


au-delà de ce que les hommes font ou interprètent de Sa Parole,
au-delà des dogmes que nous avons humainement jugé bon
d’établir pour aider Dieu à réaliser Ses promesses, à l’image de
la solution de Sarah pour avoir une descendance.
Soulevons encore un nouveau Mitzvot donné à Abraham : celui
de la circoncision46. Outre le signe d’alliance entre YHVH,
Abraham et ses descendants, la circoncision est une question
d’hygiène. Certains hommes ont un prépuce si étroit qu’ils ne
peuvent dégager le gland. Le prépuce maintient les bactéries et
les champignons entre la peau et le gland, sources de maladies
telles que l’infection urinaire, la cystite ou la mycose,
responsables de l’odeur souvent désagréable qui se dégage du
gland. Ces bactéries sont transmissibles lors de rapports sexuels,
à moins d’une hygiène quotidienne stricte, notamment avant et
après les rapports. La circoncision limite la profusion de ces
bactéries et champignons et facilite l’hygiène intime. Comme
quoi, lorsque Yah nous donne une instruction, ce n’est jamais sans
raison !
4.8 D’Abraham à Moïse
Ce que je retiendrai dans ce chapitre de l’histoire d’Abraham,
d’Isaac et de Jacob est principalement la promesse qu’ils ont
reçue. Cette promesse tient en deux parties : d’une part le fait
qu’ils deviendront une grande nation et d’autre part le fait qu’ils

46
Genèse 17:9-14

72
Sans compromis

posséderont le pays. C’est au travers de Moïse que la promesse se


mettra en place et elle se concrétisera sous Aaron.
4.8.1 Abraham
« Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai
ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai
ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et
toutes les familles de la terre seront bénies en toi. » Genèse 12:2-3
« L'Éternel apparut à Abram, et dit : Je donnerai ce pays à ta
postérité. Et Abram bâtit là un autel à l'Éternel, qui lui était
apparu. » Genèse 12 :7

« L'Éternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui : Lève
les yeux, et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers
l'orient et l'occident ; car tout le pays que tu vois, je le donnerai
à toi et à ta postérité pour toujours. Je rendrai ta postérité
comme la poussière de la terre, en sorte que, si quelqu'un peut
compter la poussière de la terre, ta postérité aussi sera comptée.
Lève-toi, parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur ;
car je te le donnerai. » Genèse 13:14-17

À noter que nous retrouvons le terme « toujours », soit olam en


hébreu, qui a cette dimension d’éternité.
« Alors la parole de l'Éternel lui fut adressée ainsi : Ce n'est pas
lui qui sera ton héritier, mais c'est celui qui sortira de tes
entrailles qui sera ton héritier. Et après l'avoir conduit dehors, il
dit : regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les
compter. Et il lui dit : Telle sera ta postérité. Abram eut confiance
en l'Éternel, qui le lui imputa à justice. L'Éternel lui dit encore :
Je suis l'Éternel, qui t'ai fait sortir d'Ur en Chaldée, pour te
donner en possession ce pays. » Genèse 15:4-7

73
François C. Nadler

« En ce jour-là, l'Éternel fit alliance avec Abram, et dit : Je donne


ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand
fleuve, au fleuve d'Euphrate, le pays des Kéniens, des Keniziens,
des Kadmoniens, des Héthiens, des Phéréziens, des Rephaïm, des
Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Jébusiens. »
Genèse 15:18-21

Cette fois, YHVH précise les dimensions du pays promis.


« J'établirai mon alliance entre moi et toi, et je te multiplierai à
l'infini. Abram tomba sur sa face ; et Dieu lui parla, en disant :
voici mon alliance, que je fais avec toi. Tu deviendras père d'une
multitude de nations. On ne t'appellera plus Abram ; mais ton
nom sera Abraham, car je te rends père d'une multitude de
nations. Je te rendrai fécond à l'infini, je ferai de toi des nations;
et des rois sortiront de toi. J'établirai mon alliance entre moi et
toi, et tes descendants après toi, selon leurs générations : ce sera
une alliance perpétuelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et
celui de ta postérité après toi. Je te donnerai, et à tes descendants
après toi, le pays que tu habites comme étranger, tout le pays de
Canaan, en possession perpétuelle, et je serai leur Dieu. »
Genèse 17:2-8

Deux éléments retiennent mon attention :


- Abram (père élevé) devient Abraham (père d’une
multitude). Ce changement confirme sa destinée selon la
promesse.
- L’utilisation à deux reprises du terme « perpétuelle ».
Nous retrouvons ici le terme olam en hébreu.

74
Sans compromis

Dans le texte suivant, YHVH parle à Abraham de Sara :


« Dieu dit à Abraham : Tu ne donneras plus à Saraï, ta femme, le
nom de Saraï ; mais son nom sera Sara. Je la bénirai, et je te
donnerai d'elle un fils ; je la bénirai, et elle deviendra des nations
; des rois de peuples sortiront d'elle. » Genèse 17:15-16

De « princesse », Sara devient une « femme noble ».


« Dieu dit : Certainement Sara, ta femme, t'enfantera un fils ; et
tu l'appelleras du nom d'Isaac. J'établirai mon alliance avec lui
comme une alliance perpétuelle (olam) pour sa postérité après
lui. À l'égard d'Ismaël, je t'ai exaucé. Voici, je le bénirai, je le
rendrai fécond, et je le multiplierai à l'infini ; il engendrera douze
princes, et je ferai de lui une grande nation. J'établirai mon
alliance avec Isaac, que Sara t'enfantera à cette époque-ci de
l'année prochaine. » Genèse 17:19-21

Notons qu’à la demande d’Abraham, Ismaël sera également béni


et deviendra une grande nation. En revanche, il n’y aura jamais
de territoire dévoué à Ismaël ni à ses descendants.
« Abraham deviendra certainement une nation grande et
puissante, et en lui seront bénies toutes les nations de la terre.
Car je l'ai choisi, afin qu'il ordonne à ses fils et à sa maison après
lui de garder la voie de l'Éternel, en pratiquant la droiture et la
justice, et qu'ainsi l'Éternel accomplisse en faveur d'Abraham les
promesses qu'il lui a faites. » Genèse 18:18-19

L’expression « je l’ai choisi » souligne l’élection de ce qui


deviendra Israël, en lien direct avec la promesse, soit un peuple,
une nation, un pays.
Cette fois, c’est l’Ange de l’Éternel qui parle au nom de YHVH :

75
François C. Nadler

« L'ange de l'Éternel appela une seconde fois Abraham des cieux,


et dit : Je le jure par moi-même, parole de l'Éternel ! parce que
tu as fait cela, et que tu n'as pas refusé ton fils, ton unique, je te
bénirai et je multiplierai ta postérité, comme les étoiles du ciel et
comme le sable qui est sur le bord de la mer ; et ta postérité
possédera la porte de ses ennemis. Toutes les nations de la terre
seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix. »
Genèse 22:15-18

Pour un homme dont la femme était stérile et qui n’obtiendra que


deux fils – dont un de la servante de Sara et l’autre par un miracle
– ces promesses de postérité exigeront de lui une foi à toute
épreuve !
4.8.2 Isaac
Isaac était en âge de se marier et de fonder une famille. Il était
coutume que l’épouse soit choisie pour lui. Abraham, avancé en
âge, demanda à son serviteur d’aller dans sa patrie (Charan) pour
y choisir une épouse pour son fils. En Genèse 24:6-7, alors que le
serviteur suggérait qu’Isaac aille avec lui, Abraham le mis en
garde : « Abraham lui dit : garde-toi d'y mener mon fils !
L'Éternel, le Dieu du ciel, qui m'a fait sortir de la maison de mon
père et de ma patrie, qui m'a parlé et qui m'a juré, en disant : Je
donnerai ce pays à ta postérité, lui-même enverra son ange
devant toi ; et c'est de là que tu prendras une femme pour mon
fils ».
Le serviteur s’exécuta et son attention s’arrêta sur Rébecca, de la
famille de Laban. Elle et sa famille acceptèrent le mariage et
bénirent Rébecca en ces termes :

76
Sans compromis

« Ils bénirent Rébecca, et lui dirent : O notre sœur, puisses-tu


devenir des milliers de myriades, et que ta postérité possède la
porte de ses ennemis ! » Genèse 24:60

Bénédiction prophétique qui se réalisera.


C’est la première fois qu’Isaac recevra directement de YHVH la
confirmation de la promesse :
« L'Éternel lui apparut, et dit : Ne descends pas en Égypte,
demeure dans le pays que je te dirai. Séjourne dans ce pays-ci :
je serai avec toi, et je te bénirai, car je donnerai toutes ces
contrées à toi et à ta postérité, et je tiendrai le serment que j'ai
fait à Abraham, ton père. Je multiplierai ta postérité comme les
étoiles du ciel ; je donnerai à ta postérité toutes ces contrées ; et
toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce
qu'Abraham a obéi à ma voix, et qu'il a observé mes ordres, mes
commandements, mes statuts et mes lois. » Genèse 26:2-5

« L'Éternel lui apparut dans la nuit, et dit : Je suis le Dieu


d'Abraham, ton père ; ne crains point, car je suis avec toi ; je te
bénirai, et je multiplierai ta postérité, à cause d'Abraham, mon
serviteur. » Genèse 26:24

4.8.3 Jacob
Nous arrivons à l’histoire d’Esaü et Jacob. Je passerai pour le
moment sur les événements qui séparèrent les deux frères. Ayant
acquis le droit d’aînesse pour un plat de lentilles et ayant reçu la
bénédiction d’Isaac à la place d’Esaü, Jacob se préparait au
départ. Isaac le bénit alors :
« Que le Dieu tout-puissant te bénisse, te rende fécond et te
multiplie, afin que tu deviennes une multitude de peuples ! Qu'il
te donne la bénédiction d'Abraham, à toi et à ta postérité avec toi,
77
François C. Nadler

afin que tu possèdes le pays où tu habites comme étranger, et


qu'il a donné à Abraham ! » Genèse 28:3-4

YHVH est un Dieu de Parole. Il respecte les bénédictions –


comme les malédictions – données en Son Nom. C’est pourquoi
il est si important de bien mesurer nos paroles lorsque nous prions
ou prophétisons pour quelqu’un ! Ayant reçu la bénédiction de
son père, Jacob devient l’héritier de la promesse. Et YHVH va le
confirmer lors de la vision de l’échelle donnée à Jacob durant son
sommeil :
« Et voici, l'Éternel se tenait au-dessus d'elle [l’échelle] ; et il dit
: Je suis l'Éternel, le Dieu d'Abraham, ton père, et le Dieu d'Isaac.
La terre sur laquelle tu es couché, je la donnerai à toi et à ta
postérité. Ta postérité sera comme la poussière de la terre ; tu
t'étendras à l'occident et à l'orient, au septentrion et au midi ;
et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta
postérité. Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras,
et je te ramènerai dans ce pays ; car je ne t'abandonnerai point,
que je n'aie exécuté ce que je te dis. » Genèse 28:13-15

Après des années passées dans la maison de Laban, où il prit Léa


et Rachel pour épouses, Jacob s’en retourna dans son pays. Sur sa
route, il allait rencontrer son frère Esaü, qu’il craignait en raison
du vol de son droit d’aînesse et de la bénédiction. Il adressa alors
une prière à YHVH et spécifia :
« Et toi, tu as dit : Je te ferai du bien, et je rendrai ta postérité
comme le sable de la mer, si abondant qu'on ne saurait le
compter. » Genèse 32:12

78
Sans compromis

Après sa lutte avec l’ange de l’Éternel, le nom de Jacob sera


changé :
« Il dit encore : ton nom ne sera plus Jacob, mais tu seras appelé
Israël ; car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu as été
vainqueur » Genèse 32:28

C’est la première fois que le nom Israël apparaîtra dans l’histoire


des Hébreux. YHVH Lui-même confirmera ce changement :
« Dieu lui dit : Ton nom est Jacob ; tu ne seras plus appelé Jacob,
mais ton nom sera Israël. Et il lui donna le nom d'Israël. »
Genèse 35:10

« Dieu lui dit : Je suis le Dieu tout-puissant. Sois fécond, et


multiplie : une nation et une multitude de nations naîtront de
toi, et des rois sortiront de tes reins. Je te donnerai le pays que
j'ai donné à Abraham et à Isaac, et je donnerai ce pays à ta
postérité après toi. » Genèse 35:11-12

L’histoire va se poursuivre avec les fils de Jacob qui vendirent


Joseph à des Bédouins. Suivront toutes les péripéties de Joseph
en Égypte et sa rencontre et sa réconciliation avec ses frères alors
qu’il était premier intendant du Pharaon. La vie de Jacob touchant
à sa fin, Joseph se rendit auprès de son père.
« Jacob dit à Joseph : Le Dieu tout-puissant m'est apparu à Luz,
dans le pays de Canaan, et il m'a béni. Il m'a dit : Je te rendrai
fécond, je te multiplierai, et je ferai de toi une multitude de
peuples ; je donnerai ce pays à ta postérité après toi, pour qu'elle
le possède à toujours (olam). » Genèse 48:3-4

Voilà l’inventaire de la promesse telle qu’elle fut transmise aux


descendants d’Abraham jusqu’à Jacob-Israël.

79
François C. Nadler

80
Sans compromis

5. Ol am
Nous n’avons de loin pas terminé notre parcours autour d’Israël.
Il me semble cependant opportun de faire une pause pour aborder
maintenant la question du terme hébreu olam. Car la
compréhension de l’histoire d’Israël est étroitement liée aux
promesses faites pour l’éternité.
Nous avons vu que olam peut autant signifier antiquité, futur et
éternité. Dans toute la Torah, ce terme est utilisé dans son sens
d’éternité, rarement dans son sens de futur et une seule fois dans
le sens d’antiquité :
« Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils
de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu'elles leur
eurent donné des enfants : ce sont ces héros qui furent fameux
dans l'antiquité ». Genèse 6:4

Cette phrase aurait très bien pu être traduite par :


« Ce sont ces héros qui furent fameux dans l’antiquité, qui le
seront encore dans le futur, et ce pour l’éternité ».
Ça n’aurait rien changé à l’aspect mystérieux de ces héros ni au
fait que, par l’absence d’informations complémentaires, leur
existence n’a pas d’importance dans l’histoire d’Israël.
Nous sommes d’accord pour affirmer que lorsque l’Éternel parle,
la chose est.
« Dieu dit : que la lumière soit ! Et la lumière fut. » Genèse 1:3

Donc s’Il dit de quelque chose que c’est éternel, c’est éternel et
non provisoire. S’Il parle d’une alliance éternelle, alors cette
alliance est éternelle. Si ce n’était pas le cas, cela laisserait

81
François C. Nadler

supposer de Yah pourrait être menteur ou qu’Il puisse parler à


demi-mesure.
S’Il a pu regretter la création de l’être humain en raison de la
corruption qui a habité parmi les hommes, l’humain est encore et
existe toujours, depuis l’antiquité, jusque dans le futur et pour
l’éternité. L’Éternel a dit « faisons l’homme à notre image » et
l’homme est, il existe bien, aujourd’hui encore, malgré sa
corruption. Cela ne signifie pas que YHVH est d’accord avec la
corruption ou qu’Il la tolère. Cela signifie juste qu’Il est en accord
avec l’existence de l’humain, Sa création. Il n’a pas créé la
corruption, Il a créé l’humain. C’est l’homme qui a choisi la
corruption, pas YHVH.
Si YHVH a promis à Abraham et ses descendants qu’ils seront
une grande nation – Israël au travers de Jacob – et qu’ils
posséderont le pays, que c’est là une alliance éternelle, c’est
qu’Israël était, est et sera le peuple choisi pour l’éternité et que
les territoires attribués étaient, sont et seront son pays pour
toujours.
La théologie de remplacement affirme que YHVH aurait
transféré les promesses faites à Abraham à l’Église. Que le nouvel
Israël est maintenant l’Église. Que les hébreux, à cause de la
corruption et parce que certains d’entre eux parmi les pharisiens
– et non TOUS les juifs – ont conduit Yeshua devant le Sanhédrin,
auraient perdu leur héritage. On va les accuser de déicide, comme
s’ils avaient eux-mêmes crucifié le Seigneur. J’ai même entendu
que « Dieu s’étant promené en Suisse et ayant été séduit par la
beauté et la richesse de ses paysages, a décidé d’y établir le
nouvel Israël ». Authentique !

82
Sans compromis

Hypocrites que vous êtes ! Vous croyez-vous meilleurs que ces


juifs ? Êtes-vous moins corrompus que les Hébreux ? Ne
sacrifiez-vous pas Yeshua chaque fois que vous tolérez l’adultère,
le mensonge, la médisance, les abus, la débauche, l’immoralité
dans vos propres murs ?
Si Israël avait perdu les promesses, alors soyez sur vos gardes :
qui sait si vous ne les perdrez pas vous aussi, au profit d’un autre
peuple à cause de vos comportements qui déshonorent YHVH !
Nous verrons que l’Église aura part à cet héritage ; mais en aucun
cas elle n’en est devenue l’héritière légitime. L’Alliance éternelle
a été conclue avec Israël et non avec l’Église, que cela vous plaise
ou non.
« Ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies,
sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la
racine qui te porte […], car si Dieu n'a pas épargné les branches
naturelles, il ne t'épargnera pas non plus ». Romains 11:18+21

6. Israël – le rétablissement
J’ai volontairement omis la description du territoire attribué à
Israël. Il existe suffisamment d’études, produites par des
spécialistes historiens, théologiens et scientifiques qui l’ont fait
bien mieux que ce que j’aurais pu proposer.
La conquête de Canaan a fait couler du sang, a tué bon nombre
d’êtres humains, femmes, enfants et animaux compris. Des villes
entières ont été détruites, brûlées, rasées de la carte. C’est là un
des arguments principaux des athées : comment croire en un Dieu
qui a fait couler autant de sang humain ? Regardez l’histoire du
monde : toute conquête a engendré les effusions de sang.

83
François C. Nadler

Si je peux comprendre leurs arguments, je tente un dialogue :


« citez-moi un seul dieu qui ne demande pas son lot de sacrifices
humains ». Certains me parlent du bouddhisme. Mais le
bouddhisme n’est pas une religion, c’est une philosophie.
Bouddha n’est pas un dieu, mais un « maître vénéré pour sa vie
exemplaire ». On me cite également l’hindouisme. Si
l’hindouisme ne verse pas de sang, il ne prend pas soin de ses
malades et mourants : c’est leur karma, disent-ils. N’est-ce pas là
également une forme de sacrifice cruel ? Laisser crever les gens
au nom du karma ? Ils prennent mieux soin de leurs vaches que
de leurs semblables ! La différence fondamentale entre YHVH et
les autres dieux de l’époque est qu’Il n’a jamais exigé de
sacrifice humain rituel. Ce sont des animaux qui paieront le prix
pour les péchés, du moins jusqu’à la venue de Yeshua, seul et
unique sacrifice humain de toute l’histoire d’Israël. Et encore, il
fut volontaire :
« Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses
brebis. » Jean 10:11

« Car le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour
servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. »
Marc 10:45

6.1 Moïse
Pour qu’un peuple existe à part entière, en tant que nation, sur sa
terre, il ne peut pas être en esclavage, ce qui est logique. Le rôle
de Moïse était premièrement de libérer le peuple d’Israël de
l’emprise de l’Égypte.
Moïse est un enfant de la maison de Lévi, un israélite. Ayant été
sauvé des eaux par la fille du pharaon alors que les soldats

84
Sans compromis

devaient tuer tous les premiers-nés du peuple juif. Bien que sa


mère ait été choisie comme nourrice et qu’il passa du temps avec
eux, il ignorait cependant certainement tout de ses réelles
origines. L’histoire nous dit « qu’il se rendit un jour auprès de
ses frères hébreux », qu’il « vit leur misère et leurs pénibles
conditions de vie ». Moïse a été éduqué et considéré comme un
égyptien. Il ne prenait donc pas part aux travaux imposés aux
Hébreux. Il se rendit auprès de ses frères, comme s’il allait visiter
un chantier et observer le travail des ouvriers.
Voyant un maître d’œuvre égyptien frapper un Hébreu, la colère
monta en lui et il tua l’égyptien, en espérant que personne ne l’ait
vu. Malheureusement, deux juifs se querellant lui firent
remarquer que son acte n’était pas passé inaperçu. Un égyptien
qui tuait un Égyptien, de plus pour défendre un esclave,
constituait un acte de haute trahison envers Pharaon et était
punissable de mort. Moïse prit peur et s’enfuit d’Égypte pour se
rendre en Madian. C’est là qu’il épousera Sephora et qu’il aura
son premier fils, Guerschom47.
Pour introduire le sous-titre suivant, examinons de plus près la
situation de Moïse : bien qu’il soit né israélite et que sa nourrice
fut par miracle sa propre mère, il était considéré comme le fils de
la fille de pharaon. La Torah ne nous dit pas combien de temps il
a passé auprès de sa mère. Certainement que pendant ce temps, il
aura entendu parler du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.
Jusqu’à quel point il en aura conscience dépend de l’âge auquel il
aura quitté sa nourrice. Il est possible qu’en grandissant, il ait
parfois rendu visite à sa nourrice : un lien se crée inévitablement

47
Lire l’histoire de Moïse en Exode 2

85
François C. Nadler

entre celle qui l’a nourri et qui lui a donné de l’affection dans son
jeune âge, d’autant plus que – génétiquement – cela provenait de
sa génitrice. Ce qui semble certain, c’est qu’il avait conscience
qu’il n’appartenait pas ‘légitimement’ au peuple égyptien et qu’il
s’identifiait à ces Hébreux, bien que sa position d’égyptien soit
plus confortable et avantageuse.
Moïse était donc ‘égyptien’. Il était coiffé, habillé et portait des
bijoux comme un égyptien de haut rang, par sa condition de fils
(adoptif) de la fille de pharaon. Excepté sa mère et
éventuellement son père et ses frères et sœurs (Aaron et Mirjam),
personne ne savait qu’il était hébreu et personne ne le regardait
comme tel. Il avait tous les attributs d’un égyptien et pour les
Hébreux, il appartenait à cette nation qui les exploitait.
Son acte envers le maître d’œuvre, le crime de cet homme, ne
passa pas inaperçu parmi les Hébreux. Pourquoi un Égyptien tue-
t-il un de ses semblables ? Était-ce un simple acte de cruauté ? Un
mouvement de pure colère ? Et s’il a pu aussi facilement tuer cet
homme, à combien plus forte raison aurait-il pu tuer les deux juifs
qui se querellaient !
Moïse vivait dans un conflit d’identité. Il lui faudra des années
pour oser affronter la réalité et se réconcilier avec ses racines
hébraïques, retrouver son identité israélite à tous égards, y
compris au niveau de son allure, de son habillement, de ses
comportements.

86
Sans compromis

6.2 La rééducation d’un peuple


Je vais aborder la sortie d’Égypte et le pèlerinage dans le désert48
sous un aspect plus socio comportemental que spirituel. Car c’est
là que résidait la plus grande difficulté pour le peuple hébreu. Il a
résidé plus de 200 ans en Égypte sous des conditions d’esclavage.
S’ils avaient leurs propres maisons, s’ils gardaient conscience de
leurs origines, ils ont vécu et se sont finalement identifiés à leur
rôle d’esclave. L’Égypte possédait ses propres dieux. Il est donc
parfaitement imaginable que nombre d’Hébreux aient adopté
certaines de leurs croyances. 200 ans dans un pays étranger en
qualité d’esclave influencent les croyances et laisse
inévitablement des traces.
YHVH a décidé de libérer son peuple et de le conduire dans le
pays de la promesse faite à Abraham déjà. Il aurait été facile pour
Lui de ‘simplement’ déplacer son peuple d’Égypte en Canaan et
de l’y installer. Mais ce n’était pas aussi ‘simple’ que cela. YHVH
est Élohim en premier. Il ne peut pas tolérer d’autres dieux en Sa
présence. Il veut rétablir son peuple dans son identité de peuple
hébreu libre, un Israël dédié à YHVH, une nation qui trouve ses
racines en Eden. Il devait d’abord rétablir la relation entre Lui et
son peuple, regagner sa confiance et surtout, lui enseigner les
règles qui encadreront cette relation. Et ça, ça prend du temps.
Alors que j’avais une vingtaine d’années, j’ai travaillé quelque
temps dans un home postcure pour polytoxicomanes, la majorité
des pensionnaires étant concernés par une dépendance à l’alcool.
Si la fondation était laïque, le directeur était chrétien et
n’engageait que des collaborateurs chrétiens pour l’encadrement

48
Notons que le terme hébreu pour ‘désert’ est ‘Midbar’, de la racine ‘Dabar’
qui signifie ‘parole’ ou ‘parler de la parole’.
87
François C. Nadler

des pensionnaires. Si notre engagement de foi était clairement


affiché, nous ne faisions jamais de prosélytisme. Ce temps fut une
réelle école de vie pour moi et je suis aujourd’hui encore tellement
reconnaissance envers ce directeur de m’avoir donné
l’opportunité d’accomplir ce temps de formation.
À l’époque, je faisais partie de ce que j’appelle ces turbo-
chrétiens pour qui il suffit de prier, il suffit de croire, pour qu’un
changement radical intervienne. Et si le ‘miracle’ ne se produisait
pas, c’est parce que la personne ne croit pas assez ou qu’elle n‘a
pas VRAIMENT envie de changer. Quelle arrogance ! Quels
jugements dénués de compassion ! Cette école de vie
m’apprendra que le changement prend du temps, que c’est un
processus qui lentement fait son chemin et qui laissera
indubitablement des traces dans notre vie, des cailloux contre
lesquels nous pouvons à tout moment nous encoubler pour
retomber. Alcooliques, toxicomanes, fumeurs, joueurs (loterie,
casino, jeux vidéo), pornophiles, menteurs, manipulateurs,
violents, abuseurs, voleurs, adultères, etc. nous sommes tous
concernés, aussi turbo-chrétien soyons-nous.
C’est exactement ce dont Israël avait besoin pour retrouver un
équilibre de vie saint, une identité nationale solide : du temps. En
sortant de captivité, de l’esclavage, de la confrontation à d’autres
croyances, ils ont cumulé des comportements adaptés comme
étant acquis :
- Ils s’attendent à être maltraités.
- Ils s’attendent à être trompés.
- Ils s’attendent au mensonge et à l’abus.

88
Sans compromis

- Ils s’attendent à être une fois encore abandonnés de Dieu.


En Égypte, bien qu’ils soient maltraités ils avaient au moins des
maisons et à manger. Dans le désert, ils se retrouvent sous tente
et la nourriture manque. En Égypte, ils avaient un rôle, un travail,
bien qu’abusif. Ici dans le désert, ils sont inactifs et ils tournent
en rond : ils ne sont pas dupes, ils le remarquent bien !
Certainement qu’ils ont finit par identifier Moïse comme celui qui
était l’égyptien. Leur colère contre l’Égypte se manifestera contre
lui : qu’est-ce qu’il leur prouve qu’il ne va pas les trahir, les
reconduire dans un ‘esclavage’ ? En Égypte, ils ont appris à se
plaindre, à grogner, à manifester. Ils reproduiront ces
comportements dans le désert. Bref, c’est un peuple qui a souffert
et qui a besoin de guérison. Cette guérison passe inévitablement
par des étapes tels le ‘deuil’ de ce qu’ils ont quitté, l’expression
libre de la colère accumulée, l’affrontement de leurs peurs et bien
d’autres éléments qui – petit à petit – devront les conduire au
pardon, à la reconnaissance et au courage.
« Pharaon approchait. Les enfants d'Israël levèrent les yeux, et
voici, les Égyptiens étaient en marche derrière eux. Et les enfants
d'Israël eurent une grande frayeur, et crièrent à l'Éternel. Ils
dirent à Moïse : N'y avait-il pas des sépulcres en Égypte, sans
qu'il fût besoin de nous mener mourir au désert ? Que nous as-
tu fait en nous faisant sortir d'Égypte ? N'est-ce pas là ce que
nous te disions en Égypte : Laisse-nous servir les Égyptiens, car
nous aimons mieux servir les Égyptiens que de mourir au désert
?» Exode 14:10-12

« Ils arrivèrent à Mara; mais ils ne purent pas boire l'eau de


Mara parce qu'elle était amère. C'est pourquoi ce lieu fut appelé
Mara. Le peuple murmura contre Moïse, en disant : Que boirons-
nous ? » Exode 15:23-24
89
François C. Nadler

« Toute l'assemblée des enfants d'Israël partit d'Elim, et ils


arrivèrent au désert de Sin, qui est entre Elim et Sinaï, le
quinzième jour du second mois après leur sortie du pays d'Égypte.
Et toute l'assemblée des enfants d'Israël murmura dans le désert
contre Moïse et Aaron. Les enfants d'Israël leur dirent : Que ne
sommes-nous morts par la main de l'Éternel dans le pays
d'Égypte, quand nous étions assis près des pots de viande,
quand nous mangions du pain à satiété ? car vous nous avez
menés dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette
multitude. » Exode 16:1-3

« Toute l'assemblée des enfants d'Israël partit du désert de Sin,


selon les marches que l'Éternel leur avait ordonnées ; et ils
campèrent à Rephidim, où le peuple ne trouva point d'eau à boire.
Alors le peuple chercha querelle à Moïse. Ils dirent : Donnez-
nous de l'eau à boire. Moïse leur répondit : Pourquoi me
cherchez-vous querelle ? Pourquoi tentez-vous l'Éternel ? Le
peuple était là, pressé par la soif, et murmurait contre Moïse. Il
disait : Pourquoi nous as-tu fait monter hors d'Égypte, pour me
faire mourir de soif avec mes enfants et mes troupeaux ? Moïse
cria à l'Éternel, en disant : Que ferai-je à ce peuple ? Encore un
peu, et ils me lapideront. » Exode 17:1-4

Ces quelques exemples illustrent mes propos. À chaque plainte


est comparé le moins mauvais de l’Égypte. Oui, ils étaient en
esclavage, oui, ils étaient maltraités, mais au moins ils avaient à
boire, à manger, un toit, etc.
La ‘traversée du désert’ est devenue un symbole pour de
nombreuses personnes qui doivent affronter une situation
difficile. Le ‘désert’ est un endroit propice à la réflexion, à la

90
Sans compromis

confrontation à soi-même, au silence, à la méditation, au lâcher-


prise. Ce ‘désert’ n’est pas obligatoirement un lieu aride, chaud et
inhospitalier. Ce peut être simplement un temps de solitude, un
temps où nous sommes seuls face à un problème à résoudre, une
retraite à l’écart du monde, parfois un sentiment d’exclusion
sociale temporel. C’est un passage très douloureux, mais
tellement formateur. Et le plus souvent, c’est là que YHVH se
révèle.
6.3 L’organisation d’un peuple
Résumons la situation là où nous en sommes : En créant Eden et
en y plaçant l’Adam [homme/femme] sélectionné, YHVH a
réalisé un prototype d’Israël. Un pays où il fait bon vivre, riche
en nourriture, où l’humain vit en harmonie avec la nature et les
animaux. Il désignera Noé comme successeur d’Adam parmi sa
descendance pour poursuivre le projet, cette fois dans le vaste
monde hors d’Eden. À partir de Noé, les descendants de ce
dernier formeront progressivement le peuple d’Israël, qui sera
concrétisé avec les 12 fils de Jacob, formant les 12 tribus d’Israël.
Ce peuple de plusieurs milliers de personnes vit en captivité
pendant plus de 200 ans en Égypte, apprenant par là ce que
signifie vivre loin de la face de YHVH. Une expérience de vie
formatrice en vue d’un nouvel apprentissage : devenir une nation
dans la conscience qu’elle est le peuple de Dieu, soit une nation
qui reçoit son identité par sa relation, sa consécration et sa
dépendance à YHVH. En suit une longue école de vie dans le
désert.
Bien.
Il n’existe à ma connaissance aucun peuple, aucune nation,
aucune association, aucune organisation, aucune entreprise qui

91
François C. Nadler

n’a pas de règlement, de législation. La loi définit des objectifs,


fixe un cadre opérationnel, régule les relations entre les êtres
humains, tant dans une hiérarchie horizontale que verticale. Le
dictionnaire Larousse donne de la loi la définition suivante :
« Ensemble de règles qui précisent ce qui est permis et ce qui est
interdit ».
En général, une organisation – quelle qu’elle soit – existe dès le
moment où elle est définie par une loi, un règlement ou des
statuts, y compris une église, une communauté chrétienne. C’est
par ailleurs un sujet très sensible parmi les chrétiens. C’est
pourquoi je consacrerai plus loin un chapitre à ce sujet : le
christianisme affiche haut et clair que le chrétien n’est plus sous
la loi. Je me fâcherai plus tard, revenons à Israël.
Excepté quelques rares Mitzvots (comme la circoncision ou
l’interdiction de manger le sang par exemple), Israël ne disposait
encore d’aucune loi officielle propre. Les règles appliquées
n’étaient généralement qu’une reproduction de ce qu’ils avaient
appris au travers de leur périple parmi les nations. Il était donc
indispensable qu’Israël reçoive sa propre loi, ses propres règles,
lui permettant de s’y identifier, de définir le cadre de son état de
nation. Moïse va avoir la lourde et difficile tâche d’enseigner ces
lois au peuple et de veiller à leur application.
La base fondamentale de la loi sera fixée par les dix
commandements, aussi appelés ‘décalogue’. En dix phrases,
YHVH a défini tout ce qui concerne la relation d’Israël avec Lui
et Israël entre eux. Extraordinaire ! Dix petites phrases au travers
desquelles Israël existe et cohabite :

92
Sans compromis

« Alors Dieu prononça toutes ces paroles, en disant : Je suis


l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la
maison de servitude.
1. Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face.
2. Tu ne te feras point d'image taillée ni de représentation
quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont
en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.
Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point
; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punit
l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la
quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fait
miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment et qui
gardent mes commandements.
3. Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain ;
car l'Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom
en vain.
4. Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu
travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le
septième jour est le jour du repos de l'Éternel, ton Dieu : tu ne
feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur,
ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes.
Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout
ce qui y est contenu, et il s'est reposé le septième jour : c'est
pourquoi l'Éternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié.
5. Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent
dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne.
6. Tu ne tueras point.

93
François C. Nadler

7. Tu ne commettras point d'adultère.


8. Tu ne déroberas point.
9. Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.
10. Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne
convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni
sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui
appartienne à ton prochain. » Exode 20:1-17

Pardonnez-moi d’avoir pris la liberté d’ajouter au texte le numéro


du commandement. Cela nous servira plus tard.
Trois éléments me frappent dans l’histoire de la réception du
décalogue :
1. Ni le peuple ni les sacrificateurs n’étaient autorisés à
s’approcher de la montagne, même s’ils s’étaient
purifiés49. YHVH est Dieu, Il est Saint, Il est LE Tout-
Puissant, Il n’est pas le bon pote à qui on fait une tape sur
l’épaule ! Tant de chrétiens considèrent ‘le bon Dieu’
comme leur copain. Oui, Il veut et cherche une relation
intime avec nous. Oui, Il a donné son fils unique – Yeshua
– afin que nous ayons accès à Lui. Mais Il est et reste Dieu,
YHVH-Adonaï, Élohim en premier ! C’est à genoux et
face contre terre que nous nous présentons devant Lui. Là
j’exhorte les chrétiens à manifester un peu plus de respect
envers Lui !

49
Voir Exode 19:21-25

94
Sans compromis

2. YHVH s’identifie comme « [celui] qui tu as fait sortir du


pays d'Égypte, de la maison de servitude 50 ». Il met les
choses au point : « ce n’est pas Moïse qui t’a fait sortir
d’Égypte, mais MOI ». Donc « si tu as quelque chose à
reprocher concernant ta sortie d’Égypte, c’est à Moi qu’il
faut l’adresser, pas à Moïse ». YHVH réclame son rôle
légitime de libérateur de la maison de servitude et en
assume l’entière responsabilité. Si vous êtes sorti de votre
Égypte, ce n’est pas grâce à votre pasteur, votre curé, votre
voisin ou votre conjoint. Votre mentor n’aura été que le
moyen par lequel YHVH vous a atteint. Il mérite
néanmoins votre reconnaissance et votre respect. Ce n’est
pas grâce au christianisme, aux chrétiens, ou à l’église,
même s’ils ont probablement contribué à votre
cheminement et méritent votre reconnaissance comme
votre respect. Mais c’est grâce à YHVH, le Dieu d’Israël,
qui a eu compassion de vous qui vous sauve !
3. Le décalogue est le seul texte que YHVH a gravé de Son
propre doigt dans la pierre51. Avez-vous déjà essayé de
graver quelque chose avec votre doigt dans la pierre ? Il
faut du temps, de la patience, de la persévérance et cela
coûte : vos doigts sont abîmés, blessés, ensanglantés, vos
ongles arrachés. Certes, nous ne sommes pas YHVH et
n’avons pas Ses capacités. Je retiendrai tout de même
qu’Il s’est donné la peine de graver Lui-même ces lois et
que certainement, cela Lui a également coûté. Il a payé de
Lui-même pour que nous disposions du décalogue ! Ce
n’est pas « juste » une liste de 10 commandements, c’est

50
Exode 20:2
51
Exode 31:18
95
François C. Nadler

la marque, la signature, l’engagement par le sang de


Élohim en premier !
Les Tables de la Loi – soit les dix Commandements – ont été
placées dans l’Arche de l’Alliance, selon l’ordre précis de
YHVH52. Lorsqu’Israël se déplaçait, tout devant était la nuée qui
les guidait suivie par l’Arche de l’alliance, portée par les Lévites
puis le peuple. Symboliquement, pendant leur route, la Loi était
toujours devant leurs yeux. Dans la tradition juive, les juifs
orthodoxes portent des tephillin, soit une petite boîte fixée sur leur
front leur rappelant qu’ils doivent toujours garder la loi devant
leurs yeux :
« Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton
âme et de toute ta force. Et ces commandements, que je te donne
aujourd'hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes
enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand
tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras.
Tu les lieras comme un signe sur tes mains, et ils seront comme
des fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta
maison et sur tes portes. » Deutéronome 6:5-9

Nous recevons ici l’instruction la plus importante qui soit :


- Tout devant est Élohim en premier,
- Juste après suivent Ses Saints Commandements,
- Ensuite seulement nous avançons.
Il n’y a pas de marche chrétienne, messianique ou juive sans que
YHVH soit LE premier et sans que Ses instructions nous

52
Exode 25:16 ; Deutéronome 10:2

96
Sans compromis

précèdent. Malheureusement, au sein du christianisme


principalement, l’ordre est bien souvent inversé : on fonce sur
notre route dans l’espoir que YHVH nous accompagne en
adaptant Ses instructions à notre époque comme à nos besoins.
Triste, mais vrai : combien de jeunes convertis ai-je vu partir en
mission, convaincus qu’ils étaient appelés à aller évangéliser les
nations, puis revenir totalement désillusionnés, à la limite de se
faire athée. Jamais je ne me permettrai de les juger ni de mettre
leur appel en doute. Je constate simplement qu’ils ont oublié qu’il
y a un ordre à respecter, une formation à recevoir, des
instructions à entendre, une organisation à mettre en place.
Mettre Élohim en premier, ce n’est pas brandir un drapeau à Son
Nom en fonçant tête baissée ! J’ai dû l’apprendre, moi aussi…
Revenons à Israël. Au travers de leur marche dans le désert, leur
organisation en tant que peuple et que nation s’organisait. Au fil
du temps, YHVH donnera toute la loi, les préceptes, les
instructions à Moïse qui les transmettra et les enseignera au
peuple d’Israël. Petit à petit, ce peuple se fortifiait, s’unissait sous
une même bannière : Élohim. Son chemin de guérison et de
délivrance de la servitude faisait son effet et ce peuple apprenait
toujours davantage à s’affirmer. Le temps de prendre possession
de la terre promise – Canaan – approchait à grands pas, dernière
étape pour que cette nation possède son propre pays.
6.4 La conquête du pays
« Voici, j'envoie un ange devant toi, pour te protéger en chemin,
et pour te faire arriver au lieu que j'ai préparé. Tiens-toi sur tes
gardes en sa présence, et écoute sa voix ; ne lui résiste point,
parce qu'il ne pardonnera pas vos péchés, car mon nom est en
lui. Mais si tu écoutes sa voix, et si tu fais tout ce que je te dirai,
je serai l'ennemi de tes ennemis et l'adversaire de tes adversaires.
97
François C. Nadler

Mon ange marchera devant toi, et te conduira chez les Amoréens,


les Héthiens, les Phéréziens, les Cananéens, les Héviens et les
Jébusiens, et je les exterminerai.
Tu ne te prosterneras point devant leurs dieux, et tu ne les
serviras point ; tu n'imiteras point ces peuples dans leur conduite,
mais tu les détruiras, et tu briseras leurs statues. Vous servirez
l'Éternel, votre Dieu, et il bénira votre pain et vos eaux, et
j'éloignerai la maladie du milieu de toi. Il n'y aura dans ton pays
ni femme qui avorte, ni femme stérile. Je remplirai le nombre de
tes jours.
J'enverrai ma terreur devant toi, je mettrai en déroute tous les
peuples chez lesquels tu arriveras, et je ferai tourner le dos devant
toi à tous tes ennemis. J'enverrai les frelons devant toi, et ils
chasseront loin de ta face les Héviens, les Cananéens et les
Héthiens. Je ne les chasserai pas en une seule année loin de ta
face, de peur que le pays ne devienne un désert et que les bêtes
des champs ne se multiplient contre toi. Je les chasserai peu à peu
loin de ta face, jusqu'à ce que tu augmentes en nombre et que tu
puisses prendre possession du pays. J'établirai tes limites depuis
la mer Rouge jusqu'à la mer des Philistins, et depuis le désert
jusqu'au fleuve ; car je livrerai entre vos mains les habitants du
pays, et tu les chasseras devant toi. Tu ne feras point d'alliance
avec eux, ni avec leurs dieux. Ils n'habiteront point dans ton pays,
de peur qu'ils ne te fassent pécher contre moi ; car tu servirais
leurs dieux, et ce serait un piège pour toi. » Exode 23:20-33

Voilà ce que j’appelle un ordre de mission clair. Il ne s’agit pas


simplement d’aller chasser les occupants des territoires désignés,

98
Sans compromis

il y a des règles à respecter et des promesses qui confirmeront la


mission.
Reprenons les versets 29 et 30 :
« Je ne les chasserai pas en une seule année loin de ta face, de
peur que le pays ne devienne un désert et que les bêtes des champs
ne se multiplient contre toi. Je les chasserai peu à peu loin de ta
face, jusqu'à ce que tu augmentes en nombre et que tu puisses
prendre possession du pays. » Exode 23:29-30

Considérez la sagesse de YHVH ! Que ce serait-il passé si Israël


n’avait pas écouté ni respecté les instructions reçues ? Prenez le
temps de méditer là-dessus…
Bon nombre de personnes critiquent la conquête du pays promis.
« Guerre sanglante, cruelle, violente ; pourquoi n’auraient-ils
pas simplement intégré ces populations ? ». Oui, ce furent
certainement des guerres violentes et sanglantes. Et pour cause :
YHVH ne tolère aucun autre dieu devant Sa face. Or ces peuples
étaient idolâtres, suivant des croyances exigeant des sacrifices
humains, dont celui d’enfants. Était-ce moins cruel ?
« Tu ne feras point d'alliance avec eux ni avec leurs dieux. Ils
n'habiteront point dans ton pays, de peur qu'ils ne te fassent
pécher contre moi ; car tu servirais leurs dieux, et ce serait un
piège pour toi. » Exode 23 :32-33

Voilà la raison que YHVH donne. Observez ce qui se passe


actuellement avec l’intégration des Arabes et des musulmans en
Israël. Les faits politiques montrent que la cohabitation entre ces
cultures et ces croyances très différentes est juste impossible,
sources de trop nombreux conflits, dont la majorité des victimes
sont malheureusement des civils, et ce dans chaque camp ! Je n’ai
99
François C. Nadler

rien contre les Arabes ni contre les musulmans. Il y a beaucoup


de gens formidables parmi eux. J’ai de nombreux amis
musulmans, en Égypte notamment. Mais il est vrai qu’envers eux,
j’évite de me présenter comme juif et j’évite les sujets de
discussion concernant la religion. Dans leur pays, je respecte
leurs coutumes et leurs croyances, sans pour autant m’y plier ni y
adhérer.
Je relèverai de ce texte encore les premiers versets :
« Voici, j'envoie un ange devant toi, pour te protéger en chemin,
et pour te faire arriver au lieu que j'ai préparé. Tiens-toi sur tes
gardes en sa présence, et écoute sa voix ; ne lui résiste point,
parce qu'il ne pardonnera pas vos péchés, car mon nom est en
lui. » Exode 20 :20-21

Nous retrouvons – une fois encore et ce ne sera pas la dernière –


l’importance de Élohim en premier. C’est Lui qui est devant, qui
donne les instructions et qui conduit le combat.
Ainsi, Israël va progressivement conquérir le pays promis. Il
trouvera le temps et l’espace de panser ses plaies entre les
combats et le peuple pourra croître, de manière que les territoires
conquis ne restent pas inhabités, mais soient peuplés au fur et à
mesure des conquêtes. Et cela prendra des années…
La suite de l’histoire d’Israël sera marquée par des « aller-
retour » dans sa relation avec YHVH. Tantôt idolâtre, tantôt
fanatique, l’histoire des rois ne manque pas d’être croustillante.
YHVH aura bien du fil à retordre avec Son peuple. À voir, son
éducation n’est de loin pas terminée. Mais ne soyons pas trop
critiques : l’éducation de nos églises chrétiennes vous semble-elle

100
Sans compromis

plus mature ? Je crains fort que non. Encore et toujours, nous


restons humains et tels des enfants, nous avons besoin d’être
régulièrement rappelés à l’ordre. L’histoire d’Israël n’est ni
meilleure ni pire que la nôtre.
6.5 Jérusalem
Jérusalem a été construite par les Jébusiens, des descendants de
Noé, des fils de Cham53. Elle était la ville principale de l’actuelle
Palestine – autrefois canaan, une forteresse réputée imprenable.
C’est le roi David qui prendra possession de la ville et en fera la
capitale d’Israël, sous le nom de « cité de David »54. Il projettera
la construction d’un Temple pour YHVH, mais c’est Salomon qui
le réalisera55, 480 ans après qu’Israël soit sorti d’Égypte. Le
temple sera détruit par Nabuchodonosor, roi de Babylone et une
partie du peuple emmené en captivité. Quelque 50 ans plus tard,
Zorobabel lance la reconstruction du Temple. C’est sous le roi
Darius que la reconstruction fut achevée56, plus de 120 ans après
le début des travaux.
Dans de nombreux livres de la Bible, Jérusalem est nommée
« montagne de Sion57 » et mentionnée pour la première fois dans
Deutéronome 4:48 :

53
Voir Genèse 10
54
Voir 2 Samuel 5
55
Voir 1 Rois 6 – Voir également chapitre 4.6, page 54
56
Esdras 6:15
57
Le terme « Montagne de Sion » peut concerner deux éléments dans la Bible :
le mont Hermon ou Jérusalem, bien qu’ils ne se trouvent pas au même endroit.
La traduction anglaise notamment fait la différence pour Hermon en la
présentant comme ‘Montagne de Zion’.
101
François C. Nadler

« Leur territoire s'étendait depuis Aroër sur les bords du torrent


de l'Arnon jusqu'à la montagne de Sion qui est l'Hermon ».
Le nom Hermon, Khermon en hébreu, signifie « sanctuaire,
montagne sacrée ». Ce n’est pas pour rien que David a choisi ce
lieu pour y projeter la construction de la « Maison de l’Éternel ».
Jérusalem – la montagne de Sion – deviendra un haut lieu du
judaïsme et le restera éternellement, tel que nous le verrons plus
loin. Par ailleurs, Jérusalem – Yerushalaïm en hébreu – signifie
« fondement de la paix, double portion de paix, de bien-être et de
plénitude ». Si les événements actuels ne tendent pas à confirmer
cette signification, cette dernière reste néanmoins profondément
prophétique.
Bien qu’il y aurait une foule de thèmes passionnants à aborder
durant la période de Moïse jusqu’à l’arrivée du Messie. Nous
allons faire un grand saut en avant, considérant qu’après la
conquête du pays, Israël a trouvé son lieu : un peuple, une nation,
un pays, une capitale et une loi.

102
Sans compromis

7. Israël – Premier siècle de l’ère chrétienne


Voilà un chapitre où je vais pouvoir m’éclater et m’en
donner à cœur joie. Car s’il y a une partie de l’histoire
d’Israël que nous méconnaissons, c’est bien celle-ci.
Le christianisme fonde toute sa théologie sur l’Évangile,
soit la nouvelle alliance et pour cause : c’est l’histoire de
« son sauveur Jésus ». Même si la plupart des facultés de
théologie abordent la première alliance, soit « l’Ancien
Testament », au niveau historique et surtout par l’intérêt
eschatologique de certains livres, l’objectif reste
clairement de prêcher l’Évangile. Beaucoup d’écoles
bibliques ignorent purement et simplement la première
alliance, fondant tous leurs enseignements sur le
« Nouveau Testament ». Ils y accordent tellement plus
d’importance que des « Bibles » sont imprimées ne
contenant QUE la nouvelle alliance, excluant la première.
Regardez dans les tiroirs de votre chambre d’hôtel,
regardez dans les prisons, les hôpitaux, les salles d’attente.
Quelle « Bible » trouvez-vous ? Le « Nouveau
Testament ». Quelle « Bible » offre-t-on aux nouveaux
convertis ? Le « Nouveau Testament ». Je me promène
parfois sur des forums chrétiens. De quoi parle-t-on ? Du
« Nouveau Testament », encore du « Nouveau
Testament » et on vous ressert du « Nouveau Testament »
à toutes les sauces.
Oh ! Je n’ai rien contre la nouvelle alliance, soyez-en
certain ! Au contraire, j’accorde la même valeur de
« Parole de YHVH » aux deux alliances. Tous les livres
de la nouvelle alliance ont une importance capitale pour

103
François C. Nadler

tout croyant, juif ou non juif. Seulement, la nouvelle


alliance ne peut exister sans la première, elle ne peut pas
être comprise sans la première, elle ne peut pas être vécue
sans la première. Là est mon reproche à un certain
christianisme.
« Alors en quoi méconnaissons-nous cette période de
l’histoire d’Israël ? » me demanderez-vous. En ce que
nous lisons ces textes comme si la nouvelle alliance avait
déjà été écrite à cette époque alors qu’elle ne le sera que
quatre siècles plus tard, en ce que les Apôtres ont prêché
un christianisme comme une nouvelle religion en marge
du judaïsme alors qu’il en est la continuité, en ce que Jésus
était chrétien alors que Yeshua est profondément juif.
C’est à partir de là que nous mesurerons les effets
dévastateurs du Concile de Nicée, de la théologie de
remplacement et plus tard des propos de Luther.
Pendant des siècles, Israël naviguera entre des périodes de foi et
d’obéissance à YHVH et des temps où des membres du peuple se
tourneront vers des idoles. Ils traverseront des périodes de
jugement de YHVH et des temps de magnifiques bénédictions.
Ne les jugeons pas trop vite. C’est le propre de l’être humain que
de se montrer instable, que ce soit dans ses croyances, dans ses
relations, dans ses discours ou dans ses activités. Israël n’était ni
meilleur ni pire que les autres nations, que vous ou que moi.
Israël sera dispersé lors de la conquête de Jérusalem par
Nabuchodonosor, roi de Babylone.

104
Sans compromis

« La neuvième année du règne de Sédécias, le dixième jour du


dixième mois, Nebucadnetsar, Roi de Babylone, vint avec toute
son armée contre Jérusalem ; il campa devant elle, et éleva des
retranchements tout autour. La ville fut assiégée jusqu'à la
onzième année du roi Sédécias.
Le neuvième jour du mois, la famine était forte dans la ville, et il
n'y avait pas de pain pour le peuple du pays. Alors la brèche fut
faite à la ville ; et tous les gens de guerre s'enfuirent de nuit par
le chemin de la porte entre les deux murs près du jardin du roi,
pendant que les Chaldéens environnaient la ville. Les fuyards
prirent le chemin de la plaine. Mais l'armée des Chaldéens
poursuivit le roi et l'atteignit dans les plaines de Jéricho, et toute
son armée se dispersa loin de lui. Ils saisirent le roi, et le firent
monter vers le roi de Babylone à Riblan ; et l'on prononça contre
lui une sentence. Les fils de Sédécias furent égorgés en sa
présence ; Puis on creva les yeux à Sédécias, on le lia avec des
chaînes d'airain, et on le mena à Babylone.
Le septième jour du cinquième mois, - c'était la dix-neuvième
année du règne de Nebucadnetsar, roi de Babylone, -
Nebuzaradan, chef des gardes, serviteur du roi de Babylone,
entra dans Jérusalem. Il brûla la maison de l'Éternel, la maison
du roi, et toutes les maisons de Jérusalem ; il livra au feu toutes
les maisons de quelque importance. Toute l'armée des Chaldéens,
qui était avec le chef des gardes, démolit les murailles formant
l'enceinte de Jérusalem. » 2 Rois 25:1-10

Seul un « reste » formait alors le « peuple d’Israël », la majorité


d’entre eux ayant été dispersée parmi les nations, notamment à
Babylone. Aujourd’hui encore, l’ensemble d’Israël n’a pas été

105
François C. Nadler

réuni dans son pays. Il reste de très nombreux juifs, descendants


des fils de Jacob, dans toutes les nations.
Si cette dispersion était une conséquence de leur désobéissance
aux Saints Commandements, l’Éternel avait un plan judicieux au
travers d’elle : faire connaître Son Nom et Sa Torah dans toutes
les nations de la terre. Prenons l’exemple de la Suisse : vous y
trouverez des noms qui n’ont rien de ‘suisse’ tels Ferreira,
Rodriguez, Deschamps, Theodolos, Watterson, Nguyen,
Trzebowska et j’en passe. Pourtant, la majorité de ces familles
sont de ‘bons suisses’ depuis des générations. Excepté leur nom,
voire à la rigueur une peau légèrement différemment colorée, une
forme de visage plus typée ou une pilosité différente, rien ne
laisse penser qu’ils aient des origines étrangères. Si vous leur
posez la question, ils reconnaîtront que leur nom est d’origine
étrangère, mais ils se définissent néanmoins comme des Suisses à
part entière et fiers de l’être. Ce qui est très bien !
En revanche, dès que vous rencontrez des Lévi, des Rosenberg,
des Cohen, des Dreifuss, etc., même s’ils sont suisses depuis des
générations, même s’ils ont adhéré au christianisme, ils ne
cacheront pas qu’ils sont et restent juifs. Être juif n’est pas qu’une
question de croyance ou de religion. C’est l’appartenance à un
peuple, une histoire, une nation ‘à part’, où qu’ils se trouvent dans
le monde. Là est la force qui réside dans le peuple d’Israël. Et
c’est là le témoignage fort que YHVH apporte au sein des
nations : c’est Son peuple, où qu’il soit, quoiqu’on en pense,
quoiqu’il se passe. C’est un lien extraordinaire qui les garde
soudés, solidaires, clairement identifiables, comme une marque
indélébile apposée sur leur vie. C’est pourquoi ils ont été
tellement combattus et qu’ils le sont encore. Ils excitent une

106
Sans compromis

forme de ‘jalousie viscérale’, ‘d’énervement incontrôlable’.


Abordez le thème des juifs ou du judaïsme dans une conversation
et vous constaterez comment le ton change et comment – sans
savoir pourquoi – les personnes commencent à s’énerver, à se
quereller, pour parfois en arriver à des propos franchement
antisémites.
C’est au premier siècle avant Jésus-Christ que les Romains
occupèrent les territoires d’Israël. Ils mirent le pays sous tutelle,
créant un état de tensions permanentes tant parmi le peuple que
parmi les chefs religieux juifs. Si les pharisiens défendaient
âprement leurs croyances comme leur droit à une nation
israélienne, beaucoup parmi les habitants se laissèrent corrompre
tant par la politique que les croyances romaines. Néanmoins, les
traditions juives restaient profondément ancrées pour la majorité
d’entre eux, créant un lien solide au sein d’un peuple dispersé et
sous occupation étrangère.

7.1 Le peuple juif au 1er siècle


Dans son livre « Qui a tué Jésus ? », Claude Duvernoy, pasteur
neuchâtelois exilé58 en Israël et s’étant spécialisé durant plusieurs
décennies dans l’hébreu biblique ancien décrit très bien les
conditions de vie des juifs sous l’occupation romaine,
particulièrement à l’époque de l’arrivée du Messie. De même
qu’aujourd’hui nous voyons différents courants et dénominations
au sein du christianisme, ainsi à cette époque cohabitaient
diverses castes qui se différenciaient en particulier par leur
interprétation du rôle qu’aurait le Messie annoncé et attendu, et

58
Ayant eu l’occasion de rencontrer Claude Duvernoy et d’entendre son
histoire personnelle, je prends la responsabilité de parler d’un exil plutôt que
de déménagement, ce qui correspond bien mieux à son parcours.
107
François C. Nadler

des actions qu’il entreprendrait. Néanmoins, tous étaient d’accord


que son rôle serait le rétablissement et la libération d’Israël, en
tant que peuple, nation et pays.
Ces différences ressortent chez divers personnages et auteurs de
ce qui deviendra quatre siècles plus tard la « nouvelle
alliance » injustement appelée « Nouveau Testament » :
• Matthieu était plutôt un ‘sage’, un homme posé, qui
observait les événements avec une méthodologie et une
chronologie scrupuleuse.
• Jean était un tendre poète convaincu que le changement se
produirait par l’amour, ce qui ressort très fort dans son
Évangile.
• Marc défendait plutôt l’opinion que le Messie ferait
descendre le feu du ciel pour détruire tous les ennemis
d’Israël. Il n’est donc pas étonnant que son Évangile mette
un accent particulier sur les actes miraculeux de Yeshua.
• L’Apôtre Pierre n’a pas écrit d’évangile. Néanmoins son
comportement trahit sa croyance que le Messie serait un
‘chef de guerre’ qui lèverait ses troupes au moment
opportun pour chasser l’ennemi hors de Jérusalem. D’où
sa réaction au jardin des Oliviers, lorsqu’il sortit son épée
et trancha l’oreille d’un soldat, semblant dire « Mais enfin,
Yeshua, c’est le dernier moment pour saisir les armes ! ».
• Quant à Luc, il n’était pas un disciple de Yeshua. Ce
médecin a été mandaté par Rome pour mener une enquête
au sujet de ce Yeshua qui semait le trouble en Israël. Il ne

108
Sans compromis

le rencontrera, semble-t-il jamais. Son Évangile est ainsi


une narration des faits entendus et des réactions observées
parmi le peuple59.
• Enfin, l’Apôtre Paul était un rabbin formé à l’École
Rabbinique de Gamaliel, réputée pour être la plus dure et
la plus stricte de tout Israël. Il n’est dès lors pas étonnant
qu’il ait ardemment combattu la doctrine de Yeshua.
Les Romains permirent à Israël de poursuivre ses croyances, ses
cultes, ses fêtes selon la Torah. Ils autorisèrent également le
Tribunal juif à gérer les affaires du peuple, à condition que celui-
ci n’aille pas à l’encontre de la loi romaine. Notons à ce propos
que ce Tribunal juif n’avait pas le droit de condamner un homme
à mort ni de tuer un de ses semblables. Il était composé
« d’hommes de loi », à comprendre comme « Loi de Moïse » et
étaient donc proches des prêtres lorsqu’ils avaient à traiter des
affaires « d’ordre religieux ».
Nous avons tous vu, dans des caricatures ou des films, de ces
illuminés qui, debout sur une caisse, annoncent en pleine rue la
prochaine fin du monde. Dans certains pays d’Afrique, il n’est pas
rare que de nouveaux convertis – alléchés par les offrandes que
procurent les communautés – tentent d’en créer une et
commencent leur « ministère » debout sur une chaise dans la rue
en proclamant l’Évangile et tendant une corbeille à celles et ceux
qui s’arrêtent. Fondamentalement, ces hommes ne font rien de
mal. Annoncer l’Évangile en toute occasion, c’est un noble
devoir. Cependant la manière utilisée et l’objectif final du
prédicateur peuvent totalement discréditer le message

59
Je vous recommande la lecture du roman de Gerd Theissen : « L’ombre du
Galiléen », écrit dans le plus strict respect de l’Évangile de Luc.
109
François C. Nadler

fondamental de l’Évangile. Je ne serais pas étonné que parfois,


Yeshua se détourne en secouant la tête dans un gros soupir…
La situation en Israël n’était pas différente, d’autant plus dans une
période de troubles, d’incertitude, sous l’occupation
« d’étrangers qui ne sont même pas de chez nous ». Il n’était pas
rare que des hommes – que j’appellerai également des illuminés
– se tinssent debout dans la rue pour annoncer la venue prochaine
du Messie, ou alors la fin du monde ou encore la fin de
l’occupation romaine. Pour les pharisiens comme pour les
prêtres, la situation n’était pas facile à gérer. Fallait-il faire taire
ces faux prophètes ou au contraire devaient-ils prendre leur
message au sérieux ? Le peuple d’Israël a été habitué aux
prophètes. Autant aux vrais qu’aux faux. Cela fait partie de leur
histoire et la première alliance les cite souvent. Ils se montraient
donc prudents à leur égard, car qui sait si celui-ci n’est pas
réellement envoyé par YHVH ? C’est pourquoi ils éprouvaient
ces hommes et leur message, les questionnant, les mettant sous
pression, les confondant avec la Torah, observant leurs moindres
faits et gestes. Yeshua n’échappera pas non plus à leur vigilance.
7.2 La naissance de Yeshua
Ce sont les Évangiles de Matthieu et de Luc qui nous fournissent
les plus précis renseignements de l’histoire de Yeshua,
particulièrement avant son entrée dans le ministère. Lorsque nous
racontons l’histoire de la naissance de Yeshua, nous le faisons
malheureusement à la manière d’un conte de fées parlant du petit
Jésus. Il existe même une célèbre histoire qui place la naissance
du petit Jésus en pleine France provençale : « La pastorale des
Santons de Provence ». Oh ! c’est très bien fait, c’est adorable,
c’est émouvant, surtout avec ce bel accent provençal. Et je vous

110
Sans compromis

jure qu’on s’y croirait, à tel point que ce petit Jésus pourrait bien
être né en Europe !
Ce faisant, nous omettons et déformons des détails très importants
quant à ses origines, son cadre de vie, sa famille, ses traditions,
son pays, etc. Il nous faut donc ‘rectifier le tir’.
Matthieu commence son Évangile par la généalogie de Yeshua.
En Israël, c’est quelque chose de très important, car c’est de là
que l’origine familiale et l’appartenance à l’une des 12 tribus sont
spécifiées. Ainsi, Yeshua est un descendant de la Tribu de Juda,
de la maison de David. Il est donc juif, membre à part entière
d’Israël, le peuple de YHVH. Je souligne sa judaïcité, car elle a
toute son importance.
De là, il va de soi que Joseph – et le texte le dit60 – fait partie
intégrante de cette descendance. Il est juif, membre du peuple
d’Israël. Si le texte ne le dit pas explicitement, nous pouvons sans
prendre de risque affirmer que Marie (Maryam de son vrai nom)
était également juive : en principe, un juif n’épousait pas une
étrangère, selon la loi de Moïse. De plus, Luc 1:36 parle
d’Élisabeth – la mère de Jean, femme de Zacharie – en tant que
sa parente, donc une famille juive. Joseph et Marie entretenaient
certainement une relation de foi et de respect envers YHVH et Sa
Torah : lorsque l’Éternel sélectionne des êtres humains pour une
mission particulière, Il est attentif à la fidélité de cœur de ces
personnes.
L’ange de l’Éternel s’adressera aux deux, individuellement, pour
leur annoncer les événements qui allaient se produire. Et

60
Matthieu 1:16

111
François C. Nadler

heureusement ! Allez expliquer à votre entourage que vous êtes


enceinte par le Saint-Esprit ! On vous réservera immédiatement
une chambre confortable dans l’hôpital psychiatrique le plus
proche ! Allez expliquer à votre fiancé que vous êtes enceinte,
mais que l’enfant n’est pas de lui ! Il réagira certainement comme
Joseph l’avait projeté avant que l’ange ne lui parle : rupture de la
relation ! D’autant plus que dans les traditions juives, une femme
était considérée comme déshonorée et impure si elle était enceinte
hors mariage, car cela signifiait qu’elle avait commis l’adultère.
En l’épousant, Joseph fera un acte de foi et sauvera Marie du
déshonneur, prenant sur lui la responsabilité de la paternité.
Joseph et Marie devaient avoir une foi bien ancrée pour accepter
et assumer cette situation particulière. N’oublions pas que cela se
passe il y a plus de 2000 ans, à une époque où n’existait pas la
permissivité que nous connaissons aujourd’hui, excepté dans
certaines croyances qui offraient à leurs dieux des orgies
alimentaires et sexuelles (Empire romain, Grèce antique, pays
nordiques), desquelles naissaient des enfants illégitimes.
Les textes poursuivent l’histoire en Yeshua en mettant en exergue
le respect de la Torah qu’avaient ses parents :
- Huit jours après sa naissance, Yeshua sera présenté au
prêtre pour être circoncis61, tel que ce fut prescrit à
Abraham et rappelé dans la Torah62.

61
Luc 2:21-24
62
Genèse 17:10-12 ; Lévitique 12:3

112
Sans compromis

- Joseph et Marie respectaient les Saintes Convocations


prescrites par la Torah63. Si la Pâque pouvait être célébrée
dans les maisons64, il était devenu coutume de monter à
Jérusalem pour la fête.
- Yeshua avait 12 ans lorsqu’ils montèrent à Jérusalem. En
Israël, lorsqu’un garçon atteint l’âge de 13 ans, il fait sa
Bar-Mitzvah. Lors de la Bar-Mitzvah, l’enfant lit une
portion de la Torah devant les prêtres et donne une
explication de ce qu’il a lu. Il est alors déclaré adulte, il a
atteint sa majorité religieuse et une grande fête est
organisée en cet honneur. Pour y parvenir, l’enfant aura
dû apprendre à lire et aura lu la Torah avec son père et/ou
dans une école rabbinique. S’il est dit que Yeshua était âgé
de 12 ans lorsqu’ils sont montés à Jérusalem65, il était
donc dans sa treizième année.
Arrêtons-nous un instant sur cet événement, car nous nous
trouvons à un carrefour important de la vie de Yeshua. Je vous
invite premièrement à relire Luc 2:41 à 52.
• Après la fête, Joseph et Marie repartirent de Jérusalem,
comme de très nombreux juifs qui rejoignaient leur foyer
dans les villes avoisinantes. Convaincus que Yeshua était
avec eux ou leurs compagnons de voyage, ils n’y prêtèrent
pas garde. C’est seulement à la fin de la journée qu’ils
s’aperçurent de son absence. Ils firent donc le trajet
inverse, soit une journée de marche pour retourner à
Jérusalem et le chercher. Il leur fallut trois jours pour le

63
Luc 2:41 ; Exode 12:1-29 ; Nombres 9:1-14
64
Luc 22:7-13 : Yeshua fera la Pâque dans un lieu privé avec ses disciples.
65
Luc 2:42
113
François C. Nadler

retrouver. Jérusalem était une grande ville. Imaginez que


vous perdez votre enfant dans Genève ou Zürich ! Quelle
angoisse pour les parents !
• « Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple,
assis au milieu des docteurs, les écoutant et les
interrogeant66 » nous raconte Luc. Imaginez un jeune
garçon de presque 13 ans qui passe ses journées auprès
des vieux sages, les écoutant et leur posant des questions.
Rien que cela est déjà époustouflant. Mais… où dormait-
il pendant la nuit ? Que mangeait-il ? Il fallait une grande
dose de passion pour la Torah pour que ce jeune homme
vive cette aventure au milieu d’inconnus et sans
ressources !
• Marie réprimandera Yeshua lorsqu’elle le trouva. Je peux
fort bien imaginer que ce faisant, elle serrait son enfant
dans ses bras, tellement soulagée de l’avoir retrouvé. Et
nous aurions pu attendre que l’enfant – soulagé de
retrouver ses parents – se jette lui aussi dans leurs bras.
Peut-être l’a-t-il fait, la Parole ne nous le dit pas. En
revanche, Yeshua aura une attitude étonnante : « Il leur
dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas
qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ?67 ».

Comment ce bonhomme de 12 ou 13 ans savait-il qui était son


vrai père ? Quelle relation avait-il développée avec YHVH pour

66
Luc 2:46
67
Luc 2:49

114
Sans compromis

le considérer avec tant d’assurance comme son Père ? Quelles


réactions auront produites ses paroles auprès des personnes
présentes dans le temple ? Et comment Joseph aura-t-il réagi dans
son cœur, lui qui savait qu’il n’était pas le géniteur de Yeshua ?
Je peux imaginer le malaise que ce moment a laissé, tant pour les
parents que pour les docteurs présents…

Yeshua savait que YHVH était son père et que son rôle était de
s’occuper de Ses affaires. Il avait parfaitement conscience de son
rôle, de sa mission, de son devenir. Jusque dans quels détails nous
ne le savons pas. Mais il est certain que sa destinée lui était
parfaitement claire.
• Yeshua rentrera finalement avec eux, car il leur était
soumis68. Il respectait ses parents, il les honorait tel que la
Torah le lui enseignait69. L’histoire se terminera avec ces
magnifiques mots : « Et Yeshua croissait en sagesse, en
stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes70 ».
J‘ai souvent souhaité pouvoir voyager dans le temps pour
retourner observer la vie de Yeshua alors qu’il était enfant, et ce,
jusqu’à son entrée dans le ministère. Mis à part ces quelques
éléments, nous ne savons rien de son enfance. Nous ne savons pas
ce que ses parents ont vu ou entendu de sa part. Lors des noces de
Cana71, Marie suggéra à Yeshua de faire quelque chose alors que

68
Luc 2:51
69
Exode 20:12
70
Luc 2:52
71
Jean 2:1-11

115
François C. Nadler

le vin manquait. Que savait-elle des capacités, des dons


miraculeux de son fils ? En avait-elle déjà vu à la maison ou dans
leur entourage ? Relisez bien les versets de Jean 2:3-5 :
Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : Ils n'ont plus de
vin. Jésus lui répondit : Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi ? Mon
heure n'est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs : Faites
ce qu'il vous dira. Jean 2 : 3-5
Étonnant dialogue entre Yeshua et sa mère qui suscite mes
questions… L’enfance de Yeshua reste une énigme à bien des
égards et excite notre curiosité. Cependant, ce n’est pas là
l’important. L’important est le ministère qu’Il va remplir pour le
salut de beaucoup.
7.3 Yeshua, le pédagogue par excellence
Il existe une très riche littérature au sujet du ministère de Yeshua.
La majorité des prédications tournent autour de ce thème. Je ne
vais donc pas m’y attarder.
Ce qui m’intéresse dans le contexte de ce chapitre, c’est la relation
que Yeshua entretient avec la Torah – la Loi de Moïse, son
attitude à l’égard des prêtres, scribes et pharisiens et l’attitude de
ces derniers à son égard. Le christianisme à la fâcheuse tendance
à diaboliser ces personnages et à négliger – pour ne pas dire
occulter - les racines scripturaires des enseignements de Yeshua,
considérant la Torah comme source de tensions voire de
désaccord entre Sa doctrine et celle des religieux juifs. Or tel que
nous l’avons vu, Yeshua EST juif, tout comme ses interlocuteurs.
Il est né et a grandi AVEC la Torah. Avec ses parents Il a vécu
SELON la Torah. Quelle place, quel rôle a-t-elle alors rempli dans

116
Sans compromis

son ministère ? Nous sommes d’entrée trompés dans notre


cheminement par les termes attribués aux ensembles de livres de
la Bible. Alors nous allons répéter ce que nous avons déjà
affirmé :
- Il n’existe pas d’Ancien Testament, définition qui laisse
sous-entendre une alliance révolue. Le terme exact est
Première Alliance, voire si nous voulons être absolument
rigoureux : Premier témoignage.
- Il n’existe pas de Nouveau Testament, définition qui
soulignerait que l’ancien est révolu. Le terme exact est
Alliance renouvelée, ce qui signifie bien le
renouvellement d’une alliance déjà conclue.
- Rien que le terme Testament induit en erreur. Le testament
définit quelque chose qui nous est légué après la mort
d’une personne. Or YHVH est-Il mort ? Car n’oublions
pas que c’est LUI qui a conclu l’alliance ! Yeshua est-Il
mort ? Car c’est au travers de LUI que l’alliance a été
renouvelée. Si nous parlons de testament alors nous
annonçons la mort de YHVH et de Yeshua ; et toute la
Bible comme tout l’Évangile perdent leur sens.
Partant de là, quel fut le rôle de Yeshua ? De renouveler l’alliance
conclue avec Abraham, Isaac et Jacob. Et de quoi est composée
cette alliance ? De la Torah, la Loi de Moïse, les prophètes, les
psaumes, et les autres livres composant cette première alliance.
Comment donc Yeshua aurait-Il pu combattre cette alliance s’il
s’agit d’un renouvellement de cette même alliance ?
Si je tente de résumer la mission de Yeshua sur ce plan, Il est venu
nous montrer que la loi sans l’amour ni l’intelligence n’est rien.

117
François C. Nadler

Tel que nous l’avons déjà dit, la loi fixe la limite entre le permis
et l’interdit. Or nous ne sommes pas mieux que les enfants : qui
mieux qu’eux cherchent continuellement les limites ? Là
intervient le rôle parental : fixer ces limites et rappeler l’enfant à
l’ordre lorsqu’il les dépasse. La grande différence entre l’enfant
et les pharisiens est que l’enfant agit instinctivement, avec
naturel, tandis que le pharisien agit consciemment, par orgueil. Il
se fait une fierté de toujours naviguer à la limite du permis.
Nous allons illustrer cela avec un exemple actualisé :
En Suisse (comme dans d’autres pays d’ailleurs), la limite
de vitesse à l’intérieur d’une localité pour un véhicule est
de 50km/h, quel que soit le véhicule. Imaginons donc que
nous traversons un village, que la route est par endroits un
peu boueuse et qu’un groupe d’enfants turbulents sortant
de l’école longent le trottoir en jouant, en rigolant et en se
bousculant.
Si nous mettons Yeshua au volant, Il va non seulement
respecter la vitesse autorisée, mais Il va également adapter
sa vitesse aux conditions boueuses de la route, de manière
à pouvoir s’arrêter en toute circonstance. Il va respecter
une distance de sécurité entre son véhicule et le trottoir,
gardant un œil sur les mouvements des enfants. Au besoin,
Il donnera un petit coup d’avertisseur pour susciter
l’attention des gamins.
Plaçons maintenant un pharisien derrière le volant. La
vitesse autorisée étant de 50km/h et tenant compte d’une
petite marge de 5km/h accordée sur la mesure prise par les
éventuels radars, il va avancer à 52 voire 53km/h. Il

118
Sans compromis

rouspétera contre la boue qui risque de salir sa belle


voiture et donnera de violents coups de klaxon pour que
ces sales gamins mal éduqués se tiennent à carreau sur le
trottoir. Il se placera en donneur de leçons, soulignant que
la route devrait être nettoyée par celui qui l’a salie, que les
gamins devraient être sages, rappelant qu’il est de la
responsabilité des parents de les éduquer, etc. Mais
personne ne pourra lui reprocher d’avoir dépassé la limite
de vitesse !
Voilà exactement le conflit qui opposait les pharisiens à Yeshua.
Eux qui respectaient la Parole à la lettre contre celui qui la
respectait selon le cœur et l’amour, ce qui ne signifie aucunement
que Yeshua ait adapté la Parole à la situation. Il en a uniquement
tiré l’essence dans le respect de Elohim en premier pour favoriser
le retour à une relation entre la prostituée et Yah.
Non seulement les pharisiens n’arrivaient pas à piéger Yeshua,
mais en plus ils s’en prenaient plein la figure lorsque Yeshua leur
répondait, tout en restant en parfait accord avec la Torah ! En
plus, les gens présents avaient conscience de ce qui se passait et,
certainement, ne se gênaient pas de pouffer de rire. Pour les
pharisiens, c’était rageant, ils le vivaient comme une insulte, une
humiliation et n’avaient qu’une envie : faire taire cet insolent.
N’oublions pas que les pharisiens, les scribes, les prêtres avaient
étudié durant des années la Torah. Certains devaient être bien plus
âgés que Yeshua. Se faire faire la leçon par un gamin de 30 ans
ne devait pas être facile à accepter.
Un autre aspect frappant est l’attitude de Yeshua envers les gens.
Même s’Il devait les reprendre, Il le faisait avec sagesse,
compassion, respect et amour. Lorsque les scribes et les

119
François C. Nadler

pharisiens lui amenèrent la femme adultère72, ils Lui donnèrent


l’occasion de le démontrer avec force de conviction :
Déjà ces hommes de loi viennent dans une attitude
hypocrite : alors qu’ils cherchent à démontrer que Yeshua
n’est qu’un imposteur pour pouvoir l’accuser73, ils
viennent à Lui en l’appelant « Maître… ». Ils affichent
leur savoir en citant la Torah : « Moïse, dans la loi, nous
a ordonné de lapider de telles femmes. Toi donc, que dis-
tu ?74 ».
Les scribes et les pharisiens posent ainsi un double
problème à Yeshua : il y a la question de l’adultère, mais
il y a aussi l’intention claire de ses interlocuteurs de le
prendre au piège. Au travers de leur question, ils laissent
déjà suggérer que Yeshua ne respecte pas la Loi de Moïse.
Mais ils attendent également – qu’au moins cette fois – ils
obtiendraient gain de cause quant à leur savoir et leurs
suspicions.
Une fois encore, Yeshua va nous donner une belle leçon
de sagesse, d’humilité et d’amour :
1. Il prend le temps de réfléchir. Dans mon livre
« l’électron libre », j’ai écrit « la première qualité
d’un prophète est de savoir se taire ». Nous
sommes si prompts à balancer des versets

72
Jean 8:3-11
73
Jean 8:6
74
Jean 8:5

120
Sans compromis

bibliques en toute occasion pour justifier notre


position, qui souvent, parce que sortis de leur
contexte, font plus de mal que de bien. Oh si
seulement nous savions nous taire et écouter ce
que l’Esprit nous dit avant de dire quoique ce
soit…
2. Il confronte sans accuser. Certes, cette femme a
péché. Mais sont-ils meilleurs qu’elle ? Ne sont-ils
pas tous pécheurs d’une manière ou d’une autre ?
Comment susciter la réflexion tant chez les
pharisiens que chez cette femme ? « Que celui qui
n’a jamais péché lui jette la première pierre »
répondra-t-Il. Ainsi, Il n’a pas renié la loi de
Moïse. Au contraire, Il l’aura appliquée de
manière multilatérale. « Oui elle a péché et le
salaire du péché c’est la mort ; lequel d’entre vous
peut prétendre être en règle face au péché et ne
pas mériter la mort ? ». Bien entendu, personne ne
réagira : se prétendre sans péché en est déjà un : le
péché d’orgueil.
3. Il applique la loi éducative. Yeshua sera cohérent
face à la femme, car oui, elle a péché. Il lui offre
cependant un sursis, tel que les magistrats le font
dans nos tribunaux, sur la recommandation du
jury : « Personne ne t’a-t-il condamné ? […] Moi
non plus je ne te condamne pas ». Il précisera
cependant qu’Il n’approuve pas son acte : « va et
ne pèche plus ». Je peux fortement imaginer que la
leçon a servi : cette femme a échappé à une mort

121
François C. Nadler

horrible ; certainement, elle ne reprendra pas ce


risque une seconde fois !
N’est-ce pas là ce que nous appelons éducation envers nos
enfants ? Quelle douleur de voir ces parents qui – chrétiens ou
non – battent leurs enfants, les traitent de nuls, d’incapables,
d’imbéciles, juste parce qu’ils ont cassé un verre, parce qu’ils ont
ramené une mauvaise note ou qu’ils ont prononcé un gros mot !
Il ne s’agit pas de tolérance, il s’agit d’apprentissage, de
formation, d’éducation. Le tout couvert par la plus grande
puissance dont nous disposions : l’amour. L’amour n’efface pas
la loi ; l’amour l’encadre et lui donne tout son sens…

7.4 Yeshua, le pouvoir de pardonner


Dans le film « La liste Schindler », Oscar Schindler dira à
l’officier responsable du camp de concentration : « le vrai
pouvoir, c’est de pardonner ». Il a tout compris… Pardonner,
c’est signifier à l’autre que sa faute n’est pas passé inaperçue,
mais qu’on lui laisse une chance de se racheter, de changer de
comportement, de choisir un autre chemin.
Yeshua possédait ce pouvoir : celui qui reçoit le pardon devient
redevable envers celui qui a pardonné. Si vous acceptez le pardon
de Yeshua pour vos péchés, vous Lui devenez redevable de votre
propre vie. C’est ça, la conversion. Si vous le refusez, vous
conservez le contrôle de votre vie, vous ne devez rien à personne ;
en revanche, dans un tel cas, la loi condamne votre péché et le

122
Sans compromis

salaire du péché, c’est la mort75. En conséquence, vous perdez


tout : le contrôle et votre vie.
Relisez bien le paragraphe précédent en ce qui concerne le refus
du pardon : j’ai bien dit « la loi condamne votre péché » et non
pas « la loi vous condamne ». C’est le péché qui est jugé, c’est
l’acte qui est en cause. Vous portez la responsabilité de vos actes,
certes, mais ce n’est pas vous qu’on juge. C’est l’acte. Pour la
femme adultère, c’est l’adultère qui entraîne la condamnation
à mort. Ce n’est pas la femme. En revanche, c’est la femme qui
subira les conséquences de son acte, c’est elle qui paiera.
Yeshua a payé pour nos péchés, à notre place. Il n’a pas payé
pour nous. Notre vie Lui appartient déjà : qui décide du jour de
votre naissance ou de votre mort ? Le destin ? Non, c’est Élohim
[Père][Parole][Esprit], [Parole] étant Yeshua76 qui donne la vie
et la reprend quand Il veut. Il n’a donc nul besoin de payer pour
nous, mais bien pour nos péchés. Lorsque les sacrifices
d’expiation étaient offerts selon la Loi de Moïse77, c’était pour le
pardon des péchés et non le pardon du pécheur. Le pécheur est
alors dégagé de sa responsabilité, il est libre de sa faute, quoique
redevable envers YHVH. Yeshua est LE sacrifice d’expiation
pour tous les hommes, à condition qu’ils acceptent Son pardon.
Je suis en colère contre ce christianisme qui use de culpabilisation
du pécheur pour exercer son pouvoir. D’autant plus lorsque le
pécheur confesse sa faute. La culpabilisation est une autre forme
de pouvoir. C’est un pouvoir destructeur. Il tue le pécheur avant

75
Romains 6:23
76
Relisez Jean 1:1-4
77
Lévitique 19:22
123
François C. Nadler

même qu’il ait péché ! Il juge le pécheur plutôt que le péché.


Comment cela fonctionne ? Voici un exemple :
Imaginons qu’un enfant casse volontairement un verre.
Quelles peut être la réaction du parent ?
1. Non, mais t’es con ou quoi ? Ramasse ça maintenant
et file dans ta chambre, je ne veux plus te voir !
2. C’est mal ce que tu as fait là. Maintenant il faut
assumer ton geste : ramasse les débris puis va dans ta
chambre réfléchir à ce que tu as fait.
Dans le premier cas, on condamne l’enfant. Non seulement on
le punit, mais en plus on le rejette. Dans ce genre de situation, le
pardon ne sera jamais signifié. Au bout d’un moment, l’enfant
ressortira de sa chambre ou le parent ira le chercher. Mais on ne
reparlera pas de la situation. La prochaine fois qu’on lui donnera
un verre, on saura lui dire « et cette fois ne le casse pas ! »,
rajoutant une couche à sa culpabilité. Voire « non, cette fois je te
donne un gobelet en plastique sinon tu vas de nouveau casser le
verre », ce qui aura le même effet, en ajoutant encore une
nouvelle souffrance : la perte de confiance et une nouvelle
condamnation pour un acte qu’il n’a pas encore commis.
Combien de prêches aurai-je entendus ou lus – particulièrement
chez les catholiques et les évangéliques – qui haranguent
l’assemblée : « Vous n’êtes que des pécheurs, vous n’êtes bon
qu’à l’enfer, la condamnation est sur vos têtes, repentez-vous ! ».
Oui, nous sommes pécheurs, oui, notre péché mérite la
condamnation, oui, nous devons nous repentir et oh combien !
Nous ne réalisons cependant pas les dégâts que ce genre de

124
Sans compromis

discours occasionnent. Ils sont pires que le péché lui-même ! On


tient les fidèles par la peur et par la culpabilité. On construit en
eux une identité désastreuse. On brise la relation d’amour avec le
Père.
D’ailleurs, l’Église catholique a usé de ce pouvoir pour financer
la construction de la Basilique Saint-Pierre à Rome : puisque
l’homme est pêcheur et bon qu’à l’enfer, on va insister sur ce
point et lui donner l’occasion de conclure une sorte d’assurance
en lui vendant des « indulgences signées par le Pape » ! Et cet
argent a effectivement servi à la construction de la Basilique à
Rome !
Y reconnaissez-vous l’attitude de Yeshua ? Moi pas…
Dans le deuxième cas, on dénonce l’acte, on condamne l’acte :
« ce que tu as fait est mal ». Ce n’est pas l’enfant qui est mal, c’est
son acte. L’enfant, lui, doit en apprendre quelque chose. D’abord
d’assumer les dégâts et ensuite de méditer sur son acte : « qu’est-
ce qui s’est passé dans sa tête pour qu’il agisse ainsi ? ». Le
parent ne manquera pas d’aller vers l’enfant un peu plus tard pour
parler avec lui et – justement – l’aider à tirer les leçons de cette
situation. Il se sentira aimé, compris, pardonné et soutenu par
l’enseignement qu’il recevra. Il conservera toute sa valeur et
mieux, il aura grandi.
C’est ce que je connais de Mon Sauveur. Il me prend par la main.
Il me reprend lorsque je commets une faute, une erreur, avec
amour et compassion. Il m’invite à reconnaître mon erreur et à me
repentir. Puis Il m’enseigne comment ne pas la répéter. Ça c’est
mon Papa à moi. La notion de repentance nous est enseignée en
2 Chroniques 7:14 :

125
François C. Nadler

« Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s'humilie, prie, et
cherche ma face, et s'il se détourne de ses mauvaises voies, je
l'exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai
son pays » 2 Chroniques 7:14

La repentance – ou Teshuva en hébreu, dont la racine signifie


‘retourner’ - comprend 4 points distincts :
1. S’humilier
2. Prier
3. Chercher la face de YHVH
4. Se détourner de nos mauvaises voies
Dans la liturgie réformée évangélique, on invoque en début de
culte le pardon des péchés. Il est cependant suivi tel un rituel que
l’on prononce dimanche après dimanche. Il manque cruellement
de réflexion sur ce pour quoi nous observons ce rituel. Je ne mets
pas en doute la sincérité des paroissiens lorsqu’ils récitent cette
liturgie. Je constate simplement qu’elle ne change rien dans les
comportements.
Je ne connais pas suffisamment la liturgie catholique pour me
prononcer. Je noterai simplement que le rôle et la méthode du
confessionnal ne sont pas bibliques et qu’elle également ne
change souvent rien au comportement des confessés.
Chez les évangéliques, ce rituel a pratiquement disparu. Soit nous
nous trouvons dans une communauté qui met l’accent sur ce
pouvoir par la culpabilisation, soit on ne parle même pas de
repentance, insistant plutôt sur la grâce, le salut par la foi, le
pouvoir du sang de Jésus. La repentance n’est plus qu’un mot du

126
Sans compromis

jargon évangélique dont on n’en connaît même plus la


signification profonde.
Il y a cependant des personnes qui cherchent sincèrement ce
pardon et qui – malheureusement – se confessent sur des forums
chrétiens en espérant y trouver des réponses à leurs problèmes.
Les pauvres ! Ils s’en prennent plein la figure comme on dit !
Nous assistons à un déluge de jugements, de moqueries, de yaka,
de yfauke, sans une once de compassion. Les participants se
défoulent dans une logorrhée pseudo-chrétienne qui finira par
achever la personne en quête d’amour et de pardon. Quelle
honte ! De tels forums devraient être purement et simplement
interdits !
L’Église a tout à nouveau besoin d’apprendre la vraie repentance.
Car sans repentance, il n’y a pas de pardon, pas d’apprentissage,
pas de raison d’être redevable envers Yeshua. Sans repentance,
nous annulons purement et simplement toute l’utilité de Son
ministère et de Son Sacrifice. Et cela tout en vociférant contre le
frère qui nous a marché sur le pied…
Alors j’ai une question : quel pouvoir exercez-vous ? Celui du
pardon ou celui de la culpabilisation ?

7.5 Du rôle de l’Esprit Saint


Nous avons vu l’extraordinaire différence qu’il y avait entre
l’attitude des hommes de loi et celle de Yeshua. Était-ce parce
qu’Il est le fils de Yah ? Certainement, oui, mais pas seulement.
Ces hommes de loi intervenaient en toute sincérité, convaincus
de leur rôle et de leur connaissance de la Loi de Moïse. Il leur
manquait uniquement un élément déterminant pour agir tel que
Yeshua l’a fait.

127
François C. Nadler

Rappelons une fois encore que Élohim est pluriel et contient en


Lui-même « Père, Parole et Esprit ». À ce stade, j’admettrai que
je déforme quelque peu notre confession de foi qui parle « du
Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Ce fils est la Parole que Jean
cite dans les premiers versets de son Évangile. C’est par cette
Parole que tout a été créé. C’est pourquoi je conserverai cette
définition de Élohim pluriel. Elle a l’avantage d’être plus claire
quant au rôle de chaque entité la constituant.
Il nous faut donc aborder maintenant le rôle de l’Esprit.
En hébreu, l’Esprit est Ruah. Ruah signifie autant esprit que
souffle ou vent. La première mention de Ruah se trouve en Genèse
1:2 :
« La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface
de l'abîme, et l'esprit [ruah] de Dieu se mouvait au-dessus des
eaux. » Genèse 1:2

Le prophète Joël entre autres annoncera la venue de l’Esprit


Saint :
« Après cela, je répandrai mon esprit [ruah] sur toute chair ; Vos
fils et vos filles prophétiseront, Vos vieillards auront des songes,
Et vos jeunes gens des visions. Même sur les serviteurs et sur les
servantes, Dans ces jours-là, je répandrai mon esprit [ruah]. »
Joël 3:1-2

Un autre terme est utilisé pour souffle qui pourrait prêter à


confusion, c’est Neshamah qui lui se rapporte plutôt au souffle
de la respiration :

128
Sans compromis

« L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il


souffla dans ses narines un souffle [neshamah] de vie et l'homme
devint un être vivant. » Genèse 2:7

Nous interprétons souvent ce verset comme si YHVH avait


soufflé son ‘ruah’ dans les narines de l’homme, mais c’est une
erreur. Dans ce cas, Il parle bien du souffle de la respiration
‘neshamah’.
En hébreu, ruah est féminin. J’aime à dire qu’il représente le côté
féminin, maternel de YHVH, sans pour autant dire qu’il serait la
mère aux côtés du père. Yeshua parle de l’Esprit en qualité de
consolateur :
« Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon
nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce
que je vous ai dit. » Jean 14:26

La consolation est également un rôle typiquement féminin,


maternel. Ce qui ne signifie pas que les papas ne soient pas aptes
à consoler quelqu’un, qu’on soit clair ! Dans ce verset, Yeshua
affirme que ce consolateur nous enseignera toutes choses. Bien
que les générations changent beaucoup ces dernières décennies,
pendant longtemps, l’éducation et l’instruction étaient plus
particulièrement le rôle de la maman, alors que le papa allait
gagner le salaire familial.
Sans ce regard féminin, maternel, éducatif, pédagogique¸
l’application des instructions de YHVH pour son peuple
engendrait les tensions que nous avons vu précédemment. C’est
là que réside la différence avec l’attitude de Yeshua. Son côté
masculin considérait la loi et son côté féminin l’enseignait,
l’appliquait avec tout le soin qu’une mère accorde à ses enfants.

129
François C. Nadler

Esaïe prophétisera au sujet de Yeshua :


« Comme un homme que sa mère console, ainsi je vous
consolerai ; Vous serez consolés dans Jérusalem. » Essaie 66:13
La mère est également celle qui donne la vie, sans enlever le fait
que c’est YHVH qui insuffle le neshamah, le souffle de vie.
Ceci m’amène à considérer une différence entre appliquer la loi
et vivre la loi. Jusqu’à l’arrivée de Yeshua, les hommes
appliquaient la loi : « je me lave les mains parce que la loi me
l’ordonne et non parce qu’elles seraient sales ». Avec Yeshua, la
loi prend vie : « Je me lave les mains, car elles sont sales, ce à
quoi la loi m’a rendu attentif ». Comprenez-vous la différence ?
Reprenons l’exemple de notre conducteur :
Si j’applique la loi, je roulerai à 50km/h parce que c’est la limite
qui m’est donnée. Si je vis la loi, j’adapterai ma vitesse jusqu’à la
limite de 50km/h parce que c’est sage.
C’est là le rôle du Saint-Esprit : nous enseigner, nous guider, nous
inspirer afin que ce que nous vivons soit conforme à YHVH, non
pas parce qu’Il nous l’ordonne, mais parce que nous en saisissons
le bon sens.
C’est pourquoi Yeshua précisera au sujet de la loi :
« Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les
prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront
point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait
de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui
supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui

130
Sans compromis

enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit


dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui
enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le
royaume des cieux. » Matthieu 5:17-19

Je vais me concentrer ici sur la première phrase : « Ne croyez pas


que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu
non pour abolir, mais pour accomplir ». Lorsque Yeshua dit être
venu accomplir la loi, le terme grec utilisé est Pleroo. Cela
signifie rendre complet, amener à la réalisation, donner vie. Sans
l’Esprit-Saint, la loi était incomplète dans le sens qu’il lui
manquait l’aspect maternel, éducatif. Ce n’était qu’une ‘lettre
morte’ et donc ne pouvait pas ‘donner vie’. En accomplissant la
loi, elle devient une ‘lettre vivante’, animée de son côté maternel,
devenant alors capable de ‘donner vie’.
Donner vie, c’est la racine même des miracles que Yeshua
accomplissait. Sa Parole devenait Vie ou prenait Vie. La
création a été faite par la Parole, ensemble avec le Père et l’Esprit.
Les miracles, les guérisons, les délivrances prennent vie parce
que l’Esprit-Saint communique cette vie.
C’est pourquoi Yeshua baptisera ses disciples de l’Esprit-Saint et
nous en voyons les fruits : ils accomplissaient les mêmes miracles
que Yeshua, du moins durant les premiers siècles.

7.6 L’alliance renouvelée


La mort et la résurrection de Yeshua sont un élément capital tant
pour l’histoire d’Israël que pour l’Église. Son sacrifice a des
implications dans tellement de domaines qu’il m’est difficile de
savoir où placer cet élément dans cette étude. Je vais donc parler
ici d’un aspect de son sacrifice qui concernera directement notre
thème actuel : Israël.
131
François C. Nadler

YHVH a conclu une alliance avec Abraham : « Je ferai de toi une


grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu
seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront,
et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la
terre seront bénies en toi. »
Genèse 12 :2-3

Au fil des siècles, YHVH a mis en place tout ce qu’il fallait pour
que cette alliance se réalise. Ainsi est né un peuple, une nation qui
a reçu une loi et un pays. Nous pouvons comparer cela à la
création de l’être humain : Il met en place un squelette, un
système nerveux, un système cardio-vasculaire, des muscles et de
la peau. L’homme a tout pour exister sauf un élément essentiel :
le souffle de vie.
C’est là un des éléments qu’apportera le sacrifice de Yeshua :
« Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je
m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra
pas vers vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. »
Jean 16:7

Il fallait donc que Yeshua offre sa vie en sacrifice pour qu’Israël


reçoive le souffle de vie, le ruah, l’Esprit-Saint. Par sa mort et sa
résurrection, Il a permis à toute la promesse de trouver son lieu
en entier. Maintenant qu’elle est complète, l’alliance est réalisée
et peut prendre vie.
Alors que YHVH a promis à Abraham que « toutes les nations de
la terre seront bénies en lui », Yeshua enverra ses disciples dans
les nations pour que la promesse se réalise :

132
Sans compromis

« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au


nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à
observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous
tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » Matthieu 28 :19-20

Avec ces paroles, Yeshua ne confirme pas seulement l’alliance


faite avec Abraham ; Il la renouvelle dans une dimension élargie
et conforme à la promesse : maintenant qu’Israël est réalisé, il est
temps d’y adjoindre celles et ceux qui croiront en Yeshua, le
Messie, le Roi des Juifs, en les greffant à la souche saine, la
souche cultivée78 : Israël.
Cette notion de cultivée évoque tout le travail que YHVH a
accompli en réunissant un peuple sous une même nation dans un
même pays avec une même loi animée d’un même Esprit.

78
Romains 11:11-24

133
François C. Nadler

134
Sans compromis

8. Israël – la destinée
Contrairement à ce que le christianisme prétend, l’histoire
d’Israël avec YHVH ne s’arrête pas là pour être transférée à
l’Église. Il serait parfaitement illogique que YHVH ait consacré
toute cette énergie pour réaliser cet olivier cultivé pour en
supprimer toutes ses branches au profit de branches sauvages. Si
vous relisez bien Romains 11, il est précisé que quelques-unes de
ses branches ont été retranchées et non pas toutes. Nous allons
nous intéresser à ces quelques-unes, examiner ce qu’il advint
d’Israël durant les premiers siècles et ce que prévoit cette alliance
renouvelée. Si YHVH prend la peine de renouveler Son alliance,
ce n’est pas pour la retirer à l’objet de cette alliance, Israël.
Imaginez que vous renouvelez votre abonnement de téléphone et
que l’opérateur vous dise « l’abonnement est renouvelé, mais il
ne sera valable que pour vos voisins, plus pour vous ! ».

8.1 L’Église des premiers siècles


Nous oublions trop vite que toute l’histoire de Yeshua se passe en
Israël et donc au sein du peuple juif et de ses traditions. Par
ailleurs, nous l’avons déjà évoqué, Yeshua respectait ces
traditions, comme ses parents le Lui ont appris. La préparation de
la dernière pâque pour Yeshua était faite selon la coutume, tel
que nous le rapporte entre autres l’Évangile de Marc :
« Le premier jour des pains sans levain, où l'on immolait la
Pâque, les disciples de Jésus lui dirent : Où veux-tu que nous
allions te préparer la Pâque ? Et il envoya deux de ses disciples,
et leur dit : Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant
une cruche d'eau, suivez-le. Quelque part qu'il entre, dites au
maître de la maison : Le maître dit : Où est le lieu où je mangerai
la Pâque avec mes disciples ? Et il vous montrera une grande

135
François C. Nadler

chambre haute, meublée et toute prête : c'est là que vous nous


préparerez la Pâque. Les disciples partirent, arrivèrent à la ville,
et trouvèrent les choses comme il le leur avait dit ; et ils
préparèrent la Pâque. » Marc 14:12-16

Yeshua n’a jamais été prêché dans les nations. Tout Son ministère
s’est concentré en Israël. C’est aux juifs premièrement que Son
ministère était consacré. C’est avec le peuple juif que l’alliance a
été conclue. Si elle a été étendue aux nations, elle reste néanmoins
destinée au peuple d’Israël. Yeshua était juif, Ses disciples étaient
tous juifs et Ses auditeurs – à quelques rares exceptions près
puisque des étrangers se trouvaient en Israël à cette époque, dont
les Romains notamment – étaient essentiellement des juifs.
La rencontre avec la femme de Samarie79 Lui donnera l’occasion
d’affirmer que non seulement le salut est pour les juifs
premièrement, mais également qu’il vient des juifs :
« Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous
adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. »
Jean 4:22

N’est-il pas surprenant que le christianisme ait rapatrié toute


l’histoire de Yeshua et de la nouvelle alliance dans un
christianisme occidentalisé alors que TOUS les événements se
sont passés en Israël au sein du peuple juif, avec et par des juifs ?
Nous reviendrons sur le sujet, car là se situent les plus graves
erreurs et crimes de l’histoire de l’Église chrétienne.

79
Jean 4:1-26

136
Sans compromis

Immédiatement après la mort et la résurrection de Yeshua, les


premières personnes parmi le peuple juif qui ont cru en Yeshua
en Sa qualité de Messie ont commencé à se réunir dans les
maisons. S’il s’agissait de groupes restreints – en particulier les
disciples – qui étaient tout de même au moins 120 à se retrouver80.
C’est lors d’un de ces rassemblements que le Saint-Esprit
descendit sur eux :
« Le jour de la ‘Pentecôte’, ils étaient tous ensemble dans le
même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un
vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis.
Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent,
séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et
ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en
d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. »
Actes 2:1-4

Il est fort regrettable que les Pères de l’Église aient remplacé les
fêtes juives par des fêtes païennes, car Pentecôte n’existait pas à
ce moment-là. Selon la Torah, ils s’étaient réunis à l’occasion de
la fête de Shavouot, qui est la fête du don de la Torah ! Si cette
Torah a été gravée dans la pierre81 lors de la première alliance,
elle le sera dans leur cœur tel que l’annonça le prophète Jérémie82
dès ce jour-là, par la puissance du Saint-Esprit.
Deux éléments nous frappent dans cette histoire :
1. La première église était constituée exclusivement de
juifs qui ont cru en Yeshua. Elle n’était pas encore

80
Voir Actes 1:15
81
Exode 34:1
82
Jérémie 31:33
137
François C. Nadler

« ouverte » aux païens, soit aux non-juifs. Il faudra


attendre que l’Apôtre Pierre reçoive sa vision83 d’aliments
souillés et impurs pour qu’ils étendent leur prédication
aux non-juifs et leur ouvrent les portes.
2. Les disciples continuent de respecter les Moadim, les
Saintes Convocations de l’Éternel, dans ce cas Shavouot,
selon ce qui est prescrit dans la Torah.
Il ne figure à nulle part dans les actes des Apôtres comme dans
leurs Épîtres que la Torah ou les Moadim aient été supprimés. Au
contraire, les Apôtres devront justement se prononcer sur des cas
où les chrétiens non-juifs avaient tendance à devenir plus
religieux que les religieux juifs en ce qui concerne la Torah. C’est
notamment l’objet de la Lettre aux Romains. Mais n’allons pas
trop vite, nous y reviendrons. La première église, composée de
juifs, vivait au rythme des fêtes juives et observait la Torah. La
différence tenait en ce que cette Torah était éclairée par le Saint-
Esprit et non plus observée dans le légalisme.
Si la nouvelle alliance est bien une alliance renouvelée, cela
signifie que le contenu de la première alliance reste parfaitement
valable. Il n’existe aucune trace, ni dans « l’ancien » ni dans le
« nouveau » Testament qui prouve le contraire. Tel que nous le
verrons, il s’agit d’une invention purement humaine visant à « se
séparer de ces sales juifs », propos écrits noir sur blanc par les
Pères de l’Église catholique romaine sous Constantin, repris par

83
Actes 10:9-16

138
Sans compromis

Martin Luther et allègrement appliqués par l’Église chrétienne de


toute dénomination !
En résumé, la première église était juive et a accueilli des non-
juifs, tout en respectant la Loi de Moïse, mais cette fois éclairée
et rendue accessible par l’action du Saint-Esprit, offert au travers
du sacrifice conscient et volontaire de Yeshua.
8.2 Le devenir d’Israël
Pour que le plan final de YHVH se réalise, il faut encore que
l’Évangile parvienne à toutes les nations afin que celles et ceux
qui croient en Yeshua se voient greffés à l’olivier franc, à Israël.
L’objectif est que ces nations rendent jaloux les juifs dispersés.
C’est-à-dire que par leur foi et les fruits de cette foi, par leur
fidélité à la Torah éclairée par l’Esprit de Yah, ils témoignent
auprès des juifs de la diaspora que Yeshua est bel et bien le Messie
qu’ils espèrent et qu’Il n’attend qu’eux pour réunir enfin Israël
dans sa terre promise. Là, l’Église a gravement échoué et a
produit exactement l’effet inverse ! Au lieu de contribuer au
plan final de YHVH, elle a contribué à la solution finale de
l’antisémitisme… Je vous le prouverai.
Aujourd’hui, à de rares exceptions près (quelques tribus isolées),
l’Évangile a conquis le monde. Où que vous alliez, ils connaissent
au moins qui est – non pas Yeshua, mais – Jésus. Pourtant, il n’y
a que très peu de juifs qui se sont convertis. La plupart de ceux-ci
ont rejoint le christianisme et confessent Jésus. Mais rares sont
ceux qui connaissent Yeshua, le Messie juif. Quelle différence ?
me demanderez-vous. Par Jésus, nous sommes tous chrétiens !
Oui, mais ce christianisme a divorcé de ses racines hébraïques. Il
n’a plus rien à voir avec celui que vivaient les premiers
disciples.

139
François C. Nadler

C’est pourquoi les juifs dans le monde ne PEUVENT pas


reconnaître le Messie. Jamais ils n’adhéreront à une foi qui exclut
leurs racines hébraïques : la Torah, l’alliance que YHVH a
conclue avec Abraham. Ce n’est pas le christianisme que Yeshua
a apporté ; c’est l’alliance avec Abraham qu’Il a renouvelée ! Or
celle-ci, le christianisme la rejette en tant que tel, tout en
s’appropriant les promesses faites à Abraham et en se déclarant
être le nouvel Israël. Nous reviendrons sur ces questions
essentielles, car là réside la clé du retour du Messie.
Les juifs attendent donc encore et toujours leur Messie pendant
que les chrétiens célèbrent leur Jésus. Quelle attention ces
chrétiens portent-ils à Israël ? Aucune ! Quelle importance y
voient-ils ? Aucune. Puisqu’ils sont le nouvel Israël, pourquoi
s’en inquiéter ? Puisqu’il suffit que les juifs acceptent Jésus,
pourquoi se poser des questions ? Ils vivent dans un monstrueux
mensonge et espèrent que les juifs – ceux qui ont la Torah ancrée
dans leurs gènes – les y rejoignent.
Heureusement, nous avons encore aujourd’hui ces juifs
orthodoxes qui, comme autrefois, se consacrent à l’étude de la
Torah, du Tanach : sans eux, le judaïsme, la foi d’Abraham,
d’Isaac et de Jacob, celle à laquelle nous sommes rattachés en
l’alliance renouvelée par Yeshua, n’existerait plus ! S’ils sont
extrêmes dans leur manière de vivre la foi, j’en conviens, ils sont
et restent les gardiens fidèles de l’alliance. Sans eux, Israël ne
serait plus qu’un souvenir… Alors que YHVH les bénisse plus
que quiconque !
Depuis quelques décennies, YHVH lève une armée de prophètes
qui crient dans un désert d’ignorance, de mépris, de railleries et

140
Sans compromis

de mensonges. Ils sont toujours plus nombreux, augmentant et se


fortifiant chaque année. YHVH a décrété un temps de
restitution. Il appelle l’Église à rendre à Israël son héritage et à
se rattacher tout à nouveau à l’alliance renouvelée, celle qu’Il a
mise en place et non celle que le christianisme a inventée. Il
rappelle Ses enfants à se repentir de leurs mauvaises voies et de
revenir à Lui : Le Dieu d’Israël, YHVH Adonaï, de rétablir Son
Nom sur la terre : Élohim en premier.
Nous touchons à un temps où YHVH va rétablir Israël, en tant
que peuple, nation et pays. À ceux qui s’attacheront à Israël, à
ceux qui suivront Son Alliance, Il fera grâce et ils seront greffés
à l’olivier franc. Alors Il pourra appeler Son épouse : Israël,
composée des juifs premièrement et des non-juifs, tous réunis en
une même souche. C’est alors et alors seulement que
s’accompliront les paroles de Paul aux Galates, rétablies dans
leurs termes originaux :
« Car vous êtes tous fils de YHVH par la foi en Yeshua le Messie
; vous tous, qui avez été baptisés en le fils de Yah, vous avez
revêtu Le Messie. Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni
esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme ; car tous vous
êtes un en Yeshua le Messie. Et si vous êtes au fils de Yah, vous
êtes donc la postérité d'Abraham, héritier selon la promesse. »
Galates 3:26-29

Beaucoup ne seront pas greffés et beaucoup ce ceux qui étaient


greffés seront retranchés. Car YHVH met de l’ordre dans Son
Ekklesia, Son ‘Eglise’, Son assemblée. Il ne tolère aucun
compromis dans et avec Son Alliance. C’est Lui Elohim en
premier qui décide et qui détermine qui recevra la grâce d’être
greffés. À ceux qui se repentent et se détourneront de leurs

141
François C. Nadler

mauvaises voies, Il fera grâce. Nous verrons ce que sont – pour le


christianisme – ces mauvaises voies.
« Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s'humilie, prie, et
cherche ma face, et s'il se détourne de ses mauvaises voies, je
l'exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai
son pays. » 2 Chroniques 7:14

Tel que la Bible a prouvé que YHVH tient ses promesses, Il


tiendra celles qui ne se sont pas encore réalisées : Il rétablira Israël
et Il engagera les Noces de l’Agneau :
« Et une voix sortit du trône, disant : Louez notre Dieu, vous tous
ses serviteurs, vous qui le craignez petits et grands ! Et j'entendis
comme une voix d'une foule nombreuse, comme un bruit de
grosses eaux, et comme un bruit de forts tonnerres, disant :
Alléluia ! Car le Seigneur notre Dieu tout-puissant est entré dans
son règne. Réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse, et
donnons-lui gloire ; car les noces de l'agneau sont venues, et son
épouse s'est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d'un fin
lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les œuvres justes des
saints. Et l'ange me dit : Ecris : Heureux ceux qui sont appelés
au festin de noces de l'agneau ! Et il me dit : Ces paroles sont
les véritables paroles de Dieu ». Apocalypse 19:5-9

Il y a ici les noces de l’Agneau et il y a le festin de noces. Tous ne


sont pas nommés « épouse de Yeshua », mais sont invités aux
noces.
« Et j'entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du
sceau, cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils
d'Israël : de la tribu de Juda, douze mille marqués du sceau; de

142
Sans compromis

la tribu de Ruben, douze mille; de la tribu de Gad, douze mille;


de la tribu d'Aser, douze mille; de la tribu de Nephthali, douze
mille; de la tribu de Manassé, douze mille; de la tribu de Siméon,
douze mille; de la tribu de Lévi, douze mille; de la tribu d'Issacar,
douze mille; de la tribu de Zabulon, douze mille; de la tribu de
Joseph, douze mille; de la tribu de Benjamin, douze mille marqué
s du sceau. » Apocalypse 7:4-8

Ces 144'000 dont certaines dénominations chrétiennes se


réclament sont tous issus des tribus d’Israël et non de l’Église !
« Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la
nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée
pour son époux. » Apocalypse 21:2

La Ville Sainte, le Trône de YHVH, c’est Jérusalem. Pas Paris,


Washington ou Berne ! Jérusalem est en terre d’Israël, au
Moyen-Orient, pas en Suisse, en France ou en Angleterre !
« Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne.
Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel
d'auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu. Son éclat était
semblable à celui d'une pierre très précieuse, d'une pierre de
jaspe transparente comme du cristal. Elle avait une grande et
haute muraille. Elle avait douze portes, et sur les portes douze
anges, et des noms écrits, ceux des douze tribus des fils d'Israël
: à l'orient trois portes, au nord trois portes, au midi trois portes,
et à l'occident trois portes. La muraille de la ville avait douze
fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de
l'agneau. » Apocalypse 21:10-14

La nouvelle Jérusalem est fondée sur les 12 apôtres juifs et non


sur la multitude de prêtres et pasteurs chrétiens ; La ville a 12

143
François C. Nadler

portes au nom des tribus d’Israël et non celui des multiples


dénominations chrétiennes.
« Et il me dit : Ne scelle point les paroles de la prophétie de ce
livre. Car le temps est proche. Que celui qui est injuste soit
encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore ; et que
le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint se
sanctifie encore ». Apocalypse 22:10-11

Croyez-vous que YHVH parle des non-convertis ? Oh non ! Il


parle de celles et ceux qui confessent le nom de Jésus tout en
pratiquant l’injustice – y compris envers Israël – et qui se
souillent, également auprès d’une théologie faussée par les Pères
de l’Église !
« Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour
rendre à chacun selon ce qu'est son œuvre. Je suis l'alpha et
l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.
Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d'avoir droit à l'arbre
de vie, et d'entrer par les portes dans la ville ! Dehors les chiens,
les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et
quiconque aime et pratique le mensonge ! Moi, Yeshua, j'ai
envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises.
Je suis le rejeton et la postérité de David, l'étoile brillante du
matin. » Apocalypse 22 :12-16

Voilà un avertissement clair : DEHORS ! toute personne qui ne


respecte pas les Saints Commandements. Car qui a défini ce qui
est saint et agréable à l’Éternel ? C’est Lui-même, Élohim en
premier, dans Sa Parole, dans Ses instructions. Et où trouve-t-on
ces instructions ? Dans la Torah ! Je crains fort que de très
nombreux chrétiens doivent vivre une magistrale déception ce

144
Sans compromis

jour-là. Car celles et ceux qui rejettent les instructions de YHVH


données dans la Torah se verront mis dehors. Celles et ceux qui
prétendent être Israël devront déchanter, car ils devront
constater que YHVH n’a jamais changé Son plan envers Son
peuple ! Au contraire, Il l’a mené à bien, Il l’a achevé.
Relisez le livre de Joël. En voici quelques extraits :
« Alors quiconque invoquera le nom de l'Eternel sera sauvé; Le
salut sera sur la montagne de Sion et à Jérusalem, Comme a dit
l'Eternel, Et parmi les réchappés que l'Eternel appellera. »
Joël 3 :5

Le lieu est clairement identifié : c’est Jérusalem, en Israël.

« Car voici, en ces jours, en ce temps-là, Quand je ramènerai les


captifs de Juda et de Jérusalem, Ils ont tiré mon peuple au sort;
Ils ont donné le jeune garçon pour une prostituée, Ils ont vendu
la jeune fille pour du vin, et ils ont bu. » Joël 4 :1-3

Voilà qui désigne exactement ce que l’Eglise a fait d’Israël : « ils


ont tiré mon peuple au sort… ». Mais l’Eternel rétablira Son
peuple.

« Mais Juda sera toujours habité, Et Jérusalem, de génération en


génération. Je vengerai leur sang que je n'ai point encore vengé,
Et L'Eternel résidera dans Sion. » Joël 4 :20

Je vous encourage à lire l’ensemble de la prophétie ; le texte n’est


pas très long mais il est clairement révélateur de tout ce qui
précède dans ce chapitre.

145
François C. Nadler

8.3 Israël, en guise de synthèse


Voilà notre parcours achevé. Nous avons vu qu’en Eden, YHVH
a créé le prototype de Son plan : créer un peuple qui Lui soit dédié
et qui Le représente, au travers d’Adam [homme/femme].
Il a poursuivi son plan hors d’Eden avec Noé afin que ce peuple
remplisse la terre, en ce temps-là : le Moyen-Orient
premièrement.
Il a conclu une Alliance avec Abraham, Lui promettant qu’il
serait père d’une nation et qu’il posséderait un pays. Il répétera
cette alliance avec Isaac et Jacob.
Avec Jacob, Il a défini ce peuple en 12 tribus et lui donne le nom
d’Israël.
Avec Moïse, Il a rassemblé ce peuple hors de la servitude et l’a
conduit vers sa propre terre, son propre pays. En plus, Il lui
donna ses instructions, ses lois.
Avec Yeshua, Il a donné le moyen de comprendre et d’assimiler
ces lois et ces instructions par le don du Saint-Esprit. Il a
également offert le moyen de salut pour son peuple, mettant fin
aux sacrifices d’animaux, offrant Son propre fils en sacrifice
expiatoire. Il a ouvert la porte à celles et ceux qui ne descendent
pas d’Adam et Eve comme à celles et ceux qui – descendant de
Noé – n’ont pas eu part à l’Alliance conclue avec Abraham. Il a
renouvelé son alliance avec Israël, en offrant à celles et ceux qui
croient que Yeshua est le Messie d’être greffés à Israël, soit aux
promesses comme aux instructions qu’Israël a reçues. Et je dis
bien à Israël et non à l’Eglise.

146
Sans compromis

Pour terminer, Il annonce que prochainement, Il installera


définitivement son peuple dans la terre qu’Il lui a promise et
qu’Il habitera au milieu d’eux à Jérusalem.
De Genèse 1 à Apocalypse 22, la Parole nous expose le plan divin
de YHVH : Israël, le Peuple de Yah. Pourquoi a-t-Il pris cette
peine ?
Afin que personne, ni dans le ciel ni sur la terre, ne puisse
prétendre avoir une raison quelconque de mépriser ce peuple,
cette nation, ce pays, cette loi.
Élohim en premier attend de chacun de nous, juif ou non juif, que
nous respections ce que LUI choisit et décide.

147
François C. Nadler

148
Sans compromis

9. La stratégie du diable
Franchement, je considère que ce personnage ne mérite
pas qu’on lui consacre un chapitre ; c’est lui faire trop
d’honneur et il s’en régale. Néanmoins, si nous voulons
combattre un ennemi, il est indispensable de le connaître
et de connaître sa stratégie, aussi vicieuses soit-elle.
Comme par hasard, alors que je commence ce chapitre,
mes yeux fatiguent devant mon écran et un mal de tête
s’installe… Je ne me laisse néanmoins pas détourner, je
me repose un instant puis reprend ma ‘plume’
informatique.
Mes animaux s’y mettent : ma chatte ne fait qu’entrer et
sortir, ce qui signifie que je dois abandonner mon clavier
pour lui ouvrir la fenêtre à chaque fois. Ma chienne vient
à tout instant me chercher : elle veut sortir, elle veut
rentrer, elle veut des câlins, elle veut… elle ne sait pas
quoi, mais elle vient. Difficile de se concentrer dans ces
conditions et peu étonnant au vu du sujet ! Ne croyez pas
que je voie le diable partout. L’expérience m’a toutefois
appris à reconnaître mon ennemi.
De même que la Parole retrace tout le projet de YHVH pour Israël
et les nations, elle retrace également l’histoire du malin et la
manière dont il agit pour détourner les créatures de Yah de leur
Créateur. Sans aborder ce sujet, nous manquerions d’une pièce
angulaire dans notre puzzle et beaucoup d’événements –
particulièrement durant l’ère chrétienne – ne s’expliqueraient que
très difficilement. Si donc YHVH prend la peine d’en parler, c’est
que cela a son importance. Alors ne nous faisons pas plus spirituel
que Lui et abordons le sujet.

149
François C. Nadler

À l’image du personnage, nous allons devoir faire un voyage


quelque peu chaotique au travers de la Bible. C’est pourquoi je
commencerai par dresser une liste non exhaustive de ses
principales caractéristiques et ses principaux objectifs avant de
les appuyer par la Parole.
9.1 Reconnaître son ennemi
Cet ennemi porte un nom : Lucifer84. Nous ne trouvons ce nom
que dans la traduction Osterwald (mis entre parenthèses) et King
James selon ma Bible EnLigne85. La plupart des versions le
nomment astre brillant ou étoile du matin. En hébreu Heylel
signifie effectivement le brillant, l’étoile du matin mais
également Lucifer et est associé au Roi de Babylone. Après qu’il
fut précipité sur terre, YHVH changea son nom en Satan86, terme
que nous avons conservé de l’hébreu et qui signifie ennemi ou
adversaire. Nous le retrouverons dans la nouvelle alliance sous le
nom de Satanas87, également traduit par Satan.
Satan veut être dieu à la place de YHVH. Il veut siéger sur le trône
dédié à Yeshua à Jérusalem. Il veut le pouvoir. Il est rebelle, il
convoite le Créateur et le provoque. En conséquence, YHVH l’a
précipité sur terre et lui a retiré à la fois la responsabilité et les
attributs dont il disposait dans les cieux88.

84
Essaie 14:12
85
[Link]
86
La première mention de Satan se trouve en 1 chroniques 21:1
87
Par exemple Matthieu 12:26
88
Ezéchiel 28:11-19 ; Apocalypse 12:9

150
Sans compromis

L’Adam [homme/femme] a été créé de peu inférieur à YHVH ; il


règne sur la création, y compris sur les anges89, selon l’ordre qui
lui a été donné en Eden. Il règne donc également sur Satan. Car
Satan est une créature au même titre que les anges. Il fut le
premier d’entre eux. Il ne possède donc pas les attributs de
l’Adam, fait à l’image de YHVH. Il n’a pas de corps humain. Il
est et reste un esprit. C’est pourquoi nous avons autorité sur lui,
au Nom de Yeshua.
Satan sait que ses jours sont comptés et il se bat comme un lion
rugissant90, dans l’espoir aussi désespéré que vain d’arriver à ses
fins. Mais il connaît également la faiblesse de l’être humain et
l’utilise autant que possible, ce qui lui permet, bien trop souvent,
de « régner au travers de lui », au travers de son corps, de ses
pensées et de ses paroles, avec des conséquences désastreuses.
Lorsque je parle de « régner au travers de lui », je n’évoque pas
uniquement la magie, la sorcellerie, le ‘new age’ ou ce genre
d’activités. Je parle également de ‘relations humaines’, de
‘décisions politiques’, de ‘théologie de remplacement’, de
‘gestion financière’, etc. Il utilise sans retenue TOUS les moyens
dont il dispose pour arriver à ses fins.
Le pire – si je peux l’exprimer ainsi – est qu’il utilise également
la Bible. Ne soyons pas stupides ni arrogants : il la connaît bien
mieux que nous et sait très bien comment nous induire en erreur
dans notre interprétation des Écritures ! Il a induit Adam et Eve
en erreur quant à l’ordre donné par YHVH91 et il soumettra à la

89
Psaume 8:6 ; Genèse 1:28
90
1 Pierre 5:8 ; Proverbes 28:15
91
Genèse 3:1

151
François C. Nadler

tentation Yeshua en utilisant la Torah92. Tel que nous le verrons,


il a également subtilement induit les Pères de l’Église en erreur
dans l’interprétation de la Lettre aux Romains et dans
l’instauration d’une Église Chrétienne Catholique Romaine, puis
de toutes celles qui en découleront, réformées et évangéliques.
Non, ne me ‘crachez’ pas dessus tout de suite ; attendez que je
vous expose le ‘pourquoi’ et le ‘comment’…
Enfin, Satan dispose d’une armée d’anges, soit des créatures
célestes, que nous appelons communément des esprits. Les
Évangiles évoquent les délivrances opérées par Yeshua : ces
esprits qu’Il chassa font partie de ce tiers d’anges déchus qui
furent précipités sur la terre avec Satan93.
Pour terminer ce sous-titre, et bien que cela ne me plaise pas
forcément, je dois tout de même souligner que parfois Satan a bon
dos. L’être humain aura vite fait d’expliquer pour ne pas dire
excuser certains événements comme étant sataniques ou l’œuvre
de Satan alors qu’ils sont purement et simplement humains, qu’ils
sont une réaction naturelle, voire qu’ils sont l’œuvre de Yah Lui-
même !
• Lorsque vous accélérez au-delà de la vitesse autorisée et
que vous jurez contre la voiture qui vous précède et qui
vous ralentit, ce n’est pas l’œuvre de Satan, mais la vôtre !

92
Matthieu 4:1-11
93
Apocalypse 12:4

152
Sans compromis

• Lorsqu’une faille de la croûte terrestre se déplace et


engendre un tsunami, ce n’est pas l’œuvre de Satan, mais
de la nature, voire même de YHVH !
• Lorsque vous êtes surpris en flagrant délit de vol à
l’étalage, ce n’est pas l’œuvre de Satan, mais bien YHVH
qui vous tire les oreilles.

9.2 La stratégie de l’ennemi


Revenons au premier temps de latence évoqué au début du
chapitre 4.3. :
« 1. Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. 2. La terre
était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de
l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. »
Genèse 1:1-2

« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. ». YHVH est


un Dieu d’ordre, de clarté, de précision. Lorsqu’Il a créé l’Adam,
Il l’a fait de manière qu’il fonctionne parfaitement dès le départ.
Il n’a pas été nécessaire de venir corriger ou de devoir ajuster
certains paramètres. Lorsqu’Il crée les plantes, les arbres, les
animaux, nul besoin n’est de devoir adapter quoi que ce soit.
Aujourd’hui encore, les arbres nous apportent l’oxygène dont
nous avons besoin, recyclent le CO2 et les plantes donnent leurs
fleurs, leurs fruits. Je n’ai jamais vu un bananier produire des
fraises ni un rosier produire des glaïeuls. Je n’ai jamais vu une
vache produire du vin et une vigne produire du lait. Il crée et la
création est parfaite.
Pourtant, au deuxième verset, nous sommes confrontés à un
chaos : « la terre était informe et vide, il y avait des ténèbres à la
surface de l’abîme ». Au point que l’Esprit – le Ruah – « se

153
François C. Nadler

mouvait au-dessus des eaux », sans lieu où trouver pied. Le terme


utilisé pour se mouvoir est Rachaph, qui signifie aussi planer,
danser, se laisser aller en se relâchant. Là où est YHVH règne
non seulement l’ordre, mais aussi la lumière. Les ténèbres ne font
pas partie de Ses attributs. S’Il a créé le ciel et la terre, il y a bien
deux éléments distincts et concrets. Mais il y a cet abîme qui
apparaît. Abîme¸ en hébreu c’est Tehom, que l’on peut aussi
traduire par eaux profondes, souterraines, ou océan primitif. Mais
dans sa traduction d’abîme, il s’associe à Sheol, soit le séjour des
morts. La définition académique du terme ‘abîme’ est un
« gouffre profond, un puit sans fond, une difficulté insurmontable,
un enfer ».
Il s’est donc passé quelque chose entre le moment où YHVH a
créé le ciel et la terre et le moment où la terre était informe et
vide dans les ténèbres, au point que dès le verset 3, nous voyons
l’Éternel mettre de l’ordre dans cette création. La réponse se
trouve dans la chute de Lucifer, lorsqu’il a été précipité sur terre
avec un tier des anges94.
À de nombreuses reprises, des interlocuteurs m’ont fait
remarquer que je cite un verset du dernier livre de la Bible
pour expliquer un passage du premier livre de la même
Bible. J’aimerais rappeler à cet égard que la notion de
temps n’est absolument pas la même pour YHVH que
pour nous. Nous vivons dans le temps chronos, celui que
nous mesurons en secondes, minutes et heures. Il implique
un passé, un présent et un futur mesurables et

94
Apocalypse 12:9

154
Sans compromis

comparables. YHVH vit dans le temps Eon, c’est-à-dire


un espace où le passé, le présent et le futur ne font qu’un,
à la fois espacés et unifiés, une infinitude. Une notion qu’il
nous est difficile d’intégrer dans notre finitude… Si la
Genèse et l’Apocalypse semblent à des périodes chronos
éloignées, elles sont dans l’eon, l’univers propre à YHVH,
parfaitement unifiées.
Une fois sur terre, Satan va commencer son travail. Les ténèbres
et le chaos sont propres à son œuvre, à son identité. Là où règnent
les ténèbres et le chaos, là règne le diable. C’est sa signature :
« semer le bordel et aveugler, semer la confusion et masquer la
réalité ». C’est la première méthode de l’ennemi. La deuxième
est la déformation de la Parole de YHVH.
Alors qu’Adam et Eve jouissent d’une vie simple, paisible et
rassurante en Eden, ils vont être confrontés au doute et à
l’insécurité. Il n’est dit à nulle part que c’est Satan qui est venu
semer le trouble. Il est parlé du serpent comme l’animal le plus
rusé de la création. Cependant son œuvre nous permet de
l’identifier. « On reconnaît un arbre à son fruit » dit-on :
« Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs,
que l'Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il
réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin
? La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des
arbres du jardin. Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu
du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez point et vous n'y
toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit
à la femme : Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour
où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez
comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » Genèse 3:1-5

155
François C. Nadler

Voyons ce dialogue dans le détail. Retenez-le bien, car ce que la


Torah nous expose ici, c’est un des plus précieux secrets sur la
stratégie de l’ennemi de nos âmes :
• Déjà, nous remarquons que ni Eve ni Adam n’ont été
surpris que le serpent parle. Pas plus d’ailleurs que
Balaam avec son ânesse95. À se demander quel type de
relation ils entretenaient avec les animaux.
• Le serpent commence son dialogue en évoquant Elohim.
Il met en confiance. « Tu vois, on Le connaît tous les deux.
C’est donc un ‘ami’ commun, tu n’as rien à craindre de
moi ».
• Il dit « Élohim a-t-il réellement dit… ? ». Il sème le doute
et la confusion, avec une pointe de culpabilité. Déjà là, il
suscite l’interrogation si nous avions bien entendu
Élohim, si nous L’avions bien écouté. Cette petite phrase
deviendra l’une de ses favorites. Il l’utilisera à ‘toutes les
sauces’. Ne nous laissons pas distraire, nous en ferons des
exemples.
• Il dit « Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas
de tous les arbres du jardin ? ». Une fois encore sa
stratégie par excellence : il déforme les propos d’Elohim.
En simulant citer la Torah, il fait appel à notre ‘mémoire’
et celle-ci n’est pas toujours fiable. En la déformant, il

95
Nombre 22:28-30

156
Sans compromis

nous induit en erreur et il est rare que nous allions vérifier


ses propos dans notre Bible.
• Déjà avec ces trois éléments, il ‘tient’ la femme. Il l’a
piégée. Il a acquis son attention. Elle n’a plus d’autre
choix que d’entrer en dialogue avec le serpent. C’est
exactement ce qu’il cherche et ce qu’il obtient.
Après que la femme lui a répondu, il va poursuivre son
objectif en jouant d’autres cartes :
« Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point ;
mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux
s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant
le bien et le mal. » Genèse 1:4-5

• « Vous ne mourrez pas » va-t-il affirmer. Je peux trop bien


imaginer le dialogue, au travers duquel il suggère que la
‘mort’ dont il est question est physique, ce que l’Éternel
n’a jamais dit ni précisé. « Mais nooooon… dit-il en
rigolant, vous n’allez pas mourir voyons ! Crois-tu
vraiment que le ‘bon Dieu’ va vous faire du mal ? Il est
Amour, Il a juste dit ça pour vous faire peur ! ». Au doute
que Elohim ait réellement averti Adam et Eve d’un risque
mortel à manger le fruit, il ajoute que la Parole doit être
interprétée, qu’elle est symbolique, que ces menaces
doivent être prises au second degré.
• Enfin, il argumente pour prouver qu’il a raison. « Mais
Élohim sait ce qui se passera si vous en mangez » en
développant son argument. Il induit que la Parole doit non
seulement être interprétée mais qu’elle a besoin d’être
arrangée pour devenir crédible.

157
François C. Nadler

• « Si vous en mangez, vos yeux s’ouvriront… ». Dernière


carte posée, il soumet à la tentation, il suscite l’envie, Il
encourage à désobéir, et plus grave : il annihile la sainte
crainte d’Élohim.
Adam et Eve vont consommer le fruit défendu. Par cet acte, ils
vont se soumettre au diable plutôt qu’à YHVH. Il vont accorder
plus d’importance à ses propos qu’aux ordres de l’Éternel. Il lui
ouvrent la porte de leur cœur au risque même de la mort. Il
apprennent ainsi à jouer avec la Parole pour vérifier si Élohim a
réellement dit… Indirectement, le diable a élevé l’homme au
même rang que YHVH. Il l’a incité à se prendre pour Dieu. Parce
qu’Adam et Eve lui ont ouvert leur cœur et qu’ils ont cru en ses
propos plutôt qu’à la Parole de Yah, ils ne réalisent pas qu’en fait,
c’est maintenant le diable lui-même qui règne au travers d’eux.
Je ne vais pas m’étendre sur les conséquences de cet acte, ce n’est
pas le propos ici. Vous pouvez en apprendre davantage dans mon
livre « Enquête en Eden ».
Cette stratégie est excellemment démontrée dans le film
« L’associé du diable » de Taylor Hackford, en adaptation du
roman dramatique et fantastique d’Andrew Neiderman. « Un
jeune et talentueux avocat se voit offrir un poste dans une grande
entreprise new-yorkaise. Au fil des événements, il prendra
conscience que cette firme est dirigée par le diable en personne ».
Je le recommande aux personnes adultes, bien dans leurs
godasses et spirituellement matures. Je sais que bon nombre de
croyants me diront « qu’un chrétien ne regarde pas ce genre de
films, que c’est donner accès au diable ». Si telle est votre
position, alors ne le regardez pas. Car cela pourrait signifier que

158
Sans compromis

votre crainte de l’ennemi est plus importante que votre crainte de


YHVH donc vous avez raison de rester prudent. Si vous êtes au
clair avec ce genre de films, alors vous découvrirez un chef-
d’œuvre cinématographique, d’excellents acteurs et en
apprendrez beaucoup sur la stratégie de l’ennemi, sans lui rendre
un culte.
9.3 La tentation de Yeshua
Satan sait qu’il risque gros avec Yeshua : c’est son pire ennemi !
Il prendra néanmoins le risque de l’affronter, dans l’espoir fou de
le convaincre et ainsi de prendre sa place sur le trône à
Jérusalem. Mais il sait qu’il a à faire à un adversaire de taille. Non
seulement Yeshua est le Fils de YHVH, mais en plus Il connaît
très bien les Écritures. Il est rempli du Saint-Esprit96 et l’autorité
de YHVH est déjà sur – et en – Lui.
« Yeshua, rempli du Saint-Esprit, revint du Jourdain, et il fut
conduit par l'Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable
pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et,
après qu'ils furent écoulés, il eut faim. Le diable lui dit : Si tu es
Fils de Dieu, ordonne à cette pierre qu'elle devienne du pain.
Yeshua lui répondit : Il est écrit : L'Homme ne vivra pas de pain
seulement. Le diable, l'ayant élevé, lui montra en un instant tous
les royaumes de la terre, et lui dit : Je te donnerai toute cette
puissance, et la gloire de ces royaumes ; car elle m'a été donnée,
et je la donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi,
elle sera toute à toi. Yeshua lui répondit : Il est écrit : Tu adoreras
le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. Le diable le
conduisit encore à Jérusalem, le plaça sur le haut du temple, et

96
Voir Matthieu 3:13-17 ; Marc 1:9-11 ; Luc 3:21-22 ; Jean 1:29-34

159
François C. Nadler

lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas ; car il est écrit
: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, Afin qu'ils te
gardent ; et : Ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied
ne heurte contre une pierre. Yeshua lui répondit : Il est dit : Tu
ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. Après l'avoir tenté de
toutes ces manières, le diable s'éloigna de lui jusqu'à un moment
favorable. » Luc 4:1-13

L’Évangile de Matthieu inverse les deux dernières tentations et


ajoute une prise de position radicale de la part de Yeshua envers
Satan. Il évoque également que des anges le servaient après que
Satan s’était retiré, ce dont Luc ne parle pas. Luc évoque le retrait
du diable jusqu’à un moment favorable, ce dont Matthieu ne parle
pas. Si cela ne change rien aux objectifs de ces événements, il est
intéressant de lire également cette version :
« Alors Yeshua fut emmené par l'Esprit dans le désert, pour être
tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante
nuits, il eut faim. Le tentateur, s'étant approché, lui dit : Si tu es
Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.
Yeshua répondit : Il est écrit : L'homme ne vivra pas de pain
seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut
du temple, et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il
est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; Et ils te
porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre
une pierre. Yeshua lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point
le Seigneur, ton Dieu.
Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui
montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : Je

160
Sans compromis

te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores.


Yeshua lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras
le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. Alors le diable le
laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Yeshua, et le
servaient. » Matthieu 4:1-11

Tel que nous devrions le faire avant d’analyser tout texte biblique,
nous allons placer ces événements dans leur contexte. Celles et
ceux qui ont eu l’occasion d’aller dans le désert comprendront
mieux mes propos :
Yeshua passe 40 jours dans le désert. En Israël, ce n’est pas un
désert de sable, mais de rocailles sablonneuses. C’est plus d’un
mois, sans manger ni boire. Le jour, la chaleur l’accable, le vent
chaud bat ses vêtements, le sable porté par le vent s’infiltre
partout, dans ses vêtements, dans ses narines, dans sa bouche,
dans ses yeux, dans ses cheveux. Ce sable gratte sous ses
vêtements et dessèche sa peau, irrite chaque endroit où la peau
frotte contre son corps ou son vêtement. Le vent chargé de sable
rend l’air irrespirable et dessèche sa trachée et ses poumons. La
nuit, il fait froid. Il n’a que sa tunique pour se protéger. Il n’a pas
d’abri et dort à même le sol. Il ne sait comment se tourner pour
s’installer le plus confortablement possible. Les cailloux
s’enfoncent dans ses côtes, lui écorchent les bras, les mains, les
jambes, les pieds. Il n’a rien pour soigner ses plaies.
La solitude pèse dans le désert. Il se sent perdu, oublié,
abandonné, isolé du monde. Le silence a un effet angoissant et les
bruits engendrés par le vent dans les rochers le sont tout autant.
Lorsque le silence règne, seuls les battements de son cœur et le
souffle de sa respiration parviennent à ses oreilles. Beaucoup de
ceux qui ont passé un long temps dans le désert témoignent qu’il

161
François C. Nadler

avaient l’impression de devenir fous, d’avoir des espèces de


visions, des hallucinations. Le désert est infecté de serpents
venimeux, de scorpions, d’araignées et des nuages d’insectes
viennent l’agacer, le piquer. Des hyènes rôdent, attendant le
moment favorable pour le dévorer. Au loin, il apercevra quelques
antilopes qui fuiront à son approche. Les ronces et les épines de
la végétation desséchée agressent ses jambes et ses pieds.
Après 40 jours, Yeshua est sale, sa peau est collante, il pue, ses
plaies en partie infectées le font souffrir. Son vêtement est usé,
déchiré, ne le protège plus vraiment. Aveuglés par la lumière
intense du soleil, ses yeux lui font mal ; sa vue est distordue en
raison de la lumière et de l’irritation causée par le sable. Il peine
à marcher, complètement épuisé par son périple, par la faim, par
la soif. Il est à bout de forces. Il se traîne tant bien que mal dans
les rares zones d’ombre que lui offrent les inconfortables rochers.
Nous avons la fâcheuse tendance à spiritualiser ces
situations pour les embellir. Cela nous arrange : c’est moins cruel
à supporter ! Pourtant, Yeshua était un homme parmi les hommes.
Son périple dans le désert n’avait rien d’un voyage touristique ni
d’un pèlerinage spirituel. C’était une épreuve et une des pires
qu’il soit. Ce que je vous décris là est certainement beaucoup plus
proche de la réalité que ces discours qui présentent ces 40 jours
comme une balade de santé spirituelle dans le désert, comme si
Yeshua rentrait à l’hôtel le soir pour prendre une bonne douche et
dormir dans un lit douillet.
C’est donc le moment idéal pour Satan : Yeshua est certainement
trop faible pour lui résister. Ce que nous ne savons pas, c’est si
Satan est venu sous la forme d’une personne ou s’il a utilisé la

162
Sans compromis

faiblesse extrême de Yeshua pour lui inspirer des pensées. Les


deux sont plausibles, il faut s’attendre à tout avec le diable. Il est
rusé97 nous dit la Torah. Nous allons donc essayer de comprendre
ces tentations sous les deux aspects.
Transformer les pierres en pain
Nous l’avons vu lorsque nous avons évoqué les Noces de Cana,
la mère de Yeshua savait que son fils était capable d’accomplir
des miracles. Ce qui soulève la question de ce qui a pu se passer
durant son enfance pour qu’elle le sache. Transformer de l’eau
en vin, transformer une pierre en pain, fondamentalement, la
situation est identique et parfaitement réalisable pour Yeshua.
Yeshua est tiraillé par la faim, il est affaibli, il DOIT manger pour
tenir le coup. Il sait qu’Il est le fils de Yah et qu’Il dispose d’une
autorité incroyable de la part de l’Esprit-Saint. Alors, pourquoi
s’en passer ? Si cela peut servir aux autres, cela peut lui être utile
à Lui aussi ! La tentation est forte d’utiliser son pouvoir pour se
nourrir. Pensée mue par la situation ou hallucination d’un homme
qui lui suggère de le faire ? Peu importe, Yeshua reconnaît là une
tentation : celle d’utiliser son don pour satisfaire ses propres
besoins. Ne sommes-nous pas souvent tentés d’utiliser le Nom de
Yeshua pour satisfaire nos propres besoins ? « Oh Seigneur, fais
que je gagne au loto ! ». « Fais que… », « Veuille que… »,
combien souvent ai-je entendu ces expressions dans des prières…
Même s’Il le voudrait bien, Il ne le fera pas. Car Il sait discerner
ce qui est saint de ce qui est tentation. Et à cette épreuve Il résiste :
« l’homme ne vivra pas de pain seulement ». « Ce ne sont pas vos
‘fais-que’ ni vos ‘veuille que’ qui vous feront vivre ni qui vous

97
Genèse 3:1

163
François C. Nadler

rassasieront ». Car le prochain « fais que » attend juste derrière


dans votre liste de souhaits. Les dons du Saint-Esprit doivent être
utilisés de manière conforme à la Torah.
Se jeter en bas d’une falaise
Yeshua est dans une situation désespérée : il est à la limite du
collapse.
« Que ne sommes-nous morts par la main de l'Éternel dans le
pays d'Égypte, quand nous étions assis près des pots de viande,
quand nous mangions du pain à satiété ? car vous nous avez
menés dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette
multitude. » Exode 16:3

diront les enfants d’Israël dans le désert. J’ai beaucoup de


compassion pour les suicidaires. Car la pensée même au suicide
est déjà un cri d’alarme, un appel de désespoir. Il y a beaucoup
plus de tentatives que de suicides effectifs. Car l’espoir que
‘quelqu’un’ intervienne juste à temps est l’attente profonde
derrière l’acte. « Si je me jette en bas de cette falaise, Yah me
sauvera… ». La tentation est dans ce cas fondée sur la Parole :
« Finalement, YHVH n’a-t-il pas promis dans la Bible qu’Il me
viendra en aide ? S’il a promis, alors Il DOIT le faire, sinon cela
signifie qu’Il ment ou qu’Il n’est pas Dieu ! ». Ce genre de
discours ne vous dit-il rien ? À combien de reprises ai-je entendu
des chrétiens venir faire la leçon à Yah en citant Sa Parole pour
obtenir ce qu’ils voulaient. Satan se délecte de ce genre de
discours, car il sait très bien que cela provoque la colère de
YHVH : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu » répond
Yeshua. YHVH pourrait effectivement envoyer ses anges pour
nous protéger. Et face au désespoir de certains, Il le fait, sous la

164
Sans compromis

forme d’une personne qui intervient juste à temps permettant


d’éviter le pire. Mais Il pourrait tout aussi bien ne rien faire. Et
parfois cela arrive… Il fait la différence entre désespoir et
provocation.
« Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu », voilà une leçon que
nous devrions graver en grandes lettres devant nos yeux de façon
permanente.
Obtenir le pouvoir
Voilà bien le rêve propre de l’homme : obtenir le pouvoir ! Si
vous observez le monde politique et économique, il est rare de
trouver de personnes arrivées au pouvoir en toute honnêteté, dans
une attitude saine et une gestion irréprochable. Partout nous
pouvons voir la corruption, les détournements de fonds,
l’utilisation du mensonge, de la médisance, les coups-bas, les
trahisons qui amènent et maintiennent ces gens au pouvoir.
Pour atteindre ces sphères élevées, il faut généralement conclure
– même inconsciemment – un pacte avec le diable. « Si tu te
prosternes devant moi » dira-t-il. Il suffit parfois d’un compromis
pour que le pas soit franchi. Un pot-de-vin, un financement ‘sous
la table’, un ‘arrangement donnant-donnant’, une promotion
‘pour service rendu’, les exemples sont nombreux et la tentation
est forte.
Yeshua n’acceptera aucun compromis, même dans une situation
où une ‘petite aide providentielle’ aurait pu lui être bienvenue.
« Retire-toi de moi, Satan » : Il dénonce haut et clair l’origine de
telles pensées, de telles tentations. Il replace Élohim en premier :
« Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul ».

165
François C. Nadler

Alors, la Torah nous dit que Satan attendra un moment favorable.


Il ne lâche jamais prise. Il espère coûte que coûte. Il se trouvera
au prochain tournant, à la prochaine épreuve, et ne manquera pas
d’accomplir son œuvre.
Et vous, quels sont les compromis que vous admettez en deçà
de votre engagement envers YHVH ?
9.4 Lorsque le diable a bon dos
Une des activités favorites de Satan est de semer la confusion. Il
y a pourtant des situations que nous lui attribuons à tort. Il s’en
délecte, car pendant que nous combattons l’ennemi, nous ne
prêtons pas l’oreille à ce que YHVH veut nous dire. Nous sommes
concentrés sur lui, même au travers d’un combat spirituel, alors
que notre attention devrait être dirigée vers Yeshua. Et encore,
certaines situations ne sont liées ni à Satan ni à YHVH, mais
simplement à votre propre responsabilité !
• Lorsque vous roulez à 130km/h alors que la vitesse est
limitée à 120km/h, ce n’est pas le diable qui presse sur
l’accélérateur. C’est vous.
• Lorsqu’en sortant du magasin, vous constatez que la
vendeuse a oublié de compter un article et que vous ne
retournez pas le payer, ce n’est pas ‘la faute à la vendeuse
d’avoir oublié’, ce n’est pas un ‘cadeau du Seigneur’, ce
n’est pas ‘le diable qui vous a inspiré’, c’est vous qui
commettez un vol.
• Lorsque vous choisissez délibérément de regarder un film
pornographique, ce n’est pas le diable qui vous tente, c’est
votre propre décision.

166
Sans compromis

• Lorsque vous vous parquez sur une zone interdite et que


vous vous ramassez une amende, ce n’est pas le diable qui
pose l’amende, ce n’est pas Yah qui vous punit, ce n’est
pas le gendarme qui est méchant, c’est la conséquence de
votre désobéissance à la loi.
• Lorsque vous glissez un bouton de culotte dans la collecte
de l’Église au lieu de quelques sous, ce n’est pas le diable
qui vous inspire, c’est vous qui trompez l’Église.
Et nous pourrions multiplier les exemples.
Il y a cependant des situations qui peuvent prêter à confusion
simplement parce que les circonstances sont difficiles à
interpréter. D’autant plus lorsque le diable en profite pour utiliser
la situation à ses fins.
Lorsque le tremblement de terre de 2010 a détruit Port-au-Prince
en Haïti, tuant l’ensemble des membres du gouvernement réunis
à ce moment au Parlement, c’était la conséquence de deux
plaques tectoniques qui se sont déplacées. Ce n’était pas l’œuvre
du diable et nous ne disposons pas d’assez d’éléments fondant
l’attribution de l’événement à une éventuelle ‘punition divine’
envers les Haïtiens. En revanche, ce qui a suivi est clairement
l’œuvre du diable :
• Sous le couvert d’une « aide charitable », nombre
d’associations ont récolté des fonds autour du monde pour
« venir en aide » aux habitants. Or nous savons que seuls
20 à 30% de l’argent récolté ont réellement été utilisés
pour aider le pays. Le reste a fini dans la poche des œuvres
d’entraide, voire dans celle de leurs dirigeants. Tromperie,

167
François C. Nadler

mensonge, usurpation de compassion, détournement de


fonds.
• Parmi les sauveteurs envoyés sur place – y compris
l’armée – beaucoup ont pillé les maigres richesses que
possédaient les habitants, exposées à la vue de tous par les
murs écroulés. C’est un abus de pouvoir, c’est du vol,
c’est du mépris envers ceux qui ont tout perdu.
• Divers pays se sont proposés pour « mettre en place un
gouvernement provisoire ». Une manière détournée de
prendre le contrôle, de soigner sa vanité, de se mettre en
avant dans les médias.
• Ces médias ont usé à tort et à travers de l’événement pour
inonder le monde de nouvelles et d’images. C’était tout
bénéfice pour eux, car ils gagnaient en audience, cela au
prix du respect envers les victimes filmées. C’était une
intrusion dans leur intimité déjà dévoilée par le séisme, un
abus d’une situation désastreuse pour s’enrichir, faisant
appel à un manque cruel de compassion lorsqu’ils
prenaient des images d’une personne en train de crever
sous leurs yeux…
• De nombreuses communautés ont intercédé pour le peuple
haïtien. Elles se sont même organisées pour récolter des
produits de première nécessité pour aider les habitants.
Mais les discussions d’arrière-plan allaient également de
bon train pour juger l’événement avec cruauté, passant
d’une prétendue « punition de Dieu » à des « ils avaient
qu’à construire mieux », « ils n’ont que ce qu’ils

168
Sans compromis

méritent », « on ferait mieux d’aider d’abord nos


pauvres (ndlr : ce qu’ils ne feront pas) » et autres prises de
position aussi irrespectueuses qu’inutiles. Pour ne pas dire
idiotes.
Nous ne pouvons rendre ni YHVH ni Satan responsable d’une
situation sans faire preuve de sagesse et de discernement. Chaque
situation possède ses propres caractéristiques, certaines étant de
YHVH, certaines de Satan et d’autres simplement humaines ou
naturelles.

9.5 Le manque de sagesse et de discernement


Un des événements marquants le plus récents est celle du
COVID-19 ou Corona-Virus. Combien de communautés ont
organisé des « soirées de prière et de combat spirituel »
dénonçant l’œuvre du diable ayant envoyé un virus au sein de
l’humanité. Au prétexte que « Yeshua nous guérit de toute
maladie », sous le couvert de la Parole, comme :
« Vous servirez l'Éternel, votre Dieu, et il bénira votre pain et vos
eaux, et j'éloignerai la maladie du milieu de toi. » Exode 23:25

On va réclamer la protection, la guérison, la préservation des


membres de la communauté, « parce que Seigneur tu l’as promis
alors tu dois le faire ». Sous prétexte de « faire acte de foi »,
certaines communautés ont continué de se rassembler malgré
l’interdiction, elles ont encouragé le rejet des mesures d’hygiène
préventives sous prétexte que cela représentait un manque de foi,
et ont jugé durement celles et ceux de leur communauté ayant
contracté le virus, estimant que s’ils ont été infectés, c’est qu’ils
sont de mauvais chrétiens. L’abus spirituel dans toute sa
splendeur.

169
François C. Nadler

Pourtant, de nombreuses prophéties ont annoncé ces événements,


établissement clairement un jugement de YHVH sur les nations,
une invitation à la repentance en vue de la préparation du retour
du Messie. Mais combien les ont prises au sérieux ? Le
christianisme est entré dans un laxisme, une auto-suffisance, une
prise à la légère des commandements de YHVH, un orgueil de
croire qu’au nom de Yeshua, ils maîtrisent la situation. La crainte
de l’Éternel a déserté les bancs d’église au profit de la crainte des
hommes.
Je vous livre ici la prophétie intégrale, dans son texte et sa forme
d’origine, donnée en octobre 2019, publiée sous le titre :
Prophétie Nissan 5780
« Ne méprise pas la prophétie, car voici le temps où l’on dira ‘heureux celles
et ceux qui ont un prophète parmi eux’. »

Au mois de Tichri 5779, l’Esprit me poussa a sonner chaque matin du shofar


sur le pays. En Chevat 5780, j’ai parlé au nom du Très-Haut-Béni-Soit-Il disant
que l’an 2020 sera marqué par de fortes perturbations, provocant la division,
la guerre des langues, l’écroulement des valeurs.

« Voici aujourd’hui ce que l’Esprit dit à l’Église :

L’ange de l’Éternel est descendu et a réveillé un démon nommé Ak’Bakara98.


La nuit il sème la terreur et le jour il empoisonne tout jusqu’à la nourriture, les
aliments impurs que l’Homme consomme.

Les enfants pleurent leurs parents et les parents pleurent leurs enfants.

98
J’apprendrai plus tard que « Ak’Bakara » signifie « chauve-souris ».

170
Sans compromis

Malheur à celle qui porte, malheur à celui qui pleure. Car les larmes
s’infecteront et les entrailles brûleront.

Chacun fuira dans sa maison. On fermera les portes, on verrouillera les


fenêtres, chacun vivra comme un ermite, terré chez soi, de peur que le démon
n’entre dans sa maison.

‘Je n’ai que faire des froids’ dit l’Éternel. ‘Ils ont abusé de leur libre arbitre,
malheur à eux !’

‘Je n’ai que faire des bouillants’ dit l’Éternel. ‘Ils ont choisi leur route, au Jour
de l’Éternel, ils auront leur récompense’

‘À toi qui te dit bouillante, mais qui baigne dans ton orgueil : qu’as-tu fait de
mon Église ?!? Tu prêches l’unité, mais tu nourris la division ; tu nourris les
racines, mais tu en suces toute la sève ; tu rassembles mes dîmes et mes
offrandes, mais tu méprises mon Temple. Que ferai-je de toi ?!?’

‘Je n’ai que faire des tièdes’ dit l’Éternel. ‘Qu’ils sachent eux-mêmes ce qui les
attend. Car j’ai parlé et ils n’ont pas écouté, je me suis tu et ils ont rouspété.
Ils auront leur récompense, celle qu’ils méritent : un plat tiède, indigeste et
sans goût’

Voici les prémices de ce qui vient. À l’image des prémices de vos biens, je vous
donne les prémices de mon amertume. Courez ! Fuyez ! Car l’ange de l’Éternel
n’en a pas fini ; je lui ai donné 300 jours pour se jouer de la terre, et 100 jours
pour moissonner.

La bête se réveille. Le monde s’écroule, comme la tour de Babel autrefois. Ce


sur quoi l’Homme comptait n’est plus, ses richesses s’effondrent, ses biens
disparaissent, ses efforts ne sont plus que du vent. En vain il se lève tôt, en
vain il se couche tard. Il sera comme l’herbe qui se dessèche sous le soleil, au
passage du vent.

‘Il est temps ! Il est temps !’ s’écrient les nuées. ‘Viens ! viens !’ répondent les
anges.

171
François C. Nadler

Il y a de forts tumultes dans le ciel ; des nuages se forment et le vent les habite.
Tout est détruit. Là où l’on disait ‘sécurité !’ viendra la peur, là où l’on disait
‘paix !’ viendra la guerre, là où l’on disait ‘foi !’ viendra le doute.

L’armée des anges se prépare. Elle est forte de l’ardeur de l’Éternel. Les cieux
s’ouvrent, les yeux regardent, la terreur s’éveille.

La fiancée pleure son fiancé. Le fiancé cherche sa fiancée. L’épouse se relèvera


lorsque l’Époux aura paru. »

***

« Quoi donc, aurais-je rejeté les enfants d’Abraham ? Aurais-je renié les
enfants d’Isaac ? Aurais-je oublié ceux de Jacob ? Qui es-tu pour parler ainsi ?
Je ne te connais pas !

‘Venez, coupons l’olivier et prenons sa place !’ Arrogant que tu es, voilà des
paroles imbéciles ; ne sais-tu pas que tu es greffé à la même souche ?

‘Venons, faisons la fête, dansons, chantons, car l’Éternel nous a choisis !’ Je


hais tes fêtes, je déteste tes danses, je ne peux plus entendre tes chants. Car
ton orgueil n’a plus de mesure !

Viens et négocions, approche et discutons, assieds-toi pour la médiation,


puisque c’est ce que tu aimes. Donne-moi tes leçons, enseigne-moi, forme-
moi, toi qui prétends détenir le savoir. Que feras-tu lorsque j’ouvrirai la
bouche ? Que diras-tu lorsque ma voix tonnera ?

Tu n’es plus que vent et poussière. J’ai misé en toi, mais je m’en repends. Tu
multiplies tes missions, mais aucune d’elles n’a touché ma bien-aimée : Israël.

Fini le temps des évangélisations ! Fini le temps des beaux sermons. C’est à
genoux, dans le sac et la cendre que je vous attends.

Vous ne moissonnerez plus ce que vous n’avez pas semé et vous ne sèmerez
plus ce que vous n’avez pas moissonné. Heureux celui qui comprend les
mystères de la prophétie !

172
Sans compromis

Ouvre les yeux et regarde : j’envoie mes archanges aux quatre coins de la
terre. Ils sonnent le shofar au nom du Très-Haut-Bénit-soit-Il. Chassez, fuyez,
faites la place ! Retirez-vous dans vos contrées, libérez le pays, avant que
l’esprit ne vous souffle au loin, avant que le vent ne vous consume.

Rassemblez mon peuple ! réunissez mes enfants ! rentrons à la maison, à


Jérusalem ! Car l’époux vient vers son épouse et avec lui la consolation, à sa
suite de riches présents. Il a payé la dote, il vient chercher celle pour qui il a
tout donné, il enlève celle qu’il aime depuis toujours.

Israël ! Israël ! Revêts-toi de tes habits de fête ! Il vient ! Il vient ! »

***

« Venez, agenouillons-nous, prions et invoquons le nom de Yeshua. HaShem


nous entendra ; et parce que nous prions au nom de Yeshua, Il nous
exaucera. »

Quoi donc ? Croyez-vous que le nom de Yeshua soit une parole magique qui
vous ouvre les cieux ? C’est à l’authenticité, à l’humilité et à l’obéissance que
je reconnais mes enfants ! Voilà en qui je reconnais l’amour parfait : C’est en
celui qui garde mes commandements et qui les observe !

Vous invoquez mon nom, mais vous n’observez pas ma Torah. Vous prêchez
des mensonges et conduisez mon peuple dans l’ignorance. Est-ce en vain que
j’ai parlé ? Y a-t-il un seul enfant qui sache obéir sans suivre les instructions de
son père ? L’univers tient-il ensemble par pure grâce ? Les arbres portent-ils
du fruit par hasard ? C’est parce que le ciel obéit à mes lois que les étoiles ne
tombent pas ! C’est parce que les vergers suivent mes saisons qu’ils portent
du fruit !

Tu t’attribues de grands titres, tu revêts des parures dorées, tu amasses des


trésors, tu remplis tes palais d’or et d’encens. Tu réserves le salut à qui t’es
fidèle, à qui te remet les dîmes et les offrandes. Mais sous tes habits
resplendissants, tu pues la corruption, tu transpires l’immoralité, tu sues la
débauche. Il est fini le temps de la grande prostituée, qui prend mes enfants
en esclavage, qui les soumet à de lourds tributs. Voici, je rassemble ceux qui

173
François C. Nadler

m’appartiennent et je disperse ceux qui m’insultent par leur bouche et leurs


actes.

Quels sont ces cris et ces pleurs qui montent vers moi ? « Sauve-nous ! Sauve-
nous ! » Sont-ce vos prières ? Sont-ce les désirs de vos cœurs ? Entendrai-je les
revendications d’un peuple impie ? Répondrai-je aux supplications de
l’homme corrompu ? Un seul m’a été fidèle jusqu’à la mort. Un seul a mis en
pratique la Torah, un seul a marché, de jour comme de nuit, dans les préceptes
de l’Éternel ! Et le sacrifice de cet homme-là était de meilleure odeur pour
l’Éternel que tous vos boucs et vos agneaux. À toi qui prétends le suivre, voici
que tu es menteur ! Car ta bouche t’en rapproche, mais tes actes t’en
distancent à mille lieues !

Observe mes lois, respecte mes commandements, mets en pratique mes


instructions ; et alors tu vivras, alors seulement tu seras sauvé. Car mes
instructions te préservent de la mort, mes commandements te protègent de
la maladie, mes lois te gardent en vie. Mais tu refuses, tu t’entêtes, tu
méprises ma Parole. L’homme n’entend que ce qu’il veut bien ; il pratique ce
qui lui convient ; il reçoit ce qui l’arrange bien. Malheur à celui qui ferme son
cœur à ma Torah ! Malheur à celui qui ferme son cœur à mes instructions !

***

Venez, retirez-vous dans le secret de votre chambre. Revêtez vos habits de


deuil. C'est d'homme à homme que je veux vous rencontrer. C'est dans
l'intimité que je veux vous parler. Chacun pour soi devant moi. Là, nous
compterons vos jours, nous ferons le bilan de votre vie, nous tirerons des
leçons.

Venez, levez-vous, c'est l'heure du repas. Amer pour les uns, fade pour les
autres, festif pour certains. Face à face nous partagerons et yeux dans les yeux
nous ferons silence. Mot à mot, nous examinerons vos actes, vos paroles, vos
pensées. Pas un iota n'échappera. Vous serez nu devant moi. Les nuées
contempleront votre vie jusque dans ses plus secrets recoins. Chacun passera
sous ma loupe. Et on comptera 10 pour 1 et 1000 pour 40.

174
Sans compromis

Mettez-vous à genoux ; entendez la sentence. Car je parlerai, je prononcerai


mon jugement. Heureux les simples d'esprit ce jour-là. Il y aura des cris et des
pleurs, beaucoup d'amertume et de remords. On se frappera la poitrine, on se
roulera dans la cendre, on criera à l'aide. Qui sera là pour vous secourir ? Et
les anges sonneront des shofars et un grand bruit se fera entendre dans les
cieux.

Voici je paraîtrai. Pour celui qui figure dans son livre, il se lèvera. Pour celui qui
a marché dans ses voies, il s'interposera. "Celui-ci est mien, celle-ci est
mienne. J'ai payé le prix". Les nuées s'écrieront "Loué soit l'Eternel car son
jugement est bon !". Et les anges les rejoindront et clameront "L'Agneau de
Dieu est digne de régner !". Heureux l'homme qui figure dans le livre du Fils de
l'Homme.

Louez l'Éternel ! Rendez grâce pour sa justice ! Car Il est juste et bon ; il est
droit et intègre. Louez l'Éternel ! Rendez grâce pour sa justice ! Car il ne tient
pas le coupable pour innocent ; il n'ignore pas les cœurs tordus. Louez l'Éternel
! Rendez grâce pour sa justice ! Car il mesure avec justesse ; il récompense
avec droiture. Que toute créature loue l'Éternel ! Car il est juste et bon !

François C. Nadler

L’Archevêque Dr Dominiquae Bierman partagera une vision de


ces événements au travers de deux enregistrements vidéo99 dont
je vous résume ici le contenu. La compréhension de cette vision
ne saurait évidemment être cohérente sans en avoir un aperçu
complet. Pour ce faire, je vous encourage vivement à visionner
les deux vidéos qui la composent. Vous trouverez le lien dans la
note de bas de page ci-dessous.

99
Global Re-education Initiative, Gate 2, videos 2&3 « A Crossroads of
Time » - [Link] – Archbishop Dr D. Bierman
175
François C. Nadler

« Durant sa prière du matin, Dominiquae se vit debout entre deux


tableaux, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. Un des tableaux
représentait le passé et l’autre le futur. L’Esprit attira son
attention sur le fait qu’elle se trouvait ENTRE les deux tableaux,
contre un mur vide.
L’Esprit lui révéla alors que l’explication de ce mur vide
concernait le Corona-virus. YHVH a ‘stoppé’ le temps entre le
passé et le futur afin que le monde dispose d’un temps de
réflexion, de remise en question.
En raison du virus, l’économie a été stoppée, les magasins et les
restaurants fermés. Les casinos, les cinémas, les théâtres, les
salles de concert, tout lieu de divertissement a été fermé. Les
entreprises ont également fermé ou ont mis en place le télétravail.
Les écoles ont fermé et les élèves n’ont plus de cours. Excepté les
hôpitaux et magasins de première nécessité, toute activité a été
stoppée, et ce dans le monde entier.
La population a été confinée à domicile. Elle ne pouvait plus
sortir, se distraire, rencontrer du monde. Chacun s’est trouvé
livré face à soi-même. Lors des rares rencontres, il n’était plus
permis de se serrer la main, de se prendre dans les bras, de
s’embrasser. Le contact social a été rompu et tenu à distance.
C’était le seul moyen que YHVH ait trouvé pour que tous, du plus
petit au plus grand, trouvent le temps de réfléchir, de se poser des
questions, de se remettre soi-même en question, de prendre
conscience de ses habitudes, de ce qui soudainement ‘manque’ et
‘avait de l’importance’, ‘prenait de la place’ dans leur vie. Avec
l’espoir qu’au sein de ces réflexions, l’être humain se

176
Sans compromis

repositionne face à Lui et s’il était possible, qu’il se tourne tout à


nouveau vers Lui. »

Une fois encore, prenez vraiment le temps d’écouter ces vidéos,


car le message va plus loin et est bien plus profond que ce qu’un
résumé apporte. Mon but est surtout de vous « faire envie d’en
savoir plus » et de vous encourager à vous documenter davantage,
non pas en ce que les médias, les scientifiques et la médecine nous
en dit, mais en ce que des serviteurs de YHVH sérieux dans
leur engagement spirituel et reconnus dans leur ministère
prophétique ont reçu et révélé à l’Église.
Pour revenir à notre sujet, nous constatons que l’interprétation
que nous faisons de tels événements dépend étroitement de la
qualité de notre relation avec YHVH. Nous sommes si enclins
à nous précipiter, à réfléchir à la va-vite, à accuser le diable de
tous les maux que très souvent nous manquons l’essentiel : c’est
que YHVH cherche encore et toujours à entrer dans une relation
d’intimité avec nous et qu’Il utilisera tous les moyens à
disposition pour nous interpeller.
Nous accordons tellement plus d’importance aux informations
polluées diffusées par les médias. Nous suivons tête baissée les
avis aberrants des internautes sur les réseaux sociaux. Nous
suivons aveuglément nos ‘conducteurs spirituels’. Nous nous
présentons comme de « parfaits petits moutons manipulables à
souhait ». Là, cette fois, l’ennemi se régale et jouit littéralement
de notre naïveté.
Nous avons été créés à l’image du Créateur, pour exercer notre
libre-arbitre, sous les conseils avisés du Saint-Esprit et les
instructions données dans la Torah, rendues accessibles à tout un
chacun par le don de Yeshua. Que se passe-t-il pour que même
177
François C. Nadler

les chrétiens rejettent ces précieux dons pour prêter attention aux
mensonges qui inondent notre monde et adapter – interpréter – la
Parole selon ces mensonges plutôt que selon l’Esprit de vérité ?
Là, l’ennemi a trouvé son terrain de jeu. Il s’y royaume, il y règne
en maître. Il a su conduire le monde dans un rythme tellement
effréné que même les weekends nous travaillons, sous la pression
des employeurs. Nous sommes censés être atteignables à
n’importe quelle heure grâce à nos téléphones portables et nos
courriels. Nous sommes sous une pression continuelle de
consommation et par conséquent de besoins financiers. Pour
couronner le tout, on nous accuse d’être responsables de l’excès
de déchets, de CO2, de pollution. Oui, nous en sommes en grande
partie responsables : l’imbécile n’est pas celui qui vend, mais
celui qui achète ! L’ennemi nous a bien piégés dans un système
de codépendance entre producteurs et consommateurs. Tout va
tellement vite que nous ne trouvons plus le temps de réfléchir.
Nos besoins dépassent nos attentes et la production dépasse ce
que nous pouvons acquérir.
Dans ce rythme très justement qualifié de « endiablé », nous ne
trouvons plus l’espace de s’arrêter et examiner avec sagesse et
discernement les événements qui touchent notre génération. Et
croyez-moi, ce ne sont pas nos « soirées d’intercession », nos
« cultes dominicaux », ni nos « groupes de maison » qui nous
offrent cet espace. Ce sont les heures que nous mettons
individuellement à part pour rencontrer YHVH, nous taire et
écouter ce que LUI a à nous dire, dans le secret de nos cœurs,
de notre chambre, dans un face-à-face seul avec Lui.

178
Sans compromis

Si le diable cherche à perturber ces moments par nos notifications


courriels ou sms, par notre téléphone, par notre conjoint voire nos
enfants, il n’en tient qu’à nous d’être fermes et de refuser
catégoriquement de tomber en son pouvoir, en scellant nos temps
de méditation dans notre calendrier personnel et familial. Un
téléphone peut être éteint ou mis sous silence, un ordinateur peut
être mis en veille. Même un conjoint, même un enfant peut
comprendre que vous avez besoin d’un temps rien que pour
vous. C’est votre droit le plus élémentaire de l’exiger, et je
l’affirme tout particulièrement aux mamans, dans l’espoir que les
papas l’entendront haut et clair.
Le premier combat spirituel à mener de toute urgence est votre
dépendance à ces moyens de communication et aux
mensonges qu’ils véhiculent, au temps qu’ils vous volent.

9.6 Combattre l’ennemi


Laissez-moi vous révéler un secret : il n’y a rien de plus facile que
de combattre l’ennemi ! Pour la simple et bonne raison qu’il est
déjà vaincu100. Le plus difficile, c’est le combat contre nous-
mêmes.
Durant mon ministère dans l’Église, j’ai assisté à plusieurs
sessions de délivrance, publiques ou privées. Et j’ai été choqué
par l’acharnement thérapeutique que cela représentait. Cela
pouvait durer des heures interminables sans résultat, alors que les
intercesseurs criaient avec une autorité colérique et accusatrice.
Cela ne correspondait pas à ce que la Parole m’enseignait et je
souffrais intérieurement pour la personne livrée entre les mains
de ses intercesseurs, que je voyais parfois se tordre, se rouler par

100
Jean 16:33

179
François C. Nadler

terre, vociférer, grimacer, que l’on me décrivait comme normal


pour une personne sous l’emprise de Satan, preuve de l’efficacité
de la prière. Si nous pouvons lire quelques manifestations dans
les Évangiles101, elles n’étaient que rares et ne semblaient pas
durer aussi longtemps. S’il est dit que Yeshua parla sévèrement à
l’esprit102, nous ne l’avons jamais entendu crier et se défouler
contre lui. Il y avait quelque chose d’anormal dans la souffrance
que devait endurer la personne.
Il m’est arrivé de prier moi-même pour des délivrances dans le
cadre de mon cabinet de relation d’aide. Généralement, cela ne
prenait pas plus de quelques minutes pour ne pas dire quelques
secondes. Les rares manifestations que j’aie rencontrées sont un
toussotement, une montée soudaine d’adrénaline provoquant une
rougeur du visage par l’augmentation de pression sanguine, une
seule fois un petit cri, le plus souvent des larmes de joie et de
mieux-être. Quelle était donc la différence entre ce que je voyais
dans l’Église et ce qui se passait dans mon cabinet ?
Je relèverai deux différences principales que je vais tenter
d’illustrer :
• Imaginez qu’un ami vous demande de l’aide pour retirer
une grosse échine profondément enfoncée dans la plante
de son pied. Vous vous munissez de tout l’attirail
nécessaire : brucelles, aiguille, petits ciseaux, saisissez le
pied avec vos mains sales et attaquez directement
l’écharde en graillant avec ferveur la plaie, au risque

101
Luc 9:42 ; Marc 1:26
102
Matthieu 17:18

180
Sans compromis

d’enfoncer l’échine plus profondément. La réaction de


votre ami ne va pas se faire attendre : il vous dévoilera la
richesse d’un vocabulaire des plus fleuri et vous fera la
démonstration d’une puissance d’extension de sa jambe,
vous envoyant sans ménagement son talon dans votre
estomac.
• Imaginons maintenant la même situation sous un autre
angle. Vous vous lavez les mains avant d’intervenir, vous
prenez la peine de nettoyer délicatement la peau qui
entoure l’endroit blessé, au mieux vous mettez un instant
un glaçon sur l’écharde pour bénéficier de son effet
antalgique puis avertissez votre ami que vous allez
‘attaquer l’écharde’. Délicatement, vous dégagez la peau
au moyen de l’aiguille, repérez le sens de sa pénétration
et avec douceur, vous saisissez dès que vous en avez la
possibilité le bout de l’échine pour la tirer dehors. Ensuite,
vous prendrez la peine de désinfecter la plaie. Votre ami
aura tout de même senti les effets douloureux de votre
intervention, mais il restera beaucoup plus calme.
Qu’avons-nous appris ? Prenons le premier exemple comme
source :
• Nous n’avons pas pris la peine de veiller à notre propre
‘hygiène’ (se laver les mains). Si vous attaquez l’ennemi
sans être ‘saint’ devant YHVH, il ne va pas se gêner de
vous utiliser comme canal pour faire plus de mal que de
bien.
• Nous avons ‘attaqué le problème’ sans prendre égard à
l’entourer de sainteté (nettoyer l’endroit blessé). Le risque
est que l’ennemi profite de ‘remplacer l’écharde’ par une
181
François C. Nadler

‘belle infection’, soit d’envoyer des esprits 7 fois plus


puissants pour prendre la place de celui que vous avez
chassé103.
• Nous avons ‘attaqué le problème’ sans prendre égard à la
personne. Alors que vous chassez le démon, l’ennemi va
se déchaîner au travers de vous pour faire souffrir la
personne.
• Nous ne l’avons pas averti de l’intervention. C’est-à-dire
qu’elle n’a pas été informée de ce que nous allons faire et
ne sait pas à quoi s’attendre. Au travers de votre acte, vous
donnez l’occasion à l’ennemi de placer la personne dans
un ‘néant d’insécurité’.
• Vous attaquez l’écharde avec violence : la réaction
naturelle de l’homme est de se protéger en se fermant
hermétiquement à toute impulse lui faisant mal,
physiquement ou psychiquement. L’ennemi va bien se
marrer : chasser l’esprit dans ces conditions ne sera pas
loin d’une mission impossible.
• En réponse à la violence de votre intervention, la personne
va répondre par la violence. Vocifération, jurons, cris,
coups, il utilisera tous les moyens à disposition pour se
dégager de votre emprise. Au passage, non seulement
l’esprit restera bien installé ‘dans son pied’, mais en plus,

103
Luc 11:24-26

182
Sans compromis

l’ennemi se fera un plaisir de vous ‘faire du mal’ au


passage.
Le deuxième exemple donne une autre tournure à l’intervention.
Elle se passe dans la sainteté, le respect, l’amour, la douceur, et
l’instruction. De plus, elle veillera à donner le nécessaire pour que
l’esprit ne puisse pas retourner là d’où il a été chassé. L’ennemi
n’a aucune emprise sur les événements, car celui qui règne dans
ce cas, c’est Yeshua et pas vous ! Vous avez agi dans Son amour
et Son autorité et non par celle que vous pensez posséder. Je vous
le dis : un enfant aura plus de succès dans le combat spirituel que
toute une église ! Pourquoi ? Parce qu’il interviendra avec son
naturel et son innocence, comme si chasser un esprit était quelque
chose de tout à fait normal.

9.7 La peur de l’ennemi


Je terminerai ce chapitre en dénonçant cette triste réalité : les
chrétiens ont peur de Satan. La peur est un sentiment qui
engendre des réactions instinctives, qui n’ont rien à voir avec le
Saint-Esprit ni la crainte de YHVH.
Imaginez que vous vous apprêtez à traverser la route et qu’un gros
camion arrive à vive allure en klaxonnant. Vous vous trouvez en
danger et votre cerveau va immédiatement réagir en vous
envoyant une forte dose d’adrénaline. Celle-ci a pour mission
d’accélérer vos défenses naturelles et de vous préparer à réagir.
En l’espace d’une seconde, deux choix vont s’imposer à vous :
soit vous vous jetez en arrière sur le trottoir pour vous mettre à
l’abri, soit vous affrontez le camion en tentant de le stopper. Voilà
l’effet de la peur, une réaction de défense naturelle et instinctive.
Bien entendu, nous pourrions affirmer que YHVH a envoyé des
anges pour vous protéger ; c’est peut-être le cas. Mais en aucun
183
François C. Nadler

cas ce n’est l’œuvre du Saint-Esprit qui vous aurait inspiré une


réaction appropriée. S’Il vous avait inspiré une réaction
appropriée, alors vous auriez regardé par deux fois que la voie
était bien libre AVANT de la traverser.
La peur de l’ennemi engendre deux types de réactions au sein des
Églises : soit nous l’ignorons et faisons comme s’il n’existait pas,
soit nous nous en préoccupons bien trop et nous le voyons partout.
Ces deux réactions font partie des stratégies de l’ennemi : si nous
l’ignorons, il peut agir comme bon lui semble et si nous le voyons
partout, nous lui accordons bien plus d’importance qu’il n’en a.
Certes, nous ne devons pas mépriser la puissance de l’ennemi. Il
est bien plus puissant que l’être humain et est capable d’engendrer
des situations catastrophiques humainement incontrôlables. En
revanche, nous n’avons pas à le craindre, ce qui reviendrait à lui
rendre un culte. Nous avons à craindre YHVH, car Sa Puissance
dépasse de loin celle de Satan, qui reste encore et toujours une
créature et non un dieu.
Le remède à la peur – si je peux l’exprimer ainsi – est donc la
crainte de l’Éternel. Si je crains l’Éternel, alors je vais me
soumettre à Lui, je vais observer Ses instructions, je vais marcher
dans Ses voies, je vais obéir à Son Esprit. C’est Lui qui, si
nécessaire et en son temps, me rendra attentif face à l’ennemi en
m’équipant de tout ce dont j’ai besoin pour le vaincre : un cœur
humble et repentant, obéissant, plein d’amour et finalement
revêtu de l’autorité de Yeshua qui se manifestera alors
naturellement au travers de moi. Mais mon cœur, mon âme et
mon esprit sont délibérément tournés vers YHVH et Lui seul.

184
Sans compromis

9.8 L’ennemi, en guise de synthèse


J’entends souvent dire que 'Satan veut prendre la place de Yah’,
mais cette affirmation est fausse. Satan ne dispose pas des
attributs du Créateur ; il est une créature au même titre que les
anges ou nous-mêmes. En revanche, nous pouvons affirmer que :
- Satan veut prendre la place de Yeshua ;
- Il veut nous détourner de Yeshua comme de YHVH ;
- Il veut que nous le servions et l’adorions ;
- Il détient un pouvoir que seuls les anges premiers
détiennent.
En cela, il n’est pas question d’avoir peur de lui mais de le
craindre. La différence tient en ce que la peur nous place sous
son pouvoir. Nous perdons nos moyens, nous ne réfléchissons
plus pour agir instinctivement. Nos pensées restent rivées sur lui
et non sur le Créateur. La crainte nous tient proche de YHVH, de
Yeshua, tout en gardant un œil ouvert et attentif aux paroles et
actions du diable, tel un système d’alarme toujours en alerte. Dans
ce cas de figure, nous gardons tous nos moyens et restons ‘aux
commandes’ de nos décisions.
Nous n’avons pas à sous-estimer le pouvoir du diable, mais sans
le surestimer non plus. Il est puissant, certes, mais notre Seigneur
l’est bien plus et nous promet non seulement de nous alerter mais
également de nous aider dans notre résistance contre lui.
« Soumettez-vous donc à Dieu; résistez au diable, et il fuira loin
de vous. » Jacques 4 :7

Ne cherchons plus à lutter contre le diable. C’est peine perdue. En


revanche, résistons-lui et il fuira loin de nous. Enfin, rappelons-
nous que dans le combat spirituel, ce n’est pas nous qui

185
François C. Nadler

combattons mais YHVH avec son armée d’anges. Nous ne


sommes que des intercesseurs. Nous aurons plus de succès et
moins de dégâts collatéraux !

186
Sans compromis

10. L’Église primitive


Je commencerai ce chapitre en rappelant un élément essentiel
dans toute la lecture et la compréhension du « Nouveau
Testament ». Même si j’ai déjà évoqué ces observations, il est bon
de les rappeler ici.
Toute l’histoire relatée dans cette alliance renouvelée, soit les
Évangiles, les lettres des Apôtres et l’Apocalypse s’est passée en
Israël, parmi le peuple hébreu. Yeshua et ses disciples étaient
des Hébreux. Leur langue maternelle et celle usitée parmi le
peuple était la langue hébraïque. Le latin était la langue des
occupants romains ; je doute que beaucoup maîtrisassent cette
langue. Le grec était à l’époque une langue internationale tel que
l’est l’anglais pour nous aujourd’hui. Certainement qu’un peu
plus de gens comprenaient et pouvaient s’exprimer en grec. Mais
dans la vie courante, c’est l’hébreu qui prédominait. C’est pour
rendre le « Nouveau Testament » accessible aux autres nations
qu’il a été rédigé en grec. Les Romains le traduiront plus tard en
latin, définissant cette langue comme ‘langue biblique officielle’.
Pourquoi est-ce important ? Parce que l’hébreu est une langue
beaucoup plus riche et profonde que le grec : chaque lettre a une
signification propre, chaque mot a plusieurs interprétations
possibles, selon le contexte dans lequel il est placé. De plus,
chaque lettre, chaque mot, a une valeur numérique et cette valeur
numérique fait partie de la compréhension, de la justesse
d’interprétation de l’hébreu. Le grec ne peut pas ‘traduire’ la
‘pensée hébraïque’, il ne peut qu’en donner une ‘image
superficielle’, au plus proche de la pensée hébraïque. Si
seulement nous pouvions découvrir ces écrits en hébreu… je

187
François C. Nadler

pense que nous réviserions notre compréhension de bien des


discours de Yeshua et des Apôtres.
Lorsque je lis donc ces textes, j’essaie de discerner comment
Yeshua pensait et comment Il s’exprimait, sur la base de cette
richesse hébraïque. Même avec l’aide du Saint-Esprit, cela reste
un exercice extrêmement difficile et peu fiable qui ne saurait en
aucun cas prendre valeur de Parole biblique. Mais ça a au
moins l’avantage de donner une profondeur à notre
compréhension.
Le terme grec pour ‘église’ est Ekklesia. S’il est généralement
traduit par ‘église’ son sens premier est ‘assemblée du peuple’
sans distinction religieuse. Au sein de l’alliance renouvelée, elle
est comprise comme ‘assemblée du peuple des croyants en
Yeshua’. Deux termes distincts sont utilisés en hébreu pour
définir une ‘assemblée’ :
• Qahal comprend la notion de congrégation, de conseil, de
compagnie. Le terme peut tout autant être utilisé dans un
cadre religieux, militaire ou politique.
• Edah est utilisé pour décrire un rassemblement, une
assemblée dans un sens plus général. Edah sera plutôt
utilisé lorsque des gens se rassemblent autour d’une
personne ou d’un objet pour observer, écouter ou
manifester.
Nous ne savons malheureusement pas quand Yeshua aura utilisé
quel terme hébreu pour parler d’assemblée ‘Ekklesia’, que nous
avons traduit par église. Ce qui est certain, c’est qu’Il n’a pas
utilisé Ekklesia !

188
Sans compromis

10.1 Le contexte des précédents


Pour simplifier la lecture, je vais rassembler les autorités juives
sous le terme de politiciens. Cela concernera les prêtres, les
scribes et les pharisiens, qui avaient la charge de la gestion
administrative, politique et spirituelle du pays.
Tel qu’on l’a vu dans le chapitre 7, Israël est sous tensions
politiques permanentes. Les pays du Moyen-Orient attaquent
régulièrement Israël, réclamant leurs terres comme héritage de
leur descendance de Noé et emmenant une partie de la population
en captivité. Certains plus proches, dont la Palestine,
entretiennent une haine non dissimulée contre Israël en raison de
leur descendance d’Abraham au travers d’Ismaël et réclament le
territoire comme sien. En plus, voilà les Romains qui viennent
occuper leurs terres, sous prétexte d’amener la Pax Romana, mais
en réalité pour étendre leur empire. Si Israël n’est que sous tutelle
de Rome, l’envahisseur romain est bien présent et la collaboration
entre l’autorité romaine et les politiciens juifs est tendue.
Au niveau spirituel, Israël vit au rythme du judaïsme, de ses fêtes
(Moadim) et traditions. Rares sont les non pratiquants, la religion
faisant partie intégrale de la vie quotidienne. Avec l’arrivée des
Romains, la situation se complique : ils viennent avec leurs dieux
et leur construisent des temples, contre l’avis des politiciens.
Ainsi, monothéisme et polythéisme doivent dorénavant cohabiter
et se font la guerre. On peut facilement imaginer que – par
complaisance avec l’occupant et en échange de certains avantages
– des juifs vont adhérer aux cultes romains.
Au chapitre 7.1, j’évoque ces illuminés, prétendus prophètes ou
rabbins qui attiraient la foule avec leurs discours plus ou moins
crédibles. Les politiciens avaient fort à faire pour les garder sous

189
François C. Nadler

contrôle et limiter les dégâts. S’ils parvenaient à rassembler


quelques disciples, leur attrait faisait plutôt l’effet d’un feu de
paille, pour faire la place aux prochains, ce qui laissait un peu de
répit aux politiciens.
La situation se compliqua avec l’arrivée de Jean le Baptiseur104
(et non le baptiste), suivi de près par Yeshua. Le message de Jean
était pris très au sérieux par le peuple, au point qu’ils se
demandaient s’il n’était pas le Messie 105 et se laissaient
baptiser106. Même certains romains furent inquiétés par son
message107. Hérode n’apprécia pas franchement les discours de
Jean qui remettait en cause ses comportements comme ceux de sa
belle-sœur et le fit enfermer en prison108 pour finalement le
décapiter109. Mais son message ne laissa personne indifférent,
surtout au vu de l’événement particulier qui se produisit au
moment du baptême de Yeshua110 avec la descente du Saint-
Esprit sur Lui.
Les politiciens auront certainement espéré que la situation se
calmerait, Yeshua ayant disparu de la circulation111. Ils
déchanteront, un peu plus d’un mois plus tard lorsque Celui-ci
reviendra du désert et commencera Son ministère en Israël. Non

104
Luc 3:1-20
105
Luc 3:15
106
Luc 3:21
107
Luc 3:14
108
Luc 3:19-20
109
Matthieu 14:8-11
110
Luc 3:21-22
111
Luc 4:1-13

190
Sans compromis

seulement Ses enseignements étaient révolutionnaires, mais en


plus, ils étaient accompagnés de signes, de prodiges, de miracles,
de guérisons, de délivrances. Une foule de plus en plus nombreuse
Le suivait et prenait au sérieux Ses enseignements qui, au
passage, ne ménageaient pas les attitudes des politiciens.
La colère grondait tant dans les rangs des politiciens, mais
également des Romains. Ce n’étaient certainement pas les
enseignements eux-mêmes qui les dérangeaient, mais l’attitude
de Yeshua tant à leur égard qu’à l’égard de la Torah. Ce jeune
homme d’une trentaine d’années remettait en question et
interprétait d’une manière différente de ce dont ils avaient
l’habitude d’enseigner depuis bien plus longtemps, remettant en
cause leur attitude face à la Torah. Pour les Romains, ce Yeshua
était un ‘semeur de troubles’ dont ils se seraient bien passés.
Las d’en prendre plein la figure et de perdre leur crédibilité
auprès du peuple, les politiciens complotèrent en vue de faire
taire Yeshua et demandèrent l’appui des Romains pour y arriver.
Leur colère était telle qu’ils n’hésitèrent pas à suggérer la mise à
mort de ce fauteur de trouble, peu importe la méthode, pourvu
qu’Il cesse de les insulter et de manipuler la loi.
Le sanhédrin était le tribunal suprême en Israël. Le lieu où il se
réunissait permettait d’accueillir une vingtaine de personnes dans
la salle et peut-être une trentaine dans la cour. Le tribunal siégea
sous la gouverne de Ponce Pilate. Les investigations de Pilate ne
permirent pas de confirmer les accusations des politiciens juifs.
Cependant, il se rendait bien compte qu’en s’opposant à leur
requête, il créerait davantage de tensions, non seulement au sein
du peuple dont beaucoup soutenaient Yeshua, mais également
dans les rapports entre autorités romaines et juives. Finalement,

191
François C. Nadler

les Romains crucifièrent Yeshua, conformément aux exigences


des pharisiens, des scribes et des publicains, espérant ramener
la paix dans le pays.
À ce stade, il faut bien comprendre que ce ne sont pas les juifs
dans leur ensemble qui ont tué Yeshua, mais bien un groupe de
personnes parmi les autorités religieuses notamment qui ont
demandé une solution radicale à Ponce Pilate. Si elle devait être
la mort, alors qu’elle le soit ! Leur colère n’était pas liée au
message lui-même, mais à la concurrence qui leur était imposée
par l’autorité divine habitant Yeshua et témoignage de Ses paroles
par des actes concrets. Ces personnes n’avaient aucune
conscience qu’en agissant de la sorte, ils accomplissaient ce que
la première alliance avait annoncé concernant le Messie au travers
des prophètes112.
Leur soulagement d’avoir réglé le problème sera de courte durée.
Trois jours plus tard, la rumeur se répand que Yeshua serait
ressuscité. Du moins, son corps n’est plus dans la tombe. Les
spéculations vont de bon train. Le corps a-t-il été enlevé ? Était-il
réellement mort ? Au travers de notre foi, nous savons et nous
confessons la mort et la résurrection de Yeshua. Mais j’essaie
d’imaginer ce qui se passerait si un tel événement avait lieu de
nos jours : sa mort était-elle qu’une mort clinique ? N’était-il pas
simplement dans le coma ? Était-ce une manipulation à but
purement médiatique ? Une mise en scène bien orchestrée ?

112
Je n’ai pas ajouté de références bibliques, partant du principe que nous
connaissons les Écritures en ce qui concerne le ministère, la condamnation et
la crucifixion de Yeshua. Si cela ne devait pas être le cas, je vous encourage à
relire les Évangiles.

192
Sans compromis

Certainement, journaux, télévision et réseaux sociaux se


régaleraient d’un sujet aussi croustillant, confrontant les théories
complotistes aux émissions scientifiques.
D’autant plus qu’une dizaine de jours plus tard, non seulement les
disciples sont visités par le Saint-Esprit et commencent à parler
couramment des langues qui leur étaient totalement étrangères
alors que d’autres personnes à l’extérieur comprennent
parfaitement, mais en plus Yeshua apparaît entre temps à
plusieurs personnes en même temps à divers endroits. Les
autorités juives et romaines ne sont pas au bout de leur peine, la
situation devenant maintenant incontrôlable.

10.2 La première église


Si j’ai pris la peine de résumer ces événements que tout chrétien
est censé connaître, ce n’est pas sans raison. Mon objectif
principal est de mettre l’accent sur l’endroit où ils se sont passés :
Israël, parmi le peuple hébreu, le peuple juif. Trop de messages
chrétiens ont tendance à occulter cette réalité importante et à
rapatrier l’histoire dans un contexte plus occidentalisé. Ce
faisant, les juifs, ces dirigeants qui combattront le ministère de
Yeshua, deviennent presque des étrangers face à Yeshua et ses
disciples, comme s’il existait deux populations distinctes :
Yeshua, ses disciples et la foule adhérant à Ses enseignements
d’un côté, et les autorités juives d’un autre côté. Les Romains
semblant de dissoudre dans la masse.
La première église était juive, avec tout ce que cela implique :
• Si l’alliance renouvelée a été réalisée en Yeshua à cette
époque, le « Nouveau Testament » contenant les
témoignages de l’histoire et les lettres des Apôtres tel que
nous le connaissons aujourd’hui n’existait pas. Seuls les
193
François C. Nadler

témoignages et les discours des premiers disciples


racontaient de vive voix inlassablement les événements
dont ils avaient été témoins.
• La référence biblique pour parler ainsi était les écrits dont
ils disposaient : la première alliance, la Torah, les
prophètes, et tous les autres livres du Tanach, ce que le
christianisme relayera à un « Ancien Testament », comme
quelque chose de passé. Yeshua les avait par ailleurs
enjoints à suivre et à obéir à la Torah :
« Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les
prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront
point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait
de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui
supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui
enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus
petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et
qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le
royaume des cieux. Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse
celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le
royaume des cieux. »
Matthieu 5:17-20

• Ils étaient juifs, en Israël, et respectaient donc les


traditions de leurs Pères, que YHVH leur avait enseignés
dans la Torah : le shabbat, les moadim, soit Sukkot,
Hanouka, Pessah, Shavouot, etc. Ils respectaient les règles
d’hygiène corporelle et alimentaire, que la Torah leur
enseignait. La vie de ces nouveaux chrétiens était rythmée

194
Sans compromis

par leurs racines hébraïques. Ce qu’il faut bien


comprendre et entendre ici, c’est que ni Noël avec son
sapin décoré ni Pâques avec ses petits lapins en chocolat
et ses œufs durs n’existaient. Le culte était célébré le
shabbat, soit le samedi, et non le dimanche. Ces fêtes
seront inventées plus tard. Nous verrons leur histoire.
• Cette première église était composée de juifs et –
probablement – de quelques personnes ayant adhéré au
judaïsme. Les non-juifs, les goyim, ceux qui ne
connaissaient pas YHVH et qui ne respectaient pas la
Torah, ne faisaient pas encore partie de l’Église. Leur
présence était même considérée comme une impureté,
selon ce que la loi leur enseignait. Il faudra attendre la
révélation reçue par Pierre pour que la porte leur soit
ouverte.
« Le lendemain, comme ils étaient en route, et qu'ils approchaient
de la ville, Pierre monta sur le toit, vers la sixième heure, pour
prier. Il eut faim, et il voulut manger. Pendant qu'on lui préparait
à manger, il tomba en extase. Il vit le ciel ouvert, et un objet
semblable à une grande nappe attachée par les quatre coins, qui
descendait et s'abaissait vers la terre, et où se trouvaient tous les
quadrupèdes et les reptiles de la terre et les oiseaux du ciel. Et
une voix lui dit : Lève-toi, Pierre, tue et mange. Mais Pierre dit :
Non, Seigneur, car je n'ai jamais rien mangé de souillé ni
d'impur. Et pour la seconde fois la voix se fit encore entendre à
lui : Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé.
Cela arriva jusqu'à trois fois ; et aussitôt après, l'objet fut retiré
dans le ciel » Actes 10:9-16

195
François C. Nadler

En résumé, la première église respectait le judaïsme, dans sa


continuité, sous l’éclairage du Saint-Esprit, selon les instructions
de Yeshua113. Il n’y avait pas soudainement de culte chrétien
distancé des traditions hébraïques ancestrales.
Ouvrons une parenthèse concernant la vision de Pierre, car elle
est très souvent mal interprétée et se trouve à la racine de
nombreuses fausses interprétations dont le christianisme abusera.
Je vous encourage à lire tout le chapitre 10 des Actes des
Apôtres avant de continuer.
En extrayant la vision de Pierre de son contexte – tel que je l’ai
fait ci-dessus – nous sommes amenés à penser que YHVH parle
de nourriture, soit des aliments que nous serions autorisés à
manger. Pierre témoigne de son attachement à la Torah, tel que
les juifs de la première église le pratiquaient :
« Non, Seigneur, car je n'ai jamais rien mangé de souillé ni
d'impur. » Actes 10:14

Le christianisme a utilisé ce passage pour abolir les lois


alimentaires enseignées dans la Torah. Mais ce n’est PAS ce dont
YHVH parlait. Une fois de plus, il est indispensable de replacer
le texte dans son contexte :
Un Romain, Cornélius, centenier d’une cohorte romaine,
craignait YHVH et Lui adressait ses prières avec toute sa famille.
Certainement que cet homme, touché par les événements, s’est
tourné vers le Dieu d’Israël. Mais pour les juifs, il restait un

113
Matthieu 5:17-20

196
Sans compromis

romain, un non-circoncis, un païen. Il était donc considéré


comme impur par le judaïsme.
YHVH, ayant vu son cœur, organise une rencontre exceptionnelle
entre Cornélius et Pierre, rencontre qui va changer l’histoire de
l’Église. Un ange s’adressa à Cornélius et lui dit d’aller trouver
Pierre.
De son côté, Pierre était sincère et appliqué dans le respect de la
Torah. En temps normal, s’il aurait certainement accepté de
parler avec Cornélius (le judaïsme et les juifs sont
fondamentalement très sociaux), il lui aurait certainement refusé
l’accès au salut en Yeshua, ce dernier étant venu pour les juifs
premièrement114. YHVH devait donc lui montrer d’une manière
significative que – tel que les prophètes l’avaient annoncé et que
Yeshua le confirmera – le don de Sa vie ouvrait la porte à toutes
les nations qui croiraient en Lui.
La vision que Pierre reçut avait donc ce sens-là : ne pas déclarer
une personne impure si YHVH la déclarait pure. Il fallut
cependant une vision forte pour que le message passe et que
Pierre accepte la rencontre avec Cornélius, qui fut finalement
baptisé du Saint-Esprit. Elle n’avait donc rien à voir avec des
questions alimentaires proprement dites. Cornélius sera le
premier goym à recevoir le salut en Yeshua.
Plus tard, les Apôtres reparleront ce de problème et proposeront
une solution : « C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas
des difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Dieu, mais

114
Romains 1:16

197
François C. Nadler

qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de


l'impudicité, des animaux étouffés et du sang » Actes 15 :19-20

10.3 La croissance de l’Église


Si nous imaginons que Yeshua était venu en France, il est certain
que les Français auraient prêché premièrement en France et aux
Français. Ce n’est qu’avec le temps que le message aurait dépassé
les frontières. C’est exactement ce qui s’est passé en Israël. Toute
l’histoire de Yeshua et de la première Église se passe en terre
d’Israël et ce sont les Hébreux qui ont bénéficié premièrement du
témoignage des Apôtres.
L’Église connut une croissance fulgurante :
« Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils
rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture
avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et trouvant grâce
auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à
l'Église ceux qui étaient sauvés ». Actes 2:46-47

Petit à petit, l’Évangile envahit tout le pays et commença à sortir


des frontières israéliennes. Telle une coulée de lave, la bonne
nouvelle se répandait inexorablement dans toutes les directions,
purifiant les âmes à son passage et rien ne pouvait l’arrêter. Elle
était accompagnée de signes et de prodiges, de guérisons et de
délivrance, tel que Yeshua l’avait promis à ses disciples. Cette
première Église vivait sous l’onction du Saint-Esprit dans une
ampleur que le christianisme ne connaîtra plus jamais après le
Concile de Nicée en 325. C’était le plus grand et le plus puissant
réveil que l’Église n’ait jamais connu.

198
Sans compromis

Dès ce moment, les Apôtres durent faire face à certains problèmes


difficiles à régler : l’Évangile juif, basé sur le judaïsme, venait se
confronter à d’autres traditions et croyances. Tel que nous l’avons
déjà évoqué, la foi n’était pas pratiquée de la même manière par
tous les croyants. Certains étaient judaïsant à l’extrême, d’autres
se montraient très laxistes quant à la manière de vivre sa foi,
laissant les autres croyances se mélanger au judaïsme. Comme
c’était le cas au sein du peuple juif avant la venue de Yeshua et
que ça l’est de nos jours dans nos communautés chrétiennes, il y
avait des mouvements différents qui, s’ils avaient la même base
biblique, mettaient l’accent sur certains aspects plutôt que
d’autres, et se prétendaient orgueilleusement plus proche de la
vérité que les autres. Si ces différences sont une richesse pour
l’Église, il reste indispensable de conserver un fil rouge solide et
fiable au niveau doctrinal. C’est alors que nous verrons apparaître
les premières lettres à certaines communautés comme à certains
serviteurs, qui forment les Épîtres dans le « Nouveau
Testament ».
Un autre problème se posa au niveau socio-culturel et au niveau
politique. Si beaucoup de juifs se convertirent à Yeshua (et non
au christianisme !), bien d’autres étaient convaincus que ce
Yeshua n’était qu’un imposteur, éventuellement un prophète,
mais en aucun cas le fils de YHVH, considérant l’attribution de ce
titre comme un grave blasphème. Ceux-ci restèrent profondément
attachés au judaïsme sioniste, selon leur héritage. Politiquement,
cela entraînait de vives tensions et les chrétiens furent persécutés
tant par les autorités qu’une partie du peuple. Israël se trouvait à
la limite d’une guerre civile et religieuse.
Il en fut de même dans les autres nations avoisinantes, et ce
jusqu’à Rome. Ces convertis renonçaient aux cultes célébrés à

199
François C. Nadler

leurs dieux pour s’attacher au judaïsme. Leurs habitudes, leurs


fêtes, leurs comportements entraient en conflit avec les pratiques
locales. Dans les régions où la débauche faisait partie du culte à
certains dieux – comme à Rome ou en Grèce par exemple – les
chrétiens se montraient très sévères dans leurs jugements et
combattaient activement ces pratiques contraires à la Torah. Là
également, des conflits ouverts avaient lieu et ces chrétiens qui
cherchaient à les convaincre par prosélytisme furent durement
persécutés.
C’est à cette période que l’antijudaïsme prit une ampleur
démesurée, au point que ces croyants judaïsants étaient jetés aux
fauves, envoyés sur des galères, mis à mort dans d’horribles
conditions. Un amalgame fut vite fait entre ces chrétiens
judaïsants et les juifs orthodoxes, entraînant l’antisémitisme et
l’antisionisme. Il se manifestera cependant un peu plus tard. Cet
amalgame concernait notamment la mise à mort de Yeshua que
l’on attribua aux juifs sans distinction, fruit de la
mécompréhension comme d’une interprétation erronée des
lettres de Paul notamment.
C’est ainsi qu’à la fin du IIIème siècle, Origène d’Alexandrie
écrira :
« Nous pouvons donc affirmer en toute confiance que les
Juifs ne reviendront pas à leur situation antérieure, car
ils ont commis le plus abominable des crimes, en formant
cette conspiration contre le Sauveur de la race humaine,
d’où la ville où ‘Jésus’ a souffert a nécessairement été

200
Sans compromis

détruite115, la nation juive a été chassée de son pays, et


un autre peuple a été appelé par Dieu à l’élection
bénie116 ».
La croissance de l’Église exigea la mise en place de structures
permettant de gérer ces communautés. Mais entre le pouvoir
exercé par ces ministres et l’ensemble des croyants, il y eut
beaucoup de désaccords. Il s’engagea alors de véritables
négociations entre le peuple et les dirigeants, conduisant ce
christianisme naissant vers une forme de démocratie. Celle-ci prit
de plus en plus de place, au point que les croyants commencèrent
à dicter à YHVH ce qu’Il devait faire.
Joseph Moingt117 avec noté qu’au IIème siècle déjà, « le bruit
joyeux de la parole des fidèles s’était éteint, l’Esprit saint fut prié
alors de ne plus parler que par l’entremise de la parole
magistérielle », par exemple.
Je me souviens d’une caricature dans une brochure intitulée
« Crise de foi » dont je n’ai malheureusement pas retrouvé les
références. Le dessin montrait une assemblée à laquelle le
président disait « Je vous rappelle que la volonté de Dieu peut
être renversée à la majorité des deux tiers des membres
présents ». Même si c’est très ironique, c’est une réalité dans
beaucoup de communautés, durant les premiers siècles déjà.
Petit à petit, l’Esprit s’éteignait et la vie de ces communautés
devenait plus fade. Les miracles et les prodiges que les premiers

115
En l’an 70
116
Seltman, YashaNet ; cité d’après le livre « The Identity Theft »,
Archevêque Dr D. Bierman – [Link]
117
Prêtre Jésuite français 1915-2020 – source du texte inconnue
201
François C. Nadler

chrétiens avaient connus se faisaient de plus en plus rare. Le coup


de grâce fut donné lors du Concile de Nicée en 325.
Mais je vous pose la question : qu’est-ce que l’homme pour
qu’il décide de ce que YHVH devrait faire, dire ou penser ?
N’y reconnaissons-nous pas le mensonge que Satan insufflera à
Adam et Eve : « vous serez comme des dieux en ce qui concerne
la connaissance du bien et du mal118 » ? N’y reconnaissons-nous
pas la prise de pouvoir de l’ennemi sur – et au travers – de l’être
humain ?

10.4 Le Concile de Nicée


Si la première église est née parmi le petit peuple d’Israël, les
chrétiens des nations qui ont adhéré à la foi en Yeshua sont
rapidement devenus largement majoritaires. La conséquence
immédiate fut le mépris envers ce petit peuple, d’autant plus que
les Épîtres furent souvent mal interprétées en ce qui concerne
« les juifs », terme qui désignait ceux qui ont contribué à la
crucifixion et non l’ensemble du peuple. À ce mépris s’ajoutera
la jalousie :
« Il est juste impossible que YHVH ait choisi ce minuscule
peuple pour représenter Sa Gloire sur la terre ;
forcément, par notre nombre considérablement plus
grand que les juifs, et comparativement à la promesse
faite à Abraham qu’il deviendrait une grande nation au

118
Genèse 3:5

202
Sans compromis

point qu’on ne pourrait plus les compter telles les étoiles


dans le ciel, c’est à nous que revient la promesse 119 ».
Usés par les persécutions, les chrétiens demandèrent alors l’appui
de Constantin 1er :
« Constantin Ier (Flavius Valerius Aurelius Constantinus
en latin), né à Naissus en Mésie (aujourd'hui Niš en
Serbie) le 27 février 272, est proclamé 34e empereur
romain en 306 par les légions de Bretagne (actuel sud de
la Grande-Bretagne), et mort le 22 mai 337 après 31 ans
de règne. C'est une figure prépondérante du IVème siècle.
L'empereur Constantin Ier mène une vie politique
militaire, religieuse et économique profondément
réformatrice, qui lui permet de réunir sous son unique
autorité un Empire romain affaibli et divisé. Il se
débarrasse des empereurs Maxence en 312 (bataille du
pont Milvius) et Licinius en 324 (bataille d'Andrinople).
Son règne voit l'établissement de la liberté de culte
individuel, qui met fin aux persécutions des chrétiens (édit
de Milan, 313).
Il met provisoirement fin aux dissensions des Églises
d'Orient en convoquant le premier concile de Nicée (325),
et affirme son autorité dans le domaine religieux : c'est
le césaropapisme. Il instaure une monnaie stable (le
solidus, 312), développe l'administration centrale, défend
les frontières de l'Empire contre les Francs, les Alamans,
les Sarmates, les Goths et les Sassanides. Il fonde en 330

119
Réflexion libre, plausible sur la base du contexte historique

203
François C. Nadler

une nouvelle capitale à son nom, Constantinople


(actuellement Istanbul).
Ses réformes favorisent largement l'essor du
christianisme, vers lequel il se tourne progressivement, et
dont il est même devenu l'un des saints pour l'Église
orthodoxe et un saint local pour l'Église catholique, sous
le nom de Constantin le Grand120 ».
Constantin était un adorateur du soleil. Il privilégiait les cultes
dévoués au dieu-soleil et ses dérivés. Il était polythéiste, non
seulement en suivant les traditions romaines, mais en appréciant
certaines idoles importées des pays nordiques à l’époque où
Rome conquit les pays germaniques. Il adhérera progressivement
au christianisme ; mais quel christianisme ? Celui défini lors du
Concile de Nicée et non celui de l’Église primitive juive, donc un
christianisme romanisé, adapté aux croyances de Constantin, tel
que nous allons le voir.
Le point clé de cette réforme est le rejet des juifs et de tout ce
qui provient de leurs traditions, de leur culture. Considérant
qu’ils ont tué Yeshua, ils seront soumis à une haine grandissante,
communiquée clairement dans le texte du Concile de Nicée et
insidieusement dans le fondement du christianisme. Beaucoup de
prédicateurs n’hésiteront pas – au fil des siècles – à souligner et à
entretenir cette haine, jugeant rendre par là un culte saint et
raisonnable à YHVH. Encore de nos jours, certaines
communautés n’hésitent pas à afficher leur mépris envers les
juifs, en des termes qui leur évitent d’être qualifiés

120
[Link]/wiki/Constantin_Ier_(empereur_romain)

204
Sans compromis

« d’antisémites », mais dont le fondement reste néanmoins


exactement de cet ordre.
Voyons des extraits du contenu de ce Concile de Nicée121 :
NB : J’ai repris le texte tel qu’il a été traduit du latin à l’époque ; c’est pourquoi
vous y trouverez bon nombre de fautes d’orthographe.

Canon du Concile de Nicée


Canon 52 : L'usure et la base de la recherche du gain
mondain est interdit au clergé, aussi la conversation et la
communion avec les Juifs.
La lettre synodale
« […] De plus, nous vous annonçons les bonnes nouvelles
de l'accord relatif à la sainte de Pâques, que ce
particulier a également grâce à vos prières, à juste titre
réglée, de sorte que tous nos frères de l'Est qui, autrefois,
la coutume des Juifs sont désormais pour célébrer le dit
plus festin sacré de Pâques en même temps avec les
Romains et vous-mêmes et tous ceux qui ont observé de
Pâques depuis le début122. […] »
« Lorsque la question relative à la fête sacrée de Pâques
se leva, il était universellement estimé qu'il serait
opportun que tous doivent garder la fête un jour, car ce
qui pourrait être plus belle et plus désirable, que de voir
ce festival, à travers lequel nous recevoir l'espoir de

121
AE Burn, Le Concile de Nicée (1925); Forell G, Comprendre le Credo de
Nicée (1965); EJ Martin, Une histoire de la controverse iconoclaste (1930).
122
Début = début du christianisme et non la fête juive de Pessah

205
François C. Nadler

l'immortalité, célébré par tous d'un commun accord, et de


la même manière ? Elle a été déclarée être
particulièrement indigne pour ce, le plus saint de tous les
festivals, à suivre le calcul des Juifs, qui avait souillé les
mains avec la plus terrible des crimes, et dont l'esprit
était aveuglé. En rejetant leur coutume, nous pouvons
transmettre à nos descendants le mode légitime de fêter
Pâques, que nous avons observés à partir du moment de
la Passion du Sauveur à nos jours [selon le jour de la
semaine]. Nous ne devons pas, par conséquent, d'avoir
rien de commun avec les Juifs, car le Sauveur nous a
montré une autre manière ; notre culte fait suite à une
légitime et plus pratique bien sûr plus (à l'ordre du jour
de la semaine), et par conséquent, à l'unanimité l'adoption
de ce mode, nous désirons, chers frères, à nous séparer
de la société détestable des Juifs, car il est vraiment
honteux pour nous de les entendre se vanter que, sans
leur direction nous ne pouvions pas garder cette fête.
Comment peuvent-ils être dans le droit, eux qui, après la
mort du Sauveur, n'ont plus été conduit par la raison, mais
par la violence sauvage, que leur illusion peut les engager
? Ils ne possèdent pas la vérité dans cette question de
Pâques, car, dans leur aveuglement et leur répugnance
à toutes les améliorations, ils ont souvent célébrer deux
Pâques123 dans la même année. Nous ne pouvions pas
imiter ceux qui sont ouvertement dans l'erreur.
Comment, alors, pourrions-nous suivre ces Juifs, qui

123
Les juifs fêtaient la Pâque juive selon la tradition hébraïque et celle que
Yeshua a instituée la nuit avant sa condamnation.

206
Sans compromis

sont très certainement aveuglé par erreur ? Pour


célébrer la Pâque à deux reprises en un an est totalement
inadmissible. Mais même si ce n'était pas le cas, il serait
encore de votre devoir de ne pas ternir votre âme par la
communication avec des gens méchants [les Juifs].
D'ailleurs, pensez-y bien, que, dans une question aussi
importante, et sur un sujet de grande solennité telle, il ne
devrait pas y avoir de division. Notre Sauveur nous a
laissé un seul jour de fête de notre rédemption, c'est-à-
dire, de sa sainte passion, et il voulait [à établir] une seule
Église catholique. Pensez donc, comment il est
inconvenant, que le jour même certains devraient être à
jeun tandis que d'autres sont assis à un banquet, et que,
après Pâques, certains devraient se réjouir lors des fêtes,
tandis que d'autres sont encore en observant un jeûne
strict124. Pour cette raison, la Providence divine veut que
cette coutume doive être rectifiée et réglementée de
manière uniforme, et tout le monde, je l'espère, seront
d'accord sur ce point. Comme, d'une part, il est de notre
devoir de ne pas avoir rien de commun avec les assassins
de notre Seigneur, et que, d'autre part, la coutume
désormais suivi par les Églises de l'Ouest, du Sud et de le
Nord, et par certains de ceux de l'Est, est la plus
acceptable, il est apparu bien à tous, et j'ai été garantie
pour votre consentement, que vous l'accepter avec joie,
car elle est suivie à Rome, en Afrique , dans toute l'Italie,
l'Égypte, l'Espagne, la Gaule, la Grande-Bretagne, la

124
Dans le processus de la Pâque, les juifs respectent un jeûne strict pour le
pardon des péchés selon la Loi de Moïse. Le soir de son arrestation, Yeshua a
partagé un repas. Divisés, certains parmi les premiers chrétiens pratiquaient
alors le jeûne tandis que d’autres organisaient un festin.
207
François C. Nadler

Libye, dans tous les Achaïe, et dans les diocèses d'Asie, du


Pont, et en Cilicie. Vous devez tenir compte non
seulement que le nombre d'églises dans ces provinces
font la majorité, mais aussi qu'il est en droit d'exiger ce
que notre raison approuve, et que nous devrions avoir
rien de commun avec les Juifs. Pour résumer en quelques
mots : Par l'arrêt unanime de tous, il a été décidé que la
fête la plus sainte de Pâques doit être célébrée partout sur
un seul et même jour, et il n'est pas convenable que dans
la sainte une chose qu'il devrait y avoir toute division.
Comme c'est l'état de l'affaire, accepter avec joie la grâce
divine, et cette divine commande vraiment, car tout ce qui
a lieu dans les assemblées des évêques doivent être
considérés comme procédant de la volonté de Dieu. Faire
connaître à vos frères ce qui a été décrété, garder cette
sainte journée la plus selon le mode prescrit ; nous
pouvons donc célébrer cette fête religieuse de Pâques
dans le même temps, si c'est moi accordée, comme je le
désire, pour m'unir à vous ; nous pouvons nous réjouir
ensemble, voyant que la puissance divine a fait usage de
notre instrument pour détruire les mauvais desseins du
diable, et provoquant ainsi la foi, la paix et l'unité de
s'épanouir parmi nous ».
Voilà qui est clair : ne plus rien avoir de commun avec les juifs,
ces assassins de Yeshua, selon la décision du clergé catholique
romain, sous la conduite de Constantin le Grand.
Où est la « volonté de YHVH » là-dedans ? C’est une décision
démocratique d’un groupe de membres du clergé, sélectionnés
pour leur unité en ce qui concerne la question juive :

208
Sans compromis

« La sélection des membres des évêques est totalement


entre les mains de la bureaucratie romaine. Cette dernière
ne les choisit pas selon leurs compétences pastorales et
théologiques, mais en fonction de leur soumission
idéologique. Aujourd’hui, pour devenir évêque, il faut être
absolument conforme à la ligne du parti sur tous les points
de doctrine qui sont controversés. À travers le réseau des
nonciatures apostoliques et par le questionnaire qui sert
à évaluer les candidats potentiels à l’épiscopat, Rome
s’assure que ces derniers adhèrent sans la moindre
critique aux positions officielles [de l’Église]125. »
Jean Chrysostome
Il était l’un des plus grands Père de l’Église au IVème siècle. Voici
un extrait de l’un de ses tristement célèbres sermons :
« La synagogue est pire qu’un bordel. C’est le repaire des
scélérats et le repaire des bêtes sauvages, le temple des
démons voué aux cultes idolâtres, le refuge des brigands
et des débauchés, la caverne des démons. […] Quant à
moi, je déteste la synagogue et je déteste les juifs pour la
même raison ».
St-Augustin suggéra sans retenue son souhait que les juifs soient
tous tués par l’épée. Pierre le Vénérable traitera les juifs
d’animaux monstrueux, de bêtes brutes, suspectant même qu’ils
ne soient pas vraiment humains.

125
Propos de Hans Küng, prêtre et théologien suisse – 1928-2021

209
François C. Nadler

J’ai relevé dans un livre de 1697, « L’instruction du confesseur »,


écrit par le révérend père Paul Segnari de la compagnie de Jésus,
les propos suivants :
« Car bien avant la venue de notre divin Sauveur dans le monde,
les prêtres [juifs] avaient bien le pouvoir de déclarer si un
lépreux était parfaitement guéri de sa lèpre ou non. Mais ils
n’avaient pas celui de la guérison. Cette puissance était réservée
à des prêtres plus nobles et plus excellents [catholiques] tels que
ceux que Jésus-Christ a institué ».
« Usez-en de même avec ces démons incarnés [les juifs], mettez
devant les yeux la malice exécrable de leur péché, que Jésus-
Christ même appelle irrémissible ».
J’ai le privilège de posséder une petite collection de livres
anciens, datant notamment des XVIIIème et XIXème siècles,
condensés de sermons donnés au sein de l’Église. Je n’ai
malheureusement pas le temps de tous les lire ; mais je reste
néanmoins convaincu que nous y trouverions bien des traces de
cet antisémitisme non dissimulé. J’attends impatiemment le jour
où – sous des circonstances qui nous échappent – nous aurons
accès aux archives les plus secrètes du Vatican. Certainement que
là également, nous trouverons des réponses à bien des questions
qui se posent en ce qui concerne la catholisation de la première
Église et que ces réponses pourraient bien nous étonner, pour ne
pas dire nous effrayer. Comme beaucoup d’autres sujets
d’ailleurs, tels que l’inquisition, les guerres de religion,
l’évangélisation forcée, etc.
Nous savons aujourd’hui déjà que pour prouver qu’il s’était bien
converti au catholicisme, un juif était contraint notamment de

210
Sans compromis

travailler le samedi – jour du shabbat – et de manger du porc,


viande interdite par la Torah. En cas de refus, il était déclaré
persona non grata et risquait fort d’alimenter le bûcher. Cela
signifie que l’Église Catholique avait parfaitement conscience
des lois de Moïse et de leur importance dans le judaïsme, et qu’ils
les utilisaient comme moyen de pression pour convertir les juifs
au christianisme romain. Peut-on réellement encore parler de
« conversion » ? Si conversion il devait y avoir, c’était à Yeshua
et non en une institution doctrinale. C’est ça, le message de
l’Évangile !
10.5 Martin Luther
Martin Luther était un frère Augustin, théologien et considéré
comme le plus grand réformateur de tous les temps, notamment
en Allemagne. À quelques années près, il est contemporain de
Guillaume Farel en Suisse romande et Ulrich Zwingli en Suisse
alémanique126. Il cherchera à rétablir le dialogue avec les juifs.
Mais son entreprise à ce niveau échouera. Les juifs ayant déjà trop
souffert sous le christianisme catholique, ils se montrèrent très
réticents lorsqu’on leur présenta un christianisme réformé qui ne
tenait encore et toujours pas compte des réels fondements
hébraïques de la foi dite chrétienne. Vers la fin de sa vie, déçu, il
retournera sa veste et deviendra lui aussi profondément
antisémite. C’est alors qu’il publiera son livre « Les juifs et leurs
mensonges », livre controversé qui portera néanmoins de bien
tristes fruits.
Voici quelques extraits de ce livre :

126
Jean Calvin, réformateur genevois naît environ 20 ans plus tard que ceux
cités.
211
François C. Nadler

« Je m’étais fait à l’idée de ne plus écrire à propos des


Juifs ou contre eux. Mais depuis que j’ai appris que ce
peuple méchant et détestable n’arrête pas de nous attirer
à lui par la ruse, nous les chrétiens, j’ai publié ce petit
livre, afin d’avoir ma place parmi ceux qui s’opposent
aux activités diaboliques des Juifs et qui recommandent
aux chrétiens de rester sur leur garde en ce qui les
concerne. »
« La colère impitoyable de Dieu prouve suffisamment
qu’ils se sont vraiment trompés et égarés. Même un enfant
peut le comprendre. Car on n’ose pas penser que Dieu
serait assez cruel pour punir son propre peuple pendant
si longtemps, si terriblement, si impitoyablement et, en
outre, pour garder le silence, ne lui apporter aucun
réconfort ni par les mots ni par les actes et ne fixer ni
limite dans le temps, ni fin à cette détresse. Qui pourrait
mettre sa foi, son espoir, et son amour en un tel Dieu ?
Donc cette œuvre de colère prouve que les Juifs,
certainement rejetés par Dieu, ne sont plus son peuple,
et lui n’est plus leur Dieu. »
« En bref, nous l’avons déjà dit, ne vous engagez pas trop
dans des discussions avec les Juifs à propos des articles
de notre foi. Ceux-ci ont, depuis leur jeunesse, été
nourris de tant de venin et de rancœur contre notre
Seigneur qu’il n’y a rien à espérer tant qu’ils n’auront
pas atteint le point où leur misère les fera finalement
plier et les forcera à reconnaître que le Messie est venu,
et que c’est notre Jésus. »

212
Sans compromis

« Il apparaît donc que les Juifs étaient une épouse


souillée, oui, une incorrigible prostituée et une mauvaise
fille avec laquelle Dieu aurait toujours à se quereller, se
bagarrer et lutter. Si Dieu les châtie et les frappe de sa
parole par l’entremise des prophètes, les Juifs le
contredisent, tuent ses prophètes, ou, comme des chiens
enragés, mordent le bâton qui les a frappés. »
« Mais cela dépasse l’entendement des Juifs aveugles et
endurcis. Leur en parler est à peu près comme prêcher
l’Évangile à une truie. »
Nous pourrions continuer ainsi au fil de la lecture de son livre,
son discours haineux ne change pas. En revanche, là où il devient
franchement inquiétant, c’est dès la partie 11, alors qu’il propose
une série de conseils :
Je cite : «
1. En premier lieu, il faut mettre le feu à leurs synagogues et
à leurs écoles, et enterrer et couvrir de saletés ce qui
n’aura pas brûlé, de sorte qu’aucun homme ne puisse
jamais en retrouver la moindre pierre ou cendre. […]
2. En second lieu, je recommande de raser et détruire les
maisons des Juifs. Car ils poursuivent là les mêmes buts
que dans leurs synagogues. Ils devraient plutôt être
logés sous un abri ou dans une grange, comme les
bohémiens. […]
3. En troisième lieu, je recommande de leur retirer leurs
livres de prières et les écrits talmudiques, qui enseignent
cette idolâtrie, ces mensonges, ces malédictions
et ces blasphèmes. […]
213
François C. Nadler

4. En quatrième lieu, je recommande que leurs rabbins


soient dorénavant interdits d’enseigner sous peine d’être
frappés dans leur corps et dans leur vie ; car ils ont trahi
le droit à cette fonction. […]
5. En cinquième lieu, je recommande d’abolir complètement
les sauf-conduits sur les routes principales pour les Juifs.
Car ils ne font pas d’affaires dans la campagne,
étant donné que ce ne sont pas des seigneurs, des
fonctionnaires, des commerçants, etc. Qu’ils restent chez
eux. […]
6. En sixième lieu, je recommande qu’on interdise l’usure
aux Juifs, et que toutes leurs espèces et leur fortune en
argent et en or leur soient confisquées et mises de
côté en lieu sûr. […]
7. En septième lieu, je recommande de mettre entre les mains
des jeunes et solides Juifs et Juives un fléau, une hache,
une houe, une bêche, une quenouille, ou un fuseau, et de
les laisser gagner leur pain à la sueur de leur front,
comme il se doit pour les enfants d’Adam. […]
8. Maintenant, je me permets de recommander sincèrement
ces Juifs à celui qui ressentira le désir de les abriter et de
les nourrir, de les honorer, d’être dépouillé, volé, pillé,
calomnié, humilié, maudit par eux, et de souffrir tous les
maux de leurs mains – ces serpents venimeux et enfants
du diable, qui sont les plus grands ennemis du Christ
notre Seigneur et de nous tous. […] »

214
Sans compromis

Ces recommandations ne vous rappellent-elles rien ? Relisez-les


et pensez à un certain Adolf Hitler… Eh oui, c’est sur ce livre et
les recommandations de Martin Luther qu’il a appliqué la
« solution finale à la question juive ». Il était un fervent
admirateur de ce réformateur, comme la majorité des Allemands.
C’est grâce à Luther que l’Allemagne est devenue réformée
protestante. Et le pire, c’est que l’Église était parfaitement au
courant de son projet et de son exécution. AUCUNE
communauté, AUCUN synode ne se sont opposés à son projet
diabolique. Cela coûtera la vie à plus de 6 millions de juifs
auxquels s’ajoute un nombre énorme d’autres personnes jugées
pour trahison, notamment parce qu’elles ont tenté de cacher des
juifs, qu’elles ont voulu s’opposer à Hitler, qu’elles ont combattu
son idéologie nazie, et j’en passe.
10.6 Israël et le Coran
Dans le Coran, le Sourate 17 ou « Al’Isra » est le livre qui
concerne la relation des musulmans avec Israël. En voici quelques
extraits :
« 2 Et Nous avions donné à Musa (Moïse) le Livre dont
Nous avions fait un guide pour les enfants d'Israʾil (Israël)
: ‘Ne prenez pas de protecteur en dehors de Moi’ »
« 3 [Ô vous], les descendants de ceux que Nous avons
transportés dans l'arche avec Nuh (Noé). Celui-ci était
vraiment un serviteur fort reconnaissant. »
« 4 Nous avions décrété pour les enfants d'Israʾil (Israël),
(et annoncé) dans le Livre : « Par deux fois vous sèmerez
la corruption sur terre et vous allez transgresser d'une
façon excessive. »

215
François C. Nadler

« 5 Lorsque vint l'accomplissement de la première de ces


deux [prédictions,] Nous envoyâmes contre vous [les
juifs] certains de Nos serviteurs doués d'une force
terrible, qui pénétrèrent à l'intérieur des demeures. Et la
prédiction fut accomplie. »
« 8 Il se peut que votre Seigneur vous fasse miséricorde.
Mais si vous récidivez, Nous récidiverons. Et Nous avons
assigné l'Enfer comme camp de détention aux infidèles
[les juifs]. »
« 9 et à ceux qui ne croient pas en l'au-delà [à l’Islam],
que Nous leur avons préparé un châtiment douloureux. »
« 16 Et quand Nous voulons détruire une cité, Nous
ordonnons à ses gens opulents [d'obéir à Nos
prescriptions], mais (au contraire) ils se livrent à la
perversité. Alors la Parole prononcée contre elle se
réalise, et Nous la détruisons entièrement. »
« 18 Quiconque désire [la vie] immédiate, Nous nous
hâtons de donner ce que Nous voulons, à qui Nous
voulons. Puis, Nous lui assignons l'Enfer où il brûlera
méprisé et repoussé. »
« 58 Il n'est point de cité [injuste] que Nous ne fassions
périr avant le Jour de la Résurrection, ou que Nous ne
punissions d'un dur châtiment. Cela est bien tracé dans le
Livre [des décrets immuables] »
Hitler va largement contribuer à l’antisémitisme et à
l’antisionisme en Palestine.

216
Sans compromis

« La condition précise de notre collaboration avec


l’Allemagne était l’entière liberté pour éliminer les Juifs,
jusqu’au dernier, de la Palestine et du monde arabe. J’ai
demandé à Hitler son accord explicite pour nous autoriser
à résoudre le problème juif d’une façon bénéfique à nos
aspirations raciales et nationales et conforme aux
méthodes scientifiques que l’Allemagne a inventées pour
s’occuper de ses Juifs. La réponse que je reçus fut : les
Juifs sont à vous. Amin al Husseini127 »
La rencontre entre Hitler et Al Husseini avait pour but de savoir
comment réaliser ce « Al’Isra ».
À la fin de la guerre en 1945, de nombreux officiers supérieurs
nazis se sont réfugiés sous de fausses identités au Moyen-Orient
où ils ont été engagés comme conseillers militaires avec pour
mission « d’enseigner et d’orchestrer la solution finale au
Moyen-Orient ». C’est l’origine de l’OLP qui agit encore et
toujours aujourd’hui.
Je ne m’étendrai pas davantage sur le sujet. Je relève qu’ils
prétendent être à l’origine du salut d’Israël (notamment Sourate
17:2-3 cités ici) et qu’ils s’affirment être les exécuteurs de la
volonté d’Allah pour punir Israël s’il ne se convertissent pas à
l’Islam.

10.7 La théologie de remplacement


Au fil des siècles, les théologiens ont développé la théorie « qu’au
vu de la méchanceté des juifs et de leur incapacité à se soumettre
à YHVH », Il leur aurait retiré leur droit à l’héritage promis à

127
Amin al Husseini, Mémoires. Rencontre avec Hitler du 28 novembre 1941.

217
François C. Nadler

Abraham pour le transmettre à l’Église, d’autant plus « qu’ils sont


responsables de la mort du Christ ».
Ainsi, Israël en tant que peuple et nation ne serait plus l’héritier
de la promesse ; Israël serait maintenant l’ensemble des croyants
en Jésus-Christ par leur adhésion au christianisme. Bien que le
Pape comme un groupe de théologiens réformés aient reconnus
leurs erreurs face au peuple juif128, les chrétiens de toute
dénomination continuent de prétendre être le nouvel Israël.
Ils appuient leurs affirmations sur la destruction du Temple et de
Jérusalem en l’an 70 et la dispersion du peuple juif dans toutes les
nations.

128
Voir chapitre 12

218
Sans compromis

11. L’Église romaine


Dans son « Précis de l’histoire de l’Église », le célèbre et respecté
Jules-Marcel Nicole129 citera les pogroms et certaines
maltraitances exercés envers les juifs et les non-croyants au
moyen-âge. Il citera également les actes ignobles de l’Inquisition.
Ce qui m’a cependant frappé, c’est qu’il porte aux nues
Constantin de Grand comme celui qui a mis fin à la persécution
des chrétiens et qui a défini le christianisme lors du Concile de
Nicée. Il fera également l’éloge de Marin Luther comme l’un des
plus grands réformateurs. En revanche, en quels termes ce
christianisme a été défini et la position adoptée envers les juifs
tant par Constantin que Luther n’apparaissent nul part. Pour un
précis de l’histoire de l’Église, il est plutôt lacunaire sur ces
questions. Pourtant, comme nous allons le voir, les conséquences
sont telles qu’à partir de ce moment, les juifs ne pourront plus
jamais s’identifier au christianisme ni reconnaître leur
Messie.
Rappelons que l’Église primitive se basait sur le judaïsme, le
« Nouveau Testament » étant en cours de canonisation. En
dépassant les frontières d’Israël pour arriver en occident, le
christianisme représenta une réelle révolution pour ces peuples
habitués au polythéisme. Cela entraînait des tensions autant entre
les polythéistes et les chrétiens qu’au sein de l’Église elle-même.
Ces chrétiens ayant amené une foi qui se basait sur la première
alliance, ils étaient assimilés aux juifs en tant que juifs
messianiques.

129
Jules-Marcel Nicole, 1907-1997, Pasteur, professeur et docteur honoris
causa de théologie
219
François C. Nadler

Ces chrétiens qui débarquaient avec leur croyance représentait un


danger face au contrôle qu’exerçaient les prêtres et prêtresses sur
le peuple au travers de leurs multiples dieux. C’est également là
la source des persécutions exercées contre eux.
Jusqu’où fallait-il exiger que ces peuples adhèrent à la Loi de
Moïse ? Comment opérer ce changement radical entre
polythéisme et monothéisme ? Comment intégrer ce
christianisme dans une société bien implantée dans ses
croyances ? Ces questions n’étaient pas nouvelles. Elles sont
d’ailleurs à l’origine de certaines Épîtres, dont notamment la
Lettre aux Romains de l’Apôtre Paul.
Il était indispensable d’apporter des réponses afin de calmer les
troubles engendrés et de trouver un terrain d’entente entre ces
religions. Constantin proposa donc d’apporter une solution, à
condition qu’il devienne le Chef Suprême de l’Église
Chrétienne. Ce qui fut accepté et entraîna les lourdes
conséquences que nous allons voir ici.
11.1 Le divorce entre l’Église et le judaïsme
Les premières décisions du Concile de Nicée ont été dictées par
leur volonté de ne plus rien avoir de commun avec les juifs. La
difficulté résidait en ce que la première alliance ne pouvait être
purement et simplement supprimée, car de nombreux événements
dans les Évangiles ainsi que les écrits des Apôtres étaient
étroitement liés à certains livres du Tanach et y faisaient
référence. Il s’agissait donc de trouver un chemin par lequel la
première alliance était rétrogradée à un « Ancien Testament ».
Cet Ancien Testament ne serait alors valable plus que pour les

220
Sans compromis

juifs orthodoxes, ceux qui n’avaient pas reconnu en Yeshua le


Messie.
Il y avait également la volonté de Constantin de concilier la
pratique du polythéisme et du monothéisme, à savoir pratiquer un
christianisme qui resterait en rapport avec la pratique de certains
cultes propres au polythéisme. Il trouva là le moyen de séparer le
christianisme de ses origines hébraïques tout en conservant le lien
avec les événements survenus en Israël lors de la venue du
Messie. Voyons ce que cela donne sur certains points :
11.1.1 Yeshua versus Jésus
Yeshua est le nom original du Sauveur. Il le transformera
cependant en Yesu ou Jésus, nom qu’il créera selon une méthode
linguistique byzantine :
- Ye signifiant ‘homme’
- Zeus, dieu suprême dans la mythologie grecque.
Ainsi, Ye-Zeus peut signifier « l’homme dieu », « Dieu-homme »,
« l’homme fait dieu » ou encore « dieu fait homme ». Yeshua
gardait donc sa qualité de Fils de YHVH sans porter de nom
hébreu, Ye-Zeus devenant Jésus.
En changeant le nom de Yeshua, il changea aussi son identité.
Jésus deviendra un Messie romain et n’aura d’origine hébraïque
que des faits historiques, qui seront petit à petit occidentalisés.
Yeshua étant partie intégrante de la Trinité, Il est Dieu. En
changeant son nom, nous rompons avec le 3ème commandement
ce qui est un péché.

221
François C. Nadler

11.1.2 Shabbat versus dimanche


Nous ne savons pas si les Romains respectaient un jour de congé
hebdomadaire. Cependant les chrétiens respectaient le shabbat, le
jour de congé officiel selon le 4ème des dix Commandements. Pour
ne rien avoir de commun avec les juifs, il fallut donc changer
quelque chose.
Constantin était un adorateur du soleil ; alors il fut décidé en
l’honneur de ce dieu que ce jour de congé officiel serait déplacé
au dimanche, jour du soleil, « Sunday » en anglais et « Sontag »
en allemand.
La rupture d’avec ce 4ème commandement de la Loi de Moïse est
importante. La création fut faite en 6 jours et YHVH se reposa le
7ème jour. En hébreu, les jours de la semaine ne portent pas de
nom. C’est « jour 1 », « jour 2 », « jour 3 », etc. Seul le 7ème jour
porte un nom : shabbat. Ce jour de congé pour YHVH n’est donc
pas n’importe lequel. Il est clairement défini et selon le calendrier
juif, cela correspond au samedi dans notre semaine.
L’autre point important est que dans le judaïsme, une journée
commence le soir précédent : « Ainsi, il y eut un soir, et il y eut
un matin : ce fut le premier jour130 ». Dans le plan de YHVH, une
journée commence le soir par du repos, de la réflexion, de la
méditation avant de commencer un travail. Une grande sagesse.
Pour un adorateur du soleil, la journée commence avec le lever
du soleil et donc le matin.

130
Genèse 1:5

222
Sans compromis

Si pour les juifs le jour de repos commence le vendredi au coucher


du soleil pour se terminer le samedi au coucher du soleil, pour les
chrétiens, ce jour commence le matin et se termine le matin
suivant.
En respectant le dimanche comme jour du Seigneur dans la
manière où nous le vivons, représente une rupture d’avec le 4ème
commandement et donc un péché.
11.1.3 Noël, joyeux Noël
Bibliquement parlant, Noël n’existe pas. Nous pouvons
cependant considérer comme légitime que les chrétiens
souhaitent honorer leur Sauveur en fêtant son anniversaire. Bien.
Si nous lisons et analysons consciencieusement ce que les
Évangiles de Matthieu et de Luc racontent sur la naissance de
Yeshua, nous constatons que la naissance de Yeshua n’est pas en
hiver à la période de la fête de Hanouka mais en automne, durant
la fête de Sukkot. Un indice pour vous aider : en Israël, il fait trop
froid en hiver pour que les bergers paissent leurs moutons à
l’extérieur. En cette période, ils les gardent dans leur bergerie. En
revanche, même si les nuits commencent déjà à rafraîchir, on les
voit encore dans les plaines en automne.
Ce n’est pas par hasard que cette fête a été déplacée en hiver et
plus particulièrement à la fin du mois : dans les traditions
païennes germaniques, cela correspond à la fête du retour de la
suprématie du soleil sur la nuit, soit le solstice d’hiver. Cette date
correspond également au Saturnales romaines, jour ne la
naissance de la divinité solaire Mithra.
Le sapin de Noël décoré et illuminé provient des traditions
païennes germaniques. Il n’apparaîtra qu’au XVIème siècle. Il est

223
François C. Nadler

censé rappeler la fête de Hanouka, fête des lumières dans le


judaïsme. Cette fête rappelle que lorsque le temple de Jérusalem
fut reconstruit, on alluma les chandeliers pour 8 jours dans le
temple. Mais l’huile manquait. C’est miraculeusement que les
chandeliers brillèrent durant toute la fête.
Si Noël est censé célébrer la naissance de Yeshua, elle n’a aucun
lien avec cet événement, mais est bien l’expression de fêtes
païennes romaines et germaniques. Noël engendre la rupture du
2ème commandement : un péché.
11.1.4 La course aux œufs
Qu’évoque ce titre pour vous ? Pâques, bien entendu ! Pour les
chrétiens, c’est la fête de la résurrection de Yeshua, un événement
majeur et fort légitime.
Dans le judaïsme, Pessah est un des Moadim, une des saintes
convocations que l’Éternel ordonna à son peuple. C’est le rappel
que le peuple d’Israël était en captivité en Égypte et qu’il fut
libéré par la main puissante de YHVH. Cette fête dure 7 jours.
C’est lors de la fête de Pessah que Yeshua fut arrêté, mort crucifié
et ressuscité.
Le Concile de Nicée remplacera Pessah par un culte voué à
Ishtar, déesse de la fertilité, que l’on célébrait lors d’orgies
sexuelles. Des œufs étaient trempés dans du sang et dispersés. Les
enfants nés de ces orgies allaient alors les chercher et un de ceux
qui en ramenaient était sacrifié à Ishtar. C’est cette déesse qui
octroyait la royauté et représentait la suprématie de la femme sur
l’homme.

224
Sans compromis

Les lapins qui rejoindront la fête sont le symbole de la fertilité, en


lien avec Ishtar. Le lapin est l’animal fétiche de la déesse Eostre,
divinité germanique, symbole de la déesse mère, qui donnera en
anglais le nom de Easter ou Oster en allemand, à l’origine du nom
de Pâques dans ces pays (Easter dans les pays anglophones et
Ostertag dans les pays germanophones).
Pâques tel que nous la fêtons engendre également la rupture du
2ème commandement et est donc un péché.
11.2 L’Église catholique
Le Concile de Nicée est donc à l’origine du catholicisme, soit de
la religion universelle. Le catholicisme s’est clairement distancé
des racines hébraïques de la foi pour s’auto-proclamer religion
chrétienne officielle. Les chrétiens messianiques pratiquant selon
leur héritage judaïque n’étaient alors plus considérés comme
chrétiens mais comme païens, voire pires, comme faisant partie
de « la sale race des juifs » selon Constantin.
Le « Nouveau testament » a été canonisé et devient la référence
théologique et dogmatique. « L’Ancien Testament » se voit relayé
à un livre d’histoire et perd la majorité de son autorité. Alors que
l’Église en conservera notamment les 10 commandements, elle
les rompra elle-même sous diverses formes, tel que nous l’avons
déjà vu avec les décisions prises par le Concile de Nicée.
Nous avons également vu qu’avec ce Concile, l’Église a mis en
place un système démocratique, prenant ainsi le pouvoir
décisionnel en ce qui concerne la foi. Élohim en premier n’est
plus au pouvoir et est enjoint de s’adapter aux décisions prises
par l’Église.

225
François C. Nadler

11.2.1 Sainte mère l’Église


Par cette appellation, elle se désigne elle-même comme épouse de
YHVH, l’Éternel étant le Père. Or selon les Écritures, l’épouse de
Yeshua est Israël131. C’est le premier pas vers une affirmation de
la théologie de remplacement : Israël est maintenant l’Église. Or
cette affirmation n’est pas fondée. Elle dépend étroitement du lien
de respect que l’Église entretient avec Israël pour être greffée sur
l’olivier franc.
« Ne t'abandonne pas à l'orgueil, mais crains ; car si Dieu n'a
pas épargné les branches naturelles, il ne t'épargnera pas non
plus. » Romains 11:20-21

De plus, l’Église se déclare sainte. Qui est Saint sinon l’Éternel ?


En quoi est-elle sainte ? D’avoir exclu Israël ? D’avoir divorcé de
ses racines hébraïques ? De s’être auto-proclamée Église
universelle ? Personnellement, j’y vois plus des marques d’un
orgueil bien mal placé !
L’objectif de cette appellation est basé sur la crainte que l’Église
souhaite susciter parmi les chrétiens. Qui oserait lever la main
contre une sainte mère ? Qui oserait argumenter contre une sainte
mère ? En se déclarant sainte, l’Église – ou plutôt les Pères de
l’Église – pose un bouclier censé protéger les secrets les mieux
gardés.
11.2.2 Le Pape
Déjà du temps de Moïse, la gestion organisationnelle du peuple
exigeait une forme de hiérarchie. Chaque tribu, chaque clan,

131
Voir chapitre 8.2

226
Sans compromis

avaient un chef qui représentait le groupe auprès de Moïse ou


d’Aaron. Au niveau spirituel, cette hiérarchie se marquait par le
rôle spécifique des prêtres autorisés à pénétrer dans le Temple,
voire dans le Saint des Saints. Plus tard, Israël nommera un Roi
qui gouvernera le pays. On reconnaissait l’autorité des prophètes
comme porte-paroles de YHVH et en général on les respectait.
Les enfants étaient enjoints à se soumettre à leurs parents. Il y
avait une claire distinction entre un maître et un serviteur. Dans
l’alliance renouvelée, nous trouvons également une forme de
hiérarchie parmi les apôtres. Ils portaient une responsabilité
organisationnelle et doctrinale. Ils conduisaient les croyants dans
les enseignements de Yeshua, d’autant plus que – une fois encore
– le « Nouveau Testament » n’existait pas. Cependant dans tous
les cas, il s’agissait d’une hiérarchie horizontale. C’est-à-dire une
organisation au travers de laquelle le serviteur n’est pas plus
grand que son maître et le maître est tout autant pécheur. Dans
une hiérarchie horizontale, on respecte la responsabilité portée,
mais on garde une relation humaine de vis-à-vis.
La hiérarchie catholique ne respecte pas cet exemple. C’est
clairement une hiérarchie verticale : le Pape est considéré comme
le représentant de Dieu et dispose d’un véto sur toute décisions
prises. Les prêtres, les évêques, les cardinaux fonctionnent tous
dans une soumission totale au Pape premièrement puis à leur
supérieur direct ensuite. Jamais un fidèle ni un curé ne
s’autoriserait à reprendre ou faire une remontrance au Pape, à un
Cardinal ou à un Évêque ! Ce serait considéré comme un grave
péché.
Pourtant, il est presque stupide de rappeler que, quelle que soit
leur fonction, tous ces personnages sont – et restent – des
hommes, avec toutes les qualités et les défauts qui les composent.

227
François C. Nadler

Je respecte totalement leur fonction et la responsabilité qu’ils


portent. Mais ne me demandez pas de les appeler mon père !
D’abord parce qu’ils ne sont pas mon père au sens génétique (ou
alors ils ont commis l’adultère avec ma mère, ce qui n’est pas le
cas) et ensuite parce que mon Père spirituel est YHVH et non un
homme ! Je les appellerai volontiers Monsieur le Curé si ça peut
chatouiller leur orgueil, mais en aucun cas mon père.
Enfin, tel que pour ce qui concerne l’Église, appeler un homme
Saint tel qu’on le fait pour le Pape (à qui j’accorde tout de même
une majuscule, vous l’aurez remarqué). Qu’a-t-il de plus saint que
vous et moi ? La responsabilité qu’il porte ? Si vous appelez le
Pape Saint-Père, pourquoi n’appelez-vous pas votre voisine
Sainte-couturière ? Voyez-vous, nous utilisons ce genre de
termes uniquement pour susciter un respect et une crainte tels que
personne n’osera jamais contredire la fonction.
Fondamentalement, c’est une prise de pouvoir, une dictature,
aussi bienveillante se voulant.
11.2.3 La Sainte Vierge
Autant j’ai du respect pour la mère de Yeshua et reconnais qu’elle
L’a conçu par l’action du Saint-Esprit, autant sachant que Yeshua
a eu au moins un frère cadet (Jacques), je peux affirmer qu’elle
n’est plus vierge ! Donc déjà là nous rencontrons une difficulté.
Le culte à Marie fait partie du protévangile de Jacques (texte
apocryphe). Si rendre un culte à Marie est si important, alors
pourquoi ces textes n’ont-ils pas été canonisés ? Quelle
motivation a poussé les Pères de l’Église à vouloir donner une
telle importance à cette maman ? Je doute fort qu’elle ait été
d’accord qu’on lui affuble ce titre si on lui avait posé la question !

228
Sans compromis

Citons ici ce que Wikipédia nous dit au sujet du culte marial :


« Pour de nombreux spécialistes de l'Antiquité, Marie
‘mère de Dieu’ aurait hérité purement et simplement des
symboles et des fonctions de Cybèle, Mater magna, ‘Mère
des dieux’ : ‘Marie viendrait remplir une case laissée vide
par la défaite et l'exil des divinités féminines, Isis et
Cybèle surtout’. À la différence de ces historiens, Philippe
Borgeaud met l'accent sur le contexte religieux commun
dans lequel baignent les deux figures de Cybèle et de
Marie, et qui explique leurs ressemblances. Ainsi, ‘le
discours sur la chasteté [qui occupe une place centrale
dans le culte marial comme dans le culte de Cybèle]
relève de préoccupations qui sont partagées, au IIème
siècle de notre ère, par des milieux cultivés dans
l'ensemble des communautés méditerranéennes,
chrétiennes ou non chrétiennes’. »
De fait, « le christianisme victorieux finit par asseoir
Marie, la Mère de Dieu, sur un trône qui ressemble
étonnamment à celui de la Mère des dieux, tout en
recherchant, derrière l'image hiératique de la souveraine
céleste, les émotions d'une mère aimante et souffrante. »
Le danger d'une divinisation de Marie, et d'une confusion
entre Marie « mère de Dieu » et Cybèle mère des dieux
sous-tend la polémique au concile d'Ephèse entre
Nestorius, patriarche de Constantinople, qui aurait voulu
que l'on appelât Marie « Christotokos », « mère du Christ
», plutôt que Theotokos, « mère de Dieu », et Cyrille
d'Alexandrie, partisan de cette dernière appellation. Ce
danger de fusion n'était nulle part plus manifeste qu'à

229
François C. Nadler

Byzance, comme le montrent les travaux de Vasiliki


Limberis »132.
Une fois de plus, nous assistons au remplacement d’un
personnage biblique par une divinité païenne : Cybèle, mère des
dieux.
Certains évoquent les apparitions de Marie à certains endroits,
justifiant par là sa sainteté. D’accord. Moïse et Elie sont apparus
avec Yeshua. On ne leur rend pas un culte pour autant. D’autres
témoignages – dans ou hors de l’Église – parlent également
d’apparition de personnages divers, en particulier de parents
décédés. On ne leur rend pas un culte pour autant.
Je n’ai lu nulle part dans ma Bible, ni de la bouche de YHVH, ni
de celle de Yeshua, que nous soyons appelés à vouer un culte à
une quelconque personne autre que YHVH. Je considère cela
comme une idolâtrie et donc un péché.
11.2.4 Par tous les saints
Il en va exactement de même pour la pléthore de saints adorés et
priés par les fidèles catholiques et orthodoxes. Le fait d’avoir
obtenu une réponse ne constitue pas une preuve de leur légitimité.
Satan aussi répond à nos prières…
Lorsque j’observe ou discute avec des catholiques, je constate
qu’ils consacrent plus de temps à invoquer les saints ou la Sainte
Vierge que Yeshua ou YHVH. Or Yeshua est venu pour rétablir
notre relation avec le Père et non pour Lui trouver des
succédanés. De plus, si dans les églises catholiques en particulier

132
[Link]

230
Sans compromis

on peut observer un christ en croix, la majorité des statues et des


icônes représentent des saints ou la Sainte Vierge. Cela pose un
triple problème avec le deuxième des dix commandements :
• Tu ne te feras pas d’idoles
• Tu ne te feras pas d’images
• Tu ne te prosterneras pas devant elles
Que voyons-nous dans les églises ? Des personnes à genoux
devant la statue de Marie ou d’un saint… « oui, mais ce ne sont
pas des idoles, ce sont des saints ! » me dit-on. Aha… pourtant
YHVH ne veut pas de représentations de Lui-même non plus,
alors pourquoi accepterait-Il de faire une exception pour des
saints ? Et qui a décrété que ces personnages seraient saints au
point de mériter une représentation ? YHVH ? En aucun cas !
Élohim en premier ne peut en aucun cas être remplacé par des
personnages, aussi prétendument saints soient-ils et JAMAIS Il
ne fera de concession avec les dix commandements.
11.2.5 En guise de synthèse
Le point le plus sensible est la culpabilisation des fidèles. Liés
par de nombreuses obligations, telles que d’assister à la messe ou
d’aller se confesser, le clergé ne manque pas de souligner la
bassesse pécheresse du peuple face à la sainteté des serviteurs de
l’Église. Jusqu’il n’y a pas si longtemps, les paroissiens n’avaient
pas le droit de lire la Bible : c’était réservé aux personnes
consacrées. Encore aujourd’hui, les paroissiens ont le droit de
prendre l’ostie, mais n’ont pas droit au sang du Christ (sauf rares
exceptions) : ils sont trop impurs pour en bénéficier, seul le prêtre
dispose de ce privilège. Alors que l’Église clame haut et fort que
nous ne sommes plus sous la loi, ils imposent une masse

231
François C. Nadler

d’obligations qui, si on les regarde de près, ne sont rien d’autre


que des lois, cette fois humaines !
L’Église catholique exerce un contrôle et une pression sur ses
fidèles, allant jusqu’à les menacer des pires souffrances de l’enfer
s’il leur venait qu’à l’idée même de quitter l’Église, que ce soit
pour rejoindre une autre dénomination ou vivre hors d’une
communauté religieuse. Elle règne par la peur et les menaces,
tenant au mord leur troupeau tel on conduit des ânes.
Il y aurait beaucoup d’éléments que nous pourrions encore
examiner, tels l’eau bénite, les sacrements ou les richesses mises
en évidence. Je retiendrai simplement que tel que nous l’avons vu
au chapitre 11.1, les Pères de l’Église ont allégrement mélangé le
paganisme au christianisme. Ce culte des saints, à Marie, au Pape
et à l’Église, le contrôle exercé, les richesses accumulées
ressemblent étrangement aux cultes voués au fourmillement de
dieux et sous-dieux composant les religions polythéistes. Ne
trouvez-vous pas ?
11.3 l’Église orthodoxe
Je ne vais pas m’étendre en ce qui concerne l’Église orthodoxe ;
je n’en maîtrise pas le sujet et ne l’ai pas (encore) franchement
étudié.
Je relèverai cependant tout de même quatre points que j’ai pu
observer :
1. La religion orthodoxe ressemble en de nombreux points à
la religion catholique, notamment en ce qui concerne
l’organisation ecclésiale, la place occupée par la vierge
Marie.

232
Sans compromis

2. L’iconographie occupe une place beaucoup plus


importante que dans le catholicisme.
3. Il y a un grand respect envers les patriarches de la
première alliance et l’utilisation des noms hébreux pour
les différents acteurs bibliques, du moins de ce que j’ai pu
observer en Égypte.
4. Leurs fêtes ne correspondent pas (du moins pas toutes)
aux fêtes catholiques ni au calendrier juif, mais ont lieu à
d’autres dates. En Égypte, il semble que les dates des fêtes
ne correspondent ni aux fêtes chrétiennes, ni aux fêtes
juives, ni aux fêtes musulmanes ; ils auraient leur propre
calendrier.
Tout cela reste bien entendu à vérifier et à compléter.
11.4 L’Église réformée
La majorité des points que j’ai soulevés concernant l’Église
catholique font partie des bases de la réforme. Je n’ai donc rien
inventé ni dévoilé de neuf. Beaucoup de théologiens réformés
l’ont fait bien mieux que moi. J’ai eu le privilège de servir durant
des années dans diverses paroisses réformées. Comme organiste
d’abord, comme conseiller de paroisse et parfois comme
prédicateur. J’ai vu une réelle évolution du culte, que ce soit au
niveau du message, de la musique et de l’organisation du culte.
Je vais donc partager quelques observations qui – bien entendu –
ne sont pas à généraliser, certaines paroisses étant plus vivantes
et ouvertes que d’autres, selon le pasteur qui la conduit et le
conseil de paroisse qui la gère. Certains points resteront
cependant communs à toutes ces paroisses.

233
François C. Nadler

11.4.1 Le culte
Au début de mon ministère, j’étais frappé par l’austérité des
services religieux. Que ce soient les cultes, les enterrements ou
les mariages, je n’y voyais pas de différence : une espèce de
tristesse, de lourdeur, de causticité planait sur l’assemblée. Cela
ne ressemblait en rien aux célébrations festives décrites dans ma
Bible.
Bien des pasteurs parlaient avec une telle monotonie qu’ils me
paraissaient exercer leur ministère plus par profession, par
obligation que par conviction. Cela faisait en fait partie de la
solennité voulue dans le service. Combien de prédications aurai-
je entendues qui ne voulaient absolument rien dire, étant juste un
exercice rhétorique, laissant l’auditeur sur sa faim de Parole de
Yah. Ils donnaient l’impression de s’ennuyer profondément dans
l’exercice de leur fonction, maintenant âprement une distance de
sécurité entre les fidèles et eux. Où était la ferveur des Apôtres ?
Où était la douce pédagogie de Yeshua ? Où était la vigueur des
prophètes ? Même la lecture de la Parole était monocorde et
manquait de vivant. Un culte triste et vide…
Avec la spontanéité et l’audace de ma jeunesse, je cherchais
souvent à reparler du sermon avec le pasteur. Je n’obtins que
rarement ce privilège. Le sermon était donné, les mots prononcés,
lus fidèlement du papier pondu la veille, l’affaire était close. Ceux
qui acceptaient de discuter un moment du sujet finissaient
généralement par me dire que j’étais trop évangélique, qu’il ne
fallait pas prendre tout cela trop au sérieux !

234
Sans compromis

Si la Parole de YHVH ne mérite pas plus de sérieux, de passion,


de conviction, à quoi sert-elle ? Pour moi, c’était là se moquer de
YHVH et ça, c’est un péché.
11.4.2 La musique
Jeune organiste, j’étais plutôt doué pour l’improvisation. Les
fidèles aimaient m’entendre jouer avec les mélodies et les
harmonies, que je m’efforçais toujours de mettre en accord avec
le thème du culte. Mais plus d’une fois les remarques me furent
faites : « C’était trop long ! » ou « C’était trop fort ! » ou
« C’était trop moderne ! ». Je n’avais pas encore saisi que
l’austérité du culte devait être réfléchie par l’austérité de ma
musique.
Plus tard, j’ai fait partie de la commission du psautier romand,
chargé de préparer une nouvelle version du chantoir. Qu’ai-je
donc fait que de m’aventurer à proposer des chants plus
« modernes », suggérant même l’utilisation de la guitare, voire
d’autres instruments ! Je me suis fait taper sévèrement sur les
doigts : « Nous faisons de la musique sacrée, pas de la musique
de foire ! ». Pourtant, lorsque j’ouvre ma Bible dans les psaumes,
je vois David qui encourage le peuple à louer YHVH avec joie,
avec force, avec tous les instruments possibles133. Mais non, dans
l’Église réformée, on est sérieux, on fait de la musique sérieuse,
de la musique sacrée. Message reçu, j’ai fermé ma grande
bouche. Je n’ai cependant jamais reçu d’explication quant à ce qui
rend une musique sacrée ou non. Ce que j’improvisais, ce que je
composais, était-ce sacré ? Ou était-ce de la musique de foire ? Je
n’ai jamais obtenu de réponse.

133
Le Psaume 150 en est un excellent exemple
235
François C. Nadler

Je me souviens de la première fois où un pasteur est arrivé avec


sa guitare. Les expressions faciales parmi l’assemblée tranchaient
entre horrifiées et amusées. Il revenait d’un séminaire à Taizé134
où il avait découvert des chants nouveaux. Il avait
consciencieusement préparé des photocopies de ces chants et les
distribuait à l’assemblée. Je ne saurais décrire le silence qui pesait
dans le temple. On aurait dit que l’assemblée allait commettre le
pire des péchés et s’enfoncer cent pieds sous terre ! Pourtant, avec
le temps, ils s’y habituèrent et le virage fut gentiment pris et
accepté, voire apprécié.
De nos jours – Yah merci ! – nous voyons une plus grande
ouverture à des chants plus modernes tels que ceux de Jeunesse
en Mission135, accompagnés par un groupe de louange : guitare,
basse, percussions, synthétiseur, etc., et quelques chanteurs
derrière un microphone.
Cette sacralisation de la musique est pour moi une forme
d’idolâtrie qui n’a pas sa place dans l’Église. C’est un péché.
11.4.3 La vie paroissiale
De nos jours et avec le développement de l’Église en général,
nous pourrions tout autant aborder ce thème en ce qui concerne
les catholiques ou les évangéliques.
Si l’Église garde une fonction cultuelle importante, elle se
développe toujours davantage dans un rôle social, ce qui est

134
Communauté monastique chrétienne œcuménique fondée en 1944 par Frère
Roger à Taizé en France.
135
Jeunesse en Mission (JEM) est un mouvement international composé de
chrétiens provenant de nombreux milieux ecclésiastiques

236
Sans compromis

réjouissant. Outre la chorale qui a rapidement trouvé sa place dans


la vie du culte, on voit naître le groupe des aînés, le groupe de
tricot, le groupe de jeunes, le groupe de randonneurs, le groupe
de bricolage, et bien d’autres encore. À ce niveau, nous
retrouvons des traces de l’église primitive dans laquelle on vivait
souvent ensemble, on partageait tout, on se soutenait, on
s’entraidait. Cet aspect social est très important pour l’unité et la
fraternité au sein d’une paroisse. Elle offre un espace-temps où
les membres de la communauté peuvent apprendre à se connaître,
découvrir leurs talents mutuels, se lier d’amitié, temps qui
manque souvent à la sortie du culte.
‘Bizarrement’, les groupes de prière ou d’étude biblique
rencontrent souvent moins de succès. Celles et ceux à qui j’ai posé
la question du pourquoi cette carence d’intérêt m’ont répondu
presque unanimement par « pour le ‘spirituel’, on a déjà le culte,
alors il ne faut pas exagérer ! ». À condition encore d’y assister…
Dans certains de ces groupes, on commencera (ou finira) par une
prière. Pour la forme. On est un groupe d’église après tout. Mais
cela reste pour beaucoup une formalité. L’important, c’est
l’activité du groupe et non son fondement chrétien. De plus en
plus, ces groupes se dissocient de la vie spirituelle. Comme si
cette dernière était réservée au dimanche matin. Ainsi qu’aux
enterrements et mariages accessoirement.
À vouloir se dégager du contrôle et de la pression exercés par
l’Église catholique, l’Église réformée est tombée dans une forme
de laxisme dans le développement spirituel de ses membres.
Lorsque j’invite des pasteurs à prêcher tout à nouveau la vraie
repentance, l’importance de l’engagement personnel dans la foi,
de l’exhortation à ce que la vie publique soit autant chrétienne

237
François C. Nadler

que la vie paroissiale, on me répond « oui, mais tu vois, il faut


leur laisser le temps… ». Pardonnez-moi, mais lorsqu’Ananias et
Saphira, jeunes convertis, ont menti au Saint-Esprit en gardant
pour eux une partie du gain de la vente de leur champ, le Saint-
Esprit ne leur a pas « laissé le temps », tous deux sont morts sur-
le-champ136 ! Lorsque Yeshua est venu sur terre, Il a disposé de 3
ans, pas plus. Tant pis pour celles et ceux qui « auraient eu besoin
de plus de temps ».
Ce laxisme blesse le Saint-Esprit ; cette dissociation d’une « vie
publique » d’une « vie spirituelle » blesse le Saint-Esprit. Ce
n’est pas là l’Évangile que Yeshua a présenté. En cela, l’Église
ment et le mensonge est un péché.
11.4.4 En guise de synthèse
L’Église réformée est certainement plus proche de l’Évangile que
l’Église catholique, notamment avec l’élimination de l’idolâtrie
de Marie et des saints. Son vœu de pauvreté est tout à son
honneur, mais il pourrait mieux se manifester dans le domaine de
la charité : ce qui n’est pas accumulé comme richesse pour
l’Église devrait être redistribué aux pauvres, aux veuves et aux
orphelins au lieu d’être un critère supplémentaire de laxisme en
ce qui concerne les dîmes et les offrandes.
Ce qui m’attriste le plus dans l’Église réformée, c’est justement
cet aspect laxiste. Elle dispose de tellement de moyens pour
conduire ses fidèles dans une relation intime avec le Seigneur
avec confiance – bien plus que l’Église catholique – mais n’en
fait aucun usage. Au contraire, on se complaît dans un

136
Actes 5:1-11

238
Sans compromis

christianisme du dimanche matin, culte durant lequel on évite de


trop secouer les membres au risque de les perdre !
En d’autres termes, c’est le peuple qui règne souverainement et
qui décide de ce qu’il veut bien vivre et entendre. Ce n’est plus
une démocratie du clergé, c’est carrément une démocratie du
peuple. YHVH n’a qu’à s’adapter à nous et à notre rythme s’Il
veut rester dans notre paroisse. Dites-moi s’il vous plaît où vous
trouvez cela dans la Bible !
11.5 L’Église Évangélique
L’Église évangélique s’est particulièrement développée à partir
du XVIIIème siècle. Pour faire simple, nous pourrions dire que
c’est une réforme de l’Église réformée. Je peux imaginer que des
chrétiens étant confrontés à la même remarque que celle que j’ai
entendue : « tu es trop évangélique » ont choisi de créer leur
propre communauté, leur permettant de vivre leur foi tel qu’ils le
souhaitaient.
Inexorablement, ces églises grandissantes ont dû s’organiser ; les
remarques et commentaires des membres ont eu le même effet
démocratique que dans l’Église réformée et ont engagé des
adaptations pour que les membres restent dans la communauté.
Ils étaient certainement plus durement concernés par les
difficultés financières : le choix d’une religion locale était devenu
une affaire d’État et ce dernier s’engageait par là à soutenir
l’église, du moins localement. Or le choix s’arrêtait au
catholicisme ou au protestantisme. Aucune commune, aucun
canton, aucune région, aucun pays n’a choisi délibérément de
devenir Evangélique.
Ces églises évangéliques ont rapidement scindé en divers
mouvements, en fonction de leur sensibilité spirituelle et leur
239
François C. Nadler

interprétation des Écritures. Les unes mettront l’accent sur


l’action du Saint-Esprit, les autres sur le baptême. Les unes sur
les ministères et les autres sur l’évangélisation. Les uns sur le
respect du shabbat et les autres sur la louange et la prière. Toutes
détiennent sans discussion une part de vérité. Mais aucune ne
peut prétendre être plus biblique que les autres. Et c’est là que le
bât blesse avec l’Église Évangélique…
Si je devais formuler un reproche à leur égard, ce serait leur
orgueil à prétendre être meilleur que les autres, plus vraies que
les autres, plus spirituelles que les autres. La majorité de ces
communautés évangéliques regardent les catholiques et les
réformés avec dédain. Leurs propos sont pleins de jugements. Ils
vont parfois jusqu’à traiter ces dénominations de diaboliques. Or
je peux vous affirmer que j’ai trouvé des chrétiens sincères dans
leur foi et leur engagement envers Yeshua dans toutes les
dénominations. Parfois même plus vrais et authentiques que
certains évangéliques !
11.5.1 Les écoles bibliques
Dans le cadre de l’Église Évangélique, je suis obligé de parler de
la formation. La majorité des ministres évangéliques sont formés
dans des écoles bibliques dites chrétiennes, pour les différencier
des facultés réformées et séminaires catholiques. Je me suis
intéressé à ces écoles pour ma propre formation ; je n’en
nommerai aucune, mais vous ferez part de mes observations.
Ma première remarque est qu’il y a de tout pour tous les goûts. Si
vous voulez une école type yogourt nature léger sans sucre, vous
la trouverez. Si vous voulez au contraire le type banana split avec
chocolat et double-crème, vous la trouverez aussi. Cependant

240
Sans compromis

aucune d’entre elles ne peut rivaliser avec une faculté de


théologie.
Ce n’est pas la qualité des enseignements qui est mis en cause,
mais la profondeur de l’étude de la Bible sous toutes ses formes.
Dans les facultés, non seulement les bases d’hébreu et de grec y
sont obligatoires et fort utiles, tous les aspects de la lecture par
l’exégèse, l’interprétation à la construction d’une prédication y
seront abordés, autant dans « l’ancien » que le « nouveau »
Testament. Si certains dogmes propres au mouvement réformé ou
catholique sont communiqués, vous garderez néanmoins une
large liberté de croyance. Vous pouvez y participer en qualité
d’athée convaincu comme d’évangélique charismatique
pentecôtisant turbo-spirituel.
Les écoles bibliques sont plutôt réservées à des personnes
converties, c’est-à-dire qui ont déjà fait un cheminement spirituel
clair avec Yeshua et qui font partie d’une communauté si possible
évangélique. Si « l’ancien » testament est parfois survolé,
l’accent sera clairement mis sur le « nouveau » Testament et en
particulier les Évangiles. Généralement, l’enseignement donné se
concentrera plutôt sur des dogmes, appuyés par la Parole, tels par
exemple l’évangélisation, le baptême du Saint-Esprit, les dons
spirituels, etc. plutôt que sur la Parole sur laquelle certains
dogmes s’appuient. J’ai cependant également vu des écoles qui
ignorent purement et simplement la première alliance, pour
n’enseigner que la conversion à Jésus-Christ et ses conséquences
dans la vie spirituelle des croyants. Dans les « cours d’essai en
ligne » que j’ai consultés, je me suis souvent fait la réflexion que
les versets bibliques sont utilisés à toute fin et hors contexte, ce
qui m’a profondément dérangé.

241
François C. Nadler

Dans l’ensemble, ces écoles bibliques proposent plus une


formation basée sur leur idéologie, formation qui la défend,
l’explique, la justifie ; aucune ne propose une étude libre des
textes en fournissant les outils nécessaires à leur analyse. Les
étudiants choisiront telle école plutôt qu’une autre parce que son
idéologie correspondra à leurs convictions. En soi, ce n’est pas un
mal ! Cependant nous ne devrions pas nommer ces formations
« école biblique ».
J’en ai trouvé qu’une seule qui aborde la question de la relation
entre la première alliance et l’alliance renouvelée, une seule qui
aborde la question d’Israël en qualité de peuple de Yah sans
l’attribuer à l’Église elle-même, une seule qui aborde les dogmes
chrétiens en comparaison aux fêtes du judaïsme.
Pour la majorité, Israël n’existe pas, excepté si l’on considère que
c’est l’Église chrétienne ou alors à titre d’exemple historique de
ce qu’il ne faut pas imiter.
Dans ce sens, je pense que ces écoles sont excellentes pour tout
chrétien qui veut aller plus loin dans son cheminement de foi,
mais en aucun cas pour prendre la responsabilité d’un
ministère au sein de l’Église, encore moins pour porter la
responsabilité d’une communauté. J’accorde une exception pour
celles et ceux qui sont clairement doués pour l’évangélisation :
les enseignements reçus seront suffisants pour remplir ce
ministère. Mais en aucun cas je ne leur confierais la charge d’une
communauté. Non seulement en raison de leur formation, mais
également de leur ministère.

242
Sans compromis

11.5.2 Des ministères


Si les catholiques et les protestants reconnaissent les diacres, les
pasteurs – ou prêtres – et les docteurs en théologie, les églises
évangéliques ont pour la plupart l’avantage de reconnaître
l’ensemble des ministères bibliques. Quoique je n’aie jamais vu
de ‘docteur de la Parole’ dans aucune d’entre celles que j’ai eu
l’occasion de visiter, au moins elles reconnaissent son existence
et son potentiel.
En plus des cinq ministères de base cités dans Éphésiens 4:11137,
ils en reconnaissent volontiers d’autre, en particulier ceux de
catéchète, de conducteur de la louange, de sonorisateur ou de
concierge. Les anciens ont une fonction et une responsabilité plus
importante que dans les autres églises, ce qui est louable. Des
laïcs seront autorisés à prêcher, du moment qu’on leur reconnaît
ce don, ce que je n’ai jamais vu dans l’église catholique et
rarement dans l’Église réformée.
Ce qui m’a frappé, c’est que dans toutes les églises évangéliques,
les pasteurs et les évangélistes sont les cordiaux bienvenus. En
revanche, bien des communautés se montrent plus réservées
quant au ministère de prophète et d’apôtre. Les docteurs, tel que
nous l’avons vu, son reconnus en tant que l’un des cinq
ministères, mais sans jamais en avoir vu aucun, excepté peut-être
dans une école biblique.
L’apôtre est souvent mal compris et confondu avec un spécialiste
de la Bible. Or l’apôtre est un rassembleur qui va permettre aux
cinq ministères de fonctionner harmonieusement entre eux. Je
connais quelques apôtres. Aucun d’entre eux n’a été reconnu

137
Apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs, docteurs

243
François C. Nadler

comme tel au sein d’une communauté ou même d’un mouvement,


excepté en Afrique – où ce titre provient souvent d’une auto-
proclamation – et aux États-Unis dans certains milieux plutôt
sectaires.
Les prophètes pour leur part font peur. C’est le ministère le plus
prisé, le plus désiré, et malheureusement le moins bien pratiqué.
Qui n’a jamais souhaité recevoir une révélation du Saint-Esprit et
pouvoir édifier l’église par cette parole ? Quel privilège ce serait !
Et mus par la tentation, beaucoup se lâchent à des pseudo-
prophéties, qui en finalité feront plus de mal que de bien. C’est
pourquoi le prophète sera si possible évité ou du moins gardé sous
contrôle sévère, ce qui est contraire à la définition même de ce
ministère. Lorsque je parle du ministère de prophète, je ne parle
évidemment pas des paroles prophétiques ni des paroles de
connaissance que le Saint-Esprit peut placer en tout un chacun,
même chez un enfant.
Si je peux féliciter ces milieux évangéliques de reconnaître ces
ministères, je les exhorte néanmoins à mieux les étudier, les
enseigner, les reconnaître, les encadrer (je n’ai pas dit
contrôler !) en leur donnant toute la place qui leur est due pour
l’édification de l’Église. Car j’ai vu trop d’évangélistes – et
quelques fois des prophètes – remplir la fonction de pasteur, avec
les conséquences catastrophiques inévitables que cela induit.
11.5.3 De la louange
Comparativement à la musique sacrée que l’on imposait dans les
milieux réformés notamment, la louange dans l’Église
évangélique est un vrai bonheur. Je dis cela toutefois avec une

244
Sans compromis

certaine retenue, moi qui ai été responsable de la louange dans


une communauté évangélique charismatique.
Qui dit louange, qui dit richesse instrumentale, qui dit chants
actuels, qui dit danse, qui dit expression artistique sous toutes ses
formes ne signifie pas se permettre n’importe quoi. Si je nuance
la notion de musique sacrée, je reste convaincu par une musique
sainte ! C’est peut-être une question de goût me direz-vous. Peut-
être… Je doute cependant fort que par imitation du style métal
braillard et souvent violent par exemple, nous produisions
réellement une louange agréable au Seigneur, à moins de Lui
fournir des protections auriculaires.
J’ai parfois assisté à des soirées de louange où il ne manquait plus
que les cocktails et les palmiers pour qu’on se sente dans une
discothèque sur une plage de sable fin. Des filles habillées avec
une telle légèreté qu’on pouvait presque deviner leur intimité
dansaient avec une telle sensualité qu’on se demandait si elles
faisaient l’amour au Saint-Esprit ou si elles cherchaient
désespérément à séduire un potentiel prétendant dans
l’assemblée.
À votre avis, que se passait-il dans la tête des mecs ? Quel homme
pouvait résister à la vue d’une jeune et belle femme aussi
voluptueuse ? Que l’on ne vienne pas me dire que c’est parce que
l’homme est un cochon qu’il est tenté ! Il est certes sensible à la
beauté féminine, parfois trop, mais ce n’est pas une raison pour le
provoquer consciemment, aussi chrétien soit-on ! Ou alors, osons

245
François C. Nadler

le tout pour le tout et organisons carrément des soirées de louange


nudistes138 !
Outre ce détail, j’ai également été un peu gêné face au Seigneur,
car beaucoup de ces temps de louange ou de ces soirées de
louange ressemblaient plus à des espaces où l’on va s’éclater que
des temps où on cherchait à honorer YHVH. J’y ai même vu une
participation par idolâtrie face au conducteur de louange. Parce
que c’est cet homme qui conduit la louange, alors ça va être
super, donc j’y vais. Quelle est la réelle motivation à votre avis ?
Le conducteur ou louer YHVH ?
La louange est due à YHVH et Lui est destinée en premier lieu ;
Élohim en premier. Qu’on y prenne plaisir est parfaitement
légitime et le Saint-Esprit se réjouit pleinement avec nous.
Cependant, veillons à ne pas transformer ces temps de louange
en bordel organisé pour chrétiens.
11.5.4 Prédications et témoignages
Dans les communautés évangéliques, l’accent est mis sur
l’évangélisation, la proclamation de l’Évangile, ce qui
fondamentalement est bien. En revanche, je regrette qu’on ne
s’intéresse pas plus à l’histoire du peuple d’Israël, car c’est là que
se trouve l’explication profonde du rôle et de la mission de
Yeshua. Nombre de prédications tendent à occidentaliser le
Seigneur, comme s’Il était né dans la rue voisine. Idem avec les
Apôtres. Or ce n’est évidemment pas le cas. À vouloir rendre

138
Pour les personnes qui ne l’ont pas compris : ne le faites jamais ; je suis
sarcastique dans ces propos !

246
Sans compromis

l’Évangile accessible, nous l’avons déformé au point que nous


n’en connaissons souvent plus l’origine !
Si la majorité des prédications sont de bonne qualité, j’ai à grand
regret assisté à de trop nombreuses catastrophes rhétoriques.
Partant d’un verset biblique, le prédicateur montait ses œufs en
neige au point qu’on ne comprenait plus rien à la question qui
était initialement posée. Un discours sans queue ni tête, mal
construit, mal conduit, qui – excepté un nombre incalculable de
vigoureux Alléluia ! – Amen ! – Merci Seigneur – ne contenait
aucune substance nourrissante pour l’assemblée. La prédication
doit autant honorer YHVH que nourrir Ses enfants. De tels
misérables discours ne sont que perte de temps et déshonorent
mon Yah.
Il en va de même avec les témoignages. Ils sont très importants
pour l’édification des membres de l’église et trouvent
malheureusement trop rarement de place dans le culte. Mais un
témoignage – telle une prédication – est là pour honorer YHVH,
pour parler de Son œuvre dans notre vie. Or beaucoup usent de
ce temps pour vanter leurs propres mérites, tel cet homme qui
racontait comment IL avait conduit tel jeune homme à Yeshua. À
qui va la louange dans ce cas ? À Yeshua ou à l’homme ?
Ceux que je crains le plus, ce sont les faux témoignages. J’entends
par là non pas des histoires inventées, mais des témoignages qui
n’en sont pas. Telle cette femme qui voulait tellement s’offrir
cette jolie petite robe, mais n’en avait pas les moyens ce mois-ci
et qui pria le Seigneur de bien vouloir la lui offrir. Elle fit alors
ses fonds de tiroirs (!) et trouva – gloire à YHVH – les mille
francs dont elle avait besoin ! J’étais choqué. Mille francs pour
une robe ! C’était à l’époque le quart de mon salaire mensuel. Et

247
François C. Nadler

je n’étais de loin pas le seul dans ce cas. Est-ce là réellement un


témoignage à la gloire de YHVH ? Doit-on réellement considérer
cela comme un cadeau du Seigneur ? Son témoignage a fait plus
de dégâts qu’apporté d’encouragements. Une robe à mille francs.
Elle était probablement la seule de toute l’assemblée à pouvoir
s’offrir des habits aussi onéreux. Certaines familles peinaient à
clore leur fin de mois. Et même en priant de tout leur cœur, elles
n’ont jamais trouvé même cent francs dans leurs fonds de tiroirs
qui auraient pu contribuer à leur fournir leur nécessaire. Quelle
honte, ce témoignage…
Nos mots sont importants et portent en eux un pouvoir. Ils
peuvent encourager comme ils peuvent décourager. Ils peuvent
construire comme ils peuvent détruire. Ils peuvent conduire
comme ils peuvent égarer. Que ce soit une prédication, un
témoignage ou un livre comme celui-ci, notre objectif doit rester
le même : édifier, exhorter, reprendre, encourager et honorer
YHVH, Élohim en premier.
11.5.5 En guise de synthèse
L’Église Évangélique est certainement celle qui offre le plus
d’ouverture et de possibilités aux croyants quant à l’expression et
l’exercice de leur vie de foi. Elle est probablement la plus proche
de son époque et s’adapte plus rapidement aux changements. Elle
est cependant en danger en raison d’une trop grande
permissivité.
Aussi sincère soit-elle, aussi engagée soit-elle, il lui manque un
sérieux dans l’étude de la Parole dans son ensemble tant au
travers de la prédication que des études bibliques. Il lui manque
une structure solide et mieux organisée pour permettre l’exercice

248
Sans compromis

des ministères, telle qu’elle le souhaite et l’encourage. Il lui


manque un respect envers YHVH dans de nombreuses activités,
dont la louange, le témoignage, la prière…
Si je salue sa jeunesse d’esprit, sa vivacité, sa joie de vivre, son
culot même parfois, je regrette son orgueil et son mépris face
aux autres communautés tels les réformés et les catholiques, voire
envers les autres communautés évangéliques, se considérant
souvent détenir LA vérité. Sans parler de son adhérence à la
théologie de remplacement au travers de laquelle, plus encore que
les autres dénominations, elle s’estime être l’Israël, le vrai…

11.6 l’Église Messianique


Les Églises messianiques sont les plus rares et les plus récentes
dans l’histoire du christianisme. Nous pouvons distinguer deux
branches spécifiques : des chrétiens qui retrouvent un amour pour
Israël et qui veulent se réconcilier avec les racines hébraïques
d’une part, et des juifs qui reconnaissent en Yeshua le Messie
annoncé d’autre part.
11.6.1 Les chrétiens messianiques
S’ils n’ont souvent pas conscience des dégâts causés par le
Concile de Nicée, les propos de Luther et ses conséquences, ils
ont généralement pris conscience de l’importance du rôle d’Israël
dans le plan de YHVH. Ils restituent l’appellation « d’Israël » aux
juifs en tant que peuple, que nation et que pays. Ils ont un réel
cœur pour l’intercession en faveur de Jérusalem et du peuple juif.
Ils cherchent à se rapprocher du Judaïsme et redonnent à la Torah
une place bien plus grande. Néanmoins, beaucoup d’entre eux
conservent une partie de l’héritage catholique, par exemple le
nom de « Jésus » au lieu de « Yeshua ». Si beaucoup s’intéressent
aux fêtes juives – les Moadim – peu se détacheront des fêtes
249
François C. Nadler

chrétiennes. Ces compromis sont fort regrettables, car ils les


discréditent face au peuple juif. « Ils sont gentils de prier pour
nous et de soutenir notre cause, mais ce n’est pas pour autant que
je vais accepter leur ‘Jésus’ ! » diront les juifs.
Par amour – ou par imitation – nous les verrons porter la kippa,
ce petit chapeau rond qui couvre le milieu du crâne, et le talit, ce
châle de prière aux franges nouées. Certains iront même plus loin,
se laissant pousser la barbe, les cheveux, modifiant leur langage
pour faire juif en remplaçant certains termes par des termes
hébreux. Fondamentalement, je n’y vois rien de bien méchant.
C’est même touchant. Je les mets cependant en garde : ce n’est
pas en jouant au petit juif que vous serez de meilleurs croyants ni
que vous plairez à YHVH ! C’est votre relation à Lui qui importe,
Élohim en premier, et non l’apparence que vous prenez !
11.6.2 Les juifs messianiques
Ce sont les seuls qui n’ont pas d’héritage lié au christianisme, soit
les conséquences du Concile de Nicée, des écrits de Luther et de
la théologie de remplacement. Ils ont pleinement conservé leurs
racines hébraïques, célèbrent les Moadim, obéissent à la Torah.
Ils sont en revanche les héritiers de l’Église primitive du premier
siècle après Yeshua.
Leur différence d’avec les juifs non messianiques est qu’ils
reconnaissent en YESHUA (et non en Jésus) le Messie annoncé
et attendu. Ainsi, ils accorderont également de l’importance à
l’alliance renouvelée (et non au Nouveau Testament), autant les
Évangiles que les Épîtres.
Se joignent à eux des chrétiens qui ont fait Techouva, c’est-à-dire
une conversion au judaïsme et qui respectent les mêmes traditions

250
Sans compromis

que les juifs, tout en reconnaissant Yeshua comme le Messie.


Ceux-ci sortiront définitivement des églises chrétiennes et n’en
pratiqueront plus aucune tradition.
Ce que je regrette, c’est leur arrogance et leur mépris à l’égard
des chrétiens. Certes, ils portent également un lourd héritage de
persécution, de rejet, de meurtre, fruits du christianisme et de
l’Islam au travers des siècles. Si ces actes ne peuvent jamais être
excusés, ils peuvent en revanche être pardonnés. C’est là
l’enseignement de Yeshua : pardonner à ceux qui nous font du
mal et aimer nos ennemis. Et c’est là probablement les
commandements les plus difficiles à suivre, même pour un
chrétien !
Ce que je regrette également, c’est leur isolement. Ils sont très
controversés par les milieux chrétiens, notamment parce qu’on ne
serait plus sous la loi et qu’eux s’y replacent ». Nous verrons plus
tard que ces juifs messianiques n’ont pas entièrement tort et que
les chrétiens ont très partiellement raison. Néanmoins l’héritage
biblique, le fondement du plan de YHVH pour l’ensemble de
l’humanité ne peut pas être compris ni se réaliser sans un retour
à ces racines hébraïques.
Ces juifs messianiques ont un rôle prépondérant à jouer face au
retour du Messie. Si les chrétiens sont sensés exciter la jalousie
des juifs, les juifs messianiques sont sensés conduire les
chrétiens et leur enseigner les voies de la Torah.
« Ainsi parle l'Éternel des armées : En ces jours-là, dix hommes
de toutes les langues des nations saisiront un Juif par le pan de
son vêtement et diront : Nous irons avec vous, car nous avons
appris que Dieu est avec vous. » Zacharie 8:23

251
François C. Nadler

Si YHVH est avec les juifs, c’est – entre autres – parce qu’ils
observent les commandements, les instructions que la Torah leur
donne et que Yeshua n’a jamais abolis. Pour comprendre
comment vivre la Torah, quel meilleur professeur pourrions-nous
trouver qu’un juif vivant au rythme de la Torah ?
Il est difficile de trouver un juif messianique comme guide. C’est
pourquoi bon nombre de chrétiens faisant Techouva se tournent
vers la Synagogue. Ils y apprennent l’hébreu, ils reçoivent la
Parasha, ils apprennent à vivre au rythme des Moadim, ils
apprennent la Casheroute, etc. Cela ne signifie aucunement qu’ils
renient Yeshua, bien au contraire. Ils se rapprochent de Lui, dont
le judaïsme faisait partie intégrante de Sa vie.

11.7 En conclusion
Mon premier constat est que le terme de religion judéo-chrétienne
est erroné, mensonger et trompeur. Il n’existe aucune
dénomination judéo-chrétienne. Soit elle est juive – ou juive
messianique – et est héritière du judaïsme, soit elle est chrétienne
et est héritière de l’Église Catholique du IVème siècle. Comment
peut-on prétendre « Nous ne devons pas, par conséquent, d'avoir
rien de commun avec les Juifs » et se réclamer du judaïsme ?
Mon deuxième constat est, qu’excepté les juifs messianiques,
toutes les dénominations chrétiennes descendent de l’Église
romaine du IVème siècle. En cela, je dis que toutes les
dénominations ont adhéré aux termes du Concile de Nicée, aux
propos de Martin Luther et à la théologie de remplacement, même
si c’est inconscient.

252
Sans compromis

De là, je pose mon troisième constat : aucune dénomination


chrétienne ne peut affirmer être dans le juste. Elles sont toutes
dans l’erreur, prêchant un ‘Jésus’ romanisé, occidentalisé et un
« Nouveau Testament » divorcé de ses racines hébraïques.
Les conséquences constituent mon quatrième constat. Par le rejet
de la Torah, l’ensemble des communautés chrétiennes vivent
dans la désobéissance aux dix Commandements, qui
représentent tout de même la base fondamentale tant du judaïsme
que du christianisme. Plus de respect pour le Shabbat, idolâtrie de
Maire et de ‘saints’, la démocratie relayant YHVH à un rôle
d’exécutif, crimes contre les juifs, médisances et faux
témoignages à l’égard des autres communautés, prostitution à des
cultes païens tels Pâques ou Noël, etc. La liste serait trop longue
à réaliser pour qu’elle soit exhaustive.
Mon cinquième constat ne sera une surprise pour personne :
l’humain est corrompu de la tête aux pieds, jusqu’au plus profond
du moindre petit os qui le constitue, juif ou non-juif. En cela, tous
ont péché et tous ont besoin du salut en Yeshua. En conséquence,
aucune communauté n’est meilleure qu’une autre et ne peut
se prétendre mériter plus que les juifs d’être appelée Israël.
Sixième constat, le christianisme est un leurre, une pure
invention humaine, donc bien une religion139. Il ne trouve aucun
fondement biblique excepté ce que les théologiens font dire à la
Parole. S’il devait y avoir un christianisme auquel j’accorde cette
appellation, ce serait l’Église primitive des premiers siècles,
celle qui à la fois respectait la Loi de Moïse et servait Yeshua.

139
Ma définition de la « religion » est « ce que les hommes font de la foi ».

253
François C. Nadler

Enfin, septième et dernier constat, le christianisme a éteint le


Saint-Esprit. Où sont les signes et les prodiges, les miracles et
les guérisons tels que les connaît l’Église primitive ? Ils se font
rares et ne témoignent plus de l’agrément de YHVH quant à ce
que nous avons défini comme rendre un culte saint et agréable à
l’Éternel.
« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à
offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu,
ce qui sera de votre part un culte raisonnable ». Romains 12:1

« N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été


scellés pour le jour de la rédemption. » Éphésiens 4:30

Les conséquences sont sans appel :


• De plus en plus de gens – chrétiens compris – font du
tourisme spirituel. Ils passent d’une communauté à
l’autre, cherchant celle qui leur convient, en d’autres
termes celle qui dit ce qu’ils veulent bien entendre.
• Ce tourisme s’étend à toute forme de spiritualité dans une
permissivité déclarée : « finalement, l’important n’est pas
le nom que l’on donne à Dieu ou la religion qu’on suit,
c’est la foi que nous y accordons ». La porte est désormais
ouverte à tout et n’importe quoi, y compris des croyances
ésotériques.
• Alors que pendant des siècles faire partie de l’Église était
une normalité, de plus en plus de gens quittent l’Église et
se déclarent sans confession. Ceux-ci gardent souvent la
foi, mais en aucun cas en l’Église ou la religion.

254
Sans compromis

• Même les états ayant pris position pour une « religion


officielle » reviennent sur leurs pas et réclament la laïcité.
L’Église a perdu sa crédibilité. À force de mensonges, de
manipulation, de pression, d’incohérence entre ce qu’elle
professe et ce qu’elle témoigne, l’absence de signes clairs de la
présence de l’Esprit de YHVH, elle est devenue fade, tiède, molle,
au point qu’elle tente de se rattraper par des activités plus
attractives qui n’ont plus rien à voir avec le vécu de la foi.
Hitler disait « racontez un gros mensonge au peuple et répétez-le
souvent ; ils finiront par y croire ». Oui, ils y croiront comme
nous avons cru en l’Église. Mais le peuple n’est tout de même pas
dupe : tôt ou tard, il ouvre les yeux et remarquera bien que
quelque chose ne tourne pas rond.
J’exhorte l’Église – toute dénomination confondue – à se
mettre à genoux devant l’Éternel, à se repentir de ses
mauvaises actions, de ses mensonges, de ses trahisons, à
chercher la face de YHVH, à chercher ce que LUI veut et de
changer de comportement, de se tourner vers ce que LUI
appelle ‘vérité’, écrite noir sur blanc dans Sa Torah.

255
François C. Nadler

256
Sans compromis

12. Mea Culpa catholique et réformé


Avant de continuer, je tiens à souligner que les catholiques
comme les protestants ont officiellement reconnu leurs erreurs
face au peuple d’Israël. Si les autorités ecclésiales l’ont fait, très
peu de communautés locales les ont suivis.
Un article datant du 1er juillet 2015 tiré du journal La Croix cite
les propos du Pape François Ier :

« Un vrai dialogue fraternel a pu se développer à partir du


Concile Vatican II, après la promulgation de la déclaration
Nostra Ætate. Ce document représente en effet le “oui” définitif
aux racines hébraïques du christianisme et le “non” irrévocable
à l’antisémitisme » a affirmé le pape François lors de sa
rencontre mardi 30 juin avec les 200 participants au congrès
international du Conseil international des chrétiens et des juifs
(International Council of Christian and Jews) qui se tient à
Rome. »

En janvier 1998, les « Femmes Catholiques Suisses » (SKF) ont


officiellement demandé pardon aux juifs pour l’antisémitisme,
déclaration cosignée par la Fédération Suisse des Femmes
Protestantes (FSFP) :

« Très tôt, des attitudes antijudaïques se firent jour dans la


tradition chrétienne et dans les premiers écrits du Nouveau
Testament. L’ignorance et l’arrogance accompagnées de
préjugés inconscients et de présupposés théologiques, au cours
de l’histoire du christianisme, préparèrent la voie à
l’antisémitisme et aux exécutions de masse de notre siècle »,
affirme d’abord la déclaration de la SKF.

257
François C. Nadler

Puis dans un appel à la conversion, la déclaration reconnaît la


co-responsabilité des chrétiens dans ces abominations. « Nous les
nommons explicitement et demandons pardon aux Juifs et aux
Juives. En signe de compassion devant le chemin de douleurs
parcouru par le peuple juif, nous nous efforçons de dépasser le
contenu antijudaïque de certains passages de la Bible et de la
liturgie140 ».

Un article de SwissInfo du 9 mars 2000 relève :

« La Conférence des évêques suisses reconnaît que l’Église


catholique a été coupable de graves manquements à l’égard des
Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elle dénonce, par
ailleurs, toute forme d’antisémitisme et d’antijudaïsme.
« L’Église catholique dans notre pays a manqué à son devoir à
l’égard du peuple juif pendant la tyrannie meurtrière du national-
socialisme », a reconnu jeudi, au nom de la Conférence des
évêques suisses (CES), l’Évêque de Bâle, Monseigneur Kurt Koch
(à droite, avec Roland-Bernard Trauffer, secrétaire général de la
CES).
[…]
Mais l’Église catholique suisse va plus loin. En effet, ses évêques
demandent pardon. Tout comme le pape Jean-Paul II le fera dans

140
[Link]/newsf/suisse-les-femmes-catholiques-skf-demandent-que-l-
on-demande-pardon-aux-juifs/

258
Sans compromis

sa liturgie du pardon, ce dimanche, en cette année jubilaire de


l’Église catholique141. »

De son côté, l’Église réformée fera également un pas important


dans sa part de responsabilités face à l’antisémitisme. Voici la
conclusion du groupe de dialogue doctrinal de Leuenberg :
« Conclusion : Les Églises de la Communion ecclésiale de Leuenberg
reconnaissent et déplorent, eu égard à l’histoire de vingt siècles
d’animosité chrétienne vis -à-vis des Juifs, leur coresponsabilité et leur
culpabilité à l’égard du peuple d’Israël. Les Églises reconnaissent leurs
interprétations fautives de certaines affirmations et traditions
bibliques. Devant Dieu et les hommes, elles confessent leur faute et
implorent le pardon de Dieu. Elles se fient en l’espérance que l’Esprit
de Dieu les conduit et les accompagne sur leur nouveau chemin. Les
Églises de la Communion ecclésiale de Leuenberg sont appelées à
rechercher le dialogue avec les Juifs, partout où cela est possible, dans
le lieu où elles se trouvent et dans leur situation particulière. Dans
l’écoute commune de l’Écriture sainte d’Israël – l’Ancien Testament
chrétien -, il est possible de rechercher des voies en vue d’une
compréhension mutuelle. La coexistence de l’Église et d’Israël ne sera
pas remplacée dans l’histoire par une ‘union’ des deux (Rm 11,25-32).
Le témoignage du Nouveau Testament enseigne que la connaissance et
le discours théologiques ont des limites qu’il n’est pas donné aux
humains de franchir. L’Église confesse, avec les mots de l’apôtre Paul
(Rm 11,33-36) : « O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la
science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies
impénétrables ! Qui en effet a connu la pensée du Seigneur ? Ou bien
qui a été son conseiller ? Ou encore qui lui a donné le premier, pour

141
[Link]/fre/l-eglise-catholique-suisse-demande-pardon/1436300

259
François C. Nadler

devoir être payé en retour ? Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. A
lui la gloire éternellement ! Amen142. »

Reconnaissons leur démarche, soyons-en reconnaissants et


accordons-leur notre pardon.
Il reste cependant un fait : quoique reconnaissant « un ‘oui’
définitif aux racines hébraïques », aucun pas ne sera fait dans ce
sens. L’Église – catholique, réformée ou évangélique – restera sur
ses positions quant à une religion chrétienne différenciée de ses
racines hébraïques. Aucune n’a modifié quoi que ce soit dans sa
liturgie et les deux appellent à une coexistence entre judaïques et
chrétiens.
Si un pas a été franchi, le chemin reste encore long pour qu’un
réel rétablissement d’une foi conforme aux Écritures soit
possible. Jusque-là, nous serons appelés à respecter un
œcuménisme, soit le respect mutuel des confessions, musulmans
compris. À quand l’adjonction des scientologues, des rose-croix,
des témoins de Jehova voire des raëliens ?
Je le dénonce ici : l’œcuménisme n’est qu’un pieux mensonge.
Nous cherchons des solutions humaines à un problème spirituel.
Nous acceptons le compromis plutôt qu’affronter la réalité. Alors
que le christianisme est une séparation consciente et volontaire
des racines hébraïques, nous demandons la reconnaissance d’une
coexistence avec le judaïsme ? J’appelle ça de l’hypocrisie.

142
[Link]/IMG/pdf/Eglise_et_Israel_Texte_Eglises_protestantes_2001.pdf

260
Sans compromis

De même, si le christianisme trouve ses racines dans le judaïsme


et est censé y être relié, l’Islam n’a rien à voir ni avec le judaïsme
ni avec le christianisme. Certes, le père d’Ismaël est le même que
celui d’Isaac : Abraham. La Torah n’a cependant pas été donnée
aux descendants d’Ismaël, mais à ceux d’Isaac.
Je respecte les croyances de chacun. C’est un choix et une
responsabilité individuels. Mais je ne peux pas croire en un
œcuménisme, une coexistence, alors que le Coran encourage les
musulmans à gagner des âmes autant que l’Évangile le fait. Ni en
un Islam qui vise la destruction pure et simple d’Israël. Il y a
obligatoirement un conflit de pouvoir : celui de gagner des fidèles
en les arrachant à leurs croyances initiales, dans un sens ou dans
l’autre, quitte à tuer ceux qui refusent.
En tant que juif messianique, je répondrai à l’appel de Yeshua et
prêcherai l’Évangile à qui veut l’entendre. Je représenterai alors
automatiquement et inévitablement un danger pour les
musulmans qui, fidèles au Coran, feront de même de leur côté en
islamisant ceux qui veulent les écouter.
La coexistence entre des religions dont le fondement n’est pas la
Torah est une utopie. Je respecte les musulmans et leur croyance,
mais je ne peux en aucun cas leur accorder un lien quelconque
avec la Promesse faite à Abraham, même si Ismaël est également
fils d’Abraham, au travers d’Agar, la servante de Sarah.

261
François C. Nadler

262
Sans compromis

13. Retour aux racines


Pour que l’Église retrouve ses racines et puisse renouer avec
l’Église primitive, celle que les Apôtres juifs ont fondée, celle que
la première église juive a vécue, celle au travers de laquelle le
Saint-Esprit s’est manifesté conformément aux promesses de
Yeshua, le Messie juif, il faudra bien plus qu’une demande de
pardon pour l’antisémitisme telle qu’elle a été faite.
L’enjeu est énorme : si l’Église renoue avec ses racines
hébraïques – non pas le judaïsme religieux, elle entrera
définitivement dans le rôle que YHVH lui a destiné. C’est alors
que toutes les prophéties bibliques pourront s’accomplir, en
particulier le retour du Messie. Satan n’a donc aucun intérêt à
ce que l’Église fasse le pas. Il va se démener avec tous les moyens
dont il dispose pour maintenir l’Église dans le mensonge du
christianisme tel qu’elle l’a défini. Il va maintenir à n’importe
quel prix cette coexistence de religions différentes, appliquant
ainsi une technique bien connue des manipulateurs : diviser pour
régner. Il étendra ce pouvoir jusqu’au sein du christianisme en
lui-même : plus de 20'000 dénominations différentes se réclamant
du même Seigneur !
Je vous le dis : Satan rigole bien et ça me fâche !
Tout le contenu de ce livre est le déchaînement d’une Sainte
Colère prophétique contre l’œuvre du diable, un avertissement
sévère à l’Église et un appel à la repentance quant aux mensonges
qu’elle entretient encore et toujours, avec la promesse d’un
renouveau extraordinaire pour celles et ceux qui entendront ce
message.

263
François C. Nadler

13.1 Une vision de l’Église


Alors que l’Esprit me poussait à écrire ce livre, voici la vision
qu’Il me donna le 22 mai 2021, répertoriée sous le titre Sivan
5781 :
Je vis une salle longue de 40 mètres et large de 70 mètres. Le sol et les murs
étaient de marbre pur azure. 12 colonnes de granit blanc soutenaient le toit,
6 colonnes de chaque côté. Sur chaque colonne était gravé le nom d’une des
12 tribus d’Israël et au pied de chaque colonne le nom d’un des 12 apôtres. Le
plafond était à 12 mètres du sol. Il était d’un bleu royal et parsemé d’étoiles
en or pur.

Au fond de la salle se trouvait une tribune large de 7 mètres et de 7 mètres de


profondeur. Il y avait 3 marches pour monter sur la tribune. Derrière elle, un
mur se dressait sur 7 mètres de haut, soutenu par deux colonnes d’airain
surmontées chacune d’une étoile de David taillée d’une pièce dans du
diamant. Au sommet du mur, en son milieu, une énorme tête de lion en or pur
aux yeux écarlates. Le mur était couvert d’une soie brillante d’un bleu profond.
Trois mots hébreux en or pur étaient écrits au deux-tiers de sa hauteur. Il ne
me fut pas permis de connaître leurs significations. Le sol de la tribune était
couvert d’un tapis cramoisi qui descendait les 3 marches. Il se poursuivait
jusqu’à l’entrée de la salle, sur toute la longueur et sur 3 mètres de large. Sur
la tribune, se trouvaient deux trônes dont les montants étaient couverts d’or
pur. Le siège et le dossier étaient en velours fin rouge, avec une couronne
brodée en or fin.

Entre les deux trônes se tenait Yeshua, habillé d’un habit blanc, comme une
robe d’une pièce, un cordon doré serrant sa taille. Il regardait la salle de face,
en direction de l’entrée de la salle. Derrière lui, à sa droite contre le mur se
tenait Eliah et à sa gauche contre le mur se tenait Avraham. Dans la salle se
tenait une multitude. Tous les hommes portaient une kippa et un talit. Toutes
les femmes avaient un foulard de lin fin sur leurs cheveux. Il y avait autant
d’hommes que de femmes. Tous étaient habillés de leurs plus beaux habits de
fête. Je ne vis cependant aucun enfant.

264
Sans compromis

Après un temps, trois shofars sonnèrent au-dessus du mur et la porte de la


salle fut ouverte. Une mariée fit son entrée. Elle était habillée d’une longue
robe en soie blanche, une ceinture cramoisie autour de sa taille. Elle portait
un foulard fin sur ses cheveux, retenus par une couronne de fleurs rouges.

La mariée marchait lentement vers la tribune sur le tapis cramoisi. Lorsqu’elle


arriva à 12 mètres de la tribune, je vis que le bas de sa robe était maculé de
sang jusqu’au tiers de sa hauteur. Lorsqu’elle fut à 7 mètres de la tribune, je
vis que ses mains étaient maculées de sang frais jusqu’à la moitié de l’avant-
bras. Lorsqu’elle fut à 3 mètres de la tribune, Yeshua se retourna, tournant le
dos à la mariée. La mariée s’effondra sur ses genoux. Yeshua s’adressa à Eliah
et Avraham en disant : « certainement, je n’épouserai pas cette femme !
Qu’elle se purifie de son sang et qu’elle se présente devant moi pure et sans
tache ! »

À cet instant, j’aperçus une louve à droite de la mariée et un lion au dos de


Yeshua. Le lion faisait alors face à la mariée. Un violent combat s’engagea
entre le lion et la louve ; et le lion dévora la louve.

Je ne vis alors plus qu’une salle vide, silencieuse sans la multitude, sans
Yeshua, Eliah ni Avraham. Seuls la mariée effondrée à terre et le lion assis
fièrement entre les deux trônes restaient. La nuit remplit progressivement la
salle puis une nuée couvrit la vision et la fit disparaître.

François C. Nadler

Voici l’explication d’un frère juif messianique – Hugo – que


j’apprécie beaucoup, notamment pour son don d’interprétation et
sa connaissance du judaïsme.
Je vous la livre telle que je l’ai reçue :
Voici ce qui nous a principalement interpellés :

"Entre les deux trônes se tenait Yeshua, habillé d’un habit blanc, comme une
robe d’une pièce, un cordon doré serrant sa taille. Il regardait la salle de face,

265
François C. Nadler

en direction de l’entrée de la salle. Derrière lui, à sa droite contre le mur se


tenait Eliah et à sa gauche contre le mur se tenait Avraham."

Cela me fait penser à l'une des interprétations juives du Psaume 110, dans le
Midrash Téhilim ou le Yalkout Shimoni:

"R. Yûdan dit au nom de R. Abba b. Hanina : A l'avenir, le Très-Saint fera


asseoir le Messie à sa droite et Abraham à sa gauche. Alors Abraham rougira
de honte et dira : (Comment), le fils de mon fils est assis à la droite, et moi-
même à gauche ? (Alors) le Très-Saint le calmera en disant : Le fils de ton fils
est à ta droite, et moi-même suis (également) à ta droite."

Avraham et le Mashia'h sont les deux personnes selon le midrash, quant à


Elyahou nous savons qu'il est annonciateur du Messie et de Son règne.

"Tous les hommes portaient une kippa et un talit. Toutes les femmes avaient
un foulard de lin fin sur leurs cheveux. Il y avait autant d’hommes que de
femmes. Tous étaient habillés de leurs plus beaux habits de fête "

La multitude semble être juive, le mariage l'est donc aussi et les invités
attendent la venue de l'épouse "juive" de Yeshua.

"La mariée marchait lentement vers la tribune sur le tapis cramoisi. Lorsqu’elle
arriva à 12 mètres de la tribune, je vis que le bas de sa robe était maculé de
sang jusqu’au tiers de sa hauteur. Lorsqu’elle fut à 7 mètres de la tribune, je
vis que ses mains étaient maculées de sang frais jusqu’à la moitié de l’avant-
bras. Lorsqu’elle fut à 3 mètres de la tribune, Yeshua se retourna, tournant le
dos à la mariée. La mariée s’effondra sur ses genoux. Yeshua s’adressa à Eliah
et Avraham en disant : « certainement, je n’épouserai pas cette femme !
Qu’elle se purifie de son sang et qu’elle se présente devant moi pure et sans
tache ! "

La mariée entre belle et bien habillée, cependant plus elle se rapproche, plus
ses défauts apparaissent. De loin elle semble belle, mais de près ce n'est plus
la même. Une expression courante exprime bien cette situation : "elle est belle
de loin, mais est loin d'être belle"...

266
Sans compromis

1 Or sache ceci, qu'aux derniers jours il surviendra des temps fâcheux. 2, Car
les hommes seront idolâtres d'eux-mêmes, avares, vains, orgueilleux,
blasphémateurs, désobéissants à leurs pères et à leurs mères, ingrats,
profanes ; 3 Sans affection naturelle, sans fidélité, calomniateurs,
incontinents, cruels, haïssant les gens de bien ; 4 Traîtres, téméraires, enflés
d'orgueil, amateurs des voluptés, plutôt que de Dieu. 5 Ayant l'apparence de
la piété, mais en ayant renié la force : éloigne-toi donc de telles gens. (2
Timothée 3:3)

6 Et je vis la femme enivrée du sang des Saints, et du sang des martyrs de Jésus
; et quand je la vis je fus saisi d'un grand étonnement. (Apocalypse 17)

"j’aperçu une louve à droite de la mariée et un lion au dos de Yeshua. Le lion


faisait alors face à la mariée. Un violent combat s’engagea entre le lion et la
louve ; et le lion dévora la louve."

Pour nous, le lion représente le Iion de la tribu de Yéhouda [ndlr : Juda] , la


louve représente assez bien Rome (Remus et Romulus nourris par la louve) et
par extension Edom, la chrétienté, le monde occidental.
Ces deux animaux symbolisent deux doctrines, deux esprits, celui de la Torah
contre celui qui abolit la Torah, la Saine doctrine contre celle qui a été
pervertie.
En effet nous savons que Yeshua qualifie les faux prophètes comme des "loups
déguisés en brebis."

Il en est de même ici, Yeshua attend une épouse pure, non pervertie et sans
taches, avec qui Il veut faire alliance.
La multitude des invités sont comme des témoins et assistent à ce qui
ressemble à un grand mariage juif, avec les valeurs que cela implique. Les
"étrangers" qui ne veulent pas se greffer à "tout Israël" ne participent pas à
cet évènement.

Cette épouse ne correspond pas à celle que recherche le Maître même si elle
laisse penser qu'elle est l'élue, mais seulement de loin (dans la doctrine et dans
les actes, elle est en réalité loin de la vérité).

267
François C. Nadler

C'est pourquoi un combat spirituel entre les doctrines éclate (Lion contre
louve) et voit triompher la Torah transmise et préserver par le peuple juif
contre la "chrétienté" qui a voulu s'approprier l'héritage du peuple hébreu.

Nous voyons ton songe comme une confirmation qu'il faut quitter "l'église" au
sens large du terme, et revenir à l'héritage de Yaakov, juifs et non juifs, la
Torah a été donné pour l'humanité, la volonté de [Link] y est inscrite et Hashem
n'aime pas les mélanges.

4 Et j'entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d'elle, mon
peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n'ayez
point de part à ses fléaux. (Apocalypse 18)

Voilà le message de YHVH pour l’Église d’aujourd’hui : vous


vous présentez comme épouse du Christ, mais vos mains et vos
habits sont tachés du sang de vos péchés.
13.2 Un bouleversement majeur
Je pense que depuis un bon moment vous me voyez venir : la
solution se trouve dans la Torah, les prophètes, les psaumes, et
tous les autres livres composant le Tanach. C’est-à-dire un
rétablissement total et sans concession de la première alliance, un
retour à la Loi de Moïse. Ce faisant, c’est TOUT le christianisme,
dans sa liturgie, dans sa théologie, dans son calendrier qui doit
être revu.
Cela représente un bouleversement majeur tel que beaucoup
diront que ce n’est pas possible, ce n’est pas réaliste, ce ne peut
pas être la volonté de YHVH. Si nous le regardons
démocratiquement, en effet, ce n’est pas réalisable. « On ne peut
pas ‘comme ça’ revenir en arrière » dirons-nous. Et pourtant…

268
Sans compromis

Que s’est-il passé lorsque le christianisme primitif est entré en


contact avec les autres croyances ? Pour celles et ceux qui ont
adhéré, n’était-ce pas un bouleversement majeur de leurs
habitudes ? Lorsque les Pères de l’Église ont défini le
christianisme romain comme religion officielle, n’était-ce pas un
bouleversement majeur pour celles et ceux qui avaient rejoint la
foi en Yeshua comme pour ceux qui adoraient les idoles romaines
? Et d’imposer ce catholicisme à tort et à travers dans le monde
n’a-t-il pas engendré des bouleversements majeurs ? Lorsque
Luther a implanté sa réforme, n’était-ce pas aussi un
bouleversement majeur ? Et pensez-vous que l’enlèvement de
l’Église ne sera pas un bouleversement majeur ?
Oui, revenir aux racines hébraïques de la foi engendre un
bouleversement majeur et mondial. Cela semble être un obstacle
insurmontable. Cela semble démentiel, diaboliquement insensé.
L’Église deviendrait la risée de tous. Des conflits éclateraient
partout, les gens se soulèveraient contre leurs autorités
religieuses, les médias se gaveraient de nouvelles et d’émissions
de confrontation entre pro- et anti- retour aux racines. Beaucoup
perdront la foi en l’Église si ce n’est la foi ‘tout court’.
Bien que je veuille garder espoir, mon cœur sait que ce
bouleversement n’aura jamais lieu. Aucune des grandes
dénominations chrétiennes n’acceptera même d’en parler, encore
moins de l’envisager. La puissance de la raison humaine
l’emportera sur la foi. L’Église a encore de beaux jours devant
elle. Mais qu’elle soit prudente : Yeshua n’avertira personne de
Son retour. Il sera soudainement là et nul ne pourra Lui dire :
« non, mais attends, je ne suis pas prêt ! ».

269
François C. Nadler

Le retour aux racines en est la clé. Yeshua n’attendra pas que tous
les croyants ni que toutes les églises aient renoué avec les racines
hébraïques. Tel qu’Abraham avait tenté de négocier le salut de
Sodome et Gomorrhe si quelques justes se trouvaient dans la
ville143, ainsi Yeshua pourrait bien négocier la date de Son retour
à condition de trouver un certain nombre de justes parmi les
nations. Et ce jour-là, il sera trop tard pour l’Église d’accepter un
bouleversement majeur de sa théologie…
Eh oui, je laisse sous-entendre par-là que L’Église ne sera pas
sauvée dans son ensemble. Faire partie d’une communauté ne
nous attribue pas automatiquement un ticket simple course pour
le Ciel. Encore moins d’appartenir légalement ou fiscalement à
une confession chrétienne. Avoir foi en YHVH, ce n’est pas faire
partie d’un club religieux. YHVH ne mesure pas votre foi à votre
assiduité aux services religieux ni au nombre de pater noster ou
d’Ave Maria que vous avez prononcé. Ni même de
l’enthousiasme que vous avez montré dans les activités de
l’Église, aussi spirituelles aient-elles été. Ce n’est pas votre foi et
votre fidélité à l’Église qu’Il mesure, c’est votre foi en LUI,
votre fidélité à YESHUA et votre respect de Sa TORAH.
Si ce bouleversement majeur ne semble pas envisageable pour
l’Église dans son ensemble, il peut cependant trouver sa place
dans votre propre vie et dans votre propre famille. Certes, vous
perdrez des amis, on se moquera de vous, on vous rejettera, on
vous reprendra au nom du Christ, on vous traitera d’inconverti,
on vous menacera des pires affres de l’enfer, vous risquerez

143
Genèse 18:22-32

270
Sans compromis

même de devoir quitter votre communauté, mais c’est à vous et à


vous seul de prendre la décision.
Il n’existe aujourd’hui que de très rares communautés qui se sont
engagées dans ce changement. Sont rares également – mais déjà
plus nombreux – celles et ceux qui ont choisi individuellement ce
changement. Tous témoignent d’un retour à des bénédictions
telles qu’ils n’en avaient jamais vu. J’en fais partie.
Nous en parlions dernièrement avec un pasteur réformé
convaincu de la nécessité d’un retour aux racines hébraïques de
la foi. Notre constat fut qu’effectivement, il est peu probable que
le changement se passe de manière globale dans une
communauté, mais qu’il s’agira plutôt situations individuelles,
par choix personnel.
13.3 Un nouveau contrat
Venons-en aux faits. En adhérant au christianisme, nous avons
implicitement adhéré aux termes du Concile de Nicée, à la
théologie de remplacement et aux attitudes antisémites
recommandées par Luther.
Pour commencer, il s’agira de rompre le contrat actuel qui vous
lie sur la terre comme dans les cieux 144 dans la prière devant
YHVH. Et si possible, prenez deux ou trois témoins avec vous
pour qu’ils puissent attester votre engagement. Avant de le faire,
ou sur le moment même, je recommande de relire attentivement
les chapitres 10.4, 10.5 et 10.7 pour reprendre conscience de ce à
quoi vous renoncez :

144
Matthieu 16:19 ; 18:18

271
François C. Nadler

Devant YHVH comme devant les hommes :


1. Je dénonce le Concile de Nicée comme mensonger et
antisémite et je renonce à l’application de ses termes.
2. Je dénonce les propos de Luther comme mensongers et
antisémites et je renonce à les appliquer.
3. Je dénonce la théologie de remplacement comme mensongère
et antisémite, et je restitue à Israël son élection en qualité de
peuple élu.
Au nom de Yeshua, Amen !

Vous avez accompli cette première étape ? Je vous en félicite !


Cette première étape vous aura aidé à prendre conscience du
péché qu’a constitué l’adhésion à ces mensonges. Cette prise de
conscience est importante et demande de votre part beaucoup
d’humilité devant YHVH, car en adhérant à ces principes, vous
vous êtes placé(e) sous la malédiction :
« Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te
maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en
toi145 ».
Les termes hébreux utilisés pour maudire sont sans appel.
• Le premier est Meera qui signifie « détruire, réduire à
néant, effacer de la surface de la terre ».

145
Genèse 12:3

272
Sans compromis

• Le deuxième est Qlala, qui signifie « se moquer, prendre


à la légère, dire du mal, maudire ».
Reprenons le verset pour y placer ces termes tel qu’ils sont écrits :
« Je bénirai ceux qui te béniront, et je Meera ceux qui te Qlala ;
et toutes les familles de la terre seront bénies en toi ».
Voyez-vous l’importance des conséquences de votre choix ?
Maudire Israël, ce n’est pas que lui souhaiter du mal, c’est déjà
de s’en moquer, de le prendre à la légère, de railler à son sujet, de
prendre sa place. Le rejet d’Israël entraîne une malédiction telle
une destruction totale et définitive.
L’Empire d’Égypte s’en est pris aux Hébreux. Il n’existe plus, il
n’en reste qu’un pays d’Égypte. L’Empire romain a maudit Israël,
il n’existe plus, il n’en reste que l’Italie. L’Empire germanique a
tué des millions de juifs. Il n’existe plus, il n’en reste que
l’Allemagne, qui fut encore longtemps divisée en deux pays
distincts. Lorsque YHVH s’engage, Il est sérieux, même dans la
malédiction !

Il est donc temps pour vous de vous humilier sous la main


puissante de YHVH et de Lui demander sincèrement pardon
d’avoir maudit, pour avoir qlala le peuple d’Israël en ayant
souscrit à ces principes antisémites, au nom de Yeshua.

Si vous avez franchi cette deuxième étape, alors je peux vous


assurer que YHVH vous accorde Son pardon, qu’Il vous dégage
de la malédiction et que Sa Grâce repose dorénavant sur vous,
dans le nom de Yeshua, votre Messie juif.

273
François C. Nadler

Reste maintenant à corriger le tir, c’est-à-dire de revenir sur le


chemin que YHVH a défini comme juste et saint, retourner aux
racines hébraïques.
« Il dit : Si tu écoutes attentivement la voix de l'Éternel, ton
Dieu, si tu fais ce qui est droit à ses yeux, si tu prêtes l'oreille à
ses commandements, et si tu observes toutes ses lois, je ne te
frapperai d'aucune des maladies dont j'ai frappé les Égyptiens ;
car je suis l'Éternel, qui te guérit ». Exode 15:26

Tel que nous l’avons vu, la première alliance n’a jamais été
annulée. Yeshua l’a précisé,146 mais nous semblons l’ignorer. Il
est en revanche venu pour lui donner tout son sens, ce qui est
très différent !
« Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, Après
ces jours-là, dit l'Éternel : Je mettrai ma loi au dedans d'eux, Je
l'écrirai dans leur cœur ; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon
peuple. » Jérémie 31:33

La loi n’est pas abolie, elle est déplacée de la pierre à notre cœur.
Or comment connaître la loi ? Comment l’apprendre ? Eh bien en
la lisant là où elle est écrite : Dans la Torah ! L’expression
« écrire dans notre cœur » ne signifie pas que nous connaîtrons –
miraculeusement – les commandements divins ! Le terme hébreu
traduit par écrire est Kathab qui signifie « écrire, graver », mais
aussi « décrire, enregistrer, enrôler ». Il y a donc une action de
notre part qui précède l’enregistrement de ces lois dans notre

146
Matthieu 5:17

274
Sans compromis

cœur, leur description, soit leur explication et notre enrôlement,


notre engagement à les respecter.
J’attends bien évidemment au contour les personnes qui viendront
me dire « mais nous ne sommes plus sous la loi ! ».
Effectivement, nous ne sommes plus sous la loi, mais cela ne
signifie pas que nous ne devons pas la respecter ! Il y a une
différence fondamentale entre « être sous la loi » et « être dans
la loi ».
Tant que vous cherchez un moyen d’échapper à cette loi, vous
vous placez sous la loi, car elle va condamner votre tentative de
lui désobéir. Mais si vous la respectez, vous vous trouvez dans la
loi, vous serez sous la grâce parce que vous vivez selon et par elle.
• Si vous vous évertuez à dépasser les limitations de vitesse
dans votre véhicule, vous vous placez sous la loi : tôt ou
tard vous vous ferez pincer et vous aurez une amende à
payer, voire votre permis vous sera retiré.
• Si vous respectez les limitations de vitesse, vous vous
trouvez dans la loi et ne risquez rien, même si un contrôle
devait se présenter.
• Mais dans les deux cas, la loi reste applicable.
Inscrire la loi dans notre cœur revient à l’intégrer de manière
qu’elle devienne naturelle pour nous plutôt qu’une corvée. Nous
reparlerons de cela en examinant la lettre aux Romains.
Dès le moment où vous corrigez le tir, vous allez être relié(e) au
judaïsme. Non pas en tant que religion mais en tant que
commandements et instructions prescrits par YHVH. Ça
implique que vous allez renoncer aux fêtes chrétiennes pour
adhérer aux fêtes juives. Vous allez renoncer au dimanche pour

275
François C. Nadler

adhérer au Shabbat. Rien ne vous empêche d’assister au culte ou


à la messe le dimanche matin ! Il n’y a aucun mauvais moment
pour écouter la Parole. En revanche, le jour de repos officiel selon
la Torah, c’est le samedi, depuis le vendredi au coucher du soleil
et pour 24 heures.
Cela implique également que vous allez respecter les règles
d’hygiène personnelle et alimentaire prescrites par la Torah.
Votre alimentation va changer et va bousculer vos habitudes
comme vos goûts.
Nous prenons ici la mesure du bouleversement que j’évoquais au
chapitre 13.2. Toutes vos habitudes vont être chamboulées. Mais
ne craignez rien : c’est un processus. Vous ne pourrez pas – du
jour au lendemain – tout changer dans votre vie. Vous aurez
besoin d’un temps d’adaptation, d’un temps de compréhension
de ce qui change, du pourquoi et du comment. Et c’est ok pour
YHVH. Il regarde à votre cœur et non à vos actes (ça, c’est être
sous la grâce). Il sait que vous voulez vous conformer à Ses
instructions et Il vous donne l’espace et le temps pour les
apprendre tout à nouveau, tant que vous restez en chemin.
Ainsi, voici votre prochain pas :

• Vous renoncez devant YHVH aux fêtes païennes et vous


engagez à apprendre à respecter Ses Saintes Convocations
(les moadim ou fêtes juives).
• Vous vous engagez à respecter le Shabbat selon Ses
commandements.

276
Sans compromis

• Vous vous engagez à réapprendre tout à nouveau Sa loi,


Ses commandements et Ses instructions afin qu’ils
prennent place dans votre cœur.
• Au nom de Yeshua, Amen

Si vous êtes parvenu(e) à cette dernière étape, alors je suis fier de


vous et vous souhaite la bienvenue comme nouvellement
greffé(e) à l’olivier franc, Israël.
Pour vous aider à assimiler ces changements, je vous encourage
à prendre contact avec des juifs messianiques, à vous procurer de
la littérature au sujet du judaïsme, des fêtes juives, de la Parasha
(Étude des cinq livres de Moïse). Vous serez sans aucun doute
confronté(e) aux différences qui se marqueront entre les juifs
orthodoxes et les juifs messianiques. Mais ne vous inquiétez pas,
l’Esprit vous conduira dans toute la vérité. Restez en Yeshua,
craignez YHVH, nourrissez-vous de Sa Parole, priez en tout
temps et tout ira bien.

277
François C. Nadler

278
Sans compromis

14. La loi et la grâce


Au fil des 300 premières années, la tension montait entre juifs
orthodoxes et juifs messianiques. Avec l’adjonction des non-juifs
– ou gentils, le respect de la Loi de Moïse était au centre de
nombreux débats. Ces non-juifs avaient pour la plupart d’autres
traditions religieuses, culturelles et sociales avant leur
conversion. Leur adhésion à Yeshua entraînait très certainement
le même bouleversement que ce que nous avons décrit dans le
chapitre précédent.
Si le respect du Shabbat ne représentait à priori pas un obstacle
majeur, celui des règles alimentaires par exemple créait un réel
problème. L’élevage de porcs était plus facile et plus profitable
que celui des bœufs. Ces animaux produisaient de la viande en
quantité et ne demandaient que très peu de travail, contrairement
aux moutons ou aux chèvres. Alors qu’une vache, un mouton ou
une chèvre ne donne naissance qu’à un petit à la fois, un porc peut
donner naissance jusqu’à une douzaine de porcelets, ce qui est
économiquement fort intéressant. Ils faisaient donc naturellement
partie de leur alimentation de base. De même, les crustacés étaient
faciles à pêcher, comparativement aux poissons. Les crevettes, les
homards ou les huîtres par exemple pouvaient très bien être
‘élevés’ dans des enclos artificiels ou semi-naturels. Ils
fournissaient une nourriture abondante et de goût plutôt agréable.
Or la Loi de Moïse interdit la consommation de tels animaux.
Pourquoi ? Parce le porc par exemple ne synthétise pas les
toxines, mais les stocke dans sa chair ; la consommation de sa
viande transmet par conséquent des maladies, souvent difficiles à
soigner, comme l’épilepsie par exemple. Les crustacés se
nourrissent de cadavres, de chair en décomposition. Ils sont

279
François C. Nadler

également vecteurs de maladies qui nous sont transmises lors de


l’ingestion de leur chair. Ces lois alimentaires ont donc toute leur
raison d’être pour le maintien d’une bonne santé physique,
organique et mentale.
Nous l’avons déjà dit, la vision de Pierre au sujet de la
consommation d’animaux impurs ne concernait pas la
nourriture elle-même, mais la considération d’un non-juif
comme impur.
Reprenons ce texte dans son contexte : Corneille, un
centenier romain qui craignait YHVH souhaitait
rencontrer Pierre. Pour l’apôtre, ce romain était un impur
selon la tradition rabbinique. Ne connaissant pas le fond
de son cœur, sa crainte de l’Éternel, Pierre aurait
certainement refusé de rencontrer ce centenier ou du
moins lui aurait réservé un accueil plutôt froid et distant.
« Le lendemain, comme ils étaient en route, et qu'ils
approchaient de la ville, Pierre monta sur le toit, vers la
sixième heure, pour prier. Il eut faim, et il voulut manger.
Pendant qu'on lui préparait à manger, il tomba en extase.
Il vit le ciel ouvert, et un objet semblable à une grande
nappe attachée par les quatre coins, qui descendait et
s'abaissait vers la terre, et où se trouvaient tous les
quadrupèdes et les reptiles de la terre et les oiseaux du
ciel. Et une voix lui dit : Lève-toi, Pierre, tue et mange.
Mais Pierre dit : Non, Seigneur, car je n'ai jamais rien
mangé de souillé ni d'impur. Et pour la seconde fois la
voix se fit encore entendre à lui : Ce que Dieu a déclaré
pur, ne le regarde pas comme souillé. Cela arriva jusqu'à

280
Sans compromis

trois fois ; et aussitôt après, l'objet fut retiré dans le ciel. »


Actes 10:9-16

Pierre avait faim et aurait bien aimé manger. YHVH va


donc utiliser ce fait pour illustrer ce qu’Il voulait lui
communiquer. En continuant notre lecture, nous voyons
que l’Esprit conduit gentiment Pierre vers la
compréhension de sa vision :
« Tandis que Pierre ne savait en lui-même que penser du
sens de la vision qu'il avait eue, voici, les hommes envoyés
par Corneille, s'étant informés de la maison de Simon, se
présentèrent à la porte, et demandèrent à haute voix si
c'était là que logeait Simon, surnommé Pierre. Et comme
Pierre était à réfléchir sur la vision, l'Esprit lui dit :
Voici, trois hommes te demandent ; lève-toi, descends, et
pars avec eux sans hésiter, car c'est moi qui les ai
envoyés ». Actes 10:17-20

Donc la vision avait un lien avec cette rencontre. Mais


lequel ? C’est en chemin qu’il recevra la compréhension
et l’exprimera :
« Vous savez, leur dit-il, qu'il est défendu à un Juif de se
lier avec un étranger ou d'entrer chez lui ; mais Dieu m'a
appris à ne regarder aucun homme comme souillé et
impur. C'est pourquoi je n'ai pas eu d'objection à venir,
puisque vous m'avez appelé ; je vous demande donc pour
quel motif vous m'avez envoyé chercher. » Actes 10:28-29
Pierre définit clairement que la vision concerne la
relation entre juif et non-juif et non une question
alimentaire. Que ce serait-il passé s’il avait interprété sa

281
François C. Nadler

vision comme alimentaire ? Il se serait probablement


nourri avec ce qui lui tombait sous la main, aliment pur ou
impur, et aurait refusé la rencontre avec Corneille, comme
tout juif qui respecte la Loi de Moïse. Mais s’il avait agit
de la sorte, l’Esprit ne serait jamais descendu sur les non-
juifs et le baptême d’eau ne leur aurait jamais été accordé !
« Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-
Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole.
Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre
furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit était
aussi répandu sur les païens. Car ils les entendaient
parler en langues et glorifier Dieu. Alors Pierre dit : Peut-
on refuser l'eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint-
Esprit aussi bien que nous ? » Actes 10:44-47

Une fois encore, nous réalisons à quel point il est


dangereux de sortir un verset de son contexte. Les
personnes qui prétendent être autorisées en Yeshua à
manger n’importe quoi, parce que YHVH a dit « Ce que
Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé » à
un Pierre qui voyait des aliments impurs, sont gravement
dans l’erreur !
Les relations conjugales et sexuelles posaient également un
certain nombre de problèmes. Dans de très nombreuses
croyances, le culte aux idoles exigeait des orgies sexuelles durant
lesquelles hommes et femmes pratiquaient l’échangisme et
l’homosexualité, quand ce n’était pas la zoophilie... L’adultère
était considéré comme normal et la prostitution faisait partie de
l’économie locale. Avoir un amant était même une distinction.

282
Sans compromis

Avec cela, les maladies sexuellement transmissibles étaient


légion.
La Loi de Moïse règle ces questions de manière précise, y compris
ce qui concerne la sexualité à l’intérieur du couple. En respectant
ces lois, l’hygiène physique, relationnelle et morale était garantie.
Je vais m’exprimer à la manière des païens :
Étonnamment, alors que « nous ne serions plus sous la
loi » et que nous serions de fait autorisé à manger
n’importe quoi, la sexualité, elle, est soumise à restriction
sous prétexte du 7ème Commandement : « Tu ne
commettras pas d’adultère ». Sommes-nous sous la loi ou
ne sommes-nous pas sous la loi ? Si YHVH serait censé
purifier toute nourriture que nous absorbons sans
distinction, pourquoi ne serait-Il pas censé purifier des
relations extra-conjugales ?
« Ah, mais c’est un des dix Commandements ! » serait-on
tenté de répondre. Alors, poursuivons notre
argumentation :
Donc le 7ème commandement « Tu ne commettras pas
d’adultère » s’applique. Mais pourquoi alors
n’appliquons-nous pas le 2 ème
« Tu ne te feras point
d’idole et tu ne te prosterneras pas devait elle » ? Car
nous avons tant de statues et d’icônes dans nos églises et
nos maisons. Et pourquoi n’appliquons-nous pas le
Shabbat tel que le 4ème commandement nous l’ordonne ?
Car nous respectons le dimanche, mais pas le Shabbat
proprement dit.

283
François C. Nadler

Nous pourrions poursuivre ainsi pendant des pages, nous


ne nous en sortirions pas. Cela démontre simplement
l’ignorance répandue dans les communautés chrétiennes
due notamment à l’extraction de versets de leur contexte.
Les Apôtres eurent donc bien du fil à retordre avec ces questions.
Jusqu’où devait-on attendre des non-juifs qu’ils respectent la
Torah ? Y avait-il une limite ?
Les Pères de l’Église ont encore accentué la question en modifiant
ce « la Loi et la grâce » en un « la loi ou la grâce ».
De plus, ces discours étaient souvent animés par des juifs
orthodoxes, des « purs et durs » comme on dit. Ce sont ces mêmes
personnes qui ont contribué à la crucifixion de Yeshua : les
pharisiens, les prêtres, les scribes, soit ces docteurs de la loi qui
se sentaient investis de la mission de préserver à n’importe quel
prix un judaïsme pur pour des juifs purs. Des hommes qui ne
reconnaissent pour la majorité pas Yeshua comme Messie.
Pour que l’Apôtre Paul adresse une lettre spécifique sur le sujet à
l’Église de Rome, il faut croire que la question était un sujet
brûlant dans ces contrées. Je suis cependant convaincu que s’il
voyait à quoi et comment cette lettre a été utilisée, il mourrait une
seconde fois !
14.1 La Lettre aux Romains - Introduction
Dans son étude « Lettre aux Romains », Rudolf Brockhaus147
trahit à la fois une lecture généralisante à l’égard des juifs et

147
Rudolf Brockhaus, 1856-1932, fondateur de la communauté des « Frères
allemands ».

284
Sans compromis

profondément antisémite. À chaque fois que Paul utilise


l’expression « les juifs », Brockhaus considérera qu’il s’agit de
tous les juifs et non un groupe d’entre eux, soit les docteurs de la
loi. De là, il devient facile d’interpréter le texte comme disant que
la loi n’est que pour les juifs et la grâce pour les chrétiens. C’est
malheureusement souvent ainsi que cette lettre est interprétée,
mais ce n’est pas ce qu’elle dit. C’est ainsi que les membres du
Concile de Nicée l’ont interprétée et qu’ils ont fondé leur
décision d’exclure les juifs de la promesse comme du
christianisme. L’Apôtre Paul s’en mordrait les doigts…
Pour bien comprendre l’Épître aux Romains, il est nécessaire de
rappeler certains points, même si nous en avons déjà vu quelques-
uns précédemment et de bien les garder en mémoire. Je vous
recommande d’avoir une Bible sous la main, car je ne vais pas
recopier tous les textes bibliques évoqués. Je vous enjoins
néanmoins à les lire.
• Évoquer la loi engendre la peur, comme si
soudainement une épée de Damoclès était suspendue au-
dessus de nos têtes. Imaginer se retrouver sous la loi est
le pire cauchemar des chrétiens. Car soudainement, cette
loi va révéler le péché. C’est pourquoi il se réfugie sous
la grâce et la brandit tel un bouclier. Nous sommes en
Christ, nous ne risquons rien148. Baissons notre bouclier
et osons regarder cette loi de plus près.
• Paul est juif, né en Israël, l’hébreu est sa langue
maternelle. Il est docteur de la loi, formé à l’école la plus
sévère et la plus stricte d’Israël. Il était un fervent
défenseur des valeurs du judaïsme, mais qui ne

148
Romains 8:1
285
François C. Nadler

reconnaissait pas la nature divine de Yeshua et a persécuté


les premiers chrétiens pour cette raison. Il était cependant
également un homme de foi, sincère jusque dans l’erreur.
C’est pourquoi le Saint-Esprit pu l’atteindre et le conduire
à reconnaître Yeshua149.
• Yeshua était également juif et pratiquait le judaïsme, Il
respectait donc la loi et ne l’a jamais contredite. Il a
dénoncé les détournements de la loi comme son
application dénuée de compassion, mais Il ne l’a jamais
abolie150.
• Soulevons une énième fois qu’ils ne disposaient pas du
« Nouveau testament », celui-ci n’étant même pas encore
écrit.
• Paul va souvent utiliser la notion de croire sous diverses
formes et conjugaisons. Le terme hébreu utilisé est
Emunah. Il signifie croire, être fidèle, tenir ferme, dans
la constance, en tant que devoir accompli. Il a donc
plusieurs significations possibles, mais toujours dans le
sens de sa racine Emun : être fidèle. En grec, Emunah sera
traduit par Pisteuo qui lui signifie penser être vrai, être
persuadé de, donner du crédit, placer sa confiance en. Il
a pour racine Pistis qui est une conviction de la vérité de
toute chose. Si je suis convaincu de quelque chose, je vais
y adhérer.
• Tant en hébreu qu’en grec, croire implique cette notion
d’adhésion. Adhérer, c’est coller à, ne faire plus qu’un.

149
Relire Actes 9
150
Matthieu 5:17

286
Sans compromis

Lorsque je crois en Yeshua, je ne fais plus qu’un avec


Lui.
Venons-en à la lettre elle-même.
14.2 La mission de Paul
Paul souhaite de tout cœur rendre visite à cette église de Rome
dont il entend beaucoup parler et qui semblait avoir plutôt bonne
réputation. Par leur nature latine, les Romains sont des gens
ouverts, accueillants, bons vivants et très expressifs. L’accès à
l’Évangile était ouvert et la Parole bien accueillie. Mais l’Esprit
ne le laissera jamais faire le voyage, ayant besoin de lui auprès
d’autres personnes :
« Je me dois aux Grecs et aux barbares, aux savants et aux
ignorants. » Romains 1:14

Les Grecs étaient de grands philosophes. La foi était confrontée à


l’intellectualisation. Les savants pensaient détenir la vérité au
travers de leur savoir. Les barbares étaient le plus souvent des
gens au langage grossier. Mais les Grecs traitaient aussi de
barbares les personnes qui ne connaissaient pas leur langue. Ils
nécessitaient donc beaucoup de tolérance et un don des langues
particulier pour les atteindre. Les ignorants étaient des gens qui
nécessitaient une totale (ré)éducation afin qu’ils comprennent
l’enseignement et qu’ils puissent lire la Torah.
« Car je n'ai point honte de l'Évangile : c'est une puissance de
Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis
du Grec, parce qu'en lui est révélée la justice de Dieu par la foi
et pour la foi, selon qu'il est écrit : Le juste vivra par la foi. »
Romains 1:16.17

287
François C. Nadler

14.3 Qui sont les juifs ?


Nous verrons ici pourquoi il était plus important que Paul se rende
auprès des juifs plutôt qu’auprès des païens : étant formé et
reconnu comme rabbin, son autorité spirituelle était établie en
Israël.
Paul pose l’objectif de sa lettre : le salut par la foi versus le salut
par les œuvres, soit le salut par l’observation de la loi (les œuvres)
ou par la grâce uniquement (la foi). Pour que Paul prenne la peine
d’écrire une longue lettre sur ce sujet montre qu’il y avait de
sérieuses discussions et tensions à ce sujet, animées par des juifs
orthodoxes, des docteurs de la loi, prétendant détenir la vérité en
ce qui concerne la foi :
« Toi qui te donnes le nom de Juif, qui te reposes sur la loi, qui
te glorifies de Dieu, qui connais sa volonté, qui apprécies la
différence des choses, étant instruit par la loi ; toi qui te flattes
d'être le conducteur des aveugles, la lumière de ceux qui sont
dans les ténèbres, le docteur des insensés, le maître des
ignorants, parce que tu as dans la loi la règle de la science et de
la vérité ; toi donc, qui enseignes les autres, tu ne t'enseignes pas
toi-même ! Toi qui prêches de ne pas dérober, tu dérobes ! Toi
qui dis de ne pas commettre d'adultère, tu commets l'adultère !
Toi qui as en abomination les idoles, tu commets des sacrilèges !
Toi qui te fais une gloire de la loi, tu déshonores Dieu par la
transgression de la loi ! Car le nom de Dieu est à cause de vous
blasphémé parmi les païens, comme cela est écrit »
Romains 2:17-24

288
Sans compromis

N’y reconnaissez-vous pas certains discours de Yeshua face aux


scribes et aux pharisiens151 ? Lorsque Paul évoquera les juifs dans
sa lettre, c’est de ces personnes-là qu’il parlera et non de tous
les juifs. Paul les dénonce donc d’entrée afin de les faire taire et
de pouvoir exposer son point de vue apostolique. « Les juifs »
faisant référence à « toi qui te repose sur la loi », évoquant les
juifs prêchant une application pure et dure de la Loi de Moïse152.
Voici donc une vérité à rétablir et dont l’Église a à se repentir :
LES JUIFS ne signifie pas TOUS les juifs !
Relisez maintenant le contenu du Concile de Nicée153 : plus rien
ne tient la route, car ce terme les juifs a mal été interprété.
N’oublions pas qu’il a été réalisé par les chrétiens à qui cette lettre
a été adressée, même si ce fut près de 300 ans plus tard !
Cette réalité va être appuyée au chapitre suivant :
« Eh quoi ! si quelques-uns n'ont pas cru, leur incrédulité
anéantira-t-elle la fidélité de Dieu ? » Romains 3:3

14.4 L’homme pécheur


Du premier chapitre verset 18 au deuxième chapitre verset 29,
Paul va s’efforcer de démontrer que tout humain est pécheur, qu’il
soit juif ou non, qu’il observe la loi ou non, tous méritent le
jugement de YHVH et nul n’y échappera. À ce point, quelle que
soit notre position face à la loi ou notre considération face à elle,

151
Matthieu 3:7 par exemple
152
Il est intéressant de relever à ce point que la Torah est le livre écrit et qu’il
existe une ‘Torah orale’ – le Talmud - que les juifs orthodoxes appliquent et
recommandent d’appliquer aussi sévèrement que la Torah écrite.
153
Chapitre 10.4
289
François C. Nadler

nous sommes tous identiques : des pécheurs qui ne méritent pas


la grâce.
Du verset 25 au verset 29 du chapitre 2, Paul utilise l’exemple de
la circoncision pour appuyer ses paroles. Que sert-il de se
circoncire dans la chair si c’est pour faire le mal ? Cette
circoncision va-t-elle nous sauver parce que nous l’avons faite en
obéissant à la loi ? Non. Et si quelqu’un d’incirconcis se montre
naturellement obéissant à la loi sans la connaître, est-il encore
utile qu’il soit circoncis dans la chair ? Non. S’il devait y avoir
circoncision, c’est premièrement et d’abord dans le cœur, dans
notre comportement. La circoncision sera alors un signe visible
pour qui a la conviction de la faire, mais ce n’est pas elle qui nous
préservera du jugement de YHVH.
La suite du texte jusqu’à la fin du chapitre six, Paul expose un
certain nombre d’exemples de personnes ayant été justifiée par la
foi et démontre le rôle de la foi face à la loi. Le point central de
ce passage sera la justification par la foi en Yeshua :
« Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu,
à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes, justice de
Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n'y
a point de distinction. Car tous ont péché et sont privés de la
gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par
le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C'est lui que
Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient
victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu'il avait
laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa
patience, afin, dis-je, de montrer sa justice dans le temps présent,

290
Sans compromis

de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en


Jésus. » Romains 3 :21-26

Propos qu’il appuiera au chapitre 6, versets 1 à 14.


14.5 La Parole et la Loi
Arrêtons-nous un moment sur ce point, car c’est un des éléments
souvent mal interprétés. Car n’oublions pas que Yeshua respectait
la loi et que plus tard, au chapitre 7, Paul démontrera que la loi
n’est pas annulée, ni pour les juifs, ni pour les non-juifs. Où se
situe alors la différence ? Comment comprendre cette
justification par la foi tout en maintenant l’utilité de la loi ?
Pour bien le comprendre, il nous faut observer les comportements
de Yeshua, Sa nature et ce qui Le caractérisait des autres hommes.
Au chapitre 4.2, nous avons vu que Elohim est pluriel et
composé de [Père][Parole][Esprit]. L’Évangile de Jean
commence par définir Yeshua dans le contexte de la
création : Il est Parole, tout a été fait par Lui et pour Lui.
La Parole, c’est la Bible. Comment donc Yeshua peut-Il
subsister, comment Elohim peut-Il faire un si nous
retranchons la loi qui fait partie intégrante de la Parole ?
Cela reviendrait à amputer YHVH d’une partie de son
propre Fils ! Il ne ferait alors plus UN, mais 0,666 (!)
« La Parole a été faite chair » nous dit Jean. Le Fils de
YHVH venu parmi nous est donc
Élohim[Père][Parole][Esprit] en chair et en os. Ils ne
peuvent pas être séparés puisqu’Ils ne sont qu’un. Yeshua
était donc animé naturellement par l’Esprit de YHVH. Il
était en accord avec le Père et l’Esprit. Ses attitudes, Son

291
François C. Nadler

comportement, Ses Paroles étaient en accord avec Lui-


même, Élohim[Père][Parole][Esprit].
S’Il a étudié la loi de Moïse en tant qu’humain, fils de
Marie et Joseph, cette loi était en Lui, dans sa nature de
Fils de YHVH. Ce que les hommes ont eu besoin de mettre
sur papier, Lui l’avait déjà intégrée dans son cœur. Ils ne
faisaient plus qu’un. Vous me suivez ?
Lors de sa vie humaine et terrestre, Yeshua a donc mis la
loi en pratique de manière totalement naturelle, inspiré et
conduit par le Saint-Esprit. Ce n’est pas sa connaissance
intellectuelle de la loi qui l’inspirait, mais sa conscience
naturelle et intégrée de cette loi.
Enfin, Yeshua a été circoncis dans la chair, conformément
à la Loi de Moïse et à la foi de ses parents, quoiqu’Il fusse
déjà circoncis dans son cœur par son unité avec le Père et
l’Esprit.
Gardons cela précieusement de côté et reprenons la lettre de Paul.
14.6 Le rôle de la Loi
Nous disions donc précédemment que la loi n’est pas annulée.
Paul donnera un exemple concret :
« Ignorez-vous, frères, car je parle à des gens qui connaissent la
loi, que la loi exerce son pouvoir sur l'homme aussi longtemps
qu'il vit ? Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari
tant qu'il est vivant ; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la
loi qui la liait à son mari. Si donc, du vivant de son mari, elle
devient la femme d'un autre homme, elle sera appelée adultère ;

292
Sans compromis

mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu'elle


n'est point adultère en devenant la femme d'un autre. »
Romains 7:1-3

Dans cet exemple de la relation maritale, nous comprenons que la


loi prend force et pouvoir dès le moment où nous la trahissons.
Trahir la loi, c’est vouloir vivre selon nos propres désirs et non
selon la volonté de Yeshua. En restant soumis à Yeshua – soit en
mourant – renonçant – à nos propres désirs – cette loi perd son
effet sur nous, parce que nous agissons naturellement
conformément à ce que la loi a dû définir pour reprendre ceux qui
marchent selon les désirs de leur cœur.
Faisons deux exemples plus proches de nous :
« Si vous contribuez au trafic de cannabis, vous tombez
sous la loi sur les stupéfiants et êtes condamnables par
cette loi. Mais si vous ne contribuez pas à ce trafic, vous
n’êtes pas sous la loi. Cette loi continue cependant
d’exister. »
« S’il vous arrive de voler à l’étalage, vous tombez sous
la loi et êtes condamnable pour vol. Mais si vous payez
vos marchandises, vous n’êtes alors plus sous la loi. Cette
loi toutefois continue elle aussi d’exister.

14.7 Intégrer la loi


Notre relation à la loi est donc étroitement liée à notre relation à
Yeshua : pour que la loi devienne naturellement intégrée dans
notre vie, donc que nous n’ayons plus besoin d’appliquer
intellectuellement la loi, implique que nous ayons renoncé à
marcher selon notre propre volonté pour entrer dans une totale
dépendance/unité/adhérence à Yeshua. De cette manière, et par

293
François C. Nadler

le don du Saint-Esprit, nous ne faisons plus qu’UN avec Lui de la


même manière qu’Il ne fait plus qu’UN avec le Père et l’Esprit.
Si donc nous voulons retrancher quoique ce soit de la loi – qui
est la Parole, nous nous amputons nous-mêmes d’une partie de
nous-mêmes !
Dans ce cas, la loi n’en représente plus une pour nous puisque
son accomplissement est naturel. Mais elle reste « loi ». Si je me
force à cesser de respirer, je vais contre la loi naturelle qui régit
mon organisme. Et cette loi va me « condamner » : je risque
d’étouffer. En revanche, si je meurs à cette volonté d’être en
apnée, alors je vais respirer normalement, naturellement, cette loi
n’aura plus de « pouvoir » sur moi parce que je l’observe sans
avoir besoin d’y « réfléchir » ni de « m’y contraindre ». Mais elle
reste une loi pour le bien de mon corps. Si elle cessait d’être
« loi », alors mon organisme risquerait bien de faire n’importe
quoi et j’en subirais sans aucun doute les conséquences. C’est cela
que Paul exprime par ces deux versets :
« Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui
sont en Jésus-Christ. En effet, la loi de l'esprit de vie en Jésus-
Christ m'a affranchi de la loi du péché et de la mort. »
Romains 8:1-2

Ces versets sont malheureusement souvent mal interprétés et sont


justement utilisés comme permissivité, comme droit à faire
n’importe quoi. Si vous relisez mon exemple sur la respiration,
vous comprendrez que ce n’est pas une permissivité dont Paul
parle, mais bien d’une obéissance naturelle et spontanée.

294
Sans compromis

14.8 À qui l’alliance ?


Paul va poursuivre son plaidoyer en montrant les avantages pour
les juifs comme pour les non-juifs de mourir à soi-même, de
renoncer à cet auto-contrôle et ce tout particulièrement pour
Israël au chapitre 9:1-13. Il va nous conduire à la synthèse de sa
réflexion, le chapitre 11, qui est – justement – le cœur de tous les
débats.
« Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ
pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont israélites,
à qui appartiennent l'adoption, et la gloire, et les alliances, et la
loi, et le culte, et les promesses, et les patriarches, et de qui est
issu, selon la chair, le Christ, qui est au-dessus de toutes choses,
Dieu béni éternellement. Amen ! » Romains 9:3-5

Paul clarifie un point important qui sera relevant dans le chapitre


11 : il définit bien Israël comme le peuple hébreu et non les
nations. Il précise également que la promesse leur appartient.
À aucun moment, nous ne pourrions prétendre qu’à partir de
maintenant, c’est l’Église qui est Israël et qui hériterait des
promesses données à Abraham. En revanche, il va démontrer que
les nations prennent part à la promesse au travers d’Israël et
qu’en Yeshua, il ne sera fait aucune différence entre juifs et non
juifs, une fois qu’ils sont réunis et non en lieu et place.
« Je dis donc : Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! Car
moi aussi je suis israélite, de la postérité d'Abraham, de la tribu
de Benjamin. » Romains 11:1

Nous avons vu au chapitre 4 que le plan de YHVH, de la Genèse


à l’Apocalypse, concerne Israël, en tant que peuple, que nation et
que pays. Voyons maintenant le plan de YHVH pour les nations.

295
François C. Nadler

14.9 L’olivier franc et l’olivier sauvage


L’Apôtre va utiliser l’image de l’olivier pour illustrer son propos.
Voyons premièrement quelques éléments clarifiant les propriétés
de cet arbre.
Il existe deux types d’oliviers. Le premier est le sauvage.
Il pousse et se développe par lui-même, sans intervention
extérieure. Ses racines sont peu profondes et sa durée de
vie limitée en raison de sa sensibilité aux événements tels
que les vents violents. Ses fruits sont immangeables parce
que trop petits, amers et secs. Ils ne contiennent que très
peu d’huile, une huile de piètre qualité et ne sont pas
nourrissants.
Le deuxième est le cultivé. Celui-ci recevra tous les soins
du cultivateur ce qui lui permettra d’avoir des racines
profondes, bien ancrées dans le sol, le rendant solide et
résistant. Sa durée de vie peut dépasser le siècle pour
atteindre jusqu’à 2000 ans, à condition bien entendu qu’on
le soigne. Son fruit est fort en chair, goûteux, riche et
nourrissant. Son huile est fine et saine pour notre
organisme.
Pour que l’olivier se développe correctement, il sera
nécessaire parfois de retrancher les branches sèches,
faibles ou malades, car celles-ci utilisent de la sève
inutilement et ombragent les branches saines, voire
peuvent leur transmettre des maladies. Il y a ainsi une
profonde interaction, interdépendance entre la souche et
les branches : il faut que la souche soit saine pour que les

296
Sans compromis

branches développent de bons fruits et il faut que les


branches soient saines pour que la souche le reste.
Il est possible de greffer des branches d’olivier sauvage
sur un olivier cultivé et sain. Pour se faire, on nettoiera la
branche de ses fruits et de ses bourgeons, on blessera la
souche saine pour y fixer la greffe. Il faut que la branche
greffée soit nettoyée de ses impuretés avant de pouvoir
être greffée et la souche doit accepter d’être entaillée pour
accueillir la greffe.
Une fois que la greffe a pris, la souche et elle ne feront
plus qu’un. La souche va nourrir la branche avec sa sève
saine et la branche va être purifiée et transformée
intérieurement afin de pouvoir produire du fruit sain. Elles
vont fusionner comme si la greffe était une branche
naturelle. Il n’y aura plus de différence entre la souche et
la branche, nul autre que le cultivateur pourra reconnaître
qu’il s’agissait d’une greffe.
La sève est la Parole154 et l’eau qui nourrit les racines est le Saint-
Esprit155. La racine saine est Israël, Paul décrivant les Romains
[nations] comme olivier sauvage :
« Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si
toi, qui étais un olivier sauvage, tu as été enté à leur place, et
rendu participant de la racine et de la graisse de l'olivier… »
Romains 11:17

154
1 Timothée 4:6
155
Jean 7:38
297
François C. Nadler

14.10 Relation entre Israël et les nations


Au verset 17, Paul précise que quelques branches ont été
retranchées, et non pas toutes. Ce détail est important en regard
des propos du Concile de Nicée notamment, mais également de
la théologie de remplacement. Il le répétera au verset 25 :
« Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin
que vous ne vous regardiez point comme sages, c'est qu'une
partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que
la totalité des païens soit entrée. » Romains 11:25

L’olivier sain, l’olivier franc est et reste Israël, même si quelques


branches ont été retranchées. Ces quelques branches ont fait la
place afin que la totalité des païens soit greffée, soit entée. Quelle
totalité ? Tous les païens sans exception ? Non, ceux qui auront
adhéré à Yeshua le Messie, donc ceux qui croient en Lui et
suivent Ses instructions : la Torah. C’est ce que précise le verset
20 :
« […] elles ont été retranchées pour cause d'incrédulité, et toi, tu
subsistes par la foi. » Romains 11 :20

Paul lance un avertissement qui ne sera pas pris en compte par les
Pères de l’Église :
« Ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies,
sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la
racine qui te porte. » Romains 11:18

Le terme grec pour glorifier est Katakauchaomai et peut être


traduit par « Triompher, exulter, se glorifier d'un préjudice sur

298
Sans compromis

une personne ou sur une chose ». N’est-ce pas là exactement ce


qu’ils ont fait ?
La conséquence est grave et est ignorée par bien des
communautés :
« Car si Dieu n'a pas épargné les branches naturelles, il ne
t'épargnera pas non plus. » Romains 11:21

Je crains fort qu’au moment du jugement dernier, beaucoup de


croyants soient confrontés à une violente déception. Ils auront
« confessé que Jésus est le fils de Dieu », mais leur comportement
n’aura pas été adapté en conséquence. Ils auront fièrement brandit
leur bannière « nous sommes le nouvel Israël », mais leur orgueil
les rattrapera. Cela leur vaudra aux uns comme aux autres un
retranchement définitif de la souche saine.

« Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux
Églises » Apocalypse 2:11

Dès le verset 25, Paul décrit l’objectif de tout ce qui précède : il


faut qu’une partie d’Israël tombe pour que les païens entrent dans
l’alliance et pour qu’ainsi l’ensemble d’Israël puisse être
sauvé. Voilà l’objectif final de YHVH pour Israël et pour
l’Église.
Dès le moment où un chrétien entre dans l’alliance, c’est-à-dire
celle que YHVH a conclue avec Abraham et dont Il a précisé
les termes au travers de la Loi de Moïse, il est greffé à Israël et
en fait partie. Dès ce moment-là et UNIQUEMENT à CE
moment-là, il n’y a plus de différence entre un juif et un non-
juif156, parce qu’ils sont nourris par la même racine, parce que la

156
Romains 10:12 ; Galates 3:28 ; Colossiens 3:11 ; etc.
299
François C. Nadler

greffe a pris et que la souche a intégré la greffe et la greffe a


fusionné avec la souche, celle que YHVH a plantée en Eden. C’est
ça, la grâce.
Je relève pour terminer une clé essentielle que Paul révèle :
« Car si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur
réintégration, sinon une vie d'entre les morts ? » Romains 11:15
Si la clé pour que l’Évangile atteigne les nations a été le
retranchement de certaines branches saines, la greffe des branches
sauvages sera la clé pour le retour des branches saines. Alors
qu’elles furent condamnées à mort pour ouvrir la porte aux
païens, elles ressusciteront en étant greffées tout à nouveau,
réalisant ainsi le projet de YHVH pour Israël.
14.11 Définition du péché
Pour bien comprendre le rôle de la Loi et celui de la Grâce, il est
nécessaire de traiter du péché.
Le terme primaire hébreu pour péché est Chata’. Chata’ signifie
non seulement pécher mais également manquer la voie, encourir
la culpabilité, forfaire, se perdre. La Torah utilise également des
dérivés de Chata’ comme Chatta’ah qui définit plutôt le pécheur,
la pécheresse. Nous trouvons un autre mot pour péché qui est
Pesha’ et qui signifie transgression, rébellion. En grec, le terme
utilisé est Hamartano ou son dérivé Hamartia. Il signifie erreur,
faux état d’esprit, être fautif, faire le mal. Il signifie également –
et cela est révélateur – Violation de la loi divine en pensée ou en
acte, manquer le chemin de la droiture et de l’honneur, violer la
Loi de YHVH ou s’en éloigner.

300
Sans compromis

Le plus souvent, vous entendrez que la signification de péché est


de manquer le but ou de se tromper de chemin. Si cela fait partie
de la signification des termes hébreux et grecs, je ne peux pas
m’arrêter à ces définitions, car elles induisent en erreur.
Pour illustrer la différence, je vais prendre un exemple tiré
d’une expérience vécue avec mes enfants. Car ne sommes-
nous pas des enfants de YHVH qui avons besoin
d’éducation ?
A l’âge de 5 ou 6 ans, un de mes fils avait un urgent besoin
d’uriner. Il s’assied donc sur les WC tel que nous lui avons
appris et se lâche pour satisfaire son besoin.
Malheureusement, sa position n’était pas idéale et son
urine a passé au-dessus de la cuvette des WC pour finir
par terre. A-t-il commis un péché ? Il a manqué le but, il
s’est trompé de chemin, cela fait-il de lui un pécheur ?
En tant que papa, je ne peux pas le considérer comme tel.
Certes, je n’étais pas content, j’ai dû en assumer les
conséquences, mais je ne pouvais pas punir mon fils pour
cela, d’autant plus qu’il en était tout malheureux. Nous
avons donc abordé le problème sous un angle technique :
corriger sa position lorsqu’il s’assied sur les WC.
Imaginons maintenant que mon fils – toujours dans son
besoin d’uriner – se place face aux WC et s’amuse à
arroser la cuvette des WC en essayant de viser le trou. Il
a également manqué le but, ce n’était pas le bon chemin,
la bonne manière. Cela fait-il de lui un pécheur ?
Dans un tel cas oui, car il savait très bien qu’il devait
s’asseoir sur les WC et non uriner debout. Il a donc

301
François C. Nadler

désobéi à une règle fixée par ses parents. Ce


comportement lui aurait valu une remontrance et le
‘privilège’ d’en assumer les conséquences, soit de
nettoyer son urine, traitement du problème sous un angle
pédagogique, éducatif.
Dans les deux cas de mon exemple, il y a des conséquences à
assumer. Que nous nous soyons trompés de chemin ou que nous
ayons consciemment pris la mauvaise route, les conséquences
restent identiques : il va falloir corriger notre course et reprendre
le bon chemin. Cependant la notion de responsabilité n’est pas la
même. Comme tout être humain, j’ai le droit à l’erreur. Elle est
même nécessaire à ma formation et à mon éducation. En revanche
la désobéissance est un acte de rébellion face à l’autorité et mérite
la correction, la punition.
Maintenant, pour que mon acte puisse être considéré comme
rébellion, il faut non seulement qu’une règle, qu’une loi définisse
ce qui est juste et bon quant à cet acte, mais il faut également que
j’aie connaissance de cette règle.
Alors que nous habitions sur le Canton de Fribourg, mon
épouse et moi louions un petit chalet isolé dans une
clairière entre Le Sepey et La Forclaz dans le Canton de
Vaud. Nous avons profité du beau temps durant notre
semaine de vacances pour faire les foins. Une fois que
l’herbe fut sèche, nous avons choisi un endroit respectant
une distance de sécurité suffisante entre le chalet et la forêt
et avons mis le feu au tas de foin.
Soudain, des sirènes de pompier résonnèrent dans la
vallée. « Tiens ! » nous sommes-nous dit, « il doit y avoir

302
Sans compromis

un incendie quelque part ». Mais lorsque nous avons


également entendu les sirènes des pompiers de la Forclaz
et que les sons se rapprochaient de nous de chaque côté,
nous avons compris que l’incendie, c’était notre tas de
foin et que les pompiers cherchaient à nous localiser !
Leur simple présence me dit que quelque chose n’était pas
juste avec notre feu. J’entrepris donc de l’éteindre au
moyen d’un tuyau d’arrosage. Ce que nous ne savions pas
– parce que nous n’étions pas abonnés au journal du
Canton de Vaud et que le propriétaire avait omis de nous
transmettre le courrier adressé par les autorités – c’est que
les feux de plein air étaient interdits en raison de la
sécheresse.
Les pompiers ont fini par nous trouver, le feu était presque
éteint. C’est en parlant avec eux que nous avons pris
conscience de notre désobéissance à une interdiction. Elle
n’était pas volontaire, elle était le fruit d’une ignorance de
l’interdiction. Si la justice s’est montrée clémente en
tenant compte de notre sincérité et des mesures de sécurité
prises pour que le feu ne représente pas un risque pour
l’environnement, nous avons néanmoins dû assumer les
conséquences de notre acte en payant une amende.
Dans cet exemple, notre acte n’était pas une rébellion mais une
méconnaissance de la loi. C’est une fois que la loi nous fut
révélée que cet acte est devenu un péché et que nous avons dû
en assumer les conséquences. En revanche, il aurait été de notre
devoir de nous informer sur l’existence de l’interdiction.
De nos jours, tout croyant SAIT que YHVH a défini des règles
dans la Torah. Il dispose d’un livre – la Bible – qui lui enseigne
303
François C. Nadler

ces lois, ces règles, ces instructions. Il est de sa responsabilité


de les lire et de les appliquer.
Et je vous le dis, malheur a celles et ceux qui vous enseignent
de ne pas tenir compte de ces instructions, que ces lois sont
réservées aux juifs, qu’elles ne concernent pas les chrétiens, que
les chrétiens sont sous la grâce. Car ils s’opposent consciemment
et volontairement à la souveraineté du Seigneur et blasphèment
contre le Saint-Esprit !
« Mais quiconque blasphémera contre le Saint-Esprit n'obtiendra
jamais de pardon : il est coupable d'un péché éternel. » Marc 3:29
La différence pour les premiers chrétiens est qu’ils ne disposaient
pas de copie du Tanach. Un tel document était fort rare. En
revanche, ils avaient des juifs parmi eux qui pouvaient leur
enseigner ces instructions. Et parce que l’Esprit Saint recevait
beaucoup plus de respect qu’aujourd’hui, Il leur enseignait ces
choses en les gravant directement et naturellement dans leur
cœur. En cela, ils étaient responsables de leurs actes.
Ainsi, je considère que le péché est une désobéissance consciente
et volontaire à un commandement divin, car nous disposons de
toutes les instructions nécessaires pour ne pas pécher. Ignorer ces
règles comme les décréter caduques ou réservées pour les juifs
ne représente en aucun cas une excuse valable ni des
circonstances atténuantes aux yeux de YHVH.
« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez
transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous
discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable
et parfait. » Romains 12:2

304
Sans compromis

Je doute fort que Paul avait conscience que ces paroles allaient
rester pleinement d’actualité au XXIème siècle !

14.12 En résumé
La lettre aux Romains est certainement le plus complexe de toutes
les Épîtres. Paul y traite plusieurs thèmes en les juxtaposant dans
un même écrit. C’est pourquoi beaucoup d’exégètes tombent dans
le piège d’une interprétation basée sur les dogmes établis plutôt
que chercher l’essence du texte à sa racine.
Je vais donc résumer tout ce que nous avons vu en neuf phrases
clés.

Il n’y a pas de grâce sans la loi


Si YHVH n’avait pas établi de règles concernant notre
relation avec Lui, nous aurions été tacitement autorisés à
faire n’importe quoi, la grâce devenant alors inutile et
inexistante, de même que notre relation avec Lui.
Il n’y a pas de loi sans la grâce
Parce que les règles établies fixent des limites dans notre
relation avec YHVH, nous avons besoin de grâce lorsque
nous les dépassons. Sans la grâce, nous sommes
condamnés à mort157.
Il n’y a pas de loi sans le péché

157
Romains 6:23
305
François C. Nadler

C’est bien parce que nous sommes enfants de YHVH que


nous avons besoin de règles. Par définition, un enfant
apprend les limites lorsqu’il les rencontre ou les dépasse.
Il n’y a pas de péché sans la loi
Même si nous partions du principe qu’un enfant est
capable de respecter des limites sans en connaître les
règles, cela implique que ces règles existent bien quelque
part. Si ces limites n’existaient pas, alors le péché
n’existerait pas non plus.
Il n’y a pas de grâce sans le péché
C’est bien parce que nous sommes incapables de respecter
les limites fixées par la loi que nous avons besoin de grâce.
Sans le péché, la notion de grâce perd son sens.
Il n’y a pas de péché sans la grâce
Pour que YHVH puisse nous faire grâce, il faut qu’une
limite existe et soit définie dans la loi pour que son
dépassement devienne pêché.
Il n’y a pas de salut d’Israël sans le salut des nations
Tant que l’ensemble des nations n’a pas rejoint ses racines
hébraïques, Israël ne sera pas sauvé.
Il n’y a pas de salut des nations sans le salut d’Israël
Le salut n’est pas réservé aux nations mais implique la
restitution de la promesse à Israël.

306
Sans compromis

Le dénominateur commun entre la loi, le péché, la grâce et le


salut est la foi
C’est par la foi que nous prenons au sérieux la loi et que
nous trouvons grâce lorsque nous dépassons les limites
fixées par cette dernière. Sans la foi, nous resterions sous
la condamnation.
Ainsi, il n’est pas question de savoir si nous sommes sous la loi
ou sous la grâce, mais bien de considérer le lien étroit qui existe
entre eux : la Loi de Moïse.
Mais les temps sont courts ! Nous n’avons plus le temps de
« faire tranquillement notre chemin » ; le retour du Messie se
rapproche irrémédiablement. C’est le temps de restituer, de
s’humilier, de se repentir et de revenir à la source de la foi !

307
François C. Nadler

308
Sans compromis

15. Yeshua le Sauveur


Avant d’aborder la question de la Loi de Moïse, il est important
que nous prenions du temps pour Yeshua notre Sauveur.
« Yeshua est La pierre rejetée par vous qui bâtissez, Et qui est
devenue la principale de l'angle. Il n'y a de salut en aucun autre;
car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi
les hommes, par lequel nous devions être sauvés ». Actes 4:11-12
Dans ma Bible, le nom de Yeshua a été remplacé par « Jésus ».
C’est une des décisions du Concile de Nicée : changer le nom de
Yeshua par un nom plus romain158. Je choisis donc de rétablir
son vrai nom dans le texte.
En général, ce sont les criminels qui – pour échapper à la justice
– changent de nom. Dans des cas exceptionnels, un changement
de nom est admis lorsqu’il représente un réel danger pour la
personne. Le changement de nom n’est pas anodin : c’est un
changement d’identité total. Ce changement d’identité implique
un changement de l’histoire de vie : « Oui, mon nom était Yeshua,
j’étais le Messie d’Israël, mais maintenant je suis Jésus, le
sauveur des chrétiens ».
Le verset cité nous précise qu’il n’y a aucun autre nom par
lequel nous devions être sauvés. Ce n’est ni ‘Bouddha’, ni
‘Mohamed’, ni ‘Krishna’, ni ‘Jésus’, mais YESHUA, le messie
juif, hébreu de sang et de lait, descendant de la maison de
David, et non de la première Église Catholique.
Dans sa première lettre, Jean dira :

158
Voir chapitre 2
309
François C. Nadler

« Et c'est ici son commandement : que nous croyions au nom de


son Fils Yeshua Ha’Massiah, et que nous nous aimions les uns
les autres, selon le commandement qu'il nous a donné »
1 Jean 3:23

Là également, j’ai dû rétablir Son vrai nom. Yeshua en hébreu


signifie salut, sauveur, même plus précisément « YHVH est
notre sauveur ». Il implique non seulement la notion de « salut »,
mais également de rédemption, de libération. Jean ne dit pas :
« que nous croyions, et ce au nom de Yeshua », mais bien « que
nous croyons en son nom : Yeshua », ce qui est
fondamentalement différent : nous croyons en le salut, le
sauveur, la rédemption, la libération, manifestés en un homme.
En changeant Son nom, ce verset ne signifie plus rien, d’où sa
mauvaise interprétation.

15.1 Yeshua, victime expiatoire


Selon la Loi de Moïse, nous serions censés offrir des animaux en
sacrifices afin que notre péché soit couvert par son sang, comme
on cache une honte par un vêtement. Les sacrifices n’ont jamais
supprimé le péché. Ils l’ont masqué aux yeux de YHVH afin que
nous puissions nous présenter devant Lui. En imposant les mains
à l’animal, nous transférions notre responsabilité sur la bête.
Mais pas notre péché. La bête paiera pour nous, mais elle ne nous
enlève pas le péché.
Jean précisera par deux fois ce rôle expiatoire de Yeshua :
« Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non
seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde
entier. » 1 jean 2:2

310
Sans compromis

« Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé


Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils comme
victime expiatoire pour nos péchés. » 1 Jean 4:10

En offrant Son propre fils Yeshua, YHVH offre Lui-même une


victime expiatoire qui non seulement porte notre responsabilité,
mais en plus prend notre péché sur Lui :

« Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? Qui a reconnu le bras


de l'Éternel ? Il s'est élevé devant lui comme une faible plante,
Comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée; Il n'avait ni
beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n'avait
rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes,
Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui
dont on détourne le visage, Nous l'avons dédaigné, nous n'avons
fait de lui aucun cas.
Cependant, ce sont nos souffrances qu'il a portées, C'est de nos
douleurs qu'il s'est chargé; Et nous l'avons considéré comme
puni, Frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos
péchés, brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne
la paix est tombé sur lui, Et c'est par ses meurtrissures que nous
sommes guéris.
Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa
propre voie; Et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de
nous tous. Il a été maltraité et opprimé, Et il n'a point ouvert la
bouche, Semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, A une
brebis muette devant ceux qui la tondent; Il n'a point ouvert la
bouche. Il a été enlevé par l'angoisse et le châtiment; Et parmi
ceux de sa génération, qui a cru Qu'il était retranché de la terre
des vivants Et frappé pour les péchés de mon peuple ? On a mis
son sépulcre parmi les méchants, Son tombeau avec le riche,
311
François C. Nadler

Quoiqu'il n'eût point commis de violence Et qu'il n'y eût point de


fraude dans sa bouche.
Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance... Après avoir
livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et
prolongera ses jours ; Et l'œuvre de l'Éternel prospérera entre
ses mains. A cause du travail de son âme, il rassasiera ses
regards; Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera
beaucoup d'hommes, Et il se chargera de leurs iniquités.
C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands; Il
partagera le butin avec les puissants, Parce qu'il s'est livré lui-
même à la mort, Et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs,
Parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, Et qu'il a
intercédé pour les coupables. » Esaïe 53

Cette magnifique et émouvante prophétie d’Esaïe parle


explicitement de Yeshua et de personne d’autre.
Nous en apprenons trois faits primordiaux :
1. Il s’est livré Lui-même, ce qui signifie qu’Il a
délibérément choisi d’être inculpé ;
2. Il a livré sa vie en sacrifice, ce qui signifie qu’Il a
délibérément choisi de mourir sur la croix ;
3. Il a porté les péchés, ce qui est le changement radical de
ce que les sacrifices ne pouvaient pas offrir.
Par Sa décision, par Son obéissance, Il a permis que nos péchés
retombent sur Lui et qu’Il en paie le prix en lieu et place des
millions d’animaux sacrifiés durant la première alliance. Il porte
ainsi non seulement notre responsabilité mais également notre

312
Sans compromis

péché, alors que Lui n’en n’a jamais commis aucun. C’est en
cela qu’Il est une victime expiatoire parfaite.

15.2 d’Israël aux nations


La lettre aux Romains précise par deux fois que le salut est pour
les juifs premièrement :
« Car je n'ai point honte de l'Évangile : c'est une puissance de
Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement,
puis du Grec… » Romains 1:16

« Gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, pour le Juif


premièrement, puis pour le Grec ! Car devant Dieu il n'y a point
d'acception de personnes. » Romains 2:10

Yeshua a été envoyé en Israël, parmi le peuple juif, pour le peuple


juif. Par Son sacrifice, Il a accompli la promesse faite à Abraham :
« Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité,
parce que tu as obéi à ma voix ». Genèse 22:18

Ajoutons à cela les propos de Yeshua à la Samaritaine :


« Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons
ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. » Jean 4:22
Le salut vient des juifs, il est pour les juifs premièrement, il est
étendu aux nations selon la promesse.
Le salut est parti d’Israël vers les nations et non l’inverse. Raison
de plus de respecter le Nom de Yeshua au lieu de ‘Jésus’!
15.3 Au nom de Yeshua
« Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne
nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé

313
François C. Nadler

sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les
miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom,
ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues; ils
saisiront des serpents; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il
ne leur fera point de mal; ils imposeront les mains aux malades,
et les malades, seront guéris. » Marc 16:15-18

« Les soixante-dix revinrent avec joie, disant : Seigneur, les


démons mêmes nous sont soumis en ton nom. » Luc 10:17

« Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. »


Jean 14 :14

« Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom.


Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. »
Jean 16 :24159

À votre avis, quel est ce nom dont Yeshua et ses disciples parlait ?
Jésus ? Non, bien sûr, c’est Yeshua. De son vivant, personne
n’avait encore pris la liberté de le modifier. Je vous le dis,
l’ennemi rigole bien lorsque nous prions au nom de Jésus. Car
nous attestons à chaque fois son changement d’identité et donc
la signification profonde de Son Nom et de sa fonction. Pour
rappel, ‘Jésus’ est un nom créé de toute pièce sur la base de
« l’homme Zeus », soit une divinité grecque ! C’est entre autres
pour cela que le peuple juif rejette nos évangélisations au nom de
Jésus.
Néanmoins, Gloire soit rendue à YHVH, dans Son immense
bonté et Sa patience infinie, Il sait de qui nous voulons parler et

Si vous disposez d’une Bible En Ligne, faites une recherche sur « en mon
159

nom » dans l’Évangile de Jean : il regorge de références.

314
Sans compromis

Il répond à nos prières. Voilà à nouveau la grâce de YHVH. Cela


ne signifie pas pour autant qu’Il soit d’accord avec !

15.4 Yeshua et la loi


Même si nous l’avons déjà dit, rappelons que Yeshua, membre du
peuple d’Israël et juif de naissance, respectait la Loi de Moïse.
Nous avons déjà évoqué le fait qu’Il respectait les Moadim, les
Saintes Convocations, le Shabbat et même qu’Il citait Lui-même
la Torah dans ses enseignements.
« Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les
prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront
point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait
de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui
supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui
enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit
dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui
enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le
royaume des cieux. Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse
celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le
royaume des cieux. » Matthieu 5:17-20

Lorsque Yeshua évoque « jusqu'à ce que tout soit arrivé », Il ne


parle pas de Son passage sur terre, Il parle bien du plan de YHVH
pour Israël ET pour les nations, y compris le retour du Messie
que nous attendons encore.
Donc selon notre Sauveur et n’en déplaise aux ‘théologiens’ –
terme que j’utilise ici ironiquement tel que Yeshua parlant des
‘scribes et des pharisiens’, la Loi de Moïse n’est pas abolie et
est donc toujours d’actualité. Certains éléments vont changer par

315
François C. Nadler

le don du Saint-Esprit et par la mort et la résurrection de Yeshua.


Mais l’essence même de cette loi reste parfaitement applicable.

15.5 En résumé
Il n’y a aucun autre nom sur la terre par lequel nous devions être
sauvés que Yeshua et non ‘Jésus’. En Lui et par Lui, nous qui
croyons en Son Nom Yeshua, est le salut de tous, pour les juifs
premièrement puis pour l’ensemble des nations qui confessent
Son Nom. Ce ne sont ni les œuvres ni la loi qui nous sauvent, mais
notre foi en Lui. Cela ne nous dispense cependant pas pour autant
de respecter la Loi de Moïse ni d’accomplir de bonnes œuvres.
Dire que Yeshua est le Messie n’est pas un passe-partout pour le
Ciel. Il implique la foi, c’est-à-dire l’adhérence, le « faire un
avec » et l’imitation de Son exemple.
« Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Seigneur ! et ne faites-vous
pas ce que je dis ? » Luc 6:46

Ne provoquons donc pas Sa colère en usant de Son Nom en


vain160, au risque qu’Il nous rejette :
« Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais il répondit : Je vous le
dis en vérité, je ne vous connais pas. » Matthieu 25:11-12

160
3ème des Dix Commandements

316
Sans compromis

16. Vivre dans la loi


La question maintenant n’est plus de savoir si nous vivons sous
la condamnation de la loi, mais si nous vivons sous la grâce de
la loi. Car la loi n’est condamnation que si nous considérons ses
termes comme une atteinte à notre liberté.
Vous pouvez considérer la loi sur les stupéfiants comme
condamnation qui vous prive de votre liberté de fabriquer, de
consommer, de vendre ou d’acheter des produits illicites. Mais
vous pouvez également la considérer comme une grâce de
disposer de règles qui vous protègent pour le bien de votre santé
et celle de votre entourage, en fixant des limites à ces produits.
Quelle que soit votre considération, cela restera une loi.
Dans sa nature, l’homme est continuellement à la recherche de
limites, et ce dès l’enfance. C’est pourquoi il vit ses premières
années sous la responsabilité de ses parents qui ont la charge de
son éducation. Parce que leur temps est limité, ces parents ont
délégué une partie de cette charge aux écoles, organisation
devenue finalement obligatoire dans de nombreux pays.
Il est intéressant de constater que les chrétiens reconnaissent
l’utilité de l’éducation et de la formation, mais qu’ils mettent les
pieds au mur quand il s’agit d’éducation et de formation au travers
de la Loi de Moïse. Les règles soutenues par l’éducation et
l’enseignement ne sont-elles pas elles aussi des lois ? Par ailleurs,
ces mêmes chrétiens qui refusent d’être sous la loi ne vont pas
hésiter à vous corriger par de nombreux « un chrétien ne fait pas
ceci, un chrétien ne fait pas cela » et d’ajouter « si tu es chrétien,
alors tu dois [aller à l’église] [lire ta Bible] [prier], etc. », soit
des règles, des lois. Mon constat est que l’Église a fait de notre

317
François C. Nadler

liberté en Christ une nouvelle loi, avec ses principes, ses


préceptes, ses instructions, ses règles strictes.
N’oublions jamais que le but ultime de l’ennemi, Satan, c’est de
nous détourner de YHVH en imitant ce qu’Il crée. C’est
exactement ce qui se passe avec la Loi de Moïse : l’Église la
refuse – en tout ou en partie – en imposant ses propres règles. En
termes d’imitation, d’exercice du libre arbitre, de démocratie, de
‘se prendre pour dieu’, c’est d’une incohérence parfaite et
l’ennemi s’en frotte joyeusement les mains : il atteint son but.
Si tel est l’avis de l’Église d’avoir besoin de règles et de structures
pour bien fonctionner, pourquoi alors refuser celles que YHVH a
prévues dès la création du monde ?
La question n’est donc plus de vivre sous la loi, mais de vivre
dans la loi, c’est-à-dire dans le cadre fixé par Celui qui est
Parfait : Élohim[Père][Parole][Esprit]en premier.
16.1 Comment être « dans » la loi
À l’époque du « Nouveau Testament », il y avait des personnes
qui étaient profondément religieux et qui appliquaient la Loi à la
lettre, sans compassion, sans discernement, convaincues que cette
religiosité extrême leur vaudrait le salut.
Il y en avait également qui, tout en respectant la Loi, montraient
beaucoup de sagesse et de compassion, de juste mesure, d’amour
du prochain.
Bien entendu, à cette époque ils étaient tous juifs et vivaient dans
le judaïsme, excepté les étrangers romains ou certains voyageurs
qui finirent par s’installer parmi eux.

318
Sans compromis

De nos jours, ils y a nombre de chrétiens qui cherchent


sincèrement les racines hébraïques de la foi. Ils utilisent
différentes méthodes qui les distinguent, ce qui n’enlève rien à la
sincérité de leur démarche.
Telle personne qui rejoint une Synagogue afin d’y apprendre les
traditions juives, tout en restant profondément ancrés en Yeshua.
Elle a clairement rejoint le judaïsme. Tel chrétien qui s’est formé
auprès d’une école judaïsante et qui va appliquer ses principes
sous la forme d’un judaïsme plus sobre.
Il y a aussi des personnes qui ont simplement conscience de
l’importance des racines hébraïques et qui vont chercher à vivre
conformément à la Torah, sans pour autant pratiquer le judaïsme.
Même si je suis juif de sang et de lait, je respecte la Torah, j’ai
naturellement certains comportements qui trahissent mes racines,
mais je ne suis pas judaïsant.
Tout est une question de conviction. Tel que le dit Paul :
« Tout ce qui n'est pas le produit d'une conviction est péché. »
Romains 14:23

C’est le Saint-Esprit qui nous conduit et qui sait quel chemin sera
bon pour nous, en tenant compte de notre arrière-plan, de notre
vécu, des influences qui sont les nôtres. Ainsi untel sera conduit
à vivre un retour aux racines hébraïques sans pratiquer le
judaïsme, Gloire à YHVH. Tel autre aura reçu conviction de
s’approcher du judaïsme, Gloire à YHVH. Tant que vous agissez
par conviction, en toute sincérité, alors YHVH bénira votre route
et si nécessaire, Il la corrigera. Et que personne ne vienne juger
votre choix, que personne ne vienne dicter votre route !

319
François C. Nadler

Sans vouloir blesser personne, ce n’est pas de « jouer les parfaits


petits juifs » qui fera de moi un « meilleur chrétien » et qui me
procurera l’approbation de YHVH. Au contraire, cela paraîtra
parfaitement ridicule et vous discréditera autant que cela
discréditera la foi. Et je ne dis pas « qu’être juif est ridicule », je
parle bien d’une imitation, d’une contrefaçon dans notre
comportement. Tout est une question de sincérité et d’intimité
dans ma relation avec Lui, mû par une conviction.
16.2 Composition de la Loi de Moïse
Je resterai succinct dans ce chapitre, car il existe un excellent livre
de Dominiquae Bierman que je vous recommande, qui non
seulement présente la Loi de Moïse, mais donne également de
précieux conseils pour l’appliquer : « Grafted In161 »,
« Greffés » en français
Nous distinguons trois éléments dans la Loi de Moïse :
1. les commandements
2. les statuts
3. les préceptes
16.2.1 Les Commandements
Ils sont à la base de toute chose et sont le fil conducteur des
statuts et des préceptes. Ce sont les dix Commandements, que
YHVH a Lui-même gravés sur les tables de la loi.
Ils sont donnés en deux groupes spécifiques :

161
Grafted In, Archevêque Dr Dominiquae Bierman, [Link]

320
Sans compromis

Relation avec YHVH


1. Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face.
2. Tu ne te feras point d’image taillée.
3. Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en
vain.
4. Souviens-toi du jour du repos, le Shabbat, pour le
sanctifier.
5. Honore ton père et ta mère.
Relations avec les autres
6. Tu ne tueras point.
7. Tu ne commettras point d’adultère.
8. Tu ne déroberas point.
9. Tu ne porteras point de faux témoignage.
10. Tu ne convoiteras point
Les pharisiens ont tenté de confondre Yeshua face aux
Commandements.
« Les pharisiens, ayant appris qu'il avait réduit au silence les
sadducéens, se rassemblèrent, et l'un d'eux, docteur de la loi, lui
fit cette question, pour l'éprouver : Maître, quel est le plus grand
commandement de la loi ? Jésus lui répondit : Tu aimeras le
Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de
toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton
prochain comme toi-même. De ces deux commandements
dépendent toute la loi et les prophètes. » Matthieu 22:34-40

Yeshua a répondu en citant les deux groupes que nous avons vu


ci-dessus. « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu… » correspond aux
cinq premiers Commandements, « Tu aimeras ton prochain »
321
François C. Nadler

correspondant aux cinq derniers. Tel que je l’ai dit au début de ce


chapitre, ils sont à la base de toutes choses : « De ces deux
commandements dépendent toute la loi et les prophètes » dira
Yeshua.
Il est intéressant de relever que le 5ème Commandement « honore
ton père et ta mère » est placé dans le premier groupe et non dans
le deuxième. Honore ton père et ta mère comme tu honores YHVH
pourrait-on dire. Cela ne fait pas de nos parents des dieux, mais
ils portent une responsabilité envers les enfants dont ils auront à
répondre devant Lui. Même s’ils peuvent se tromper, être injustes,
voire abusifs ou toxiques, ils conservent cette fonction et cette
responsabilité en ce qui concerne notre enfance même lorsque
nous sommes devenus adultes et (en principe) responsables.
Ces dix Commandements devraient être gravés et exposés à la
vue de tous sur les murs de nos maisons. Ils sont le témoignage
de l’Alliance que YHVH a conclu avec nous pour notre salut. Ils
sont comme un contrat que seul YHVH a signé et qu’Il nous
propose de contresigner à notre tour.
16.2.2 Les Saintes Convocations
Bien qu’elles fassent partie des statuts, je les mets volontairement
en exergue, car je les considère comme ayant la même valeur de
commandement que le respect du Shabbat162, qui peut tout autant
être considéré comme sainte convocation.
Ces Saintes Convocation – ou Moadim – sont sept temps fixés
par l’Éternel pour des rencontres festives avec Lui. De même
qu’Il a fixé le temps d’une journée du soir au matin, l’ordre des

162
Par ailleurs, notons que toutes les Moadim commencent par le shabbat.

322
Sans compromis

jours de la semaine, l’ordre des mois de l’année, les quatre saisons


pour la nature, ainsi Il a fixé des ‘saisons’ de rencontre avec Lui.
Toute la création respecte l’ordre donné aux temps et aux saisons
qu’Il a déterminés ; en qualité de Ses créatures, il nous revient de
les respecter également.
Ces fêtes se répartissent au fil de l’année dans l’ordre suivant :
Au printemps
- Pessah – la Pâque juive
- La fête des pains sans levain
- La fête des prémices
- Shavuot – la fête des récoltes
En automne
- Ros Hashana – la fête des trompettes
- Yom Kippur – la fête des expiations
- Sukkot – la fête des Tabernacles
Ces fêtes trouvent toutes un sens dans le rappel du cheminement
du peuple d’Israël avec YHVH. Elles sont là comme souvenir de
la bonté de l’Éternel envers Israël. Elles sont étroitement liées à
l’histoire du peuple hébreu.
Yeshua est en lien direct avec ces fêtes également : les fêtes de
printemps correspondent à sa venue (le premier des fils venu dans
la simplicité libérer le peuple de l’esclavage et produire les
premiers fruits) et les fêtes d’automne à son retour tant attendu (la
glorification de Yeshua, le salut pour ceux qui ont cru et le
rétablissement du Temple).

323
François C. Nadler

D’autres fêtes sont célébrées par les juifs, tels Hanukkah ou fête
des Lumières, le Yom Terua ou Nouvel An juif par exemple. Elles
ne font cependant pas partie des Moadim.
Certaines de ces fêtes impliquaient un déplacement à Jérusalem :
on venait célébrer l’Éternel là où Il a établi Son Trône, sur la
montagne de Sion. Ces fêtes sont de réelles fêtes dans un sens
pleinement festif et s’étendent sur plusieurs jours. Ce ne sont pas
de simple « weekend prolongés » tel que les pratiquent beaucoup
de christianisés163.
16.2.3 Les statuts
Ils sont un ensemble de lois qui régissent l’hygiène alimentaire,
relationnelle et corporelle. Le terme ‘loi’ évoque généralement
quelque chose de rébarbatif.
C’est là que la notion de vivre dans la loi vient prendre
tout son sens. Il est d’usage de se laver les mains après
avoir été aux toilettes. Il est d’usage de sonner ou frapper
à la porte avant d’entrer chez des voisins. Il est d’usage de
laver la vaisselle utilisée après un repas. Ce sont des lois
au même titre que les statuts que nous allons voir.
Simplement, parce que nous en reconnaissons l’utilité et
le bon sens, nous les appliquons naturellement. Les statuts
de l’Éternel ne sont rien d’autre que des règles d’hygiène
telle que le sont les exemples cités ici.

163
Pour les différencier des chrétiens qui célèbrent les fêtes chrétiennes.

324
Sans compromis

Les lois alimentaires distinguent ce qui est sain pour notre


organisme de ce qui ne l’est pas. Si nous respections ces lois, nous
serions sans aucun doute en bien meilleure santé.
Les lois d’hygiène corporelle sont définies pour préserver notre
organisme et celui de nos proches contre les maladies. Elles
comprennent des lois concernant la sexualité, notamment de ne
pas avoir de rapport durant la période de menstruation par
exemple. Si nous respections ces lois, il y aurait sans aucun doute
beaucoup moins de maladies transmises au sein de la population.
Les lois relationnelles définissent les droits et devoirs familiaux
notamment, tels que les conditions du divorce, la vie maritale, le
soutien à la famille notamment à la suite d’un deuil par exemple.
Si nous respections ces lois, les mariages tiendraient mieux et ne
nécessiterait pas de ‘clause de divorce’ par exemple. Les
personnes âgées, orphelines, abandonnées trouveraient une
famille pour leur offrir un foyer aimant.
Les lois financières ou commerciales définissent une économie
selon YHVH par la fixation des dîmes, des offrandes et des oboles.
Si nous respections ces lois, nous aurions bien moins de pauvres
parmi nous et nos ministres de l’Évangile comme nos
missionnaires n’auraient pas à se soucier de leur revenu, mais
pourrait se concentrer sur leur vocation.
Les lois de l’agriculture sont là pour préserver la terre et
favoriser de bonnes récoltes. Si nous les respections, nous
nécessiterions de beaucoup moins d’engrais et pesticides pour nos
cultures.
Les lois de reproduction définissent ce qui peut s’assembler ou
s’accoupler afin de se reproduire. Nous les appelons également

325
François C. Nadler

lois de non-mixité. Greffer une branche de pommier sur un rosier


ne va pas produire de roses ni de pommes. Accoupler un chat avec
un lapin ne va pas produire de ‘chapin’. Accoupler un homme
avec un homme ne va pas produire d’enfant. Si nous respections
ces lois, il y aurait beaucoup moins de dégénérescences des races,
y compris chez les humains.
Lors de la pandémie de peste noire, la majorité des juifs
furent épargnés. Pourquoi ? Parce qu’ils respectaient ces
lois. Cela leur a valu pourtant d’être accusés d’être
responsables de la pandémie.
Si nous respections ces lois, il est certain que notre monde irait
déjà beaucoup mieux, tant au niveau végétal, animal qu’humain.
16.2.4 Les préceptes
Ce sont des règles qui précisent et aident à respecter les
commandements et les statuts. Ils ne sont généralement pas
dispensés directement par la Parole, mais en découlent
naturellement.
Prenons un exemple :
« Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras point
d'adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une
femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans
son cœur. » Matthieu 5:27-28

Le commandement est de ne pas commettre d’adultère, le


précepte est que l’adultère commence dans notre convoitise.
Ainsi, déshabiller du regard, consommer de l’érotisme ou de la

326
Sans compromis

pornographie, est déjà un adultère, même si la loi ne le dit pas


explicitement.
« Tu connais les commandements : Tu ne commettras point
d'adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras
point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton
père et ta mère. Il lui répondit : Maître, j'ai observé toutes ces
choses dès ma jeunesse. Jésus, l'ayant regardé, l'aima, et lui dit :
Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux
pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-
moi. » Marc 10:19-21

Yeshua enseigne un précepte non explicite sur la base de la loi.


Alors que le jeune homme riche respecte la loi, il lui manque une
chose, le lâcher-prise. Combien parmi nous n’avancent pas dans
leur vie parce qu’ils restent accrochés à une colère, à un bien, à
une relation ?
16.2.5 Vive les vieux sages !
Apprendre ces préceptes n’est pas facile, justement parce qu’ils
ne sont pas écrits dans la Torah. Pour les juifs, ils font partie de
la Torah orale, soit la transmission orale des préceptes tirés de la
loi.
Nous vivons une génération qui enferme ses personnes âgées dans
des maisons de retraite ou des établissements médicalisés. Trop
souvent, on les y oublie comme si nous avions déjà cloué leur
cercueil. Il faudra leur décès pour que la famille se réunisse à
nouveau autour d’eux. Mais c’est trop tard, la personne n’est plus.
Autrefois, c’est la famille qui s’occupait des vieux. Souvent, alors
que les parents travaillaient à la terre ou à l’usine, ce sont les vieux
qui s’occupaient de l’éducation des enfants et qui entretenaient le

327
François C. Nadler

feu dans le fourneau. Notre individualisme a vaincu cette


richesse. Et ce pour une prétendue liberté.
Nous méprisons à tort ces personnes âgées, car elles détiennent
notre héritage : la sagesse des années. Ce sont ces personnes qui,
au travers de leur vécu, de ce que la vie leur a appris, de ce que
leurs propres vieux leur ont enseigné, qu’ils deviennent à leur tour
source de sagesse pour les plus jeunes. En les mettant à l’écart,
nous nous privons nous-mêmes de leur savoir.
16.2.6 Et vive le Saint-Esprit !
YHVH savait que pour qu’on intègre Ses commandements et Ses
lois, nous avions besoin que quelqu’un nous en enseigne
l’essence profonde. Il a donc envoyé Son fils Yeshua pour nous
prouver qu’il est parfaitement possible de vivre en harmonie avec
la Torah.
Pour ce faire, Il a équipé Yeshua du Saint-Esprit qui a pour rôle
de nous enseigner et nous éclairer quant aux préceptes à respecter.
Et Il a promis de nous l’envoyer, à nous qui avons cru en Lui :
« Mais le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon
nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce
que je vous ai dit. » Jean 14:26

« Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous


conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même,
mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les
choses à venir. » Jean 16:13

Il est une chose de recevoir le Saint-Esprit. Il en est une autre que


de l’écouter. Oh combien les évangéliques aiment les

328
Sans compromis

manifestations du Saint-Esprit ! Parler en langue, guérisons,


délivrances, paroles prophétiques. C’est agréable, c’est rassurant
quant à la présence de YHVH dans l’assemblée, mais ces
manifestations ne nous engagent à rien ! En revanche, faire
silence dans le secret de notre chambre, faire taire le babillage
incessant de nos ‘prières’, donner de l’espace pour écouter, ça
c’est plus engageant et c’est plus risqué : ça pourrait bien
transformer radicalement votre vie ! Êtes-vous réellement prêts
pour cela ? Ou préférez-vous vivre votre vie dans l’exercice de
votre libre arbitre dans l’attente que l’automate à miracles
intervienne en votre faveur ?
16.2.7 Engager le changement
Il va de soi que nous ne pouvons pas passer d’un jour à l’autre de
notre christianisme permissif à une réconciliation avec les racines
hébraïques de la foi. C’est un processus qui commence par une
décision et qui s’opère dans la persévérance de l’apprentissage.
Un changement brutal risque fort de vous conduire dans un
légalisme malsain. Ce n’est pas cela que Yeshua nous
recommande. Il nous demande de nous mettre en chemin, avec
Lui, en suivant son exemple : vivre une relation intime avec
Élohim en premier éclairée par le Saint-Esprit et le conseil des
vieux sages pour entrer dans l’alliance.
Car tel que nous l’avons dit, l’alliance – la première que Yeshua
a renouvelée – est un contrat. YHVH s’engage envers nous à
nous bénir, à nous préserver de la maladie, à faire fructifier nos
biens ; en contrepartie, nous nous engageons à suivre Ses
Commandements, Ses Moadim, Ses statuts et Ses préceptes. Ce
n’est pas plus compliqué que cela. Cela demande juste de
réapprendre à conduire notre vie selon les termes du contrat.

329
François C. Nadler

Cet engagement est d’abord personnel. Il ne s’agit pas de suivre


le mouvement comme des petits moutons. Il s’agit d’une prise de
conscience individuelle et d’un chemin de repentance propre à
chacun. C’est seulement ensuite que cet engagement peut – au fil
des reconversions – devenir communautaire.
Il existe de rares exemples de communautés qui ont vécu
ensemble ce bouleversement. Mais ce sont des exceptions.

16.2.8 La crainte de YHVH


« Je vous ai dit ces choses, afin qu'elles ne soient pas pour vous
une occasion de chute. Ils vous excluront des synagogues; et
même l'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre
un culte à Dieu. Et ils agiront ainsi, parce qu'ils n'ont connu ni le
Père ni moi. » Jean 16:1-3

Il est certain que ce changement ne passera pas inaperçu. Je ne


vais pas vous cacher la vérité : on se moquera de vous, vous serez
l’objet de railleries, on vous critiquera, on vous traitera de fou, on
vous reprendra au nom de Jésus, on vous exhortera à revenir à
Jésus, certains voudront même prier pour votre délivrance. Vous
perdrez des ‘amis’, on vous rejettera, on vous considérera comme
impie. Il se peut même que vous deviez trouver le salut dans la
fuite de la communauté. À ces choses vous reconnaîtrez que le
retour aux racines hébraïques est si important, que c’est une
question de vie ou de mort, que l’ennemi se déchaînera contre
vous au travers de celles et ceux en qui vous aviez placé toute
votre confiance.

330
Sans compromis

La question qui se posera alors pour vous sera de savoir si vous


voulez plaire aux hommes et conserver leur assentiment ou si
vous voulez plaire à YHVH et renouer avec Son Alliance.
Beaucoup renonceront à faire le pas, car leur crainte des hommes
a tous les pouvoirs. Mais quelques-uns placeront leur confiance
en l’Éternel et je vous le garantis : Il ne vous laissera jamais
tomber !
« La crainte de l'Éternel est le commencement de la sagesse; Tous
ceux qui l'observent ont une raison saine. Sa gloire subsiste à
jamais. » Psaume 111:10

« La crainte de l'Éternel est le commencement de la science; les


insensés méprisent la sagesse et l'instruction. » Proverbes 1:7

« Le commencement de la sagesse, c'est la crainte de l'Éternel;


Et la science des saints, c'est l'intelligence. » Proverbes 9:10

« La crainte de l'Éternel enseigne la sagesse, Et l'humilité


précède la gloire. » Proverbes 15:33

Voilà quelques versets pour vous encourager. La crainte des


hommes vous conduira à la mort. Mais la crainte de l’Éternel
vous donnera la vie, et la vie en abondance !

331
François C. Nadler

332
Sans compromis

17. Conclusion
Bien qu’il y aurait encore beaucoup à dire, je vais considérer que
nous arrivons au bout de notre réflexion, pour le moment du
moins. La suite du chemin dépend de vos choix, de vos
aspirations, de vos convictions personnelles.
Un changement de direction n’est jamais facile, mais il est
salutaire. Cela ne signifie pas que je vous encourage à quitter
l’église ni votre communauté. Je ne vous encourage pas non plus
à quitter le christianisme ni ses célébrations du dimanche matin
et autres rencontres hebdomadaires ou périodiques. Ceci est votre
choix et votre liberté et je les respecte totalement. Je vous invite
cependant à rétablir – pour votre vie privée premièrement – ce qui
a été tordu au travers de siècles de mensonges et à redonner la
place à Élohim en premier.
Alors que je me couchais hier soir, j’ai reçu une vision réveillée,
c’est-à-dire que je ne dormais pas, mais que la vision défilait
devant mes yeux comme un film. Alors que je méditais là-dessus
ce matin, j’ai compris qu’il s’agissait de la conclusion de ce livre.
Je vous la partage ici en espérant qu’elle puisse vous encourager.
Je me trouvais dans un désert immense. Les rocs et le sable, d’une couleur
ocre, s’étendaient à perte de vue. C’était le crépuscule, le soleil était comme
posé sur l’horizon, le ciel était orangé. Il faisait cependant encore
suffisamment jour pour que je puisse percevoir les détails des rochers, de la
végétation sèche, du sable soufflé par la brise. Légèrement sur ma droite, au
bas d’une colline, se trouvait une grande maison rectangulaire avec en son
milieu une cour. Je voyais de la lumière dans la cour et aux fenêtres, mais
aucun son ne me parvenait si ce n’est celui du vent qui balayait le désert.

Derrière moi, sur ma gauche, j’aperçus un homme en guenilles, sale, maigre


au point qu’on voyait son ossature. Par endroits, sa peau était entaillée,

333
François C. Nadler

griffée, meurtrie. Il traînait à ses pieds un énorme boulet, de la taille d’une de


ces grosses balles de gymnastique, attaché par de lourdes chaînes à ses
chevilles ensanglantées. Il ne me regarda même pas, les yeux hagards,
avançant péniblement, haletant, en tirant son boulet. Son regard perçu
également la maison et il corrigea sa route pour s’y diriger, passant devant
moi comme si ne n’existait pas. J’aurais eu envie de l’aider, mais il ne m’était
pas possible de bouger, de faire le moindre geste, de prononcer la moindre
parole. Comme si je me trouvais au milieu d’un film en trois dimensions dans
lequel il m’était impossible d’interagir.

L’homme arriva à la porte de la maison. Je vis trois femmes en sortir et


s’approcher de l’homme. L’Esprit m’informa qu’il s’agissait de Myriam, la
mère de Yeshua, de Marie-Madeleine et de la Samaritaine. Elles s’occupèrent
immédiatement de l’homme, sans prononcer un seul mot. Elles le libérèrent
de ses chaînes et le boulet disparut. Elles lui retirèrent ses haillons et le
conduisirent vers une baignoire qui avait la forme d’une petite piscine
dépassant le sol d’environ 30 centimètres.

L’eau de la baignoire était agréablement chaude et parfumée. Un parfum


délicieux comme un baume pour l’âme. De petits pétales rouges flottaient à
la surface de l’eau. Les trois femmes aidèrent l’homme à entrer dans la
baignoire et elles entreprirent de le laver soigneusement, avec une délicatesse
et une tendresse toute maternelle, toujours en silence. Elles lui lavèrent les
cheveux, la barbe, le corps puis le plongèrent par trois fois sous l’eau de la tête
aux pieds. L’Esprit me dit que c’était pour le débarrasser de toute impureté.
Puis l’homme sortit de la baignoire ; elle l’enveloppa d’un grand linge blanc et
l’aida à se coucher sur un divan confortable, dans la pièce à droite de la
baignoire. L’homme s’endormit profondément.

Quelques heures passèrent en une fraction de seconde. Pourtant, le ciel avait


gardé sa couleur orangée et le soleil était toujours posé sur l’horizon. Je vis
alors Yeshua approcher l’homme et lui poser la main sur l’épaule. Son visage
était tendre, affectueux, plein de compassion. Sa voix était douce et chaude,
rassurante, aimante. L’homme se réveilla, se redressa sur son lit et le linge
tomba par terre. Je puis voir alors que toutes ses cicatrices avaient disparu et

334
Sans compromis

que son corps avait repris une forme normale, comme s’il avait été bien nourri
et sportivement actif. Sa peau brillait légèrement comme de la soie. Yeshua
lui remit un vêtement similaire au sien : une longue robe aux couleurs claires
et chaudes. L’homme se leva et s’habilla. Il avait belle allure dans cette robe,
il faisait penser à un homme important, comme un prince.

Yeshua lui passa un anneau en or au doigt puis, prenant l’homme par les
épaules, Il le conduisit dans la cour. Arrivés à quelques mètres de l’entrée, ils
disparurent à mes yeux et se fondirent dans le décor. Cette cour était
immense, comme un court de tennis voire plus. Je ne puis pas en mesurer les
dimensions. L’air était doux et rempli de parfums enivrants. Ici et là se
trouvaient des arbres, des buissons, des fleurs, comme dans un jardin. La cour
était recouverte par de grandes toiles légères, qui s’entrecroisaient dans un
mélange subtil de leurs couleurs, peu éloignées du sommet des arbres. Des
bruits d’une musique festive, des rires, des discussions parvinrent à mes
oreilles. Il y avait déjà beaucoup de monde dans la cour. Pourtant, elle restait
aérée et spacieuse.

Au centre de la cour était une très grande table. L’Esprit me dit qu’elle était
taillée d’une pièce dans un cèdre du Liban. Sur la table, il y avait abondance
de nourriture. Je reconnus que les aliments étaient tous casher. Mon regard
s’arrêta un instant sur des pommes glacées de sucre. Des pains de diverses
formes étaient répartis sur la table. J’en goûtai un morceau et le trouvai de
prime abord fade, mais très vite son goût devint succulent. L’Esprit me dit que
le sel était transmis au pain par la personne qui le mâche. Plus loin, je vis une
fontaine d’où coulait du lait. Je le goûtai et appréciai son léger goût de miel.
Je goûtai également le vin : il était doux et sucré, très agréable au palais.

Soudain, j’aperçus à nouveau l’homme et Yeshua. L’homme demanda : « quels


sont donc cette belle musique et ces cris de joie ? ». Mes yeux s’ouvrirent et je
vis de nombreuses personnes se réjouir ensemble, danser, virevolter, se
prendre dans les bras, et plein d’enfants qui couraient et jouaient tout autour.
Une joie profonde se lisait sur leurs visages et s’entendait dans leurs chants.
Yeshua répondit à l’homme : « aujourd’hui c’est la fête, car nous nous
trouvons à l’endroit où Moshe a reçu les Tables de la Loi ». Puis ils se fondirent
dans la foule.

335
François C. Nadler

Je regardai encore un instant puis je fus transporté à l’entrée de la maison. Je


vis les trois femmes sortir à nouveau : un homme approchait à l’horizon,
blessé, meurtri, maigre, épuisé, traînant derrière lui un lourd boulet attaché
par des chaînes à ses chevilles ensanglantées… Yeshua se tint à côté de moi et
me dit : Je reviens ! Puis la vision s’éteignit.

François C. Nadler

Peut-être êtes-vous cet homme – ou femme – qui est en marche


spirituelle depuis des années dans un désert d’amour et de
compassion, amaigri par l’inconsistance des enseignements
reçus, blessé par les paroles et les remarques acerbes, usé par les
obligations de la tradition, meurtri par la religiosité, sali par des
gestes déplacés, écrasé par des critiques culpabilisantes, traînant
derrière vous le lourd héritage des mensonges auxquels on vous a
fait croire pendant si longtemps, seul, abandonné, isolé…
Moi164, François, serviteur de l’Éternel et au nom de mes Pères, ministres du
Seigneur, je vous demande pardon de vous avoir menti au sujet du
christianisme, au sujet des juifs, au sujet de la Bible. Je vous demande pardon
d’avoir exigé de vous des actes et des décisions allant contre votre volonté,
juste par tradition. Je vous demande pardon d’avoir manqué d’amour, de
compassion, de respect. Je vous demande pardon d’avoir abusé de vous, de
votre corps, de votre âme, de votre crédulité. Je vous demande pardon de vous
avoir blessé par les remarques déplacées, par des jugements inappropriés et
injustifiés. Je vous demande pardon de vous avoir induit en erreur, vous
contraignant de vous agenouiller devant des idoles, vous conduisant à
célébrer des fêtes païennes. Je vous demande pardon pour cette musique qui
était violente à vos oreilles, pour vous avoir contraint de vous y joindre contre
votre agrément, de vous avoir forcé à danser contre votre gré. Je vous

164
C’est ici un « moyen thérapeutique » utilisé avec les personnes blessées par
l’Eglise, où le thérapeute « prend la place » de celles et ceux qui ont commis
ces actes. Cela ne signifie en aucun cas que je les ai moi-même commis !

336
Sans compromis

demande pardon pour ces prières que vous avez dû subir indûment et dénuées
de respect. Je vous demande pardon d’avoir été un piètre exemple de foi et de
piété. Je vous demande pardon pour tout le mal qui vous a été fait au Nom du
Christ.

Et je prie aujourd’hui afin que vous trouviez cette maison


accueillante et chaleureuse. Que vous puissiez recevoir le soin de
ces femmes aimantes et maternelles. Que vous puissiez être lavé
dans cette eau régénératrice, plongé par trois fois – comme un
baptême – pour vous libérer de toute impureté. Que vous puissiez
voir vos plaies pansées et soignées. Que vous puissiez trouver ce
repos bienfaisant en toute sécurité. Que votre corps, votre âme et
votre esprit soient restaurés. Je prie que vous puissiez trouver la
confiance en Yeshua, lorsqu’Il pose Sa main avec respect et
compassion sur votre épaule, lorsqu’Il vous conduit dans Sa
demeure et vous invite à la fête. Que la Parole vous soit révélée
par le Saint-Esprit, tel que YHVH l’a gravée dans votre cœur et
tel qu’Il l’avait gravée dans la pierre. Que vous soyez richement
nourri par le festin qu’Il a préparé et que vous puissiez vous
réjouir en toute sincérité et en toute liberté avec tous celles et ceux
qui vous accueillent dans leurs bras sincèrement aimants.
Au Nom de Yeshua Ha’Massiah, Amen !

337
François C. Nadler

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Sans compromis

Références internet
• [Link]
• [Link]/fr/wol/d/r30/lp-f/102007008
• [Link]
• [Link] – découverte – sciences et environnement – animaux et
plantes
• [Link]/bible
• [Link]
• [Link]/wiki/Constantin_Ier_(empereur_romain)
• [Link]/wiki/Culte_marial
• [Link]/newsf/suisse-les-femmes-catholiques-skf-demandent-
que-l-on-demande-pardon-aux-juifs/
• [Link]/fre/l-eglise-catholique-suisse-demande-pardon/1436300
• [Link]/IMG/pdf/Eglise_et_Israel_Texte_Eglises_protestantes_2001.p
df

Bibliographie
• L’ombre du Galiléen - Gerd Theissen – Editions du Cerfs
• Sainte Colère – Lytta Basset – Editions Bayard
• Culpabilité, paralysie du cœur – Lytta Basset – Labor et Fides
• Précis d’histoire de l’Église - Jules-Marcel Nicole – Institut de
l’Edition Biblique
• L’échec de l’église face aux juifs – Luc Henrist - Emeth Éditions
• The Identity Theft - Archevêque Dr D. Bierman – [Link]
• Grafted In, Archevêque Dr Dominiquae Bierman – [Link]
• Interdit d’ignorer – Marc Früh - Editions Elroï
• AE Burn, Le Concile de Nicée (1925); Forell G, Comprendre le Credo
de Nicée (1965); EJ Martin, Une histoire de la controverse iconoclaste
(1930).
• Enquête en Eden – François C. Nadler – Nadival
• L’électron libre – François C. Nadler – Nadival
• Bible Second – Edition de Genève 1979
• Et bien d’autres ouvrages étudiés au fil des 30 dernières années…

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François C. Nadler

François C. Nadler nous emmène dans ce livre depuis la création


du monde jusqu'à notre époque, où il explique le plan de Dieu
pour Israël. Sa gestion d'Israël et des gentils "greffés" est
démontrée et confirmée par les prophéties bibliques. L'auteur
explique en détail, de manière personnelle, et montre où
l'Eglise/Kehila s'est trompée, puis il explique le chemin de retour
vers le plan des Pères pour Son Eglise.
L'auteur a creusé profondément pour trouver des faits et des
détails importants, en plus d'expliquer la signification des mots
hébreux importants dans la Bible, ce qui nous aide à approfondir
notre compréhension. Il nous montre la compréhension juive des
Écritures, où tout a un sens.
Nous devons comprendre la manière dont Dieu a traité Son peuple
et le monde dans les temps précédents pour pouvoir saisir
comment Il se comporte avec Son peuple aujourd'hui, à la fois
Israël et Sa Kehila. L'auteur présente des événements et des
personnages importants de la Bible pour nous donner la
compréhension nécessaire.
Les racines et l'histoire de l'antisémitisme dans l'Eglise, qui se
manifestent dans la théologie du remplacement, sont bien décrites
dans ce livre.
L'auteur partage de nombreuses révélations tirées des Écritures
qui peuvent être une bénédiction pour le lecteur. Il partage ses
propres expériences spirituelles, nous enseignant une approche
pratique des principes spirituels.

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Sans compromis

Il nous fait part de prophéties puissantes qui nous aident à


comprendre l'urgence de la question du retour de l'Église à ses
racines juives originales.
Ce livre est une vaste source d'informations et de révélations pour
tous ceux qui cherchent à comprendre l'Eglise et son lien avec
Israël, ses racines juives, ainsi que les vérités et aspects centraux
très importants pour notre foi en Yeshua, le Messie juif.
Pastor Hanne G. Hansen

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