Chapitre 1 MMT - ISET
Chapitre 1 MMT - ISET
Introduction
Chaque exigence dimensionnelle ou géométrique spécifiée sur un dessin de définition doit être traitée et
respectée en elle-même indépendant des autres, sauf indication contraire.
Elle est représentée sur le dessin de définition par le symbole E placé à droite d’une coté tolérancée et
sert à assurer un assemblage et ce en limitant le défaut de forme par l’intermédiaire d’une tolérance
dimensionnelle.
L’exigence de l’enveloppe peut être indiquée à un élément isolé, soit un cylindre, soit un élément établi
par deux surfaces planes parallèles. L’exigence de l’enveloppe implique que l’élément tolérancé doit se
situer à l’intérieur de l’enveloppe de forme parfaite au maximum de matière
1
c) Exigence du maximum de matière
L’exigence du maximum de matière ou « Principe du maximum de matière » est spécifiée par le symbole
M placé à droite de la valeur de la tolérance et/ ou d’une référence. La norme définit la notion d’état
virtuel qui est l’état de l’enveloppe limite de forme parfaite permis par les exigences du dessin pour
l’élément. La présence dans une spécification d’un symbole de maximum de matière indique que la valeur
de la tolérance doit être respectée lorsque l’élément est au maximum de matière.
Si l’un des éléments marqués est à une valeur Vr comprise entre les valeurs du minimum Vmini et du
maximum Vmaxi de matière, la valeur de la tolérance sera augmentée de l’écart (Vmaxi – Vr) ou (Vr –
Vmini) suivant les cas.
(i) Exemple :
(ii) Interprétation :
(Voir ultérieurement).
La multitude de normes ainsi que la manière dont elles ont évolué (elles reposent essentiellement sur des
exemples) laisse apparaitre des ambiguïtés et voire même des incohérences (voir Figure 2). En effet, il
n’est pas rare de voir un fabricant traduire un tolérancement géométrique par une cotation adaptée à ses
moyens de production (cotes tolérances +/-) et ce avec toutes les conséquences que cela implique
(diminution des valeurs de tolérance, risque d’éliminer des pièces bonnes, etc.).
0.1
Ø20±0.1
Interprétation Interprétation
ISO 286 ISO 8015
Le concept GPS est une réponse à un besoin d’amélioration de la qualité des produits et à une volonté de
réduction des coûts d’étude et de réalisation. Au niveau de la norme ISO, la réponse consiste à définir et à
proposer un langage de spécification des produits caractérisé par :
l’expression sans ambiguïté des exigences fonctionnelles des mécanismes,
une base théorique robuste, permettant la caractérisation précise des conditions fonctionnelles, de
leur contrôle ainsi que la prise en compte des évolutions futures des systèmes informatiques,
un code univoque et international,
une cohérence globale de l’ensemble des normes, évitant les oublis, les redondances ou les
interprétations multiples.
L’ensemble de ces objectifs s’inscrit dans l’adoption du concept GPS (acronyme de Geometrical Product
Specifications) base de développement de séries de normes particulières, cohérentes entre elles, visant à
traiter de tous les aspects du cycle de vie d’un produit de sa conception à sa qualification. Historiquement,
les normes ISO traitant de la cotation considéraient parallèlement trois grands domaines : ajustement et
métrologie, états de surfaces et tolérancement géométrique. Pour unifier les normes actuelles et futures et
garantir la cohérence du système en cours de construction, l’ISO propose une démarche de classification
des normes selon deux axes concernant :
les caractéristiques géométriques d’un élément géométrique, permettant de le caractériser en taille,
forme, orientation, position, etc.,
les étapes de la cotation géométrique, l’évaluation des écarts dimensionnels, la définition et le
contrôle des instruments de mesure.
Le tout s’inscrit dans un tableau à double entrée, dit "matrice GPS" qui permet de dresser un bilan des
normes actuelles, de repérer les redondances et les manques et de programmer le développement des
normes à venir. Cette matrice et la démarche qui y est associée, est décrite précisément dans le document
ISO suivant : Spécification géométrique des produits (GPS) –Schéma directeur FD CR ISO/TR 14638.
ISET de Kairouan / Département de Génie Mécanique
Cours Métrologie 3D, Version 2016 3
a) Les éléments géométriques associés au concept GPS
Lors de la phase de conception d’une pièce mécanique, le concepteur donne une représentation idéale de
ce qu’il souhaite dans le "nominal model" alors que la pièce réalisée (après fabrication), est entachée de
défauts, alors cette pièce sera représentée dans le "skin model" (voir Figure 3).
Deux types principaux d’éléments géométriques sont définis dans le modèle de spécification GPS :
Les éléments idéaux, issus de modèles mathématiquement définissables. Ces éléments peuvent
être nominaux ou associés. Ils peuvent être infinis ou limités.
Les éléments non idéaux, issus de pièces réelles, ne peuvent pas être définis de façon
mathématique, comme les idéaux, ils sont infinis ou limités. (Skin modèle,…)
Les éléments géométriques, idéaux et non idéaux, peuvent être représentés comme indiqué dans le
Tableau 1. La relation entre les définitions de ces éléments géométriques est représentée dans la Figure 4.
Eléments idéaux Eléments non idéaux
Élément nominal (intégral ou dérivé) : élément Élément (intégral) réel : élément intégral constitutif
théoriquement exact habituellement défini par un de la surface réelle de la pièce, limité par les éléments
dessin technique ou d’autres moyens. réels adjacents.
Élément intégral associé : élément intégral de Élément intégral extrait : représentation approchée
forme parfaite associé à l’élément intégral extrait de l’élément réel, obtenue par l’extraction d’un
suivant des conventions spécifiées. nombre fini de points de l’élément réel. Cette
extraction est réalisée en appliquant des conventions
spécifiées.
Élément dérivé associé: centre, ligne médiane ou Élément dérivé extrait : centre, ligne médiane ou
surface médiane provenant d’un ou plusieurs surface médiane dérivée à partir d’un ou de plusieurs
éléments intégraux. éléments intégraux extraits.
Entité dimensionnelle : forme géométrique définie par une dimension linéaire du type taille.
Par exemple : cylindre, sphère, 2 surfaces parallèles opposées, cône, coin.
Élément intégral : Surface ou ligne d’une surface (dont on n'a rien retiré, entière, complète).
Dimension linéaire de
l’entité dimensionnelle
Élément
nominal dérivé
Figure 4 : Relation entre les définitions des éléments géométriques, d’après la norme ISO 14660-1:1999
Une opération est une contrainte imposée à un ou plusieurs éléments géométriques qui permet de définir
des éléments géométriques particuliers, selon des procédures normalisées, dotés de propriétés pouvant
intéresser les techniciens. Ces opérations sont regroupées dans les classes suivantes (voir Figure 5) :
Les partitions (découpages), qui permettent de définir des éléments de surface limitée,
Les extractions, qui permettent de définir des points à partir d’une surface ; le point de vue de
cette opération est purement métrologique (lors de l’utilisation d’une Machine à Mesurer
Tridimensionnelle, par exemple).
Les filtrages, qui permettent de définir des éléments significatifs d’un élément, ces opérations
sont surtout utiles pour exprimer les défauts macro-géométriques (rectitude, circularité…),
Les associations, qui amènent à associer des éléments géométriques entre eux selon des critères
définis,
Les unions (collection), qui permettent de définir des groupes d’éléments, en les considérants
comme un élément unique,
Les constructions, qui amènent à définir un nouvel élément construit géométriquement à partir
d’autres (idéaux).
La spécification géométrique des produits, GPS, consiste à définir au travers un dessin de définition, la
forme, les dimensions et les caractéristiques de surface d’une pièce qui en assurent un fonctionnement
optimal, ainsi que la variation autour de cet optimal pour laquelle la fonction est toujours satisfaite. La
maitrise de ces variations se fera selon deux méthodes :
La spécification par dimension : consiste à fixer les limites d’une grandeur de type longueur ou
angle propre à un élément idéal ou entre les éléments idéaux.
La spécification par zone de tolérance : consiste à définir un espace, appelé « zone de
tolérance », dans lequel doit se trouver un élément spécifié. Cet espace est un volume (ou une
surface) limité par des surfaces idéales (ou des lignes idéales). La norme ISO 1101 définit les
types de zones de tolérance possibles et ils sont représentés sur la Figure 6.
Figure 5 : Les six opérations de création d’éléments géométriques, d’après la norme ISO 17450-1:2011
Les tolérances dimensionnelles portent sur des grandeurs du type longueur ou angle.
Ils ont comme forme l’expression « L±t ». Une tolérance linéaire limite uniquement les dimensions
locales réelles (distance entre deux points réels) d’un élément simple.
Ø20±0.1 di di
Tolérance
dimensionnelle Modèle nominal spécifié (tolérancé) Skin modèle
Condition de conformité : 19.9≤di≤ 20.1
15±0.05
di
Tolérance
dimensionnelle
Modèle nominal spécifié (tolérancé) Skin modèle
Ø20±0.1 E Ø 20.1 di di
Conditions de conformité : (1) 19.9≤di≤ 20.1 et (2) l’enveloppe au maximum de matière ne doit pas être
dépassée
c) Tolérances angulaires
Une tolérance angulaire limite uniquement l’orientation générale des lignes ou des éléments linéaires des
surfaces. Ils ont comme forme l’expression « A±t ». L’unité de « A » et de « t » est celui d’un angle
(degrés, par exemple).
La tolérance angulaire est partiellement définit dans la norme (ISO 8015) car le plan dans lequel la mesure
doit être effectuée n’est pas définit. Cependant, la norme ISO 8015 précise que la distance maximum entre
les lignes de contacts (lignes associés) et les lignes réelles doivent être minimisé, ce qui peut constituer un
critère d’association.
Les cotes pour lesquelles il n’existe pas de "bipoint" (non mesurables avec un pied à coulisse, sans
jauge de profondeur) doivent être encadrées. Une cote encadrée est l’indication graphique d’une «
dimension théorique exacte ». Une cote encadrée est toujours reliée à une spécification géométrique.
Il est à noter qu’une cote encadrée peut remplacer, accompagné d’une spécification géométrique, une
spécification dimensionnelle.
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Les tolérances géométriques limitent les écarts admissibles de l’élément réel (non idéal) par rapport à sa
FORME, son ORIENTATION et sa POSITION en définissant une zone de tolérance à l’intérieur de
laquelle l’élément doit être compris [ISO 8015]. Une tolérance géométrique comporte :
des éléments tolérancés : éléments réels de type ponctuel, linéique ou surfacique ;
une zone de tolérance (voir Figure 6, pour les types de zones);
dans certains cas, une référence spécifiée : élément parfait de type point, droite ou plan (ou
système de référence). La référence spécifiée (ou le système de références spécifiées) est (sont)
obtenue (s) en faisant l’opération d’association d’élément géométriques parfaits aux éléments
géométriques réels. L’association se fait selon un ou plusieurs critères d’associations tels que
définis par la norme ISO 5459 :2011.
Il est à noter que pour les spécifications de formes (voir Figure 8), il n’existe pas de références spécifiées.
Les tolérances géométriques s’expriment par un cadre de tolérance à deux, trois, quatre ou cinq cases. Le
contenu de ces cases est représenté dans la Figure 7.
1 2 3 4 5
Symbole de la tolérance
Dans le cas où plusieurs spécifications s’appliquent au même élément, les cadres de tolérance peuvent être
disposés comme suit :
Avec impérativement : tf ≤ to ≤ tp
6×
∅ 0.1 A B C
Sauf cas particuliers, le cadre de tolérance est relié à l’élément tolérancé par une ligne de repère, raccordé
à l’un ou l’autre des côtés du cadre et terminé par une flèche qui aboutit :
sur le contour de l’élément ou sur le prolongement du contour (mais clairement séparé d’une ligne
de cote), si la tolérance s’applique à la ligne ou à la surface elle-même.
dans le prolongement de la ligne de cote, lorsque la tolérance s’applique à l’axe, au plan médian
ou au centre de l’élément :
Axe :
Plan médian :
La référence spécifiée est identifiée par une lettre majuscule inscrite dans un cadre relié à un triangle de
référence noirci ou non.
dans le prolongement de la ligne de cote lorsque l’élément de référence est l’axe, le plan médian
ou le centre de l’élément :
Axe :
Plan médian :
Une référence spécifiée simple peut être également définie sur une portion limitée d’une surface :
En conclusion, une référence spécifiée simple est l’une des 3 formes géométriques théoriquement exactes :
point, droite ou plan associée à l’élément de référence.
Zone de tolérance
Commenter la position de la zone de tolérance par rapport à la référence spécifiée dans la Figure
9.
Exemple 2 :
Zone de
tolérance :
cylindre de ∅
0.08
L’élément de référence est la surface nominalement Les références partielles A1, A2 et A3 sont trois lignes pris de
cylindrique A ; la référence spécifiée est l’axe (droite) l’élément de référence A (cylindre). La position angulaire des
de l’élément idéal « cylindre », associé à l’élément de lignes est précisée par les cotes encadrées et ils sont considérés
référence. fixes. La référence spécifiée établi à partir de A1, A2 et A3 est
l’axe du cylindre associé aux trois lignes A1, A2 et A3
Exemple 2 :
Exemple 3 : différence entre systèmes de références (ordre des éléments de référence) et référence
commune
Pour l’analyse des spécifications géométriques on utilisera le tableau d’analyse de spécification par zone
de tolérance. Chaque spécification géométrique doit être traitée séparément dans ce tableau.
a) Tolérances de formes
Réponses :
A 45
A A
PLA
PLA
PLA 0.05
20
15
PLA
B PLB
PLB
A
PLA
PLA
Indications :
La tolérance du profil (forme) du
cône est « t »
Le diamètre théorique exact
maximal du cône est « D »
L’angle théorique exacte du cône
est « ».
Exercice 2 : On demande d’analyser chacune des spécifications géométriques sur le dessin de la Figure 13.
Indications :
La tolérance du profil (forme) du cône est
« 0.05 » ;
L’angle théorique exacte du cône est « » ;
Le diamètre théorique exact de la section du
cône à la distance théorique exacte « 41mm »
par rapport à la référence B, est « ∅30mm » ;
La position axiale réelle de la section du cône
(∅30) doit être limité à ±Tx à partir de 41 mm
par rapport à la référence B.
L’axe de la zone de tolérance (du profil) doit
être confondu avec la référence A.
DRT-A
0.08
DRT-A
A
Surface tolérancé
PLB
B
DRT-A
PLB
DRT-A
PLB
Ligne
tolérancée
Tout diamètre
DRT-AB
A
B
Zone de tolérance
DRT-D