Méthodes de recherche en marketing
Méthodes de recherche en marketing
Marketing
Research
éthodes de recherche et
M
d’études en marketing
2e é d i t i o n
© Dunod, 2021
11, rue Paul Bert, 92240 Malakoff
[Link]
ISBN 978-2-10-079299-3
Florence Jeannot est professeure associée à l’INSEEC School of Business & Eco-
nomics. Diplômée de l’ESCP Europe, docteure ès Sciences de Gestion et titulaire de
l’habilitation à diriger des recherches, elle a commencé sa carrière en tant que chef
de publicité chez J. Walter Thompson. Elle a ensuite intégré le groupe Dassault
Systèmes, avant de s’orienter vers la recherche, l’enseignement et le conseil. Ses
Philippe Jourdan est diplômé d’HEC, habilité à diriger des recherches et profes-
seur agrégé des universités. Il enseigne à l’IAE Gustave Eiffel (UPEC), dont il dirige
le Master 2 Ingénieur d’Affaires, et est membre du laboratoire IRG. Il est l’auteur
d’ouvrages sur le comportement du consommateur et l’analyse de données, ainsi
que l’auteur de nombreux articles académiques publiés dans des revues françaises et
internationales. Il a été rédacteur en chef de la Revue Française du Marketing (2011-
2017). Il a exercé des missions de conseil auprès de grandes entreprises françaises,
dans les secteurs les plus variés, en évaluation de marques, études de marchés et
analyses de données. Il est depuis 2018 membre du Who’s Who.
Élisa Monnot est une ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Cachan et
docteure ès Sciences de Gestion de l’Université Paris-Dauphine PSL. Maîtresse de
conférences à CY Cergy Paris Université où elle dirige le master Management par-
cours Marketing, elle assure également les enseignements portant sur les méthodo-
logies qualitatives. Conduites au sein du laboratoire ThEMA (UMR CNRS 8184),
ses recherches portent sur le marketing durable (gestion des déchets, suremballages,
IV
recherche se focalisent sur les processus psychologiques impliqués dans les réponses
des consommateurs à différents stimuli marketing. Il travaille en particulier sur les
décisions des consommateurs dans le contexte du magasin, les achats liés au déve-
loppement durable, les réactions à la publicité, ainsi que la consommation de média
et séries télévisées. Pour ses recherches, il utilise différents types de méthodes de
recherches telles que les méthodes expérimentales, les séries temporelles, les ana-
lyses multivariées et les analyses qualitatives. Il enseigne les méthodes avancées
d’analyses quantitatives dans différents programmes doctoraux.
VI
IntroductionXIII
Partie 1
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Section 5 L’observation 46
Section 2 L’échantillonnage 65
4 L’expérimentation 89
Florence Jeannot, Alain Jolibert et Philippe Jourdan
Section 1 L’expérimentation 90
Partie 2
Analyser des données
6 L’analyse des données qualitatives et documentaires 151
Éva Delacroix et élisa Monnot
Section 1 La préparation du travail d’analyse 153
Index477
XII
Les données sont partout, elles peuvent prendre différentes formes et provenir de
sources diverses et, plus que jamais, l’intelligence humaine est indispensable pour
en faire bon usage. Tout l’enjeu est de passer du big data au smart data. L’intelligence
humaine intervient ainsi à la fois lors de la conception des plans de collecte des
données, pour organiser et structurer des données déjà disponibles, pour concevoir
les hypothèses à tester ou encore pour choisir une méthode d’analyse appropriée. De
plus, la très grande quantité de données quantitatives disponible aujourd’hui ne doit
pas nous faire oublier l’importance des approches qualitatives. Pour donner tout leur
potentiel prédictif aux données quantitatives, il est nécessaire d’en comprendre les
subtilités, les nuances ainsi que les éventuelles contradictions qu’elles peuvent
cacher. On ne peut comprendre le monde uniquement à partir de chiffres, la parole
et l’introspection en sont les compléments indispensables.
Marketing Research, est destiné à guider toute personne, étudiant, doctorant,
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XIV
OBJECTIFS
<<Les études marketing et la recherche en marketing ont de nombreux points com-
muns, mais diffèrent quant à leur finalité, aux acteurs qui les mènent et aux
contraintes qui pèsent sur elles. Ce chapitre permet de comprendre ce qui dis-
tingue les démarches d’études et de recherche.
<<Le cadrage d’un projet d’études est appelé plan d’études. Il impose de se fixer des
objectifs précis, de consulter des données secondaires, de choisir une méthode de
collecte de données, un terrain et des outils d’observation et d’analyse.
<<Le cadrage d’un projet de recherche est généralement plus complexe et démarre
avec le choix d’un sujet de recherche, puis d’une problématique. La démarche est
différente selon qu’il s’agit d’une recherche positiviste (hypothético-déductive)
ou interprétative (inductive).
<<Les critères pour juger de la validité ou qualité d’un projet de recherche sont
présentés.
Sommaire
Section 1 Distinguer les études marketing et la recherche marketing
Section 2 Le cadrage d’un projet d’études marketing : le plan d’études
Section 3 Le cadrage d’un projet de recherche
Section 4 La validité ou la qualité d’une recherche
Section
1 istinguer les Études marketing et la
D
recherche marketing
Cet ouvrage a pour vocation d’intéresser aussi bien les lecteurs désireux de
mettre en œuvre une étude marketing que ceux menant un projet de recherche.
Les démarches d’étude marketing et de recherche en marketing partagent de
nombreux points communs. Dans les deux cas, on s’interrogera sur ce que l’on
sait déjà du problème à résoudre (revue de littérature ou études documentaires),
sur les grands arbitrages méthodologiques (opposant souvent démarches qualita-
tives et quantitatives) et on mettra tout en œuvre pour tenter d’obtenir les
réponses les plus fiables et pertinentes par rapport aux questions posées. Malgré
leurs points communs, ces deux approches diffèrent malgré tout quant à leur
finalité, les contraintes qui pèsent sur l’obtention des résultats et les acteurs qui
les mènent.
c Focus
Les critères de la recherche
Une recherche est dite reproductible et dans un marché donné, par rapport à une
fiable lorsque l’on a suffisamment de cible donnée et dans une temporalité défi-
garanties que, reproduite dans les mêmes nie de manière précise). Enfin, la recherche
conditions, elle aboutirait aux mêmes est cumulative, car ses conclusions s’ins-
résultats. Le critère de reproductibilité est crivent dans un cadre théorique, s’arti-
très important aussi pour les chargés culent et dialoguent avec des recherches
d’études marketing qui ont besoin de antérieures de manière à y apporter des
résultats fiables pour piloter leurs déci- contributions. Les études n’ayant pas
sions. Une recherche est dite générali- vocation à produire de la connaissance
sable lorsque l’on peut extrapoler les théorique sont rarement cumulatives, ce
résultats obtenus à un contexte plus large que l’on peut regretter. En effet, il est fré-
que le seul terrain d’observation. Cette quent qu’une nouvelle étude soit com-
question de la validité externe concerne manditée sans que l’on prenne le temps
peu les études qui sont, par nature, cir- de consulter les études passées alors
conscrites à un contexte particulier (la même que cela aurait pu contribuer à
problématique d’une entreprise donnée, mieux appréhender le phénomène étudié.
Les études de marché ont pour objectif de réduire les prises de risque inhérentes
aux décisions managériales menées dans des environnements complexes, fluctuants
et incertains. Les études de marché interviennent aussi bien dans les phases amont
de développement marketing (compréhension du marché et des consommateurs en
vue de bâtir une offre pertinente) que dans les phases de marketing opérationnel
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c Focus
La mesure de l’efficacité publicitaire : déclarative versus
comportementale
Compte tenu des enjeux financiers, la ment le lien entre la publicité et la
question de l’efficacité des campagnes marque ?).
publicitaires est au cœur des préoccupa- 2. La logique ROIste, largement portée par
tions. Deux grandes logiques s’opposent : l’essor du digital, part du principe qu’il
la logique créative et la logique ROIste. ne suffit pas d’avoir remarqué ou aimé
1. Dans la logique créative, la création une publicité pour avoir envie d’acheter
(ou copy) joue un rôle très important le produit, mais qu’il faut pouvoir mesu-
pour les marques. Les campagnes rer précisément le retour sur investisse-
doivent être capables d’attirer l’atten- ment des campagnes. La création (ou
tion des consommateurs et cherchent copy) est moins centrale, l’important
à se démarquer avec des exécutions étant de diffuser le bon message, aux
artistiques de haut niveau. Dans cette bonnes personnes, au bon moment et
logique, les effets des campagnes sur au bon endroit. Le point de contact est
les marques s’évaluent sur le long aussi important que la création en elle-
terme et il est très difficile d’en mesu- même, et on mesure l’efficacité d’une
rer l’efficacité à court terme. On privi- campagne aux effets qu’elle produit sur
légiera donc des méthodes déclara- les comportements. Les mesures d’effi-
tives – qualitatives (focus groups) ou cacité sont comportementales (taux de
de sondages – pour s’assurer que la clics, taux de conversion, paniers
publicité est remarquée (a-t-elle laissé moyens, etc.), s’appuient sur des don-
une trace dans l’esprit des consomma- nées analytiques (data analytics) et ne
teurs ? Se souviennent-ils l’avoir sont plus déclaratives. Dans cette
vue ?), comprise (en ont-ils compris la logique, peu importe qu’une création
promesse ?), appréciée (la création (ex. : une bannière) soit jugée esthétique
est-elle appréciée ?) et correctement ou ludique, du moment qu’elle produit
attribuée à la marque (fait-on facile- les effets recherchés (ex. : un clic).
Les études marketing portent très souvent sur les consommateurs de manière à
identifier leurs besoins et attentes, leurs freins, les processus de décision, les lieux
d’achat, leur degré de satisfaction ou encore leur propension à recommander le pro-
duit ou la marque. Les sources de données sont multiples (données issues des pro-
grammes de relation client de l’entreprise (données CRM), panels, données analy-
tiques issues des comportements de navigation sur Internet, sondages, matériau
qualitatif issu d’entretiens ou de focus groups, données d’écoute sociale (social
listening) sur Internet, etc.) et leur recueil doit s’inscrire dans une démarche rigou-
reuse appelée plan d’études (cf. section 2).
Section
2
Le c adrage d’un projet d’Études
marketing : le plan d’Études
1. [Link]/fr/content/hot-topics-0.
2. [Link].
Enquêtes internes auprès des employés de l’entreprise Analyses sectorielles (ex. : Xerfi)
Données issues de l’activité de l’entreprise (First Party Statistiques nationales (ex. : Insee)
Data) (données CRM, données de navigation sur le
site web, données d’efficacité des campagnes
marketing et médias)
Données de panels
Rapports annuels
Une fois les objectifs de l’étude définis, le chargé d’études choisit une méthode de
collecte de données ad hoc, c’est-à-dire destinée à répondre spécifiquement à la
problématique posée. Généralement, l’arbitrage se fait entre deux grands types de
méthodes : qualitatives ou quantitatives. Les méthodes qualitatives (cf. chapitre 2)
consistent à interroger en profondeur un nombre relativement faible d’individus
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Le chargé d’études doit également se poser la question de son terrain : décider qui il
doit interroger, comment il accédera à ces personnes et dans quel lieu il pourra le faire.
Dans l’exemple de l’enseigne de prêt-à-porter pour femmes exposé ci-dessus, la ques-
tion porte sur le segment des 20-25 ans et l’objectif est de comprendre la baisse des
ventes. Supposons que les objectifs de l’étude soient de comprendre l’image que cette
cible a de l’enseigne et l’adéquation des collections proposées à ses attentes. Les
contraintes de l’étude conduisent le chargé d’études à recommander une étude quali-
tative afin de mettre en évidence les rapports que ces jeunes femmes entretiennent avec
la marque et de recueillir leurs avis sur la collection présentée dans les points de vente.
La population de référence de l’étude sera donc constituée des clientes de l’enseigne
âgées de 20 à 25 ans. Deux sous-groupes pourront être identifiés : les clientes fidèles
et les clientes dites « abandonnistes », c’est-à-dire n’ayant pas acheté dans l’enseigne
depuis plus d’un an. En interrogeant ces deux catégories de personnes, le chargé
d’études devrait pouvoir recueillir des informations pertinentes sur l’image perçue de
l’enseigne, l’adéquation de ses collections et les raisons éventuelles du désintérêt pour
celle-ci. Pour accéder à ces personnes, le chargé d’études décide de consulter les don-
nées CRM de l’enseigne et d’identifier parmi les clientes encartées celles qui sont
fidèles à l’enseigne et celles dont les achats ont fortement diminué au cours des der-
niers mois. Ces personnes, si elles remplissent les critères d’âge, seront ensuite contac-
tées par un cabinet de recrutement spécialisé pour les inviter à venir participer, moyen-
nant dédommagement, à un entretien dans le point de vente.
Une fois que le chargé d’études et son client se sont mis d’accord sur une méthode, un
budget, un délai et des livrables, l’étude peut démarrer. L’objet des prochains chapitres
c Focus
La complexité des données massives (Big Data)
La digitalisation de nos vies couplée à projet en amont pour éviter de se perdre
l’augmentation de la puissance de traite- dans l’immensité des données dispo-
ment des données bouleverse le métier nibles. Hirth (2017) recommande pour
des études marketing. Un nombre infini cela de définir pour le projet des objectifs
d’informations sont déjà disponibles dits SMART, c’est-à-dire Spécifiques,
grâce aux programmes CRM, aux don- Mesurables, Atteignables, Réalisables et
nées de navigation fixe et mobile, à la Temporellement définis. Il souligne aussi
géolocalisation (smartphones, GPS), aux combien il est important d’impliquer
avis et commentaires laissés en ligne, etc. toutes les parties prenantes de l’organisa-
Dans ce contexte de « Big Data », il est tion car les données peuvent s’y trouver
plus que jamais nécessaire de cadrer son éparpillées.
est d’aider le lecteur à mener son étude en limitant les biais susceptibles de l’affecter et
en appliquant les méthodes d’analyses qualitatives et statistiques les plus adaptées à ses
données. À la fin de l’étude, le chargé d’études rédige un rapport qu’il présente généra-
lement oralement à son client. Malgré la complexité croissante des résultats statistiques
liés notamment à l’essor du Big Data, il est important que l’information puisse être
restituée de manière simplifiée pour que tous les acteurs de l’organisation, notamment
les personnes peu à l’aise avec les statistiques, puissent se les approprier. Les graphiques
permettent généralement de simplifier la présentation de l’information chiffrée1.
1. [Link]
2. [Link].
3. [Link].
Section
3 Le cadrage d’un projet de recherche
Tout projet de recherche démarre par le choix d’un sujet ou d’un thème de
recherche. Ces sujets peuvent découler de recherches existantes sur lesquelles un
regard critique amène à vouloir formuler et tester des hypothèses alternatives. Il
arrive aussi qu’un chercheur souhaite importer un champ de recherche d’une autre
discipline dans la sienne. C’est souvent le cas du marketing, qui puise son inspira-
tion dans les thématiques d’autres disciplines telles que les sciences économiques et
sociales. Les sujets de recherche peuvent aussi être amorcés par l’intérêt personnel
du chercheur pour un contexte ou une thématique. La vie quotidienne est une excel-
lente source d’inspiration et de questionnements pour qui sait ouvrir les yeux sur le
monde qui l’entoure. Cette manière de trouver un sujet de recherche est particuliè-
rement adaptée aux étudiants démarrant un projet de mémoire ou de thèse. Enfin, le
sujet peut venir d’une demande ou opportunité extérieure : un appel à projets ou un
contrat doctoral de type CIFRE (convention industrielle de formation par la
recherche), par exemple.
Bien des étudiants pensent devoir formuler leur problématique dès le début de leur
projet de mémoire ou de thèse. C’est oublier que l’objet de recherche est une
construction qui s’appuie soit sur des connaissances déjà existantes (raisonnement
par déduction), soit sur des observations empiriques (raisonnement par induction).
Dans les deux cas, définir sa problématique est une démarche longue, faite d’allers-
retours et qui nécessite une exploration théorique et/ou empirique du sujet.
Dans une démarche purement positiviste (ou hypothético-déductive), la problé-
matique est formulée à partir des insuffisances et des contradictions dans la littéra-
ture ou des incohérences entre la théorie et les faits. Le chercheur démarre donc son
projet avec une revue de la littérature pour formuler ensuite sa problématique. Dans
leur recherche sur le rôle de l’humour dans la vente, Lunardo, Bompar et Saintives
(2018) soulignent qu’alors que la littérature conceptualise l’humour comme un
construit multidimensionnel, on ne connaît pas les effets des différents types d’hu-
mour sur l’efficacité des vendeurs. Ceci les amène à formuler la problématique de
recherche suivante : « proposer une meilleure compréhension de la manière dont les
différents types d’humour sont susceptibles d’influencer les performances des ven-
deurs » (p. 7).
10
Dans une démarche purement interprétative (ou inductive), ce n’est qu’en accé-
dant à la compréhension des individus qui participent à la réalité sociale étudiée
que l’on peut faire émerger une question de recherche. Le chercheur commence
donc par s’immerger dans le phénomène étudié et fait émerger sa problématique à
mesure que sa compréhension du contexte se précise. Dans leur article sur les
mères au foyer en situation de pauvreté, Delacroix, Parguel et Benoit (2019) ont
démarré leur recherche par des entretiens et de l’observation netnographique, avec
pour seul point de départ d’identifier les stratégies de survie des familles pauvres.
Cette phase d’observation de plusieurs mois a permis de faire émerger le rôle joué
par l’économie collaborative en ligne dans l’économie des ménages pauvres. Ceci
a conduit les chercheuses à formuler la problématique suivante : les marchés pair-
à-pair en ligne sont-ils comparables aux marchés de subsistance des pays en voie
de développement et quels bénéfices peuvent-ils offrir aux micro-entrepreneuses
pauvres ?
Dans la pratique, cette opposition pure entre déduction et induction est à relativi-
ser. Dans la phase exploratoire de son projet, le chercheur positiviste aura souvent
recours à des données empiriques pour mieux cerner son sujet (entretiens qualitatifs
exploratoires ou observation, par exemple). Le chercheur interprétatif voudra quant
à lui connaître la littérature existante ne fut-ce que pour ne pas prendre le risque
d’étudier des phénomènes sur lesquels on sait déjà beaucoup de choses.
11
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lées les unes aux autres, forment un modèle théorique (aussi appelé cadre concep-
tuel), lequel doit représenter un ensemble cohérent. La phase de construction du
cadre conceptuel est critique et doit se dérouler en amont de la collecte des données.
À l’inverse de la démarche inductive où la théorie n’influence pas la manière de
collecter ses données, le cadre conceptuel d’une recherche hypothético-déductive
guide les choix méthodologiques. Bien qu’il soit possible d’adopter une méthode
qualitative dans un cadre hypothético-déductif (cf. chapitre 2), nous considérerons
ici le cas de figure le plus fréquent qui est celui de la méthode quantitative.
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Décisions méthodologiques
Pour passer des idées aux observations, le chercheur devra tout d’abord traduire
ses concepts en variables observables. On peut distinguer deux formes d’opération-
nalisation des variables : 1) la mesure d’une variable et 2) la manipulation d’une
variable. Pour mesurer une variable, on a recours à des indicateurs simples (ex. : le
taux de chômage, l’âge) ou complexes telles que des échelles de mesure (cf.
chapitre 8). Il est parfois nécessaire de manipuler la variable : l’humeur peut être
manipulée par la lecture d’un texte triste ou joyeux. Le chercheur devra ensuite
décider des modalités et des outils de la collecte des données (terrain, matériaux,
questionnaires, etc.) ainsi que des caractéristiques, de la quantité et des critères de
sélection des participants.
Une fois les données collectées, le chercheur choisira la méthode statistique
appropriée pour tester ses hypothèses. Celles-ci seront corroborées ou réfutées, ce
qui conduira, ou non, à une remise en cause de la théorie.
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