BURKINA FASO IVE REPUBLIQUE
----------- ----------
UNITE - PROGRES – JUSTICE TROISIEME LEGISLATURE
------------
ASSEMBLEE NATIONALE
LOI N° 015−2006/ΑΝ
PORTANT REGIME DE SECURITE SOCIALE APPLICABLE
AUX TRAVAILLEURS SALARIES ET ASSIMILES
AU BURKINA FASO.
2
L'ASSEMBLEE NATIONALE
VU la Constitution ;
VU la Résolution n°001-2002/AN du 5 juin 2002,
portant validation du mandat des députés;
a délibéré en sa séance du 11 mai 2006
et adopté la loi dont la teneur suit :
TITRE I - CHAMP D’APPLICATION
Article 1:
Il est institué au Burkina Faso un régime de Sécurité Sociale destiné à protéger les
travailleurs salariés et assimilés et leurs ayants-droit.
Ce régime comprend :
- une branche des prestations familiales chargée du service des prestations
familiales et des prestations de maternité ;
- une branche des risques professionnels, chargée de la Prévention et du
service des prestations en cas d'accident du travail et de maladie
professionnelle;
- une branche des pensions, chargée du service des prestations de
vieillesse, d'invalidité et de survivants ;
- toute autre branche qui viendrait à être créée par la loi.
Article 2 :
Le service des prestations défini à l’article 1 est complété par une action
sociale et sanitaire.
3
Article 3 :
Sont assujettis au régime de sécurité sociale institué par la présente loi tous les
travailleurs soumis aux dispositions du Code du Travail sans aucune distinction de
race, de nationalité, de sexe et d'origine, lorsqu'ils sont occupés en ordre principal
sur le territoire national pour le compte d'un ou plusieurs employeurs nonobstant la
nature, la forme la validité du contrat, la nature et le montant de la rémunération.
Y sont également assujettis les salariés de l'Etat et des collectivités publiques ou
locales qui ne bénéficient pas, en vertu des dispositions légales ou réglementaires,
d'un régime particulier de sécurité sociale.
Sont assimilés aux travailleurs salariés visés au premier alinéa du présent article,
les élèves et étudiants des écoles ou des centres de formation professionnelle et les
apprentis. Les branches et les modalités d’assujettissement les concernant sont
déterminées par arrêté conjoint des Ministres concernés, après avis de la
Commission Consultative du Travail.
Les modalités particulières nécessaires à l'application des dispositions de la
présente loi aux travailleurs temporaires ou occasionnels seront déterminées par
arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale, après avis de la Commission
Consultative du Travail.
Article 4 :
Outre les salariés définis à l’article 3 de la présente loi, la couverture du
régime peut être, pour certaines branches, élargie aux personnes exerçant une
activité professionnelle qui ne les assujettit pas à un régime obligatoire de
sécurité sociale. Ces personnes ont la faculté de souscrire à une assurance
volontaire.
Article 5 :
Toute personne ayant été obligatoirement affiliée au régime de Sécurité Sociale
pendant six (6) mois consécutifs, et qui cesse de remplir les conditions
d'assujettissement, a la faculté de souscrire à une assurance volontaire à condition
d’en faire la demande dans les cinq (5) ans qui suivent la date à laquelle son
affiliation obligatoire a pris fin.
Les modalités d’application de l’assurance volontaire prévue aux articles 4 et 5 de
la présente loi notamment celles relatives à l’affiliation, à la détermination des
revenus soumis à cotisations, au calcul et au paiement des cotisations et des
4
prestations, sont déterminées par arrêté du ministre en charge de la sécurité sociale,
après avis de la Commission Consultative du Travail.
TITRE II - FINANCEMENT DES BRANCHES
CHAPITRE I – AFFILIATION ET IMMATRICULATION DES
EMPLOYEURS ET DES TRAVAILLEURS
Article 6 :
Le régime institué par la présente loi est géré par un établissement public de
prévoyance sociale.
Article 7 :
Est obligatoirement affiliée en qualité d’employeur à l’établissement public de
prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi, toute
personne physique ou morale, publique ou privée, occupant au moins un travailleur
salarié au sens de l’article 3 de la présente loi.
L’employeur est tenu d’adresser une demande d’immatriculation audit
établissement dans les huit (08) jours qui suivent soit l’ouverture ou l’acquisition
de l’entreprise, soit le premier embauchage d’un salarié lorsque cet embauchage
n’est pas concomitant au début de l’activité
Un arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale pris après avis de la
Commission Consultative du Travail, détermine les modalités d’immatriculation
prévue au présent article.
5
CHAPITRE II – RESSOURCES
Article 8 :
Le financement des prestations servies par le régime institué par la présente loi
est assuré par :
- les cotisations sociales mises à la charge des employeurs et des travailleurs ;
- les majorations encourues pour cause de retard dans le paiement des
cotisations ou dans la production des déclarations nominatives de salaires ;
- le produit des placements de fonds ;
- les subventions, dons et legs ;
- Toutes autres ressources attribuées par un texte législatif ou réglementaire en
vue d’assurer l’équilibre financier du régime.
Les ressources énumérées à l’alinéa 1 du présent article ne peuvent être
utilisées qu’aux fins prévues par la présente loi et pour couvrir les frais
d’administration indispensables au fonctionnement régulier du régime.
Articles 9 :
Les cotisations dues au titre du régime institué par la présente loi sont assises sur
l’ensemble des rémunérations perçues par les personnes assujetties, y compris les
indemnités, primes, gratifications, commissions et tous autres avantages en
espèces, ainsi que la contre-valeur des avantages en nature, mais à l’exclusion des
remboursements de frais et des prestations familiales versées en vertu des
dispositions de la présente loi, dans la limite d’un plafond fixé par arrêté du
Ministre en charge de la sécurité sociale, après avis de la Commission Consultative
du Travail. L’évaluation des avantages en nature est faite conformément aux règles
prescrites par arrêté du Ministre en charge de la sécurité sociale, après avis de la
Commission Consultative du Travail.
Article 10 :
Le taux de cotisation afférent à chaque branche est fixé par décret, sur proposition
du Ministre en charge de la Sécurité Sociale, en pourcentage des rémunérations
soumises à cotisations après avis de la Commission Consultative du Travail. Il peut
6
être révisé selon la même procédure. La révision intervient obligatoirement dans
les cas visés à l'article 28 de la présente loi.
Les taux de cotisations sont fixés de manière que les recettes totales de chaque
branche permettent de couvrir l'ensemble des dépenses de prestations et d’action
sanitaire et sociale de cette branche ainsi que la partie des frais d'administration qui
s'y rapporte et de disposer du montant nécessaire à la constitution des diverses
réserves et du fonds de roulement.
Article 11 :
Le taux de cotisations de la branche des risques professionnels est un taux unique,
fixé conformément aux dispositions de l’alinéa 1 de l’article 10 de la présente loi. Il
peut être majoré jusqu'à concurrence du double à l'égard d'un employeur aussi
longtemps que celui-ci ne se conforme pas aux prescriptions des autorités
compétentes en matière de prévention des risques professionnels.
Article 12 :
Le taux de la branche des pensions est fixé de manière à assurer la stabilité de ce
taux et l'équilibre financier de la branche pendant une période suffisamment
longue. Si les recettes provenant des cotisations et du rendement des fonds sont
inférieures aux dépenses courantes de prestations et d'administration de cette
branche, le taux de cotisations est relevé selon la procédure décrite à l’alinéa 1 de
l’article 10 de la présente loi, de manière à garantir l'équilibre financier pendant une
nouvelle période.
Article 13 :
La cotisation de la branche des prestations familiales et celle des risques
professionnels sont à la charge exclusive de l'employeur.
Article 14 :
La cotisation de la branche des pensions est répartie entre le travailleur et son
employeur selon des proportions qui sont déterminées par décret ; la part
incombant au travailleur ne peut en aucun cas dépasser cinquante (50) pour cent du
montant de cette cotisation.
7
Article 15 :
L'employeur est débiteur des cotisations dues vis-à-vis de l’établissement public
de prévoyance sociale chargé de gérer le régime de sécurité sociale institué par la
présente loi. Il est responsable de leur versement, y compris de la part mise à la
charge du travailleur et qui est précomptée sur la rémunération de celui-ci lors de
chaque paie.
Le salarié ne peut s'opposer au prélèvement de cette part. Le paiement de la
rémunération effectué sous déduction de la retenue de la contribution du salarié
vaut acquit de cette contribution à l'égard du salarié de la part de l'employeur.
Si un travailleur est occupé au service de deux ou plusieurs employeurs, chacun
des employeurs est responsable du versement de la part des cotisations
proportionnellement à la rémunération qu'il paie à l'intéressé.
La contribution de l'employeur reste exclusivement et définitivement à sa charge,
toute convention contraire étant nulle de plein droit.
Article 16 :
L'employeur verse les cotisations globales dont il est responsable aux dates et selon
les modalités fixées par arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale.
Une majoration de un virgule cinq (1,5) pour cent par mois ou fraction de mois de
retard est appliquée aux cotisations qui n'ont pas été acquittées dans le délai
prescrit.
Les majorations prévues à l’alinéa 2 du présent article sont payables en même
temps que les cotisations. Le recours introduit devant le Tribunal du Travail
n'interrompt pas le cours des majorations de retard.
Les employeurs peuvent en cas de force majeure ou de bonne foi dûment prouvée
formuler une demande gracieuse en réduction des majorations de retard encourues
en application de l’alinéa 2 du présent article. Un arrêté du Ministre en charge de la
Sécurité Sociale fixe les modalités selon lesquelles il pourra être statué sur cette
requête qui n'est recevable qu'après règlement de la totalité des cotisations
principales.
La réduction prévue à l’alinéa 4 du présent article ne peut excéder cinquante
(50) pour cent du montant total des majorations de retard encourues.
8
Article 17 :
L'employeur est tenu de produire semestriellement un bordereau nominatif
indiquant pour chacun des salariés qu'il a occupé au cours du semestre concerné, le
montant total des rémunérations ou gains perçus, ainsi que la durée du travail
effectué. Ce bordereau est adressé à l’établissement public de prévoyance sociale
chargé de gérer le régime institué par la présente loi en même temps qu'à
l'inspection du travail du ressort, aux dates et selon les modalités fixées par arrêté
du Ministre en charge de la sécurité sociale.
Le défaut de production aux échéances prescrites dudit bordereau donne lieu à
l'application d'une majoration au profit de l’établissement public de prévoyance
sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi, dans les conditions
fixées par arrêté du Ministre en charge de la sécurité sociale.
La majoration prévue au présent article est liquidée par la direction de
l’établissement visé aux alinéas 1 et 2 du présent article et recouvrée dans les
mêmes conditions que les cotisations.
Article 18 :
Lorsque la déclaration de salaires servant de base au calcul des cotisations n'a pas
été communiquée à l’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le
régime institué par la présente loi, une taxation d'office est effectuée sur la base des
salaires ayant fait l'objet de la déclaration la plus récente majorée de vingt cinq (25)
pour cent, ou à défaut sur la base de la comptabilité de l'employeur.
Lorsque la comptabilité de l'employeur ne permet pas d'établir le chiffre exact des
salaires payés par lui à un ou plusieurs de ses salariés, le montant des salaires est
fixé forfaitairement par l’établissement public de prévoyance sociale chargé de
gérer le régime institué par la présente loi en fonction des taux des salaires
pratiqués dans la profession.
La procédure de recouvrement visée aux articles 20 et 21 de la présente loi
s'applique à la taxation d'office qui perd sa valeur de créance si l'employeur produit
la déclaration des salaires réellement versés durant la période considérée.
Article 19 :
9
Les créances de cotisations sociales sont garanties par un privilège sur les biens
meubles et immeubles du débiteur. Ledit privilège prend rang immédiatement
après les créances de salaires.
L’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime
institué par la présente loi peut pratiquer toute saisie sur le salaire ou sur
toutes sommes qui seraient dues par des tiers à un débiteur de cotisations
sociales.
Il peut également procéder au recouvrement des cotisations sociales, à
concurrence du montant des créances dues, par voie de sommation ou d’avis
à tiers détenteur, contre tout établissement bancaire, employeur, locataire,
d’une façon générale, tout débiteur des personnes redevables des créances ou
tout tiers détenteur de deniers leur appartenant.
Article 20 :
Si un employeur ne s'exécute pas dans les délais légaux, toute action en poursuite
effectuée contre lui est obligatoirement précédée d'une mise en demeure. Cette
mise en demeure peut être faite sous forme de lettre recommandée ou de tout autre
moyen de notification avec accusé de réception l'invitant à régulariser sa situation
dans un délai de quinze (15) jours au moins et de trois (3) mois au plus. Ampliation
de la mise en demeure est communiquée à l'inspection du travail du ressort.
Article 21:
Si la mise en demeure reste sans effet, la direction de l’établissement public de
prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi peut, après
avis de l'inspection du travail du ressort et sans préjudice de toute action pénale,
délivrer une contrainte revêtue du titre exécutoire apposé par le Président du
Tribunal du Travail territorialement compétent.
Ladite contrainte est signifiée par acte d'huissier. Elle comporte tous les effets d'un
jugement.
La possibilité qui était donnée aux employeurs d’interrompre l’exécution de la
contrainte est supprimée (alinéa 2 de l’art. 30 de la loi n°13/72
CHAPITRE III – GESTION FINANCIERE DES BRANCHES
10
Article 22 :
Chacune des branches du régime de Sécurité Sociale fait l'objet d'une gestion
financière distincte, les ressources d'une branche ne pouvant être affectées à la
couverture des charges d'une autre branche.
Le Ministre en charge de la Sécurité Sociale détermine par arrêté, sur proposition
du conseil d'administration de l’établissement public de prévoyance sociale chargé
de gérer le régime institué par la présente loi, la part des frais d'administration à
imputer à chacune des branches.
Article 23 :
Il est institué pour le fonctionnement des services de l’établissement public de
prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi, un fonds
de roulement commun à l'ensemble des branches, dont le montant ne peut être
inférieur à deux fois la moyenne mensuelle des dépenses dudit établissement
constatées au cours du dernier exercice.
Article 24 :
Dans la branche des risques professionnels, l’établissement public de prévoyance
sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi établit et maintient:
- une réserve technique égale au montant des capitaux constitutifs des rentes
allouées, déterminée selon les règles établies par arrêté du Ministre en charge de la
Sécurité Sociale ;
- une réserve de sécurité au moins égale à la moitié du montant total des
dépenses moyennes annuelles des prestations constatées dans cette branche au
cours des deux derniers exercices à l'exclusion de celles afférentes aux rentes.
Article 25 :
La réserve de la branche des pensions est constituée par la différence entre les
recettes et les dépenses de cette branche. Cette réserve ne peut être inférieure au
montant total des dépenses constatées pour la branche des pensions au cours des
trois derniers exercices.
Article 26 :
11
Pour la branche des prestations familiales, l’établissement public de prévoyance
sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi établit et maintient une
réserve de sécurité égale au montant total des dépenses trimestrielles moyennes de
prestations constatées dans cette branche au cours des deux derniers exercices.
Article 27 :
Les fonds des réserves de chaque branche, leurs placements respectifs ainsi que le
produit de ces placements sont comptabilisés séparément.
Les placements sont effectués selon le plan financier établi par le conseil
d'administration et approuvé par le Ministre en charge de la Sécurité Sociale.
Le plan financier doit réaliser la sécurité réelle de ces fonds et viser à obtenir un
rendement optimal dans leur placement. Il doit également concourir dans toute la
mesure du possible à la création d'emplois.
Les fonds de réserves de sécurité des branches des prestations familiales et des
risques professionnels sont placés à court terme tandis que les fonds de la réserve
technique de la branche des pensions et ceux de la branche des risques
professionnels sont investis dans des opérations à long terme garantissant le taux
minimum technique d'intérêt nécessaire à l'équilibre de ces deux branches.
Article 28 :
Si à la fin d'un exercice, le montant des réserves de l'une des branches devient
inférieur à la limite minimale fixée conformément aux articles 24, 25 et 26 de la
présente loi, le Ministre en charge de la Sécurité Sociale propose la fixation, selon
la procédure définie à l'article 10, d'un nouveau taux de cotisations en vue de
rétablir l'équilibre financier de la branche et de relever le montant des réserves au
niveau prévu dans un délai maximum de trois ans à compter de la fin de cet
exercice.
Article 29 :
L’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par
la présente loi effectue au moins une fois tous les cinq ans une analyse actuarielle
de chaque branche du régime de sécurité sociale.
Si l'analyse révèle un danger de déséquilibre financier dans une branche
déterminée, il est procédé au réajustement du taux de cotisations de cette branche
selon la procédure prévue à l'article 10 de la présente loi.
12
TITRE III - PRESTATIONS
CHAPITRE I - BRANCHE DES PRESTATIONS FAMILIALES
Article 30 :
La branche des prestations familiales comprend les allocations prénatales,
les allocations familiales, les prestations de maternité.
Article 31 :
Pour pouvoir prétendre aux prestations familiales, le travailleur assujetti au
régime de sécurité sociale institué par la présente loi doit justifier de trois mois de
travail consécutif chez un ou plusieurs employeurs. Toutefois, ces conditions ne
s’appliquent pas dans le cas des prestations de maternité.
Article 32 :
En cas de décès d’un allocataire non titulaire d’une pension de vieillesse ou
d’invalidité, le conjoint survivant, même s’il n’exerce aucune activité
professionnelle, peut continuer à bénéficier des prestations familiales pour les
enfants qui étaient à la charge du de cujus à condition qu’il en assure la garde et
l’entretien. Ce droit ne peut se cumuler avec l’attribution des pensions ou des
rentes d’orphelins.
Article 33 :
Lorsque le père et la mère d'un enfant peuvent prétendre chacun de son
côté à des prestations familiales, soit à la charge du régime de sécurité sociale
institué par la présente loi, soit à la charge de tout autre régime public de sécurité
sociale, celles-ci sont établies et liquidées au nom de celui qui bénéficie des
prestations les plus avantageuses. Aucun cumul n'est admis. Un arrêté du Ministre
en charge de la Sécurité Sociale précisera les modalités d'application du présent
article après avis de la Commission Consultative du Travail.
Section I : Allocations prénatales
13
Article 34 :
Il est attribué à toute femme salariée ou conjointe d'un travailleur salarié,
remplissant la condition prescrite à l'article 31 de la présente loi, des allocations
prénatales à compter du jour de la déclaration de la grossesse. Si cette déclaration
est faite dans les trois premiers mois de la grossesse, les allocations prénatales sont
dues pour les neuf mois ayant précédé la naissance.
Article 35 :
Le droit aux allocations prénatales est subordonné à l'observation, par la
mère, de prescriptions médicales dont les modalités et la périodicité sont fixées par
arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale.
Lors de la déclaration de la grossesse, l’établissement public de
prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi délivre à
l'intéressée un carnet de grossesse et de maternité destiné à recevoir les
renseignements permettant de vérifier son état civil et l'accomplissement des
prescriptions médicales.
Article 36 :
Les modalités de paiement des allocations prénatales, leur périodicité et les
conditions dans lesquelles les paiements peuvent être suspendus sont déterminées
par arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale, après avis de la
Commission Consultative du Travail.
Section II : Allocations familiales
Article 37 :
Les allocations familiales sont attribuées à l'assuré pour chacun des enfants à
charge ayant moins de quinze (15) ans dans la limite de six enfants.
La limite d'âge est portée à dix-huit (18) ans pour l'enfant placé en
apprentissage et à vingt et un (21) ans si l'enfant poursuit ses études ou si par suite
d'une infirmité ou d'une maladie incurable, l'enfant est dans l'impossibilité d'exercer
une activité rémunératrice.
Article 38 :
14
Sont considérés comme enfants à charge les enfants âgés de quinze (15)
ans révolus au plus qui vivent avec l'assuré(e) et dont celui-ci ou celle-ci assume de
façon permanente l'entretien, si ces enfants rentrent, en outre, dans une des
catégories suivantes :
- les enfants de l'assuré (e) ;
- les enfants du conjoint de l’assuré (e) ou ceux placés sous la tutelle de
l’un des conjoints lorsqu'il y a eu décès régulièrement déclaré ;
- les enfants ayant fait l'objet d'une adoption par l'assuré ou son conjoint
conformément à la loi ;
- les enfants d'un travailleur décédé placés sous tutelle;
- les enfants d’un travailleur déclaré incapable et placé sous tutelle
La condition de cohabitation est censée remplie si l'absence de l'enfant du
foyer du travailleur est dictée par des raisons de santé ou d'éducation.
Article 39 :
Les allocations familiales sont maintenues pendant les périodes
d'interruption d'études ou d'apprentissage pour cause de maladie, dans la limite
d'une année à partir de l'interruption.
L'attribution de bourses d'enseignement ou d'apprentissage ne fait pas
obstacle à l'attribution des allocations familiales.
Article 40 :
Le droit aux allocations familiales est subordonné:
- à la justification par l'assuré d'une activité salariée au moins égale à dix-
huit (18) jours ou à cent vingt (120) heures par mois de travail. Les périodes qui
peuvent être assimilées à des périodes de travail sont déterminées par arrêté du
Ministre en charge de la Sécurité Sociale, après avis de la Commission
Consultative du Travail;
15
- à l'inscription de l'enfant bénéficiaire au registre d'état civil dans les délais
légaux après sa naissance, sous réserve des dérogations prévues par la loi;
- à l'assistance régulière des enfants bénéficiaires d'âge scolaire aux cours
des établissements scolaires ou de formation professionnelle, sauf impossibilité
certifiée par les autorités compétentes ;
- à la présentation à des examens médicaux dont la périodicité et les
modalités sont fixées par arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale, pour
les enfants bénéficiaires n'ayant pas atteint l'âge scolaire.
Article 41 :
Les taux des prestations familiales sont fixés par arrêté du Ministre en
charge de la Sécurité Sociale après avis de la Commission Consultative du Travail.
Ils peuvent être révisés selon la même procédure sur proposition du Conseil
d'Administration de l’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le
régime institué par la présente loi.
Article 42 :
Les allocations familiales sont liquidées d'après le nombre d'enfants y
ouvrant droit le premier jour de chaque mois civil.
Elles sont dues dès la naissance, tout cumul avec les allocations prénatales
étant prohibé. Elles sont payables pour le mois entier du décès de l’enfant.
Les allocations familiales sont payées à terme échu et à des intervalles
réguliers ne dépassant pas trois mois.
Les prestations familiales sont servies directement par l’établissement public
de prévoyance sociale chargé de gérer le régime.
Toutefois, l’établissement public de prévoyance sociale peut confier aux
employeurs le service des prestations familiales dues aux travailleurs qui sont à
leur service, selon les conditions et les modalités déterminées par arrêté du
Ministre en charge de la Sécurité Sociale. Ces versements ne libèrent pas les
employeurs de leur obligation de verser à l’établissement public de prévoyance
sociale les cotisations prescrites à l'article 9 dans les délais déterminés en
application de l'article 16 de la présente loi.
Article 43 :
16
Les prestations familiales sont payables à la mère ou, à défaut, au père
de l’enfant.
Dans le cas où il est établi, après enquête des services de l’établissement
public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi,
que les allocations familiales ne sont pas utilisées dans l'intérêt des enfants, le
directeur général de l’établissement peut décider leur paiement à la personne qui a
la charge effective et la garde permanente de l'enfant. Ces décisions doivent être
soumises, dès que possible, à l'approbation de son Conseil d’Administration.
Section III : Les prestations de maternité
Article 44 :
Les prestations de maternité sont constituées d’une indemnité journalière
destinée à compenser la perte de salaire pendant la durée de congé de maternité et
de prestations en nature.
Article 45 :
Toute femme salariée perçoit à l'occasion du congé de maternité une
indemnité journalière de maternité.
Cette indemnité est accordée pendant une période de quatorze (14) semaines
dont au moins quatre (4) semaines avant la date présumée de l'accouchement, à la
condition que l'assurée cesse toute activité salariée.
Dans le cas d'un repos supplémentaire, justifié par la maladie résultant de la
grossesse ou des couches, l'indemnité journalière peut être payée jusqu'à
concurrence d'une période supplémentaire de trois semaines.
L'erreur du médecin dans l'estimation de la date d'accouchement ne peut
priver la femme salariée de l'indemnité à laquelle elle a droit à compter de la date
indiquée sur le certificat jusqu'à celle à laquelle l'accouchement se produit.
Article 46 :
17
L'indemnité journalière versée au titre de la présente loi à la femme salariée
en couches est égale à la rémunération soumise à cotisations perçue au moment de
la suspension du travail.
L'indemnité journalière visée ci-dessus ne supporte pas de retenues au titre
des cotisations sociales et est exempte de tout impôt.
La fraction de rémunération non soumise à cotisation est à la charge de
l'employeur.
Les modalités de liquidation et de paiement de cette indemnité de même que
les formalités administratives à accomplir par la femme salariée pour en bénéficier
sont fixées par arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale.
Article 47 :
Les frais d'accouchement de la femme salariée dans une formation sanitaire
agréée, ainsi que, le cas échéant, les soins médicaux nécessaires pendant le congé
de maternité et les frais pharmaceutiques, dans la mesure où les médicaments sont
délivrés en raison de la maladie résultant de la grossesse ou des couches, sont à la
charge exclusive du régime.
CHAPITRE II – BRANCHE DES RISQUES PROFESSIONNELS
Section I : Actions de prévention
Article 48 :
Les actions au titre de la prévention consistent à toutes actions de
prévention générale des accidents du travail, des maladies professionnelles et
de la réadaptation des invalides en particulier :
- veiller aux observations par les employeurs des prescriptions légales et
réglementaires visant à préserver la sécurité et la santé des
travailleurs ;
- contrôler la mise en œuvre des dispositions générales de prévention,
applicables à l’ensemble des professions exerçant une activité ou
utilisant les mêmes outillages et procédés ;
18
- recueillir pour les diverses catégories d’entreprises toutes données
permettant d’établir les statistiques des accidents du travail et des
maladies professionnelles en tenant compte de leurs causes et
circonstances, de leur fréquence, de l’importance des incapacités qui
résultent et des coûts de la réparation ;
- exploiter les résultats des recherches portant sur les risques
professionnels et les mesures de réadaptation des victimes d’incapacité;
- mener des campagnes pour le développement des mesures de
prévention et de réadaptation et de reclassement;
- proposer des majorations de cotisations prévues à l’article 9, alinéa 2
de la présente loi, à l’encontre de tous les employeurs qui ne respectent
pas les mesures de prévention préconisées.
Article 49:
Les enquêtes et les actions de prévention sont effectuées par des agents
de prévention assermentés.
Section II : Réparation des risques professionnels
Article 50 :
Sont considérés comme risques professionnels :
- les accidents du travail ;
- les maladies professionnelles.
Article 51 :
L’accident de travail, est l’accident survenu à un travailleur par le fait ou
à l’occasion du travail quelle qu’en soit la cause.
Il en est de même pour :
- l’accident survenu à un travailleur pendant le trajet d’aller et de retour,
entre sa résidence ou le lieu où il prend ordinairement ses repas et le lieu où
il effectue son travail ou perçoit sa rémunération, dans la mesure où le
19
parcours n’a pas été interrompu ou détourné par un motif dicté par l’intérêt
personnel ou indépendant de l’emploi ;
- l'accident survenu pendant les voyages dont les frais sont supportés par
l'employeur en vertu des textes en vigueur.
Article 52 :
Est considérée comme maladie professionnelle, toute maladie désignée dans le
tableau des maladies professionnelles et contractée dans les conditions
mentionnées dans ce tableau.
Le tableau des maladies professionnelles prévu à l’alinéa 1 du présent article est
adopté par décret pris en Conseil des ministres sur proposition conjointe du
Ministre en charge de la Sécurité Sociale et du Ministre en charge de la Santé après
avis du Comité Technique National Consultatif d'Hygiène et de Sécurité.
Le tableau des maladies professionnelles établit la liste des maladies
professionnelles avec, en regard, la liste des travaux, procédés, professions
comportant la manipulation et l'emploi des agents nocifs ou s'effectuant dans des
conditions ou régions insalubres qui exposent les travailleurs de façon habituelle au
risque de contracter ces maladies.
Il est procédé périodiquement à la mise à jour du tableau des maladies
professionnelles selon la procédure visée à l’alinéa 3 du présent article pour tenir
compte des nouvelles techniques de production et des progrès scientifiques.
Article 53 :
Est également présumée d’origine professionnelle, une maladie caractérisée,
non désignée dans le tableau de maladies professionnelles, lorsqu’il est établi
qu’elle est essentiellement et directement causée par le travail habituel de la
victime et qu’elle entraîne le décès ou une incapacité permanente de celle-ci.
Dans ce cas, un avis motivé d’un comité de santé créé par arrêté conjoint des
Ministres en charge de la Sécurité Sociale et de la Santé et constitué du
médecin conseil de l’établissement public de prévoyance sociale chargé de
gérer le régime institué par la présente loi, du médecin traitant de la victime et
d’un expert désigné par le Ministre en charge de la santé est requis avant
toute prise en charge.
Article 54 :
20
Les dispositions relatives aux accidents du travail sont applicables aux maladies
professionnelles.
La date de la première constatation médicale de la maladie professionnelle est
assimilée à la date de l'accident.
Les maladies qui se déclarent après la date à laquelle le travailleur a cessé d'être
exposé au risque de les contracter ouvrent droit aux prestations si elles se déclarent
dans les délais indiqués sur le tableau prévu à l’article 52 de la présente loi.
Article 55 :
L'employeur est tenu de déclarer l’établissement public de prévoyance sociale
chargé de gérer le régime institué par la présente loi et à l'inspection du travail du
ressort, dans un délai de quarante-huit (48) heures, tout accident du travail ou toute
maladie professionnelle dont sont victimes les salariés occupés dans l'entreprise.
En cas de carence ou d'impossibilité de l'employeur, la déclaration peut être
faite par la victime ou par ses représentants ou encore par ses ayant-droits
jusqu'à l'expiration d'un délai de deux ans suivant la date de l'accident ou la
première constatation médicale de la maladie professionnelle.
Article 56 :
La déclaration doit être faite selon la forme et selon les modalités déterminées par
arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale, sur proposition de la direction
de l’établissement public de prévoyance sociale après avis de la Commission
Consultative du Travail.
Article 57 :
Les prestations comprennent :
- les soins médicaux nécessités par les lésions résultant de l'accident, qu'il
y ait ou non interruption du travail ;
- des indemnités journalières en cas d'incapacité temporaire de travail;
- la rente ou une allocation d'incapacité en cas d'incapacité permanente
de travail totale ou partielle;
-l’allocation de frais funéraires et des rentes de survivants en cas de décès.
21
Article 58 :
Les soins médicaux comprennent :
- les consultations médicales
- l'assistance médicale, chirurgicale et dentaire y compris les examens
radiographiques, les examens de laboratoire et les analyses ;
- la fourniture de produits pharmaceutiques ou accessoires ;
- l'entretien dans un hôpital ou dans toute autre formation sanitaire ;
- la fourniture, l'entretien et le renouvellement des appareils de prothèse et
d’orthopédie nécessités par les lésions résultant de l'accident et reconnus
par le médecin désigné ou agréé par l’établissement public de prévoyance
sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi comme
indispensables ou de nature à améliorer la réadaptation fonctionnelle ou la
rééducation professionnelle ;
- la réadaptation fonctionnelle, la rééducation professionnelle et le
reclassement de la victime dans les conditions déterminées par arrêté du
Ministre en charge de la Sécurité Sociale après avis du comité technique
national consultatif d’hygiène et de sécurité;
- le transport de la victime du lieu de l'accident à la formation sanitaire la
plus proche ou à sa résidence.
Article 59 :
A l'exception des soins de première urgence mis à la charge de l'employeur, les
soins médicaux sont fournis par l’établissement public de prévoyance sociale
chargé de gérer le régime institué par la présente loi ou supportés par lui. Dans ce
dernier cas, elle en verse directement le montant aux praticiens, pharmaciens,
auxiliaires médicaux, fournisseurs, ainsi qu'aux établissements ou centres
médicaux publics ou privés agréés par le Ministre en charge de la Santé.
Selon les modalités fixées par arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale,
l’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime peut
convenir avec ces derniers l'application d'un tarif forfaitaire sur la base de
convention conclue entre eux.
22
Les frais de transport peuvent donner lieu à remboursement direct à la victime.
Article 60 :
En cas d'incapacité temporaire de travail dûment constatée par l'autorité médicale
compétente, la victime a droit à une indemnité journalière pour chaque jour
d'incapacité, ouvrable ou non, suivant celui de l'arrêt de travail consécutif à
l'accident. L'indemnité est payable pendant toute la période d'incapacité de travail
qui précède la guérison, la consolidation de la lésion ou le décès du travailleur. La
rémunération de la journée au cours de laquelle le travail a cessé est intégralement
à la charge de l'employeur.
Le montant de l'indemnité journalière est égal aux deux tiers de la rémunération
journalière moyenne de la victime, le tiers restant étant à la charge de l'employeur.
La rémunération journalière moyenne s'obtient en divisant par quatre vingt dix le
total des rémunérations soumises à cotisation perçues par l'intéressé au cours des
trois mois précédant celui au cours duquel l'accident est survenu.
Au cas où la victime n'a pas travaillé pendant toute la durée des trois mois ou que le
début du travail dans l'entreprise où l'accident est survenu remonte à moins de trois
mois, la rémunération servant au calcul de la rémunération journalière moyenne est
celle qu'elle aurait perçue si elle avait travaillé dans les mêmes conditions pendant
la période de référence de trois mois.
L'indemnité journalière est réglée aux mêmes intervalles réguliers que le salaire.
Ces intervalles ne peuvent toutefois être inférieurs à une semaine, ni supérieurs à
un mois.
Article 61 :
En cas d'incapacité permanente dûment constatée par le médecin désigné ou agréé
par l’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué
par la présente loi, la victime a droit à:
- une rente d'incapacité permanente lorsque le degré de son incapacité est
au moins égal à quinze (15) pour cent ;
- une allocation d'incapacité versée en une seule fois lorsque le degré de
son incapacité est inférieur à quinze (15) pour cent.
Article 62 :
23
Le degré de l'incapacité permanente est déterminé d'après la nature de l'infirmité,
l'état général, l'âge, les facultés physiques et mentales de la victime, ainsi que
d'après ses aptitudes et qualifications professionnelles sur la base d'un barème
indicatif d'invalidité établi par arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale
après avis du Comité Technique National Consultatif d'Hygiène et de Sécurité.
Article 63 :
La rente d'incapacité permanente totale est égale à quatre vingt cinq (85) pour cent
de la rémunération moyenne de la victime.
Le montant de la rente d'incapacité permanente partielle est, selon le degré de
l'incapacité, proportionnel à celui de la rente à laquelle la victime aurait eu droit en
cas d'incapacité permanente totale.
Le montant de l'allocation d'incapacité est égal à trois fois le montant annuel de la
rente fictive correspondant au degré d'incapacité de la victime.
Les arrérages des rentes courent le lendemain du décès ou de la date de
consolidation de la blessure.
Article 64 :
La rémunération mensuelle moyenne servant de base au calcul de la rente est égale
à 30 fois la rémunération journalière moyenne déterminée selon les dispositions de
l’alinéa 3 de l'article 60 de la présente loi.
Article 65 :
Lorsque la victime décède des suites de l’accident du travail ou de la
maladie professionnelle, les survivants ont droit à une allocation de frais
funéraires et à des rentes de survivants.
Article 66 :
Sont considérés comme survivants :
- le conjoint survivant non divorcé(e), non remarié(e), ni en abandon de
domicile conjugal à condition que le mariage soit antérieur au décès.
24
- les enfants à charge de la victime, tels qu'ils sont définis à l’article 38 de
la présente loi;
- les ascendants directs à la charge de la victime au moment de l'accident;
Article 67 :
L'allocation des frais funéraires est égale à la moitié du plafond mensuel
retenu pour le calcul des cotisations.
Si le décès s'est produit au cours d'un déplacement de la victime pour son travail
hors de sa résidence, le régime de sécurité sociale supporte également les frais de
transport du corps.
Article 68 :
Les rentes de survivants sont fixées en pourcentage de la rémunération servant de
base au calcul de la rente d'incapacité permanente, à raison de :
- cinquante pour cent pour le conjoint, en cas de pluralité de veuves,
le montant leur est réparti à part égale de manière définitive ; aucune
nouvelle répartition n’est effectuée, même en cas de décès ou de remariage
de l’une d’entre elles ;
- quarante pour cent pour le ou les orphelins ; en cas de pluralité de
bénéficiaires, le montant est reparti en parts égales de manière définitive,
aucune nouvelle répartition n’est effectuée ;
- dix pour cent pour le ou les ascendants à charge.
Toutefois, le montant total des rentes de survivants ne peut excéder quatre vingt
cinq pour cent de la rente à laquelle l’assuré aurait eu droit en cas d’incapacité
permanente totale.
Article 69:
Si le bénéficiaire d'une rente d'incapacité permanente partielle est de nouveau
victime d'un accident du travail, la nouvelle rente est fixée en tenant compte de
25
l'ensemble des lésions subies et de la rémunération prise comme base de calcul de
la rente précédente.
Toutefois, si à l'époque du dernier accident la rémunération moyenne de la victime
est supérieure à celle qui a été prise comme base de calcul de la rente, la nouvelle
rente est calculée d'après la rémunération la plus élevée.
Article 70 :
Si le bénéficiaire d'une allocation d'incapacité est de nouveau victime d'un accident
du travail et se trouve atteint d'une incapacité d'au moins 15 pour cent, la rente est
calculée en tenant compte de l'ensemble des lésions subies et de la rémunération
prise comme base de calcul pour l'allocation d'incapacité.
Si, à l'époque du dernier accident, la rémunération de la victime est supérieure à
celle qui a été prise comme base de calcul de l'allocation, la rente est calculée
d'après la rémunération la plus élevée. Dans tous les cas, son montant sera réduit,
pour chacune des trois premières années suivant la liquidation de la rente du tiers
du montant de l'allocation d'incapacité allouée à l'intéressé.
Article 71 :
Les rentes d'incapacité sont toujours concédées à titre temporaire. Toute
modification dans l'état de la victime par aggravation ou par atténuation de
l'infirmité, dûment constatée par le médecin désigné ou agréé par l’établissement
public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi,
donne lieu, sur l'initiative de l’établissement public de prévoyance sociale ou sur
demande de la victime, à une révision de la rente qui sera majorée à partir de la
date de l'aggravation, ou réduite ou suspendue à partir du jour d'échéance suivant la
notification de la décision de réduction ou de suspension.
La victime ne peut refuser de se présenter aux examens médicaux requis par
l’établissement public de prévoyance sociale sous peine de s'exposer à une
suspension du service de la rente. Ces examens doivent avoir lieu à des intervalles
de six mois au cours des deux premières années suivant la date de la guérison
apparente ou de la consolidation de la lésion et d'un an après ce délai.
Article 72 :
26
Un arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale pris après avis de la
Commission Consultative du Travail fixe les conditions dans lesquelles certaines
entreprises sont autorisées après avis de l’organe d'administration de
l’établissement public de prévoyance sociale à assurer elles-mêmes le service des
prestations afférentes aux soins et aux indemnités journalières visées aux articles
58, 59 et 60 de la présente loi.
L'arrêté fixe également les modalités suivant lesquelles est effectué et contrôlé le
service desdites prestations.
Article 73 :
La rente allouée à la victime d'un accident du travail peut, après expiration d'un
délai de cinq ans à compter du point de départ des arrérages, être remplacée en
partie par un capital dans les conditions suivantes :
- si le taux d'incapacité est inférieur ou égal à cinquante (50) pour cent le
rachat de la rente peut être opéré dans la limite du quart au plus du capital
correspondant à la valeur de la rente;
- si le taux d'incapacité est supérieur à cinquante (50) pour cent, le rachat de
la rente peut être opéré dans la limite du quart au plus du capital correspondant à la
fraction de la rente allouée jusqu'à cinquante (50) pour cent ;
- si la garantie d'un emploi judicieux doit être fournie selon les modalités
fixées par le conseil d'administration de l’établissement public de prévoyance
sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi.
Article 74 :
La demande de rachat doit être adressée à l’établissement public de prévoyance
sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi dans les deux ans qui
suivent le délai de cinq ans visé à l’alinéa 1 du présent article. La décision est prise
par la direction dudit établissement après avis de l'inspecteur du travail du ressort.
La valeur du rachat des rentes est égale au montant de leur capital représentatif
calculé selon le barème prévu à l'article 24 de la présente loi.
CHAPITRE III – BRANCHE DES PENSIONS
27
Article 75 :
Les prestations de la branche des pensions comprennent :
- des pensions de vieillesse,
- des allocations de vieillesse,
- des pensions anticipées,
- des pensions d'invalidité,
- des pensions de survivants
- des allocations de survivants.
Section I : Ouverture des droits.
Article 76 :
L'assuré qui atteint l'âge de départ à la retraite a droit à une pension de vieillesse s'il
remplit les conditions suivantes :
- avoir accompli au moins cent quatre vingt mois d'assurance ;
- avoir cessé toute activité salariée ;
L'expression "mois d'assurance" désigne tout mois au cours duquel l'assuré a
occupé, pendant 18 jours au moins un emploi assujetti à l'assurance.
Article 77 :
L'assuré de cinquante ans accomplis, atteint d'une usure prématurée de ses facultés
physiques ou mentales le rendant inapte à exercer une activité salariée et qui
remplit les conditions visées à l’alinéa 1 de l’ article 76 ci-dessus, peut demander
une pension anticipée.
28
Les modalités de la constatation et du contrôle de l'usure prématurée sont fixées par
arrêté du Ministre en charge de la sécurité sociale après avis du Comité Technique
National Consultatif de santé et de Sécurité au travail.
Article 78 :
La pension de vieillesse ainsi que la pension anticipée prennent effet le premier
jour suivant la date à laquelle les conditions requises ont été remplies sous réserve
que la demande de pension ait été adressée à l’établissement public de prévoyance
sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi. Si la demande de
pension est introduite après l'expiration de ce délai, la pension prend effet le
premier jour suivant la date de réception de la demande.
Toutefois, le conseil d'administration dudit établissement peut, sur
proposition de la direction, décider que les arrérages soient versés pour la
période précédent le mois à compter duquel la pension prend effet mais dans
la limite de vingt quatre mois.
Article 79 :
L’assuré qui, ayant atteint l’âge de départ à la retraite, cesse toute activité salariée
alors qu’il ne remplit pas les conditions requises pour avoir droit à une pension de
vieillesse, reçoit une allocation de vieillesse sous forme d’un versement unique.
Article 80 :
L’assuré qui devient invalide avant d’avoir atteint l’âge de départ à la retraite a
droit à une pension d’invalidité s’il remplit les conditions suivantes :
- avoir été immatriculé depuis au moins cinq ans auprès de l’établissement
public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi;
-totaliser six mois d'assurance au cours des douze derniers mois civils
précédent le début de l'incapacité conduisant à l'invalidité.
Article 81 :
Nonobstant les dispositions de l’alinéa 1, dans le cas où l’invalidité est due à un
accident d’origine non professionnelle, l'assuré à droit à une pension d'invalidité à
condition qu'il ait occupé un emploi assujetti à l'assurance à la date de l'accident et
qu'il ait été immatriculé avant cette date..
29
Article 82 :
Est considéré comme invalide l'assuré qui, par suite de maladie ou d'accident
d'origine non professionnelle, a subi une diminution permanente de ses capacités
physiques ou mentales dûment certifiée par un médecin désigné ou agréé par
l’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par
la présente loi, le rendant incapable de gagner plus qu'un tiers de la rémunération
qu'un travailleur ayant la même qualification ou la même formation, peut se
procurer par son travail.
Article 83 :
La pension d'invalidité prend effet soit à la date de la consolidation de la lésion ou
de la stabilité de l'état de l'assuré, soit à l'expiration d'une période de six mois
consécutifs d'incapacité si, d'après l'avis du médecin désigné ou agréé par
l’établissement public de prévoyance sociale, l'incapacité devrait durer
probablement encore six autres mois au moins. Les dispositions de l’alinéa 1 de
l'article 78 de la présente loi sont applicables par analogie.
La pension d'invalidité est toujours concédée à titre temporaire et l’établissement
public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi
est admis à prescrire de nouveaux examens de l'assuré en vue de déterminer son
degré d'incapacité.
La pension d'invalidité est remplacée par une pension de vieillesse de même
montant lorsque le bénéficiaire atteint l'âge de départ à la retraite.
Article 84 :
Le titulaire d’une pension de vieillesse ou d’invalidité bénéficie d’une
bonification pour chaque enfant à sa charge au moment de son admission à la
retraite, jusqu’à concurrence de six enfants. Les enfants à charge sont ceux
définis à l’article 38 de la présente loi.
Article 85 :
L’âge de départ à la retraite est fixé par décret en Conseil des Ministres.
Section II : La liquidation
30
Article 86 :
Le montant mensuel de la pension de vieillesse ou d'invalidité, de la pension
anticipée et de l'allocation de vieillesse est fixé en fonction de la rémunération
mensuelle moyenne définie comme la soixantième partie du total des
rémunérations soumises à cotisation au cours des cinq meilleures années
d'assurance. Si le nombre de mois civils écoulés depuis l'immatriculation est
inférieur à soixante , la rémunération mensuelle moyenne s'obtient en divisant
le total par le nombre de mois civils entre cette date et celle d'admissibilité à
pension.
Pour le calcul du montant de la pension d'invalidité, les années comprises entre
l’âge de départ à la retraite et l’âge effectif à la date où la pension d'invalidité prend
effet sont assimilées à des périodes d'assurance à raison de six mois par année.
Article 87 :
Le montant mensuel de la pension de vieillesse ou d'invalidité ou de la pension
anticipée est fixé à deux pour cent du salaire mensuel moyen pour chaque
période de douze mois d’assurance.
Ce montant initial ne peut être inférieur à soixante pour cent du salaire mensuel
minimum interprofessionnel garanti le plus élevé correspondant à une durée de
travail hebdomadaire de quarante heures. Il ne peut non plus dépasser quatre vingt
pour cent de la rémunération mensuelle moyenne de l'assuré calculée
conformément à l’article 86 de la présente loi.
Le montant de la bonification prévue à l’article 84 de la présente loi est égal à
celui des allocations familiales.
Article 88 :
Le montant de l'allocation de vieillesse est égal à autant de mensualités de la
pension de vieillesse à laquelle l'assuré aurait pu prétendre au terme de cent quatre
vingt mois d'assurance qu'il a accompli de périodes de six mois d'assurance.
Article 89 :
31
En cas de décès du titulaire d'une pension de vieillesse ou d'invalidité ou d'une
pension anticipée ainsi qu'en cas de décès d'un assuré qui, à la date de son décès,
remplissait les conditions requises pour bénéficier d'une pension de vieillesse ou
d'invalidité ou qui justifiait de cent quatre vingt mois d'assurance, les survivants
ont droit à une pension de survivants.
Article 90 :
Sont considérés comme survivants :
- le conjoint survivant, à condition que le mariage ait été contracté
avant le décès ;
- les enfants à charge du défunt, tels qu'ils sont définis à l’article 38 de
la présente loi ;
- les ascendants en ligne directe qui étaient à la charge de l'assuré (e)
célibataire sans enfants.
Article 91 :
Les pensions de survivants sont calculées en pourcentage de la pension de
vieillesse ou d'invalidité ou de la pension anticipée à laquelle l'assuré avait ou
aurait eu droit à la date de son décès à raison de :
- cinquante (50) pour cent pour le conjoint survivant. En cas de
pluralité de veuves, le montant de cinquante (50) pour cent est réparti
entre elles par parts égales, la répartition étant définitive même en cas
de disparition ou de remariage de l'une d'elles ;
- cinquante (50) pour cent pour l'orphelin. En cas de pluralité
d’orphelins, le montant de cinquante (50) pour cent est reparti entre
eux par parts égales ; cette répartition est définitive.
- vingt cinq (25) pour cent pour chaque ascendant en ligne directe du
célibataire sans enfants ; cette répartition est définitive.
Le montant total des pensions de survivants ne peut excéder celui de la pension à
laquelle l'assuré avait ou aurait eu droit. Mais en aucun cas le montant de la
pension d'orphelin ne peut être inférieur à celui des allocations familiales.
Le droit à la pension du conjoint survivant s'éteint en cas de remariage.
32
Les dispositions de l’article 78 de la présente loi sont applicables par analogie aux
pensions de survivants.
Article 92 :
Si l'assuré ne pouvait prétendre à une pension d'invalidité et comptait moins de cent
quatre vingt (180) mois d'assurance à la date de son décès, les survivants tels que
définis à l'article 90 de la présente loi, bénéficient d'une allocation de survivant.
Cette allocation, d'un montant égal à autant de mensualités de la pension de
vieillesse à laquelle l'assuré aurait pu prétendre au terme de cent quatre vingt (180)
mois d'assurance qu'il avait accompli de période de six mois d'assurance à la date
de son décès, est versée en une seule fois. Un arrêté du Ministre en charge de la
Sécurité Sociale fixe les modalités de partage en cas de pluralité de bénéficiaires.
CHAPITRE IV - ACTION SANITAIRE ET SOCIALE
Article 93 :
L'action sanitaire et sociale prévue à l’article 2 de la présente loi consiste en
l'amélioration de l'état sanitaire et social des assurés et de leurs ayants droits sous
forme de prestations qui comprennent :
- la protection maternelle et infantile par la création et la gestion des centres
d'actions sanitaire et sociale en vue notamment de la lutte contre les
endémies, de la diffusion de l'hygiène, du service des soins médicaux et de
la promotion des assurés sociaux, l’aide à la mère et au nourrisson.
- la participation à la prise en charge médicale des travailleurs en période
d’épidémie ;
- l'aide financière ou la participation en partenariat avec des institutions
publiques ou privées agissant dans les domaines sanitaire et social, et dont
l'activité présente un intérêt pour les assurés et les bénéficiaires des
prestations de sécurité sociale.
- éventuellement l'aide à la construction et à l'amélioration de l'habitat en
faveur des familles des assurés.
Article 94 :
33
Les modalités d'octroi des prestations définies à l’article 93 ci-dessus sont
déterminées par arrêté conjoint des Ministres en charge de la Sécurité Sociale
et de la Santé de manière à assurer la surveillance du développement des
nourrissons, la prévention et le dépistage des affections et une campagne de
préparation et d'information des mères en matière de diététique et de
puériculture.
Article 95 :
L’action sanitaire et sociale est financée par un fonds alimenté par le produit des
majorations de retards perçues à l’encontre des employeurs qui ne versent pas les
cotisations en temps utile ainsi que par les prélèvements effectués sur d’autres
recettes des différentes branches du régime institué par la présente loi comme il
est prévu à l’alinéa 2 du présent article.
Sur proposition du Conseil d’Administration de l’établissement public de
prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi, le Ministre
en charge de la sécurité sociale détermine par arrêté, les prélèvements effectués sur
les recettes des différentes branches du régime. Toutefois, ces prélèvements ne
peuvent être effectués que dans la mesure où les réserves de sécurité de ces
branches ne sont pas inférieures, après prélèvements, aux montants minima
indiqués aux articles 24, 25 et 26 de la présente loi.
Article 96 :
A chaque session budgétaire, l’établissement public de prévoyance sociale
chargé de gérer le régime institué par la présente loi établit un plan d’action
sanitaire et sociale qui cible notamment les actions spécifiques à mener au
cours de l’année. Ce plan est assorti d’un budget adopté par le Conseil
d’administration et approuvé par le Ministre en charge de la sécurité sociale.
TITRE IV – DISPOSITIONS COMMUNES ET FINALES
CHAPITRE I - DISPOSITIONS COMMUNES
Article 97 :
Le Ministre en charge de la Sécurité Sociale détermine par arrêté après avis de la
Commission Consultative du Travail les modalités d'affiliation des employeurs,
d'immatriculation des travailleurs, de perception de cotisations, de liquidation et du
service des prestations, ainsi que les obligations qui incombent aux employeurs et
aux travailleurs dans le fonctionnement du régime de sécurité sociale.
34
L'arrêté du Ministre en charge de la Sécurité Sociale précise notamment la nature et
la forme des inscriptions à porter au carnet de travail ou à tout autre document, en
tenant lieu, l'établissement périodique de bordereaux de salaire conçus de manière à
servir tant au calcul des cotisations des différentes branches qu'à la détermination
des périodes d'assurance entrant en ligne de compte pour l'ouverture du droit aux
prestations et le calcul de leur montant.
Article 98:
L'âge du travailleur, de sa ou ses épouses ainsi que des enfants vivant à sa charge
est attesté par un extrait de naissance ou jugement supplétif, versé au dossier de
l'assuré:
- au moment de la constitution dudit dossier pour le travailleur, sa ou ses
épouses et ses enfants alors en charge;
- au moment du mariage ou de la naissance lorsque les événements
correspondants se produisent postérieurement à la constitution du dossier
initial du travailleur.
L'âge indiqué au premier extrait de naissance ou le jugement supplétif en tenant
lieu versé au dossier en application des dispositions qui précèdent ne peut être
remis en cause à partir d'un acte similaire transmis à l’établissement public de
prévoyance sociale chargé de gérer le régime postérieurement.
Article 99 :
L’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime
institué par la présente loi peut conclure des accords :
- avec tout autre institution ou organisme gérant des branches de sécurité
sociale sur le territoire national ou à l'étranger en vue de garantir
réciproquement une protection sociale effective des travailleurs ;
- avec les formations sanitaires administratives et les formations sanitaires
privées agréées par le Ministre en charge de la Santé pour charger ces
services de donner des soins et procéder aux visites et examens médicaux
35
prévus par le Code du Travail ou les textes législatifs et réglementaires
régissant la sécurité sociale.
Article 100 :
Pour l'ouverture du droit aux prestations, sont assimilés à une période
d'assurance toute période pendant laquelle l'assuré a perçu des indemnités
journalières au titre des risques professionnels ou de la maternité, les périodes
d'incapacité de travail, dans la limite d'un an par cas de maladie dûment constatée
par un médecin agréé, le temps passé sous les drapeaux au titre du service militaire
légal et les absences pour congé régulier y compris les délais de route dans les
limites fixées par les dispositions du Code du Travail.
Les modalités d'application sont fixées par arrêté du Ministre en charge de la
Sécurité Sociale qui peut également définir d'autres critères pour la détermination
du mois d'assurance.
Article 101 :
Les rentes et les pensions sont liquidées en montants mensuels ; le droit à
une mensualité est déterminé d'après la situation du bénéficiaire au premier jour du
mois civil correspondant. Chaque montant mensuel est arrondi à la centaine de
francs supérieure.
Le paiement des rentes et des pensions s'effectue par trimestre. Toutefois, à
partir d'un taux d'incapacité fixé par arrêté du Ministre en charge de la Sécurité
Sociale, les rentes sont payées mensuellement. En outre, le conseil d'administration
de l’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué
par la présente loi peut déterminer dans quelles régions et sous quelles conditions
les prestations sont versées mensuellement. Il peut également arrêter d'autres
modalités de versement de prestations.
Article 102 :
Le droit aux indemnités journalières d'accident ou de maternité, aux
prestations familiales et aux allocations funéraires se prescrit par deux (2)
ans.
Le droit aux pensions, rentes et allocations de vieillesse, d'invalidité ou
d'incapacité est prescrit par dix (10) ans.
36
Toute réclamation ou contestation relative aux décisions prises par
l’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué
par la présente loi n'est recevable par celui-ci que dans les cinq (5) ans qui
suivent la date à laquelle notification avec accusé de réception a été faite à
l’intéressé.
Les droits liquidés et non perçus sont prescrits par quatre (4) ans.
Article 103 :
Le titulaire d'une rente d'incapacité ou d'une pension d'invalidité qui, au vu
d'un certificat médical délivré par un médecin désigné par l’établissement public de
prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi, a besoin
de façon constante de l'aide et des soins d'une tierce personne pour accomplir les
actes de la vie courante a droit à un supplément égal à cinquante (50) pour cent du
montant de sa rente ou de sa pension.
Article 104 :
Les montants des paiements périodiques en cours attribués au titre des
rentes ou des pensions peuvent être révisés par décret sur proposition du Ministre
en charge de la Sécurité Sociale, à la suite de variations du niveau général des
salaires résultant de variations du coût de la vie, compte tenu des possibilités
financières du régime et en fonction de l'évolution du Salaire Minimum
Interprofessionnel Garanti (SMIG).
Article 105 :
Les prestations familiales sont incessibles et insaisissables. Il en va de même
pour les autres prestations, sauf dans les mêmes conditions et limites que les
salaires pour le paiement des dettes alimentaires.
Article 106 :
Seule la rente d'incapacité permanente est versée si, à la suite d'un accident
du travail, la victime a cumulativement droit à une rente d'incapacité permanente et
à une pension d'invalidité, sauf à être portée au montant qu'aurait atteint la pension
d'invalidité.
37
Si, à la suite du décès d'un travailleur résultant d'un accident du travail, les
survivants ont droit simultanément à une rente et à une pension de survivants, le
cumul n'est pas possible. Seule la rente de survivants est versée, sauf à être portée
au montant qu'aurait atteint la pension de survivants.
Article 107 :
En cas de cumul de deux pensions allouées en vertu des dispositions de
la présente loi, le titulaire a droit à la prestation la plus élevée et à la moitié de
l'autre.
En cas de cumul de deux rentes allouées en vertu des dispositions de la
présente loi, le titulaire a droit à la rente la plus élevée et à la moitié de l’autre.
En cas de cumul d’une pension et d’une rente allouées en vertu des
dispositions de la présente loi, le titulaire a droit à la totalité des deux
prestations.
Article 108:
Les prestations sont supprimées lorsque l'incapacité de travail ou le décès
sont la conséquence d'un crime ou d'un délit commis par le bénéficiaire ou d'une
faute intentionnelle de sa part. Elles restent cependant acquises aux ayants droit.
Article 109 :
Les prestations sont suspendues :
- lorsque le titulaire ne réside pas sur le territoire national, sauf dans les cas
couverts par les accords de réciprocité ou les conventions internationales
ratifiées ;
- lorsqu'il néglige d'utiliser les services médicaux mis à sa disposition ou
n'observe pas les règles prescrites pour la vérification de l'existence de son
incapacité de travail.
Article 110 :
Lorsque le bénéficiaire d’une prestation purge une peine privative de liberté,
la prestation continue à être versée aux personnes visées à l'article 66 de la présente
38
loi et qui vivent à sa charge, selon des modalités fixées par arrêté du Ministre en
charge de la sécurité sociale.
Article 111 :
Lorsque l’événement ouvrant droit à prestation est dû à la faute d'un tiers,
l’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par
la présente loi, doit verser à l'assuré ou à ses ayants droit les prestations prévues par
la présente loi.
L'assuré ou ses ayants droit conservent contre le tiers responsable le droit de
réclamer, conformément aux règles de droit commun, la réparation du préjudice
causé, mais l’établissement public de prévoyance sociale est subrogé de plein droit
à l'assuré ou à ses ayants droit dans leur action contre le tiers responsable pour le
montant des prestations octroyées ou des capitaux constitutifs correspondants.
Article 112 :
Dans le cas d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle,
l'employeur, ses préposés et les salariés ne sont considérés comme des tiers que
s'ils ont provoqué intentionnellement l'accident ou la maladie.
Le règlement amiable intervenu entre le tiers responsable et l'assuré ou ses
ayants droit ne peut être opposé à l’établissement public de prévoyance sociale que
si elle avait été invitée à participer à ce règlement.
Article 113:
Le contrôle de l'application par les employeurs des dispositions de la
présente loi est assuré par les agents chargés de contrôle et par les inspecteurs et
contrôleurs du travail et des lois sociales.
Article 114 :
Les agents de l’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer
le régime institué par la présente loi, chargés de contrôle sont tenus au secret
professionnel. Après avoir prêté serment dans les conditions prévues pour les
contrôleurs du travail, ils ont le droit de pénétrer dans les locaux à usage
professionnel, de contrôler l'effectif du personnel, de se faire présenter tout
39
document prévu par la législation du travail permettant de vérifier les déclarations
des employeurs et, notamment, le "livre de paie" et le "registre d'employeur".
Les agents chargés de contrôle ont qualité pour dresser, en cas d'infraction
aux dispositions de la présente loi, des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve
contraire.
Article 115 :
Les employeurs sont tenus de recevoir à toute époque les contrôleurs visés
aux alinéas précédents. Les oppositions ou obstacles à l’action des agents chargés
de contrôle sont passibles des mêmes peines que celles prévues par les dispositions
du code du travail en matière d’inspection du travail.
Article 116:
Les litiges nés de l'application des lois et règlements de la Sécurité Sociale
visant les assurés et les employeurs, à l'exception des affaires pénales et des litiges
qui appartiennent exclusivement par leur nature à un autre contentieux, sont réglés
par le Tribunal du Travail du ressort de la résidence habituelle de l'assuré ou du
siège social au Burkina Faso de l'employeur intéressé.
Article 117 :
Les contestations d'ordre médical, relatives à l'état de l'assuré, notamment à
la date de consolidation en cas de réalisation d'un risque professionnel, au taux
d'incapacité permanente, à l'existence ou à la gravité de l'invalidité, à l'existence
d'une usure prématurée des facultés physiques ou mentales, donnent lieu à
l'application d'une procédure d'expertise médicale.
Ces contestations sont soumises à un médecin expert désigné, d'un commun
accord, par le médecin traitant et le médecin-conseil de l’établissement public de
prévoyance sociale, ou, à défaut d'accord, par le Ministre en charge de la Santé sur
une liste établie par lui.
L'avis de l'expert n'est pas susceptible de recours et il s'impose à l'assuré,
comme à l’établissement public de prévoyance sociale. Les modalités de l'expertise
médicale sont déterminées par arrêté conjoint du Ministre en charge de la Sécurité
Sociale et du Ministre en charge de la Santé.
40
Article 118 :
Avant d'être soumises au Tribunal du Travail, les réclamations formées
contre les décisions prises par l’établissement public de prévoyance sociale chargé
de gérer le régime sont obligatoirement portées par lettre recommandée ou tout
autre moyen de notification avec accusé de réception devant une commission de
recours gracieux.
Les attributions, la composition et le fonctionnement de la commission de
recours gracieux sont fixés par les statuts particuliers de l’établissement public de
prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi.
Article 119:
Les cotisations dues, au titre des trois branches, Prestations Familiales,
Risques Professionnels, et Pensions par les Communes, Collectivités et autres
personnes morales de droit public pour les salaires versés aux travailleurs qu'elles
emploient, constituent des dépenses obligatoires.
Ces cotisations doivent être versées selon les modalités fixées par les arrêtés
pris en application de l'article 95 de la présente loi.
Si ces modalités ne sont pas observées, la direction de l’établissement public
de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi, saisit
l'autorité de tutelle technique de la personne morale débitrice, dès la date
d'exigibilité des cotisations. L'autorité de tutelle technique ordonne, dans les trois
(3) mois suivant la date d'échéance des cotisations, le paiement d'office des
sommes dues par arrêté tenant lieu de mandat de l'ordonnateur de la personne
morale débitrice.
Article 120 :
L'ordonnateur de la personne morale débitrice est tenu :
- soit d'exécuter immédiatement l'ordre de paiement si la situation des fonds
disponibles le permet ;
- soit, en cas d'insuffisance de ces fonds, de suspendre tout paiement, au
titre du budget de la personne morale débitrice, à l'exception toutefois des salaires
de personnel, jusqu'à exécution totale de l'ordre du paiement.
41
Article 121 :
L'employeur qui a contrevenu aux prescriptions de la présente loi et de ses
textes d'application est poursuivi devant les juridictions pénales, soit à la requête du
Ministère Public, éventuellement sur la demande du Ministère en charge de la
Sécurité Sociale, soit à la requête de toute partie intéressée et notamment de
l’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par
la présente loi.
Article 122 :
L’employeur ayant contrevenu aux dispositions de la présente loi est
passible d'une amende de cinq mille (5 000) à cinquante mille (50 000) francs
et, en cas de récidive, d'une amende de cinquante mille (50 000) à cent mille
(100 000) francs sans préjudice de la condamnation par le même jugement au
paiement des cotisations et majorations dont le versement lui incombait.
L'amende est appliquée autant de fois qu'il y a de personnes employées dans
des conditions contraires aux prescriptions de la présente loi et de ses textes
d'application.
Il y a récidive lorsque, dans les douze mois antérieurs à la date d'expiration
du délai imparti par la mise en demeure prévue à l'article 20 de la présente loi, le
délinquant a déjà subi une condamnation pour une infraction identique.
Article 123:
L'employeur qui a retenu par-devers lui, indûment la contribution du
salarié au régime des pensions précomptée sur le salaire est puni d'un
emprisonnement d'un mois à trois (3) ans et d'une amende de cinquante
(50 000) à trois cent mille (300 000) francs ou de l'une de ces deux peines
seulement.
En cas de récidive dans le délai d'un an, il est puni d'un
emprisonnement de deux mois à cinq ans et d'une amende de trois cent mille
(300 000) à six cent mille (600 000) francs ou de l'une de ces deux peines
seulement.
42
Article 124 :
Sont punis d'une amende de cinq mille (5 000) à cinquante mille
(50 000) francs et d'un emprisonnement de trois (3) à quinze (15) jours ou de
l'une de ces deux peines seulement, et en cas de récidive dans le délai d'un an
d'une amende de cinquante mille (50 000) à cent mille (100 000) francs et d'un
emprisonnement de quinze (15) jours à un (1) mois ou de l'une de ces deux
peines seulement les employeurs ou leurs préposés qui ont contrevenu aux
dispositions de l'article 41 alinéa 1er de la présente loi. Les contraventions
peuvent être constatées par les inspecteurs du Travail et des lois sociales.
Article 125 :
Quiconque se rend coupable de fraude ou de fausse déclaration pour
obtenir ou tenter de faire obtenir des prestations qui ne sont pas dues est
passible d'une amende de trente mille (30 000) à trois cent mille (300 000)
francs et d'un emprisonnement d'un (1) mois à trois (3) ans ou de l'une de
ces deux peines seulement et en cas de récidive dans le délai d'un an d'une
amende de trois cent mille (300 000) à six cent mille (600 000) francs et d'un
emprisonnement de deux (2) mois à cinq (5) ans ou de l'une de ces deux
peines seulement sans préjudice des peines résultant de l'application
d'autres lois, s'il y échet. Il sera tenu, en outre, de rembourser à
l’établissement public de prévoyance sociale les sommes indûment payées.
Article 126:
Dans tous les cas prévus aux articles 121, 122, 123, 124 et 125 de la présente
loi, le tribunal peut ordonner que le jugement soit publié dans la presse et affiché
dans les lieux qu'il indiquera, le tout aux frais du contrevenant.
Article 127 :
L'action publique résultant des infractions de l'employeur ou de son préposé
aux dispositions sanctionnées par l'article 121 de la présente loi est prescrite
conformément aux délais de prescription prévus par le code de procédure pénale.
La prescription court à compter de l'expiration du délai imparti par la mise en
demeure prévue à l'article 20 de la présente loi.
43
L'action civile en recouvrement des cotisations ou des majorations de retard
dues par un employeur intentée indépendamment ou après extinction de l'action
publique se prescrit par cinq ans à compter de la date indiquée à l’alinéa 1 du
présent article.
Article 128 :
L’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime
institué par la présente loi bénéficie d’un régime fiscal spécial prévu par les textes
en vigueur.
Les prestations prévues par la présente loi sont exonérées de tous impôts et
les pièces de toute nature requises pour l'obtention de ces prestations sont
exonérées de tous droits de timbre.
CHAPITRE II - DISPOSITIONS FINALES
Article 129 :
Pour le calcul des prestations de la branche des pensions, les dispositions de
la loi n° 13/72/AN du 28 décembre 1972, portant code de la sécurité sociale en
faveur des travailleurs salariés s’appliquent de plein droit à la partie des droits
acquis, antérieurement à l’entrée en vigueur de la présente loi.
L’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par
la présente loi dispose d’une période d’un an pour se conformer aux dispositions de
la présente loi.
Article 130
La présente loi abroge toutes dispositions antérieures contraires notamment la loi
n° 13/72/AN du 28 décembre 1972 portant Code de la Sécurité Sociale, ensemble
ses textes modificatifs.
Article 131 :
La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.
44
Ainsi fait en séance publique
à Ouagadougou, le 11 mai 2006
Pour le Président de l’Assemblée nationale
le Cinquième Vice président
Soumane TOURE
Le secrétaire de séance
Théophile A. DENTIOGUE