4-FLUAGE D’UNE POUTRE EN SOLLICITATION
Le fluage d’une poutre soumis à une sollicitation est un phénomène par lequel la déformation
de la poutre augmente avec le temps sous l’effet d’une charge constante, il se traduit en
anglais par « creep ». Ce terme, signifiant « ramper ».
Fluage définition :
Le fluage est une déformation lente et irréversible qui se produit dans un matériaux sous
contrainte constante, même si la charge appliquée reste inférieure à la limite d’élasticité,
Pendant une durée suffisante.
Facteur influençant le fluage ;
Ce sont :
1. Matériaux : Les matériaux viscoélastique comme le béton, le bois, certains polymères
ou métaux à haute température, sont particulièrement sensibles au fluage.
2. Charge appliquée : plus la charge appliquée est importante, plus le fluage est
prononcé.
3. Température : Les matériaux soumis à des températures élevées, par exemple les
alliages métalliques, présentent un fluage accéléré.
4. La durée : La déformation due au fluage augmente avec le temps.
Les trois phases du fluage :
1. Une phase primaire (fluage transitoire) où la déformation augmente
rapidement au début, mais son taux diminue avec le temps. C’est
souvent dû à la réorganisation interne des microstructures.
2. Une phase secondaire (fluage stationnaire) où La déformation se
stabilise à un taux presque constant. Cette phase peut durer très
longtemps si la contrainte appliquée est modérée.
3. Une phase tertiaire (fluage accéléré) où La déformation s'accélère
jusqu'à atteindre la rupture du matériau. Cette phase est critique
pour la sécurité.
Modélisation du fluage :
Pour analyser ce phénomène, plusieurs modèles mathématiques sont utilisés :
Modèle de Kelvin-Voigt : Ce modèle combine un ressort et un amortisseur en parallèle, ce
qui limite la déformation au cours du temps. Représente bien le comportement transitoire.
Caractéristiques :
La déformation converge vers une valeur asymptotique avec le temps.
Appliqué pour des matériaux avec un fluage limité, comme certains métaux à basse
température.
Modèle de Maxwell : constitué d'un ressort (comportement élastique) et d'un
amortisseur (comportement visqueux) en série. Il décrit bien le fluage
primaire (augmentation rapide de la déformation) mais ne représente pas
la stabilisation. Il est utilisé pour décrire le fluage irréversible.
Caractéristiques :
Décrit un fluage continu et irréversible sous contrainte constante.
Souvent utilisé pour les polymères et les matériaux présentant une relaxation à long terme.
Modèle de Burger : Le modèle de Burger combine les modèles de Maxwell et de
Kelvin-Voigt, il est plus réaliste pour les matériaux comme le béton. Il est
utilisé pour modéliser des comportements complexes, incluant les trois phases du fluage
(primaire, secondaire et tertiaire).
Caractéristiques :
Une déformation élastique immédiate due au ressort de Maxwell.
Une déformation visqueuse irréversible par l’amortisseur de Maxwell.
Un fluage limité par la partie Kelvin-Voigt.
Courbe de fluage ;
La courbe de fluage est un diagramme traçant la déformation par rapport au temps. On
distingue trois régimes ou 3 phases dans la courbe de fluage ; la phase primaire, la phase
secondaire et la phase tertiaire. Voici une représentation de la courbe de fluage :
La loi de Norton
La loi de Norton est une loi phénoménologique utilisée pour décrire le comportement de
fluage des matériaux sous contrainte à haute température.
Expression de la loi de Norton :
Effets du fluage sur une poutre :
Sous une charge constante (comme un poids ou une force uniforme), la
poutre subit une augmentation de flèche (courbure) au fil du temps.
Si la poutre est en béton armé, par exemple, le fluage peut amplifier la
flexion initiale. Dans des matériaux métalliques, soumis à des
températures élevées, le fluage peut réduire la résistance globale.
Le fluage peut entraîner une redistribution des contraintes entre
différentes parties de la poutre ou entre ses composants (par exemple,
entre le béton et les armatures dans le béton armé).
Si la déformation est imposée (comme dans des poutres précontraintes),
le fluage peut réduire les contraintes internes dans le matériau.
Conséquences structurelles
Le fluage, bien que lent, peut avoir des effets cumulatifs graves sur les structures. Par
exemple il peut provoquer :
1. Augmentation des déformations, compromettant l'esthétique ou la
fonctionnalité :
Le fluage peut entraîner des déformations progressives sous des
charges constantes, même si celles-ci sont inférieures à la limite
d'élasticité du matériau. Ces déformations excessives peuvent
altérer l'apparence de la structure, la rendant visuellement
inacceptable (comme dans le cas d'une flèche excessive sur un pont
ou un bâtiment). Cela peut également affecter la fonctionnalité, par
exemple, des portes ou des fenêtres qui ne s’ouvrent plus
correctement en raison des mouvements structurels, ou des
équipements mal alignés.
2. Redistribution des contraintes, affectant la sécurité :
Lorsque certaines parties d'une structure subissent du fluage, elles
peuvent transférer une partie de leur charge à d'autres éléments
structurels. Cela crée une redistribution des contraintes, ce qui peut
conduire à une surcharge imprévue de certaines zones. Si cette
surcharge dépasse la résistance des matériaux, cela peut provoquer
des fissures, une instabilité structurelle ou même l'effondrement
dans les cas extrêmes, mettant en danger la sécurité des occupants
et des usagers.
3. Réduction de la durée de vie de la structure :
Les déformations dues au fluage, lorsqu'elles ne sont pas
correctement prises en compte dans la conception ou surveillées
pendant l'utilisation, peuvent accélérer la dégradation des
matériaux. Par exemple, dans le béton armé, le fluage peut
exacerber la fissuration et favoriser la corrosion des armatures. Avec
le temps, ces effets cumulés diminuent la capacité portante et la
fiabilité de la structure, réduisant ainsi sa durée de vie utile et
augmentant les coûts d'entretien ou de reconstruction.
4. Perte de précontrainte :
Dans les structures précontraintes (comme le béton précontraint), le
fluage du matériau entraîne une relaxation des forces de
précontrainte. Ce qui provoque une réduction de la capacité
portante ,La perte de tension réduit l’efficacité de la précontrainte
pour contrer les charges appliquées. Et une risques d’instabilité, les
composants peuvent devenir plus vulnérables aux charges de
service ou aux charges accidentelles.
Mesures pour limiter le fluage
1. Utiliser des matériaux résistants au fluage, comme des alliages spéciaux ou des bétons à
haute résistance.
2. Réduire les contraintes permanentes ou augmenter les marges de sécurité dans les zones
critiques.
3.Limiter la température et les contraintes appliquées pour ralentir le fluage.
4.Suivre l’évolution des déformations et effectuer des réparations ou des renforcements
lorsque nécessaire.
Tests et mesures
Ils servent notamment à Tester et a prédire les déformations et dégradations des constructions
(ponts, bâtiments réacteurs (BR) de central nucléaire en béton précontraint etc..) qui influeront
sur leur performances et qualités au cœur de leur vieillissement ou en cas d’aléa sismique. En
pratique lors de l’essai de fluage les éprouvettes sont le plus souvent soumise à une force
constante appelée sollicitation. La contrainte est alors constante, tant que la variation de la
section de l’ éprouvette reste très faible. La déformation qui en résulte dépend en général des
conditions extérieures de la pièce :température, valeur de la contrainte, temps etc.
La déformation lors de l’essai est la Somme des déformations élastiques instantanée, et de la
déformation visqueuse due à l écoulement visqueux et qui est parfois appelée élasticité
retardée.
Il y a deux types de comportement lié au fluage , le comportement viscoélastique rencontré
principalement dans les polymères et le comportement viscoélastique qui concerne les métaux
et les céramique.